i' • ^'' '' ■ Mi &'V' 1 ' » ; ■ ■ ■ : . ^ mt] i 1 '/...' ^: :nii.. ?T. îs _ » t * Digitized by the Internet Archive in 2009 with funding from University of Ottawa http://www.archive.org/details/nouveaudictionn03trou NOUVEAU DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE UNIVERSEL ILLliSTRÉ TROISIÈME VOLUME FRAN.MÉG© LE NOUVEAU DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDiaUE UNIVERSEL ILLUSTRÉ COMPREND : LA LINGUISTIQUE Ktymologies, alphabets comparés, grammaire, prononciation, déflnilions. — I^angues, dialectes, argot, jargons, idiolismes, locution», synonymie, conjugaison des verbes irréguliers. — lilif'lorique, poésie, versification, théâtre. — Philologie, polygraphie, etc. L'HISTOIRE ET LA GÉOGUAPIIIE ANCIEIVXES ET MODERNES Description du globe, voyaçies, États, provinces, rivières, montagnes, villes, etc. — Chronologie, dynasties, batailles, sièges, traités. Archéologie, blason, biographie, géographie physique et politique, statistique, etc. LA THEOLOGIE Liturgie, conciles, mythologie, religions, sectes et opinions singulières. LA JURISPRUDENCE Droit naturel, droit des gens, droit politique, droit civil, droit criminel, droit commercial, droit maritime, droit canonique, administration, etc. LES SCIENCES ET LES ARTS Philosophie, logique, métaphysique, morale. — Physique et chimie, géologie, paléontologie, botanique, zoologie. — Agriculture, économie rurale, économie domestique. — Anatomie, physiologie, médecine, chirurgie, hygiène. — Pharmacie. Médecine vétérinaire et hippiatrique. — Musique. — Mathématiques pures et appliquées. — Astronomie, météorologie. Ail militaire, marine. — Beaux-arts, métiers, inventions, découvertes, industrie, commerce, finances. — Gymnastique, escrime, danses, natation, équilation, chasse, pêche, jeux. d'après les derniers TRAVACX des savants et des ÉCniVAINS FRANÇAIS ET ÉTRANGEHS, PAnUl LESQUELS NOUS CITERONS MH. : J C. Adams, Agassiz, Aiiipùrp, Arago, d'Avezac, Babiiiot, F. Basiiat, Bardln, J.-R. BaiTi, Bazin, E. de Beaimioiit, A.-C, L.-A. el A.-E. Becquerel, Belloguel, Cl. Bernard, Bcrtlielot, Beudant, Beiilé, L. Blanc, Cli. Blanc, Ad. Blanqui, M. Blocl;, CM. Bonaparte, Bouchardat, Bouley, Broca, Brongniart, Burnoul, Caro, Cliabas, CtianipoUion, Ph. Cliasles, Chenu, de Chesnel, M. Chevalier, Chevreul, A. Cochut, Cohen, A. Comte, A. Cournot, V. Cousin, Crapelet, Cuvier, Daguin, Damiron, C.-A. Dana, Delécluze, Taxile Deiord, Deyrolle, Drouyn de Lliuys, du Chailln, Dnfrénoy, Dumas, Duméril, C. Dnpasqnier, Duvergier, Edison, Escudier, Faucher, Faye, A. Franck, A. de Franqueville, Frémy, E. et J. Geodroy Saint-Hilaire, Gougeard, Gonflé, A. Guillemin, Guizot, ilamel, J. Haydn, Heis, Hemhoitz, G. et J. Herschell, Th. de lleiiglln, lleivey de Samt-Denis, d'Ilozier, Huggins, A. Von lliimljoldl, A. Jacqnei, P. Jaiict, P. Joigneaux, JoulTroy, A. Jubinal, S. Julien, de Jussieu, d? La Blanclièie, P. Lacroix (Bibliophile Jacob), Lanfrev, Larlet, Lelronne, I.pnormand, Leverrier, Linné, Liltré, Lorédan Larcliey, Mariette, H. Martin, Menant, Mayer, Fr. Jlicliel, .Mjchelet, A.-L. Monet, Nordenskjœld, Oppert, Al. el Ch. d'Orbigny, M"" Pape-Carpentier, Pasteur, Pelouze, Proudhon, Qjatrefages, Qnetelet, Raoul-Rochette, Elisée et Élie Reclus, A. et C. de Rémusat, Renan, G. Ripley, de Rivière, de Rosny, Rossi, de Rougé, Rumkhorf, Sainte-Beuve, Ch. et H. Sainte-Claire Deville, Saint-Marc Girardin, E. Saisset, de Saulcy, Scudo, Secchi, J. Simon, Smiths, Soubeiran, Slanley, Taine, A. Thierry, Tripier, John Tyndall, Vacherot, B. Vincent. VioUet-Le-Duc, Wolowski, Wurtz, etc., etc. L'oinTagc est c v/nj. Ict en SIX i'o/u mes. EVREL'.M, niIMllJIlinili DE Cil A tl I. !■ S 11 EU ISSEY NOUVEAU DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE UNIVERSEL ILLUSTRÉ RÉPERTOIRE DES CONNAISSANCES HUMAINES Ouvrage illustré d'environ 3,000 magjiiflqiies Gravures ET DE 23 CARTES EN COULEUR ET RÉDIGÉ PAR UNE SOCIÉTÉ DE LITTÉRATEURS, DE SAVANTS ET D'HOMMES SPÉCIAUX sous LA DIRlCCT10i> DE JULES TROUSSET Aulcvr de /'Allas national, de /'Encyclopédie d'économie domestique, ouvrages couronnés par les Sociétés savantis D'APRÈS LES DERNIERS TRAVAUX DES SAVANTS ET DES ÉCRIVAINS FRANÇAIS ET ÉTRANGERS TROISIÈME VOLUME FR AN. -M EGO. PARIS A LA LIBRAIRIE ILLUSTREE 8, HUE SAINT-JOSEPII, 8 PRINCIPALI-S AIîUKVIATIONS EMPLOYÉES DANS CET OUVnAGE A....'. Atllf- Abl Alilnllf. Abré» Aliiè\iollon. Absol Absolu, «luolument. AbiisiT Abusi'cnicnl. Accut Accusatif. Acousl Acoustique. ACliv Activement. Adj..'..^... Adjectif. Adjcclii Adjectivement. ^(Im Administration. J^J,.'''. Adverbe, iid»crbi.>l AdTcriiiàl ! . . Adverbialement Afll Aflliienl. AgTic Apnculture. Al:iiim Abliiniie. Algcl Algèbre. Allcm Allemand. Allus Allusion. Anal Analogie. Annlyl Analytique. Annt Anatomic. j^nc Ancien, ancicnnt Aneiciin Anciennement. Anlbrop Anthropologie. Angl Anglais Annél AnniSlides. Antiq Anli.iuilés. Aph Apbonsine. Araclr Arachnides. Arboric Arboriculture. Archéol Archéologie. Archil Arcbileclure. Aiillim Arillimétique. Armur Armurerie. Arqueb Arquebusenc. j^rr Arrondissement. Art.'.'.'.".'.'.".. Article. Artill Artillerie. Ascét Ascétique. Astrol Astrologie. Astron Astronomie. Augmcnt Augnuntalif. Aui Auj.mrd-liui. Anlref Autrefois Auiil Auiiliaire. Banq Banque. n.-arts Boaui-arts. Bibliogr Bibliographie. Bijout nijoulene. Blas Blason. Bonnet Bonncttne. Uot Botanique. (- Code. f ji(_'__' Canon, canonique Canot....... Canotage. Cant Canton. Cap Capitale. Cathol ;-,tabolique. r.ell Celtique. Cent Centime. _ Chamois Cliamoisene. Chancell Cbancellcne. Chapell Chapellerie. Charcut Charcuterie. Cliarpent .... Cliarpenterie. r.harronn.... Cliarronneric. Chem. de ter. Chemin de fer. Cheval Chevalerie. Chim Chimie. Chir Chirurgie. Ch.-l Cbcf-licu. Chorégr Chorégraphie. Chronol Chronologie. Ci. Civil. Coll • Collectif, ï.ollccliv. . . . Collectivement. lîoinm Commerce. Compar Comparatif. Coraparativ. . l-.oroparal.veroent. Coraptab.... Comptabiilé Conchjl Conc^vliologie. Cond. Conditionnel. ConJ ' . . Conjonction. conJODCllf. Conjug Conjugaison. Constr Construction. Contract . . . Contraction. Corroier Corroicrif . Corrupt Corruption. Cosl rj)stume. Coût Coutume, coutumier. Crim Criminel. Cristall r.ri>tallographie. Crust Crustacés. Cuis Cuisine. Culin CulinaiM. Dat Datif. Déf Uéfcctif. Dém Démonstratif. Dénigr Dénigrement. Dép Département. Dess Dessin. Détcrnl Uétcrminatif. Dialcct Dialectique. Didacl Didactique. Dimin Diminutif. Diplom Diplomatie. Divin Divinatoire. Dogmat Dogmatique. J)om Domi-stiquc. Dout Douteui. Dramat. Dramatique. Dr Droit. Dynam Dynamique. E. Est. Ebénisl Ebénistcne. gcclés Ecclésiastiquî. Echin Echinodermcs. Econ...... .. Economie. Ecrit Ecriture. Egypt Egvplicn. Ellipt Elhptiqie. Elliptiquem. . Elliptiquement. ITi,,.ycl Encyclopédie. Énlôra... . . Entomologie. Equil Equilalinn. Erpét Erpétologie. Escr Escrime. Esp lispagnol. Estllét Eslliéliquc. Elhnogr. .. . Ethnographie. Elym Etyraologie. El Eierople. Eiag Exagération. Eiplét Explétif. Eit Extension. p Féminin. Pa'br Fabrique. Fani Familier. Fauconn .... Fauconnerie. Féod Féodal, féod.aIit4. FIg Figuré, figuremcul. pin Finances. FI. !.!..■■• ■ Fleuve. For! Forêt. Forest Forestier. Fortif Fortifications. Foss Fossiles. Fr Français. — Franc. Fut . Futur. G Genre. Gé'n'éal Généalogie. Génit Génitif. Géod Géodésie. Géogo Géiignésie. Géogr Géographie. Géol Géologie. Géom Géométrie. Gnomon Cnomonique. Gr Grec. — Gramme. Gramin Grammaire. GraT Gravure. Gymn Gymnastique. Hab ll.ibitants. Hébr Hébreu, hébraïque. Helminth. ... UcUninthologie. nipplalr nipplatrloue. Ilial Ilisioirc. historique Borlog Horlogerie. Horlic Horticulture. Hydraul Hydraulique. H»g Hygiène. Hvperboliq. . Hypi rboliquement. Ib'id Ibirlcm. Icht Ichtvologie. Iconol Iconologie. IJ Idem. Imp imparfait. Impéral impératif. Impers ImpcrsonneL Inipr Imprimerie. Ind Indicatif. Indéf Indéfini. Inf Infinitif. liifus Infusoire». Diterj Interjection, intcrjcctif. Interjectiv. . Interjectivenieiit. Interrog Interrogation. Inus Inusité. Inv Invariable. Iron Ironiquement. Irrég Irrcgulicr. Ital Italien. Jard Jardinage. Jud Judiciaire. Jurispr jurisprudence. Kil Kilomètre. Kîlog Kilogramme. L Lai lég Législ... Libr.... Ling. ... I.inguist. Littér... Littéral. Litiirg Loi. Latin.— Latitude. Lég.al. Législation. Librairie. Lingerie. . Lin;:liistique. Littérature, littéraire. Littéralement. Liturgie. Loc Locution. Log Lojiqne. Long Longitude. m t^lasculin. Maçonn Maçonnerie. Magnét Magnétisme. Mamm Maiiimalogie Manuf Manufacture. Mar Marine. Marécb Maréchallcric. Mécan Mécanique. Méd Médecine. Mégiss Mégisserie. Mcnuis Menuiserie. Métall Métallurgie. Méléor Météorologie. Métr Métrologie. Milit Militaire. Jlinér Minéralogie. MU Mouillé. Uoll Mollusques. Mus Musique. MvUl Mythologie. fl' Nom. — Nord. Na'p'. Napoléon. fjat Naturel. Na»'.'. Na.al. Navig Navigation. N. B Nota bene Néol Néologisme. Neutr&l Neutralemenl. p^» Numéro. Num Numéral. Numism . ... Numismatique, 0 Ouest. Obs'e'pT'. Observation. Oisell Oisellerie. Opt Optique. Orfèv Orfèvrerie. Orient Oriental. Ornith Ornithologie. — Neutre. Taléogr Paléogranhie. Paleout Paléontologie. Papet Papeterie. Parf Parfait. Parfum Parfumerie. Part Participe. Pu tic Particule. Pathol Pathologie. Pitiss Pâtisserie. Peint Peinture. Pén Pénal. Pers Persan. — Personne, personnel P r. florissant de la terre ». — Limites. Les limi'tes de la France, telles que les a marquées la nature , sont la mer d'Allemagne et la Manche au nord, l'océan Atlantique à l'ouest, les Pj'rénées et la Médi- terranée au midi, et les Alpes et le Rhin à re>t. Mais les révolutions et les guerres ont créé pour notre pays des frontières factices et brisées, qui sont aujourd'hui ; au N. la mer d'Allemagne et la .Manche, depuis Zuydcoote près Dunkerque jusqu'au cap Saint-Mathieu ; à rO.jle polie de Gascogne jusqu'à l'embou- chure de la Bidassoa ; au S.-O., une ligne qui, partant de l'enibouchure rie la Bidassoa, suit à peu près les crêtes des Pyrénées et se ter- mine au cap Gerbera; au"S.-E., la Méditer- ranée depuis le cap Gerbera jusqu'à fembou- ebure de la Roya; à l'E., une ligne qui va joindra les Alpes au col de Tende et qui en suit la crête jusqu'au grand Saint-Bernard; de là, une autre ligne va rejoindre le lac de Genève, dont le bord nu'ridional forme la limite de la France; puis une ligne tortueuse entoure le canton de Geiu've, coupe le Rbùne et court sur le revers occidental du Jura jus- n'an col des Rousses; la crête du Jura sort j limite jusqu'à Jougne; ia frontière suit alors le cours du Doubs, qu'elle coupe deux fois. A partir de ce moment, elle n'a plus rien de naturel jusqu'aux Vosges; elle est tracée par une ligne conventionnelle i[ui passe entre Délie et Purentruy, tourne à gaucho et 201 l FRAN vient rejoindre le ballon d'Alsace. Les Vosges servent un moment de frontière, mais la li- mite les quitte bientôt pour courir au N.-O. vers le Luxembourg et revenir ensuite à la mer d'Allemagne. — Les peuples qui nous avnisinent sont les Espagnols, les Italiens, les Suisses, les Allemands, les Belges et les .an- glais. — La France a la l'orme d'un hexagone irrégulier dont le périmètre est d'environ 4,520 kil. ; 2,460 en côtes et 2,060 en limites terrestres. Si l'on y ajoute les côtes de Gorse, on obtient un périmètre total de 4,970 kil. En résumé, les frontières sont partout natu- relles, excepté au N.-E. — Superficie La su- perficie totale de la France n'est plus que de 32, 857, 199 hectares ou .ï28,571 kil. oarr., le traité de 1871 ayant enlevé à notre territoire 1,447,466 hectares. Coniine étendue, la France est la cinquième parmi les nations euro- péennes, les quatre plus grandes étant la Russie, la Suède et la Norvège, l'Autriche et l'Allemagne. La surface totale de ses co- lonies en Afrique, en Ane'rique et en Océnnie est évaluée à 8,037,000 kil. carr. — Mers. Quatre mers baignent 1 1 France, la mer d'Al- lemagne ou mer du Nord, la Manche au nord; l'Océan Atlantùpir à l'ouest et la Médi- tenanée au sud. — Côtes. Les côtes de la France sont assez bien d.coupées.et se prêtent d'une manière satisfaisante aux besoins de nritre navigation. Leur étendue est évaluée à 2,!ll0 kiL dont OiOsur la mer du Nord et la Manche, 940 sur l'Atlaiili((ue, 600 sur la .Mé- dilerranée. Le périmètre des côtes de Corse est de 430 kil. Les c6le< de la mer du Nord sont en général basses, sablonneuses, et peu découpées;jusqu'à l'embouchure delà Somme elles offrent de nombreuses dunes ou collines do sable; elles s'élèvent ensuite eu falaises escarpées, dont la hauteur atteint jus([u'a ii.) m. Au cap de la Hève, commence levasto estuaire de la Seine, plein de bancs de sables mouvaniset dangereux pour la navigation. De l'emboucburo de la Seine à celle de la Vire, la côte tantôt s'élève en falaises à pic, laiitôt présente des dunes ;oette partie menace d'être engloutie comme semble déjà l'avoir été le banc de rochers qui la longe sous le nom de roclurs du Calvados. La côte remonte ensuite au nord ul fqrme la presqu'île du Go- FRAN tentin; elle est alors couverte de dunes. Du Mont-Saint-Michel à la pointe Saint-Mathieu, elle devient rocheuse, basse et marécageuse. L'Océan commence à la pointe Saint-Mathieu; une mer profonde et inclémente déferle sur des falaises de granit fortement déchirées, qui offrent de nombreux abris. A la pointe du Croisic, l'aspect change: le sable, les maré- cages reparaissent jusqu'à l'embouchure de la Gironde. De celle-ci à celle de l'Adour, la côte, couverte de dunes et de landes sablon- neuses, n'offre au navigateur qu'un seul abri, la baie d'Arcachon. Les rivages de la Médi- terranée sont bas, sablonneux, bordés de la- gunes ; on n'y trouve de rochers qu'à Port- Vendres et dans le voisinage de cette ville. Au cap Couronne, elle devient escarpée, rocheuse, découpée en caps, en rades et en ports pro- fonds et bien abrités, qui offrent d'excellentes positions maritimes. La côte occidentale de la Corse est élevée, très sinueuse et forme d'excellentes rades, tandis que la côte orien- tale u'esl guère découpée que vers le midi, où elle offre la belle rade de Porto-Vecchio, l'une des meilleures de la Méditerranée; elle est basse dans la partie centrale, avec de nombreuses lagunes. — Golfes, baies, ports, caps, presqu'îles. Lescôles de Flandre. d'.\rtois et de Picardie n'offrent presque aucun asile naturel aux navires; les ports de Dunkerque et de Calais ont été formés par des canaux. Les caps Blanc-Nez, Griz-.N'ez et d'Alprech se trouvent à l'extrémilé des collines de l'Artois. La côte court ensuite directement vers le sud le long d'un dangereux banc de sable nommé Rassure de Bass. Elle se découpe uu peu plus en Normariilie; on y rencontre le Treport, Dieppe. Saint-Valery-en-Caux et Fécamp. Après Etretat, la côte court dans une direc- tion S. jusqu'au cap de la Hève. En cet endroit s'ouvre l'estuairo de la Seine: à gauche de l'embouchure de ce fleuve se trouve h- port de HonUeur et à droite, celui du Havre. La baio de la Seine est ce vaste enfoncement qui s'étend du cap d'Antifer à la pointe de Bar- fleur. Les navires d'un faible tirant remontent l'Orne jusqu'à Caen. De nombreux baigneurs 80 rendent pendant l'été sur les plages de celle côlc. à Trouville. à ViJIcrs-sur-Mer, & Lion-.->ur-Mer, à Goursouiles, & Beuzeval, à Ul. 2 FRAN Dives, etc. La Vire, la Taute el la Dnuve l'oniieiil un f>liiaire sabloiinr ux et man'oapcux aliriUinl li>s porls d'isiyuy et de Careiitan. La côti! leiiiuiite ensuite vers le N . ; on y trouve les jiorts de la lluu;:ue et de Bartleur. — Le Cuteiilin est une presqu'île qui s'avance vers l'Angleterre; il projelle à son extrémité Ps.-E. la pointe de Barllour et à son extré- mité N.-O. le cap de la llapiie entre lesquels se trouve le port de Clierbour!». Au delà du eap de la Hague, s'ouvre le golfe du Mont-Saint- Michel ou do Cancale. La côte descend en- suite vers le S. et n'oflre aucun port jusqu'à Granville. La piesqu'ile de Bretaja^ne coninience à la pointe du tjrouin. Après avoir passé les rochers de Cancale, on trouve l'embou- chure de la Rance avec les ports de Saint- Malo, de Saiiil-Servan eldc Dinan, le frolfe de Sainl-Brieuc, entre le cap Frchel et la pointe du Sillon, la rivière el le port de Morlaix, la pointe de Corsen. La côte descend ensuite vers le midi jusiju'au eap Saint-Mathieu où commence la rade de Brest, au fond de la- quelle se trouvent les ports de Brest et de Landcrneau . Au N. , s'étend la baie de DoiKirncnez, beaucoup moins sûre; elle est formée par le eap de la Chèvre et le raz de Sein. La baie d'Audierne j)rend place entre le raz de Sein et la pointe de Penmarch. La presqu'île de Bretagne sépare le golfe de Can- cale de la mer de France ou golfe de Gasco- ene. Sur la côte méridionale de la Bretagne, la mer découpe de nombreuses baies et pres- qu'îles : emlioiicbiire de l'Odct, baie de Con- carneau, eniboueluire du Blavet (Morbihan), rade de Pcnerf, formée par lembouchure de la Vilaine, ports de Quimper, de Concar- nean, de Quini|)erlé, di; Vannes, de Lorient, de Port-Louis, presqu'îles de Quiberon et de Sarzeau, pointe du Croisic. La Loire vient se jeter dans l'Océan entre la pointe de Che- monlin et celle de Sainl-Gildas; les ports de Saint-iNazaire, de Paimbœuf et de Nantes sont situés à rembouchure de ce fleuve. La côte sud-ouest commence ensuite; on y trouve la baie de Bourg-neuf, le bas Poitou, le marais Vendéen et la Saintonge. C'est sur celte côte que sont l'anse de Saint-Gilles, les bables- d'Olonne, le port de la Bochelle, Rochefort sur la Charente, la pointe de la Coubre el l'estuaire de la Gironde fermé au midi par la pointe de Grave. La côte est, après cette em- bouchure, droite et unie; on n'y rencontre que le bassin d'Arcaehon, l'embouchure de l'Adour, le jiort de Bayonne et la baie de Saint- Jean-de-Luz. Sur la Méditerranée, la côte fran- çaise commence au cap Cerbère, près de Port- Vendres; elle est découpée par l'embouchure du Tech, la pointe de Leucale, l'embouchure de l'Aude, le port de Cette, les bouches el le delta du Khône, le golfe de Fos, les ports de Bouc, de Marseille, la baie de la Ciotat, le cap Sicié, la presqu'île Cépet, la rade de Toulon, la presqu'île de Giens, le cap Bénal, le cap Taillai. La côte se replie ensuite au N.-E. vers le golfe de Gênes eu dessillant les golfes de Fréjus, de Napoule, de Jouan, le cap de la Garoupe, le petit port d'Antibes, rembouchure du Var, le porl et le cap de Nice, le porl de Villefraiiche, les caps Saint- Hospice et Saint-Martin. — Iles et détroits. Les lies situées sur les côtes de France sont généralement peu importantes. En partant du N.-E., nous trouvons les rochers du Cal- vados, les îles Saint-Marcouf, l'île Pelée, les îles anglo-normandes, le .Mont-Sainl-Michel, l'île d'Ûuessanl, les îles Molène, Beniguet, de Sein, de Gleiians, de Groi.x, Belle-lsle, Noir- moutier, de Bouin, d'Yeu et de Ré séparées l'une de l'autre par le pertuis Breton, Oléron séparée de l'Ile de Ré par le perluis d'Antio- che, l'île d'Aix et la tour de Gordouan près de la pointe de Grave. Dans la Méditerranée, les îles Pomègue.Ratonneau.Tiboutes, lechâteau dlf abritent le port de Marseille. L'île d'Ein- bies défend celui de Toulon, Les aulreslles sont FRAN les lies d'Hyères el de Lérins. — Orographie. Considérées dans l'ensemble de la eonliijiiia- tion européenne, les montagne^ de la France appartiennent à cette longue chaîne qui par- tage notre continent du S. -0. au.N.-E., depuis le détroit de Gibraltar jusqu'aux monts Ourals. Cette chaîne, après avoir séfiaré notre leiri- toire de celui de l'Espagne (Pyrénées) se con- tinue sans interruption depuis les Pyrénées orientales jusqu'au Jura, en divisant la France en deux versants bien distincts, l'un du S.-O. au N.-E., c'esl-à-dire des Pyrénées, des Cé- vennes el des Vosges à l'Océan, l'autre du N. au S. c'est-à-dire desCévennes et des Alpes à la Méditerranée. Prise dans son ensemble, la France ne présente pas un aspect grandiose, sauf dans les Pyrénées el dans les Alpes, qui contiennent de hauts sommets. Au centre se trouvent des montagnes assez élevées, quoi- que de moindre hauteur. En résumé, l'oro- graphie de la France appartient à quatre systèmes distincts : 1" le système hespérique ou pyrénéen (voy. Pyrénées); 2° le système di'S Alpes (voy. Alpes et Jura); 3° l»systèrae eévenno-vosgien (voy. Cévennes el Vosges); 4° le système sardo- corse (voy. Corse). Des chaînes [uincipales se détachent une foule d'embranchements : Montagnes Noires, Côte-d'Or, plateau de Langres, monts Fau- cilles, Ardennes orientales, Ardennes occi- dentales, monts du Morvan, collines de la fo- rêt d'Orléans, collines de la basse Normandie, monts d'Arrée, monts d'Auvergne, collines du Limousin, etc. — Le point culminant de la France (si l'on excepte le mont Blanc, qui se trouve sur la frontière) est la pomfe des Ecrins, dans le massifdu Pelvoux,groupedes Alpesdu DauphinéiH,'.>.'>4 m.); d'après quelques géogra- phes,la plus haute sommité delà France serait le mont Olatt, entre les dép. de l'Isère et des Hautes- Alpes ; celte monlaL'ne mesurerait 4 102 m. de hauteur. — - Hydrographie. La France se trouve divisée en deux versants principaux, celui de la Méditerranée, du N. au S., el celui de l'Océan et de la Manche du S.-E. au N.-O. Chacun de ces versants est sub- divisé en un certain nombre de bassins. La Moselle, la. Meuse ell'Escaut portent leurs eaux vers la mer du Nord; la Somme, la Seine, l'Orne, la Vire, la Rance se jettent dans la Manche; l'Aulne, le Blavet, la Vilaine, la Loire, la Sèvre Niortaise, la Charente, la Gironde el l'Adour affluent dans l'Atlantique; le Tel, l'Aude, le Rhône el le Var arrosent le versant de la Méditerranée. — Les lacs, peu nombreux, n'ont que peu d'étendue; parmi les princi- paux, il faut citer : le lac du Bouryet (Savoie), qui a 20 kil. de long sur 4 de large; le lac de Grandlieu (Loire-Inférieure), qui mesure 10 kil. de long, sur 8 de large, puis les lacs de Saint-Poinl (Juraj, dePalladru (Isère), de iVan- tua (Ain), d'A7i?!cct/(Haute-Savoie;, etc. — Les étangs salés sont nombreux sur les côtes du Languedoc, du Roussillon el de la Gascogne; les plus connus sont ceux de Carcans, de la Canau, de Bis-Arosse, de Cazau, de Sanguinet, sur les côtes de l'Océan; ceux de Leucate, de Sijean, de Thau, de Maguelonne, de Pérols, de Mauguès, de Valcarès el de Berre sur la Méditerranée. — Les étangs d'eau douce se trouvent dans les pays de plaines, tels que les Bombes (Ainj el la Sologne. Les bassins de la Somme, de l'Escaut, de l'Aisne, de la Sèvre Niortaise, des Landes de Gascogne et de la Loire contiennent quelques marais dont le nombre diminue chaque jour à cause des travaux de dessèchement. On en rencontre aussi quelques-uns dans les Bouches-du- Rhône. Une partie du bas Poitou en renferme tellement qu elle a reçu le nom de Marais. — Géologie. Le territoire français renferme à peu près la succession complète de tous les terrains, mais il les contient dans une pro- portion très variable : i° les terrains volca- niques, qui couvrent 5^0,000 hectares; 2» les terrains jji'imi'^î'/'s (granit, gneiss, micaschiste, FRAN etc.), comme on en trouve en Vendée, en Au- vergne, elen Bretagne; ils couvrent 10,000,000 hectares; .i" les terrains de transition, prove- nant ilu soulèvement des terres, et dont sont formés les Pyrénées, la Bretagne, les ballons des Vosges; ils ont ii, 400, 000 hectares d'éten- due; 4° les terrains rarboniféns, qui contien- nent, outre delà houille, des grès, des schistes, du carbonate de fer et du calcaire; ils cou- vrent 420,000 hectares; Ii" les terrains Iria- siqucs et les terrains pcrmieiis, où l'on trouve de l'argile, de la marne, du sel gemme, du calcaire coquillier, du calcaire mat-'iiésien et ilu calcaire argileux; ils ont -J, CDU, 000 hec- tares d'étendue; 6° les terrains jurassiques tels que ceux de la Franche-Comté, du .Niver- nais, d'une partie de la Bourgogne, du reste de la Lorraine, du Poitou, de la Normandie, du Maine, de la Savoie, du Dauphiné, du Quercy et des Causses; ils couvrent 10,600,000 hectares; 7° les terrains crétacés, qui com- prennent de la craie, de la craie-tulïeau, des calcaires, des marnes, des grès, du sable, de l'argile; ils couvrent le bas Languedoc, le Béarn, une partie du Poitou, la Saintonge, une partie du Perigord el des Alpes, le bas Maine, le Saumurois, une portion de l'Anjou, l'Artois et la portion de Picardie située a la source de la Somme; soit une étendue de 6,340,000 hectares; 8" les terrains tertiaires qui couvrent l.'),600,000 hectares et 9° les terrains d'alluvions, qui se composent d'allu- vions, de sables, de graviers et de vases cal- caires; ils se trouvent en Alsace, dans le delta du Rhône, dans les dépôts entre Dunkerque el Calais el dans ceux de la Sèvre Niortaise; leur étendue est de 500,000 l^'ctares. — La France est entourée d'une ceinture de roches granitiques formée par les Vosges, les Alpes, les Pyrénées el la péninsule de Bretagne; vers le milieu de l'espèce de bassin géolugniue ainsi constitué s'élève le plateau central, de même formation el portant le^ traces de l'an- cienne activité volcanique des monts d'Auver- gne. — La région la plus remarquable des formations tertiaires porte le nom de bussin de Paris. — Le sol de la Fiance est presque parlould'une qualité supérieure; c'est à peine si les 7 Centièmes sont impropres à toute cul- ture et complètement improductifs. On estime que la portion productive comprend oO 0/0 de terres arables et de terres de jardins ; 4 0/0 de vignobles; 28 0/0 de prairies et de pâturages et 18 0/0 de forêts. — Climat. La température moyenne de la France est de 12" 1/2 centigrade, mais les variations suivant les latitudes, la proximité de la mer, l'alti- tude, les vents, etc., sont assez considérables pour que le territoire ail été divisé en cinq régions cliraatériques : 1° le climat séquanten ou de la Seine, dont la température est douce, modérée, chaude en été elpeu rigoureuse en hiver et dont la moyenne est de 10» i); i" le climat rosj/ieîi, dont la température estchaude en été, avec des pluies abondantes el froide en hiver avec des pluies peu fréquentes et dont la température moyenne est de 9° 30'; 3° le climat rhodanien ou du Rhône, dont le vent brûlant el desséché du S. -t. alterne avec le vent froid du N. el cause de brus- ques changements ; la température moyenne est de H»; i" ia cïima.1 méditeiranéen, dont les étés sont secs el chauds, les pluies peu fréquentes, mais longues et abondantes; le vent impétueux el glacial du N.-O. y porte le nom de inistral et le venl du Sahara, qu apporte la séchei'esse et la chaleur étouf- fante, y est appelé siroco; la température moyenne est de 14» 8'; 4» le climat girondin, (température moyenne 12"), où les vents du S.-O. dominent, où les pluies sont abon- dantes dans les Pyrénées et plus abondantes encore dans les hautes terres du centre de la Fi ance, terres qu'on pourrait classer dans un climat particulier appelé le climat du massif central, — Eu résumé, le climat delà France FRAN st tempéré, et l'un des plus aj^réables de l'Eui'ope; il ne devient rif^oureu.t que dans les régions nionta^rneuses; partout l'air est sain, même sur le littoral de la Méditerianée, qui est le plus chaud. La partie la plus re- nommée pour la douceur de son climat est située au S.-E. et participe du climat de l'Italie; la partie la moins salubre est formée par les côtes sablonneuses des Landes. La chute moyenne de l'eau de pluie, qui est d'environ 88 cent, dans la vallée du Khône, ne dépasse guère 35 cent, sur le versant de l'Atlantique . — Flore . La llore fran- çaise comprend plus de SOO genres et plus de 6,000 espèces de plantes. — Les princi- pales essences foi'estières sont : le châtai- gnier dans les montagnes du centre, le chêne dans les Pyrénées et dans l'O., le sapin en Gascogne. Parmi les forêts les plus im- portantes, nous citerons celles de Compiè- gne , de Fontainebleau, de l'Esterel , de Rambouillet, de Villers-Cotteret et d'Orléans. ^ Faune. Animaux sauvages. On trouve des lyn.\ dans les Alpes, des ours dans les Pyré- nées et les Alpes, des loups, des sangliers et des renards dans presque toutes nos forêts; desputois, des belettes, des fouines, des blai- reaux, des hérissons, des mulots, des rats et des loirs. Les lièvres et les perdrix se rencon- trent surtout dans les plaines, les canards, les sarcelles et les bécasses dans les marais, les chevreuils, les faisans, les cerfs dans les fo- rêts, le lapin partout. — ■ Animaux dom.cstiques. On évalue à 3 millions et demi le nombre des chevaux qui vivent sur notre territoire, à 400,000 le nombre des ânes, à 400,000 celui des mulets, à ii millions celui des bêtes bo- vines, k 30 millions celui des bêtes ovines, à l million et demi celui des chèvres et à b millions et demi celui des porcs. Il y a plusieurs races de chevaux : la race flamande, la race boulonnaise, la race normande, la race bretonne, la race percheronne, la race poitevine, la race comtoise, la race landai.se, la race pyrénéenne, la race de la Camargue, la race corse. Les races bovines de trait se trouvent principalement dans les parties du N.-E., du centre et du .S.; les races laitières ou de boucherie dans les régions du N.-O. et du N. La France est assez riche en races ovines : tlamande, bonne pour la bouche- rie ; mérinos à lame fine et les races du Poitou, du Larzac, d'Auvergne, de Sologne, du Berri, etc. Les chèvres serencontrent en Corse, dans les Alpes, dans le Vivarais, et au Mont-Dore : ces dernières fourrfissent un fromage renom- mé. On élève des porcs dans la Corrèze, l'Aveyron.les Côtes-du-Nord, la Dordogne,le Finistère, le Gers, le .Maine-et-Loire et l'Ille- et-'Vilaine. On estime à 'io millions la valeur annuelle de la volaille vendue en France, et à une somme presque égale la valeur des œufs et des plumes reunis. On prise beaucoup les poules de Crévecœur, de Houdan, du Maine, de la Bresse, les dindes, les canards et les oies de Normandie (Orne), du Maine et de Toulouse. Il yaen France trois millions de ruches d'abeilles qui fournissent le miel blanc et grenu de Marbonne, les miels du Jura, de la Savoie, du Gâtinais, les mielsjaunàtresde Bretagne, de Normandie, de Champagne et de Brie. Ces produits sont estimés à 24 mil- lions de francs par an. Les vers à. soie se trouvent dans le bassin du Rhône, dans la Lozère et en Corse. Leur production annuelle est d'environ 18,000,000 de Uilog. — Repliles. Ils sont peu nombreux; les[irincipaux sont la vipère et les couleuvres. — Pcchc. Les eaux douces nous fournissent des carpes, des an- guilles, des brochets, des saumons, des truites et des écrevisses. Sur les côtes, on pêche dos raies, des maquereaux, des ha- rengs, des merlans, des congres, des soles, des sardines, des crevettes, des homards, des lan- goustes, des huîtres et des moules. Les pêche- ries produisent environ 31)0,000 quintaux mé- FRAN triques de morue et 220,000 quintaux métriques de hareng. - Mines, carrières et sources. On exploite le bitume et les schistes argileux dans le .Nord, le Puy-de-Dôme, les Basses-Pyrénées, l'Ardèche, l'Ain, l'Allier, la Saône-et-Loire et près d'Autun; le feldspath, à Bayonne ; le mi- ea et Vamiante en (^orse, dans les Alpes et les Pyrénées ; l'ardoise dans l'Anjou, le Finistère, les Ardennes, en Savoie et dans les Pyrénées; le porpliyre en Corse, dans le Var et (\ Epinal ; les basaltes en Auvergne ; le jnsipe àSaint- Ger- vais ; le granit dans le Cotentin (Vire), dans les îles Chausey, en Bretagne, en Vendée, dans le Limousin, les Alpes et les Vosges. L'Aude fournit des marbres incarnats, le Gers des marbres jaunes, les Pyrénées le marbre campan et des marbres blancs comparés au carrare, la Côte-d'Or le marbre blanc teinté de rose, la Sarthe des marbres noirs, veinés, rouges et roses; le Pas-de-Calais des marbres gris, le Nord des lumachelles grises ; il y a en outre des carrières dans la Manche, le Lot, le Lot-et-Garonne, l'Ardèche, la Nièvre, l'Al- lier et des gisements dans les Alpes, le Jura, les Vosges et en Corse. On trouve du plâtre dans les bassins de la Seine, de l'Oise, de l'Aisne, de la Marne, de Valbâtre dans les Py- rénées et en Seine-et-Marne, diisable presque partout, des galets à Dieppe, du grés en Seine- et-Oise, en Seine-et-Marne, dans le Gâtinais, les Vosges, la Charente, la Haute-Loire; de la pierre à fusil dans le Loir-et-Cher, des îneu- liéres à la Ferté-sous-Jouarre, à Meulan, à Lonjumeau, dans l'Yonne, la Creuse, la Dor- dogne, la Garonne ; de la craie.-tuffeau en Tou- raine, de la )iierre de taille presque partout, des pierres lithographiques dans le Gard, l'Ardè- che, l'Ain et l'Yonne. Les ciments les plus re- nommés sont ceux du Pas-de-Calais, d'Lure- et-Loir, de l'Yonne, de la Haute-Marne, delà Côte-d'Or, de Grenoble, de l'Ardèche, des Boiiches-du-Rhône et du Tarn. 11 va de l'ar- gile partout, de ['argile à foulon dans le Cal- vados, de Vargile plastique presque partout, du kaolin k Saint-Yrieix, dans l'Allier, la Man- che, en Breta,gne, et |)rès de Bayonne; du phosphate de chaux dans les Ardennes, la Meuse, la .Marne, l'Aube, de la bauxite près d'Arles, du sel gemme dans la Lorraine, à Sa- lins et à Lons-le-Saulnier; du sel marin sur les côtes depuis la Loire-Inférieure jusqu'à la Gironde et sur les côtes du Languedoc et de la Provence. La France possède près de 900 sources d'eaux minérales et thermales; plus de loO stations minérales ont des établissements hospitaliers. Le Finistère, le Puy-de-Dôme, la Lozère et les Hautes-Alpes produisent envi- ron 160,000 quintaux métriques de p(omf) par an. i,e cuivre a. de nombreux gisements; le Rhône, seul déparlemcntoù il eslexploité, en fournit annuellement 1 00,000 kil. Le zinc vient de Pontpéan, le manganèse de la Romanèche, l'cDi/ij/iotne de la Haute-Loire, de la Corse etdu Cantal, le nickel de l'Isère. Dans les eaux du Rhône, on trouve de la poudre d'or et dans le Gard, l'Ardèche, le Rhône et les Vosges. 260 mines, comprises dans 4i) bassins et dans 33 dé- partements fournissent 1 2 ,000,000 de tonnesde houille, 35,000,000 de ipiintaux métriques de fer sont produits par 72 départements. On se procure de la lignite dans la Nièvre, le bassin du Rhône, la Haute-Savoie; de l'anthracite dans le Nord, le Calvados, l'Isère, la Sarthe, la Mayenne, de la tourbe dans la Somme, l'Oise et la Seine-Inl'i'rieure. L'Hérault jiro- duit du pétrole. — Divisions administratives. Avant 1790, la Franci; claitdivisée en 31 pro- vinces , savoir: Flandre, Artois, Picardie, Normandie, Ile-de-France, Champagne, Lor- raine, Orléanais, Touraine, Bcrry, Boiii'bon- nais, Marche, Auvergne, Nivernais, Limousin Alsace (territoire de Uelforl), Franche-Comté, Bourgogne, Lyonnais. Bretagne, .Maine. An- jou, Poitou, Aunis etSainlonge, .\ngoiiniois, Guicnne, Gascogne, Mrarn, Foix, Hmissillon, Languedoc, Dauphiné, Provence, Corse ; on FRAN â y a ajouté les comtats, la Savoie et îe comté de Nice. Les 34 provinces de rancienne France ne formaient que 33 gouverneiner.ls, la Guienne et la Gascogne étantréunies en un seul. On comptait en outre, sept petits gou- vernements : ville, prévôté et vicomte de Pa- ris, Boulonnais, le Havre, principauté de Se- dan, Toulois, pays Messin et Verdunois, Sau- murois. En 4790, le territoire fut divisé en dé- partements, subdivisés en districts (arrondis- sements), cantons et communes. La France actuelle comprend 87 départements (y com- pçis le territoire de Belfortj, 362 arrondisse- ments, 2,86") cantons et 35, 9S9 communes. Voici la liste des départements • DÉPARTEMENTS DÉPARTEMENTS Kil. carr. Habitants. fai- kil. e. Km 5.798,97 7.352,00 3)J .569 76 Aisne 541.013 Allier 7.308,37 6.954,18 424.582 118.142 57 19 Alpes (Basses-) Alpes Hautes-) . . . . 5.589,61 113.229 22 Aipes-MaDtimes .... 3.9lr,,fi2 265 . 1 55 58 Ar, 09 453.435 68 Cher 7.199.34 5.8lir.,09 8.747,10 347.725 322.393 290. 16S 49 Corrùze 54 Corse il Cote-dOr 8.7111,16 368.1ii8 44 Ci">tes-du-?lord 0.883.62 616.074 91 Creuse 5.508.30 279.360 50 Dordogne 9.182.36 464.822 54 Doubs 5.227,55 302.040 60 Orôme 0.521,55 303.491 48 Kure 5.037.65 340.032 61 Eure-et-Loir 5.874,30 280 . 409 48 Finistère 6.721.67 739.648 lot Gard S. 835.56 416.03li 71 Garonne (Haute-) . . . 6.289,88 439.377 76 Gers 6.280,31 250.472 45 Gironde 9.740,32 809.909 77 EMrault C. 197.99 409.684 71 lUe-el- Vilaine 6.725,83 622.0.^9 92 Indre 6.795.30 6.113,70 289.200 337.064 42 Indre-et-Loire 54 Isère .... 8.289,34 4.99401 9.321.31 ,568.933 206.143 292.884 70 Jura 57 Landes 32 Loir-et-Cher 6.330,92 278.133 43 Loire 4.739,62 6-23.336 126 Loire (Haute-) 4.962,23 316.619 64 Loire-Inléricure .... 6.871,36 643.967 91 Loiret 6.771,19 371.019 34 Lot 5.211,74 5.353,96 240.403 280 377 34 Lot-et-Garonne .... 58 Lozère 3.169.73 132.151 28 Maine-ct-Loirc 7.120,93 514.870 73 Manche 5.928.38 500.032 89 Marne 8.180,44 439.577 52 Marne (Haute-) .... 6.219,68 232.057 41 Mayenne 5.170,63 321.187 67 Meurthe-et-Moselle. . . 5.232,34 460.417 8C Meuse 6.227,87 290.384 47 Morbihan 6.797,81 552.028 77 Nièvro 6.816,66 333.809 51 iSord 5.680.87 5.833,06 6.097.29 6.603,63 i. 811. 868 403.809 3-39.102 906.249 282 Oise 69 Orne 63 Pas-de-Calais 124 Puy-de-Doine 7.930,51 555.078 71 Py rénées ( Basses ... 7.622,66 423.572 •57 Pyrénées ( Hautes- 1. . . 4.529,45 21>.273 52 Pyrénées-Orientales . . 4.122.11 208.387 51 Territoire de Belforl . . 610,14 88.047 121 Hhùue 2,790,39 839.329 265 S.-inne (Haute-) .... 5.339,94 Î72.S91 33 Saènc-et-Loiro 8.501,74 621.237 73 Sarlho 6.206 68 425.077 71 Savoie 5 759,50 239.790 46 Savoie (Haute-) .... 4,314,72 265.872 64 Seine 478,73 C. 035.30 3.340.314 837.824 S. SU Seine-Inférieure .... 135 Seine-et-Marne .... 5.730,35 359.04» 61 Scinc-et-Oise S. 603.64 669.098 103 Sèvres (Deux-) 5.999.88 340. «■14 38 Somme 0.161,20 5-13.279 89 Tarji 5,742.16 3.720,16 331.827 200.. 390 63 Tam-et-Goronne. . . . 58 Var 6.027,33 3.5J7,71 31.9.191 23i;.313 48 Vaucluse 69 Vendée 0.703,50 411.735 63 Vienne (l.OTO 37 '.; ■.on. . . . Alger. Oruil . A LUE RIE ri.7H i| ixiii^lantino . 40.7B3 32.719 33.200 38.QG8 35.088 51.997 — Agriculture. Plus de la moitié des halii- t.ints et les trois ijuarts du sol ap(iartiennent à l'agricullure, et si le territoire était hieii cultivé, il n'aurait point de rival. Mais les /néthodes agricoles sont encore [irimitives et aussi intclligentis que peut l'être la routine. Les petits propriétaires, qui sont en majorité, cullivent comme faisaient leurs p^res, sans -e pri'Occuper en aucune façon des progrès niiiderne.s. Les grands propriétaires et les grands fermiers ont seuls adopté un système plus en rapport avec la science. Le lerriloirc français est divisé en cinq zones de culture qui le coupent ohliquemint du .S.-O. au N.-l:;. — 1° \Mympde t'omnger, qui compr^-nd une partie descôtesdu Varet desAl[ies-.\larilinics; "i° la zone de l'olivier, dont la limite septen- trionale est figurée a peu prés par une ligne allant du pied des Corhléres aux Alpes du Daii[ihiné; i" la zone du mais, dont la limite .septentrionale est figurée par une ligne qui va de l'embouchure de la Charente à la source de la Sarre; elle comprend la zone du mûrier ; 4" la zone de la vigne, de l'enihou- chiiie de la Loire à la source de l'Oise; oo la zone du pommier, qui n'a [las de limite en France. — D'après les données du climat, du sol et de la culture, on divise la France en neuf rt'gions agricoles, dont chacune contient (i millions d'hectares : REGIONS. du N.-O. , 11. du N de l'E . V. du S.-E VI. du S. TU. du S.-O . Via. de ro IX. du Centre. Basse Normandie, Bretagne (moins la Loire-Inferieure, Maine (9 départ.). Flandre. Artois, Picardie, Haute Nor- I n.andie, Ile-de-France et départ, r d'Eure-et-Loir (Il départ.). du N.-E iChamp.igne et Lorraine (8 départ.). JFraneiie-l'.onité , Bourgogne, L\onnais , I S.avoie utdé^jart.derisereUl'départ.) Î Corse, Dauphiné, Cunilat, Provence, Nice et «lépart. de la Haute-Loire, del'Ardeche et du Gard (Il départ.). Languedoc, Roiissiilrjn. Querey, .Vlhi- gcois. Rouergue, Gévaudanel dép.irt. du CantaleldelaCorréze lOdéparl.). Guyenne. Gascogne, comté de Foix et I Bèarn (9 dep.). /Saintonge, Angournois, Haut Limousin, 1 Poilou. Touraine. Anjou et dépait. # delà Loire- Inférieure '9 départ.'. [Marche. Auvergne, Bourbonnais. Niver- nais. Masse - B..iurgogne, Berri et départ, du Loiret et du Loir-et-Cher (.9 départ.). Le sol cultivable apfiartenant aux particu- liers comprend 33,3.J7,.i.j| hectares divisés en 3,997,781 parcelles. .Sur ce nombre, 2,826,388 parcelles sont cultivées par leurs propriétaires, 831,943 par des fermiers, et 31'J,4oO par des métayers. La moyenne se trouve être de 8 h. par parcelles. — Les plantes les plus géné- ralement cultivées sont : le blé, le seigle, le maïs, le sari'a?in, l'avoine, l'orge, la pomme déterre, la navette, l'œillette, etc. Les plus belles prairies et les plus gras pâturages se rencontrent en Normandie. — Vins de France. Plus de 70 départements renferment des vignobles, et la France n"a de rivales ni pour la cjuanlité, ni pour la qualité de ses vins. C'est avec raison que les étrangers l'ont surnommée le vignoble du globe. A l'excep- tion des départements situés aux extrémités septentrionales, la vigne prospère partout; elle produit de 6 à S millions de litres de vin chaque année (environ 1 inilliard7;iO mil- lions de fr.). Les crus renommés sontpresque innombrables, et Userait difficilededire quelle est la régionquidonnelesmeilleurs vins. Les bordeaux, sont les -plus connus à l'étranger comme vins de table (voj'. Bordeaux), mais les bourgognes rivalisent avec eux (voy. Bourgo- FRAN FRAN FRAN 'gne). Parmi les crus qui appartiennent au Bordel;ii> ou qui .ivoisinent celte région et qui fouruisseiil des vins dits de 'Bordeaux, nous citerons ceux du Médoc, de Graves, des Côtes, des Palus et d'Entre-Deux-Mers. — Le district de Sauternes, prolon^'ation de celui de Graves donne exclusivement des vins blancs. Les meilleurs bdfsacs proviennenlduCliàteau-Cou- tet; les bûinmes les plus renommés se trouvent au vig-noble de Château-la-Tour-Blanche ; le territoire de Sauternes comprend le vignoble universellement connu de Château-Yquem, dont le produit se vend de 12,000 à 13,iioorr. le tonneau de 800 litres. Le vin de Château- Suduiraut, du cru de Preignac, vaut de 4,000 à ;),000 fr. le tonneau. Le Roussillon renferme plus de 50,000 liectares de vignes, dont les produits appelés malvoisie, muscat et macca- béo. sont ordinairement doux, mais pleinsde feu et d'arôme. Nous avons, dans l'Aude, le Gard et l'Héi'aull plus de 250,000 hectares de territoire planté en vigues. Les vins de celte région sont riches en couleur, spiritueux, pleins de corps, mais moins fins et moins riches en bouquet que ceux de la Gironde; ce sont les vins du Midi, que l'on mélange sur- tout avec les bordeaux et les bourgognes. Les vins de Saint-Gilles (GardJ possèdent une bril- lante couleur pourpre, de la force, du corps, toutes qualités recherchées dans le commerce pour améliorer des vins faibles; ce qui a valu aux vins de Saint-Gilles les noms de vins fermes et de vins de remède. Une grande par- tie des produits que les Anglais consomment sous les noms de sherry et de port wine sont fabriqués à Saint-Gilles. — Le département des Basses-Pyrénées donne une moj'eiine de 40 millions de litres de vins rouges et blancs, parmi lesquels on estime particulièrement les crus de Jurançon et de Gran. — Si nous passons dans la vallée du Rhône, nous trouvons des coteaux couverts de vignobles dignes d'une haute réputation. La côte du Rhône fGard), rivale de Saint-Gilles, donne des vins pleins de finesse. Dans le département de Vaucluse, nous avons Châteauneuf-du-Pape, dont les vins spiritueux et foncés sont expé- diés à Bordeaux et en Bourgogne pour être mélangés avec des produits moins riches. En remontant le Rhône, nous arrivons à Saint- Pérujj (Ârdèchê), dont les vius blancs sont à la. fois secs et effervescents. Près de Tain (Drôme). s'étendent les fameux vignobles de Y Hermitage dont les neuf dixièmes sont plan- tés en cépages rouges; les meilleurs crus, envoyés àBoi'deauxt y subissent un mélange avant d'être expédiés en Angleterre sous l'é- tiquette de elarets; les seconds crus seuls sont vendus comme vins de l'Hermitage; lesblancs surtout sont d'une exquise délicatesse. Les vignobles de Condrieu (Rhône) donnent un vin blanc elfervescentauquel le commerce a quel- quefois appliqué l'étiquette de Champagne. Non loin de là, dansla commune d'Arapuis,se trouve Côte-Rôtie, dont les premières qualités de vins rouges tiennent un rang distinirué parmi les meilleurs de France. Au nord de Lvcju et le long de la Saône et des autres tributaires du Rhône s'étendent les districts du Bitaujolais, du iVlàconiiais et de la côte de Châlons qui forment une région intermédiaire entre la Bourgogne et la vallée du Rhône. Nous y trouvons les crus renommés de Ghénas, de Fleury, de Lancié et de Saint-Etienne-la- Va- renne, aux vins légèrement colorés, et celui de .Iuliénasqui donne, au contraire, dos pro- duits très l'oncrs. Dans le Maçonnais, nous avons Tliorins, Rninanèche, Saint-Ainnur et Davayé ; les mcilloui-s vins blancs pioviiuiiient de Pouilly et de Fuisse; dans les bonnes .années, le l'ouilly n'a pas de supi'rieur. Les meilleurs produits de la côte de Châlons ser- venlii l'aire des rnélangesavec les bourgognes. Los vins mousseux proviennent de la Cham- pagne (voy. CuAMi'AGMic). Parmi les autres vi- gnobles de Franco, nous citerons ceux du dé- partement de la Dordogne donnant des vins roui:es et des vins blancs très estimés. Le dé- partement de la Vienne produit près de iiO millions de litres d'un vin assez médiocre. Les Charentes renferment quelques bons crus; mais les vins de cette région sont ordinaire- ment convertis en eau-de-vie. Les départe- ments du Lot et de Lot-et-Garonne forment une vaste région vinicnb- dont Cahors est le point central. — Industrie. Comme nation industrielle, la Franco vient immédiatement après l'Angleterre; pour les produits qui exi- gent du goût, de la grài'C et de l'élégance, elle lui est même supérieure. L'industrie de la so/e, produit pour I milliard et demi de tissus chaqui^ année. Celle du coton occupe prés d'un million d'ouvriers etdonnepour 000 millions de produits. Les articles de Paris ex- portés dans toutes les parties du monde, sont évalués à 3 millions de francs chaque année. La Flandre, la Normandie et la Bretagne fournissent des toiles. Pour la joaillerie et les bronzes d'art, aucune nation ne possède des ouvriers capables de rivaliser avec les nôtres. Paris, métropole politique et littéraire, est le grand centre de production des livres, des publications périodiques, des objets de luxe et de mode, des instruments de chirurgie et de précision, etc. Les industries les plus im- portantes sont celles de la dentelle, du tulle, des broderies, de la porcelaine, de la quin- caillerie, de l'horlogerie, des éventails et des miroirs. La France tienlle premier rang pour l'exportation descuirs. L'industrie des lainages emploieenvironi,500,000l.iroches; celledesco- tonnades. 4,.'i00,000 broches; celles des batis- tes et de la mousseline sont également im- portantes. La construction des navires a lieu principalement à Cherbourg, à Brest, à Roche- fort, a Marseille, à Toulon et à Bordeaux. Les manufactures de tabac, au nombre de 16, aiqjartiennent à l'Etat. La France fabrique 1 million de tonnes dc/'o/(/(;, dontSOO, 000 sont converties en /'eret 40,000 en acier. Le total des miu'/iwîes fixes et de transport est de "24,o00; ces machines ont une force nominale de 050,000 chevaux-vapeur, et produisent à peu près le travail de 2 millions de chevaux de trait on de 14 millions de manoïuvres. Il faut citer les mncldnes pour la. filature et le tissaye, les nvi- cliines à coudre, les iiiachincs uijricoles, les moulins à vent, les machines outils. La France fabrique des armes, des faiewes, de !a chau- dronnerie, des cristaux, àe. la uen'enc, despî'o- duils chimiques, des papiers, des huiles^ des graisses, des pâtes alimentaires, des fromages, des conserves, des sui:res, des alcools, del't'UM- de-vie, des gants, de la confiserie, de la chaus- sure, de la. tapisserie, àc. lii carrosserie, de la sellerie, des papiers peints, etc. — U se prend une moyenne de six mille brevets d'invention chaque année. — Comiuerce. On évalue à 2.'i milliards la somme annuelle sur laquelle roule le commerce intérieur et à plus de 8 milliards, celle du commerce extérieur. L'importation comprend les matières pre- mières (soie, laine, lin, coton, minerais, etc.), les denrées coloniales, les métaux, les bui.-^, lespt-'dua;, lesf/j'ciHîS, etc., les tissus. Les grands articles d'exportation sont ; les soieries, les lainages, les cotonnades et autres marchan- dises manufaclnrces, les vins, les caux-de-vie, les objets d'anii3ublemcnt, les cuirs, les bron- zes, l'acier, le fer, etc. Extension du commerce dans les dernières années. Ann<5e moyenne, le chifrre des importa- tions de la France, de mémo que celui de ses exportations, oscille entre 4 et !> milliards de francs. De|Hii3 une dizaine d'années, le cliifl're total de nos ini|iortations a sensible- ment diminué, tandis que celui des exporta- tions augmente. A l'entrée. la réduction porte sur la plupart dos pi'ovenances euro- péennes. A la sortie, l'amélioration se mani- feste principalement du côté de l'Angleterre, de la Belgi(]ue, de l'Allemagne; nous avons perdu du terrain en Italie, en Espagne, aux Etats-Unis, en Suisse. Commerce de la Fronce avec les principaux pays (En millions de francs). IMPt)RTAT10SS Angleterre Etats-Unis, s .... . Allemagne Espagne Belgique République Argentine . Algérie Russie Indes Anglaises .... Italie . Turquie Brésil Chine Australie . Suisse Autriche Suède Japon Chili EXPORTATIONS 510.6 31.3.8 307 . 9 287. y 282.0 212. G 190.8 180.8 107.8 126.9 90.2 89.0 79.6 76.9 75.4 73.0 63.2 62.4 57.1 Angleterre 1.030.6 Belgique 301.4 Allemagne 339.7 Etats-Unis 224.7 Algérie 217.8 Suisse 179.9 Italie 115.2 Espagne 100.3 Brésil 68.6 République Argentine . . 56.3 — La marine marchande comprend, outre les bâtiments exclusivement employés à la pêche, environ 15,000 navires à voiles, jau- geant 883,000 tonnes, et 920 navires à vapeur jaugeant 190,000 tonnes. Le commerce de cabotag-e est très important. — Routes. Les routes sont divisées en routes nationales, dé- partementales et chemins vicinaux, d'après leur largeur et leur mode d'entretien, i Voy. Routes.) — Chemins de fer. Pour les voies fer- rées (voy. Chemin de feîi). — Constitution. La constitution actuelle de la France, votée par l'Assemblée nationale, élue en 1871, porte la date du 25 février 1873. Le pouvoir légis- latif est exercé par deux assemblées, la Chambre des députés et le Sénat; le pouvoir (!.\écutit appartient à un magistrat qu'on appelle le Président de la République. La Chambre des députés est élue par le sull'rage universel, au scrutin d'arrondissement. (Voy. DÉPUTÉ.) Il y a environ 10.200,000 élec- teurs politiques ou personnes capables de voter. Les seules qualités requises pour être électeur sont de jouir de ses droits de citoyen et d'avoir au moins viiigl et un ans; pour être député, il faut être citoyen et avoir vingt-cinq ans accomplis. La Chambre des dcputis com- prend .'iii? membres. Le Sénat se compose de 300 membres, dont 75 élus à vie. (Voy. Sénat.) Le Sénat et la Chambre dos députés se réu- nissent chaque année, le second mardi de janvier (à moins que le piésidenl de la Répu- Ijlique ne fasse une convocalion autérieuie); ils doivent rester réunis pendant au moins cinq mois chaque année. — Les députés soûl élus pour une période d'- qimtre ans. Le pré- siilent de la Républnpie a le droit lo coiivo- ipier extraordinaiiement les (chambres. Il est tenu de le faire si une moitié au moins de la Chaiiihrc demande celte convocalion Le pré- sident peut ajourner la réunion des Chambios, sans loutefois que cet ajournemenl puisse excéder le terme d'un mois et sans que cela 6 FRAN se présente plus de deux fois pendant la môme session. I,e Sénat a, de mfinieque laCiiambre des flépuli'-s, le droit de projetpr et de faire les lois. Cependant, les lois financières ne peuvent être présentées et volées (]ue par la Cli;inil)re des députés. Le président de la République est élu. à la majorité des votes, par le Sénat et la Chambre des députés, réunis fil Assemblée nationale. Il est nomme pour sept ans et peut être réélu. H (iromulffue les lois qui oui été volées par les deu.\ Clianibres. Ilaledroil do f.'iâr,e individuelle, mais ne peut accorder une amnistie f;éi)éralc. Il dispose de la lorcc armée et nomme à tons les em- plois civils et militaires, et aux postes de mi- nistre. Chaque ado du président de la Hépu- blique doit être conlresip-né par un ministre. Le président de la Republique [leut, avecl'as- scntinienl du Sénat, dissoudre la Chambre des députés avaul l'expiration légale de son mandat, mais, dans ce cas, les collèfies élec- toraux doivent être convoqués pour de nou- velles élections dans les trois mois. Les ministres en corps sont responsables aux Chambres de la politique fîénéiale du {.'ou- vcrnement, et individuellement de leurs actes personnels. Le président de la République n'esl responsalile que dans le cas de haute trahison, l'n article spécial, ajouté à la cons- titulioii (le IS7.'), décide rpie le président de la lîepul)lic[ue ne peut pas déclarer la guerre sans rasscnliment préalable des deux Cham- briis. Dans le cas de vacance par décès ou autre cause, les deux Chambres réunies pro- cèdent immédiatement à 1 élection d"un nou- veau président de la Ké|iubliqne. Le président de la liépublique reçoit 000,000 francs par an, plus HOO,U0O francs de frais de représen- tation. Le ministère se compose de onze membres (21 février 1883); le président du conseil, ministre de l'instruction publique, le ministre des affaires étrangères, le ministre de l'inlérienr, le ministre des finances, le ministre de la justice, le ministre du com- merce, le ministre de l'agriculture, le mi- nistre de la guerre, le ministre de la marine et des colonies, le ministre des postes et des télégraphes et le ministre des travaux pu- blics. — Justice. La justice se divise en trois juridictions : civile, criminelle et spéciales. Chaque canton possède une justice de paix; cha(iue arrondissement a un tribunal de pre- mière insLiiiico; ces tribunaux ressortissent aux cours d'a|)pel ; la cour suprême ou cour de cassation siège à Paris. — Administration. La commune, unité élémentaire de l'adminis- tration de la France, est administrée par un cotiscit municipal, et par un maire assisté de ses adjoints. La commune fait partie d'un cmi- ton, (pii sert de base aux élections et au recru- teinenl. Puis vient l'arrondissement, composé de plusieurs cantons et administré par un conseil d'arrondissement et un sous-préfet. Plusieurs arrondissements forment un dépar- tement, unité générale placée entre l'Etat et la commune et administrée par un préfet assisté d'un conseil de préfecture. — Paris, capitale de la France, est la seule commune lacée dans une situation politique extra- égale.— Travaux publics. Plusieurs admi- nistrations ont été créées pour la direction des services d'utilité générale; ce sont: les ponts et cliaiissées, les mines, le service mi'dical, les eaux et forêts, les télégraphes, les postes et les bureaux de garantie. — Institution péni- tentiaire. Les institutions pénitentiaires com- prennent 23 prisons centrales, outre les colo- nies pénitentiaires et les colonies pénales. (Voy. Colonies.) — Agriculture, industrie, COMMERCE. 11 y a des concours régionaux pour l'agriculture et des expositions ]>ow: l'indus- trie, des chambres consultatives d'agriculture et des chambres consultatives des arts et manu- factures, deschambres decommerce. Bordeaux et Paris pos-^èdeiil chacune un hôtel des monnaies. — Religion. La population de la France, d'à- 1 l FRAN lUès le recensement de décembre 1881, com- •lend 29,2'il.703 catholiques romains, soit ;S,'jOp. 100 de la population totale ; G'.»2,S00 u-otestanis (470,000 calvinistes, 00,000 lulhé- iiens,i;tO,000 appartenant à d'autres sectes . lU 1,8 p. 100 : r.3,4.36 juifs et 7,liilosophieet en lettres, 9.6 18 en médecine et 1.413 en sciemes. La faculté de Paris compreml à elle seule 20,107 élèves, soit plus de la moitié du nombre total. Après elle, vient celle de Bordeaux avec 3,o57 étudianis. Plusieurs des facultés de l'Etat ne possèdentque très jieu d'élèves; commecelles deClermont qui n'en comptait que 46 et celle de Besançon qui n'en eut que 38 pendant l'aa- née scolaire t879-'80. Lors du recensement général de 1901, on fit une investigation olR- cielle sur le degré d'instruction de la nation. La population fut divisée en trois groupes, basés sur fige : le premier comprenait les enfants au-de.ssous de six ans, le second les jeunes cens de six à vingt ans, et le troisième les adultes au-dessus de vingt ans. Le tableau suivant donne les résultats de ce recensement: DEGRÉ D ÉDUCATION Ne sachant ni lire ni écrire Sac4ianl seulement lire . Sacliaiit lire et écrire. . Douteux Total ChOCPF-S PAU AOE f „ . de 6 i 20. *'"''» o ans. 20 ans. 3.540.101 20i.3l8 I5I.5'I5 38.0ti i.Uîi.om 2. 082. 338 1.175.125 5.458.0^17 70.721 8.780.281 7.702.36Î 2.305.130 13 073.037 214.005 23.291.554 — Finances. Pour subvenir aux services pu- blics, on a institué le budget de l'Etat, voté chaque année par la Chamlire des députés. Lorsque les recettes sont inférieures aux dé- penses, on est forcé d'avoir rei-ours à des em- prunts. (Voy. Dette.) — Armée L armée fran- çaise a été complètement réorganistie d'après la loi sur le recrutement votée par l'Assem- blée nationale, le 27juillet 1872, et les lois du 24 juillet 1873, du 13 mars 1875 et de mars 1882. (Voy. Recrutement.) Pour sa composi- tion sur le pied de paix et le pied de guerre, voy. Armée Elle est divisée en corps d'armée et en divisions militaires : CORPS d'armée I" (Nord, Pas-de-Calais). Ch.-l. Lille. f'^ division. Lille. 2" division. Arras. Il" (Aisne, Oise, Somme, Seine-et-Oise [arr. de Pontoise], Seine [canl. de Saint-Denis et de Pantin, 10M9« et 20' arr. de Paris]). Ch.-l. Amiens. 3'= division. Amiens. 4° division. Compiègne. III" (Calvados, Eure, Seine-Inférieure, Seine- et-Oise [arr. de Mantes et de Versailles], Seine [cant. de Courbevoie et deNeuilly, 1", 7», 8% 9°, 15°, 16"=, 17' et 18' arr. de Paris]), Ch.-l. Rouen. 5"* division. Paris. Q" division. Rouen. IV= (Eure-et-Loir, Mayenne, Orne, Sarthe, Seine-et-Oise [arr, de Rambouillet], Seine [cant. de Villejuif et de Sceaux, 4>-', 5°, 6°, 13° et 14° arr. de Paris]). Ch.-l. le Mans. 7° division. Le Mans. 8° division. Paris. y° (Loiret, Loir-et-Cher, Seine-et-Marne. "Yonne, Seine-el-Oise [arr. d'Etampes et de Corbeil], Seine [canton de Charenton et de Vincennes, %'', 3°, 11° et 12° arr. de Paris]). Ch.-l. Orléans. 9° division. Paris. 10' division. Orléans. VI° (Ardennes, Aube, Marne, Meurthe-et-Mo- selle, Meuse, Vosges). Ch.-l. Chàlons-sur- Marne. 12° division. Reims. 42° division. Verdun. VU" (Ain, Doubs. Jura, Hante-Marne [arr. de Belfort], Haute-Saône, Rhône [cant. de Neuville, 4° et 5° arr. de Lyon]). Ch.-l. Besançon. 13= division. Chaumont. 14° division. Belfort. FRAN Vm"(Chpr, Cùte-d'Or, Nièvre, Saùne-el-Loire et Rhône [arr. de Villefrauche]). Gh.-l, Bourges. 15° division. Dijon. 16" division. Bourges. IX" (Maine-el-Lûire, Indre-et-Loire, Indre, Deux-Sèvres, Vienne). Ch.-l. Tours. 17= division. Cliâteauroux. 18" division. Angers. X" (Côtes-du-Nord, Manche, Ille-et-Vilaine). CIi.-l. Rennes. 19" division. Rennes. 20° division. Saint-Servan. XI" (Finistère. Loire-Inférieure, Morbihan, Vendée). Ch.-l. Nantes. 21° division. Nantes. 22° division. Vannes. Xll° (Charente, Corrèze, Creuse, Dordogne, Haute-Vienne). Ch.-I. Limoges. 23° division. Angoulême. 24° division. Périgueux. XIIP (Allier, Loire, Puy-de-Dôme, Haute- Loire, Cantal, Rhône [cant. de l'Arbresle, Condrieu. Limonest, Mornant, Saiut- Symphorien, Saint-Laurent, Vaugneray]). Ch.-l. Glermont-Ferrand. 25° division. Saint-Etienne. 2G° division. Clermont-Ferrand. XIV" (Hautes-Alpes. Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie, Rhône [cant. de Givors, Samt-Genis-Laval, Villeurbanne, I°S 2", 3° et 6° arr. de Lyon]). Ch.-l. Lyon. 27° division. Grenoble. 28° division. Chambéry. XV° (Basses-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardèche, Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Var, Vaucluse). Ch.-l. Marseille. 29° division. Nice. 30° division. Avignon. XYl" (Aude, Aveyron, Hérault, Lozère, Tarn, Pyrénées-Orientales). Ch.-l. Montpellier. 31° division. Montpellier. 32° division. Perpignan. XV1I° (Ariège, Haute-Gar., Gers, Lot, Lot-et- Gar., Tarn-et-Gar.). Ch-1. Toulouse 33" division. Montauban. 34° division. Toulouse. XVIIl" (Cliarente-Inf., Gironde, Landes, Basses et Hautes-Pyrénées). Ch.-l. Bordeaux. 35° division Bordeaux. 36° division. Bayonne. XIX° (Algérie). Ch.-l. Alger. Divisions. Alger, Oran, Constantine. Corps d'occupation en Tunisie. Ch.-l. Tunis. XX° (Vosges, Aube,,.Meurthe-et-Moselle, moins l'arrondissement de Briey). Ch.-l. Nancy. 11° division. Nancy. 41° division. Remiremont. A la cavalerie franraise (voy. Cavalerie), il faut ajouter 19 escadrons d'éclaireursvolon- taires qui sont formés en temps de guerre ou de manœuvre. — L'artillerie est répartie dans les dilTérents corps d'armée. Elle se compose ainsi qu'il suit ; U.\TTlil;lbS ARTILLERIE DE L'aRMÉE FRANÇAISE 1" Pied de paix. 20 régim. d'artill. dirisionn. à 3 bail, à pied 8 b;ttl. monlees, plus 1 bail. d« dépôt 19 rogira. d'arlill, du corps â 8 bail, nionli'i's, 3 Datt. à cheval, plus t batt. de dépôt Total : .137 batteries Musiciens deSO écoles il'artillerie :i reL:imeiit9 de pontonniers à 14 compagnies inip.ignics <1 ouvriers (1 en Algérie) .......', 3 compa^îiiies d'artiliciers '.'.', B7 (■oiii|.a^iiiesdu train d'artillerie (19 pourl'artil'lerie diTisi'onnàir'e et k'uour l artillerie de corps) .... lolaui FRAN — Outre l'infanterie, l'artillerie, etc. (voy. Armée), l'armée françai.«e comprend aussi : Corps de l'intendance militaire... 342 liommes Corps des officiers de santé I Corps des pharmaciens j 5-° 50 sections d'administration 15.840 20 sections de secrétaires ,,,\ 2.184 Aumôniers militaires * 42 Vétérinaires principaux ][]. 10 Interprelçs militaires ] 75 Personnel de la justice milil.iire." 649 Personnel des dépôts de remonte.. 25 Affaires indigènes en Aiçéric 84 Corps forestier. (Voy. Fobêt.) Quant à l'armement, l'infanterie est armée do fusils Gras (espèce de fusil Chassepol à cartouche de métal dans lequel l'aiguille est remplacée par un percuteur), les 6 régi- ments de cuirassiers, qui ont gardé la cui- rasse, portent des revolvers et 60 mousque- tons par régiment, les autres régiments de cavalerie ont tous des mousquetons. L'artille- rie de campagne a des canons de 80 à 90 mil- limètres en acier fondu se chargeant par la culasse. L'organisation actuelle de l'armée permettrait de mettre sur pied, en première ligne, "24 corps d'armée complets (n"' 1 à 24), dont 4 seraient à former à neuf, 8 divisions de cavalerie, 36 bataillons d'infanterie pour le service d'éclaireurs,-24 batteries de position et des troupes techniques pour le service des chemins de fer et des télégraphes. Chacun des ii corps d'armée coniplerait 25 batail- lons d'infanterie (y compris 1 bat. de chas- seurs). 8 escadrons de cavalerie, 18 batteries d'artillerie, 3 compagnies du génie, 1 compa- gnie de pontonniers et des détachements de train et de troupes de santé. Ces "24 corps d'armée formeraient, probablement, de 4 ào armées. En deu.xième ligne pourraient être formés encore 8 corps d'armée (u°« 25 à 32) dans lesquels entreraient des régiments de marche d'infanterie, de la cavalerie et de l'artillerie de l'armée territoriale et quelques parties d'autres troupes. Il faut y ajouter 20 classes d'hommes dispensés ou se trouvant au service au.xiliaire et dont le total monte a environ 1,330,000 hommes sans instruction militaire, ce qui donne un total de 3,723,164 hommes. Pour l'armée de mer et la tlotte, voy. Marine. — Langues. La langue ofli- cielle des Français est ki langue académique enseignée dans toutes nos écoles. C'est la plus importante des six langues romaniques ls^ues du latin, sous l'influence d'autres idiomes. L'italien, le romanique ou valaque, le provençal, l'espagnol et le portugais sont des langues sœurs de la nôtre. Au iv» siècle, la lingua rustica (latin dégénéré, teinté d'élé- ments celtiques) était parlée du Rhin aux Py- rénées. Le jargon latin, corrompu par le mé- lange d'expressions germaniques, et appelé lingua romana, coexista fiendant quelque temps avec le frenhiska ou franc. Tandis que le dernier de ces langages prédominait dans le Nord et dans l'Est du pays, la lingua rus- -""^ "7** — _^— *-"^ "^ ■c o - '^ a. -fl £ = -a 60 IGO 40 tGO (iO iO 60 320 tiO &0 g o Pin RBGI.MKNT OU COMPÀGntE 63 4:i5 916 6S 453 916 68* 4 4 "iss" 32 28 "wa" 130 73 4 2S 63 ... 104 27.939 27.303 762 3.012 I.S60 315 ,„ K .. ■ .< ^° ^^'-''^ ^^ OUCrre. Hommes. 812 ba.teries de campagne (y compris 8 batteries du régiment \ d'artillerie de la marine) i 57 batteries à cheval s l^i.jQO 76 batteries de dépôt (aiielees en temps de paii. . ! ^ ! k 57 batteries à pied (de position) ) 38 batteries de campagne de I armée tertitorlale! . . . . . .■■(). «0» tiQ bittlwrlud uv«< <,-'47), Mérovéu (417 -'.'iS). Cliildéric (458-'81), et Clo- vis (i8l-.i| I), s'étendirent peu à peu jusqu'aux Pyrénées. Clovis, s'élnnt tait baptiser, olilint l'appui moral des pr<*lres catholiques qui fa- cilili'ient la conqui5le du centre et du sud de la (laiilc; on le considère comme le véritable fondateur île la monarchie franque.. Ses quatre fils se partagèrent son empire. Childebert eut Paris; Clodomlr réfina ii Orléans. Thierry à Metz, et (Jlntairc à Soissons. La Gaule élait alors divisée confusément en quatre parties principales : la Nmintrie. \'Au.strasic, la Bour- gogne et l'.Vf/inVame. Ces deux dernières divi- sions restèrent seules distinctes, mais la Neus- trie disparut aiirès la bataille de Teslry (6S"), et le nom d'Austrasie cessa d'exister au ix" siècle. A Metz régnèrent successivement Théodfibort (ii34) et Théodebald (.Ï48). Clo- taire !'■', le plus jeune des lils de Clovis, réu- nit toute la monarchie en 5b8. Un nouveau partafi-e entre les fils de ce souverain ('iOI), (it naître une lonjrue suite de guerres civiles (5G7-()i:t) entre les Francs orientaux ou Aus- trasiens et les Francs occidentaux ou Neus- triens, les premiers dirif-'és par Bruneliaut, les seconds par Frédégonde Voici la liste des rois de celte période et de celle qui suivit : 561. Caribert eut Paris. <( Contran, Orléans et la Bourgogne. « Si^-'eberl, Metz, « Chilpéric, Soissons. !i7;;. Childebert II. .S84. Clotairell. b'je. Thierrv 11. « Théodebert II. 613. Clolaire II, seul roi, après la défaite des .\ustrasiens. 628. Dai-'obert 1"'^ partagea son royaume entre ses deux rils,(|ui commencèrent la série des j'oi's fainéants. 638. Clovis II. a Sigebert II. 6';6. Clolaire III. 67(1. Cliildéric 11, assassiné. 670. Thierry 111. 674. D^igoberl II, assassiné (679). 691. Clovis 111. 6'j:i. Childebert III. 711. Dagobert III. 7Io. Chilpéric II, déposé. 717. Clolaire IV. 720. Chilpéric II, restauré. « Thierry IV, mort en 737. 737. Interrègne jusqu'à la mort de Charles Martel PU). 742. Cbildéric 111. Pendant le règne nominal des rois fainéants, le pouvoir fut exercé par les maires du palais, devenus premiers ministres dans chacun des trois royaumes dWustrasie, de Neustrie et de Bourgogne. Les maires d'Austrasie finirent par s'emparer du pouvoir absolu dans les royaumes francs. Le plus illustre, Pépin d'Hé- ris'tal, fut remplacé en 714 par son Tils na- turel, Karl, bien célèbre sous le nom de Charles Marlel, et chef de la dynastie des Carlovingiens. Ses successeurs furent : 7o2. Pépin le Bref. 768. Charles le Grand (Charlemagne) etCar- loman. Charlemagne devenu seul souverain des Gaules, après avoir usurpé les domaines de ses neveux, fonda un immense empire qui comprit, outre l'ancienne Gaule Transalpine, toute la GaulcCisalpine (Italie septenliionale), le noid de l'Espagne et une grande partie de la Germanie. 11 donna à ses vastes possessions le nom de nouvel eminrc d'Orcidenl el lui cou- ronné empereur à Roûie même, par le pape, dont il était le protecteur (800). Pépin le Brei avait lait de la papauté une puissance tem- porelle, et Charlemagne, cumplélant son o'iivre, édilia cette alliance du clergé et de l'Elal, qui existe encore dans la (diipart des nations européennes. La Sainle-Velime qu'il iiislilua pour mettre le bras séculier au ser- vice de 1 E^jlise, servit plus tard de modèle à rinquisilioTi. Il ne créa pas lu féodalité, qui .s'établit seulrni' nt sous ses successeurs, mais il divisa son empire en royaumes, marches, comtés, etc.. qui formèrent ensuite autanl de parties indépendantes, lorsque les oflices politiques el mililaires devinrent héréditaires. Son llls, Louis le Débonnaire (SI4-'40), Mla, par sa faiblesse et par sa superstition, le dé- membrement de l'empire franc, auquel les invasions normandes portèrent des coups terribles. Les provinces, abandonnées à leurs propres ressources, durent se défendre elles- mêmes, eurent des armées particulières, el devinrent à peu près indépendantes. Moins de trente ans après la morl de Charlemagne. ses vastes possessions furent divisées en trois royaumes, par le traité de Verdun (S43), et, en 848, ses fragments formèrent l'empire germanique, les royaumes de France et d'Ita- lie, avec les Ktals secondaires de Lorraine, de Bourgogne et de Navarre. Lés successeurs de Louis le Débonnaire furent : S14. Louis I''. le Débonnaire. 840. Charles le Chauve. 877. Louis 11, le Bègue. 879. Louis III et Carloman; le premier mou- rut en 88'i, et Carloman régna seul. 884. Charles 111, le Gros. 898. Charles IV, le Simple, morl en pri- son (1(29). 9î:î. Rodolphe ou Raoul. 930. Louis IV, d'Outre-Mer. 0.")4. Lolhaire. 9S(i. Louis V, l'indolenl. Le nom de France apparaît pour la première fois dans l'histoire vers le ix'* siècle, pour dé- signer la contrée située entre l'Escaut, la Meuse, la Saône et les Cévennes; mais le rovaume de France proprement dit ne com- prenait guère que l'Ile-de-France el l'Or- léanais. Pendant le même siècle, les .Nor- mands s'établirent auN.-0.de la France, dans la |u-ovince qui a conservé le nom de Nor- mandie; ils y fondèrent un duché qui ne tarda pas à devenir le plus puissant du royaume. Au sud, l'Aquitaine avait rompu toute subordination; la Provence formait un royaume; la Bretagne, restée celtique^ con- servait son indépendance; partout les comtes el les ducs se riaient de la faiblesse des der- niers Carlovingiens dont le pouvoir ne dépas- sait même plus les bornes de la ville de Laon. C'est dans ces circonstances, que l'un des grands vassaux, Hugues Capet, duc de France, se fit proclamer roi en 987 el fonda la dynastie des Capétiens, qui gouverna le pays pendant plus de huit siècles, soit par elle-même, soit par des branches collatérales, et qui est en- core représentée par la famille des Bourbons. C'est aux Capétiens que coniaience en réalité l'histoire de France. Leur petit royaume, dont la capitale était Paris, ne se composait que de rile-de-France et de l'Orléanais. Les ducs, comtes, vicomtes, barons, seigneurs de toute sorte, ayant divisé en une multitude de liefs l'empire de Charlemagne, après le traité de Verdun, s'était-ntfortiliésdans leurs domaines et, protégés par de formidables forteresses, méprisaient les ordres des rois. Voici la liste des Capétiens directs : 987. Hugues Capet, comte de Paris, morl le 24 octobre 996. 996. Robert IL morl le 20 juillet 1031. 1031. Henri I". mort le 29 août 1060. lOiiO. Philipp.' 1", mort le 3 août 1108. nos. Louis VI, le Gros, mort le 1" août 1137. '1137. Louis VU, II- Jeune, mort le 18 sep- tembre 1 1 so. H80. Philippe 11 (-Auguste), mort le U juil- let ti'23. 1223. Louis \IU (Cœur de Lion), morl le 8 no- veml)re 1226. 1226. Louis I.V (saint), morl devant Tunis, le 2.'. aoûl,127(i. 1270. Phillp)ie III. le Hardi, mort le 0 oc- tobre 128;;. <28.S. Philippe IV, le Bel, mort le 29 no- vembre 1314. 1314. Louis X, le llutin.mort le .ï juin 1316, <316. Jean I", mort le 19 novembre 1316. « Philippe V, le Long, morl le 3 jan- vier 1322. 1322. Charles IV, le Bel, morl le 31 jan- vier K128. Pendant le règne de ces princes, le domaine royal s'augmenta de la Pii-ardii' (1183), de la Tmiraine. de VAnjou, du Maine, du Poitou, de la Saintonge et de la Normandie, provinces qui furent confisquées sur les Anglais en 1203; du Languedoc (1229-'70), de la Champagne, de la Brie et du Lyonnais (128.'(). Les croisades, si coûteuses et si sanelantes, épui.sèrenl la grande féodalité et aidèrent puissamment au travail d'unification poursuivi par les Capé- tiens. La rivalité entre la France et l'Angle- terre, conséquence de l'accession du duc Guillaume de Normandie au trône de ce der- nier pays, allait amener des guerres longues el [lérillouses qui faillirent plusieurs fois faire sombrer la monarchie française. Charles IV étant mort sans héritier mille, la couronne passa, en vertu-Je la loi salique, à Philippe de Valois, le plus proche héritier mdte du trône; mais Edouard 111, roi d'Angleterre, refusa de reconnaître l'autorité de la loi sa- bque.et revendiqua la couronne, comme petil- lils de Charles IV, par sa mère Isabelle de France: celle prétention fit naître la guerre de Cent ans (1337-1453). Nous donnons ci- dessous la listi' des Valois : 13iS, Philippe VI. morl le 23 août 13.';0, 13.')0. Jean 11, le Bon, mort le 8 avril 136':. 1364. Charles V, le Sage, mort le 16 >• • - tembrc 1380. 1380. Charles VI, mort le 21 octobre 1422. 1422. Charles Vil, mort le 22 juillet 1461. 1461. Louis M, morl le 30 août i483, 1483. Charles VIII, morlle 7 avril 1498. 1498. Louis XIL duc d'Orléans, morl le 1"^' jan- vier I.tI.5. loli). François I«'', d'Angoulême, mort le 31 mars 1.547. 1347. Henri II, tué dans un tournoi par le comte de .Montgomery le 10 juillet 1o.ï9. 15n9. François II, mort le .ï décembre 1560. 1560. Charles IX, mort le 30 mai lo74. lo74. Henri m, assassiné par Jacques Clément, le 2 août i;;89. Les règnes des premiers de ces princes fu- rent troublés par les désastres de la guerre de Cent ans. En 1340, la llolte an,<.'laise anéantit les forces navales de France à l'E- cluse, sur la côte de Flandre; en 1346, les archers anglais détruisirent à Crécy la fieur de la chevalerie française et en 1336, le prince Noir s'empara, à Poitiers, de la personne rnème du roi (Jean le Bon). L'espr.il commu- nal isle, protégé par les premiers Capétiens, avait fait naître dans les villes de vagues aspirations démocratiques et républicaines contre lesquelles dut réagir le régent ^ Char- les V); les paysans, poussés au désespoir par des maux de toute sorte, formèrent la Jac- querie, insurrection qui fut accompagnée de toutes les horreurs d'une guerre sociale. Charles V, aidé de son connétable du Gues- ciiii parvint à rétablir la paix intérieure et à chasser l'étranger ; mais, après lui, les troubles renaquirent. Des factions rivales, ayant à leur Lêle les ducs d'Orléans el de Bouri-'ogne, plongèrent le pays dans la déso.ation. Les Anglais reparurent. La chevalerie française subit sa troisième défaite à Azincourl (1415) ; FRAN FRAN FRAN 9 presque tout? la France tomba au pouvoir des vainqueurs ; Paris même resta en leur possession pendant quinze années. Tout semtilait perdu, lorsque parut Jeanne d'Arc : à la voix de cetle jeune inspirée, le parti na- tional tenta un effort suprême : Orléans fut dé- livré et l'ennemi fut chassé. (Voy. Charles VII, Jeanne d'Arc, etc.) Débarrassée de la puerre civile et de l'invasion, la France put reprendre son œuvre de réédifieation. Déjà le Dauphiné avait été acquis en 1349; le Limousin, la Giiienne et la Gascogne furent définitivement enlevés aux Anglais en 14.o3. Louis XI soutint presque toute sa vie contre les grands vassaux une lutte dans laquelle il usa de ruse et de perfidie, et qui lui rapporta la Marche, la liourgoyne (1479), la Provence, le Maine et V Anjou (1487), avec les comtés de Roii^silton et de Cerdayne; la France devint ainsi l'une des puissances prépondérantes sur la Médi- terranée. Le mariage de Ctiarles VIII avec Anne de Bretajrne prépara l'annexion de la Bictagne; mais Charles VllI, détourné de la véritable politique nationale, commença, en envahissant l'Ilalie, cetle longue série de folles expéditions qui épuisèrent le pays pen- dant plus d'un demi-siècle. Avec ce prince la ligne directe des Valois s'éteignit. Louis, dui- d'Orléans, pelit-fils d'un frère de Char- les VI, devint roi sous le nom de Louis XII. Occupé de ses prétentions sur l'Italie, il n'augmenta pas le royaume. A son arrivée au trône, François i"' apporta à la couronne son domaine particulier ; Angoumois, Forey et Bf au joli lis,; il contisqua sur le connétable de Bourbon le Bourbonnais et le Dauphiné d'Auvergne, et, en épousant l'héritière de Bretagne, il réunit définitivement cette pro- vince au domaine national. Mais, encore moins sage que ses prédécesseurs, il ne se contenta pas de tenter la conquête de l'Italie ; il aspira à la couronne impériale, qui lui échappa. Vaincu et fait prisonnier à Pavie (tii'J.-)), il dut, l'année suivante, signer le traité de Madrid, qui démembrait la France. Heureusement que les Bourguignons, plus paillotes que le roi, refusèrent de devenir Allemands; la guerre ne se termina qu'à la paix de Cambrai (lo"i9). Bientôt parut Calvin, et le roi, qui prêtait assistance aux protes- tants allemands, essaya vainement d'étouffer le calvinisme dans son propre domaine. La lutte contre les Hapsbourgs ne se termina que sous le règne de Henri 11, lors de la paix de Gâteau -Cambrésis ,(loo9). L'intolérance de François l'"' et de Henri II poussa au désespoir les calvinistes (huguenots), qui se soulevèrent en 1H.t9. Les guerres de religion ensanglan- tèrent la France pendant près de 40 ans. Ce fut en vain que les catholiques, ayant attiré leurs adversaires dans un guel-apens, les assassinèrent traîtreusement pendant la nuit de la Saint- Barthélémy, l.'iTâ; (cetégorgement ne lit qu'exaspérer la résistance. La discorde se mit au camp des catholiques. Le duc de Guise, chef de la Ligue, avait de secrètes prétentions à la couronne et le roi Henri ill ne se débarrassa d'un tel rival qu'en le faisant assassiner (|.'>:i8); peu de mois après, il tomba lui-même victime d'un moine. Par sa blessure coula le sang du dernier descendant de François !"■■ et du dernier des Valois. — La Lorraine française et le Calaisis avaient élé • conquis en liiîiS. — L'héritier du trône était le chef même des hugiienols, Henri de Bour- bon, roi de Navarre (Henri IV), qui ne put faire valoir ses droits qu'en abjurant le pro- testantisme, après avoir conquis par la force des armes la plus grande pariie de sou royaume (l.'iyii). Il apporta au domaine royal son patriniuint', compnsé du Bée- nanx publics, et le 14 juillet, la Réiohilim commença par la prise de la Bastille. Le 4 août, l'Assemblée abolit les droits féodaux et tous les privilèges séculaires des nobles et des prêtres; elle proclama la célèbre déclaration des droits delhoinine. La disette el le man- que d'arcrent, les discussions relative^ au veto, la fuite d'une foule de seigneurs tenaient les esprits dans un étal continuel de siirexcilalion lorsque l'on apprit que, dans imo soirée don- née a Versailles par la reion, les officiers de la garde royale avaient insulté les couleurs nationales "et avaient proféré des menaces à UL 10 FRAN FRAN FRAN l'adresse du peuple. Le !i octobre, une mulli- tudc, compriMiiiril un sraiid nombre de l'eni- mes cl plusieurs milliers de gardes françaises et de g-ardcs nationaux, partit de Paris, ar- riva à Versailles, envabil le palais et oblint que le roi se transpuiterait dans la capitale, ainsi que l'Assi-niblée. Celle-ci décréta, le 10 Oit., que le litre de roi de France serait rc'in- placé par celui de roi dos Français. Le î nov., les propriiHés du cleryc furent confisquées. L'émifiralion des prêtres commença aussilût; celle des nobles prit un caractère inquiilant; une année de ces mécontents se forma à la frontière. Le 14 juillet 1790, lors delalVdéra- tion du champ do Mars, le roi préla le serment de soutenir la nouvelle constitution; l'espoir renaquit aussitôt et il sembla qu'une miinar- cliio conslitulionnello était fondée sur les ruines du despotisme personnel. Mais les émi- firés, dont cet apaisement contrariait les pro- jets réactionnaires, ne se lassèrent pas de conspirer avec leurs amis de l'intérieur. D'un autre côté, l'Assemblie se divisa en p.'U'tis de plus en plus acharnés, et le peuple, excité par les incessantes baranf-'ucs d orateurs tels que Maral , Desmoulins, Danton et autres membres dos clubs, devenait plus exigeant, h mesure qu'on lui accordait davantage. .Mira- beau, que l'on consiiiorait comme le seul homme capable de mdjntenir la cour, le peu- ple et l'Assemblée, mourut le 2 avril 1791, et le roi, regrettant d'êlre devenu un prince constitutionnel, mais n'osant se mettre à la tète dos oonsiiirations fomentées autour de lui, commit une dernière faute qui allait déchaî- ner la tempête finale. Le iOjuin 1791, il s'en- fuit pour aller se réfugier au milieu des trou- pes allomandos. auxquelles les émigrés pro- nioltaient le pillage de la France. Ari'êté à Vareniies, il fut ramené à Paris, non comme un souverain, mais comme un prisonnier ac- cusé d'une traliison inouïe dans nos annales. L'.\ssemblée, rostéeseulo maîtresse, se hàla de voter la constitution du .i sept. 1791, donnant le pouvoir législatif à une Assombléeélue Ions lés deux ans, et l'autorité executive nominale au roi, qui sanctionna cette loi le fo sept. Avant de se dissoudre, l'Assemblée cons- tituante décréta qu'aucun de ses membres ne pourrait être élu à l'Assemblée législative qui allait èlre formée. Cette mesure désinté- ressée eut pour résultat d'amener au pouvoir des hommes nouveaux, imbus de principes politiques beaucoup plus démocratiques. La majorité des 74a membres do la nouvelle As- semblée dut son élection à l'intluence des clubs. Presi[ue chaque nuance de l'opinion démocra- tique était représentée à la Législative, qui ouvrit ses sessions le 1" oct. 1791. Les répu- blicains les plus modérés devinrent plus tard les Girondins; les plus violents eurent pour chois et pour principaux orateurs des hommes tels que Lacroix, Chabot et Coutbon. Parmi les premières mesures de cette session, fut celle qui déclara les émigrés atteints de haute trahisort et celle qui condamna comme agita- teurs les prêtres réfractaires. Louis opposa son veto a ces deux mesures et augmenta ainsi son impopularité. Néanmoins, poussé par Duraouriez, il consentit, le '20 avril 1792, à déclarer la guerre à l'Autriche, qui avait formé avec la Prusse, l'Espagne, la Sardaigne et plusieurs autres Etats une ligue pour en- vahir la France et y rétablir le despotisme. Ainsi commença, entre la Révolution et toutes les monarchies de l'Europe, cette longue lutte qui se termina en 1804 par la proclamation de l'Empire. La nation, entièrement occupée des événements intérieurs, ne s'était pas pré- parée à la guerre ; aussi les hostilités débutè- rent-elles avec mollesse; et d'ailleurs, les no- bles qui n'avaient pas déserté leurs troupes savaient que la cour comptait sur une défaite des armées françaises. Des bruits de trahison circulaient dans la foule; le clul) des jacobins se déclara en permanence le Iti juiu 179^; Le lendemain. l'Assemblée fut officiollemont in- formée (pie le roi opposait son vi-lo auxmcsu- res pris, s pour le bannissement des |irétros ol pour la formation d'une armée de îiO.Odc nommes sous les murs de Paris. Kelcvant le gant, l'Assemblée porta, le 7 juillet, le der- nier coup h la puissance royale en se déclarant le seul corps permanent ayant pouvoir de gouverner, et en appelant le peuple aux armes. Paris se souleva le 20 juin et proniena triom- phalement dans les rues le bonnrt rouge de la liberté ; le 10 août, le peuple, obéissant aux injonctions des chefs de laC.onimuno, attaqua les Tuileries, massacra la plus grande partie des Suissi's, et menaça la faniiHe royale, qui se réfugia à l'Assemblée et qui fut enfermée au Temple le l-'5 août. Le terrible tiibunal ré- volutionnaire fut créé le 19: l'.Xssemblée dé- créta le bannissement des prêtres non asser- mentés le --'G. Tout à coup, la nouvelle se ré [landit que les Prussiens avaient envahi la France et qu'ils étaient entrés à Verdun; la fureur des révolutionnaires ne connut plus de bornes; de tontes parts on accusa les nobles de trahison: lesprisonsfurentenvahieset 1,400 suspecïs (dont 100 prêtres) furent égorgés (:'-;> sept.). C'est dans ces circonslaiices et au milieu de cette iiiex|u'iniuble agitalion que s'as.sem- bla, le 17 sept., la Conveiilion nouvellement élue pour remplacer l'Assemblée législative. Dans laConvontion,les plusviolentsagilateurs formaient l'immonse majorité, et leur |iarti nommé la Mnntaijne, parce qu'ils occupaient les sièges les plus élevés de la salle où ils se réunissaicnl,, entra de suite en lutte avec le parti de la Gironde, devenu conservateur. Dès le iOsept., la Convention élablitla république, et le "25, ce gouvernement esl proclamé avec un enthousiasme indescriptible d'un bout f l.uUre du territoire. Des nui'os devolontaire' courent a ladéfonsedes frontières: les armées françaises, commandées par Dumouriez, Cus- tine et autres vaillants capitaines, prennent vigoureusement l'offensive. Le duc de Bruns- wick est vaincu à 'Valray(20 sept.) et les étran- gers subissent un échec non moins humiliant à Jemmapes (6 nov.). Les révolutionnaires séparent la cause des peuples de celle des rois en déclarant, par une adroite proclamation du 19 nov., que la France se considère comme sœur de toutes les autres nations, et que, loin de vouloir les opprimer, elle marche à leur délivrance; les soldats républicains, reçus comme des libérateurs, se rendent maîtres des Flandres pendant le mois de déc; en ré- ponse aux injures et aux menaces des émigrés, la Képubliquejelte aux rois, comme un san- glant défi, la tête de Louis XVI, guillotiné le ■il janv. 1793. Tous les monarques, se sentant attaqués, se liguent pour étouller cette insur- rection des peuples; l'Angleterre se joint à l'Espagne, à r.\lleraagne, a la Hollande, à l'Italie; la France est entourée d'un cercle de fer et de feu (fin janv. 1793). A l'intérieur, les efforts des adversaires de la Révolution ne sont pasimpuissants; la Vendée se soulève à la voix des prêtres et des nobles (mars); des troubles éclatent sur plusieurs points du ter- ritoire. Mais la Convention fait face à tous les dangers; elle soulève quatorze armées, les éloctrise el les jette sur l'ennemi; elle orga- nise le terrorisme pour épouvanter la réaction et la noyer dans le sang (10 mars); elleforme un comité de salut public, auquel elle accorde un pouvoir absuhi sur les personnos et sur les propriétés (6 avril); elle proscrit les Girondins accusés de conspirer (31 mai), les écrase en Normandie et s'en déoarrasseparlaguilloline (31 oct.). L'assassinat de .Marat (I3juill.)n'eut d'autre résultai que de fortifier le parti terro- riste, dont Robespierre resta le chef incontesté. L'insurrection de la Vendée neputêtreétoull'ée et se répandit en Bretagne ; lalultesecontinua avec une cruauté égale des deux côtés. Des révoltes à Bordo.uix, à Nanlos, à Lyon, à.Mar- seiUe et a Toulon furent écrasées et noyées dans le sang. Darère déclara ouvertement, dans une adresse, que la Terioiii- était à l'or- >\vi- du jour. Le l(i oi:t., la tôto de la reine tomba. Déjà, par un décret du .ï oct., le ca- lendrier grégorien avait été remplacé par le o.ilendrier républicain; Hébert, Anacliarsis Cloolz el aulres eurdyès avaient fait abolir for- nnlb^mcnt la religion chrétienne, a la(|uelle on substitua le culte de la Raison (10 nov.). Au sein de la Convention s'était formé un noyau de modérés ou indulgents; Robespierre parvint à s'en défaireen envoyant à laguillo- tine Danton et ses amis(:) avril 1794'. A par- tir de ce moment, le triumvirat formé par Robespierre, Saint-Just el Couthon n'eut plus aucun conirepoids; le régne de la Terreur redoubla d'horreur el de cruauté; la guil- lotine, établie en permanence, c-oupa une moyenne de 00 à 70 têtes chaque jour; a Paris seulemont, il y eut 1,.')00 exécutions en sept semaines. Mais peu ù peu les es[irils se révol- tèrent; l'opposition au triumvirat iia(|uitdans 10 comité de salut public lui-mêmo, el loOther- niidor an 11 (i7 juillet 1794) les Icrrorisles fureni décrétés d'accusation , on les guillotina, au nombre de '2, le 28 juillet. Le tribunal révolutionnaire fut aboli le 15 déc. La cons- titution de l'an III i'l79o) institua deux corps législatifs: le conseil des Cinq-Cents, et le conseil des Anciens (^'aO membres) ; le pou- voir exécutif fut confié à un Directoire de cinq membres. Une insurrection royaliste fut vain- cue par Barras, aidé du jeune et briilanl géné- ral Honaparte, le o oct. l79o. Pendant que ces événements se passaient en France, les années républicaines s'étaient couvertes de gloire, en face des insurgés vendéens, des émigrés et des étrangers. La Bel-;ique avait été envahie, l'Autriche rejetée au dola du Rhin, l'Angle- terre et la Hollande avaient subi des défaites, la Prusse el l'Espagne avaient dû signer la paix. La Convention termina ses sessions le 26 oct., et le nouveau gouvonieinent entra en fonc- tions le 28. (Voy. Dircctoike.) Une nouvelle coalition de r.\ngleterre, de la Russie et de l'Autriche mit àl'épreuve lahauteintellii-'ence stratégique de Carnol. Les victoires de Bona- parte (voy. Napoléon) firent dominer notre in- fluence en Italie; celles de Hoche, de Jourdan, de Masséna et de Moreau (voy. ces dittéienls noms) assurèrent à la France ses frontières naturelles du Rhin; le traité deLéoben ayant mis fin à la lutte continentale (18 avril 1797), le Directoire, désireux d'atteindre l'A nglelerre, prépara l'expédition d'Irlande, qui n'aboutit à aucun résultat, et celle d'Egypte, qui fut désastreuse. A partir du 18 brumaire (voy. Buum.mre), l'histoire de notre pays s'identifie tellement avec celle de Napoléon que nous renvoyons, pour les détails, à la biographie de ce grand homme de guerre. Donnons ici quelques dates: Bonaparte fut nommé premier consul pour dix ans le 13 déc. 1799; consul à vie, le 2 août 1802; empereur, leISmai 1804. 11 enleva, chaque fois qu'il en trouva l'occa- sion, le commandement des troupes aux offi- ciers républicains, pour le donner aux émi- grés; il proscrivit toute liberté, détruisit l'é- galité par la création d'une nouvelle noblesse et poussa à l'extrême, par l'organisation des préfectures et des sous-préfectures, la centra- lisation politique et administrative. Des triom- phes militaires inouïs, suivis de traitésglorieus (Presbourg.l80.'i,Tilsitl,1807, et Vienne, 1809) établirent sa domination sur la moitié de l'Europe. En 18H, son empire comprenait 130 départements et s'étendait au nord jusqu'à Lubeck (sur la Baltique), englobait la Hollande elles villes hanséatiques, s'arrêtait, à l'E., à la source du Rhône (.Suisse) et au S., à Ter- racine, par suile de l'annexion de Gênes, du Piémont, de la Toscane et des Etats pontificaux. A tant de nationalités antipathiques, il rêva de joindre la nation espajlnole et rencontra, de l'an Ire côté des Pyrénées, une résistance inat- tendue qui lintsçs armées en échec (1808-1 3)j FRAN son prestige fut ruiné par l'expédition de Russie (1812); l'Allemagne entière, qu'il avait opprimée, se souleva contre son despo- tisme ; les peuples s'unirent aux rois, et il l'ut écrasé à Lei|izig, où sa puissance reçut un coup dont elle nese releva pas(1a-l9oct. 1813). Unepremière invasion (avril lS14)nousiinposa le roi Louis XVIII, frère de Louis XVI; la France fut réduite à peu près à ses limites de I7S9 ; l'Kiupire avait donc détruit l'œuvre de la Ré- volution. Cette première Restauralion prit fin lors do l'arrivée soudaine de Napoléon échap- pé de l'Ile d'Elbe; elle fut remplacée par la période connue sous le nom de Cnit-Jours (du 20 marsau 20 juin ISIIi). Après Waterloo (18 juin ISl 0, une deuxième invasion amena la seconde Restauration et nous enleva Philippe- ville. iMarionbour;^. Sarrelouis, Landau et la Savoie. Louis XVIII mourut en LSï4 et son frère et successeur, Charles X, ayant violé la charte, dut abdiquer, après une lutte de trois jours dans les rues de Paris. (Voy. Charles X.) Le !) août, Louis-Philippe, duc d'Orléans, fut nommé roi des Français par la Chambre des députés; son règne pacifique marijua le triomphe de la bourgeoisie. L'ne manifestation politique en faveur d'une ré- forme parlementaire amena la révolution du 24 Février (voy. Février), suivie de la procla- mation de la République démocratique, avec un gouvernement provisoire dans lequel do- mina Lamartine. Au bout de quelques mois, la majorité de l'Assemblée constituante, elTrayée des mouvements socialistes qui abou- tirent à la terrible guerre civile du 23 au 26 juin, se montra hostile à la nouvelle forme de gouvernement et conspira le rétaldisse- ment d'une monarchie constitutionnelle. Le prince Louis-Napoléon, qui avait obtenu de rentrer en France, fut élu président de la République, pour un terme de quatre ans (10 déc. 1818), par 5,434,226 voix, contre en- viron l,4o0,000 suffrages accordés au général Cavaignac, chef du pouvoir exécutif depuis les affaires de Juin. Le prince président laissa l'Assemblée législative se compromettre par les mesures les plus réactionnaires; quand elle eut perdu toute popularité, il s'en débar- rassa au moyen du coup d'Etat du î déc. 4851 (voy. Décembiie), après lequel, le peuple, ap- pelé à se prononcer, le réélut président pour dix années. Une nouvelle constitution établit un Sénat, que le prince composa de ses créa- tures; et le 7 nov. I8.';2, cette Chambre haute proposa le rétabliijsement de l'Empire. La question ayant été soumise au peuple, celui- ci donnason adhésion par 7,8^4,129 suffrages, et l'Empire fut proclamé le î déc.18b2. Louis- Napoléon prit, en nuintant sur le trône, le nom de .Napoléon III. Le principal événement de la première partie de son règne fut la guerre de Crimée, qui éleva le [irestige mili- taire de la nation et augmenta la force et la popularité du gouvernement impérial. L'expé- dition d'Italie (18.19) posa la France comme puissance prépondérante en Europe. Le traité de Turin (1860) nous rendit la Savoie et le comté de Nice, et porta nus frontières jusqu'à la crête des Alpes. iMais l'aventure du .Mexique paralysa nos forces, au moment où la Prusse, victorieuse de l'Autriidie, apparaissait, mena- çante et formidable, sur nutre frontière de l'Est (1860). L'cxpùdilion romaine (1867) irrita la partie liliérale de la nation, sans satis- faire le parti ultramontain. L'opposition irré- conciliable prit des forces eu 1809, lorsque des orateurs do la Chambre des députés eu- rent exposé la confusion des alfaires linan- cières. En 1870, des troubles pt)pulaires, fo- mentés par Hocheforl, faillirent dégénérer eu guerre civile, au sujet de l'ac'quittenient de Pierre lionaparto, meurtrier de Victor Noir. Une nouvelle constitution, octroyée par l'empereur, lut conlirmée par le sénalus-con- sulle du iO avril 1870 et par le plél)iscite du 8 mai. Lors de ce plébiscite, l'administration FRAN obtint, au moyen d'une pression extraordi- naire, 7,527,379 votes affirmalifs; mais dans les villes, l'empire n'eut que la minorité, malgré les manœuvres de ses agents. Peu après, commença la guerre franco-allemande (voy. Franco-allemanuei, accompagnée d'une troisième invasion {18';0-'7I) et terminée par un troisième démenibremint de la France. 11 fallut céder au vainqueur le N.-E. de la Lorraine, VAlsace (moins l'arrondissement de •Belfortj et un canton des Vosges. Le 3 sept. 1870, en apprenant la capitulation de Sedan, plusieurs villes se soulevèrent etproclamèrent la République. Le 4 sept., un gouvernement provisoire de Défense nationale {voy . Déeense) se forma à Paris. Le 28 janv. 1871, intervint la capitulation de Paris et la signature de l'armistice. Une Assemblée nationale, élue pour se prononcer sur la question de paix ou de guerre, se réunit à Bordeaux le 12 févr. et choisit M. Thiers comme président du pou- voir exécutif le 17 févr. Le traitépréliminaire de paix fut signé à Versailles le 26; il nous coûtait, outre les territoires dont nous avons |iarlé, cinq milliards d'indemnité de guerre; il fut confirmé le 1" mars par un vote de l'Assemblée (546 voix pour; 107 contre). Le i'^' mars, les Allemands firent une entrée triomphale à Paris qu'ilsévacuèrent le 3. Leur départ fui presque imniédialement suivi du soulèvement de la garde nationale et du règne de la CoMUU.NE.(Voy. ce mot.) Le traité défini- tif avec l'Allemagne fut signé à Francfort le 10 mai. La victoire du gouvernement de Ver- sailles sunes commiineux parisiens avait été obtenue grâce à l'unanimité de la province à repousser toute connivence avec les assassins et les incendiaires. L'Assemblée, bien qu'elle n'eût reçu des électeurs aucun pouvoirconstituant, cimsentit à prolonger de trois ans la présidence de M. Thiers, qui eut le titre officiel de président de la République française (31 août 1871). .Mais les partis mo- narchiques, en majorité dans l'Assemblée, ne tardèrent pas à se liguer contre les républi- cains et à former ce ([u'ils appelaient le parti conservateur. M. Thiers ulfrit plusieurs fois sa démission, qui ne pouvait être acceptée. La mort de l'ex-empereur, le 9 janv. 1873, n'abattit pas le courage des bonapartistes, qui reportèrent leurs esfiérances sur l'ex- prince impérial et firent de bruyantes mani- festations à Chiselhuist (.Angleterre). L'.\s- semblée vota le 29 mars, une loi qui exila tous les membres de la famille Bonaparte. Pen- dant que royalistes et bonapartistes se dispu- taient un trône imaginaire, l'idée républi- caine faisait de grands progrès et pénétrait même dans les campagnes. Pour arrêter ce mouvement d'opinion , l'Assemblée ne vit d'autre moven que de renverser M. Thiers, qui fut remplacé par le maréchal de Mac-Ala- hon (24 mai]. Ce nouveau président de la Ré- publique inaugura le gouvernement dit de l'ordre moral, qui eût été un acheminement vers une restauration légitimiste, si le pavs ne se fût catégoriqueinent prononcé pour la Réfiublique , dans la plupart des élcclions partielles. La fusion de/, légitimislcs et des orléanistes, sanctionnée par l'enlrevuc du comte de Paris avec le comte de Chambord (.) août) ne convertit personne ; elle diseours du prince impérial disant que la devise poli- tique de sa famille est: «Tout pour le peuple, tout par le peuple» (15 août) nepnuluisit pas plus d'effet ([lie la lettre du comte de Cham- bord annonçant au vicomte de Rodez-Lieaa- venl qu'il ferait des concessions à l'esprit moderne (I9sept). La condamnation de Ranc (13 oct.), comparée à la manière dont ét.iil traité Bazaine, montra do suite do quel côté le gouvernement du maréchal entendait faire pencher la balance de ia justioe. Le.? idées de M. de .Mac-.Mahon s'identifiaient avec celles qui dominaient dans l'Assemblée; aussi, celle-ci lui oclroya-t-elle lo pouvoir exécutif FRAN il pour sept années (19-20 nov. ). Avec la créa- tion du septennat coïncida un voyage ineo- gnitoducomle de Chambordà Parisi20 nov.). Pendant que les débats de l'Assemblée agi- taient le pays, une imposante manifestation financière montra la confiance que le monde avait dans la fortune de la France. Un em- prunt de 4 milliards avait été couvert douze fois (juillet 1872); les Allemands finirent d'évacuer le territoire le 16 sept. 1873, après qu'on leur eut payé les derniers 250 millions restant dus sur l'indemnité de cinq milliards accordée par le traité de Francfort. La lutte entre les partis monarchiques menaçait de s'éterniser, au détriment de la prospérité du pays, lorsque les orléanistes modérés, rom- pant avec le maréchal, s'associèrent aux ré- publicains et votèrent la constitution de187o, qui reconnaît la République comme gouver- nement définitif. Dans le nouveau Sénat, élu en vertu de cette constitution, l'élément mo- narchique domina, et le maréchal put espé- rer trouver dans cette Assemblée l'appui né- cessaire à la réalisation de ses projets de res- tauration légitimiste. Mais l'Assemblée s'étant dissoute le 31 déc. 1875, des élections nou- velles donnèrent une écrasante majorité aux républicains. Le président, décontenancé par ce résultat, passa du ministère Dufaure au ministère Simon et finit par rompre avec les républicains de toute nuance (Seize-Mai). Un ministère deBroglie-Decazes-de Fouitou, pro- rogea la Chambre et finit par la dissoudre, avec l'assentissement du Sénat (25 juin). Les procès de presse, les injures aux républicains, la pression administrative, ne purent infiuen- cer les électeurs, qui réélurent presque tous les 363 membres de l'ancienne majorité répu- blicaine et refusèrent leurs votes aux princi- paux chefs de la coalition monarchique (14 oct.). Le résultat final des élections fut le suivant: 325 républicains, 112 bonapartistes et 96 monarchistes. Le maréchal, averti par Gambetta (discours de Lille, 29 juillet i8'77), qu'il lui faudrait se soumettre ou se démettre, voulut d'abord résister ; la Chambre ayant refusé de discuter le budget, il prit le parti désespéré de recourir à un coup d'Etat. Des ordres en conséquence, envoyés aux géné- raux (12 déc), ne purent être exécutés, en raison de la résistance des soldats et de plu- sieurs officiers, parmi lesquels se distinsua le major Labordère. Le président fut donc forcé de se soumettre sans conditions, le 13 déc, déformer un cabinet non léiiilimiste le 14, de revenir sur les décisions prises pré- cédemment contre la liberté de la presse et de remplacer les préfets qui s'étaient le plus compromis pendant la période électorale; après quoi, le budget fut voté, le 18 déc. Les élections sénatoriales du 14 janvier 1S79 ayant donné 41 nouveaux sièges aux républi- cains, le président dut ri'iioncer ;\ trouvcrun appui dans laChamhre haute. Le 30, il adressa aux [U'ésidents des deux Chambres une lettre dans laquelle il exposait que la décision prise par la majorité d'introduire dans les coni- maiidemeiits militaires des mesures qui lui semblaient préjudiciables, lui faisait un de- \oir de se démettre. Les Chambres, réunies en congrès, élurent immédiatement M. Jules (irévy (30 janv.). Le l'^juin 1879, la mort de l'ex-prince impérial, tué par les Zoulous , porta un coup funeste au parti bonapartiste ; celle du comte de Chambord, le 25 août 1883, fut encore plus fatale pour le parti légitimiste qui vit évanouir ses espérances. Le 24 mars 1879, la Chambre des députés prit la résolu- tion de rentrera Paris poury siéger; le Sénat prit la même détermination le I j juin, et les deux Chambres, réunies en Assemblée niilio- nalu le 19 juin, décidèrent, par iJSti voix contre 249, que le calme des csprilî permet- tait aux représentants de la nation de siéger dans la capitale. Le 9 juillet, la Cliambro vota la loi Ferry, contre l'enseignement de a FRAN Certains membres des ordres religieux (362 voix coiitri; i.lO). Le mitiisièrc Freyclnel. nom- mé le -'8 déc. entreprit de mellre A exécu- tion un plan pivantosiine de tra\aux, dont la réalisation dut élrc dilférée, vu l'élat des fi- nances. Les principaux événements de la présidence de M. Grévy furent: l'amnistie (li juillet 1H79K la rentrée des amnistiés; l'expulsion ou la dispersion des conf;réj.'a- tions relif-'icuses non autorisées(l88u), l'oceu- patiou de la Tunisie (Juin-octobre 1881), la formation (14 nov. <881) et la démission (^Ojanv. iSN2)dii ministère f.ambelta: elles expéililionsiluTonkin et de iMadai.'ascar(1883). — Littérature La [ilns anci'Mine littérature de France lut celle des tmnvircs et des troii- bddiiurs. Ces derniiTS. qui écrivaient en hnijuc d'oc, ont produit de petites ellusions lyriques sur l'amour ou sur d autres sujets frivoles; ils fleuriienl surtout aux xi"^ et xil" siècles. Los trouvères, dans leurs chansons de geste, écrites en langue d'oil^ célébrèrent les actions hé- roïques des roiset des chevaliers illustres. Ces chnnsons de geste, appelées aussi romuns, sont très nombri'uses. La Chanson de Roland ou de lïonccvatix, le Roman de Brut et le Roman de Rou sont les plus connus. Un peu plus Irird, on composa des poèmes satiriques cl allépo- riciucs, comme le Roman du Renard et le Ro- man de la Rose, qui fiît imité en anglais par Chaiicer dans son Romuunt of Ihe Rose. Parmi les poètes du xn" siècle fut Abélard, et parmi ses successeurs, on cite Audcl'roy le Bastard, Quesnes de Bélhune, le castillan de Coucy, et Thibaut, comte de Champag-ne et roi de Navarre. Les principaux ouvrages en prose du xiii"= siècle sont : la Chronique de la con- ?uHc de Coustuntinoplg, par Villehardouin l'2()7) et les Mémoires de Louis IX, par Join- ville. La littérature du xiv« siècle nous oliVe les Chroniques de Froissart, ouvrage qui est resté le modèle de son genre. Le xv» siècle produisit les Mémoires de Comiues et les poèmes de Villon et du duc Charles d'Or- léans. Parmi les écrivains du xvi" siècle, Ra- belais et .Montaigne tiennent le premier rang sous le rapport de l'originalité. Les Essais de Montaigne, écrits dans un style facile et attrayants, sont cyniques et*sceptiques.L'jHS- titution de la religion chrétienne de Calvinprou- va que la langue française avait acquis assez Je force pour se prêter à l'éloquence religieuse et la Satire Ménippée montra que sa tlexibi- lité lui pcrmetlail de se plier aux exige ices des luttes politiques. Déjà .Marguerite de iNa- varre dans ses Contes , s'était servie d'une langue lîne, spirituelle, bien faite pour des sujets légers. ,\myot mit en œuvre tout ce qu'elle possédait de grâce, dans sa traduc- tion des Vies de Plularque. Cette période ne fut pas très féconde en poètes, quoique Clémenl Marot et Ronsard se soient illustrés. Enfin Malherbe vint, qui le premier en France, BoiLEAU, Art poét. réforma la poésie. Malhui in Régnier (1.573- l(il:i)estle plus ancien de nos poètes sati- riques. Balzac donna tous ses soins à perfec- tionner la prose; ses épilres sont des modèles de rhétorique claire et harmonieuse. Il faut citer aussi les lettres frivoles mais spirituelles de Voiture. Pierre Corneille éleva la tragédie àun tel degré de grandeur qu'il n'a jamais été surpassé : le Cid, Horace, Ciniia, et Polyeuctc sont encore aujourd'hui l'objet de lad- miratiou universelle. Descaries, dans son Dis- cour* sur la Méthode, montra que la langue française n'avait pas d'égale pour traiter les sujets philosophiques les plus élevés, et Pascal, dans ses Lettres provinciales, établit le premier véritable modèle de prose française. C'est alors que s'ouvril cette magnifique époque littéraire, connue sous le nom de siècle de Louis XIV. L'éloquence de la chaire produisit des œuvres telles que les oraisons funèbres de Bossuet et de Fléchier, et les sermons de Bourdaloue, de Fénelon et de FRAN Massillon. Racine porta la tragédie à son ajiogée : Andromaque, Iphigénie et Phèdre rappellent les plus belles nrodu'tions de l'an- litiuilé grecque. La comédie alleignitson point culminant avec Molière dont les (du fs-d'ueuvre sont : le Misanthrope, Tartufe, VAvare et le:- Femmes :^avanles. Sous la plume de La Fon- taine, la fablf devint une véritable comédie sur une petite échelle. La poésie didactique, philosophique et satirique brilla avec Boi- icau, qui acheva l'œuvre de .Malherbe : son Art poétique, ses Êp((rM, ses Satires, ainsi qin son poème liéroï-comiijue le Lutrin, sont au- tant do ubefs-d'œuvre de bon sens, de coini- sion, d'ordre et de symétrie. La philosophie morale fut représentée par des hommes tels que Pascal. .Malebranche, Bossuet, Fénelon, La Rochefoucauld et La Bruyère. L'histoire fut cultivée par Mézeray dans son Histoire de France, par Fleury dans son Histoire de l'E- glise et par Bossuet dans son Discours sur l'histoire universelle. Les Mémoires personnels du caidinal de Retz sont classés parmi les chefs-d'œuvre de l'histoire familière et les Lettres de M"" de Sévigné sont des modèles de stylo opistolaire. Le Télémaque de Fénelon marque le couronnement d une période litté- raire remarquable. Le svai"^ siècle fut énii- nommonl lo siècle du scepticisme. Quatre lioinines de génie : Montesquieu, Voltaire. J.-J. Rousseau et BulTon exercèrent une in- tluence considérable sur leurs contemporains. Les Lettres persanes de Montesquieu sont une satire des mœurs, du gouvernement et de la religion des Français; ses Considérations sur ta grandeur et la décadence des Romains ont fait progresser la philosophie de l'histoire ; et son Esprit des lois est une investigation profonde dans le domaine de la législation générale. Voltaire, véritable personnification de son époque, fut, en quelque sorte, le roi de l'opinion publique pendant un demi- siècle. Méropc, Zaïre,, Mahomet, Alzire, etc.. l'ont classé comme poète tragique immédia- tement après Corneille et Racine : il a aussi excellé en philosophie, dans les romans, dans les poésies épiques et en histoire. Le pas- sionné Rousseau n'a jamais été surpassé; à peine même a-t-il été égalé par ses rivaux les ' plus parfaits. La gre^ndé Histoire naturelle de Bulfon est un chef-d'œuvre littéraire, quoi- I que sa réputation ait diminué au point de vue scientifique. Diderot, écrivain passionné et incorrect, et le grand géomètre d'Alembert ; fondèrent V Encyclopédie. Helvélius dans son traite De l'Esprit, d'Holbach dans son Système de la nature. Lamettrie dans son Homme-ma- chine et Raynal dans son Histoire philoso- phique des deux Indes dépassèrent de beau- ^ coup les doctrines radicales des encyclopé- distes, pendant que d'autres écrivains, tels que Vauvenargues , Fonlenelle, Condillac, .Mably elCondùrcel, usèrent de plus de modé- ration. Parmi les autres écrivains connus, il faut citer : Crebillon et Ducis, poètes tragi- ques; Marivaux, dontles romans elles comé- dies eurent beaucoup de célébrité à leur époque ; Gilbert, poète satirique d'une puis- sance peu commune; Le Sage, auteur de Gil Blas ; Beaumarchais, auteurdu iiarhierde Sé- ville; Bernardin de Saint-Pierre, auteur de Paul et Virginie ; La Harpe, dont le Cours de littérature fut classique ; Duclos, .M"^ Delau- nay, et Saint-Simon dontles Mémoires obtin- rent une célébiilé méritée ; Barthélémy, qui écriviïle Voyage du jeune Anacharsis en Grèce ; l'essayiste historique Ruhlière; Prévost, l'au- teur de Manon Lescaut ; .Marmontel, auteur de Bétisaire; Cressel , l'auteur de Vert -Vert; Florian qui iJirivit des contes et des fables; Delille, poète didactique; J.-B. Rousseau, Le- brun et André Chénier, poètes lyriques. ,\u commencement du xix« siècle, M°"= de Staël et Chateaubriand furent les précurseurs de la renaissance qui suivit la stagnation mo- mentanée produite par la période révoiution- FR.\N noire; ce réveil littéraire fut dii aussi à l'in- fluence des chels-d'œuvre des littératures an- glaise et allemande. L'école roiiianlique inau- (.'ura une nouvelle ère ; Alexandre Dumas, Victor Hugo. Alfred de Vigny, Frédéric Sou- lié et quelques autres, nous donnèrent des drames dont la représentation fut ordinaire- ment acconpagnée de scènes de pugilat et même de uatailles en règle , entre les membres des partis littéraires opposés Ce ne fut qu'au b'out de plusieurs années que la victoire resta aux jeunes, à ceux i|ui défen- daient les nouvelles doctrines. Parmi les pièces qui excitèrent surtout l'enlhousinsme et la critique, on peut citer: Henri lll et sa cour, Antony, Térésa et Angèle. de Dumas; Ruy Blas, Hernani, Manon Dclorme. Lucrèce Borgia et Le Roi s'amuse de Vii-lor Hugo. Un mouvement de réaction se produisit pourtant lorsque Rachel commença à interpréter les tragédies de Corneille et' de Racine; mais la Lucrèce de Pousard et la Virginie de Latour Sainl-Ybars n'obtinrent qu'un succès éphé- mère. Casimir Delavigne tenta de concilier les systèmes romantique et classique dans Miirino Faliero, dans les Enfants d'Edouard et dans Louis XI. Pendant cr- temps, Eugène Scribe augmentait chaque jour l'énorme re- cueil de ses comédies ou, pour mieux dire, de ses vaudevilles. Les meilleurs romanciers de ce siècle sont : Victor Hugo, George Sand (.M"" Dudevant), Alexandre Dumas, Eugène Sue et Honoré de Balzac. Immédiatement après, viennent : Frédéric Soulié, .'VIphonse Karr, Alfred de Musset et Prosper Mérimée; comme auteur de romans- comiques, nous avons l'iniiuitable Paul de Kock. Outre ces mailres dans l'art du roman, nous devons mentionner leurs contemporains: .M°"' Charles Reybaud, M"'! Emile de Girardin. Théupliile Gautier, Charles de Bernard, Elle Bertliet, Ponson du Terrail, Jules Sandeau, Emile Soil- vestre, Paul Féval et .Méry; plus lard, Henri Murger, Alexandre Dumas fils, L- on Gozlan, .\isène Houssaye, ChampUeury, Ernest Foy- deau , Gustave Flaubert, Emile Gaboriau, Octave Feuillet, Hector .Malot, Edinont About, Cherbuliez, Ërckmann-Chatriaii (deux colla- borateurs), .\dolphe Belot, Catulle Mendès; et comme écrivains dits naturalistes : Gustave Flaubert, Edmond et Jules de Goncourt, Emile Zola. Jules Verne est l'auteur de re- marquables romans scientifiques, qui ont été lus par toutes les classes de la société. Eu France, la poésie est loin d'être aussi goûtée que le roman; cependant quatre poètes con- temporains ont obtenu une popularité égale à celle de n'importe quel prosateur: ce sont : Béranger, Lamartine, Victor Hug'O et Alfred de Musset. Parmi les autres poètes dignes de mention, citons: Casimir Delavigne, Auguste Barbier, Victor de la Prade, Théophile Gau- tier, Jasmin Ile barbier poète que ses écrits en langue d'oc ont rendu 'popul.iire dans le midi de la France et fameux partout ailleurs), et l'écrivain provençal Frédéric Mistral. Par- mi les historiens français, Guizot et Augus- tin Thierry sont les plus connus. L'Histoire générale de la civilisation en Europe et les autres ouvrages du premier sont des monu- ments d'histoire philosophique , tandis que l'Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands de Thierry est un modèle de narration dramatique. Sismoudi,-.Michelel et Henri Martin ont écrit les histoires générales de France les plus estimées. La période révo- lutionnaire a attiré l'attention de plusieurs historiens dont les plus émments sont : Thiers, .Mignet, Aiichelel et Louis Blanc. Les autres éciivains les plus célèbres qui ont cultivé le genre historique sont : Lamartine, Villemain, Amédée Thierry, Vaulabelle, Garnier-Pagès, Lanfrey et Taxile Uelord. En aichéoiogie, notre siècle brille par les travaux de Lelronne, de Raoul-Rochelte, de Beulé, de Belloguet, de de Rivière, de Lartet et de Quatrefages. FRAN FRAN FRAN 13, Champollion, en UouvanL la manière de dé- chiffrer les hiéroglj-phes, jeta une vive lu- mière sur l'antique Egypte. L'étude des langues orientales, à laquelle Sylvestre de Sacy a donné une grande impulsion, a été ensuite continuée avec succès par de Saulcy, Renan, Oppert et Menant pour les langues sémitiques. Lenormant, Mariette, Chabas et de Rougé se sont fait une renommée comme égyptologues. Leë ouvrages d'Abel de Rému- sat, de Stanislas Julien, de Burnouf, de Rosny et d'Hervey de Saint-Denis n'ont pas peu contribué à propager en occident l'étude des langues chinoise, japonaise et sanscrite. En philosophie, Victor Cousin, l'avocat de l'éclec- tisme et du spiritualisme, a été suivi par Jouf- froy , Damiron , Emile Saissel , Amédée Jacques, Vacherot, Paul Janet, Adolphe Fi'anck et Jules Simon. En dehors de l'école éclec- tique, quatre philosophes d'une grande origi- nalité et d'une puissance extraordinaire, ont bi'illé chacun dans sasphère propre, ce sont: Joseph de Maistre, apologiste du pouvoir ab- solu; de Ronald, champion de la monarchie et de l'Eglise; Rallancbe, un rêveur mystique; et Lamennais, qui, après avoir été un défen- seur hardi et indépendant de la papauté, se fit ensuite l'avocat de la démoci'atie pure. Le Cours de philosoj^hie positioe d'Auguste Comte expose un système philosophique, qui fut adopté par de nombreux adeptes dans les pays étrangers. Les plus remarquables des écrivains qui se sont occupés des sciences so- ciales sont, sans contredit, Saint-Simon et Fourier. Pierre Leroux, Louis Rlanc et Prou- dhon sont en quelque sorte leurs disciples. Les diverses branches des sciences naturelles ont servi de sujet a des écrivains de talent, tels queLamarck, Jussieu, Cuvier, Lacépède, de Candolie, Lalreille, Etienne et Isidore Geollroy Saint-Hilaire , Duméril et Alcide d'Urbigny. Elie de Reaumont, Beudant et Dufrénoy se sont occupés de minéralogie; Lavoisier a traité la chimie; Théuard, Gay- Lussac, Berthollet, Despretz, Pasteur, Berlhe- lot, Chevreul et Dumas se sont adonnés à la physique et à la chimie. La littérature médi- cale a été enrichie par les ouvrages de Bichat, de Broussais, de Corvisart, de Magendie, de Trousseau, de Claude Bernard, de Broca et de beaucoup d'autres. Les sciences mathéma- tiques furent brillamment cultivées par La- grange, par Laplace, par Ampère, par Biot, par Leverrier et surtout par Arago. L'écono- mie politique et IsC jihilosophie ont eu aussi leurs écrivains estimables : Michel Chevalier, Léon Faucher, Rossi, Adolphe Blanqui, Fré- déric Bastiat, André Cochut, de Beaumont et de Tocqueville. Comme écrivains politiques, il faut citer : Armand Carrel, Courriel" et Cormenin; comme essayistes et critiques lit- téraires ; Sylvestre de Sacy, Saint-Marc Girar- din, Philaiète Chastes, Prévost-Paradol, Cuvil- lier-Fleury, Renan, HippolyleRigaud, Edmond Schérer, Caio. Jules Janin, Gustave Planche et Sainte-Beuve. Charlesdc Rémusatet Albert de Broglie ont traité les sujets historiques en se plaçant à leur point de vue philosophique et religieux. Charles Blanc, Théophile Gautier, Edmond About,Paul de Saint- Victor, Léon Dolaborde, Vitet etlJelécluze se sont |iarticu- lièremenl occupés de critique de beaux-arts; Dclécluze, Fétiz, Hector Berlioz, Fiorentino et Scudo, de matières musii;ales. Parmi les écri- vains contemporains, Renan par sa Vie de Jéius et 'l'aine par son Histoire de la iilUra- titre anglaise :i\nM qun par ses ouvra:.'e3 sur les arts, sont ceux qui ont lu plus altin- l'at- tention du monde civilisé. — Bibliogr. 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Mouve- ment de la population pendant les années 1873-79; in-4o, Paris, 1881. — Tableau du commerce général de la France, avec ses co- lonies et les puissances étrangères, pendant l'année 1881 ; in-4°, Paris, 1882. — Tableau général des mouvements du cabotage pen- dant l'année 1881. Direction générale des douaneset des contributions indirectes; in-i", Paris, 1 882. — II. Publicaïio.ns non officielles. — Audiffret (marquis d'J, Etat de la fortune nationale et du crédit public de 1789 à 1 873 ; in-S", Paris, 1873. — liloek (Maurice), An- nuaire de l'économie politique et de la statis- tique 1882; in-l(), Paris, 1882. — Carnet de Toflicier de marine, 4° année, 1882 ; Paris, 1882. — Colle (E.). La France et ses colonies au xije siècle ; in-8°, Paris, 1878. — Crise- noy (de). Mémoire de l'inscription maritime ; in;8°, Paris, 1872. — Cttcheoal-Clarigmj . Ins- truction publique en France ; in-8o, Paris, 1883. — David (i.). Le Crédit national; in-8", Paris, 1872. — Delurbre (iX La Marine mili- taire de la France; in-8», Paris. 1881. — Du- four (Gabriel). Traité générai du droit admi- nistratif; 8 vol., in-8°, Paris, 1872. — Du- pont (P.). Annuaire de la marine pour ISSl ; iu-8", Paris, 1881. — G^-mum (Félix). Diction- naire du budget; in-8'>, Paris, 1878. — Hélic (F. -A.), Les Constitutions ae la France ; in-S", Paris, 1878. — Inre fois sous le nom de Palalium Franconenford en 794, époi|iie où (Miarlemagne y tint une convention imperiali' et un concile relif;ieu.\. lille devint cité indépendante et reçut de nombreux pri- vilèges au xiv siècle. L'élection et les céré- monies du couronnement des empereurs la rendit fameuse. Francfort fut prise par les Français en 17:i9, 170-2 et KOti. Elle devint, en 1S0(). la résidence du prince-primat de la confédération du Hhin ; en ISIO la capitale du grand-duché, (;n I8|!j une ville libre, en ■I.SKi le siège de la diète germani(iuu et en 18:i() membre du Zollverein. Le |)arlement italien s'assembla en 184fJ-'4!) dans la P.iuls- Kirclie. Le prince Lichiiowsky et le général Aucrswald y furent tués par une émeute au sujet de la guerre du Schloswig-llolstein (liS sept. 1848). Fi-ancforl se mil du côté de l'An! riche pendant la guerre de 1806 cl fut annexée à la Prusse. C'est dans celte ville que fui signé le 10 mai 1871, le traité qui suivit la guerre tranco-alleniande. FRANCFORT-SUR L'ODER, ville du Brande- bourg ;Priiss(') a 70 kil. .S.-E. de Berlin ; 60,000 liab. L'Oder y devient navigable et est uni par des canaux à la Vistnle et à l'Elbe. Francfort possède trois faubourgs, de belles rues, des ]ilaces, des jardins et un gymnase. Le ciimmeri'é des foires annuelles y décroit. FRANCFORTOIS. OISE s. et adj. De Franc- fort; qui a rapport à cette ville ou à ses habi- tants. • FRANC-FUNIN s. m. Mar. Nom générique des cordages, blancs ou faits de fil non gou- dronné, qui servent aux grands appareils employés dans les opérations des ports : les frai>cs-fu>ni)s sont de trois, quatre ou cinq to- rons. On dilaussi.mais moins souvent, Funin. — IV On dit aussi Franc-fih.n. FRANCHE-COMTÉ, ancienne province de France, aujourd'hui comprise dans les départ, du Jura, du Doubs et de la Haute-Saône. Sa eapitaleétait Besançon. Elle fut primilivenient occupée par les Sequaui (les Romains l'ap- pelaient alors Maœima Sequanorum) ; les Bur- gundes s'en emparèrent ensuite. Elle passa à l'empire d'Allemagne, fui gouvernée par des comtes particuliers, appartint de nou- veau à la Bourgogne, puis à la maison d'Au- triche et à la couronne d'Espagne. Le nom de Franche-Comlé ne lui fut donné que vers le milieu du xu" siècle : il tire son origine, pense-t-on, de la franchise d'impôts et de la.\es que possédait le pays, moyennant une certaine soinihe annuelle accordée au souve- rain sous le nom de présent libre. Louis XIV conquit la Franche-Comlé en 1674 et obtint la possession définitive de celle province par le traité de .Mmègue (1678). * FRANCHEMENT adv. Avec exemption de toutes charges, de toutes dettes. Dans ce sens, est terme de Pratique, et ne s'emploie qu'avec le mot QuiTTEMENT : il lui a vendu sa terre franchement et quittement. — Sincèrement, ingénument : à parler franchement, je crois que vous avez tort. — Librement, avec har- diesse et précision, sans se retenir ni hésiter: ces mouvements doivent cire exécutés vivement et franchement. — S'emploie quelquefois dans ce dernier sens : se prononcer franchement pour une oi-inion. FRAN FRANCHIPANE, espèce de toile peinte.— Synon. de I'iiamjii'ANE. •FRANCHIR V. a. Sauter franc, passer en sautant par dessus qiudquc chose : frunehir une liiirnèrc. — Fiiancoir lks limitks. fran'criii LES iioiiNEs, passer au delà des bornes. — FllANXIini LES BORNES DU DEVOIR, M'. LA l'UDElIR, DE LA MODESTIE, etc., ne pas se contenir dans les bornes du devoir, de la pudeur, de la mo- destie, etc. — Fig. et fam. Franchir le pas, se décider à faire une chose, après avoirlong- temps hésité. On dit aussi. Franchir le saut, mais plus ordinairement, Faiiie le saut. — iMar. Franchir la lame, s'élever sur la lame et la descendre facilement. Franchir une barre, UN RÉCIF, UN iîciEiL, etc. , passcF par dessus sans y rester échoué, après avoir louché par quelque endroit de la carène. — Passer, tra- verser vigoureusement, hardiment des lieux, des endroitsdifliciles, de grands espaces, etc.: après avoir franchi les Alpes avec ses troupes, il entra en Italie. Fig. L'imagination fran- chit sans peine cet imrnense intervalle. — Fran- chir toutes sortes de difficultés, d'obstacles, n'être retenu par la considération d'aucune difliculté, surmonter toutes sortes d'obstacles. — Franchir le .mot, exprimer en propres ter- mes une chose que la bienséance et l'honiif- leté empêchaient de dire ouveiiemenl. Dire le mot essentiel. |irononcer enlin une chose à laquelle on avait eu de la peine àse résoudre. — »v Se franchir v. pr. Etre franchi : cet obs- tacle ni' jiivt SI' franchir. ' FRANCHISE s. f. Exemption, immunité : jouir de ccrtiriiies franchises. — Entrer en franchise, entrer sans payer de droits. — Franchise des lettres, de port, exemption des droits de poste accordée à certaines personnes. — Autrcf. Faculté accordée aux ouvriers qui n'étaient point passés maîtres, de travailler pour leur propre compte en certains lieux ou quartiers déterminés : iln'est pas maître, mais il travaille dans un lieu de franchise. — Il a GAGNÉ SA FRANCHISE, se disai t de celul qui, ayant terminé son apprentissage, pouvait s'établir comme ouvrier dans un lieu de franchise. — Droit d'asile attaché à certains lieux : à Rome, l'hôtel d'un ambassadeur est un lieu de fran- chise; les franchises des églises ne S07it point admises en France. — En parlanl du lieu même de franchise, .\sile : on ne saurait le prendre en ce lieu-là, c'est une franchise . — Sincérité, loyauté, candeur : parler avec franchise, avec une trop grande franchise. — Peint., Sculpl., etc. Qualité de ce qui est franc, hardi : ta franchise du crayon, du pinceau, du ciseau. FRANCHISSABLE adj. Qui peut être franchi. FRANCIA (Francesco) [frànn'-tcha], peintre de l'école bolonaise, dont le vrai nom était FrancescoRaibolini,né vers l'ioO,mort en 1.'517 ou (selon les Lanzi)en 1,H.J3. H peignit plusieurs beaux ouvrages pourlachapel le lie Ben tivoglio, àBologne; ils'essayaplus tard dans la peinture sur fresques et fit en ce genre une série de tableaux, aujourd'hui fort délabrés, sur la vie de saillie Cécile. FRANCIA (José-Gaspar-Rodriguezi [frânn'- si-a], plus connu sous le nom de Dictateur Francia, dictateur du Paraguay, né en 1757, mort le 20 sept. -1840. 11 fut destiné à l'état ecclésiastique, professa la théologie pendant quelque temps, devint plus lard jurisconsulte et occupa plusieurs emplois publics. Lorsque les Paraguayens proclamèrent leur indépen- dance en 1811, Francia fut nommé secrétaire de la junte révolutionnaire, et, en dS13, fut l'un des deux consuls chargés du pouvoir exé- cutif; en 1814, il devint dictateur pour trois ans. et ensuite dictateur à vie. 11 protégea l'industrie et l'éducation, promvdgua un code de loi, réprima les abus du clergé, et assura au Paraguay une Iranquilité relative. Il se montra cruel contre ses adversaires et exerça 'c pouvoir avec lYrannie. FRAN FRAKCIADEs. f. Période du calendrier ré- pubiiiMiii. ciifiiposée de quatre années. FRANCIADE La), poème épiipie de Honsard, célélir.iiil les e.xploitsdu héros inylliicpieFian- cus, lils d'Hector et fondateur de la nalnn franque, selon les romanciers du moyen A.'e. — M. Viennet a également donné (18C0) une Franciade traitant le infime sujet. FRANCILLON, ONE s. et adj. Jargon. Fran- çais. Française. FRANCIQUE idj. Qui appartient, qui a rap- port ,ui\ l'i.nii> : langue frandque. • FRANCISATION s. f. Jurispr. comm Acte qui cijnstale i|u'im navire est français : acte de francisation. — tx Action de franciser : la francisation d'nn Italien. • FRANCISCAIN s. m.(lat. Francisci/s, Fraii- çoiïj. lieligieux de l'ordre de Saint-François d'Assise.— L'ordre des Franciscains ou .Mino- RiTES'(lat. Fratres minores'! a été fondé en 1209 par saint François d'Assise. En 1210, lorsque ses disciples arrivèrent au nombre de 10. il les soumit à une règle, dont la [)auvreté absolue et une existence tout à la fois active et con- templative étaient les principaux points. En 1823 Honorius III promulgua une bulle qui confir- mait les franciscains comme le premier des ordres mendiants. Quarante-deux ans après la mort de saint François d'.Vssise, les fran- ciscains étaient plus de 200,000 etpossédaient 8.000 couvents, en 23 provinces. La renie ne fut pas d'abord bien élablie, ce qui donna nais- sance à plusieurs partis, les uns tenant pour la pauvreté absolue, les autres voulant une règle moins dure. Os dissensions, accompa- gnées môme de sécessions, durèrent jus- qu'en 1368, époque où Paoletlo di Foligno re- mit en vigueur la stricte observance de la règle. Ses adeptes furent nommés observan- lins et ses adversaires conventuels. Les obser- vantins furent appelés alcaiitarinsen Espagne (du nom de saint Pierre d'Alcanlara), réfor- més en Italie et en Allemagne, et récollets en France, en Angleterre, en Irlande, eu Belgique et en Hollande. Les l'.apucins. qui fui-ent pri- mitivement une congrégation de franciscains réformés, devinrent ensuite un ordre indépen- dant. (Voy. Capucin. I Les franciscains furent les premiers missionnaires qui catéchisèrent l'Amérique; ils accompagnèrent Lolomb dans son second voyage en 1493. Le célèbre explo- rateur Hennepin était un missionnaire de cet ordre. Les franciscains ont soutenu contre les dominicains diverses controverses philosophi- quoselthéologiques; ilsélaient réalistes, anti- augustiniens et partisans de l'immaculée con- ception; les dominicains au contraire étaient normalisles, augustiniens et ne voulaient pas admettre la doctrine de l'immaculée concep- tion. — Saint François a également fondé un ordre de nonnes appelées Cîarisses, du nom de Claire d'Assise, leur première abbesse. — Les observanlins sont vêtus d'une robe à capuchon; ils ont une corde comme ceinture, portent des sandales et laissent pousser leurbarbe.La couleur de leur vêtement difl'ère selon les lo- calités. Les convenluels sont vêtus d'une robe noire à capuchon; ils ont des souliers et ne portent jamais la barbe. ' FRANCISER v. a. Donner une terminaison, une iiillexiuu Irançaise à un mol d'une aune langue ; l'usage a francisé beaucoup de noms propres latins ou grecs. — Se dit d'une per- sonnequiprendrair,le maintien, lesmanières françaises : cet étranger s'est bien francisé depuis trois mois qu'il est a Paris. Ce sens est familier et peu usité. — Se franciser v. pr. Etre francisé : ce mot a fini par se franciser. — /v» Prendre des manières françaises. •FRANCISQUES, f. Arme desanciensFrancs, soile ili' hache d'armes à deux tranchanls. FRANC-JUGE s. m. Nom que portaient les membres d'un ancien tribunal secret. (Voy. FRAN Sainte-Vehme.) Au plur. : des francs-juges. On disait .aissi KiiANC-ÉCHKViN. ' FRANC-MAÇON s. m. Celui qui est initié à la franc-niai;iinnerie : loge de francs-maçons. ' FRANC-MAÇONNERIE s. f. Association se- crète qui fait un ciiipl'ii symbolique des ins- truments a l'iisat;e de rai-L-hitecte et du maçon, et dont les membres se réunissent dans des lieux qu'ils appellent Loges. Se dit aussi des pratiques de cette association : l'origine de la franc-maçonnerie est fort incertaine. — Encycl. Les francs-maçons piétendent avoir une ori- gine fi-ès ancienne; ils tiennent que leur ordre existait à Tyr lorsque Salomon reconstruisit le tenqde aves l'aide d'ouvriers tyriens. D'autres francs-maçons se contentent de sup- poser que leur association tire son oria-ine des sociétés formées au moyen âge par des maçons et des constructeurs. Les associations maçonniques rendirent de grands services i-iûur la construction des églises: elles furent kites francs-maçonniques, parce que leurs membres avaient été exemptés par le pape des impôts que payaient les autres ouvriers. La fr.mc-maçonnerio, telle qu'elle existe de nos jours, n'a aucun rapport avec l'art de l'ar- chiléclure. Les écrivains maçonniques l'ap- pellent maçonnerie spéculative pour la distin- guer de la maçonnerie opéralive ou art de la construction. Quelle que soit son origine, il est certain qu'un ordre de francs-maçons existait à Londres, lors du grand incendie de KJtiO et que Cbristopher Wren était le grand-maitre de cet ordre. En 1702, la loge de Sainl-Paul, la principale ou peut-être la seule d'Angleterre, étendit les privilèges de la maçonnerie aux hommes de toutes les pro- fessions, pourvu qu'ils eussent préalablement été initiés à cet ordre. En 1723, les loges an- glaises adoptèrent une constitution qui devint la loi organique de leur ordre. Cette constitu- tion fulintroduite en France en 172.'j. En . janvier 1S73, il existait dans l'univers environ 10,000 loges et un million de francs-maçons. — La franc-maçonnerie est organisée en loges. Le grade le moins élevé est celui d'apprenti, le second celui de compagnon, le troisième celui de maître-maçon. A la têle de l'associa- tion se trouve un grand-maitre. Les membres se reconnaissent par des signes, des altoucbe- ments et des paroles symboliques. — Les francs-maçons, qui ne forment plus, en France du moins, qu'une société de bienfaisance, ont joué un rôle politique assez important au xviii"^ siècle et sous la Restauration. Ils furent excommuniéj pir le pape Pie IX. FRANC-MAÇONNIQUEadj. Qui appartient à la franc-maçonnerie. FRANC-MITOU s. m. Nom donné, au xvii« siècle, à des mendiants dont la spécialité consistait à contrefaire les malades et à simuler des attaques de nerfs. — Au plur. Des franxs-mitoUS. * FRANCO adv. (ital. franco, libre). Comm. Sans fiMis : vous recevrez ce paquet franco. FRANCO. Préfixe exprimant l'a-^socialion ou le rapport des Français ou de la France avec un autre peuple ou un autre pays : franco- allemand, franco-anglais, franca-arahc, franco- espagnol, etc. - Guerre franco-allemande, guerre de 1870-'71, entre la France et l'Alle- magne; en voici le résumé historique. Depuis les guerres du premier Empire, la Prusse, agrandie [lar les traités de islci, prenait ses mesures pour rétablir lu ni lé allemande, brisée par la liévolution. Dans ce but, elle porta, pendant -iO années cl avec une persévérance qui n'a peut-être pas d'égale dans l'histoire, tous >es êllorts vers l'organisation d'une ar- mée nationale, comprenant l'universalité des hommes en étal de porter les armes. En môme temps, la haine de la France était entretenue dans les écoles, dans radminislraiioii et dans FR.\N FRAN 15 le peuple, pur dus moyens iju'il seruil trop long d'énumérer ici. La révolution de 1848 1 faillit faire évanouir les projets de la Prusse, en tournant les idées de l'Allemagne vers la fédération républicaine; mais, après la réac- tion, la France, qui avait donné le signal du soulèvement populaire et qui ne l'avait pas soutenu, devint le bouc émissaire que tous les partis accusèrent d'avoir causé les maux de l'Allemagne. La guerre d'Ilalie (1859), creusa encore plus profondément entre les deux nations l'abime qui les sépare de- puis 1806. L'empereur Napoléon III, au lieu de porter incessamment ses regards vers nos frontières du Rhin, données à la Prusse en I81S, se laissa détourner de la politique nationale, et entreprit des expéditions loin- taines, ruineuses et injustes. Pendant la guerre du Mexique, qui nous fit perdre nos derniers alliés, la Prusse profita de l'impossi- bilité où nous étions d'intervenir en Europe, pour entreprendre la réalisation de ses plans. La conquête du Scbeswig-Holstein (1864) et la défaite de l'Autriche (IS(itJ) furent les pre- miers actes du drame qui devait avoir son dénouement sous les murs de Paris. L'empe- reur ayant fait remettre au roi de Prusse une note pour lui demander une rectification de frontières et la restitution des territoires en- levés à la France après la deuxième invasion, et le roi de Prusse ayant déclaré inadmissible celte réclamation (août 1806), une guerre de- vint inévitable. L'Allemagne était prête; la France croyait l'être, mais M.Drouynde Lhuys, ne voulant pas s'associer davantage à la poli- tique impériale, abandonna le ministère des alfaires étrangères le 2 sept. — L'empereur, renonçant à demander une restitution de ter- ritoire à la Prusse, lui proposa secrètement un traité par lequel : 1° il approuvait les acquisitions faites par la Prusse dans la guerre précédente; 2° le roi de Prusse promettait d'aider la France à soumettre le Luxembourg; 3° l'empereur s'engageait à ne pas s'opposer à l'union fédérale des provinces septentrionales et méridionales de l'Allemagne, l'Autriche exceptée; 4" le roi Guillaume, dans le cas où l'empereur voudrait entrer en Belgique pour conquérir ce pays, s'engageait à le secourir en armes contre toute puissance hostile; 0° les deux souverains formaient une alliance défensive et offensive. — Ce traité fut rédigé et écrit par notre ambassadeur en Allemagne, le comte de Benedetti, qui eut la naïveté de laisser celte pièce compiomettanle entre les mains de M. de Bismarck, après que le roi Guillaume eut refusé d'accéder au traité pro- posé. Le gouvernement français, quoique aveuglé par l'éclat de ses victoires passées, voulut néanmoins prendre quelques mesures militaires qui pussent le mettre à même de soutenir une lutte armée, dont l'heureuse issue ne faisait pas de doute à ses yeux. Le 30 oct., une commission fut nommée pour s'occuper des modifications à ai)|iorler à l'organisation de l'armée, et, dans les premiers jours de déc, les troupes françaises quittèrent Rome, qu'elles réoccupèrent l'année suivante. — En mars 1867, une discussion s'éleva au sujet de la proposition qu'avait faite Napoléon au roi de Hollande de lui acheter le Luxembourg. Le roi de Prusse s'opposa formellement à ce projet, en prétextant que le Luxembourg avait jadis fait partie de la Confédération germanique. Le dillérend fut porté devant une assemblée de représentants des grandes na- tions, réunis à Londres. Us déclarèrent la neutralité du Luxembourg et décidèrent l'éva- cuation de ce pays par la garnison alle- mande et la destruction des forlilications (7-M mai 1867). Au coniinencement de 1808, les Chambres votèrent une loi autorisant le gouveinement à lever 100,000 hommes par an et à former une garde mobile. Après le plébiscite (s mai 1870), l'empereur se crut assez fort pour entreprendre la guerre. Le princ* Léopold do Uuhenzollorn-Sigmarini'cn (de la dynastie prussienne, frère de Charles, prince de Roumanie, ayant consenti à se laisser porter comme candidat au trône d'Es- pagne (4 juillet 1870), le duc de Gramont, ministre des alfaires étrangères, demaoda des explications et prononça des discours effrayants à la Chambre ; après quelques né- gociations et grâce à l'intervenlion de la Grande-Bretagne, le prince Léopold se désista de ses prétentions à la couronne qu'on lui offrait (12 juillet). Cette soumission ne satisfit pas nos gouvernants, et le comte Benedetti insista auprès du roi Guillaume en le priant de prendre l'engagement qu'une pareille acceptation ne se renouvellerait pas. Le roi refusa d'accéder à celte demande et ne voulut même plus recevoir l'ambassadeur (13 juillet). Le l'i juillet, l'empereur fit con- naître au pays qu'il déclarait la guerre au roi de Prusse. Celte communication fut portée au Sénat par M. de Gramont, et au Corps législatif par M. Emile Ollivier. Les sages pa- roles que voulut faire entendre M. Thiers ayant été couvertes par les clameurs et par les injures de la majorité gouvernementale, la politique impériale reçut l'approbation des Chambres. Pour enlever les suffrages, M. Olli- vier s'écria : « Nous acceptons d'un cœur léger la responsabilité de celte lutte »; et le mi- nistre de la guerre, M. Lebœuf, ajouta dans les couloirs : « Nos soldats sont prêts jusqu'au dernier bouton de guêtre ». Le lendemain, le Sénat se rendit en masse à Sainl-Cloud et fit lire par M. Rouher une plate déclaration dans laquelle se trouvaient des phrases dans le genre de celle-ci : « L'heure de la vic- toire est proche... la France le sait et le génie de l'empereur le lui garantit ». M. Paul de Cassagnac révéla dans le Paijs le véritable mobile de cette entreprise préma- turée, lorsqu'il écrivit:» Pour nous, la guerre est impérieusement réclamée parles besoins de la dynastie » ; el l'impératrice disait à ses courtisans : «C'est ma guerre; il me la faut ». Pendant que desmouchards habillés deblouses blanches parcouraient les boulevards en hur- lant : 0 A Berlin ! » les troupesse réunissaient à la hâte ; mais il n'y avait pas d'armes pour la garde mobile. L'armée active manquait de cartouches, de vivres, d'objets de campement, de moyens de transport; l'incurie régnait partout, le général Michel cherchait sa bri- gade ; d'autres officiers ne purent trouver leurs régiments ; le désordre était à son comble, surtuutdansleservice de l'intendance. L'armée française comptait à peine 300,000 hommes répartis en huit corps d'armée : 1=' corps (maréchal Mac-.Mahon), à Stras- bourg, (général Frossard), àSaint-Avold. (maréchal Bazaiaej, sous les murs de Metz, (général LadmirauU),àThiûnvillc. (général de Failly), à Bitcbo, entre Frossard et Mac-Maon. (maréchal Canroberl), formait la réserve; il devait se porter de Chalons à Nancy. (Félix Douay), gardait la trouée de Bel fort, (général Bourbaki), formé de la garde impériale, manœuvrait avec le corps de Bazaine. Dès le 20 juillet, chacun de ces huit corps l'armée se Irouvaitàson posle,maiscefutle i8 seulement que l'empereur se décida à quitter Saint-Cluud pour se rendre à Metz. L'armée prussienne, commandée par le roi Guillaume el par le comlcde .Mollke, se com- posait de 646, OQO hommes, divises eu quatre armées : 1» L'armée du Nord(220,000h.), commandée par le général Vogcl de Falkenstein, défendait l'Elbe et le Hanovre. 2" L'armée do droite (^^.0,000 h.), comman- dée par le priuca Frédéric-Charles. 2° 3° 6° — 7» 8° 18 FRAN 3° L'arniéedu cenlre(80,000h.),rommandée par les fiénéraux de Bitteiil't-ld cl de Sli>iniiietz. i' l/iirniée de gauche (K)6,000 h.), sous les oidres du prince royal de Prusse. lU nforcées par les Bavarois, les Wurlem- ber;i,'oois et les Badois, ccf armées complaieril l,121-,00it honinu's en aoiil 1S70. Les Alleinauils nepossédaiontpas seulement l'avanta^-e du nonibru ; il est triste de dire qu'ils avaient en leur faveur tous les frenrcs de supériorité, sauf pourtant celle du courafio. Pendant que nos ol'flciers restèrent livrés i leurpropre initiative, les Allemands furent in- variablement guidés par un plan bien mûri. De Saarbrûck a Sedan, M. de Moilke n'aban- donna rien au basurd, ul tous ses ordres furent exécutés avec une précision mathéma- tique. Le trait caractéiistique de sa lactique est la rapidité avec laquelle des masses énormes se portèrent sur les points où il avait résolu de remporter un succès. Les causes du trioni[>hi' des Allemands furent donc, outre leur écrasante supériorité numérique : l'unité absolue de leur commandement, le concert de leurs opérations; lasupérioriléde leur ar- mement et de leur équipement; la discipline, rinlelligence et l'instruction de leurs soldats; l'éducation njililaire de leurs ofliciers, la har- diesse de leur cavalerie. Pondant que leurs troupes agrissaionl avec un ensemble admi- rable, nos généraux donnèrent trop souvent l'e.xemple de la jalousie qu'ils se portaient entre eux. — La déclaration de guerre ayant été notifiée à Berim le 19, le parlement de l'Allemagne du .Nord s'assembla et s'engagea à soutenir la Prusse dans la guerre qui allait commencer. Le 20, le Wurtemberg, la Ba- vière, Bade et la Hesse-Darmsladt déclarèrent la guerre à la France et envoyèrent leurs troujies renforcer l'armée prussienne. Le 23, les Prussiens firent sauter le pont de Kehl; le 2i;, un journal auL'lais, le Ti)rtes, publia le traité proposé par Napoléon au roi de Prusse, en 1806. Son authenticité fut d'abord mise en doute; mais il fallut bientôt se rendre à l'évi- dence. La publication de cette pièce indisposa contre nous presque toutes les nations, et particulièrement la Belgique. Le 26, eut lieu à Niederbronn, une escarmouche pendant laquelle un oflicier bavarois fut tué. Le 2o, Napoléon, suivi d'immenses impedimenta, ar- rivait à Metz et adressait aux troupes une proclamation dans laquelle il déclarait que la fjuerre devait être longue et pénible. Après quelques engagements sans importance à Sarrebriick, à Sarreguemines et à Volkingen. l'empereur se décida à prendre l'oilènsive et Fro^sard reçut l'ordre de s'emparer de Sar- rebriick ; le 2 août au matin, l'ennemi éva- cuait la position après une courte bataille à laquelle assistèrent iNapoléon et son fils; ce dernier ramassa une balle sur le champ du combat. Le 4 août, le prince royal de Pru-se passa la Lauter et s'avança sur le Geisberg, près de VVissembourg, alors occupé par une division du I""' corps, commandée par le gé- néral .'Vbel Douay. Celui-ci, quoique surpris, organisa rapidement son plan de bataille sous le feu même de l'ennemi. Malgré l'hé- roïque courage des turcos, l'armée française fut obligée de se replier par la route de Soulz, sous les ordres du général Pelle qu avait pris le commandement, en remplace- ment du général Douay, mortellement blessé d'un éclat d'obus; elle laissait à l'ennemi un canon et environ .?(iO prisonniers. Cette dé- faite livrait aux Allemands l'entrée de l'Alsace et les routes de Strasbourg et de Metz : les désastres commençaient pour nous Pendant que le corps du maréchal Mac-Mabon était battu à ReichshoCfen (voy. ce mot), après une bataille longue et désespérée, les généraux prussiens de Gœben et de Steinnietz repre- naient Sarrebriick et nous infligeaient une défaite à Forbach (voy. ce mot), dans la même FR.\N journée (6 août). Maigre ces revers et l'occu- pation (le Forbach, de Haguenau et de Sarre- guemines, l'empereur di.sait toujours : « Tout peut se rétablir ». Après Heichsholl'en, .Mac- Mahon se relira à Saverne pour couvrir Nancy; il avait alors sous ses ordres .■jO,OUO hommes. Canroberl se trouvait a Nancv, avec un nombre égal de combattants, et Ba- zaïne venait de recevoir le romniandement en chef de rarméefrançaisedeMilzcomplaut 1)0,00(1 hommes (8 août]. Le 'J aoûl. une es- cadre de neufiniirassés français, rommandée par l'amiral ia Itoiicière le iSoury, alla croiser dans la Baltique. Le mâme jour, les Prussiens occupèrent Saint-Avold et le ministère Olli- vier tomba aux applaudissements. le la France ; il fut remplacé par un nouveau cabinet formé parle général Cousin-Montauban.quipritpour lui le portefeuille de la guerre. Le 10 août, Litclueiiibourg capitula devantles Allemands, Slrasbuur:.' fut investi par eux ; toutes nos troupes se replièrent sur Metz, à l'exception du corps d'armée de Mac-Mahon et de celui du général de Failly, qui se raballirent sur Chilloiis. Le 11, les communications avec Strasbourg étaient coupées. Le 12, Nancy tom- bait sans résistance aux raainsdes Allemands, et les Bavarois passaient les Vosges. Le 13, Bazaine prit le commandement de l'armée du Rhin. Le H, coiiiiiiença le bombardement de Strasbourg, penlant que Toul refusait de se rendre et que Napoléon se retirait à Verdun. Le même jour, le corps de Bazaine livrait à Courcelles et a Borny (voy. ces mots) une im- mense bataille sanglante et sans résultat contre le général de Sleinmelz et la I" armée. Deux jours après (l(j août), ce mèine corps se faisait baltrcà Vionville ou Mars-la-l'our parlepnuce Frédéric-Charles. Le 18 août, les armées alle- mandes remportaient un nouveau succès sur nos troupes à la journée de Gravelotte. (Voy. Gravelotte.) Napoléon avait à ce moment quitté l'armée de Bazaine pour se rendre à Châlons. Les Allemands, laissant une partie de leurs troupes devant Metz, se mirent à la poursuite de l'empereur. Pendant que ces événements se déroulaient sous Metz, les Fran- çais tentaient une sortie malheureuse a Stras- bourgetlesAllemands attaquaient Ptialsbourg sans succès. Le 16 aoûl, Mac-Mahon arrivait aChàlons, où il était le lendemain rejointpar Napoléon; son armée comptait de 130.000 à 150,000 combattants. Le 18 août, le général ■frochu, gouverneur de Paris, mit cette ville en étal de siège. L'armée du Rhin, sous les ordres de .Mac-Mahon, battait en retraite de- vant les troupes du roi Guillaume etdu prince royal, pendant que Bazaine était bloqué à Aletz par le prince Frédéric-Charles. Il y avait en ce moment (20 août) en France 300,000 Allemands, tandis que les soldats français étaient au nombre de 300,000 seulement. .Mac-Mahon déploya son armée le long de la .Marne, puis, sur l'ordre de Palikao, il aban- donna cette position ;où il pouvait arrêter l'ennemi), pour aller au secours de Bazaine, alors complètement isolé à Metz. L'avant- garde de l'armée allemande profita de ce mouvement et s'avança de Poul-a .Mousson à Bar-le-Duc, elle était alors à -180 kil. de Paris. Les Allemands tentèrent, mais sans résultat, une attaque contre Verdun. Le i'o août, ils occupèrent Châlons; le même jour, la petite ville fortifiée de Vitry capitula. Bazaine tenta une sortie (voy. Metz), mais fut repoussé ; Phalsbourg se défendit héroïquement. Le 28, Thionville tombait au pouvoir des Allemands et un régiment d' chasseurs français était complètement décimé dans un engagement à Busancy, ■ entre Vouziers et Stenay. Le 27, deux années allemandes, comptant 220,000 hommes, marchèrent sur Paris. .Mac-Mahon, suivi pas à pas par les ennemis, continuait son mouvement de retraite vers le Nord pour secourir Bazaine en livrant des combats à ûun, à Stenay, à Mouzon ; une partie de son FRAN armée, commandée par de Failly, l^it surprise et battue a Beauinonl, enlie Mouznn et .Mou- lins, et celte défaite la jeta au delà de la .Meuse Le lendemain, les Allemands entraient a tlarignan ; les Français, altaquès dun:< la f daine de Duuzy, remportèrent d'abord un éger succès; vaincus ensuite, ils se replièrent sur Sedan, où ils furent aussitôt enveloppés, sans vivres, sans provisions, sans espoir de secours. Le 31, une armée de lO'i, 000 anciens soldats français fut formée près de Lyon. Bazaine fit (31 août-l"' sept.) une nouvelle tentative desortie. Repoussé encore une fois, il fut forcé de rentrer dans .Metz. Le l"sepl., une bataille désespérée fut livrée autour de Sedan; les Français furent d'abord vain- queurs, mais après un combat long etacharné, ils durent céder au nombre des cnn'-mis; Mac-.Mahon fut blessé, et le général de VVimpf- fen, qui avait pris le commandement à la place de Uucrot, refusa d'accepter les condi- tions offertes par le roi de Prusse. Le lende- main (2 sept.), eurent lieu la honteuse capitu- lation de Sedan (voy. ce mot), et la reddition de l'armée de Mac-.Mahon ei de .Napoléon (l.')0,OOJ h.). Lorsque celte nouvelle arriva à Paris, une révolution éclata (voy. Skpteubhe), le Corps législatif fut envahi et la députalion parisienne, réunie à l'hôtel de ville, [iroclama la république et forma le gouvernement de la Défense nationale. La présidence fut donnée au général frochu, qui avait été nommé par Napoléon gouverneur .le Paris. L'impératrice l'artit pour l'exil. L'année prussienne s'avan- çait toujours sur Pans; le 6. Reims était occupé par le roi Guillaume; le 7, Vinoy qui, à la tête d'un corps d'armée, avait été envoyé au secours de .Mac-.Mahon, rentra à Paris; le même jour Saini-Dizier tomba au pouvoir des Allemands; le lendemain, Strasbourg était investi par 60,000 Prussiens, pendant que Verdun se défendait héro'ii{ueraent. Cinq ar- mées allemandes manhaient contre la capi- tale : Laon fut obligé de se rendre pour éviter une destruction totale (9 sept.); une explosion accidentelle ou préméditée causa la mort de plusieurs Français. Le 10, les communi- cations avec .Metz, Thionville, Phalsbourg, Toul et Bitche étaient coupées pour nous. Le même jour , les Allemands tentaient une attaque infructueuse contre Toul. Le 12, le pont de Creil sautait. Le 13, six corps d'armée allemands comptant 300,000 hommes arrivèrent sous les murs de Paris. (Voy. P.isis, siège de.) Le 2.5 septembre, Verdun fut investi par les Allemands; les 23, 24 et 27, Bazaine fit de vaines tentatives pour sortir de .Metz; le 27, Clermout fut occupé par les Prussiens après une courte, mais énergique résistance, pendant que Strasbourg (voy. ce mot) capi- tulait. Le 30, Beauvais tomba au pouvoir des Allemands, et le lendemain. Mantes subit le même sort; le 4 octobre, ce fut le tour d'L- pernon et de la Ferlé. Depuis le 16 septembre on organisait sur la Loire une nouvelle armée, formée de troupes rappelées d'.Mriijue; elle ne tarda pas a compter environ 3o,000 hommes qui lurent placés sous le cominandeiueul du général La .Motte-Rouge. Le à octobre, le gé- néral Reyan, à la tète de l'avant-garde de celte armée, remporta sur les Allemands un léger succès entre Chaussy et Thoury et lit quelques prisonniers. Le 7 octobre, Bazaine tenta une grande sortie; il fui repoussé et perdit environ 2,000 hommes sur iii.OOO qu'il av.nit engagés : l'ennemi ne perdit guère plus de 600 hommes. Le 8, .\eu-Uri>af.h lui bom- bardé et les Allemands, qui avaient attaqué Saint-Quentin, furent vigoureusement re- pousses. Le 0, Garibaldi arriva à Tours, où il fut accueilli avec enthousiasme, en même temps que Gambctta. parti de Paris en ballon ; dans une proclamation lancée désson arrivée, celui-ci établissait que Paris comptait -Den.oou défenseurs, que les canons ne manquaient pas et que les femmes raisaieul des caitouches. FRAN Cepenflanl l'ennemi, efiVavé de la formation de l'année de la Loire, envahissait le centre el l'ouest de la France; le 10, lepremier corps havarois, sous les ordres du baron Von der Tann, rencontra nos troupes à Artenay et les força à se replier après un engagement assez vif dans lequel nous perdîmes près de 2.000 prisonniers. Le même jour , les Prussiens étaient moins heureux à Chérizv, d'où ils furent repoussés. Von der Tann brûla une vingtaine de villages, et fil fusillerLiO paysans; il s'empara ensuite d'Orléans et l'armée de la Loire, vaincue, se relira derrière le fleuve (11 oct.). Buurbaki prit le commandement de Tours et d'Aurelle de Paladines remplaça La Motte-Rouge à la tête de l'armée de la Loiie. Le 12, Garibaldi fut nommé commandant d'un corps de garibaldiens. Dans les Vosges, il n'y avait plus d'armée française régulière, mais les défilés étaient gardés par des francs- tireurs. Le 16, Soissons se rendait après un siège de trois semaines et un bombardement de quatre jours. Gambetta partit alors pour l'armée des Vosges, Bourbaki fut nommé commandani en chef de l'armée du Nord et remplacé à l'armée de la Loire par le général Mazière. Le 17, les Allemands attaquèrent Munldidier; le 18, 4,000 Français furent as- saillis et vaincus près do Chateaudim, après dix heures de combat. Le 21, Vesoul et Char- Ires furent occupés par l'ennemi; !e'22,Sche- lestadl fut bombardé, pendant que l'armée de riîst essuyait des revers à Vouray et à Cussey dans les Vosges. Le même jour, le général Cambriels repoussa les Allemands, qui assiégeaient Chat illon-le-Duc. Le 23, Saint- Quentin tombait au.x mains de l'ennemi. Le îi, Gambetta envoya aux maires des pays envahis l'ordre de résisterjusqu'à la dernière extrémité, et Schelestadt capitula. Les négo- ciations pour la reddition do Metz recommen- cèrent et Thicrs reçut la mission de proposer un armistice (24 oct.). Le 27, Bazaino rendit Metz fvoy. ce mot),pendantque noiisessuyions une défaite près de Gray (Haute-Saône). Deux jours après, Dijon tombait au pouvoir de l'en- nemi. Le lendemain , Gambetta lançait la fameuse proclamation dans laquelle il ac- cusait Bazainc de trahison et suppliait les Français de tenter un suprême effort. Le 1""' novembre, Thionville était investi; le 7, cette ville était bombard.ee, le >*, Verdun ca- pitula. Toutes les forces ennemies marchaient alors sur Paris, car la capitulation de Metz avait permis au prince Frédéric-Charles d'ac- courir contre notre armée de la Loire avec 200,000 hommes. Le 9 novembre, le 16'' corps français, c unmandé par Chanzy, rencontra à Coulmie; s les Allemands, sous les ordres du générai Von der Tann. Les ennemis furent vaincus et forcés d'évacuer Orléans, ainsi que toutes les positions qu'ils occupaient autour de cette ville et de se retirer àThoury, laissant entre nos mains plus de 2,000 prisonniers. Pendant ce temps, l'armée du prince Frédéric- Charles arrivait sur la Loire par petits déta- chements et bientôt le Mans fut menacé. Néanmoins, les 27 et28 novembre, nous rem- portâmes ([uolques légers succès à Ladon, à Maizières, à Juianville et à Beaune-la-Uolande, sur les colonnes du duc de Mccklembourg, qui durent revenir sur leurs pas. Quand arriva la nouvelle que les Parisiens voulaient tenter une grande sortie, les 15°, 16e, is» et 20° corps se mirent en marche sur Paris; en même temps, le gén irai Faidherbe, ([ui com- mandait à Lille un corps assez considérable, recevait l'ordre de coni-entror aussi ses troupes autour de la capitale. Malheureusement le général Chanzy se trouva isolé du général d'.\urelle; Chanzy fui. forcé de liattre en re- traite, après les batailles de Bazochcs-des- llauls (2 déc.) et de Chevilly i!) déc.). Cette retraite amena une nouvclir occupation d'Or- léans parles Prussiens, auxipieisnoiis laissions 10,000 prisonniers et 77 canons (4 déc). On 203 FRAN forma alors deux armées, l'une (1.5«, 18» et 20c corps), sous les ordres de Bourbaki, l'autre (I6=, 17", 21')sousceux de Chanzy, et, au mo- ment oii ce dernier luttait avec plus de cou- rage que de bonheur contre le prince Fré- déric-Charles, le gouvernement français se transporta de Tours à Bordeaux. Chanzy établit son quartier général au Mansoù, un mois plus tard (10 janvier), il fut attaqué par le prince Frédéric-Charleset forcé, malgré des prodiges de valeur, de se replier sur Laval. Dans le Nord, l'armée française (27 nov.) fut battue entre Villers-Bretonneux et Saleux près d'Amiens par le général de Manteuffel, qui profita de cette victoire pour entrer dans Amiens (28 nov.) et dans Rouen (6 déc). Plus au nord, Bourbaki fut remplacé par Faid- herbe. Celui-ci organisa les 22° et23° corps, à la tête desquels il soutint à Pont-Noyelles (23 déc.) l'atlaque des troupes de Manleull'el; les deux armées s'attribuèrent la victoire. Faidherbe se retira alors derrière la Scarpe jusqu'au 2 janvier, où il livra une seconde bataille indécise à Manteuffel, près de Ba- paume. Loi 9 il fut complètement défait à Saint- Quentin par le général von Gœben et laissa aux mains des ennemis 4,000 prisonniers. Dans l'Est, nos opérations ne furent pas cou- ronnées de beaucoup plus de succès et finirent par un désastre. Bourbaki fut d'abord vaincu à Villarais, au sud de Vesoul, par le baron de Verder(9et lOjanv.); il livra ensuite (Ib et 16 janv.) une bataille indécise à ce même gé- néral, entre Héricourl et Villersexel, près de Belfoi't, el fut forcé do battre en retraite vers le Sud, pendant que Garibaldi repoussait victorieusement à Dijon une attaque dos Prussiens. Le 30 janvier, l'armée de Bourbaki, commandée par Clinchaiit, fut obligée, par suite de l'armistice, de se réfugier en Suisse près de Pontarlier, laissant à l'ennemi 6,000 prisonniers. Depuis le 22, des négociations avaient été entamées entre Tbiers et Bismarck, et le 28 février, un armislice fut signé pour 21 jours. Le 1" mars, Tbiers, Jules Favre et lo délégués de l'Assemblée nationale accep- tèrent les préliminaires d'un traité, qui fut conclu à Francfort, le 10 mai et ratifié par l'Assemblée nationale le 18 mai 1871. La France avait perdu pendant cette guerre .500,000 hommes, tant tués que blessés et pri- sonniers; les pertes des Prussiens s'élevaient à 127,867 tues et blessés. (Voy. France.) FRANCO-GALLIQUE adj. Qui appartient aux Francs et aux Gaulois. — Echiture franco- G.\LLiQUE, nom donné à l'écriture des diplômes des rois de la première race. On dit aussi ECRITUUE MÉROVINGIENNE. FRANÇOIS, nom porté par plusieurs souve- rains et par des personnages célèbres. L Allemagne et Autriche. FRANÇOIS I" {Etienne , empereur d'Alle- magne, né à Nancy le S déc. 1708, mort à Inspruok le 18 août 17()5. Il était fils de Léo- pold, duc de Lorraine, et d'une nièce de Louis XIV, et était arrière-petit-fils de l'empe- reur Ferdinand III. Kn l73o, son duché de Lorraine fut échangé pour la reversion de ce- lui de Toscane, qu'il reçut en 1737. En 1736, il épousa Marie-Thérèse, lillc et héritière do l'empereur Charles VI. \ la mort de l'empe- reur, en 1740, il partagea, avec sa femme, la souveraineté des Etals auliichiens, et fut élu enqicreur d'A lloniagiie en 174-5. Doux et pa- cilique, il laissasa femme L'ouvernerrempiro. Deux ans après la fin de la guerre de Sept ans, il mourut et légua la couronne d'Alle- magne à son fils Joseph 11. FRANÇOIS II (François I" d'Autriche), em- pereur d'Allemagne, né le 12 février 1768, mort le 2 mars 1835. Il était fils de l'cmpo- leur l.éopold II el de Marie-Louise, fillo i!o Charles 111, roi irEs[)agni\ Léopold mourut eu 1792, cl François lut succcssiveiucnl cou- FRAN 17 ronné roi de Hongrie, empereur d'Allemagne et roi de Bohême. Voulant étouffer la Révo- lution, il entreprit contre la France une gueire dans laquelle les armées françaises, comman- dées en dernier lieu par Bonaparte, s'empa- ^■enl de tout le nord de l'Italie; François fut alors forcé de conclure le traité de Campo- Formio (17 oct. 1797), par lequel il cédait la Belgique, Milan et la province rhénane en échange de Venise. En 1799, il entra dans la coalition de laRussieet de l'Angleterre contre la France, et, après de nombreux désastres, fut obligé de signer la paix de Lunéville (ISOI), par laquelle il abandonnait une partio do l'Allemagne et acquérait une partie de l'Italie. Une seconde coalition entre la Russie et l'Angleterre amena la bataille d'Austerlitz (2 déc. 1805), suivie de la paix de Presbouig (26 déc), en vertu de laquelle Françoisaban- donna le Tyrol, Venise, trois millions de ses sujets et ne reçut d'autre compensation que Salzbourg. En 1806, François, qui avait pris en 1 804 le titre d'empereur héréditaire d'Au- triche, abandonna solennellementcelui d'em- pereur d'Allemagne. En 1809, il déclara encore la guerre à Napoléon, fut défait à Wagramet forcé de signer la paix de Schœn- brùnn (.4 oct.), qui lui coûta plusieurs riches provinces et plus de trois millions et demi de sujets. 11 consentit à donner en mariage à Napoléon sa fille, Marie-Louise. En 1813, François déclara sa neutralité, mais, sur le refus de Napoléon d'accepter sa médiation avec la Russie, il se joignit aux alliés et con- tribua pour une bonne part à leur victoire de Leipzig. Après la signature de la paix qui suivit la bataille de Waterloo, François qui avait acquis la Lombardie et Venise, posséda un empire plus grand que celui qu'il avait eu avant la Révolution. Il entra dans la Sainte- Alliance en 1816, et sa politique d'absolu- tisme, développée par Melternich, devint la politique européenne. Fn 1820-'2I, ses armées réprimèrent en Italie les mouvements révolu- tionnaires. Il eut pour successeur son fils Fer- dinand 1. FRANÇOIS-CHARLES, archiduc d'Autriche, fils de l'empereur François l" et de Marie- Thérèse, né le 7 décembre 1802, mort en mars 1878. Appelé au trône d'Autriche en 1848, mais n'ayant aucun goût pour le pou- voir, il abdiqua en faveur de son fils aîné François-Joseph, empereur actuel. II. Anjou. FRANÇOIS, due d'Anjou (loo4-'84), frère de Henri 111. (Voy. Anjou.) III. Bretagne. FRANÇOIS !",;<; Bien-aimé, duc, né à Vannes en \i\i, mort en 1450, succéda à son père Jean V en 1442. 11 institua l'ordre de l'Epi et bâtit la chartreuse de Nantes. FRANÇOIS II, dernier duc de Bretagne (1459-'88), entra dans la Ligue du Bien public contre Louis XI, prit part au traité de Con- tlans, fut attaqué par le roi el forcé designer la paix humiliante d'Ancenis, s'associa à la coalition du duc d'Orléans contre Anne de Bcaujeu et mourut de chagrin après la dé- faite de ses troupes à Sainl-.\ubin-du-Cor- mier. Sa fille, Anne, devint reine de Franco. IV. Deux-Siciles. FRANÇOIS I", fils de Ferdinand I et de Ca- rolino-Marlc, né le 19 août 1777, mort la 8 nov. 1830. Il épousa une fille de l'empereur Léopold 11, après la mort de laquelle en 1801, il se remaria avec une fille de Charles IV d'Espagne. Héritier du trône, il favorisa le parti des réformes, comme gouverneur de Sicile et comme régent de Napics. Roi en 1825, il eut un règne court mais fameux par sa corruption et sa cruauté. Sa seconde femme lui donna sept filles et cinq ûlsdont l'aluc, Ferdinand II, lui succéda. m. m. 18 FRAN V. I''hancb. I FRANÇOIS !"■, roi de France, chef de la branche des Vahiis-Angoulûiiie, né près de Cognac, sous un chOnc, où sa mère. Louise de Savoie, surprise par les douleurs de l'en- fantcmcni, au milieu d'une partie de chasse, le [nil au monde le 12 sepl. H'Ji ; mort à Hanihouillol , le 31 murs 1547. Fils de Charles, comte d'An^;oulôme, il était l'héri- tier présomptif do Louis XII, qui n'avait pas d'entant mile, n 11 fut élevé, dit Gaillard, au collège de Navarre, el fil assez de progrès dans les lettres pour les aimer toute sa vie. Il apprit peu de latin, mais la réilcxion lui fit sentir l'utilité des langues ; aussi en faTorisa- t-il tou.iours l'étude, comme la base de toute lillérature... » Ses piécepleurs, Gouffior el Gaston de Foii. lui inspirèrent le goûl des armes, que la lecture des romans de cheva- lerie développa jusqu'à la passion. Beau, brave, brillant, de haute taille, ilannonça de bonne heure par sa conduite qu'il serait un jour le prince le plus chevaleresque el le plus éccrvelé de son siècle Louis XU s'écria plu- sieurs fois: i< Ce gros garçon gâtera tout ». Ces Irisles prcssenlimenls n'empêchèienl pas le roi de lui accorder sa fille, Claude de France. Devenu roi (1"' janv. lolii), François 50 donna de suite le litre de duc du Milanais, el voulut faire valoir ses droits sur son duché italien, dont il était héiilier par Valenline Visconli, grand'mère de Louis Xll. Il passa immédialenienl les Alpes, à la tète de 40,0110 hommes, défit l'armée suisse du duc de Milan il Marignan (Mi.'legnano), les 13 ellisep- Icmhre lolii, reçut des mains de lîuyard, sur le champ môme de ce combat des géants, l'or- dre de la chevalerie, entra à Milan, dépouilla Maxiniilien Sforza de ses Etats, acheta les Suisses, qui firent avec lui un traité de paix periiéluelle, signa un concordat avec le pape Léon X, auquel il rendit l'iminense revenu des annales, et revint Irioniphalemenl à. Paris. Le traité de >'oyon mil lin à celle guerre. La mort de Maxirailien, empereur d'Allemagne (1519), ouvrit la carrière à la vaste ambition du roi chevalier, qui posa sa candidature au trône impérial en même temps que Char- les I»'' d'Espagne el Henri Vlll d'Angleterre. Le conseil électoral choisit le roi d'Espagne, oui devint Charles-Quint. Aussitôt François L', désappointé, se laissa entraîner par la vio- lence de son caractère à des guerres achar- nées qui désolèrent l'Europe pendant tout son règne. Les deu.x adversaires commencèrent par rechercher l'aUiance du roi d'Angleterre. Charles alla rendre une visite à ce monarque à Douvres, el en même temps, s'assura du concours du cardmal Wolsey, en lui proniet- lanl virtuellement la tiare. François invita Henri à venir en France el le reçut soinplueu- semenl dans une plaine située entre Guines et Ardres, au Camp du Drap-d'Or (4-24 juin IbiO). Wolsey fomenta contre le roi de France une ligue dans laquelle entrèrent le roi d'Angleterre, l'empereur el le pape. La France lut attaquée de tous les côtés a la fois: au nord, l'héroïque Bayard sauva Mézières {li)2l); dans les Pyrénées, le général français Lesparre fut battu ; en Italie, Laulrecperdit la bataille de la Bicoque (29 avril fo2"i) et évacua le Milanais, où nous ne possédâmes plus que Crémone. Les intrigues de la reine- mère finirent par pousser au désespoir le con- [lélable de Bourbon, qui se joignit à l'empe- reur ; les prodigalités de la cour ruinèrent les finances de l'Etal elles troupes restèrent sans argent. Le connétable de Bourbon défit une armée française à Biagrasso, où périt Bayard (lbi4)etle présomptueux Bonnivet repassa les Alpes. Les Impériaux, commandés par Bourbon el Pescaire, se précipitèrent sur la Provence, soumirent Aix et Toulon et assié- gèrent Marseille. Le roi, se décidant à quitter sa cour voluptueuse, endossa l'armure et accourut avec de nouvelles forces, à la déh- VRAN vrance du pays envahi. Les ennemis se reli- rèrenl a son approche ; François, les pour- suivant au delà des Alpes, entra en Piémont, coiniiiil la faute de disséminer ses forces, en- treprit le siège de Pavie el livra, près de celle ville une grande bataille (24 février mi'.')), pendant laquelle il montra autant de vail- lance comme chevalier que d incapacité comme général. Vaincu el fait prisonnier, il écrivit à sa mère la fameuse lettre dans la- quelle se trouve celti? jihrase : n De toutes choses ne m'est demeure que l'honneur et la vie, qui est sauve », phrase que les historiens ont traduite par ceUÎie autre, plusfièrccl plus concise ; Il Tout est perdu fors l'honneur ». ïraiisléré à Madrid cl tenu dans une étroite captivité, il b'abandonna au désespoir; el vraisemblablemcnl il aurait succombé à son découragement, si sa sœur, la moins cheva- leresque mais [dus énergiijue .Marguerite de Valois, ne lui accourue pour apporter des consolations à son chagrin. François eut la pusillanimité de souscrire aux dures condi- tions de son vainqueur (14 janv. 1;126). En échange de sa liberté, il livra ses deux lils (François el Henri) en otage jusqu'au paie- ment de sa rançon el abandonna ses préten- tions sur l'Italie; de plus, il promit de donner à Charles-Quinl, la Bourgogne, la Flandre, l'Artois, r.\iixoiinois, le Char.jlais, etc., c'est- à-dire le quart de la France. Heureusement que les étals de Bourgogne refusèrent de souscrire a ce démembrement de notre natio- nalité. Aussilôl libre, François, dégagé de sa promesse par le pape, ne crut point déroger aux lois de la chevalerie et de l'honneur en mettant autant de mauvaise foi à violer sa parole qu'il avait montré de faiblesse à la duiiuer. La guerre se ralluma. François avait pour lui Henri Vlll, Gênes el le pape Clé- ment VU ; niais ses armées, aussi mal diri- gées que précédemment, n'obtinrent aucun succès; le pape tomba entre les mains de l'empereur; les Génois, dégoûtés de l'alliance française, se lournèreiit contre nous. Par le traite de Cambrai (1529), Fiançois abandonna ses prétentions sur l'Italie el promit d'épou- ser la reine Eleonore; mais il n'accomplit que celle dernière clause. Dés que les cir- constances lui parurent favorables, il passa en Italie peudant que son rival, menace [lar les Tares, gueiroyait en Afrique. H conquit la .Savoie (lo3b) el Turin ; mais l'empereur, à son retour de Tunis, envahit la Provence d'où le chassa presque aussilôl une famine causée par la dévastation de cette malheu- reuse province, dévastation opérée sur l'ordre du roi, par le connétable de Montmorency. La trêve de iNice (1538), signée pour dix ans, amena une alliance momentanée entre les deux rivaux. L'année suivante. Chai les obtint, pour lui el pour son armée, l'autorisation de traverser la France, sous la vague promesse de la cession du Milanais. Pour le fêter, François épuisa sou trésor. L'empereur, ayant exterminé les Gantois révoltés, ne voulut pas entendre parler de céder le Milanais el la guerre recommença en 1542. Les furcs, alliés naturels des Français, bombardèrent iNice, ravagèrent les côtes d'Italie el menacèrent l'Allemagne, les Impériaux échouèrent devant Landrecies, les Français soumirent le Pié- mont il François remporta la victoire de Cé- risoles (1544). Mais pendant que ce roi se trouvait en Italie, Henri Vlll envahit la Pi- cardie el Charles-Quint poussa jusqu'à Sois- sons. François n'arrêta leur marche qu'en signant le traité de Crespy (12 sepl. 1544), en vertu duquel il abandonna ses prelenlions sur le Milanais. Ses jours furent abrégés par une maladie que lui communiqua la belle Ferronnière, la dernière de ses nombreuses maîtresses. — L'hisloire, pleine de mansué- tude pour les souverains, a beaucoup par- donné à ce prince galant jusqu'à la débau- che ; elle a coloré d'un brillant vernis ses FRAN actes violents, sa prodigalité, son favoritismo capricieux, l'absolutisinc de son administra- tion, la perfidie de plusieurs de ses actes; elle passe légèrement sur l'alrocilé des me- sures qu'il prit contre les hérétiques et parti- culièrement contre les Vaiidois ; sur la dé- gradation des corps politique» el judiciaires ; sur la vénalité des charges; sur l'extrêinc misère du peuple qu'il accabla d'impôts et dont il étoull'a les réclamnlions par a'impi- toyables massacres. C'est ipie ce roi sut se faire pardonner ses défauts el même ses vices par sa générosilé el par la protection qu'il accorda aux arts, aux sciences, aux lettres et à l'industrie. Il appela d'Italie des artistes tels que Léonard de Vinci, le Primalicc, le Rosso, André del Sarto, Benvenuto Cellini, pour lui bâtir des chAleaux ou pour décorer ses palais de Fontainebleau, de Saint-Ger- iiiain.de Madrid, deChamboni, cl pour for- mer des élèves, dont la plupart devinrent illustres. Sous son règne, Chenonceaux fut commencé cl Amboise fui achevé; la pre- mière pierre de l'hôtel de ville de Paris fui posée en 1533. Le Primalice acheva en Italie, pour le roi de France, plus de cent statues, parmi lesquelles le Laocoon el la Vénus de Médicis. Pierre Lescol, l'un des fondateurs de l'école française, coinnieiiça le Louvre. Lo llavre-de-Grâce devint une petite ville mari- time iniportanle, sous le nom de Francisco- jiolis. Jaloux de mériter le litre de Protecteur des ktlj'es, François I" conlirma d'abord tous les privilèges el immunités accordés par ses piédécesseursaux imprimeurs cl aux liiiraires (l'Jl-')-'lO), résista seul contre la Sorbonnequi voulait « plutôt employer les llammes ijue le raisonnement contre les sectaiies ». Du fond (le sa prison de Madrid, il ordonna au parle- ment de suspendre les procédures contre les hérétiques, soutint l'illustre Erasme contre les accusations de iSoél Beda. 11 accueillit à sa cour un grand nombre de savants el d'ar- tistes proscrits ou réfugiés d'Italie, el leur donna des emplois, des travaux ou des pen- sions. Il accorda des lettres do nalurahlé à J.-C. Scaliger, admit dans sa familiarité des érudits tels que Poncher, Cop, Duchâtel, Pe- lissier, Colin, les trois du Bellay, Danès, Budé et d'autres encore qui s'asseyaient à sa table el composaient sou conseil des lettres. A la sollicitation de Budé, de Duchâtel el de Jean du Belley, il fonda le Collège des trois langues, qui devinlle collège de France. Tout en accordant une bienveillance marquée aux lettres grecques el latines, il ne négligea pas la culture de la langue nationale, n qu'il sça- voit et parloil mieulx que homme qui fust vivant en sou royaume», nous apprend Du- châtel, dans son Oraison funèbre. Par son or- donnance du mois d'août 1539 (art. MO el IMj, donnée à Villers-Coltercls, il suppri- ma l'usage du latin dans les tribunaux el dans les actes publics. — Sensible au charme des vers, il en composa parfois d assezjolis, qui ont été réunis en 184b, par ChampuUioa-Figcac. Tout le monde connaît celle boutade: Sou\ent femme varie. Bien fol t-sl qui s'y lie. Plus lard, des sacrilèges commis par les ré- formés et des placards contre la messe, iiiys- lérieusement affichés dans Pans et jusqu'à la porte de la chambre du roi(IS ocl. lo34), irritèrent François au point qu'il n'écoula plus les conseils d'indulgence el qu'il prêta l'oreille aux suggestions de son entourage, de la Sorbonne, du Parlement el de la Fa- culté de théologie. Il fit défense aux impri- meurs d'imprimer , sur [icine de la harl (13 janv. 1534). Tel est l'acte inconsidéré dicté par unecolère impuissante, qui, de nosjours, a fait donner à ce roi le surnom de fvoscrip- tcur de l'imprimerie. El pourtant il fonda l'Imprimerie nationale el réorganisa la Bi- bliothèque nationale; el c'est sous son règne que Rabelais osa écrire el publier ses auda- FRAN cieuses satires. — Bibliogr. L'histoire de François I"" a été écrite par Varillas (1685) et par Gaillard (1768). En 1825, P.-L^ Rœdercr a publié contre ce prince une diatribe dans la- quelle il cherche à démontrer que François I"^', bien loin de mériter le titre de Père des lettres, fut le tyran forcené des consciences, le prescripteur de l'imprimerie et l'oppres- seur de la raison humaine. — Le successeur de François I" fut son fils Henri II. FRANÇOIS II, né à Fontainebleau le 19 janvier l.)43, mort le o décembre 1560. Fils aine de Henri II et de Catherine de iMédicis, il n'avait que 16 ans lorsqu'il monta sur le trône; il était, depuis un an (1558), l'époux de Marie Stuart, fille de Jacques V, roi d'Ecosse. Faible de corps et d'esprit, il laissa le gou- vernement à François, duc de Guise, et au cardmal de Lorraine, ses oncles, dont l'arro- gance irrita les princes du sang, Antoine, roi de Navarre et son frère, Louis de Gondé. Une grande conspiration fut organisée par ce dernier prince et par les principaux seigneurs du royaume. Les Guises, ayant découvert le secret du complot, de nombreuses arresta- tions et des exécutions eurent lieu; l'inqui- sition fut établie pour réprimer le calvinisme. Condé fut arrêté, jugé et condamné à mort comme traitre. Le décès de François lui sauva la vie. SAINTS. FRANÇOIS D'ASSISE (Saint), saint de l'Église catholique romaine et fondateur de l'ordre des Franciscains, né à Assise en J1S5, mort le 4 octobre 1226. 11 était fils d'un riche mar- chand nommé Pietro Bernardone. François mena joyeuse vie jusqu'au moment où, pen- dant une guerre civile entre Assise elPérouse, il fut fait prisonnier et détenu un an. Pendant sa captivité, il forma le dessein de renoncer au monde, et ni la menace que lui lit son père de le déshériter, ni les sarcasmes popu- laires ne purent le faire renoncer à son projet. Il avait alors 24- ans (1206). Dès lors, il se consacra exclusivement à des œuvres chari- tables et pieuses. Le riche marchand, Bernardo de Quinlavalle, dans la maison duquel Fran- çois avait reçu l'hospitalité, vendit tous ses biens pour en distribuer aux pauvres le produit de la vente, et se joignit à lui pour prier. Pietro di Catana, chanoine de la cathé- drale, imita cet exemple. Ces frères en J.-C. reçurent de François, le 16 août 1209, un uni- forme qui se composait d'une robe grossière de serge attachée avec une corde. De ce jour fut véritablement fondé l'ordre des Franciscains. François pratiqua ainsi que ses compagnons l'ascétisme le plus sévère. Il prêcha partout où il put trouver des auditeurs, évita les disputes et les controverses, fut un zélé mis- sionnaire et fit de grands voyages pour pro- pai;er la religion catholique. Il rejoignit, en 121 9, les croisés à Damiette, mais arriva au moment de la défaite de l'armée chrétienne. Jusqu'à la fin de sa vie, il se livra ardemment à la prière et aux exercices religieux. Il fut canonisé, le 16 juillet 1228, par Grégoire IX. Fêle le 4 octolire. FRANÇOIS DE PAULE (Saintl, fondateur do l'ordre des Minimes, né en 1416, mort le :' avril 1507. Il était moine franciscain et, en 1428, se retira dans une grotte, près de sa ville natale, Paulu, en Calahre. Il eut bientôt beaucoup d'adeptes, qui se construisirent des cellules. En 1436, une église et un cou- vent furent élevés et les minimes établis sous le nom d'ermiles de saint François. Ils pratiquèrent l'.'iscétismo le plus cumplet et tirent vuiu d'abstinence perpélurlle Je viande. Louis XI de France, ellraye des apiucicbes de la mort, envoya chercher François dans l'es- pérance que les prières du saint obtiendraient la proloiigalion de sa vie. Sur l'ordre du pape, François se rendit à la cour du monarque qu'il assista daus ses derniers munienls. Il fut FRAN retenu en France par Charles VIII, qui le consulta souvent sur les affaires d'Etat. Fran- çois de Paul e fut canonisé par Léon X en 1310. Fête le 2 avril. FRANÇOIS DE SALES (Saint), saint de l'Eglise catholique romaine, né en 1567, mort le 28 décembre 1622. Il appartenait à une noble famille de Savoie, étudia d'abord le droit à Padoue et entra finalement dans les ordres. 11 se rendit célèbre par son éloquence reljgieuse, et, en 1393, dès qu'il fut ordonné prêtre, se consacra à des travaux de cha- rité et à des missions. Accompagné de son cousin, Louis de Sales, il entreprit de con- vertir les protestants du Chablaiset, en 1598, réussit à rétablir définitivement dans ce pays la religion catholique. En 1599, il fut nommé coadjuteur de l'évêque de Genève, auquel il succéda en 1602. Sa carrière épiscopale fut caractérisée par son zèle constant, par sa vigueur et par sa dévotion. Il établit des règles très sévères pour son clergé et pour lui-même, renonça au luxe, multiplia les fêtes ei réforma les monastères. Son Intro- duction à la vie df.vote (1008) est son ouvrage le plus renommé. Il fonda, conjointement avec la baronne de Chantai (1610), l'ordre de la Visitation. Ses Œuvres complètes ont été pu- bliées à Paris (14 vol. in-8», 1857-'o9, etSvoI., 1833 et 1S64). Fête le 29 janvier. FRANÇOIS RÉGIS (Saint), Voy. Régis. FRANÇOIS-XAVIER (Saint). Voy. Xavier. FRANÇOIS DE BORGIA (Saint). Voy. Borgia. PERSONNAGES CÉLÈBllES. FRANÇOIS (Jean-Charles), graveur français, né à Mancy en 1717, mort à Paris en 1769. Il fit dans son art des découvertes utiles et per- fectionna les procédés déjà connus. Il fut l'un des premiers à introduire en France la gra- vure f'nc-similé imitant le dessin au crayon. FRANÇOIS DE NEUFCHÂTEAU (Nicolas- Louis, comte), écrivain et lnuiime d'Etat, né à Sassay (Lorraine), en 1750, mort le 10 janvier 1828; fut élevé dans la ville de Neul'ehàteau, d'où il prit son surnom, se fit connaître, dès l'âge de 14 ans, par un Recueil de poésies qui lui ouvrit les portes de plusieurs académies de province; Voltaire encouragea sa muse naissante. Après avoir occupé différents em- j plois publics, François de Neufchâteau fut nommé procureur général au conseil du Cap Français (1783). Pendant son retour de Saint- Dominique, en 1787, il fit naufrage et perdit tous ses manuscrits, parmi lesquels se trou- vait une traduction de r.\rioste, qu'il regretta toute sa vie. Membre de l'Assemblée législa- tive, il se signala par son zèle pour les réformes; mais il parut blâmer les actes de la Convention et devint suspect. Sa comédie de Faméla ou la vertu l'écompcnsée, jouée au Théâtre-Français en 1703, obtint un certain succès, mais le fit emprisonner jusqu'au 9 thermidor. Il écrivit, le 20 septembre 1793, aux administrateurs du département de Paris : (I La pièce et l'auteur ont été calomniés; j'avais droit à des récompenses, et j'ai reçu des l'ers. » (François de Neufchâteau, malade, en état d'arrestation, sous la garde d'un gen- darme, rue d'Enfer Saint-.Michel, n" 00). Sous le Directoire, il devint ministre de l'intérieur (1797), puis directeur, â la place de Carnot. (Voy. DiRECTOinE.) Il cul de nouveau le porte- feuille de l'intérieur de 1798 à 1799. Sa carrière ministérielle fut marquée par la création de l'exposition des produits de l'in- dustrie française (1°' vendémiaire, an Vil, 22 septembre 179S) et par plusieurs institu- tions utiles. En quittant son second ministère, il versa, dit-on, au trésor public une somme de 15 millions do francs, provenant de fonds secrets, laissés à sa disposition, et dont il nr devait compte qu'a sa conscience. Sénateur (1801), puis président du Sénat (ISOi), il devint FRAN 19 l'organe officiel des plates adulations de cette servile assemblée. A partir de 1814, il ne s'occupa plus de politique active; mais en 1 81 G, il entra à l'Académie par ordonnance royale. 11 a laissé, outre les ouvrages déjà cités: Les Vosges, poème (1796, in-8°i ; le Conservateur (1800, 2 vol., in-8°), recueil de morceaux d'histoire et de littérature; Fables et Contes en vers (1814, 2 vol., in-12); Les Tropes en quatre chants (1817, in-12) ; Trois Nuits d'un goutteux, en trois chants (1819. iii-S"). ^ FRANÇOISE (Sainte), fondatrice de la con- grégation des Oblates ou Collatines, née à Rome en 1384, morte en 1448. Elle fut cano- nisée en 1608. Fête le 9 mars. FRANÇOISE DE RIMINI. Voy. Rimini. FRANCOLIN s. m. (de franc, et de colin, sorte de perdrix). Ornith. Section du genre perdrix. On connaît environ 30 espèces'de ce sous-genre, répandues dans les parties chau- des de l'hémisphère oriental, particulière- ment en Afrique. Le francolin se nourrit de racines bulbeuses, de graines et d'insectes; ses repas ont lieu dès l'aube et à la nuit FraQColinus vulgaris. tombante. Le francolin d'Europe {francolinus vidgaris) se trouve dans les parties méridio- nales du continent que nous habitons; on le rencontre aussi dans l'Afrique septentrio- nale et dans la plus grande partie de l'Asie. Sa chair délicate est des plus estimées. FRANCONI, nom d'une famille d'écuyers célèbres. — Antoine (1738-1836), appartenait à une noble famille vénitienne. Forcé de fuir sa patrie, par suite de la condamnation à mort de son père, qui avait tué dans un duel un sénateur (1738), il se réfugia à Paris, où il ouvrit un manège, voyagea en province comme montreur d animaux savants et revint à Paris en 1792, avec sa famille, qui composait sa troupe d'écuyers et d'écuyères. Ses deux fils, Laurent et Minette, qui obtinrent une vogue immense sous l'Empire et sous la Res- tauration, imaginèrent le travail équestre sans selle. —Adolphe, filsadoplif de Minette, n'obtint pas moins de succès sous le règne de Louis-Philippe. FRANCONIE, Francojiia (ail. Frankcn ou Frankinland, terre des Frain's), ancien duché plus tard cercle de l'empire germanique. Plusieurs de ses ducs furent élus empereurs (Conrad I et Conrad II, Henri III, Henri IV et Henri V). Pendant et après les guerres de Napoléon, ce duché fut réparti entre le Wurtemberg, Bade, Hesse-Cassel, la Saxe et la Bavière ; ce dernier Etal en possède la plus grande partie, comprenant la vallée du Mein (haute, basse et moyenne Fran- conie). — La Halte-Franconie, ail. Oberfrun- ken, gil au N.-E. du royaume de Bavière, le long de la lîobême et de la Saxe; 0,999 kil. carr. ; 000,000 hab. Contrée montagneuse et riche en minéraux. Cap. Uiiyrcuth. — La MoYENNE-FuANcoNiE, ail. Miltelfrankcn, est for- mée du margraviat d'Anspacb, de l'évéché 20 FRAN FRAN FRAN d'Eichslœdl et d'une partie de R.-iireulh; 7,ri72 kil. carr. ; 700,000 hab. Elle confine le Wurtemberg à l'O. Contrée agricole; [leu de minéraux, mais des maMuf;ii:turcs impor- tantes. Cap. Niiremliirr/. — La Hassk-Kiianco- MK, ail. Vnli'rfrankin, comprend ranci(m évôi'hc de Wiiizbour^' et une parlii' de celui de Fulda, ainsi que plusieurs petits territoi- res; 8,399 kil. carr.; 700,000 hab. La partie septentrionale est traversée par les monts Kbo'u et au S.-O. par le Spcssart. Cap. Wurzii'iwri. FRANCONIEN. lENNE s. et adj. Habitant de la rr.uii-unir ; ijui ap]iartieiit à la Franconie ou à ses habitants. * FRANC-QUARTIER s. m. Blas. Premier quartier de l'écu, qui esta la droite du côté du chef, et qui est moins grand qu'un vrai quartier d'écartclure, et d'un émail diU'érent du reste do l'écu: d'azur à deux mains d'or, au friinc-qttarticr fchiquclf d'argent et d'azur. — Au plur : des fratics-quarticrs. . ' FRANC REAL s. m. Sorte de poire, dont il y a deux espèces, l'une et l'autre peu esti- mées, le Franc-réal d'hiver et le Vranc-réal d'ct('. — Au plur. : des francs-réats. ' FRANC-SALÉ s. m. Droit de prendre à la gahelle certaine quantité de sel sans payer : il avait tant de minots de sel pour son franc- sali'; des f7'imrs-sali's. FRANC-TAUPIN s. m. Surnom que l'on donnait, par dérision, aux francs-archers, parce qu'on les employait souvent à creuser des mines. Au phir. : des francs-taupins_. — • Nom que se donnèrent les révoltés de 1440. • FRANC-TILLAC s. m. Mar. Pont, tillac de phiin-piud, sa[is interruption. Ne se dit que du pont des bâtiments de commerce: le ca- pila'me du navire répond des objets chargés sous U franc-tillac, sous franc-tillac. Au plur. : des f'rancs-tillacs. ' FRANC-TIREUR s. m. Eclaireur ne faisant pas partie de l'armée et ne recevant une commission que pour la durée de la guerre : les franes-t'ireurs de la Marne. — Il y eut des francs-tireurs en 1792, en 1815 et en 1870. FRANCUS ou Francien, fds d'Hector et, suivant quelques chroniqueurs, père des Français. FRANEKER, ville de la Frise (Hollande), sur le canal Trekschuyten, à 16 kil. 0. de Leeuwarden; 6,300 hab. L'université, établie en liiS.T, fut longtemps l'une des plus célè- bres d'Europe. Napoléon la ferma en 1811, et les bâtiments sont aujourd'hui occupés par un asile d'aliénés. "FRANCE s. f. (ital. /'mngia, morceau, bande d'élolié). Tissu de quelque fil que ce soit, d'où pendent des filets, et dont on se sert pour orner les vêtements, les meubles, les drape- .'•ies, etc. : rideaux à franges. ' FRANGÉ, ÉE part, passé de Franger. — Blas. .Se dit des gonfanons qui ont des fran- ges d'un autre émail : d'or au gonfanon de (jueules, frangé de sinople. — Hist. nat. Se dit de ce qui a un bord découpé en manière de frange : les ailes de ce papillon sont fran- gées. •FRANGER v. a. (lat. frangere, diviser). Garnir de frange: franger une jupe. ' FRANGER ou Frangier s. m. Artisan qui fait de la frange. FRANGIN, INE s. Argot. Frère, sœur. — Frangin dabk, oncle, frère de père. — Fn.\N- GINK DACESSE OU FRANGINE DABUSCHK , tante, sœur do mère. * FRANGIPANE s. f. (de Frangipani, qui, dit-on, en !ul l'inventeur). Pièce de pâtisse- lie contenant une crème oii il entre des amandes et d'autres ingrédients : servir une frangipane. On dit de même : tourte A la frangifiane ou de frangipane; ryème de frangi- pane. — Espèce de jiarfum : pommade à ta frangipane. FRANGIPANI, nom d'une célèbre famille gibeline di' liome. ' FRANGIPANIER s. m. lîol. Arbuste des Iles d'Amérique, qui a des rapports avec le laurier-rose, et qui donne un suc laiteux, épais et très caustique. FRANGY, cb.-l. de cant., arr. et à '.;2 kil., S.-O. d(t .St-Jiilieii (Haute-Savoie); 1,205 hab. FRANKENHAUSEN [frinnk-ènn-liaoïi-zènn] ville de la principauté de Schwarzbourg- Hudolsladt (Allemagne), à '30 kil. N. d'Er- furt; environ 6,000 hab — Frankéniacé.{y .S.) FRANKENSTEIN [frannk-ènn-staïne] ville de la Silésic }i[Missienne, à 50 kil. S.-O. de Hrcsiau ; 8,206 hab. Salpêtre, eaux-fortes et chaussures. FRANKFORT, capitale du Kentucky (Etats- Unis), sur la rivière de Kentucky qui y devient navigable; à 13u kil. E. de Louisville; 8,000 hab., dont 2,îj00 noirs. Belle maison de ville en marbre. FRANKLIN. — I. Bourg de la Pennsylvanie (Etats-Unis), sur la rivière Venango, à 19:) kil. iS. de Pittsburgh; 8,000 hab. — II. Ville du Tennessee, sur fllarpeth river, à 33 kil. S. de iNashville; 1,500 hab. Une bataille y fut livrée le 30 novembre 1864, entre les forces de l'U- nion commandées par le généi'al Schofield et les confédérés sous le général Uood. Les con- fédérés, battus, perdirent de 4,bU0 à 6,000 hommes; l'armée de l'Union 2,325. — III. Ville maritime de la Louisiane, sur le Bayou Teche.à 128 kil. S.-O. de la Nouvelle-Orléans; 1,300 hab. — IV. Ville de ITndiana, sur le Young's Kreek, à32kil. S.-E. d'Indianopolis; 2,800 liab. Collège Franklin (baptistes). FRANKLIN (Benjamin), philosophe et hom- me d'Etataméricain, néaBostonle 17 janvier 170t), mort à Philadelphie le 17 avril 179U. Dès son bas âge, il fut employé dans la ma- nufacture de savon et de chandelle de son père et entra ensuite comme apprenti dans l'atelier d'imprimerie de son frère James. Il passa peu de temps à l'école, mais acquit quelque savoir par ses lectures. U collabora, sous le voile de l'anonyme, au journal de son frère le New England Courant, dont il fut quelque temps le gérant responsable. S'étant séparé de son frère, il vint secrètement, à l'âge de 17 ans, à Philadelphie, où il obtint un emploi comme imprimeur. Le gouverneur William Keith lui ayant promis assistance, il se rendit, l'année suivante, à Londres, pour y acheter le matériel d'une imprimerie; mais, s'apercevant qu'il n'avait reçu du gouverneur que de vaines promesses, il resta à Londres, où il travailla comme ouvrier iniprihieur. Dix-huit mois après, il retourna à Philadel- phie etyépousa,en 1730, missRead; ilyforma une association, établit la Pf«?îsi//i'a«in(joz(;Me et publia, dans un autre journal, une séiie de croquis amusants intitulés le Eusybody. Il devint bientôt célèbre pour son intelligence, son activité etsontalentà décrireles meilleurs systèmes d'économie et d'éducation. En 1732, il publia, sous le nom de Richard Saunders, son premier alnianach, qui fut ensuite popu- lairement appelé Poor Richard's Atmanae et qui parut pendant25 années. Nommé membre de l'assemblée de Pennsylvanie, en 1736, il devint, l'année suivante, directeur des postes, apporta de grandes améliorations dans la garde de laville et établit une compagnie d'as- surances contre l'incendie. Il fonda l'univer- sité de Pennsylvanie et la société philosophique américaine (1744), prit une part active aux préparatifs faits contre l'invasion menaçante des Espagnols et des Français, et inventa le poêle qui porte son nom. Eu 1746, il com- mença, sur l'éleclricité, des recherches qui le conduisirent i l'invention du paratonnerre. En 1750, il fut élu à l'assemblée, reçut la mission de conclure un traité avec les Indiens, et, en 1753, devint directeurgénéral des postes pour toute l'Amérique anglaise. En 1754, au moment où la guerre avec la France allait éclater, Franklin fut nommé député au con- grès général. Il proposa un plan d'union pour les colonies, plan qui fut adopté à l'u- nanimité [lar la convention, mais rejeté ensuite par l'administration anglaise comme étant trop démocratique. Aiirès la défaite de Braddock, Franklin prit l'initiative d'établir une milice de volontaires, dont il fut le com- mandant. Résumant ses travaux sur l'électri- cité, il écrivit le récit de ses expériences, récit qui fut publié en Angleterre et en France et qui lui valut la médaille d'or de Copley et son admission à la Société royale de Londres. En 17S7, il vint à Londres porter une pétition au gouvernement contre certaines mesures contraires aux privilèges des habi- tants, et, à son retour, il fiitcharg-édes affaires duMassachusctts,du.Marylandet delaGéorgie. En 17.59, il publia Vliistorical Ileview. Il inventa ensuite un instrument de musique, l'harmo- nica, et retourna a Philadelphie en 1702. Il re- vint encore à Londres, en 1704, supplier le roi de prendre en mains les atlaires de la Penn- sylvanie et lui faire des remontrances sur les taxes des colonies. En 1766, ses sages réponses aux questions posées par la chambre dos communes motivèrent le rappel de la loi sur le timbre. Il visita ensuite la Hollande, l'Alle- majjne et la France. En 1774, il présenta au conseil privé une pétition du Massachusetts tendant à faire révoquer le gouverneur llutchiiison etlelieutenant-gouverneur Oliver. La pétition fut rejetée et Franklin perdit son emploi de directeur général des postes. 11 retourna à Philadelphie en 1775, siégea au congrès, devint membre des comités de salut et de correspondance étrangère, et signa la déclaration de l'Indépendance. On l'envoya peu après à Paris, en qualité de nnnistre plé- nipotentiaire. Ce fut lui qui, le premier, fit des recherches sur leGuIf stream, pendant son voyage, et la carte qu'il dressa à ce sujet est encore aujourd'hui en usage. Après que fut arrivéeen France lanouvelle de la capitulation de Burgoyne, Franklin conclut le traité du 6 lévrier 1778.11 futaussi l'un des commis- saires qui négocièrent la paix avec l'Angle- terre et signèrent un traité le 30 novembre 1782. Après avoir conclu des traités avec la Suède et avec la Prusse, traités qui donnèrent naissance à plusieurs des grands principes internationaux, il retourna en Amérique (1785) et fut élu président de la Pennsylvanie. A l'âge de 82 ans, il fut délégué a la convention pour former la constitution fédérale. Il fut enterré dans le cimetière de Chnstchurch, à Philadelphie. Le dernier descendant mâle de Franklin fut son petit-lils, William Temple Franklin, qui vint avec lui en France, et au- quel Voltaire donna sa bénédiction, en pro- nonçant les mots God and Liberty. Il apprit les premières leçons de l'imprimerie dans la maison llidot, où il resta six mois, u II avait, nous apprend Crapelet, une ressemblance frappante avec son grand-père, et cette res- semblance ne fit qu'augmenter avec les années. Quant à ses amis, ils diminuèrent peu a peu avec sa fortune, et je restai troi- sième, avec le consul des Etats-Unis et un autre étranger, pour conduire à sa dernière demeure (le cimetière du Père-Lachaise) le petit-fifs du grand Franklin. » William Tem- ple édita les Mémoires de son grand-père (18)7), et mourut à Paris le 25 mai l823. Les œuvres complètes de Benjamin Franklin ont été publiées par Jared Sparks (12 vol. in-S", Boston, 1836-'40); l'autobiographie de ce grand homme a piru en français à Paris en 1791; elle ne oumprend que la première FRAN FRAP FRAS 21 partie de sa vie. — Vov. Parton -.Life and Times r.f F)-'in!ilin (2 vol.', lS6i). FRANKLIN. I. (sir John), contre-amiral et explorateur anslais, né en 178»*, mort dans les régions arctiques, par environ 69" .37' lat. N.^et I00''24' long. Cle-ll juin 1847. 11 entra dans la marine à l'âse de 14 ans, prit part à la bataille de Copenhague et, en 1803, fit naufrage sur les côtes d'Australie, à son retour dune exploration de deux années. En 1803, il assista à la bataille de Trafalgar en qualité de niidshipnian et, pendant plu.■^ieurs années, servit dans différentes stations, dont la dernière fut celle de la côte des Etal'^- Unis, pendant la guerre de 1812-'! 3. Il fut blessé dans un engagement à la Nouvelle- Orléans et nommé lieutenant. En 1818, il commanda le r)-e?it qui atteignit 80" de lat.iN., en essayant de gagner l'Inde par la mer Polaire, au N. du Spitzberg. Eu 18l9-'2'2, il commanda une expédition |iar voie de terre, qui, parlant de la côte 0. de la baie d'Hudson, s'avança le long de la côte arctique, à partir de la rivière Coppermine jusqu'au cap Tur- nagain, àSi''< kil. E. En 1823, il publia Narra- tive of aJourney to tlie Shores of de Polar sea in 1819-'2i. Eli lS2.ï, il fut nommé au com- mandement d'une autre expédition par voie de terre à la mer Arctique. Après avoir des- cendu la rivière Mackenziejusqu'à la mer et fait un relevé de la côte sur une longueur de 570 kil., il revint en 1827, et publia Narrative of a xecond expédition to the Shores ofthe Polar sea in iSia-'il. En 1827, on le lit chevalier. En 1830, il fut envoyé dans la .Mé- diterranée comme commandant du Raimhow, et, de 183(j à 1843, il fut gouverneur de la l'asmanie, ou Terre de Van Diemen. En mai 1845, sir John Eranklin, à la tête de ÏErebus et de la Terror, bâtiments à vapeur et à hélice portant chacun 129 hommes et des provisions pour trois ans, entreprit sa dernière expédi- tion à la découverte d'un passage au N.-O. Ses instructions étaient de traverser la baie de Balfin et le détroit de Lanca^tre, de courir ensuite à l'Û., vers 74° 1b' de lat., jusqu'à environ 100" de Ion;.'. 0.; de pénétrer au S. -0. dans le détroit de Behring. Ses navires furent aperçus pour la dernière fois, vers le milieu de la baie de Ballin par 74° 48' lat. N. et 68° 35' long. 0. En 1848, le gouvernement anglais envoya à la recherche de Franklin troisexpéditionsqui fuient suiviesdeplusieurs autres, équipées ai>x frais du gouvernement ou de lady Franklin. En 1850, il n'y en eut pas moins de huit. En 1851, le lieutenant Mac Glintock atteignit 116° 40', long. 0. et 74° 38', lat. .\., point le plus occidental que les explorateurs eussent encore atteint. On découvrit, en 1850, des tracesde l'expédition de Franklin, au cap Riley et à l'île Beechey, et des cllcts appartenant aux ofliciers de Franklin furent trouvés en la possession des Esquimaux de la baie de Pelby, en 1854, par le docteur Hae; mais ce fut seulement en 1859 que l'on connut, avec certitude, le sort de Franklin. Une expédition équipée par lady Franklin, sous les ordres du capitaine Francis Mac Clinlork, partit en 1857, traversa la baie de B.itfiu, le détroit de Laucastre et passa du détroit du Prince-Régent au détroit deBcllot. De là, on lit des voyages en traî- neaux jusqu'à la Terre du roi Guillaume, où l'on découvrit, on 1859, les restes de l'cxfié- dition de Franklin. Ou trouva, à Point-Vio- lory, une boite ou for-blanc, contenant un récit succinct, daté du 28 mai 1847, par lequel on apprit que l'expédition avait passe l'hiver 18iC-'47, sous 71)0 5' lat. N.et lOOo 43' long. 0., et celui de 1840-'47 (c'était évideninieiit par erreur pour 1845-'46) à l'île de lieechey, sous 74» 43' 28' lat. et 91° 39' l.'i" long., après avoir remoulé le canal Wellington, jusqu'à 77° lat. et avoir retourné par la côte occidentale del'ilc Curinvallis. Tous les mem- bres de l'expédition étaient alors en bonne îanté. En marge se trouvait un autre récit, daté du 25 avril 1848, apprenant que 105 hommes, sous lecommandernent du capitaine Croiier, étaient débarqués en cet endroit (lat. 69° 37' 42", long. 100° 24' 41"); qu'ils avaient abandonné les deux navires le 22 avril, à cinq lieues de là, au N.-N.-O.; que sir John Franklin était décédé le 1 1 juin 1847 et que le total des morts était de 9 officiers et de 15 hommes. On trouva de grandes quantités d'elfets et d'objets divers, mais aucune trace des navires naufragés. Il était évident que l'expédition tout entière avait péri. Suivant le rapport de Mao Clintock, Franklin aurait passé par le détroit de Lan- castre, et aurait exploré le canal Wellington (alors mer inconnue). Au printemps et pen- dant l'été de 1846, il aurait navigué dans le détroit de Bellot; ou, plus probablement, il aurait traversé le détroit de Peel, et atteint le détruit de Victoria où il fut entouré de glaces. — II. (Elenor Ann Pordean), femme du pré- cédent, née en 1795, morte en 1825. Avant son mariage (1823), elle avait publié le poème TheVeils , or the Thriamphs of Con^tancy, The Artic Expédition, un poème et Cœur de Lion, or the Third Crusude. — III. (Jane Griffin), seconde femme de sir John Franklin, née vers 1805, morte en 1873. Elle épousa le capitaine Franklin en 1828, après la dispa- rition duquel elle d.spensa presque toute sa fortune à le faire rechercher. Elle fut la pro- tectrice d'un grand nombre d'œuvres chari- tables en Angleterre. FRANKLINITE s. f. Miner. Ferro-manga- nite de zinc et de fer naturel. C'est un minerai analogue en composition à la ma- gnétite ; mais une partie du fer y est rem- placée par le manganèse et par le zinc. Formule (Fe, Mn, Zn) 0, (Fe, Mn) - 0^ La franklinite se cristallise dans le système iso- métrique, sa gravité spécilique est d'environ 5; sa dureté de 3,3 a 6,5; elle a des raies d'un brun rougeàtre profond. Elle contient environ 46 p. 100 de fer, 17 de manganèse et 13,3 de zinc. On la trouve à Franklin Furnace et à Stirling HiU, New-Jersey (Etats- Unis). •FRANQUE s. et adj. f. Voy. Fn.\NC. •FRANQUETTE s. f. N'est usité que dans cette locution populaire, a la bonne fran- quette, franchement, ingénument. FRANQUEVILLE ( Alfred - Charles - Ernest Fr.^nquet de), ingénieur, né à Cherbourg, le 9 mai 1800, mort à .^ix-les-Bains, le 29 août -1876. Sorti le premier de sa promotion de l'E- cole polytechnique, en I S27, il entra aux ponts et chaussées, fut chargé de postes importants et resta, depuis 1853 jusqu'à la fin de sa vie, directeur général des ponts et chaussées et des chemins de fer. Il a publié une traduction du Traité pratique des chemins de fer, de Nicolas Wood. •FRAPPANT, ANTE adj. Qui lait une im- pression vive sur les sons, sur l'esprit, sur i'àino : portrait frappant de ressemblance. FRAPPART adj. m. Argot. Qui frappe. — Frèue FRAPPART, moiue débauché. — Frère ou PÈRE FRAPPART, martcau. •FRAPPE s. f. Empreinte que le balancier fait sur la monnaie. — Assortiment complet de matrices pour fondre des caractères d'im- primerie : frappe de romain, d'italviue. ' FRAPPÉ, ÉE part, passé de Frapper. — Drap bien frappé, drap fort et serré. — Ouvrage frappé au dos coin, bon ouvrage. Dans un sens analogue. Cet ouvrage est FRAPPÉ au coin du GÉNIE. — VeRS, PASSAGE, endroit BIEN FRAPPÉ, etc., vers, passage, etc., où il y a beaucoup de force et d'énergie. — Etre frappé de quelque chose, en être atteint, attaqué, saisi. — Etre frappé a mort, être malade à n'en pouvoir réchapper. — Avoir L IMAGINATION FBAPPFK DE QUELQUE CHOSE. OU simpl., AVOIR l'imagination FRAPPÉE, et même, fam.. Etre fr.^ppé, avoir limagination rem- plie de quelque appréhension, de quelque idée sinistre. — Avoir l'esprit frappé d'une IDÉE, ÊTRE frappé d'une IDÉE, être obsédé, préoc- cupé de cette idée, ne pouvoir l'écarter. — s. m. Mus. Temps de la mesure où l'on baisse le pied ou la main, pour la marquer -.le levé et le frappt'. Adjectiv. : temps frappé. FRAPPE-DEVANT s. m. Argot. Marteau de forgeron : les frappe-devant allaient leur train. •FRAPPEMENT s. m. Action de frapper. Ne se dit guère que de l'action de Moïse, frappant le rocher pour en faire sortir de l'eau : le Frappement du rocher est un des beaux tableaux du Poassin. •FRAPPER V. a. {M. flappen, souffleter). Donner un ou plusieurs coups: cette pièce de bois, en tombant, l'a frappé à la tête. - Frapper quelqu'un d'un poignard, d'un COUTEAU, etc., ou simp.. Frapper quelqu'un, le percer d'un ou de plusieurs coups de poignard, etc. — Frapper l'air de cris, de clameurs, etc., pous- ser des cris, des clameurs qui retentissent au loin. — Fr.\pper un coup, faire quelque ten- tative grave, périlleuse, décisive. — Frapper les grands coups, se servir de moyens décisifs pour le succès d'une affaire. — Frapper a toutes les portes, s'adresser à toutes sortes de personnes pour en obtenir du secours, de l'assistance. — Chasse. Frapper a route, faire retourner les chiens, pour qu'ils relancent le cerf. — Donner une empreinte à quelque chose, au moyen d'une matrice ou autrement: frapper de la monnaie. — Par ext., en parlant de la lumière. Se diriger vers, tomber sur : les parties d'un objet que frappe la lumière, oh la lumière frappe. — Fig. Se dit de l'im- pression qui se fait sur les sens, sur l'esprit, sur l'âme : cet endroit de son discours 7n'a frappé. — Frapper d'étonneme.nt, d'admira- tion, etc., causer tout à coup un grand éton- nement, etc. En des sens analogues: Frapper d'aveuglement, de mort, etc. — Frapper d'a- NATHÈME, de réprobation, etc., anathématiser, réprouver, etc. - Frapper de glace, ou simpl., FRAPPER, rafraîchir, rendre extrêmement frais par le moyen de la glace. — Absol., dans le style élevé. Faire périr, exterminer ; affliger par quelque grand malheur, par une calamité : la mort nous frappe quelquefois au milieu des plaisirs. — Jurispr. Être établi, as- signé sur: hypothèque qui frappe tous les biens du débiteur. — .Mar. Attacher fortement et à demeure: frapper une poulie, une manœttiire. — V. n. Donner un ou plusieurs coups : frap- per dans la main pour conclure un marché; l'heure a frappé (a sonné). — *v Argot. Frap- per AU MONUMEiNT, luourir. — * Se frapper V. pr. Frapper soi : se frapper contre un meuble. — Absol. et fam. Se remplir l'ima- gination de quelque pensée sinistre : c'est un homme qui se frappe aisément. — v. récipr. Se Irapper mutuellement : ils se sont frappés l'un l'autre. — »v Être frappé. •FRAPPEUR, EUSE s. Fam. Celui, celle qui frappe. — »v Adjectiv. Esprits frappeurs, nom que les spirites donnent aux soi-disait esprits, qui frappent les meubles pour l'air» connaître leur volonté. FRASAGE s. m. Action de fraser la pâte. FRASCATl {Tusculum, ital. /"(wca, branche feuillue), ville d'Italie, sur le penchant du mont Tusculum, à S kil. E.-S.-E. de Rome ; 8,000 habitants. Ce fut la résidence favorite d'été de la noblesse romaine et des cardinaux pendant plusieurs siècles ; il y existe encore un grand nombre de leurs mai^iiifiques villas. La plus célèbre est la villa .Vldobraudini. Sur le sommet do la montagne, à environ 4 kil. de Frascati, se trouvent les ruines de 22 FRAU Tusculurn où un grand nornlire des [dus illustres Humains avaient leurs résidences. FRASE s. f. Boulanp. Deuxième opération du prlri^sape; elle consiste à ajouter ft la délayurc la quantité de farine nccesbairo pour former une pâte de consistance con- veii.'ililp. FRASER V. a. Soumettre à l'opération do la (v;i^r. ' FRASQUE s. f. [fra-ske] (ilal. frasca, bali- verne), l'aïu. Action extravagante, imprévue, et faite avei- éclat: la jeunesse est bien sujette à fiiiir '/('.< frasques. •FRATERs. m. [fra-lèri'] (lai. frère). Mol transporte du latin dans notre langue sans aucun cliauj-'ement. — Autref. Garçon chirur- gien. — I^n plaisantant et iron. Mauvais chi- rurgien. — Dans les troupes et sur les vaisseaux. Celui qui est chargé de raser les hommes rl'une compagnie ou de l'équipage. * FRATERNEL, ELLE adj. (lat. fratcrnus). Qui csl priipie à des frères, tel qu'il convient entre des frères: il y a entre ces deux hommes une amitié fraternelle. — Cuaritè FRArF.uNK.LLK, ciiarité que les chrétiens, comme enfants du même père par le baptême, doivent avoir les uns pour les autres. — ConRECTioN fhateii- NicLLii, correction qui se fait en secret et avec res|irit de charité que l'on doit avoir pour ses frères. FRATERNELLADOS s. m. pi. Argot. Sur- nom duiiuc aux esquiehados de la régie, cigares ipie l'on vend l-'i cent, les deux. ' FRATERNELLEMENT adv. En frère, d'une manière fralerneUo: ils ont toujours vécu fraternellement. FRATERNISATION s. f. Action de fra- terniser. 'FRATERNISER v. n. Vivre d'une manière fraternelle avec quelqu'un; se promettre mutuellement une amitié fraternelle : les jxirtis réconciliés fraternisèrent ensemble. •FRATERNITÉ s. f. (lat. fraternitas). Rela- tion de frère a frère. En ce sens, n'est guère usité que dans le didactique: vous avez beau le renoncer pour votre frère, vous ne ne détruirez pas la fraternité qui est entre vous. — Union fraternelle, amitié fi-ater- nelle : il n'a point de sentiment de fraternité pour SCS cadets. — La liaison étroite que contractent ensemble ceux qui, sans être frères, ne laissent pas de se traiter récipro- quement de frères : il y a fraternité entre ces deux hommes, entre ces deux républiques. — Fraternité d'armes, alliance, association d'armes de deux chevaliers qui s'étaient juré réciproquement d'être toujours unis, et de s'enlr'aider envers et contre tous : du Guesclin et Clisson s'étaient juré fraternité d'aimct, en louchant les saints Evangiles. FRATICELLI s. m. pi. Nom populaire d'une société de religieux pénitents du tiers ordre de Saint-François de la congrégation de Zep- peren, fondée dans le diocèse de Liège avant 4223. Les fralicelli étaient presque tous des irères séculiers, vivant en communauté et exerçant une industrie quelconque. Il y eut des maisons semblables dans d'autres par- ties des Pays-Bas. (Voy. Bégard.) — Au xiii' siècle, dans les Pays-Bas, une réunion de fanatiques prit le costume et le nom de Franciscains du tiers ordre, mais refusa d'obéir à toute autorité ecclésiastique. On les apiielail aussi Béguins et Béguines. * FRATRICIDE s. in. (lat. fratrem csedere, tuer son frère). Celui qui tue son frère ou sa sœur : Gain fut le premier fratricide. — Crime que commet celui qui tue son frère ou sa sœur. * FRAUDE s. f. [frô-de] (lat. fraus, fraudis). Tromperie, action faite de mauvaise foi : FRAY faire un contrat en fraude de ses créanciers. — Action de soustraire des marchandises ou des denrées aux droits de douanes, d'octroi, etc. : fraude à tiiain armée — En fiiai de Ioc. adv. Frauduleusement: vin entré, introduit en fraude '/'(Hs l'iiris. * FRAUDER V. a. Tromper, décevoir: frau- der quelqu'un. Dans ce sens, vieillit. — Frus- trer par quelque fraude : 7/ a fraudé ses créan- ciers, ses cohéritiers. — Fraldicr les droits, ou absol., Frauder, éluder par quelque ruse le payement des droits imposés sur uneniar- cliandise, sur une denrée. Autref. dans un sens analoL'ue, FiiAn>i:ii la gabelle. * FRAUDEUR, EUSE s. Celui, celle qui fraude. — Celui, celle qui fait la fraude, la contrebande : c'est un fraudeur de profession. •FRAUDULEUSEMENT adv. Avec fraude: il a ciailrnch' frauduleusement, pour tromper ses eréniici.rs. ' FRAUDULEUX, EUSE adj. Enclin à la fraude : c'est un esprit frauiluleux. — Fait avec fraude : banqueroute frauduleuse. -^ lÎANguERouTiER FRAUDULEUX, celui qui fait une banqueroute frauduleuse. FRAUENBURG [fraou'-ènn-bourg], ville de Prusse, sui- les Frisches Holf, à 6(1 kil. S.-O. de Kœnifjsberg; 2, .532 hab. L'évêque calho- lique d'Ermeland y réside. La cathédrale, avec les constructions environnantes, forme une espèce de forteresse. Elle renferme le tombeau de Copernic. FRAUENFELD [fraou'-ènn-fèld], ville de Suisse, ch.-l. du canton de Thurgan, sur le Murg, aftluent du Thar, à 47 lui. N.-E. de Zurich; ti,OUO hab. L'école cantonale pos- sède un gymnase et un établissement indus- triel. FRAUNHOFER, (Joseph von) [fraounn'-ho- fer], opticien allemand, né en 1787, mort en 1826. Il était vitrier; pendant les rares instants do loisir que lui laissait son travail, il étudia ropti(iue, les matlicmaliques el l'astronomie; en 1806. il devint directeur technique de l'institution mathématique de Munich et, plus tard, fabriqua des instru- ments dioptriques et les plus beaux crown- glas, poui' les télescopes et pour les prismes achromatiques. En se servant de beaux pris- mes exempts de veines, il découvrit environ 590 lignes noires qui traversent le spectre solaire et qui sont appelées lignes de Frauen- hofer. (Voy. Spectre.) FRAUSTADT [fraou'-stâtt] ville du duché de Posen (Prusse), à 20 kil. N.-E. de Glogau; 7,130 hab. .Manufactures d'étoiles de laine et de toile. En 1700, les Suédois y battirent les Saxons et les Russes. FRAXINÉ, ÉE (lat. fraxinus, frêne). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au frêne. — s. f. ])\. Tribu d'oléinées, ayant pour type le genre frêne. •FRAXINELLE s. f. [fra-ksi-nè-le]. Bot. Plante du genre dictame, ainsi nommée parce que ses feuilles approchent de celles du frêne {fraxinus], et qui a la propriété, lorsqu'elle est en pleine tleur, de rendre l'air environ- nant intlammable : la racine de fraxinelle est employée en médecine comme stimulante, etc. * FRAYÉ, ÉE part, passé de Frayer. — N'est guère usité que dans ces locutions : chemin, sentier frayé; roule frayée. — Art vé- tér. Cheval frayé aux ars, qui a une inflam- mation, des gerçures au pli formé par la réunion des membres antérieurs el de la poi- trine. FRAYEMENT s. m. Etal du cheval frayé aux ais. * FRAYER V. a.[frè-ié](lat. /'ncnre, frotter). Se conjugue comme Payer. Marquer, tracer, pratiquer. — Se dit, en parlant d'un che- FRED tiun, d'une route: frayer un sentier, une voie. — Frayer la nouïE, le chemin, la voie a quelqu'un, lui donner les moyens ou l'exem- ple de faire quelque chose : les travaux des anciens nous ont frayé le chemin des grandes découvertes, aux grandes découvertes. — FrO- 1er, frotter contre quelque chose, loucher légèrement quelque chose en passant : le cerf fraye saléte aux arbres; le coup n'a fait que lui frayer la botte; la roue m'a frayé ta cuisse. Dans ces deux derniers exemples, on dit plus communément FrOlIî. — v. n. Se dit alors des choses qui s'usent, qui dimi- nuent de volume par le frottement : il faut que cet écu ait beaucoup frayé. — En par- lant des poissons. Accomplir l'acte de la I)onte et de la fécondation : certains poissons de mer, tels que le saumon, l'alozc. etc., remon- tent les fleuves pour frayer. — Fig. Avoir ha- bituellement des relations, se convenir, s'ac- corder: c'est UH homme avec lequel je ne fraye point, avec lequel je neveux point frayer. — Se frayer v. pr. Frayer pour soi. — Sk frayer UN PASSAGE, s'ouvrir un passage. — Fig. Se FRAYER LE CHEMI.N A U.NE DIG.MTÉ, A UN EMPLOI, dis|ioser les choses, se préparer les voies pour parvenir à une dignité, à un emploi. On dit de même : Se frayer le chemin des HONNEURS, UN CHEMIN AU TRÔ.NE, CtC. FRAYÉRE s. f. [frè-iè-re]. Lieu où frayent les poissons : frayères artificielles. ' FRAYEUR s. f. [fre-icurr]. Peur, crainte, émotion, agitation véhémente de l'âme, cau- sée par l'image d'un mal véritable ou appa- rent : /'( frayeur lui troubla l'esprit. • FRAYOIR s. m. [frè-ïou-ar] Chasse. Mar- ques qui restent sur les baliveaux contre les- quels le cerf a bruni son bois nouveau, pour en détacher la peau velue qui le couvre. FRAYSSINOUS (Denis-Luc) [frèsi-noûj, pré- dicateur français, né en 1763, mort en 1841. L'itramontain et légitimiste, il se ren- dit célèbre par ses éloquentes conférences, qui, sous le titre de Défense du christianisme, eurent de nombreuses éditions. Sous la Res- tauialion,il devintsuccessivement prédicateur royal, évoque titulaire d'Hermopolis, grand- mailre de l'Université, pair de France el ministre des affaires ecclésiastiques, et c'est en cette qualilé qu'il réinstalla les jésuites. FRAZILs. m. [fra-zil] Mélange de terre el de charbon qui entoure une charbonnière. •FREDAINE s. f. [fre-dè-ne] (anc. ail. frc- luidii, joie). Trait de libertinage, folie de jeu- nesse : fairi une fredaine, des fredainei. FRÉDÉGAIRE (dit le Scolastique), chroni- queur latin, né en Bourgogne, mort vers 660. Auteur d'une Chronique en ,t livres, dont le dernier continue l'Histoire ecclésiastique de Grégoire de Tours. Cette chronique a été traduite en français par Guizot. FRÉDÉGONDE, reine des Francs, née d'une famille obscure, à Montdidier, vers l'an iii.ï, morte à Paris en 397. Attachée au service de la femme de Chilpéric 1=', roi de Neustrie, elle s'y prit de façon à faire répudier la reine ; mais, désappointée par le mariage subséquent de Chilpéric avec Galsuinlhe, sœur de Brunehaut, elle se débarrassa de cette nouvelle rivale en la faisant assassiner; après quoi, elle arriva au trône, but de ses intrigues et de ses crimes. Mais Brunehaut, désireuse de venger la mort de sa sœur, poussa son époux, Sigebert, roi d'Australie, à déclarer la guerre aux Neustriens, qui fu- rent vaincus. Frédégunde lit assassiner Sige- bert (573), puis le fils de son mari, puis Chil- péric lui-même (384). Brunehaut resta un instant sa prisonnière et parvint às'échapper. S'etant débarrassée de tous ses ennemis par- une série de crimes atroces, elle régna pai- siblement sous le nom de son filsClotaire II, encore entant. FRED FRÉDÉRIC (ail. Friedrich, angl. Frederick), nom de plusieurs monarques et de plusieurs princes. I. Allemagne. FRÉDÉRIC I", empereur d'Allemagne, sur- nomme Burbcrouf^se, fils du duc Frédéric de Souabe, né en 1 121, mort en Asie Mineure, le 10 juin 1190. En HS2, il fut élu successeur de son oncle Conrad III, premier empereur de la maison de Hohenstaufen. Il restaura le pouvoir du pape à Borne, pouvoir qui avait été ébranlé par Arnould de Brescia, rétablit la tranquillité dans l'empire en mettant un terme aux dispules entre les princes et rédui- sit Boleslas de Pologne à la condition de vas- sal. iMilan ayant opprimé les petites villes lom- bardes, Fré"déric la força en 1138, avec une armée de 113,000 hommes, de se soumettre. La ville se révolta de nouveau; il en fil raser les fortilications et en exila les habitants. Quand Alexandre III fut élu pape en 1159, Frédéric soutint l'antipape Victor V ou (IV)et Alexandre se sauva en France. Après la mort de Victor, en 1164, l'empereur fit élire un autre antipape, Pascal III. En 1107, la peste et la ligue des villes lombardes le forcèrent de retourner en Allemagne. Pendant qu'il aft'erinissait son pouvoir dans ce pays, les Italiens rétablirent les fortifications de .Milan. Le 29 mai 1170, dans une bataille près de Legnanu, non loin du lac de Corne, Frédéric fut'baltu et perdit presque toute son armée ; il reconnut alors Alexandre comme pape et en juillet 1 177, il s'hum'ilia aux pieds du sou- verain pontife. Il fit la paix avec les Lom- bards, soumit le duc Henri le Lion, et la tran- quillité régnait dans tous ses Etats quand la chute de Jérusalem, en 1187, poussa le pape à proclamer une nouvelle croisade. Le vieil empereur leva une armée, et en juin M90, il atteignit les bords du Seleph ou Calycad- nus en Cilicie. Impatient de traverser ce cours d'eau, il s'y plongea avec son cheval bardé de fer et sans quitter lui-même sa pe- sante armure. Entraîné par le courant, il se noya. FRÉDÉRIC II, empereur allemand, roi de Naples et de Sicile, |ietit-nis du précédent et nis de Henri VI, né en 1194, mort le 1.3 dé- cembre 1230. Il fut soigneusement élevé par sa mère Constance de Sicile, sous la tutelle du pape Innocent 111 et fut couronné roi de JN'aples et de Sicile en 1209 ; lors de la dépo- sition d'Othon IV eij 1212, le pape l'aida à gagner le trône impérial. Il fut bien accueilli par les Gibelins d'Allemagne, couronné à Aix-la-Chapelle en 1213 et à Rome en 1220. De retour dans son royaume héréditaire, il s'entoura de poètes, d'artistes, et de savants. En même temps qu'il préparait une croisade, il rêvait l'union des divers peuples d'Alle- magne et d'Italie en un empire héréditaire. Les croisés, retardés jusqu'en 1227, par la ligue des villes lombardes contre l'autorité impériale, atteignirent à peine la Morée par suite d'une peste ; le pape Grégoire IX cxcom- mimiaet interdit l'empereur. L'année sui- vante ce prince fut plus heureux. Ayant pris possession des villes saintes et de toute la cûte de Judée, il lut couronné roi de Jérusa- lem et reçut l'absolution en 1230. Les villes lombardes furent alors soutenues par la ré- volte de Henri, lils do l'empereur, au((uel ce dernier avait laissé le gouvernement de l'Al- lemagne. Frédéric revint après une absence de (juinze ans, détruisit toute opposition, em- prisonna Henri pour le restant de ses jours et marcha ensuite contre les Lombards. La plu- part des villes se rcmiirent. Un dilféiendqui s'éleva avec le pape Grégoire, parce (juc Fré- déric avait fait roi de Sardaigne son lils na- turel Enzio, amena une seconde excommu- nication (1239). Grégoire mourut peu après. InnoccMit IV confirma l'excommunication, déposa Frédéric et reconnut successivoineiU FRED les nouveaux empereurs Henri Raspe et Guil- laume de Hollande. Quoique abandonné par ses alliés, Frédéric continua la lutte jusqu'à sa mort. FRÉDÉRIC III, dit le Noble, empereur d'Al- lemagne. (V. S.) FRÉDÉRIC III ou IV, surnommé le Pacifique, quatrième empereur d'Allemagne de la mai- son d'Autriche, né en 1415, mort le 19 août 1493. Il devint empereur en 1440 et son long règne fut presque continuellement trou- blé par des guerres dans lesquelles il remplit généralement un rôle passif. Habile diplo- mate, il favorisa les intérêts particuliers de la maison d'Autriche dont il peut être regardé comme le second fondateur. Son frère, Al- bert, duc de la haute Autriche, l'attaqua sou- vent; les Hongrois, sous Jean Hunyade, enva- hirent l'Autriche et, commandés par Matthias Corvin, battirent les forces impériales, ainsi que Georges Podiebrad de Bohême ; les Turcs ravagèrent la Carniole et les armes de Fré- déric furent humiliées en Hollande, en Italie et par les Suisses. 11 eut, en outre, à résister aux empiétements des papes. Ses dernières années furent réjouies par les succès de son fils Maximilien. En 1490, il confia à ce prince le soin du gouvernement, et se retira à Linz pour se consacrer à ses études favorites :Tal- chimie, l'astrologie et la botanique. II. Bohême. FRÉDÉRIC, électeur palatin (sous le nom de Frédéric V) et roi de Bohême, né en 1390, mort en 1632. Il épousa Elisabeth, fille de Jacques 1°'' d'Angleterre, devint le chef de l'union prolestante et fut élu roi en 1019. 11 perdit la couronne et tous ses Etats à la suite de la bataille de Prague (8 nov. 1620), et I mourut en exil. III. D.\NEM.\nK. FRÉDÉRIC VI, roi de Danemark, flls de Christian VU et de la princesse Caroline Ma- thilde, né le 28 janvier 1708, mort le 3 décem- bre 1839. En 1784, il fut déclaré régent en raison de l'incapacité de son père. Avec l'aide de son ministre, le comte BernstorlT, il abo- lit le servage, réforma le code criminel, ren- dit aux juifs tous leurs droits et abolit le commerce des esclaves. D'après les conseils de BernstorlT, il s'efforça de maintenir une stricte neutralité pendant les guerres de son époque. Mais il repoussa les exigences de l'Angleterre ; la flotte danoise fut presque détruite en 1801 ; et en 1807, Copenhague fut bombardée et la flotte danoise fut emmenée en Angleterre. Le Danemark, devint alors l'allié de Napoléon et partagea sa fortune. Frédéric monta sur le trône, à la mort de son père, le 13 mars 1808. En 1814, on le dé- pouilla de la Norvège et il fut ensuite forcé d'envoyer un contingent de 10,000 hommes contre les Français, if fit banquerouteen 1813, mais, par les sages mesures financières du roi, l'ordre fut enfin rétabli. Une constitution fut accordée aux Danois en 1831. FRÉDÉRIC VII, fils et successeur de Chris- tian VIll, né le 8 oct. 1808, mort le 13 ne- vembre 1803. Il monta sur le trône en 1848. Les principaux événements de son règne furent la révolte du Srhleswig-Holstein en 1848, la guerre qui en lut la conséquence et l'abolition des droits perçus sur les navires pour le passage du Suiid (1837). Il publia plusieurs ouvrages archéologiques. Avec lui s'éteignit la branche ainée de la maison royale d'Oldenbourg. IV. Hesse-C.\ssel. FRÉDÉRIC GUILLAUME, électeur de Ilesse- Cassel, né le 20 aortl 18l»2, mort à Prague le 0 jaiiv. 1873. Il succéda à l'électoral en 1817. EiilSOO, il se joignit à l'Autrichu dans la gneiro contre la Prusse et, après sa défaite, sou Etal fut annexé à celle dernière puis- FRED 23 sance. Il abdiqua le 17 sept. 1867, et vécut depuis dans ses propriétés en Bohême et à Prague. V. Prusse (y compris le Br.^ndebourg). FREDERIC-GUILLAUME, électeur de Bran- debourg , appelé habituellemenl le Grand Electeur et le fondateur de la monarchie prus- sienne, né en 1620, mort le 29 avril 1688. Eu montant sur le trône (1640), il trouva ses Etats presque dépeuplés par les ravages de la guerre de Trente ans et une partie même de ses possessions confisquée par les Suédois. Il régularisâtes financesetpar des négociations il regagna ses provinces perdues. Le traité de Westphalie (1648) lui donna la Poméranie orientale, le comté de Hohenstein, les évê- chés de Minden, d'Halberstadt et de Karain comme principautés laïques et la réversion de l'archevêché de Magdebourg. Déjà il avait acquis Clèves. Ayant organisé une armée bien disciplinée de 23,000 hommes il forma en 1633 une alliance avec la Suède, contre la Pologne et obtint l'indépendance de son duché de Prusse jusqu'alors fief polonais. 11 souleva les autres princes allemands contre les empiétements de Louis XIV dans les Pays- Bas, il fut défait par suite de la trahison du conseiller impérial Lobkowitz (1673). Les Suédois, marchant sur Berlin pour soutenir les intérêts de Louis, furent battus par la seule cavalerie de Frédéric à Fehrbellin, le 18 juin 1673. D'après le traité de Saint-Ger- main (1679), l'Electeur rendit presque toutes SOS conquêtes et reçut de la France 300,000 couronnes. A partir de cette époque, Frédé- ric-Guillaume se consacra au développement de la prospérité intérieure de ses Etals. Il fit bon accueil à 20,000 protestants français exilés qu'il réunit dans la ville de Berlin. (Voy. Berlin.) FRÉDÉRIC I", premier roi de Prusse (Fré- déric 111, de Brandebourg), fils et successeur du précédent, né en 1637, mort le 23 fé- vrier 1713. Il se blessa en tombant des bras de sa nourrice et resta difl'orme; son éducation fut négligée. Sa cour rivalisa en splendeur avec celle de Louis XIV et il continua la poli- tique d'agrandissement, commencée par son père. Il acquit l'alliance de princes influents en leur prêtant ses troupes, qui se distinguèrent en Angleterre sous Guillaume d'Orange, dans le Palatiuat, sur le Rhin contre les Français et sous les ordres de l'empereur contre les Turcs. Ces services procurèrent à Frédéric, lors de la paix de Ryswick (1697), la confir- mation de ses premières acquisitions. Au moyen de négociations particulières, il ob- tint plusieurs territoires. Le titre de roi lui fut difficilement accordé par l'empereur, même à des conditions humiliantes. Il se couronna lui-même elil couronna sa femme, sœur de George d'.\ngleterro, à Kœnisber?, le 18 janvier 1701. H aida l'empereur dans sa lutte contre Louis XIV, et ses troupes pri- rent part a la victoire de Blenheim. La mé- moire de Frédéric est vénérée, à cause de la bonté qu'il montra envers ses sujets et à cause de ^a loyauté à l'égard de ses alliés ; mais sa vanité et son amour pour le faste furent cxces,000 soldais. 2,2i0,000 sujets et un lerrilnire de I ni.ODO kil. carr. FRÉDÉRIC II, dit le Grand, fils aîné du précé'lejil el de So|)liie Dorothée, (illc de George 1"' d'Angleterre, né le 24 jan- vier 1"r2. mort le 27 août 1786. Jusqu'à l'âge de vingt ans, il fut soumis à la cruelle tyrannie d'un pérc brutal, qui eut môme l'intention de le faire mettre à mort, pour le punir d'avoir essayé de s'enfuir et de se icu- dre chez son oncle. Gorge 11 d'Angleterre: condamné comme déserteur, le jeune Fréilé- ric subil un long emprisonnement el ne fut sauvé que par l'inlervention de l'empe- reur el de plusieurs souverains. Kn 173 1, son pérc le força d'épouser Elizabeth-Christinc de Brunswick Bevern; et, en )7.îl, il lui per- mit d'établir sa résidence au château de Rhcinsberg, où le fulur roi fut libre de se livrer à ses éludes favorites. Il y écrivit jilu- sieurs de ses ouvrages, y compris VAnli-Mn- chinvel. A son avènement au trône (1740), Frédéric, renversant tous les pronostics que l'on avait faits, à cause de son caractère, se révéla tout à coup despote militaire, n'écou- lant aucun conseil cl n'ayant ronliance en aucun ami. Rempli d'une seule idée, l'éléva- tion de la l>russe, il commença par vouloir agrandir ses Etals. Au méjiris do la prag- matique sanction signée par la Prusse, Fré- déric fit revivre, immédialcnient après la mort de Charles VI, une vieille prétention de sa famille sur les duchés de Glogau et de .Sagan. Marie-Thérèse ayant refusé d'accé- der à sa demande, il envahit la basse Silé- sio {déc. niO). Le 10 avril 1741, il livra sa première bataille à Mollwitz. L'armée prussienne fut viclorieuse, mais le roi se sauva. La Silésie tomba au pouvoir de Fré- déric el la guerre de la succession d'Autri- che commença. A ChoUisilz, le 17 mai 1742, Frédéric gagna une seconde victoire el, par sa bravoure personnelle, elTaça le souvenir de sa fuite de la bataille de Mollwitz. Ma- rie-Thérèse, acceptant la médiation anglaise, céda a la Prusse, par le traité de Breslau, le Il juin, la Silésie el le comté de Glatz. En août 1744, Frédéric, qui craignait d'être dépossédé de la Silésie à la suite des victoires conlinuelles de l'.^ulriche sur les armées franco-bavaroises, entra en Bohême à la tête de 100,000 hommes, prit Prague el menaça Vienne. Le seul résultat de cette campagne fut de lui apprendre l'art de la guerre. A Hohenfriedberg, le 4 juin 174.T, il battit les forces autrichiennes et saxonnes combinées, cl montra une habileté qui le lit considérer comme le premier capitaine de son époque. La victoire de Kesselsiiorf (l.'i déc] et la prise de Dresde amenè- rent le traité de Dresde (2o décembre), par lequel la possession de la Silésie lui fui assu- rée. Ayant doublé le nombre de ses sujets, et ayant établi la prépondérance de la Prusse en Allemagne, Frédéric accorda à son peuple une paix de onze ans. 11 réorga- nisa l'Etal el l'armée; protégea les arts, l'agriculture et l'industrie, qui firent de grands progrès. C'est à cette époque qu'il éci'ivil en français ses M(!moirt's pour servir à l'histoire de Bnindehourg, son poème l'Art de (jUcrrceL un grand nombre d'autres produc- tions en prose et en vers. En 1756, un espion lui apprit qu'une nouvelle coalition se for- mait contre lui. entre la Russie el la Fiance, son ancienne alliée. Les puissances continen- tales étaient délermiaées à. l'écraser. L'An- 1 FRKD plefcrre rcsiait seule alliée. Il résolut do fiapper le premier coup, el, en août 17.';G, il entra en Saxe avec une armée de 70,000 hommes et commença ainsi la guerre de Sept ans. Le général autrichien Braun fut ballu à Lowosilz, le l"' ocl., l'armée saxonne sous les ordres de Rutowski se rendit bientôt après; toute la Saxe fut promptcmenl sou- mise, el forcée de se tourner contre la con- fédération. L(ts Prussiens furent victorieux à la grande bataille de Prague, le (i mai IS.'i7; mais, après la défaite de Kolin (18 juin), les Etats de Frédéric furent occupés |iar les Français, les Suédois et les Russes; ses atl'ai- res lui scmlilèrent tellement désespérées qu'il conçut le projet de se suicider. Encou- ragé par sa victoire sur les Français à Ross- bach (5 nov.), il s'ompara de nouveau de Breslau, fut victorieux l'i Loulhen, (!) déc.) et battit les Russes à Zorndorf (2.') août 17.')S), la plus sanglante des ba- tailles livrées pendant cette guerre. Défait par Daim ii llochkirch (Il cet.), Frédéric prit ses quartiers d'hiver à Breslau. — L'an- née 17.')9 vit les alliés envelopper le roi de Prusse qui fut battu à Kunersdof (12 août) et Berlin ne fut sauvé que grâce à son incroya- ble énergie. La cinquième année de la guerre vit Berlin tomber aux mains des Bus- ses, pendant que Frédéric gagnait les gran- des batailliis de Liegnilz (1;> août 1760J elde Torgau (:! nov.) remportées l'une sur Laudon el l'autre sur Daun. La sixième année s'an- nonça mal; mais Frédéric continua la lutte malgré tout. L'Angleterre l'abandonna à la morl de George 11 ; en compensation, la lîus- sie, à la mort d'Elizabeth (1702), se relira de la coalition. La France se déclara pour la neutralité; les Autrichiens el les Prussiens ^e trouvèrent donc seuls en présence. L'impé- ratrice céda et la paix de llubertsbourg (février 1763) laissa de nouveau Frédéric en l)ossession de la Silésie, Satisfait d'avoir mé- rité d'être considéré comme le plus grand général de son siècle, il consacra le reste de sa vie à réparer les pertes que son royaume avait éprouvées pendant ses guerres. Sou (ire- miersoin fut la réorganisation de l'armée; il tourna ensuite son énergie vers le rétablis- sement de l'agriculture el du commerce; les impôts furent diminués et des sommes immenses furent dépensées pour les amélio- rations agricoles et industrielles. 11 ne put Irtire face à ces dépenses qu'en établissant partout la plus stricte économie. Il se mon- tra particulièrement laborieux, consacrant vingt heures sur vingt-quatre à ses occupa- lions. La persécution religieuse fut inconnue dans ses Etats; un ordre parfait y régnait; la propriété fut protégée; la tribune el la presse devinrent libres. Dans le domaine de la politique commerciale et internationale, Frédéric devançait son époque. De concert avec Catherine de Russie, il prépara, en 1772, le démembrement de la Pologne ; Marie-Thé- rèse se laissa persuader de se joindre à eux. Frédéric prit sans délai possession de sa part. Il n'eût point d'enfants de sa femme avec laquelle il ne cohabitajamais.il eut pour successeur son neveu Frédéric-Guillaume II auquel il laissa un trésor de deux cent cin- quante millions de francs, une armée de 22), 000 hommes, un territoire augmenté de près de 7o,000 kil. carr. et une population de 6 millions d'habitants. La collection de ses ouvrages a été publiée par ordre de Fré- déric-Guillaume IV {30 vol., 1846-'57). FRÉDÉRIC-GUILLAUME II, né le 23 sept. 1744, mort le 11) nov. 1797. Il était le petit-fils de Frédéric-Guillaume 1" el ni:veu de Frédéric le Grand. Il reçut une éducation austère, et servit dans la guerre de Sept ans. Après son avènement au tiône (1786), les maîtresses et les favoris régnèrent à la cour et dissipèrent le trésor royal. A l'égard de ses sujets, il montrait une douceur pleine FRED d'ostentation cl la discipline de l'armée so relâcha. En conséquence de la coalilion for- mée â Pilnitz conire la Révolution française, les hostilités commencèrent au printemps de 1792. et l'armée, sous les ordres du duc de Brun-wii-k, entra en France pendant l'été. Frédéric-Guillaume lut obligé de se tenir sur la défensive et, lors du traité de Râle (179.S), il dût céder ses possessions situées au delà du Rhin. Il fut le promoteur des deuxième cl troisième démembrements de la Pologne. Sa part s'étendait jusqu'au Niémen et comprit Varsovie. Le trésor lut bientôt épuisé ; des édits intolérants et de sévères restrictions do la liberté de la presse rendi- rent ^011 règne impopulaire. FRÉDÉRIC-GUILLAUME III, lils et succes- seur du précédent, né le 3 août 1770, morl le 7 juin 1840.11 servit dans l'armée de la première coalition contre la France cl en 1793. épousa la belle princesse Louise de Mecklemboiirg-Stnlitz. Après son avènement au trône (16 nov. 1797), la cour cl l'adminis- Iralion furent purgés des abus du dernier règne. Les restrictions im[iopulaires sur la liberté de la presse cl sur l'instruction reli- gieuse turent abrogées, el l'ordre et l'écono- mie furent rétablis dans le gouvernement. Par le traité de Lunéville (1801), la Prusse abandonna la rive gauche du Bhin, cl reçut, en compensation, plusieurs petits États alle- mands. Satislait de ces acquisitions, Frédé- ric-Guillaume refusa de se joindre à la troi- sième coalition contre la France. Après Aus- terlitz, un nouveau traité avec Napo- léon (déc. 180.S), lui enleva .^^nspach, Clèves el NeufchAlel ; il reçut le Hanovre en échange. Aussitôt, l'Angleterre lui déclara la guerre et il eut aussi des difficultés avec la Suède; mais il filbientôt la paixavec ces deux puissances. Ayant demandé à Napoléon de rester neutre, il fut attaqué par l'empereur des Français el fui écrasé à léna(14oct. 1800) Par le traité de Tilsitt (juillet 1807) il per- dit la moitié de son territoire. La sombre période qui suivit commença par des réfor- mes, entreprises el exécutées par les minis- tres Stein el Hardenberg. Le servage fut aboli, les finances furent améliorées, l'éduca- tion publique fut organisée et on créa un nou- veau système militaire. En 1812, Frédéric- Guillaume fut forcé de fournir un contin- gent à l'armée française pour l'invasion de la Russie. En mars 1813, le traité de Kalisz, conclu le mois précédent, entre la Russie et la Prusse, fut rendu public par proclamation faite au peuple et, le 17, la guerre fut décla- rée à la France. Les Prussiens se battirent bravement sous les ordres de Blûcher et plusieurs autres généraux; en 1814,1e roi entra dans Paris avec les alliés. A Waterloo, Blûcher porta le coup final à Napoléon. Le congrès de Vienne rendit la Prusse plus forte qu'elle n'était avant les guerres de la Révolu lion. La dernière partie du règne de Frédéric- Guillaume ne fut pas troublée; ce prince continua sa politique conservatrice et fut le fondateur du Zollverein. La reine Louise mourut en 1810. et, en 1824, le roi contracta un mariage morganatique avec la comtesse Augusla de Harrach, qu'il fit princesse de Liegnitz, el qui mourut en 1873, à l'âge de 72 ans. FRÉDÉRIC GUILLAUME IV, fils et succes- seur du précèdent, né le 15 octobre 179o, morl le 2 janvier 1801. 11-servil dans les der- nières campagnes conire Napoléon, et déve- loppa son goiit pour les beaux-arts pendant son séjour à Pans el son voyage en Italie. Admis dans les conseils de son père, il y manifesta une grande indépendance. Les espérances que tirent concevoir ses premières mesures, lors de son avènement (7 juin 1840), furent renversées par sa déclaration qu'il serait seulement permis aux représentants FRED FRED FREG 25 des états provinciaux de donner leurs avis au souverain, mais que celui-ci ne vou- drait jamais s'engager par une conslitution écrite. A la même époque, le commerce fut encouragé par des améliorations intérieures, par l"extension-du Zollverein et par l'élubiis- sement d'une banque nationale à Berlin. La conspiration polonaise de 1846 fut prompte- ment et sévèrement réprimée. L'esprit public était encore surexcité par le procès des révoltés de Posen et de Mieroslawski, quand la nouvelle qu'une révolution venait d'écla- ter en Franco (février 1848) courut comme un feu follet d'un bout à l'autre de l'Alle- magne Des troubles populaires eurent lieu à Berlin en mars, le sang fut répandu par les troupes royales et Frédéric-Guillaume finit par être forcé de faire des concessions. Il déclara hautement son intention de s'emparer du gouvernement de l'Allemagne. Des troupes prussiennes furent envoyées au secours du Schleswig-Holstein, des délégués prussiens se rendirent au parlement de Francfort et le roi réunit une assemblée constituante à Ber- lin (22 mai). Enhardi par des succès réaction- naires, il dispersa l'assemblée (.t déc.) après l'avoir transférée à Brandebourg, et pro- mulgua une constitution en rapport avec ses intentions. Quand les deux chambres se réunirent (26 février 1849), il trouva la chambre basse trop révolutionnaire et tou- tes deux furent dissoutes le 27 avril. La cause du Schleswig-Holstein fut abandojinée, à la suite de l'armistice de Malmo, et la cou- ronne impériale d'Allemagne, oliérte par le parlement de Francfort, fut refusée. L'ar- mée prussienne fut envoyée à Dresde et à Bade pour anéantir la révolution. Le seul résultat du mouvement révolutionnaire fut la cession de Neufchâtel à la Suisse, cession qui fut confirmée en t8o7. La constitution l'ut modifiée, la liberté de la presse et celle du culte furent restreintes. En 18o7, la santé du roi s'altéra, ce prince tomba en démence et, l'année suivante, son frère Guillaume de- vint régent. Frédéric-Guillaume étant sans enfants, son frère lui succéda. FRÉDÉRIC-CHARLES-NICOLAS, prince de Pnus.sK, général alluni.iiid, ne le 20 mars 1828, mort eu février 1S83. 11 était fils unique du prince Charles, frère cadet de l'empereur Guillaume. Il montra de véritables talents militaires pendant les guerres du Schleswig- Holstein (1864), d'Autriche (1866) et de France (1 870-'7 1 ). A la tèle de«la seconde armée, il as- siégea Metz et fut nommé feld-maréchal après la capitulation de cette ville. 11 opéra ensuite contre l'armée de la Loire, repoussa Chauzy et s'empara du Mans, le 12 janvier 1871. VI. Saxe. FRÉDÉRIC III, le Sage, électeur de Saxe, né en lï6.J,i!iort le o mai 15'2o. Il succéda a son père Ernest en 1486 et partagea le gouver- nement avec son frère Jean le Constant. Il fonda l'université de Wittemberg cl, quoi- qu'il n'adhérât pas oiivertemeiita la réforme, il protégea Luther à \Vorms(lo21j et au Wart- huurg. 11 refusa la couronne impériale en 1519 et favorisa l'élection de Charles-Oiiiiit. La guerre des paysans remplit d'amertume ses derniiM's Jours. FRÉDÉRIC AUGUSTE I", premier roi de Saxe, né en HliU, mort le 5 mai IS;;7. Il suc- céda à son père Fi'éderic-tJliristian cunime électeur en \~,6-i et fut émancipé en 1768. Il améliora les finances, encouragea l'indus- trie, abolit la torture et réforma la justice. 11 refusa de faire partie de la première coali- tion contre la Fiance en 1791, mais il fournil un contingent comme membre de l'iTiipire d'Allemagne. De 1796 àl8(J6, il maintint sa neutralité; ensuite il se joigiiit, kil. S.-E. de Christiania ; environ 13,000 h. Le port est spacieux et sûr. Fabriques de clous, de poteries, de tuiles et d'eaux-de-vie. * FREDON s. m. Espèce de roulement et de tremblement de voix dans le chant : faire un fredon, des fredons (vieux.) FREDONIA, village de l'état de New-York (Elats-Unisi, à ,") kil. de Dunkirk; 2,.o.S0 hab. Ecole normale do l'Etat; moulins à farine, fabriques de voitures, fonderie, etc. * FREDONNEMENT s. m. Chant de celui qui fredonne : ce fredonnement coitiinuel est insiipportubl':. * FREDONNER v. n. Faire des fredons. Dans ce sens, est vieux. — Chanter entre ses dents, et sans articuler d'une manière distincle :elle aime à fredonner. — v. a. S'emploie dans le dernier sens du verbe neutre : fredonner un air. FREDONNEUR, EUSE s. Celui, celle qui fre- donne, qui chante à demi-voix, FREEPORT, ville de l'illinois, sur la rivière Pekatonica, à 160 kil. O.-N.-O. de Chicago; 12,000 h. Le collège de Freeport (presbyté- rien) fut établi en 1872. FREETOWN, capitale delà colonie anglaise de Sierra-Leonc et de toutes les possessions anglaises de l'Afrique occidentale, sur la rivière Sierra - Leone , à environ 8 kil. delà mer; lat. 8" 29' N., long 11» V 0. ; environ 33,000 hab. Hues larges et bien dis- tribuées; belles maisons. La résidence du gouverneur, les casernes et les bureaux du gouvernement sont sur des collines, qui dominent la ville. L'entrée navigable de la rivière est étroite, par ce qu'un bas-fond de grande étendue se trouve au milieu. * FRÉGATE, s. f. (lat. fragnta). Bâtiment de guerre qui n'a qu une seule batterie cou- verte, et qui porte moins de soixante bouches l'i feu : frrijate de trcnlr-sixc(Vio>is. — »* .\rgot. surnom que les marins donnent au bicorne ; allusion à la ressemblance de ce chapeau aveo III. 20 FREI un vaissc.iu, lorsiiu'il cslrrnvcrsé. — 'OrniUi. Gemc (11' |)almi[)('dcs lolif)alines, voisin îles cormorans, dont la seule c?p(ii;e l)ien connue (lu ijruttik fréijate ou fréyale i^élkan) est com- posée d'oiseaux d'une très triMn de envergure et CriuiJc ftiigutc (Tuchypetcs aquilus). d'un vol très puissant. Outre la grande frégate {l»rliypetes aquilus, \ii']\\.] qui se trouve sur nos côtes cl dans la plus prandc partie de notre hémisphère, on a décrit une espèce australienne [tachypctcs arict, Gould). Ces oiseaux ne pèsent f:uèro que 2 kilof;., et seraient de la grosseur d'une poule, si leur queue ne mesurait 1 m. de long et si leur envergure n'était de 2 m. GO au moins. Gray en a décrit seulement deux espèces, le T. aquilus (Vieill.), qui se trouve gé- néralement dans les parties tropicales du globe, et l'espèce australienne, T. arid (Gould). lin raison de la grandeur de leurs ailes, qui sont plus longues que celles de tout autre oiseau, le vol de ces oiseaux est si puis- sant qu'on les rencontre quelquefois à 1,--)00kil. de la terre; ils volent souvent par handes et s'élèvent si haut qu'ils sont à peine visibles. Leur nourriture consiste principale- ment en' poisson. Quand les hirondelles de mer et les mouettes ont pris un poisson, les frégates les poursuivent eu les frappant des ailcset du bec, pour les forcer à laisser tomber leur proie, ou à la dégorger ; alors, descendant avec une rapidité vei-tiuincuse, les frégates s'emparent de celte proie avant qu'elle soit lojnbéc dans l'eau. FREGOSE, nom d'une famille plébéienne de Gènes, qui a fourni sept doges à cette ré- publique (xiv« et XV" siècles). FREIBERG [frai-bèrg], ville de Saxe, sur le versant N. de l'Erzgcbirge et sur la rivière Miïi.ithach, à 4o kil. S.-O. de Dresde ; 30,000 hab. Son école des mines, fondée en 47li;;, est une des meilleures du globe; elle attire les étudiants de presque tous les pays. Frei- berg possède de vastes manufaclures de métaux, de tissus, etc. Le district possède foO mines d'argent, de plomb, etc. Les filons les plus riches des mines d'argent sont suivis jusqu'à de grandes pi'ofon. leurs. Freiberg fut pendant longtemps la résidence des princes saxons. FREIBUR6 Voy. Fribodhg. FREIBURG UNTERM FÛRSTENSTEIN [fraï'- bourg-ounn'-tL'nn-lur'-slènn-slainnj (ainsi a]ipeléedescbàteaux voisins de Furslensteinl, ville de la Silésie prussienne, sur la Polsnitz, à ai) kil. O.-S.-O. de Breslau; 0,600 hab., en y comprenant trois faubourgs. La ville est en- tourée de murailles, elle possède des fdatures de lin et de laine, des moulins à coton, des fabriques de tuile, etc. •FREIN, s. m. [frain] (lat. frmum).UoTs, partie de la bride qu'on met dans la bouche du cheval pour le gouverner : chexial qui se joue de son frein, qui mûcho son frein, qui ronijc son frein; un cheval qui s'emporte, et qui prend le frein aux dents. Dans cette der- nière phrase, on dit plus ordinairement le HORS.— RoiNGERsoNFKEiN, retenir son dépit, son FREL ressentiment en soi-même, et n'en rien laisser éclater au dehors. — Mkttre un fiiein a sa L.^.^•clE,la contenir, ménagerses paroles. — A VIEILLE MLLE, FREIN DonÉ, OU pare uuc vieille hflte pour la mieux vendre. Fig. et fam. Se dit en parlant d'une vieille femme qui aime à se parer. — Anat. Ce qui bride ou retient (juel- ?ue partie: le frein oiifitel de laUinijue. — Fig. out ce qui retient dans les bornes du devoir, de la raison : t'honnetir, les lois, les hienséin- ces. sont autant de freins qui rcliennenl les hommes, qui les empêchent de mal faire. Tour 6lrc hcuniix , pour être sngc. M faut savoir donm r iili frein h sc> ilé^irs. DesiiuiiLiùnKS, L'Hiver, idylle. Ct'luî qui met un frein ii la fureur dcj llols, Sait aussi dos méclianl.s arrêter Ici complots. Racinb, Athalic, uct. I,sc. i. — Méran. Appareil destiné à modérer la vitesse d'un mécanisme, à enrayer des roues de voiture, etc. Le frein ordinaire des voitu- res se compose d'un épais morceau de fer pour le frottement, d'un levier, d'une chaîne et d'une tiingle pour faii'e mouvoir le levier et d'un ]ietit cabestan à manivelle placé à proximité du conducteur. On adopta d'abord des a|ipareils semblables iioiir les wagons de chemins de fer; mais il fallut les modilier pour obtenir un arrêt plus rapide. Les divers freins de sûreté que l'on a proposés, essayés ou appliqués peuvent se diviser en trois caté- gories cl" ceux dans lesquels la puissance dérive d'un ressort ou d'un levier, comme dans le frein de Creamcr; 2' ceux chez lesquels la puissance provient de l'air com- primé dans un cylindre, comme pour le frein Weslinghouse; on peut aussi employer la vapeur au lieu d'air comprimé; ;i° ceux dans lesquels l'cicctro-raagnétisnie est employé comme puissance motrice, comme dans l'ap- pareil imaginé par M. Achard, de Paris, cl remarqué à l'exposition de 4807. FREISCHÛTZ (Der). le Franc-Tireur, opéra allemand en 3 actes, représenté à Dresde en 1819; paroles de Kind, musique de Weber. Traduit par Pacini et arrangé pour la scène française par H. Berlioz, le Freisehùlz fut représenté à l'Académie de musique le 7 juin 1841. FREISING ou Freisingen [fraï-zign ; fraï- zign-enn], ville de Bavière, sur l'isar, à 40 kil. N.-E. de Munich; 10,500 hab. Elle possède une faculté de théologie, un gymnase et une école normale. Aux environs se trouve l'ancienne abbaye de Weihenstephan, au- jourd'hui château royal, et (depuis ISilS) célèbre école d'agriculture. De lii à 180i, Freising fut le siège d'un évêché. FRÉJUS [fré-juss] (anc. Forum Julii), ch.-l. de cant., arr. et à 29 kil. S.-E. de Draguignan (Var), sur une émmence qui domine la mer et près de l'embouchure de l'Argens, dans le golfe de Fréjus; 3,510 hab. Evêché. Bouchons de liège, savon, huile, vin. iS'ombrouses ruines romaines. L'ancien port a été comblé par les dépôts de l'Argens. * FRELAMPIER s. m. Homme de peu et qui n'est bon a l'ion : ce n'est qu'un frelampier. — x.\ Argot. (Voy. Ferlampier.) * FRELATAGE s. m., ou Frelaterie s. f. Altération dans les liqueurs ou dans les drogues, pour les faire paraître meilleures ou plus agréables. * FRELATE, ÉE part, passé de Frelater. — Cela n'est point frelaté, se dit d'une chose qu'on n'a point cherché à rendre plus belle en apparence qu'elle ne l'est en ell'et. 'FRELATER v. a. {hoWdnd. verlalen, trans- vaser). Mêler quelque drogue dans une bois- son, pour en déguiser les mauvaises qualités, pour la faire paraître plus agréable à la vue et au goût : les cabaretiers sont sujets à fre- later le vin. FRRL * FRELATERIE s. f. Voy. Fuelatage. • FRELATEUR s. m. Celui qui frelate: fre- tateur Je vin. ' FRÊLE adj. (lat. fragilis). Fragile, aisé à casser, il rompre: frl\le comme un roseau. — C'est in fhP.w. api'ui que le sien, c'est une bien faible [uotcction que la sienne. — Santé, coups riiÊi.E, santé, corps faible. FRELOCHE s. f. (vieux franc, frcloquc, cliilloii). Poche de gaze ou de toile, qui sert à prendre des insectes. •FRELON s. m. (rad. frdle, à cause des formes prèles de 1 insecte). Entom. Genre d'hyménoptères de la trihu des guêpes. Le frelon d'Europe {vcspa crahro, Linn.) mesure environ 2 cent, et demi de long; il est plus gros que la guêpe commune; le thorax est noir au milieu et brun partout ailleurs; les anneaux de l'abdomen sont noirs et bordés de jaune ; le ventre est jaune en dessous avec des taches noires; les mandibules sont fortes et dentées. Les frelons, comme les guêpes, vivent en société, dans des nids qui ren- ferment les mâles, les femelles et les neutres ; ces deux derniers, qui accomplissent tous les travaux, sont armés de dards venimeux. Ils forment une société républicaine, plusieurs femelles et leur couvée vivant el travaillant ensemble en bonne intelligence. Leur nid est bâti sur de vieux arbres, sur de vieux poteaux et dans presque tous les endroits abrités (granges, galeries, etc.); il est d'une forme arrondie, construit de matériaux gros- siers, et de la couleur de feu il les fanées; les ma- tières dont il est composé sont préparées, par les mandibules des insectes, de parcelles de vieux bois ou d'écorce, réduites en une espèce de papier mâché ou de carton; quand l'inté- rieur du nid a été enduit d'une couche épaisse de celte composition, les frelons font, avec la même matière, des rayons horizontaux sus- pendus par de fortes colonnes; les cellules sont hexagonales, avec les ouvertures en bas. Un nid renferme environ 1.S0 individus. Les frelons se nourrissent d'autres insectes (particulièrement de mouches), de viande, de fruits mûrs et sucrés ; ils volent aussi le miel des abeilles; si un nid de frelons est sus- pendu dans un endroit infesté de mouches, on verra bientôt diminuer sensiblement le nombre de celles-ci. Si leur nid est attaqué, les frelons se précipileut avec fureur sur l'as- saillant, le piquent et lui font des blessures douloureuses, souvent dangereuses. Les fre- lons, de même que les autres guêpes, ne produisent pas de miel. Les grosses guêpes variées de noir et de jaune sont quelquefois nommées frelons. — Par ext. Plagiaire : Que de frelons Tont pillant les abeilles! VOLTAIBB. *FRELUCHE s. f. Petite houppe de soie, sortant d'un bouton, du bout d'une ganse, ou FREN de quelque autre ouvrage: ganse à freluche. — »\ Au plur. Choses frivoles et badines. • FRELUQUET s. m. Fam. Homino léger, frivole et sans mérite: ce n'est qu'un petit freliiqnct. FRÉMILLANTE s. f. Argot. Foule, nom- breuse réunion d'individus. C'est une autre forme de Fourmillante. * FRÉMIR v. n. dal. f réméré). tXv^ ému avec quelque espèce de tremblement, par l'effet de la crainte, de l'horreur, de la colère ou de quelque autre passion: coursier qui. fri'mit au bruit du canon. — Cela fait frémir la NATURE, se dit de ce qui inspire une horreur profonde. — Par anal, se dit d'une chose qui vibre, qui tremble rapidement et légèrement ; et de ';e qui produit, en s'agitant, un bruis- sement léger, un faible murmure. S'emploie souvent, en ce sens, dans le style poétique: une cloche frémit encore, après qu'elle a cessé de se faire entendre. — Se dit de l'eau et de toute autre liqueur, lorsqu'elle chautïe, et qu'elle est près de bouillir: ccMe eau ne bout pas encore, elle ne fuit que frémir. Dans un sens analogue, La mkr frémit, elle commence à s'agiter. •FRÉMISSANT. ANTE adj. Qui frémit: frémissant de courntux, de rage. S'emploie surtout en poé^i.' et dans le style élevé. •FRÉMISSEMENT s. m. Espèce d'émotion, de Iremlilemont qui vient de quelque passion violente: un long frémissement d'horreur agita l'assemblée. — Tremblement dans les membres, qui précède ou accompagne une indisfiosition : son mal a commencé / ar un léger frémisse- ment. — Commencement d'agitation dans les corps naturels; agitation accompagnée d'un bruissement léger: frémissement de la mer, des vagîtes. — Suite de vibrations ra- pides, surtout en parlant des corps sonores: lorsqu'une corde est tendue subitement, elle éprouve une sorte de frémissement. FREMONT, ville de l'Ohio (Etats-Unis), sur la rivière Sandusky, qui y devient navigable; 9,000 habitants". Autrefois elle s'appelait Lower Sandusky. FRÊNAIE s. f. Lieu planté de frênes. FRENCH BROAD RIVER [traintch-bràd-ri- vi^ur] (angl. Grande liviére française), rivière d'une longueur d'environ '300 kil., qui prend sa source au pied des montagnes Bleues, dans la Caroline du i\., coule dans le Ten- nessee, se dirige vers le S.-O. et se jette dans la rivière Hulston, à 6 kil. au-dessus de Knoxville. Elle est navigable pour les bateaux à va[ioiir jusqu'à Dandridge. ■ FRÊNE s. m. (lat. fraxinus). Bot. Genre d'oléinées, type de la tribu des fraxiiiées, Frèoe à feuille de chêne. Trône .i fleurs ^(■iMxiiius ornus). comprenant des arbres forestiers dont les deux espèces principales sont: le frêne com- mun, qui .s'élève à une grande hauteur, et FRÉQ qui fournit un bois sans nœuds propre au charronnage; et \e frêne de C(dabre ou frêne à manne, dont on tire la manne par incision. — On a décrit 2y espèces de ce genre d'arbres. Le frêne à [leurs (fraxinus ornus), haut d'en- viron 10 m., croit dans l'Europe méridionale et produit de la manne. Le frêne élevé {fraxinus excelsior), grand arbre à écorce cendrée, donne un bois blanc, souple, veiné et produit le brous- sin, excroissance employée dans l'ébéuisterie. Le frêne à feuilles rondes (fraxinus rotunilifolia), ori- ginaire de Tur- quie, produit lui aussi de la man- ne. La plus im- portante espèce américaine est le frêne blanc (fraxinus americana), que l'on trouve dans presque tous les états à l'E. du Mississipi et dans lo N. Ce grand arbre donne un bois élastique et fort, excellent pour la menui- serie et pour le chaull'age. * FRÉNÉSIE s. f. [-zi] (gr. phrcnésis). Ega- rement, aliénation d'esprit, fureur violente : entrer en frénésie. — Fig. Toutes sortes d'extié- mités où l'on s'abandonne par l'emportement de quelque passion que ce soit : la passion qu'il a pour le jeu est une frénésie. * FRÉNÉTIQUE adj. Atteint de frénésie, fu- rieux : elle devint frénétique. — Substantiv. Personne frénétique : ils se portent à toutes sortes d'extrémités comme des frénétiques. FRÉNÉTIQUEMENT adv. D'une manière frénétique. * FRÉQUEMMENT adv. [-ka-man] Souvent : cela arrive fréquemment. ' FRÉQUENCE s. f. [-kan-se] Réitération, ré- pétition fréquente : la fréquence de ses visites importune. — Méd. La friîquence du pouls, la vitesse des battements du pouls. — La fré- quence de LA bespiration, lasuccession rapide des mouvements nécessaires à la respiration. •FRÉQUENT, ENTE adj. [-kauKlat./'ycçîicns). Qui arrive souvent : les fréquentes rechutes sont dangereuses. — Méd. Pouls fréquent, pouls qui bat plus vite qu'à l'ordinaire. Res- piration FRÉQUENTE, resjiiration courte et ra- pide. * FRÉQUENTATIF, IVE adj. Gramm. Se dit d'un mot di'nvé((ui exprime, outre l'idée pri- mitive, l'idée accessoire de répétition, de fréquence : criailler et criaillerie so;Udc,v mots fréquentatifs. — s. m. Mot fréquentatif : cli- gnoter est le fréquentatif de cligner. * FRÉQUENTATIONS, f. [-kan-ta-si-on]Coni- municatiMii liabituellcavi.'cd'autrespersonnos: la fréquentation des yens de bien. — La fré- quentation DES SACtiEMENTs, l'usags frëquciit du sacrement de pénitence et de celui de l'eucharistie. * FRÉQUENTÉ, ÉE, part, passé de Fréquen- TKR. .Ni' sr dit guère ((ui' iJes lieux où il y a, OÙ il va ordinaii'cmciU beaucoup do monde : ce .• siècle, sauf quelq'ies exceptions, aucune œuvre à fresque, au-dessus du médiocre, ne fut exécutée en Italie. Le siècle actuel a été témoin de la renaissance de la peinture à fresque en Europe, el particulièrement en Allemagne. Parmi les premiers qui prati- quèrent cet art, nous citerons : Cornélius, Overbeck, Schnorr, Schadow, Veit et Koch. Par l'influence de Cornélius, une école de peinture à fresque prit naissance à Munich; elle compta parmi ses élèves : Kaulbach, Zimmermann, Hess et beaucoup d'autres. Les décorations murales firent peu de progrès en F"rance jusqu'au siècle actuel; mais pen- dant le second Empire, un grand nombre d'églises de Paris furent embellies par Amaury-Duval, Motez, Brémond et autres. En Angleterre, Cope, Dyce, Ward, Maclisse, Herbert, Watts, etc., exécutèrent de grandes fresques dans les nouveaux palais du parle- ment; mais, d'après l'opinion d'artistes émi- nentsde ce pays, ce procédé ne convient pas au génie de l'école anglaise, el il n'existe en Angleterre aucune fresque entière, compa- rable aux travaux exécutés à l'huile par les mêmes peintres. •FRESSURE s. f. coll. [frè-su-re] (lat. frixnra). Parties intérieures de quelques animaux prises ensemble, comme sont le foie, le cœur, la rate el le poumon: fressure de veau, etc. •FRET s. m.[frè] (lat. ^refwm). Mar. mar- chande. Louage d'un bâtiment, soit eu totalité, soit en partie: prendre un navire à fret. — Pi'ix du fret : le capitaine a touché son fret. — P.WER LE FRET d'u.ne m.\rch.\ndise, etc, en payer le port. — Cargaison, chargement d'un navire de commerce : débarquer son fret. • FRÉTER v. a. Mar. marchande. Donner FREU un bâtiment à loyer, en totalité ou en partie : fréter au mois, nu voyage, au tonneau. — Charger, équiper : il fréta des vaisseaux à ses frais pour aller à ta découverte de nouvelles terres. — Abusiv. Prendre à louage. (Voy. Affréter et Noliser.) * FRÉTEUR s. m. Mar. marchande. Celui qui (loniie un bâtiment à loyer. — i* Celui qui prend un bâtiment à loyer. FRÉTEVAL, village du cant. de Morée (Loir- et-C!ior); 976 hab. Défaite de Philippe- Auguste, qui y perdit ses bagages et le trésor de l'armée (1 194). * FRÉTILLANT, ANTE adj. Qui frétille : poisson tout frétillant. — w s. f. Argot. Queue; allusion à ses frétillements. — Danse. FRÉTILLE s. f. Argot. Paille. •FRÉTILLEMENT s. m. Mouvement de ce qui fiiHille : <'()•« ckuis un frétillement continuel. ' FRÉTILLER v. n. (lat. fritillus, cornet à dés). Se remuer, s'agiter par des mouve- ments vifs et courts : le chien frétille de la queue. — Prov. et pop. Les pieds lui fré- tillent, il a impatience d'aller. La langue lui FRÉTILLE, il a grande envie de parler. — »■* Argol. Danser. FRÉTILLON s. f. Surnom que l'on donne à une griselte leste, pimpante et d'humeur gaie. * FRETIN s. m. (angl. farlhing, pièce de menue monnaie). Menu poisson: il n'y a que du fretin dans cet étang. Un carpe. tu, qui n'était encore que fretin, Fut pris par un pécheur au boi'd d'une rivière. La FonTÂiNB. — Fig. et fam. Se dit des choses de rebut, et qui sont de nulle valeur, de nulle consi- dération: tout ce qu'il avait de bons livres est vendu, ce qui lui reste n'est que du fretin. — »\ Se dit des personnes de peu de considé- ration. •FRETTE s. f. [frè-te] (lat. fretus). Lien ou cercle de fer dont on entoure l'extrémité du moyeu des roues, la têle des pilotis, etc., pour empêcher qu'ils n'éclatent, qu'ils ne se fendent: ta frette de ce moyeu est rompue. FRETTE (La), comm. du cant. de Saint- Etienne-de-Saint-Geoirs (Isère); 1,112 hab. Ruines du vieux château habité par le baron des Adrets. * FRETTÉ, ÉE adjr Blas. Se dit des pièces couvertes de bâtons en sautoir, qui forment des losanges. * FRETTER v. a. Mettre une frette : fretter le niiinrhe d'un outil. * FREUX s. m. (lat. crocio). Oiseau qui res- semble beaucoup à la coi'ncille, et qu'on nouime aussi grolle. — Le freux [corvus fru- gilegus,\Ann.), est plus petit que la corneille; y Freux tCurvus fiugilegus). son bec est plus droit et plus pointu. r,e mâle mesure , HO cnt. de long. ; la fi'mello, moins grande et moins brillante, pond de trois à cinq œufs d'un bleu vcrdâtre, ordinairement tachetés. Les freux se trouvent dans pr(S((U(^ toute l'Europe ; ils vivent en société pendant FRia l'année entière. Ils se nourrissent de vers, de coquillages, de crustacés, de chairs en décom- position, de grains, d'insectes, de noix, de lézards, etc. On peut leur apprendre à imiter la voix des animaux ; mais ils sont moins in- telligents et moins dociles que les corbeaux, les corneilles et les choucas. FREYA, seconde épouse d'Odin. FREYCINET ( Louis - Claude desaulses de) [frè-si-nè], navigateur français, né à Montéli- maren 1779, mort en 1842. Il accompagna en 18(10 l'expédition de Baudin en Australie, et consacra dix ans à préparer la partie nau- tique et géographique du récit qui fut fait de celte expédition. En l817-'20, il commanda une circumnavigation, ayant pour but prin- cipal d'étudier la configuration du globe, le- éléments du magnétisme terrestre et les phé- nomènes météorologiques de l'hémisphùrc du Sud. Le récit de ses voyages forme 13 vol in-i° (1824-'44). FREYTAG (Georg-'Wilhein-Friedrich) [fiaï'- tâgj, orientaliste allemand, né en 1788, mori en 1861. Il fut précepteur à Gottingut (18M-'I3), aumônier des armées alliées, à Paris, en 1815, étudia l'arabe, le persan et b turc sous Sylvestre de Sacy et fut professeur à Boun en 1819.11 publia d'anciens textes arabes, et des traductions d'ouvrages arabe-, fit paraître le Lexicon arabico-latinum (4 vol. 1830-'37; abrégé, 1837). ' FRIABILITÉ s. f. Didact. Qualité de ce qui est friable. ' FRIABLE adj. (lat. friabilis; de friare, ré- duire en morceaux). Didact. Qui peut aisé- ment être réduit en poudre: les pierres calci- nées sont friables. •FRIAND, ANDE adj. Qui aime la chère fine et délicate, et qui s'y connaît : il n'est pas gourmand, mais il est friand.— Avoir le goût FRIAND, avoir le goût délicat, et savoir bien juger des bons morceaux. - Morceau, mets FRIAND, etc., morceau, mets délicat, etc. 11 se réjouissait â l'odeur de la viande, Mise en menus morceaui et qu'il croyait /rian Argot. Fiii- CAssÉK DE MUSEAUX, ousimpl., Fbicassée, em- brassade. * FRICASSER V. a. [fri-ka-séj (lat. frUjere). Faire cuire dans la poêle, dans une casse- role, etc., quelque chose, après l'avoir coupé par morceaux : f'ricasser des poulets, des tan- ches, etc. — Fig. et fiop. Dissiper en débau- ches'et en bonne ohore: il a fricassé tout son bien. — ** Se fricasser v. pr. Etre fricassé. ' FRICASSEUR s. m. Celui qui fait des fri- cassées. iNo se dit que d'un mauvais cuisinier. — »v Argot. Colui qui dépense son argent, son patrimoine en bonne chère et en dé- bauches. FRIC-FRÀC s. m. Argot. Effraction. Onoma- topée qui exprime le bruit d'une serrure qui est fracturée. * FRICHE s. f. (bas lat. friscum) Terrain qui ne rapporte point, soit que la culture en ait éténégligée depuis longtemps, soit qu'on ne l'ait jamais cultivé : il y a trois ans qu'il^ n'a fait travailler à sa vigne, ee n'est plus qu'une friche. - En friche loc. adv. Sans culture : laisser une terre en friche. FRICHTI s. m. Argot. Ragoût. — Par ext. Toute espèce de mets. * FRICOT s. m. Pop. Ragoût, viande fri- cassée; en général, toute sorte de mets. ' FRICOTER v. n. Faire bonne chère. — Dépenser en bonne chère: il a fricoté tout son bien. Dans les deux sens, est populaire. — i» Jargon. Tripoter à la Bourse, dans le com- merce'. — Argot typogr. Prendre des sortes dans la case des camarades. * FRICOTEUR s. m. Celui qui aime à faire bonne chère. — Dans l'armée. Mauvais sol dat, maraudeur. — " Argot. Typographe qui fricote. * FRICTION s. f. [fri-ksi-on] (lat. frictio). Cbir. Frottement que l'on fait sur quelque pwtie du corps, à sec ou autrement, avec les mains, avec une brosse, avec de la flanelle, etc.: les frictions dissipe7it l'humeur et ouvrent les pores. ' FRICTIONNER v. a. Chir. Faire une fric- tion, des l'riotiuns : frictionner une partie ma- lade. — Se frictionner v. pr. Frictionner soi, son corps : sc frictionner avec une pommade, avec un Uniment. FRTN FRIDERICA ou Fredericia, ville et forle- rosso du Juilaml (D.iiH'in.ii'kJ, à l'otilrée sep- tentrionale du Petit Boit; tl.OOU liab. Elle renferme plusieurs raflineries de sucre, des fonderies, etc. Jusqu'en 18.i7, on y paya les impAts pour les navires passant le Petit Belt. FRIEDLAND [franc, frièd-lan; ail. frid'- lAnnl . 1. Ville de la Prusse orientale, sur l'Allé, à ;o kil.S.-O. doKa'nibbcrg;3,nOU hab. Elle est mémorable parla victoire que rem- porta Napoléon sur les Russes, commandés par Bonnig.^en, le 14 juin 1807, et qui amena le traité de Tilsitt. - II. Ville fortifiée de Bohême, sur les rivières Wittich et Rasnitz, à lUO kil. N.-N.-E. de Prai.'ue; G.OOl) hab, Fabriques de tissus de laine, de toile et de ] dessous avec coton. Le château de Friedland, sur une hauteur, au S. de la ville, appartint à Wallenstein, qui pritle titre de duc lie Fried- land. — III. Ville fortifiée du Mecklemboiirg- Slrolilz, à 70 kil. N.-O. de Stettin ; O.r.OO bah. Manufactures d'étoffes de laine, de tuiles, d'articles de cuivre, de tuiles; trois foires annuelles. FRIGGA, divinitéscandinave, femme d'Odin. Voy. Oiii.N. FRIGIDARIUM s. m. [-ri-omm]. Anliq. Par- tie des thei mes romains, où l'on prenait des bains froids. ' FRIGIDITÉ s. f. (lat. friç/idus, froid). Méd. lég. lital d'un homme impuissant. — Pathol. Sensation de froid. — *■»• Etat d'un corps dont la température est fort abaissée. — Qualité de ce qui est froid. ■ FRIGORIFIQUE adj. (lat. fri'jua, oris, iroià; facere, lairej Phvs. Qui cause le froid : mékuKje frigorifique. — Frigorifique (navire). FRI60USSE s. f. Argot. Ragoût. — Par ext. 'i'outo e-pèoe de mets. FRIGOUSSER v. a. Argot. Apprêter un ragoût, faire la cuisine. — Par ext. Manger. • FRILEUX, EUSE adj. (lat. friyidulus]. Fort sensible au froid : les vieillards sont fri- leux. — *v Argot. Poltron, poltronne. FRIMAGE s. m. (fr. frime). Argot. Con- frontaliùii. * FRIMAIRE s. m. Troisième mois du ca- lendrier républicain. •FRIMAS s. m. [fri-mâ] (vieux fr. frimer, geler). Grésil, brouillard froid et épais qui se glace en tombant: le frimas s'attache aux cheveux, aux crins des chevaux. — *v Poétiq. Tout signe de l'hiver, comme la neige, la gelée. * FRIME s. f. Pop. Démonstration qui n'est que pour l'apparence : ce n'est que pour la frime. — w Ce que l'on fait par frime. — Argot. Visage. — Frime a la manque, figure contrefaite, figure de borgne. FRIMER v. a. Faire semblant, contrefaire. — Argot. Regarder. — Figurer. — Faire FRIMER, confronter. FRIMOUSSE s. f. Pop. Visage. FRIMOUSSER v. n. Argot. Tricher; allu- sion aux cartes à figures (/Vimouwes) que l'un a soin de garder pour soi. FRIMOUSSEUR, EUSE s. Argot. Celui, celle qui frimousse, qui triche. ' FRINGALE s. f. (corrupt. de faim-valle). Faim subite et inopinée, dont on est saisi quelquefois hors de l'heure accoutumée des repas : quand la fringale le prend. • FRINGANT, ANTE adj. Qui est fort alerte, fort éveillé, foii vif, et dont la vivacité se manifeste par des mouvements rapides et fréquents : il a épousé une femme bien frin- gante. — CeJELNE UOMMEFAIT BIEN LE FRINGANT, il se donne des airs pétulants, avantageux. FRINGILLAIRE s. f. [-jil-lè-re] Ornith. FRIN Genre de passereaux, voisin des moineaux, r-t dont une espèce, la friugillaire cemlril- lardr, li;ihito le midi de la Franco. FRINGILLE s. m. [frain-ii-le](lat. fringilla, pinsonj. Uinitli. Nom donné par Linné a un grand genre de l'ordre des insessores, sous- ordre des oscines, tribu des conirostres, fa- mille des frinyillidés, comprenant une nom- breuse série de petits oiseaux aux couleurs brillantes, avec un bec court, épais cl plus ou moins conique. Le pinson à bec de cire, ou bengali (csirelda, Linn.) , mesure environ 10 cent, de long; son bec est d'un rougo vif, ainsi que sa poitrine; sa couleur générale est brune en dessus et d'un gris roii;.'pAlie en les ondulations noirâtres. Ce charmant oiseau habite l'.M'iique ilopuis le Sénégal jusqu'au oa|) de Bunin-Espcrance. — Le pinson de Java, commuiiémenl ap|ielé moineau de Java (amadini oryzivora, Linn.), padda ou oiseau du riz, mesure environ 0 cent de long; son bec est foct et rouge, ses paupières sont de la même couleur, sa tôte et sa gorge sont noires, les côtés de sa tôte sous les yeux sont blancs, ses parties supé- rieuressontd'unecouleur cendrée, son ventre et ses cuisses d'un rose pâle: il a le derrière blanc, la queue noire; il habile Java, la Chine et l'Inde. — .\u groupe- des fringilles appartiennent les pinsons, les tisserins, les. veuves, les linottes, les chardonnerets, les se- rins, les tarins, les gros-becs, les bruants, les bouvreuils, les becs-croisés, etc. Ces oi- seaux sont répandus dans le monde entier, vivent par troupes, parmi lesquelles se trouvent souvent associées d'autres espèces. Leur nourriture consiste en graines pondant l'hiver; en larves, en vers et en grains pen- dant l'été. On en a décrit plus de 80 espèces. Le [liiisun de montagne (fringilla montifrin- gill'i. I.inn.) mesure environ 14 cent Fringillca — 1. PinsMu du muniagne (Fringilla montUrin- gUla). 2. Vcrdier (F. chloris). Il vit dans la Grande-Bretagne pendant l'hi- ver, disparait à la fin du printemps et se di- rige vers le Nord où a lieu sa ponte; il est fort et hardi, se nourrit de graines et de ce qu'il peut ramasser dans les champs; son vo; eslrapide. Le verdier(/'rin^i/fa chloris, Linn.), espèce européenne, a environ 14 cent, de long et 20 d'envergure; le bec est très fort, la queue courte et le corps gros. Il est indi- gène et n'émigre pas; il est robuste, famiiier, docile et vit par bandes. En cage, il imite le chant des autres oiseaux; le sien consiste en trois ou quatre notes courtes et mélo- dieuses. Le pinson des pins (fringilla pinus, Wils.; chri/somitris , Boie) se trouve dans l'.\mériqué du Nord, depuis l'Atlantique jus- qu'au Pacifique. Son vol et son chant res- semblent à ceux du chardonneret; comme ce dernier, il fend l'air en décrivant de loni-'ues et gracieuses courbes. — Les fringilles améri- caines forment le genre M;îo(7-Jc/iia(Swaiiis.), on les appelle communément pinsons; leur FRIP FRINGUE s. f. Argot. Toilette, habille- nieiil. l'irlip. • FRINGUER V. n.(lat. fringuUire, frétiller). Danser, sautiller en dansant (vieux.) — Se dit encore des chevau.x fringants : ce cheval fringue contimiellement. — "Argot, v. a. Ha- biller. — Se fringuer v. pr. Argot. S'ha- biller. ^1", V. „„iocHa n,-aiMnspt a'in^pclps FRIO ( Cap ) , promontoire du Brésil, à s,steendwersessorle^sdeî^^iaine.e dmsecles ,..|/E/de Rio de Janeiro, et à 380 m. et sa cha>r est cndre e j.^ . ° f ^t ].e . j j^ ^^ ^e port de Cabo Frio se Vinson de Lwcoln ("^^f, ;^''." ^"'^ '^^ trouve à 13 kil. N.-N.-O. de ce cap. Tneio.sBW'i, Baird) de 1 Amérique du rsoiû pos- i sède un chant très doux et sonore ; son vol FRION s. m. Lame de fer placée au côte de la charrue. FRIOUL (lat. Forum Julii ; ail. Friaul), an- cienne province du nord de l'Italie, autrefois divisée entre l'Autriche et la Vénitie et en FRIN bec est parfaitement conique, leurs ailes d'une grandeur médiocre, leur queue est longue et large. Le pinson d'herbe {zonotrichm graminea, Gmel. ; genre poôcœêe*, Baird) se trouve au nord des Etats-Unis depuis l'Allan- tique jusqu'au Pacifique; son chant est doux et prolongé; c'est un oiseau timide et soli- taire, qui court à travers les herbes dans les- quelles il bâtit son nid; sa nourriture con- FRIS 31 Fringilles. I. Pinson de Lincoln (Zonotrichia tincolnii). ■2. Pinson maritiroc (Aramodroraus niaiitimus). est rapide et bas, sa nourriture consiste en insectes et en baies; les mâles, comme pres- que tous les pinsons, sont batailleurs.— Le genre ammodromus (Swains.) se distingue pai- des ailes courtes, la queue allongée, lesplumes latérales , terminées chacunes en pointe; ses espèces comprennent des oiseaux qui ha- bitent Généralement les rivages, courent sur les côtes parmi les herbes, grimpent le long des roseaux, ou s'élancent rapidement au mi- lieu des touffes d'herbes ; et mangent les crevettes, les petits mollusques et les petits crustacés et d'autres animaux marins. Le yinson à queue pointue {Ammodromus cauda- rMus, Gmel.) se trouve sur toute la côte de Fringill . Pinson à qnnic pointne (Ainnîodroraus caudacutus). l'Atlantique des Etats-Unis et en grande abondance dans les marais salants de la Ca- roline du Sud. — Dans le genre spiza (Bo- nap.) ou ryiinospivi (Baird), les ailes et la queue sont d'une grandeur moyenne. Le non- parcil ou pinson peint [spiza ciris, Bonap.) est un habitant du Texas et du Mexique; sonvol est court et rapide; son chant est sonore et agréable. Un grand nombre de ces magni- li([ues oiseaux étaient autrefois emportés on Euiope, où ils eofltauMil des prix presque fa- buleux; l'un d'eux aehelé huit sous a la Nou- V(dle-Orléans, se vendit 80 fr. à Londres. FRINGILLIDÉ.ÉEadj. [jil-li-dé]. Ornilh.Qui ressemble ou se lapporte aux fringilles. — s. f. pi. Famille de passereaux conirostres ^'ranivorcs, ayant pour type le genre fringille. suite abandonnée à l'Autriche; elle foi-mait le cercle de Gôrz et la délégation de Frioul ou Udine en Vénitie. La partie continentale ou portion vénitienne fut réunie au royaume d'Italie en 1S66 et s'appelle maintenant pro- vince d'Udine. (Voy. Udine.) Pendant les pre- miers siècles du moyen âge, le Frioul forma un duché sous le gouvernement lombard. FRIPE s. f. (vieux franc, ferpe, chilfon). Argot. Mets quelconque: je vais chercher mu /'ripe. — Faire la fripe, faire la cuisine. — Au plur. Nippes : ces fripes sont bonnes à jeter u!( feu. ' FRIPER V. a. Chiffonner : vous avez fripé votre collerette. — Par ext. Gâter, user : cet enfant fripe ses hardes en pieu de temps. — Fig. et pop. Consumer, dissiper en débau- ches : cet homme a fripé tout son bien. — iv Argot. Manger. — * Se friper v. pr. Fam. Etre fripé. S'emploie dans les deux premiers sens du verbe actif : ma robe s'est toute fripée; cette étoffe se fripe facilement. - FRIPERIE s. f. Fam. Se dit des habits, des meubles qui ont servi à d'autres personnes, et qui sont fripés et usés : marchand de fri- perie. — Se jeter, se ruer, se mettre, tomber SUR LA FRIPERIE DE QUELcu'uN, Se jeter sur quelqu'un pour le maltraiter, pour le battie. — Dans une acception plus fig. Se moquer de quelqu'un, en dire du mal : il ne fut pas épargné dans la conversation, on se jeta sur sa friperie. — Fig. et fam. Fiuperie LirrÉuAiRE, vieilleries, lieux conimuns, assemblage d'i- dées, d'images surannées, usées. — Métier d'acheter, de raccommoder et de revendre de vieux habits et de vieux meubles: ii ne si; mêle plus de friperie. — Lieu où logent ceux qui font ce métier: il ne s'habille jamais qu'à la friperie. * FRIPE-SAUCE s. m. Goinfre, goulu. - Mauvais cuisinier : c'est un vrai fripe-sauce. ' FRIPIER, 1ÈRE. s. Celui, celle qui fait le métier d'acheier, de raccommoder el de re- vendre de vieux habits et de vieux meubles : boutique d'un fripier. — Fripier d'écrits, pla- giaire, compilateur maladroit et sans goût. ■ FRIPON, ONNE. s. Celui, celle qui vole adroitement : ce domestique est un fripon. — Personne fourbe, sans bonne foi, qui ne se fait aucun scrupule de tromper : il ne fait pas bon avoir affaire à lui, c'eut un vrai fripon. — Parbadina^e. Enfant vif et malin : c'est un petit fripon. Jeune homme léger et étourdi : c'est un fripon qui se dérange. Femme coquette, adroite et fine : la friponne lui fait croire tout ce qu'elle veut. — s. m. Homme trompeur et inconstant en amour : c'est ungrand fripon. — Adjectiv. ; cet homme-là est bien fri/ion. — En parlant de la mine, du regard, etc. Coquet, éveillé : cette jeune personne a le minois fripon. * FRIPONNEAU s. m. i.dimin. de fripon). — Fam. l'elil 11 ipon. * FRIPONNER V. a. Escroquer, dérober, attraper quelque chose par adresse : il m'a friponne deux cents francs. Se dit aussi en parlant des personnes : il a friponne cinq ou six personnes de ma connaissance. — Absol. Faire des tours, des actions de fripon : c'est un homme qui ne fait que friponner, qui passe sa vie à friponner. •FRIPONNERIE, s.f. Action de fripon : il y a de lu friponnerie à cela. •FRIQUET. s. m. (anc. franc, frisque, éveille). Moineau de la plus petite espèce. — w Argot. Mouchard. " FRIRE. V. a. (lat. frigere). Faire cuire dans une poêle avec du beurre roux, ou du saindoux, ou de l'huile bouillante : frire des so/es. Outre l'infinitif, il n'est usité qu'au singul. du présent de l'indicatif, Je fris, tu fris, il frit; au futur. Je frirai, tu friras, il frira, nous frirons, vous frirez, ils friront; au condi- tionnel présent, Je frirais, tu frirais, il frirait, nous fririons, vous fririez, ils friraient; à la deuxième personne du sing. de l'impératif, Fris; et aux temps formés du participe passé. — Prov. Il n'y arien a frire, il n'y a pas de QUOI frire dans cette maison, il ne s'y trouve rien k manger. Dans le sens contraire. Voila DE QUOI FRIRE, voilà de quoi manger. — N'avoir PLUS de QUOI FRIRE, être ruiné. Il n'y a rien a FRIRE DANS CETTE AFFAIRE, il n'y a rien à gagner dans cette atfaire. — v. n. Cuire dans la friture : la cuisinière a fait frire une carpe. — »-» Argot. Frire UN RIGOLO, voler quelqu'un en lui donnant l'accolade, en ayant l'air de le reconnaître. — Se frire v. pr. Etre frit. * FRISE, s. f. [fri-ze] (bas lat. fresiuni, bro- derie). Archit. Partie de l'entablement qui est entre l'architrave et la corniche : frise enrichie de sculptures. — Par anal., dans d'autres Arts, surface plate et continue formant un bandeau : dans la décoration, les frises sont peintes ou sculptées; dans la menuiserie, elles encadrent les parquets et les panneaux ; dans la serrurerie, elles font partie des grilles et des rampes d'escalier. ' FRISE, s. f. Sorte d'étoffe de laine à poil frisé : manteau doublé de frise. — Sorte de toile venant de Frise en Hollande. — Art milit. Cheval de frise. (Voy. Cheval.) — w Au plur. Théâtre. Bandes de toile, placées au cintre do la scène et figurant des nuages ou un plafond. — Argot. Toucher les frises, ALLER AUX frises, atteindre le sublime sur une scène. FRISE [fri-ze] (holland. Vriesland). I. Province septenlrionaledes Pays-Bas, appelée quelquefois Frise occidentale, bornée au N., à ro. et au S.-O. par lu mer du Nord et par leZuyderzée; 3, "275 kil. carr. ; 4U0,UU0 hab. Elle est coupée par le Grand Canal, ren- ferme un grand nombre de petits lacs et est protégée par des digues. Les principales oc- cupations des habitants sont l'agriculture, l'extraction de la tou'be, la pèche, etc. Ch.-l. Leeuwarden. — 11. Frise orientade, ancienne principauté du Hanovre, faisant niaintenaiit partie de la Prusse, dans le district d'Aurich ; 30,000 hab. Elle était jadis comprise dans le territoire frison. (Voy. Friso.ns.) La Prusse eu prit possession au xviii" siècle. La Frise fut occupée pur les Français de ISOG à 1SI4, et fut bientôt après cédée par la Prusse au royaume do Hanovre, auquel elle appartint jus(iu'en ISlili. ' FRISÉ, ÉE part, passé de Friser. — Drap d'or ou DARC.ENT FRISÉ, cclui qui cst Crêpé et inégal du côté qu'on appelle i'endroil. — Cuou FRISÉ, sorie de chou dont la fouille est toule crêpée. — «* s. m. (Je qui est frisé. — Substantiv. Argot. Juif, juive; allusion à la frisure dos cheveux, qui est un signe parti- culier de la race. * FRISER V. a. [fri-zé] Crêper, anneler, boucler. Se dit principalement eu parlant des cheveux : friser ses cheveux aux fers, au fer. 32 FRIS FRIT FROC avec des fcys, avec le fer. — Se dit aussi en parlant du poil des étoffes : friser de la ratine. — Friser quelqu'un, lui friser les cheveux. — Fig. et lani. Hascr, cl'Ueurer, ne faire que loucber superficielleuienl : le vent frisait l'eau et en ridait Uijércment la surface. — Il a frisé la coruk, se disait autrefois pour faire entendre qu'un homme avait Hd bien près d'être condamné à Cire pendu, ou que c'était un fripon qui avait mérité la corde. {Voyez plus bas un au- tre sens de cette phrase.) — Jeu de la paume. Friser la cohdb, se dit de la balle quand elle passe à llcur de corde, c'esl-à-dire très peu au-dessus de la corde, et qu'ainsi il s'en faut de très peu qu'elle ne soit arrêtée par le lilet, et que le coup ne soit perdu. — Il a frisé la coRDi:, se dit, par une comparaison prise du jeu de paume, de quelqu'un qui a été bien "près de perdre son procès, de succomber à une maladie, ou, en général, de tomber dans quelque malheur. — Friser la quarantaink, l,A cinquantai.sk, etc., être fort près d'allein- dre l'àj-'e de quarante ans, de cinquante ans, etc. — Friser l'impertinem, le fat, etc., faire des actions, leinr des discours qui sen- tent l'imperlinence, la fatuité, etc. — v. n. Se dit des cheveux, des poils qui se crêpent, qui se mettent en boucles : ses cheveux frisent naturellement. — hnpr. Se dit des caractères qui doublent, qui papillotent, c'est-à-dire qui paraissent doublement imprimés sur la feuille, |)ar le défautde la presse oupaïqueique autre cause : cette presse frise considéraOlement. — »» Argot. Krisek a plat, avoir les cheveux plats. Se dit dans un sens ironique. — »» Se friser v. pr. Friser soi, ses cheveux : elle perd bien du temps à se friser. — w Etre frisé. FRISETTE s. f. Boucle frisée. FRISON s. m. Chacune des boucles d'une frisure. FRISON, ONNE s. etadj. De la Frise; qui a rapport ù cetle province ou à ses habitants. FRISONS, peuple germanique, habitant les eûtes iN.-O. de l'Allemagne, une partie des Pays-Bas et quelques iles voisines. César n'en fait pas mention, mais Pliue savait qu'ils habitaient au delà des Bataves. Ils lureut conquis par Drusus, mais regagnèrent bieiitùt leur liberté; la marche des Francs les repoussa jusque sur les rivages de la mer du iNord. Pépin d'Hérislal remporta sur eux une victoire décisive en 689. Dans le siècle suivant. Us furent convertis au christianisme. Les Frisons du S.-O. furent les premiers qui perdirent leur type caractéristique, ainsi que les lois et le langage de leurrace. Au xiii'" siècle, le nom de F'rise appartenait seulement au district situé à l'E. du Zuyderzée.Les Frisons, qui ha- bitaiententre leLauwerzéeetleZuyderzee, op; posèrent une résistance obstinée aux comtes de Hollande et unirent par être annexés à l'empire deCharles-Quint. Ceux qui habitaient entre l'Ems et la Jade devinrent sujets des comtes d'Oldenbourg en 1234. Ceux qui résidaient entre la Jade et le Weser furent subjugués par l'Oldenbourg en 1514. — Le peu de Frisons qui conservent encore leurs anciennes coutumes et leurs dialectes sont divisés en trois branches. Les Frisons de l'ouest habitent la côte E. des Pays-Bas; ceux de l'estviveiitdans lesmarais et lesmarécages du Saterland et dans l'ile de Wangeroog; les Frisons du nordoccupeutlapartieoccidentaie du Schleswig, ainsi que les îles voisines de Sylt, de Fûhr, d'Ainrum et d'Helgoland. Il y a une grande différence entre les dialectes de ces troisbranches. LeF'rison dunord possède, à lui seul, 10 dialectes ditl'érenls. Les dialectes frisons ont beaucoup d'analogie avec l'anglo- saxon. Dans la littérature du vieux frison se trouvent les plus anciennes sources de la jurisprudence allemande. * FRISOTTER v. a. Friser souvent et par menues boucles : elle est toujours à frisotter sa fille. — «» .Se nietti'e en [lelites boucles. — ■ Se frisotter v. pr. Frisotter soi, ses cheveux. iSe se dit guère que par plaisanterie ou par déni;.'ri:nient. PUISQUE adj. Vif et pimpant (vieux.) FRISQUET, ETTE adj. fam. Qui est froid, et piquant : il fait untemps frisquet. — KA\iirh'\A\.: il fait frisquet. •FRISQUETTE s. f. Typogr . Châssis décuupé à jour qui, dans la presse à bra'!, s'abat sur la feuille blanche, lorsque celle-ci est étendue sur le tympan, et empêche que les marges ne soient maculées, ainsi que tout ce quidoitderaeurer blanc. L'action d'abattre ce châssis sur la feuille se dit abaisser la fris- quelle. L'action d'abaisser successivement la frisquette et le tympan s'appelle moulinet. ' FRISSON s. m. (gr. phrissô, avoir froid). Treiiibkiiient causé par le froid qui précède la fièvre : la fièvre est ordinairement précédée par le frisson, d'un frisson. — Fig. Saisisse- ment qui naît de la peur, de l'horreur, ou de quelque autre émotion violente : celtemuuvaise nouoelle lui a causé des frissons. — Emolion légère et même agréable : sentir un doux frisson, de doux frissons. ' FRISSONNANT, ANTE adj. Qui frissonne : feuille fri^ioniiante. ' FRISSONNEMENT s. m. Léger tremble- ment caii<.- [lar les approches de la fièvre : il va avoir la fièvre, il serit déjà un frissonne- ment. — Fig. Frémissement soudain, trouble causé par quelipie émotion très-vive : quand je pense à cela, il me prend un frissonnement. FRISSONNER v. n. Avoir le frisson : la fièvre va l: prendre, il commence à frissonner. — Fig. Se dit, en parlant du frémissement soudain que cause une émotion très vive : quand je songe au péril où je me suis trouvé, je frissonne encore. — Par anal. Se dit d'une chose qui tremble, qui frémit légèrement : les feuilles frissonnent. •FRISURE s. f. [-ZU-]. Façon de friser: cette frisure est belle. — Etat de ce qui est frisé : le vent a dérangésa frisure. — Sorte de petits grains que l'on forme sur les étoffes de laine, sur les draps, sur les ratines, etc., en frisant le poil. * FRIT, ITE part, passé de Frire. — Pop. et fig. Cet homme est frit, il est ruiné, perdu. Tout est frit, tout a été mangé, dissipé, il ne reste plus rien. — w s. f. pi. Argot. Pommes de terre frites. FRITEAU ou Fritot s. m. Façon d'apprêter certains mets en les faisant frire après les avoir saupoudrés de farine ou entourés de pâte. •FRITILLAIRE s. f. [fri-til-lère] (lat. fri- lillus, cornet à jouer aux dés). Bot. Genre de liliacées comprenant plusieurs espèces de plantes bulbeuses, dont la Ueur, semblable par sa forme à celle de la tulipe, est parsemée de petits carreaux blancs et rouges imitaut les cases d'un échiquier. FRITSCHAhasver), savant allemand (1629- 17ulj, auteur de plus de 200 écrits ascétiques, de morale et de jurisprudence et commen- tateur de 9 volumineuses collections . Ses ouvrages les moins oubliés sont un Traité concernant les imprimeurs et un Discours sur la répression des abus de l'imprimerie. « Ce qu'il y a de plus remarquable dans ce dis- cours, dit Crapelet, c'est que l'auteur, qui a plus contribué que vingt auteurs ensemble à multiplier les livres, gémit sur leuraccroisse- ment rapide et demande en conséquence la réduction des imprimeries. Heureusement que le bon docteur, ses doctrines et ses deux cents ouvrages dorment en paix dans le lexicon deJocher, tandis que la presse travaille incessamment au bien-être et à l'amélioration de la société, qui n'a plus rien à redouter de ses ei-arls passagers. » FRITTAGE s. m. Action de fritter; résultat de celle action. * FRITTE s. f. (rad. frire). Verrerie. Mé- lange de substances terreuses et de substances salines, auquel on a fait éprouver un com- mencement de fusion jiour en former le verre. — Aition de cuire ce mélange. FRITTER v. a. Faire chauffer les matières, employées à la fabrication du verre et de lé- mail. pour obtenir un commencement de vi- trification. * FRITURE s. f. Action ou manière de frire : l'huile est bonne pour la friture. — Beurre, huile ou graisse qui sert à frire, et qu'on garde ensuite pour le même usage : friture trop vieille. — Par ext. Poisson frit : il ne mange poinl de friture. FRITURIER, ÈRE s. Celui, celle qui fait de la futur.', ou qui en vend. * FRIVOLE adj. (lat. frivolus). Vain et léger, qui n'a nulle importance, nulle solidité ; s'oc' cuper sérieusement d'objets frivoles. — Se dit aussi des personnes : tête frivole. — s. m. En parlant des choses. Ce qui est frivole : il doniii' dans le frivole. FRIVOLEMENT adv. D'une manière frivole, légère. * FRIVOLITÉ s. f. Caractère de ce qui est frivole : il y a bien de la frivolité dans cet ouvrage. — Chose frivole : ne s'occuper que de frivolités. — Petite dentelle de colon. FROBEN (Jeani, Frobenius, célèbre impri- meur, mort en 1.Ï27 a Bâie, où il s'était établi en li'Jl, se distingua par la correclion, la beauté et le grand nombre de ses éditions; fut intimement lié avec Erasme qui demeura longtemps dans sa maison et qui dédia à l'un de ses fils son livre des Colloques [Voii). FROBISHER (sir Martin) [fro'-bi-cheur] , exploiuteur anglais, mort en 1394. En juin 1570, il partit avec trois navires, à la recherche du passage du nord-ouest; il atteignit le La- brador et le Groenland, découvrit la baie qui porte son nom et revint en octobre. En 1577 il commanda une nouvelle expédition pour les mêmes régions, et en Ia7i> en dirigea une autre, composée de 15 navires qui furent dispersés par les tempêtes. En i'68H, il fut fait chevalier pour ses services contre l'Armada espagnole. Il commanda ensuite une flotte sur la côte d'Espagne et, en 1394, soutint Henri IV contre les ligueurs et les Espagnols. FROBISHER BAY, bras de mer de l'Améri- que anglaise du nord, sur l'Atlantique; long de 3lj0 kil. et large de 50 kil. La baie de Fro- bisher se trouve au N. du détroit d'Hudson. * FROC s. m. [froli] (lat. froccus, corrupl. de floccus, flocon de laine). Partie de l'habit mo- nacal qui couvre la tête et tombe sur l'esto- mac et sur les épaules. Tout l'habit. — Pro- fession monacale : cet empereur voulut mourir dans le froc. — Prendre le froc, se faire moine. Porter le froc, être moine. — Quitter LE FROC, sortir d'un monastère avant d'être proies. — Jeter le fkoc aux orties, renoncer à la profession monacale. Par exl. Renoncer à l'état ecclésiastique. — Se dit aussi de toute personne qui, par inconstance, renonce àquel- que profession que ce soit. FROCAILLE s. f. [Il mil.]. Par dénigr. Gens defioc. * FROCARDs. m. Fam. elpar mépris. Moine. FROCHOT (Nicolas-Thérèse-Benoit, comte ), conslitiianl, ne a Aiguay-le Uuc (Côte-d'Or), en 1761, mort à Etuf (Côte-d'Oi) en 1Si8. Il se distingua surtout par son amitié pour Mira- beau, dont il fut l'exécuteur testamentaire. L' FROI reparut sur la scène politique après le 18 bru- maire. Nommé préfet do la Seine, il crj-'anisa l'administration préfoclorale. Destitué après la conspiration de Malet, qui surprit sa bonne foi, il servit la Restauration, fut nommé préfet pendant les Cent-Jours et abandoima la vie politique en 181.5. FRODOARD. Voy. Flodoard. FROEBEL [freu'-bèl] (Friedrich), professeur allemand, fondateur du système appelé le Kinckrgarten, jardin d'enfants, né en 1782, mort en t8o2. 11 publia le premier volume de son ouvrage sur l'éducation en 1826 et en- suite dirigea un journal hebdomadaire. En 1837, il ifonda une école modèle pour les petits enfants à Blankenburg (Thuiin^'e), et, plus tard, une école normale pour les institu- trices à Marienthal. près de Liebenstein, dans la Saxe-Meiningen. La grande libei'té accor- dée aux enfants (il naître contre le système Froebel des accusations d'athéisme et de so- cialisme et, en 18.51, les A'm(ier;/(ir(e« furent prohibés en Prusse. FROHSDORF ou Froschdorf, bourg et châ- teau de la basse Autriche, sur la rive droite de la Leithe, :i 4ii kil. S.-E. de Vienne ; 400 hab. Le magnifique château de Frohsdorf, entouré d'un vaste pare, appartint au moyen âge à la famille Crottendortf ; il fut acheté en 182'2 par la reine Caroline, veuve de Murât, et, en 1844, par la duchesse d'Angoulême, qui s'y fixa. A la mort de cette princesse, son neveu, le comte de Chambord, en pritposses- sion , en fit sa résidence habituelle et y mourut le 25 août 18S3. •FROID, OIDEadj. {laiL frigidus). Qui est privé de chaleur, qui communique ou qui ressent le froid : te cadaore était déjà froid. L'autre, plus /roicï quL' n'est un marbre, Se couche sur le nez.. . La FONTIINB. En des sens analogues : tempérament, cerveau froid, etc. — ViiïEUENT FROID, vêtement qui ne garantit pas assez du froid. — L.\ cuisl'^ie de cette .mai- son EST bien fhoide; il n'y a rien de si froid, DE PLUS FROID QUE l'aTRE DE CETTE MAISON, Se dit d'une maison OÙ l'on ne fait qu'un très petit ordinaire, qu'une fort mauvaise cuisine. — Il ne TROUVE RIEN DE TROP CUAUD NI DE TROP FROID, IL n'y A RIEN DE TROP CHAUD NI DE TROP FROID POUR LUI, se dit d'un homme avide qui veut tout avoir, qui prend de toutes mains. — Hum:;urs FROIDES, scrofules ou écrouelles. — San'G-froid. (Voy. ce mot dans la lettre S). — Refroidi : si nous attendons encore, le diner .sera froid, tout froid. — Dùeuner froid, dé- jeuner composé de mets froids. — Via.ndes FROIDES, viandes préparées pour être mangées froides: te jambons, les langues fourrées, les daubes, etc., sont des viandes froides. — Qui sert à corriger l'excès de la chaleur ani- male ; qui la détruit: tes quatre semotees froides. — Fig. Flegmatique, sérieux, indill'é- rent, qui ne s'éineulpoint ; il (rot/iiil nous faire rire, mais tout le monde demeura froid. — C'est unktéte froide, se dit d'un homme sage et calme qui ne s'échaull'c pas faciliuneiU ni sans motif. Dans le mèiiie sens, Esprit khoid. — Faire le froid, faire le réservé, l'indif- férent, ne témoigner nul empressement. — Ami froid, celui qui ne se porte pas avec chaleur à secourir son ami. — Orateur froid, orateur dontl'action n'est point animée, qui ne touche point ses auditeurs, ot qui ne parait pas lui-mônic touché. - Imagination FiioiDE, imagination dépourvue de chaleur, d'activité, d'énergie. — Se dit de l'air, du Ion, lies discours, dans un sens analogue ii celui qui précéile : faire froide mine à quel- qu'un. Se dit même des sentiments e' des actions qui inarquenl de l'insensibilité . /iuwi<; '^05 FROI ' ] froide et réfléchie. — Battre froid, recevoir ] une proposition d'une manière qui fait voir qu'on n'est pas disposé à l'accepter. - Faire FROID, et plus souvent, Battre froid a quel- qu'un, le recevoir avec moins d'empressement, avec un visage moins ouvert qu'à l'ordinaire. I — Fig. En parlant des ouvrages ou des traits I d'esprit; qui n'a rien d'animé, de touchant, [d'intéressant, de piquant: cette tragédie est 'froide. Dans un sens analogue. Ecrivain, auteur froid, dont le style est froid, dont les ouvrages sont froids. — Peint., Sculpt., etc. Qui manque de feu, d'âme, d'cxpres- I sion : ce dessin est correct, mais il est froid. j — Se dit également du manque d'éclat et de vivacité dans les Ions, dans les cou- I leurs, dans le coloris : cotons froid et mo- notone. — A froid lûc. adv. Sans mettre au feu: forger un fer à froid. — Fig. S'em- ploie pour exprimer l'absence de verve ou de passion : faire de l'enHinusiasme à froid. — Froid (Production industrielle du). • FROID s. m. [froi] (lat. frigits). Privation, absence de chaleur ; sensation que fait éprou- ver l'absence, la perte, la diminution de la chaleur : éprouver une sensation de froid. Poétiq., le froid des ans, des années, de la vieillesse. — Prendre froid, éprouver un refroidissement. — Souffler le chaud et le froid, louer et blâmer une même chose, parler pour et contre une personne, être tour à tour d'avis contraires. — Cela ne lui FAIT NI FROID NI CHAUD, Se dit d'un hommc qui reste indifiérent sur une affaire. — Cela NE FAIT NI CHAUD NI FROID, sc dit de Ce qui ne sert ni ne nuit à une alfaire. — Faire FROID, BATTRE FROID, etc. (Voy. Froid, adj.) — Pop. Il n'a pas froid aux yeu.x, il est brave, résolu. — Froid de l'air, élat de la tempé- rature quand elle est froide; alors se met quelquefois au pluriel : les premiers froids sotit les plus sensibles. — Fig. Air sérieux et composé, et qui ne marque nulle émotion : cet homme est d'un froid gui glace tout le monde. — Il y a du froid entre eux, se dit en parlant de deux personnes dont l'amitié a soulTert quelque altération. — Fig. Manque de chaleur, de mouvement, d'intérêt dans les ouvrages d'esprit: il'y a un peu de langueur et de froid dans le qiiatriême acte de ee drame. — Asphyxie par le froid. Le froid produit l'asphyxie par arrêt de la circulation pulmonaire. On doit mettre le malade dans un bain d'eau froide; on verse ensuite peu à peu de l'eau chaude dans ce bain pour en élever graduellcincnt la température; on porte ensuite l'asphyxie dans un lit ot on lui donne des soins appropriés. (Voy. Asphyxie.) * FROIDEMENT adv. De telle sorte qu'on est exposé au froid : vous êtes logé, velu bien froidement. — Fit;. D'une manière sérieuse et réservée : il m'a répondu froidement. — Sans passion, sans émotion, avec insensibilité: il calcule froidement ce qui peut lui rester de vie. ■ FROIDEUR s. f. Qualité de ce qui est froid : la froid,ene du marbre. — Fig. Se dit au sens moral ; la froideur de l'imagination. — Fig. Froid accueil, air froid, inditféronce; dans ce sens, peut s'employer au pluriel: les froidettrs d'une maitresse. Dans un sens anal. La froideur d'un accueil, d'une réception, d'une répionse, etc. — Il Y A de la froideur kntre eux, se dit on parlant de deux personnes qui ne vivent plus ensemble avec la ravant. l'UOI. 33 même amitié qu'aupa- * FROIDIR V. n. Devenir froid après avoir été ch.'iud : ne laisse- pas froidir le diner. — Se froidir v. pr. S'emploie dans le même sens i]ue le verbe neutre: les viandes se froi- rfisit.v(«. Ce mol a vieilli ; on dit, Refroidir, SE RM Ci'inill. • FROIDT'RE s. f. Fi'oiJ répandu dans l'air : la froidure d'un climat. — Hiver; dans ce sen.' n'est guère usité qu'en poésie. Le temps ;t laissié son maDteiiii De vont, de froidure et de pluve. Et s'est veslu de brodcrye Do foleil luis.liit clair et beau. 11 n'y a be.ste ne oyseau Qu'eu son jarçon ne chaule ou cryè: Le temps a laissié son manteau De vent, de p-oùUur et de pliiye. CiiAitr.ES D'OnLKlws. •FRGIUUREUX, EUSE adj. Qui amène la froidure : la saison froidurcuse (vieux). — Sujet à avoir froid : vous voilà bien vêtu rmtr la saison, vous êtes bien froidureux. — A vieilli ; on dit, plus communément, Frileux. FROISSABLE adj. Qui peut se gâter par le froi.-seinont. — Fig. Qui est facile à frois- ser, il otlVnser. FROISSAGE s. m. (rad. froisser). Action de froisser. — Huile de froissage, huile obtenue par le premier pressurage des graines, cl sans exercer une action mécanique bien violente. FROISSART (Jehan ou Jean), chroniqueur français, né à Valenciennes en 1337, mort vers 1410. Il avait à peine 20 ans lorsque Robert de Namur l'engagea à écrire des chroniques. Il embrassa la prêtrise et devint, en 13G2, chapelain et secrétaire de Philippa de Hainau, femme d'Edouard III d'Angle- terre; il fut ensuite successivement, attaché à plusieurs princes et à des seigneurs, et fit de longs voyages en Europe. Sans prédilec- tion pour son pays et sans aucune tendance politique, il décrivit exactement les spectacles, les fêtes et les exploits individuels, dont il était témoin. Ses chroniques présentent un tableau fidèle de son époque, il les compléta dans les dernières années de sa vie; il était alors chanoine de Chimay. Ces chroniques s'étendent de 1326 à 1400; elles parurent d'abord à Paris vers 1498, sous le titre de Chroniques de France, d'Angleterre, d'Ecosse. d'Espagne, de Bretagne, de Gascogne, Flandres et lieux d'alentour. Henry VIII les fit traduire en anglais sous le titre de Chronicles of En- gland (î vol. in-lol.,1523-'2o). Une traduction plus exacte et plus savante fut faite par Tho- mas Johnes(4 vol. in-4°, 1803-'.5, réimprimés plusieurs fois). La meilleure édition française est celle de Buchon (15 vol., 1824); elle lui augmentée, sous un nouveau titre, dans le Panthéon littéraire {i&3'6-'36). • FROISSEMENT s. m. Action de froisser ; effet, résultat de cette action: cette étoffe a perdu sa fraîcheur par le froissement. — Fig. En parlant des intérêts, des opinions. Ce qui heurte, ce qui blesse : il éprouva beaucoup de froissements dans cette société. "FROISSER v. a. (lat. fressus, brisé). Meur- trir par une pression violente : ce cabriolet l'a pressé contre la muraille, et l'a tout froissé. - Frotter fortement : froisser des cailloux l'un contre l'autre. — Chitl'onner -.froisser du drap, du satin, à force de le manier. En un sens anal. : froisser des épis, des lleursdnns sa main. — Fig. Blesser, heurter, choquer, surtout en parlant d'intérêts, d'opinions, etc.: il ne faut pas froisser les opiinions de ceux qu'on veiU persuader. — Se froisser v. pr. Se piquer, prendre de l'humeur: cet honune se froisse d'un rien. FROISSEUR, EUSE adj. Qui froisse, qui sert il Ir. lisser: cylimhe fruisseur. FROISSIS s. m. Bruit de choses qui se froissent. • FROISSURE s. f. Impression qui demcuie à un corps iiui a été froissé : ta froissure de cette ètolfe ne disparaitruit pas sous le fer. FROISSY, ch.-l. de cant., arr. elà29kil de C.leiinont (Oise) ; 581 hab. • FRÔLEMENT 3. m. Action de frôler; cïel III. 34 FROM FROM FRO\ d'une chose qui fiûlc; le frôlement de la langw: contre le piilais. • FRÔLER V. a. Toucher léfffcremeni en passant : la lanf/ue frôle le palais quand on prono'ice l'L ou l'R. ' FROMAGE s. m. {vieux franc, format/c; du lai. fonii'i, (onna). Sorlo d'alicni'iil qui fc l'ail do lail séparé dosa sérosilé, qu'un appelle pclil-laiL : le fromnije ne se sert ordinairement qu'à la fin du rc/nts. On a snili do luin cet énorme fi'omaffe, . Qui duil tout son mérite .lux oiitr.ages du temps. Biincaoux. La Gustronomic^ chant IV, 1803. — Pain, niasse de froniafrc : faire éyoullcr dos fromages. — Iîntriv la poitiB et le FiioMAcrc, sur la (In du repas, lorsque la paielé que diiiino la bonne ehère l'ail <|u'on parle lihrc- mciil. — l'iiosiAGE A LA r.HKME, Ifoinagc l'rai- eliemeiil fait qu'on délaye avec de la crème de lail, el auquel on môle ordinairenienl du sucre pulvérisé. — Fivouaok a la glace, ou Imiomagk glack, mets composé de crème el de sucre, auquel on joint ordinairement qucl(|ue autre substance aj;réable au goût, cl dont le niélanf-'ocst fortement frappé de glace. — Cbarcut. KitoMAfiic ue cochon, chair de porc hai'liée, ai'comniodéo d'une certaine manièi-e, et à laquelle on donne ordinairement la foi'me d'un fromage. — Kncycl. Le l'romage se cojii- pose de caillebollo. séparée du pctit-lail et comprimée en une masse solide. La caillebute consiste en caséine, en beurre et en une por- lion d'eau el de constituants salins du lait, auxquels on ajoute souvent un peu de sel pen- dant la fabrication. La proportion du beurre est sujelte aux plus grands changements. Analysé par Scherer, le fromage consiste (déduction laite des cendres), en o2,7 de carbone, 7,2 d'hydrogène el io,(j d'azote. Walther el Vor- deiï y ont trouvé une partiede soufre. Mulder y découvrit Op. lOl) do phosphate de calcium, lequel est précipité par l'addition d'un aciib/. C'est pourquoi on a conclu que la caséine pure ne peut exister que sous une condition soluble, et que, lorsqu'elle est précipitée |iar coagulation, elle se dépouille d'une partie de ses constituants. Dans la fabrication du fro- mage, la coagulation du lait peut être eil'ec- tuée soit eu ajoutant un acide, comme cela a lieu en Hollande, soit en soumettant la ca- séine à une fermentation particulière activée par l'action de la présure, ce qui est le mode ordinairement employé. La présure est pré- parée avec le quatrième estomac du veau; on essuyé cet estomac avec un linge, on le sau- poudre de sel et on le fait sécher en plein air a une température modérée; quand on veut s'en servir, on le trempe dans du pelil-hiit ou dans de lasaumure. La théorie de l'action de la présure n'est pas considérée comme étant bien établie. Pasteur regarde le procédé comme le résultai d'un développement constant de très petits champignons. La fabrication du fromage au moyen de présure est aujourd'hui adoptée presque partout. Mais la coagulation du lait à l'aide de l'acide hydrochlorique, telle qu'elle est pratiquée en Hollande, mé- rite plus d'attention qu'on ne lui en accorde. Ce procédé oll're beaucoup moins de difficulté que l'emploi de la présure. La coagulation, plus complète, donne une augmentation de produit. Tout le beurre est conservé dans le lait caillé et le danger d'unenouvelle fermen- tation est de beaucoup diminué. Ou peut classer les fromages en ; fromages à la rrème, fromages fabriqués avec tout le lait, fromages de lail écrémé et fromages de lait aigre. A la première classe appartiennent le neufchâtel, le vaschrein,le brie, le cheddaret le cathers- tone. Le neufchâtel est fait avec de la crème pure épaissie parlachaleuietcomprimée dans un moule. On le fabrique à iSeufchàlel-en- Bray, petite ville du dép. de la Seine-infé- rieure, à 40 kil. iN.-E. de Kouen.On affine les fromages de .Neufchâtel en les plaçant, quand ils sont socs, sur des couches de paille où on les retourne tous les jours. Le brie s'afliiie, une fois dossédié, dans des tonneaux, par couches que sépare de la paille. D'ailleurs, le principe est bnijours le m<^me, <]u'il s'aglsphant à son poste (3 février 1653). Un grand nombre de frondeurs furent bannis et les esprits s'a- paisèrent peu à peu. * FRONDER V. a. Jeter, lancer avec . une fronde ; fronder des pierres. — Absol. De petits garçons qui s'amusent â fronder. — Par ext. Se dit, en parlant de tout ce qu'un jelte avec violence : ii lui fronda une assiette à la iéle. Dans ce sens il a vieilli. — F'ig. Blâmer, condamner, critiquer: i7 n'eut jms sitôt ou- vert la bouche, que tout le monde le fronda. — Absol. Parler contre le gouvernement; en général, montrer une humeur morose, cha- grine, d'isapprouver, blâmer tout : c'est un homme qui passe sa vie à fronder. "FRONDEUR s. m. Celui qui lance des pierres, dos balles, ai-ec une fronde : les an- ciens avaient des frondeurs dans leurs armées; les habitants des ilcs Baléares passaient pour être les ylus habiles frondeurs. — Fig. Celui qui parle contre le gouvernement; celui qui montre une humeur morose, chagrine, qui désapprouve, qui blâme tout : c'est un fron- deur éternel. — Celui qui contredit, qui cri- tiijue, qui blâme : cet omraqe a eu presque autant de frondeurs que d'approbateurs. — Adjecliv. .S'emploie dans les deux derniers sens et dans ce cas a un fém. Frondeuse : jeunesse frondeuse. FRONDIBALE s. m. (de fronde, et du gr. ' ballein, lancer). Ancienne machine de guerre qui lançait dos pierres. FRONDICOLE adj. (lat. frons, frondis, feuil- lage ; eolo, .l'habite). But. Qui vit ou croit sur les feuilles. FRONDICULÉ, ÉE adj. Zooph. Qui est ra- moux, qui a la l'urmc d'une bianche d'arbre. FRONDIFÈREadj. {\.d. frons, frondis, fcuil- lagr ; firu, je poi'to). Qui porte des feuilles ou dos oxp.in.^iiuis fnliacocs. FRONDIFORME adj. Qui a la forme d'une fouille. FRONDIPARE adj . (lat. frons, frondis, feuil- lage; p'irio, j'oiilanlo). liut. S'' dil dos Heurs et des fiiiiL- quo pi'udu's.-nt un r.imcau. FROWDU, OE adj. Carni de branches et de feuilios. FRONSAC, ch.-l. de cant., arr. et à 3 kil. N'.-O. de Libourne (Gironde), sur la rive droite de la Dordogne ; 1,444 hab. Ancienne seigneurie, érigée en comte (liiol). en mar- quisat (l.ïou) et en duchc-pairie (1008). Le duché de Fronsac fut acquis par Richelieu, qui le donna à l'amiral do Brézé. FRONSADOIS ou Fronsaguez. Frontiacensis arjer, ancien pays du Boriiolais, aujourd'hui compris dans l'arr. de Libourne ; ch.-l. Fronsac. * FRONT s. m. [fron] (lat. frons, frontis). Partie du visage qui est comprise entre la ra- cine des cheveux et les sourcils : avoir des rides au front, sur le front. — Fig. N'avoir point DE KRONT, n'avoir ni honte ni pudeur. — Par ext. Tout le visage : la jeunesse au front riant. — Tête, surtout en poésie et dans le style élevé : courber, humilier son front ; lever, rele- ver le front. Ne s'emploie guère que dansées sortes de phrases, pour exprimer l'humilia- tion, l'abaissement, la servitude, ou la fierté, la révolte, etc. — Il marche, il peut marcher LE FRONT LEVÉ, il n'a pas à craindre de re- proches.— Fig. Trop grande hardiesse, impu- dence : aura-t-il le front de soutenir ce qu'il a ditt — Fig. Un front d'airain, une extrême impudence ; cet homme a un front d'airain ; ou, dans le même sens, c'est un front d'airain. — N'avoir POINT de front, n'avoir ni honte ni pudeur. — Devant de la tête de quelques animaux ■. cheval qin a une étoile au milieu du front. — Fig. Etendue que présente la face d'une armée, d'une troupe, d'un bâtiment: l'armée présentait un grand front. — Passer SUR LE front d'une TROUPE, passer devant le front d'une troupe rangée en bataille. — • Faire fliont, se dit d'une troupe qui était par le tlanc, et dont les hommes se tournent de manière à présenter le front : onfait toujours front par le prender rang. Parellipse, en termes de commandement: à gauche, a droite, front. — Front de bandiêre, ligne des étendards et des drapeaux à la tôle dos corps campés : les grand'gardes et les faisceaux d'armes sontpla- césen avant du front de bandiêre. — Poétiq. Cime, sommet : ces rochers qui cachent leur front dans les nues. I Cependant que moa front, au Caucase pareil. I La Fontaine. — De Front loc. adv. Par devant : attaquer l'ennemi de front. — Heurter de front les l'uÉJUGÉs, les attaquer sans ménagement. — Côte à côte : cette rue est assez large pour que deux carrosses y puissent j^asser de front. — Fig. Faire marcher, mener deux affaires, deux intrigues DE FRONT, s'occupor de deux attaires, de deux intrigues en même temps. * FRONTAL, AUX s. m. Chir. Bandeau ou topique qu'on applique sur le front : mettre tm frontal pour apaiser le mal de tète. — Ins- trument de torture, fait d'une corde à plu- sieurs nœuds, dont on serrait le front de la personne à laquelle on voulait arracher quoi- que aveu. — ivAnt. gr. Pièce de métal qui, dans le casque, descendait entre les yeux jusqu'au-dessous du nez. * FRONTAL. ALE, AUX adj. T. d'Anat. Qui a npport ou qui appartient au front: os fron- tal ou coronal. ' FRONTEAUs. m. Sorte de bandeau appli- qué sur le front. N'est guère usité qu'en par- lant des Juifs, qui avaient coutume de porter des bandeaux sur lesquels le nom de Dieu, ou quelque passage de l'Ecriture sainte, était écrit : quand les juifs prieyU Dieu dans leurs synagogues, ils se mettent le f rouleau. — Partie de la têtière qui passe au-dessus dos yeux du cheval. — Morceau do drap noir dont on couvre le front d'un cheval, quand on lonliar FRONTENAC (Louis de Buadr, comte de), gouverneur français du Canada, né vers 1620, mort en 1698. Nommé gouverneurgénéral du Canada par Louis XIV, en 1672, il fit cons- truire de suite le fort Calaroconi ou Fronte- nac, sur le lac Ontario. Il envoya Marquette al Joliel explorer le Mifsissipi et fut le pro- tecteur fidèle de La Salle, mais il fut corapro- ra s dans des intrigues avec l'intendant Du- chesnau et avec les autorités ecclésiastiques et fut rappelé en 1682. Il devint de nouveau gouverneur eu 1689 et termina une vigou- reuse campagne contre les colonies anglaises en repoussant leurs armées de terre et de mer commandées par sir William Phips, devant Québec, en 1690. Il envoya ensuite des troupes sur le territoire Mohawk, restaura le fort Fron- tenac et rétablit l'influence française parmi les Indiens. En I69G, il conduisit une armée au milieu de la colonie de New-York et ra- vagea l'Onoudaga etl'Onéida. Par ses exploits militaires, il rétablit la fortune chancelante de la France en Amérique; malheureusement il mourut pou après. FRONTENAY, ch.-l. de cant., arr. et à 10 kil. S.-O. de Niort ( Deux -Sèvres ) ; 1,939 hab. La seigneurie de Fronlenay fut érigée en duché-pairie en 1714, sous le nom do Rohan-Rohan. ' FRONTIÈRE s. f. (rad. front). Limites, confins d'un pays, d'un Etat, en tant qu'ils le séparent d'un autre pays, d'un autre Etat : la frontière est bien garnie, bien défendue. — Adjectiv. Qui est limitrophe, qui est sur les limites d'un autre pays : province frontière. FRONTIGNAN s. m. Vin muscat liquoreux, d'une qualité supérieure, que l'on récolte près de Frontignan. FRONTIGNAN, Forum Domitii, ch.-l. de cant., arr. et à ii kil. S.-O. de Montpellier (Hérault), sur l'étang d'Ingril; 3,902 hab. Sa- lines produisant annuellement 200,000 quin- laiix métriques de sel marin. Vignoble de 230 hectares produisant 230 hectolitres d'un vin muscat liquoreux, universellement connu sous le nom de vin de Frontignan. Remar- quable hôtel de ville. fRONTIN (Sextus-Julius Frontinus), écri- vain latin, no vers iO ap. J.-C, mort vers 106. Il fut préteur de Rome, trois fois consul et proconsul en Bretagne. On a de lui : Stra- tagematicon, recueil de faits de guerre en 4 livres, traduit en français par Ch. Bailly (Paris, 1848, in-S»), et De aqu^ductibus urbis liomse, statistique des aqueducs de Home sous Nerva; traduit en français par Ch. Bailly (Paris, 1848). On lui atlribue aussi, mais à tort, le De rc agraiia et quelques fragments de De Coloniis et de Limitibus. FRONTIN s. m. Personnage de l'ancienne iMimodio, Ivpe du valet ell'ronté, spirituel et propre à l'intrigue. * FRONTISPICE s. m. (lat. frons, frontis, fa- çade; inspicere, regarder). Face principale d'un grandbâtinient : le frontispice duLouvre. — Typogr. Titre d'un livre, placé à la pre- mière page et accompagné de vignettes ou d'une gravure représontaut, d'une manière svnibolique, le sujet de l'ouvrage. — firavure placée en regard du titre et doiit le sujet est analogue au but et à l'esprit du livre. Le pre- mier ouvrage où il y ail un frontispice est le Calendarium, de Regioiuonlanus(Venise, 1746, in-l°). • FRONTON s. ra. Ornement d'architecture qui est fait ordinairement eu Irlangle, et qui se met en haut de l'entrée d'un bâtiment, au-dessus dos portes, des croisées, etc. : fron- ton orné de figures, de bas-reliefs.— .Mar. Pa^ tic sculptée du couroniiemont d'un vaisseau, naclie de deuil. — v% Sorte do bandeau que au-dessus de sa galerie. Dans ce sens, on dit portent les religieuses. ' plus ordinaircineiil, TaulicaU. 30 FROT FRONTON, ch.-l. de canl., arr. el à 28 kil. N. do Toulouse (Haiite-Grironnc); 2,328 hab. 1,800 lioclarcs de vi?iics pioiliiisaiit les vins le: plus estimés du départcmeiil. FROQUER V. a. Revôtii- d'un froc: faire ni'iiiic. FROSINONE [fro-zi-no'-né] (anc. Frusino). ville d'IUihe, à 80 kil. E.-S.-K. de Rome; 10,18ii li.ib. C'est le rqmlez-vous favori dos artistes, à cause du costume pittorcsi|uc des femmes. Les environs produisent de bons vins. Elle était .lutrofuis la capitale d'une lé- gation p.ip:ile du mémi' nom. FROSSARD Charles Auguste), général fran- çais, né le •2Ci avril IS!)7, mort à Cbàteau-Vil- !ain, le 2 sept. )S7;1. Il servit plusieurs années, en Algérie, commanda le corps du f-'énie en Crimée, fut aide de camp de Napoléon on Italie (I8:j9) et ensuite f^otivorncur du piince impérial. Nommé commandant du 2' corps de l'armée du Uliin, avec l'espoir de de- venir maréchal, il ouvrilla guerre de ISTOen attaquant Sarrcbriick, le 2 août, mais il fut balUi sur les haMl,cursde Spicbci-en (Forbacb), le fi aoiU, se retira à Metz, assista aux ba- tailles de Courcelles, de Mars-la-Tour et de Gravolottc et souscrivit à la capitulation de Metz. Il écrivit, pour sa juslification, un Jla;)- port sur les opc)\Uions du 2° corps en 1870 (2 vol. 1872). FROTTADE s. f. Se dil surtout d'une tar- tine de pain frottée d'ail : une frottadc d'ail, ime froltddc. •FROTTAGE s. m. Travail de celui qui froltc : prix du frottage. FROTTE s. f. Argot. Traitement que suivent les galeux dans les hôpitaux, où on les frotte avec de la pommade soufrée. * FROTTÉ, EE part, passé de Frotteii. — Fig. Qui a reçu une légère teinte de quelque chose : il rsl frotté de grec et de latin. 'FROTTÉE s. f. Pop. Volée de coups : il a reçuunc bonne frottée. ' FROTTEMENT s. m. Action de frotter, action de doux choses qui se frottent : élec- triser toi corps par le froUcment. — Fig. et fam. Commerce, fréquentation : le frotte- ment du monde, de la société. — Mécan. Le frottement est la résistance qui s'oppose au mouvement ou au glissement de deux corps en contact. Il est de deux espèces : le frotte- mont par glissement et le frottement par rou- lement. Le frottement dépend essentiellement du poids du corps, ou mieux de sa pression sur le plan; el il varie suivant la nature des pièces eii contact. — Les roues sont généra- lement montées sur des arbres ou essieux dont les extrémités amincies et cylindriques, appelées tourillons, reposent sur el prennent leur mouvement de rotation dans des boites et des coussinets. Les tourillons absorbent un frottement qui nécessite un graissage fré- quemment renouvelé. Les premières expé- riences sur le frottement de glissement furent laites par Coulomb à Rochefort vers 1780. Les conclusions générales auxquelles il arriva sont les suivantes : 1° le frottement le plus grand eslceluiquia lieuentredeux corps rugueux; "2° il est encore plus grand entre les corps de matières semblables qu'entre les corps de matière diU'érente; 3° les surfaces frottantes restant les mêmes, le frottement est propor- tionnel à la pression et il n'est ni augmenté, ni diminué par l'augmentation ou la diminu- tion des surfaces. Des expériences faites par Morin en 183l-'34, quoique ayant produit quelques résultats diderents, maintiennent les conclusions générales de Coulomb. Le frottement développe toujours la chaleur proportionnellement à sa force, ainsi qu'il a été démontré par les expériences du comte Rumford, deDavy, de Ttiomson, de Mayer et de Joule. FRUC * FROTTER V. a. (la',, friclum). Passer une choso sur une autre à plusieurs reprises, ni en appuyant, en pressant : se faire frotter après avoir joué à la paume, ou après avoir fait quelque autre exercice violent. — Oindre, enduire, en frottant : frotter des meubles, un parquet avec de la cire, pour les rendre lui- sants. — Frotter avec de la cire ou avec quel- que autre cliose semblable : frotter le parqu' i d'un appartement ou frotter un apparlemenl . ICrnployé sans répime, s'entend presque lou- ioursdosparquets,desplaii''li' is -.ce domestique sait frotter. — Peint. Appliquer une légère couche de couleur sur celle qui fait le fond d'un tableau. — Fig. et farri. Battre, frapper, maltraiter : les ennemis ont été bien frottés dans cette rencontre. On dit de mênv, Fiiotteh LES oreilles A QUELQU'UN. — V. n. Se dit d'uno chose qui passe, qui glisse sur une autre ou contre une autre, en exerçant quoique pres- sion : une des mues frottait contre la caisse de la voiture. — Se frotter v. pr. Frotter soi : se frotter avec lam'.iin; ks attdoles se frottaient d'huile avant que de lutter. — Fig. ci fam. Se frotter a ql'elqu'u.n, avoir commerce, com- munication avec quelqu'un : il fait bon se frotter aux savants, on apprend toiijours quel- que chose. S'attaquer à quelqu'un, le provo- quer, le défier : c'est un homme auquel il est dangereux de se frotter. — Ne vous y frottez PAS, JE NE vous conseille PAS DE VOUS Y FROT- TER, etc., se dit lorsqu'on veut dissuader quel- qu'un de faire une chose que l'on croit dan- gereuse pour lui. — Prov. et lig. Qui s'y FROTTF,, s'y pique, se dit en parlant d'un homme qui ne se laisse pas atla(juer impu- nément. — V. récipr. Se frotter mutuollo- ment : se frotter l'un contre l'autre; se frotter l'un t'anlrc. ' FROTTEUR s. m. Celui qui frotte les planchers, los parquets. — »v Phys. Se dit dos coussins contre lesquels frutle le plateau d'une machine électrique. * FROTTIS s. m. PeinU Couleur légère et transparente qu'on étend sur une peinture pour imiter certaines nuances do la nature : on ne trouve dans ce tableau ni glacis, ni frottis. * FROTTOIR s. m. Linge dont on se sert pour se Irolter la tête el le corps: chauffer un frottoir. — Linge dont les barbiers se ser- vent pour essuyer leur rasoir en faisant la barbe. .— »v Brosse pour frotter les parquets. FROUEMENT s. m. Action de frouer. * FROUER V. n. (Onomat. du cri de la chouette). Chasse. Faire une espèce de siffle- ment à la pipée, pour attirer les oiseaux. * FROU-FROU s. m. Fam. Onomatopée qui sert a exprimer le froissement des étoiles, particulièrement des étoiles de soie : le frou- frou d'une robe. — Fig. el fam. Faire du FROu-FROU, faire de l'étalage. FROUFROU, comédie de MM. Meilhao et Halévy, jouée en 1869 au Gymnase, par M"° Desclée, et reprise plus tard par M"» Sa- rah Bernhardt. FROUSSE. Argot. Peur: avoir la frousse. ' FRUCTIDOR s. m. (lat. fructus, fruit). Onzième mois du calendrier républicain. — Journée DU Dix-uuiT fructidor (4 sept. 1797), journée pendant laquelle trois des membres du Directoire, Barras, Rewbell et la Réveil- Hère firent un coup d'iital. A 3 heures du matin, Augereau investit le Corps législatif et envahit le palais et le jardin des Tuileries à la tète de 12,000 hommes et de 40 pièces d'artillerie. Uaniel, qui commandait le palais, tenta une vaine résistance; il fut désarmé et envoyé au Temple et les députés furent arrê- tés ou disperses par un détachement de chas- seurs. Le Directoire, victorieux sans peine, fit condamner deux de ses membres, Car- FRUI nol cl Dartliélemy, à la déportation, ainsi ipie 6.Ï députés cl de nombreux journa- listes, écrivains, agent? politiques, etc. Ce fut lui qui commença l'ère des déporlatiuns poliliques. FRUCTIDORISER v. a. Eliminer par la vio- lence un ou phi-b'urs membres d'une assem- lilé.'drlilMTante. FRUCTIFÈRE adj. Bot. Qui perle des fruits ou (Ifs ur^'.Hiri ii'|iroducleurs. FRUCTIFIANT, ANTE adj. Qui fructino. FRUGTIFICATEUR, TRICE adj. Qui fait fruililier. • FRUCTIFICATION s. f. (lai. fruclifiralin). Bot. Fuiinutioii, production des fruits; résul- tat, produit de celle formation : la fructifica- tion des al'/ws est peu apparente. ' FRUCTIFIER v. n. (lai. fructus, .'"ruil; /■ucerc, lairej. Kapporter du {ruil: quand les terres sont bien fuinces, elles en fructifient da- vantage. — Fig. Produire un effet, un résultai avjintageux : les bons exemples fructifient. — l'ruduire des bénéfices : faire fructifier son argent. — Bol. Se dit d'un véfiétal qui produit son fruit, qui est en fructification -.cette plante ne fructifie qu'à telle l'qjoque. • FRUCTUEUSEMENT adv. Avec fruit, uti- lement, avec progrès : /es missionnaires ont travaillé frurlncusement eit ce pays. •FRUCTUEUX, EUSE adj. Qui produit du fruit : rameaux fructueux. Dans ce sens, est poétique. — Fig. Utile, profitable, lucratif: charge utile et fructueuse. • FRUGAL, ALE adj. (lai. frugalis). Qui se conlenle de peu pour sa nourriture, cjui vit de choses communes : il est extrêmement frugal. Dans un sens analogue : mener une vie frugale. Ce mot n'a point de pluriel au masculin. — Repas frugal, table frugale, repas, table où l'on ne sert que des mois simples et communs, el que ce qu'il en faut pour se nourrir. • FRUGALEMENT adv. Avec frugalité : vivre frugalement. ' FRUGALITÉ s. f. Qualité de ce qui est frugal : /■( frugalité rend le corps plus sain et plus robuste. FRUGES, ch.-l. de caut., arr. el à 32 kil. de .Monireuil-sur-Mor (Pas-de-Calais), sur la Lys; 3,076 hab. FRUGIFÉRE adj. (lat. /"raves, fruits; /'«•o, je porte). Qui porte ou produit des fruits. • FRUGIVORE adj. (lat. fruges, fruits ; voro, je dévore). Qui se nourrit de fruits, de végé- taux : animaux frugivores. — s. m. Animal frugivore : les frugivores. - FRUIT s. m. (lat. fructus). Production des végétaux qui succède à la fleur, et qui sert à leur propagation : les fruits d'un grand nom- bre de plantes servent à la nourriture deshommes ou àcelle des animaux. — -Fruit charnu ou pul- peux qui vient sur des arbres ou sur des ar' brisseaux , tel que poire , pomme, prune cerise, etc.: il faut cueillir le fruit en sa sai- son. — Fruits d'été, d'automne, d'hiver, fruits qui se mangent en été, en automne, en hiver. Fruits rouges, petits fruits de cette couleur qui viennent au printemps el en été, comme fraises, framboises, cerises, groseilles. — Fig. On connaît l'arbre a son fruit, par son FRUIT, on connaît les personnes à leurs œu- vres, et les choses à leurs résultats. — Le FRUIT défendu, se dit par allusion à la déso- béissance du premier homme. On a du goût pouR LE fruit défendu, uous avons du pen- chant à désirer ce qui nous est défendu. — Fruit sec, élève des écoles du gouvernement, particulièrement dos écoles militaires, qui, n'ayant pas satisfait à leurs examens de sor- tie,'ne profitent pas des avantages que leur FRUI séjour à l'éi-ole aurail dû leur assurer: un fruit sec (le l'Ecole polytechnique, de Saint-Cyr. Jeune homme qui, s'étant destiné aux car- rières libérales, n'y a pas réussi. — Dessert, tout ce qu'on sert au dernier service de lable, après les viandes et entremets; et, dans ce sens, n'a point de pluriel: on en est au fruit. — Fruit .monté, fruit décoré avec descrislau.N', des ligures de sucre ou de porcelaine, posées sur un ou plusieurs plateaux. — Au plur. Tout ce que la terre produit pour la nourri- ture des hommes et des animaux : on fait des prières à Dieu pour la conservatioii des fruits delà terre, des fruits qui sont sur terre. — Jurisp. Produits, revenus d'une terre, d'un immeuble, d'un fonds quelconque, d'une charge, etc. ; c'est une maxime de droit, que tout possesseur de bonne foi fait les fruits siens. — Fruits naturels, productions spontanées d'ime terre, d'un ifonds, comme le foin, le bois, le croît des animaux. Fruits industriels, productions qu'on obtient au moyen de la culture, comme le blé, le vin, etc. Fruits CIVILS, loyer des maisons, baux à ferme, intérêts des sommes exigibles, etc. Fruits pen- D.iNTS PAR LES R.^CINES, PAR RACINES, blés, rai- sins, et généralement tous fruits, lorsqu'ils sont encore sur pied. — Par ext. Enfant qu'une femme porte dans ses flancs, ou quelle vient de mettre au monde. Dans ce sens, n'a point de pluriel : on condamne à mort une femme qui fait périr, qui défait son fruit. — Dans le style élevé. Enfant déjà né; dans ce sens, reçoit le pluriel : les fruits de cet riymen. Enghicn, de son hymen le seul et l dû, de ce qui doit lui revenir, ou à quoi il s'attend : on l'a frus- tré de son salaire. On dit aussi : frustrer l'at- lentc, l'espoir, les espérances de quelqu'un. FRUTESCENT, ENTE adj. (lat. frutex, ar- bris>eaui. Ilot. Oui est do la nature do l'ar- brisseau. — Fruliculeux. (V. S.) FUCH 37 Wenor, dans le niainifiqiic pays de FryUedal ; ces lacs forment trois parties distinctes, unies par des canaux 'étroits; ils ressemblent ainsi à une grande rivière. FUAD PASHA, homme d'Etat turc, né vers 1814, mort le 1! février 1869. 11 devint mé- decin de l'amirauté en 18.34, attaché de l'am- bassade turque à Londres en 1840, second drogman de la Porte en 1843, premier drog- man en 184.Ï et ministre des affaires étran- gères en )8b2. Il donna sa démission en l8-i:j, mais il rentra en fonctions en 18.53 et prit part aux conférences de Paris. En 1861, il fut fait grand vizir, démissionna en 1863 et fut ministre de la guerre à partir de ce moment jusqu'en 1866, et de nouveau en 1867. On le considère comme l'homme d'Etat turc le plus habile de son époque. Il publia une gram- maire turque (l8oi)eiLa vérité sur la question des saints lieux {iS'6i). FUALDÉS Antoine-Bernardin), magistrat français, né en 1761, assassiné à Rodez (19 mars 1817) dans une maison mal famée où l'avaient attiré deux de ses amis, Jaussion et Bastide, qui lui devaient chacun 26,000 fr. Son cadavre fut jeté dans l'Aveyron. Les meurtriers furent guillotinés le 3 juin 1818. Cette affaire eut un grand retentissement et donna lieu à la célèbre Complainte deFualdès, par le dentiste Catalan. FUGACE, ÉE adj. (lat. fucus, varech). Bot. Qui ressemble à un fucus. FUCHS ( Johann -Nepomuk von) [foukss], chimiste allemand, né en 1774, morten 1836. 11 était professeur de minéralogie et de chi- mie à Landshut et à Munich, fit différentes découvertes en chimie et fut l'inventeur du verre soluble et de son application à la stéréo- chromie. Ses ouvrages renlerment un traité remarquable sur la minéralogie. FUCHS ou Fuchsius (Leonhard von), bota- niste allemand, né en lo01,mort en 1566. Il était professeur de médecine à Ingolstadt et à Ttibingen; Charies-Quint le créa chevalier. Il aida à renverser l'autorité médicale des écri- vains arabes, et à rétablir celle des Grecs; et corrigea de nombreuses erreurs dans la no- menclature botanique. Il a laissé des ouvrages de médecine et de botanique. Une plante américaine, le fuschia, porte son nom. * FUCHSIA s. m. [fu-ksi-a] (de Fuchs, n. pr.) Bot. Genre d'onagrariées, type de la tribu des la FRYKEN [fru'-kènn], série de petit? lacs de Suède, a environ 20 kil. N.-O. du lac fuchïiu cecciuca. fuchsiées, comprenant une cinquantaine d'es- pèces d'arbrisseaux ou de sous-arbrisseaux, et une infinité de variétés d'ornemeut lecher- chécs par les horticulteurs. A l'exception de deux espèces trouvées en Nouvelle-Zélande, le genre est entièrement améiicain, la plu- part des espèces étant iud. gènes du Mexique et des montagnes du Brésil. Los fuchsias cul- tivés pouveiU so diviser en trois sections : fuchsias à fleurs courtes, fuchsias à fleurs .18 rucH lonpucsel fiiclisùis à Heurs nn p.inir,ul(>s. Pai mi les fuclisi.ii. il fleurs courtes est lu fitch^in f.nv- cinca du Cliili, apiioli' iiussi fuclma glabosa rnrti'i.i tiii(;i'n9. par qticlqucs llourislos. Ce fut pcnrlanl liiiM] des jinnées la seule espèce connue aux Ktals- Unis. Il est remarquable pas ses Heurs avil- laires et tombantes, avec un calice éearlale et dos pétales violets. Dans la section à Ibnirs lonsues le tube du calice est allongé de 4 a fi conl. Le fuchsia f'ulijeiis, brillaiile espèce du Mexique, appjirtieiil à l'Aniérique, aussi bien queiel'ucbsiaàcorymbes(/'i/c/«w corymhillora, Huiz et Savon); les Heurs de celui-ci, longues Viicliâiii corymbiûora de i) cent., sont écarlates, et pendent en ma- gnifiques corvmbes. Nous pouvons citer comme exemple des fuchsias à panicule ou en grappes, le fuchsia arborescent {fuchsia arborescens), originaire du Mexique, quialteiiil fréquemment une hauteur de 5 m. — Chez nous, on cultive une dizaine d'espèces de ces plantes élégantes, qui ont produit un grand nombre d'hybrides et de variétés. Les fuch- sias exigent del'liumidité et une terre légère. Ces plantes furent introduites en Europe vers 1830. FUCHSIÉ, ÉE adj. Bot. Qui ressemble ou se rapporle aux fuchsias. — s. f. pi. ïribu d'onagrariées, ayant pour type le genre fuchsia. * FUCHSINE s. f. [fuk-si-ne]. Chim. Subs- tance colorante, d'un rouge vineux, que l'on fabrique avec l'aniline. FUCHSITE s. f. Variété de micachromifère, de couleur vert émeraude. FUCCIOLB adj. Qui vit sur les fucus ou parmi les fucus. FUCIFORME adj. Qui a la forme d'un fucus. FUCIN (Lac), Fucinus lacus, lac situé dans ies Abruzzos et aujourd'hui appelé lac de Ce FUGG lann . Claude et César employèrent 30,000 hommes il percer une nionla;;ni; pour creuser un canal destiné k le d'sséclicr ; mais ils nr purent y parvenir. Kn IHi>2, celle ivuvrc fut reprise; I aquoduu fut diiblavé et Icrniiiié lo 9 août I8fii. FUCOÏDE adj. (de fucus, et du gr. eidos, appiiii'nri't. liot. Qui rcssnrnblo au fucus. FUCOÏDÉ, ÉE adj. Qui ressemble ou se rap- poi'b' .iux liicus. ' FUCUS s. m. [f.i-kuss] (gr. /.Iiukos, herbe marine), lîol. Nom scieiitilique du genre Viirrcli. FUENTERRABIA, on Fontarabie [fouènn- tèr-ril-bi-a ; frani;. fon-t.i-rn-bl) , ville et fioil do Cuipuzcoa (Espagne), à l'emlpouchuie de la Bidassoa, sur la frontière française; pop. 3,Birj babilanls. KUe était autrefois bien rorliliée et a soutenu phisii;nrs sièges. FUENTÉS (uoN Pedro-Henriquez d'Azkvedo, comlc de), général espagnol, né eu l.iGO, mort en 1643.11 fit ses premières armes en Portugal et commanda, à l'âge de 80 ans, rinfaiileriecspa''iiole à la bataille de liocroy. Dans l'oraison funèbre de Cundé, Dossuet désigne co fjénéral sous le nom de comte (le Fonlaincs. FUERO s. m. [fouô-ro] (lat. forum, place publique). Loi, statut, privilège d'un étal, d'une ville en Espagne. — Au pi., \cs fueros. — Le terme fucro est appliiiué par la loi espagnole aux douanes, aux codes, aux chartes, aux privilèges, aux cours et à leur juridiction. Les fueros ou privilèges eonsli- lutionnels des provinces basques se plaçaient eu dehors de l'administration ordinaire du royaume. Le guinenieiiienl de ces fuovinces était essentiellement républicain, et ses liabi- tanls étaient exempts de louL impôt, excepté de ceux qu'ils avaient eux-mêmes voté. Après beaucoup de cliangeinents, d'abrogations et de restaurations, les fueros furent enliii abolis vers la fin de 1870. (Voy. Iîasques.) • FUGACE adj. (lai. fugax; de fuijere, fuir). Méd. Se dit des symptômes qui disparaissent aussitôt après s'être montrés: frissons fuijuces. — Bot. Se dit des parties qui n'adhèrent pas longtemps a la plante, qui s'en détachent promplement : stipules fui/accs. — Se dit, dune manieie plus générale, de ce qui fuit, ichappe, ou de ce qui laisse échapper : sen- salioii fugace ; mémnirc fugace. FUGACITÉ s. f. Caraclère de ce qui est fugace. FUGALIES s. f. pi. Fêle qu'on célébrait à Home en mémoire de l'expulsion des rois. FUGATO s. m. [foug-ga-to] (mot ital. formé de fuga, fugue). Mus. Morceau dans le genre de la fugue. FUGGER [fou-guer], nom d'une riche fa- mille de négociants d'Augshourg, fondée au xiv= siècle, par un tisserand, Johannes Fugger, dont le tils continua le commerce des toiles, et dont le petit-fils, Andréas, fut surnommé u Fugger le Riche ». Ce dernier eut trois neveux, Ulrich, Georg et Jakob, qui se rendirent célèbres, au xv« siècle, par leurs vastes entreprises, ils s'allièrent aux plus nobles familles; rendirent des services pécu- niaires aux princes et indirectement ii leiii- pire, ce qui leur valut des titres de noblesse, accordé^ par l'empereur Maximilien. — Ul- rich (1528-'84) fut d'abord cainérier du pape Paul III; mais, ayant adopté la Réformalion, il seretiraàAugsbourg, où il donna l'exemple du noble emploi de sa grande fortune. Pro- tecteur éclairé des lettres, il mil à la dispo- sition de Henri II Eslienne des somme- considérables pour qu'il no ralentît pas ses publications d auteurs grecs et latins. Pen- dant neuf ans (laSS— '07), l'imprimeur mil I sur le titre des éditions : Excudebat Hejmcus FUIR filephnnus î//i(s/ris liii lluldrici Pugo''r\ lyy-o- (/r.(/i/i»,v. Ulrich recul de l'empereur M ui- milieii, en naiilissement d'avances qu'il lui avait faites, le comté de Kirchbcrg et la sei- gneurie de Weissenhorn, qui sonl encore la propriété de ses descendants. — Jakou a laissé en allemand, sur la maison d'Habs- bourg cl d'Autriche, un manuscrit enrichi de plus de HO, 000 ligures (i;;:;"), i vol. iii-fol.) — UKono laissa deux fils, H.muu.nd (li89-l.-)35) et Alto.n (1 493-1 ;i(iO), qui réunirent sur leurs ll^les les biens immenses de leurs oncles. Ils fiienl en pallie les frais de l'expédition de Charles-Quinl contre Alger, el reçurent de ce prince les titres de comtes et princes de l'empire, avec le droit do baltre monn.iie. lisse firent bâlir de m.ignifiqucs palais, en- couragèrent les arts, embellirent Augsbourg et enrichirent cette vdic de plusieurs insti- tutions. « Riche comme un l'ugL'er» passa en proverbe dans toute l'Allemagne. Un jour, Aulon recevant la visite de Chailes-Qaint, brûla devant lui, pour le fêler dignement, tous les litres de ciéance qu'il avait sur ce prince. Les Fug'ger élevèrent le superbe château de Vuggcrau dans lo Tyrol. l'ai iiii les nombreuses branches de celle famille, nous cilerons les princes de Fugger-Richberg el de Fugger-Habenhauseu. • FUGITIF, IVE, adj. (lat. fugitivus). Qui fuit ou qui s'est enfui, qui a pris la fuite: esclave erraiH et fugitif; on eut bientôt arrêté les deux fugitifs. — Fig. Qui court, passe ou se dérobe avec quelque rajiidilé. Ce sens el le suivant ne sont guère usités qu'en poésie et dans le style soutenu: om'ur-Yon (Vendée); 2,203 hab. FULGORE s. f. (lat. fulgor, éclat). Entom. Genre d'hémiptères homoplères, famille des cicadaires muettes, comprenant de> insectes dont le front est avancé en forme de mu- seau. L'espèce type est la fulyorc porle-lan- lerne (fulgora lanternaria) , de l'Amérique mi'ridionale. Elle est longue de 10 cent, et ré()and par sa tête une forte lumière dans robscunte, FULGORIEN, lENNE adj. Entom. Qui res- semble ou (pu se rapporte au.x fulgores. — s. m. pi. 'i'riliu d Ibiuiptéres bomoptères ayant pour type le genre fulgore. FULGURAL, ALE adj. (lat. fulgur, foudre). Oui ciiiii'enie la foudre. • FULGURANT, ANTE adj. (lat. fnlgurare ; (le fulgur, fnudi-ej. Aciuimpagné, eiiviroiiué déclairs : trombe julguranle, — Med. JJuu- LKUiis KULGUHANriis, douleurs très intenses et très rapides. ' FULGURATION s. f.(lat. fuUjwatio ; de ful- gurare, lancer des éclairs). Chim. Synonyme d'EcLAiR, dans la coupellation do l'argent de l'or. • FULGURITE s. m. Phys. Vitrillcation pro- iliiile pur la foudre, lorsqu'elle traverse, des couches de sable, pour s'enfoncer dans la terre. FULM FULHAM [four - eumni] , faubourg de Londres, sur la rive gauche de la Tamise, à environ 9 kil. S.-O. de la cathédrale de Saint-Paul; 23,400 hab. Le palais de Fulham a été la résidence d'été de l'évêque de Londres depuis l'époque de Henri VIL FULIGINE s. f. (lat. fuligo, fuliginis, suie). Ane. med. Vapeur noirâtre que l'on croyait e.xister dans l'organisme. * FULIGINEUX, EUSE adj. Didact. Qui res- semble à de la suie, qui est couleur de suie. Ne se dit guère que de certaines vapeurs gros- sières chargées d'une espèce de crasse ou de suie; et des lèvres, de la langue, des dents, lorsqu'elles sont devenues brunâtres parl'etTet de quelque maladie : vapeurs fuligineuses. FULIGINOSITÉ s. f. Pathol. Enduit mu- queux, qui se dépose sur la langue et sur les gencives dans certaines maladies graves. — Matière fuligineuse qui couvre les dents et la langue, dans les affections typhoïdes. FULIGULE s. f. (dirainut. du lat. fuligo, suie). Ornilh. Genre de palmipèdes, formé aux dépens des canards et ayant pour type le genre morillon. FULIGULINÉ, ÉE adj. Qui se rapporte ou ressemble à la fuligule. — s. f. pi. Section de canaids comprenant les genres fuligules , eider, garrot et millouins. FULMAR s. m. (lat. fulica, foulque; mare, mer). Ornilh. Synon. de Pétrel. •FULMICOTON s, m. (lat. fulmen, foudre; franc, coton). Un des noms de la substance explosive, plus connue sous les noms de Co- To.N-POUDRE et de Poudre-coton. •FULMINANT, ANTE adj. Qui lance la foudre, quiesLarmé de la l'oudre : Jupiter ful- minant. — Phys. Qui produit la foudre : nuage fulminant. — Chim. Se dit de certaines compositions ou préparations qui détonnent ou éclatent avec bruit lorsqu'on les chaulfe légèrement ou qu'on les soumet à une pres- sion plus ou moins vive : or, argent fulminant. — Légion fulminante, une des légions ro- maines du temps de Mai'c-Aurèle. ^- Fig. Qui éclate en menaces, qui se livre à de grands emportements de colère : c'est un homme gui se met en colère 'pour la moindre chose, il est toujours fulminant. — Qui exprime ou denole une violente colère : lancer un regard fulmi- nant. ' FULMINATE s. m. Chim. Sel produit par la combinaison de l'acide fulminique avec une base. — F'ulminatede mercure, sel dont on se sert pour la composition de la poudre fulmi- nante. Le fulminate de mercure (formule em- pirique, C* N^ 0* Hg'-) est préparé en dissol- vant, à une chaleur modérée, dans là parties d'acide nitritjue d'une gravité spécitiipie de 1,33, 1 partie de mercure et eu y ajoutant 11 parties d'alcool. Mis en contact avec un mélange de matières exjilosives solidement enfermées, sa détonation enflamme le nié- iangc plus rapidement et jdus complètement que par toute autre mélhode; c'est pourquoi il est employé universulleincnl dans les ina- nufacturos de cap.-~ule5 et de fusées déto- nantes.— Fulminate d'argent, sel ([ui delono au plus léger frottement : (C* NO*) Ag N. • FULMINATION s. f. Chim. Détonation su- bitc, explosion d'une mtilière fulminante. — Droit canon. Action par laquelle on publie quelque chose avec certaine» formalités : ta fulmination des bulles, d'une sentence eoelésiae- liquc, d'un moiiilûire. FULMINATOIRE adj. Théol. Qui fulmine : sentfui c luliiiiniitoire. "FULMINER v. n. (lat. fulmni, foudre). Chim. Se dit des matières fulminantes lors- qu'elles font explosion : cette composilion, cette poiidre fulmine au mnindre choc. — Fig. FULT 39 S'emporter, invectiver contre quelqu'un avec menaces : il est en colère, il fulmine, il tempête. — V. a. Droit canon. Publier quelque acte avec certaines formalités : fulm'mer une sen- tence d'excommunication. ' FULMINIQUE adj. Chim. Se dit d'un acide qui forme certaines combinaisons métalliques, propres à produire de violentes exjdosions. — L'acide fulminique est une des modifications isomériques de l'acide cyanique : Formule, Cy' H^ 0^ Ses composés se distinguent par leurs facultés explosives, ce qui le fait ditférer de l'acide cyanique. On n'a jamais pu l'obtenir isole à cause de sa tendance à se décomposer instantanément avec explosion. L'acide ful- minique est, d'après les plus récentes formu- les, un composé du groupe G* H' N- Un des atomes d'hydrogène est remplacé par un ato- me de NO', donnant pour l'acide C* (NO') H« N. FULTON[feur-t'n].LVillagedel'étatde New- York (Etals-Unis), sur la rivière et le canal Oswégu, à 18 kil. S.-S.-E. d'Oswégo; 4.214 hab. — II. Ville du Missouri (Etats-Unis), à .'iO kil. N.-E de Jefferson City; 1,090 hab. Ecole de l'Etat pour les sourds et muets; asile pour les aliénés; collège de Westminster (presbytérien); fabrique de poteries. FULTON (Robert), inventeur américain, né en 1763, mort en 181.5. D'abord peintre en miniature à Philadelphie, il vint à Londres en 1786 et fut pendant plusieurs années l'élève et l'hôte de Benjamin West. 11 devint ensuite ingénieur civil et pendant son séjour en Angleterre, inventa un moulin pour scier le marbre, des machines pour tiler le chanvre et faire des cordes et un excavateur pour creuser le conduit des canaux et des aqueducs. En 1796, il publia un traité sur l'amélioration de la navigation des canaux. En 1797, il vint habiter Paris, où il projeta le bàleau sous- marin, appelé ensuite nautilus, auquel étaient reliées les bombes sous-marines connues plus tard sous le nom de torpilles. Fulton intro- duisit à Parisles tableaux circulaires nommés panoramas (1799). (Voy. Panorama.) On a prétendu que Napoléon, ayant appris que l'inventeur américain avait l'ait naviguer un baleau à vapeur sur la Seine, chargea l'.^ca- démie des sciences de lui présenter un rapport sur cette merveilleuse innovation, et que ce rapport fut défavorable à Fulton. Malheureu- sement pour la mémoire de l'empereur, cette anecdote n'existe que dans l'imagination populaire. Napoléon prit sur lui d'éconduire, sans y mettre tant de façons, l'inventeur du bateau à vapoiir, considéré par lui comme un idéologue. Ayant échoué près des g'ouver- nements français et anglais, Fulton retourna aux Etats-Unis. Divers rapports furent pré- sentés au congrès par lescommissuires; mais l'amiral Rodgers déclara que le système de Fulton était impraticable. En 1803, Fulton construisit le modèle d'un baleau à vapeur et, bientôt après, il termina un navire, dont la marche fut satisfaisante. En 1807, il fit fabriquer le bateau appelé le Clcnnont. (Voy. ■ Batf.au A vapeur.) L'utilité de cette invention fut si complètement démontrée, que le pou voit législatif augmenta la durée du privilège exclusif de naviguer dans les euux ne l'Etat avec des navires à vapeur, privilège qui avait été accorde en 1798 U Robert Livingslon, et ensuite à Livingston et à Fulton conjoin- tement. Fulton lança bientôt nu autre grand bateau sur l'Hudson. En 1809, il obtint son premier brevet pour les Etals-Unis et. en 1811, il en prit un second pour quelquesan>ehuralioiis dans ses bateaux et dans ses machines. L'Etat garanlille monopole des bateaux il vapeur qui fut mis en question devant les cours de justice; les eaux de l'Etat restèrent la possession exclusive de Fulton et de son associé pendant la vie de ce premier. Fulton construisit aus>i plusieurs bateaux il vapeur dans d'autres 40 FU.MK parties du piys et un lialciu à vapeur de guerre pour le gouvernement. FULVIE, dame romaine, née vers 80 av. J.-C. et Miorle vers l'an 40. KWe ôpousa successive- menl Clodius, Curion et M;irc-Antoine, et enfraf;ea ce dernier à accomplir des actes de |)roscri|jtioii. Pour le chasser d'KijvpLc et se venger d'Octave, qui avait répudié sa fille Clodia, elle e.Ncita son beau-frére Lucius An- lonius à déclarer la guerre à Octave. Cette guerre ne fut pas lieuieuse, etFulviese sauva en Grèce et mourut à Sicvone. FUMADES, station thermale de l'arr., et à 10 kil. ilWlais (Gard). Sources sulfurées calciques bitumineuses. Maladies de la peau, catarrhe [mlmonaire, phlhisic au début, angines, ophthalmies granuleuses, ulcères, plaies d'armesà feu. Troispelits établissements avec îiO baignoires, douches, inhalation, bu- vettes. * FUMAGE s. m. Opération par laquelle on donne une fausse couleur d'or à l'argent lilé, en l'exposant à la fumée de certaines compositions : défendre le fumage. 'FUMAGE s. m. Agric. Âclion de fumer une| terre; iisultat de cette action. FUMAISON s. f. Exposition à la fumée de viundi's ou de poissons préalablement salés. * FUMANT, ANTE adj. Qui fume, qui jette de la fumée ou ([uei(iue vapeur : viandes fu- mantes. — Fumant dk sang, plein, couvert d'un sang qui fume encore. Dans un sens analogue, Fumant de caunage. — Fig. Fumant UK Kouwioux, DE COLÈRE, transporté de cour- roux, de colère. FUMARIACÉ, ÉE adj. (lat. fumaria, fume- terre), liot. Oui lessctnblo ou se rapporte à la furnett-rre. — s. f.jil. Famille de dicotylédones dialypétales hypogynos, ayant pour type le genre fuineterre. FUMARIQUE adj. (lat. fumaria, fumelerre), Chim. Se dit d'un acide obtenu de la fume- terre : C H' 0* = (G» H» 0^)" (0 H)*. FUMAY, Fumacum, ch.-l. decant., arr. et à ITlul. iN.-E. de Rocroy (Ardennes), sur la rive gauche de la Meuse; 5,281 hab. Vastes carrières d'ardoises. FUMBINA [foumm-bi'-na]. Voy. Adamaoué. ■ FUMÉ s. m. Grav. en caractères. Epreuve d'un poinçon; empreinte que l'on fait sur une carte avec le poinçon d'une lettre, noirci à la flamme d'une bougie, pour voir s'il est bien gravé. * FUMÉ, ÉE part, passé de Fumer. Qui a été exposé a la fumée : liareng fumé. * FUMÉE, s. f. (lat. fumus). Vapeur plus ou moins épaisse qui sort des choses brûlées, ou extrêmement échaull'ées par le feu: le Lois vert fait beaucoup de fumée. — Nom de fumée, suie très nuire et légère que donne la poix-résine, et que l'on recueille pour l'employerdans les arts -.le noir de fumée sert à faire de l'encre d'im- primerie, le cirage, elc. — Iln'ya pointde fumée SANSFEU, en général il ne court point de bruit qui n'ait quelque fondement. — Il n'y a point de FEU SANS FUMÉE, quelque soin qu'on prenne pour cacher une passion vive, on ne peut s'empêcher de la laisser paraître. — S'en ALLER EN FUMÉE, sc dit des choses qui ne produisent point l'elfet attendu ou désiré. — Il vend de la fumée, c'est un vendeur de FUMÉE, se dit de celui qui n'a qu'un crédit apparent, dont il fait parade pour en tirer quelque utilité, quelque avantage. — Vapeur qui s exhale des viandes chaudes : la fumée du rot. — Manger son pain a la fumée du rôt, être témoin, spectateur d'un divertissement, d'un plaisir auquel on ne peut avoir part. — Vapeurs qui s'exhalent des corps humides, lorsqu'ils viennent à être é'ihauUës par quel- que cause que ce soit : il se teia unefziméede FU.MR la rivière, des marécages. — Fig., dans le style soutenu. Choses vaines, frivoles, périssabifs, ou que l'on regarde coinmes telles : toutes les choses du monde ne sont que fumée. — Se bk- paItre, s'enivrer de puuée. se repaître de vaines espérances, ou de vains honneurs, d'une vaine gloire, etc. — Au plur. Elfel produit par l'ingestion des liqueurs spiriluen- ses, parce qu'on l'aUribuait à des vapeurs qui montent de l'estomac ou des entrailles au cerveau : les fumées du vin montent au cer- veau, offusquent le cerveau. Dans un sens ana- logue : les fumées noires qui lui troublent le cerveau. — Les fumées de l'orgueil, de l'am- bition, etc., les mouvements d'orgueil, les désirs ambitieux, elc. — Chasse. Fiente des cerfs et des autres bêtes fauves : les fumées de la licle. FUMEL, ch.-l. de canl.,arr. cl à 25 kil. de Villeneuve sur-Lot (Lot-et-Garonne) , 3,G"8 bah. • FUMER V. n. (lat. fumare). Jeter de la fu- mée : l'encens fumait sur les autels. — Cette cuamdre, cette cheminée fume, se dit lorsque la fumée, au lieu de sortir par le tuyau de la ■jhiiminée, se rabat et entre dans la chambre. — Impers. Il fume dans cette chambue. — Faire FUMEii LES autels, y brùlcr de l'encens, y otl'rir des sacrifices à la divinité. iNe se dit guère qu'en parlant du culte païen. —Se dit aussi en parlant des vapeurs que la cha- leur fait exhaler d'un corps humide -.au prin- temps, on voit tes marécages fumer, les prés fu- mer. On dit de même, La terre fumait encoke DE leur sang. — Fig. et dans le style relevé. Son sang fume encore, se dit de quelqu'un qui est mort récemment d'une mort violente. — La tête lui fume, se dit d'une personne qui est fort en colère. Cette phrase a vieilli. — Fig. Avoir de la colère, du dépit, de l'impa- tience, etc. : il fume, mais il n'ose rien dire. Ce sons est très populaire. — v. a. Exposer des viandes à la fumée plus ou moins long- temps, pour les sécher et lesconserver : fumer des langues, des jambons; mettre un jambon dans ta cheminée pour qu'il se fume. — Prendre en fumée, par la bouche, du tabac ou quelque autre suuslance : fumer de la sauge. Prendre du tabac en fumée : les marins fument beaucoup. — Epandre du fumier sur une terre cultivée, pour l'engraisser, pour l'amender : fumer une vigne. * FUMEROLLE s. f. Crevasse d'un terrain volcanique d'où s'échappe de la fumée. * FUMERON s. m. Morceau de charbon de bois qui, n'étant pas assez cuit, jette encore de la tlamme et beaucoup de fumée. — « s. m. pi. Argot. Jambes : ne pas tenir sur ses fumerons. ' FUMET s. m. [fu-mè], Vapeur qui s'exhale de certains vins et de certaines viandes, el qui frappe agréablement l'odorat et le goût : faisan qui a un grand fumet. * FUMETERRE s. f. (lat. fumaria). Bot. Genre de funiariacées, comprenant plusieurs espèces de plantes annuelles, presque toutes indigènes. La fumelerre officinale [fumaria offi- cinalis), commune dans nos champs, a les feuilles pétiulées, glabres, glauques, avec les divisions cunéiformes. Toutes ses parties, par- ticulièrement ses tiges etses feuilles, possèdent une saveur amèrj qui augmente par la des- siccation. La fumeterre est un dépuratif em- ployé surtout dans les maladies de peau. De l.T à 30 gr. en tisane, ou 100 gr. par jour de suc frais. ' FUMEUR s. m. Celui qui a l'habitude de prendre du tabac en fumée : réunion de fu- meurs. — Celui qui fume de l'opium : fumeur d'opium. — v\ Au féni. Fumeuse. * FUMEUX, EUSE adj. Qui exhale, qui ré- pand de la luniée : lampe fumeuse. — fig. Se dit des liqueurs capiteuses, qu'on supposait FUNA envoyer des vapeurs a la lête : la bière de ce jiags est extrêmement fumeuse. Lr f.ilcrnc fumeux aitruilloniic l'amour. L. BODILUKT. * FUMIER s. m. (bas lat. fumarium). Paille qui a servi de liliérc aux chevaux, aux b'>s- tiaux, et qui est mêlée avec leur lienle : le fumier engraisse les terres. — Par exl. Toiile sorte d'engrais, comme les excréments d'ani- maux, les matières animales ou végétales en putréfaction, etc. — Ce n'est oue du fumier, se dit de toute chose dont on ne fait nul cas, ou pour laquelle on veut témoiL'ner un (.'rand mépris. — Amas de fumier que l'on forme dans une mare, dans une fosse : il avait caché son argent dans un fumier. — Hardi cumuk un COQ SUR SON FUUiEii, sc dit d'uii homme qui se prévaut de ce qu'il est dans un lieu où il a de l'avantage. Il ne faut pas l'attaquer sur SON FUMIER. — Mourir SUR un fumier, mourir misérable, après avoir perdu tout son bien. — Etre comme Job sur son fumier, être réduit à un état excessif de misère et de soulfrance. FUMIFUGE adj. (lat. fumus, fumi, fumée; fuijarr, cli.is^ei-). Qui chasse la fumée. FUMIGATEURS, m. Méd. Celui qui donne des fumigations. — Papier que l'on fume en guise de cigares. * FUMIGATION s. f. [-si-onj Chim. et Méd. Action di- répandre dans un lieu la fumée d'une substance odorante, la vapeur d'un li- quide, ou un gaz quelconque : faire des fumi- gations de chlore pour purifier l'air. — Action d'appliquer un médicament, sous forme de fumée, de vapeur ou de gaz, a quelque partie du corps : les fumigations sont quelquefois très salutaires. — Action d'exposer un corps à la fumée. * FUMIGATOIRE adj. Méd. S'emploie dans cette loiMiliuii, Boite fumig.vtomie, boite qui contient les objets nécessaires pour secourir, au moyen de fumigations, les noyés et les asphyxiés. * FUMIGER V. a. (lat. fumigare). Chim. Ex- poser un corps à la fumée d'un ou de plusieurs autres corps qui brûlent. ■ FUMISTE s. m. Ouvrier qui s'occupe de la pose et de la réparation des appaieils de chauffage. — «Jargon. Mauvais plaisant; farce de fumiste. — Dans l'argot des écoles polytech- nique et de Saint-Cyr. Tout civil ou militaire en tenue bourgeoise. FUMISTERIE s. f. Art, travail du fumiste. •X .hiiguii. Mauvaise farce, plaisanterie d'un goût peu délicat. * FUMIVORE adj. Qui consume la fumée : cheminée fumivore. — s. m. Appareil fumi- vore. * FUMOIR s. m. Bâtiment destine à fumer les viandes elles poissons. — Pièce qui, dans les maisons particulières ou dans les cercles, est réservée aux fumeurs. * FUMURE s. f. Agric. Action de fumer une terre; résultat de cette action. — Engrais produit par les bêtes enfermées dans un parc. * FUNAMBULE s. (lai. funis, cordb ; ambido, je iiiai'chej. Danseur, danseuse de corde • théâtre de funambules. FUNAMBULES (Théâtre des}, théâtre créé vers ISIo pour exhiber des danseurs de corde, des équilibristes. En tSio, le directeur obtint l'autorisation de représenter des pantomimes el, en 1830, il fut autorisé à jouer des vaude- villes. Ce fut alors que Deburau y fil ses pre- mières armes en même temps que Frédérick- Lemaître. A sa mort, son lils lui succéda et partagea la faveur du public avec Paul Le- grand. Ce théâtre n'existe plus. FUNAMBULESQUE adj. Qui a rapport aux funambules. FUNE FUNCHAL [founu-châl], capitale de l'ile de Madère, sur la cùte S.-E. ; 2a, 891 hab. Elle est bâlio sur une large baie peu profonde, em- brasice . par les promontoires escarpés do FUNE cette méthode. Dans les derniers jours de la république et sous les premiers empereurs, les restes des riches étaient lavés, oints d'huile et parfuniés par les esclaves de l'en- FUR 41 Punta da Cruz à l'O. et du cap Carajào à l'E., et enveloppée de collines volcaniques acci- dentées. Le poi't est médiocre. Le principal aitii'lc d'exporlatiou est le vin. FUNDY (baie de) [feunn'-di], détroit de l'Atlantique, qui sépare la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick ; il est ion;; d'environ 200 kil. et large de 45 à 7") kil. Il se divise eu deux détroits, la baie de Chignecto au N. qui a 45 kil. de long sur M de large, et le canal Mines au S. qui s'ouvre dans le bassin de Mines (iNûuvelle-Kcosse). •FUNÈBRE adj. (lat. funebris). Qui appar- tient aux lunérailles : oraison funèbre. — Fig. Sombre, triste, lugubre, ell'rayant : image fu- nèbre. — Oiseaux fu.nèbres, se dit de certains oiseaux nocturnes, dont le cri a quelque chose de sinistre : le hibou, le chut-huant, l'orfraie sont des oiseaux funèbres. FUNÈBREMENT adv. D'une manière fu- nèbre. FÛNEN (dan. Fyen). [fû"-ènn|, ile du Dane- maik, entre le Graiîd-Bell et le Petit-Bell; 3.14U kil. carr. ; 2:j0,000hah., y compris ceux des petites îles voisines. Elle forme avec Lan- gelaiid, Arrô et d'autres îles un cercle du royaume. Cap. Odensée. • FUNÉRAILLES s. f. pi. [H mil.] (lat. funera). Obsèques et cérémonies qui se font aux en- terrements : assister à des funérailles. — Encycl. On a employé trois méthodes prin- cipales pour disposer des corps morts : la mo- mification, l'incinération ou crémation et l'enterrement ou inhumation. Les Egyptiens pratiquèrent la momifiration depuis les temps les plus reculés jusqu'au vi° siècle ap. J.-C. Les Hébreux enterraient leurs morts dans des cimetières situés en dehorsdos murs desvilles. Chez les Grecs, les cadavres étaient enterrés ou brûlés ; quand on ne les briMait pas, le corps était placé dans un cercueil de terre ciiile et enterré en dehors de la ville. Si on le brfdail, les ossements et les cendres étaient ensuite placés dans des urnes conservées dans des tombes habituellement construites sur les bas côtés des routes en dehors de la ville. Au temps do la république, les Romains en- Icrralonl généralement leurs morts, quoique la crémation fut également praticpiée. Sous l'empire, l'incinération devint d'u>agc ordi- naire ju.^qu'à ce ([u'olle fût détruite par la propagation gr.iduelle du christianisme; à la lin du IV" siècle, on avait cessé d employer 206 trepreneur, pendant la Les funérailles avaient lieu nuit. Les plus proches parents allumaient le bûcher funèbre; les ossements elles cendres étaient soigneusementramassés et placés dans une urne. Ces urnes (ollx) étant scellées, on les déposait, par paires dans des niches construites le long des murs des chambres ou quelquefois sur les bas côtés de la route; ces niches étaient appelées columbaria à cause de leur ressemblance avec un colombier. Pour des motifs sanitaires, le rétablissement de la crémation a été vivement recommandé dans ces derniers temps. Dans quelques pays, des sociétés se sont formées pour propager celte idée, on a fait des expé- l'i-ices, et l'emploi du four à gaz de Siemens ou d'autres moyens de combustion rapides ont été proposés. Certaines tribus sauvages suspendent leurs morts à des arbres, ou les placent sur des plates-formes. Celte dernière coutume était en usage chez un grand nombre Urne funér.iirc grecque. — Urno funéraiic romaine. d'Indiens de l'Amérique du N. — On éprouve quelquefois une grande anxiété au 'sujet do:: personnes que l'on croit mortes et que l'on peut enterrer vivantes. L'enterrement pré- maturé d'une personne vivante est impro- par l'auscultation. Afin de prévenir les acci- dents d'enterrements prématuiés,des maisons mortuaires ont été construites en Allemagne et dans plusieurs autres pays; les morts y sont déposés pendant un certain temps avant l'en- terrement, une cloche est mise en rapport avec le corps, de manière qu'au moindre mouvement elle sonne el appelle l'altention du gardien. (V. S.) * FUNÉRAIRE adj. (lat. funenirius). Qui concerne les funérailles : frais funéraires. FUNÈRE s. f. La plus proche parente d'un mort qui, chez les Romains, se renfermait et f.iisait les lamentations d'usage. * FUNESTE adj (lat. funesins). Malheureux, sinistre, qui [lorle la calamité et la désolation avec SOI : cela peut avoir des suites funestes. * FUNESTEMENT adv. D'une manière fu- neste : cela arriva la plus funeslcmenl du monde. Peu usité. FUNFKIRCHEN [funnf- kir-chènn] (cinq églises ; huiigr. Pècs;, ville de Hongrie, cap. du comté de" Uara.nja, à 160 kil. S.-S.-O. deBude; 17,o,iO hab. Elle est environnée de riches plantations de vigne, et elle est le siège d'un évêque catholique romain. Grand commerce de charbon, d'alun, de vitriol, de vins, de grains, de laine, etc. On suppose qu'elle est la Colonia Serbinum des Roinains; elle resta au pouvoir des musulmans de 154;j à 1686. FUNGIBLE.Fungicoleelc.'V'oy.FoNGiBLE.etc. FUNGINÉ, ÉE adj. Qui ressemble ou se rap- porte au fungus. — s. f. pi. Tribu de cham- pignonsproprement dits, caractérisés par un hymenium limité et bien distinct el divisée en trois sous-tribus. * FUNGUS s. m. Voy. Fongus. FUNICULAIRE adj. (lat. funiculus, petite corde). Qui est composé de cordes : chemin de fer funiculaire. — Le chemin de fer funicu- laire du Vésuve, inauguré en 18S0, franchit le cône de cette montagne, jusqu'à 'tO m. plus bas que le sommet. Son développement total est de 800 m. Sa pente moyenne est de oO p. 100. Il est à double voie, et un trahi descendant correspond toujours à un train montant, qu'il contribue à élever par son propre poids. Une machine fixe comniaiide un treuil sur lequel est enroulé un double câble sans fin qui est attelé directement sur les wagons. — Le système de tramways funi- culaires a été adopté pour le service des rues lirincipales de San Francisco. Les tramways empruntent la force motr'ce d'un câble sans lin installé à demeure dans l'axe de la voie el qui est mis en mouvement sous l'action d'une machine lixe. Les voitures saisissent ce câble au moyen d'une sorte de mâchoire à grilles et»e trouvent entraînées avec lui. Le câble est placé dans un tube souterrain qui estplacéau milieu de la voie el qui est fendu longitudinalement à la partie supérieure pour permettre l'introduction des mâchoires. — En France, le chemin de fer tuiiiculaire le plus remai((uable est établi sur les plans in- clinés de Saint-Just et de la Croix-Kousse, à Lyon. Le plan incliné de la Croix-Uousse pos- sède une pente uniforme de 165 inillim. par mètre; celui de Saint-Just est de 183 millim. do Lyon à Fourvières el de 61 milliiu. de FourvièresàSainl-Just. La tracliona lieu au moyen de machines fixes et de câbles. Les trains se composent d'un ou deux wagons do bable au plus haut degré lions ordinaires ont rté | signes observés imméd quand les procau- riscs. De Ions les i:ileinont après la mort, X la des battements du cœur. Celte cessation peut êlrc cerliliée p:ir iiii cxaiu il de la poitrine et voyageurs, suivis d'un Iruck pour les voiUnes avec tous leurs attelages. — Funiculc (V. S.) • FUNIN s. m. (lat. funis, corde). Voy. Franc-funin. • FUR s. m. N'est usité que dans la locution Au FUR KT A UESURK OU A FUR KT MESURE, qui s'emploie en termes do Prat. el d'Adm., comme conj., comme prép. el comme adv. 111. 42 1-UIU-: i|iti si?i)ill(; il iiipsiii-e ((ue, à mesure de, à iiKisuro : noHs woi/t ferons fMUSer les mnrrlmn- ■ lises au/ttr Cl à mesure qu'elles arriveront. FUREEDPOOR ou Dacca Jolalpoos. .lislricl ilii r'UMinii.->>:ii'iiit di.' l(iic.i-u, lii'iijiiilr (Inde an- ffliiisc) ; ii.OUO kil.cai-c. ; 1,l(IU,noo hiili., oon- tciuiiil plusieiiis iiiillicrs d'indi^.'i^nf'srlirtilieiis d'orif-'ine porliif,'iiise. La Irrj'e, sniivciU iiioii- ilci: piir le ("laiif,'!! ri par ses brandies, est d'une feitiirié exIrMoiduiuife. Le disli'iot fui ai'i-oidé à la i'mnpaf.'iiie ili.'s Indes Oiiciilalcs en 17(i;) pur Sliah Aluin.— Fmeedpoor, la ca- jiilalc, est une ville mal hAlie sur les bords du (;anf.'e, fi 180 kil. N.-li. deCulcuUa. • FURET s. m. [fu-rè] (lias lai. furo, furo- uis). Manirii. Espère de putois dont on se sert (lonr poursuivre leslapinsdans leurs terriers: (liusscr avec le furel, au furet. — Kig. et fa m. Hoinnir ipii a beaucoup d'habileté, de saga- cilé poui' découvrir certaines choses, ou qui s'encjuiert de tout, et qui s'applique il savoir tout ce qui se passe de plus piirticulier dans les ramilles: ccfl un furet, vn vrai furet, il est impofisihle de rien lui cacher. — Encyci,. Le furel [pnlorius furo, Linn. ), originaire d'Es- paiine el de ljeil)érie, ne se trouve chez nous cpi'i'i l'éliil domestique el il redoute le froid. (;'est un [lutois j:iun;Ure, avec des yeux roses. Il mesure cnvii'on 00 cent, de long. Il porle au l.ipin U[ie haine innée que savent exploiter les cliasscnrs. A cet elfet, on l'élévc dans une cajro contenant do la liliisse au milieu de la- quelle il aime i'i s'enfoncer et i\ dormir. On le Furel (Putorius fuio). nouri'il de hiil, de pain, d'œuls, rarement de viande Pour l'cnipioyer ;"i la chasse, on le nuisèle el on lui attache un ci-elol au cou. Il pénètre dans le teriiei' et force les lapins à s'échapper par les issues au-drv;int desquelles le chasseur a tendu ses lacets. Le furet non muselé étiorg-e les lapins el s'endort, ivre de sang ; on ne peut plus le faire sortir du trou qu'en l'enfumant ou en tirant des coups de iusil à l'entrée du terrier. C'est, du reste, un animal inintellipenl , infidèle et irritable; dans ses moments de colère, il répand une odeur fétide. La femelle, un peu plus petite que le mâle, porle six semaines et met bas, deux ou trois fois par an, cinq ou six petits. FURETAGE s. m. Action de fureter. — Chasse au lapin avec le furet. •FURETER v. n. Chasse.- au furet : fureter dans une garenne. Acliv. fureter une garenne, un 6oj.<, nn terrier. — Fig. Fouiller, chercher partout avec soin, curieusement : qu'allez- vous fureter dans ce cabinet, dans cette biblio- thèque? — S'empressera savoir des nouvelles de tout, chercher à satisfaire sa curiosité sur tout: il ne fait que fureter partout pour .savoir ce qui se passe. Acliv. : fureter des nouvelles. Ce sens et le précédent sont familiers. * FURETEUR s. m. Celui qui chasse aux la- pins avec un furet. — Fig. et fam. Celui qui fouille, qui cherche partout : quel ennuyeux fureteur î — Celui quis'enquiert de tout, qui cherche à tout savoir, soit par curiosité, soit pour son profit : cachez-vous de lui, c'est un FURI indiscret fureteur. — FunKTKin im noiivf.li.e», celui qui Vil fureliinl des nouvelles partout. FURETIÉRE (Antoine), lexicographe, né à Paris eu ICid, mort en lOSS. Il étudia d'a- liiird le droit, fui procureur llsciil, eiilrudaiis les ordres el devint aldié de Chaliviiy. l'.ii lOO'J, il fut nommé rnembie de rAcaib'iiiie el en fut exclu cuniriie plagiaire en 1(JS(J, pour avoir fait un diclioiiiiiiire pi'iidiinl cpie se» colli'giicslrnvaillaicnt au leur, llonlreprit une giicrro de liliellcs contre l'Acailémie et lui intenta un piocf-s. Son excellent uuvriige fut |iulilié deux uns après sa mort : Diilioumiire universel, contenant génfrakwcnt tous les vmis français, tnnl viruœ que tnodrrms et les termes des sciences et des arts (Rotterdam 40(i(l. 'Jvol. in-lol.ou 3 vol. iii-i"). Hasnagc en donn;i une nouvelle édition (La Haye, I7reyse). — Fusil brisé, fusil dont la crosse se hrisc pour ppi-fiiellre d'Introduire la Fig. 1. 1 usil j aiguille prussien. — 1. Fusil cnlicr. — i. Seclion. — •! Carioii. h.-. charge par la culasse. — Fusil à mèche arme à feu qui remplaça l'arquebuse et ipn lit place au fusil k rouet. Dans ce fusil, la bat- terie était munie d'un ehieii portant un» mèche et s'abaltant sur le bassinet. (Voy. Mousquet.) — Fusil de munition, fusil do gros calibre, qui est l'arme onlinaire des soldats d'infanlcrie, et ,iiiqii'M s'adapic une baïon- nette. — Fusil à percussion, ou Fusil perci:- tant, fusil dans lequel l'explo'^inn .-a d.'r m- 44 FUS[ minée par le choc d'un chien, sur une cap- sule ou sur un f.'rain de [louilre fulminante qui cnllainnio la charge. Le fusil ii percus- sion lui nivenlc vers 1800 p.ir l'Iicossais Fig. 2. — I. Fusil à pcrcu.^sion, - a percussion. S. Capsule du fusil F'jrsylli. Un moiiôlc imaginé par Julien Leroy en 1817 fui essayé en France en 1821, mais il fut repoussé: néanmoins la carabine Del- vi;.'ne fut adoplée en 1827. Le fusil il percus- sion ne fu( pas donné aux troupes avant 1840. — Fusil à piston, ancien fusil à percussion, dans ler|riel un chien, fait en forme de mar- teau, fiappait sur un pi'ain de poudre fulmi- nante. — Fusil rayé ou Rifle, arme à feu de petit calibre dont l'ànic est creusée de can- nelures en spirales destinées à imprimer à la balle un mouvement de rotation qui accroît sa vitesse. On suppose que les fusils rayés ont été inventés vers la lin du xv" siècle, par Gaspard Zollner, de Vienne. On en fit usage lors d'un tir à la cible, à Leipzig, en 1498, Les premiers fusils rayés poi-laient des rai- nures parallèles > — Fu- sil à rouet, fusil qui remplaça le fusil à mèche et qui fui lui-même remplacé par le fusil à silex. Il était muni d'une plaline à rouet dont les cannelures frottaient le long d'un chien garni d'un alliage d'antimoine et de fer. Les étincelles qui jaillissaient en rai- son de ce frottement, communiquaient le feu à la poudre. La platine à rouet fut inventée à Nuremberg en 1317. — Fusil à silex ou a PIERRE ou à batterie, fusil dans lequel le feu est mis à la charge par les étincelles qui jail- lissent d'un morceau d'acier frappé par un silex ou pierre à fusil. Le fusil à silex ou fusil proprement dit date du commencement du xviio siècle; mais il ne fut pas adopté dans l'armée française avant 1670. — Fusil à tige, fusil rayé dans lequel le bouton de culasse porte une petite tige d'acier sur laquelle la balle vient s'appuyer. — Fusil à vapeur, ma- chine de guerre d'invenlion américaine, qui lance des projectiles par la force d'expansion de la vapeur. — Fusil à vent, fusil dont la crosse est creusée d'une cavité ou réservoir dans laquelle on comprime de l'air au moyen d'une pompe foulante. Lorsque l'on presse la détente, une soupape s'ouvre, l'air se dilate subitement et chasse la balle placée FUST dans le canon. Ces armes ne produisent pas de délonation ; leur usage est défendu. (V. S ) • FUSILIER s m. Soldat qui a pour arme un fusil. - .Se disailprincipalcmentdessim[ilcs soldats qui formaient les compagnies du centre, par oppusilion aux grenadiers et aux volti- ge ur.s : compagnie Je fusiliers. • FUSILLADE s. f.[// mil]. Décharge de plu- sieurs liisils dans un combat, dans un exer- cice nnlil.iiie, etc. : le bruit de la fusillade. • FUSILLER v. a. [Il mil]. Tuer à coups de fusil. Ne se dit guère qu'en pailant d'une per- sonne condamnée à fllre passée par les ar- mes : on a fusillé trois déserteurs. — Se fusil- ler V. pr. Se dit de deux troupes qui se liiciil mutuellement des coups d; fusil: ces deux troupes se sont fusillées lonr/temps. • FUSION s. f. ffu-zi-on] (lat. /-(/sus, fondu). l'onte, liquéfaction: mettre de l'or en fusion. — Fig. Alliance et mélange: la fusion de deux systèmes, de deux partis. FUSIONNEMENT s. m. Action de fusion- ner. •FUSIONNER V. a. Opérer une fusion , entre des partis, entre descompagnics indus- trielles. — Neutial. Ces deux compamiics de chemins de fer ont fusionné. FUSIONNISTE adj. Qui est partisan d'une fusion, d une rcunion de deux ou plusieurs parlis politiques : ministère fusionniste. — Mibtaniiv. ; un fusionniste. FUSIYAMA [fou-zi-iâ'-ma], volcan du Ja- pon, pies de Yokohama, et montagne la plus élevé* Je l'empire (4,700 m.). 11 est couvert dé- neiges perpétuelles. C'était autrefois le vol- can le plus actif du Japon, mais il li'y a pas eu d'éruption depuis 1707. Les Japo- nais entourent cette montagne d'une véné- ration religieuse. FUST ou Faust (Johann) [foust], riche orfèvre de Mayence, l'un des trois person- nages auxquels on attribue l'invention de l'imprimerie; mais il est probable qu'il aida Gulenberg plutôt de sa bourse que de ses lumières. Leur société commença en 14.-J0 et se termina en 14oo, époque où Fust, s'enipa- rant du matériel que Gulenberg était forcé de lui abandonner en remboursement de ses avances, s'associa avec son gendre Peler SchOffer. L'invention de Gulenberg reçut des perfectionnements qui la rendirent pra- tique. Fust et Schùffer gravèrent isolé- ment sur le métal, el multiplièrent à l'infini les caractères qui, dans les premiers essais, avaient été sculptés sur des morceaux de bois. La taille des poinçons et la frappe des matrices opérèrent col ellet merveilleux; l'art typographique rompit le dernier obs- tacle qui retenait son essor. Alors fut pu- blié le Psalmorium codex, premier livre ira- FUTA FUTU FYZA 43 primé avec dale (14o';). Le sac de Mayence, en 146?, eut pour résultai de disperser les ouvriers de Fusl et de répandre en Alle- magne des procédés qui avaient été tenus dans le plus profond secret. Fust reprit bientôt son travail et fit plusieurs voyafres à Paris pour l'écouleraont de ses ouvrages. L'histoire de son ari'eslation comme ma^i- cien dans cette capitale, à cause de la cor- rection des exemplaires de la Bible qu'il y offrait au public, a fait l'objet de plusieurs controverses; mais l'opinion générale est qu'il V mourut do la peste en Mii6. FUSTANELLE s. f. (turc, ftjstan, vêtement de femme). Jupon plissé que portent les Albanais et beaucoup de Grecs. * FUSTE s. f. lat. fuàlis, bâton). Mar. Sorte de bâtiment long et de bas bord, qui va à voiles et à rames : fuste légère (vieux). FUSTÉ, ÉE adj. {laUfiistis, bâton). Blas. Se dit d'une flèche, d'une lance, d'une pique dont le bois est d'un autre émail que le fer ; d'un arbre qui a le tronc d'un émail particu- lier. * FUSTET s. m. Bot. Espèce de sumac dont le bois, jaunâtre et veiné, sert en médecine et pour la teinture. FUSTIBALE ou Fustiballe s. m. (lat. fusti- bnlits; de fuslis. bâton; gr. ballô, je lance). Art milit. anc. Fronde attachée au bout d'un bâton. •FUSTIGATION s. f. Action de fustiger; /'( fastiij'ttion clait autrefois le supplice des cQiipeurs (te bourses. ■ FUSTIGER V. a. (lai. fustigare; do fuslis, bâton.) ISattre, frapper à coups de fouet I il faisait fustiger ses esclaves. — Se fustiger v. pr. ■"■o frapper avec une verge. FUSTINE s. f. Chim. Principe colorant du l'uslet. * FÛT s. m. (lat. fustis, bâton). Bois sur lequel est monté le canon d'un fusil, d'une arquebuse, d'un pistolet, etc. : le fut d'une arquebuse, d'un pistolet, etc. Dans un sens analogue ; le fût d'un rabot de menuisier. — Archit. Tige de la colonne, partie qui est entre la base et le chapiteau : le fut de cette colonne a sept diamètres. Dans un sens analo- gue, Le fut d'un CANDÉLAnnE, etc. — Tonneau où l'on met le vin ; on rendra les vieux fûts. — Vin qui se.m le put, qui a un mauvais goût qu'il a contracté du tonneau. * FUTAIE s. f. Bois, forêt composée de grands arbres : laisser monter un bois en futaie. — Demi-futaie, futaie "qui n'est par- venue qu'à la moitié de sa hauteur. Haute FUTAIE, futaie qui est parvenue à toute sa hauteur. Dans le même sens. Bois de haute rUTAIE. • FUTAILLE s. f. [«mil]. Vaisseau de bois à mettre le vin ou d'autres liqueurs : futaille | vide. ■ — Futaille en botte, douves et fonds pré- parés et non assemblés ; Futaille montée, celle qui est reliée. — Dolbi.e futaille, fu- taille renfermée dans une autre qui est ordi- nairement d'un bois plus léger. — Collectiv. Grande quantité de tonneaux ; voilà bien de la futaille. ' FUTAINE s. f. (de Fostat, faubourg du Caire). Etoil'e de fil et de coton : camisole de futaine. *FUTÉ, ÉE adj. Fam.Fin, rusé, adroit; c'est un futé matois. — Bias. Se dit d'une javeline ou autre arme dont le fer et le bois sont de deux émaux différents ; d'or à trois javelines de gueules, futées de sable. ' FUTÉE s. f. Espèce de mastic composé de sciure de bois et de colle-forte, propreà bou- cher les fentes et les trous des pièces de bois. • F-UT-FA Ancien terme de Musique, par lequel on désignait le ton de fa : cet air est en f-ut-fa. •FUTILE adj. (lat. futilis, frivole). Frivole, qui est de peu de conséquence, de peu de con- sidération ; écrits futiles. — Se dit quelquefois des personnes ; vains et futiles esprits. ' FUTILITÉ s. f. Caractère de ce qui est fu- tile ; la futilité de ce raisonnement. — Chose futile ; nos journées se perdaient en futilités. FUTTEHGHUR, Futtygurh ou Fataghur, ville de l'Inde anglaise, division d'Agra, sur le Gange, dans le district et i o kil. E. de Fur- ruckabad. Autrefois établissement militaire important, elle est aujourd'hui tombée en décadence. FUTTEHPOOR, ville de l'Inde anglaise, cap. du district du même nom, dans la di- vision d'AUahabad, à 110 kil. N.-O. d'Alla- habad ; 6,"i00 hab. C'est une ville spacieuse et prospère. FUTTEHPOOR SIKRA, ville de l'Inde an- glaise, a 3) kil. 0. d'Agra; environ b, 000 hab.; elle futentourée d'une haute muraille en pierres de 8 kil. de circuit, par l'empereur Akbar, dont elle était la résidence favorite; mais elle ne renferme presque plus mainte- nant que des ruines. • FUTUR, URE adj. (lat. futurus). Qui est à venir : l'incertitude des choses futures. — ■ En style de Notaire, Le futur mariage, se dit du mariage dont on dresse le contrat. Les futurs époux', les futurs conjoints, les deux per- sonnes qui contractent ensemble, pour se ma- rier ensuite. On ditde m nie, Lefuturépuux, LA future épouse; son futur EPOUX, SA future ÉPOUSE, etc. On dit aussi, dans le langage or- dinaire : Son beau-père futur; sa bf.lle-uè.ie future; son gendre futur, etc. — Substanliv. Personne qui doit se marier avec une autre : c'est son futur, sa future. — Jurispr. Epouseb PAR paroles de futur, fiancer; à la différence d'EPOUSER PAR paroles DE PRÉSENT. — S. m. Cc qui sera : il ne s'inquiète pas du futur. — Grarom. Temps du verbe qui marque un état, une action à venir : il y a trois temps dans les verbes : le présent, le passé et le futur: en français, les futurs delà plupart des verbes se forment de l'infinitif, en ajoutant à cc mode la terminaison ai ; j'aimerai est le futur du verbe aimer; bénir fait à la première personne du futur, je bénirai; le futur du participe, ou adjoctiv., le participe futur. — Futur anté- rieur, temps du verbe par lequel on exprime une action à venirqui doit précéder une autre action également à venir : dans j'aurai fini quand il arrivera, l'expression j'aurai fini est un futur antérieur. On dit aussi, Futur passé. — Log. Futur contingent, cc qui peut arriver ou n'arriver pas. Cette locution s'emploie aussi quelquefois dans le langage ordinaire. * FUTURITION s. f. Didact. Qualité d'une chose l'utuie, cil tant qui future. • FUYANT, ANTE adj. l'cint. Se dit de tout ce qui, comparé à un autre objet, p.iiait s'enfoncer dans le tableau: les parties fuyantes d'un tableau. — Pcrspect. Echelle fuyante, celle qu'on trace pour trouver la diminution des objets, relativement à leur enfoncement. — Par anal. Fro.nt fuyant, front déprimé qui semble fuir en arrière. •FUYARD, ARDE adj. Qui s'enfuit, qui a coutume de s'enfuir : troupes fuyardes. — s. m. Se ditprincipaloment, au pliir., do gens de guerre qui s'enfuient du combat : rallier les fuyards. — Homme qui évitait de tirer à la milice : quand un fuyard était arrêté, il était milicien de plein droit. FUZELIER (Louis , auteur dramatique très fécond, né a Pans vers 1672, mort en IToî. 11 compos.j, pour l'Opéra, le Théâtrc-ltalieu, rOpéra-Comique et le théâtre de la Foire, un grand nombre de pièces dont les meilleures sont Momus Fabuliste, les RomaiJis, Arlequin grand-vizir, etc. De 1744 à M'ai, il rédigea le Mercure de France. FYZABAD ou Bangla, ville d'Oude (Inde anglaise) sur la Gogiu, a 120 kil. E., de Luck- now ; environ 100,000 hab. Sous Suraja'i Doulah, elle devint la capitale de l'Oude. à la place de l'ancienne ville d'Oude ou .\.ycrdh:i, qui la touche au S.-E. En I77.T, la capitale fut transférée à Lucknow. Fabriques d'étoiles, de poteries et d'arrnes. G 'G s. m. [je ou je]. Ciii(|uième consonne et septième lettre do l'alphabet latin et des dérivés de l'alphabet latin : un grand G. — Devant A, 0 et U, il se prononce dur; devant E et I, il s'amollit et se prononce comme J. La différence de ces deux prononciations se remarque dans le mol gage. — G avec N forme une pruiioncialioii mouillée, conuiic dans ces mots : digne, signal, agneau. 11 faut G en excepter quelques molsdèrivcs du grec ou du latin, où \'a. prononciation est plus dure et phissèchc, comme gnomonique, gnostiqucs , Pro- !y?H'.— G final, suivi d'un iiiolqui conimence par une voyelle , se prononce ordinairement comme "un C dur : un sang aduste. — A la lin de certains mots, tels que seing, étang, il ne se prononce point, même devant une voyelle. — Dans les alphabets hébreu, grec et autres alphabets d'origine piiénicicnnc, le G est la troisième Icllrc. Dans les langues grecque, hébraïque, allemande, etc., le G est dur par- tout où il est placé. Dans les langues romanes, les règles pour le son diffèrent de caractères, chez les Français, les Portugais et les Espa- gnols. En anglais, cotte lettre a deux sons en- lièrcmenl distincts : le son dur, comme dans get, cl le doux (représenté aussi parJ), comme 46 GABK dan^ f/'-HS. Il n'csl jamais enllèremcnl muet dans : un langaf/o, oxccplé dans lanf^'lai». — Dans lo calendrier, G esl la dernière lellre dominicale. — v» Sur les anciennes mon- naies françaises, il indifjiie quelles ont été fiappées à Poitiers. — .\r?ot. Objets insi- pniliants qu"iin clerc de noLairc s'approprie pendant les inventaires. CABALES, Gidiiili, peuple de la Gallia aqiii- lanii'a. iIliiI lo Loi liloiro (nommé plus lard (iiiviutdaii) possédait des mines d'arfrimt et rie f.Tas pilluru^-es. Leurs principales villes étaient Andcrilum (Antérieu.x) et Mimute (Mende). 6ABA0N. ancienne ville de l'alosline, dans le |i;ns do Clianaan, à 16 kil. iN.-O. de Jérir-ali'm. GAB.IONITE s. et adj. De Gabaon ; qui se rapporte à celle ville ou à ses babitanls : les Gabaonites furent vaincus pur losué. * GABARE s. f. (bas brel. (jôbar). Embar- çalioM (|in va à voile et à i-ames, et qui sert à navifruer sur les rivières, à charger cl à (lécharfrer les bâlimenls, etc. : la phipart des i/dhiircf sont des bateaux plats. — Mar. Certain bàtimciiL do charge ou de transport: les ga- bares soid u trois mets, et du port de trois à quatre cents tonneaux. — Pêche. Espèce de lilcl qui ne dill'èrc de la seine que par la grandeur. GABARER v. n. Syn. de Godiller. CABARET ou Gabarret, ch.-l. de cant., arr. cl à 4.t kil. iN.-K. de Monl-do-Marsaii (Landes); 1,285 hab. Commerce de porcs, de grains. On y voit une maison de Jeanne d'Albrol et d'Henri IV, Ane. abbaye de Tem- l'iii rs converlie eu église paroissiale. CABARI (Passer au). Argot. Etre vaincu, perdre au jeu. ■ CABARI ER s. m. Maître ou patron d'une gabai-c. — Se dit aussi, quelquefois, des portefaix qui chargent et déchargent les ga- liares. GABARIER v. a. Mar. Construire une pièce selon sou gabarit. ^GABARIT ou Gabari s. m. (ar. galib, moule). Mar. Modèle de construction sur le([U6l les charpentiers travaillent, en don- nant, aux pièces de bois qui doivent entrer dans la composition du bâliment, la même forme, les mêmes contours et les mêmes proportions en grand, que ces pièces ont en petit dans le modèle :/e gabarit d'un vaisseau. — Patron de fer qui, dans les ateliers d'artil- lerie, sert pour la cunslructiou de diverses pièces, notamment des atlïïts. GABATINE s. f. (ital. gabba, plaisanterie). Ne s'emploie que dans cette lomilion fam. et peu usitée : donner de la gabuline à quel- qu'un, le tromper, lui en faire accroire. * GABEGIE s. f. (ar. gabana, frauder). Fraude, tromperie : il y a de la gabegie dans cette affaire. (Pop.) 'CABELAGE s. m. Espace de temps que le sel doit demeurer dans le grenier avant que d'être mis en vente. — Certaine marque que les commis des greniers mettent parmi le sel, pour reconnaître si le sel est sel de grenier ou sel de faux-saunage. GABELENTZ (Hans Co.non vo.n der) [gâ-bé- lènnth], philologue allemand, né à Àltem- bourg en 1807, mort en 1S74. Ses travaux comprennent les Eléments de la grammaire ■mandchoue et des traductions du mandchou et du chinois. * GABELER v. a. Faire sécher du sel dans les grenie;s de la gabelle pendant un temps convenable : gahekr du sel. 'GABEIiEURs. m. Homme employé dans la gabelle. — Pop. et dans le mênie sens, on disait caiiklou, gui se dit encore vulgai- rement et par dénigremcnl des employés des contributions indirectes. ' GABELLE s. f. (angl. sax. gaftil. impôt). Aulrcl. Iinpùlsurlesol: ferme des gabelles. — Le L-renier oii l'on vendait le sel : aller d la gabelle. — Pays ui; oaiikllk, provinces où rim[.ôtdc la g.ibell.,' élait établi. — FHAUDtn LA (;auklle, faire quebpic fraude pour ne point payer les droits du sel. Se dit, par exl., en jiarlant de toutes les fraudes que l'on fait pour no pas payer quelque autre droit. — Frauder la gabelle, se dis[ienser par adresse d'une chose qu'on est obligé de faire, et que tous les autres font : vous étiez obligé d'aller là comme b:s autres, vous avez frmdé la ga- beli'. — Hist. « Le mot gabelle, qui, dans l'origine, était synonyme d'impùt, fut ensuite employé exclusivement pour designer l'impôt sur le sel. On taxa d'abord, vers le xiii° siècle, les sels qui étaient transportés sur des barques pour alimenter les provinces du centre de . .'' l'aiice. Le roi Jean, à son retour de cap- tivité, s'attribua le monopole de la vente du sel et fit construire des greniers d'approvi- sionnement. Tout habitant était tenu d'ache- ter, chaque année, une certaine quantité de sel; et cette sorte d'impôt de capitalion était déterminée à l'avance pour la circons- cription du grenier. L'h répartition élait faite entre les paroisses ; puis les collecteurs éla- blissaienl les rôles suivant le nombre des personnes composant chaque famille. Pen- dant un certain temps, la quantité de sel à livrer fut d'un minot ou cent livres pour quatorze personnes, non compris le sel destiné aux grosses salaisons et qui devait être acheté à parL Le prix du minot variait alors de 8 à 6i livres, scion les provinces. Les pays de grandes gabelles, comprenant les douze géné- ralités de Caon, Kouen, Alençon, Amiens, .Soissons, Paris, Orléans, Bourges, Tours, Cliâlons-sur-.Marne, Moulins et Dijon, étaient compris dans la ferme générale. Les prix vêlaient très élevés, et la^'contrebande sévè- rement réprimée. Les fermes particulières du Lyonnais, du Dauphiné, do la Provence et du Languedoc étaient nommées petites gabelles ; el \e ie\ y élait payé moins cher. Dans les pays dits de quart-bouillon, c'est-à- dire dans quelques élections de la basse Normandie, on pouvait acheter le sel prove- nant d'exploitations particulières, et on le payait seulement un quart en sus du prix do revient. Certaines provinces : le Poi- tou, l'Angoumois, le Limousin, la Marche, l'Aunis, la Saiulonge, la Guyenne, ainsi qu'une partie de l'Auvergne s'étaient rédi- mées sous Henri II ; elles payaient une somme hse, dont un tiers à la charge de la noblesse et du clergé, et les deux tiers supportés par le tiers - état. 11 y avait aussi dos provinces exemptes qui s'étaient réservé ce privilège au moment de leur union à la France; telles étaient la Flandre, l'Artois, la Bretagne, le lîéarn, la .Navarre, l'Alsace. Enfin on appelait /'rartc-S!(/t; la franchise de gabelle attachée à certaines fonctions et celle accordée au clergé, à des communautés, à des hôpitaux, etc. Les fermiers-généraux qui exploitaient le monopole de la gabelle avaient à leurs ordres une armée de commis, que secondaient des tribunaux spéciaux et la juridiction prévôtale. Les fraudeurs ou faux- sauniers étaient condamnés à servir sur les galères du roi ; ' en cas de récidive , ils étaient punis de mort. Pour les femmes, les peines étaient l'amende elle fouet. La gabelle fut supprimée par la loi des 21-30 mars 1790 ; mais l'impôt du sel a été ensuite rétabli par le premier Empire (L. 24 avril! 8061. Voy. Sel. » (Ch. If.) GABELOUs, m. Voy. Gadeleur. CABER V. a. Moquer, railler (Vieux). G.\BO GABÈS Voy. Caiiès. GABIE s, f. (ital. galjlin, cagel. Mar.Fspèce de U demeurés pour les gages. Cela se dit aussi dans quelques occasions moins importantes, par exemple si dans une hôlel- ierie, dans un cabaret, on relient quelques gens d'une compagnie, afin qu'ils payent pour les autres qui se sont échappés. On le dit quelquefois en pailant d'une chose qu'un a perdue : j'eus peine à me tirer de cette foule, mon nmntcau, mon ehapeauy demeura pour les gages. Ces phrases sont maintenant peu usi- tées. — GaGK DU COMBAT, OU GaGK DE BATAILLK, gantelet OU gant que l'on jetait autrefois par manière de défi à celui conlie qui l'on vou- lait combattre. — Ce que l'on consigne, ce que l'on met en main tierce, lorsque, dans une contestation entre deux ou plusieurs per- sonnes, on est convenu que celui qui sera condamné, payera à l'autre une somme ou quelque aiitcL! chose : mettons des gages entre les mains de quelqu'un. — Fig. 'foule sorte de garantie, d'assurance, de preuve, de témoi- gnage : il m'a laissé un gage de sa foi. — Fig. UoNNEit DES G AGES A UN PARTI, Se lier par quelque acte avec un parti. — s pi. Salaire, appoin- tements; se dit principalement de ce que l'on donne aux domestiques par an pour payement de leurs services : les gages d'un laquais, d'une servante. On dit cependant quelquefois : les gages d'un capitaine de navire. — A gages, .s'emploie comme une sorte d'épithète signi- fiant, qui est gagé, payé pour faire une chose : un homme à gages. Se prend quelquefois en mauvaise part : des applaudisseurs à gages. — Casser aux gages, ôler à quelqu'un son em- ploi el les appointements qui y sont attachés : cet homme a été cassé aux gages. Se dit aussi, tig., d'un supérieur qui ôle sa confiance à un inférieur : il avait beaucoup d'aecés auprès du prince, mais depuis quelque temps il est cassé aux gages. — Se disait de même, autrefois, du payement (jue le roi oidounait jiar an aux officiers de sa maison, aux officiers de justice et de finance, etc. : le grand elinmhvUan avait tant de gages. — Législ. << Le ga;;c e>t un con- trat par lequel un ilébileur remet à son créan- cier une chose mobilière, à titre de nantisse- ment, c'esl-h-dire en ^.'arantic de la dette. Ce contrat confère au créancier un privilège sur le piix de la chose: mais si lacré.inco excède laO fr., il faut ([u'il y ait un acte enregistré qui constate le nantissement, ([ue cet acle in- dique la somme due et la nature des objets, litres ou créances remis en gage, et en outre que le;.'age soil resté entre les mains du créan- cier ou d'un tiers convenu entre les parties. Le débiteur conserve la [irupriété du gage et le créancier no peut en disposer; toute stipu- lation eonlrairc est nulle. Si le créancier n'e-l pas payé à l'échéance de la délie, il peut faire ordonner par justice que le gage lui lestera en paiement, sur une estimation faite par experts, ou que l'objet sera vendu aux enchères (C. civ. 2071 à 2(lSi). V.i\ matière comm.!iciale, le contrat de gage peut être constaté par la correspondance, les livres de commerce, etc. ; et les elicls de commerce donnés en gage peuvent être recouvrés par le créancier gagiste ,C.comni. 91 et s). Les maga- sins généraux qui reçoivent des marchandises en dépôt peuvent délivrer, sous le nom de warrants, des bulletins de gaee transmis - sibles par endossement, en suivant les formes prescrites par la loi du 28 mai ISIiS. Les mai- sons de prêts sur gages onmonts de piété sont soumises a des règlements particuliers. (V. L., 24 juin 18 'il, etc.). On no m me ffaflM les salaires des domestiques. Le paiement des gages est garanti par un droit de préférence qui est classé au quatrième rang des privilèges gé- néraux sur les meubles (C. civ. 2101); mais l'action en recouvrement se prescrit par un an pour les domestiques qui se louent à l'année (id. 2272). Voy. Domestique. » (Ch. Y.) * GAGE-MORT s. m. Voy. Mort-gagk. * GAGER V. a. Parier; convenir avec quel- qu'un, sur une contestation, que celui des deux qui sera condamné, payera à l'autre une somme ou quelque autre chose : je gage- rais cent francs que cela n'est pas. — Elliptiq. el fara. Gage que si, gage que non, .]e gage que si, je i;age que non. — Donner des gages, des appointements à quelqu'un : c'est un homme que j'ai gagé pour cela. — Fam. Il SEMBLE qu'il SOIT GAGÉ POUR FAIRE TELLE CUOSE, il semble qu'il soit payé pour cela. * GAGERIE s. f. Prat. On appelle Saisie- GAGERiE, une simple saisie de meubles sans transport, qui se fait sans condaninaliou, sans permission du juge, elmème sans obligation par écrit, à l'elfet que la chose ainsi arrêtée devienne le gage du créancier : la saisie-gagerie a lieu surtout pour les loyers. * GAGEUR, EUSE s. Celui, celle qui gage, ou qui esl dans l'habitude de gager souvent : un grand gni/cur. * GAGEURE s. f. [ga-ju-re]. Promesse que les personnes qui ffagent se font réciproque- ment de payer ce dont elles conviennent en gageant : faire une gageure. — Soutenir la GAGEURE, persister, persévérer dans une entre- prise, dans une opinion où l'on s'est une fois engagé. : cet homme a commencé à faire une grande dépense, il aura de la peine à soutenir la gageure. — Gager sa tête a coupeb, c'est LA gageure d'un FOU. — CeLA RESSEMBLE A UNE GAGEURE, se dit d'une action singulière, étrange, et dont on ne conçoit pas le motif. — Quelquef. Chose gagée : voilà la gageure que je vous dois. ' GAGISTE s. m. Celui qui est gagé de quelqu'un pour rendre certains services, sans être domestique : gagiste de théâtre. GAGNABLE adj. Qu'on peut gagner: la partie est gaynable. •GAGNAGEs. m. Pitis, pilturage, lieu où Vont [Mitir les troupeaux et le* bêles fauves: // ;/ (1 de beaux gngnages dans ce pays. — »» Se dit des animaux sauvages el parlicul. des faisans qui oui l'habitude, le matin et le .-^oir, d'aller chasser dans les champs voisins : les faisans vont au gagnage. ' GAGNANT s. m. Celui qui gagne au jeu, ù la loterie : il est du nombre des gagtianls. — Adj. : billet, numéro gagnant. GAGNE Paulin\ toqué célèbre el avocat, né i'i Mciiloiioii Diome) en 1808, mort en 1870. Il fit ses études à Valence, son droit ft Gre- noble et .'i Paris el se fit inscrire au barreau de Monlélimar, puis à celui de Paris. Il ne plaida iiu'une fois et abandonn.i la loge pour se livrer à la poésie. Il ne doit sa célébrilé qu'à son originalité. Après avoir publié quel- ques ouvrages excentriques: le .Monopanglotte (1843), VVnitéide ou la Pemme-Messic, le C'n/- t'iKi'C (ics /ioîs (lS6:f). il , s'occupa de journa- lisme el fonda le Thédire du monde, lo Joiir- 71 i/o;//iM-ioni II ml!.,] Cnrtilin. ch.-l. decaiit., arr. et à 14 kil. E.-S.-E. riel.ouviers (Eure); 3,wlG hah. Antique forteresse ro- maine, reconstruite au moyen Age, souvent assiégée, démantelée en 1424 el rétablie en \')\"> par le cardinal d'.Vmboise. Le château conslniil par ce cardimil esl l'un des chefs- d'œuvre de la Kenaissancc à son début; il servit de maison de plaisance aux archevêques de Rouen, fut déclaré propriété nationale lors de l.i Révidulion, el devint pri-on i-eii- trale pour 1,2(10 détenus en 1812. On a établi, en 1 88(1, une colonie pénitenliaire au domaine des i)ciuaires. GAIMAR(Gefîroi), trouvère anglo-normand qui vivait au eominencement du xii'' siècle. Son llisl. desrois Saxons, écrite en vers fran- çais, est |ileinc de renseignements [u-écieux el va jusqu'au règne deGuillaiirao le Koux. * GAiMENT adv. Voy. Gaiement. * GAIN s. m. Profit, bénéfice, lucre : gain considérable, médiocre, illicite. — Se retirer SUR SON GAIN, quitter le jeu lorsqu'on a gagné. — Heureux succès, victoire, avantage que l'on a dans une entreprise, dans la poursuite d'une all'aire : le gain de la bataille. .\.a jeu : le gain d'une partie. — Gain de cause, avantage que l'on oblieiit dans un procès, et parext. dans un débat quelconque : il a eu, on lui a donné, il a obtenu gain de cause. — Jurispr. Gains nuptiaux, ou mieux, Gains de survie, avan- tages (jiii se font entre époux en faveur du survivant. * GAINE s. f. (lat. vaginn, étui). Etui de couteau, ou de quelque autre instrument ser- vant à couper, à percer, etc.: tirer un couteau de la gaine, hors de la gaine. — Archit. Espèce de support à hauteur d'appui, plus large du haut que du bas, sur letjuel on pose des bustes :p/(ic('r«/(e suite de busief: sur des gaines. Quand la gaine et le buste sont d'une seule pièce, on leur donne le nom de Terme. — Bot. Espèce de tuyau que la base de certaines feuilles forme autour de la tige ; tube que les étamines ou anthères de certaines plantes forment autour du pistil, en se soudant les unes aux autres. — Anal. Parties qui servent d'enveloppe à d'autres. 6AINERIE s. f. Se dit de toutes sortes d'ou- vrages de chagrin, de cuir, etc., tels que : étuis, gaines, boîtes, etc. * GAINIER s. m. Ouvrier qui fait des gaines. des étuis. * GAINIÉR s. m. Bot. Genre de cfesalpiniées, dont une espèce, le gainier commun ( eercis siliouasliuiii;, est un arbre de 6 a 7 m., origi- Gainier du l'.aii;ida (Cercis Caievltiisis). naire de l'Europe méridionale. Il doit son nom à la ressemblance que sa gousse ollre avec une gaine. On le nomme aussi arbre de GALA Judée ou arbre d'amour. (Jn le cultive dans les jardins a cause lie l'éclat do ses llenrs rouvos ot parfumées qui s'épanouissent .iU|iriiitomps el sont remplacées uto bout de :i sem.iine> par de grandes el belles feuilles j;laliro>, ai ron- dics ol échancrées en cœur a la base. Le bois du galnior esl veiné de brun el de jaune;; on l'emploie dans la lablellerie. En Aniéri<|ue, on trouve lo gainier du Canada {cereis Cann- (lensis), qui porte aussi le nom populaire de bouton rouge; c'est un arbre qui alleiiil l(( m. Ses fleurs sonlrosepâle et s'épanouissent, elles aussi, avant l'apparition des feuilles; elles forment de petites ombelles en grappes et en telle profusion qu'elles couvrent enlière- menl l'arLre. Le bois du gainier du Canada est dur el susceptible d'un beau poli. GAINSBOROUGH. ville du Liucolnshirc CAn- L'I. ■terre;, ^ur la Tront, a 25 lui. N.-N.-(J. de Lincoln : 14.372 h. Elle partage avec Hiill le commerce de la Baltique ; la rivière la Tront y est navigable pour les vaisseaux de 200 tonneaux ; el le nombre des navires à l'onlrée el à la sortie y est annuellement d'environ .SOU. Fabriques d'huile de lia; conslrucUon de navires. GAIRDNER Guillaume^ médecin anglais, né en l"'j:i, nioit en ISfi;. H a publié un Irai té sur l'einjjloi médical de l'iode, sur la goutte (son histoire, ses causes et sa guérison; 1849), u'uvie modèle. • GAÎTÉ s f. Voy. GAiirrÉ. GAIUS ou Caius, juriste romain du ii' siècle de noire ère. 11 composa une quinzaine d'ou- vrages dont les Instituti'S sont le plus impor- tant. On suppose que ces Inslilules furent en premier lieu un manuel po|uilaire de la loi romaine semblable à nos livres élémentaires modernes. Elles ont élé incorporées prescjue entièrement dans les célèbres Inslitules pré- parées par l'ordre de.lustinien. L'ouvrage l'ut longtemps égaré, mais une grande partie en fut retrouvée, en 181(J-'I7, par N'icdibiir, dans un palimpseste très effacé de la bibliothèque de la cathédrale de Vérone. GAL s. m. (lat. gallus, coq). Icht. Genre de scorabéro'ides vomers, donU'espècc la mieux observée est le 90/ de la mer des Indes (zeus gallus), long de 18 à 20 cenlini. * GALA s. m. (ital. gala, réjouissance). Terme qui signifie, dans plusieurs cours, fêle, réjouissance : un jour de gala. — Fam. Repas spiendide : il y a eu gala chez votre père. GALAAD,pay5 montagneux (anc. Palestine) dans la Balanéo el la Pérée. On y trouvait les monts de Galaad, et les villes de Jabès- Galaad el de Ramoth-Galaad. GALACTIE s. f. [ga-la-k.lî](gr. gala, galaktos, lait). Bot. Genre de légumineuses phaséolées, comprenant une trentaine d'espèces qui croissent dans les régions tropicales. On en cultive quelques-unes dans nos jardins et dans nos serres. GALACTIRRHÉE s. f. (gr. gala, galaUos, lait: rhid. je coule). Méd. Ecoulement trop abondant du lait. GALACTITE s. f. (gr. gala, galaktos, lait). Bot. Genre de composées carduacées, voisin des centaurées et comprenant une seule es- pèce, la galactitc cotonneuse [galactiles tonicn- tosa), élégante plante herbacée qui vient abondamment dans les régions méditerra- néennes. GALACTOCÈLE s. f. (gr. gala,gulahtos, lait; kélé, tumeur). Ghir. Tumeur produite par un épanchement de lait. GALACTODENDRON s. m. [ga-la-kto-dain- dron] (gr. gala, yalaktos, lait ; dendron. arbre). Bot. Genre d'artocarpées comprenant des espèces d'arbres dont le suc esl analogue au lait. Le galactodendron utile [brosimum galaclodcndron), appelé aussi arbre à vache. GALA GALA GALA 51 palo de vaca, est uu prand arbre toujours vert qui atteint 30 m. de haut et qui croit au n\ilieu des rochers les plus arides des (Cordil- lères de Caracas. Sa sève nourrissante, aeréable, presque exactement semblable à du lait, coule abondamment des incisions faites à son éeorce. GALACTOGRAPHIE s. f. (gr. gala, (lalaHos, •lait : (/nii.hiin, é.-rire). Description du lait. GALACTOLOGIE s. f. (gr. gata,galaktos, lait; lo'jos. diMMiurs . Traité sur le lait. ' GALACTOMÈTRE s. m. (gr. gala, galaktos, lait ; metron, mesure). Instrument qui sert à apprécier la qualité du lait. — Le galacto- mètre proprement dit sert à déterminer la gravité spécifique du lait. On peut emplnver à cet usage l'hydroraètre ordinaire ; mais le meilleur instrument est celui que l'on appelle le galactomètre centésimal, inventé par M. Dinocourt. C'est un tube de verre qui ilotte verticalement dans le liquide et qui e.^t surmonté d'une tige à laquelle sont attachées deux échelles, l'une pour peser le lait écrémé et l'autre pour le lait dont la crème n'a pas été enlevée. Néanmoins, comme la gravité spécifique du lait est un témoignage douteux de sa pureté, l'instrument devrait être em- ployé de concert avec un autre, appelé lacto- mèirc, dont l'objet est de déterminer la pro- portion de la crème. GALACTOMÉTRIE s. f. Art ou manière de déterminer l.i richesse du lait. GALACTOPHAGE adj. et s. (gr. gala, galaktos, lait ; p/i'igi'i, je mar.ge). Qui se nourrit de lait. GALACTOPHAGIE s. f. Habitude de se nour- rir de lait. GALACTOPHANIE s. f. {gr. gala galaktos, lait; phaino, je me montre). Méd. Métastase laileuse. GALACTOPHLÉBITE s. f. [-flé-bl-] (gr. gala, i/ulalitos, lait ; phlrbs, veine). Pathol. Inflam- mation des veines chez les nouvelles accou- chées. GALACTOPHOBE adj. et s. ( gr. phobos, craintel. Qui déteste le lait. GALACTOPHOBE adj. (gr. phoros, qui porte). Qui conduit le lait : vaisseau gniaclophore. — Qui active la sécrétion du lait : potion galac- tophore. — s. m. Bout de sein artificiel. GALACTOPHORITE s. f. Inflammation des vaisseaux galai'lojiho^res. GALACTOPOIESE s. f. (gr. gala, galaktos, lait ; poîêo, je fais). Faculté que possèdent les glandes mammaires de sécréter le lait. GALACTOPOSIE s. f. [-po-zi] (gr. posis, bois- son). Mcd. Traitement, régime dont le lait forme la base. GALACTOPOTE adj. et s. Méd. Qui est sou- nu-- au réaiiiie du lait. GALACTOPYRE s. f. (gr. pur, feu, fièvre). Fièvre de lait, GALACTORRHÉE s. f. Syn. de Galactir- IlHÉb;. GALACTOSCOPEs. m. (gr. .sftopco, j'examine). Galactoniètre inventé vers 1843, parM. Donné, pour faire connaître le degré d'opacité du lait et indirectement la qualité bulyreuse de ce liquide. GALACTOSE s. f. Méd. Élaboration et sécré- tion (lu lail. — Chini. Sorte de glucose ([iii se produit quand ou fait bouillir le sucre de lail avec des acides minéraux étendus: -IC' 0>- Il 6. , GALACTURIEs. f. (gr. nurvù, j'uiiue). Méd. Fmission d'urine conlrnant de la graisse, ce qui lui donne une apparence laiteuse. GALAGO >. m. Nom sénégalais du Lémur. Voy. Lludu. GALAM [ga-lammj ou Kayaga. pays de la Sénégambie, sur les deux rives de la Falémé; cap. Gakun, petite ville sur la rive gauche du Sénégal, à o80 kil. E. de Saint-Louis. Ivoire, gomme, poudre d'or ; matière grasse appelée beurre de G a In m. * GALAMMENT adv. [ga-la-man]. De bonne grâce : il a fait galamment toutes les choses dont on l'a prié. — D'une manière galante : il s'est conduit galamment envers toutes les dames. — Quelque!". Avec ;.'oiit, élégamment: s'habiller galamment. — Habilement, adroi- tement, finement : il s'est tiré galamment d'intrigue. GALAN, ch.-l. de cani., arr. et à 38 kil, S.-E. de Tarbes (Hautes-Pyrénéesl, entre la Baysolle et la Bayse; 1,055 hab. Vieille église (Mon. hist.). GALANDAGE s. m. Cloison de briques poîées de champ, * GALANGA s. m, (malabar, kelengu). Genre de zingibéracées comprenant plusieurs espèces de plantes tuberculeuses qui croissent dans les Indes orientales et dont on a fait quelque usage en médecine. Il y en a deux variétés : le grand galanga et le petit galanga. — La racine de galanga est de la grosseur des doigts et présente des nœuds; elle est colorée de brun en dehors et de rouge en dedans: son odeur est aromatique : sa saveur est acre et piquante. Son action est stimulante et stoma- chique; mais la médecine en abandonne l'usage. * GALANT, ANTE adj. (lat. Galhis, Gaulois). Qui a de la probité, civil, sociable ; qui a des procédés nobles: c'psf un galant homme, vous pouvez lui confier vos intérêts. Dans ce sens, on ne le dit jamais des femmes. — Vous ÊTES UN G.iWNT HOUME , SP dit pOUr témoigner à un homme la satisfaction qu'on éprouve de ce qu'il a fait : vous êtes un galant homme d'être venu expirés pour nous voir. — Se dit aussi d'un homme qui cherche à plaire aux femmes. Dans ce sens, on le met ordinairement après le substantif: c'est un homme galant, fort galant. On dit à peu près dans la même acception : avoir l'es- prit galant, l'humeur galante. — Femme g.\- LANTt, femme qui est dans l'habitude d'avoir des commerces de galanterie. — Intrigue GALANTE, Commerce de galanterie. — Se dit de diverses choses, lorsqu'on les considère comme a;;réables et bien entendues dans leur genre : ?m habit galant; une mascaïade galante. — Substantiv. .\maut, amoureux: il fait toujours le galant auprès des dames. — Fam. Homme éveillé, et à qui il ne faut pas trop se fler : Le galant, pour tuiitc bcsn^ne, Avait UQ brouct clair ; il vivait chichement. La Fo»TjLinB. — Dans ce sens qui vieillit, on a dit au fémi- nin, Galande : la galamle fit chère lie. — C'est UN VEUT G.vLANT, sc dit d'uu hûiiime vif, alerte, qui aime beaucoup les femmes, et qui s'emiiresse à leur plaire. GALANTEMENT adv. D'une façon galante. * GALANTERIE s. f. Qualité de celui qui est galant ; agrément, politesse dans l'esprit et dans les manières : cet homme a de la galan- terie dans l'esprit. Dans ce sens, il vieillit. — Se dit plus ordinairement des respects, des soins , des cmpressemenis pour les femmes, qu'inspire l'rnvie de leur plaire: il fait pro- fession de galanterie. — l'ro|ios flatteurs qu'on lient a uni' femme : dire îles galanteries. — Commerce amoureux et illicite : cette femme a une galanterie avec un tel. — Petits pré- sents qu'on se fait dans la société : il fait tous les jours des galanteries à ses amis. — Ironiq. La galanterie k.st un peu forte, se dit d'une action peu honnête, mais que l'on est disposé à pardonner. 'GALANTIN s. m. Homme ridiculement galant auprès des femmes : il fait le galant et n'est qu'un galantin. ' GALANTINE s. f. Charcut. Sorte de mets fait avec de la chair de dindon désossée et lardée, ou avec de la chair de veau qu'où as- saisonnede finesherbes et d'autresiiigrédienls et que l'on recouvre d'une couche de gelée : manger de la galantine. - GALANTISER v. a. Etre ridiculement galant auprès des femmes : galantiscr des dames. (Vieux et fam.). — w Se galantiser v. pr. Etre amoureux des agréments de sa propre personne. GALAOR, ancien héros des roman s de cheva- lerie, considéré comme le type accompli du paladin courtois et galant. GALAPAGOS (e?p. terres des tortues), groupe d'iles de l'océan Pacifique, sous l'Equateur, à environ 900 kil. de la côte de la république de l'Equateur, à laquelle il appartient. Ce groupe était autrefois un rendez-vous de bou- caniers; les îles séparées ont reçu des noms anglais. 11 se compose de six îles principales, de neuf petites iles et de beaucoup d'ilôts dont quelques uns sont desimpies rochers. La plus grande île, Albemale, mesure environ 90 kil. de long et 23 kil. de large : c'est aussi la plus élevée; elle atteint une hauteur de 1,600 m. Celle qui vient ensuite comme grandeur est l'île Indéfutigalde, après laquelle on cite Narborotujh, .James, Chathamel Charles. Toutes ces îles sont volcaniques, mais les vol- cans sont presque entièrement éteints. Le climat est remarquablement tempéré. Les parties les plus basses des îles sont arides et manquent d'eau, mais les sommets des mon- tagnes reçoivent des nuages une humidité suflisante pour entretenir une abondante vé- gétation et pour les rendre propres à la cul- ture, .lusqu'eu 1832, les Galapagos n'eurent pas d'habitants permanents ; quelques exilés y furent amenés de la répuliliqiie de l'Equa- teur. L'établissement le plus important se trouve dans l'île Charles. La faune et la flore des Galapagos présentent un intérêt parti- culier. Les phoques et les oiseaux y sont abon- dants, ces derniers se font remarquer par leur familiarité. Les tortues de terre {testudo ni- gra), qui ont donné leur nom à ce groupe, pè- sent quelquefois plusieurs centaines de kilog.; elles ontbeaucoup diminué de nombre. Les tortues de mer sont encore très nombreuses. GALAPIAT s. m. Pop. Vaurien. GALASHIELS [gal-a-chilz']. bourg du Sel- kirshire. el du Roxburgshire (Ecosse), sur la Gala, à io kil. S.-E. d Edimbourg; 17,249 h. il est d'une haute antiquité. GALATA, faubourg de Constantinople. Voy. Constantinople. GALATE s. et adj. De Galatie ; qui appar- tient à ce pays ou à ses habitants. — Epithe AUX Gal-\tes, lettre adressée par l'apôtre saint l'aul aux églises de Galatie, et l'un, des livres canoniques du Nouveau Testament. La partie doctrinale justilie la mission apostolique de saint Paul, avance la doctrine du salut par la grâce et explique le rapport de l'Eglise chré- tienne avec l'Eglise juive. D'après la plupart des écrivains, cette épilre date d'Ephèse, vers l'an ,S6. GALATÉE I. Belle néréide aimée par le eyclope Polyphènieet qui lui préféra le berger Acis. (Voy. ce dernier mol.) Cet épisode mvlhologique a été retracé par Ovide dans ses Mêtamoriilioses (liv. XllF- — H. Nom de la statue dont le sculpteur Pygmalion devint amoureux et qui lut animée par Vénus. — m. Opéra comique en i actes, représenté à f Opéra-Comique, le 14 uov. l8,i-2: paroles de Jules Barbier et .Michel Carré; musique de , Victor Massé. La stiUue de Galatée, chef- I d œuvre de l'artiste Pygmalion, inspire une 52 GALA ardfiiir insonM^r .'i cfil arlislft , qui supplie V(''nus d'iinininr son idole. Galatéo, devenue fi'niiiie, pi'éfiM-c à sonamanl l'iinljécile Gany- inf'de el le vieux iMidas lui-mfinie. Celte iiièce dut son immense succt''s a. quelques char- mants couplets, tels ijue la ehanson bachique: Ah ! verse encore ! Vidons TamphorcI et celle de la paresse : Ah ! qu'il est doux l)c ne rien faire. Quand tout s'u^ile nutoiir de nous. GALATIE {Gdlatin, Gallo-Grxdn], ancienne pioviiicedc l'Asie .Mineure, àl'E. delaPlirvf.'ie (Idiil elle litd'ahord parLic. Elle était traversée du N. au S. par la rivière Ilalys; elle l'ut ap- pelée Gallo-Grèce ou Galalie parce que les Gaulois s'en omparèrentct s'y établirent dans la dernière paitie du m" siècle av. J.-C. Les liabitanis conservèrent le lanpa;.'e ^'allique jusqu'au iv" siècle ap. J.-C. Elle i'ul f;ouvernéc par des télrarques, dont l'un, Daiolarus, fut nommé roi par les Honiains à cause des ser- vici'squ'il leur rendit contre iMitliridate;il re- çut aussi le Pontet l'Arménie Mineure. A la mort de sonsuccessonr Amyntas, le pay.s fut annexé à l'empire romain, '.i.i ans av. J.-C. Saint Paul y prêcha le premier et y organisa des églises. GALATZ ou Galacz [griiUltss; — lâtch] {Axiopolis), ville de la Roumanie (Moldavie), sur le Danube, entre les embouchures de la Serelh et du Pruth, à ISH kil. S.-E. de Jassy; près do OUjOOt) bab. (augmentation de 8,000 en 183;;), comprenant des Grecs, des Juifs, des Arméniens et presque toutes les nationa- lités européennes. La partie ancienne de la ville est formée de rues malpropre? et étroites. ii*ji^ <^^ ---sri^^ Galatz. mais la partie neuve renferme des maisons construites en pierre. Le quai sert de rue prin- cipale; il s'y trouve de vastes magasins, des greniers et des docks. En vertu du traité de Paris de 185G, Galatz est un port franc, il est un des entrepôts les plus importants du Danube. Les principaux articles d'exportation sont les céréales et les bois de construction. 'GALAXIE s. f. [ga-la-ksî] (gr. gala, lait). Astr. Nom de la voie lactée, bande irrégulière de lumière visible dans les cieux par une nuit claire. Sa course à travers les cieux forme presque un grand cercle incliné à un angle de 63» sur l'équateur, coupant ce cercle sur deux points, dont les ascensions droites sont respectivement 0 h. 47 m. et 12 h. 47 m. Ce- pendant la couche la plus condensée ne forme pas exactement un plan; elle gît dans deux plans diflérents, inclinés à un angle d'environ 10°; le grand cercle qu'elle forme fut appelé par sir John Herschel, le cercle ga- lactique. Sur plusieurs points, elle jette des embranchements, tels que Persée et Argo, en GALB face duquel elle s'ouvre en une large expan- sion en forme d'éventail, d'environ 'iO° de large. A V du Sagittaire, il y a une masse ovale de 4° sur C" contenant plus do 100,01)0 étoiles. On remarque souvent dans la voie laclée des espaces entièrement dépourvus d'étoilosel parfaitement noiis; le plus remai- quable, dans la Croix du sud, est appelé par les iiavig.ileurs Suc à iltarhon. Les anciens avaient dill'érentcs opinions au sujet de la voie lactée : Aristote la considérait comme étant de la même substance que les comètes; Démo- crite seul émit la juste opinion que la voie lactée se compose d'une multitude d'étoiles. Cl' n'est que jiar suite de l'invention du téles- cope que sa nature réelle put être démontrée. Galilée avec son petit télescope y découvrit plusieurs étoiles, mais les Herschel eurent les premiers une idée bien exacte de sa constitu- tion. Struvc développa la pensée que la distri- bution des étoiles dans le plan médian de la voii! lactée est sans limite; mais Herschel le Jeune, raisonnant d'après l'existence du fond noir sur leipiol la voie laclée est projetée, contredit celle hypothèse. Sir W_. Herschel conclut que la galaxie est composée de cou- ches d'étoiles dont l'épaisseur est peu consi- déi-ablc en comparaison de sa longueur et de sa largeur, el que le soleil est placé a [leu de distance de la couche médiane, un peu fdus près de sa face septentrionale que de sa face méridionale. Des recherclios récentes ont amené à la conclusion que la structure de la galaxie n'était pas aussi simple que les théories d'Ilerschel ou de Slruve l'avaient fait croire, mais que c'est une spirale infiniment compliquée, avec des branches s'étcndant hors d(î la portée desplus puissants télescopes. GALBA iServius Sulpicius). empereur ro- main, né 3 ans av. J.-C. mort en 09 de notre ère. 11 fut préteur en l'an 20 et consul en l'an 33, fut chargé de l'a tniinistration de l'A- frique en 41) et de celle de l'Hispania Tarraco- nensis en 61. Quand Néron complota de le taire assas.^iner en CS, il marcha sur Kome . après la nioi't de Néron, recul la dignité impé- riale et fut assassiné au bout de sept mois de règne. -^ ' GALBANUM s. m. — [gal-ba-nomm] (mot - _ ---^- — _, ^3.3 lat.). Espèce de gomme -^ — tirée d'une plante du même nom.— Fig. Don- nes DU GALBA.NUM, VEN- DRE DU GALBANUM, donnera quelqu'un de fausses espérances, l'amuser de vaines promesses : c'est un donneur de galbanum. — Enxycl. Le galbanum est une gomme résine qui vient de l'Inde et du Levant. La plante qui la produit est probablement une espèce de férule. On emploie larement le galbanum en médecine comme remède interne, quoiqu'il ait des pro- priétés stimulantes, expectorantescl antispas- modiques; on le recommande quelquefois dans les catarrhes, les rhumatismes chro- niques, etc. * GALBE s. m. (anc. ail. garwi, ornement!. Arcliit. Contour que l'on donne ordinaire- ment au fût d'une colonne, à une feuille d'orneiiicnt, à un vase, à un balustre, etc. : le galbe de hi colonne est agréable. — Par ext. Contour d'une figure: le galbe d\ine}figurc. — v* Jargon. Chic : cette femme a du galbe, elle •porte bien la toilette. r**4%- GALBEUX, galbe. EUSE adj. Jargon. Qui a du GALE * GALE s. m. (lat. galla). Maladie cutanée et contagieuse, caractérisée par une éruption de vésicules transparentes à leur sommet, qui se développent principalement au pli désar- ticulations, e( qui sont toujours accompagnées de démangeaison : grosse gale. — Il n'a pas LA CALE AUX DENTS, sc dit d'uu gruud man- geur. — PO[l. ElRK MÉCHANT C.OUMK LA CALE, Cire fort médian I. — .Maladie des végétaux, ca- ractérisée par des rugosités qui s'élèvent sur l'écorce des branches, sur les feuilles el sur les fruits. — Encycl. La gale est causée par la présence du sarcopte, animalcule du genre acarus (voy. Sarcopte), qui se cache non dans les vésicules, mais dans les galeries ou sillons qu'il creuse sous l'épidermc. La gale est con- tagieuse, elle se transmet parle contactd'une personne galeuse ou par celui des linges qui lui ont appartenu. Elle est caractérisée: 1° par une éruption prurigineuse de petites vésicules plus ou moins multipliées, rondes, souvent coniluentes, dures à leur base, cris- tallines à leur sommet, qui contiennent une sérosité d'abord limpide, puis légèrement visqueuse el purulente; 2° par une vive dé- mangeaison qui augmente le soir, la nuit ou à la chaleur. La gale affecte de préférenca l'inteivalle des doigts et les faces internes des membres. Il ne faut pas confondre la gale avec d'autres maladies delà peau, également accompagnées de démangeaisons, par exem- ple avec le lichen et le prurigo qui n'ont pas de vésicules, mais despa|iules (boutons (deins el secs), ou avec l'eczéma el l'ecthyma qui olfrent des vésicules ou des pustules groupées et enllammécs, mais qui n'ali'ectent pas les mêmes parties que la gale. Le traitement consiste dans l'usage du soufre (ordinaire- ment employé sous forme de pommade sou- frée). On peut aussi avoir recours à une fric- tion d'une demi-heure au savon noir ; on prend ensuite un bain d'une demi-heure en se frottant encore, et on termine par une friction d'une demi-heure avec la pommade d'Helmcrich. * GALE s. m. (gr. gale). Bot. Genre d'amcn- tacées, dont les espèces les plus remarquables sont le gale odorant, qui croit en Europe dans les endroits marécageux, et ['arbre à cire [gale ccrifera), de la Caroline, dont on retire une cire qui sert à faire des bougies odorantes. (Voy. CmiER.) * GALBASSE ou Galéace s. f. (ital. gnleazzn). Mar. anc. Vaisseau d'une construction parti- culière, qui allait à voiles et à rames comme une j;alère, mais qui était beaucoup plus grand : on ne construit plus de galéasses. GALÉAZZO [gâ-lé-ât'-so] Voy. Sforza etVis- CO.Ml. * GALEE s. f. Espèce de planche carrée avec rebords dans laquelle l'ouvrier met les lignes à mesure qu'il les retire du composteur. — w Mar. Galère en usage au su' siècle. ' GALEGA s. m. (gr. gala, lait; aix, aigos, chèvre). Bot. Genre de légumineuses, quireu- ferme un grand nombre d'espèces, toutes exotiques, à l'exception d'une seule, le galéga officinal (galega officinalis) ou rue de chèvre, qui croit principalement en France et en Italie. — Les feuilles du sraléga ont été em- ployées comme sudorifiques, diurétiques et verniifuges. GALEN (Christoph Bernhard von), [fonn-gâ- lènn], prélat allemand, ni' vers lOoO, mort en 1G7S. Evêque de Miinsler en IfioO, il rétablit de suite la discipline, chassa les envahisseurs étrangers, cl, avec l'aide des troupes en- voyées par l'empereur, étouffa l'insurrection de la ville de .Munster (1661). qu'il gouverna dès lors d'une main de fer. En 1664, il combattit dans la guerre contre les Turcs et acquit un grand renom. H fit ensuite la guerre ù la république hollandaise, à cause de l'assis- tance qu'elle avait prêtée aux révoltés du GALE Munster, et la paix fut sicnée en 16fi6. En 1672, il se joignit à la France contre la Hol- lande, fut battu à Coevorden, et accepta avec empressement les articles de la paix en 1674. En 167o, ce belliqueux prélat prit Je parti de l'empereur contre la France et celui du Da- nemark et du Brandebourg contre les Sué- dois. Il conduisit en personne les opérations contre ces derniers, s'empara de Stade, capi- tale du duché de Brème, appartenant alors à la Suède, et la garda en sa possession. 11 augmenta alors ses forces militaires et en 1 677 envoya un contingent de 9,000 hommes contre la France et un autre de b,000 contre la Suède. Il fut de nouveau entraîné à la guerre au sujet de la Frise orientale qu'il voulut annexer à ses Etats ; mais les habitants payèrent leur rançon. Il souscrivit à la paix de Nimègue. GALENA, ville de l'Illinois (Etats-Unis), sur les deux rives de la rivière Galena, à 30 kil. de Dubuque (lowa) ; 5,63o hab. 'GALÈNE s. f. (gr. galéné). Miner. Combi- naison naturelle de soufre et de plomb, qui se divise en cubes, lorsqu'on la casse. On l'ap- pelle, en chimie : sulfure de plomb; la galène sert à vernir les poteries communes. — Encycl. La galène est le minerai qui fournit la plus grande partie du plomb du commerce. Elle se présente en masses cristallines, ou en masses granulaires et fibreuses. Son éclat d'acier poli se change en une couleur sombre gris de plomb quand elle est exposée à l'air. Sa dureté est de -2. H à i.1'6 ; gravité spécifique, 7.2o à 7.7 ; symbole, Pb S. Elle est composée de plomb, 86.6, de soufre 13.4 ; mais elle con- tient souvent d'autres métaux, tels que l'anti- moine, l'argent, le zinc, le fer et le cuivre, aussi bien que du sélénium. (Voy. Plomb et MÉTALLURGIE.) * GALÉNIQUE adj. (de Galien, n. pr.). Méd. Se dit de la manière de traiter les maladies suivant les principes de Galien : la méthode, la doetrine ijalénique. ' GALÉNISME s. m. Méd. Doctrine de Ga- lien. 'GALÉNISTE s. m. Méd. Sectateur de Ga- lion : ^1 secte des yaUnistes. — Adjectiv. : mé- decin galvniste. GALEODE s. f. (gr. gale, chat; cidos, appa- rence). Arachn. Genre d'arachnides tra- chéennes comprenant une quinzaine d'es- pèces qui habitent les pays chauds. GALÉOPITHÈQUE s! m. (gr. galea, belette; jnthelws, singe;. Mninm. Tribu de chéirop- tères qui se dislingue des chauves-souris par des onglos tranchants. On dit aussi singe vo- lant, chat valant ou colugo. Le galéopithèque Gal^opithèquc ToUtit (Galeopithecus volans]. forme, d'après certains naturalistes, l'ordre des j/teniptvHrcs ou dermiiptdrcs, qui sert de trait d'union entre les singes et les chauves- GALE souris. Il est nocturne et reste pendant le jour, suspendu à un arbre par les ongles des membres postérieurs, comme les chauves- souris. Très actif pendant la nuit, il grimpe avec facilité et saute d'arbre eu arbre à une distance de 100 mètres: les femelles portent leurs petits dans une poche abdominale. La nourriture de ces animaux consiste principa- lement en fruits, en insectes, en petits oiseaux et en œufs. Toutes les espèces vivent dans l'archipel des Indes orientales. Quoique leur chair exhale une odeur désagréable, les indi- gènes la trouvent de bon goût. * GALÉOPSIS s. m. [ga-lé-op-siss] (gr. gale, chat; opsi^. œil; allusion à la forme de la corolle). Bot. Genre de labiées, comprenant une douzaine d'espèces de plantes herbacées, annuelles et indigènes. Le galéopsis piquant {geopsis tetrahit), ainsi nommé à cause rie sa lige à 4 angles très prononcés, croît dans nos bois humides; on l'appelle aussi ortie royale ai chanvre bâtard. GALÉOTE s. m. (gr. galeotis, sorte de lé- zard). Erpét. Genre d'ignaniens dont la tête est garnie d'écaillés et qui habitent l'Inde. GALER (SE) V. pr. Se gratter : il ne fait que se galer. ' GALÈRE s. f. (gr. galca, casque,). Mar. et Antiq. Bâtiment à rames et à voiles qui était le vaisseau de guerre des anciens : galère à trois rangs de rames ou trirème. — Sorte de bâtiment long et de bas bord, qui va ordinai- rement à rames et quelquefois à voiles avec des antennes, et dont on se servait beaucoup autrefois sur la Méditerranée : construire une galère. — Ordre de Malte. Tenir galère, ar- mer une galère à ses dépens. — Prov. et fig. Qu'allait-il faire dans cette galère ? Pour- quoi se mêlait-il de cette atiaire'? Pourquoi se trouvait-il en pareille compagnie? Cette exclamation comique est répétée plusieurs fois dans l'acte II, se. is, des Fourberies de Scapi)i. — Fig. Vogue la galère, arrive ce qui pourra. — Peine de ceux qui sont condam- nés à ramer sur les galéi'rs. En ce sens, il n'est usité qu'au pluriel ; il fut condamne aux galères pour cinq ans, à perpétuité. — C'est UNE galère, ENE vraie GALÈRE, c'eST ÊTRE E.\ GALÈRE, se dit d'un lieu, d'un état, d'une con- dition où l'on a beaucoup à travailler, à souffrir. — E.nctcl. On donne le nom de ga- lère à un navire de. guerre, long, bas et étroit, miî par des rames et par des voiles. Ce nom fut d'abord appliqué , sous l'empire byzantin, à celte classe de navires que les anciens désignaient, suivant le nombre des bancs de rameurs, sous les noms de birénies, de trirèmes, de quadrirèmes, etc. La birème ou galère à deux bancs de rameurs fut in- ventée, dit-on, parles Erythréens; latrirème, à trois bancs, par les Corinthiens; la quadri- rème, à quatre bancs, par les Carthaginois et la quinquerème, à cinq bancs, par les ha- bitants de Salamine. Au temps d'Alexandre le Grand et des Ptolémécs. il existait, d'après d'anciens écrivains, des galères de i'î, la, 20 et même de 40 bancs, l'eu à peu la trirème supplanta les autres formes et on la consi- déra le meilleur type de la galère de guerre. Dans les anciennes galères chaque rame était mue par un seul homme. Les ra- meurs claiciit guidés par I ■ mot de comman- dement ou par le son dune trompette; des cris convenables furent adoptés pour chaque manœuvre. Les galères des croisés, longues et basses, avec deux ponts et deux bancs de rameurs élaigilt armées il'un éperon de bois garni de fer. ft.u xiv" siècle et plus lard, les galères furent divisées en trois classes ; les plus grandes avaient trois mâts et 32 rames d'un cùté ; chaque rame était mue par six ou sept hommes; les demi-galères avaient deux mâts et 2'i rames d'un cùlé; les quarts de galère avaient seulemeut de 12 à 16 rames GALE 53 d'un crtlê. Après l'invention de la poudre, l'éperon devint hors d'usage et les galères furent armées de canons. La galéass'e véni- tienne (galeazza) était d'un tiers plus grande que les galères ordinaires et elle était mue par .'iOO esclaves. Le galion de cette époque était un navire à voile. Uns petite galère s'appelait galiote ou galéolte. Les innova- tions dans les constructions navales et l'amé- lioration des canons, mirent fin à l'emploi de cette classe de navires de guerre qui avaient régné sur le monde marttime pendant plus de 3,000 ans. — Dans les temps les plus an- ciens, ramer à bord d'une galère était consi- déré comme un honneur. A une période plus récente, on y employait les prisonniers de guerre et les esclaves! Au moyen âge, les rameurs étaient des condamnés et des pri- sonniers musulmans qui étaient enchaînés à leurs bancs. Les Turcs et les corsaires de Bar- barie soumettaient les prisonniers chrétiens au même travail. Aux xvie et xvii'' siècles, la France, l'Espagne et les républiques ita- liennes, se servirent des galères comme lieu de punition pour les criminels condamnés ; ces derniers furent appelés galériens par les Français et'esclavesde galères par les.\nglais. Après 1748 les condamnés en France furent employés dans les arsenaux et aux travaux publics, mais ce ne fut qu'à partir de 1791 que le nom détesté de galérien devint hors d usa^e dans la loi française. GALÈRE (Galerius, Caius-Valerius Maxi- mianus;, empereur romain, qui réiina de 30.'; à ol 1 ap. J.-C. Fils d'un pavsan de la Dacie, il se distingua par son courage et fut nommé César en 292 par Dioclétien dont il épousa la fille; il reçut le gouvernement de la Thrace et de la Macédoine. Après l'abdication de Dioclétien, en 30.'i, il régna en Orient sous le nom de Maximianus II. Quand l'Italie recon- nut Maxence, il marcha contre Rome pour l'assiéger, mais il fut défait par Maxence (307). GALERICULE s. m. (lat. galerus, bonnet). Antiq. tour de cheveux, sorte de perruque que portaient des dames romaines. •GALERIE s. f. Pièce d'un bâtiment beau- coup plus longue que large, où l'on peut se promener à couvert : la grande galerie du Louvre. — Ce sont ses galeries, se dit d'un chemin qu'une personne a coutume de faire souvent -.aller de Paris à Saint-Cloud, ce sont ses galeries. — Galerie de tableau.x, de pein- tures, galerie où l'on a réuni des tableaux. Collection même de tableaux que la galerie renferme : ta galerie duLouvre. — Fig. Suite, collection de portraits représentant des per- sonnages célèbres qui appartiennent à une même époque, à un même pays, à une même profession : galerie de portraits. — Corridor ou allée qui sert à faire communiquerdes ap- partements et à les dégager : cette galerie régne tout le long des appartements. — Jeu de paume. Espèce d'allée longue et couverte d'où l'on regarde les joueurs; et, par cxt., spectateurs mêmes qui s'y trouvent : faire juger un coup sous la galerie, par la galerie. — Toute réunion de personnes qui en regar- dent d'autres jouer à quelque jeu que ce soit : la galerie qui entoure une table d'écarté. — Fig. et fam. Monde, hommes considérés eonime jugeant les actions de leurs semblables : je ne me soucie point d'amuser la galerie. — Théâtre. Se dit de ces espèces de balcons en encorbellement qui sont destinés à recevoir chacun deux ou plusieurs rangs de specta- teurs. Dans ce sens, il se met ordinairement au pluriel ; premières galeries. — Galeuib d'é- glise, espèce de tribune continue, avec ba- lustrade, dans le pourtour do l'église. — Mar. Sorte de balcon découvert qui est autour de la poupe d'un vaisseau : /i;.5 vaisseaux à trois ponts ont deux galeries. — Fortifie. Le travail que font les as>iégeanls dans le fossé d'une place assiégée, pour aller à couvert de la r,4 OAI.E mousqufilcrie an l'ii il 'le' la iiiiiiMillo, et v attacher lo riiinrni- : fniie une gnlcrir diws le fossé. — Mines, lloiilo que les ouvriers pra- tiqui'iit sous terre pour découvrir des fiions et CM clélai'lier ie minerai. •GALÉRIEN s. ni. Celui qui est condamné aii.\ fi.iliMos, forçat : conduire les {/(ili-riens. — SOLTMUII COMME UN GAUKFIIKN , MKNEIl UNE VIE UK f.ALÉiiiEN, avoir hi-aucoup i'i souH'rir dans son l'tat. On dit aussi, TFtAVAiixicii combe un G.M.KUiEN, se livrei' à un travail |)(';nil)le. • GALERNE s. f. (cil t. ijvmlarn ; de ual, vent). Vi^iil entre Je nord et l'ouest; nord- ouest : un vent de galerne. Ne s'emploie guère que dans certaines parties de la France. GALÉRUCITE adj. Ijitoni. Qui ressemble ou qui ^c r,i|i|iorte aux galéruques. — s. f. pi. Triliu de colcoptères'létrainères cycliques, ayant pour type le yenre galéruque etcompre- n'aiit.eii oiiire, les genres allise, lupère, elc. GALÉRUQUE s. f. (altér. du lat. galevus, sorte de lioniieti. Enlom. Genre de paléru- cilcs, voisin des altises et comprenant une ciiiquiiiiLaine d'esp(^oes de coléoptères qui nian-lienl avec lenteur, se servent rarement de leurs ailes et se laissent tomber ou restent sans mouvement dès qu'ils se croient me- nacés. La galéruque de l'orme [galemca calma- rknsis), d'un jaune verdâtre en dessus, avec 3 taches noires sur le corselet, et d'une lon- gueur de 7 millini., vit, ainsi que sa larve, sur les feuilles de l'orme, qu'elles criblent de morsures. La galéruque du nénuphar (ijaleruca mjmphxx] est brune eu dessus, plus pâle en dessous. GALESBURG, ville de l'illinois (Etats-Unis), à -J'iUkil, U.-S.-O. de Chicago; 1S,264 hab. Fonderies, fabriques de machines à vapeur, d'instruments d'agriculture, de voitures et de wagons. C'est le siège de l'université Lombard (universalistes) et du collège Knox (congre- gationalistes). GALESVILLE , ville du Wisconsin (Etals- IJuisi, sur le beaver Creek, à 10 kil. du Missis- ■ sipi,' cl à 180 kil. N.-O. de .Madison; 1,070 hab. Université de GalesviUe (méthodistes). * GALET s. m. [ga-lè] (vieux franc, gai, caillou). Se dit de certains cailloux polis et ronds, qui se trouvent en plusieurs endroits sur le bord de la mer : une plage couverte de ijaleis. — Sing. dans un sens collectif, en GALI parlant d'un amas de galets : se promener sur le galet- — Jeu où l'on pousse une espèce de caillou [liai sur une longue table : jouer au (jalel. — Uéii&n. Petit disque de bois, d'ivoire ou de métal qu'on place entre deux surfaces qui se meuvent l'une sur l'autre, alin de di- minuer le frottement. "GALETAS s. m. [ga-le-ta] (lat. valetas, va- let; stasium, du gr. stasion, demeure). Loge- ment pratiqué sous les combles et ordinaire- ment lambrissé de plâtre : petit galetas. — Tout logement pauvre et mal en ordre : ce n'est pas une chambre, c'est un vi-ai galetas. GALÈTE s. f. Enlom. Appendice mobile et articule qui est appliqué sur la partie externe de la mâchoire, chez les orthoptères, chez quelques névroptères et probablement chez la plupart des coléoptères. * GALETTE s. f. [ga-lè-te] (rad. galet). Es- pèce de gâteau plat, que l'on fait ordinaire- ment quand on cuit le pain : manger de la galette. — Galette de plomb, gâteau de pâle non feuilletée, pétri à la main et cuit au lour de campagne. — Mar. Pains de biscuit, durs et plats, dont on fait provision pour les voyages de long cours : une galette de six onces. — " Argot. Argent : il aUépensé toi" « erreurs et de -ses théories. (Voy. E ruii si muove.) H fut condamné à être eiiqirisoniié pendant le temps (ju'il plairait à l'inquisition et a l'éciler, une fois par semaine, pendant trois ans, les sept psaumes de la pénitence. Un le rehicha quatre jours après, mais il fut soumis à la surveillance pendant le reste de sa vie. Ga- lilée s'adonna alors A d'autres branches do la philosophie naturelle et son livre des l)i,t- loijucs sur la mulion loeule, termine en l(;:.l(i, fut imprimé à Amsterdam en 1G38. En 1636, il découvrit la libration diurne de la lune. En 1637, une maladie, qui avait attaqué son œil droit depuis quelques années, attaqua aussi son œil gauche et il resta complètement aveugle; peu de temps après, il devint sourd. Il préparait la continuation de ses Dialogues sur la motion, quand il mourut d'une lièvre et de palpitations du cœur. .Ses œuvres ont été publiées à Florence (1843-'46; 20 vol. in-8°). GALILÉEN, ÉENNE adj. Qui est de la Ga- lilée. — s. m. iSom donné à J.-C. parce qu'il fut élevé à Mazareth, ville de Galilée. GALIMAFRÉ ou Galimafrée, pitre fameux vers la lin de l'Empire et au commencement de la Restauration. 11 était apprenti menui- sier lorsqu'il se lia avec un enfant de son âge, qui devait devenir bien célèbre sous le nom de Bobèche. Leurs parades à la porte de divers théâtres du boulevard du Temple attirèrent longtemps la foule. Vers 1820, Galiinafré quitta les tréteaux et entra à l'Opéra comme machiniste. * GALIMAFRÉE s. f. Espèce de fricassée composée de restes de viande : faire une ga- limafrée. GALIMARD (Nicolas-Auguste), peintre fran- çais, ne à Paris le i > mais 1813, mort en janvier 1880. H étudia, avec Ingres, et excella principalement dans les cartons pour vitraux d'église. En 18o7, iNapoléon III acheta sa iy(!'/a, qui en 1855 avait été exclue de l'exposi- tion en raison de son indécence. Galiniard a beaucoup écrit sur l'art et sur les artistes contemporains et a donné un traité de pein- ture sur verre. •GALIMATIAS s. m. [ga-li-ma-ti-a]. (Huel pense que ce mot est la réunion 'des deux mots latins Galli Mathias. dont un avocat qui s'embrouillait, se servit au lieu de Gallus Mathix, au sujet d'un coq appartenant à un nommé Mathias;. Discours embrouillé et con- fus, qui semble dire quelque chose et ne dit rien : tout son discours n'est que galimatias. — Fam. Galim.\tias double, galimatias que ne comprend ni celui qui le fait, ni celui qui l'écoute ou qui le lit. GALIN (Pierre), musicien français, né à Bordeaux en 1786, mort à Paris vers 1822. Etant professeur de matheiii a ti que àBord eaux, il inventa une nouvelle méthode d'mstruction musicale qu'il appela le métoplaste et il en donna une explication dans un ouvrage pu- blié en 1818. Celte mél'.iode, qui consiste prin- cipalement à séparer l'élude du ton d'avec l'étude de la mesure, a été employée en Eu- rope et aux Etats-Unis, sous le nom de mé- thode Galin-Chevé-Pâris. (Voy. Chevé.) * GALION s. m. (lat. yalea, galère). Mar. Grand bâtiment de charge que l'Espagne em- [doyait autrefois pour le.-, voyages aux colo- nies d'Amérique, et qui servait principale- ment à transporter en Europe les produits des mines du Pérou, du Mexique, etc. : tes galions de Vigo. * GALIOTE s. f. Bâtiment de transport à formes rondes dont se jervaient les Hollan- dais : galiote hollandaise. — Petite galère : une galiote de Tunis, du Maroc. — G.ïlioïe a bombes, bâtiment de moyenne grandeur, très fort de bois, dont on se sert pour porter des mortiers et pour tirer des bombes sur mer. — Autref. Long bateau couvert dont on se servait pour voyager sur des rivières : la galiote de Saint-Cloud. ' GALIPOT s. m. Hésini' solide qu'on lire par iiuiMun du pin de Bordeaux. GALITZIN. Voy. Galluzin. GALIUM s. m. [ga-li-omm] (mol lat. formé du gr. gala, lailj. Bol. .Nom scientilique du genre caille-lait ou gaillol. Ce genre appar- lii'iiL à la tribu des aspérulécs et comprend de nombreuses espèces d'herbes à tiges an- guleuses et à feuilles verlicillées. Le gailkl jaune [galiumvevuin], commun dans nos bois . et dans nos prés, sert à colorer et à aroma- tiser le fromage. GALL (Franz-Joseph) [ail. gàl], créateur de la phrénologie, né à Bade en 17.38, mort en 1828. Il pratiqua la médecine k Vienne, et de bonne heure il commença à examiner les têtes de ceux qui montraient quelques particularités mentales remarquables, dans les asiles des aliénés, dans les prisons, dans les réunions scientifiques, etc. Il étendit ses observations jusqu'aux animaux, et il on chercha une conlnmation dans l'anatomie de la cervelle dont il fut le premier à concevoir la véritable structure. Après 20 ans d'études, il crut avoir déterminé les dispositions intel- lectuelles correspondant à environ 20 organes et avoir trouvé les sièges de ces facultés ori- ginelles dans la cervelle; il pensa que ces facultés forment sur le crâne des proémi- nences ou protubérances, proportionnées à leur degré d'activité. En 1796, il commença, sur sa théorie parliculière, des conférences qu'il renouvela dans dilférenles parties de l'Europe, en compagnie de Spurzheim. 11 s'é- tablit à Paris en 1807. Son œuvre la plus re- marquable est YAnatomie et physiologie du système nerveux (4 vol., 1810-19). GALL (Saint), saint de l'Eclise catholique romaine, appelé l'apôtre de la Suisse, né en Irlande vers o51, mort à Sainl-Gall, le 16 cet. 646. H appartenait à une famille noble, fut élevé dans le monastère de Bangor par Co- lumbanus qu'il suivit dans les Gaules. Refusant ensuite de l'accompagner en Italie, Gall et ses moines choisirent un emplacement pour un nouveau monastère sur les rives rapides du Steinach, non loin des bords méridionaux du lac de Constance. Par son éloquence et sa connaissance de la langue allemande, il fut â même de répandie le christianisme parmi les iVlemani elles Helveti. .autour de l'humble monastère s'éleva la ville de Saint-Gall. A sa mort, le territoire des Alemani était une province chrétienne. GALL (Saint-) (ail. Sanct-Gallen). I. Canton du iN.-E. de la Suisse, borné par le Rhin et par les lacs de Con?tance et de Zurich et envelop- pant le canton d'Appenzell; 2,019 kil. carr. ; 250,000 hab., presque tous Allemands (deux tiers des habitants sont catholiques romains). Ce canton est arrosé par les tributaires du Rhin, y compris le Thur, le Sitter et le Necker. Le lac Wallen se trouve presque en- tièrement dans le canton de Sainl-Gall. La partie méridionale est l'une des régions al- pines suisses les plus élevées. Manufactures de coton. Gouvernement démocratique. Le canton fut admis dans la confédération en 1803. — II. Capitale du canton ci-dessus, sur le Steinach, à 84 kil. E. de Zurich; 30,600 hab. Elle est le centre de la fabricalion des mousselines et du commerce du iN.-E. de la Suisse. Elle entra dans la confédération helvétique en 14,')4, L'abbaye, noyau pri- mitif d(! la ville, fut construite au vu" siècle par saint Gall, et sécularisée en 1805. GALLAIS (Jean-Pierre), journaliste et his- torien, né à Doué près Saumur, en 1756, mort en 1820. D'abord bénédictin, il jeta le froc lors de la Révolution et combattit les idées nouvelles. En 1793, il rédigea en faveur de Louis .\V1, un mémoire, l'Appela la posté- rité, qui causa son arrestation. Relâché l'an- née suivante, il rédigea la Quotidienne, puis le Censeur des journaux. Proscrit au 18 fruc- tidor, il publia en 1799, l'Histoire du 18 fruc- tidor, réiîii^ea sous rEmpircle.fo«i»'.i/'/fP(in's; attaiiua .Napoléon en 1814 et publia alors une Histoire du \S brumaire, et, plus lard, V Histoire de la révohUion du 20 mars. Ces ouvrages pas- sionnés fourmilloiil d'inexactitudes. On a aubsi de Gallais un Cours de littérature, d liis- 50 GALL GALL GALL foire, clc, cl une Histoire de Frnnci; de In mort de Louis XVI jusqu'au trait (' (lu 'ii) nov. 181b. GALLAMIQUEad.j.[pal-la-rni-k«] (rad. galle). Se liil ilUii airidc dérivé du laiiniii. GALLAND (Antoine), orienlalisto, né à Fiol- lol, pus de Mijiil-IJidiur (F'icardie), en 10'Ki, moii en ITUi. Atlaclié ù l'ambassade fran- çaise il Conslantinriple en 1670, il fil des explo- ralions archéolof-'iiiiies cl nutni^^lllatiqucJ.■^ on Orient, fut noiiinie anti(]iiaire du roi et pro- fesseur d'arabe. Il donna la première traduc- tion française des Mille cl. une Nuits (Paris, 12 vol., 17fl4-'17), traduction qui servit en- suite de modf'le à toutes relies qui furent faites en lîurope. Il a laissé, en outre : Paroles rcmn-f/uables. Inms mois et maxinn-s des Onen- trtîix' (Paris. 1(194); Contes et fables indiennes de nidpalctde Lokman (Paris, 1724, 2 vol.), et plusieurs autres ouvrages. GALLAS, race africaine, classée g-énéralc- meiil dans la division éthiopienne 'le la fa- mille sémitique et habitant les portions de l'Abyssinie et les régions qui s'ùtendentde çe pays jusqu'à l'équatcur. Le teint des (jallas varie du brun clair au brun noir; leur cheve- lure est frisottante; leur face est ronde, leurs yeux sont petits, leur stature est élevée et puissante. Karl TutscheU a publié un Diction- naire du lawjaf/e fjalla (Munich, 1844). GALLATE s. m. ( gal-la-te ] . Chim. Sol produit l'ar la combinaison de l'acide galli- ([iie avec uni' liase. GALLATIN (Albert), homme d'Etal améri- cain, né à (ienève (Suisse), en 17GI, mort en 1849. De 1795 à 1801, il fut membre du con- grès, où il devint le leader du parti répu- blicain. 11 fut l'un des commissaires qui négo- cièrent le traité de paix avec l'Angleterre, à Gand, en 1814, et il signa la convention com- merciale do Londres en ISI.t. De 1813 à 182:!, il fut ministre plénipotentiaire en France. En 1826-'27, il fut envoyé extraordinaire en Angleterre et ensuite habita New-York. GALLAUDET (Thomas-Hopkins), fondateur de la première nistitulioi) américaine de sourds - muets, né à Philadelphie en 1787, mort en 18.Ï1. Après avoir étudié les institu- tions d'Europe, il ouvrit l'asile d'Hartford, en 1817. Il publia jikisieurs ouvrages parmi lesquels on cite les Annals of the beixf and Dumb. GALLE 3. m. (lat. gallus; gr. gidlos). Antiq. Prêtre de Cybèle. * GALLE s. f. (lat. gallus; gr. gallos). Bot. Excroissance qui vient sur les ti;.'es et les feuilles de plusieurs plantes, par lextravasa- tion de leurs sucs, ce qui arrive lorsqu'elles ont été piquées par quelque insecte. — Se dit surtout des galles d'un chêne de l'Asie Mi- neure, qui sont appelées aussi Noix de galle, et qui servent à teindre en noir et à faire de viennent de l'Asie Mineure. Elles sont produites | par la )iiqùre d'une niouclie qui dépose son œuf sur les leunes branclnts ; l'ieiiret ensuite la larve se Ironvunt renfermés dans le centre de la galle. Les gallus recueillies avanU'éclo- sioii des œufs sont dites bleues , vertes ou noires cl sont les plus estimées Leur grosseur varie de celle d'un pois à celle d'une grosse cerise. Eormées principalement d'acide tan- nique, elles sont fortement .islringeiites el peuvent filre cniployces dans l.i médecine, en teinture, etc. La galle du cbône d'Europe est delà grosseur d'une pomme ordinaire; on la Galle du qucrcus infoctoria. l'encre :«ne teinture pnK(c cngnllc. — Kn'cyci, Les meilleures noix de galle sont celles qui croissent sur le quercus infectoria et qui pro- Gallc du chciic, roupée de façon a mnnlrer ses parties in- ternes, le ver, d,ins la cellule centrale, et. sur le coté, le trou par lequel s'échappe l'insecte parfait. trouve fréquemment, vers Pâques, sur les tendres rcjelons et sur les brindilles du chêne commun d'Europe. La galle du chêne d'Amé- rique, analogue à celle d'Europe. est produite sur le chêne noir {quereus iinctoria] par le lyiiips qucreus spongifica. Avec sa tarière admirablement disposée pour cet objet, la femelle du cynips perce ie tissu de la plante et V dépose un o^uf avec une petite quantité d'un tluide venimeux particulier. Sous l'in- lluence de ce fluide, la galle se dévebqqic ra- pidement et.en général, elle est complètement formée avant l'oclosion de l'oeuf. La larve est blanchâtre et très douce; elle a une tête peu prononcée et pas de pattes. Elle atteint gra- duellement l'état de chrysalide, puis l'étal parfait et reste dans sa cellule pendant quel- que temps avant de dévorer l'intérieur de la galle, pour s'y creuser une galerie qui la mène à l;i paroi, d'où elle s'échappe. GALLÉRIEs. f. Entom. Genre de lépidop- tères norturnes, tribu des tinéites, compre- nant plusieurs espèces dont les chenilles vivent aux dépens des hyménoptères. La gat- léric de la eire (galleria cereana ou ceretla), animal nuisible au premier chef, est un petit papillon gris cendré, qui court avec rapidité dans les ruches et sait échapper au dard des abeilles. Sa chenille, appelée fausse tei- gne de la eire, s'établit dans les alvéoles et se met à l'aliri des piqûres, en construisant à mesure qu'elle avance, un tuyau de soie recouvert de ses excréments. Quand une uche est infestée de ces lépidoptères, les abeilles linissent par se chercher une autre retraite. La gallérie des ruches (galleria alvca- ria) est plus petite, mais non moins dange- reuse. GALLES (Pays de), (gai. Cumrie, la terre des Cyiiiii; aiiiil. Wd/ts.) prinripanlé de l'em- pire bi-ilan:.ique, occupant une vaste pénin- sule sur le côté O.de l'île de Grande-Bretagne, bornée par la mer d'irlinde, par le canal de Bristol et par celui de Saint-Georges ; sa lon- gueur du N. au S. est de -210 kil., sa plus grande largeur d'environ 130 kil. ; 19,069 kil. carr.; 1,500,000 hab. La longueur des eûtes est d'environ 340 kil. Les principales échan- crures sont les estuaires du Dee etdelaSevern au N. et au S. et les baies de Beauiuaris, de Carnarvon, de Cardigan, de Carmarthen et de Swansen. La surface est presqus entière- ment montagneuse. Les principales chaînes sont les montagnes du Snowdon au N. (de l'einbouchure de la rivière Omnway à In baie de Cardigan;; elles onl plusii-urs pics d'une iiauleur de plus de 1,000 mètres; le plus élevé, le .Mnelly-Wyddfa. s'élève à 1,200 mètres, le lierwyn .au S. du Snowdon; le Hinlimmon, frontière naturelle entre la Galles méridio- nale cl la Galli-s septentrionale; les monta- gnes Noires, ou Eorest Kawr, dans lu Galles du S. Les paysa^'es des montagnes du pays de Galles sont remarquables par leur beauté pittoresque et attirent de nombreux visiteurs. La Dee, la Scvern, le Wye et l'Usk. rivières qui naissent dans le pays de Galles, coulent en Angleterre. Le pays renferme en abondance des minéraux industriels. On y t nui ve d'immen- ses quantités de charbon, d'ardoi-seset de pier- res calcaires; les houillères occupent 10,000 personnes. Le climat est modéré el uniforme, quoique un peu froid et excessivement hu- mide ; la moyenne annuelle de pluie est de 1 m. lu cent. Le sol est fertile dans les val- lées,maisslérilesur beaucoup decollincs. Les principales productions végétales sont • les céréales, les herbes el quelques fruits. L'agri- culture est en retard; mais elle progresse graduellement. Le pays de Galles est divisé en 12comlcs politiques : Anglesea, Brecknock, Carmarihcn, Carnarvon, Cardigan, Donbigh, Flint, Glamoru'an, Merionelh, Mont^'omery, Pembroke et liadnor. La plus grande partie des habitants est d'origine celtique. La langue anglaise se parle dans presque toutes les villes, mais les habitants de la campagne ont conservé le dialecte gallois. Cardilf, Sw.msea, Carmarthen, Pembroke, Milford, Cardigan, Holyhead,Beaumaris, Carnarvon et Flint. sont despoits d'une importance considérable. La plupart des villes jirincipales sont reliées par des chemins de fer; le pays est sillonné de bons canaux et de routes parfaitement entre- tenues. L'éducation est de beaucoup infé- rieure à celle d' .Angleterre el d'Ecosse; il y a neuf institutions ou collèges. La population est presque toute protestante; la majurité appartient aux Eglises dissidentes. — Quand les Romains envahirent la Bretagne, en 43 ap. J.-C, lepays de Galles était habité par un peuple d'origine celtique, divisé en trois tribus, les Urdovices, les Demètes et les Silures. Ces derniers étaient les plus nombreux el les plus puissants. Quoique plusieurs fois enva- hie, la Galles ne fut pas soumise, et elle resta un lieu de refuge pour les Bretons qui voulurent échapper à la domination romaine et ensuite à celle des envahisseurs saxons. Après que les Romains eurent abandonné la Bretagne au V siècle, les Gallois furent en lutte continuelle avec les Saxons. Leurs petits rovaumes furent réunis au ix'' siècle sous Roderick le Grand, qui les divisa en trois principautés pour ses trois fils. Vers 930, Atbelstdii, roi d'Angleterre, réduisit le pays et l'obligea de payer un tribut annuel. Les Gallois refusèrent le tribut à Guillaume le Conquérant, qui les soumit. A partir de ce moment les rois anglais réclamèrent la Galles comme faisant partie de leur royaume; mais leurs prétentions furent constamment repou-sées. En 1207, Llewellyn ap Gryflyth fut reconnu par Henri 111 comme prince de Galles; mais il fut battu et tué en 1282, et en 12.S4, la Galles fut réunie à l'Angleterre par le statut de Rhuddien (12 Edouard _I", c.o). Le titre de prince de Galles fut donné par Edouard à son lils, le futur Edouard II, qui était né au château de Carnarvon, le 25 avril 1284 et, depuis lors, ce titre a tou- jours été porté parle fils aîné des souverains "anglais. Des révoltes contre les Anglais, éclatèrenten 1287, en 1294 et en 1313, mais ellesfurenlréprimées et leurs chefs furentexé- cutés. En 1400, les Gallois, conduits par Owen Glendower, firent un dernier effort pour re- couvrer leur indépendance. (Voy. Gle.ndo- WER.) Les lois d'Angleterre fu rent étendues au GALL GALL GALr. 57 pays de Galles, par le statut de 1536. Sons les règnes de Geoi'f-'e IV et de Guillaume IV, les dernières traces de distinction politique furent abolies. — Langue et Littérature. (Vov. Celtr.) GALLES DU SUD (NouveUe-) (angl. Neiv- South-Wali's), colonie anglaise de la par- lie S.-E. de l'Australie, bornée au N. par Queensland, à l'E. par l'océan Pacifique, au S. par Victoria et a l'O. par l'Australie occi- dentale, entre 28" et 37° 30' lat. S., et entre 139° et tbi" long. E. ; 800,730 kil. oarr. ; 700,000 hab. La côte présente en général des falaises perpendiculaires de grès, intcr- ronapues parfois par des rives basses sablon- neuses. Les baies et les ports les plus impor- tants sont : port Slephens, port Hunter, port Jackson, les baies de Bolany, de Jervis et celle de Twol'old. Les principales cbaînes de montagnes sont: les chaînes intérieures, la grande chaîne de division et la chaîne des côtes. Le sommet le plus élevé de la chaîne intérieure est leArrowsmith.quia 800 mètres. La grande chaîne de division consiste en sept branches principales: la chaîne du New- England, dont le point le plus élevé est le Ben Lomond, 1,600 mètres; la chaîne de Liverpool, dont le point culminant est le pic Oxley, 1,800 mètres; les montagnes Bleues, les chaînes deCullarin, Gourock et Maneroo, et la chaîne Warrangog ou Muniong, dont le point culminant, Kosciusko, a 2,300 m. Le pic le plus élevé de la chaîne des côtes estle mont Seaview, 2,000 ra. Plusieurs riviè- res considérables de la pente occidentale des montagnes ont seulement une partie de leur cours dans la Nouvelle-Galles du Sud. Les plus importantes sont: le .Murray, le Mur- rumbidgee, le Lachlan, le Darliiig, le Bogan et le .Macquarie. Les principales rivières à l'E. de la chaîne de division, sont: llawkes- bury, Hunter, Macleay, Shoalhaven, Clarence et Richmond. La roche dominante sur le côté E. est le grès et, dans l'O., la roche gra- nitique; une grande partie des grès appar- tient au système carbonifère et on y trouve des veines inépuisables de charbons. Parmi les minéraux, on trouve de l'or, de l'argent, du cuivre, de l'élain, du fer, du plomb, de l'antimoine, de la plombagine, du platine, du cinabre, de l'arsenic, de la kérosine argi- leuse et une grande quantilé de pierres de taille. On a trouvé des diamants dans plusieurs endroits. On découvrit l'or en 1851 etjusqu'eii 187i,on en a exporte 9, 90.Î, 946 on- ces, en outre de la /juantité frappée à la monnaie. La chaleur moyenne en été (dé- cembre, janvier et lévrier) est d'environ -j- a>sadeur en France et à la Haye et écrivit sur les sciences naturelles. Amalia. femme du pré- cédent (née à Berlin en 17'iS. moile en 1806) fut célèbre par ses productions littéraires et par ses attraits per>'iiiiiels. Elle vécut pen- dant quelque temps, séparée de son mari, près de la Haye et à Munster. Sergei (mort en ISIO) se battit contre les Turcs sous Po- tenikin, contre les Polonais en 1794 et contre les Autrichiens en Galicie en 1809. Emanuel (né à Paris en 1804, mort en 1853) enira dans l'armée russe, se distingua à la prise de Varna, retourna en France, voyagea en Russie et dans d'autres pays, écrivit, traduisit et publia en français plusieurs ouvrai-'es sur la Russie et sur la littérature de ce pays. GALLO [gal-lo]. Préfixe qui entre dans cer- tains noms composés de peuples, pour expri- mer une association des Gaulois avec une autre nation : gallo-belge; \esGallo-Romains; écriture gallo-romaine. GALLOCHE !Louis\ peintre, né à Paris en 1670, mort en I7(il. Il quitta l'atelier de Louis Boullongne, son maître, pour se rendre en Italie, où il séjourna plusieurs années. A son retour à Paris, il obtint un logement au ■^ GALM GALO GALV 59 Louvre, une pension du roi et un fauLouil à l'Académie de peiiUure (17M), dont il l'ut plus lard recteur et chancelier. Parmi ses tableaux, qui manquent complètement d'ori- ginalité, nous citerons : Hercule et Atceste, la liésurrectioti de Lazare, la Translation des re- liques de saint Augustin, etc. GALLO-GREC. GRECQUE s. et adj. Galate; haliitant du l;i Gallo-Grèce. G ALLO GRÈCE. Synon. de Galatie. GALLOIS, OISE s. et adj. [ga-louâ]. Du pays de Galles; qui appartient à ce pays ou à ses habitants. GALLOIS (l'abbé Jean), critique et académi- cien, né à Paris en 1632, mort en 1101. Il donna des leçons de latin à Colbert. On a de lui quelques opuscules. GALLOIS (Jean-Antoine Gadvain), homme politique, né à Paris vers 17.t5, morlen IS^S. Il fut en relation avec Cabanis et avec les pliilosophes de son temps. Il entra en 1S18 à la cour des comptes, comme conseiller-maitre. On a de lui : le Retour de l'Age d'or, poème (1774, in-12) ; la Science de la législation (Paris, ITSG-'GI), ouvrage qui lui valut le litre de membre correspondant de l'Institut. GALLOIS (Charles-André-Gustave-Léonard), historien et publiciste, mi à Monaco en ITiS!), mort en ISbi. Il prit part à la rédaction de plusieurs journaux libéraux, entra au Consti- tutionnel (1818) et publia des pamphlets très vigoureux. Bonapartiste sous la Restauration, Gallois embrassa la cause do la république dès 1830. On a de lui : Histoire ahrégée de l'Inquisition d'Espagne (1828) ; Histoire pitto- resque de la Révolution française (1830, 4 vol. in-S"), etc. GALLOMANE adj. [gal-lo-| (lat. Gallus. Gau- lois; L'i'. mania, fureur). Qui aime passionné- ment la nalinn française. GALLOMANIE s. f. Admiration passionnée pour la nation française. 'GALLON s. m. (lat. gaulus, vase à boire). Mesure ang-laise, de capacité, pour les liqui- des : le gallon vaut à peu près quatre litres et demi. GALLO-PAVO s. m. [gal-lo] (lat. gallus. coq ; pavo, paon). Ornith. Ancien nom scientifique du genre dindon. GALLOPHOBE adj. [gal-lo-fo-be] (lat. GaHus, Gaulois; phobos , crainte). Qui déte.-ile les Français. — Substantiv. ; tes gallophobes. GALLOPHOBIE s. f. Horreur des Français. GALLO-ROMAIN, AINE adj. Qui appartient en même temps aux Gaulois et aux Romains. — Qui se rapporte à la période pendant la- quelle les Gaulois furent administrés par les Romains : repas gallo-romain. — EcnrruRE GALLO-ROMAi.NE, écriturc introduite en Angle- terre, par Alfred le Grand. — Substantiv. Habitant des Gaules, issu du mélange des Ro- mains et des Gaulois et qui parlait la langue latine corrompue. Les Gallo-Romains furent dépossédés de tout pouvoir politique après l'invasion des barbares; de leur mél.mgc avec les envahisseurs naquit la race française. GALLUS (Cornélius;, poète et homme de guerre latin, né a Fréjus, l'an 66 av. J.-C. 11 vint loul jeune à Rome, se lit connaitrc comme poète et, en 41, fui nommé triumvir. !1 commanda un corps à la bataille d'Ac- tium (31), et s'empara de Paretoniiuni, ce qui ruina drdnilivemeul le parti d'.\nloin(! en ligypte. Il se tua, dit-on, de désespoir, parce qu'Auguste, son ancien ami, l'avait condamné à l'exil et avait conlis(iué ses biens. GALLUS (Udalricus), imiirimcur. 'Voy. Han [Ulric). GALMIER (Saint-), Aqux Segcstœ. station minéiale et ch.-l. de cant., arr. et a 24 kil. do Monthrisun (Loire), sur la Coise; 3,296 hab. Quatre sources bicarbonatées calciques gazeu- ses, froides. Eaux employées, comme boisson de table, contre les dyspepsies, l'inappétence des convalescents, les embarras gastriques, etc. * GALOCHE s. f. (bas lat. gulochia; du lat. gallicx, chaussure gauloise). Chaussure dont le dessus est de cuir, et la semelle de bois. — Menton de galoche, menton long, pointu et recourbé. GALOCHIER s. m. Ouvrier qui fait des ga- lochi-s. '' GALON s. m. (anglo-sax. gai, garin, gai). Tissu d'or, d'argent, de soie, de fil, de laine, etc., qui a plus de corps qu'un simple ruban, et que l'on met au bord ou sur les coulures des vêtements, des mculilos, etc., soit pour les empêcher de s'effiler, soi! pour servir d'orne- ment : un galon d'or, d'argent, de soie. — Prov. : Qu.ind on prend du galon, on n'en sanriiîl trop prendre. Parodie d'un vers du Roland de Quinault, acte II. se. v. Cette phrase s'emploie pour dire que l'on ne saurait trop profiler d'une chose avanta- geuse, trop se procurer d'une chose utile ou agréable. — Bandes de galon que portent en France les officiers, sous-officiers, caporaux et clairons pour distinguer les grades. — »v Ar- roser SE.s GALONS, payer à boire à ses cama- rades lorsqu'on est nommé caporal ou sous- officier. * GALONNÉ, ÉE part, passé de Galonner. — Il est toct galonné, se dit d'un homme dont l'habit est couvert de galon. * GALONNER v. a. Orner ou border de galon : galonner un habit. GALONNIER s. m. Ouvrier qui fabrique des galons. ' GALOP s. m. [ga-lo] (germ. gahlaupan, s'é- lancer). La plus élevée et la plus diligente des allures du cheval, qui n'est proprement qu'une suite de sauts en avant : un cheval qui va au galop; qui va bien le galop. — Un temps de galop, un court espace parcouru au galop. — S'en aller le grand galop a l'hôpital, faire toutce qu'il fautpourse ruinerpromplement. — Il s'en va le grand galop, il tire à sa lin, il se meurt. — Aller, courib le galop, le grand GALOP, se dit d'une personne qui marche, qui lit ou qui parle avec précipitation : si vous courez aitisi le galop, je ne pourrai vous suivre. — Fig et pop. Donner, recevoir un galop, donner, recevoir une réprimande. — Danse hongroise à deux temps et d'un mouvement vif. — Air sur lequel on danse le galop : com- imser un galop. •GALOPADE s. f. Action de galoper : ce cheval a la galopade fort belle. — Certain es- pace qu'on parcourt en galopant : d'ici là il n'y a qu'une petite galopade. — Faire une ga- lopade, faire une petite course au galop. "GALOPANT, ANTE adj. Ne s'emploie guère que dans cette expression : Phtisie galopante, phtisie dont la marche est très rapide. • GALOPER V. n. Aller le galop, on le dit égaleuieiil du cheval et du cavalier : un cheval qui galope bien, qui galope sur le bon pied- — Fig. et fam. Faire beaucoup de dé- marches, courir beaucoup pour quelque af- faire : il galope jour et nuit. — Su dit i(ucl- quefois, très fam., d'une personne qui marclie, qui parle ou qui lit avec précipitation : comme vous galopez! c'est à peine si je peux vous suivre. — V. a. Mettre au galop, faire aller au galop : galoper un ckcoal. — Fig. et fam Poursuivre quelqu'un : il l'a galopé longtemps. — Se rendre as.sidu dans tous les lieux où l'on peut voir quelqu'un, où l'on peut lui [larlcr : il le galope depuis longUmps sans pouvoir le joindre. — Fig. et pop. La peur le galope, il est saisi d'une grande peur : la fièvre le ga- lope, il a un violent accès de lièvre. GALOPEUR, EUSE s. Personne qui aime à galoper. * GALOPIN s. m. Petit garçon que l'on en- voie çà et là pour dilîérenles commissions : il m'a envoyé un galopin. Il est familier. — Se disait, dans les maisons royales, de petits marmitons qui tournaient les broches, et qui servaient à courir çà et là pour les besoins de la cuisine. — Petit garçon quelconque : ce petit galopin a l'air bien effronté. — wAu fém. Galopine. GALOPPE DONQUAIRE (Cléon), littérateur, né à Montdidier en 1810, mort en 1867. H fut quelque temps mililaire et abandonna cette carrière pour s'adonner à la littérature. On a de lui des romans, des poésies et des comé- dies : la Femme de quarante ans (1844) ; Fu- mée (1838); le Siège delà Sorbûunc {lH'tl), poème héro'i-comique en six chants; l'Amour pris aux cheveux. ' GALOUBET s. m. Mus. Petite flûte à trois trous, et de deux oclaves plus élevée que la flûte traversière. GALSUINTHE ou Galswinthe, femme do Chilpéric.roi de.Xeustrie, née vers ci4l , morte en oG8. Elle était fille d'Athanagilde, roi des Wisigoths. Ses noces furent célébrées à Rouen avec une grande magnificence; mais son bon- heurfutde courte durée. Chilpéric la délaissa bientôt pour retourner dans îes bras de Fré- dégonde .et la fit même étrangler pendant son sommeil. (Voy. Frédégonde.) GALT [gâlt], ville de l'Ontario (Canada), sur les deux rives de la Grande rivière, à 80 kil. O.-S.-O. de Toronto; 7,335 hab. Mou- lins à farine, scieries mécaniques, fonderies, ateliers de construction de machines à va- peur, etc. GALTOUSEs. f. Jargon militaire. Gamelle: ■manger une galtouse de rata. ' GALUCHAT s. m. (nom de Galuch.it, l'in- venteur). Peau de squale et de raie, qu'on emploie pour couvrir des boites, des étuis, des fourreaux d'épée, etc. : galuchat à gros grains. GALUPPI (Baldassare), musicien vénitien, surnommé BcRANtLEO, né en 1703, mort en I7S.T. Son opéra La Fede neli inconstanza, joué en 1729, le rendit célèbre. 11 composa plus de 70 opéras et fut appelé le pèrj de l'opéra comique italien ; il composa aussi. plu- sieurs messes, des oratorios, etc. GALUPPIouGalluppi,{Pasquale), philosophe italien, né en 1770, mort en 1846. Il fut pro- fesseur de philosophie à Naples pendant plu- sieurs années, et fut le premier dos philo- sophes modernes de l'Italie qui s'accorda avec Kant pour considérer les inspirations de la loi morale comme souveraines on psychologie éthique. Ses ouvrages sont nombreux. GALURIN s. m. Jargon. Chapeau. GAL'VANI (Aloisio ou Luigi), médecin ita- lien, ni: à Bologne en 1737, mort en 1798. Il fut professeur à Bologne. Eu 1786, le hasard le conduisit à sa grande découverte dans la science physique, dans des circonstances qui méritent d'être rappelées. JI'"" Galvani étant malade, prenait des bouillons de grenouille. On avait posé sur nue table, près d'une ma- chine électrique, quelques-uns de ces liiiia- ciens écorchés. L'un des aides do G.ii .aai approcha par hasard la pointe d'un scilpel des iieris cruraux internes de l'un do ces ani- maux dont les muscles se mirent en nuiuve- meiil. M""" Galvani crut s'apercevoir que ce niouveniont concourait avec le dégagement de l'étincelle électrique. Elle prévint son mari, qui répéta l'oxpéricnce et qui en tira celte déduction que les animaux sont doués d'une électricité particulière, inhérente àleurécono- 60 GALV GALV GALV mie. (Voy. Er,ECTBir.iTi'i ANiMAi,iî.)En 1791, Giil- van i publia Dr viribus «Icclrkitatis in motit mus- citlayi intnmininrius. * GALVANIQUE .idj. Plivs. Qni appnrlienl, qui .1 i-apiiorl au galvanisim; : fluide galva- 7tirilii\ ' GALVANISATION s. f. Phys. Action de gal- vaniser, manière de galvaniser. GALVANISÉ (Fer), nom du fer revêtu d'une (■oi]i:lii: lie zinc ou d'une couclic de zinc et d'iitain. La nuMliodc de Cranfuid consistait à plonger les feuilles de fer nettoyées dans un nain de zinc fondu rouvert mb. i:tain. C;uimium. Zinc. Anliiiiuinc. Caiimiuni. Ftain. Zinc. Klain. Cuivre. Zinc. Cadmium. lame de zinc et une lame de cuivre sont plon- gées dans de l'acide étendu, elles deviennent immédiatement polarisées, et prennent des conditions électri(|ues opposées; l'extrémité d'un lit de fer (ainsi (]u'il a été ob.scrvé), relié avec la plaque di; cuivre, se charce d'électri- cité positive, et celle que l'on met en ra[iport avec le zinc prend de l'électricité négative, tandis que les parties des lames de cuivre et de zinc qui se trouvent dans le liquide sont relativement dans un état négatif et dans un état positif. On présume aussi que les molé- cules composées de liquide acquièrent une condition puissamment polarisée, un consti- tuant devenant négatif et étant attiré par le zinc, cl l'autre devenant positif et étant attiré par la feuille de cuivre. Supposniis que le liquide soit de l'acide hydrochlorique, la condition électrique et l'action chimique qui auront lieu peuvent être représentées comme il suit : -f Lame ■ /^ de cuivre. I H - B -t- Cl H CI B - + I - -1- Cl H (It; zinc. + Dans chaque colonne du tableau ci-dessus, on a placé en haut le métal le plus électro- négatif (eu égard au liquide) et on est arrivé graduellement en bas au métal le plus posi- tif. — La théorie de la production du cou- rant galvanique est la suivante : quand une La polarisation des molécules de l'acide de- vient plus intcuse par la présence de deux métaux électrisés d'une manière opposée; et réciproquement, la dillérence dans les con- ditions électriques de deux métaux devient plus intense par l'action des molécules acides. Quand les plaques de zinc et de cuivre sont mises en communication par un fil de métal en dehors du fiuide, leur polarité devient si intense que les constituants des molécules de l'acide hydrochlorique sont séparés, le chlore négatif étant attiré par le zinc posi- til, et l'hydrogène positif par la [ilaque néga- tive de cuivre. L'union a lieu entre le chlore et le zinc, formant le chlorure de zinc qui se dissout dans leau. L'hydrogène, qui est attiré par la plaque de cuivre, ne s'unit pas avec elle, mais s'élève en bulles sur sa surface jus- qu'au haut du liquide. Cette évolution de l'Iiydrogène le long de la plaqne de cuivre, et non pas au point où le chlore quitte l'acide et s'unit avec le zinc, ne peut s'expliquer qu'en supposant que, lorsque l'action a lieu, il y a en même temps un échange de consti- tuants dans la chaîne intermédiaire de mo- lécules qui se trouvent entre les deux plaques, comme on l'a représenté dans le diagramme ci-dessus. En 1762, Suizer constata une sen- sation particulière à la langue, lorsque le plomb et l'argent étaient mis en contact avec elle, et en contact l'un avec l'autre. — En 1786, Galvani découvrit accidentellement l'électricité animale, et bientôt, Volta cons- truisit sa première pile. En 1800, à l'aide de la pile voltaïque, Nicholson et Carliste décompo- sèrent l'eau, puis le D' Henry décomposa l'a- cide nitrique et l'ammoniaque. EnlSOo, Beh- rens forma une pile sèche de 80 couples compo- sés de zinc, de cuivre et de papier doré. Le 6 octobre 1807, à l'aide de la grande batterie vol- taïque de l'Institution royale de Londres, Davy décomposa la potasse et découvrit le métal nommé potassium, puis, peu après, la soude et d'autres substances. En 1809, Lamboni construisit une pile sèche de disques de papier recouverts d'étain d'un côté et de peroxyde de manganèse do l'autre. La même année, la batterie de Children fit fondre le platine. En 1813, Davy produisit l'arc voltaïque. Des améliorations furent apportées dans la cons- truction de la batterie voltaïque, en 181b par Wollaston, en 1829 par Becquerel, en 1830 par Surgeon, en 1838 jiar Daniell, en 1839 par Grove, en 1840 par Jacobi et par Sniee, en 1842 par Bunsen et par Grove. En 1878, parut la pile au bichromate de po- tasse, modifiée par le D' Leeson ; elle est lort puissante et aujourd'hui très employée. — Batteries voltaiques. Une batterie consiste en une combinaison de deux ou plusieurs couples, ayant pour but d'augmenter la force GALV éleclroniolrice ; chaque couple additionnel ajoiitiirit sa force à celle de la batterie. La pile de Volta l'ut la première forme de batte- rie. On peut la construire en plaçant sur un morceau de bois un disque do cuivre et sur celui-ci un disque d'étoffe mouillée avec de l'acide dilué ou avec une solution de sel ; et sur l'étoffe on place un disque de zinc et on continue dans le même ordre jusqu'à ce que l'on ait établi ainsi 15 ou ïiO couples ou davantage. Une extrémité de la pile doit se terminer par un disque en cuivre et l'autre par un disque en zinc, ces deu.K extrémités sont reliées par un fil de cuivre. Bientôt après la construction de la pile, Volta conçut un arrangement différent que l'on appelle couronne de tasses. Chaque tasse ou coupe contient de l'acide dilué ou une solution de sel, plus une plaque de cuivre et une de zinc, séparées par une petite distance, le cuivre d'une tasse étant mis en connexion au moyen d'un fil de métal avec la plaque de zinc de la tasse suivante. Cruikshank, en 1802, modifia la forme de la pile en se servant d'une auge et en supprimant les pièces d'étoffes de sépa- ration ; d'utiles modifications de la pile à auges ont été faites depuis lors. Le zinc du commerce étant raélangé d'autres métaux, on l'amalgame en appliquant du mercure métallique à la surface des plaques de zinc. Par ce moyen, le zinc pur se dissout et est amené à la surface où est confinée l'action de l'acide. La polarisation qui a lieu dans le zinc impur qui n'est pas amalgamé, forme des courants locaux qui diminuent ou annulent la force éleclromotrice. Toutes les piles qui emploient deux éléments métalliques et un tluide deviennent défectueuses quand on s'en sert longtemps à cause de l'affaiblisse- ment du courant , aft'aiblissement que l'on peut attribuer à plusieurs causes ; les princi- pales sont : la diminution d'action chimique en conséquence de la séparation graduelle de l'acide par le zinc et de l'accumulation du sel qui en résulte; la production de courants secondaires allant en sens inverse du courant général ; et le dépôt du zinc sur la plaque né- gative. C'est pourquoi, les électriciens, d.ans le but de remédier à ces difficultés ont in- venté différentes autres piles qui, en raison de leur action plus continue et plus égale ont élé appelées piles constantes. La première do ces batteries fut construite par Becquerel. Notre ligure 1 représente la batterie de Daniell, modification de celle de Becquerel. Un récipient *do verre contient de l'a- cide sulfurique étendu, dans lequel on place un morceau de zinc coulé en forme de cylindre et, dans celui-ci, un vase cylindrique de faïence poreuse, et dans cette dernière on place un morceau de cuivre coulé également en forme de cylindre. Le vase poreux contient une solution saturée de sulfate de cuivre, et des cristaux de ce sol plongent dans la dissolution, sur des tablettes ou dans un panier en 111 de cuivre. L'acide sulfurique pénétre tous les pores; mais la cloison poreuse présente un grand obstacle à la transtusion dos solutions salines. L'Iiy- drngène naissant, (juiost développé a la sur- face de la pl.iipii! d(! cuivre décompose le sul- fate de cuivre de la môme manière qu'il le fait pour le sulfale de zinc dans li^ couple or- dinaire de zinci't de cuivre. La pile de Grove est une moddicalioii dccelle de Daniell; l'a- cide nitrique y remplaco le sullaLe de cuivre, et une plaque de platine remplace la plaque Elément ilo U;tnic GALV de cuivre. Dans la pile de Bunsen, molifica- tion de celle de Grove. l'élément de platine est remplacé par du charbon, excellent con- ducteur qui est plus élerlro-négatif que le platine. — La pile do Bunsen (fig. -2), se composait, à l'origine (IS43) : 1° d'un vase en verre, en faïence ou on grès, contenant de l'acidelazotique ; 2"d'un cylindre creux de char- bon, plongeant dans l'acide azotique; 3° d'un vase de terre poreuse, l'ontenant de l'acide sulturique étendu d'eau et plongeant dans l'a- cide azotique ; i" d'un cylindre de zinc amal- gamé, plongeant dans l'i' lu ai'idulée. Kii 1819, M. Archereau modiOa la pile de Bunsen, en mettant l'acide azotique et le charbon dans GALV 61 li.uijon intérieur. le vase poreux et l'eau acidulée, ainsi que le zinc, dans le vase extérieur; puis, pour charbon, il adopta le charbon de cornue à gaz, qui est à la fois très dur et très poreux. C'est à celte nouvelle disposition que l'on donne aujourd'hui, mais improprement, le nom de pile de Bunsen. Elle fournit d'au- tant plus d'électricité que le zinc est plus for- tement attaqué par l'eau acidulée. Le zinc dé- gage l'électricité négative ( — ) , le charbon l'électricité positive (-f-). — Dans les di- verses piles humides, les liquides électio- lytiques peuvent être les mêmes que dans la pile de Grove , mais on en emploie souvent d'autres , tels que le bichromate de potasse, l'acide sulfurique et le sel commun. — Piles sèches. La pile sèche, cons- truite en 1812 par Zamboni, se compose de disques de papier étamé, dont le côté non étamé a élé enduit de bioxyde de manga- nèse broyé très fin, délayé dans du lait ou dans de la mélasse. Il faut que ces disques soient légèrement humides. On arme les deux extrémités de la pdo de plaques métal- liques qui la compriment et lui servent de pôles. Les plaques sont assujetties par des fils de soie. — Il y a aussi la pile de N'obili, com- posée de barreaux de bismuth et d'anti- moine soudés par leurs extrémités. — Pour les principales applications des courants, voy. Electricité dynamique, Galvanothérapie, Gal- vanoplastie, etc. GALVANOCAUSTIE s. f. Synon. de Galva- nocaustioue. GALVANOCAUSTIQUE adj. (gr. kaustikos, causlique;. (Jm a rappiirt A l'om|ilui do la chaleuréleclnqiio dans les opérations chirur- gicales. — s. f. Emploi do la chaleur élec- trique dans les opérations chirurgicales. — La propriété calorifique de l'électricité fut découverte par Konrcroy en 1800. Kécamier et Pravaz eurent les premiers l'idée d'utiliser la cdialeur électrique en chirurgie (18:i I). Kn juillet 184:;, le dentiste viennois MoritzHeider employa le fil de platine rougi à blanc par un courant électrique, pour cautériser la pulpe dentaire. L'année suivante, le médecin russe G. Crusel, en 184!) le docteur Sédillot, enISoO le chirurgien anglais.!. MarshallGrent des expériences sur l'emploi d'un fil de pla- tine l'ougi pour l'enlèvement ou la destruc- tion de certaines parties et pour la cautérisa- tion des plaies. A la fin de 18j4, .Middeldorpf, chirurgien à Breslau, publia sur lagalvano- caustique un travail important qui résuma les connaissances del'époque. (Voy. Auussat.) 6ALVAN0CAUTÈRE s. m. Instrument qui sert à pialiqiier la galvanocaustie. GALVANOCÉRAME s. m. (gr. heramos, vase de torrej. Techn. Vase de porcelaine ou de faïence sur le fond duquel on a lait déposer une couche de cuivre par les procédés de la galvanoplastie: les galvanocérames sont à peu près incassables. GALVAN06RAPHE s. m. ( gr. graphein. écrire]. Iv-nv.iin qui traite du galvanisme. GALVANOGRAPHIE s. f. Traité sur le galva- nisme.— Grav. Procédé électrographique qui consiste à surcharger avec du cuivre préci- pité, des dessins, des images au pinceau, de manière à constituer des planches qui imitent tous les genres de gravure (aqua-tinta. poin- tillé, etc.). La galvanographie a été imaginée par le professeur Kobell, de Munich. GALVAN0MA6NÉTIQUE adj. Qui a rapport au galvanumai-'iictisnie. GALVANOMAGNETISME s. m. Synon. d'é- leclro-iiia^iiétisnie. GALVANOMÉTALLURGIE s. f. Synon. de Galvanoplastil. •GALVANOMÈTRE s. m. Phys. Instrument destiné à découvrir les moindres traces de l'électricité en mouvement et à mesurer l'in- tensité des effets galvaniques. Si une aiguille magnétique est placée près d'un fil dans le- quel passe un courant électrique, elle défié- chira ; la direction dépendant de la position relative du fil et de l'aiguille, et de la direc- tion du courant. Sur cette action particulière est basée la construction d'un instrument qui est employé pour mesurer la force d'un cou- rant galvanique, et qui est appelé galvano- mètre. Si le fil est tenu au-dessus de l'aiguille magnétique et parallèlement à celle-ci et si un courant passe dans la direction de son extrémité nord, cette extrémité déviera à gauche, comme le représente la figure 1, en jt Gal\;iiioniélrc à une aiguille. supposant que l'obscrvalcur regarde en bas et au nord. Si le fil est tenu en dessous de l'aiguille et que le courant soit dirigé dans la môme direction, l'extrémité nord déviera à droite ; mais si le courant va du nord au sud, l'aiguille déùéchira dans la même direction que si le courant passait au-dessus, du sud au nord. En conséquence, si le fil est retourné sur lui-môme, comme dans la figure 2, deux forces agiront sur laiguille, tendant à la faire dévier dans la même direction et si le fil est replié en forme de rouleau plat, la force de déviation agissant sur l'aiguille sera multipliée presque autant de fois que ce fil passe en arrière et on avant. La sensibilité de l'instrument est augmentée en se servant de ce que l'on appelle une aiguille asiatique, que l'on construit en plaçant deux aiguilles magnétiques sur le même axe, mais avec 62 C.AL\ GALV leurs exlréniilés nord ot sud dans des direc- tions opjiùsées el, en les siis|irn(luril lioiizon- talenicnl par un pelit fil de soie. Méiinnioins, il est d'Iiabilude, excooté pour les plus déli- cates opérations, que 1 une des aiguilles toit lin peu plus forte que l'autre, de façon i|iie l'appareil ail une légère tendance à se diri- ger au nord et au sud. Le palvaiiomètre usta- tique ne peut s'employer pour mesurer des courants d'une 1res grande force h cause de sa trop grande délicatesse; à cet ell'et le gal- vanomètre des langcntes et le galvanonièUe des sinus sont cmplovés.Le galvanomètre des tangentes ou boussole des tan- gentes, consiste en un cercle vertical, formé d'une lame de cuivre dont les deux extrémités .,., 1 j sont réunies aux pôles d'une fi I JL..,-JJ| lialterie. Au centre de ce cer- A|JI ^'rT:i> -5. I cl(! vertical on ]ilace une petite aiguille magnétique longue d'environ ,'^ du diamètre du cercle. Quand l'aiguille n'est pas plus longue que cela, la tange n te de l'angle de doUox ion sera proportionnelle à la force du eoinant. Si la force d'une série de courants passant dans un lil el mesurée parle galva- nomètre, est représentée par les nombres 1,2, 3, la quan- tité de chaleur développée en même temps sera exprimée par les nombres 1, 4, 9 ; la chaleur [iroduite par un courant galvanique est donc proportionnelle au carre de la force du courant. — Pour les princr- palesapplicatioiis du galvanomètre, voy. Klec- ■nticiTÉ UYN..\MiQUE. — En 1820, Ampère et Schweigger inventèrent des rhéomètrcs ou multiplieurs, populairement appelés galvano- mètres: d'autres ont été inventés en 18M par Cumniing, en 1824 par de la Rive, en 1830 par Ritchio (torsion) el en 1843 par Joule (magnétique). (V. S.) GALVANOMETRIQUE adj. Qui a rapport au galvanoiiit/ti'i-. GALVANOPLASTE s. m. (gr. plassein, for- mer). Celui dont la galvanoplastie forme l'in- dustrie. * GALVANOPLASTIE s. f. Art qui consiste à précipiter pai- l'action d'un courant galva- nique, un métal en dissolution dans un liquide sur une matière quelconque, soit pour l'orner ou la préserver des intluences atmosphé- riques, soit pour en prendre l'empreinte: la (lalvatioplastie est employée pour dorer ou ar- getiter divers objets et aussi pour bronzer. Spencer, en Angleterre, et le professeur Ja- cobi, en Russie, firent sur cette partie de la science les premières expériences fructueuses eu1837-'38. Depuis lors, A. Smee et autres ont perfectionné leur procédé. En 1840, Rob. Murray appliqua la plombagine aux corps non métalliques comme surface con- ductrice. En la même année, Ruolz el Elkington employèrent la galvanoplastie pour la dorure el pour l'argenture. De- puis ISbO, les caractères d'imprimerie, les gravures sur bois sont clichés en cuivre par l'électrotypie. La galvanoplastie ou éleclro- mélallurgie est l'aride séparer les métaux de leurs composés chimiques el de la faire dé- poser dans leur condition élémentaire sur des surfaces de dili'érentes formes, au moyen de l'électricité dynamique. Les principales divisions de cet art sont la galvanoplastie proprement dite el le clichage ou galvano- typie. Dans la galvanoplastie proprement dite, le métal déposé cslhabituellemenladhé- vent à la surface sur laquelle il est placé, tandis que dans le clichage il est subséqueni- ment enlevé de cette surface; celle-ci est une empreinte ou moule que l'on a pris sur l'objet à reproduire el qui forme une copie à l'en- vers. On faisait autrefois Ja dorure en con- viant le métal qui devait être doré d'un amal- game d'or cl de mercure et en volalili.sant ce dernier métal; le ra*me procéd.- était em- ployé pour rargenlurc. On dil que Brugna- lelh, élève do Voila, fut, en 1803, le premier mil, au moyen du courant galvanique, dora des métaux de mauvais aloi; mais de la Rive lut le premier qui emplova ce procédé avec succès; .son étal acluel deperfection est dû à Llkiiigton, à Ruolz et à d autres. Les pro- cèdes d'argenture et de dorure sont presque idenliques ; ils reposent sur le pouvoir din- duire une condition électro-négative sur une surface métallique, laquelle condilioii lail que celte surface attire le cnnstiluanl électro-posilif ou constituant métallique d'un sel; el d'induire aussi une condition électro- positive sur une surface voisine, l'obligeant à attirer le constituant électro-négatif ou non métallique. La lame positive d'une batte- rie ou celle sur laquelle a lieu l'action chi- mique el qui est en communication avec 1 électrode négatif, doit donc être réunie par ce dernier à la lame sur laquelle on désire laire déposer le mêlai, l'autre lame ou lame négative, étant reliée à celle du bain sur la- quelle on doil induire une condition électro- positive. La tendance dans le bain (on appelle ainsi le liquide qui contient le sel métallique dont le métal est déposé par éleclrolyse) crée ordinairement une force électro-motrice agis- sant dans une direction opposée à celle du courant de la batterie; c'est pourquoi la force électro-motrice de ce dernier courant doil être assez j)uis.>ante pour vaincre la première, el aussi pour opérer la décomposition. 11 est donc désirable que la solution du bain crée une force électro-motrice aussi faible que possible, et l'on choisit de préférence une solution alcaline au lieu d'une solution acide. Il faut une puissante batterie pour obtenir qu'un dépôt d'or métallique se forme d'une solution de chlorure d'or sur la surface mé- tallique d'une plaque de fer; mais en em- ployant un cyanure d'or dissous dans du cyanure de potassium, le dépôt est facile, même en employant une petite pile ou un simple élément. Si un morceau de fer bien décapé est trempé dans une solution de sulfate de cuivre, il se recouvre d'une couche de ce dernier métal; mais ce n'est un exemple du cuivrage véritable, le cuivre n'étant pas déposé sur la surface métallique unie du fer, mais sur une couche légère de l'oxyde ou du sulfate de ce métal, qui^est for- mée par l'action de l'acide sulfunque conlenu dans le sulfate de cuivre. 11 ne faulqu'aucune action chimique n'ait lieu sur la plaque de fer; mais pendant qu'elle est nette, on doit y amener en quantité suftisante l'électricité négative qui, au lieu d'attirer l'acide, attire le constituant métallique delà solution. Dansla pratique, il est d'habitude, pour l'argenture ou la dorure du fer, de déposer d'abord une couche légère de enivre qui s'attache au fer plus facilement que les métaux précieux el qui forme une meilleure surface pour leur dépôt. La galvanoplastie ne se borne pas au dépôt d'un métal sur un autre; elle jiermel de couvrir des alliages avec un métal ou de revêtir d'alliage un métal simple. L'airain et le bronze peuvent, lorsque l'on opère avec soin et quand on fait usage des électrodes positifs de l'alliage, être déposés sur des plaques de cuivre. (Voy. G.\Lv.iNOTïPiE.) — La galvanoplastie est aujourd'hui très employée pour le ^'ICKEL.\GE. — L'intensité du courant n'est pas inditl'érente pendant l'opération de la galvanoj)laslie. Un courant trop intense produit un dépôt pulvérulent; un courant trop faible doniH' un dépôt cristallin et cassant. GALVANOPLASTIQCE adj. Qui a rapport à la galvain)pla.~lie. GALVANOPUNGTDRE s. f. Synon. d'ELECiRo- PUNCTUnE. légère pas là GALV GALVANOSCOPE s. m. (gr. skopcô, j'exa- niin.;, In.-Iruiiient qui rend sensibles à la vue les cil'els galvaniques. GALVANOTHÉRAPIE s. f. Application du galvain.Miir i la th.raprutique,coninii- stimu- lant ;;énéral a^'issanl parliculièrcmenl sur le système nerveux, dans les cas de paralysie, de rhumatisme, de goutte, de sciatique! d'amaiirose el de névralgie. — L'emploi tlié- rapeulKiuedc l'électriiilé remonte aux temps les plus anciens. Les Grecs, les Etrusques, et, après eux, les Romains étudièrent les phéno- mènes de l'électricité atmosphérique, dont ils ignoraientla cause, mais dont ilsconstalaienl es effets mécaniques, phvsiques el phvsio- ogiques. Les éclairs, le tonn.-rre, la foudre, e feu Sainl-Elme, la puissance altraclive de I ambre jaune et de certaines tourmalines, orsqu on les chaulfe, avaient vivement éveillé leurallenlion; enfin, les médecins utilisaient une machine électrique toute faite, /a tor- pi//e, dont parlent ScriboniusLarf;us (au temps de Claude) el le célèbre Galien (2° siècle ap. J.-C.) comme d'un remède contre la goutte et es maux de tête. (Voy. Toupille.) Le père Hell, qui pratiquait la médecine des aimants à V'icnne (Autriche), pendant le xviii' siècle, el Mesmer, qui fui, pendant quelque temps, son collaborateur, paraissent être les premiers qui aient appliqua l'électricité à la thérapeu- tique, dans les temps modernes. GALVANOTYPIE s. f. (gr. tupos, caractère). Cuivra;.'e des clichés ou des caractères d'im- primerie au moyen de puissantes machines électro-magnétiques. Le procédé est le même que pour la galvanoplastie ordinaire. Seule- ment on prend l'empreinte de l'objet à re- produire, soit par le clicrage (vov. ce mol), soit au moyen d'une matière très fusible, telle que de la cire. On passe, sur la surface à recouvrir de cuivre, une brosse qui v étend une très légère couche de plombagine'. Celte surface étant rendue métallique, on plonge l'objet dans un bain de cyanure de cuivre et on décompose la dissolution au moyen de la pile. Pour cela, on relie au pôle négatif de la pile 1 objet que l'on veut recouvrir de cuivre. Le pôle positif communique avec une lame de cuivre également plongée dans le bain. Celle lame, dite électrode solnble, se dissout en quantité égale à celle déposée sur le moule. Quand le dépôt est sul'flsamment épais, on lave la pièce à grande eau et on la détache du moule. m. Jargon. Flânerie dans GALVAUDAGE s de mauvais Ijuux. • GALVAUDER v. a. Maltraiter quelqu'un de paroles, le réprimander avec aigreur ou avec hauteur. (Vieux.) —Déranger, meltre en désordre, gâter : il a galvaudé tout mon linge, tous mes habits. — iv Vagabonder, s'en- canailler, courir de mauvais lieux : gaknnder son cœur dans des prorni.^cuités de mauvais aloi (Montépin). — .% Se galvauder v. pr. Argot. Compromettre sa réputation par des galvau- dages. — Se traîner moralement dans la boue. s. f. Jargon. Femme de GALVAODEUSE mauvai-e vie. GALVAUDEUX s. m. Vagabond. Mauvais sujet. — Homme qui laisse à désirer sous le rapport des mœurs. GALVESE (La) , nom que l'on donne quel- quefois à la Bric pouilleuse (Champagne). La Galvèse fut réunie à la couronne par'Philippe leRel. GALVESTON, ville principale du Texas, sous le rapport de la population et du commerce, à l'extrémité .\.-E. de l'île Galveston : pop. : 29.084 habit. Plusieurs institutions chari- tables (y compris trois hôpitaux), collège catholique romain (université de Sainte- Marie), collège médical, plusieurs académies GAMA GAMB GAMB 63 et écoles publiques. — Pendant la guerre ci- vile, Galveston fut occupée par les forces fédérales le 8 octobre 1862; les confédérés s'en em parère ni de nouveauté 'P' janvier 1863. GALVEZ (Bernardo, comte de) [gâl-'vèss], général espafjnol, né en 1736, mort en 1786. Il fut nommé gouverneur de la Louisiane en 1776. Lorsque l'Espagne eut déclaré la guerre à la Grande-Bretagne, il prit aux Anglais, en 1779, le fort Manchac, Balon- Rouge, le fort Sanamure à Natiihez. En 1780, il s'empara de Mobile et en 1781, de Pensa- cola. Il fut créé comte, et, en I7S4, nommé capitaine général de Cuba, de la Louisiane et des deux Florides. La même année, il suc- céda à son père comme vice-roi du Mexique. GALWAY, [gàl'-ouè] I. Comté du Connaught (Irlande), borné par l'Atlantique et la baie de Galway; 6,067 kil. carr. ; -250,000 bab. ; il est séparé en deux divisions par le Lough Corrib. La division de l'E. est en général unie et fertile. Celle del'O. est stérile et montagneuse, mais elle renferme d'impor- tantes mines de cuivre, de plomb, de man- ganèse, des carrières de marbre, etc. L'agri- culture est très en relard. Elevage des bestiaux. Les cromlecbs celtiques et les châteaux angio-normands y sonl 1res nom- breux. Villes principales : Gahvay, iuum, Loughrea et Ballinasloe. — II. Capitale de ce comté, près de l'extrémité de la baie de Galway, à 170 kil. 0. de Dublin; 37,368 bab. Les principaux édifices publics sont : le col- lège de la Reine, l'église collégiale de Sainl- Nicolas elle couvent franciscain. Le port pos- sède une ligne de quais très étendus et un dock flottant. Exportation de marbre, de laines, de grains, etc. GAMA (Jozé-Basilio da), poète brésilien, né en 1740, mort en 17t>5. Ilpiiblia.cn 1769. un poème intitulé l'Urwjuai/, décrivant le renversement des missions des Jésuites; il reçut un emploi au ministère d'Etat a Lisbonne et fut anobli en 1771. GAMA CVasco da», navigateur portugais, mortàCocliin (Inde) le 26 décembre lo24. Gentilhomme de la maison du roi et manu habile et expérimenté, il fut envoyé avec quatre vaisseaux pour explorer les pays situés au delà du cap des Tempêtes, que Barthélémy Dias avait déjà découverts. Il doubla le Cap que le roi avait nommé cap de Bonne- Espérance; le 20 ou le 22 novembre, il dé- couvrit Mozambique, et visita Mélinda, d'où, avec l'aide d'un pikite, il atteignit la côte de Malabar en i'i jours. Le 20 mai 1 498, il arriva à Calicut. Il avait donc ouvert une nouvelle route pour l'Orient. Gama atteignit Lisbonne, le 29 août 1499, après une absence de i6 mois. Le roi Emmanuel envoya une seconde llotte, de 13 navires, sous les ordres de Pedro Alvarez Cabrai, qui établit un comptoir à Calicut; mais, après le départ (le la Uolte, les habitants massacrèrent tous les Portugais qui étaient restes. En \[,0i, (iaina y revint à la tôle de 20 navires, brûla C.alicut, détruisit la marine de celle ville, et étant entré en relations amicales avec Cocliin, retourna dans sa patrie. 11 fut nommé amiral de l'océan Indien et comte de Vidigueira, mais il vécut dans la retraite pendant 21 ans. En 1224, il fut nommé vice- roi des Indes cl se rendit dans son gouver- nement, où il mourut peu après. GAMACHE (Noces de), épisode du roman de don (JiiichoUe. Le chevalier, accompagné de son lidèle écuyer Sancho, arrive dans un village où un paysan, nommé (ianiachc, utile, à l'occasion de son mariage, un banquet gar- gantuesque. — Los Noces du (jiiimichu ont passé en proverbe pour désigner un repas ou Liiul, se trouve en j)rofusioii. GAMACHES I. Gamapiiiin, ch.-I. de cant., arr. et à 26 kil. S.-O. d'Abbeville (Somme), sur la Vineuse, près de son embouchure dans la Bresle; 2,203 hab. Autref. place forte. Eglise du xii° siècle (mon. hist.) — IL Comm. i du cant. d'Elrépagny (Eure), sur la Bonde et des sources intermittentes : 432 hab. Ruines d'un château qui .joua un rôle important dans les guerres du xii"^ siècle. GAMAIN (François), maître de serrurerie de Louis XVI, né à Versailles en '17.t1, mort vers 179;). Ce fut lui qui apprit la serrurerie au roi et qui posa la porte de la fameuse armoire de fer des Tuileries. Il révéla l'exis- tence de cette armoire au ministre Roland. Son mobile était la vengeance. 11 avait été, disait-il, empoisonné par Louis XVI ou par la reine, le jour de la pose de la porte de fer, au moyen d'un verre de vin et d'une brioche saturés l'un et l'autre de sublimé corrosif. Le 28 avril 1794, la Convention accorda une pension annuelle et viagère de 1,200 livres à François Gamain, empoisonné par Louis Capet le 22 mai 1792. Le poison, quoique combattu par des remèdes, agit avec assez d'énergie pour faire languir le serru- rier, paralyser une partie de son corps et abréger ses jours. Pendant la Restauration, une main mystérieuse enleva des .\rchives les pièces manuscrites de celte ténébreuse affaire. GAMALIEL, docteur juif de la loi, membre du sanhédrin et professeur de Saûl, le futur apôtre saint Paul, mort vers 52 ap. J.-C. Dans le Talmud, il est surnommé Hazzaken, l'Ancien, pour le distinguer de son pelil-fils. Il se fit remarquer par son humanité et sa tolérance, en appuyant l'acquiltemenl de saint Pierre et des autres apôtres amenés devant le conseil. (Actes V.) GAMAY s. m. Raisin noir de qualité infé- rieure. Charles LX défendit de planter « l'in- fâme » gamay dans les vignes qui produisent des vins fins. GAMBA (Jacques-François), explorateur, né à Dunkerque en I7G3, mort en Géorgie en M'i'i. Il termina ses éludes en Allemagne et vint se llxer à Dunkerque où il prit la direction de la maison de commerce fondée par son père. Il fut envoyé dans la Russie méridionale (1817) par le duc de Richelieu. Revenu à Paris en 1818, il partit en 1819 pour la Géorgie, visita le Chirvan, le Daghestan et mourut à Tillis, où un poste de consul avail été créé pour lui. On a de Gamba: Voyage dans la Russie méridionale et parti- culièrement dans les prouinccs et au delà du Caucase (1824, 2 vol. in-S°), avec allas et caries. "GAMBADE s. f. (ital. gamba, jambe). Es- pèce rif M. de Bismarck, oc décret fui annulé par \i: ^rouveriioment de Paris, et Gainhetla déniissiuiina, ainsi que son ministère, dès que M. Jules SiiDoii arriva à lîiinleaux lO févr.). Le H févr., il fut élu dans neuldépartenienls, opta pour Strasbourg et essaya de l'aire entendre, en faveur de la continuation du la guerre, des j)aroles qui furent éloull'ées sous les clameurs. Son mandat ayant (iris lin par le fait que le dcparlenienl qu'il représentait cessait d'être français, il quitta la France où sa vie n'était pas en sécurité plus que celle de Victor Hugo el des partisans de la lutte à outrance; il se retira un instant en ILspapne. Elu dans trois départements lors des élections cotnplémen- lairesdu 2 juillet, il nptapourccluidc laSeine etfutaccueilli.à l'Assemblée de 'Versailles, par les invectives de la majorité. Pour mettre lin aux calomnies de toutes sortes dont ses enne- mis essayaient de le noircir, il réclama lui- même une enquête sur les actes de la délég-a- lion de Tours et deliordeaux, et celte enquête montra que, s'il avait commis des erreurs cl que si les liommcs qui avaient capté sa coii- liancc ne s'en étaient pas toujours montrés dignes, son intégrité personnelle n'en était p.is moins restée à l'abri de tout soupçon. Kn 187:', il prit rarement la parole àl'Assera- blée, mais il lîl des tournées politiques dans le Midi, dans l'Est el dans l'Ouest et prononça, àAnjiers, au Havre, à la Ferlésous-Jouarre. à Annecy et à Grenoble des discours de pro- pagande qui eurent un grand retentissemeiil. Ayant acclamé à Grenoble (26 sept. 1872), l'ar- rivée au pouvoir d'une Houvelk couche sociale, il irrita au dernier point les chefs dos classes diriiicanles, et fut traite de foie furieux par M. 'rhicrs, et de factieux prêt à tout boulever- ser par le général Ghangarnier (18 nov.). Déjà, le o nov. 1871, Gambetla avait fonde, paradions, le journal Ui République française, organe radical dont il était le directeur poU- lique. En 1873, il se rapprocha de M. Ihiers, auquel il prêta plusieurs fois .son concours; il comballil néanmoins la candidature Remusat. La chute de M. ïhiers amena un rapproche- ment complet entre Gambelta et l'e.x-presi- denl de la République. M. Thiers admit lare- publique avec les réjiublicains et non contre eux; Gambelta abandonna pour des temps plus opportunsson programme radical de 1869; et de l'alliance de ces deu.\ hommes d Ltat naquit V opportunisme. Tant que dura le gou- vernement du maréchal, Gambelta, bien qu il laissât la place d'honneur à M. Thiors, tut le véritable chef de l'opposition républicaine, ba seule orésence à la tribune, où il couvrait le UirauUe par sa voix de stentor, el d ou son i-e°-ard de cyclope semblait loudroyer les ennemisde la République, suffisait pour attirer dans l'enceinte de l'Assemblée une loule de spectateurs envieux de l'entendre. Le plus célèbre de ses discours pendant celle perio_de eslleréquisiloirequ'ilprononça,lel3.juinlS/4, contre M. Rouher el contre « les misérables qui ont perdu la France », paroles tlétrissanles après lesquelles un individu taré attendit l'o- rateur à la gare Saint-Lazare, l'insulta, se jeta sur lui et le frappa. En 1875, Gambetla, chef dirigeant de l'Union républicaine, en- traîna ce groupe à voter la Constitution du 25 févr. et à accepterla création d'un Sénat, qu'il appelait le grand conseil des communes. Sa conversion vers le centre lui ayant attiré les éloges ironiques de ses anciens adversaires, qui le félicitèrent d'avoir coupé sa queue, il se défendit devant ses électeurs de Belleville (14 févr. 1876) d'abandonner complètement son programme; mais il se déclara partisan àe]a.poHtique des résultats. Elu dans quatre cir- conscriptions ('20 févr. 1S76), il optapourcelle de Belleville. Chef de la majonlérépublicaine, il vit se dresser devant lui un parli nouveau, celui des intransigeants ou républicains qui ne voulaient rien abandonner du programme do I.SG9. H délourna un instant les esprit^, par des discours anticléricaux, fut nommé prési- dent de la commission du budget (1877) el retrouva sa popularité après le Seize-Mai. Il fut l'un des auteurs de la protestation des H03 el, d'accord avec M. Thiers, il entreprit celle campagne (|ui devait aboutir à la consolida- tion de la République. Son discours de Lille (1!> août 1877). dans lequel il s'écria : « Lors- que la France; aura fait entendre sa voix sou- veraine, il faudra se soumeUrr ou sedémeltre «, lui valut uuccondamnation par défaut, à 3 mois de prison et à 1,000 fi-. d'amende (10° cham- bre du tribunal de la Seine, 11 sept.); mais ce jugement, confirmé en appel, fut annulé par une amnistie subséquente. Réélu le 14 oct. par les électeurs de Belleville, Gambelta pro- nonça un violent réquisitoire contieM.de Brg- glie, le 15 nov. Il visita l'Ilalie, l'Allemagne el l'Aulricbe .lu commencement de 1878. La dé- mission du maréchal eU'éleclion de .M. Grévy à la présidence de la Réniildique a|ilanirent pour Gambelta la route uu pouvoir. Il fut élu président de la Chambre des députés le f févr. 1870 el dut, presque aussitôt, combattre les intransigeants, devenus ses adversaires les plus redoutables. Une visite à ses électeurs de Belleville lui fil penser que, pour rompre la glace qui s'épaississait entre les Bellevilloiset leur mandataire, il suffirait de faire voter l'amnistie; et il obtint la réalisation de ce vœu général des Parisiens. Comme chef des radicaux opportunistes, il se montra plein de modération el chercha à prouver qu'il était miirpourle pouvoir. Mais subissant une in- Uuence fatale aux hommes politiques fran- çais, il devint centralisateur à mesure qu'il se rapprocha du gouvernement, c'est-à-dire du centre, el sa queue se détacha spoutauénienl de lui, sans qu'il eût la volonté de la couper. Lors des élections généralesdc juillet 188), il se présenta de nouveau dans le XX" arrondis- sement (Belleville), où le parli intransigeant avait pris des forces extraordinaires. Ne pou- vant composer de ses amis le bureau de la réunion publique où il devailprendrelaparole, il se laiss.i entraîner par la violence de son caractère à insulter ses adversaires, auxquels il annonça qu'il saurait les retrouver jusqu'au fond de leurs repaires. Il fut élu néanmoins, mais son élection, vivement discutée, fut con- sidérée comme un échec. M. Grévy lui ayant confié, le 10 nov., la présidence du conseil, il forma, le li, ce que ses amis appelaient le grand ministère. Pour bien accentuer sa rup- ture avec ses anciens amis les radicaux, il nomma à plusieurs emplois publics des per- sonnages qui s'étaient compromis comme chauds partisans duSeize-Mai. Le 1 4 janv. 1882, il lui devant la Chambre son projet de révision de la Constitution, contenant le principe du scrutin de liste comme mode d'élection par- lementaire. Le 26, la Chambre, après discus- sion, rejeta ce projet, par 30o voix contre 117. donna sa démission. — Le 27 nov., Gambetla se trouvait dans sa propriété des Jardies (Ville- d'Avrav). lorsqu'il se blessa à la main et au bras eii chargeant un revolver nouveau mo- dèle, qu'on lui avait soumis le matin même. Celle blessure se guérit en quelques jours; mais une grave maladie intestinale (périty- phlile) se déclara le 8 décembre el emporta Gambettaen quelques semaines (31 déc.).Le 6, eurent lieu a Paris, aux frais de l'Etal, les fu- nérailles pompeuses et solennelles de cet homme politique dont le corps, transporté à Nice, repose dans un caveau de famille. GAMBETTES, f. Ornith. Nom vulgaire du chevalier aux pieds rouges, à cause de ses longs pieds. GAMBETTISTE s. m. Partisan delapolitique de Gambelta. — Fonctionnaire noniiiié par Gambetla lors de l'organisation de la défense en province (1870-'71).-- Gambey. (V. S.) GAMBIE (la Stachir des anciens), riviAre de l'Alrique occidentale. Elle iiall dans l'inté- rieur el se jelto dans l'Allantique à It.itliursl après un cours rie plus de 900 l;il. Elle a 14 kil. de large à son embouchure el elle est navigable pendant l.'iO kil. pour les navires de 300 tonneaux. GAMBIE, colonie anglaise de l'Afrique oc- cidentale, sur la rivière (ïambie, comprenant l'Ile de Sainte-Marie, un mille de territoire concédé sur le Barra Shere, el l'Ile de Mac Carthy, à 270 kil. en remontant la rivière; 179 kil. carr.; 14,750 hab. Les étahlissemenls principaux sont : Baihurst et fort James sur I ile de Saiute-.Marie. et le fort George sur l'Ile Mac Carthy. Le climat est insalubre. Les exportations principales sont l'arachide, la cire et les peaux. GAMBIER (James, baron), amiral anglais, né en 17.16, mort en 1833. Commandant de la frégate Buleigh, il coopéra a la réduction de Charleston en 1780, et en I7sl, repoussa les Français, lors de leur attaque contre Jersey. H devint vice-amiral en 1790, eut un com- mandement dans la flotte de la Manche en 1801, el en 1802, fut chargé du gouverne- ment etde la défense de Terre-Neuve. En 1807, a la tête de la flotte envoyée contre Cop n- hague, il bombarda celle ville (sept. 2-.'i), can- tura la llotle danoise el fut nommé pair. En 1808, il commanda la flotte de la Manche et en 1809, attaqua l'escadre française dans la rade des BaMpic> il brûla cinq navires. GAMBIER (Archipel), groupe d'îles volca- niques de la Polynésie (Océanie). par 23° 12' lai. S. et 137° 15' long. 0. Les îles Gambier furent découvertes en 1797 par le capitaine Wilson et reconnues plus lard par le capitaine Gambier. Elles sont placéessous le protectorat français el rattachées aux îles Touamolou (anc. Pnmolou). 30 kil. carr.; 463 hab. GAMBILLARD, ARDE adj. Pop. Boiteux. * GAMBILLER v. n. [Il mil] Remuer les jambes de côte el d'autre, lorsqu'on est assis ou couché. Ne se dit guère que des enfants : ce petit garçon ne peut rester tranquille, il ne fait que gambillcr (très fam.) GAMBIR ou Gambier, s. m. Extrait astrin- gent d un arbre du genre nauclea, famille des rubiacécs. Cet arbre, indigène de l'archipel Indien est cultivé sur une grande échelle. On obtient le gambir en faisant bouillir dans l'eau les feuilles écrasées et les jeunes pousses de l'arbre, et en .faisant ensuite évaporer la décoction. Le gambir peut remplacer le ca- chou. ■ GAMBIT s. m. (ital. gambetto, croc-en- jambe). Jeu d'échecs. On dit, Jouiiii le c.\mbit, lorsque, après avoir poussé le pion du roi ou celui de la reine deux pas, ou pousse encore celuide leurs fous deux pas. — (jambon. (V. S.) GAMBRINUS, Gambrivius ou C.\mdbinus, roi légendaire de Flandre etde Brabaul, re- aarde'en Allemagne el dans les autres pays de l'Europe, où la bière est d'un u?age habi- tuel, comme l'inventeur de cette boisson. Sui- vant \ei Annales Bojorum d'Aventinus, ce roi, qui juuit aujourd'hui d'une si grande popu- larité, aurait vécu 1730 ans av. J.-C. Son por- trait imaginaire fait partie du mobilier de toutes les brasseries et de tous les estaminets de l'Europe septentrionale et des Etats-Unis. On le représente sous la figure d'un roi fla- mand du moyen âge ; il lient dans ses mains une coupe de bière mousseuse. GAMÉLION s. m. Mois du calendrier athé- nien correspondant a une partie de janvier el de février. ' GAMELLE s. f. (lat. camélia, vase de bois). Sorte de grande écuelle de bois ou de fer- blanc qui est en usage sur les vaisseaux et dans les armées cl dans laquelle plusieurs GAMO matelots ou plusieurs soldats mangent en- semble. — Ecuelle de fei'-blanc dans laquelle on met aujourd'hui la portion de chaque soldat. — Etre a la gamelle, manger a la ga- melle, être à l'ordinaire des matelots ou des soldats. GAMET. Voy. Gamat. * GAMIN s. m. (angl. to gnme, jouer; ga- ming, louant, jeu). Petit garçon. (Pop.) — Se dit ordinairement, par mépris, des petits gar- çons qui passent leur temps à jouer et à polis- sonner dans les rues. — Gamine s. f. Fam. Petite fille espiède et hardie : petite gamine. — Le Gamin de Paris, comédie-vaudeville en 2 actes, par Bayard et Vanderburch, répré- sentée sur le théâtre du Gymnase-Dramatique le 30 janv. 18.i6. Le Gamin de Paris eut plu- sieurs centaines de représentations. GAMINER V. n. Faire le gamin. (Pop.) GAMINERIE s. f. Action, espièglerie de ga- min. GAMMA s. m. Troisième lettre et deuxième consonne de l'alphabet grec qui s'écrit y et correspond au g français. GAMMAROGRAPHE s. m. [gamm-ma-ro- gra-lé] (gr. gammaros, écrevisse : graphein, écrire). Auteur spécial qui a écrit sur les crus- tacés. GAMMAROGRAPHIE s. f. Description des crustacés. GAMMAROLOGIE s. f. Traité sur les crus- tacés. 'GAMME s. f. [ga-me](dugr. gamma, parce que l'on se servait au \i' siècle des lettres de l'alphabet grec pour marquer les notes de l'échelle des sons, la lettre alpha, répondant au la et le gamma au sol). La suite des sept notes principales de la musique, disposées selon leur ordre naturel, dans l'intervalle d'une octave : les sept notes de la gamme. — Gamme DLVTONiQUE, cxprcssion par laquelle on désigne quelquefois la gamme : la gamme diatoniqu' comprend deux modes. — Gamme chromatiquf, gamme dans laquelle on procède parsemi- Ums, et qui a par conséquent douze notes. — Chanter a quelqu'dn sa gamme, lui faire une lorte réprimande, ou lui dire ses vérités : je lui chanterai S'i gamme. — Changer de gamme, changer de ton, de langage, de conduite -.je lui ferai changer de gamme. — Etre hors de gamme, ne savoir plus où l'on en est, ne savulr plus ce qu'on doit faire. — Mettre quelqu'un HORS DE gamme, le déccfncerter, lui ruinpre ses mesures, le réduire à ne savoir plus que ré- pondre. — " Par anal. Suite d'objets classés par nuances successives, par gradation natu- relle : gamine des couleurs; gamme des saveurs. — Monter une gamme, administrer une cor- rection à un enfant jusqu'à ce qu'il crie. GAMMOGRAPHIE s. f. [ gamm-mo-gra-fi] (frani;. gumme ; -T. graphein, écrire), 'lechn. Art de rayi-i- les papiers. GAMOLOGIE s. f. (gr. gamos, mariage ; loijos, disiMjurs). Liltér. Traité surle mariaj,'o. GAMOPÉTALE adj . (gr. gamos, union; franc, pétale]. Bot. Se dit des corolles dont les pétales sont soudés en un seul corps. On dit plus ordinairement McNorÉTALE, GAMOPÉTALIE s. f. Caractère des corolles gainijp'tales. GAMOPHYLLE adj. [-fi-le] (gr. gamos, union; phuW'ii, li'uille;. Bot. Se dit des iiivoliicres et des calices formés de plusieurs folioles soudées en un seul corps. On dit ordinaire- ment MONOPHYLLE. GAMOSÉPALE adj. (gr. gamos, union ; franc. séiiiitc) . linl. Se dit des calices formés de plusieurs sépales soudés en un seul corps. On dit ordinairement Monosépalk. 209 GAND GAMOSÉPALIE s. f. Caractère des calices ganiojé|iales. GAMOSTYLE adj. (gr. gamos, union ; franc. style). Bot. Se dit des fleurs dont les styles sont soudés en un seul corps. On dit ordinal- l'ement Monostyle. * GANACHE s. f. (ital. gûnascia ; du lat. gana, joue). Mâchoire inférieure du cheval. — Ce cheval est chargé de ganache, il a la ga- nache LOURDE, pesante, so dit d'un cheval qui a l'os de la mâchoire inférieure fort gros, et garni de beaucoup de chair. — Etre chargé UK ganache, avoir la ganache pesante, épaisse, avoir l'esprit lourd. — Fig. et pop. Personne qui est dépourvue de talent, de capacité : cet homme n'est qu'une ganache. — w Sorte de grand fauteuil. GANCHES s. f. pi. Genre de supplice em- ployé chez les musulmans, et qui consistait à précipiter, après l'avoir déshabillé, le con- damné sur des crampons de fer plantés dans les murailles des villes. GAND (tlam. Gend; ailem. Gent; angl. Ghent], ville de Belgique, ch.-l. de la province de Flandre orientale, à la jonction de l'Escaut et de la Lys, à 45 kil. N.-O. de Bruxelles: 155,746 hab. Elle est coupée par un grand nombre de canaux, formant 26 îles reliées par environ 80 ponts, Gaïul est remarquable par son originalité, son aspect pittoresque, ses belles places publiques, ses promenades et par les chefs-d'œuvre de Jan et Hubert van GAND 65 révolte recommença sous son fils Philippe, en 1382, mais peu après la ville fut annexée aux possessions du duc de Bourgogne. Elle se révolta de nouveau en 1530, mais sans succès. A la fin du xv° siècle, elle était sans rivales dans la chrétienté, par sa puissance, les libertés dont elle jouissait et le degré de civilisation de ses habitants. La population était évaluée à plus de 200,000 hab. et plusieurs arandes villes appartenaient à sa juridiction. Grâce à sa constitution, de la république il ne lui manquait que le nom. L'insurrection de 1339 changea tout cela. Cette révolte résulta de la résistance des citoyens qui regardaient comme anticonstitutionnelle la tentative de faire payer aux Flandres le tiers des subsides accordés par les Pays-Bas à Charles-Quint. Ce dernier (voy. Charles-Quint) dépouilla Gand de tous sesprivilèges et de ses institutions libérales, fit exécuter des milliers de citoyens éminents, confisqua des quantités énormes de propriétés, imposa de fortes amendes et fit construire une forte citadelle pour maintenir les habitants. Un congrès s'assembla à Gand, en l.'î" 6, pour former une confédération ayant pour but l'expulsion des Espagnols, et le 8 nov. le traité connu sous le nom de Pacifi- cation de Gand y fut conclu. Pendant la pé- riode de révolte qui suivit, les dissensions, les émeutes et l'anarchie prédominèrent. Au commencement du printemps de I38i, on ouvrit des négociations avec l'Espagne, et trois mois aprèsle meurtre du prince d'Orange, dont la politique avait plusieurs fois sauvé la GrmJ. — ri.ice Painl-Pharaîlde et porte de l'ancien ohâlc-iu des comtes de Flandre. Eyck, dans la cathédrale de Saint-Bavon. La niairie , le fameux belVroi et le Vri/d'igs markt, où Jacob van Artevelde excita la t;ucne civile et où le duc d'Albe institua l'inquisitiun, présentent un intérêt historique tout parti- culier. Les églises, les écoles, les institutions charitables, scientifiques et artistiques y aliDU- dent. L'université compte environ 400 étu- diants. Plus de 30,000 personnes sont em- [doyées dans les manufactures de coton, et il y a desraflineries desucre considérables. Le com- merce eu général y est très actif. Gand fut [)uur la première fois mentionnée comme ville au vu" siècle. Vers la fin du xii" siècle, elle devint la capitale des Flandres. Kilo se joignit à la li';ui- hanséalique, assura la libre navigation du Hhin et, à la fin du xiii« siècle, elle sur- passait Paris en richesse et en puissance. Un siècle après, Froissarl estimait ;\ 80,000 le nombre de ses habitants ou état de porter les armes. Elle se révolta sons Jacob van Ar- tevelde, contre le comte de Flandre, et do concert avec tontes les Flandres, elle maiii tint son indépendance de 1338 u 1343; la ville, Gand fut prise par le duc de Pariée (17 sept.). La citadelle, qui avait été démolie en 1577, fut rebâtie et environ un tiers de la )iopiilation quitta la ville. Louis XIV prit Gand en 1078, mais il la rendit bientâlà lEs- pagne. A la fin de la guerre de la succession d'Espagne, pendant laquelle Gand tomba al- ternativement aux mains des partis en lutte, elle fut donnée à l'Autriche. Les Français s'en emparèrent lors de la guerre de la succession (l'Autriche, etdeux fois pendant la Révolution, elle devint ch.-l. du déparlement français de l'Escaut. Louis XVlll habita Gand pendant les Cent-Joars. Vu traité qui y fut conclu, le il déc. 181-4, mit fin à la seconde guerre aiiirlo-américaine. GAND (Jean de), .Iohn op Gacnt, duc de Lan- caslro, quatrième fils d'Edouard III d'Angle- terre, né ;\ Gand en 1340, mort en nili». Il delendit Wyclitle et fut soupçonné de pré- tendre à la" couronne. Le lils, qu'il eut de Blanche Plantairenet. devint roi sous le nom d'Henri IV, en IS'J'.i; un autre fils, Jean de Beauforl, eomto de Somerset, qu'il eut de lU. 66 GANG Calli. rine SwynfonJ. sa raattresse (plus tird sa troisi^5rno femiiip), fut l'anci'lre des Tudors. GANDIN s. m. Dandy déf^i-nôré. Cette expecs- sioii a lait place en )867 à celle de pelil-crrvé qui, en 1873, a été reni|)lanée par le mol gommnuD, et plus lard pai' les épithètes de pschullcux, de catajjultueux, de nif, etc. GANDINISME s. m. Habitudes, tournure de gaiiiiiii. GANDIOLLE, village de la Sénépambie, à 18 cm 21 lui. de Saitil-Louis (Séiiéfjal). Cé- lèbre par les étaiii.'s salins qui se trouveni dans les environs. Marché important. GANDO I. lloyaiune d'Afrique, sur les deux rives de la principale branche du Nig-er, com- prenant la moitié 0. de Kebbi, Mauri ou Arewa, Zaberma, Dendina ol des portions de Goorma, Borgoo, Yoriiba, Yauri et ISufi. Les habitants sont de la race Foulah et presque tous nialiométans. — II. Ville, résidence du roi , dans une vallée étroite entourée de montagnes, à 920 kil. N.-E. de Cape Coasl CasUe. On y fabrique d'excellentes étoiles de coton. GANDOURA s. f. I^onsue blouse d'étoffe Icjîèrc que Ion porte en Orient et en Afrique. GANELON, célèbre personnage des épopées carloving-iennes où il personniiie la trahison et la félonie. Selon les uns, Ganclon ne serait autre que le duc de Gascogne, Lope, qui trahit Charlemagne k Roncovaux et qui fut pendu. Selon d'autres, ce serait un évêqiie de i,ens, qui trahit Charles le Chauve et mourut en SO.'i, après s'être réconcilié avec ce roi. D'autres en font un conseiller de Charleniagne et un ami de Roland qu'il trahit pour obéir à une passion amoureuse. * GANER V. n. Jeu de l'hombre. Laisser aller la main. GANESCO (Grégory), publicisle français, né m Huiinianie vers 1S30, mort du typhus à Montmorency, le 7 avril 1877. Il se li.\a de bonne heure en France, et en ISKO devint ré- dacteur en chef du Courrier du Dimanche, journal d'opposition libérale . Expulsé de France par le ministre Persigny, Ganesco se rendit en Allemagne et fonda, à Francfort, un journal français, l'Europe, qui fut supprimé par les Prussiens vers la fui de 1807. Il revint en France, se lit naturaliser et entra comme rédacteur en chef au Nain jaune, journal littéraire, qu'il transforma en journal politi- que, puis il se rapprocha de M. Rouheret fut placé par lui à la tête du Parlement, journal bonapartiste dont il quitta la rédaction le 3 janv. 1870. Après la chute de l'Empire, Ga- nesco, qui était entré à la Liberté, suivit ce journal à Tours et à Bordeaux et fut, dit-on, attaché au cabinet de M. Thiers. Il coopéra à la fondation du Républicain, journal à o cent. (1872) et fonda ensuite les Tablettes d'un Spec- tateur, correspondance autographiee qu'il ré- digeait encore au moment de sa mort. Il avait échoué aux élections législatives de 18G9-'71-'76. GANGA s. m. Ornilh. Genre de gallinacés, voisin des télras. — Les gangas ou grouses Ganga (PetroclcS arcnariusj. des sables (pefrocies, Temm.), représentent la famille des tetraonidés dans les déserts sablon- GANG noux de l'Asie cl de l'Afrique etdansquelqueF plaines rocailleuses de la Russie occiilcnlale. Leur vol est élevé et rapide, leur queue est large et en forme de coin. La rp-ouse des sa- bles à bandes (pelroeles arrnarius, Gall.), se trouve parfois en Europe; elle aie ventre d'un noir brunâtre, avec une lâche de la même couleur sur la gorge et une bande sur la poi- trine; la femelle est d'une teinte plus pâle et sans tache à la gorge. GANGE ind. {/angd, courant; ang;!. Gangcs), le plus grand llcuve do l'Inde an^'laise. 11 nail sur le versant méridional de l'Himalaya et se jette dans le golfe du Bengale. Le IJha'girathi, rugardé comme sa véritable source, naît dans le Gurhwal, non loin de :)iJ» 54' lai. N. et 7(i"> '■i':')' long. E., à 4,900 mètres au-dessus du ni- veau de la nier. Le torrent n'estappelé Gange qu'à sa jonction avec l'Aluknuncla, à 180 kil. de la source. A llurdwar, a 7-1 kil. plus loin, le llcuve atteint la grande plaine de l'Inde, (iOd métrés au-dessusdelOcéan). Delà, jusqu'à Allahabad où ilse joint à lajunina (72Ukil.), le llenve court au S.-S.-E. avec une (lenle moyenne de 4U cent, par kil. A partir de son conlluent avec laJumna, le Gange i^oulc vers l'oiicnt pendant 900 kil. jusqu'à son delta. Dans cette partie, la pente est d'environ 12 (•enl. par kil. La formation du D Ita est à 4"JU kil. du golfe du Bengale. Trois bras occi- ilontaiix du cours princirial s'unissent pour former le Hoogly, branche sur l.iquclle Cal- cutta est bâtie. Le cours princii)al qui con- serve le nom de Gange, envoie d'autres bran- ches au sud, qui s'assemblent pour former le Hauringotta, bras qui tombe dans le golfe du Bengale près du Brahmapoolie. La lon- gueur totale du fleuve est évaluée à 2,100 ou 2, ."100 kil. Sa profondeur, sa largeur et la ra- pidité de son cours varient beaucoup suivant les dilférentes saisons. Sa largeur moyenne est estimée à 1 kil. 1/2 pendant la saison sè- che. La section entre Hurdwar et Allaliabad est navigable pour de petits bateaux et p lur des vapeurs peu chargés. D'Allahabad au Delta, le lleuve est navigable f)endanl toute l'année, mais seulement pour les bateaux qui n'excèdent pas 45 cent, de tirant d'eau. L'Hoo- gly est le seul bras qui puisse être remonté sur une distance considérable par de grands navires. Le district du delta entier est sujet aux inondations pendant la crue annuelle du tleuve. Lyell estime que la quantité de limon charrié dans le golfedu Bengale en une année par le Gange et le Brahamapootre mesure 40 millions de pieds cubes. Des 19 ou 20 al'tluenfs que reçoit le Gange après avoir quitté les mon- tagnes, 12 sont, dit-on, plus larges que le Rhin. Il y a, en connexion avec le Gange, un grand système d'irrigation artificielle, dont le canal du Gange long de475kil. est lechef-d'oîuvie. Le Gange est révéré par les Indous comme le plus sacré des fleuves. Les plus grandes villes construites sur sesbords sont Cawnpore, Alia- habad, Beuarès, Patna et Calcutta sur l'Hoogly. GANGES, eh.-l. de cant., arr. et à 46 kil. de Montpellier (Hérault); 4,302 hab. Eglise cal- viniste. Dans les envn'ons, se trouve une belle grotte à stalactites appelée Grotte des Fées ou des Demoiselles. GANGÉTIQUE adj. Qui appartient, qui a rapport au G.iii:.'e. GANGLIFORME adj. Qui a la forme d'un ganglion. " GÀNGLIOCARCINIE s. f. Cancer des ganglions lymphatiques. GANGLIOLSUCIE s. f. fër. leukos, blanc). Ma- ladie particulière des ganglions lymphatiques. * GANGLION s. m. (gr. (jiiijyllonu Anat. iNom donne à divers organes qui ont l'apparence de petits pelotons, de glandes ou de nœuds, et donton ignore en général les fonctions : jau- glions lymphatiques, nerveux. — Chir. Tumeur GANG ronde ou oblongue, dure, indolente, et qui ne cause aucun changement de couleur à la peau. — Encvcl. Les ganglions simlcnnipo-éj de deux substances: lune blaii(;he comme la substance médullaire de la cervelle, l'autre d'un gris rougeâlre, ressi-mblant un peu à la substance cérébrale corticale; les Ijlaments médullaires internes sont la continuationdes nerfs sur lesquels sont placés les ganglions. — Les ijanglions nerveux qui constituent lé système nerveux ganyliiinnuire ou grand s>/m- pathiquc, sont de petits corps rougcâtres ou grisAties, nerveux, renflés, placés dans les dilférentes parties du tronc et surtout aux deux côtés de la colonne vertébrale, mais jamais aux membres. Ils sont reliés les uns aux autres et au sjstènie nerveux cérébral, par de petits filets nerveux. Ils envoiml aussi des fdets au coiur, au foie, aux poumons et aux intestins. — On donne le nom de gan- glions li/mnhatifjues aux petits corps arrondis, mous, qui paraissent formés de l'entrelace- ment des vaisseaux lympathiques. Leur gros- seur varie depuis celle d'une lentille jus(|u'à celle d'une amande; ils sont agglomérés sur- tout au métenlère (de 120 à lilOl, aux côtés du cou, aux plis de l'.iine et del'aisselle. Leur engorgement est l'une des manifestations de la scrofule. — Engorgement des ganglions, embarras des ganglions lymphatiques du cou et de la mâchoire, auquelsont sujets unyrand nombre d'enfants lymphatiques ou débiles, surtout ceux qui sont mal soignés ou qui ont des croûtes à la tête. Les ganglions sont d'a- bord petits, ronds et roulent sous le doigt; ils acquièrent quelquefois un volume considé- rable etpeuv(!nt liiiir par se résoudre en abcès froids (adénites). Oncombatces engorgements par des toni<|ues et des préparations loduiées a l'intérieur et en frictions, et l'on entoure reniant de toutes les précautions hygiéniques possibles (matelas de crin, chambre aérée, exercice au grand airj. On lui fait suivre un régime nourrissant (viande, œufs, café, etc.), et on lui donnedel'huiledefoie de morue, des ferrugineux (iodure de fer), despastilles Lavie (lacto-phosphate dechaux) ainsiquedes tisanes dehoublonoude feuillesde noyeradditionnées de quelques gouttes d'une solution iodurée (iodure de potassium 10 gr., teinture d'iode lo gr., eau 230 gr.). Cette solution doit se donner matin et soir (iJ à lo gouttes par de- mi-verre d'eau sucrée). — Chez les adultes, l'engorgement des ganglions de l'aine se lie à une plaie du pied ou de la jambe, ou est causé jiarla fatigue. On le traite par les ca- taplasmes éniollients et par le repos. GANGLIONÉVRIE s. f. (gr. neuron, nerl.) Maladie des ganglions de la peau. GANGLIONIQUE adj. Qui a rapport aux gan- glions. GANGLIONITE s. f. Inflammation des gan- glions. * GANGLIONNAIRE adj. Méd. cl Chir. Qui a rapport aux ganglions nerveux : système gan- gliuiuiaire. GANGLIONNÉ. ÉE adj. Qui a des renflements semblables a des g^anglions. ' GANGRÈNE s. f. [autrefois kan-grè-ne; aujourd'hui gan-grè-ne] Igv.gaggraina]. Mov- lification de quelque partie du corps, qui s'é- tend quelquefois avec rapidité: il a une bles- sure à la jambe, 0}i craint que la gangrène ne s'y mette. — Se dit quelquefois lig. en parlant des doctrines pernicieuses, de la corruption des mœurs, etc. — Pathol. La gangrène est l'abolition de l'action vitale dans une partie limitée du corps; elle est dite humide ou sèi-he, suivant que la partie gangrenée renferme des liquides ou se putréfie complèlenieut, ou que leschairs sont coriaces, dépriniéeset difficiles a couper. Les parties mortifiées se nomment escarre. Cette mortification dès tissus est pro- duite soit par l'eigotisme oulevirus charbon- GANN neux, soil par une inflammation intense, lorsque les parties phleg'masiées ne peuvent pas se distendre suffisamment(étranglemeuL), soit par la destruclioncomplète etinstantaiire des tissus par un apenl physique ou chimique, tel que l'action du feu ou du froid, soit par interruption de la circulation (embolie, gan- grène sénile, compression ou ligature), La gangrène extérieure se manifeste par la dé- coloration, parl'insensibilité des tissus, et par une odeur particulière. Elle est accompagnée d'une diminution de chaleur, d'un calme trom- peur, d'une grande prostration et de phlyctèn es remplies de sérosité sanguinolente. La gan- grène d'un viscère intérieur est indiquée par le froid des extrémités, l'aspect cadavéreux, l'état misérable du pouls et une rémission su- bite dessymplômes inflammatoires. Quand la gangrène s'arrête, il s'établit sur ses limites, un cercle qui tranche avec les parties morti- fiées et élimine peu à peu l'escarre. Le traite- ment consiste à arrêter les progrès du mal par l'amputation, le débridement ou lesanti- phlogistiques; à favoriser la chute des escarres, par les toniques el les excitants; à cicatriser la plaie par un pansemenlordinaire fait avec un linge fenêtre enduit de cérat ou de glycé- rine qui renierme un dixième de teinture de quinquina. Le pansement se fait trois fois par jour; on lave la plaie avec de l'alcool pur ou étendu d'eau, on la panse et on recouvre le pansement avec de la charpie imbibée de li- queur Labarraque. — Gangrène de labouche, ulcération des gencives ou de la face interne des joues, accompagnée de pâleur, de bou^li^- sure, de diarrhée, avec une haleine fétide et souvent d'amaigrissement. Les enfants de 3 à 10 ans, affaiblis parla maladie ou par lemau- que de soins, sont surtout sujets à cette atlec- tion. On la traite en touchant deux fois par jour les points gangreneux avec la pierre in- fernale ou avec le chlorure de chaux solide, (3 gr. pour 20 gr. d'eau miellée), et de temps en temps avec de la teinture de quinquina, en lavant souvent labouche, avec une solution de permanganate de potasse (2 gr. pour i.'iU i gr. pour jr. d'eau sucrée); en prenanlchaque jour une potion contenant de 2 à 4 gr. de chlorate de potasse; on soutient l'état général par les to- niques (quinquina et jus de viande). * GANGRENÉ, ÉE part, passé de Gangrené». Où la gangrène s'est mise : tras gangrène. — Avoir la conscience, l'ame gangrenée, être tout a f lit corrompu. ' GANGRENER v. a. Causer la gangrène : la congélation ijangnna sa jambe. — Fig. Cor- rompre entièrement: ces mauvais exemples avaient gangrené la jeunesse. — Se gangrener v. pr. Se corrompre en sorte que la gaiigri.-ne se forme. * GANGRENEUX, EUSE adj. Qui est de la nature de la gangrène : san;/ gangreneux. ' GANGUE s. f. (ali. g-.ng, filon.) Minéral. Se dit des substances pirrreuses ou autres qui acconipagnenl ou enveloppent les métaux dans le sein de la terre : wte mine avec sa gangue. GANIVEÏ s. m. Canif. (Vieux.) GANJAM, ville de la province de Madras (Inde), sur la rivière Rosikoila, à 27.ï kil. N.-E. de Vizagapatam. Klle était aulrefois capitale du district du même nom, mais elle est maintenant tombée en décadence 5, OOOh. GANNAL iJean-Nicolas), chimiste français, né à Sarrclouis eu I7'J1. mort en f8.'i2. Il fut [diarniacien dans l'armée en fiSOS. lOii fSlG, il assista Thénard dans ses confé- rences, et ensuite s'occupa d'entreprises indus, trielles. Il inventa une nouvelle cheminée. In borax raffiné, et reçut le prix Montyon pour son procédé d'eiutiaumenient et pour son système d'inhalation chlori(|uo dans le ca- GANT tarrhe. L'imprimerie lui doit l'invention de la matière gélatineuse, dont on fait les rou- leaux et qui a remplacé la peau que Ton employait jusqu'alors. GANNAT Gannatum ou Gannapum, ch.-l. d'arr.,ao5 kil. S. de Moulins (Allier), sur l'Andelot, dans une vallée agréable et fertile, par 46" 6' 1" lat. N. et 0° hf 43" long. E. ; 5,67G hab. Blé et vins. Ruines de l'ancien château qui servit longtemps de prison. Aux environs, se trouve la chapelle de Sainte- Procule, lieu de pèlerinage. * GANO interj. (mot espagn. qui signifie je gagne). Jeu de l'hombre. Laissez-moi venir la main. — -i» Action d'avoir la main : Se plaindre d'un gano qu'on n'a point écouté. fiOILBÀD. GANOÏDE adj. (gr. ganos, brillant; eidns, aspect). Icht. Se dit des poissons à écailles brillantes. — s. m. pi. Ordre de poissons de la classification de Millier, caractérisé par des écailles brillantes et comme émaillées. Parmi les poissons vivants de cet ordre, on cite l'anguille de mer, la limande et l'estur- geon. Le genre fossile le plus intéressant est le dipterus, dont l'espèce appelée dipterus maerolepidoius du grès rouge primitif, res- semble a un poisson sculpté dans l'ivoire, couvert d'une couche d'émail, marqué de points serrés avec des points plus petits encore. ' GANSE s. f. Cordonnet de soie, d'or, d'ar- gent, etc., qui sort ordinairement à attacher un bouton : une aune de ganse de soie. — On le dit plus souvent de ce cordonnet, quand il sert de boutonnière: la ganse est trop étroite, le bouton n'y saurait entrer. — Ganse DE DIAMANTS, d'acier, boutonnière faite en forme de ganse, et garnie de diamants ou de GANY 67 GANSER étoile. v. a. Fixer une ganse sur ' GANT s. m. [gan] (anc. haut, ail. mmt). Partie de l'habillement qui couvre la main, el chaque doigt séparément: gan^s d'/iom/zis, de femme. — Prend divers compléments, (jui servent à indiquer, soil la matière dont les gants sont faits: gants de peau, de daim, de chamois; soit les lieux où ils sont faits : gants de Grenoble, d' Es pagtje ; soil enfin l'odeur qui domine dans l'apprêt qu'on leur donne : gants d'ambre, de jasmin. — Gants fournis, ceux qui sont faits de peaux auxquelles on a laissé, dans l'intérieur, le poil ou la laine de l'ani- mal. On dit mieux, Gants KODRRÉs. — Gant d'oiseau, le gant que le fauconnier met à la main dont il porte l'oiseau. — Etre sopple CÙ.MME UN GANT, être d'uné humeur facile et accommodante. Presque toujours cela se dit en mauvaise part, pour signilier une complai- sance servile. On dit aussi. Rk.'vdre quelqu'un SOUPLE COMME UN GANT, le rcndi'c trailable, do difhcile qu'il était. — Prov. et fig. Vous n'en AVEZ PAS LKS GANTS, se ditpour faire entendre à quelqu'un qu'il n'est pas le premier à doii- iKU' l'avis, à dire quelque chose, ou a faire la découverte dont il parle. On dit de même, quelquefois, Sk donner les gants d'une chose, . s en attribuer mal à propos l'honneur, le mé- rite. — Cette eille a pkudu ses gants, elle a a déjà eu quelque commerce de galanterie. — Jeter le gant, délier quoiqu'un au (tom- bât. Ra.masseu le gant, relever le gant, ac- cepter le défi. Ces phrases s'emploient par allusion à la coutume des anciens chevaliers, ([ui jetaient leur gant ou gantelet, par ma- nière de défi, a ceux contre qui ils voulaient combattre. On dit aujourd'hui Donner sa CARTE. — »» Jeter le gant, se dit aussi dans un sens galant et a la même acception q\ie jeter le mouchoir. — Donner les gants, donner POUR DES GANTS, donner un pourboire. — * Fig. et fam. Mettre ou prendre des gants, prendre beaucoup de précautions pour faire une chose. On dit plus souvent. Prendre des mi- taines. — Encyl. La coutume de donner un gant comme gage pour la conclusion d'un contrat est très ancienne et on suppose que c'est d'elle qu'est venue l'habitude plus ré- cente de jeter à terre un gant en signe de défi. Au moyen âge on se servait de gants dans les cérémonies où l'on accordait des terres et des dignités; la privation des eants était un signe de dégradation. Les gants bro- dés furent fabriqués en Angleterre dès l.oSO, ft l'habitude de les présenter aux juges aux nouvelles assises existe encore. L'art de fabri- quer les gants est porté à son point le plus élevé de perfection par les Français dans leurs manufactures de gants de peau. Les Anglais font d'excellents gants d'une espèce de cuir plus épais. La plupart des espèces à bon marché des prétendus gants de chevreau sont faites de peaux d'agneaux, de rats. etc. Grâce aux innovations introduites par M. Jou- vin, la pièce du pouce, ainsi que celle des doigts, sont du même morceau que le reste du gant, et la coupe se fait en grande partie par des emporte-pièces. Les coutures sont faites avec une régularité parfaite en plaçant les extrémités qui doivent être unies dans la mâchoire d'un étau qui se termine en minces dents de cuivre, semblables à celles d'un peigne. Entre ces dents, l'aiguille passe et forme des points successifs.' L'Allemagne fabrique beaucoup de gants de cuir, de coton et de fil. Aux Etats-Unis, la fabrication la plus importante est celle des gants de peaux de daims. GANTEAUME ( Honoré - Joseph - Antonin , comte), vice-amiral et pair de France, né à la Ciotat (Bouches-du-Rhône) en 175b, mort en 1818. En 1789, il fut nommé capitaine du Mont-Blanc, accompagna plus tard Brueys en Egypte, ramena Bonaparte en France et fut nommé vice-amiral, comte et commandant de la flotte de Brest. Il eut plusieurs fois l'in- térim du ministère de la marine, adhéra à la déchéance de Napoléon et fut créé pair de France par la Restauration. ' GANTELÉE s. f.. ou Gant de Notre-Dame,' nom vulgaire de la Digitale. ' GANTELET s. m. Espèce de gant couvert de lames de fer par le dehors de la main, qui faisait autrefois partie de l'armure d'un homme armé de toutes pièces : frapper avec le gantelet. — Chir. Esfièce de bandage qui en- veloppe la main et les doigts comme un gant. — Morceau de cuir dont certains artisans, tels que les bourreliers et les relieurs, se cou- vrent la paume de la main, quand ils tra- vaillent. * GANTER v. n. Mettre des gants. Se dit en parlant d'une personne à qui l'on met. à qui l'on essaye des gants : vous êtes bien difficile à ganter, votre main est fort grande. — Ces GANTS GANTENT RIEN, ils sout bien justes à la main. — Se ganter v. pr. Mettre ses gants. ' GANTERIE s. f. Art, métier, ou commerce du gantier. — Fabrique de gants. — Com- merce de gants. * GANTIER. 1ÈRE s. Celui, celle qui fait ou qui vend des i.'aiits : la boutique d'un gantier. GANT-JAUNE s. m. Dandy, jeune homme à la mode, pendant le règne de Louis-Philippe : les soldats du coup d'Etat du deit-x décembre se félicitaient d'avoir tué beaucoup de gants - jaunes. GANTOIS, OISE adj. et s. Habitant do ('■and; qui appartient A la ville de Gand. GANYMÈDE (iiiythol.l. i)riuce troyen, fils de Tros el frère d lliis. Il était le plus beau des mortels et fut enlevé oar l'aigle de Jupiter, r,8 CAR A GARA GARA ï^ pour sucr/îdcr à Ilcbé commi; ûcliaiison des dieux. GAP, Vni>, Vayinciim, cb.-l. du dpparl. dns IIiiuli^s-Alpcs, sur la l.uye, par 44° 33' 30" lai. N. cl .3° 44' 31" loup. E., à G72 kil. S.-K. deParis elà70 kil. S.-li. de Gr.Miolde : 11,370 hab. Evôclié. fielle nalh(''dtali' (|iii rpiifcrinail aulrefois un nia;.'ni(iqu« tombeau de Lesdi- f;uii''res, par Jacob Hichicr. Musée d'histoire naturelle. Chapeaux, toiles, soieries cl lai- nages. - Ancienne capitale des Tricorii, con- quise par les F^oniains. Gap (il paitin de la 2" Narbonnaisc sons llonorius, de la i" Vien- noise depuis Uioclélien et devint ville épisi-n- pale au iv» si(''cle. Au xn" siècle, elle fut réu- nie au Daupliiné, tomba entre les mains de Lesdiguières en Viu">, apparlinl aux proles- tants jusqu'en liiSictful, en 1692, saccafrée par Victor-Amédéc, duc de Savoie. Sa posi- tion, à 800 m. au-dessus du niveau de la mer, entre de hautes montag'ncs, à une distance presque égale de Lyon, de Genève, de Turin et de Marseille, lui donne une grande imi)ur- laiice stratégique. GAPENÇAIS (Le), Vapinccnais agcr. anc. ays de Fiance (haut Daiiphiné), ch.-l. Gap. labité par les Caturiges et les Tricorii, il passa aux Burgundes, aux rois d'Arles, aux comtes de Provence, fut conquis par Char- les VII en 1448, et réuni délinitivemcnt à la couronne de France sous Louis XL GAPENÇOIS, OISE s. cl ad.j. [ga-pan-suuaj. De Giip: qui appaitient à celle ville ou à ses habitants. — Oara. (V. S.) * GARAGE s. m. Action de faire cnlri:r des bateaux dans une gare. — Action de niellre des wagons à l'abri ou en réserve sur une partie de la voie disposée à cet eiïet. — Voie DE GARAGE, voie de cheniin de 1er sur laquelle se placent les trains qui veulent se garer pour laisser passer d'autres trains. GARAGOUSSE, personnage burlesque du théâtre arabe. Il correspond au Polichinelle de nos théâtres de marionnettes. GARAKONTHIE (Daniel), chef onondaga, mort à Onondaga (Ktats-Unis) en 167.^. Il fut le principal négociateur de la ligue des cinq nations et pendant bien des années engagea les Indiens à maintenir la paix. Il fut baptisé à Québec en 1670. GARAMANTES, ancien peuple d'Afrique, au S. de la Muniidie dont il était séparé par l'Atlas. Ville principale, Garama (auj. Gher- ma). L'an 732 de Rome ("21 av. J.-C), Corné- lius Balbus fit contre les Garamantes une cé- lèbre expédition. GARAMOND (Claude), célèbre graveur el fondeur de caractères, né à Paris vers la fin du xve siècle, morl en lo61. Il substitua la lettre romaine au caractère gothique et grava pour François l", d'après les dessins d'Ange Vergen, les trois sortes de caractères grecs qui portent le nom de Garamond et qui furent employés par Robert Estienne. GARANÇAGE s. m. Teinture à la garance. — Action de garancer. •GARANCE s. f. (bas lat. vanmcia). Bot. Genre de rubiacées, tribu des aspérulées, dont l'espèce commune est cultivée en grand dans le midi de la France, à cause de ses racines, qui fournissent une belle teinture rouge : /a ijarance colore en ronge les os des animaux qui s'en nourrissent. — Couleur rouge qu'on lire de celte plante : une étoffe teinte en garance. — Adjectiv. Se dit des étoiles qui sont teintes en garance ; el alors il est des deux genres : drap garance.— Encycl. Le genre garance comprend une vingtaine d'espèces d'herbes qui habitent en général les régions tempérées de l'Eu- rope et de l'Amérique. La plus importante, la garance tinctoriale {ruba tinctorumj, originaire d'Orient el aujourd'hui naturalisée en Eu- ro[ic, est une herbe qui peut atteindre 2 m. de haut. Sesracines, appelés tizuri, produisent les précieuses matières colorantes nommées garance, aiizarinc purpurine et xanihùne. La garance est cultivée sur une large échelle en France (Vaucluso el Provence), en Allcniagne (Alsace), en Asie Mineure el en Hollande. La culture de celle plante, abandounéc depuis Garuiic<; linctoriiilu (Itubiii tiiictoium). des siècles en France, fut réintroduite par Jean Althcn (voy. ce nom). Les meilleures ra- cines proviennent de Bakir el des environs de Sino[ie. — Le rouge de garance est une poudre (ditenue en de^séchant les racines de la garance el en les broyant sous des meules: celte poudre doit être emballée dans des tonneaux et conservée pendant plusieurs années avant de servir. Elle cnnslitue une couleur rouge très solide. Employée avec dillérenls mordants, elle donne toutes les nuances du violet et du brun. — La ga- rance passe pour diurétique et emména- gogue, GARANCÈNE s. f. Garancino formée avec les résidus de la garance qui a servi à la teinture. * GARANCER v. a Teindre en garance : ga- rancer une étoffe, de la laine. GARANCERIE s. f. Action de garancer. - Lieu où s'opère le garançage. GARANCEUR s. m. Ouvrier chargé de ga- rancer. GARANCEUX s. m. Matière colorante que l'on extrait des résidus des teintures de garance. GARANCIÉRE s. f. Champ de garance. — Lieu où l'un teint avec de la garance. GARANCINE s. f. Matière colorante essen- tielle, extraite de la racine de garance, par Robiquet et Colin en 1S:'7, el aujourd'hui d'un usage général en France. •GARANT, ANTE s. (bas lat. warens; de l'anc. haut ail. weren, cautionnerj. Celui, celle qui répond de son propre l'ail ou du fait d'autrui : tout homme est garant de ses faits et promesses. — Jurispr. Se dit parlicul. de celui qui est caution d'un autre, qui ré- pond de sa dette : vous rendez-vous garant de cet homme, de cette dette? On dit d'un créan- cier, qu'il a un bon, unmauvais garant. — Se dit également de celui qui est obligé de faire jouir un autre de la chose qu'il lui a vendue ou transportée à titre onéreux ou gratuit : le vendeur est garant envers l'acquéreur de la propriété de lu chose qu'il lui a vendue. — Fig. Se dit d'un auleur dont on a tiré un fait, un principe qu'on avance, un pas.^age que l'on cite; ou d'une personne de qui on tient une nouvelle : il cita pour garant tel historien, tel philosophe. — Jb vous suis garant, jk vous surs G.MIAMK QUE CELA EST VRAI, je VOUS l'a'sure, je vous en réponds : c'est un très honnête homme, je vous en suis garant. — Se dit quehpiclois des choses, el signifie, sûreté, garantie : sa conduite passée voux est un sur garant de sa fidélité pour l'avenir. •GARANTI, IB part, passé de Gabantih. Dont on s'est porté garant : créance garantie. — Jurispr. Scdil substantiv. de celui qu'on est obligé de garantir : le garanti exerce son re- njurs contre le garant. • GARANTIE s. f. Engagement par lequel on gaianlil. Ne se dit guère qu'en malière de procès, d'allaires, et de négociation : il lui a passé un acte de garantie. — Se dit aussi du dédommagement auquel on s'oblige : s'obliger à garantie. — Garantie formelle, celle qui a lieu enmatière réelle ou hypothécaire. — Ga- rantie simple, celle qui a lieu en malière per- sonnelle, et surtout entre la caution et le dé- biteur cautionné. — Sûreté, ce qui garanlil une chose, ce qui la rend sûre, indubitable : je lui offre toutes les garanties possibles. — Bu- reau DE garantie, lieu où l'on constate le litre des matières, des ouvrages d'or et d'argent. — Garantie individuelle, la protection que les lois doivent à tout citoyen : traité des ga- ranties individuelles. — Sans garantie du gou- veuneuent, formule qui est placée sur les bre- vets d'invention, pour indiquer que l'Etal ne se porte garant ni de la priorité, ni de la va- leur de l'invention; on l'écrit de celle ma- nière abrégée s. g. d. g. — Législ. « La loi nomme garantie l'obligation lei'ale ou con- ventionnelle d'assurer à quelqu'un la jouis- sance d'un droit ou la possession d'une chose. Ainsi la garantie de la dot est due par toute personne qui l'a constituée (C, civ. 1440, 1.oi7| ; le vendeur doit garantir a l'acquéreur la pos- session paisible de la chose vendue, ainsi que ses défauts cachés ou vices rédhibiloires (id. Il'>2b à 1648/; le bailleur doit garantie au preneur pour les vices qui empêchent l'usage de la chose louée (id. 1721). On nomme ga- rantie formelle celle qui est due en matière réelle, notamment par suite de vente; el ga- rantie simple celle résultant d'une obligation personnelle el qui est due par une caution, un débiteursolidaire, etc. (Voy. Caution.) Lorsque, dans une instance judiciaire, le défendeur demande à mettre le garant en cause, le juge devant lequel l'all'aire est pendante ordonne celle mise en cause, si elle est réclamée dès la première comparution. Le garant peut aussi être poursuivi directement devant le juge de son domicile, après qu'il a été statué sur la demande originaire (C. jir. 32, 33, '69, 17.T et s.) — Garantie des matières d'or et d'argent. On appelle ainsi le contrùle légal du litre des ouvrages d'or et d'argent. Ce con- trôle qui donne lieu à la perception d'un impôt, existait déjà au xvii'^ siècle. Il fut aboli en 1791, et il a été rétabli par la loi du 19 brumaire an VI. Tout ouvrage d'or ou d'argent, mis dans le commerce, doit être poinçonné dans les bureaux de l'administra- tion, et les poinçons indiquent, par la figure qu'ils représentent, le titre de l'alliage d'or ou d'argent. 11 y a trois litres pour les ou- vrages en or : 920, 840 et 750 millièmes ; et deux pour les ouvrages en argent : 9.')0 et 800 millièmes. Un titre spécial a été autorisé en 1883 pour les objets à exporter. Le droit à payer pour le poinçonnage de garantie est de 30 tr. par hectog. d'or el de 1 fr. 60 par hectog. d'argent, non compris les frais d'essai au louchau ou à la coupelle. (L. 30 mars 1872). L'or affiné en lingot estaussi soumis au poinçonnage; le droit est de 8fr. 18 par kilog. d'or et de 2 fr. 24 par kilog. d'ar- gent. Les objets fabriqués à l'étranger et im- portés en France reçoivent une marque par- ticulière; le droit à payer pour ces objets est seulement de 0 fr. 20 par hectog., mais le GARA titre n'est pas garanti. Lorsque des ouvrages fabriqués en France sont exportés à l'étranger ou aux colonies, les droits payés sont restitués (L. 19 brumaire an VI). Aucun ouvrage ancien ne peut i^lre vendu publiquement et livré, s'il no porte l'empreinte des poinçons légalement en cours. La mise en vente d'ouvrages d'or ou d'argent non poinçonnés entraine la con- fiscation des objets et une amende qui, pour les diverses contraventions à la loi sur la ga- rantie, est : la première fois, de 200 fr. ; la seconde fois, de SOO fr. avec affiche de la condamnation ; et pour la troisième fois, 1,000 fr. avec interdiction de faire le com- merce de l'orfèvrerie. Ces peines ne peu- vent être modérées par voie de transaction (Décr. 2S fioréal an XIU). — Garantie des marques de fabrique ou de commerce, lin exécution de la loi du 26 novembre 1873, les fabricants et commerçants peuvent faire certifier comme authentiques par l'adminis- tration les marques ou empreintes qu'ils ap- posent sur les objets mis en vente. Le droit perçu pour le poinçonnage ou timbrage varie d'un centime à cinq francs, et il est calcul'^ d'après la classe des objets et selon le prix de vente. Les bureaux ouverts pour ce poinçon- nage sont situés dans les villes ci-après : Amiens, Avignon, Besançon, Bordeaux, le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, iNantes, Nîmes, Paris, Rouen, Saumur, Toulouse et Valence (Décr. t'a juin 1874). La vente des objets poinçonnés, faite à un prix supé- rieur à celui déclaré, est punie d'une amende de 100 à.'),O00fr. ; aussi, jusqu'à présent, le- fabricants et commerçants ont usé en bien petit nombre de la faculté qui leur est accor- dée à tous. » (Ch. y.) * GARANTIR v. a. Se rendre garant, ré- pondre d'une chose, du maintien, de l'exé- cution d'une chose. Ne se dit guère qu'en matière de procès, d'alfaires, de négociation : garantir une créance, la propriété d'une mai- son. — Assurer la bonté, la qualité d'une mar- chandise pour un certain temps, sous peine de dédommaL'ement,oudenullité de la vente : je vous garantis cette montre pour six mois. — Par ext. Rendre sur, certain, indubitable : le contrôle garantit le titre des pièces d'or et d'ai'- gent. — Affirmer, certifier : je vous garantis que ce passage est de telauteur. — Défendrequel- qu'un contre une demande, ou l'indemniser du tort qu'il souffre par une éviction, une condanmation, etc. : garantir quelqu'un de toutes poursuites. — Mettre à l'abri, préserver de : garantir quelquuû du froid en le couvrant. — Se garantir v. pr. Se mettre à l'abri, se préserver : se garantir du froid; se garantir du châtiment; se garantir des invasions de l'ennemi; se garantir des préjugés. GARASSE (Le Père François), jésuite et pamphlétaire, né à Ângoulenie en l.'iSo, mort à Poitiers, victime de son dévouement pen- dant une épidémie dangereuse, en 1631. 11 s'attaqua à Charron, à Théophile, à Pasquior, et à Vanini, qu'il accabla d'injures, aussi gro ■ lesques que cyniques. On a de lui : Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps (Pa- ris, lbi3). Somme théologique des vérités capi- tales de la religion chrétienne (Paris, lOi-i), ouvrage qui fut censuré par la Sorbonno ; Banquet des sept sages (1607, in-8"), libelle difiainatoire ; Rabelais réformé par les ministres (164H, in-12); l'oésies latines (in-i"), etc. Jus- qu'au temps de Fréx'on, le nom de Garasse fut employé comme synonyme de critique sans frein et sans bonne foi. GARAT i Dominique- Joseph) [ga-ra], phi- losophe et lioninie polili(jue, né à Uayonne en 1749, mort en IS.J.l. Il fut membre de l'As- semblée constituante et de la Convention, de- vint ministre de la justice après Danton et ensuite ministre de l'intérieur; il se retira en août 1793. Plus tard, il remplit plusieurs mis- sions diplomatiques. En 1816, il fut exclu de GARC l'Institut comme révolutionnaire. Ses ouvrages comprennent Mémoires de M. Suard. GARAY (Janos) [gor'-â-i], poète hongrois, né en 1812, mort en 1833. Ses ballades histo- riques sont très populaires. Il produisit aussi des poèmes épiques, des drames, etc. GARBIN s. m. (ar. garbi, occidental). Vent du sud-ouest. * GARBURE s. f. (esp. garhias, ragoût). Cuis. Espèce de potage épais fait de pain de seigle, de choux, de lard et autres ingrédients : la gar- bure est un mets des provinces du midi de la France. GARÇAILLE s. f. [Il mil]. Garçon. (Fam.) ' GARCE s. f. (rad. gars). Fille ou femme débauchée et publique. (Libre et bas.) * GARGETTE s. f. Mar. Tresse de bitord ou de fil de caret, plate, plus ou moins large, et terminée en pointe : garcellcs de ris. GARCHES, Garziachus. conim. du cant. de Sèvres, arr. et à 9 kil. N.-E. de Versailles (Seine-et-Oise), sur un plateau élevé ; 2,602 liab. Vignes, fruits, miel. Eglise du xiii" siècle. Au hameau du Petit-l'Klang se trouve l'hos- pice de la Reconnaissance, créé pour les ou- vriers fondeurs par le fondeur Michel Brézin, qui avait acquis dans son industrie une for- tune de 4 à '■') millions. — Ce village fut in- cendié par les Allemands en janvier 1871. GARCIA, nom de cinq rois de Navarre. — 1. Garcia I" Ximenès, succéda en 8.37 à son père Sanche, comme comte de Navarre. En 860, il prit le titre de roi et régna jusqu'en 880. — U (m;-'10). —m. Le Treinbleur (994-1001), ainsi nommé parce qu'il tremblait, non de peur, mais par l'elîet d'une agitation nerveuse. Il se distingua contre les Mores et fut, en 998, vainqueur, à Calatanazor, d'Almanzor, vizir du calife de Cordoue. — IV (103.d-'o4). — V(l134-'58). GARCIA, nom de deux comtes de Castille. — 1. Fernandez (970-990), battit Almanzor à Osma (984) et, en 990, dans un deuxième com- bat fut blessé et fait prisonnier. — IL (1022- 1032) fut assassiné par un membre de la ta- niille de Vêlez. GARCIA l. (Manuel-de-PopuIo-Vicente), com- positeur espagnol, né en 1773, mort en 1832. il se distingua comme ténor et écrivit des opéras. Le Calife de Bagdad est celui qui obtint le plus de succès. 11 s'établit à Paris en 1808, et, après un voyage en Amérique en 1825, y fonda une école. M™^ Malibran et .M'" Viardot étaient ses filles. — II (Manuel) musicien, fils du précédent, né en 180j. U fut professeur au Conservatoire de Paris de 1833 a 1830 et ensuite à Londres. Il a écrit : Ecole de Garcia, traité complet de l'art du chant; Obsei'vations physiologiqiies sur la voix humaine, etc. (Voy. Malibran et Viaudot.) GARCILASO (Garcias Laso de la Vega) I. Poète lyrique et pastoral espagnol, né en I .)03, mort en 1536. Il se distingua à la bataille de Pavie en 1523, et en 1332 il suivit Charles- Quint en Hongrie lors de la campagne contre les Tures;en 1533, il fit partie de l'expédition de Tunis et, en 1536, il était encore avec l'em- pereur lors de la désastreuse invasion du midi de la Fiance. H fut mortellement blessé prés de Fréjus. Les poèmes de Garcilaso consis- tent en 37 sonnets, 3 cancioncs, 2 élégies, I épître en versi sciolti et 3 pastorales. Ils uni été traduits en |iliisieurs hiiiLnies. Garcilaso est considéré coninie un îles meilleurs poètes do sa nation. — II iSebastian), général espagnol, l'un des conquérants du Pérou, mort en 1559. II s'attacha à la fortune de Francesco Pizarro et après la mort de celui-ci à celle de son frère Gonzalo. Depuis 1548 jusqu'àsamort, il fut gouverneur de Cuzeo. — 111. Surnommé IInca, historien espagnol, fils du précé- GARD 69 dent et d'une princesse indienne, nièce de Huayna-Capac, né vers 1540, mort vers 1620. .\ partir de 1360, il vécut en Espagne. Il écrivit La Florida del Ynca (1603), consacrée princi- palement aux aventures de de Soto, et Comen- tarios reaies que iretan del origcn de los Ynca reyes, que fueron del Peru (nouv. édit. 17 vol. 1800-'3), histoire du Pérou sous les Incas. GARCIN DE TASSY (Joseph-Héliodore-Sa- gesse-Vertu), orientaliste, né à .Marseille en 1794, mort en septembre 1878. H enseigna à Paris les langues orientales vivantes et par- ticulièrement l'hindoustani, fut membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, président de la Société asiatique et l'un des principaux rédacteurs du Journal asiatique. Son ouvrage principal est une Histoire de la littérature hindoue et hindoustani (nouv. édit. 4 vol.). * GARÇON s. m. (rad. gars). Enfant mâle, par opposition à fille : il a des filles et des garçons de son mariage. — Fam. Jeune homme, homme : c'est un garçon brave et dé- terminé.— Les garçons delà noce, de la fête, les jeunes garçons qui sont chargés défaire les honneurs de la noce. — Déjeuner, dîner DE GARÇONS, déjeuner, diner où il n'y a que des hommes. — Brave garçon, se dit, par éloge, de celui qui a fait une chose dont on est satisfait : c'est im brave garçon, je suis fort content de sa conduite. — Faire le mauvais GARÇON, faire le brave, faire le méchant. — Beau garçon, jou garçon, se disent d'un homme que la débauche, le jeu ou une trop grande dépense ont jeté dans quelque excès honteux : il s'est fait beau garçon. On le dit aussi d'un homme qui s'est enivré ; il était hier beau garçon, joli garçon. — Etre bien PETIT G.VRÇON AUPRÈS DE QUELQU'UN, lui être fort inférieur ; il se croit un peintre fort habile, et n'est encore qu'un bien petit garçon auprès des grands maîtres de notre école. — Celui qui de- meure dans le célibat, qui ne se marie point: ilveut mourir garçon. — Faire vie de garçon, MENER UNE VIE DE GARÇON, mener la vie d'un homme indépendant, et qui n'est assujetti à aucun devoir. — Se dit encore des ouvriers qui travaillent chez les maîtres : garçon me- nuisier. — Se dit également de ceux qui servent les acheteurs chez certains marchands, des domestiques de collège, de restaurant, de café, etc. ; et des employés subalternes de certains établissements, de certaines admi- nistrations : il est garçon chez un marchand de vin. — Ancien. Garçons de la chambre, gar- çons DE la garde-robe, valots qui font les bas offices dans la chambre et dans la garde- robe. GARÇONNAILLE s. f. [Il mil.] Ramassis de garçons, de mauvais drôles. GARÇONNER v. n. Se conduire en garçon ou fiéquenterlesgarçons en parlant des filles. GARÇONNET s. m. Petit garçon. (Fam.) • GARÇONNIÈRE s. f. Jeune fille qui aime à hanter les garçons : c'est une petite garçon- nière. (Fam.) GARD [gar]. — I, 'Vardo, riv. de France formée du Gardon d'Alaisel du Gardon d'An- duze. Le premier vient de la Lozère, court pen- dant 63 kil., dont 39 dans le départ, du Gard et baigne Alais. Le second vient aussi de la Lozère et mesure 65 kil. de longueur, dont 58 dans le Gard, (iles deux cours d'eau réunis forment le Gard qui traverse le départ, de ce nom, passe ù Lascours, Moursac, Remoulins en amont duquel est le fameux pont du G-.' habit. Grand commerce de grains, de beurre, d'é- picerie,dhuile, depolerieeld'esclaves nègres. L'oasis fut soumise au gouvernement français en IS.'iH. GARDANE ou Gardanne, ch.-l. de cant., arr. ol u t2 kil. S. d'Aix (Bouches-du-Rhônej; 3,002 hab. Houille. * GARDE s. f. (ail. wahren, garder). Action ou commission de garder, de conserver, de défendre, de soigner, de surveiller quelqu'un OU' quelque chose: il m'a confié la garde de sa maison. — Protection, ne se dit guère que dans ces phrases : à la garde de Dieu. — Etre DE BONNE GARDE, garder longtemps ce qu'on possède : il y a dix ans que vous avez ce bijou : vous êtes de bonne garde. — Etre de bon.nk GARDE, OU simplement Etre de garde, se dit plus ordinairement, du vin, des fruits, etc.. qui se conservent longtemps sans se gâter : ces fruits, ces vins sont de garde, de bonne garde, ne sont pas de garde. — Par ext. Corps de troupes spécialement chargé de garder, de défendre un souverain, un prince, etc. : il se fit donner une garde. — Guet, action par laquelle on observe ce qui se passe, afin de n'être pas surpris, de prévenir quelque dan- ger, etc. : faire la garde. — Se dit surtout en parlant des gens de guerre : monter, descendre la garde. — II se dit encore du service des pages, des gentilshommes, des valets de pieds, des laquais, etc., qui, aûa de se soula- ger entre eux, se tiennent les uns après les autres auprès du roi et des princes, pour les servir et faire ce qu'ils commandent : ce page était de garde. — Ce chien est de bonne garde, il garde bien, il avertit bien. — Les filles SONT de difficile GARDE, On a Une grande sur- veillance à exercer pour les garantir de la sé- duction. — Prendre garde, faire attention à quelqu'un, à quelque chose : je pi'is garde qu'il parlait d'un ton fort poli. — Prendre GARDE, avoir soin, avoir attention, avoir l'œil sur quelqu'un, sur quelque chose : prenez garde qu'on ne vous trompe,' qu'on ne vous sur- GARD prenne.— Ellipliq. Garde a vous, se dit, dans les commandements militaires, pour premz i-'arde à vous, faites attention. — Prknuhi; garde a un sou, a un DENien, faire atlenlion aux plus peliU articles dans un compte de dépense ; ou être d'une grande parcimonie. — Se donner de garde, se donner garde, se dé- fier, se précautionner, éviter : donnez-vous de gardi- qu'on ne vous trompe. — N'av.)ih garde DE faire une chose, n'avoir pas la volonté ou le pouvoir de la faire, en être bien éloigné: il n'a garde de Ironuicr, il es! trop honnête homme. — iN'avuir gahue, ne pouvoir pas, se dit quelquefois des choses: cette permission n'avait garde de lui être refusée. — Se dit éga- lement des gens de guerre qui montent la garde : la garde des portes. — Elliptiq. A la garde! Exclamation dont on se sert pour appeler la garde, dans un moment de dan- ger : criera la garde. — CoRi's de garde, cer- tain nombre de soldats placés en un lieu pour monter la garde : corps de garde avancé. — On dit plus ordinairement Poste, on termes militaires. — Corps de garde, se dit aussi du lieu où se tiennent les soldats (pii montent la garde : bdtir un corps de garde. — Grand'garde, corps de cavalerie placé à la tète d'un camp, pour empêcher que l'armée ne soit surprise. — Garde ava.ncée, autre corps que l'on met encore au delà de la prand'- gardo pour plus de sûreté. — Escr. Manière de tenir le corps et l'épée ou le fleuret, telle que l'on soit à couvert de l'épée ou du fleu- ret de son adversaire, el ipie l'on puisse aisé- ment le frapper ou lui porter une botte : la garde haute, Oasse.— Ellifiliq. En garde! Met- tez-vous en garde. — Eig. Se mettre en garde, se tenir en garde, être en garde, se défier; être si attentif qu'on nesoilpoinl sur- pris: cire en garde, se mcltro en garde contre la séduction. — Avec le pluriel. Etre sur ses gardes, sk mettre, se tenir sur ses gardes, se dildeci'lui qui fait attcnlion à ne passe laisser surprendre, qui se tient prêt à empêcher qu'on ne prennesur lui ipnlque avantage, qu'on ne lui fasse quelque tort. — Fig. Etre HORS DE gar'de, 116 savoir où l'on en est dans quelque atl'aire, dans quelque occasion. — Partie d'une épée, d'un sabre ou d'un poi- gnard, qui est entre la poignée ella lame, et qui sert à couvrir la main: une garde d'épée. — Fig. et fam. Monter une garde a quel- qu'un, le réprimander vivement. — Prov. el fig. S'en donner jusqu'aux gardes, faire un grand excès. — Jeux de cartes, se dit d'une ou de plusieurs basses cartes de la même couleur que la carte principale qu'on veut garder : un bon joueur porte toujours des gardes. — Fig. et très fam. Avoir toujours GARDE A carreau, être prêt à répondre à toute objection, à parer à tout événement. — Plu- riel. Serrur. Se dit de la garniture qui se met dans une serrure, pour empêcher que toutes sortes de clefs ne l'ouvrent : il faut changer les gardes de la serrure, on a perdu la de/ . — Libr. Feuillet blanc que l'on met au com- mencement et à la fin d'un livre. — Garde constitutionnelle, garde créée par l'Assemblée cun>lituante le 30 septembre 1791, pour veil- ler à la sûrctc de Louis XVI dont la maison militaire avait été supprimée. Elle fut licen- ciée le "29 mai 1792. Plusieurs de ses mem- bres restèrent cependant aux Tuileries el sous les ordres du maréchal deMailly, déleudirml le roi le 20 juin et le 10 août. — Garde con- sulaire, garde formée par Bonaparte, a]jrés le 1.S brumaire. Elle était sous les ordres de Soult, de Davoust, de Bessière et de Mortier et fut le noyau de la garde impériale. — Garde de la Convention, garde formée par la Convention après la déchéance de Louis XVI. Ses membres portaient le nom de gretiadicrs- gendarmes prés la représentation nationale. En ■I79.T, cette garde prit le nom de Garde du Corps législatif. Elle fut supprimée par la constitution de l'an III. — Garde du Direc- GARD ' toire, corps institué par la conelilulion de I an III, et qui forma le noyau ih' la ;.'arde iKiistilairc après le 18 brumaire. — Gardes françaises (Héoiue.nt des), rép-iment d'infan- terie française destiné à garder les avenues des lieux où le roi était logé. Capitaine, lieu- tenant, sergent AUX gardes, capitaine, lieu- tenant, etc., dans les gardes françaises. Ce rô;.'iment fut créé par Charles L\ en l.ïGIt. I..icencié en ll>73 pour complaire aux hugue- nots, il lut rétabli l'année suivante et son eircclif tut successivemenl augmeiilé par Louis ,\I1I, Louis XIV, Louis XV, Louis .XVL Le régimenl des gardes françaises passa du cûté du peuple en 17S9, contribua a la prise de la Bastille et fui cassé par Louis XVI le :!1 août. —Garde d'honneur, troujie ollerte à despersonnaL'es émiiients, auxquels on rend les honneurs militaires. C'est quelquefois une réunion de citoyens qui, volontairement, ser- vent de gardes à un souverain, à un prince, etc., pendant son séjour dans la ville, dans le pays : on offrit au prince, à la jjrincesse, une garde d'honneur. S'est dit aussi d'un corps de cavalerie lorme en ISl.'l de jeunes gens de bonne famille qui s'étaient déjà rachetés de la conscription. Les gardes d'honneur furent versés peu de temps après dans la f^arde impériale el se distint-'iièrent à Dresde, à llanau, à Ri'ims, etc. — Garde impériale, nom que prit la garde consulaire à l'avène- ment de Napoléon I'"' (1804). Elle s'accrut en 180o, en 1800, en 1807 par l'adjonction de nouveaux corps, ce qui la fil distinguer en vieille garde ci en jeune garde. De nouveaux régiments lui lurent encore ajoutés, ce qui jiorla, en 1814, son effectif à 102,708 hommes .ai lieu de 1 2, 17'j qu'elle comptait en ISO-i. Pendant la première Restauration, l'infan- terie de la vieille garde forma deux régi- ments sous le nom de corps rouai des grena- diers et des chasseurs de France, la cavalerie lut réduite à quatre régiments, sous le nom de corps royal des grenadiers, des dragons, des chasseurs a cheval, des chevau-légers- lanciers de France. Les régiments de la jeune garde furent versés dans les troupes de ligne. Pen- dant les Cent-Jours,i\apoléonrétablilla garde impériale a l'effectif de '2().8.ï0 hommes. (Voy. Cambrûnne.) Lors de la deuxième Restaura- tion, cette garde fui di.spersée dans les nou- veaux corps de la garde royale. La garde impériale fut rétablie le 4 mai 1854 par Napoléon III. Elle combattit en Crimée, s'il- lustra en Italie, défendit Metz el capitula sous les murs de cette ville. — Garde nationale mobile, s'est dit en 1848 d'une troupe merce- naire destinée à la garde de Paris, et com- posée de jeunes gens que la révolution lais- sait sans travail. On disait aussi simplement la garde mobile. Sous le régime de la loi militaire de 1868, on a appelé garde nat'ionale mobile une partie de la classe, laissée dans ses foyers à l'époque du recrutement, mais soumise au service militaire en temps de guerre. — Garde municipale, troupe séden- taire el soldée, qui est chargée d'une partie du service militaire et de police dans cer- taines villes: garde municipale à pied, à che- val. S'est dit d'un corps formé pour la ville do Paris le 12 vendémiaire an XI (4 oct. 1802). Le 10 avril 1813, ce corps prit le nom de gendarmerie de Favis. Nommé garde royale sous le première Restauration, il subsista sous ce nom jusqu'à la chute de CbarlesX. Une nouvelle garde municipale fut créée le 16 août 1830; son ell'cctif élail de 3,244 hom- mes. Elle fui supprimée par la révolution de 1848, el devint la garde républicaine, puis la gardt de Paris. — Garde nationale, troupe non soldée, qui est composée de citoyens, et qui sert au maintien du bon ordre, ainsi qu'à la défense intérieure du pays : la garde nationale sédentaire. — La milice populaire nommée garde nationale fut instituée en France en 1789, lorsque le conseil muni- GARD cipal eut décrété la formation d'une milice de 4S,000 hommes distribués en 60 batail- lons et placés sous les ordres de La Fayette. La garde nationale se forma spontanément la veille, de la prise de la Bastille et adopta les couleurs tricolores, qui devinrent celles de la nalion. Les autres villes suivirent immédia- tement l'exemple de la capitale et eurent leurs milices populaires. Le 20 aotll, lae gar- des nationaux prêtèrent serment au roi, à la loi et à la commune. En vertu de la loi du 14 octobre 1791, qui organisa les gardes na- tionales, tous les citoyens actifs et leurs en- fants âgés de 18 ans faisaient partie de cette milice. Le 5 octobre 179-3 eut lieu le soulève- ment de 30,000 gardes nationaux contre l'Assemblée; les Tuileries furent attaqués; mais 6,000 soldats commandés par Bonaparte repoussèrent les assaillants. La garde natio- nale fut alors placée sous les ordres du commandant en chef de l'armée. En 1813, Napoléon appela 90,000 gardes nationaux à la défense des côtes. Une ordonnance du 17 juillet 1816 soumit au service tous les Français de iOà 60 ans, imposés ou fils d'im- posés. Licenciée en 1827, la garde nationale fut rétablie après la révolution de 1830, avec La Fayette comme commandant en chef. En 1848, elle fut augmentée de l'élément dé- mocratique, et lors du coup d'Etat, elle était organisée d'un bout à l'autre du territoire. Dissoute par le prince président, elle ne fut rétablie que le 11 janvier iSoi, sur un plan restreint qui la composait d'une classe d'in- dividus seulement avec des chefs nommés par le pouvoir central. Elle fut réorganisée, en 1 870, par le gouvernement de la Défense, et elle comprit l'universalité des citoyens en état de porter les armes; les chefs furent nommés à l'élection. Les bataillons de marche de la garde nationale de Paris pri- rent part aux batailes de Champigny, de Buzenval, etc. Après la chute de la Commune, l'Assemblée nationale vota le désarmement de toutes les gardes nationales de France. — Garde de Paris, créée en \S'6\ pour rem- placer la garde républicaine. — Garde répu- blicaine, corps formé après la révolution de 18i8 pour remplacer la garde municipale de Paris. La garde républicaine, remplacée en ISbl par la garde de Paris, a été rétablie depuis 1870. Elle se compose de trois batail- lons d'infanterie à 8 compagnies, et d'un es- cadron de cavalerie. — Garde royale, corps créé le l"' septembre ISlo par Louis XVllI et dissous le 11 août 1830. — Garde de la marine. Gardes-marine, s'est dit autrefois d'un corps composé de trois compagnies de MO jeunes gentilshommes nommés par le roi pour la garde de l'amiral, et pour s'ins- truire dans le service de mer. La garde de la marine fut établie par Colbert en 1670, à Brest, à Kochelort et a Toulon. 11 y a eu, plus anciennement, des Gardes de l'étendard qui étaient, dans le corps des galères, ce que furent les gardes-marine dans celui de la marine. " GARDE s. m. (celt. gward, gardien]. Gar- dien, surveillant, conservateur. Quano il est immédiatement suivi du nom qui désigne la chose donnée en garde, on le joint à ce nom par un tiret : garde de tabibliothèque. En par- lant d'une fuiveillance qui exige du savoir ou qui entraine une grande responsabilité, on dit plus ordinairement aujourd'hui. Con- servateur. — s. f. Femme dont la profession est de garder et de soigner les malades : il est malade, il lui faut uw: garde. On dit dans le môme sens. Une gaude-malade. — s. m. Se dit en outre do ceux que l'on charge de gar- der, de surveiller une personne qu'on ne veut pas laisser échapper : il n'est pas jirisonnicr, mais il a des gardes. — iloiiime armé, qui lait partie de la gaide d'un roi, d'un pi-ince, d'un gouverneur, d'un oflicier général, etc. : il n'avait avec lui qu'un de ses gardes. —Garde GARD royal, garde municipal, soldat de la garde royale, de la garde municipale. Ou a dit, dans un sens analogue, Un garde-française, un soldat des gardes françaises, un soldat aux gardes.— Garde national, i-itoyenqui faisait partie de la garde nationale. — Garde des bois, garde forestier, agent prépose pour veiller à la conservation dos forêts. — Garde champêtre, agent prépo^é a la garde des ré- coltes et des propriétés rurales'de toute es- pèce : le garde champêtre dressa procès-verbal. —Garde du commerce, ofhcier qui aval tle droit exclusif de mettre à exécution les contraintes par corps. Les gardes du commerce furent ins- titues en 1807 et supprimé s par la loi du 22 juillet 1867.— Gardes du corps, ceux qui gardaient la personne du roi : capilaine, lieutenant des gardes du corps, Louis XI institua deuxcompagnies de gardes du corps en 1 475 et en 1 477. François 1='' en forma une troisième enlolo. Un repas des gardesducorpsàVersailles, le {"octobre 1789, amena les journées des 5 et 6 octobre. Un décret de l'Assemblée (2j juin 1791) licencia les gardes du corps. Ils furent rétablis en 1814 par Louis XVIII et licenciés par ordonnance du 11 aoiit 1830. — Gardes du dedans, nom donné dans la maison militaire de Louis XIV aux gardes du corps, aux cent-suisses, aux gardes de la porte et aux g'ardes de la pré- vôté de l'hôtel. — Gardes du dehors, nom donné dans la maison militaire de Louis XIV aux gendarmes, auxchevau-legers, aux mous- quetaires, aux gardes françaises, aux gardes suisses et aux gentilshommes àbec decorbin. — Gardes écossais, gardes institués vers 1 44.J par Charles VU et qui étaient tous Ecos- sais. A partir du xvii° siècle, les officiers de ces corps furent français, et, à dater delà Ré- volution, ces gardes fuient complètement re- crutés dans les rangs de l'armée. La Restau- ration, en rétablissant les gardes du corps, conserva à la 1^'^^ compagnie la dénomination de compagnie de gardes écossais. — Gardes de l'étendard. (Voy. Garde DE la marine. J — Gardes de la manche, ceux des gardes du corps qui, en certaines occasions, étaient debout aux deux côtés du roi, vêtus de hoquetons et armés de pertuisanes. 11 y en avait 24. — Gardes des métiers, ceux qui étaient élus dans les corps de métiers pour avoir soin qu'il ne s'y fit rien contre les règlements et les statuts, et pour veiller à la conservation de leurs privilèges. — Gardes des monnaies, piemiers juges des monnaies, dont les appellations ressorlissaient aux cours des monnaies. — Gardes de la porte, ceux qui montaient la garde aux portes de l'intérieur du palais où était le roi pendant le jour. — Corps de la maison militaire des rois de France, créé en 1261 par Louis IX. Le nom de ces gardes fut d'abord celui de portieus. Ils furent supprimés en 1 ;87, rétablis en 1814 et disparurent délinitiveim'nt en ISI.ï. Gardes de la prévôté de l'hôtel, force armée a la disposition du grand prévôt, créée par Louis IX. Réorganise en 1 ;78, ce corps fut réduit a 67 membres en 1780, supprimé en 1787, rétabli en 18l.j et aboli en 1817. Ces gardes s'opposaient aux querelles dans le pa- lais, et arrêtaient ou expulsaient les pertur- bateurs ou les personnes «l'apparence sus- pecte.—Gardes des privilèges des universités, juges qui étaient spccialenieut charges de veiller a la conservation des droits d'une uni- versité, et devant lesquels les membres de cette université avaient leurs causes com- mises : le Chdtelet de faris était garde et con- servtileur des privilèges de l'université de Paris. — Gardes suisses, régiment d'infanterie suisse qui faisait le même service que le régiment des gardes françaises. Crées en 1573 par Charles IX, les gardes suisses lurent organisés en régiment en 1616. Us furent licenciés en 1792. Chaque compagnie était recrutée dans un canton suisse particulier. Ou ne pouvait obliger ces gardes à servir au delà du Rli n, des Alpes et des Pvrénees.— Gardes du trésor GARD 71 royal, officiers créés en 1689 au nombre de trois, pour administrer alternativement le trésor. — Garde des sceaux, ministre auquel sont confiés les sceaux de l'Etat : le garde des sceaux, ministre de la justice. La fonction de garde des sceaux fut créée en 1,Ï51. — Cent gardes, corps chargé, sous le second Empire de la garde personnelle dn souverain : un cent garde. — Législ. «Nous ne pouvons donnerici qu'une énuiuération restieinte desdillérenles fonctions auxquelles s'appliquent le mot garde et ses composés. Les gardes champêtres sont chargés de veiller à la conservation des ré- coltes et des propriétés rurales (L. 28. sept.— 6 oct. 1791). Toute commune rurale doit en avoir au moins un (L. 20 mess, an III). Cette dépense est obligatoire (L. 18 juillet 1837) et il y est pourvu au moyen de centimes addition- nels aux quatre contributions directes (L. de finances 30 juillet 1867, art. 16). Les gardes champêtres sont nommés par le préfet sur la présentation du maire (Décr. 2d mars 1852, art. 5, n» 21). Us doivent êtres âgés de 23 ans^ et, autant que possible, savoir lire et écrire. Avant d'entrer en fonctions, ils prêtent ser- ment devant le juge de paix, et ils sont tenus de se présenter, dans les huit jours de leur installation, devant le brigadier de gendar- merie du canton. Les gardes champêtres sont placés directement sous les ordres du maire ; mais ils sont, comme officiers de police judi- ciaire, soumis a la surveillance du procureur delà République. Us sont chargés de recher- cher, chacun dans le territoire pour lequel il est assermenté, les délits qui ont porté at- teinte aux propriétés rurales (C. inst. crim. 20) et les contraventions aux règlements de police municipale (L. 24 juillet 1867, art. 20). Ils doivent aussi rechercher et constater un cer- tain nombre d'infractions à la loi ou aux rè- glements et prêter leur concours aux autres agents de la force publique, lorsqu'ils en sont requis. Les procès-verbaux qu'ils dressent doivent être faits le jour même du délit, et affirmés dans les "24 heures devant le juge de paix, le commissaire de police ou le maire. Ces procès-verbaux sont, dans les trois jours, remis au ministère public du tribunal correc- tionnel ou de la justice de paix, suivant qu'ils constatent un délit ou une contravention. ( Voy. Contravention et Délit.) Les gardes cham- pêtres doivent arrêter et conduire devant le juge de paix ou devant le maire, tout individu surpris en flagrant délit ou designé par la cla- meur publique, lorsque le fait commis entraine la peine de remprisonuemen ton une peine plus grave. (Voy. Clameur.) (C. inst. crim. 9, 16 et s.) Le garde champêtre qui néglige de remplir ses fonctions est responsable des délitsqu'il a laissé commettre, et, s'il a failli à son devoir par suite de corruption, il peut être puni de la dégradation civique et d'une amende de 200 fr. au moins. S'il a commis lui-même un délit contre les propriétés, il est puni d'un empri- sonnement qui est au moins d'un mois. Les gardes du commerce étaient des officiers mi- nistériels institués dans le département de la Seine exclusivement et qui étaient chargés de mettre a exécution les jugements des tribu- naux civils ou de commerce emportant la contrainte par corps. Cette foucliun a néces- sairement cessé d'exister parsuite delà loi du 22juillet 1 867. (Voy. Contrainte.) Lesgardes fo- restirs sont les agents inférieursde l'adminis- tration des forêts. (Voy. Forêt.) Les gardes du ytviic sont d'anciens sous-ofliciers de cette arme, auxquels est donnée la mission de veiller à la couse rvalion du domaine militaire, à la garde et à l'entretien des fortifications. Us ont le droit de dresser des procès-verbaux, en ce qui concerne leur service (L. 29 mars 1810). Les gardes particuliers sonl des gardeschampètres choisis par un propriétaire ou un fermier pour défendre ses biens ruraux, ses forêts ou ses récoltes (L. 20 messidor au III, art. 4). Tout garde particulier doit avoir été agréé par le 72 GARD sous-préfet et avoir prêté serinent devant le juge de paix, avant d'entrer en fonctions. Sans Ctre fonctionnaire, il a les mêmes droits et les mômes obligations qu'un garde chani- pêlre ; mais il peut, de plus que ce dernier, obtenir un permis de chasse. Les gardes-ri- vières ne sont autre chose que des pardos champêlresayanlune mission spéciale.IIssonl chargés, au nom d'un syndicat, des propriétés riveraines d'un cours d'eau, de veiller, sous l'autorité du préfet, à )cxrc\ition des réple- menls administratifs concernant la distribu- lion des eaux, l'arrosage, le curage, etc. » (Ch. y.) GARDE (Lac de), anc. Benacus lacus, le plus grand lac d Italie, compris entre les pro- vinces de Hrescia et de Vérone, et entrant dans le Tyrol par sa partie septentrionale la plus étroite. Il a l'i kil. de long du N. au .S. et de î) à <6 kil. de large ; il est à 78 m. au- dessus du niveau de la mer; en plusieurs en- droits, il mesure .3.'jOm. ne profondeur. Pes- chiera se trouve à son extrémité S.-K., d'où sort le Mincio. Abondance de poissons, parti- culièrement de saumon, de truites et de sar- dines. " GARDE, EE pari, passé de GARDEn. — Aux jeux lie caries, noi c^nnÉ, dame garuée, roi, dame pour lesquels on a une ou plusieurs gardes. On dit de même que le joueur est GARDÉ quand il a une ou plusieurs cartes gar- dées: être gardé à carreau. •GARDE-BARRIÈRE s. ra. Agent préposé à la garde d'une barrière, établie à l'inlersec- tion d'une voie ferrée et d'un chemin ordi- naire : des gardes-barrière ou des gardes-bar- rières. ' GARDE-BOURGEOISE s. f. Jurispr. C'était, à l'égard des bourgeois, le même droit que celui de garde-noble à l'égard des nobles : des gardes-bourgeoises. ('Voy. Gabde-noble.) * GARDE-BOUTIQUE s. m. Tout objet que le marchand a depuis longtemps dans sa bou- tique, et qu'il ne peut vendre : cette étoffe est un gnrde-boutiqiie, des garde-boutique. (Kam.) GARDE-CANAL s. m. Employé des ponts et chaussées, préposé à la surveillance et à la conservation des canaux et des propriétés qui en dépendent: les attributions des gardes- canaux ont été déterminées par la loi du 1 5 avril 1829. GARDE-CENDRES s. m. Appareil que l'on met devant un foyer pour retenir les cendres: des garde-cendres. ' GARDE-CHASSE s. m. Celui qui est com- mis pour veiller à la conservation du gibier dans une terre, dans un parc, etc. — Au plur. des gardes-chasse. " GARDE-CHIOORME s. m. Gardien d'une chiourme : des gardes-chiourme ou des gardes- chiourmes. * GARDE-CORPS s. m. Est synonyme de garde-fou, et s'emploie surtout en termes de maiine : des gardes-corps. * GARDE-CÔTE adj. Chargé de la surveil- lance des côtes : des vai$seau.T garde-cote. — s. m. Militaire appartenant à la milice parti- culièrement chargée de la garde des côtes. — Vaisseau armé pour défendre les côtes : des garde-cote ou des gardes-côtes. GARDE-CROTTE s. m. Bande de cuir placée en avant d'une voiture pour garantir de la crotte les personnes qui s'y trouvent : des garde-crotte. * GARDE-ÉTALON s. m. Celui qui a la garde de létalon que l'Etat donne pour les haras : des gardes-étalons. "GARDE-FEU s. m. Grille de fer, ou plaque de fer-blanc, de tôle, etc., qu'on met devant une cheminée pour prévenir les inconvénients du feu : des garde-feux. GARD •GARDEFOUs. m. Balustrade, parapet ou barrière qu'on met au bord des ponts, des quais, des terrasses, etc., pour empêcher de tomber en bas : Failc» donc mellro ta moina des carde- faus là-haut. Jbak IUcihi. GARDE-FREIN s. m. Employé de chemin de fer qui est chargé de nianoMJvrer le frein d'an convoi : des gardes- frein ou des gardes- freins. GARDE-LAIT s. m. Appareil nu moyen du- qiirl (IN lait bouillir le lait sans qu'il fuiisse se répandre on montant: des garde-lait. GARDE-UGNE s. m. Surveillant d'une ligne de chemin de iar: des gardes-ligne. ' GARDE-MAGASIN s. m. Officier comptable, qui reçoit et délivre les munitions de l'année et de la marine. — Enqiloyé chargé de la garde d'un magasin : des gardes-magasin ou des gardes-magasins. GARDE-MAIN s. m. Objet qui sert à pré- server u:i ouvrage du contact de la main: des garde-main ou des garde-mains. ' GARDE-MALADE s. f. ou simplement SARDE, t'emnie dont la profession est de gar- der et de soigner les malades : des gardes- malades. — »v Au masc. : un garde-malade. •GARDE-MANCHE s. m. Fausse manche (pie l'on met par-dessus la manche de l'ha- bit, ou même de la ch>Miiise, quand on lait un travail qui peut les salir; des garde-manche ou des garde-manches. ' GARDE-MANGER s. m. Lien pour garder ou serrer de la viande et autres choses servant à la nourriture. — Petite armoire formée ordinairement de châssis garnis de toile, cl destinée au même usage: des garde-manger. * GARDE-MARINE s. m. Jeune gentilhomme qui i'aisail partie des garuks de la marine : les gavdcs-rnnriurs. * GARDE-MARTEAU s. m. Ofiicier d'une maîtrise des eaux et forêts, qui gardait le marteau avec lequel on marque le bois des- tiné à être coupé : des garde-marteaux ou des gardes-marteaux. * GARDE-MEUBLE s. m. Lieu où l'on garde des meubles : des garde-meubles. — »» Ofiicier autrefois préposé à la garde des meubles du roi. — Le garde-meuble, édifice dans lequel on conservait des objets historiques : armures de rois, diamants de la couronne, ornements. Le garde-meuble construit en 1760, se trou- vait iil'angle de la rue Royale et de la rue de Rivoli, dans le monumentoccupé aujourd'hui par le ministère de la marine. GARDE-MINE s. ra. Agent du service des mines, chargé de la surveillance des exploi- tations minérales, des sources d'eaux miné- rales, des appareils à vapeur, et de contrôler l'exploitation technique et le matériel des chemins de fer. Les attributions des gardes- mines ont été établies par décret du 24 dé- cembre 1831, art. 30. 11 y a six classes de gardes-mines(Décr. 17juillet18o6). Lesagents, places sous les ordres des ingénieurs des mines, sont choisis, autant que possible, parmi les maîtres mineurs, les directeurs de mines, les contre-maîtres d'usines et les élèves des écoles professionnelles. GARDE MÔLE s. m. Officier préposé à la garde d'un môle: des gardes-môle ou des gardes-môles. GARDE-NAPPE s. m. Rond d'osier que l'on met sous les plats pour les empêcher de salir la nappe : des garde-nappe ou des garde- nappes. 6ARDEN (Alexandre), médecin anglais, né en Ecosse en 17;i8, mort en 1792. Il émigra dans la Caroline du Sud en 17o2, et acquit GARD I une fortune à Charleslon en exerçant sa profession; on confisqua sa fortune pour le punir de s'être rendu en Angleterre en 1783 comme loyaliste. 11 publia des exposés sur nombre de (dantes et d'animaux, particuliè- rement sur l'œillet d'Inde et sur l'insecte de la cochenille. GARDÉNIACÉ, ÉE adj. Qui ressemblée une pard.nic — -. |. p|. Tribu de rubiacées ayant pour tvpo le genre gardénie. GARDÉNIE s. f. (de Garden, n. pr.). [toi. Genre de gardéniacées coni|irenanl une fjua- ranlaine d'espèces d'arbres ou d'arbrisseaux souvent épineux, qui habitent les ivgions chaudes de l'ancien conlinenl. La gardénie à grandes fleurs {gardénia ja.iminoidesj.ou jas- Gardénie à grandes fleura. min du Cap, porte de grandes fleurs termi- nales blanches très odorantes. On ne peut la cultiver en pleine terre, en France, que dans le Midi. * GARDE-NOBLE s. f. Jurispr. Droit qu'avait le survivaiit de deux époux nobles de jouir du bien des enfants, venant de la succession du prédécédé, jusqu'à cequ'ils eussent atteint un certain âge, à la charge de les nourrir, de les entretenir et de payer toutes les dettes, sans être tenu de rendre aucun compte : avoir le droit de garde-noble. * GARDE NOTE s. m. Qualité qui se joignait autrefois a celle de notaire : par-devant les conseillers du roi, notaires, gardes-notes du roi au Châtelet de Paris. Ne se dit plus que par plaisanterie. * GARDE PÈCHE s. m. Celui qui est chargé de veiller à le.xccuUon des ordonnances sur la police des fleuves, des rivières, etc., en ce qui concerne la pêche et la navigation : des gardes-péche. GARDE PLATINE s. m. Morceau d'étoffe ou de cuir qui protège la platine d'un fusil. GARDE-PORT s. m. Agent chargé de sur- veiller, dans les ports des rivières, l'amarrage, le garage, le tirant d'eau des bateaux ou des trains, de recevoir et de placer les marchan- dises : les gardes-ports ont été établis en 1641. * GARDER v. a. (anc. haut. ail. wartan,'war- ten, prendre garde). Conserver une chose, l'empêcher de se perdre, de se gâter, etc. : ce vin-là est si délicat, qu'on ne pourra le gar- der. — Retenir quelque chose, ne pas s'en dessaisir ; rester en possession de quelque chose : garder copie d'une lettre, d'un acte, en garder un double. — Se dit quelquefois en par- lant des personnes : elle voulut garder ses deux enfants auprès d'elle. — Garder la chambre, garder le lit, se tenir dans sa chambre, dans son lit, pour cause de quelque incommodité : garder la maison, ne pas sortir, rester chez soi. — Garder prison, garder les arrêts, res- ter en prison, rester aux arrêts. — Garder GARD LA FiÈVBE, GARDER UN RHUME, l'avoir longtemps sans discontinuation. — Garder une médecine, ne pas la vomir. Garder un lavement, ne pas le rendre promptement. — Chasse. Ces chiens GARDENT LE CHANGE, ils ne prennent pas le change. — • Conserver, retenir ; se dit aussi en parlant des choses morales : Seul roi de qui le pauvre ait gardé la mémoire. GoDiN DB LA Brbsellkrib. ŒuvrGS complétes. 1809. — Garder son rang, soutenir avec dignité son rang, son état. — Garder un secret, ne pas le révéler. — Observer : garder la chasteté. — Garder son ban, accomplir le temps du bannissement auquel on a été condamné. — Proportion gardée, toute proportion gardée, en tenant compte de l'inégalité, de la difte- rence relative des deux personnes, des deux choses dont il s'agit : proportion gardée, celte petite fille a plus: d'intelligence que sa smur ainée. — Se dit quelquefois en parlant des personnes que l'on continue d'employer pour les choses de leur profession -.je veux garder ce médecin, il m'a paru fres habile. — Réserver : il faut garder cela pour demain. — Retirer près de soi : je l'ai gardé huit jours à la campagne. — Garder une poire pour la soif, ménager, réserver quelque chose pour les besoins à venir. — Vous ne savez pas ce que Dieu vous garde, ce que la fortune vous garde, se dit à une personne qui est dans l'affliction, dans le malheur, pour faire entendre qu'il peut lui arriver des consolations, que sa condition peut devenir meilleure. — La garder a quel- qu'un, LA LUI garder bonne, conservcT du res- sentiment contre quelqu'un, et attendre l'occasion de se venger. — ■ Se dit souvent en parlant des personnes ou des choses à la conservation, au soin, à la surveillance desquelles on est commis : garder un enfant. — Garder les gages, les enjeux, en être le dépositaire. — Garder le mulet, être long- temps à attendre quelqu'un pendant qu'il esl occupé à quelque affaire, à quelque divertisse- ment. — Garder les manteaux, faire le guet, ou demeurer à ne rien faire, pendant que ceux avec qui l'on est venu se divertissent, ou commettent quelque délit. — En donner a GARDER A QUELQU'UN, lui en faire accroire. — Se dit particulièrement d'une personne qui se tient assidùmentauprèsd'un malade, auprès d'une femme en couche, pour les soigner et les servir : elle le garda jour et nuit. — Prendre garde que des prisonniers ne s'évadent : gar- der des prisonniers à vite. — Se dit également du soin qu'on prend des troupeaux, lorsqu'on les mène paitre : garder les moutons. — Bon- homme, GAKDE ta vache, se dit pour avertir quelqu'un de prendre garde qu'on ne le trompe. — Quand chacun fait son métier, se MÊLE de son métier, LES VACHES SONT BIEN GAR- DÉES, EN SONT MIEUX GARDÉES, tOUteS choseS vont bien lorsque chacun ne se mêle que de ce qu'il doit l'aire. — Défendre, protéger: ce que Dieu garde est bien gardé. — Préserver, garantir: Dieu vous garde de pareils amis; Dieu vous garde. — Dieu vous garde, se di- sait autrefois, par forme de salutation, à des inférieurs, lorsqu'on les abordait ou qu'on en était abordé. 11 se disait aussi quelquefois, en riant, d'égal à égal. — Veiller à la sûreté d'un roi, d'un prince : les troupes qui gardent le roi. — Se dit également en parlant d'un lieu, d'un poste que l'on est chargé do dé- fendre : garder un retranchement, des ligtics. — Se garder v. pr. Prendre garde, se pré- server de quelque chose : gardez-vous bien de tomber. Gardez-vous de rien dédaigner. La FoHTAmB. GARDERIE s. f. Etendue de bois sous la suiïciilaiicc d'un garde. — Lieu où l'on recuit les petits enfants en garde pendant la journée. 210 GARD •GARDE-ROBE s f. Chambre destinée à renfermer les habits, le linge, et toutes les bardes de jour et de nuit : des garde-robes. — Par ext. Tous les habits et toutes les autres bardes qui sont à l'usage d'une personne: c'est un homme qui a une garde-robe très riche. — On dit dans un sens analoi/ue, La garde-robe d'un acteur. — Chez le Roi. Grand-maître de LA garde-robe, grand officier qui avait soin de tout ce qui regardait les habits et le linge du roi, et qui avait sous lui divers officiers. — Lieu où l'on met la chaise percée : la garde-robe de cet appartement est bien com- mode. — Aller a la garde-robe, aller à la chaise percée. • GARDE-ROBE s. m. Tablier de toile que mettent quelques femmes pour conserver leurs vêtements. ' GARDE-ROBE s. f. Nom donné vulgaire- ment à diverses plantes odorantes, telles que certaines armoises, qui éloignent ou font périr les insectes, et qu'on met, pour cette raison, parmi les habits et les autres bardes. • GARDE-RÔLE s. m. Celui qui gardait les rôles des offices de France, qui en tenait re- gistre, et qui en faisait sceller les provisions : des garde-rôle ou des gardes-rôles. G.4RDE-R0UE s. ;n. Tambour qui entoure en partie les roues à palettes d'un bateau à vapeur; des garde-roue ou des garde-roues. •GARDE-SACS s. m. Officier qui était chargé de garder les sacs des procès. • GARDE-SCEL s. m. Officier préposé, dans les anciennes juridictions, pour sceller les expéditions, etc. • GARDEUR, EUSE s. Celui, celle qui garde des animaux : gardeuse de dindons; gardeur de cochons. • GARDE- VAISSELLE s. m. Celui qui avait la vaisselle du roi en sa garde. • GARDE-VENTE ou Facteur s. m. Celui qu'un marchand de bois prépose à la garde et à l'exploitation des bois dont il s'est rendu adjudicataire. •GARDE-VUE s. m. Sorte devisière, ordinai- rement garnie ou doublée de taffetas vert, qu'on place au-dessus des yeux, pour garan- tir la vue du trop grand éclat de la lumière : porter un garde-vue. • GARDIEN, lENNE s. [;;ar-di-ain]. Celui, celle qui protège ou qui est commis pour protéger quelqu'un ou quelque chose : vous êtes le gardien de nos droits, de nos libertés. Adjectiv. en ce sens, Ange gardien. — Fig. Ange gardien, se dit d'une personne qui veille sur une autre avec affection, et qui vient toujours la secourir dans les circons- tances difliciles. — Gardiens de la paix, nom d'agents de police armés et chargés de main- tenir le bon ordre dans les lieux publics : on les appelle aussi sergents de ville. — Celui qui garde quelque chose, qui est chargé de veiller à sa conservation : le gardien d'un monument public. — Prat. Celui qui est com- mis par justice pour garder des meubles sai- sis, des scellés, etc. : on l'a établi gardien, on l'a établie gardienne des meubles, des scellés. — Gardien noble, celui qui avait la garde-noble. — Adjectiv. Lettres de carde gardienne, lettres par lesquelles le roi accordait à cer- taines communautés, a certains particuliers, le privilège d'avoir leurs causes commises de- vant certains juges. — Titre (ju'on donne au supérieur d'un couvent de religieux de Saint- François : le gardien des cordeliers, des capu- cins. GARDIENNAGE s. m. Emploi, office de gar- dien. GARDINER, ville du Maine (Etats-Unis), sur la rive occidentale de la rivière de Keiiiiebec (qui y devient navigable), et sur les deux GARE 73 rives du Cohbossecontee, à 12 kil. S. d'Au- gusta ; 5,500 hab. GARDINER 1 James), officier écossais, né en 1688, mort le 21 sept. 1745. En 1730, il devint lieutenant-colonel dans l'armée an- glaise et en 1743, il commandait un régiment à la bataille de Prcstonpans où il fut tué. Sa mort a été décrit dans le Waverley de Scott. Sa vie, écrite par le docteur Doddrige, est un exemple de piété. GARDOIR s. ni. Lieu où l'on garde quelque chose. ' GARDON s. m. (rad. garder, parce que ces poissons se gardent longtemps en vie). Petit poissonblanc d'eau douce, du genre leucisque : pêcher du gardon. — Prov. Etre frais comme UN gardon, avoir un air de fraîcheur et de santé. GARDON (Le), nom de plusieurs torrents qui se reunissent pour former le Gard. ' GARE.Impéralif du verbe G.«er, qui s'em- ploie par manière d'interjection, lorsqu'on avertit de se ranger, de se détourner pour laisser passer quelqu'un ou quelque chose : crier gare. 11 est familier. — Chasse. Celui qui entend le cerf bondir de sa reposée, doit crier : gare. — Se dit aussi pour avertir quel- qu'un du châtiment qu'il éprouvera s'il ne prend garde à lui, s'il ne fait pas mieux son devoir, etc. : gare le fouet. — Frapper sans dire gare, frapper sans avoir menacé aupara- vant. — Se dit également en parlant de ce qu'on appréhende pour soi ou pour les autres : vous faites cela, gare les conséquences. ' GARE s. f. Lieu d'abri disposé sur les ri- vières, pour y retirer les bateaux : les gares de Charenton. — Station de chemin de fer où l'on prend des voyageurs et des bagages : chef de gare. — Gare d'évitement, celle qui reçoit un convoi pendant qu'un autre passe. GARENGEOT René-Jacques Croissant de), chirurgien, né à Vitré (bretagne) en 1688, mort en 1739. 11 étudia à Paris sous Winslow et Méry, obtint, par l'entremise de Maréchal, le grade de maître en chirurgie et fitplusieurs campagnes comme chirurgien du régiment du roi. Il fut membre de la Société royale de Londres en 1737, chirurgien du roi et membre de l'.\cadémie royale. On lui doit plusieurs perfectionnements dans le» procédés chirur- gicaux et dans les instruments. Il n'a pas in- venté la clef qn'\ porte son nom, il l'a seule- ment perfectionnée. On a de lui plusieurs ouvrages : Traité des opérations de chirurgie (Pan?, 1720, 3 vol. in-12); Traité des instru- ments de chirurgie (i1i'i, in-12; et 1727, 2 vol. in-l:2;; etc. * GARENNE s. f. [ga-rè-ne] (haut. ail. wa- ren, garder). Lieu à la campagne, où il y a des lapins, et où l'on prend soin de les con- server : lapin de garenne. — Garenne forcée, ou Garenne privée, petit lieu clos de mu- railles, ou de fossés pleins d'eau, où l'on met et où l'on élève des lapins. — Lieu particu- lier près du château, que le seigneur faisait garder avec plus de soin : dans certaines pro- vinces, l'ainé n'avait pour tout avantage que le château, le vol du chapon et la garenne. • GARENNIER s. m. Celui qui a soin d'une garenuc, qui a une garenne en garde : un bon garennier. ' GARER V. a. (haut. ail. waren, garantir). Rivière. Faire entrer dans une gare : garer un bateau, un conooi. — Garer un train de BOIS, le lier. — Se garer v. pr. Se ranger de côté en parlant des bateaux ou des trains de chemins de fer : les bateaux qui montent doivent se garer vers la terre pour laisser passer tes bateaux qui descendent. — Par ext. et fam. Se préserver, se défendre de quel- qu'un, de quelque chose, l'éviter : il faut se garer d'un fou. m. 74 GARG GARI CARI GARFIELD (James - Abraham) [pAr-flld], vin^tiinii' [irésideiil des Klals-llnis d'Ann'- riquc, ni^ on 1831, e à 13 ans, il assista à de nombreux combats dans l'Inde, tomba entre les mains des Anglais en 1806 et resta sur un ponton do l'ortsmouth jusqu'en 1814. Il a laissé une Vue du port de Londres (181G), la Bataille de Navarin (a Versailles), la Prise du Kent (à la Rochelle), la Pèche à la morue (à Rouen), etc. 11 ne savait pas dessiner les hommes et ses œuvres se distinguent par l'absence de toute ligure. Le récit de ses aventures maritimes, publié en feuilleton dans laPatrie, a été réuni en volumes illustrés. GARNERIN. I. (André-Jacques), aéronautc, né en 1770, mort en 1823. Pris en Bclgiiiue par les Autrichiens, pendant que, moulé dans un aérostat, il surveillait les mouvements des ennemis, il resta trois ans captif à Bade (1794-1797) et s'occupa de perfectionner l'aé- rostation et la construction des parachutes. Après sa mise en liberté, il fit de nomlircu- ses descentes en parachute à Paris, à Saint- Pétersbourg. — Il (Jean-Baptiste -Olivier), né en 1766, ne s'occupa d'aerostatiou qu'ei. 1815. Sa fille Elisa fut la première femme qui tent.i une descente en parachute. * GARNI, lE part, passé de Gar.nir. — Il est GAR?ii, se dit d'un homme qui, par poltron- nerie, s'est muni de quelque vêtement propre à le garantir des coups d'épée dans un combat singulier. — Chambre garnie, mai- son GARNIE, etc., chambre, maison, etc. .qu'on loue fournie de toutes les choses nécessaires. — Hôtel garni, hôtel, établissement public où les voyageurs, les étrangers, etc., trouvent des chambres garnies à louer, et qui est sous la surveillance de l'autorité : elle tient un hô- tel garni dans telle rue. On dit quelquefois dans le même sens. Maison garnie. — Prat. Plaider main garnie, plaider la main garnie, LES mains garnies, jouir, pendant le procès, de ce qui est en contestation. — La cour suf- fisamment GARNIE DE PAIRS, la cour ayant un nombre depairs suffisant pour délibérer. — Blason. Epée garnie, épée dont la garde est d'un autre émail que la lame. •GARNI s. m. Hôtel garni : il loge en garni. GARNIER (Adolphe), psychologue, né à Paris en 1801, mort en IsGt. Après avoir en- seigné à Versailles et à Paris, il remplaça en 1838, à la Sorbonne, Joulfroy (qu'il avait aidé dans ]a traduction des ouvrages do Thomas Reid). H a édité tous les écrits philo- sophiques de Descartes et a écrit sur la psychologie et sur l'éthique. Ses ouvrage-^ comprennent un traité sur les facultés de l'âme, pour lequel il gagna un prix en 1803, et un traité sur les mœurs dans l'anti- quité (186;;). GARNIER (Charles-Georges-Thomas), litté- rateur, né à Auxerre en 1 / iO, mort en 179b. En 1770, il publia des proverbes dramatiques dans le Mercure de France. 11 écrivit ensuite des romans, rassembla et édita le Cabinet des fées (41 vol.) elles Voyages imaginaires, etc., (39 vol.) En 1793, il fut nommé commis- saire du gouvernement révolutionnaire à Auxerre. GARNIER (Jean-Jacques ■, historiographe de France, né àGuron (Mann') en 1729, mort en ISOo. Il entra en 1762 à l'Académie des ins- criptions et, à la mort de Villaret (1766), fut chargé de continuer l'histoire de France com- mencée par Velly. C'est un écrivain froid et sans couleur. On a de lui, outre sept volumes d'histoire de France (de 1469 à 1563), un Traité de l'éducation civile (1765); Origine du gouvernement français (1763, in-18), etc. GARNIER (Marie-Joseph-François, dit Fran- cis), marin, né a Sainl-liliciiiie(Loiro)en 1839, mort àHa-noï (Tonkin) le "il décembre 1873. Il entra à 16 ans à l'école navale et fut, en 1860, promu enseigne de vaisseau et fit partie de l'état-major de l'amiral Charmr qu'il suivit en Cochinchine. Nommé, en 1S63, inspecteur des afl'aires indigènes et chargé d'administrer la ville et le territoire de Cholen. il fit paraître une brochure, la Co- chinchine française (1864), sur l'état de la colonie et sur les moyens de lui donner tout le développement nécessaire. Le ministre de la marine de Chasseloup-Laubat, ayant lu cet ouvrage, chargea, en 1866, une commission scientifique d'explorer l'intérieur de l'Indo- Cliine. Cette commission, sous les ordres de M. Doudart de Lagrée, capilaine de frégate, assisté de Garnier, partit de Saigon le 5 juin 1866, remonta le Cambodge, penéira dans le Laos, entra en Birmanie et art-iva dans le Vun-nan (octobre ixiil). Au mois de mars, M. de Lagrée mourut à Ton^'-Tchmian. (larnier, ijui était alors dans le royaume de Taly, l'rit à son retour le coinmaiidenicnt de rex|)éditiiin et la ramena à Saigon on descen- dant le Yang-tse-Kiaug, jusqu'à Chang-h^;ï (juin 1868). 11 reçut, en 1869, la grande mé- daille d'or de la Société de géographie de Paris, la Patron's mcdal de la Société de géo- graphie de Londres et une médaille hors concours du Congrès international de géogra- phie tenu à Anvers (août 1871). En 1870, Garnier fut attaché au 8" secteur comme chef d'état-major pendant le siège de Paris et obtint, au scrutin du 8 février, 27.362 voix. Le 26 janvier 1872, il fut promu officier de la Légion d'honneur. Il s'occupait alors de pu- blier la relation de son voyage : Voyage d'exploration en Indo-Chine, effectué pendant les années 1866, 1867 et 1868 par une com- mission française présidée par M. le capitaine de frégate Doudart de Lagrée, et publié par les ordres du ministre de la marine, sous la direc- tion de M. Francis Garnier, avec le concours de M. Delaporte et de MM. Joubert et Thorel (Paris 1 873, 2 vol. in-4°). Garnier partit ensuite pour la Cochinchine avec le dessein d'explo- rer le Thibet ponr y découvrir une communi- cation fluviale entre ce pays et la Chine. N'ayant pu mettre son projeta exécution, il remonta à ses frais le cours supérieur du' Yang-tse-Kiang, jusqu'aux rapides et à son retour, fut appelé à Sa'igon par l'amiral Du- pré. Cet officier général lui confia la mission de négocier avec le vice-roi du Tonkin un traité de commerce ouvrant l'Annam aux Européens. Arrivé à Tourane, Garnier expé- dia au vice-roi une lettre de l'amiral Dupré demandant un plénipotentiaire pour traiter à Ha-noï. Le vice-roi envoya un diplomate annamite, refusa de traiter et enjoignit à Garnier de quitter le pays à bref délai. Gar- nier répondit en s'eniparant, à la tête de 120 hommes, de la citadelle d'Ha-noï défendue par 7,000 Annamites (21 nov.) et, quelques jours après (10 déc), de la citadelle de Phu- haï. Le 21 décembre, une bande de pirates vint attaquer les Français dans Ha-noï; Gar- nier fit une sortie, s'engagea avec quelques malelots dans un sentier, tomba et fut criblé de coups de lances. On a de Garnier plusieurs ouvrages économiques et géographiques. GARNIER (Robert), poète tragique, né en 154-J H laFerte-Bernard(Sarthe), mort en 1601. Il remporta l'églanline d'oraux Jeux floraux, à Toulouse, où il taisait son droit. Avocat et conseiller au grand conseil d'Henri IV, il cul- tiva la poésie dramatique, sans négliger les devoirs de sa profession. On a de lui huit tra- gédies : Porcie (1568); Hippohjlc (1573), Bra- damante (1580), etc. Ces pièces comptent parmi nos plus remarquables essais dans le genre dramatique. GARNIER DE L'AUBE, conventionnel, né vers 17 59, mort vers 1812. Envoyé à la Conven- tion, ilprit place sur les bancs de la Montagne et vola la mort du roi. Ce fut lui qui dit à Ro- bespierre, le 9 thermidor : « C'est le sang de Danton qui t'étoufie ! » Il fut ensuite nommé membre du comité de sûreté générale. GARNIER-PAGÈS iLouis-Antoine), [gar-nié- pa-.jéssj, homme [lolitique, né à Marseille en 1803, mort le 30 oct. 1878. Il fut d'abord courtier en marchandises à Paris, et fut alli- liéparson frère Etienne-Jo.seph-Louis(1801-'41) aux associations secrètes qui f.ivorisèrcnt la révolution de 1830; comme député(l842-'48), il prépara celle du 24 Février 1848, et fut alors successivement membre du gouvernement provisoire, maire de Paris, ministre des fi- nances (jusqu'en mai) et membre de la com- mission executive (jusqu'à l'insurrection de Juin). En même temps il était membre de l'Assemblée constituante. L'impôt additionnel des 43 centimes ([u'il avait decrélé comme ministre des finances fut fatal a la République et à sa propre carrière politique. En 1864, Jl fut nomme de nouveau député et eu 1870 membre du gouverncmeni de la Défense natio- nale. Son Histoire de la commission executive (1869-'73) est la continuation de son Histoire de la Révolution de 1848 (8 vol., 1860-'62). 70 GARN GARO GAim GARNIER DE SAINTES (Jean), conven- lioiini'l iiionlagnard, né à Saillies en 17111. mort aux Etats-Unis en 1820. Il vola Vcxter- minnlion du roi, déclara Pill cniii'ini du(.'enre humain, déploya uni; grandi' éii(;rf,'ie contre les Vendéens, lutta contre toutes les réactions, devint président il 11 trilmiialde Sain tes pendant riiinpirc et fui banni par la Uestauialion. * GARNIR V. a. (anc. haut al), wamôn, gar- nir). Fournir, pourvoir des choses nécessaires: (/(trnir luic buiiliijiie, une maison. — GAnNiii l;ne place de gi Eiini;, la munir de tout ce qui est nécessaire pour la défendre. — Se dit souvenl en parlant des clioscs que l'on joint à une autre eoniino ornement, comme acces- soire, etc. ; (larnir une robe de dentelle. — fiAiiNm UNE ÉrÉE, y mettre une garde. — Gaunir des fauteuils, un canapé, etc., les vembourrer de crin, de laine, etc. — Se dit é;,'alement dos choses mêmes qui sont le com- |ilément nécessaire ou l'ornement, l'accessoire d'une autre : les meubles qui garnissent un appartement. — Remplir, occuper un certain espace : une foule de curieu.v ijarnit^saient les deux eôtés de la route. — Se dit encore en parlant des choses qu'on double, qu'on ren- force avec d'autres, pour les faire durer plus longtemps : garnir des bus. — vv Typogr. Mettre, autour des pages, les différentes pièces de plomb et de bois nécessaires pour serrer le caractère dans le chftssis : garnir une forme, une feuille. — Tecbn. Faire venii' le poil d'une étoffe de laine au moyen du chardon. — * Se garnir v. pr. Se munir, se pourvoir : il se garnit de tout ce qu'il lui faut. Dans ce sens, il est familier. — Se garnir contre le froid, se couvrir, se vêtir de manière à se préserver du froid. — Se remplir : la salle se garnit, commence à se garnir de monde. * GARNISAIRE s. m. [gar-ni-zè-re]. Celui qu'on établit en garnison chez les contribua- bles en retard, pour les obliger à payer : envoyer, établir des garimaires chez quel- qu'un. ' GARNISON s. f. [-zon] {rad. gartii) Coll. Se dit des troupes qu'on met dans une place, dans une forteresse pour la défendie contre l'ennemi, pour tenir le pays en respect, ou simplement pour y faire un séjour de quelque durée : garnison forte, faille. — Ville discar- NisoN, ville où l'on met ordinairement des troupes en garnison. — Ville de garnison, lieu où les troupes sont en garnison : tes troupes rentrèrent dans les garnisons. ■ — Fam. Mariage de garnison, mariage mal assorti. — Se dit aussi d'un ou de plusieurs hommes qu'on établit en quelque maison, pour con- traindre un débiteur à payer, et pour y de- meurer à ses frais jusqu'à ce qu'il ait payé, ou pour veiller à la conservation des meubles saisis sur lui, etc. : mettre garnison chez un contribuable. — »v Réunion de parasites sur une seule et même tête. — Législ « Na- guère, lorsqu'un contribuable tardait à payer ses contributions, on employait successive- ment comme moyens de contrainte : la som- mation sans frais, la garnison collective, la ganiison individuelle, le commandement, ia saisie et la vente. La garnison, c'est-à-dire l'installation chez Thabitant ou à ses frais d'un ou de plusieurs soldats ou agents, était d'un usage fréquent, sous 1 ancienne monar- chie et au commencement de ce siècle, envers les parents des conscrits réfractaires et les contribuables en retard de paiement. En ma- tière de contribution, le nom de garnison fut conservé à des actes de procédure, dont le coût était fixé par un tarif. La loi du 9 février 1877 a supprimé le mode de poursuite dit garnison individuelle, et elle a décidé en outre que l'exploit, jusqu'alors nommé gar- nison collective, prendrait le nom de somma- tion avec frais. » (Cu. Y.) GARNISSAGE ?. m. Action de garnir. GARNISSEUR, EUSE s. Celui, celle qui i gariiil. ! GARNISSEUSE s. f. Cylindre dans lequel sont implantés des chardons el qui sert à garnir les étoiles. • GARNITURE s. f. Ce qui est mis à une clios ■ pour la garnir, la compléter, l'orner : lu garniture d'une chambre, d'une toilette. — Se disait particulièrement, autrefois, des rubans (jue l'on mettait en certains endroits des habits, ou à la coill'iire, pour le.s orner : une belle garniture de rubans d'or, de rubans d'argent. — Cuis. Accessoires qu'on ajoute à certains mets, pour les assaisonner ou les orner : garniture de champignons, de jaunes d'aufs. — (^e qui se met à une chose pour la renlorccr, pour la faire durer|iluslongtenips: mettre une garniture à des bas. — Assortiment complet de quelque chose que ce soit : une garniture de dentelles. — Typogr. Ce mol dé- signe les divers morceaux de bois ou de mé- tal qui servent à maintenir les pages dans le châssis et à former les marges. GAROCÈLES, Garorcti, peuple de la Gallia Nailmiiensis, près du moiiKJenis el dans le voisinage de Saint-Jean-de-.Maurienne. GARONNE, anc. Garumna, grand ffeuve qui doit son nom aux deux torrents dont elle est formée : le Gar, né dans la vallée espagnole d'Araii, el VOnne, qui descend des glaciers d'Aô (Pyrénées). La Garonne entre en France par le délilé de Pont-du-Roi , Haute-Garonne), arrose Saint- Béat, Saint-I5ertiand-de-Com- minges, Monlrejeau, Saiut-Gaudens, Muret, Toulouse, incline au N.-O., traverse le Tarn- el-Garonne, le Lot-et-Garonne, la Gironde, forme le port de Bordeaux el se réunit a la Dordogne au bec d'Ainbez pour former la Gi- ronde. Elle est flottable à Pont-du-Roi et navi- gable à Cuzèrcs (7.5 kil. plus loin). Sa longueur de sa source au bec d'Aiiibcz, est d'environ 1)00 kil., dont 1 40 sur le torriloire de la Haute- Garonne. Les principaux afiluents sont : l'A- riège, le Salai, le Tarn, la Louge, la Save, et do nombreux torrents plus ou moins impor- tants. — II. (Haute-). Départ, frontière de France entre ceux des Hautes-Pyrénées, du Gers, du Tarn-et-Garoune, du Tarn, de l'Aude, de l'Ariège et les Pyrénées; 6,302 kil. carr. ; 459,377 hab. Ch.-I. Toulouse . — Départ, formé en 1790 d'une partie du Haut-Langue- doc el d'une partie de la Gascogne. Terri- loire presque uni au N.; couvert au S. de hauts contreforts pyrénéens. Nombreux lacs très pittoresques dont les plus étendus sont ceux du port d'Oo, presque toujours glacé, d'Espingoii , de Sécaléjo , d'Engoulier. Les principales rivières sont : la Garonne, l'Ariège cl le 'Tarn. Granit, calcaire ; riches mines de fer. de cuivre, de plomb argentifère, de zinc, d'antimoine, de manganèse, de jais. Sources minérales de Bagnères-de-Luchon,d'Encausse, de Sainte-Madeleine-de-Flourens , etc. Cé- réales abondantes. Flore d'une extrême ri- chesse. Les vallées et les plaines sont d'une grande fertilité. Beaucoup de gibier et de poisson : ours, isards, aigles bruns, oiseaux de proie, truites, écrevisses. Fabrication de fers, exploitation de marbre, filatures, distil- leries, etc. Grand commerce de bois de cons- truction, de céréales, devins, d'ail, de truffes, de pâtés. Foires importantes à Toulouse quatre fois par an. Importation de houille. — 4 ar- rondissements, 39 cantons, 587 communes. Ch.-l. d'arr. : Toulouse, Muret, Sainl-Gaudens, Villefranche. Archevêché de Toulouse. GARONNE (Canal latéral à lai, canal long de 200 kil. qui fait suite au canal du Lan- guedoc, à partir de Toulouse. Jusqu'à .^gen, il longe la rive droite du fleuve et passe en- suite sur la rive gauche jusqu'à Caslets où il se termine. Ce canal fut commencé en 1838. Il a coûté près de 4,000,000 de francs. ' GAROU s. m. Il n'est guère usilé que dans I (•\pli>siiill LoUP-GAROU. (Voy. LOUP-GAROU.J ■ GAROU s. m. Bol. Espèce de lauréole, ap- f)elée aussi Bois gentil, qui porte de iielites )aies rouges très purgatives, cl dont l'éoorce, trempée dans le vinaigre, sert à faire des vé- sicaloires. (Voy. Sai.nbois.) GAROUAGE s. m. Ne s'emploie que dans ces phrases l.imiliéres el peu usitées : aWr en garouage, être en garouage, aller en parlie de plaisir ilans des lieux suspects. GARRAN DE COULON Jean-PhUippe), con- ventionnel, né a Saiiit-.\l:ii.\eiil il)i.-u.\-.Sévre.s) en 1748, mort en 1810. Envoyé a la Conven- tion par le Loiret, il vota, lors du procès du roi, pour la réclusion, VA\x au conseil des Cinq-Cents, il fulensuile nommé commissaire ilu Directoire, devint comte cl sénateur sous l'Empire, vola la déchéance de l'empereur el fut fait pair de France par Louis XVIII. GARRICK (David), acteur anglais, né le 20 lévrier 1716, mort le 20 janvier 1779. A l'âge de 18 ans, il fut l'un des trois élèves de l'académie du D'' Johnson, el en 1736, il partit pour Londres avec son professeur; il commença par étudier les lois et fut ensuite marchand de vins pendant quelque temps. 11 fit sa première apparition sur lascène, à Ipswich, en 1741, et à Londres, sur un petit Ihéâlre, dans Goodman's fields (lyoclubre), où il remplit le rôle de Richard III avec un grand effet. Sa renommée s'étendit rapidement et il devint bientôt le premier acteur anglais pour la comédie, la farce, la tragédie et la pantomime. En 1742, il se rendit à Dublin el fut reçu avec enthousiasme. En 174.5, il visita de nouveau Dublin, et fut pendant quelque temps directeur associé avec Shéridan. En 1747, il acheta comme comman- ditaire la moitié du théâtre de Drury-Lane el le 20 septembre, et ouvrit sa direction avec le fameux prolog'ue écrit par Johnson. En 1749, Garrick épousa une danseuse allemande, .M"° Vioietle, qui mourut en 1822 à l'âge de 98 ans. En 1763, il visita le continent. En 1769, il arrangea un jubilé en l'honneur de Sbakspeare à Stratford-5ur-.\von. Le 10 juin 1776, il fit ses adieux au théâtre en remplissant le rôle de don Félix dans la comédie Tlic Wondcr. GARRIGUES (iHontSl, montagnes de France qui font partie des Cévennes el dont le point culminant est le pic de Montant (1,040 m.). •GARROT s. m. (cell. ffûr, jambe). Parlie du corps de certains quadrupèdes, el princi- palement du cheval, qui est située au-dessus des épaules, el qui termine le cou, l'enco- lure: le garrot d'un cheval doit être haut et tranchant. — Cet bomme est blessé sur le garrot, son crédit; sa réputation a reçu quelque atteinte, on lui a rendu de mauvais oflices qui l'empêchent de s'avancer. * GARROT s. m. Morceau de bois court que l'on passe dans une corde, dans un lien quel- conque, pour le serrer en tordant: serrez davantage le garrot de celte malle, de cette scie. — Le supplice du garrot ou simplem. Le gar- rot, supplice de la strangulation usité en Espagne (Voy. Garrotte.) GARROTTAGE s. m. Action de garrotter. GARROTTE s. f. Supplice usité en Espagne el dans les colonies espagnoles. La gorge du criminel est entourée d'un collier de fer, et l'exécuteur tourne une vis dont la pointe pé- nètre la moelle epinière à l'endroit où elle s'unit à la cervelle, ce qui produit une mort instantanée. Le terme garrotte s'applique aussi à une manière de strangulation prati- quée par les voleurs. ' GARROTTER v. a. Lier, attacher avec de forts liens : il faut lier et garrotter ce pri- sonnier. — Garrotter quelqu'un' prendre GASC GASS GAST 77 l toutes les précautions, tous les moyens ima- ginables pour l'empêcher de manquer aux engai-'ements qu'il contracte, aux obligations qui lui sont imposées : je l'ai trop bien gar- rotté par ce contrat, pour que sa mauvaise foi me donne aucune inquiétude. — »* Appliquer le supplice de la garrotte : il fut garrotté en punition de ses crimes. GARROW ou Garo, district élevé de l'Assam (Inde anglaise), sur une courbe du Brahma- poutre, entre 25° et 26° lat. N. et entre 88° et 89° long. E. ; 8,300 kil. carr.; environ oO.OOO hab. C'est un territoire carré, bien boisé, bien arrosé et fertile, donnant principalement du coton. Les pluies y sont excessives et le climat est très malsain. Ses habitants forment un peuple actif, à peau noirâtre; on croit qu'ils sont alliés aux Gonds de l'Asie centrale. * GARS s. m. [gâ] ( anc. ail. wer). Garçon : un jeune gars. — Fam. Nom que se donnèrent, en 1793, ceux qui prirent part à l'insurrection de la Vendée. — «.v Par ext. Vigoureux, ré- solu : te gars ira loin. GARTEMPE, riv. de France qui naît dans le cant. d'Ahun-le-Moutier (Creuse) et qui af- flue dans la Creuse à la Roche-Pozay (Vienne), après avoir passé à Montmorillon. Cours, iUO kil. GARUM s. m. [ga-romm]. Saumure que les Romains employaient comme assaisonne- ment. GARUMNI, peuple aquitain qui habitait le long de la Garonne. * GARUS s. m. [ga-russ]. Elixir dont on fait usage dans certaines affections de l'estomac: le garus tire son nom de l'inventeur. On dit aussi, Elixir de Garus. GARVE (Christian), philosophe allemand, i)é en 17ii, mort en 1798. Il fut professeur à Leipzig de 1769 à 1772, et écrivit beaucoup sur la philosophie de l'histoire ; il a composé des ouvrages sur l'éthique et sur la littéra- ture, et a traduit les ouvrages d'.\ristote, de Cicéron, de Paley et d'Adam Smith. Ses œuvres comprennent aussi des Fragments sur l'histoire de Frédéric le Grand (2 vol. 1798). GASC (Charles), médecin, né à Cahors en nso, mort à Paris en 1848. Il entra en 1808 dans le service de santé de l'armée, fut fait prisonnier pendant la retraite de Russie et, à son retour en France, fut nommé médecin en chef de l'hôpital du JGros-Caillou et membre de l'Académie de médecine. On a de lui des mémoires, des notices et des articles de medf'cine. GASCOGNE, Vasconia, autref. (conjointement avec la Guyenne) l'un des grands gouverne- ments de la France, bornée à i'O. par l'Atlan- tique (golfe de Gascogne). Elle est comprise aujourd'hui dansles départements desHautes- Pyrénées, du Gers et des Landes. Son nom dérive des Vascones, tribu du N. de l'Espagne, qui l'occupaient vers ooO. Les premiers habi- tants étaient de race ibérienne. Les Romains l'appelaient Novempopulana ou Aquitania Tertia. La Gascogne, quoique souvent envahie par les rois mérovingiens, ne fut entièrement soumise qu'au temps de Charlemagne. En- suite elle fut gouvernée par les ducs d'Aqui- taine. Le mariage d'Eléonore d'.\quitaine avec Henri Plantagenel la fit passer à 1 An- gleterre (de 1152 à I4i)3); depuis cette époiiuc elle a appartenu à la France. — Golfe de Gascogne, Aquitanicus Sinus, partie de l'o- céan Atlantique comprise entre les cotes occidentales de France et les côtes septen- trionales de l'Espagne. Ou le nomme aussi golfe de Biscaye. GASCOIGNE (George), poète anglais, né vers lb37, mort eu I.j77. U a laissé une traduction libre de I Suppositi d'Arioste, sous le titre de The Supposes. C'est la pièce en prose la plus ancienne qui existe en langue anglaise. Il écrivit aussi The Princelye Pleasures of Kenel- worth Castle (1373), The Steele Glasse, une sa- tire en vers blancs (1376), etc. * GASCON, ONNE s. et adj. De la Gascogne; qui appartient a ce pays ou à ses habitants : accent gascon. Certain renard gascon, d'autres disent normand. . . Li FOSTAIHK. — S. m. Fanfaron, hâbleur : il se vante de telle et telle chose, mais c'est un gascon. GASCON s. m. Patois en usage parmi les ha- bitants de la Gascogne. GASCONISER v. n. Se servir, en parlant français, de tours empruntés aupatoisgascon. * GASCONISME s. m. Construction vicieuse usitée en Ga?cugne : cela n'est pas français, c'est un gasconisme. * GASGONNADE s. f. Fanfaronnade, vanterie outrée : cet homme se vante d'avoir été à trente combats, mais c'est une gasconnade. ' GASCONNER v. n. Parler avec l'accent gascon, ou en imitant l'accent gascon. GASCOYGNE (William), inventeur du micro- mètre, né en Angleterre vers 1621, tué a Marston Moor, le 2 juillet 1644, en combat- tant pour Charles l". U se servit de son ins- trument pour faire des observations astrono- miques et pour déterminer la magnitude ou la distance d'objets terrestres. GASPARIN I Adrien-Etienne-Pierre, comte de), homme d'Etat français, né a Orange en 17 83, mort en 1862. Il fut préfet sous Charles X, devint pair de France en 1834, après la sup- pression de l'insurrection de Lyon. JVIiiiistre de l'intérieur en 1836, il favorisa la réforme des prisons et dirigea l'Institut national d'a- griculture de 1848 jusqu'à son abolition en 1832. Il a écrit plusieurs ouvrages sur l'agri- culture.—11 (Agenor-Etienne), neveu du pré- cédent, publiciite, né à Urangeen 1810, mort à Genève en 1871. Il fut élu à la Chambre des députés en 1842, mais ne fut pas réélu en 1846, à cause de son zèle protestant. U passa le reste de sa vie près de Genève, où, chaque hiver, il fit des conférences sur l'économie politique, l'histoire et la religion. Sa mort fut hâtée par ses efforts en faveur des réfu- giés de l'armée de Bourbaki. Pendant la guerre civile des Etats-Unis il publia deux ouvrages en faveur de l'Union : Le soulèvement d'un grand peuple et L'Amérique devant l'Europe. Ses autres ouvrages sont : Christianisme et Pa- ganisme, La Famille, ses devoirs, ses joies et ses peines, et ses ouvrages posthumes : la "Vie d'In- nocent III et Le bon vieux temps. GASPARINO DE BERGAME, Gasparini Per- gamensis, surnommé Barzha, célèbre profes- seur de l'université de Padoue, né à lîarzizio, près de Bergame, vers 1370, mort en 1431. 11 ramena en Italie le goût de la bonne latinité et de la saine littérature, tira de l'oubli les œuvres de Cicéron et de Quintilien et laissa des ouvrages qui jouirent pendant longtemps d'une grande renommée. (Voy. notre article El'ISTOLAUUM LIBER.) 'GASPILLAGES, m. Action de gaspiller: tout est au gaspillage dans cette maison. ' GASPILLER V. a. [Il mil] (anc. haut ail. gaspiUlun, corrompre). Gâter, mettre en dé- sordre : gaspiller des papiers. — Dissiper avec une folle prodigalité : il a gaspillé son bien en peu de temps. — Figurément, dans le second sens : gaspiller son temps. ' GASPILLEUR, EDSE s. Celui, celle qui gas- pille. Il e^t taïuilier. GASSENDI (Pierre), philosophe et astro- nome, no à Champtercier, près de Digne (Provence), vers 1392, mort en 1633. A l'âge de 16 ans, il fut nommé professeur de rhéto- rique à Digne et à 20 ans professeur de phi- losophie à Aix, où il demeura jusqu'en 1623. Vers 1624, il fut nommé prévôt de la cathé- drale de Digne. En correspondance avec Galilée et avec Kepler, il accepta de bonne heure le système de Copernic et fut le premier à observer le passade de Mercure sur le disque du soleil. Lors de la publication du Discours de la méthode et des .Méditations de Deseartes, une controverse s'éleva entre les deux philo- sophes. En 16*3, Gassendi fut nommé par Ri- chelieu professeur de mathématiques au col- lège royal de France et, quelques années plus tard, il publia ses ouvrages qui forment une reconstruction du système philosophique d'Epicure, système qu'il essaya de concilier avec le christianisme. Abandonnant sa chaire en raison de sa mauvaise santé, il se retira à Toulon pour composer sa Syntagma Philoso- phicum (publiée après sa mort, 6 vol. 1638), revue encyclopédique de toutes les sciences et exposé complet de sa doctrine, renfermant un système éclectique philosophique plutôt qu'un nouveau système. Sur quelques points, Gassendi semble avoir devancé Lock. Il mé- rite d'être classé parmi les hommes les plus éminents, non seulement comme métaphysi- cien, mais aussi comme astronome, géomètre, anatomiste, helléniste et historien. 11 fut l'un des premiers disciples de Bacon et le pré- curseur de Newton. Ses recherches ont porté sur les aurores boréales, sur les parhélies, sur les conjonctions et les occultations des pla- nètes et sur l'aiguille magnétique. GASSION (Jean de), maréchal de France, né a Pau en 160'.», mort en 1647. Il commanda a Rocroi (1643) l'aile droite des Français et décida de la victoire. Blessé au siège de Thion- ville, il fut nommé maréchal, prit Courtrai, Fumes, Dunkerque et reçut une balle dans la tête, sous les murs de Lens. GASTEIN, [gâst'-aînn], Gastenium, vallée du duché de Salzbourg (Autriche), fameuse par ses paysages pittoresques et ses sources minérales. Elle mesure environ iokil.delong. et 3 kil. de lai-ge, et est entourée de mon- tagnes ayant jusqu'à 2,800 mètres de haut; elle est traversée par l'Ache, qui y forme plu- sieurs cascades. Le village de Hofgaslein, a 33 kil. S. de Salzbourg. renferme une popula- tion d'environ 1.000 hab. Wildbad Gastein ou Bad Gastein, à 9 kil., au S., est une station balnéaire les plus célèbres de l'Europe; elle est visitée annuellement par 3,000 personnes. — Convention de Gastein. La longue discussion entre l'Autriche et laPrusse, au sujet des du- chés conquis sur le Danemark, se termina par une convention provisoire que signèrent a Gas- tein, le 14 août 1863, Blura et le comte de Bis- marck. Cette convention ne reçut pas l'appro- bation des autres puissances et fut abrogée en 1866. L'Autriche devait avoir le gouvernement temporaire du Holstein, et laPrusse celui du Sleswig : on proposait l'établissement d'une tlotle allemande et Kiel était désigné comme portfédéral apparlenantà laPrusse. LeLauen- burg était entièrement cédé à la Prusse dont le roi devait payer à l'Autriche, comme com- pensation, 2,300,000 dollars danois. 'GASTERs.m.[gass-tèrr](gr.3os«^r,venlre). .\léd. Le bas-ventre, et quelquefois l'estomac. GASTÉROPODE adj. (gr. gastér, ventre; pous, podos, pied). Moll. Qui a le pied placé sous le ve:itre. — * s. m. pi. Troisième classe des mollusques, dans la classilication de Cuvier, comprenant ceux de ces animaux qui rampent à l'aide d'un pied placé sous le ventre. Cette grande classe comprend huit ordres : 1° nudibranchcs (doris, polycères, tritonies. thélhys, seyilécs, glaucus, éolides, teri,'ipes); 2° inférobranchcs (pliyllidies, di- phyllides); 3' tcctibnmches (apiysies, dola- bellcs, etc.); l" putmonés (limaces, escargots, 79 GAST ayalhiries, etc.); K" perlinibranches isahols, toupies, etc.); 6° Iwxirroides (volutw, buc- cins, etc.); 7° sculthranclus \ 8° cyclobranchcs. GASTÉROPTÉRYGIEN, lENNE adj. (pr. (jas- tér. voiilic; ptcrur, ii,i^eoii-p). Iclii. Dont les nap-coires ventrales sont situéei derrif^re les pectorales. — s. m. pi. Classe de poissons chfz lesquels les najjçoires ventrales sont situées derrière les pectorales. GASTÊROZOAIRE s. m. (gr. gasUr, ventre; zoùn, aiHiiiiilj. /oui. Animal chez lequel le syslènfie digcslil' a acquis une certaine prédo- minance. GASTON DE FOIX, duc de Nemours, général français, lié en liS9, mort le 1 1 avril 1512. Il était le fils de Jean de Koix, comte de Nar- l)onne, et do Marie d'Orléans, sœur de Louis XII. An coniniencement de 'IHlï, il fut nommé commandant de l'armée française en Italie, et, après une campagne brillante, il fut tué à la fin de la bataille de Ravcnnes. Cette perte décourai,'ea tellement les Fran- çais qu'ils recueillirent peu d'avantages de leur grande victoire. Gaston de Foix avait été surnommé le Foudre d'Italie. ' GASTRALGIES. f.(gr. gast<tLimac et de la méninge. * GASTRONOME s. m. (préf. gustro; gr. no- mos, loi). Celui qui aime la bonne chère, qui connaît l'art de faire bonne chère : c'est un gastronome. * GASTRONOMIE s. f. Art de faire bonne chère : il est 1res versé dans la gastronomie. — « Connaissance raisonnée de tout ce qui a rapport à l'homme en tant qu'il se nourrit. » (Bhllat-Savarin, Physiologie du goût.) ' GASTRONOMIQUE adj. Qui appartient, qui a rapport à la gastronomie. GATE • GASTRORAPHIE s. f. (préf. gastro; gr. ra- />/«?, suture). Chir. Suture (pi'on fait pour réunir les plaies du has-venlre. GASTRORRAGIE s. f. (préf. gastro ; gr. rheô. je l'oiili). Ilémonagie de l'eslornâc. GASTRORRHÉE s. f. (préf. gaslrn; gr. rhei, je coulej. l'athol. Catarrhe de l'estomac, ac- compagné de vomissements. •GASTROTOMIE s. f. (préf. gastro; gr. tome, ini-isioii). Chir. Ouverture que l'on fait au ventre par une incision qui pénètre dans sa capacité : l'opération césarienne est une espèce de gastrotomie. GATA ou DE GATTE Capl, promontoire d'Lspagne, sur la côte de (Jrenade ; ancien rendez-vous de pirates maures. GATCHINA, ville de Russie, ii 40kil. S.-S. 0. do Siint-Pétersbourg, sur un petit lac formé par la rivière d'Izhora; 8.890 hab. Elle est la propriété particulière de l'empereur; fa- meuse par son palais impérial bâti par le prince Gregory Orlolf. On y fabrique de la porcelaine, des étoffes et des chapeaux. * GATE. EE iiart. passé de Gatrh. — Cor- rompu, détérioré : fruit gâté, viande gâtée. — Cette pkmm^:, cette fille est gâtée, elle a une maladie honteuse. — E.nfa.m gâté, jeune en- fant que son père et sa mère gâtent par une trop grande indulgence. * GATEAU s. m. Espèce de pâtisserie faite ordinairement avec de la farine, du beurre et des œufs : gâteau d'amandes, de riz. — Prov. et par allusion à la fève qui se met dans le gâteau des Rois, Trouver la i-ève au gâ- teau, faire une bonne découverte, une heu- reuse rencontre, trouver le nœud d'une affaire, d'une question. — Avoir part au ga- tëac, avoir pari à quelque aliaire utile, avan- tageuse. — Partager le gâteau, partager le profit. Se prend lo plus souvent en mauvaise part : au lieu d'enchérir, ils se sont arrangés pour partager le gâteau. — Gâteau de miel, gaufre où les mouches d'une ruche font leur miel et leur ciie. — Sculpt. Morceau de cire ou de terre dont les sculpteurs remplissent les creux et les pièces d'un moule où ils veulent mouler une figure. GATE-BOIS s. m. Entom. Espèce de cossus dont la larve pénètre l'aubier des arbres dont elle cause la mort : des gâte-bois. ' GÂTE-ENFANT s. Celui ou celle qui, par excès d'indulgence, gâte un enfant : c'est un vrai gâte-enfant; des gâte-enfant. * GÂTE-MÉTIER s. m. Celui qui, en don- nant sa marchandise ou sa peine à trop bon marché, diminue le profit de son métier : il ne se fait pas assez bien payer, c'est un gâte- métier, des gâte-métier. (Fam.) GÂTE-PAPIER s. m. Mauvais écrivain : des gâte-piapier. ' GÂTE-PÂTE s. m. Mauvais boulanger, ou mauvais pâtissier : des gdtc-pâte. — Se dit, fig., de celui qui fait mal ce qui est de son métier, de sa profession. (Fam.) * GÂTER V. a. (lat. vastare, détruire). En- dommager, mettre en mauvais état, détério- rer, donner une mauvaise forme, etc. : la grêle a gâté les vignes. — L'âge agatéla maina cet écrivain, a ce chirurgien, l'âge lui a rendu la main moins légère, moins sûre. — Se gâter la main, s'habituer à négliger les règles de l'art, en faisant des travaux peu soignés : cet artiste s'est gâté la main. — Se dit fig. en parlant des choses morales, des productions de l'esprit, des aliaires, etc. : nous étions fort joyeux, quand il vint, par sa présence, gâter notre plaisir. — Fam. Gâter LES affaires, empêcher, par malice ou par gaucherie, qu'un accommodement ait lieu ; détruire le bon accord qui règne entre les personnes ; c'est un homme sans talent qui gâ- G ATI fera les affaires. — Fig. Gâter le métier, di- minuer le profit de son métier, en donnant sa marcliandise ou sa peine à trop bon mar- ciié : c'est gâter le métier, que de faire si bon marché de cette étoffe. Se dit aussi fig. : c'est un mari trop complaisant pour sa femme, il gâte le métier. — Gâter quelqu'un dans l'es- prit d'un AUTRE, nuire à sa réputation, le des- servir : on l'a bien gâté dans Ces'.irit des hon- nêtes gens. — Salir, tacher : un cheval m'a éclaboussé, et a gâté mon habit. — Fig. Gâter DU papier, écrire beaucoup et mal, ou écrire des choses inutiles : c'est un homme qui a gâté bien du papier dans sa vie. — Etre trop indul- gent pour quelqu'un, entretenir ses défauts, ses vices par trop de complaisance, trop de douceur : il ne faut point laisser cet enfant entre les mains de sa mère, elle le gâte. — Cor- rompre, dépraver l'esprit, les goûts, les mœurs, etc. : la lecture des mauvais livres, des romans, la mauvaise compagnie, gâtent^ Us jeunes gens, leur gâtent l'esprit. — Se gâter V. pr. Se corrompre : la viande se gâte du)is la chaleur. — Se dit, fig.,en parlant des change- ments de bien en mal, de la dépravation des mœurs, du goût, etc. : ce jeune homme se gale depuis qu'il fréquente un tel. — Il s'est bien GATE, il s'est bien décrié, il a bien perdu de sa réputation par sa faute. — Fig. et faiii. Cela se gâte, comuence a se gateu, les choses prennent, commencent à prendre une mau- vaise tournure. GATES (Hora tic), général américain, né en Angleterre en 1728, mort en 1806. Il entra de bonne heure dar.s l'armée anglaise, fut officier s,ous Braddock et, en 1763, il s'établit en Virginie. Il accompagna Washington à Cambridge en juillet 1775, comme adju- dant général, et en 1776, reçut le com- mandement en chef de l'armée qui venait de battre en retraite du Canada. La capitulation de l'armée anglaise à Saratoga lui donna une brillante réputation militaire, et l'hiver sui- vant, la cabale Conway intrigua pour lui don- ner le commandement en chef à la place de Washington. En juin 1780, il fut nommé commandant des forces du Sud. Après la dé- sastreuse bataille de Camden (16 août), il fut remplacé par le général Greene. En 1790, après avoir émancipé ses esclaves, il s'établit à New-York. ■ GÂTE-SAUCE s. m. Marmiton, mauvais cuisinier : des gâte-sauce. (Fam.J GATESHEAD, bourg du comté de Durham (Angleterre), sur le Tyne, en face de New- castle : SS,0fci8 hab. Manufactures impor- tantes, construction de navires, matériaux pour navires et locomotives. ■ GÂTEUX, EUSE s. Se dit, dans les hôpi- taux, d'inlirmes ou d'aliénés qui n'obéissent plus aux nécessités naturelles que d'une ma- nière involontaire et qui exigent des soins de propreté particuliers. — w s. f. Argot. Long pardessus avec patte derrière, usité de- puis 1873. GATH, l'une des cinq principales villes des l'Iiilistins. Il en est souvent faitnienlion dans l'histoire de David et de ses successeurs. Elle fut plusieui's fois soumise aux rois juifs. On supjiose qu'elle s'élevait au lieu où se trouve aujourd'hui Tel es-Salieh, à V.'> kil. S.-E. d'A.Nlidod et à .JO kil. S.-O. de Jérusalem. GATIEN (Saint) [ga-si-ain], premier évêquc de l'ours, ne a Home, mort à 'l'ours en HO.'i. Il fuiruii des apôtres des Gaules. Fête lelSdéc. GÂTINAIS (rad. rjdtine, pays inculte), Vas- liiii:ii,sis pagus, anc. pays do Franco compris en partie dans l'Orléanais et en partie dans l'Ile-de-France. Il était divisé en : Gdtinais français, ch.-l. Nemours, compris aujourd'hui dans lu dép. de Seiue-et-.Marno ; Gâtinais Orléanais, ch.-l. Montargis, partagé entre les dép. du Loiret, de la Nièvre et de l'Yonne. GAUC LeGâtinaisest renommé pour la qualité de son miel. — Habité, du temps de César, par les Sénones et par quelques Auretiani, il fit partie plus tard de la Quatrième Lyonnaise, eut des comtes au ix* siècle et fut réuni au domaine royal sous Philippe I". — Gattel. (V. S.) • GATTILIER s. m. Bot. Genre de verbéna- cées compienant des plantes, dont plusieurs espèces sont des arbrisseaux indigènes ou exotiques : l'agnus-castus est une espèce de gat- tiller. GATTINE s. f. Maladie des vers à soie. •GAUCHE adj. (anc. haut M.welk, faible). Qui est opposé à droit. Se dit, dans l'homme, du côté où se font sentir les battements du cœur : le côté, l'œil gauche. — Se dit aussi des animaux, dans la même acception : le pied gauche d'un cheval. — s. f. Main gauche, côté gauche : s'asseoir à la gauche de quelqu'un. — Fig., en termes de l'Ecriture sainte. Quand ON FAIT l'aumône, IL NE FAUT PAS QUE LA MAIN GAUCHE SACHE CE QUE FAIT LA DROITE, dans les bonnes œuvres, il faut éviter l'ostentation. — — Se dit aussi en parlant d'un bâtiment où l'on distingue deux parties, dont l'une répond au côté droit de l'homme, adossé à la façade du bâtiment, et l'autre au côté gauche : l'aile gauclte d'un bâtiment. — Se dit de même en parlant d'une armée, d'une troupe : l'aile gauche d'une armée, d'un bataillon. Dans ce ^ens, on l'emploie souvent comme substantif féminin: la gauche d'un bataillon, d'une ar- mée. — Se dit encore d'une rivière relative- ment au côté gauche de celui qui en suivrait le cours : la rive gauche du fleuve. — Absol.à Paris. La rive gauche, les quartiers de la ville situés sur la rive gauche de la Seine. — Se dit en outre de la partie, de l'extrémité d'un objet qui répond au côté gauche du spec- tateur placé en face ; les figures qui occupent le coté gauche du tableau. Ou l'emploie égale- ment comme substantif féminin: la gauche d'un tableau. — Se dit particul. dans cer- taines assemblées délibérantes, de la partie de l'assemblée qui répond au côté gauche du président : le coté gauche de l'assemblée. On l'emploie aussi très souvent comme substan- tif féminin : un membre de la gauche. — Se dit quelquefois de ce qui est de travers, de ce qui est mal fait et mal tourné: la taille de cette pierre est gauche. — Fig. Gêné, contraint, sans grâce: ce grand garçon, est bien gauche. — Maladroit: cet homme est gauche à tout ce qu'il fait. — A gauche loc. adv. Du côté gauche, à main gauche : sa maison est à droite, et la mienne est à gauche. — Fig. et lam. Donnera gauche, se tromper, ou se mal conduire. — Fig. et tara. Prendre une chose a gauche, la prendre de travers, la prendre autrement qu'il ne faut. — A droite et a GAUCHE, de tous côtés, de côté et d'autre: frapper à droite et à gauche. — Fam. Prendre A droite et a gauche, recevoir de toutes mains; prendre, tirer de l'argent de l'un et de l'autre. — « Argot milil. A la gauche, à la queue. Ceux qui arrivent en retard, se met- tent à la gaucho des premiers arrivés. * GAUCHEMENT adv. D'une manière con- Irainlc, gênée ou maladroite : cet homme se présente gauchement. * GAUCHER, ERE adj. Qui se sert ordinaire- ment de la main gauche au lieu de la droite: il e.st gaucher. — s. C'est un gaucher, une gau- chérc. GAUCHER DE CHÂTILLON Voy. Giiatillon. * GAUCHERIE s. f. Action d'une personne gauche, malailioitc : depuis huit jours que ce domestique est à nion seroice, il n'a fait que des gaucheries. — Manque d'aisance, de grâce, d'adresse: il a toute la gaucherie d'unnouiinu débarijué. ' GAUCHIR V. n. Détourner tant soit peu le corp.i pour éviter quelque coup: ilaurnitcté GAUb" 7 y blessé de. ce coup, s'il n'eût un peu gauchi. — Fig. et fam. Ne pas agir ou ne pas parler avec franchise: oîi n'aime point à traiter avec les gens qui gauchissent dans les affaires. — Perdre sa forme, se contourner : ce panneau de menuiserie gauchit. ' GAUCHISSEMENTS, m. Action de gauchir, ou résultat de cette action. GAUCHOS [ gaou'-tchoss ] , cavaliers des plaines de l'Amérique du Sud. Ils appartien- nentgénéralement à la race espagnole pure, ou légèrement mêlée au sang aborigène. Ce sont d'admirables cavaliers, très habiles dans l'emploi des bolas et du lasso. Leur occupa- tion est de dompter les chevaux sauvages, de garder les troupeaux, et de chasser les bêtes sauvages. Ils sont polis et hospitaliers, mais indolents et vindicatifs, adonnés au jeu et à l'intempérance. Ils se battent souvent entre eux, et de la moindre querelle résulte souvent la perte de la vie. Comme guides à travers les pampas, ils ne peuvent avoir de rivaux. Les gauchos ont joué un rôle important dans les luttes de l'Amérique du Sud et quelques- uns de leurs chefs ont obtenu les honneurs les plus élevés; d'autres comme Rosas, ont exercé leurs pouvoirs avec une rigueur implacable. * GAUDE s. f. Bot. Espèce de réséda dont les teinturiers se servent pour teindre en jaune. * GAUDE s, f. Espèce de bouillie qu'on fait avec la farine du maïs ou blé de Turquie. On l'emploie souvent au pluriel: un plat de gaudes. GAUDÉAMUS s. m. [go-dé-a-muss] (lat. ré- iouissoiis-noiis). Chant religieux de réjouis- sance : chanter des gaudéamus. GAUDENS (Saint-), ch.-l. d'arr., à 89 kil, S,-0. de Toulouse (Haute-Garonne), et à 28 kil, de la frontière d'Espagne, par 43" G' 29" lat. N. et 1° 36' 49" long. 0.; 6,651 hab. Fa- briquesde faïence, de lainages; huileries. Cette ville porta, sous la 1" République, le nom de Morit-d'Unité. GAUDICHAUD- BEAUPRÉ (Charles), bota- niste et explorateur, né àAngoulênie en 1780, mort en 1854. Il accompagna l'expédition de Freycinet et, en 1820, il fit naufrage aux lies Falkland; il perdit plus de 2,o00 de ses spé- cimens, sur 4,173 qu'il avait rassemblés. En l830-'33, il explora les côtes de l'Amérique du Sud; il fit ensuite le tour du globo et jusqu'à sa mort, il resta attaché au musée d'histoire naturelle. 11 a publié les résultats botaniques de ses voyages et plusieurs autres ouvrages. GAUDICHAUDIE s. f. (de Gaudichaud, n. pr.) Bot. Genre de malphaghiacées, compreuant quatre espèces d'arbrisseaux grimpants qui croissent au Mexique et au Brésil. * GAUDIR (Se) v. pr. (lat. gaudere]. Se ré- jouir; ou se moquer : se gaudir de quelqu'un. (Vieux.) * GAUDRIOLE s. f. (rad. gaudir). Propos gai, plaisanleiie sur quelque sujet un peu libre : dire, conter des gaudrioles. ' GAUFRAGE s. m. Action de gaufrer les élollc<. lêj rubans, les papiers elaulres objets. * GAUFRE s. f. (bas lai. gafrum'i. Rayon de miel, gâleau de miel : manger une gaufre de miel. — Espèce de pâtisserie mince et légère, cuite entre dcu.\ l'ers, et dont la surface pré- sente ordiiiairemenlde pelitscarreaux ou des dessins en relicl : servir des gaufres. GAUFRÉ, ÉE adj. Qui est imprimé avec des fers. * GAUFRER V. a. Empreindre, imprimer de certaines ligures sur des étoiles, avec des fers f.iils exprès : gaufrer du drap, du velours. — «V Se gaufrer v. pr. Etre gaufré. * GAUFREUR, EUSE s. Ouvrier, ouvrière qui ïaufre les étoiles. 80 GAUL • GAUFRIER s. m. Ustensile de ferJans le- quel ou l'ait l'uire des gaufres. • GAUFROIR s. m. Irislruinent pour pauficr les i-loU'cs. • GAUFRURE s. f. Empreinte que l'on fait sur uur ituUr en la paiirraiil : la ynufrure de ce velours n'ist /ms wjn'dlile. GAUGAMÉLE, Gitwjnmela, plaine de l'anc. Assyrie, prt^s d'Arbolles, à l'O. du Tigre. Alexandre y l'omporla (331 av. J.-C.) une {jiande viiluire .*ur Darius III. GAULAGE s. m. Action de frauler : le gaulage des pommes. ' GAULE s. f. (lat. caitlis, lipe). Grande perche : abattre des noix, des amandes, avec la yaiile. — Uoussinedont on se sert pour l'aire aller un cheval : faire aller un cheval avec une gaule. GAULE (lat. Gnllia, pr. Kellikè, Galatia). Nom qui désiifnait, avant Jules César, tout le pays habité par les Gaulois ou Celtes, et em- brassait par eonséqueiit non seulement l'an- cienne Gaule et le iN. de l'Italie, mais aus^ii une partie de l'Espagne, la [ikis grande partie de la Germanie, les lies Hnlanniqiies et plu- sieurs autres contrées. Pour l'histoire des pre- Tniers temps de la race celtique et de ses divers établissements dans les dill'érenles par- ties de l'Kurope (voy. Cki.tks). — 1. La Gaule était aiis^i appelée Gallia i'ransalpina un Gallia Ulterior, pour la distinguer de la (jnUia Cisiilpina, ou [lartie septentrionale de l'ilalie. On lui (l(jnnail encore les noms de Gallia Braccata et de Gallia Comata, pour ne pas la cunluiuii'e avec la Gallia Tojata qui était au N. de l'Italie, mais ces noms ne s'identiliaient pas complètement avec la Gallia Transalpina. La Gallia Braccata était la partie d'abord sou- mise par les Homains, celle qui devint plus lard la Provincia (Provence) ; elle était ainsi nommée parce que ses habitants portaient de larges culottes appelées bracese (braics). La Gallia Comata comprenait tout le reste de la contrée (à l'exclusion de la Gallia Braccata); elle était ainsi nommée à cause de la longue chevelure portée par ses habitants. Jusqu'au temps de César, les Romains ne connurent qu'une petite partie de la Gaule Transalpine. Au temps d'Auguste, la Gallia Transalpina était bornée au S. par les Pyrénées et la Mé- diterranée, à l'E. par le lleuve Varus (Var), par les Alpes, qui la séparaient de l'Italie, et par le Rhin qui la séparait de la Germanie ; auiN., par la mer du ÎSord etia Manche; a l'O., par l'océan Atlantique. Elle comprenait non seulement la France et la Belgique, mais en- core une partie de la Hollande, une grande partie de la Suisse et toutes les provinces de la Germanie situées à l'O. du Rhin. C'était donc un pays parfaitement limité par des frontières naturelles. Ses principales monta- gnes portaient les noms de monts Cebenna (Cévennes),de Juraàl'E. entre les Séquanais et les Helvètes, et de monts Vogesus ou Yosegus ('Vosges), dans le prolongement du Jura. Sa forêt la plus importante, Arduenna si/u(i(l'orêt des Ardennes) s'étendait du Hhin et du pays des Trévires jusqu'à l'Escaut. Ses princi|MUx cours d'eau étaient : à l'E. et au N., le Rheniis (Rhin), avec ses tributaires la Mosa (Meuse) et la Mosella (Moselle); la Scquana (Seine), grossie de la Matrona (Marne); au centre la L/gem (Loire), à 10. la (Jarumna (Garonne) et au S. le Rhodatnis (Rhône). La Gaule était célèbre par sa fertilité; elle renfermait une population nombreuse et belliqueuse. — A une époque très reculée, les Grecs eurent connaissance de la côte méridionale de la Gaule, où ils fondèrent (l'an 600 av. J.-C.) l'importante cité de Massilia (Marseille), dont les habitants créèrent plusieurs colonies et exercèrent une sorte de suprématie sur les districts environnants. Les Romains n'essayè- rent pas de faire des couquêtes dans la Gaule GAUL Transalpine, avant d'avoir romplétemcnl oc- cupé non seulement l'Afrique, mais aussi la Grèce et une grande partie de l'Asie ociMden- lale. L'an 1 l'.'i av. J.-C, le consul M. k'ulvius Flaccus commença la soumission des Salluvii. lu S. de la Gaule. Pondant les 3 années qui suivirent (de 124 à 122), les Salluvii furent complètement subjugues parSextiusl^alvinus, et les vainqueurs fondèrent dans le pays con- quis la colonie à'Aqux Sextix (Aix). L'an 121 . les Allobroges furent défaits par le consul Boniitius Ahenobarbus, et, la même année, (J. Fabius M ixiinus remporta une grande vic- toire sur les forces réunies des Arvernes et des Allobroges, au coiilluent de l'Isère et du Hhône; le S. de la Gaule devint alors une pro- vince romaine. En 118, fut fondée la colonie de ISarbo Martius (Narbonni:), qui devint la ville principale de la province. Dans les Com- mentaires de César, la province romaineporte simplement le nom de Provincia, qui la dis- tingue du reste de la contrée; c'est de là que lui vient son nom actuel de Provence. Après une lutte de quelques années (.j8-a0), César subjugua tout le reste du pays. A cette époque la Caille était divisée en trois parties : \ Agui- ttniia, la Celticabi la Belgica, d'après les trois dilferentes races qui l'habitaient. Les Aguilani (Aquitains) vivaient au S.-O., entre les Pyré- nées et la Garonne; les Celtx (Celtes) ou Galli proprement dits étaient fixes, au centre et à l'O., entre la Garumna, la Sequana et la Mu- trona ; et les Iklgx occupaient au N.-E. le [lays compris entre la Sequana, la .\Iatrona et le Hhiii. Les plus impoitaiites tribus des Celta; ou Galli étaient : 1° Entre la Seine et la Loire, les AiiMOHici, nom générique de tous les peuples qui habitaient les côtes, entre les embouchures de ces deux lleuves; les Aulerci, fixés à l'in- térieur, près des Annorici ; les iNamnetes et les Andecavi ou Andks, sur les bords de la Loire; les Caunutes à l'E. de ceux-ci; et sur la Seine, les Parisii, les Se.nones et les Tiu- CASSEs. 2'' Entre la Loire et la Garonne, les Pic- io.NEsetlesSANïONEs,arintérieur,lesTuRONEs; probablement sur les bords de la Loire, les BiTURiGEs Cuui. les Lemûvices, les Petrocorh et les Cadurci ; à l'E. de ceux-ci, dans les mon- tagnes de Cebenna, habitaient les puissants Arverni (dans l'Auvergne moderne); plus au S. étaient les Ruteni. i" Sur le Hhone et dans le pays environnant étaient établis, entre le Rhône et les Pyrénées les Voles, entre le Rhône et le^ Alpes les Salves ou Salluvii ; auN. de ceux-ci, IcsCavares; entreleHhône, l'Isère et les Alpes, les Allobroges et plus au N. les JEûUi, les Sequani et les Helvetii, trois des plus puissants peuples de toute la Gaule. — Auguste divisa la Gaule en 4 provinces : l»La Gallia Narbonensis, (orniée de l'ancienne Provincia. 2" L& Gallia Aijuilaniea, qui s'éten- dait des Pyrénées à la Loire. 3° La Gallia Lug- dunensis, qui comprenait le pays situé entre la Liger, la Sequana et l'.lrar; elle tirait son nom de la colonie de Lugdunum (Lyon) fondée par Muuatius Plancus. 4" La Gallia Bel- gica, entre la Sequana, l'Arar et le Rhin. Peu de temps après, la partie delà Belgique située sur les bords du Rhin, et qui était habitée par des tribus germaniques, fut divisée en deux nouvelles provinces appelées Gcrniania prima et Germania secunda ou Germania supe- rior et Germania in/'eiior. Plus tard, la Gaule fut plusieurs fois subdivisée et, sous le règne de l'empereur Gratien, elle forma 1 7 provinces. La Gallia Narbonensis appartenait au sénat; elle était gouvernée par un proconsul ; les autres provinces appartenaient à l'empereur et étaient gouvernées par un légat impérial. Après le règne de Claude, une formidable in- surrection fut réprimée dans les Gaules, qui se romanisèrent alors de plus en plus. La langue latine s'implanta peu à peu dans les Gaules et la civilisation romaine jeta de pro- londes racines dans toutes les parties de la contrée. Les rhéteurs et les poètes de la Gaule GAUL occupèrent un rang distingué dans la dernière partie de l'histoire de ia littérature romaine : Burdigala, Narbo, Lugdunum et plusieurs autres villes (>ossédftrenl des écoles dans les- quelles la littérature et la philosophie furent cultivées avec beaucoup d'éclat. Lors de la dissolution de l'eni|)ire romain, la Gaule, comme les autres provinces romaines, fui envahie par les barbares: Francs, Alemaniii, BuriMudes, Wisigoths, Huns, ele. — IL La Gallia Cisalpina, aussi appelée Gallia Citerior ou Gallia Togata, province romaine du .V. de l'Italie, horme a 1 0. par la Liguria et la Gallia Narbonensis (dont elle était séparée par les Alpes), au .\. par la RbtEthia et le Nori- cum, à l'E. par l'Adriatique et la Venetia (dont elle était séparée par l'Athesis) et au S. par l'Etruria et l'Umbria (dont elle était sé- (larée par le Huhieo). Le Pô la divisait en Gallia Transpadana, aussi appelée Italia Transpadana au M., cl en Gallia Cispadana au S. La plus g'rande partie de cette eontii-e était une plaine arrosée par le Padus (PO) et par ses aftluents; c'était l'un des plus fertiles pays de l'Europe. Elle fut primitivement ha- bitée par les Liguriens, les Ombriens, les Etrusques et i[uelques autres peuples, mais sa fertilité tenta les Gaulois, qui plusieurs fois passèrent les Alpes et s'établirent dans cette contrée, après en avoir ihassé les pre- miers habitants. L'histoire fait mention de cinq immigrations distinctes faites par les Gaulois dans le .N. de l'Italie. La première eut lieu sous le règne de Tarquinius Priscus : elle fut dirigée par Bellovesus, qui s'établit avec les siens dans la contrée des Insubres où il bâtit .Milan. La deuxième se composa des Ce- nomaiii, qui se fixèrent aux environs de Brixia et de Verona. La troisième fut laite par les Salluvii, qui poussèrent jusqu'au Ticinus; la quatrième se composa des Boii et des l.ingones qui passèrent le Pô, et prirent possession de tout le paysjusqu'aux .\peiiiiins, en chassant devant eux les Étrusques et les Ombriens. La cinquième immigration, la plus importante de toutes, fut faite par la race belliqueuse des Senones, qui envahirent l'Italie en nombre Immense sous le commandement de Breninis et s'emparèrent de Rome, l'an 3>J0 av. J.-C. Un certain nombre d'entre eux repassèrent ensuite les Alpeset rentrèrent dans leur pays; mais la plupart se tixèrent dans le M. de l'Italie et, pendant plus d'un siècle, furent la terreur des Romains. Après la première guerre punique, les Romains résolurent de tenter un vigoureux eliuit pour se débarrasser de ces dangereux voisins. Dans l'espace de quatre ans (22b-222), tout le pays fut conquis, et après la lin de la guerre (222) il fut réduit à l'état de province romaine. Meanmoins, les habitants ne supportèrent pas patiemment le joug et ce ne fut qu'après une dernière vic- toire sur les Boii (lUIj que les Romains res- tèrent définitivement maîtres de cette partie de la Gaule. Les plus importantes tribus de la Gallia Transpadana étaient, en allant de l'Û. à l'E. : les Taurini, les Salassi, les Libici, les Insubres, les Ce.nomani : en suivant la même direction, dans la Gallia Cispadana, on trou- vait les Bon, les Lingùnes et les Seno.nes. * GAULER V. a. Battre un arbre avec une gaule, pour en faire tomber le fruit : gauicr un pommier, un noyer. — Gauler des pommes, des noix, des chataig.nes, etc., abattre des pommes, des noix, des châtaignes, etc., avec la gaule. GAULETTE s. f. Petite gaule. •GAULIS s. m. Eaux et For. Se dit des bran- ches d'un taillis qu'on a laissées croître : lier des gaulis. — Vén. ,Se dit des menues branches d'arbre que les veneurs plient ou détournent, cjuand ilspercentdans le fort d'un bois : détour- ner des gaulis. * GAULOIS, OISE adj. et s. Habitant de la GAUM Gaule; qui appartient à ce pays ou à se? ha- bitants : lainonarchie, en France, n'estpusijmi- loise, mais franque. — f'ani. C'est un vuai Gaulois, iinbon Gaulois, c'est un hornme franc et sincère. — Probité gauloise, probité sévère. Franchise gauloise, grande franchise. — Gaieté gauloise, gaieté franche et vive. — Es- prit gaulois, esprit un peu libre et qui n'ob- serve pas toutes les convenances. — Avoir les manières gauloises, avoir les manières du vieux- temps. — Fam. C'est du gaulois, se dit d'un vieux mot, d'une vieille façon de parler: vous jiarlez gmilois. — ,\djectiv. dans un sens analo- gue : tournure, expression gauloise. GAULOIS s. m. Langue parlée par les Gau- lois (Voy. Celte.) GAULTHÉRIE s. f. (de Gaulthier, nom d'un botanisli' français). Genre d'éricinées, compie- uantplusieurs espèces qui habitentl'Amérique. La yaulthérie couchée {gaultheria procumbens), O.uilllitrie couchée [GiuiUlicria procumbens), et section de son fruit. arbuste toujours vert, bas et aromatique, se trouve dans les bois humides, particulière- ment à l'ombre des arbres toujours voi'ts, dans le Canada, dans les Etals du Nord et le lour- des montagnes de la Caroline du Nord. A me- sure que le fruit mûrit, le calice augmente de volume, devient épais, charnu, et enferme presque entièrement le fruit; il ressemble a une baie d'un écarlate brillant. Lestleurs ap- paraissent en mai et en juillet; les baies mû- rissent en automne et restent jusqu'au prin- temps; elles ont un gôùl légèrement aroma- tiipie. Les feuilles et les tiges sont fortement aromatiques, à cause d'une huile volatile que l'(Mi peut séparer par la distillation, et que l'un em|iliiie pour donner de l'arôme aux con- lisenes et pour masquer le goût de coi'tains médicainents; la plante elle-même est aslrin- genln et aromatique; on l'emploiequelquefois en infusion contre la diarrhée. GAULTIER Aloïsius-Edouard-Camille, abbé), né en I7'i(i a \sti (l'iriiuinlj de parents français, mort à l'aris le d'J sept. 1818. Venu en France- vers 1180, Il se consacra à l'inslruîlion de l'enfance. Il inventa des jtio/is, dos étiquettes, des loteries qui apprenaient la théorie par la praliquc l'I parlaienl aux yeux en même temps qu'a l'nilelhgence. Il quitta la France lors de la Uévoliition et si; n'iidit en Hollande et à Londri's où il continua son œuvre. On a de lui plusieurs ouvrages sur la géographie, la grammaire, etc. La collection de ses œuvres tonne '21 vol. in-lH. GAULTIER (Saint), ch.-l. de cant., arr. et à 28 kil. K. du lilaui: (lndre),burlaCreuse; 2,422 liab. Elevage d'aheilles. GAUME Jean- Joseph), auteur français, né à Fuans(l)uulis), en I.SUJ.morlen 1869.11 fut[)r(]- fesseur ib: théologie et plus tard directeur du séminaire de iSevers, chanoine, vicaire gé- néral et protonotairc apostolique. En 18ol, il 211 GAUT publia Le Ver rongeur des sociétés modernes, Iraçantlesmaux sociaux des 4 derniers siècles, depuis la renaissance de l'art païen et de la littérature. Il fit ensuite une collection des classiques chrétiens qu'il regardait comme les seuls inofl'ensifs pour léiliication. Dupan- ioup lui résistaavecsuccès dans la controverse irritée qui s'ensuivit. Son Catéchisme de per- sévérance {S vol., 1838) a eu de nombreuses éditions. ' GAUPE s. f. Terme d'injure et de mépris. Se dit d'une femme malpropreetdésagréable : 0 la vilaine gaupe, la sale ganpe! (Très fam.). * GAURE s. m. Nom synonyme d'Infidèle, qu'on donne, dans la Perse et aux Indes, aux restes encore subsistants de la secte de Zo- roastre, c'est-à-dire, aux ignicoles ou adora- teursdufeu, désignés souvent aussi parle nom de Guèbres. GAUSS (Karl - Friedrich) , [gaouss], ma- thématicien allemand, né dans le Brunswick en 1777, raorlen 18oo. Ses Disquisitiones Arith- TOéh'c» (1801), lui donnèrent de suite une place distinguée parmi les savants. De 1807 jusqu'à sa mort, il restaprofesseurde mathématiques et direcl,eurde l'observatoire deGœttingen. Il introduisit des innovations importantes en géodésie, inventa l'héliotrope qui porte son nom et introduisit une méthode pour la cor- rection des erreurs dans les triangulations étendues. Après 1831, il employa principale- ment ses loisirs à l'investigation du magné- tisme etiiiventale mag[iéloinèlre,pourappré- cier la variation de l'aiguille magnétique. Ses œuvres font époque dans t'hi>toiro dessciences. Laplace le déclara le plus grand mathémati- cien de l'Europe. GAUSSE s. f. (\Ai. gavisus, qui est en belle humeur). Plaisanterie : conter des gausses. • GAUSSER (Se) v. pr. (rad. gausse). Se mo- quer, railler : il se gausse de tout le monde. (Pop.) " GAUSSERIE s. f. Moquerie, raillerie : il l'a dit par (jdussrrir. (Pop.) •GAUSSEUR, EUSE s. Ohii, celle qui a coutume de se gausser des autres : c'est un (jausseur. — Adjecliv. : elle est naturellement gausseusc. (Pop.) — Gauthci/. {V. S.) GAUTIER s. m. (de la Chapelle-Gautier, vil- lage du Perche). Nom que l'on donne à des paysans percherons et normands qui se sou- levèrent en \o'r>l contre les exactions des geiio de guerre, et qui furent détruits près d'Argen- tan, le 22 avril I.S89,parle duc de Montpensier. GAUTIER (Théophile), poète et littérateur, né à Tarbes le 31 août 181 I, mort en , 18/2. Au sortir du collège Charlemagne, il entra dans l'atelier du peintre lîioult, se découra- gea au bout dedeux ans et se vouaà la poés-e. Présenté par Sainte-Beuve a Victor Hugo, qui lui adressa quelques pai'olesd'cncouragenienl, il devint l'un des plus fervents disciples, et, |;ioui' ainsi dire, l'apôtre deréc;ole romantique. Sa luxuriante chevelure noire et ses costumes exi'entriques sont restés légendaires, ainsiquc les formidables coups de poing qu'il adminis- trait les jours de première aux classiques écra- sés sous le poids de cette éloiiueuce peu per- suasive. Son premier volume de vers, publié au moment de la révolution de 1830, pasaurien3, voisin des crocodiles, caractérisé par des mâchoires longues, droites et étroites Gau.x ipii vont en s'élargissant un peu à rexlrémité. L'espèce commuiio, le gawil du Gange {ga- vialis gangeticus, Geolï.) atteint une longueur III. 82 GAY de plus de 7 mètres. 11 est commun dans |r (janfje cl dans les aulrcs riviiTes dn lAsii'. PhisicMirs espèces africaines onl èlé dùciilrs. La sliuclure générale cl les habitudes du gavial ne ditlëront pas esscnticllenienl de celles cin crocodile. * GAVION s. m. Gosier; il a mangé comme hit IdUji, il eu a jusqu'au gavion. GAVOT, OTTE adj. et s. Habitant de Gap ; qui coiirernc la ville de Gap. ' GAVOTTE s. f. Air de danse à deux temps, ([ui rsi l'iFilipusé de deux reprises, et dont le iiiDuvcnicnl est queliiuefois vif cl gai, quel- quefois tendre et \eul: jouer une guvotlr. — Danse dont les pas sont faits sur cet air: danser la gavoUe. GAVRAY, ch.-l. de canl., arr. et à !!• kil. S.-S.-O. de Coutanees (Manche) sur la Sienne; I :fili bah. GAVROCHE s. m. Personnage des il/iseni'/cs do Victor Hugo. Gavroche est devenu le l\\ic du gamin de Paris. ' GAY (Claude), naUiraliste et ex ploraleur, ne il Di-.iguignan en 1800, mort en IS7;). H voyagea en Grèce cl en Orient, visita en 4 828 le Chili, où il éludia labulanique, lazuij- logie et la mélcorologie do ce pays et de plu- sieurs aulres parties do l'Amérique du S. .\ son retour à Paris en 1842. il publia en espa- gnol, aux frais du gouvernomenl chilien, une llisloire physique elpolitique du Chili (i24vol., 18i3-'ul, avec un atlas en 2 vol. in-i"). GAY (Delphine) Voy. Gmiaudin. GAY (John), poète anglais, né en 1688, mort en 1732. En 1711, il publia son poème Rural Sports cl bientôL après, The Shciilierd's Weeli, qui obtint un grand sui'cès. Eu 171;!, il fil une comédie appelée The Wifi^ of iiatli, qui fui suivie de W/tuî d'ye Vatl il, ei de Three huin s aflcr Marriage quineréussit pas.En 1727 païut sou célèbre Ueji/ar's Opcra, qui eut Gi repré- sentations successives. Celte pièce fui suivie d'un autre opéra, Polly, dont le lord chauj- bcllau défendit la rcprésenlalion. Les plus importants de ses aulres ouvrages sont: Trivia ou The art of Walking the streets of London et ses Fables ingénieuses et enjouées. Les plus populaires de ses autres poèmes sont les ballades de Black-eyedSusan cl 'Twas when the Seawas hoariiig. GAY (Marie-Françoise-Sophie), femme de lettres, née à Paris en 177(), morte eu 18î)2. Elle était fille du financier Nichaull de la Va- lette. Elle épousa M. Liottierea 1793,divori;aeu 1799 et devint la femme de M. Gay, receveur gé- néral des finances du déparlcmeul delà Roer. Elle habita avec celui-ci poudanl 10 ans à Aix-la-Chapelle, et ensuite à Paris et à Ver- sailles. Elle réunit autour d'elle une société «ombreuse. Ses meilleurs ouvrages soûl : Léonie de Monlhreuse, Anatole et Les Malheurs d'un amant heureux. Les Souvenirs d'une vieille femme, donnent sou histoire personnelle. Elle cul pour fille M"" de Girardiu. GAYA, ville du Hcngale (Lide anglaise), dans le district de Behar, divisée par le Phalgu tributaire sacré du Gange, à 360 kil. N.-U. de Calcutta; enviroji 40,000 hab. La partie ancienne de la ville est habitée par les Bra- hmanes. Nombreuses pagodes el lieux de pèle- rinage visités par les dévols de toutes les parties de l'Inde. Les ruines de Buddha-Gaya, lieu de naissance supposé de Bouddha, sont près de cette vdle. * GAYAC s. m. Voy. Gaïac. GAYETTE s. f. Nom que les briquetiers douueul au menu charbon de terre. GAY-LUSSAC (Joseph-Louis), chimiste physicien, né à Saiiil-l,éonard-le-i\oblat (Li- mousin), en 1778, niorl eu IS.'iO. Etant pro- fesseur adjoint à l'école polylech nique, il fut GAZ chargé, avec Hiot, de faiic des expériences re- latives à la diminution de la force niagnéli- i|ue Sx de grandes hauteurs. Il fit deux ascen- sions eu ballon, la pi'emière le 23 août 18(»4 avec Biol. el la deuxième le IS sent., sans rnssistance de ce dernier. Dans sa deuxième ascension, il atteignit lu hauteur extraordi- naire do '7,010 mètres. IJi |sii;i-'0, Gay- Lus- sac, de concert avec llund)i)ldl, continua ses recherches scientifiques eu France, en Suisse, eu Allemagne el en Italie. Il commença, en 1807, ses recherches sur l'expansion de l'air et des gaz à des températures s'élevant gra- duellement, et il établit la loi que, lorsque les lliiide> sont exempts d'humidité, ils se di- luteutuuifurmément et en quantité égale pour tous les accroissements uniformes de tempé- rature, du moins entre zéro el 100° C. Il dé- montra aussi ipie les gaz se combinent en proportions simples d'j leurs volumes. Associé avec Thénard el ensuite seul, il lit des re- cherches originales de grande valeur. Il in- troduisit plusieurs nouvelles inélhodo d'ana- lyse et inventa divers iustrumcnlsimportauls, parmi lesquels le barorrièlre à siphon, l'al- (•oulonièlre, le chloromèlre el l'alcalimètre. Eu 1832, il abandonna la chaire de la Sor- bonuc à la(]uelle il avait été nommé en 1809 el il accepta celle de chimie générale au Jardin des plantes. En 1831, il devint membre de la Chambre des dépulésel en 1839, pair de Erance. " GAZ s. m. [gaz] (sax. gast, ail. geist, holl. ijeest, es]M'il). Chim. Tool fluide aériforme : l'air atmosphérique se compose de gaz oxygène, de gaz azote, et de gai acide carbonique. — Gaz l'KHMANKNTs, ceux qui conservent l'étal aéri- forme et toutes les Lempéralures connues. Ou appelle, par opposition. Gaz non pehmanents, ou Vai'KUiis, ceux qu'un cerlaiu degré de froid réduit à l'état liquide. — Se dit absol. (lu gaz hydrogène carbuiu; (pie l'on emploie pour l'éclairage, pour le cbaiillage ou comme moteur : moteur à gaz; eclairai/c au gaz. — Bkc dk gaz, espèce de robinet en forme de bec (le lampe, jiar lequel ou donne issue au gaz distribué dans les conduits, lorsqu'on veul l'allumer pour qu'il éclaire : jiayer tant par bec de gaz, tant par bee. — Gaz ('oktaïik, gaz d'éclairage que l'on transporte dans une voi- ture pour le distribuer aux établissements, aux logis où manquent les appareils ordinaires de gaz. — Par ext. Compa-'iiie ijui fournil le gaz employé à l'éclairage, au chauHage ou comme moteur : action du gaz parisien. — Encïcl. Lemolgraz, terme générique employé pour désigner tout tluido aériforme qui n'est ni liquéfié, ni solidifié aux températures cl aux pressions ordinaires, a été introduit par Van Helmoiit, au commencement du xvii^' siè- cle. Les anciens connaissaient peu de chose des corps aériformes; mais, sous le nom de spiritus ou llatus, les écrivains du xiV au xvn<^ siècle ont fait allusion au gaz artificiel. Les dili'éreuls gaz sont décrits dans notre Dic- tionnaire, sous lesnoras qui leur appartienne ut. — DiFi''usioN DES GAZ. Tous les gaz, quand ils sont mélangés mécauiqucnient dans une pro- portion quelconque, teiulenl à se répandre uniformément, sans égaid à leur gravité spé- cifique. Ainsi, si deux bouteilles superposées sont mises en communication par un tube de verre de 2'i à 30 cent, de long, el d'environ 1 millimètre de diamètre, el si la bouteille supérieure est remplie avec le plus léger de tous les gaz, l'hydrogène, tandis que la bou- teille inférieure contient de l'oxygène, dont la gravité spécifique est 16 fois celle de l'hy- drogène, ou de l'acide carbonique, qui est 22 fois aussi pesant que ce dernier, on trouvera, au bout de deux ou trois jours, que les deux gaz se sont mélangés dans les bou- teilles. La dili'usion des gaz les uns à travers les aulres était regardée par Dalton comme une conséquence nécessaire de la propriété de répulsion spontanée des parlicules des corps GAZ gazeux, en raison de laquelle chaque gaz se répand dausl'espace occujié jiar l'aulre comme il le ferait dans le vide. — Gaz D'KCLAiHA(iK. (^e g'az provieid, jus(|u'à un certain point, de sources naturelles, mais la plus grande partie se lire des substances suiv.'intes : 1» le char- bon de terre ; 2° le bois; .3° la lourbe ; 4° la résine; îj" le pétrole; 6° les huiles et les graisses ; 7» l'eau el le coke. Il y a beau- coup de localités où l'on a pensé pendant longtemps (|ue le gaz combustible sort de la terre. Le gaz est employé, en Chini', depuis des siècles ; on l'enlève dans des tubes en bambou des fissures des mines de sel on exploitation, à une profondeur de 400 à UOO mètres. — Le premier essai pra- ti(pic de l'éclairage au gaz est généralement attribué à William Murdoch qui, en 1792, se servit du gaz du charbon de terre pour éclairer les boutiques de Redruth dans la Cor- nouailles. Son invention resta inconnue jus- (pien 1802, époque où elle fui introduite à la louderic de Boulton el Wall, à Soho, |irès de Birmingham. — Les chaibons bitumineux sonlcmnloyésùsa fabrication. (Voy. IIouilli;.) Les pioiluits de la distillation destructive de charbon bitumineux se composent d'un grand nombre de gaz, de liquides et de solides, qui peuvent être classés comme suit, d'après une analyse de Bunsen : Coke. C8.!i:i Goudron i2.23 7.40 7.04 1.13 1.07 G^iz (ii>s marais . . . Oxviic carlioiiire que par di'ui- ffrenient, et il a été remplacé, dans l'usafie ordinaire, par le mol de. .loiirnaliritc. — Celui qui vendait ou qui donnait à liie les gazettes : ufipi'h'z II' {/lizi^lier. GAZETIN s. m. Petite gazette. * GAZETTE s. f. [ga-zè-te] (ital. r/azeWi. pelilc iiiuiiiuiie vénitienne qui élail le prix di- cliaque numéro du premier journal qui parut à Venise au xvii'^ siècle). Journal, écrit pé- riodique, contenant les nouvelles politiques, littéraires ou autres: Gazette de France. (Voy. •louRNAL.) Il est aujourd'hui moins usité que Journal. — Fig. et par dénigrement. Histoire, l>oème où les événeineuls sont racontés d'une manière sèche et dénuée d'intérêt : cette his- toire est une gazette fort sèche et fort ennuyeuse. — Fig. et fam. Personne qui rapporte tout ce qu'elle entend dfre : cette femme est la ga- zette du quartier. GAZEUR s. (rad. gaze). Qui gaze, qui voile ses expressions. GAZEUSE s. f. Ouvrière en gaze. * GAZEUX, EUSE adj. Chim. Qui est de la nature du gaz: /luide gazeux. — w Eaux MINÉRALES GAZEUSES, eaux minérales qui con- tiennent du gaz acide carbonique. ' GAZIER s. m. Ouvrier en gaz. GAZIER, 1ÈRE s. Ouvrier, ouvrière en gaze. GAZIFÈRE adj. (franc, gaz; lat. fero, je porte). Qui sert à la fabrication du gaz : appa- reil gazifère. GAZILLON s. m. [Il mil.]. Léger tissu de gaze. GAZNA, Ghuzni, Ghiznee ou Ghazna, ville fortiliée de l'Afghanistan, sur la rivière Ghuzni, à 120 kil. S.-S.-O. de Caboul, à "2,500 pieds au-dessus du niveau de la mer; de 3,000 à 10,000 hab. Entrepôt commer- cial entre le Punjaub et le Caboul. Jadis Ghuzni était une ville magnifique. Vers 970, Alp-Teghin, gouverneur du Khorasan. sous le roi de Bokliara. se révolta et établit à Ghuzni le siège d'un nouvel empire, compre- nant le Caboul et le Candahar. Sous Mah- moud, son troisième chef. Ghuzni acquit une grande importance historique. Mahmoud étendit son empire du Tigre au Gange el de l'océan Indien a l'Oxus. 11 fonda une univer- sité et la dota, patronna la littérature, et fit . affluer à sa cour les poètes et les philosophes. Après sa mort (vers 1030), Ghuzni tomba en r.E,\T décadence. En 1152, elle fut prise par le priiici^ de Oliore. GAZNE'^IDES, dynastie lartare qui lire son nom de l.i ville" de Gazna, sa capitale, i-l qui étendit sa doininalioii sur uni; grande partie de la Perse et de llndou-lan. Ses premiers chefs furent Alp-Teghin (900), Se- bek-Teghin (97.-i), Malimoud (!»'J7), MassomI (lOiK). Ce dernier fut vaincu par- les Tur.s Si-ldjonkides à la bataille de Lendékan (lo:i>j) et ses successeurs vécurent obscurément. Il- lurent chassés deOazna (H;iS)par Ala-Eddvir. Il' dernier d'entre eux fui mis à mort .i l-ahoi-r (I I.SO). GAZOGÈNE adj. (frai.ç. gaz; gr. yenna,), j engendre). Qui serlàfabriquer l'eau deSdlz artiticielle. — s. m. Appareil avec lequel on fait de l'eau de Seltz. GAZOLYTE s. m. (fr. gaz; gr. lutos, soluble). Chim. Corps formant des combinaisons ga- zeuses permanentes avec l'oxygène, l'hydro- g-ène ou le fluor. • GAZOMÈTRE s. m. (fr. gaz; gr. metron, mesure;, (.him. Inslrument qui sert à me- surer la quantité de gaz em[)lovée dans une opération. — Parlicul. Appareil ou l'on pré- parele gaz hydrogène destiné à l'éclairage, et d'où il est distribué par des conduits aux divers endroits que l'on veut éclairer : cta- lilir un gazomètre. GAZOMÈTRIE s. f. Phvs. Art de mesurer et dr pcMT I.', ,i,M/.. ■ GAZON s. m. (bas lai. guaso, waso; anc. haol. ail. wiizoïi'). Herbe courte el menue ; ou terre ipii est couverle de celle herbe : semer du gazon. ~ Auplur.MoUes de terre carréesct couvertes d'herbe courteet menue, dont on se sert pour faire des gazons artificiels : lever des i/nzoïis. GAZONNAGE s. m. Action de gazonnor. • GAZONNANT, ANTEadj. Ilort. .Se dit de.- plantes herl.,t,-.'es grêles, courtes et touU'ues qui forment un gazon : •plantes gazonnantes. ' GAZONNEMENT s. m. Action de gazon- ner, ou emploi qu'on fait des gazons pour quelque ouvrage. ' GAZONNER v. a. Revêtir de ga; zon'ier un baslinn. ga- GAZONNEUX, EUSE adj. Synon. de Ga- ZO.N'NANT. GAZOST, station minérale du cant. de Lourdes ( Hautes -Pyrénées ). Deux sources sulfureuses excitantes et résolutives. Ulcères, plaies. 434 hab. GAZOUILLANT, ANTE adj. Qui gazouille. ' GAZOUILLEMENT s. m. Petit bruit agréable que font les oiseaux en chantant, les ruis- seaux en coulant: le gazouillement des oiseaux . •GAZOUILLER v. n. [Il mil.] bret. gclz, ga- zouillement). Faire un petit bruit doux et agréable, tel que celui que font de petits oi- seaux en chantant : on entend le soir les oiseaux qui gazouillent. L'hirondellft nous abandonne Et quitte» en gojsouillant, ces lieux. EsMÉNinn. Le dernier beau, jour rf'ûufomne, ch.inson. — Se dit aussi du bruit que font les petit- ruisseaux en coulant sur les cailloux : ce ruis- seau gazouille agréablement. • GAZOUILLIS s. m. [Il mil.] Gazouillement. Tendrons d'entrer en danse Au gazouillis des ruisseaux de ces bois. Là Fontainb. ■ GEAI S. m. [je] (bas bret. gegin). Or- nith. Sous-genre de conirostres corvidés, du grand genre corbeau, comprenant plusieurs espèces d'oiseaux dont le plumage est bigarré. — C'est le gk\i paré des plumes de paon, se dit, par allusion a une fable de La Fontaine, d'une per-nnne qui se fait honneur de ce qui ne lui ■ippartienl pas. — Encycl. Le geai d'Kurope ■gatrutus glnndarius, Linn.) est un be|(,i-i-au, presque au-si long que le pigeon, mais moins gros, d'un brun vineux, avec le devant de la tête blanchâtre, les couvertures des ailes d'un beau bleu, des taches noires et des mousta- ches noires. Il est commun en France. Ti- mide et soupçonneux, comme tous les oiseaux de la famille des corvidés, il fréquente les lieux boisés, où il se nourrit principalement de noix, de vers et d'insectes. En été, il visite les jardins pour en dévorer les fruits; il pille aussi les nids des autres es(>èces et r|uelque- niênie, il se jette sur la souris deschanijis fois et sur les petits oiseaux. La captivité ne ihan;;e rien a son caractère criard et irascible; il ma- nifeste sa colère en redressant les plumes lâches et effilées de son front. 11 construit, au milieu des arbres les plus toulfus, un nid dans lequel la femelle dépose 5 ou G œufs ver- dâtres tachés de brun. Pris jeune, il se fami- liarise et apprend même à pronom-er quel- ques paroles; mais il faut se défier de sa pro- pension au vol. L'un des plus beaux oiseaux de ce genre est le cyanura (Swains), dont le lype {geai lieu) et toutes ses espèces, au nombre de 20 environ, app.irticnnenl a l'A- Oeai bleu iCyanura cristut»;. mérique. Le geai bleu (C. cristata, Swains) se trouve dans presque toute l'Amérique septen- trionale. Possédant un talent parliiulier pour l'imitation, d semble prendre plaisir à pous- ser le cri de l'épervier pour terrifier les petits oiseaux et les faire se précipiter à la recherche d'un retuge; il est très querelleur et, dans une volière, il détruit les autres oi- seaux de sa grosseur. Quand les œufs el les jeunes oiseaux lui manquent, il mange des noix, des fruits, du grain et des insectes. •GÉANT, ANTE s. (gr. gigas, gigaMos). Celui, celle qui excède de beaucoup la stature ordinaire des hommes : grand comme un géant. — Aller, marchera pas dk gé.\nt, aller fort vite, faire de grands progrès dans quel- que chose que ce soit. — Se dit quelquefois, parext. des animaux qui se di-tinguent par des proportions colossales: l'Héphant, ce géant des animaux. — Encycl. On suppose que le mot hébreu néphilim, que la version des Sep- tante rend par géants (^lyav-so-), désigne des hommes de grande taille ou des hommes su- périeurs par leur force physique ou morale. D'autres passages de l'Ancien Testament ré- vèlent l'existence d'hommes aux vastes pro- portions, tels que Rephaim, Anakim, Emim, Zuzim, Og et Goliath. D'après Homère, une race de géants occidentaux fut détruite par les dieux. Hésiode représente les géants comme des êtres divins qui prirent naissance du sang d'Uranus quand il tomba sur la terre. La mythologie Scandinave et les légendes allemandes sont peuplées de géants (jo/u»s). Toutes les anciennes nations exaltaient la stature de leurs rois et de leurs héros. Le roi Arthur et ses chevaliers, Charlemagne et ses paladins étaient représentés comme GECK supérieurs en stature aux hommes ordi- naires. Roland, le héros de Roncevaux , était dit-on, d'une taille gigantesque, mais quand François ]" ouvrit sa tombe et es- saya son arniui'e elle lui allait parfaite- ment. On dit que Guillaume le Conquérant avait huit pieds de haut; mais lorsque sa tombe fut ouverte à Caen en 1562, on trouva que ses ossements n'avaient rien de remar- quable comme grandeur. Tacite décrit les Allemands comme étant d'une forme robuste et d'une stature élevée; Strabon dit qu'd avait vu à Rome des Bretons qui étaient plus grands que les plus grands Italiens. Cepen- dant il n'existe aucune preuve que les hommes de ces nations furent plus grands dans l'ancien temps qu'ils ne sont actuelle- ment. La diniension des armures, des armes, des bagues, l'architecture eld'aulres preuves de l'antiquité , montrent que l'espèce iiu- maine n'a pas diminué de taille. La diver- sité de grosseur et de grandeur qui existe maintenant d'individu à individu a sans douteexisté dans tous les âges. Plineparle d'un géant arabe, Gabbara, qui avait plus de 3 mètres de haut, Diemerbrock dit qu'il a vu à Utree.ht, en 1663, un homme de 2 mètres SOcent. On trouve de nos jours de nombreux exemples d'hommes mesurant de2 mètres35à 2 mètres 70 de haut. Les squelettes de 7, 10, 1.3 et 33 mètres de long, trouvés il y a long- temps et attribués par l'ignorance à l'espèce humaine, étaientdes restes fossiles d'animaux du monde primitif. Les progrès de l'anato- mie comparée ont aidé à dissiper les erreurs longtemps dominantes au sujet des géants. GEAUNE, ch.-l. de cant.. arr. et à 25 kil. S.-E. de Saint-Sever (Landes); 051 hab. GÉBELIN (Court de). Voy. Court de Gé- RELl.N. GEBER (Abu Musa Jaffar al-Sofi), fonda- teur de l'école des chimistes ai'abes vers la lin du viii° siècle, né en Perse ou dans le Harran (Mésopotamie). Il reste seulement quelques fragments de ses ouvrages. Son au- torité était sans pareille parmi les alchi- mistes du moyen âge. Cardan le considère comme un des 12 génies les plus subtils du monde, et on lui attribua pendant longtemps l'invention de l'algèbre [régula Gebri). * GECKO s. m. [jè-ko] (onomatop. du cri de cet animal). Erpél. ramdle de sauriens noc- turnes, comprenant plus de soixante espèces qui vivent dans les climats chauds et qui pré- sentent des habitudes ainsi que des carac- tères de forme et de structure aussi distincts que ceux des crocodiles ou des caméléons. GEFL rougeâlre, tacheté de blanc et de brun pâle et hianeh âtre en dessous ; il est commun dans les parties humides et obscures des mai- sons; on l'appelle au Caire, le père de tu. lèpre. GELA 85 Gt;cko conimiin {Platydactyhis guttatus.) Le gecko commun (plalyilactyhis guttnUis. Cuv.) du continent de l'Asie et de ses archi- pels, mesure 23 cent, de long, dont la moilié pour la queue ; sa couleur générale est d'un gris noir, avec des taches blanchâlies. i,o gecko que l'on trouve dans l.s iniirailli's des Indes occidentales est \'li('tinilii''t!/his mnljo- 7(m. Cuv.) long d'environ 12 cent., grisâtre, marbré do brun avec la moitié postérieure de la queue annelée de noir. Le geciio domes- tique (plyoïldclijliis HiisseldiiitiUi, Dum. et Bd)r.) d'Eg-ypte, d'Arabie et des pays liini- ti'ophes de la partie E. de la Méditerranée, mesure environ 12 cent, de long, il est gris HLiiiidactyliis niabouia parce qu'on croit qu'il communique celte maladie aux personnes qui mangeraient de la nourriture sur laquelle l'et animal aurait marché; mais il n'est nullement nuisible. GECKOTIEN, lENNE adj. [-si-ain] Erpét. Qui SI' rapporte au gecko. — s. m. pi. Famille de sauriens qui a pour type le genre gecko. GED (William) [ghèd], mécanicien écossais, inventeur de la stéréotypie, né vers 1690, mort en 174!). 11 était orfèvre à Edimbourg et on dit ([u'il fut le premier qui essaya de sté- réotyperen 1723. En 1729, il forma à Londres une association pour la stéréotypie. mais il eut peu de succès et retourna à Edimbourg en I73:î. GEDEON ou Gidéon, suriinmmé JKnuBB.\.\i,, ciiiqiiieiiii/ pige il'Isiaèl. lils de Joas, de la tribu deManasses; il habitait Ophrah. Ayant délivré Israël des Madiaailes et des Amalé- cites, il refusa la couronne, et pendant qua- rante ans conserva ses fonctions de juge. GEEFS (Guillaume) [ghéifss], sculpteur belge, professeur à l'académie d'Anvers, né en iSO(i, mort en 1860. Parmi ses oîuvres on remarque le monument à la mémoire des victimes de la révolution de 1830, une statue colossale en marbre du roi Léopohl l''"' et une stalue monumentale de (^harlemagne. GEELONG [ghi-lôgn], ville de la province de Victoria (Australie), sur la baie de Corin ou port de Geelong, branche occidentale de la^iiaie de Port Philippe, à 63 kil. S.-O. de .Melbourne; 24.283 hab. Rues larges, bien fia- vees et bien arrosées. Jardin botanique très vaste; commerceimportantde laine, dcgrai^se el de poudre d'or. GEER (Karl de, b.^ron) [ièrr], naturaliste suédois, né en 1720, mort en 1778. Il fut élève lie Linnée et publia : Mémoires pour servir à ihi^tnire des 'insectes {S vol. in-i", 17.32-'78) el d'autres ouvrages zoologiques. GEERTS (Kurel Hendrick) [ghèirtss], sculp- teur belge, professeur à l'académie de Lou- vain,no en 180S, mort en 1833. Lors de la grande exposition de 1831, il obtint une mé- daille pour son chef-d'œuvre, \eCouroHneme»t de ta Vierge. GEESTERMUNDE [gbèiss'-ter- muiin - de] , p(Hl du Hanovre d'iussc), établi comme rival de Bremcihafen, dont II est séparé par le Weser. Il devint port libre en 1S47 et serl maintenant de station à une partie de la llotle allemande. GÉEZ, ancien nom de l'.Vbyssinie. GEFLE (ièv'-lé], ville maritime de Suède, capilale du lan de Getlebourg, près du golle de Hiithnie, â l'embouchure de la rivière GeUe, a 120 kil. iN.-N.-O. de Stockholm; 23,000 hab. Manufactures delabac, de colon, de toiles à voile et de cuirs. Exportatimis de fer, de bois de construction et do goudron. "■ GÉHENNE s. t. [lat. gehenna; de l'hébreu geia Iliiuimn, vallée de Hinnoin). Mot hébreu, qui se dit quelquefois, dans l'Ecriture sainte, pour l'enfer : la géhenne de feu. — La vallée de Hinnom adjacente à Jérusalem, au S. et au S.-O., étaitappelée aussi Tophet; les rites idolâtres de choloch y étaient célébrés. Après la captivité, la vallée devint le réceptacle des •inniondices de la ville; on les faisait consu- ner par le feu. Par métaphore, son nom de- vint synonyme d'enfer. GÉHENNER v. a. Mettre à la géhenne. GEIGER (Abraham) [gai'-gher], critique bi- lilique allemand, né en 1810, mort en 1874. Il fut successivement rabbin a Wiesbaden, à Breslau, à Frankfort el à Berlin; c'est l'un des théologiens juifs les plus éminenls parmi ceux qui appartiennent à l'école ré- formée d'Europe. Il a publié le Zeitschrift fur jûdische Théologie, 1833-'47 et, à partir de 1862, le Jûdisehe Zeitschrift fur Wissens- chuft imd Leben. Le plus important de ses ouvrages est Ursi.hrift und Uebersetzungen der Libel (1837). GEIGNANT, ANTE adj. Qui a l'habitude de geindre. GEIJER (Eric Gustal) [iaî-ier[, auteur sué- dois, né en 1783, mort en 1847. En 1810, il fut nommé lecteur d'histoire à Upsal et pro- fesseur en ISI7. En I8H , il fut un des fonda- teurs de la société gothique. Dans Ylduna (l8ll-'24), organe du parti littéraire dirigé par Geijer et 'Fegner, Geijer publia ses meil- leurs poèmes, et il composa la musique de plusieurs de ses chants. Deux fois il repré- senta l'université d'Upsal à la diète. Son prin- cipal ouvrage est une histoire de la Suède Svenska folhets Historia (3 vol., 1832-'36), une édition complète de ses œuvres a été publiée en 12 vol. 1849-'35. * GEINDRE V. n. [jain-dre] (lat. gemere, gé- mir). Gémir, ou se plaindre a diverses re- prises, el d'une voix languissante et non articulée. — Ne s'emploie guère que pour blâ- mer ceux qui se plaignent de celte sorte pour la moindre incommodité : il ne fait que geindre. (Fam.) GEINDRE s. m. Voy. Gindre. GEISPOLSHEIM, ville d'Alsace, à 12 kil. S.-O. de SIrasbourg; 2,235 hab. GEISSLER, inventeur, né à Igelshiel(Saxe), en 1814, mort à Bonn, en mars 1879. Habile fondeur et souftleur de verre, il inventa les tubes électriques lumineux qui portent son nom. L'aisance que lui procura le succès de cette belle invention, lui permit d'apprendre à lire. Il étudia la chimie, la phj'sique, plu- sieurs langues étrangères, se fit recevoir doc- teur de l'université de Bonn, et perfectionna divers appareils , notamment les pompes pneumatiques. GEL s. m. [jèl] (lat. gelu). Gelée : le gel et le dvgU. GELA, ancienne ville du S. de la Sicile, sur la rivière du mfime nom, aujourd'hui Fiume di Terranova, fondée vers 690 av. J.-C. Elle doit sa naissance à Agrigonte (maintoiiaiit Girgenti), qu'elle surpassa bientôt. Sous le tyran llippocrate (498-491 av. J.-C), elle do- mina presque toute la Sicile, mais Gélon, successeur d'Hippocrale, transporta le siO'ge du gouvernement et la moilié de la popula- tion à Syracuse, elPhinlias vers âSOcmiiiena SCS habitants dans une nouvelle ville. Ses riiin(ssont près de Terranova. GELABLE adj. Qui est susceptible d'être gelé. GÉl ADA s. m. Esp^ce particulière de cyno- fr.diiile. qui a été décrite par le docteur Iliippel. dans sou ouvrage sur la faune Je 86 C.FAM l'Abyssinip. Le rjéluda {ijiludn nn)ïiiUiï) ros- scnible au babouin; il est praiid vX brun; l'a- Goladu Hu|>[i dulle se dislingue surtout par sa cnnièrfi loiilTue. C'est [ llamadryas. GÉLASE I. Saint), pape (492-'9G), combat- tit les Eutychéens et convoqua, en 494, le concile de Rome qui dressa la liste des livres canoniques. Fêle le i\ nov. — II. Né à Gaéle, pape en 1H8, mort i'i Cluny en Hi9. Il fui, après son élection, accablé d'outrafies, lait )>risonnier par les Krangipani, contraint de quitter Kome, cii cédant la place à un anti- pape, et se retira en France. * GÉLATINE s. f. (lat. gelare, geler). Subs- tance que l'un obtient sous forme de gelée, quand on traite les parties molles et solides des aniniau.\ par l'eau bouillanle, et qu'on laisse refroidir la solution : du bouillon de gélatine. — l.a gélatine est une substance azo- tée obtenue des différentes parties du corps des animaux, tels que les tissus blancs fibreux, la peau, les membranes séreuses cl les cartilages, en les faisant bouillir dans l'eau. La substance, telle qu'elle existe dans le corps, n'est probalilcmcnt pas exactement la même que celle que l'on obtient par l'ébulli- tion, quoique l'on ne puisse dire avec certi- tude que les proportions de ses constituants ïbimiquesaientété changées. Aucune formule précise d'équivalents n'a été établie et en con- séquence on a l'habitude d'écrire la composi- tion de la gélatine selon le poids relatif des parties. D'après Mulder, la gélatine se com- pose, pour '100 parties : de aO,iOde carbone, 6,04 d'hydrogène, 48,;i4 d'azote et 24,6-i d'oxygène et de soufre, dont environ 0,7, est du soufre, selon 'Verdeil; mais la présence du soufre a été mise en doute. La gélatine du commerce est faite avec les os et les parties de la peau du veau qui ne peuvent servir à d'autre usage. Elle a peu de valeur comme aliment, mais on s'en sert pour clarifier les liqueurs, pour prendre des empreintes déli- cates, pour faire de la colle, des capsules mé- dicales, et du papier glacé pour copier les dessins, des Heurs artificielles, etc. Mélangée avec l'acide chromique et exposée à l'action de la lumière, elle devient insoluble, et cette propriété la rend utile dans la fabrication des imitations d'ivoire. La gélatine obtenue des cartilages des poissons s'appelle colle de poisson et une variété plus impure porte le nom de colle forte. (Voy. Colle forte et Colle de poisson.) •GÉLATINEUX, EUSE adj. Qui est de la nature de la gélatine, ou qui ressemble à la gélatine : suc gélatineux. GÉLATINIFOPUVIE adj. Qui ressemble à la gélatine. 6ELB0É, mont de la Palestine, célèbre par la défaite et la mort de Saûl. Auj. DJilbo. r.ÉLO GELDERLAND. Voy. (ii lannK. GELDERN. » ille de la Prusse rln'iiano, sur \f Niers, à lOkil. N.-O. de Du^sehlorf; 0,800 bal.. Ju'iqiren 134H, elle fut la résidence des cunit. s et des ducs deOeldern (Celderland). Fabrique* d'élofles de laine, de toile et dit soie. ■ GELE. EE part, passé de Cklkh. Qui est glaci . — II, \ LK UKC r,KLi^:,se dit il'un bonimi! cjui all'eile de garder le silence. Oaus h' sens conlrairc. Il n'a paslebkc oklé, il parle bcm- 0,M|.. * GELÉE s. f. (rad. gel). Crand froid qui pé- nètre les cor|)s el qui glace l'eau : une furie glée. — Gklée 3LANCIIE, couchc très blanche de glaçons nn-nus, formée par la bruine, et (pli parait le malin sur les herbes, sur les toits, etc. — Suc de viande, ou autre sidjs- tance animale, qui a piis, en se rcfioidis- sant, une consistance molle et Ireniblaiite ; gelée de veau, nu rhum. — Jus qm; l'on lue de quelques fruits cuits avec le sucie, et qui se congèle étant refroidi : gelée de groaeille. GELÉE (Claude). Voy. Lorhain (Claude). ' GELER V. a. (lat. gelare; de gelu, gelée). Glacer, endurcir par le froid, pénétrer par un froid excessif : /e froid a gelé l'eau du Ijuisin, a gelé jusqu'aux pierres. — 11 se dit parlicul. du dommage que le froid cause aux vignes, aux arbres, etc., surtout lorsqu'ils sont en boutons ou en fleurs : le froid a gelé mes vignes. — Causer du froid : voilà une porte qui nous gèle. — Ct.T homme gèle ceu.x yi.'i l'abouiient, son accueil est extrêmement froid. — V. n. La rivière a gelé. — Avoir ex- trêmement fi'oid : celte chambre est si froide, qu'on y gèle. — v. imp. Il gèle très fort. — I'lus il oèle, plus il étreint, plus il arrive de maux, plus il est difficile de les supporter. — Se geler v. pr. Se glacer : l'eau se gèle. ' GÉLIF, IVE adj. Eaux et Forêts. Se dit des arbres dont l'aubier a été désorganisé par suite de congélation. Les arbres gélifs doivent être abattus ; leur bois est impropre à la chai- pente. — Se dit aussi des pierres humides qui ne peuvent résister à la gelée : pierres géliers. GÉLIMER ou Gilimer, dernier roi des Van- dales [àM-'i). Il usurpa le trône du roi Hil- déric, fut battu par Bélisaire à Tricaméion, se réfugia sur le montPapuas en Numidie et y fit sa soumission àJustinien, qui lui accorda un domaine en Galatie. * GELINE s. f. (lat. gallina). Poule et pou- larde. (Vieux.) * GELINOTTE s. f. (rad. geline). Petite poule engraissée dans une basse-cour. — Gelinotte DES bois, espèce de tétras qui a beaucoup de ressemblance avec la perdrix, et dont la chair est fort délicate. — La gelinotte proprement dite (tétras bonasta), ou poule des coudriers, un peu plus grosse que la perdrix rouge, se trouve dans les contrées boisées el monta- gneuses de l'Europe et constitue un gibier des plus estimés. La gelinotte des fyrénées ap- partient au sous-genre ganga ou attagcn. ' GÉLIVURE s. f. Eaux et Forêts. — Affec- tion, maliulir des arbres gélifs. GELLERT (Ghristian-Fûrchtegott) [ghèl'- lôrtj. poète allemand, ne en 171o, mort en 1769. Il était professeur de philosophie à Leipzig et se rendit célèbre par ses fables, ses contes poétiques, etc. Il fut l'un des pre- miers promoteurs de l'ère brillante de la lit- térature allemande qui produisit Schiller et Goethe. Ce dernier, dans sa jeunesse, fut un disciple de Gellert. GELON, tyran de Syracuse, mort vers 478 av. J.-C. Il servit en qualité de commandant de la cavalerie, sous Hippocrate, tyran de Gela, et à la mort de celui-ci, s'empara du pouvoir suprême (491). Vers 485, il devint GEMI mnllre de .Syracuse el gagna raffoclinn du [Muple par sa douceur et en au!.'nienl,nil iiinporlancc de la ville. En 480, il batlit les ilarlbaginois à Hirnère, le jour même (suivant Hérodote) ofi les Grecs remportèrent la vic- toire de Salamine, mais, d'après Diodore, le jour de la bataille des Thermopyles. Il Voulut alors abdi(iuer le pouvoir, mais les hahil.ints de .Syracuse le firent roi. A sa mort ils Ihonorèrenl comme un héros. Son frère, lliéion. lui succéda. 'GEMARAs. f. Antiq. hébraïque. Deuxième p.irlie lin Tahnud. ' GEMEAU s. m. (lai. gemellus, jumeau). Jumeiiii. N'est usité qu'au pluriel, pour si- gnifier l'un des douze signes du zodiaque: le signe des Gémeaux. - On donne le nom de Gémeaux A la troisième constellation du zo- diaque, ainsi nommée de ses deux étoiles les plus brillantes, qui sont appelées Castor el Pollux ; elles se trouvent h |)eu près ii mi- chemin entre Aldébaran et Régulus. Le soleil entre dans les Gémeaux au mois de mai. GÉMINATION s. f. État de ce qui est double, disposé par paires. * GÉMINÉ, ÉE adj. (lat. geminm, double). Pal.iis. liéitéré. S'est dit principalement dans ces \oculioi)s: commandements géminés. — Bol. Se dit des parties qui naissent deux ensemble, ou qui sont rapprochées deux à deux : feuilles géminées. — Archit. Se dit des coljnnes grou- pées deux à deux, mais avec un intervalle sensible. * GÉMIR V. n. (lai. gemorc). Exprimer sa peine, sa douleur, d'une voix plaintive et non articulée : je l'entendis gémir toute la nuit. — Se dit fig. des plaintes qu'excitent la tyrannie, l'injustice, le malheur, etc. : gé- mir sous la tyrannie, sous le joug. — Etre péni- blement affecté d'une chose, en éprouver une vive el profonde peine : il gémissait de voir triompher l'injustice. — Se dit aussi pour ex- primer le cri languissant et plaintif de cer- tains oiseaux : la tourterelle gémit. — Se- dit quelquef. fig., surtout en poésie, des choses inanimées, lorsqu'elles font entendre quelque bruit, quelque murmure : Alors gémit la presse, ot, foulé.*! avec bruit. Ces types variés, que le métal proiluit. Gravent d'un seul instant, ouvrage indélébile. Sur la feuille mouvante, une empreinte immobile. Blc»»!(. Épitre sur la découverte de l'imprimerie. 1829. — Se dit, parlicul., des choses qui s'affaissent sous le poids, sous la pression d'une autre, ou (pte l'on suppose ne pouvoir la soutenir qu'avec effort: !'/ T'ait gémir les coussins, les coussins gémissent sous le poids de son corps. — Kig. et par plaisant., Faire gémir la PRESSE, faire beaucoup imprimer. Se dit sur- tout des écrivains qui sont plus remarquables par leur fécondité que par leur talent. * GÉMISSANT, ANTE adj. Qui gémit : voix gémissante. • GÉMISSEMENT s. m. Lamentation, plainte douloureuse : le gémissement des bles- sés, des mourants. — Se dit, fig., des plaintes en général : les gémissements du peuple. — Dévotion. Gémissement du cœur, sentiment de componction, vive et sincère douleur des péchés qu'on a commis. — Se dilquelquefois, en poésie, du bruit, du murmure que cer- taines choses font entendre : le sourd gémis- sement des forêts. GÉMISTE (George), surnommé Plethon, sa- vant el philosophe du xV^ siècle, né à Cons- tantinople. 11 occupa une haute position a la cour des Paléologues, et en I4:J9, lors du concile de Florence, s'opposa à l'union des Eglises d'Orient et d'Occident. It fut ensuite banni de la cour, trouva un asile en Italie, et ayant été admis à la cour des Médicis, décida Cosmo à fonder sa célèbre académie GENÇ platonicienne. Son traité en l'iionneur du platonisme fut le début de la longue querelle entre les disciples des deux grands maîtres de l'antiquité. 6EMMACÉ, ÉE adj. [jèm-ma-sé] (rad. gemme). Ilist. nat. Qui a l'apparence d'une pierre gemme ou d'un bouton d'arbre. GEMMA6E s. m. [jemni-ma-je]. Sylvie. Action de recueillir la sève ou la résine des arbres. GEMMAIRE adj. [jènim-mè-re]. Bot. Qui ré- sulte de la prolongation des parties nouvelles sortant de l'iiitéiieur des anciennes. • GEMMATION s. f. [jèmm-ma-si-on] (lat. gemma, bourgeon). Développement des bour- geons, dans les plantes ligneuses et vivaces; époque de ce développement. * GEMME adj. [jè-me] (lat. gemma, pierre précieuse). Se dit des pierres précieuses, et du sel qui se tire des mines: des pierres gcjnmes, du sel gemme. — S'emploie subslantiv. au fém. dans le premier sens : gemme orientale (Voy. Pierre précieuse.). — iv s. 1'. Sylvie. Suc résineux qui s'écoule des pins, et particulièi-e- ment du pin maritime, par les entailles faites à la tige. GEMMER V. n. [jèmm-méj. Pousser des bourgeons. — v. a. Gemmer des pins, exploi- ter la résine en pratiquant des incisions sur les tig-es. GEMMIFLORE adj. [jénim-mi-] (lat. gemma, bourgeon; flos, (loris, fleur) Bot. Dont les fleurs semblent renfermées dans des bour- geons. GEMMIFORME adj. [jèmm-mi-]. Bot. Se dit des tleurs entotu'ées de feuilles, dételle sorte ipi'clles ressemblent à un bourgeon. GEMMIPARE adj. [jèmm-mi-] (lat. gemma, bourgeon ; pio'io, j'enfante). Hist. nat. Se dit des végétaux et de certains animaux, tels que les polypes, qui émettent des bourgeons aptes à les reproduire. GEMMIPARITÉ s. f. Reproduction par les buui'.i-'i'uiis. GEMMULE s. f. [jèmra-mu-]. Bot. Synon.*de pliimule. Fleurmâle des mousses et des bépa- tiquesjon dit aussi Stellule. — Premier bourgeon d'une plante qui germe. — Cor- puscule reproducteur dans les algues. * GÉMONIES s. f. pi. (lat. gemonix). \niu\. Lieu qui était destin^, cliez les Romains, au supplice des criminels, et principalement ù exposer leurs corps après l'exécution : son fiidaere fut traîné aux gémonies. GÉMOZAC, ch.-l. de cant., arr. et à 2(i kil. S. ilr Saillies (Charente-Inférieure); 2,!;06 liai). Kaiix-de-vie. GENABUM ou Cenabum, Orléans, ville de la Gallia Lui-'dunensis, sur la rive N. do la Li- gcr (Luire). C'était la principale ville des Carnutes. Elle fut saccagée elbrîilée p,irCé>ar et plus tard rebâtie. Elle fut ensuite appelée Civilas Aurelianorum ou .Vureliauensis Urbs, d'où son luim actuel. • GÉNAL, ALE, AUX adj. (lat. ycHa, joue). Anal. Qui a|ipartient aux joues: les glandes géniilfi. ' GÊNANT, ANTE adj. Qui contraint, qui iiiiiimmoile : cet homme est fort gênant. GENAPPE, ville de Belgiipie sur la rive Kuuche de la Dyle, a 2'.» Uil. S.-S.-L de Bruxelles; 1,930 hab. Cette ville, autrefois importante, était comprise dans le duché de la basse Lorraine. Louis XI y résida cinq ans. Les Kran(;ais y livrèrent deux liatailles, l'une aux Anglais avant Waterloo cl l'aulre aux Prussiens après celte bataille. GENÇAIS ou Gençay, ch.-l. de cant., arr. et il "27 kil. i\.-K. de Civray (Vienne), sur la Cluuèie; l,:20o hab. Briques et poterie. GEND ' GENCIVE s. f. (lat. gingiva). Chair qui est autour des dents, et dans laquelle les dents sont comme enchâssées : gencives vermeilles, saines, fermes, elc. — Pathol. L'aflection des gencives la plus commune est un gonflement chronique fongueux, rougeâtre, saignant à la moindre pression et donnant une mauvaise haleine. Cette affection existe souvent seule, mais elle est souvent aussi un des symptômes du scorbut. On la traite en frappant les gencives avec un linge dur qui les aplatit j?t lestait saigner; on emploie ensuite alternati- vement, pendant plusieurs semaines, les deux collutoires suivants, l'un le matin et l'autre le soir: 1° nitrate d'argent (2 gr.) et eau dis- tillée (30 gr.); 2° teinture de quinquina (00 gr.) et alcoolat de cochléaria (60 gr.1. Il faut de plus frictionner souvent les gencives pendant la journée avec de la poudre de borax et traiter l'étal général, s'il en est besoin. •GENDARME s. m. [jan-dar-] (contract. de gens d'armes). Ane. Homme d'armes d'une compagnie d'ordonnance, qui était armé de toutes pièces, et qui avait sous ses ordres un certain nombre d'hommes à cheval. — S'est dit, à partir de 1609, des cavaliers de certaines compagnies d'ordonnance, quoiqu'ils fussent armés à la légère : les gendarmes de la garde. — Se dit, depuis le 22 décembre 1790, des soldats d'un corps militaire quia remplacé la maréchaussée, et qui est spécialement chargé de maintenir la sûreté et la tranquillité pu- blique : gendarme à pied, gendarme à elie- lal. — Gendarmes d'élite ou des chasses. (Voy. Gendarmerie). — C'est un gendarme, un vrai (gen- darme, se dit d'unegrande et puissante femme qui a l'air hardi. — Gendarme, se dit encore, surtout au pluriel, des liUuîtlcs qui sortent du feu. — Se ditausside certains pointsqui setroii- ventquelquefoisdans les diamants, etqui en di- minuent l'éclat et le prix : ce diamantnest pas parangon, il y a des gendarmes. — »* Jargon parisien. Barre de fer qui maintient la porte principale d'une maison, de manière à per- mettre aux locataires de sortir et d'entrer, mais non de transporter de gros objets. Le gen- darme a pour but de prévenir les déménage- ments clandestins. — Législ. Un décret du l"' octobre ISoo a institué des élèves-g-en- darmes. Us sont pris dans les corps d'infan- terie et de cavalerie et doivent avoir 23 ans au moins et 18 mois de service. Ils peuvent ensuite passer gendarmes, lorsqu'ils imi sont reconnus capables, et qu'ils réunissent les conditions d'âge et de durée de service exi- gées par le décret du 1"' mars 1854. * GENDARMER (Se) v. pr. S'emporter mal à propos pour une cause légère : poun/noi vous gendarmez-vous?-Gendarmeresque.{Y .a.) 'GENDARMERIE s. f. coll. Autref. Tout le corps des gendarmes et des chevau-légers des compagnies d'ordoniuinee, autres que les gen- darmes et les chevau-légers de la garde du roi : la gendarmerie de France. — Aujuurd'hui. Corps inilitaii'c qui a remplacé la maréchaus- sée, el qui est spécialement charg'é de main- tenir la sûreté et la tranquillité publiques : gendarmerie départementale. — Gendarmerie d'élite, troupe d'élite qui était composée de gendarmes à cheval. Dans la garde royale, la gendarmerie d'élite portail aussi le nom de Gendarmerie des chasses, à cause du genre de service qu'elle était plus parliculièremcnt chargée de faire auprès du roi. — Caserne occupée par les gendarmes •■ aller ii ta gendar- merie. — Encycl. La gendarmerie se com- pose de légions divisées en compagnies, pour le service déparleniental (21,387 hommes; 11,540 chevaux). H y a en Algérie une lé- gion de 4 compagnies (940 h.; 707 chov.). Il existe, en outre, en Erance, un bataillon de gendarmerie mobile (1,013 h.; 13 chev.), cl 3 bataillons, plus un escadron, de garde répu- blicaine de Paris (3,171 h. ; 7o3 chevaux). To- GÉNÉ 87 taux : 26,311 h.; 13,013 chev. - Pour entrer dans la gendarmerie, il faut appartenir ou avoir appartenu à l'armée et remplir cinq conditions : être âgé de TA à 40 ans au plus, sauf les anciens gendarmes qui seuls peuvent être réadmis jusqu'à 4.1 ans; savoir lire et écrire correctement; justifier d'une bonne conduite soutenue: «voir servi activement sous les drapeaux pendant 3 ans; avoir I m. 72 pour l'arme à cheval et 1 m. 70 pour l'arme à pied. — Législ. « La gendarmerie a été ins- tituée par décret de l'Assemblée nationale du 22 décembre 1790. Le décret réglementaire du l"^' mars 18.54, modifié sur quelques points par un autre décret du 24 avril 1838, contient toutes les prescriptions relatives au service de la gendarmerie, à ses rapports avec les auto- rités administratives et judiciaires, aux fonc- tions de police dont elle est chargée, etc Les procès-verbaux dressés par les brigadiers de gendarmerie ou par les gendarmes ne sont, dans aucun cas , assujettis à la formalité de l'affirmation (L. 17 juillet 1856). » (Ce. Y.) ■ GENDRE s. m. [jan-dre] (lat. gêner). Nom que l'on donne à un homme, par rapport au père et à la mère de la femme qu'il a épousée : l'est mon gendre. — Prov. Quand la fille est MARIÉE, il Y A ASSEZ DE GENDRES, il SC présente assez de gens qui l'auraient épousée. Cela se dit, fig., de toutes sortes d'ali'aires, quand, après les avoir faites, on trouve encore de nouvelles occasions de les faire, dont on ne peut plus profiter. — Les Deux Gendres, co- médie d'Etienne, en b actes et en vers, repré- sentée au Théâtre-Français le 11 août 1810. Cette œuvre, bien conçue el bien écrite, est considérée comme l'une des meilleures parmi celles qui furent jouées pendant le premier Empire. L'auteur en avait emprunté le sujet à une comédie de collège intitulée Conaxa. (Voy. ce mot.) On cria au ]ilagiat et la repré- sentation des Deux Gendres fut un événement littéraire qui détourna un instant les esprits des préoccupations politiques. GENDREY, ch.-l. de cant., arr. el à 22 kil. N'.-E. de Dôle (Jura); 470 hab. Bons vins. Grotte des Sarrasins. * GÈNE s. f. (lat. gehenna). Torture, ques- tion, peine que l'on fait souffrir à quelqu'un pour l'obligera confesser la vérité : il souffrit la gène sans rien avouer. — Se dit, par ex t., de ce qu'on fait souffrir à quelqu'un injuste- menlet parviolence pour lui faire dire quelque chose, pour en tirer de l'argent, elc. : des soldats mirent ce paysan élu gène pour lui faire avoueroii était son argent .{Vieux.) — Sedil aussi enparlantde ce qui met àl'éti'oit, mal àl'aise, de ce qui empêche d'agir librement : ces sou- liers me mettent éi la gène. — Embarras que cause le séjour d'une personne chez une autre : rester chez moi, vous ne me causerez (((((■((/îc ye/ie. — Fig. Contrainte lâcheuse, étal pénible où l'on se trouve -.j'éprouve toujours un peu de gène en sa présence. — Fam. Etre SANS GÈNE, se dit des personnes qui prennent leurs aises, sans s'inquiéter de l'eiubarras ou du déplaisir qu'elles peuvent causer. — Se DONNER LA GÈNE, SE METTRE l'eSPRIT A LA GÈNE POUR QUELQUE CHOSE, s'inquiétcr, se tour- menter, faire de grands etlorls d'esprit. — Uuebjuel'. Pénurie d'argent, étal voisin delà pauvreté : éprouver quelque gène. ' GÊNÉ, ÉE part, passé de Gèner. — Fam. el ironuj. Vous n'êtes pas gêné, se dit à quel- qu'un qui en use trop librement, d'une ma- nière indiscrète. * GÉNÉALOGIE s. f. (lat. gcnos, race; logos, traite). Suite énoncée, dénombrement des ancêtres de quelqu'un, ou des autres parents : longue, grande, ancienne généalogie. — Fam. Etre toujours sur sa généalogie, parler tou- jours de sa maison, de sa noblesse. * GÉNÉALOGIQUE adj. Qui appartient à la génealo:;i(; : arbre généalogique. 88 GENE CENE GÉNÉALOGIQUEMENT .idv. Qui a rapport à i ' GÉNÉRALISATION la ^'t'-iii-.ilD^'ii'. I lisi-f. s. f. Action defcnéra- " GÉNÉALOGISTE s. m. Celui qui drosse les {;L'iit'!al()j;ic:s, ou qui les fait : nos plits célèbres (jcnéalogistes sonl André Duchesne et les d'Ho- z'ur. ■ GÉNÉPI ou Génipi s. m. Plante amère, aiciiji.iliciiic (;lsu(J()nlii(U(; du ftenre armoisn, que l'on Irouvfi dans les Alpes. Le j/énépivrui (nrtanUia ylaeialis) vient sur le mont Cenis ; le (jàiépi blanc ((irtnnisid miUcItliin) se trouve, en outre, dans les Alpes dauphinoises; le géni'pi noir {arlemisia spiratd), plus grand que les lirécédonls, se rcncontieen Savoie. On donni; aussi le nom de génépi aux souiinilés lleuries de diverses autres plantes aronialiques. ■ GÊNER V. a. Incommoder, contraindre les mouvements du corps : cette femme a tin corset gui la gène.— Pur exl. Embarrasser, empèclier le libre mouvement de quelque chose que ce soit : cela gène la circulation du mnig. — Causer quelque embarras chez une personne : en restant quelques jours à sa cayn- pagnc, je craindrais de le gêner. — Kig. Tenir en contrainte, mettre quelqu'un dans un étal pénible en rol)ligeant de faire ce qu'il ne veut pas, ou en l'empêchant de faire ce (lu'il veut : gêner le commerce, l'industrie. — Ué jetèrent un doute sur l'exactitude de cette théorie. Au commence- mentel vers le milieu du xix'' siècle, l'opinion des naturalistes lui devint graduellement op- posée; cette opposition fut d'abord allaiblie par d'importantes dé(.-oiivertes relatives aux [larasites internes, tels que le fi/.s/(Ci,TC!/s et la triehina, dont l'apparition fut attribuée à la génération spontanée. Les recherches de Sie- bold,de Kûchcnmeistcr, de Leuckart et d'au- tres naturalistes, montrèrent que les parasites sans sexe sont en réalité la jeune progéniture de parents bien développes. .Mais on n'a pu se rendre compte d'une manière satislaisante de la formation desinfusoires, elladisi'ussion, quoitpie généralement regardée comme close, tut ouverte de nouveau en IS-'iS. M. Pouchet de Rouen prétendit que les expériences anté- rieures, contraires à lagênération spontanée des infusoires, avaientété faites d'une manière imparfaite, et son opinion fut soutenue par plusieurs autres expérimentaleiirs, parmi les- quels se distinguèrent Manlegazza et lîastian. Parmi les adver.saires des hétérogénistes (par- tisans de la génération spontanée), on remar- quait des hommes d'une grande réputation, tels que Mil ne-Edwards, Payen, de Quatrelages, Claude Bernard, Dumas, Pasteur, etc. L'appa- rition de ['Hétérogénie, ouvrage capital de Pou- chet (I8.Ï9), fit entrer la discussion dans une phase nouvelle. Lesovariens ou panspcrmistes cherchèrent à prouver que des masses de germes, disséminés dans l'atmosphère, sont la source de la vie dans les infusions organi- ques. Les expériences les plus importantes dans ce sens furent celles qu'exécuta Pasteur, de 1860 à 186.'>. Ce chimiste s'était jusqu'alors occupé spécialement de l'étude delà fermen- tation, qui est, selon sa démonstration, un changement causé par la présence et l'aug- monlation de cellules végétales microscopi- ques. On était en principe d'accord que la température derébullilion détruit nécessaire- ment la vitalité des infusoires et de leurs ger- mes; mais celte opinion fut ensuite mise en doute, particulièrement lorsque l'oncrutavoir démontré que la durée d'une ébullition long- temps continuée n'a aucune intluence surles apparitio ns postérieures d'existence dans l'infu- sion. Jeffries Wyman montra, en 1867, que dans certaines infusions, les formes microsco- piques connues sous lenomde6ac(cnapeuvent se montrer en masses molles après l'ébullition ; que, pluscelle-ciestprolongée,moinsles bacté- ries se développent; et que jamais cesêlres mi- nuscules ne se montrent dans les infusions après cinq ou six heures d'ébullition. Les Beginnings of life de Bastian (1872) firent renaître la dis- cussion et amenèrentde nouvelles expériences du panspermiste Tyndall, qui publia le résul- tat de ses recherches en i876-"78. La théorie de la génération spontanée, aussi nommée ge- neratio œquivoca et épigenèse, aété combattue dans ces dernières années par W. -H. Dalhnger, dont les patientes investigations microscopi- ques (t87o-'78)ont prouvé que certains germes peuvent supporter, plus impunément que ne font les organismes parfaits, les effets d'une GENE GENE GENE 89 température élevée. A ces éléments de contro- verse, vint se joindre la théorie de l'évolution. (Voy. ce mot.) 6ÉNÉRATIVEMENT adv. Par voie de géné- ration. ' GÉNÉREUSEMENT adv. D'une manière noble, frrniM-eose : ((( u^cr généreusement . — Libéralement : récomiicnser ijénérenseimnt. — Vitillamment, courageusement : combattre gé- néi'tiisi'ineitt. • GÉNÉREUX, EUSE adj. (lat. generosiis, gé- néreux). Magnanime . de naturel noble : Immme généreux. — Se dit également des choses qui sont l'indice d'une âme i-'enéreuse, qui partent d'une âme généreuse : action gé- reuse. — Iiibéral : c'est un homme très géné- reux, il récompense bien les services qu'on lui rend. — Substantiv. et fam. Faike le gé- néreux, se montrer maf;nanime ou libéral, plutôt par ostentation que pour obéir à un mouvement naturel de générosité. — Don GÉNÉREUX, don fait par générosité. Ne se dit guère que des dons un peu considérables. — Sol généreux, terre généreuse, etc., sol, terre qui produit beaucoup. — Vin généreux, vin agréable, de bonne qualité, et qui a du corps. — Se dit poétiquement de quelques animaux, et signifie, hardi : un lion généreux. 'GÉNÉRIQUE adj. (lat. genus , generis , genre). Didact. Qui appartient au genre : terme générique. GÉNÉRIQUEMENT adv. D'une manière gé- nérique. • GÉNÉROSITÉ s. f. (lat. generositas). Ma- gnanimité, grandeur d'âme : il agit ainsi par pure générosité. — Libéralité, disposition à la bienfaisance : la vraie générosité épargne à uii and l'vmharras d'expliquer ses besoins. GÈNES (ital. Genova; angl. Genoa; ail. Ge- tnia; anc. Genua). 1. Province du N.-O. de l'Italie (Ligurie), consistant en un territoire étroit, appelé Riviera di Levante etRiviera di Poneute, autour du golfe de Gênes, et com- prenant l'ancien duché du même nom ; 4,114 kil. carr. ; 00u,000 hab. Les Apennins Liguriens louchent aux Alpes Liguriennes près des sources de la Bormida, les premiers s'étendant le long de la côte du golfe en trois chaînes distinctes séparées par de profondes dépressions. Les Apennins s'élèvent dans dif- férentes (lirei^tions do.'iOO à 9,000 mètres; le point culminant est le Monte Penna, au iN.-E. de Chiavari. Les péninsules montagneuses de Portolino et de Castcllana forment au S.-L. de Gènes les golfes de Rapallo et de Spezia. Un chemin de fer longe toute la côte, paral- lèlement à la magnifique roule de la Cor- niche. L'agriculture est sans importance, mais les vignes, les olives et les fruits les plus délicats y abondent. On y trouve de l'ar- gent, du cuivre, du plomb, du manganèse, du charbon de terre et de l'ardoise. — 11. (japilalo de la province ci-dessus, à l'exlré- milé septenlrionalc du golfe de Gênes; lat. 44" ii' N. ; long, r," 34' K. ; 220,480 hab. Au- dessus de deux largos poils demi-circulaires, séparés par deux môles convergents, la ville s'élève en amphillu'âtic avec ses églises, ses palais de marbre, sis [iromenades, sesjardins et les fortifications qui l'enlourenl. Au zénith de sa puis>ance. Gênes était appelée la Fiére (Geniivala Superba], en raison de sa situation grandiose et pittoresque et de ses nombreux palais de marbre, qui disparaissent graduel- lement yiR'lqiies-unesdi^ ses rues sont larges, surtout celles qui sont modernes, mais la plu- part sont étroites et escarpées. Les maisons ont en général six étages. Parmi les églises, Sanla Maria di Carignano est remarquable par sa beauté arcliilectuiale. La partie la plus riche de la cathédrale, qui a été restaurée à plusieurs reprises, eal la chapelle de Saiut- 212 Jean-Baptiste, dont les femmes sont exclues, excepté un jour de l'année, en mémoire de la fille d'Hérode. Le Campo Sanlo, à 3 kil de la ville, possède une célèbre chapelle cir- culaire et de beaux monuments. Gênes a de nombreuses institutions charitables et d'édu- cation et des sociétés de savants et d'artistes. Il y a une université avec un observatoire et une bibliotlièijue de .SO.OOil volumes. Le pa- lais ducal a été dépouillé do ses trésors artis- tiques, dont quelques-uns appartiennent à la municipalité. La douane est ornée des statues des Génois illustres. Les souvenirs de Christo- phe Colomb se rencontrentparlout; sa statue, avec la figure de l'.lmérique agenouillée à ses pieds, s'élève sur la promenade appelée piazza di .\cqua. L'un des lieux les plus déli- cieux du voisinage de Gênes est la villa Palla- vicini (à Pegli), entourée d'un vaste paie. Gênes est un port libre, et possède un port pour la marine royale et un arsenal maritime. Lnviron 7,000 navires à voiles, de 700. ooO tonnes, et 3,000 bateaux à vapeur de 600.000 tonnes, y entrent annuellement. La construc- tion des navires s'y accroît rapidement : les premiei's cuirassés italiens y ont été lancés. Elle possède de vastes manufactures de soie, de coton, de chapeaux, de meubles, d'ou- vrages en filigrane et d'autres articles. Des impôts locaux excessifs ont éloigné une grande quantité de personnes, qui habitent les villages voisins. — Tite Live mentionne Gênes, au commencement de la seconde guerre pu- nique, comme une ville ayant des relations amicales avec les Romains, qui la rebâtirent après sa destruction partielle par une flotte carthaginoise; elle fut dévastée par les Golhs, puis gouvernée par les Lombards pendant environ 100 ans, jusqu'en 774, et ensuite pai des comtes nommés par Charlemagne. Après le démembrement de l'empire franc. Gênes devint indépendante et prit part aux luttes longues et sanglantes des villes lombardes pour la couronne de fer de Lombardie. En 936, elle fut pillée parles Sarrasins. Après avoir fortifié sa rnaiine. elle chassa, de con- çoit avec Pise, les Mahométaiis de la Corse, de Capraja et de la Sardaigne (I0I6-'21), se réser- vant les doux premières de ces îles. On donna aux Génois, en raison des services qu'ils avaient rendus pendant la première croisade, nue langue de terre sur la côte de la Pales- tine. Mais leur prospérité avait déjà excité la jalousie de Pise et de Venise et des guerres s'en- gagèrent avec lapremière de ces villesen 1070 et en 11 IS-'32. Attaquant ensuite les Maures en Espagne, Gênes conquit successivement (1 146-'i8i, Minorque, Alména etTorlosa(cotle dernière, de concert avec les Catalans). Plus heureuse encore dans son voisinage immé- diat, elle occupa, avant 1200, Monaco, iSice, Montferrat, Marseille et presque toute la cote de Provence. La tioisiémc lutte avec Pise commença en 1162; après la grande victoire navale près do Meloria (l2StJ, la guerre fut virtuellement terminée par la conquête de l'île d'Elbe et la destruction du ()ort de Pi-e parCorrado I)oria(l290). La lutte avec Voni>c ne tut pas moins violente. Dos rencontres na- vales avec cette puissance avaient eu lieu pour la suprématie dans la mer Noire, où les Gé- nois avaient une grande puissance depuis que Michel Paléologue leur avait codé Pera, Galala elSmyrne. Une trèvefutcomlue en 1271, mais après ï'anéantissem.ent de la puissance de Pise, les Génois remportèrent une victoire signalée iur les Vénitiens près de Curzola et obtinrent une paix (1299) qui les rendit omnipotents dans la mer Noire. Us convertiront en entrepôts tlorissants Keodosie et plusieurs autres villes, et nouèri'iit un grand commerce avec le Le- vant et avec l'Inde. Us battirent les ' ônitiens près de Gonstantiuoplc, lors de la nouvelle guerre de l3iG; mais ces derniers ayinl été victorieux près des côtes de Sardaigm et s. GENESEE, rivifre de lï'Ut de New-York, iflle dans le lac Ontario, à lu kil. N. ili' Itoi-.lii'slcr , après un cours d'environ 4K0 kil. Très belles calnracles. Les ehiiles d« Gciiesee (30 mètres) sont au milieu de la ville de Hoi-hosler. GÉNÉSIAQUE adj. Qui a rapport à la genèse, à la L'i'iii ration. GÉNÉSIE s. f. (gr. genesis, naissance). Gé- néral i'in. GÉNÉSIQUE adj. Physiol. Qui a rapporta Ja gtiuralion : p/di.firs géniKsinues. GErjEST (qne l'on écrit habiliiellcraent Gb- net), (Edmond Charles), diplomate français, né a Vi'r.s.iilles eu I76.S, mort en I8;)4. Il était frère dn M""" Campan, devint fervent républi- cain, bien que .'■on père lïll attacbé à la roiir. En 1789, il fut nommé chargé d'allaires près la cour de S.iiiil-l'éler.'-bourg, et en 1792. il fut rappelé. IJieiilôl après, il devint mi- nistre pUnipoteiitiaiie aux Elals-l'iiis, où il arriva en 179.1. Il accusa le gouvernement américain de manquer de sympathie envers la répuliliqne française, et il équipa des cor- saires à Cliarleston pour naviguer contre les navires des nations alors en guerre avec la France, mais en paix avec les Ktats-L'nis. Washington ayant obtenu son remplacement, Genest s'élabiit aux Etats-Unis, et se fit na- turaliser Américain. GENEST MALIFAUX (Saint), ch. -l.de cant., arr. cl à 14 kil. S.-S.-E. de Saint-Etienne (Loire); 2,572 hab. Fabriques de rubans. * GENESTROLLE s. f. Espèci- de genêt, plante aussi nommée genit ou herbe des tein- turiers, parce qu'on s'en sert pour teindre en jaune. 'GENET s. m. [je-nè| (esp. ginete). Espèce de cheval d'Espagne entier et de petite taille : monté sur un yenet d'Espiiyne. * GENÊT s. m. [je-nè] (lat. genista). Bot. Genre de légumineuses triliu des lotées,sous- Iribu des génistées,.ienfermant une centaine d'espèces d'arbrisseaux et d'arbustes, la plu- part à fleurs jaunes. — L'une des espèces. les plus intéressantes est la genestrolle ou ge- nêt des teinturiers (genista tincioria), petit ar- brisseau commun dans tous nos bois pendant l'été, qui fournil une couleurjaune moins belle que celle de la gaude, mais plus solide quand on la fixe par l'alun. Le genêt à balais ou ge- nêt eommun (genista partiwn), non moins abondant que le précédent, atteint jusqu'à 2 mètres de haut et fournit du fourrage et une espèce de filasse. En Belgique, on se sert de ses boutons en guise de câpres. Le genêt d'Espagne (genita juncea) qui croit spontané- ment dans le midi de l'Europe, est un char- mant arbrisseau que l'on cultive dans nos jardins d'agrément, à cause de ses belles grappes de fleurs suaves, d'un jaune d'or; il se multiplie par le semis et par recépage. — On nomme quelquefois genêt épineux ïujonc d'Europe. \Voy. AJO^■c.) * GÉNÉTHLIAQUE adj. (gr. genr'fhîê, nais- sance). .Se dit des poepies ou des discours composés sur la naissance d'un enfant : la quatrième êglogue de Virffile adressée à Pollioti est un poème généthliaque. — Se dit aussi de certains astrologues qui dressaient l'horos- cope d'un enfant au moment de sa nais- sance. GENETTE s. f. (rad. genêt, cheval espa- gnol). Mors à la turque, dont la gourmette est en forme d'anneau. — * Aller a cheval A hK GENETTE, monter à cheval avec des étriers très courts. * GENETTE s. f. (ar. djerneyth;la.t.genetta}. Mamm. Genre de carnassiers do la famille des «tv<;rr/'i<'.s, comprenant une dizaine d'es- pèces répandues dans les ré;:iojis i-liaudes et tempéré'-s de l'ancien continent. La gc- nelte commune de Barljarie (viverra genetta. GenuUc commune (Geiu^tu «ulgaris), Linn. ; genetta vutgaris, Cuv.), est d'un f.-ris cendré, avec des taches noirâtres ; la longueur de son corps est d'environ 33 cent, ainsi que celle de sa queue; Ldle mesure 13 cent, de hauteur. Elle estseulement demi- carnivore; à l'état domestique elle se nourrit entièrement de végétaux. Ses f.'rilfes sont pointues, demi-rétractiles et parfaitement disposées pour grimper; sa sécrétion anale possède une odeur musquée. De même que chez les autres animaux nocturnes, sa pupille est verticale. Son pelage est utilisé enpelle- rsc]ue l'on transforma les fortifications en prome- nades et en quais. La rive droite est plus moderne. Ces deux parties sont reliées par six ponts. Le pont du mont IJlanc, près du lac, est magnifique. La cathédrale date du xn'' siècle. La bibliothèque publique conlienl environ 00,000 volumes et (ioo manuscrits. Le musée Uatli est consacré aux beaux-acls. Gc-nève possède île célèbres écoles particu- lières, qui attirent un grand nombre d'élèves Hrangers, et des écoles commerciales, in- dustrielles, artistiques et nmsicales. L'uni versilé, fondée en 1308, fut réorganisée par Calvin et jiar lièze. Les environs de la ville renferment de nombreuses villas. Genève est renommée poursesmaimfacluresde montres, de joaillerie et de boites à musique. Les autres industries principales sont celles du velours, des articles de soie, des étolfes, de la chapellerie, des cuirs, de la coutellerie, des armes à feu, des chronomèties et desinstru ments de mathématiques, de musique et de chirurgie. En 1854, Genève devint un port franc. Le commerce de tiansit est considé- rable et le voisinage de la France et de l'Ita- lie y donne lieu à une active contrebande. Les affaires de consignation, de commission et de banque y ont une très haute importance — Ou suppose que dans l'antiquité le terri toire de (Jenève formait une partie du pays des AUobroges ; il fut soumis aux Romains vers I22av. J.-C. La ville fut brûlée pendant le règne d'Iléliogabale et rebâtie par .\uré- lien, qui lui accorda de nombreux privilèges et l'appela Awelianum Alluhrogum ; elle ap- partint ensuite aux Hurgundes et aux Francs. Charlemagne lui accorda certains privilèges et la soumit à un évèque. Les comtes du Ge- nevois, qui à une époque plus récente gouver- nèrent la province voisine de la Savoie, pré- tendirent à la possession de Genève. Les ducs de Savoie leur succédèrent; et les habitants de Genève ne purent s'affranchir que par une lutte de plusieurs siècles, et en s'alliant avec es autres Etals suisses. Les habitants ayant adopté la réforme, l'évèque de Genève fut chassé en 1354. Calvin fut le gouverneur tem- porel aussi bien que le chef spirituel de la ville. Une attaque de Charles-Emmanuel de Savoie sur Genève, endécembre 1002. fut vail- lamment repoussée. L'indiqicndance de celte ville fut reconnue par la maison de Savoie en 1754. En 1798, Genève fut incorporée à la France et fit partie du dépailement du Lé- man. Après la chute de Napoléon, elle se joi- gnit à la Confédération suisse restaurée (20 mars 1815) et plusieurs territoires qui avaient appartenu autrefois à la France et à la Savoie lui furent accordés. En 1847 une conslilution plus libérale fut adoptée. La convention de Genève de 1864 amena un accord parmi les puissances européennes à l'elfel de considérer les édifices et les mem- bres du département médical comme étant stricleraent neutres en temps de guerre. La cour d'arbitrage sur la question de l'Alabama y tint ses séances en 1871-72. — Convention de Genève, pour secourir les blessés sur les champs de bataille Le Suisse Henri Dunant, qui avait assisté à la bataille de Solférino v24 juin 1859), publia ses impressions qui conduisirent la Société genevoise d'utililé pu- blique à discuter, en février 1863,1a question de savoir si, des sociétés de secours ne devaient pas se former en temps de paix pour venir, en temps de guerre, en aide aux blessés au moyen de volontaires. Quatorze puissances, parmi lesquelles la Grande-Bre- tagne, la France, l'Autriche, la Prusse, l'Ita- lie et la Russie, se firent représenter à la conférence internationale du 26 oct. 1863. GENE Les lois proposées fui-ent ancepti^es comme lois inleniiilionales par un coiif.'rès assem- blé à Genève, le 8 août 1864, elle 22 auilt luie convention iiit sig-née par douz* délégués et adoptée par toutes les puissances civilisées, à l'exception des ttats-Unis. D'autres confé- rences internationales eurent lieu à Paris en 1867 et à Berlin en 1869, pour développer par des mesures pratiques l'objet de la con- férence de Genève. La société internationale, appelée Société de la Croix rouge, qui fut alors établie, secourut avec zèle, les blessés pen- dant la guerre franco-prussienne (1870) et son drapeau fut déclaré neutre. Elle employa près de 13.000 volontaires, en sept.-déc. 1870. Dans une réunion tenue à Londres (6août 1872), M"° Dunant proposa un plan pour le traitement unifurme des prisonniers de guerre. - Lac de Genève ou Lac Léman, le plus grand lac de Suisse, entre la France et GENE tion publique. Quelques années plus lard, Clovis arriva sous les murs lie Lutèce, qu'il résolut de réduire par la famine. Geneviève encouragea les habitants h la résistance et elle les approvisionna à ses frais, en faisant entrer dans la ville onze bateaux de vivres qu'elle distribua aux assiégés. Paris ayant été forcé de capituler, elle alla trouver le roi franc qu'elle intéressa au 'ort des vaincus et qu'elle amena à la cli-mence. Ses exhorta- tions ne furent pas étranLiiTcs à la conversion de Clovis. qui avait pour elle la plus grande vénération et qui fit bâtir, a sa prière, la ba- silique des apôtres saint Pieire et saint Paul, où elle fut enterrée à côté de sainte Clolilde et de son époux. Les restes de sainte Gene- viève furent plus tard enfermés dans une châsse d'argent, que l'on considéra comme le palladium de la ville de Paris et qui fut en- voyée à la Monnaie en 1793; les reliques de GENE 9ï Dnire et la Durance y prennent leur source. On suppose que ce fut par le col du mont Gciièvre qu'Annibal passa les .\lpes. Le col se trouve à une hauteur de 1,937 m. En 1807, un obélisque y fut élevé pour rappeler que les Français ont rendu plus pratiquable, en 1802, la route qui le traverse. GENÉVRETTE s. f. Boisson fabriquée avec les fruits du genévrier, que l'on pile, que l'on fait macérer dans l'eau et qu'on laisse ensuite fermenter. * GENÉVRIER s. m. Bot. Genre de conifères, famille des cupressinées, qui comprend une vingtaine d'arbres ou d'arbrisseaux toujours verts, résineux, à rameaux alternes, à feuilles persistantes, raides, petites, nombreuses, rap- prochées, opposées ou verticillées ou imbri- les cantons de Genève, de Vaud et du Valais. Sa rive scjilentrionale forme un arc d'envi- ron 1'.') kil. de long; sa rive méridionale me- sure 6.j kil. ; sa largeurvarie de 10a I2k.il. au milieu ; elle est de 6 kil. près de l'E. et d'un kil. et demi à l'extrémité 0.; b39 kil. carr. ; sa plus grande profondeurest d'environ 330 m., sa firolondeur moyenne de 130 m. Sa surface ne gèle jamais. Le HKône y entre à son ex- trémité orientale et le quitte près de Genève; environ 40 petits cours d'eau se jettent dans le lac. Des bateaux à vapeur le sillonnent sans cesse. Le lac est célèbre dans la littéra- ture, comme étant la scène sui' Uujiielle se dé- roule le roman delà Nouvelle lléloise, et par le grand nombre d'auteurs illustres qui rési- dent dans ses environs. GENEVIÈVE (Baume de). Baume pharma- cciitiipii', compOM- de iilill gr. d'huili^ d'olive, de 60 gr. de cire jaune, de l.'i gr. de pondre de santal rouge, de 120 gr. de térébenthine, que l'on l'ail digérer à une douce chaleur; on ajoute 2 gr. de camphre. Ce baume est très vanté contre les coups et les contusions et pour hâter la cicatrisation des plaies, GENEVIÈVE (Sainte), en lat. Genooefa, pa- ir le de l'ari>, iieitu Nanteri'e Vers i23,morle en;il2. Filb; de pi'opriétaires aisés, elle gard.i dans sa jeunesse les tnuipeaux de son [lère, et ensuili!, diivenue orpheliiu^ elle se retira, à l'agio de II) ans, chez sa marraine, qui habi- tait Paris. Elle lit VOMI de virginilé, désiraiil consacrer sa vie à des uiiivres de piété. Lorsipie le roi des Huns, le terrible Attila, menaça la ville, en 4.H , elle rassura les Parisiens en leur |irédlsant ipu! ses jii'iéres il Dieu éloigne- raient le daiigei'. L'événement ayant vérilic sa prophétie, elle devint l'objet de la vciiéra- la sainte furent brûlées publiquement le 23 novembre 1793. Fête le 3 janvier. La basi- lique de Sainte-Geneviève, où ses restes ont reposé pendant tant de siècles, fut recons- truite en 17.'i7 sur les dessins de Souftlot, un peu à rO. de l'ancienne église; elle devint le Panthéon en 1791 et fut rendue au culte en 1852, sous le nom de Sainte-Geneviève. GENEVIÈVE (Sainte-), ch.-l . de cant. , arr. et à 50 kil. N. d'Espalion (Aveyron)-; 1,607 hab. GENEVIÈVE DE BRABANT, fille du duc de lirabanl, née vers 680. D'après quelque^ récits légendaires, elle épousa, vers 700, Sig- frid, comte palatin d'Oftendick (territoire de Trêves). Pendant que son mari combaltait les Sarrasins, l'intendant tiolo ess.iya de la séduire, et n'ayant pu y réii.-sir, l'accusa d'a- dullère, circonvint l'esprit de son mari et obtint de celui-ci un ordre de la mettre à mort ainsi que son enfant: mais, au lieu de se soumettre à cet ordre, il les expgsa dans une forêt on, quelques années plus tard, ils furent découverts par Sigfrid en personne; rinnocence de Geneviève fut rocennue. On lui donne quelquefois le nom de sainte ; mais elle n'a jamais été canonisée. GENEVISMEs. m. Manière de parler ou d'é- crire parliiulière aux Genevois. GENEVOIS, OISE adj. et s. Habitant de Ge- nève ; qui appartient a Genève. — s. m. Dia- lecte parlé à Genève concurremment avec le fr.aiiç.iis. GENEVOIS (Le), petit pays de Savoie qui avait Annecy pour capitale et qui fut érigé en duché. GENÈVRE , Mont), Juiuis ilnns, montagne des Alpes Colliennes ; 3,6»6 lu. de hauteur. La Genévrier. quées. — Le type du genre est le genévrier commun (juniiierus communis), arbrisseau in- digène, haut de 2 ru. à 2 m. '60. On le rencontre dans les lieux arides et pierreux. Son fruit ou genièvre est une baie d'un noir bleu, de la grosseur d'un petit pois, contenant deux ou trois noyaux et une pulpe d'un goût douçâtre, d'une saveur chaude, un peu amèro et d'un arôme particulierde térébenthine. Le genièvre renfermeunehuilevolalile (huile de genièvre), que l'on obtient par distillation. Les baies de genévrier sont stimulantes et diurétiques; on s'en est servi dans le traitement des ma- ladies des voies urinaires ; on les emploie dans la fabrication de la genévrette et du yin, auquel elles donnent son parfum et ses pro- priétés diurétiques. Le bois du genévrier est dur et presque incorruptible; on l'emploie à diU'érents ouvrages de marqueterie et de boissel lerie. — Le genévrier oxycédre (juniperus oxycedriis] est un arbrisseau, nommé cade dans le midi de la France. — Les genévriers aabines dilfèrenl des vrais genévriers en ce qu'ils ont des feuilles opposées,- et non arti- culées avec la tige. Un représentant remar- quable de cette section est le cèdre rouge 'jnniperus virijiniann) que l'on trouve depuis le Canada jusqu'au golfe du Mexicpie. Le véri- tabliî Sabine est le juniiierus saiinn, originaire d'Europe ; il dillère du cèdre rouge principa- lement par la grosseur de ses fruits. On le disait originaire du pays des Sabiiis , d'où son nom. Ses propriétés sont essentiellement eniménagogues. GENÈVRIÈRE s. f. Lieu où croissent des geiie\ 1 lers. GENGHIS (ou Zingis) KHAN, conquérant asiatique, né vers IlOlt, mort on 1227. Il se nomma d'abord Temudjin. Agé de 14 ans lorsque mourut son père, il devint chef d'une horde de Tarlares et, après avoir éprouvé quelques revers, il parvint à assujettir les tri- bus voisines ([ui occupaient une grande partie de la Mongolie. Proclamé grand khan, il adiqda le titre de Geiighis (le plus grand) et il donna à ses peuples le nom de Mongols (aiida- iieux). 11 organisa leur système civil et mili- taire et promulgua un' code de lois quKst encore connu en Asie sous son nom. Après avoir terminé la conqutite de la l'arlai ie, il commença celle de la Chine, et s'empara de Pékin qu'il réduisit en cendres (lïlii). Il 92 GÉNI marcha cnçuilo conln' Muliariimod, ?iiltan do Kharp-mio et diHriiisil Uokhata, Safiianainlc pI pliisiciirs autres villes. Ciin de sns aiiiiéi's j)i'il DimIioihI, sur la côte de la \nt-v ('.aspienne; uiio autre rrdiiisil Iran, Astiaklian el la Hus- sii- niéridioiiale; une aulre erieore s'eiii|)ura de la Corée. I>es contrées du N.-O. de l'Inde lurent aussi conquises, el la dynastie Tungiit fut anéantie. Il méditait de nouvelles con- <|u£te3 quand la irjort mit iln à sa ear- lière. Son empire fut divisé entre ses quatre tils. GENGOUX LE ROYAL (Saint ).f li. I. de ranl.' an-, el à40kil. N.-N'.-0.d(t Mùcon ; l.'.sn liali. Tanneries, vins. On l'appelle aujourd'hui '■ le Aiiliotial 11. GÈNI adj. (lat. gnins, menton). Anat. Ne s'emploie que dans l'expression ajiojihyse ;/i'ni, nom donné à (luatie petits luliercules (pii se Iniiiveut .sur la face postérieure du ina.villaire inCi'rieur. — (wninl. (V. S.) GENICULATION s. f. Courbure en forme de genou. GÉNICULÉ, £E adJ. (lut. i/ciiiculus, petit frenou). l'Ieelii ; formant un anj.'le : tiije géni- culte. ' GÉNIE s. m. (lat. (/cnius). lisprit ou démon, soit bon, soit mauvais, qui, selon l'opinion dis anciens, accoMipaf;nail les liommes depuis leur naissance jusqu'à leur mort : le génie de Socrate. (Voy. Mythologie.) — Fig. Le bon, le MAUV.i^is CÉNIK DE QUELQU'UN, la personne qui, par ses conseils ou ses exemples, exerce sur lui une bonne ou une mauvaise influence. — Se dit aussi de ces esprits ou démons qui, se- lon l'opinion des anciens, présidaient à de certains lieux, à des villes, etc. : le génie île Rome, du peuple romain. — ^u génie de la l'EliNTUHE, DE LA POÉSIE, DE LA MUSIQUE, etc, le génie qu'on suppose présider à chacun de ces arts. — Se dit également, dans la féerie, des gnomes, des .sylphes, des ondins, etc. : évoquer les génies. — pi. Se dit, en termes d'iconologie, de figures d'entants ou d'hoiniii.'s ailés qui servent a représenter les vertus, les passionSjles arts, etc., et auxquelles on donne, pour cet etlet, dilféienls attributs. — Talent, disposition naturelle, aptitude pourunechose: suivre son génie. — Se dit, particul., de celte qualité des esprits supérieurs qui les rend capables de créer, d'inventer, d'entreprendre des choses extraordinaires, etc. ; el, dans ce sens, on l'emploie souvent absolument : e'est un homme de génie. — Se joint quelquef. à des épilhètes défavorables, pour exprimer le peu de génie ou de capacité d'une personne : génie étroit, borné. — Trwailler de génie, faire quelque chose de sa propre invention, et quelquef. en s'écartant des règles com- munes. — Se dit également de celui qui a du génie : cet homme est un beau génie, un génie supérieur. — Fani. Ce n'est pas un génie, c'est un pauvre génie, etc., se dit d'une per- sonne qui a peu d'imagination, peu d'intel- ligence.— Le génie d'une langue, le caractère, propre et distinclif d'une langue. — Le génie d'une nation, d'un peuple, le caractère, la manière de voir, de penser, qui lui est propre. — L'art de fortifier, d'attaquer, de défendre une place, un camp, un poste : éco/e d'artillerie et du génie. On dit souvent. Le GÉNIE militaire, par opposition au corps des ingénieurs de la marine, qu'on nomme Le GÉNIE maritime. — LégisL L'organisation du corps du génie est réglée par la loi du 13 mars 1875 et par les décrets des "20 marsISIil, n février 1864 et Lï novembre 1865. Ce corps comprend, outre un étal-major parti- culier : 4 régiments de sapeurs-mineurs à 5 bataillons de 4 compagnies, une compagnie de dépôt, une compagnie d'ouvriers de che- mins de fer, une compagnie de sapeurs-con- ducteurs; en tout, 11,000 hommes et 900 chevaux. Un comité consultatif, dit des forti- fications, composé d'officiers généraux de GENI l'arme, rc| cli.nrgé de l'i'X.imen de toutes les I r|uistiiins ri-l.itives au service ilu înin'. Les el.iblissement.v du génie sont: 1° le dépiM des forlilications ; 2» l'hôtel des Invalidrs pour la collection des plans-reliefs des primipalcs places degu.rre; ICIabrifiade lopi);.'r.ipliiipie; 4° les écolis régimcntaires du génie ; .'j" les directions d- s forlilications. GÉNIEN, lENNE adj. (f^r. grneion, menton). Anal. (Jui .i|ipartienl au menton : apniihiise géniiinir. •GENIÈVRE s. m. (\a\.. juniperus). Nom vulgaiii: liii gniévrier cnmniiin. — Graine mf'iiie du geni'vre: manger du gmièure. (Voy. (iENÉviiirn.) — Se dit égalemeni de la liqueur faite avec du firain de genièvre : boire du ge- rtiènre. (Voy. diN.) GENIÉVRERIE s. f. Lieu où l'on fabrique du geiiiéï n'. GENIEZ-D'OLT (Saint-), cb.-i. de cant.,arr. et à 26 Uil. S.-E d'Iispalioii (Aveyron); 3,M'J bal). Filatures de laine; lainages; tanne- ries. GENIO-GLOSSE adj. m. (gr. gcneion, men- ton; glossa, l.iugue). Anat. Se dit d'un miiscie qui va du menton à la langue. — Suhslantiv. : le géiiin-ijlnSfir. GÉNIOPLASTIE ou Génoplastie s. f. (gr. geneioii, luviilon; plassein, fabriquer). Opé- ration chirurgicale qui consiste i reformer le menton ou la joue, lorsque l'une de ces par- ties a été atteinte par la gangrène ou dé- truite par lin cancer. (Voy. Autoplastie.) GENIS-LAVAL (Saint-), ch.-l. de cant., arr. et il H kil. S.-O de Lyon (Rhône); 3,435 hab. Bons vins dit des Baroltes. Papiers points, indiennes, etc. Dans la vallée de Chaponnost, située aux environs, se trouvent de beaux restes d'aqueducs romains. GENIS-DE-SAINTONGE Saint), ch.-l. de cant., arr. et à 12 kii. N.-O. de Jonzac (Cha- rente-Inférieure) ; 1,018 bah. * GENISSE s. f. lat. junix). Jeune vache qui n'a point |iijrlé : Deux t.iureaitx combattaient à qui posséderait Une génisse avec l'empire. La FONTAISB. GÉNISSIEU (Jean-Joseph-Victor), conven- tionnel, né a Chabeuil (Uanphinéj, en 17;il, mort en 1804.11 vola la mort du roi et de- manda, en outre, le bannissement de tous les Bourbons. Il entra au conseil des Cinq-Cents, fut nommé par le Directoire minisire de la justice el quitta le ministère pour exercer la charge de commissaire près le tribiin.il de cassation, puis celle ,_yr^^ de juge à la cour ^_îii»W ' d'appel de la Seine. GÉNISTÉ, ÉE adj. (lai. genista, j^'enêl). Bot. Qui se rapporte au genêt. — s. f. pi. Famille de légumi- neuses ayant pour type le genre genêt. * GÉNITAL, ALE, AUX adj. Did.ict. Qui sert à la génération : vertu génitale, organes génitaux. "GÉNITIF s. m. (lat geniliruti). Grainm Se dit, dans les langues où les noms se dé- clinent, du cas qui sert principalement à marquer apparte- nance, dépendance : génitif singulier. GÉNITO-CRURAL. ALE. AUX adj. Anat. Qui a|)partient en même temps au système géni- tal et à la cuisse. GENN GENITO URINAIRE lii'iit aux p.ii'lii Ul'in.'lil e. ■ GENITOIRES s. m. pi. Parties qui servent il la L'.iiéi.ilion dans les mâles. (Vieux.) • GÉNITURE (lat. gcnitura). L'enfant, par rapporl au père el à la mère : ce père se cuni- ptai.^ail dan.s .sa giniture. — Se dit aussi des animaux : adj. Anat. Qui appar- L'cnitalcs el au svslèine Il advint qu'au liibou Itieii An 1.1 ma f/éniture. PolVTAini. GENIX (Saint-), cli.-l. de cant., arr. el A 38 kil. de Cliambéry (Savoie), sur le Guicrs: \,, sur l'invitation d'Eudoxie, veuve de Valentinien III, Genséric remonta le Tibre, prit Rome et la livra au pillage pen- dant 14 jours. Il pratiquait l'arianisme et persécuta cruellement les orthodoxes. GENSONNÉ (Armand), avocat et conven- tionnel, né à Bordeaux en 1738, mort en 1793. Député à l'Assemblée législative (1793), il y forma, avec Vergniaud et Guadet, l'âme du parti girondin. 11 proposa de décréter d'ac- cusation les frères du roi et les émigrés de l'armée de Coudé, essaya de faire déclarer la guerre à l'Autriche, attaqua le ministère Feuillant, puis Lafayette, et tenta de se rap- procher de la cour. Réélu à la Convention, il vota la mort du roi, lut accusé de pactiser avec la cour par Danton, Marat et Robespierre, dont il s'était attiré l'iniinitié; devint suspect au peuple après la défection de Dumouriez dont il était l'ami; fut arrêté avec les autres Girondins (2 juin 1793) et fut exécuté avec eux, le 31 octobre. * GENT s. f. [jan] (lat. gens, gentis). Nation, race. En ce sens, il ne s'emploie au sing. que dans la poésie familière. La cent qui porte le turban, les Turcs, la nation des Turcs. La gent moutonnière, les moutons; ou, fig., les personnes qui font ce qu'elles voientfaire, i|iii suiventaveuglémcnt l'exemple des autres. i\u pi., il n'est usité que dans cette locution: Le droit des gens, le droit des nations. — Hors de là, il signifie Personnes, et il n'a point de sing. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages. L& Fom-iinB. C'en est fait, je renonce à tous les gens de bien ; J'en aurai désormais une peur efTroyable, Et m'en rais devenir, pour eut. pire qu'un diable* MoLiiinR. Tartufe. A gens d'honneur promesse vaut serment. VOLTAIRS. Il veut au fém. les adjectifs et les participes qui le précèdent, et au masc. ceux qui le suivent. — L'adjectif ou le participe placé entête du membre de phrase ot"i gens est sujet, se met toujours au niascutiu ; instruits par l'expé- 94 CENT ricncc, 1rs vkillc.i r/ens sont toxijours soupcnn- neux. — l,orsi|ii(; Grnu esl précédé d'un adjiiclif des deux senros, on mel Tors au masculin: tous les honmHes yens. Quant, au contraire, 1 adjectif qui prôxhli Gens est féminin, on metïouTKs : toutes les uieillcs ijeris. — On met aussi Tous au masculin, lor^ijuc Gens est stiici d'une l'pilliMe ou de quelque autre mol dù- terminatif : tous tes gens sensés, raisonnables, pieux, etc. — Lesgknsuu monde, les personnes qui vivent dans le monde. Se dit aussi par opposition aux frens qui ont une profession savante : eel aslronoine s'efforce de mettre la scieneeà la jiorti'e liex yens du monde. — Fam. Des gens de sac i;t de cohue, des hommes qui sont capables d'actes criminels et dignes de châtiments exemplaires. — Il y a gens et gens, il y a ^'raiide dillérencc entre certaines personnes. — Si; connaitue en cens, avoir un discernement pour connaître le fortetle faible des hommes, leurs bonnes et leurs mauvaises qualités. — Vous vous moouez des gens, vous NOUS PRENEZ POUR DES GENS DE l'aUTRK. MONDE, vous nous prenez pour des ignorants, pour des idiots. — Il n y a ni bêtes ni gens, se dit d'un lieu tr^s solitaire. — Bétes et gens, se dit dans quelques phrases familières : l'espace Était étroit, 7»ais tious truunlmes le moyen de nous y loger tons, biHes et yens. — Ne se dit jamais en pailaiil d'un nombre déterminé de personnes, à moins qu'il ne soit précédé de certamsadjectits,com me dans ces exemples: il y a vingt-quatre pauvi-es yens. — Mille gens, DES MILLIERS DE GENS, etc., beaucoup de gens en nombre indéterminé : plus de mille gens me l'ont dit. — Suivi de la iiréposition de et d'un substantif qui désif,'ne une profession, un état quelconque, signilie, tous ceux d'une nation, d'une ville, elc , qui sont de cet état, de celte profession, soil qu'ils forment en etfet un corps particulier dans la société générale, soit que l'esprit les rassemble sous une seule et même idée. Dans cette acception et dans celles qui suivent, il ne veut jamais l'adjectif ou le participe au lêminin : les yens de robe, d'éylise, tfe yucnr. — Il peut égale- ment ne comprendre qu'une partie de ceux qui sont du même état, de la même profes- sion : on )/ «oj/tHi (/ks yens de robe, des yens d't'pée. — Geins D'AHMEss'écritquelquefoispour Gendarmes, employé dans .son acception pri- mitive : une compaynie de yens d'armes. — Se dit encore de ceux qui .sont d'un parti, par opposition à ceux de l'autre : nos ye7is ont battu les ennemis. — Se dit également des personnes qui sont d'une même partie de pro- menade, de jeu, de festin, etc.: tous nos gem sont arrivés, faites servir le dimr. —S'est dit, dans les ordonnances, dans les édils, etc., des parlements el autres compagnies de pis- tice : les yens tenants la cour de parlement. — Les gens du roi, les procureurs el avocats gé- néraux, les procureuis el avocats du roi. — Les domestiques : tous vos gens vous ont quitté. ' 6ENT, ENTE adj. Gentil, joli. On ne s'en sert aujuuid hui qu'en imitaiil le style de uus vieux poètes : la yentepucclle. * GENTIANE s. f. [jan-si-a-ne] (lat. gentiana; de Gcnlms, roi de 1 lllyrie qui, le premier, fil connaître les propriétés médicinales de cette plante, aun°siccle av. J.-C). bol. Genre degen- lianees, comprenant un grand nombre d'es- pèces de plantes vivaces, qui sont la plupart indii:èues.--Liiyentiane jaune {gcntianalutea}, commune dans presque toutes les conlrées montagneuses de France, atteint souvent plus d'un mètre de hauteur. Sa racine très aiuére possède des propriétés toniques, fébrifuges, vermifuges et sloiiiachiques, qui la font re- chercher en médecine, pour relever les forces générales, dans la dyspepsie, le scorbut, la chlorose, el dans les alfeclions qui dépendent de l'alonie du tube digestif. De 8 à 1.5 gr. en décoction dan.^ un litre d'eau; de 1 à 20 gr. d eitrait. On l'administre aussi en poudre, r.KNT en rin, PI) teinture, en sirop ou en l-\h\r.i Les antiis espèces, telles que la ymliane' iMinnne jaune iffpn'iann Itit^tt). purpurine, la yentiane ponetuée, la gentiane erniirtir. la gintiane acaule, jouissent de pro- prieti'-s aiialoi.'^ues. GENTIANE, ÉE adj. Rot. Qui se rapporte ou qui ressemble aux gentianes. — s. f. pi. Famille d'asciepiadées, ayant pour type le genre gentiane et comprenant, en outre, les genres genlianelle, petite centaurée, etc. GENTIANELLE s. f. Bot. Genre de genlia- nées comiuenaiit plusieurs espèces des Indes orienl/iles. GENTIANINE s. f. Chim. Principe amer extrait de la jj^i'utiane. La gentianine est so- lulde dans l'alcool. GENTIANIQUE adj. Se dit d'un acide jaune, insifiidr, inaltérable à l'air, (jue l'on extrait de la racine de gentiane : C"" H'" 0". "GENTIL adj. m. [jan-ti] (hobr. yoyim; lai. gentilis). Pa'ien, idolâtre ; il était fils d'un père gentil et d'une mère chrétienne. — Plus urdin. suhstaiilif. Ne s'emploie guère alors au »\ng. : les .Juifs appelaient Gentils tous ceux qui n'étaient pas de leur nation. • GENTIL, ILLE adj. [jan-ti; i-yeu; H mil.] (lat. grntilis). Joli, agréable, mignon, u-ra- cieux, qui plail, qui a de l'agréineiil , de la délicatesse : il est gentil. Gentille Annette, Tu v.i.s .seiilette, Suii> la coiiittctte r.h;int(M' le Robin tles Bois. C'est pour savoir i-i le printemps s'avance. GeHTILLK A>MiTTE. — Substnntiv. Faire le gentil, affecter des niHiiiei es gentilles, agréables. On dit quel- quefois de même, en parlant d'une chose grande el belle. Cela passe le gentil. (Vieux.) — Se dit quelquefois ironiq. : Vous faites la UN gentil peiisonnage, un gentil métier, vous faites là un vilain personnage, un vilain mé- tier. — Se dil encore ironiq. des gens que l'on veut traiter d'impertinents et de ridi- cules : je vous trouve yenlil. GENTIL-BERNARD (Pierre-Josephl, poêle, né a Greiiolili- eu I , lu, inoit m i ,";:). Il fut successivement clerc de procureur, secré- taire du maréchal de Coigny, secrétaire gé- néral des dragons el obtint, grâce à. M"""! de Ponqiadour, la place de bibliothécaire du roi à Choisy. Bernard, qui doit à Vollaiie son surnom de Gentil, élait un charmant poète de société. Il récitait des vers, mais n'en fai- sait pas imprimer. Le seul ouvrage de lui qui parut de son vivant est le lihretio de Castor et Polbix (17o4), opéra dont Hameau a écrit la musique. Ses autres ouvrages sont \'Art d'aimer, poème en 8 chants, P/iros^^c et Mélidor, en 4 chants, des epilres, des odes anacreoutiques, etc. Ses œuvres ont été pu- bliées i1770, 1 vol. iu-IS" el 1S03. 2vol. in-tc). CENT GENTILESCH! (Orazioj fdjènn-li-jèss'-kil, peintie il.ilien, né en l'IOll, mort vers Kiifi. A l'invitation de Charles \'' d'Angleterre, il décora le palais de Greenwich et plusieurs autres monuments. GENTILHOMMAILLE s. 1. [jan-li-io-ma-ieu ; " mil l'.ii .1. iii-i . Caste de gentilshommes. GENTILHOMME s. m. [jan-ti - io-nie; (lat. gentilis; de gens, race). Celui qui // est noble de race : gentilhomme de bontiin. Au plur. des gentilshommes jjan-ti-zo-mej. — Se dil quclnuefois, parliculiéremeiil , des hommes nobles qui s'attachent à quelque prince : c'est un des gentilshommes de ce prince. — \ IVRE EN GENTILHOMME, vivre sans rien faire. — Par plaisant. Gentilhomme a lii^vre, simple peiililhomini^ de campa;.'iie qui a peu de bien. — Tilre décharge : premier gentilhomme de la chdUilirr. ■ GENTILHOMMERIE s. f. La qualité de gen- tillioiiime ; .,/( n, fait pas grand cas de sa gen- tilhiiiitmerie. (Kam.) • GENTILHOMMIÈRE s. f. Petite maison ,le gentilhiiiMine a la campagne : une jolie yen- tillioiiuiiiéi I , l'am.) ■ GENTILITE s. f. coll. Les nations païennes: toute lu yentiUté. — Profession d'idolâtrie : // reste encore des marques de gentilité dans ce pays-là. ' GENTILLÂTRE s. m. [// mil.] .\e se dit que par plaisanterie et par mépris, d'un petit gentilhomme dont on fait peu do cas. GENTILLEFEMME s. f. [//mil. j Ancien fém. de geiililliuiniiie. * GENTILLESSE s. f. [Il mil.] Grâce, agré- ment : /(( y, nidte.sse d'un enfant. — Se dil aussi de certains tours de souplesse agréables : il a fait mille gentillesses devant nous. — Se dit éi'alemenl de certaines saillies agréables, spi- rituelles : dire des gentillesses. — Par iron. Trait de mauvaise conduite, de malice, elc. : (■/ a fait ki une gentillesse dont il pourrait bien se repentir. — Se dit en outre de certains pe- tils ouvrages délicats, de certaines petites cu- riosités ; (7 a mille petites gentillesses dans son cabinet. GENTILLET, ETTE adj. Assez gentil. (Fam.) GENTILLY. Gculiliacum, comm. du cant. de Villeinif. arr. et à 7 kil. N.-O. de Sceaux (Seine, sur la Bièvre; 0,153 liab. Saint Eloi y fonda un monastère. Louis le Bègue lit de celle ville une seigneurie, qu'il attacha en 878 à l'évêché de Paris. Blanchisseries, fabriques de cuirs et de cartons vernis. •GENTIMENT adv. Joliment, d'une manière gentille : cet enfant est gentiment habillé. — S'emploie plus ordinaire inenl en plaisantant et par une espèce de dérision. Ainsi pour se moquer d'un homme tout éclabloussé, on dil, Vous VOILA gentiment accommodé; et d'une femme mal coitfée. Vous voila gentiment Coiffée. Ces manières de parier soûl très fa- milières. GENTIOUX, ch.-l. de cant., arr. elà SSkil. d'Aubu^-oll (Creuse). 1,339 hab. GENTLEMAN s. m. Ldjenn'-tl-mann]. Titre que prend en Angleterre tout homme bien élevé, qui a de bonnes manières. Ce mol est passé dans la langue française pour désigner tout homme de la bonne société : des gentle- men. — GENTLEMAN-RiDER[-raï'-deur]. Homme du monde élégant, qui s'occupe de courses, qui aime à mouler à cheval ; des genllemen- riders [djènn'-U'-méiin-rai'-deursj. GENTRY s. f. [djèun'-lrij. Classe bour- geoise eu Angleterre par opposition à nobi- lily, noblesse, el à peuple, peuple. GENTZ (Friedrich von) [tonn-ghènnlsj, di|iloniale allemand, ne à Breslau en 1764. mort eu 1832. Au sortir de l'université, il GEOF GEOF GEOG 95 mena à Berlin une vie dissipée et aventu- reuse. En 1799, il visita l'Angleterre et, pen- dant 20 ans il entretint une correspondance intime avec les ministres anjrlais. En 1802, il fut atlaché au cabinet autrichien et rédigea le manifeste de ISO'i. Mais l'hostilité de Na- poléon lui fit comprendre qu'il était prudent de se retirer en Prusse, où il continua d'écrire contre le gouvernement français. En 1M09, il fut rappelé à Vienne par M. de Metternich et rédigea le manifeste autrichien de cette année-là. Il prit une part active au congrès de Vienne, collabora au plan de la Sainte-Alliance et fut secrétaire des congrès d'Aix-la-Cha- pelle, de Troppau, de Laybach et de Vérone. Sa Briefe an Pilât, sur l'histoire contempo- raine d'Allemagne, fut publiée avec une bio- graphie en 1868, et ses mémoires complets parurent en 1874. GÉNUFLECTEUR, TRICE adj. Qui fait des géniillexions. • GÉNUFLEXION s. f. [jé-nu-flè-ksi-on] (lat. (/rintflrxio; de 'jcwi, genou; flnUrf, tlédiir). Xcle de fléchir le genou en sis-iic d'humilité ou de soumission : faire une ycnujlexion devant le saint sacrenu^nt. GENUS IRRITABILE VATUM [gé-nuss-ir-ri- ta-bi-lé-va-toniui]. l.oc. lat. qui signifie : la raec irritable des poètes. Expression d'Horace qui sert à caractériser l'extrême susceptibilité des gens de lettres. GÉOBATRACIENS s. m. pi. (gr. gé, terre; balrukos, grenouille). Zool. Famille de rep- tiles batraciens qui vivent sur terre. ' GÉOCENTRIQUE adj. (gr. gé, terre; ken- tron, centre). Astron. Qui appartient à une planète vue de la terre : lieu géoeentrique . GÉOCORISE s. f. (gr. gê, terre ; koris, pu- naise). Nom d'une famille d'insectes dont le type est la punaise. GÉODE s. f. (gr. géodes, terrestre). Petite masse calcaire, creuse en dedans et ordinai- rement formée de quartz. •GÉODÉSIE s. f. (gt.gé, terre; daiein, divi- ser). Science qui a pour objet de mesurer le globe terrestre et ses parties : iyistrume/tt de géndésie. GÉODÉSIEN s. m. Ingénieur qui s'occupe de géodi SIC. * GÉODÉSIQUE adj. Qui a rapport à la géo- désie : opèralions géockhiques. GÉODIQUE adj. Minéral. Qui a la forme d'uni.' g''ude. GEOFFREYOF MONMOUTH [jèf-frij. vieux chroniqueur anglais, né vers IlOo, mort vers Moi. Il dut probablement sa nomination au siège de Saint-Asaph (llr)2), à son Chruni'mi sive Historia Brit onum, qu'ii donna comtiio une traduction d'un manuscrit gallois. Cet ouvrage est tellement rern|ili de légendes et de fables qu'il présente peu de valeur histo- rique. GEOFFRIN iMarie-Thérèse Rodet, dame), femme célèbre, née à Paris en 1699, morte en 1777. Son père, M. Hodet, était au servici; de la Dauphiiie. A l'àffe de n ans, elle épousa le riche manufacturier Ijeoll'rin, qui mourut quelques années après. Un dit qu'elle eoiilri- Inia iioiir 100,(100 Irancs a la publication de YEncijclnprdie. Diderot, d'AIcmbert, Ihir.u'c Walpule, Hume, (jibbon et le comte Stanislas Poniatowski se n-nconti'aient k ses dîners. Elle paya les dettes de Poniatowski pour le faire sortir de prison, et quand celui-ci l'ut élu roi de Pologne en l'î64, il lui écrivit : 0 Maman, votre fils est roi ». GEOFFROI GAIMaR. pcèle anglo-normand du xu^' siècle. U,i a de lui des tragments d'une Histoire d'Angleterre, qui s'éleud jusqu'au règne d'Ueuri 1". GEOFFROY (Saint I. abliede Nogenten 1091, évéqui' dWiiiiens en 1 104, mort en 1 Ho, Fête le H iiiiveuibre. GEOFFROY, nom de cinq comtes d'Anjou. I. (Grise-Gonelle) de (/o?ic//'i, casaque; comte de 9.ÏS à 9S'i. H prêta main forte au roi Lo- thaire contre Otbon II de Germanie et reçut pour ce service le titre de sénéchal de France. — 11 Martel), comte de 1040 à 1060, épousa Agnès de Bouri-'ogne qui lui apporta en dot le Poitou. Il défit les Sarrazins en Sicile et reçut, comme récompense, la relique dite de la Sainte-Larme. — III Le Barbu), comte de 1060 à 1096. — IV îMartel», de 1098 à I 106.— V fie Bel ou Plantagenet), de 1113 à II.tI. A la mort d'Henri 1" (II.3H), il défendit la Normandie et TAngleterre contre Etienne de Blois. Cette guerre occasionna en Anjou une famine telle que l'on mangea de la chair hu- maine. GEOFFROY. I. (Etienne-François), médecin, né à Paris en 167:>, mort en 1731. 11 fut pro- fesseurde chimie au Jardin desplantes (1707), de médecine et de pharmacie au collège de France (1709). On a de lui : Tractatus de ma- terid medicd, sive de medicamentomm simpli- cium historia, virtute, delectu et usu (Paris, 1741), ouvrage traduit en français par Ber- gier (174I-'43). — II. (Claude-Joseph), frère du précédent, né à Paris en 168S. mort en 17.Ï2. 11 a fourni au recueil de l'Académie des sciences, dont il était membre, 64 mémoires sur Ihistoirenatiirelle, la botanique, la phar- macie et la chimie. — ill. ^Etienne-Louis), naturaliste et médecin praticien, fils d' Etienne- François, né a. Paris en 172.'>, mort en 1810. On a de lui : Histoire des insectes qui se trou- vent aux environs de Paris (176'i et 4799) ; Dissertation sur L'organe de l'ouïe (4778,10-8°); etc. GEOFFROY (Julien-Louis), critique, né à Rennes en 1743, mort en 1814. il fut d'abord précepteur et professeur, prit en 1776 la ré- daction de V Année /(gra[)hic phy- sique, fondée en 1745 par Bnaclic, vit agrandir son domaine par Berymann, de Luc, Saussure, liiillon, \Vcrn(!r, Léopold de Buch, A. de llumboldt, Maury et surtout Reclus. (Voy. Teiuie.) — (iiiiiGiiAi-niK poi.niQiJii, di-scriplioii des pays el des peuples de la teri'e, des Klats, des provinces, des villes, des canaux, des ports creusés par la main de l'homme, des frontières, etc. Les écrivains qui se sont occupés de ce sujet avec le plus de succès sont: Biischinf;, d'Aiiville, Malte-Brun, Baibi, Itilter, Reclus, etc. — Gkogkai'Iiik zoologiquf., élude de la distribution des animaux sur lu globe. Celte partie de la science a élé cultivée particulièremcnl par P. Gcrvais. — Encvcl. Dès la phis haule antiquité, les Phéniciens explorèrent les côtes de la Méditerranée, passèi-ent le détroit de Gibrallar et visitèrent les rivaj;es de l'Atlantique en Europe el en Afrique, jusqu'à la Grande-Bretagne el aux eûtes de la Baltique au N., et jusipi'au lro[iiiluc du Ca|iricorne an S. Vers GUO av.J.-C, Néchuo, roi d'I'.f-'ypte, lit partir, de la mer Rouge pour l'océan Indien, une flotte dirigée par des Phéniciens. En trois ans, cette expédition lit le tour de l'Afrique, atteignit le détroit de Gibiallar et retourna en Egypte par la Médi- terranée. Les connaissances géographiques furent augmentées par les Carthaginois; mais la seule de leurs expéditions dont nous ayons un récit authentique est celle de llaii- non, vers le v" siècle av. J.-C. Hannon, suivi de 00 navires, lit voile de Gibrallar. suivit la côte d'Afrique jusqu'à la baie de Bénin ou, suivant les appréciations de quelques auteurs, jusqu'à la rivière de Nun seulement. Vers :i'iO av. J.-C, Pythée, marin de; Massilia (Marseille), visita Id Bretagne ((irande- Bretagne) et découvrit une ile qu'il appela Ullima Tlmle. Dans un second voyage, il visita la Baltique. L'expédition d'Alexandre le Grand, 3'M ans av. J.-C, augmenta considérablement les connaissances que l'on avait sur l'Inde. Le premier travail .systématique sur la géogra- phie scientili(jiie fut eiilrepris par Eratos- thèiie,qui vivait à Alexandrie dans la der- nière partie du m» siècle av. J.-C Son système était basé sur la connaissance de la forme sphérique de la terre; Eraloslhène lut le fondateur de la géodésie. Le Bithynien Hipparque qui habita Rhodes el Alexandrie vers le milieu du il" siècle av. J.-C, élargit encore le système d'Eralosthône et soumit la science géographique à des principes astronomiques, mais ses découvertes ne reçu- rent un développement pratique que long temps plus lard. Environ un siècle et demi après Hipparque, Strabon, Grec du Pont et explora- teur célèbre, écrivit une géographie qui em- brasse tout ce qui était connu de cette science au commencement de l'ère chrétienne. Les contrées méditerranéennes étaient assez bien connues, mais on savait pou de choses des côtes atlantiques de l'Europe el l'on ignorait complètement ce qui concerne la Scandinavie, la Russie, le nord de l'Allemagne, la Sibérie, la Tartarie, la Chine, le Japon et l'archipel Asiatique. Le premier géographe romain fut Pomponius Mêla, qui écrivit vers le temps de l'empereur Claude. Dans son traité Be situ orbis, il explique la division du monde en deux hémisphères : l'hémisphère septentrio- nal, partie connue de la terre; et l'hémi- sphère méridional, partie encore inconnue. Plus fameux encore fut Ptolémée, qui vivait à Alexandrie vers le milieu du n" siècle après J.-C. A cette époijue, la notion d'uu océan GEOG circumambianlavail été abandonnée, cl colle d'une élonilue mdélinie de terni incogtiita lui était substituée comme limites supposées du monde. Au ix" siècle, les Northmen décou- vrirent le Groenland el, d'après leurs sagas, ils visilènnl le continent de l'Amérique du jNord au x" siècle. Au xiii" siècle, des missions furenlenvoyécs par les jpapes dans les parties extrêmes de l'Asie. En Ii71, lu Vénitien .Marco Polo visita la cour de Kublai Khan en Chine et, le premier, filconnailre à l'Europe l'exis- tence du Japon et de plusieurs des Iles et des contrées des Indes orientales. Au xV siècle, les Portugais explorèrent les côtes de l'Afrique occidentale. Le cap de Bonne Espé- rance, atteint en 148C, fut doublé H ans plus tard par Vasco de Gaina. Mais la plus grande de toutes bis découvertes géographiques fut celle du .Nouveau-Monde jiar Christophe Colomb en 1492. Dans les 30 années qui suivirent, toute la côte orientale de l'Amé- rique, depuis le Groenland jusqu'au ca[iIlorn, fui explorée el des navires espagnols sillon- nèrent l'oc'éiin Pacifique. En Io5!0, Magellan passa le détroit qui porte son nom, traversa le Pacifique, et son vaisseau revint en Europe par la roule du cap de Bonne-Espérance, après avoir accompli la première circumna- vigation. La côte occidentale d'Amérique (sauf la portion qui s'étend au nord de la baie do San-Fiancisco) fut explorée avant le milieu du xvi"^ siècle. A la même époque, les découvertes en Orient marchaient à pas de géant. Au xvi'^ et au xvii' siècles, les progrès de la science astronomique conduisirent à une revision générale des longitudes et des latitudes des tables de Ptolémée, dont des observations exactes avaient prouvé la faus- seté, et au xviii' siècle, plusieurs écrivains savants et laborieux, parmi lesquels il faut particulièrement citer d'Anville, s'appliquè- rent à la rectification de tout l'ancien système géogra[ihique. Au xvi"i siècle, les Anglais et les Hollandais firent d'audacieux et de perse vérants ell'orts pour trouver un passage qui peimit d'atteindre rindousLan par le i\.-E. ou par le iN.-O. Les exiiéditions de sir Hiig Wilioughby et de Richard Chancelioren doaJ, de Frobisher en iii'G-'lH, de Davis en lîiS.'i- '87, de Barentz en Và9i-'W, à la recherche de celte roule, augmentèrent nos connais-aiires relativement aux régionsarctiques. Un résultat si'inblable fut la conséquence des voyages de Henry Hudson en 1607-'tl et de William Bal'fin en 1012-'! 6. En 1818, la tentative de trouver un passage au N.-O. fut renouvelée par le capitaine Ross. Ce fut le commencement d'une série d'expéditions anglaises el amé- ricaines. (Voy. Arctiques.) Au commencement du xvii« siècle, les Hollandais découvrirent l'Australie, qu'ils appelèrent Nouvelle-Hul- lande. En ■1042, Tasinan trouva la terre de Van Diemen ouTasmanie, et bientôt après, la iSouvelle-Zélande et plusieurs groupes de la Polynésie. Le capitaine Cook dans ses voyages (l7Ô8-'79j augmenta lesconnaissances géogra- phiques. En 1842, le lieutenant Wilkesexploi-a dans le cercle antarctique un continent dont une partie avait élé entrevue peu de temps auparavant par Dumonl d'Urville et par sir James Ross. (Voy. Antarctique.) Nos relations avec l'intérieur de l'Asie ont été élargies depuis deux siècles par les conquêtes faites par les Russes, par les Anglais et par les Français. De grands progrès ont été accomplis pendant le siècle actuel; à l'exception des régions polaires et du centre de l'Afrique, presque toutes les parties du globe sont connues; et il ne reste plus de gTande terra incognita. — Bibliogr. Voy. la Géographie de Strabon; la Géùgrapliie de Pomponius Mêla; la Géographie ancienne abrégée de d'Anville (t7(J9); le Frécis de géo- graphie universelle de Mnltc-Bnin (18IO-'27; 7 vol. in-8°), refondu par Théophile Lavallée (ISoS-'uG; (j gros vol. in-S°); l'Abrégé de géogra- phie d'Adrien Balbi (1 gros vol. iu-S") ; la Terre, GKOL de Hocliis; (?l enfin, la M'jin'ctli; i/iogniiihn'. unieir.srtle d'Elisée Reclus, Paris, gr. in-8"; cartes et g'ravures; c'est l'ieuvre la fdus con- sidérable et la plus sav.inte du XIX« siècle. — Sociétés de géographie, associations qui se donnent [lour but (fétendre les limites des connaissances géographiques, en faisant exé- cuter à leurs frais des voyages d'exploration, en publiant des ouvrages, en décernant des récompenses, etc. La plus ancienne société de ce genre est la Société de géograiihie de Paris, fondée en 1821. Celle de Londres i\c date que de 1830. 'GÉOGRAPHIQUE adj. Qui appartient à la ^'éiigiMpliic : ilrsriiplion géogrnplti'iuc. GÉOGRAPHIQUEMENT adv. Selon la géogra- phie. GÉOHYDROGRAPHIE s. f. (gr. gé, terre; wKir, eau; j/rapAo, j'écris). Description des eaux terrestres. GEOIRE (Saint-), ch.-l. do canl., arr. el à ■l't kil. S.-E. de la Tour-du-Pin l'isére'i sur lEynan ; 2,087 hab. * GEÔLAGE s. m.fjô-la-je]. Droit qu on paye au geôlier à l'entrée et à la sortie de chaipie prisonnier : droit de geôlage; payer le geôlagc. ■ GEÔLE s. f. [jô-le] (lat. caveola, diminut. de cavea, cage). Prison : les droits de la geôle. — Demeure du geôlier : aller à la geôle. * GEÔLIER s. m. [jô-lié]. Celui qui garde les pri^onniirs; le concierge de la prison. * GEÔLIÈRE s. f. [jô-liè-re]. La femme du geôlier. * GÉOLOGIE s. f. (gr. gé, terre ; logos, dis- cours). Hi-'t. liai. Science qui a pour objet la connaissance de la forme extérieure du globe terrestre, de la nature des matériaux qui le composent, de la manière dont ces matériau v ont été formés et placés dans leur situation actuelle : traité, cours, professeur de géologie. — Encycl. On confond sous le nom de géo- logie deux branches distinctes : l'une com- [uend l'élude des lois chimiques, physiques cl biologiques qui ont présidé au développement du globe, l'autre s'occupe de l'hisluirc natu- relle de la terre, d'après la structure physique de notre globe, de la stratigraphie, delà miné- ralogie et de la paléontologie. Le nom de yéo- gnosie. employé par quelques auteurs, peut être appliiiué à cette dernière branche de la géologie, tandis que celui de géogénie \, Paliisy fut le premier qui osa affirmer GKOL GIÏOL GEOM à Paris, que lus rcsles fossiles de teslacés et do poissons avaienl appartenu autrefois à des animaux inariiis. I.cibnilz, dans sa Protorjœa (l'iSO), proposa le premier la thôorie que la terre a été originairement une masse lumi- neuse incandescente qui depuis sa création va toujours en refroidissant, et qui, à mesure qu'elle refroidit, reçoit les vapeurs conden- sées composant sa croule. Il pensa qu'à une certaine phase de sa formation elle fut cou- verte d'un océan universel. D'aprèscelte don- née, Leibiiitz traça deux classes de formations primitives : l'une parle refroidissement de la fusion ignée, l'autie par la concrétion de so- lutions aqueuses. La première connai^sallce de l'arrangement des matériaux terrestres par couches continues sur de vastes étendues et se ressemblant les uns les autres dans dif- férentes contrées, est due au D' Listei', qui, en 1 68.3, envoya à la Société ro,yale de Londres un projet de cartes des sols; il croyait aussi que des espèces ori-'aniques avaient disparu à des époques antérieures. Le D' Robert Hooke avança des idées nouvelles et ingénieuses concernant la nature des fossiles et les etlels des tremblements de terre qui ont soulevé le lit de la mer. William Wodward conçut que les lignes d'afUruroment des couches sonlpa- rallèlfts aux chaînes des montagnes. — La géologie ne commença de prendre le rang de science importante que lorsque son appli- cation fut indiquée comme nécessaire aux mines, dans la dernière partie du xviii^siècle, par Werner, professeur de minéralogie à l'école de Freiberg (Saxe). Werner, dans son cours sur l'ordre systématique de l'arrange- ment des couches, adopta presque les divi- sions qui avaient été proposées cinquante ans auparavant par le mineur allemand Leh- mann. Il soutint la théorie de la production des roches par les seuls dépôts aqueux, tan- dis que le U' Hulton. d'Edimbourg, attribuait l'origine d'un grand nombre de celles-ci a l'action du feu. Une controverse animée cl pleine d'amertume s'éleva, et les géologues de l'Europe se divisèrent en Werneriens ou Neptuniens et en Huttoiiiens ou Vulcaniens. Les Vulcaniens furent classés parmi les enne- mis de l'Ecriture et la controverse se conti- nua avec une telle animosité que les noms des deux partis devinrent à la lin des termes d'opprobre. En 1793, William Smith, ingé- nieur civil anglais, prépara un tableau des couches près de Balh et en ISI-a, il compléta une carte géologique de l'Angleterre. En 1807, la Société géologique de Londres fut établie; ses membres actifs complétèrent la classification et la description des formations secondaires de la Grande- Bretagne, tandis que les formations tertiaires étaient entièrement établies par Cuvier, Brongniart, etc., à Paris. En Allemagne, divers savants étudièrent les roches inférieures stratifiées et cristallisées. Les grands principes graduellement déve- loppés par ces observations furent ; que les matériaux des roches straliliées sont des dé- pôts sédimentaires lentement accumulés dans le lit d'anciennes mers et d'anciens lacs; que, chaque couche représente une certaine pé- riode pendant laquelle les matières se sont assemblées et que cette période est caracté- risée par son groupe particulier d'êtres orga- nisés dont les vestiges ensevelis se trouvent là comme des témoignages de la condition de cette portion de la terre à cette époque. En raison de ces observations, la géologie perdit son caractère purement spéculatif. En 1S19, la Société géologique de Londres, à l'aide des travaux de M. ("ireeiioiigh et de ses amis, pu- blia une cailc de rAiigleterrc bien supé- rieureàcclle de Smith. Vers la inùme époque, Léopold von liiicli prépara une carte pareille pour une grande [lartie do rAlleiiKigiic. En 1S2i, le gouvernement fiançais ordonna de commeiicerlc relevé géologique de la Kraiice; une cale géologique cuniplelc de notre pays 213 fiittermiiiée en 1841 . — Danslapremière partie du xix= siècle, William Maclure entreprit seul et à ses frais un relevé géologique des Etals- Unis; ce travail lui valut le titre de père de la géologie américaine. En t809, il publia dans les Transactions philosophiques de ?hUa- delphie, un essai ayant pour titre : Observa- tions sur la géologie des Etats-Unis, explica- tives d'une carte géologique. Les assises com- posantla croûte terrestre peuvenlêtredivisées en deux grandes classes: t" celles qui sont généralement attribuées à l'action de l'eau ; 2° celles qui sont attribuées à l'action du feu. On peut les subdiviser ain>i qu'il suit : for- mations aqueuses, straliliées, rarement cris- tallines; roches sédimenlaires ou fossili- !ères; roches métamorphiques ou non fossi- lifères; formations ignées, non stratifiées, cristallines; volcaniques, telles que lebasalte, etc.; plutoniques, telles que le granit, etc. Les roches fossilifères ou sédimentaires sont divisées en trois grandes séries : les roches paléozoïques ou primaires ; les mésozoïques ou secondaires; les néozoïques ou caîno- zuïques ou tertiaires. TABLE DES ASSISES {Principalement d'après Lyell.) NÉOZOiOUES : I. POSr-TBBTlAIHBS ; V. Post-pUocéne ou i'alluvion. i. liécentes : Tourbi: aL\^c squetelles humains; instru- menls du bronze et de piuric ; hubitalious liicustrts di_ Suis=c; temple de Sérapis à Pti/zuoli. %. Anciennes : Grotte de Bi'ixham, avec couteaux de silex et Ossements de quadrupèdes: anciennes vallées de graviers; amas glaciaires; ancienne bouc du Nil ; resles de mastodonte ; breccias austi'alicnaes. II. SÉBIB TBBTUIUB OU Cli^OZOÏQOB ; B. Plîocènes. 3. Pliocèiies tes plus récentes (ou pieistocènes) : Lits de mammifères; roche de Nurwich. [Coquilles ma- rines] . 4. Pliocènes les plus anciennes : Roches rouges et Cûral- lines (Suffolk, Anvers). t;. 5. 6. Miocènes : Supérieure et inférieure ou molasse: couche de Bordeaux; lits de Touraine; dépôts de Pi- kermé, près d'.\thénes; tulï volcanique et calcaire des Açores, etc. ; charbon brun d'.\llemagnc. etc. [Mas- todonte, élan gigantesque, salamandrf-, etc.) D. 7.8.9. Eocènes : Supérieure, moyenne et inférieure; quartz d'Agen ; argdes de Barton ; sables de Brackles- ham ; plâtre de Paris : argiles plastiques de Londres et de Thûuct, {Palmiers, oiseauj:. etc.) lu. SÉRIB SECONDAIBS OU «ÉSOZOÏQOE : E. 10. Crétacées : Supérieure; craie anglaise; lits de Macs- tricht. — Craie avec et sans silex; craie marnée: sable vert supérieur; sable vert inférieur. [Mesosau- rus, poissons, mollusques, etc.) 11. Inférieure ',ou neocomicnne] ; argile de Weald; sable d'Hasting. [Iguanodon, tir/lœosaure, etc.) f. 12. Oo/iMi^ue; supérieure; lits de Pnrbeck. pierre et sable de Portland; argile de Kiminrrîdge ; pierre lithogra- phique de Solenhûfcn avec .-i;"c/(œo/ï/eï*yx. (Poisson>.) 13. Moyenne; gravier calcaire, cnrail; argile d'Oiford ; roche de Kelloway. [Belemnltcs et ammonites.) 14. Inférieure, r.ornbi-ash, argile de Bradford, ardoise de StoncslieUl, terres de l'uUei-, O )lilhe inférieur. [Ichtyo- saure, plésiosaure, pétrodactyle.) G. 13. Liasiquc : Argile, sable et marne. {Ammonites, equi- sctum, sauriens, labyrinlhodon.) H. IG. Triasique : Supérieure. Liais blanc; argile rouge; grès bigarré; raarnc irisée. (Poissons, dromatherium, cycopodiacées, equisetalte. etcj 17. .>loyennc ou muscbelkalk. {Encrine; placodus gi- gas } 18. Inférieure : NouTeau grès i uuge. (Labyrinlhodon, empreintes d'oiseaux et tie r, /diles.) IV. SÉniB paiMiiBB un riLKozoÏQDB : I. 19. PerTOTenne : Calcaire m. tgn'-..icn, marnes ardoisées , nouveau grés rouge et aigile schisteuse; dolomite. [Fougères, poissons, aniphibics.) }. 20. 21. Carbonifère supérieuie et inférieure : Houilles; raleaires: cailloux de pierre meulière. {Fougères, ca- lamités, charbon.) K. 2-i. 23. 24. ûeoonienne supérieure, moyenne et infé- rieure : marnes, quartz, conglomérés, [Coquilles, poisson , Irilobiles.) L, 2». 2û. 27. Silurienne supérieure, moyenne et infé- rieure ; .argiles schisteuse^, calclires marins, grcs. {Eponges, coraux, tritobites, coquilles.) M. 28. 2'!. Cunlbrienne snpéi'ienre et inférieure : Scliisles argileux ardoisiers, mêlés de c.ileaircs marins. {J^ou. pinjivs. lingula, fougères, sigiltaria, stiymaria, cala- mités cl cru/itogames.\ N. J'^ Laurentienne : Labradorilos. 31. Inférieur: Gneiss cl qnirlzites avec pierres calcaires interstr. aillées, dans Ttinv il.sfiuellcssc trouve un fora- niiitlfcre, VEozoon canadense, le |»lus ancien fossile CUiinu. ' GEOLOGIQUE adj. llist. nat. Qui a rapport à la géologie : recherches géologiques. GÉOLOGIQUEMENT adv. D'une manière con- forme à la géologie. * GÉOLOGUE s. m. Hist. nat. Celui qui est savant en géologie, qui s'occupe do géologie. Les principaux géologues sont; Palissy. Co- lonna, Leibnitz, Hooker, Swedenborg', .Mar- sili, Targioni, Werner, deSaussure,Dolnmi.3u, Deluc, Cuvier, Brongniart, Cordier, Elie de Beaumont, Dufresnoy, Constant, Prévost, Beudant, Murchison, Humboldt, etc. 'GÉOMANCIE s. f. (gr. gè, terre; manteia, divination). Art prétendu de deviner par des points que l'on marque au hasard sur la terre ou sur du papier, dont on forme des lignes, et dont on observe ensuite le nombre ou la situation, pouren tirer certainesconséquences: figure de géomancie. ' GÉOMANCIEN, lENNE s. Celui, celle qui pratique la géomancie. . GÉOMANTIQUE adj. Qui a rapport à la géo- mancie. •GÉOMÉTRAL, ALE adj. Se dit de dessin d'architecture qui donne la position, la di- mension et la forme exacte des dillérenles parties d'un objet, d'un ouvrage, abstraction faite des illusions de la perspective : plan géo- inétral. ' GÉOMÉTRALEMENT adv. D'une manière géométrab,- : un dessin tracé géométralement. • GÉOMÈTRE s. m. Celui qui sait la géomé- trie : excclkni géomètre. — Mathématicien : 2iewton fut un grand géomètre. — l'"ig. L'É- TEnNr.L GKûMÈTRE, Dieu. ' GÉOMÉTRIE s. f. (gr. gé, terre ; metron, mesure). Science qui a pour objet tout ce qui est mesurable, les lignes, les superficies, les corps solides : la géométrie est le fondement des autres parties des mathématiques. — Traité de géométrie : lagéométriedcLegendre. — Sedit par ext., de cette science instinctive des pro- portions qui nous fait mesurer les grandeurs en les comparant les unes aux autres : nous avons en nous une géométrie naturelle. — GÉo- aÉTBiE SUBLIME, application du calcul intégrai et ditférentiel à l'étude des courbes et des sur- faces. — GÉOMÉTRIE DESCRIPTIVE, scicuce qui a pour but de représenter les corps au moyen de leur projection sur des plans donnés. — Encycl. Ainsi que son nom l'indique, la géo- métrie était jadis l'art de mesurer le sol. On peut la diviser en géométrie élémentaire et en géométrie transccndanle. La géomélrie élé- mentaire traite des angles, des lignes droites, des plans bornés par des lignes droites, des solides limités par des plans, des cercles, des cylindres, des cônes et des sphères. Tout ce qui traite des courbes (sauf le cercle), des sur- faces et des solides ayant des relations à une courbe quelconque autre que le cercle, appar- tient à la géométrie transcendante. La géo- métrie élémentaire est quelquefois divisée eu planimétrie et en stéréométiie, la première traitant seulement des lignes et des ligures cjui gisent sur un plan; !a seconde s'occupanl des solides limités par des plans, et de li sphère, du cône et du cylindre, qui sont dési- gnés généralement sous le nom de corps ronds. La partie de la planimétrie qui traile de la mesure des triangles est nommée trigo- nométrie. La géométrie est aussi divisée en géomélrie syntbétique et géométrie ana- lytique; en géométrie ancienne et géométrie liioderne ; et en géomélrie spéciale et géomé- trie générale; divisionsqui sigiiilienllainéme chose et sont basées sur les dillénnces dos mé- thodes employées respectivement par chacune d'elles. La géométrie synthétique, ancienne ou spéciale est basée sur i■ob^ervalion directe des l'ornics ou ligures; cl tous ses raisonnements se rapportent dirccleiiiealices figures. Celle 111. 98 GÉOM (ll'OR Gl-OR iiifHlioJc élail la seule connue dos ancien^ Gi'ecs, qui rogardaioiit la {.'éoniélrie coimiie oceufiaiil le laiig le plus élevé paiiiii les sciences. On dit que Plalon avait inscrit sur sa |)oile : Que personne n'entre ici, s'il ne con- mdl la i/éomélrie. La miilhodc analytique ou moderne cstcaractérisée pai' l'atipiicatiou des procédés algébriques et par le calcul des re- lations des corps linéaires el des surfaces ou des volumes. La géométrie moderne substitue à la considération des grandeurs géonié- Iriqnes, 1.» considération des équations qui les représentent. La géométrie descriptive est la Iransmutation des figures, réduisant la géo- métrie des tî'pis dimensions à la géométrie sur une surface plane. — On peut diviser l'his- toire de la géomélrie en cinq pérjodes. La première, qui s'étend depuis l'origine de cette science jusqu'à l'an iiaO ap. J.-C, fut suivie d'une piM'iode d'environ 1,000 années pen- dant lesquelles elle ne lit aucun progrès; la seconde période commence vers liJ.'iO, avec la renaissance de l'ancienne géométrie; la troi- sième débute dans la première moitié du xvii° siècle, avec l'invention, par Uescarles, de la géométrie analytique ou moderne; la quatrième période commence en 1684 avec l'invention du calcul dill'érentiol; la cinquième arrive avec l'invention de la géométrie des- cr'iplive parMonge en 179'j. Suivant une tra- dition qui nous est parvenue par les historiens grecs, la géométrie prit naissance chez les ligyptiens, grâce aux travaux que ceux-ci étaient obligés de faire annuellement pour rétablir les limites des propriétés, après les inondations. Chez les Grecs, cette science fui développée par Pylhagore, Apollonius, Eu- clide el Archimède. Ce dernier introduisit la méthode d'exhauslion, en augmentant le nombre des côtés di;s polygones circonscrits à un cercle ou inscrits sur un cercle. Kepler (1;)7 1-1630) introduisit l'idée du calcul inlini- lésimal, perfectionnant ainsi le procédé d'exhaustion d'Archimède. Mais la plus mer- veilleuse de toutesles inventions géométriques du xvir siècle, fut celle de Uescarles, publiée en 1637; elle consiste simplement à consi- dérer chaque ligne comme le foyer d'un point dont la position est déterminée par un rap- port entre les distances de ce point à deux lignes fixes formant un angle droit l'une avec l'autre. Le rajjport entre ces distances, exprimé en langage algébrique, constitue l'écpialion de la courbe. Huygens, dont le traité sur le pendule est mis par Chasier au rang des Prin- fiiiia de Newton, combina les méthodes de Descaites avec celles de ses prédécesseurs, et ajouta à la géométrie la magnifique théorie des développées, qui s'applique aux pendules et a l'optique. Newton inventa aussi des méthodes par lesquelles la considération de l'ellipse et de la parabole devient indépendante de celle des solides. Les (luxions de Newton el le calcul différentiel de Leibnilz furent bientôt en usage, et Newton. Maclaurin et Cotes s'occu- pèrent des courbes du troisième degré. — Bi- DLioGR. Géométrie de Descaries (Pans, (1644); Ê/(îmen(s dcgéoffléfrie, par Clairaut(Paris 1741); Cours de géométrie, par Bezout, plusieurs fois réimprimé; Eléments 4^ géométrie, par S. -F. Lacroix (Paris, 1799); Eléments de géo- métrie de Legendre, avec addition et modi- fication par Blanchet, ouvrage classique. * GÉOMÉ'TRIQDE adj. Qui appartient à la géométrie : méthode géométrique. — Esprit GÉOMÉTRIQUE, espi'it oui cst propre à la géo- métrie, qui esljusle, méthodique, el qui pro- cède géométriquement. On dit dans un sens analogue, Exactitude géométrique. * GÉOMÉTRIQUEMENT adv. D'une manière géométrique, d'une nuinière exjiple el rigou- l-euse : dda est démantré géométriquement. GÉOMYS s. m. (gr. gê, terre; mus., rat). Manim. Genre de rongeurs, voisin du li iin-Lur et du thomoinys, et comprenant des apimaux munis d'abajoues, à queue ronde el nue, à 5 'doig^ts cjiiguiculés. Les géomys ou rats a poche, cohiine on les appi-lle souvent, vivent sous leiii! il sont nocturnes; on les voit rare- ment: il< lialiitent l'Amérique du Nord, cl sont très .ibondants dans certains districts, à l'ouest lin Mississipi; leur couleur varie beaucoup suivant l'ûgo et les saisons. Ix Géomys à bourse. (Gcomv:> bursurius^. géomys à poche {geomys bursarius, Sbaw.) est long de 20 à 30 cent., sa queue mesure de b à 8 cent., il pèse de "J:JO à 300 gr. Il creuse les terrains sablonneux et se nourrit d'herbes, de racines, de noix, etc. qu'il porte dans son teiTier au moyen de sa poche: il se rend nuisible à la végétation en mangeant les racines des arbres, des arbustes, des herbes et des végétaux ; il reste inactif pendant le froid. GÉONOME s. m. (gr. gé, terre : ?iomq§, loi). Persuiiiie ijui s'occupe de géonomie. GÉONOMIE s. f. Partie de la géognosie traitant des lois qui président aux change- ments opérés dans la forme superficielle de la terre. GÉONYME s. m. (gr. ge, terre; onoma, nom). Nom de lieu adopté par un auteur comme nom propre. GÉOPHAGE adj. [jé-o-fa-je] (gr. gé, terre ; pluigô, je mange). Qui mange de la terre: peuple géopkage. — Substanliv. : les géophages d'Amérique. GÉOPHILE adj. [jé-o-fi-le] (gr. gé, terre; philos, ami). Qui vil sur la terre. GÉOPHYTE s. m. [-fi-te] (gr. gé, terre; phulon, plante). Synpn. à'aéropUyle. GÉOPITHÉQUE adj. (gr. gé, terre; pitex, singe). Manim. Se dit des singes qui ne vi- vent pas sur les arbres. GÉORAMA s. m. (gr. gê, terre; orama, vue). Physiq. Représentation sur une grande échelle de la totalité de la surface terrestre: des géoramas. Le géorama de Delanglard (1823) consistait en un tableau peint sur la surface intérieure d'une sphère creuse et transparente, mesurant plus de 30 mètres de circonférence. Le spectateur se plaçait au centre dp ce globe el voyait, se dérouler sous ses yeux toute l'étendue des continents et des mers. Un géorama analogue fut construit aux Champs-Elysées par A. Guérin en 1844. Le géorama Mnroerse/ de MoiiUouris est un pla- nisphère en relief, établi dans un jardin, par l'instituteur Chardon. GEORGE (Canal Saint-), Saint-George' s cha- nnel, détroit qui sépare l'Irlande du pays de Galles. Longueur, 168 kil. ; largeur, de" 60 à 110 kil. GEORGE (Lewis) l'^ roi de Grande-Bretagne el d'Irlande, premier souverain de la dynas- tie hanovrienne, né le 28 mai -lOiiO, à Osna- brùok, mort le 10 juin 1727. Il était le fils aine de rclocleurde Hanovre, Ernest-.Vugus- lus, el de Sophie, petite-fille de Jacques l". En 1682, il épousa sa cousineSopbie Dorothée, fille du duc de Celle. Celte princesse, soup- çonnée d'avoir des intrigues avec le comte KOnigsmark, fut divorcée en 1094 et en- suite emprisonnée jusqu'à sa mort ((72r>). George servit dans les armées impériales contre les Turcs et les Français et hérita de l'électoral en 1698. En 1700, il conduisit une armée au secours du duc de tlulslein contre le roi de Danemark cl lit lever le siège de ToMiniiiL'en. Il resla dans l'alliance anglaise pendant la guerre de la succession d'Espagne et en 1707-'9 il commanda les forces impé- riales contre les Français. Ixs actes du par- lement (1089-1701) assuraient la succession d'Angleterre ii Sophie, électrice de Hanovre. Sophie mourut le 28 mai 1714, et son fils, George Lewis, devint héritier présomptif. Il succéda à la reine .Anne, le l" août el fut couronné en octobre. Les ministres de la reine Anne, Itolin^broke, Oxford ot leurs .issociés, furent mis en accusation et on vit arriver au pouvoir un ministère whigdonl le vicomte Townshend et sir Robert Walpole étaient les membres les plus inUuents. L'op- position fit naître des révoltes en Ecosse et dans le nord de l'Angleterre, mais elle fut vaincue à la bataille de Preslon, les 12-13 nov. 171.S. Le prétendant (fils de Jac- ques 11) débarqua en Angleterre en déc. ni.'i, et fui bientôt nus en fuite. En 1717 une triple alliance tut fiirmée avec la France el la Hollande contre la Suéde el la Russie, et en 1718, une quadruple alliance fut signée avec la Hollande, la France et l'empereur. Dans la guerre de jieu de durée qui suivit, l'amiral Byng anéantit la flotte espasnole un cap Passaro, le 11 août. En 17ao, l'alfaisse- menl de la compagnie des nifs du Sud, dont le roi avait été élu goiiveri.our, fut suivie d'une panique générale el du m^iur de Wal- pole au pouvoir (celui-ci avait o/nné sa dé- mission en 1717). La guerre se ralluma en 1723 par une alliance entre le roi d'Espagne el l'empereur, el par le traité de Hanovre entre l'Angleterre, la France et la Prusse et ensuite avec la Suède. Des articles prélimi- naires de paix furent signés à Paris, ie 31 mai 1727. George avait eu de la reine un fils, George-Auguslus, qui lui succéda, el une fille, Sophie-Dorothée, qui épousa, en 1706, Frédéric (juiUaunie L' di' Prusse. GEORGE (Augustus) II, fils du précédent et de Sophie-Dorothée, né à Hanovre le 30 oct. 1683, mort le 2o oct. 1760. En 170o, il épousa Wilhelmiue-Dorolhée-Caio- line, fille du margrave de Biandebourg- Anspach. Il accompagna son père en Angle- terre en 1714 et fut proclamé prince de Galles le VI sept. Son père el lui se haussaient cordialement, p;irceqiie ce jeune prince élail fortement attaché à sa mère prisonnière, et qu'il avait été préféré à son père par l'élec- trice Sophie. Après une violente dispute, le prince quitta le palais de Saint-James (1717) el établit au palais de Leicester une cour rivale de celle du roi. Une sorte de réconci- liation eut lieu en 1720. par l'infiuence de Walpole. George II fut couronné le 11 oct. 1727. L'histoire des quatorze premières années de son règne est celle de la lutte de Walpole et de l'opposition. Le traité de 8é- ville, conclu en 1729 entre l'Angleterre, la France, l'Espaf-'ne et la Hollande, fut très avantageux à l'Angleterre; l'Espagne adhéra à la perte de Gibraltar. En 1739, la guerre fut déclarée à l'Espagne. 'Vernonpril Portobello; mais les Anglais échouèrent à Carlhagène et à Santiago de Cuba. La guerre de la succes- sion d'Autriche commença bientôt. En 1742, Walpole fut renversé el lord Wilmington prit sa place. Le roi rejoignit l'armée alliée en juin 1743, et quelques jours plus lard les Français furent battus à Dettingen. La mort de lord Wilmington amena au pouvoir Henry Pelham, recommandé par Walpole. En 174o, les alliés, commandés par le comte de Cum- berland, furent vaincus par les Français à Fonlenoy. Charles-Edward Sluart débarqua GEOR OEOR GEOR 99 en Ecosse, pénélra en Angleterre jusqu'à Derby, fut proclamé à Perth et à Edinibouff; et gaj-'na la bataille do Gladsmuir ou de Pres- tonpans. George 11 se prépara à fuir. Les rebelles baltii'ent les troupes royales à Fal- kirk. mais leur armée fut anéantie à Cullo- den le 16 avril 17i6. La guerre continentale se termina par le traité d'Aix-la-Cbapeilo (I74S). Le premierniinistre mourut le 6 mars 17o4: son frère, le duc de Newcastie, lui suc- céda. La guerre de Sept ans commença en 17o6 et l'Angleterre s'allia à la Prusse, qui était en guerre avec l'Autriche, la France, la Russie, etc. Après la formation du ministère do Pitt- Newcastle, les Anglais triomphèrent partout. On fournit d'amples subsides à Frédéric de Prusse. Les armées anglaises et allemandes battirent les Français en Allemagne, à Cre- feld, à .Minden, etc. L'Amérique du Nord fut le théâtre de grandes opérations qui se termi- nèrent par ia conquête du Canada. Les succès de Clive fondèrent l'empire britannique dans rinde; le Sénégal et Goi'ée furent conquis, et la victoire de l'amiral llawUe, remportée sur Contlans à la bataille navale des Cardinau.x, établit la suprématie anglaise sur l'Océan. GEORGE (WiUiam-Frédérick) III, petit-fils du précédent et fils de Frederick, prince de Galles, et d'Augusta de Saxe-Gotha, né le 4 juin 1738, mort le 29 janv. IS20. Il épousa, le 8 sept. 1761. la sœur du duc de Mecklem- bourg-Strelitz, Charlotte-Sophie, qui partagea son trône pendant b7 ans et qui lui donna 15 ciifanls. 11 monta sur le trône le 2.^ oct. 1760. Au commencement de 1762, la guerre fut dé- clarée à l'Espagne. La Havane fut prise avec une grande partie de l'ile de Cuba, les Philippines furent soumises, les galions ch,-ll-gés des im- menses trésni-fe espagnols furent càpLuréset la su|iréliiatie havjllé etcoloniale de l'Angleterre fut établie; la fiai.t se signa à Paris en 1763. En 1766, Pitt, créé comte de Chatham, forma un nouveau cabinet, qui voulut créer de nou- velles taxes et qui fit naître l'insurrection di's colonies américaines. La guerre commença an printemps do 1775, et pendant sept ans, on lit les elforts les plus désespérés pour soii- meltie les révoltés. La guerre entre la France et l'Angleterre commença en 177S; l'Espagne et la lloUandese mirent au rang des ennemis de r.\nglcterre. Les puissances du Nord for- illèrent une neutralité armée. Les tiotles combinées de France et d'Espagne se rendi- l'Ënt maîtresses de la Manche. Gibraltar fill assiégé par une fltrtle immense. La for- tlllic do l'Anglelei-re sembla s'éclipser. L'in- dépendance de l'Amérique fut reconnue et 1,-t paix se rétablit. La guerre, avec la France révolutionnaire commença en 1793; les An- glais purent soutenir leur réputation maritime eli battant les Français près de Brest, le 1°' juin 1794, et en Egypte les l"et 2août)79S; les Espagnols au cap Saint-Vincent le 14 fé- vriei' 1797 elles Hollandais à Camperdown le 11 oct. L'Irlande fut excitée à ulio révolte que l'cjll supprima par des mesures cruelles et sanglâmes. L'union entre la Grande-Bretagne cl l'Irlande fut clfectuée en ISOO. La pai.x fui faite avec la Fi-ance en 1802, mais la guerre recommença en 1803. L'Espagne se joignit à la France; les (luttes de cCs deu.': puissances furent dctruilcs par Nelson à la bataille de l'ràl'algar (ISOli). Pitt biourut en 1S06 cl le gUli vciuelli on t passa ail X main s d'une coalition à Ui tête de hlquelle se trouvaient lord Gran- villn et iM. Fox. Eti 1807, on l'oi-ma un minis- lôro tory donl le dUc de Portland était le chef; le niiiiistéi ePercivallui succéda cli 1S09. Cette même année mourut l;l princesse Amélia, ([ui ('tait la plus jeune lille et li favorite du roi; ce prince devint aussitôl fou. Plusieurs fois déjà, il avait eu des accès do fûlie furieiiso. l'ai' acte du parlemenl (5 févr. ISI 1), le prince de Galle-; devint prince régi-nl. GEORGE (Augustus -Frederick I IV, fils du précédent et de la reine Charlotte, né le 12 août i762j mort le 26 juin 1830. H fut élevé avec beaucoup de soin ; mais il mena dans sa jeunesse une vie extravagante et débauchée. En 1785, il contracta secrètement un mariage illégal avec M" Fitzherberl. En 1795, il épousa sa cousine Caroline de Brunswick, dans le but de payer ses dettes. Les deux époux, après avoir vécu ensemble une année, pendant la- quelle naquit leur seule enfant, la princesse Charlotte, se séparèrent d'un commun accord. Désireux d'obtenir un divorce complet, le prince essaya de prouver l'infidélité de sa femme ; mais après enquèle par le parlement, la princesse fut acquittée. L'Europe conlinen- lale était sous le contrôle do Napoléon, quoi- que la Sicile et le Portugal fussent sous la protection de l'An^'leterre. En I811-'l2, Wel- lington prit Badajoz et Ciudad Rodrigo; il gagna la bataille de Salamanque et l'Angle- terre repoussa les ouvertures pacifiques de Napoléon. La guerre éclata avec les Etals- Unis; elle se termina parle traité de Gaud le 24 déc. 1SI4. Wellington entra en France en oct. 181 3. Lesalliés prirent Par isle31 mars 181 4. Dès le retour de l'empereur des Français en mars 1815, les Anglais formèrent dans les Pays-Bas une armée dont Wellington prit le commandement le 5 avril. La victoire de Wa- terloo, 18 juin, donna à l'Angleterre la pré- pondérance en Europe. En 1817, on tenta d'assassiner le régent, devenu Irèsirhpopulaire en raison de ses extravagances et deses vices. George, nommé roi le 29 janvier 1820, recom- mença bientôt à persécuter ouvertement sa femhie. Le ministère présenta à la chambre des lords une accusation d'adultère contre la reine. Les débals durèrent plusieurs semai- nes, mais l'opinion publique s'élant pronon- cée contre l'accusation, celle-ci fut reliréc. La guerre de Birmanie commença en 1824, et se terniina en 1826 par un accroissement con- sidérable du territoire anglais. Au commen- cement de 1827, le duc d'York, héritier pré- somptif de la couronne, mourut etson titre fut transféré au duc de Clarence. Wellington de- vint premier ministre en janvier 1828. Le re- tour des tories au pouvoir ranima l'agitation pour l'émancipation des catholiques qui lîni- reul par triompher en 1S29. Le roi ne laissa pas d'enfants légitimes, et le duc de Clarence, troisième fils de George III, lui succéda sous le nom de Guillaume IV. GEORGE iXac), amas d'eau de l'Etat de New- York, long'dcoO kil. du N.-E. au S.-O., large de 1 à 6 kil.; dans quelques endroits il atteint 130 mètres de profondeur; il se jette dans le lac Champlain au N. Il est renaarquable par la transparence de ses eaux, la quantité de petites iles qu'il renferme et le magnifique paysage de ses rivages. En été, il est visité par un grand nombre de touristes. Pendant plus d'un siècle, il servit de canal de communica- tion entre le Canada et les établissements de l'Hudson. Souvent occupé par de grandes ar- mées lors des guerres coloniales, il fut le théâ- tre de plusieui's batailles. Le l'orl Ticonderoga cl le fort William Henry se trouvaient à ses exlrémités N. et S. Les Françaisle nommaient LacdHSdcrement. GEORGE DANDIN ou le Mari confondu, co- médie de iMolicrc en 3 actes cl en prose, repré- sentée à Versailles le 18 juillet 1668. Cette farce presque tragique est imitée de deux nou- velles de Boccace. Molièrey lourneen ridicule la sottise d'un roturier tiui outre, par un ma- riage, dans une famille noble. Sa femme le trompe et le fait bafouer. 11 ne peut tirer d'autre vengeance cjuc de s'adresser ce repro- che, passé en proverbe : « Vous l'avez voulu, Gcorijc Dandin ». GEORGE DE TRÉBIZONDE, savant grec, né eu Crète en l.i'.lO, muiliii I 186. Futprofesseur do litléralure et de piiilosoplue grecque à Ve- nise cl à Home, et secrétaire dos papes Eu- gène IV et Nicolas V. llfit l'éloge d'Aristote et atlaqua Platon; ses écrits sont remarquables par les violentes personnalités qu'ils contien- nent. GEORGES ;SaintK 1. Patt-on de l'Auglelei're, né probaldcment à Lydda odà Ramiehen Pa- lestine, dans la deritière moitié du m' siècle, mort à Nicomédie, le 23 avril 303. L'opinion prévalente est qu'Eusèbe parle de lui dans son Histoire ecclésiastique (B. viii.,c. .5), comme étant l'un de ceux qui arrachèrent et mirent en pièce l'édit contre les chrétiens^ que Dio- clétien avait fait placarder à Nicomédie. Une inscription grecque datée de 346, placée sur une églised'Edhra (Syrie), mentionne George commeunmartyr. AConstan.linople,àRome,à Palerme et à Naples, deséglises portèrentson nom dès les temps les pi us reculés. L'Angleterre, l'Aragon, le Portugal, la Russie et Gênes l'ont choisicomme patron. En 1 222, un concile, tenu à Oxford, ordonna que la fêle de saint Geoi-ges serait considérée comme fête nationale. On le représenté généralement au ilionienl où il terrasse un dragon. — 11. Surnommé le Fou- lonnier, l'Arien, elGeoigesdeCappadoce, ncen Cilicie vers 300. mort à Alexandrie en 361. U était lilsd'un foulonnier, acquitde grandes ri- chesses et devint le chef des ariens d'Asie Mi- neure. En 356, il fut élu évêque d'Alexandrie, Aihanase, pasteur légitime de cette ville, étant encore vivant. Il persécuta ses adversaires reli- gieux et pilla les temples païens. Chassé de la ville, il fut réinstallé par la force armée. A l'a- vènement de Julien, il fut emprisonné et mas- sacré par les pa'iens. GEORGES, prince de Danemark, né en !6.53, mort en 1708. Il était le second lils de Fre- derick III et de Sophie de Liinebourg. Le 28 juillet 1683, il épousa la princesse Anne d'An- gleterre, seconde fille du duc d'Vork, dc|Hiis Jacques II. Après le triomphe du prince et de la princesse d'Orancre, le prince Georges fut naturalisé par acte du parlement et créé, par le nouveau roi, duc de Cumberland. Il accom- pagna Guillaume en Irlande, où il assista à la bataille de la Boyne. A l'avènement de sa femme, la Bonne reine Amie, en 1702, il fut nuirlnié lord grand amiral d'.^ngleterre. Il était elltièriinent dépourvu de capacités. GEORGES ^V, ex-roi de Hanovre, né à Berlin le 27 mai 1819, mort à Paris le 14 juin 1878. Il était fils du roi Ernest-Auguste etd'unesoeur de la reine Louisade Prusse, et épousa en 1843 la princesse Marie de Saxe-.\ltenbourg. Aveugle depuis son enfance, il hérita néanmoins de la couronne le 18 nov. 1851. Il ne tarda pas à s'attirer la désalfeclion de son peuple par l'appui qu'il donna à des courtisans impopu- laires, par ses principes ullra-conscrvateurs et par sa politique sans slabililé. En 1S66. il prit, avec ostentation, parti pour l'Autriche contre la Prusse et fut dépossédé deses Etals, le 20 sept., après une défaite où son armée entière se rendit au roi Guillaume. H se réfu- gia à Vienne, d'où il entretint pendant quel- que temps l'agitation dans son ancien royaume; puis il vint a Paris, où il ne s'Occupa plus guère que de cultiver U musique, (Ju'il aimait avec passion. GEORGES (Marguerite Joséphine Weumkb, dilo M"'] célebio actrice, née a Bayciix en 1787 j morte à Passy e.; 1807. Son père, qui avait été maître tailleur au régimOlilde Lor- raine et qui était devenu directeur de spec- tacle en province, la fil débuter à Aniiens vers l'âge de 12 ans. .M"'-" de R.iiicourtj en tournée de représentation, remarqua sa hoaulé, pressentilson brillantavenir et l'em- mena a Paris, où clic lui fil obtcnii- le rôle de Clytemndstrc, dans Ij^kiiji'nie en Autide ilSOJ). L'impression fut profonde dans le pu- blic; mais M"" Georges, no [uiuvant éclipser iHUiiplètement M"" IJtiohesnois, quitta turli- vemenl Paris en IS08, joua en Russie et en 100 GKOR GKOR GKOR Allirn.iano, ciil un |Mili'nc rlo rois à Di'csdo cl il IJ liirl (1812), lepanil au Thf'âlre-Kraii- çiiis on 1813, perfocUonna son laionl f;iàce aux leço:;s de Talnia, voyajrca en province, iiilraà l'Odéon, puis à la l'orlc-Sainl-.Marlin ( 1 83 1), se relira en 1S4!), mais rcparul plu- !-i''iiis fois sur la scène jn^qu'on IcSGa. GEORGES [Conspiration de), conspiralion loynlislc dans laquelle l'urcnl compromis Mo- roau, Picliojrrn el Georges Cadoudal, connu sous son pelil nom de Georges. (Voy. Cadou- dal.). Douze des conspiraleurs , y compris Georges, fureiil e.xérulés le 2o juin 4 80i; plu- sieurs autres fureiil emprisonnes. Pichegru, s'étrangla dans sa prison el Moroau, con- damné i deux ans de prison, fui e.\ilé par le Ijremier consul et se retira aux litals-Unis. GEORGES (Saint-), cli.-l. docant.,arr. el à 10 kil. N.-K. doPoilicrs (Vienne); 1,38) h.ib. GEORGES-DU- VIÈVRE (Saint-), ch.-l. de canl., arr. el à 1b lui. S.-E. de Ponl-.\ude- mer(Kure); 435 hab. Fabriques de toiles de colon. GEORGES EN -CODZAN (Saint), ch.-l. de cant., arr. el à '20 kil. N.-O. do .Monlbrison (Loire): 1,1 «9 hab. GEORGES-SUR LOIRE (Saint ), ch.-l. de cant..;uT. cl a 17 kil. S. -Iv. (l'Angers (Maine- et-Loire); 2,354 hab. GEORGETOWN I. Port du district de Colom- liie, sur le Potoraac, à 4 Uil. N.-O. du capi- tolc de Washington ; 11,390 hab. Place flo- rissante. Le collège de Georgelown, sous la direction des jésuites, fut fondé en 1789 et fui élevé au rang d'université en ISIb. — IL Port de la Caroline du Sud (Elats-Unis), sur la cote 0. de la baie de Winyaw, à iO kil. de la mei- et à 14S kil. E.-S.-fe. de Colombia ; 2,100 hab. — ill. Ville du Kenlucky (Etats- Unis), sur la rivière North-Elkliorn, à '2o kil. E. de Frankl'orl; 4,500 hab. Collège de Geor- getown ibaptistes); institut Ihéologique bap- lisle. GEORGETOWN (hoU. Stabroek), capitale de la Guyane anglaise, sur la rive E. de la ri- vière Demerara el à son embouchure; envi- ron 27,000 hab., la plupart gens de couleur. La ville estrégulièronient bâtie avec des rues larges el propres elde joliesmaisonsen bois, construites sur pilotis, el entourées de jar- dins. Des canaux courent dans presque toutes les rues. Mairie, cathédrale épiscopalienne, collège, deux hôpitaux, asile d'aliénés, deux banques el deux théâtres. La ville est mal- saine, à cause de sa situation basse et maré- cageuse. Elle exporte principalement du café, du sucre el du rhum. GEORGIE [angl. djor'-dji-a], l'un des treize éUils priiiiilifs de l'Union américaine, eiilre 3U" 21' etS;;» lai. N., et entre 83» 8' et 88° long. 0., borné par la Caroline du Nord, le Tennessee, la Caroline du Sud, l'Atlantique, la Floride cl l'Alabama, et divisé en 137 com- tés. Cap. Atlanta ; v. princ. Savannah, Au- gusla, .\lacon, C ikimbus, Athens, Milledge- ville (ancienne capitale) elRome ; 1o4,030kil. carr.; 1,837,353 hab., dont 561,000 noirs. Territoire bas et marécageux le long de la mer, élevé au N., où il est traversé par les .Appalaches, qui y atteignent une hauteur de 400 à 1,500 m. Ports de Savannah, de Da- rien, de Brunswick el de Sainl-Mary's. Prin- cipaux fleuves : Savannah, Ogeechee, Alta- maha, Sanlilla, Sainl-Mary's, affluents de l'Atlantique; Chattahoochee, Flint, Ockloc- konnee, Withlacoocliee, ,411apaha el Coosa, qui se jettent dans le golfe du .Mexique. .Mines d'or, d'argent, de cuivre et de charbon de terre. Climat chaud el malsain dans les l'égions basses de la côte, où régnent des lièvres malignes. Production de maïs, de co- lon.de riz. dcbois de consliuction, etc. ; pro- cédés agricoles peu perfectionnés. On trouve près de la côte, le cyprès, les inagnolicr.s, des arbres à gomme, parmi lesquels on dis- lingue l'arlire à liquiilamhar, des palmiers, elc. Grande exportation de colon, de riz et de pommes de terre. — Le pouvoir législatif appartient à une assemblée géiiéialc, eonsis- laiil en un scnal de 44 nienibri's et une chambre des représentants de 17.') membres. Les sénateurs sont élus pour 4 ans, les dépu- tés pour 2 ans. Le gouverneur est élu pai- le peufde pour un terme de 4 uns. Les juges sont noniniés par le gouverneur, avec l'as- sentiinent du sénat. La Géorgie envoie neuf rcpré'-cnlanis au congrès de Washington. Heceltes: Onullions el demi de fi.; dépenses: 9 millions ; délies: 42 millions. — 2,900 écoles publiques, dont 700 pour enfants noirs ; 122,000 élèves, dont 38,00i) noirs; 700 écoles privées (2f;, 000 élèves); SG écoles supérieures (.■),000 élèves); 11 collèges; université à Athènes — 1,800 bibliothèques (468,000vol.), dont 1.200 particulières (305,000 vol.) ; 1 10 journaux, dont 15 quotidiens. — 2,900 orga- nisations religieuses, avec 2,700 édilices. Prininpalos dénominations : baptistes, métho- distes, presbytériens , chrislians . épiscopa- liens, catholiques romains, congrégaliona- lisles et luthériens. — La Géorgie doit son ciine des divisions modernes. — Les Géor- giens ou anciens Ibériens, forment, avec les Suanttiiiens, les Mingréliens et les Laziens, la race principale du groupe ethnologique caucasien méridional. On croil que leur nom vient du persan yurj (Gurjistaii, la trrre des loups). Les Géorgiens proprement dils occu- pent la contrée comprise dans les limites les plus restreintes que nous avons données ci- di'ssus. A l'O. de ceux-ci sont les Mingréliens, qui occupent la Mingrélio et la Gurie, sur la mer iNoire. Les Suanélhiens habilent les pentes méridionales du Caucase, au .N.-E. des .Mingréliens. Ces trois divisionsappartiennent à l'empire russe. Les Laziens, dans le sanja- kat de Lazislan, vilayel de Tréhizonde, sont soumis à la Turquie. Les Géorgiens sont turbu- lenls, indolents et ignorants. La basse clause se compose presque entièrement de cultiva- teurs. Les hommes sont remarquables par leurs formes athlétiques, les femmes par leur beauté. 1 epiiis que les Russes ont établi leur domination sur ce pays, le commerce des esclaves a été interdit el les relations entre les classes supérieures et inférieures se sont modifiée. Les Géorgiens font nominalement partie de l'Eglise grecque, mais les prêtres sont généralement aussi ignorants que les Sceau de l'F.t.il rtc Genrgie, nom au roi d'Angleterre Georges II qui y en- voya une centaiuj'de colons en 1732. Savan- nah fut fondée en 1733. Les Espagnols essayèrent vainement de détruire cette colo- nie naissante, en 1739-'42. .\près la guerre de l'Indépendance, les colons eurent plu- sieurs fois la guerre avec les Creeks et les C.herokees, qui furent chassés définitivement en 1838. Le 19 janv. 1861, une convention réunie à Milledgeville passa une ordonnance desécession. Le territoire fut envahi parSher- man en 1864 el Savannah fut occupée. La Géorgie resta en état de siège jusqu^au 17 juin 1865. Une convention, réunie à Milledge- ville, ayant rappelé l'ordonnance de séces- sion et aboli l'esclavage, le gouvernement mi- litaire fit place peu à peu au gouvernement civil. Une convention, réunie a Atlanta, la nouvelle capitale, vota une nouvelle constitu- tion,en 1868. GEORGIE (russe Grmia ; pers. Gicrjistan ; anc. Iberia). nom donné autrefois à la partie de l'Asie occidentale qui est comprise aujour- d'hui dans la Transoaucasie russe, entre la mer Caspienne, la mer Noire, les montagnes du Caucase et celles de l'Arménie; environ 175,000 kil. carr. La Géorgie comprend: les gouvernements russes de Kutais, de Tillis, d'Elisabclhpol, de Bakou et d'Erivan et les districts de Sakalal, de Sukhum et de Tcher- nonioro. Dans les temps modernes, son nom a été généralement restreint au terriloire li- mité au iN. par le Caucase, à l'E. par le Shir- van, au S, parla chaîne des montagnes ar- méniennes séparant la vallée de Kur de la vallée de l'Aras, et à l'O. par une liianclie de la chaîne caucasienne. Pour la dcscriplion de ce pays, voir les articles particuliers de cha- gens du peuple. — On ne connaît rien de cer- tain sur l'histoire primilive des Géorgiens. Le premier royaume géorgien paraît avoir été renversé par les Scythes dans le vue siècle av. J.-C. Il est probable que le pays forma plus tard une partie de l'empire persan ; il fut conquis par Alexandre le Grand, à la mort duquel il recouvra son indépendance. En 6.5 av. J.-C, Pompée força les G>!-orgiens ou Ibériens à demander la paix. Dès le commen- cement du IV siècle, ils étaient convertis au christianisme. Les Géorgiens, sous la dynastie arménienne des Bagralides, devinrent vas- saux des califes et furent subjugués par les Mongols el par Tanierlan. Après deux siècles do troubles intérieurs et de guerres avec la Perse et la Turquie, luttes aiiquelles la Russie prit pari, le pays fut réuni en un seul Etat, par Vakhiang IV, qui mourut en 1676. En 1783, Irakli (Héraclius) Il do Kakhétie. étant menacé par les Perses, se déclara vassal de la Russie. En 1801, le pays devint une province russe et en 1810 l'iméréthie lui fut ajoutée. — La langue géorgienne tire évidemment son origine de l'aiyen ou dravidien primitif; elle s'écrit de droite à gauche, au moyen d'un al- phabet composé de 40 lettres, qui varient un peu dans dillérents manuscrits. Les caractères employés dans la rédaction des écrits ecclé- siastiques diffèrent des caractères ordinaires. Quelques-uns des manuscrits écrits avec l'al- phabet ecclésiastique appartiennent proba- blement à une haule antiquité, mais la plu- part sontposlérieurs à l'introduction du chris- tianisme. Les manuscrits géorgiens les plus importants sont : un volume de 63 traités his- toriques et biographiques qui ont jeté une grande lumière sur l'histoire des Khazars GERA "pendant le viii= siècle; une traduction des Evangiles par Droudch, datant du x' siècle: et un roman ayant pour titre, Tariel , l'Homme à la peau de tigre (nom d'un géné- ral de la reine Tamar), par Skhotta de Rust- vel. Pendant le xviii" siècle, malgré des guerres continuelles, il y eut abondance do travaux littéraires d'une grande valeur. Le prince SulUan-Saba-Orbelian publia un- dic- tionnaire de la langue, contenant au moins 23, 000 mots ; et le roi Vakhtang VI fit rédi- ger une histoire très détaillée du pays. La langue russeagénéralementremplacô aujour- d'hui le géorgien dans les écoles; les livres en langue géorgienne sont imprimés en ca- ractères russes. GÉORGIE (Golfe de), entre l'île Vancouver et le contiuenlde laColombie anglaise, réuni au .S. au détroit de Fuca par les détroits de Haro et de Rosario, et communiquant au N. avec le détroit de la reine Charlotte: sa longueurestd'environ 140kil., sa plus grande largeur de 40 lui. GÉORGIE (Bais de). Voy. Huron (Lac). GÉORGIEN, lENNE adj.^ et s. Habitant de la Géorgie ; qui appartient à la Géorgie, * GÉORGIQUE s. f. (gr. gé, terre ; ergon, œuvre). iNo se dit qu'au pi., et en parlant des ouvrages qui ont rapport à la culture de la terre ; les Géorgiques de Virgile. GÉOTHLYPIS s. m. Ornith. Genre de Ins- cinidi s, comprenant plusieurs espèces amé- ricaines d'oiseaux chanteurs. Le gorge-jaune {gcothbjpis trichas), de l'Amérique du N., me- Corgc-jaunc (Geotiilypià triclias), sure \'i cent, de long et 18 cent, d'envergure; sa couleur est vert olive en dessus, pointillée de brun sur la tête; sa gorge, sa poitrine et le dessous de la queue sont d'un jaune brillajit. On le trouve dans toute l'Amérique du Nord, mais il est, plus abondant dans les états du centre. GÉPIDES, Gepidx, peuple germain, de la famille des Goths, qui paraît pour la première fois dans l'histoire au m' siècle ap. J.-C, sur la Baltique, près de la Vistule. Les Gépides s'avancèrent ensuite plus au sud et fondèrent un royaume sur le territoire des Huns, qu'ils avaient chassés. Théodoric,roi des Ostrosoths, les battit on 488, près do Sirmium (aujour- d'hui .Szerém en Slavonie); et Alboin, roi des Lombards, assisté des Avars, détruisit leur nation en î)66. GERA, ville de Renss-Schleiz (Allemagne), sui- llCIslor blanc, à i'j kil. O.-S.-O. de Leip- zig; 43,544 hab., y coin|)ris deux faulmnr,:s. Nombreuses raanufaïauies do tissus de laine, de coton, de toile, etc. ; fonderies, vastes bras- series et teintureries. GERAMB (Ferdinand de, baron) [jéran], lra|i|iistc, né à Lyon en 1772, mort en 18'iSi. H étaitd'origine hongroise, fut élevé à Vienne, servit contre la France dans les armées au- trichiennes, espagnoles cl anglaises. D'un caractère violent, il se rendit faineiix comme duelliste. Emprisonné à la Force par Napo- léon, il se consacra à la religion et, après avoir été mis en liberté, en 181,t, il se retira chez les Trappistes; plus lard, il devint procureur généial de l'ordre. Les récits do ses pèleri- GKRA nages à la Terre-Sainte et k Rome ont eu de nombreuses éditions. •GÉRANCES, f. Fonctions de gérant: la gérance d'un journal. GÉRAiMDO (Joseph-Marie de), philosophe, né à Lyon eu 177!;;, mort en 18't2. 11 se pré- parait à la prêtrise quand éclata la Révolu- tion. Il s'enfuit après le siège de Lyon, pas>a plusieurs années en Suisse et en Italie, et rentra en France en 1796. Enrôlé dans l'ar- mée d'Italie, il gagna, pendant qu'il était sous les drapeaux, le prix de l'Institut pour une dissertation métaphysique sur les signes de l'art de penser (4 vol. in-8"). En 17'J9, il entra dans le service civil au ministère de l'intérieur, devint conseiller d'Etal en 1811 et gouverneur delà Catalogne en' 1812. Sous la Restauration, il conserva ses dignités et en 18;!7 il fut créé pair de France. En 1819, de Gérando commença ses conférences devant la faculté do droit de l'aris; son cours fut suspendu en 18"22 et ouvert de nouveau en 1828. Ses travaux philosophiques com- prennent: Génération des connaissances hu- )?!a()i''s (Berlin, 1802); Histoire comparée des systèmes philosophiques (8 vol. 182i-'47); Perfectionnement moral (2 vol. in-8°, 1824). Il publia aussi un célèbre ouvrage sur VEdu- eation des sourds-muets (1827) et un autre sur le Droit administratif (4 vol. in-S", 1829 et 1 84.^). GÉRANIACÉ, ÉE adj. Qui ressemble ou qui se rapporte au géranium. — s. f. pi. Famille de dicotylédones gamopétales hypogynes, ayant pour type le genre géranium et com- prenant, en outre, les genres érodium, pé- iargonium, etc. * GÉRANIUM s. m.[jé-ra-ni-omm] (gr. gera- nos. grue). Bot. Genre type des géraniacées, renfermant environ 70 cs|icces déplantes her- bacées, cultivées la plupart dans les jardins d'agrément, et remarquables par la forme de leur capsule, qui figure un bec de grue. — On donne populairement le nom de géranium aux plantes du genre pélargonium. — Les prin- cipales espèces françaises sont : le géranium des Pyrénées (géranium Vyrcnaicum), à Ueurs violettes ou d'un pourpre clair ; le géranium luisant [géranium lucidum), glabre, à llenrs rosées ; le géranium à feuilles rondes {géra- nium rotundifoiia), à calice pubescent ; le GERA 401 Géranium mouchctâ (Gcraiiium macuUtnin} . géranium sanguin (géranium. mnguineum), l'une des plus belles espèces indigènes, à grandes Heurs d'un rouge de sang ; le géranit(m herbe à llnhrrl (géranium roljcrlianum), ;i petites lleurs rouges, commun dans les lieux pierreux; on l'appelle aussi herbe à l'csquinancie. On cultive particulièrement dans les jardins: le géranium dEmhrsse (géranium Éndresii), jolie espèce pyrénéenne à grandes lleurs roses ; le géranium iuhén'ux (géranium ma- crorhizum), originaire d Italie, à llcuis d'un beau rose ; le géranium strié (géranium stria- Jîim), d'Italie, à pétales blancs, bilohés, veinés de pourpre; le géranium à grandes fleurs(gera- nium Ibericum), du Caucase, à lleurs qui pas- sent du violet au beau bleu d'azur. L'Amé- rique du Nord possède le géranium moucheté (géranium maculatum). Toutes ces plantes viennent en pleine terre; on les multiplie de semis au printemps et eu été ; par l'éclat des pieds en automne. • GÉRANT, vv ANTE s. (lat. gerere, adminis- trer). Celui, celle qui gère, qui administre pour le compte d'autrui: établir un gérant à l'ex- ploitation d'un domaine dont les animaux et les ustensiles ont été saisis. — Adjectiv. : procureur gérant. GERAR ou Gerara, ville de l'ancienne Palestine, dans la tribu de Siméon. (Voy. Abimélech.) GÉRARD le Bienheureux, fondateur de l'ordre des chevaliers hospitaliers de Saint- Jean-de-Jérusaletn. (Voy. SAiNT-JE.\N-DE-JéRu- SALEU.) GÉRARD (Saint), évêque de Toul, de 963 à 994. Il fonda des écoles et fut le protecteur des savanls. Fête le 23 avril. GÉRARD iCécile-Jules-Basile), connu sons le nom de Gérard le Tueur de lions, oflicier français, né à Pignans (Var) en Isl7, mort en 18G4. Al'âge de 24 ans, il s'engagea dans les spahis et entreprit de faire 'la chasse aus lions, tâche qu'il accomplit avec tant de succès qu'il acquit une renommée européenne. En 18.Ï5, il revint en France comme sous- lieutenant; il était chevalier de la Légion d'honneur depuis 1847. H se noya dans le Joug, rivière de l'ouest de l'Afrique, contrée qu'il visitait pour remplir une mission dont l'avait chargé la Société royale géographique de Londres. On a de lui La Chasse au lion (ISoo, in-lS) et le Tueur de lions (Bibl. des chemins de fer, 1838). GÉRARD (François -Pascal -Simon, baro.n), peintre français, né à l'ambassade de Rome, où son père avait un emploi en 1770, mort en 1837. Elève de David, il obtint le second prix de Rome en I7S9. Son Bélisaire (1793) le rendit célèbre; il exécuta entièrement 30 pein- tures historiques, et environ .'iOO portraits, y compris celui de Napoléon et ceux de presque tous les membres de la famille impériale, de Hoche, de Foy, de Canning, de M"'-" Mars, de Talma, de Ducis, etc. Il entreprit les travaux décoratifs du musée de Versailles et du Panthéon. Son exacte Bataille d'Austerlitz reçut des éloges de Napoléon (1810). Sous la Restauration, il donna : Entrée d'Henri IV à Paris (1817); Corinne au cap .Misène; Thétis portant les armes d'Achille (1819); Daphnis et Chloé (1823); le Tombeau de Sainle-Héléne (1826); Louis XIV déclarant son petit-fils roi d'Espagne (1828); Sacre de Charles X (1^29); Napoléon dans son cabinet (1831); Louis-Phi- lippe acceptant la liculenance générale du royaume; la Peste à .)Iarseille (iS^'l). Ses com- positions, pleines d'art et de poésie, sont presque toujours vigoureusement dessinées; son coloris est brillant et harmonieux. GÉRARD (Etienne-Maurice, comte), maré- chal de France, ne à Uamvillers (Meusci en 1773, mort en 18 13. Volontaire en 1791, il eut un prompt avancement el fut nommé général do brigade cl baron eu rcconipenso des services qu'il rendit à .Vusterlilz, ù Halle, à léna et A Wagrani. Il montra une grande énergie comme général de division pendant la retraite de Moscou, fut daiigcreusemMit blessé et fut créé comte en 1813. Il opéra avec succès contre les envahisseurs en 1814. Sous les ordres de Grouchy, il opina pour ([uitter Ligny par une marche forcée sur Waterloo, du cûto duquel on entendait la canonnade(ISI3); mais son avis fut repoussé. 102 Gl'RB Gérard fut ôlu député en 1822, 1823 et 1827 ; il coopéra à la révolulion de 1830 et lepril son siège de député, après avoir été trois mois ministre de la pucrre. Il devint maréchal en 1830; en 1832, il commanda l'armée française en Belgique, assiégea Anvers cl força cfille ville à capituler. Il fut de nouveau ministre de la guerre pendant trois mois en 1834 et devint sénateur eiHS.'iî. GÉRARD DE NERVAL (GÉiiAnDljAntiuNiEf/iO. liltrrati'ur, iii: iL mort à l-'aris (l.snH-2'i janv. ISS^i). Il publia des poésies, une trailuflion de Faust, des drames (en collaboration avec Dunias), une traduction métrique d'un drame infJion (en colL^iboration avec Mérv). lin iboS, il iiublia Les Illuminés ou les précurseurs du socialistne. On le trouva pendu dans la rue, le llialin de l'anniversaire de la ttiort de Jeniiy Colon, actrice qu'il avait passionné- mcni aimée. GÉRARDMEft ou Géfomè s. m. [jê-rar-ttié], frortiajje qui se fabrique dans les Vosges, aux eHvi^ons de Gérd^dnle^. GÉRARDMER ou Géromé, ch.-l. de cant., dri-. ri a 2'i lui. de Saiiil-Dié (Vosges), à '.ii kil. S.-E. d'Epiiial, sur la rive fauche du lac de son nom, fjui fnesurC 2 kil. de long et qui est traversé par la rivière Valogne; 8,811 hab. Celle ville est renommée pour son fromage vulgairemenlappelé Géromé. Scieries de planches, boissellerie. GERASA ou Galâsa (aujourd'hlii ieraUi), Ville ruinée de la Palestine, à l'est du Joiirddin, dalis l'ancienne Décapolé, à 80 kil. N.-K. île .lérlisalem, divisée par la rivière keruan. .Si'S ruines les plus intéressantes sorti Un temple corinthien, un rtrc de triomphe, cinq ou six autl'es temples et deux Ihéaires, tous cii Le petit ihëâtre a Gei ii marbre; une naumathie, un petit temple (avec une colonnade ionique demi-circulaire), d'où part une rue, garnie d'un rang de colonnes, qui traverse la ville. A angle droit avec celle-ci courent trois autres rues, toutes remplies des souvenirs de l'ancienne splen- deur de Gerasa. Josèphe raconte que le roi Alexandre Jannœns s'empara de cette ville^ vers 8-5 av. J.-C. Elle fut brûlée par les Juifs dans leur guerre avet les Roiiiains et prise denouveau par Anniiis, général de Vespasien. En 1l22, Baudouin II s'en eilipara et délrliiêil la forteresse. GÉRADD (Saint), comte d'Aurillac (8b.3-909). 11 est le patron de la haute Auvergne. Fêle le 13 octobre. 6ERBA, île et viHe de Tunisie; 45,000 hab. Importante par son commerce de tissus de laine, de colon et de soie; poteries. V. Gerbi. GERBAGEs.m. Levée des gerbes d'un chatnp. — S'est dit du droit qUi était prélevé sur les gerbes. GKRB • GERBÇ s, f. [jèr-l)oJ(anc. haut ail. gnrha). Faisceau de Lié coupé : lier en gi.rbe. — S'est dit absol. des gerbes que l'on prélevait pour la dime : disputer lu gerbe. — Fig. Gebuk d'e.^u, assemblage de plusieurs jets d'eau, qui, en s'clevunt, forment comme une esfièce de gerbe. — Fig., dans les Feux d'artilice, Gkuiik uk )-i:l', ou simpl., Gi:nBK, a-^seinblage de plusieurs fusées, qui, parlant toutes en- semble, leprésentent une espèce de gerbe. ■ GERBÉE s. f. Botte de paille où il reste enrôle (pnl(]ue grain : gerbée de frovwnl. ' GERBER V. a. Mettre en gerbe : il faut gerher ce froment. — Mettre dans une cave, dans un cellier les pièces de vin les unes sur lei autres : jjour faire tenir toutes les pièces dnns la cure, il faudra les gerbcr. GERBERGE, reine de France, morte en 968. Elle épousa Louis d'Outre-.Mer, roi de France, à la moii duquel (9.'j4) elle devint régente. Son lils Lolhaire fut le dernier roi carlovin- gien. GERBERGE, reine d'Au.strasie, née vers 730. morlo ajirès 173. Elle épousaen 768 Carluman, frère do Charlomagne. A la mort de sun mari, redoutant pour ses fils la tonsure ou la mort, elle s'enfuit à la cour de Didier, roi des Lom- bards. Didier, pour la défendre, envahit les Etals ponliriL-aux, Charleniagne, a l'appel du pape, vint cis^iéper Vérone où s'étaielit réfu- giés Didier, Gerberge et ses lils, et s'empara de celle ville (773). La veuve de Garloman fut emmenée en France par Charleinagne, qui la traita avec les plus grands égards. GERBER0Y,cumm.derarr.,eta24kil.N.-O. de buuuvais (Oise) ; 205 bah. Ville importante au moyen âffe par ses furtifications, elle fut prise en 1160 par Henri 11 d'Angleterre, en 1418 par les Bourgui- ^^SîP-iîE- gnons et les Anglais, et en 1432 parle comte de Clermonl qui la ruina. Les Anglais y esstiyèrenl une défaite (144b) et durent s'en- fuir, chassés par Louis de Soyécourt de Mouy, gouverneur du Beaii- vaisis. Gei'beroy fut pillée par les Boui-- guignons en 1472 et servit de refuge à Henri IV blessé, après le combat ù'.\uma]e. Les ligueurs de Beau- vais la saccagèrent en 1593 et 1:194. GÉRBERT Voy. Syl- VESTlli; 11. GERBEVILLER, ch.-l. de cant., arr. et à 13 kil. S. de Lunéville [.Meurthe-et-Moselle), sur la Murtagne; 1,596 hab. Bonnel6rie, vins'; culture du houblon. GERBI ou Zerbi, âne. Mehinx, Gerba,Hirba ou Lotopliuyitis insula, ilede la Méditerranée, située dans la partie méridionale du golfe de Cabès, près de l'Etat de Tunis dont elle fait partie; 46 kil. earr. ; 45,000 hab. Elle pro- duisait autrefois le lotus. Sol fertile, climat sec; commerce de toiles, de lainages et de châles. Les Espagnols prirent cette île au xvi' siècle; ils eh flil-ëht chassés en loCO par les Turcs, qui élevèrent, avec les têtes des vaincus, une pyramide encore visible, haute de 10 mètres. GERBIER s. m. Monceau de gerbes. GERBIER-DES-jdNcS, montagne de France qui fait partie des monls du Vivarais(.Ardèche). t^ile a l,i>62 m. de hauteur. Un éboulcmunt s'y étant produit en 1821, une partie de cette montagne est remplacée par un lac. La Loire y prend sa source. Gi:i{(; GERBIÉRE s. f. Gros gorbior. GERBILLON s. m. Petite gerbe. GERBOIDEaiJJ. Qui ressemble à une gerboise. — s. m. (il. Famille de rongeurs ayant pour ty[ic II' grille gerboise. ' GERBOISE s. f. [jèr-boua-«c] (ar. jerbuaH . Mamin Genre depetilsmammifèresrongeiirs oui ont les pattes de devant fort courtes, et dont la queue est garnie de longs poils à son extrémité. L'esi)ècela plus rolinuc est la ger- boise d'Egypte (dipus. kil. S. de Clermoiid-Feirand sur une hau- teur qui porte aujourd'hui le nom de montGer- govin et qui se détache des monts Dômes ; Vercingetorix y vainquit les Romains. — II. Ville dès Boîons à 27 kil, S. de Clamocy, à l'endroit où est aujourd'hui Saint-Révérien ; sa forteresse, Arxin Boiis.a. donné son nom au village d'Arzemboy. GERHARD (Edouard) [ghèr'-hart], archéo- logue allemand (l79.'l-lï iiiil lillc de Pépin de Landin, maire du ii.iUiis d'Austrasie. On lui dnit la l'()ndaliiiii ilii nionasLùi-c de Nivelle en lirajianl, dont l'Ile lui la l"' aliiiesse. Fêto ie i~i mars. GÉRUZEZ (Eugène), lilir-raleMi-, né à Reims en l7'Jli, mott en )83r>. 11 suppléa pendant dix-neuf ans M. Villemain dans la chaire d'éloquence française. On a de cet écrivain éruilil plusieurs ouvrages estimés : Cours du phUasapliic. (I8:i3), Cmira de liUénUuve (1846), Hislùirede la litUnUuru française jusqii' en 1789 (is;i:>, in-S"), etc. GERVAIS (Paul), naturaliste, né et mort à Paris (26 sept. 1818— février 1879), fut pro- fesseur à la facullo des sciences de Mont- uellier, puis au Muséum d'histoire naturelle de Paris, membre de l'Académie des sciences, auleur d'ouvraf;es estimés sur l'histoire natu- relle : lusecles aptêrea (l844-'47, '2 vol. in-8"); Mammifères (18o4-'.ï.S, 2 vol. in-S") ; Zootor/ie etpaU'ont'iloriiefrançnhes(-\HiS-'o3y,\eSi/neléUe hwiwm{\H'M>]; Zoo'hQi,; médicale (1838, 2 vol. in-Si); Zookn/ic et paléurUologie générales (1867, in-i" a\t'c planches), etc. GERVAIS (Saint-), cli.-l. de cantr, arr. et à 45kil.0.-N.-0.deBd7.iers(!Iéraulti; 1^1)0 bab. Houille, fer et granit. GERVAIS (Saint ), cli.-l. de cant., arr. et à 4Ukil. N.-U. de Hiom (Puy-de-Dôme); i, '(58 hiib. 6ERVAIS-LE- VILLAGE (Saint) ou Saint- Gervais-les-Bains, sliilion balnéaire et cb -I. de cant., arr. et à 39 Uil.dc lionnevillo (Haute- Savoie); 1,92S bab. Quatre sources sulfatées sodiques, salines. Maladies de la peau, gas- tralgies, scrofules, menstruations difficiles, engorgements des viscères abdominaux, rhumatismes, catarrhes, ali'ections utérines. Etablissement avec cabinets de bains, douches, éluves, inhalation. Installation hydrothéra- pique complète. GERVAIS (Saint-), comra. du cant. deVinsy, arr. et a 16 kil. N.-E. de Saint- Marcel lin (Isère), sur l'Isère; 390 hab. Fonderie de canons pour la marine. GERVAIS (Eglise de Saint-), église de Paris, fondée par Louis .\HI le 24 juillet 1616. Le portail est de Jacques de lîrosse. Cette église est aujourd'hui enveloppée de maisops ^carron, du Gange, Crébillon, Michel Le Tel- lier, elc-, vont été enterrés. GERVAISE (Nicolas), missionnaire, né à Paris vers 1662, mort en 1729. Dès l'âge de 20 ans, il partit pour prêcher l'Evani-'ile dans le royaume de Siam : à son retour, il fut nommé curé de Vannes, puis curé de Suèvres en Touraine. En 1724, il fut sacré, à Rouen évêque in pavtibus d'Horren st s'embarqua pour l'Amérique où il fut massacré par les Caraïbes. On a de lui: Histoire politique et naturelle de Siam (1688, 1 vol. in-4'')- Vie de saint hlurtin de Towrs (1699, m-4"); Histuirede Boèce (171'i, in-12). GERVAISE (dom Prançois-Amaiid), carme déchausse, puis abbé de la Trappe, frère du précédent, né à Paris vers 4660, mort en 17,ï1. On a de lui; les Vies de saitU Cyprien {iTi^},desamtlrénéeHl-2'i],desaintFaul{iTii), etc., et V Histoire de la Réforme de Citeaux (Avignon, 1746, in-4M), qui lui attira la haine des Bernardins et le fit enfermer a l'abbaye de .Nolre-Dame-des-Reclus. GERVINUSiGeorg-Gpttfrieaifghèr-vi'-iiuuss], historien allemand, né ft Darmsladl en 1806, mort c'u 1871. Après avoir passé plusieurs années en Italie, il fut nuiiimé. en I8:t6, pro- fe.s.seui; de littérature et d'histoire a Gœltingen. Miuis il perdit sa place en 1837 pour a\oir signé la fameuse luotestation universitaire contre l'abolition de la constitution hano- vnenne. Après un autre voyage en Italie, il entra dans la vie politique connue libéral et, en 1848, lut nienibre du pai lenient de Kranc- lort. H a publié des ouvrage.'- sur la liltéiature allemande, et Gesihicl,te desi^ ien JukvUun- dcrts (8 vol. 18.Sa-'66). GÉRY (Saint-), ch.-l. de cant., air. et .'i -0 kil. A.-E. de Cahors (Lot), sur la rive droite du Lut, 668 hab. GERYON. Myth. Monstre A trois têtes, lils de Cbrysaor et de Callirhoé; il régnait dans I lie d'ICrylhio ou de Gades, où il (uiasédait de iiiinibroux troupeaux conliés à la f.'arde d'Eurythion et di4 chien inonsirueu.v Qitbrus. Hercule tua Orthros, Eiirythioii et Géryon et I nimena les troupeaux.' Géryon avait près de l'adoue un temple où il rendait des pra- cles. GERYVILLE, ch.-l. d'un cercle dépendant de la subdivision de Ma.scara, à 316 kil.d'Oran (Algérie). Marché arabe. Fort renfermant une caserne, un hôpital et des magasins militaires. 30.420 hab. GERZEAU s. m. L'un des noms vulgaire? de la nielle. GESATES (lat. gsesiim, gèse, lance), peuple de la Gaule, qui habitait sur les bords du Rhône. Lu de leurs rois, Britomar, fut batlu et tué dans la Gaule Cisalpine, à Claslidiun), par ie L-onsul Marcellus(22i av. J.-C). GESE s. m. [jè-ze] (lat. gstsum). Demi-pique dont se servaient les Gaulois et qui fut adop- tée dans les armées romaines. GESENIUS (Friedrich - Heinrich WilhelmJ [ghe-zé'-ni-ùus]. oiieiilalisle allemand, no en 1786, mort en 1842. Il fut professeur de théo- logie à Halle depuis ISH jusqu'à sa mort. H fonda une nouvelle école de l'exégèse bibli- que, basée principalement sur l'élude de la philologie, étude exacte, rationnelle ethisto- rico-crilique. Ses principaux travaux sont un Lexicon hébreu et çhaldaîquc, une Gramimire héliraiquc, une traduction d'Isaie, avec coin- mentaice critique (3 vol.), Scripturx linnux- que Phxnicix rhonumenta (3 vol.) et Thésaurus lingux hcbraicx, etc. (3 vol.). •GESIER s. m. [jé-zié] (lat. gigerià). Le second ventricule de certains oiseaux qui se nourrissent de grains, comme les poules, les pigeons, etc. : le gésier d'une poule. * GESINE s. f. [jé-zi-ue] (rad. gésir). Vieux mot, pour dire, couches d'une femme, ou temps qu'elle est eu couche: être engésine.— Palais. Payer les frais de gésine. 'GÉSIR V. n. [jé-zir] (lat.. /acere, être éten- du). Etre couché; être mort ou malade; être renversé par le temps ou la destruction. Ce verbe est peu usité; on dit néanmoins: il gU nous gisons, vous gisez, ils gisent; je gisais, tù gisais, il gisait, nous gisions, vous gisiez, ils gisaient, liisant. {\oy. Gir.) GESNER (Konrad von) [ghèss-ner], natura- liste suisse, né en lb)6,mort en 156,'). Son ouvrage le plus important, Historia anima- liurii (1 bol -'56) est qn sommaire de toulcequi était alors connu en zoologie. Il écrivit aussi sur la botanique, la philologie et la biblio- graphie. GESNERIE s. f. Bot. Genre de gesnériées, comprenaiil une trentaine d'espèces qui croisseiit dans les régions chaudes de l'Amé- rique. GESNÉRIÉ, ÉEadj.Bot. Famille de dicoty- lédones peisunnées, ayant pour l.\pele genio GïïST gesnério et comprenant, en outre, les genres gloïkinie. besiérie, etc. • GESSE s. f. (jè..se] (lat. vicia). Rot. Genre de légumineuses, dont quelques espèces sont cultivées comme fourrage, et même comnie aliment : semer des gesses. — Semences de la ges.se domestique : manger des gesses. — La gesse cultivée {lathyrus sativus), originaire d'Espagne et répandue dans toute l'Europe, est une plante annuelle que l'on cullivè comme fourrage; ses graines, réduites en pu- rée, servent de nourriture dans ceilains pays; mais elles sont indigestes et on les accuse d'avoir des propriétés délétères. Il en est de même de la graine de la gesse chiche {lathyrus cicera), plante indigène appelée jarosse. La rjesse sans feuilles [lathyrus aphaca) est com- mune di^ns les champs aux environs de Pa- ris. Les racines sucrées et féculentes de la gesse tubéreuse {lathyrus tuberosus) se man- gent quelquefois cuitrs .sous la cendre. On cultive dans les jardins d'ornement : la gesse odorante {lathyrus odorntvs) ou pois de sen- teur, plante originaire de Sicile, a Heurs suaves; \a. gesse a larges feuilles [lathyrus lati- folius) ou pois de la Chine, a racines vivaces, donne la deuxième ou la troisième année, de L'i-.indes tleurs pourpre rosé, etc. GESSNER et non Gi;~Ni:n fSaIomon\ peintre et poète suisse, né à Zurich en 1730. mort en 1788. H habita Berlin, Hambourg et Zu- rich, et publia Die .\'arht (La Nuit), poème ; Vaphnis ilJaphiiê), pasiorale ; Wyi/cn (Idylles); Dtr Tod Aie/s(La mort d'Abelj, épopée pa.s- torale en 4 chants et en prose; des contes mo- raux, des drames, et des Lettres sur le pay- S'ige. Les ouvrages de Gessner ont été tra- duits en français par Huber (3 vol. 10-4° Pa- ris I7S6-'93). GESSUR, contrée de l'anc. Palestine, dont le iiuiii, qui signifie po)i<, vient d'un pont de ba'^alte jeté sur le Jourdain. Au (emps de David, Gessuravait pour roi Tholmai, dont la lille .Maacha épousa David et fut la mère d'Absalon. GESTAs.ni.pl. [jess-ta] (fr. c/»i5,>;es faites). Ensenible des mouvements auxquels se livrent les dilbMentes parties du corps. GESTA FRANGORUM, Gf.vtes des France, sa- vante histoire des Gaulois et des Francs, de rài a 752 (Paris, 1646-'.H8, 3 vol. in. -fol). GESTA DEI PER FRANCOS . recueil des œuvres de divers historiens qui ont racoiué les expéditions orienlales des Francs et 1 his- toire du royaume établi par eux à Jérusalem. Celle collection est due à Gondarsius, iiui la publia en 1611. GESTA ROMANORUM.'curieux ouvrage pu- blié a Louvaiu ;t473, in-fol.) et attribué à Pierre Berthorius, à Hélinc^nd ou à Qérard de Leuw. •GESTATIONS, f. [jèss-la-si-on] (lat. (?6-5- 4 tare, porter). Sorte d'exercice en u.sage chez 1 les Romains, qui consistait à se faire porter en chaise ou en litière, à se faire traîner ra- pidement dans un chariot ou dans un bateau, afin de donner au corps un mouvement et des secousses salutaires : ht gestation est très, utile à la santé, suivant Celse. — Etat d'une femelle qui porte son fruit, et temps que dure cet état. DURÉE DE LA GEST.^TIO.N Chez plusieurs femelles de mammifères. Souris. 25 jours. l'îtiatte. Sousiik. 25 ïlarlre. Hamster. à8 Chienne. Ecureuil. 28 Hunard. Lapii). 38 à 30 Pulois. Lièvre. 28 à 30 Lynx. Rai. 35 Loutre. HarmpUe. 35 Louve. BeleUe. 35 Cochon d'Ind ruret. 40 Blaireau. Hénâsun. 48 Liuniie- 56 joirs 5Q C3 «3 63 63 63 63 65 65 llû GETU Truie. 110 jours. H.nne. 230 jours. fUoiilon. 120 .\xis. 830 Castor. 120 Femme. 27Q Brebis. 147 Elau. 270 C.hariiois. 154 Mandrill. 27Ô Chèvre. 154 Vache. Ï86 r.i.zellc. 1S4 Jument. 300 Chevreuil. les .\ncsse. 300 Bnuquelirl. 167 Zèbre. 300 L.ima. les Chamelle. 315 nuis. 210 Rhinocéros. 540 Silijre snpajnn 210 Eléphant. 620 GESTATOIREadj. Chaise gestatoihe, chaise à porteurs dont le pape fait usage. ' GESTE s. f. (lat. gestus, fait). L'action et le mouvement du coi'p.s, et principalement des bras et des mains dans la déclamation, dans la conversation : avoir le geste beau, noble, aisé. — Simple mouvement du bras, de la main, et même do la tête, surtout quand on le fait pour e.tprimer quelque sentiment : un geste menaçant. ' GESTE s. f. (lat. gesta, choses faites). Hist. lilt. Se dit des anciens poèmes fiançais où est racontée d'une manière lég-endaire l'his- toire de personnages héroïques, particuliè- rement de Gharlemag-ne et de ses preux. ' GESTES s. m. pi. Belles, grandes, mémo- rables actions, principalement des généraux et des princes ; les gestes d'Alexandre, de Sci- pion. — Kam. et en plaisantant, Lès E,41TS et GESTES d'une PERSOiN.NE, ses actions, sa con- duite: il n'a rien oublié des faits et gestes de son héros. * GESTICULATEÙR s. m. Celui qui fait trop de gestes : cet avocat parle asse:: bien, mais c'est un grand gesticulateur. ' GESTICULATION s. f. Action de gesti- culer: gesticutaliun ridicule^ • GESTICULER v. n. Faire trop'de gestes en parlant: îi parle assez bien, mais il gesticule lonjours. ■ GESTION s. f. [jè-sti-onj (lai. fjestio).AcUoii de gérer, administration: rendre compte de sa gestion. GETA P. SeptimiuS). Voy; CARÀcAitA. GETES, tribu de la Thrace, mentionnée par Hérodote et par Thucydide, comme vi- vant au S. de rister (Danube), et par des écri- vains plus récents, comme établie au iX. de ce fleuve. Quelques critiques regardent les Gètes comme identiques avec les Daces ou avec les Goths. GÉTHSÉMANI (de l'héb. rjnthshemen, presse à huile), jardm ou plant d'oliviers, près de l'ancienne Jérusalem, au delà du torrent de Cédron, probablement sur la pente de la montagne des Oliviers. Le lieu regardé comme le véritable Géthsémani par l'Eglise latine, renferme huit vieux oliviers et la grotte de l'Agonie, où J.-C. passa une nuit. Les Eglises arménienne et grecque placent ce lieu un peu au N. du [irécédent. GÉTIQUE ailj. Qui a rapport aux Gètes. GETTYSBURG, bourg de la Pennsylvanie, à iiii kil. S.-O du Harrisburg; .■i,1(lO luth. Une .sanglante bataille y fut livrée les 1-3 juillet 1863, par l'armée confédérée sous les généraux Lee, Lnnjistreet et ICwell, aux fédé- raux commandés par le général George Meade. Les confédérés, d'abord victorieux, furent forcés de se l'ctirer de la Pennsylvanie et du Maryland. On évalue à l.'i.oOd le nom- bre des hommes tués et blessés tant d'un côté que de l'autre. GÉTULE s. Habitant de la Gélulie. GÉTULIE, Gœlulin, Gaitonlia, région infé- rieure du N. de rAI'ri(|ui' ancienne, au S. de la Mauritanie cl do la iNiimidie, bornée par IcsSyrtes, par l'océan Atlantique à l'O., et s'é- toiidant indéfiniment à \'E. Le [xMiplequi por- tait le nom do Ga^luli ((iiHules), habitait entre les contrées sus-mentionnées et le grand Désert. Il formait plusieurs tribus nomades dont GEYS les principales étaient les Autololes ou Pliaru- sii sur la côte 0., les Darae ou Gœtuli-Daras dans les steppes du grand Atlas, et les .Melano- gsetuli, race noire issue du croisement des Gœtuli avec leurs voisins du S., les Nigritae. Les purs GseUlli (l'étaient pas de r-ace éthio- phique, c'est-à-dire noire, mais deratiëlybien- ne ; ils étaient probablement d'origine asia- tique. On suppose qu'ils sont les arlcêtres des Berbèi-es. GÉTULIQUE adj. Qui a rapport aux Gélules. GEVAUDAN, Gavuldanus, Qavuldensis ou Gabalitanus pagus, ancien pays de France (bas Languedoc) j entre le Velay, le Vivarais, le Rouergue et l'Auvergne; ch.-li Jctvoutx (ville qui fut détruite pendant le moyen âge), puis Uende. Ce pays forme aujourd'hui le département de la I.ozère. Il tirait son nom des Cabales, il fofrria après Gliarlemagne un comté que la fhàison de Toulouse posséda jusqu'au xi" siècle. Cédé en lOSo aux évo- ques deiMende jsai- Raymond de Saint-Gilles^ il fut réuni par Louis ÎX au domaine royal en 1258. C'est dans le canton de Saint-FIpur qu'on tua, en 178", un énorme lynx qui s'était acquis, sous le nom de bêle du Gévaudan, une terrible renommée. GEVREY-CHAMBBRTIN, ch.l.de cant., arr. et à 12 kil. S. -S.-O. de Dijon (Gôte-d'Or); 1,760 hab. Ruines d'un chàh'au du xiir- siècle. Sur le territoire de ce canton se trouvent les crus renommés de Ghamberlin, du Clos de Uèze, do .Mazis, etc: 6EX [jèkss] {Gtsium}i ch.-l. d'arr.,àl03kil. N.-E. de Bourg (Aiii) sur le Jourhànd, au pied du Jura, ].ar ilio^O' 9"lat. N. et 3" 43' 23" long. E.; 2,878 hab. Cette ville estehtdUrée de pro- menades d'où l'on aperçoit le lac de Genève. Tanneries, scieries, fromages, bois, charbon, Vins. Autrefois ville forte, elle dépendit du (■oiiité de Genève, fut réunie à la SàVoie en I3;13, et il la France en 1601. 6EX (Pays de), Gcsiensis pagus, petit pays de l'ancienne France, sur la frontière de Suisse fet de Savoie ; 28 kil. sur ÛO. Les comtes de Genève le possédèrent jusqu'au xiii= siècle; il passa alors aux mains d'Amé- dée V, comte de Savoie, puis d'Hedri IV en Ib89. 11 l'ut déliiiitivement réuni âla France on 1601. 11 fait aujourd hui iiartie du dép. de l'Ain. * GEYSER s. m. [ghè-zèr] (island. geysa, Éclater avec bruit). Géol. Se dit des sources jaillissantes d'eau chaude, les unes continues, les autres intermittentes. Les principaux geysers islandais se trouvent dans la partie S.-O. de l'Ile, 'à environ uO kil. N.-O. de l'Hé- Cla et à 95 kil. de Reykiavik. Dans un circuit d'environ 3 kil. , on trouve plus de cent sources qui jettent de l'eau à -\- 80° C. Les principales sont le Grand-Gi\vser el le Grand ot le Petit-Strokr. Le Grand-Geyser, quand il est calme, olire l'aspect d'une nionlagne cir- culaire d'incrustations siliceuses, haute d'en- viron 7 mètres et renferm.int un étang. Le diamètre du bassin varie de 18 à iO métros, sa profondeur moyenne est de 1 m. 40. Au centre selrouve un passage vertical d'environ 3 m de diamètre et de i'i m. de profondeur. Les grandes éruptions ont lieu à des inler- valles irréguliers, de 20 à 30 heures; elles sont accompagnées de fortes explosions. La hauteur dos jets varie de 20 à 70 m. Depuis ([uolques années, les éruptions paraissent di- minuer d'intensité et ne se renouvellent pas aussi souvent. Elles ne durent guère que cimi minutes. Le G.rand-Strokr, iiui se Irouveà 100 ou à 130 m. du Grand-Geysorj est un puits irrégulier, sans bassin à son embouchure ; son orifice a environ f m. de diamètre cl fini. 50 cent, de profondeur. A des inlor- valles d'une demi -journée environ, l'eau jaillit et s'élève généralement de 14 à 20 m. En jetant du gazon ou des pierres dans le GEYS lot puitsdu Strokr, on peut produire UHc érup- tion en quelques minutes. — Les gfevëers de la iNouvelle-Zelando se trouvent dans'le Nou- veau-Ulster ou île du Nord. Vers le cëiltfèâë l'île, près du Tongariro, volcan toujoui-s en activité, s'ouvrent des sources thef-màles. deS fontaines de boue et des iieysers qui s'élèVent en plus de cent lieux diifél-ents, prodiiisant des phénomènes encore plus extraotdinaires que ceux d Islande. A l'extrémité N.-E; du lac Rotomahana, vers 27 m. ali-dessus du ni- veau de celui-ci, on voit le Tetarala (foc Ta- toué). C'est une excavation cratériforme de • 0 à 13 m. de haut; s'ouvrant seulement du côté du lac. Le bassin de la source a enviroii 27 m.^ de long, et 20 de large ; il est empli jusqu'au bord d'une eau claire transparente. D'immenses nuages de vapeur s'élèvent eOU- tinuellement au-dessiis de ce Ijassiri et l'oli y entend perpétuellement un bruit d'ébulli- lion. Le dépôt est siliceux et les incrusta- La Giàritess (la Géante), gevsep du territoire (Glats-Ùhis). Wyomiii^ lions produites par le débordement ont foi- iné sur la pente un système de terl'asses, hautes de I à 2 m., aussi blanches et presque aussi régulières que si on. les avait taill.ées dans le marbre, et sur chacune desquelles s'étendent des bassins circulaires resplendis- sants d'iau bleue, (^es terrasses qui co.i)vrent une étendue d'environ trois acres, ont l'appa- rence d'une cataracte élagée qui sérail Iransforinoe en pierre au fur et à mesure qu'elle tombe. Ordinaireniorit, il y a peu lî'oau sur ces terrasses, mais, quelquefois, l'eau osl lancée en colonnes énormes quj se vident dans le lac. — Aux Etats-Unis, il existe des sources volcaniques bouillantesj en plu- sieurs localités, à l'ouest des montjigiies Ro- cheuses. Dans le désert dii ColoradOi on re- marque des sources bouilianles et des vol- cans de boue. Dessources semblablesexislenl an Nonveau-.Mexiqiie et dans quelques autres territoires. Les prétendus geysers de, Califor- nie se trouvent dans une goige de la vallée de Napa, appelée le l'anon du iUablet près de la rivière Pluton. Des sources chaudes oii froides, bouillantes ou tranquilles, se trouvent 108 GEYS r.iiiB r.iAO Il quelques mètres les unes des aulrcs, mais aucune d'elles n'est un pcyf^i' nroproincnt dit. Les fîeysers dos sources di;s rivières Yellowslone et Missouri sont piobablement les filus merveilleux du plobe. I.c pavs siluô cnlie 43» et 47° lai. N. fl enlrr 112°' et 116° lonp. 0., oompren.int des portions des terri- toires deldalii), Wyoniin^ et de Montana, est couvert de sources minérales bouillantes et de volcans de houe. Les geysers proprement ditssc trouvent dans l'angle N.-O. du terri- toire myiiwinp, sur !p rivière l-'ire-Holc. Ils forment deux grands groupes appelés ;;eysers inférieurs et geysers supérieurs. Le bassin inférieur renferme sept principaux groupes de sources, mais aucune d'elles n'est très re- marquable. Le bassin supérieur contient moins de sources; parmi celles-ci on distingue ÏOlil Faithful{\o Vieux Fidèle), ainsi appelé à cause de sa régularité à lancer, à des inter- valles d'environ une heure, une colonne d'eau de 2 m. de diamètre, à une hauteur maxi- mum de 43 m.: ce jet dure de 4 à 6 minutes. En face se trouvent le Bcchivc cl la Giantess (la Géante). Le premier est un cône siliceux d'un mètre do haut, de 7 m. de circonférence à la base et de 1 m. à 1 m. 30 de diamètre, avec un orifice ovale de ■! m. sur Oti cent, de diamètre. Quandil est en action, ce qui ar- rive une fois toutes les 24 heures, il jette une colonne d'eau qui l'cmplit entièrement le cra- tère à tnic hauteur de 72 m. A 200 m. du lieehivo se trouve la Giantess, vaste geyser ayant une ouverture ovale de G à 8 m. de diamètre. La Giantess jette à pleine bouche, une colonne d'eau, haute de 20 m., et dans cette colonne il se produit cinq ou six jets plus petits, ayant de I.S à 2;; cent, de diamètre et s'elançant à une hauteur de 90 m. L'érup- tion, qui se produit à des intervalles irrégu- liers, dure 20 minutes environ. La seule éruption donlfut témoin le W nayden(]872) dura 17 minutes et la hauteur maximum de l'eau fut de 13 m., la vapeur s'élevant à 23 m. Plus loin, est le geyser Sawmiil, qui jette presque sans interruption une petite co- lonne de 3 à Ui m. de haut. Près de là, se trou- vent deux oriuces: l'un.oblong, de 70f,ent. sur 1 m. 06 cent., est plein d'une eau tran- quille et transparenlo comme du cristal; c'est le Grand-Geyser, l'un des plus merveil- leux du groupe. Le second, appelé le geyser Turban est à 7 m. du premier; son bassin, d'une forme irregulière, mesure 8 m. sur 4 de diamètre et 2 m. de profondeur. Cette source, qui n'a aucune communication appa- rente avec la première, s'agile au moins une fois toutes les 20 minutes et lance son eau à une hauteur de 5 à S ni.; elle n'est jamais entièrement tranquille. Une éruption du Grand-Geyser est précédée d'un bruit sourd et, d'un tremblement de terre, suivis d'une exhalaison de vapeur; immédiatement l'eau jaillit en colonnes successives de 2 m. de diamètre à la base, et d'une liauleur de 58 à 70 m., et la vapeur s'élève à plus de 330 m. Au bout de 20 minutes, l'eau diminue gra- duellement et redevient tranquille. Sur le côté opposé de la rivière, est le Castle (Châ- teau), ainsi nommé à cause de sa ressem- blance avec les ruines d'une tour. En 1872, le professeur llayden fut témoin de trois éruptions de ce geyser; la hauteurmaximum de la première éruption fut de H m., celle de la seconde de 3i m., celle de la troisième ne fut pas déterminée. Chacune des érup- tions dura environ une heure 20 minutes. Le geyser Giant a un cratère abrupt, ressem- blant à une corne brisée, de 3 m. 30 cent, de hauteur; ses éruptions sont irrégulières ainsi que leur durée ; ses eaux s'élèvent de 30 à ^3 m. Le Grolto (la Grotte), le Punch Bowl (Bol de punch), le Riversiile (côté de rivière), le Soda (Soude), le Fan (ICveiitail) et beaucoup d'autres méritent d'ôlie cités. On trouve aussi des groupes surprenant? sur le côté S.-(J. du lac Shosliono et sur la rivière Gardincr. Les geysers du bassin du Kirc-llole (Trou de l'iu) sont de 2,30^ à 2,.'j00 m. au- dessus du niveau de la mer. GHADAMÈS ou Gadamès, ville delà régence de Tripoli (Afriquej, dans une oasis, près de l'angle S.-E. de la partie algérienne du dé- sert de Sahara, à environ 450 kil. S.-O. de Tripoli; ii.OOO hah. Elle est le point de réu- nion de quatre routes commerciales. On y fa- brique des articles de laine et il s'y fait un grand commerce d'ivoire, de cire, de peaux, de plumes d'autruche, de caoutchouc, etc. Les environs renferment des ruines d'an- cionnc< villes romaines. GHAUTS ou Gates, nom de deux chaînes de montagnes de l'Indoustan méridional. La principale, celle de l'ouest, a une étendue de près de 1,000 kil. ducap Comorin à la rivière Taptcc; elle longe la côte de l'océan Indien à une dislance de 30 à o.'i kil. Son flanc occi- dental s'élève d'une manière abrupte ; mais à l'est il descend graduellement en un pla- teau ou se continue en longs embranche- ments à travers le Deccan. La hauteur moyenne desGhauts occidentales est évaluée à 1,330 m., mais on prétend que le Dodabotla, dans lesNeilgherrifcs, atteint près de 3,000m. Les passes de celte chaîne sont peu nom- breuses, d'un accès difficile défendues par des forteresses. Les Ghauts de l'est suivent parallèlement la côte orientale de la pénin- sule. Leurs sommets atteignent rarement 1,000 m. Les Ghauts sont sujettes à de terri- bles orages et à des ouragans, pendant la saison des pluies. 11 tombe en été plus de pluie dans les Ghauts de l'ouest, que dans aucune autre partie du monde. Parmi les mi- néraux qui existent dans les Ghauts, on cite : l'or, le cuivre, le fer et une grande quantité de pierres précieuses. GHAZEPOOR ou Ghazepoure, ville de l'Inde angl.iise, ilaiis un di-liict du môme nom, sur le Gange, à 60 kil. N.-E. deBenarès; en- viron 20,000 hah. Elle est magnifiquement située dans un pays salubre; mais la plupart de ses principaux édifices sont en ruine. GHEEL [ghôl], ville et commune de Bel- gique, sur la Grande-.Nèthe, au centre do la Canipine, à 50 kil. E. -S. -E. d'Anvers; environ 12,204 hab. Manufactures de cuir, d'étoiles, de bougies, etc. Depuis le vf siècle cette ville et ses environs donnent asile à un grand nombre d'aliénés réputés incurables. Les ha- bitants reçoivent ces malheureux, moyennant une pension, et les guérissent quelquefois en les laissant vivre presque libres et en les oc- cupant aux travaux des champs. GHERIAH l^gheur'-i-a] ou Viziadroog. ville et fort (le l'Inde anglaise, dans le Coiican du Sud, à 230 kil. S. de Bombay. Port abrité, à l'embouchure de la rivière Kunvee dans l'o- céan Indien. Fort bâti en 'I6()2 sur un pro- montoire de la côte. Cette ville est appelée Gheriah par les Mahométans et Viziadroog par les Mahraltes. Au xvucsiècle, elledevint le centre d'un vaste système de piraterie établi par Conajee Angria, qui infesta les mers ad- jacentes pendant plus de iiO ans. ,\près plu- sieurs tentatives infructueuses faites par les Portugais^ les Anglais et les Hollandais pour disperser ces pirates, la place fut prise parla Uolte anglaise en 1736. Les Mahratles l'occu- pèrent ensuite jusqu'en 1818. GHIBERTI (Lorenzo) [ghi-bèr'-ti], sculpteur florentin, né vers 13SU, mort vers 14o.d. Il exécutâtes admirables portes à deux battants du baptistère de San Giovanni à Florence, œuvre qui lui demanda quarante années, de travail. Ses autres travaux en bronze sont le reliquaire de saint Zenobin et un saint Ma- thieu. Ce dernier et la seconde porte de San Giovanni sont considérés comme les chefs- d'œuvre du modelatre au xv^ siècle, Ghiberfi ' était un arcbilecle éniinenl; Il excella aussi dans la,[ieinlure surverre et dans l'orfèvrerie. Il a écrit des traités sur la sculpture et su" l'arl italien. GHIKA (Famille), célèbre maison princièrc qui a donné de nombreux hospodais â la Moldavie et à la Valachic. Ses membres les plus célèbres sonl : Ghkgoiiik II, qui resta sur le trône de Mold.ivic de 1720 à 1733 et fut alors nommé [lour trois ans hospadar de Va- lacliio; et GnÉGOinK, néen 1»07. mort m I8.'>7. 11 signala son administration |i.ir de sagiîs réformes et se prononça pour rc-maiicipation des esclaves tziganes. GHILAN [^.'hi-lânn'], province de Perse, boriii'C jiar la Russie et la mer Caspieiiiie; Hid kil. de long et ji.'i de large; environ 100,000 hab. Sa frontière au S. et à l'O. est (uirnée par la chaîne de l'Elburz (de 2,000 a 2.0OIJ mètres au-dessus du niveau de la mer). Pluies abondantes, climat insalubre. .Nom- breuses bêtes sauvages. Sol fertile, qui produit de l'orge, du chanvre, de houblon, des fruits, du riz et de la soie. Capitale, Kesht. Enzeli est le seul port de mer. GHIRLANDAIO (Domenico dell [ghir-lânn- dâ'-idj, (auliemcnl appelé OjnnAni ou Ri- GûBDi), peintre tlorentin, né en li'il, niorl en 14ll;J. Il travailla à la décoration de la cha- pelle Sixline à Rome, et exécuta une série de fresques dans la chapelle de Sassetti à l'église de la Santissima 'l'rinita à Florence. Il pei- gnit aussi à l'huile et à la détrempe, mais ses fresques sonl sans comiiaraison ses meil- leurs ouvrages. Il fut l'un des premiers créa- teurs de la perspective aérienne et il perfec- tionna lart de la mosaïque. Il fut le maître de .Michel-Ange. Ses deux frères, Bencdetto et Davide, et son Mis Uidoifo furent aussi des peintres remarqualilcs. GHIZEH Voy. Gizeh. GHIZONI, ch.-l. de cant., arr. et à 42 kiL de Corte (Corse) ; f ,886 hab. — Ghourcl. [\. S.) GIAC (Pierre de), favori de Charles VII, né vers 1380, morl on 1127. Il servit Jean sans Peur, dont sa femme était la maîtresse, et s'attacha ensuite au parti du dauphin. En 142-'), il détourna, à son profit, des sommes votées parles états pour faire la guerre contre les Anglais. Le connétable de Richemond le fit arrêter à Issoudun, conduire à Dun-le-Roi, juger par son bailli, enfermer dans un sac et jeter à la rivière. GIACOMETTl (Paolo) [dcha-ko-mett'-ti], auteur dramatique ualieii, né à Novi le 19 mars ISKi, mort à Gazuollo (prov. de Cré- mone) en sept. 1882. Il cultiva tousles genres : tragédie, drame historique, drame roman- tique, comédie. 11 débuta en 1836 par un drame, liosilde, qui obtint un véritable triomphe. Il fit ensuile représenter successi- vement : IlPoetac la BaUerinu, IsabellaFicsco, Elisabeth d'Angleterre, qui a fait partie du ré- pertoire de la Risturi, la Nuit du Vendredi saint, Torquato Tasso. Son ouvrage le plus connu est laJI/or(c civile, eue M. Vilii a traduit pour rOdénn de Paris. — Gia/feri. (V. S.) GIANNONE .Pierre) historien napolitain, né à Iscbiteila en 1076, mort en 1748. Il était avocat à iNaples quand il fit paraître (1723) une Histoire civile du royauiiic de i\'aple>:, ou- vrage qui renferme de violentes attaques contre le pouvoir temporel des papes. Il fut excommunié et, forcé de quitter Naples, se réfugia à Vienne, à Venise, à.Modèiie et à Ge- nève. S étant aventuré sur la frontière de Sa- voie, il fut arrêté par la police sarde et en- fermé au château de .\liolans, puis dans la citadelle de Turin, où il mourut. • GIAOUR s. m. (ar. kiaftr, infidèle). Nom que les Turcs donnent à tous ceux qui ne font pas proléssion de mahométisme et particu- lièrement aux chrétiens : des ijiaours. — Le Gi.iOL'R, poème de Byron, publié en 1813. GIBB GIBT GIBR 109 GIEBARs. m. Maiiini. Espèce de baleine du groupe des baléiioplères. ' GIBBEUX, EUSE adj. [gibb-beux](lat. gib- bosus). Didacl. Bossu, élevé : la partie gibbeuse du foie. ' GIBBON s. m. [ji-bon] (lai. gibba. bosse). Maiiim. Genre de singes des Indes orientales, voisin des orangs et des chimpanzés. Les gib- bons sont souvent appelés les coureurs des Gihbon [Hylobates). bois, à cause de leuragililéà s'élancer d'arbre en arbre. Ils ont les brus d'une longueur dé- nies urée, la poitrine large, les jambes courtes, le poil doux et la voix très forte. Us atteigfnent (juelqucfuis 1 ni. .'50 de haut. GIBBON (Edward) [ghi^h'-bounn], historien anglais, né le 11 avril 1737, mort le 16 jan- vier 1794. La lecture des œuvres de Bossue! le conduisit à abjurer le protestantisme. Persé- cuté dans son pays, il se réfugia à Lausanne (.Suisse), où il étudia les auteurs latins et grecs et les classiques français, Crousaz, Locke et Grotius. lîede venu protestant en 1 754 , il rentra en Anglelerro. En I7tj|, il publia en français son Essai sur l'étude de la littérature. Le l.'i octobre 17G4, se promenant au milieu des ruines du Capitole de Rome, il conçut l'idée de décrire la décadence -et la chute de celte ville. 11 retourna en Angleterre en I75ri et commença avec un jeune Suisse, M. Uey- verdun, la publication d'une histoire de la liberté en Suisse, qui n'obtint aucun succès. Toujours en collaboration avec Dey- verdun, il mil au jour J, es Mémoires littéraires de l.i Grande-Bretagne, qui devaient se publier annuollement; deu.x volumes seulement lurent imprimés (1707-08). En 1770, Gibbon s'établit a Londres et commença son Uistory of the be- rline and F ail of thc lioman Empire, dont le premier volume pai'ul en février 1770 et fut rrçu par le public avec une faveur sans pré- cédi'nt. Ses vues sur le christianiîmc lui firent adresser de nombreuses réclamations. Dans sa Vindication, il se défend d'avoir fait de fausses citations. Un pamphlet politique en français, en faveur du ministère, lui valut une sinécure qui lui rapporta 2Û,OtJ0 fr. par an. Le second et le troisième volume de son His- toire de la Déendenee de l'Empire romain furent publiés en I7SI. Il finit en I7S7 cet ouvrage qui le rendit célèbre et fut traduit dans (ouïes les langues. Ses bénéfices furent, dit- on, de 130,000 fr. et ceux des éditeurs de I,. SOU, 000. Gibbon retourna à Lausanne en 17SN, et écrivit ses Mémoires qui, avec ses mé- langes, furent publiés après sa mort. En 1703, il reliiurna en AngleLci re. Il soulirail depuis loiii'lenips d'une hydrocèle et mourut ajirès trois douloureuses opérations. Son Histoire de Il Décadence et de ta Chute de l'Empire romain passe pour le plus vaste travail historique de la langue anglaise. Les mciHeurcs éditions son celles du rcv. li.-ll. Milnian (12 vol., Londrcs,1838-'39, avecdes notesde l'édileiii' de Guizot, etc.), et de William Smilh (8vol.,18o4-'55), conlenanlde nouvelles anno- tations. La plus récente édition de la traduc- tion française est celle de 1828 (13 vol. in-S"). GIBBONS (Grinling), graveur sur bois et sculpteur anglais, ne vers IG.ïO, mort en 1721. Charles II l'employa à la décoration de la chapelle du château de Windsor, dont il grava le feuillage, et à celle de la grande salle de Petworlh, qui est son chef-d'œuvre. Son meilleur ouvrage de sculpture est la statue de Jacques II, devant le palais de Whiteliall. * GIBBOSITÉ [ji-bo-zi-lc](!at. gibbus). Mé-i. et Hist. nat. Bosse, courbure de l'épine du dos. •GIBECIÈRE s. f. (bas lat. gibbicaria; de gib- bus, bossu). Espèce de bourse large et plate que l'on portait anciennement à la ceinture. — Aujourd. Grande bourse, ordinairement de cuir, où les chasseurs niottent le plomb, la poudre, et les autres choses dont ils se servent à la chasse : porter une gibecière. — Espèce de sac dans lequel les escamoteurs, les joueurs de gobelets me lient leurs instruments, et qu'ils attachent devant eux quand ils font leurs tours. — Tour de oiiiEciiiiiE, escamotage. — Fig. Il a plus d'u.n touii dans sa giuecière, il Bit rusé et fertile en expédients pour se tirer d'embarras. GIBEL Mont), Gibello , corrupl. de l'ar. djehcl, iiionlagiie , nom sicilien dé l'Etna. ■ GIBELET s. m. (norni. vimblct ; angl gim- blet, tarière), l'etil foiel dont on se sert pour percer une pièce de vin ou de quelque autre liquide qu'on veut déguster: les es- sayeurs de vin ont toujours un gibclet dans leur poche. — Avoir un coup [ie gibelet, avoir l'es- prit léger, la tête un peu é\ entée. •GIBELIN s. m. (de Conrad 'Weibelingcn, empereur d'.\llemagiie). Partisan d'une fac- tion attachée aux empereurs, et opposée aux Guelfes, partisan dos papes en Italie, dans les xii°, xiii" et xw siècles : la faction des Gibelins. GIBELIN, INE adj. Qui appartient aux Gi- belins : les villes gibelines. ■ GIBELOTTE s. m. Cuis. Espèce de fricassée de lapins, etc. : gibelotte di; lapereau. • GIBERNE s. f. (bas lat. giba, coffre). Par- tie de l'équipement d'un soldat, boite recou- verte de cuir dans laquelle sont placées les cartouches et quelques menus objets pour l'entretien des armes. — Uepuisradoplion du fusil Gras, la giberne a été supprimée dans l'infanterie française et remplacée par deux cartouchières. * GIBET s. m. [ji-bè] (ail. gabal). Potence où l'on exécute ceux qui sont condamnés à être pendus: attachera un gibet. — Se dit aussi des fourches patibulaires, où l'on e.xpose les corps de ceux qui ont été pendus. — Le GlBl-.T n'est que pour LES MALHEUREUX, leS ri- chesses et le crédit sauvent ordinairement les grands criminels. — Le gidet ne perd point ses droits, les criminels sont punis lot ou tard. • GIBIER s. ra. (vieux franc. ^jôeter, chasser, emplir sa gibecière). Se dit de certains ani- maux sauvages bons à manger, qu'on prend i la chasse : un pays plein de gibier. — Gros gibier, se dit des cerfs, daims, chevreuils, sangliers, etc. — SIe.nu gibier, se dit, par op- position au gros gibier, des lièvres, perdrix, bécasses, etc.; et, par opposition au gibier ordinaire, des cailles, grives, mauviettes et aulres sortes de petits oiseaux. — Cela n'est PAS DE SON GIBIER, so dit des clioscs qui pas- sent les connaissances, la capacité d une personne, qui ne lui conviennent pas, qui ne sont pas do sou goût. — Gibier dk poteni.k, se dit d'un ou de plusieurs homme,-. dont les actions semblent mériler d'être pu- nies en justice. • GIBOULÉE s. f. Pluie soudaine, de peu de durée, et quelquefois mêlée do grêle : gi- boulée de mars. ' GIBOYER v. n. |ji-boua-ié] (rad. gibier). Chasser, prendre du gibier : aimer à giboyer. (Eam.) — Arquebuse a giboyer, longue arque- buse dont on se servait pour tirer de loin. — Poudre a giboyer, poudre beaucoup plus Une que la poudre ordinaire. On dit maintenant : Poudre dé chasse. • GIBOYEURs. m. Celui qui chasse beau- coup: c'es( ioz (ymnd jif-oî/eur. (Fam. et peu usité). — Celui qui fait des provisions de gi- bier pour l'expédier aux marchands. • GIBOYEUX, EUSE adj. Qui abonde en gi- bier: pare giboyeux. GIBRALTAR s. m. Gros pâté de foies gras. GIBRALTAR (anc. Ca/pe, l'une des colonnes d'Hercule) ; (ar. Djebel-al-Tarik, montagne de Tank), rocher fortifié sur la côte S. de l'Andalousie, appartenant à la Grande-Bre- tagne, et donnant son nom a une ville, à une baie (à l'O.) et à un détroit qui relie l'Atlantique et la Méditerranée. C'est un pro- montoire long de 4 kil. 1/2 du N. au S. et mesurant environ 11 kil. de circuit ; un isthme bas et sablonneux de i kil. de long et d'un kil. do large le réunit a l'Espagne. Les flancs N.-E. et S.-E. du rocher sont â pic et presque inaccessibles. Du cùté de l'O., ils descendent en pente jusqu'au rivage. Le point le plus culminant s'élève à cnviVon oOO m. au-dessus du niveau de la mer. Le rocher se compose de calcaire gris et de marbre; il est creusé de cavernes naturelles dont la plus grande est celle de Saint-.Michel ; une salle de cette caverne renferme des stalactites qui descendent de la voûte jusqu'au sol; l'entrée se trouve à 333 m. au-dessus du niveau de la mer. Les Anglais ont dépensé des sommes immenses pour rendre imprenable cette po- sition, qui commande l'entrée de la Méditer- ranée. Les plus remarquables des travaux qu'ils y ont exécutés sont les galeries en tun- nel, étagees dans le roc, sur la face septen- tiionale, longues de 3 à 4 kil., assez larges pour permettre le passage d'une voiture et percées de 10 m. en 10 m. d'embrasures par lesquelles des canons passent leurs gueules significatives. Au sommet se trouvent les casernes et les fortifications, et sur toute la pente occidentale on a établi de fortes bat- teries. Plus de 1,000 canons sont en position. La garnison est habituellement de 6,000 hommes. La ville de Gibraltar s'étend au pied et sur le coté 0. du rocher, près de son extrémité septentrionale, à So kil. S.-E. de Cadix ; elle renferme '25,735 hab., dont 6,000 militaires. La population se compose d'An- glais, d'Espagnols, de Juifs et de Maures. La ville est formée principalement par la rue Waterport, longue d'environ l kil, bien pavée et bien éclairée. Les principaux édifices sont les résidences du gouverneur et du lieutenant gouverneur, l'amirauté, l'hôpital maritime, les casernes et les magasins. Quoique port franc, Gibraltar fait peu de commerce. L'ex- portation principale est le vin. — La baie de Gibraltar, quelquefois appelée baie d'Algési- ras, est formée par le promontoire de Gi- braltar à IE. et par le prolongement conli- iiciital qui se termine ù la pointe Sanla-liurci.i à l'O. Elle mesure 7 kil. de l'E. àro.elcnvlrou 0 kil. du. N. au S. Vis-à-vis de Gibraltar se trouve la ville espagnole d'Algésiras. — Le détroit de Gibraltar se trouve entre la partie la [dus niO- ridionale de l'Espagne (du cap Europa au cap Trafalgar), cl la côte africaine (do la pointe de Ccula à IE. au cap Spartel à 10.). Sa long, de l'E. à 10 est d'environ 60 kil. Lu partie la plus clroito se trouve au S. de Tarifa, où II n'y a pas plus de 14 kil. d'une 110 fJIHS Gll^.N GIGN côlc à l'aulre. — Les Phéniciens (lo/iiiaienL à Giitraïlai- le nom fl'Aliilie, corrompu p;ir les Grei's en Culpe. Oulii, silr la nllo opposée de l'Afrique, était l'aneienne Abviii : ces deux rochers eoiistiluaient les colonnes d'Hercule. Les Sarrasins, lorsqu'ils envahirent l'Uuropc pour la première lois, y déharquérenl sous les ordres (le Tarik (ou Tarif) hcn Zeyad, en aviil 711. L'année suivante, Tarili bâtit 4ine forlilication sur la hauteur qui reçut depuis lors le nom de Djebel al-Tarik. Après bien dos luîtes, celte forteresse fut prise par les chréliens, qiif commandait le duc de Meiliiia Sidonia.cn 14()2. Les Rspagnois la ref;ardaignt comme inexpuf;nalile ; mais elle fut surprise, le 4 août 17(11, par les Hottes unies anglaise et hollandaise; elle lut abandonnée a la Grnndc-lîretafjne en 17l:i. En 1727, les Espa- gnols l'a lta(iuérenl inutilement avec des forces considérables. Mais le siège le plus ménio- deGoort;e Slenhenson. Gibson fut le premier sculpteur moderne qui colora ses statues. Sa vie a élé écrite par lady ICa'll.lke (1809). GIBUS adi. [ji-buss], (nom d'un chapelier de Paris). Sidit d'un chapeau cylindrique quis'a- plaLil de manière à occuper très peu d'e.-.pace : dutpcim {/ibiis. — Siibslantiv. : la mode des (jiiiis il'ih' ihi rfijUa d<- Loiiis-]'liil>pjic. GICQUELDESTOUCHESL (Pierre-Guillaume), navij;aliin',ni';illinard(Ille-el-VilaiMe)en1770, mortà Saint-Malocn 1824. Il fitpartie de l'ex- pédilion envoyée à la recherche de La l'érnuse, donna son nom à une pointe du canal d'En- trecasleaux, fit une campagne dans l'Inde, sauva Biionos-Ayres (ISOO) des mains des An- filais, fut nommé adjud.int t'énéral de la ma- rine hollandaise etrcstaJi Ha taviajusqu'en 181 I. Pris par les Anglais, il lecouvra la liberle en 1814. On a de lui des Mémoires sur la nia- Gibriltar. rahie de Gibrallar fut celui de 1779-'83, entrepi'is par les forces combinées de terre et do mer de la Franco et de l'Espagne. La gnrni-;on , composée de 7,000 hommes commandés par sir (iilbert Eliotl (depuis loril llealhrioldi, opposa une résistance hé- roïque. Vers la lin de 1781, on employa 1,0(10 pièces d'artillerie conire la forteresse, landis que 47 vaisseaux de ligne et une muUi- tude de petits navires la menaçaient par mer et ([u'une armée de 40,000 hommes pre- nait part aux opérations du côté de la terre. Celte entreprise colossale élail dirigée par le ducde Crilion. En septembre 1782, les alliés essayèrent de réduire au silence les feux an- iilais, au moyen de 10 énormes batteries tlotlantcs, construites parle chevalier d'Arçon. Le 13, l'une des plus terribles canonnades, dont l'histoire fasse mention, s'ouvrit de part et d'autre. Vers le soir, les efléls des boulets rouges envoyés par la garnison devinrent apparents, et un peu après minuit, 9 des batleries étaient en feu ; la plupart des ■ hommes composant leurs équipages se noyèrent ou périrent par les flammes ou par les explosions. (Voy. BAïiEniE flottante.) En février 17S.'., le siège fut levé lors de la signature du traité préliminaire de paix. GIBSON (John), sculpteur anglais (1791- 1866). Il étudia sous Canova Jusqu'en IS22, et ensuite, pendant peu de temps, sous Thor- waldsen ; il passa une partie de sa vie à. Home. Ses œuvres sont principalement des statues et des sujets d'après les modèles clas- siques. Parmi les premières et les mieux con- nues sont les statues de la reine Victoria, au palais de Buckingham, à Osborno et dans le nouveau palais de Westminster, et celles de Huskisson à LiverpuoI, de sir Robert Peel et rine. — IL (Auguste-Marie), navigateur, frère du précédent, no à Rennes en 178!, mort à Brest en 18.ï.ï. Il assislasnr ïlntri^pidr au com- bat de Tl-afalgar (1804) et fut fait prisonnier malgré une brillante résislance.Mis en libci'lé (1811), il recueillit en 1817 les naufragés de la Méduse etfut nommécapitaine do frégalr, puis ca|)itaine de vaisseau et directeur des mouve- men Is du port de Brest.— 111. (Albert-Auguste ' , marin, fils du précédent, né a Hifjt en 181s, mort en 1901. En 1867, il fut nommé contre- amiral, et en 187S, vice-amiral, grand officier de la Légion d'honneur et préfet maritime de l'arrondissement de Lorieiil. Le maréchal de Mac-Mahon lui confia, le 17 iiiai 1877, le portefeuille de la marine, qu'il garda jusqu'au 23 novembre. (V. S.) GIE (Pierre de Rohan, dit de), maréchal de Fiance, né en Bretagnevers14a0,niortenl313. Il se distingua en Italie sous Charles Vlll et sous Louis XII. Pendant une maladie grave de ce dernier, Anne de Bretagne ayant fait diriger ses elTets les plus précieux sur Nantes, de Gié fit arrêlerles bateaux qui transportaient ces objets. La reine, irritée, demahdaet obtint le renvoi du maréchal devantle parlement de Toulouse et de Gié fut, par sentence du 9 févr. l.'iO.T, privé pendant cinq ans de ses gra- des et honneurs. Il se retira alors à son châ- teau du Verger près d'Angers, où il cultivales arts. GIEN [jiain] {Giannm),ch.-\. d'arr.,à Gi kil. S.-E. d'Orléans (Loiret), sur la rive droite de la Loire, et dominé par un ancien château, par 47° 41' 9" lat. N. et 0° '17' 40" long. E.; 8,271 hab. Tanneries, manufacture de faïence; laines, serge. — Ville très ancienne, réunie à la couronnesous Philippe-Auguste; les Anglais l'occupèreiil pendant la guerre do Cent ans ; elle tomba au pouvoir des proleslanls, puis des ligueurs et servit de refuge à Louis .\IV pondant la Fronde. GlENNOIS.OISE[ii-ènn-nouâ] adj. ets. Ha- bitant de (jien; (jui a[i[iartiont à celle ville ou à ses habitants. GIENS (Presqu'île de), presqu'île de lacomm. d'Hyéros (Var); 7 kil. de long sur 1 de large; 240 hab. Péclii^ du thon ; salines produisant annuellement 20,00rt tonnes de sel. Huiiies d'un ancien (diâteau et du fortin moderne de la l'our-Fondue. GIER I. Ane. pays de France, compris auj. dans II- dép. du Rhône. — II. Riv. de Fiance qui |)ri'ndsa source à l,3(l(im. d'altitude. dans le dép. de la Loire, arrose Sainl-dhainoml, Rive-de-Gier et se jetlG dans le Hhouo à Gi- vors, après un cours de 4;> kil. Celle rivière alimente le canal de GiVors. GIESSEN[ghlss'-sènn], villedeHesse-Darms- tadt (Allemajrne), càpilalfî de la province do la Hesse supérieure, sur le Wicseck et le l.ahii, à 40 kil. N. de Fraheforl; 22.032 hab. L'univor- sité, fondée en 1007, possède environ 00 pro- fesseurs, 400 étudiants, une bibliothèque de 40,000 volumes, un observatoire, un jardin botanique et un musée. Elle a élé célèbre, principalement par son école de chimie orf;a- niqu'' que dirigea Licbig. .Manufactures, bras- series, moulins a huile. GIFFARD (Henri , ingénieur et aéronaiitc, né et mort à Paris (182.=i — avril 1 882). Pendant plus de20ansilessayade résoudre leproblème de la navigation aérienne. (V'ny..\ÉnosTATioN.) Ha inventé l'mjecïcîfr, qui règle l'inlroduclion ili' l'eau dans les chaudières à vapeur. GIFFORDfHelen-Selina, comtesse dk), f^diilT'- feurdj, poétesse anglaise, (I807-'G7). Elle était tille de Richard Rriiisley Sheridan. Son pre- niicrmari,le baron Diiiferin, mourut en 1841 ; et en 1862, elle épousa le comte de Gill'ord. Elle écrivit plusieurs chants et des ballades y compris, Thr Irish Eiii'ujranl's Lamcnt et The Farewell of Tercnce. "GIFLE s. f. (vieux franc, piffe, joue;. Coup donné avec la niain sur la joue: donner une r/ifle. (Pop.) ■ GIFLER V. a. Donner une gille. (Fam.) GIFLEUR, EUSE s. Personne qui donne une gitle. ■ GIGANTESQUE adj. (gr. gigas, gigantos, géant). (Jui tient du géaiit : taille gigantesque. — Se dit également des animaux etdeschoses qui sont remarquables par leur grandeur, par leur élévation : de? animaux gigantesques. — Sedit, fig., surtout au sens moral : projet, en- treprise gigantesque. — Substanliv. au mascu- lin. Se dit des choses gigantesques en géné- ral: certains esprits n\iime7it que l'extraordinaire et le ifiiiarilesque. GIGANTESQUEMEOT adv. Dans des propor- lions gitMiitesques. * GIGANTOMACHIE s. f. [-ma-cliî] (?r. gigas, giiinittos, géant; mnehcslai, cmilhattre). Antiq. Prétendu combat desgéantsde la Fablecontre les dieux ; descriptions poéliques ou représen- tations pittoresques de ce combat. Dans cette seconde acception, on dit: Gigantomachie de Claudieii; Gigantomachie de Searron GIGERYou Djidgelly, ville etportdelaprov. et à 163 kil. N.-O. de Conslantine (Algérie) ; 1,217 Fiançais. Commerce de grains, huiles, lièges, etc. Cette ville futprise en 1664 par le duc de Beaufort, qui y fit construire le fort des Fronçais, et y laissa une garnison de 400 hommes'qui ne tarda pas à être chassée par les indigènes. GIGNAG,ch.-l.decant.. arr. età 24 kil. S.-E. de Lodéve (Hérault) sur l'Hérault; 2,786 hab. Confiseries d'olives et de câpres, fabriques GILB d'esspnces, de savons et de verdeLs. Ef;lise Notre-Dame-de-Grâce, regardùn coiuino un ancien leniplo de Vesla. * GIGOGNE s. f. (lai. gignere, engendrer). Ndih (l'un personnage du Lhéâtrc des marion- nettes. — S'emploie dans cette cïpression po- pulaire : c'est une mèue Gigogne, c'est une i'emme qui a beaucoup d'enfants. *v Bot. Es- pèce de primevère. * GIGOT s. m. (celt. kig, chair). Cuisse de mouton séparée du corps de l'animal, pour être mangée : un gigot tendre. — s. m. pi. Se dit des jambes de derrière du cl^eval : ce chç- vitl a de bons gigots. — Se dit quelquefois des jambes d'une personne : étendre ses gigots. Dans ce sens, il est populaire et ne s'emploie que par plaisanterie. GIGOT D'ELBÉE. Voy. Elbée. * GIGOTÉ, ÉE part, passé de Gigoter.— Ad- jectiv.Man. Un cheval Bir.N gigoté, dont les membres sont bien fournis, et annoncent de la force. — Vén. Un chucn bien gigoté, qui a les cuisses rondes et les hanches larges. On dit plus ordinaireraeni. Bien membre. * GIGOTER V. n. Se dit principalement d'un lièvre, ou d'un autre animal semblable, qui secoue les jarrets en mourant. — Se dit en- core des enfants qui remuent coiilinuellenient les jambes : cet enpmt ne f{iit que gigoter. (Fam.) v^ Manger du gigot. (Pop.) * GIGUE s. f. [ji-ghej (cell. kig, chair). Pop. Jambe. S'emploie surtout au pluriel: avec vos grandes gigues, vous empêchez tout te monde de se ch-iuffer. Ne se dit guère qu'en plaisan- tant. — Cuisse du chevreuil. ■ GIGUE s. f. (haut ail. gige, violon). Mus. Sorte d'air dont le mouvement est vif e|, gai : jouer une gigue. — Danse l'aile sur cet air: danser itne gigue. Sette danse, autrefoisjiopu- laire en France, a passé en Angleterre, où on la danse toujours avec plaisir. GIJON ['lii-'hùnn'j, port fortifié des Asturies (Espagne), sur la baie de Biscaye, à 32 kil. N.-N.-K. d'Oviédu; 38,000 hab. Pêcheries et cabotage. Le port est sûr, quoique d'un accès ditlicile. En 1810, la ville fut pillée et ses navires furent détruits par les Français. GILA ['hi-'la], rivière qui prend sa source dans les montagnes de la Sierra Madré, au S.-U. du Nouveau-Me.\iquB (Etats-Unis}, et se jette dans le Colorado de l'oi^est, a 2ti0kil. de l'embouchure de céf Ueuve. Cours, près de SOO kil. GILBERT (Saint), évêque de Meaux, mort eii loi,!. Fête le i:i lévrier. GILBERT iGabriel), poète, né à Paris vers 1010, mort vei's IGSO. Il fut secrétaire de la duchesse de Hohan et, plus tard, de la reine Christine de Suède. Après la mort de celte princesse, Gilbert vécut dans la gêne, et fut secouru dans sa détresse par M. d Hervart. Qn a de lui des tragédies dont quelques-unes obtinrent du succès: Téléflionte (164"i), Rodo- gune, llippotytc, Marguerite de France, béini- ramis (1043), etc. GILBERT iNicolas- Joseph-Laurent), poète satirique, né à Fontenay-le-Châtean (Vosges), en 171)1, mort à Paris en 1780. Il (il ses élu- des au collège do l'Arc, à Dôle, et vint k Nancy en 1769, où il donna des leçons pour gagner sa vie. Il partit ensuite pour Paris où il était recommandé à d'Âleinbert. Celui-ci "ayant reçu assez l'ruidenient,Gilberten conçut un grand ressentiment elneccssailepuis lors, de, poursuivre de ses traits saliri([ues les phi- losophes et les encyclo|iédistes. lin 177i, il présenta au concours académique une pièce. Le l'oéte miUkeureux, qui ne lui [loint cou- ronnée. Il se. tourna des lors vers la satire el publia le C'fii7i(i«((/ des (lutevrs (il~'i) cl le Sieclu (1774), où il s'atlaquail au.\ plus hautes GILD renommées littéraires du temps, 'Voltaire, Marnionlel, Diderot, d'Alembert, La Harpe, pLc. Des odes pleines d'éloges ampoulés et d'adulations lui valurent des pensions et les faveurs de Louis XV, de Louis XVI, alors Monsieur, et du prince de Salm-Salm. 11 mou- rut à Paris d'upe chute de çheva], après avoir subi sans succès la difficile opération du trépan faile par le chirurgien Desault. Il écrivit dans ses derniers joqrs ses Adieux à la vie qui commencent par celte strophe si connue: Au banquet de la vie, iiifortiiiié convive. J'apparus un jour tt je meurs! .le meurs; et sur la tombe ou lentement j'arrive. Nul ne viendra verser lies pleurs. Gilbert ne mourut.pas dans la gêne, comme l'ont prétendu plusieurs historiens. Il avait des pensions qui lui rapportaient près de '2,200 livres, soil5,00û fr. de notre monnaie actuelle. La meilleure édition de ses oeuvres est celle de 1822 (Paris, 1 vol. in-S"). GILBERT (SiR Humphrey), navigateur an- glais, frère utérin de su- Walter Raleigh, né en 1539, perdu en mer vers la fin de 1583. 11 fut nommé chevalier en 1570, en récompense de ses services militaires enirlande. En 1576, il publia A Discourse of a Discovery for a new passage to Cathay, afin de démontrer la possi- bilité de Irouverun pa>sageau N.-O.En 1583, il fitvoile avec cinqnavires et 260 hommes, et fonda une colonie à Terre-Neuve. GILBERT (Iles de), ou Groupe de Kingsmill, groupe d'îles de corail, dans le Pacifique, en- tre 3" lat. N. et 3° lat. S. et entre 168"' el 174° GILL m long. E. ; 60,000 hab. Les iles les plus grandes sont Taputeouea ou Druininond, qui a 40 kil. de longueur sur un kil. à un kil. et demi de largeur, et Tarawa ou l'Ile de Gook, longue de 27 kil. Ces iles produisent le coco, le pandanus, le taro et quelques arbres à pain. Les indigènes ressemblent aux Malais el sont plus habiles que les autres habitants des îles du Pacifique dans la construction des ca- nots et des maisons. GILBERTIN, INE s. Membre de la commu- nauté de l'ordre de Saint Gilbert. Les gilber- lins, ordre religieux qui ne se trouvait qu'en Angleterre, sont ainsi appelés de sainl Gil- bert de Sempringham (né en 1083, mort en 1189). On les nommait aussi, ordre de Sem- pringham. Lors de la suppression des monas- tères sous Henry Vlll, l'ordre possédait 21 maisons et il couvents d'hommes el de femmes. GIL BLAS I. Titre et nom du héros d'un célèbre roman de Lesage, Gil Blus de Sun- tillane , publié de 1715 a 1733. Gil Bias est le type de l'homme instruit, éveillé, que le besoin pousse à mener une vie d'expédients et d'aventures. — II. Opéra-comique en 5 actes, musique de Seniet, paroi es de MM. Michel Carré el Jules Barbier, représenté au 'rhéàtre-Lyri- que le 23 mars 186Û. Le rôle de Gil Blas a été créé avec succès par M°»p Ugalde. — 111. Petite feuille très vive née en 1825 et qui sur- vécut à 183Q. Elle était rédigée par des offi- ciers del'ancipnne armée. — IV. Grand jour- nal quotidien, politique et surtout litleraire, créé a Paris par M. Dumont. GILDAS (Saint), surnommé Le Sage, histo- rien anglais, né en 493 ou en 511, mort en 570 ou" ;)90. 11 était le fils de Caw, prince anglais qui émigra dans le pays de Galles, cl on croit qu'il est idpntiquc avjjc le barde Aneurin ou qu'jlestsqn frère. (Voy. Ankuhin.) Son seul ouvpage ceifiiplet existant est une histoire de la Gi'i""J!-'-'''''3lagne écri|,p eu mauvais latin, f)^' calaïuilalç, excidio et coi(- questu Britanniai- GILDAS-DES-BOIS iSaint-), ch.-l. d.' cant., arr. ctà3l kil. N.-iN.-O. de Saint-Nazaire (Loire-Inférieure) ; 2,677 hab. 6ILÉAD, nom d'un groupe de montagnes» qui s'étendent à l'E. de la Palestine et des districts voisins de ces montagnes. Cette ré- gion est renommée par la quantité de sim- ples qu'elle produit et qui servent à préparer un baume dit de GiWiii/. Parmi ses rivières sont le Jabbok et l'Arnon. — Baume de Gi- lèad, de Galéad, dç la Mecque, de Judée, de Syrie, de Constantinople, d'Egypte, du Grand- Caire; baume blanc ou opobalsam, oléo-résine blanchâtre, très odorante, produite par l'ar- bre nommé balsamier de Giléad. C'est une térébenthine semblable à celle du Canada, qui sert à la falsifier ou qui se vend sous le même nom. Le baume de Giléad, très rare en Europe à l'état pur, est d'un prix élevé. Il est liquide, de la consistance d'un sirop, et rappelle par son aspect le sirop d'orgeal, avec une teinte fauve particulière. Sa saveur est aqière ej, acre. * GILET s. m. (de Gille, pitre qui portait une sorte de veste sans manche). Sorte de veste courte, sans pans el sans manches, qui se porte sous l'habit ou la redingote: gilet de piqué, de cachemire. — Camisole de laine, de coton, etc., que l'on porte ordinairement sur la chemise ou sur la peau : gilet de flanelle, de coton, etc. * GILETIER, 1ÈRE s. Ouvrier, ouvrière qui fait des gilets. GILIBERT DE MERLHIAC i Marie ■ Martin- Guillaume de;, littérateur, né à Brive-la-Gail- laide en 1789, mort vers 1830. Lieutenant de vaisseau, il quitta la marine pour se livrer à son goùl pour les lettres. On a de lui des pièces de théâtre, des essais philosophiques bt Ifistoriques, etc., le Siège de Toulon (1816) [e Retour de saint Louis (1816), la. France et son roi (18l(i), etc. GILIMER. Voy. Gélimer. ' GILLE s. m. [gi-le]. Nom d'un personnage du théâtre de la foire. Jouer les rôles de Gille, pu ellipl. Jquer les Gilles. — Se dit quelquefois d'un homme qu( a l'air el le maintien (l'un niais : c'est un Gille, un vrai Gille. (Fam.) — Pop. Faire gille, se retirer, s'en aller, s'enfuir. GILLE (Charles-Eugène), chansonnier, ne à paris en 182(1, mon en 1856. Il composa ()esphî>nsonselune.cpmédie,leJJ(irt)t'r(/ti't;c'- nas, qui fut refusée au Théâtre- Français. Désespéré de cet insuccès, Gille se suicida. On cite parmi ses chansons les plus connues: le Vengeur, la Trente-deuxième demi-brigade el le Bataitlo)i de la .Moselle. GILLES ou Gille, l'un des types du théâtre de la loue- On ne sait au juste à quelle époque ce personnage a pris naissance. Son iptri)- duction au théâtre date du commencement du sviu'' siècle. GILLES iNicole), historien français, mqrt en 1503. Il était contrôleur du trésor royal sous Charles VIII. U a laissé un abrégé des chroniques de Saint-Denis, sous le litre à'Annales des Gaules jusqu'à Loys wizièmc (Paris, Galiiot-Dupré, 1525, 1 vol. iu-lML gothique.) Cet ouvrage, qui obtint un succès extraordinaire, fut 17 fois réimprimé et fut rontinué par Denis Sauvage (jusqu'à Fran- çois 11;, par BelleCorest (jusqu'à Charles IX), par Gabr. Chappuis (jusqu'à llei)ri 111) et pac un anonyme jusqu'en 1617. GILLES (Sainti, JSgidius , cénobite, o^ à Atlièiies, mort vers 550. U vint en France, et y vécut dans une grotte du Languedoc, où iino biche venait le nourrir de son lait. Le roi Childeberl, étant un jour à la chaSse, rencontra le sainl et lui fit construire un monastère, autour duquel s'éleva la ville qui porte son mim. Fêle le ("septembre. GILLES Saint-i eh,-l. de cant., arr. et à 19 kil. S.-S.-i;. iii'. Nîmes (Gard), sur le canal deBeaueairc; 6,110 hab. Bons vins rouges. 112 (.IMO • GIMBLETTE s. f. Petite pâtisserie dure et sèche, l'aile en l'orme d'anneau. GIMONE, rii-. de France qui nait sur la limite lies départements de la Haute-Garonne et dos Haules-Pyrénéi.'S, traverse le Gers, le ïarn-et-Garonne et se jette dans la Garonne au-dossus du pont de liellepercLe, après un cours de 135 kil. eaux-de-vie. Kfilise byzantine du ix*^ siècle, avec une lielle f.iradc." GILLES DE BRETAGNE, seipncur de Chan- loce, Miorl en 1 1 M. 11 ,Hail lils de Jean V, duc de Urela^rne. Il alla on An^jletcrre à la cour d'Henri VI et entretint avec ce prince dos relations qu'on lui reprocha plus lard comme de» ciimes d'Etat. A la morl de son père, il n'eut qu'un petit apanage, et pria Henri VI d'intervenir en sa faveur auprès de François 1, duc de Bretag-ne. Ce dernier le lit arrêter, et plus lard eiiipnisonnor. GILLES-SUR-VIE iSaint-) ch.-l. de canl., arr. et ;'i 28 kil. i\.-0. des Sables-d'Olonne (Vendée), sur l'océan Atlantique, à l'eiii- houchure de la Vie; 1,"83 hab. Chantiers de ;onstruction. GILLIES (John) [ghil'-lizj.historien écossai?, néon 17+:, mort en I8;U). En 1793, il fut nommé liistoriograjdie royal d'Ecosse, Ses principaux travaux sont: llialory of ancient Greece, Untory of the ancient World from Alexunder ta Aiajiistus, et des traductions. GILLOTAGE s. m. {du nom de l'inventeur 'Jillo(. mort en 1871). Procédé de gravure, in- venté en 18;i,ï, qui consiste à rendre en relief sur une plaque de zinc, un dessin litliogiaphiquc. Pour obtenir ce résultat, on reporte le dessin sur une plaque de zinc bien unie. Une fois le dessin encré, l'encre étant encore fraîche, on laisse tomber sur la plaque de la poudre de colophane exlrènieinenl ténue, qui ne s'at- tache qu'à l'encre. On plonge cette plaque dans un bain d'acide inuriatique étendu ; on agile continuellement le bain pour chasser les bulles d'hydrogène qui se forment à la surface du zinc. L'acide mord le métal, et laisse en relief le trait couvert de colophane, celte substance étant inattaquable à l'acide niuriatique. — On dit au.ssi Pamconographie. GILLOTT iJoseph), [ghil'-leut] fabricant anglais (1800- Is7:2). Il devint le premier fabricant de plumes métalliques de l'univers. Les usines qu'il établit à Birmingham em- ployaient cinq tonnes d'acier par semaine, et produisaient 150 millions de plumes par au. GILLRAY (Jaines\ graveur anglais (l7o7- ISl.j.) De 1779 à 1811, il publia l',200 carica- tures. Une collection complète de ses œuvres a été publiée en 4S74, avec son ouvrage inti- tulé Life and Times. GILOLO [dji-lo'-lo], ou Halmahera, ile de l'archipel Indien, dans le prou()e des Moluques entre les Célèbes et la Papuuasie; l(i,07Skil.' carr. ; environ 27,000 hab. Elle est traversée par l'équateur, et se trouve entre 124° 50' et r26'> 50' long. E. Elle se compose de quatre péninsules; sa longueur est évaluée à 330 kil. Sa formation est volcanique, son territoire est en grande partie montagneux. Vastes forêts dans l'intériour. Lesquaii-e cinquièmes des habitants sont gouvernés par le sultan de ïernate. L'élément malais prédomine. Les Hollandais occupent une station militaire à Dodingo, village en face de Ternate. Prin- cipaux produits : sagou, épices, écailles de tortue et fruits. GILON DE PARIS, cardinal et poète, ué à Touey, près d'Auxerre, mort vers H 42. 11 fut nommé évêque de Tusculuni et cardinal par le pape Calixte II, et envoyé par le pape Honoré II dans l'Asie Mineure pour apaiser la querelle entre les patriarches de Tvr et d'.'^lexandrie. On a de lui plusieurs ouvrages. CANC, GIMONT (itmontuin), ch.-l. de canl., arr. et il 25 kil. E. d'Auch (Gers), sur la Gimone : 2.837 hab. I!. Ile église golhicpie en briques renferniani un mapnilique tiiplyquc du xvi« siècle, ficsles d'une abbaye du xu» siècle. Mines de turquoises. GIN s. m. [djinn] (mol anglais qui est une abréviation cl une corruption de noire mot genièvre). S.irte d'eau-de-vie de baies de ge- nièvre dont on fait un grand usage en Angleterre. FiU ilu g.Miicvrc cl frère de la bière, Il.lcclius du Nord, obscur cnipoisoniicur, Ecoute, b gin I un bymnc en Ion honneur, — On donne ordinairement le nom de yin à une espèce de genièvre provenant de la dis- tillation du seigle et de l'orge et aromatisé avec des baies de genièvre. Celle liqueur fut d'abord fabriquée en Hollande; d'immenses quantités de ce poison alcoolique sont pio- duitesàSchcidam, à Gouda et à Amslerdam. C'est ie genièvre dont l'usage immodéré ar- rête, plus sûrement que la peste et les guerres, le rapide développement des populations dans le N. (le l'Europe. Le véritable gin anglais, tel qu'on le fabrique à Londres et dans plu- sieurs autres villes de la Grande-Bretagne, est une alfreuMi liqueur provenant des produits impur.î de la distillation du wiskey, rectifiée paruneou plusieurs distillations subséquentes et aromatisée avec diverses substances, telles querhuile lie térébenthine, l'huile degenièvre, les grains de coriandre, de cardamone, de capsicum, etc. D'après Brand, le gin contient ol,(iO p. iOO d'alcool. Grâce aux procédés perfectionnés de sa fabiicatiou « un Anglais peut s'intoxiquer pour un penny ». (Saluiun.) * GINDRE s. m. Premier ouvrier d'une bou- langerie, celui qui pétrit le pain. GINESTAS, ch.-l. de canl., arr. et a 16 kil. N.-U. di' Nai iiimne (Aude) sur un affluent de l'Aude; 1.197 hab. Bons vins rouges. Grains et fourrages. * GINGAS s. m. Toile de fil à carreaux bleus et blancs, que l'on emploie ordinaire- iiicnt pour faire les matelas. * GINGEMBRE s. m. [jain-jan-bre] {g\\ zly- '/•icris; ar, znnjabil; lat. zinziheris^. Ilot. Genre de zingibéracées, dont l'espèce princi- pale, le rjitiijcmbre officinal [ziwjiber offici- nnlc), des Indes orientales, do im' une racine GINS médecine. Son odeur est aromatique et ca- racterislique, son goût est èpicé el piquant. L e>t un ai.'ivable stimulant et un carmiiialif. GINGIVAL. ALE adj. Anal. Qui appartient aux L'iiicive-c. "^"^ In- GINGIVITE s. f. m. i/imjiva. gencive) naiiini.iliDn des gencives. GINGKO s. m. (nom japonais). Bot. Genre de conifères, famille des taxinées, voisin des Ifs et comprenant de grands arbres à racine pivotante, à tige droite, couverte d'une écorce grisâtre. Le ginyko biloU 'salisbwin adianii- rolm). gros arbre de la Chine cl du Japon euibi'c ufliciii;il (Ziugibcr oflicinale). appelée aussi gingembre, d'un goût appro- chant de celui du poivre. — On donne, dans le commerce, le nom de gingembre au ihi- zorae gratté et séché du zingiber offfiixite, plante de i'indoustan, cultivée dans les Indes orientries et occidentales et à Sierra-Leone. Il y a deux espèces de gingembre : le noir et le blanc ou gingembre de la Jania'i'que. Le îiugenibre est employé en art culinaire et en | seau du genre azai Gingko bilobé (Saiisbuiiii adianlifolia). atteint d'énormes proportions; Bunge parle d'un de ces arbres qui mesurait 13 métrés de circonférence. Un spécimen qui se trouve au jardin botanique de Pise s'élève à 2;; mètres do haut. On suppose que les Hollandais l'ont apporté du Japon en Europe. Le bois du giiigko est d'une couleur jaunâtre ; on l'em- ploie comme bois de chaulfage. Les Chinois cultivent cet arbre à cause de ses noix comes- tibles quoique insipides ; on attribue à ces fruits des vertus médicinales et on les re- garde comme devant forcément paraître, rôties ou bouillies, dans tous les festins. GINGLYMEs. m.(gr. giggluiwjs. charnière). Anat. Genre particulier d'articulations en forme de charnières, dont les mouvements ont lieu eu deux sens opposés: coude, genou. GINGUENÉ iPierre-Louis), historien, ué à Rennes en 174s, mort en 1816. Il fut direc- teur général de l'instruction publique (I79.S-' 7). ministre à Turin (1798) et membre du tribunat (180i). Il fil des conférences sur la littérature italienne et fut membre de la commission chargée de continuer l'Histoire littéraire de la France. Son principal ouvrage est VHistoire littéraire d'Italie (9 vol., 181l-'19: 2« éd. 14 vol., 1824-'3o). Il eut pour collaborateur Francesco Salbi, mais pour les trois derniers volumes seulement ; Salbi ajouta à son tra- vail un dernier volume allant jusqu'au xvj= siècle. •GINGUET, ETTE, adj. Qui a peu de force, de valeur; court -.duvinginguet. — Eam. Esprit GiNGLET, esprit médiocre, frivole, qui a peu de fond. — Substantiv. et en parlant du vin: fcoi'rç du ginguet. GINKEL (Godard van), général hollandais, ne en 1030, mort en 1705. Il suivit Guillaume d Orange en Angleterre, se rendit en Irlande, oii la France envoyait des secours aux par- tis.uis de Jacques II, s'empara de B.iUiiuoie, d'Alhlone (1091) et marcha sur Aghriin, oiî il remporta une éclatante victoire sur les jacobites. Il revint alors en Angletei're, où il recul le grade de feld-maréchal et fut fait baron d'Alhlone et comte dAghrim. " GINSENG s. m. [jain-sènngj Bol. Arbris- e, qui croit dans la T-ir- 1 GIOB tarie et dans le Canada, et dont la racine, appelée du même nom, est tonique et sti- mulante: l'expérience n'a point confirmé en Europe les propriétés merveilleuses que les Gînseng (Aralia quinquefolia; Chinois attribuent au ginseng. — Le ginseng était appelé autrefois panax quinquefolium, mais aujourd'hui on le place dans le genre aralia. Sa racine émolliente est considérée par les Chinois comme une panacée univer- selle. GIOBERTI (Giovanni-Antonio) [djo-bèr'-tij, chimiste italien (1761-18.34). 11 introduisit en Italie les principes de Lavoisier, et effectua de grandes améliorations dans Tagriculture pendant qu'il était secrétaire de la Société d'a- griculture de Turin. La teinture piobertine, qu'il inventa, est une préparation qui sert à restaurer les anciens manuscrits. (Voy. Pa- limpseste.) GIOBERTI (Vincenzo), philosophe italien, (1S0i-18j'^). il fut ordonné prêtre et devint professeur de théologie à Turin. A l'avène- ment de Charles-Albert, il fut nommé chape- lain de la cour, mais il donna sa démission en 1833. Devenu suspect, il fut banni, passa la première année de son exil à Paiis, fut en- suite professeur à Bruxelles pendant tl ans, et écrivit dans cette ville son ouvrage philo- sophique : Teoria del sovranmiturale elVlntro- duzione alla studio délia filosofia. Ce dernier travail le posa comme l'un des chefs de la philosophie catholique. On loua ses attaques contre les évoques fr-ançais et italiens, et, quoique fort maltraité par plusieurs journaux catholiques, il fut félicite par le pape Gré- goire XVI. Un ouvrage plus populaire encore lut Uel primato morale et civile degli Italiani (Bruxelles, 1843), écrit dans le but de rétablir en Italie non seulement la philosophie des Pères de IK^-'lise, mais aussi la politiqueguelfe de la[iapauté. Le programme que proposait Gioberti pour la politique immédiate de l'I- talie était : une confédération des Etats; l'in- troduction de réformes; le pape comme chef religieux; le roi de Sardaigne, chef du pou- voir militaire; une capitale, Rome. A partir de la publication du Primato, Gioberti fut considéré comme le leader du parti libéral modéré. Lors delà révolution de 1848, il re- tourna en Italie, après une absence de ijians, et Turin fut illuminé en son honneur pendant plusieurs nuits. 11 se lit l'avocat de l'union des Etats sous la suprématie de la maison de Sa- voie, et devint le chef du parti constitutionnel royaliste à la chambre des députés du Pié' mont dont il fut nommé président par accla mations. En juillet, il ht partie du ministère Casati. Plus tard, chef du cabinet, il se décida à employer les armées piémontaiscs pour réta- blir les trônes italiens renversés par les insur- rections populaires. Son intention était d'en toiirer de garanti es constitutionnel les les divers gouvernements restaurés pur lui, et de les 216 GIOT rendre aussi libéraux qu'antirépublicains. Le roi lui-même, les autres ministres et les princes italiens s'opposèrent unanimement à ce programme, et Gioberti donna sa démis- sion en février 1849. Après le désastre de Novarre(23 mars), il fut envoyé àParis comme ministre plénipotentiaire, mais il rentra bientôt dans la vie privée. Dans son Del rin- novamento civile d'Italia, il critique la conduite des partis lors du mouvement de 1848 et il déclare que le but de ses elforts est d'établir en Italie une hégémonie pinnontaise et en Eu- rope la suprématie morale de l'Italie. Gioberti refusa de se soumettre k la condamnation pa- pale de son Gesuita moderno, réplique rude et passionnée aux attaques des jésuites; tous ses ouvrages furent alors mis à l'index. GIOCONDO [djo-konn'-do] ou Jocundus, (Fra Giovani), architecte italien, né vers UoO, mort vers 1530. Il était dominicain, else dis- tingua comme savant, comme philosophe et comme théologien. C'est lui qui a dessiné le plan des fortilications de Trévise. 11 sauva Venise de l'inondation en détournant les eaux de la Brenta, et en 1 494-'98 il bâtit le palais du conseil et l'église de Santa Maria délia Scala à Vérone. En 1.tOO-'07, il fut employé par Louis XII à la construction des ponts de Notre- Dame et de l'Hôtel-Dieu. En lol4, Giocondo succéda à Bramante en qualité d'architecte de Saint-Pierre. GIOJA (djo'-jia], ville de Bari, au S. de l'I- talie, à 2o kil. S.-Ë. d'Altamura; environ 20,016 hab. Grand coniiuorce de grains et d'huile. — Une autre ville appelée Gioja, sur la côte 0. de la Calabre, donne son nom à un golfe. 10,145 hab. GIOJA (Flavio), navigateu; italien dont la vie est complèlement inconnue. On lui a at- tribué l'invenlion delà boussole. GIOJA (Melchiorre) , économiste italien, né en 1767, morL en I8:;'J. Il reçut les ordres et devint historiographe de la republique Cis- alpine. Emprisonné à cause de ses opinions républicaines, il fut relâche après la publica- tion de sonTrailé sur le divorce. On lui coiilia en dernier lieu l'élaboration des statistiques du royaume d'Italie. GIORDANO (Luca), [djor-dâ'-no], peintre napolilain, né en 1632, iiiurt en 1703. 11 tra- vaillait avec une rapidité .s.iiis égale. Il visita Parme, Venise, Bologne et Florence, laissant partout des productions de son talent facile. 11 passa plusieurs années en Espagne, et exé- cuta un grand nombre de fresques à l'Escu- rial, dans les églises et dans les palais de Ma- drid, de Tolède, etc. Son habileté à imiter le genre des autres artistes lui fit donner le litre de Protée de la peinture. GIORGIONE [djor-djo'-nej, (Giorgio Barba- RELLi, dit Le), l'un des fomtateurs de l'école vénitienne, né en 1477, niorl en loll. Il fut élevé à l'école de Bellini â Venise, mais il créa un genre particulier, reniarquable par la hardiesse du dessin, la grûi-e et l'expression des mouvements, la graduation et la richesse du coloris elles ell'ets du clair obscur. Parmi ses peintures historiques, le Uoise sauvé du Nil, au palais Pitti (Florence), est regardé comme un chef-d'œuvre. GIORNO (À) loc. adv. [a-djor-no] (ital. àjour). S'emploie pour désigner un éclairage bril- lant, donnant une clarté semblable à celle du jour : illuminer un jardin a giorno. GIOTTO, [djot'-to], (appelé aussi Giorro Di BoNuoNB ou ÂuBROGioTTO), régénérateur de l'art italien, né près de Florence en 1276, mort vers 1337. Il surpassa bientôt son maître Cimabue et fut le premieràabandonner lo style byzantin et à ranimer l'art, en imitant exacte- ment la nature. Les portraits du Dante et de plusieurs autres Florentins eniinents (murs de la chapelle du Podestat à Florence) sont re- GJRA H3 gardés par Vasari comme les premiers essais réussis dans ce genre. Le pape Boniface VIII appela Giolto àRome.oùce peintre dessina sa fameuse mosaïque de la Navicella, représen- tant les disciples à la mer pendant une tem- pête, et le Christ sauvant Pierre de la fureur des flots. Vers 1306, Giotto exécuta dans la chapelle de la Madona dell' Arena, à Padoue, 42 peintures représentant la vie de la Vierge. Il peignit aussi les sacrements pour l'Incoro- nata a Naples. Giotto excellait aussi comme sculpteur et comme architecte. Le fameux campanile de Florence fut érigé en 1334 d'après ses dessins. GIOVANNI (San-), ville de la prov. d'Arezzo (Italie); 7,6SS hab. Evèché. Cathédrale dé- corée de fresques du peintre A.^gelico, qui naquit à San-Giovanni. GIOVIO, peintre italien. Voy. Jove. * GIPSY s. Nom que l'on donne aux Bohé- miens en Angleterre : des gipsivs. (Voy. Gïpsy.) * GIRAFE s. f. (ar. zorafeh). Mamm. Genre de ruminants à cornes, ne renfermant qu'une seule espèce. La girafe vit dans l'intérieur de l'Afrique ; elle a une très grande taille, le cou et les jambes de devant fort longs, la croupe très basse, la tête petite, surmontée de deux espèces de cornes, et le poil ras, ta- cheté de jaune fauve et de blanc. On lui a donné aussi le nom de Caméléopard, k cause de certaine ressemblance qu'elle présente avec le chameau pour les formes, et avec le léo- pard pour le pelage : la girafe est d'un natu- Girafc (GiralTa camelopardalis). rd fort doux. — La girafe {giraffa camelopar- dalis de la plupart d"es auteurs; cervm camc- Inpardalis de Linnée) est comparable au cha- meau pour la lon;.'ueur de son cou, pour les callosités de sa poitrine et de ses genoux; elle n'a pas de faux sabots ; elle ressemble aux autres ruminants par la structure de sou estomac, par sesorganes4igestifs en général et en ce qu'elle ne possède pas de vessi.' réti- culée. Ses yeux magnillques, largement ou- verts, doux" et brillants, sont placés de telle sorte que l'animal peut voir ce qui se passe de tous les côtés et môme derrière lui. La longueur énorme deses jambes et la hauteur de son garrot élèvent 1 insertion de son col à une telle distance du sol que l'animal ne peut paître sur le sol uni qu'avec une grande difli- culté et seulement en écartant les jambes de devant. La girafe se nourrit surtout des feuilles et des brindilles délicates et succu- lentes des arbres les plus élevés. Adulte, ell» atteint quelquefois une hauteur de 5 mètres et même de (i mètres. La couleur de la girafe varie de nuances ; sa tête est généralement d'un brun rougoâtre uniforme ; son cou, son dos, ses côtés, ses épaulo?â,et ses'cuisses sont de taches cariKjcs, teiutées de lU. marques k 114 GIRA rouille; son venti-e el sos jambes sont blan- châtres, légèreraenl taehelôs; l.i naissance de sa queiKî est très mince; à l'cxtiémité de ccllo partie les poils, très loni.'s, noirs el rudes, forment une (.'rande toiili'e. A l'étal saiivnfje. cumme à l'étal dotncsliqiie, la (ti- rafe est douce, timide, (liHIanli' et inoU'ensive; elle devient fumilitre, lèche les mains qui la nourrissent et se montre all'eclueuse pour ceux qui sont bons pour elle. Sa résidence naturelle semble être toutes les parties boi- sées de l'Afrique orientale, occidentale elcen- trale, depuis Scnnaarel l'Abyssinie jusqu'aux environs du cap de lîonne-Kspérance. — As- tron. Nom d'une constellation de l'hémis- phère boréal. GIRALDA, opéra-comique en trois actes; musique d'Adolphe Adam, paroles de Scribe ; représenté à l'Opéra-Coniique le 20 juil- let 1810. GIRALDA, tour de la cathédrale de Séville, sunnimlt'e dune statue tournante. * GIRANDE s. f. (lai. gyrus, cercle). Fais- ceau de plusieurs jets d'eau. — Pyrotech. Assenihlafie de fusées volantes qui partent en mémo temps. * GIRANDOLE s. f. (lai. gyrus, cercle). Gi- randc, siirl(]i]l on termes d'artificier : /a 31- randoli: tlu rkàtcau Saint-Ange. — Chandelier à phisieuis branches (|uo l'on niel sur une table, sur des guéridons : girnndole de cristal, d'argent, etc. — Assemblajre de diamants ou d'autres pierres préi:ieuses, qui sert à la parure des femmes, el qu'elles portent à leurs oreilles. — Jardin. Se dit de quelques plantes dont les fleurs forment des espèces de bouquet. — Bol. Se dit de certaines plantes aquatiques dont les feuilles sont disposées en verlicilles. GIRARD (Etienne ou Stephen), philanthrope anicricain. m- à t-'erif,'ueux (France) en 1750, mort en 1831, Dune pauvre famille, il s'em- barqua fort jeune et navifiua en qualité de malelol. Kn 1776, il enlre|irit un petit com- merce à Philadelphie, s'enrichit rapidement, devint banquier, se fil connaître par sa bien- faisance, soigna lui-même les malades pen- dant les épidémies de 1793-'97-'9S, prêta en- viron S millions de dollars ("2;j millions de fr.) au gouvernementaméiicain pendant laguerre de iSli et laissa aux pauvres presque toute sa fortune, évaluée à 43 millions de fr. La plus célèbre des institutions qui furent fon- dées avec son hérilage, fut le fameux collège Girard à Philadelphie, doté de plus de dix millionset ouvert en 1848. On y admet des orphelins, qui y sont nourris, logés et ins- truits graUiitenient. D'après un article du tes- tament de Girard, il n'est permis à aucun ecclésiastique, missionnaire, curé ou mi- nistre, de quelque secte ou religion que ce soit, de mettre le pied dans cet établissement, même en qualité de visiteur. GIRARD (Philippe -Henri de), célèbre inven- teur, né a l.ourniarin (Vaucluse) en 177.T, mort à Paris en tSici. 11 prit le chemin de l'exil après avoir combattu les républiains pendant les insurrections du Midi (1793). Rentré après le 9 thermidor, il créa une fa- brique de produits chimiques à Marseille, se fixa ensuite à Paris. Sa lampe hydrostatique à niveau constant (1804), qu'il avait imaginé d'accompagner des globes de verre dépoli aujourd'hui répandus dans le monde entier, sa lunette achromatique, dans laquelle le flint- glass est remplacé par im liquide (1806) et divers perfectionnements apportés à la ma- chine a vapeur, l'avaient déjà fait connaître dans le monde des inventeurs, lorsqu il ré- solut de gagner le prix d'un million de francs promis par l'empereur (décr. du 7 mai 1810) à l'invenleui- de la meilleure machine à filer le lin. Philippe de Girard résolut le pro- GIRA nlème en 4 mois; mais, sous divers prétextes, le gouvernement retarda le paiement du million de récompense et, à la chute de l'em- riereur, l'inventeur, ruiné, alla fonder une II- lature près de Varsovie. En 185:), le frouver- nement iici:orda une pension de 6,000 fr. i ses héritif.i'^. (V. S.) GIRARDET, nom d'une famille d'artistes suisses. — 1 Charles-Samuel), graveurellitho- graphe (I780-I8;)o), vint do bonne heure à Paris où il en-^eigna la gravure à Léopold Robert. — II (Charles ou Karl), peintre, fils du précédent ( I8I0-'7I). Il vint avec son [1ère à Paris en 1822, entra dans l'atelier de Léon Gognict, qu'il quitta bientôt pour parcourir à pied la Suisse, rAllemagne, l'Italie, l'Algé- rie, l'Eg'yptc, elc. On a de lui de nombreuses toiles dont la plus belle, Ivi Protestants surpris au pidche, hii valut la grande méd.Mille d'or de Prusse, Il était doué d'une mniveillense facilité de travail. — III (Edouard Henri), peintre et graveur , frère du pii'codent {18l9-'67). Il fil, avec son frère Charles, un voyage en Afrique (1837) el débuta au Salon de 1839 par le Bain commun, la Chèvre bles- sée el la Biinédiction paternelle. Outre ses nombreux tableaux, on a de lui de très belles gravures, entre autres V Evanouissement de la Vierge et le Retour du Golgotha, d'après Paul Delaroche. GIRARDIN (Emile de). I. Célèbre publicisle, surnuinmé le prince des journalistes, né à Pa- ris vers 1803, mort le 27 avril I8SI. Un faux acte de naissance lui donnait pour mère une demoiselle Delamothe, 1 ingère, et le taisait naître en Suisse le 22 juin ISOO; mais, en réa- lité, il était filsadultérin de M"' Dupuy, femme d'un conseiller à la cour d'appel de Paris, el du comte Alexandre de Girardin, officier de l'Empire, qui devint plus tard premier veneur de Louis XVIll et de Charles .\. Il passa une partie de son enfance chez un palefrenier au haras du Pin (Normandie), el vint en 1823 à Paris, où il subsista d'une modeste rente que son père lui servait. Ses premières produc- tions : Emile, autobiographie intime, el Au hasard, fragments sans suite d'une histoire sans fin (4 827), plainte d'un déclassé, reflètent l'état de mélancolie où se trouvait alors son esprit. Peu après, il fonda deux journaux, le Voleur et la Mode, qui lui permirentdemettre en relief ses brillantes qualités dejournalisle. Au lendemain des journées de juillet 1830, il lança successivement le Journal des connais- sances utiles, qui atteignit en peu de mois un tirage de 120,000; le Journal des instituteurs primaires, le Musée des familles, l'Almanach de France, publication populaire dont il s'est vendu plus d'un million d'exemplaires; un Atlas de France et un Atlas universel à ■') cen- times la carte. Tous ces ouvrages, publiés comme émanant d' « une Sociité nationale pour la liberté intellectuelle », eurent une in- fluence considérable sur le progrès de l'édu- cation populaire; mais ils ne suffirent pas à la dévorante activité de Girardin. En 1836, parut la Presse, organe quotidien de la poli- tique conservatrice. Dès son apparition, celle feuille, dont le prix d'abonnement fut fixé à 40 fr. seulement par année, opéra une véri- table révolution dans le journalisme parisien. Les publications rivales, forcées d'abaisser également leurs prix, se répandirent en insi- nuations contre le journaliste de la Presse, et l'on alla jusqu'à dire qu'il ne faisait point la guerre à sesdépens, mais que les fonds secrets subventionnaient son industrie. L'incident principal de celle polémique fut le duel entre Girardinel Carrel, quifutmortellement blessé d'un coup de pistolet (bois de Vincennes, 22 juillet 1836). Dépi, en 1834, M, de Girardin était entré à la Chambre des députés, où l'a- vait envoyé le collège de Bourganeuf(Creuse), et où il s'était introduit malgré l'accusation de corruption électorale el malgré l'absence GIRA de documents officiels constatant sa nationa- lité. En 1839. il soutint le ministère Mole, contre la coalition, puis le ministère Giiizol, contre .M. 'Ihiers. Il fut exclu de la Chambre en 1816, sous prétextequ'il était citoyen suisse el non sujet français; el pourtant, depuis [dusieurs années, son père et sa mère avaient eux-mêmes déchiré le voile mystérieux qui enveloppait sa naissance, et il avait acijuis le droit de signer de Girardin. En février 1848, il soutint le roi jusqu'au bout; et quand tout fut perdu, il fut l'un de ceux qui ontinreiit de Louis-Philippe un acte d'abdication en faveur de son pelil-lils, Répuhlii:ain du lendemain (comme on disait alors), il essaya de taire ou- blier ses anciennes opinions parleradicalisme des nouvelles. Il .''onda, avec Victor Hugo, le journal l'Avénernent . Le tirage de la Presse, dont il n'avait pas abandonné la direction, s'éleva jusqu'à 1.')0,000 exemplaires. Arrêté après les journées de Juin, Girardin voua à Cavaignac une haine qu'il épancha avec fiel dans la Presse, dès que ce journal, qui avait été suspendu, eut obtenu raulorisation de reparaître (7 août). Envoyé à l'Assemblée par les électeurs du Bas-Khi n, il siéfrea à la Mon- tagne, adhéra an socialisme et fonda le Itien- étre universel. Il soutint vivement l'élection présidentielle du prince l.ouis-.Napoléon, ce qui ne rem,iêclia pas d'être exilé après le coup d'Etat. Rentré au bout de deux mois, il reprit la direction de la Presse, et la garda ju.squ'en 18.Ï0, époque où plusieurs avertisse- ments ayant éveillé les craintes des actionnai- res, il refusa d'abandonner la voie politique libérale dans laquelle il s'était engagé, se re- lira de la rédaction et finit par vendre au ban- iiuier .MiUaiid, moyennant 800,000 fr., les quarante actions qu'il possédait dans la pro- priété de la Presse. Il rentra néanmoins à ce journal en 1862 et en sortit définitivement en 1806, pour ne pas subir les exigences des actionnaires. Ayant acheté une feuille languis- sante, \a. Liberté, il la transforma, la mil à fO centimes el obtint un tirage moyen de60,0(iO. A la suite d'une condamnation à 5,000 fr. d'amende, il déclara, dans son journal, qu'il rompait toute relation avec la famille impé- riale; la vente de la Liberté fui interdite sur la voie publique. Sa rancune s'étanl apaisée, M, de Girardin passa en 1870 dans le camp de M. Emile Ollivier. Lors de la déclaration de guerre à la Prusse, il montra un enthousiasme de blouse blanche et offrit de parier .ïO,0(iO fr. que les Français seraient à Berlin avant le l.ï août; mais dèsqueles Allemands menacèrent Paris, il quitta la capitale et se mit en sûreté à Tours (10 sept.), puis à Bordeaux, où la Li- berté continua de paraître jusqu'à la fin de la guerre, aU'aiblissant par des articles violents le pouvoir de la délégation de la Défense. Ayant vendu un million sa part dans la pro- priété de ce journal, il fonda à Paris, le o mai 1871, une feuille l'épublicaine fédérale, l'Union française, réclamant le retour vers la division du territoire en provinces et la sup- pression des préfectures remplacées par des chambres et des sénats provinciaux. Ce jour- nal fut supprimé par laCommune, le 6 mai. En mai 1872, il acheta le Journal officiel et le Petit Journal officiel; {'donnée, suivante, il de- vint l'un des principaux propriétaires du Petit Journal, qu'il sauva d'un naufrage imminent; le 1.5 nov. 1874, il prit la direction et la ré- daction en chef du journal la France, dont il venait de faire l'acquisition et dont le tirage s'éleva en quelques jours de 4,000 à 40,000. Dans celte feuille, il livra un assaut continuel au gouvernement du maréchal et ne fut pas étranger au triomphe de la République, bien qu'il eût soutenu plusieurs lois la thèse para- doxale que la presse n'a point d'inUuence. Il fut élu député dans le l.Xe arrondissement (16 déc. 1877), L'une de ses dernières campagnes, entreprise en faveur deM'"'=Kaula(voy.CissEY), l'engagea dans une polémique d'où il sortit GIRA. GIRO GIRO 115 amoindi'i. Ses articles dans laP/'esse (IS^e-'KB), ont été réunis en 12 vol. Ses nombreux pam- phlets sont tous plus ou moins remarquables par la hardiesse et l'originalité desidées qu'il y émet. Son Droit dppMmrcomplète l'ouvrage de Beccaria inlitulé : De delitti et délie pêne. En réponse à L'Homme-Femme, de Dumas fils, il écrivit L'Homme et la Femme : l'homme suze- rain, la femme vassale. Un de ses derniers ou- vrages est Grawleur et déclin de la France, questions des années 1874 et 1875. Il avait épousé en 1831 M"» Delphine Gay (Voy. ci- dessous). Devenu veuf en IS'6^, il se remaria dix-huit mois plus tard avec M"" de Tietlen- bach, dont il se sépara judiciairementen 1872. — II (Delphine Gay, M"' Emile de), première femme du précédent, née à Aix-la-Chapelle en 1804, morte à Paris le 29 juin 1855. Fille de M"° Sophie Gay, elle débuta de bonne heure dans la carrière poétique et se fil re- marquer autant par sa beauté sentimentale et rêveuse que par le charme répandu dans ses premiers poèmes religieux et royalistes. Son poème inl\lu\é\es,SœursdeSainte-Camitle remporta un prix à l'Académie française en 1 822 et saVisîon de Jeanne d'Arc, allégorie compo- sée à l'occasion du sacre, lui valut, en 182-5, une pension que Charles X lui accorda sur sa cassette particulière. Elle épousa Emile de Girardin en 1 83 1 et donna, deux ans plus lard, Napoline, l'une de ses plus charmantes pro- ductions. Parmi ses autres œuvres, les plus in- téressantes furent les Lettres Parisiennes, pu- bliées dans la Presse, sous le pseudonyme de Vicomte de Launay. Elle composa pour Ra- chel les tragédies de Jî/d/^/iet de C/^op(î(rp(l 8 47) et la comédie Lady Tartufe, qui fut un triom- phe ; mais, selon nous, son chef-d'œuvre est La ]oiefaiij:teur{comé(i'ie, 1 acle, 18n3), qui obtient toujours du succès à la Comédie-Française. Elle n'excella pas moins comme romancière. Tout le monde a lu le Lorgnon (1831), le Mar- quis de Fontanges (1833), la Cannede M. de Bal- zac {'\ 836). Les Œuvres complètes de M°"= de Girardin ont été publiées en 1856 (8 vol. in-18). GIRARDIN (Saint-Marc). Voy. Saint-Marc Girardin. GIRARDON (François), sculpteur, né à Troyes en Iiii8, iiinil en 17 1. S. Il fut protégé par le chancelier Séguier et par Colbert; il exécuta des statues pour les palais et les jardins royaux ; il devintinspecteur général de sculpture en 1690. Quelques-unes de ses œuvres les plus célèbres furent détruites pendantia Révolution. Parmi celles qui restent, on distingue \eMau.solée de Richelieu (à la Sorbonne), le Bain d'Apollon et V Enlèvement de Proserpine. ' GIRASOL s. m. [ji-ra-sol] (lat. girare, tour- ner; sol, soleil). Miller. Variélédequai'Lz hya- lin, à fond laiteux, d'où jailli.ssent des rcllets bleuâtres et rougeâtres, quand on laittounier la pierre au soleil. — « L'un des noms del'hé- liaiithe annuel. GIRATION nu Gyration s. f. (lat. girare, tour- ner). Mutivi-ineiit giratoire. * GIRATOIRE adj.(lat. girare, tourner). Di- dact. Si; dit d'un mouvement de rotation, et du point autour duquel ce mouvement s'exé- cute : mouvement giratoire. GIRAUD (Charles Joseph-Barthélémy), ju- riste, ne à Perncb (Vaucluse) en iWJ, mort le H juillet 1881. 11 lit ses études de droit k Aix et se fixa à Paris. Il fut nommé membre de l'A- cadémie des sciences morales et politiques, et plus tard professeur de droit romain à la fii- cullé de Paris. On a de lui plusieurs ouvrages estimés: Uist. du droit romain (1838); Uist.du droit français au moi/en dije[\>ii''),1lvt<\. iu-S"); Traité d'Utrvchi (1847, iii-8°); Des libertés de l'Eglise gallicane (IS47, in-S»); Ancien droit cou- iumier français (IS.'li, iii-8°), etc. GIRADLT-DUVlVIER(Charles-Pierre), gram- mairien, né à Paris, en ild'i, mort en 1832. Il était avocat, et entra, après la Révolution, dans une maison de banque. On a de lui la Grammaire des grammaires {i8\ l , t vol. in-8°); un Traité des participes (1814, in-8°); et une bonne Encyclopédie élémentaire de l'antiquité (1830, 4 vol. in-S"). • GIRAUMONT ou Giraumon s. m. Bot. Espèce de courge, qui porte un fruit délicat et sucré, auquel on donne le même nom; le giraumont turban [cucurbita citrullus) paraît originaire du Japon ; son fruit est jaune ou verdâtie, à couronne vert foncé. GIREY-DUPRÉ (Joseph-Marie), poète, né à Paris, en 1769, guillotiné en 1793. Parmi ses poésies révolutionnaires, celle qui obtint le plus de succès est le chant patriotique : Veil- lons au salut de l'empire. Compromis avec les brissotins, Girey-Dupré fut condamné à mort. GIRGENTI [djir-djènn'-ti]. I. Province de Sicile, sur la côte S.-O. de cette île; 3,862 kil. carr.; 300,000 hah. Elle est montagneuse et entrecoupée de nombreuses vallées qui pro- duisent du mais, du vin et de l'huile; expor- tation de gypse, de bitume, de naphle, de sel et de soufre. — II. Ville (anc. Agrigentum), capitale de la province ci-dessus, à 70 kil. S.-E. de Palerme; 23,860 hab. Elle est à 4 kil. et demi de la côte, sur la rivière Gir- genti que forme le Drago et le San Briago; le mont Camicus, haut de plus de 340 mètres, était l'acropole de l'ancienne Agrigente. A part une grande rue, la ville ne renferme que des ruelles à pic et malpropres. La cathé- drale, qui date du xiii' siècle, contient plu- sieurs monuments artistiques, des reliques et un ancien sarcophage avec des sculptures que l'on suppose représenter l'histoire de Phèdre et d'Hippolyte. Collège important; bi- bliothèque Luccbésienne, renfermant environ 100,000 volumes. Le vestige le plus remar- quable de l'antiquité est le temple de Zeus Polieus, aujourd'hui l'église de Saiila-Maria de' Greci. La source voisine dont parle Pline comme contenant de l'huile, et le volcan de boue déi;rit par Solinus, volcan auquel les Sarrasins donnèrent le nom de Maccalubba, sont les curiosités les plus remarquables des environs. (Voy. Agrigente.) GIRIE s. f. Plainte ridicule. (Pop ) GIRODDE L'AIN I. (Jean-Louis), magistral et député, baron de l'Empire, né à Gex (Ain) en 1753, mort en 18.19. Il fit partie du conseil des Anciens, de celui des Cinq-Cents, fut membre du Corps législatif après le 18 brumaire et député en 1818. — II. (Louis- iîaspard-Amédée, baron), fils du précédent, né a Gex en 1781, mort en 1847. 11 devint, pendant les Cent-Jours, président du tribunal de la Seine et membre de la Cbamlire des députés. Au commencement de la deuxième Restauration, il donna asile au général Dfouot dont il se fil le défenseur, rentra à la Chambre en 1827 conimo député d'Indre- et-Loire, prit une part active à la révolution de 1830, remplit les fondions de prél'el de police à Paris, reçut le portefeuille de l'ins- Iructioii publique et des cultes en 1832 et en- tra à la Chambre des pairs. GIRODET-TRIOSON (Anne-Louis Girodet de CoussY, dit), peintre, né à Montargis en 1707, mort en 1824. Son tableau de Joseph vendu par ses frères, ohlini le grand prix en 1789. Sa célèbre Scène lus employés pour la coneélulion artificielle, nous citerons celui de M. Carré: il repose sur l'absorption de la chaleur cachée par la vaporisation de l'arniiioniaque liquide. * GLACÉ, ÉE part, passé deGtACFR. — Bot. Planti. olacék, ou sub.slantiv. Glacée. (Voy. Glaciale.) — Très froid : climat glacé. — Fig. et poétiq. La baln glacée, les mains clackes DE la mort. — Se dit encore, fig., de ce qui déconcerte et refroidit : abord ghicé. — Cou- vert d'un vernis ou dune couleur transpa- rente, luisante, brillante ou lustrée : gants glacés, papier glacé, lafftus glacé. — Art culin. Couvert d'un fond de cuisson qui donne un aspect luisant : volaille glacée. — Couvert d'un vernis fait de sucre et de blanc d'œufou de sucre seulement : marrons glacés. — Frappé de glace : crème glacée. ' GLACER V. a. Ne se dit proprement que de l'action par laquelle le froid fait congeler l'eau ou d'autres liquides : te grand froid glace les rivières, glace le vin même. — v. n. Les fontaines d'eau vive ne glacent jamais. — Fig. Glacer LE sang, causer une émotion dé- sagréable et si forte, que le mouvement du sang en est comme suspendu : la peurme glaça le sang dans les veines. — Se dit, par exl., des choses qui causent une sensation de froid Irèsvive : ce vent glace levisuge. — Se dit quel- quefois, surtout en poésie, pour exprimer la diminution, la perte de la chaleur naturelle, causée par la vieillesse, la mort, etc. : la vieillesse glace le sang. — Fig. Un cœur qvk les ansont glacé, un cœur glackpar l'âge, etc., un cœur auquel la vieillesse a fait perdre de sa sensibilité. — Fig. Déconcerter, décourager, abattre, frapper de stupeur : il a un abord, un sérieux qui glace. — Cet okatkub a un DÉBIT yui glace, il a un débit monotone et sans chaleur, qui fatigue et qui ennuie. — Peint. Appliquer une couleur brillante et transparente sur une autre qui est déjà sèche et à laquelle on veut donnerainsi plusd'éclat, de vigueur, etc. : il est difficile d'atteindre au ton des velours d'un beau bleu, ou de couleur de rubis, sans les glacer. — Glacer des con- fitures, glacer des PATES, DES MASSEPAINS, DES et la température s'élève à 0°.A environ -^- 4°, [cerises, des maiirons, etc., les couvrir d'une !• „„ j:i„.. i _ — . . . I croûte de sucre qui est lissée comme delà gjace. — Glacer des via.ndes, les couvrir d'une gelée de viande lisse et transparente. la température de la glace fondante, et qui est marque d'un zéro, parce que c'est de ce ilegré que l'on commence à compter. — Ferrer des chevaux a glace, leur mettre des fers cramponnés, pour empêcher qu'ils ne glissent sur la glace. — Fig. et fam. Cet HOMME EST TERRÉ A GLACE, il est extrêmement habile dans telle matière, et très capables de s y bien défendre si on l'attaque. — Pruv. et fig. HoMi'jiE LA GLACE, faire les premiers pas dans une alfaire, dans une découverte, etc., en surmonter les premières difficultés. — Fig. Avoir un cœur de glace, Avoir le cœur insensible. On dit aussi. Etre de glace, n'être nullement touché de ce qui devrait émouvoir. — Fig. et poétiq. : les glaces de l'ùqe, de U vieillesse. — Fig. Certain air de froideur qui parait sur le visage et dans les actions de quelques personnes : recevoir quelqu'un avec un visage de glace, avec un air de glace. — Se dit aussi de certaines liqueurs, des sucs de certains fruits que l'on fait congeler en les frappant de glace, et qui se [irennent comme rafraichissement ; glace à la crème, à la va- nille, au citron, au chocolat, etc. — Sorte de vernis fait de sucre et de blanc d'œut dont les pâtissiers couvrent certains gâteaux. — Se dit en outre des plaques de verre ou de cris- tal dont on fait des miroirs, des vitrages, etc. : glace fine, de Venise. — Se dit particul. dès miroirs de grande dimension : cet apparte- ment esi orné de glaces. — Se dit aussi des vitres mobiles d'une voiture : lever la les glaces d'une voiture. — diminue considérablement niants. — Sous des circonstances ordinaires l'eau commence à cristalliser à + 0". Des prismes minces, généralement à six pans, forment la glace et s'arrangent d'eux-même en lignes se traversant l'une l'autre a des angles de 60" à 120». La présence des sels en solution retarde la congélation de l'eau, qui n'a plus lieu qu'à une température inférieure à 0». La plus grande partie des matières étrangères est exclue de la glace, qui se rapproche, par conséquent, de la com- position de l'eau pure. L'eau pure contenue dans un vase uni et conservée parfaitement tranquille peut être amenée à plusieurs degrés au-dessous du point de congélation, sans se transformer en glace. Mais l'agitation ou l'in- troduction de corps étrangers donne lieu à une congélation soudaine, et à mesure que la glace se forme, la chaleur latente se dés-age lever la glace. Petite tache qui le prix des dia- eau se dilate à mesure que sa température est réduite, et elle exerce alors une force pro- lobe creux de cuivre, ayant digieuse. Un une cavité de 2 cent, étant empli d'eau,' fait explosion par la congélation de ce liquide. Cette expansion, estimée par Boyle à un neu- vième du volume primitif, donne à la glace une densité moindre que celle de l'eau, de sorte qu'elle flotte. D'après cette estimation, sagravité spécifique serait de 0,9; M.Brunner, dans ses expériences, trouva que la gravité varie de 0,9)8 (à 0° C.) jusqu'à 0,9202^' (à — 20° C). La recongélation de la glace, phéno- mène d'abord observé par Faraday, a, depuis peu, attire l'attention, surtout parce qu'elle concerne particulièrement la formation des glaciers. La recongélation s'opère entre les blocs de glace quand ils sont fortement pressés ensemble, même dans l'eau chaude; en hiver, elle a lieu au simple contact des blocs. Lorsque des morceaux de glace sont soumis à la pression dans un moule, ils peu- vent se former en un bloc solide. (Pour les autres propriétés de la glace, voy. Glacier, Neige, etc.) — Congélation artificielle. Il y a deux méthodes pour obtenir la congélation artificielle, savoir: 1° la liquéfaction; 2» la vaporisation et l'expansion. La méthode par liquéfaction s'accomplit au moyen d'un mé- lange réfrigérant, neige, glace pulvérisée et sel commun, qui réduit la température de — Glacer une doublure de taffetas sur u.ne étoffe, la coudre de telle manière qu'elle soit entièrement jointe, et qu'elle paraisse unie comme de la glace. — Glacer des ETOFFES, leur donner un apprêt, un lustre. — Se glacer v. pr. Se congeler : la mer se glaça en quelques jours. — Se refroidir : Et ma tremblante main commence à se glacer, BoiLiflD. — Ressentir un vif sentiment de froid ou une stupeur subite, à la suite d'une violente émo- tion : Juste ciel! Tout mon sang dans mes \cines se glace. RiCl.VB. GLACERIE s. f. Lieu où se fabriquent les glaces et cristaux. — Art et commerce du glacier-limonadier. GLACEUR s. m. Ouvrier qui glace les étoffes, les papiers. •GLACEUX, EUSE adj. Joaill. Se dit des pierreries qui ont des glaces, ou qui ne sont pas absolument nettes : diamants glaceux. ' GLACIAIRE adj. Géol. Qui appartient aux glaciers. — Période glaciaire, période pen- dant laquelle les glaciers des régions monta- gneuses (Alpes, Scandinavie, etcionteu une extension beaucoup plus cons. qu'aujourd'hui GLAC •GLACIAL, ALE, ALS adj . Glacé, qui estextrê- menienl fioid : vent, air gladal. — N'a point de pluriel au masculin. — Mer Glaciale, mer qui est vers le pôle et qui est pleine de glaces. — Zone GLACIALE, la zone qui enferme le pôle arctique ou le pôle antarctique. — Fig. : air, style glaeial. * GLACIALE s. f. Bot. Espèce de ficoïde dont les feuilles sont parsemées de vésicules transparentes. On l'appelle aussi Plante GLACEE. — GLaciaiiste. (V. S.) * GLACIER s. m. Limonadier qui prépare et vend des glaces. * GLACIER s. m. Grand amas de glace, qui se rencontre dans les hautes vallées des montagnes : un vaste ijlacicr. — Amas con- sidérable de glace qui se forme aux embou- chures des fleuves situés dans les régions polaires. — E.ncycl. Les plus vastes glaciers occupent les hautes vallées des Mpes et de l'Himalaya, ou des lieux moins élevés des cercles polaires. Les mieux connus sont les glaciers des Alpes, qui couvrent une étendue d'environ 4,000 kil. carr., dont 1,000 du mont Blanc jus(ju'aux frontières du Tyrol. Dans l'Himalaya, il y a d'immenses glaciers a une hauteur prodigieuse. Le D' Hooker parle de l'un de ces amas de glace, qui se trouve à 3,000 mètres de haut ; sa source est le grand Kinchinjunga, dont le sommet se dresse à 7,000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le prof. Whilney a découvert des traces de glaciers d'une époque géologique récente dans la Sierra Nevada. Glarence King, en 1S70, découvrit des glaciers actuels sur le côlé N. du volcan éteint du mont Shasta (Californie). Les glaciers des Alpes ont été étudiés avec soin; ils sont situés depuis une ligne supérieure à celle des neiges éternelles jusqu'à 1,200 ou 1,000 m. au-dessus du niveau de la mer. Les glaciers tirent leur origine des immenses quantités de neige qui remplissent les vallées supérieures et que la pression convertit en glace. Il y a trois théories principales des glaciers, savoir : la théorie glissante de de Saussure; la théorie de dilatation avancée d'abord par Scheuchzer et étudiée par de Charpentier; et la théorie plastique ou viscjueuse développée princi- palement par Jaines-D. Forbes. — Bordiei de Genève, Agassiz, BIshop, Kendu, Faraday, ïhoinson, et particulièrement Tyndall, ont beaucoup contribué à établir cette dernière théorie. Vers la lin du xviu" siècle, on com- mença de supposer que les glaciers descen- daient les vallées par un mouvement analogue àcelui des rivières, mais aucune observation assez exacte pour élablir une théorie ratio- nclle n'avaitele faite avantque Forbes s'occu- pâtde ce sujet en 1S4I . En mesurant les mou- vements de la glace dans dillérentes parties de la surface, ainsi que la profondeur des glaciers, et en observant leur structure, on a obtenu quelques données. La théorie glissante de de Saussure tient que la masse de glace solide coule principalement dans les vallées en été, quand la surtacc inférieure du glacier devient saturée ou surchargée d'eau. La théorie de dilatation est basée sur ce fait que beau se dilate en gelant; elle tient que l'exiiansion a forcé la masse à des- cendre, ne pouvant la forcera monter, parce que la pression est nécessairement plus grande en dessous. La détermination par Forbes du degré de mouvement des dill'éren- tes parties du glacier renversa ces deux théories et révéla pour la masse du glacier un mode de mouvement analogue à celui d'un corps visqueux ou plastique, comme le mortier ou la |ioix. A cela, on a objecte que la glace ne [lossôde aucune propriété de viscosité; ce qui est démontre par la manière dont elle se casse sans extension quand on la soumet à la tension. Forbes ne nie pas cela, mais il conteste que le mouveruent du GLAC glacier soit celui d'un corps visqueux ou plas- tique. La découverte des Thompsons que la pression abaisse le point de fusion de la glace suffit pour expliquer sa flexion. 'Voici ce que l'on distingue principaleinontdans un glacier; 1° La présence de moraines ou rangées de débris de cailloux et de graviers provenant des parois des vallées dans lesquelles passe le glacier. En conséquence, un seul glacier forme deux moraineslatéraleSjetqiiand deux glaciers se réunissent, les deux moraines latérales adjacentes forment une mnraineinlérieureet chaque glacieradditionnel forme une nouvelle moraine intérieure, le nombre de celles-ci étant toujours d'un de plus que celui des glaciers réunis. Une moraine formée à l'extré- mité d'un glacier qui recule, est appelée mo- raine terminale. 2° Des crevasses, qui sont transversales, longitudinales, latérales ou marginales. Les crevasses transversales se forment à la suite de la cassure de la glace qui tombe dans les précipices; les crevasses longitudinales sont probablement formées par la pression qui oblige la glace à se séparer dans une direction transverse à la ligne de pression ; et les crevasses marginales se forment par la violence exercée sur la glace par le mouvement plus rapide des portions centrales. La fracture se montre intérieure- ment et extérieurement en dedans et en dehors, desorlequ'ilse produit, conjointement avec les crevasses transversales, des lignes courbes ayant leur concavité tournée vers la vallée, ce qui fait que les côtés du glacieronl l'air de marcher plus vite que le centre. Plusieurs observateurs regardent ce fait comme une réalité ; mais la mesure de la ra- pidité du mouvement de pieux plantés en ligne droite dans la glace, à travers le glacier, a prouvé que celte idée est sans fondement. 3" La structure veinée. Les veines sont trans- verses à la pression longitudinale, longitu- dinales par rapport à la pression laté- rale (ce qui s'observe quand le glacier est resserré dans une partie étroite de la vallée) etobliquesà lapression produisant les crevasses marginales. 4" Bandes de boue, qui se mon Irent comme des lignes courbes à travers le glacier, avec leurs concavités regardant la vallée; elles sont formées par la condensa- tion de débris dans les crevasses transversales et la dénudation postérieure de la surface. Comme les parties moyennes marchent plus vite que les parties latérales, les courbes prennent les positions ci-dessus décrites. o° Moulins, formés par la descente de petits ruisseaux dans des crevasses profondes , creusant des puits de plusieurs centaines de pieds de profondeur, dans lesquels l'eau tombe avec un bruit semblable à l'éclat du tonnerre. 0° Tables ou plateaux des glaciers, masses de roches reposant sur des piliers de glace qui se trouvent à la surface du glacier. Ces plateaux ont une inclinaison générale vei's le sud, en raison de la rapidité avec laquelle la glace fond de ce côté. 7° Marques glaciaires, sillons ou dénudations formées |iar le frottement des cailloux que le glacier emporte, et qu'il presse contre la surface des roi:hers. Ces marques s'observent non seulement sur les côtés des vallée^ à traverslesquellespassent les glaciers actuels, mais aussi dans les vallées où les glaciers ont disparu depuis longtemps. * GLACIÈRE s. f. Grand creux fait eu terre, ordinairement maçonné, voûté et recouvert de terre et de paille, dans lequel on conserve de la glace ou de la neige, pour rafraîchir les boissons, pour faire des glaces, etc. ; une glacière pleine. — Fig. Cette chamdrf, cette SALLE EST UNE GLACIÈIIE, UNE VR,*IE GL.VCIÉBE, elle est extrêmement froide. — »* Techn. .\p- parcil au moyen duquel on produit artiliciel- lemont de la glace : glacière de minage. * GLACIS s. m. Talus, pcnle douce et unie : le ylacis d'un èlang. — Forlif. La oLAcrs de: la GLAD 119 CONTRESCARPE, OU Simplement, Le glacis, pente douce qui part de la crête du chemin couvert et se perd dans la campagne. On dit dans ce sens ; le glacis, les glacis d'une place, d'une forteresse. — Archit. Glacis de corniche, pente qu'on donne à la surface supérieure d'une cymaise, pour faciliter l'écoulement des eaux. — Peint. Se dit des couleurs légères et transparentes que les peintres appliquent quelquefois sur les couleurs déjà sèches d'un tableau, pour leur donner ainsi plus d'éclat, de vigueur, etc. GLAÇOIRE s. f. Art culin. Boite munie d'un couvercle percé de trous, dans laquelle on met le sucre en poudre destiné à être ré- pandu sur les pièces à glacer. * GLAÇON s. m. Morceau de glace : gros glaçon. — »v Fig. Personne froide, flegma- tique : celle femme est un glaçon. (Fam.) GLAÇUREs. f. Techn. Enduit vitriflable que l'on applique sur la surface de certaines pâtes céramiques pour les rendre imper- méables ou pour leur donner du brillant. GLADBACH [glâd'-bàkh], nom de deux villes dt; la Prusse rhénane. — I. Môrrchen- Gladbach, à 20 kil. S.-O. de Uiis.seldorf ; 53,666 liab. Manufactures de coton, de toile, de soie, etc. — II. Bergisch-Gladbach, à 12 kil. N.-E. de Cologne ; 10,870 hab. Fabrique de papiers et de capsules. 'GLADIATEUR s. m. (lat. gladiator, de gladius, glaive). iNom des hommes qui, dans les jeux du cirque, à Rome, combattaient volontairement ou de force, pour l'amuse- ment des spectateurs, avec des armes meur- trières, soit entre eux, soit contre des bêtes féroces : \in combat de gladiateurs. — Les gladiateurs furent d'abord des prisonniers, des esclaves ou des criminels condamnés; mais, sous la république, des citoyens libres de naissance, et sous l'empire des chevaliers, des sénateurs et même des femmes combat- tirent dans l'arène. X Rome, à Capoue, à Ravenne, il y avait des enirepreneurs(/a)i!'s/a!) qui se chargeaient de former dans des écoles, des gladiateurs libres. D'après leurs armes, leur costume ou leur manière de combattre, les gladiateurs portaient dilferents noms. 11 y avait les bestiaires, qui combattaient les bêtes féroces; les îv'<((iirc,s, vêtus d'une tuni- que courte, coillés d'un bonnet, armés d'un trident et d'un filet avec lequel ils cherchaient à enlacer leur adversaire ; les thraces, armés d'une dague, d'un poignard et d'un petit bouclier l'ond; les mirmillons, armés d'une faux et d'un bouclier; les essédaires, qui combattaient sur des chariots; les andabates, qui étaient à cheval et avaient les yeux ban- dés; les dimaehxri, qui tenaient une épée dans chaque main. On donnait le nom par- ticulier de fiscales a ceux que l'on entretenait aux frais du trésor public. — Sous l'empire, où la mode des combats de gladiateurs était poussée jusqu'à l'engouement, ces jeux, qui avaient été, dans l'origine, l'accessoire des cérémonies funèbres, devinrent le divertisse- ment public favori. On les annonçait par des affiches indiquant le nom des acteurs. Les combattants défilaient devant les spectateurs; et en passant prè> de la loge impériale, ils s'inclinaient en disant :« Cesnr, morititri te salutanl (César, ceux qui vont mourir te sa- luent). Au premier sang qui coulait, le peuple s'écriait: « Hoc habet » (Il en tienl). Le vaincu laissait tomber ses armes cl levait la main pour demander merci. Si les specta- teurs voulaient lui faire grâce, ils élevaient leurs mains en lournanl le pouce vers la terre; dans le cas contraire, ils tournaient le pouce vers le ciel. Les premiers combats de gladiateurs eurent lieu à Home en 20i av. J.-C; ces jeux sang ants durèrent jusqu'en l'an 404 ap. J.-C, époque où ils furent abolis par Hoivirius, Rouie fut mise en péril 120 GLAI vers 72 av. J.-C. par une révolln des gla- diateurs. (Voy. Spaiitacus.) GLADIÉ, ÉE udj. (lat. gladiits, glaive). Bol. Qui e.sl f.ii l'orme do f;laivc ou rjui oiïre des arêLes vives. — iv On dit aussi : Knsi- ponuE. GLADIFÈRE adj. (lat. gladius, épée ; fera, je poilr . Zoiil. Qui [loilc quelque organe allonj.'!' il ciiiiiprinié en forme d'épéc. GLADIOLÉ, ÉE adj. (lat. (iladiolus, glaïeul). Bol. Qui rcssoiiihle au glaïeul. — s. f. pi. Tribu d'iridées ayant pour type le genre glaïeul. GLAGOL. Quatrième lettre de l'alphabet slave et russe, ayant la valeur de notre y dur ou de noire h. GLAGOLITIQUE adj. (rad. glagol). Se dit de l'une di's deux anciennes formes d'écriture de l'ancien slavenique ou moins eorreclemcnt slavonique. On dit aussi écriture bukvilza. Ou atlnhuc la iormalion de celte écriture à Mcthodius, apôtre des Slaves (vers 8G0). L'au- tre forme, le krylilza, imaginé par Cyrile, prétendu frère de Mcthodius, est encore en usage parmi les Slaves de l'E. et les Rou- mains. L'écriture russe en est une légère mo- dification. Les nations qui emploient ces sys- tèmes appartiennent pour la plupart à l'Eglise grecque; tandis que les Slaves catho- liques (Polonais, Rohémiens, etc.) se servent des caractères latins ou des lettres dites alle- mandes avec quelques modifications. Les principaux ouvrafjes en écriture glagolilique sont composés dans l'idiome bulgare. GLAI s. m. Masse de glaïeuls formant nn petit îlot dans un étang. * GLAÏEUL s. m. (lat. gladius, glaive, parce que ses fouilles sont longues, étroites et poin- tues). Bot. Genre d'iridées dont il existe un grand nombre d'espèces et des hybrides re- cherchés pour la grandeur, la forme, la beauté de leurs fleurs. — Le glaïeul commun (gUidiolus communis), peu rare dans le midi de la France, porte de belles fleurs roses. Glaïeul commun. Les plus belles espèces exotiques sont : le glaïeul cardinal (gladiolus carduialis), à gran- des fleurs dun rouge écarlate très vif; le glaïeul tricolore {gladiolus vcrsicolo7-), à fleurs comprenant trois couleurs: rouge, jaune et noir; le glaïeul magnifique {gladiolus pidcher- rimus), à fleurs d'un rose lilacé, dont les pé- tales inférieurs sont marqués au centre d'une tache blanche entourée d'azur; le glaïeul perroquet {gladiolus psiltacinus), à tleurs jaunes marquées de tâches mordorées; le glaïeul de Gand {gladiolus Gandavensis), à fleurs d'un vermillon brillant, nuancé de jaune, d'amarante et de vert. Les variétés hyj. rides sont presque innombrables. — On donne le nom de glaïeul des marais à Viris GI.AN pscudo-acarus. belle plante à fleurs jaunes qui orne les lieux aquatiques. — Le glaieul puant esl l'iris fétide. GLAIRAGE s. m. Action de glairer. •GLAIRE s. f. (lat. clarus, clair). Sorte d'humeur visqueuse que sécrètent les mem- branes muqueuses : avoir l'est' 'joc plein de glaires. — Ulanc de l'ueuf, quaiid il n'est pas cuit. * GLAIRER v. a. Reliure. Frotter la cou- verture d'un livre avec une é[iongi' trompée dans des blancs d'œufs, pour y donner du lustre. * GLAIREUX, EUSE adj. Qui est de la na- ture di! la glaire, qui est |)lein de glaires: chair glaireuse. GLAIRINE s. f. Voy. Barégine. GLAIRURE s. f. Préparation de blancs d'o'ufs dont on se sert pour glairer les re- liures. GLAIS-BIZOIN (Alexandre), homme poli- tique, né a Quinlin (Côles-du-Nord) en 1800, mort en 1877. Il fut l'un des chefs de l'oiqio- silion à la Chambre, sous Louis-l'liilifqie, cl au Corps législatif, à partir de l>S()3 se lit remarquer par ses interruptions excentriijues. En septembre t870, il devint membre du gou- vernement de la Défense nationale. Il a éciit plusieurs pièces de théâtre et, en ISGS, il prit la direction d'un journal démocratique, la Tribune française. ' GLAISE s. f. (lat. glis, glitis, terre tenace). Sorte de terre grasse et compacte, variété d'argile que l'eau ne pénètre point, et dont on se sert pour faire de la poterie, des ba- tardcaux, pour enduire des bassins de fon- taine, etc. : faire un corroi de glaise à un bas- .\in, afin qu'il tienne l'eau. On dit aussi, adjec- liv. Terri, glaise. (Voy. ÂnoiLK.) ■ GLAISER V. a. Faire un corroi de terre glaise: glaiscr un bassin de fontaine. — Gi.ai- SER DES TERRES, engraisser avec de la glaise des terres maigres et sablonneuses. * GLAISEUX, EUSE adj. Qui esl de la na- ture de la glaise : les terres glaiseuses sont peu propres à la végétation. •GLAISIERE s. f. Endroit d'où l'on tire de la pljise. * GLAIVE s. m. {\a.i. gladius). Coutelas, épée tranchante. N'est guère usité qu'en poésie et dans le style soutenu: il lui plongea son glaive dans le sein. — Se dit dans certaines phrases figurée» en parlant de la guerre, des combats : le glaive peut seul décider entre 710US. Que le crime poussé jusqu'à celte insolence. Du fjlaive seul des lois tienne sa réconiprnsc. Fabrb dEgla^tinb. Le Philmte de Molière, acte IV, se. v. — Se dit de même en parlant du droit de vie et de mort. — Dans l'Ecriture, Celui qui frap- pera du glaive, périra par le glaive. — Fig. Le GLAIVE spiniTCEL, la juridiction de l'Eglise, le pouvoir que l'Eglise a d'excommunier. — Fig.LE GLAIVE DE LA PAROLE, lepouvoir del'éloqueuce. ' GLAMA s. m. Hist. nat. Voy. Lama. GLAMORGANSHIRE, comté méridional du pays de Galles, borné par la Severn et le dé- troit de Bristol; :;,2l4kil. carr. ; 400,000hab. Charbons et minerais de fer. Près de Mer- thyr-Tydfil se trouvent des fonderies et des usines métallurgiques considérables. Princi- pales rivières : le Rhymney, le Tatf et la Tawe. Villes principales: Cardifl", Merthyr- Tydfil, Swansea et Nealh. * GLANAGE s. m. Action de glaner : le gla- nage n'cft jnrmis qu'après que tes gerbes ont été levées. — Législ. « Le glanage est un très ancien usage, encore en vigueur dans beau- coup de parties de la France ; il semble être fondé sur quelques versets du Lévitique et du I GLAN Deutéronome; et il devrait être aboli de nos jours, car il porte atteinte au droit de pio- prii'té cl il facilite souvent le vol en même temps qu'il encourage la paresse. Le glanage, là où l'usage l'autorise, n'est permis qu'iiwa; gens viels et débilités de membres, petits enfants ou autres personnes qui n'ont pouvoir ni force de seyer (Editde nov. IJi.'jO; Arr. cass. 8 oct. 1840). Les glaneurs ne doivent pénétrer dans aucun espèce d'enclos et ils ne peuvcntentrer dans les champs ouverts qu'après l'enlève- ment des récoltes (L. 29 sept. -6 oct. 1791, lit. 11, art. 21). il est interdit de glaner avant le lever et après le coucher du soleil. Les contrevenants à ces défenses sont passibles d'une amende d'un à cinq francs, et ils peu- vent en outre être, selon les circonstances, condamnés à un emprisonnement de trois jours au plus (G. pén. 471 §10,473)». (Ch. Y.) * GLAND s. m. (lat. glnns). Fruit que porte le chêne : .■•emer du gland. — Gland doux, fruit comestible de plusieurs espèces de chênes. — Bot. Gland de terre ou Gesse sauvage, plante qui croit sur les grands chemins, et qui est ainsi nommée parce que ses racines sont des tubercules en forme de ^'land. — Crust. Gland de mer, synon. de Bal\ne. — Ouvrage de fil, de soie, ou d'autre matière, qui esl composé d'une espèce de tête et de fi- lets pendants, et dont on se sert pour allachcr ou orner les vêtements, les tentures, etc : des glands de rideaux, de draperies. — Anal. Se dit de l'exlrémilé de la verge, et de celle du clitoris. GLANDAOE s. m. Droit de mener paître les porcs dans les forêts. — Lieu où l'on recueille les glands. GLANDAZ Monf", montagne qui commande la vallée de la Diôme et qui se relie par un contrefort au massif du Dévoluy. * GLANDE s. f. (lat. glans, glandis, gland). Anat. Partie spongieuse ou vasculaire, desti- née à sécréter ceriaines liqueurs ou humeurs du corps : les glandes du sein. — Se dit aussi de certaines tumeurs accidentelles qui se for- ment en quelque partie du corps : il lui est sui'venu une grosse glande à la gorge, au sein. — Rot. Se dit, par anal., de petits mame- lons arrondis ou ovales, destinés à sécré- ter les sucs particuliers à diverses espèces de plantes : glandes écailteuses, lenticulaires. — Encycl. On donne le nom général de glandes à divers organes qui ont pour fonction d'éla- borer les produits de la sécrétion du sang, d'accomplir certains offices relatifs à l'ab- sorption et à l'assimilation, et d'aider à pré- parer le sang età le maintenir dans unecon- dilion normale. Les anatomistes divisent gé- néralement les glandes en vraies glandes sé- crétantes (ayant des conduits ou des canaux pour la sécrétion) et en glandes sans con- duits. Dans la première classe se trouvent les glandes mammaires, les glandes salivaires et les glandes lacrymales, le foie, les reins, etc., dont chacune fournit une sécrétion particu- lière ou une excrétion, suivantque leproduit doit être employé de nouveau pour la diges- tion ou l'assimilation (comme le lait ou la salive), ou doit être rejeté (comme l'urine et la sueur). A la seconde classe, ou glandes sans canaux, appartiennent la rate, les cap- sules surrénales (voy. Reins), et les glandes thymus et thyroïdes. Quoiqu'elles n'amènent point de sécrétion dans un conduit ou récep- tacle, il est avéré qu'elles exercent une in- fluence sur le sang, quand celui-ci les traverse dans des vaisseaux particuliers à l'aide des- quels il reçoit les propriétés qui le rendent propre au travail de la nutrition. 11 y a aussi des glandes qui n'appartiennent pas à la se- conde classe et que l'on peut rigoureusement classer dans la première : telles sont les landes lymphatiques. * GLANDÉ, ÉE adj. Art vétér. Se dit d'un GLAR cheval qui a les glandes de dessous la gana- che enflées, lorsqu'il est près de jeter sa gourme: un cheval glandé. — Blas. Se dit des chênes chargés de glands d'un émail dilTé- rent de celui des chênes. * GLANDÉE s. f. Récolte du gland : laglan- dée fut abondante cette année-là.— Aller a la GLANDÉE, aller ramasser des glands. — Envoyer DES COCHONS A LA GLANDÉE, les envoyer dans la forêt manger du gland. GLANDIFSRE adj. ( lat. glans, glandis, gland; /'ej-o, je porte). Bot. Qui produit des glands. 6LANDIF0RME adj. Qui a la forme d'un gland. — Anal. Qui a la forme d'une glande. GLANDIVORE adj. Qui se nourrit de glands. •GLANDULAIRE adj. Anat. Synonyme de Glandutcii.v. ciisc. ' GLANDULE s. f. Anat. Petite glande : les amygdales sont des glandules. •GLANDULEUX, EUSE adj. Anat. Qui a l'aspect, la forme ou la texture des glandes: les mamelles sont des corps glanduleux. 'GLANE s. f. Poignée d'épis que l'on ramasse dans le champ après que le blé en a été em- porté, ou que les gerbes sont liées : grosse glane. — Prov. et fig. Il y A encore champ, BEAU CHAMP POUR FAIRE GLANE, Se dit lorsqu'on peut encore travailler à uneciiosesurlaquelle un autre a déjà travaillé. — Se dit aussi de plusieurs petites poires qui sont rangées près à près sur une même branche, et de plusieurs oignons attacbés de la même manière à une torche de paille : voilà une belle glane de poires de blanquette. ' GLANER V. a. (bas lat. glenare). Ramasser des épis deblé après la moKSon: cette paysanne a glané plus d'un setier de blé durant la mois- son. — S'emploie fig. en parlantdu profit que l'on peut encore tirer d'une affaire où un au- tre a beaucoup gagné, ou bien en parlant de ce qui reste à dire sur une matière, sur un sujet qu'un autre a déjà traité : c'estun habile homme, mais il a laissé à glaner api-ès lui. ' GLANEUR, EUSE s. Celui, celle qui glane : il y a bien des glaneurs et des glaneuses dans ce champ. • GLANURE s. f. Ce que l'on glane après la moisson l'aile. GLANVILL (Joseph), philosophe anglais, (l(;:5e-IGS(l). il fut reclgm- de Bath et prében- dier de Worcester. Il combattit les doctrines d'Arislote, se livra à la magie et fut le premier écrivaind'Angleterre qui essaya défaire un sys- tème du scepticisme philosophique. Ses ou- vrages comprennent : The Vanity of Dogmati- ting. Plus ultra or The Progrcss and Advance- ment «/' Knowledge since the Daijs of Aristotle. Philosophicalconsidcrations eoncerning the Exis- tence of Sorcerers and Sorccry. Lux orientalis et Essays on several Important Subjects in Phi- losophy and Religion. • GLAPIR V. n. (anc. ail. gelfen). Ne se dit propremiMit que de l'aboi aigre des petits chiens et des renards. — Se dit, lig., du .son aigre do la voix d'une personne quand elle parle ou qu'elle chaule : cette femme ne fait que glapir. • GLAPISSANT, ANTE adj. Qui glapit : elle parla d'un ton gla)iissanl. ' GLAPISSEMENT s. m. Cri des renards et des petits chiens quand ils glapissent. — Se dit, fig., en parlant des personnes. GLARUS ou Glaris [glà-rouss; -riss] I. L'un des plus petits cauloiis de la Suisse, borné par les cantons de Sainl-Gall, des Grimons, d'Uri et de Schwvtz; 091 kil. carr. ; S'.i.nOO hah., donl\28,238 protestants et (i,8SS catboliques romains. La principale chaîne de montagne s'étend du Haus.^tock au Scheibe, avec une hauteur nuiyenne de 3,000 mètres. Le Dûdi 216 GLAS ou Todi, qui mesure près de 4,000 mètres de haut, s'élève dans l'angle S.-O. du territoire; c'est le point culminant de l'E. de la Suisse. La rivière Linlh traverse la vallée principale et se jette dans le lac de Wallenstadt. Il y a beaucoup d'autres petits lacs remarquables par leurs paysages romanesques. La Stackel- bergerbod, source sulfureuse alcaline, qui jaillit au pied du Braunwaldberg, est très fréquentée. On trouve dans oc canton le mar- bre, l'ardoise et le gypse. La fabrication la plus importante est celle du fromage que l'on appelle Sehabziegerkâse. Colon, articles de laine, toiles, soie, indienne, mousseline, ar- doises à écrire et objets en bois. Le canton de Glarus possède une forme particulière de gouvernement démocratique. Les impôts sont légers et l'éducation est presque universelle. Villes principales : Glarus, Molis etSchwaiiden. On croit que le nom de Glarus est une corrup- tion de Saint-Hilarius. — II. Capitale de ce canton, dans une vallée, au pied des monts Glârnisch et Schilt, sur leLinlb,à69 kil. S.-E. de Zurich; 5,400 hab. Manufactures impor- tantes de cotons, de lainages, de mousseline, et de quincaillerie. * GLAS s. m. [glâ] (lat. clussicum, signal donné pour réunir un grand nombre de per- sonnes). Son d'une cloche que l'on tinte pour une personne qui vient d'expirer : sonner le glas. GLASGOW [glass'-gô], principale ville com- merciale et manufacturière de l'Ecosse, dans le Lanarkshire, sur la Clyde, à 31 kil. de son embouchure et à. ïî) kil. 0. -S.-O. d'Edimbourg; 658,198 hab. La ville a environ 5 kil. de lon- gueur et s'étend sur les deux bords de la ri- vière; son terrain;est presque uni. Ses rues sont bien pavées, bien éclairées et très propres. Deux théâtres, deux musées, deux bibliothèques pii- bhques (30,000 et15,000 volumes), un grand nombre d'institutions charitables, université et 175 églises et chapelles. La cathédrale est GLAU 121 exportations annueiless'élèvent à 250 millions de fr. et les importations à 175 millions. — La tradition regarde saint Kentigern comme le fondateur de Glasgow, dont il futle premier évêque, vers 560. En 1300, une bataille fut livrée dans la rue Haute par les Ecossais, commandés par Wallace, aux Anglais, sous les ordres de Percy ; ce dernier fut battu et tué. En 1638, la célèbre assemblée do l'Eglise presbytérienne eut lieu dans cette ville. GLASTONBURY [glâss'-t'n-beu-ri], ville du Somersetshire (Angleterre), sur la rivière Brue, à 35 kil. S.-O. de Bath; 3,719 hab. Ruines, dont la plus remarquable est celle d'une fameuse abbaye de bénédictin^, fondée, dil-on, par saint Augustin en 605 etsupprimée par Henry VIll en 1539. GLATZ, ville fortifiée de la Prusse, dans la Silésie, sur la Neisse, à 70 kil. S.-O. de Bres- lau ; 19,000 hab. Manufactures de colon et de bonneterie. Elle fut prise pendant la guerre de Trente ans par les protestants, se rendit aux troupes impériales en 1622 et aux Prussiens en 1742. Le territoire de Glalz forma un comté de l'empire dans la dernière partie du xV siè- cle ; il appartint ensuite aux Autrichiens jus- qu'en 1742, époque oii Frédéric le Grand s'en empara. Une partie des monlagnesSudètesest souvent appelée Glatzer Gebirge. GLAUBER (Johann-Rudolf) [glaou-ber], mé- decin et chimiste allemand, né en 1604, mort en 1(368. H vécut à Salzbourg, à Francfort, à Cologne et à Amslerdan\. H fut le premierqui produisit des sels artificiels; il découvrit le sel qui porte son nom. — Sel de Glauber, nom que l'on donne quelquefois au sulfate de soude, en souvenir du chimisleallemand qui le trouva en 1658. — Glaucescence.Glaucescent.CV.S.) GLAUCHAU [glaou'-'baou], ville de Saxe, sur le Zwickauer Mulde, à 20 kil. 0. de Chemnilz; 25,000 hab. Elle renferme un vieux château et plusieurs églises. Elle est, après Le pont Al le plus bel édifice gothique d'Ecosse. L'uni- versité, fondée en 1451, renferme une biblio- thèque de plus de 100,000 volumes et un ob- servatoire. Les nouveaux bâtiments, achevés en 1870 ont coûté 9,250,0(10 fr. Un aqueduc de 36 kil. do long amène à la ville l'eau du Loch Kalrine. Glasgow esl.pourl'cxporlalion, la quatrième ville do la Grande-Bretagne, cl la seconde pour la riche>se et la population. Elle est au centre d'un district riche en char- bons et en minerai de l'er. La Clydc y est na- vigable pour des vaisseaux de 2,000 tonnes. Les quais ont 5,600 mètres de long. Les in- dustries principales sont : les brasseries, es teintureries, les imprimeries sur ca icol, les chantiers de navires, les fonderies, les fabri- ques des machines à vapeur, drogueries. Les Chemnilz, la ville industrielle la plus impor- tante de Saxe. Articles de laine, papier et ma- chines 'a. vapeur. * GLAUCOME s. m. (cr. glaukôma). Méd. Ma- ladie des yeux, où l'humour vitrée devient opaque, et semble prendre une couleur glau- que : le glaucome n'est pas incurable. GLAUCUS, nom de deux personnages mytho- logiques. - I. Glaucus de Polnie, petil-luâ d'Èole, fils de Sisyphe et de Méropeet père de Bellérophon. Afin de rendre ses juments plus rapides et plus farouches, il les empêchait de produire et, selon quelques-uns. il 'es nour- rissait de chair humaine. Les «i";"^- "^ent irrités de celte conduite, et quand Glaucus prit part aux jeux funéraires de Pelias a lol- 122 GLEF chos, ses chevaux renversèrent son char et dé- chinTPriiniaucusen mille pièces. — 11. Glaucus d'Anthédon, on lluolie, pCchcur qui mangea de riictbe divine plantée par Sulurne et devint immortel. H construisit le navire Arpo et en fut le pilote. Dans le combat naval contre les Tvrrlit'niens, il fut le seul qui ne reçut pas de blessure. Il sauta i la mer et devint une divinité maritime, révérée des pêcheurs et des marins. ' GLAUQUE adi. {gr. glaukos, vert). Qui est de couleur vert de mer c'est-à-dire d'un veri blanchâtre ou bicu.ltrn. S'emploie princip;Ue- inent un botanique : vert glauque. — »* Moll. Genre de gastéropodes marins, nudibranches, populairement nommés léz'irds de mer, à cause de l'aspect .particulier qu'ils doivent surtout à la |)résence de trois paires d'ap- pendices semblables à des nageoires. Ils sont ilépourvus de coquilles; leur corps est gélatineux, coloré de bleu sombre en dessus et de blanc en dessous. Ces jolis mollusques se rencontrent dans les parties chaudes de l'At- lantique. * GLÈBE s. f. (lat. gleba^ Terre, fonds. Les esclaves attachés à un domaine, à une mé- taifie, cliezlesHomains, s'appelaient Esclaves DE LA GLÈBE, ATTACHÉS A LA GLliUE. — S'cSt dit pareillement, dans la Jurispr. féod. , en parlant des serfs attachés à un héritage, et qu'on vendait avec le fonds : serfs de la glèbe. — Droit de la glèbe, uroit annexé a la GLÈBE, se disait de cerlains droits incorporels attachés à une terre, comme le dioit de pa- tronage et le droit de justice. — Se dit, poél., du champ, de la terre que l'on travaille, que l'on cultive : être penché sur la glèbe. — Motte de terre : écraser les glèbes. GLEDITSGHIA s. m. {de Gleditsch, nom d'un biilanisle allemand, né à Leipzig en 1714, mort en 1781)). Nom scientitiquc du genre févier. On dit aussi acacia. Le gludits- chia triacanthos se trouve en très grande y ■■<>-. Gleditscbia triacanthos. abondance au sud-ouest des Etats-Unis; et en moins f;i-ande quantité dans les Etals de l'At- lantique, depuis la Pennsylvanie jusqu'àla Flo- ride. C'est un arbre qui s'élève à une hauteur de 2.5 à 30 mèties; ses nombreuses épines lui donnent un a.-pect formidable. Son feuillage est léger et gracieux. Son bois dur, d'un grain grossier, se fend facilement; il est de peu de valeur. GLEIM (Johann-'Wilhelin-Ludwig) [glaïm], poète allemand (1719-|.'<03). Ses odes, ses fables, ses contes et ses chansons lui valurent le nom d'Anacréon allemand. Son chant guer- rier le plus célèbre est Siegeslied nach der Hchlncht bei Rossbaeh. GLEIWITZ [glai'-vitss], ville de la Silésie prussieniiCj sur le Klodnitz, à 53 kil. S.-E. d'Oppeln; 24,970 hab. C'est le centre de l'in- GLIS dustrie minière et des fonderies de laHaute- Silésie. GLEN .•^. m. [glènn]. Nom écossais des vallic> f étenciues. GLÉNANS ;Les\ proune de 9 petites lies, au sud cil- la presqu'île du Finistère, à U kil. O.-S.-O. de la pointe de Trévignore. La prin- cipale, Pcnfrot, mesure 3 kil. do circonférence et possède un pbare avec feu lixe à éclats; les autres, qui sont plus petites, se nomment h s lies de Guyotce, de Guimenet, du Lock, de Dreux, de Saint-Nicolas et de la Cigogne (cette dernière est défendue par un fort). Les Glénans dépendent de la commune et du canton de Fouesnant. GLENCOE, l'un des plensles plus sauvages et les plus tristes d'Ecosse, dans le district de Lorn (Argyleshire), long d'environ 14 kil. et entouré de hautes montagnes. La partie inférieure, près du Loch Leven, est cultivée et boisée, mais la partie supérieure est abrupte et stérile. Le col qui traverse ce glen est bordé d'immenses masses de rochers. GLENDOWER ou Glendwr [plènn'-dour] (Owen). chrf ;;allois, né vers i:i49, mort en 141. H. Il était par sa mère descendant de Llewellyn, le dernier prince de Galles, /près la déposition de Ilichard II, il fut accusé de trahison ; ses Etats furent saisis. Glen- dower se proclama alors prince de Galles, En 140.3, il perdit une grande bataille à Shrewsbury. En 1404, il lit alliance avec la Franco et remporta quelques victoires, mais en mars14n;i,il fut battu au château de Gros- mont , à Mynydd pwl .\Ielyn , où il perdit 2,300 hommes. Il envahit ensuite l'Angleterre avec une armée nombreuse; mais bientôt il se relira, et jusqu'à sa mort il continua une guerre de brigandages. * GLÉNE s. f. (gr. gUM.) Anat. Cavité de moyenne grandeur creusée dans un os, et dans laquelle un autre os s'emboîte : la gUne a moins de profondeur et de diamètre que le cotyle, autre espèce de cavité destinée à la même fonc- tion. * GLÉNOÏDAL, ALEadj. Anat. Se dit de toute cavité (jui Sert à l'emboîtement d'un os dans un autre, lorsqu'elle apeu de profondeur etde superficie : cavité, fosse glénoidsle. ' GLÉNOÏDE adj. (gr. gléné, glène; eidos, forme). Anat. Synonyme de glénoïdale : fosse, cavité gténoide. GLEN'S FALLS, village de l'état de New- York, sur la rivière de l'Hudson , à 80 kil. de Troy ; 4,o00 hab. Deux académies, manufac- tures, carrières de marbre noir. * GLETTE s. f. Mot emprunté de l'allemand, et dont on se sert en français, dans l'affinage, pour désigner l'oxyde de plomb ou la litharge. GLEUCOMÈTRE s. m. (gr. gleukos, vin doux ; mélron, mesure). Instrument pour connaître la force du moût du vin. — Gleyre- (V. S.) * GLISSADE s. f. Action de glisser involon- tairement, le mouvement que l'on fait en glissant : faire une glissade. — Amusement d'enfant qui consiste à se lancer, à glisser sur la glace : d s'échauffa en faisant des glissades. * GLISSANT, ANTEadj. Surquoi l'on glisse facilement : lechemin, lepavé est fort glissant. — Fig. C'est cn pas gussant, le pas est glis- sant, se dit d'une atlaire hasardeuse, d'une circonstance où il faut beaucoup d'adresse pour se conduire. — Fig. C'est un terrain GLISSANT, se dit pour exprimer la difficulté qu'il y a de se maintenir quelque part en fa- veur, en crédit : la cour est un terrain glissant. * GLISSE s. m. Pas de danse, qui consiste à passer lepiied doucement devant soi, en tou- chant légèrement le plancher. * GLISSEMENT s. m. Action de glisser. Se dit surtout des Glissements de terrain. GI.OB •GLISSER v. n. (lat. glanes, glace). Se dit des cho>es qui coulent, que l'on lait couler sur une autre, ou le long d'une autre : ti-nez le pied de l'échelle, de crainte qu'elle ne glisse. — C'est a vols a glisser, c'est a votre tour A glisser, c'est votre tour à faire telle ou telle chose. Cela se dit ordinairement quand il s'agit de quelque chose où il y a de la peine, du péril, de la dépense, etc. — Glisser les MAINS, se dit d'une chose qui échappe des mains en glissant : cela m'a glissé des mains. — Glisser des maiSs de quelqu'un, se dit d'une personne oui trahit sa parole, qui change su- nitement de résolution, de sentiments, d'opi- nions. — Se dit particul. lorsque le pied vient tout d'un coup à couler sur quelque chose de gras ou d'uni : glisser sur lepavé. — Le pied lui a glissé, se dit lorsqu'il est arrivé un acci- dent fâcheux àquelqu'un, ou par son impru- dence, ou par malheur. On dit cleméme : Pre- nez garde que le pied ne vous glisse. — Passer légèrement sur quelque matière : c'est une matièi-e délicate qu'il ne faut pas trop appro- fondir, il faut glisser légèrement dessus. — Se dit également, au sens moral, des choses qui ne font (pi'uneiniprc=sinn léj.'ére, ou qui n'en font aucune : mes remontranees n'ont fait que glisser sur lui. — v. a. Mettre, couler adroi- tement quelque chose en quelijue endroit : glisser sa main dans la poche de quelqu'un. — Se dit quelquefois figurémeiit, en ce sens : glisser une clause dans un contrat. — Glisser quelque chose a l'oreille de quelqu'un, le lui dire tout bas et furtivement. — Fig. insinuer dans les esprits : c'est lui qui a glissé cette erreur parmi le peuple. — Se glisser v. pr. Se couler doucement et pre.-i|ue sans être aperçu : les troupes se glissèrent le long de la contrescarpe. — Fig., tant au sens physique qu'au sens moral : il s'est glissé beaucoup de fautes dans cet ouvrage. • GLISSEUR s. m. Celui qui glisse sur la glace. — Glissière. (V. S.) • GLISSOIRE s. f. Chemin frayé sur la glace, pour y glis-er par amusement : les enfants font des glissoires sur les ntisseaux gelés. ' GLOBE s. m. (lat. globus). Corps sphérique, corps tout rond, sphère : le centre d'un globe. — Se dit souvent absol. du globe terrestre : la formation du globe. — Glode terrestre, globe de cuivre, de carton, etc., sur la super- ficie duquel les diverses régions de la terre sont représentées avec leurs situationset leurs dimensions relatives. Globe céleste, celui sur lequel sont représentées tes étoiles qui les composent. — Se dit particulièrement de la boule d'or, surmontée d'une croix, que l'em- pereur d'Allemagne et quelques rois portent dans la main, pour marque de leur dignité. — Globe artificiel, sphère creuse, sur la surface de laquelle esl tracé une carte de la terre ou des cieux, avec les différents cercles auxquels se rapportent les points qui servent à déter- miner les positions. Il y a des globes terres- tres et des globes célestes. On suppose que le premier globe céleste a été fait par Anaxi- maiidre de Milet, élève de I halès (vic siècle avant J.-C). Ptolémée employa un globe ter- restre pourvu du méridien universel. — Tycho- Brahé possédait un globe de cuivre qui avait près de \ m. 7.t c. de diamètre. En lijs:), on en fabriqua un k Venise pour Louis XIV; ce globe mesurait 4 m. de diamètre. La biblio- thèque nationale de Paris possède deux globes qui ont environ 'A m. de diamètre. En ISol, un globe d'un nouveau modèle fut construit à Londres; il avait iO m. dediamètre, elles des- sins se trouvaient sur la paroi intérieure. Les accidents topographiques étaient en relief sur la surlace peinte en couleurs. Un escalier me- nait aux plates-formes circulairement super- posées sur lesquelles les spectateurs se prome- naient dans l'inlérieur du globe. GLOBULEUX, EUSE adj. Bot. Arrondi en globe. GLOI 6L0BIFÉRE adj. Qui porte des organes ou des protiiliii\uice3 globulaires. GLOBIFLORE adj. Bot. Quia des fleurs glo- buleuses, GLOBIGÉRINE s. f. (lat. ghbtts, globe; gero, je porte). Alull. Genre de foraminifères à lo- ges sphériques. — La globigérine est un ani- mal microscopique dont le corpsest composé d'une simple sarcode ou matière protoplas- mique, enfermée dans une co- quille calcaire percée de nom- breuses ouvertures impercep- tibles. Chaque masse de sar- code est en rapport avec le reste de la colonie; il n'existe aucune forme définie. Huxley compare la masse à une fram- boise qui n'est pas arrivée à maturité. Tous les sondages effectués dans les mers profondes ramènent des coquilles de globigérines. GLOBO (In) loc. lat. Qui signifie : en masse, sans examiner les détails. 'GLOBULAIRE adj. Qui a la forme d'un globe : ou vit lu flnmim: du volcan s'élever en masses glnhulaires. — Bot. Glandes globu- LAiRiis, glandes végétales de forme sphéri- que ne tenant à l'épiderme que par un point. " GLOBULAIRE s. f. Bot. Genre de globula- riées coinpienant plusieurs espèces de plantes qui tirent leur nom do ce que leurs fleurs sont ramassées en forme de petites boules. — La globulaire commune {globularia vulgaris) est abondante sur les pelouses sèches des en- virons de Paris. GLOBULARIE, EE adj. Bot. Qui ressemble ou qui se rappoi'te au genre globulaire. — s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones ga- mopétales, hypogynes, voisine des labiées et ne comprenant que le genre globulaire. * GLOBULE s. m. (lat. globulus; diminut. de glubtis, globe). Petit globe, petit corps sphérique : des globules d'eau. — Pharm. Se dit de très petites pilules dans lesquelles on administre des médicaments très actifs: des globules de digitaline. ' GLOBULEUX, EUSE adj. Qui est composé de globules: matière globuleuse. — Se dit aussi de ce qui a une forme ronde sphérique: cette substance, vue au microscope, présente de petits corp'> globuleux. GLOBULINE^. f. Chim. Matière albuminoïde qui existe dans le cristallin de l'œil. GLOGAU ou Grossgloglau [gross-glo-gaou], ville de la Silésie prussienne, sur l'Oder, à 70 kil.N.-O. de Bieslau; 21,836 bah. Elle est reliée par un pont à une île sur laquelle se trouve la cathédrale et une forteresse bâ- tie en 1260. La ville possède un vieux châ- teau, de grandes casernes, des manufactures de coton, de lainages, de toiles, de cire à cacheter et de tabac. Une principauté de Glo- gau fut fondée en Moi par un fils du duc Henri II do Silésie. Au xiv« siècle, elle devint un duché qui s'éteignit en 1,'i06. * GLOIRE s. f. (lat. gloria). L'honneur, l'es- time, les louanges, la réputation que les vertus, le mérite, les grandes qualités, les grandes actions ou les bons ouvrages attirent à quelqu'un : aimer la gloire, chercher la gloire. Àvaiocre sans péril, on triomphe s-ins gloire. CunNuiLLB, Le Cid, acte II, se. I. — Se dit aussi de l'honneur, des hommages qu'on rend à Dieu: la gloire n'appartient proprement qu'à Dieu seul., — Etre la gloire DE SON PAYS, DR SON SIÈCLE, ClC, Se dit d'uUB personne dont les actions, les talents, les ouvrages, etc., sont un sujet de gloire pour son pays, pour son siècle, etc. : Xewlon fut la gloire de son siùcle. — Dire, puulier ouklqub CUOSK A LA GLOIRE DE QUELQU'UN, dire, pubUor GLOR une chose qui lui fait honneur. — Rendre I 3L0IRE A LA VÉRITÉ, rendre témoignage à la vérité. On dit quelquefois dans un sens ana- logue, Rendre gloire a Dieu. — Faire gloire DE queloue chose, s'en faire honneur, ou en faire vanité : il fait gloire de vous servir. — On dit aussi quelquefois, Se faire une gloire de quelque chose. — Eclat, splendeur : le fils de Dieu viendra dans sa gloire, dans la ma- jesté de sa gloire. — Orgueil, vanité ; la gloire le perdra. — Vaine gloire, signifie par- ticulièrement le sentiment trop avantageux de soi-même que la vanité inspire. (Peu usité.) — Fausse gloire, fausse opinion de l'hon- neur, ambition déplacée : l'amour des con- quêtes ne produit qu'une fausse gloire. — Béa- titude dont on jouit dans le paradis : les dnies qui jouissent de la gloire, de la gloire éter- nelle. où le conduisez-vous?... — A la mort... — A Isl gloire. CoRwiîiLLE. Polyeucte, — Peint. Représentation du ciel ouvert, avec les personnes divines, lesanges et les bienheu- reux : une gloire du Titien, du Tintoret. — Sculpt. Assemblage de rayons divergents, entourés de nuages, et au centre desquels on figure ordinairement la Trinité sous la forme d'un triangle. — Théâtre. Machine suspendue et entourée de nuages, sur laquelle se placent les personnages qui doivent descendre de l'Ëmpyrée ou y monter: on fait descendre et monter les gloires au moyen de contre-poids. — Peint. Se dit quelquefois dans le même sens qu'Auréole. (Voy. Auréole.) GLOMÉRULE s. m. (lat. glomus, glomeris, peloton). Petit amas de corps de même na- ture. GLOMÉRULE, ÉE adj. Réuni en glomé- rules. GLOMMEN, la plus grande rivière de Nor- vège; elle prend sa source dans la partie S. -E. de la province de Drontheim, traverse plu- sieurs lacs et se jette dans le Skager Raek ; sa longueur est d'environ 420 kil. Toute la vallée dans laquelle coule cette rivière est remarquable par ses paysaj-'es pittoresques, ses cataractes et ses forêts de pins qui pro- duisent les plus beau.x bois de l'Eurofie. La Glommen a plus de il) cataractes, dont la principale est la célèbre Sarpfoss, à 4 kil. au-dessus de Sarpsborg. GLORIA s. m. Mot lat. qui signifie gloii-e et qui désigne, en liturgie, un hymne, un cantique que l'on chante à la messe les jours non fériés et qui commence par les mots Gloria in excelsis : le gloria fut introduit par Symmaque. — Gloria pathi, commence- ment d'un verset qui termine tous les psau- mes -.chanter le gloria Patri. — Pop. .Mélange de café, de sucre et d'eau-de-vie : prendre un gloria. (Fam.) * GLORIEUSEMENT adv. D'une manière glorieuse, qui mérite louange : il s'est tiré glorieusement de cette affaire. ' GLORIEUX, EUSE adj. Qui s'est acquis, qui mérite beaucoup de gloire, beaucoup de louange et d'honneur; il revient glorieux et triomphant. — Etre glorieux de quelque chose, s'en faire honneur, en tirer vanité. — — En parlant de la sainte Vierge et des saints, on dit: la glorieuse Vierge Marie, elc. — Théol. Corps GLORIEUX, se dit en parlant de l'état où seront les corps des bienheureux après la ré- surrection : l'impassibilité, l'agilité, sont les qualités des corps glorieux. — Se dit, abusiv. et fam., d'unepersonne qui est longtemps sans éprouver certains besoins corporels : c'est un corps glorieux. — Qui est [>lein de vanité, de bonne oinnion de lui-mêine: il a du mérite, mais il est un peu glorieux. Tout bomnic ubt glorieux, c'est la commune loi, AUDURT. GLOS 123 — S'emploie quelquefois substautiv. dans un sens analogue : les glorieux se font haïr. — • Prov. Il fait bon battre glorieux, il ne s'en VANTE PAS, OU simplement. Il fait bon battre UN GLORIEUX, OH n'a pas à craindre d'être puni, parce qu'il garde le silence sur son aventure ; ou, dans un sens plus général, un homme vain aime mieux endurer des humi- li.'itions secrètes que de s'en plaimire. — Le Glorieux, comédie en S actes et en vers, de Destouches (1732), considérée comme l'une des meilleures pièces de notre théâtre, et au sujetde laquelle Voltaire écrività. Destouches: Auteur ?olidc, ingénieux, Qui (lu Ihéjilre êtes ie maître. Vous qui fîtes /e Glorieux, 11 ne tiendrait qu'à vous de l'être. GLORIFIABLE adj. Qui peut être glorifié. ' GLORIFICATION s. f. Elévation de la créa- ture à la gloire éternelle. N'est ;;uère usité que dans cette locution, La glorification de.': élus. — w Action de glorifier: la glorification du succès. ' GLORIFIER V. a. Honorer, rendre honneur et gloire. Ne se dit qu'en parlant de la gloire qu'on rend à Dieu : glorifier Dieu. — Dieu glorifie LES saints, il les rend participants de a gloire, de la béatitude éternelle. — Se glorifier, faire gloire de quelque chose, en tirer vanité : se glorifier de sa noblesse, de ses richesses. — Suivi de dans. Mettre son honneur, sa gloire en quelqu'un, en quelque chose : un père se glorifie dans ses enfants. * GLORIOLE s. f. (diminut.). Vanité qui a pour objet de petites choses: être sensible à la gloriole. ' GLOSE s. f. [glo-ze] (gr. glossa, langue). Explication de quelques mois obscurs d'une langue, par d'autres mots plus intelligibles de la même langue : ct; passage est plein de mots obscurs, il aurait besoin de glose. — Glose ordinaire, la glose faite sur le latin de la Vulgate. — Commentaire, ou notes ser- vant à l'éclaircissement d'un texte: la Glose d'Acnurse. — Prov. et fig. C'est la glose d'Orléans, qui est plus obscure que le texte, se dit d'une explication qui n'est pas assez claire, ou qui embrouille le texte au lieu de l'éclaircir. — Petit ouvrage de poésie, qui est une espèce de parodie de la pièce d'un autre auteur, dont on répète un vers à la fin de chaque stance ; en sorte que la glose a autant de stances que le texte a de vers : la glose de Sarrasin sur le sonnet de Job. — Fig. et fam. Se dit des réfiexiuns, des critiques, des in- terprétations ajoutées à un récit : dites le fait simplement : point de glose. * GLOSER V. a. [glo-zé]. Faire une glose, expliquer par une glose : les auteurs qui ont glosé la Bible. — Fig. et fam. Donner un mau- vais sens à quelque action, k quelque dis- cours, les censurer, les critiquer: il n'y a rien à gloser. — v. n. Dans ce dernier sens : vous glosez sur tout. Au bout de trente pas, une troisième troupe Trouve encore ii gloser La Fontàinb. * GLOSEUR, EUSE s. Celui, celle qui glose sur tout, qui interprète tout en nial:c'(»t un gloseur perpétuel. ' GLOSSAIRE s. m. [gloss-sè-re] (lat. glossa, langue). Dictionnaire servant à l'explication de certains mots moins connus d'une langue, par d'autres termes de la même langue plus connus : le vieux Glossaire. — Simple vocabu- laire. — Encycl. Les glossaires les plus célè- bres sont ceux de du Cange, sur la moyenne et la basse latinité (1078, 3 vol. in. -fui.); et sur la langue grecque (1088, i vol. in.-fol.); ces deux ouvra::os importants ont été réim- primés par Dulot en 1841 |7 vol. iii-4°). Nous devons citer au.-.irlJM coiisljluuiitc du ^lulcii. * GLUTINEUX, EUSE adj. Qui csl do la natiM'ii du i:lulcii; gluunl, visqueux : suc glu- tincux. GLUTIQUE adj. Se dit d'un acide qui nall quand on lait bouillir la fibrine vi'gétalo avec l'acide suirmiciue étendu : C» H' (Az H'JOV GIjY La) DU l'Agly, rivière qui naît dans la iiarliij niéiidion.ili; du dép. de l'Aude, arrose iesl'yrcnccs-Urienlale?, passe à Rivesalles et se jellc dans la Méditerranée, après un cours do 80 kil. GLYCÉRAMINE s. f. Cliim. Ammoniaque cunipDMi; ilcuvio de la glycérine. GLYCÉRAT s. m. Pharm. Préparation molle ou saline, ayant pour base la glycérine. GLYCÉRATE s. m. Cbim. Sel produit par la combinaison de l'acide glycerique avec une base. GLYCÉRATION s. f. Infusion de réglisse. GLYCÉRIDEs. m. Nom donné parBerthelot aux clbcrs lie la glycérine. * GLYCÉRINE s. f. (gr. ghiheros, doux). Cbim. Lniuidc incolore, transpaionl, lacile- meiit solublc dans l'alcool, d'une saveur sucrée et d'une consistance sirupeuse, qui est le produit de la saponilicalion des graisses. — La glycérine est un alcool triatoraique, principe sucré des huiles, base de composés que I on trouve dans les graisses animales et dans (juelqucs substances végétales; elle fut découverte par bcliccle en 1779. Sa cuni|iosi- lion csl représentée par la formule C IF 0'. C'est un sirop incolore, transparent, sucré, sans odeur, d'une gravité sjiécilique de 1.28; intlamniable, soluble dans l'eau et dans l'alcool, et médiocrement dans l'éther. On peut l'amener ii — W G. sans la congeler. Berlhelot est parvenu à la combiner avec des acides gras; il a produit des substances orga- niques graisseuses, la stéarine, la margarine, l'oléine, elc. La glycérine est un produit de la saponilication. Elle est obtenue de la liqueur mère des fabriques de savon en ajoutant un léger excès d'acide sullurique, en cbaullant la solution avec le carbonate de baryle, en filtiant, en concentrant par évaiioration et eu enlevant la glycérine avec l'alcool que l'on distille ensuite. La glycérine, ainsi qu'il a été démonlré par Pasleur, est formée en petites quantités pendant la fer- nientalion alcoolique. Elle dissout les alcaloï- des végétaux et plusieurs autres substances; on la mélange avec l'eau pour emplir les compteurs à gaz humides; elle est employée comme dissolvant pour quelques couleurs d'aniline; on s'en sert dans la fabrication de ta mlru-glycérine, etc. GLYCÉRINE, ÉE adj. Pharm. Préparé avec de la glycérine. GLYCERIQUE adj. Chim. Se dit d'un acide produit par l'action de l'acide azotique sur la glycérine. GLYCÉROCOLLE s. f. Préparation qui sert à améliorer l'eiicollage des (ils, dans les ateliers de tissage, et qui est un mélange de dextriue, de glycérine, de sulfate d'alumine et d'eau. GLYCÉROLÉ s. m. (lat. oleum, huile). Pbariu. Pommade dans laquelle la glycérine sert de véhicule. Les glycérulés ont l'avantage de rancir moins que les pommades à la graisse. GLYCÉRYLE s. m. (gr. ulé, matière). Chim. Radical qui l'onclionuc dans la glycérine et ses dérivés. * GLYCINE s. f. Genre de papilionacées phaséulées, comprenant plusieurs espèces exotiques, dont l'une des plus jolies est la GLYP CtYcrWE DK LA Cbine (y/j/ciHC finensis), arbris- seau à tige sarinenteuse, remarquable |iiir de nombreuses, belles et longues grappes de Ueurs bleues ou lilas, et aujourd'hui classé dans lof:enie Wistébie. (Voy. ce mot.) GLYCOCHOLATE s. m. [-ko-ko-la-] Chim. Sel firoduit [lar la combinaison de l'acide plycocholiquc avec une base. GLYCOCHOLIQUE adj.[-ko-ko-li-](gr. glukos, doux; cholé, bile). Chim. Se dil d'un acide appelé aussi acide chuli(juc, et qui est l'un des principes de la bilo du bœuf. Formule, C'Ml" AztJ". GLYCOCOLLE s. f. (gr. glukos, doux ; franc. colle). Chim. Substance sucrée que l'on obtient par l'action de l'acide sullurique sur la colle lorle ou gélatine. C* H' Az 0*. GLYCOGÉNE adj. (gr. ylukus, doux; gennaô, j'engendre). Chim. Qui engendre le sucre. — Se dil d'un principe qui se trouve dans le foie, et qui y passe a l'état de sucre. — s. m. Principe immédiat qui se transforme en sucre. GLYCOGÉNIE s. f. Chim. Acte particulier de la vie des animaux, par lequel se produit naturellement du sucre dans cerlains tissus de leurs organes, parliculièremcnt dans le foie. La glycogénie fut découverte dans le loie par Cl. Bernard, en 1847. GLYCOL s. m. Chim. Type d'une classe de composés artiliciels, incolores, fluides, légè- rement visqueux, d'une saveur douce, inter- médiaires entre la glycérine et l'alcool. Le glycol a été découvert par Wurtz en ISiiy. GLYCOLAMIDE s. f. Chim. Amide neutre de l'acide glycolique. GLYGOLIDE s. f. Chim. Anhydride de l'acide glyeolique. GLYCOLIQUE adj. Chim. Se dit d'un acide organiijue qui dilfère de l'acide acétique par un atome d'oxygène de plus. * GLYCONIEN ou Glyconique adj. m. (de (jlycon, nom d'un poêle lyiii[ue grec qui vivait à une époque incertaine). Vers. gr. et lat. Vers composé d'un spondée et de deux dactyles: un vers glyconien ou glyconique. GLYCONINE s. f. Pharm. Glycérolé préparé en dissolvant des jaunes d'oeufs dans la gly- cérine. La glyconine est employée contre les gerçures, les engelures, les hémorroïdes, elc. * GLYCOSE. Voy. Glucose. GLYCOSMIS s. m. [-smiss] (gr. glukus,ào\m\ osmé, odeui }. Bot. Genre d'auranliacées com- prenant plusieurs espèces d'arbres et d'arbris- seaux à fleurs odorantes. GLYCOSURIE s. f. [-zu-ri] (gr. glukus, doux; oureirt, uriner). Synun. de Diabète sucré. GL'YPHE s. m. [gli-fej (gr. gluphé, ciselure). Archil. Trait gravé en creux; canal creusé dans les ornements. * GLYPTIQUE s. f. (gr. gluptikê, art de graver; de yluptos, gravé). Art de graver en pierres fines, soit en creux, soit en relief: la glyptique comprend l'art de graver en acier les poinçons et tes coins des médailles. GLYPTODON s. m. (gr. gluplos, ciselé ;odows, odontos, dent). Genre de gigantesques mam- mifèies fossiles, appartenant à l'ordre des édenlés ainsi que l&megatheriumel le mylodon, mais appartenant à la famille des armadilles. On trouve les animaux de ce genre dans les dépôts post-tertiaires des pampas de l'Amé- rique du Sud et particulièrement dans le voisinage de Buenos-Ayres. Quatre espèces ont été décrites par le prof. Owen; la plus grande est le gly[Aodon clavipes. D'après un spécimen, sa longueur, en suivant la courbe du dos, est de 1 m. 70 cenl.; en ligne droite, elle est de I m. 45 cent. Sa largeur, en sui- vant la courbe, est de 2 m. 43 cent; Le glyp- GNET todon présente beaucoup d'analogies exté- rieures avec les ciiéloniens et, d'après sa l.l>|j|..luii grosseur et sa forme, il devait ressembler aux tortues actuelles des Galapagos bien plus qu'au grand armadillo. GLYPTOGRAPHIE s. f. (gr. glyptos, gravé; grapkiûn. dieiiri;;. Description des pierres gravées .inlMiues. GLYPTOTHÉQUE s. f. (gr. gluptos, gravé; //ifW, boite). Cabinet de pierres gravées. GMELIN [gmé'-linn]. I (Johann- Georg), naturaliste allemand (17li'J-f7.'i.'i). Ln 17.11, il devint professeur à Saint-Pétersbourg et en 174'.! à Tubingen. Ses principaux ouvrages sont heiscn durih Sibirien (4 vol.) et F^ora Sibirica (4 vol.) — Il ( Samuel - Gottlieb) , botaniste allemand, neveu du inécedeiit, né vers 1744, mort en 1774. Il fut professeur de botanique à Saint-Pétersbourg. Pendant un voyage scientili(]ue à travers le Caucase, il fut fait prisonnier par un khan tarlaie et mourut des suites des mauvais traitements qu'il subit. Il a laissé Historia Furoriim et Voyiijcs scirnliliquts en Kuss'e. — 111 (Johann-Frie- drich), neveu de Johann-Georg ()74S-l8Ui). En 1771. il lut nommé professeur d'histoire naturelle et de botanique à Tubingen, et en 1778 professeur de médecine et de chimie ù Gœltingen. 11 a publié des ouvrages sur la botanique, sur les poisons végétaux et mi- néraux, une histoire de la chimie, et la 13= édition de Linnée, Systema riaturse. — IV (Léopold), chimiste allemand, fils du pré- cédent (1788-18:13). De 1817 à IS.'il il fut profes.-eur de médecine et de chimie à Hei- delberg. Son meilleur ouvrage est Handbuch der thcorelischen clianie Ifi" édil. complétée par Scblossberger, List et Liebig, 7 vol. ■l8o3-'C2). GMÛND, ou Schwaebisoh-Gmûnd [choué'- bich-gmunntj, ville du Wuilemberg, sur le Rems, à 56 kil. E.-.N'.-Ë. de Stuttgart; 17,840 bab. Elle possède des manufactures importantes d'or, d'argent, de cuivre et d'articles de bronze. GNAF ouGniaf s.m. [niaff, gn. mil]. Ouvrier cordonnier. Le maître cordonnier s'appelle pontife et l'apprenti se nomma pignouf. GNANGNAN adj. [nian-nian; gn mllj. Mou, sans énergie. Diminutif de fainéant, que le peuple prononce feignant. * GNEISS s. m. [ghnèss] (mot saxon). Minéral. Koche métamorphique slratiliée, composée de quartz, de feldspath lamellaire ou grenu et de mica en paillettes. Lorsque le mica est remplacé par le hornblende, on l'appelle gneiss hornblendique. GNEISSIQUE adj. [gné-si-ke]. Qui a la structure et les caractères du gneiss. — Groupe gneissique, groupe de roches méta- morphiques comprenant les ardoises micacées, les roches quartzeuses, etc. GNESEN [ghnè-zènn], (pol. Gniezno). ville de Prusse, à 40 kil. iN.-E. de Posen ; 20,500 h. Elle fut la capitale de la Pologne jusqu'en 1320 et elle a été à plusieurs reprises assiégée, prise et pillée. Les archevêques de Guesen étaient primats de Pologne. GNET s. m. [ghnè] Bot. Genre de coni- fères, comprenant plusieurs espèces d'arbres GNOS et d'arbrisseaux grimpants qui habitent les parties Iropioales de l'Asie et de l'Amérique. GNÉTACÉ, ÉE adj. [ghné-ta-sé]. Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre gnet. — s. f. pi. Tribu de conifères ayant pour type le genre pnet. GNIDE. Voy. Cnide. GNOGNOTTE s. f. [nio-nio-te,3^ mil.] Pop. Chose ou personne de peu de valeur, de peu de considération. * GNOME s. ra. [ghnô-me] (gr. gnome, sen- tence). rSum que lescabalistes donnent à cer- tains génies ou peuples invisibles, qu'ils sup- posent habiter dans la terre, où ils sont les gardiens des trésors, des mines, des pierres précieuses : les gnomes sont réputés amis des hommes. * GNOMIDE s. f. [ghno-mi-de]. Femelle d'un gnome. * GNOMIQUE adj. [ghno-mi-ke] (pr. gnômé, senleiiue). .Sentencieux. Se dit des poèmes qui contiennent des ma.ximes : les Distiques de Caton sont un poéine gnomiqiie. — Se dit aussi des auteurs de poèmes sentencieux : Tfii^ognis et Phocylide sont des poètes gnomiqiws. — Suhslanliv. : Brunck a donné un recueil des gnomiqiœa grecs. GNOMOLOGIE s. f. [phno-] Philosophie sen- tencieuse fondée sur des aphorismes. * GNOMON s. m. [ghnn-mon] (^'r. gnomon, indicaU'iu'i. Astron. Se dit de tout instrument qui marque les heures par la direction de l'ombre qu'un corps solide porte sur un plan, ou sur une surface courbe : les cadrans so- laires sont des gnomons où le corps qui projette son ombre est une verge de métal appelée Style. •GNGMONIQUE s. f. [ghno-mo-ni-ke]. Art de tracer des cadrans au soleil, à la lune et aux étoiles; mais surtout des cadrans solaires sur un plan, et même su:' la surface d'un corps donné quelconque : la gnomonique est une iiartir des mathématiques. GNOMONISTE s. m. Celui qui s'occupe de gnomonique. GNON s. m. fnion ; gn mil.]. Contusion : re- cevoir un gvon sur l'œil. "GNOSE s. m. [ghnô-ze] (gr. gnôsis, con- naissauce). Théol. Science supérieure de la religion : certains mystiques ont introduit une fausse gnose au lieu de la véritable. — Doc- trine des gnostiques. . GNOSSE. Vov. Cnosse. ■ GNOSTICISME s. m. Opinion, hérésie des gnosUi|iii-s : I hintoire du gnosticisme. * GNOSTIQUES s. m.pl. [ghnoss-] (gr. gnôs- tikos; de gnôsis, connaissance). Hérétiques des premiers siècles de l'Eglise, qui se van- taient d'avoir des connaissances et des lu- mières surnalurelles. Les doctrines des gnos- tiques furentcombattues par les plus célèbres pères de l'Eglise. — • Le nom de gnostiques a été donné à dilférentes sectes hérétiques des temps primitifs de l'Eglise chrétienne. Ces sectes nous sont connues seulement parles appréciations de leurs adversaires; et il ne nous est pres(|ue rien parvenu des écrits des gnosliciues, sinon quelques citations fragmen- taires trouvées chez les auteurs orthodoxes. Le g[ioslicisine fut le premier essai que l'on tenta pour constituer un système philoso- phique de foi ; il atteignit son apogée au il" siècle. Purement spéculatif, il eut une mé- diocre inlhience sur les niasses. Les doctrines principales des gnostiques peuvent se résu- mer en sept points principaux : 1° Dieu, infi- niment éloigné du monae actuel, est enve- loppé par l'abîme (gr. Bâfloç), avec lequel il est confondu ; il est séparé de la création et commuui(|uo avec le monde inférieur par rintcrméiJuiiro des oeons (gr. a'iwv, âge ou ère), 2° Au-dessous de l'abime dans lequel Dieu GNOS seul habite ou autour de cet aWme est la pleroma (gr. ■Kkipr.i^v,^ abondance), monde de lumière et de gloire peuplé parlesseons. Ces œons, émanation de Dieu, personniPication de ses attributs, remplissent les fonctions auxquelles on donne leurs différents noms. Parmi les œons du degré le plus élevé sont l'Espril, la Raison, le Pouvoir, la Vérité et la Vie. Le Nous ou tîsprit procède directement de la divinité. Les autres émanent en succes- sion descendante du premier aeon. 3° La ma- tière est infiniment séparée de Dieu et le monde matériel est l'antithèse du monde spi- rituel. Le Hyie (xi^n, matière) est ou la mort et le vide absolu (KÉïwpa) ou une substance positivement mauvaise. Le créateur de cet univers matériel est le Démiurge, dont le travail immédiat est le mal : c'est le Jehovah des Juifs. 4» L'homme a une triple nature d'esprit, de corps et d'âme. Les hommes sont divisés en trois classes, d'après la prédomi- nance de l'une ou de l'autre de ces trois na- tures. 5» La rédemption atteint seulement les classes aériennes et psychiques. L'instru- ment de la rédemption est le Christ œon. Cet aeon a pris une forme corporelle sans être ac- tuellement uni à aucun corps matériel et il apparut en Judée sous le nom de Jésus de Nazareth, non comme un être humain réel, mais comme une illusion d'optique, comme le fanlôme d'une idée spirituelle. 6° Lesgnos- tiques croyaient à une double Eglise pour la masse des croyants et pour les initiés ; pour la masse, les doctrines devaient Cire exoté- riques ordinaires, et pour la seconde classe elles devaient être ésotériques spirituelles et révélées à une société secrète sacrée apparle- nant à l'Eglise même. Le baptême était leur rile important, le signe de leur émancipation du pouvoir demiurgique. T» Comme morale pratique il y avait deux tendances dans le gnosticisme : d'une pari, la tendance ascé- tique qui recherchait une complète émanci- pation de la matière et des passions corpo- relles, causes du péché; d'autre part, les ten- dances licencieuses qui plongent dans des ex- cès sous prétexte que la passion sensuelle est combattue plus sûrement par la satiété. — Parmi les précurseurs du gnosticisme avant la fondation de ses principales écoles, on cite Simon Magus, Ménandre, Cernilhus et Nicolaus, fondateur de la secte des nicolai- tains. L'école syrienne, dont le caractère dis- tinctif est le dualisme, eut pour maîtres prin- cipaux : Saturninus , qui vivait à Antioche vers 125; Bardesanes, qui florissail à Edesse à la fin du n" siècle, et Tatien qui vivait au ii« siècle, et qui est habituellement classé parmi les apologistes chrétiens. Dans l'école égyptienne, caractérisée parla théorie d'éma- nation, les principaux maîtres furent : 1° Ba- silides, qui enseignait à Alexandrie vers l'an 120 et dont les adeptes, les basilidiens, exis- tèrent jusqu'au iv« siècle. 2° Valentinus, Juif d'Alexandrie, qui enseigna à Rome et mourut à Chypre vers 1 60. 3° Les ophiles ou naosènes, secte puissante, qui n'offre aucun nom proé- minent parmi ses chefs et qui fait remonter sa doctrine à Jacques, frère de Jésus-Cbrist; elle exista à une épo(iue plus récente que les aulres sectes gnostiques. Comme leur nom l'indique, le serpent était pour les ophite» un emblème sacré. Les selhites et les caïnites furent des branches de celte secte. La mo- rale des ophiles était mauvaise et leur secte tomba sous un interdit impérial. Le nom le pluséminent des gnostiques de l'Asie Mineure est celui de Marcion, moraliste austère et lo- gicien vigoureux. Il enseignait à Rome vers le milieu du ii" siècle ; son système est carac- térisé par une antithèse constante entre le christianisme el le judaïsme, par le refus d'adopler l'Ancien Testament et toutes les au- torités apostoliques (excepté celle de Paul), et par un ascétisme sévère. Los adhérents de celte secLe étaient encore nombreux à l'é- GO 127 poqire de Mahomet. — Bien que la secte et les écoles des gnostiques aient presque entière- ment disparu avant le vi= siècle, leurs opi- nions reparurent à une époque plus récente et se manifestèrent dans un grand nombre d'hérésies. Leur influence se fait .sentir dans les idées des ebionites et des docetes, dans les homélies Clémentines, dans les théories radicales du montanisme, dans les fantaisies des néo-platoniciens et surtout dans l'hérésie puissante et répandue des manichéens. Les auteurs modernes les plus importants qui se sont occupés du gnosticisme sont Neander, Lewald, Mohler et Baur. GNOU s. m. [i:hnou] Mamm. Espèce de grande antilope qui habite les plaines méri- dionales et centrales de l'Afrique, et que l'on classe quelquelois parmi les bovidés ou bœufs, du genre eatohlepaM (H. Smith) ou conno- chetes (Cray); c'est le icilde beest des colons hollandais du Cap. Le gnou est l'un des ani- Gnou blunc (Catobkpas gouj. maux des plus singuliers; il a la tête et les cornes du buffle, le corps et la crinière d'un cheval et les membres d'une antilope. La cou- leur générale de l'espèce commune {catoblepas gnu, H. Smith) est d'un brun fauve, sombre sur le dos et aux jambes. Le gnou, quoique lourd en apparence, est très rapide et actif; il galope comme un cheval à travers lesplaines el forme des troupeaux comme les bu-ufs sauvages, il est très querelleui' et s'appri- Gdou tavi'lé (Caloblepasgorgon). voise avec difficulté. L'espèce commune me- sure environ 1 m. -20 cent. de hauteur M'épaule et 2 ra. iOcent. de long de l'exlrèmilé de la ijueue à l'extrémité du mullo. Une .«econde espèce plus grande est le kokoon ou gnou ta- velé, blauwe Wilde beest {catotlcpas taurina et gorgon, H. Smith), qui a environ I ni. 80 cent. à l'épaule el 2 m. îii) cent, de l'extrémité du muUe à l'exlrèmilé de la queue, celle-ci a en- viron ;>D cent, de longueur cl les cornes envi- ron 66 cent. Sa chair e4 estimée. • GO (Tout de) loc. adv. (rad. gober). Libre- J28 GOBE ment, fans façon ou sans obstacle : il est en- tré tout de go. (Pop.) GOA. I. Colonie portnpaisc de l'Inde, ?ur la côte occidentale, entre 14° tiV et 13° 4-)' laL. N. et entre li" 25' et '2" U' long E.; po- pulation : 48"j,617 liab. lOllc produilie riz, le poivre, la noix de coco, les noix de txHol ol du sel. Les habitants sont en majorité catho- liques romains, et de sanc mf-lé portugais et indou. — 11. Vieux Goa. ville de cette colonie, sur une lie sé|iaice du continent par la ri- vière Mandova, à3.i0kil. S -S.-E. de Bombay; environ 4,000 hab. Auxvi" siècle, c'était un des établissements européens les plus pros- pères de rOrienl; elle comptait alors 200,000 hab., mai- elle fut abandonnée auxviii" siècle en raison de son insalubrité. En 1510, les Portugais, s'emparèrent de Goa, et en firent la capitale de leurs possessions dans l'Inde; et depuis, elle est restée en leur pouvoir, excepté de 1X07 à 18lii, période pendant laiiuelle les Anglais l'orciipércnt. — III. Nouveau Goa, Panjim ou Pangaum, ville bâtie sur la nifme ile â 7 kil. de la nier, dans une baie magni- fique au suil de la pointe d'Algoada. Elle est fortifiée, et depuis 'I7;i8 elle est la capitale des possessions portugaises en Orient; environ 24,000 hab. GOALPARA, district du Bengale, borné au N. par le liootan; 500,000 bab. Coton, tabac, sucre et moutarde. La ville du même nom sur le Braliniapootre, à 3S0 kil. N.-E. de Cal cutta, est le centre principal pour le commerce de celle région. GOAREC, cb.-l. de cant., arr. et à 37 kil. de Loudéac (Côtes-du-Nord), sur le Blavet ; 782 bab. GOAVE I. (Grand), petite ville maritime fortifiée d'Ilaili, dans la baie de Léogane (piovince de l'O.) à 45 kil. S.-O. de Port- au-Prince. Café. 20,000 hab. — II. (Petit-), ville maritime fortifiée d'Haïti, dans la baie de Léogane (prov. de l'O.), à 54 kil. O.-S.-O de Port-au-Prince. Café. 30,000 bab. GOBAGE s. m. Jargon. Amour : avoir un fort gobage pour une femme. GOBAIN (Saint-), comm. du cant. de la Fère,arr.etài5 kil. O.-N.-O de Laon (.Msne); 2,147 hab. Manufacture de glaces, la plus re- nommée de l'Europe, fondée en 1091 dans un ancien château des sires de Coucy et où l'on coule des glaces de plus de 3 m. de haut, sur 1 m. 50 cent, de large (200,000 m. carr de glaces par an). Le polissage se fait à Cbauny. Patrie de Luce de Lancival ; curieuse crypte au-dessous de l'église. ■ GOBBEs. f. Soi te de composition en forme de bol, qu'on donne aux animaux pour les empoisonner. — « Argot. Calice. GOBEL (Jean-Baptiste-Joseph), constituant, évêque consliUilioiinel de Pans, né a Tbann en 1727, guillotiné le 14 avril 1794. H adhéra à la constitution civile du clergé, opta pour le siège épiscopal de la Seine, auquelies élec- teurs l'avaient appelé, se rangea, en 1793, parrui les bébertistes, et, lors de l'établisse- ment du culte de la Raison, vint, avec tout son clergé, à la barre de la Convention re- noncer solennellement aux fonctions de mi- nistre du culte. II subit le sort des bébertistes. * GOBELET s. m. (lat. cupella, coupe). Vase à boire, rond, sans anse, et ordinairement sans pied, moins large et plus haut qu'une tasse : gobelet d'or, d'argent, etc. — Se di- sait absol., chez le roi, du lieu où l'on four- nissait le pain, le vin et le fruit pour la bouche du roi. — Signifiait aussi, collect., les officiers qui servent au gobelet : le gobelet a a reçu l'ordre de faire telle chose. — Se dit aussi d'ustensiles en forme de gobelets à boire, et ordinairement de fer-blanc, dont le des- sous est concave, et quiserveiit à escamoter, à i GOBE faire des tours de gibecière : faire passer une musende sous un gobelet. — Joikch uk coeik- LKTS, se dit d'un fourbe, d'un homme qui ne cherche qu'à tromper cc'u.\ avec qui il traite. On dit quelquefois, dans un sens analogue, JoUEIl UES OOUKLKTS. 60BELETERIE s. f. Fabrication et commerce de gobelets et d'ustensiles analogues. GOBELETIER s. m. Ouvrii-rqui travaille en gobcll.'tcnr. 60BELIN s. m. (bas lat. gobelinus, démon qui loiiail aux environs d'Evreux). Démon, lutin. Les marins disent Gogueli.n. * GOBELINS s. ni. pi. Célèbre manufacture natioii.ili' (le teinture et de tapisseries à Paris. Elle lire son nom de Jehan et de Gilles Gobelin, célèbres teinturiers, qui, vers 1450, avaient établi sur la Bièvre une teinture- rie pour exploiter un perfectionnement qu'ils avaient imaginé dans l'application de la couleur écarlate. Leur usine acquit bienlût une grande renommée. Jehan Cobelin, chel de la famille, mourut en 1476. L'établisse- ment fut acheté par Louis XIV et transformé en 1667 en inanufaclure royale des meubles de la couronne, atelier immense dans lequel on exécutait avec le dernier luxe tous les ou- vrages d'ameublement et d'ornement des maisons. A la suite de la détresse financière de la couronne après 1694, les ouvriers ha- biles farciit renvoyés et lorsque les Gobelins furent ouverts de nouveau plusieurs années après, on restreignit le travail à la fabrica- tion de la tapi.sserie destinée aux tètes cou- ronnées ou aux personnages éminenls. L'éta- blissement fut en partie brûlé parles soldats delà Commune le ii mai 1S7I. La iiiaiiufac- lure des Gobelins est divisée aujourd'hui en trois sections distinctes : la temlurerie, les ateliers de tapisserie et la fabrique des tapis. La teinturerie produit non seulement toute espèce de couleurs, mais de 20 à 30 nuances de chacune de ces couleurs. Grâce aux tra- vaux de l'éminenl chiniisle Chevreul, les cou- leurs actuellement produites sont parfaite- ment adhérentes. Les ouvrages eu tapisserie s'exécutentsi lentement qu'on ne peut deman- der à un artiste de produire en une année plus de 3 décim. carrés de travail. En 1826, la manufacture de tapis fut réunie à celle de la tapisserie. Les tapis des Gobelins sont re- marquables par le moelleux et l'égalité de leur tissu. Quelques-uns de ces ouvrages de- mandent de 5 à 10 ans de travail et coûtent de 60,000 à 150,000 francs. Le portrait do Louis XIV par Rigaud est considéré comme le chef-J'ojuvre des Gobelins. GOBELOTTAGE s. m. Argot. Plaisir, amu- senienl. * GOBELOTTERv. n.[vaLà. gobelet). FréquenL Buvolter, boue a plusieurs petits coujis. Ne s'emploie guère qu'en mauvaise part : c'estun homme de crapule, qui n'aime qu'à gobeluttcr. (Fam.) — vv Par ext. S'amuser, rire, boire et chanter. GOBELOTTEUR s. m. Celui qui aime à s'a- muser, a gobclotter. •GOBE-MOUCHES s. m. Hist. nat. Oiseau qui se nourrit de mouches et d'autres in- sectes volants. — Se dit également de quel- ques plantes dont la tige visqueuse ou cer- taines parties irritables retiennent ou empri- sonnent les mouches et autres insectes qui viennent s'y poser. (Voy. Apocyn, Dionée.) — Fig. Celui qui n'a point d'avis à lui, et qui paraît être de l'avis de tout le monde : c'est un vrai gobe-mouches. — Celui qui croit sans examen toutes les nouvelles que l'on débite : on a forgé cette nouvelle pour se moquer des gobe-mouches. — Homme qui s'occupe niaise- ment de bagatelles. — *»- Argot. Espion. — Encïcl. Les gobe-mouches forment un grand GOBE cenre de passereaux dentirostres, caractérisé par un bec moyen, déprimé horizontalement et garni de poils a sa base. Ils diilèrent des pies-grièches par une forme plus élancée et comprennent les six sous-g-cnres tyran, mou- zherolle, plalyrrlànque, gymno-iphale, cépha- loplirc et gobe-mouches, proprement dit. — Deux espèces de ce dernier sous-genre habi- tent notre pays pendant l'été; ce sont: le gobe-mouches gris {muscicapa grisola) , gris dessus, blanchâtre dessous, avec quelques mouchetures grisâtres sur la poitrine. C'est un oiseau solitaire qui recherche les lieux couverts et fourrés. Dans queli|ues pays, on enferme des oiseaux de cette espèce dans les appartements pour y détruire les moui'hes. Le gobe-mouches gris niche sur les arbres, dans les buissons ou dans les trous d'arbres; sa ponte est de 4 à 6 œufs blancs, lachetésde rougeâtre; le gobe-mouches à collier {musci- capa albicoiis) est très remarquable par les changements de plumage du mâle; gris avec une bande blanche sur l'aile en hiver, il se revêt, au printemps, d'un mélange agréable de blanc et de noir. * GOBER V. a. Avaler avec avidité et sans savourer ce qu'on avale :!7o6ir une /(ui(re. (Fam.) — GoDF.H DKs MoucuKs, perdre le temps à atten- dre, à ne rien faire, à niaiser. On dit dans le même sens. Gober du vent. — Croire légère- ment : c'est un homme qui gobe luut ce qu'on lui dit. — Pop. Prendre quelqu'un, se saisir de quelqu'un lorsiiu'il s'y attend le moins : on l'a gobé au sortir de chez lui pour le mener en pjrison. — »v Goueh ol'elqu'u.n, le trouver de son goût. — Se gober v. pr. S'en croire, être intatué de sa personne. * GOBERGE s. f. Perche ou instrument de bois qui sert à tenir quelque chose en presse, surtout chez les menuisiers. — Au pi. Se dit de petits ais de bois qui se mettent en travers sur le bois de lit, pour soutenir la paillasse. * GOBERGER (Se) v. pr. Se moquer : il se gohergait de ces gens-la. — Se divertir : de- puis deux jours, ils se gobergent à la campa- gne.— Prendre ses aises : il se gobergeait dans un bon fauteuil. GOBERT (le b.\rûn Napoléon), |ihilantlirope, né en 1807, mort au Caire en 1833. Fils d'un général de l'Empire, il eut Napoléon 1" pour parrain. Il combattit dans les rang's des in- surgés en 1830, fut attaché à l'ambassade française à Londres, entreprit un voyage en Egypte et succomba à un accès de lièvre. Par son testament, il fonda deux prix que 1 Académie française et l'Académie des ins- criptions décernent aux auteurs des meilleurs ouvrages relatifs à l'histoire de France. Les héritiers de Gobert ayant attaqué ce testa- ment, l'Institut composa avec eux, et se ré- serva 20,000 fr. de rente (10,000 fr. pour les prix décernés par chacune des deux acadé- mies). Ces rentes sont servies aux lauréats jusqu'à la publication de nouveaux ouvrages jugés supérieurs. ' GOBET s. m. Morceau que l'on gobe. (Fam.) — Pop. Espèce de cerise : des gobels à courte queue. — »v Fig. Homme crédule. GOBETAGE s. m. Action de gobeter. * GOBETER v. a. Maçonn. Jeter du plâtre avec la truelle pour le faire entrer dans les joints des murs de moellon ou de plâtras : gobeter un mur. GOBETIS s. m. Plâtre jeté avec une truelle ou un balai, et que l'on fait entrer dans les joints d'un mur. GOBETTE s. f. Argot. Petit verre à boire dont on lait usage dans les cantines et dans les prisons. GOBEUR, EUSE adj. Naïf, crédule : les Parisii.ns sont gobeurs. — Substantiv. Celui GODE qui gobe, qui avale, qui mange avidement: Celui qui, le premier, a pu l'apercevoir En sera le gobeur, l'autre le verra faire. L* FOKTÀINE. — Personne crédule, simple, naïve. GOBI, immense désert de l'Asie centrale, occupant principalement le plateau compris entre les montagnes de l'Altaï au N. et celles de Kuenlun au S.; il a environ 2,400 kil. de long sur une largeur moyenne de près de 480 kil. La partie occidentale, arrosée par ie Yarkand qui se jette dans le lac Lob, con- tient beaucoup de lacs salés et appartient au Turkestan oriental. La partie orientale, mieux connue, renferme quelques vallées fertiles et plusieurs villes; elle appartient pi-incipale- incnt k la Mongolie, mais une petite étendue appartient à la province chinoise de Kansu. Une vaste portion, appelée Clianio ou Mer de Sable par les Chinois, est une plaine qui s'étend à environ 1 ,000 m. au-dessusdu nivi^au do la mer. GOBICHONNADE s. f. Repas copieux. GOBICHONNAGE s. m. Argot. Amusement. GOBICHONNER v. a. Faire bonne chère, se régaler. 60BICH0NNEUR, EUSE s. Celui, celle qui aime a .s'amuser. GOBIE s. m. (gr. kobios; ïa.1. gobio, goujon). Icht. Genre de gobioïdes, comprenant plu- sieurs centaines d'espèces de poissons dont les ventrales thoraciques forment un disque creux constituant une ventouse au moyen de laquelle ces poissons se tiennent fixés sur les corps solides du fond de l'eau. Les femelles déposent leurs œufs dans un nid de fucus; le mâle s'enferme dans ce nid pour féconder la ponte, qu'il défend ensuite contre toute atta- que. Le type de ce genre est le boulereuu. ' GOBIN s. m. Bossu : un petit gobin. (Fam.) GOBIOÏDE adj. Icht. Qui ressemble à un gobie. — s. m. Famille d'acanthoptérygiens, ayant pour type le genre gobie, et compre- nant, en outre, les genres blennie, anarrhi- que, callioiiyme, platyptère et chirus. GOBSECK s. m. Usurier, avare; du nom d'un des personnages de la Comédie humaine de Balzac. GODAILLE s. f. Pop. Ivrognerie, excès dans le boire et le manger: faire une godaille. •GODAILLER v. n. [U mil.] (angl. good aie, bonne bière). Aimer trop à boire et h manger. • GODAILLEUR s. m. Se dit de quelqu'un qui a des habitudes d'intempérance : i;'cst un godailleur. — *v Au fém. : une godail- Ifiise. GODAN ou Godant s. m. Argot. Tromperie. — L)un.m:k ii\.\s lk ooua.nt, se laisser abuser. GODAVERY, grand Meuve de l'Inde anglaise. Le Godavery prend sasiuircc dans les Ghaiits de rO. et, après un cours de 1,200 kil., il se jette dans la baie de Bengale par deux canaux principaux. Il reçoit le Manjera au .S. et le l'oorna et le Wurdah au N. 11 a été rendu navigable jusqu'au Wurdah, au moyen de barrages et de canaux, pour les grands navires et pour les batiNiux à vapeur, sur un paieoiii's d'environ 470 kil. GODDAM s. m. [god-damm] (angl. God, Uiou; dumn, damne, .luron anglais). — Nom par le([uel on nésigncqnelquefois un Anglais, par allusion au juron favori des gens mal élevés lie son pays. GODEFROY DE BOUILLON, héros de la pre- mière iTdisade, ne a H.iisv (Krabant wallon) viM's HKiU, mon a.lérusalenile 17 juillet IIOII. Fils d'iMislacbe II,comle de Boulogne, et d'Ida lie Bouillon, il ili'M eiidailde la race dcsCarlo- vmgiens. Il Inirila d'une partie des domaines | de son oncle, Godefruy le Bossu, duc de la | 217 GODI basse Lorraine (10761. Lors de la lutte de l'empereur Henri IV, contre le pape Gré- goire VII, Godefroy de Bouillon prêta assis- tance à l'empereur, son suzerain. Choisi, en raison dosa grande taille et de sa force co- lossale, pour porter, pendant la bataille de Malseu (1080) la bannière impériale, il blessa niorteUement l'anticésar Rodolphe de Soiiabe, suscité par le pape; il se signala aussi au siège de Rome (108.3). S'étant croisé en 109.Ï, il vendit son duché de Bouillon à l'évêque de Liège, pour subvenir aux frais de son voyaiie et partit pour la Terre Sainte, le i:; août lOiio, accompagné de ses frères Eustacbe et Bau- douin et suivi de 70,000 fantassins et 10,000 cavaliers. (Voy. Croisadk.) Son courai.'e, sa brillante réputation et sa piété le désignèrent aux sutl'rages des princes et des "barons chrétiens, qui l'élurent chef de la croisade. Il sut déjouer les perfidies de l'empereur grec, Alexis Comnène, prit Antioche après 4 mois de siège (1098), s'empara de Jérusalem le lajuillet 1099 et essaya vainement d'arrêter l'etl'royable massacre des habitants de cette ville. Proclamé roi de Jérusalem, il ne voulut point n porter une couronne d'or là où le Fils de Dieu avait porté une couronne d'épine », et se contenta du titre de baron et avoué du Saint-Sépulcre. Il vainquit de nouveau les Sarrasins dans les plaines d'Ascalon et mourut empoisonné, dit-on, par un fruit que lui avait envoyé l'émir de Césarée. Il avait donné à son royaume le code de lois connu sous le nom d'Assises de .Jérusalem {éd'dé en 1841, par Eeugnot). Godefroy de Bouillon est le héros principal de la Jérusalem délivrée du Tasse. La ville de Bruxelles lui a élevé, sur la place Royale, une statue équestre, coulée en bronze, d'après le modèle de Simonis, el inaugurée en 1848. * GODELUREAU s. m. Jeune homme qui ' fait l'agiéable etle galant auprès des femmes. Ne se dit qu'en mauvaise part : c'est un jeune godelureau. (Fam.) ; GODENOT s. m. Petite figure de bois ou d'ivoire qui représente un homme, et dont les joueurs de gibecière se servent pour amuser les spectateurs : faire jouer godenot. — Fam. et par mépris. Il est f.\it commi: un GODENOT, se dit d'un petit homme mal l'ait. * GODER v. n. (rad. godet). Se dit d'un vêteinent qui fait de faux plis, soit parce que la coupe en est mauvaise, soit parce que les parties en sont mal assemblées : voiki une manche qui gode. — Se dit aussi d'un papier, qui, collé sur un autre, ne s'y applique pas exaclement, est soulevé çà et là. GODERVILLE, ch.-l. de cant., arr. et à 20 kil. du Havre (Seine-Inférieure); 1,420'hab. * GODET s. m. Sorte de petit vase à boire, qui n'a ni pied ni anse : boire dans un godet'. — Se dit aussi des augcts attachés à des roues, dont on se sert pour élever de l'eau. — Se dit encore de certaines choses, natu- relles ou artificielles, qui ont, ou à peu près, la forme de godets à boire : les peintres mettent leurs couleurs dans îles godets. * GODICHE s, m. Homme gauche, maladroit, ridicule : quel godiche. (Pop.) GODILLE s. f. [Il mil.] Aviron placé dans une entaille, sur l'arrière d'une barque, et qu'un seul homme manie on lui faisant imiter les inouveiiienls d'une queue de poisson. GODILLER V. n. Diriger une embarcation à r^de d une godille. GODILLEUR s. m. Batelier d'une godille. GODILLOT s. m. Argot. Soulier militaire ; du nom d'un fournisseur d'habillements ntili- taires. •GODIVEAU s. m. Cuis. Pâté chaud composé d'auilouillettes, de hachis do veau, et de béalilles : on a servi un excellent goUiveau. GODW 129 GODOY (Manuel de) [go-doï], prince de la Paix, homme d'Etat espagnol, né à Badajoz en 1 ;6/, mort à Paris en 18.Ï1. Entré jeune dans la garde royale, sa belle figure, ses nianières élégantes et son talent comme chanteur et comme guitariste, lui gagnèrent les faveurs de la reine et ensuite celles du roi Charles IV. Il fut créé successivement duc d'Alcudia, généralissime, grand amiral secrétaire d'Etat, premier ministre (1792) et grand d'Espagne de première classe. Le traité de Bàle, signé avec la République fran- çaise en 179o, lui fit donner le titre de prince de la Paix et un riche apanage. En 1797, il épousa Maria-Thérésa de Bourbon, niêce du roi, bien qu'il fût, dit-on, marié deja seciètement. En 1801, il signa le traité de Badajoz qui lui donna, par un article secret, plus de 8.';,000.000 de fr. 11 encourut bientôt l'inimitié générale et la haine mor- telle de l'héritier présomptif Ferdinand. Une insurrection éclata contre lui en 1808, et Il faillit perdre la vie. Les troubles cessèrent seulement lors de l'abdication de Charies IV a Bayonne. (Voy. Ch.\rles IV.) Godov accom- pagna le roi et la reine à Rome. Ses biens immenses furent confisqués. Il se fixa à Paris en 1S3o. Rétabli dans ses dignités en 1842. il resta à Paris, où le gouvernement français'lui servait une pension. Il a laissé des Mémoires écrits par un moine espagnol et publiés en français par Esménard (lS3G-'38; i vol. in-8»). * GODRON s. m. Certains plis ronds qu'on laisait autrefois aux fraises, et qu'on fait encore aux jabots de chemise, à certaines coilfures des femmes, etc. (Vieux.) — Orfèvr. Façons qu'on fait aux bords de la vaisselle d'ar- gent, et qui ont la forme d'un œuf allongé : vaisselle à gros godrons. à petits godrons. — Ornements de même forme qu'on fait aux ouvrages de sculpture et de menuiserie. * GODRONNÉ, ÉE part, passé de Godkonner. Qui a des godrons. — Bot. Feuille godronnée. feuille dont les bords sont plissés naturelle- ment. •GODRONNER v. a. Faire des godrons: godronner de la vaisselle d'argent, une coiffure. Il a vieilli. * GOD SAVE THE KING ou The Queen s. m. [god-sè-ve -zi-kign ; kouinn] (angl. Dieu sauve le roi ou la reine). Chant national ani:lais. GODUNOFF ( Boris -Fedorovitch) [ go-dou- nofl'], czar de Ru.ssie, né en 1552, mort en 1(i0.ï. Beau-frère du czar Féodor I, il obtint une grande intluence dans le gouvernement, et mit à mort ou exila ceux qui lui portaient ombrage. 11 succéda à Féodor en l.ïys, et chercha à accomplir quelques réformes et des améliorations, mais en 1(504, son trône fut mis en péril par l'apparition d'un préten- dant qui se faisait nommer Démétriiis. (Voy. DÉMÉTiuus.) Godunotl mourut subitement; on attribua sa mort à un empoisonnement. Son fils et successeur, Féodor, mourut bientûl après. GODWIN [god'-ouinn], comte de Wessex, né vers la lin du x" siècle, mort en avril I0:J3. De vacher qu'il était dans sa jeunesse, il devint le plus puissant seigneur d'Angleterre et beau-frère du roi Canut. On l'accusa d'avoir pris part au meurtre du prince .•Mfred, mais il fut pardonné par le frère de celui-ci, et s'ellorça ensuite d'assurer la couronne A Edouard le Confesseur. Il se révolta plus tard contre ce prince et fut obligé de s'enfuir du royaume; mais retournant avec un corps de troupes, il força le roi à lui rendre ses posses- sions. 11 eut pour lils llarold, dernier roi saxon. GODWm. I. William), auteur anglais, né en I7.li., iiiui i ■ h ISJti.'tlin 17!»3, il publia son Inquiry concerning BoUtieal- Justice el son III. |# 130 GOEL r.oER GOI'T In/lmnce on General Virlue and Unppinesi Km 179i, p.irurcnlses ouvrages li;s plus icriiar- f[uables. Catch Williams cl Sniul-Lcon. Il pu- blia plusieurs autres romans, duux Iragodics, et llistory of thc Commonwedllh, ouvrage im- partial et de grand niérilo, Tltauyhts on man, liis nature, Produdiuns, and Diseooerics, etu. Thc Genius of Cliristia le suppression d'un journal qu'il publia après le proclamation de la llépubbque fran(;aise. Une visite (]u'il lit il Paris en 1799, a la tête d'une di putalion allemande, refroidit son zèle et à MUi ri'tour il devint nrolfsseui' de sciences na- turelles à Coblcutz; il publia plusieurs ouvra- ges philosophiques. Dans son journal Der Hheinischc A/c»'c!(r(18l4-'l()), il soulii'iil le réla- bissemeiit de l'empire d'.XIlemagne. En 1K20, il publia UciUsctdund nud die Hcvolution, pré- disant nue nouvelle révolution si l'Egli.fe ro- ni.tine ne devenait prépondérante dans l'Etat. En IS27, il fut nomme professeur d'histoire à .Munich. Son AIttanasius (1837), défense do r.iri'hevêque de Cologne, contre le i.'ouverne- menl prussien, eut une grande inlluence sur les catholiques allemands. Il fonda le journal Uistùrisch-politisclic lilàtter. Son ouviaiie prin- cipal est riiristlickcMi/slik (4 vol. l836-'42).— Il (Guidoi, auteur allemand, fils du |U'écédent, né en ISO.'i, mort en 1852. Après la mort de son père, il publia Ilistorisek-politiscltc Itlatlcr, mais il est principalement connu par ses poèmes, ses légendes et des ouvrages pour la ji'iiiie^se. GŒRTZ [gheurtz] (Georg-HeJarich, nAnoN), homme d'Etal suédois, né en Allema.trne, mis à mort en mars 1719. En 170G, il fut envoyé par le gmivernemenl du Holstcin en mission prés de Charles XII, (jui le nomma son'mi- nisLro des finances et ensuite son premier ministre. Il essayait de rétablir la lortunc chancelante de la Suède par une vaste coali- tion (Voy. Gu.\RLKS .\ll), lui'sipie le roi fut tué au siège de Freileiikshad (I71S). (Jo'rlz, fut condamné a mort, comme ayant mal géré les linances et comme ayant poussé Charles à se lancer dans une folle entreprise. GŒRZ [gheurt] ou Goritz. I. Cercle de l'Au- triclie Cisleithanc ( appelé généralement Garz-tinil-Grodisku), fermant avec l'istrie et Triesle la province du Littoral, mais avant sa diète particulière; 2,9o3 kil. carr. ; 250,000 hab. — IL Capitale de ce cercle, sur l'Isonzo, à 30 kil. N.-N.-O. de Trieste; 22,000 hab. Château des premiers eomt(!S du Tyrul et de Gœrz; siège d'un archevêché. Manufactures de cuirs, de sucre et de soie. — Charles .\ se retira à Gœrz en 1830; il y mourut en 1837 et son fils, le duc d'Ang-oulême, en 1844. GŒS [.gouss], ville fortifiée des Pays-Bas, sur lile lîeveland méridionale, àiOkii. 0. de Bergen-Op-Zûom ; 6,570 hab. Le vieux port ainsi que le nouveau sont défendus par des forts. Commerce très actif. GOES (Hugo van der), peintre flamand, élève et siu'cesseur de Van Eyck ; il Morissait dans la seconde moitié du xv siècle. Ses peintures sont toutes tirées de sujets religieux; son chef-d'œuvre est le Crucifiement, dans l'église de Saint-Jacques à Bruges. GOETHE ( Johann -Wolfgang von)[gheu'-te], auteur allemand, ne a Eianelurt-sur-le-Mein, le 28 août 1749, mort le 22 mars 1832. Son père, fils d'un tailleur de Erancfort, était de- venu conseiller impérial et avait épousé en 1748 laliMe de Johann Wolfgang Textor, ma- gistrat en chef de la ville. (Joethe, leur pre- mier enfant, était précoce, beau, vif et sensi- ble. Il écrivait déjà plusieurs langues avant l'âge de 10 ans. En 176o, il fut envoyé à Leip- zig afin d'y commencer ses études. Il y écrivit deux dra'mes, Die Laune des Verlicbtcn et Die Mitschuldigen. En 1770, on l'envoya à l'u- niversité de Strasbourg où il étudia la juris- prudence et les sciences naturelles. En 1772, il alla à Welzlar pour y exercer la profession GOET GOGU GOIT 131 d'avocat, et en 1773, il publia Gœtz von Berli- chiyigen, version dramatique do l'histoire de Gœtz à la main de fer; cet ouvragi; souleva le plus grand enthousiasme dans le monde litté- raire'allemaiid et mit à la mode, pour un cer- tain temps, les drames romantiques. Un amour non partagé et le suicide d'un ami au sujet d'une passion semblable, lui suggérèrent les incidents de son roman intitulé Bie Leidcn des Jungen Werther (1774). qui obtint un succès extraordinaire. La même année, il écrivit Claviqo, drame tiré dos mémoires de Beau- marchais (voy- Clavuo). Sur l'invitation de Charles-Auguste de Saxe-Weimar (1771)), Goe- the se fixa à Weimar. Il fut nommé conseiller privé de légation, aux appointements de 1,200 thalers par an, mais sa principale occu- pation publique parait avoir été de présider aux plaisirs artistiques de la cour. Les pre- mières années de son existence à Weimar se passèrent au milieu des plaisirs, mais son acti- vité intellectuelle était trop puissante pour être longtemps détournée par des frivolités. En MTi, il produisit Iphiijcnic auf Tamis, et, après une visite en Suisse, dans le cours de la même année, il composa un petit opéra, ]cry und Bsetely. Plusieurs deses meilleurs pe- tits poèmes parurent à cette époque (1780-'83). En 1786, il se rendit en Italie où il composa son drame Torquato Tasso. A son retour à Weimar en 1788, il publia Egmont, drame romantique. Les relations qu'il avait long- temps entretenues avec Frau von Stein furent alors rompues et il en forma bientôt une autre avec Christianc Vulpius, femme sans éducation qu'il épousa plus tard, afin de légi- timer son lils (né en 178^, mort en 1830). En 1792, il accompagna l'armée prussienne en France et, bientôt après, parut sa version mé- trique de Reinecke Fuchs. Les résultats de ses études scientifiques se trouvent dans son Bcilrœgn ziir Optik et dans son Farhenlchre. La première partie de Wilhcm Meister(le Lehr- jalirc) parut en 179.ï. Hcrinann und JDorothca, poème pastoral en hexamètres, la plus par- faite de ses petites productions, fut écrit en 1707, el AchiUeis, la même année; il entra en rivalité amicale avec Schiller dans la pro- duction d'une série de ballades, qui sont au nimibre des chefs-d'œuvre de la littérature allemande. En 180b. parut la première partie de Faust, ouvrage qui éleva Goethe au pinacle de la renommée et qui le fit considérer comme le premier poète de son siècle. Quand les Français s'emparcTcnt de Weimar, il se ré- fugia au milieu de ses livres et montra une telle impassibilité, au milieu des troubles po- litiques, que ses compatriotes lui reprochèrent de manquer de patriotisme. Il accepta même l'invilatioii que lui lit Napoléon de visiter Paris. En ISOlt, Goethe publia sou roman le plus critiquable, Wnhivenvandschaften {Affi- nités Electives); ensuite parurent les ballades Der Tndtcnkranz, Der gctrrue Erkart, et Die ivani/elnile Glockc, le DichtiW!/ und Wahrheit, autobiographie, et la Westxestliehcr Divan, collection de chants et de poèmes orientaux. En 1810, il publia unjournal artistique, Kiwsl und Alterlhum, et en 1818 il donna la seconde partie de Wilhem Mcister (Le Wanderjhnre). En 1831, parut la seconde partie de Faust, con- tinuation obscure et mystique, mais pleine de passages splcndides, de pensées profondes, et d'une mélodie enchanteresse. Un an après avoir terminé Faust, Goethe tomba malade i la suite d'un refroidissement; il continua ce- pendant à travailler. Son dernier écrit est un essai sur la dispute entre Geoll'roy Saiiit- Hilaire et Olivier sur la ((iiestion d'unité de com[iosition dans le royaume animal ; ses der- _ niers mois furent : » De la lumière, encore ^k de la lumière ! ». H^ * GOETIE s. f. (gr. ijoès, sorcier) [go-6-cie]. ^^K Espèce lie magie p:ir laquelle on invoquait les ^H pcnies riialfaisants, pour nuire aux hommes. ^H C'est l'opposé de Thcurgie. I GŒTTINGEN [ail. gbeut-tign-ènn], ville du Hanovre (Prusse), sur le Leine, à8Ôkil.S.-E. de la ville de Hanovre; 25,513 hab. Son uni- versité (Georgia Augusta), fondée en 1734 par George II, roi d'Angleterre et électeur de Hanovre, fut inaugurée le 17 sept. 1737. Le savoir de plusieurs de ses professeurs la ren- dirent la plus célèbre de l'Europe avant la fin du siècle ; celle de Berlin, fondée en 1810, de- vint sa rivale la plus redoutable. Les troubles politiques de 1831 lui furent nuisibles, et les étudiants, au nombre de 3,000 en 1825 n'y étaient plus qu'au nombre do 900 en 1834. En 1837, le gouvernement expulsa sept des professeurs les plus capables, parce qu'ils avaient protesté contre l'abrogation de la constitution hauovrienne. Goettingen ne se releva jamais de ce coup. La bibliothèque de l'université contient 4;;o,ooo volumes et 6,000 manuscrits, elle surpasse presque toutes les autres bibliothèques allemandes par ses nom- breuses collectionsd'ouvragesmodernes. C'est l'une des mieux organisées de l'Europe. GOFFE adj. Mal fait, mal bâti, grossier, maladroit : cet }iomme-là est goffc. (Vieux.) GOG ET MAGOG, noms que l'on trouve dans la Genèse et dans les Chroniques I, pour dé- signer plusieurs personnages. Dans Ezéchiel, Gog est un prince du iNord, et Magog est son peuple. Dans l'Apocalypse, ces mots désignent les ennemis du christianisme voués à la des- truction. Les deux effigies du Guildhall, de Lon- dres, appelées Gog et Magog, sont l'objet de plusieurs légendes. Les effigies actuelles, creuses et sculptées sur bois, mesurent une hauteur de o mètres; elles ont été érigées en 1708. * GOGAILLE s. f. [Il mil.] (rad. gogue). Repas joyeux : faire gogaillc. (Pop.) GOGO s. m. Capitaliste, crédule, facile à tromper : ce banquier a fait fortune g i ace aux gogos qui lui ont confié leurs fonds. — Le type du gogo, créé vers 1838 par une pièce du Vaudeville, intitulée Monsieur Gogo, a été po- pularisé par le roman de Paul de Kock qui a pour titre La Famille Gogo (1S44). * GOGO (À) loc. adv. A sou aise, dans l'abon- dance : vivre éi gogo. GOGOL (Nikolai), auteur russe, né vers 1809, mort en 1832. Après avoir publié un volume do contes et l'Inspecteur, draine critiquant la corruption officielle, il fut nommé, vers 1834, professeur d'histoireà Saint-Pétersbourg. Son roman, Ames mortes (184°2), combat la plaie de l'esclavage. Gogol fit ensuite, dans sa Corres- pondance (1847), l'éloge des abus qu'il avait critiqués auparavant. Dans un accès de mé- lancolie religieuse, il détruisit tous ses manus- crits. GOGUE s. f. Plaisanterie. (Vieux). GOGUELIN s. m. Esprit familier qui, suivant les matelots superstitieux, fréquente la cale et l'entrepont. (Voy. Gobelin.) * GOGUENARD, ARDEadj. Plaisant, railleur. Se prcml oi-diuaimneiit en mauvaise part : cet homme est goguenard. — Subst. c'est un goguenard. (Fam.) * GOGUENARDER v. n. Faire de mauvaises plaisanteries : Une fuit quegoguennrder. (Fam.) ' GOGUENARDERIE s . f. Mauvaise plaisan- terie ; il ne réi'ond que par des goguenar- dcries. GOGUENAU s. ni. Récipient portatil de l'er- blanc ou de bois.iui renqdit l'utllcede tinette dans les régiments. Le gogucnau porte aussi le nom dc.thonias ou do jtUes. ' GOGUETTES s. f. pi. Propos joyeux : conter goguettes. — Fiun. Iviiik kn (ioiuiKrrKs, êtiie kn SF.s uoGUKTTKS, élrc en belle humeur. — Fam. Chanter goguettes a quelqu'un, lui dire des iu- jures, des choses offensantes, fâcheuses. — i* Au sing. Festin o(i règne la liberté : Franc ami de la gogttellr, Ma chambre est urte ^uitij^ucUe Où je liens festin et bal. DÉSIUGIRR^. GOHIER (Louis-Jérôme), homme d'Etat, dernier pri'sidont du Directoire exécutif, né en1746iiSamblaiiçay(Toiiraine),morten 1830. Il acquit une grande réputation d'éloquence comme avocat à Rennes et fut député en 1791 à l'Assemblée législative, où il combattit la fornmle du serment civique imposé aux prê- tres. Chargé de rédiger un rapport sur les papiers trouvés aux Tuileries le 10 août, il porta contre la famille royaledes accusations qui amenèrent la déchéance de Louis .\VI; il fut ministre de la justice après Garât (1793), président du tribunal do la Seine et du tribu- nal de cassation, et succéda à Treilhard au Directoire, le fiO prairial (18 juin 1799). Joué par Bonaparte, il refusa de donner sa démis- sion, lors du coup d'Etat (Voy. Brumatue.). Il accepta plus tard la place de consul général en Hollande et lors de la réunion de ce pays à la France, il rentra dans la vie privée. On a de lui des Mémoires (1824, 2 vol. in-S"), et une pièce de théâtre, le Couronncmoitrf'îm roi. ' GOINFRE s. m. Celui qui met tout son plaisir à manger : c'est un goinfre. ' GOINFRER V. n. Manger beaucoup et avi- dement. (Pop.) * GOINFRERIE s. f. Gourmandise sans goût : être adonné éi la goinfrerie. (Pop.) GOITACAZES, tribu indienne du Brésil, maîtresse pendant longtemps du pays situé entre le Rio Cabapuana ou Itabapuaiia et le cap Saint-Thomé, régions dont elle roftoussa constamment les Portugais. On prétend que les Goitacazes sont des êtres féroces et cruels adonnés au cannibalisme. Un grand nombre se sont faits chrétiens et leurs descendants sont aujourd'hui nombreux dans la partie septentrionale de la province de Rio-de-Ja- neiro. '* GOITRE s. m. [gouâ-tre] (lat. gutluv, go- sier). Anat. Tumeur qui se forme au-devant de la gorge, dans le corps thyréoïde. Le goitre consiste en un gonilement élastique provenant d'une hypertrophie des glandes thyréoides; on l'appelle aussi bronchocèle. 11 se présente sous forme de tumeur molle, non douloureuse, plus ou moins mobile, d'abord égale, arrondie ou ovo'ide et ensuite irrégii- liére et bosselée, quelquefois double cl d'un volume considérable. Peu développé, le goitre no cause aucun embarras ; mais quand il de- vient volumineux, il comprime la trachée, l'œsophage, l.'s vaisseaux et les nerfs, ce ([ui occasionne des maux de tête, une respira- tion et une déglutition difficiles, et plusieurs autres .symptômes plus ou moins dangereux. Le caractère anatumiquc de cette afl'ootion est l'accroissement des cellules des glandes, qui s'emplissent de sang ou d'un liquide vis- ([tieux. Quoiqu'il soit occasionnellement .spo- radique, le goitre est une maladie essentiel- lement endémique et héréditaire dans les pays froids et humides, dans certaines val- lées profondes, notamment dans celles des Alpes, du Valais, dans le Derbishire, etc. Il a certains rapports avec le crélinisme. sans être une maladie scrofulouse, cl il ne s'atta- que pas seulement à la misère et à la mal- propreté. Pris au début, il peut se guérir; plus tard, la cure en est difficile. Les moyens curatil's ijui obtiennent le plus de succès sont le changement de pays, 1 usage intérieur et extérieur de la teiutui'e d'iode ou de l'iodurc do potassium. On a aussi ppéponisé i'usago do la poudre d'épongé torréfiée. * GOITREUX, BUSE idj. Qui est de luimlure du goitre : la,iieitr goitreuse. — Se dit aussi de ceux qui sont atteints du goitre : tes lui' 132 GOLD GOLD niants de ccUe vallée soiil presque lovs ijoi- trctix. — Se dit subslantiv., dans ce dernier son"; : I'» r/fiUrcux. GOLCONDE, ancienne ville nt forlfiu-so de l'Inde, dans les possessions du Nizam, à 10 liil. N.-O. d'Hyderahad. La forlcresse sert anjourd'liui de prison et de di-|iôt pourle tré- sor. A environ (iO(l m. de eetle forteresse se trouvent les ma>:ni(iqucs mausolées des an- oieiis rois de Giilioiide. Cliaque mausolée oiTiipc le rentre d'une vaste plali'fornie qua- (Irauf-'ulairo que l'on atteint de tous eûtes par des escaliers de pranit. (".es monuments sont Tombeaux des rois à Golconde presque entièrement construits en pierre firise, ornés do stuc et de porcelaine indoue dont les couleurs conserv(uit encore leur pre- mier éclat. Golconde était autrefois célèbre pour la quantité et la qualité des diamants que produisent ses environs. Elle fut, pen- dant longtemps, la capitale d'un royaume qui porta son nom et qui se forma à la chute de l'empire Bahraani; elle fut ensuite prise par Aurunpzcbe et annexée à Deibi. GOLCONDE (Aline, reine de), opéra. Voy. Aune. GOiiPBERG [L'old'-bèrgl, ville de Prusse (Si- lésie), sur le Katzbacb," a U kil. S.-O. de Leignitz; 0,875 bab. Elle doit son nom à ses anciennes mines d'or. Draps, bonneterie, teintureries et distilleries. GOLDONI Carlo), dramaturge italien, né à Venise en 1707, mort en 1793. A l'âge de buil ans, il écrivit une espèce de drame comique, et à 13 ans il joua les rôles de femme au théâtre de Pérouse. En 1732, il fut admis à faire parlie du corps des avocats de Venise, maisbientôt après il se rendit à Milan où son opéra comique, Le Gondolier vmitien, fut joué et applaudi. Eu 1734, sa tragédie de Belisario obtint à Venise un succès extraordinaire. Sa seconde tragédie, Bosamonda, tomba eu 173S. En 1739, il fut nommé consul génois à Ve- nise, mais au bout de de.ux ans, il reprit son existence d'aventure. En 1747, il retourna à Venise et produisit 16 pièces nouvelles en trois actes. 11 avait déjà écrit 120 pièces quand on l'invita, en 1761, à se rendre à Paris où il de- vint professeur d'italien des sœurs du roi. Ses Mémoires (1787) sont, dit Gibbou, plus comi- ques que ses medieures comédies. GOLDSCHMIDT (Hermann) [golt'-chmitt], peintre et astronome allemand, né en 1802, mort en 1866. 11 étudia la peinture à Munich, et en 1836 il s'établit à Paris. En 1847, il se consacra a l'astronomie et. à l'aide d'un téles- cope ordinaire, il découvrit 14 astéroïdes, de 1852 à 1861. En 1863, il annonça qu'il avait observé six satellites de Sirius ; pour cette découverte, l'Académie des sciences lui dé- cerna le prix d'astronomie. GOLDSMITH (Olivier) Igold-smiss], auteur anglai>. li. dans le comte de Eongl'ord (Ir- lande). !■ 10 nov. 172», mort à Londres le 4 avril 1771. Fils d'un pauvre prC-tre de l'Egli.-e établie, il entra on 1744 au collège Trinily. àUubIni. III qualité d'étudiant servant nu pauvre. Il prit ses grades en 174U cl retourna dans sa famille, qui le destinait à la prê- trise ; mais lorsqu'il s'agit de passer ses exa- mens, il se présenta devant l'évAipie d'El- phin dans un costume à la dernière modo et en culottes écarlales; après cette incar- tade, il dut renoncer à recevoir les ordres. Il se fil alors pré- cepteur iiarticu- licr, mais il eut querelle avec la imille dans la- ([iiolle il se trou- vait, et s'en alla ayant 7;)0 francs eïi poche. Peu de semaines après, 1 était sans res- sources. 11 avait (jf' payé son passage our l'Amérique, mais le navire mitàla voilepen- danl qu'il s'amu- sait à la campa- gne. Un oncle lui donna les moyens d'étudierla juris- prudence, et il partit pour Lon- dres'avccl,2.ï0fr. qu'il perdit au jeu à Dublin. L'oncle l'en- voya à Edimbourg' et pendant doux hivers il fréquenta les cours de médecine, mais ac- cablé de dettes et poursuivi par les huissiers il s'enfuit sur le continent. Il passa près d'une année à Leyde, suivit des cours de chimie à Paris, traversa l'Allemagne et la Suisse, passa à Marseille et de là en Italie, vivant, comme on le suppose, à la manière du Vagabond Philrisoplic dont il parle dans le Vicaire de Wahefiflil. 11 fut reçu docteur-médecin à Pa- doue. Eu 17;')6, il débarqua à Douvres sans ressources et sans amis. Pendant deux ou trois ans, il resta dans l'obscurité cl (inilpar se mettre eu rapport, à Londres, avec le ré- dacteur du Monihhj Rcview, qui accepta sa collaboration. Après cinq mois d'un travail pénible, son engagement fut rompu et il écri- vit pourd'autres feuilles périodicjues. Enl7.')9, il lit paraître son premier ouvrage connu, An Inqninj into tfie Présent State of Potile Lear- ninij in Europe. La même année, il s'associa à un journal iiebdomadaire, Tlu: lier, qui vé- cut seulement deux mois. Il donna alors au journal le Public Ledger, les célèbres Chincse Lctters, publiées an nouveau peu de temps après sous le litre de The Citizen of Ihv yVorld. Ces ouvrages améliorèrent sa position et lui tirent faire la connaissance de Percy , de Smollclt, do Johnson, de Burke etd'Hogarth. A la même époque, il contracta une vive ami- tié avec sir Joshua Reynolds, amitié qui dura toute sa vie. Son ouvrage, le plus remar- quable pendant celte périoile fut Uistory of England in a séries of Lelters from anobleman to his son. Sou poème The Travcller fut pu- blié en 1764. Arrêté pour délies, il se délivra en cédant à \\n libraire le manuscrit du Vi- eaire de Wakcfield, moyennant la somme de 1,300 fr.; cet ouvrage, qui est l'un dos chefs- d'œuvre classiques de la littérature anglaise, fut publié en 1760. En 1767, Gnidsmith donna The Good-Natured man, qui fui joué au théâtre de Covenl Gardeu et lui rapporta 12,500 fr. Il passa l'hiver de 1768-'69 à com- pulser l'histoire romaine (2 vol.) et il com- mença aloi's Uistory of the Earth and Anima- ted Nature, imitation deBullon (S vol. 1774). En 1770, il publia The Deserted Village, qui GOMM obi un iiii siici i> extraordinaire. Ses produc- tions lui rapportaient des sommes considé- rables sans suffire à pourvoir à ses dépenses sans cesse grandissantes. Sa comédiL-. She Sloops to Conijuer, parut en 1772. Parmi les ouvrages que nous n'avons pas mentionnés dans cet article, nous citerons les vies de Vol- taire, du Iteaii Nash, de lord Bolingbroke cl de Thomas Parmdl; une histoire (.'recque et A fiwvcy of Expérimental Philosophy.Ln pre- mière collection de ses poèmes parui à Londres en 1780. La meilleure édition de ses œuvres est celle d'ICdimbourg (1801). Son Vr- caire de Wah':fteld a été traduit dans toutes les langues. L'une des meilleures Iradiiclions françaises est celle de M"" Louise Bclloc (Pa- ris, 1839-'44). — Go//-, jeu. (V. S.) * GOLFE s. m. (gr. kolpos; bas isrcc.kolphos). Partie de mer plus ou moins vaste, qui entre, qui avance dans les terres, et dont l'ouverture du côlé de la mer est ordinairemenl fort large: golfe de Venise, de Gaseogne, du Mexi- que, etc. GOLFE-JUAN ou Golfe-Jouan. hameau du canton d'Aiililies, arr. et à is liil. de Grasse (Alpes-Maritimes). Bon mouillage pour les vaisseaux de guerre et de commerce. C'est là que Napoléon débarqua à son retour de l'Ile d'Elbe, le l"' mars 18lo. Une colonne de g^ranil marque l'endroit où il passa la nuit de son débarquement. GOLGÙTHAs. m. Calvaire. Colline des envi- rons de Jérusalem, sur laquelle Jésus lut crucilié. (Voy. C.vlv.mre.) GOLIATH, géant philistin, haut de plus de six coudées (3 mètre.s); il délia tous les Hébreux, el fut renversé d'un coup de fronde par David, qui lui trancha la tête. (V. S.) GOLO, riv. de Corse qui prend sa source à 23 kil. 0. de Corte; elle donna son nom, en 1793, à un département lormé au N. de la Corse. (Voy. Couse.) Cours, 66 kil. GOLIUS (Jacobus), orientaliste hollandais, (11)96-1667). Son Oiuvre piincipale est son Lexicon Arabica -Latinum (ÎO-jS). GOLLNOW [gol'-nô], ville de Prusse, dans la Poméranie, sur l'Ihna, à 20 kil. N.-E. de Sletlin; 7,280 hab. Usines de cuivre; manu- factures de rubans et de papier. Cette ville faisait jadis partie de la ligue llanséatique. GOMAR (François), ministre prolestant, chef de la secte des Gomaristes, né à Bruges en lo63, mort en 1641. Il eut avec Arniinius (voy. ce mol) une querelle qui excita des troubles dans toute la Hollande. Il professa ensuite la théologie et l'hébreu à Groningue elfit condamner la doctrine d'Armiiiius par le synode de Dordrechl. Ses œuvres ont été publiées à Amsterdam (104;-),in-lol.). GOMARISME s. m. (de Gomar, nom du fondateur!. Doctrine protestante sur la pré- de^lillatio^. GOMARISTE s. Partisan de Gomar et de sa doctrine. GOMBETTE (Loi). Loi promulguée par Gondebaud, comte de Bourgogne, en 502. Elle permettait de réparer tous les délits par compensations pécuniaires, favorisait la fusion des familles indigènes et des iamilles bourguignonnes, établissait la gratuité de l'administration de la justice, remplaçait le serment judiciaire par le di^J. La loi Gom- betle fut abrogée en 840. GOMER, le premier desjjSept fils de Japbet (Gen. .\, 2, 3). DansEzéclliôI, xxxviii, 6, Gonicr désigne un peuple qui appartenait évidem- ment à la famille scyliqije. Ce peuple est identique avec les anciens Cimmerii (Cimbres |et Celtes). GOMMAGE s. m. Action de gommer ; résul- tat de celle action. GOMM GOMM GOND 133 * GOMME s. f. (lat. giimmi; gr. kommi). Siibslunco visqueuse qui df'coulo de certains arbres, qui s'épaissit à l'aii'. et qui est soluble dans l'eau : gomme de cerisier, de p7~unier, etc. — Gomme ammoniaque. (Voy. Ammoniac.) — Gomme COPAL, résine qui s'emploie dans la pré- paration des vernis. — Gommk élastique. (Voy. Caoutehouc.) — Chir. Sorte de tumeur qui vient aux os et au périoste. — v» Argot. Manière d'être, état du pommeux. — Faire DE J.A gomme, faire du f-'enre, faire l'élépant. — E.NCYCL. On donne le nom de gomme à l'exsudation de certains arbres; la gomme se distingue autant par la propriété qu'elle possède de s'amollir et de se dissoudre dans i'cau que par celle de résister à l'action de l'alcool et par celle de fournir de l'acide mucique quand elle est soumise à l'action de l'acide nitrique. Les résines, qui se rappro- chent des gommes par leur origine et par leur apparence, sont insolubles dans l'eau et se dissolvent dans l'alcool, dans l'éther et dans les huiles essentielles; elles se distin- guent, en outre, des gommes par leur inflam- mabililé. Les gommes sont composées prin- cipalement de trois principes, savoir : l'ara- bine, la bassorine et la cérasine. L'arabine est soluble dans l'eau chaude et dans l'eau froide et elle forme presque la masse entière de la gomme arabique. La bassorine gonfle dans l'eau froide, mais elle ne se dissout pas; elle résiste à l'action de l'eau chaude pendant quelque temps; elle se dissout après une ébullition prolongée, elle forme une grande partie de la gomme adragant. La cérasine, qui ressemble beaucoup à la bassorine, exsude du cerisier et de plusieurs autres arbres frui- tiers à noyaux. — Il y a six espèces de gommes connues : la gomme arabique, la gomme du Sénégal, la gomme du cerisier, la gomme de Bassora, la gomme adragant et la gomme de graines. Les cinq premières sont les gommes proprement dites; la dernière ne se dissout pas au moyen de l'ébullition. On donne le nom général de gomme arabique aux diffé- rentes gommes produites par diverses espèces d'acacia. Ces gommes se dissolvent facilement dans l'eau bouillante, mais la solution plus lentement elfectuée dans l'eau froide se con- serve mieux ; on l'emploie pour la préparation do mucilaf;e adhérent et aussi pour produire une surface glacée sur des étoffes, pour leur donner du corps à la façon de l'amidon. En augmentant la densité des liquides dans les- ([uels les gommes sonif dissoutes, elles main- tiennent en suspension les substances qui autrement tomberaient au fond. C'est pour- quoi on les emploie dans la fabrication de l'encre à écrire et dans diverses préparations médicinales. On les administre aussi poui leurs vertus médicinales adoucissantes. La gomme adragant estle produit de différentes espèces d'astragales, particulièrement de yasiragidus veru^i du nord de la l'erse, de l'Arménie, de l'Asie Mineure, et rie l'astra- galus gnnuaifer d'Arabie, du mont Liban, etc. On recueille cette substance en juillet et en août; elle exsude des arbustes naturellement ou au moyen d'incisions faites prés des racines. La gomme adragant est dure, épaisse, plus ou moins blanche selon sa pureti'; elle est irrégulièrement aplatie et, en filaments vcrmiculaircs tortillés. On peut la pulvériser après l'avoir sèchée à une température de -f- fOil"; elle n'a ni goût, ni odeur. Sa gravité spécili(iue est 1 ,:iS4; elle augmente lontcnionl de volume dans l'oau, s'y dissout en partie et forme une pâfo .épaisse adhérente, lui la fai.sant bouillir avec une quantité siillisaiitc d'eau, on obtient une solution semblable à colle de la. gomme ttrabique. GOMMÉ, ÉE adj. Qui est enduit de gomme ; où l'un a dissous do la gomme. * GOMME GUTTE s. f. Gomme-résine, jaune, âcrc, amére, qui s'emploie en médecine comme purgative, mais surtout en peinture, pour l'aquarelle : des gommes-guttes. — La gomme-gutte est une gomme-résine jaunâtre que l'on récolte à Siam, en Cocliinchine, dansl'lle deCeylan. L'arbre dont on l'obtient Gomme-gutte (Hebradendron cambogioidcs). eslVhehradendron cambogioides. Cette gomme fut d'abord importée en Europe par les Hollandais en 1603. La manière de la re- cueillir dans le royaume de Siam consiste à amasser dans des feuilles nu dans des coquilles de noix de coco le sue laiteux jaunâtre qui coule des pousses et des feuilles brisées de l'arbre, et à mettre ce suc dans des vases eu terre où on le laisse épaissir. GOMMELINE s. f. Gomme artificielle pro- venant de la transformation de l'amidon en de.xtrine au moyen de la diastase, ou en traitant l'acide lactique, la farine, le sagou, etc.; lagorameline sert à apprêter les indien- nes. * GOMMER v. a. Enduire de gomme : gommer de la toile, du taffetas. — Gommer une couleur, y mêler un peu de gomme, afin que la cou- leur ait plus de corps, et qu'elle tienne mieux sur la toile, sur le papier, etc. * GOMME-RÉSINE s. f. Suc végétal princi- palement composé de gomme et de résine, dont une partie se dissout dans l'eau, et l'autre dans l'esprit-de-vin : l'assa fœtida, ta myrrhe, l'encens, sont des gommes-résines. — Les gommes-résines se composent du suc épaissi de certaines plantes, obtenu par exsu- dation spontanée ou au moyen d'incisions. Elles contiennent, outre de la résine et de la gomme dont les proportions varient suivant les espèces, de l'huile essentielle et d'autres substances végétales, telles que l'amidon, la bassorine, etc. La plupart des gommes-résines sont des substances dures, sèches, cassantes et opaques, rarement translucides comme les résines. Parmi les plus importantes, nous citerons l'aloès, l'ammoniaque, l'assa fœtida, le bdellium, l'euphorbium, le galhanum, la gomnie-guttc, la myrrhe, le sagapenum et la scammonée. 'GOMMEUX, EDSE adj. Qui jette de la gomme : il y a dansée pays beaucoup d'arbres gommeux etréslneux. — Qui est ou qui lient de la nature de la gomme : suc gommeux. — *v Argot. Fashionable qui se trouve charmant et que le public trouve ridicule. « Le gommeux succède au petit-crevé, qui avait succédé au gandin, qui avait succédé au fashionable, qui avait succédé au lion, qui avait succédé au dandy, qui avait succédé au frelwjuet, au mcrvcillciix, à Vineroyablc, au muscadin, qui avait succédé au pctil-mailre. » (Bernadille.) * GOMMIER s. m. Bot. Arbre d'Amérique, espèce d'ai'acia qui donne beaucoup de goiiHiK! : gommier blanc. GOMMIFÈRE adj. Bot. Qui porte, qui produit de la gomme : acacia gommi/'ivc. GOMMIQUE adj. Se dit d'un acide extrait des gommes. GOMMO-RÉSINEUX, EOSE adj. Qui tient de la gomme-résine : suc gommo-résineux. GOMORRHE, ancienne ville de Palestine qui fut détruite en même temps que Sodome. GOMORRHÉEN, ÉENNE adj. et s. Habitant de Gomorrhe ; qui concerne Gomorrhe. * GOMPHOSE s. f. (gr. gomphos, clou). Anat. Espèce d'articulation immobile, par laquelle les os sont emboîtés l'un dans l'autre, comme un clou et une cheville dans un trou : telle est l'insertion des dents dans les mâchoires. — vv s. m. Icht. Genre de labroïdes compre- nant trois espèces qui habitent la mer des Indes. GONAGRE s. f. (gr. gonu, genou; agra, prise). .Mf d. Goutte du genou. GONAÏVES (Les), ville de Haïti, sur la côte 0. de la baie de Gonaives, a 90 kil. iN.-O. de Port-au-Prince; 20,000 hab. Port com- mode ; site délicieux, exportation de café. GONALGIE s. f. (gr. gonu, genou; atgos, douleur). Méd. Douleur rhumatismale fixée sur l'articulation du genou. GONÇALVEZ DIAZ [gonn-sal'-vèss-di-assl, poète brésilien ( 1S2.'?-1866). Au sortir de l'université de Coimbre (Portugal), il se fit un nom comme auteur de poésies fugitives ; Pri- meiros Cantos (1846). En 1847, il publia un drame romantique, Léonor de Mendoea, et ensuite Segundos cantos, Vltimos versos et Cantos. En 185o, il fut envoyé en mi.ssion scientifique en Europe, il mourut en mer à son retour dans sa patrie. On le regarde comme le premier poète lyrique du Brésil. GONCE s. m. Argot. Homme que les filous choisissent pour victime. GONCELIN, ch.-l. de canl., arr et à 30 kil. iN.-E. de Grenoble (Isère); 1,505 hab. GONCOURT (Jules-Alfred Huot de), littéra- teur, né à Paris le 17 décembre 1830, mort en 1876. Il a constamment collabore avec son frère Edmond-Louis-Antoine. Leurs œu- vres les plus connues sont : Sophie Arnoult, les Actrices, Germinic Laccrteux, l'Amour au dix-huilième siècle, etc. Jules de Concourt, qui avait reçu des leçons de Gavarni, est de plus l'auteur d'eaux-fortes remarquables qui ont été publiées par son frère en 1875. (V. S.) • GOND s. m [gon] (lat. contus, pieu). Mor- ceau de fer coudé et rond par la p.artic d'en haut, sur lequel tournent les penlures d'une porte : il manque un gond à cette porte. — Faire sortir, mettre quelqu'un hors des GONDS, exciter tellement sa colère, qu'il soit comme hors de lui-même: tic vous opinidtrcz pas contre lui, vous le mettriez hors des gonds. GONDAR, ancienne capitale de l'empire d'Ethiopie, à environ 35 kil. N. du lac Tzana ou Dembea ; environ 4.000 habitants. Elle est située sur une montagne, et consiste en groupes dispersés de maisons basses, construites de blocs grossiers de pierres volca- niques; elle renferme 44 églises et possède 1,200 prêtres. On y trouve des manufactures de coton, d'ornements, d'orfèvrerie, de par- chemins, do selles, d'ombrelles et de passe- menterie. Gondar, au moyen âge et jusqu'au xviii" siècle, fut la capitale du royaume d'.\- •byssinie et plus tard de celui d'Amhara.Sous le négus Théodoros, elle fut la capitale de toute l'Abyssiuie de 1853 à 1808. GONDEBAUD, roi des Bourguignons. D'a- bord vaincu par deux de ses frères, il finît par les surprendre dans Vienne et les lit mettre à mort. Egalement vaincu par Clovis près de l'Ouche (5u0). il obtint la paix et se tourna contre son frère Godegisèle, qui l'a- vait trahi et qu'il assiégea et fit massacrer 1 dans Vienne. Il gouvcroa ensuite la Bour- 134 GONF gogna jiisqu'ft sa tiiort cl fit preuve d'une griinrie sagesse. Il [ii'omulgua la loi Gom- IjCllO. (Voy. fiOMBETTE.) GONDEMAR I. Roi des Uourpuifiiions, flig de GoiiiJioi:. Il oui en parlap'; (i03) lo pays de Vienne diinl il fui népouilln par son frôre fiondi'liand, i[iii le fit incttri: à mort (470). — II. Itoi dcslionrfziiif;nons, fil.s do Gondebuud. Il succédii (••1-4) à son frère Sleisniond, tué [lar Clodomir, ballil et luai:c ehcf franc, fiil attaqué, vaincu à Autin (îiiti) et fait prison- nier par Cliildcbert elCIoiaire, qui renfermè- rent dans un château forl où il ukummiI (;i4l|. Le premier royaume de Bourgogne linit avec lui. GONDER V. a. Arehit. Mettre «les f-'onds: gondcr vnc porte. GONDI. Nom d'une famille originaire de ritirence. (Voy. Hktz.) — Gondinet. (V. .S.) GONDOKORO. localité du Soudan égyptien. sur lo Ml l)laiic, par 4» ii4' lat.'"j\. et 2'.)" 'i[)ant avec une baguette garnie de peau. GONGONNER v. a. Se dit de vôtemeuts qui font des |ilis el vont mal. (Fani.) GONGORAY ARGOTE (Luis de], poète espa- gnol, où en l'iOl, mort rii \i)fi. Ilcnlradans les orilres à l'âge de 43 aiis, rt l'ut nommé chapelain titulaire de Phili[)pe III. Ses pre- mières poésies, consistant en ballades et en odes, sont remarquables par leur vigueur et leur simplicité; plus tard il adopta le style obscur et très prélenlieux appelc eslilo eulto, nu style cultivé, qui pendant un certain temps lut a la modo e[i Espagne. GONGORISME s. m. Style affecté qui s'in- troduisit dans la littérature espagnole par l'i- mitation du genre de Gongora. Goiig>/k. (V. S.) GONIATITES, groupe de fossiles céphalo- podes, voisin des ammonites el ayant une coquille senildable à celle des nauliles. On a trouvé des goniatites marcelleneis (Van.) de 3i cent, de diamètre, dans les argiles schis- teuses de NcH-Vork. * GONIN s. m. Nom d'un escamoteur célèbre sous François 1". IN'esl usité que dans celte phrase populaire. C'est un maiiiie gonin, c'est un Iripou adroit et rusé. * GONIOMÈTRE s. m. (gr. gomrx, angle; me- tron, mesure). Crislall. Instrument (jui sert à mesurer les angles descrisl.uix naturels. — Les goniomètres sont de doux sortes : celui d'Hauy a deux bras qui s'appliquent aux faces adjacentes du cristal, l'angle étant indiqué par un arc gradué. Dans le goniomètre ré- tlecleur du U' Wollaston, le cristal est atta- ché à un cercle gradué et on le tourne jus- qu'à ce que les laces adjacentes réfléchissent un rayon de lumière dans la même direc- tion. ' GONIOMÉTRIE s. f. Math. Art de mesurer les angli s. — Gonophnre. (V. S.) * GONORRHÉE s. f. (gr. gonos, semence; rhcô, je coule). Aléd. Ecoulement par le canal de l'urètre, qui est dii le plus souvent a une affection vénérienne : gonorrhée simple, viru- lente. GONSALVE DE CORDODE ou Gonzalo Her- nandez de Cordova, appelé cl Gran Cuintan (le grand capitaine), général espagnol, né en 14ii3, mort le 2 décembre l.Sla. Il se dis- tingua a Albuera pendant la guerre de Por- tugal (147!*) etarriva àl'apogée delarenom- mée pendant la guerre avec les Maures (1481-02). Il chassa "les Français du royaume de Naples en 149o-'y6 et enleva ensuite Ostie à une bande de routiers qui l'occupaient COOD l'ai l.'iOO il répriinaune insurrection des Maures dans l'AIpujarras, et en l.'iOl il s'enifiara de la forteresse presque im|ircnahli' de Saint- (ieorgcs (Cé|)halonie). Le royaum(! de Naples ayant i;té divisé entre Louis .XII et l''erdinand le (Catholique, (ionsalvc fut nommé lieutenant général de la |)ortiou espagnole, mais les Fran- çais (ît les Es|iagnols mirent des contestatifms au sujet de leurs frontières, et en juillet l.'iOi, on en vint aux hostilités. Gonsalve battit b's Français à Barlettu (avril 1503), cl sur le Ga- rig-liauo (décembre), et prit Gaëte (liiOi); les Français évacuèrent le pays. Gonsalve gouviT- na le royaume en ((ualité de vice-roi jus- qu'en i'.')à'. Ferdinand, le soupçonnant de vouloir se rendre indépendant, le rappela; il se relira dans ses étals, près de Loja. GONTAUT, nom d'une des plus illustres maisons de France, qui remontait au x" siècle; elle a fourni quatre maréchaux de France. (Voy. BinoN.) GONTRAN, deuxième fils de Clotaire, roi des Flancs. Il eut en partage ( .ïfil ) les royaumes do Bourgogne cl d'Orléans, re- poussa victorieusement les incursions des Lombards, réprima une insurrection des leudes en faveur de Gondovald cl mourut en .'iiKi, après avoir légué ses Etals à Childe- bert II. GONYPE s. m. (gr. gonu, articulation ; poMS, pied). Entoni. Genre de dvptèros asiliques, comprenant une douzaine d espèces. GONZAGA [gonn-dzâ-ga], ville d'Italie, à ■in kil. S. de Manloue; 7,564 hab. Son châ- teau l'ut le berceau de la famille do Gonzaga. Manufactures de soiries. G0NZA6UE (Saint Louis de). Voy. Louis. GONZAGUE ou Gonzaga, l'amille italienne ipii gouverna Manloue dçjiuis 1328 juscpi'eu 1707. Son fondateur fut Ludovico 1^'' (mort en 13G0). La famille se divisa en plusieurs branches dont les plus puissantes furent celles des ducs de Nevers et des ducs de Guastalla. Quelques-uns des gouverneurs de Manloue se distinguèrent comme protecteurs des arts el des lettres et firent de leur cour une des plus brillantes de l'Italie. Cecilia (né vers 1424) et Lucrezia (morte en l.j76) se rendirent cé- lèbres par leur savoir. Ludovico III (1444-'78), surnommé le Turc, Francesco II (1484-1319) el Vincenzo I (1587-1611) furent des guerriers renommés. La branche ainée s'élant éteinte en 1627, Manloue, après une guerre de suc- cession, passa à Charles X"', duc de Nevers. Charles IV, dernier duc de Manloue (mort en 1708), fut dépossédéen 1707 par l'Autriche, qui le punit ainsi d'avoir pris parti pour la France, lors de la guerre de la succession d'Espagne. Une branche collatérale de la fa- mille existe encore dans le dislrictde Gonzaga. — Gonzalès. (V. S.) GONZESSE 5. f. Argot. Femme, maîtresse. GOOD (John-Masoni [goud], médecin an- glais, né en 1704, mort en 1827. Ses ouvrages comprennent: History of Mcdicine us far as il relates to the Profession of an Apothccary ; Song of Songs ou Sacrcd Idyls, traduites de l'hébreu, avec notes ; Pantalogia or Encyclo- pmdia comprising n General Dictiontiry of Arts, seienees, and General Literature, en colla- boration avec Olinthus Gregory et Newton Boswortli, The Buokof Nature (3vol.). GOODWIN SANDS , dangereux bancs de sable qui se trouvent sur la côte E. du comté de Kent (Angleterre), et qui sont séparés de la terre ferme par les Downs, dont la largeur est d'environ 9 kil. Ces bancs, qui sont mou- vants, sont séparés par un canal étroit appelé lo Swash, navigable seulement pour de petits bateaux. GOODYEAR (Charles), inventeur américain, né à New-Haven en ISUO, mort en 1860. En GORD 4830, il commença ses expériences sur la fa- brication du caoutchouc et en 1836, il décou- vrit une méthode qui enlevait à la gomme élastique sa propriété adhésive, en la traitant par une préparation d'acide nitrique. Son procédé fut accueilli favorablement, surtout pour la fabrication dos chaussures, mais ou l'a remplacé depuis par une méthode supé- rieure, celle de la vulcanisation. En 1839, Goodyear découvrit par hasard que le caout- chouc mêlé au soufre et soumis à une haute chaleur artificielle ne fond pas ; mais que des portions en restent élastiques quoique privées de propriété adhésive. A partir de ce mo- ment, la vulcanisation attira son attention, mais il n'en retira aucun profit. GOOLE [poul], ville du Yorkshire (Angle- terre), sur l'Ouse, à 30 lui. do Hull; 15,113 h. Vastes docks, magasins, dock de carénage pour la réparation des navires. GOOMTEE ou Goomty (ind. Comati), rivière de l'Inde aiifilaisr, qui prend sa source dans le district du Sliahjehanpoor, et qui se jette dans le Gange, après un cours de 600 kil. * GORD s. m. [gor]. Pêcherie composée de deux rangs de perches plantées dans le fond de la rivière, qui forment un angle, au sommet duquel est un filet où les deux rangs de perches conduisent le poisson ; établir un gord. GORDES, Vordcnscs, cli.-l. de cant., arr. et à 23kil.N.-Û. d'Apt (Vaucluse); 1,638 hab. Dans les environs se trouve l'abbaye de Se- nanque, achetée par les bernardins en 181)4. * GORDIEN, lENNE adj. [Gordius, n. pr.). Qui appartient a Gordius, roi de Phrygie. — Nœud gordien, nœud qu'Alexandre trancha, ne pouvant le délier. — Kig. Difliculté presque invincible. — TRAr'fcUEit LK N(KUD gordien, ré- soudre violemment une difliculté. GORDIEN, Gordianus. I (Marcus-Antonius), surnommé l'Africain, empereur romain, né en 158 ap. J.-C, mort en 238. Il descendait de l'empereur 'l'rajan par sa mère, et des Gracques par son père. Il fut d'abord consul en 2 1 3. A l'âge de 80 ans, étant proconsul de l'A- frique, il fut forcé, par les chefs de la révolte contre Maximin, de prendre le titre impérial à Cartilage. Le sénat lui donna de suite le titre d'Auguste, ainsi qu'à son lils, et déclara que Maximin était un ennemi public. Pendant ce temps, Oapolllanus, procurateur de Nuniidie, marcha contre Cartilage, délit et tua Gordien le .leune, (ils de l'usurpateur, qui se suicida lui-même après un règne nominal de moins de deux mois. — Il (Marcus Antonius-Pius . empereur romain, petit-lils du précédent, né vi'rs 2'J4 ap. J.-C, mort en 244. Il lut pro- clamé Ci:sar à Home après la mort des deux Gordiens en Afrique, fut collègiio de Halhinus et de Maxinius et après que ceux-ci eurent élé assassinés en 238, il fut proclamé empereur par le sénat et par les troupes. Il dirif,'ea la guerre contre les Perses qu'il vainquit dans une série d'engagements en Méso|iolaniic (242). Il fut assassiné par ses troupes à la suite des intrigues de son général Pliilippus, qui lui succéda. GORDIUM, anc. ville do Phrygie, sur le lleuve San;,Mrius, aujourd'hui remplacéi' par la ville turque de Bey-Ha/ar, à 61 kil. N.-O. d'Angoi'a. C'est dans l'acropole de celte ville (pii! Gordius consacra à Zeus un joug lixé par un nii'ud merveilleux qu'Alexandre ne put dénouer, mais ([u'il trancha avec son glaive. GORDIUS, roi légendaire de Phrygin, père lie Midas. C'était un paysan qui l'ut élevé au trône pour obéir à un oracle. Il consacra le joug di^ siiii huuif à Zeus Hasileus dans l'acro- pole de Gordium, et l'oracle déclara que qui- couipie pourrait en délier le iKi'ud di!Vienil l'ail maitri! de l'Asie. Un dit qu'Alexandre, lori- GORb de sa marche contre les Perses, trancha ce nœud avec son épée. — Gordon. (V. S.) GORDONIE s. f. (de Gordon, nom d'une célèbre famille écossaise). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux de la famille des camélia- cées, comprenant plusieurs espèces qui croissent dans les régions chaudes de l'Amé- GORG 135 Gordonia pubosccng. Insianthus se rique du Nord. La gordonia trouve dans les pays compris entre la Virgi- nie et la Floride; la ijordonia pubescens esl commune dans la Géorgie du Sud. GORÉE (Bir), île de l'océan Atlantique, pos- " ' ' Séné- S. du session française, sur la côte 0. de la gambie (Afrique occidentale), à ~ " ' ul cap Vert,' dont elle est séparée par le canal de Dakar, et à 167 kil. S.-O. de Saint-Louis (Sénégal); par 14° 39* !i5" lat. N. et 19° 45' long. 0.; cette île n'est qu'un rocher d'envi- ron 800 m. de longueur du N.-O. au S.-E., et de 215 m. de largeur moyenne, ce qui lui donne une su{>erficie de3Ghecl. ; 45,700 hab. Corée est divisée en deux parties : l°le Castct, construit sur un rocher élevé au S. de l'ile el occupé par une garnison d'infanterie de ma- rine, forme un poste militaire très important; 2" la ville de Goréc, bon port de relâche bien connu des navigateurs; 2,068 hab., dont 2,700 indigènes. Siège d'un tribunal de l'« instance dont le greffier remplit l'oflice de notaire. La cour d'assises y tient quelquefois ses audiences, quand les besoins du service l'exigent. Hôpital militaire. L'ile de Corée a fait jadis partie, avec Dakar, de la répu- blique M'bambarra ; les M'bambarras y ha- bitent encore en assez grand nombre. Kilo forme aujourd'hui avec la ville sus-nonum'^e une des trois communes du souvernemenl du Sénégal, la commune de Corée-Dakar, (jui comprend l'ile de Curée cl toute la côte de|iiiis la baie d'Iof jusqu'à la Gamine; elle est divi- sée en quatre cercles (Corée, Ubidjem, Kaolakii, Sedhiou), est administrée par un maire et un conseil municipal et fournit six membres au conseil général du Sénégal. — Le thermomètre, ([ui varie au Sénégal de 11° à 42°, n'atteint jamais à Corée un degré très élevé, l'ile étant exem)ile de grandes cha- leurs grâce à la nappe d'eau qui la sépare de la Grande-Terre. La moyenne de la tempéra- ture esl de 24°. — L'enseignement primaire est exclusivement congréganisle; il est donné aux garçons par les missionnaires du Saint- Ksprit et par les frères de l'Iiistruclion chré- tienne, et aux lillcs par les suuirs de >ainl- Joseph de Cluny. — Commerce de gomme, d'ivoire, depouilro d'or. — Corée est un mar- ché pour les marchandises d'importation qui sont expédiées ensuite dans les rivières du Sud et sur la côte occidentale. —L'établisse- ment de Corée l'ut fondé par les Hollandais en 1017. L'amiral anglais Holmes s'en em- para en 1003 et l'amiral français d'Kslrées en 1077. Il liil cédé à la l'iancc par le traité de Nimègue en 1678, repris par les Anglais en 17:i8,"1779, 1800, ■! 804- et défiuitivemen! acquis à la France en 4814. * GORET s. m. (onomatopée du cri d'un jeune cochon). Petit cochon : la peau d'un goret. — Fig. el fam. Enfant qui n'est pas soigneux, qui n'est pas propre : c'est un petit goret. * GORGE s. f. (lat. gurges, gouffre). Partie antérieure du cou : il a ta gorge enflée. Se dit aussi en parlant des animaux. — Couper l.v GORGE A quelqu'un, l'égorger, le tuer. — Se COUPER LA GOUGE l'un A L'AUTRE, s'cntretuer. — Se COUPER LA GORGE AVEC QUELQU'UN, SC battre en duel avec lui. — Fig. Couper la GORGE A quelqu'un, faire quelque chose qui le ruine, qui le perd. — Cet Argument, cette PIÈCE, etc., lui coupe la gorge, cetargumcnt, cette pièce ruine sa cause, détruit ses pré- tentions. — Tendre la gorge, livrer sa vie, sans résistance, à un assassin. — Tenir quelqu'un a la gorge, le réduire dans un état à ne pouvoir faire aucune résistance à ce qu'on veut de lui. — Prendre quelqu'un a la GORGE, le contraindre avec violence à faire quelque chose. On dit dans le même sens, tenir le pied sur la gorge à quelqu'un, et dans un sens analogue, avoir le poignard, le cou- teau sur la gorge, en parlant de la personne qui esl l'objet d'une violence. — Cou el sein d'une femme : elle a la gorge belle. — Pa.' ext. Partie supérieure de la chemise d'une femme. — Gosier : le nœud de la gorge. — Mus. Chan- ter DE LA GORGE, SB dit d'uii chanteur qui ne sait modilier sa voix qu'en resserrant la gorge avec etïurl. On dit dans le même sens, voix de la gorge. — Chasse. Ce cuien a donne GORGE, il a la voix forte. — Fam. Ce nis ne PASSE pas le nœud DE LA GORGE, il n'est pas naturel, il est forcé. — Rirea gorge déployée, CRIER a pleine GOUGE, rire, crier de toute sa force. — Il EN a menti, il a menti par sa GORGE, se dit pour donner fortement un dé- menti à quelqu'un. — Faire rentrer a quel- qu'un LES PAROLES DANS L\ GORGE, l'obliger à désavouer les propos olfensants qu'il a le- nus. — Rendre gorge, vomir après avoir trop bu ou trop mangé. Fig. el fam. Restituer par force ce ([u'on a pris, ce qu'on a acquis par des voies illicites : il avait volé tes dcnier.'i pu- blics, mais on lui a fait rendre yorge. — Fau- coiin. Gorge chaude, chair des animaux vi- vants que l'on donne aux oiseaux de proie. — Faire une gorge chaude de quelque chose, se l'approprier, en protiter. Faire des plai- santeries sur quelque chose en société : c'est un homme qui recueille tout ce qu'il entend dire, cl qui en fait des gorges chaudes. — Entrée, ouverture, orifice de certaines choses : ta gorge d'une cloche. — Fortif. Entrée d'une lortilication du côté de la place : la yorge du bastion. — Détroit, passage entre doux montagnes : les gorges des Pyrcnces, des Alpes. — Archil. Moulure concave. — La gorge d'une poulie, cannelure, creux demi- circulaire qui règne sur la circonférence d'une poulie.— La gorge d'un bassin a bardi:, son échancrure. — Bâton ou morceau de bois tourné auquel on attache les estampes, les cartes de géographie, elc, pour pouvoir les rouler. — Dot. (V. S.) * GORGÉ, ÉE part, passé do GoncEn. Art vétcr. Ce cheval a les jamiiks GOHGf:Es, il les a enUées ut pleines de mauvaises humours. * GORGÉ, ÉE adj. Blas. Se dit d'un lion, d'un cygne, ou autreanimal,quia leçon ceintj'une couronne dont l'émail esl diQ'érciil do celui de l'animal. GORGE-BLEUE s. f. Ornilh. Nom vulgaire d'une espèce de fauvette dont le plnmaie est brun cendré en dcs.sus et blanchâtre en des- sous, avec la gorge d'un bleu d'd:£ur porlaul au centre une laclie blanche. * GORGE-DE-PIGEON adj. invar. Se dit d'une 136 GORI . f. Espèce de collerette la fîorge des femmes. coulorir composée et mélanfrre, qui p.ir.iit ehaii?ei- suivant les dill.'renls aspects du rorps coloiv, camme celle de la f.'orpe des pigeons • iIh lii/fdas norge-de-pi, il dé- fendit énergiquernent contre les étrangers les objets d'art coiiliés à ses soins. On a de lui plusii'urs (iuvraf;cs sur la géographie. 218 GOSSELINE s. f. Ar-ot. Fille de quinze à seize ans; amante. GOTH (Bertrand de). Voy. Clément V. GOTHA. I, duché autrefois indépendant (Saxe-Gotha), maintenant uni politiquement avec Cobourg (Saxe-Coboiirg-Gotha) ; 216,603 hab. (Voy. Saxe-Cobourg-Gotha.) — 11, capitale de ce duché, et résidence ducale alternativement avec Cobourg, à 35 kil. S.-O. Le Palais Ducai, irolba. deWeimar; 31,070 hab. Le palais voisin de Friedenstein est célèbre par sa collection de monnaies et par son immense bibliothèque. Gotha possède un fameux gymnase et un observatoire établi en 18.Ï9" par Hansen. C'est une des villes les plus commerçantes de la Thuringe ; elle est le siège de l'institut géographique de JustusPerthes. GOTHAM, paroisse du Nottinghamshire (Angleterre). La simplicité rustique de ces habitants a fait naître l'expression proverbiale ; The wise man of Gothnm, l'homme sage de Gothani. GOTHARD (Saint-), At/uAi, massif des Alpes au milieu de la Suisse; entre les cantons du Tessin, des Grisons, du Valais et d'Uri. Le point culminant de ce massif atteint 3,671 m. de hauteur. Sur le Gothard proprement dit s'élève un hospice, à 2.232 m. de haut. — On a percé sous le Saint-Gothard un tunnel de 14,920 m. de long, terminé le 29 février 1880, après 7 ans et o mois de travail. GOTHENBURG ou Gottenburg [got'-tènn- bourg] ( suéd. Goetbovg, [yeu'-té-borg] ). — I, lœn ou province du S.-O. de la Suède, con- finée par le Caltégat, le Skager Rack et la Norvège; 300, uuu hab. Le Gothenburg forme de Stockholm ; 113,700 h. Elle possède un bon port et est traversée par des canaux. Manufactures importantes. La plupart des négociants sont Ecossais ou Anglais. GOTHICITÉ s. f. Etat de ce qui est gothique : la gothicilé du costume. GOTHIE. Gothland, pays des Goths, nom donné autrefois à la partie méridionale du royaume de Suède; 92,7;j4 kil. carr. ; 2,600,000 hab. Elle est ^ divisée en 1 2 laene : Mal- mœhus , Christianstad , Blekinge. Halland, Kro- noborg. Jœnkœping, Kal- mar, Gottland, Gœte- borg, Elfsborg, Skara- borg, Oestergœtland. GOTHINI, peuple cel- tique du S.-E. de la Ger- manie, sujet des Quadi. •GOTHIQUE adj. Qui vient des Goths : la lan- ijue gothique. — Alphabet ^;ûthioue, alphabet formé au iv= siècle par l'évêque lilphilas et employé par lui à la transcription de la langue gothique. On dit aussi : les lettres gothiques, les lettres in- ventées par Ulphilas. — s. m. Ulphilas a traduit la Bible en gothique. — Par est. Qui appartient au moyen âge ; ces contes remoiitent aux âges gothiques. — Se dit aussi d'une sorte d'écriture usitée au xiv= siècle et dont les caractères sont remar- quables par leurs formes raides et anguleuses: de vieux parchemins couverts d'une écriture gothique. — Se dit d'anciens caractères d'im- primerie qui ont de la ressemblance avec ce genre d'écriture. — Se dit de plus du carac- tère d'imprimerie que les Allemands em- ploient encore aujourd'hui. — Se ditfam.,par une sorte de mépris, de ce qui parait trop an- cien, hors de mode : cela est gothique. — Archi- tecture gothique, style d'architecture caracté- risé surtout par la forme ogivale des voûtes et des arceaux, et qui succéda au style roman : Oh ! que j'aitne, aux voûtes gothiques. Les vieul saints de pierre athlétiques. A. DB MirSSET. — S. m. Style gothique : gothique ancien, go- thique moderne, gothique flamboyant, gothique fleuri. — Langage et littérature gothique. La langue gothique s'éteignit avec les races ger- maniques qui l'employaient. Les manuscrits qui nous en sont restés sont écrits en caractères qui se rapprochent de l'alphabet grec, et qui furent, dit-on. inventéspar l'évêque Ulphilas Gnthcnbarg. une bande étroite entre les montagnes qui la séparent à l'E. d'Elt'sborg et de la ct^te. Climat rigoureux; sol stérile. — II, capitale di' cette province, sur li- Cattégat, ii l'embou- chuie de la rivière Goellia,ii320kil. O.-S.-O. au iv" siècle. — Le verhe gothique possède deux VOIX : la voix active et la voix passive; deux temps :1e présent et le passe; trois modes : l'indicatif, l'optatif et 1 impératif; trois nombres : le singulier, le duel et le plu- III. J38 GOTH rici; un inflnilir, un présent cl un parlicipi! passé. Lfi temps passé est formé Poil par jvduplication, soit par lo chan/renicnl de voyelles, soi! par des terminaisons fi)rmalives. Vojci (|uelles sont les fornit-s du vcrlu; rire : sin;;. du prés, de l'indic. J/H, îs, i.sl; siml'. du passé de l'indic. ras, vnsi, vus. Les noms ont trois genres, deux nombres et les cas nomi- natif, pénitil', datif cl accusatif et quelquefois le cas vocalif au singulier. Les pronoms.vt, sv, piUii, lui qui, elle ijni, ce qui, sont employés comme articles délinis. Il n'y a pas d'article indéfini. —Les restes littéraires consistent en ipielques manuscrits, renfermant principale- iiiiMil des fraç-racnts de la Hible. (Voy. Ulwii- LAs.) L'Argcnteus Codex appartient, à ce que l'on suppose, au commencement du vi° siècle, époque de la puissance des Ostrogoths en Italie. (Voy. Argentkcs Codex.) Des éditions complètes des restes de la littérature gothique ont été ))ubliées par Von dcr Gobelcntz et I.rebc (l8;t(i-'42) (^t par .Massmann (18o6-';i7). GOTHLAND ou Gottland, île suédoise de la Baltique, mesurant environ 80 kil. de long, et i'6 kil. dans sa plus grande largeur; :i,i I-; kil. carr. ; b5,000 hab. Territoire géné- ralement uni. L'élève du bétail et la pèche sont les occupations principales de la popula- tion. Villes principales : Wisby et Slite. GOTHS, Gof/ii, GoUiones, GiUUmes, puissant licuple germanii|ue qui prit une part impor- tante au renversement de l'empire romain. Les Goths habitèrent, au temps de Tacite, la cûle de la Baltique, à l'embouchure de la Vis- tulo. Ils éniigrèrent ensuite au S.; au com- mencement du m" siècle, ils firent leur appa- rition sur les côtes de la mer Noire, où Cara- calla les rencontra lorsqu'il s'avança vers l'E. Sous le r^gnederempereurPliilippo(21.4-'401, ils prirent possession d'une grande partie de laprovinceromainede Dacic. C'est parce qu'ils s'établirent dans des contrées primitivemonl habitées par les Gèles elles Scythes que quel- ques écrivains les ont quelquefois appelés Gèles ou Scythes. Du temps de Philippe, les attaques des Goths_ contre l'empire romain devinrent plusfréqûentes et plus redoutables. Lii.272 qprès J.-C, l'empereur Aui'clicu leur abandonna toute la Dacie. Ce fut vers celle iiiènic époque que les Goths se partagèrent eu deux grandes divisions, les Ostrogolhs ou Goths du l'E. cl les Visigolhs ou Goths de FO. Les Ostrogolhs s'établirent dans la Mœsia et la l'annonia, tandis que les Visigolhs restèrent au N. du Danube. — Les Visigolhs, conduits jiarlpur roi Alaric, envahirent l'Italie où ils prirent et saccagèrent Rome (410). Quelques années plus lard, ils s'établirent définitivement dans fo S.-O. de la Gaule et fondèrent un royaHmedontTolosa(Toulouse) fut la capitale. De là. ils envahirent l'Espagne où iisfondèrent aussi un royaume qui dura plus de deux siècles cl fut renverse par les Arabes. — Les Oslro- golhs, pendant ce temps, étendirent leur pou- voir jusqu'aux portes de Constantinople; l'em- pereur Zenon fut heureux de se débarrasser de leur voisinage en les autorisant à envahir et j"! conquérir l'Italie. Sous la direction de leur roi Tbéodoric le Grand, ils prirent posses- sion de toutecette contrée (493). Tbéodoric se donna le titre de roi d'Italie, et la dynastie des Ostrogoths régnasurcepaysjusqu'àce qu'elle fût renversée par Narsès, général deJustinien (5.'i3 av. J.-C). Dès les premiers temps, les Os- trogoths embrassèrent le christianisme. Ce fut pour les convertir que, vers lemilieudu iv° siècle, Ulphilas traduisit l'Ecriture sainte en langue gothique. Les Gothsonlcûinplélement disparu depuis le viiie siècle; les Ostrogoths se sont fondus dans le peuple italien ; les Vi- sigolhs se sont mélangés avec les peuples de l'Espagne et delà France méridionale. D'après Procope, c'étaient deshommes de haute taille, au teint clair, à la chevelure d'un jaune rou- ge à tre. COUD GOTON s. f. (diminul. de inur'jfAoïù. Fillo de mauvaise vie. GOTTSCHALK ( Louis -Morcau), musicien! américain, né à .Sew-VoiU en 1829, mort ;'i Ilio de .lanciro en 186!). Il débuta en Europe comme pianiste. Ses compositions les plus populaires sonl : Le Bananier, Lu Savano, Hi- eordiUi, Lu Marche de nvil, 0 mu chaiinanU,Le ManceniUwr, UAponds-moi, Ojos Criollos et plusieurs danses cubaines. GOTTSCHED ( Johann -Christoph). auteur allemand, né en 1700, mort en I7ii0. 11 fut pendant 32 ans piofesseiir de logique et de métaphysique à Leipzig, devint président de la société littéraire de celte ville en 1720 et une espèce de dictateur littéraire en Allema- gne, comme puriste et comme advcrsaiie de l'école de ZTirich. Il composa des lra:.'édies, des traités philosophiques, etc. * GOUACHE s. f. (ital. guazzo, lavage;. Genre de peinture où l'on emploie des couleurs dé- trempées avec de l'eau mêlée de gomme : peindre à la ijouache, à fiouache. — Par ext. Petits tableaux de genre peintsàla gouache : voilà une jolie gouache. — Encycl. La gouache diffère de l'aquarelle en ce que les couleurs sont en pâte et se posent par couches succes- sives, comme, dans la peinture à l'huile. Elle se distingue par sa douceur, sa fraîcheur et son éclat; mais elle se défraîchit facilement et se noircit dès (ju'on l'expose à l'action de l'air contenant un peu de soufre, en raison des sels de plomb ((ui entrent dans la compo- sition de sa pâle. C'est pourquoi on ne peint plus guère à la gouache, depuis l'invention de la peinture à l'huile. La gouache était familière aux artistes du moyeu âge, qui ornaient les manuscrits par ccprocédé. Les Chinois, les Indous et les Persans ont parti- culièrement excellé dans ce genre de pein- ture. Chez nou-s la gouache n'est plus guère employée que pour la peinture des éven- tails, des écrans et de quelques autres articles de bimheloterie ou de tabletterie. GOUAILLER v. a. [Il mil.] Railler, plaisan- ter sans délicatesse ; fuites -moi le plaisif de ne plus me (jou'iilkr . (Pop.) * GOUAILLEUR, EUSE s. Celui, celle qui se plaît à se moquer des autres. (Pop.) GOUAILLERIE s. f. Raillerie, persiflage. GOUAPE s. f. Argot. Vagabond, vaurien : cette femme est U7ie sale gouape . — Collectiv. Ramassis de vauriens : c'est de la gouape. GOUAPER V. a. Argot. Vagabonder. GOUAPEUR, EUSE s. Vaurien, vaurienne. GOUDA, ville fortifiée des Pays-Bas, dans la Hollande méridionale, sur le Gouw et lo Ne- der Yssel, à '1-3 kil. N.-E. de Rotterdam; •19,838 hab.; elle a cinq portes et des canaux dans toutes ses rues. Manufactures de tabac, de pipes, de coton, de parchemin, de cuirs et de blanc de céruse. GOUDELOUR. en angl. Cuddalorc, ville du Carnatic (lndoustan),sur la côte du Coroman- del, à 27 kil. S. -S.-O. de Pondichéry; environ 30,000 hab. Elle est bien bâtie etfàituncom- mercc considérable, principalement en coton- nades. Les Anglais l'acquirent en '1G3'I; les Français la leur enlevèrent en 175S et la perdirent on 1700. Reprise par lés Français en 1781, elle soutint, de 1783 à la paix, un siège ruineux pendant lequel elle fut secourue et délivrée par Suflren. Lat.H" 43' 23" N. Lon? 77° 2-5' 54" E. ' GOUDOULI ou Goudelin (Pierre), célèbie poète languedocien , né et mort à Toulouse (t!'>79-1 049). D'abord avocat, il abandonna le barreau pour se consacrer au culte des Muses GOUD ■ cl fut le créateur de la poésie languedocienne, I Son niérite lui valut une pension de ses concitoyens. Parmi ses otuvres, réunies à Toulou.se (1684, in-4°) cl plusieurs fois réim- l'rmiées, on admire une ode sur la moit d Henri IV. * GOUDRON s. m. (ar. kalhran). Matière noirâtre, ijiaisse, liquide, visqueuse etgluunle, que l'on retire des arbres résineu.v, en les laisant brûler, et qui est d'un grand usage dans la marine pour enduire les bâtiments, les cordages, etc. : faire du goudron. -' GoUDUON de houille ou GoLDHON MlMCnAL ou Goudron de gaz, résidu de la distillation de la houille dans la fabrication du gaz d'éclai- rage. On dit aussi Coaltah. — Le goudron vé- gftal ou goudron de bois élail connu des an- ciens Grecs. De nos jours, la plus grande partie du goudron du commerce est labriquée sur la côte du golfe de Rolbnie ; voici comment on opère: On creuse un trou dans le sol, on y place une chaudière de fonte munie d'un luyau, on jette dans celle chaudière des cu- |)eaux de vieux pins épuisés, on les recouvre degazon, on allume ctl'on agitensuile comme pour la fabrication du charbon de bois. On lait aussi du goudron en Provence, aux envi- rons de Bordeaux, dans le Valais, à Tortose (Espa.gne), etc. La résine coule au fond de la chaudière, d'où un canal la mène dans des barils. C'est un goudron impur qui laisse surnager une huile noire appelée huile de cnde. — Le goudron de bois elle coaltar sonl l'un et l'autre des mélanges complexes de divers liquides tenant des matières solides en solution ou en suspension. Ainsi le goudron de bois renferme, outre les hydrocarbures compris sous le terme enpion'e, une série d'hydrocarbures appelés benzine, toluole , xylole, cymole, la naphtaline, etc. Le coaltar peut être considéré comme renfermant de 3 à i;i p. 100 d'huiles d'éclairage, de 60 à 67 p. 100 d'huiles pesantes, et de 18 à 3o p. 100 poix. — Le goudron végétal reçoit des de emplois très variés, dont le principal est do recouvrir la surface de certains objets que -l'on veut préserver du contact di; l'air, de l'eau, ou d'autres agents de destruction ; il sert à enduire les carènes des vaisseaux,, les mâts, les cordages, les câbles, elc. Pour les opérations du r.alfatage, on commence par ehaull'er le goudron et par faire évaporer l'huile essentielle qu'il conlienl; il est alors à l'état de brai gras. Le goudron sert aussi à en- duire l'intérieur de certains tonneaux. 11 entre dans la fabrication de toiles, de papier, de carton goudronnés qui servent à préserver les murs ou à faire des toitures. — Le goudron minéral est employé dans la fabrication du noir de fumée, de l'acide phéniiiue. de l'ani- line, de l'acide picrique, etc. — .Méd. Le gou- dron est un stimulant qui modifie les sécré- tions muqueuses, urinaires et cutanées; son usage est recommandé dans les cas de bron- chite chronique et dans les catarrhes de la vessie. La manière la plus simple de l'em- ployer est d'enduire de goudron de Norvège les parois du vase dans lequel on met l'eau que l'on boit. Ou le prend aussi sous formes de pilules, de sirop, etc. ; et en vapeur contre la phtisie. A l'extérieur, on on fait usage contre plusieurs maladies de la peau (herpès eirciiié, impétigo, psoriasis); 15 gr. pour 30 gr, d'axonge. Action de goudronner; GOUDRONNAGES, m résultat de cette action. •GOUDRONNER V. a. Enduire ou imbiber de goudron : goudronner un mût, des cor- dages, etc. 60UDR0NNERIE le goudron. 60UDR0NNEUR s. m. Mar. Ouvrier qui gou- dronne les navires. f. Lieu où l'on prépare GOUJ GODDRONNIÈRE s. f. Méd. Appareil qui prodiiii. des émanations de goudron. * GOUET s. m. Bot. Genre d'aroïdées, tribu des colocasiées. L'espèce !a plus commune en France est le rimct maculé {arum mucula- m., rare- ment do 7 m. de hauteur. Son fruit, d'un | jaune brillant, est très iiarriinié .1 renferme une pulpe jaunâtre ou rougeâlre qui a une saveur acidulée. Le goyavier, qui croit en abondance dans les Indes occi- dentales, a été acclimaté en Al- gérie et dans plu- sieurs autres pays chauds. .Ailleurs, on le cultive dans les serres à cause de son feuillage ornemental et de ses fleurs, aussi bien que pour ses l'vuils.Legoi/avier pourpre Ipsidium gattleyanuni', quoique importé de la Chine en Europe, est pro- bablement indi- gène de l'Amé- rique du Sud; il est plus robuste ovavier commun. Goyavier de Gattley (P^idiitm Gattlevaiium. et plus productif que le GOYAZ. I, province centrale du Brésil, bornée au S.-E. par le Paranahyba et à l'O. parla rivière Araguay, et traversée par le Tocantins; 747,311 kil. carr.; 211,721 hab. Territoire gé- néralement montagneux, vastes forêts près de la capitale; or et diamants, millet, ma- nioc, riz, coton, tabac, vigne, vanille et dif- férentes espèces de fruits et de plantes des pays tropicaux. Grandes quantités de bœufs, de chevaux et de porcs. — II, capitale de cette province, sur la rivière Vermelho, à environ SOO kil. N.-O. de Rio de Janeiro; environ 9,000 hab. GOZLAN (Léon), romancier et auteur dra- matique, né à Marseille en 1806, mort à Paris le 1"' sept. 1800. Fils d'un armateur ruiné par les Anglais, il tenta inutilement de rele- ver sa fortune par le commerce et dut se faire matelot, puis commis en librairie. Il débuta comme écrivain, dans plusieurs feuilles litté- raires, eu 1828, et ne larda pas à devenir l'un des plus originaux rédacteurs d'articles de genre. Parmi les meilleurs de ses romans pi oins d'humour, nous citerons : Le Notaire de Chan- ((■«y (1836) ; Socrate Leblanc (1838); Le Médecin dit Pecq (1839); Histoire de cent trente Femmes ( 1 853) ; le Lilas de Per.se (18.o4) ; Volydore Ma- rasquin (1 8o7) ; Le Tapis vert (1 855) ; La Folle du logis (1855). Quelques-unes de ses pièces obtinrent du succès; ce sont : La Main droite et la Main gauche (3 a., Odéoh, 1842); lu Gâ- teaudes Reines (5 a., Théâtre-Français, 1835); La Pluie et le Beau Temps; Une Tempête dans un verre d'eau. GOZLIN ou Goslin , Gaudenus, prélat et homme d'Etal fraiu;ais, né au commencement du ix" siècle, mort eu 886. Il entra dans l'orilre des bénédictins, devint vers 848 abbo de Saint-Germain-des-I'rés, fut fait [irison- nicr par les Normands vers 8il8, et n'obtint sa liberté qu'en payant une forte rançon. Ap- pelé vers 882 au siège épiscopal do Paris, il fit fortifier cette ville en prévision d'une altai]ui^ des Normands. Lorsque les pirates du Nord vinrent, sous la conduite de Sigelroi, mettre le siège devant Paris, Gozlin combat- tit avec une grande intrépidité, et mourut pendant le siège. On croit même (juil lut lue d'un coup de Uéclie. GOZZI [got'-si] 1 (Carlo, comte), dramaturge italien, né vers 1720, mort en 1806. Ses [lièces, tirées dos contes de fées, sont exces- sivement [lopulaires, parliculièrcment Tttran- dotc, que Schiller a adiiplé au théâtre alle- mand. Il écrivit aussi des tragédies. Il a publié une édition complèti: d.' ses pièces on 12 vol. (1791) et une autobiogiaj)liie. — Il (Gasparej, son fièro (I7(3-'8C), éciiviiin volumineux en prose et en vers ; connu surtout par ï'Osser- vatore vcneto, publié périodiquement, par Ser- moni et par plusieurs autres productions spiri- tuelles. 60Z20 Voy. Malte. GRAAF (Régnier de) [grâlî], médecin hol- lanîlais, né en 1641, mort en 1673. Il exerça à Paris et à Delft. Ses recherches ont produit la découverte que la reproduction a lieu, chez les animaux vivipares aussi bien que chez les animaux ovipares, au moyen d'œufs ovariens. Les vésicules graaliennes de l'ovaire des mammifères furent découvertes et dé- crites par lui. Il acquit ainsi une grande ré- putation par ses recherches sur le suc pan- créatique, et publia des ouvrages de physio- logie. GRAAL [gra-al] ou Gréai (Le saint), en vieux franc, le san gréai; en vieil angl. tliesanc- (/rea/i ; probablement du franc. "sa;?!*, et du celtique grcall, vase, coupe; ou peul-êlre du franc, sang réal, sang royal, sang du Sei- gneur. Prétendu vase miraculeux qui fait le sujet d'une curieuse légende du moyen âge. D'après celte légende, le Saint Graal serait le calice dans lequel Jésus aurait, lors de la Cène, changé le vin en. son propre sang. Saint Joseph d'Arimathie se serait ensuite servi de ce précieux calice poiir recevoir pieusement le sang qui, s'échappant du liane du Christ, coulait sur la croix. La vertu mi- raculeuse du saint Graal procura à saint Jo- seph d'Arimathie une existence de plusieurs siècles; ce personnage sentant venir sa fin, légua le vase à son lils, qui le laissa ensuite à l'un de ses parents. Le dernier possesseur du saint Graal était contemporain du roi Ar- thur; il pécha, et la coupe sacrée disparut incontinent. Les chevaliers de la Table ronde se donnèrent pour mission de la retrouver; mais ils furent déçus, parce que nul mortel ne devait plus la voir, s'il n'était vierge de corps. Cette béatitude était réservée à Galaad (suivant d'autres, à Percival), personnage d'une pureté parfaite; aussitôt après la mort de Galaad, le saint Graal monta au ciel. Cette légende sert de thème à plusieurs romans, dont le principal est le Livre du saint Grtial et de la Table ronde, comprenant trois par- ties : 1° \e Roman du saint Graal (publié en 1841, in- 12, par Francisque Michel, d'après un manuscrit de la Bibliothèque nationale); 2° le Rotnan de Merlin ; 3° le Roman de L(in- celot. * GRABAT s. m. (lat. grabatiis). Méchant lit, tel que ceux des pauvres gens : on trouva quatre ou cinq petits enfants couchés sur un méchant grabat. — Prov. Etre sur le grarat, être malade au lit. — Fig. Le voila srn le GRABAT, le voilà ruiné. 'GRABATAIRE s. Se dit, dans l'histoire ecclésiastique, de ceux qui dilTéraienljusqu'à la mort à recevoir le baplCme : la secte des grabataires. — Se dit aussi, adjectiv., d'une personne habituellement malade ou alilce : il est devenu grabataire. (Fum.) — Dans le langage de l'assistance publique, s'emploie substantiv. pour désigner un malade qui ne quitte pas le lit. * GRABUGE s. m. (ilaL garbuglio). Querelle, dillérend, noise : ils ont eu quelque grabuge ensemble. (Fam.) GRAÇAY, ch.-l. de cant., arr. el â 42 kil. N.-U. de Bourges (Cher), sur le ruisseau de Fouzon; 2.824 hah. Aux environs, selrouvonl les Pierres folles, monument celtique formé de 21 pi(>rres énormes. GRACCHUSI(Tiberius-Sempronius). homme d'Etat romain, né vers 168 av. J.-C, mort en 133. Il était fils de Tiberius Gracclius et de Cornélic, fille do Scipion l'Alricain, Il servit en .\fri(jiic sous Scipion el remiilil ensuite l'office de questeur sous le consul Manclnus, 144 GRAC pendant la c;inipaf:ii(: nialhnureuse de ce gé- néral l'onlre les Nuniantins. Vers la fin de 134, il fui élu Iriltun et commença sa carrière d'afiitatcur politique en proposant de faire re- vivre la loi Lic;inienne, par laquelle aucune perionne ne pouvait posséder plus de ">0() jn- géres de terre. Il projetait une modifiralion de cette loi (voy. AGiiAitiic), mais il rencontra une vivo résistance de la part des patriciens et du tribun M. Oclavius t^œcina, qui lui op- posa coiitinuellement son veto. A la longue, Octavius fut déposé et la loi acraire passa. (jra(;ehus fut accusé d'aspirer à la royauté et quand il voulut se faire réélire au tribunal, 1(! sénat menaça d'employerla force pour s'op- poser i\ son élection. 11 arma ses partisans et se préparai! à faire évacuer le capitolc, quand Scipion Nasica, à la têle des sénateurs, le prévint et le massacra avec 300 de ses amis. — Il (Caius-Sempronius), son frère, né vers l!i9 av. J.-C., niorl on 121. En 124, il revint de Sardaifine, où il avait été questeur, et il fut élu tribun. Il acquit une (.'rande popularité en faisant passer une loi pour l'aniélioration de la condition des pauvres. Pondant son second tribunal (122), il proposa l'e.xlension lies franchises de Homo à toute l'Italie. Mais M. Livius Drusus, son collèj?ue, repoussa la loi et le supplanta dans la faveur du pcu|ilo, cl Gracchus, ù son retour de Carlhage, où il avait été envoyé pour conduire une colonie, .s'aperçut que sa popularité olail éclipsée. Il résista au rappel de la loi fondant la colonie carthaginoise, s'unit avec Fulvius, commissaire de la loi agraire, et excita la populace à agir de violence. Dans le tumulte qui suivit, se voyant pressé de toutes parts par ses ennemis, il ordonna à l'un de ses domestiques de le tuer. * GRÂCE s. f. (lat. gratia). Certain agré- ment dans les peYsonnes cl dans les choses : cette femme est belle, mais elle n'a aucune grâce. — Cette kxprkssion a de l\ gr.^ce, elle donne de l'agrément, du charme à la phrase où elle est placée. — Bonne grâce, élégance et naturel des manières, des gestes, des pa- roles : La beauté, pour le seie, est un rare trésor: De Tadmirer jamais on ue se lasse ; Mais ce qu'on nomme bonne grâce Est sans prix et vaut mieux encor. La bonne grâce est le vrai don des fées ; Sans elle on ne peut rien, avec elle on peut tout. Ch. PEnliAOLT. Cendritton. — Mauvaise grâce, mauvaise tournure, ma- nières déplaisantes . — N'avoir pas bonne GRACE, AVOIR MAUVAISE GRACE DE FAIRE TELLE OU TELLE CHOSE, so dit 60 parlant de ce qu'une personne fait contre la raison ou contre la Itienséance : il aurait mauvaise grâce de se plaindre d'une ehosc qu'il a lui-même désirée. Iron. : vra'tment, il a, vous avez bonne grâce de prétendre que... — De bonne grâce, de MAUVAISE GRACE, signifient aussi, de bonne vo- lonté, sans répugnance; de mauvaise volonté avec répugnance : puisque vous ne pouvez vous dispensa' de cela, je vous engage à le faire de bonne grâce. — ïapiss. Les bonnes grâces d'un lit, les étolîesqu'on attache vers le chevet et vers les pieds d'un lit, pour accomi)agner les grands rideaux. Ne se dit qu'en parlant des litsà l'ancienne mode. — Myth. Auplur. Se dit, de trois déesses qui étaient les compagnes de Vénus, eldonlle pouvoirs'élendaità toutce qui fait l'agrément, le charme de la vie. On regarde généralement les Grâces comme les tilles de Jupiter; quelques-uns les appellent tilles d'Apollon, d'autres filles de liacchus. Hésiode énumère trois Grâces (Charités) : Eu- phrosyne, Aglaé et Thalie. Elles présidaient aux fêles de famille, au bonheur et à la joie ; elles protégeaient tout ce qui est aimable ol beau dans la nature ou dans les arts. — Sacrifier aux Grâces, acquérir ou mettre de la grâce dans ses manières, dans ses discours dans son style. — Les Grâces présidèrent a sa GR.\G NAISSANCE. LES GrACES ONT PRIS SOIN DE LA FORMER, etc., se dit d'une femme nui a beau- coup de grâces naturelles. On dit, en des sens analogues : les Grâces itecompagnent ses pas. — Faveur qu'on fait à quelipi'un sans y ôtre obligé : s'il vous accorde telle chose, ce sera une pure grâce. — Cela lui vif.nt dk la GRACE DE Dieu, lui vient dk Dieu grâce, se dit de tout ce qui arrive d'avantageux à quel- qu'un sans qu'il y ail contribué par ses soins ou par son travail. — Par la grâce de Dieu, formule que des princes souverains ont cou- tume de mettre dans leurs titres. — Grâce expectative, se dit clés provisions que la cour de Homo donne par avance du bénéfice d'un hninino viv.int. — Chevaliers de grâce, s'est dit, dans les Ordres de chevalerie où il fallait faire preuve de noblesse, des chevaliers qui, ne pouvant faire cette preuve, étaient reçus par grâce dans l'ordre. — Commandeuiks de GRACE, celles dont le grand maître d'un ordre a la libre disposition; par o[)position à dm- MANDERIESDE RIGUEUR, Celles quc les clievaliers obtiennent à leur rang. — Coup de grâce, le dernier coup que l'exécuteur donnait sur l'es- tomac à un homme roué vif, ,ifin do terminer ses souffrances. On le dit figurémonl de ce ([ui achève de perdre, de ruiner quolipi'un. — Cornni. Jours de grâce, dix jours de délai qu'on accordait autrefois à celui sur lequel une lettre de change était tirée. On disait dans le même sens : délai de grâce. — Trouver GRACE AUX yeux DE QUELQU'UN, DEVANT LES YEUX DE quelqu'un, devant QUELQU'UN, lui plaire, gagner sa bienveillance. Ne se dit que d'une personne extrêmement inférieure à l'égard d'une autre. — Etre en grâce auprès du prince ou DE quelque personne PUISSANTE, y être en considération, en faveur. On dit dans le même sens : rentrer en grâce, être remis en grâce. — Bonnes grâces, au [duriol, se dit pa- reillement de la faveur ou de la bionvoillance, do l'amitié qu'une personne accorde à une autre : il est dans les bonnes gi'âces du roi. — Etre dans les bonnes grâces d'une femme, AVOIR SES bonnes GRACES, en être aimé. — Grâces d'état. (Voy. Etat.) — Tbool. Aide et secours que Dieu donne aux hommes pour faire leur salut : on ne peut se sauver sans la grâce. — An de grâce, se dit de chacune des années de l'ère chrétienne : calendrier pour l'an de grâce 1884. Hors de cette phrase, nese dit guère qu'en plaisantant. — Pardon, in- dulgence : cette action ne mérite aucune grâce. Un auteur à genoux, dans une humble préface. Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grâce. L'abbé d'Olivbt. Elliptiq. -.grâce! grâce! — Se dit, particul, du pardon que le prince accorde de son auto- rité souveraine à un criminel, en lui remet- tant la peine que méritait son crime : il a obtenu sa grâce. — Lettres de grâce, ou sim- plement, Grâce, lettres par lesquelles le souve- rain accorde la grâce d'un criminel. — Faire GRACE A quelqu'un, lui accorder, lui remettre ce qu'il ne pouvait pas demander avecjustice: quand on vous a accordé cela, on vous a fait grâce. On dit, ironiq. et fam. Vous me faites LA une belle GRACE, etc. — FaIRE GRACE A quelqu'un d'une CHOSE, ne pas l'exiger de lui, ou la lui épargner : il me devait mille écus, mais ,'jc lui ai fait grâce de la moitié. — Re- mercimenl, témoignage de reconnaissance. S'emploie ordinairement, dans ce sens, avec le verbe Rendre : je vous rends grâce, je vous rends mille grâces. — Elliptiq. Grâce a Dieu, GRACE au ciel, et daus le style élevé. Grâces a Dieu, GRACES au ciel, se dilpour marquer que c'est de la bonté de Dieu qu'on tient la chose dont il s'agit : il seporte mieux, grâce âDieu. On dit en des sens analogues : grâce à vous, ivoniq.: grâce à votre étourderie. — Au plur. Se dit parlicul. d'une prière que l'on tait h Dieu après le repas, pour le remercier de ses biens : dire grâces. — Titre d'honneur que l'on donne aux ducs, en Angleterre : sa grâce GRAC le duc de... — De grâce, loc. adv. Par grâce, par pure bonté ; de grâce, secourez-moi. Suis-moi sous ces ormeaux, viens, de grâce, écouter Les sons harmonieux que ma flûte ^e^pi^e. AfruaK Chkkiib. Idylles. — Législ. « En vertu de la loi du 17 juin 1871, le |)ouvoir de faire grâce appartient au chef du pouvoir exécutif, e.xceplé lorsqu'il s'agit des ministres et des autres fonction- naires ou dignitaires dont la mise en accusa- lion aurait été ordonnée par le Parlement. Ce droit a été confirmé par l'article 3 de la constitution du 2o février 187.'j. La grâce ac- cordée à un condamnié peut être entière ou partielle., .(Ch. Y.) (V.CoM.MurATioN). Jeu. (V. S.) GRACE DIEU La*, hameau do la oomm. de Chaux-les-1'assavanl. cant. de Vercel, arr. et à '20 kil. de Baume (Doubs). Ancienne abbaye de cisterciens, appartenant aujourd'hui aux trappistes. 'GRACIABLE adj. Jurispr. Qui est rémis- siblo, iliifiic ilf [lardon. N'est guère usité que dans les locuLlons, fail gracial/te, cas gra- ciable. GRACIAS ou Gracias-a-Dios. (Grâces-à- lli'U . vlllo du Iluiidiir.is. a MO Uil. N.-O. de (^omayagua ; environ 7,000 hab. Elle renfer- mait jadis une population considérable, atti- rée par les mines de son voisinage. Elle fut fondée en 1:)30 et, jusqu'en 1;;44, fut le siège du gouvernement de Guatemala et du Nica- ragua. Près de la ville, un torrent se préci- pite, en deux sauts successifs, d'une hauteur de 400 mètres. GRACIAS-A-DIOS fCap). pointe N.-E. de l'A- mérique centrale, â l'embouchure delà rivière Coco ou Ségovia, latil. l.'i'N.; long. 8no32°0. ' GRACIER V. a. Jurispr. Faire grâce à un criminel, lui remettre sa peine. S'emploie surtout au passif : il a été gracié. ' GRACIEUSEMENT adv. Dune manière gracieuse : d reçoit gracieusement ceux qui ont affaire a lui. ' GRACIEUSER v. a. Faire des démonstra- tions d'amitié ou de bienveillance à quel- qu'un : cette femme l'a fort gracieuse. (Peu us.) * GRACIEUSETÉ s. f. Honnêteté, civilité : il m'a fait une gracieuseté à laquelle je ne m'attendais pas. — Gratificalioii, ce que l'on donne à quelqu'un au delà de ce qu'on lui doit, par-dessus ce qu'on lui doit : s'ilmesert bien dans cette affaire, je lui ferai quelque gra- cieuseté. •GRACIEUX, EUSE adj. Agréable, quia beaucoup de grâce et d'agrément. Se dit au propre et au figuré : visage gracieux. Ces épaules d'ivoire aux gracieux contours. C. BfiiPAtiT. L'Horoscope d'une femme, conte. — Quelq. Poli, doux, civil : cette dame est fort gracieuse. — Faire une chose a titre gracieux, la faire par pure grâce. — Juridiction gra- cieuse, celle que les évêques exerçaient par eux-mêmes; par opposition à la juridiction contentieuse, qu'ils exerçaient par leurs offi- ciaux. — Chancell. rom. On dit que Les provi- sions d'un bénéfice sont expédiées en forme gracieuse, quand elles dispensent l'impétrant de l'examen et du visa de l'ordinaire. — Subs- tantif. Théâtre. S'est dit de celui des acteurs qui jouait les rôles de bouffon. * GRACILITÉ s. f. (lat. gracilitas ; de gracilis grêle). (Jualilé de ce qui est grêle. Peut s'em- ployer en bonne part : une élégante gracilité. GRACIOSA, l'une des Açores, appelée ainsi d'après sa position magniliquo et son extrême fertilité ; lai. 33»N.; long. 30"24"O; 12,000 hab. Exportation de blé, de vin, d'eau-de-vie, de fruit, de chanvre et de lin. Ville princi- pale, Santa-Cruz. GRACIOSO ouGrazioso adv. (ilal. gracieuse- ment). Mus. Gracieusement. GRAD GRACQUES [Les). Voy. Gracchds. * GRADATION s. f. (lat. gradaUo). kugvnm- talion successive et par degré? : la gradation de la lumière est sensible depuis la pointe du jour jusqu'au lever du soleil. — Figure de rhétorique, par laquelle on assemble plu- sieurs idées, plusieurs expressions qui enché- rissent les unes sur les autres. Va, cours, vole, est une gradation. — Peint. Passage insen- sible d'une couleur à une autre. — Peint, et Sculp. Artifice de composition qui consiste à faire saillir le personnageoule groupe princi- pal, en affaiblissant graduellement l'expres- sion, la lumière, etc., .dans les autres figures, à mesure qu'elles s'éloignent du centre de l'action : rme gradation savante. — Archil. Dis- position de plusieurs parties qui sont rangées par degrés ou les unes au-dessus des autres, et qui symétrisent par leurs formes et leurs ornements : gradation vieieuse. 'GRADE s. m. (lat. gradus, degré). Dignité, degré d'honneur, d'avancement : il fut élevé au plus haut grade. — Se dit aussi des diffé- rents degrés que l'on acquiert dans les uni- versités: le baccalauréat est un grade. — S'est dit anciennement des lettres qu'on obtenait en vertu des grades qu'on avait acquis; el c'est dans ce sens qu'on disait autrefois. Signi- fier, jeter ses grades sur une abbaye, sur un évêchê. * GRADÉ adj. Qui a un grade dans l'armée: un militaire gradé. Ne se dit guère qu'en parlant des grades inférieurs. * GRADIN s. m. (lat. gradus, degré). Petit degré qu'on met sur des autels, sur des cabi- nets, sur des butlets, etc.. pour y poser des chandeliers, des vases de fleurs, des porce- laines, etc. : un salon rempli de pots de fleurs étages par gradins. — Se dit aussi des bancs élevés graduellement les uns au-dessus des autres, pour placer plusieurs personnes, dans les grandes assemblées, dans les théâtres, dans les écoles, etc.: des gradins circulaires. — Jardin. Gradi.n de g.\zon, marches ou degrés revêtus de gazon. GRADINE s. f. Techn. Ciseau de sculpteur, dentelé et fortement trempé. GRADINER v. a. Travailler avec la gradine : gradiner le marbre. GRADISCA. 1, ville d'Istrie, qui fait partie du comté de Gœrz-et-Gradisca (Autriche); 3,400 hab. — Il (Alt-), ville forte de Slavonie (Autriche); l.GOO hab. — III (Neu-), ville de Slavonie, sur la Tenarti; 1,900 hab. — IV, ville forte de Bosnie, sur la rive droite de la Save, en face d'Alt-Gradisca, qui se trouve de l'autre côté de cette rivière; 3,000 hab. * GRADUATION s. f. Division en degrés. N'est usité que dans le didacliciue: la gradua- tion d'un thermomètre, d'un baromètre, d'une Échelle. — • Se dit, dans les salines, d'un bâtiment destiné à l'aire évaporer l'eau dans laquelle le sel est dissous. On dit aussi Gham- BUE Gn.\DllÉE. * GRADUEL, ELLE adj. Qui va par degrés : dévclopijcmcnt graduel. — Jurispr. Substitu- tion GU.\DUELLE. — PSAUMES GRADUELS, psaumes que les Hébreux chantaient sur les degrés du temple. — Subslanliv. Désigne des versets qui se disent entre l'épitre et l'évangile, et qui se chantaient autrefois au jubé, comme cela se pratique encore dansquelques églises: chanter le graduel. — Livre qui comprend tout ce qui se chante au lutrin pendant la messe: acheter un graduel. * GRADUELLEMENT adv. D'une manière graduelle, par gradation: augmenter, dimi- nuer graduellement. ' GRADUÉ, ÉE part, passé de Giiaduer. S'eiuiiluie siiuvcnt adjecliv. : carte graduée; cours de thèmes gradué. — Cuambue grauuée. ^Vny. Gn\DU,\Ti0N.) — s. Celui qui a pris des 219 GRAH degrés dans quelqu'une des facultés de théo- logie, de droit, de médecine, etc. : tes gradués de l'unioersité. — Gradué nommé, se disait autrefois d'un gradué qui avait une nomina- tion sur un bénéfice, en vertu de ses grades. * GRADUER V. a. (lat. gradus, degré). Marquer des degrés de division : graduer un thcrmométi'e, un baromètre, les cercles d'une sphère, les cartes de géographie, une échelle. — Augmenter par degrés : graduer le feu, dans une opération de chimie. — Conférer des degrés dans quelqu'une des facultés de théo- logie, de droit, de médecine, etc.: se faire graduer en théologie. GRADUS AD PARNASSUM s. m. Titre d'un dictionnaire latin qui, indiquant la quantité de chaque mot, sert à faire des vers latins et par conséquent, à monter les degrés qui conduisent au Parnasse. GR^CUM EST, NON LEGITUR [gré-ko- mèst-nonn-lé-ji-tur]. Dicton qui fut, pendant le moyen âge, en usage dans l'Université, où, selon Ramus, Galand, Lambin et autres savants du règne de François I", on connais- sait à peine les noms d'Homère, de Platon, de Thucydide; on discourait beaucoup sur Aristote, mais on ne le lisait que dans des versions défigurées et barbares. GR.S!FE. I (Karl-Ferdinand von), chirurgien allemand, né en 1787, mort en ISiO. Il s'est occupé surtout de rhinojilastie et a écrit : Rhi- noplastik (1818). — II (Albrecht von), oculiste allemand, fils du précédent, né en 1828, mort en 1 870. La plupart de ses ouvrages importants ont été publiés dans son journal périodique Archiv fur ophthalmologie. GRAFFIGNY (Françoise u'IssEasouRG d'Ap- poNcouRT, dame de), femme de lettres, née à Nancy en 1694, morte en I7;i8. Elle épousa un homme violent dont elle fut séparée judiciairement après quelques années d'une union malheureuse; elle s'attacha alors a M"° de Guise et la suivit à Paris, où elle se distingua par son esprit et par son goût pour la littérature. On a d'elle: Lettres péruviennes (1 vol. 1746), deu.ï drames. Génie et la Fille d'Aristide. Voltaire et .U"» du Chatelet (1820, 1 vol. in-8°). L'édilion la plus complète de ses œuvres est celle de I7SS (4 vol. in-12). ' GRAFFITE ou Sgraffite s. m. (mot tiré de l'ital.). Espèce de dessin tracé avec une pointe sur l'enduit d'un mur où l'on a appli- qué une teinte grise. Ce genre de dessin n'est plus en usage et le mot graffite ne s'emploie plus guère que pour désigner les inscriptions, les dessins tracés sur les murailles dans les villes antiques: lesgraffites de Pompéi. GRAFTON, ville du Massachusetts (États- Unis), sur les rivières Blackstone et Quinsi- gamond et sur le canal de Blackstone; à àOkil. S.-U. de Boston; •i,4;iO hab. GRAGNANO [gra-nia'-no], ville d'Italie, à 20 kil. S.-E. de Naplcs; 10.:>l-.'0hab. Manu- factures de macaroni et commerce considé- rable do vins. GRAHAM (Thomas), chimiste écossais, né en ISOj. mortcn 180!); fut professeur à l'uni- versité Andersoiiienne (ls:!0-'37) etau collège de l'université de Londres (l 8.'}7-'o.')) el ensuite, jusqu'à sa mort, directeur do la monnaie. On lui doit la découverte de la loi de la diffusion des gaz; il démontra l'existence dans les liquides d'un pouvoir diffusif, sem- blable à celui des gaz, et qu il appela omosis; il exposa de nouvelles théories sur la compo- sition des sels et étendit ses recherches à la faculté de transpirer des gaz. Ses Eléments of chemistry (18 i2) ont eu de nombreuses éditions. H collabora par des publii-ations importanles aux fhilosophicul Transarlions. GRAHAM ''ile de) ou Ile de Julia, lie vol- caiiKiue, qui ap[)arul dans la Méditerranée GRAT 145 à mi-roule, entre Sciacca (Sicile) et l'ile de Pantellaria, en juillet 1831.' Un tremblement de terre se fit ressentir trois semaines avant l'apparition de cette ile, et le 10 juillet, une trombe fut suivie d'une colonne de vapeur s'élevantà une hauteur d'environ 600 mètres. Le 18 apparut une petite ile, haute de 4 mètres au-dessus de l'eau, avec un cratère lançant des matières volcaniques et des colonnes de vapeur. Le 23 juillet, la circonférence de l'ile était d'un kil. et son point le plus élevé se trouvait à 27 mètres au-dessus du niveau de l'eau. Le premier débarquement y fut effec- tué le 3 aoilt, par le cap. Senhouse, qui dé- ploya le pavillon britannique sur cette terre éphémère. L'île avait alors de 2 à 3 kil. de circonférence et son point culminant, au- dessus de la surface de l'eau, s'élevait à envi- ron 60 mètres. Un cratère profond qui, en sept., avait 780 mètres de circonférence, s'ou- vrait entre deux collines longitudinales par lesquelles il était entièrement fermé, excepté sur le côté S.-E. L'île s'ent'onça graduelle- ment et, vers la fin d'octobre, elle avait dis- paru. En juillet 1863, elle se montra de nou- veau et s'éleva à une hauteur de 36 à .ï6 m., mais elle fut bientôt balayée par les vagues. GRAHAM'S TOWN, ville de la colonie du Cap (Afrique), capitale du district d'Albany, à 30 kil. N.-N.-O. de Balhurst ; environ 10,0ûO h. Evêché catholique romain. GRAIL (Saint-). Voy. Graal. * GRAILLEMENT s. m. [Il mil.] (v. fr. graille, corneille). Son cassé ou enroué de la voix. •GRAILLER v. n. [Il mil.]. Crier comme la corneille. — Chasse. Sonner du cor sur un ton qui sert à rappeler les chiens. 'GRAILLON s. m. [gra-ion; Il mil.]. Restes ramassés d'un repas : une marchande de grail- lons. — Goût de graillon, odelr de graillon", goût, odeur de viande ou de graisse brûlée. On dit dans le même sens. Cela sent le graillon. — Pop. Crachat épais. GRAILLONNER v. n. Prendre un goût, une odeur de graillon. — Tousser pour expulser les crachats épais. GRAILLONNEUR, BUSE s. Celui, celle qui graiUonne souvent. GRAILLY (Jean de), dit le captai de Buch, capitaine gascon du xiV siècle, né à Bor- deaux, mort â Paris, dans la prison du Temple, en 1377. Attaché au parti anglais, il fut battu et fait prisonnier par du Guescliu à Cocherel (1364) et rendu à la liberté l'année suivante, après avoir fait sa soumission au roi de France. Il retourna au parti anglais, fut nommé connétable d'Aquitaine en 1371, et tomba de nouveau, près de Soubise(1372), entre les mains des Français, qui ne le lâchè- rent plus. "GRAIN s. m. {\a.L granum). Fruit et se- iiience du froment, du seigle, de l'orge, de l'avoine, etc. : le grain de ces froments est fort gros, est plein, est pesant, est menu. — Se dit souvent absol., surtout au pluriel: la récolte des grains. — Giios grains, le froment, le méteil elle seigle. Menus grains, les grains ([u'on sème en mars, comme l'orge, l'avoine, le mil, la vesce, etc. — Poulets de grain, petits poulets qu'on nourrit de grain. — Etre dans le grain, être enti-é dans quelque alfaire utile. — Fruit de certaines plantes et de certains arbrisseaux : grain de raisin, de grenade, de ge- nièvre. — Se dit, par anal., de certaines choses faites à peu près on forme do graiu : grain de chapelet.— Catuolique agbos grain, catholique qui se permet beaucoup do choses détendues par la religion. — Se dit également des peti- tes parties de certains amas ou monceaux ; grain de sable, de blé, d'orge. — Grains d'or, morceaux d'or très purs qui so trouvent dans m. 146 GRAI GRAM GRAM les rivières, ou sur la surfiico de la tfirrp. On le» nonwrio ainsi, (|iiel que soit leur volume. — GriAiN DK PIN. (Voy. Fi.n, iniî.) — Il n'y a PAS UN GllAIN DE SEL DANS CET OUVIiAGE, il Cst insipide, on n'j' trouve rion de piquant, d'agri/able. — Se dit quelq. fig. ol fan»., au sens moral : n'avoiii tas un ghain de bon sens, UN GKAIN DE JUGEUENT, elc, OH être lOUt à fait dépourvu. Elle a un petit grain de coquet- TEniE, un peu do coquetterie. — Avoir un grain de folie dans la tète, ou quelquefois ahsolumenl. Avoir un grain, être un peu fou. — Petit poids qui était la soixante et dou- zième partie d'un gros cl qui pesait 0 gv. 0"):!: cela pèse tant de grains. — Se dit aussi des petites aspérités qui couvrent la surface de certaines étnlies, de certains cuirs, etc. : ce basin a le grain plus gros, plus menu que l'au- tre. — Se dit également des parties tenues, et serrées entre elles, qui forment la masse des pierres, des métaux, etc., et que l'on aperçoit aisément à l'endroit où ils sont cas- sés ou coupés : ce marbre est d'un grain plus gros que l'autre. — Grain d'orge, ou Toile, LINGE grain d'orge, DE GRAIN d'ûRGE, loile SP- mée de points ressemblants à des grains d'orge. — Grains de petite vérole. Pustules et marques de la petite vérole. — Grain de BEAUTÉ, petit signe noir qui fait ressortir la blancheur de la peau : elle a un grain de beauté sur les épaules. — Averse, pluie sou- daine et de peu de durée : nous allons avoir un grain. — Mar. Grain de vent, ou simplement. Grain, tourbillon qui se forme tout à coup, et qui, à proportion de sa violence, fatigue plus ou moins le navire : voilà un grain de vent. Se dit aussi du nuage qui annonce le grain de vent : voilà un grain oien noir. '" GRAINE s. f. Semence de quelques plan- tes : graine de laitue, de pourpier, d'épinards, depavots, etc. — C'est une mauvaise graine, se dit en parlant de laquais, de pages, d'éco- liers, de jeunes gens malins : Mauvaise graine est tôt venue. La Funtaine. L'Hirondelle et les petits Oiseaux. Cette fille monte en graine, elle avance en âge, et ne trouvera bientôt plus à se marier. — C'est delà graine de niais, c'est une chose qui ne peut tromper que des gens simples. — Frange, épaulette, gland a graine d'épi- nards, frange, etc., dont les filets ressem- blent à un assemblage de graines d'épinards: dans l'armée française, les épaulettes à graine d'épinards indiquent un grade supérieur. Grai- nes d'Avignon. (Voy. Greneïtes). — Graine DE VERS A soie OU Simplement Graine, œufs de vers à soie qui ressemblent à la graine de moutarde. — Graine de paradis. (Voy. Malaguetïe.) GRAINELER. Voy. Greneler. GRAINER. Voy. Grener. 'GRAINETIER, s. m. Voy. Grènetier. * GRAINIER, 1ÈRE s. Celui, celle qui vend en détail tuuLi'.s sortes de grains. GRAINU. Voy. Grenu. * GRAISSAGE s. m. Action de graisser: le graissage des roues d'une voiture. — '-v Jargon. Don d'argent fait de la main à laaiain : le pipelet aime bien le graissage de la patte. * GRAISSE s. f. (rad. gras). Substance onc- tueuse et aisée à fondre, répandue en di- verses parties du corps de l'homme ou de l'animal : la graisse l'incommode. — C'est un peloton de graisse, se dit d'un petit oiseau extrêmement gras, comme sont d'ordinaire les ortolans et les becfigues. — Se dit aussi d'un enfant fort gras. — La graisse ne l'em- pêche PAS de courir, la graisse ne l'étouffé PAS, se dit d'une personne maigre. — Ce vin tourne a la graisse, il commence à filer comme de l'huile. — La graisse de la terre, substance la plus onctueuse, et qui contribue le plus i la fertilité de la terre. — Écrit. La graisse de la terre, la firtilité de la terre.— »v Jargi'ii. Argent. — Il y a de la graisse, il y a un bon butin à faire. * GRAISSER V. a. Frotter, oindre de graisse, de quelque cliosc d'onctueux : graisser des bottes, des souliers. — Fig et pop. GraisSer le couteau, manger de la viande à déjeuner ou à goûter. — Prov. et 11g. Graisser ses hottes, se préparer à partir pour quelque voyage; et, dans un sens plus ligure, se disposer à mourir : ce malade fera bien de graiacr ses bottes. — Prov. et lig. Graissez les uottes d'un vilain, il dira qu'on les lui BRiLE, un avare. pourscdis|ienserde la reconiiai-saace, se plaint môme des services qu'on lui rend ; et, dans un sens plus étendu, un malhon- nête homme paye ordinairement d'ingiali- tude les services qu'on lui rend. — Prov. et fig. Graisser la patte a quelqu'un, donner de l'argent . 11 y a la une lacune qui se répète invariablement dans toutes les éditions du Dictionnaire de l'Académie. D'ail- leurs, rcxomple que nous venons de trouver dans l'article Bailli, et que bien peu de lec- teurs iront chercher en cet endroit, ne Ir.inche pas positivement la question. Si une femme était décorée d'une grand'croix, écrirait-on une grand'croix et non une grand-croix, à cause du genre '? * GRAND-DUC s. m. Celui qui possède un grand-duché : les grands-ducs de Bade. --Les grands-ducs occupent le rang intermédiaire entre les rois et les ducs; on leur donne la qualification d'altesse royale. Le titre de grand-duc fut créé en 1569 par le pape Pie V, en faveur du duc Cosme l" de Florence. Un second titre de grand-duc fut créé en 18U6 pour Muiat; bientôt après, les souverains de Hesse-Darmstadt, de Bade, de Saxe-Weimar, de Mecklembourg-Schwerin, de Mecklembourg- Strelitz, d'Ûldembourg et de Luxembourg reçurent le même titre. * GRAND-DUCAL, ALE, AUX adj. Qui appar- tient à un grand-duc : les pouvoirs grand- ducaux. * GRAND-DUCHÉ s. m. Etat dont le souve- rain porte le titre de grand-duc : le grand- duché de Bade. GRANDE-BRETAGNE, la plus grande et la plus importante des lies européennes, com- prenant l'Angleterre, le Pays de Galles et l'Ecosse. Bretagne (Britannia) était l'ancien nom de cette île. Plus tard, le terme Grande-Bretagne fut employé pour la distin- guer de la Petite-Bretagne, nom appliqué à la péninsule qui prolonge la France au N.-O. (ancienne Armorique). Le terme Grande- Bretagne fut peu employé jusqu'à l'avène- ment de Jacques I"qui réunit l'île entière sous son sceptre (1603). D'après l'union législative entre l'Angleterre et l'Ecosse en 1707, le mot Grande-Bretagne devint le nom légal du royaume. L'Ecosse est souvent appelée Bre- tagne du Nord. La Grande-Bretagne forme, GRA.\ ::vec l'Irlande et les Iles .Normandes, le liDyaume-l'ni de Grande-Bretagne et d'Irlande; elle constitue, avec les immenses possessions anglaises, ce que l'on appelle l'empire Britan- nique. (Voy. Britannique.) TABLEAU STATISTIQUE DU BOYAUME-UNI. nOYAUME-U.NI KIL. cinu. POPULATIOS. Angle-terre Galle» i;ii.cï8 "8.50.6497 lo.or.'i I.WO.OOO Ecosse 78. S'il; 4.471.057 Irlande U.i'l 4.450.S44 Ile de M.in ;.ss 5,-1.000 Iles Normandes 1!m; 00.000 Soldats et marins hors du pays. — 300,000 Tolaul 314. OiS 39.280.000 Capildle, l>ondres. — Divisions. Le territoire du Ruyaume-Uni est divisé en -117 comtés, chaque eoinlé est subdivise en hundrcds ei chaque hundred en [)aroisses. Voici le tableau de la division en comtés. ANGLETERRE Comtés. Northumbcrland. ... Curoberland Durham Wcslmorelaiid York Lcncastcr Lincoln Norfolk SutTolk Uuiilingiion (^auibriilgt; Herlfonl Ksscx Middlescx Kent , Sussex . . Surrev , Beiks* SoiitlluiliptOD \Vills Dorset Somerset DevoD Corn'wall Gloceàlcr Moumouth Hereford W'orccstor Shrop ou Salop. . . Chcster Derby Notlingham Stafford LLÎcester Rutlaiid Warwick Northampton BcdfiH-d Ûiford Buckingham (40 comtés). Capitale», iNewcastïc. CarlUlc. Durham. Appleby. Yoïk. Lcncastcr. LiiiC'ln. Xorwic-h. I])>wJch. Huiitin^don. Cambridge. Hertford. Colchcster. Londres. Cantirbury. Chicht^hter. Guildford. Itcading. Wincbuster, Salisbury, Uorchester. Bath. Excter. I.aunce5ton. Gloccsior. .Moiinioutb. Hircford. NVorce^ler. Shrewsbury. C h es ter. Derby. Nollingham. Staifurd. Leicesler. Oikhani. War'wick. Nurtbampton. Bedford. Oxford. Buckingham. Galles (12 comtés). Comtés. Capitalet, Anglesea . . . . Fliiit CarnarvoQ. . . Merionetb . . . Montgomcry . Cardigan , , . . Radnor Brtcknok Pembrokc . . . Carniarthcn. . Glaraorgan., . Deobigh.... Beaumaris. Flint. Carnarvon. Bala. Monigomery, Cardiga;!. Radnor. Brecknok. Pembroke. Cacmarthen. Cardiff. Denbigb. Ecosse (33 comtés). Comtés. Orcades et Shetland . . Caitbucss Sutherland Ross Cromany Invcrness Argyle Bute' ■ Nairn Elgin ou Murray Banflf. Aberdei:n Kincardine ou Mearn. A ngus ou Forfap Perth Fifc Capitales. Kirkwall. AVick. Dornoch. Tain. Cromartj. Inverness, Inverary. Rothsay. Nairi>. Elgin. Banff. Kc-w-Aberdeen. Stonehaven. Forfar. Pcrlh. Cupar. GRAN Stirling Durabarloii ou Lennoi liinlithgow Dumbarton. Linlitbgow. Edimbourg. Haddington, Edimbourg Haddinglon Ayr Wigton Lanark Wigion. Lanark. Petbles Peebles. Selkirk Selkirk. Roxburgh Dumfries . . ledburgh. Dumfries. Kirkcudbrîght, 2 comtés). Capitales. Wetford Irlande (3 Comtés. Kilkenny. Wicklow Wicklow. Kildare. .. Kildare K.ing*s County Maryborough. Tullamore. Mullinger. Longford. Trim. Dublin. Dimdalk. BrlfiiSt. Longford Dublin Arraagh Tyrone Londondcrry Dowa-P;itrick. Artn..gli. OlIKlgtl. Lond^onderry. Cavan Fermanagh Enniskillen. DoiK'gal. Sligo. Casticbar. Mayo Roscommon Leitrim Clare Ennis, Limerick Limerick. Kerry Cork Tralee. Cork. Waterford Waterford. Tipperary ClonmeL — Gouvernement. Le gouvernemeot du Royaume-Uni est une monarchie liéréditaire limitée ou parlementaire. Le pouvoir exécutif suprême appartient nominalement au roi ou à la reine; mais, en réalité, il est entre les mains du ministère (Voy. AiNGLETERre.) Le pouvoir législatif est accordé à un parlement qui se compose de la chambre des lords et de la chambre des communes. — La chambre des lords ou chambre haute est composée de SUl membres qui tiennent leurs sièges : 1" en vertu d'un droit héréditaire ; i" de la nomi- nation du souverain ; 3° de leur office (évêques anglais et gallois); 4° de l'élection à vie (28 pairs irlandais); 5° de l'élection pour la durée d'un parlement («16 pa'irs écossais). Membres Pairs du sang royal 6 Archevêques 2 Ducs 22 M.'trquis 10 Comtes 134 vicomtes 32 Evêques 24 ' Barons 262 Total .... ~. ÏÔT Pairesscs n'ayant pas de voix ... 9 — La Chambre des communes se compose d'environ 060 membres, le chiffre étant va- riable suivant les variations de la population. ANGLETERRE ET GALLES 52 comtés (et ilo do Wighl). 200 villes et bourgs 3 universités ECOSSE 33 comtés S2 villes et bourgs. . . . 4 universités Membres . 187 . 207 5 «0 32 26 IRLANDE 32 comtés 33 villes et bourgs . . . . 1 université Total, pour le Royaume-Uni . 37 103 GRAN Mais le nombre légal des membres est de 658. — Sont électeurs, dans les bourgs, de- piiis 1867, les citoyens, propriétaires ou loca- taires, payant un certain cens. On compte 2,600,000 électeurs, dont 50,000 seulement pour l'Irlande. — Finances. Les recettes et les dépenses s'équilibrent; elles s'élèvent cha- cune à 2 milliards de fr. La dette est de 20 milliards de fr. — Voici, en livres sterling, le tableau de l'accroissement de la dette du Royaume-Uni : GRAN 149 PERIODES. Guerre américaine 1775 1784 1793 . Commencement des guerres françaises 1817 . CodSoIidatioQ des échiquiers anglais et irlandais 1836 1875 ■ ■ CiVITlL DB LA DBTTB . 128.583.635 i49.851.6i8 239.350.148 840.850.491 787.638.816 775.348.386 Intérêt et administratioD 4.471.572 9.451.772 9.208.495 32.038.191 29.143.517 ,7.094.480 — Justice. Les cours supérieures siègent à Londres, à Edimbourg et à Dublin. Les juges (sauf les lords chanceliers) sont nommés à vie et ne peuvent être destitués que par suite d'une pétition adressée au souverain par le parlement réuni. — Les cours d'assises forment des circuits, visités périodiquement par des juges de la haute cour, qui siègent pour décider avec un jury sur les faits con- cernant les affaires criminelles et les affaires civiles. Les county courts jugent les procès civils de peu d'iinporlance. — Religio.n. Les pi'iucipales dénominations religieuses sont les suivantes : ANGLETBRBE BBUGION. BT GALLES BCOSSB. IRLANDE. TOTAUX. Anglican . ,. , 18.000.000 75.000 030.000 18.725.000 tglhc d'Ecosse . — 1.800.000 — 1.800.000 Dis.^idents . . . 4.500.000 1 . --lUU . 000 500.000 6.S0O.OOO Catholiques . . 1.50O.0U0 JOO.OOO 4.000.000 5.800.000 Israélites 40.0ÛIJ 5.000 » 43.000 Autres 500. OOU 20.000 "> 5iO.00O Totaux 24.540.000 ■J. 700. 000 5.130.000 33.390.000 — 11 y a des archevêques anglicans à Can- torbéiy, York, Armagh et Dublin. — Arche- vêchés catholiques à Armagh, à Dublin, à Cashel etàTuam. — Le territoire est divisé en 24 évèchés catholiques. — Education. Depuis l'éducation act de 1870, l'Etat intervient dans renb:igr,ement primaire, auquel il était resté étranger jusqu'alors; mais l'enseignement est demeuré libre. De récents recensements ont fait connaître que 14 jeunes gens et 18 jeunes filles sur 100 ne savent pas signer leur nom. — Industuie. La Gi'ande-Bretagne est, sans contredit, le premier pays industriel du globe. L'industrie la plus importante est celle du coton. Les localités où celte industrie se trouve concentrée sont : le Lancashirc, le Cheshirc, le Derbyshirc et le Yorkshire. Le nombre des manutaclures et celui des ouvriers employés dans les fabriques de tissus eu An- gleterre et dans le pays de Galles, sout les suivants : INDCSTIUIN C'iton .... Laine .... Renaissance . Laine Gléc. . , Lin Chanvre . , . , Jute Crins Soie Bonneterie ctc , HAISUPAC- TUBBS. 1.542 .483 123 G48 141 43 15 21 812 548 6.378 NO.MIIUE d'ouvriers. 440 103 3 131 "3 4 44 13 .336 .371 424 .830 .327 03'-l 9.13 786 419 357 783.022 — L'industrie des métaux est presque aussi active que celle des filatures et des tissus. Le Royaume-Uni produit chaque anuée plus de 8 millions de tonnes rie fonte. Il inonde les pays étrangers de ses innombrables articles d'acier, depuis l'aiguille fine jusqu'aux énor- mes navires cuirassés. — Commerce. Le total des importations (non compris les matières d'or et d'argent) est estimé à 420 millions de livres sterhng et les exportations à 328 mil- lions. Les importations pour les possessions anglaises se montent à 84 raillions, compre- nant 30 raillions pour l'Inde, 20 miUions pour l'Australie et 10 millions pour l'Amérique an- glaise du Nord. Les principaux pavs fournis- sant à l'importation anglaise sont': les Etats- Unis, la France, l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, la Chine et la Russie. Les pays d'exportation sont : les possessions anglaises, l'Allemagne, les Etats-Unis, la France et la Hollande. Principaux articles d'importation : les grains et la farine, le coton, la laine, le sucre, le bois, le thé et les soies. Exporta- tions principales : coton lilé et tissé, lainage et laine fllée, toiles de Un et de jute filées et tis- sées, fer et acier, machines, combustibles La marine marchande appartenant au Royaume- Uni (y compris Jersey, Guernesey et lile de Man) se compose de 2.ï,461 navires (6,152,467 tonnes), dont 21,291 navires à voile (4,206,897 tonnes) et 4,170 bateaux à vapeur (1 ,945,370 tonnes).— Armée et marine. L'Armée régulière comprend 7,076 officiers commissionnés, 16,394 officiers non commis- sionnés, trompettes et tambours et 216. IM hommes de troupe ; total 226,192. Il existe en outre 139,018 hommes de milice, lo,130 hommes de yeomanery à cheval, 161,1.30 vo- lontaires , 32,000 pensionnaires enrôlés et une forte armée de réserve. La force totale de l'armée anglaise dans l'Inde consiste en 63,197 hommes. La marine de l'Etat se com- pose de 752 navires et de 60,000 officiers et marins. Parmi les navires, on compte 109 ba- teaux à vapeur en service actif et 133 bateaux à vapeur et navires à voile de réserve ; le Royaume-Uni possède 62 cuirassés. Magni- fiques bassins de construction à Deptford, Woolwich, Chatham, Sheerness, Portsmouth, Devonporl et Pembroke ; école navale à Portsmouth, académie militaire à Wolwich, collège militaire à Sandhurst. CHEMINS DE fer Angleterre et Galles . , Ecosse 22.-22 la. 5.089 — 4.493 Total 32.304 kil. — Postes . 18,359 bureaux , distribuant 1,700 millions de lettres, 150 millions de cartes postales, 600 millions de journaux et 15 millions de mandats postaux. — Télé- graphes. 50,918 kil. de lignes appartenant cà l'Etat, 5,886 bureaux distribuant 66 millions de dépêches. (V. S.) • GRANDE-DUCHESSE s. f. Femme d'un grand-duc. LA GRANDE -DUCHESSE DE GEROLSTEIN, opéra-bouU'c, en trois actes et quatre tableaux, représenté aux Variétés le 12 avril I8U7. Libretto de MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de Jacques Ollenbach. M"" Schneider en était la principale inter- prète. GRANDE-GRÈCE, nom donné par les Romains ;■! l'Italie méridionale, à cause des nombreuses colonies que les Grecs y avaient fondées. La Grande-Grèce comprenait l'Apulie, la Calabre, la Lucarne, le Brutiuni, etc. *GRANDELET, ETTE adj. Diminutif de grand : cette femme a déjà des enfants assez yrandclets. ^Fam.) * GRANDEMENT adv. Avec grandeur : il pense, il ayil grandement. — Beaucoup : il se trompe grandement. — Avoir guanûkiient de QUOI vivre, être dans l'aisance. ' GRANOESSE s. f. Dignité de grand d'Es- ioO GRAN GRAN GRAN pagne, en usage depuis Charles-Quinl : tel favori mit la grandesse dans cette maison. — La dignité de erandesse appartenait aux nobles du premier rang. Les firands d'Es- pagne descendent des anciens chefs feu- dataircs de la oouronne et des inonibres de la famille royale, lisse considéraient cunime supérieurs à tous les autres nobles de l'Eu- rope et inférieurs seulement aux princes du sang royal. Un grand niimbre n'avaient pas de litres; d'auties portaient les titres de comte, de marquis cl de duc; quelques-uns possédaient de vastes Etats. Parmi les plus ricbes, on citait: les durs de Médina Ccli, d'Alva, d'Ossuna, d'Altamira. d'IufantaJo et d'Arcos. Les grands d'Espagne n'ont plus aucun privilév'. GRANDE TERRE (La). Voy. Guadhloope. • GRANDEUR s. f. Etendue en hauteur, en longueur, on largeur, etc. : ces deux hnnimei aont de même grandeur. — Astron. Se dit de? différences d'éclat des étoiles fixes : fiirius est une étoile de première grandeur. — Math. Tout ce qui est susceptible d'au^rmcntation et de diminution. — ItEOARDEn quklqu'un nu HAUT DK SA GiiANDEUB, Ic regarder avec une fierté dédaigneuse. Laisse, en entrant chez nous, ta grandeur à la porte. Destouciies. f.e Glorieux, acte II, se. x, iv. — Se dit aussi en parlant de certaines choses physiques ou morales qui surpassent la plu- part des autres choses du même genre : la grandeur d'une eiUreprise. — Parlicul. puis- sance unie h la splendeur, à la majesté : ta grandeur des rois. — Se dit absol., dans une acception plus restreinte, du pouvoir, des dignités, des honneurs; et alors on remploie très souvent au pluriel : (es soucis, les ennuis de la grandeur. — Au sens moral. Noblesse, élévation, dignité: grandeur d'dme. — Quel- quef. Titre d honneur qu'on donnait dans les deux derniers siècles, en parlant on en écri- vant, à tous les grands seigneurs qui ue prenaient [loiut le titre d'altesse ou d'excel- lence. Se donne aujourd'hui aux évêques et aux archevêques : il a suivi les ordres de Votre Grandeur. GRAND-FOUGERAY (Le) Voy. Fougerat. GRAND-FRAIS s. m. Mar. 'Veut fort et uni- forme. GRAND'GARDE s. f. Grand poste qui fournit les hommes des avant-postes et les sentinelles avancées. GRANDGOUSIER, l'un des héros de Rabe- lais; il était père de Pantagruel. GRAND GRIMSBY, port maritime du Lin- colnshire (Angleterre), sur IHuinber, à .iO kil. N.-E. de Lincoln; 51,876 hah. Grand commerce de poissons, de bois de construc- tion, de charbon et de sel. GRAND HAVEN. ville du Michigan (Etats- Unis), à l'embouchure de la rivière Grande, sur le lac Michigan, vis-à-vis Milwaukee, à 250 kil. O.-N.-O. do Détroit; 5,023 hab. GRANDIER (Urbain), curé de Saint-Pierre, à Louduii, chanoine de Sainte-Croix, né à Rovère, près de Sablé, en l-o90, mort en 1634. Ses ennemis l'accusèrent d'avoir ensorcelé les religieuses d'un couvent d'ursulines. Le conseiller d'Etat Laubardeinont obtint de Richelieu les pouvoirs les plus étendus pour connaître de cette allaire (1633). Urbain Grandier, arrêté en déc. \&:vi et transféré à Angers, fut mis à la torture. Les tourments lui arrachèrent l'aveu des adultères et des actes d'impudicité dont il s'était rendu cou- pable; mais il repoussa l'accusation de sor- cellerie. Il fut néanmoins condamné à être brûlé vif comme convaincu de magie, de maléfice et de possession. Lus pièces de cette procédure ont été conservées à la Biblio thèque nationale. GRANDIFLORE adj. (lat. grandU, grand; (lus, llciu,. (Jiii .] de grandes Heurs. GRANDIFOLIÉ, ÉE adj. (lat. grandis, grand : folium, l'iuill'). Bol. Qui a de grandes feuilles. * GRANDIOSEadj.(augment. dulat.sranrfis, grand;. Se dit, surtout dans les Heanx-.^rts, de ce qui impose, de ce qui frappe l'imagi- nation par un caractère de grandeur, de noblesse, de majesté: composition grandiose. — S'emploie souvent comme substantif mas- culin : il y a du grandiose dans les traits de celte personne. GRANDIPALPE adj. (lat. grandis, grand; franc, patijc}. Entom. Qui a de grandes palpes. * GRANDIR v. n. Devenir grand, croître en hauteur: cet enfant a bien grandi en peu de temps. — Fig. Grandir en sagesse. — v. a. Ce vêtement le ghandit, le fait paraître firaiid. — Fig Lk ualhkur l'a grandi, le malheur le fait paraître plus grand, le rend plus grand. — Se grandir v. pr. Se rendre plus grand : il se grandit en s'élevant sur la pointe des pieds. GRANDIROSTRE adj. (lat. grandis, grand ; ro.slrum, bm:). Uinith. Qui a un grand bec. GRANDISSEMENT s. m. Opération par laquelle on obtient une épreuve amplifiée. * GRANDISSIME adj. Superlatif de ^rand : vous me feri'z un grandissime plaisir, (tam.) GRAND-JOUAN, hameau de la commune de Nozay, arr. et à 25 kil. de Chateaubriant (Loire-Inférieurej; tUO hab. Ecole nationale d'agriculture fondée en 183». Fabrique d'ins- truments aratoires. Haras de juments arabes. GRAND-LIEU, lac de France, à 12 kil. S.-O. de .Nantes (Loire-Inférieure), long de 9 kil., large de 6 à 7 kil., alimenté par la Boulogne et l'Ognon et communiquant avec la Loire par un canal navigable de 22 kil. * GRAND-LIVRE s. m. Liste générale des créanciers de l'Etal: il est insciit sur le grand- livre. (Voy. Livre.) GRAND-LUCÉ (Le . ch.-l decanl., arr. et à 25 kil. S.-O. de Saiut-Calais (Sarthe) ; •i,042 hab. — Celte ville fut détruite par un incendie en 1786 * GRAND MÈRE s. f. Aïeule : grand'mère du coté paternel, du coté maternel. Chloris quitte et reprend, par un rare mystère. Jeune et vieille peau tour à tour; Et la Chloris de iiuit serait bien la grand^mére De la Cliloris du jour. Dhébbuf. Pop. On dit quelquefois. Mère-grand. Le conte de Peau-d'Ane est diincilc à croire ; Mais tant que dans le monde on aura (les enfants. Des mères et des mères-grands On en gardera la mémoire. Cb. PBHEioiT. Peau-dAne. ' GRAND'MESSE s. f. Messe solennelle chan- tée. * GRAND-ONCLE s. m. Le frère du grand- père ou de la grand'mère : son grand-oncle du côté paternel, du coté maternel. GRAND ORIENT s. m. Loge maçonnique centrale qui administre l'ensemble des loges du même rit dans un Etal : le Grand Orient de France. ' GRAND-PAPA s. m. Grand-père : des grajids-papas. — Vieillard bon et respec- table : e'cit un bon grand-papa. (Fam.) * GRAND-PÈRE s. m. Aïeul : des grands- péres. 6RANDPRÉ, ch.-I. de cant., arr. et à 17 kil. S -E. de Vouziers (Ardennes) , sur l'Aire; 1,052 hab. Dumouriez y étabht son camp en 1792. Ancienne comte-pairie, appartenant à la maison de Joyeuse. GRÂNDPRÉ (Le camp de). Voy. Camp de ' GllANDPRÉ. GRANDPRE Louis- Marie -Joseph Oniiîn, comte de), navigateur, iié à Saint-.Malo en 1761, mort en 181G. Il servit pendant 1,ï ans dans la marine de l'Elat et passa le reste de sa vie à l'hôt'd des Invalides. Son Voyage à la rote occidentale d' Afrique donne des détails intéressants sur le commerce des esclaves au Congo. Ses autres ouvrages comprennent: Voyage dans l'Inde et au Bengale (Paris, 18î5, in-S°); Voyage dans la mer Rouge; un Diction- naire universel de géographie maritime (Paris, 1803, i vol. in-i"); Répertoire polyglotte de la marine (Paris, 1829, 2 vol. in-8»). GRAND RAPIDS, ville du Michigan (Etats- Unis) sur les rapides de la rivière Grand, à 210 kil. O.-N.-O. de Détroit: yu,UUl> hab. Elle est bâtie de chaque côté de la rivière qui coule rntre de hautes falaises. GRANDRIEU, ch.-l. de cant., arr. et & 50 kil. N -E. de Mende (Lozère); 1,655 hab. GRAND RIVER, cours d'eau qui prend sa .source au S.-E du Michigan et qui se jette dans le lac Michigan à Grand Haven, après un cour? d'environ 3tiO kil. GRAND RIVER, l'un des torrents qui for- ment le Colorado de l'O. ; la Grand River prend sî source dans les montagnes Rocheu- ses, à 8 ou 10 kil. 0. de Longpic; son cours est de 460 kil. ; elle s'unit au Green à Ulah. Elle traverse une région montagneuse, pleine de ravins profonds et escarpes. GRAND-SERRE (Le), ch.-l. de cant., arr. et à 47 kil. iN.-E. de Valence (Drùme) ; 1,438 hab. Hauts fourneaux et forge. Ruines d'un château fort autrefois appelé Caslrum Serris. ' GRANDS -PARENTS s. m. pi. Les plus âgés d'entre les proche.! parents, les grand-père, grand'mère, grand-oncle : on consulta les grands-parents. ' GRAND'TANTE s. f. Sœur du grand-père ou de la grand'mère : grand'tante du côté paternel, du côte maternel. GRANDVILLE (Jean-Ignace-Isidore. GÉRARD, dit), caricaturi.ste, né a iNancyen 1803, mort en 1847 dans un asile d'aliénés. Ses Méta- morphoses du jour ridiculisèrent les folies et les vices dominants en représentant des per- sonnages bien connus sous des ligures d'ani- maux. Il fut l'un des plus spirituels dessina- teurs auxquels le Charivari et le Magasin pit- toresque durent leur vogue. H a illustré une foule d'ouvrages amusants et a publié des albums populaires, tels que le Carnaval du riche, le Carnaval du pauvre, les Petites mi- sères de la vie humaine. GRANDVILLIERS, ch.-l. de cant., arr. et à 30 kil. N.-O. de Beauvais (Oi.'ft); 1,647 hab. Aux environs, se trouve le château de Dome- rancourt, autrefois propriété des ducs de Saint-Simon. GRANE, Gran ou QuADE[grânn: kouèdd] ar. El Kueitj, ville maritime de l'El Hasa Arabie), sur une baie, au:N.-0. du golfe Per- sique, à 120 kil. S. de Bassbrah ; environ 9,000 hab. GRANET (François-Omer), conventionnel, né et mort à Marseille ^17b9-Ul sept. 1S2I). Il était négociant à. Marseille lorsque la Révo- lution éclata. Lié avec Mirabeau, il fut nom- mé administrateur des Bouches-du-Rhône. Député à la Législative, il vota avec la gau- che. A la Convention, où il siégea au sommet de la Montagne, il vota la mort du roi dans les 24 heures. Plus tard, il adoucit les ri- gueurs des décrets rendus contre sa ville na- tale. Persécuté après la chute des monta- gnards, il rentra un instant dans la vie pri- vée, fut maire de .Marseille sous l'Eni[i;re, représentant des Bouches-du-Rh6iie pendant les Cent-Jours, banni en 1816 et gracié en 1818. GRAN * GRANGE s. f. (lat. ijninum, grain). Bàli- ment où l'un serre les blés en gerbes : «ne grange de tant de travées. GRANGÉE s. f. Ce que contient une grange. GRANGENEUVE (Jacques-Antoine), conven- tionnel girondin, né à Bordeaux en 1750, dé- capité dans la même ville le 21 déc. 1793. Avocat, avant la Révolution, il se fît remar- quer par des discours enthousiastes. A la Lé- gislative (1791), il arbora le premier le boa- net rouge et insista, avant le 10 août, pour faire dénréter la déchéance de Louis XVL A la Convention, il vota contre la mort du roi et combattit la Montagne. Mis hors la loi le 31 mai, il s'enfuilà Bordeaux, où on l'arrcla. Il fut exécuté en même temps que son frère, Joseph, administrateur du déparlement de la Gironde. GRANIER (Adolphe-Bernard), ordinaire- ment appelé Gbanier de Cassagnac, journa- liste français, né à Averon-Bergerelle(Gers) en 1808, mort le 31 janv. 1880.11 débuta en 1832 par des critiques littéraires publiées dans le Journal des Débats et dans la Revue de Paris ; il entra ensuite à la Presse et produi- sit un pamphlet à sensation en faveur du maintien de l'esclavage. En 1840, il visita les Antilles dont il donna la description en deux volumes. Pendant son voyage, il avait épousé une créole, M"" Beauvallon. .\ son retour à Paris, il devint directeur du Globe, qui cessa de paraître en 184o ; il fonda alors VEpoque, journal que l'on accusa d'être subventionné par la police ; ce journal vécut deux ans. Lorsque éclata la révolution de 1848, Granier se hâta de revenir de Rome, où il avait fondé un journal ultraniontain. Ennemi déclaré de la république et partisan de Louis-Napoléon, il créa coup sur coup plusieurs journaux plé- biscitaires dont le plus vivace fut le Pays. Il fut élu quatre fois au Corps législatif comme candidat du gouvernement (18o2-'6!)). Il s'est surtout rendu célèbre par le grand nombre de duels que lui attirèrent ses articles pleins de personnalités. En 1876, il tut élu à la Chambre des députés comme ultra-bonapar- tiste. 11 a publié des ouvrages sur les diffé- rentes classes de la société française, sur la première Révolution, sur les Girondins, sur la révolution de 1848 et sur le second Empire. GRANIFORME adj. Qui a la forme d'un grain de blé. GRANIQUE (Le) (aujourd'hui Khodjn Tchai) (anc. géogr.), petite rivière de l'Asie Mineure, qui prend sa source au N.-O. du mont Ida, et se jette dans la Proponlide après un cours de 7.1 kil. C'est sur ses bords qu'Alexandre le jraiid remporta sa première victoire décisive sur les Perses, le 22 mai 334 av. J.-C. Les troupes grecques (30,000 fantassins et .'i.OOO chevaux), traversèrent la rivière, en face de l'armée des Perses (600,000 fantassins et 20,000 cavaliers). Les vainqueurs perdirent 53 fantassins et 60 chevaux. 'GRANIT s. m. [gra-ni ou gra-nilt] (baslat. yraniluiii; du lat. granum, grain). Pierre fort dure, qui est composée naturellement d'un as- semblage d'autres pierres de différentes cou- leurs: des roches de granit. — Le granit est une roche composée essenliellenienl de grains cristallins de feldspath et de quartz, d'où son nom. Les granits typiques sont généralement composés d'orthoclase, de quartz et de mica, mais certaines roches similaires manquent absolument de mica; et dans d'autres il est remplacé par la hornblende. Quelques écri- vains donnent à cette dernière combinaison le nom de syénite, terme qui parait avoir été employé dans l'origine fiour designer une roche composée do liornblende et d'albite, (oligoclase, nu labradojile) sans quartz ; cette roche est identique à ce que d'autres auteurs appellent diorilo. 11 semble mieux de suivre GRAN l'exemple de certains lithologistes allemands qui considèrent le granit comme un agrégé binaire d'orlhoclase et de quartz, dans lequel le mica et la hornblende peuvent se tiouver comme accidents minéraux, et donner nais- sance à un granit micacé et hornblendique, tandis que la variété dont ils sont absents tous deux se nomme granit normal ou bi- naire. 11 existe une croyance populaire que le granit, la plus ancienne de toutes les roches, est la couche inférieure sur laquelle reposent toutes les autres ; mais en réalité, il appar- tient à tous les âges, et même aux âges com- parativement modernes. Le granit est appelé roche plutonique, mais la plupart des gra- nits sont métamorphiques et ont passé de leur structure sédimentaire à une structure cristalline , par suite d'une chaleur conti- nuelle. Un magnifique granit rouge, em- ployé à la construction de monuments, se trouve à Pelerhead , près d'Aberdeen , en Ecosse ; il est composé d'orlhoclase rouge, d'albite, de mica noir et de quartz; il est très compact et d'une texture homogène. On con- sidère le granit comme la pierre la plus so- lide pour les constructions, les anciens, en ont fait des monuments gigantesques; mais, en raison de la difficulté que l'on éprouve à le tailler, on ne l'emploie plus guère qu'à dé- faut d'autre roche, sauf pour les massifs d'une grande durée et pour les trottoirs des rues. • GRANITELLE adj. Se dit du marbre res- semblant au granit: marbre granitelle. — »v s. m. Variété de granit gris, à grains fins. GRANITER v. a. Imiter le granit avec de la couleur. • GRANITIQUE adj. Qui est formé de gra- nit : roche granitique. GRANITOÏDE adj. Qui a l'apparence du gra- nit. • GRANIVORE adj. [lat. granum, grain; voro, je mange). Ornith. Qui se nourrit de grains. — s. m. pi. Oiseaux qui se nourrissent de grains : les granivores. GRANJA (La), palais d'été des rois d'Es- pagne, bâti par Pnili[ipe V (1727), sur le plan du palais de Versailles. La Granja est située près de San lldefonso (Ségovie), au milieu d'un pays montagneux, stérile et désolé. GRANSON ou Grandson , Grandisonium , ville du canton de Vaud (Suisse), sur le lac de Neufchâtel, près de son extrémité S. -0. ; environ 1,709 hab. Elle est célèbre par la mé- morable victoire remportée dans ses environs par les Suisses sur Charles le Téméraire (3 mars 1476). — Grant. (V. S.) GRANUA(gr. Granoua], rivière tributaire du Danube. Elle arrosait le pays des Quadi et le S.-E. de la Germanie. Ce fut sur ses bords que M. Aurelius écrivit le premier livre de ses Méditations. 6RANULAGE s. m. Action degranuler; ré- sultat du celle action. ' GRANULAIRE adj. Minéral. Qui se com- pose de petits grains. * GRANULATION s. f. Opération par laquelle on réduit les métaux en petits grains, que l'on nomme Grenaille. — Mod. Au pluriel. Lésion organique consistant en de petites tu- meurs arrondies, fermes, souvent demi-trans- parentes et luisantes, qui se rencontrent sur- tout dans les poumons. * GRANULE s. m. Petit grain. — Bot. Corps re|irii(liiclcui' d'une |)laiite cryptogame. — w Pharni. Très petite dragée, composée desucro et de pomme et ne contenant qu'une minime quantité do substance médicale (1 gr., par exemple, iioiir 10 gr. de gomme et de sucre). * GRANULÉ, ÉE part, passé de GnANULKn. — M\niinK (iiiANULÉ, qui est comme formé de petits grains. GRAO iM ' GRANULER v. a. Mettre un métal en petits grains : granuler du plomb, de l'étain. * GRANULEUX, EUSE adj. Didact. Qui est divisé en petits grains : terre granuleuse. — Méd. Qui a, qui présente des granulations : poumon granuleux. GRANULIFORMEadj. Qui est en forme de granulations. GRAN'VELLE I" (Nicolas Perrenot de), pre- mier ministre de Charles-Quint, né à Ornans (Doubs) en 1486, mort à Auysbourg en lo.^O. Il fut ambassadeur de Charles-Quint auprès de François 1", qui, se disposant à violer le traité de Madrid, le retint un instant prison- nier à Paris. — II (Antoine Perrenot, cardinal de), homme d'Etat espagnol, né à Besançon en 1317, mort en 1586. A l'âge de 23 ans, il fut nommé évèque d'Arras. U succéda à son père, Nicolas Perrenot, comme chancelier de Charles-Quint en looO, et il montra une grande habileté lors de la négociation du traité de Passau. A l'avènement de Phi- lippe H, en l.ï,ï5, Granvelle devint son mi- nistre. Lorsque Philippe abandonna les Pays- Bas pour l'Espagne en 1.Ï39, il nomma Gran- velle l'un des trois conseillers formant la coreswWa, pour assisterla régente Marguerite de Parme. Devenu tout puissant, Granvelle se donna pour but principal la restauration de la suprématie de l'Eglise catholique. Les troupes espagnoles restèrent dans le pays, l'assem- blée générale des étals ne fut pas convoquée et l'on créa treize nouveaux évêchés. En 1-560, Granvelle fut nommé archevêque de Matines et primat des Pays-Bas. Les préparatifs qu'il fil pour établir l'inquisition espagnole irri- tèrent tellement le peuple, que Marguerite de Parme céda aux réclamations et demanda son rappel. 11 quitta les Pays-Bas en 1564 et n'y retourna jamais. Dans la suite, il fut sou- vent employé comme diplomate et fut pendant quelque temps vice-roi de Naples. En 1.ÏS4, il donna sa démission d'archevêque de Malines pouracceplerrarchevêchéde Besançon, moins important. Protecteur des lettres, il enrichit le collège de Besançon fondé par son père. Un choi-K de ses lettres a été publié (y vol. in-i", Paris, 1841-'31). GRANVILLE {Grannonum), ch.-l. de cant., arr. et à 26 kil. N.-O. d'Avranches (Manche), à l'embouchure du Bosq dans la Manche, par 48» bO' 7" lat. N. et 3° 57' 1" long. 0.; 12,005 hab. Port sûr et commode. Ecole d'hydrogra- phie. Construction de navires, cordeiies pour la marine. Bains de mer. Pêche d'huîtres. Grains, sel, cidre, granit, pommes de reinette. Exportation de bœufs, de moutons, etc. — Fortifiée en 1440 par les Anglais, cette ville lut prise l'année suivante par les Français, brûlée par les Anglais en 1695 et bombardée par eux en 1803. GRANVILLE, village de l'Ohio (Etals-Unis), sur un aftluent de la rivière Licking, à 35 kil. Ë.-N.-Ë. de Colombus: 1,120 hab. Université de Denison (baptisles) et collège de filles. GRANVILLE (George), baron Lansdowne, auteur et homme d'Etat anglais, né en 1667, morl en 1735. U entra au parlemeut en 1710 et tut nommé ministre de la guerre. En 1712, il fut créé baron Lansdowne de Biddcford. A la morl de la reine Anne, il perdit son em- ploi, et, en raison de sa sympathie avérée pour le prétendant et sa participation au complot ayant pour but de soulever une in- surrection dans 10. de l'Angleterre, il l'ut renfermé à la Tour (I7I5-'17). Il fui l'auteur d'HeroicLove, The BritishEncliantcrs fil autres pièces de théâtre. Eu 1732, il publia soi œuvres en prose et en vers (2 vol.). GRANVILLOIS, OISE s. et adj. Habitant de Granville; ([iii appartient a Granville ou a ses habitants. GRAO PARA. Vov. Para. 152 r.RAP "GRAPHIQUE ndj. [gr. gyaplnin, écrire).' Didacl. Si' dit particul. des descrifilioiis, des opérations qui, au lieu d'i^trc simplement énoncées par le discours, sont données l'ar une fiffure : description graphif/uc d'une l'clipse de soleil, de lime, etc. — Qui a rapport à l'é- criture, à la manière de représenter le lan- ^'age par des signes : caractères, signes gra- phiques. — »* s. m — Dessin de la figure, des machines, etc., comme accessoire à l'étude des sciences exactes. * GRAPHIQUEMENT adv. D'une manière i-Taphique. Se dit, en astron., des choses dont on donne une description graphique. * GRAPHITE s. m. [gra-fi-te] (gr. graphein, écrire). Miner. Syn. de Plombagine. (Voy. ce mot.) GRAPHIUM s. m. [gra-fi-omm] (lat. gra- phiwTi). Aiitiq. Poinçon avec lequel les an- ciens écrivaient sur des tablettes enduites de cire. GRAPHOLITHE s, m. [-fo-] (gr. ffrapAd, j'é- cris; iUhos, pierre). Ardoise sur laquelle on écrit dans les écoles. ' GRAPHOLOGIE s. f. [gra-fo-lo-gi] (gr. gra- phcin, écrire; logos, discours). Art prétendu de deviner le caractère des individus par la seule inspection de quelques lignes de leur écriture. GRAPHOLOGUE s. m. Celui qui s'occupe de grapllolii,;,Mr. * GRAPHOMÉTRE s. m. {graphe, ligne; me- tron, mesure), instrument de malhématique, dont on se sert pour mesurer les angles, dans l'arpentage. — Grripltujihune. (V.S.) GRAPHOSCOPE s. m. [gra-lo-sko-pe] (gr. gra- phein, écrire; skopein, voir). Phys. Appareil d'optique qui sert à grandir les gravures, les photographies, etc. Le graphoscope fui in- venté par Rowsell vers 'ISÎI. ' GRAPIN s. m. Voy. Gr.\ppin. " GRAPPE s. f. (anc. haut ail. chrapfo, cro- chet; bas lat. grappa). Se dit proprement de l'assemblage des grains qui composent le fruit de la vigne, le raisin; et, pjr exl., de tout assemblage de grains, de fleurs ou de fruits qui ont naturellement la même dispo- sition : grappe de raisin, de muscat. — Vin de GRAPPE, vin qui coule naturellement du raisin sans qu'on le presse. — Mordrk a la grappe, saisir avidemenlune proposition, croire aveu- glément à une promesse. — Quand cet homme parle de telle chose, il semble qd'il morde a LA grappe, il prend un extrême plaisir à ce qu'il dit. (Vieux.) — Artvélér.Se dilde petites excroissances molles, et ordinairement rouges qui viennent aux piedsdes chevaux, des ânes, des mulets, et dont l'assemblage forme une espèce de grappe ; ce mulet, ce cheval a des grappes aux jambes. — Artill. Grappe de raisin, assemblage de balles ou de biscaïens enfer- més dans un sachet, et qui se tirent comme mitraille. " GRAPPILLAGES, m. Action de grappiller. 'GRAPPILLER v. u. [Il mil.]. Cueillir ce qui reste de raisins dans une vigne, après qu'elle a été vendangée : dès que les vendangeurs ont achevé, il est permis d'aller grappiller. — Fig. et fam. Faire quelque petit gain; et, dans ce seos, il est quelquefois actif : il n'y a plus à grappiller. Se prend ordinairement en mau- vaise part. * GRAPPILLEUR, EUSE s. Celui, celle qui grappille : voilà biendes grappilleurs dans cette vigne. — Se dit, fig. et fain., d'un homme qui grappille, qui fait de petits profits illicites : c'est un grappilleur. 'GRAPPILLON s. m. [diminut.]Petite grappe de raisin prise d'une plus grande. •GRAPPIM ou Grapin s. m. Mar. Petite GRAS ancre qui a quatre ou cinq branches recour- bées, et dont on se scrtpourlesembarcations, telles que chaloupes, canots, etc. — Se dit aussi d'un instrument de fer à plusieurs pointes recourbées, dont ou se sert pour ac- crocher un bâtiment ennemi, soit pour l'aborder, soit pour y attacher un brûlot : grappin d'abordage. — Jeter le (.uappin, mettre lk grappin, son grappin sur quelqu'un, se rendre maître de son esprit. GRAPPINER v. a. Mar. Accrocher avec un grappin. GRAPSE s. m. (gr. graphein, dessiner). Crusl. Genre de crustacés décapodes bra- chyures, voisin des crabes et comprenant une dizaine d'espèces. Le grapse madré est très commun sur les côtes de Bretagne. GRAPTOLITHE s. m. (gr. graphein, écrire ; lithos, [)ierre). Ilist. nat. Genre de fossiles acalèphes, comprenant au moins 20 espèces, que I on trouve seulement dans les roches J. GraptoUthils Logani. — 2. Portion d'uiio petite bran- che. — 3. La même portion grossie. — 4. îi. Différentes formes de )>hyIlograptus. — 6. Graptolitlius pristis. — 7. Ji'urie graptolithe. siluriennes; ces fossiles sont longs et minces; ils ressemblent à des algues et à la partie barlielre d'une plume, d'où leur nom. 'GRAS, ASSE adj. (lat. crassns. épais). Qui est formé de graisse, ou qui est onctueux : les parties grasses du corpn- — Chim. Corps GRAS, corps onctueux, solublcs dans l'élher et l'alcool, insolubles ou très peu solubles dans l'eau et qui brûlent avec une flamme volumineuse : l'huile, le beurre sont des corps gras. — Plus ord. Qui a beaucoup de graisse: il est gros et gras. — Tuer le veau gras, faire quelque régal, quelque fête extraordinaire pour marquer la joie qu'on a du retour de quelqu'un. — Le bœuf gras, bœuf très gras que les bouchers promènent avec pompe par la ville, pendant le.s derniers jours du carna- val. — Etre gras comme un moine, être gras A LARD, être fort gras. Ainsi \ivait dan*; ce nid délectable. En maître, en saint, en sage Téritable, Pere Vert-Vcrl, cher à pins d'une Hébé, Gras comme tin moine, et non mains -vénérable. Grbssbt. Fert-Kerf, chant II. — Sortir bien gras, sortir fort gras d'un emploi, d'une affaire, se dit d'un homme qui s'est enrichi dans un emploi, dans une affaire. — En serez -vous plus gras, en sera-t-il plus gras? se dit en parlant des choses qui ne peuvent êlre d'aucun avantage pour celui (jui les fait, et signifie en serez-vous, en sera-t-il plus riche, plus content, plus heureux? etc. —Avoir LA languegrasse, avoir la langue épaisse, éprou- ver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, et prin- cipalement les r. On dit plus ordinairement et adverbialement. Parler gras. — Avoir la poitrine grasse, être sujet à une toux suivie de l'expectoration de mucosités épaisses. — Dormir la grasse matinée, dormir bien avant dans le jour, se lever fort tard. -^ Ce cheval A la vue grasse, sa vue s'obscurcit. — Se dit aussi des mets où il y a plus ou moins de graisse : ce bouillon est trop gras. — Fairk ses choux gras de quelque chose, en faire ses délices, en faire son profit. — Se dit parti- cul. des mets, des aliments qui consistent en viande, ou qui sont préparés avec de la viande : bouillon gras. — Jour gras, se dit, chez les catholiques, des jours où l'on mange de la viande, à la distinction des jours où il GRAS n'est pas permis d'en manger, et qu'on ap- pelle jours maigres. — Les JOURS gras, signifie particul. lesderniersjoursducarnaval, qui sont Icjcudi, ledimanchc, lelundi et le inara.\:pi n- dant les jours gras. On dit aussi, dans ce sens. Le jeudi GRAS, le dimanche gras. — Sali, imbu de graisse ou de quelque matière onctueuse : exsuyez-vous, vous avez le menton gras. — Se dit, pur anal., de certaines liqueurs qui s'é- paississent trop avec le temps : de l'huile grasse. — Fromage gras, fromage mou, qui n'a pas plus de consistance que le beurre. — — Adverbial. Pain gras-cuit, pain qui n'a pas levé, qui est p.lteux faute de cuisson. — Figues grasses, figues qui, avec le temps, ont contracté une espèce de graisse. — Terre GRASSE, terre forte, tenace, fangeuse. — Terre grasse, se dit aussi de l'argile dont on se sert pour dégraisser les habits, et pour en ôler les taches. — Terres grasses, se dit souvent des terres fertiles et abondantes. On dit de môme. Ce sol, ce terroir, ce pays est gras, il abonde en blés eten pacages. — Degraspatu- RAGHs, lieux qui produisent en abondance les herbages propres à nourrir et engraisser les bestiaux. Ne s emploie guère que dans le style poétique. — Bol. Plantes grasses, plantes dont les tiges et les feuilles sont épaisses, charnues et succulentes. — L pavé est gras, il est couvert d'une boue épaisse et qui fait glisser. — Peint. Peindre gras, avoir le pin- ceau GRAS, peindre par couches épaisses. Cou- leur grasse, couleur qui est couchée avec abondance. Dans les Beaux-Arts, se dit pour moelleux. Substantiv. Peindre a gras, retou- cher avant que la couleur soit sèche; ce qui produit un très bon effet. — Sale, obscène, licencieux : il se plaît à tenir des discours un peu gras. — Cause grasse, cause que les clercs du palais choisissaient ou inventaient pour plaider entre eux, aux jours gras, et dont le sujet était plaisant. Se dit aujourd'hui d'une cause un peu égrillarde. — Se dit substantiv. des parties grasses de la viande : le gras et le maigre d'un jambon. — Le gras de la jambe, l'endroitle plus charnu de la jambe. — Riz au GRAS, riz qu'on a fait crever dans du bouillon gras. — Art vétér. Ce cheval est gras-fondu, il est malade de gras-fondure. (Voy. Gras FONDU.) — s. Chez les catholiques, viande, mets gras : servir en gras et en maigre. — Manger GRAS, faire gras, manger de la viande les jours maigres. — adv. Parler gras, grasseyer. — tv Parler d'une façon obscène, licencieuse : il parle gras. GRAS-CUIT adj. m. Se dit du pain qui estpâ- leux, faute de cuisson, ou du pain qui n'a pas levé. * GRAS-DOUBLE s. m. Cuis. Membrane de l'estonjuc du iiœuf ; un plat de gras-double. • GRAS-FONDU s. m., ou Gras-Fondure. s. f. Art vétér. .Maladie des chevaux qui consiste en une inflammation du bas-ventre, princi- palement du mésentère et des intestins, et qui est ordinairement produite par l'excès du chaud ou du travail : ces chevaux sont morts de gras-fondu, de gras-fondure. — Prov. Il ne MOURRA pas de gras-fondu, SB dit d'uu homme fort maigre. GRASS s. f. Mot générique anglais qui dé- signe les graminées et que l'on a admis en France dans le nom de diverses herbes. GRASS (Philippe), statuaire, né à Wolxheim (Bas-Rhin) en f»01, mort en avril 1876. Au- teur de la statue de Kléber, qui orne une des places de Strasbourg; de la Rose des .4.lpes (ISoo) et de plusieurs autres ouvrages remar- quables. GRASS CLOTH. Yoy. Ramie. GRASSE, ch.-l. d'arr., à 48 kil. de Nice (Alpes-Maritimes), sur le peneliant du Roca- vignon, par 43° 39'28" lat. N. et 4° 3b' 1 9" long. E. ; 15,020 hab. Huiles d'olive, figues sèches. GRAT parfumerie; fabriques de savon et de soieries, tanneries. — Jadis siège d'un évêché. Grasse possÉ'de une catliédrale gothique. GRASSE (La). ch.-I. de cant., arr. et h 30 kil. S.-E. de Carcassonne (Aude), sut rOrbieu au confluent de l'Alzou ; ODS hab. Belle église qui possède des tableaux de Ribera. Scierie de buis. La Grasse se forma autour d'une abbave de bénédictins fondée en 778. GRASSE (François-Jqsepli-Paul), comte de Grasse-Tilli/. lieutenant général des armées navales, né à la Valette, près de Toulon, en 1723, mort à Paris le 1 1 janv. 1788. 11 servil d'abord sur les galères de Alalte (1734) en qualité de garde et ne prit du service en France que quinze ans plus tard. Il resta pri- sonnier des Anglais pendant deux années, il reçut le grade de chef d'escadre en 1779. Lors du combat de la Grenade, il ne s'engagea qu'à la fin de l'action, ce qui fut attribué à la jalousie qu'il portait à d'Estaing. 11 opéra en Amérique, avec le grade de lieutenant général en 1781 et remporta d'abord quel- ques succès, combattit les Anglais dans les Antilles, coopéra à la délivrance de York- Town (Etats-Unis), et vint se faire battre à la Dominique, où il rendit son épée : il fut le premier amiral français et même le seul qui ait subi cette honte. Pendant que les Anglais le traitaient avec beaucoup d'honneur, pour augmenter la gloire de leur triomphe, il y eut contre lui, à Paris, un déchaînement de mépris. Les femmes portaient alors des croix surmontées d'un cœur, appelées croix à la Jeannette; on en fit qui étaient sa?!S cœur, et on les nomma croix à la de Grasse. ' GRASSEMENT adv. N'est usité que dans ces phrases lamilières, dont la première vieillit : Vivre grassement, vivre commodé- ment et à son aise. P.\yer grasseue."l) Ivès eslimé par les onlologistes. GRATTAGE s. m. Action de gratter. GRATTE s. f. Pop. Petits bénéfices plus ou moins réguliers. * GRATTE-CUL s. m. Fruit en forme de bouton rouge cl allongé, qui succède à la rose. Se dit particul. du fruit de l'églantier ou rosier sauvage : cueitlir des gratte-culs. GRAU 153 GRATTELER v. a. Gratter légèrement un corps alin de le polir. * GRATTELEUX, EUSE adj. Qui a de la graltelle : il est devenu gratteleux. ' GRATTELLE s. f. Menue gale : il a le sang échauffé, il lui vient de la graltelle. * GRATTE-PAPIER s. m. Se dit, par déni- grement, des copistes de bureau, des clercs d'avoué, de notaire, etc. : un ignorant gratte- papier. (Fam.) •GRATTER v. a. (anc. haut ail. c/iraMn. chrazjdn, gratter). Racler, ratisser : gratter une muraille. — Gratter a une porte, y faire un petit bruit avec les ongles, pour avertir que l'on désire entrer. — Gratter le papier, LE PARCHEMIN, gagner sa vie en travaillant dans la basse pratique. — Particul. Passer les ongles ou quelque chose de semblable, un peu fortement et à plusieurs reprises, sur quelque endroit du covps : gratter où il dé- mange. — Frotter la partie où il démange: un cheval qui se gratte contre la muraille. — Gratter quelqu'un ou il lui démange, faire ou dire quelque chose qui lui plaît et à quoi il est fort sensible. — Gratter l'épaule a quel- qu'un, chercher à se le rendre favorable. — Se dit encore des animaux qui, avec leurs ongles, remuent la terre : les poules grattent la terre, pour chercher île la pâture. — J'ai- merais mieux gratter la terre avec les ongles que de... il n'y a point d'extrémité où je ne me réduise plutôt que de... — Se grat- ter v. pr. Se passer les ongles sur une par- tie du corps. — Ce sont deux ânes qui se grattent, se dit, par dérision, de deux per- sonnes qui se flattent l'une l'autre. — Qui se SENT galeux se GRATTE, celui qui se sent cou- pable de la faute qu'on blâme peut ou doit s'appliquer ce qu'on en dit. •GRATTOIR S. m. Instrument propre à gratter le parchemin, le papier, etc., pour en enlever l'écriture ou les taches : effacer des mots avec un grattoir. — Se dit aussi, dans plusieurs arts, de certains instruments qui servent à gratter, à creuser, à nettoyer, etc. GRATTURES s. f. pi. Débris provenant du grattage. * GRATUIT, UITE adj. (lat. gratuitus). Qu'on donne gratis, sans y être tenu: consul- tations, leçons gratuites. — Ecole gratuite, école où l'instruction est gratuite. — Don 3R.ATUIT , certaine somme , plus ou moins grande, que le clergé de France et quelques provinces du royaume octroyaient de temps en temps au roi, pour subvenir aux besoins de l'Etat. — Supposition gratuite, supposi- tion qui n'a aucun fondement. — Lnsulte gratuite, méchanceté gratuite, etc., insulte, méchanceté, etc., faite sans motif et sans in- térêt. " GRATUITÉ s. f. Caractère de ce qui est gratuit: lagratuité del'enseignement.— 'l'iiéol. Ce qui est un pur don de Dieu: lagratuité de la prédestination. ' GRATUITEMENT adv. Gratis, d'une ma- nière gratuite, de pure grâce : il lui a donné cela gratuitement . — Sans fondement, san motif : cela est supposé gratuitement. GRATZ ou Graetz, ville forte d'Autriche, capitale de la Styrie, sur la Mur, à 120 kil. S.-S.-O. de Vienne ; U2,009 h., y compris la population des faubourgs. Magnifique cathé- drale gothique. Université qui a une biblio- thèque de 70,000 volumes et 7,i)00 manus- crits. Cotonnades, lainages, soieries, quincail- lerie, cuir et papier. GRAU s. m. [grô]. Nom donné dans le Midi, ("i un chenal qui fait communiquer un étang' ou une rivière avec la mer. GRAUBUENDEN ou Graubuendten. Voy. Grisons. III. 1 :; i GRAV GRAV GRAV GRAUDENZ [irraou'-fli'nnts], villo, fortifiée de l.i l'iiiviriri' de Prus, sur l.i Vislulc, à 80 kil. de Dantzig; 2iJ,C00 hab. Manufac- tures d'éldlîes, de tabac, de voitures; bras- series el. (lislilleries. GRAULHET, ch.-l. de canl.,arr.el à 18 kil. N.-K. (le l-avaur(Tarn); 7,848 hab. Maroquins, clmpellerie. GKAUN iKarl-Heinrich) [praounn], compo- siteur alleMi.inil (1701-';)'.)). Il fut maître de chapelle de l'"r(''déric le Grand. Il a écrit :iO opéras et un prand nombre do cantates ol de pièces diverses. Ses meilleurs ouvrages sont : Dcr Toit Jvsn et son Te Deum. GRAUWACKE s. f. [çrô-va-ke] (ail. grau, gris; W(/(,7it', sorte de roche). Nom que les Allemands donnent à une variété de tiapp tendre et terreux, d'un aspect argileux, ainsi qu'au.t terrains dans lesquels domine cette roclic. * GRAVATIER s. m. Charretier payé pour enlever les ;-'ravois dans un tombereau. * GRAVATIF, IVE adj. (lat. yravare, alour- dir). Mfd. Se dit des douleurs qui consistent dans un sentiment de pesanteur, ou qui en sont accompagnées : douleur gravalive. ' GRAVATS s. m. pi. (rad. cjrave, qui s'est dit pour grève). Voy. Gr.wois. GRAVE s. f. (autre forme du mot grève). S'est dit autrefois pouvgrèue. * GRAVE adj. (lat. gravis, pesant). Pesant. N'est usité au sens propre, que dans le lan- gage didactique : les corps graves. On dit quelquefois, substanliv. : Lks gr.wes. — Fig. Sérieu.x, qui agit, qui parle avec un air sage, avec circonspection el dignité : un homme grave. — Se dit, dans une acception ana- logue, du maintien, de l'air, du ton, etc. : contenance grave. — Se dit, par ext., des choses qui excluent toute idée d'enjouement, de plaisanterie, de gaieté : ce peuple a des mœurs graves et simples. Passer du grave au doux, du plaisant au sévère. BOILBAD. Dans ce vers, Grave est employé substantive- ment. — Auteur grave, autorité grave, au- teur, autorité qui est d'un grand poids, d'une grande considération dans la matière dont il s'agit. Il se dit surtout dans les matières de morale, de jurisprudence el de théologie. Important, qui est de conséquence : il ne faut point badiner sur un sujet si grave. — Se dit, parlicul.. de ce qui peut avoir des consé- quences fâcheuses : maladie grave. — Se dit encore des sons, des notes basses, par oppo- sition aux sons, aux notes aiguës. Ne s'emploie guère qu'en musique, ou en parlanlde la dé- clamation théâtrale : son, ton grave. On dit substanliv. : passer de l'aigu au grave, du grave à l'aigu, etc. — Gramm. Accent grave, accent qui va de gauche à droite ('), etqui se met sur les voyelles «, e,u, dans certains cas détermi- nés : l'e ouvert est marqué d'un accent grave, comme dans procès, succès. GRAVE (Pointe de), cap qui ferme, au S., l'estuaire de la Gironde. Phare cuii.-)truii en 1830. GRAVE-EN-OISANS(La), ch.-l. decant.,arr. et à 3 I kil. N.-O. de Briançon (Haules-Alpes), près du défilé de la Romanche, au milieu duquel se trouve une belle cascade perpendi- culaire de 150 m. ; 1,101 hab. Mines de plomb argeniifère. GRAVE D'AMBARÈS (La). Voy. Ambarès. * GRAVÉ, ÉE part, passé de Graver. Tracé sur du cuivre, sur du marbre : ce livide est wnâ de planches gravées, d un titre yravé. — Avoir le visage gravé de petite vérole, être TOUT gravé de petite VÉROLE, en être extrê- mement marqué. 6RAVELAGE s. m. Ouvrage en gravier. • GRAVELEE adj. f. N'est usité que dans cette loculion, (Rendre guaveléu, cendie fuite de lie de vin calcinée : la cendre grawlée s'em- ploie dans plusieurs arts. — »* Substanliv. : la graveli'e. ' GRAVELEUX, EDSE adj. (rad. gravier, dans le siii.s d'impureté). Qui est niClé de f;ra.\iev: terre graveleuse. — Fruit graveleux, iruil dont le cœur est forme d'une espèce de gravier. — Qui est relatif à la gravelle, ou qui la dénote : affection graveleuse. — Qui est sujet à la gravelle : être gnultiux et grave- leux. — Quelquefois substantif, dans le sons qui précède : les goutteux et les graveleux sont à plaindre. — Se dit encore, lig. el l'aiii., des propos, des discours trop libres : conte gra- veleux. GRAVELINES, port fortifié el ch.-l. decant., air. i!t ;i 'M kil. S.-O. de Diinkeique (Nord), sur l'Aa; 5,007 hab. Armements pour la pêche du hareng, de la baleine el de la mo- rue. Construction de navires, arsenal, hôpi- tal militaire. Cabotage étendu. — Celle ville fut l'ondée en llliO [lar le comte Henri, sur l'Aa eanalisé d'où vint son nom, Graven-Linghc (canal du comte), lille fut réunie à la France par le traité des Pyrénées (l(io9) el fortiliée par Vauban et le chevalier Deville. Victoire dos lîspagiiols, commandés par Egmoiil, sur l'armée française du maréchal de Thermes, le 13 juillet I.S38. * GRAVELLE s. f. On appelle ainsi des con- crétions pierreuses qui se dévt'hipppnt dans les voies urinaires, principalement dans les reins, el les accidents qu'elles occasionnent en parcourant les canaux excréteurs de l'urine. Leur volume varie de la grosseur d'un pois à celle d'un grain dépoussière. Les concrétions les plus volumineuses se forment habiluelle- menldansla vessie el reçoivent les noms de calculs un de pierres. (Voy. Calcul.) I^es subs- tances qui consliUienlle plus souvent ces con- crélions sont: l'acide urique, les orales d'am- moniaque, de potasse, de soude el de chaux, le phosphate et l'oxalate de la même base. La gravelle des phosphates est blanche, celle des oxalales est jaune el celle d'acide urique est rougeâtre (c'est la plus fréquente). La gravelle est quelquefois héréditaire : elle est aussi déterminée par une nourriture trop succulente : vin généreux, liqueurs, viandes; par les transpirations abondantes et surtout par le défaut d'exercice. Quand les graviers s'engagent dans les uretères ou se déplacent dans les reins, il survient des coliques néphré- tiques ^ douleurs alrocesqui consistent d'abord en une sensation d'engourdissement dans le reinmalade, puis en une douleur vive, conti- nue, s'irradianl chez l'homme jusqu'au tes- ticule correspondant, qui est rétracté ver.= l'anneau. L'agitation devient extrême, le malade ne peut trouver aucune bonne posi- tion; il a des nausées el des vomissements bilieux; la sécrétion urinaire est diminuée ou sanguinolente. Ces souti'rances durent de quelques heures à deux jours et se terniinenl ordinairement par la chute du gravier dans la vessie. Cette maladie sujette à retour n'est pas sans danger. — Pendant les coliques, il faut faire usage de grands bains tièdes pro- longés ou souvent répétés, prendre des lave- ments émoUieutset narcotiques; respirer du chloroforme el de l'éther, faire des frictions calmantes sur les reins el y placer des ven- touses; boire abondamment de l'eau de Vi- chy ou de Conlrexéville, ou de l'eau dans la- quelle on met 4 ou o gr. par litre de bicar- bonate de soude. On peut aussi prendre, toutes les deux heures, une cuillerée de borate d'ammoniaque, à la dose de S gr. pour l:iO gr de véhicule. — Lorsque l'accès est passé, on doit, pour prévenir le retour de la maladie, s'abstenir de tout ce qui peut former une nou- velle concrétion (vin généreux pur, liqueurs spiritueuse<, repas trop succulents). On fait usage des eaux dos sources de Vichy et do Conlrexéville, on prend de l'exercice. Si on ne va pas aux eaux, il faulboire chaque jour beaucoup d'eau pure ou d'eau chargée de goudron ou de bicarbonate de soude. GRAVELOTTE, village d'Alsace-Lorraine (Allemagne), sur la Moselle, à 14 kil. 0. de Metz; C70 hab. Gravelotte a donné son nom à la dernière des trois grandes batailles que liazaine livra sous les murs de Metz avant d'être complètement bloqué dans celte ville. Celle bataille, qui fut l'une des plus sanglantes de la guerre franco-allemande, ne dura pas moins de 12 heures (18 août 1870). En face des Français se trouvaient les 1 '• et 2' armées allemandes, commandées par Sleinmelz el par le prince Frédéric-Charles, sous les ordres du roi Guillaume, en personne. La lutte prit un caractère d'acharnement incroyable; sur les hauteurs qui dominent Gravelotte, et jusqu'à la fin du jour, les Français purent se considérer comme victorieux; mais à la nuit tombante, les ennemis, dont les bataillons décimés se renouvelaient â chaque instant, tirent une dernière charge sur nos troupes épuisées, el les hauteurs finirent par leur res- ter. L'aile droite des Français se trouvant tournée par l'un de ces mouvements habiles dont les généraux allemands semblaient avoir le secret, dut battre en retraite et chercher un abri sous le canon de Metz. Il fut à fieu près démontré dans la suite que l'insuccès de cette lutte gigantesque entrait dans le plan poli- tique du général Bazaine, qui, ayant résolu de ne pas quitter Metz, ne lira pas avantage du succès que l'héroisme de ses soldats as- sura à nos armes, jusqu'au moment où, vers i) heures du soir, l'armée du prince Frédéric- Charles arriva, en toute hâte, sur le champ de bataille. Les pertes furent énormes des deux côtés. Les Français laissèrent sur le terrain 19,000 hommes, tués ou blessés ; les Allemands reconnurent avoir perdu 2.ï,000 hommes, sur 180,000 qu'ils avaient engagés. Le nombre des Français qui prirent part a la bataille ne s'éleva pas a plus de 120,000. La garde impériale avait particulièrement été éprouvée. * GRA'VELDRE s. f. Discours, propos trop libre et approrhant de l'obscénité .ily a un peu de gractluie dans ce discours. • GRAVEMENT adv. Ne se dit point dans le sens de pesamment, et ne s'emploie que pour signifier, d'une manière grave et composée : parler gravement. — Mus. Indique un mouve- ment lent, mais moins lent que celui qui est indiqué par le mol Lentement. — Dangereu- sement, de manière à avoir de fâcheuses con- séquences : il est gravement malade. ' GRAVER V. a. (gr. graphein, écrire). Tracer quelque trait, quelque ligure avec le burin, avec le ciseau, sur du cuivre, sur du marbre, etc. : graver une inscription, une planche de cuivre. — Se dit particulièrement de l'action de gra- ver, sur une planche de cuivre ou d'autrema- tière, la copie d'un tableau, d'un dessin, pour la reproduire ensuite plusieurs fois sur le pa- pier, sur la toile, etc., par le moyen de l'im- pression : graver en taille-douce. — Graver UNE médaille, une MONNAIE, graver le poinçon avec lequel on frappe le coin d'une médaille, d'une monnaie. Graver des caractères d'im- primerie, graver les poinçons avec lesquels on frappe les matrices qui servent à fondre des caractères d'imprimerie. — Fig. Graver quel- que CHOSE dans l'esprit, DANS LA MEMOIRE, DANS LE CŒUR, l'imprimer fortement dans l'esprit, dans la mémoire, etc. L*amour lui-même en traits de flamme Grava leur image en voii-e àmc. TiSSOT. — Se graver V. pr. — Fig. : ces idées se gravent promptement dans l'esprit, dans la mémoire. GRAV GRAV GRAV 155 GRAVES s. m. Vin qui provient du terroif de Gi-iivus (Gironde) : vin de G1^aves; un veire de graves. GRAVES, pptit territoire caillouteux et gra- veleux qui s'étend sur les deux rives de la Garonne, autour de Bordeaux, et qui produit des vins très estimés. On y récolte principale- ment des vins blancs : 'Sauternes, Barsac, Sommes, etc., qui sont produits sur la jonction des arrondissements de Bordeaux etdeBazas. Le vig-noble rouge le plus important est celui de Chdteau-haut-Bnon, qui produit des grands vins de première classe. GRAVKSANDElWiUem-Jakob van' S), phi- losophe hollandais, né à Bois-le-Duc en IfisS, mortenJ742. Professeur de mathématiques et d'astronomie, puis de philosophie à Leyde, il propagea les idées de Galilée et de Newton. Ses principaux ouvra^fes sont : Physices Ete- meiita Mathematica[La.Enye, 1720,2 vol. in-4" ; trad. franc, par Joncourt, Leyde, 1746); M(t- theseosuniversalis elementa (Leyde, i 727, in-8°) ; Introductio ad philosophiam{Lejde, 1136; trad. de Joncourt, 1737). GRAVESEND [grévs'-ènnd], ville du Kent (Angleterre), sur la Tamise, à 30 kil. S.-E. de Londres ; 24,u67 hab. Construction de navires. * GRAVEUR s. m. Celui dont la profession est de graver ; bon, excellent graveur en pierres fines et en médailles. * GRAVIER s. m. (bas lat. graxmria). Gros sable mêlé de fort petits cailloux : le lit de ce ruisseau est formé de gravier. — ParticuL Sable qui se trouve dans le sédiment des urines; et, en ce sens, on l'emploie quelquefois au plu- riel : son urine est chargée de graviers. GRAVIER (Jacques), missionnaire français, mort en I70S. Peu après son arrivée dans le Canada, en 1684, il partit pour l'Illinois où il s'occupa de la conversion des Kaskashias et d'autres peuplades de ce pays. 11 a laissé une grammaire de la langue iUinoise. Le récit de ses travaux chez les Indiens, le journ^iJ !'nii voyajçe à l'enibouchure du Mississipi et i, i.; lettre sur les affaires de la Louisiane ont été publiés (New-York, 18b7-'6o). GRAVILLE-SAINTE-HONORINE, commune du i" canton du Havre, à 3 kil. de cette ville. Fabriques de cordages. Restes d'une abbaye du XI" siècle; 9,344 hab. GRAVINA [gra-vi'-na], ville du S. de l'Italie, sur la rivière Gravina,à 50 kil. S.-O. de Bari; 20,005 hab. Les Sarrazins l'assiégèrent sans succès en 975. GRAVINA (Giovanni- Vincenzo), juriste ita- lien (1604-171 S). Il fonda a Rome l'académie des Arcadiens en 1695. En 1699, il fut nommé professeur de droit civil au collège de la Sa- pienza et, en 1703, il devint professeur de droit canon au même collège. Il a publié des ouvrages sur l'origine du droit civil, sur l'em- pire romain, etc. ' GRAVIR V. n. (lat. gradinr. je mar-he). Grimper, monter avec etlortaquoKjue endroit raide et escarpé, en s'aidant des pieds et des mains : gravir contre un rocher, sur des rochers. — Se prend aussi acl. : gravir une muraille, un retranchement. — .Monter avec effort: nous gravimci jusi/u'au sommet de la colline. GRAVITATIF, IVE adj. Qui produit la gra- vitati(ji]. " GRAVITATION s. f. (lat. gravis, lourd;. iPhys. .\etioii de graviter, ou tendance que les corps onluaturellementles uns versles autres: la gruviintion d'une }danèle vers une autre. — Kncvcl. La gruvilalionon attraction universelle est lu' loi do la nature en vertu de laquelle toutes les inoicculcsdc la matière tendent les unes vers les autres en raison directe de leur masse et eu raison inverse de leur distance. On donne le nom de pesanteur ou de gravité a la gravitation qui attire les corps de notre globe vers le centre de la terre, et on réserve ordinairement le mot gravitation pour dési- gner l'attraction que les corps célestes exer- cent l(,s uns sur les autres. — Les anciens ne savaient à quelle cause attribuer certains phénomènes météorologiques; ils savaient néanmoins que les marées sont dues à l'ac- tion de la lune sur la masse des eaux. Kepler et Fermât s'occupèrent de l'attraction mu- tuelle des corps; Hévélius reconnut que le mouvement curviligne des comètes résulte de l'action simultanée d'une vitesse de projection et de l'action du soleil. Hooke imagina un système de gravitation vers 1674, et Galilée dé- montra l'existence de la gravité vers 1633. Mais c'est à Newton qu'était réservée la gloire de généraliser les découvertes de ses devan- ciers. Le hasard amena ce grand mathémati- cien à tournerson activité verscesujet en 1 666 : un jour qu'il rêvait dans son jardin, étendu sous un arbre, il vit une pomme tomber; il se demanda pourquoi la lune ne tombait pas aussi sur la terre, en vertu de la loi déjà con- nue de la pesanteur; et il chercha de suite quelle cause pouvait maintenir ce satellite ainsi suspendu dans l'espace. Après plus de vingt ans d'études ardues et decalculs mathé- matiques, il publia son livre immortel des Principia, dans lequel il expose la grande loi de l'attraction universelle. ' GRAVITE s. f. (lat. gravitas; de gravis, grave). Pesanteur : la gravité fait descendre les corps vers la terre. — Centhe de gravité, point où se croisent les résultantes des forces de la pesanteur qui animent toutes les molécules d'un corps, de sorte que, ce point étant fixe, le corps demeure en équilibre dans toutes les positions possibles. — Fig. Qualité d'une per- sonne ou d'une chose grave ; air, ton grave et sérieux : la gravité d'un magistrat. — Im- portance des choses : la gravité de cette ma- tière. — Se dit aussi en parlant d'un sou quel- conque par rapport aux sons plus élevés, dans l'échelle générale : un son a plus ou moins de gravité selon que la corde qui le rend a plus ou moins de grosseur, plus ou moins de longueur. — Encycl. La gravité est la [)ropriété qu'ont les corps d'être pesants. Tous les corps sont soumis a l'action de la gravité ou pesanteur : impulsion qui les attire vers le centre de la terre. La distance des corps au centre de la terre étant très éloignée, on a admis que la pesanteur agit parallèlement sur tous les corps; c'est pourquoi sa direction est donnée par le fil à plomb. 11 y a deux manières de mesurer l'action de la gravité : par le poids qu'elle donneaux corps(action statique) et par ses eU'ets sur les corps tombants (action dyna- mique); cette dernière est la plus employée. La méthode employée par Galilée pour dé- terminer la durée de la chute des corps, était défectueuseen raison de la résistance de l'air ; mais les erreurs n'étaient pas suffisantes pour altérer de beaucoup les résultats. La ma- chine d'Alwood peut être employée pour ob- tenir une bonne approximation de la rapidité actjuise dans un temps donné ; mais pour toutes les recherches délicates, on emploie le pendule. — La gravité varie à la surface de la terre, en raison de deux causes principales, savoir : I» la force centrifuge, qui augmente des pôles à l'équateur, et qui seule diminuerait le poids d'un corps à l'équateur de ri g ; 2» la forme sphéro'idale aplatie de la terre, parce que les corpsse trouvent, au pôle, plus près du centre de gravité. Une comparaison entière- ment mathématiiiue des attractions muiitre que la gravité à l'équateur est moindre ((ue la gravité aux pôles d'environ rh- Combinant CCS deux effets, nous obtenons pour la dimi- nution totale de gravité à l'équateur : d'où nous concluons que le ra port entre la gravité ù l'équateur et colle qui existe aux pôles est 194: 19.5. — Gravité .spécifique, rap- port du poids d'un corps à celui d'un autre corps de volume égal, adopté comme unité de comparaison. Pour les solides et pour les liquides, on a choisi, comme unité de poids, l'eau pure, à une température de + 15° C, le baromètre étant à 70°. On peut employer différentes méthodes pour constater la gravité spécifique des solides. Celle qui consislè à me- surer leur volume et leur poids est peu pra- ticable. Comme un corps plongé dans l'eau doit déplacer son propre volume de ce liquide, sa gravité spécifique peut être connue enl'in- Iroduisant, après l'avoir pesé, dans un vase entièrement rempli d'eau et en pesant alors le liquide qui déborde. On obtient ainsi le poids proportionnel. La cire fait couler d'un vase plein un poids d'eau égal à son propre poids; sa gravité spécifique est donc 1. Le platine, suivant la condition dans laquelle il se trouve, déterminera l'écoulement de -rr à ,,'., de son poids seulement; sa gravité spécifique est donc de 2t à 21-5. Mais on emploie habituellement une méthode plus exacte. La différence des poids de la même substance, pesée dans l'air et pesée quand elle est plongée dans l'eau, est exactement le poids de l'eau qu'elle déplace. L'instrument appelé hydromètre sert à trouver la gravité spécifique des liquides. (Voy. Htdromètre.) — La gravité spécifique d'un gaz peut s'obtenir en pesant, dans un vase bien fermé, des quantités égales d'air atmosphérique et de gaz; on peut aussi la calculer d'après le poids atomique du gaz. L'hydrogène est le plus léger de tous les éléments: l'iridium, l'os- mium et le platine sont les plus lourds. * GRAVITER v. n. Phys. Tendre et peser vers un point : ces planètes gravitent vers le soleil. GRAVOIR s. m. Techn. Outil au moyen du- quel le lunettier pratique les rainures des châssis de lunettes, pour y placer les verres. •GRAVOIS s. m. pi. (rad. grave, s. f.). Partie la plus grossière qui reste du plâtre, après qu'on l'a sassé : battre les gravois. On dit quelquetois : Gravats. — Menus débris d'une muraille qu'on a démolie ou d'un bâti- ment que l'on fait : un tombereau de gravais. ' GRAVURES, f. Art ou manière de graver : ^'adonner à la gravure. — Ouvrage du gra- veur : la gravure de ces planches est fort soi- gnée. — Estampe. Pour nettoyer une vieille gravure, on la place entre deux feuilles de papier blanc que l'on saupoudre extérieure- ment de chlorure de chaux sec pulvérulent. On presse le tout, en le mettant sous une pile de livres, pendant un jour ou deux. Le chljrure de chaux agit comme décoloiant, sans attaquer la pâle du papier. Il est pru- dent de procéder par des expériences d'essai et de se faire la main sur des objets sans va- leur, avant d'opérer sur des gravures de prix. — E.NCïCL. La gravure est l'art de produire des figures sur une surface plane, soit au mo}en d incisions ordinairement peu pro- fondes, soit à l'aide de mordants, soit enfin par les procédés de ciselure et de sculpture. L'origine de la gravure est enveloppée d'obs- curité. Les Chinois gravaient sur bois dès une période très reculée, et on suppose que cet art fut introduit de Chine en Europe par des marchands vénitiens. Marco-Polo décrit la fabrication du papier-monnaie, en Chine, et dit que cette fabrication avait lieu en mar- quant le papier au moyen d'un sceau couvert de vermillon (fin du xiii" siècle); mais cet art si simple ne fut même guère admis, eu Europe, qu'un siècle plus lard. Beaucoup d'ouvrages imprimés en Italie, en Allemagne et en Angleterre, pendant la dernière partie du XV» siècle, sont ornés de gravures gonéra- lemonl grossières formées de ligues épaisses et lourdes. L'art du graveur fil ciisuilc de ra- loG GRAV GRAV GRAV pides progrès, et, au comnicnccirienl du xvi'' siècle, il allcignilà un haut dejrit'; do perfec- tion. Vers 1610, la gravure sur liois comniençn à décliner; on tinil par ne plus l'employer que pour la tapisserie et pour l'impression du calicot. A une époque récente, elle prit un nouvel essor, par suite de la création de plu- sieurs journaux illustrés : Penny, Magazine, en Anfileti^rre (1832), Music des Familles, Magasin pilloresque en France. Des perlec- tionnements ont permis à la firavure sur bois de reprendre sa place dans la publication des livres illustrés, d'où la gravure sur métaux l'avait chassée pendant quelque temps. La gravure sur métaux fut inventée vers le mi- lieu du xV siècle. Les premières œuvres en ce genre furent exécutées sur fer-blanc, sur zinc ou sur fer ; mais le cuivre fut bienlAt considéré comme le métal le plus convenable, et, jusqu'à l'époque de l'invention delà gra- vure sur acier, il fut prescjue exclusivement employé. L'art de graver sur cuivre se répan- dit ra|Jidemcnt en Europe et devint florissant en Italie, en Allemagne, dans les Pays-Bas cl en France. — Les diliërentes espèces de gra- vures peuvent être séparées en trois divisions. — t" Gravure en relief, sur bois ou sur mé- tal. C'est la gravure dont l'impression présente le moins de difliculté ; aussi est-elle aujourd'hui la plus répandue pour tous les sujets desti- nés à être tirés en épreuves sur papier; elle présente, sur les autres genres, l'avantage de s'imprimer comme les caractères ordinaire^ et de pouvoir se tirer dans le texte ou hors texte. On exécute, en gravure sur cuivre ou sur acier, les estampilles, les poinçons, les vi- gnettes ou les ornements des billets de banque et des actions industrielles, et les ornements que les relieurs placent sur le dos ou sur le plat de leurs livres. Mais la gravure la plus populaire est la gravure sur bois ou xylogra- jjhie, si employée aujourd'hui pour l'illustra- tion de la plupart de nos livres. La xylogra- phie, inventée parles Chinois vers le x"^ siècle, a été longtemps un procédé d'impression pour les images, pour les cartes géogra- phiques, et même pour les livres, avant Gu- tenberg. (Voy. ce nom.) 11 y eut en Europe des lailleurs de bois dès le xiii° siècle. L'art de la gravure sur buis dut ses premiers perfec- tionnements à All>ert Durer et à ses élèves (xvi° siècle). Vers la même époque vivaienten France des artistes distingués, tels que ToUat, Raefé, Garnier. Salomon, Cruche et Cousin; plus tard, nous eûmes, sous Henri IV, Leclerc et Pierre Rochienne; sous Louis XIII, Etienne Duval et Palliot; au xviu" siècle, les Papillon, les Lesueur, Godard d'.\lençon; après quoi, l'art tomba et ne lut plus guère représenté que par des images grossières, publiées prin- cipalement à Epinal. Après 4830, les fameux 5, 6 cations contemporaines. — On peut employer du bois d'acajou, d'érable, de pin, de poirier, de pommier et de hêtre; mais on ne grave point de travaux de luxe sur d'autre matière que le buis. La planche dont on se sert pré- sente, comme épaisseur, la hauteur des ca- ractères d'imprimerie. Quand elle est bien dressée et bien polie, on la couvre d'une lé- gère couche de i)lanc de zinc délayé dans de l'eau gommée et un peu d'alun. Sur ce fond blanc, le dessinateur trace sa composition au crayon dur, à la mine de plomb, a l'estompe, à la plume, avec de l'encre de Chine ou au pinceau. Ensuite commence le travail du gra- veur, travail qui consiste à enlever, à creuser, à champlever, au moyen des outils représen- tés dans notre figure 1, toutes les parties blanches du dessin, à laisser en relief les parties noires et à rendre les diverses teintes par des lignes et des hachures ou tailles plus ou moins serrées. C'est surtout dans cette partie de l'interprétation que se révèle le talent du graveur. — Les lignes parallèles, dont on fait un si fréquent usage pour imiter les surfaces unies, s'ontiennent au moyen de machines, dont l'une des plus perfectionnées est représentée par notre figure 2. Avant de Fig. I. Instruments pour la gravure sur bois — 1 . Onglette. — £. Echoppe à champlever. — 3. Echoppe plate. — 4 5, 6. Burins. — 7. Ciseau pour sculpter le bois. — 8. Burin emmanché. artistes Best et Leloir formèrent une nom- breuse école d'excellents graveurs don( Jes chefs-d'œuvre populaires illustrent nos publi- Fig. 2. Machine à graier. — A, Table. — B, Plaque de couche, — C. Plaque tournante. — ■ D, Roue et vis de rappel — E, Outil. — F, Chariot. — G, Cylindre à on- dulations. livrer la gravure à l'imprimerie, l'artiste se rend compte de l'effet qu'il a obtenu en tirant un ou plusieurs fumés ou épreuves au noir de fumée. Aujourd'hui on n'imprime plus guère sur la gravure elle-même; on a recours aux clichés. Ceux-ci sont obtenus en repro- duisant la gravure par un procédé analogue à celui que nous avons décrit à notre article iVh-hage; les clichés sont ordinairement re- vêtus d'une couche de cuivre, au moyen de la galvanotypie. — Le public qui admire les belles gravures sur bois répandues dans le commerce de la librairie, ne se rend pas toujours compte des difficultés sans nombre que les artistes ont eu à vaincre pour pro- duire ce travail. Après le marchand de bois qui a préparé les planches, après le dessina- teur qui a mis son génie à produire une composition intéressante, après le graveur, qui s'est évertué à rendre, non seulement le dessin exact, mais aussi et surtout l'intention du dessinateur, il reste encore à accomplir un travail indispensable, sans lequel les épreuves viendraient sans relief : nous vou- lons parler du découpage, mission trop peu appréciée de l'imprimeur. Quand on compare une des meilleures gravures sur bois impri- mées il y a un demi-siècle avec nos gravures les plus médiocres, on donne la préférence à ces dernières, parce qu'elles sont imprimées d'après le procédé imaginé vers 1840 par Aristide Derniam. Le découpage consiste à faire ressortir les blancs ou parties éclairées, et à nuancer, à dégrader, à ménager, selon leur importance, les noirs ou ombres. Pour cela, le metteur en train, ayant tiré plusieurs épreuves de la gravure , découpe sur ces épreuves, avec la pointe d'un canif, les par- ties qu'il faut charger; il colle ces découpages sur le cylindre de la machine à l'endroil uù les noirs doivent être obtenus; il faut plu- sieurs découpages subséquents pour ariiver à reproduire, dans le tirage des gravuies sur bois, les nuances qui font le mérite de la taille-douce. — Gravure en relief .t l'eau- FOBTE. On n'a encore réussi dans ce genre de gravure que sur le zinc (voy. Giixotage), et l'on obtient des planches que l'on peut imprimer en typographie comme les clichés de gravures sur bois. — 2" Gravure en creux, sur métal. Avant le xv siècle, ce procédé de gravure était exclusivement réservé pour or- ner les bijoux. En 14.02, Maso Finiguera trouva moyen de graver de grandes planches de métal pour en obtenir des épreuves appe- lées estampes. Les planches de cuivre no donnant guère plus de .3,000 à 4,000 épreuves, on lui préfère l'acier qui en fournil facile- ment 20,000. — On distingue : A. La gravure AU BUBiN ou taille-douce. C'est d'elle dont on obtient les plus beaux résultats. Il est rare que l'on emploie le burin seul; d'ordinaire, on se contente de terminer avec cet instru- ment le travail préparé à leau-forte. Les draperies et les parties délicates des chairs sont faites à la pointe sèche, c'est-à-dire sans le secours d'aucun acide. L'école française de gravure en taille-douce a commencé dans la seconde moitié du xvi» siècle; elle prit un grand essor sous le règne de Louis XIII, époque où vivait Callot; sous le règne suivant, elle de- vintla première du monde. — B. La gravure a l'eau-fobte. Pour graver à l'eau-lorte , on prend une plaque métallique (ordinairement lie cuivre, d'acier ou de zinc); on couvre celte plaque d'un vernis inattaquable à l'a- cide que l'on veut employer; ce vernis étant séché, on le noircit à la fumée d'un flambeau; ensuite, sur ce fond noir, on décalque le des- sin à reproduire et on le trace en enlevant le vernis; pour cela, on emploie des aiguilles, des pointes, des échoppes de diverses gros- seurs, pour former des lignes plus ou moins épaisses, plus ou moins délicates. Ordinaire- ment le vernis est compose d'asphalte et de cire ; mais il existe plusieurs sortes de vernis, les uns durs, les autres mous. Le dessin étant bien reproduit sur la plaque, on en- toure celle-ci d'un rebord de cire; et l'on verse sur le dessin de l'eau-forte ou acide nitrique étendu d'eau; l'acide entame le métal aux endroits où la pointe l'a mis à découvert. On appelle eau-forte de peintre, la planche gra- Fig. 3. Instruments pour la gravure sur acier. — 1 . Ebarboir. — 2. Section de 1 ébarboir. — 3. Brunissoir. — 4. Burin. vée ainsi d'une manière déflnilive, et eau- forte de graveur, celle qui doit être terminée au burin. — Il existe encore des gravures à- l'eau-forte datant du xv" siècle; c'est donc par erreur que l'on attribue à Durer ou au Parmesan l'invention de ce procédé. La plupart des grands peintres furent, en même temps, graveurs à Teau-forte. — La gravure sur verre doit à Bourdier, de Paris, ses per- fectionnements les plus importants (1799). Le procédé diffère de celui de la gravure sur métaux. Le verre étant préparé, couvert d'un vernis et marqué du dessin, on le place au- dessus d'un vase de plomb, duquel on fait dégager de l'acide hydrotluorique. — Ma- chines à graver. On se sert de différentes ma- chines dont notre figure 2 peut donner une idée. La machine de Conté sert à faire avec la plus grande régularité des séries de lignes parallèles également espacées, comme cela est nécessaire pour les ciels de grandes gra- vures. La machine des Colas reproduit en taille-douce les efl'ets de relief ou d enfonce- ment d'une médaille ou d'un bas-relief. — GRAZ GREA GREB 157 C. La gravure au pointillé. Elle doit son 1 nom à ce qu'elle emploie, au lieu de tailles, 1 des points disposés par séries. Les plus an- ciennes estampes de cette espèce datent de la première partie du xvii' siècle. Cette gra- vure s'obtient soit avec le burin seul, soit par le mélange du burin et de leau-forle. Le bu- rin est quelquefois remplacé par le maillet. — Les meilleurs artistes dans ce genre furent Morin, Boulanger et surtout Hopwood. — D. La gravure en manière de cr.\yon. Ce procédé, inventé en 17.^6 par les graveurs parisiens François et Demarteau, est aujourd'bui rem- placé par la lithographie. 11 consiste à pro- mener sur une plaque de cuivre vernie une roulette portant des aspérités inégales. — E. La gravure en mezzo-tinto ou à la manière noî're. Ce procédé, dû à François Aspruck (11)01), consiste a bercer sur la planche un instru- ment nommé berceau, qui est en arc de cercle et armé de pointes aiguës; on recom- mence une vingtaine de fois l'opération jus- qu'à ce que l'épreuve donne un noir parfait. On décalque le dessin sur la planche et on abat le grain produit par le berceau, d'abord en entier dans les parties claires et ensuite plus légèrement dans les demi-teintes et les parties ombrées. — F. La gravure au lavis ou aqua-linta. Elle imite les dessins au lavis faits à l'encre de Chine, au bistre ou à la sé- pia. Elle s'exécute au moyen des mordants, en plusieurs opérations, en commençant par graver à l'eau-forte les contours de la figure et en faisant mordre, en différentes fois, les ombres plu."; ou moins faibles. La gravure au lavis a été inventée, vers 1660, par Hercule Zeghars. — G. La Gravure sur pierre. Elle s'exécute sur pierre lithographique. Elle réus- sit particulièrement pour le dessin au trait et pour le dessin topographique et géogra- phique ; les bons artistes seuls lui font perdre sa sécheresse et sa froideur. Le dessin tracé au crayon gras, on encre avec un vernis composé de cire vierge, de poix noire, de poix de Bourgogne, de poix grecque et d'es- sence de térébenthine. On borde la pierre avec de la cire, et l'on fait mordre avec une petite quantité d'acide nitrique étendu d'eau. — H. La gravure de musique. Elle s'opère or- dinairement sur métal, à l'aide du burin et de poinçons que l'on frappe avec un marteau. Les paroles se gravent en taille-douce. — 1. La gravure héliographiquë. Elle s'exécute sur acier et sur verre. On enduit la plaque d'un mélange de benzine, d'essence de zeste de citron et de bitume d» Judée; on la place dans une chambre obscure pour obtenir l'image, et ensuite dans une boîte semblable à celle qui sert à passer la plaque daguerrienne au mer- cure. Dans le fond de cette boite se trouve une capsule contenant de l'essence d'aspic pure que l'on chaulle avec une lampe à l'alcool. On fait ensuite sécher la plaque, on la soumet à l'action de l'eau-forte et on fait des retouches au burin quand la gravure n'est pas assez vigoureuse. — 3° Gravure en bas-relief. On donne ce nom à une espèce particulière de sculpture et de ciselure. (Voy. AIédaille et l'iHRUE flNE.) GRAY {Gradium), ch.'-l. d'arr., à 58 kil. S.-O. de Vesoul (Haute-Saône), sur la rive gauche de la Saône, au contluent des Ecou- loltes, par 47° 20' 4'J" lat. N. et 3" lo' 22" long. E. ; 6,816 hab. Commerce de grains, de farines, de vins, de fers, de bois et de denrées du Midi. Moulin de Tramoy . Ruines d'un vieux château. — Fondée au vu" siècle, cette ville dépendit de la Francho-Comlé, lut prise par Louis XI, en 1474, reprise par les Al- lemands commandés par Vaudrey en 1477, et tomba, en 1668, aux mains de Louis XIV, qui la lit démanteler. GRAY(Elisha). (V. S.) GRAZIELLA, titre du plus charmant épisode duji Conjidcnces de Lamartine (Paris, 1849). Le poète raconte un roman de sa jeunesse, avec une jeune Napolitaine, fille d'un pêcheur, chez lequel il se réfugia après une tempête. Gra- ziella, l'héroïne de ce roman, s'éprend d'un amour profond pour le jeune étranger que le hasard a poussé sous son toit, et après son départ, elle meurt désespérée. Lamartine a consacré a ce souvenir funèbre, une de ses plus belles élégies : Le Premier Regret. GRAZIOSO adv. [gra-dzio-zo] (ital. gracieu- sement). Mus. D'une manière gracieuse et un peu lente. * GRE s. m. (lat. grntum, chose agréable). Volonté, caprice, fantaisie : se marier contre le gré de ses parents. — Se dit fig. au sens physique et au sens moral : errer sur les mers nu gré des vents et des flots, au gré de la tem- pête. — Particul. Bonne, franche volonté qu'on a de faire quelque chose : il y est allé do son gré, de son bon gré, contre son gré. — Bon gré, mal gré, de gré ou de force. — Goût, sentiment, opinion : cela est-il â votre gré, selon voire gré? — Avoir quelque chose en GRÉ, LE recevoir, LE PRENDRE EN GRÉ, agréer, trouver bon quelque chose, y prendre plaisir. Se dit aussi en parlant des personnes : il m'a pris fort en gré. — Dans le langage ascétique. Prendre en gré, recevoir avec patience, avec résignation. — Savoir gré, bon gré, beaucoup de gré, mauvais gré, peu de gré a quelqu'un, être satisfait, être mal satisfait d'une chose qu'il a dite ou faite; être content ou mécon- tent de sa conduite, de son procédé. — Se savoir bon gré d'avoir fait quelque chose, s'en applaudir. — De gré a gré, à l'amiable, d'un commun accord : ils ont fait cela de gré à gré. — Au gré de, suivant, selon : le navire marchait au gré des flots. GREAGE s. m. Action de gréer un navire. GREAT ATTRACTION [grètt-a-trak'-ch'nj (angl. great, grande; attraction, attraction). Anglicisme qui signifie grand attrait; ce qui attire invinciblement : la great attraction de cette soirée a été le début de M"' '". — Les mots great attraction se lisent souvent en tête des affiches annonçant un spectacle, une fête où l'on veut attirer la foule. GREAT-BARRINGTON, ville duMassachusetts (Etats-Unis), sur la rivière Housatonic, à oo kil. 0. de Springfield; 4,390 hab. GREAT-EASTERN [angl. grétt-iss'-teurn] (angl. Grand-Oriental), navire gigantesque, d'abord appelé Leviathan et construit à Millwall (Grande-Bretagne), sur les dessins de l'ingé- nieur J.-K. Brunel, de 1853 à 1859. Longueur, 692 pieds; largeur, 83 pieds; force motrice, 2,600 chevaux-vapeur (dont 1,000 pour les roues et 1,600 pour l'hélice). Ce géant des mers, le plus volumineux que l'on ait jamais construit, était destiné à faire la traversée entre l'Angleterre et l'Amérique. Son lance- ment, fort difficile, e.xigea un travail de trois mois (du 3 nov. 18.57 au 31 janv. 18;i8). Le ca- pital souscrit pour sa construction ayant été dépensé, il fallut former une nouvelle société pour son équipement. Le 7 sept. 18,')9, le Great-Eastem quitta son ancrage de Depl- ford et se lança dans la voie des malheurs qui se sont toujours acharnés après lui. En route pour Portland-Roads, eut lieu l'explo- sion d'une chaudière , en vue d'Hastings; 10 chaulleurs furent tués sur le coup et un grand nombre d'autres personnes furent grièvement blessées. Peu de jours après, une tcmfiôte lui lit subir des avaries assez graves pourmotiver sa relâche pendant l'hiver entier. 11 lui fallait 800 passagers de 1" classe, 2,000 de 2° classe et 1,200 de 3° ; l'équipage devait se composer de 400 hommes. On ne trouva jamais le nombre désiré de passagers. Au moment de quitter Sonthampton, son capi- taine, AI. Harrison, l'un des plus habiles of- liciors do la llotte Canard, tomba ii la mer et se noya (22 janv. 1860). Le Qreat-Eastcrn ne put partir que le 17 juin ; il arriva à Now- York le 28, en repartit le 16 août et revint en Angleterre le 26 août. Il avait donc traversé l'Océan en fO jours. Par les plus gros temps, les mouvements decetlemasse énorme étaient si lents, si doux, que personne à bord ne souffrait du mal de mer. A son arrivée, il fut saisi par les officiers du shériff; et depuis cette époque, il n'est plus guère sorti des mains des gens de justice. Dans les intervalles des procès, il fit, en Amérique, plusieurs voyages peu fructueux. — En avril 1864, la société Glass, Elliot et C'" l'acheta pour la pose du câble transatlantique. (Voy. Cable.) Ce travail terminé, le Great-Eastem voulut reprendre le service des passagers entre r.\n- gleferre et l'Amérique, il trouva cent quatre- vingt-onze voyageurs, quand il lui en fallait deux mille pour couvrir les frais de sa tra- versée. A son retour, l'équipage le fît saisir pour paiement de gages (mai 1867). En oct. 1869, il transporta le câble transatlantique français; en juin 1870, le câble de Bombay à Suez; en juin 1873, le câble d'Irlande à Terre- Neuve; en août 1874, un nouveau câble entre l'Angleterre et l'Amérique. Le 19 oct. 1881, il fut encore mis en vente, et il fut sérieuse- ment question de le dépecer; d'autres par- laient d'en faire un hôpital ou un ponton. GREAT-KANAWHA RIVER, rivière quiprend sa source dans le N.-O. de la Caroline (Etats- Unis), arrose la Virginie et la Virginie occi- dentale, et se réunit à l'Ohio à Point-Plesant, après un cours de 340 kil. GREAT-MARLO'W, ville du Buckinghamshire (Angleterre), sur la Tamise, à 1.5 kil. N.-E. de Reading; 6,620 hab. Manufacture de pa- pier et de dentelles, commerce considérable de bois, de charbon et de blé. GREAT-SALT-LAKE [grètt-sâlt-léke] (angl. Grand lac salé), amas d'eau de l'Utah (Etals- Unis), entre 40° 40' et 41° iV lat. N., et entre lUo 10' et 115° 30' long. 0.; long de 100 kii. du N.-O. au S.-E. et large d'environ 40 kil. Sa surface est à 1,400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il n'a pas de débouché, mais il reçoit la rivière Bear et la rivière Jordan. Sa profondeur, dans beaucoup d'en- droits, n'excède pas 80 cent, ou I mètre. Ses eaux transparentes, mais excessivement sa- lées, contiennent environ 22 p. 100 de chlo- rure de sodium (sel commun). Leur gravité spécifique est 1.17. Elles ne renferment pas de poissons. Salt-Lake-City se trouve à quel- ques kil. au S.-E. de ses bords. Des troupes immenses de mouettes, de canards sauvages, d'oies et de cygnes fréquentent ses rivages et ses îles. GREAT - SLAVE - LAKE [ grètt - sléve - léke ], amas d'eau du Canada, entre 60° 40' et 63° lat. N., et entre Ml° 50' et 119» 50' long. 0., d'une longueur de 400 kil.; sa plus grande largeur est de 7.'i kil. Il reçoit une rivière qui porte son nom. La rivière Mackenzie le relie à l'océan Arctique." GREAVES (John) [gri-v's], mathématicien anglais, né en 1602, mort en 1652. En 1640, il rapporta d'Egypte une collection de manus- crits arabes, persans et grecs, des pierres précieuses, des monnaies, etc. II donna le premier des détails satisfaisants sur les pyra- mides et écrivit une grammaire persane. * GRÈBE s. m. (ail. grèbe). Ornith. Genre de palmipèdes plongeurs, groupe des plon- geons, comprenant plus de 20 espèces ré- pandues dans toutes les parties du monde. Les grèbes se distinguent par les caractères suivants : au lieu de vraies palmures, ils ont les doigts élargis, et les antérieurs réunis seu- lement à leur base par des membranes; leur ongle du milieu est aplati. Ils vivent sur les lacs et dans les étangs. Nous avons en Europe : I» le grèbe httppé (colymbus a-istatusl, grand comme un canard; brun en dessus, blanc ar- lo8 GREC penlé en dessous; 2° le r/rêbe cornu (colymbus i-ornutits), plus petit qui; lo précécienl ; 'A" le yrcbe à joutis grises (lohjmbus subcristalua), Grcbc huppé (Colvnibus cri&tatus). d'une grosseur intermédiaire entre les deux Îjrécôdents; 4" \o petit grèbe ou caslagneux colymbus minor), gros comme une caille. ■ GREC, ECQUE adj. (lat. grœcus; du gr. Griiilioi. nom il'iiiie peuplade hellénique qui a donné, «liez les Romains, son nom au peuple entier). Qui a rapport, qui api)artient à la Grèce : la nation, la langue grecque. — Ce mot a aussi, en français, divers usages par- ticuliers. — Y GREC, la pénultième des lettres de l'alphabet français. — L'Eglise cnEcguE, toute l'Eglise d'Orient, yiar opposition à l'K- glise romaine ou d'Oceidenl. I,k rit grec, rit de l'Eglise grecque. — Cale.nurier grec, ca- lendrier dont se servent les Grecs et les Russes et qui est en arrière de douze jours sur le ca- lendrier f;régorien. On l'appelle aussi Vjeux CALENDRIER. — CaLENDES GRECQUES. (Voy. CA- LENDES.) — Profil grec, profil dans lequel le front et le nez se trouvent sur une ligne droite ou légèrement fléchie à leur point de jonction, comme dans les statues grecques. — Se dit substantiv. de ceux qui sont de l'E- glise grecque : les Latins et les Grecs diffèrent de croyance et de pratique en plusieurs points. — Grec LATINISÉ, Grec qui adopte les senti- ments de riiglise latine. — Fig. et fam., Etre grec en qïjklquk chose, y être fort habile, trop habile. Cet homme .n'est pas grand grec, il n'est pas fort habile. Un grec, un homme qui triche au jeu. — Se dit encore substantiv., de la langue grecque : enseigner., apprmdre le grec. — Prov. et fig. Passez cela, c'est du grec, se dit à une personne qui s'enquiert de choses dont elle ne doit pas s'occuper. GRECAGE s. m. Opération qui consiste à faire des entailles sur le dos d'un volume, afin d'y dissimuler les cordelettes qui sou- tiennent la couture. GRÉCALISER v. n. Mar. Etre porté vers le N.-E. GRÈCE (gr. 'EW,aî, Relias), contrée du S.-E. de l'Europe, occupant les parties centrales et méridionales de la péninsule irrégulière qui se prolonge dans la Méditerranée entre la mer Ionienne et la mer Egée. L'ancienne Grèce, à l'exclusion delà Macédoine, de l'Illy- rie et de la Thrace, mais en y comprenant la Thessalie et la plus grande partie de l'Epire, .s'étendait de 40° lat. N. jusqu'à 36» 23 . Sa plus grande longueur du N. au S. était d'en- viron 340 kil., sa plus grande largeur d'en- viron 220 kil.; la Grèce continentale est di- visée naturellement en trois régions princi- pales : Grèce septentrionale, Grèce centrale et Péloponèse. La Grèce septentrionale com- prenait l'Epire et la Thessalie. La Grèce cen- trale comprenait les divisions d'Aoarnanie, d'EtcIie, de Locris, de Phocide, deDoride, de GRKC Béolie, d'Altiqueet de Mégare. Le Péloponèse, ' coinprenuMl toute la Grèce au S. et a l'U. do ' l'isthme de Corinlhe, se composait de l'Acbaïe, de la Sieyonic, de la Carinihio, de l'Argolide, de la Laconie, de la Me.-sénie, do l'Elidc et de l'Arcadie. Le» lies les plus im- portantes étaient : Euhée(140kil. sur it ii 40), les Cyclades, les Sporades (le long do In côte asiatique), laCrètc, Rhodes, Salumine et Egine (dans le golfe Saronique) et les lies qui se trouvent le long delà côte occidentale de la Péninsule (aujourd'hui lies Ioniennes). La chaîne de'moiitaf-'nes qui forme la fronlière septentrionale de l'ancienne Grèce est tra- versée, en son milieu, par luehalne du Pinde, frontière naturelle entre l'Efùre et la Thes- salie. Près de son extrémité mériiiionale, le Pinde se divise en deux branches : l'une court au S.-O. et finit à l'extrémité de l'Atti- que; l'autre se dirige vers le S.-O. et se ter- mine près de l'extrémité occidentale du golfe de Corinthe. Les monlaf.'nes du Pélo- ponèse viennent se nouer autour d'un massif central élevé. Les pics principaux sont, dans la Grèce septentrionale : les munis Olympe (2,973 m.), Ossa (I.iiOO m.) et Pélion(l,620 m.) ; dans la Grèce centrale : le mont Parnasse :',460 m.), l'Œla (l.!)20 m.), l'Ilélicon 1,750 m.), leCithéron(1,410m.)etle Parues; dans le Péloponèse : Cyllène (2,374 m.), Ery- manlhe, Taygèle (2,410 m ), Arlémi.sius et Lycée. La côte est profondément découpée par des golfes et par des baies presque entièrement fermés. Les rivières sont généralement sans importance, sauf parles souvenirs hisloriques qu'elles éveillent. Dans la Grèce septentrionale et centrale, on trouve : l'Achéloûs, le Péneus, le Céphissuset l'Asopus; dans le Péloponèse : l'Alpheus et l'Enrôlas. Les lacs principaux sont ceux de Nessonis, de Bœbeis, de Copaïs et de Slymphalus. Le climat, qui est généra- lement tempéré et agréable, semblerait avoir été plus sain dans les temps anciens qu'il n'est de nos jours. — Histoire. L'histoire de la Grèce primitive est entourée d'obscurité et embrouillée par les traditions et les fables. Les Grecs donnaient le nom de Pélasges aux habitants aborigènes, qu'ils considéraient comme formant une race autre que celle des Hellènes. Ces derniers faisaientremonter leur origine à un ancêtre commun, Hellen, fils de Deucalion etdePyrrha, survivants du déluge; les grandes tribus de leur race: les Doriens, les Eolieiis, les Ioniens elles Achéens, préten- daient descendre de Dorus et d'Eole (lils d'Hel- len), et de Ion et d'Achée (fils de Xulhus, troi- sième fils d'Hellen). Les plus anciennes villes grecques, comme Athènes, Argos, Thébes et Mycène, avaienlreçu leur première civihsalion (d'après la tradition) des émiprants de l'E- gypte, de la Phénicie ou de l'Asie Mineure (Cécrops, Cadmus, Danaiis, Pélops). L'âge hé- roïque de la Grèce est la période légendaire dans laquelle vivait la race des héros, descen- dants des dieux. Pendant cette période, eut lieu, suivant les poètes, une série d'expéditions el d'exploits fameux dans la litlérature grecque : voyage des Argonautes, guerre des sept chefs contre Thèbes, guerre des Epigones, siège et prise de Troie et retour des héros (fin de l'âge héroïque). Parmi les dernières légendes, on remarque celle de la migration des Béotiens de Thessalie dans un pays nommé ensuite Béotie, migration qui eut lieu 60 ans après la chute de Troie; celle de la conquête du Péloponèse par les Doriens, 20 ans plus tard; conquête connue sous le nom de retour des Hérachdes ou descendants d'Hercule. L'é- tablissement, en Asie Mineure, de colonies grecques, qui se répandirent en dernier lieu sur toute la côte occidentale de l'Asie, appar- tient à la période qui suivit la guerre de Troie. L'histoire authentique et chronolo,fi- que de la Grèce commence avec les Olympia- des, 77(5 av. J.-C. A cette époque, le pays était divisé en petits Etals, unis en confédérations GREC permanentes ou temporaires; mais il n'y avait pas de gouvernement central. Lelan^'a^ie, les institutions sociales, la communauté de reli- gion (voy. Mythologie), et les grands jeux nationaux servaient seuls de lien aux Grecs elles distinguaient des barbares qui les en- tuuraieni; cependant, excepté dans les grandes crises, leur patriotisme resta local el ils ne furent compris sous aucune déiio- niination commune, jusqu'à l'adoption du mot Hellènes, pour désifiner toutes leurs peu- plades. Au comniencemenl des Olympiades, Sparte ou Lacédémone, en Laconie, était de peu d'importance, mais les inslilutions mili- taires et civiles établies [lar Lycurgae relevè- rent progressivement au premier rang. Sparte se rendit maltresse de la plus grande partie du Péloponèse en soumellunl les Messéniens, les Arcadiens el les Argives. La première guerre de Messénie commença vers 743, el se lermina^après une lutte de 20 ans, par la sou- mission complète des Messéniens. Environ 38 ans plus tard (08o), lesMesséniens comman- dés par Aristomène, reprirent les armes. Ils remportèrent d'abord Quelques succès; mais, à la fin, ils devinrent les esclaves des Spar- tiates (668). Au milieu du vi' siècle av. J.-C, Lacédémone était devenue lElal le plus puissant de la Grèce. Elle se distinguait poli- tiquement des autres par la forme de son fiouvernement, qui était monarchique, tandis que, dès les premiers temps de la période de l'ère olympique, la royauté avait été remplacée partout ailleurs par des oli- garchies. Ces dernières furent renversées dans beaucoup d'Etats par l'arrivée au pouvoir d'hommes capables et ambitieux appelés tyrans par les Grecs; la période des tyrannies dura environ liiOans (de O.ïO à 500). A Athè- nes, le pouvoir royal fut remplacé par celui des archontes. L'histoire authentique d'A- thènes commence vers 683. La législation de Dracon fut établie vers 624; les archontes et la législation de Solon datent de ;)94. La tyrannie s'établit sous Pisistrale (-ifiO), el dura environ oO ans. L'expulsion d'Hippias fut immédiatement suivie de changements introduits par Clisthène. Les Grecs étendirent leurs colonies en Italie, en Sicile, en Gaule, en Espagne, en Afrique, en lUyiie, en Macé- doine, en Thrace et sur les côtes de l'Euxin. Leurs premiers établissements en Italie et en Sicile furent fondés vers 73.Ï, ceux.d'Egypte el de Cyrénaïque un siècle plus lard. Au commencement du vi" siècle, la race hellé- nique était la plus puissante de l'Europe. Les Grecs d'Asie Mineure, ayant été soumis par Crésus, roi de Lydie, tombèrent sous le joug des Perses. Les colonies ioniennes se révol- tèrent contre les Perses vers 501; mais elles furent soumises de nouveau en 494. Indigné de ce que les Athéniens avaient secouru les Ioniens, Darius I fit des préparatifs pour la conquête de la Grèce, el une expédition infruc- tueuse, sous les ordres deMardonius, traversa l'Hellesponl en 492. Une seconde expédition des Perses (490), sous Datis et Artapherne, fut défaite par une poijjuée d'.\théniens com- mandés par Milliade, dans les plaines de Ma- rathon. La troisième et dernière tentative des Perses pour conquérir la Grèce eut lieu en 480, époque où Xerxès, après des préparatifs extraordinaires, traversa l'Helles- ponl avec une immense armée. Malgré la défense héroïque de Léonidas et de ses 300 Spartiates aux Tbermopyles, Xerxès en- vahit la Grèce, s'empara d'Athènes et la brûla, pendant que les Athéniens cherchaient un refuge à Salaraine. La bataille navale in- décise d'Artémisium se livra presqu'en même temps que celle des Thermopyles. La flotte grecque se retira à Salamine où la flotte, persane la suivit. L'art oratoire et l'influence de Thémistocle empêchèrent la dispersion des forces navales des diverses nations grecques, et la bataille qui suivit se termina par une GREC GREC GREC 159 victoire complète des Grecs. Xerxès s'enfuit en Asie. Mardonius, laissé à la tête des Perses, fut battu et tué en 479, à Platée, par l'armée grecque sous Pausanias. A la même époque, la flotte des Perses fut complètement délaite à Mycale. Ces événements mirent fin aux invasions des Perses en Grèce. La noble conduite d'Athènes pendant les guerres lui donnèrent la prépondérance dans les affaires de la Grèce. On forma une ligue appelée con- fédération de Délos, ayant pour but général d'assurer, au moyen des forces maritimes d'Athènes, la défense commune contre l'agression des Perses. Sous le gouvernement de chefs tels que Théraislocle, Aristide, Cimon et Périclès, la ville devint rapidement la plus puissante de la Grèce. Mais, depuislongtemps, la jalousie de Sparte était éveillée, et les La- cédemonieus essayèrent d'arrêter l'accroisse- ment d'Athènes en se fortifiant en Béotie et en augmentant le pouvoir de ïhèbes. Eu 456, se livra la bataille d'OEuophyte; Thèbes etles autres villes de la Béotie tomljèrent sous la domination athénienne. En 4o2, les Lacédé- monieus conclurent avec leurs rivaux une trêve de cinq ans, bientôt suivie de la paix de Cimon. L'apogée de la puissance athénienne date de 448. En 447, les Athéniens perdirent leur suprématie en Béotie, en Phocide et en Locride. En 44i), ils conclurent une Irève de 30 ans avec Sparte et avec ses alliés. Périclès adopta une politique de colonisation: il y eut des établissements athéniens depuis les côtes de l'Euxin jusqu'en Italie. Les Athéniens se considéraient alors comme chefs suprêmes de la ligue de Délos. La cause de la guerre du Péloponèse fut une querelle entre Gorinlhe et Corcyre, son ancienne colonie, relativement à Epidamne, établisse- ment des Corcyréens. La flotte corcyréenne battit les Corinthiens près d'Actium en 4ao. Athènes envoya ensuite une flotte pour assister Corcyre. Les Corinthiens aidèrent les Poti- déens dans leur révolte contre Athènes. Une assemblée générale de la confédération du Péloponèse se tint à Sparte en 432 et la guerre fut décidée. Les hostilités commencè- rent, l'année suivante, par une attaque des Thébains sur Platée. La guerre éclata aussitôt entre presque tous les états de la Grèce. Uu côté de Sparte se trouvaient : tout le Pélopo- nèse (excepté Ârgos et l'Achaïe), lesMégariens, les Béotiens, les Phocéens, les LocricnsOpon- tiens, les Ambraciotes, les Leucadiens et les Anactoriens. Les villes doriennes de l'Italie et de la Sicile furent elles-mêmes invitées à fournir une flotte aux Spartiates. Les alliés des Athéniens étaient les habitants de Chios, les Lesbiens, les Corcyréens, les Zacynthiens et ensuite les Céphaloniens, les villes tri- butaires des côtes de Thrace et de l'Asie Mineure et les îles au N. de la Crète (.^auf Mclos et Théra). Archidamus, roi de Sparte, envahit l'Altique en 43f, avec une armée de (iO,0iJ0à 100,000 hommes. Une seconde inva- sion eut lieu l'année suivante. Lessoulfraiices du peuple furent terriblement augmentées par la peste qui régna à Athènes et qui enleva Périclès et un quart de la population (42!)). La luurt de ce grand homme d'Etat porta un coup mortel à la cause athénienne. Les hommes qui s'emparèrent du gouvernement lui furent de beaucoup inférieurs. Deux invasions eurent lieu cl le siège mémorable de Platée, siègequi dura deux an>, commença en 429. Dans la même année, Phormion elles Athéniens remportèrent plusieurs victoires navales dans le golfe de Coriiithe. ICn 428, l'Altique fut de nouveau envahie. Mytilène, cupilale des Lesbieiis, se révolta; une Uotte envoyée contre elle la lit ca[)itul(:r. L'an- née 420 fut marquée par des iiiondalious, des treniblciiieiits de terre, et le renouvclle- mentde la poste à Athènes. En 425, les Alhé- nirns muent une garnison a Pylus (aujour- d'hui iNavarinj, ce qui occasionna le rappel de la flotte du Péloponèse, qui se trouvait à Cor- cyre, et celui de l'armée qui opérait dans l'Al- tique. Les Athéniens repoussèrent un assaut, remportèrent une victoire navale et envelop- pèrent dans la petite île de Sphactérie les Spar- tiates, quifurentforcés dese rendre. En 424, les Athéniens, battusàûeliura, subirent des pertes graves en Thrace, pendant que leur général Nicias amenait à composition le pays de Cythère et faisait occuper ses principales villes par des garnisons. En 423 une trêve fut conclue pour une année, avec l'espoir d'arri- ver à une paix permanente, mais les négocia- tions furent interrompues par la révolte de Scione soutenue par Brasidas. En 422, le dé- magogue Gléon, envoyé dans le ÎSord avec une armée et une flotte, fut repoussé par Brasidas. devant Amphipolis. En 421, la paix de iNicias fut suivie d'une alliance ofiénsive et défensive entre Athènes et Sparte. On essaya bientôt d'établir une confédération nouvelle sQus l'hégémonie d'Argos, à l'exclusion d'A- thènes et de Sparte. Entre ces deux Etats s'élevèrent des dillicultés, fomentées par Alcibiade, qui avait alors acquis de l'influence a Athènes et qui était partisan d'une ligue avec Argos. En 420, un traité de 100 ans fut conclu avec Argos, Elis et Mantinée. En 41 S, les Lacédémoniens remportèrent à Mantinée une victoire sur les Athéniens et sur les Ar- gives. Les querelles qui déchiraient la Grèce s'étendaient à la Sicile et aux colonies ita- liennes. En 427, Gorgias de Léontium fut envojé a Athènes pour demander du secours pour ses compatriotes. Une Uotte de 20 navires fut im- médiatement envoyée, et, en 425, on en équipa une autre de 40 navires. Ces expéditions res- tèrent sans effet. En 4f6, Ségeste entra en lutte avec Séliaonte; elle envoya une ambas- sade à Athènes, afin d'être secourue, les Syracusains ayant pris parti pour les Séli- nonlains. On décida d'envoyer 60 trirèmes sous les ordres de iNicias, d'Alcibiade et de Lamachus; l'expédition mit à la voile eu 415. Alcibiade, accusé d'avoir profané les mystères d'Eleusis, reçut à Catane i'ordre de retourner à Athènes, li s'échappa pendant le retour, mais le procès suivit bun cours et il fut con- damné à mort. iNicias, ayant commencé tes opérations contre Syracuse, remporta une victoire et se retira pour passer l'hiver a INaxos. Au printempssuivant (414), les Athé- niens commencèrent lesiège de Syracuse. Les Syracusains étaient sur le point de se rendre, quand arriva Gylippe le Spartiate avec du secours. En 413, les Lacédémoniens envahi- rent l'Altique. Malgré cela, les Athéniens en- voyèrent en Sicile 7o trirèmes, sous les ordres de ûémoslhène , avec b,000 hommes de troupes pesamment armées et un corps nom- breux de troupes légères. Cet envoi ne pro- duisit aucun résultat. Les Athéniens subirent une terrible défaite devant Syracuse, et, for- cés d'abandonner leurs navires, ils furent faits prisonniers en essayant de se sauver par terre. Les conséquences de ce désastre se firent aussitôt sentir par la défection des al- liés d'Athènes. Les Samiens restèrent seuls fidèles. Alcibiade, qui avait excité la révolte des colonies et conseillé les Spartialts, pro- voqua leur méfiance par ses intrigues avec les Perses. A la lin, les Athéniens pressés par la nécessité, consentirent à le rappeler et à remplacer leur gouvernement par une oligar- chie, à la condition do recevoir des secours de la Perse, secours qui n'arrivèrent jamais. Une révolution cul lieu et le gouvernement des 400 fut établi ; mais la vieille constitution fut bientôt restaurée. Les Lacédémoniens essayèrent de faire nuitre la révolte dans les colonies alhéniennes du voisinage de l'ilelles- |iont, mais les victoires navales de Cynosèmc et d'Aliydos, en 411, et do Cyzirus, en 410, rétablirent la suprématie d'Athènes en Pro- pontide. Pendanl les deux années suivantes, les Alliéniens recouvrèrent Sélymbrie et 11)- zance, grâce aux services d'Alcibiade qui fut, en 407, placé avec des pouvoirs illimités à la tête des forces de la république. Mais sa mau- vaise gestion et ses prodigalités lui firent perdre la confiance des Athéniens et il fut privé de son commandement. Dix nouveaux généraux, dont le principal était Conon, furent désignés pour lui succéder. Une ba- taille livrée par Conon à Callicratidas, dans le port de Mytilène, coûta 30 navires aux Athé- niens; mais, avec une rapidité incroyable, ils équipèrent 110 trirèmes qui remportèrent, près des Arginuses, une grande bataille dans laquelle les Lacédémoniensperdirent 77 vais- seaux (406). En 40o , les Lacédémoniens mirent Lysandre à leur tête et la bataille d'yEgospotamos mit fin à la guerre en rui- nant la puissance athénienne. Lysandre ayant reçu la soumission des villes alliées d'Athènes, établit parmi elles des oligar- chies de 10 magistrats (décarchies). Il marcha alors sur Athènes et s'en empara après un siège de trois mois (mars 404). Il abattit les murailles etles fortifications de cette cité, dé- truisit les arsenaux, brûla les navires sur les chantiers et emmena toute la flotte, à l'ex- ception de 12 trirèmes. Le gouvernement de 30 magistrats, appelés les 30 tyrans, fut éta- bli et aussitôt commença un règne de terreur. Thrasybule et plusieurs autres Athéniens exi- lés s'emparèrent de la colline de Munychie, renversèrent les tyrans et tuèrent leur chef Crilias. La démocratie fut réorganisée. — La période suivante est celle de la suprématie de Sparte, qui dura 34 ans, depuis 40.ï jusqu'à la bataille de Leuctres (371). La conquête de l'Elide en 402 étendit son pouvoir dans le Pé- loponèse, mais elle entra bientôt, elle aussi, dans sa phase de décadence. Les Spartiates envahirent l'Asie Mineure (voy. Clé.\rque et Xénophon) et les Perses suscitèrent des troubles en Grèce. Les hostilités ayant éclaté entre Sparte et Thèbes, Lysandre fut tué dans un combat à Haliartus (393) et Pausanias fut obligé de battre en retraite. Une alliance se forma contre Sparte, enti'e Athènes, Corinthe, Argos et Thèbes, et plusieurs autres Etats. La bataille de Corinthe, qui futunevictoirepour les Lacédémoniens (juillet 394), fut suivie de la victoire infructueuse remportée par Agé- silas à Coronée. La défaite des Spartiates à. Guide (août) leur fit perdre la suprématie ma- ritime qu'ils avaient gaiinée à .(Êgospotamos. En 393, les grandes murailles d'Athènes et les fortifications du Pirée furent rebâties ; avec l'assistance des Perses, Athènes reconquit une partie de son ancienne puissance. Le terri- toire de Corinthe devint ensuite le principal théâtre de la guerre. En 3S9, une flotte de 40 trirèmes rendit aux Athéniens la souve- raineté de l'Hcllespont. En 387, le traité d'Antalcidas donna quelques avantages à la Perse et fut défavorable à Athènes. Sparte commença alors une série d'irruptions en Béotie. En 3S3, les atlaires d'Olynthe attirè- rent son attention, et Eudaiiiias fut envoyi' au secours d'Acanthe et d'Apollonie. Une autre force, assemblée par Phœbidas, marcha sur Thèbes et s'empara par trahison de la Cad- mée ou citadelle de cette ville, qui fut forcée d'entrer dans la confédération lacédéiuo- nienno. La guerre avec Olynthe se termina, en 379, par la capitulalion de celle cité et parla dissolution de la ligue donl elle était l'âme. Mais une révolution préparée par le jeune Pélopidas eut lieu à Thèbes. Athènes travailla vigoureusement à organiser une nouvelle confédération dans laquelle l'hèbes entra l'une des premières. En 376, une llntle lacédémonienue, sous la conduite de Pollion, fut battue par l'Alhéiiien Chabrias près de Naxos. En 37.j, Pélopidas remporta une vic- toire sur les Lacédémoniens à Tégyre et en 374, les Thébains chassèrent coniplèlenient leurs ennemis de la Béotie. En 371, la paix l'uiMuio sous le nom de puix de Callias fut 160 GREC GREC GREC TAtiflée par tous les Elats, excepté par Epami- nondas, représentant de Tli^bes. Les nosti- lités recommencèrent presque aussitôt cnlie les Tbébaiits et les Lacédémoniens, et la grande bataille de Leuctres établit la supré- matie des premiers. Les Athéniens, effrayé? de la puissance de Thébes, formèrent unn nouvelle coalition dans laquelle entrèrent presque tous les états du Péloponése. En :t70, Epaminondas entra dans le Péloponése, ravagea la vallée de l'Eurotas et construisit Mégalopolis, qu'il peupla d'Arcadiens, et la ville de Messène, sur le mont Ithome, pour recevoir les Messéniens exilés. En :»)8, Pélo- pidas conduisit une expédition en Tliessalie contre Alexandre, despote de Phères , delà il marcba en Macédoine et fit alliance avec le régent Ptolémée. En 363, Epaminondas se montra dans l'Hellespont avec une flotte de 100 trirèmes, mais il ne remporta aucun suc- cès et ce fut la seule expédition maritime en- treprise par les Tiiébains. Vers la même époque, Pélopidas battit Alexandre de Phéros à Cynocéphales; mais il fut tué au moment de la victoire. Une guerre éclata, entre l'Elide et l'Arcadie au sujet de la présidence aux jeux olympiques. En 3C2, Epaminondas fit sa dernière invasion dans le Péloponése ; à Mantinée, il remporta une grande victoire et perdit la vie. A peine eut-il fermé les yeux, que la paix se rétablit. — Nous voici arrivés k la période macédonienne qui mit fin à l'existence brillante et indépendante des ré- publiques grecques. Philippe, qui avait appris l'art de la guerre pendant qu'il était retenu comme otage à Thèbes, devint roi do Macé- doine en 3i)9. En 3.58, il assiégea et prit Am- phipolis, qui avait jadis appartenu à Athènes. Profitant de ce que les Athéniens étaient ab- sorbés par la guerre sociale (guerre avec leurs anciens alliés) (3o8-3.ï.5), pendant que la guerre sacrée animait lesPhocéens et les Thé- bains, Philippe s'immisça dans les affaires de la Grèce centrale, et s'arrogea l'office de dé- fenseur du temple de Delphes. L'armée Ihes- salienne fut battue près du golfe de Pagosa en 352. En 3.o0, Otynlhe, alarmée des empié- tements de Philippe, envoya trois ambassades à Athènes pour demander du secours ; ses suppliques furent appuyées par Démosthènes dans ses trois harangues olynthiennes. Phi- lippe continua ses entreprises presque sans interruption jusqu'à ce qu'Olynthe tombâten son pouvoir (347). Démosthènes fît alors des efforts infructueux pour organiser une confé- dération des états grecs. Philippe marcha sur Athènes et, en 346, il obtint un traité dont les Phocéens furent exclus. 11 passa immédiate- ment le défilé des Thermopyles et toutes les villes de la Phocide se rendirent d'un coup. La Macédoine devint donc puissance prépon- dérante en Grèce. Philippe tout en se prépa- rautà attaquer l'empire perse, marcha contre la Thrace (342) et menaça les possessions athéniennes de la Chersonèse. En 339, le conseil amphiclyonique déclara la guerre aux Locriens d'Amphissa pour les punir de leurs empiétements sur les terres sacrées du temple de Ûelphes. Philippe, ayant reçu le commandement des troupes, commença ses opérations dans les premiers jours de 338; mais, au lieu d'agir directement contre Am- phissa, il s'empara d'Elatée, clef de la Béotie et de l'Altique, c'est pourquoi une alliance se forma entre Thèbes et Athènes, dont les forces furent complètement défaites dans les plaines de Chéronée, événement fatal à l'in- dépendance grecque. Philippe traita Athènes avec douceur, mais il plaça une garnison ma- cédonienne à Thèbes. Il convoqua à Corinthe une assemblée dans laquelle la guerre fut déclarée à la Perse. Le roi de Macédoine reçut le commandement en chef des troupes de la confédération. En 336, il fut assassiné et son fils Alexandre lui succéda. Les Grecs essayè- rent de secouer le joug macédonien, mais la vigueur et la rapidité d'Alexandre prévinrent ce mouvement. Une assemblée générale se réunit il Corinthe et Alexandre fut nommé, en remplacement de son père, commandant en chef de l'expédition contre les Perses. .Sa marche immédiate en Orient fut retardée par les révoltes des Thraces et des Tribal- liens, et son absence engagea les Grecs, sur- tout les Athéniens ef les Thébains, à tenter les chances d'une nouvelle insurrection. Alexandre parut tout à coup dans le voisi- nage de Thèbes, battit les révolli^s et détruisit toute la ville, sauf la Cadmée, dans laquirlle il mit une garnison macédonienne. Ayant mis oi'dre aux affaires de Grèce et laissant Antipater comme régent, il partit au prin- temps de 334, pour son expédition qui fut une série non interronoipue de victoires et de conquêtes. (Voy. Alexandrk i,k Ghanb.) Lors du partage des vastesétats d'Alexandre entre SCS géiiéiaux, après la mort de ce conqué- rant(323), AntipateretCratèreagirenlcommo régents en Macédoine et en Grèce; Perdiccas et Leonnatus eurent l'Orient. Pendant l'ab- çeiice d'Alexandre, la Grèce avait plusieurs fois tenté de recouvrer son indépendance. Les .Spartiates prirent les armes, mais ils furent battus par Antipater, près de Mégalo- polis (331). A la nouvelle qu'Alexandre était mort, le parti opposé aux Macédoniens releva la tête à Athènes. Une vaste confédéra- tion se forma; une armée assiégea Anti- pater dans Lamia et défit Leonnatus en Thessalie ; mais elle fut battue par .anti- pater près de Crannon (32i). Tous les états alliés posèrent rapidement les armes à l'exception d'Athènes, qui fut forcée de se soumettre : Munychie reçut une garnison ma- cédonienne. Sur la demande d'.\ntif>ater, les orateurs antimacédoniens, parmi K-squels on distinguait Démosthène et Hypéridi'.s, furent condamnés à mort. Ils s'échap[jèrenl. mais la plupart furent arrachés de leurs ri'fuses; Dé- mosthène s'empoisonna. Antipater mourut en 319, Polysperchon lui succéda comme régent; il pioclania l'indépendance des états de la Grèce et envoya son fils Alexandre avec des ordres pour obliger la garnison macédo- nienne à évacuer Munychie. Polysperchon n'ayant pas réussi dans son expédition du Pé- loponése, lesAthéniens s'allièrent à Cassandre, fils d'Antipater; ce prince établit à Athènes une oligarchie sous le gouvernement de Dé- métrius Phalère. Cassandre, devenu maître de la Macédoine, rebâtit Thèbes en 3l'i. En 307, Antigone, qui possédait alors presque toute l'Asie Mineure et la Syrie, envoya à Athènes son fils Démétrius, surnommé plus tard Po- liorcète (preneur de villes), avec une flotte puissante. Démétrius Phalère se l'ctira et l'ancienne constitution fut rétablie. Après la défaite et la mort d'Antigone à la bataille d'ipsus en Phrygie (301), lesAthéniens refu- sèrent de recevoir Démétrius. Cassandre se rendit maître delà Grèce, Séleucus ayant pris le titre de roi de la Babylonie, Ptolémée celui de roi d'Egypte et Lysimache celui de roi de Thrace. Après la mort de Cassandre, Dé- métrius s'empara de la Macédoine, mais fut chassé de l'Epire par Pyrrhus. Pendant la domination macédonienne, un mouvement important avait eu lieu en Achaïe. Une ligue, ayant principalement un but religieux exis- tait depuis les temps les plus reculés entre les villes de l'Achaïe, et quoiqu'elle eût été sup- primée par les Macédoniens, Aratus de Si- cyone la rétablit en 251, avec une organisation politique et, sous un chef nommé stratège ou général. Sous Aratus et Philopœmène, cette confédération s'accrut rapidement. Des al- liances se formèrent avec la Macédoine et on entreprit des guerres contre les Spartiates et contre la ligue étolienne ( les Spartiates furent défaits à Sellasis en 221 et à Mantinée en 208). A la même époque, la Macédoine irrita Home en traitant avec Aniubal en 216. En 198, la ligue achéenne s'allia avec les Ro- mains. En <97, Philippe V de Macédoine fut battu à la bataille de Cynoscéphale, et la paix de f96 obligea les .Macédoniens de renoncer à leur suprématie. En 171, les Homains décla- rèrent la guerre à Persée , successeur de Pliilijipe, et le consul L. iliimijius Paulus fut envoyé en Macédoine en 168. La guerre se termina par la bataille de Pydna et la cap- ture de Persée. Une querelle entre Athènes et Oropus amena la destruction de la lig-uc achéenne par les Romains, et la soumission de la Grèce. Corinthe fut prise par Mummius en 146 et tout le pays devint province romaine sous le nom d'Achaïe. Les Grecs essayèrent de secouer le joug des Romains, au moment de la guerre de Milhridate; ils furentécrasés. Les pirates ciliciens, qui ravagèrent peu après le pays, furent détruits par Pompée. Les guerres civiles qui renversèrent la république romaine désolèrent la Grèce; mais l'empire rétablit la tranquillité. Vers le milieu du m' siècle après J.-C, des hordes de Goths parurent sur les frontières et couvrirent bientôt l'Hellespont et la mer Egée. Dans l'intervalle, le christia- nisme, introduit par les apôtres, avait fait des progrès. En 330,1e siège de l'empire romain fut transféré à Constantinople, événenu-nt qui mit la Grèce en relation plus intime avec l'administration romaine. En 39.3, la sépara- tion des empires d'Orient et d'Occident étant accomplie, les Grecs, qui appartenaient natu- rellement à l'empire d'Orient, exercèrent une grande influence politique. L'empire d'Occi- dent tomba en 476, et l'empire romain d'O- rient devint de plus en plus byzantin. Les immigrations des Slaves et de divers autres peuples eurent lieu au commencement du vie siècle. Dans la première partie du vin" siècle, les barbares occupaient une grande partie du pays, mais à la longue ils se reti- rèrent. L'événement principal de l'histoire grecque fut ensuite l'invasion des Normands. Robert Guiscard débarqua à Corfou en 1081. Bohémond envahit l'illyrie peu après. En 1 146, Roger, roi de Sicile, s'empara de Corfou et pilla Corinthe, Thèbes et Athènes. Lors de la quatrième croisade, commencée en 1203, Constantinople fut prise parles princes latins qui se partagèrent la Grèce. Le marquis de Moniferrat devint souveraindeSalonique(Thes- salonique); l'Achaïe et la Morée (Péloponése) devinrent une principauté appartenant à Guillaume de Champlitte et à Geolfroi Ville- hardouin; un duché fut établi dans l'archipel, avec Naxos pour capitale; mais le plus im- portant des établissements des Francs, fut le duché d'Athènes, qui exista de liOo à 1456. Peu d'années après la prise de Constantinople en 1453, les Turcs étendirent leurs conquêtes sur la Grèce et l'incorporèrent à l'empire turc; le pays tomba graduellement dans la plus misérable condition. Pendant près de quatre siècles, la patrie de Thémistocle fit à peine quelques efforts spasmodiques pour briser le joug musulman. Dans la dernière partie du xviii' siècle, l'esprit de nationalité et le désir d'indépendance s'éveillèrent chez la race hel- lénique; une insurrection éclata en 1821. Le peuple trouva des chefs héroïques en Boz- zaris, en Mainote Mavromichaliset ses fils, en Canaris, en Miaulis, en Colocotronis, en Colet- tis, en Odysseus, en Negris et plusieurs autres. Une constitution provisoire fut promulguée en 1823, lors de la proclamation d'indépen- dance. La lutte prit des deux côtés un carac- tère de barbarie. A -Missolonghi (IS22-'26) et dans beaucoup d'autres circonstances, les Grecs se montrèrent dignes de leurs ancêtres. La bataille de Navarin, 20 oct. 1827, où les escadres combinées de l'Angleterre, de la France et de la Russie, détruisirent la Uotte turco-égyplienne, fut l'événement décisif de celte guerre. Le sultan consentit à prendre des arrangements. Le comte Capo d'istria fut ! choisi comme président et gouverna, de 1828 GREC GREC GREC 161 à 1831, époque où il fut assassiné. Les grandes puissances s'entendirenl pour donner la cou- ronne à Otiion. second fils du roi de Bavière, alors âgé {18!2) de 17 ans seulemenl. Ce pi-ince accepta le gouvernement, sous la di- rection d'une régence, et il arriva à Nauplic en I83:î. Drvenu majeur en 1835, il gouverna en son propre nom, avec des ministres assistés d'un conseil d'Etat. Les Gi'ecs demandaient une constitution et furent désappointés de ne pas la recevoir immédiatement. En 1843, un soulèvement éclata. Le palais fut entouré dans la nuit du 14 sept, par l'armée et par le peuple qui demandaient une constitution. Après quelque lié-itation, le roi céda et une révolution politique s'etl'ectua sans violence. Une assemblée nationale fut convoquée et la constitution fut rédigée et sanctionnée par le roi, le 16 mars 1844. En 1847, une difficulté diplomatique, au sujet d'une prétendue im- politesse de l'ainba-sadeur turc à Attiénes, faillit entraîner le gouvernement dans une guerre avec la Turquie. L'année suivante de graves ditférends naquirent relativement à des réclamations faites par l'Angleterre pour des dommages éprouvés par des sujets anglais. Eu janvier 18'10, une flotte anglaise se pré- senta devant le Pirée; les demandes de l'am- bassadeur anglais n'ayant [>as reçu de satis- faction, les Anglais procédèrent au blocus d'Athènes et s'emparèrent arbitrairement de navires grecs. La Grèce fut forcée de se sou- mettre. Au dé])ut de la guerre de Crimée, la Grèce se prononça en faveur de la Russie; mais les menaces de l'Angleterre et de la France forcèrent legouvernemenlà maintenir la neutralité. Le Pirée fut occupé par les flottes anglo-françaises, qui ne furent rappelées qu'en 18.'i7, après bien des protestations du gouvernement grec. A la suite de plusieurs émeutes contre le roi Othon, devenu très im- populaire, une révolution éclata à Athènes le 2i oct. 1862; et le i'i, un gouvernement pro- visoii'e, établi par les chefs du parti populaire, décréta la déposition du roi. Une assemblée nationale réunie à Athènes, le "22 déc., con- firma la déposition de la dynastie bavaroise (16 fév. lS6i). Le 30 mars, le prince Geoiges de Danemark fut unaninieinenl élu roi par l'assemblée. Cette élection ayant été con- firmée par les grandes puissances, le 13 juillet, le nouveau roi jura de soutenir la cons- titution, le 31 octobre. En istib, l'insurrec- tion de Crète menaça d'attirer la Grèce dans un conflit avec la Tur{(uie, à cause des secours fournis 'aux Cretois par des navires marchands qui violaient le blocus et de l'asile que ces navires ofl'raient aux fugitifs. Le massacre, par des brigands, de quatre voyageurs anglais en 1S70, amena avec le gouvernement anglais des difficultés, qui furent reniées à l'amiable. — Le nouveau royaume, lors de son établissement, embras- sait les pays constituant l'ancienne Grèce, le district méridional de la Thessahe, la Grèce centrale et le Péloponèse, les Cyclades (ex- cepté une). Eubée. et quelques-unes des Spo- rades. Les iles Ioniennes restèrent sous le protectorat de la Grande-Bretagne jusqu'en 1863; elles sont comprises aujourd'hui dans les nomarchics de Corcyrc, de Cépha- lonie, do Zante et d'Aigolide-ct-Corinthe. — Le 24 mai 1881, un traité a été conclu entre la Grèce et la Turquie, avec l'assen- timent de toutes les grandes puissances, concernant la cession de grandes partions de la Thcssalie et de l'Epire au roy.iiime de Grèce, et l'exécution do ce traité a aussitôt commence d'une manière pai'ilique. Les territoires annexés forment tniis nomes : Aria, TrikUoula et Larissa. — Divisions. La Grèce est divisée en I i nomandiirs ou pré- fectures, et en 60 éparchies ou sniis-préfec- lurcs, qui se subdivisent en dimarchies ou cantons, et celles-ci en communes, adminis- trées par des parèdres. 221 TATlI.E.AU ST.VriSTIQUJÎ MONAIlCIIlIsS Kil. c.ilT. Ilabitauts. 1. Aniqiic-cL-Iiéolic 2. Kul.c'-p 3. PliliotiHc-et-rliociJo 4. Acariianic-et-Klolic 5. Achaïe-el-Elide 0. Arcadie 0.300.2 4.19.1,1 0.084,3 7.465,2 5.074,8 4.301.0 4.239,9 3.341 6 5.243.8 2.694,6 1.120,5 810.4 437,9 193,564 100.1,1c liS.4i0 138.444 181.632 148.000 121.116 8. Me^st^nie 9. Ai'jioliile-cl-Coriutlie 10. Ciclailcs 11. Ciirfnu lÔD.7flO 136.081 I32.0i0 100.109 80 544 13. Ziinle (ZakyiUhos) 44.5-.!2 20.523 Matelots hors du i)a\s 5 ISO Tolal Nouveau teiritoiie 31.319,3 13.369 1.779,470 300 000 Kojaunie .... 6,1.104 2.187.210 Les villes principales sont : Athènes (capi- tale, 120. (lOO iKib,), Patras (34..'iOO), le Pirée (35 liDU). llprmoupolis;20,00U:, Zanle (17,500), Corfou' 30,000). — Productions. Au-dessous de 1,800 m. d'altitude, les niuntapnes sont re- vêtues de luxuriantes lorèls dont les essences principales sont le pin et le chêne. Plus bas, abondent le noyer et le châtaignier; au- dessous de 300 m., on trouve une grande va- riété d'arbres précieux, de plantes et d'ar- brisseaux. Tous les fruits ((ui appartiennent à la latitude tempérée croissent vigoureuse- ment. Le sol est fertile, mais l'agriculture est des plus négUirée. Les produits les plus importants sont les olives et les petits raisins de Zante qui provienneiU principalement de la côte du Pélopom-se et des iles de Corfou, de Zante et de Céphalonie; la produi'tion an- nuelle est d'environ 8.3,000,000 de kilog. La culture de la vigne donne annuellement en- viron 7,ï millions de litres de vin. Parmi les autres produits, nous citerons : le tabac, le coton, les figues, les citrons et le vélani. L'é- levage des moutons, des chèvres, des vers à soie se pratique sur une vaste échelle; plusieurs places possèdent de grandes pêcheries ; on élève aussi des chevaux, des mulets, des ânes, des bœufs et des porcs. — Les minéraux les plus importants sont le marbre de Paros et i'émeri de iNaxos. Les mines de plomb de Laurie (Altique) sont fameuses. Les salines produisent annuellement 2.50,000 quintaux de sel. — Le commerce doit son importance à la position favorable du pays; il a lieu principa- lement avec la Grande-Bretajine, la Turquie, r.\utriche, la Russie, la France et l'Italie. Les exportations, évaluées à9o, N50. 000 t'r , portent principalement sur les raisins (48,747,000), l'huile d'olive 12. 7 10. 000). le plomb (9,031 ,000), les peaux, les figues, les vins, le savon, le tabac, la soie, les oranges et le coton. — Vins. La Grèce ne maintient plus sa vieille réputation de pays vignoble; sa production annuelle diminue d'une manière sensible. Ses vins ne peuvent plus soutenir la comparaison avec ceux qui proviennent de localités pourtant moins favorisées. Le pays au N. de l'isthme de Corinthe donne peu de vins renommés. La [dame qui. entoure le mont Hymète produit un vina|)préciéparles connaisseurs européens. La Morée donne une quantité considérable de vins : celui dos environs de Pergos (environ ii millions de litres) est considéré comme le meilleur. Nauplie, appelée aussi Napoli di Malvasia, sur le golfe de Nauplie, donne son nom aux vins de .Malvoisie; mais ses vignobles ont aujourd'hui peu de valeur. Les iles sont, de nos jours comme dans l'.mtiquité, plus re- iiiinimées que le contincMit pour leurs vins. Santorin (Thera), dans l'Ari-lii|ic!, est la plus productive. Le meilleur cru rouge, connusoiis le nom de Santorin. lient le milieu entre le porto et le bordeaux. P.ii-nii les viiis blancs, on dislingue le thera et le vin de nuit, dont deux qualités sont répandues dans le commerce : le caliste et le saint-élie, l'un et l'autre pleins de corps. T y a aussi un vin muscat parfumé, appelé vino sauto (il une variété de vins cou- leur d'ambre, nommé vin deBacchus. Ensuite viennent les crus de Zea(Ceos), deScio (Chios), de Ténédos et de Samos, qui, sauf le premier, appartiennent à laTurquie. La production an- nuelle de Ténédos est d'environ 5 millions et demi de litres. Les iles Ioniennes donnent une quantité considérable de vins secs et de vins liquoreux. Les crus de la Crète, de Rhodes et de Chypre (à la Turquie) sont classés comme vins de Grèce. La Crète a fourni pendant des siècles le malvasia, vin blanc doux que l'on buvait autrefoisdansl'Europe occidentale sous le nom de malvoisie. Les vins de Chvpre sont de trois classes: ceux de la commanderie ou des chevaliers templiers, avec un bouquet se rapprochant de l'odeurd'amandes anières; le muscat liquoreux ; et un vinordinaire, d'abord d'un rouge pâle, mais perdantsa couleur avec le temps. La récolte de l'ile a diminué d'en- viron quatre cinquièmes depuis deux siècles. Rhodes produit des vins liquoreux et délicieux, provenant d'un raisin dont les grains ont la f-Tos-eur d'une prune. — Commerce et Indus- trie. La marine marchande compte 5.880 na- vires (2115.102 tonneaux) dont 86 bateaux à vapeur (43,131 tonneaux). Les manufactures sont peu nombreuses et sans importance; les principaux produits de l'industrie sont : les navires, les cuirs (particulièrement dans l'ile de Syrai, les soieries, la toile, les voiles et les cordages, le savon, les liqueurs et les broderies d'or et d'argent. Des chemins de fer en exploitation relient les principales villes. En tout, 6o2 kilomètre.s. — 7,501 kil. delignestélépraphiques.Descàblessous-marins font communiquer .\lhènes avec Svra, Scio, Constantinople et Candie. — Gouvernement. La constitution actuelle a été établie i-n 1864. Le trône est héréditaire. Les successeurs du roi actuel, qui est luthérien, doivent appartenir à l'Eglise orthodoxe. Il y a une seule chambre législative, appelée houle, dont les membres, au nombre de 188, sont élus pour quatre ans. par vote direct de tous les citoyens qui ont 21 ans et qui possèdent une propriété ou exercent un commerce ou une profession fixe. Le pou- voir exécutif est exercé par le roi avec sept ministres responsables. Il y a une cour de ca-sation [aréopugc] à .Athènes, quatre cours d'appel (à .\tbènes,àiNauplie, à Patras et à Gor- foui, et plusieurs autres tribunaux inférieurs. — Recettes, 06 millions de fi-. ; dépenses, 99 millions; dette publique. 400 millions. — L'armée se compose de 30,000 hommes. 3,700 chevaux et 65 canons. — La flotte compte 20 navires (dont 2 cuirassés) et l,.'iUO inariiis. — Monnaies. La Grèce est entrée en l8io dans la ligue monétaire des Etats continentaux. L'unité est la drachme= 1 fr. = 100 lepta. Les pièces du système monétaire grec sont absolument conformes aux pièces françaises. — Poids. Oke = 400 drachmes = 1 kilog. 280 gr. ; Cantar (quintal) = 44 oques = o6 kilog. 320 gr. ; livre = 360 gr. - Mksl'res. Ora = oOO pics = 500 m.; stadion = \ kil.; strènia = 100 m. carr.; litre = 10 kotylis = 1 litre; kilo = 1 hectol. — Religion." La plus grande par- lie de la population appartientàl'Ei-'tise grec- que orthodoxe (voy. cides.sous), dirigée par le saint synode permanent d'Athènes, qtii consiste en cinq membres nommés par le roi, parmi les archevêques et les évêques. et qui est présidé par le métropolitain d'Athènes, ■foutes les décisions de ce synide doivent être .approuvées par le roi. Les archevêques et les évêques sont présentés par le synode et nom- més par le souverain. Toutes les religions sont tolérées.— La hiérarchie catholique romaine comprend 2 archevêques {\ Naxos et à C.ir- fou), et 4 évêques. — Instruction publique. L'inst ruction est encore peu répandue, mal^iré leselfortsdii gouvernement; plusdecinquante habitants sur cent ne savent pas lire. Depuis quelques années, on commence à appliquer 111. 162 GREC la loi qui oblige les enfaiils à fréquenter les écotes; il existe déjà i.oOO écoles [niiiMircs et iOO éxoles secoiidairus. L'uiiivcrsilé natio- nale d'Alhène* renferme quatre facultés (lhéoloj;ie, jui isprudence, inédeeine el philo- sophie); les cours y sont suivis par l,;i(lO étu- diants. Il y a une écolo polytechnique à Alh^nes.qualreécolesthéologiqïies de l'Eglise orthodoxe, six écoles navales, une école d'a- griciillurc ol une académie militaire au Pirée. — Langue et littérature. La langue grecque, branche lic la f.iniille indo-européenne, lut pailée. probablement dès le xv» siècle avant notre ère, par les Grecs d'Europe, d'Asie Mi- neure el plus lai-d de la basse Italie, de la Si- cile et par les nombreuses colonies des côtes de la Méditerraiinée et de la mer Noire. F.lle devint la langue dominante en Macédoine, en Syrie, en ligyple el dans l'empire de Byzance. Elle a formé les dialectes de la Grèce moderne, de la Crète el de plusieurs autres lies, ainsi que ceux des établissements grecs en Turquie d'Europe et en Asie Mineure; elle a laissé son souvenir dans les langages de la basse Italie et de l'extrémité méridionale de la Calabre. Son origine et son degré de parenté avec les autres formes de l'aryen u'onlpas été établis d'une manière bien exacte. La croyance que la langue laline est fille de la langue grecque, croyance i[ui régna pendant des siècles, a été repoussée par un grand nombre de sav.ints éminciits. L'opinion générale actuelle est que la langue giecque est la sœur ainée de la lan- gue latine. L'histoire mentionne le grec seule- ment depuis qu'il se fut divisé en nombreux dialectes, qui différaient principalement pai les furmes el par la prononcialion. Les trois principales classes de dialectes étaient le do- rique, l'ionique (dont l'atlique était une branche et l'éolique. L'atlique devint le prin- cipal dialecte et re^ta le parler des Grecs ins- truits; mais il perdit bientôt sa pureté et, à partir du m" siècle av. J.-C, il s'éloigna de plus en plus du grec ordinaire. Api es les con- quêtes d'.\lexandre, diliérents dialectes plus ou moins corrompus se formèrent dans le- pays soumis; celui que l'on parlait à Ale.Nan- drift, élanl cultivé par dessavanls, devintlrès distingué, lia éténommé à tort l'/ieHt'nis/içue. Ainsi que ses sous-dialectes syrien , hébraïque el chai léen. il fut employé dans les traduc- tions ale.vaiidiines de l'Ancien Testament, et plus lard au -si dans celles du iNuuveau Tesla- raeiit, et fut adopté pour les écrits des Pères de lEglise. Pendant les trois premiers siècles de l'ère-chrélienne, le grec fut une sorte de langue universelle; toute personne qui pré- tendait être bien élevée devait le parler cou- ramment; mais il s'éloignait visiblement de l'ancien grec. D'après llallam, le grec attique artiliciel se parla à Constantinople jusqu'à la prise de celle ville par Mahomet II, dans les classes instruites, avec une passable pureté. Mais les documents littéraires montrent une transition graduelle du langage des gram- ipairiensà celui du peuple. Le dialecte popu- laiie du XII» siècle était essentiellement le même que le romaique ou grec moderne, el le premier écrivain qui s'en servit exclusive- ment fut le moine Theodorus Prodromus, surnommé Plochoprodomus, qui vivait sous le règne de Manuel Comnène. L'appellation romaïque naquit de cette circonstance que les Grecs avaient pris le nom de Romains ('Pruixaîot), parce qu'ils considéraienl Constan- tinople comme une nouvelle Rome (via PtJrxTj). — L'alphabet grec dérive de l'alphabet phé- nicien. Les auteurs ne sont pas d'accord quant à la date de sa formation. Les anciens écri- vains pensent qu'il ne se composa d abord que de 16 lettres dues à Cadmus; mais l'opi- nion dominante e^t que les Grecs adoptèrent de suite tout l'alphabet phénicien composé de ii lettres et qu'ils y ajoutèrent le si:.'ne Y. Quelques lettres, comme le vav ou digamma etle koppa, nefurent plus employées el furent GREC remplacées par d'autres signes. L'alphabet ionien, composé de "24 lellies, fut oflicielle- nient adopté à Athènes en 403 ou en 401 av. J.-C, et depuis lors son usage aété conservé. Les anciens croyaient que tous les mots com- mençant par une voyelle avaient une as|iira- tion soit douce (Tmeuust ^{lt>oï, siiiritus tenisi, soit dure (rvîù^a àurû, SfiirUiis afper). Lo S/iiritus tenis {') n'est ivprésenlé dans aucune autre langue; itspiritus asper () est représenté par H dans les langues italiques et germani- ques. Dans le grec moderne, les deux aspira- tions se raar(iucnt en écrivant, mais on ne les fait pas sentir dans la prononciation. Les Grecs indiquent aussi le ton ou l'accent des mots par des marques diacritiques. La pro- noncialion du grec, au temps d'Homère, de Sophocle et de Xénophon estencore un sujet de discussion. Pendant qu'elle est devenue graduellement uniforme dans l'Europe conti- nentale, les Anglais seuls continuent de le prononcer comme ils prononcent leur langue. Depuis le commencement du xvi<' siècle, une controverse s'est élevée entre lesétacisles, ou partisansd'Eiasme, quisouticnnent l'ancienne prononciation supposée, et les iolacistes, ou partisans de Reucbliii, qui veulent appliquer à l'ancien grec la prononciation du grec mo- derne. Dans le grec moderne t, >;, u, ei, oi, m se prononcentcomme l'i italien ; «t comme l'e ita- lien; au comme av ou a/; eu coiiime ev ou ef; r,-j coumie iv ou if; p comme ï; y devant s, i, etc.. comme y; S comme le th doux anglais; Ç comme z; X comme j en espagnol ; t après K comme t/;elîr après fi comme 6. - Le nom, dans l'ancien grec a trois nombres : le singu- lier, le duel et le pluriel, et cinq cas : nomi- natif, génitif, datif, accusatif et vocatif II y a trois genres el trois modes de déclinaison. Les verbes ont trois genres, possédant une voix moyenne, outre l'actif et le passif, la plupart des temps des voix passive et moyenne coïncident; la voix moyenne possède une sorte de caractère réflectif, récipro<[ue ou dé- ponent. Les temps sont: le présent, l'impar- fait, le paifait. le plus-que-parfait, l'aoriste, le futur et le futur parlait; les modes sont : l'indicatif, le subjonctif, l'optatif, l'impéialil et l'inlinitif. Les temps prétérits se forment par augments et par réduplicalioii. Les ter- minaisons sont formées d'après le caractère des verbes, qui se terminent soit en p soit en ■j> à la première personne du singulier de l'in- dicatif présent. Beaucoup de mots étrangers ont été introduits dans le grec moderne el la grammaire a subi d'important es modifications. Parmi les changements, on remarque la perte du duel et l'emploi des verbes auxiliaires. Le grec a aussi perdu son antique simplicité d'ex- pression. - L'élude grammaticale et lexico- graphique du grec fut commencée par les so- phistes, .^près le déclin des libertés grecques et de la littérature, beaucoup de mots et de phrases tombèrent en désuétude et furent expliqués par les granimairlenssousles litres de "/s|£i; el ■/imiuioli. De bonne heure on \it paraître des dictionnaires homériques. Les plus éminenls écrivains qui s'occupèrent de grammaire lurent .\ristophane de Byzance (vers 260 av. J.-C), Arislarque deSamothrace (vers 4oO) el Dionysius Trax (vers 80) qui préparèrent la première grammaire systéma- tique. Le plus important de tous les anciens lexiques est celui d'Hesychius. Le dictionnaire de Suidas (vers le xi» siècle) renferme des no- tices biographiques sur les auteurs, et des ex- traits de leurs ouvrages. Dans l'Europe occi- dentale, peu de personnes possédaient lalan- gue grecque avant l'émigration des Grecs en Italie, aux iiv' et xv» siècles. L'année \:>~i lit époque dans l'étude du grec, par la publication du Thésaurus d'Eslienne. La grammaire de Biittmann a été composée d'après une méthode scientilique (ISI9). Les travaux lexicographiques de Passow ont une base historique exacte. Ces ouvrages GREC ont été suivis d'un nombre prodigieux ù'œu- vres lexicographiques. gr.iinmaiicHlcs el cri- tiques, dues pnncipalemeiil aux Allemands. — LiTTRn.\Ti'RE. L'histoire de lu littciuture greaiue commence avec celle de la langue des Hellèues, Si nous remontons à ses nio- numenLs les plus anciens, sans nous occuper des chantres légendaires, tels que Amphion, Orphée, Eumolpe, Musœus et Linus, nous trouvons que plus de lOOd ans av. J.-C., l'art des compositions poétiques existait déjà dans sa plus haute perfection sous la lorme de ré- cits épiques. Son entier développement eut lieu en lonie et dans les Iles de la mer Egée. Les plus anciens documents littéraires sunl i'IUade et l'Odyssée, qui ont pour sujel les légendes de la guerre de Troie et le retour d'Uly.sse; mais on ne connaît rien de positif sur l'auteur de ces [loèmes, pas plus que sur la date de leur composition. (Voy. Houèhe.) Hésiode {Les Travaux et ks Jours, el Tln'ogo- nici employa aussi le style épique. Les prin- cipaux auteurs de poésies élégiuques et ïam- biques furent (entre 700 et 600 av. J.-C.) : Archilocus, Caldnus, Simonide d'Annorgos, Tyiiée, .Mimnermus et Solon. Il y eut deux écoles principales du style lyrique : l'éo- lique et la dorique. Les principaux poètes Eoliens ont été : Alcée (vers .ïOo) et sa con- temporaine, Sapho; l'un et l'autre Lesbiens.A celle école appartiennent les poésies lyriques d'Auacréon (vers oOO). .\lenian et Slêsichore (buO) formèrent un genre qui se rapproche des poésies chorales doriques proprement dites. Simonide de Céos florissait veis ."iOO; Ibycus vers 540 ; Bachylides était le neveu et lut le successeur de Simonide. Le plus grand maître du genre lyrique durlen est Pindare, né en Béolie vers .ï22. Les | remiers écrivains eu prose s'occupèrent d'abord .le sujets philo- sophiques. On a conservé quelques fragments de leurs écrits. Thaïes fonda la philosophie ionique à laquelle a(ipartinrent Pherecydes, Anaximandre, Anaxinieuès, Anasagoias, etc. Pylbagore, créateur de l'Ecole italienne, eut pour continuateurs ; Alcraéon, Timée, Epi- charme el plusieurs autres. Les Ioniens furent aussi les premiers à cultiver l'histoire. Cad- mus de .Milet eut pour imitateurs : Hellani- cus,Hécatœus,elc.Lepremiergrand historien, Hérodote d Halicarnasse ^né en 4~i4), écrivit dans le dialecte ionique, bien qu'il fût d'origine donenne. La littérature fut cultivée à .Athènes plus tard que dans les colonies asiatiques. Ce- pendant cette ville devint le centre liltéraire de la Grèce. La lorme caractéristique de la poésie athénienne fut le drame, dont Thespis (53.^) peut être regardé comme le créateur. Eschyle (né à Eleusis en 525, perfeclionna l'art tragique. La tragédie grecque fut ensuite perfectionnée par Sophocle (né en 495) et Euripide (né en 4SU). La vieille comédie, dans laquelle des personnages vivants étaient représentés sous leurs voritables noms, nous est connue par les pièces d'Aristophane. 11. reste seulement des fragments de la moyenne comédie, représentant des personnages réels sous des noms supposés, et de la nouvelle co- médie, qui s'abstint de personnalités. Dans le domaine de l'histoire, nous avons les œuvres de Thucydide (né vers 471) et de Xénophon (né vers 444); et dans celui de la philosophie à laquelle les leçons de Socrale (né en 469), donnèrent une grande impulsion, nous pos- sédons les écrits de Platon ^né vers 429) el ceux de son élève Aiistote (né en 384). (Voy Philosophie.) A la même époque, l'éloquence politique, forme caractéristique de l'élocution grecque, atteignit son dernier degié de per- fection. Les orateurs alhéiiiens, dont les ou- vrages existent encore en lolaiilé ou en par lie, sont : Anliphon, Andocides et Lysias ^v"^ siècle av. J.-C); Isœus, Isocrate. Lycurgue, Hypéride , Eschine, Demades, Démosthène ei Dinarchus (iv siècle). A partir de la mort d'Alexandre le Grand jusqu'à la cooquête GREC GREC GREC 163 romaine, le sièpe principal des lettres et des sciences fut Alexandi-ie d'EL'y[ile. Cette pé- riode est nommée l'âge alexandrin. Ses traits caracléi'isliques furent l'érudition, l'art critique et l'étude des sciences ; en poésie, Ifs seuls genres originaux sont ceux des bui-o- lii[uesou idyles. Les principaux poètes fur.nl : Bion de Smyrne, 'Ihéoci'ite, Aratus, poète épique; Lycaphron, auteur de Cassdiidre; Callimaque (poèmes épiques, hymnes) et Moschus. Pendant la suprématie romaine, le principal poète fut Micandre ; les écrivains en prose les plus importants furent : Polybe, Apollodore, Denis, Tlirax (grammairien), Diodore Siculus, Denis d'Halicarnasse et De- nis Periegetes. Depuis celte période jusqu'à la chute de l'empire romain d'Occident, les écrivains païens les plus éminenls sont; Ba- brius, Str'abon, Epiclète. Plutarque, Dion Clirysostome, Ariien, Polynœus, Pausanias, Marc-Antoine, Aristide, Lucien. Pollux, Dio- gène Laerte, Achille Tatius, Dion Cassius, Athenœus, Herodianus, Philostrate. Plotin, Di-xippus, Longinus, Palsfephatus et lanibli- chus; parmi les écrivains juifs et chrétiens, on cite : Philon, Josèphe, les auteurs des livres du Nouveau-Testament, Clément de Rome, Jus- tin us, Polycarpe, Irénée, Clément d'Alexan- dne, Origène et Alhanase. — Pendant la péi'iode qui commence à rétablissement du siège du gouvernement à Conslantinuple 33i) ap. J.-C), et qui va jusqu'au commen- cement du règne de Ju-itinicn 1"'' (•oi7i, h'S principaux poètes lurent ; (Juinlus de Smyrne, qui entreprit de faire d'-s additionsà i'iliade ; Cyrus de Panoplis, Nonnus, Tryphiodore, Cohithus, Musée et Chrislodore. Les écri- vainsecclésiasliques les plusdistingués furent; Cyrille, Basile, Chrysoslôme, Eusèbe, Gré- goire d • Nazianze et Théodoret. Parmi les travaux historiques qui nous sont parvenus, nous citerons les récils de Zozime sur l'his- toire de l'empire pendant les quatre premiers siècles, et l'histoire ecclésiastique de Socrale le Scholaslique. Le style de la rhétorique atteignit sa perfection avec Himerius de Bi- thyiiie, l'empereur Julien, son professeur Libanius, Synesius et Procope. Les ouvrages d'imagination sont dus priiu'ipalement : à Loiigus, à tleliodore, à Achille Talius, à Xénu|dion d'Ephèse et à Eiimalhius. — La période suivante, ou période de la littérature grecque du moyen âge, va jusqu'à la con- quête de Constanlinople par les Turcs (1453). Après Procope et après Agathias (qui essaya de l'imiter), vinrent un petit nombre d'histo- riens de second ordre, tels que ; Petru>, Hesy- chius, Konnosus, Théophanes, Ménandre Pro- tector et Syncellus (dont la chronique est assez importante). L'Egyptien Théophylacfe Simocatle^, l'Hellène Georgius Pisidès et le Syrien Malalas soiitabjecis dans leur diction et vulg'aires dans leurs sentiments. Des esiirits plus élevés s'adonnèrent aux études juridiques; ce sont ; Tribonianus, Dorothée, Théophile Antécessor, Théodore, Stéphane, Cyrille, Phi- loxène, etc. L'homme le plus célèbre de la seconde moitié du ix" ^iècle est Phutius, pro- ft;sseur de Léon le Philosophe. Constantin VU Porphyrogenitus réunit toutes les produc- tions littéraires du passé et il les fit copier en une esjièce d'encyclopédie en .S3 livres. Parmi les productions de celte époque, on peut citer les chroniqiies elles mémoires de Lcontiiis le Jeune, do Gencsius, de Léon le Grammairien, de Xijihilinus, d'llip|iolylus et de Léon le Diacre et surtout l'Iiisloire d'Anna Comnènc. — La chronique de Siméon Selhos, vers la lin du xi° siècle, est regardée comme le premier ouvrage de prose en grec moderne. On peiil considérer la littérature de la Grèce moderne comme ne commençant pas avani la dernière pallie du xviii» siècle, e|)oqiie Ol'l Constanti- no> Bliigas mil an jour les chants [lalrioliques qui rnninièrrnl re>[)nt national de ses c(un- patriutes. Adamaiitios Coiais, écrivain 1res fécond, a laissé des traités de médecine et une traduction des classiques. Sous son in- tkience, la langue écrite, en s'éloignant un peu de la langue vulgaire ou parlée, se rap- procha des modèles antiques. Au début du xix° siècle brillèrent Chrislopulos. Piccolos et Hizos-Nerulos comme écrivains de chants lyri(|ues, de tragédies et de comédies. Le genre poétique de Chrislopulos fut imité avec succès par les frères Alexandre et Panagiotis Sulsos, par Calvos, Solomos, et Angelica Pally. Parmi les autres poètes remarquables du siècle actuel, se trouvent : Alexandre Rizus, Rangavis ou Rangabe, Orphanidis, Carasnl- sas, Valaorilis, Zalocostas, Naphtis, Vlachos et Antoniades. Des ouvrages historiques ont été publiés par Paparigopulos, Cumas, Sulsos, Tricupis, Philimon, Levkias, Zampelios, Sur- melis, Venizelos et Salbas. Les théologiens et les philosophes sont : Apostolidis,Coulogonis, Adamidis, Kyriacos et Agalhangelos. La géo- graphie, l'archéologie, la philologie, les ma- Ihéra.iliques et les sciences ont aussi leurs représentants. — Voy. Histoire de la littérature classique, de Browne iLoiidres, 18'H); ['His- toire critique du langaijf et de la littérature de l'ancienne Grèce, de Mure (l8')4-'t)7); ['Histoire de la littérature de l'ancienne Grèce, de K.-O. Millier, continuée parJ.-W. Donalds^n (tSiiS); et Nicolai, Geschichte der qriecidschen Literatur (Magdebourg(IN6.ï).— Eglise grecque (appelée aussi Eglise calboliquegrecque. Eglise grecque orthodoxe. Eglise orthodoxe ou Eglise orien- tale), portion de l'Eglise chrétienne qui adhère seulement aux décrets doctrinaux des sept premiers conciles œcuméniques (Nicée, 32S ; Constanlinople, 381; Ephèse, 431; Chalcé- doine, 431 ; Constanlinople, 5-j3 et 680; et Nicée, 787); à ceux du fameux concile quini- sextum de Constanlinople (fJ92), et à ceux du concile tenu à Constanlinople sous Pho- tius en 879 et en 880. Une diti'érence dogma- tique entre l'Eglise grecque et l'Eglise de Rome exista dès le V siècle; elle fut produite par la controverse des monophysiles. L'union l'ut fréquemmentrompue par les décisionsdes erTi|iereurs en matière de foi, décisions con- tre lesquelles les évêques de Rome protes- tèrent. L'adoption par l'Eglise d'Occident d'un article déclarant que le Saint-Esprit procède du Fils auic. VII. L'E- glise grecque d'Aulriche-llon;.'rio est divisée en trois juridielions indépendantes. Dans les terres de la couronne hongroise, il y a un inéiropolitain poui' la nationalité SLTbe à Car- lovilz et un autre pour la nationalité rou- maine à llermannstadt; il y a en outre 8 cvôcliés. L'Ei'li.'^e grecque de l'Autriche Cis- leithane possède un archevêque à Czprnowilz et des évoques à Zara et h Catlaro. Vlll. L'E- glise du Mont-Sinaï a seulement un prélat, l'arciievéqne du Sinai. IX. L'Eglise du Monlé- néirri) n'a, elle aussi, qu'un évoque. .\. L'Eglise hcllénii|ue, dans le royaume de Grèce, compte 31 archevêques et évêqnes, gouvernés par le Sainl-Synode hellénique d'Athènes , dont la présidence appartient de droilà l'archevêque métropolitain d'Attique-et-Béotie, résidant à Athènes. — Outre ces divisions, qui se recon- naissent lesunes les autres comme orthodo.xes, il existe en Russie de nombreuses sectes, dont la plupart reconnaissent la base doctrinale de l'Eglise grecque, mais rejettent la liturgie de l'Eglise russe, telle qu'elle a été corrigée par le patriarche Nicon(l6.'i4) Ces sectes, n'ayant plus aucun rapport avec l'Eglise de l'Etat, sont appelée^ olliciellemenl liiiskolniki ( sépara- tistes), mais elles se donnent le nom de Sta- rovierlzi (vieille croyance). — L'Eglise grecque domine dans toute la Russie, dans la Turquie d'Europe, dans la Grèce et dans le Monté- négro. Le territoire sur lequel elle règne s'accroît continuellement par les progrès de la Russie dans l'Asie centrale. Le nombre des chrétiens grecs de Russie est évalué à -iu mil- lions, en y comprenant les membres des sectes (l.ï millions). La Turquie compte envi- ron 12 millions de Grecs, dont 4,3 )0, 000 en Roumanie et 1,300,000 en Servie; r.\utrichi'- Hongrie en compte 3 millions; le royaume ili' Grèce ei.viron 1,700,000 ; le .Monténégro 125,000; l'Allemagne 3,000. Total, environ 7ti millious. Le plus grand nombre de Grecs- Unis se trouvent en Autriche-Hongrie (en- viron 4 raillions), eoTurquie ^environ oO.OOO), dans l'Italie méridionale (80,000). L'Eglise grecque-unie possède en Autriche-Hongrie !2 archevêques et 6 évèques ; en Turquie un patriarche (à Anliochel, et 8 sutTraganls; en Russie, son unique évèché de Chelm n'existe plus depuis I87.J. — Bibliogr. Le présent et l'avenir de la Grèee, par A.-N. Bernardakis (Paris, 1870, in-8°). — Ethnographie de la Turquie de l'Europe et de la Grèce, par G.-F. Bianconi (Paris. 1877). — Quelques notes sta- tistiques sur la Grèce, par Basile Digenis (Mar- seille, 1878, in-8°). — Excursions en Roumélie et en Morée, par M™« Dorad'lstria (Paris, I86;i, 2 vol. in-8°). — Etude économique de la Grèce, par G. Lcconte (Paris, 1849, in-8'>). — Rapport sur l'état de la statistique en Grèce, présenté au congrès intcrnatioiuil de statistique de Saint- Pétersbourg en 1872, par Alex. Mansolas (Athènes, I87i, in-S"). — La Grèce à l'ex)'Osi- tien universelle de Paris en 1878. par A. Man- solas (Paris, 1878. in-S"). — Géographie univer- selle (tome II, par Elisée Reclus. (V. S.) * GRÉCISE, EE part, passé de Giiéciser. — Qui a une l'orme grecque : Métastase est le nom de Triifas!ii grécisé. ' GRÉCISER V. a. Donner une forme grec- que à un mot d'une autre langue : plusieurs savants ont grécisé leui s nmna. — »» v. n. Af- fecter d employer des locutions grecques. GRÉCITÉ s. f. Caractère de ce qui est grec: grérité d'une expression. — Haute grécitk, grec classique. — B.\sse grécité, grec deJa décadence, à partir de la mort d'Alexandre. r.REK GRÉCO-LATIN, INE adj. Qui appartient aui Grecs fl aux Latins: formes gréio-lalines. — Langlks gréco-latines, langues composées du grec, du latin et des idiomes modernes qui l'ii sont dérivés. GRÉCOMANIE s. f. Manie d'imiter les moMii -, 1rs ii-.iL'i'-, l.-i langue des Grecs. GRÉCO-ROMAIN. AINE adj. Qui appartient aux Grecs et aux Humains : architecture gréco- romaine. — Empire ghkco-huiiai.n', empire grec de C()nslanlino|)le. GRÉCOURT iJean-BaptisteJoseph Willart de), chanoine de Tours, né dans cette ville en 1G8i, mort en 1743. Himeur facile, mais très licencieux, il a composé des coules en vers, des épitres et des chansons que l'on ne lit plus à cause des nombreuses immoralités qu'ils contiennent. On a recueilli ces ouvrages après sa mort (171)1 et 1764, 4 vol. in-12). ' * GRECQUE s. f. Ornement composé d'une suite de lignes droitesqui reviennent sur elles- ;nèmes,en lormant toujours des angles droits: cette frise est ornée d'une grecque. — »» Petite scie avec laquelle les relieurs opèrent le gré- cage. GRECQUER v. a. Opérer le grécage. • GREDIN, INE s. (anc. haut ail. gratag, af- fame). .Mendiant, gueux de profession : ce n'est iju un gredin. (Vieu.x.) — Fig'. Personne qui n'a ni bien, ni bonnes qualités, ni considéra- tion : c'est un franc gredin, un gredin honni de tout le monde. ' GREDIN s. m. Espèce de petit chien à longs poils. GRKE fine. Grandes pêcheries et diverses manufac- tures. GRENNBUSH [grlnn-bouch], ville de l'état de .N.w ^lJlii (Elals-L'nis), sur la rive droite de l'iludson, vis-a-vis Albany ; 7,301 hah. .Moulins, fonderies, etc. GREENCASTLE [grinn-cass'l], ville de l'In- diana (Ltats-Llnisj, a uO kil. S.-O. dlndiana- polis; 4,390 hah. Gentrccommercial d'un pays riche en produits agricoles. Moulins, fabriques de clous, etc. GREENE iRobert) [grlne], dramaturge an- glais, né vers l.'iiiO, mort en i;i92. Outre des drames, il écrivit des poèmes el des coules. Son Pandosto fournit a .Shakspeare l'intri- gue de Winter's talc. Dans A Groal's W'rlhof Wit bought with a Million of Ripenlance , Greene parle de Shakspeare comme A'un cor- beau parvenu à .va rendre tjeau avec les plumes des autres. Une édition de ses œuvres a été publiée jiar Dyce (2 vol., 1831). GREENEVILLE [gri-ne-ville], ville du Ten- nessee i^Elats-Lnis), à 100 kil. iN.-E. deKnox- ville; 1,040 hab. GREENFIELD [grînn-flld], ville du Massa- chusetts ^Elals-Unis), sur la rive 0. de la ri- vière Coiinecticut, à 140 kil. O.-iN.-O. de Bos- ton ; 0,229 hab. École supérieure, bibliothè- que et nombreuses manufactures. GREENOCK [grinn'-ok], ville du Renfrew- shire (Ecosse), sur l'esluaire de la Clvdc, à 2'5 kil. O.-N.-O. de Glasgow; 03,086 hab. Ex- cellents docks. Dans le voisinage, aqueduc de 4 kil. de long. iNombreuses rallinenes de Greenock. ' GREDINERIE s. f. Misère, gueuserie : vivre dans une honteuse gredinerie [l^a-Ui. et vieux.) — «» Action de gredin, bassesse : faire des gredinerics. GREELY [gri'-lé], ville du Colorado (Etats- Unis), sur la rivière Cache à la Poudre, à 7o kil. iN.-E. de Denver; environ 5,tl00 hab. * GRÉEMENT ou Grément s. m. Mar. En- semble de toutes les choses nécessaires pour gréer un bâtiment; et quelquefois la manière dont elles sont arrangées, disposées: ce grée- mcnt de notre vaisseau était fort endommagé. On dit, dans un sens analogue : le gréement d'un mdt. — Art ou action de gréer les bâti- ments : traité du gréement. GREENBACK s. m. [grînn-bak] (angl. green, vert: back, dos). iNom que donnaient les Amé- ricainsdes Etats-Unis aux coupuresde I dollar el au-dessus. Les greenbacks, créés en 180:', devaient ce nom à leur couleur dominante. Les billets d'une valeur inférieure à 1 dollar (il y en avait depuis 3 cents, ou i'â centimes) étaient nommés « fractional currency ». GREEN BAY [grinn-bè], ville du Wisconsin (Etats-Unis), sur une péninsule, à i'àO kil. N. deMiIwaukee; U,u09 hab. Elle a un beau port. Commerce de bois, de grains et de fa- sucre, fonderies, manufactures de toile à voile, de chaussures, de savon et de chan- delles. GREENOUGH (Horatio) [grinn'-o], sculpteur américain, ne a Boston en 180b, mort en 1852. 11 habita Florence pendant plusieurs années, et retourna aux Etals-Unis en IS-iJI. Outre les bustes de John Quincy Adam, de Lafayetle, de Marshall, etc., il a laissé une statue colossale de Washington et la Rescue, commandée par le congrès, les Chanting Che- rub, Medora, The Angel Ahdicl et Veinis Vic- trix. Le Mémorial of Horatio Greenouyh (1833) renferme une collection de ses ouvrages sur l'art el sur d'autres sujets, et un mémoire de H. -T. Tuckcrman. GREENPORT [grinn-port], village de l'Etat de iNew-York ^Etats-Unis), sur la pointe .N.-E. de Long Island, à 135 kil. E, N.-E. de New- York; i,820 hab. Excellent port à l'entrée de la baie Peconic. GREEN RIVER 1. Cours d'eau qui prend sa source dans le Kentucky central et se Jette dans l'Ûhio, à 12 kil. au-dessus d'Evansville. — 11, L'un des constituants du Colorado de l'O.; celle rivière prend sa source dans les montagnes Rocheuses, près du picde Fré- mont (Wyoming); cours d'environ 663 kil. GRKF GREF GREF 165 Elle se réunit au Grand Utah, après avoir franchi di»s précipices profonds et escarpés. GREENSBORO [grinnss-ho-ro], ville de l'Âla- baraa vt-lats-Liiiis), à 70 kil. N.-O. de Selma ; 1,760 hab. Commerce très Uori>sant. GREENVILLE, ville de la Caroline du Sud (Etat--L'ni=), à 190 kil. N.-O. de Columbia ; 8,007 hab. GREENWICH [ grînn'-idj ] , ville du Kent (An]L.'leterie), sur la rive droite de la Tamise, a 7 kil. S.-E. de la cathédrale de Saint-Paul de Londres: 207,02b hab. Elle est célèbre sur- tout par son hôpital pour les marins et par son observatoire dont la long-itudc est seule admise sur les cartes anglaises. iVoy. Lon- gitude). L'hôpital, ouvert en 170a, occupe à écrire). Agric. et Jard. Petite branche que l'on coupe, ou œil qu'on lève à la branche d'un arbre qui est en sève, et que l'on ente dans un autre arbre, afin que la branche ou l'œil reprenne, et que l'arbre sur lequel on enle porte le fruit de l'aibre d'où la branche ou l'œil a été tiré : lever, enter des greffes. — Opération par laquelle on ente une grelle sur un arbre, et résultat de cette opération : l'o- fiéraiion de la greffe. — Greffe en approche ou PAR approche, manière de grefl'er qui consiste ordinairement à rapprocher et à mettre en contact dos branches voisines, de manière qu'elles se soudent et adhèrent l'une à l'auti'e. — E.NCYCL. La prelïe et le procédé bien connu au mo\'en duquel une portion vi- vante d'un végétal s'unit à un autre végétal Je Grcenwich. l'emplaccmeul d'un ancien palais royal ap- pelé maison de Greenwich, Placentia ou The Pleasimnce ; il sert aujourd'hui d'hôpital pour les marins blessés en temps de guerre, les pensionnaires qui l'habitaient autrefois ayant obtenu depuis 1803 de résider ailleurs. L'ob- servatoire a été construit par Charles II. Greenwich possède des manufactures très miportantes. GREENWICH fgrînn'-itch], ville et bourg du Conneclii'Ut (Etals-Unjs), sur le détroit de Lons-Island, a 40 kil. N.-E. de New-York ; 10,120 hab. * GREER V. a. (ano. ail. gereiter; holland. gereed). Mar. Garnir un bâtiment de toutes les voiles, manœuvres, poulies, etc., dont il a besoin pour être en étal de naviguer : on a reçu ordre de gréer tel vaisseau, goélette, etc. On dit dans un sens analogue : gréer un miXt, une vergue, etc. GREES (Alpes-), partie des Alpes, depuis le mont Cenis (3,493 m.) juscju'au mont Blanc (i,7 bâtiments. GREFFAGE s. m. Action ou manière de greller. •GREFFE s. m. fgrè-fe] (gr. graphein, écrire). Lieu d'un tribunal où sont déposées les minutes des jugements, des arrôls, celles de divers actes do procédure, comme en- quêtes, rapports d'experts, etc., et où se font certaines tiéclarations, certains dépôts : eon- signer de l'urgent au greffe. — .Se disait autre- fois, par exl., des droits du griUl'e, des émo- Ininents qu'on tirait du grell'c : avoir les greffes de tel lieu. * GREFFE s. f. [grè-fe] (gr. grnphion, style de la même espèce ou du même genre bota- nique, s'identilic avec lui et y croit comme sur son pied mère. La plante sur laquelle on opère se nomme i»_;'c(; la partie ajoutée est le scion ou greffe. La condition indispensable pour la réussite de la reprise est que les vais- seaux séveux du sujet coïncident parfaitement avec ceux du scion, et la théorie de la grett'e se réduit, par conséquent, à savoir qu'il faut mettre en contact, dans le sujet et dans le scion, les couches d'aubier et du liber le plus jeune, parce que c'est dans ces couches que se trouvent les vaisseaux séveux. Nous avons dit que les deux végétaux à greller doivent a[i|iartenir à la même espèce ou au même genre botanique : en effet, de même que l'on commet une hérésie scientifique lorsque l'on prélend que le mariage du taureau et de la jument peut être fécond (voy. Jl'mart), de même il serait absurde de grefler un dahlia sur un rosier, ou un scion de vigne sur un prunier. .Mais la grell'e réussit d'elle-mênie sur deux arbres de la même variélé, comme on peut s'en convaincre dans nos bois, où l'on voit souvent deux branches d'un même arbre se rencontrer et se souder intimement; elle s'opère plus diflicilement à mesure <[ue les plantes s'éloignent ;iu point de vue bota- nique. Une autre observation trèsimportante, qui échappe suuvcntaux horticulteurs, quand ils ne possèdent pas de connaissances sufli- santes dans le domaine de la physiologie vé- gétale, c'est qu'il faut que les plantes à grell'er présentent un mode de végétation semblalile, et surtout que leur végétation s'eU'ectuc à la même épocpie : c'est pourquoi l'on n'idilicnt que des greffes languissantes (juand on marie des variétés tardives avec des variétés pré- coces et viec vcrsd. — La greffe reproduit idenliqiiemcnt la variété que l'on veut pro- pager; elle augmente la i|ualil6 des fruits, liflic l'époque de leur maturité, avance de plusieurs années la fructification des arbres et permet de faire croîlre dans un sol quel- conque une espèce ou une variété qui, franche de pied, n'y viendrait pas. — Les individus greffés vivent moins longtemps que les indi- vidus francs de pied. — On divise les greft'es en trois séries : 1° les greffes yar rameaux ; 'i° \es greffes par approche; 3° les greffes en écusson. Les détails suivants sont enifu-untés à l'excellent Manuel élémentaire d'Agriculture et d'Horticulture, par A. Piéloii et H. Lecointe (Paris, Goin, 1881). — « Greffes par rameaux. Cette série comprend la greffe en fente, la greffe en éeorce et la greffe de côté. — Les greffes par rameaux peuvent se faire depuis le mois de lévrier jusqu'à la fin de l'été, mais c'est surtout au printi mps qu'elles sont pra- tiquées. — Il est essentiel de prendre les greffes sur des arbres sains, fertiles et pro- duisant de beaux fruits. .\ cet effet, on coupe au mois de janvier des rameaux de la pousse de l'année, puis on les met en terre jusqu'à moitié de leur longueur, près d'un mur ex- posé au nord. — Il importe do proléger les grefl'es par rameaux contre l'action des vents et le contact des oiseaux. On y parvient en plaçant au sommet de la tige un petit tuteur et une baguette flexible disposée en cerceau et fixée aux deux extrémités, au moyen d'une attache. On préserve les greffes des pommiers à cidre en les entourant de quelques branches d'épine ou d'acacia. - Peu de temps après que l'arbre a été i:reffé, la sève refoulée sur la tige, donne naissance à de nombreuses pro- ductions qu'on devra supprimer, au lur et à mesure qu'elles feront leur apparition. Toute- lois, on en conservera plusieurs au sommet de l'arbre, jusqu'à ce que les greffes com- mencent à produire des bourgeons. — Greffe ■:n fente simple. On l'emploie sur des sujets d'un petit diamètre. Elle est préparée comme U suit : on choisit un rameau muni de trois yeux, puis prenant pour point principal l'ceil de la base, on fait de chaque côté de cet œil et sur une longueur de 3 à 4 cenlim., un petit enlèvement d'écorce et de bois, en con- servant moitié plus d'épaisseur du côté de l'œil ou (partie extérieure de la greffe) que du Fi^' 1 i.itir ui fi Mie. — ). Oni^raUon qn;iii(l le siij» t «-si coupe lioi izoiH;ileiiienl (grofTc en renie double}. — 2. Opé- ration quand le sujet est coupé obliqueiucnt. côté opposé. Avant d'enlever le bois, il est bon de faire un petit cran de chaque côté de l'œil.— La tête de l'arbre est supprimée sur une partie de tige bien droite et bien unie; la coupe est faite horizontalement àsone>,tré- mité, ou mieux, tronquée en biseau. Après avoir paré les plaies avec la serpette, on pra- tique une fente longitudinale de 5 à6ccntinii. partant du sommet de la lige et du mi- lieu du biseau. — Pour poser la greffe, on tient la fente ouverte à l'aide d'un pelit coin de buis ou de fer, puis on introduit le rameau, l'œil de la base en dehors, en ayant soin de 166 GRHF OREF GRKF mettre en contael le point qui se trouve entrft l'écorce et l'aubier du suji^t avec li; niriiie point de la prelle. Il faut,' pour atteincire ce Lut, que l'écorce de la groile, loii|Oîirs plus mince que celle du sujet, soit Ic-èrenienl rentrée. L'opéiation teinimce, on li;.'.itiirp la partie fendue, et l'on recouvre les plaies avec du mastic à greller, pour les soustraire A l'ac- tion de l'air et de riiuinidité. — Greffe enfenle double. Celle-ci s'applique sur dos sujets de 12 à 18 centimètres de circonférence. Les croll'es sont pié|iarées con'ine la précédente, la tige est coupée iiorizontalenii:nt et la plaie est parée avec la serpette; on tait une fente verticale au milieu du sujet, ensuite on intro- duit deux {rmlles, dans la feate à l'opposé l'une di; l'autre. — Il est nécessaire de lifra- turer et de couvrir de mastic. — Kn posant deux prsUcs, la [jlaie se cicatrise plus facile- ment. Après une année de végétation, on supprime la moins vigoureuse. — Greffes en écoree ou en couronne. Elles se font depuis la lin de mars jusqu'à la fin de mai, c'esl-à-dire quand les arbres sont complètement en sève. Comme les grclfes en fente, il faut les liga- turer, et couvrir les plains de mastic. — Greffe en couronne ordinaire. Pour la pratiquer, il fautcouperhorizontalement la léte d(! l'arbre, tailler la grellé en bec de plume, en ména- geant un petit cran du côté opposé à l'œil de la base de la grtdfe; enlever à partir de ce cran, moitié ou environ du corps ligneux, en diminuantl'éjiaisseuramesure qu'on approcbe de l'extrémité inférieure de la greffe. On écarte ensuite l'écorce du sujet avec un petit coin, l'on introduit la grelfc entre l'écorce et l'aubier, en faisant asseoirle cran sur la partie amputée du sujet. Pour facililcr l'opération, on peut faire une incision verticale sur l'é- corce, ce qui permet de la soulever des deux côtés et d'introduire la greffe. Lorsque le sujet est gros, il convient de placer plusieurs greffes à la circonférence, en les espaçant de 4 à 5 cenlim. les unesdes autres. — Grcffe-^'i couronna perfectionnée. Cette grelfe a été imaginée par M. Dubreuil; nous ne croyons mieux l'aireque de r'cproduire la description qu'il en a donnée. « La tèle du sujet est coupée obliquement, puis l'écorce est ouverte verticalement un peu à gaucbe du sommet du biseau. La base de la grelfe est taillée en bec ds tlûLe, avec réserve d'un cran ou languette à la naissance de l'en- taille, puison coupe une petite lanière d'écorce sur le côté gaucbe du bec de flûte. On insère la grelfe entre l'écorce et le bois en soulevant l'écorce d'un seul côté, de manière que le cran vienne reposer en s'accrochant sur le sommet du biseau et que le côté gauche du bocdetiûte s'appuie contre l'écorce du sujet.» — Greffes anglaises. Les greffes anglaises dif- ~ ferent des autres en ce que le scion et le sujet sont taillés en double biseau. Nosgravures2et3 fontsuf- lisaniment comprendre les détails de l'opération. — " Greffe en éeorce de côté. Pour faire cette greffe, il faut se servir d'un rameau un peu coudé et garni de cinq ou six yeux ; la partie inférieure de la gielfe est taillée en biseau de 3 à 4 centim. de longueur et du côté opposé à l'œil de la base; ensuite on pratique sur la tige, à l'endroit oii l'on veut placer la greffe, deuxincisions, l'une trans- Fig. -2 -GrefTc anglaise, versale, l'aulre verticale, moniraniies langu. Mes en leur donnant la forme prepnrépsel U manière J'un T, puis On SOulève do les réunir. . ^ ^ • ■ les ecorces pour insérer la greffe. Il faut ensuite ligaliirer et couvrir de mastic. Avant de poser la greffe, il sera bon de pratiquer une entaille transversale b'iaise à 1 renlim. environ au-dessns (Ju point où elle doit être placée. Celle ^.Teffe est d'un usage fr- quent pour établir des branches la où il en nian(]uo, sur les .arbres soumis aux formes réj-'uberes. — Greffes par approche. Elles se distint-'oent des autres grelfea en ce qu'elles restent adhércntrs au sujet iusi|u'ii leur reprise complète. Gilles failau printemps et pendant une partie de l'été. — Griffe pnr approche ordinaire. Il arrive souvent que, sur un arbre dirigé sous une forme régulière, pyramide, palmette ou autre, il manque uneou plusieurs bran- ches de charpenle. Quand ce cas se pré- sente, on prend pour grelfe une branche dans le voisinage de la partie dégarnie. on l'applique sur cet endroit, puis on fait une entaille longue de 4 à 5 centim. sur la lige, et une plaie seniblablesurla bran- die; les parties en- taillées sont appro- chées l'une contre l'autre à l'aide d'une ligature en faisant coïncider les écorces aussi exactement que possible. 11 n'y a plus ensuite qu'à couvrir les plaies de mastic. Le sevrage de la greffe a lieu l'année suivante, quand la reprise est assurée. — Greffe par approche herbacée. Elle est particulièrement eiii|Jdyée sur le pêcher pour garnir de rameaux à fruit les branches dénudées. — L'opérai ion consiste à faire sur le poini ou endroit dénudé une incision lon- pitu.linale de i à .5 centim., et terminée aux extrémités par une incision transversale. Cela l'ait, on choisit, près et au-dessousderincision, un rameau dont l'extrémité dépasse un peu l'endroit qu'on veut garnir, pui> on enlève, sur une longueur de 4 à.S centim. le tiersenviron du diamètre de ce rameau à la place où il doit être greffé. Il faut ensuite soulever les écorces avec la spatule du greffoir et insérer le rameau sous les écorces de manière qu'il soit bien recouvert et en ayant l'attention de laisser en dessus un bouton qui se trouvera au milieu de l'incision. Enfin on ligature sans qu'il soit nécessaire de couvrir de mastic. — Cette grelfe se pra- tique en juin et juillet; elle re- [irend facilement, mais on ne doit en faire le sevrage qu'au printemps suivant, et même plus tard, pour lui donner le temps de s'attacher soli- dement sur I a branche.— Greffes en écusson. Le caractère particu- lier de ces gretfes est que la tête du sujet est conser- vée, jusqu'à la re- prise complète de l'écus=on. — On donne le nom d'écusson à une plaque d'écorce deux fois plus longue que large et munie d'un œil bien constitué. L'écusson sera pris sur un rameau de l'année; ce rameau détaché, on coupe toutes ses feuilles en ne conservant que le pétiole. — Cette greffe est sans contre- dit la plus expéditive et la meilleure; elle s'identilie si bien avec le sujet, qu'au bout de peu d'années, il est difficile de s'apercevoir — GrefTe en couronne. que celui-ci aélégrellé. — L'écusson s'emploie sur les jeunes arbres, lorscju'ils sont de la t'iosseur du doigt. Il s'applique aussi sur les Jeunes branches. — Suivant re|ioque où elles est [iratiquée, celle greffe [irend le nom d'é- cusson à œil dormant ou d'écusson à œil jioussant. — Greffe en écumon d leil donnant. Elle se fait depuis la fin de juillet jusqu'à la lin de seplembrc. Il faut choisir sur un ra- meau un œil bien constitue. Pour lever l'é- cusson, on place la lame du greffoir à 1 cent, environ au-dessus de l'œil et on la dirige eiilre l'écorce el l'aubier, en entamant un peu celui-ci et en descendant à I cent, au-dessous de l'œil. — L'écusson enlevé, on vérifie si l'œil est resté adhérent à l'écorce, sans pré- senter ni trous, ni vides, auliemenl il faudrait le rejeter. — Pour poser l'écusson, on fait sur un point de la tige bien lisse et bien uni, deux incisions, l'une verticale, longue de 2 à ;t(;enlim., l'autre transversaleausommelde la première, de manière à former un T. Les écorces de l'incision verticale sont soulevées avec la spatule du greffoir, puis on y insère l'icnsson, en ayant soin de rajiprocher les écorces et de les ligaturer avec de la laine en laissant l'œil découvert. Il est préférable de commencer la ligature au-dessus de l'œil en >errant un peu plus sur ce point qu'a la base. — Quinze jours ou trois semaines a[irès l'opération, il faudra desserrer un peu la liga- ture et s'assurer de la reprise de lagreffe,co qui a lieu quand lœil se goiiUe et que le pétiole se détache. — Comme pour les au- tres greffes, il con- vient d'enlever tous les bourgeons qui se produisent le long de la tige. — A la fin de l'hiver suivant, la tige du sujet sera rabattue à 8 ou 10 centim. de l'écusson. Celui-ci ne lardera pas à se déve.opper; il sera bon de l'assu- jettir à un tuteur. Au bout d'un an, la partie delà tige qu'on a dû laisser au-dessus de la greffe sera sup- primée. — Ecuason à œil poussant. Cette A greffe se pratique de ■t^^t la lin de mai au mois do juillet, par les GrefVe en approche, dénies procédés que la précédente, avec cette différence qu'aussitôt après la re- prise de l'écusson, on supprime la tête du sujet au-dessus de la greffe, sans attendre le printemps. — Ce mode de greffage est peu employé pour les arbres fruitiers de la région du nord, parce que le corps lipneux du rameau provenant de l'écusson n'a pas le temps nécessaire de se cons- tituer assez solidement pour résister aux fortes gelées. — L'écusson à œil poussant est en usage pour mulliplier le rosier; on en obtient de bons résultats; ainsi, un églantier écussonné en juin pourra donner des roses en août ». (Voy. EcussoNNAGE.) — Un procédé voisin de l'écussimnage est la grt:ffe en flûte, qui consiste à enlever du végétal à reproduire un anneau d'écorce sans aubier, portant un ou plusieurs yeux, et à mettre cet anneau à la place d'un autre anneau semblable enlevé au su)el. Ce genre de grelfe est recommandé pour les noyers, les châiaigniers, quelques chênes, des mûriers, elc. — Les instruineiils employés dans les différentes opérations du grellage sont : un petit canif nommé ynfffiir et muni d'une spatule; une petite scie à main GIIEG nommée égohine; une serpette; un maillet en bois qui sei't à l'rapper sur le dos de la serpette quand on veutfendreverticalementlesf-'rosses tiges des sujets pour y placer les scions; un petit coin de bois dur à l'aide duquel on maintient entrouverte la fente pendant l'opé- ration. — Les ligatures destinées à maintenir le scion dans une position fixe sur le sujet pendant le temps de la reprise, doivent être élastiques ; c'est pourquoi on employé ordi- nairement la laine grossièrement fdée et peu tordue. — Pour garantir de l'action de l'air les plaies de la grelïe, on recouvre celles-ci de terre grasse ou de bouse de vache; mais il est piéférable d'avoir recours à des mastics ou à des onguents spéciaux qui garantissent bien mieux les blessures. ' GREFFER v. a. Agric. et Jard. Faire une grefle, enter : greffer en fente, en flûte, en écusson, e» approche, elc. — w Parext. Intro- duire, implanter. — Se greffer v. pr. Etre grell'é : t'abrirotier se greffe sur l'amandier. — Se souder, être uni, être ajouté : Ifsraees germaniques se greffèrent sur les races gallo- romaines. * GREFFEUR s. m. Celui qui grelïe, qui sait gi-elter ; ce jardinier est un bon grcffcur. ' GREFFIER s. m. [grè-fié]. Fonctiotmaire qui lient le grefl'e : il est en outre chargé d'écrire, à l'audience, les minutes des juge- ments, des arrêts, et d'assister le juge dans certaines occasions, comme pour les descentes, enquêtes, etc. : greffier civil, greffier crimi- nel. — Greffier a peau, a la peau, se disait autrefuis du commis greffier qui écri- vait sur parchemin les expéditions des arrêts et des sentences, w Jargon. Chat. — Législ. « Les greffiers, que l'on pourrait nommer les secrétaires des tribunaux, sont des tonc- tionnaires publics, mais ils ont, de même que les officiers niinistéi'iels, la faculté de pré- senter leurs successeurs, c'est-à-dire de céder leurs charges. Us reçoivent un traitement de l'Elal et ils ont droit, en outre, à des salaires sur certains actes et sur les expéditions qu'ils délivrent. Les greffiers sont assemienlés, ainsi que les commis-grelfiers qui les sup- pléent ; les uns et les autres doivent être âges de '2h ans au moins. Les greffiers en chef des cours d'ap[)el doivent être licenciés en droit et âgés de 27 ans; celui de la cour de cassa- tion ne peut avoir moins d-e 30 ans. Les gref- fiers ou leurs commis assermentés écrivent sous la dictée des juges, aux audiences, dans tes enquêtes, les interrogatoires, etc. Ils con- servent les minutes des jugements et arrêts, et ils sont assujettis à un cautionnement, comme étant comptables des droits de grell'e qu'ils perçoivent au profit de l'Etat. Dans les lieux où il n'y a pas de commissaire-priseur, les greffiers de justice de paix peuvent pro- céder aux ventes publiques de récoltes et d'objets mobiliers, concurremment avec les noiaires et les huissiers. Les greffiers ne sont soumis à aucun droit fixe de patente, mais à un droit proportionnel qui est du quinzième de la valeur localive de tous les locaux occu- pés par eux. » (Cii, Y.) * GREFFOIR s. m. Petit couteau dont on se sert pour gieller. GREFFON s. m. Bourgeon ou jeune rameau de>tini; ù être grellé sur un sujet. GRÉGARINEs. f. (lat. gregarius, qui vit par Iroupcb;. Uolminth. Genre de parasites pro- tozoaires inférieurs, comprenant plusieurs esjièces de vers intestinaux, sans bouche, cl dillérant des foraminifèivs cncc qu'il n'émet- tent pas de filaments. Les grégarincs soiil très petites; quelipies-uncs ont a peine la grosseur d'une pointe d'aiguille fine; les plus voliiiiiinoiises atteignent à peine \ cciitim. de long. Elles vivent dans le tuhe intestinal de plusieurs insectes, du ver de terre, du homard, etc. GREG * GRÈGE adj. (ital. greggio, brut). Se dit de la soie (juand elle est tirée de dessus le cocon soie gréije. * GRÉGEOIS, OISE [grè-joi] (lat. grxcus). S'est dit autrefois pour grec. N'est plus usité que dans cette locution, Fi;u guégeois, sorte de feud'artilicedont on se servait dans le combat naval, et dont l'eau augmente la violence. Il est composé de soufre, de naphte, de bitume, de gomme et de poix. On ne peut l'éteindre qu'avec du vinaigre mêlé avec du sable ou de l'urine, ou avec des cuirs verts, c'est-à-dire avec des peaux d'animaux fraîchement écor- chés. On donne à ce feu le nom de grégeois, parce qu'on en doit l'invention à un Grec nommé Gallinicus, ingénieur d'Hidiopolis, ville de Syrie; il s'en servit avec tant de succès dans un combat naval, qu'il brûla une [lotte ennemie oli il y avait près de trente mille hommes. — Le feu grégeois employé à la défense de Constantinople, lors des deux sièges par les Sarrasins ^668-675 et 716-718 ap. J.-C), paraitavoir été composé de bitume, de soufre et de poix. On le lançait en boules de feu, ou avec- des flèches et des javelines aulour desquelles on tortillait du chanvre satuié de matières inflammables; de la proue des navires, on le projetait au moyen de longs tubes de cuivre. Pendant 400 ans, le secret de sa composition fut conservé; mais les mahométans finirent par le connaître, et à l'époque des croisades, il jeta la mort et l'épouvante dans les rangs des chrétiens; on cessa de l'employer vers le milieu du xive siè- cle. M. Niepce de Saint-Victor a fait des ex- périences sur la propriété que possède la ben- zine de brûler sur l'eau et de s'enflammer lorsqu'elle contient une parcelle de potassium ou do phosphure de calcium. D'après ce prin- cipe, il construisit une lampe inextinguible, destinée à s'allumer par immersion sous l'eau et que l'on devait attacher aux bouées de sau- vetage. GRÉGOIRE (Henri), évêque constitutionnel, né à Véhu, près de Lunéville, le 4 décem- bre n.'iO, mort à Paris le 28 mai 1831. Il était curé d'Emberinesnil lorsque le clergé lorrain le choisit pour représentant aux états géné- raux. 11 fut l'un des premiers prêtres qui se réunirent au tiers état et qui prêtèrent le serment du Jeu de paume. Prévoyant la révo- lution, mais désireux de {a^clinstianiser, sui- vant son expression, il fit inscrire le nom de Bitsu, en tête de la célèbre déclaration des droits de l'homme. Lors de la constitution d'un nouveau clergé (1792), il futélu évêque dans les deux diocèses de la Sarthe et du Loir-et-Cher; il opta pour le dernier siège.  la Convention, où l'envoyèrent ses admi- nistrés, il demanda, dès la [iremière séance, l'abolition de la royauté. Président de celte assemblée, il fit un appel à tous les peuples de l'Europe contre la tyrannie des rois. Lors du procès de Louis XVI, il était en mission dans la Savoie, et écrivit de Chambéry une lettre pour réclamer la condamnation du roi ; mais il ne spécifia point de «piel genre de condamnation il s'agis^ait, restriction mentale qui lui coûta cher dans la suite, les révolu- tionnaires l'accusant de ne pas vouloir la mort de Louis, et les royalistes le considé- rant comme un régicide. En 1793, il refusa d imiter l'exemple de rarchevê(|ue Gobcl, qui, à la tête, du clergé parisien, vint, à la harre de la Convention, adhérer au culte de la Raison. C'est à Grégoire que les juifs doi- vent la reslilution de leurs droits; c'est, en partie, à cet évêque que les nègres durent leur liberté nioinentani'e; sur sa pro|iosition furent institués le Conservatoire des aits et métiers, le Bureau des longitudes, les jardins liotani(jiics, les fermes expérimentales, etc. Il inventa le mol vandalisme, pour stigmatiser la [lassion dévastatrice de ses contemporains. Au conseil des Cinq-Cents, il s'elfaça, adopta GREG 167 le coup d'Etat de brumaire, entra au Sénat en 1801, et combattit le concordat, après la lonclusion duquel il donna sa démission d'évêque. 11 fut l'un des cinq qui eurent le courage de voler contre l'établissement de l'Empire (1804), et il resta seul quand il s'a- git de repousser la restauration des litres nobiliaires; mais ensuite, il accepta le titre de comte. Il vota la déchéance de Na|)oléon, en 1814, et rentra un instant dans la vie privée. Elu député du département de l'Isère, en 1819, il fut exclu de la Chambre comme indigne. On lui rappela qu'il avait voté la condamnation de Louis XVI, on l'élimina de l'institul, et on le fit renoncer à son titre de commandeur de la Légion d'honneur (18i2). Retiré à Auteuil, il ne s'occupa plus que de travaux littéraires. Il ne désavoua jamais ses actes comme prêtre assermenté et comme révolutionnaire. Parmi ses nombreux écrits, nous citerons : Histoire des sectes reli- gieuses depuis le commencement de ce siècle (1810) ; De la littérature des nègres (180s) ; et ses Mémoires, publiés par 11. Carnot (1837). GREGOIRE, nom de seize papes. — I. Saint), surnommé le Grand, né à Rome verso40, mort en 604. 11 abdiqua l'office de préfet de Home, se retira du mon de. fit d e sa maison, sui le mont Cœlien, un monastère et en devint l'un des moi- nes. En 590, il fut élu pape à l'unanimité, com- me successeur de Pelage. La peste et la famine désolaient à celle époque l'Italie, et des armées ennemies marchaient sur Rome. Il travailla nuit et jour à airèter les ravages de ce double fléau, distribua de grandes quan- tités de grains et, par son éloquence, arrêta l'invasion des Lombards. Il réforma des abus dans le clergé et il envoya des missionnaires dans toutes les parties du monde connu. Il détruisit l'ariauisme en Lonibardie; ramena en Espagne le roi Kécarède à l'orthodoxie et renversa en Afrique les donatisles. Tolérant autant que zélé, il ne voulut avoir recours à aucun moyen violent pour répandre la foi. Déplorant les maux qui accablaient les es- claves, il émancipa tous ceux qu'il possédait. Il a laissé : Libri Moralium (commentaire de Job), Liber Regulae Pastoralis, 4 livres de dialo- gues et 14 livres de lettres. Fête le 3 septem- bre et le 1"2 mars. — II. (Saint), né à Home, mort en 731. Egalement renommé pour son savoir et pour ses vertus, il fut élu au siège papal en mai7lo. H lutta contre l'iconoclasie de Léon l'Isaurien, maintint son autorité en Italie; montra un grand zèle pour la conver- sion des infidèles et envoya saint Bonilace prêcher l'évangile chez les Germains. — 111. Successeur du précédent, né en Syrie, mort en 741 . Il assembla, en 73i, un concile par lequel les iconoclastes furent excommuniés comme hérétiques; il fut le premier pape qui ex rça le pouvoir temporel dans l'exarchat de Ha- veiine, où il fut appelé par le peuple. —IV. Homaiii, nommé pape en 827, mort en 844. Il rebâtit Ostie pour défendre l'embouchure du libre contre les incursions des Sarrasins qui avaient pris possession de la Sicile: il se rendit en France et fit de vains eliorts pour réconcilier Louis le Débonnaire avec ses fils. — V. (Bruno), Saxon, neveu de l'empereur Othon II, élu pape en mai 996, mort en 999. Son pontifical fut troublé pur Philogèlhes, évêi[ue de Piacenza, qui devint antipape sous le nom de Je, in XVI. — VI. (Jean-Gratien), Romain, élu pape, le 8 avril 104'3, mort en 104-7. Il abdiqua en décembre 1046 et se retira au mo- nastère de Cluny. — VII. (Hildebrand, saint), né en Toscane vers 1018, morl le Ju mai loso. Il élait fils d'un charpentier, fut instruit à Uonie dans nn monastère, se ronditen France cl se fil moine à Cluny, mais fut rappelé à Home et nommé prieur de l'abbaye do Saint- Paul extra muros. Il gagna la faveur de Gré- goire VI, qui l'envoya en France (104,')) pour V combattre la simonie. Confident de Léon IX, îl conserva son influence sous Victor II et 1G8 GRHG sous Alexanilre 11. Il lut élii pape le 22 avril 107.t. Uiu! fois arriva au ponvuii', il n'-solut dr; purifier le rierpé île deux giamls maux : la simonie cl rim|iureli'', et d'ciiiaiicipi^r l'ii- glise, jus(]u'alois subordonnée au pouvoir temporel. L'empereur Henri IV ne se faisait auL'un scrupule de vendre publiquement les bénélices ecelùsiasliciues aux encbèrcs, en Allemagne comme en Italie. Grégoire assem- bla à Hume un concile dans leiiuelon décréta que tonte personne coupable de simonie serait ijixo facto excommuniée et déclarée incapable d'exercer une jui'idiction ecclésias- tique. 11 lui, en oulre, décrété que tous les prêtres mariés ou qui ne conservaient pas leur cliaslelé seraient dé;.Tadés. Ces décisions amenèrent une rupture entre le pape et l'cra- Ïierenr. Sur la sommation du pape de venir à îonie y rendre coiiiple do sa conduite, Henri, pour toute réponse, a-eet dominée par des pics dont le plus élevé se dresse à 1,080 mètres au-dissus du niveau de la mer. La capitale, Saint-Georges ^»,UUU hab ), se trouve sur la côte S. -0., près d'une baie large et bien fortiliée. La Grenade est gouvernée par un lieutenant gouverneur, un conseil de 12 membres et une assemblée législative de 17 membres. Principau.x produits : sucre, rhum, mélasse et cacao. La Grenade fut dé- couverte par Colomb en 1498, l'ut occupée par les Français en 16ii0, prise par les Anglais en 1762. reprise en 1779 et rendue à la Grande-Bretagne en 1783. L'esclavage y fut aboli en 1838. GRENADE (Nouvelle-l Voy. Colombie. GRENADS-SUR GARONNE, ch.-l. de cant., arr. et à 2b .kil. N.-U. de Toulouse (Haule- Garonne); 3,622 hab. ' GRENADIER s. m. Genre de myrtacées, compreuaiiL plusieurs espèces d'arbrisseaux qui produisent de belles fleurs, el dont quelques-uns portent le fruit afipelé grenade. Le ijrcnadier commun (punica grainilumi ne se trouve à l'étal sauvage que dans le nord de rinduuslan ; il fut connu dès les temps les depuis lors, il s'est lépandu dans l'Europe méridionale et se cultive dans une p;irtie de la France; mais il ne peut supporter les hi- vers du climat de Paris. La seule espèce amé- ricaine est le grenadier iinin (punira nana\ L'espèce commune a produit plusieurs varié- t''s et sous-vanétés à fleurs écartâtes dou- bles, à lleurs jaunes, blanches, à feuillage Grenadier à ûeucs doubles, et fruit du grenadier à simples. nuancé, etc. Les variétés à fleurs doubles ne se cultivent que comme planles d'ornement; les variétés à lleurs simples sont les seules qui donnent des fruits. La variété à fruits acides porte les plus grosses grenades; mais la variété à fruits doux est bien plu.-» recher- chée. — La racine de grenadier est em- ployée comme vermifuge, principalement contre le ver solitaire: de 2 à (i gr. de poudre ou de 6(1 à 6o gr. d'écorce fraîche de racine, bouillie daus 7o0 gr. d'eau qu'on laisse ré- duire d'un tiers, et que l'on prend en trois GREN fois, à une heure d'intervalle entre chaque dose. — Grenadier, -ioldal d'élite, (|ui, ori- ginairenient, était chargé de jeter des gre- nades. — Le corps des grenadiers fut foriné en France en \Mu et en Angleterre en KiS'i. Les grenadiers formaient des compagnies sépa- réesqui furent placées chacune ;i lalfile d'un régiment, puis d'un bataillon ; et, jusqu'à la réorganisation de l'armée française en I87i, la première compagnie d'élite de chaque ba- taillon d'infanterie de ligne se composa de grenadiers, choisis parmi les hommes de haute taille, et portant l'épaulelte rouge. M.iis, depuis la fin du xvjm' siècle, les grena- .liers n'étaient plus exercés au jet de la gre- ntde, devenue le pro|eclile des troupes du génie. Les grenadiers portèrent le bonnet à [loil jus(|u'en 1818. L'ancienne garde impé- riale com(itait plusieurs régiments de grena- liers à pied et à cheval ; la nouvelle garde impériale eut trois régiments de ces troupes d'élite. — GnEN.\DiKns a cheval, s'est dit au- tiefois d une compagnie de grenadiers mon- tés, créée par Louis XIV, qui servait avec la maison du roi, et ijui marchait en tête. Il s'est dit aussi d'un corps de cavalerie de la garde impériale et de la garde royale, dont les soldais portaient des bonnets à poil. — Fam. JuiiKU comme un grenadier, jurer habi- tuellement in parlant. — Fig. et fam. C'est UN l'RANC grenadier, C'eST UN GRENAUIKII, 86 dit d'une femme de haute taille qui a des manières libres et hardies. — w Pop. Para- site qui tient garnison dans les cheveux. ' GRENADIÉRE s. f. Gibecière fjui faisait autrelois partie de l'équipement d'un grena- dier, et dans laquelle il portait les grenades. — En termes d'arquebuserie. Celle des capu- cines d'un fusil de munition à laipielle s'at- tache la bretelle. — Mettre so.n fusil a la GRENADIÉRE, le placer sur les éjiaiiles, en lâ- chant la brelelle; ce qui se fait quand on veut se servir du sabre. • GRENADILLE s. f. [Il mil.]. Bot. Plante d'Amérique dont les seineiices ont un goût approchant de celui de la grenade. Elle est aussi nommée Fleur de la Passion, parce qu'on a cru voir dans les ditiérentes fiarties de sa tleur quelque rapport avec divers instruments de la passion du Sauveur, (els que la couronne, les trois clous, etc. : les fruits de lu grcnadtlle ne mûrissent gne dans les jmys chnuds. GRENADILLES ou Grenadines, groupe d'une trentaine de petites iles anglaises, dans les petites Antilles, au N. de la Gre- nade; .'î.nou hab, ' GRENADIN s. m. Cuis. Petit fricandeau. GRENADIN, INE s. et adj. Habitant de Grenade; qui a|ipiitientà Grenade. — s. m. Oinilh. Espèce de tringille ou de pinson, qui habite les côtes d'Afrique. — Hortic. Va- riété de l'œillet des tleuiisles, reclierciiée pour la confiserie et la parfumerie. * GRENADINE s. f. Soie qu on emploie dans la fabrualiou de la dentelle noire. — " Suop de grenade. GRENAGE s. m. Action de grenerla poudre de guerre el de chasse. * GRENAILLE s. f. [Il mil.]. Métal réduit en menus grains : charger un fu.'-il aver dr la gre- naille. — Se dit aussi des rebuts de giaine qui servent principalement à nouirir la vo- laille : halle aux grains et grenailles. * GRENAILLER v. a. Mettre un métal en petits grains. GRENAILLEDR s. m. Ouvrier qui réduit les métaux eu giams. GRENAISON s. f. Formation du grain : gre- naison des eiréales. ' GRENAT s. m. (lat. granatum). Sorte de pierre précieuse dont la couleur est très va- GREN riable, mais qui est le plus ordinairement d'un rou:.'e analoiriie à celui des semences de la s-ien,iilc. Les cristaux de grenat sont des doderaliédres rlinniboïdaux et trapézoïilaux ou d'auli'e- formes La dureté du grenat varie de 6.0 à 7.;i ; pr.ivilé spérilique 3.15 à 4.3. Il est rouge, bi'un, noir, jaune, blanc ou vert avec un lustre vitreux ou résineux. Il y en a six espèces : )" le grenat de chaux et d'alu- mine; 2° In grenal d'alumine et de magnésie: 3» le grenat d'alumine et de fei' ; 4»le grenat d'alumine et de manganèse; .S» le grenat de fer et de chaux ; (i" le grenat de chrome et de chaux. Les cristaux de grenat sont communs dan^ les roches de gi'anit, dans les ardoises raclnmor|iliiques et dans la pierre calcaire. GRENAUT s. m. Hist. nat. Espèce de pois- son ([III a la lêle fort grosse. * GRENÉ, ÉE part, passé de Grener. Réduit en giains. — Se dit quelquefois substantiv., dans les ai'ts du dessin, des parties d'un des- sin, d'une gravure, etc., qui oli'rent une mul- titude de petits points fort rapprochés les uns des autres : un beau grené. — »•«■ s. m. Grenu : le (/rené d'une meule. ' GRENELER v. a. Préparer une peau ou quelque aiiLie chose semblable, de manière qu'elle paraisse couverte de grains : yrenclcr du cuir. GRENELLE , Garanella , anc. bourg de France, réuni en 1860 a Paris, dont il lorine aujourd'hui un quartier. Manufactures de chafieaux de paille, d'asphalte, de bleu d'ou- tremer, de cordes, etc.; scieries, lamineries, forges. Puits artésien. (Voy. Artésikn). * GRENER V. n. Produire de la graine, rendre beaucoup de grains : cette lierbe grène bien. — V. a. RéJuireen petits grains: j/îYntr du tabac, de la poudre à canon. — A quelque- fois le même sens que Greneler : grener une peau. GRENET (l'arbé), géographe, né en IT.'iO, moit au roinmencemenL du xvrii' siècle. Pro- fesseur de géographie au collège de Lisieux, il inventa des sphères plus commodes que celles alors en usage. Il est l'auteur d'une Gilographie ancienne et moderne, kiilorii/ue, physique, civile et politique (Paris, 17S9, t vol. in-l-.'). GRENET (Louis), compositeur, né à Lyon en I iU7, nioit a Paris en 1761. Dès son en- fance, il étudia la musique avec passion et parvint a se faire noiiinier maitre de musique à l'Opéra. On a de lui : Tri(m,iihe de l'harmo- nie, opéra-ballet en 3 actes (Opéra, 9 mai 1''37) ; Apollon, berger d'Adméte, repris avec succès en l7oi). Il composa aussi quelques autres opéras qui n'ont pas été publiés. * GRENETERIE s. f. Commerce que fait un maicliiHHl i.'11'iirtler. •GRÉNETIER, 1ÈRE s. Celui, celle qui vend des graiin's: marchand grèncticr, mar- chande grénctiére. — S'est dit aus^i d'un nlli- cier au grenier à sel, qui jugeait en première instance des dill'érends relatifs aux gabelles: grèncticr an grenier à sel de Paris. GRENETINE s. f. (du nom de son inventeur, Grcnil, de liouen). Gélatine liés pure et inco- loie que l'un emploie quelquefoisen guise de colle do poisson dans la confection des gelées alimontaiies, des blanc-manger, de la colle à bouche, du papier-gl.ice, des capsules phar- maceutiques, etc La grenétine se vend, dans le commerce, en feuilles très minces, longues, blanches et transparentes; on l'extrait du cai'tila;.'C des veaux et des peaux récentes il'.iiilr''s leiines animaux. •GRÉNETIS s. m. Petits grains relevés en bossi' au liiHil des médailles, des monnaies: lor^qnil !/ a un gréwlis à une pince, on ne saurait ta rogner sans qu il y paraisse. — Poinçon qui sert à marquer ces petits grains. GREN *GRENETTESs. f. pi. Nom donné aux baies du nei-|irun des teinturiers. On les nomme, en [diarmacie, Grainks d'.Xvign'ON. — Petites graines qu'on fabrique a Avignon, en pulvé- risant les baies du nerprun des teinturiers avant leur maturité et en les préparant avec du carbonate de plomb pour en obtenir une couleur jaune dont se servent les peintres en minia- ture. * GRENIER s. m. (lat. grena- rium). P.iitie la plus haute d'un bâtiment, destinée à serrer les grains ou les fourrages : avoir du blé en grenier. — Grenier a SEL, lieu où l'on serrait et où l'on débitait le sel par autorité publi- que ; prendre du sel au grenier à sel. — GiiENiER A SKL. S'est dit aussi d'une juridiction où l'on;;^j5^ jugeait en première instance les matières qui regardaient la ga- belle, la ferme du sel : président au grenier à sel. — C'est du blé EN GRENIER, se dit dcs choses dont la garde e^l bonne, et peut même être avantageuse. — C'est un GRENIER A COUPS DE POING, Se dit d'un polisson querelleur, qui se fait toujours battre. Se dit aussi d'une atl'aire dont il est dange- reux de se mêler. — Par ext. Etage d'une maison qui e^t immédiatement sous le comble : mettre de vieux meublesaugrc- nier.— Cbeucber quelqu'un ou quelque cho?e DEPUIS LA CAVE jusqu'au GRENIER, le chercher dans tous les endroits de la maison. — Aller DU GRENIER A LA CAVE, DE LA CAVE AU GRENIER, tenir des propos sans ordre et sans liaison. — Fig. Province, d'un pays fertile, dont on lire beaucoup de blé : la Sicile est le grenier de l'Italie. — Se dit aussi en parlant des grains, du sel, du charbon, etc., qu'on charge sur un navire, sur un bateau, sans les mettre dans des sacs, dans des caisses ou dans des paniers : charger un navire, un bateau de grains en gre- nier. - Greniers d'abondance, magasinscréés, sur le rapport de lîarère, par la Convention nationale le 9 août 1793. Ils étaient établis dans chaque district ou arrondissement pour prévenir les di.-ettes, et alimentés par les fonds de l'Etat et par des versements faits par les conti ibuables pour se libérer de leurs impôts. — Le grenier d'abondance ou grenier de réserve est situé, a Paris, dans toute la lon- gueur du boulevard Bourdon. 11 sert de ma- gasin pour les 7 de l'approvisionnement en farine des boulangers de Paris. L'édifice, haut de 23 mètres, occupe une superficie de 8,030 mèires : il fut bâti aux frais de l'Etat par M. Delannois, futcédé à la ville de Paris en I.s4'2, et incendié en 1871. GRENOBLE, Grutianopolis, Culnro, ch.-l. du département de l'Isère, à 633 kil. S.-E. de P.iris, sur l'Isère, au contluoiit du Drae, par 4.J» W 12" lat. ÎS. et 3" '23' 36" long. E. ; 0't,00i hab. Place de guerre de 1" classe. Siège du \¥ arrondissement forestier, de la 27' division du XI V° corps d'armée. Evècbé sutlragant de Lyon, grand séminaire; église consistoriale protestante. Cour d'appel, tri- bunal de 1'" instance. Lycée, école normale d'instituteurs. Faculté de droit, des sciences, des lettres. Bibliothèque riOU.uuu v.). Musée. 8li manufactures de gants. Patrie de Bayard (aii([iii'l on a élevé une statue), de Barnave, ilr Mably, de Condillac, de Vaucanson, de M"" de Tencin, de Beylc (Slendahl) et de Ca- simir Périer. Grenoble est entourée de forti- Rcations et divisée par l'Isère eu deux parties iiiéi:aies. La partie la plus élrnilc est couron- née par \c fort Ilaliot et par la Bastille, où se trouve une promenade très Ir^ quentéo. — Celte ville, fondée par les Bomains l'an P-M av. J.-C., dut son nom primitif de cularum GREN 171 (lieu retiré) à la position qu'elle occupait sur les conlins du pays des A.lohro;.'es. Fortiliée par l'empereur Gralien. elle fut alors afipelée Gratianopolis. Elle passa ensuite des Romains aux Bourguignons, et fut réunie à la cou- ronne de France en 1349. Vingt ans plus tard Grenoble. (1369), un tribunal de llnquisition y fut établi pour rechercher les Vaudois. Les guerres de r.-ligion (I.ï62) furent saniriantes k Grenoble : le baron des Adrets, alors chef des protes- tants, s'empara de la ville qui resta en son pouvoirjusqu'en I-Ï90, époque où Lesdiguières la reprit pour le roi Henri IV. En ISI.d. le peuple enfonça les portes, fermées par ordre de l'autorité, et vint en offrir les débris à Na- poléon. Grenoble a été fréquemment dévastée par des inondations, notamment en 16.tI, en 1733, en 1710, en 1778, en 1816, eu 1840, en 18n6 et surtout en 1839. GRENOT lAntoine), conventionnel girondin, né à Gendre (Franche-Comté) en 1749, nuirt à Besançon en 1808. Avocat à Dùle en 1789, il l'ut député aux états généraux, puis membre de la Convintion, vota la mort du roi, se cacha lors de la chute des girondins, reprit son siège après le 9 thermidor, protesta contre le coup d'Etat, comme membre du conseil des Cinq-Cents , et contre la proclamation de l'empire, comme député au Corps législatif. Il rentra d.ms la vie privée en 1804. * GRENOUILLE s. f. [Il mil.] (lat. ranulu). Petit animal appartenant à l'ordre des batra- ciens et qui vit ordinairement dans les marais: grenouille verte, de nwrais. — Pop. et dans le Grenouille verte (Rana csculenta). langage militaire, Manger, faire sauter la ciiENo'uiLLE, dissi|ier, déroberuno somme dont on avait la garde. — Typogr. Partie creuse (jui, dans les anciennes presses en bois, est placée sur la platine et reçoit le pivol de la vis. — Encycl Les grenouilles forment un genre de batraciens anoures, très voisin des rainclles, dmil il se dislingue sedcmcnt par l'absence de pclollo à l'exlremilé de» doigts. (Vov. lÎAiNEïïE . Les grenouillos passent dans l'eau la plus grande partie de leur existence : 172 GREN GRKN la lonf-'iiciir dfi leurs [nombres postérieurs lesdiscordance par les iiioU irekekekcx koax mel ri iiiftiiic de faire dos saiils coiisid^raliles, ce ([ui f)er/iicl aux (.'rcnouillesiloparcourir de lotif-'ijcs d.slaiices, à la rochcrclie de leur luiurriLure; elles sont capalilos do grimper aux arbres comme les imImoUi^s. Quelques espèces préfèronl les lieux humides et les buis sombres, où elles se oatheiU dans les berbes el sous les feuilles; d'aulros habitent des creux au bord des niarais, et n'en sorlont que vers le soir ou les jours pluvieux. Adultes, les grenouilles sont carnivoros et caractérisées par une fii-aiule voracité. Leur genre est ré- fiandu sur toute la surface du irlobe. Le pays e plus riche en espèces est l'Ainorique; en- suite viennent l'Asie, l'Europe, l'Afrique et la Polynésie. Les sexes sont séparés et les fonc- tions de reproduction s'accomplissent de la même manière que chez la plupart des pois- sons; les œufs sont fécondés au moment de leur expulsion. (Voy. Têtard.) La vie est tel- lement tenace chez les grenouilles, qu'elles survivent aux plus graves blessures et vivent niême longtemps après que le cœur et les entrailles leur ont été enlevés; elles ont en- core des contractions musculaires et pré- sentent les phénomènes (le la circulation dans dilierents organes, pendant plusieurs minutes et même pendant dos heures après leur mort. La gi'enouille est non sculomonl gracieuse ot inollensive, mais elle se rend vraiment utile par la guerre (|u'ello fait aux insectes ot aux vei's nuisiblos à la végétation. Kn Ang eterre et aux Ktats-lJnis, on mange rarement les grenouilles: mais en France et dans le sud de )'Kuro[ie, elles servent souvent de nourriture. Le bouillon de grenouille a été prescrit dans les maladies de poitrine. — Les grenouilles vivent de larves, d'insectes aquatiques, de vers, de jeunes coquillages et d'insectes vi- vants ; la dilatabilité de leur gosier leur permet même d'avaler des oiseaux et des souris. La grenouille commune d'Europe ou grenouille rousse Irana iemporaria, Linn.) est brune, Grenouille coDiinuiie d'Europe ou grenouille rousse (Itana tcmporaria/. avec une légère nuance do rougeâtre ou de jaunâtre en dessus et de blanc jaunâtre en dessous, et des taches petites el en petite quantité. Sa marque la plus invariable est une tache brune allongée derrière l'œil, de chaque côté de la tête. Sa longueur totale est d'environ <4 centim. On la trouve dans les jardins et dans les baies de toute l'Kurope; elle ne re- cherche l'eau que pendant l'hiver. La gre- nouille verte d'Europe (rana esculenfa, Linn.) est d'une couleur verdâtre en dessus, avecdes taches noires ou brunâtres et quelquefois avec trois bandes jaunes sur le dos; elle est d'un blanc jaunâtre en dessous; longueur totale, environ IS centim. Elle vil en Europe, en Asie et dans le nord de l'Afrique ; c'est l'espèce la plus recherchée comme aliment; c'est aussi la plus commune en France. Dans les soirées d'été, elle fait entendre ces concerts dont Aristophane a essaj'é de reproduire la koax. Elle ré[iand «es œufs en paquets dans les marcs. ■ — La plus grosse espèce des Etats- Unis est la grenouille mut'issanle (bull frog) (rana pipiens, Lalr.). (tni .1 imc longueur de Grenouille niugissnnle (Rana pipicn^j. — 2. Grenouille mugissirnte septentrionale (Rana iioricunetisisi. .36 à 45 centim. ; sa couleur générale est verte en avant de la partie supérieure du corps et olive brun en arrière, avec des taches noires irrégulières; le ventre est d'un blanc jaunâtre, avec des marques foncées; les menilires présentent une couleur sombre et des barres noires. Elle doit son nom à la so- norité de sa voix. Elle nage parfaitement, et vitsouvent pendant des années dansdes puits où on lui permet de rester, sous le prétexte 1. Grenouille alose (.Rana lialeciua). — 2. Grcnouilie des marais (Rana palusttis). qu'elle purifie l'eau. D'une extrême voracité, elle dévore les petits canards, les serpents, les taupes, les souris, les insectes, les vers, les escargots, ses propres têtards et tous les petits animaux qu'elle peut attraper; elle ne fait sa proie que des corps vivants, ha. grenouille des marais {rana pahistris, Le Conte) est i, Wood Frog (Rana sylvatica). — 2. Spring {Rana fontinaiis). Frog élancée et délicate, d'une longueur totale d'environ 16 centim. On la trouve dans le Maine et la Virginie (Etats-Unis), au bord des marais et des mares et quelquefois à de GRES grandes distances do l'eau; elle exhale une odeur particulière, forte et désagré/iblo. La grenouille alose {ranida hahcina , Kalm), longue d'environ 18 centim., est active et ca- pable de franchir d'un bond une distance de 3 m., quand elle est ellrayee; on l'appelle grenoudio alose parce quelle se montre dans les états du centre des Etats-Unis avec les poissons de ce nom. Elle est recherchée par les Epicuriens. - Parmi les autresgrcnouilles 'lo l'Amérique du Nord , nous citerons la irenouille des bois (rana .'^j/lvatira) et la gre- nouille de fiintainc (rana fontinaiis). ' GRENOUILLÈRE s. f. Lieux marécageux où les ri eiHiuilii> se retirent. — Par dénigr. Lieu dont la siluation est humide et malsaine: cette maison est hdtic dans une grenouillère. • GRENOUILLE! s. m. Bot. Espèce de mu- guet (pu 1 iijit ^ur les montagnes et les col- lines, etdonl les feuilles ont quelque ressem- blaiiie avec celles du laurier. On lui donne aussi lo nom d^ Sceau de Saloinon. ' GRENOUILLETTE s. f. Bot. Espèce de renon- cule ipii oioit dans les marais. — .Méd. Tu- meui' qui se forme sous la langue par l'accu- mulation de la salive dans ses conduits ex- créteurs. ■ GRENU, UE adj. Qui a beaucoup de grains. Se dit lies froments, seigles, orges, etc. : un épi bien grenu. — Se dit aussi de certains cuirs dont le grain est beau el pressé : du maroquin bien grenu. — Se dit encore, sur- tout en Hist. nat.,de ce qui est ou semble composé de petits grains : les antimnes de cet insecte sont grenues. — Huile giienue, celle qui est figée en petits grains et qui est la meilleure. GRENURE s. f. Etat du cuir grené; action de greiier une gravure. GREOULX (Griselum), station thermale du e.iiit. de Valensole, arr. et à 60 kil. S.-O de Digne (Basses-Alpes), sur la rive droite du Verdon; 1,092 hab. Deux sources sulfurées calciques : source Gravier, source Nouvelle. Rhumatismes, maladies de la peau, affections utérines, paralysies essentielles, certaines névralfiies, lésions du tissu osseux, anciennes fractures, tumeurs blanches, caries, nécroses, anciennes syphilis. Etablissement avec bains, douches, eau courante. ■■ GRÉS s. m. [gré] (anc. haut ail. griez; celt. kraig, pierre). Pierre formée de grains de sable plus ou moins fins : pavé, marvkes de grés. — Sorte de poterie de terre, fabriquée avec une glaise naturellement mêlée d'un sable fin : cruche, pot de grès. — E^•CYCL. Le grès est une roche foimée de grains de sable, souvent niolés de cailloux grossiers et cimen- tés avec ces derniers par l'inlillration de substances calcaires, argileuses, ferrugineuses ou siliceuses. Une longue pression a converti cos amas en roche solide. Des couches de grès se rencontrent dans toutes les forma- tions géologiques depuis le groupe métamor- phique. Les prinripales variétés de grès sont: le rouge, le flexible, le lustré, le blanc, le bi- garré, le filtrant. Les grès molasses sont fen- dus en sortant de la carrière et acquièrent de la dureté quand on les expose à l'air. Le grès sert à faire des meules; la variété fil- trante est employée par les fontainiers. Le grès des environs de Paris et de Fontaine- bleau fournit des matériaux pour le pavage des rues de la capitale. GRÉ3ÂGE s. m. (rad. gréser). Action de po- lir, .^ur des grès, les carreaux et les dalles destiné; au pavage. GRESER V. a. User, polir sur une pierre de gi'é>. GRESHAM, SIR Thomas fgrèch-amm], mar- chand de Londres, né en I.j19, mort en I.Ï79. Il négocia les emprunts étrangers pour les GRES gouvernements d'Bilouard VI, de Mary et d'ElisabftUi, acquit une fortune immense et fut le premier fondateur de la bourse royale et du collège de Gresham. Le collège actuel de Gresham fut inauguré en 18i3. 6RESIER s. m. Ouvrier des carrières de grès. GRÉSIÉRE s. f. Voy. Gresserie. 'GRÉSIL s. m. [f.'ré-zi, ou gré-zie; / mil.] (anc. baul. ail. krisiion, tomber goutte à goutte). Petite grêle fort menue et fort dure : ce n'est pas de la neige qui tombe, c'est du grésil. * GRÉSILLEMENT s. m. [;/ mil.]. Action de grésilliM-, ou etaLde ce qui est grésillé. •GRÉSILLER v. imp. [Il mil.]. IN'est d'usage qu'en parlant du grésil qui tombe : il grésille. — V. a. Faire que quelque chose se fionce, se rétrécisse, se racornisse, se retire : le feu a grésillé ce parchemin. — v» v. n. Imiter le bruit du grésil qui tombe : les flammes gré- sillaient. GRÉSIVAUDAN ou Graisivaudan (Le), Gra- tianoputitanus pagus, anc. pays du haut Uau- phiné, cap. Grenoble. Il comprenait la vallée de l'Isère, depuis l'entrée de celte rivière en France jusqu'à son conlluent avec le Diac. Le Giésivaudan fail aujourd'hui partie des dépaileminls de l'Isère et des Hautes-Alpes. GRESLON (Adrien), missionnaire français, né en 1018, mort en 1007. Il visita l'Amé- rique (t(i47-'.S0) et la Chine (16:i7-'70). Il tiouva, dans ia'rartarie chinoise, une femme indienne qu'il avait connue près du lac Huron et qui avait été vendue de tribu en liibu. Ce qui lit croire que l'Amérique et l'Asie étaient très rapprochées l'une de l'autre. GRÉSOIR s. m. [grè-zoir]. Boite contenant la poudre de grès qui sert a tailler et à polir les diamants. — Instrument dont se servent les vitriers pour rogner les pointes de verre. * G-RÉ-SOL. Ancien terme de musique par lequel on désignait le ton de sol : le Ion de g-ré-sol. GRÉSOLLES, petit pays du Forez, aujour- d'hui coHipiis dans le dép. de la Loire; lieu principdl : Luré-en-Grésolles. * GRESSERIE s. f. Coll. Pierres de grès mises en œuvie : les fossés de ce château sont revêtus de gresseric. — Pot, cruche, vase, etc., faits de grès : celle gresserie vient de Beauvais. — Roche ou carrière d'ok l'on tire le grès. GRESSET (Jean Baptiste-Louis), poète, né à Amiens en 1 ^01), iiioil en Ii77. 11 com- mença à 16 ans son noviciat chez les jé- suites et publia, en 1733, une gracieuse bluette, Vert-Vert, poème badin en 4 chants, et en vers de 10 syllabes, dans lequel il plai- sante quelques-uns des côtés de la vie monas- tique et dont les détails pi((uants tirent le succès. Ses poèmes postérieurs : Ma Char- treuse, Le Carême improjnplu et Le Lutrin vi- vant, où l'on retrouve la niêiue gaielé mali- cieuse et la même élégance de style, lui attirèrent des persécutions de la part des re- ligicu.\ iloiit il peignait les travers. Il dut quitter l'ordre desjésuites en 173o. Il aboi'da la tragédie et échoua ; mais il ju'it sa revanche dans la comédie Le Méchanl (1747), iiiècc où l'on admire des portraits d'un naturel par- fait et des vers excellents. Gresset entra à l'Académie française en 1748. Quelques an- nées plus tard, il se relira à Amiens, se ma- ria, sadonna à la dévotion, rétracta ses ou- vrages et brûla même ses manuscrits inéilits. Une stalue en marbre lui a été élevée à Amiens (18;il). Les Œavres complclcs àe Gres- set ont été publiées par Fayulle (3 vol. in-18,18(J3)etparftenouard(2vol. in-S", 4SI 1). GRÉSY-SUR-ISÉRE, ch -1. du caot., arr. et à <5 kil. S.-O. d'Albertville (Savoie); 1,062 hab. | GREU GRETCH (Nikolai), auteur russe, né en 1787, mort en 1^67. Non ouvr.itro le plus connu est un manuel do la littérature russe (4 vol.). GRETNA-GREEN [grét-na-grinn], petit vil- lage du comté de Uunifriesshire (Ecosse), à 12 kil. N.-O. de Carlisle, fameux par les ma- riages qui s'y sont célébrés en dehors de la loi anglaise jusqu'en IS'iO, époque où une loi les déclara nuls, à moins que l'une des deux parties ait résidé en Ecosse pendant 21 jours. Les mariages de Gretna-Green s'effectuent sans autre cérémonie que la présence de deux témoins et des parties, qui deviennent mari et femme, après avoir reçu la bénédic- tion d'un prêtre, selon la loi d'Ecosse. Ces mariages s'accomplirent d'abord chez un marchand de tabac, puis chez an forgeron. C'est à Gretna-Gi'een et à Springfield que se valident les mariages clandcslius des jeunes Anglais qui se jouent ainsi, sur le territoire écossais, des lois prohibitives de l'Angleterre. GRÉTRY (André-Ernest-Modeste), compo- siteur, né à Liège le S février 1741, mort a Montmorency, près Paris, le 24 septembre 1813. Il appartenait à une famille très pauvre, dans laquelle la profession de musicien était héré- ditaire. Un secours des chanoines de l'église de Saint-Denis de Liège lui permit de partir, à l'âge de 18 ans, pour terminer a Rome son instruction musicale. Mais Paris l'attirait in- vinciblement; il vint, en 1708, dans celte véritable capitale des beaux-arts. Marmontel lui confia le livret du Huron. dont la musique obtint un véritable triomphe (1769). Coup sur coup, de nouvelles pièces popularisèrent le nom de l'heureux compositeur; nous cite- rons:LMc//e, qui renferme le fameux quatuor : où peut-on être mieux qu'au sein de sa famille? Sylvain (1770); les Dettx Avares (1770); l'Ami- tié à l'épreuve (1771) ; Zémire et Azor (1771); la Bos/ére de Sa/fHcj/ (1774); la Fausse Magie (177')); le Jugement de Miilas (1778); Aucassi» et Nicoletle{il^i>):\aCaravatu du Caire (1783); VEpreuve villageoise (1783); Richard Cœur de Lion (1784), celui de ses ouvrages qui a été le plussouvent remisàla scène; Pariurge {\18'^). Plus tard, (^.hériibini et .Méliuls'emparèrentde la vogue en introduisant une musique plus sévère et plus pompeuse que celle de Grctry. On a de ce musicien des Mémoires{\193, 3 vol. in-S"), dans lesquels il expose sa théorie, qui consiste à rechercher la mélodie du chant et à ne produire d'ellets que par le sentiment scèniqueet la vérité île l'expression. Les con- temporains de Grétry ont beaucoup critiqué sa manière et la cour prit même un instant parti pour les adversaires de ce musicien. On connaît l'épigramme de Voltaire, au sujet du Jugement de Midas : La cour a dénigré tes chants, Dont Paris a dit des merveilles; Greti y, les oreilles des grands Sont souvent de grandes oreilles. La ville natale de Grétry lui a élevé une statue. GRÉTRY André-Joseph), au leur dramatique, né à Boulogne-siir-Mei' en 1774, mort en18i0. Il était le neveu de ynideur de Richard Cœur de Lion. On a de lui un grand nombre de romans, de poésies et de [)iècosiie théâtre, dont aucune n'obtint un grand succès. Les plus connues sont : le Barbier du village, opéra-comique en un acte (1802); Duval (1802, in-8°), etc. GREUZE (Jean -Baptiste), l'un des plus cé- lèbres peintres do genre du xviii' siècle, né k Tournus en 172(1, mort à Paris en 180.T. Il échoua comme peintre de portraits et s'adonna à la peinture de genre, dans laquelle il acquit une réputation universelle. Ses ouvrages se vendent aujouidliui des prix fabuleux. Parmi les plus célèbres nous citerons : ÏAveugle trompé, l'Accordée de village, le Pot cassé, le l'ère dénaturécl la Petite fille iiuchien. La ville de Tournus lui a élevé une statue de marbre en 18GS. GREY 173 * GREVE s. f. (bas lat. gravaria; du celL kraig, pierre). Lieu uni et plat, couvert de gravier, de sable, le long de la mer ou d'une grande rivière : les vagues se déploient sur la grève. — Absol. La GnÉve, à Paris, place pu- blique qui est située sur le bord de la Seine, et où l'on faisait autrefois les exécutions : le coupable fut décapité en Grève, en place de Grève.— Coalition des ouvriers d'un atelier, d'une profession qui s'entendent pour cesser leur travail jusqu'à ce qu'ils aient obtenu une augmentation de salaires ou certains autres avantages : les grèves sont le fléau de l'indus- trie. — LégisL (I La loi du ■>:'•, mai 1804, en abrogeantles articles l'Jet 20, titre II, de la loi des 2S septembre - 6 octobre 1791, et en modifiant à nouveau les articles 414, 4lo et 416 du Code pénal, a permis aux ouvriers de se concerter librement et de faire des grèves, ainsi que nous l'avons déjà dit au mot Coali- tion. La loi du 27 novembre 1849, qui avait modifié une première fois les articles sus-in- diqués du Cocie pénal, interdisait formellement les grèves; elle punissait sévèrement les cou- pablesdudélitdecoalilion et frappait les chefs ou moteurs d'un emprisonnement de deux à cinq ans. Le Code pénal, dans ses dispositions actuellement en vigueur, déclare seulement passibles d'un emprisonnement de six jours à trois ans et d'une amende de 16 fr. à3,00i)fr., ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque, à l'aide de viole/.ces, voies de fait, menaces ou manœuvres frauduleuses, a amené ou tenté d'amener une ce-sation concertée de travail. Il intlice un emprisonnement de six jours à trois mois et une amende de I6fr. à 30o fr. , ou l'une de ces deux peines seule- ment, à tous ouvriers ou patrons qui, à l'aide d'amendes ou de défenses prononcées par suite d'un plan concerté, ont porlé atteinte au libre exercice de l'industrie ou du travail.» (Ca. Y.) * GREVÉ, ÉE part, passé de Grever. — Lésé, chargé d'Iiypolheques : immeuble grevé d'iiy- pothéques. — Jurispr. Etre grevé de sub.stitu- Tio.N, êlre héritier ou légataire à charge de substitution. On dit aussi, substantiv.. Le grevé : LES ENF.^NTS DU GREVÉ. ■ GREVER V. a. (lai. gravari, être à charge). Léser, laire torl, apporter du dommage : en quoi vous a-t-on grevé? — Particul. Charger, surtout en matière de contributions et d'hy- pothèques : ta province est grevée d'impôts. — Grever son budget, s'imposer une lourde dépense. GRÉVIN (Jacques), poète et médecin, né à Clerniont (Oise) eu l.)40, mort en 1.570. On a de lui un Théâtre et des Poésies (Paris, lo62 in-S"), qui obtinrent un assez grand succès. GREVISTE s. Ouvrier, ouvrière en grève. GREW ^Nehemiah) [groti], médecin anglais, né vers 1628, mort en 1711. Il fut le |iremier Ânglaisqiiiéludia l'analomie etia [ihy-i ilogie des végétaux; il publia, The Anidum;/ of Plants, wHh anldea of the Philosophical His- tory of Plants. GREY iLADv Jane), reine d'Angleterre, née en i;)37, décapitée le 12 février l'i.ï4. Klle était arnère-petite-tille d'Henri VII, par sa mère, et fille d'Henry Grey, marquis de Uorsel et duc de Sullolk. A l'âge de l.'i ans, elle par- lait et écrivait le grec, le latin, l'italien et le français avec facilité et avec pureté, et elle possédait quelque connaissance de l'hébreu, du chaldéen et de l'arabe. Edouard VI se laissa persuader de la faire son héritière, au détriment de ses deux sœurs consanguines, Marie et Elisabeth. Acceptant la couronne avec répugnance (10 juillet l-'ioo), pour obéir aux instances de lord Guilford L>ud!ey, son mari, Jane Grey se laissa proclamer reine. Les catholiques, courant au secours de Marie, hé- ritière légitime du roi décédé, marchèreiil sur Londres au nombre de fî,000; la noblesse et 174 GRIE fiRlF la li.-iiilo bourgeoisie se déclarèrent aussi pour M.M'ie, (juc le niairo et le conse'l |>ro- clatii^ri'iil leiiie.Suffolk lui-même iibaiidniiiia sa fille. Marie eiilra lriom(ihalemenl dans la capitale. La reine ne voulut pas d'almrd ron- senlir à la mort de lady Jane et de Diidiey. bien que leur exécution liH dciiMmlie par ses ministres; mais à la suite do l'insurreelion de VVvalt, à laipielle SullolU fut as.scz impru- dent pour prendre part, elle sifrna l'ordre de leur r.xécuiion le 8 février l.=ia4. Lady Jane subit, son sort avec calme et piété. GREYTOWN. Voy. San Juan de Nicaragda. GREZ EN BOUÉRE, cli.-l. de eanl., arr. et à 14 liil. S.-E. lie Cliàleau-Goutier (MayenneV l,;>ii liiil,. ^ •' '' "GRIANNEAUs. m. Jeune coq do briiy<^re. GRIBE.'VUVAL (Jean-Baptiste Vaquette de), génr-rat dartitlcri'', né a Amiens en ITI.ï, mort en 1789. Après avoir lon^rlenips servi dans l'armée française, il entra dans les troupes aiitricbionncs, devint général, et se distiiif.'iia particulièrement à la défense de Schweuinitz. A son r-toiir en France, il fut nommé (l76.ïjinspecteurd'arLillHrie et (HTCi) inspecteur général; il introduisit de grandes amélioi-alions dans celte arme. (Viiy. Autil- LKniE.) Son principal ouvrai;e est Rihjkment coni:er>iunl l,-s fontes el cnmtructions di; l'arlil- krkdr Frmiir. (.i vol. in-fol., 179i.) ■ GRIBLETTE s. f. Petit morceau de porc frais ou salé, de veau, de volaille, etc., mince, haché, battu et enveloppé de petites tranches de lard, i|u'on met rôLir sur le gril : manger des (jrildedes. •GRIBOUILLAGE s. m. [« mil.]. Mauvaise peiiiliiii'; eciiture mal formée. (Fam.) * GRIBOUILLE s. m. [H mil.]. Imbécile, idiot. — (.iiliDuille est un personna^'e légendaire qui pous>a l'inconséquence jiisiju'à se jeter dans l'eau, de crainte de la pluie : fin comme Griboiiitii'. * GRIBOUILLER v. n. Faire du gribouillage. (Fam.) * GRIBOUILLETTE s. f. [Il mil.]. Jeu d'en- fants. JliTEK UNK CUOSE A LA GRIBOUILLETTE, la jeter au milieu dune troupe d'enfants, qui cherchent à s'en saisir. (Fam.) GRIBOUILLEUR, EUSE s. Celui, celle qui gribouille. GRIBOURI s. m. Entora. Genre de coléop- tères télramères, voisin des ei.iniol[ies, et comprenant plusieurs espèces d'insecles dont le corps est en forme de cylindre el dont la tête est enfoncée verticalement dans le cor- selet. Ces animaux se rendent nuisibles en rongeant les jeunes pousses des plantes, à mesure qu'elles se développent. Dès qu'on les approche, ils font le mort, rentrent leur tête sous le corselet et se laissent tomber. — Le grihouri soyeux fcryptocephalus sei-i- ceus) est d un vert doré et vit sur les fleurs du saule. — Le grihouri de la vigne, appelé aussi lisette, diablotin, écrivain et eumolpe de la vigne {eumolims vitisj. vit sur la vigne el y commet, à l'état de larve et à l'état parfait, des dégâts qui le rendent des plus redoutables. _ * GRIECHE adj. {corrupt. de grecque). Ne s emploie que dans ces deux mots composés • ortie-griéche (voy. Ortie) et pie-grièche (voy! Pie). •' * GRIEF, lÈVE adj. (lat. gravis). Grave, ac- cablant : gnéve maladie. Ne se dit qu'en mauvaise part. * GRIEF s. m. Dommage que l'on reçoit, lésion que l'on soull're en quel([iie chose : il se plaint de plusieurs griefs i/u'il a rccas. — Plainle que Ion fait pour le dommage reçu : il s' ist emparé démon bien, voilà mon grief c'est là mongricf. — s. m. pi. Prat. Ecritures 1 que l'on fait pour montrer en quoi on a été I ai;réable, revêche : un homme grim liLiix. (Fam.) GRINDELIE. liot. (V. S.) GhINDELWALD [grinn'-dèl-vait], village de la Suisse, à 'M kil S.-E de Berne, à près de l,02:i m. au-dessus du niveau de la mer, sur le Bergelbach; popul. . 3,087 hab. La vallée de Grindeiwald, traversée par le Lulschlne, mesure 20 kil. de long sur 3 de large. .\u sud de la vallée s'élèvent le Wellhorn, le Wellerhoin, le Melienberg, le Schreckhorn, l'Eiger el le MOnch ; et au nord, le Faiilhorn et d'autres montagnes. Près du village, les deux glaciers de (liindelïvald se montrent de chaque cùté du Melienberg ; ils appartiennent a la iTier de glace ijui occupe le (ilaleaii des Alpes Bernoises; l'ascension du glacier supé- rieur ne présente aucun danger. Le petit gla- cier ou glacier inférieur peut être exploié si facilement qu'il est connu sous le nom popu- laire lie Daniengicscher (glacier des daines). •GRINGALET s. m. (ail. gcring, petit). Fam. lliimnie laible de corps et grêle. — Fig. : un gringalcl, un homme de peu, sans valeur. GRINGALET I. Farceur célèbre de l'hôtel deBoui-;jogne(premièremoitiédu xvii= siècle). — 11. Pitre du boulevard du Tenijjle qui eut un certain succès dans les dernières années de riùnpire et au commencement de la Res- tauration. GRINGOIRE ou Gringore (Pierre), poète, né en Lorraine vers 1*80, mort en 1517. Il parcourut la France en jouant des pièces sa- tiriques et boullonnes et vint en l.ïOO à Paris, où il fui chargé [>ar Louis XII de composer contre le pape Jules II le Jeu du Prince des sotsel de ta Mère Sotte, mystère politique qui lui lut grassement payé. Il reste de Gringoire quel(|ues œuvres assez curieuses : Le Clidtcau du labour (Paris, 10-4", l.ïOO); Le Chàleau d'a- mour (l.SOO, in-8°), etc. Pierre Gringoire ne fut point le poète famélique et déguenillé du roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo. Poète de cour, il vécut largement et fut même anobli. * GRINGOLÉ, ÉE adj. Blas. Se dit des pièces terminées en lêles de serpent. GRINGONNEUR (Jacquemin), peintre du xiv' siècle, auquel on attribue faussement l'invention des cartes à jouer, parce qu'il en coloria un jeu pour Charles VI en 1392. * GRINGOTTER v. n. Se dit proprement des petits oiseaux, el signifie, fredonner : il y a du plaisir à entendre gringotter ce petit oiseau. — V. a. Se dit quelquefois, très fam., des per- sonnes qui fredonnent mal : il nous a grin- gotlé un air. ' GRINGUENAUDE s. f. Petite ordure qui s'attache aux émonctoires et ailleurs par mal- propreté. (Bas.) GRINNELL, ville de l'iowa (Etats-Unis), àSOkil.N.-E. de Des Moines; 5,500 hab. Siège du cullèire d'iowa. GRINNELL (Terre de), terre de l'océan Arc- 1 tique, séparée du Groenland parle canal de GRIP Kennedy et par le détroit de Robeson. EnISSO, ' l'Américain Grinnel lui donna son nom; huit mois plus tard, elle fut appelée terre du Prince Albertpar le capitaine anglais Penny. GRIOT s. m. (anc. haut ail. krioz). Farine fine avec laquelle on fait le pain appelé pain de gruau. GKI0T3, cest le nom que l'on donne, cliez les nègres de la côte occidentale d'A- frique, au.x sorciers, boulions, musiciens et danseurs. Les griots sont de toutes les fêtes, et font un vacaime épouvantable avec lies instruments de musique primitifs hé- rissés de grelots. * GRIOTTEs. f. (gr. ajn'os, sauvagie). Espèce de cerise à courte queue, grosse et noirâtre, plus douce que les autres : griottes à confire. •GRIOTTE s. f. Marbre tacheté de rouge et de brun : la griotte d'Italie. — Griotte du Languedoc, sorte de marbre au ton rouge cerise. * GRIOTTIER s. m. Cerisier qui porte des griottes : les griottiers fleurissent beaucoup, et ne rapportent guère. ' GRIPPE s. f. (même étymol. que griffe). Fantaisie, goùl capricieux : il se ruine ànou- rir beaucoup de chevaux qui ne lui servent pas, c'est sa grippe. (Fam. et peu usité.) — Fani. Se prendre de grippe contre quelqu'un, ou PuENDBE quelqu'u.^ EN GRIPPE, SB prévenir dé- favorablement conlre lui, sans pouvoir ren- dre raison de sa prévention. — Méd. Affec- tion épidémique caractérisée par le coryza, le mal de tête et les symptômes d'une bron- chite ordlu.iire, avec fièvre, courbature et allaiblissement. Dès le début, le malade res- sent un malaise, de l'accablement, des cour- batures, un brisement des membres, une cé- phalalgie violente, un léger mal de gorge; symptômes accompagnés d'une toux sèche, quelquefois d'un saignement de nez, d'un sommeil agité, de râles sibilants et muqueu.\; les yeux sont larmoyants. La grippe est légère quand les symplûmes sont peu accentués et 7iiaiigne, danslecas contraire. Cette aflection se termine ordinairement par des sueurs, en- tre le si.\ième elle dixième jour. Elle se com- plique quelquefois de pneumonie. Elle se dis- tingue de ia bronchite ordinaire par son ca- ractère épidémique et par les symptômes de courbature; de la pneumonie, par l'absence de crachats rouilles et de râles crépitants. Quelques cas de fièvre typbnide- debulent aussi de cette manière,* mais cette fièvre se reconnaît bientôt à la stupeur, au délire et au gargouillement. Quand la grippe est lé- gère, il faut je borner a seconder la nature qui fait alors tous les frais de la guérison. On ordonne le repos, la diète, des tisanes pec- torales et sudoriliques (tleurs de bourrache et de molène), des sinapismes aux jambes; le soir, une pillule de cynoglosse ou un looch renfermant 6i) centigr. de kermès et 40 gr. de sirop de codéine (par cuillerées en deux jours). Quand l'allection est grave, il faut soulenir les forces, surveiller les complica- tions, s'opposer aux localisations sur le cer- veau, surles poumons, sur le cœur et craindre les ai.'cès de lièvre pernicieuse. — La grippe maligne oufiécre rhumo-catarrhate tient h la fuis des alleclioiis catairbales et de la lièvre rliunialismale. C'est un état morbide géné- ral, dans lequel il y a souvent une drcliaigc ou localisation de la maladie sur un organe; si cet organe est important(comnie le cerveau, le cœur, la poitrine), le danger augmente. Cette maladie débute ordinairement d'emblée par un frisson plus ou moins prononcé, qui est suivi de chaleur, de fatigue, de courba- ture, de mal de tête et souvent do douleurs rliuiiiatojdes à l'estomac. Le pouls est fort; il ne dép,is>e pourtant pas 80. surtout chez les hommes; la soif est vive et la bouche i)à- tcuse. Il y a peu de sommeil, et ce sommeil 223 GBTQ est agité, entrecoupé de rêvasseries pénibles, mais sans délire. Les petits enfants, qui sont souvent affectés de cette maladie, ressentent une souffrance épigastrique qui les éveille en sursaut et les fait gémir de temps en l'iips. surtout quand ils toussent. Ils sont brûlants et réclament sans cesse des boissons froides. La respiration est fréquente et le haut du ventre est tendu et douloureux. — Cette affection est due à l'impression subite du froid humide ou à la répercussion de la sueur. Elle dure d'une à deux semaines. Après chaque abaissement brusqce de la tempéra- ture, au printemps et à l'automne, on en observe quelques cas, surtout chez les en- fants. On traite cette maladie en provoquant et en entretenant la moiteur par le séjour au lit et par des boissons sudoriliques chaudes; on prend le soir, s'il y a lieu, une cuillerée de sirop diacodeou une potion de 30 gouttes d'alcoolature d'aconit ou de teinture de col- chique. Lorsqu'il n'y a pas de localisation, ce traitement suffit. .S'il survient des symptômes de bronchite, de pneumonie, on a recours aux curatifs usités pour ces maladies: on suit le traitement indiqué pour le rhumatisme articulaire, lorsque les articulations se pren- nent, et dans le cas où il y a menace de trans- port au cerveau, on met des vésicatoires entre les épaules, des sangsues derrière les oreilles, des sinapismes, et on donne des dé- rivatifs intestinaux. S'il y a adynamie, c'est- à-dire affaissement profond, ona recoursaux toniques, et si la maladie prend un caractère pernicieux ou rémittent, on donne du sulfate de quinine à doses fractionnées. La grippe maligneestordiuairement béniffne lorsqu'elle est accompagnée de diarrhée ou de rhume de cerveau, la nature se débarrassant, par cette localisation, du principe même de la mala- die. Il faut user peu de remèdes actifs avec les petits enfants : on doit seulement surveil- ler la poitrine et donner de l'ipéca, s'il sur- vient soit de l'engouement, soit une pneumo- nie lobulaire. * GRIPPÉ. ÉE part, passé de Gripper. At- li'-ié, arrêté. — Méd. Face grippée, face dont les traits sont resserrés et contractés sur eux-mêmes. — Homme grippé, homme atteint de la crippe. GRIPPEMINADD (de grippe, voleur; mi- navd, l'iiat). Pcr-onnage créé par Rabelais, dans Pantagruel : c'est l'archiduc des chats fourrés, c'esl-à-dire le premier président du parlement de Paris. Dans La Fontaine, Grippeminaud, le bon apôtre, est un saint homme de chat, que la belette et le petit lapin choisissent pour juge. * GRIPPER v. a. (lat. corripere, saisir). At- traper, saisir subtilement. Se dit proprement du chat et de quelques autres animaux : ce chat a grippé un morceau de viande. — Se dit, par ext. et pop., des personnes qui déro- bent, qui ravissent le bien d'àulrui : o?) lui a grippe sa bourse — Gripper quelqu'un, l'arrê- ter pour le mettre en prison. — Se gripper v. pr. Se dit des étoffes qui se retirent en se fronçant : ce taffetas s'est tout grippé. — Fam. Se prévenir défavorablement et sans raison : c'est un homme stijet à se gripper. ' GRIPPE-SOU s. m. Se disait autrefois de celui qui était chargé par les rentiers de re- cevoir leurs rentes, moyennant une légère remise : c'est un grippe-sou très fidèle. — Se dit quelquefois aujourd'hui, par mépris, d'un homme qui t'ait de petits gains sordides : des griiïpe sous. ;Fani.) GRIQUALAND [gri'-koua-lènnd], province anglaise de la colonie du Cap, au nord de la rivière Gariop ou Orange, entre 27° 40' et 29» 3b' lat. S. cl entre 20° I.".' et 23° 10' long. E. ; environ .^0,0 10 hab. Elle est tra- versée par la rivii'^re Vaal et est célèbre pour CRIS 1 ses mines de diamants. Elle fut annexée aux possessions anglaises en 1871 et réunie à la colonie du Cap en 1881. Parmi les villes, se trouvent Hébron etGriquaTown. Les firiquas ou Baastaards forment une race mê- lée, qui descend des colons hollandais et de femmes hottenlotes et bush. Ils sont au nombre d'environ 1b, 000; la plupart profes- sent le christianisme et sont à peu près civili- sés. Une partie d'entre eux habitent le Gri- qualand oriental qui fait partie des terri- toires dits transkéïeus. — Griqualown. (V. S.| ' GRIS. ISE adj. [grî] (bas lat. griseiis). Qui est de couleur mêlée plus ou moins de blanc et de noir : yeux gris. Oh là î oh ! descendez, que l'on ne vous le dise. Jeune homme qui menez laquais à barbe grise. Lk Fontaine. — Etre tout gris, avoir les cheveux gris. — Papier gris, papier qui est ordinairement sans colle, et qui sert à faire des enveloppes de paquets, à filtrer des liqueurs, etc. — Il fait UN temps gris, ou simp].. Il fait gris, le temps est couvert et froid. — Prov. et fig. La nuit, tous chats sont gris, la nuit, il est aisé de se méprendre, de ne pas reconnaître ceux à qui on parle. Cela signifie aussi que, dans l'obscurité, il n'y a nulle différence, pour la vue, entre une personne laide et une belle personne. — Faire grise mine a quelqu'un, lui faire mauvaise mine. - Pop. En voir de grises, éprouver de grandes con- trariétés. En faire voir de grises a quel- qu'un, lui faire éprouver de grandes contra- riétés. — Patrouille ghise, troupe d'agents de police qui exerce une surveillance secrète pendant la nuit. — Etre gris, un peu cris, êlre à demi ivre. — Vin grîs, vin fortpaillet. — Impr. Lettre grise, grande lettre capitale ornée de certaines figures, et ordinairement gravée sur du bois ou sur du cuivre. — s. m. Couleur grise : gris blanc, gi'is cendré. — On dit aussi, adjectiv. : couleur gris-de-pcrle. — Vert-de-gris, rouille verte qui s'engendre sur le cuivre : te vert-de-gris est un poison. On le dit aussi du verdel. (Voy. Vert-de-gris, à la lettre V.) — Petit-grisJ sorte de fourrure dont la couleur est grise, et qui est faite de la peau d'un écureuil du Nord : manchon de pe- tit-gris. GRISAGE s. m. [gri-za-je]. Couleurs grises : les f/risagcs d'un tableau. ' GRISAILLE s. f. [gri-za-ieu; Il mil]. Pein- ture qui se fait avec deux couleurs, l'une claire, l'autre brune, et qui représente des objets supposés blancs : faire de la grisaille. — Mélange de cheveux bruns et de cheveux blancs dont on fait des perruques. * Gri.ISAILLER V. a. Enduire de gris : faire grisadler w plancher, un lambris. GRISAR (Albert), compositeur, né à Anvers en isOS, mort à .Asnières en IS69. Après avoir publié quelques romances en Belgique.il vint habiter Paris. Ses opéras-comiques qui obtin- rent le plus de succès sont les suivants : Le Mariage impossible (Bruxelles, 1833); L'Eau merveilleuse (Opéra-Comique, Paris, 1838;; Gilles ravisseur ; Bon soir. Monsieur Pantalon (1832) ; les Amours du Diable 1 18.ï3) ; La Chatte merveilleuse (1863); Les Éégnycmenls d'a- mour (1864) et Le Chien du jardinier (I8.ï5). Sa ballade la plus populaire est : Adieu, beau ri- vage de France. * GRISÂTRE adj. Qui lire sur le gris : cou- leur, l'toffe grisâtre. GRISER V. a. Rendre gris, donner une leinto gnse. ' GRISER V. a. [gri-zé]. Faire boire quel- qu'un jusqu'à le rendre à demi ivre : si vous le faites boire davantage, vous le griserez. — Se dit quelquefois des liqueursenivranles. de la fumée du tabac, etc., et signilic, porter à la tête, étourdir : un verre de vin suffit pour lU, 178 GUIS le ijriser. — Jeter d/iiis iirio sorte d'exaltation : le pouvoir yrise Vhnmnic. — Se griser v. pr. Koire jusqu'à oc qu'rtii soit à (liiui ivre : je mr suis ijrisé iiti dernier soui)er. — S'entiiuu- siasiiier, s'exalter : laissei-moi me griter de mon propre snrcasme. B. AliGtRR, • GRISET s. m. Jeune clianJoniieret qui est cniMin- L'ii-, qui n'a pas encore pris son rouge et Miii j.niiH' vif. • GRISETTE s. f. [gri-zf'-le]. Vêlement d'é- tolli! ;,'risc rie pf)U de valeur, que portent les l'einiiiesdu commun : nlli^ aune jolie (/risette. — Jeune (ille ou jeune l'eninie de médiocre condition; et, plus paiticulièreinenl, jeune ouvrière coquette et galante ; ta yrisette de Mûri/rr. GRIS GRIS s. m. [gri-gri]. Sorte d'amulette, chez les iH'L'res. GRISI Giulia), cantatrice italienne, née à Milan fil 1812, morte en I8G<). Klle fil ses dé- buts /i Uolog-nc à l'âge de 17 ans et, en 1832, elle remplit le rOle d'Adalg-ise, lors de la pre- mière leprésentation de la Normade Bellini, u.Milan. bientfltaprès,elle lulengagéecomnie prima donna à l'Opéra italien de Paris, et, en 18.Î4, eile parut pour la première fois à Londres. Dans les rôles de INurma. de Sémi- lamiile, de Lucrèce Borgia et d'Klvira dans J l'urituni, elle déploya un tabnl ilram.ilique hors ligne, elle remporta presque autant de succès dans les opéras-boulles II linrbicre di Scviijliu, Don Pusqualc on Cl nirentolu. Kn 1^54, en com[)agi)ie de signor Mario, elle visita les Etals-Unis. En 1836, elle épousa M. de Melcy, mais elle divorça et se maria ensuite avec .Mario. GRIS-NEZ ;Capj anc. Itium promontoriuin, cap de l''rai;ioe, sur le Pas-de-Calais, à l'exlré- milé des collines d'.\rtois, à 31 kil. des eûtes d'Angleterre, par iiU" =>i' 10 " lai. N. et 0" 4o' 13" long. 0. Phare a leu tournant de denii- minule en demi-minute. — C'est le point de l''raiiee le plus lapproché de l'Angleterre. ' GRISOLLER v. n. Se dit du chant de l'a- louelle ; l'alouette grisolle. GRISOLLES, ch.l. de cant., arr. et à 20 kil. tJ.-S.-E. de Caslelsarrasin (Tam-et-ljaronue); 2,127 hab. Fabrii[ue de coutellerie. Autrefois place forte. Celte ville est bâtie sur une an- cienne voie romaine qui allait de Toulouse vers .Moissao et Agen. GRISON, ONNE s. Du pays des Grisons; qui apparli|eiiL a ce pays ou à ses habitants. ■ GRISON. ONNE adj. [gri-zon]. Qui est gris. Ne se dit que du poil, ou des personnes par rapport au poil ; il devient yrlson. — s. C'est un vieux gnson , se disait autrefois d'un homme de livrée qu'on faisait habiller de gris pour l'employer à des commissions se- crètes ; OH le fit suivre par des grisons; on lui détacha un grisou. — Pop. Ane, baudet : être monté sur un grison. • GRISONNANT, ANTE adj. Qui grisonne : une Icte. une barbe grisonnante. GRISONNEMENT s. m. Qualité de ce qui grisonne. ' GRISONNER v. n. Devenir grison. Ne se dit guère que des personnes : il eommence à grisonner. GRISONS (àll. Gî-aub'ùndten), le plus oriental et le plii= grand des cantons suisses, sur les frontières du Tj-roi et de l'Italie; 7,184 kil. carr.; 100,000 hab. (environ oo,000 protes- tants). Hautes montagnes, dontquelques-unes s'élèvent à 4,0U0 mètres. Parmi les passes de ces nionlagnes se trouvent le Bernardino, le Splugeii, le Julier et la Beniina. Vallée de l'Eiigadine. Paysage grandiose; climat très va; ié. Les principales rivières. sont : le Rhin, l'Jnn et plusieurs tributaires du Ticino et de fi RI V l'Adda. Seigle, orge, avoine, bois de cons- truftion, «lianvre, lin, vin et fromage. Kle- vage du l.èlail. Autrefois le roni.inche élail la langue do toute la population, mais, d'a- près le recensement de 1870, le nombre des familles allemandes surpas.se celui des fa- milles romanches. Capitale, Coire. ' GRISOU s. m. |gri-zou]. Se dit, dans les mine.N, du gaz iiiUamniable qui se dégairc île certaines espèces de houilles, et qui s'allume quelquefois avec explosion fiar le conlai-t de matières entlammées : le grisou produit sou- vent (i'S accidents funestes. — - On dit adjectiv., dans le môme sens. Le fku grisou. — Le gri- .'^ou, appelé .-inssi méthane, ija- des marais et hydrogène carburé léger, i-i un composé d'un atome de carbone et de quatre atomes d'hy- drogène ou de quatre parties en poids d'hy- drogène pour douze parties de carbone. C'est un gaz incolore qui brûle avec une llamme peu lumineuse et qui, mêlé avec une quan- tité suflisaule d'air ou d'oxygène, produit en s'allumant de violentes explosions. Il ren- ferme proporlionnellenienl plus d hydrogène que n'importe quel autre hydrocarbone et il est, après l'hydro^jène, la sub-tance la plus lé- gère que l'on connaisse, puisqu'il pèse à peine un peu plus de la moitié du [loids d'un égal vo- lume d air. Le i;risou est produit dans la na- ture par la décomposition des matières véiié- taies plongées sous l'eau; c'est lui qui s'élève en bulles a la surface quand on enfonce un bàtuii dans une mare sLaL'iianle ou dans un fo.-sé, au fond duquel se l^rouvent des feuilles mortes, etc. Il se trouve renfermé, ou mieux occlus dans les pores du charbon de terre et il iiltre graduellement de la surface de celui- ci pour se répandre dans les galeries des mines, s'accumulanl fréquemment à un tel point qu'il forme un melani;c explosif avec l'air de la mine. Si, par une cause quelconque, il vient à s'allumer, il produit une explosion desastreu.>e. Il parait exister aussi a l'état très comprimé dans certaines parties des couches de charbon, et il s'échappe rapide- ment dès que celles-ci sont ouvertes. GRISSEH uu Grissee, ville de Java, à 16 kil. N.-O. Je Surabaya, sur le détroit de Maduré; le chilire de la population qui se compose principalement de Javanais et de Chinois, n'est pas connu. — Construction de navix'es. GRITTI 1. (Andréa) Dogt de Venise, né en l4o4, mort en Iu38. Chef des troupes vé- nitiennes, il enleva Brescia et Bergame aux Français en 1312, mais, peu de temps après, il fut battu et fait prisonnier par Caston de Fois ; pendant son séjouràParis, il entra dans l'alliance française. .\ son retour à Venise, il aida les troupes françaises à chasser les im- périaux de Brescia et a envahir le royaume de iNaples. En mai \V,i'i, il fut éiu doge. — II. (Luigii, fils du précédent et d'une esclave turque, né à Constantmople en liiOl pendant que son pèreétail ambassadeur, niorl eu 1534. Il fut élevé en Italie, mais il retourna à Gonstantinople et devint favori de Soliman U qui lui confia plusieurs missions diploma- tiques. U persuada Soliman de soutenir Za- polya ; après le couronnement de celui-ci à Bude, il fut nommé gouverneur général de Hongrie. H abusa de son pouvoir en persécu- tant violemment ses ennemis; renversé par le peuple, il tut mis à mort. * GRIVE s. f. Ornith. Sous-genre de merles comprenant les espèces qui se distinguent par leur plumage grivelé et dont la chair cons- titue un excellent gibier. — Etre soûl comme UNE GRIVE, être complètement ivre. — Faute DE GRIVES, O.N MANGE DES MERLES, faute de micUX ou se contente de ce qui est moins bien. — E^'CYCL. 'l'oulesles grives d'Europe soni brunes sur le dos et tachetées sur la poitrine. Ce sont des oiseaux de passage qui arrivent chez nous par bandes en été et qui nous quittent avant GRIV les froid.s. Leur iiuiirriliu'e consiste en in- sectes, en vers, en baies, en fruits et quelque- lois en mollus(|ues. Ua grive oanninne lardas musicus) ou vendangeuse, longue d'environ Si ■ pioprtiiiint cJilc (lurdus musicua). centim., est d'un brun olivâtre en dessus, avec le devantdu cou et la poitrinejaunâtres, ledes- sous des ailes jaune, les joues et le bec jau- nâtres, la gorge et les tlaucs d'un gris blam-, les pieds bruns. Le mâle fait en tendre son chant agréable, quehpiefois pendant des heures entières, du haut de l'arbre où il se tient per- ché. La femelle dépose dans son nid, eon>- truit sur un arbre, 4 ou .'i ouif> pâles, tache- tés de noir et de routreâlro. Le mâle et la femelle couvent alternativement. La chair de cette grive est particulièrement succulenie au moment des vendanges, époque où elle s'est engraissée de raisins, de limaces et dé vers. — La draine ou drenne tourdelle ou grosse grive {turdus visnmrmt^, plus grosse Grosse grive fTurdus viscivorus). que la précédente, est d'un brun olivâtre en dessus et d'un blanc jaunâtre eu dessous. (;baque plume est marquée d'une grivelure noire. Le chant du mâle, semblable à celui du merle, se fait entendre dès le mois de lé- vrier, avant la pousse des feuilles. Celte grive vit solitaire et est assez rare dans nos pays. — La litorne ou calandrote (turdus pilaris), longue de 27 centim., se distingue surtout par le cendré du dessus de sa tête et de son cou. On l'appelle aussi grive de genièvre, parce qu'elle recherche les baies de genièvre, qui donnent à sa chair une saveur forteinenj, aromatique. — Le mauvis {turdus iliacus , à peu près de la grosseur de la g-rive ordinaire, est brun olive en dessus, avec le bec brun elles pieds grisâtres; il a le dessous des ailes d'une teinte rosée, ce qui lui a valu le nom de grive roselle. — Les grives s'élèvent en cage commç le rossignol ; prises jeunes, leur existence, en captivité, peut se prolonger pendant '6 ou 6 ans. — Ces oiseaux se font cuire sur le gril dans des caisses de papier ou en frilure comme les mauviettes; mais il est préférable de les faire rôtir à la broche, enveloppées chacune d'une mince barde de lard et d'une GKOI^: feuille de visne. On ne les vide pas. On les sert sur des rôties de pain qui ont reçu le jus de la cuisson et que l'on arrose d'un ]us de citron vert. GRlVELAGEs. m. Action de priveler; petits prolits illicites. " GRIVELÉ, ÉE adj. Qui est tacheté, mêlé de gris et de blanc : un oiseau qid a le plu- mage grioelé. ' GRIVELÉE s. f. Petit profit illicite et secret qu'on fait dans un emploi. (Fam. et vieux.) • GRIVELER V. a. ou n. Faire quelques pe- tits pi'olJls illuites dans un emploi, dans une charge : il u'a recherché cet emploi que dans l'espérance d'y trouver quelque chose à gri- veler. ' GRIVÈLERIE s. f. Action de griveler.(Fam. et vieux. I • GRIVELEUR s. m. Celui qui fait des gri- velées : c'eut un grivekur, un franc griveleur. (Fani. et vieu.>c.) GRIVELURE s. f. Tache ou moucheture qui marque le plumage de certains oiseau.x, par- ticuiièrenicnt de la grive. • GRI'VGIS, OISE s. Qui est alerte, éveillé, d'une humeur libre et hardie. Se dit particu- hèremenl des soldatr^, et des vivandières ou autres femmes d'armée : c'est un gricois, un bon grivois. — S'emploie aussi adjectiv. -.il est grivois. — On dit de mémo : il a le ton grivois ; expression grivoise. (Fain.) GRIVOISERIE s. f. Action ou parole grivoise; caiacUTij Or l'e qui est grivois. GRODNO 1. Gouvernement de Lithuanie (Uu>siej, sur la frontifre du royaume de Po- logne- 1,10U.00Û hab., presqiietouscatholiques ronidins. surface généralement unie et cou- verte de vastes forêts, de marécages et de pins. Les minéraux les plus importants sont : le ter, la craie, la pierre calcaire et le niire. Les principales rivières sont : le iSiémen, le bug, le iNarew et le Pripet. — II. Capitale de ce gouvernement, sur le Niémen, à liii kil. S.-O. de Wiliia; 5u,U00 hab. licole mili- taire et manufactures d'étoiles, de soie et de coton. A partir de dtj73 chaque troisième diète [lolonaise s'y assembla. GROENLAND (dan. et ail. Urœnland; angl. Gmiiian'l^, vaste région appartenant au Dane- mark, située au 'S.-E. du continent et des Iles de l'Amérique du i\oi;d, dont elle est séparée par le détroit de Davis, la baie de Liaflin, le détroit de Smith, le canal de Kennedy et le di'lioit de Robeson ; environ 10, UOU hab. Du cap Farewell, son extrémité méridionale, pat .■)9'>4'J'lat. iN. et 46° 14' long. 0., la côte orien- tale court au N.-E. jusqu'au cap Brewster, par 70" lat. iN., où elle prend une direction plus septentrionale jusque vers le pôle. La pallie méridionale de cette côte est baignée par la mer du Groenland, portion de l'Atlaii- ti([ue du .Nord, et la partie septenlrionale par l'océan Arctique. L'Islande, qui se trouve à environ 'il,') kil. à l'E. du Groenland, en est séparée par le détroit de Danemark. La côte 0. suit une direclioii N.-N -0 jusqu'au cap Alexandre, vers 7>^» lo' lat. IN. et 7.'i" .'JU' long, 0.; elle court ensuite au N.-K. jusiiu'au delà de^-i" lat,Le (iroénland forme proliable- ment une ile se terminant vers 83" lat. La côte E. est presque inaccessible, à cause des glaces flottantes; elle est rocailleuse, stérile, entrecoupée de falaises et do profonds préci- . jdces. Henry lliidson explora cette côte en " 1007 et nomma un l'ap (sous 73" 30' lat. iN.) Hold with llope. La côte 0. est rocheuse et clivée; mais elle s'abaisse quelquefois en valli'cs basses, coupées ilo petits bras do mer. Dans CCS vallées descendent dos glaciers pro- venant du grand glacier qui semble couvrir tout l'intérieur. Vers 70° lat. iN. se trouve i'ile Disco, à l'entrée de la haii- dr Disco: un GROE grand nombre de plus petites îles garnis- senl ia cùlc. La baie de Melville est une large échancrure, remplie habituellement de glaces flottâmes. Au ,N. du golfe d'Inglefieldse trouve la terre de Pradhoe. A l'extrémilé 0. de celle-ci est l'anse du Lifeboat; plus au N. s'étend le glacier d'Humboldt qui couvre presque entièrement un degré de latitude. La côte entière, en cet endroit, est une merde glace formée pur la marche vers la mer des i-daciers qui se brisent et deviennent des iles de glace. Près de là se trouve la terre de Wa- shington, séparée au N. de la péninsule de Peterniann par la baie de Ressel. Le bras de mer Peterniann, qui communique avec le bassin d'Hall, sépare ce dernier de la pénin- sule Polaris, au iN.-E. de laquelle se trouve la baie de iNewman, qui s'ouvre dans le détroit de Robeson, exploré pour la première fois par le cap. C.-F.Hallen 1S71. L'expédition an- glaise de ^.S7.^-'7(i a exploré la côte iN. du Groenland defiuis cet endroit jusqu'à 53° long- 0., où elle visita la terre la plus éloignée que l'on ait encore vue, par 82° .34' lat. et 30° oi' long. 0. Le D' Pingel, naturaliste danois, a constaté que ia côte 0., depuis 60° jusqu'à 70°, descend graduellement de plusieurs mètres [lar siècle. — Les roches de la côte sont principalement composées de formations de gianit, de gneiss, de porphyre, d'ardoise et de calcaire. On trouve des mines de charbon dans l'île de Disco ; sur la grande terre, il y a de l'argent, du cuivre, du fer. de l'étaiii, du plomb, du zinc, de la plombagine, de l'arse- nic, du molybdène et d'autres métaux. Sur la côte E., la température moyenne est inférieure au point de congélation de l'eau, mais elle est plus douce sur la côte 0. Dans la partie la plus septentrionale, le froid est e.xcessif. En juin et en juillet, le soleil brille constamment au-dessus de l'horizon. Le dégel commence en ]uin; et en juillet la glace se fond dans les bras de mer' du S. Les brouillards régnent depuis le mois d'avril jusqu'au mois d'août. Il tombe peu de pluies, spécialement dans le N. En automne, il y a de violents orages. En hiver, on voit souventdesaurores boréales; et le mirage est commun sur les côtes. La vé- gétation est maigre. Les mers abondent en animaux. La baleine rorqual qui atteint quelquefois une longueur de 40 mètres, le mysticetus et d'autres variétés t'ont de ces pays glacés leur lieu de rendez-vous. On y trouve le walrus, le narval, le marsouin, le requin arctique et les veaux marins. On trouve en abondance de plus petits poissons dans toutes les baies. Les oiseaux de mer fréquen- tent les côtes, l'eider visite celles du ^N. au printemps. On trouve dans le N. l'ours blanc et le bœuf musqué. Les rennes sont rares sur les côtes. Le renard bleu et le renard blanc s'y trouvent en quantité. Les animaux do- mestiiiues sont les moutons, les bœufs et les chiens; ces derniers sont élevés pour conduire les traîneaux. — A l'exception d'environ 300 Européens, presque tous Danois, la popula- tion se compose d Esquimaux ciui ont été con- vertis au chrislianisnij. Au point de vue ad- ministratif, le pays est divise en deux ins[ioc- tions: Groenland se[itcnlrioiial et Groenland méridional. Le Groenland septentrional est subdivise eu sept districts : Upernavik, Ome- nak, Ritenbcnk, Jacobshaven, Godhavcu, Christianshaab et Egeilesminde; le Groen- land méridional est subdivise en : Ilolstein- borg, Sukkertoppcn, Godlhaab et iNye Herrnhut. Liclitenl'els, Fréderiksliaab et Ju- lianeshaab. Chaque district est administré par un directeur assisté d'un parlement choisi parmi les principaux liabitanis. Le commerce entier du Groenland est monopolisé par le Danemark et se fait par l'inteiiuédiaire de la compagnie cumnieriialu du Groenland, ad- ministrée par un directeur ([ui réside à Co- penhague. Les exportations principales sont: la morue, le veau niariu, les peaux de renne. GROG 179 le renard, l'huile de baleine et de veau marin, la graisse de baleine, le duvet d'cider et la cryolite. — Le Groenland fut découvert par le iNorlhman Gunnbiœrn, qui visita la côte E. en 876 ou 877. En 1)83, Eric le Roua-e, lils d'un jarl de Jadar, en Norvège, doubla le cap Farewell et navigua en remontant la côte 0. jusqu'au lieu où s'élève aujourd'hui .Iulianeshaab. Il donna à la terre le nom de Groenland et au bras de mer celui d'Ericsfiord, En 98:>, il retourna en Islande et fil voile de nouveau avec 2b navires chargés d'émi- grants et des choses nécessaires à la fonda- tion d'une colonie. Il atteignit Eric-bord avec 14 navires (le reste ayant été perdu ou forcé de retourner), et il créa un établissement. Eric, ne trouvant point d'indigènes, devint seul possesseur du territoire. Les difl'érents établissements qui s'élèvent autour d'Erics- fiordfureiit appelés collectivement Ostre Bygd (pays de l'est) et ceux qued'on créa plus au N., Weslre Bygd (pays de l'ouest). A une époque, il y eut plus de 300 fermes et villages entre Disco et le cap Farewell. On bâtit des églises et des monastères, et au xii* siècle le Groen- land fut érigé en évèché. Le dernier évêque futconsacréen 1406 et ie siège fut abandonné en 1409; 60 ans auparavant, le Westre Bygd avait été ravagé par des sauvages. Vers 14"i0, une flotte ennemie détruisit ce qui restait des colonies, dont l'emplacement resta en- suite inconnu jusqu'à ces dernières années. En 1576, Martin Frobisher entrevit la côte orientale sous 61° lat. N.. et tourna le cap Farewell. D'autres navigateurs suivirent son exemple. En 1721, le missionnaire danois Hans Egede s'élablit à Gadthaab. Bientôt après, les missions moraves furent fondées et les étaWisseinents ont continué depuis lors de prospérer. GROËNLANDAIS, AISE s. et adj. Habitant du GiOL-nland, qui appartient au Groëtaland. * GROG s. m. [grogh] (mot angl.). Boisson composée d'eau-de-vie ou de rhum, d'eau or- dinaire, de sucre et de citron : boire un grog. — Le grog fut d'abord une boisson exclusi- vement à l'usage des marins : il se composait de 3 parties d'eau pour 1 partie d'eau-dc-vie. — L'origine du mot grog est la suivante, d'a- près les historiens anglais. L'amiral Ed. Ver- non ne portait jamais que des culottes d'une étoile grossière (angl.3ro(/r((7ïi),cequi fait que ses marins l'avaient surnommé par apocope le père Grog (Old Grog). En 1743, cet amiral ayant ordonné à ses équipages de ne plus boire à l'avenir d'eau-de-vie pure, mais d'y ajouter beaucoup d'eau, son surnom popu- laire passa au mélange dont il se faisaitle propagateur. * GROGNARD, ARDE. ajj. Qui est dans l'ha- bitude de grogner ; cet hvnimv est bien gro- gnard. — Substantiv, C'est un grognard, une grognarde. (Fam.) — S'est dit pop. des vieux soldats de l'Empire -.un vieii-v grognard. GROGNASSER v. n. Grogner d'une façon habituelle et fatigante. GROGNASSERIE s. f. Action de grognasser. * GROGNEMENT s. m. Cri des pourceaux. - Se dit aussi, lig., des personnes, dans le lan- gage familier ': cet'homme fit entendre un gro- gmtiient. ' GROGNER v. n. [gn. mH.] (!»t. grundire). Se dit proprement du cri du cochon 'les co- chons grognent quand on leur donne a mwiger. — Fig. et fam. Murmurer, témoigner par un bruit sourd et entre seS dents qu'on a quelque mécontentement : grogner entre ses dents. GROGNERIE s. f. Ij/n mil.]. Murmure, plain- tes, gl'OlldciK .-. " •GROGNEUR, EUSE adj. Qui groçne sou-* vent par chagrin, par inécoulcntcmcnt : ce domestique r.v( grogneur. — Substantiv. C'est un grogneur. (Fam.) 180 (;i{ON " GROGNON ;ilI.). [gn mil.]. Grogneur, firoii- liciir : c'eut iltomme le plus !iro(jnon, la vieille lu plus ijrognon que je connaisse. — Siib-laiitiv. : laissfi-là ce vieux gro'jnon, celte vieille yruf/non. (Tri's [•'ain.) GROGNONNER v. n. Gronder san.s molif. 'GROIN s. m.[{rroiiainl. Museau de cochon : les ciii-lmus fiiuillcnt avec leur groin. GROIX, Groais ou Grou.ms (lie de). I. Ile forliliée du Moihilian, a !) kil. S.-O. de Port- Louis, en l'ace de remhouc.hnre du HIavet, par 47° .38' li:(" lat. N. et .■;" 50' l>0" long. 0.; ;>,-22-2 liab. .Monuments celtiques. Pôcbcrics de contres el de sardines. L'iie de Groi,x (celt. Enez.-er-groach, ile des Sorcières) est entourée de hautes falaises sous lesquelles la mer a creu.^édes grottes profondes. Deux phares de 10 à li milles du portée. — II. Bourg prin- cipal de cette ile, ch.-l. d'une commune du caut. de Port-Louis, arr. el à 10 kil. de Lorient. 934 hab. •GROLLE s. f. Espèce de corneille. (Voy. KnEux.) 'GROMMELER v. n. Murmurer, se plaindre entre s>'s limN quand on est fâché : qu'avez- vnus II iiniiiimctcr? (Fam.) GRONDABLE adj. Qui peut ou doit être grondé. GRONDANT, ANTE adj. Qui gronde, qui failenlCMilre un iiruit sourd. ' GRONDEMENT s. m. Bruit sourd : le gron- dement dit tonnerre se fit entendre. ' GRONDER V. n. (lat. yrttndire, grogner). Murnuiri.'r, se [ilaindre entre se.s dents :)7 n'est pas conienl, il gronde. — Se dit quelquefois des animaux : inun chien se mit à gronder. — Se dit aussi des choses qui produisent un bruit sourd, et particulièrement du tonnerre el du vent : le tonnerre, l'orage gronde, commence à groiider. — v. a. Réprimander avec humeur, avec colère : gronder ses valets. — »* Se gronder v. pr. Se faire à soi-même une réprimande. * GRONDERIE s. f. Réprimande faite avec liumeur, avec colère : ses valets sont accoutu- més à scsgronderirs. * GRONDEUR, EDSE adj. Fâcheux, qui aime à gi-onder, a réprimander : il est gron- deur. — Subslautiv. : c'est un vieux grondeur, une vieille grondeuse. ■ GRONDIN s. m. Icht. INom donné à plu- sieurs puiasons du genre trigle, qui font en- tendre une espèce de grognemcul quand on les saisit. On confond quelquetnis les grondins avec le rouget, qui appartient également au genre trigle. Mais le véritable rouget de la Méditerranée se distingue des grondins sur- tout par l'exquise délicatesse de sa chair. Le grondin gris (trigla gurnadus), appelé aussi Grondin (Trigli gurnardus). grondeur, ou grognard, alteint une longueur de 30 à 70 cenlim. ; il est en de^sus d'un gris marié de brun et tacheté de noir ou de blanc jaunâtre; il est argenté en dessous. On le trouve sur nos côtes de l'Océan. Il se tient près du fond de la mer, où il cherche les crustacés el les mollusques. Il fraie en mai et juin. Sa chair est blanche, ferme et saine. On GROS le fait cuire au court-bouillon, après avoir ôté avec soin les écailles el la cuira.sse do sa grosse tète el les avoir remplacées par un bouque; de persil en branche. GRONINGEN [i-ro-nign-ènn]. I. Province du N.-L. lies Pays-Bas, Ijorm-e par la mer du Nord et l'eslu'airc de l'Ems (Prusse); t.iV.i Uil. carr.; 300,000 hab. Territoire en généial uni et, en cpiL-lques endroits, marécageux. Climat humide et malsain. Sol très fertile el ai rosé p.ir de nombreuses rivières el des ca- naux. — II. Capitale de cette province, sur l'Aa el le llunse, à l2o kil. N.-lî. d'Amster- dam ; .-10,413 hab. Universilé fondée en ItiU; académies de dessin, d'architecture et de na- vigation; manufactures de papii'r, de brosses, de loile el de laine. Commerce considérable. Des canaux relient la ville avec le Dnllart elle Zuyderzee. Groningen fut annexée à l'empire i:eiinaMique au x' siècle; elle devint ensuite une des villes hanséatiques. La province se joi- gnit à la ligue d'Ulrecht en I,'i70. La capitale lut souvent assiégée pendant la guerre hol- landaise de l'indépendance, el Maurice de .Nassau s'en empara eu 11)94. GRONO'VIUS, forme latinisée de Gronov, nom d'une famille allemande établie en Hol- lande. — I. (John-Frederick), né en 1GI1, mort en 1671. 11 devint recteur du gymnase de Oevenler en 1043 et professeur de belles- lettres à Leyde en 16.ï8. Il publia des édi- tions annotées de Ïile-Live, de Tacite, de Sénèque, de Salluste, de Pline el d'aulres écrivains classiques, ainsi que de nombreux essais sur la philologie et l'antiquité. — II. (Jacobus), son fils aine, né en l(i4o, mort en niO. Il fut, pendant deux ans, professeur de belles-lettres à Pise, el, à partii- de 167<), à Leyde. Son ouvrage le mieux connu est le Thésaurus Antiguitatum grxcarnm (13 vol. iii-foL) _ 111 i Abraham), lils du précédent, né en 16i)4, mort en 1775. Il pratiqua la mé- decine on Anizleterre et en Hollande et de- vint bibliothécaire de l'université de Leyde. Il publia plusieurs ouvrages. — IV. (John-Fre- derick;, botaniste, frère du précédent, né en 1090, mort en 1760. 11 fut magistral il Leyde. Parmi ses ouvraf-'cs, sont Flora virgi- nica (174.1)01 Flora orienlalis (175.')). — V. (Lau- rentius-Theodorus), naturaliste, lils du pré- cédent, né en 1730, mort en 1778. Il publia Bibliotheca regni animalis, Muséum IcIUyolo- gicum, etc. * GROOM s. m. [groumm] (du vieux franc. gromd, domestique, qui a formé le mot an- glais groom, valel). Petit laquais. GROOT (Gerhard) [groutt] ou Gérard le Grand, fondateur de la congrégation, des frères et clercs de la vie commune, né en Hollande en 1340, mort en 1384. Quoiqu'il ne fût pas prêtre, il obtint plusieurs riches béné- lices. H reçut les ordres, se voua à la prédi- cation, et s'occupa de réformes parmi le clergé et les laïques. Il attaqua la théologie scô- lastique, recommanda la lecture des Ecritures el traduisit les Psaumes et l'office de l'Eglise en hollandais. 11 établit dans sa maison, à Deventer, une société dont l'occupation prin- cipale fut de transcrire la Bible elles Pères de l'Eglise. Les frères el les clercs de la vie com- mune, comme les associés étaienlappelés, de- vinrent immensément populaires malgré l'op- position des ordres mendiants. Gerhard se défendit avec une jjrande habileté et obtint la sanction formelle de Grégoire XI en 1376. Le premier monastère de chanoines réguliers de cet ordre fut établi en I3S6, à Windes- heins, prés de Zwolle. Le texte corrigé de la Bible qu'on publia dans ce monastère fut approuvé par les papes el employé, comme faisant autorité, dans l'édition de Sixte- Quint. 'GROS, OSSE adj. [grô]. Qui a beaucoup de circonférence et de volume. Il est opposé GROS à menu et à petit : gros arbre, grosse boule. — Se dit aussi pour marquer simplement dill'érence ou égalité de volume entre les objets que l'on compare : celle boule-ci est plus grosse que celle-là. — Giiossk tkte, peu de sens, la grosseur de la tête n'augiiieiilc pas la ca- pacité de l'esprit. — Cet uomue est ciios couuE UN BŒUF, H csl corpuleiil. — Il A plus Di^:PE.NSÉ, IL A PLUS court; d'oii et u'augent qu'il n'est Gnos, se dit d'un homme qui a fait beaucoup de folles dépenses, qui a coûté beaucoup à ses parents, à sa famille, etc. — Il a plus d'esphit qu'il n'est gros, il a l)eau- coup d'esprit. — Pauleii des ghosses dents a quelqu'un, le réprimander, lui parler avec menaces. — Touciieu la gros.se coude, parler de ce qu'il y a de principal, de plus essentiel dans une ail'aire. — Faire le gros dos, se dit des chats lorsqu'ils relèvent leur dos en bosse. — Faire le gros dos, faiiie gros dos, faire l'homme important, le capable. — Lks gros poissons mangent les petits, d'ordinaire les puissants oppriment les faibles. — C'est UN des gros colliers de l'ordre, se dit de celui qui a une grande autorité, un grand pouvoir dans une compagnie. — Un gros bonnet, personnage important. — Un gros lolrdaud, un gros animal, une grosse bète, UN GROS BUTOR, homme fort sliipidc, fort mala- droit, fort grossier. — Arcbit. Les gros ui:hs d'un HATiMKNT, ccux qui PU formcil l'enceinte, et qui portent les combles, les voûtes, etc.; par opposition aux murs do refend et de cloi- son. — De grosses lettres, de gros carac- tères, des lettres, des caractères formés de traits plus longs et plus larges que ceux des caractères ordinaires. On dit dans un sens analogue, en impr. : gros canon, gros romain, gros texte, etc. — Grossi, enflé accidentelle- ment : avoir la joue grosse d'une fluxion. — Avoir les yeux gros de larmes, se dit lorsque les larmes viennent aux yeux en aliondance, el qu'on veut les retenir. — Avoir le cœur gros de soupirs, avoir besoin de se soulager le cœur en soupirant. — .\voiu le cœur crus, avoir quelque dépit, quelque chairriii. -- L'a- venir est GROS DE MALHEURS, sc dit lorsque l'avc- nir semble menacer de beaucoup de malheurs. — Gros de, se dit aussi lig. et d'une ma- nière plus générale, en parlant des choses qui se produiront plus lard : Leibnilz à dit que le présent est gros de l'avenir. — .Manège. Gnos d'haleine, se dit d'un cheval qui souille exlraordinàiremenl quand il galope, quoi- qu'il ne soit pas poussif. — Mar. La mer est GROSSE, elle est fort agitée. Gros temps, se dit lorsque le vent est violent el la mer très éle- vée. — Au fém. Se dit particul. d'une fe,mnie enceinte : elle est grosse de six mois. — Epais, grossier, s'oppose alors à lin, délié, délicat : gros fil, grosse toile. — Grosse viande, viande de boucherie. — N'avoir qu'un gros bon sens, avoir le sens bon et droit, mais peu délicat. . — Gros rire, rire bruyant et prolon^'é. On dit, dans un sens analogue, Grosse gaieté. — Gros .mots, jurements ; (/ a dit de gros mots, des gros mots. Menaces, paroles offensantes; et, dans ce sens, on dilégalemenl : degrosses paroles. — Gros juron, jurement, blasphème grossier. — Grosses vérités, vérités si pal- pables que tout esprit peut les saisir. Re- proches graves et mérités : dire à quelqu'un de gi-osses vérités. — Un gros fi.n, se dit, par dérision, d'un homme simple qui veut faire le fin. — Gros vert, gros bleu, etc.. vert foncé, bleu foncé, etc. — Se dit, dans un sens plus général, de certaines choses qui sur- passent la plupart des autres choses du même genre, en étendue, en volume, en nombre, en valeur, en importance, etc. : un gros bourg, une grosse rivière. — Gros bétail, se dit des bœufs, vaches, etc. ; par opposition au menu bétail, comme brebis, moulons, etc. — Gros GIBIER, se dit des cerfs, daims, chevreuils, etc. ; par opposition au menu gibier, tel que lièvres, perdrix, bécasses. — Gros grains, se dit du GROS GROS GROS I8i l froment, du méteil cl du =eigle; par opposi- tion aux grains que l'on sème eu mars, tels que l'orge, l'avoine, le mil, la vesce, etc., et qu'on appelle Menus grains. — Gros dagage, lorsqu'il s'agit d'une armée, d'une troupe quelconque de gens en marche, se dit du ba- gase qui ne peut être transporté que sui- des voilures ; par opposition à celui qui peut être transporté sur des bêtes de somme, et qu'on appelle Menu bagage. — Grosse cava- lerie, cavalerie pesamment armée, telle que les cuirassiers; par opposition à la cavalerie ]go-ére. — Grosses réparations, réparations considérables que l'on fait à un bàlimcnl, telles que le relablissement des gros murs, des voûtes, des couvertures, etc., par oppo- silion aux menues réparations, aux répara- lions de simple entretien : (es grosses répa7-a- tions sont à la charge du proj^rUtaire, et les menues à celle du locataire. — Grosse voix, voix grave et forte. On dit familièrement. Faire la grosse voix, contrefaire sa voix en lui donnant un ton grave et sonore. —Gros PÉCHÉ, péché grave. Grosse fièvre, fièvre vio- lente; on dit de même : un gros rhume. — Grosse affaire, affaire qui a de la gravité, qui a des suites. — Grosse querelle, grande querelle. — La grosse faim, la faim la plus pressante. — Mettre a la grosse aventure, ou elliptiquement, a la grosse, mettre une somme d'argent sur quelque navire de coni- merce, au hasard de la perdre si le navire périt. Les négociants disent, Prêter a la grosse; et en des sens analogues. Contrat a la grosse, prêt a la grosse. — Jouer gros JEU, s'enirager dans une alïaire où l'on ha- sarde beaucoup pour sa réputation, pour sa fortune, pour sa vie. — En parlant des per- sonnes. Riche, opulent : un gros marchand. Dans ce sens, il est ordinairement familier. — Subslanliv. La partie la plus grosse, .\insi on dit, Le gros de l'arbre, la partie la plus grosse de l'arbre, le tronc de l'arbre. - Pruv. el fig. Se tenir au gros de l'arbre, demeurer attaché à ce qui est le plus ancien, ou le plus généralement établi : dans les guerres civiles, il n'a jamais quitté le service du roi, il s'est toujours tenu au gros de iarbre. — Le gros d'une armée, d'une troupe, la principale partie d'une armée, d'une troupe. — Le gros du monde, d'unenation, etc., la plus grande partie du monde, d'une nation, etc. — Mar. Le gros DE l'eau, la pleine mer, au temps des syzygies de la lune. — s. Ce qu'il y a de principal et de plus considérable; et il est oppose à détail : il est chargé du gros et du détait des affaires. — Ce marchand tient le gros, fait le gros, il vend en gros. — Se dit, par opposition a Ca- suel, du revenu fixe et certain d'une cure; et, par opposition à Distribution manuelle, du re- venu principal qu'un chanoine tire de sa pré- bende : le casucl de cette cure est plus eon- sidérable que le gros. — S'est dit aussi du droit que l'on payait aux fermiers des aides pour chaque muid do vin que l'on vendait en gros : les bourgeois no payaient point le gros du vin de leur cru à l'entrée de la ville. — Gros de Naples, gros de Tours, noms de certaines éloll'es de soie que l'on fait à iNaplcs, à Tours, et ipii sont un peu plus fortes que le tall'etas ordinaire. — s. m. Une des subdivisions de l'ancienne livre poids de marc, valanlla cent vingt-buitiemc partie de cette livre, ou la huitième partie d'une once : un gros d'ar- gent, un gr-is d'or. — Gros adv. Beaucoup : gagner gros. — Ecrire gros, écrire en ca- ractères plus gros que d'habitude : il écrit le plus gros qu'il peut. — Au jeu, Coucher GROS, jouer gros jeu. Cette locution, qui a vieilli, signifiait aussi, fig. et fam., risquer beaucoup : tenter une pareille entreprise, c'est coucher gros. Avancer quelqur chose d'ex- Iraordinairc, d'excessif : il couche gros, car il ne parle que de millions. — Il y a gros a pa- RiEn OUE, il y a de fortes raisons de croire que. — En gros loc. adv. qui so dit piupreniuiU en parlant de maichamlises qu'on vend ou qu'on achète en pièces, en ballots, en fu- tailles, etc. : marchand en gros. — S'emploie aussi en parlant des circonstances principales d'un événement, d'une allaire, etc. : raconter une histoire en gros, et sans s'arrêter au détail. — Tout en gros loc. adv. et pop. Seulenrient : la compagnie n'était pas nombreuse, il n'y avait que six personnes tout en gros. GROS (Antoine-Jean, baron), peintre d'his- toire, né à Paris en 1771, mort par suicide le 2j juin 4S3.J. 11 était fils d'un peintre en mi- niature, qui le fit entrer, dès l'âge de 14 ans, dans l'atelier de David, où il resta 9 années. Après avoir obtenu la première médaille de l'Académie des beaux-ails, Gros partit pour l'Italie, le cœur plein d'espérance, mais la bourse bien peu garnie. Il alla de ville en ville, faisant des portraits pour vivre, fut incor- poré dans un régiment à Gènes (1796), et de- vint officier d'état-major. C'est en celte qua- lité qu'il fit connaissance du jeune Bonaparte, dont il peignit le magnifique portrait, Bona- parte au pont d'Arcole. toile qui décida de son avenir, en lui donnant pour admirateur celui qui devait être un jour le maître de l'Europe. Rentré à Paris, Gros donna, en ISOi, une nouvelle toile apologétique, la Peste de Jaffa, représentant Bonaparte au milieu des pestiférés; cette production souleva l'enthou- siasme du monde officiel , l'artiste fut déclaré le premier des peinlrescontemporains, sou œuvre fut couronnée de palmes et de guirlandes. Le Combat de Nazareth et la Bataille d'Aboukir, véritables chefs-d'œuvre de Gros, furent moins admirés, parce que le peintre ne put placer Bonaparte au premier plan, sur ses toiles. La Bataille d'Eylau (ISOSi, la Prise de Madrid et les Batailles des Pyramides et de Wa- gram (1810) portèrent à l'apogée la gloire et la fortune de Gros, qui fut chargé, en 1811, de représenter, dans la coupole du Panthéon, les quatre grandes figures des hommes pro- videntiels de la monarchie française : Clovis, Charlemagne, saint Louis et Napoléon. C'é- tait l'apothéose de l'Empire; mais la Restau- ration arriva avant que Gros eût terminé cette œ^uvre, et l'arliste s'empressa de rem- placer la ligure de Napoléon par celle de Louis XVIll, courlisanerie qui l'enrichit, sans lui donner beaucoup de crédit, car il de- manda vainement la grâce de son illustre maître, le grand David, exilé en Belgique. Gros reçut une récompense de IbO.OÛO fr. et le litre de baron; le roi lui fit ouvrir les portes de l'instilut. A partir de ce momoiil, son talent baissa d'une manière sensible. 11 donna successivement les portraits de diffé- rents membres de la famille royale. L'école romantique des jeunes le prit à partie ; il essaya de lutter; mais la médiocrilé de son dernier tableau [Hercule et biomède, 1S35), souleva de telles critiques que l'auteur, après s'être écrié : « Le plus grand malheur d'un homme est celui de se survivre », allase jeler dans la Seine, près de Meudon. GROS (Jean-Baptiste-Louis), diplomate, _né à Ivry -sur-Seine en I7lt:!, mort en avril Is73. 11 resta dans le service diplomatique de 1823 à 1803, fut nommé baron en ISi'J, et se dis- tingua parliculièiemcnl en mettant fin aux complications survenues avec les Etats de la Plata, cl à la question des frontières franco- espagnoles (l8uG). Il fut nommé ambassadeur extraordinaire en Chine, en 1857. Il conclut un traité de commerce avec le Japon et deux traités de paix avec la Chine (18:18 et ISIJO). En 18(12-113,11 fut ambassadeur a Londres. • GROS-BEC s. m. [grô-bèk]. Ornith. Genre mal défini de passereaux conirostrcs, renfer- mant un grand nombre d'espèces à bec court, droit, conique, très gros et pointu. Dans la classification liunécnne, les gros-becs appar- tiennent au grand genre fringille. On trouve des oiseaux de ce genre dans toiilos les parties du monde connu. Li; gros-bec commun d'Eu- rope {coccothraitsles vutgaris, Briss.), répandu dans toute l'Europe, est assez rare chez nous, où on l'appelle pinson royal, pinson à gms bec, durbec, pinson d'Espagne, etc. Sa longueur Gros-bec commun d'Europe. {Coccothrausles \ulJ;uli^). est d'environ 10 centim., et son envergure de 2a centim. Il se nourrit des graines de ditt'é- rents arbres (charme, platane, pin), de ceri- ses, des graines de l'aubépine, etc., des baies du laurier et, en été, des produits des jardins, particulièrement de pois verts et de bourgeons. Son chant est agréable, mais plaintif. Il vit solitaire ou par couples, dans nos montagnes boisées; en hiver, il descend dans les plaines. La femelle pond de trois à cinq œufs d'un blanc cendré, tachetés de Mouàlre et de brun ; c'est l'un des plus jolis oiseaux que nous possédions. Sa tête, son cou et son dos sont d'un marron plus ou moins foncé; son crou- pion et le dessous de son cou sont grisâtres ; il porte des taches noires sur la tête et sur la gorge; des taches rougeâtres sur le reste du corps. — Nous avons aussi le gros-bec verdicr (coccothraustcs chloris), commun dans nos taillis, verrlàlre en dessus, jaunâtre en des- Gros-becau=oir(Hesperipnoaa vespcrlina). l.Màle.i. Femelle. sous. Son bec est moins fort que celui du précédent, il se nourrit de toute sorte de graines, et vil bien en captivité. — On donne encore le nom de gros-becs à d'autres espèce de fringilles. Tel est le gros-bec souUie (frin- qilla pelronia). gros moineau qui porte une ligne blanchâtre autour de la tète et une tâche jaunâlre sur la poilrine. II reste toute l'année on France. L'une des plus belles es- pèces américaines est le gros-bec du pin (pinicola canadensis, Csih.), long de 17 centini. 11 habile l'Amérique arctique, le Canada et le nord des Etals-Unis, jusqu'à la Pennsylvanie. C'est un charmant chanteur, qui s'apprivoise facilement. Le gros-bec du soir llie.' ventôse an XI, art. iO). Uans le cas où le titre lui-même a été perdu ou détruit, iagrosse fait la même foi que l'original (C. civ. 133.o). La remise vulonlain- de la grosse d'un titre au débiteur fait présumer la remise de la dette ou le paiement, sauf preuve contraire (id. 1i!S2 et s.). Pour le prêt à la grosse, voy. OiNTRAT. » (Ca. Y.) GROSSENHAIN îgro-sènn-hainn: ou Hain, ville lie s.ixi-. sur le Rœder, à 24 kil. N. N.-O. de Uii-mI,. . il.OjO liai). ■GROSSERIE s. f. Nom générique des gros ouvra;:es que font les taillandiers. — (;om- merce en gros : ce marchand ne fait que la yrosserie. — Ce mot est très vieux: nous le trouvons dans un statut d'Edouard 111 d'An- gleterre (1363) : 'CYCL. Le grand genre grue comprend les agamis, les grues ordinaires et les courlans. Crue d Amérique (Grus Americanus). — Les GRUES ORDiN.AiRES Ont le bec au moins aussi long que la tête, et ordinairement beau- coup pluslong. La. grue commune ou grue ceri- drée{grus cinerea), longue de 1 m. SOcentim., a la i-'orge noiie, le sommet de la tête nu et rouge, le croupion orné de longues plumes crépues en panache. C'est un oiseau migra- teur, au vol puissant, à la voix éclatante. Les grues vivent, en été, dans les plaines maréca- geuses du nord de l'Europe; elles cmigrent dans les pays méridionaux et traversent la G RU. M France à l'approche des froids. Elles nichent dans les terres basses; les femelles pondent deux grus œufs bruns nu olivâtre*. On connaît la discipline qui règne dans leurs bandes nombreuses. Pendant que la troupe se livre au repos, une sentinelle veille perpétuelle- ment et donne l'éveil au moindre danger. Lors de l'émigiation. les grues choisissent un chef, qui les dirige. Pour fendre l'air plus ai- sément, elles cherchent une région de l'at- mosphère où le vent ne leur soit pas contraire; elles s'élèvent souvent à une hauteur prodi- gieuse et suivent leur chef sur deux lignes divergentes; quelquefois elles forment un triangle ou même un cercle, quand le vent leur est très opposé. Ce sont des oiseaux utiles dont la nourriture consiste en reptiles, en in- sectes, en souris et en petits quadrupèdes ; au besoin, les grues avalent quelques poissons, des racines et des graines. — La grue couron- née ou oiseau royal {ardea pavonia) est un ma- gnifique oiseau d'une taille svelte, cendre, à ventre noir, avec le croupion fauve, les ailes blanches, les joues nues colorées de blanc et de rose vif, et la tête couronnée d'une gerbe de plumes effilées, qu'il étale à volonté. Sa voix ressemble au son d'une trompette. On le trouve très souvent complètement domes- tiqué et familiarisé, sur la côte de l'Afrique occidentale, sa patrie, — La grue de Numidic ou demoiselle de Numidie [ordea virgo), est cendrée, à col noir, avec deux belles aigrettes blanchâtres de plumes effilées qui lui cou- vrent l'oreille. Son port est élégant; elle se fait remarquer par des gestes bizarres qui singent une coquetterie atfectée. Elle habite les côtes méridionales de la Méditerranée. — La grue d'Amérique {grus Americanus) voyage du Canada au .Mexique, suivant les saisons. GRUE s. f. Grande machine qui sert d élever des fardeaux très pesants et qui est formée d'unesorte de triangle placé de champ et mobile sur un pivot. (V. S.) • GRUERIE s. f. Juridiction où les officiers commis pour la garde des bois, des forêts, jugeaient des délits et des dommages qui s'y commettaient : donner une assignation à la gruerie, pour raison de dommage de bestiaux dans tes bois. — Lieu où s'exerçait cette juri- diction. — Droit de justice que le roi avait dans les bois de quelqu'un, et qui, outre les profits de la justice, tels que les amendes, lui assurait dans les coupes une part appelée Tiers ET DANGER : boîs tcnus en gruerie, tiers et dan- ger. ' GRUGER V. a. (bas ail. grusen, écraser). Briser quelque chose de dur ou de sec avec les dents : gruger des croûtes, des macarons, du sucre. — Sculpt. Briser avec un marteau à pointes de diamant certaines matières dures qui ne pourraient être entamées par un outil tranchant : on gruge les saillies du granit. — Manger, et ne se dit alors qu'en plaisantant. Perrin fort gravement ouvre l'huître el la gruge. Li FonTAiNB. — Fig. et fam. Gruger son fait, se dit d'une personne qui a peu de bien, et qui fait plus de dépense que son bien ne le comporte. (Vieux.) — Fig. et fam. Gruger quelqu'un, lui manger son bien. GRUGEUR, EUSE s. Fam. Celui, celle qui vit aux dépens de quelqu'un.Gni//o/er.(V. S.) ' GRUME s. f. Eaux et For. Écorce laissée sur le bois coupé. — Bois de grume nu en grume, bois coupé qui a encore son écorce. * GRUMEAU s. m. dat. grumus. Petite por- tion durcie ou caillée de sang, de lait ou de quelque autre matière liquide • vomir des gru- meaux de sang. — Petite agglomération de quelque chose de pulvérulent, de sablonneux etc. : des grumeaux de sel. GRYS GRUMEL s. m. Fleur d'avoine employée dans le foiilase des étoffes. • GRUMELER (Se) v. pron. Se mettre en ^•riinit'.uix : Ir- lait tourné se grumelle. ' GRUMELEUX, EUSE adj. Qui esl compose', de grumeaux : sang grumeleux. — Par ext. Quia de petites inégalités dures, au dehors ou au dedans : caillou grumeleux. GRÛN (Anastasius). Voy. Auebspero. GRÛNBERG, ville de la Silésie Prussienne, il TU kil. S -E. de Fi-ancl'ort-sur-l'Oder; 16.U()0 hab. Lainages, toiles, indienne, soie, cuir, et vins de Champagne. GRUNDTVIG (Nicolai - Frederik - Severin), [grounnl'-vipj, auteur danois, né en I7S3, mort en 1872. Prédicateur à Copenhague, il devint chef d'une école opposée a la centrali- sation dans le gouvernement de l'Eglise. En •I84S, il fut élu à la diète, dirigea l'opposi- tion contre l'influencé allemande, se pro- nonça en faveur de l'union scandinaveet, pen- dant la guerre de Schleswig-Holstein, écrivit des chants patriotiques. Il a publié plusieurs ouvrages historiques parmi lesquels, la my- thologie du .Nord et un manuel d'histoire uni- verselle, ainsi que des poèmes, un journal littéraire (l81G-'20) et un journal politique hebdomadaire (l8i8-'ol). GRÙTLI ou Rûtli (Le), endroit célèbre de la Suisse (canton d'L'ri), à 8 kil. S. -G. de Schwytz. Le Griitli se compose seulement de quelques cottages avec des arbres. C'est en ce lieu que, suivant la tradition, Stauffacher, Walther Fiirst et Arnold de Melchthal se réu- nirent dans la nuit du 7-8 novembre 1307 pour former une ligue contre la tyrannie autri- chienne. Le Grûtli est devenu propriété natio- nale en 1 858. 'GRUYER.ÉREadj.Qui a rapport àlagrue. Ne s'emploie (jue dans ces dénominations: Faucon GRUYEH,qui est dressé à voler la grue; Fais.\n gruykr, qui ressemble à une grue. * GRUYER adj. m. S'est dit d'un seigneur qui avait un certain droit sur les bois de ses vassaux : seigneur gruyer. — S'est dit aussi, substantiv., d'un officier qui connaissait en première instance des délits commis dans les forêts et dans les rivières de son départe- ment. ' GRUYÈRE s. m. Sorte de fromage qui se fabrique a Gruyère : de bon ij'.uyère. — On dit au.ssi Fromage de Gruyère. GRUYÈRE ou Gruyères (allem. Greyerz, [grai-ei t^], village de Suisse, à 20 kil. S.-O. de Friliourg; environ 1,207 hab. Beau ciiâtoau féodal. Vastes pâturages où l'on nourrit beau- coup de vacnes, dont le lait sert à fabriquer le fromage de Gruyère. GRYPHE (Sébastien), Gryphius, iinpri- niiMir, m; en 14y:i, a Keutlingen (Souabe), établi à Lyon en l.-)28, mort en l.ïob. Uuiiiia des éditions très correctes de la Bible, en hé- breu et en latin (1550, 2 vol. iii-fol.). GRYLLEs. m. [gril-le] (gr. .(;n(//os, cochon). Antiij. Nom donné au.x pierres gravées dont le sujet est grotesque. GRYLLIDE adj.[gril-li-de] (lat. gryllus, gril- lonl. KiiUiia. Qui resscmliic ou qui se ra|iporle au grillon. — s. m. pi. Famille d'orthoptères, ayant pour type le genre grillon, et compre- nant, en outre, les courtilières, les saute- relles, etc. GRYPHIUS (Andréas), poète allemand, né ù Glugau en Itjlij. mort en ■1004. Il voyagea et l'ut iioinmi'^ syndic de Glogau. Ses ouvrages compreiineiit Vtivetum, poème épique reli- gieux en latin, et divers autres poèmes, des tragédies, d'excellentes comédies dont un choix fut réimprimé en 18oo. GRYSTE s. m. Icht. Genre de labro'ides, voisin ib's vieilles, comprenant plusieurs es- 224 GUAD pèces dont la principale est le gryste noir des, lacs (grystes nigricans), d'un noir bleu, lustri' de bronze et marqué de bandes plus foncées ; GUAD 185 Grystes iiigricaos. avec le ventre d'une couleur plus légère. On le trouve dans l'ouest des Etats-Unis, depuis le bassin du Saint-Laurentjusqu'aux tributaires de l'Ohio. GUAGHARO s. m. [goua'-tcha-ro]. Ornith. Genre de passereaux fissirostres, famille des engoulevents, dont l'unique espèce connue, le guacharo de Caripe (stealornis caripcnsis, Humb.), habite par troupes innombrables les cavernes de l'Amérique méridionale. C'est Guacharo caripe (Steatornis caripensis), un oiseau nocturne, que l'on trouve surtout dans les grottes de Guacharo (Venezuela). Il est à peu près de la grosseur d'une poule ordinaire;son envergure mesure environ 1 m. 20centim. Sa nourriture se compose de végé- taux, principalement de graines et de fruits durs; il devient excessivement gras. On endé- truit'un grand nombre pourleurgraisse, appe- lée beurre de guacharo, mais ils sont sauvés de l'extermination par la terreur qu'éprouvent les Indiens quand ils pénètrent dans les pro- foiidonrs des cavernes habitées par les gua- charos. GUACO ou Huaco [gouâ'-; ouâ'-ko], nom donné dans les régions tropicales de l'Amé- riqueàplusieurs plan- - ^.- tes employées comme ■^=?- antidotes pour la mor- sure des serpents. L.;i plante dont on se sei t le plus esl Vfiristiilo- chia guaco ; d'autres espèces du même genre sont employées légalement par les In- diens du N. de l'Amé- rique. Les feuilles frai- ] ches sont broyées et I appliquées sur la bl' s- surc, cl on en fait unr infusion que l'on boit en même temps. GUADALAJARA [goua-iia-la-'h;'i- r.i|, ville du Mcxii|ui', la seconde en importan- ce, i-apitaie de l'étal de Jalisco, à 370 kil. N.-O. de Mexico: environ 'J-i,UOU hab. Elle esl bâtie sur la rive gauche du Rio Santiago , au milieu d'une vaste plaine stérile. La plaza de Armas esl très spacieuse; ses côtés N. et E. sont oc- cupa par la cathédrale et le palais du gou- verneur et chacun des deux autres côtés par une arcade continue, avec des magasins et des bazars. Deux hôpitaux, une monnaie, un théâtre, une université, une école de dessin et des manufactures de serapes (espèce de châle). Fabriques de papier, de fa'iencerie et de cuir. La ville fut fondée en 1.Ï32 sous le nom de Santo-Spiritu et devint la capitale de la Nouvelle-Galice en 1543. GUADALAJARA I. Province d'Espagne (Nuuvelle-CasliUe); 12, 6M kil. carr.; environ 203,017 hab. Les parties N. et E. sont mon- tagneuses, et le S. et l'O. consistent princi- palement en vastes plaines élevées. Les plus crandes rivières sont : le Tage. la 'l'ajuria et laJarama.Onytrouve du ter, du plomb et du charbon; les mines de fer ont été ex|doilées dès le temps des Romains. — II. Capitale de la province ci-dessus, sur la rivière Hénarès, à 4.T kil. N.-E. de Madrid, popul. : 11,270 li. Elle possède un large aqueduc romain qui alimente l(?s fontaines publiques. Fabriques d'étolfes. GUADALQUreiR [gouà-dal-ki-vir'] (anc. B«- lis'i, rivière d'Espai-'iie. qui prend sa source près de l'angle S.-E. de la province de Jaen, traverse l'Andalousie et se jette dans l'Atlan- tique à San Lucar île Barrameda, à 20 kil. N. de Cadix. Elle mesure plus de 230 kil. de cours total et est navigable sur une étendue de près de 93 kil. Andujar, 'Villafranca, Cordoue et Séville s'élèvent sur ses bords. Ses princi- paux tributaires sont : le Guadalimar, le Jan- diila et le Guadiato sur la rive droite, elle Guadiana Menor, le Guadajoz et le Jénil sur la rive gauche. GUADALUPE [gouâ-da-lou'-pé], rivière qui prend sa source dans le S.-O. du Texas, et se réunit au San Antonio, à environ 16 kil. do la baie de Spiritu-Santo; sa longueur est d'environ 330 kil. GUADALUPE ou Guadalupe Hidalgo, petite ville du district fédéral et a environ 4 kil. N. de Mexico. L'église, placée sous l'invocation de .Nuestra Senora de Guadalupe. patronne de la république, est très fréquentée par les pè- lerins. Le traité de paix avec les Etals-Unis fut signé dans celte localité, le 2 février 1848. GUADALUPE.cnuvent situé en avantdePuebla ''Mexuuiei. Lors du premiersiège de cette ville (avril 1862), le général Zaragoza avait trans- formé ce couvent en forteresse, cl l'avait en- touré de retranchements pour défendre la place contre l'attaque des Français. Le il mai, ces derniers abordèrent ces ouvraL'c-, iiuiis ils durent se retirer dans leur camp d'Amuzuc, sur Place d'Arnii;» (GuadaUj.iral. le plateau d'Anahuac. après avoir subi une perte de 200 il 300 boulines environ. — Cetlo lli. 186 GUAD forteresse est lombéo au pouvoir des Fran- i;ais lors de; la iiapilulaliou de Puehla, le 17 mai ISi;:!. _ GUADELOUPE (La), autrefois appelée Karit- kera par ses li.ihilaiits primitifs, les Caraïbes; Ile française de la mer des Antilles, la plus considi'rable des Petites Antilles, entre 1o" bi)' 3(1"' et Ifi» 20' 18' lai. N. et entre 63" 51" 32" et f./i-.. 10' 41" lon.ar. 0 ; à 61 kil. S. de la Dominique, à 139 kil. N.-E. do la Martinique età1,'2:;(l lieues marines de Urest; 444 kil. de circonférence : 'JiO kil. cair. ; U7,(l'jy liab. sédenlaires et 3i>,000 de population flottante, lin ajoulanl à la siiperlicie et à la population de la Guadeloupo, eelles des dépendances (Marii^-fialanlp, Désirade, Saintes. Sainl-iMar- tin, Saiiit-haithéleniy). nous avons les totaux générauxsui\ants: i856kil.earr. ; l.')7 mètres au-dessus du niveau de la mer. Sa capitale est la Basse-Terre, chef- lieu de la colonie, siège du aouvernement, d'une cour d'appel et d'un évéclié sulfragant de Bordeaux, établi par une bulle du 27 sep- tejnbrc ISoO; 7.7ÙÎ! hab. Cette; ville possède une rade, qui, quoique peu sûre, présente un excellent ancrage. Il y existe une chambre de commerce, une chambre d'aïrieullure, de vastes casernes, un hôpital mditaire, une maison de correction, un lycée créé en 1883, un peu.sionnat de demoiselies. — La seconde partie de l'ile, située à l'E. du canal et appelée Grande-Terre, est, en j;énéral, plate et com- plètement privée de cours d'eau ; elle a :;s kil. de l'E. au N.-O. et 3.H kil du N. au S. ; le sol est de formation nouvelle et de nature calcaire. Celte partie est traversée du S.-Ë. au N.-N.-O. par un morne boisé peu élevé : sa superficie est de G.ï6 kil. carr. La princi- pale ville est la Poinie-à-Pitre, qui a un port très sûr, capable de recevoir les navires du plus fort tonnaf-'e. Vaste usine dite de Dar- boiissier. Dans l'E. de la Grande-Terre, se trouvent le port du Moule où peuvent entrer des navires de 300 tonneaux, et au N.-E. les baies du Port-Louis et du Petit-Canal, qui présentent de bons mouillaiies. — Le climat est généralement doux: de juin à octobre, la température marquant en moyenne de i7° à '28° centigrades, ne s'élève guère dans les villes et bourgs du littoral à plus de 32°; de novembre à mai, elle descend jusqu'à <7° ou 16°. Au camp Jacob et au Matouba, la tem- pérature rappelle celle du midi de la France. Au Matouba, le thermomètre s'est abaissé parfois jusqu'à 10°. La Guadeloupe est expo- sée aux ravages des ouragans et des trem- blements de terre; le 8 janvier 1843, une terrible tempête se déchaîna sur l'île, détrui- sit la plus grande partie de la Pointe-à-Pilre, coûta la vie à plusieurs milliers d'hommes et causa une perle totale de plus de 70,000,000 de francs. En 1 87 1 , deux incendies détruisirent presque complètement la Pointe-à-Pitre. — On ne trouve pas dans cette île les reptiles, les insectes venimeux et les animaux de proie qid infestent les îles voisines. Des eaux thermo- minérales, la plupart salines ou sulfureuses, auelques-unes ferrugineuses, abondent à la GUAD fîuadoloupe. Les bains de Dflle à 10 kil. de la Hasse-Terre, ceux du Lanieiitin à 20 kil. delà l'ointe-i-Pitre et la source sulfuien-quent's et jouissent de grandes pro[iriéiés tlier.'ipeuti- ques. Au milieinie la forôi qui sépare leCaiiip Jacob de la Soufrière, se trouve une source dont les eaux smit particulièrement remarquables par leur tem|)érature élevée jusqu'à 1 ébulli- tion et par la quantité de soufre qu'elles dépo- sent.— A part le travail des cannes qui occupe .■i74 sucreries, l'industrie n'est pas développée à la Guadeloupe. Le commerce consiste princi- palement en imf)ortation et en exporiation de produits agricoles : cacao, tabac, suce, sirop, talia, café, .'es deux derniers très renommés. I.a production ag-ricole comprend la farine de manioc, les choux caraïbes, les ignames, les patates, les fruits à pain ; celte produrlmn, ([ui s'élève à une valeur d'environ 1,600.000 fr., ne suffit pas aux besoins de la consomniatiou locale. — La L'arnison se compose de cinq com- pagnies d'infanterie de marine, d'une batterie d'artillerie de marine, de la compagnie de discipline de la marine et d'une compagnie de gendarmerie : ces troupes sont ilissémi- nées à la Basse-Terre, à la Pninte-à-Pitre, au Camp Jacob, aux Saintes illet-à-Cabri). — DÉfKiNDANCKs DE L.\ Gu.\uicLouPE. (Voy. Murie- Gatanlc, Désirade. Sninles, Saint-Barthélémy, Saint- M art in). — HisT. La Guadeloupe fut dé- couverte, le 4 novembre 1403, par Christophe Colomb qui la nomma ainsi à cause de la ressemblance de ses montagnes avec celles de la Sierra daGuadalupe d'isspagne. Abandonnée par les Espagnols, elle l'ut, en lOi.S, occupée par Charles Lyénard de l'Olive, lieutenant de d'Esnambuc, et par Jean Duplessis, envoyé de France, qui, par le traité du 31 mars 160'), furent delinilivement débarrassés des natu- rels. Vendue au marquis de iîoisseret pai- la compagnie des îles d'.\mériquc. dont Duplessis était le représentant, elle passa aux mains du sieur Houel et, après lui, à ses héritiers. LouisXlV, sur les conseils de Colbert, l'acheta à. ceux-ci et la donna à la compagnie des Indes occidentales. Elle fut ensuite réunie au domaine de l'Etat en 1674 et placée sous la dépendance de la Martinique, résista victo- rieusement aux Anglais en I60G, en 1691, et en 1703, fut prise par eux, en I7.j9, après une héroïque "ésistance, fut restituée à la France parle traité de 1763 et replacée sous la dépen- dance de la .Martinique en 1760. Elle devint ensuite définitivement indépendante. Les Anglais profitèrent d'une guerre civile pourla reprendre en 1794, mais ils furent forcés de se retirer, chassés parles commissaires de la convention. Chrétien et Victor Hugues. Après la paix d'Amiens, la Guadeloupe tut d'abord heureuse contre les Anglais, puis elle tomba au pouvoir de l'Angleterre, le 6 février 1810. Cédée à la Suède (3 mars 1813) par le traité de Stockholm, elle fut rendue à la France le 1 4 décembre 1814. Envahie de nouveau par les Anglais, elle fut occupée par eux du 18 août ISl.ï au 23 juillet 1816, époque à laquelle elle relomba définitivement avec ses dépendances au pouvoir de la France. 6UADET ( Marguerite -Elie), conventionnel girondin, né à Saint-Emilion (Gironde) le 20juillet 17b-5, décapité à Bordeaux le ISjuin 1794. Il était avocat à Bordeaux lorsque ses concitoyens l'envoyèrent à l'.lssemblée législa- tive, où il forma, avec Gensonné et Vergniaud, le fameux triumvirat girondin. A la Couvent ion, ilvotalamortdu roi ets'as^ocia à tousies actes du parti girondin, essaya de soulever le Calva- dos, se réfugia à Saint-Émilion, où il cacha ses ami.s, et fut arrêté dans la maison de son père. GUADIANA [gouâ-di-â'-na] (anc. Anas), ri- vière d'Espagne, d'une longueur d'environ 410 kil., elle prend sa source sur la pente N'. de la Sierra Alcaraz, dans la .Manche, coule vers les frontières de Portugal, arrose Bada- GUAN joz, et se jette dans rAlhmlique entre Aya- iini:i(e (Espagne) et Ca-Iro .Marim (Porluy'al.) Elle forme, pendant 8i) kil., la frontière entre l'Espagne et le Portugal. ICIle devient navi- gable au-dessus de la Chauza. GUADIX[goua-di'h'], vieille ville d'E^payne à .ïO kil. E.-.\.-E. de Grenade, sur la déclivité sepliuiliionale de la Sierra .Nevada; piqiul. : 11,5-20 bal). Autrefois ville très l'oite, elle est encore entourée de innruilles. Soies, toiles à voiles, coutellerie et |)olerie. GUA6N0, slation thermale de l'arr. et à 71 kil. N.-E. d'.Ajai lio Curse), près de la forêt d'Aytone; 1.129 liab. Trois sources sulfin.- sodiques. Affections cutanées, rhumatismes siinplesoucompliqiiés d'engorgements articu- laires, névralgies, sciatiques,' blessures par armes à feu. Etablissement avec 32 cabinets de baignoires, douches et i.'i piscines pouvant contenir 220 personnes. Hôpital militaire thernial pour 300 malades. GUAHAN, Guam ou San Juan [pouâ-ânne'; gouâmni ; sanii-'hou.ànn], la plus grande et la plus méridionale des Iles des Larrons (La- drones); environ .ï.OOO hab. Elle iiiesure a peu près 140 kil. de circonfi-rence et est entourée de bancs de coraux. Elle est bien arrosée; bien boisée et fertile. Les habitants sont les descendants de Mexicains et d'indigènes des Philippines. Au.x Etats-L'ni.s. GUAICURUS [gouai-kou-rouss'], nation in- dienne iJu Brésil, dans li partie arrosée par le Paraguay, entre 18° et 22» lat. S. Les indi- gènes sont d'une taille moyenne et robustes; ils ont la peau cuivrée et portent de longs cheveux plats. Leurs principales occupations sont de filer et de tisser du coton, et de fabri- quer de la poterie, des cordes et des naltes. Leur richesse consiste principalement en chevaux. Leur langage est harmonieux, quoi- que un peu guttural. Ils sont divisés en nobles, en guerriers et en esclaves. Presque tous sont encore païens. GUAIS adj. m. Se dit d'un hareng qui n'a ni laite ni œufs : hareng guais. GUALEYGUAY 1. [gouâ lé-gouai"], rivière d'Entre-Rios (république Argentine); son parcours est d'environ 200 kil., elle se réunit au Pabon et se jette dans le Parana. — II. Ville située au point où cette rivière devient navigable, à oo kil. de son confluent et à 160 kil. N.-O. de Buenos-.\yres ; environ 14,000 hab. Commerce très actif de peaux, de laines, de bois de construction et de combus- tible. GUALEYGUAYCHU . ville d'Entre-Rios (ré- publique Argentine), sur la rivière Gualey- -uaychu, à liiO kil. N. de Bueiios-Avre's; environ 39,000 bab. Grand commerce de bœuf fumé, de peaux, de laine, de suifs, etc. GUAM. Voy. Gu.vhan. GUAMANGA. Voy. Ayacdcho. GUANABACOA, ville de Cuba, sur la baie de Guanabacoa, à 3 kil. S.-E. de la Havane , popul. : 11,150 h. Bains de mer fréquentés par les riches Havanais. GUANACO s. m. [goua-na-ko] ^péruv. kva- naco). .Mimm. Genre de ruminants qui repré- sente, en Amérique, le genre chameau de l'ancien monde. On dit aussi lama ou llaina. Les guanacos sont indigènes des Andes, par- ticulièrement des parties montagneuses du Pérou, où leur habitat s'étend jusqu'à la li- mite des neiges éternelles. A l'état sauvage, ils sont défiants et timides, vivent en troupes sur les montagnes et descendent da is les plaines à la recherche de leur nourriture. Elïrayés ou irrités, ils rejettent le contenu de leur bouche sur leurs assaillants. Il parait y avoir trois espèces de guanacos, savoir : le guanaco sauvage {auchcnia huanaco, Tschudi), dont le Uama est sans doute la variété dômes- GUAN tique ; Valpaea ou paco {auchenia alpacn. Tsiîhiidi) (voy. Alpaga); et la vigogne inu- cheniavicugna, Tichudi). Le guaiiaco sauvaso habite les Andes depuis le nord du Pérou jus- que dans le voisinage du détroit de Magellan. Il mesure environ j m. de haut, à l'épaule, et l m. 60 à la tête; sa couleur est d'un brun rougeâlre ; son poil est assez long. On le chasse pour s'emparer de sa peau el de sa chair. Le llaina domestique remplace le chameau et le cheval chez les Indiens du Pérou et du Chili, il est à peu près de la grosseur GUAN l'exploitation dos mines; l'agriculture est l'oc- cupation favorite des Indiens, Coton, poterie, laine et cuir. Les articles principaux d'expor- tation sont : les métaux précieux, les épices. GUAR 187 liuuriaco (AuullLnia la du guanaco, mais de formes un peu plus com- pactes el son poil est mélangé de noir, de blanc, de gris et de diverses couleurs, comme chez la plupart des animaux domestiques. On l'estime principalement à cause de ses longs poils dont les Indiens font des habille- ments; sa peau donne de bons cuirs, ses excréments sont euiployés comme combus- tible, sa chair et son lait servent de nour- riture. La vigogne, espèce la plus petite, mesure 80 cenlim. de hauteur à l'épaule; sa couleur est d'un Jaune rougeàtre sur le dos. blanchâtre sous le ventre ; c'est un animal sauvage d'une grande valeur à cause de la fiiiesse de ses poils. GUANAGAGHE [gouà-na-kâ-tehé], lac de la république .\rgenline, province de San-Juan, long de rto kil., large de ii kil. 11 reçoit le Mendoza si plusieurs autres rivières; ses eaux se déversent dans le lac Bebedero. GUANACASTE, province de l'Amérique ccntialf , entre le lac Nicaragua et la baie de Nicoya. Contrée accidentée, couverte de pâ- turages. Sous la domjnation espagnole, elle appartenait au JNicaragua. En IK'.JtS, la plus grande partie fut cédée par un traité àCosta- Kica. GUANAHANI. Voy. San Sai.vauor ou I'Ile ru Chat. GUANAJUATO [ gouâ-na-'houà-lo] I. Etat central du .Mexique, borné par ceux de San- Luis Polosi. de Queretaro, de Micho.ican et d(î .lalisco; 29,b.S0 kil. carr. ; 875,OUO hab. (200,000 blancs, :WO,000 Indiens el le surplus mélizos). La surface du pays, dont la pre.^qui^ tûlalité est comprise dans le plateau d'Ana- huac, à une hautenrmoyenne de 2,000 m. au- dessus du niveau delà mer, est très accidentée. Elle est truvci'séc. par deux cliaincs de monta- gnes. Les rivières pr m.'ipales sont : le l.erma el ses tributaires, le Laja el le Tiirbio. Los mines de Guanajuatû sont de beaucoup les plu> riches de la république. Les plus impor- tantes mines d'argent sont celles de Valen- cianî, qui avaient atteint en IcSO:!, une pro- fondeur de iOO m. On y trouve aussi des mines de plomb, d'étain, de cuivre, de. for, de <'()ball, de soufre, do sel, de cristaux, de riiarbrc, etc. Nombreuses sources sulfureuses chaudes. Blé, orge, maïs, pommes de lerre, haricots, etc, ; niais les récoltes sont irn'gu- tièros, en raison de la sécheresse. Le climat, excepte dans les montagnes élevées, est gé- néralement doux. I^'indu>tric [irincipalc csL Catbédrde de Guanajuato. les [liantes médicinales et les peaux. — II. Capitale de l'Etat ci-dessus, dans une vallée profonde, à 2,031 m. au-dessus du niveau de la mer, à 406 kd. N.-O. de Mexico ; environ 53,000 hab. Son emplacement est très inégal. Elle possède un grand nombre de beaux édi- fices, une monnaie, un collège, un théâtre, un hôpital, etc. ('Voy. Alhonoega.) GUANARE[goua-nâ'-ré], ville de Venezuela, capitale de l'état do Zaniora, à 4 kil. de la rivière Guanare ou Guaiiarito, Irdnitaire de rOrénoque, à 280 kil. S.-O. de Caracas; lO.SSO h. Elevage de bestiaux; exportation de cacao, de café, d'indigo, de sucre et de tabac. GUANCABELIGA. Voy. Huancavelica. GUANCHES, aborigènes des îles Canaries, d'une origine douteuse, et qui ont disparu à lafinduxvi'' siècle. On dit qu'ils étaient d'une taille gigantesque, bien proportionnés, d'une couleur olivâtre, avec de longs cheveux plats. Ils étaient simples el doux. GUANINE s. f. [goua-ni-ne]. Matière azotée contenue dans le guano : C" H^ Az» 0. GUANIQUE adj. Se dit d'un acide dérivé de la gu.iiiine : G'" H' Az* Ù'' t HO. ■ GUANO s. m. [gouâ'-no] (esp. guano ou huaiio; péruvien huanu, excrémeiiLj. Subs- tance produite par des amas de liente d'oi- seaux de mer, qui se trouve principalement dans les îles de l'océan Pacilique, apparlenan t au Pérou, et qui est très employée comme engrais. — Le guano se com|iose d'excréments d'oiseaux de mer, mêlés aux corps et aux œufs décomposés de ces oiseaux, ainsi qu'aux restes des phoques. Cesdebris sont accuimiilés, par couches épaisses, .sur les îles du Pacilique et sur les côtes de r.\mérique du Sud cl de l'Afrique. Cette substance était connue des anciens Péruviens comme constituant un engrais précieux; les d/-pôts étaient exploités du temps dos Incas. Iliimbdldt, en ISOi, dé- crivit des dépôts rccouviaut les îles Chinchas comme ayant une |>rol'ondour de 17 â Zd m. et cependant l'accunuila lion des 300 dernières années forme soulcinenl quelques ceiiti - mètres d'épaisseur. Il (il faire des analyses qui montrèrcnl que le guano est composé de phosphates d'ammoniaque el de chaux, avec de l'urate. el de l'oxaliilo d'ammoniaque, de l'eau, des matières organiques non diHormi- nécs el du sable, lie fui en 1840 que com- mença l'exploitation des mines de guano. A cette époque, le droit exclusif d'extraire et (i'exporler le guano pendant neuf ans, fut vendu 200,010 fi . par les gouvorncments pé- ruvien et bolivien; mais le traite fui bientôt dénoncé par le Pérou, parce que les nom- breuses demandes de celle matière en aug- mentaient la valeur. On estima qu'il y en avait environ 40 mil- lions de tonnes aux îles Chinchas. Lesiles Lobos contenaient aussi d'im- menses dépôts, el beau- coup d'îles plus petites en étaient couvertes. La plus grande par- lie du guano produit :iu Pérou est envoyée ;;n Angleterre ; envi- ron 15.000 tonnes sont expédiées annnelle- inentaux Etats-Unis On prétend que plus de ia moitié du guano du •onimerce est falsifié par des mélanges avec des substances sans va- leur. — La recherche de nouveaux gisements de i.'uano amena, en 185.T, la découverte de dépôts dans les groupes d'îles qui gisent sur les côtes de la Guyane et de Venezuela, principalement à Los Monges (îles des Moines), à El Roque et à Centinella. On y trouve plusieurs qualités de guano, dont l'une est en grains aussi gros que la graine de moutarde, d'un brun légèrement jaunâtre ou presque blanche quand elle est grillée; elle ne répand aucune odeur ammo- niacale. Une autre espèce est en grains ag- glomérés el dili'ère de la précédente, princi- palement par l'absence de carbonate de chauxet par une auL'mentation de phosphate. Une troisième variété est une roche solide, formant quelquefois une croûte deTOcentira. d'épaisseur, sur les portions inférieures des dépôts. Sa composition varie quelque peu dans ditïérenles localités ; mais ce guano se distingue partout par l'absence du carbonate lie chaux el par une large augmentation dans les proportions du phosphate et du sulfate de chaux. — On distingue, dans le commerce, un grand nombre d'espèces de guano: i;iinno d'Angamos (Bolivie ',22 p. lOOd'ammoniaijue; guano du Pérou, le plus riche et le plus re- cherché; guano bolivien, riche en phosphates, pauvre en azote ; guanosde l'Afrique australe, urdinairement pauvres el chargés de sables. — Ce sont les lies Chinchas qui produisent la plus grande partie du guano expédié en Europe. (Voy. Chinchas.) — Le guano pur contitue un engrais d'une grande puissance, dont il convient de faire usage dans les terrains auxquels on veut ajouter des phos- jihates. La quantité à répandre par hectare varie suivant les plantes à cultiver; elle est d'environ 300 kilogr. par hectare sur les prairies ou pour les cultures de céréales ; les plantes épuisantes en demandent davan- tage. On doit répandre le guano par un lemps pluvieux, parce que l'eau sert de véhi- cule aux principes fertilisants. — Le guano pur, quand on le fait briiler, donne une cendre légère el d'un blanc de perle; celui cpii a été falsilié avec de la lerre, de lu sciure (le bois, de la brique pilée, etc., donne uue cendre plus foncée el pesante. GUANO, ville de l'Equateur, province du Chimborazo, à 135 kil. S.-O. de Quilo; envi- ron 0,000 hab. Tapis, couvertes, acide sultii- riqiie, elc. Exporlatiou de l'écorce du chiu- cliona. GUAPEY [gouâ'-pé]. 'Voy, Rio Granpe. GUARANA s. m. [couâ-rà-nâ']. l'aie formée priiicipalemonl des graines du pauUiilia snr- bilis el peut-être du pauUiniu ciipumi, arbustes grimpants de l'ordre des sninitd'irc' s, indi- 'i;èiics ■\i\ \'.r.-\] iW /b's biiiiU lie rOiéuoipie. \Sf>. GUAT Celle pâte est séchée en masses prossièrcs, Hures, d'un brun roiij;pfUrc qiii ppiivonl êlre loijiiilos (Il poiirlrc. Les Indiens du Brésil la initient à leurs aliments ou la prennent sous forme de boisson. Depuis lonf-'tenips elle a été employée comme médicament au Brésil, surtout dans le Iraitemeiil des maladies d'en- trailles. GUARANIS. Voy. Tupi-Guaii.\nis. GUARATINGUÉTA fs-nu:\-r,a-tis:n-ghé'-ta] , ville lin Brésil, province de Sào Paiilo, sur le Hio l'arahyha, a IGO kil. 0. de Bio-de-Ja- iieiru ; environ y, lUU jiab. Commerce consi- dérable rie sucre, de café, de tabac et de bestiaux. GUARINI (Giovanni-Battista) [froui-ri'-ni], poêle italien, né en JoJ7, mort en IGI'2. Il devint prol'es-eur à Ferrare. entra au service d'Alphonse 11 et se Ht conlier plusieurs mis- sions diplomatiques. Il servit aussi Ferdi- nand I de Toscane et la cité de Ferrarc. Ses meilleures productions sont : sa comédie yidrnpica, son dialouue // Segrctario, ses Rime, ses Letlcre et particulièrement la tragi-co- médie pasiorali: // Pastnr fido, qui eut 40 édi- tions du vivant do l'auteur, et qui a été tra- duite en français par Pecquel (1733). Les œuvres de Gnariiii ont été publiées à 'S'enise en 1()2I !■! à Ferrare on IT.'i; ['t vol. in-4°). GUARNERI [f.'ouar-né'-ri] ou Guarnerius, célèbre laniille de luthiers, qui existait à Crémone, au xvii" siècle. .\iidréa,né vers 1630, exerça la profession de fabricant, de 16.Ï0 jusqu'à environ l69o. Ses ins'rumenls sont classés au second rani: et portent pour la plupart comme insciiplion : Andrrns Guame- riiis fccU Vixinonx sub tilulo sanctw Teresx. Giuse|)po, sou lils et sou élève, fabriqua des instruments dans le genre de ceux de Stradi- varius. Pietro, second fils d'Andréa, produi- sit de 1690 à 172li, des instruments qui pè- chent sous le rapport de la sonorité. Giuseppe- Antouio, neveu d'Andréa (né en 1683, mort en l74o), élève de Stiadivarius, fut le plus célèbre de sa famille. Il travailla depuis i72o Jusqu'en 1740, et ses violons, renommés par leur excellence, portaient presque tous pour inscription : Giuscppe Guarnerius, Andrese Nepos.l. H. S". Eu raison de ce dernier signe, il est ordinairement connu en Italie sou;; lu nom detiuarneii del Gesù. Des violons et des basses, dalés de 1725 à 1740, ont été fabri- qués par Pietro, fils de Giuseppe. GU.ISTALLA [gouas-lài'-la]. ville d'Italie, province d,' Heg;,'io, à la jonction du Cros- tolo et duPô,"a'2o kil. iN.-E. de Parme; 8,210 hab. (commune, lU.u'J'J;. Elle est bien bâtie et entourée de murailles. Elle fut fondée par les Lombards, devint un fief de l'empire allemand et forma un duché en 1621. En 1805, Napoléon en fil présent a sa sœur Pauline, dont le mari, le prince Borghèse, fut créé due de Guastalla; elle appartint à l'ex-iin- pératrice Marie-Louise (ISlo-'47), fut ensuite réunie à Modèue et fut incorporée, en 1S60, aux Etats de Victoi-Eramanuel. Aux environs de cette ville, les Français battirent une ar- mée impériale commanlée par le roi de Sar- daigne (10 sept. 1734). GUATEMALA [gouà-lé-mà'-la]I. République de l'Aïuéi'ique ceni.rale, enlre 13''o0'eHS" 15' lat. N., et entre 90° 34' et g.')" 32' long. 0., bornée par le Mexique, lo Honduras an- glais, la baie de Honduras, les républiques de Honduras et de San-Salvador et l'océan Pacilique; sa plus grande longueur, du N.-E. au S.-O., est de 435 kil., sa plus grande lar- geur est d'environ 400kil.; 125,000 kil. carr.; environ 1,800.000 hab., dont environ 12,000 blancs, 400,000 /«(iwoi (enfants de blancs et d'Indiennes), 8,000 nègres purs et sang-mê- lés cl 80;', 000 Indiens pur sang. Les Indiens vivent séparément et les autorités civiles qui les gouvernent sont habituollcment choisies GU.AT parmi de.s gens de leur lace. Ils sont doux, sobres et iiulustricux. qn.md ils ne sont pas corrompus par (b-s cliels nulilaires. Santo- Tomas, sur la baie de llimduras, est le prin- cipal poil. Snn-Joàé, rade ouverte sur le Pa- cilique, r>i Izahal, dans le golfe de Dulce, inaixessiblo aux grands navires, sont aussi fréquentés. Presque toute la surface ilu terri- toire est formée d'un plateau coupé de mon- tagnes sans nombre avec des vallées profon- des et étendues. La pente est rapide du côté du Pacilique. La région cOtière est basse, plate et ne mesure pas plus do 40 kil. de large. A l'O. et au N.-O. du golfe de Dulce est uns autre plaine basse. Dans l'O. se dressent un grand nombre de volcans, dont quelques- uns sont encore en activité; le plateau v at- teint une hauteur du près de 2,0(i0 m. On y trouve en quantité considérable de l'or, de l'argent, du cuivre, du fer, du soufre et du jaspe. On y exploite des mines de plomb et un y obtient du sel provenant de sources; on exploite aussi des salines sur les côtes du Pa- cilique. Les plus grandes rivières sont : l'Usu- masinta, quia un cours d'environ 470 kil. dans le Guatemala et se jette danslegolfedu Mexique (Yucatan); le Motogua. qui se jette dans la baie de Honduras après un cours de près de — Vm verlu de la constitution de 1879, legou- vciiifment consiste en un président (assisté di- trois ministres), élu pour six ans; et l'ii un coii^'ii's composé d'un conseil d'Etat et d'une chambre de re[)résenlanls. Les mem- bres d(î celle ilcrnière assemblée sont élus au noiiihre de 09 [lar le peunle; ils choisissent les 13 mi'inbres du conseil d'Elat; elles deux asseiubléesconservcntleurs pouvoirs pendant qnalre ans. Le revenu s'i'dève à 25,005,000 fr. et les ilépenses à 20,710,000 fr. La delte pu- blique est de 60 millions de fr.. dont 35 mil- lions pour la dette étran^'ère. L'éducation pu- blii|ue. jadis très né(:ligée, attire aujourd'iiui l'attention du gouvernement. La religion ca- tholique romaine est seule tolérée. — La côte de Guatemala fui découverte par Colomb en 1502; le pays devint une dépendance es- pagnole en 1524 et fut érigé en capitainerie générale en 1527. En 1821, le Guatemala se- coua le joug espagnol et fut annexé à l'em- pire mexicain sous Iturhide. Il forma une par- tie de la république de l'Aiiiérique centi'ale en 1823, et une république indépendante en 1847. Après 1862, il eut à soutenir une sé- rie de petites guerres. En 1871. une révolu- tion eut pour résultat la déposition du prési- dent Cerna et le bannissement des Jésuites. Guattnj.il 400kil.;etleFolochiqHe, quia 200 kil. de long et se jette dans le golfe de Dulce. Ces cours d'eau ne peuvent servir à la navigation. Les lacs principaux sont: rAmatitlan(16kil.sur4), l'Alitlan (40 kil. sur 15) et le Peten (95 kil. de circonférence). Des ruines remarquables lé- moignonl de la grande babilolé des anciens habitants dans la sculpture et l'architecture. Le climat, excessivement chaud dans les ré- gions basses et froid dans les régions élevées, est généralement sain. Pendant la saison hu- mide, de mai à octobre, les pluies tombent en abondance. On voit rarement la neige; mais les gelées sont fréquentes. Les habi- tants des montagnes sont souvent atteints du goitre et de crétinisme. Le sol est excessive- ment fertile, mais l'agriculture est encore à l'é- tatd'enfance. Ilya de fréquents tremblements de terre. La principale production est le café. Les autres sont : le mais, le blé, le coton, la canne àsucre, le tabac, la cochenille, l'indigo, le cacao, la vanille, le vin, l'olive et divers fruits. La végétation arboréale est extrême- ment luxuriante. On élève un grand nombre decln-vaux, de mules, de moutons, de porcs et d'oi-eaux de basse- cour. Manufactures de cotonnades et de lainages qui sont employés dans le pays; ustensiles de ménage, poterie. La valeur des importai ions est, en moy. de 33.820,000 fr., celle de l'exporlalion d'euv. 65^800,000 fr. (café, 60,04ii,000 fr. ; coche- nille. 2,490,000 fr ; caoutchouc, 780,000 fr.) Le général Rufino-Barrios, élu président en 1873, a été réélu en 1S76 et en 1880. — II. Guatemala la Nueva [là-noué'-va], (Nouvelle Guatemala), capitale de la répu- blique de Guatemala et chef-lieu d'un dépar- tement du même nom. par 14° 37' lat. N. et 92" 50' long. 0.; environ ^0,000 hab. Celle ville, la plus belle de l'Amérique centrale, est située sur un plateau pittoresque, à envi- ron 1,700 m. au-dessus du niveau de la mer. Saposition n'est guère favorable au commerce. Les volcans d'Agua et de Fueiro s'élèvent de chaque côté delà ville. Les rues, toules d une largeur de 14 m., sont régulièrement bâties; maisellessontmal pavées et assez malpropres. Les maisons n'ont qu'un étage, mais une grande quantité des bâliinenls sont entourés de larges cours, ornées de statues, de fontaines et d'arbres. Les principaux édirices publics qui se trouvent sur la place principale sont : la cathédrale, le palais archiépiscopal, h» palais du gouverneur, la monnaie et l'hôtel de ville. Le théâtre se trouve au centre d'une autre place ornée d'arbres, de statues et de fon- taines. Guatemala est la première ville de l'Amérique centrale pour le nombre de ses écoles et de ses institutions d'éducation. Les occupations principales de ses habitants sont l'agriculture et la fabrication de quelques étod'es grossières de laine et de coton, de poterie et d'autres objets pour l'usage domes- tique. La ville fut fondée en 1776, trois ans GUAY après la de?lruction do l'ancienne capitale. — Jll. Guatemala la Antigua [là-ânn-li'-goua], (Vieille (iiialemala), ville autrefois l'une des plus belles villes de l'Amérique et ancienne capitale du Guatemala, à 40 kil. 0. de la. Nou- velle Guatemala; environ 20,000 hab. Fondée en lo24, elle fut détruite en 1541 par une inondation de l'eau rejetée par le volcan de Agua, au pied duquel se trouvent encore les ruines désignées sous le nom deCuidad Vieja (la vieille ville). Elle lut rebâtie entre le vol- can d'.\guaet le volcan deFuego. En 1773 lapo- pulation était de 60,000 âmes ; la ville fut en- tièrement anéantie par un tremblement de terre; on commença à la rebâtir en 1799. GUATEMOZlN[gouâ-lê-mo-sinn'], le dernier empereur aztèque du Mexique, neveu et gen- dre de Monlezunia, né vers 1405, exécuté le 15 février 1523. A la mort deCuillahua, tVère et successeur de Montezuma (1320), ilfutplacé sur le trône. Les Espagnols, repoussés sous le règne de son prédécesseur, parurent devant la capitale, le 28 avril 1521 ; ils la réduisirent par la famine et s'emparèrent de Guatemo- zin, qui fut mis à la torture pour avoir refusé de donner des informations au sujet des trésors cachés de la ville. Comme on ne put rien prouver contre lui, on l'épargna, et il fut retenu à Mexico, dans une captivité honora- ble. Lorsque Cortès commença son expédi- tion pour la conquête du Honduras en 1522, il emmena avec lui Guateniozin et le fit mettre à mort sous la fausse accusation d'avoir com- ploté l'assassinat des chefs espagnols. GUATUSOS [gouâ-tou'-soss], tribu d'Indiens qui habitent les rives du Rio Frio, lequel se jette dans le lac Nicaragua à son extrémité méridionale. Ce pays n'a jamais été exploré. Un corps de troupes essaya d'y pénétrer en 1849; mais il fut repoussé. On a quelques raisons de croire que les Guatusos sont de la même famille que les Aztèques qui occupaient les terres à 10. du lac Nicaragua et qu'ils ont encore conservé leur langage primitif et leurs mœurs du temps de la conquête parles Espa- gnols. GUAXACA. Voy. Oajaca. GUAYAPE [gouâ-iâ'-pé], aftluent de la ri- vièri; Patuca, dans le département d'Olancho (Honduras), célèbre pour ses riches mines d'or. GUAYAQUIL[gouâ-ia-kir],cité maritime de la république de l'E^quateur, capitale de la province de Guayas. à 200 kil. SJ.-O. de Quito ; environ 40,000 hab. KUe est située sur la Cathédrale de GuHvnquil. rive 0. de la baie de Guayaquil et est le prin- cipal centre coninierciai de l'Equateur. Ses principaux édifices sont : la cathédrale et six autres églises, le palais du gouverneur, l'hôtel de ville, la prison, deux hôpitaux et des ca- sernes. Il y a deux collèges, une école navale r.uni et plusieurs autres écoles. Le port, formé par le Guayaquil et par son estuaire, olfre un bon mouillage pour les navires de n'importe quel tonnage. La chaleur est exce.ssive et les épi- démies sont fréquentes. Les principaux ar- ticles d'exportation sont : le cacao, le coton, le café, le tabac, les noix, les fruits, les jipi- japa ou chapeaux de Panama, la salsepareille, le caoutchouc, la nacre et l'ivoire végétal. Une mine de mercure et des mines de charbon ont été découvertes près de la ville. GUAYAQUIL, rivière de la république de l'Fijuateur (province de Guayas) ; elle se jette dans le golfe de Guayaquil. Elle est navigable sur une étendue de I-jO kil.; jusqu'à Caracol, son cours supérieur porte les noms de Caracol et de Babahoyo. GUARDAFUI ou Ras Aser (cap) [gouar-da- foui'J, promontoire formant la pointe la plus orientale du continent africain, par il" 50' lai. N. et 49° 1' long. E. GUAYAS [gouâ-iàss'], province de la répu- blique de l'Equateur, bornée par l'océan Pa- cilique et le Pérou; environ 37,000 hab. Sol extrêmement fertile. Riz, cacao, coton, tabac et fruits des tropiques. La partie septentrio- nale est marécageuse. Au S.-O. s'étendent de vastes forêts. Le climat est chaud, la pluie y tombe presque sans interruption de décembre à mai. Les lièvres y régnent. Capitale, Guaya- quil. GUAYMAS (gouaï'-mass], ville de la Sonera (Mexique;, sur la baie de Yaqui (golfe de Ga- iiforuie); environ 6, U')U hab. Elle est entourée de montagnes. Climat 1res chaud et malsain. Port commode et excellent mouillage. E.x- portation de blé, de farine et de peaux. GUBBIÛ [gou'-bi-o] (anc. Iguvium ou Eugu- bium), ville d'Italie, dans la province de Pé- rouse, à lio kil. .N. de Rome; 23,590 hab. Au moyen âge, elle renfermait une population de 30,000 âmes et po.ssedait une beile école de peinture. Manufactures de soie et de laine. Réservoir qui est un remarquable spécimen de l'archilecture au moyen âge. Les fameuses tablettes eugubiennes, avec inscription dans les langues ombrienne, étrusque et latine, furent découvertes en 1444, à environ 12 kil. de la ville. GUBEN [gou'-bènn], ville de Brandebourg (Prus=e), sur la Ncisse, a 33 kil. S.-E. de Francfort-sur-l'Oder; 31,1S3 hab. Vastes ma- nufactures d'étofles et de tabac; commerce de vins rouges récoltés sur les coteaux voi- sins de Neisse. GUDIN (Jean-Antoine- Théodorej, [leiutic de mannes, né a Paris le 13 août 1802, mort le 12 avril 1880. Au sortir de l'atelier de Girodet, il se lança dans le ro- mantisme et se fit re- marquer par un coloris énergique et par la har- diesse de SCS concep- tions. Son Retour des in'rficws et son Incendie lin Kent (1827), œuvres |.ileines d'audace, le mi- rent en vogue. Apiès 1830, il devint le peintre favori de Louis-Philippe, qui lui confia l'exécution d'un grand nombre de gigantesques tableaux historiques destinés au I musée de Versailles. Sous l'Empire, il resta peintre en ifuelc|ue soiie iifliciel de marines. GUDIN DE LA BRENELLERIE iPaul-Phi- lippe), historien, ne a Paris en 1738, mort en 1812. Il s'essaya'danslapoésieet sur la scène, mais ne put obtenir le moindre succès. GUED 189 Son Essai sur l'histoire des comices de Rome, des états généraux de France et du parlcmi'nt d'Angleterre (Paris, 1789. 3 vol. in-S'jfut cou- ronné par l'Académie. Il a donné, en 1809, la première édition complète des œuvres de Beaumarchais, dont il était resté l'ami le plus lidèle. GUDULE (Sainte), patronne de Bruxelles, née dans le Brabant vei's 650, morte en 712. Elle pratiqua toute sa vie, dans le palais de sa famille, les austérités les plus extraordi- naires. Fête le 8 janvier. "GUE s. m. [ghé] (lat. vadum). Endroit d'une rivière ou l'eau est si basse et le tond si ferme, qu'on y peut passer sans naser et sans s'embourber : chercher un gué. — Sonder LE GUÉ, faire quelque tentative sous main dans une affaire, pressentir les dispositions où peuvent être ceux de qui elle dépend. GUE interj. Exprime la joie et s'emploie dans les refrains de chansons : C'est l.i gaudriole, 0 gue. BÉRinOBB. — On écrivait autrefois gay. J'aime mieux ma mie, oh gay t J'aime niicuv ma mie. vieille chanson citée par .Molière. ' GUEABLE adj. Que l'on peut passer à gué : la rivière t'.s< guéable dans cet endroit. ' GUERRE s. [ghè-bre] (pers. ghebar, infi- dèle ; turc, ghiaurs, ghaurs ou giaours, infi- dèles). Nom que portent les veUes de l'an- cienne nation persane, épars aujourd'hui eu diverses contrées de la Perse et des Indes, où ce peuple, soumis aux mahométans, conserve encore la religion de Zoroaslre : un guébrc. (Voy. G.vuRES.) — Les Guébres ou Ghebers sont généralement connus des Européens sous le nom d'adorateurs du feu. Us se donnent lé nom de Beh-Din, ceux d'excellente croyance. Au i-i." siècle, quelques-uns émigrèrent dans l'Inde et s'établirent dans le voisinage de Su- rate. Leurs descendants habitent encore le même pays et sont appelés Parsies. (Voy. P.iRsiEs.). Le nombre de ceux qui restent eu Perse est évalué à environ 7,000. Un célèbre temple de Guèbres est situé près de Bakou, sur la mer Caspienne. (Voy. Bakou.) Puurdes détails sur leur religion, voy. Ze.nû-Avesia et ZOROASTRE. GUEBRI AN T (Jean-Baptiste B u DES, comte de). maréchal de France, ne en l002 au château de Plessis-Budes près de Sair.t-Brieuc, mort en Souabe en 1643. 11 défendit la ville de Guise en 1636, prit plusieurs places de la Franche-Comté (1637) et du Palatinat, et exécuta, eu 1639, son fameux passage du Rhin, à Bacharach, remporta sur Piccorumini la victoire de Wolfenbuttel (1641) et sur Lamboi et Merci, celle de Kempen (lOi-'), reçut en récompense le bâton de maréchal et fut tué d'un coup de feu sous les murs de Rothweil (Souabe). Le Laboureur a écrit sou Histoire (Pans, 1636, in-lol.). GUEBWILLER (ail. gebweiler], ville d'Alle- magne, dans la llaule-.\lsace, autre!', rli.-l. de cant. du dep. du Haut-Rhiu (FraiR-e,, sur la Lauch, à 32 kil. S.-O. de Coliuar; ll,ooO hab. Chalets suisses et beaux cottages sur les pentes du mont Gebweiler, point culuiiuaiit des Vosges. Etoiles, articles de coton, rubans, produits chimiques, inacliines, etc. * GUÉDEs. f. [ghè-dc] (anc. haut ail. wcit). Bot. Plante crucuérc, dont les feuilles servent à teindre en l)leu foncé, et qui est principa- lement cultivée dans le .N. de la France : la guède est bisannuelle. On l'appelle aussi, et plus ordinaircmeut, Pastel. GUÉDER V. a. Teindre avec de la guède. GUÉDERONs. m. Ouvrier qui dirige l'atelier des guédcâ. KHI GUEL (.{JK^ ' GUEER laver dniis [ a. rphé-é] (rad. gur). Haif/nor, eau.— GiKKH UN ciikvai,. \c l'aii-n oiilrer dans la livioin, .H Tv pmiiieinr- iiom- Je laver el le rafialrhir. — (Jl'kkr ou i.inok, li; Jjiver et le romuoi- quelque lemps dans l'.'au, avant de U; tordre. — w Passer a Kué : auétr une rivière. GUELDRE lioll.'Gerderlandoii r,cKr,nFni.ANn, I proMuc: ilu> l'a ys-Bas-, i.ovik-.u par le Zuvderz.je ella Prusse, ojm kil. carr.; 50U,t)ui) liub. Klle est plus numlu^'tiouse que les autres parliesdu pay.s et presque tout son terriloirc osLpauvie.Lesprincipaiix cours d'eau sont : la Miuse (qni la sépare du Brabanl du iN.j, le Wald.lelthin et l'Yssol. Pêcheries de hareng, mines du fer, brasseries, distilleries, rnanu- lactures de papier, de toili:, de tuiles el de cuirs. Capitale, Arnheim; villes principales: IS'im(''-iie, Zulphen et llarderwyk. La Gueirtre fui p-nnvernée par ses comtes et ses ducs par- ticuliers de 1079 à '1028. Elle fut annexée à la Prusse eu 1713. GUELDROIS, OISE adj. el s. Habitant de la Gufblir; ijui ajqjartieiit à la Guuldre. • GUELFE s. m. [ghél-fe (ail. Welfen; ital. Guclfi; ail. Waiblinrjer, de Waiblingen. pro- priéii- de la famille de Hobenslaulen, au- jourd'hui en Wurtemberg,'!. Partisan d'une lacliun qui soutint longtemps, en Italie, les prélenlions des souverains ponlil'es, conlre celle des empereurs. Giiell'e ou Welf élail le nom de baplÊmeque l'on portait dans une t'a- inille de prniccs d'origine italienne du ix"^ siècle. Celle l'amille éniigra en Allemagne au xi" siècle et se divisa en deu.\ branches. Kunigunde, bérilière de l'une des branches, épousa Alberto Azzo 11 d'Esté, né en 99(3. Le fils de Kunigunde, Guelfe IV, duc de Ba- vière, réunit li:s possessions desdeux branches. Son petil-Wls. Henri l'Orgueilleux, disputa la couronne d'Allemagne à Coniad 111; il fut dépouillé de la plus grande partie de ses pos- sessions, qui coni|jrenaienl la Saxe, et fut mis au ban de l'ein|iiro (1 lo9). Sun frère, le comle Guelfe d'Altorf, tuteur du fameux Henri le Lion, son neveu, essaya de recouvrer pour son pupille la possession des duchés cunlis- qués,el livra bataille aux troupes de Conrad, près de Weinsberg; mais il fut vaincu. C'est dans cette bataille que l'on entendit pour la première fois le fameux cri de guerre : Sus aux Guelfes! sus avx Gibelins! Les guerres des Guelfes etdesGibeliiisnedurèienlpas da- vaHlage en Allemagne, mais elles ensanglan- tèrent longtemps l'Italie. Le pape se déclara pour les Guelfes. Les villes lombardes for- mèrent leur ligue en faveur du même parti, tandjs qu'une ligue semblable, sous le patro- nage spécial de Pavie, se déclarait pour les HobensLaufeii, plus connus sous le nom de Gibelins. L'empereur Frédéric Barberousse prit Milan et soumit toute la Lombardie. La lutte recommença sous Frédéric 11. Son petit-fils, Conradiu, dernier desHobenstaufen, eut la tête tranchée à Naples, par ordre de Charles d'Anjou (l^CiS). Les Guelfes avaient été chasses de leurs duchés en Allemagne. Othon l'Enfant, petit-tils d'Henri le Lion, avait re'ndu bumnia;;e en 123o à Frédéric 11, qui le fît plus lard duc de Brunswick. C'est de lui que descendent les maisons régnantes d'An- gleterre (Hauùvriensj et do Bfuuswick. La lutte dégénéra plus tard en querelles parli- culières de factions existant de famille à famille dans la même ville d'Italie. Des guerres intestines de ce geure troublèrent principalement 'Vérone, Milan, Florence, Gênes et Pise. Rome, au temps de Rieiizi (milieu du xivf= siècle), fut ballottée, pendant des années, entre l'oligarchie et la démocratie, entre les Gibelins et les Guelfes, comme on disait alors. En général, les Gibelins étaient partisans delà hiérarchie impériale et féodale, les Guelfes soutenaient l'Eglise et l'indépen- dance nationale. Ces luîtes, après avoir désolé GUI-I» suite de I < l'Uisemenldescolèreseldes haii.e^. mauvaise vie; re n'est .Jiiurn <-} surloul a cause du trouble qu'occasionna ' ' I invasion française de li!)4. GOELMA, ch.-l. d'an-, dn déparlemcnl et i:.-i\.-E. de Conslanline (Alyrie). a pente du mont Mali..una, i|ni domine à 149 kil sur la peiiK," nu hkhu .>iani>una, iini d( la vallée de la Se.vbouse; 7,2sn Tiab., di>nt 1,457 Français, i,uU0 Européens étrangers ol iOOJuifs. - Huiles, farines, produits a;;nc(dos. .Mines d antimoine aux environs. Antiquité- romaines. GUELPHfgouélf], ville del'Ontario (Canada), sur la rivieie Specd, à Ci kil. O.-S.-O. de loronlo: 10,o:i7 bab.li:.\portation de blé et d». Iari;>e; manufactures importantes. GUELTE s. 1. fghèl-lej (ail. ydd, arj-ent). Lomin.Part de benèiiceallribnée à l'emplové d une maison de nouveautés qui est parvenu a écouler un rosstynol. 6UÉMÉNÉ PENFAO. cli.-l. decant., arr. et à 03 kil. .N.-.\.-E. dt; Saint-.N'azaire (Loire-lnfé- rieuic ; 0,70:; bab. GUÉMÉNÉ SUR-SGORFF, ,b.-l. decant., arr et a 21 k,i. U. de Pontivy (.Morbihan); 1,808 bah. Cristal de roche. Patrie de Bisson. Ce village fut érigé en principauté en t;,7o; il a donné son nom à une branche de la famille deRohau. GUÉNEAU DE MONTBÉLIARD iPhilibert), naturaliste, né à Seniiir en 1720, mort en 17So. Il collabora a l'Histoire des oiseaux de BuU'onelrédigea, pour cet ouvrage,lesarticles hirondelle, paon, rossignol, etc., dans les- quels il imita, à s'y méprendre, la manière brillante et le style imagé du grand natura- liste. H a publie aussi des articles d'entomo- logie dans VEncycloiiédie mélhodiquc. GUENEE (l'abbé Antoine), théologien, né a iaam|ies en 1717, nioi'l en l«u,i. H professa la j'hélorique au collège de Plcssis (174I-'6I) et se rendit fameux par ses Lettres portugaises (1 vol. in-S°, 1769), écrites pour répondre aux attaques de Voltaire contre la Bible et contrôles Juifs. Cette érudite réfuta- tion du grand philosophe obtint d'autant ulus de succès quelle était plus modérée. — (inriiérinud (H. de). (V. S.) •GUENILLE s. f.[ghe-ni-eu;// mil.] (corrnpt. de suuqnemlle). Haillon, cbili'on : que voulei- V021S faire de celte guenille, de ces guenilles? — Par exl., surtout au plur., toutes sortes de bardes vieilles et usées : cet homme ne porte que des guenilles. — Au lig. Choses de peu d'importance : selon lui, le corps n'est qu'une guenille, dont il est honteux de s'occuper, (t'ain.l * GUENILLON s. m. diminut. Petite gue- nille : je liai, que faire de ce guenillon. (Fam.) • GUENIPE s. f. [ghe-ni pc] (hoU. knippe, lieu de prostitution). Femme malpropre, maussade, et de la lie du peuple : qui nous a amené cette grande guenipe ? — Plus ordin. Coureuse, femme de mauvaise vie : ne hantez pas cette femme-là, c'est une franche guenipe. ♦ GUENON s. f. [ghe-non] (haut ail. guena, femniCy. .Mamm. Genre de singes de l'ancien continent ; caracteri.->é par une tête ronde, un front fuyant, un nez plat el ouvert à là hauteur des fosses nasales , des oreilles moyennes, des callosités aux fesses, la queue plus longue que le corps. Les guenons sont les plus vifs et les plus aimables de tous les singes, quand elles sont jeunes; plus tard, elles deviennent souvontméchantes. Le genre guenon, dont le nom scientifique est cercopi- thèque, cum|uend une trentaine d'espèces, dont les principales sont : le talapoin, la mone, l'ascagne, le moustac, le grivet, le callilrichu, le vervet, le malbrouc et le palas. — Ordin. Femelle d'un singe : une petite gue- non. — Fig. et fam. Femme très laide : c'est on. —Femme le qu uni- guenon. f. Petite guenon ; une jolii guenueiir. — (, kst unk gue.\lcue coiffék, se • GDENUCHE dit d Une femme laide et fort parée. GUEPARDS, m. .Mamm. Espèce de caina.s- sier du gr.ind genre chat. Le f.'uépard ifeha juhuln. Schivb.), appelé aussi léopard chas- seur cl Uopuril n irinifire. habite l'Asie méri- dionale et l'Afrique. H re.ssemblfàun énorme chat; mais il est susceptible d'éducation (iuépard'(Fcli9 jubata) . comme le chien. Sa robe, d'un jaune fauve léL'er, est couverte de lâches rondes et noires, il mesure un mètre de long. Il possède la force, la souplesse et la puissante mâchoire des chats; mais il n'a pas leurs grilles aiguës, ni leur caractère féroce; son poil estfrisé comme celui dn chien. On l'appelle aussi chelah. __ • GUÊPE s. f. [phê-pe] (lat. veapa). Entom. Genre d'hyménoptères, type de la famille des vespiens, et comprenant des espèces d'in- sectes qui se réunissent en sociétés nom- breuses, composées de mâles, de femelles el de neutres ou mulets.— Fig. Une taille de GUÊPE, une taille extrèmenieiil fine. — Prov. Ou LA GUiïPE A PASSiî, LE MOUCIIEUO.N DEMialttR, les gens'faibles el pauvres ne doivent point essayer d'imiter ceux qui ont de la force ou des richesses. — Encycl. Les mœurs des guêpes olirent la plus grande analogie avec celles des alieilles; mais les iruêpcs se distin- guent de CCS dfM-nières surtout par la forme plus svelte, plus élancée de leur corps, et par quelqties particularités de leurs moeurs. Chez les guêpes, la femelle com - nience seule le nid, ou guêpier, qu'elle place dans ia terre, à l'air libre , dans les vieux troncs d'ar- bres ou sous les toits des greniers non fréquentés ; elle y pond ses œuts, d'où sortent des mulets, qui l'aident à agrandir le guêpier, ainsi qu'à élever les petits qui èclosent ensuite. Vers l'automne, paraissent les jeunes mâles et les jeunes femelles. Presque toute la colonie périt en hiver; quelques femelles survivent seules et deviennent, au printemps, les fondatrices d'une nouvelle colonie. Les guêpes ne font point de miel ; elles se nourrissent d'insectes, de viande, de miel, de substances sucrées ou de fruits, et alimentent leurs larves de l'ex- trait de ces substances. Femelles el neutres sont armées d'aiguillons, dont elles font iisao-e à la moindre provocation et dont les piiiùres sont plus dangeieuses que celles do l'abeille. On distingue, entre autres espèces : 1" la guc.pe cartonnière{vespanidulnns), petite, d'un noir soyeux, avec des taches jaunes, et le Guêpe commune (Vespa Tulgarîs\ GUfiP hord postérieur des anne;iux de l'abdomende la iiiènie couleur. Elle suspend pnr un an- neau aux branches d'arbres son nid, composé d'un carton très fin, assez solide pour défier l'ardeur du soleil et l'etïet destructeur des pluies: '1° la guèjie frelon (vuspn craho), voy. Frelon ; 3" la guêpe commune (vcspnvulgaris). GUïïR C!(S), oisi'uu dont le!)rill.-nit pluni.'iL.'C combine le rouye profond, le rose oeillet, le vert GUER 191 Guèpc cartotuiierc (Ve^pa niiUilans). noire, variée de jaune vif: elle fait son nid dans la terre; elle recherche avec avidité le miel, le sucre et les fruits murs; elle se rend quelquefois redoulable par les dégâts qu'elle cause dans nos jardins fruitiers; mais comme elle ne dédaigne pas la viande, on lui aban- donne souvent des foies pour l'attirer dans les lieux infestés de mouches bleues; 4" la giiêpe rousse ou guÉpe des arbustes {vespa gallica), plus petite que la guêpe commune: elle a l'abdomen roussâtre avec des bandes circu- laires bi-unàtres. Son guêpier, composé de 20 ou 30 cellules, est ordinairement lixé sur un(.' branche d'arbuste. ' GUÊPIER s. m. Lieu oii les guêpes cons- truisent des gâteaux et des alvéoles qui for- ment un groupe revêtu d'une enveloppe en tout ou en partie. — Tomber, donner dans le ouÈPiER, D.\NS UN GUÊPIER, se trouver, sans le vouloir, au milieu de gens dont on n'a que de mauvais traitements à attendre. Se mettre la TÈTE DANS LE GOÉiMER, s'engai'cr daus une af- faire où l'on court risque d'être dupé. On dit dans un sens analogue : ne vous engagez pas dons eetle affaire, c'est un guêpier. GUEPIER s. m. Ornith. Genre de passe- reaux syndactiles, dont les espèces se nourris- sent d'insectes et surtout de guêpes et d'a- beilles. Le guêpier commun [merops apiaster) Guôpior commun (Merops apiaslcr). habite le midi de l'ICurope, particulièrement les rives du Don ot du Volga. C'est un magui- tique oiseau à dos fauve ; son front, son ventre sont bleus ; sa gorge jaune est en- tourée de noir. 11 fait son nid dans des trous profonds de I m. îiO, qu'il ci'en>e le long des beiges sablonneuses ; la femelle y dépose 6 ou 7 œufs pi'csquc ronds. D'autres espèces se trouvent en Afri(|ue, en Asie et dans l'archi- pel Indien. Une des plus belles espèces afri- caines est le guêpier-loup (luelitotlicres Nubi- Guèpier-loup (Melittotheres Nubicus). bleuâtre et le noir. 11 habite l'Afrique orien- tale. — Guépin. {V. S.) GUER, ch.-l de cant., arr. et à 23 kil. E. de Ploërmel (Morbihan' : 3.457 hab. Aux en- virons, magnaneries et culture du mûrier. GUËRANDE, ch.-l. de cant., arr. de Saint- Nazaire (Loire-lnf.), et à 7 kil. de la mer, par 47" 19' 44" lat. N. et 4° 4e' 2" long. 0.; 7,054 hab. Conserves alimentaires, vins, ma- rais salants. Filatures de lin et de coton. Courses renommées. — Cette ville fut fondée au VI" siècle, fortifiée par .lean "V de Bretagne en '1431, prise par Louis d'Espagne en 1342, par du Cuesclin en 1373, assiégée vainement par Olivier de Clisson en 1379 et par le maré- chal de Rieux en 1489. Ce fut dans l'église Saint-Aubin à Guérande que fut proclamé, en 1433, le traité de Guérande, qui mit fin à la guerre de la succession de Bretagne, et par lequel Jeanne dePenthiévre, veuve de Charles de Biois, renonça au duché de Bretagne. — Guérande était jadis un port de mer ; elle est entourée de murailles massives flanquées de tours. Ses marais salants produisent annuel- lement plus de 80,000 tonnes de sel. GUÉRANGER (dom Prosper), abbé de So- lesme, ne au Mans en iMMi, mort en février 187.t; auteur d'ouvrages d'histoire ecclésias- tique et de philosophie religieuse; fondateur de l'abbaye de Solesme (1833); restaurateur des bénédictins en France. GUERAZZI. Voy. Guerrazzi. GUERCHE ;La , ch.-l. de cant., arr. et à 22 kil. S. de Vitré (llb-cl Vilaine); 4,665 hab. Marrons t-t beurre. GUERCHE -SUR-LAUBOIS (La), ch.-l. de cani,. an-, et à is kil .N. K. de Saint-Aïuand- Muiilroiid (Cher': 3.452 hab. GUERCmO 011 Le Guerchin[gouèr-tchi'-no], Giovanni-Francesco Baiuueiii), peintre ita- lien, ne en l.'iOO, mort en 1666. Dans son en- fance, un accident le priva de l'usage de l'œil droit, d'où son nom Guerclno (petit louche). Les premières et rar(^s peintures de sa jeu- nesse sont composées sous l'intluence du genredeCaravago. En étudiaiitd'autresécolcs, il forma son second style, dont les plus beaux spécimens sont les fresques du dôme do la cathédrale de Piacenza. Son troisième style, imitation l'rappanlo de celui du Guide, est faible et languissant. Ses travaux com- prennent 106 tableaux d'autel, 141 grandes compositions, un nombre immense de Ma- dones, de portraits, de paysages, et de nom- breux dessins. 11 fonda une école a Ceiilo. sa ville natale, prés do Kcrrarc; celte école fui tloris>ante pendant un gr.ind nombre d'an- nées. • GUERDON s. m. [ghèr-don] (bas lat. wi- derdovurn'. Loyer, salaire, récompense. Aucun labeur n'y manque th; guerdoti. La Koï^tai:(b. * GUERDONNER v. a. Récompenser. ' GUÈRE ou guères (anc. ail. garo , beau- coup). On n'écrit Giières que dans les vers. Adverbe qui s'emploie toujours avec la néga- tive, et qui signifie, pas beaucoup, peu : il n'y II guère de gens tout à fait désintéressés. — ■ S'emploie quelquefois dans le sens de presque point; et alors il est toujours suivi de que : je ne vois guère que lui qui soit capable de faire cela. ' GUÉRET s. m. Terre labourée et non en- semencée. Le chardon importun hérissa nos guérets. BOILBAU. — Se dit quelquefois, en poésie, de toutes. les terres propres à porter des grains, qu'elles soient ensemencées ou qu'elles ne le soient pas ; des guérets couverts d'abondantes mois- sons. GUÉRET [ghé-rè] (anc. Garaelum), ch.-l. du départ, de la Creuse, à 330 kil. S. de Paris, près de la Gartempe, aftluent de la Creuse, par 46" 10' 17" laL N. et 0° 28' 9" long. 0.; 5,830 hab. Pépinière départementale, car- rières di- pierre de taille. Peignes, noir de fumée, boutons, potasse, eaux-de-vie. Tanne- ries, corroieries, etc. Belle église romane: château. — Cette ville se forma autour d'un couvent fondé, au commencement du vin" siècle par saint Paidoux. Elle devint la ré- sidence des comtes de la Marche et ob- tint une charte de commune en 1406. GUÉRETER v. a. Mettre eh guérets, labou- rer. GUÉRICKE (Otto von), physicien allemand, né eu IGO'J, mort en 1686. Il tut, pendant 35 ans, bourgmestre de Magdebourg. Ilest connu principalement comme inventeur, en 1650, de la machine pneumatique, perfectionnée plus tard par Bobert Boyle. Il fut l'un des piemiers astronomes qui soiitinrenl que l'é- poque du retour des comètes peut être calcu- lée. Il a aussi inventé une balance pour peser l'air et a démuntré la force de la compres- sion de l'air par l'expérience des hémisphères dits de Magdebourg. Ses principales obseï va- lions ont été publiées sous ce titre : Expéri- menta nova, ut vonint, Magdeburyica, etc. (Amstei-d., 1672, in-l'ol) • GUÉRIDON s. m. Sorte de meuble qui n'a qu'un pied, et qui sert principalement à sou- tenir des chandeliers, des ilambeaux : un guéridon de bois. •GUÉRILLA s. f. [// mil.] (motesp.). Troupe espagnole combaltant en tirailleurs. — Par anal. Corps franc, bande de partisans : les guérillas lirrnt plus de m.il à l'ciinini que l'ur- méc régulière. GUÉRILLERO s. m. Soldat faisant partie d'une guérilla : des guéi'iltcros. j GUÉRIN (Jean -Baptiste -Paulin), peintre.! ne à Toiilon rn 17n3, mort en 18. io. Uomes- | tique de l'atidier de Gérard, il peiL'iiit en se- cret Gain après la mort d'Abel. grande loile qui fulachetée par le gouvernement. Il donna ensuite des portraits, des sujets mytholo- giques, des tableaux religieux, tels «pie la bescente de Croix, qui fut oll'erlc à la callié- drale de Baitimoro par Louis .WIIl, et Adam et Eve chasses du Paradis terrestre, l'un dos chefs-d'œuvre de l'école française. GUÉRIN-MÉNEVILLE Télix -Edouard), natu- raliste, né à loulou en IT:)9, mort en 1874. Il fut professeur d'onlomologie au collège de France et inspeclour général des magnane- ries. Ses ouvrag^escomprennent : Iconographie du règne animal de M. le baron Cuvier (7 vol., 192 GUKH I8;i0'-/j-'i) cl Miii/itaim lie zooloj/ii\ d'iinnloinie comparée et de paléonMogie lt(, vol. I«:)l-li). • GUÉRIR V. a. [};hé-rir](anc. haul ail. war- jnn, (Ifrciilirc, proléeer). U'-livrerde maladie, faire revenir en santé, redonner la sanli; : ee mi'ikcin l'a i/uéri d'un mal i/ui paraissail incu- rable. — Se dit aussi en parlant des maux, des maladies : piii'rir la fièvre. — Absol . L'art de r/w'rir. — C'kst un saint oui nk guérit dk niEN, se dit d'un homme qui a peu de mérite ou peu de crédit, qui ne peut 6lro d'aucun se- cours. — - Ckla nu mk (;i'i;iiinA DK iukn, cela ne me servirade rien. On dit de même : de quoi guérira, de qiini me guérira cela '! — Mkbecin, GUKiiis-Toi TOi-MÈMK, cette plirasc, prise li]?uré- inent, sifinilio, gardezpour vous-même lesavis que vous donnez aux autres. — v. n. Recou- vrer la santé : il csi malade, mais il en gué- rira. — .Se dit quelquefois des maux, et des parties aifectées de quelque mal : sa blenswe ■guérit. — .Se dit fig., soit comme v. a., soit comme v. pr. ou ii., en parlant des maux du cœur, de l'esprit ou de l'imagination, tels que le? afflictions, les passions, les vices, les travers, etc : il est difficile dr guérir un esprit si malade. - Se guérir v. pr. Revenir à la santé, se délivrer de ia maladie. * GUÉRISON s. f. [fihé-ri-zon]. Recouvre- ment dr la santé : guérison entière, parfaite, iinparfnite. — Se dit aussi en parlant des maux, des maladies, qui guérissent naturel- lement ou avec le secours de l'art : la ijuéri- son de ces .sortes de maux, de maladies est lente, est diffîj-ilr. * GUERISSABLE adj. Qu'on peut guérir, qui n'est pas inciu.ilile : ce mal est guérissable. ' GUÉRISSEUR s. m. Qui guérit, qui fait profession de guérir. Ne se dit guère qu'en mauvaise part d'un médecin peu instruil, d'un empirique : ce malade avait foi aux gué- risseurs. " GUÉRITE s. f.(all. warlen, guetter). Petite loge de liuis ou de maçonnerie, petit réduit où une sentinelle se met à couvert contre les injures du temps: un boulet de canon donna dans la guérite, et tua la sentinelle. — Gagner LA GuÉBiTE, s'enfulr. — Se dit aussi de cer- tains petits cabinets ouverts de tous côtés, qu'on fait quchiuefois au haut des maisons. pour y prendre l'air, et découvrir de loin : il a fait faire une petite gucrite au haut de sa maison. GUERNESEY, anc. Samia; angl. Guernsey [gheurn'-zij, la plus occidentale des iiesMor- maiidcs, appartenant à la Grande-Bretagne, à 36 kil. de la France et à S'i kil. de l'Angle- terre ; 67 kil. carr. ; 36,000 hab. Surface basse et unie vers le N., mais montagneuse vers le S. Excellents ports. (Climat variable, mais tempéré et salubre. Sol fertile; agri- culture généralement en retard. Les princi- ]iales productions sont : le blé, l'oriio, l'a- voine, le sarrasin, les pommes de terre, les fruits, le cidre, le vin, le beuri'e et les bes- tiaux. On exporte le granit, les pommes, le cidre et le vin. Les habitants parlent un dia- lecte du norman.'l-français. Un lieutenant gouverneur représente le souverain dans l'as- semblée des étals (corps législatif composé de 32 membres). Capitale, Samt-Pierre-Port. GUÉRONNIÈRE (Louis-Etienne-Arthur, vi- comte iiE laJ. jouriiahsle, né à Poitiers eu ISIl), morten déc. 1875; fut secrétaire de Lamartine ; entra au Conseil d'Elat sous l'Empire, puis au Sénat ; il étail ambassadeur à Constantinople au moment où éclata la guerre de 1870. GUÉROULT (Adolphe) [ghé-rou], journa- liste, né à Radepont (Eure) en ISIO, mort en 487^. 11 fut successivement saint-simonien, correspondant du Journal des Débats en Es- piip.ie et en Italie, consul àMazatlan(IS4'2-'47) GUFR et il .lassy (tSi7-'i81, sous-rhef du Crédit mobi- lier, membre du Corps lé;.'islalif (1863- 49) et princip.il rédacteur de VOpinion nationale. journal ([u'il avait fondé en 18!i!). Il exerça une grande influence en faveur de la ini-lcn- due démocratie impérialiste et fut un ardent adversaire de l'iillrainiHitanisme. GUERRAZZI Francesco Domemco) fgouèr- rât'-sij, auteur italien, né à Livourneen 180.Ï, mort en 1873. Après avoir été emprisonné deux fois comme révolutionnaire, il se rendit k Florence où il devint un célèbre avocat. En 1848, il fonda un journal républicain, fut dé- puté et ministre de l'intérieur. En mars 1849, il fut nommé chef du gouvernement provi- soire renversé en avril. Jeté en iirisonjusiju'en juillet 18.'13, il fut ensuite banni et relourna en Toscane on 18;j9. Il entra bientôt au pai-- lemeiil italien. Il a laissé un drame, JB(Vi?i'/a ediNeri, et plusieurs romans historiques, parmi lesquels VAssedio di Firenze, Isabella Orsini. lieatricc Cenei, et Pasquale Paoli. ' GUERRE s. f. (bas lat. guerra; de l'ail. wehr, défense). Querelle, dillcrcnd ontredeux princes ou deux nations, qui se vide par la voie des armes ; action d'un prince, d'un peuple qui en attaque un autre, ou qui résiste aune agression, à une invasion, etc. : guerre .sanglante, juste, injuste, offensive, défensive. — Art militaire, connaissance des moyens que l'on doit employer pour faire la guerre avec avantage: savoir bien la guerre. — Guerue CIVILE, GUERRE INTESTINE, guerre qui s'allume entre les citoyens d'un même Etat. — Guerre ÉTRANGÈRE, guerre contre les étrangers. — GuERRKSDE RELIGION, Celles quc les dissensions religieuses allument dans un pays. Guerre SAINTE, guerre qui s'est faite autrefois contre les inlidèles pour reconquérir la terre sainte. — Guerre a mort, guerre dans laquelle on ne fait aucun quartier. On dit à peu près de même. Guerre d'extermination, guerre à ou- trance.— Petite guerre, celle qui se fait par détachements ou par partis, dans le dessein d'observer les démarches de l'ennemi, de l'in- commoder, de le harceler. Se dit aussi d'un simulacre de guerre, dans lequel des corps d'une même armée manœuvrent et feignent de combattre les uns contre les autres, en ti- rant seulement à poudre. — Obtenir les hon- neurs DE la guerre, se dit d'une garnison assiégée qui n'estpas forcée, avant de quitter 'a place, d'y laisser ses armes. — Foudre de GUERRE, grand homme de guerre qui a rein- porlé plusieurs victoires etdonné des preuves d'une valeur extraordinaire. — Faire bonne GUERRE, garder dans la guerre toute l'huma- nité et toute l'honnêteté que les lois de la guerre permettent. — Faire bonne guerre a quelqu'un, en user honnêtement et sans su- percherie dans la discussion des intérêts qu'on a à démêler avec lui, quoiqu'on le pour- suive vivement. — Cela est de bonne guerre, cela est conforme aux lois et aux usages de la guerre. Se dit tig. en parlant de toutes les actions de la vie civile où l'on prend ses avantages, sans blesser aucune des bien- séances et des règles quel'honnêteté prescrit: usez hardiment de ce moyen, il est de bonne guerre. — Faire la guerre avec quelqu'un, servir avec lui en temps de guerre dans les armées du même souverain, de la même na- tion, du même parti. — Nom de guerre, nom que chaque soldat prenait autrelois en s'en- rôlant, tel (jue, la Tulipe, Sans-quartier, etc. Se dit quelquefois, fig., d'un nom supposé que l'on prend pour n'être pas connu. Il se dit aussi d'un sobriquet donné à quelqu'un par plaisanterie. — La guerre nourrit la guerre, ce qu'on prend sur les ennemis sert à entre- tenir les armées. — Guerre et pitié ne s'ac- cordent PAS ensemble, ordinairement, à la guerre, on a peu de pitié, et même il serait quelquefois dangereux d'en avoir. — A la guerre comme a la guerre, il faut s'aecommo- gui-:r der au temps où l'on est, quelque fàcheut (lu'i! |)uisse être. — Par exl., tant au propre qu'au fipiiré. Tfuile espèce de débat, de dé- mêlé, d'attaque, de lutte : cet homme est tou- jours en guerre avec ses voisins. — Qui terre A, guerre a, qui a du bien, est sujet à avoir des procès. — Faihe la guerre a quelqu'un, lui faire souventdes réprimandes surquelque chose : 7/ conseri^e toujours l'accent de sa pro- vince, faites-lui en un peu la guerre. — Faire la guerrb aux mot.s, critiquer minutieusement le style et les mots dans un ouvrage d'esniit. — Faire la guerre a l'ieil, observer avec soin toutes les démarches de ceux avec qui on a quelque chose a diniêler, afin de proli- ter des conjonctures — Faire juelquk chnsk DE guerre lasse, Ic faire après avoir long- temps résist" :je lui ai cédé de guerre lasse. — Faire la guerre aux habitants de l'air, des forints, elc, chasser. — Se dit aussi en par- lant des bêtes qui en attaquent d'autres pour en faire leur proie: le loup fait la guerre aux brebis. — Jeu qui se joue sur un billard. GUERRERO (f.'hèr-rè'-rojI.Etat du Mexique, borne p.jr le P.icilique et par les étals de .Michoacan, du Mexique, de l'uebla etd'(Ja|a- ca; 06.477 kil. carr.; 3)0.000 hab. la plu- part Indiens. Il est traversé de l'E. à l'O. par les Cordillières de la Sierra Madré, qui a de nombreuses ramifications. Il y a quelques vallées de peu d'étendue. La rivière princi- pale est le Rio de las Balsas. L'argent est le minéral le pins important. On y trouve aussi des mines d'or, de cinabre, de plomb, de soufre, de salpêtre, de couperose et d'an- thracite. Le climat, généralement malsain, varie de l'extrême froid à l'extrême chaleur, suivant l'élévation. Sol très fertile; végéta- tion forestière riche et variée. Ma'is, lé;:umes, coton, canne à sucre, café, cacao, yuca, tabac, cochenille et indigo. Exportation de coche- nille, d'indigo, de cacao, de laine et de peaux. Acapulco est le principal port. — II. Autrefois Tixtla on Tixtlan, capitale de l'état ci-dessus, dans une frori'e étroite entre deux montagnes de la Sierra Madré, à 200 kil. S,-0. de Mexico; 6,;i00 hab. GUERRERO (Vicente), président de la répu- blique Mexicaine, né vers 1770, mort le li février 1831. Mulâtre et ancien esclave, il de- vint le principal général des patriotes, lors du soulèvement pour l'indépendance. En 1827, il éprouva un échec comme candidat à la présidence; ses partisans, les démocrates, alléguant qu'il y avait eu fraude, se soulevè- rent et, en 1829, il prit possession de la pré- sidence. Le 11-i sept., il publia une proclama- tion qui abolissait l'esclavage. En 1830, il lut nomnié dictateur, à cause d'une invasion des Espagnols. Après la défaite de ceux-ci, Ijusla- mente et Santa-Anna se révoltèrent contre lui. Guerrero leur fut Uaitreusenient livré et ils le firent fusiller, après un simulacre de juf;ement. * GUERRIER, 1ÈRE adj. Qui appartient à la guerre : allions yuerrières. — Qui est [lorté, qui est propre à la a-uerre : linmeur guerrière. — Avoir l'air guerrier, la mine guerrière, avoir 1 air, le maintien, la contenance d'un homme de guerre. — s. Celui qui fait la guerre, et qui s'y plail: c'est un grand guer- rier. S'emploie de même quelquefois au fémi- nin :îlal. (loidi'à nœuds destinée à modérer le traînage îles ballons contre terre k la des- C(uite, et à préparer, en quidque sorte, l'ac- tion de l'ancre. Le guidc-ro/ie a été inventé par l'aéronaute anglais Charles Green. (Voy. AÉU(lSTAï). 6UIDI (Tommaso) [goui'-di]. Voy. Masaccio. GUIDO ARETINO. Voy. Ariitin. GUIDO E GINEVRA ou la Peste de Florence, oiHTa en '■' inttis, représenté à Paris (Acadé- mie ib' musique) le 9 mars ISIIS; musique d'IIalévy; paroles do Scrihi?, d'après un épi- sode tiré de l'histoire do Florence par Uelé- cluze. 'GUIDON s. m. Petit drapeau d'une compa- gnie : à ;»(/•//)• rfw XV" sièi-le, les comp ignics GUIL de gendarmes eurent un guidon. — Celui qui porte le guidon : dans l'ancienne gendarmerie, le guidon avait le titre d'officier. — Charge de guidon : guidon de gendarmerie. — Petit dra- peau qui sert pour l'alignement dans les ma- nœuvres de l'infanterie. — Mar. Banderole plus courte et plus large que la flamme, et fendue à son extrémité, qui sert ordinaire- ment à faire des signaux : arborer un guidon à la tête du grandjndt. — S'est dit autref. dans le sens de guide, en parlant de certains ma- nuels ou traités : le giridon des finances. — Mus. Marque que l'on fait au bout d'une ligne, pour indiquer l'endroit où doit être placée la note qui commence la ligne suivante. — Guidon DE RENVOI, marque, signe que l'on fait en ajoutant quelque chose à un écrit, pour indiquer l'endroit où l'addition doit être placée, et que l'on répète an commencement de cette addition. — »v Artill. Guidon de MIRE, espèce de pinnule à l'aide de laquelle on pointe une arme à feu. GUIENNE. Voy. Guyenne. GUIERS (Le), rivière qui sépare le dép. de l'Isère de celui de la Savoie et se jette dans le Rhône, à 15 kil. S. de Belley, après un cours de ;;0 kil. •GUIGNARDs. m. |(/?inill]. Hist. nat. Es- pèce de pluvier de la grosseur d'un merle, bon à manger et fort délicat : on ne trouve guère de guignards que dans le pays Chartrain. * GUIGNE s. f. [ghi-nieu: gn mil.] (bas lat. guindolum). Espèce de cerise douce, assez approchante du goflt et de la forme du bi- garreau, mais plus petite et très sucrée : guigne noire, rouge. •GUIGNER V. n. [ghi-nié; gn mil.] (anc haut ail. kinan, sourire). Fermer à demi les yeux, en regardant du coin de l'œil : guigner de l'œil. — V. a. Lorgner, regarder sans faii'e semblant : guigner le jeu de son voisin. — Fig. Former quelque dessein sur quelque personne, sur quelque chose : il y a longtemps qu'il guigne celte hériiicrc. (Fam.) GUIGNES I (Joseph de), orientaliste, né à Pontoise en 17'2I, mort en 1.S00. Dès sa jeu- nesse, il excella comme sinologue, et fut nommé professeur de syriaque au collège de France en 17.'57 et conservateur des antiquités du Louvre en 1769. Ses pi-incipaux ouvrages sont : Histoire générale des Huns, des Turcs, des Mogols et des autres Tartares occidentaux, avant et depuis J.-C. jusqii^à présent ('i vol. in-'t", n.Sti-'oS). — II. (Chrétien-Louis Joseph de) son fils, né en 1759, mort en 184.'i. Il l'ut, pen- dant 17 ans, consul français à Canton. Il publia Voyages à Pékin, Manille et t'ile de France, et donna comme sien, en 181;!, un Dictionnaire chinois, français et latin, qui n'était antre que le Han-tsé-sy-y de Basilius de Glemona, revu et augmenté. * GUIGNIER s. m. Arbre qui porte les guignes. GUIGNOLS, m. [gn mil.]. Sorte do polichi nellc lyonnais. — Théâtre de marionnettes en [ilcin vent. GUIGNOLANT, ANTE adj. Qui cause du déjut. GUIGNOLET s. m. Liqueur faite avec des guigne-.. * GUIGNON s. m. [ghi-nion; gn mil]. Mau- vaise chance. Se dit princifialement au jeu: avoir du guignon. (Fam.) — Porter guignon, porter malhi'ur. GUIGNONNANT, ANTE adj. Irritant, impa- tientant. GUILANDINEs.f. (ghi-lan-di-nol.not.r,enre do léL'nmiueii-.i's cé^alpinées dont quelques espèces sniii i-ultivées dans les jardins. GUILOE ou Ghilde s. f. (sax. yildan, payer). GUIL 195 Hist. Se dit de certaines associations bour- geoises et ouvrières du moyen âge. — S'em- ploie aussi pour désigner les corporations d'arts et métiers qui subsistent encore aujour- d'hui dans certains pays et particulièrement en Russie. GUILDFORD [ghil'-feurd], capitale du comté de Surrey (Angleterre), sur le Wey, à 40 kil. S.-O. de Londres: 14,319 hab. Manufactures de papier, de poudre, de briques, de voitures, de fer, etc. * GUILDIVE s. f. [ghil-di-ve]. Eau-de-vie, esprit tiré du sucre. On dit plus ordinaire- ment. Tafia. GUILDO (Le), hameau de la comm. de Civhen, arr. et à 23 kil. de Dinan 'Côles-du- Nord). Antique château féodal, célèbre dans les annales delà Bretagne. GUILEE s. f. Pluie soudaine et de peu de durée : gitilée de mars. On dit plus ordinaire- ment Giboulée. GUILFORD. ville du Connecticut (Etats- Unis), sur le détroit de Long-lsland, à 20 kil. E. de New Haven; 2.780 hab. GUILFORDT COURT HOUSE, localité à en- viron 8 kil. de Greensborough (Etats-Unis), mémorable par une bataille livrée le 1.5 mnrs 1781, entre 4,400 Américains, dont les deux tiers étaient des recrues de la milice, sous le gén. Greene, et 2,400 vétérans anglais com- mandés par lord Cornwallis. Les Américains furent vaincus. GUILHERMY Ferdinand, baron de), archéo- logue, né à Londres, le IS septembre 1808, d'une famille languedocienne émigrée, mort le 27 avril 1878. 11 obtint un emploi au mi- nistère des finances en I8:'9 et devint con- seiller référendaire à la Cour des comptes en 1816. Il a laissé : Monographie de l'église de Snint-Dcnis (1848), etc. Son dernier ouvrage est le Recueil des inscriptions du diocèse de Paris. •GUILLAGE s. m. [// mil.]. Brasserie. Fer- mentation par le moyen de laquelle la bière récemment entonnée pousse hors du tonneau cette écume que les brasseurs nomment Le- vure. GUILLARD (Charlotte), femme imprimeur; elle épousa en premières noces Bcrthold Rem- bolt, qui acheta, en lolO, l'imprimerie du fa- meux Gering. Devenue veuve, elle épousa en secondes noces Claude Chevallonet, après la mort de celui-ci, dirigea avec une grande in- telligence son établissement piud.int cin- quante années consécutives. Son imprimerie, fondée par Gering, était la plus ancienne de Paris. GUILLARD (Nicolas-François), auteur dra- matique, ni' aChartrcsen I7.)i, mort en 1814. Son Iphigénie en Tauride, dont Gliick com- posa la musique, lui valut les faveurs de la cour et do la ville (1779). Presque tousses autres poèmes dramatiques, sur lesquels, par ordre de la reine, travaillai Ile compositeur Sac- chini, obtinrent non moins de succès. Son chef-d'o'uvre rst Œdipe à Colone (1787). •GUILLAUME s. m. [ghi-iô-me; Il mil]. Sorte do rabot k fer étroit et échancré: guillaume à cbauher. — %v Métrol. Monnaie d'or dolaHesse électorale, valant 21 fr. 16. — Monnaie d'or des Pays-Bas valant 21 fr. 10. GUILLAUME, angl. Wi7/mm, ail. W'ilhclm), nom du rois, de princes et de personnages célèbres. I. Allemagns Guillaume, empereur d'Allemagne, d'a- bord conile de llollande, sous le nom de Guillaume 11. né vers 1227, empereur en ISîiO. il fut tué, pendant une expédition, par des paysans frisons (I2ii4). (V. S.) 196 GUIL II. Rois d'Angleterre Gnillaume I", surnomme d'abord \e Bâtard et en-iiUc le Conquérant, fondateur de la dy- nastie iioi'maiide, né en 1027, mort le 9 septembre 1087. Bâtard de Hobert le Diable, duc de iNormandic,el d'Arletle, lille d'unlan- neurde h'alaise, il hérita du diiclié de Norman- die à l'âge dedix-huilans. L'irrégolaritédesa naissance donna prétexte au roi de France, Henri 1", d'envahir ses l^tuls pour lui enlever une couronne coiilcilûe. Après des alterna- tives de suixos et de revers, Guillaume, âfîé à peine de l.S ans, prit le commandement île ses troupes, et remporta sur le roi de France la vicloiri; décisive du Val-des-Uunes (1(J4()), qui rétablitsGs alfaires. Aya[il des prétentions au Irônn d'Anjrletorre, comme petit-neveu dlîmnia, mère d'Kdouard IcConfesseur, il fit un voyage à Londres en lOol et décida vrai- semblablement Edouard à faire un testa- ment en sa faveur. Harold, fils du comte Godwin, et prétendant, lui aussi, à la couronne d'Angleterre, ayant visité la cour normande en lOe."), prêta serment à Guillaume ; et lors- que mourut lidouard, le!) janvier lOGfi, toutes les diflicultés semblaient aplanies. Pourtant Harold parvint à monter sur le trône, malgré les réclamations du duc de Normandie. Mû par ra;;itation d'un caractère emporté, Guillaume résolut de revendiquer ses droits les armes à la main. Le pape Alexandre II lui envoya une bannière consacrée et un cheveu de Saint-Pierre, et le prétendant, fort de l'appui du clergé, fit un appel aux peuples de France, promettant à ceux qui s'enrôle- raient sous la bajinière envoyée par le pape, une bonne paie, de grandes terres dans le pays conquis, sans préjudice des indulgences religieuses. Il vil accourir, de tous les points du territoire, une foule d'aventuriers plus avides de pillage que d'indulgences. Cetle armée, composée de 67,000 combattants et de 200,000 iion-combatiants, s'embarqua à Sainl-Valery-sur-Sorame, en septembre lOfiG et débarqua sur dilférenls points enlre Bexbill et Winchelsea, le jour de la fête de Saint-Michel, patron de la Normandie. Guil- laumedescendilà terre le dernier; un faux pas l'ayant fait choir sur le rivage, il s'écria, en montrant, avec une rare présence d'esprit, son gantelet couvert de boue : o Je viens de me baisser pour prendre possession de cette terre ». Harold, occupé à repou.-ser une in- vasion norvégienne, n'availpu s'opposer à un débarquement. Dès qu'il se fut débarrassé de ses ennemis Scandinaves, il s'avança au-de- vant des Français, à la tête de 80,000 com- battants et se retrancha, en face d'eux, sur 1 1 colline de Senlac, au lieu où s'élève aujour- d'hui l'abbaye de la Bataille. (Voy.HASii.NOs.) Le 14 octobre 1006, les Français, après avoir passé la nuit en prières et avoir communié, se précipitèrent sur le camp des Anglais, en faisant retentir l'air de la chanson guerrière deRoland.La batailleful horrible. Les assail- lants, trois fois repoussés, n'entrèrent dansle campement ennemi qu'en marchant sur les cadavres de leurs camarades qui emplissaient les fossés. Guillaume eut trois chevaux tués sous lui. Harold se défendit héroïquement et tomba, après avoir fait mordre la poussière à vingt chevaliers français. Sa mort fut suivie de la déroute définitive des siens. Guillaume, couronné à Londres le 2o décembre, se montra d'abord doux et juste envers les vaincus; mais, après la sanglante répression d'une liffue des nobles, il traita les Saxons en peuple conquis et partagea leurs domaines entre ses aventuriers français. Il eut de lon- gues guerres à soutenir pour défendre ses pos- sessions continentales contre son fils rebelle, RobertCourte-Heuse, etil passa la plus grande partie de la fin de sonrègne en Normandie. Sa dernière guerrefutcellequ'il soutintcontre le roi de France, Philippe 1°'', dont les vassaux GUIL faisaient des incursions en Normandie. Phi- lippe ayant demandé, en faisant allusion à l'obésité du roi d'Angleterre : « Quand donc ce gros homme accouclicra-t-il'/ » Guillaume lui fil répondre qu'il irait faire ses relcvailles sous les murs de Paris avec 10,000 lances en guise de cierges. Il entra dans le Vexiu français, où il mit tout à feu et à sang. lùi traversant les ruines fumantes de la ville de Mantes, il tomba de cheval et se blessa au bas-ventre; on le transporta à Rouen, où il mourut. Son cadavre, abandonné de tous, resta plusieurs jours sur le sol, dans un état de dénuement compicl. On l'enterra à Caen, dans l'église de Saint-Etienne, qu'il avait fondée. En 1831, la ville de Falaise lui a élevé une statue colossale en bronze, œuvre de L. Rochet. Il laissait trois fils: Hobert Courle- Heuse, qui lui succéda en Normandie; Guil- laume le Roux, qui hérita de la couronne an- glaise, et Henri Beauclerc, qui régna plus tard en Normandie et en Angleterre! — Guil- laume II, connu ordinairement sous le nom de Guillaume Hufus (Guillaume le Roux), à cause de ses cheveux rouges, fils cl successeur du précédent, né vers lOiiO, mort le 2 août 1100. .\bandonnant son père mourant, il se rendit en hâte en Angleterre et y fut cou- ronne à l'abbaye de Westminster, le 26 septembre 10S7. D'abord populaire, il obtint de ses sujets anglais assistance contre son frère aine Robert (1088), mais ensuite il opprima le peuple et l'Eglise. En 1090, il en- vahit Ja Normandie, mais le roi de France in- tervint et fit faire lapaix entre les deux frères, qui se tournèrent ensuite contre leur frère Henri. (Voy. Hk.nri I.) En 109:i, Malcolm, roi d'Ecosse, envahit l'Angleterre; il fut battu et tué. Une nouvelle guerre éclata avec Robert, en 109i; Guillaume envahit la Normandie, mais sans succès. Il fut tué par WalterTyrrel, lord de Poix, dans la Nouvelle Forêt, pendant unepartiede chasse. On prétendque ce fut ac- cidentellement; mais il est plus probable qu'il périt assassiné. Son plus jeune frère lui suc- cédasous lenom de Henri i". —Guillaume III. roi d'Angleterre et stathouder de Hollande (sous le nom ne Guillaume-Henri de Nassau, prince d'Orange), né ie i novembre IboO, mort le 8 mars 1702. 11 était fils de Guil- laume II, prince d'Orange, et de la princesse Marie d'Angleterre, fille ainéede Charles 1". Lors de l'invasion de la Hollande par les troupes de Louis XIV en 1672, le prince d'Orange fut nommé capitaine et amiral général de la république. Les Français rem- portèrent d'abord dessuccès, mais Guillaume paiviiit à entraîner l'Angleterre du côte de la Hollande, et à conclure une paix honorable à Nimègue (1678). En 1677, il épousa sa cousine Marie, fille aînée de Jacques, duc d'York, plus tard Jacques II. Les tentatives que fit ce dernier pour rétablir, en Angleterre, la reli- gion catholique ayant soulevé une violente opposition, le 30 juin 1088, une réunion d'ex dés anglais invita le prince d'Orange à entrer en Angleterre avec une armée pour secourir les protestants. 11 débarqua à Turbay le •') no- vembre. Le pays tout entier se joignit à lui et Jacques s'enfuit en France. Une convention des états du royaume d'Angleterre, réunie en février 1680," appela au trône Guillaume et Marie. Sa cause triompha également en Ecosse; mais Jacques descendit en Irlande et presque toute celte île tomba de nouveau en son pouvoir, grâce aux troupes fournies par Louis XIV. L'.\ngleterre se vengea, en se joignant à la coalition contre la France, et la guerre fut déclarée le 7 mai 1689. En 1690, Guillaume vainquit Jacques à la bataille do la Boyne; Jacques retourna honteusement en France. L'Irlande fut soumise en 1691 et Guillaume se rendit en Hollande où la guerre se continua jusqu'à la paix de Ryswick (sep- tembre 1697). La reine Marie (voy. .Marie II) mourut le 28 décembre 1694 et Guillaume GUIL resta seul souverain. A la mort de Jacques II, Louis XIV reconnut son lils comme roi de Grande-Bretagne cl d'Irlande. Guillaume se préparait de nouveau à la guerre quand il mourut d'une chute de cheval, le îl février 1702. Il ne laissa pas d'enfants; sa belle-sœur, Anne.luisuccéda. — GuillaumeIV(GLiLLAi;jie- Hênbï), roi de Grande-Bretagne et d'Irlande, troisième fils de George IIl, né le 21 août I76.Ï, mort le l'O juin 1837. Il entra dans la marine comme midshipman en 1779 et ob- tint le rang d amiral de la Hotte en 1801. En 1799, il fut nommé duc de Clarence et siégea à la chambre de» Lords. La mort du duc d'York, en 1827, le rendit héritierprésomfdif; on rétablit pour lui l'office de lord grand amiral. Il fut l'un des plus ardents défenseurs de l'éniancipalion catholique. Il monta sur le trône le 2b juin 18:J0. Les principaux événements de son règne furent la promul- gation d'un bill de réforme parlementaire, qu'il signa le 8 juin 18.12, et l'abolilion de l'esclavage dan s les Indes occidentales. Comme il n'avait pas d'héritiers légitimes, son frère, le duc de Cumhei land, lui succéda dans le Hanovre, et sa nièce Victoria monta sur le trône d'Angleterre. Il eut de sa maîtresse, M""^ Jordan, cinq fils et cinq filles, qui sont connus sous le nom de Filz-Clarence. III. Ducs d'Aquitaine. Guillaume V' i,e Saint, chassa les Sarrasins du Languedoc et se relira, en 808, dans la vallée de Gellone, près de Lodève, où il fonda le monastère de Sainl-Guilhelm du Dé- sert. Il mourut en 812. Fête le 28 mai. Ses exploits contre les infidèles forment le sujet dune chanson de geste, intitulée : Roman de Guillaume au Couri-Na. On l'avait surnommé Guillaume au Court- .Nez à cause d'une bles- sure qu'il avait reçue en plein visage. — Guillaume II. le Pieux ou te Débonnaire; il fonda l'abbaye de Cluny et plubieurs autres établissements religieux; il mourut en 918. — Guillaume III, fÉTE d'Etoupe, à cause de la couleur de ses cheveux, né à Poitiers au commencement du xe siècle, mort en 96o. Après des guerres malheureuses, il fut dé- pouillé de ses Etats par le roi de France en 9.O.Ï. — Guillaume IV, Fier a bras, né vers 93b, fils du piécéilenl, fut vaincu par Hugues Capet et finit ses jours dans un monastère (994). —Guillaume V, le Grand, né vers 960, duc en 990, mort en 1030; combattit les Normands, fonda des écoles et cultiva les lettres. — Guillaume 'VI, le Gras, fils du pré- cédent, fut lait )insoii nier àMonconlour(i034), abandonna une partie de ses domaines pour recouvrer la liberté et mourut en 1038. — Guillaume 'VII, LE Hardi, frère du précédent, né vers lOJo, duc en 1040, mort en 10.58. — Guil- laume VIII, frère du précédent, né vers lo27, mort en 1o86. Il conquit la Saintonge, passa les Pyrénées pour combattre les Maures. — Guillaume IX, le plus ancien des troubadours, néen I07l,successeuri 1086)deGuiliaume VIII, mort le 10 février 1120.11 se croisa en IIOI et partit à la tête de 30,000 hommes qui pé- rirent dans la Terre Sainte. Rentré dans ses Etats, Guillaume fut excommunié, à cause de l'irrégularité de ses mœurs. Il secourut Al- phonse d'Aragon contre les Maures (1121) et Louis le Gros contre les Allemands (1 124). — Guillaume X, dernier duc d'Aquitaine, fils du précédent, né à Toulouse eu 1099, mort en 1137. Une laissa d'autre héritier qu'une fille, la fameuse Eléonore de Guyenne. IV. Rois DES Deux-Siciles. Guillaume I", le Mauvais, fils de Rocer II, né vers I 1^0, roi en 1154, mort en <166.Son règne futconstammenl déchiré par des guerres et par des révoltes dont il finit par sortir triomphant. Sa cruauté, son avidité et sa dé- bauche le firent excommunier. — Guillaumell, LE BoK, né en 1154, fils et successeur 1166) GUIL du précédent, mort en 1189. Son rèfine fut l'un des plus prospères de l'hisloire de Sicile. 11 ne laissa pas d'enfanls et légua ses posses- sions à l'empereur Henri IV; ni^nis Tancrède parvint à lui succéder. - Guillaume III, fils et successeur(l 194) de l'usurpaleur Tancrède. Fait prisonnier avec toute sa famille par l'empereur Henri IV (1195), il fut enfermé dans un château du pays des Grisons, où on lui creva les yeux et où il mourut vers le com- mencement du xiie siècle. V. Ecosse. Guillaume le Lion, roi d'Ecosse en 1165, mort en 1214. Voy. Ecosse. VI. Hollande (Pays-Bas). Guillaume l", comte de Hollande, né en H6b, morten 1223. Il dutpartager(M'JO) l'hé- ritage paternel avec son frère Thierry ; plus tard, il devint seul comte. Le roi Philippe-Au- guste le fit prisonnier a Bouvines (1214). — Guillaume II, devint empereur d'Allemagne. — Guillaume III, le Bon, comte de Hollande, néversTiSO, lilset suocesseiu'(l304) de Jean II, mort en 1337. — Guillaume IV, né vers 1307, fils et successeur (l-)::t7) du précédent. Il passa toute sa vie à guerroyer et fut tué dans une embuscade par les Frisons (1343). Sa sœur Marguerite lui succéda. — Guillaume V, lIn- SENSÉ ou l'Enragé, comte de Hollande, né en 1330, fils de Marguerite, comte en 1349. Ses actes de violence exaspérèrent le peuple, qui l'enferma en 13oS, au château de Quesnoy. Son frère Albert lui succéda en 1380. — Guil- laume VI, comte de Hollande, né vers136:i, fils et sui-cesseur(1404)d'Aibert;morten1417. — Guillaume P'', le Taciturne, stalhouder do Hollande. (Voy. iNassau.) — Guillaume II, comte de Nassau, prince d'Orange, stalhouder, né en 1626, fils et successeur (IU47) de Henri- Frédéric, mort en 1630. Il opprima le parti républicain qui, à sa mort, fit abolir le sla- Ihoudérat.— Guillaume III. (Voy. G ujllaumeUI d'Angleterre.) — Guillaume IV, prince d'O- range, fit rétablir une seconde fois le stathou- déral(l747)et mourulen 17d1.— GuillaumeV, fils et successeur (1731) du précédent, mort en 1806. 11 fut chassé par les Français en 1793. — Guillaume I" (Frederik-Wilhelm), premier roi des Pays-Bas , grand duc de Luxembourg, né le 24 août 1772, mort le 12 déc. 1843. Sa mère était nièce de Frédéric le Grand et son père (mort en 1806) fut le dernier stalhouder delà république (sous le nom de Guillaume V). Guillaume commanda l'armée hollandaise jdsqu'àla conquête tran- çaise en 1795. En 1802, il hérita de son père de la principauté de Fulda et il reçut d'autres territoires en compensation de la perte des Pays-Bas, mais Napoléon lui enleva ses pos- sessions en 1806 pour le punir d'avoir refusé de se joindre à la confédération du Rhin. De- venu général prussien, Guillaume fut fait prisonnier à léna, recouvra bientôt la liberté, et se distingua àWagram dans l'armée autri- chienne (1809). Le 16 mars 1813, ilfutnomnié, sous le nom de Guillaume !'>, roi des Pro- vinces-Unies, comprenant la Hollande, la Bel- gique et le grand-duché de Luxembourg. Les Belges se soulevèrent (l830-'32) et Guillaume fut obligé de reconnaître leur indépendance en 1839. Les embarras financiers du pays et les relations du roi avec la comtesse belge ca- tholique d'Oullremont le rendirent impopu- laire. Le 7 oct. 1840, il abdiqua en faveur de son fils aillé. En 1841. il épousa la comtesse d'Oullremont, sa première femme, fille de Frédéric-Guillaiinie 11 de Prusse, étant morte en 1837. — Guillaume II (Wiluelm-Freuehik- Georg-Lodewijk), roi des Pays-Bas et grand- duc de Luxembourg, fils du précédent, né le 6 déc. 1792, mort le 17 mars 1849. En 181 1, il se distingua sous les ordres de Wellington en Espagne; en 1813, il commamla les Hol- landais à Quatrc-Bias elà Waterloo. En 1810, GUIL il épousa la sœur d'Ale.\andre !"■ de Russie, tint de vains elforls pour pacifier les Belges en 1830 et pour les soumettre en 1832. U succéda à son père en 1840. Après la révolu- tion de 1848, il fut forcé de se soumettre aux exigences du peuple, qui demandait de grandes réformes. Il transmit la couronne à son fils Guillaume III, né en 1 81 7. VII. Ducs DE Normandie. Guillaume I'', surnommé LoNGUE-EpÉE.fils et successeur (920) de RoUon, soumit les Bre- tons, défendit les derniers rois légitimes carlovingiens contre les empiétements des usurpateurs capétiens et fut assassiné en 943, dans une conférence, par Arnoul, comte de Flandre. — Guillaume II. (Voy. Guillaume le' d'Angleterre.) — Guillaume III. (Voy. Guil- laume U d'Angleterre. — Guillaume Cliton, fils de Robert Courle-Heuse (110i-'i8). Injus- tement dépouillé de son duché par son oncle Henri l"' d'Angleterre, il en appela au roi de France, Louis le Gros, et à Foulques, comte d'Anjou, qui essayèrent vainement de lui faire recouvrer son héritage. En 1126, Guil- laume épousa Jeanne de Savoie, sœur de la reine de France Adélaïde, et reçut l'investi- ture du comté de Flandre. H mourut en com- battant contre Thierry, comte d'Alsace, qui lui disputait cette dernière province. VIII. POUILLE ET CaLABRE. Guillaume Bras de Feu, premier comte normand de Pouille, l'ainé des douze fils de Tancrède de Hauleville. Sous prétexte de pèle- rinage en Terre Sainte, il vint en Italie avec 300 aventuriers normands (1036), guerroya tantôt comme allié des Grecs, tantôt comme leur adversaire, et finit par se tailler un état indépendant, dont il partagea les fiefs entre ses douze principaux (capitaines. Son frère Drogon lui succéda en 1046. — Guillaume II. dernier duc de Pouille et de Cahilire, succéda a son père, Roger Bursa, en 1111. Il mou- rut sans enfants en 1 127, laissant ses posses- sions à son cousin Roger 11, qui prit le litre de roi des Deux-Siciles. IX. Wurtemberg. Guillaume l" (Friedrich- Wilhelm-Karl), roi de Wurtemberg, né le 27 sept. 1781, moi't le 2'j juin 1864. Il était fils de Frédéric l^'', pre- mier roi de Wiirlemberg. Il se distingua dans l'armée autrichienne à Hohenlinden. Son |ière s'étant joint aux alliés, après la bataille de Leipzig, Guillaume commanda un corps d'armée en 1814-'1o. A la mort de son père, le30oct. 1816, il monta sur le trône. En 1819, il promulgua une constilution. X. Saints. Guillaume, duc d'Aquil.iine. (Voy. plus haut Uucs d'Aquitaine)— Guillaume de M\- LAVALLE ou Mulcval, geii tilhonuiie français qui, pour expier ses péchés, fonda, dans la vallée de Malavalle, près de Sienne, la con- grégation desGuilleniè tes ou Guillemins (M 3.3). il mourut en 1137. Fête le 10 févr. — Guil- laume de Nevers, fut archevêque de Bourges eu 1iÛ1,et mourut en 1209. Fête le lOjauv. Personnages divers. Guillaume (Maître), apothicaire de Lou- viers i]ui deviiitfoude la courdu roi llenrilV. — Guillaume d'.Vuvergne ou de Paris, philo- sophe scolastique, né à Aurillac, mort en 1249. évêqufi de Paris en 1228. Ses ouvrages ont été publiés à Nuremberg en 1491) et à Or- léans en 1674 (2 vol. in-fol.). — Guillaume le Breton, Guliclmus Brito-Armoricus, historien et poète, né vers 1163, mort à Senlisvers 1226. Chapelain et conseiller de Philippe-.\u- gusto, illui servit d'ambassadeur auprès du pape dans l'all'aire du divorce d'Ingelburge. Son Ilisloire des gestes de Philippe-Auguste, et sa ihilippidc, poème sur le môme sujet, GUIL 197 ontétéinsérées dans la collection deDuchesne et dans le Recueil des historiens de France. — Guillaume de Champeaux. ( Voy. Champeaux.) — Guillaume de Chartres, chroniqueur, mort vers l'an 1280; accompagna, en qualité de chapelain, Louis l.X en Palestineet enTunisie. On a de lui : De Vitd et actibus inclytse recor- dationis régis Francorum Ludovici, ouvrage imprimé en 1607 et inséré dans les recueils de Duchesne, des bollandistes et des histo- riens de France. — Guillaume de Jumièges, surnommé Calculus, parce qu il était, dil-un, sujet aux douleurs de la pierre, bénédictin, mort vers 1090, auteur d'une Histoire des Normands, écrite en latin, traduite dans les Mémoires relatifs à l'histoire de France, de Gui- zot. — Guillaume de Lorris, poète, né à Lor- ris, près de Montargis, inoit vers 1260, est le premier auteur du Roman de la Rose. — Guil- laume de Malmesbury. (Voy. Malmesbury.I -- Guillaume de Nangis, chroniqueur du xiii° siècle, garde des Chartres à l'abbaye de Saint- Denis ; a laissé en latin une V«e de saint Louis et une Vie de Philippe III le Hardi, publiées par Pithou (1596), par Géraud (1843) et dans la collection Duchesne. Sa Chronique, de la création à l'an 1300, a été traduite dans les Mémoires relatifs à l'histoire de France, de (iiiizol. — Guillaume de Normandie, trouvère anglo-normand du xiii° siècle ; son poème le plus connu est son Bestiaire diein, publié par llippeau(18o2, 1 vol. in-S"). — Guillaume de Poitiers, chroniqueur, né vers 1020 à Piéaii, près de Pont-Audemer, mort vers 10^8. Ses Gestes de Guillaume l'' ont été publiés à Londres (1808) et traduits dans les Mémoires pour servir à l'histoire de France, de Guizot. - Guillaume de la Pouille, poète du xii" siècle, dont le poème intitulé rie Rébus Nor- mannorum in Sieilid, Apulid et Calabrid gestis, usque ad mortem Robert iGuiscardi, a été publié en 1382 (in-4''j et imprimé dansplu-ieurs col- lections. — Guillaume de Tyr, chroniqueur, né en Palestine vers 1 13S, mort vers 1193; fut chancelier du royaume de Jérusalem et ar- chevêque de Tyr (1174); prêcha la croisade aux rois de France et d'Angleterre (ll-'^S), Son Histoire des Croisades, depuis leur origine jusqu'en 1183, est l'ouvrage le plus intéres- sant relatif à cette partie de Ihistoire. On l'a plusieurs fois iraprimte : Bàle (1349 et 1364), Bongars dans ses Gcsta Dei per Francos; elle a été traduite dès 1373 par Gabriel Dupréau. — Guillaume (Terre de l'Empereur). (V. S.) GUILLAUMES, ch.-l. de cant., arr. et à 30 Uil. .N.-O. de Puget-Théniers (Alpes-Mari- times); 1,026 hab. GUILLAUMIN (Gilbert-Urbin), éditeur, né ii Couleuvre, près de Moulins (Allier) en isol, mort à Paris en 1864. U publia surtout des livres d'économie politique et sociale : Du commerce et des marchandises; Annuaire de l'économie politique et de la statistique; Dic- tionnaire d'économie politique, etc. GUILLEBAUD (Pierre) , appelé Pierre de Saint-Roinuald, historien, néàAngoulême en 1o8i, mort à Paris en 1667. Il entra dans la congrégation des Feuillants en 1 613. Il a laissé Jardin d'épitaphes cftof'sie.f^ Paris, 1648); Trésor chronologique depuis le commencement du moode ;î«(/w'«i /'an 1647 (Paris, l642-'47, 3 vol. in fol.); Historix Francorum (Paris, 1632, 2 vol.), ouvrage condamné comme injurieux envers le pape et les conciles. GUILLEBERT DE METZ, historien, né vers 1333. Sa Description de Paris (1434) a été publiée en 1833, par Leroux de Lincy. ■ GUILLEDOU s. m. [ghi-ieu-dou, Il mil.] (celt. kildro, errant). Ne se dit guère que dans cette phrase, Courir LEGuiLLEDOU.allcrsouvent et principalement pendant la nuit, dans des lieux suspects : c'est un débauché qui ne fait que courir le guilledou. (Pop.) GUILLELMIN, INE adj. [// mil.] Qui se rnp- 198 GUIL porte à l'un des personnages' appel(^s Guil- laume : la Iranrhi: nuilklmiiw de Buviùrc. — s. I. Céli'^hre ordonnance ràilitrén ()jir Guil- linimc Poyol, et lenduo par François I", à VilleisCoUei-eU, le 10 anûl \:\Vi. (irnir or- donner qu'à l'avenir les ades judiciairrs fussent prononcés en fiançais et pour créer les re;;isli'(S de l'élat civil. •GUILLEMET s. m. [ghi-ieu-mè; Il mll.| (d lin iiiiiiiiiii' Guillemet, qui sVn est servi le premier en ri4(i). Typogr. Double crochet très petit que l'on emploie au noinnicnecment («) et à la fin (d) d'une citation, quelquefois inême au commencement de chacune des ligne- rjonl ille est composée. • GUILLEMETER v. a. [phi-eume-lé ; // mil.). Distinguer par des guillemets : il faut guHIcmetev ce )iassa;/e. GUILLEMITE ou Guillemite s. m. Membre de 1 ordre îles Giiilleiiiiles, fondé par Guil- laume de Maleval, au xii" siècle. Les guille- niiles éluieiit aussi appelés blancs-manlcaitx. (Voj. lil.ANCS-MANTEAUX.) GUILLEMOT s. m. [// mil.] Ornilh. Genre de palniifièiies plon^-eurs. distintrué par l'absence du ponce, l.o guillemot à miroir blanc {uria gryllc, Lalh.) mesure "28 ccntim de long et une envergure de 44centim.jen été, sa couleur ^i^^^^ iSuilliMiiul a miroir blunc (plum.ngc d'été). générale est noire; en hiver et chez les jeunes, la partie inférieure du cou et du croupion sont blancs; le dessus de la tète et le dos sont d'un brun sombre. Cette espèce habile depuis les régions arctiques jusqu'à la baie de Fundy; ses œufs sont comestibles, délicats et nu- tritifs; sa chair, noire et dure, aservi denour- Guilleiiiol (plumage d'Iiivep). riture à beaucoup de voyageurs. Le guiUemol fou ou grand guUknwt. guilkmot à caimchon (imalroik, Linn.; uria lumvia, Brun.) mesure environ .1.Ï ceiitim. deloneel (iOcentiin. d'en- vergure; sa couleur générale en dessus est d un noir grisâtre, avec des teintes de brun sombre sur les côtés de la tête et du cou On GUIL le trouve au nord du Labrador. Son plumage est excessivement épais. Son vol est rapide : il nage et il plonge si vigoureusement qu'il peut défier les vagues les plus violentes. Les mo-urs de tous les guillemols .sont les mêmes; leur nombre, leur beauté, leur acti- vité cl leurs qualités utiles ont fait l'admira- tion de tous les voyageurs, dont un grand nombre ont dû la vie à leurs œufs et à leur chair. GUILLER v. n. \n mil.] fbas bret. goel. fpr- menler). Pousser sa levure au dehors, en parlant de la bière. " GUILLERET, ETTE adj. [Il mil.] (v. franc, guille, linosse). Kveillé, léger : i7 n l'air guilleret. (Kam.). — Fig. et fam. H.\dit cuil- LinET, habit trop léger pour la saison. Ou- VRAGK GuiLLEiir.T, ouvrage peu solide. — Se dit aussi des discours, des propos un peu libres : le conte est assez guilleret. * GUILLERI s. m. Chant du moineau : le gnillcri de re moineau eut réjouissant. GUILLESTRE. ch.-l. de cant., arr. et à 19 kil. iN.-E. d'Knibrun (Hautes-Alpes) ; 1,361 hab. Autrefois place forte. GUILLOCHAGE s. m. Action de guillocher; résiillat ili- ri'llo action. * GUILLOCHER v. a. [// mil.] (deGuillot, in- venteur pnjsuiiié du guillochage). Faire un guillochis s\ir quelque chose : guillocher une ttihallère. GUILLOCHEUR s. m. Ouvrier qui guilloche. * GUILLOCHIS s. m. Ornement composé de lignes, de Irails ondes qui s'entrelacent ou se croisent avec symétrie : orner une plinthed'un guillochis. GUILLOIRE s. f. [// mil]. Techn. Vaste cuve dans l,ii|u.ll(î s'obtient la première fermenta- tion lie l.i liiérç. GUILLON, ch.-l. de cant., arr. et k 16 kil N.-E. d'Avallon (Yonne); 841 hab. Station thermale. Une source sulfurée calcique froide. .•Vllections des voies digeslives; calarrhes^ quelqu'en soit le siège; maladies des f-mmes' iiKiladies nerveuses, scrofules. Etabli.-senient avec bains, bains russes, bains de vapeur douches, inhalations. ' GUILLOTIÉRE (Voy. l.YoNi. GUil.LOTIN (Joseph-Ignace), médecin et consliluaiit, né à Saintes, en 1738, mort en 1814. 11 fut professeur d'analomie, de patho- logie et de physiologie à la Faculté de Paris; nommé l'un des commissaires chargés de donner leur avis sur les expériences de Mesmer (voy.MAONÉTisME ANi.MAL),il rédigea, avec La- voisier,Bailly et Franklin, un céTèbre rapport qui réduisit à leur valeur les miracles du mesmérisme. Elu en 1789 à l'Assemblée constituante, il demanda, le 10 octobre, que la décapitation, mode de punition réservée aux nobles, fût à l'avenir uniformément adoptée pour tous les condamnés et qu'une machine lût substituée à la hache ou à l'épée. Il fut emprisonné fiendant le règne de là Terreur. (Voy. Guillotine). "GUILLOTINE s. f. [ghi-io-ti-ne; //mil.] (de Giiillodn n. pr.). Instrument de supplice, qui tranche la tête par une opération f.ure- menl mécanique et très prompte : le couteau de la guillotine. — Fknéthe a gcillotiine, ie- nêlre à coulisse qui se lève au lieu de s'ou- vrir et se retient en l'air au moyen d'un ou de deux bouts de bois, appelés 'tourniquets. | — Encycl. La guillotine, seul instrument em- I ployé en France pour les exécutions capitales, j se compose d'un énorme couperet chargé de plomb et à lame d acier triangulaire oblique dont les exticniitps glissent dans les rainures de deux poteaux verticau.\ et qui tombe lourdement sur le col du patient. Celui-ci est] (La), faubourg de Lyon. GUIM étendu sur une planche à bascule; son col est maintenu entre deux planchettes à demi- lune. La décollalion est instantanée. La tête, séparée vers la quatrième verlébre cer- vicale, esljelée dans un panier avec le corps. — La (raditioii populaire veut que le docteur Guillotin ait été linvcnleurde cet instrument do mort. En 1866, M. Dubois, d'Amiens, a rétabli la vérité sur le rôle joué par ce mé- decin dans l'adoption de cette fatale ma- chine. Ayant fait décréter l'égalité des peines par l'Assemblée législative, le i'^^'- décembre 1780, Guillotin n-ussit à faire charger le se- crétaire de l'Académie de chirurgie (Antoine Louis) de chercher quel iiistrumenl de .-u(i- plice procure la mort la plus prompte et la moins cruelle. Le 20 mars i:9:', Louis sou- niit à la Convention un mode d'exécution ca- pitale, «sûr, rapide et uniforme », dont on avait déjà fait usage au xvi- siècle, sous les noms de fallieil en Allemagne, de mannaia en Italie et de maiden ou widow en Fcosse et en Angleterre. Le ju-cmier essai de cet appa- reil fut fait en France le 2;i avril 1792, sur la [lersonne d'un voleur de grand chemin iiominr. Pelletier. Qur'lqucs mois plus tard, la Louiselte ou Louison. comme on appelait alors la guillotine, fit sa première victime po- litique (exécution de Danrrrcmont, 21 août 1 /9:'). Le nom de guillotine fut employé pour a première fois dans une chan.son que publia le journal ToyaVule Les XcUs des Apôlres. en décembre 1789. Sœmmering {Moniteur du 9 novembre 179.S) a affirmé que l'action trop rapide de la guillotine n'abrège pas les dou- loureuses sensations du supplicié dont les souffrances ne cessent pas immédiatement après que la tête a été tranchée. Cette opinion souleva une controverse qui a été plusieurs fois renouvelée. — Le 7 avril (871, le peuple se saisit de la guillotine et la brûla sur la place Voltaire. • GUILLOTINÉ, ÉE part, passé de Guillo- Ti.MER. — Sub,lantiv. Un guillotiné, un sup- plicie parla guillotine. m. Action de guillo- GUILLOTINEMENT ; tiner. ' GUILLOTINER v. a. Trancher la tête au moyen de la giiillutine : il fut guillotiné. GUIMARAENS (port. Guimarâes) [ghi-ma- raigns], ville fortifiée de Minho (Portuo-al) entre l'Ave et la Vizella; à 4'i kil. .N -E. d'O- porto; environ 8,2Uii hab. Elle e.st presque ■entourée d'un amphithéâtre de collines; elle possède un ancien château remarquable et des manufactures de coutellerie, de quin- caillerie, de papier, de cuir, de coton cl de toile. Henri de Bourgogne en lit la capi- tale du Portugal, au commencement du XII'' siècle. •GUIMAUVES, f. [ghi-mô-ve] (lat. bis malva). Bot. Genre de malvacées, tribu des mal- vées, comprenant un petit nomhre d'esjié.-es d herbes ou d'arbrisseaux, qui ont des lices plus élevées et des feuilles plus petites que celle des mauves. La guimauve officinale :^althxa offiewalis), vivace. haute de t m. à 1 m. 30 c. à feuilles alternes, arrondies, douces au toucher, à fleurs rose pâle ou blanches, réunies en bouquets, vient naturellement dans les champs cullivés de l'Kurope; elle fleurit en juin et juillet. Toutes ses parties, et surtout ses racines, contiennent en abon- |dance un mucilage qui leur doiine'au plus haut degré le* propriétés émollientes et adoucissantes; ses fleurs servent à préparer des infusions pectorales; sa racine mondée forme la base de la pâte et du sirop de gui- mauve; les flbres de sa tige sont employées a fabriquer une sorte de papier à calquer. La yuimauve à feuilles de chanvre [altheea eaniiabicum) cvûîl dans le midi de l'Europe et fournit une filasse te.\tile. La rose tré- tniére est traitée à noire articule Alcée. GUIN •GUIMBARDE s.f. [ghain-bar-de]. Sorte de pliaiiot liing et couvert, à quatre roues, qui sert de coche ou de fourgon. — Petit instru- nienl sonore, de fer ou de laiton, composé de deux branclies, enli'e lesquelles est une lan- guette qui vibre lorsqu'on la touche : on jowe di; 1(1 guimbarde en mettanl ses deux branches entre les dents, et en touchant la lamjuette (R'ec le bnul du doigt. — »* Mauvaise guitare. — Femme méprisable. — Vieille voilure in- commode. — Ancienne danse. GUIMET s. m. [ghi-raè] (de Jean-Baptiste G»/»if(, chimiste contemporain, né à Yoiron (I-ere) en 179.")), inventeur de cette substance tinctoriale). Bleu d'outremer artificiel que l'on emploie pour la leinlure, la peinture et l'impression des toiles et des papiers peints. GUIMOND DE LA TOUCHE (Claude), poète, né à <_;luUcauroux en 171!), mort en 17()0. Il quitta l'ordre des Jésuites et suivit sa voca- tion pour la tragédie. Son Iphiyénie en Tan- ride (I7.Ï7) renferme de grandes beautés. •GUIMPE s. f. [ghain-pe] (angl. w'mpie). Morceau de toile dont les religieuses se ser- vent pour se couvrir le cou et le sein -.porter la guimpe. — Petite chemisette brodée que portent les femmes, qui dépasse la robe et monte jusqu'au cou. GUIMPER V. a. Faire prendre la guimpe, le voile; faire entrer en religion. GUINAND, opticien suisse, né en '1745, mort en l»2.b. il était fils d'un charpentier. A l'âge de 40 ans, il commença à fabriquer des len- tilles de télescopes. Fraunhofer l'employa pendant un certain nombre d'années. Vers la fin de sa vie, Guinand construisit des téles- copes d'une grande puissance. GUINCHE s. f. Outil de bois dont le cor- duiiiiier se sert pour polir les talons des souliers et des bottes. * GUINDAGE s. m. Action d'élever les fardeaux au moyen d'une machine. GUINDAL s. m. Appareil qui sert à sou- lever les lardeaux pour les embarquer. GUINDAL s. m. Argot. Verre plein d'un liquide : vider un guindal, mettre un guindal à sec. * GUINDANT s. m. Mar. La hauteur d'un pavillon du côté où il est attaché ; par oppo- sition à sa longueur, qu'on nomme : Le b.\t- TANT : le guindant et le battant d'un paoiUon. •GUINDÉ, ÉE part. ,passé de Guinder. Af- fecté. — Cet uomme est toujours guindij, il a l'air contraint, il veut paraître toujours grave. GUINDEAU s. m. Mar. Sorte do cabestan ûrdiiuiireiiient horizontal, en usage sur les navires de commerce. " GUINDER V. a. (ail. windrn, tourner). Hausser, lever en haut par le moyen d'une machine : yidnder un fardeau. Mar. : guinder un mât de hune, de perroquet, etc. — Se guinder v. pr. Se hisser, se hausser pénible- ini'iil. Se dil, fig., en parlant de l'esprit, et des choses d'esprit où l'on all'ecle trop d'élé- vation : il ne fiiul point se guinder l'esprit ; cet orateur se guindé si fort, qu'on le perd de vue, qu'au a jicini: à te suivre. GUINDRE s. m. Petit métier dont on se sert polir doubler les soies lilées. * GUINÉE s. f. [ghi-né] (angl. guinca [ghinii-i])- Monnaie d'or anglaise, qui fui frappée d'abord sous le règne de (iharles 11, avec 1 or provenant de la ciile de Guinco. Jus- qu'en 1816, elle valut vingt et un sidiellings ou vingt-six francs quaraiile-seiit centimes de noire tiionnaie; elle ne vaut iiius que vingl- cimi francs vin^t et un centimes. Depuis 1SI7, ou ne frappe plus de guini'cs. — Sorte do toile de colon qui l'ail l'objet d'un trafic important 1 canton d dans la Guinée et dans le Sénégal, et qui I kil. N.-O GUIN GUIS 199 provient des Indesorienlales, particulièrement de Pondichéry. GUINÉE, nom donné à toute la partie de la côte 0. de l'Afrique, qui est comprise entre le cap Verga, par 10" 19' lat. N. et le cap Negro, par lo° 41' lat. S. La portion qui se trouve au N. du cap Lopez, sous 1" lat. S. est appelée Guinée supérieure, et celle qui s'étend au S. de cette latitude est la basse Guinée. La côte mesure plus de4,7.';0 kil. de long. On considère la profondeur de la Guinée dans l'intérieur comme étant de 270 à 400 kil. La Guinée supérieure ou Guinée proprement dite comprend la colonie de Sierra Leone, l'Etat indépendant de Libéria, la côte d'Ivoire, la cote dOr (y compris l'Ashantee), le Togoland allemand, le Dahomey, le l.a- gos et le Bénin anglais , le Cameroun allemand. A partir du cap Lopez, la côte court d'abord au N., ensuite au S. jus- qu'au cap Palmas, formant les golfes de Bia- fra et de Bénin. De Sierra Leone à la rivière de Quorra s'étendent les montagnes de Kong; et à partir des côtes des golfes de Biafra et de Bénin se trouvent les montagnes Cameroom., qui courent à l'E. Les rivières principales sont : le Scarcios, la Sierra Leone, le Gallinas, le cap Mounl, le Saint-Paul, le Cavalla, l'As- sinie, le Tenda, le Bossum-Prah, le Voila, le Quorra ou Joliba (ancien Niger) et son af- Uuent le Bénoué le Vieux Calabar, le Ca- meroom,le Quaqua et le Gabon. Climatchaud, oppressif et malsain. Les ouragans y sont fré- quents; et en décembre, janvier et février, un vent sec du N.-E., appelé harmattan, remplit l'atmosphère de sable fin. L'intérieur est riche en mines d'or vierges. Les forêts, qui couvrent une grande partie du territoire, ren- fernientdes arbres magnifiques. Les indigènes sont divisés en nombreuses tribus, dont les plus connues sont celles des Mandigues, des Fanties, des Achanties, des Dahomiens, des Egbas, des Bénins et des Fans. Les principaux établissements européens sont : Sierra Leone, la république nègre de Libéria, la colonie anglaise de la Côte-d'Or et l'établissement anglais de Lagos et ses dépendances. Les colonies françaises de la Côte-d'IvoIre el du Dahomey sont de plus en plus flo- rissantes et s'étendent graduellement vers l'intérieur. L'établissement français du Ga- bon est maintenant réuni k la vaste colonie du Congo français. Les îles Saint-Thomas et du Prince, dans le golfe de Guinée, appartiennent au Portugal ; Fernando-Po, Corisco et Annabon sont à l'Espagne. — La basse Guinée, du cap Lopez au cap Negro, comprend le Congo français, et la colonie d'Angola. Elle est traversée du N. au S. par une chaîne, appelée par les Por- tugais, montagnes de Cristal ou de Sel. Les ri- vières principales sont : 1 Okanda ou Ogooué, le Zaïre ou Congb, le Coanza et le Cuvo. L'Etat indépendant du Congo a, comme le Congo français et l'Angola, un débouché à la mer par le l'ieuve Congo. — La cote de Guinée fut découverte par les Portugais en 1487. GUINÉE ;Golfe de), partie de l'Atlantique qui baigne'les côtes compagner la voix.Cel instrument, connu des Egyptiens plus de 15 siècles av. J.-G. sous une l'orme assez semblable à celle des gui- tares dont on se sert actuellement, fut pro- bablement introduit en Europe par les l>pa- gnols qui le lenaient des Maures. La guitare espagnole a un corps creux en bois d'environ 36 cenlim. de longueur sur 8 de profondeur, et un manche de 32 centim., avec 17 touches ; elle a six cordes qui sont généralement accor- dées de manière à produire , du grave à l'aigu : mi. la, ré, sol, si, mi. — >\ Répé- tition, relrain : n'est toujours la même guitare. ' GUITARISTE s. m. Celui qui joue de la giiilaie : un ion guitariste. GUITERA, station thermale du cant. de Zicavo,a.i2 kil. E. d'Ajaccio (Corse) ; 350 hab. Sources sulfurées sodiques. Traitement des maladies de la peau et des rhumatismes. * GUIT-GUIT s. m. fghi-ghi] (onomat.) Or- nilli. Ijeiiro de [lassereaux ténuirostres de l'ordre des grimpereaux, conifircnant plu- sieurs espèces qui vivent aux .\ntilles el dans rAmérique méridionale ; tes guits-guits ont un riche plumage. GUITON (Jean), amiral des Rochellais, né en 1.i85, mort en 1040. Quand Richelieu vint assiéger la Rochelle. Cuiton, élu maire de la ville, déposa ses pistolets sur la table de la chambre du conseil cl jura de brûler la cer- velle au premier qui parlerait de se rendre. La famine ayant forcé les assiégés à capituler, (Juiton se réfugia à Londres, rentra en 1636 et prit du service dans la marine française. On pense qu'il mourut lors do la défaite d'une flotte française devant Orbitello. GUITRES, ch.-l. de cant.. arr. el à 15 kil. iN.-E. de Libourne (Girondi'j, au conlliieiil de risle et du Lary; 1,442 hab. Ane. abbaye de bénédictins. Eglise conventuelle en style ro- man. Pont suspendu sur l'Isle. •GUIVREs. f. Rlas. Voy. Givre. GUIZOT (François-Pierre-Guillaume) [ghizo ou gui-zoj, homme d'Etat el historien, né à Niines d'une famille calviniste, le 4 octobre 1787, mort le 12 sept. 1874. Son père était avocat et fut exécuté en 1794. Sa mère l'em- mena faire ses études classiques à Genève. Il s'établit à Paris en 1805 el abandonna l'étude du droit pour se livrer à la littérature. En 1812, il devint professeur assistant d'histoire moderne à la Sorbonue et il épousa M"= Pau- line de Meulan, dont les relations avec le parti royaliste lui ouvrirent la carrière politique. Jl devint successivement secrétaire général du ministère de l'inlérieur (1814) et de celui de lajustice (1815), maître des requêtes (1816) et conseiller d'Etat (fsi7); de 18 16 à 1 S2U, il fut directeur général de l'administralion dé- partementale et communale. Ayant critiqué dans ^es pamphlets la marche réactionnaire du gouvernement, li fut renvoyé du Conseil d'Etal et de la Sorbonue (1822), mais il fut réintégré parle ininislèreMartignacen 1828. En 1816, dans unebrochure (hu gouvernement représentatif), il avait exprimé les sentiments du parti connu plus tard sous le nom de Doctrinaires ; cet écrit, sa haute réputation lit- téraire, son aspect austère et son éloquence savante lui donnèrent un; iiiUuence politique remarquable dès son apparition à la Chambre des députés en 1830. Il hâta la chute de Charles X, devint ministre de l'intérieur dans le premier cabinet formé par Louis- Pbilippe, etministre de l'instruction publique dans la coalition ministérielle de Soult (1832-'36) ; quelques mois après, il reçut le même portefeuille dans le cabinet Mole, mais GULI bientôt il tomba en désaccord avec ses col- lèfrues et donna sa démission. Il fut anili;i~- sadeur à Londres de février à octobre 1840, époque où il succéda à Thiers comme ministre des atTaires étrangères, et, en 1847, il remplaça Soult comme chef de cabinet. La révolution de Février 1848 est due principalement à l'entêtement qu'il mit dans son opposition à la réfornie électorale. Guizot regardait l'agitation réformiste comme sans gavité; il donna néanmoins sa démission le 23 fé- vrier, alors que la révolution était déjà commencée. Il s'enfuit en Anpletere, mais il rentra en 1849 et échoua comme can- didat à l'Assemblée législative. En 1861, il défendit le pouvoir temporel du pape. Après avoir soutenu le ministère Ollivier et le plébiscite de 1870, il interdit, en 1874, l'éloge de Napoléon III, que voulait prononcer dans l'enceinte académique l'an- cien ministre de la fin de l'Empire. En appre- nant que Nupoléon avait pa\é autrefois les dettes de son fils, il rendit la somme, en ven- dant 120,000 fr. un tableau de Murillo, qui lui avait été donné par la reine d'Espagne; jusqu'à la fin de sa vie, il vécut de sa plume en compilant une histoire de France à l'usage des enfants et plusieurs autres ouvrages. Pendant bien des années, il fut l'un des membres dirigeants du synode protestant; mais il se retira en raison de son aversion pour toute infraction au plus pur calvinisme. Ses ouvi'ages les plus célèbres sont : (Jours d'histoire moderne; Histoire rjénérale de lu civi- lisation eti France ; Histoire çicnérale de la civi- lisation en Europe (résumés de ses cours à la Sorbonne); Histoire de la révolution d'Angle- terre, de la république anglaise sous Olivier Cromwell: Protectorat de Richard Cromwellel Restauration des Stuarts. En 1874, il avait achevé d vol. d'une Histoire d'Espagne qui devait en avoir 10 et pour la préparation de laquelle il apprit l'espagnol àl'âge de 72 ans. Parmi ses autres écrits, nous citerons ses Essais sur Corneille et sur Shakspeare, ses admirables portraits de sir Robert Peel et de Wasinghton et son Histoire de quatre grands chrétiens français, (2 vol. 1873-'74). Ses dis- cours ont été réunis sous Ip. titre de : Histoire parlementaire de France, etc. {5 vol. 1863). Il a publie au'si des Mémoires pour servir d l'his- toire de mon temns (8 vol. 18.ï8-'6s). — Sa première femme Elisabeth-Charlotte-Pauline DE Meulan (née en 1773, morte en I8i7), écri- vait, pour nourrir sa famille, des romans que publiaient dillérents recueils littéraires. En 18i>7, elle tomba gravement malade et, faute de pouvoir continuer la rédaction du feuilleton du journal le Publicisle, allait tomber dans le dénuement, lorsqu'un écri- vain anonyme lui adressa régulièrement la suite de son feuilleton, imitant, à s'y mé- prendre, son style et sa manière. Le généreux bienfaiteur n'était autre que Guizot, qui finit par se dévoiler. Il s'ensuivit un mariage en 1812, époqiii' après laquelle M"" Tiuizut publia princiiialement des livres à l'usage do la jeu- nesse. L'Académie lui accorda le prix .Montyon pour son Ecolier ou Raoul et Fi'r/or (IS2I). — La seciinili! lemme de Guizot, Marguerite- Andrée-Elisa L)ii,i,on, nièc'o de la précc donte, (née en 18ii4, morte en 1833), écrivit des ar- ticles et des contes qui ont été réunis on 1834. GDJERAT, Voy. GuzAnAXE. GULDENs. m. [gould'n]. Métrol. Synon. de Floui.n. * GULF-STREAM s. m. [golf-sirimm] (angl. courant du f/olfe). Gi'ogr. Grand remous du couiaut é<|ii,ilurial de l'A il.iniique. qui. après avoir écliaulfé ^cs eau.< dans le golfe du Mexiciue, se perd dans rAllantiquc nord. GULISTAN(/'a!/S(iesrosM), village de Perse, au coiillui-iit lin Kour et de l'Araxe. Traité de 181ti,entie la liussiu et la Perse. 226 GURW GULLIVER, titre et héros d'un célèbre ro- man de Swift. GUMBINNEN [goumm-binn-nènn], ville de Prusse, capitale d'un district dans la province de Prusse, sur la Pissa, à 80 lui. E. de Kœnis- berg; 13, a4G hab. Manufactures d'étoiles de laines, de toiles et de bormelorie. Elle dut sa prospérité aux protestants qui s'y réfugièrent au xvin° siècle. ' GUMÈNE s. f. Blas. Câble d'une ancre. GÛNDERODE (Karoline von) [gunn'-de-ro- de], poétesse allemande, née en 1780, morte le 26 juillet 1806. Chanoinesse d'un chapitre à Francfort, elle conçut pour le philologue Creuzer un attachement qui la conduisit au suicide. Son amie Betlina von Arnini a pulilié sa correspondance, sous le titre de Die Gûn- derode. Ses poèmes ont été réunis en 1837. GUNDUK [gheunn-deuk'], rivière de l'In- doustan, qui prend sa source au N. des mon- tagnes de l'Himalaya et se jette dans le Gange à Hajeepoor, après un cours de 540 kil. Dans sa partie supérieure, elle est appelée Sal- granis. GUNDWANA [gheunn-douâ-na].Voy. Gonds. GÛNS (hongr. Kôszeg), ville de Hongrie dans le comté de Vas, à 80 kil. S. -S. -0.de Presbourg; 8,000 hab . Manufactures considérables de laine. En 1.532, elle fut assiégée par Solyman le Magnifique et 60,000 musulmans qui don- nèrent 13 assauts et qui furent repoussés par une faible garnison quecommandait Jurisich. GUNTER (Edmund), mathématicien anglais, né vers l.ibl, mort en 1026. A partir de 1619, il fut professeur d'astronomie au collège de Gresbam. Il inventa le secteur, la ligne loga- rithmique encore usitée sous le nom d'é- chelle de Gunter, et il construisit de nombreux cadrans solaires, il a écrit plusieurs ouvrages comprenant : le Canon Trianguloritm, Le Sec- teur, Cross Staff, etc. La meilleure édition de ses ouvrages est celle de Idl'i.Gurjum. (V. S.) GURNEY (sm Goldworthy) [gheiir-né], in- venteur anglais, né en 1793, mort eu 1873. Il étudia la médecine, mais s'adonna princi- palement à la chimie. Il inventa les lumières de Bude, de vapeur d'huile, de chaux et de magnésium, et prétendit avoir découvert le chalumeau d'oxyhydrogène. Il inventa aussi le jet de vapeur à haute pression et les chau- dières tabulaires, et en 1829, il conduisit une voiture à vapeur sur une route avec une vitesse de 21 kil. à l'heure. Son jet de vapeur à haute pre-sion étant apfiliqué aux loco- motives en 1830, porta leur rapidité de 18 à 4, il se trouva face à lace avec 1 ennemi à Liilzen, avec ■ 12,000 honinio d'infanterie el 6,.')00 cavaliers. L'armée de Wallenslein était bien supérieure en nombre. La bataille se livra le 6, Gustave tomba frappé dans le dos. On croit qu'il avait été alleinl par- son cou>in, le duc de Saxe- Laiipiibourg, qui bientôt après passa aux Au- trichiens. Sa mort rendit liirieux les .Suédois, qui, sous la conduite de Beriihard de Weimar, oblii-'èrent Wallenslein de battre en retraite. — Gustave IH, roi de Suède, lils du roiAdol- phe-Frederic, né le 24 janv. 1746, mort le 29 mars 179:'. A son avènenient(177l I, l'Etat était divisé entre deux factions viles etcorrompues. Il épousa le parti populaire el parvint à opé- rer une révolution sans elfusion de sang et à faire accepter une nouvelle constitution en 1772. Il devinlPidole de la nation ; ma sl'aug- meiilaliondeson pouvoir royal causa beaucoup de mécontentement. Une famine désola le pays en K83; pour détourner les esprits, Gus- tave commença en personne une vigoureuse campaffne contre la Russie. Les hostilités se terminèrent par une paix honorable, après la vii'loire nava!e de Swenkasund, que rem- porlérenl les Suédois le 9 juillel 1790. En 1792, Gustave fut l'un des organisateurs de la coalition contre la France, coalition com- posée de la Suède, de la Russie, de la Prusse et de l'Autriche ; mais il fut tué par Anckars- troem. instrument d'une cons|iiration de no- bles. Il a laissé des ouvrai;es dramatiques et des poèmes lyriqms, publiés en suédois et en français (6 vol. 180t)-'12) . Ses essais et ses lettres sur l'histoire el sur la littérature ont été publiés par Geijer (3 vol., 1843-'46). — Gustave IV (.\dolphe), roi de Suède, fils uni- que du précédent, né le 1" nov. 177S, mort le 7 févr. 1837. Seul, avec l'empereur Alexan- dre de Russie, il prolesta contre l'exécution du duc d'Enghien ; à la diète germanique, dans laqi.elle il possédait une voix comme duc de Poméranie, il se répandit hardiineul en invectives contre l'empereur Napoléon. Celui-ci, répondit dans le MouUeur en criti- quant le jeune roi qui n'avait, disait-on, hé- rité de Charles XII que des bodes et de tpira ,'i la dignité deroi. Cette réclamation fut publi([uc- ment renoLiVelée en 18:i9, lorsque mourut le roi Oscar. — Gustave III ou le Bal masquiî, opéra en 5 actes, représenté à Pans (Acadé- mie de musique), le i7 févr. 1833, paroles de Scrilic; musique d'Auber. Le galop de Gus- tave est resté populaire. GUSTA'VIA. ch.-l.de l'île Saint-Barthélémy. Voy. BuiTIlÉLKMY. GÛSTROW [gus-'lro], ville du .Mecklem- boury-Schwerin, sur le Nebel. à 30 kil. de Rostock ; 15,000 hab. Château. Manufactures de tabac, de machines, d'articles en fer et de cuir. GUTENBERG ou Guttenburg (Jean, Johann, Henné ou Hans, Gentfleisu ou Gansfleish be Sl'lf.okloch, dil), inventeur pré^umé delà ty- pogra|diie, né vers 1400, dans la petite ville de KuUenberg, en Bohême, suivant les uns, à Mayenee, selon les autres; mort a Mayenee en 1468. Son père se nommait Gânslleisch, et l'on pense que Gutenberg était le nom de sa mère ou celui d'une propriété appartenant à sa famille, qui était noble. Il passa une partie de sa jeunesse à Mayenee. Des troubles survenus dans cette ville, à l'occasion de l'en- trée solennelle de l'empereur, l'ayant forcé de s'exiler, en 1420, il se réfugia à Stras- bourg, où il demeura jusqu'en 144S, s'occu- [lant sans doute de la copie ou de l'enlumi- nure des manuscrits. En 1438, il possédait une presse, des types mobiles, des formes et tous les appareilsnécessaires à un imprimeur. Il avait donc créé cet art admirable, pour reproduire, avec plus de facilité que par les procédés xylographiques, de petits livres po- pulaires, tels que le Spéculum hiimanse salva- tioiùs (Miroir du salut de Ihomme) et leSpe- ci(/!/m S'i/!;^!'s (Miroir du salut), ce qui a fait croire, pendant longtemps, qu'il s'occupait de la fabrication de glaces; erreur victorieuse- ment combattue par le bibliophile Jacob. Jusqu'à cette époque, ces ouvrages avaient été imprimés à l'aide de planches gravées; Gutenberg imagina les caractères mobiles en bois, qu'il fallait tailler un à un pour les as- sembler en mots el en phrases; procâdé lent et coûteux, dont les principaux avantages étaient de permettre les corrections et l'em- ploi des mêmes caractères mobiles pour l'im- pression de plusieurs ouvrages. La s'arrêta l'invention de Gutenberg. La presse existait avant lui, puisque l'on imprimait déjà à l'aide de planches gravées, el la gloire de l'illustre imprimeur de Slrasbourg est assez solide, assez éclatante pour qu'il ne soit pas utile de lui altribiier des découvertes qui ne lui appar- tiennent pas. Maiii|uanl du capital néces- saire à l'exploitation de son invention, il s'é- tait associé en 1436, à Jean Bille et à An- toine lleilmann et André Dryzehn, bourgeois de Stra.-bourg. L'un des associes, Diyzehn, étant mort en l43'J.ses héritiers réclamèrent à Gutenberg une somme de 100 llorins et le firent condamner à en payer l'i. Le princi- [lal défaut de la nouvelle invenlion était de produire une impression pAle, indécise, iné- gale. Ce qui contribuait à celte défectuosité, c était le caractère de bois. Gutenberg passa de longues années à chercher un procédé et un métal firopres à la fonte des lettres; tra- vaux infructueux qui épiiisèi'ent ses res- j sources. Dégoûté de Sliasboui"-, où il ne réussissait pas à son gré, il revint à Mayenee vers 1448, et s'y associa avec un vieil orfèvre, 1 nommé Faust ou Fust, qui mit 800 llorins au service de ses projets. Tout en imprimant avec des caractères de bois, il se livrait sei-rè- lemenl à la recherche d'un moyen de pro- duire des types de métal, lors([ue Schodlcr, jeune ouvrier qu'il employait dans son impri- merie, devinant l'objet de ses recherches mystérieuses, trouva la manière de tailleries matrices et de fondre des caractères. C'est ainsi que Gutenberg perdit le fruit de ses longs travaux. Devenu inutile à son associé, il dut céder la place à son jeune rival et fui condamné, en I4.'ii), à reiiiliourser au vieil orfevie, la somme de 2,020 llorins d'or, pro- venant de 1,600 fiorins à lui prêtés et de 420 florins d'intérêt. Incapable de rembourser cette somme, il fut chassé, exproprié de son imprimerie et de ses caractères dont Fust resta proprié'aire. Plongé dans la misèie, il obtint une petite pension du prince-évêijue Adolphe de Nassau, qui l'admit parmi ses gentilshommes (I4IJ.5). Justice ne lui l'ut ren- due qu'après sa mort. Dans la préface d'une traduction allemande de Tite-I.ive (Mayenee, 1-')0:J), Schœffer déclare franchement que « l'art admirable d'iniprimer a été inventé par l'ingénieux Johann Gutenberi: ». En 1837, un splendide monument en bronze tut inau- guré à Mayenee, en l'honneur de celui qui a doté le monde de la plus sublime invention des temps modernes. La Socirlé de G'itrnlierg, dont font partie tous les écrivains des pro- vinces rhénanes, se réunit anniiellemenldans la même ville, pour fêter celle grande dé- couverte, et le 15 août de la 37' année de chaque siècle, la ville de Mayenee célèbre, comme une fête nationale, le centenaire de Gutenberg. GUTHRIE (William), auteur écossais, né vers 1708, mort en I7'^0. Ses ouvrages les plus importants sont : General Hislory of Ewjlund (3 vol. in-fol.), General Histon/ of S'Ofland (10 vol. in-8°), General Hlstoiij of Ihe World (12 vol.) el Geographical, Uistorical and Commercial Grammar. GUTS-MUTHS JohannChristophFriedrich , [t-'oiilss-niuutssj, fondaleur des exercices gyiii- nasliques (turnwcsen) en Allemagne, né en 17o9, mort en 1839. Il étudia la théologie à Halle et, en 1786, devint directeur des gym- nases de l'instilul de SchncpfenLhal. Il apu- blié des livres à l'usage des écoles el plusieurs ouvrages sur la gymnastique. •GDTTA-PERCHA s. f.[gii-ta-pèr-ka] (malais (/îiUd, gomme ; percha, nom d'un arbre}. Subs- tance épaisse et gorameuse, fournie par un grand arbre qui croît en abondance à Sumatra et dans les autres îles de l'archipel oriental. — Laculla-peicha est eLp['e\ée guttataban |iar les Malais. En 1847. sir W.-J. liookerlitconnaitreen Europe l'ai breqiii produit celle gomme' il le cla.-sa dans l'ordre des safiotacees; le docteur Wiglitle plaça dansle nouveau f-'enre isonandra el le nomma ison(in//7'(i gî/fïa.Celarbreétailau- Irefois très répandu dansles forêlsqui s'éten- dent au pied des montagnes de la péninsule GUTT de Ma1aisie,mais les indif-'énes, à force d'épui- ser les planLuLioiis, les ont détruites, si bien que la Kiitt.i-percha provient aujourd'hui de Bornéo et des iles de l'ai'chipel Indien, lîlle est produite par un giand arbre qui mesure 1 m. oO et '2 m. de diamètre; sa tijre est droite et atteint une hauteur de 20 à 2o m. Les Malais employaient le suc de cet arbre longtemps avant que les Européens eussent connaissance de son existence. Us en l'ont des bassins, des vases, des souliers, des cannes élastiques, des fouets, des manches de parnngs ou haches, etc. En 1842, le docteur VVilliam Montf-'omerie, aide-chirurgien à la résidence de .Siugapore, appela, le premier, l'attention Guii.i-porcha (Isonandra guUa). desEuropéens sur celte substance el, en 1843, le docleui' d'Alméida, appartenant à la même localité, en apporta des échantillons en Ana-Je- teri'e. De nouvelles communications du doc- tciir .MonlL'omei'ie établirent l'itnporlance de celte ;.'onime-résine en démontrant qu'elle peut être employée aux mêmes usaj-'es que le caoutchouc. En IS44, ce produit prit une certaine importance commerciale.— Purifiée, la gutta-porcha présenle une cnuleur rouge bi'unàtre; sa densité est 0,1^9. A des tenifié- ratures ordinaires, sa ténacité considérable peut être compai'ée à celle du cuir; mais elle est moins tloxible que celui-ci. Chauffée à 45" C. elle devient pâteu-e; entre ce degré et (iO° C. ou 70» C, elle peut être moulée sous différentes formes, ou étirée en flls, ou en tubes. Elle est insoluble dans l'eau et légère- ment soluble dans l'alcool et dans l'élher anhydre; mais elle est soluble dans l'huile d'olive boudianle, dont elle se précipite en refroidissant. La benzine, le sulfure de car- bone, le chloroforme et l'huile de térében- thine la dissolvent à l'aide de la chaleur. Les emplois de la gutta-percha sont les mêmes que ceux du Caoutchouc. La première ma- chine construite pour envelopper de gutta- perchii les fils tclégraidiiques fut faite en 1»48 par la compagnie américaine de irutta- perclia de Uroolilyn. La ffutta-percha est sou- vent ei7iployée en combinaison avec le caoutchouc, ce dernier servant à adoucir la niidière, à la rendre plus souple, plus élas- tique, moins suscoptilde d'être affectée par les c'hangements de tempéj-ature. L'un el l'aulie peuvent être soumis à la piéparalion appelée vulcanisalion, qui consiste à mêler in- timement de la gomme avec du soufre ou avec quelqiHîs-uns de ses composés, et à sou- iietlrc le mélange à une tem[)érature élevée dans des vases clos. Le principal usage de la gutta-peiclui est découvrir les câblc^ télégra- phiques. Elle est employée par les dentisles pour [U'enilri' rem|iieinte des dents cl des geiii'ivos, pour remplir tcmporairemiMit les cavités dentaires el pour falin(|ucr des gen- civi'S ai'tdii'ielles. On en lait di^s ai ticles pour les laboratoires de chimie (entonnoirs, tubes, ctc). Beaucoup d'objets vendus comme étant GUYA fabriqués avec de la gutta-percha sont des mélanges de caoutchouc et d'autres subs- tances. GUTTA-ROSEA s. f. [gut-ta-ro-zé-a] {lat. gutta, go-itte; rosca, roséej. Pathol. L'un des noms de I'Acné. ' GUTTE. Voy. Gomme-gutte. * GUTTIER s. m. Arbre de l'Asie orientale, qui donne une gomme-résine opaque d'une couleur jaune safranée, longtemps confondue avec la îromme-gutte. GUTTIFÉRE adj. [gu-ii-fè-re] (lat. gutta, goutte; fero. je porte). Qui se présente sous forme de larmes, de gouttes. * GUTTIFÉRES s. m. pi. Famille de plantes originaires des pays chauds, qui fournissent un suc résineux analogue à la gomme-gutte. GUTTIFORME adj. Qui a la forme d'une goulle li(|uide. * GUTTURAL, ALE, AUX adj. [gutt-tu-ral] (lat. gutlur. gosier]. Anal. etMéd. Qui appar- tient au gosier; artèrr gutiurale. — Qui vient du gosier, qui se prononce du gosier: G et K aont des lettres gullimtles. — s. f. Lettre gut- turale: les labiales, lesdentalesetksgulturalcs. GUTZLAFF (Karl), missionnaire allemand, né en Isa:?, mort en Chine en 18,ïl. Pauvre ouvrier, il se fit admettre à l'Institut des mis- sionnaires de Berlin, au moyen d'un sonnet qu'il adressa au roi. La société des mission- naires hollandais de Rotterdam i'envova à Batavia en 1826.11 épousa une riche .\nglaise et apprit le chinois. En 1828. il accompagna le missionnaire anglais Tomlin à Bangkok et l'aida à traduire le Nouveau Testanîent en siamois. Il s'établit à iMacao en I.s.31, travailla de concert avec les missionnaires anglicans, à la communion desquels il appartenait, et fit sur les côtes de Chine trois voyages(183l-'33), dont il publia le récit. Il succéda au D' .Morri- son en 1834, comme interprète à la direction anglaise el fut ensuite secrétaire de l'envoyé anglais. En 1844, il créa une société pour éyangéliser l'intérieur de la Chine au moyen d'agents indigènes. Ses travaux comprennent des traductions en langues asiatiques et une History of the Chincse Empire (1834). GUY (Danse de Saint-;. Voy. Cuorée. GUYANE, Guiane ou Cuayana [gui-ia-ne] I. Territoire de la côte N.-E. de l'Amérique du Sud, comprenant trois colonies distinctes, sa- voir: la Guyane anglaise, la Guyane hollan- daise et la Guvane française; elle s'étend entre 0» 53' el S" 40' lat. N., et entre .=53" nO' et 63» long. 0., et est bornée par l'océan Atlantique, le Brésil et Venezuela; 411,094 kil. carr.; environ 377,677 hab., y corapiis les nègres et les mulâtres (qui forment la masse de la population), les coolies de l'Inde, quel- ques milliers de blancs et de Chinois, et les restes de plusieurs tribus indiennes. Les côtes mesurent environ 990 kil. de lon^'ueur. Les bancs de boue, les rochers et les barresqui se trouvent à l'embouchure des rivières rendent son accès dilticile partout, et les navires ayant un tirant d'eau de plus de 4 mètres sont obli- gés de jeter l'ancre à 4 kil. en mer. I.a région côtière de l'O. a une largeur moyenne de 70 kil.; elle est très basse. Au delà du pays plat qui longe la côte, la surface du territoire s'é- lève graduellement en un plateau qui est coupé par des chaînes parallèles de collines, et qui se termine dans les montagnes des frontières ilu Brésil. Le mont Roraima (2,5:!0 m.l, sur la frontière de l'O., est le plus élevé de la Guyane; les autres montagnes n'atteigncnl que 1,300 m. de hauteur. Les rivières principales sont (en commençant i rO.| : l'E.sse(|uibo, le Demerara, le Bcibice. le Corenhn, le .Saramaca, le Surinam, le Maroni et l'Oyapok (surla frontièredu Brésil) Dans le Putaro, tributaire de l'Essequibo, se GUYA 203 trouve la grande cataracle de Kaieteur, dont la largeur au sommet est de 130 m.; la pro- fondeur de l'eau, à l'époque de la sécheresse, est de ,ï m. et la chute est de 2.Ï0 m. Climat naturellement chaud dans les réirions basses, tempéré par des brises constantes de l'est et plus sain que celui des Antilles, particulière- ment dans l'intérieur, où les épidémies sont presque inconnues. Dans la saison des pluies, qui comprend décembre, janvier, février, juin, juillet et aoùl, les rivières débordent et les fièvres intermittentes dominent. Le sol est très fertile et la végétation esl luxuriante. La moitié du pays est couverte d'épaisses forêts dans lesquelles on trouve d'excellent bois de construction, des bois d'ébénislerie etde tein- ture, des plantes médicinales et les fruits des tropiques en abondance. Parmi lesnombreuses Heurs indigènes, on cite la superbe virtoria regia. (Voy. ce mot ) On cultive en Guj-ane le maïs, la cassave, l'igname, la pomme de terre merée, l'arrowroot, la canne à sucre, le café, le cotonnier, le tabac et l'indigo. On y élève de grands troupeauxde bœufs et de che- vaux. — La Guyane fut découverte par Co- lomb en 1498" Diego de Ordaz y fonda, en 1331, la ville de Saint-Thomas; dès établis- sements hollandais fui'ent créés vers 1-380. Les esclaves africains y furent d'abord introduits vers 162).- IL Guyane anglaise, appelée quel- quefois Dfmerara, portion occidentale du ter- ritoire précédent, entre 0° 3.3' et 8" 40' lat. N. et entre 38" 40' et 63'- bmg. 0., séparée de la Guyane hollandaise par la rivière Corenlyn, 10 i,9UU kil. carr.; 268,338 hab., y compris 42,680 indigènes de l'Inde, mais non compris les Indiens non civilisés. Elle formait autrefois les trois comtés d'Essequibo, de Demerara et de Berbice;mais les deux prerùierssonl réunis. Georgetown est la cap. taie. La valeur des im- portalions esl de 46 millions de francs. Celle de l'exporlation esl de 74 millions. Les p:in- cipaux articles d'exportation sont le sucre, le rhum, la mélasse el le riz. Reve'nu, 9 millions ; dépenses, 9 millions; dette publique, 10 mil- lions. Le gouvernement consiste en un gou- verneur elen unecourcoiiiposéede9 membres (4 officiels et 3 élus). 100 écoles (établies par différentes congrégations religieuses) re- çoivent l'assistance du gouvernement; elles comptent 8,900 élèves. Les Hollandais fondè- rent les établissements de i\ew-Amslerdani, de Demerara et d'Essequibo vers 1380. Les Anglais s'emparèrent decettecnlonie en 1796, la rendirent aux Hollandais en 1802, la re- prirent en 1803 et la gardèrent en vertu de la paix de 1814. L'esclavage y fut aboli en 1834. — m. Guyane hollandaise ou SuRi.NA.y, partie centrale, entre 1° 20' et 6" lat. N., et entre 33° 33' el 60° 3' long. 0., séparée de la Guyane française par la rivière Maroni; 119,321 kil. carr.; 62,500 hab. Paramaribo en est la capi- tale el le port (irincipal. Les im|iortntions s'é- lèvent à 8 millions de fr.; lesexporlalions à 6 millions (sucre, mélasses, cacao, rhum, bois d'ébénislerie et colon). La colonie reçoit un subside annuel du gnuvernenient hollandais. Les dépenses annuelles sont d'environ 2 mil- lions de fr ; les recettes des taxes directes el des impôts de la douane s'élèvent à environ 1,300,000 fr. Le pays est administré par un gouverneur général et un conseil La Guyane hollandaise fut visitée par les Français on 1640, prise par les Anglais en 1650 et par les Hollan- dais en (667. Après avoir été prise et rendue plusieurs fois par les Anglais, elle fut défini- tivement abandonnée à la Hollande en 1814. — IV. Guyane française, colonie française comprise entre 1° 1-3' el 3° 43' lat N.,etentrc .■>3° 30' et 36° 33' long. 0., bornée au N.-E. par l'océan Atlantique, au N.O. el^TO. par le Maroni, qui la sépare de la Guvarre hollan- daise, et parles pays, presque inexplorés, si- tués au delA du Hio-Branco. La limite n'est pas exaclement délerminée au S.; elle longe a peu près rO>apoc. La longueur du Uttoral, et 20 i GUYA duMaroni à l'Oyapoe, esl de oOJ àa62 kil.,et la profondeur du territoire, depuis le Rio- Brancojusqu a I"Oc<'-an, d'environ l,2(iiikil. ce qui forme une surface triangulaire de l3U,87:i kii. carr. ; Je,.i75 liab. sédentaires el 8,'20t» liaii. de population (lollante, sans complei 1,275 Indii.iis alioriyèncs et Mir. Indiens réfu- giés du l'ara, en tout 26,8.t'J habitants. On trouve, dansles forfil?. deslndicnsenti^reraonl sauvages. Une grande partie de la population sédentaire est formée par l'administration, la garnison el les forçaLs arabes el noirs déportés à la Guyane La population blanche librement fixée dans le pays n'excède pas un millier d'habitants. — La Guyane française est divi- sée en terres hautes et en terres basses. Celles- ci, formées de terres d'alluvion, dont une partie esl cultivée et l'autre [larlie est en sa- vanes sèehes.oceupenl tout le littoral iu.«qu'aiix premières chutes ou sauts des rivières. Klles sont couvertes de marais, les uns inondés, appelés pripris, d'où s'élèvent des foréis de mang-Iirrs, les autres desséchés, portant le nom dcpinoliércs, parce qu'ils sont plantés de palmiers pinots : entre les rivières de Kaw el de Maliuiy cl dans le quartier de Sinnamary, se trouvent de véritables tourbières, formées par l'assemblape d'herbes aquatiques reposant sur un fond de vase molle : on appelle ces tourbières des suvanes tremblantes. Les terres basses, à cause de leur* niarécag-es, sont fu- nestes aux Européens; les forêts de celle contrée ne foin-nissent que des bois mous. Les terres hautes commencent aux premières cataractes des rivières, à partir de^quellrs s'étend dans l'intérieur une chaîne de mon- tagnes haute de KOO à 000 mètres, qui se dirifre vers la chaîne de Tumuc-Humac. Les points les plus élevés de cette dernière ne dé- passent pas 1,200 mètres. Les forêts de celle partie produisent une quantité d'espèces de bois durs propres à la menuiserie, à la char- pente, au charronnage, etc. — La Guyane esl sillonnée de nombreux cours d'eau ; on y compte plus de "22 Ueuves dont les principaux sont : le Maroni, la Mana, le .Sinnamary, le Kourou, la rivière de Cayenne, le Mahury, l'Approuague, l'Ouanary, l'Oyapoc, l'Ouassa cl la rivière Vincent-Pinçon, limitant au S. un territoire qui nous esl contesté parle Bré- sil; presque toutes les rivières roulent sur leurs sables des parcelles d'or. Les lacs Mépé- cucu, Macari el .Mapasonl les plus étendus des dix ou douze lacs que possède la Guyane. — La colonie habitée forme quatorze quartiers situés aux embouchures des principales ri- vières; le plus important esl celui de Cayenne. Cliel-lieu de la colonie. Cayenne (Voy. ce mol), port manlime fortifié, dans lequel se centra- lise tout le mouvement des importations el des exportations. Cayenne est située sur la pointe occidentale de l'île dont elle porte le nom, à l'embouchure de la rivière Oyac ; 8,000 hab. Siège du gouvernement, d'un comman- dant militaire, d un préfet apostolique. Ecoles primaires, hospice civil, hôpital militaire, jar- din botanique el d'acclimatation. Cette ville possède la rade la plus sûre de la Guyane, rade qui, cependant ne peut recevoir que des Lâtimenls de .oOO tonneaux. Les navires d'un plus fort tonnage trouvent un bon mouillage aux îles du Salul, au N.-O. de Cayenne. Ces îlessonlaunombro de trois: l'île Sàinl-Joseph, toute luxuriante de végétation, l'île Royale et l'île du Diable, rocher aride sur lequel sont déposés les transportés. Les autres quartiers sont compris dans les communes de : Oyapoc, Kaw Approuague, Roura, lle-de-Cayenne, Tour-de-l'île, Tonnegiande-Montsinéry, Ma- couria, Kourou, Sinnamary-lraconbo, .Mana. 11 y a de plus la commune pénitentiaire du Maroni. — Le climat de la Guyane n'est pas aussi brûlant qu'on pourrait le supposer pour unerégionaussi voisine del'équaleur. Pendant la saison fraîche, le thermomètre marque en moyenne 26° et descend bien rarementà2l»; ir. GUYA endant les chaleurs (août, septembre, oclo- )re), il monte généi'aicmpnt .'i 30", mais n'ac- cuse presipii' Jamais plus di- 41°. chillre auquel il ne s'élève que très rarement. Le trait carac- téristique du climat de Cayenne est le peu d'é- cail entre la température du jour et celle de la nuit. La saison sèche commence en juin et juillet et se prolonge jusqu'en décembre: la saison pluvieu!;c ou hivernage dure de décem- bre jusipi'cn juin. l>es ouragans sont inconnus à la Guyane. Les raz de marée, qui ne se font guère sentir que dans l'ariière-saison (no- vembre el déci'inbre) sont bien moins dange- reux qu'aux Antilles. Depuis latin du dernier siècle, on a éprouvé dans ce pavs quatre trem- blements de terre, en (701, en 1821 , en 1813 et en 1877. Les trois premiers n'ont pas causé de dommages notables el le dernier a été totale- ment inolTensif. — Il existe à la Guyane, toi exploitations aurifères qui emploient près de 4,000 travailleurs. Le chllfre exact des exr'or- lalions d'or s'élève en moy. à 2,0u0 kilogr. Le premier placer fut fondé sur les bords de la crique Sickuy. D'autres gisemenis ont été découverts en IS-'iij sur l'Approuague cl plus tard sur lesrivières Foucault et Le Blond, dans le quartier de Mana et sur la rive droite du Maroni. — Les hahilanls cultivent le riz, le m.'ii's, l'igname, le manioc, pour leui' nour- riture; et pour l'export.ilion, le caféier, la canne à sucre, le rocouyer, le giroflier, le ca- caoyer, le piment appelé poivre de Cayenne. Dans les hautes terres, on commence à exploi- ter les bois des forêts et à recueillir l'écorce à tan du palétuvier. — La garnison se com- pose de six compagniesdinlanterie de marine, d'une demi-batterie d'artillerie el d'un déta- chement de gendarmerie. 11 y a des postes détachés au .Maroni el aux îles du Salul. — Les Indiens civilisés sont paisiblesel se livrent à la culture; ils appartiennent aux tribus des Trios, des Roucougennes. desEmérillons, des .Vramichaux, des Cayéoulcbicnnes el des Oyampis. Dans l'intérieur des forêts vivent les nègres bosch (nègres des bois\ formant les tri- bus de Youcas, des Rouis et des Polygoudoux. — HiST. La Guyane, qui porta longtemps le nom de France équinoxiale, fut reconnue dès 1 496 par Christophe Colomb qui y aborda, le 14 août 1498, dix mois avant Araéric Ves- puce. En 1604, sur le rapport d'un nommé Di'vaux qui avait longtemps habité Cayenne, Heni'i IV envoya à la Guyane le sieur de la Renardière pour examiner s'il serait possible d'y fonder une colonie. La mort de Henri IV empêcha de donner suite à ce projet. En 1 626, quelques agriculteurs françaisvinrenl se fixer sur les bords du Sinnamary: d'autres colons les y re|oignirent quelques années plus tard (16:!0-'3o), et construisirent en 1633, à l'em- bouchure de la rivière de Cayenne, un fortel une ville qui devint le chef-lieu de la colonie. La Guyane passa ensuite successivement aux mains de la C's du cap iNord el de la C" de la France équinoxiale ou des Douze-Seigneurs. En 1664, elle fut concédée à la C'" des Indes occidentales. Elle fut ravagée par les Anglais en 1667, prise en 1672 par les Hollandais el reprise en 1674 par l'amiral d'Eslrées, qui s'en empara au nom du roi et supprima la Compa- gnie. De 1800 à 1809, les habitants de la Guyane se livrèrent à la course. La colonie fut prise par lesPortugaisqui la conservèrent plusieurs années. Elle fui restituée à la France par le traité de Paris (1814). La prise de pos- session eut lieu en 1817, mais les limites du côté de l'Amazone ne furent pas fixées. — Un décret-loi du 8 décembre I8-t1 donna au gou- vernement la faculté de transportera Cayenne pour o ans au moins et 10 ans au plus, les mdividus placés sous la surveillance de la haute police, reconnus coupables de rupture de ban ou d'avoir fait partie d'une société se- crète. Un nouveau décret (27 mars 18;-)2)créa la transportation volontaire, en ouvrant la porte des bagnes aux forçats disposés à se GUYO rendre volontairement à la Guyane et en of- frant un asile dans cette colonie, aux condam- nés libérés en France. Le 31 mai I8:ii, un se- cond décret ordonna le iransfèrement à la Guyane des transportés de 1848 et de 1852 qui se lefusaient ii l'obéissance ou au travail, ou qui étaient condamnés à une peine affllctive ou infamante. Un autre décret (20 août 1S53) autorisa le Iransfèrement des individus d'ori- gine asiatique ou africaine condamnés aux travaux forcés ou à la réclusion par les juri- dictions coloniales. Enfin la loi du 30 mai 1854 donna à la réforme |iénilentiaire une base strictement légale. Ce fut le 31 mars I8:;2, que partit pour la Guyane le premier bâtiment ayant des forçats i'i bord. A [lartirde 1K;i2,on transporta, pendant quelques années, dans les pénitciu^iers de la Guyane, environ 3,000 forçats français, auxquels on garantissait des adoucissements et auxquels on promettait de changer leur condition pour celle de colon, après dix ans d'épreuve. L'insalubrité du cli- mat fit avorter cette lenlalive de colonisation, et depuis 1864 les transportés blancs sont di- rigés sur la Nouvelle-Calédonie; la Guyane ne reçoit |>lus nue les condamnés noirs. L'effec- tif, au 1" décembre 1S8Î. comprenait 3,430 transportés de différentes catégories; 3,288 hommes cl 142 femmes. Les points de trans- portation oui été les suivants: les îles du Sa- lut, l'ilet la .Mère, la.Monlagne-d'.^rgenl, Saint- Georges, l'atelier forestier des Trois-Carbels, la Comté, Saint-Laurenl-du -.Maroni, créé en I8.')8, .Montjoly cl Kourou. Il ne reste au- jourd'hui de tous ces points que quatre cen- tres occupés par la transportation : Cayenne, les îles du Salut, Kourou el Sainl-Laurent-du- .Maroni avec ses annexes Saint-Maurice et les Haltes. Le Maroni esl le centre de la coloni- sation pénale. Il a été institué en commune péuilenliaire par décret du 16 mars 1880. GUYARD (Jean), historien, né à Tours, vers le nidieu du xvie siècle, mort vers 1600. 11 était avocat au Mans. Il a laissé • Traité des droits royaux de Hugues Capet (Tours, liiOO, in-4°); Traité de la loi salique (Tours, 1590, in-4°). GUYARD DE BER VILLE, historien, né à Paris, en 1697, mort à l'hospice de Bicêtre, en 1778. Son Hist. de BayardelsonHist.de du Guesclin, souvent réimprimées ou imitées, sont des modèles de simplicité de style el d'avt histo- rique. GUYENNE ou Gueinne [ghi-è-ne] (corrupt. du mot Aqtiitaine), ancienne province du S.-O. de la France, partie de l'ancien royaume d'.^quitaine, formant les départements de la Gironde, du Lot, du Lot-et-Garonne, de la Dordogne, de l'Aveyron, et une partie de ceux des Landes et de Tarn-el-Garonne. — La capitale de la Guyenne était Bordeaux. (Voy.AQUiT.UNE). En 1 152,1e duché de Guyenne passa a Henri Planlagenel (plus tard Henri II d'An;.'lelerre) par le mariage de ce prince avec Eléonore d'.\quitaine. L'Angleterre en conserva la possession jusqu'en 1451, époque où Dunois en fil la conquête pour Charles VII de France. Talbol essaya vainement d'envahir le pays en 1453. A près sa défaite el sa mort à Caslillon, les Anglais perdirent définitivement cette province qu'ils possédaient depuis trois siècles. La Guyenne fut déchirée par l'insur- rection contre l'établissement de la gabelle (1548) et parles guerres de religion. A partir du règne de Louis XIV, elle forma, avec la Gascogne, un des grands gouvernements mi- litaires. — Le titre de duc de Guyenne fut donnéen l469parLouis.Xlàson frère Charles, duc de Berry (mort empoisonné à Bordeaux en 1472). GUYON (Jeanne Marie Bouvier de la MoTTt;,.\!°"') [ghi-ionl. célèbre mystique, née à .Monlargis (Loiret) en 1648, niune en 1 1 17. .A. l'âge de 16 ans, elle épousa Jacques Guyon GUYT qui mourut en 1676. Elle se rendit à Paris en t68(» pour surveiller l'éducation de ses en- f;inls. Dans cette ville et, plus fard, à Genève et à Gcx, elle se voua à des œuvres charitables et religieuses et à une sorte d'apostolat pour répandre ses idées particulières sur lasanctifi- cation et sur d'autres doctrines. L'évêque de Gex lui donna comme directeur un prêtre du nom de Lacombe ; elle fit partager son exal- tation à ce directeur et, en 1664, ils furent chassés l'un et l'autre du diocèse. Elle voyagea ensuitepoui' propager ses opinions religieuses, fit des adeptes à Grenoble, composa ses cé- lèbres Torrents spirituels et son Moyen facile de faire l'oraison de cœur et commença ses Commentaires et sa Traduction française de la Bible. En 1786, elle s'associa à des dames pa- risiennes de haut rang pour organiser des conférences religieuses. On s'aperçut bientôt que ses enseignements dïQ'éraient peu de ceux de Miguel de Molinos, chef des quiétistes, dont les écrits avaient élé récemment condamnés. L'un de ses frères, La Motte, prêlre barnàbile, fut l'un des premiers à se déchaîner contre elle. En janvier 16S8, elle fut enfermée dans un couvent, et Lacombe, dont la prédication avait ohlenu un succès prodigieux, fut jeté à la Bastille. M"'' de Maintenon fit rendre la liberté à M"" Guyon en aoiit 1688 et consen- tit à lui laisser développer ses opinions dans la m.iison de Saint-Cyr. Malheureusement, M""" Guyon se laissa persuader, par un frère de lîoileau, de préparer la justification de son Moyen de faire l'oraison de cœur, sur quoi ses écnls furent soumis à une commission royale, dont Bossuet et son ami Fénelon furent les membres les plus éminents. Cette commission condamna dans ses œuvres quelques erreurs; M""' Guyon se soumit de suite à la décision de ses juges. Mais Bossuet publia contre elle un pamphlet qui attaquait son caractère et sa conduite, sans craindre de se brouiller avec Fenelon qui avait pris le parti de M™" Guyon. Cette dernière fui jetée à la Bastille. Lacombe, dont le long emprisonnement avait altéré l'esprit, s'accusa d'intimilé criminelle avec elle (1698). Cette accusation fut réduite à néant par une assemblée du clergé, réunie à Saint-Germain, dans laquelle on rendit hom- mage à la pureté de ses mœurs (1700). En 170-, elle fut mise en liberté; mais on l'exila de Paris. Son autobiographie (1720) est mufille en ce qui regarde les incidents im- portants de son existence; on a supposé qu'elle a élé écrite par Poiret, d'après les notes de M"' Guyon., GUYOT DE FÈRE (François-Fortuné), litté- raleur, né à Paris en I7'J|, mort en IS(i6. Il a publié un grand nombre d'articles de jour- naux et a laissé une Hist. du prince Eugène de Beauharnitis {\8i\)\ Statistique des Lettres et des Sciences en France {Paria 1834-'35, 2 vol. in-S"), etc. GUYTON DE MORVE AU (Louis-Bernard, baron), chimiste, né à Dijon en 1737, mort en ISIii. Il remplit pendant "27 ans (l75o-'82) la charge d'avocat général au parlement de Dijon. Consacrant noblement ses loisirs à lé- tude di; la chimie et de la minéralogie, il fut frappé de la bizarrerie et du défaut de clarté de la langue savante. 11 proposa, en 1782, de nouvelles dénominations qui portaient en elles le germe d'une vraie nomenclature. Son but était de désigner une subslance par le nom même de sa composition, et cette re- forme, admise d'enthousiasme par l-avoisier, fut l'un des plus puissants instruments de la révolution scientili(|ue tentée par cet illustre chimiste. En 1774, Giiylon de Morvoau com- mença une série de conférences sur la chimie, à l'académii! de Dijon. Des 1773, il avait em- ployé le chlore comme agent général de di'- sini'ection et il décrivit ensuite les résultais de SCS cxpiu'iences dans son fameux Traiti! des moyens de dùsinfectci- l'air {\HQ\}. Il fut division ee par la mer GWAL député à l'Assemblée législative en 1791 et ensuite à la Convention où il vota la mort du roi sans sursis ni appel. Il établit l'Ecole poly- technique dont il l'ut professeur et directeur; administrateur de la Monnaie (1800-1814), il contribua à l'établissement du nouveau sys- tème monétaire. Il écrivit un dictionnaire de chimie pour VEncycloi.édie méthodique. GUYTONIEN, lENNE adj. [ghi-]. Qui a rap- port ou appartient au chimiste Guyton de Morveau. GUZARATE, Guzerat ou Gujerat, de Bombay (liidc anglaise), born d'Arabie et les golfes de Cufch et de C'imbav 102, 0S6 kil. carr.; environ 3,000,000 d'hab. Elle comprend la péninsule de Cottywar, les domaines de Guicowar et plusieurs petits Etats indigènes. Les Ghauts de l'O. forment une partie de ses frontières de l'E. Les ."ivièies principales sont : le Subhermutfee, le Mvhee, la .\erbudda, le Taptee et le Bunon de l'O.' On y trouve du fer et de belles cornalines La récolte principale est le coton, qui occupe environ la moitié des terres cultivées. Parmi les prin- cipales villes sont : Baroda, Dungurpour et Cambay. GUZARATIs. m. Dialecte indien du district de (iii/îar.ite. GUZLA s. f. Sorte de violon grossier qui n'a qu'une seule corde et dont on joue avec un archet : la guzla est l'instrument national des Ilh/ricns. GUZMAN, personnage du Pied de mouton, célèbre leerie de Martainville et Rihié, re- présentée sur le théâtre de la Gaieté en 1807. Le nom de Guzman est resté populaire à cause du dicton : Guzman ne conoail pas d'obstacle, premiers vers d'une romance de cette féerie. GWALIOR ou Goualior [gouâ'-lior] L Partie de l'Inde anglaise, bornée par les provinces du iN.-Û. de Bombay, etc.; 62,lo0 kil. carr • environ 4,0UU,UU0 hab. Dans le S. se trouvent les montagnes Vind- hya et Sutpoora. Elle est limitée au iN.-O. par la rivière Chum- bul ; lesautres rivières sont : le Sinde, le Bet- wah et le Dussam qui sejette dans la Jum- na. Au S. des monta- gnes coulent la Ncr- budda et le Taptee. Le produitle plus im- portant est l'ofiium. Places principales : Gwalior, Burhaii|):iur, Oojeiu, Muiulisaur. Ilindia et Chundercc Cet état fut fonde en 1738 parRanojee Siu- dia, chef qui s'était élevé de l'obscurité au pouvoir suprême. Sun fils naturel, Mad- dhaji Sindia, fut rc- coniiu par la Compagnie des Indes orien- tales comme prince souverain (maliaïa- jah). Il entretenait une armée nombreuse et bien établie, organisée et disciplinée par des officiers français; il s'empara de Delhi, d'Agra et do la personne do l'empe- reur mogol, au nom duquel il gouverna en suit o. Ses états s'étendaicutjusqu'àla rivière 'l'aplce au S. et depuis le Gange, à l'E., jusqu'au golfe de (Jambay à l'O. Son successeur, Dowlut Now, entreprit une guerre contre les Anglais, qui lui prirent une partie considé- rable de SCS Etats. En 1827, Mugut Row lui succéda. A la mort de celui-ci, ([ui ne laissa pas d'enfants, le pays tomba dans ran.irchic. Les .Vnglais établirent l'autorité de Baguhrut Row Sindia, enfant de 8 ans. Pendant la GYGE 205 révolte des Cipayes en 18o7, le Gwalior se joignit aux rebelles; les Européens furent assassinés et Bow Sahib, neveu de Nana Sahib, fut nommé mahnradja de Gwalior. Sir Hufih Rose rétablit Sindia, qui était resté fidèle aux Anglais. — II. Capitale du district ci- dessus, à 260 kil. S.-E. de Delhi; environ 104,000 hab. Le rocher perpendiculaire sur lequel la forteresse est bâtie à 130 m. de haut est composé d'une masse de grès, sur la face orientale de laquelle des figurescolossales ont été sculptées en relief. On y monte au moyen d'escaliers protégés par un mur de pierres massives. Le fort'contient deux palais et deux constructions pyramidales en pierre rouge dans le style le plus ancien de l'archi- tecture indoue. La forteresse, bâtie en 773, fut assiégée en vain par Mahmoud de Ghuzni en 1023, mais elle fut prise par Baber en 1526 et par les Anglais, en 1780 et en 1803. GWILT (Joseph) fgnuiltj, architecte an- glais, né en I7«i, mm-t en 1863. Ses princi- paux travaux d'architeclurc sont le chfiteau de Markham, près de Sligo, et l'église de Charlton, près de Woolwich. Il puhWa Notitia Architectonica Italiana et une Encyclopxdia of Architecture. GWYNN ou Gwinn (Eleonor) [gouinn], maîtresse de Charles II, née vers I6o0, morte vers 1690. Après avoir été successivement la maîtresse des acteurs Hart et Lacy, elle dé- buta sur le théâtre à l'âge de 16 ans: devint, vers 1067, la maîtresse de lord Buckhuist et celle de Charles en 1669. On l'appela .M^^EIlen; elle eut un établissement particulier et fut même nommée dame de la chambre privée de la reine Catherine et admise dans la meilleure société. Elle engagea (Charles à fonder l'hùpifal de Chelsea pour les soldats invalides et se rendit populaire en soutenant les intérêts protestants à la cour. Elle donna à Charles un fils qui devint le duc de Sainl- Albans. Pierre Cunnigham écrivit; The Story of Nell Gwynn (I8.Ï0). Gwalior. 6Y, ch.-l. de cant., arr. et à 19 kil. E. de Gray (Haute Saône); 1,680 hab. Bons vins rouges. GYARMATH-BALASSA. Voy. Balassa-Gyar- MATH. GYGÈS [ji-jèssl, premier roi lydien de la dynastie dés Mermnades. Il lut d'abord officier principal ii la cour de son prédéces- seur Candaule, qu'il tua sur l'ordre de la reine Nvssa. Le roi, lier de posséder une prin- cesse aussi belle, ayant introduit par vanité son favori dans la 'chambre où la reine se déshabillait, ^yssa, indii'uée, mit l'officier dans l'alternative de périr ou d'assassiner son maître pour régner à sa place. D'après Pla- ton, Gvgès, simple berger, aurait trouvé dans 206 GYMN GY.MN GYMN les flancs d'un laiiri'.ni d'airain un annfau iiiervoillenx, qui d(jniiait à celui qui le por- tail le pouvoir de devenir invisilile; el G,v;.'ès aurait prolili' de ce talisman pour séduire la reine et pdur tuer Candaulo. Quoiqu'il en soit, il monta sur le trône vers 710 av. J.-C, et refîna 38 ans. GYLIPPE, f-'énéral sparliate, né vers 46.'i av. J.-C, mort vers 4(i(). Il ap[iaileiiait à uni' fa- mille d'ilole.s. Knvoyé au secours de Syracuse qu'assiéf-'eaient les Atlniiiens, il força les fié- ni'raux Démostliène ctiSicias ù canitulei' (413). Plus tard, cliarf-'é de porter à Lacédénione les trésors conquis à Athènes, il en déroba une f)artie et s'enfuit. — GymkUana. (V. S.) * GYMNASE s. m. [jim-ninA-ze] (pr. gymna- sion, de tjviinins, nu). Lieu on les Grecs s'exer- çaient, nus ou presque nus, h lutter, à jeter le disque, el îi d'autres jeux propres à déve- lopper el à forlilier le corps : tes exercices du gymnase. — Se dit également, chez les modernes, do certains établissements où l'on forme la jeunesse aux exercices du corps : le (/ymnase d'un collège. — Se dit, en .\lle- ma^'ne, des collèges où sont enseiL'nées les lellres Inlines et g-i'ecques. — Gymnase- Dramatique, Ihéâlre de Paris, boulevard lioune-.Nouvelie, ouvert le 22 décembre l!S20. On y joue la comédie et le vaudeville. C'est une sorte de Iroisième Théâtre-Français. * GYMNASIARQUE s. m. [ji-mna-zi-ar-ke] (pr. «jt/iû.s, eliel). Antiq. Chef du gymnase; ofticier qui avait la surintendance du gym- nase : /(( dignité de gymnaxinrque était une espèce de magistrature religieuse. GYMNASIUM s. m Quartier de l'ancienne Rome, où l'on s'exerçait à la lutte. ' GYMNASTE s. m. Antiq. Ofticier particu- liei- pir(M]M-, dans le gymnase, à l'éditcalion des athlètes, et chargé du soin de les former aux exercices auxquels leur complexion les rendait le plus propres. — *v Aujourd'hui. Professeur de gymnastique. — Se dit quel- quefois de ceux qui sont habiles dans les exer- cices gymnastiquis. * GYMNASTIQUE adj. Appartenantaux exer- cices du Lorjis : tes exercices gynmasliques. — Pas GYUiSASTiQUE, pas de course régulier et ca- dencé. " GYMNASTIQUE s. f. (gr. gumnastikè). Art, action d'exercn- le coi'ps pour le furtilier : la gymnasticjue des Grecs. — La gymnastique a été de tout temps pratiquée pour développer la vigueur du coi'ps et i)arliculièrement celle des muscles. La plus ancienne mention de jeux gymnastiques se trouve dans VIliade où Homère montre les Grecs luttant d'adresse à lancer la javeline et les disques. On dit qu'A- chille institua des jeux en r honneur de Patrocle el qu'il distribuait des prix aux vainqueurs du pugilat, de la lutte, du jet des disques, des courses de chariot, etc. Les premiers gym- nases publics, construits par les Lacédémo- niens, furent imités à Athènes. Les lois Spar- tiates, très striclesrelativement aux exercices du corps, exigeaient même que les lilles fussent de bons gymnastes, (Voy. Education.) Des récom|)ensos et des distinctions civiques étaient accordées aux vainqueurs; les récom- penses étaient appelées à6>.a el ceux qui se les disputaient se nommaient âSlr.Tai, ou athlètes. Les exercices des gymnases étaient la course, le saut, le pugilat, la lutte el le jet du disque; l'équiiation, la natation, etc. Pen- dant le moyen âge, les tournois remplacèrent presque tous les autres jeux, à l'exception du bâton, du lir à l'arc, de la course à pied et de la lutte; de sorte que la gymnastique fut dé- laissée jusqu'au jour où Basedow (17761 lit entrer les exen'ices corporels dans son pro- gramme d'éducation. Dans la dernière partie du xviii" siècle, la gymnastique fut introduite dans les écoles prussiennes par Guts-Mulhs, qui écrivit plusiVurs ouvrages sur ce sujet, et I vers ISIO, son .système fut répandu pai Jalin qui peut être regardé comme le fondateur au Turnvereine ac\uc\.i',i\ 1811, une éi:ole pu- blique de gymnase ou Tunijildtz fut ouverte il Herlin, elle fut de suite imitéi- dans tout le royaume de Prusse, eu Allemagne, en Angle- terre, en Suisse, en Portugal el en Danemark, lin 1848, les lurnvereines furent réorganisés, el l'émigration allemande en porta le .système aux El.its-l'nis. L'organisation des pymiiases, d'aboi'd restrciEite à l;i pratiqui' des exercices corporels, embiassa bientôt d'autics objets; on fonda des bibliothèques, des écoles el un jouiiial [Turnicilung). Les exercices ordinaires les jilus utiles sont la marche et l'équilation. Trois ou quatre kilomètres de marche à rai- son de quatre ou cinq kilomètres à l'heure, fortilient bien plus qu'une marche longue et lente. L'équilation, parliculièiemenl au Irol, donne de l'aisance aux bras el aux jambes, réjouit généralement l'esprit et fortifie le dos et les reins. Mais ces exercices ne sont pas à la portée de tous; il faut, dans la plu- part des cas, avoir recours à la gymnastique d'appartement, qui consiste à manier les barres droites, pour donner de la souplesse aux jointures des é[mules et pour développe!' les muscles de la poitrine; à pousser des poids avec les pieds pendant que l'on est assis, etc. Des exercices plus violents sont : le manie- ment de la barre horizontale ; la manœuvre sous des échelles horizontales et des échelles inclinées; l'action de grimper à une corde, de tenir son corps suspendu pai' les mains, horizontalement, la tête en haut ou en bas; de soutenir, par une seule main, son corps horizontalement, sous une barre perpendicu- laire; de sauter, de marcher sur les mains, etc. Les barres parallèles développent les muscles des épaules, de la poitrine et du dos. Le trapèze et le travail des ai.neaux fo"- tinenl les muscles des bras, des ép.iules eldu poipnel. La .'allisthéuique (gr. y.Aloz, beauté; (j-Ssvoç, force), consiste en exercices qui exi- gent moins d'elforts musculaires que la gym- nastique proprement dite et qui convien- viennenl mieux aux lenimes. La- callisthé- nique peut s'étudier avec ou sans a|ipareil. L'appareil dont on a besoin est une forte chai-^e, une barre courte lixée par dos douilles au linteau d'une porte ouverte, un bâton d'un bois léger, d'environ i m. t/"i de long et de •2 centim. de diamètre, une t)aire d'haltères, un matelas de crin, une paire de poids carrés el deux barres parallèles. Dans l'exercice de la chaise, l'élève pose les pieds k une certaine distance de la chaise, se penche en avant sur les orteils, pose les mains sur le dos de la chaise et porte son corps en avant el en arrière. Cet exercice sert an développement des muscles de la poitrine. Dans l'exercice de la barre, l'élève suspendu par les mains à quelques centimètres au-dessus du plan- cher, se balance de côté et d'aulre, en se soutenant tantôt de la main droite et tantôt de la gauche A l'aide du bâton, on peut faire un grand nombre de mouvements gracieux. Les haltères se meuvent en avant et en ar- rière, à la hauteur de la poitrine, ou au-des- sous des hanches. Le matelas exerce l'élève à se lever de la position horizontale à la posi- tion assise sans l'assistance des bras ni des jambes, qui restent étendus. Les poids car- rés sont généralement employés comme les haltères; on peut les placer sur la tête, ce qui donne au corps l'habitude de se tenir bien verticalement pour que les poids ne tombent pas. Les barres parallèles sont saisies par les mains, le coips se balance en avant et en ar- rière entre elles. Les exercices callisthéniques sans appareil, consistent en des mouvements l'éguliers et .systématiques du corps entier ou des membres.' On régularise les mouvements en les exécutant en mesure, comme si l'on comptait des temps musicaux. La gymnas- tique sysiénialiquccallisthcniqueestpcu utile avant l'âpe de Vi ou 14- ans. Les personnes f(ui oui m\a tendance non ordinaire à engrais- ser doivent combiner ces exercices avec le saut, la course, etc., mouvements qui favo- risent l'absorption des tissus adipeux. Une heure d'exercice suffira liabiluellemenl pour les personnes fatiguées par des travaux d'es- prit. Beaucoup de médecins allemands (ml élevé la gymnasli([ue à la hauteur d'une science, particulièrement le D' Schreber, d>' Leipzig; voy. son Kincsiatrik and Aerztlielte Zimviergymnnstik. L'écrivain suédois Ling l'ecommande l'exercice systématique mus(!U- laire comme moyen de guérison dans la plu- part des maladies. Les ouvrages les plus ré- cemment publiés aux Etats-Unis et en Auplc- terre sont ceux d'Arthur el Charles iNahl, Instntcticins in Gymnasties; Walson, Callislhc- nics and Gymnasties; de William VV'ood, Ma- vual of Piiy.sicat Exercices, el de Ravenslein et Hulley Gymnasties and AthlHics. — En France, la gymnastique fut négligée jusqu'à ces derniers temps. Amoros essaya de fonder une salle de gymnase à Paris en If^l.'i; Paz créa, vers l8ii,T, des élabliss. menls modèles cl publia : Santé du crirps et de l'esprit par la gymnasli'jite (ISti.ï, iu-S»); en 187-J, Laisné exposa les principes de la gymnastique élé- mentaire dans son Traité de gymnasHipie classique (gr. in-4», avec planclies); depuis cette époque, l'enseignement de cette pai lie de l'éducation est devenue oblliraloire dans les écoles; une foule de sociétés de jeunes gens se sont fondées dans nos villes. Les exercices les plus répandus chez nous, sont : la station lixe, les dilférentes flexions de la tète, les mouvements alternatifs des bras ver- ticalenicnl, horizontalement, etc. ; les mou- vements alternatifs de tlexion et d'exlensiou des artii'ulalions des pieds: les flexions du corps en tous sens; l'élévalion sur la pointe des pieds et sur les (alons; la marche; le |ias gymnastique ; la tension des bras et des jambes; les principales poses de la boxe, les exercices de la barre à sphères ou de la canne ; les sauts; l'ascension à la corde nouée et à la corde lisse; le travail desanneaux, de la barre de suspen.sion, de la poulre horizontale, de l'échelle, des barres parrallèles fixes, des perches oscillantes, du trapèze; les exercices d'équilibre sur un pied, le corps penché; les exercices de la canne ou barre à sphères; les exercices de voltige; l'escrime, l'équila- tion, la naialiou, e.c. — Légist L'ensei- gnement de la gymnastique est oblipaïuiic dans tous les établissements d'inslructioii pu- blique de garçons dépendant de l'Etat, des départements ou des communes (L. il jan- vier 1880) La loi du l-'i mars 18'>i) avait ins- crit la gymnastique dans le programme de l'instruction primaire, mais à litre facultatif seulement, et le décret du 3 février 1809 en avait établi l'obligation dans les lycées, les collèges et les écoles normales. Cet eiise gne- ment si longtemps négligé, quoique si néces- saire, se répand aujourd'hui de plus en plus et se continue dans les sociétés de |eunes hommes, en même temps qu'il se complète et se perfectionne dans les divers corp^ de l'armée. En vertu de l'arrêté ministériel du 27 juillet IS82, la gymnastique est enseignée dans toutes les écoles primaires. Les petits enfants des écoles maternelles sont eux mêmes exercés à des marches, évolutions el mouvements pradués. Pour les autres, la gymnastique doit, en outre des évolutions el des exercices sur place, occuper une séance, dans le courant de l'après-midi, ch.rquc jour ou au moins tous les deux jours. El cela, in- dépendamment des exercices miblaires qui peuvent avoir lieu, le jeudi et le dimanche, dans les communes qui le désirent. — Gym- nuii e. (V. S.) ■ GYMA.QUt; adj. (gr. yymnos, nu). Antiq. Se dit des Jeu.\ publics ou les uthlètes corn- GYMN GYNE GYPS 207 (gr. giimnos, nu; Qui a les branchies battaient nus: Zes yetra rétébrés à Olympie de quatre ans en quatre ans, étaient des jeux gymniqves. "GYMNIQUE s. f. Anliq. La science des exercices qu'on apprenait aux athlètes de pro- fession : professer la gymnique. GYMNOBLASTEadj. (jrr. yumiws, nu; blas- tés, qui l>ouigeonne). Bot. Dont l'embryon n'est pas enl'ermé dans un sac. GYMNOBOTHRIEN. lENNE adj. (gr. gumtios, nu ; b itliros, trou). Hist. nal. Dont l'orifice est dépourvu de poils. GYMNOBRANCHE adj. ti)-f(yc/t(<(, branchies). Zool nues. GYMNOCARPE adj. (gr. gumnos, nu; karpos, fruit). Bol. Se dit des fi-uits qui ne sont pas soudés avec aucun organe accessoire. — Se dit des champignons qui ont leurs spores à l'extérieur. GYMNOCÉPHALE adj. (gr. gumnos, nu; ké- phalc. lèlc). Zool. Qui a la tête nue. GYMNOCÈRE adj. (gr. gumnos, nu ; keras, corne), linloni. Qui a les antennes dépourvues de poils. GYMNODÈRE adj. (gr. gumnos, nu; derê, couj. Zuoi.Qui a le cou nu. GYMNODONTE adj. (gr. gumnos, nu ; odous, odoiitos, dent). Zool. Qui a les dents à décou- vert. — s. m. pi. Famille de poissons pleclo- gnathes qui se distinguent surtout par leurs mâchoires qui sont garnies, au lieu de dents apparentes, d'une substance d'ivoire, divisée en lames dont l'ensemble représente un bec de perroquet. Cette famille comprend les genres diodon, tetrodon, mole et triodon. GYMNOGÉNE s. et adj. (gr. giamios . nn ; généa, géneiation). Bot. Synon. de Gymno- SPlillME. GYMNOSOPHISME s. m. Doctrine des gym- noso|)hi-les. •GYMNOSOPHISTEs. m. [jinim-no-so-fi-ste] [fT. yummis, i\\x\ sopkos, sage). Nom donné par les anciens Grecs à des philosophes in- diens, qui allaient presque nus, s'abstenaient de viandes, renonçaient à toutes les voluptés, ets'adonnaienl à la contemplalion deschoses delà nalure. Laprincipalecroyance dcsgymno- sophistcs était la doctrine delà transmigration. * GYMNOSPERME adj. [jimm-no-spèr-me] (gr. gumnos, nu ; spêrma, semence). Bol. Se dit des plantes qui appartiennent à la gyni- nospcrmie. GYMNOSPERME, ÉE adj. Bot. Qui a la se- mence à nu. * GYMNOSPERMIE s. f. (gr. gumnos, nii ; sprrina, graim-'j. Ijot. Se dit, dans le système (le Linné, du premier ordre de la riidyiiamie, lequel renferme les plantes donlles Heurs ont qii, lire graines nues au fond du calice : /a tjyinnospermie répond à la famille naturelle des labiées. GYMNOSPORANGE s. m. (gr. gumnos, nu ; franc, sporange), liol. Genre de chaiiipignons parasites olliant l'aspect de masses ^'él:iti- neuscs à la surface desquellessc trouvent des péricarpes granifornies à deux loges coniques. GYMNOTE s. m. (gr. gumnos, nu ; nàlos, dos|. Icht. Genre de poissons malacnptéry- gicns apodes, famille des anguillil'ormes, dis- tinguo par des ouies en |)artie fermées par iini^ meiiibrane qui s'ouvre au-dcvanldcs na- geoires pi.'ctorales, et comprenant des espèces qui vivent toutes dans les rivières de r.-Xmé- rlipu méridionale. I.a ijymnole ébjetrique ou anguille électrique {gymnotus ek'rtrinus, Liiin ) habite les rivières des piirtics septentrionales de r.\niérique du Sud ; elle atteint une lon- gueur de 1 m. 30 centim. à 2 m., elle est brune et jaunâtre. Un appareil électrique occupe, dans l'espace compris entre les pec- torales et la queue, une grande partie de l'in- térieur de son corps ; l'appareil consiste en un assemblage de plaques membraneus s ho- rizontales, presque parallèles et coupées de plaques verticales délicates; les cellules ainsi formées sont remplies d'une matière gluti- neuse et donnent une très grande surlace aux de fleurs de .30 à 60 centim. de long, sem- blables à celles du roseau commun. Cette herbe, d'abord introduite dans nos jardins. Gymnotus cleclricus, organes électriques. Pour prendre ces an- guil'es, les Indiens de l'Amérique du Sud conduisent des chevaux et des mules dans l'eau qu'elles habitent, le pouvoir électrique des poissons s'étant épuisé sur les quadru- pèdes, on saisit les an^udleselon les jette à terre. Ce poisson n'est ni vorace ni méchant, mais il emploie sa balterie pour foudroyer sa proie et pour se défendre de ses nombreux ennemis. — Gymnote, bateau. CV. S.) GYNANDREadj. [ji-nan-dre] (gr. gunê, (q- n-.eWe; anér. andros, mâlej. Bot. Se dit des végétaux qui ont les étamines insérées sur le pistil ou sur l'ovaire. * GYNANDRIE s. f. Bot. Classe du système Qc Linné, qui renferme les plantes dont les étamines naissent sur le pistil. La gynandrie est divisée en neuf ordres caractérisés par le nombre des étamines : diandrie, deux éta- mines (orchis,ophrys, cypripède, épidendron, etc.) ; triandrie, trois étamines(ferrarie,etc.); tétrandrie, quatre étamines (népenthe); pen- tandrie, cinq étamines (passilJore), hvxandrie, six étamines (aristoloche) ; oetandrie, huitéla- mines (seopolie); dé'andrie, dix étamines (hélictères) ; dodéeandrie, de douze à dix- neuf étamines (cytinelj; polyandrie, au moins vingt étamines ("calla, ambroisine, zostère). GYNANDRIQUE adj. Qui appartient à la gy- nandrie. * GYNÉCÉE s. m. [ji-né-sé] (gr. gunaikeion; de gnnê, tcmme). Antiq. Appartement des femmes chez les Grecs. — Se dit quelquefois, parmi nous, d'un lieu oii se réunissent, où travaillent plusieurs femmes. —Bot. (V. S.) " GYNÉCOCRATIE s. f.[-sî](gr. gunê,kmme; ftra(os. puissance). Ktatoù les femmes peuvent gouverner: l'Angleterre est une gynécocratie. ' 6YNÉC0CRATIQUE adj. [-li-ke]. Qui a rap- port a la L'viii'Cdcialic. GYNÉCOGRAPHE s. m. (gr. gunaikeios, de femme; graphe, j'écris). Auteur qui écrit sur la femme. — Qynéeukujic. (,V. S.) GYNÉCONOME s. m. (j;r. nomos, règle). Ma- gi>.tial d Alhi-nes qui était chargé de vcillci sur la conauite des femmes. GYNERlUMs. m. [gi-né-ri-omm] (gr. guné, pistil; erion, laine; pislll laineux). Mot. (lenro degraminécsarundinacécs, dont l'espèce prin- cipale est le gynerium argenté {gynerium ar- genteuw) ou herbe géante des patiipas, grande herbe vivace des plaines de l'Amérique du Sud Cette plante llcurit <\ la lin de l'été ou au cominoncement de l'automne cl donne de nombreuses liges, quelquefois 40 ou .'iO, hautes de I m. iiO à ii m. Chacune de ces tiges est terminée par d'épaisses paniculcs Gynenum argenté i^Gyiierium argentcuiii). grâce à des graines envoyées de Buenos-Ayres en Angleterre i.1843), est maintenant très com- mune. GY^NGŒS [dieunn'-dieuch], ville de Hon- grie, dans le comté de Heves, à o'à kil. N.-E. de Pesth ; 16,000 hab. Elle est au pied de la chaîne de MaUa. Beau château; vastes ma- nufactures d'étoffes de laine; tannerie, etc. Mines d'argent et de cuivre. — (7î/noO(ise.(V. S.) * GYPAÈTE s. m. (gr. gups, gupos, vautour; aetos, aigle). Ornilh. Genre d'oiseaux do proie rapaces, intermédiaire entre le vautour et le faucon. L'espèce principale est celle du gy- paète barbu {gypaetus barbatus), le plus grand des oiseaux de proie d'Europe, long de 1 m. 33 et mesurant de 3 m. à '^ m. 30 d'envergure. Gjpaèle bubu (Gyp.iclusbiibalus). Chez l'adulte, la partie supérieure delà ICtc, le cou et les parties intérieures sont blan- châtres, teintées d'orange ; ces couleurs sont plus foncées sur la poitrine; les ailes et la queue sont d'un noir grisâtre. Cette espèce habite les montagnes de l'Europe, de l'Asiect du nord de l'Afiique. On voit habituellement les çvpaètes aller par paires; ils se nourrissent d'agneaux, de chèvres, de chamois, etc. qu'ils attaquent de façon à les faire tomber dans des précipices; ils dévorent ensuite leurs ca- davres brisés. Ils se nourrissent aussi de cha- roi-'ne.llsconstruisent leur aire sur des rochers inaccessibles, rarement sur des arbres élevés. •GYPSE s. m. [ji-pse] (irr. gupsos : ial. g,/l,sum]. Plâtre. Minéral. Se dit m-opremont, do la pierre à plâtre ou sulfate de chaux. — Encvci.. Le minéral commun, appelé gyp.»e, c4 souvent cristallisé, plus souvent amornlie; il forme quelquefois des masses de roches. 208 GYPS Son syslème de cristallisalion est monoclini- «ue; sa diirclé de 1,n à 2; sa ^-iiivili' spéci- fique, de 2,2 à 2,4 ; il esl tiauspareiU ou diaphane, vitreux; clivé, il devient perlé ou soyeux : il esl incolore et d'un hlane de neice, quelquefois, roupe, jaune ou brun. Quand il est on plaques transparentes, on l'appelle sélénite; quand il est en cristaux semblables à des ai^'uilles, on le nomme pypse libreux; quand il esl compact, aniorplie, el trans- lucide, c'est de l'albatrc; et quand il est blanc et opaijiie , on le nomme pypse neiireux. Sa lormule chimique est Ca S 0', 2 11» 0; c'est, en con-éqiience, un sulfate hydraté decliaux. On le tiouve, dans pres((ue toutes les formations géologiques el dans tous les pays, mélangé à l'argile ; il dérive di^ l'ac- tion, >nr le carbonate de eiiaiix, de l'acide sul- furiquedcgagé parladécomposition de pyrites de fer; mais son grand dépôt esl l'Océan, dont les eaux le tiennent en solution el dont il a été précipité par l'évaporation. Son lit le plus important est celui du bassin de Paris, à Àlontmarlre (de l'âge éocène), d'où il a pris le nom ordinaire de plâtre de Paris. L'emploi du gypse dans les arts esl vaiié et important. Calciné, il devient anhydre. Kéduit en j'oudre et mêlé avec de l'eau, il se combine de nouveau avec elle; la masse d'abord plastique, devient solide, et prend la forme des moules dans lesquels on le jette. Mêlé avec de l'eau et de la colle forte, il forme le stuc. Avec une solution de borax, d'alun ou de sulfate de potasse, il forme un moulage dur qui est sus- ccplible d'un très beau poli. Mais l'emploi principal du gy|)se est de ferliliserles terrains. • GYPSEUX, EUSE adj. Qui est de la nature du gyp>e, qui y ressemble : ■pierre gtjpseusc. GYPSIE s. (angl. gyp!-y; coiriipt. du mol Koyplicii]. yiom donné, principalement en An- gleterre, au peuple vagabond que l'on trouve dans presque toutes les parties du monde, et que l'on appelle, Zinguii en Italie, Gitaiios en Espairiie, Ziijcimcr en Allemagne, Czhjanyok en Hongrie, Tziijuni dans les paj's slaves, Tthiwjaneh en Turquie el Bohémuns'en France '-'--^ Gypsics (où ils furent d'abord considérés comme ve- nant de la Bohême). Ils s'appellent eux-mêmes Kule ou Meltele (le noir) MMditchel (peuple noir). Sinde ou Sinte (signifiant probablement peuple de l'Inde), mais plus communément par le mol gypsy (peuple), Manush, Rom (au fem. Romn). — Bultner, Pallas et d'autres savants considèrent lesGypsies comme venant de l'Inde, d'où ils ont été chassés par Tanier- lan (1398) et où ils appartenaient à la caste GYRI des Soudras ou à celle des Parias. 11 v a dans l'Inde et dans la Perse beaucoiq) de tribus errantes, dont le type se lapproche de celui des Gypsies. Des bandes organisées de Gvpsies parurent pour la première fois dans les pro- vinces danubiennes en lilT. Ces Itohémiens étaient au nombre d'environ 11,000 en Italie, en 14-22. En 1427, il arriva à Paris, 120 étrangers qui prétendaient ôtie des chrétiens de la ba,sse Egypte, chassés par les Sarrasins ; ilsavaient, disaient-ils, habitélongtemps la Ito- hême, ils exerçaient la profession de dire la bonne aventure, et se montraient experts dans la chiromancie el surtout dans l'art de voler Ils furent chassés de Paris, mais ils continuèient d'errer en France et d'autres bandes les rem- placèrent. Ils parurent en l>pa;;nc en 1447. en Anglelerrevers t.'iOGet en Suède en 1514. Des loissévères furent rendue.s contre eux. L'Kspa- gnelesexilaen 1492. En Angiclerre, Henry Vlll publia. en 1.Ï30, une proclamation, renouvelée par Elisabeth, considérant leur séjour pendant plus d un mois dans ce pays comme un crime de haute trahison. Les rois écossais eurent une politique dilTérente et ils semblent leur avoir accoi'dé une sorte de protection. L'Italie, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas et l'AlIc- magno prirent des mesures contre eux. .Marie- Thérèse, en 1768, donna un ordre en vertu duquel lesbandesde ses Etats furent assemblées dans des habitations fixes, el lesGypsiesfurent appelés Neubauern (nouveaux paysans). Au- jourd'hui, les 2.Ï0, 000 Gypsies de la Hongrie, de la Transylvanie et de la Koumanie mènent une vie comparativement sédentaire. En Tran- sylvanie, ils sont sous le gouvernement d'un waywode de leur race. Ils sont nombreux en Russie et en Turquie. L'Espagne en nourrit en- viron 40,000. Il y en a un "nombre considé- rable en Norvège; en France, il y en a peu; en Angleterre, leur nombre est descendu au chiffre de IO,oOO. On supfiose que le nombre total des Gypsies en Europe est de ,ïOO,000 à 700,000. — Les Gypsies présentent le type asia- tique, avec un teint basané, des yeux et des cheveux noirs, les os des joues proéminents, la mâchoire inférieure légèrement avancée, une bouche petite et de belles dents blanches. Sous le rapportdu caractère, ils sont Irailres, lâches, vindicatifs et cruels. Ils paraissent n'avoir aucune croyance religieuse ; ils ne possèdent dans leur langue aucun mot signi- fiant Dieu, l'âme ou l'immortalité. Pour eux, le mariage est temporaire et ils ne respectent pas les limites de la consanguinité. Leur in- dustrie se borne à réparer les objets de mé- nage et a tourner quelques petits articles de bois, ilsse livrent parfois aux travaux agricoles. Quelques-uns d'eux, tels que Kecskeméti, Ka- lozdy el Bunko, ont été de célèbres violonistes. Dans les villages et les villes de l'Europe, par- ticulièrement en Espagne, les jeunes Gypsies dansent et mendient. Les femmes aimènl les bijoux et les couleurs voyantes. Le lanjjage des Gypsies, bien qu'il conserve partout des formes témoignant d'une origine indoue, dif- fère dans les divers paysqu'ilshabitenl, par suite de l'adoption de mots nouveaux. Les dialectes gypsies les mieux connus sont : l'anglais, l'al- lemand, le hongrois et l'espagnol. — Vovez Simson, History of thc Gypaies {iSGo); Bar- row, TheZincali (1841); et Lavo-Lill : W^jrd Book of tlie homany or E7iglish Gypsy Lan- guage (1874). • GYRATOIRE adj. Voy. Gikatoire. GYRIN s. m. el Gyriniens s. m. pi. (gr. gureno, tournoyer). Enloin. Genre de coléop- tères pentamères, comprenant des insectes très petits, à corps ovale, plus ou moins convexes et à pattes organisées pour la nata- tion. Les gyrins, dont une quinzaine d'espèces habitent l'Europe, se trouvent en nombre considérable à lasurface des eaux tranquilles; GYUL on les appelle vulgairement tourniquets et [luces d'eau. GYRINIEN, lENNE adj. Eutom. Qui res- semble o'i qui Se rapporte au ^'enre gvrin. s. m. pi. Famille de coléoptères pcnlamëres ayant pour type le genre gyrin. •GYROMANCIE s. f. (gr. gyros, cercle; mnnlciii, divination). Sorte de divination qui se pratique en marchant en rond, jusqu'à ce que l'on tombe, étourdi par ce mouvement, sui' de> caractères semés çà el là. GYROMANCIEN, lENNE s. Celui, celle qui pratique la gyromancie. GYROSCOPE s. m. (gr. guros , cercle; skojiijij, j'observe). Phys. Appareil qui sert à démontrei l'existence du mouvement de rota- tion diurne de la terre : le gyroscope a été inuigmé en I8-'J2, par Fouciwlt (Acad.). La forme de gyroscope la plus simple consiste essentiellement en un disque tournant sur des pivots dans un cercle, qui a d'un côté, sur / Gyroscope. la ligne de prolongation de son axe, une barre avec une dépression conique en dessous pour recevoir la pointe d'un support vertical. Quand on fait tourner le disque avec une ra- pidité suffisante, il ne tombe point, mais tout l'appareil opère sa révolution autour du point de support, dans la direction des tlèches de notre ligure. — 'Voy. AnalysisofRoturymotinn «s (ipplies to the Gyroscope, par Gen.-J.-G. Barnard (New-York, 1857). * GYROVAGUE s. m. [ji-rova-ghe] ( r. gyros, cercle; lai. vwjuri, errer) .Nom il'une espèce de moines qui n'étaient attachés à aucune maison, et qui, dilîérant en ce point des cé- nobites, erraient de monastère en monastère; la réguliirité des mœurs est peu compaliljle avec l'indépendance dans laquelle vivaient les gyro- vagues. GYROWETZ (Adalbert) [ghi'-ro-vèl ], com- positeur bohémien, né en I7.Ï3, mort eu I8o0. Il fui directeur de l'orchestre du théâtre im- périal de Vienne. Parmi ses opéras on cite : Sémiramis, Agnès SorcI, l'Oculiste ei l'Aveugle joueur de harpe. H a.pabVié une autobi— r.i'diie (1848). " ' G'YULA [diou'-lâ], ville de Hongrie, capil.ile du comté de Békes, à 40 kil.'iN. d'Arad ; 20,000 hab. Elle esl divisée par le KôrOs blanc en deux villages : l'un surnommé Madgvar, habité par des Hongrois, et l'autre appelé Némel (allemand), parce qu'on y parle prin- cipalement l'allemand. Commerce de vins, de sel et de bestiaux. GYULAY (François, comteI, feld-maréchal autrichien, né à Pesth en 1798, mort en 1868. Il commandait, en I8'i9, l'année deslinée à envahir le Piémont; mais sa lenteur donna aux Français le temps d'arriver au secours de ■V'ictor-Emmanuel. Battu, le 20 mai, à .Monte- bello, par le général Forey, il subit, le 4 juin, une défaite plus décisive à Magenta et déposa son commandement. H HABE liABl 209 H L'apostrophe ( ' ) placée devant la lettre H indique l'aspiratioa 11. s. f. et m. [a-clie; ou 'lie] HuiLième let- tre de ralphabel latin et des alphabets qui dérivent de celui-ci. Lorsqu'on l'appelle ache suivant la prononciation ancienne et usuelle, son nom est féminin ; une U (aclie). Il est masculin, lorsque, suivant la méthode mo- derne, on prononce celte lettre comme une simple aspiration : le h. — Dans la pronon- ciation, H s'aspire, ou reste nul, ou se com- bine avec la consonne qui le précède. — iN'a aucun son et ne s'aspire point au comnien- cenienl do la plupart des mots qui viennent du latin, et qui dans le latin ont un H initial, comme : habile, habitude, hérédité, héritier, hébélé, etc. Il faut e.\cepter de cette règle plu- sieurs mots, comme : haleter, hennir, héros, harpie, etc. — Celte lettre n'a pareillement aucun son dans certains mots français qui ont un H initial, quoique les mots latins d'où ils viennent n'en aient pas. Par exemple, on ne la prononce point dans ces mots : huile, huître, Ituis, huissier, etc. — S'aspire au commence- ment des autres mots français qui viennent dos mots latins sans H, comme dans ces mots : hache, haut, hérisson, huit, huppe. — ■ Dans tous les mots qui ne viennent point du latin H initial s'aspire et se prononce, comme : hâ- bler, hanter, hanche, honte, hâter, hâtif, hari- cot, etc. — H initial aspiré empêche l'élision des voyelles, ou la liaison des consonnes avec la voyelle qui le suit. Ainsi, on écrit et on prononce. Le hazard, la haine, etc. Dans belle haramjiic, j'aurais honte, quel hasard, les mots belle, j'aurais, quel, se prononcent comme s'ils terminaient une phrase. — Devant les mots féminins qui commencent par un H as- piré, l'adjectif possessif ne prend jamais la forme du masculin. Ainsi, on d'il: ma haine, ta. honte, ta hauteur. *— Placé au milieu d'un niot, entre deu.'c voyelles, H est ordinaire- ment aspiré, comme dans ces mots : ahcur- ter, cohue, cohorte. — Quand H est api'ès un ï ou une R, ce qui n'arrive que dans les mois tirés du j;rec ou de quelque autre langue, celle lettre n'a aucun son particulier. Ainsi, lhéolo(iie, Athènes, Déniosthènc, etc., se pro- noncent comme s'ils étaient écrits, téologie, Atèiie, etc. — Quand H est après un C, dans les mots pris du grec, de l'hébreu ou de l'a- rabe, C et 11 ensemble se prononcent ordinai- rement comme un K. Ainsi, AcIiéloCts, Adimet, archamjc, archiéinseoial, etc., se prononcent comme s'ils étaient écrits, Aliéloùs, arkiépis- eopal, arkange, etc. — L'usage a excepté do cette l'cgle les mots suivants : Achille, Chypi-o, Achéron, citérif, cltérubin. archevêque, chimie, chirurgie, urchidue, architecte, Michel, où CH se prononce à peu près comme le J forte- ment arliculé. \)a.niM'i.chel-Ange.,m\ prononce Mikcl. — Dans tous les mots purement fran- çais, ou qui ne viennent que du latin, C cl H ensemble se prononcent toujours comme l'ar- li'.'ulalion forte du J. Exemples : chose, cher- cher, choir, chute, cher, chair, charité, chétif. vache, cacher, rocher, cocher, etc. — Quand 11 se trouve après un P dans les mois d'oi'igino grecque ou hébraïque, ces deux lettres en- semble se prononcent comme un F : Séra- 227 phin, Japhet, Joseph, Philippe, Phalaris, p)hy- sique philosophie, sphinx, etc.; prononcez Se- rafui, Josef, etc. — La lettre H était égale- ment la huitième de ral|ihabel grec primitif, où elle était représentée par le caractère H, comme on le voit dans les mscriplions, mais avec le temps, cette lettre fut abandonnée, et son caractère représenta la nouvelle lettre cla; et les deux moitiés (-et-), désignées comme accents " durs " et " doux ", s'écri- vaient au-dessus de la voyelle initiale du mot; l'initiale u ayant toujours l'accent dur (ù), tandis que les autres voyelles pouvaient avoir l'un et l'autre. Le n initial est toujours aspiré. ■ ' HA. Interj. de surprise, d'élonnemenl : halvotts voilà! Ha! ha! Se confond quelque- fois avec linterj. Ah ! HAAKON VII. roi de Norvège, élu le 18 no-' vembre l'JOii. (V. S.) HABEAS CORPUS [a-bé-ass-kor-puss]. Loc- lat. qui signilie : reste maître de ton corps- Nom d'une célèbre loi anglaise rendue en IG'iO, et qui donne à tout accusé le droit d'at- lendre en liberté son jugement, moyennant caution : en France, la loi n'accorde pas l'habeus corpus. Voy. Liderié. HABEMUS CONFITENTEM REUM [a-bé muss- kon-li-tain-lèmni-re-ijmiiij Loc. lat. qui signi- fie : nous avons un accusé qui avoue, et qui est empruntée à l'exorde du célèbre discours de Cicéron contre Ligarius. HABENECK (Antoine François), célèbre vio- loniste, né à Mézièreseii I7S1, mort en ISiO. L'impératrice Joséphine lui fit une pension, et il fut directeur de l'oiehestre duConsei'va- toire de Paris (1806-'i;,), del'Opéra |182l-'-24), et ensuite chef d'orchestre de ce théâtre jus- qu'en i 846. Il composa peu; mais, comme exécutant, il était sans rival. — Ses frères Co- nENTiN et JosEPU étaient également des violo- nistes très distingués. HABENT SUA FATA LIBELLI [a-baint-sua- fa-La-li-bél-li]. Loc. lat. empruntée au gram- mairien Terenlianus Maurus et qui signifie : les ])ctits livres ont leur destinée. HABERT I (François), poète, né à Issoudun en Io20, mort veis \'i>(jl. La misère dans laquelle il vécut presijue constamment lui avait fait prendre le surnom de Danny de Liesse. Il a laissé des traductions en vers d'U- vidc, d'Horace, etc., et des [loésies originales qui furent longtemps populaires. — II. Phi- lippe), poète, l'un des fondateurs de l'Acadénne française, né à Paris en 10!);;, mort en 1137. Commissaire de l'arlillerie, il fut écrasé par la chute d'un pan de mur, au siège d'Eme- rick (llainaut). Il a laissi; : Relation de ce qui s'est passé en Italie sous le marquis d'Uxelles, et un petit poème : Le Temple de la .Mort (Paris, 1637, in-8°). — m. (Germain), poète, frère du précédent et comme lui l'un des premiers membres de l'Académie française, né vers IGlîi, mort en IG-'io, Il était abbé de Saint- Victor de Céii.sy. On a de lui un poème dans le goût précieux de l'époque : Mèlamorphose des yeux de Phillis en astres (Paris, 1639, in-S"), une Vie du cardinal dt Bérulle (Paris, '1 046, in-4"), une Oraison funèbre de Riche- lieu, etc. ' HABIA s. m. Ornith. Sous-genre de tan- garas, comprenant les tangaras à gros bec. HABIBAS, groupe de petites îles méditerra- néennes, .situéesà l'Cducap Falcon (province d'Oran, Algérie). La plus étendue mesure 4 kil. de tour. * HABILE adj. (lat. habilis). Capable, intel- ligent, adroit, savant : c'esi un homme extrê- mement habile. Les plus accommodants, ce sont les plus habiles, La Foutainb. — Se dit quelquefois en mauvaise pari: être habile il tromper. — Pop. Diligent, expéditif . ce copiste est habile, il aura bientôt écrit cerné- moire. — Jurispr. Qui est capable ou qui a droit de faire une chose : être habile à con- tracter mariage. — Fig. et fam. Etre habile a SUCCÉDER, être vif et alerte pour ses intérêts. * HABILEMENT adv. D'une manière habile, avec adresse, avec intelligence, avec dili- gence, avec esprit : manier habilement le pin- ceau. * HABILETÉ s. f. [a-bi-le-té]. Qualité de ce- lui qui est habile; capacité, intelligence : cet artiste est d'une grande habileté. •HABILITÉ s. f. Aptilude. N'est guère d'u- sage qu'en termes de Jurispr. et dans celte locution, Habilité à succéder. * HABILITER v. a. Jurispr. Rendre quel- qu'un capable de faire une chose, lever les obstacles qui l'en empêchaient : /iu6(7i'a- ralion des volailles ou du gibier pour les mettre en broche : j'ai payé tant pour l habil- lage de ces perdrLc. — Cuis. Opération qui consiste à écorcher, vider et mettre un ani- mal en état pour la cuisson : habillage d'un poisson, d'une volaille, d'un veau. — »* .\r- boric. Suppression d'une partie des bran- ches cl des racines d'un végétal que l'on veut planter. HABILLANT, ANTE adj. Qui sied bien, qui va bien ; étoffe habillante. ' HABILLÉ, É£ part. passédeHABiLLER. Vêtu : un homme habillé de noir. — Habit ii.vuii.lk, habit d'homme que l'on met en grande toi- lette. — »v Jargon. H.vbillé dk noir, avocat. — llAllILLli DF, SOIE, COchoU. * HABILLEMENT s. m. [«mil.] (bas lat. ha- bilimcnltiw, préparatifs militaires). Vêtement, habit, tout ce dont on est vêtu : habillement de goût. — Habillement de tète, casi[ue, ar- mure de tête. (Vieux.) — Adm. Action d'ha- biller, de pourvoir d'habits : fabriquer du drap pour ihabittement des troupes. III. 2)0 HABI * HABILLER v. a. |// mil.]. Vôlîr qucliin'un, lui iTicltie (les huhils : habiller un enfant. — Fif». et fam. IIauilukii oielqu'un di: toutks l'iixEs, lui faire un mauvais parti, le iiialtrai- lcr;ou en dire beaucoup de mal. — DoMiier, faire faire des habits à quohju'un : habiller les pauvres, des trouiics. — Il n'kstpas KNXonE ACiiKvi';i)'iiABiLLi:n, se dit d'une personne qui se fait habiller ou qui metelle-mômc ses habits. — Donner, faire des habits à quelqu'un : e'csl tel taillcnrquirhabilU'. — Ahso\. : ce lailleur habille bien. — Se dit, dans un sens analogue, cil [larlant de la manière dont un peintre ou un sculpteur diajie et rcvôt les ligures : ce peintre, ce sculpteur ne sait pus lyibilkr sçsfi- (jures. — Donner un certain caractère à un })Oi-sonna;ie; dans cette acception, se dit or- dinairenient en mauvaise \\a.vi:ce poêle habille à la française les htiros de l ■intiquité. — Se dit encore de i'ellet que font les habits lorsqu'on les a sur soi : celle redinijole vous habille bien. — Absol. Cettb étoffe iiaiulle dif.n, elle est souple, maniable, et prend bien les formes. — Par exl. Couvrir, envelopper : il faut ha- biller de ronces te tronc de cet arbre, pour que les jnissanls ne l'endommagent pas. — Se dit, fig., dans un sens anahigue, Haihm.ku unk pensée en VEiis,la mettre en vers. — IIadilleu VN CONTE, couvrir, par la manière de conter, ce qu'il peuty avoir d'indécent dans le fond : le sujet de ce' conte est un peu libre, mais il est habillé de manière à ne choquer personne. — Se dit en parlant de certains animaux qu'on écorche et qu'on vias vu des enfants faire d'amers reproches à leurs parents, p lur leur avoir laissé prendre des pencliaiils dont ils n'avaient plus l.i bjrce de se défaire. H faiil toujours se demander, avant de se créer une habitude, s'il n'y aura [las lieu, plus tard, d'en suulliir nu d'en faire pâtir ceux qui nous entourent. L'iiabiliub^ de la mollesse rend elTéminé, impropre aux fa- tigues. Celle de vivre calfeutré dans une chambre chaulfée expose aux elfels dus vicis- situdes atmosphériques, au.ssilôt qu'on s'y ex- pose. Mais celle delà débauche est, sans con- tredit, la plus funeste à la santé. Hàtuns-nous d'ajouter que riiahitude , toute tyraniii()ue qu'elle soit, peut se perdre: il siiflit, pour cela de le vouloir fortement cl d'avoir la cons- tance de la combattre par l'habilude cou- Iraii'e. » (D' C. Dujiasquier.) HABITUDINAIRE s. Théol, Celui, celle qui coniiih't liaiiilin-lleinenl les mômes péchés. • HABITUÉ, ÉE part, passé de Habituer, ac- coutumé, qui a 1 habitude.— Part. Se dit d'un ecclésiastique qui n'a point de charge ni de dignité dans une église, mais qui assiste à l'oflice divin, et est employé aux fonctions d'une paroisse: prètrè habitué. Il est habitué à Saint-Eustache, etc. — S'emploie aussi subs- tanliv., dans le même sens: i(n habitué de paroisse. — Celui qui va fréquemmcnl cl ha- biluellemenl dans un lieu : c'est un habitué de la maison. ' HABITUEL. ELLE adj. Qui s'est louinéen habitude, (pii esl passé en habitude : mal liabituel, fièvre habituelle. — Théol. Grack habituelle, celle qui réside toujours dans le sujet. * HABITUELLEMENT adv. l'ar habitude : il s'enic/ c /iiil'ilui:U,_ut'-nt. 'HABITUERv, a. Accoutumer, faire prendre l'habitude ; il faut habiliier de bonne heure 1rs enfants à l'obéissance. — ■ S'habituer v. pr. S'accoutumer : s'habituer au bien, au mat, au froid, au chaud, au travail. HABITUS [a-bi-tuss]. Mot lat. qui signifie Manière d'èlre. — Hist. nat. Aspect général d'un être organisé; ensemble des particulari- tés relatives à son port et à son extérieur. ' ' HABLER V. n. (esp. hablar, parler; du lat. fabulan). Parler beaucoup et avec vanlerie, avec exagéialion et ostentation : cet homii.e ne fuit que hdbler, ne croyez pas tout ce qu'il dit. ' ' HÂBLERIE s. f. Discours plein de van- lerie, d'exagération et d'ostentation : totit ce qu'il vous a dit n'est que hâblerie. ' ' HÂBLEUR, EUSE s. Celui, celle qui hà- ble, (jui aime à débiter des mensonges: c'est un grand hâbleur, une grande hâbleuse. HABSBOURG. Voy. Hapsdourg. HABSHEIM, ville du cercle de Mulhouse (Alsace-Lorraine), à 7 kil. de cette ville, ch.-l. de canton, l,b25 hab. HACELDAMA (héb. Champ du Sang). Voy. ACELlJAMA. HACH n.ADE H A DR 211 ' HACHAGE ?. m. Action de hacher; résul- tat de cetti-' (jpérutioii. ' HACHARD s. m. Ciseaux de forgeron pour couper le fer. ' ' HACHE s. f. (lat. ascUi). Instrument de fer tranchant, qui a un manche, et dont on se sert pour couper et pour fendre du bois et autres choses: abaltre un arbre avec une ha- che. — HACHii A MAIN, petite hache dont le manche est court. — Hache d'abues, sorte de hache dont on se servait autrefois à la guerre, cl qui est encore d'usage dans les combats de mer, quand on va i l'abordage. La hache d'armes paiait avoir une origine orientale. Klle est ineiUinnnée comme ayant servi aux Amazones, nn\ Saces de l'armée de Darius et à quelqueslribusdes Alpes, toutes les nations teutoniques en faisaient usage. — Hache de PIEUKE, hache dont se servent tjuelques peuples sauvages, et qui est faite d'une pierre très dure, au lieu de fer. — Cet ouvnAOE est fait a coups de hache, il est grossièrement fait. — Avoir un coup de hache a la tête ou simple- ment, AVOIII UN COUP de HAcME, un petit COUP DEBACHE, être ull peu fou. — Impr. Ce livre est imprimé en hache, il est à deux colonnes, qui devraient naturellement être d'égale lon- gueur, mais dont l'une, se trouvant plus abon- dante que l'autre, occupe toute la largeur de la page au-dessous de celle qui a fini la pre- mière. (Vieux.) ^e se dit qu'en parlant d'an- ciennes éditions. — Arpentage. Cette pièce DE TERRE FAIT IIACIIE SUR TELLE AUTRE , elle s'enclave, elle est engagée en partie dans telle autre. — Part. Se disait de l'instrument avec lequel le bourreau tranchait la tête des con- damnés: péîv'r soîii" la hache. — Fig. La hache ÉTAIT SUSPENDUE SUR TOUTES LES TÈTES, tout le monde était menacé de mort. — Antiq. Hache CONSULAIRE, haclic entourée de faisceaux de verges que les licteurs portaient devant les consuls. * 'HACHÉ. ÉE part, passé de Hacher. — Style haché, style coupé en trop petites phrases, sans liaisons grammaticales. * ' HACHE-ÉCORCE s. m. Oulil de tanneur servant à couper l'écorce dont on fait le tan. * 'HACHE PAILLE s. m. Inslrumenldonton se sert pour haiher la paille que l'on donne aux chevaux et au bétail. '' HACHER v. a. Couper en petits riiôrçeaux: hacher du veau. — Prov. Hacher menu comme chair a pâté, mettre en pièces, hacher par morceaux. On dit de même, par menace : vous serez liaehés meiiu comme chair û pMé. — Couper maladroitement : il ne découpe pas cette viande, il la hache. — Se dit, par exl., du dommage que la grêle fait quelquefois aux blés et aux arbres : mes blés ont été hachés par la grélc. — Par exag. Hacher quelqu'un en pièces, le hacher en morceaux, le frapper de plusieurs coups d'une arme tranchante. — Ce bataillon, cet escadron, etc., s'est fait HACHER EN PiJîCES, OU simplement, s'est fait HACHER, il s'est défendu jusqu'à ce qu'il ait été entièrement déiruit. — Il se ferait hacher EN PiiicES, ou simplement : il se ferait hocher pour cela, pour cette personne, il soutiendrait cela, il y pefsislci'ait, il défendrait cette per- sonne au péril de sa vie. Kaniilièremcnl, dans un sens analogue : je m'y ferais hacher. — Dessin. Grav. l'aire des traits ijui se croi- sent les uns les autres : hacher iirtc le bicrin, accc le crayon, laei; la plume. — »» Jai'gon. Hacher de la paille, se dit d'un Allrmanil qui veut parler le français. — »\ Se hacher v. pr. Elre liai'lié. "HACHEREAUs. m. diin. Petite cognée. * 'HACHETTE s. f. dim. Petite hache, mar- teau Irancliant d'un côté. — Icht. Poisson d'eau douce (|ue l'on trouve dans certains lleuves de l'isiirope. ' HACHETTE (Jeanne I.visné, surnommée Jeanne), liéioiiic qui s'immortalisa au siège de Beauvais (1475). Suivie de quelques dames de la ville, elle monta sur les remparls et renversa plusieurs assaillants. (Voy. Beauvais.) Le surnom de Hachette lui fut donné à cause de l'arme dont elle s'était servie avec tant d'audace et de valeur. La ville de Beauvais lui a élevé, en 1851, une slalue en bronze, due au sculpteur Debay. 'HACHETTE (Jean Nicolas-Pierre), mathé- maticien, né k Méziéres eu 1760, mort en 1834. Il a laissé beaucoup d'ouviages sur les mathé- matiques et sur la physique. Ses opinions libé- rales lui firent perdre s.i place de professeur i'i l'Keole polytechnique, sous la Restauration. Elu à l'Académie des sciences en 1823, il n'y fut admis (ju'après la rOvolulion de 1830. 'HACHETTE ( Louis-Christophe-François), célèbre éditeur, néàRelhel(.-\idennes)en 1800, mort en 1864. Il était élève de l'école nor- male, quand celle-ci fut licenciée en 1822. Il acheta, en 182fi, une petite librairie dont il fit, en quelques années, l'une des premières maisons d'édition qu'il y ait au monde. ■ ' HACHIS s. m. Cuis. Mets fait avec de la viande ou du poisson, qu'on hache extrême- nieiit menu : hachis de perdrix, do mouton. "HACHISCH ou Haschisch s. m. ['ba-chiche] (ar. hachich, herbe sèche). Préparation eni- vrante et narcotique dont le chanvre indien forme la base : le hachisch est recherché en Orient, comme l'opium en Chine, potir ses effets enivrants. (Voy. Chanvre.) * ' HACHOIR s. m. Petite table de chênesur laquelle on hache les viandes : un hachoir est nécessaire dans une cuisine. — Grand couteau pour hacher les viandes. — Hache-paille. * ' HACHURE s. f. Dess. et Grav. Se dit des traits ordinairement croisés les uns sur les autres, par lesquels on forme les demi-teintes et les ombres : des kachurcs larges. — Blas. Se dit des traits ou des points dont on se sert pour marquer la dillérence des couleurs et des métaux : la hachure en pal, ou de haut en bas, désigne le gueules {\o rouge); la hachure en fasce, r/ui traverse l'écu, signifie l'aztir (le bleu); /(( hachure en pal, lontrc-hachée en fasce, marque le sable (le noir) ; etc. ' HACK s. m. ['hak] (aiig! cheval de service). Sport. Cheval desliné à courir et que l'on em- ploie aussi pour la chasse, la promonade, etc. : des hachs. HACKERT (Philipp), peintre allemand, né en Piusse en 1737, mort en 1S07. Il s'établit en Italie en 1708 et vécut à Rome; à Naples et à Florence. Il exécuta, pour l'impératriceCathe- rine H, plusieurs tableaux de batailles navales. Voulant lui donner l'idée d'une explosion eu mer, le comte Orlolf fil sauter une frégate devant lui, dans le port de Livourne. Haokert grava lui-même un grand nombre de ses œuvres et écrivit des ouvrages techniques en italien et en allemand. — Hac/iietia. (V. S.) ' HADDINGTONSHIRE ou Lothian oriental, ['bad'-dign-t'n-cheur], comté d'Ecosse, borné par le frith de Sortb et la mer du Nord; 1T6 kil. carr.; 38.000 hab. Il est coupé par la rivière Tvne. Sol géiu-ralcment fertile. — Ca- pitale lladdington.sur le Tyne, à 24 kil. N.E. d'Edimbourg; environ 4,01)0 hab. 'HADERSLEBEN['lia-dér-slè-bènn](dan./i./- dersUr), ville du Scblcwig fPrussc), à 70 kil. N. de Schleswig, sur le llord de Hadersleben, baie du Petit-Belt; 8.'i hab. Son port no peut recevoir que di; i)etits navires, mais la ville possède un port extérieur à Stevelt. Fa- briques de ganls. HADÈS s. m. [a-déss| (gr. 'KiSm). Nom doniu; primitivement, dans la mylliolugie grecque, au roi du monde iiifnriciirou Invisible et ensuite aux régimis infernales dont le roi était euiiiui sousic nom di' l'Ililon, Hadès élail un lieu de ténèbres et le s^iir de la mort. Ses portfisferméesélaicntgallÇces par Cerbère. ' HADJ s. m. Mot arabe qui signifie pèleii- nage, ' HADJI s. m. (rad. hadj). Musulman qui a fait le pèlerinage de la Mecque. ' HADJI-KHALFA, surnom de Mustapha Ben Abdallah, connu aussi sous le titre de Katib Tchelebi (noble secrétaire), historien turc, né à Constantinople, mort en I6ij8. Après avoir occupé divers emplois, il fut nommé en 1618 khalj'a, ministre des finances. Son ouvrage le plus important est Keshf-ul-tzunûn, dicliou- naire bibliographique en arabe, dans lequel se trouvent les titres de plus de 18,000 livres arabes , persans et turcs , avec de courtes notices sur les auteurs. Ce dictionnaire a été publié à Londres avec une traduction latine (7 vol. 1S3.T-'38). On a du même écrivain des ouvrages historiques, comprenant une Histoire des guerres maritimes des Turcs. ' HADLEY (John) ['had-li], astronome anglais, mort en 1744. Il était membre de la Société royale et se fit principalement con- naître comme l'inventeur réputé de l'instru- ment appelé octant de Hadiey ; mais on penser maintenant que sir Isaac Newton et Thomas Godfrey ont des titres à l'honneur de cette invention. HADRAMAUT ou Hadramaout, district de r.\rabie méridionale, le long des côtes de l'océan Indien. Ses limites ne sont pas bien définies ; il est borné au N. par le Dahna ou Grand Désert, au N.-E. par l'Oman, au S. par la mer et à l'O. par l'Yémen. Ses côtes s'é- tendent de 43° à ;i4° 10' long. E. On suppose qu'il.s'étend à 160 kil. dans l'intérieur. La côte, généralement basse, est longée par une chaîne de montagnes qui s'élèvent en terrasses jusqu'à un plateau élevé et des- cendent ensuite graduellement vers le désert. L'Hadramaut est habité par des tribus indé- pendantes. Son port principal est Makallah, qui fait un commerce considérable avecl'lndc etryémen. — Dans un sens plus restreint, l'IIadramaiit constitue une partie de l'an- cienne Arabie Heureuse. Son nom dérive des Adramiles, ancienne tribu arabe, activement engagée dans le commerce de drogues, d'é- pices et de soie, et dont la capitale était Si- ballia. HADROSAUREs. m.[a-dro-sô-re](er. hadros, épais; sauras, lézard). Gigantesque reptile di- nosaurien fossile qui a vécu dans les terrains 212 EJEN et dans les foifils de l'époque ci'étacée et qui est abondant dans la répion du Nouveau- Jersey (lîtats-Unis). 11 atteignait une lonfrueur de 10 m.; ses membies antérieurs étaient inoilié moins lonps que ses nienibr-s posté- ri_eiirs:sa queue possedaitune force immense. C'était évidemment un animal terreslre el ses dénis, f.iiles pour brover. indiquent que sa noiuriturr était toute végétale. HADRUMÉTE. Voy. AonuiiÈTE. H^MA, Haemo préf. Voy. IIkma, Hémo. 'H.S;NDEL (Georg-Friedrich) ['hènn-dèl], coni|i()>ili'in' allemajui. né u Halle le i'i février 108'), morl le 13 avril 17iJ9. Tout jeiaie, il té- moigna une véritable passion pour la musique, et quand il fut, en 1702, inscrit à l'université de Halle, il était déjà extraordinaire comme exécutant sur la harpe, sur l'orgue et sur le violon. Ayant étudié la composition, il devint oryanislc du nomkirchc à Halle. Kn 1704, il produisit à Hambourg un oratorio sur la Passion, qui fut suivi des opéras : Almira, 'Nerom, Florinda et Dafne. Il composa en Italie son premier opéra italien, Rodrigo (1707), reçu avec degrandsapjilaudissements, et son oratorio Riswrezione (1708), suivi d'une cantate, // trioiifo dcl tempo e del dislrii/unno. A cette époque, toute représentatioii d'o- péra était interdite à Rome ; ses ouvrages se bornèrent à des oral(n'ios et à de la musi- que d'église. En 1708, il composa àNaples: Aci, Galatea e Polifemo et d'autres ouvrages de moindre importance. En 1709, il donna pour le carnaval de Venise lopéi-a Agrippina, qui fut Joué avec un succès extraordinaire. INonimé maître de chapelle de l'électeur de Hanovre, plus tard George 1" d'Angleterre, il retourna en Allemagne, y passa une année et arriva en Angleterre vers la fin de 1710. Le 24 février 1711, Rinoldo fut joué avec succès. Peu après, llœndel retourna dans le Hanovre pour quelque temps, et y composa la plus grande partie de ses duos de chambre et pro- bablement aussi une grande partie de sa mu- sique instrumentale. En 1712, il retourna en Angleterre, où il produisit le petit opéra pas- toral// P(w(oî- ^rfo et en 171.3, Tesco. l'ode pour l'anniversaire de la naissance de la reine Anne etle TeDeum d'Utrecht. A l'exception de Silla, petit opéra, il ne composa aucun mor- ceau d'importance avant 171;;, époque oii il fit jouer Amadige. Il préparaaiors la musique bien connue sous le nom de Water mitsic. qui fui jouée le 22 août 171.Ï, à l'occasion d'une grande procession de bateaux sur la Tamise, procession à laquelle le roi prit part. En 1716^ Hsendel se rendit à la cour de Hanovre et y composa la musique pour le poème allemand de Brocke sur la Passion du Christ. A son retour à Londres, il devint directeur de la musique du duc de Chandos, pour la chapelle duquel, pendant les trois années suivantes, il composa les œuvres à trois, quatre et cinq parties, connues sous le nom de Chandos Anthems, sonpremieroratorio anglais, Esther joué le 29 août 1720, et Acis et Galalée. il essaya ensuite de fortifier l'étude de l'opéra italien de Londres, au moyen de l'Académie royale de musique, qui fut"ouverle en 1720, à l'aide d'une souscription de 1,2.ï0,000 fr somme versée par le roi et par la noblesse! Son Radamis fut applaudi; mais sescollè"ues italiens, jaloux de son succès, conspirèrent contre lui, encouragés qu'ils étaient par la duchesse de Marlborough et par la haute fashion de Londres. Une lutte musicale avec son principal adversaire Bononcini, eut pour résultat le triomphe de Ilœndel, qui ne put néanmoins réduire ses ennemis au silence. Les opéras qu'il composa ensuite pour l'Aca- démie royale sont : Floridanle, 1721 ; Ottone, iTi:^; Flavio ei Giulio Cesare, 1723; Tamer- tano, nU; Rodeiinda, 172.j; Scipio'ne, i-->G ■ Mrxsnndro. 1726 ; Admeto, 1727 ; Siroe (Cyrusj 1 .2iJ; Tutommcc (Ploleméc), 1758. En 1727, il ILEN avait ajouté à la liste de ses petits ouvrages les nobles antiennes pour le couronncmenl de Georges II. L'argent de la souscription étant dépensé, l'Académie rovalc lit banque- route. En 1729, llaMidol traita ave(> IbMdc'.'ger, du théâtre de Ilaymarket, pour lequel il com- posa les (qiérus Lnlario , 1729; Parlcnope, 17.30; Poro, 1731 ; lizio. 1732; Sosarmc, 17.32 ; Urlando, 1733 ; Ariadne, 1734 ; Parnasso in feula, 1734; et P'is^or /ii/o (complètement re- tondu), 1734. En 1732, il produisit l'oratorio d Lsther et en 1733, Uéborah et Athaliuh. Uaus celte dernière année, il renvoya son premier chanteur Senesmo, a cause de sa mauvaise conduite; une cabale se forma contre lliendel et un théâtre rival du sien s'éleva; il dut, pour lutter, engager une nouvelle troupe italienne. Son traité avec HeidegL'cr ayant pris fin en 1734, il s'établit à Coveiit Garden, ctpn)duisit,outreA/ea'a»rfer's Feas<, les opéras Anodantc (173.Ï), Atalanta (1736), Arminio, Giustino el Bérénice {\'31}. En mai 1737, il ferma son théâtre, après avoir éprouvé de grandes pertes. Il composa, pour les funé- railles de la reine Charlotte (novembre), une antienne qui est un de ses ouvrages les plus beaux et les plus touchants. En' 1738, ses opéras Paramondo, A lessandro Severo et Serse (Xerxès) virent le jour. Dans la même année, il composa les oratorios Saul et Israël in Egypl, et les fit jouer dans une série de con- certs qu'il donna lui-môme. En 1739-'40, il produisit sa partition de Saint-Cœcilia, ode de Drydeii, VAItegro et // Penseroso de Milton. En 1740-'41, les opéras italiens Imeno (hvmen) et Deidamia furent représentés sans succès. Il donna en Irlande une série de concerts, dans l'un do>quels l'oratorio du Mcssiah fut joué pour la première fois (1742). De retour a Londres, il donna, en 1 743. l'oratorio Sam.'fOH, qui obtint du succès. Pour la saison de 1744, sescompositionsfurent: le Ijcttingen TeDeum, Stwe/c fit Joseph and his lircthrcn ; pour celle de 1744-'4,ï, Hercule, ile/s/i«;:arelune reprise deDchorah. Les perles qu'il éprouva en faisant représenterses œuvres à Haymarket, avec une pompe jusqu'alors inconnue, l'obligèrent à fermer ce théâtre au printemps de 174.'i. En H.AGI 1746 son unique ouvrage fut The Ocrasional Oratorio. A partir de cette époque, Hœndel abandonna l'habitude où il était de faire des appels aux souscriptions des classes élevées ; il se livra à la générosité et au goût musical du public en général. Pendant le reste de sa vie, il donna, au printemps de chaque année, de 10 à 13 concerts et obtinl un tel succès qu'il paya ses dettes et il acquitcn lOansune fortune de .')00,000 fr. Les nouveaux ouvrages d- ses dernières années furent : Judas Mac- cabœus (1747), Alexander(riih),Joshua(\-m, Susannah (1749), Salomon (1749), Theodorà (17oOV Choice of Hercule (1751) et Jephthah (1732), le dernier de cette prodigieuse série d'oratoriosdramatiques. llaendel étant devenu aveugle, son élève, John Christian Smith, 1 aida à diriger ses oratorios et agit comme son secrétaire dans les additions et dans les changements qu'il faisait encore de temps en temps à ses œuvres. La représentation du Messiah (6 avril 17,=i9) fut la dernière à la- quelle le compositeur assista. 11 fut enterrée l'abbaye de Westminster. Beethoven consi- dérait Hœndel comme le plus grand compo- siteur qui ait jamais existé. Hsendel porta les anciennes formes de l'opéra à leur plus haute perfection, il donna une nouvelle vie, une nouvelle puissance à lamusique religieuse anglaise ; comme compositeur, il ne fut sur- passé que par Bach. S'il n'est pas le créateur de l'oratorio dramatique, il est au moins ce- lui qui le perfectionna et le porta àson apogée. Sa fécondité n'a pas d'égale. Le Messiah fut composé en 23jours.-La biographie de Hœn- del, par Victor Shoelcher, parut à Londres en 18.Ï7; une autre a élé écrite par Clirv- sander(3vol., Leipzig, 18S8-'67). La meilleure édition des œuvres de ce compositeur est celle de la .société allemande de lla-iidel (2o vol., 18.'i8 et suiv.). Voyez aussi H:rndetund Shalï- speare (1808) elHxndet's orutorirn-lext{l>il'i), par Gcrvinus. — //nrnljens. (V. S.) 'Hiî:RING;Wilhein);'hé-rign],connusousle nom di- \\ilu.\lijAlkïis, romancier allemand, né à Breslau en 1797, mort eu 1871. Il se lit connaître surtout par son roman Wnlladmor, écrit à la suite d'un pari, pour imiter le genre de Walter Scott. Il excella principalement dans les romans historiques. Il [népara avec Hilzèg 28 vol. de [ter Neue Pitavat, collection de caii^is criminelles. 'H.iEUSSER(Ludwig)l'haou-zèrr],historien allemand, né en Alsace en 1818, mort en 1867. 11 éludiaà Heidelberg; en 1848, il publia avec Gervinus le Deutsche Zeituny et fut. eu IS.jO, nommé professeur à l'université d'Hei- delberg. Ses ouviages comprennent une his- toire de l'Allemagne depuis la mort de Fré- déric le Grand jusqu'à la fondation de la confédération germanique; une histoire de la révolution française, et une histoire de l'é- poque de la Réforme. ' HAFF (dan. hav, mer), mot qui désigne trois larges estuaires en forme de lagune, sur la côte prussienne de la Baltiipie : Kurisclœs Haft, Frisches Haff, el Stettincr ou Pommersches Haff. 'HAFIZ (Mohammed Shems ed-Din) ('hà- fiz". poète persan, né a Schiraz, vers le com- mencement du xiv= siècle, mort vers 1390. Il fut le premier professeur public de jurispru- dence et de théologie musulmane. Derviche, il vécut dans de luxurieux plaisirs, mais II abandonna ensuite les plaisirs pour l'austé- rité. Tamerlan ayant conquis Schiraz (1387), traita le poète avec la plus grande distinction! Son tombeau magnifique est encorele rendez- vous des jeunes gens de Schiraz, qui s'y rendent pour chanter ses vers et pour boiie du vin. Son seul ouvrage est le Divan, collec- tion (faite aprèssamort) de.ï7l odesdétachées appelées gazels, et de 7 élégies. On regarde ses vers les plus licencieux et les plus passionnés comme un effet de l'inspiration, et ils sont lus comme exercices de dévotion et comme des allégories. Le Divan tout entier a été traduit en allemand parVonHammer(2 vol. 1S12-'l.';). Hermann Bicknell a traduit un choix dé ses poèmes en anglais (1876); Herbin en a donné quelques-uns en français, avec une notice sur l'auteur (1806, in-12j. ' HAFSAH, fille d'Omar et femme de Ma- homet. Voy. CoR.iN. * ' HAGARD. ARDE adj. (ail. hai/er. maigre. décharné). Farouche, rude : avoir l'œil hagard les yeux hagards, le visage hagard, la mine hagarde. — Fauconn. Faucon hag.uid, faucon qui a été pris après plus d'une mue, et qui ne s'apprivoise pas aisément. ' HAGEN ['hà'-ghènn], ville de Westphalie (Prusse), sur la Volme et l'Empe, à 32 kil. 0 d'Arnsberg ; 4o,000 hab. (y compris les fau- bourgs). Ecole de commerce, fonderies, fabri- ques d'acier, manufactures de tabac , de papier, d'étoffes, de fil de fer, etc. ' HAGERSTOWN, ville du Marviand (Etats- Unis), sur la crique d'Anlietam.'a 30 kil. au- dessus du Potomac et à 110 kil. O.-N.-O. de Baltimore; 15,00u hab. HAGETMAU, ch.-l. de cant.,arr. et à 12kil. S. de Saint-Sever (Landes); 3.0S9 hab. Bons vins. Restes d'un château des Gramont. HAGIOGRAPHE adj. [a-ji-o-gra-fej (gr. hagios, saint ; graphô, j'écris). Se dit deslivres de la Bible, autres que ceux de iMoïse et des Prophètes. — s. Auteur qui traite de la vie et des actions des saints: les Bûllandistes sont des hagiographes célèbres — E.^•cvcL. Les Juifs donnaient le nom d hagiographes ou Eeri- HAHN HAIE Il A IN 213 tures Siiintes{héhr. kehihim. écriU).\ Iciii' troi- sième division dos. Ecritures de l'Ancien Tes- tament, comprenant li'ois sections: i" les Psaumes, les Proverbes el Job; 2» le Can- ti((ue des Cantiques, Rutb, les Lamentations, rEcclésiasliquc et Estber; 3° Daniel, Ezra, Nébéniie et les Chroniques Ces saintes Ecri- tures, bien qu'elles n'aient pas été écrites par iMoïse ni par aucun des prophètes, étaient refrardées comme inspirées. • HAGIOGRAPHIE s. f. Traité sur les choses saintes. — Part. Se dit d'un genre d'ouvrages qui ont pour objet la vie des saints. 'HAGIOGRAPHIQUE adj. Qui concerne les choses saintes ou l'iiagiographie : travaux ha- ijiofiraiihiijucs. 'HAGIOLOGIE s. f. (gr. hagios, saint ; logos, discour.s). Discours, traité sur les saints, sur les choses saintes. • HAGIOLOGIQUE adj. (gr. hagios, saint ; lo- gos, discours). Qui concerne les saints, les choses saintes : discours hagioloyique. HA6I0L0GUE s. m. Auteur qui s'occupe d'hagiologie. HAGIONYME s. m. (gr. hagio, saint; onomn, nom). Nom de saint pris comme nom propre. HAGUE (Cap de la) (scand. houg ; dan. hitk, promontoire), pointe qui termine au N.-O. la presqu'île du Colentin ; par 49° 43' 22" lat. N. et 4° 17' 30" long. 0. En face de ce cap, Tourville ayant reçu l'ordre formel de cher- cher les ennemis et de les combattre, forts ou faibles, livra une bataille navale désespé- rée à une flotte anglo-balavc trois fois supé- rieure en nombre, le 29 mai 1G92. A force de courage, les Français repoussèrent Icursenne- mis; mais pendant la nuit qui suivit, leurs vaisseaux, en cherchant à passer le ras de Blanchard, entre Aurigny et le Cotentin, se divisèrent. 20 d'entre eux, ayant traversé ce passage dangereux, purent atteindre Brest ; les autres, surpris par le retrait de la mer, revinrent surs leurs pas et demandèrent un refuge aux ports les plus rap[irochés: 3 se sauvèrent à Cherbourg ; 12 autres arrivèrent dans le port de Saint- Vaast-la-llougue, dont le nom changé en la Hogue, rappelle un des plus grands désaslresqu'aientsubi les armées navales de France. Voy. Hogue {La). • ' HAGUENAU (ail. Hagen-au , haie des bruyèn-s), oh. -l.de cercle del'Alsace-Lorraine, cédé à l'Allemagne par le traité de Franc- fort. Haguenau s'élève sur la iModer, au mi- lieu d'une vaste forêt appelée le Hagcnauer Wald, à 28 kil. N.-E. de Strasbourg; 14,752 hab. Elle est entourée d'ani'ie[ines nmrailles et do tours ; manufactures de laine, de colon; tanneries, etc. Elle a appartenu à la France de 11)48 jusqu'en 1871. Les Français y rem- portèrent sur les Autrichiens une sanglante victoire en 1793. ' ' HAHA s. m. Ouverture qu'on fait au mur d'un jardin, avec un fossé en dehors, alin de laisser la vue libre : il y a un haha au bout de cette ali'e. *'HAHE. Chasse. Terme dont on se sert pour airètcr les chiens qui prennent le change, ou qui s'i'nip(i''tenl trop. • HAHNEMANN ( Samuel - Christian-Frie- drich.) I ha-ne-mann], fondateur du système de médecine homéopalhii[ue, né en 17!)-'i, mort à Paris en 1843. Il prit ses degrés à Er- langen en 1779, et, en 17So, il s'établit à Dresde. Sa niéliance envers le système théra- peutique lui fit abandonner sa profession en 1789. 11 se rendit à Leipzig et s'occupa il tra- duire des ouvi'ages de médecine anglais et français. En traduisant la Malrria Mcdica de C.ullen (179(1), il l'ut frappé des propriétés con- traires attribuées au quimiuina, rt des dill'é- rentes explications de son cllel dans la fièvre inti'rmiLlenlo. Un essai sur lui-même de ce médicament pris à fortes doses produisit des symptômes analogues à ceux de la fièvre in- termittente. Il pensa qu'une substance pro- duisant sur un homme en bonne santé les symptômes d'une maladie qu'elle peut guérir, il en résulte une loi qu'il Formula ainsi : Si- milia similibus curantur, et qui est le fonde- ment du système homéo|iathiquo. Des résul- tats analogues ayant élc obtenus par des expériences avec ditférents autres nudica- ments, il appliqua, non sans succès, la nouvelle loi au traitement des maJades de l'asile des aliénés de Georgenlhal iprès de Gotha), dont le duc de Saxe-Gotha lui avait donné la direc- tion. En 1796, àa.iis\e Jouriialdcr praktisrhm Hriikunde, il exposa les principes de sa loi Siiiiilia similibus. Ses idées furent d'abord accueillies avec indilférence ou tournées en ridicule. Dans les quinze aimées qui suivirent, il publia plusieurs ouvrages, comprenant son Organon der rationellcn Heilkundc (1810), dans lequel l'homéopathie reçut pour la première fois son nom distinctif et fut établie en sys- tème. Fixé de nouveau à Leipzig, il y acquit une nombreuse clientèle. En 1813, pendant une attaque de typhus malin, les malades furent partagés entre les médecins de la ville; et des 73 qui échurent à Hahneniann, tous se rétablirent, sauf un vieillard. Une an- cienne loi qui défend aux médecins de donner lem-s propres médicaments, ayant été mise de nouveau en vigueur contre lui, il se réfugia à Kôthen en 182t). En IS3.';,il s'établit à Paris, où sa seconde femme (M"° d'Hervilly) l'avait engagé à se hxer. Outre son Organon, sesprin- cipaux ouvrages sonliUiùm- ArzncintUtellehcrc (6 vol.) ; Dk' ehnmùchen KraiikhcUen(i\o\.}, et Heiliing der asiatischen Choiera. La ville de Leipzig lui a élevé une statue en 1840.— Jourdan a traduit en français son Organon de l'art de guérir (1832, 1834 et 184.'i, 1 vol. in-8°); la Matière médirale (1834) ; et sa Doc- trine et traitement homéopathiques des maladies chroniques (1332 et 1846, 3 vol. in-S»;. * ' HAI. Interj. Exclamation, la même que Hk. — Iluidinrjérite. (V. S.) ' HAÏ-DZUONG ou 'HAÏ-DUONG, ville et province du'ronkin,situéi' sur le delta du Son- Ko'i ou ileuve Bouge, a son embouchure dans l'océan Pacilique : elle sei t de port à Hanoï. 10,000 hab., dont 10 Eur.i|iéens. * 'HAIE s. f. ['hè] (anc. haut ail. haga, clô- ture). Clôture faite d'épines, do ronces, de su- reau, etc., ou seulement de brauchages entre- lacés : une haie fort épaisse. — H.^iB vive, haie formée d'arbustes, ordinairement épineux, qui ont pris racine et qui sont en pleine végéta- lion; par opposition à 11 \U'; morte ou sèche, celle qui est formée d'épines ou d'autres bois morts entrelacés. — Coull^K de ihies, course de chevaux où il faut franchir des haies.— Se dit, fig., d'une ou de deux liles de personnes qui marchent ou sont postées, rangées quelque part pour une cérémonie : les reliques furent portées, dans cette procession, au milieu d'une double haie de pénitents. — Bordkii la ii.^ie, se dit de troupes qui se rangent, qui sont ran- gées en longue ligne sui- un des côtés ou de chai[ue côté d'une luc, d'un chemin où doit passer un personnage important, un cortège, etc.: quand le prince passe, les troupes bordent la haie. — Législ. « Les haies servant do clô- ture mitoyenne, doivent être entretenues à frais commims, et les produits a[)part'ennent aux proi)riet;ures par moitié. Les arbres qui se trouvent dans la haie mitovcnne sont aussi mitoyens (C. civ. 666 et s ; L. 20 août 1881). Une iiaie non mitoyenne ne peut être plantée qu'à une certaine distance de la ligne sépa- rativo des propriétés; celte dislance est déter- minée par les usages locaux, et, à défaut de règlements et usages, elle est d'un demi-mètre pour les plantations dont lu hauteur ne dé- passe pas deux môtics. .Aucune haie ne peut être plantco le long d'un chemin avant une autorisation de l'autorité administrative com- pétente. (Voy. CuEMiN.) Quiconque coupe ou arrache une haie appartenant à autrui com- met un délit, et est passible d'un emprison- nement d'un mois i un an et d'une amende de 50 fr. au moins (G. pén. 4.S6) ». (Ch. Y.) "HAIE s. f. Labour. Pièce de bois arrondie qui règne tout le long de la charrue. " ' HAIE. Cri que font les charretiers pour animer leurs chevaux : haie, haie. — Prov. el fig. Et ha'ie AL' BOUT, el quelque chose par- dessus: son emploi lui vaut par anmille francs, et haie au bout. (Vieux.) HAIK s. m. [a-ik]. Grande pièce de laine rectangulaire, d'une couleur blanche ou ray. e de blanc et de brun, dont les populations ber- bères se vêtent en manière de manteau. "HAILLONS, m. [ha-ion ; H mil.] (anc. haut. ail. hadil, lambeau). Guenillon, vieux lambeau de toile ou d'étoffe ; couvert devieux haillons, de méchants haillons. HAIM S. m. [ain] (lat. hamus). Pêche. Ha- meçon. HAÏNAN. lie de Chine, dans la mer de Chine, entre 18° et 20" lat. .N. et entre 100° et 109° long. E. ; environ 1,bOO,000 hab. chinois; nombreux indigènes dans l'intérieur. Celte ile, partie de la province de Kwangtung, se trouve au delà de la péninsule de Lieiichow, dont elle est séparée par le détroit de Hainan qui mesure 20 kil. de large et qui est dange- reux pour la navigation. La cûte S. otl're plu- sieurs ports sûrs et commodes. L'intérieur, montagneux el stérile, est occupé par les Li, race distincte, qui se pi-étend indépendante. Les terres basses, près de la mer, sont fer- tiles et bien cultivées. Exportation de grandes quantités de poissons secs et salés à Canton. tJapitale, Kienchow, sur la côte N. (environ 200,000 hab.). ' HAINAU ['haï-naou], ville de la Silésie prussienne, sur le Deichsel, à i.ïkil. O.-iN.-O. doLiegnitz; .t,410 hab. La cavalerie prus- sieime y battit l'avant-garde française le 26 mai 1813. ' HAINAUT ou 'Hainault [hè-nô] (Qam. He- ncgouwen; ail. Hennegau; la.1. Hannonia),pro- fince frontière de Belgique, bornée par la France ; 3,722 kil. carr. ; 1,000,000 d'h. Elle est arrosée par la Sambre, l'Escaut, le Dender et la Haine (c'est de cette dernière que lui est venu son nom). Elle est riche en minéraux; ses mines de charbon produisent annuelle- ment 10 millions de tonnes et occupenl 70,000 personnes. Ses articles d'exportations les plus importants sont: le charbon, le fer el la chaux. Les manufactures y sont nom- breuses. Capitale, Mons; villes principales: Tournay, Alh, Soignies, Charlcroi cl Thuin. Autrefois le territoire du llainaut était a|ipelé Ilanagadensis Comitatus et Hannonia. Il fut longtemps gouverné par ses comtes, et échut il l'Autriche en 1477. En 1793, il fut annexé à la France el de 18 la à 1830, il appartint aux Pavs-Bas. — Pondant la domination française, leil.unaul forma le dép. do Jemmapes. — La partie méridionale de l'ancien llainaut, réunie à la France en 16o9, puis en 1678. forma le llainaut français (ch.-l. Valenciennes; villes principales: Condé, J.Maubeuge. le Qucsnoy. Landrecies, .Avesnes, Chimay, Maricnbourg. Givet, Charlcmonl elPhilippeville). ' ' HAINE s. f. ['hè-nel. Action de haïr; ini- mitié: passion qui fait haïr: haine invétérée, mortelle. — Hai.nus nationalrs, haine d'un peuple pour un autre — La haine de quel- qu'un, se dit quelquefois de la haine qu'on a pour quelqu'un : la haine du prochain. — Se dit aussi en parlant des choses pour lesquelles on a de l'aversion, de la répugnance : avoir de la haine pour le vice, pour le péché, pour te 211 HAIT HAIT HAIT mensonge, pour la fl'iUcrh'. DanS ce sens, n'est pas d'un usafre aussi éleiidii que le veibe llair. Oïl dil, Uair te froid; mais on ne dit pas. Lit haine du froid, etc. — Ce qn'il y a d'odieux, ce qui est propre à oxi'iter la haine : après l'ineendi'i de. llomv, Ni'Ton >■!' rrj: lu toute t(i haine sur tes chrétiens. — En haine de, lue. ]ircfi. Par aversion, par vi'iij.'tai]ii', par aui- Miosité, par rcsspiiiimiMil: it fuit eela en haine d'un tel, en haine de ce qu'on lui a rr/uié telle eliose, ' HAINEUSEMENT adv. D'une manière hai- niMjsc. •'HAINEUX, EUSE adj. (Jui est rialurolle- nioiil porli' .â la haine : ce sont des yens hni- iiiu.v fl eindi'iilifs. H AINL François-Georges;, violoncollisle et oonipusiteur, né ;ï Issoiro en "1807, mort h Paris le 5. juin 1873. Sou père, à la fois l'or- (lunnier cl tiiçiiolrier, lui donna les [iremicios iiolionsde la musiijuc d lui eu inspira Icg-nill. A force de travail, llaini devint élève du (Con- servatoire, où il remporta le premier prix de violoncelle. Après avoir donné descouceitsà Paris, à Lyon et dans presque toutes les villes de l'Europe, il devint successivement chef d'orcheslre du Giand-Tlié;Ure de Lyon et des Conccris du Conservatoire. Sa princijiale compc'sitiun musicale est une élégante Fan- taisie sur Guill'irniie Tell. ' HAINUYER. 1ÈRE s. et adj. f'hè-nu-iéj. I)u Haiiiaiil: qui ,ip|iartient à ce pays ou à ses li,lliil:ilils. ' HaÏ-P lOKG, ville du Tonkin, sur la rivière Gain, dans le delta du Son-Koï ou fleuve Uouje, par iO» 51' 42" lat. N. et 104° 19' 7" long. K. Le commerce de cette ville c.'-t assez étendu, l'jimoy., la valeur de rim|ior- tation et de l'exporlation réunies est de 2, 171, 4*28 taëls, ce qui équivaut à enviiou ■16,000,000 de fr. Les principaux articles d'ex- portation étaient les soieries, la laque, l'élain, le colnn, Icscli.impignons, riuiilecranis, clc. ; rini|)orlatioii comprenait : le coton filé, le fer, la faïence chinoise, l'opium, le papier, les pommes de terre, le poivre, le pétrole, la quincaillerie, le thé, le vin, etc. 169 navires jaui^eaut 7U,0lJ0 tonneaux enlrcut à peu près chaque année au port de Haï-Pliung. Aux en- virons de cette ville se trouve une mission française sous la direction d'un évôeuo caLlio- liquo romain. (Voy. To.nkin, etc.) • 'HAÏR V. a. ['ha-ir] (goth. halati). Je hais, tu hais, il hait; nous haïssons, vous haïssez, ils haïssent. Je haïssais. J'ai haï. Je hnlrii. Je haïrais. Hais. Que je haïsse. Haïssant. Vouloir mal à quelqu'un : haïr ses ennemis. — Avoir de l'éloignemeut, de la répugnance, de l'a- version : je hais les gens cérémonieux. Trislc a&i.uile des morts, elle hait les vivants, La Henrlade. — Se dit quelquefois en parlant des choses dont on reçoit quelque incommodité : hair le froid, le cliaud. — Prov. H.\ïr quelqu'l'.n ou UUELQUE chose COMME LA PESTE, COMME L.4 MORT, haïr ex trèmenient quelqu'un ou quelque chose. — Se haïr v. pr. S'en vouloir à soi-même : il déteste son crime, il se hait lui-même. * 'HAIRE s. f. (ail. haar, poil). Espèce de petite chemise faite de crin ou de poil de chèvre, que l'on met siir la peau par esprit de morlilicatioii et de pénitence : rude haire. ' 'HAÏSSABLE adj. Qui mérite d'être haï, qui inspire la haine. Se dit également des personnes et des choses : c'est un liomme fort haïssable. ' HAÏTI (angl.HfïJ/'O- Llledes Indes occiden- lales(la plus grande des .\ntilles, aprèsCuha), appelée primitivement Hispaniola et ensuite Saint-Domingue, entre 17° 36' et 19° ;-i9' lat. N. et entre 70° 40' et 76° S8" long. 0. Sa plus grande longeur de l'R. à l'O., est de 5i0 kil., sa plus grande largeur de 220 kil.; 76,»2y kil. carr. ; environ 2,064,000 h. Hiiïli se trouve à O.'l kil. E.-S.-K. de Cuha. Klle est actuellement divisée en deux Ktals indépen- l.iiit'^, la répuliliijuc de Haïii U l'U. et la république Diiminicainc à l'Iv. (Voy. DoaiNi- (AiNK.) La cMe est profondément déroupée [)ar des haies et par des hras de mei'; leur élendue est de 2,000 kil. Le leiritoire est tra- versé, de l'O. à \'K. , par trois chalnc-i de montagnes reliées par des chaînes transver- sales. La chaîne centrale, dont la partie prin- cipale est la Sierra del fCiliao, alteint une élé- vation de 2,!i00 à 3,000 mètres. Knlre celle-ci et la chaîne seplenlrionali', se trouve la Voga Itcal ou vallée royale, qui a LSO kil. de loii- giu'ur. Il y a d'autres plaines et d'autres val- lées d'une grande élendue, telles que les tla- nos ou plaines du S.-E., et la |daine de Les Cayes à l'extrémité 0. do l'Ile. Les princi- paux cours d'eau se dirigent soit au S.-O., soit à l'E. Ce sont : l'Artibonite, le Gian Vaque, la Vuna, le Neiva, le Nisao et l'Ozama. Pou sont navig.ihles, même sur une courte dis- tance. Les lacs sont nombreux. Ceux d'Enri- quillo et d'Azua sont salés. Près de l'endjou- cliure de la Vuna s'étendent des marais salés très vastes. Des sources minérales existent dans dilfércntes localités. On trouve dans l'Ile de ll.iïti l'or, l'argenl, le platine, le mercure, le cuivre, le fer, l'étain, le soufre, le mniga- nèse, l'antimoine, le sel de roche, le bitume, le jaspe, le marbre et plusieurs espèces de pierres précieuses; mais les richesses miné- rales sont négligées. Le climat, chaud et hu- mide, est généralement salubre. Haïti a sou- vent soufl'ert des tremblements de terre, dont les plus désastreux furent ceux de to64, -1684, 1091, 1751, 1770 et 1842. La flore est tropi- cale, excepté dans les endroits où l'élévation exerce son influence. Les montagnes sont re- vêtues de forêts de sapins, d'acajou, d'ébène, du mûrier des teinturiers, de bois de satin, de lignum vita", de raljles ou chênes, de fial- micrs ù cire, de divi-divi et d'autres bois d'é- bénisterie, tandis que le palma real, ou pal- mier royal croit dans les basses terres. Les graines et les fruits comestibles ordinaires des tropiques croissent dans toutes les parties de l'ile : plantins, bananiers, ignames, pa- tates, mais, millet, oi-anges, ananas, cheri- mayas, sapodillas, melons, raisins et tama- rins. Les principaux articles d'exportation sont: le calé, le coton, le cacao, la canne à sucre, l'indigo et le tabac. Les autres articles d'expoi'talion sont : les guanos et les engrais, le eampêehe et autres bois de teinture, l'acajou, etc. Un grand nombre de bonifs et dc[iorcs er- rent dansles savanes. — 11. République de Haïti, république qui occupe la partie occidf-nl.ilede nie de Haïti, entre 17° .S5' et 19° o5' lat. N. et entre 74o 22' et 76° 58' long. 0. ; 27,.5.ï2 kil. carr. ; environ 1,507,000 hab., dont neuf dixièmes sont des nègres, et le surplus prin- cipalement desmulâtres. Capitaleet portprin ci[ial, Port-au-Prince. Agriculture très arrié- rée. Deux lignes de bateaux à vapeur pourle.-- Etats-L'nis, deux pour l'.\ngleterre et une poui la France. Importation : 40 millions de francs. Exportation : 50 millions. L'importation con- siste principalement en provisions et articles manufacturés. L'exportation se compose de cafi' {i''i millions de kilog.); cacao (I million); colon (130,000 fr.); campèche (114 millions); cire i:2,'i,000fr.), acajou(400, 000) ; miel (100,000 litres); peaux, etc. Les finances sont dans un exti'ême désordre. Le revenu est évalué à 31), 5(10, 000 Ir., et la dépense env. a la même somme. — La dette publique s'élève à 12 millions depiastre3fortes,donl308,000piastres pour le solde de la dette française (I,.t40,000 fr.). Cette dette, consentie par Boyer en t82o, s'élevait à toO millions de francs, destinés à indemniser les anciens colons; mais elle fut réduite à 90 millions, en 1838. — Il existe dans la république, une immense quantité de papier monnaie déprécié. Le gouverne- 1 meut est républicain de nom, mais au mi- lieu des révolutions successives, les lormes constitutionnelles sont peu observées. I,es lois sont fondées sur le Code civil de France, et le langage est français. Le peuple est catho- lique romain sous la juridiction d'un arche- vfipie. H y a quatre collèges à ll.iïti et chaque commune a des écoles communales. — L Ho l'ut découverte par Colomb, en di'cendire 1492, et la première colonie espagnole du nouveau inonde fut fondée à Uabella, surl.icoteN.de Santo Domingo, le 4 août 1400. Vers lO.lî, les Fr.ançais prirent possession de la côte 0., et, par le Irailé de Ryswick, le 20 sept. 1697, cette partie de l'Ile leur fut cédée. Leur colonie acquit i'a|iidement de riniporlance, tandis r|ue la portion espagnole de l'IC. fit peu de progrès, En 1790, la population de la colonie derO.élaitd'environo00,000hab.,dont tS.3t;o d'origine européenne et 28,370 noirs libres (la plupart niulâlre~); le reste se composait des esclaves nègres. Les blancs proclamèrent l'adhésion de la colf nie aux principes de li- berté, d'égalité et de fraternité développés par la révolution française, mais ils refusèrent d'appliquer ces principes aux mulâtres. Sur ce, environ 300 de ces derniers (octobre 1790) se révoltèrent ; l'insurrection fut cruellcinenl étouifée. 1,0 23ao(^t 1791, écl.-ita une insurrec- tion des esclaves a. laquelle se joignirent bientôt les mulâtres, parce que l'Assemblée nationale française avait , sur les remon- trances des colons blancs, repoussé un décret du 15 mai, qui conférait les privilèges de ci- toyens aux mulâtres. La guerre se poursuivit avec une grande férocité; les insurgés, com- mandés par des chefs habiles, défièrent tous lesell'orts. En août 1793, les commissair.'S français proclamèrent la liberté générale et la Convention nationale ratifia cet acte en février 1794. Dans l'intervalle, les Espagnols et les .\nglais avaient envahi la colonie. Les noirs, commandés par Toussaint L'Ouverture, se joignirent aux Français, repoussèrent les Espa^'nols et chassèrent les Anglais en 1797. Le traité de 1795 avec l'Espagne donna toute l'Ile à la France. L'habile administration de Toussaint, qui avait été nommé commandant en chef par les autorités fr.inçaises, rétablit la paix et la prospérité; on adopta une cons- titution qui reconnaissait l'autorité de la France. A la fin de 1801, Napoléon envoya une expédition commandée par le gén. Leclerc pour rétablir l'esclavage. .Malgré un traité de paix. Toussaint fut pris traîtreusement et en- voyé en France, où il mourut le 27 avril 1803. Les nègres, commandés par Dessaline, re- commencèrent les hostilités. Les Français furent décimés par la fièvre jaune; ce qui resta de leur armée, sous les ordres de Ru- chambeau jeune, fut chassé jusqu'au cap Haïtien, où le 30 novembre 1803, le général français se rendit au commandant dune escadre anglaise. Le 1°' janvier 1804, les Haïtiens proclamèrent formellement leur in- dépendance et Dessaliiie fut nommé gouver- neur à vie. Il prit (8 oct. 180i), le titre de Jean Jacques l°',empereui' de Haïti; son règne se termina par sa mort, à la suite d'une cons- piration militaire le 17 oct. 1806. Haïti se di- visa entre plusieurs chefs, dont les principaux lurent Henri-Christoplie dans le N.-O. et Pé- tion dans le S.-O. Les Espagnols reprirent possession de la partie orientale de l'ile. Christophe fut nommé premier magistrat à vie: mais, en 1811, il changea son titre pour celui de roi, et reçut le nom de Henri 1' '. Pé- tion gouverna comme président le S.-O. jus- qu'en mars 1818, époque où il mourut, uni- versellement regretté. Christophe se tua pen- dant une révolte, en octobre 1820. Boyer, qui succéda âPétion, réunit alors toute là partie occidentale de l'Ile. Dans la portion espagnole, le peuple secoua le joug européen, le 30 no- vembre 1821 et déclara la république. Bover, ayant envdUl le territoire espagnol en 1822, ÏÏAKO réunit l'ile onlièrc sous son Cfouvcrncmoiil La Krance reconnut l'indéiirmlance de son ancienne colonie en 182o, moyennant une indemnité de 150 millions de l'r. pour les co- lons dcpoi fut fondée par une colonie de 'l'rcezan et elle fut une des six villes qui constituaient l'exapolc dorique. Elle fut conquise par le- Perses sous barius. Ceux-ci permirent au Grec Lygdamis de la gouverner, avec le litre de d} naste. Arléniisp, fille cl successeur de Lyg- damis, combattit sur la Hotte de Xerxès à Salamine. Vers 380 av. J.-C., la ville parait avoir appartenu à des [u'inccs cariensà demi indépendants, dont le ))lus fameux fui Mau- sole, qui la rebâtit et la fortifia. 11 mourut en 3b'2, cl sa jeune femme Arlémise fil élever, pour lui servir de tombeau, un monu- ment tellement magnifique que l'on donne encore le nom de mausolées aux construc- tion semblables. Peu de temps a[irés, la ville retourna à la Perse. Alexandre le Grand la brûla, cataslrojdic dont elle ne s'est jamais entièrement relevée. Les historiens Héro- dote et Dcnvs naquirent à llalicarnasse. Au xvi"^ siècle, la ville fut enlevée par les Turcs aux chevaliers de Saint- _ Jean qui y avaient bâli, vers 1102, un château appelé la Tour de Saint- Pierre. Le mausolée était classé parmi les sept merveilles du monde. Il existait encore au xii"^ siècle; mais il fut renversé soit par un tremblement de terre, soit rai la foudre avant que les chevaliers n'cus- senl construit le château. Les ruines, entraînées sur la pente de la col- line, remplirent la par- tie basse de la ville, à une profondeur qm atteint 7 mètres cnj^ quelques endroits cl l.ià couvrirent complète •'' ment. En 18.ï6-'o7, l'em- placement du mausolc l'ut découvert par Ne\> ton, vice-consul anghii- à Mytilène ; on y fit de--g excavations et on trou\agï^ un grand nombre de sta-?- tues et de sculptures, qui" ont été déposées au mu- sée anglais. Parmi lessta- „.,..,,,. „ tues, on admire celle de Mausole, qui a été reconstituée en C3morcc.T.;x. A l'aide des mesures parliclks fournies par Pline, M. Newton et ensuite M. Fergusson essayèrent de rétablir le dessin du mausolée, lien résulta deux planstrès différents. (Notre gravure donne celui de Fergusson.) * HALIEUTIQUE adj. [a-li-eu-ti-ke] (gr. ha- lieutieos; de hatieus, pêcheur). Qui concerne la pêche, l'art de la pêche. — *v s. m. Ârl de la pêche : écrire sur Vhal'ieidiquc. — *. s. m. pi. Ouvrage sur la pêche : tes Halieutiques d'Oppien. HALIFAX, ville d'Angleterre dans le Westri- ding du Yorkshire, sur l'Hebble, prés du Cal- der, à bO kil. S.-O. de York; sy,864 hab. Elle est bien bâtie. L'hûtcl de ville a été ter- miné en 1863, sur les dessins de sk Charles IJarrv. Manufactures d'étolfes de laine. (>omme ville industrielle, Halifax vientimmédiatemeni après Lees, Bradl'ord, cl Huddersficld, surtout pour la fabrication des lapis. Articles de co- lon, machines et produits chimiques. * ' HALIFAX, capitale de la Nouvelle-Ecosse (Canada), sur le côté 0. d'un bras de mer de l'.\llanlique appelé baie de Chebucto ou port de Halifax; 38,536 hab. Elle e^t située sur le penchant d'une colline qui s'élève à 80 mè- tres au-dessus du port et qui est couronnée par une citadelle en granit. Parmi les édi- fices publics se trouvent : le palais du gouver- neur, l'habitation de l'amiral, le collège Dal- housie, l'hôpital militaire, l'asile des aliénés, le pénitentier, la poste, le théâtre et le palais de justice. Halifax est le quartier général mi- litaire des possessions du Canada cl la princi- pale station naval^; ilc l'-Viuérique anglaise ÏÏALL du Nord. Docks de l"Etat et va'^tcs caser- nes. La rade, une des nieilleiires du monde, mesure environ '22 kil. de long, el esl acces- sible en tout temps. Les bateaux à vapeur de do la ligne Cunard, de Liverpool à Boston, y touclient. Manufactures importantes de quin- caillerie, de machines, de pointes, de poudre, de cordes, de cuir, de coton, de laine, etc. Halil'ax possède un asile pour les aveugles, une institution pour les sourds-muets, un asile pour les pauvres, plusieurs autres insti- tutions charitables, le collège Sainte-Marie, une école théologique presbytérienne, une école de médecine. La ville fut fondée en 1749. HALIGRAPHIE s. f. [a-li-gra-fi] (gr. hais, sel ; ijrapkeii), écrire). Chim. Traité sur les sels. HALIOTIDE s. f. (gr. /ifWs, mer; ous, otos, oreille.) Zool. Genre de mollusques gastéro- podes marins, ayant la forme d'une oreille. Ce genre comprend environ 75 espèces vivan- tes; quelques espèces ont été trouvées dans les terrains de l'époque tertiaire moyenne. Les haliotides se rencontrent dans les mers tempérées et tropicales ; elles sont recherchées comme aliment au Japon et dans les iles Nor- mandes. • HALITUEUX, EUSE. adj. (lat. halitus, ha- leine). Mt'd. Se dit de la peau lorsqu'elle est couverte d'une douce moiteur : peau hali- tiicuse. — Chalruu h.^litukuse, chaleur à la peau, accompagnée de moiteur. ' HALL l'hâll], ville du Tyrol (Autriche), sur rinn, à 10 kil- N--E. d'inspruck ; 6,000 hab. Célèbres mines de sel. Manufactures de sel ammoniac et d'aulies produits chiiiiiques. ' HALL ou Schweebisch Hall, ville du Wur- temberg, sur la Kochei', à 45 kil. N.-E. de Stuttgart; 9,Çob hali. Nombreuses rafline- ries de sucre et grand commerce de sel. ' HALL (Basil), autour anglais, né à lîdim- riourg eu t7S8, mort en 1844. Il fut capitaine dans la marine de l'Etat et publia : Extracts from a Journal wrikn in t8'2U-'ii, on Ihc Coals of Chili, Pcru and Mexico {ivu\. 1823-'24); Travvis in North Amrrica (.3 vol. iSV.)); Frarj- mcnls of Voi/agcs and Travels{9 vol. iK.il-'iOj; Spain and Ihc sent of war in Spain (1837); et Fatchworti, Travcts in Stories (1840). 'HALL (Charles-Francis), explorateur améri- cain, ne en 1821, mort au Groenland le 8 nov. 1871. Il fut d'abord forgeron et ensuite jour- naliste à Cincinnati. En mai 1860, i[ partit de INew-London à bord d'un baleinier com- mandé par le capitaine Buddington, pour re- chercher Franklin. Le navire ayant été blo- qué par les glaces, Hall resta plus de deux ans'cliez les Esquimaux, apprit leur langue (!l adopta leurs mœurs. Il retourna aux Etats- Unis en 1802, et, en 1864, il publia : Arctic hcsciirckcs and Life among the Esquimaux. En juillet 1864, il partit pour une autre expédi- tion et ne revint ((u'en 1869. Il engagea le gouvernement à organiser une autre expédi- tion, dans le but principal d'atteindre la pré- tendue nier polaire liliro el de se rendre au pôle nord. L(! Volari.s, sous les ordres de ilall, avec Buddiriglon comme maître de na- vi;jalion, partit do New-York, le 29 juin 1871, et arriva, le 22 août, à 'l'essuisaU, étahlissc- inent le plus septentrional du Croénland, d'où il lit voile, en renuintanl le détroit de Smilh, jus([u'à 82" 16' lat. N. Le canal était hlo([ué par la glace el l'expédition s'en re- tourna et passa l'hiver dans la baie do Polaris, par SI» 38' l.it. N. Hall mourut peu après une expédition eu traîneau. (Voy. Ancriciun.) ' HALL (Marshall^ médecin angl.iis, né en 1790, mort en 1817. Il étudiait la médecine cl la chimie à l'université d'Edimbourg, lors- (|u'il établit la distinction entre b's corps chi- miqui'?. causée par la présence ou par l'ab- 228 F.NU. sencc de l'oxygène. Son Traité de Diagnosti- que esl resté classique. Il publia aussi, Com- mentarics on Varions Diseascs peculiar to Wo- mcn, et plusieurs autres ouvrages d'un grand mérite. En )8.!i3-'.ï4, il visita les Elats-Unis, le Canada etCuba, et publia : The Twofoldslavery of the United States. Parmi ses plus ingé- nieuses découvertes, on cite sa méthode pour traiter l'asphyxie. ' 'HALLAGE s. m. ['ha-la-jej. Droit levé sur les marchandises qui s'élalenl dans les halles et les foires. "HALLALI interj. [a-la-li] (gr. halalé, cri de guerre). Cri de chasse qui annonce que le cerf est sur ses fins. — s. m. Air de chasse que les trompes exécutent quand le cerf est rendu ; sonner l'hallali. 'HALLAM 1 (Henry;, hislorien anglais, né en 1777, mort le 21 janvier 1859. Il étudia la jurisprudence, mais se livr.i à Londres à des travaux littéraii-es et collabora à i'Edimburg Review. Ses ouvrage; sont : Vieiv of the state of Europe during the Middle Ages (2 vol. in-4'> 1818; volume supplémentaire, 1848); The Constitutional Hislonj of Eugland from the Ac- cession of Henry Vil fo the Dcath of George H (t vol. in-4", 1827), et Introduction to the Lite- rature of Europe in the l.-i, 16 and 17 centuries (4 vol. in-S", 1837-'39|. Ces ouvrages ont eu de nombreuses éditions et ont éié traduits dans les principales langues de l'Europe. En 1852, Hallam puldia LUerart/Essays and Cha- racters.— U. (Arthur-Henry), fils du précédent, né en 1811, moit en 1833. Ses Remains in Verse and Prose ont été publiés en 1862. 11 était fiancé à la sœur de Tennyson. * 'HALLE s. f. (ail. hall, emplacement, salle). Place publique, ordinairement couverte, qui sert à tenir le marché ou la foire : grande halle, halle aux blés. — Dames de la halle, mar- chandes de la halle. — Langage des dalles. Langage grossier, tel que celui qu'on parle communément dans les marchés de Paris. ' HALLE, ville de la Saxe prussienne, sur la Saale, à 28 kil. N. -0.de Leipzig; 120,000 hab. Elle renferme Halle proprement dite, avec cinq faubourgs et les anciennes villes de Clau- cha et de Neumarkt. L'université, fondée eu 1691 et réunie en 1815 à celle de Wittenberg, avait 90 professeurs et S^S étudiants en 1876. Séminaire, nombreuses inslitutionsmédicales, académie de sciences na- turelles , jardin botani- que, observatoire et bi- bliothèque de 100,000 vo- lumes. Les institutions Francke, dans le faubourg de Glaucha, comprennent un asile d'orphelins, plu- sieurs écoles et une im- primerie. Manufactures considérables d'articles de laine et de toile; vastes salines. Olhon le Grand donna Halle aux arche vèques de Magdebour,' ( t Othon II l'erigea en ( île en 981. Elle devint m puissante qu'au xiii" siei.le elle lutta, souvent avec succès, contre ses sei- gneurs, et résista, en 1 130, ii une nombreuse armée sous les ordres de l'élec- teur de Saxe. La ville soulîril beaucoup pendant la guerre de Sept ans; par le traité de Wcslphalic, elle échut à la maison de Dra'.'.delioiirg. HALLE. I. (Claude-Gui), peintre, né à Paris en I6.S2, mort en 1736. Entra i l'Académie des beaux-arts en 1782 et prit part à la dé- coration de Meudon et deïrianon; il a laissé quelques to les remaripiables. — 11. (Noël), lils du précédent, né à Paiis en 1711, mort HALL 217 et. l781 ; fut pensionnaii-e du gouvernement à Rome, entra à l'Académie des beaux-arts en 1748 el devint surintendant des tapis.^eries de la couronne en 1771. Ses tableaux brilli-nt surtout par l'enlente de la perspective. — III. (Jean-Noël), fils du précédent, né à Paris, en 17.34, mort en 1822. H étudia la médecine et fut reçu docteur en 1777; un an plus tard, ii fut nommé membre de l'Académie de méde- cine et professeur d'hygiène en 1794. Ami de Lavoisier, il le défendit devant la Conven- tion. Appelé à rinstitut dès la formation de ce corps savant, Halle en fut l'un des membres les plus éminents; il devint premier médecin do iNapoléon elprofesseurau collège de France. Ses leçons, pleines d'aperçus nouveaux et de vues élevées, étaient suivies par un auditoire choisi. Il contribua puissamment à la propaga- tion de la vaccine. 11 mourut des suites de l'o- pération de la taille que Bécbard lui fit sur sa demande. H a laissé un grand nombre de Mé- moires sur différents sujets do thérapeutique et d'hygiène, des discours académiques, une édition des œuvres de Tissot, etc., el a long- temps collaboié au Dictionnaire des sciences médicales et au Codex. ' ' HALLEBARDE s. f. ['ha-le-bar-dej (ail. helmharte, hae.heà. manclie). Sorte d'arme d'hast, garnie par en haut d'un fer long, large el pointu, traversé d'un autre fer en rorme de croissant : un coup de halle- barde. — «•» Pop. Il to.mbe DES HALLEIlAnDES, il pleut à veise. — Prov. Rimer comme HALLEDABDE ET MISERICORDE, ne pas rimer du tout. Cette locution familière vient du fait suivant : un certain Mardoche, suisse de l'église Saint-Euslache étant mort, son ami Bombel voulut faire passer sa mémoire à la pos- térité et, à cet effet, résolut de graver sur sa tombe une épitapho qui sortit du vul- gaire ; le genre poétique lui HaïKbnrcie souriuit assez, mais, com- plètement étranger au lan- gage des Muses, il s'adressa, de confiance, à un savant de l'époque qui, entre autres prescrip- UnÎTersité de n.ille. lions, lui recommanda bien pourlaperfeclion de la rimcquelcslroisdernièresletlresdecha- que vers fussent semblables; la leçon ncful pas pcnluc, car, quelques jours après, on put lire sur la tombe du suisse, cet immortel quatrain ; ci-gît li'.oti nmi M.irilrti-lti-, Qui fui Miissc à SaiilC-F.ii>l;lrllc. Il porta l" ente nns l.i hallcb.irde. Uicu lui r.isïc misiSricmlc! \\\v ?r'ii rvmi J -B. Bomcbl. i"-7, m. 218 HALL IIAIJI — Ivvrvcr,. La liallohai'do clail une arme ft liaiiipe façonnai- de telle sorlc que celui qui la portail pouvait à la fois frappiT d'estoc cl de taille. On la maniait à deux tiinins et elle piuivail ti-auelier la tête d'un cheval ou déi-ol- lor un homme, nial;.'r(! la résistance des plus fortes coites de maille ou des armures les plus solides. IJÈj le xi' siècle, la hallcharde était l'arme d'une partie des p-uerri(;rs normands qui prirent part à la halailie d'Hastings, comme on fait l'oi la ccléhrc tapisserie de la reine Malhildc (pii repi'ésente ce combat. Elle csl restée l'armu de l'infanterie anglaise jus- qu'au temps d'IClisabeth..Su[i[irimr-e en {'"rance en 175(1, elle fait aujourd'hui l'ornement des suisses d'éL'Iise. • 'HALLEBARDIER s. m. .Sorte de parde à pied, qui portail la hallebarde ' HALLEBREDA s. f. [ha-le-bre-da] (eltér. di' hulkhurdc). .Se dit d'une prando femme mal bâtie, quelquefois d'un homme : cVs< une grande hnllebreda. ' HALLECK (Henry-'Wager), ['hal-lèk], géné- ral amérii-aiu, ne en ISIi, mort en 18:2. Il servit en Californie de I81G à t8,')4, donna sa déniissionel pratiqua le droit à San-Franoisco. A l'ouverture de la guerre civile, il fut nommé major-ponéral dans l'armée des Etals-Unis, et prit le commandement pondant la campa- gne de Corinthe on l.S6-i, De juillet l8Gi', au 12 mars 1804, il fut péuéral en chef de toutes losarmées des Etals-Unis. Ensuite il commanda successivement les divisions militaires de .la- mes, du Pacifique et du Sud. Il a publié des ouvrages sur le bitume et sui- son emploi, sur l'art militaii-o, sur le droit international et une traduction do la vie de ^apoléon, avec des notes do Jomini. 'HALLEIN ['hai-lainn], ville d'Autriche, sur la Sulzach, à 12 lui. S. de Salzbourg: 4,000 hab. Les mines de sel du voisinage, exploitées depuis plus de fiOO ans, produisent annuelle- ment plus do 10,000 tonnes de sel. HALLENCOURT, ch.-l. do cant., arr. et à 16 kil. .S.-S.-i:. d'Abbeville (Somme); i/j'j7 hab. Toiles à matelas. ' HALLER (Albrecht von) [' hal'-leurj, phy- siologiste, no à Berne (Suisse) en 1708,' mort dans cette ville on 1777. La précocité de son intelligence et ses aptitudes diverses lui per- mirent d'embrasser diirérentes branches de renseignement: littérateur, philosophe, phy- siologiste, botaniste, il approfondit avec ar- deur chacune de ces sciences, et ne tarda pas à les traiter en maître. Docteur en médecine à 18 ans, après avoir déjà donné au théâtre ({uelques pièces remarquées, il oblinlen 17o6, la chaire de chirurgie et de physiologie à l'u- niversité de Gœtlingen, où ses leçons et ses travaux devenus célèbres lui valurent d'être appelé par sa ville natale au sein du conseil souverain. Premier magistratdela cité(17o:^), il abandonna ses études de prédilection pour se consacrer tout entier au bien-être de ses concitoyens et fonda, dans ce but, diverses institutions de bienfaisance. Comme lilléra- leur, il a laissé le recueil do ses poésies alle- mandes (Berne, 1732, in-8"); comme physio- logiste cl botaniste, il a publié : Analomie du corps humain (17i3-'o6, in-folio). Eléments de physiolor/ie (im , in-i"), Bihliothèqucs d'ana- lomie, de botanique, de chirurgie (1774-'SS, 8 vol. in-i"). EUmenta phijsiologiw (Lausannej 17o6-'66, 8 vol. in-i"), etc., etc. ' HALLEY (Edmond! ['hal'-li), astronome anglais, né on lij.'iG, mort en 1742. 11 se con- sacra de bonne heure à l'étude de l'astrono- mie et, à 19 ans, étant encore sur les bancs do l'université d'OxIord, il trouva la méthode pour déterminer les aphélies dos planètes. L'année suivante, il reçut du gouvernement, la mission d'aller à Saintc-Hélone, pour étu- dier la position des astres dans l'iiéniisphère du Sud. A so . retour, et comnut récompense de ses importantes découvertes, qu'il résuma dans sou CiilaloQus slettarum Austrutium, la Société royale de Londres lacoueillil dans .'on sein (167'J) et l'envoya à Dantzip, afin de Lt- miner la controverse scientiliquc existant entre IfooKeel Ileveliu.-. Trois ans après, étanl aux onviron> do Paris, il découvrit la comète qui porteson nom cldout ilannonça le retour pour nr.y ; .sa prédiction, très exactement jus- lilioe, donna;t donc une base certaine à son système cl à s.i mélhodo de découvrir la na- ture du mouvement des comètes et la durée de leur révolution. En 170), il fut nommé profisseur de géométrie à Oxford et, en 1720, astronome royal à Greenwich. C'est là qu'il mit la dernière main à son ouvrage sur la théorie de la lune, qui permettail'de déter- miner, autant que possible, les longitudes en mer. On a de lui, outre son Catalogue: Théo rie des Variations de lAignillc aimantée l\M^, in-4-), Miseelaneaniriosn (1708, 3 vol. in-8"), Tahulx Atiironomicx (17J9), qui ne parurent qu'après s;i inorl. HALLIER s. m. [' hâ-lié]. Celui qui garde une halle, (jui en garde les marchandises. — Marchand qui étale aux halles. ' ' HALLIER s. m. [' ha-liéj (bas lat. hasla, branche). Hounion de buissons fort é|iais; lieu inculte etcouvortde broussailles : un huilier épais. — \* Chasse. Filet qu'on tend verlica- lement, posé surdes piquets, dans les endroils qui servent do passage au gibier. •HALLOWELL [' hàl-lô-ouèl], ville du .Maine (Elals-|Iiii-i, sur le bord de la rivière Kenne- bec, a 3 l;il. au-dessous d'Augusta ; 3,lBl*hab. * MLLUCIÏÏATION s. f. [al-lu-si-na-s*i-on] (lat. haltuciwiri, errer'i. Méd. Erreur, illusion d'une personne dont les porceplions ne sont pas conformes à la réalité. Brierre de Buis- mont a publié, en 1 84:;, sur les hallucinations, un livre resté classique : Des haHuninatinns ou histoire raisonnée des apparitions, des visions, des songes, des extases, etc. (Paris, in-S"). ' HALLUCINÉ. ÉE s. .Vl-d. Qui a des halluci- nalions habituelles: un halluciné. — Adj. Une femme hallucinée. HALLUCINER v. a. Produire des hallucina- tions. — S halluciner v. pr. Méd. Eprouver des hallucinations. HALLUIN, comm. du cant. de Tourcoing 1 arr. et à 17 kil. .\.-.N.-E. de Lille (iNoi-d), près I de la Lys; 15,781 hab. Filatures de colon, fabriques el blanchisseries de toiles, produits chimiques, huiles, tuiles, brasseries; com- merce de grains, farines. Halluin forma jadis un duché-pairie qui appartint à Schonibeig. HALMATURE s. m. (gr. halma, saut ; aura, queue). Mamm. Nom donné quelquefois au genre kanguroo. * ' HALO s. m. [' ha-Iô] (gr. halos, disque). Didact. Couronne lumineuse que l'on voit quelquefois autour des a-tres, et principale- ment du soleil elde la Urne, lorsqu'ils brillent à travers une atmosphère vaporeuse. — Méd. Cercle rouge qui est autour du mamelon. — Encycl. On distingue deux classes de phéno- mènes météorologiques appelés halos: les co- ronx ou couronnes, el les htdos proprement dits. Kaeinlz comprend sous le terme coronœ tous les phénomènes dans lesquels, le ciel étanl couvert do légers nuages, on voit des cercles colorés autour du soleil ou de la lune, et ceux dans lesquels robservatour aperçoit uneauréole ou gloire autour de son ombre réfléchie sur un nuage. Sous lo nom de halos proprement dits, il coni|)ioiid les grands cer- cles qui entourent le soleil ou la lune, dont le diamètre mesure environ 44". Les halos sont accompagnés: 1" de cercles ayant un double diamètre; 2° de parhélies ou faux soleils, et 3° de divers autres cercles. Les corona; se dis- (inguenl des halos, en ce que les premières ll.\LT sont dues aux particules d'eau qui se trouvonl dans le brouillard ou dans les nuages; tandis que les seconds sont dus à de trèspotit? cris- taux de glace. Une corona complète présenle des couleurs dans l'ordre suivant : près du soleil un cercle bleu foncé, puis un c rcle blanc et ensuite un rouge. Sous des conditioiH favorables, on peut voir en dehors de celte série de couleurs, une seconde série consis- tant en cercles colorés dans l'ordre suivant , en partant du soleil cl en allant vers l'est : I pourpre, bleu, vert, jaune pâle cl rouge. Les I halos proprement dits, eonsi-tenl babitu.lle- ment en w» ou deux cercles, mais quelques I (ois ils en ont trois. Le premier cercle a un 1 rayon d'environ 22» \ ou un diamètre de 4a». Le second anneau a un rayon d'environ 40» et e troisième un rayon de 90°. La couleur des bords extérieurs des doux premiers est presque toujours rouge; ensuite viennent le vert ou le bleu et le violet ou le blanc. Le troisième cercle, d un rayon de i)u», esl généralement blanc. Les parhélies (ou faux soleils), images du soleil acconipagnanl les halos, ont habi- luellemenl les mêmes couleurs dansle même ordre, mais elles sont plus brillantes. Ces phénomènes, fréquents sous les hautes lati- tudes, ne sont visibles que lorsque des cirrus ou cirro-stratus intervieniient entre l'obser- vateur et le soleil. Les nuages, du moins quand ils occasionnent les phénomènes dont nous venons de parler, .sont compo.sés de par- ticules gelées de vapeur, dont les l'ormc'^ront principalement des prismes hexaiioncs. L'an- gle relractant des prismes de glace étant 00° 1 angle de roliaetion qui produit la moindre déviation pour le rayon rouge, relativement au tra.iot pnmitil de la lumière, doit être de ■;.0'>;ella puissance réfraclive de la glace clanM 31, l'angle d'incidence doit êtrt^4l° ' Donc, la déviation étant égale à doux fois cet angle, moins l'angle de réfraclion, ou i X 4 ■>-- 00°, est 22°. résultat qui se rapporte res étroitement a celui de l'observation pour la forme la plus petite el la plus commune de halo. 'HALOCHIMIE s. f. (g,-, hais, sol; fiviuç chunoi P.iilie de la chimie qui traite des sels. 'HALOGÈNE adj. (gr. hais, s^V^gcnnaà, j'en- gendre). Chini. Se dit des corps de la famille du chlore, savoir: le chlore, le brome, l'iode el le fluor. 'HALOGRAPHE s. m. (gr. hais, sel; grapho, j ecri.s). Chimiste qui écrit sur les sels. 'HALOÏDE adj. (gr. hais, sel; eidos, aspect). Chiin. Se dit d un sel résultant de la combi- naison d un corps halogène avec un métal. HALOIR s. m. Lieu où l'on sèche le ohan- yre par le moyen du feu, pour le disposer à être broyé ou fille. 'HALOMÉTRIE s. f. (gr. hais, se\;melron, mesure). Chim. Détermination du litre des solutions salines qui sont dans le commerce. * ' HALOT s. m. (anglo-sax. haï, cavité^ Trou dans une garenne, où se retirent les la- pins. ; 'HALOTECHNIE s.f. [a-lo-tèk-ni] {^r. hais sel; technê, art,. Partie de la chimie qui traite de la pré[;aralion des sels. ' HALOTRICHITE s. f. [a-lo-lri-chi-lel fgr hais, sel; trix, cheveu). Miner. Sulfate d'alu- mine naturel qui se présente en fibres déliées et, soyeuses, et que l'on appelle aussi alun de plume. ' HALS (Franciscus)['halss], peintre hol- landais, ne en i;iS4, mort en 1600. 11 vécut a DôLl elà Haarlem. C'est l'un des meilleurs représentants de l'école hollandaise réaliste el comme peintre de porlraits, il lut inférieur a Van Dyke seulement. * ; HALTE s. f. (ail. halten, s'arrêter). Pause station que font des gens de -ucrre dau6 HAMA HAMA H A MB 219 leur nian-lie : fai'-c Imlle. — GnANDF nALTK, lialte la plus longue que fait une lioupo en marche. — Par ext. Lieu fixé pour la halle, ou repas que l'on fait pendant la halte : nous arriverona à noire hnltc avant lanuit. — Ternie militaire, dont on se sert poun-oniniander à une troupe de s'arrêter: au rommandcment de halte. — Halte-la! arrêtez-vous là, n'avan- cez pas davantage. Est principalement usité en termes de, guerre: crier aune palrouille : halle-là! — S'emploie dans le langage fami- lier, lorsqu'une personne s'émancipe et va au delà de ce qui convient, et qu'on veut l'arrê- ter, ou lui imposer silence: halle-là, de telles libertés m'offensent. 'HALTÈRE s. m. (gr. uttêr , balancier), flymii. anc. Masses pesantes de pierre ou de plomb dont on se servait pour développer la force musculaire dans les exercices du gym- nase : on les tenait dans chaque main en sau- tant, encourant, en dansant. —Gymn. mod Se ditdedeux masses de fer ordinairement splié- riquos, réunies par une petite barre de fer que l'on saisit avec la main : Yexercice des haltères. • ' HALURGIE s. f. ['ha-lurjî] (gr. hais, sel; c)vyo;j, travail]. Art d'extraire ou de fabriquer les fcl-. ' HALYS. ancien nom du Hizil Irmak (ri- vière ronge\ le plus grand fleuve de l'Asie Mineure. Le Halys prend sa source dans les montagnes qui formaient, dans l'antiquité, la frontière entre l'Arménie Mineure et le Pont; il coule an S.-O., au N.-O. et au iN.-E., et se jette par plusieurs embouchures dans l'Euxin, entre Sinope et Sam=uni (Amisus). Sa lon- gueur est d'environ SOO l;il. Anciennement, l'Asie était souvent divisée en Asie cisluilyne elAsie transhalyne. ' HAM \'\\i\mm^. llamctam, Hmnum, ch.-l. Fort de H:im. de canl., arr. et à 2.ï kil. S.-Ë. de Péronne (Somme); au milieu d'un pays marécageux; l),"2ji hab. Fabriques de sucre de betterave. Château fort avec donjon de 33 m. d'éléva- tion, b.lti en 1470 par le comte de Sainl-Pol, et forlilié par des ouvrages plus modernes. Jeanne d'Arc, Mirabeau, les ministres île Charles X, le prince Louis-Napoléon et un grand nomlire d'autres personnages y ont été emprisonnés. Patrie de Vadé et du général l''oy. liello église paroissiale qui renferme un magniliipie .jeu d'orgues et do superbes bas- reliefs. — îlam se livra aux Allemands le 2i novembre 1870. * ' HAMAC s. m. ['ha-mak] (mot caniibc). Sorte de lit formé d'un morceau do toile ou d'un (ilet suspendu horizontalement à deux points fixes par ses extrémités, de manière à pouvoir se balanci'r : un l'utilise surtout sur les navires. — lïamada. (V. S.) ' HAMADAN, ville de l'Irak-Adjemi (Perse), au pi. 'il du mont E!vend,,'i i'iO kil. 0. -S.-O. de Téhéran; environ 3a,uuo bab. On suppose généialement qu'elle Lccups l'emplacement de l'antique Ecbatanc. On y trouve la tombe d'Avicenne, qui y vécut dans la première partie du xi'= siècle, et on prétend qu'un autre édifice renferme les tombes d'Estber et de Mardoebée.Lavilleesl presque entièrement en ruines; mais elle fait un commerce consi- dérable de soie et de tapis. ' HAMADRYADE s. f. (gr. hama, avec; drus, chêne). Myth. Nymphe des bois qui naissait et mourait avec l'arbre dont la garde lui était confiée, et qui ne pouvait jamais le quitter. Les dnjada^, au contraire, étaient des nymphes immortelles qui présidaient aux arbres en général, et qui pouvaient errer en liberté autour de ceux qui leur étaient parti- culièrement consacrés.^ llainadryas. (V. S.) HAMAH ou Hamath (hébr. forteresse ou ci- tadelle). Ville du N. de la Syrie, sur les deux rives de l'.-Vasy ou Orontc, à environ 40 kil. N. de lloins'; environ 10,000 bab. Quatre ponts traversent la rivière et plusieurs roues immenses, tournées par le courant, élèvent l'eau au niveau des maisons et des jardins. Chaque aqueduc et chaque roue est la pro- priété d'une société. Une partie intéressante de la moderne Hamah est la levée du château qui, de même que celle de Honis, était l'em- placement probable d'un ancien temple. 11 paraîtrait, d'après les Ecritures, que Hamath était capitale d'un royaume au temps de l'Exode. Suivant la Genèse, elle fut d'abord habitée par les Cananéens. Sous le nom à'Epiphania, elle devint fameuse à l'époque des Séleucides. Sous le gouvernement des musulmans, elle produisit le célèbre savant Aboulfeda, prince de Hamah. La ville a attiré récemment l'attention par le nombre de pierres sculptées que l'on y a trouvées. Ces pierres, en basalte noir, portent des inscrip- tions en relief, dans un caracleii; inconnu. HAMAMÉLIDE s. m. (gr. a7na, en même temps; nic- _ . _ Ion, fruit; fruit qui mûrit " 2" en même temps que les °' fleurs). Bot. Genre d'bama- mélides,dont on ne connaît i^ji que trois ou quatre espèces & de la Chine et de l'Âmé- rV rique du N. L' hamamélide ; de Vil ijinie [hamamelis Vir- yini'-a] est un arbuste que rmi trouve dans les forêts luniides, depuis le Canada jusqu'à la Louisiane. H atteint qiielijuel'ois la hau- teur de 7 m., mais généra- lement il ne dépasse pas 3 m. 40 centim.; les fleurs, formées de boutons pen- dant l'été, s'ouvrent n la chute des feuilles, «s en octobre ou en novembre. Ses fruits ne mi^rissent que l'année suivante; son bois est lilanc et serré ; son écorce et ses feuilles ren- ferment une grande quantité de tannin et onl él(' employées comme astringentes. HAMAMÉLIDE, ÉE adj. Bot. Qui ressemble on qui se rapporte au genre hamamélide. — s. f. pi. Famille de di'-otylédoncs dialipélales périgyneSj ayantpour type le genre hamamé- lide. HAMBACH, ville de l'arr. de Saverne (Alsace- Lorraine;, à 6 kil. de Neustadt; 1,300 hab. HAMBACH, village de la Bavière rhénane, à -iJ kil 0. de Spire; environ 2,200 bab. Elle possède un château du moyen âge appelé Kastanienbourg. L'n rassemblement révolu- tionnaire, connu sous le nom de Ilam'jacher Fest, y eut lieu le il mai 1S32; il se com- posait de 30,000 personne-. Siebenpfeilfer, Wirth et d'autres chefs furent poursuivis par le gouvernement le 28 juin. La défense de célébrer cette fêle à l'avenir amena une lutte sanglante le i7 mai 1833. ' HAMBOURG ['ban-bour; ail. hâmm-bourg] (ail. homhurij). I. Etat libre de l'empire al- lemand (Frie Stadt Ilamburgl, comprenant la ville de Hambourg avec ses faubourgs, le district de Geest et les bailliages de Bergedorf et de Rilzebiittel; 407 kil. carr. : 62o,aa2 hab. presque tous luthériens, excepte environ |!i,000 catholiques romains et l.'i.OOO juils. Les localités principales du territoire sont : liarmbeck, Bergedorf, Borgfcide, Cuxhaven, l'.ilbeeck, Einnbuttel, Hamm, llohenfelde , liilzebùtiel et Uhlenhorst. L'Etat possède une voix au conseil fédéral de l'Alleniagiie et il envoie trois députés au reiclistag. Son armée a été incorporée dans celle de la Prusse. Le gouvernement (slaatsgewalt; est composé d'un sénat de 18 membres et d'un corps de la bourgeoisie 'biiigerschaft) de IGO membres, (constitution du 13 oct. i**79). — Dette publi- ipie : 281 millions de marcs. Cette dette a été contractée principalement pour la cons- truction d'édifices publics et pour rebâtir la ville sur un nouveau plan, après l'incendie de 1842. — IL L'une des trois villes libres de rAUcniagne, sur la rive N. de l'Elbe, à l'cni- bouchure de l'Alster, à Oo kil. N.-E. de Hiêmeetà 8o0 kil. de Paris; 289,8.',0 hab. (570,000 avec les lo communes limitrophes). L'ALiter, tributaire de l'Elbe, coule à tiavcrs la ville et y l'orme les deux bassins do l'Als- ter extérieur et de l'Alster intérieur. De nombreux canaux traversent Hambourg et communiquent avec les deux rivières. Un pont siipoibe, terminé en 1872, a été jeté sur I'EUjo'. et go autres ponts relient les bords des rivières et des canaux. Les localités les plus remarquables sont : l'ancien et le nouveau Jungfernsleig autour de l'Alster extérieur, lAlsterdamm, et le Wall. Parmi les plus heaux édifices on admire labourse et plusieurs églises. Le collège Johanneum contient la bi- bliollièque de la ville (L'00,000 volumes). Ham- bourg possède un grand nombre d'institutions charitables et d'éducation, parmi lesquelles on remarque le linuhesHuus, où l'on recueille d es e niants dépraves et abandon nés. Lcsjardi lis botanique et zoologique sont parmi les plus vastes de l'Allemagne. Le port, très étendu, leçoit des navires ayant .ï m. de tirant d'eau. Ceux qui ont un plus fort tonnage se déchargent à Cuxhaven. Le nombre des émigranls partant de ce port (surtout pour les Elals-Lnis) se monte à jikis de 7.H,0O0 chaque année. Ham- bourg possède des imprinierics, des chantiers do construction pourla marine, des raffineries de sucre, des distilleries, un vaste cummerce trans-océanien cl un immense commerce de transit. Le total de l'importation, par mer, di'passe annuellement une valeur de un milliard de marcs: celui de l'exportation selève à lin milliard de marcs. .Mouvement jC'.u port : culiées, 1 1,173 navires, jaugeant 220 llAMli 6,SOO,000 tonneaux ; sorties, 1 1,203 navires, jaugeant G.'i'.iS.OOO tonneaux. 1^ ville de llamljoui;; ne possède pas moins de 4S7 vaissoaiix iiiai'i'fiands fsecs-ohiflo), jaiivi'anl 288,000 tonneaux, dont 161 steamers (i:;o,Oi)0 tonneaux), et 326 vaisseaux à voile (i:t8,000 tonneaux); la marine niarcliaiide liam - boiirpcoise, qui s'accroît avec une prande rapidité, est finit fois plus impoilaiile que celle du royaume de lic;lgi(iiic. Cette ville peut rivaliser avec n'imporlc quelle autre cité européenne pour la valeur des alfairesdc banque cl d'assurances qui s'y traitent chaque année. Clinrlematme hûtit un cliftleau à Ham- bourg vers 809. Olhon IV (I2ri) lit de cette ville une cilé impériale. L'ii Irailé avec Lûbcck (1241) jela les londemeiils do la ligue hanséa- liquc. La réforme y fut introduite vers 1529. Pendant la première partie du xvi"^ siècle, les rois de Danemark prétendirent être souverains de Hambourg, en leur qualité de comtes de HoLtoin. Une convention avec le Danemark HA Ml petit nombre de maisons fcarlées du lieu où est la paroisse : ce n'e$t pas un village, cen'cst qu'un liauiiiiu. •HAMEÇON s. m. (lat. Anmi/s). Petit crochet de fer ou de lil d'arcbal, armé de pointes en dessous, et qu'on met au bout d'une ligne avec de l'appât, pour prendre du puis-on : prendre du iJoUson à l'hnmcçon. — Mohuiik a l'h.mikçon, se laisser séduire par quelque arti- fice, se laisser surprcndie p;ir l'apparence de quelque chose d'utile ou d'agréable. — Bot. lîpino rroiliue ou poil recourbé. HAMEÇONNÉ, ÉE adj. Se dit d'un fer aigu et recoui lié (Mi bame(;on. HAMELIN (Ferdinand-Alphonse), amiral français, né ii PouL l'Ilvêqui' (Calvados;, en 1796, mort en 1864. A peine âgé de 11 ans, il s'embarqua comme mousse à bord de la fré- gate la Vénus que commandait son oncle, l'amiral Jacques-l''élix-Kmmanuel, baron 11a- melin, né à llonlleuren 1768, mort en 1839. Ihniljrur™. (1768) mit fin à cette prétention et, en 1770, llanibourg devint ville libre de l'empire d'Al- lemagne. En oct. 1799, laRopublique fi'ançaise hii déclara la guerre, pour la punir d'avoir Iraili'euscmenl livré au.x Anglais le patriote irlandais Napper-Tandy. l^a ville se hâta de se sou mettre et do séquestrer les biens des Anglais. En 1801, les Danois l'occupèrent et lui impo- sèrent une énorme contribution. Les Français y entrèrent après la bataille d'Iéna (1806); ils ï'évacuèrent à la suite du traité de Tilsilt (1808) et en firent le ch -I. de leur départe- ment des Doucbcs-dc-l 1^11)0, en 4 810; ils la quittèrent en 1813, et la léoccupèrent pres- que aussitôt. Davout y soutint, de sept. 1813 à mai 1814, un siège qui ne se termina que lorsque le général Gérard vint prendre le commandement de la place au nom du roi Louis XVllI. Pendant ce siège mémorable, l'indomptable Davout ne recula pas devant les moyens les plus cruels pour se débarrasser des bouches inutiles ; il chassa, au milieu de l'hiver, plus de 30,000 habitants, dont 1,100 moururent de faim. Le 8juin 181b, Hambourg entra dans la confédération germanique , comme ville libre de la ligue hanséatiqiic. Le 4 mai 1842, un tiers de la ville fui détruit par un incendie qui fit disparaître 2,000 maisons. Hambourg entra dans la confédération ger- manique le 21 août 1866 et dans l'empire al- lemand en 1871. — Bl.\nc de Hambourg. (Voy. Venise.) • HAMBOURGEOIS, OISE s. et adj. Habitant de Hambourg; qui appartient à cette ville ou à ses habitants. • 'HAMEAU s. m. ['ha-mû] (anglo-sax. htin, maison). Petit village. Se dit, part., d'un En 1830, il prit part à la conquête d'Alger et dirigea la station navale de l'Oeéanie en 184:i-'46; vice-amiral en 1848, il commanda une division de la flotte devant Sébasiopol, en 18o3-'.'i4. Amiral en 18:i4, il prit, un an après, le portefeuille de la marine qu'il con- serva jusqu'à sa mort. ' HAMELN, ville de Hanovre (Prusse), sur le Hamelel le Weser, à 32 Uil. S.-O. de Hanovre; 16,5U0 h. Surle Weserquiy forme une île. on a jeté un pont suspendu de 272 m. de long. Manufactures de laine, de coton; distilleries et brosseries. Hamein est célèbre par la lé- gende du joueur de flûte de Hamein; cet artiste offrit de détruire, moyennant une cer- taine somme les rats qui infestaient la ville. Fascinés par les sons mélodieux de son instru- ment, les rongeurs le suivirent jusque dans le Weser, où ils se noyèrent tous; mais les habitants ayant refusé de payer la somme convenue, l'artiste résolut de se venger et. le 26 juin 1284, il parcourut les rues de la ville en jouant de son instrument enchanté. Tous les enfants le suivirent dans une caverne de la montagne et, depuis lors, on n'enenlendit plus parler. HAMILCAR. Voy. Amilcar. 'HAMILTON ['hémm-il-t'n]. 1. Village de l'état de iSew-York (Etats-Unis), sur la rivière Chenango, à 40 kil. S.-O. d'Utique: l,;i30 hab. — 11. Ville de l'Ohio (Etats-Unis), sur la ri- vière et le canal Miami, à 3-5 kil. N. de Cin- cinnati; 17,565 hab. Fonderies, papeteries, lainages, moulins, distilleries, brasseries, ma- nul'aclures de voitures et de wagons, fourni- ture.- pour chemin de fer, bottes et souliers, charrues, scies et cordes — 111. Ville de i\e- 1! \MI vada ('Etals-Unis), à 300 kil. de Carson, et à 290 kil. S.-O. de Salt-I.ako-City : 2,00i) hab. Elle se trouve à la base ,N'. de la montagne Treasure, à 2,:;00 mètres au-des-us du niveau de la mer, au centre du district minier de White-Pine. Elle doit son origine à la décou- verte de mines d'argent dans la monl.ignc Treasure (1868). — IV. Ville de l'Ontario (Ca- nada), à l'exlrémilé S.-O. de la baie de Itur- linplon, à l'O. du lac Ontario, à til kil. S.-O. de Toronto; 48,980 hab. Seconde ville de l'Ontario, sous le ra[pport de la population cl la première sous le rapport de l'industrie. Siège d'un évêché catholique romain el d'un évfiché épiscopalien. HAMILTON. bourg du Lanarkshire (Ecosse), près du cuniluent de l'Avon el de la l'.lvde, à 13 kil. S.-E. de Glasgow ; 2,800 hab. Manu- factures de denlelles et de moiisselini'. Parc el palais Hamillon, résidence du duc d'ila- millon. Dans le voisinage se trouvent : les ruines du château de Cadzow , première ré- sidence des Hamilton, et ce qui reste de la forél de Cadzow. HAMILTON (Alexander), homme d'Etat américain, né en 17;i7, morl en 1804. Aide de camp de Washington avec le rang de lieu- tenant-colonel, il prit une part active à la bataille de Brandywine et à celle de .Mon- mouth, le 28 juin 1778, el assista au siège de Vorktown. En 1782, il se fil admettre au bar- reau d'Albany. H se rendit célèbre comme écrivain et comme orateur. Son fils John C. Hamiltonécrivil savie (2 vol. in-8°, 1834-'4ii), publia ses ouvrages (7 vol., 18i;i) et compila aussi llistory o£ Ihe RepulAic of Ihe Uitiled Slates as traced in Ihe Writimjs of Alexander lliimillon and his Contemporuries (I8.j0). Voy. aussi Hnmilton's conduct '.ts Secretury of ihe Tr'dsury Vindicated, par J.-.A. Hamillon (I.S70) cl Life of Alcxnnier Ilainitton, par John T. Morse (2 vol., 1876). ' HAMILTON (Comte Anthony), écrivain fran- çais d'origine écossaise, né en 1646, morl en 1720. Complètement attaché à la fortune des Stuarts, il resta le compagnon fidèle de Jacques 11, au château de Sainl-Germain- en-Laye. Littérateur, écrivain léger, gracieux et de bon goùl, il publia dans cette ville ses Mémoires du Comte de Gramont, ouvrage charmant qui contient le récit de la vie licen- cieuse de son beau-frère, et où il dévoile toutes les turpitudes de celte vie frivole des cours qui font de la friponnerie un mérite et du libertinage une vertu. 11 a laissé de plus quelques ouvrages légers, tels que Le Bélier, Fleur d'épine, Les quatre Facardins, etc., pe- tits chefs-d'œuvre de grâce el d'esprit, com- posés tout exprès pour l'amusement des dames de la cour. Ses Œuvres choisies ont été publiées en 1825 (2 vol. in-8''). HAMILTON (Gavin) , artiste écossais, né vers 17jI.i, mort en 1797. H réunit une vaste collection d'anciennes statues romaines, au- jourd'hui dans la galerie Towneley du musée liritannique, et il publia The italian school of Fainting, avec 40 gravures (1773). HAMILTON I. (sin 'William), antiquaire an- glais, né en Ecosse en 1730, morl en 1803. Quoique frère de lait de George III, il était très pauvre, lorsqu'il épousa, en I7.").5, une riche héritière qui mourut en 1782. Nommé ambassadeur a Naples en 1764, il fut l'un des premiers Anglais qui s'occupèrent d'étudier sérieusement les antiquités grecques el étrus- ques, sur lesquelles il publia un ouvrage en français (4 vol. in-fol. Naples, 1766). En 1784, il se rendit en Angleterre, pour empêcher son neveu de se déshonorer, en épousant Emma Harte, mais il l'épousa lui-même en secret el l'emmena à Naples. En 1793, il signa un traité d'alliance entre l'Angleterre el i\aples. Rap- pelé en Angleterre en 1800. il perdit dans un naufrage une colieciion d'antiquités, dont il OAML ne sauva que quelques dessins. !1 rassembla un grand nombre des marbres de la galerie Townicy au musée Brilanjiiqiie. — II. (Emma Lyon, alias Marte, ensuite lady Haniilton), l'emme du précédent, née en 1760, morte en I8I.T. Simple servante d'auberge, elle fut successiveniciil la maîtresse du cap. John Wil- lette, de Cliarles Greville, dont elle eut trois enfants et de l'oncle de ce dernier, sir Wil- liam Haniilton qui, revenu tout e,vprès de Naples en Angleterre pour mettre lin à la liaison criminelle qui existait entre son neveu et Emma Lyon, finit par s > laisser fasciner par celle-ci, en fit sa raailre.sse et l'épousa en 1791. Belle et spirituelle, elle fut présentée par son mari 'i la cour du roi do iNaples, où son intimité avec la reine Caroline devint en peu de temps scandaleuse. De mœurs plus que léi'ères, elle fut partout courtisée. Nel- son compta parmi ses nombreux adoi'ateurs et elle exerça sur lui une funeste influence. Après la mort de son mari, elle continua de mener une vie éhontée, attira sur Nelson les mesures vindicatives de la cour d'Angleterre, devint, après la mort de l'amiral, l'objet de la l'éprobation générale, et fut réduite à se réfugier en France, où elle mourut, près de Calais, dans un état voisin de la misère. HAMILTON (siu William), philosophe écos- sais, né en 1788, mort le 6 mai 1856. Pour savoir à quoi s'en tenir sur la pbrénologie, il suivit un long cours d'anatomie comparée, mesura des centaines de crânes et pesa au- tant de corveiles. Les résultats de ses recher- ches furent insérés dans une vigoureuse attaque contre la phrénologie, formant deux rapports qui furent lus devant la société royale d'Kdiinbourg (1826). Ses articles dans VÈdinliiirijh Hrcitw (1829) comprennent : On the Pldlvsojilnj of Perception et On Récent l'a- hlications in Loijical science, publiés en IS.'ii, sous le titre collectif de Discussions in Pliilo- sophj and Lilerattirc, Education and Univcr- silj/ Reform. En 18.36, sir William fut élu pro- fesseur de logique et de métaphysique à l'universilé d'Edimbourg. HAMILTON (William-Richard), nr<-héologue anglais, né on 1777, mort en IS.ji». En 1799, il devint secrétaire de lord Elgin, à l'ambas- sade de Constantlnople. 11 acheta pour le musée Britannique la pierre de Rosette et, à l'aide de plongeurs, il sauva les marbres d'Elgin, perdus dans un naufrage prés de Cerigo. Il fut sous- secrétaire des alfaires étrangères (ISiO-'22|, et plus tard ambassa- deur à Naples. Il a publié : Mfjyptiaca or some Account of the Ancient and Modem State of Fjjypt. HAMILTON (s.R William Rowan), philo- sophe anglais, né à Dublin en 180.-), mort en IS.io. En 1827, il fut nommé astronome royal d'Irlande cl, eu 183u, il fut fait cheva- lier. En 18'28, il publia un Essay on the Thcory of Systems of Rays, qui accomplit, dans le domaine de l'optique, la révolution que les travaux de Descartes avaient opérée dans le champ de la géométrie et ceux de La- grange dans celui do la mécanique; c'est-à- dire ([u'il appliqua l'algèbre aux problèmes ([iii ont rapfiort a la théorie ondulatoire de la lumière. Par une analyse particulière, il généralisa les cas les plus compliqués de l'op- li(iue géométrique ordinaire, et prédit le plus singulier de tous les résultats de la théorie de Kiesnel, la réfraction conique dans les cristaux biaxiles. Le |ilus célèbre des écrits d'ilamilton est sa Melliod or Catculus of Qua- tcrnious (18.13). Ses Eléments of Quatemious parurent en 1,S66. HAMLET ou Amleth, prince danois légen- daire, qui dut vivre deux ou trois siècles avant notre ère et ipi'a immortalisé le génie de Shakspeare. Fils d'un roi de Jutland et d'une lillo d'un roi de Danemark, il contrefit l'in- HAMM sensé afin d'échapper à la haine de son oncle Fenpo qui avait fait iiérir le roi son frère, père d'Hamlel, pour épouser la reine qui nourrissait depuis longtemps pour lui un amour crimi- nel. Mais Fengo, soupronnant Hainlet d'avoir pénétré ses honteux secrets, le fit conduire dans la chambre de la reine, sa mère, et plaça sous de la paille un espion qui devait saisir leur entretien. Hamiet, découvrant le person- nage caché, le perce de son épée, éclate en reproches terribles contre sonindigne nièreet lui fait jurer que ce mystère odieux restera impénétrable pourtous. Fengo, toujours soup- çonneux et toujours haineux, envoie Hamiet, sous la garde de deux gentilshommes, au roi d'Angleterre avec prière de le faire périr. Hamiet se saisit de la lettre royale et substi- tue au sien le nom de ses gardiens. Les deux gentilshommes sont pendus et Hamiet épouse la fille du roi d'Angleterre. Il revient en Da- nemark, la vengeance au cœur, tue Fengo et se fait proclamer roi. Telle est la légende Scandinave, et c'est sur cette donnée que Shakspeare a écrit ce drame immortel où il s'abandonne si librement aux fantaisies ter- ribles de son imagination et où il a montré les plus choquants défauts à côté des plus originales et des plus sublimes beautés. — Hamiet, grand opéra en ,'i actes, représenté à Paris (Académie de musiijue), le 9 mars 1868; paroles de Carré et i. Barbier; musique d'A. Thomas. ' HAMM ['hamm], ville de Westphalie fPrusse), sur i'Ahse et la Lippe, à 35 kil. S.-S.-E. de Munster; 28,592 hali. Autrefois fortifiée, elle souU'rit de la guerre de Trente ans et fut bombardée en 1761 et, en 1762, par les Français. On la démantela en 1763. Manu- factures de toile, etc. HAMMAM (Le) (ar. lunnmmn, bainl. Etablis- sement de bains fondé à Paris et dans lequel on trouve des salles de massage comme dans les bains turcs. HAMMAM-R'IRA, célèbres sources thermales de la luovince d'Algci', à 27 kil. de .\Iilianah, !)0 de Cherchell et 60 de Blidah. Eaux sulfa- tées calciques, 40° a 46" 0. Hhumatismes, né- vralgies, maladies de matrice, suites de frac- ture etde luxation. \~,VM h. J/niuman. (V. S.) ' HAMME, ville de la Flandre orientale (Belgique), sur la Duinic, près de l'Escaut, à 30 kil. N.-E. de Gand ; 12,273 hab. Fabriques de cordes, ateliers de construction pourles na- vires, commerce d'étoiles, etc. ' HAMMERFEST, |iori de mer du Finmark (Norvège), sur l'ile de Kvalœ, par 70° 40' lat. N. et 210 22' long. E., à 80 kil. S.-O. du cap Nord; environ 2,300 hab. Elle fait un com- merce actif et est célèbre comme étant la ville la plus septentrionale du monde. Plus de 200 bateaux de pèche et 100 grands navires fréquentent annuellinienl sa rade. HAMMER-PURGSTALL (Joseph von), orien- taliste allemand, né à (iiatj: (Styrie), en 1774, mort en 1856. En 1799, il devint interprète de la mission autrichienne à Constantinople. En 1801, il s'engagea pour faire la cam[)agne égyptienne comme secrétaire interprète des généraux anglo-turcs. En 1802, il fut envoyé de nouvi'au a Constantinople comme secré- taire de légation et, en 1806, à Jassy comme I agent diplomatique. A partir de 1807, il ré- sida à Vienne. En 1816, il fut nommé inter- prète de la couret en 1817 conseiller auliqiic. En 1837, ayant hérité des biens des comtes de Purgstall, il ajouta ce nom au sien et il fut créé baron. Ses écrits en dilférentes langues remplissentplus de 100 volumes in-8°. I Les plus importants sont: Geschiclc des osmii- niehen Rcichs {\0 vol.l et Literaturgeschietc des Aralicr [[ vol. in-i"). HAMMERSMITH, village de Middlesex (An- gleterre;, sur la Tamise, à 5 kil. 0. de Lon- dres ; 2A,'J20 hab. Elégantes villas; école de IIAMP 221 grammaire dotée par l'évêque Latimci . Le voisinage est occupé par des pépinières et des jardins potagers. HAMOA ou des Navigateurs (Archipel). Voy. Samoa. ' HAMON (Jean-Louis), peintre français, né en 18-21, mort en 1874. Paresseux dans sa jeunesse, il fil le désespoir de son père qui, ne voyant s'ouvrir pour son fils aucune carrière libérale, voulut le consacrer à l_a vie religieuse et l'envoya dans un couvent. Ses goûts artis- tiques lui firent bien vite trouver trop étroite et trop nue lacellule d'un cloîlre et, à 19 ans, il jeta le froc et s'enfuit à Paris où l'atelier de Paul Delaroche lui fut ouvert. IL suivit égale- ment les leçons de M. Gleyre. Le Dessus de porte et le Tombeau du Christ commencèrent sa réputation, ainsi qu'une Affiche romaine et un Perroquet jouant avec deux jeunes filles; en 18ii2, il composa la Comédie humaine etson idylle grecque, Ma sœur n'y est pas, que l'on regarde comme un chef-d'œuvre. L'Amour et son troupeau. Ce n'est pas moi, les Orphelins, une Gardeiue d'enfants augmentèrent encore sa renommée. Il fit alors un voyage en Orient, et, à son retour, donna successivement dix compositions d'une même inspiration : les Dévideuscs, Boutique à quatre sous. Papillon enchaîné, Cuntharide esclave, l'Amour en visite (I8b9), Vierges do Lesbos, l'Escamoteur (1861), l'Aurore, les Muscs à Pompéi (1864), l'Amour console Ophélie { 1 873). HAMONT (Pierre-Nicolas), vétérinaire fran- çais, mort en 1848. li fonda une école vétéri- naire a. Aboul-Zabel. près du Caire, et prit la direction des haras égyptiens. II a publié : Causes de la morve et du fircin (Paris, 1842, in-8"); De l'entraînement des chevaux (Paris, 1842); Améliorat'on des chevaux en France (Paris, 181-3); l'Egijpte sous Mékémel-Ali (Paris, 1843, i vol. in-8"), etc. HAMPDEN SIDNEY (Collège de), institution de la Virginie (Etats-Unisi, à environ ^a kil. O.-S.-O. de Richmond, elle est dirigée par les presbytériens. Elle fut fondée en 177.5. ■ ' HAMPE s. f. (ail. hand, main, poignée). Bois d'une hallebarde, d'une pertuisane, d'un épieu, etc.: la hampe d'une hallebarde, d'un écûuvillon, d'un refmloir. On dit, dans un sens analogue : la hampe d'un pinceau.— Bot. Tige herbacée sans feuilles ni rameaux, et destinée seulement à porter la Ueur elle fruit: la tige du pissenlit, de la jacinthe est une hampe. ' HAMPSHIRE ['hémm'-cheur], Hants ou SocTUAMPTONSHiRE, coiiité d'Angleterre sur la Manche et comprenant l'île de Wight; 4,177 kil.carr. ; 600,000 hab. Son sol varié et son climat doux en font l'un des plus agréa- bles de l'Angleterre. Ses productions prin<-i- pales sont : le foin, le blé, l'orge, l'avoine, les liaricots, les navets et les pois. On y élève des moutons et la production des porcs est une industrie importante; le Hampshire est célèbre pour ses jambons. Les rivières princi- pales sont : le Itchon, l'Avon et r.\nton. Villes princ. : Portsmoulh, Winchester, Sout- luimplon. • HAMPSTEAD [hamm'-stèd], faubourg de Londres, dans le Middlesex, sur une chaîne de collines, à 6 kil. N.-O. de la capitale; 32,280 hab. .\utrefois sources minérales. Ren- dez-vous populaire des habitants de Londres, qui, dans les beaux jours, et particulièrement les dimanches, accourent en foule sur la lande d>^ Ilanipstead, au sommet de la principale colline. Nombreuses villas; tavernes renom- mées. ' HAMPTON [hemm-t'n], paroisse de Mid- dlesex (Angleterre), sur la Tamise, à 16 kil. O.-S.-O. de Londres; 4,000 liab. Dans le voi- sinage, se trouve le palais de llampton Court, autrefois résidence favorite des Tudors et des 222 IIA^IS Stuarls, et niaiiiten,ii)l lii'ii fie' rendez-vous populaire pour les habiluiils de Luiulres. Belle collection publique de peintures, ren- fermant les célèbres cartons de Rapbaël. 'HAMPTON [■ bèmm'-l'n], ville de la Virgi- nie ^Etat.s-Unis), sur la rive 0. de la rivière Ilampton, branche du Ilampton roads, à en- viron i kil. de Fort Monroe et à 100 kil.S.-E. dcRichmond; 2,:-i00 hab. Cimetière natio- nal; établissement pour les soldats invalides. Institut normal et d'agriculture, ouvert en 18(iS, pmir II'-; joniies nègres. • HAMPTON ROADS [' hèmm-t'n-rôdss] (baie de Ilampton), bra^ de la baie de ChesapeaUc, entre Hampton et Norfolk (Virginie), formant Testuaircde la rivière James. Le Ilampton roads estcommamlc parla forteresse Monroe. Une bataille navale y eut lieu, les 8 et !) mars 1862, entre le cuirassé confédéré Virgmin (jadis Merrimac, frégate des Etats-Unis) et les frégates de l'Union le Cwnhcrland, le Con- grcss.ie Minnesota et le navire à tourelle le Monitor. Le 8, le Cumhcriand fui frappé par l'éperon de la Virr/inia et il coula en 4-t mi- nutes. Le Congress échoua, lut désemparé et incendié. Le Minnesota, s'étant échoué, fut atla(|ué par trois navires confédérés, qui se retirèrent à la nuit tombante. Outre les deux frégates, l'Union perdit 286 hommes. Sur la Yi7'ginia, il n'y eut que 2 tués et 8 blessés. Le jour suivant, la T'irsiidia s'approcha du Minne- nota; mais \hine, capitale de la piuvnice de Tclié- kiang, près de Tsicn-tang, à environ oh kil. de l'embouchure de cccours d'eau et .ilacausedu roi d'.\n- glelcrrc Edouard 111, en I31G, et combattit contre le roi de France à la bataille de Crécy. Après avoir implore et obtenu son pardon de Phili[qje de Valois, il tourna encore ses armes contre le roi de France et périt en 1356 dans un combat livré aux soldat.-- de Jean le Bon. — Henri uic Lorraine, surnommé Cadet -la-Verle (1tiOI-*66). S'adonna dès son jeune âge au métier des armes. .\ 19 ans, il se signalait à la bataille de Prague, combattit les hugue- nots a Montaiiban cl a La Rochelle, reprit, en 1637, sur les EsiiagnoU les îles de Lérins, fut nommé,cn163y,ccmiinandant en chef des armées du Piémont, battit le prince Thomas de Savoie devant Uoii'i's, prit Turin (164UJ, fut nommé gouverneur de la (iuyenne (1642) et reçut, l'aiiiiée suiv.inlc, le litre do g-r.iiui écuyer. Après une mission diplomatique en HARCOURT (THURY), ch.-l. de cant.,arr. et à 26 kil. N.-O. de Falaise (Calvados), sur l'Orne; 1,113 hab. Fabriques de blondes, tanneries. Vaches, porcs, bestiaux. Cette ville fut érigée en duché-pairie par Louis XIV, en faveur de Henri d'Harcoiirt. Belle église pa- roissiale. ■ ' HARDE s. f.(all. herd, troupeau). Chasse. Troupe de bêtes fauves : une harde de cerfs, de daims. — Lien qui attache les chiens six à six ou quatre à quatre. 'HARDE adj. m. Œif iiardé, œuf sans co- quille que pondent quelquefois les oiseaux. 'HARDENBERG ( Karl-August vok prince) ['har-dénn-bèrg], homme d'ICtat, né à Essen- I roda (Hanovre) en 1750, mort en 18i2. En 1778, il entra dans le service civil et fut en- voyé à Londres comme diplomate. De retour à Hanovre, il découvrit une intrigue entre sa femme el un prince anglais, obtint sa sépa- ration et eiilra au service du duc de Bruns- wick. En 1790, il devint ministre du margrave d'Anspach etde Baircuth.En 1791, il ell'eclua le transfert de ce margraviat à la Prusse et fut nommé ministre d'Etat et gouverneur des provinces cédées. En 1804, il devint premier ministre de Prusse. Il protesta contre l'inva- sion du territoire allemand par .Napoléon, et le roi fut obligé, après la victoire de ce der- nier, de lui retirer son portefeuille; il fut nommé, en 1807, ministre des affaires étran- gères; mais Napoléon ayant insisté pour son renvoi, il fut exilé en Russie. A son retour eu 1810, il devint chancelier d'Etat, fit d'impor- tantes réformes et abolit le servage. Il aida puiss.imment à soulever l'enthousiasme na- tional contre Napoléon en 1813, signa le traité de paix en 1814, fut créé prince et assista au congrès de Vienne. En 1817, il or- ganisa le conseil d'Etat dont il devint prési- dent. Il a laissé des mémoires qui ne devaient être publiés que 50 ans après sa mort. Le jirince de Bismarck confia à Ranks le soin de les faire imprimer. ' ' HARDER V. a. Chasse. .Attacher des cliieiu six a six ou quatre à quatre. ' HARDER'WYK ou 'Harderwijk ['har-dèr- vaïk], ville de Gueldie (Pays-Bas), sur la côte E. du Zuyderzce, ii 40 kil. E. d'Amsterdam ; environ 5,500 hab. Elle fut prise parCharles- Ouint en i'.'tîi, par les Hollandais en 15"îet fut occupée en 1672 par les Français qui la brûlèrent en 1074. Le port, autrefois rendez- vous des navires des Indes orientales, ait maintenant peu profond. Pêche et fumigation des liarnigs. " HARDES s. f. pi. (v. franc, hardée, du lat. fera, je porte). Se dit généralement de tout ce qui est d'un usage nécessaire et ordi- naire pour l'habillement : de bonnes , de vieilles hardes. •'HARDI, lE adj. (anc. haut. ali. h,.,::, harl, dui). Oui se hasarde courageusement, qui ose beaucoup; entreprenaiil: uu hommt liés hardi. On dit de mênu', ICtre hardi à liarlcr, à cntriiirendre, etc. — C'est un uardi )oui;uR, se dit d'un homme qui joue ordinai- rement gros jeu, ou qui joue avec un petit III. 226 ii.\nh jeu. (Jiidil dans le niùiiu' soiis, FArc hardi nu }cu. — reime, inliépido, assuré : amir lu fnini; hiinlic, la conlcniwcc linidie. — IihoIciiI ifii|.ii.li;ii], fllrf)iit(! : ,7 fnul .inecc dotncsliqu'e xuil Ijum hunli pour ri'pnndn' de la sorte. Qui le rend si hardi de li ouliltr mon brcn»agc ? La FoKTiirvR, — Se dit encore, surtout dans le premier sons, df's choses que fait ou c|uo dit une pr r- .soiini! hardie : nrtion. ntlaquc hardie. — .Se 'lil partinil. des [iroposilinris, des opinions, di's doi'trines, etc., qu'il est difficile ou dan- f,'ereux de soutenir : celle proimsitionmi: parait bien hardie. — Se dit éf.'alenient, dans les ouvrapcs d'esprit, de ce qui est lieureusemcnl hasardé, déco qui s'élève au-dessus des règles communes: pensée, fioiire, métaphore hardie. — Cv.Lx KST uiKN liAfiui, Se dit quelquefois d'une licence, d'une alliance do mots, etc., que la critique ne saurait approuver, mais qu'elle n'ose condamner — .Se dit aussi, dans certains aris, de la manière d'exécuter, d'o[)é- rer, cl signifie : libre, franc, aisé, qui ne manjue point d'hésitation, de timidité : ce niaitrc d'écriture a une plume hardie, la plume hardie, la main hardie. — l''ig. G'k.st une PLLMK HARDIE, IL A LA PLUMi; HAIIDIE, SA PLUME KST HARDIE, ctc. Se dit d'u!i autoup qui a un style hardi, qui emploie souvent des expres- sions hardies; ou d'un autour qui écrit libre- ment sur des matières délicates. — Se dit encore de certains ouvrages de l'an qui ont queUiue chose d'extraordinaire et de friand: il y a daiKs ce tableau iks poses très hardies.— •Se dit parlicul. des ouvra^'os darcliilecluie qui sont d'une légèreté, d'une élégance que leur niasso, ou leur élévation. etc., ne .semble V:\- eiiniporter: voilà une voûte bien hardie.— Hardi! interj. d'encouragement: Là ; hardi! làclic à faire un cirort -î.'néreux. IIAHK conven.ihle : rous pomrz hardiment porter cet article a mille éeus. II.VHE !^loi.ii'.nR. HARDICANUT, Hardacanute, llAnoECANUTR ou llnrdilinul, dernier prince de la dvnastic danoise des rois anglais, né vers 1017, mort le S juin 1042. Il était fils de Canut le Grand et d Emma, lllle do Richard I" (duc de Nor- mandie) et veuve d'Kthelrod H, roi saxon dé- posé. Avant la mort de sun père, il fut nom- me vice-roi de Danemark. HARDIESSE s. f. Qualité de celui qui est hardi, entreprenant, assuré : ijrniidc, noble liardicsse.— Témérité, insolence, impudence: /'(. hardiesse de ses manières me déplut. — Quclquef. Licence ; c'est dans ce sens qu'on dit familièrement: excusez si je prends bi har- 'dicsse de... — Se dit aussi en parlant des choses faites ou dites avec hardiesse: la har- diesse de cette entreprise, de cette action étoyine. — Cet homme prend des hardiesses qui ne lui APPARTIENNENT PAS, il s'émancipe trop. Il y a 1 'des hardiesses dans cet ouvrage, il y a, dans cet ouvrage, des choses hasardées. —Se dit également en parlant du style, des expres- sions, etc. : une grande hardiesse de style. — Se dit, dans certains arts, en parlant d'une exécution hardie : cet artiste exécuteavec beau- coup de hardiesse. — Se dit aussi en parlant des ouvrages de l'art qui présentent quelque chose d'extraordinaire, de grand : les figures de ce groupe ont des poses pleines de hardiesse et de grâce. — Se dit, en outre, des licences que se permet un écrivain, un artiste : et, dans ce sens, on l'emploie souvent au pluriel : ce tour n'est pas grammatical, mais c'est une ha7-die sse que l'usage permet. ; HARDILLON s. m. [Il mil.]. Typogr. Petite pointe qui est au bout des pointures et qui lorme les trous sur le papier que l'on im- prime. * ■ HARDIMENT adv. Avec hardiesse : parler hardiment. — Librement, sans hésiter, sans barguigner : dites-lui hardiment que je n'y consens pas.— Fam. Sans crainte de se trom- per, d'aller au delà de ce qui est nécessaire. 'HARDINGE Henry, vir.oMTE)f har-dinnj], genei.il an-lais, né en 178;i, mort en IS.'Ki. Il servit dans la guerre de la Péninsule et fut quartier-maltre général de l'armée porlu- paise (txn!)-'n). En 18i;;, il app.irtenait à 1 etat-major de Wellington et à la bataille de Ligny, il perdit le brasgaiiche.il fut ministre de la guerre sous \Ve|liii:;ion (l82S-':!()) et ensuite secrétaire. En iHU, il fut nommé gouverneur général de llnde et annexa le pays d Oude. V.i\ .I845-'G, il servit comme vo- lontaire ennlro les Sikhs et participa aux vic- toires deMoodUec, del"erozeshale, de Sobraon et d'Aliw.il. Il reçut du gouvernement une pension aniinelle de 7.'i,000 fr. et fut élevé à la dignité do pair avec le titre de vii-nmte Haidinge de l-aliore. La compagnie dos Indes orientales lui servit aussi une pension de 125,000 fr. 11 rentra en Angleterre en 1848. Il devint maréelial de camp en ISoo. HARDOUIN (Jean), jésuite, né à Quîmpor en 1G4(;, niorl en 1729, Dans sa Chronulo.pa ex nummis anliquis restitiita {i part. ll'i'Ji et I(i97) il soutint que tous les anciens clas- siques (excepté Homère, Hérodote, Cicéron, Pline l'ancien, les Géorgiques de Virgile et les satires et les épitres d'Hoiaee), ont été fabri- qué.sparles moines du xiip- siècle. En niT). il publia son grand ConeHiorum Collectio {ii vol. in-l'ol.) contenant la liste des conciles tenus depuis l'année 34 jusqu'en 1744. Parmi ses aiitres ouvrages, nous cilerons : Chronoloqia \cteris Testumnnti (1097), Opcra Selecta (1709] et son ouvra^'o posthume Opéra 'Varia (1733). HARDY (Alexandre), poète dramatique, né à Paris ver.s 1060, mort vers 1C31. Auteur fécond, il s'était associé à une troupe de co- médiens, aux .1/a troupe délibérera sur la demande de Votre CompiKjnie ». D'un seul mot, notre Mo- lière a immortalisé le nom du président de Ilarlay, lorsqu'il dit au parterre, pour an- noncer que la représentation du Tariu/'e était suspendue : « Messieurs, nousconi|)tions avoir l'honneur de vous donner aujourd'hui Tar- tufe, mais jM. le premier président ne veut pas qu'o[i LK joue ». Ce perfide lk, reçu par d'unanimes applaudissements, a voué au ridi- cule le nom du malencontreux président. ' HARLE s. m. Ornith. Genre de palmipèdes lamelliro>tres, comprenant des espèces ;\ bec plus mince, plus cylindrique que celui des eaiiards;i dents pointueseldirigeeseii arrière. Harle huppé (Mergus serrator). — 1. Mâle. i. Femelle. Ces oiseaux vivent en hiver sur nos eaux douces et détruisent une grande quantité de poissons; en été, ils se retirent vers le nord de l'Europe. Ils nichent sur le rivage, entre des pierres et sur les herbes : la femelle pond de 10 à 14 œufs blanchâtres. La chair du liarle e-t sèche, huileuse et peu recherchée. Le harle vui Irian.ird; son bei et ses pieds sont rouges. Le hurle hupp'' 'ineripis serruliir, Linii.) mesure eiivinm .'i-'j cenliin. de long, et pèse I kilof. .'iliO. Le mille a la lôtc et la partie supérieure du cou d'un beau vert foncé, la gorge d'un brun lougeAIre avec des raies noires, les côtés banés de lignes noires transversales. Chez la femelle, la partie supérieure est couleur de cendres, la partie inlérieure d'un blanc rou- n;irlc d'Aiiuîi ique (.\Icrgus Anu-ricanus). geâtre. Cet oiseau se trouve dans toute l'Eu- rope. Très timide, il se laisse diflicili'ment ap|)rocher; son vol est rapide et bien sou- tenu. — Le harle d'Anurii/ue {merr/us Ame- rieaitus, Cassin) pèse jus([u'a 2 kilog. et demi et habite l'Amérique du iSord. 'HARLÉIEN, lENNE adj. Qui a rapporta llarlr\ ; (pu .i|ip,ii tient a cet homme d'fUat : hililialheque hurliiiemie, collection ilu Brilish Muséum, composée de la bibliothèque laissée par Hubert Harley. ' HARLEM ' Haarlem ou ' Haerlem ['har- lèmm], ville des Pays-Bas, dans la Hollande septentrionale, sur le Spaarne, à 4 kil. de l,i meretà lo kil. 0. d'Amsterdam; 52,5UUhab.; par !ii° i-l' 54" lat. N. et i!" 18' 7" long. E. Elle est coupée par de nombieux canaux et est particulièrement célèbre pour la culture des tulqies, des jacinthes et autres plantes bulbeuses que lui fournil sa banlieue. C'est aieiié aux grains et église Saint-Bavon, à Harlem. dans l'église Saint-Bavon, la plus vaste de la Hollande, que se trouve le fameux orgue con>lruil en 17.18 et qui est le plus [laissant du monde. Harlem possède des manufactures de colon, de soie, de toile, de velours, de rubans, de damas, de dentelles, de toile k voiles, de bijoutei'ie; des raffineries de sel, des tanneries et teintureries. Avant la décou- verte de l'art de blanchir par le chlore, Har- lem était renommée pour ses bluuchiistries. HARL Elle exportait de grandes quantités de toiles connues sous le nom de toiles de Hol- lande. En 1;i7î-'7.'}, Harlem soutint un siège héroïque contre les Espagnols qui y per- dirent 10,000 hommes. .Après 7 mois' d'une lutte achai'née, les assiégeants mirent une lioltc sur le lac de Harlem pour empêcher le ravitaillement de la ville. Les assiégés, qui comptaient d'abord 4,000 hommes y compris un corps armé de .')00 femmes, se trouvèrent bientôt réduits de moitié; alors, mourant de faim, ils proposèrent de placer les femmes et les enfants au milieu d'eux, de mettre le feu à la ville et de se frayer un chemin à travers les ennemis. .Mais, finalement, ils durent subir les conditions que leur imposèrent les Espagnols. Ceux-ci, sous le commandement du duc d'Albe, désarmèrent le peuple et mas- sacrèrent ">1 otages; quatre bourreaux furent constamment employés ?i faire périr 2.000 des habitants; la fatigue seule les arrêta; alors les 300 malheureux qi/l restaient turent at- tachés deux à deux, dos à dos, et précipités dans le lac. Guillaume d'Urange reprit la ville en 1.'i77. HARLEM (mer de) ou Lac de Harlem, an- cien lac di' iO kil. de loin.' et de lii kil, de large, couvrant une étendue de IIO kil. carr., communiquant au N. avec le Zuyderzec par un détroit appelé l'Y, et au S. avec le vieux llhin; il occupait, avec une profondeur moyenne d'eau de 3 m. 30 centin!., l'espace compris entre Haarlem, Leyde et Amster- dam. Cette étendue d'eau, tonnée au xvi« siècle par une inondation et empiétant tou- jours graduellement sur la terre, fut presque entièrement desséchée entre 183'J et 18.S-J. Le terrain forme maintenant une commune composée de \ÎX'M hab. (Voy, Dbai.nage.) ' HARLEY, Robert) l'har-lé], comte d'Oxford, homme d'Etat anglais, né en 1001, mort en 17ïï4. Il fut un des partisans du prince d'O- range, en 1688, et entra au premier parle- ment qui s'assemblaaprès la révolution. De whig intolérant et vindicatif, il devint tory et prélat intraitable. En 1701. il fut élu speaker de la chambre des communes et, en 1704, il fut nommé secrélaire d'Etat, mais il fut renversé en 1708. En 1710, la chute des whigs le lit arrivera l'oflice de chancelier de l'échiquier, et l'année suivante il fut créé comte d'Oxford et de Mortimer, et nommé lord grand trésorier. Peu après le traité d'L' - trecht en 1713, les in- trigues de Bolingbroke ^^^-_ ___^ ébranlèrent sa situation, -^ et le 27 juillet 1714, il ^i:^. .abandonna les affaires. -En août 171o, il fut accusé de haute tra- ^ bison par la chambre i^des communes et en- tériné à la Tour. Mis en ugenient en juin 1717, I fut acquitté. Il a laissé une bibliothèque d'une valeur immense. Les ma- nuscrits, au nombre de ^ près de 8,000 et formant ^ la collection Harléienne, se trouvent au musée Britannique. Cette col- lection, ainsi que celle des livres et des bro- chures, les dernières au nombre d'environ 400,000, fut complétée par Edward Harley, son nis. Le D' Johnson, OIdys et.Mattiaire en ontfaitiin catalogue en -ï vol. in-S° (1743-'45). 'HARLINGEN['har-lign-ènn], ville fortifiée delà Frise (Pays-Bas), sur la mer du Nord, à SO kil. N.-N.-E. d'Amsterdam; 10,519 hab. Elle fait un commerce actif et est protégée par l'une des plus longues digues de la Hol- lande. HARM HARMATTAN ?. m. Vciil sec et chaud, qui souille de l'intéri.eur de l'Afrique ver? l'Atlan- lique, en décembre, janvier et février. 11 est analogue au sirocco d'Italie et au kamsm d'Ei-'vpte. HARMODIUS et ARISTOGITON nom de deux Athéiiiens, que les historiens ont mis au nombre des martyrs de la liberté. Aristo- giton avait conçu uii'e passion pour l'adoles- cent Harmodius; Hipparque était son rival. Piqué de jalousie, Aristogiton forma avec Harmodius et d'autres Athéniens une conspi- ration pour assassiner le tyran pendant les fêtes des Panathénées. Le complot réussit: Hipparque lomba sous les coups des conspi- rateurs, mais Harmodius fut aussitôt massacré par les gardes du lyran(o14 av. J.-C), et Aris- lo;.'ilon, mis à la torture par Hippias, frère d'Hipparque, compromit les meilleurs amis de celui-ci par ses réponses. Lors de l'expulsion d'Hippias, en otO, les Athéniens érigèrent des statues à Harmodius et a Aristogiton, et ils décrétèrent qu'aucun esclave ne porterait leurs noms. * HARMONICA s. m. (lat. harmonia, accord). Mus. Insliuiiient composé de cloches ou tasses de verre, de dilféreiits timbres, qu'on fait résonner en passant le doigt mouillé sur les bords -.jouer de l'harmonica. — Se dit, en général, des divers instruments à touches, où le verre remplace les cordes de métal. — Encycl. L'harmonica, dont on attribue l'in- vention à l'Irlandais Packeridge, fut perfec- tionné par E. Délavai et Franklin. Les musi- ciens le regardent comme une simple curio- sité musicale ou comme un jouet, malgré les améliorations successives dont il a été l'objet dans ces derniers temps. (V. S.) 'HARMONIES, f. (gr. AdrmoH/a, arrange- ment). (Concours et accords de divers sons : douce, yiirfaite harmonie. Fille du U liouleur, haïuiùnic, harmonie. Qui no-.is vient d'Italie et qui lui vint descicux... A. DU MessBT. — Partie. .Mus. Succession d'accords, par op- position à mélodie ; l'harmonie musicale. — Ensemble d'inslrumenls à vent : musique d'harmonie. — Se dit quclquef., ou d'une voix seule, lorsqu'elle est sonore, nette et douce; ou d'un inslrumentqui rend un son agréable : l'harmonie de sa voix. — Table d'harmonie, partie d'un piano sur laquelle les cordes sont tendues. — En parlant du langage, du style. (Concours de sons, de mots qui flattent l'oreille; nombre, cadence : un langage dépourvu d'har- monie.— Harmonie imitativk. Artifice de style qui consiste à peindre les objets par les sons des mots. — Fig. Accord parfait, et entière correspondance de plusieurs parties qui for- ment un tout, uu qui concourent à une même fin : Vhnrmonie de l'univers, des éléments. — Harmomk riiÉÉTABLiE, théorie do Leibnitz, selon laquelle le 'iionde spirituel et le monde corporel sont comme deu.x horloges parfaites, mais indépendantes, marquant toujours les mêmes heures. — Concorde, en parlant des personnes : ils vivent dans la plus parfaite harmonie. — Auat. Articulation dans laquelle les os sont liés ensemble pas des dentelures presque impcrceplibles. Cette arliculalion se remarque surtout à un os de la face. — Encycl. L'harmonie est la sensation agréable produite à l'oreille par plusieurs sons ([ui se tout entendresiniullanementet quis'aïqieleiil accords. (Voy. Accouus.) Pour bien explii[u(!r riiarmonie, il faudrait développer la tln'orie toute enlière de la musique, nous nous con- tenterons ici de donner les quebpies prin- cipes qui sont nécessaires pour former des accords. H y a 2,400 ans, Pythagore avait déjà montré les relations qui existent entre les accords et la longueur des cordes vibrantes, c'esl-à-dire ce qui constitue l'harmonie; mais un 11 d\:\.\[ jamais pu expliquer les sensations u^réubles qui resuUeul des sons siniullaiiés HARM de notes formant des inlcivalles et les sen- i salions désagréables produites par des notes | qui ne s'accordent pas. En 1862, Heimboitz publia Die Lehrc von den Tonimpfindungen als physiologische Grundlage fiir die Théorie der .Musik. Son hypothèse différait des théories précédentes, en ce qu'il rapportait les causes des consonances et des dissonances aux sen- sations produites par la continuité ou la dis- continuité des sons, tandis que tous, avant lui, attribuaient les effets de riiarmonie à une cause purement psychologique. D'après lui, l'oreille accomplit l'analyse des sons au moyen de 3,000 petites cordes existant dans l'oreille interne {duclus cochlearis)el connues sous le nom de cordes de Corti. Ces cordes sont graduées au point de vue de la longueur et de la grosseur comme les cordes d'un piano; elles paraissent avoir le ton de 3.000 notes simples distribuées à intervalles régu- liers dans la série des sept octaves musicales. Chaque corde est mise en communication avec un filament du nerf acoustique. Le mode d'action de l'appareil acoustique, si bien or- ganisé, est le suivant : lorsque la vibration d'un son composé atteint les cordes de Corti, chaque corde entre eu vibration et agite le filament nerveux qui lui est attaché ; l'oreille perçoit ainsi une sensation formée d'autant de sons simples qu'il en existe réellement dans la vibration composée. 11 semble donc que les cordes de Corti vibrent de la même façon que les cordes d'un piano. Quand deux sons presqu'à l'unisson frappent l'oreille, ils pro- duisent des vibrations alternativement ascen- dantes et descendantes. Ces alternances d'in- tensités sont ainsi produites : supposons deux sons formés par deux corps dont l'un donne ■2,000 vibrations à la seconde et l'autre 2, Oui vibrations, il est évident que si ces deux corps vibrent ensemble au commencement d'une seconde, ils auront encore ensemble une vibration à la fin de celte seconde, par conséquent, à ces deux moments, l'action de l'un des deux corps sur l'air concourt avec l'action de l'autre : nous ressentons donc une impression qui est la somme des deux vibra- tions; mais aux demi-secondes, les mouve- ments des deux corps sont opposés, ce qui fait qu'en ces moments ils neutralisent mu- tuellement leur action, si leurs intensités de vibration sont égales, et qu'aux demi-secondes nous avons un silence complet, il en résulte que le nombre de battements, produits à la seconde par deux vibrations, égalera la diffé- rence de nombres de vibrations que ces corps donnent séparément en une seconde. Leurs battements produisent sur l'oreille une action intermittente semblable à celle qu'exerce sur l'œil des rayons lumineux successifs. Ces ac- tions intermittentessont toujours désagréables et irritantes pour les organes des sens. Mais, quand les battements sont arrivés à un cer- tain nombre par seconde, ils ne produisent plus d'eU'ets intermittents sur les nerfs; car l'action produite par un battement continue, sans diminution perceptible, jusqu'au com- mencement du battement suivant, et il n'y a pas de sensation intermittente. En d'autres termes, quand les baltements se succèdent avec une rapidité suffisante, ils se confondent ensemble et produisent un efl'el égal et so- nore, semblable à uu sou musical simple. — Comme science des accords, l'harmonie se divise en harmonie proprement dite, (pu dé- termine la structure des accords, leur na- ture et leur association, et en harmonie pra- tique, qui apprend à mettre les accords en œuvre : c'est ce qu'on appelle l'art de l'ac- compagnement. (Voy. AccoHi), Accompagnement et Musique.) — Bibliogr. On the Expérimental confirmation of l'ourier's Theorcm as applied ta the Décomposition of liic Vibration of a Com- posite sonorous Wave into its Elementari/ Pendulum Vibrations, par A.-M. Mayer. ,Ui,'- thodc d'harmonie et d'accompagnement [ liai Muis. "HARNAIS 011 Harnois s. m. (bas lucl. harnci, ferraille). Lorsqu'on parle des clie- j vaux,/lrtrnow ne se dit qu'en poésie ou dans le discours soutenu. Armure complète d'un homme d'armes. Ce mot est encore usité dans quelques façons de parler figurées. En- bossEn LE uAn.N.Kis, embrasser la profession des armes. HlXncbir sous le harnais, vieillir dans le métier des armes. — Fig. et en plai- santant. KNDOSSEtl LK HARNAIS, SC dit d'uil homme d'éfilise ou de robe qui revêt les ha- bits de sa profession. — Plais. S'échauffeb EN SON HARNAIS, parler de quelque chose avec beaucoup de véhémence et d'émotion. — Tout l'équipage d'un cheval de selle : le har- Jiai's (le son cheval était enrichi de pierreries. — Poitrail, collier, et tout ce qui sert à atteler des chevaux de carrosse ou Je charrette : une paire de harnids dorés. — Se dit, par ext., des chevaux et de tout l'attiiail d'un voilu- rier, d'un roulier, etc.: c'est un chernin trop étroit pour les harnais. Dans ce sens, on dit; Chkvai. DE HARNAIS, choval de charrette.— Tout l'équipage ((ui serlàprendre depetitsoiseaux, à pécher des poissons d'eau douce. (Vieux.). ' ' HARO (D'après la tradition, le cri de haro dérive de Raoul ou Rollon, premier duc de Norniandic, qui administra la justice avec tant de sévérité que toute personne oll'ensée n'avait qu'à crier « Uaout pour que satisfac- tion lui hll immédiatement donnée). — Prat. Terme dont on se servait, suivant la coutume de Normandie, pourfaire anêl sur quelqu'un ou sui'qucl([ue chose, et pour aller procédei sur-le-champ devant le juge : faire haro sur quelqu'un. (Voy. Clameur.) — Ckieh haro sur QUELyu'u.x, se récrier avec indignation sur ce qu'il fait ou dit mal à propos. a cl-s ulula, un ciîa haro sur le baudet. La Fo.vtaims. HARO (Don Luis de), homme d'Etat espa- gnol, neveu d'Olivarés, ministre et favori de Philippe IV. Il rendit la paix à l'Espagne épuisée, en soumettant Naples etia Catalogne (■IG48-'.')2) ; il signa avec la France, au prix de quelques provinces, le traité des Pyrénées (1659), et mourut deux ans après, ne laissant à son pays que le Portugal pour ennemi. 'HAROLD, nom de deux rois anglo-saxons. — 1. Surnommé Harefort, Ficd de lièvre, à cause de sa rapidité à la course, mort le 17 mars 1040. 11 était fils illégitime de Canut le Grand, qui, avant de mourir, exprima le désir de séparer ses royaumes de Norvège, d'An- gleterre et de Danemark entre ses fils, Svend, Harold et Hardicanut. Les chefs danois nom- mèrent roi d'Angleterre Harold ; les Saxons choisirent Hardicanut dont les droits furent soutenus, en son absence, par sa mère, lareine Emma. Harold prit possession de Londres et des pays au N. de la Tamise et, avec l'assis- tance du comte Godwin, il fut bientôt maître dé toute l'Ani-'Ieterre. Hardicanut lui succéda. — II. Dernier roi saxon d'Angleterre, mort le 14 ocl. 1060. Second fils de Godwin comte de Wessex, il hérita du comté de Kent. 11 se dis- tingua comme chef des troupes d'Edouard le Confesseur, à la mort duquel {'i janv. 1066), il se fit proclamer roi, en vertu d'un préten- du testament, .Mais Guillaume de Normandie. qui avait égajcincnt des droits à la couronne et qui, tenant Harold prisonnier, à la suite d'un naufrage sur la côte normande, luiavait extorqué un serment d'obéissance, en appela au pape (Voy. Guillaume.) Harold voulut an- nuler un serment arraché par la violence. Le frère de Harold. Tostig, autre prétendant, dé- barqua à Scarborough avec une armée, com- mandée par Harald, roi de Norvège, et mit le siège devant York. Pendant que Harold écra- H.\RP sait cette invasion (25 sept.). Gnillaunie de Normandie débarqua et marcha sur Hastings, I où llaiold fut vaincu et tué. (Voy. Hastinos.) I HAROUÉ, cli.-l. lie cant., arr. et à 29 kil S. de .N.uiry i-M'-urthe-iit-MosclIel : OUi liab. Beau château (.wiii" siècle) ijui pos.sede un magnilique escalier à trois rampes, décoré de statues. HARODN - AL - RASCHID [ha-rounn-al -ra- chidd], (Aaron le Jusluj, cinquième calife de la dynastie des Abbassides, né vers 76') ap. J.-C, mort en 809. Sous le règne de son |iére, le calife .Mahdi, il conduisit une ariiiue de 9.'), 000 Persans et Arabes contre l'empire byzantin, gouverné alors par Irène: il pé- nétra dans le Bosphore (781) et soumit l'im- pératrice à payer un tribut annuel. Il succéda à son frère aine Hadi en 786. Ses conquêtes et sa vigoureuse administration ont fait con- sidérer son règne comme l'âge d'or des na- tions niahométanes. Ses ministres favoris furent Yahga et son fils Jali'ar, de l'aucieiine famille des Barmècides, dont les ancêtres avaienlété, pendantplusieurs générations, les prêtres héréditaires du temple du fuu de Balkh. Injuste envers ces ouvricrsde sa gloire, il les disgracia et les envoya en prison on à la mort (803). Il dévasta souvent les territoires byzantins pour punir Irène et Nicephore de refuser le tribut promis. Haroun cultiva la poésie, les arts et les sciences; il firotégea plusieurs savants illustres, et il est le prin- cipal héras des Mille et une Nuits. Sous son règne, Bagdad agrandie devint le centre de la civilisation arabe. H se fit connaître en Occident par une ambassade qu'il envoya à Charlcniagne. HARPAGE, seigneur mède qui reçut l'ordre de faire périr Cyrus (voy. ce nom) et qui le sauva en exposani le cadavre d'un autre en- fant. Astyage le punit de cette désobéissance en faisant égorger le fils d'ilarpage. Devenu plus tard lieutenautde Cyrus, Harpage soumit les villes grecques d'Asie Mineure. 'HARPAGONS, m. (^v. harpazein, saisir). Nom d'un personnage d'une comédie de Mo- lière; avare : j'avais affaire à un harpagon. ' ' HARPAILLER ,Se) v. réc. [Il mil.]. Se que- reller avec aigreur, avec indécence. (Fam. et vieux.) * 'HARPE s. f. (bas lat. harpa). Instrument de musique qui a une quarantaine de cordes verticales, de grandeur naturellement dé- croissante, que l'on pince a\ec les deux mains -.jouer de la harpe. — Harpe éoliknne. Instrument à cordes, monté de manière à rendre des sons harmonieux lorsque le vent fait vibrer ses cordes. (V. S.) — Siaç. Pierre d'attente qui sort d'un mur. — Se dit également des pierres qui sont dans les chaînes des murs, et qui sont plus lars-es que 1 H.\RP Encycl. La harpe est un instrument Ap mu- sique, triangulaire à plusieurs cordes de lon- gueur inégali!, disposées parallèlement et qu'on pince avei! les doigts. On ne connaît pas son origine, mais elle était familière aux Hébreux et aux Assyriens, 2,000 ans av. J.-C. David jouait de la harpe devant Saiil |I063 av. J.-C.) Les Grecs et les Romains ne se ser- vaient que de petites harpes portatives. La grande harpe au contraire était employée chez les races du N. de l'IOurope, dès les )ireniiers siècles de l'ère chrétienne. \u moven âge, elle était d'un usage universel, mais elle ne reçut pas de grands perfectionnements avant le xvii« siècle. De nos jours, l'introduction des pédales et les innovations du facteur Erard l'ont mise à même de rendre, avec toute sa perfection, la musique écrite pour le piano. HARPE s. f. Moll. Genre de mollusques pas- térupiiiies. lainille des buccinidtJs, comprenant environ une douzaine d'espèces, qui habitent les eaux profondes et les terres vaseuses des Harpe (Harpa vcntriculata.) Indes orientales et des Iles du Pacifique. L-Mirs coquilles, d'une belle couleur et d'une forme élégante, ont généralement 10 cent, de lon- gueur. HARPEAU s. m. Mar. Grappin pour l'abor- dage. "HARPE. ÉE adj. N'est usité qu'en par- lant d'un leincr dont le corps a quelque res- semblance avec la forme d'une harpe, parce que son estomac est fort avancé et fort bas, et son ventre fort étroit et fort élevé : un U- vrier bien harpe. ' 'HARPER v. a. Prendre et serrer forte- ment avec les mains lil l'a harpe. — Se harper V. réc. Se saisir violemment l'un l'autre : ils se querellèrent et se harpérenl. * ' HARPER V. n. Manège. Se dit d'un cheval qui lève une des jambes de derrière plus haut que l'autre sans plier le jarret, ou qui les lève toutes deux en même temps et avec précipi- tation, comme s'il allait à courbettes : ce cheval harpe d'une jambe, harpe des deux jambes. ' HARPERS FERRY ['har-peur^-fé-ri]. ville de la Virginie occidentale (Elats-L'nis), sur le celles de dessus et de dessous. — Espèce de i pont-levis, dans l'ancienne fortification. — | Potomac, au confinent du Shenandoah, à l'en- droit où ces deux cours d'eau traversent la. HARP HARR HARR 231 Blue Ridge, à sn kil. N.-O. do, Washington; enviroii ï,SOO hub. Avant ia guerre de séces- sion, cette ville était le siège d'un arsenal important. Le 10 octobre 1Sâ9, John Brown, à la tête d'une petite, troupe d'abolitionnistes s'en empara. (Voy. Brown, John.) La place tomba ensuite al lernativenient entre les mains de chaque parti. Le la septembre 1S6-2, au moment de la bataille d'Ântietam, elle fut prise par les confédérés, commandés par Sto- newal Jackson, qui y prit environ 11,000 hommes, 73 canons, 1 3,0il0 fusils et une quan- tité con.Mdérable de provisions. ' ' HARPIE s. f. (gr. harpuia; de harpazein, ravir.) iMonstre ailé et fabuleux, extrêmement vorace, qui avait un visage de femme, un corps de vautour, et des ongles crochus et tranchants : les harpies étaient au nombre de trois: Aêtlo, Oeypètc et f^élœno. ■ — Se dit fig. rie ceux qui l'avissenl le bien d'autrui, ou qui sont âpres au gain : ces gens-là sont des har- pies, ddVî'flîes/iaî'/jj'.'S. -Fain. .Méchantefemnie, criarde et acariâtre : c'est une harpie, une fran- che harpie. — Encvcl. Dans la mythologie, les harpies étaient des monstres infernaux, filles de Neptune et de la Terre. Figurées avec un visage de vieille femme, un corps de vautouret des ailesde chauves-souris, ellesétaient l'image symbolique de la mort prématurée des jeunes filles. Homère les représente comme person- niûant les ouragans: Hésiode nous les montre comme des jeunes filles a la blonde cheve- lure, surpassant les vents par la rapidité de leur vol, mais ell'rayanles en même temps par leur visage que ia faim fait pâlir et par les griifes de leurs doigts. Elles étaient au nombre de trois : Aëllo, Ocypète et Célœno ; l'enfer était leur demeure. 'HARPIE s. f. Oriiith. Genre do rapaces, voisin des pygargues, et dont on ne connaît qu'une seuleespéce(ï/iî'asfie, etc. iNombreuscs maisons d'éditeurs. Asile de sourds-niucLs cl asile d'aliénés; hôpi lai di' ll.irt- ford, asile irorplndins, etc. Collège de Trinity (épiscnpalicn}, fondé en IS23, inslilul Ihéologi- que du Connecticut, séminaire pour femmes, la haute école el l'écide de grammaire. — Harl- ford fut fondé en 16H.j, par des émigranls de iN'ewlnwn (aujourd'hin Cambridge), de Dor- cliesler elde Watortown. Ou la nomma ilabord Ncwtown, mais en 1037, elle fut appelée Hart- ford, en souvenir do lleriford. en Anglelerru. lie Ile ville est devenue enle capitale de l'étal ■le Connerliriif. en t87'i. ; HARTIG I. {Fran- çois-Antoine, idMTK IJICI, littérateur bohémien (17.ï8-'97). Il a publié, en français : Lettre» sur la France, l'Angleterre cl i'I«a//c()78.=)): et en alle- mand : Progrès et déea- denee de l'nrpiruUiire citez 1rs différents peuples (trad. Iraiir. p.tr Leroy do Lozembrunc, 178'J). — II. (Georg-Ludwigj, grand maître de> forêts du royaume de Prusse', n> eu ilfi't. mort en I8:j'i. Son Manuel du chasseur (180'.)), sa Cul- ture des clairières (1827), son Economie fores- tière (1831), et sa Culture des forêts (f837) ont été souvent réimprimés. 'HARTLEPOOL ['hâr'-tell-poul ], ville de Durbam f.Vugleterre), sur une petite pénin- sule au N. (le l'estuaire do la Tecs, à '.il kil. S.-E. de Durbam; 4-2.492 bab. La vieille ville renferme des laminoirs, des fours à puddler, desfonderieSjdesatelJersde construction [)Out navires et des brasseries ; les pêcheries sont considérables el il y a un grand commerce. Harllepool ouest, sur ^^. le côté opposé du port, a de vastes ateliers de construc- tion pour la marine, des fonderies, des scieries, des brique- teries, des docks, etc. j^ Le port, défendu par ^ des fortifications, pos- "'sède deux phares. Le bourg parlementaire, conslilué en 1867, s'appelle les Hartle- pools. •HARTLE7 ['har- le], bourg el paroisse d'Angleterre, dans le comté de Norlhuin- berland,surla mer du .Nord, à 26 kil. ^'.-E. ilf .Newcastle; 4,.5i)0 liab. Exploitation de houille et grand com- merce de sel. Costaux environs de Hartley que se trouve le ina- gnilique château des Délavai. ■HARTLEY (David) ['bàr-lé], philosophe anglais, ne on I7li;;, mort en ilol. H exerça la médecine à Londres, à Bath et dans d'aulr's villes. A l'âge de 2û ans, il commença la com- position de son grand niivrape, O'.Srnuli'jus fin Miin, his fiviwc, his dtity. and his Expec- lations (2 vol., l748-'i!)). Sa théorie de sensa- tions, basée sur l'élude anatomiqiie du système nerveux, est peut-être le premier essai que l'on fil pour expliquer les phénomènes psy- chologiques par des principes pliysiologique's. 'HARTMANN (Moritzi [liarl-mannl, poète allem^iiid, nr do pim-iits juifs, en Huhênie (1821), mort en 1872. H quitta l'Autriche, pour des raisons politiques et [uihliai Leipzig- deux volumes de poèmes iialiiotiques (1844 et 1847). En 1848, il fut membre du parle- ment de Francfort. H accompagna Frocbel et Bluni à Vienne, se sauva après l'exéou- tion de ce dernier. Il vova;:ea ensuite eu Orient, il vécut ii Paris, à Genève, h Stuttgart el_ rentra à Vieiinoon 1868. Ses Dernims jours d'un roi ont été traduits en |ilusieuis langues. Ses autres romans comprennent : Le Pi-i.sonnier de Chillon et les Diamants de la haronne. Son recueil de poésies politiques, La Coupe et l'Epi'e (Leipzig, 184,'j), a et.- presque entière- ment traduit en français par Laurent-Pichal et Sninl-licné ïaill.iiidior. 'HARTSŒKER -Nicolas ['hArt'.«ou-kcur] philosophe bolland;iis. né en lOiiG, mort eii 1723. Il perfectionna le miornscoiio el le téles- cope, découvrit les animalcules spermali. pies vécut quelque temps à Paris el devint, en 1704,' professeur de mathématiques et dephilosophic a Dusseldorf. Ses ouvrages sont : Esfiai dr. dioptriquc. Principes de physique cX Rrcueil de plusieurs pièces de physique, dans lesquels il attaqua le système do Newton. HARTSVILLE. ville de l'Indiana, k 33 kil. S.-S.-L. d In linnopolis; 433 bab. 'HARTWELL ['bart-ouell], village d'AnHe- lerre, comté de Bookinirbam. à 00 kil. .x'ÎO de Londres, et à 3 kil. S.-O. d'AvIesburv'; 300 bab. Ce fut au château do llar'twell qiiè vécut Louis .XVIII, de 18H à 1814, sous le nom lie comte de Lille. HARTWICK. ville de l'étal de New-York (Etats-Unis), à 0 kil. S. de Coopc,^u,,Mi pt du lac Ostego, à environ 80 kil. 0. d'Albanv • 2.190 bab. •' • 'HARTZ (ail. Harz ou Hary/ebinje), rb.iine de montagnes du N.-O. de l'Allemagne sépa- rant les eaux du Weser de celle de l'Elbe, comprenant le Harlz supérieur et le Hartz inférieur et située à l'O. et à l'E. du Broc- ken (M40 m.|. Le point culminant, à 30 kil. O.-S.-O. d'Habersladl, présente une forme gracieusement arrondie et domine toute la contrée environnante. Le liosstrappe est un peu moins élevé et le Rammeisbenr, près de Goslar, n'a guère que 400 m. Les parties les plus élevées du pays sont âpres, luçubres, stériles et froides; un grand nombre de cours d'eau prennent leur source dans les mon- tagnes. Les vallées, bien arrosées, renferment d'abondants pâturages. On exporte on ijiian- lité le bois de construction. .Mais les mines principalement celles de plomb, d'argent, dé cuivre, de zinc et de fer, constituent la crande source de richesses de tout le pavs. Elles sont exploitées depuis des siècles et occupent ac- tuellement 30,000 personnes. La Prusse pos- sède celles de Clausthal et d'Andieasber" (province de Hanovre), dans le Hartz supérieur'^ le Brunswick, une partie de celles de Ram- melsberg; et l'Anhalt, celles du Hartz de l'est. La mine la plus profonde du globe se trouve dans le district d'Androasberg : elle est située sur une veine argentifère que l'on a suivie jusqu'à une profondeur de plus de 1 ,200 m. La production annuelle drs mines du Harlz (non compris celles du Rammelsberg) est de 20,000 kilog. environ d'argent, 3, 000à6,000 tonnes do plomb, loO tonnes de cuivre et 10,000 tonnes de fer. La population du Hartz parle dilTérents dialectes. Outre le Brooken ou niocksberg, qui a été immorlal isé par le Foust nARV deGœthe, il existe beaucoup d'aulreslncalités remarquables, parmi lesquelles on distingue » ï>c Broclîen, dans les nio:iK U:»: le SldUlTenberg avec le château en ruines de Henry lOiseleur. HARVARD (John), fondateur du collèg-e Harvard, né en Angleterre, mort en 1638. 11 fut élevé à Cambridge et émigra en Amé- rique. A sa mort sa fortune était évaluée à 37,o00 livres, dont il donna la moitié pour la fondation du collège qui porte son nom. H légua aussi à ce collège une bibliolhèque estimée. HARVARD UNIVERSITY, inslilution d'édu- cation la |ilus aucicinii; et la plus complète des Etals-Unis, à 4 kil. 0. de Boston. L'uni- versité Harvard, fondée en 1636, reçut, peu après, un legs de John Harvard dont elle prit le nom. Elle comprend quinze vastes bâti- nARV es sciences ou es philosophie ; d'autres sont docteurs en théologie, ingénieurs, profes- seurs, astronomes, doc- teurs en médecine den- taire, etc. ^_^^^ ' HARVEY (sin Geor- ^;^^ ge) ["har-vé], peintre '3ttgi^ écossais, né en 180o, ^^» mort en 1876. Ses prin- '^^te cipaux tableaux re- présentent des scènes écossaises, les juge- ments et le.s persécu- ^ lions des Covenanters. '^a^ H fut nommé chevalier ^^ en 1867.HpubliaIVo(M ^^■"^ o/' the Early Hislory of ih Royal ScoUish Aca- dtmy. HARVEY (William), célèbre médecin an- trldis à qui on doit la découverte de la circu- lation du sang. Né à Tolkestone en 1S78, il suivit d'abord les cours i. 1 université deCam- iidge, alla ensuite iiidier la médecine à '.idoue où il fut reçu docteur en 1602. Il fut al taché, en 1609, à 1 hôpital Saint-Barthu- lomew (Londres), où il resta jusqu'en 1644. Devenu également, en 1619, conférencier pourl'anatomic et la chirurgie au célèbre collège des Médecins, il développa, dans ses leçons, sa théorie originale et complète de la circulation du sang, "théorie à laquelle son nom est inséparablement attaché, et il com- posa son traité De niotu sanguinis et cordis, qui no parut qu'en 1028. Médecin du roi en 1630, il suivit la fortune do Charles I" et se relira avec lui à Oxford. Nommé maître du collège de Mcrton, il se livra, pendant son séjour en ce lieu, à des recherches sur la génération et il publia, en 1651, Excrcitationes de gcnera- tione animalium. Son attachement à la cause royale lui fil perdre sa place à l'hôpital Saint- Bartholomew, mais il resta jusqu'à sa mort f16iJ7) conférencier au collège des Médecins. HA SA 233 menls, deuil les priiiclpauN sont: le doiloir MaLlhews et Mémorial Hall. Les élèves ne sont admis qu'apiès examens, pour constater qu'ils ont déjà reçu une bonne éducation secon- daire ; au bout de 3 ou 4 ans, ils sortent avec un ccrlilicit de maîtres es arts, de docteurs 230 — ilott'jâ- MaUIiiws. Avant ilarvcy, on.ivii' l(uil nn plu- ([iielques idées obscures sur l,i circulation du sang, on savait vaguement, mi plutôt, on le supposait, que le sang des veines éprouvait quelques mouvements occasionnés par les batlenionts du conir, mais il y avait loin de là à ce que démontra si pertinemment Harvey. Son inv mortelle découverte rencontra, comme toute science nouvelle, des contradicteurs et des incrédules. Primerose, Hofimann et Riolan la combattirent avec acharnement, mais Har- vev vécut assez pour jouir plus tard de son triomphe ; il se vit regardé comme le pre- mier analomiste et le premier médecin de son siècle, et ses découvertes furent acceptées comme le dernier mot de la science. Ses œuvres, écrites en latin, ont été traduites eu anglais (Londres, 1845). HARVEY (William), graveur et dessinateur anglais, né vers 1800, mort en 1866. H grava sur bois le Dentatus dHaydon,et illustra la traduction des Mille et une Nuits de Lane, le PUgrim Progress, les Fables de Northcote et le Pirtmal Shakspeare de Knight. 'HARWICH ['har-idj], portdemer del'Essex (Angleterre), .sur une pointe de terre près du contluent de l'Orwell et du Stour, à 90 kil. N.-E. de Londres; 8,191 hab. Le port, l'un des meilleurs de cette côte, est bien fortifié. Station balnéaire à la mode, pendant l'été. * 'HASARD s. m. ['ha-zar] (anc. franc, az, as, point unique au jeu de dé ; esp. azur, as). Fortune, sort; cas fortuit, imprévu : s'en re- mettre au hasard. — Jeu le hasard, jeu où le hasard seul décide, tel que la roulette, le trente et quarante, etc. : interdire les jeux de hasard. — Fig. Corriger le has.\rd, tromper au jeu. — Jeux de dés. Les hasards, certains points fixes qui sont toujours favorables à ce- lui qui tient le dé. — Paume. La b.alle fait HASARD, se dit quand la balle ne fait pas l'effet qu'elle devait faire, soit par le défaut du car- reau, soit par quelque autre cause. — Meuble DE HASARD, LIVRE DE HASARD, etC, meuble, livre, ou quelque autre objet qu'on trouve à acheter à bon marché, et qui quelquefois a déjà servi. On dit mieux: meuble d'occasion. — Péril, risque: courir le hasard de... — S'em- ploie souvent au pluriel, dans ce dernier sens, surtout en poésie et dans le style soutenu : les hasards de la guerre. la vertu la plus ferme évite le? hasards. CORMiILLE. — Au HASARD loc.adv. Sans dessein, à l'aven- ture, sans réflexion , inconsidérément: ne connaissant pas la route, ils étaient obligés d'aller, de marcher au hasard. — A tout ha- sard loc. adv. A tout événement, quoi qu'il puisse arriver: vous ferez bien, atout hasard, de volts tenir prêts. — Jeter des propos au ha- sard, A tout HASARD, mettre des propos en avant, pour voir comment ils seront reçus. — Dire ouelqce chose au hasard, a toi:t hasard, sans être sûr de la vérité de ce qu'on dit, ou sans y attacher aucune importance. — Par hasard loc. adv. Fortuitement : cela est ar- rict: par hnsnyd. "HASARDÉ. ÉE part, passé de Hasarder. Se dit des propositions un peu risquées: pro- pos hasardé. — adj. Qui ne paraît pus bien fondé, qu'il serait diflicilo de justifier: indue- lions hasardées. — En parlant de la couleur des cheveux, de la barbe. Blond hasardé, blond qui tire sur le roux. — Se dit aussi d'une pièce de boucherie, ou d'une pièce de gibier qu'on a gardée longtemps pour la rendre plus tendre, ou pour lui donner plus de fumet, et qui commence à segâter, à sen- tir : gigot hasardé. ' ' HASARDER v. a. Risquer, exposer à la fortune, exposer au çérW: hasarder son ar- gent au, jeu. — Se dit aussi eu parlant des propositions, des opinions, etc., qu'on met eu avant, pour voir de quelle manière elles seront reçues : hasarder twc parole, une pro- position. — Hasarder une phrase, une façon DE PARLER, UNE EXPRESSION, sc servIr d'unc phrase, d'une façon de parler, d'unc expres- sion nouvelle ou dont l'usage n'est pas encore bien établi. — Prov. et (ig. H.asarder le pa- ni. 234 HAST HAST HATE QiKT, s'iiliandonner au hasard, s'enpapcr dans une affaiie douteuse. — v. n. S'exposer à... On Itanarde de perdre cit voulant trop ga^jncr. ].i KonTiinu. — Se hasarder v. pr. Se risquer, s'exposer, s'avelituicr. Oi) ic hnnarde k loul quiind un tcrniinl nat r.iit. (*.OUKI!ILt.lt, * ■ HASARDEUSEMENT adv. Avne risque, avec |"'nl, il iiiji! luaiiière hasardeuse : j7 « etrtrepris cela him haaai'deusement. ' " HASARDEUX, EUSE adj. Hardi, qui ha- sarde viiloiiliiTs ^a |M;r.-o[iii(;, sa fortune, elc: ce pilote est trop hastirdcux . — Périlleux, se dil des choses où il y a du péril, du danger: un coup hiisurdi'ux. * 'HASCHISCH s. m. Voy. Hachisch. * 'HASE s. f. [' ha-ze] (anc. haut. ail. haso, lièvre). Femelle d'un lièvre : une hase pleine. — »* Se dil aussi de la femelle du lapin de garenne. ' HASLAM (John), ['hass'lamm], médecin anglais, né en 171)3, mort en IS44. Il piil)lia plusieurs ouvraijes imporlanls sur la folie, Médical Jurisprudence as il relates to Insanity et Lectures on the intellcctual Composition of man. * HASLINGDEN ['hass-lipn-dènn], ville du Lancashin; (Anirleterre), à 20 kil. N.-N.-Q. de Manchester; 18,22y hab. Manufactures de coton, qui ont remplacé celles du lissage de la laine. Carrières et mines de charbon. HAbPAHUEN.ch.-l.Je canL.alT.et à 24 kil. S.-O. de Itayonne (liasses-Pyrénées); ri,:i'.l| hab. Cordonneries, tanneries. Eglise extrê- inemenL aucieniic. HASSE (Johann-Adolf) (appelé en Italie llSussoiic, le .Saxon), (H)mposileur allemaml, né en IGU!), morl en 1783. Il était élève de Porpora et deScarlatti. Son opCva. Sesostrate, représenté à iSaples en 17i(i, établit sa répu- tation; après avoir produit plusieurs autres ouvrages pour le lliéàlrc^ Italien, il di-viiil maiti'e de chapelle el compositeur de i'éli,M'- teur de Saxe. En nilS, il se rendit à Londres ])Our concourir a\ec Handol el y donna son Artasurse. Il vécut ensuite à Dresde (1740-'60), à Vienne el à Venise. Ses ouvrages sont très nonibi'eux. HASSELQUIST vFrederilO, naturaliste sué- dois, ne en 1 rii, inoil en 1752. Il était élève de Linné qui, en ■I7i)7, publia le résultat des éludes de Uasselquisl en Orient, dans un ou- vrage ayant pour litre lier Palœstinum (Stoc- kholm, "l7.ï7, t vol. in-S"), Irad. franc, par Eidous (171)2). HASSELT, ville fortinée de Belgique, capi- tale du Linibourg. sur la Demer, à 75 kil. E.-N.-K. de Bruxelles: 13,625 hab. Manufac- tures de tabac, de garance, de savon, d'huile, de toiles et de cuir. ■ " HAST s. m. [ast] (lat. hasta, lance). Ce mot n'est guère usité que dans la locution. Arme d'hast, qui se dil de toute arme emman- chée au bout d'un long bâton : la pique, la hallebarde sont des armes d'hast. ' HASTAIRE s. m. Antiq. Soldat qui por- tail une arme d'hast, un javelot. ' ' HASTE s. f. (lat. hasta, lance). Antiq. Lonfiue lance que portaient originairement les hastaires. — Numism. Se dit partie, du javelot sans fer, ou spectre long, qui esl l'al- Iribul des divinités hieufaisanles. * 'HASTE, ÉE adj. Bot. Qui s'élargit subite- ment a la base en deux lobes aigus et diver- gents ; feuilles h"Stées. HASTENBECK, village de Hanovre (Prusse), près de Hameln ; liOO hab. Le 20 juillet IToT, les Français, commandés par d'Eslrées, y rem- portèrent sur les Anglais une vicluire, après; Malle. En 1SI0,il fut nommé vicomte London, laquelle le duc de Cumberland, «énéral lirs ' troupes britanniques, signa une convention pour le licenciiMiionl de son armée el pour la capilulation de Hanovre el de Cassel. 'HASTING ou Hastings. viking Scandinave ou chef de pirates, né prol)ali|i'in(Mil près de Troyes en Champagne, morl vers 812. A la lêle d'une bande de Norlhmen, il ravaga les bords de la Loire jusqu'à Tours (vers 815), pilla Bordeaux, el mil loul à feu et à sang jusqu'à Toulouse el jusqu'à Tarhcs. Celle dernière ville le repoussa, cl l'aiiuivcrsaire de celle délivrance est encore célébré. Ilas- tiiif,' prit Lisbonni'. brilla Séville, el entra par stratagème dans Lima (maintenanl Luiii, sur le golfe de Spe/.ia), croyant que c'était Kome. Après d'aulres exploits, il s'embaïqua pour l'Ànglelerre afin de soutenir uni' inva>ion da- noise. Repoussé par Alfred le Grauil, il reparut sur la Loire et arracha ii Gliarb-s le Gros la possession du comté de Chartres. Il se rendit ensuite en Danemark, où il termina ses jours. ' HASTINGS ['hèss'-tignssl, ville du Sussex (Anglelei-re), a 7i) kil. S.-S.-E. de Londres; 52,:i40 hab. Conimerce peu considérable, iln gland nombre de visiteurs afllin^nl pendant la saison des bains de mer. La bataille de Has- tings, entre Guillaume de Normandie el Ha- Abbayc de la Dataille, à Haslings. rold, roi des Anglo-Saxons, fut livrée le '14 oct. 1060 à Senlac, qui se trouve à 8 kil. de Haslings. Elle dura depuis 9 heures du matin jus(iu'au coucher du soleil. Les Anglo-Saxons se maintinrent dans leur position jusqu'au moment où Harold tomba percé d'une tièclie. Deux ans apiès, le Conquérant fonda sur le champ de bataille, l'abbaye nommée Batlle Atitiey: le nom de Senlac fut changé en celui de Baille. HASTINGS, ville du Minnesota ( sur la rive droite du Mississippi, Etats-Unis), a l'einbou- E.-S.-E. de chure du Verniilion, à 28 kil Sainl-Paul; 3,7Uu hab. HASTINGS (Francis Rawdox - Hastings, marquis de), général anglais, né en Uni, morl en 1826. En 177.3, il fut envoyé en Amé- rique el on 1778, il fui nommé adjudant gé- néral des forces anglaises, avec le rang de lieutenant-colonel. Il commanda un corps de troupes anglaises à la bataille de Camden, (10 aoiil 1780) el il battit ensuite Greene à Hobkirk's hill. Revenu en .Angleterre, il fut créé baron Rawdon; en 1793, il succéda à son père comme comte deMoira. 11 servit ensuite sur le continent et, en 1800, il fut nommé maître général de l'ordonnance. Après l'as- sassinat de Perceval, en 1812, il essaya de former un cabinet. Il fut gouverneur général de l'Inde (1813-'23) et ensuite gouverneur de coinle di- Itandoii el manpiis de llaslii • HASTINGS Warren). gouverneur pénéral de rindi' an^'laisi:, né en '.732, morl en ISjS. Il (lailil pour le Bengale en I7.'i0, étiidi.i la langue el la lilléralure indiffènes el fui em- I)loyé dans diverses missions diplomatiques et commerciales. En 1704. il revint en Angle- terre avec une modeste fortune, que ses li- béralilés épuisèrent bien vile. En 1709. il le- lourna dans l'Inde el fut nommé nienilire du conseil dr Madias; en 1772, il devint (irésid eut du conseil supième du Bi;nu'ale el le ("jan- vier 1774, gouverneur général de celle pro- vince. Le vaste territoire sur lequel il com- mandait se composait de noiivellesconquéles; les Anglais étaient peu nombreux, el leur do- mination était constamnienl mise en danger |iar Hyder Ali, rajah di- Mysore, par les Mah- rattes et par d'autres puissances indigènes. Les talents administratifs el la vigilance in- tlexible de Warren Hastings fondèrent l'em- pire britannique dans l'Inde. C'était un homme cruel el sans scrupules; il réussit dans toutes ses entreprises. En février 178;i, il donna sa démission et retourna en Angle- terre. En 1780, un acte d'accusation fut pré- senté au parb.'inent par Edmund Burke qui accusait Hastings d'avoir opprimé el expulsé injustement le rajah de Benarès, d'avoir pcr- séculé les bcgums ou princesses du royaume d'Onde, el d'avoir fait des dépenses ruineuses. La chambre des lords seréuniL à Westniinsler le 13 février 178.S pour écouter l'acte d'accu- sation. Burke fut assis- té par Fox, Slieridan, Grey,etaussi, eiisi'ciet, par sir Philip Francis. En 1791, Haslings pré- senta sa défense; el le 23 avril 179,5 (Ii8<^ jour du procès), il fut ac- quitté, mais les frais duprocès(l, 900,000 fr). avaientenglouti safor- time. En 1790, la com- pagnie des Indes orien- tales lui accorda une rente de 100,000 fr. el lui prêta 1.2:i0.000 fr. pour 18 ans, sans inté- rêts. Il acheta alors la propriété de Hastings, qui avait appartenu à ses ancêtres, el rentra dans la vie privée. "HATE s. f. (anc. ail. hast, diligence). Pré- cipitation, diligence, promptitude : ta- liàle, la tjrande hâte avec laquelle il fait toutes choses. — Avoir hâte, avoir une grande hâte, avoir GRANDE HATE, AVOIR EXTRÊMEMENT HATE, être extrêmemenl pressé de faire quelque chose. On dit aussi, Faire hate, se hâter. — Avec hâte, en hâte, loc. adv. Promptemenl, avec diligence : dèpfcher un courrier en hâte; il a fait cela avec hâte. — A la hâte, loc. adv. Avec précipitation : écrire à la hâte. ' ' HÂTÉ, ÉE part, passé de Hâter. Avancé, accéléré. — La saison est un peu hatée, elle est plus avancée qu'elle ne devrait l'être. — Quelquef. Qui a hàle : il est extrêmement hdié. ' HÂTELET s. m. (rad. hastc, lance). Petite broche dont l'usage est surtout d'empêcher la pièce de tourner sur la broche principale. — Brochette : hdielet d'argent. ' HÂTELETTE. Petit morceau de viande qu'on l'ail rôtir avec un hâlelet : hdtelette de rognons. ' ' HATER V. a. (rad. hiitc). Presser, avancer, accélérer : hâter son départ. — Hatek le pas, presser sa marche. — Hâter les fruits, en avancer la maturité. — Faire, dépêcher. HAUH hdier la besogne. — Se hâter v. pr. Faire di- ligence : dites-leur qu'ils se hâtent. Bdtez-vous lentement et siins pcnJri» courage. BOTLBiU. Tenue de Chasse, Le cerf haïe son erre, se dil il'iin cerf qui fuit fort vile. ' HÀTEREAU s. m. Tranche do foie de porc, salci', puivr.'e et grillée. ' 'HÂTEUR s. ni. (rad. hiiste). Officier des cuisines royales, qui était chargé du soin du rùli : hdtcur de la bouijic du roi. • ' HÀTIER s. m. (rad. haste). Sorte de crand chenet de cuisine, qui a plusieurs crochets de fer placés les uns au-ilessus des autres, sur lesquels on appuie les broches pour les faire tourner. ' 'HÂTIF, IVEadj. Précoce, par opposition A tardif. Se dit proprement, en termes de jardinage, des fruits, des ileurs, etc., qui viennent avant le lemp-'ordinaire : fruithdtif, pois hâtifs. — S'applique, dans une acception ■plus étendue, à tout ce qui est susceptible d'accroissement : le développement du corps ne doit pas être trop hâtif. •'HÀTIVEAU s. m. (rad. /i(î(i/'). Sorte de poire lisse et d'un jaune brun, qui mûrit des premières : tluhdtiveau. Se dit aussi des pois hâtifs. • 'HÂTIVEMENT adv. Avant le temps ordi- naire. Ne se dit que des fruits hâtifs et des tleurs hâtives : il a l'art de faire venir des fleurs et des fruits plus hâtivement qu'aucun autre jardinier. "HÀTIVETÉ s. f. Croissance hâtive. No se dit que des Iniits, des (leurs et des plantes qui viennent avant le temps ordinaire: le plus ou le moins de hdliveté des fleurs et des fruits déjiend du plus ou du moins de soin qu'on apporte à les cultiver. (Peu usité.) haïras, villeetfortde l'Inde, à 120kil. S. -E. de Di'lUi; environ 'io.ûUO hab. HATTERAS (Cap), pointe la plus orientale de la Caroline du N. (Etats-L'nis), par 3.S" 14' lat, N. et '7'7° 50' long. 0. Aucun point de cette côte n'est plus dangereux pour la navi- gation. •HATTÉREAUX s. m. pi. Cuis. Riz de veau, palais de liu.uif, cej'velies, etc., qui, après avoir été blanchis et braisés, sont coupés en lames, puis en rondelles, embrochés ensuite sur des hàtelels avec des lames de trulies et des rondelles de lary-'ue à l'écarlate, et enliii plongés dans une friture bien chaude. On écrit aussi Atïéreaux. 'HATÏI-CHÉRIFs.m. (turc /in», écrit; e du; shérif, seigneur). Toute ordonnance écrite par le sultan ou contenant son paraphe avec ces mots : que mes ordres soient exécutés. On l'appelle aussi quelquefois hatti-humavu.n; c'est, chez les Turcs, l'expression la plus an- gusle et la plus vénérée de la volonté du souverain. — Hatlo. (V. S.) 'HATUEY. cacique de Ctiba, hrfllé par les Kspagnids en liill ; irrité des exactions coiiiinises par ces conquérants avide.s d'or, llatuey litjeter h la mer tout l'or qu'il possé- il.iit ou qui se li'ouvait dans son royaume. Il fut saisi et attaché sur un bi^cher; au mo- ment où les tiammes allaient le dévoier, il ii'|intidit fièrement à un prêtre catholiipie (jui lui jiroposait le ba|itème pour lui ouvrir le paradis : « Laissez-moi mourir tranquille, je ne veux point m'y trouver avec des Espagnols». • 'HAURANS s. m. pi. (anc. holl. hobant}. Mar. Gros cordages qui vont, en forme d'é- chelles, de la lûte des iiiàls au bord du na- vire ou des hunes, où ils sont fixés avec la roideiu' i;onvenable, et qui servent principa- lement à soutenir les mais contre l'effort du roulis : les grands haubans ou haubans du yrand mât. — CuAi,NE ui.s uai;da,\s, asseni- H.VUP HAUS 235 l'aide desquels on peiil Assujettir un mât bbige de cordaL'es à monter sur les mâts. 'HAUBANER y. a. Mai avec les haulians. •'HAUBERGEON s. m. nim. Petit haubert. — Prov.etlig-. Maille a maille se fait le hag- BERGEON, en travaillant peu à peu, mais cons- tamment aune chose, on parvient à l'achever. ' 'HAUBERT s. m. [hô-hèr] (ail. hais, cou ; bergcn, garantir). Cotte de mailles, que les chevaliers seuls avaient le di'oit de porter au temps de Joinville. Jurispr. féod. Fiées de HAUBERT, fiefs qui obligeaient ceux qui les possédaient d'aller servir le roi à la guerre, avec droit de porter le haubert. HÂUBOURDIN, ch.-l. de cant.. arr. et à 7 kil. S.-O. de Lille (Nord); 7,So« hab. Bras- series, scieries, briqueteries. Château du xv^ siècle et hospice pour les pèlerins, fondé par Jean du Luxembourg. 'HAUCH ['haouch] (Johannes-Carsten von), poète danois, né en .\(u-vège en I7'JI, mort en I.S7i. Il fut professeur de sciences natu- relles à l'université de Sorôe, et en 1846-'48 de littérature à Kiel. En 1831, il succéda à Ochlenscblaeer comme professeur d'esthé- tique et de belles-lettres à l'université de Copenhague. Il a écrit plusieurs tragédies, telles que. Bajazet, Tihcrius, Don.hian, etc.; un poème épique, Hamadryaden ; des poèmes lyriques et des contes parmi lesquels Wilhem Zabern et Robert Fulton, etc. HAUDRIETTES s. f. pi. Religieuses d'un ordre fondé par la femme d'Etienne Haudri, l'un des secrétaires de Louis IX. Etienne ayant suivi le roi de France onTerre Sainte, sa lemme le crut mort, et se consacra à la vie du cloître. A son retour, il obtint qu'elle fût relevée de ses vœux à la condition d'assurer le logement et la subsistance à douze reli- gieuses pauvres. De là, ces religieuses furent appelées haudriettes. Cet ordre, qui se pro- pagea assez rapidement, reçut du pape de nombreux privilèges et fonda, à Paris, la maison de l'Assomption, où se trouve encore la chapelle du même nom, luc du Faubourg- Saint-ilonoré. •HAUGHTON (William) ['hâ'-t'n], drama- turge anglais, mort proliahlement au comnien- cementdu xv!!*" siècle. Sa pièce Englishmen for my money ou Woman will hâve her Will, a été réimprimé dans The old English Brama {iwo\., 1K3U^, etT/te Pleasant comédie of Falieiit Gns- sill, écrite en collalioration avec Chettle et Decker, a été réimprimée par la société shakesparienne en IS41 ' HAUKSBEE ou Hawksbee (Francis) ['hâk- sbi] , philosophe naturaliste anglais, mort vers 1731. Il fut le premier qui remarqua et étudia l'attraction et la répulsion électrique et qui observa la production des étincelles électriipies parle froltemeiit. Il publia Physi- co-Mechunieal Kxpcrimenls on Varintis subjects (1709), ouvrage traduit en français par lire- mond et Dosmaresl. 'HAUPT (Moritz) ['haouptj, philologue allemand, né en IlSOH, mort en 1874. Son [1ère, Ernst-FritMlricli llaupt (1773-183 i), mit en vers latins les poèmes de Goethe et les hymnes de l'Eglise allemande. Moritz fut pro- fesseur h Leipzig de 1838 ii l8o(), e|ioque où il fut renvoyé comme libéral. En 18 13, il de- vint professeur de littérature classique à Ber- lin et en 1801, secrétaire de r.-Vcadéniie des sciences. Ses travaux compreiinont des édi- tions critiques et classiques. 'HAUPTMANN (Moritz) ['haoupt-mann ], com[lo^l^ellr allemand, né en 1792, nnu-t en 1S()8. Ses productions comprennent Salve lie- j !/ina pour (jnatre voix, une messe complète, les opéras de Mathitde et di' Klein Karin et le i traité fli'iî natur der llarmonik und Metrik. | 'HAUSER iKaspar) ['haoïi-seiir], jeune -Al- lemand d'une naissance mystérieuse, né vers 1812, mort en 1833. On le" trouva habillé en paysan dans les rues de. Nuremberg le 36 mai 1828. D'après une lettre en sa pdsses.sion, il paraîtrait que sa mère l'avait laissé, à peine âgé de six mois, à la charge d'un pauvre ma- nœuvre qui l'avait gardéenfermé secrètement jusqu'au moment fixé pour son renvoi. Dans cette lettre, était une note de la mère de Kaspar, racontant qu'elle était une pauvre lille quandelle mitsonfils au monde (30avril 1812) et qu'il avait pour père un officier de cavalerie, à Nuremberg. Tout ce que l'on put tirer du jeune homme fut qu'il venait de Ra- tisbonne et que son nométait Kaspar Hauser. Il savait écrire son nom et quelques autres mots. Il était d'une ignorance complète, d'une constitution délicate, quoique d'ailleurs bien fait. Arrêté comme vagabond, il fut conduit devant le maire de Nuremberg, qui apprit peu à peu de lui que, depuis son enfance, il avait été enfermé dans une cave obscure, on personne ne venait jamais le voir, excepté pendant la nuit, un homme qui le lavait, l'ha- liillait et lui donnait du pain et de l'eau. Il avait, pour seul amusement, deux chevaux de bois. Le professeur Daumer entreprit son éducation et le reçut dans sa maison le 18 iuillet 1828. Le 17 oct., la mèredii professeur le trouva renversé dans une cave, avec une blessureaulronl.il dit qu'un homme dont la figure était noircie l'avait attaqué avec un couteau, qu'il s'était sauvé et qu'il était tombé dans la cave. Kasparfut alors envové chez un magistrat; quelques mois après, on le trouva baigné dans sonsam.'. Il affirma que la blessure provenait de la décharge acciden- telle d'un pistolet. Il devint le protégé de lord Slanhope. qui le plaça chez un homme de loi à Ânspach, et qui était sur le point d'> l'emmener avec lui en Angleterre, quand llanser fut poignardé le 14 déc. 1833.11 put cependant regngner sa maison et raconter que le meurtrier était un étranger qui lui avait promis de lui faire d'importantes révé- lations, et auquel il avait donné rendez-vous dans le jardin du palais. L'hisloire de Hauser a fait le sujet de nombreuses publications. La plus récente de toutes est celle de Daumer : Kasjuir Hauser, sein Wesen, seine Vnscliutd, .•(ets. "HAUSSÉ, ÉE part, passé de Haussfr. — Blas. Se dil du chevron et de la fa.sce fpiand ils sont placés plus haut qu'à l'ordi- naire. " ' HAUSSE-COL s. m. Ornement imité d'une des pièiT^ tir l'aiicienne armure; petite pla- 236 HAUT HAUT HAUT que en forme de croissant el bombée, onii- iiairemcnt de cuivre doré, que les olficicrs d'iiifaiitcrin porlonl au-dessous du i;uu, lor>- qu'ils so/il ii(- service actuel: des /u/wsse-co/s. • ' HAUSSEMENT s. m. Action d'élever, de baussi'rii(iel(jiieclu)si^. Se dilparliculièrement du mouvement qu'on fait des épaules, pour niar(|uer de l'indignation ou du mépris; ila fait un haussanvnl d'éimuks. — Fig. Le haus- sKMENT DES MONNAIES, iaufimentcilion de leur valeur numéraire. Le ualsseuent du prix des DENRÉES, lour renchérissement. 'HAUSSE-PIED s. m. Sorte de lacet pour prendre les loups.- des hausse-pieds. ' 'HAUSSER V. a. ['hô-sé] (rad. haut). Ele- ver, exhausser, rendre plus haut : hausser une muraille. — Lever en haut: hausser le iras, lu jambe. — Hausser les épaules, témoii'iier en haussant les épaulesqu'une chose déplail, qu'elle choque, et plus souvent qu'elle n'ins- pire que du mépris. — Hausser le coude, boire beaucoup. — Fig. Hausser le cœur, HAUSSER LE COURAGE A QUELQU'UN, lui donner du cœur, lui élever le courage. — Se dit aussi en parlant de lavoix, duson des instruments: hatisser la parole, la voix. — Hausser le ton, prendre, dans ses discours, un ton de me- nace ou de supériorité, élever ses prétentions. — Fig. Augmenter : hausser la paye du soldat, les gages d'un domestique. — Hausser la mon- naie, LE PRIX des mo.nnaies, en au.i:menler la valeur numéraire. — v. n. Devenir ou élre plus haut: la rivière a haussé cette iniit. — Avoir une épaulequi hausse, avoir une épaule plus haute que l'aulre. — Hausser d'un cran, se dit de certaines choses qui augmentent d'une très petite quantité: sa fortune, son crédit n'a pas haussé d'un cran. — Se dit, fig., des choses dont la valeur, dont le prix aug- mente : le prix du blé a bien haussé. — Se hausser V. pr. Se lever en haut: se hausser sur la pointe des pieds. — C'est un homme qui ne se hausse ni ne se baisse, il ne s'émeut de rien, il est toujours égal. — Le temps se hausse, il ciMninence à s'éclaircir. HAUSSET M"" du), née vers 1720, morte vers 1780, élait femme de chambre de M"' de Pompadour. Elle a laissé sur la cour de Louis XV des Mémoires intimes et discrets qui ont été publiés en ISio. ' 'HAUSSIERS, m. Bourse. Celui qui joue à la hausse. (Voy. Baissier.) • HAUSSIÉRE el Aussière s. f. Cordage qui est composé de trois ou quatre torons, et dont la grosseur varie de trois à six pouces: l'haussiére s'emploie spécialement pour le louage des 7tavires. — Haussmaim. (V. S.) HAUSSMANNISER v. a. Jargon. Exproprier, démolir el reconstruire sur une imim-nse échelle, comme le faisait l'ancien préfet de la Seine, Haussmann. — Maussonville. (V. S.) • ' HAUT, HAUTE adj. ['hô] (lat. altus). Elevé. Opposé à bas el à petit. Se dit d'un objet considéré par rapport à tous lus auties objets du même genre, ou seulement par compa- raison à un ou à plusieurs autres : une haute montagne, une haute tour. — Se dit également de certaines choses qui sont situées au-dessus d'autres : le plus haut étage d'une maison. On dit dans le même sens : des oiseaux de haut vol. — Arbres a haute tige, ou simplement, Hautestiges, se ditde certains arbres fruitiers, dont on laisse la tige s'élever. — Haute I'UTaie, se dit des bois de grands chênes, de grands hêtres, etc., qui ne sont pas réglés en coupe ordinaire, comme les bois taillis. — Haut dais, endroit élevé où le roi et la reine étaient assis dans les assemblées publiques, soit qu'il y eût un dais, soit qu'il n'y en eût point. — Ecr. Sainte. Hauts lieux, se dit des collines, des montagnes où l'on sacrifiait à Baal. — Hautes latitudes, latitudes qui,s'éloi- gnant de l'équateur, s'avancent yen le pôle. — Mar. Ce iiatimb.vt est haut ue uohd, son bord supérieur est fort élevé au-dessus de l'eau. — Vaisse\o de haut uord, se disait au- trefois de tout bâtiment qui navi^;uaitau long cours. Ne se dit plus aujouid'hui que d'un bdtinienl de guerre à plusieurs ponts. — Le temps est haut, les nuages sont élevés, il n'y a pas à craindre de pluie. — Fig. Phendue un VOL TROP HAUT, s'élcvcp plus qu'oii ne doit, prendre des manières au-dessus de son état, de sa condition, faire plus de dépenses qu'on ne doit ou qu'an ne peut. — Le carême est HAUT, se dit lorsque le carême ne commence qu'au mois de mars. — Fig. el fani. Mettre LE CARÊME BIEN HAUT, Bxigor des choscs trop difficiles, promettre une i;hosequi n'arrivera pas de longtemps. Haut est alors pris adver- bialement. — Part. Se dit de certains pays qui sont plus éloignés de la mer, ou plus proches de la source de quelque grande ri- vière : le haut pays, la haute Egypte. — Le HAUT ALLEMAND, dialeclc allemand parlé origi- nairement dans le sud de l'Allemagne et qui est devenu la langue littéraire de ce pays. — C'est du hautallkmand pour lui, il n'y com- prend, il n'y entend rien. — Les hautes Pyré- nées, celles qui forment le milieu de la chaîne qui sont à peu près à égale distance de l'O- céan et de ia.Medilerranée. Lks hautes Alpes, celles qui sont loin de la Méditerranée. Quand ces dénominations indiquent les départements où sont siluées les hautes Pyrénées, les hautes Alpes, on écrit, Les Hautes-Pyrénées, les Hautes-Alpes. — Le haut Rhin, la haute Loire, la hautk Garonne, la haute Marne, etc.. la partie de ces tleuves, de ces rivières qui est plus voisine delà source que de l'embouchure. Quand il s'agil des départements qui en preiiiienl le nom, il faut écrire, le Haut- Hhin, la Haute-Marne, etc. Préfet du Haut- Rhin. — La haute Seine, toute la partie de la Seine qui est au-dessus de Paris, en allant vers la source de ce fleuve; par opposition à la partie qui est au-dessous de Paris, et qu'on noniiue la basse Seine. — Se dit aussi de ce qui est éloigné dans le temps. Une haute an- tiquité, une antiquité fort reculée. — Levé, relevé : le connétable portait l'épée haute et nue devant le roi. — Fig. Il peut aller partout la tète haute, il peulaller partout sans craindre, sans appréhender aucun reproche, aucun af- front. — Haut la main, qui est prompt à lever la main, qui frappe pour se faire obéir. — Fig. Etre haut la main, être hautain, arro- ganl. — Blas. Epéb haute, épée droite. — Manège. Tenir la bride haute a un cheval, lui tenir la bride courte. — Fig. et fam. Tenir LA BiuDK haute A UN JEUNE HOMME, lui laisser peu de liberté, le tenir de court. On dit de même Tenir la main haute a quelqu'un, le traiter avec sévérité, sans lui rien passer. Tenir la MAIN haute dans UNE AFFAIRE, se leudre diffi- cile sur les conditions. — Quelque!'. Profond; ieau est fort haute en tel endroit. — La marée, LA MER est haute, sc dit de la marée, au mo- ment où elle arrive à son plus haut point. — Haute marée, se dit des marées les plus fortes de l'année. — Les eaux sont hautes, la rivière est haute, se dit d'une rivière qui est plus grosse qu'à son ordinaire. Dans la même ac- ception, ou dit : Les hautes marées. — La mer EST haute, la mer est agitée. — La haute mer, la pleine mer. — Mus. Se dit des sons élevés, aigus : so)is hauts , ton haut. — Se dit, dans un sens analogue, en parlant des instruments: votre violon est bien haut. — Se dit aussi de la voix, lorsqu'elle est sonore, éclatante, et qu'elle se fait entendre de loin : avoir la voix haute, le verbe haut. — Prendre le haut ton ; le prendre d'un ton haut, sur un ton haut, SUR LE HAUT TON, etc, prendre un ton fier, menaçant, arrogant. — Jeter, pousser les hauts cris, se récrier, se plaindre hauLemenl. — .Nous n'avons jamais eu ensemble une parole plus haute que l'autre, nous avons toujours vécu en parfaite intelligence, nous n'avons jamais eu de querelle eiisenible. — Me^se haute, messe chantée. — Se dit des couleur* dans celte expression : Etre haut en couleur, avoir le teint très coloré. — Fig. Grand, su- périeur, excellent, émincnl, distingué dans son genre. Se dit des personncset des choses : la haute administralioii. — iL\UTE justice, juri- diction d'un seigneur donl le juge pouvait connaître de toutes causes, tant civiles que criminelles, excepté des cas royaux. Le seigneur auquel appartenait celte juridiction avait le titre de seigneur haut justicier. — L'exécuteur de la haute justice ou Le maître DES hautes œuvres, le bourreau. — Hautf COUR DE justice, tribunal établi pour juger le; complots contre l'Etat. — Haut et puissant SEIGNEUR, haute ET PUISSANTE DAME, litteS donnés, dans les actes et dans les monuments publics, aux grands seigneurs, aux personnes d'une qualité relevée. — Très haut et très PUISSANT prince, TRÈS HAUTE ET TRÈS PUISSANTE PRINCESSE, titres donnés, dans les aclcs et dans les monuments publics, aux princes et aux princesses. — Subslantiv. Le très-haut, Dieu. — Diplom. Les hautes puissances contr\c- tantes, se dit des princes ."-ouverains entre lesquels .se conclul un traité. — Absol. Hautes PUISSANCES, litre que prenaient les étals gé- néraux des Provinces-Unies. — Les hautes CLASSES DELA SOCIÉTÉ, les classes qui tiennent le premier rang par leur naissance, leurs fonctions, leurs richesses. « — Jargon. Etre DELA HAUTE, être dc la parlie riche d'une classe .-ociale. — * La chambre haute, se dit de la chambre des lords, des pairs, dans le parle- ment d'Angleterre. — Haut lieu, rang élevé : il aimait en haut lieu. — Part. La cour, chez le souverain : on parla de lui en haut lieu. — Les hautes sciences, la théologie, la philo- sophie et les mathématiques. Les hautes CLASSES d'un collège, la philosophie, la rhéto- rique, et les mathématiques élémentaires el spéciales. — Le haut enseignement, enseigne- ment des facultés, au collège de France. — Le haut style, se dit d'un style oratoire, élevé, soutenu : ouvrage écrit dans le haut style. — Se prend quelquefois, ironiquement, pour un style ampoulé el guindé : c'est là du haut style. — Haut comique, comique du genre élevé. Se dit aussi d'une chose 1res ridicule : ses pjnitentions sont du plus haut comique. — Le haut mal, l'épilepsic ou le mal caduc. — Haut appareil, grande mai:iiilicenee. — Chir. Haut appareil, se dit des manières de faire l'opération de la taille. — Haute pres- sion, pression considérable -.machine à vapeur à haute pression. — En parlant des caries à jouer. Hautes cartes, celles qui ont le plus de valeur. — Haut prix, valeur considérable, extraordinaire. Se dil au propre etau figuré : les denrées sont à très haut prix. — Haute paye. (Voy. Paye.) — Comm. Les cafés, les blés, les vins, etc., sont hauts, sont à haut prix. On dit, dans un sens analogue : te change est hatit, les fonds sont hauts, etc. — L'argent est haut, on ne le prêle qu'à un gros inUrêl. — Fam. C'est un cadet de haut appétit, c'est un jeune homme à qui tout semble bon, ou qui aime à faire beaucoup de dépense. — Ce mets est DE haut GOUT, il est d'un goût relevé, il est poivré, salé, épicé. — Emporter quelque chose DE HAUTE LUTTE, venir à bout de quelque chose, par autorité, par force. — Se dil en mauvaise part de ce qui est excessif dans son genre : haute insolence. — Haute trahison, se dit des crimes qui intéressent au premier chef la sûreté de l'Etat : il fut accusé de haute trahi- son, de crime de haute trahison. — Partie, Fier, orgueilleux, impérieux : c'est un homme haut. — Haut s. m. Elévation, hauteur : cette maison a tant de toises de haut. — Tomber de SON HAUT, se dil d'une personne qui tombe de toute sa hauteur. Se dit aussi, fig. elfam., d'une perso une qui eslexlrêmement surprise de quel- que chose : il est tombé de son haut, quand je lui ai dit cela. — Il v a du haut et du bas. HAUT DBS UAUTS ET DES U\S DANS LA VIE, la vic esl mêlée de biens et de maux. — Fi^. : avoir du haut el du bas, des hauts et des bas dans l'humeur, dans sa vie, dans sa fortune, etc. — s. Le faîte, le sommet, la partie supérieure : le hatitd'une tour, d'une montagne, d'un ctochcr. — Impr. Haut dk casse. (Voy. Casse.) — .Mus. La voix de ce chanteur est belle dans le HAUT, elle est propre à bien rendre les sons aigus, les notes élevées. — Sur le haut du JOUR, vers le raidi. (Vieu.v.) — Le haut du PAVÉ, la partie du pavé des rues qui borde les maisons : prendre le haut du pavé. — Fig. Voir les choses de haut, les embrasser dans leur généralité, dans leurs conséquences. — Crieh du haut de sa tète, crier de toute sa force. — Gagner le haut, s'enfuir. — Le prendre DE haut avec quelqu'un, le traiter avec hauteur. — Traiter quelqu'un du haut en bas, DE haut en bas, le traiter avec dédain, avec hauteur. — Hegarder quelqu'un du haut en BAS, le regarder avec un air de mépris. — Haut. adv. Dans la partie haute, à la partie supérieure : monter haut, bien haut, plus haut. — Plus haut, signifie quelquefois, ci- dessus, dans ce qui précède : nous avons vu plus haut que... — Cheval monté haut ou haut monté , cheval dont les jambes sont trop hautes, et ne sont point proportionnées. — Fum. Etre pendu haut et court, être exécuté à la polcnce. — Prov. Haut le pied, allons, parlons; allez, partez. On dit dans un sens! analogue. Faire haut le pied, disparaître tout dun coup, s'enfuir. Le cheval lui desserre Un coup, et haut le pied. La Fomai>b. — Renvoyer des chevaux haut le pied, les renvoyer sans être attelés ni montés. — Ma- nège, .Mener un cheval haut la main, tenir lu main des rênes haute, pour soutenir le cheval, pour l'empêcher de butter, de tomber, ou pour lui donner la facilité de lever le devant, de faire des courbelles. — Haut la main, avec autorité, ou on surmontant tous les obstacles, avec promptitude : fen viendrai à bout haut lu main. — Fig. Porter haut la tèfi;. èlie fier. — Cet ho.mme le porte haut, il se prétend ae grande qualité, ou il se prévaut de l'avan- tage que son rang, sa dignité, ses richesses, sa capacité, lui donnent. — Adv. S'emploie dans certaines phrases figui'ées, telles que les sniv.intes : son ijénie ne s'était pas encore élevé si haut; la fortune semblait ne l'avoir placé si haut, que pour rendre sa chute plus éclatante. — Monter haut, s'élever à un prix considé- rable : faire monter bien haut des meubles, des livres, en les enchérissant. Se dit aussi d'une dépense considérable : la dépense monte haut. — Reprendre une chose de plus haut, u.nk HISTOIRE de plus HAUT, la raconter en la com- mençant d'un temps plus éloigné, pour mieux éclaircirle lait, pour rendre la narration plus claire. — Reprendre les choses de plus iiai;t, remonter à des principes généraux, àdesvé- lités antérieures. A haute voix, fort, d'un ion intelligible : vousne parlez pas assez haut. — Fig. Parler haut, le prendre haut, très HAUT, parler, répondre .«ans ménagement, arrogaminent. — Fig. Penser tout haut, faire connaître avec friinchisc, sans détour, sans réserve, ce cpi'on a dans lesprit. — • Fig. Haut lyr CLAIR, franchement, nettement, sans cher- cher d'adouciss(!inent, de détours. -• Mus. Dans un ton haut : vous l'avez pris trop haut en romineneant . — En haut, la-uaut, Ioc. advcrb. Dans le lieu qui est plus haut, qui est au-dessus. La locution La-uaut rend ordinai- rement la désignation plus précise : aller, monter en haut. — Par en haut, par le haut : passer par en haut. — Tirer en haut, pousser EN HAUT, vers le haut. — La-iiaut, dans le ciel : là-haut réside un juge incorrupliblc. On dit aussi, D'i.N haut, du ciel : c'est un ordre d'en haut. — En haut Ioc |irép. : il est tout en haut de lu aiaiso)i. — Par haut Ioc. aJv. HAUT Manège : Ce cheval va par haut, il fait un inanégc élevé. — Aller par haut et par bas, vomir et aller à la selle. •'HAUT-À-BAS s. m. Porte-balle, petit mercier qui |iorte sur son dos une balle où sont ses marchandises. (Vieux.) ■' HAUT-À-HAUT s. m. Cri de chasse que l'on fait pour appeler son camarade, el lui faire revoir la voie de son cerf pendant un défaut, ou pour l'appeler le matin au bois. " 'HAUTAIN, AINE udj. Fier, orgueilleux : c'est un hoinntc hautain. — Superlatif de haut et d'altier, ne s'emploie que lorsqu'on parle de l'homme ou des choses qui sont d'essence humaine, et ne se prend guère qu'en mauvaise part ; réponse hautaine; air hautain. Et Jan> CCS pt-ands tombeaux où leurs âmes hautaines Font encore les vaines. Us sont mangés des \eis, .Maliierbe. — En bonne part, on emploie haut et l'on dit : une âme haute; un esprit haut et droit. — Lorsqu'il s'agit d'animaux, de plantes, ou de choses n'ayant aucun rapport avec l'homme, on fait usage du mot allier, et l'on dit : forêt altière et non forêt hautaine. Un cone-icr plein de feu levant sa tête altière. "HAUTAINEMENT adv. D'une manière hau- taine. (Peu u^ilé.) ■ 'HAUTBOIS s. m. ['hô-bouâ] (de haut et de bois). Instrument à vent et à anche, dont le ton est fort clair : jouer du hautbois. — Celui qui joue du hautbois : c'est un excellent hautbois. — " On dit mieux hautboïste. — * Prov. el en jouant sur le mot, Jouer du hautbois, abattre une futaie qu'il ne faudrait pas encore couper. — Encycl. Le hautbois est ordinairement fabriqué en cèdre, en ébène et le plus souvent en buis. Son nom lui vient de ce que, dans l'ancien système d'or- chestration, sa partie élait habituellement plus haute que celle des violons. Le hautbois a des sons doux, veloutés, mélancoliques et champêtres, plus variés et plus accentués que ceux de la lltMe ; malgré sa petitesse, il abcau- coup de puissance et on l'emploie également bien pour les eti'ets d'orchestre et pour les solos. Rossiiii dans l'ouverture de Guillaume Telt et Meyeibeer dans le Pardon de Plocrmel, ont su tirer du hautbois les plus merveilleux effets. Connu en France dès la fin du xv* siècle, il resta longleni|>s un instrument grossier, aux sons durs et rauques; ce ne lut guère que vers le milieu du xviii" siècle qu'il reçut son perfectionnement. L'école du haut- bois a eu de brillants représentants tant en France qu'en Espagne el en Italie. On cite parmi les hautboïstes français Filidori, si applaudi à la cour de Louis XIII; Gantier, Michel et Sallanlin an sièi;lc dernier; de nos jours, Vogt, Brod, Gilles, Triébert, etc., ont brillamment représenté l'école française. 'HAUTBOÏSTE s. Celui, celle qui joue du HAUTBOIS. {\oy. Hautbois.) • 'HAUT -DE -CHAUSSE ou Haut-de-chausses s. m. La partie du vrleincnt de riiiiinnic, cjui Iccouvredepuis la ceinture jusqu'aux genoux : mettre son haut-de-chausse. .\u plur. Hauts- LiE-cuAUssE, ou Hauts-ue-chausses. (Vieux.) On dit maintenant, Hulotte. — Prov. et lig. Cette femme porte le iiauï-de-cuausse, elle est plus maîtresse, elle a plus do pouvoir dans la mai^on que son mari. *' HAUTE CONTRE s. f. Mus. Celle des quatre parties ilo la musique qui est entre le dessus et la taille ou ténor : chanter la haute- contre. — Celui qui a une voix de haute- contre : de belles hautes-contre. ' HAUTEFEUILLE (L'Aoni: René-Just), méca- nicien, ur fil liii", mort en ITii; il était fils d'un boitlaiiger d'Orléans et fut inventeur du ressoit spiral qiti sert à modérer les mou- HAUT 237 vcmcnts des balanciers de montre. Il a laissé de nombreux écrits dont les principaux sont : Explication de l'effet des trompettes parlantes (Paris, 1673, in-4°), Pctidute perpétuelle (\G'^. in-i"'), Nouveau moyen detrouver la déclinaison de l'aiguille aimantée (1083), Problèmes d'hor- logerie (1719), etc., etc. ' HAUTEFORT, ch. 1. de cant., arr. et à 41 Uil. .N.-E. de Périgueux (Dordogne); 1,813 hab. Hospice fondé au xviie siècle. Château, classé parmi les monuments historiques, bâti au XI' siècle el reconstruit presque entièrement au xvi°. HAUTEFORT (Marie de), née en I6IG, murlo fil 101)1. Dame iriionncur de la reine Anne d'.Aulriche, elle sut captiver le cœur de Louis .\1II, qui, du reste, n'eut pour elle qu'un amour i)laionique. Richelieu l'éloigna de la cour; en 1646, elle épousa le maréchal de Schoniberg, 'HAUTE LISSE s. f. Techn. Trame do ta- pisserie dont les lisses sont verticales : des hautes-lisses. • 'HAUTEMENT adv. N'est guère d'usape au propre; au figuré signifie, hardiment, li- b'.'ement, résolument : il ne le dissimula point, il le dit hautement. — Avec hauteur, avec vigueur, à force ouverte : il le protège hautement. 'HAUTERIVE, village du canl. d'Escurolles, arr. et à 22 lui. de Gannat (Allier); 446 hab. Eaux bicarbonatées sodiqiies froides; deux sources utilisées uniquement pour l'exporta- tion, llautei ive fait partie du bassin de Vichy. 'HAUTES-BRUYÈRES (Redoute des). Re- doute des environs de Paris, à i kil. S.-S.-O. du fort de Bicêlre, célèbre depuis le dernier siège. Abandonnée par les Français lors de l'alfaire de Chàtillon (19 sept.), cette redoute, position de g-arde avancée et fort importante, fut occupée par les Allemands et déhnitive- ment reprise par nos troupes avant que l'en- nemi ait pu y accumuler tous ses moyens de défense. La redoute des Hautes-Bruyères eut encore à essuyer plusieurs fois le feu des Prussiens (2'2, 23, 24janv. 1871), mais sa gar- nison tint bon et ses ouvrages de détense de- meurèrent intacts. • 'HAUTESSE s. f. Titre qu'un donne au sultan ; vn flrman de sa hautesse. ' 'HAUTE-TAILLE s. f. Mus. Voix moyenne entre la (aille et la haute-contre. (Vieux.) • 'HAUTEUR s. f. (lat. altitudo). Dimension d'un corps en tant qu'il est haut : la hauteur d'une montagne, d'un clocher. — Tomber de sa hauteur, se dit d'une personne qui, étant de- bout, vient à tomber de son long. — Eléva- tion d'un corps placé, suspendu au-dessus de la terre ou de quelque autre surface horizon- tale : cet oiseau vole à wie très grande hauteur. — Géom. La distance la plus courte d'un point a une ligne ou à un plan. La uautei r d'un triangle, d'une pyramide, la longueur de la perpendiculaire abaissée du sommet sur la base. — V». Typogr. Hauteur du caractère, hauteur prise du pied de la lettrejusqu'à la surface de l'œil. « A Paris, celte hauteur est généralement de 10 lignes 1/2; à Lyon de H lignes; à Strasbourg, de 11 lignes 1/4. On donne un peu moins de hauteur au caractère tel que le trois, eu égard à la faiblesse de sa tige. Les caractèies destinés à l'impression en rouge se fondent sur douze lignes cl plus de hauteur. La hauteur des espaces, cadrais, cadralins, etc., est ordinairement de S lignes. Dans les caractères destinés à être clichés, ces blancs ont la même hauteur que la lettre, moins la partie qui esten relief ». (Th. I.efèvre.) — Aslr. Angle compris entre le plan de l'ho- rizon et le rayon visuel mené au point du ciel que l'on veut désigner: ta hauteur d'un astre. — Prendre la hauteur du soleil, ou simplement Prendre hauteur, observer avec 2.38 fiAU\ un instrument la hauteur anffiilaiin Ju soloil sur l'horizon. — Ktre a i.a iiautelh ij'ink Ii.k d'une vii.LK, etc., i^lre dans le ml^mo. parallèli,', dans le niônie degré de latlltiule, S'e[n[iloie surtout en Ifti'uies de Mar. Nous ttions à lu hauteur de Mnlte, de Lishnnuc. — PioTondeur : ils jetèrent lu sonde pour prendre lu hnuleiir de la mer en eet endroit-là. — La iiAUTi;i;n I)"i:n BATAILLON, d'un ESCADRON, clc, la (luantltô dcs ran;;s dont il est coni[)Osé. — Colline, émi- nence : les ennemis tju^jnércntune hauteur. — Se dit lig. au sens ninral, en parlant de ce qui est supérieur, éniinent, d'un ordre élevé: son génie ne parvint à cette kaulenr qu'après de longs efforts. — Etre a la iial'tkl'u de cl'el- Ou'uN, ètré'en état de le comprendre. — Etre A la hauteur du siècle, n'être pas étranf.'er aux connaissances, aux idées, aux opinions du temps où l'on vit, en suivre le progrès. On dit de niCme, Etre a l\ hauteur des con- naissances, DES IDÉES actuelles, ctc; et cela peut s'appliquer c^'aleinent aux ouvrages d'esprit : ce livre }i'est point à la hauteur des connaissances actuelles. — iMg. Fermeté, fierlé : l'ambassadeur soutint les intérêts de son maître avec beaucoup de hauteur. — Se dit pres()ue toujours en mauvaise part, et signifie arro- gance, orgueil : il a. parlé avec hauteur. — s. pi. Actions, paroles qui marquent de l'ar- rogance : je ne puis supporter ses haidcurs. — «\ Jargon. Etreala HAUTEUR, être intelligent, être roué. HAUTEVILLE, ch.-l. 33kil. .N.-O. de Bellev de caiit., air. et à (.Vin) ; 729 hab. * ' HAUT FOND ■^. m. Mar. Voy. Bas-fond. * ' HAUT-LE-CORPS s. m. Mané?e. Saut, ])ond que fait un cheval : ce chevtd fait des laïut-le-eorps. — Se dit aussi, fig. et fani., des premiers inouvemenls d'un homme auquel on fait des propositions qui le révoltent, on d'un liomme qui éprouve une grande sur- prise : cette proposition lui fit faire un haut- le-corps. — Fam. Quelquefois. Convulsion très forte de l'estomac. * ' HAUT-LE-PIED s. m. Homme qui ne tient il rien, qui n'a puint d'établisseineiiL lixe, et qui peut dis|'iiiMitie d'un moiin-nt a l'autre : ji(! lui prctei point d'argent, c'est un haut-le- picil. (Tain.) ' HAUTPOUL-SALLETTE (Jean-Joseph-Ange d'I, général français, né en I Toi, mort en ISU / : embrassa de bonne heure le métier des armes, prit part aux luttes mémorables de la République; général de cavalerie en 18U3, il s'illustra àAusterlitz, fut nommé sénateur et pérità Eylau. Napoléon, qui avait apprécié sa valeur, lui fil ériger une statue. — (Anne- Mariede Montgeroult, comtesse de), feninie auleur (17(J0-1.SJ7), épousa d'abord le comte de Beaufort, fusillé à Quiberon, puis le comte Charles de Haulpoul. Outre de nombreux ar- ticles dans les journaux l'Athénée des Dames et le Journal de la .leiinesse qu'elle avait fondés, elle a laissé des poésies légères et un Cours de littérature esl\mé. HAUT-RELIEF s. m. Voy. Relief. — Au plur. des Hauts-reliefs. ' ' HAUTURIER, 1ÈRE adj. Ancien terme de Marine, qui s employait dans ces deux locu- tions : Pilote iiauturier, par opposition à Pi- lote cÙTiER, pilote qui sait se conduire en pleine mer, par l'observation des astres. i\a- viGATiON HAUTUHiÈRE, par Opposition i» Cabo- tage, navigation de long cours. ' HAÛY 1. ^l'abbé René-Just) [barui], mi- néralogiste et physicien français, né à Saiiit- Jusl (dise) en '174:^, mort en Is22. I>su de pa- rents pauvres, il fut élevé par le prieur d'une abbaye de prémonlrés qui lui lit obtenir une bourse au collège de Navarre. Intelligent et Ijlborieux, il y devint plus tard régent de cin- quième, et en 1764, il occupa la chaire de seconde au collège du Cardinal-Lemome. La, HAUY il se lia avec Lhomond, qui lui inspira le goût de la botnnic|Ue. Le cours de D.iiibenlon qu'il suivi! au Jardin des Pl.inli's le tourna vers la minéralogie. Sa perspiiacitè lui lit bientôt découvrir une! grande lacune dans l'enclial- nement des méthodes ù l'aide desquelles les n-jtiiralisles pi'étondaient expliipier la forma- tion des minéraux : la rlmte accidentelle d'un spath calcaire lui révéla la loi géomélricpie de la nislallisation. A l'appui de ses observa- tions, il présenta, en 1784, un mémoire ;'i l'A- cadémie ries sciences qui se liàta, comme ré- compense, de lui ouvrir ses portes. Pendant la Hévoliition, sa qualité de prêtre le lit ar- rêter (17fl:'), mais sur les iiislances de ses collègues do l'Acidémie, il fut bientôt relâ- ché; nommé en 179:) nienibre du comité pour les poids et mesures, cl r.innée suiv.uite, di- recteur du cabinet des mines, il devint pro- fesseur à l'Ecole normale et membre de l'ins- tilut dès sa créatirm. Lors du réiablissement du culte catholique. Napoléon qui avait pour lui 1,1 plus haute estime, le nomma chanoine de Notre-Dame. Sa réputation était alors eu- ropéenne, et autour de sa chaire au muséum d'histoire naturelle, on vit accourir 1rs miné- ralogistes les plus distini;ués du monde sa- vant, des princes étrangers eux-mêmes avides de suivre ces cours que le professeur llaiiy laisail avec ur.e clarté remarquable et une suprême élégance. 11 mourut, en ■ISii, des HAVA Ihode était trouvée. En 1784, la Société phi- lanthropique lui confia douze jeunesaveuples- l'année suivante, le nombre était doubh'» ei en nSG, le roi le nommailson socrélaire in- lerprèle. Pendant la Bévolulion, il entra dans la secte des Ihéophilaiitliropes. Privé de la di- rection de sa maison peii.lant le Consulat (voy. Aveugle), il alla fondov de; élablisso- ments analogues à Sainl-Péte>sbourg et à li<-rlin et ne revint qu'en 1817. On a de lui : Essai sur l'éducation des avetigles (Paris, 1786, in-4'';, yourrau s;/llaljairc {ifibo, in-12). 'HAVANAIS. AISE s. et adj. De la Havane- qui ap[.artient à ce pays ou à ses habitants! — s. m Chien d'une race particulière. 'HAVANE s. m. Chien de r.ace havanaise. — Ciiïare de la Havane : fumer tin havane. — Adj. Se dit d'une couleur semblable à celle du tabac de la Havane : une robe havane. ' HAVANE (esp. la Hahana ou San Cristobal de la Hahana), capitale de l'île de Cuba et d'un distrcl du même nom, sur l,i cote N.-O. de l'île; 24lJ,00() liab., dont 1)0,000 blancs, 40,000 nègres libres, 23,000 métis, etc. La ville est b;Uie sur une péninsule entre la haie de la Havane et le golfe du Mexique, et elle se divise en vieille ville /'entre la baie et l'em- placementdes anciens murs), et la ville neuve, au delà des murs. Dans la vieille ville, les rues, quoique généralement régulières et bien La Havane. suites d'une chute malheureuse. On a de lui : Essai d'une théorie sur la structure des cristaux (1784, I vol. in-S°), Exposition raisonnée de la théorie de. l'élcelricite et du mngnéti.Hrne- (1787, 1 vol. in-8"). Traité de miner aUnjie (1801, 4 vol. in-8»). Traité de physique (2 voi., 1S02). Traité comparatif des résultats de la eristaUnij rapide et de l'anidyse ehimique relativement éi la clas- sification des mivcrau.c (l8o;i, I vol. in-8"). Traité d'i caractère physique des pierres pré- cieuses (1817, 1 vol in-S»), Traité de crislullo- graphie (1822, 2 vol. in-8»)., etc., etc. — IL (Valentinl, frère du précédent, né en 174;;, mort en 182'2,se sentit particulièrement porté vers l'élude des langues; c'était le temps où l'abbé de L'Epée éveillait la curiosité publique par ses tentatives pour développer l'intelli- gence des sourds-muets; on croit que c'est en assistantàcesleçoiisque vinlà Haïiy l'idéepre- ini ère de taire participer au birufaitdel instruc- tion une autre classe d'inibriunés, les jeunes aveugles. La base de sa méthode, aus^si simple qu'ingénieuse, consistait a reiiiplacertoujours par un signe en relief, otlert au doigt de l'a- veugle, le signe simplement tracé pour l'œil du clairvoyant. Pour en faire l'essai pratique, il alla chercher un jeune aveugle qui mendiait à la porte des églises. Au bout de six mois, cet enfant pouvait lire et calculer. La mé- pavées, sont extrêmement étroites avec des trottoirs à peine assez larges pour le passage d'un piéton. Les rues macadamisées de la ville neuve sont larges et garnies d'un rang de palmiers. Les maisons sont en pierre, et souvent peintes, extérieurement et intérieu- rement, de couleurs brillantes. Plusieurs des résidences de la ville neuve sont construites dans un style plus moderne. Parmi les édi- fices publics remarquables, se trouve la cathé- drale, où reposent les cendres de Colomb. Parmi les Mi autres églises, nous citerons Santa-Catalina et San-Juan-de-Dios, ornées de splendides décorations. Il y a un grand nombre de couvents des deux sexes. Les autres édifices publics sont : le palais du gouverne- ment, l'amirauté, la bourse, l'univrrsité, la prison (vaste constiuclion quailrani;nlaire) et lamaison de bienfaisauce.comprenantnn asile d'orphelins et un asile pour les vagabonds. La ville reiif'ermetroistbeàtres,dontle pUl^ grand et le plus beau est le Tacon ; une arène pour les combats de taureaux, un gymnase, un cirque et plusieurs bains publics. L'université comprend des facultés de philosophie, des lettres, des sciences, de phavmaeie, de mé- decine, de chirurgie et de jurisprudence. Nombreux paseos ou promenades publiques; parcs ornés de fontaines et de statues. Une HAVE eau excelleiile est amenée de la rivière Chor- i'era par un aqueduc de 10 liil. de Ion;;. La ville est bien éclairée au gaz. Climat tropical : mais la -chaleur est tempérée, le malin, par les brises de mer, elle soir, par une brise de terre. La température moyenne pendant le jour s'élève à 27° C. en hiver et à 32° en été. La Havane a été plusieurs lois vibitée par de terribles ouragans; ceux de 1768, 1810, 1844 et 1S4I) ont été particulièremenldestruc- lifs. La lièvre jaune y fait son apparition chaque année, généralement de juin à sep- tembre. Le port, détendu par le château Morro, la Cabaùa et par qualre autres forts, est un des plus beaux du monde. La ville renferme quelques fonderies, des ateliers pour machines, etc.; mais son industrie principale est la mantilacture des cigares et des ciga- rettes. La Havane est, après iNew-York, le port le plus commerçant du nouveau monde. Principaux articles d'exportation : sucre, rhum, mélasse, cigares, tabac, oranges, ananas, bananes et gelées de fruits. En moy. le sucre exporto est évalué approximalive- ment à 134, 404-, 03)3 fr., la quantité de feuilles de tabac exportées est de 1)92.175 kilogr., le nombre de cigares de i39, 168,758, et les paquets de cigarettes de 24,(l(i.j,084. Le port esL relié par des lignes régulières de bateaux il vapeur, avec les lilats-Uuis, l'Angleterre, la France, l'Ksp.-igne et les ports du golfe du Mexique. La loterie royale de la Havane, sous le gouvernement espagnol, rapportait yunuellcnient environ 200,OUO,UOO de fr. — Velaaquez fonda en 1515, à l'embouchure de la rivière Guiiics, San-Cristobai, ville qui, en ■loi y, iul traiispu liée sous le nom delà ll.ivane, dans remplacenient qu'elle occupe actuelle- ment. Cette place fut pillée et bi'ùlee par des pirates en 1538. C'est de cet endroit que De Soto pailit, en 1531), à la conquête de la Flo- ride. En 1)50, la Havane devint le siège du gouvernement. Llle fut attaquée sans succès par ûrali-c en 1585. La lièvre jaune y parut pour la première foison 1701. Elle fut i)rise ]iar les Anglais en 1702, et rendue en I703. Le premier journal, La Guccla de lu Hahana y fut fondé en 1782. En 1818, le port a été ouverL au commerce étranger. ' HAVAS (Charles) ['ha-vass], fondateur de l'agence qui puiLe son iioiii, uo a Haris en 17So, mort en 1858. Chef d'une maison de commerce, il fit une grande fortune sous le premier Empire, et fonda, sous Louis-Phi- lippe, avec l'aide des subventions ministé- rielles, ta fameuse agence de nouvelles poli- tiques et commercialiij. Son hls Auguste lui a succédé dans la direction de cette agence. ' 'HÂVEadj. (anglo-sax. /wsuo, desséché), l'àlc, niciigre et déliguré . auoir te viswje hâve. ' HAVEL ['hà-vèl], rivière d'AUema^'iie. lïUc prend sa source dans un petit lac, près de Ncu-Streld2 (Mecklenburg), passe a Pots- dam et se jette dans l'Elbe, après un cours de 330 kil. Elle relie une chaine de 18 lacs. Parmi ses al'Uuents, on cite la Sprée. bes ca- naux relient le Havel à l'Oder et à l'Elbe. 'HAVELOCK (sut Henry) [' hav'-e-lokj, gé- néral anglais, né en 171)5, mort en 1857. lise distingua dans la guerre du Uurmali on 1824 et publia, en 18"i7, The Ilistonj of tke Ava rdiiiijaiijiii.. Ayant assisté à l'assaut de Cliuzin et à l'occupation de Caboul, il écrivit, Narra- Une o/'lhe War in AJ'ijliimhtdn (I.S38-'3!)). Il se distingua ensuiti' dans l'Afghanistan, dans la campagne des Malirattes et contre les Siidis. Lois de l'expédition de la Perso en IS.'iO, il commanda les troupes à la prise de Moliam- inerah. En juillet 1857, marchant d'Allahabad au .secours de Cawnporc, il battit iNana-.Sha- bib devant celte dernière ville, mais il arriva trop lard pour sauver les habitants européens, il v.iiiiquit encore le chef indigène à Hitlioor. l'oiisc. el l'arrow-root; travaillent le fer el d'autres métaux. I.orsde la visite de t;ook, ils avaient abandonné le cannibalisme, mais ils élaient libertins, l)rulaux et vivaient sous le règne de terieui' imposé par la cruelle ty- rannie du tiib'/u. Ils ne sont pas encore par- faitement civilisés, bien que leur caractère ait été considérablement modifié par l'édu- cation. Leur pofuila lion décroît régulièrement. Au premier recensement en 1832, elle était de 1.!0.313; en 1872, elle était tombée i .■i0,89!l, com]irenant S, 306 étrangers (1,038 Chinois, 8,s:i Américains, 019 Anglais, 39.S Portugais, 234 Allemands et 88Frani;ais;. I.a diminution des indigènes est due princi|ialement aux maladies étrangères introduite^parlcsblancs. La race indigène pure semble destinée à dis- paraître et la po|iulalioii drs sangs mêlés augmente rapidenient. L'i!istructioiisc répand parmi les llawaiins avec une rapidité sans exeni|>le. Plusieurs journaux eu hawaïen el en anglais se (lublient à Ilawaï. Le peuple cntretientrichemcnt les églises, au moyen de souscriptions volontaires et se mon'trc extrê- mement généreux dans ses dons pour les be- soins du culte. Après l'arrivée (1820) des [iremiers missionnaires d'Amérique, les iles prirent rapidement l'apparence d'un pays ci- vilisé. En 1822, le hawaïen était déjà une langue écrite et, depuis celle époque, plus de 200 ouvrages ont été publics. Le nombre total des proleslanls était de 12,283 en 1873. En l8ii),legouveiiiement voulut interdire le pro- se ly II sniecal ho 11(1 ue romain, mais, on 1839, les Français obtinrent la liberlé pour la religion catholique, el on prétend (jue le nombre des catholiques était de 23,000 en 1872. Les Es- pagnols connaissaient les iles Hawaï plus d'un siècle avant qu'elles ne fussent décou- vertes de nouveau par le capitaine Cook en 1778. Hawaî s'appelait Mesa. Cette ile devint de suite célèbre comme lieu où périt le capi- taine Cook (14 février 1779). Cet explorateur avait donné à ce groupe le nom de Sandwich, à cause de lord Sandwich qui était alors premier lord de l'amirauté, mais le nom de Ilawaï est celui dont on se sert dans leslles. En 179o-'96 Kamehameha subjugua toutes les iles, excepté Kaouaï. cpii se soumit quelques années plus tard ; elil fonda la dynastie qui gouVc'rna les iles jusqu'à la lin de 1872, époque où elle s'éteignit à la mort de Kamehameha V(roi Lot;, qui ne laissa point d'héiitier, ou qui ne nomma point de successeur. William Lunalilo, descen- dant d'une vieille famille de chefs hawaïens, tut élu roi le 8 janvier 1873. Il mourut sans héritier le 3 février 1874 et, le 12 du même mois, un chef, nommé David Kalakaoua, fut éln. La République d'Hawaï a été [uoclamée le 17 janvier 1893. — Evéque anglican à Honolulu ; evêque catholique dans la ujênie ville. — La marine marchande compicnd 60 navires, dont 10 à vapeur. jI kil. do che- min de fer sont en exploitation. Il y a des lignes télégraphiques et télé|ihoniques dans les iles principales. — Bibliog. Tkc Hawa'dan Archipclago, par miss L. Hird(London, l87iS). —AYoyage in the Sunbeam, par lady Brassey (London, lMO).—:Firc Fonntains : thcKingdom of Hawitii, par miss C.-F. Gordon-Cumming (London, 2 vol., 1883). — Quatorze ans aux iles Sandwich, par C. de Vangrey (1874, Paris). ' HAWAÏEN. lENNE s. et adj. ['ha-oua-iain]. Des iles Sandwich; qui appartient a ces iles ou à leurs habitants. 'flAWICK['hâ-ik], ville du fiù.\burghsliire HAWT (Ecos5c).surle Tcvint.à Ci kil. S.-E. d'Edim- bourg: 19,204 liab. Elle est divisée par la rivière Slitrif. A l'extrémité supérieure de la ville est le Moal, monticule artificiel qui a 104 m. de ciri'onférencc à la base el 10 m. de hauteur. Manufactures de couvertures, de llanelles, de bas, etc. La tour de liranksoine, célèbre dans le Lais ilu (lirititr Ministre de Waller Scotl. .si a 4 kil. de la ville. HA'WKE lEdward, uabon) ['bâ-kej, amiral anglais, né en I71;i, mort en 1781. Il entra très jeune dans la marine. Après la bataille navale de Toulon (17 lii, il fut mis en juge- ment et renvoyéduservice pour avoir désobéi, en traversant la ligne cl en s'eni(iarant d'un navire espagnol; mais il lut imniédiatemenl réinlégré par George II. En 1747, il fut nommé contri-amiral, el rempoita une victoire sur l'escadre l'rançaiseprèsde Uellc-Isle. En 17;i0, il succéda à l'amiral liyng dans la .Méditer- ranée. En 17.'i9, il reniporla sur la llnlle française, comnianiléeparCoiillans, la célèbre bataille des Cardinaux (haie île Quibcron). En 176.Ï, il l'ut nommé vice-amiral d'Angleterre et premier lord de l'amirauté et, en 1770, il fut rri'r baron llawke. 'HAWKESBURY [hàks.s'-bc-ri], iledugr.ind Océan, sur les côtes de l'Amérique septen- trionale. Elle fut découverte [lar Vancouver. 'HAWKINS, s m John [bâ'-kinnss], pirate anglais, ne vers I.'i20. murl en IjUu. Dans sa jeunesse, il fit idusieurs voyages en Espagne, enPorlugalet aux iles Canaries et, de 1.Ï02 à. 1368, il s'occupa du commerce des escl.ivcs et s'enrichit. En l.')73, Elisabeth le nomma tré- sorier de la marine. Il servit en 1.i88 comme contre-amiral contre l'armada cspa.cnole et il fut nomme chevalier. En l.'jOO, il fut envoyé avec Martin Frobisher pour intercepter la ■Hotte de la Plata et pour harasser le com- merce de l'Espagne. En l.'i95, il commanda, avec Drake. une expédition contre les posses- sions espagnoles dans les Indes occidentales et il mniirut en mer. 'HAWKWOOD (sin John) ['bik-oûd], aventu- rier militaire anglais, que les Italiens avaient surnommé Giovanni Acuto (Jean de i Aiguille), parce que, dans sa jeunesse, il avait été ap- prenti tailleur. En 1300, il suivit en France l'expédition d'Edouard 111, ravagea, à la tête de compagnies franches, la Provence ell'ltalie, rançonna le pape dans Avignon, servit les Pisans contre Florence qui dut payer une contribution de guerre de 130.000 tlorinsd'or et finit par s'attacher aux Florentins. Devenu fort riche, il fonda à Home un hôpital aiiîrlais et époll^a une lille naturelle du duc de Milan, Barnabo Visconti. 'HAWTHORNE I. (Nathaniel) ['hâ'-lhor-ne],' auteuramencain, né a Salcin, le 4 juillet 1804, mort le 10 mai I80i. En 1825, il prit ses de- grés au collège de Bowdoin et, en 1828, il publia sous le couvert de l'anonyme un roman appelé Fanshawn . En 1830, il se rendit à Boston pour publier le American Magazine of useful knowledgr, qu'il rédigea à lui seul. En 1837, il publia une collection de ses contes cl de ses esquisses sous le titre de Twice-lold Talcs, el en 1842 il en donna une seconde série. Il fut peseur à la douane de Boston, de 1838 à 1841, époque où il alla vivre avec les membres de l'associai ion phalaiiblérienne d'agriculture et d'éducation de Brook-Fann (Massachussetts), dont il élaitl'un des fonda- teurs. Il y resta quelques mois et en 1843 il épousa miss Sophia Peaboily et il établit sa demeure dans le vieux presbytère de Concord. Dans l'introduction du volume de contes et d'esquisses intitulé : Masses from an otd Mansc (1846), il donne des détails charmants, sur son existence dans cette résidence. En 1840, il fut nommé inspecteur du port de Sa- lem, et pendant les trois années suivantes il fut le principal oincier de la vieille douane. HAXO HAYD HAYE 241 dont il parle dans l'inlroduction deTheScarlet Letler (I S.'iO), intéressant tableau de la vie do- mestique dans la Nouvelle-Angleterre. En 18o'l, parut The Hoiise of the Seven Gables, qui fut suivi de The BlUhedale Romance (1852). En 1852, il publia la vie de son ami de collège Franklin Pierce, candidat démocratique pour la présidence. Celui-ci, étant élu, donna à son biographe le consulat de Liverpool.Hawlhorne occupa cet emploi jusqu'en 1857, il passa en- suite deux ans en France et en Italie et re- tourna à Concord en 1860. En 1864, voyageant dans le iNew-Hampshire avec l'ex-président Pierce, il s'arrêta dans un hôtel de Plymoulh, ety passa la nuit; le matin, on le trouva mort Maison de Hawthorne, à Concord. dans son lit. Parmi ceux de ses ouvrages qui n'ont pas encore été mentionnés, nous ci- terons : True stories from History and Bio- tp-aphy (1831); Tha Wo7idcr Book for girls and boys (I8,ïl) : Tha Snoiu Image and other Twicc told Talcs (l8o2): et Tanglewood Taies, suite du The Wonder Book (18.53). En 184:3, il publia The Journal of an African Cruiser, son plus long et peut-être son meilleur ouvrage. The Marblc Faun, roman sur l'Italie, fut publié à Boston en 1860 et réimprimé à Londres, sous le titre de Transformation. Our old Home, .série d'esquisses anglaises, fut publié dans Y Atlantic Monlhly, en un volume, en 186.3. Apres sa mort, sa femme donna, d'après son journal, son : American Note Books et Frcîich and llalian Note Book. En 1872, Septimius Fclton ou The Elixir'of Life, roman psycholo- gique, fut trouve parmi .'^es manuscrits et |iuljlié par sa fille Una. Quelques chapitres de Dolliver Romance, ouvrage nou terminé, pa- rurent dans ÏAllanlie Monthiy,en 1861. Une rililion eoiiiplèle de ses œuvres fut publiée à lio^ton en 1873 (21 vol. in-16). George 1*. I.ntlirap a piililin : A Kliidy of Ilawlhonw (IS76). — II. (Sophia Peabody), son épouse, iVinine delellrcs, née en 1810, niuite à Londres eu 1871. En 1868, elle publia iVotcs in lingland uiifl Italy. ' HAXO I. (Nicolas), général français, né prés de .Saint-Uié en 17.'i0, mort en 1794. Lors de l'envahissement du territoire français, Haxo s'enrôla dans l'armée des Vosges; il lit toutes les campagnes du N.-E. et y conquit tous ses grades. Envoyé contre les Vendéens, e[i 1793, à la tête d'une brigade des armées de la Uépublique, il prit Noirmoutier et ht subir aux Chouans des perti's considérables. Après ce premier succès, Haxo se retourna conire Cliarette qui se trouvait à laRoche-siir- Yon; mais, battu à sort tour, malgré des pro- diges de valeur, et blessé grièvement,' il se l)i'ûla la cervelle plutôt que de tomber au pouvoir des Vendéens. — IL (François-Nicolas- Benoit), neveu du précédent, né à Lunéville eu 1774, mort en 4 838. H fit, en qualité de ca- 231 pitaine, les campagnes de 1794-'95 à l'armée du Rhin; nommé chef de bataillon après la campagne d'ItalieflSOl), il fut envoyéà Cons- tantinople en 1807, pour en améliorer la défense. L'année suivante, il dirigea avec succès le siège de Lérida (Espagne), où il fut promu général debrigade. Général de division après la campagne de Russie, il se battit à Waterloo et se retira avec l'armée sur la Loire. Nommé, en 1816, inspecteur général des fortifications, il contribua puissamment à la restauration des places de l'E. Pair de France en 1830, il fut désigné pour diriger les opéra- tions du siège d'Anvers (1833). Haxo est re- gardé comme l'un des premiers ingénieurs militaires français du SIX" siècle. ' HAXO (Rue), située à Paris - Belleville ; c'est 5? dans cette rue que les l'édéiés fusillèrent, le 23 mai 1871, 16 prêtres et 38 gendarmes, gardés comme otages à la pri- son de la Roquette. (Voy. COMMUNEJ. 'HAXTHAUSENi'hAkst'- h.iou-/.eiiiiJ :Franz-Lud- wig-Marie- August, ba- iio.Nj, auteur allemand, ne près de Paderborn en 1792, mort en 1866. Il voyagea beaucoup et il publia des ouvrages re- marquables sur la situa- tion économique de la Prusse et de la Russie, sur la TransCaucasie et sur les institutions cons- titutionnelles. HAY(L') [la-i], village de l'arr. de Sceaux, cant. de Villejuif, à 10 kil. de Paris; 816 hab. Combat du 2!) nov. iS70, entre les troupes du général Valenlin et les soldats allemands solidement barricadés dans le village. Les Français se retirèrent après avoir occupé le cimetière et les premières maisons de l'Uay ; ils avaient perdu 983 hommes de troupe et 30 officiers, tant lues que blessés. HAYANGE, ville du cercle do Thionville (Alsace-Lorraine) : 6,168 hab. Mines de fer; hauts fourneaux. • HAYDN I. (Joseph) ['haïd'n], célèbre com- positeur allemand, né à Rohrau (basse Autriche), le 31 mars 1732, mort à Vienne, le 31 mai 1809. Doué d'une précoce disposition pour la musique, il entra, dès l'âge de huit ans, coinnie enfant de chœur à la cathédrale de Saint-Etienne, à Vienne; la beanti; de sa voix limpide et sonore y excita l'admiration. Pour apprendre les principes de l'art et ceux d'une harmonie pure et corri'cle, llaydnservit comme laquais le vieux maître Porpora, qui le traita comme un fils. A 18 ans, il débuta par l'opéra le Diable boiteux, qui fut joué k Vienne avec succès, mais que la police inter- dit au bout de trois représentations. Corner, ambassadeur de Venise à la cour impériale, et la comtesse deThun le tirèrent de la misère et, en 1760, le prince Nicolas Esterhazy se l'attacha en qualité de maître de chapelle. Enuinérer les diverses compositions d'Haydn pendant les 30 années qu'il conserva ce poste, serait chose impossible. Il litplusieurs voyages en Angleterre, où les oli'res les plus brillantes lui furiMit faites pour l'engager ii. rester i"i Londres; mais préléraiilsa patricà la richesse, il revintà Vienne et donna, en 1798, l'oratorio de la Création du Monde: Ce chef-d'œuvre fut bientôt connu do l'Europe entière, etla faveur publique acclama dès lors toules ses compo- sitions. L'Inslilul de Fr.iuce le choisit pour un de ses raeiiibres'coiiespoHdants. A 68 ans, il d'j.uia encore l'oratorio des Quatrc-Saisons (1800); ce fut comme la dernière étincelle de son vaste génie: après une heureuse vieillesse, il s'éteignit, à Vienne, en 1809. Haydn a laissé plus de 600 compositions instrumentales dont les plus connues sont, parmi les opéras : le Diable Boiteux , Armide , Orlando paladino, Orfeo, Il mundo délia liina. Inimitable dans la musique orchestrée, Haydn n'a guère été surpassé que par Mozart, dans la musique re- ligieuse ; ses oratorios, ia Cre'aiion du Monde, Les Quatre-Saisons, elles Sept paroles deJ.-C. sont des chefs-d'œuvre; ses 19 messes sont, comme il le déclarait lui-même, parmi les plus réussies de ses compositions. Dans l'his- toire de la musique, Haydn occupera toujours une large place, non seulement pour la grandeur, le nombre, l'originalité ella beauté de ses conceptions, mais comme chef d'école. Exemptde toutesprit de rivalité etdejalousie, il posséda l'amitié de Porpora, de Gluck et surtout de Mozart, dont il ressentit vivement la perle. Dans sa jeunesse, il eut aussi quel- ques rapports avec Métastase, mais le grand poète, au sein de son opulence, ne sut pas deviner le grand musicien sous les haillons de la misère. La biographie de II ivdn a été écrite par Griesinger (1810), Grosser (1826), Ludwig (1867) et Pohl (181.3).-- H. (Michael), frère du précédentet compositeur comme lui, né en 1737, mort en 1808. Il reçut les leçons de Reuter et se fit bientôt connaître comme organiste et compositeur . Il lut maître de chapelle à Gross-Wardein en Hongrie et à la cathédrale de Salzbourg. Ses œuvres com- prennent des opéras, des oratorios, des messes, etc. Son frère Joseph le considérait comme le meilleur compositeur de musique sacrée de l'époque. HAYDOUK s. m. Voy. Heiduque. HAYE (La) [la-hêj (holl. 's Gravenhage, la haie du comte; angl. the Hague; alleni. Den Haug], ville des Pays-Bas, capitale de la Hol- lande méridionale, à environ 3 kil. de la mer et à 20 kil. N.-N.-O. de Rotterdam; 191,,!j29 hab., dont un tiers appartient à la religion catholique. Cette ville, résidence de la cour, du gouvernement, des états généraux ou parle- ment et des ministres étrangers, est devenue, depuis 1830, l'une des plus belles de l'Europe, avec ses maisons imposantes, ses parcs, ses rues spacieuses, traversées par des canaux et plantées d'arbres. Elle renferme un palais royal, le palais du prince d'Orange, le Bin- nenhof, palais des états généraux et un hôtel de ville gothique . La bibliothèque royale contient environ 100,000 volumes. La célèbre galerie de peinture et le musée sont dans le Maurits Huis, ainsi nommé de Maurice de Nassau, par lequel il fut bâti. Ci; musée est particulièrement riche en costumes, en arti- cles et en armes provenant de la Chine, du Japon et des colonies hollandaises. Prés de la ville se trouvent les bains de Scheveningen. — La Haye se forma, au xiii" siècle, autour d'un rendez-vous de chasse, bâti par le comte de Hollande; elle doit son nom à la haie (haag) qui entourait le rendez-vous. Au xvi" siècle, elle devint le siège du gouvernement, et acquit, particulièrement au xvir siècle, un grand intérêt historitiue comme centre poli- tique où se réunirent plusieurs fois les diplo- mates européens. Le traité de la Haye, du 21 mai l(io9, signé par la France, l'Angicterre et les Pays-Bas, avait pour but d'établir l'é- quilibre entre les puissances du Nord. Celui du 7 sept. 1701, entre l'empereur, l'Angleterre et la Hollande, contre Louis XIV, fut la base de la grande alliance des puissances euro- péennes, pour arrêter les envaliisscmciils du roi de France. Dans cette ville se signèrent, le 4 jaav. 1717, la fameuse alliance de la Haye (voy. Alu.vnce), et le 17 février, un traité de paix entre l'Espagne, la Savoie et lAutriche. Les Français, favorisés par un froid ii^teuso, entrèrent dans la Haye, le 19 janv. 1793; les III. 242 HAYN habilaoU et les troupes Jei, ayant reçus à bras ouverts, le statliouder et sa famille se sau- vèrent en Angleterre et /a répiililjque Julpro- clatnee. Mais plus lard, Napol.-oii donna le royaume df; Hollande à son frère LoiiisflSOG), OUI trarisporla le sièfie du gouvernement à Amsterdam. La colère des habitants était La Haye, portée à son paroxysme, lorsque parurent les allirs. Los troupes franc;nises évacueront la Uuye. en nov. 1813, el le slathouder y rentra en décembre. Jusqu'en 1830, les assemlilées des états généraux jiKernèrenl entre la Haye et lîruxelies; depuis lors, elles se tiennent à la Il.iyo, mais Amsterdam est toujours la ca- pitale nominale au royaume. (V. S.) ' HAYEL on 'Hail [' ha-ièl : ' haïl], ville d'A- rabie, dans le Nedied, capitale du sultanat de Chômer, à 31.^. kil. N.-L. de Médine; envi- ron 15,000 hab. Murailles hautes de 7 mètres et garnies de tours et de portes bastionnées. Le palais du sultan occupe, avec ses jardins d'apiément, près Je la di.xième partie de la ville. Hues irréanlières, maisons en briques avec terrasses. Commerce important. 'HAYNAU (Julius-Jakob von) ['haî-naoul, général auliichien, né en 1786, mort enlSoli! 11 était fils illégitime de l'électeur Guillau- me I" de Hesse-Cassei, et de la fille dun pharmacien de Hainau (Silésie prussienne), nommée Rebekka Hitler, connue plus tard sous le nom de frau von Lindeiiheim, quand elle fut devenue l'épouse morganatique de l'électeur. Entré dans l'armée autrichienne en 1801, Haynau fit toutes les campagnes • contre la France jusqu'en -1810. Alajor-gené- rai en \8'yà, il prit part, en 1847-'48, à la ré- pression des mouvements révolutionnaires en Italie, gagna la bataille de Custozza et se si- gnala à Ferrare et à Bergame par une féro- cité inuuie à l'égard des habitants; le sac de Biescia (avril 1840), le massacre des insurgés pris les armes à la main, le pillage et l'incen- die de leurs maisons sont au nombre de ses exploits. Nommé peu après commandant on chef en Hongrie, il prit d'assaut Raab et, protège parles forces russes, mit les insurgé» en déroute à Szœreg et les anéantit près de Temeswâr. Cette victoire mit fin à la guerre. Comme récompense, Haynau reçut le gouver- nement de la Hongrie et de vastes propriétés et il signala le début de son administra- tion parle massacre des Hongrois qui avaient commandé à Arad el de quelques autres à Peslh. Mais l'indignation publique ne tarda pas à tirer vengeance de pareilles atrocités. Chassé de son gouvernement par ses chofs hiérarchiques, il se réfugia à Londres, ou il fut reconnu dans une taverne et honteuse- ment bafoué. Bruxelles ne lui ménaaea pas non pluslesbuées et les mauvais traitements A Paris où il se réfugia, la surveillance de la HEBD police le mit à l'abri des insultes (1833). Il rentra à Vienne et y mcmrut la niAme, année. HA2EBR0DCK. cli.-l. d'arr., A 47 kil. N.-O. de Lille i.Nordi, par 60° 43' 12" lat. N. et 0» ir .'ia "long. E. ; u',571 hab. Grand commerce de Inilcs, fil, blé. bestiaux, plantes oléagi- neuses, savon, cuirs et bois. Belle église dont 'a flèche, percée à jour, a 5'o mètres do hauteur. HAZLETON. bourg de Penn- sylvanie, a MO kil. de Phila- delphie; environ 12,0UU U. Mines de charbon. HE, intorJGction qui sert l'i'iiici[ialoment à a(i|u>lor : lie! l'ami ! hé! vicna ça. Ne remploie qu'en parlant à des personnes fort inlérieii- res, ou avec lesquelles on vil très familièrement. — Se dit légalement, soit pour avertir le prendre garde à qiiei()ue hose : lié! (ju' allez-vous fi.iirc:' |>il pour lémoi^'iier de la I m m i se rati 0 n : /lé, mon Dieu ! i"\ pauvre homme, qui: je vous l'Iains ! soit pour marquer du icf;ret, de la douleur : hé, r;n'ai-je fait ! hé, que je suis ?ni,';(?)-a6/el soit pour exprimer •niPique étonnomenl : hé, bonjour ! U y n long- limpsquon ne vous a vu!— Sa répète (jnelque- lois, dans la conversation familière, puurex- pnnierune sorte d'adhésion, d'approbation, elc. : hé, hé, je ne dis pas non. — Hé bien ou KH niKN exprime l'élonnement, l'encourapo- mont : ^' Hk bim! madame, hé bien! ils seront satisfaits. MOLIÈRB. — Hé bien sert aussi à donner un avis décisif: Vous chantiez, j'en suis fort aise ; Hé bien, dansez maintenant. La Fontains. — Hé quoi marque l'élonnement : f/é quoi! votre courroux n'a-t-il pas eu son cours? COHHBILLR, niîBE maine). Qui se renouvelle chaque .semaine: rfcucil, jniininl hil.^lniii'hlaire. HEBDOMADAIREMENT adv. Toutes les se- maines. • HEBDOMADIER s. m. Celui qui est en se- niaiiio, dans un chapitre ou dans un couvent pour faire l'ofllce et y présider. ' HEBE (gr. ébé, adolescent), déesse de la .leiiiic.se, fille de Jimiter el de Jnnon. Klle était la compagne des dieux, auxquels elle versait le nectar; elle aidait sa mère à atteler ses coursiers, baif.'iiail et habillait son frère Mars. Fiant, un jour, tombée en présence des divinités de l'Olympe, elle no voulut [dus re- paraître à leurs youx ; Homère la donne comme épouse à Hcr.ulc. Kilo avait a Corin- the un temple fameux qui jouissait du droit d asile ; les Alheniens lui avaient érigé un aulol dans le Cynosar;.'e. Caiiova a fait d'Hé- be une statue célèbre.- On adonné ce nom aune planète découverte, en 1847, entre Mars et Jupiter; sa révolution sidérale s'ac- complit en 1380 jours. - Kntoni. Papillon nocturne. HEBERGE s. m. (ail. herberge. auberge). Palais. Point jusiiu'oii un mur est censé èlre commun entre doux bAlimentscontigus et de hautfiir inéfalo. HEAND (Saint-), ch.-I. de cant., arr. et à 12 kiL.N.de Saint-Etienne (Loire); 2,70i hab. 'HEARNB (Samuel) ['heurnl, explorateur anglais, no en 174,'i. mort en ilUî. Empluvo de la compagnie de la baie d'Hudson, il fit plusieurs voyages dans la région du nord do I Amérique anglaise, à la recherche domines et d un passage au M.-O. En 1770-'71, il des- cendit la rivière Coppermine jusqu'à près de 40 lui. de l'océan Arctique. En 17!)o, parut son .lourncyfrom the Prinee of Waks's Fort, in Hudson's bny, to tlic northern Océan. 'HEART'S CONTENT ['hartss-konn-lénntl, port de mer de 'J'erre-Neuve, sur un bras de mer de la côte orientale de la baie de Trinité à ;iO kil. N.-Q. de Saint-John; l.tSti habitants'. Cette petite bourgade est très célèbre comme point où viennent aboutir les câbles trans- atlantiques qui unissent l'Angleterre à l'Amé- rique du Nord. CVoy. C.^ble.) *'HEADME s. m. ['hô-me] (anc. franc. helme). Sorte de casque élevé en forme de pointe, qui couvrait la tête et le visage. (Vieux.) ISe s'emploie plus que dans le bla- son. (Voy. Casque.) 'HEAUMIER s. m. Fabricant de heaumes Se disait autrefois de tous les fabricants d armes. 'HEBBEL(Friedrich), dramaturge allemand ne en 1813, mort en 1863. En 1841. il -e rendit célèbre par sa tragédie de Judith : il produisit ensuite de nombreux drames et des poèmes remarquables par leur vigueur, leur originalité et leur tendance à l'horrible. Ses œuvres ont été réunies en 12 vol. (186o-'68). * HEBDOMADAIRE adj. (gr. hebdomos, se- HÉBERGEMENT s. m. Action d'héberger. HEBERGER V. a. Hocevoir chez soi, lo^er' il nous hébergea. (Fam.) — »v S'héberger \\ pr. Archit. S'adosser contre un mur mitoyen. HEBERT (Jacques-René), révolutionnaire fr.mçais, connu aussi sous le nom do Père ])u- ehesne (voy. ce mot;, né a Alonçon en 17.Sb, guillotiné à Paris le "24 mars 1794. Dans sa jeunesse, il eut à lutter contre toutes les souf- frances et leshumiliationsde la misère. Doué d'une intelligence vive et féconde, il exerça plusieurs métiers précaires et se donna lui- même quelque instruction. La Révolution le trouva contrôleur de théâtre. Son extérieur agréable, son élocution facile lirent sa popu- larité dans les clubs. Tout entier aux idées j nouvelles, il publia dans son journal Le Père Duchesne quelques pamphlets qui commen- cèrent sa célébrité. Aussi obtint-il, après le 10 août 1792, les fonctions de substitutdu procurour général de la Commune. Mis on en prison à la suite d'articles audacieux et cy- niques parus dans son journal, il l'ut bien vile relâché et porté on triomphe par le peuple. Lors du procès de la reine, il se montra non seulement haineux, mais insul- teur. infâme. De concert avec Anacliarsis Clootz, il établit le culte de la déesse liaison et organisa le parti ultra-révolutionnaire connu sous le nom d'hébertiste. (Voy. ce mot.) Le comité de Salut public, dirigé par Robespierre, fit alors lire par Saint-Just, le 13 mars 1794, à la Iribune de la Convention, une sorte de réquisitoire où l'on décrétait d'accusation Hébert et ses partisans. Arrêté le 13 mars 1794, il ne parut devant le tribu- nal révolutionnaire que neuf jours après et fut condamné à mort. Hébert pleura et mar- chanda sa vie ; il tomba presque en défail- lance à la vue de l'échafaud. H a lai,i;sé, outre son journal, le Cathéchisme, ['Almanach, les Lettres patriotiques et la Colère du père Duchtsne. — Il avait épousé en 1791, une an- cienne religieuse, Françoise Goupille, qui fut guillotinée 20 jours après lui.-//c6e^<.(V.S.) HEBERTISTE s. m. Partisan des doctrines d'Hébert. Les principaux héberlistes furent: Chaumette, Pache, Houchotto, Vincent, Ron- sin, Momoro, Anachaisis Clootz, etc. Ils do- minèrent à la Commune et au ministère de la guerre. L'abolition du culte catholique et l'établissement de celui de la Raison furent leur œuvre principale. Robespierre, se sentant dépassé, prépara leur chute, à laquelle s'as- socia Danton, beaucoup plus modéré. Les hé- IIEBR HEHR HECL 243 berlistes ou enragés turent airèlés le 24 ven- tôse an II (14 mars 1794), condamnésà mort après un simulacre de jugement qui dura trois jours, et aussitôt exécutés (24 mars). HÉBÉTATION s. f. Défaut de sensihilité or- ganique. * HÉBÉTÉ, ÉEs. Individu stupide : il paik-, il tuilt comme un hébété. HÉBÉTEMENT s. m. lïLat d'une personne hébétée. * HÉBÉTER V. a. (lat. hebetare; de hebes, énioussé). Rendre stupide ; la trop grande ru- desse des maîtres est capable i'hébéter les en- fants, de leur hébéter l'esprit. HÉBÉTUDE s. f. Stupidité, idiotie. * HÉBRAÏQUE ad;. Qui appartient aux Hé- lireu^. Se dit siirlout par iap|)ort à la langue : 1(1 langue hébraïque. * HÉBRAÏSAPJT s. m. Nom que l'on donne aux savants qui s'attachent particulièrement à l'étude de la langue hébraïque et du texte hébreu de l'Ecriture : c'est un bon héhrai- sant. HÉBRAÏSERv. n. té-bra-i-zé] (lat. hebrxus, hébreu). Se servir de locutions hébraïques; étudier l'hébreu. — Embrasser la loi hé- braïque. ■ HÉBRAÏSME s. m. Façon de parler propre et parlii-ulièie a la langue hébraïque. HÉBRAÏSTE s. Personne qui s'occupe de la langue hébraïque, qui écrit sur cette langue. HÉBRE, Hebrus, anc. nom du fleuve que l'on nomme aujourd'hui la Maritza. HÉBREU s. m. (lat. hebrœns; gr. hebrttibs; de Hcber, trisaïeul d'Abraham). iNom donné primitivement aux descendants d'Abraham, appelés plus lard Juifs et Israéli tes. (Voy. Juifs.) — Epître aux Hébreux, livre du Nouveau Tes- tament adressé aux Juifs, convertis dans le but de les empêcher de retomber dans le ju- daïsme, et écrit probablement entre 64 et 66. Plusieurs auteurs modernes prétendent que cette épître n'est pas due à saintPaul. Luther, l'attribuait à Apollos, ainsi que Bertlmlot, de Wette, Bleeke et Tholuck. — D'autres pensent qu'elle est l'o'uvre de saint Clément, de saint Luc ou de saint Barnabe. * HÉBREU s. m. Langue hébraïque : il sait l'hébreu parfaitement. — Ce que vous dites kst dkl'hi';uiii'.u roun moi, vous me parlez hébreu, je n'entends rien à ce que vous me dites. — Se dit quelquef. adjectiv. pour hébraïque, mais sans genre féminin : le texte hébreu, les livres hébreux. HÉBRIDES fane. Ebudx ou Hebudes), ou Western Islands, nom général d'un groupe de l'yH iles, sur la côte occidentale d'Ecosse, entre liS" 26' et .^8° 3"2' lat. N. et entre 7" et iilolong.Û. ; environ (19,000 hab. Elles sontha- bituellemontclassées en Hébrides extérieures et Hébrides intérieures. Les iles extérieures, séparées du continent et des iles intérieures par un canal a[qielé le Minch, s'étendent de- puis le Huit de Lewis au N., jusi[u'a la pointe de Barra au S., formant une espèce de digiii! naturelle, bingiie de icSO kil. Les iles princi- pales de ce groupe sont : Lewis, Norlh UisI, lienbecula, South Uist et Barra. Les Hébrides intérieures sont irrégulièrement disposées le bing de la côte et dans le frith de Clyde; les principales sontiSkye, liaasay, Canna, Hum, lùgg, Coll, Tirée, Miill, Ulva, Stolla, lomi, Lisinore, Kerrera, Scarba, Colonsay, (Jronsay, Jura, Islay, Arran, Bute et les Cumbrays. L'étendue totale de toutes les iles, qui sont au nombre de plusieurs centaines, est de plus de 7,6i)0 kil. carr. Environ LiOde ces ilessonl habitées. La plupart sont accidentées, mon- tagneuses, contiennent beaucoup de marais et peu de terres arables. Un y trouve des carrières de marbre, de pierres calcaires et t mité S. de la ville s'élève une mosquée, qu d'ardoise. Le minerai de fer est abondant dans plusieurs iles; on v trouve un peu de cuivre ; on extrait le plomb à Islay. Le climat est exceptionnellement doux et salubre, en raison du voisinage du Giilf stream. Les ré- coltes principales sont : lavoine, l'orge et les pommes de terre. La principale industrie agri- cole est l'élevage d'une espèce de bœufs noirs. Parmi les animaux sauvages, on cite les daims, les chats sauvages, les renards, les lièvres, les lapins. La condition du peuple en général est misérable. Le langage ordinaire est le gaé- lique, que l'on enseigne dans les écoles con- curremment avec l'anglais. Politiquement, les Hébrides sont distribuées entre les comtés de Ross et de Cromarty, d'Inverness.d'Argyle et de Bute. Les villes principales sont: Stornoway dans Lewis, Portree dans Skye, Tobermory dans Mull et Rothesay dans Bute. — Les Hé- brides furent colonisées par les Norvégiens au IX" siècle. Elles finent réunies à l'Ecosse en 1266. En 1346, le chef des Macdonalds les soumit et prit le titre de lord des îles. L'a- bolition des juridictions héréditaires en 1748, mit fin à l'indépendance nominale des lords des îles. HÉBRIDES (Nouvelles), groupe d'îles volca- niques de l'océan Paciliijiie du S., au N.-E. de la Nouvelle-Calédonie, entre LS» 15' et 20» 10' lat. N. et entre 164° 20' et 167» 50' long. E.; superf. : 15,157 kil. carr. ; 72,430 hab. Les plus importantes sont : Espiritu Santo, 9.t kil. de long, sur environ 32 kil. de large; Mallicollu, 80 kil. sur 3.Ï kil.; Erromango, Tanna, Am- brim, Ânnutom, Banks. Sandwich et Wliit- suntide. Aurora, l'une des plus fertiles, et qui mesurait 48 kil.de long sur plus de 7 kil. de large, disparut en 1871. Il y a un volcan en activité à Tanna. La plupart des îles sont montagneuses. .\ l'exception d'Erromango et de quelques îles plus petites, elles sont toutes bien boisées et elles présentent une végéta- tion abondante. Les indigènes, de la race nègre des Papous, sont moins intelligents que les autres habitants des iles de la mer du S. ; leur langage ressemble au malais. — La plus grande des îles fut, en 1606, découverte par Quiros qui, s'iinaginant avoir trouvé un grand continent, lui donna le nom de Ticrra \ustralla de l'Espirilii Santo. Bougainville un siècle et demi plus tard iles situées au N. du groupe Grandes Cyclades. Cook visita partie des iles du S. en 1773 groupe entier le nom de brides. (V. S.) HÉBRON (dansl'origineKi'Jv'ai/iArfca; arabe El-KhuUl), ville de Palestine, à 2.t kil. S. de d'après les Arabes, recouvre le caveau de Machpeliah, avec les tombeaux d'Abraham, d'isaac, de Jacob et de leurs femmes. Hébron, devintla résidence de David vers 10.")5 av.J.-C. En 1167 ap. J.-C, elle fut le siège d'un évêché latin. Elle tomba entre les mains de Saladin en 1187 et fut prise d'assaut par Ibrahim Pacha en 1^34. HÉCATE, divinité de la Thracedont le culte est souvent confondu avec celui de Diane. Hésiode la représente comme une divinité protectrice, répandant ses bienfaits sur la terre; selon d'autres, chasseresse infatigable, elle faisait tomber sous ses llèches bêtes et hommes. Elle fit périr son père pour régner a sa place et eut pour tilles Médée et Circé. Rien de plus multiplié que les variations de son culte. A Rome, elle présidait aux carre- fours; en Grèce, elle commandait à la mort. C'est elle qui, selon la Fable, retenait cent ans sur les bords du Styx les âmes dont les corps avaient été privés de sépulture. On la représente souvent avec un triple corps, avec des têtes hideuses chargées de serpents ; elle était arméed'une hache. HÉCATÉE DE MILET, historien et géogra- phe grec, né à Milel vers .-j.'lO av. J.-C, mort vers 476. 11 visita l'Egypte, la Libye, la Grèce, l'Italie, etc. Il a écrit un ouvrage géogra- phique donnant la description des diverses contrées de l'Europe, de l'Asieet de l'Afrique, et l'histoire mythique des Grecs. Quelques fragments existent encore. ■ HÉCATOMBE s. f. (gr. hecaton, cent; bous, bœuf). Sacrifice de cent bœufs, ou de plusieurs animaux de différente espèce, que faisaient les anciens: apaiser le ciel par des héca- tombes. Tel qui promet dans le n.iufrage Une hécatombe aux itnmoi-tels. Ne va pas seulement embrasser leurs aulcla Quand il se voit sur le rivage. jluja d'Aolsot. Le Naùi jaune. — Fig. Massacre, grande effusion de sang. HÉCATOMBÉON s. m. Premier mois de l'an- née athénienne. HECATOMPYLOS (gr. ville aux cent portes], Undes noms de Thèbes, en Egypte. HÉCLA DU Hékla, montagne volcaniqiie d'Is- lande, haute de 1,610 m., au S.-O. de l'île, dans le district de Rangarvalla, à 53 kil. de la côte. Le pic ou cône de l'Hécla domine une longue chaîne haute de 700 m. Il forme le centre des cinq chaînes principales qui composent le système de l'Hécla. Son sommet presque plat, lormeune vaste table de 3.'>0ni. de long. 11 présentecinq cratères, dont quatre _^_^ -_^__ sur les côtés. Le plus ^pf-7 i:= élevé, sur le sommet, 8*' """^ est en repos depuis des siècles. Lès cratères récents sont remplis '^ '^^'^^'^ ■:- de fumée noire, de scories rouges et de soufre. Laplusluiigue période d'inactivité de l'Hécla a été de 7'J ans L la plus courte de b ans. La première éruption dont on se souvienne eut lieu en 1004, la dernière en IS45. La plus désas- ' euso commença le avril 1766 ; des sco- ries de 80 centim. de circonf6renei5 furent lancéesà3kil. L'érup- tion de 1845 lut pré- cédée de phénomènes Jérusalem ; environ 5,000 hab, Elle est située 1 atmosphériques extraordinaires. L'écoulé - en partie sur les pentes de deux collines et mpnt de la lavp continua avec de légères en partie dans la voUée de Mainré. A l'exlré- 1 interruptions, depuis le 2 sept. 1845, jus- découvrit les et les nomma la plus grande I et donna au ISouvelles-Hé- 244 IlliCU qu'au S avril <846, la coulée eut 12 kil •.-r^ HEER ni-GK et en quelques endroits I du féroce Pynhus. Lmmen^e en esclavage , d(^ l'Académie des inscriptions et belles-lcltr. s de long, 1 kil. de lar^re, ' pnr les Grecs et pour se venper de la mort ' " de France. Il a laissé un certain nonihie de son fils Polydorus d'ouvrages, dont les principaux sont : Idées que Polymnestor avait | sur la politique H te commirce (1rs peuples de tué, elle creva les yeux I l'oiitirjuHé (\Si'.i], Manuel hisloiif/ue du systàtne de ce prince et massacra j politique des Etals de rEuro/ic et de leurs co- 'f"'M (1809), Irad. en français par .MM. Guizot el Vincent Saint-Laurent (I8J1, i> vol. et une profondeur de 18 à 3.3 mètres. * HECTARE s. m. (gr. hecaton, cent; lat. area, suifacc). Mesure agraire ou de superfi- cie qui contient cent ares et qui surpasse de très peu deux arpents anciens, à la mesure de vingt-deux pieds pour perche: une pièce de terre de six hectares. ' HECTIQUE adj. f. (gr. hektikos, continuel). Méd. Se dit d'une fièvre lente et continue, accompagnée d'imc diminution progressive de l'appétit, de l'embonpoint et des forces. La fièvre hectique peut être produite parla carie des os. par l'inflammation chronique des muqueuses, par la sécrétion exagérée des fluides natuiels (urine. salive, sueur. lait, etc.), parde vastes foyers purulents; mais elle se développe le plussouvent sous l'influence de la tubercuiisation. Etat de ceux qui ont * HECTISIE s. f. Méd la fièvre hectique. HECTO (gr. Aeiaton, cent). Mot qui, placé devant les unités génératrices du système métrique, exprime une valeur cent fois plus grande. — s. m. (Voy. Hectogramme.) HECTOÉDRIQUE adj. (gr. hekaton, cent; edra , surface). Minér. Qui appartient au prisme hexagonal de la coupe transversale médiane duquel partent, vers chaque pôle, six faces ayant leurs inclinaisons égales deu.x à deux. " HECTOGRAMME s. m. Mesure de poids qui contient cent grammes, et qui équivaut à peu près à trois onces deux gros et onze grains, ancienne mesure : l'hectogramme est le dixième du kilogramme. — Fam. et en abrégeant : un hecto, des hectos. * HECTOLITRE s. m. Mesure de capacité qui contient cent litres ou environ sept boisseaux et sept dixièmes, ancienne mesure : deux cents hectolitres de blé, de vin. HECTOMÈTRE s. m. Longueur de cent mètres. HECTOR, prince troyen, fils aine de Priam et d'Hécube, mari d'Andromaque et père d'Astyanax. Guerrier plein de valeur, il fit périr sousles murs de Troie un grand nombre de capitaines grecs ; mais il fut, a son tour, tué par Achille dont il avait fait périr l'ami,' Patrocle. Hector est le plus noble caractère qu'ait peint Homère dans llliadc. HÉCUBE, fille du roi de Thrace Cisséus et épouse de Priam, roi des Troyens, dont elle eut 19 enfants, entre autres :" Hector, Paris, Hélénus, Polyxène, Cassandre et Polydore. Pendant le siège de Troie, elle assista à la mort de tous ses enfants, à l'exception d'Hé- 1 lénus et vit tomber son mari sous les coups ses deux fils. Kuripidcr la fiil se jeter dans l'Ilel- ji^spont. Selon l.i Fable, elle fut métamorphosée en chienne. HÉDÉ. ch.-l. decant., .:r. et à 23 kil. N.-O. de Hennés (llle-et-Vi- laine); 875 nab. Fglise du xi" siècle, beau spé- ■imon d'architecture ro- niane. HÉDÉOME s. m. Hot. tlcnre de labiées, voisin le la menthe et com- luenant plusieurs espè- ces américaines et asia- tiques. L'hédéome des Etats-Unis (hedeoma putegioidcs] ressemble au poulidl finopéen et sert aux mi'mes usages. On le prend en infusions chaudes pour activer le retour (li's menstrues. HEDJAZ [èd-jaz], vi- Liyetaralie de l'empire de Turquie, sur la côte de la mer Houge (golfe d'.Vkabah). La côte est généralement basse et garnie de récifs de co- rail. Les ports princi- paux sont Djeddah et Yembo; le premier sert de port à la Mecque, le second est celui deMé- dine. Une chaîne de montagnes, qui attei- gnent quelquefois 2,800 m., traverse le pays du ;N. au S. A l'O. de cette chaîne s'é- tend un territoire bas et sablonneux appelé El-Tehama ; il était jadis recouvert parla mer. Climatgénéralement malsain : clialeurexces- sive. La partie du N. est habitée principale- ment par des bédouins nomades. La route suivie par les pèlerins, depuis le N . jusqu'aux villes saintes, est protégée par des forte- resses isolées. Médiue et la Mecque, sont les villes principales de l'intérieur. Le pays qui environne immédiatement la Mecque est sous la juridiction du shérif de la Mecque, subordonné du représentant du sultan qui réside à Djeddah. — Bédouin. (V. S.) HÉDOUVILLE (Gabriel - Théodore - Joseph. COMTE d'). né a Laon en liii-'), murt en 1S:;.d. Général de brigade après la bataille d'Honds- choote, il fut, malgré l'intervention de Hoche, arrêté, amené à Paris, mais bientôt relâché. Commandant en chef des armées de l'Ouest en 1797, il fut, l'année suivante, chargé d'une mission à Saint-Domingue et fit tous ses elforts pour réconcilier cette colonie avec la mére-patrie, mais en vain. A son retour, il termina la chouannerie par sa douceur et son esprit de conciliation. Ambassadeur en Russie en 1801, il devint, en 1804, chambellan et sénateur, puis ministre plénipotentiaire près la confédération du Rhin, prit part à la cam- pagne de I8U6 contre les Prussiens, vota, en 1814, la déchéance de Napoléon et fut élevé à la pairie en 'JSio. j ■HEEREN(Arnold-Hermann-Louis)[hè-rènnj historien allemand, né en 1760, mort en 1842; gendre de Heyne , fut nommé professeur d'histoire en 1799, à l'université de Gœttin- gen, et devint, en 1801, membre correspondant Hédéome des Etats-Unis \Cedeoma pulepioîdes). — .n-S"). hssai sur l'influence des Croisades, couronné (..ir l'Institut de France et trad. par Ch Villers (1808), etc. • HEGEL (Georg Wilhehn-Friedrich) ['hé- ghèl], philosophe allcm.iiwi, m>- a Sluttgard, le 27 août 1770, mort le li nov. Isal. Après avoir quitté l'université de TUbingen, où Schelling avait été son condisciple, Hegel (comme Kant et Fichte) fut pendant long- temps précepteur dans des familles parti- culières. Son père mourut en 1799, lui laissant 3,000 florins; il résolut tout a coup de se consacrer à la philosophie; il vint à léna, où Schelling soulevaitl'enthousiasme et où Fries, Krause et Ast commençaient leur carrière philosophique. Sa thèse pour sa nomination comme répétiteur à l'université (1801) fut De orbitis Planetarum , plaidoyer éloquent en faveur de l'Allimand Kepler, contre l'Anglais Newton. De 1801 à 1806, il lit des conférences sur la logique, sur laphilosophie de la nature, sur la psychologie, sur l'éthique, etc. De concert avec Schelling, il publia \es, Kritisclies journal des Philosophie . M:i\f, il se sépara bien- tôt de ce dernier. De 1808 à 1816, il fut recteur du gymnase de Nuremberg et déplova une grande habileté administrative. La Ptié- nomcnologie de Hegel, qu'il appelait son voyage de découverte, parut en 1807. Le but de cet ouvrage est de décrire les degrés et les mé- thodes par lesquels l'esprit doit procéder, de- puis la forme la |ilus simple de la conscience jusqu'au savoir le plus absolu. Dans sa Logi- que, publiée eu 3 parties (mars 1812 à juillet 1816), il développa son système qui peuts'ap- peler le panthéisme logique; ce panthéisme diflère toutefois de celui des autres systèmes analogues en ce que. dansla logique dé Hegel, Dieu n'est pas considéré comme une substance ou une unité absolue dont l'étendue et la |3ensée sont les attributs et dont tous les fitres finis seraient des émanations ou des modes. Pour lui , Dieu n'existe pas en lui-même, comme être parfait: il devient: c'est, selon sa propre e\prêis\on,\' éternel devenir, qui pro- gresse avec l'humanité développant ses attri- buts; c'est pardes évolutions successives qu'il acquiert successivement ses perfections. De plus il est inséparable du monde et ne vit que par son union avec l'humanité. Malgré tous ces subtils déguisements, la logique de Hégcl n'est que la paraphrase embrouillée et nua- geuse du simple panthéisme qui dit ; Dieu est tout et tout est Dieu. C'est dans sa chaire de philosophie à Heidelberg qu'il développa magistralement ses leçons,"en 1816. Sa re- nommée grandit alors rapidement. Ses dis- ciples furent remplis d'ardeur. Son système fut acclamé comme lecouroiinementdêl'idéa- lisme allemand. En 1818, il reçut avec plaisir une seconde invitation de se rendre à Berlin. Bientôt ses conférences firent fureur. Des officiers, des lettrés et des savants de Berlin, vinrent s'asseoir sur les bancs des écoliers. L'hégélianisme devint la route des honneurs. Ses conférences antérieures sur les différentes branches de la philosophie furent revues avec soin, et il écrivit deux nouveaux cours sur la Philosophie de la Religion, en 1821, et sur la Philosophie de l'histoire, en 1827. Sa Philo- sophie du droit (1821), combina les droits naturels, éthiques et la philosophie de la so- ciété dans l'Etat. Le remarquable aphorisme par lequel il résumait ses enseignements, tout ce qui est rationnel est réel, et tout ce qui est réel est rationnel, fut interprété dans un sens ultra-conservateur. Soutenant te système poli- tique prussien existant, comme la perfection HEIB , 2 vol.), V Encyclopédie des sciences philosophiques (1817, 3 vol.), les Leçons sur la philosophie de l'histoire et du droit (1821, 2 vol.). L(! Cours d'esthétique seul a été traduit complètement en français (5 vol. in-S"), par M. Ch. Bénard cl a été couronné par l'Académie française (1852). MM. Slomon et Wallon ont aussi donné une traduction liliii' d'une partii.' de la Logique. HÉGÉLIANISME s. m. Système philoso- phiqui; (le lléi;el. HÉGÉLIEN, lENNE adj. Qui appartient h rhégélianismc. ■ HÉGÉMONIE s. f. (gr. hegemonia, action de conduire). Antiq. gr. Commandemenl, supré- matie qui appartenait à une ville dans les fé- dérations grecques : Athènes et Spa7'te se dis- putèrent l'hégémonie de lu (Vc'tp. — »» Polit. Prééminence d'un Etat dans une cunléJéra- tioii : la Prusse a établi son hégémonie dans i empire if Alliiiiagne. HEGENHEIM, vdle de l'arr. et à 29 kil. E. de .Mnlliouse (Alsace-Lorraine), près delarive gauche du Uhin ;l,y20hab. — /ieye4iy;^je.(V.S.) • HÉGIRE s. f. (ar. hejrah, émigration, fuite). Se dit, parmi nous, de l'ère des ninho- inétans, qui commence à l'époque où Maho- met s'enfuit de la Mecque, dans la nuit du mardi lo.iuiUet (selon d'autres, l.'i sept.) (iïi de l'ère chrétienne. 33 années lunaires de l'hégire correspondent à 32 années grégo- riennes. Après la mort de Mahomet, le caliphc Omar créa un nouveau calendrier qui com- mençalepremier jour du Moharrein (premier mois de l'année arabe) correspondant au l(j juillet 622. Pour traduire une date du ca- lendrier musulman, un suit la règle suivante : soustraire de l'année do l'hégire sa 33"^ partie et ajouter ()i2 ; le résultat est l'année de l'ère chrétienne. Pour changer une année de l'ère chrétienne en une année de l'hégire : sous- traire 022 et ajouter au reste la 32' partie de lui-même. • 'HEIBERG (Johann-Ludwig) |haï-bèi:j|. auteur danois, ne en 1791, mort en ISOO. Après avoir passé plusieurs années en Es- HEIM pagne et à Paris, il lut iHMiiine professeur à Kiel en 1822, devint directeur du théâtre royal àCopenhague (lS49-'.5!i) et ensuite cen- seur des pièces de théâtre. Il est l'auteur dra- matique le plus populaire du Danemark; une édition complète de ses œuvres a été publiée après sa mort en 22 vol. 'HEIDELBERG ['hai-dèl-bèrg], ville d'Alle- magne (diirhé de Bade), sur le NecUar, à 14 kil. S.-E. de Manheim; 35,400 hab. Son célèbre château en ruine renferme le laineux Hcidetberger Fass, autrefois le plus grand de tous les tonneaux. L'université compiend de nombreuses institutions littéraires et scienti- fiques; elle possède une bibliothèque de plus de 200,000 volumes. Fondée vers la lin du xiv«- siècle par l'électeur palatin Kuperl, elle fut réorganisée en 1803 par le grand-duc Charles Ruperl, sous le titre de Ruperlo-Ga- rolina. .^près la prise de 'Heidelberg par Tilly en 1622, la bibliothèque fut olfertc au pape Grégoire XV, qui en fil une section spé- ciale de colle du Vatican, sous le nom de Bibliotheca Palatina. Les vieux manuscrits allemands furent rendus en 181.5. Fabrique importante de bière, commerce de tabac et d'huile de lin. — Heidelberg, partie du pala- liiiaten 1362, devint une résidence électorale. L'Union de Heidelberg, qui unit en une seule les dilierentes ligues des villes de l'Allemagne, y fut signée en 13Si. Tilly ruina la ville en IG22 et les Français la prirent en 1674, en 1688 et en 1693. La résidence électorale fut transférée à Manheim en 1719. Heidelberg fut réunie au duché de Bade en 1802. 'HEIDENHEIM ['haï'-dènn-ha'imm], ville du Wurtemberg, a 60 kil. E.-S.-E. de Stuttgart; 8,000 hab. Manufactures d'articles de laine et de coton, tabac et machines. • HEIDUQUE s. m. [é-du-ke] (tchèque hay- duk; du hongr. hajdu, berger, puis fantassin). Nom des fantassins croates on esclavons qui défendaient les frontières de la Hongrie. Un donnait autrelbis ce nom, en France, a cer- tains domestiques qui étaient vêtus a lahon- groise, et qui [lorLaient la livrée de leurs maîtres. — Les Heiduques ou Haydouks, classe nomade du peuple hongrois, formèrent une milice patriotique qui reçut leur nom. Bosckay, prince de Transylvanie, lixa leurs bandes'erranles en leur assignant (1303) un district connu depuis sous le nom de district des villes haydoukes [hajdu-vdrosùk) et ren- fermé dans le comté de Szaboles, à l'E. de laTheiss; ce district compte 60,000 hab., presque tous madgyares et protestants. Ca- pitale, Bœszœrmény; 19,210 hab. 'HEILBRONN ['hail'-bronn], ville fortifiée du W uiLenilierg, autrefois ville libre im|>é- riale,surle Neckar.a'K) kil. N.de Stuttgart; 33,463 hab. L'église de Saint-Kiliau possède une très belle tour de 75 m. et un chœur du gothupie le plus pur. (Jûlz von Berlichingen lut einprisoiiué dans un château voisin. En 1633, la Sucde y conclut un traité avec ses allies, pour la continuation de la guerre de Trente ans. (V. S.) ' HEILIGENSTADT ['haï'-li-ghènn-stâtt, ville de ïiaxe (Prusse), sur le l.ciiie, à 65 kil. N.-O. d'Erfurt; 6,860 hab. Filatures de laine, et fabriques d'horloges en bois. La ville était autrefois la capitale de la principauté d'Eichsfeld; de 1807 à 1813 elle appartint au royaiime de Westphalie. HEILTZ LE MAURUPT, ch.-l. de cant., arr. clà 20 kil. iN.-K. de Vitiy-le-François (Marne); 707 hab. HEIM (François-Joseph), peintre français, né à liidforL en US, , mort a Paris en 1865. 11 exécuta pour les plafonds des galeries du Louvre une allégurir exquise de la renaissance des arts. Il lut également éminent comme peintre d'histoire et de portraits : Louis- HEIN 2'io Philippe recevant les députés qui lui dé/ér.:nl la couronne ( 1 833), etc. Académique et rclléch i, il fut, pendant toute sa vie, en butte aux sarcasmes des romantiques. * 'HEIN ['hain| Interjection familière dont on accompagne quelquefois une interrogation, ou une phrase qui exprime létonnemenl : coulez-vous, hein ? Hein, que dites-vous donc /à? ' HEINE (Heinrich ou Henri) ['hè-ne; ail. 'haï-ne], poète allemand, d'origine juive, né à Diisseldorf, d'après Sleinmann en 1797, suivant d'aulres le 12 décembre 1799, et selon lui le 1" janvier 1800, mort à Paris le 17 février 1856. 11 étudia à Diisseldorf, à Bonn, à Gœttin- gen et à Berlin sous Hegel, retourna à Gœtlingen en 1823, il prit les degrés de doc- leur en droit en 1825; on prétend qu'il abjura et entra dans l'église liithéi-ienne. Mais il pratiqua toujours rindillérencc religieuse aulantquelescepticismepulitique. Son oncle, le riche banquier ham bourgeois, Salomon Heine, essaya vainement de diriger son es- prit vers l'étude de la jurisprudence, mais il fut impossible de l'arracher à la littérature. En 1822, il publia un volume de poésies, reimprimées plus tard sous le titre de Chagrins de jeunesse (au sujet de ses amours malheu- reuses avec sa cousine Evelina van Geldern), dans son Livre de chants (1827). Sa célébrité date de 1826, époque oii il publia à Hambourg les Harzreise, première partie de son Reise- bilder (tableaux de vu\ âges). En 1827-'29, il fut principal rédacteur d'un journal politique à Munich; il habitaensuite berliu jusqu'en 1831 et dut s'enluir ix Paris, le gouvernement prussien l'ayant forcé de choisir entre l'exil et la prison. Uepuiscetle époque jusqu'en 1848, son inlluence en Allemagne lut Ires grande. A Paris, il fut considéré comme l'écrivain français le plus spirituel que I un eût vu de- puis Voltaire. Il toucha une pension de 4,000 fr. sur les fonds secrets. Dans son ou- vrage intitule L'Allemagne [[ii'i'.i), il attaqua sans relâche le romantisme, les philosophes et presque tout le monde, ce qui exaspéra au plus haut degré les .\llemands de toutes classes. Outre les œuvres susmentionnées, il écrivit : Franzosiehe, Zusldnde, Der Salon, Ueber Borne, !\'eue Gedichte, Atta Troll, Ro- nianzero, etc. En 1847, il rendit sa dernière visite à l'Allemagne. En 18i7, il fut atteint dune maladie de la moelle épmière et en souU'rit jusqu'à sa mort. Parmi les biogra- phies de Heine, nous citerouscelle de Stradt- inann (18o7 et 1867-'68) et celle de Hélène Hirsch(1873J. Voy. aussi l'élude de Saint-Réné Taillandier, dans la Revue des Deux-Mondes. — Pour la traduction française de ses œuvres, Henri Heine, bien qu'il eût la p,étention de posséder à fond la langue de Voltaire, em- prunta la plume de Gérard de Nerval el de Sainl-Uéne Taillandier. ■HEINECKEN (Christian-Heinrich) ['haî-no- kènnj, enfant prodige de Luijecu, ne en 1721, mort en 1725. A douze mois, il récitait la Bible. A deux ans, il savait par cœur l'histoire de l'antiquité el parlait couramment le lalin et le français. A l'âge de trois ans, il était familier avec l'histoire universelle et la géo- graphie. Sa constitution délicate ne lui per- mettait de prendre aucune autre nourriture que ('elle que produisait le sein de sa nour- rice, et il mourut quand on voulut le sevrer. ' HEINSIUS (Antonius)['hainii-si-uss],grand pensionnaire de HollUnde, né en 1641, mort en 1720. H fui l'agent secret du prince Guillaume ill d'Orange et, pendant iO ans, l'inspirateur de la politique hollandaise. Après l'avènement de Guillaume au trône dAiigletcrre (1689), ll.iùisius dirigea pour lui les all'aires de la Hollande. L'alliance, au sujet de la succession espagnole, contre Louis .\1V el contre Philippe V est due en grande partie aux eliorls du grand pcn- î^ 246 HELE sionnaire. Durant la ^'uerre, il repoussa | toutes les ouvertures de paix non basées sur la reconnaissance du droit de la maison d'Autriclie à la couronne iflispa^'m-, "'l il fui le dernier qui signa le traité d'Ijln'clit le Il avril 1713. HEINSIUS I. (Daniel), idnlologuc hollan- dais, né en l'ISO, mort i-n lti;i:). Il sui'cédaii Joseph Scalif-'er, comme professcurà Levde et fut secrétaire du synode de Dort. Il publia les principaux cjassifiiic^ ^recs et latins et écrivit 2 trag-édics latines, Àuriaviis cl Hcnidi:s In- fnntirtda, et d'antres ouvrages - II. (Nicolas), son fils, poète, né en 1020. mort en 1081. Sur l'iiivitalion de la reine Christine, il se fixa à St(ji'khulin (KiW à lO.ï.'i). Le style gracieux de ses poèmes latins lui fit donner le nom de Cv.'/Hc 'h: 1(1 ]lolli(ndv. HÉLAMYS s. m. [é-la-miss] (gr. hélns, ma- r.iis; mus, jut). Mamni. Genre de rongeurs, voisin des gerboises et dont on connaît deux espèces, Vhélwmys de Cuvicr Uiioolis Cuvieri)el yiivlamys pallipes (higolis ^lallipes), l'un et l'autre delà grosseur et de la couleur du lièvre, que ce genre représcnledans la faune du Pé- Heluiuvï uu Ouvici- ^L;igous Cuvieri). rou, du Chili et de l'Equateur; il y remplace aussi le lapin, avec, lequel il a été classé pai' quelques écrivains, particulièrement dans le JI/((»»('/ de Lesson,qui parait confondre le la- gotis avec le lagotiloiiiii!: et qui donne le pre- mier comme étant tepus msaccia de Ginelin. La fourrure de l'hélamys, plus longue et plus douce que celle du lapin, tombe aussitôt que l'animal est mort. * HÉLAS [é-lâss] (de l'interj. hé;cl de l'adj. las, lusse). Interieclion de plainte : hétas ! que deviKndrons-nuus! — i. m.: il fit de grands hélan. (Fam.) HELD£R(Le), port et ville fortifiée du nord delà Hollande (Pays-Bas), à fi'i l;il. N.-O. d'Amsterdam; 22,2âLhab. Le Heider, obscur village de pêcheurs, devint célèbre lorsque les Anglais s'en furent rendus mailres le 30 août 1799; onles chassa en octobre. (Voy. Alkmaar et Beugen.) Plus tard. Napoléon l" convertit celte place en une forteresse de premier ordre. .Ses batteries commandent l'entrée du Zuyderzee. Le Heider est protégé par des tligues dont l'une, longue de 9 kil. et large de i4 m., sert de roule aux charrettes. HELENA, ville de l'Arkansas (Etats-Unis), sur le Mississipi, à 12b kil. au-dessous de Memphis, 5,189 liab. (1,110 noirs). Le 4 juil- let 1803, les forces confédérées, au nombre d'environ 7,600 hommes commandés par le général Holmes, lirent une tentative inutile pour prendre la ville, occupée alors par les forces de l'Union au nombre de 4.000 hommes, sous les ordres du général Prenliss. HÉLEKA, capitale dn territoire du Mon- tana, au pied des jno.'ilagnes Rocheuses, à HEM 2;i kil. à ru. du Missouri ; 13,834 hah. (dont 011 Chinois). Riches mines de quartz auri- fère. HÉLÈNE (gr. i!/t'fi^ ; lat. Hetena), princesse grecque, célèbre par sa beauté; elle élail. d'après la Kablc, fille de Jupiter et de Léda, sœur de Clytenineslre, de Castor etde Pollux. Telle était sa beauté que, dès l'Age de lOans, elle fut enlevée par Thésée dans un temple de Diane. Reprise par ses frères, elle eut des prétendants de toutes les parties de la Grèce; elle choisit Ménélas auquel ('lie apporta en dot la couionne de Sparte. Enlevée de nou- veau par Paris, elle fui la cause de la guerre de Troie, épousa IJeiphobe, frère de son ravis- seur, après la mort de celui-ci. Elle se lit par- donner son adultère en livrant à la fureurdea Grecs son nouvel époux, dans la nuit même où Troie fut saccagée. Ménélas la ramena a .Sparle ; mais les enfants de ce roi la chassè- rciil, lorsqu'il fut mort; elle se réfug'ia à llli(]dcs, dont la reine lu lit étouller au bain, HÉLÈNE Saintei, mère de Constantin le Grand, nec en 247, morte vers 3ï7. Elle épousa Constance Chlore lorsqu'il n'était encore qu'officier des gardes prétoriennes, mais fut répudiée par lui lorsqu'il devint Cé- sar. Constance ayant reconnu dans son tes- tament, pour son unique héritier, Constan- tin, fils qu'il avait eu d'Hélène, celui-ci, en revêtant la pourpre (306) donna à sa mère le titre d'Augusta et conféra son nom à plusieurs villes. Devenue chrétienne, Hélène visita la Palestine (320) et y bâtit plusieurs églises; ce fut en jetant les fondements de l'une d'elles, celle du Saii.t-Sôpulcre,. qu'on décou- vrit les fragments do la vraie croix ; Hélène a été rangée au nombre des saintes de l'E- glise romaine. Fêle le 18 août. HÉLÈNE iSainte-) , ile appartenant à la Grandc-Bretagni', dans l'Atlantique méridio- nal, à environ 1,803 kil. à l'O. de l'Afriiiue et à 3,1)62 E. de l'Amérique du Sud: par \h^ .ï7' lai. S. et 8° 2' long. 0. ; 12,000 liab. Elle est enlourée de falaises escarpées ayant de 200 à 6S0 m. de haut et est traversée par une haute chaîne déroches calcaires; climat tem- péré et sain. Les variations thermoniétriques vont de 14° à 2'2'' C; latempérature moyenne annuelle est de 20°. Le sol pourrait être très productif; mais presque tous les articles né- cessaires à la nourriture et à l'habillement des habitants sont de provenance étrangère. Sainle-Hélène fut découverte le jour delà Sainte-Hélène (21 mai) 1502 par Juan de Nova Castilla, navigateur espagnol au service des Portugais. De lO.ïO à 1672, elle fut occu- pée alternativementpar les Hollandais et par les Anglais. Lieu d'exil de .Napoléon depuis le 16 ûct. 181o. elle fui témoin des soutirances et de lamortde cetempereur {6 mai 1S2I .En 18b8, le gouvernement français acheta la maison qu'il avait occupée à Longwood et la vallée où un modeste tombeau avait recou- vert ses restes jusqu'en 1840. (V. S.) * HÉLÉPOLE s. f. (gr. helein, prendre ; polis, ville). Aiitiq. Grande machine de guerre en forme détour, inventée par Démétriiis l'ulin!- cète pour le siège des villes, et dont les an- ciens firent quelquefois usage après lui. L'hé- lépole était armée d'énormes béliers. * ' HÉLER V. a. (angl. to hail, saluer). Mar. Appeler, faire un cri a la rencontre d'un na- vire, pour demander d'où il est, où il va, ou pour faire d'autres questions a l'équipage : héler un navire. — Absol. On hèle avec un PORTK-VOIX. HÉLI, juge et grand-prêtre des Hébreux, mort vers 1 IDO av. J.-C, à l'âge de 98 ans. Sa piété était exemplaire, mais sa faiblesse fut une source de calamités. En apprenant l'issue fatale d'une bataille contre les Philis- tins, dans laquelle ses deux fils avaient été tués et l'arche du Seigneur était tombée au HELI pouvoir do l'ennemi, lléli tomba de son siège, se brisa la tête; il avait été grand-prêtre pen- dant quarante ans. HÉLIADES. filles du Soleil et de Clymènc, et .sijMiis de l'haeloii ; ellesetaient au nombre de trois: Lampétie, Pliaétuse et Plio'bc. Telle fut leur douleur, à la mort de leur frère, que les dieux les métammphosèreiil en peupliers; leurs larmes devinriMit des grains d'ambre. • HÉLIANTHE s. m. (gr. hélios, soleil ; an- thos, llcur,. liut. Genre décomposées, auquel appartiennent le tournesol et le topinam- bour. HÉLIANTHE, ÉE adj. Qui ressemble ou qui se iap|iorlr a l'hélianthe. — s. ni. pi. Tribu de composées, ayant pour type le genre hé- lianthe. • HÉLIANTHÈME s. m. fgr. /i^Kos, soleil ; an- Ihi'iii'i, Ibni). Ilot. Genre de cistinées, voisin des cisles, et comprenant plusieurs espèces, dont cinq ou six se tronviMit dans les endroits secs, sablonneux et découverts des environs de Paris. L'hélianlhème ou ombelle (helianlhe- mum umbellatum) porte des fleurs blanches. L'hiHiimthe commun (helinnthum vulgare) et \' liOliantlie tathi} (helianthum guttalum) sont à tleiirs jaunes disposées en épis. HÉLIANTOÏDE adj. Qui ressemble à l'hé- liunlhe. • HÉLIAQUE adj. (gr. héliakos, solaire). Astron. >ii- dit dn lever et du coucher d'un astre. Le laver hélia'iue d'un astre est le rao- iiienl où on l'aperçoila l'horizon un peu avant le lever du soleil et son coucher hi'lmquf, le moment où il disparait peu après le coucher du soleil. — Phys. Spectbk héliaque, spectre coloré formé par la décomposition des rayons solaires. • HÉLIASTES s. m. pi. Antiq. grecque. Nom que portaient, à .Mhèncs, les membres ifim tribunal très nombreux, dont les assem- blées, tenues en plein air, commençaient au lever du soleil : le tribunal des héliiistes. ' HÉLICE s. f. (gr. hélix ; de heiissein, en- rouler). Geora. et Archit. Ligne tracée en forme de vis autoui' d'un cylindre : un esca- lier en hélice est composé de marches qui tour- nent avec une même inclinaison autour d'un pilier cylindrique. — Lorsqu'un point est as- sujetti a tourner autour d'un cylindre, tout en s'élevant d'une quantité donnée à chaque révolution, la courbe qu'il décrit s'appellehé- lice. — Anal. Partie externe de l'oreille. — Archit. Spirale qui entoure un axe central. Les petites volutes qui se trouvent sous les tleurs des chapiteaux corinthiens s'appellent hélices. — Electro-magnét. Spirale de til de 1er qui entoure le corps destiné à être magnétisé parle passage d'un courant électrique. — Conchyl. Se dit de certains coquillages uni- valves, contournés en spirale : le limaçon c-t une hélice. — Mar. Appareil de propulsion a palettes hélicoïdales entièrement submergées à l'arrière des navires: frégate à hélice. Les principaux avantages de l'hélice sont d'être un agent propulseur beaucoup plus puissant, que les roues à aubes, d'être moins pesante et moins embarrassante que cesdernières, d'être moins exposée aux chocs extérieurs et d'exi- ger moins d'énergie delà part de la machine a vapeur. Les courants produits par le mou- vement du navire frappent sur l'holice et lui donnent une force plus grande. D'ailleurs, lo^ machines à vapeur destinées à faire tourner les hélices sont plus légères que celles qui sontemployées pour les roues à aubes, leur action est plus uniforme sur le propulseur et sur l'eau, elles dépensent moins de vapeur pour le même effet, et par conséquent moins de combustible. Les hélices sont donc des appareils de propulsion aussi puissants qu'é- conomiques. 11 en existe des formes assez variées; elles se composent toujours d'un axe HELI horizonlal parallèle à la quille du bàliment, et portent, à leui- extrémité libre, en dehors du bateau, des ailes inclinées sur l'axe, à la manière des ailes d'un moulin à vent, ou des lames en spirales comme dans la vis d'Archi- mède. L'hélice de Sauvage se compose de deux segments hélicoïdaux formant chacun une demi-révolution autour de l'axe et incli- nés sur lui d'un angle d'environ in". — En août 1881, M. Govi a communiqué à l'Acadé- mie des sciences, une intéressante note sur une très ancienne application de l'hélice comme organe de propulsion. D'après lui, Léonard de Vinci avait songé à l'utiliser pour la locomotion aérienne ; il en avait même construit de petits modèles. Le même prin- cipe fut démontré par Hooke en t681 et de- puis parduQuet (1727), Hernouilli et plusieuis autres. Des brevets pour propulsem-s en héliLi; furent pris par Joseph Bramah en 1784, par VV. Lvttelton en 1794 et par Edward Shorlher eu (799; mais les tentatives de ces inven- teurs ne produisirent aucun résultat. C'est en '18.36 seulement que Francis Pettit Smith et le capitaine John Ericsson réussirent à appli- quer l'hélice à la propulsion des navires. {Vo.v. Bateau a vapeur. J HÉLICIEN, lENNE adj. Qui appartient à riiélice de l'oreille. HÉLICIN, INE adj. Qui est contourné en hélice. — Hélicine s. f. Pharra. Mucilage de limaçons. HÉLICOGRAPHE s. m. (gr. hélix, helikos, hé- lice; ijrapheiii, écrire). Instrument pour dé- crire des hélices. HÉLICOÏDAL, ALE, AUX adj. (gr. hélix, he- likos, lielice; cidos, aspect). Anat. Qui est en l'orme d'hélice : organe hélicoïdal. HELICOÏDE adj. Qui ressemble à une hé- lice ; courbe hèlicoide. — s. f. Géom. Surface déveluppuble dont l'hélice serait larête de rebroussement. — Conoïde engendré par un rayon du cylindre sur lequel est tracé l'hé- lice qui glisserait à la fois sur l'axe et sur la courbe. • HÉLICON s. m. Montagne de liéiitie, qui était consacrée à Apollon et aux Muscs, et dont les poètes emploient le nom dans cer- taines phrases figurées. Ainsi on dit : Il est AU .SOMMET DE LHÉLICOM, IL EST AU BAS DE l'hélicon , c'est un grand poète, c'est un mauvais poète. L'Hélicon(aujourd'huiZa9'i?'u), forme une chaîne de montagnes, entre la Pho- cide et la Bcotie; son sommet le plus élevé, appelé aujourd'hui Palco-Vuno, s'élève à 1,749 m. C'est là qu'Hésiode place le séjour des Muses. Tout auprès se trouve la fameuse fontaine d'Aganippe dont les eaux avaient la vertu de donner l'iiispiralion poétique, et, plus haut, la fuiUaiiie d'UippUv-i .:iie , que Pégase fit jaillir en frappant la terre de son pied. HÉLICOPTÈRE s. m.(gr. hélix, helikos, spi- rale; jiteroii, aile). Entom. Genre d'hémiptère- homo[itères fulgoriens, comprenant 4 ou ;• espèces européennes, a élytres larges, un peu opaques. — Aérostat. Appareil d'aviation qui se soutient, se meut et se dirige à l'aide d'hélices. Launuy et Bienvenu présentèrent a l'Académie, en 1784, un hélicoptère formé de deux hélices superposées, tournant en sens contraire par l'elfurt d'un arc de baleine qui agissait sur une mince tige, a la manière du drille sur le foret. L'hélicoptère de Penaud (1870) se compose de deux hélices superposées tournant en senscontraire et mises en mouve- ment par une lanière de caoutchouc tordu autour des tiges qui maintiennent les hélices. HÉLIER (Saint-), capitale de l'île de Jersey iMaurliL'), Mir la eôlo sud de cette Ile ; ;iS,ti:iO iiali. Vaslo iiort défendu par un luit cl par une citadelle. Ateliers de construclion de uaures; pêches d'huîtres et de poissons; H KM armements pour les pècljeries de Terre-Neuve. Climat doux. HÉLIGOLAND ou Helgoland (île des Saints), île de la mer du Nord, à 5'5 kil. au nord des emboncliures de l'Elbe et du Weser, cédée par l'Angleterre à l'Allemagne en 1890. par une convention snéciale. 2,274 hab. Elle a environ I kil. 1/2 de long du N. au S. et! kil. de largeur, de l'E. à l'O. La mer la ronce continuellement. Deux bons ports. La partie la plus élevée à l'O. est a 70 m. au-dessus du HELI 247 gabale avec enthousiasme et le déclara em- pereur sous le nom de Marcus-Aurelius-An- tonius (218). Il établit le culte impudique du dieu du soleil à Rome, et se livra aux plaisirs les plus dissolus, mais rien ne pouvait satis- faire ses passions. Ses cruautés étaient aussi fantastiques que ses folies. La patience du peuple et des soldats étant épuisée, les préto- riens se mutinèrent, le tuèrent avec sa mère et jetèrent leurs corps dans le Tibre. HÉLIOGRAPHE s. m. (gr. hêlios , soleil; niveau de la mer. Saint Wilbrord . qui y prêcha le christianisme au commencement du viu<: siècle, donna à l'ile son nom actuel. Elle fut enlevée aux Danois par les Anglais en 1807 et elle fut formellement cédée à la Grande-Bretagne, par le traité de Kiel (14 janv. 1817). Les habitants descendent des Frisons et sont pour la plupart pêcheurs et pilotes. Il y a quelques arbres et deux ou trois sources, mais presque toute la population fait usage d'eau de pluie. Station balnéaire à la mode. — Combat naval d'Héligolan, le 9 mai 1864, entre les Danois, et les force austro- allemandes. Les Allemands furent complète- ment vaincus. * HÉLIOCENTRIQUE adj. (gr. hélios, soleil; hentroii, centre). .^slI■on. Se dit du lieu où pa- raîtrait une planète, si elle était vue du soleil, c'est-à-dire, si l'œil de l'observateur était au centre du soleil : la latitude, la longitude hé- liocentrique d'une 'planète. HÉLIOCHROMIE s. f. [-kro-mî] (gr. hêlios, soleil; ehrùiita, couleur). Procédé photogra- phique au moyen duquel on obtient la colo- ration propre des objets. Les piemiers essais de cette invention remontent à M. Becquerel (1848). Depuis, ISiepce de Saint-Victor et L. Vidal ont obtenu, par elle, de beaux ré- sultats ; mais ce n'est guère que do])uis 1S77 que, grâce aux recherches et aux succès de M. Ducros de Hauvon, un pas immense a été fait. HÉLIOCOMÈTE s. f. (gr. hêlios, soleil ; franc. comète). Aslrun . Phénomène que présente quelquefois le soleil à son coucher, et qui consiste en une bande lumineuse que l'on a comparée à la queue d'une comète. HÉLIODORE, célèbre romancier et évèqiie de Tricca en Thessalie ; vivait au iv° siècle a p. J.-C. Il reste de lui un roman écrit en grec, et dans lequel il raconte les amours et les aventures de Thcagène et de Chariclt'e; son style est simple et élégant. Ce roman a été traduit' en français par Amyot (1549), HÉLIOGABALE ou Elagabale (Varius-Avitus- Bastianusi, empereur romain, cousin de (Ja- racalla, né à Emèse (Syrie), vers '205 up. J.-C, mort en "2i'i. De bonne heure il fut con- sacre au culte d'Ilelagabal, dieu du soleil en Syrie, et prit le nom de cette divinité. Sa grand'mère répandit le bruit qu'il était le fruit d'une intrigue entre sa lille et Caracaila. Ce dernier étant mort assassiné, l'armée, dé- goûtée de l'avarice et de la discipline sévère de Macrinus, souverain légitime, reçut Hélio- graphein, écrire). Celui qui travaille à la des- cription du soleil . — Celui qui s'occupe d'hélioïï-raphie. (V. S.) • HÈLIOGRAPHIE s. f. Description du soleif. — Arl de fixer l'image lumineuse de la chambre noire. — Art de graver par l'effet des rayons solaires. (Voy. PHoiocnApaiE.) * HÉLIOGRAPHIQUE adj. Qui se rapporte à l'héliographie. Se dit d'une sorte de gravure où l'on s'aide des procédés de la photo- graphie. HÉLIOGRAVURE s. f. Application de la pho- togra[)hie a la gravure sur métal. (Voy. Pbo- TOGRAPHIE.) HÉLIOMÉTRE s. m. (gr. hêlios, soleW-.inctron, mesure!. In.-lruraent servant à mesurer le diamètre du soleil ou tout autre petit arc dans le ciel. — L'héliomètre fut inventé par l'hydrographe Pierre Bouguer, pour mesurer de petits angles avec une grande précision. Bessel l'employa pour déterminer la distance presque incommensurable d'une étoile fixe à la terre. HÉLIOPLASTIE s. f. (gr. hêlios, soleil ; plas- scin, former). Procédé de gravure photogra- phique au moyen duquel on obtient des planches gravées en creux ou en relief. L'hé- iioplastie a été inventée en 1835, par Poitevin. HÉLIOPOLIS (g. hêlios, soleil et polis, ville ; appelée en vieil égyptien On ou An et Ha-Ra, en hébreu Bethshcmcsh), l'une "des plus an- ciennes villes de l'Egypte, sur les bords du Ml, à environ t2kil. N.-E. du Caircmodernc. Depuis l'époque la plus reculée, elle était re- nommée par ses temples et ses prêtres. Elle était le siège principal du culte du soleil et du taureau sacré Mnevis. Ses prêtres étaient les plus savants de la terre et l'office de grand- prêtre était héréditaire. Les étrangers qui désiraient étudier les sciences égyptiennes s'adressaient aux prêtres d'Héliopolis. Solon, Thaïes, Eudoxe et Platon s'instruisirent à leur école. Héliopolis avait beaucoup décliné dès l'invasion de Canibyse (.ï2;> av. J.-C.) et elle était en ruines quand Strabon la visita l'an 24 avant notre ère. C'est sur son emplacement que Kléber, à la tête de 6,000 Français, rem- porta une victoire sur les Turcs, au nombre de 70,000, le 20 mars 1800. (Pour Héliopolis, en Syrie, voy. Baaluek.) HÉLIOPOLITAIN, AINE s. et adj. d'Hélio- polis; qui appartient a cette ville ou à ses lialiitants. HÊLIOS, le soleil et le dieu du soleil, fils 2 '(8 UEU HRLL fi'IIypcnoii ri Hc TIksi f>l frtrc do Sficné (In Lunp) ot dEus (rAuroïc). Il doiiii;iit l.i lu- mière aux (houx et .iiix hommes. Plus lard, on le confondit avec Apollon, bien quii, dans l'o- ri?iiie, ils fussent tout à fait distincts. Des temples d'Ilélios existaient en Grèce à une cpor|uc très reculée et ensuite son culte fut établi à Corinllic, à Aifros, à Rhodes et en dillérentcs autres villes. Ilélios était généra- ienienl représenté comme conduisant un char attelé de ipiatrc chevaux. ' HÉLIOSCOPE s. m. (frr. hHios, soleil; skopeo, j'examine). Aslron. Lunette destinée à refiarder le soleil, et frarnie à cet eli'et d'un verre coloré d'une leintesomhre.pourall'aiblir la trop prrandc vivacité de la lumière trans- mise. L'hélioscopc fut inventé par Christophe Scheincr on l62o. — Instrument à l'aide du- quel on (icut dirijier l'image du soleil dans une chambre obscure. HÉLIOSTAT s. m. (gr. hdios, soleil : lat. itair. nstcr immobile). Lunette qu'un méca- nisme partie u lier ramé ne cou sla m me ni dans la direction du soleil. L'hélioslat fut inventé par Gravesande il y a environ loO ans; il consiste en un très petit miroir qui tourne au moyen d'un mouvomenl dans la roule suivie par le soleil, et qui en réfléchit les rayons dans une certaine direclion. Un héliostat perfectionné fut construit en lS6'2,parFoucauldet Duboscq. nÈLo HELL III' en i; lossa les nialli depuis 17.';0, dirigea l'observaloiie de Vienne ri's- _Maximilienl. a>ln.nome hongrois.; 'HELLIN [•hèl'-llnn]. vill.. de Murcie 20. m,Mteiil7fl2.|i.-|.,it lésuite.pio-lpagi.ù), a .'lO kil. S.-K. d'Albacéle «ur une matiqiies u Klaussenburg et, | pcnledes monts de .Segura, près de .Mumiu ; popul. : y. 043 hab. Commerce du soufri' 1-, ,,-,.,, -1 r, - -. ^..^ ^ ,,u|,ui. . j.'jto lia». «..uiiiMiurce au soulre 1.11 1 .ii.i. H lit un vovagc en Laponie pour y provenant des mines célèbres qui se trouvent observer le passage de Venus sur le disque a 18 kil. de la ville. Krmilage à\ San Rosario du soleil et étudier la position du pAle ma- et source^ d'Azaraque gnetique. On a de lui une série d'EiMméiidci (S.'i vol., I7;i7-'9I in-8»). 'HELIOTROPE s. m. (gr. hélios, soleil; Irojti'ij. je lonrni'j. Bot. Genre de borraginées qui contient une cinquantaine d'espèces : les plus connues sont l'IliiLPOTiiuPE m; PÉnou, fort recherché à cause de l'odeur suave de ses fleurs, qui lui a fait donner aussi le nom de Vanille par les jardiniers; et I'IIéliotrope D'EunorK , appelé vul;^airemcnl Hcrhe aux verrues, parce qu'on lui a longtemps attribué la propriété de faire tomber ces sortes HELLADE (;.'r. IlcUas), nom donné, dans l'o- riLinc, a une ville et à une contrée de l.i Thes- salie appelée précédemmenl Phliotide. Dans la suite, ce nom servit à désigner toute la Grèce avec ses colonies et ses Iles. * HELLANODICES ou Hellanodiques s. m. pi. [cl-la-no-(li-s.j (gr. HelUn, Grec; dihé. pifie- ment). Anliq. ^-r. Officiers qui présidaient aux jeux Olympiques. BELLE, dans les légendes grecques, fille d Athamas, roi de Thèbes, et de la reine Né- phélé. Comme elle était sur le point d'être sacrifiée avec son frère Phrisus, Jupiter en- voya le bélier à la toison d'or qui enleva les deux enfants dans les airs. Hellé lomba dans la mer et do.".iia son nom à l'Hellespont. • HELLÉBORE Héliotrope^ d'excroissances. — Les héliotropes se repro- duisent par les boutures des jeunes pousses et portent des (leurs dès la première année. Pline et Dioscoride ayant affirmé que les fleurs de ces plantes tournent en même temps que le soleil, on les nomma héliotropes. —Se dit aussi de quelques plantes dont la fleur suit le cours du soleil , comme le tournesol. (Voy. Tournesol). — S'emploie également comme adjectif dans le sens qui précède ; plantes héliotropes. — Pierre précieuse qui est une espèce de jaspe. — iv Phys. Instru- ment propre à renvoyer les raj-ons solaires à de grandes distances et servant à faire des signaux dans les opérations géodésiques. HÈLIOTYPIE s. f. Reproduction pboto-tvpo- graphiquo. (V. S.) * HELIX s. m. [é-likss] (gr. hélix, hélice). Anat. Le grand bord, Je tour de l'oreille e.\- leriio : la rainure de l'hctix. m. Voy.ELLÉBOHic. * HJIILLÉBORINE s. f. Voy. EM.ÉBoni.VE. HELLEN. chef de l'une des grandes tribus giciqucs primitives, fils de Deucalion et de Pyrrha; il ivgna sur la Phtiotide et donna son nom à ses sujets et, plus tard, aux divers peuples de la Grèce. HELLÈNE s. et adj. (èl-lè-nej. Qui est de rilcllade; qui appartient à ce pavs ou à ses habitants. — s. m. pi. Descendants d'IIellen, roi de Phliolide vers 1000 av. J.-C. Les Hel- lènes chassèrent les Pclasgcs du pavs où ils se fixèrent et qui devint l'ilellade (xv'- siècle av. J.-C). Ils se divisèrent en Doriens, Eolicns, Ioniens et Acliuïens. Le roi actuel de (ircce' reçoit officiellementle nom à&roides Hellènes. (Voy. GiiÈCE.) • HELLÉNIQUE adj. Antiq. gr. Qui appar- tient à la Grèce. Confédération Kellcniqiie, con- fédération des diUérentes ciiés grecques qui avaient droit d'aniphiclyonie. — Se dit quel- quefois de la langue grecque ancienne, par opposition à la langue grecque moderne. La hmijue hellénique. Dans le même sens, Tour, construction hellénique. — La religion hellé- nigue, la religion des anciens Grecs. 'HELLENISME s. m. Tour, expression, ma- nière dep.irler empruntée du grec, ou qui tient au génie de celte langue : les Grées faisaient des héllénismes en parlant latin, comme nous faisons souvent des gallicismes en parlant une autre langue que la nôtre. — Se dit aussi des idées et des mœurs de la (irèce antique : Alexandre porta l'hellénisme jusqu'aux Indes. ■ HELLENISTE s. m. Nom qui, chez les an- ciens, désignait en même temps les Juifs d'.\- lexandrie, les Juifs qui parlaient la langue des Septante, les Juifs qui s'accommodaient aux usages des Grecs, et les Grecs qui embrassaient le judaïsme. — Parmi nous, liiudit versé dans la langue grecque : un savant helléniste. HELLÉNISTIQUE adj. Philol. Qui appartient au dialecte deshéllénistes, au grec alexandrin et particulièrement à celui des Septante. Le dialecte hellénistique est fortement teinté de macédonien, de phénicien et d'égyptien. HELLESPONT (gr. 'Ellv,trro-JTO'„ mer de Hellé). Géugr. anc. Canal étroit (aujourd'hui Dardanelles) reliant la mer Egée avec la Pro- poutide (mer de Marmara). Les bords de l'Hellespont étaient célèbres dans l'antiquité comme scène des amours de Léandrc avec Héro. LéanJie se noya en traversant l'IIoiles- ponl à la nage (.environ 1,000 m.); lord Byron et le lieutenant anglais Ekenhe;id le traver- sèi'ciil sans accident", le 3 mai 4S!û. 'HELMERS Jean Frederik), poète hollan- dais, ne in I7ii7, mort en ISI,'). Son princiiial ouvrage est un poème national De Holtandsehe natie (La nation hollandaise, 1812); traduction franc, de A Clavereau (1825). • HELMINTHE (gr. helmins, hclminlhos, vers). s. m. Zool. iNom donné aux vers intesti- naux. HELMONT I. (Jean-Baptista van), chimiste et médecin fiamand, né a llruxelles en ld77 mort en 16(i4. Doué de bnllaiites facultés, iî se livra tout d'atiord à la médecine qu'il pro- fessa pendant deux ans à Louvain.Son amour passionné pour le merveilleux le fit bien vite quitter sa profession pour se jeter dans la science hermétique dont il défendit les erreurs cl qui l'amena a chercher la vérité dans la révélation des visions et des songes. Van llel- mont tient à la fois de l'illuminé et du savant, mais avant tout, il fut honnête et convaincu. Le premier, il proposa l'emploi de la balancé en chimie, il eut la gloire de révéler l'exis- tence des fiuides élastiques aériformes et de leurdonnerlenomde gaz; il découvrit l'acide carbonique, l'hydrogène sulfuré, prépara l'acide chlorhydrique et reconnut la présence dans l'estomac du suc gastrique. Ainsi que Paracelse, c'estdans cet organe qu'il plaçait le siège de l'àme où les esprits, appelés par lui art/i&s. fermententpour travailler à l'éclosion de la vie nouvelle et nous mettre en rapport avec le monde intellectuel. Les œuvres com- plètes de van Helmont ont été publiées sous ce titre: Orlus medicinx (Amsterdam, 1648, iii-4"i, et traduites en plusieurs langues. — 11. (Mercure), fils du précédent, né en 1618, mort en Iti'i'J, fut chimiste comme son père; il crut posséder la pierre philosophale et la panacée universelle et avoir retrouvé la langue que l'on parlait avant la corruption sociale. 11 a laissé Principia philosophix anti- quissimx et reccntissimœ (Amsterdam, 1690). . ' HELMSTEDT ou 'Helmstaedt 'hclm'-stètt], ville de IJinnswiek fAllemntrnei, à 40 kil. E de la ville de Brunswick; H,SjO h. L'uniier- sitéfondéeen l.ï7y,futfermée en l»09. Manu- factures de tlanelle, de chapeaux, de savon, de vinaigre et de liqueurs. HELMUND ou Helmend, fleuve de l'Afïrha- nislan, qui prend sa source dans les mon- tagnes de l'Hindoukouch k i'-i kil. 0. de Ca- boul et aplusde 3,300 m. au-dessusdu niveau de la mer. Il coule au S.-O. sur une longueur de .S.jOkil. etsejelte, par plusieurs bras, dans le la.- Hanioon ou Zurrah. HELOISE [é-lo-i-ze], abhesse du Paraclel, née a Pans en HOI, morte le 16 mai 1164. Vers 11-16, Fulbert, son oncle, chanoine de Noire-Dame de Paris, inviia l'ierie Abélard a finir son éducation. Le professeur et l'élève s'éprirent d'amour l'un pour l'autre, et Abé- lard fut obligé de cacher leur faute en con- duisant sa pupille chez un de ses parents en Bretagne, où elle eut un fils. (Voy. Ahélard.J Il épousa Hélo'i'se pour apaiser Fulbert; mais, afin de ne pas nuire à l'avenir ecclésiastique d'Abélard, Héloise tint ce mariage secret. Elle fut forcée de fuir son oncle exaspéré. Abélard la plaça au couvent d'Argenteull dont ellede- vint abbesse; elle y resta neuf ou dix ans, et fut renvoyée avec ses nonnes, et Abélard lui donna le Paraclet (Champagne). Elle n'eut plus qu'une entrevue personnelle avec Abé- lard, mais ils entretinrent une correspon- dance qui dura plusieurs années. Après la mort d'Abélard (114^), Héloise se consacra à l'agrandissement et à la discipline de son iif.lv couvcnl. Ses restes repûsetit, depuis IS17, avec ceux d'Abélard dans le cimetière du Père- Lacliaise, à Paris. Les lettres d'Héloise et d'A- bélard ont été publiées plusieurs fois. (Voy. Abéurd.) HÉLOS, ville de l'ancienne Grèce, en La- conie, près de l'EuroLas et de la mer. Elle fut prise par les Doriens après une résistance obs- tinée, et ses habitants, réduits à l'esclavage, devinrent les Ilotes. Hélos est aujourd'hui Tzyll. ' HELPS (siii Arthur), auteur anglais, né vei-^ 1SI7. niiirt en ISTcl. Il devint secrétaire du conseilprivé, en 18o9, elfut créé chevalier en 1S72. Ses principau.'c ouvrages sont .• Friends in Council, u Sciies of Readings and Discoiines Ihcreon (deux séries) ; Companions of my solitude; Tlic Spanish Conquest in Ame- rica, (3 vol.), dans laquelle il raconte l'oi'igine et l'extension de l'esclavai-'e des nègres; heal- mah; The Life ofl'izarro; Conversations on War and (jeneral Culture; Life of Cartes; Thoughts upon Govcrnement; Ûulita tlie serf, tragédie, et han de Biron, or thc Russian Court in the Middle of tlic last century. 'HELSINBORG, ville de Siiède.surle Sound, vis-il-vl^ d'Llsinore, a 51J kil. IN.-N.-O. de Malmœ;2'J,0U0 hab. Plusieurs batailles ont été livrrc> pré-i de cette ville. HELSINGFORS, ville forte de Russie et ch.-l. du grand-duché de Finlande, sur le golfe de ce nom, à 280 kil. iN.-O. de Saint- Pétersbourg; 67,uU0 hab. Elle lut cédée par la Suède à la Russie en 1809; et aujourd'hui, devenue la station habituelle d'une des es- cadres russes, elle est protégée par une ligne de défenses, formée de huit petites iles, et connue sous le nom de forteresse de Svea- borg. Beau port; université qui compte plus de oOO étudiants; commerce de grains, de fer, de poisson et de bois de construction. HELSINGŒR. Voy. Elseneur. HELST (Bartholomeus van der), peintre hollandais, ne à Harlem en IG 13, mort en Ki^O. Portraitiste des plu.shabiles, il se distingue pai la clarté, l'éclat et la vivacité de sa couleur. Son chef-d'œuvre, que l'on admire à l'hôtel de ville d'Amsterdam, représenteSO personnages de grandeur naturelle qui célèbrent, dans un festin, la paix de Munster. HELVELLE s. f. (lat. helvellx, petits lé- gumes). Bot. Genre de champignons à pédi- cules épais, listuleux, à chapeau ondulé, a lobes très irrégnliers^ HEL'VELLE, EE adj. Qui se rapporte aux helvelles. HEL'VELLYN, montagne du Cutnberland (Angleterre), entre Keswick et Ambleside. Son sommet esta 1,020 mètres au-dessus du niveau de la mer. HELVÈTES, brave et puissant peuple cel- tique, qui, dans les temps historiques, occu- pait le pays compris entre le Rhin, le lac de Constance, le Rhûne, le lac de Genève et le Jura. Les Helvètes étaient ainsi limités par le,s Sequanes à l'O., les Nantuatcset les Le- poiitii de la Gaule cisalpine au S., les \\\\wM à l'E,, et par les iiatimis allemandes au delà du Hhiii. Leur pays, appelé Ager llelvetionm (et jamais llelvetia}, correspondait à la ()artic ouest de la Suisse moderne. Us afiparaissent pour la première fois dans l'histoire vers la lin du 11" siècle av. J.-C, lors de l'invasion de l'Italie par les Gimbres, auxi(uels ils se joignii eut. Pendant le premier triumvirat, ils envahirent la Gaule sous le commandemenl d'Orgétorix, un de leurs chefs, mais Ci'sarles mit complètement on déroute sur les bords de la Saône, à Hibracle; de nombreuses colo- nies romaines furent peu à pou implantées sur leur territoire et les Hidvètes ne lardèrent pas à adopter graduellement les coutiiines et 232 DELV le langage de leurs vainqueurs. Ayant refusé de reconnaître Vitellius commeempereui', ils furent rigoureusement punis (70 ap. J.-C), et à partir de cette époque, ils disparurent du nombre des peuples. Les Helvètes, d'après Stralion, faisaient parlie de la Gallia Lug- dunensis et, d'après Pline, de la Gattia liel- gîca. HEL'VETIE [èl-vè-si]. .ancienne province de la Gaule lyonnaise, comprise entre le Jura M'O., le Rhône et les Alpes au S., le Rhin à l'E. et au N. L'Helvétie comprenait quatre grandes peuplades : les Ambrons, lesTigurins, les llr- bigènes et les Tugènes. Taillées en pièces par César sur les bords de la Saône, ces peuplades perdirent leur nom et leur nationalité. Le territoire de l'Helvétie correspondait à peu prés à celui occupe de nos jours par la Suisse. HELVÉTIEN, lENNE s. et adj. [èl-vè-si-ain]. Qui est de l'HeheLie: qui appartient àce pays ou ù ses haliitanls. •HELVÉTIQUE adj Qui appartient à la na- tion suisse : corps helvétique. — Hiîpl'blique HELVÉTIQUE. (Voy. SuiSSE-) HELVÉTISME s. m. Tour, façon de parler pru|)ie aux habitants de la .Suisse. HELVÉTIUS I. [èl-vè-si-uss] (Adrien), mé- decin hollandais dont le vrai nom est Sehwcitzer, né vers 1601, mort en 1727; il découvrit la vertu de l'ipécacuana contre la dyssenterie et l'appliqua avecsuccès. LouisXlV l'appela à sa cour et le combla d'honneurs. — II. (Jean-Claude-Adrieni, fils du précédent et médecin comme lui, né à Paris en 1683, mort en ITo.S ; il eut la réputation d'un grand praticien et guérit Louis XV enfant d'une grave maladie. — 111. (Claude-Adrien), phi- losophe français, Ois du précédent, né à Paris en 171.";, mort en 1771. Son père, qui était médecin de la reine, lui fit obtenir de bonne heure une place de fermier général qu'il ré- signa bientôt afin de se livrer tout entier à la philosophie. Observateur profond, il re- cueillit toutes les discussions de son temps et les résuma dans un livre qui, en métaphv- sique, proclamait hautement le matérialisme et, en morale, l'égoïsme le plus absolu; il fai- sait de l'intérêt bien entendu la base de la vertu et ne reconnaissait d'autre différence entre l'homme et la brute que la conformation des organes. Ce livre, qui avait pour titre De l'Esprit, fit scandale; la Sorbonne et l'EglLse le condamnèrent, et il fut ))rùlé de la main du bourreau; mais l'Angleterre et rAllemagne l'admirèrent et Helvétius put jouir de sa cé- lébrité à la cour de Frédéric II qui avait pour le philosophe la plus profonde estime. Malgré ses doctrines égoïstes, Helvétius était un des hommes les plus honnêtes et les plus bienfai- sants de son siècle; son style est d'une grande correction, mais la trivialité s'y mêle trop sou- vent à la recherche et à l'élégance. La meil- leure édition de ses Œuvi'eaest celle deUidot (I7y0, 14 vol. in-18). Ony remarque un poème du Ronheur, en 0 chants 11772), un Traité de l'homme, de ses fandtis intellectuelles et de son éduridion (1772). — .M""-' Helvétius, née de LigniviUe, en 1710, mnrte en 1800, se retira à Auteui! après la mort de son mari, dans une maison qui fut l'asile des philosophes et qu'elle légua à Cabanis. HELVIENS [Helui), peuple do la Gaule, entre le Rhône et le mont Cebenna qui les sépa- rait dos Arvernes. Les Helviens furent pen- dant longtemps sujets de Marseille, mais en- suite ils appartinrent à la province de Gallia Narbonensis. Cap. Alba Helviorum (auj. Aups). ' HELVOETSLUIS [hèl'-vout-slo'is.s], ville très forte dco Pays-Bas, dan; la Iloll;,:ide méridio- nale, sur l'ile do Voorne, à 10 kil. S. de la Brille; i,2'J0 hab. De; millieis de navires entrent dans son purl anmicllemeiit, en se IlEMA 249 rendant a .\nis!erdam ou en revenant de cette ville par le canal de Voorne. HÉLYOT (Pierre), historien, né à Paris en 1fi(iO, mort en 171 6. C'était un. moine francis- cain connu seulement par son Histoire des différents ordres religieux ( 1714-'! 9, 21 vol. 10-4°). Il fut assisté dans ce travail par Anquelil, Hardouin et antres savants; ses vo- lumes posthumes furent publiés par Maximi- MienBullot. HEM ['hèmm]. Interjection dont on se sert pour appeler : hem, hem, venez çà. Là! là ! hem/ hem!... écoute avec 5oin. je te prie. MoLiÉnE. HÉMADROMÈTRE s. m. (t'r. haimn. sang; dromos, course; rnetron, mesure). Instrnmenî qui sert à mesurer la rapidité du sang dans l'appareil cii'ciilatoire. HÉMADYNAMIQUE adj. (gr. haima, sang; franc, dynamique). Théorie mécanique de la circulation du san?. HÉMAL adj. (gr. haima, .sang). Anat. Qui a rapport au sang : système hémul. HEMANS (Felicia-Dorothea Browne . »n/.v- tress], poétesse anglaise, née en 1794, morlc en I83.S. Elle passa sa jeunesse dans le pavs de Galles. Un volume de ses poésies parut on 1808, un autre en 1812. Cette même année, elle épousa le capitaine Hemans, dont elle se sépara en 1818. Elle publia Taies and His- torié Scènes, Modem Greece, Dartmoor, The Skeptic; et The Vespers of Pnlermo, pièce qui tomba à Londres, mais qui fut bien accueillie à Edimbourg. En 1839 parut la première édi- tion complète de ses poèmes, avec un mé- moire (le sa sœur (7 vol.). HÉMATÉMÈSE s. f. (gr. haima, sang ; emeô, je vomis). Pathol. Vomissement de sang épanché dans l'eslomac. Avant l'âge de 40 ans l'hématémèse peut se produire sans que l'es- tomac ait la moindre lésion ; mais, après cet âge, elle a presque toujours pour origine une ulcération et dénote ou la présence d'un cancer ou une altération grave de l'estomac. — Les symptômes do cette maladie sont : des nausées et des vomissements sans toux d'un sang ordinairement foncé, noirâtre, souvent mélangé avec des substancesalimentaires. Ces vomissements, parfois considérables, sont souvent suivis de syncope et de sueurs froides. Il ne faut pas confondre l'hématémèse avec l'hémoptysie; dans celle-ci, le sang vient des poumons; il est d'un rouge vif et rendu avec une petite toux sèche; dans l'hémalé- inèse, il est plus foncé, presque noirâtre et décomposé, avec l'aspect de marc de café. Le traitement de l'hématémèse consiste à placer sans cesse des compresses glacées sur l'estomac et à donner des fragments de glace et quelques gouttes (S à 101 de perchlorure de fer par verre d'eau froide, trois fois [ ar jour. HÉMATÉMÉTIQUE adj. Qui a rapport à riiématémèsc. HÉMATEUX . EUSE adj. (gr. haima, hai- mutos, sang). Pathul. Se dit de certaines ma- ladies des vaisseaux sanguins de la peau : dermatose hémntense. HÉMATHROSE s. f. (gr. haima, haimalos, sang; rhcô, je coule). Palhol. Epanchemenl sanguin hors des vaisseaux. HÉMATIDROSE s. f. (gr. haima, haimalos, sang; idros, sueur). Patliol. Sueur de sang. HÉMATIE s. L [é-ma-li]. .Nom donné aux glubulcs rouges du sang, par opposition 'à leu- cocyte, nom des globules blancs. On dit aussi HÉVI.MINE. HÉMATINE s. f. Synon. d'HÉM.\TiE. HÉMATIQUE adj. ; gr. /i- roiiLTOs. HÉMATOCAUSIE s. f. (a-r. hiim'i, hiimnlos, sang; lutusis, combustion). Mid. Combustion, oxydation du sang dans l'organisme. * HÉMATOCÉLE s. f. (gr. haima, huimatos, sang; A(/t\ tumeur). Chir. Tumeur formée pur un épanchenienl plus ou moins considé- rable de sang danslune des tuniques du tes- ticule, entre les éléments du cordon sperma- tique, dans la tuniqne vaginale ou dans quel- que autre partie de cette région. On la traite par le repos, les applications froides, les ré- solutifs (eau de Saturne) el par une compres- sion i.'railui'e. HÉMATOCRISTALLINE s. f. .Matière cris- tallme niuscàtre, dei-ouverlc dans le sang. HÉMATODE adj. (gi-. haiinnlO'Us. de sang). Pallinl. (jiii osl de l'a nature du sang; qui est pindiiil |i:ir le sang. HEMATOGRAPHIE s. f. (gr. haima, sang ; rjr-iiiiiranie. * HÉMICYCLE s. ni. (préf. A«?mt ; gr. kuklos, cerclt ). r)':nii-cercle. — Se dit principalement d'un lieu ibrmé en amphithéâtre, pour un. assemblée d'auditeurs et de spectateurs. HÉMIDACTYLE s. m. (préf. A<'mi, gr. daktu- los, doiitj. lirpét. Genre de sauriens delà famille des geckos (voy. (iscKo). etcaractérisés parmi disqueovale, placé à la base des doigts, et du milieu duquel s'élève la deuxième pha- lange. HÉMIDITON s. m. Mus. anc. Diton moin- un iliiMi-li)ii ou tierce mineure. HÉMIÉDRE adj. Miner. Qui possède l'hérpie drie. HÉMIÉDRIE s. f. (gr. edra, surface). Miner. Syiiiéirie caractérisée par l'identité physique de la moitié des parties des cristaux, qui sont géométiiquement éj:ales. HÉMIGALE s. f. (préf. hémi; çr. gale, chat). Mamm, Genre de carnassiers, voisin des L'enet- w ^ Hémigale. les Indes dœufs, de tes, et dont l'espèce type habite orientales. L'béniigale se nourrit petits oiseaux et de mammifères. HÉMILABIAL, ALE, AUX adj. Anal. Qui embrasse la moitié des lèvres. * HÉMINE s. f. (lat. hemina; gr. hémina, de hémi, demi, parce que celle mesure était la HEMl HEMO HEMO 231 moitié de Vektens ou setier). Antiq.MesurR dn capacité chez les Romains, évaluée à un peu plus d'un quart de litre, HÉMIONE s. f. (préf. hémi; gr. onoft. âne). Solipède qui tient le milieu entre le cheval et l'âne, et qui vit par nombreux troupeaux sur les plateaux de la haute Asie. (Voy. Dzigge- TAl.) HÉMIOPIE s. f. (préf. hémi; gr. o/is, vue). Pathol. iNévrose delà rétine, dans laquelle le malade ne voit que la moitié des objets, ou les aperçoit sous une forme irréguliére. L'hé- miopie est liée à l'hypocondrie, a l'hystérie, à une paralysie partielle de la rétine, à un commencement do calaracte, etc. • HÉMIPLÉGIE ou Hémiplexie s. f. ('préf. hémi; gr. ptessein, frapper). Méd. Paralysie de la moitié latérale du corps. (Voy. Paralysie.) — Hémiplégie faciale, paralysie de la moitié de la face. HÉMIPLÉGIE, ÉE adj. Pathol. Frappé d'hé- miplégie. HÉMIPLÉGIQUE adj. Pathol. Qui a rapport à l'hémiplégie; qui est frappé d'hémiplégie. HÉMIPPE s. m. (préf. hémi; gr. hippos, i^hevalj. iMamm. Solipède intermédiaire entre le cheval et l'hémione. Les hémippes vivent en troupes nombreuses dans les déserts de Syrie, entre Palmyre et Bagdad. * HÉMIPTÈRES s. et adj. m. pi. (préf. hémi, gr. pleron, aile). Entom. Ordre d'insectes qui comprend tous ceux dont la bouche est en suçoir, et dont les élytres sont en partie co- riaces et en partie membraneux : ta cigale, la cochenille, sont des insectes hémiptères. — Se dit aussi d'animaux dont les ailes ou les na- geoires sont courtes, ou qui ont quelque partie du corps chargée d'une petite aile. — Kncycl. Les hémiptères sont caractérisés par 4 ailes, dont les deux supérieures sont en forme d'étui crustacé, avec l'extrémité mem- braneuse, ousont semblables aux inférieures, mais plus fortes et plus grandes; ces ailes, sillonhées d'un grand nombre de nervures, semblent être moitié élytres et moitié ailes, d'où le nom deshéraiplères. Quelques espèces sont dépourvues d'ailes (punaises des lits, etc). Les insectes suceurs qui composent cet ordre n'ayant ni mandibules, ni mâchoires propre- ment dites, possèdent un bec corné qui con- tient dans saiiainetroissoiesdélicales, aiguës, écailleuses et roides quileurservent de suçoir. Les hémiptères subissefit une transformation partielle, leurs larves et leurs chrysalides ressemblent aux adultes, sauf par l'absence d'ailes et par leur petite taille. L'ordre des héniiplères a été divisé par Ciivier en deux grandessections, savoir: {"HÉTÉitoptÈiucs, com- prenant les familles des jéocomes ou punaises terrestres et des hydrocorises oU punaise.- d'eau; 2" HomoptilUks, divisés en trois familles cicadaires (cigales, fulgores, cicadelles) ; apiddiens (psylles, trips, pucerons) ;(/aW«îsec(es (cochenilles). ' HÉMISPHÈRES, m. (préf. ftéml;pr. sphaira, sphère). Moitié d'une sphère. Se dit principa- lement des deux parties de la lerre, séparées par le plan de l'équateur : dans notre hémis- phère boréal, la tempête tourne de droite dyau- che ; dans l'hémisphère austral, elle tourne de. gauche à droite (Michelet). — Anat. Les hémis- puEitEs DU CERVEAU, les deux moitiés, du cer- veau. — Phys. HÉMISPHÈRES DE Macdebouiki, boule creuse et coupée en deux moitiés, dans laquelle on fait le vide a l'aide de la machine pneumatique, de sorte qu'il faut un ellort d'une atmosnhère pour séparer les deux par- lies. L'expérience des hémisphères de Magde- boiirg fut exécutée pour la prcmiéie fois à l{ali;.bonne [lar Otto de GuericUe en \ljlii; elle ciiiilribua à populariser la doctrine de la pesanteur de l'air. * HÉMISPHÉRIQUE adj. Qui a la formed'une moitié de S|dièi'e, d'un hémisphère. * HÉMISTICHE s. m. (piéf. hémi, gr.; stichos, vers'. La muilié d'un vers héroïque ou alexan- drin : U y a une césure, un repos à la fin. du premier hémistiche. (Voy. Césure.) HEMITRIPTÉRE s. m. (préf. hémi; gr. treis, trois; pturon, nageoire). Icht. Genre d'acan- thoptérygiens à joues cuirassées, cornpre- nanl plusieurs espèces de poissons hideux. L'espèce typique, l'hémitriptère commun Uémitrjptère commun (Heiiiitripterus acadianus). (hcmilripterus aCadianus, Storer), appelé aussi corbeau de mer, atteint une longueur de 7.-5 centim. et pèse environ 2 kilos. Ses couleurs présentent toutes les nuances de brun «ombre du rouge sang, du pourpre violacé et de brun jaunâtre, avec des marques et des bandes; il est blanc jaunâtre en dessous; sa tête est large, irrégulière, hideuse. Ce poisson vit dans le golfe Saint-Laurent, près de la Nou- velle-Angleterre et sur les côtesde New-York. HÉMOGLOBINE s. f.(gr. haima, sang; franc. globe). Physiol. Matière colorante des corpus- cules rouges du sang. (Voy. Sang.) HÉMOPHTALMIE s. f. (gr. haima, snng;oph- thiilmos, sang). Pathol. Epanchement de sang dans les chambres de l'œil ou à l'extérieur. HÈMOPLASTIE s. f. Physiol. Réparation du sang. HÉMOPOÈSE s. f. (gr. haima, sang; poiésis, production). Physiol. Production du sang. •HÉMOPTOÏQUE adj. Méd. Qui crache du sang, qui est atteint d'hémoptysie. * HÉMOPTYSIE s. f.(gr. haima,sang;ptusis, crachement). Med. Crachement de sang, hé- morragie de la muqueuse qui tapisse les voies aériennes, le larynx, la tracliée-arlére et les bronches. On dit atissi Pneumouhaoie. — L'hémoptysie est une maladie très fréquente, en raison de l'action permanente de l'organe qui en est le siège, et elle résulte le plus sou- vent de causes accidentelles, telles que l'ins- piiation d'un air très froid ou trop sec, l'in- halation de vapeurs irritantes, les efforts de la véix, l'usage des instruments à vent, les chutes sur la poitrine, les chagrins profonds, etc.; elle dépend très souvent de la tubercu- lose pulmonaire ou d'une maladie de cœur. Son symplûine le plus habituel est l'expecto- rdlioii d'un sang spumeux rouge et vermeil précédée de toux et de titillation sur le tra- jet des voies respiratoires. Son traitementesl basé sur les mêmes principes que celui des autres hémorragies internes: repos elsilencc absolu, boissons froides et glacées, potions d'ergoline, siiiapismes aux membres infé- rieurs, ventouses sèches a la poitrine et quel- quefois, selon laconstituliondusujet, saignée et application de sangsues à l'aïuis. Ou pré- vient ensuite le retour de l'hémoptysie par un régime sévère dont le lait et les fécules doivent Cire la base.— L'hénioptysie est dite FoUDuovANTK oU cst appelée Apoplexie pulmo- naire (piund le sang est rejeté en si grande abondance qu'il semble être vomi; cette af- fection, qui est heureusement fort rare, a pres((iie toujours uneissue fatale. Elle réclame le traitement le plus énergique, de lal-ges sai- gnées et des révulsifs puissants. Cette grave congestion du poumon est accompagnée de toux, d'oppression, de crachement d'un sang noir, de matité dans un point et d'absence de munnure respiratoire. HÉMOPTYSIQUE adj. et s. Méd. Qui est at- teint d'hémoptysie. HÉMORRACHIS s . m . [-kiss] igr. haima, sang ; franc, rachis). Pathol. Epanchement du sang dan-; le canal vertébral. "HÉMORRAGIE s. f. (gr. haima, sang;ré- gnumi, faire irruption). Méd. Ecoulement du sang hors des vaisseaux qui doivent le contenir, avec ou sans rupture de leurs parois : mourir d'une hémorragie. — Hémorragie cérébrale, epanchement de sang dans l'intérieur du crâne, dans la substance même du cerveau. L'hémorragie cérébrale, appelée communé- ment apop /t;a;ie. frappe de préférence les su- ets forts et pléthoriques. Elle est favorisée par tout ce qui est de nature à déterminer un aflluxconsidérable desang vers lecerveau, (eflorts violents, fortes contentions d'esprit; abus alcooliques, émotions morales vives, température très élevée ou très basse). Tout ce qui tend à s'opposer au retour du sang veineux vers le cœur et donne lieu à une stase sanguine dans le cerveau (lien trop serré au- tour du cou, attitude penchée, etc.), peut de- venir une cause d'hémorragie cérébrale. Il est rare que l'apoplexie sui'vienne d'une ma- nière inopinée, ainsi que l'on est assez géné- ralement porté à le croire. L'invasion est précédée, tanlût d'un sentiment de pesanteur dans la tête, d'étourdissements, de bourdon- nements d'oreille, d'illusions d'optique, tantôt d'un affaiblissement marqué de la mémoire, de lenteur dans les idées, de surdité, tantôt d'un besoih insolite de sommeil, de mouve- ments spasmodiques dans diverses parties du corps, de difficulté à articuler certains mots. Après une durée plus ou moins longue de ces prodrotnes, l'apoplexie se manifeste sous diti'érentes formes. Ou bien elle survient brus- quement et cesse presque aussitôt sansaucune altération sensible du mouvement ou de l'in- telligence, alors, elle estappeIéeeoî/pdes. Ses Œuvres philosophiques coaiplùtcs, publiées à Pans en i:92 (» vol. in-S») et en «8iii-'27, comprennent ses opuscules. HÉMUS, ancien nom des monts Kalkans. HÉMUS, nis de Borée el dOrithye, roi de Tlirace. 11 épousa Hhodope et fui changé en niontague, ainsi ([ue son épouse, pour a^oir voulu se faire adorer sous le nom de Jupiter, el elle sous celui de Junon. ' HÉNARÉS, rivière de la province de fliia- laxara iEspagrie). Elle alllue dans la Jarama, après lin cuuis de 100 kil. HÉNAULT iCharles-Jean-François), connu sous le nom de président ['iié-ii6j, |U'ésideiit au |iarlen)ent de Paris, né à Paris le 8 février KiS.'i, mort le "24 nov. 1770. Eils d'un riche fermiiT général, et entré jeune dans la ma- gistrature, il brilla dans le grand monde el dans la société des beaux esprits. Des chan- sons, ([uelques poésies légères d'un tour facile el deux tragédies médiocres lui ouvrirent les portes de l'Académie (1753). Tout en compo- sant quatre ou cinq comédies, il recueillit les documents d'un ouvrage sérieux intitulé : Abrégé chronologique de l'histoire de France jusqii'ci la mort de Louis XIV (1741,1 vol. in-4°; 8= édition complétée, en 1768; nou- velle édition par \Valki-naër en 1821, 3 vol. in-S°). Ce traité élémentaire, exact et original, plein de détails sur les mœurs, les institutions, les hommes et les événements de notre his- toire, obtint un succès prodigieux et a fait passer à la postérité le nom de son auteur. Le président Hénault fit paraître en 1747, une tragédie historique en prose, François II, réimprimée en 1708, avec une préface dans laquelle il expose son plan de réforme du théâtre français el l'idée qu'il avait conçue de mettre en scène les épisodes de l'histoire de France, à l'imitation des pièces de Shaks- peare. Après avoir fréquenté les philosophes, particulières eut Eontenelle et Voltaire, après avoir vécu -n épicurien et en sceptique, Hé- nault se c,).jvertil sur ses vieux jours, mais la malignité attribua sa conversion à des vues intéressées. Il H prend le bon Dieu pour un homme en place », disait-on ; et en elïet, le président s'était toujours fait remarquer parmi les admirateurs des puissants. 'HENCKE (Charles-Louis), célèbre astro- nome allemaïui ^I7'j;j-I806). H s'occupa sur- tout des astéroïdes et découvrit .\slrée ifi déc. iS4b) elHébé (1" juillet 1847). HENDAYE. Voy. Andaye. •HENDÉCAGONE adj. [ ain-dé-ka-go-ne ] (gr. hcndcka, ûi^zc : gônia, angle). Géom. Qui a onze angles et onze cùlés: figure hendécagone. — s. m. U7i hendécagone régulier. HENDÉCAGYNE adj. [ain-] (gr. hendeka, onze ; quné, femelle). Bot. Dont les fleurs ont onze pi-tils. HENDÉCANDRE adj. [ain-] (gr. hendeka, 1 HENN onze; awfr, mâle). BuU Dont les tleurs ont onze élaniines. HENDÉCANDRIE s. f. [ain-]. Bot. Classe de pliinles dont les Heurs sont heiuiécandres. HENDÉCAPHYLLE adj. [ain-dé-ka-fi-le] {gv. hendeka, onze; pkullon, feuille). Bot. dont les feuilles se composent de onze folioles. * HENDÉCASYLLABE adj. [aiu-dé-ca-sil-la- ha] (gv. hcndck'i, onze; syUabé, syllabe). Se dit des vers de onze syllabes : vars liendécasyi- labc. On les appelle aussi Ph.^leuql'es ou Ph.\- LEUCES, dans la versification latine. — s. m. Un hendécasyllabe. HENDÉKASYLLABIQUE adj. Qui a onze syl- labes : vers hendécasyllabique. ' HENDERSON ['henn'-dèr-s'n], ville du Ken- tucky, sur la rivière Ohio, à 27u kil. S-E. de Saint-Louis; H,b,ij hab. Exportation de blé ; 16 manufactures de tabac, dislilienes, mou- lins, carrosserie, etc. ' HENGIST ['hènn-ghistj, prince jotique de la période légendaire de 1 histoire anglo- saxonne, fondateur du royaume de Kent, mort vers 488. Appelé par les chefs bretons, il débarqua avec son frère Horsa en Bretagne (Grande-Bretagne) en 449, et prit l'engage- meutde repousser les Pietés et les Scots. Mais, après les avoir battus, il résolut de conquérir le pays pour son propre compte. Hengist et son frère s'associèrent aux tribus du iNord, qu'ils avaient précédemment repoussées, et lirenl la guerre aux Bretons. Ces derniers dépo^èrenl Vortigern, principal chef indigène, ei gendre de Hengist, et, sous les ordres de son lils, Vortimer, Us détirent les envahisseurs dans trois batailles. Horsa fut tué à Eagle=- ford, aujourd'hui Aylesfùrd(4bo),etHengistse retira dans son pays natal; mais il revint avec des forces plus considérables, soumit proaip- lement tout le sud du pays, et termina sa conquête par une grande bataille a Crayford en 4J7. Les tradiiions anglo-saxonnes, au sujet de Hengist et de Horsa, sont considérées aujourd'hui comme purement mythiques. HÉNIN DE CUVILLIERS (Etienne -Félix, B.vKuN h), général et écrivain, ne a Balloy (Seme-et-Maine) en IToo, mort en 1841. 11 prit du service en -1779, lit les guerres de la Uévolutioii et de l'Empire, fut créé baron en 1808 et maréchal de camp en 1819. 11 a écrit, sur le magnétisme animal, plusieurs ouvrages dans lesquels il essaye d'expliquer les miracles et de détruire la croyance au surnaturel : le Murjnétisme éclairé, {Va^ns, 18iO); Le Magné- tisme animal dans l'antiquité et recherches sur l'alchimie (Paris, 1821); Crimes commis sous le [irétexte de la y luire de Dieu (Paris, 1 8i2) ; Doc- trine mystique des maynétistcs (Paris, 1824); Jésuites anciens et modernes (Paris, 16.4) ; LKs toinédicns et du clerijé (Paris, 1823). HENKEL iJean-Frédéricj, chimiste et miné- ralogiste allenianil ( lO"/ 9-1744). ^on Affinité du réyne animal et du réijne oégetal, son Histoire naturelle de la pyrite et son Introduction à la minéraloyie ont été traduits en français par le baron d'Holbach (Pans, 1757, 'ivol. in-4°). HENLOPEN (Cap), promontoire situé à l'en- trée de la baie de Uelaware, à 22 kil. S.-S.-U. du cap May, par 38» 47' lat. N. et 77° 2o' ai" long. U. ' HENNÉ, ou Henneh s. m. ['hènn-né] (mot arabe). Bol. Aibns>eau du genre lawsonia (Willd.) qui croit dan? l'Inde et eu Afrique et dont le suc sert à teindre en rose vif; on l'appelle aussi alkana. Un n'en connaît qu'une seule espèce la lawsonia alba, que l'on cultive dans l'Inde, en Egypte et dans d'autres con- trées de l'Orient et de l'Afrique septentrio- nale. On récolle les feuilles, on les tailséchei et on les réduit en poudre que l'on délaye dans l'eau, pour en former une pâte. C est la substance doul les leniiiic; do l'Urient se HENR servent pour se teindre les ongles et quelque- fois les mains, les pieds, les lèvres, les gen- cives et même les cheveux. Cette substance colorante était connue dès la plus haute anti- quité : quelques momies égyptiennes ont les ongles teints de henné. HENNEBONT, ch.-l. de cant., arr. et à lU kil. X.-E. de Lorient (Morbihan) , sur le flanc d'une colline; b,U74 hab. Petit port. Construction de navires. Pont suspendu en chaînes de fer. Eglise gothique. HENNEPIN (Louis), missionnaire franciscain (récollet) et explorateur de la rivière du Mis- sissipi, né en Belgique vers ■Iti40, mort apiès 1701 .En 167o, Use re.odit au Canada et prêcha pendant quelque temps à Québec. En 1676, il visita le pays des Mohawks. En 167!)-'8U, il accompagna La Salle sur la rivière l'illinois jusqu'à un endroit qui se trouve près de l'em- placement actuel de Peoria, il descendit cette rivière jusqu'à son embouchure, explora le .Mis- sissipi supérieur et découvrit les chutes qu'il nomma Saint-Antoine. Il fut fait prisonnier par les Sioux, fut délivré au bout de 8 mois et re- tourna en France, où il publia, en 1683, sa Des- cription de la Louisiane, nouvellement découverte au sud-ouest de la Nouvelle-France , etc. En 1697, il publia Nouvelle découverte d'un très yrand pays situé dans l'Amérique, entre le nouveau Mexique et la mer Glaciale, etc., dans lequel il afhrme qu'il est descendu jusqu'à l'embou- chure du Mississipi. La fausseté de cette asser- tion fut d'abord exposée par JaredSparks dans sa Vie de La Salle. Le troisième ouvrage d'Hennepin : Nouveau voyaye dans un pays plus grand que l'Europe {llj'àS'j, est une com- pilation dans laquelle il raconte le voyage de La Salle a l'embouchure du .Mississipi. HENNEQUIN (Pierre-Antoine), peintre, né à Lyon en 1/63, morlaTournay en 1833. L'un des meilleurs élèves de David, il obtint le grand prix de Rome. A son retour à Pans, il exécuta un grand tableau, la Fédération du i juillet 179U, se jeta dans le mouvement ré- volutionnaire, faillit lumbersousles coupsdes Compagnons de Jéhn, après le 9 thermidor, fui emprisonné un inslanl et renonça à la vie politique. Sous la Restauration, ilsuivit David en exil et demeura successivement à Liège et à Tournay. HENNIN s. m. [ain-nain]. Bonnet de lemme haut d'environ une aune, et très pointu, qui était en usage au xiv» et au xv^ siècle. •HENNIR v. n. ['ha-nir ou 'hènn-nir](lat. hinnire). Se dit du cheval quand il fait sou cri ordinaire : ils furent découverts parce qu'un cheval se mit à hennir. ' ' HENNISSEMENT s. m. ['ha-ni ou 'hènn- nise-nianj. Le cii ordinaire du cheval : le bruit des trompettes et le hcnnissemeid des chevaux. HENNUYER (Jean Le), évêqiie de Lisienx, né a Sainl-IJuenlin ru 1497, luorten I.Ï7S. 11 fut confesseur de Henri U, deDianedePoitiers et de Catherine de Médicis; il s'opposa, dit-on, au massacre des protestants de son diocèse lors de la Saint-Barthéleniy, malgré le zèle ardent qu'il déploya toujours pour les com- battre. 'HENRI ['han-ri], angl. Henry; ail. Hcin- rich, nom d'un grand nombre de souverains et de personnages historiijues. I. Allemagne. HENRI I", surnommé l'Oiseleur {der Fink- ler ou Vogkr), le premier des souverains d'Al- lemagne de la ligne saxonne, né en 876, mort en 936. H élait duc de Saxe et de Thu- riiige. Son père, Olhon l'IUiislre, élu en 911 au trône d'Allemagne, refusa la couronne en raison de son grand âge et fil élire à sa place Conrad, duc de Kranconie. Ce dernier, après avoir combattu Henri, qui voulait lui en- HENR 253 lever une partie de son héritage, le désigna comme son successeur. Les députés, chargés d'annoncer a Henri celte nouvelle, le trouvè- rent jouant avec ses oiseaux à Quedlimbourg, ce qui lui fit donner son surnom de l'Oiseleur (919). En 924, les Hongrois s'avancèrent jus- ([u'au cœur de la Saxe. Mais leur chef fait prisonnier, n'obtint la liberlé qu'en signant une trêve de neuf ans. Henri soumit ensuite le Brandenburg, les tribus de l'Eider et de l'Elbe, enleva la Lorraine à la France (923), et étendit sa puissance jusqu'à Prague. Le vasselage des princes bohémiens date de cette époque (929). A l'expiration de la trêve, les Hongrois renouvelèrent leur incursion; mais Henri remporta sur eux une victoire à Merse- bourg, près des bords de la Saale (933). Pen- dant son règne de près de 18 ans, il prépara l'unité de l'Allemagne. — Henri II (Saint), surnommé LE BoiTELX, empereur d'Allemagne, arrière-pelit-fils du précédent, né en 972, mort en 1024. 11 succéda à son père comme duc de Bavière en 99-5, fut élu successeur d'Othon 111, à Mayence, le 6 juin 1002, et vain- quit Herinann de Souabe, son compétiteur. Après avoir ravagé la Souabe, la Thuringe, la Saxe et la Lorraine, il se fit courunner une seconde fois à Aix-la-Chapelle, épousa Cuné- gonde (Kunigunde). fille de Sigfrîed, premier comte de Luxembourg, et la fit couronner à Paderborn,cn 1003. En 1004, il battit Arduin d'ivrée qui avait pris le litre de César, et le 13 mai, il ceignit à Pavie la couronne de fer des rois lombards. Rclournant en .Allemagne, il chassa les Polonais de la Bohème, en 1006, et confirma Etienne de Hongrie dans sa nou- velle dignité royale, en 1007. Après quelques revers, il conclut la paix avec la Pologne et étendit ses frontières en Bohème. En 1013, Henri battit .\rduin une seconde fois. Ayant rétabli le pape Benoit VIll, il reçut, des mains de celui-ci, la couronne impériale à Rome, le 14 février 1014.11 fut vaincu pai' les Polonais, en lOl.ï, et la guerre se continua jusqu'en 1018. La ligne impériale de Saxe s'éteignit avec lui. Il fonda beaucoup de mo- nastères cl d'écoles qui devinrent des foyers de science. Il fut canonisé par Eugène III, en 1132; sa fêle est célébrée, le 14 juillel. Cuiiéijoiide fut aussi canonisée (1201) . — Henri III, empereur d'Allemagne de la ligue franconienne, surnommé le Noir, né en 1017, mort en 1056. Fils et successeur de l'empereur Conrad U, il monta sur le trùne en 1039. Il convoqua un concile à Sutri, en 1046, repoussa les trois prétendants à la tiare papale et fit nommer pape Clément II, évêque allemand de Bamberg (Suidgcr); il donna ensuite suc- cessivement à Rome trois souverains pontifes de sa nation : Damase II, Léon l.\ et Victor II, et travailla à réformer les mœurs du clergé. Ce fdt ce prince qui donna aux Normands l'invesliture de la Calabre cl de la Pouille. — Henri IV, dit le Vinix, fils du précédent né en lUoO, mort en 1106. Agnès, sa mère, gouverna jiendanlsa minorité, mais à 13 ans, il prit les rênes de l'empire. U réprima la révolte des Saxons en 1073. Ceux-ci, pour se venger, l'accusèrent de simonie près de Gré- goire Vil, disant qu'il avait trafiqué des di- gnités ecclésiastiques. Le pape alors lui ola le droit de nommer aux prélatures. Henri lui déclara la guerre et commença ainsi la que- relle dite des Investitures. Grégoire Vil l'ex- communia et délia ses sujets du serment de fidélité (1076). Abandonné par la majorité des princes alleniands, Henri se rendit en toute uâte en Italie, s'humilia devant le pape à Ca- nossa, de la façon la plus péuilenle et reçut l'absolution (1077). .Mais trouvant des parti- sans parmi les Lombards, il recommença la lulte avec l'épée et la plume. Pendant l'ab- sence de Henri, les princes allemands l'avaient déposé, et Rud.ilph de Souabe lui élu à la diète de Forclihcim (mars 1077) ; mais Ru- dolph fut obligé de sortir do Souabe. La 254 TII'NR HIÎ.NR Ill-Ml guerre se continua avec fureur en Allpmaptie. Le pape envoya la couronne à Rudoiph et excommunia île nouveau Henri. Ce dernier réunit alors les évoques ses adhérents, lit dé- poser le pape Grégoire et éliie à sa place l'antipape Clément. En 4080, Henri perdit, près de Géra, une ^'rando hataille, dans la- iiuelle cependant Hudolpll fui lui'. Plein de rage et de fui eur contre le pape, Henri marcha de nouveau sur Home, s'en enifiara et s'y lit couronner par l'anlipape Clément (108i). Mais Hobert (Juiscard l'obligea de se retirer et délivra le pape Gré|.'oire, enfermé au château de .Saint-Anpe. Sur ces entrefaites, Gré^'oire jnourut et l'on put croire que la guerre allait prendre lin ; elle recommença au contraire avec plus d'acharnement. Hermann de l.u.vera- bourg succéda à Rudolph dans la rivalité de l'empire et Victor remplaça Grégoire sur le siège pontiliial, malgré l'appui donné par Henri a l'anlipape Clément III (1085); mais aucun d'eux ne put lésister à la puissance de l'empereur. Hermann abdiqua bientôt et son successeur, Ef;bert de Thuringe ayant été assassiné, les Saxons se soumirent. Le pape Urbain II, successeur de Victor Hl, souleva contre Henri, son fils aîné Conrad f 1093) : et Pascal II, son autre lils Henri (HO.ï) ; le vieil empereur, déposé par la diète de Mayence, trahi et vaincu, se réfugia à Liège où il mourut dans la misère (llOli). Le corps de l'excummiinié, déterré par ordre de son pro- pre lils, resta cinq années sans sépnlture, aux portes de l'église de Spire. — Henri V, le Jeune, second lils du précédent, né en 1081, mort le 23 mai Hï.ï. Il succéda à son père en 1106 et maintint sa politique. Il épousa Ma- thilde, fille de Henri l" d'Angleterre, et se rendit en grande pompe à Rome pour y être couronné. Le pontife, Pascal II, avait fait des propositions d'arrangement au sujet de la querelle des investitures ei l'alfaire fut réglée dans une assemblée solennelle tenue à l'égiise de Saint-Pierre ; néanmoins, une discussion passionnée entre les évêques fut suivie de l'aircstation et de l'emprisonnement du pape et des cardinaux. L'armée de Henri, campée autour de l'église, fut attaquée par les Romains furieux, qui furent repoussés et le pape con- sentit au droit impérial d'investiture. L'em- pereur fut couronné à Saint-Pierre, le 1 3 avril IHi. Mais, excommunié par le successeur de Pascal et battu dans le nord de l'Allemagne où les princes lui refusèrent l'obéissance, l'empereur perdit toute autorité en Saxe. En 1110, il conduisit une seconde expédition contre Rome où il institua un antipape, Gré- goire VIII; mais, abandonnant sesprétentions, il souscrivit au fameux concordat de VVornis (1122), par lequel il abandonna l'investiture avec l'anneau et la crosse comme gages de juridiction spirituelle tout en maintenantson autorité impériale sur les choses temporcllci. Il mourut en 1125, après une menace d'inva- sion en France. Avec Henri V s'éteignit la race des princes slaviens ou franconiens. — Henri VL le Cruel, fils et successeur de Fré- déric l"' iBarberousse), né en 1165, mort en 1197. Ilépousa, en 1186, Constance, héritière de Naples et de Sicile, et mon ta sur le trône à la mort de son père, en 1190. 11 se rendit odieux à toute l'Europe civilisée en faisant arrêter, par une indigne violation du droit des gens, Richard Cœur de Lion, roi d'Angle- terre, qui traversait l'Allemagne et qui n'ob- tint sa liberté qu'en payant une forte rançon. A la suite, et au moyen de cette spoliation, il arma une expédition contre la Sicile et se fit couronner àPalerme, en 1194 ; mais il marqua son règne par d'atroces cruautés et fut, dit- on, empoisonné par sa femme, dont il avait exterminé toute la famille. — Henri VII, de la maison de Luxembourg, né en I:i02, mort le 24 août 1313. Il fut élu empereur en 1308. Pour forcer les Milanais de consentir à son couronnement avec la couronne de fer de Lombardie, il soumit tout le nord de l'Italie. Après la réduction de Rome, il se fit cobrolmct- par les cardinaux, en l'absence du pape .iloi's à Avignon, et il était sur le point de marcher contre Naples, (juand il mourut subltiniuit par un poi.son, i|ui lui avait été, dit-on, admi- nistré dans l'euchiirislie. II. Angletrrhi!. Henri I", surnommé Beauclbbc (Savant), troisième monarque anglais de la li^'ue nor- mande, né à Selby (Yorksilire), en 1068, mort le 1" décembre I13;i. Ayant reçu de son père Guillaume le Conquérant, I2:i.ll00 fr. i;ii ar- gent, il acheta, de son frère RobiMt, le district du Cotentin.comprenantiintiersdelaNorman- die. Quand (iuillaurne le Houx attaqua Robert en 1090, Henri prit|i,irti pour ce dernier, mais en 1091, Guillaume et Robert forcèrent Henri à rendre toutes ses possessions. A la mort de Guillaume le Roux, son frère, Henri se lit couronner roi d'Angleterre, pendant que Ro- bert, l'héritier légitime, était en Terre Sainte. En épousant Malhilde, fille de Malcolm, roi d'Ecosse, il s'attai'ha ses sujets saxons, mais il indisposa ses sujets normands. Hobert, à son retour, débarqua à Portsmouth, en 1101, avec des fcu'ces considér'ables; mais la Nor- mandie lui ayant été cédée, il abandonna ses prétentions au trône d'Angleterre. En llO.'i, Henri somma Robert d'abandonner aussi la Normandie, et sur son refus il envahit son ter- ritoire. En 1106, il prit le château de Tinclie- bray, fit Robert prisonnier et le tint en ca|i- tivité pendant 2S ans. Le droit de Henri au trône fut disputé par le fils de Robert, dont les prétentions étaient soutenues par les comtes de Flandre et d'Anjou et par le roi de France. La paix fut faite avec la France en 1113. La question d'investiture provoipia aussi une querelle avec Rome et elle fui enve- nimée par la prétention qu'nvait le pape d'en- voyer des légats en Angleterre. Kn raison des troubles continuels en Normandie, et de la guerre avec le roi de France, Henri passa une grande partie de son règne sur le continent. La victoire qu'il remporta à Brenneviile sur- le roi Louis le Gros mit fin à la guerre (1 1 1 9). Il dota l'Angleteri-e d'une charte qui est re- gardée comme l'origine des libertés anglaise.=i, protégea les sciences et établit l'uiiiloinlilé i!es poids. On lui attribue une traduction des fables d'Esope. — La mort de ses trois enfants qui se noyèrent, lors du naufraf^e de la Blanche-Nef (voy. C-^squets), assombrit les onze dernières années de son règne. Après lui, la couronne passa à Etienne de Blois. — Henri îî, Ibndateur de la dynastie des PJan- tageuets, petit-fils duprécédent et fils de Geof- froy Plantagenet et de l'ex-impératrice Ma- thilde, né au Mans en 1133, mort le 6 juillet 1189. A la mort de Henri 1^'', son neveu Etienne, comte de Blois, usurpa les trôi.cs d'Angleterre etde INormandie. Ce fut l'origine d'une longue série de luttes, qui se termi- nèrent, en 1 153, par un arrangement eu vertu duquel Henri monterait sur le trône d'Angle- terre à la mort d'Etienne de Blois, ce qui ar- riva le 2.T oct. 1154. Henri était devenu duc de Normandie, en 11.tO, par la mort de sa mère, et comte d'Anjou et du Maine en liai : ]ar son mariage avec Eléonoi'e, duchesse d'Aqui- taine, divorcée de Louis Vil de France, il avait obtenu, en 11.Ï2, la possession de presque toute la France méridionale. La Guienne, le Poitou, la Saintonge, l'Auvergne, le Périgord, l'Angoumois et le Limousin lui appartenaient. Il fut couronné à Westminster, le 19 déc.1154. Quelque tempsaprès (1158), il conquitencofe la Bretagne. Il apporta sur le trône des talents et un grand courage et fit de noiii- breuses reformes. Ses querelles avec l'Eglise commencèrent eu 1162. Henri avait résolu de réprimer les empiétements du clergé. Mais bientôt Thomas à Becket, archevêque de Can- terbury, se mit en opposition directe avec le roi. Vm Ht)3, les prélats, suivant les traces de Becket, rcfusèi-ent d'abandonner à Henri la juridiction des cours ecclésiastiques; ce qui amena de la part du roi une tentative pour renverser tout le système des immunités ec- élêsiasliques; i cet ell'i-t; une réunion des évèques et des barons eut lieu à Clarendon, le 25 janvier 1164. Le primat demanda à Henri de lui faire savoir quelles étaient ces coutumes que lui et ses frères les évi^ques devaient observer. Un comité d'enquêle fut nommé, et les seize constitutions ou coutumes de Clarendon furent rédie-i'cs. Le primat re- fusa à'\ apposer son sceau, et quand le pape désapprouva offieielleraent ces constitutions, Becket rétracta sa promesse de s'y soumettr-e. La querelle entre lui et le roi se renouvela et durait depuis sept ans, quand Becket fut assassiné par quatre baronsnormands(29déc. 1170). Pendant ces querelles, le roi de France avait commencé les hostilités qui durèrent trois ans. En H71, Henri entreprit la con- quête de l'Irlande, où il rencontra peu de ré- sistance; il reçut de Rome la concession de cette lie. Des chagrins domestiques troublè- rent la dernière partie de sa vie. Il avait as- socié son lils aine Henri au gouvernemerrt de l'Angleterre, de la Normandie, de l'Anjou et de ses autres territoires ; Richard devint pouverneiir de la Guyenne et du Poitou ; Geoflroy devait Être duc de Bretagne et .lean devait recevoir l'Irlande. Mais, dès 1173, ses fils, excités par leur mère et par le roi de France, se révoltèrent contre lui. Les Ecos- sais, ayant envahi l'Angleterre, furent dé- faits, et ses fils revinrent à l'obéissance. L'ainé mourut en 1183, et Geoffroy fut tué en 1180. En 1188. Richard se révolta à l'instigation de Philippe-.\iisuste de France, qui lui prêta assistance. Henri, battu, se soumit aux exigences de ses vainqueurs. Il mourut à Chinon l'année suivante. Il eut pour successt-ur son fils, Richard Cœur de Lion. — Henri III, fils de Jean Sans Terre et d'Isabelle d'Aiigoulènie , né en 1207, mort en 1272. H succéda à sou père en 1216 et la premrère période de son règne fut l'une des plus sombres de l'histoire d'Angle- terre. Les barons, révoltés contre Jean Sans terre avaient appelé au trône Louis, fils de Philippe-Auguste de France, et ce prince s'était rendu maître de la plus grande partie du royaume. Mais la haine des barons étant morte avec Jean Sans Terre, Henri vit aug- menter en peu de jours le nombre de ses par- tisans, qui, à défaut d'une couronne, lui ceignirent le front d'un simple filet d'or. La llolie française, commandée par Eustache Le Moine, ayant été vaincue dans le détroit, Louis dut abandonner Londres et rentier en France. La situation s'améliora ensuite bien vite pour le jeune roi anglais, sous l'admi- nistration de Guillaume, comte de Pembroke, qui lui avait été donné comme tuteur, et sous la vigoureuse, mais oppressive autorité de Hubert de Burgh. En 1236, Henri épousa Eléonore de Provence. En 1242, une expédi- tion contre la Fratlce se termina pour lui d'une façon désastreuse ; ayant voulu re- prendre la Normandie et soutenir son beau- père Hugues contre le comte de Poitiers, il lut battu à Taillebourg et .à Saintes par Louis l.\ (1242), qui lui laissa cependant la Guyenne, mais il dut abandonner toute pré- tention sur la Normandie, r.\iijou, le Poitou et laTouraine. A l'intérieur, une mauvaise ad- ministration, de lourds impôts, le brigandage de ses otficiers et le mépris des chartesjurées soulevèrent une ligue des barons que com- mandait Simon de Montfort, comte de Lei- cester. Battu par eux et fait prisonnier, Henri signa et jura les Statuts d'Oxford (1258); à peine rendu à la liberté, il déclara qu'il ne les observerait pas. Le roi de Frani;e, Louis iX, pris comme arbitre, annula les statuts; mais les barons, révoltés de nouveau HENR vainquirent le roi à Lewes et le (irent |iri- sunniiT. iMaitre do lElal, lu comte de Lei- cester appela dans le parlement les représen- tants du tiers état et créa ainsi la chambre des communes (1264); mais il fut vaincu à son tour et tué à Evesham (l26ol par Edouard, lils de Henri. L'autorité du roi se trouva ainsi letablie et la paix tut rendue à l'Angleterre. — Henri IV, piemier roi de la maison de .ancaslre, né le 4 avril 1366, mortie '20 mars 413. Il était le fils aîné de Jean de Gand, duc de Lancastre, quatrième fils d'Edouard III etde Blanche, lille et héritière de Henri Planta- genet, duc de Lancastre, arrière-petit-fils de Henri III. Uépouillé de son héritage par Hichard lI,ils'enil)ai-quaàNante.s et débarqua ,ivec une petite armée, prit Bristol, fit Kichard [uisonnier et convoqua un parlement qui lui (ii'trova la couronne (30 sept. 1399), au détri- ment de iMortimcr, de la maison d'York etdes- cendaiitdu deuxième fils d'Edouard III. Ce fut plus tard l'orig-ine de la guerre des lieux Roses. Henri persécuta les réformés, et son règne se passa au milieu de conspirations et de guerres civiles et étrangères. Les Percy l'abandonnèrent en 1403. La bataille de Shrewsburg se livra en juillet ; Henri Percy, appelé Hotspur, fut défait et tué. On lit d'au très tentatives pour déposséder Henri, mais le roi triompha de ses ennemis. Glendower, dans le pays de Galles, resta seul invincible. Henri devint impopulaire peu de temps après son avènement au trône. Sa première femme mourut en 1 394, laissant quatre fils, qui furent parmi les hommes lus plus éminents de celte époque, et deux filles. En 1403, Henri épousa Jeanne de Navarre, veuve du duc de Bre- tagne, dont il n'eut pas d'enfants. — Henri V, lils du précédent, né le 9 août 13S8, mort le 31 août litl. Il fut créé prince de Galles en I399etdevintlieutenantde ce pays en 1403. En 1407, il commanda une expédition en Ecosse (^t, après quelques succès, fit une trêve avec les Ecossais. Son avènement au trône (1413) donna lieu à de grandes réjouissances. Il con- tinua de persécuter les Lollards et envoya des représentants au concile de Constance pour aider à mettre lin au schisme de l'Eglise. Héri- tier des prétentions des souverains anglais à la couronne de France, il réclama d'abord le royaume entier, tout en négociant un mariage avec Catherine, fille de Charles VI. Sa préten- tion ayantété repoussée, une armée puissante, assemblée à Southaiiipton, mit à la voile le Il août 14lo; Harlleur fut pris le 22 sept., après un siège de cinq semaines. Henri quitta Harlleuravec une pcHtearméeet, le 23 oct., il battit l'arniéefrançaiseà .\zincourt.Il retourna en Angleterre le 17 nov. Sigismond, empereur d'Allemagne, proposa sa médiation, mais, n'ayant pas réussi, il se joignit aux Anglais. En 1417, Henri envahit de nouveau la b'rance et il obtint de nouveaux succès. Rouen fut pris le 19 janvier 1419, après une défense longue et terrible. En novembre, on fit un ari'angement par lequel Charles VI devait ri'ster roi, tant qu'il vivrait; mais, en raison de sa démence, la légence l'ut donnée à Henri qui épou.sa la princesse Catherine et fut con- sidéré comme l'héritier de la couronne de Kraiice. Ce traité ayant été conclu à Troyes le 'il mai 1420, Henri et Calhcrine furent mariés le 2 juin. Mais une grande partie de la France resta fidèle au dauphin, qui eut les Ecossais pour alliés. Rien ne put vaincre la résistance opiniâtre des patriotes français. Henri proje- tait une croisade quand il mourut subitement a Vincennes. — Henri VI, fils du précédent et de Catherine de France, et dernier mo- narque de la dynastie de Lancastre, né le 6 déi-embrc 1421, mort vers le 21 mai 1471. Il avait neuf mois quand son père mourut. Le parlement, en le déclarant roi de France et d'Angleterre et lord d'Irlande, nomma protecteur l'oncle du jeune roi, le duc de Bedford. Une longue lutte s'engagea en HENR Krancç entre les partisans de Henri etceux do Charles Vil. Henri fut couronné â Londres en 1429 et à Paris en 1431. Le 22 avril iii'6, il épousa Marguerite d'Anjou, fille de René de Provence. Eu 1431, les Anglais avaient perdu toutes leurs possessions françaises, excepté Calais. En 1433, Marguerite donna naissance à un fils dont la légitimité était douteuse, et vers la même époque, le roi devint imbécile. Lesyorkistes s'emparèrent du gouvernenient, renversèrent Somerset, premier ministre de Henri, après le meurtre de Suffolk, et le duc d'York fut nommé protecteur par le parlement. En recouvrant la santé, Henri rétablit Somerset dans son emploi; York leva une armée et la guerre des Roses commença. La première bataille de Saint- Albansfut livrée le 22 mai 14bb; les Vorkistes ou partisans des rosesbianches ayant été vic- torieux, l'administration tomba entre leurs mains; mais l'autorité de Henri fut rétablie en 14.'j6. La guerre recommença en l4.o9 et en 1460, les Lancastriens furent battus par Warwick, le roi fut pris a Northampton. La reine ayant levé une armée, gagna la victoire de Waliefield, le 30 déc. 1460; York y péril. Une seconde bataille de Saint-Albans (17 fév. 1461) rendit Henri à ses partisans: mais la victoire deTowton, gagnée par Edward, duc d'Yoïk (Edouard IV) le 29 mars 146), l'obligea de fuir avec sa femme et son fils eu Ecosse. Marguerite, à l'aide de secours étrangers, re- commença la guerre en 1463, mais elle fut battue en 1464, et Henri, fait prisonnier en i46o, fut emprisonné à la Tour, jusqu'en 1470, époque où Warwiick lui rendit le trône. Auretourd'Edward, Henri fut pris de nouveau; on croit qu'il fut assassiné dans la Tour de Londres. — Henri VII, fondateur de la dy- nastie des Tudors, né le 26 juillet 14.-)6, mort le 21 avril Ia09. En 1471,à la mortde Henri VI, son seul lils, Richemond, devint chef du parti de Lancastre, en afflrmantqu'il était l'héritier eu ligne directe de Jean de Gand et chef do la maison de Lancastre. Après le triomphe des yorkistes, Henri se rendit en Bretagne et fut pris par le du.; de ce pays qui le reliiit prisonnier. En I4S4, l'usurpateur Richard III ayant mécontenté les Anglais, Henri fut re- connu comme chef par les adversaires du gouvernement. Le duc de Bretagne lui ayant rendu la liberté, il fit voile pour l'Angleterre; mais sa flotte fut dispersée. Ayant levé des troupes plus nombreuses, il partit d'Ilartleiir au commencement du mois d'août 1483, et débarqua à Mill'ord Haven. La victoire de Bosworth (22 août) et la mort de Richard III le firent roi. Il fut couronné a Wesminster le 30oct. H épousa Elisabeth, fille d'Edouard IV en janvier 14S6. Les partisans de Lambert Simnel furent battus à Sloke le 16 juinl4S7. Une révolte de la Cornouaille, occasionnée par des impôts, fut éloiillee a Blackheath, le 22 juin 1497. Perkin Wai'beck, qui disait être Ricliard duc d'York, second fils d'Edward IV, fut pendu à Tyburn en 1499. Warwich, qui avait pris part a ce complot et qui en avait soulevé un autre, eut la tète tranchée. Henri devint très avare dans ses dernières années. Il extorqua de l'arg'cnt a ses sujets sous le prétexte de faire la guerre à la France, ven- dit des pardons et lit commerce des emplois de la cour et de l'Eglise. Les deux instruments les plus fameux de son avarice lurent Empson et liudley. Il persécuta les Lollaids, essaya de réformer l'Eglise, encouragea le commerce et les voyages de découverte. — Henri VIII, second roi d'Angleterre de la dynastie des Tudors et deuxième lils 47. Il devint héritier pré- somptif A la mort de son frère aine .\rthur (2 avril 1302). Il épousa la veuve d'Arthur, Catherine d'Aragon, fille de Ferdinand et d'Isabelle, le 7 juin 1309, et ils furent cou- ronnés le24juin. Une dispense papale (1504) mm 25o les avait autorisés à se marier, parce que le mariage de Catherine avec le prince Arthur n'avait pas été consommé. Peu de monarques ont été aussi populaires que Henri l'était lors de son avènement (1509). Il était l'héri- tier des deux branches de l'ancienne maison royale, son père représentant celle de Lan- castre et sa mère celle d'Y'ork. Il était beau, son esprit avait été cultivé avec soin et il aimait les plaisirs de Mars. En l.ïlO, il reçut la rose d'or du papeJulesII.il fil un traité avec la France et un autre avec son beau-père. A la tin de 1311, une ligue fut formée contre la France par le pape, l'empereur, l'Aragon et Venise. Henri conduisit, en 1313, utie"nom- breuse armée en France. Les Français furent vaincus à la bataille des Eperons (Guinegate), où Bayard fut fait prisonnier; les Anglais prirent Thérouanne et Tournai. Henri s'en retourna alors avec la plus grande partie de ses troupes. Pendant cette ex pédition,JamesIV d'Ecosse, ayant conduit une grande armée en Angleterre, avait été complètement battu par le comte de Surrey à Fiodden, le 9 sept. 1313. Abandonné de ses alliés, Henri fit la paix avec Louis XII, qui épousa sa sœur, Marie Tudor; mais le roi de France mourut bientôt, et Marie épousa Charles Brandon, duc de Sulfolk. Les succès de François T' en Italie alarmèrent l'Europe; l'empereur d'Allemagnp essaya d'attirer Henri à agir contre la France et François, par représailles, forma des plans pour l'invasion de l'Angleterre, afin de soute- nir les prétentions de Suffolk au trône. Ce prétendant, l'un des neveux d'Edward IV, resta un objet de terreur pour le gouverne- ment anglais jusqu'à ce qu'il fût tué à la ba- taille de Pavie. L'élection de Charles d'Es- pagne au trône impérial obligea Henri et François de se réconcilier; mais la guerre ayant éclaté entre Charles et François, Henri se laissa persuader par VVolsey d'entrer dans une ligue offensive avec Charles. En 1321, il reçut de Léon X le titre de défenseur de la foi, pour avoir écrit un livre contre Luther et ses doctrines. La mort de Léon X et la no- mination d'Adrien VI mirent en danger l'alliance entre Charles-Quint et Henri, a cause du désappointement de Wolsey. Néan- moins, une armée anglaise, commandée par Surrey, envahit la France. François I'"' mit de nouveau en avant le prétendant Suffolk et menaça d'envahir l'Angleterre. Henri s'associa a la conspiration du connétable de Bourbon contre François I", en 1.Ï23. .Après la ruine de Bourbon, la paix se rétablit en 1.323. En 1u27, Henri et François formèrent upe alliance pour expulser d'Italie les Impériaux et pour délivrer le pape qui était prisonnier de I em- pereur. Henri renonça à toutes ses prétentions au trône de France et François s'engagea à lui payer annuellement 30,000 couronnes, ainsi qu'à ses successeurs. Le mariage de Henri avec Catherine n'avait pas donné d'hé- ritiers mâles. Le seul enfant qui vécût était la princesse Marie, née en loi 6. Au printemps de 1327, le roi songeai divorcer pour épouser Anne Boleyn. Une demande dans ce sens lut adressée au pape; mais aux raisons théolo- giques qui empêchaient celui-ci d'accorder le divorce, il faut ajouter la crainte du ressenti- ment de l'empereur, qui était le neveu de Catherine. En 1328, le cardinal Campeggio tut envoyé en Angleterre pour étudier celte affaire; mais le prélat retarda son voyage parce qu'il avait reçu pour instruction de ne pas trancher la question. Henri installa Anne Boleyn dans le palais de Greenwich et expédia iiii messager à Rome pour hâter la décisiop de la cour de Rome. Il convoqua ensuite une assemblée de nobles et de marchands à Londres, et lui exposa les motifs do sa con- duite; il fit. avecsuccès, appel au patriotisme de ses sujets. La cour iég.iline ne put agir avant mai 1 329. Catherine fut appelée à Rume où Henri avait été convoqué. Le roi réunit de 256 nFÎNR suile un parlcmpiil i.l. le pouvoir passa aux mains d'hutiinies nouveaux oppoM's au fruu- voinemenl île l'Ef-'lise. Il y avaitalorsie puiti anfrlais, dans les mains duquol se trouvait le pouvoir et qui était déterminé à une révolte laïque; le parti du pape, dont le membre principal était sir Thomas Moie, ftlors chan- celier; et les. prolestants doctrinaires qui étaient délestés des deux partis. Wolscy rendit les sceaux le 17 oct. 1b2il et le [larlcmcnl s'as- scnilila le 3 nov. Le parlement dénonça le cleipé dans un acte d'ai:cus(itio7i formol, qui renIfMinail les germes de la réformalion an- fîlaise. Henri présenta cet acte aux évèques. La discussion de la question de divorce con- tinua et le pape publia deux manifestes me- naçant Henri des censures spirituelles s'il di- vorçail. La chambre des pairs envoya une lettre de remontrances au pape, le prévenant de ce qui ariiverait si le divorce n'était pas accordé. Calhcrinc refusa de relirerson appel à Rome, elle fut éloi,;;néc delà cour, lui M'i'M, le parlement procéda à l'œuvre de la réforme du clergé; son premier acte fut de rompre avec Home par l'abolition des aimâtes. Le schisme anglican date de celle époque. Une alliance oll'ensive et défensive fui conclue entre François et Henri en 1.'j:J2; le premier promcltaut d'envoyer l.iJ.OOO hommes de troupe en Anf;leterre dans le cas où l'empe- reur cnvaliirail ce pays. Henri é|iousa Anne Bolcyn, le 2i) Janvier 1.t33. Un bref papal parut bieiilôt, parlei]uel Henri et .\nne étaient ex- communiés. I.e [liii'Iement, sur la demande de Cranmer, iléeid.i que le pape Jules II avait ex- cédé son auloiilé en autorisant le mariage de Henri et de Hallierine et, qu'en conséquence, ce mariage était nul ab initio. Cranmer forma alors un tribunal ji Dunstable et somma Ca- therine d'y comparaître. Elle refusa, fui dé- clarée contumace et le procès continua. En vertu du jugement rendu le 23 mai lo33, le mariage fut déclaré nul. Neuf jours plus tard, eut lieu le couronnement d'Anne Boleyn et on annonça à Catherine qu'on ne rappellerait plus reine, mais princesse douairière. Le 12 mai, Henri, sommé de se rendre à Rome, en appela à un concile général. Une excommu- nication conditionnelle fui lancée et le juge- ment de Cranmer fut déclaré illégal. La princesse Elisabeth naquit le 7 sept. I.j33. Le parlement s'assembla en janvier 1.534. L'au- torité du pape fut abolie en Angleterre. Un acte de succession promit la couronne aux enfants d'Henri et d'Anne Boleyn. Le pape, de son côté, excommunia le roi, et délia ses sujets de toute obéissance. L'empereur, dé- claré exéculeur de celle sentence, devait en- vahir r.\ngleterre dans les quatre mois; il commença des préparatifs à cet etlél. François se montra l'ami de Henri, et une ilotte fran- çaise garda la -Manche pendant tout l'été. L'exécution de Fisher et de More causèrent une grande surexcitation parmi les catho- liques. Le pape lança une bulle d'interdiction et de déposition contre le roi. Les perquisi- tions dans les monastères commenceront en 1b3o, et la première suppression de couvents eut lieu l'année suivante. Catherine mourut au commencemenlde Ib3(j et la chuled'Anrie Boleyn eut lieu quatre mois plus lard, époque où Henry épousa Jane Seymour. Edvard, prince de Galles, naquit le 12 oct. 'lo37 et la reine Jane fnourul le 24 du même mois. L'année 1i)38 vil naître et mourir des cons- pirations qui coûtèrent la tète à un grand nombre de personnes, parmi lesquelles le marquis d'Exeter, petit-fils d'Edouard l'y. La fermeture finale des couvents eut lieu en 1.I339, année où furent adoptés les six articles, base de la nouvelle Eglise d'Angleterre, embras- sant la présence réelle, déelaranl que la communion sous les deux espèces n'est pas nécessaire au salut, défendant le mariage des piètres, maintenant les vonix de chasteté, déclarant que des messes particulières pour- HK.M! raient être célébrées en conservant la c!on- fcssion auriculaire. L'adoption de ces articles fut suivie de la persécution des léformés. Au commencement de l.-i40 U'Uiri épousa ,\nne de Clèves, mais le peu de beauté de cell(;-ci le dégoûta à un tel point qu'il obtint hientAt un divnri'c. Henri prit pour sa l'imiuièmc femme Calheriue Howard, nièce du duc de Norfolk. qui fut bientfllconvaincue d'adultère et exécutée. M se maria une sixième fois en l.">43, et prit Catherine Parr, veuve de lord I.alimer; celle-ci lui survécut. La comtesse de Salisbury, la dernière des F>lanlagenels. fui exécutée en L'iU. Une guerre éclata entre l'Angleterre et l'Ecosse; cette dernière n'é- prouva que des revers. L'Angleterre et l'em- pire s'unirent de nouveau pour une guerre contre la France. L'empereur fit la paix en 1.t44. mais l'.^ngleterre ne cessa les hostilités qu'en t.")4f). Henri continua de persécuter les catholiques et les réformés; beaucoup de personnes furent mises à mort. Anne .\skew fui rouée cl brûlée. Lalimer fut arrêté, et un attentat eut lieu contre la reine. Henri légjia la couronne à son fils et à ses descendants et, i\ leur défaut, à Marie el à ses descendants, et ensuite à Elisabeth et à ses héritiers IH. B.wifcnE. HENRI LE QuKnELLEUR, duc de Lorraine et, plus t.iiil. du{' de Bavière, mortvers l'an tt.'i.") ; il se signala surtout par ses révoltes contre son frère Othoii, l'oi de Germanie, dont il était le vassal. — Henri lk Supeuiii:. duo de Bavière et de Saxe, marquis de Toscane, mort enfl30. lléfail fils de Henri III. empereur d' .Allemagne, qui lui laissa le duché de Bavière en 1120. .\près la mort de l'empereur d'.MIe- magne, Lolhaire II, dont il avait épousé la fille, il revendiqua la couronne impériale; mais il se vit préférer Conrad de Ibdieiislaiif- fen, autpicl il refusa le serment de fidélité. 11 fut alors mis nu ban de l'empire et se vit dé- pouiller de tous ses Etats (I ISS). — Henri le Lion, (ils du précédent, due de Saxe el de Ba- vière, né en 1129, mort en 1l9;i. Il n'avait que dix ans à la mort de son père et rentra en possession de la Saxe, que lui reslitiia l'empe- reur Conrad. .Mais Henri ayant aussi réclamé la Bavière en 1 147 vit, sadeniaude repousséc par l'empereur, qui lui déclara la guerre. Après quelques allernatives de succès et de revers, Conrad mourut el l'un des premiers actes de Frédéric Barberousse, son successeur (11,52) fut de rendre à Henri le duché de Ba- vière. Il était alors le chef de la maison des Guelfes et le plus considérable comme le plus redouté des princes allemands. En UGS, il épousa Malbilde d'.4nglelerre, sœur de Richard Cœur de Lion. Ayant trahi l'empereur Barbe- rousse [lendanl sa campagne d'Ilalie en lui retirant ses troupes, Henri fut déclaré déchu el ses biens furent partagés entre les autres princes qui se liguèrent pour en prendre pos- session. Henri les battit, mais l'empereur ar- rivant avec des forces écrasantes, il fut chassé dans le llolstein et bientôt après, fut forcé de se prosterner aux pieds de Frédéric M 181) qui le bannit pour trois ans en Angleterre. 11 y devint père d'un fils dont les souverains anglais banovriens font dériver leur origine. Sur ces entrefaites, il fut rétabli dans ses pos- sessions héréditaires de Brunswick et de Lû- nehurg. Après la mort de Frédéric (1100) et après une nouvelle lutte, Henri fit la paix et contracta une alliance avec Henri VI. IV. C.4STILLE. Henri I", fils et successeur d'.^lphonse IX, né en 120,5, mort en 1217. Il n'avait que 9 ans à la mort de son père el régna sous la tutelle du corale Alvar de Lara et de sa mère Bereti- gère ; il mourut à l'âge de 12 ans. — Henri II, fils d'Alphonse XI el d'F.léonore de Guzman, né en 1333, mort en 1379. 11 se mit en ré- volte ouverte conti'e son fi'èrc Pierre le Cruel, H!:.\R (|ui l'avait créé comte de iranstamarc, el ap- pela successivement à son aide pour le ren- verser du trône, les Porluïais, les .\ragonais et les Français. Il parvint à s'emjiarer de la couronne avec l'.iide de du Giiescliii. fut vain- cu à Navarotte. mais reconquit le trône .iprès la victoire de Montiel. tua de sa main Pierre le Cruel (13()9) et prêta à la France le con- cours de sa flotte contre les Anglais. Hen- ri III L'IsmiME, fils de Jean I", monta sur le trône en (39(1, s'attira, par quelques modifica- tions dans la hiérarchie et la discipline de l'Eglise, une excommunication de Bonil'acellI cl se déclara [lour Benoit .Mil dans la ques- tion du schisme ; il battit les Portugais el les coi'sairesdes côtes barbaresipies et se lit aimer de sessiijelspar son adminisi ration inli'rieure el l'impartialilé de sa justice. — Henri IV, fils el successeur de Jean II, né en li2V,inort en 1474. Prince dissolu, il s'aliéna les puis- sants de son royaume, el l'appui qu'il prêta aux relations coupables de Jeanne de Portu- gal et de son favori Bertrand de la Cueva achevèrent de le perdre dans l'espril de la multitude. Il fut réduit à laisser le trône à sa sœur Isabelle (1463), que les Castillans le con- traignirent il désigner pour lui succéder. Mal- gré sa lilchelé proverbiale et le peu de vigueur qu'il montra conire les Maures, il avait cepen- dant fini par leur enlever Gibraltar. V. CUYI'IIK ET JÉBUS.\LEM. Henri de Champagne, roi de Jérisalem, né eu 11.50 ; fut élevé au liône par les seigneurs croisés on M 92, et mourut cinq ans après. — Henri I", roi de Chypre, né en 1218, mort en I 2.")3 ; accompagna saint Louis dans son expé- dition d'Egypte en 124S. — Henri II, roi de Chypre el de Jérusalem, perdit llriiiiopolis (Saint-Je;in-d'Acre), et fut chassé de ses Etats par son fréi-e Amaury. Le pape Clément V le fil remonter sur le trône. Il mourut en 1324. VI. CoNST.VNTIN'OPLE. Henri de Hainaut, empereur latin de Çonstaiitiiiiiple, né en M 74, mort en 1216.11 prit part à la quatrième croisade cl futrégent de l'empire pendant la captivité de son frère Beaudoin. A la mort de ce dernier, il gou- verna en son nom el montra beaucoup de courage dans sa lutte contre les Bulgares. Il mourut empoisonné. VII. Fbance. Henri 1°', Iroisième roi de la dynastie ca- pétienne, né vers 101 1, mort le 4 août lOCO II succéda à son père Robert en 1031 el avec l'assistancede Robert le Dialde, duc de Nor- mandie, il apaisa la révolte que sa mèra Constance avait soulevée contre lui. Sa fai- blesse el sa nullité encouragèrent plusieurs de ses vassaux à se révolter; vers la fin de son règne il entreprit une guerre contre Ro- bert de .Normandie. La France fut désolée par une horrible famine et par plusieurs guerres particulières entre les grands feudaiaires. Sa femme, Anne, était fille de Yaroslav, grand- due de Russie. Son filsPliiiippc l'^'^lui succéda. — Henri II, deuxième roi de la famille des Valois, fils de François 1" el de Claude de France, né à Saint-Germain-en-Laye le 31 mars IblS, mort le 10 juillet 1-559. Seul fils survivant de François 1'', il succéda à ce prince le 31 mars 1547. D'un esprit faible et paresseux, il se laissa dominer par sa maî- tresse, Diane de Poitiers, et par des favoris tels que le connétable de Montmorency, les Guises el le maréchal de Saint-.\ndré. Pas- sionné pour les carrousels elles tournois, il autorisa de suite le duel en champ clos de la Châteigneraie contre Jarnac(Voy. Chaiaigne- RAIE.) Il soutint les luthériens allemands contre Charles-Quint, mais persécuta cruel- lenienlles calvinistes de France, les fitarrêter en masse el solennellement brûler vils, après un simulacre de jugement. Pendant que les HENR fiiiiscs prôparaicnl leur avenir à l'intérieur en alLiiiiiil à eux et en llatlantla portion la plus fanatique du peuple, les esprits étaient amusés par des guerres extérieures. En Italie, Henri prêta assistance à Ottavio Farnése. duc de Parme, contre les troupes impériales; en Al- lemagne, il soulint (l'i.-iS) Maurice de Saxe et les autres princes protestants. Les trois evê- chés {Met7.. Tout et Verdun) devinrent fran- çais ; Guise défendit iMet? contre 1 eiiipereui en personne ();S53); Brissac conquit la .Savoie et le Piémont. Au moment de l'abdication de Charles-Quint . fut signée à Vaucelles une trêve de cinq ans (5 fevr. 13o6).Mais cette trêve fut rompue au bout de quelques mois. La défaite de Saint-Quentin fut compensée parla prise de Calais; mais la perte de la ba- taille de Gravelines (loSS) fut suivie du désas- treux traité de Cateau-Cambrésis (2 avril 1.^59). La France garda Calais, en payant une grosse somme à l'Angleterre ; elle conserva aussi les Trois Evêchés ; mais elle rendit l'Ita- lie et les Pays-Bas (près de 200 places fortes). Henri fut mortellement blessé par le duc de Montgoméry, dans un tournoi donné rue Saint-Antoine, à l'occasion du mariage de sa sœur Mar^.'ue^ite avec le duc de Savoie. Il eut pour successeur son fils aîné, François IL — Henri III. le dernier des Valois, né à Fontai- nebleau le 10 sept. ib-Si, mort à Saint-Cloud le 2 août i;;8!». Troisièmefils de Henri II et de Catherine de Médicis, il porta d'abord le titre de duc d'Anjou. Son esprit vif, pénétrant et mobile aurait pu faire de lui un grand prince, si sa mère n'eût gâté ses qualités naturelles en l'élevant dans la dépravation des mœurs italiennes et en lui apprenant à dissimuler ses vices sous les dehors de la dévotion. .Mis à la tête des troupes catholiques, avec le titre de généralissime, en 1569, il eut l'honneur des victoires de Jarnac et de Montcontour, dues en réalité aux maréchaux de Cossé et de Tavannes; mais son incapacité se dévoila au siège de La Rochelle (IHÎ.^). Elu au trône de Pologne, Henri se hâta de traiter avec les assiégés et de partir pour son royaume, où sa débauche et sa mollesse ne trouvèrent point d'admirateuis. Fatiffué de la rudesse des Po- lonais, il s'enfuit secrètement de Cracovie dès qu'il apprit la mort de son frère Charles IX (1o74), gagna Vienne, Venise et revint en France par la Lombardie. En montant sur le trône, il trouva le royaume plus divisé que jamais. Entre les partis extrêmes des hugue- nots et des catholiques, s'était formée la fac- tion des politiques, en;iemie des Guises el alliée naturelle des calvinistes. Le territoire avait été envahi par des troupes allemandes, appelées parles protestants; mais ces auxi- liaires di.'s calvinistes furent vaincus par le duc de Guise à Dormans, le 11 oct. 1575. Le roi crut apaiser les partis en signant la paix de Beaulieu(mai 1576), quiaccordaitquelques concessions aux protestants. Mais l'ambitieux duc de Guise, qui aspirait secrètement au trône et qui ne pouvait y parvenir qu'en atti- sant le fanatisme de ses partisans, forma la suinte Ligue (lui, sous le prétexte de protéger la l'eligion, ii avait d'autre but que de favori- ser l'élévation du Balafré. Pour contre-ba- lancer l'intliicnce de cet intrigant Lorrain, Henri crut faire un acte de haute poliliciue en se déclarant le chef de la Ligue et en autori- sant une nouvelle guerre civile (1S77); mais livré à ses mignons, il laissa (luise a(-quérir de la gloire el mit fin aux hostilités parle traité (le Bergerai^ (17 sept. 'I!i77i. Une nou- velle guerre, dite ilcs Amoiirenx , se termina par le traité de Kleix (iO nov. l.jJjO). La mort du dui'. d'Alençou, dernier frère de llciiri 111, fil de Henri de Navarre, chef des huguenots, riiéritii'r présomptif de la couronne : aussitôt l(ts ligueurs reprirent les armes ; le roi, forcé de se déclarer contre son héritier, pour con- trecarrer les vues ambitieuses de son rival, assembla quatre armées el la guerr/i des Trois 233 HENR Henri commença (l,ïS6). Henri de Navarre remporta une victoire sii'nalée à Contras, sur le duc de Joyeuse, favori du roi (lo87) ; Hrnri de Guise gagna en popularité tout ce que le troisième Henri s'attira de haine et de mépris. Les ligueurs, que ce prince astucieux autant que faible essayait de jouer, le dénonçaient partout comme un traître et parlaient haute- ment de le déposer. Guise, victorieux à Vi- mory et à Aulneau des protestants d'Alle- magne (voy. Guise), se hâla d'accourir à Paris, malgré la défense formelle du roi, et fit une entrée triomphale dans cette ville. Le roi voulut y faire pénétrer des troupes, pour sa sécurité personnelle; mais le peuple, sou- levé par les Seize, barricada les rues (voy. Bar- niCADEs) et Henri, assiégé dans le Louvre, eut beaucoup de peine à s'échapper (13 mai 1588| et à se réfugier à Chartres. Guise n'avait qu'à prendre la couronne: il manqua de résolution, se laissa attirer aux états généraux de Blois, s'y réconcilia solennellement avec le roi, com- munia avec lui et fut massacré à coups de hallebarde et d'épée dans l'une des salles du château. Le cardinal de Guise, son frère, subit le même sort. Henri, frappé d'anathème par le pape et déposé par la Sorbonne et par le parlement, se jeta dans les bras du roi de Navarre et marcha avec lui surParis, avec des forces considérables. Pendant le siège de cette ville, il fut mortellement blessé par Jacques Clément (voy. Clément), le \^' août 1589 ; il mourut le lendemain. — Henri IV, roi de France et de Navarre, premier roi de France appartenant à la maison de Bourbon, né au château de Pau le 14 (et non le 13)déc. 1oo3, assassiné le 14 mai 1610, fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, reine de Navarre. D'après la tradition, son grand-père, Henri d'Albret, le prit dans ses bras, aussitôt sa naissance, lui frotta les lèvres avec une gousse d'ail et lui fit boire dans sa coupe d'or quelques goultesde vin de Juran- çon. Une paysanne du village de Bilhèresliii servit de nourrice, et il fut élevé, au château de Corazc, avec la rudesse et l'indépendance des montagnards pyrénéens. Sa mère, sévère calviniste, le nourrit dans les principes de sa loi. En 1561, elle le conduisit à Paris, où elle le plaça au collège de Navarre. L'année sui- vante, la mort de son père lui donna le titre de roi de Navarre. Sorti du collège à 1o ans, il endossa l'armure et se rendit au camp des calvinistes à La Rochelle. A la bataille de Jarnac (1569), il ne montra point, à ce que ra- content plusieurs historiens, ce courage per- sonnel dont il devait donner tant de preuves dans la suite. A Montcontour, il combattit sous les yeu\ de Coligni. La guerre se termina, en 1570, pai la paix ou édit de Saint-Ger- main-en-Laye. En mai 1572, Jeanne et son fils se rendirent à Paris, où le jeune roi de Navarre devait épouser Marguerite de Valois, sœur de Charles IX. Jeanne mourut subite- ment le 4 juin, empoisonnée, pense-t-on, par Catherine de Médicis. Sa mort n'arrêta pas les préparatifs du mariage, qui eut lieu le 17 août. C'est pendant les fêtes qui suivirent cette union que Catherine prépara l'effroya- ble massacre de la Saint-Barthélémy (i4 août). Arraché de son lit nuptial et entraîné devant son beau-frère, Henri eut le choix entre ta messe ou la mort. H choisit prudemment la messe el abjurasoleniifilenienl le calvinisme, bien qu'il eûtjuré, peu de jours auparavant, au chevet de sa mère mourante, de subir mille fois la morl plutôt qua de changer de religion. Resté, en quelque sorte, prisonnier à la cour de France et se sentant surveillé de près. Henri se plongea pendanttrois ans dans la débauche et parut s't iierver en s'associant aux dégradantes orgies des Valois. Mais lors- qu'il eut assoupi lasurvriliancede Catherine, il s'enfuit de Sentis [lendant une partie de chas.sc (févr. 1576), révoqua .son ibjuration, dès qu'il fut arrive à Tours, prit aussitôt le HENR 257 commandement des troupes calvinistes, et arracha au nouveau roi Henri III le traité de Beaulieu. en mai 1576. Les états généraux de Bloisayantpublié des décrets coercitifs contre la liberté accordée aux protestants, le roi de Navarre reprit les armes, et commença, dans le midi de la France, celte série d'expéditions militaires et de coups de main, dansl'exécu- tion desquels il montra toujours, à défaut de bonheur el de succès, sa vaillance prover- biale, sa bonne humeur insoucieuse du dan- ger et cet esprit de saillie qui l'a rendu si populaire. La paix de Bergerac lui fit poser les armes M7 sept. 1577). La guerre des Amou- reux (1580) les lui fit reprendre. Il s'empara de Cahors, après une terrible bataille de qua- tre jours et après un sanglant assaut. La mort du duc d'Alençon(duc d'Anjou), le plus jeune el dernier frère de Henri HI (10 juin 1384), fit du roi de Navarre l'héritier présomptif de la couronne de France ; mais, repoussé par les ligueurs, excommunié par le pape, il en appela aux armes, s'empara de la Guienne, de la Saintonge et du Poitou, déploya une énergie extraordinaire contre les troupes su- périeuresen nombre que les ligueurslui oppo- saient, tint la campagne avec une poignée de soldats qu'il ne pouvait pas toujours payer, et remporta la fameuse victoire de Coutras, où péril Joyeuse, le 20 oct. 1587. Le roi Henri III, chassé de Paris, après la journée des Barricades, se rapprocha de son héritier légitime, qui s'empressa de se mettre à son service. L'alliance de ces deux princesfit pen- cher la fortune de leur côté: leur armée vint assiéger la capitale, qui allait être bientôt ré- duite, lorsque Henri 111 périt assassiné (2 août 1589). Dès ce moment, le roi de Navarre prit le nom de Henri quatrième: mais il n'eut pen- dant longtemps encore d'autre trône que son cheval de bataille ni d'autre couronne que son casque surmonté d'un panache blanc. Les ligueurs lui opposèrent, sous le nom de Charles X, le cardinal de Bourbon, son oncle. Forcé de lever le siège de la capilale, Henri se retira en Normandie et fortifia Dieppe. Le duc de Mayenne, général du fantôme de roi que la Ligue et les troupes espagnoles vou- laient imposer à la France, le poursuivit avec une armée de 30,000 catholiques. Henri, qui ne possédait que 4,000 soldats, accepta néan- moin de combattre, etremporta,le6oct. 1589, l'étonnante victoire d'Arqués. Ayant reçu un corpsauxiliaire anglais, il osa reprendre l'of- fensive el marcher sur Paris ; mais il ne put occuper que les faubourgs; le manque d'ar- gent et le dénuement de ses soldats, dont le nombre diminuait chaque jour, par suite de désertion, et surtout l'absence de canons, ayant fait échouer cette tentative, il rentra en Normandie, où il possédait déjà 40 places fortes. Il assiégeait Dreux, quand Mayenne lui ollril la bataille à Ivry (14 in.irs 1590). Avant d'engager le combat, Henri échaufl'a le courage de ses compagnons par une de ces allocutions qui lui étaient familières : n Gar- dez vos rangs, leur dit-il, et si vous perdez vos enseignes, cornettes et gviidons, ralliez-vous à mon panache blanc: vous le trouverez tou- jours au chemin de l'honneur et de la vic- toire. » Celte bataille, où Mayenne fut battu d'une manière déci-sive, est la plus importante action militaire de Henri IV. La route de la capitale était encore une fois ouverte au roi. Il bloqua cette ville où régnait le fanatisme, entretenu par les prédications des moines et soudoyé par l'or de Philippe II d'Espagne. Paris, an'aiiié, allait être forcé de se rendre, lorsque survint une armée espagnole com- mandée par .Vlexandre Farnése, duc de Parme; le roi dut encore abandonner la par- tie et se retirer en Normandie. Le duc de Parme l'y poursuivit et le força de lever le siège de Rouen. Henri, blessé dans une escar- mouche en 1.592, àboutde ressources el aban- donné par un grand nombre de ses soldats, lit. 258 riENR commençnil à se décourager, lorsqu'il reçut des 'iRcours de l'Aiiglclerre ; de plus, le duc de Panne, r^ippelù dans les J'ays-Bas, où les protestants se soulevaient mi niassi', »e vit forcé d'abandonner les lifrueur» i leurs pro- pres forces. I,e peuple de Paris coniinençait ESC lasser de la tyran nii- dos lif:ucurs;Mayi-' une avait brisé la factioji des Seize; ceux des ca- tliolifiucs, dans leccRur ilescjueJs restait encore Je sentiment du patriotisme, ne voulurent pas faire de la France une province cspairuole; mais ils ne voulaient pas non plus laisser as- seoir un liu^'ueiiot sur le trône. Sully conseilla au roi de rentrer dans le sein de I Kglisc ca- tholique. ||i''"'i trancha la question par un mol plein de scepticisme : « Paris vaut bien une messe ». Après avoir écrit à sa maîtresse qu'il n'y avait pas moyen d'éviter le saut pii- rillcux, il abjura soleniiellement le calvinisme dans rantic|ue ét'Iise do l'abbaye de Saint- Denis (l.'i juillet 159:!). Il n'eut plus coiitio lui que les l'aiiati([ues et les partisans de l'Espa- t-'iiol. Couronne à Chartres, le il févr. lo94, il put s'assurer, par les marciTies de dévoue- mont ([iii lui arriveront de toutes parts, <|ue laniajorilé de la nation prenait son parti. 11 assiégea de nouveau l'aris, qui fut livré ans horreurs de la famin(^ lîrissac, {louverncur de la place, en ouvrit nuilaininent les portes au Hearnais {ii mars), ol les habitants, en se réveillant, se trouvèrent débarrassés k tout jamais de la Ligue et des étrangers : «Allez, messieurs, dit Henri aux Espagnols, qu'il lit défiler devant lui; allez, mais n'y revenez plus ». La plupart des ;.'oiiverneurs catholi- ques des provinces et des villes se soumirent qelpoiiiie fui ou vemlirenllcur soumission. En 4.')9'), Mayenne, soutenu par une armée espa- gnole, tut forcé de jurer lidélité au roi, après avoir essayé de se tailler un gouvernement en Bourgogne et s'être fait battre à Fontaine- Française (o juin to9.')). Le pajie ne fut pas le dernier à absoudre le Béarnais relaps et alere- coiinailreeomme légitime roi deFrance(159o). La Picardie é'uait restée entre les mains des Espagnols; Henri, auquel le roi d'Espagne avait formellement déclaré la guerre, envahit ce pays, mit le siège devant .\iniens et força la garnison espagnole de cette ville à capi- tuler (âo sept. 1o97); les étrangers tenaient celle ville depuis le 11 mars. En Bretagne, le duc de Mercœur, qui s'était déclaré souverain indépendant, abandonna ses prétentions moyennanl4 millions d'or et plusieurs autres avantages (139S). Le roi, maître incontesté de la France entière, mil lin aux guerres de religion par son célèbre édit de Nantes (16 avril -1098); et, après avoir ainsi donné au peuple la paix intérieure, il lui assura la paix extérieure, en signant avec l'Es- pagne le traité de Vervins (2 mai). Il pour- suivit ensuite, avec rhuiinêle Sully, le noble but de rétablir l'ordre et la prospérité dans son royaume que tant de guerres et de révo- lutions avaient épuisé, endetté, ruiné ; mais, pour payer les dettes de l'Etal, subvenir aux dépenses de la cour el entretenir le luxe des courtisans et des courtisanes, il créa de nou- veaux impôts, el ne songea guère à soulagei le paysan. La légende |iiélend qu'il voulait que le travailleur des campagnes pût iiiellre la poule au pot au moins chaque dimanche; mais s'il a prononce cette phrase, ce ne pou- vait être que par gasconnade. Tout en affer- missant l'autorité royale à l'intérieur, Henri lit respecter son gouvernement à l'extérieur. .Sully encouragea les progrès agricoles et lit dél'richer des terres incultes, bes manufac- tures de soieries furent fondées à Lyon et à Paris; des tapissiers flamands s'installèrent aux Gobelius; la première chambre de com- merce fut fondée, Paris s'embellit: le canal de BriarejoignitlaSeineà la Loire; des routes furent ouvertes ou réparées; l'armée reçut une meilleure organisation, tandis que des forteresses furent bâties sur les frontières du HRNR Nord ot de l'Est, la marine qui avait été né- gligée reçut des améliorations el on s'occupa des colonies françai.sfts de l'Amérique. Après la mort de sa célèbre maltresse, Gabrielle d'Eslrécs, Henri ayant obtenu la dissolution (le son inariag'o avec .Mar;.'ueritc de Valois, on déc. I')99, épousa Marie de .Médicis, nièce du grand-duc de 'fosc;ane. Une guerre de peu de durée avec le diK de .Savoie fut suivie du traité do Lyon, qui mit Henri en po^session (16»lj de |(liisieurs territoires importantsde lafronlièrc de l'Est. Une conspiration formidable, diri- gée jiar le duc de Bouillon el le comle d'Au- vergne, de concert avec le maréchal de Hiron, fut déjouée en IGOi; ensuite Henri conçut de vastes projets avec Barneveldt, grand pen- sionnaire de Hdllandi', il forma des alliances avec les princes alieinaiids protestants et se prépara aune nouvelle guerre contre la mai- son d Autriche. 11 était mit le point de (juit- ter Paris pour prendre le commandement de l'armée française dans le nord, quand il fut frappé au cœur par le couteau du laiiatiijue François Ravaillac. H eut pour successeur son lils Louis .\I11. — La statue équestre de ce grand prince, Le Eeul roi dont le peuple ait gardé la mémoire, GUDin DE Ll BBEnKLLBIlK. fut érigée sur le Poiit-Nouf en 16:).'j; elle fut détruite pendant la Bévolution cl renqilacée sous la Restauration ("Jii août 1818) par une autre slaluc équestre, pourlafonte de laquelle on employa le bronze de la statue colossale de Napoléon 1"' qui, sous l'Empire, avait sur- monté la colonne Vendôme. Le nouveau mo- nument élevé sur le Pont-.Neuf en l'honneur du Béarnais est l'œuvre deLemot. 11 existe au château de Pau une autre statue de ce roi, due a Krancheville. Versailles en possède éga- lement une, qui est en marbre et que l'on at- tribue à Barthélémy Prieur. II existe plusieurs portraits de Henri IV. — Bibliogb. Vuy. Hi.st. de Henri IV, par Poirson (Paris, 18,S7 ; 3" éd. <8G(), 3 vol.); Hc7iri IV, par de Lescure (1873, in-S"), ouvrage couronné par l'Académie française. On trouve aussi une Hist. de HenrilV dans les compilations de (;apeligue(1834-'3o, S vol). —Les Lettres missives de HenrilV (9 vol. m-i") ont ésé publiées par Berger de Xivrey dans les Documents inédits sur l histoire de France. — Henri V (Henri-Charles-Ferdi- nand-Marie-Dieudonné d'Artois, duc de Bor- deaux), plus connu sous le nom de comte de Chambord, dernier représentant de la branche aînéede la dynastie des Bourbons de France, né à Paris le '29 sept, 1820, sept mois après l'assassinat de son père, le duc de Berri, mort à Frohsdorf le 24 août 1883. .\près la révolu- lion de 1830, ce fut en vain que son grand- père Charles X et son oncle le duc d'Angou- lème abdiquèrent en sa faveur, il dut quitter la France. 11 vécut alors successivement en Ecosse, en Autriche, eu Italie et à Londres. Ce fut dans celle dernière ville qu'il reçut, en 1844, les chefs du parti légitimiste à la tète desquels se trouvaitlecomte de Chateaubriand; ce (]iii occasionna de violents débats à la Cliamb.o des députés. En 1846, il épousa Ma- rio-ïhére.-e-Béatrice-Gaëtane, archiduLhe>se d'Autriche et lille aînée du duc de Modèiie (née en 1817). Après la mort de la duchesse d'Angoulême (18.t1), il hérita du domaine de Frohsdorf, près de Vienne, où il résida pres- que cunstammentdans la suite. Pendantloute la durée de l'Empire, il ne se mêla pas active- ment à la politique ; en 1 871 , lorsque l'Assem- blée nationale siégeant à Versailles eut abro- gé les lois d'exil portées par l'Empire contre les descendants des maisons souveraines, Henri se hâta de rentrer en France el d'aller visiter sou domaine de Chambord; c'est de là qu'il lança, le .ï juillet 1871, son fameux manifeste oùil déclare qu'il ne laissera jamais arracher de ses mains l'étendard de Jeanne d'Arc et de Henri IV; c'était briser de front nRNR avec les partisans du dra|)eau Irirolorc. .\ la suite de ce manifeste, il fut forcé de quitter la France et ensuite la BelL'iqne, où sa pré- sence pouvait occasionner des troubles. En 187î, une visite (|ue lui lit à Frohsdorf son cousin, le comte de Paris, parut rapprocher la branche cadette de la branche aînée des Bourbons; depuis lors, le comle de Cham- bord s'est borné à donner de nouvelles con- sécrations à ses idées politiques par des lettres particulières écrites à quehiucs-uns de ses amis et dans lesquelles il a montré toute la droitiireet toute l'honnêteté de ses intentions. II est mort d'un canr-er à l'estomac le 24 août 1883, sans laisser d'héritier direct. VIII. Portugal. Henri de Bourgogne ou Hkmiiol'e, tige des rois de Porluf.'al, ne en lOit'i, mort en 1112. II était arrière-|ietit-fils de Boborl, roi de France, et vint olfrir à Alphonse VI de Cas- tille ses services contre les .Maures. Pour prix de ses exploits, Alphonse lui ac-corda la main de Thérèse, sa lille naturelle, et lui concéda la province de Portugal avec le titre de comte souverain (109')|. En 1103, Henri alla com- battre en Palestine; il fut ttu- au siège d'As- tortM, qu'il défendait contre les Musulmans. — Henri le iNavigateub, prince portugais, quatrième fils du roi Jean 1°', né en 1394, mort en 14()0. Encore enfant, il montra beau- coup de couraiie pendant la guerri; contre les Maures de Barbarie. II se distimnia par son savoir, particulièrement dans les sciences ma- thématiques et géographiques, et il fonda à Sai-Tcs, près du cap Saint-Vinceiil, un obser- vatoireetuiieécole où lesjeunes noblesétaienl instruits dans les sciences qui onttraitàla na- vigation. On lui attribue l'eiiifdoi delà boussole et en partie l'invention de l'astrolabe. Ses études et sesrecliercheslui lirentconclure que la côte d'Afriquene se tcimiiiait pas, comme on le supposait ordinairement, au cap .Nun, et il envoya dillérenles expéditions, dont la dernière étendit les découvertes portugaises jusqu'à Sierra-Leone. Madère fut découverte el colonisée en 1419. Le passage du cap Bo- jador (1433) fait époque dans l'histoire des découverles maritimes. Peu de temps aupa- ravant les Açores avaient été visitées. — Voy. Les découvertes du prince Henri le Navigateur, par Richard-Henry Major (Londres, 1877). — Henri (le Cardinal), troisième fils du roi Em- manuel de Portugal, né en lijl2,niorton l'iSO. II fut, dans sa jeunesse, destiné à l'état ecclé- siastique et devint archevêque de lirag^a, puis cardinal et légal du pape. .\ppelé au trône a la mort de son neveu Sébastien (lo78), il se montra administrateur incapable et ne sut que fonder des hospices. A sa mort (1380), Philippe II d'Espagne s'empara du Portugal. Personnages divers. Henri de Gand, théologien, né en 1220, mort en Ii93. II fut professeur de théologie à l'université de Paris. Le ton d'autorité avec lequel il exposait son enseignement le fit surnommer boctor solemnis (docteur solennel); il a laissé plusieurs ouvrages scolastiques fort estimés. On a de lui : Qiindliieta tlieologica (Paris, 1.Ï18, in-fol.;; Suninin thcologiœ {l',>iO): etc. — Voy. Huel: Vie de Henri de Gand (1838, in-8»). — Henri le Cachjle, jeune Haï- tien qui, au commencement du xv^- siècle, a la tête d'une poignée d'hommes, sut s'oppo- ser aux empiétements des Espagnols ; ceux-ci Unirent par renoncer à le soumettre ; ils lui cédèrent même quelques possessions, où il fonda une petite république composée de près de 4, 000 citoyens. Cèpe lit Etat fut anéanti après la mort de Henri. — Henri de Livo- nie, chroniqueur du xiu" siècle. On a de lui: Orioines Livonix saerse et cieiles (Francfort, 1740, in-fol.). — Henri, prince de Prusse, troisième fils du roi Frédéric-Guillaume, né à Berlin en 1726, mort en 1802. 11 fut l'un des HENR généraux les plus éniinents de son temps. Colonel en 1742, il se signala pendant la puerre de Sept ans et contribua aux victoires de Prafrue et de Rosbach (I7,ï6) et gagna, comme général, en 1762, la bataille de Frei- berc. Le roi Frédéric l'avait en haute estime. Sa Vif privée, politique et militaire, attribuée à M. de Bouille, a été publiée à Paris (1809). Henri l'Ermite ou Henri de Lausannk, fondateur de la secte des Henricient;, inorl en 1 149. 11 se retira de bonne heure dans la soli- tude pour s'y livrer complètement a la médi- tation ; vers 1113. il quitta son ermitage et parcourut le nord de l'Italie en prêchant une doctrine nouvelle. Il rejetait la plus grande partie des Ecritures, niait que le baptême fût utile aux petits enfants, condamnait rusai'e des églises, rejetait le culte de la croix, dé- fendait de célébrer la messe et enseignait qu'il ne faut point prier pour les morts ; c'é- taient là les erreurs du célèbre Pieire de lîru\s;mais comme Henri était éloquent, sincère, et d'une austérité de mœurs à l'abri de toute atteinte.il fit beaucoup de prosélytes. Chassé du Mans par l'évêqueHildebert, il par- courut le Languedoc et la Provence, et sa ré- putation se répandit dans la France entière. Ses doctrines menaçaient tellement de s'en- raciner dans le peuple que le pape Eugène III ne crut pas trop faire que d'envoyer saint Bernard pour le combattre. Mais Henri prit la fuite, .arrêté et mis en prison à Toulouse, il futcondarané par le concile de Reims en U4S. 11 mourut dans sa prison l'année suivante. HENRI D'ORLEANS (Prince). (V. S.) HENRI (Cap) I. Voy. Haïtien.- II. Promon- toire situé au S. de la baie de Chesapeake, à 20 kil. S.-O. du cap Charles, par 38» 47' lat. N. et78" 24' long. 0. HENRIADE (La) s. f. Poème de Voltaire, dont llenii IV est le héros. La Hennade se compose de dix chants et passe en revue les événements du siège de Paris. Voltaire a cherché, par des diirressions historiques et des fictions merveilleuses à jeter de la variété dans son récit, maisson plan manque d'unité, de mouvement et d'ampleur. .\ côte de des- criptions grandioses et de vigoureux por- traits, il règne, dans cette admirable épopée, un ensemble de froideur qui permet diffici- lement de suivre le poète, sans interruption, jusqu'au bout. HENRICHEMONT, ch.-l. de cant., arr. et à 28 kil. 0. de Sancerrfe (Cher); 3,G43 hab. Fa- briques de drap. Tanneries. Commerce de laines. — Henricheniont fut autrefois le ch.-l. d'une princi[iaulé indé|»'ndante, qui appar- tint à la maison d'Albret sous le nom de Bo/.s'- bcUe. Elle fut en 1.'i!)7, achetée par Snllv i|ui lit bâtir la ville actuelle à laquelle il donna le nom d'Hi-nriohfniont en l'honneur d'Hen- ri IV. Cette ville fut réunie à la couronne en I7tjfi. HENRIETTE-MARIE DE FRANCE, reine d'.\n- gleterre, née à l'aiis le ï'.\ nuv. filii;!, morte le 10 sept. Ilid'.l. Elle était la troisième fille et le sixième des enfants nés d'Henri IV et de Marie de Méilicis. Elle épousa. le^iOmars Kli.'i, Charles Stuait. [irincc de Galles, de|iuis Chai'les \". Elle sut exercer sur son mari une grande influence; aussi devint-elle odieuse à la nation anglaise en raison de sa partialité pour ses coreligionnaires catholiques et pour sa parlicipation a la lutti- entre (Charles et le parlement. Apiès les pn niiers revers du roi, elle alla en HcillalHle chercher lies secours et obtilitde l'argent et des troupes 11042) ; elle rejoignit alors son mari à Oxford. En l(i44, elle fut obligéede chercher un a.'-ile en France où la régente .\nne d'.Vutriche. ne [lut lui venir en aide. Elle vécut dans la retraite et mourut à Chaillot. Bossuet prononça son HENR HEPA 259 de ses chefs-d'œuvre. La correspondance par- ticulière d'Henriette et de Charles I'='' pendant la guerre civile a été publiée en l8o7. HENRIETTED'ANGLETERRE, duchesse d'Or- léans, fille de Charles l", roi d'Angleterre et de la reine Henriette de France, née le 16 juin 1644, morte le 29 juin 1670. Elle fut emme- née en France encore enfant et fut élevée par sa mère au couvent de Chaillot où cette prin- cesse s'était retirée. En mars 16CI , elle épousa Philippe, duc d'Orléans, frère de Louis XIV. Sa grâce, sa beauté, son esprit, en firent bien vite l'ornement de la cour de France. Négli- gée par son époux, elle lia avec le roi, puis avec le comte de Guiche, une de ces intrigues épistolaires que les romans de l'époque avaient mises à la mode et où elle parait avoi.' été plus légère que coupable. En 1670, Louis XIV la chargea d'une mission secrète au- près de son frère Charles II, roi d'Angleterre, sur l'esprit duquel elle exerçait une haute in- fluence. Elle réussit à le détacher de l'alliance hollandaise contre la France et lui fit signer le traité de Douvres, par lequel il s'engageait à joindre ses armes à celles de la France contre les Provinces-Unies. A son retour, elle mourut presque subitement à Saint-Cloud. après avoir bu un verre d'eau de chicorée, et emportant la conviction qu'elle avait été em- poisonnée. D'après les rapports officiels, elle serait morte du choléra-morbus; de plus, elle était poitrinaire. Son Oniison funèbre est l'un des chefs-d'œuvre de Bossuet. Voy. Hiat. de M"" Henriette d' Angleterre, par M™" de La Fayette (La Haye, I72Ô, in-12). HENRION (Denis', mathématicien français, mort vers 1640. H fit, le premier, connaître en France la théorie dc^; logarithmes inventée par Néper. 11 a laissé : Eléments géométriques d'Euelide traduits; et eommentês (Rouen, 1076, 2 vol. in-8°J; Mémoires mathématiques (Paris, ■l623-'27, 2 vol. in-8"); Cosmographie (Paris. 1670, in-S") et Usaqe ducompns de proportion (1031. in-S»!, ouvrage qui a eu 20 éditions. HENRION DEPANSEY Pierre-Paul Nicolas, baron), savant nuiL'isliat et littérateur distin- gué, né à Tréveray i Meuse) eli 1742. mort en 1829. Son droit achevé, Henrion vint à Paris et y exerça dans une obscurité à peu près complète la profession d'avocat jusqu'en 1773. La nature l'ayant doué d'une volonté aussi énergique que patiente, il approfondit la science que tant d'autres ne font qu'effleurer et publia son Traité des fœfs qui attira sur lui les regards des jurisconsultes et décida de son avenir. Il fut bientôt l'un des avocats con- sultants les plus occupés du l)arre;iu de Paris. Lorsque la Révolution éclata, il vint s'établir à Joinville. ensuite à Chaumont. iNommé ad- ministrateurs du département de la Haute- ' Marne, il s'y fit reniai quer [larsa modération ?t son impartialité. Napoléon, ayant eu occa- sion déjuger sa haute raison et ses lumières le nomma conseiller d'EtatfISIO) et, depuis, lui témoigna toujours la plus grande bien- veillance. Le gouvernement provisoire de ISI4 te choisit pour ministre de la justice el Louis .WIII le noniiiia premier |)résidcnt à la Cour de cassation en 1SI8. Henrion de Paii- sey était en inême temps un écrivain distin- gué ; ses nombreux ouvrages se l'ont remar- quer par le charme et l'élégance du style; il a laissé, outre son Traité des fiefs : De la enm- pétence des juges de pai.c{\ vol. iii-12. l.Sd.'i) ; De l'autorité judiciaire en France (1 vol. in-S", 1810); Du pouvoir municipal et de la police intérieure des communes (\ vol. in-S", I82Î); Des biens commttnau.v et de la police rurale et forestière (I vol. in-S", 182')); Des assemblées nationales en France depuis l'établissement de mrs aux barrières de Paris, lorsque le peuple vint pour les incendier dans la nuit du 12 au 13 juillet 1789. il se joisznit aux insurgés et pour ce fait, il fut arrêté et enfermé à Bicêtre. Rendu à la liberté, en 1790. il se signala par ses idées révolutionnaires, fut nommé chef de la garde nationale en remplacement de San- terre et arracha à la Convention, violentée par lepeuplesoulcvé, ledécretd'arrestation contre 22 Girondins. A partir de ce jour, il se montra prudent et ferme dans l'exécution des ordres donnés par la Convention. Il voulut sauver Robespierre, mais il ne fut point obéi. Arrêté lui-même à l'hôtel de ville où il s'était ré- fugié, il fut jeté par une fenêtre et mourut le lendemain sur l'échafaud. la monarchie française [i vol. in-8", 1820). ' HENRIOT ou ' Hanriot (François^ révolu- tionnaire, né à Nanlerre, en 1701, décapité Oruison funèbre que l'on regarde coninie un i le 10 thermidor an II (28 juillet 1794). Coin HENRIQDE3 (Henri), jésuite portugais, né en 1520, mort en 1000. Il fut un des premiers compagnons d'Ignace de Loyola et passa 43 ans aux Indes, y travaillant avec ardeur à la conversion desinfidèles. 11 a laissé des ouvrages théologiques estimés, entre autres un traité intitulé : Contra fabulas cthnienrum. HENRIQUINQUISME s m. Opinion des hen- riquinquistés. Fam.) HENRIQUINQUISTE adj . [an-ri-kin-ki-ste] (de Eenri de Bourbon, comte de Chambord, à qui ses partisans donnaient le titre de Henri V). Qui appartient à Henri Voua ses partisans : oyiinioris henriquinquistes. — s. m. Partisan de Henri V : les henriquinquistes se réunirent à Frohsdorf. (Fam.) HENRY (Robert, historien écossais, né en 1718, mort en 179(1. 11 fut pasteur presbyté- rien à Carliste, à Berwick et à Edimbourg. Son principal ouvrage est Histoiy of Great Britain{'j vol. 1771-'9"3), ou Histoire d'Angle- terre. Cet ouvrage, qui va jusqu'à la mort de Henri VllI, a été continué jusqu'à l'avène- ment de Jacques I", par J.-P. Andrews (1794). L'Histoire d'Angleterre a été traduite en français, par Bouiard et Canlwell (1789-'96, 6 vol. iu-4°). HENRY iWilliam\ chimiste anglais, né en 177:;. mort en 1830. Il était médecin à Man- chester et il publia Eléments of Expérimental chemistry{-2 vol., 1810; 11° éd., 1829). HENRYSON (Robert), poète écossais du xv" siècle; on cunnait peu de choses de sa vie. Son œuvre principale est une collection de 13 fables, qui fut publiée par le D' Irving, en 1832. Parmi ses autres ouvrages, on cite le Testament of Cresscid, suite du Troilus and Cresseide, de Cliaueer. 'HENSEL (Wilhelm). peintre allemaiid ! (1794-1801). 11 devint professeur à l'académie i des beaux-arts, à Berlin, en 1828. Une de ses ' meilleures toiles est le Christ devant Pilate.—9>a. femme Fanny (I80,">-I8i71. écrivit des chants etcomposa de petites partitions pour le piano. HENTZ (Charles) , conventionnel nionta- irnard, né "à Sieik (Moselle), vers 1730. mort a Philadelphie en 182 t. 11 vola la mort du roi sans sursis ni appel, rentra dans la vie privée après le 9 thermidor. Exilé par la Restaura- tion, il mourut dans l'indigence. ' HÉPAR s. m. ,gr. hépar, foie). Noin que les anciens chimistes donnaient au foie de soufre ou sulfure alcalin. HÉPAT ALGIE s. f. (gr. hépar. foie ; algos, douleur) l'athol. Névralgie du foie, qui a son siège dans le plexus hépatique. * HÉPATIQUE adj. (gr. hépar, foie). Anal.et Méd. Se dit des parties qui appartiennent au foie, et de certaines all'eci ions qui ont leur siège dans le foie : ve.ims hépatiques. ' HÉPATIQUE s. f. Bot. Famille de cryplo- sames intermédiaire entre les mousses el les lichens, et comprenant des plantes formées d'une membrane herbacée el rampante, qui 1 croissent en général dans les lieux humides : 200 HKPA la famille des ln'paliijiies. — Genre de renon- culaoées, trihii des anéraonées et très voisin des auémones. Le iiotn l)Olaiiii(iie el le nom populaire de ce penre soiil dus l'un eU'aulre à une ressemblance dans la forme des feuilles de ces plantes avec le foie humain. L'espèce Ht'paticu triluba. la plus commune, V hépatique trilobée {hepa- tica triloba), se trouve dans les parties les plus froides des deux hémisphères. On imltive on Europe la variété à Heur simple, el pl-jsieurs variétés douhlcs avec des (leurs do différentes nuances, rouge, bleu, pourpre écarlale, ou blanche. HÉPATISATIONs. f. (gr. M,wr, foie).Palhol. Dégénération d'un tissu ori.'anique en une matière qui a quelque analogie avec le foie. HÉPATISIE s. f. Consomption du foie. • HÉPATITE s. f. Pierre précieuse, ainsi nommée parce qu'elle est de la couleur du foie. " ' HÉPATITE s. f. {'AV. hépar, foie). Inflam- niatiou aiyuo nu chroni()ue du foie. Dans l'état aigu, cette aliection débute quelquefois brus- quement et est surtout caractérisée par des vomissements bilieux et une oppression vio- lente;quelqnefois aussi elle est préeédée d'une douleur sourde et lancinante a l'hypocondre droit, allant jusqu'à l'épaule et au cou. Cette douleur continue, s'exaspère par la pression, parles mouvements et par la toux. On observe en même temps une augmentation du volume du foie, de l'anorexie, de la soif, la sécheresse et l'amertume de la bouche, des nausées et sur- tout une teinte ictérique qui se borne parfois à l'œil, mais souvent envahit toute la face; des vomissements bilieux et des selles déco- lorées semblables à du mastic. — L'hépatite ne doit pas être confondue avec la pneumonie qui est caractérisée par des crachats rouilles, la crépitation ouïe souffle tubaire ; ni avec la gastrite, qui se distingue par l'absence de teinte jaunâtre ou ictérique, par une soif in- tense, el par des vomissements incessants; ni avec la pleurésie, qui se distingue par le point de côté, les frissons el la fièvre. — Le traite- ment consiste dans une diète sévère, saignée cataplasmes émollients, purgatifs légers et répétés, et boissons rafraîchissantes. A l'état chronique, cette maladie est caractérisée par une douleur intermittente à l'épigastre, un ictère changeant, un appétit capricieux et des digestions difficiles ; comme traitement, on conseille siirlout les purgatifs salins, les fon- dants, les eaux minérales de Vichy et les vé- sicatoires. HÉPATOCÈLE s. f. (gr. hépar, foie ; kélé, tuineurj. Hernie du foie. HÉPATOSCOPIE s. f. (gr. hêpar, foie ; sco- pein^ cousidérerj. Divination par l'inspection du foie. C'était, dans les sacrifices, un présage favorable, si le foie était pur et sans tache. •HEPTACORDEs. m. corde). Mus. Lyre ou ni;n.\ HÉPHESTION, Macédonien, ami el com- [laî-'ouii li Alexandre le Grand. Pendant l'expé- diliiin d'.Vsie, ee prince lui confia des com- mandements très imporlantset lui fil épouser Drypetis, fille de Darius et sœur de Slatira. Héphestion mourut de la fièvre à Ecbatane (:tJ.') on 324 av. J.-C). Alexandre, dont la douleur fut excessive, ordonna qu'on lui ren- dit li'^ honneurs divins. HÉPIALE s. m. (gr. hepialos, papillon de nuit . Kntum. Genre de lépidoptori's noc- turnes, tribu des phalènes, coniinenaiit une douzaine d'espèces de papillons dont les larves causent de grands ravages. L'hépiale Uu houbhn [hepialus huinuli), long de îi cen- tim.. a les ailes supérieures d'un blanc ar- genté; la femelle, un peu plus lon(;uo, a les ailesjauneset des taches rouges. Sa larve, d'un blanc jaunàlre. armée de forlos mâchoires, ronge les racines du houblon et s'enlonce dans leur inlérieiir pour se transformer en chrysalide; on la détruit en arrosant les ra- cines de houblon avec de l'eau dans laquelle on a délayé di' la liente de porc. (gr. hcpla, sept ; chordé, cythari' i sept cordes des anciens. (Voy. Lv- HK.) — Système de sons composé de sept notes, tel que la gamme. — .\djectiv. : la lyre liepla- Curdi. HEPTAÈDRE s. m. (gr. hcpta, sept; hcdni, surface'. Géom. Solide terminé par sept faces : U7i u e peut pas construire d'/ii ptné'lrc régulier. HEPTAGONAL, ALE, AUX adj. Oui arap|Mjit à l'heptagone : solides "'■'''•"■'"■''''■ heptagonaux. • HEPTAGONE adj. (gr. hepta, sept; gônia, angle). Géom. Qui a sept angles et sept côtés : figure heptagone. — s. m. un heptagone régu- lier. — Fortif. Ouvrage composé de sept bas- lions. HEPTAGYNIE s. f. (gr. hepta, sept; gytië, pistil). Bot. Sous-division comprenant les plantes dont les fleurs ont sept pistils. " HEPTAMÉRON s. m. (gr. hepta, sept; hé- méra, jour). Ouvrage composé de parties dis- tribuées en sept journées : t'Heptaméron de la reine de Navarre. HEPTAMÈTRES, et adj. (gr. hepta, sept; metron, mesure). Se dit des vers de septpieds. • HEPTANDRIE s. f. (gr. hepta, sept; auér. andros, étamine). Bot. Classe du système sexuel de Linné, qui renferme les plantes dont la fleur a sept étamines. HEPTANOMIDE s. f. Partie centrale de l'an- cienne Egypte divisée en sept nomes ou gou- vernements. HEPTAPHYLLE adj . (gr. hepta, sept ; phyllon, feuille). Bot. Qui est formé de sept folioles. " HEPTARCHIE s. f. [èp-tar-chi] igr. hepta, sept; archia, commandement). Se dit des sept royaumes que les Angles elles Saxons fon- dèrent dans la Grande-Bretagne, après la fin de la domination romaine. HEPTARCHIQUE adj. Qui a rapport i l'hep- tarchie. HÉRA. Voy. Junon. HERACLÉE, nom de plusieurs anciennes villes grecques. I. — Ville de la grande Grèce, en Lucanie, près du golfe de Tarenle, fondée par une colonie de Thuriens et de Tarentins vers 432 av. J.-C. Elle fut le théâtre du pre- mier combat entre Pyirhus et les Romains; le consul Lievinius y fut battu en 280. Près de HRR.^ cel endroit on découvrit les célèbres Tahulx HerarUfnses, fragments de deux tables de bronze contenant desinscriplions grecqucsel latines. — II. Ville de Sicile, sui la côte S. -0., à l'embouchure de la rivière Halycus; on dit qu'elle fut fondée par .Minos. d'où ellefutsur- nonimée .Minoa. Prise en 260 av. J.-C. par Hannon, elle devint le rendez-vous de la flotte carthaginoise i|ui y fut vaincue par Regiiliis Manlius. — III. Ville de Bithynie, surnommée Ponlica (aujourd'hui Eregti, ou Erekli], sur la côte S. de l'Euxin. Elle fut fondée par une colonie de .Mégariens et de Béotiens el eut un instant la suprématie sur les contrées du voi- sinage. (Voy. EiiEGLi.) HÉRACLÉEN, ENNE adj. Qui est d'Héra- clei'; ijiii .iiipai tient a cette ville ou à ses ha- bitants. HÉRACLÉES s. f. pi. Fêle.s en l'honneur d'Hercule, qui se célébraient ii Athènes tous les cinq ans. HÉRACLÈS. Voy. Hercule. HÉRACLIDE DE PONT, philosophe grec, dis- cipb' de l'iali/ii, de Speiisippe et d'Aristote ; il vivait au iv siècle av. J.-C. Il a écrit sur la philosophie, la musique, les mathématiques, l'histoire, la politique, la poésie et la gram- maire : il nous reste de lui un traité histo- rique sur les Constitutions des Etats ; il estcilé comme partisan de la rotation de la terre au renlri' du monde. HÉRAGLIDES (Les). Nom que l'on donne gé- néralement a la postérité d'Hercule, mais qui s'applique égaliMiient à quatre dynasties dis- tinctes : les Héraclides duPéloponèse, de Co- nnthe, de Lydie et de Macédoine. — I. Héra- clides du Pé'loponèsc. Vers l'an 1104 av. J.-C. Aristodémos,'réménos et Chresphonte, arrière- petils-lils d'Hyllus, fils d'Hercule, pénétrèrent, a la léte des Uoriens,dansle Péloponèse, firent la conquête de l'O. el du S. de cette pénin- sule et s'établirent en Laconie, en Argolide et en Messénie. A partir de cette époque, Sparte eut toujours des rois issus de ces princes. — II. Héraclides de Corinthe. Celte fa- mille se rattache à la précédente par un autre fils d'Hercule, Hippolès, que ses Irères chas- sèrent de leur camp au moment de la con- quête du Péloponèse, sous prétexte qu'il avait attiré sur lui la colère des dieux et par suite, la peste sur leur armée. Son fils Alétas s'em- para de Corinthe, et y établit sa dynastie qui y régna plusieurs siècles. — III. Héraclides de Lydie. Cette branche descendait d'Aicée, fils d'Hercule et d'Omphale; elle s'empara de la Lydie, et y occupa le trône pendant plus de vingt générations. Le dernier roi, Candaule, fut tué parGygès. — IV. Héraclides de Macé- doine. Cette famille était issue des Héraclides d'Argolide, par l'erdiccas, fils de Téménos, ar- rière-petit-tils d'Hercule; il s'établit en Macé- doine vers le vin' siècle avant J.-C. C'est de celte branche que descendent Philippe et .\lexandre. HERACLITE le Physicien, philosophe grec, né à Ephèse vers le milieu du vi° siècle av. J.-C. En raison de son caractère sombre, il fut désigné sous le nom de philosophe pleurant. Ses idées philosophiques furent développées dans son ouvrage intitulé : Ilspt j(7£uç [De la Nature). Les particularités les plus remar- quables de son opinion étaient que, par l'o- pération d'un Uuide éthéré léger, constam- ment actif, se changeant lui-même, transfor- mant toutes choses, et auquel il donnait le nom de feu, ont été créés tous les êtres de l'univers, animés et inanimés, matériels et immatériels, et que la soumission aux décrets de la loi suprême est le grand devoir de l'homme. Son style obscur lui valut le surnom de philosophe ténébreux. On cite souvent son nom par opposition à celui de Démocrite, le philosophe riant. # HERA HÉRACLIUS, empereur romain d'Orient, né vers HTii ap. J.-C.. mort en 641. II était fils d'Héraclius, exarque d'Afrique. Envoyé, en6lll, avee unetlolte.assii-^'erConstantinople, il détrôna le tyran Phocas, et le remplaça sur le trône vacant. Ayant mis sa frontière euro- péenne à l'abri des incursions des barbares du nord, il fit des expéditions heureuses contre les Perses en 022 et Gti et battit Chosroès 11 en personne- En 62.ï, il gagna une troisième grande victoire sur les Perses près de la ri- vière Sorus en Cilicie, et, en 627 il les défit de nouveau dans une grande bataille près de Ni- nive. Héraclius fit un traité d'amitié avec Ma- homet ; plus tard, une guerre avec les Arabes lui fit perdre laSyrie, la Palestineet l'Egypte. HÉRACLIUS (Constantin), fils du précédent, né en 612. Suivant les ordres de son père, il dut partager le trône avec son jeune frère Héracléonas; mais son règne fut de courte durée; sa belle-mère, l'impératrice Martine, le fit, dit-on, empoisonner. HÉRACLIUS I. roi de Géorgie, né vers 1648, mort en 1710; il s'était réfugié à la cour du shah de Perse, .Soliman, qui le rétablit sur le trône de la Géorgie orientale en 1688. — II. Petit-fils du précédent, né en 1718, mort en 1798; il monta sur le trône en 1760 et se fit le vassal de l'impératrice Catherine de Russie, pour se faire protéger par elle contre les agressions de ses voisins. * HÉRALDIQUE adj. (bas lat. heraldus, hé- raut). Qui a lapport au blason, aux armoi- ries. iNe s'emploie guère que dans ces locu- tions, science héraldique, art héraldique. — «.* s. f. Science ou art du blason; art de décrire en termes techniques, les cottes d'armes, les emblèmes, les enseignes et les insignes ar- moriaux et héraldiques. L'héraldique, à peu près inconnue avant les croisades, paraît être née en Allemagne; les Français la portèrent àson plus haut point de perfection et créèrent sa nomeiK'Iatiiie technique. Dès la fin du xui"-' siècle, elle formait une science bien dé- fi nie par des règles exactes et par des termes particuliers. — L'héraldique a pour but de déterminer et d'expliquer les dispositions et la forme des parties qui constituent les ar- moiries. Ces parties sontau nombre de deux : ARMES INTÉRIEURES (ECUS, émuux, partitions et répartitions, figures et reballements); akmks EXTÉRIEURES (timbres [couronnes, casques, bourrelets, toques, cimiers, lambrequins], supports, tenants, bannières, manteaux, corde- lières, devises, cris dc'guerre, ornements de di- gnités elcordons des ordres de chevalerie. — L'ECU ou ÉcussoN est le fond ou champ sur lequel on représente les figures des armoiries; il a reçu dilferentes formes. L'écu français présente I i ligure d'un quadrilalero de sept parties de largeur sur huit de hauteur, arrondi aux an- gles inférieurs et terminé en pointe au mi- lieu de sa base. L'écu en losange futadopli; pour les dames et les demoiselles vers le XV" siècle; l'écu en bannière (carré) avait la l'orme de l'enseigne des chevaliers bannerets; l'écu couché était incliné sur le côté. Les écus accolés (placés l'un à côté de l'autre) portaient les armoiries des deux Etats incorporés; de- puis le xiv siècle, les veuves portèrent des écus accolés : aux armes du mari (à droite) et à celles de la femme (à gaurhc). — On dis- lingue dans l'écu neuf ijositions : ABC forment le chef; A est le ninton dcxtre du chef; B le l>iiiiit du chef ou chef propre- mciit dit: C le canton scnestre du chef; D le flanc dextre; E le nidieu, le centre, le cœur ou Va- bunc; V le flanc scnestre; G le canton dextre de la pointe; H la pointe; et 1 le canton scnestre de la pointe. — L'écu est simple ou plein quand il ne présente qu'un émail; composé ou divisé, quand il oUre plusieurs A u c. 1) i; I- r. Il 1 V HÊRA émaux. — On nomme partitions les lignes 1 qui séparent les divisions d'un écu composé, lorsque ces divisions alTectent une couleur; difi'érente. On distingue quaire partitions principales : \e parti, qui partage perpendi- culairement l'écu en deux parties égales; le. coupé, qui le partage horizontalement en deux parties égales; le taillé, diagonale de l'angle senestre du chef à l'angle dextre de la pointe; et le tranché, diagonale de l'angle dextre du chef à l'angle senestre de la pointe. En multipliant les parutions et en les combi- nant, on obtient une infinité de divisions nouvelles que l'on appelle répartitions. L'écu est dit coupé-mi-parti, quand, élant coupé, une de ces sections est parlie; tiercé, quand il est divisé en trois parties égales de différents émaux; écartelé, quand il est divisé en quatre écarts, écartelures ou quartiers par le parti et le coupé ; contre-écartcle, quand l'un de ses quartiers est divisé lui-même en quartiers (con- tre-écarts); écartelé en sautoir, quand, il est di- visé en quatre par le tranché et le taillis; gi- ronné, quand il est à la fois parti, coupé, taillé et tranché. Quelquefois sur l'abîme de l'écu s'en trouve un second, |dus petit, qui est dit sur le tout; et quelquefois même ce second écu en porte un troisième qui est sur le tout du tout. — On appelle émaux les différentes couleurs de l'écu et des figures, parce que, dans l'ancien temps, on peignait les armoiries en émail. Les émaux se divisent en trois clas- ses : 1° métaux, or (jaune) et argent (blanc); COULEURS, gueules (rouge), azur (bleu), sinople (vert), pourpre (violet), sable (noir), sanguine (couleur chair), tannée ou orangée (aurore); HEI'KÉSE.NTATION DtS iilALS, HERA 261 J.aY. ■■■.j.Xx. ...k..i.,A.. Lo*iAu-i^i FOURRURES OU PANNES, hermine (blanc mou- chetéde noir); coutre-licrminc (noir moucheté de blanc), vair (petites cloches altornative- meiit blanches et bleues, et disposées en tires ou files horizontales, la base d'une cloche bleue touchanl à celle d'une cloche blanche), contre-rair (tires do petites cloches bleuies et blanches, la base de chaque cloche touciiant celle d'une cloche do même émail) Les cou- leurs de 1 hermine et du vair ne sont pas tou- jours celle» dont nous venons de parler; alors on dit hermine ou vaii-é de tel ou tel émail : vairé d'or et de gueiiles. (Famille de Beaufremont). — Les FIGURES HÉRALDIQUES sont les dessins for- més sur le champ de l'écu. On les distingue en quatre classes : !■> figures héraldiques propre- ment dites, qui se divisent en figures de premier ordre et figures de second ordre. On compte 19 espèces de ligures de premier ordre ou pièces honorables : chef (tiers supérieur de l'écu); fasee (milieude l'écudansle sens horizontal); Champagne (tiers inférieur de l'écu); pu/ (tiers vertical de l'écu) ; bande (bande diagonale de l'angle dextre supérieur à l'angle senesire inférieur; barre (de senestre supérieur à dextre inférieur); croix (réunion de la fasce et du pal); sautoir (réunion do la bande et de la barre); chevron (en forme de compas dont les pointes toucheraient les deux angles du bas de l'écu); franc-quartier (figure car- rée à l'angle dextre du chef); canton (petit franc-quartier qui occupe l'un des deux an- glesdu chel); pointe ou pite (triangle très effilé dont la base repose ordinairement sur celle de l'écu et dont l'angle opposé s'élève vers le chef sans l'atteindre); giron (triangle rectangle dont l'un des angles aigus se trouve au centre de l'écu); pai'We (espèce d'Y majus- cule dont la branche inférieure repose sur la base de l'écu, tandis que les deux branches supérieures aboutissent aux deux angles du chef); bordure (espèce do plate-bande qui en- vironne l'écu et dont la lar;,'eur est à peu prés la sixième partie du champ); or/e (plate-bande moins large que la bordure et qui environne l'écu sans en toucher les bords); trcscheur ou essonnier (ditfère de l'orle en ce qu'il estUeu- ronné); écu en abîme (petit écu posé au centre du champ); gousset (sorte de pairie dont la partie supérieure est pleine). Lorsque les piè- ces honorables sont multipliées un certain nombre de fois sur l'écu, elles forment ce que l'on appelle des rebattements. Le comble ou chef retrait est un chef qui n'a que le tiers de sa hauteur; la vergette est un pal réduit à la moilié ou au tiers de sa hauteur; \e divise ou fascecndivise est une fasce qui a perdu les deux tiers de sa hautcu r . Q uand le nombre des fasces excède 4, on leur donne le nom de burclcs. La bande diminuée devient cotice ou bâton eu bande; et la barre diminuée est une traverse ou bâton en barre. On nomme bâton péri en bande et bâton péri en barre la cotice et la tra- verse alésées (dont les extrémités ne touchent pas les bords de l'écu). On distingue aussi la /Janine (Champagne diminuée des deux tiers), l'edii (chevron réduit au tiers de sa largeur), les Jumelles et les tierces ifasccs, bandes ou barres très rétrécies et groupées, les premières deux par deux, les autres trois par trois); le flanclus (sautoir réduit), le fdet (pièce hono- rable réduite à sa plus simple épaisseur), la filière (filet en bordure). On dit qu'un écu est chevronné, paie, fascé, bandé, barré, eoticé, etc., quand les chevrons, les pals, les bandes, etc., et leurs reballements sont en nombre tel qu'il estimpossible de dIstiiiL'iierrémail du champ; alors on spécifie le nombre des divisions. L'écu esicontre-palé, contre- fascé, elc, quand, présentant l'une des dispositions précédentes, il est divisé par un trait, de telle sorte que chaque moitié des pièces otl're un émail autre que la moitié qui luicorrespond. On distingue \i espèces de ligures de second ordre ou moins honorables ; i'émanché ou emmanché (grandes dénis, pointes ou émanches encla- vées les unes dans les autres): les points égui- pollés (9 carreaux en échiquier, alternative- ment de métal et de couleur); l'(!cAi"i/uirr ou rec/ii^iu/iî (plusieurs rangées ou tires de petits carreaux alternativement de métal et de cou- leur); les /■»•(.'»« (bandes ou barres entrela- cées au nombre de 6); les treillis (frottes or- nées de clous à l'intersection des bandes oa des barres); les losanges (ligures ^uadrangu- laires plus hautes que larges, qui se posent toujours perpendiculairement) ; les fusées (lo- 262 HKRA saiigfis très allonf.'és) ; \csmacles (losanges pnr- 1 ces .lu milieu d'une ouverture éf-'aleim-iil en losange); les r>istes (losanges pei'eés d'une ouverture circulaire); les cunniujc (pièces car- ! ri'Cs poséis siu' l'un de leurs côli's); 1rs bit-, telles (rect,inf;le.s qui sont plus hauts ipie lar- ges); les litS'inls (|iièces roruifs de nii'-tal po- I sées sur couleur); les ti.-0. appelé magistraou. Longueur des eôles: lii.'i kil. Le littoral est inlerroiiipu par de vastes étang's salés qui, pour ia plupart, coin- immiquent, par des graus, avec la Méditei- ranée. Mines de fer; mines de houille (Grai,^- sessac et Houjaii) ; grandes salines; sources miiii'rales de Balaruc, de Foncaude. de la Maluu. Vins de Saint-Georges, de Frontignaii, de Lunel, de Béziers. Eau-de-vie de .Montpel- lier; grande richesse agricole. Manufactures de drap de Lodève; soieries et lainages. Deux ports principaux : Agde et Cette. — Cli.-I. Montpellier, 4 arr., 36 canl. et 33!S comm. • — Points fortifiés : re- doute de Valleras, fort de Brescou, fort du cap d'Agde, redoute de Castelas et, pour la défense de Celle, les forts de Saint- Pierre et de Saint-Louis. — Diocèse de .Montpellier, sullraganl d'Avignon. Cour d'appel, académie à Montpellier. — Ch.-l. d'arr. ; .Moiitpillior, Bé- ziers, Lodève et Sainl- Puns. HÉRAULT DE SÉ- CHELLES ! Marie - i]|j|i'*' Jean,!, convenlionnel, 110 a Paris en 1760, guillotiné le ij avril 1794. Avocat général au parlement de Paris, il adopta les idées ré- volutionnaires et se distingua à la prise de la Bastille. Elu à l'Assemblée législative, il siégea à l'extrême gauche. .A la Convention, dont il fut nommé président le 2 nov. t7;!2, il com- battit les Jacobins et souscrivit a leur [iroserip- tion le 2 juin 1793. Comme membre du comité de Salut public, il proposa des mesures extrê- mement énergiques contre les ennemis de la Révolution. Etant en mission en Alsace (sept. 1793), il écrivit : « J'ai semé des guillotines nKRB sur ma roule; elles ont produit rie bons ell'els. » Robespierre, jaloux de sa popu- l.irité, trouva moyen de le eompronieltre, en faisant arrêter dans son apfiartiinent un individu accusé d'émigration. Hérault de Séehelles, considéré comme indulijeul, fut arrêté (mars 17«l) et enveloppé dans la conspiration dantoniste. Cond.imné à mort, il subit sa peine avec beaucoup de calme et de courage. Parmi ses nombreux écrits, nous citerons : Eloge de Suner M77(l); Visite à Buff'on{\18\i); et Théorie df iamliitioti, recueil de pensées philosophiques, i|u'il écrivit pen- dant sa captivité au Luxembourg et qui fut publiée par Saignes en <8n2. • ' HÉRAUT s. m. ['hé-rùirbaslat. héraldus: aW.herall. noble erieur|. Officier d'un prince ou d'un Etat souverain, donl l'emploi prin- cipal est de faire certaines publications so- lennelles, certains messages inqiorlants, et qui remplit en outre diverses fonctions dans les cérémonies publiques. Dans l'anliquité, le ministère des hérauts était sacré, (jliez les Romains, il y avait deux sortes de hérauts : les uns (feeiales) allaient dénoncer la g'uerre, les autres(caE HERBE CROIT TOUJOURS, Se dit |iar plaisanterie des enfants qui croissent beaucoup. — Prov. et fig. Il a marché sur ûUELouE mauvaise HERBE, il lui est arrivé HERB HERB HERC 263 quelque chose qui ]e met de mauvaise hu- meur. On dit aussi d'un homme qui est de mauvaise humeur, sans qu'on sache pour- quoi : sur quelle herbe a-t-il marché aujour- d'hui/^—Se dit au singulier, dans un sens collectif, des herbes qui couvrent les pâtu- rages, les prairies, les lieux peu fréquentés, etc., et que l'on coupe ordinairement pour la nourriture des chevaux et des bestiaux : donner de l'herbe à un cheval. — Blé Eti hebbk, AVOINE EN HERBE, etc., blé, avoine, etc., lors- qu'ils sont encore verts et qu'ils s'élèvent peu au-dessus des sillons. — Manger son blé EN UERur;, dépenser son revenu d'avance. — C'est un avocat fn hebbe, un dûcteuh EN herbe, etc., se dit d'un jeune homme qui éludie pour devenir avocat, médecin, etc. On emploie quelquefois le même pro- verbe en parlant de ceux qui paraissent destines a être élevés à quelque dignité, à quelque emploi : c'est un ministre en herbe. — L'herbe sera bien courte, s'il ne trouve DE quoi brouter. Se dit d'un homme indus- trieux qui sait trouver à subsister aisément où d'autres auraient peine à vivre. — Couper l'herbe sous le pied a quelqu'un, le supplan- ter dans quelque affaire. — A chemin battu IL NE CROIT point d'herbe, il n'y a point de prolil à faire dans un négoce dont trop de gens se mêlent. — Employer toutes les HERBES DE LA Saint-Jean, employer, pour réussir en quelque affaire, tous les moyens dont on peut s'aviser. — Entre comme terme générique dans plusieurs des noms vulgaires donnés aux plantesusuellesou trèsconiinunes. Voici quelques-unes de ces dénominations, dont la plupart ont vieilli : herbe à l'ambas- sadeur, herbe a la reine. (Voy. Tabac.) — Herbe aux churijcntiers, herbe à la coupure, herbe militaire, (Voy. Mille-keuille.) — Herbe auJ. chats. (Voy. Cataire.) — Herbe aux chantres. (Voy. Vélar.) Herbe aux cuillers. (Voy. Co- chléaria). — Herbe aux écus. (Voy. Nummu- h.\iRE.) -^ Herbe aux gueux. (Voy. Célmatite.) — Herbe aux Fatayons. (Voy. Hyduocotyle.I — Herbe au pauvre homme. (Voy. Gratiole.j — Herbe aux perles. (Voy. Grémil.) — Herbe du siéye. (Voy. Scrofulaire.) — Herbe aux veiTues. (Voy. Héliotrope.) " HERBEILLER v. n. Chasse. Se dit d'un sanglier qui va paitre l'herbe : le sanglier a herbeillè ici. ' HERBER v. a. Exposer sur l'herbe : hcrbcr de la toile, des cheveux, etc. HERBELOT (Barthélémy d'j, savant orien- taliste fraii(;ais, ne a^l^■u■ls en Itiiii, mort en 169,'). Son long séjour en Urient l'avait fa- miliarisé avec les différentes langues de ce pays, et des études persévérantes en Italie avaient encore accru sa vaste éruditimi. I.ouis XIV le nomma professeur de syriaipie au collège de Kraiice; il en avait déjà fait, quelques années auparavant, son secrétaire- interprète. On a de lui : Bibliothèque orientait ou biclionnaire universel, contenant générale- ment tout ce qui regarde la connaissatfce des peuples de l'Orient (Paris, 1097, in-fol., l.a Haye, i'iTl-'H'i, 4 vol. in -4°). 11 a laissé en ma- nuscrit un Dictionnaire arabe, turc et persan. HERBERT ! Edward), lord Herbert de Cher buiy, philuMiplii; anglais, né dans le pays de Galles en Ib.SI, mort en 1048. En 1010, il servit sous Maurice de ^assau au siège de Julicli. En 11)14, il se rendit en Italie où h; duc de Savoie le chargea de conduire 4,00U protestants languedociens en Piémont. En iSIS, il fut nomnié amhassadeiir extraordi- naire pour renouveler l'alliance enire la France et rAngletcrre. En 1621, il fut envoyé de nouveau en France, où il puliliason Trac- talus de Veritate{l(i'il). En <(;.31 , il fut créé pair sous le nom de baron Herbert de Cherbui-y. Pendant les troubles du règne de Charles l'-'', il se mit d'abord du côté du parlement et en- suite avec, le roi. Parmi ses ouvrages se trouvent les suivants, qui parurent tous après sa mort : De Heligionc Geniilium, Erronimque apud eos eausis ; Expcditio { Buckinghami Ducis) in Ream InsuUim et Life and Rcign o/' King Henry VHI. 11 était opposé à Bacon et à Hobbes et il est regardé comme libre penseur. HERBERT (sir Thomas;, voyageur anglais, né vers 1006, mort en I0S2. H 'publia, en 1034, SomeY'eares Travels into Africa and tlie Great Asia, especially the Territories of the Persian Monarehy. Dans la guerre civile, Herbert se mit du côté du parlement. 11 fut un des dé- putés envoyés pour recevoir Charles 1 d'Ecosse. Le roi le nomma baronet. Herbert est l'un des auteurs de Thrcnodia Carolina, histoire des deux dernières années du règne de Charles. • HERBETTE s. f. (diminut.). Herbe courte et menue de la campagne. Ne se dit guère qu'en poésie et dans le style pastoral : danser sur l'herbette. ' HERBEUX, EUSE adj. Se dit des lieux où il croit de l'herbe : dairicre herbeuse. - HERBIER s. m. Collection de plantes desséchées et mises entre des feuilles de pa- pier : un herbier des plantes d'Amérique. — Par ext. Collection d'estampes contenant des figures de plantes : herbier artifidel. — Pre- mier ventricule du bœuf et des autres animaux qui ruminent. Dans ce sens (vieux) on dit mieux. Panse. — Encycl. L'herbier est pour ainsi dire le compagnon inséparable du bo- taniste; c'est le livre qu'il lit toujours et qu'il augmente sans cesse. Le mode usité dans la préparation des plantes varie avec la nature et les caractères des plantes elle.s- mêmes. La dessiccation simple sul'lit à la grande majorité des espèces; d'autres exigent l'emploi d'un procédé chimique. Chaque échantillon doit porter une étiqiietle sur la- quelle sont inscrits soigneusement le nom de l'espèce, celui de l'auteur qui, le premier, l'a décrite; la région qu'elle préfère; l'ha- bitat, l'époque de la floraison, de la fructifi- cation; la couleur naturelle des fleurs, des feuilles et des fruits de l'espèce. C'est ainsi qu'avec un herbier on peut édifier toute la flore d'une contrée. Parmi les célèbres col- lections de l'Europe sont les herbiers de Kew, de Linné, de Banks, ce dernier est au mu- sée britannique de Londres. Les herbiers des musées de Paris, de Berlin et de Saint-Pélers- bourg ont aussi une très grande valeur. Les plus importants, en Amérique, sont ceux de Gray à Harvard, le Meisner au collège de Co- lunibia et l'herbier du musée de Philadelphie. • HERBIÉRE s. f. Vendeuse d'herbes : her- bière des haltes. HERBIERS (Les) Herbodilla, arr. et à .39 kil. N.-E. de la (Vendée); 3,371 habit. Engrais et élevage de bestiaux. Aux environs, chapelle ogivale bâtie à la mémoire des Vendéens sur le mont des Aloiiet tes, aux frais des du- chesses de Berry et d' An- L'oulôme. HERBIERS (Claude Antoine Guvot hks i poète, né à Joinvilli^ r 174.Ï, mort au Mans i 1S28. .•\vaiit de devcni un homme pi)lilli[ui', dr Herbiers cultiva les. Muse et, en 1771, sous le titi' de Chancelières, il flt pa- raître deux odes, qui eurent un grand succès de scandale et dans les- quelles le gouvernement se trouva fort maltrailé; il embrassa avec ardeur les idées nouvelles de la Révolution et lut successivement juge au ch.-l. de canl., Roche-sur-Yon tribunal de la Seine, membre du conseil des Cinq-Cents en OgS et du Corps législatif après le 18 brumaire. Outre ses Chancelières, des Herbiers a laissé un poème des Heures et un autre des Chats. Il a passé, en outre, pour l'auteur de Robespierre aux frères et amis. HERBIGNAC, ch.-l. de cant., arr. de Saint- Nazaire (Loire-Inférieure); 4,199 hab. Ruines du château de Ranrouet. • HERBIVORE adj. (lat.ftcrfta, herbe; vorare, mangeri. Hisl. nat. Se dit en général des ani- maux qui se nourrissent de substances végé- tales, et plus particulièrement de ceux qui paissent l'herbe des prairies, tels que le che- val, le bœuf, etc. : les animaux herbivores. — • Substantiv. : les herbivores. — Dans la classifi- cation d'Agassiz, les herbivores forment l'un des trois ordres des mammifères (8" classe des vertébrés). Cet ordre comprend les mammi- fères à ongles ou à sabots, et à larges dents molaires pour broyer les aliments. • HERBORISATION s. f. Action d'herboriser; promenade, course que l'on fait dans l'inten- tion de recueillir des plantes : ce botaniste a fait de fréquentes herborisations aux environs de Paris. — Dessin d'une pierre herborisée. "HERBORISÉ, ÉE adj. Synonyme peu usité d'arboii^e. Vo} . ArborisÉ. • HERBORISER v. n. Aller dans les champs recueillir des herbes, des plantes, soit pour apprendre à les connaître ou pour en former des collections, soit pour les employer aux usages qu'elles ont en médecine : allerherbo- riser par un beau jour. •HERBORISEUR s. m. Celui qui herborise: une troupe d'kerboriseurs. (Fam.) • HERBORISTE s. m. Celui qui connaît les simples : c'est un grand herboriste. [Vennûiè.) — Plus ord. Celui qui vend des simples, des herbes médicinales : acheter des vulnéraires cliez un herboriste. HERBORISTERIE s. f. Tout ce qui concerne le commerce de l'herboriste; boutique d'her- boriste. ' HERBU, UE adj. Couvert d'herbe : un che- min herbu. HERBUE s. f. Terre végétale dont on se sert pour amender le sol. • HERCOTECTONIQUE s. f. (gr. hcrkos, mur ; tektonikê, art de bâtir). Art de fortifier les places, de retrancher un camp, un poste, etc. HERCULANIEN, lENNE s. et adj. Habitant d'Ilerculanum ; qui appartient, qui a rapport a cette ville. HERCULANUM [èr-ku-la-nomm] (lat.Hercw- /(H/t'iim), ancienne ville de la Campanie (Ita- llcrculuriuili lie\ à la basn N.-O. du mont Vésuve, à environ 8 kil. S.-E. de .Naplcs. On attribue sa fonda- 264 HRRD c tiiii) à Hercule; el Oviiic l'iipf'clle Hcrcul.o urlis. Elle était un lieu de remiez-vous poul- ies Hoin.iiiH riches, nui bâtirciil de m;ii:iiin- qucs villas dans la ville cl dans ses fanliourffs. Ln auùl 79. le Vésuve jeta pendant huit jours el huit nuits des torrents de houe, qui cinpli- rcnl la ville jusqu'aux toits des maisons; en- suite une pluie de cendres et des courants de lave forrn(''icnl un dépôt de 20 à 40 niélios de [iroloiidiur. Un nouvel élablisscinentfornic rés de rani:ienne ville, é[U'OUvaun sortscin- ilahle en 47"2; llerculanuni l'ut ensuite oublié. On ne savait in<>Mie pas le lieu exact où elle gisait; un la cioyait ensevelie sous la luodenie Torrc del Greco. I,a dcconverle de l'cniplace- inenl réel se fit en creusant un puits à Kesina (1709); on en retira quelques frai;nients de mosaïque et des statues. Pour l'histoire des fouilles, voy. PoMPÉr. HERCULANUM, opéra en 4 actes, représenté à Paris (Académie de musique), le 4 mars 18;)9; paroles de MéryetHadot; musiquede Félicien David. ' HERCULE >. m. Homme fort el robuste : il est fort ronime un Hircute. — Astron. Cons- tellation (le rhcmispbère boréal. HERCULE (gr. 'Hpaz/Â;), le plus renommé des héros m\llii(|iies de rarilii|uilé, (ils de Jupiter el d'.Ûcméiie, pelite-lillc de Persée. Son nom primitif fui .\lcides ou Alcseus, il fui changé pour celui d'Hercule par l'oracle de Delphes, qui lui ordonna de vivre à Tiryns el de servir Kurystheus pondant douze ans. Juinler promilà Junon ([u'Hercule deviendi'ait im mortel npi'és avoir accompli pourEuryslheus 12 ,!.'raiids travaux, dont l'énuméraiion la plus ordinaire est celle qui suit : 1° élouli'er le lion de .Némée: i- tuer l'hydre de Lerrie; :i° amener captive la bicheaux picdsd'airain ; 4° [ire lui ic viv.ml le sani-'ller d'I'.'rymanllie ; H" iiclloyer les écuries d'Aiii;ias; G" détruire à coups de Huches les oisciux du lac Styni- pliale;?" prendre le minotaure de Crèle'; S" enlever les juiiienls de Diomède ; 9" s'em- parer de la ceinture d'Hippolyte, reine des Amazones; 10» prendre les bœufs de Géryon; 1 1» s'emparer des pommes d'or des Hespé- rides; ii" s'emparer de Cerbère, chien qui frardail l'entrée de Hadès. Hercule accomplit heureusement tous ses travaux et reçut sa récompense. Dans les premières légendes, Hi'rcule esl représenté comme un chef puis- sant qui détrônait les princes cl cpii distribuait les royaumes et les sceptres. Le culte d'Hercule tlorissail particulièrement parmi les Doriens; ce dieu fui au;si adoré à Rome et, sous dilfé- rents noms, dans plusieurs parties de l'ancien monde. Il est représentéle plus fréquemment couvert d'une peau de lion et armé d'une massue. — Hercule eut plusieurs épouses. L'une d'elles, Déjanire, lui ayant donné lu robe empoisonnée du centaure Ncssus, il la revêtit el se sentit dévoré par d'atroces souf- frances, auxquelles il mil fin en se faisant brûler sur le mont OEfa. Transporté dans l'Olympe, il y époiis.L llélié. * HERCULÉEN. ENNE adj. Qui est digne d'Heicule: iine force hercuUienne. HERCYNIENNE (Forêt; {ïal.HcrcyniaSilva), ancien nom d'une forêt de l'Allemagne, cou- vrant une chaîne do montasnc qui compre- nait probablement le système montagneux entier de l'Europe centrale au delàdes.\lpes; mais ensuite restreinte aux chaînes qui relient la forêt Thuringicnne avec les monts Carpa- Ihes. 'HERDER (Johann-Gottfried), |)hilosophe et critique allemand, né eu 1744, mort en )803; il étudia d'abord la médecine qu'il abandonna bientôt pour la théologie et, dès l76o, il était instituteur cl prédicateur à Riga, où la piété el la vigueur de ses sermons le rendirent l'objet d'un enthousiasme général. En I7(j9, i il abandonna le ministère pastoral el se mil i UEWÉ :i voyager. Pendant un séjour qu'il litàSIras- bourp, il se lia intimement avec Go-thc, qui lui lit fddenir le titre de prédicateur de la cour el le fit nommer membre du consistoire de Weimar où il passa le reste de sa vie. Il sut concilier ses rCverics poétiques avec ses instincts relig:ieu.x et dans la manifestatioD de sa doctrine, il se distingua [dulôt par la fécondité de son imagination que par la pro- fond'ur de sa science. Il a laissé Gcist der Ebrôi.srhm Poésie {De l'esi^ril de la pni'sie hi'brai- f/ur), ouvrage très estimé, traduit en français par la baronne de Carlowitz (I.S4:;, 1 vol. in-)l'). .Son œuvre la plus importante, mais restée inachevée, esl Jdeeii zur l'hiln^uphie der Gesrhi'htr der Moisehhcit {Idées sur In philoso- phie de ihumunité) {i vol., 1784-'«y). .Sa vie a été écrite par son fils E.-G. von llerder (3 vol., 1846 -'47). * 'HERE s. m. (lat. herus, maître). Terme familier qui se dit par dérision d'un homme sans mérite, sans considération, sans fortune. Ne s'emploie guère que dans la locution : c'est un pauvre hère. — »v Véner. Jeune cerf qui cesse d'être faon. UEHÉ redite : tenir, posséder héréditairement une terre, une charge. ' HÉRÉDITÉ s. f. (lat. hxreditas). Jurispr. Droit dr recueillir la totalité ou une paHie des biens qu une personne laisse à son décès- accepter ihérédité. - Se dit quebinefoisabsol" en parlant de la succession au trône : atta- quer, défendre le principe de l'hérédité.— S'est dit aussi du privilège accordé k un office que c roi rendait héréditaire, sans que le titu- laire fût assujetti au pavement du droit de prêt et d annuel : les offices des scrétaires du rot jouissaient du droit d'hérédité. — Se àil encore de tous les biens qu'une personne laisse en mourant: son hérédité fut partagée entre plusieurs collatéraux. — Se dit encore des particularités d'organisation et d'aptitude qui se transmettent des ascendants aux des- cendants : hérédité de la folie. HEREFORD ['hèr'-i-feurdj, ville d'Angle- terre, capitale du Hcrerordshire,surla \Vve,à 200 lui. O.-N.-O. de Londres; 20.2G7 hab. La cathédrale, reconstruite en 1079, appartient au style normand priniilif; elle esl cruci- forme, avec II, le l.irade de MO m e| une lar- Cattiétjralc de Hcreford. "HÈRE s. m. Espèce de jeu de cartes qui se joue entre plusieurs personnes, el où il n'y a qu'un seul des joueurs qui gagne. On ap- pelle aussi ce jeu l'-ls quicourl. ' HÉRÉDITAIRE adj. (lat. hserediturius ; de h:vrcs. bénlier). Qui se transmet, qui vient par droit de succession : pos.'^essions héréditai- res. — Se dit partie, des charges, des offices, des titres, etc., qui passent aux héritiers de ceux qui en sont pourvus : /e roi avait rctidu cet office héréditaire par sa déclaration du... — Cette charge, cette dignité, etc., est COMME HÉRÉDITAIRE DANS CETTE FAMILLE, DANS CETTE MAISON, Se dit dcs charges, des dignités qui ont été longtemps dansune même maison, dans une même famille : le bdton de maréchal de France était comme héréditaire dans cette maison. — Se dit souvent par oiqiosition à électif: royaume héréditaire. — Chambre héré- ditaire, s'est dit de la Chambre des pairs, par opposition à Chambre élective ou des députés. — Se dit également de ceux qui sont revêtus de certaines grandes charges dont le titre a élé conservé, quoiqu'elles soi eut présentement sans fonction : connétable héréditaire de Cas- tille. — Se dit fig. des maladies qui passent des parents aux enfants : la goutte, la folie est héréditaire dans cette famille. — Se dit, en un sens analogue, des vertus, des vices, des passions, etc. : la valeur est héréditaire dans cette maison. * HÉRÉDITAIREMENT adv. Par droit d'hé- grur de 40 m. La ville possède plusieii:> beaux monuments et une bibliothèque d'une errande valeur. Manufactures de gants, de flanelle, de cuir, de coutellerie et de fer. Il y a six foires annuelles; la foire d'octobre est la plus importante de r.-\ngleterre pour le coiMiiierce debélail et de fromage. ' HEREFORDSHIRE, comté intérieur d'An- glelerre, sur la frontière E. du Pays de Galles; '2,0o6 kil. carr.; l'aO.OUO hab. Surface acci- dentée. La rivière W'ye arrose une magnifi- que vallée. Le comté portait autrefois le sur- nom de jardin de lAntîleterre. Les produc- tions principales sont : le blé. l'orge, les fruits, le houblon et l'écorce de chêne. La race des bœufs de Hereford est renommée. RERESBACH (Conrad d'), théologien alle- mand, né a Hercsbacb (duché de Clèves) en 1490, mort en Ib76. Fut précepteur et ensuite conseiller de Guillaume de Clèves. Dans une de ses lettres à Erasme se trouve la Relation de la prise de Miinstcr pur /es anabaptistes (Leyde, 1637). Son ouvrage intitulé: Rei rus- ticse libri quatuor (Cologne, 1.'j7fl) lui valut le surnom de Collmelle de l'Allemagne. * HÉRÉSIARQUE s. m. (gr. hairêsis, hérésie ; archos, chel;..\uleur d'une hérésie, chef d'une secte hérétique: Luther et Calvin sont des hé- résiarques. • HÉRÉSIE s. f. [é-ré-zi] (gr. hairêsis, de /luii'COjje choisis). Doctrine contraire à la foi HERI catholique, cricur condamnée par l'Eglise en matière de religion: Vhérisic d'Arius, de Lu- ther, de Calmn.^-- Prov. Il ne fera point d'hé- EÉsiK, se dit d'un homme sans esprit. — Par est. et fam. Doctrine, maxime quelcon- que, lorsqu'elle est en opposition avec les idées reçues: hérésie tittrniire, hérésie scienti- fiijue. — HisT. Les ancii-ns Grecs et les Ro- mains ne connurent point ce que nous appe- lons une hérésie, les Romains, particulière- ment respectaient toutes les religions et éle- vaient des autels aux dieux inconnus. La pre- mière hérésie chrétienne parait avoir élé celle des gnostiqucs, qui remonte à Simon Magus (41 ap. J.-C). Parmi les principales hérésies qui troublèrent ensuite le monde chrétien, nous citerons celles des mani- chéens, des nesloriens, des eutychéens, des iconoclastes, des Vaudois, des Albigeois. — Les promulgations des premières lois pour la persécution des hérétiques date du règne de l'empereur Frédéric H (1220). L'Inquisition fut inslituée pour mettre en vigueur ces lois, que le pape Honorius 111 avait immédiatement adoptées et qui furent, plus tard, appliquées aux protestants; et particulièrement aux hu- guenots. Les hérésies modernes les plus cé- lèbres sont celles des jansénistes et des vieux catholiques. — Chez les musulmans, la seule secte orthodoxe est celle des stinnites, et l'on considère comme hérétiques celles des chiites, des druses, etc. HÉRÉSIOGRAPHE s. m. Celui qui écrit sur les hérésies. * HÉRÉTICITÉ s. f. Dogmatique. Qualité d'une proposition opposée à la foi catholique : (/ faut être théologien pour apercevoir ihéréti- cité de relie proposition. * HÉRÉTIQUE adj. Qui appartient à l'héré- sie : proposition hérétique. — Qui professe, qui soutient quelque hérésie, qui est engagé dans quelque hérésie : un prince hérétique. — Siibstantiv. : les hérétiques sont rejetés de VE- (jlise. ' HERFORD l'hèr-fort], ville de Westphalie (Prusse), sur le Werra et l'Aa ; à 80 kil. E.-N.-E. de Munster; 21,572 hab. Le large Romanesque Mûnsterkirehe faisait partie du monastère dont Herford lire son origine. Son abbesse était princesse de l'empire. Manufac- tures de tabac, de toiles, do lapis et de cuirs. HÉRIBERT I", comte de Champagne et de Vcrmandois, mort vers !)43 ; il lit Charles le .Simple prisonnier et le retint jusqu'à sa mort enfermé au château de Péronne ; il fut le premier comte de Champagne. — 11. Fils du précédent, mort en 991; il obtint du roi Lolhaire l'hérédité du comté de Champagne pour sa famille. 11 épousa en 9ii0 la veuve de Charles le Simple devenue abbesse d'un mo- nastère à Laon. — Ilértcarl de Tliurij. (V. S.) HÉRICOURT, ch.-l. de cant.. arr. clà 2'Jkil S.-E. de Lnre (llaute-Saôno), sur la rive gauche de la Lisaine; !;,4'J9 hab. Filatures de coton (|i)incailleries, tanneries. Ruines d'un ancien cli.'iteau foit datant de la fin du xv" siècle. Eglise ornée d'une magnilique verrière. 'HERISAU ['hé'-ri-zaou], ville de la Suisse, capitale du demi-canton d'A|ipen7.cl septen- trional, à 22 kil. N.-O. d'A[)peni:el, sur le Glatt; 13,000 hab. Mamifactures importantes de mousselines unies et de mousselines bro- dées, de colon, de soie; tanneries, teinture- ries, blanchisseries, fabriques de papier. Aux environs, bains d'ilrni ichsbad. * 'HÉRISSÉ, ÉE part, passé de Hiiiussiiii, (\i\X.hirsutus). Dressé: cheveux hérissés.— Fig. et fam. C'est rN hom.me hérissé, toujours HÉRISSÉ, c'est un homme si ditlicile, qu'on ne sait par où le prendre. — Se dit adjectiv. d'un corps, d'une surface couverte ou garnie de certaines choses droites, saillantes, aiguës, etc. : un retranchement hérisse de pieux. — 2:4 HliRr Se dit quelquefois au ligure : une science, une affaire hérissée de difficultés. — Fig. Un PÉD.^NT HÉRISSÉ DE GREC, DE LATIN, qui cile à tout propos du grec, du latin. — Bot. Se dit de-; plantes qui sont couvertes de poils rudes et fort apparents : tige hérissée. 'HÉRISSÉAL adj. m. (rad. hérissé). Anat. Se dit d'un os du crâne : l'os hérisséal. ' HÉRISSEMENT s. m. Action de se hérisser; étal de re ([iii esthérissé. " ' HÉRISSER V. a. (rad. hérisson). Dresser. Se dit pro|iiemont des animaux qui dressent leur poil ou leurs plumes: le lion hérisse sa crinière, quand il est irrité. — Se dit, par analogie, de certaines choses droites, sail- lantes, aiguës, etc.. qui couvrent ou garnis- sent une surface : les piquants qui hérissent la tiqe du rosier. — Se dit quelquefois au figuré : liérisser son style de pjOtntes, d'antithèses, de ncologismes. — Se hérisser v. pr. Dresser son poil ou ses plumes: ce saiiglier, ce coq est fu- rirux,il se hérisse. — Se dit plus ordinaire- ment des cheveux, du poil, des plumes quise dressent: d'horreur ses ciicvcux se hérissèrent. — Fig. Ces champs ineuUrs se hérissent d'é- pines. * ' HÉRISSON s. m. (sansc. horsh, se héris- ser; lai. o'i',7«s). Mamm. Genre d'insectivores, ayant pour espèce type un petit quadrupède dont la peau est toute couverte d'une sorte de poil long, dur, piquant et fort hérissé : le hérisson se met tout en un pchton. tout en une houle, quand on rapproche . — .Mécan. Roue dont les dents ou rayons sont plantées sur la circonférence extérieure, et ne peuvent s'en- gager que dans une lanterne. — Guerre. Poutre portée par le milieu sur un pivot et garnie de quantité de pointes de fer, qui sert, aux portes des villes, pour ouvrir et fermer le passage selon qu'il est nécessaire. — Encycl. I,e hérisson commun {erinaeeus ctiropwus, Linn.) mesure environ20centim.de long, sa forme massive et ses membres courts lui HERI 263 Hérisson d'Europe (Erinaeeus Europaeus). donnent une allure lente et lourde. La partie supérieure de son corps est couverte d'aiguil- lons acérés, bruns, blanchâtres à la pointe, d'une longueur de 2 centim. et demi, amassés en groupes, divergents et se croisant les uns les autres; sa tête est revêtm^ de poils durs et bruns, et les parties inférieures de son corps sont couvertes d'une fourrure d'un blanc sale ; ses cinq doigts sont armés d'ongles longs ; celui du milieu, qui est le plus grand, sert à creuser; la jdante de ses pieds est couverte de tubercules nus, possédant une excessive sensibilité de tact. Au moyen du dévelop[iemeiit du muscle }ianniculus car- nosus (muscle peaucier), l'animal peut se rouler en boule, et conserver cette position aussi longtemps qu'il lui convient; il pré- sente alors à ses ennemis une masse épineuse que les plus voraccs et les plus puissants n'o- sent attaiiuer. Le hérisson est nocturne : il se cache pendant le jour dans des terriers ou dans des trous et sort la nuit à la recherche de vers, d'insectes, de lin:açons. de racines et de fruits. En automne, sa chair grasse est recherchée. Il passe l'hiver dans un engour- dissement complet; la femelle fait 4 ou 5 pe- tits au printemps. Le hérisson est un animal éminemment utile, qu'il convient de respec- ter. 11 détruit non seulement une miillilude d'insectes nuisibles, mais aussi les reptiles les plus dangereux. Il est l'ennemi naturel de la vipère, dont le venin reste sans elïel sur lui. Il s'apprivoise facilemenlet multiplie en cap- tivité ; il serait facile de le dresser à la chasse des vifières. HÉRISSON, ONNE adj. Malgracieux, désa- gréable : La madame Grognac a l'htimciir hei issonne. REGNAnD. — Chenille hérissonne, chenille couverte de poils. HÉRISSON, ch.-l. de cant., arr. et à 25 kil. N.-E. de Monlluçon (Allier); 1,740 hab. Com- merce de plumes a écrire. Granitporphyroïde. Ruines d'un château fort. Aux environs", église bysantine du Chatelay. * HÉRISSONNE, ÉE adj. Blas. Se dit d'un chat ou d'un autre animal ramassé et accroupi. HÉRISTAL on Herstal, ville de Belgique, sur la Meuse, à 2 kil. M.-E. de Liège; 15,983 hab. Manufactures d'armes à feu," d'articles de fer et d'acier, grand commerce de houille. Pépin le Gros l'habita, d'où vint son nom de Pépin d'Héristal. Cette ville appartint aux fils puînés des ducs deBrabant; en lo46, elle passa par succession aux princes de Liège. HÉRISTALS (Les). Célèbre famille franquc qui a produit sous le règne des Mérovingiens plusieurs intendants de la maison royale et, après Dagobert, des trésoriers, des ministres, des chanceliers de la couronne et de l'Etat. Les Héristals finirent par avoir le comman- dement supérieur des armées et la présidence du tribunal au conseil suprême; leur charge étant devenue inamovible et héréditaire, ils eurent en main tous les pouvoirs réguliers sous le nom de maires du palais atistrasiens. ' HÉRITAGE s. m. Ce qui vient par voie de succession : recueillir l'héritage de ses pères. Gardez-vous, leur dit-il, de vendre Vhéritage Que nous ont laissé nos parents. La FoNTiisK. — Faire un grand uéiutage, le recueillir. — Promesse de grand n'est pas héritage, il ne tant pas trop compter sur les promesses des grands seigneurs. Service de grand n'est pas héritage, on n'est pas toujours assuré de faire fortune auprès des grands. — Fig. Il tient cette ma- ladie de son père, c'est un triste héritage. — Se dit, dans une acception plus étendue, poursi- gnifier les immeubles réels, comme terres, ■ maisons : c'est l'héritage de ses })éres. — En style de l'Écriture. Les méchants n'auront POINT DE part a L'uÉRITACE CÉLESTE, A l'hÉHI- tage du Seigneur, à la gloire éternelle. • HÉRITER V. n. (lat. hœreditare ; de hseres. héritiei'). Recueillir une succession : ;/ hérita de son oncle. — Devenir propriétaire dune chose par droit de succession : cet homme a hérité d'une grande fortune, d'une grande suc- cession. — Se dit souvent au figuré : il a hé- rité des vertus de son père. — v. a. Dans ces deux derniers sens : il n'a rien hérité de son père. ' HÉRITIER, 1ÈRE s. Celui, celle que la loi appelle a recueillir une succession, qui hérite ou qui doit hériter de quelqu'un : héritier na- turel, léfjitime, institué, testamentaire, uni- versel, nécessaire. — Se dit quelquefois par rapport à la chose dont on hérite : hérilici' d'une grande fortune. — Se dit aussi fig. : il voulait avoir un héritier de son nom, de sa puis- sance. — Se dit quelquefois, simplement, des enfants d'une personne, parce qu'ils sont ses III. 266 HERM héritiers nalurpls : sa femme ne lui u point encore donné d'héritier. — s. f. Parliciil. Fille uiiiijuc qui doit li(-riter d'une trrandc sucoes- sioii : c'est nnr héritière, une riche, une yrawli: héritière. — IJerm et Ilerm (V). (V. S.) HERMANDAD s. f. [èr-manii-dad] (mot es|i.. foriiir ilo hermnno, (rire). Association fmlitiijuo fiirnioe en ^;s|la;."n(> vers la lin du xiM' siècle, cntie les villes ixi cdininnncs de Oaslillc cl d'Arayon, pour .sc[iroléger inuluci- IciMcnt conlic les exacliiiiis (les nobles. Les luis de Castillcel d'Aragon lirent de la Sainle- lli'rinandad un soutien de liui' jiouvoir. Mais i|uand t;iiarles-Quint eut élalili nue sorte de gonvernenient centralisateur en ICspagiie. l'as- sociation politique appelée Sainle-llerniandad disparut l'orcénient. Son nom fuldonnéà une milice charL'ce d'exécuter les ordres du gou- verneur el plus tard ceux de l'Inquisition. HERMANN. Voy. AnxiiMus. HERMANNSTADT (liong. Niiijy-Siben), ville de TiaM-\ Ivaiiie, sur le Zibin; à 110 Uil. S.-S.-E. do Klausenburjr, 15,1)00 bah. dont les deux tiers sont Allemands. Elle est entourée d'une muiailli- et renferme des édifices inté- ressants. Manufactures importantes de toiles, do laines, etc. Hermannsladl l'ut fondée, au XII" siècle, par une colonie allemande, elle fut plusieurs fois assiégée par les Turcs qui la prirent en l.')36. Les Autrichiens et les Hongrois commandés par Hem s'y livrèrent de sanglantes batailles en I8i9; laville fut en- levée aux Musses deux fois pendant la guerre par Hem. • HERMAPHRODISME s. m. Didact. Réunion de i-eii;iiii> e.ir.ieliiis des deux sexes dans un seul individu.— Ilist. nat. Réunion de» deux sexes chez certains animaux des classes infé- rieures et dans certaines plantes. Etat des fleurs qui réunissent lesétamines elle pistil. — Physiol. Itéuiiion des deux sexes sur le même individu. On ne cûiinail aucun cas au- thentique do cette union parfaite chez les animaux vertébiés. mais l'hermaphrûdisme réel est la condition normale de presque tontes les plantes phanérogames et de beau- coup d'animaux invertébrés. Ce nom est dé- rivé de la fable de l'union en un seul corps des corps d'Hermaphrodite, fils de Mercure el de\énus, el de la nymphe Salmacis. • HERMAPHRODITE s. m. [èr-ma-fro-di-te] (gr. /fermés. Mercure: Aphrodite, Vinus). Per- sonne qui réunit certains caractères des deux sexes. — .\ntiq. Se dil de certaines figures couchées oùse trouvent réunies et combinées les formes de l'homme et de la femme : l'Hcr- maphroilite du musée des antiques. — Se dit aussi de certains animaux inférieurs, vers intestinaux, annélidesel mollusques et alors • s'emploie plus ordinairement comme adjectif des deux genres : animal hermaphrodite. — Bol. Se dit pareillement des Heurs qui ren- ferment les organes des deux sexes, c'est-à- dire, les élamines el le pistil : fleurs herma- phrodites. HERMAS (Saint), écrivain ecclésiastique du 1" siècle; on suppose que c'est de lui dont parle saint Paul dans l'épîtreaux Romains. U est l'auteur d'un livre intitulé le Pasteur qui jouit, dans ies premiers siècles, d'une im- mense popularité; le premier, dans ce livre, il parle de l'ange gardien comme pasteur d'âme. Saint Irénée, Clément d'Alexandrie et Origèiie le citent comme un livre inspiré; Saint Jérôme et ïertullien sont d'un avis contraire. Quoiqu'il en soit, le Pasteur, écrit d'abord en grec, ne se trouve plus en entier que dans sa version latine. Hermas est un saint de l'Eglise catholique; fêle le 9 mai. HERMENAULT (L'), ch.-l. de cant., arr. et à 1-2 kil. N.-Û. de I''ontenay-le-Comte (Ven- dée: ; 9:'i4 liab. EERMÉNÉGILDE (Saint), prince des Visi- IIKHM goths; il fut associé, au trrtnn d'Rspagne par son père Leiivigilde qui lui donna le gouver- iiemi-nl de rAndalouiie. Avant abjure l'aria- nisme pour obtenir la main de la (ille de Si- geberl, roi des Krancs, il se vit poursuivi el vaincu par son père qui le fit prisonnier. Ayant mieux aimé mouiir ijiie de reiioni-eraii clirislianisme. il l'ulassa.ssiné en 1186. L'Eglise r.i jil.icé ,iu rang des saints; fûle le M avril. •HERMÉNEUTIQUE adj.(gr. hcrriirnenein. expliiiner; de Un niés. Mercure, dieu de l'é- loquence), l'iiil. (Jui inleiprète. Ne s'emploie guère que dans <'eUe locution : l'art hermi- neulii/ue, l'art d'interpréter les livres sacrés. On dit subslanliv. dans le môme sens : /'A«r- méneutiqne sacrée. HERMENT, ch.-l. de cant., arr. et à;)2 kil. (I. de lileriiionl-Eerrand (Puy-de-DOme); ÎJIO bah. Eglise romane classée parmi les mo- numents historiques. * HERMÈS s. m. [er-mèss] (gr. Hermès, Mer- cure). Scuipl. Gaine portant une tête de Mer- cure : tes anciens plaçaient des hennés dans les carrefours. — \v Se dit d'une statue de .Mer- cure. HERMÈS (Mvlli,d.\ Vnv. Mehcube. HERMES TRISMÉGISTE, personnage my- thique, auti'ur prétendu d'un grand nombre de livres qui furent probablement écrits par les néo-platoniciens d'Egypte. Lors de la lutte entre le néo-platonisrne et le christia- nisme, les partisans du premier cherchèren' à donner un sens plnsprofond el plusspirituii- liste à la philosophie païenne, el attribuèrenl la science humaine a Tholli ou Hernie - égyptien, qu'ils regardaient comme la source de toute science, comme le Logos personnifié, trois fois le plus grand (rpt; ftiytTTOç), Clé- ment d'Alexandrie mentionne les 42 livres d'Hermès qui existaient de son temps. • HERMÉTIQUE adj. Alchim. S'est dit de ce (pu avait rapport à la science du grand œuvre, c'est-a-dire, aux recherches el à la connaissance delà transmutation des métaux, et de la médecine universelle : seienec her- métique. — Se dit, en particulier des livres altribués à Hermès trismégisle el qui Irailenl de la prétendue science du grand œuvre : les livres hermétiques. — Archit. Colonne uiciimi'> TiQUE, colonne qui a une tête d'homme, au lieu de chapiteau. — Chim. Se dit d'une fer- meture qu'on obtient en faisant fondre les bords du vase que l'on veut clore. — Se dil, par exl., de toute fermeture parfaite : clôture hermétique. — Fig. Un blocus herméïiqite, un blocus complet. •HERMÉTIQUEMENT adv. Chim. et Phys. Se dil de la iiiaiiièie de boucher un vase, qui consiste à le sceller de sa propre matière, par le moyen du feu : un vaisseau scellé hcrméti- ([uement. — Se dit, par exl., en parlant de tout ce qui est bien fermé : cela est fermé lier- métiquement. ' HERMINE s. f. (vieux franc. Uerménie, Ar- ménie, parce que c'est de ce pays que vinrent les premières fourrures d'hermine). Un des noms vulgaires de la martre blanche, pelit animal dont le poil est très lin, et qui a le bout de la queue noir : peau d'hermine. — Fourrure que l'on fait avec la peau d'her- mine : robe fourrée d'hermine. — Blas. Une des deux fourrures du blason : les ducs de Bretagne portaient d'Iiermine. — Encycl. On donne le nom d'hermine à plusieurs espèces de grosses belettes dei'hémisphère septentrional. En hiver, ces animaux échangent leur couleur brune pour une fourrure d'un blanc plus ou moins pur. Vhermine d'Europe (putorius er- minca, Liun.) mesure environ 37 cenliiu.de long, dont l'i cenlim. pour la queue; en été, elle est d'un rose marron en dessus, blan- châtre en dessous; l'exlrémilé de sa queue est noire; revêtue de cette fourrure, elle porte le IIKK.M nom (le roselet. En hiver, l'hermine devient entièrement blanche, avec une teinte jaunâtre en dessous; l'extrémité de sa queue reste noire en foules saisons. Autrefois l'hermine Pulorius noteboraccntis en fourrure J(Slé. blanche était recherchée ]iourorner les vCtc- nienlsdes rois et des grands dignitaiies. (Voy. FoL'KRLiiK.} Cet animal est répandu dans le N, de l'Europe et en Asie. Ses mieurs sont sanguinaires; il attaque cl tue les rais, les souris, les taupes, la jeune volaille, et suce leur sang. Cinq ou six belettes de l'Amérique du .Nord portent le nom d'hermine. Le jm- Puturiiis noveboracensjs ci fourrure d'hiver. torius novehoracensis est. en été, d'un brun châtain en dessus, blanchâtre en dessous; en hiver surtout, dans les latitudes septen- trionales, ses poils sont d'un blanc de neige excepte à l'extrémité de la (jueue, qui est noire. C'est un animal gracieux, prompt et hardi, vivant sous les troncs d'arbres, les amas de pierres et dans les trous des ro- chers. 11 détruit les lapins, les grouses cl les poules. HERMINE (Sainte-), ch.-l. de cant.. arr. et à -2-Jkil..N.-0. de Fonlenay-le-Comle (Vendée); 1,062 hall. Teintureries, tanneries. * HERMINE, ÉE adj. Blas. Se dit des pièces dont le fond est d'argent moucheté de noir : il porte de gueules à la croix herminée. ' HERMINETTE s. f. Voy. Erminette. HERMINIE s. f. Enlom. Genre de lépidop- tères nocturnes de la tribu des pyrales, com- prenant plusieurs espèces de papillons dont les ailes représentent, à l'étal de repos, un triangle en forme de delta. Les herminies se montrent dans nos bois vers le milieu de l'été. * HERMITAGE s. m. Voy. Ermitage. HERMITE Charles). (V. S.) HERMIONE, fille d'Hélène el de MémHas. Elle fui d'abord promise à Oresle, par Tyn- dare, son aieul, mais le sort en ordonna au- trement; elle fut envoyée par Menélas à Pyrrhus, fils d'.\chille. qui l'épousa, lleimione, n'ayant point d'enfants, devint jalouse de la veuve d'Hector, Androinaque, (jui était échue à Pyrrhus danslepartage des captives, et elle avait résolu de s'en défaire pendant l'absence HERN HERO HERO 267 de Pyrrhus ; mais le peuple prit parti poui Androiiiaque. Alors Hormione, redûutant le courroux de Pyrrlius, s'enfuit à Sparte où, après la mort de son mari, elle épousa Oreste. HERMON, rnont, in-12). * HÉRODIENS s. m. pi. Scclairesjuifs dont il est fait mention dans l'Evangile de saint Mat- thieu et dans celui de saint Marc. Les Héro- diens, alliés des Pharisiens au point de vue religieux, étaient leurs adversaires politiques. Ils étaient partis;;ns du gouvernement romain I 268 HERO qui leur avajt inipnsé un télrnrqiic nii piéfcl au nom d'Ilérode; de là leiif nom. HERODOTE, liisloricn avec-, surnommé le Férc lit l'histoire, né ;i Ilalicarnasse (A^-ic Mi- neure) vers 484 av. J.-C, mort vers 4iO. Porté par son pénie à écrire les annales de sa nation, il résolut de (.onnaitre les lieux qui avaient été lémoins des p:randes choses qu'il voulait tiansniellre à la postérité. Il visita it.iliylone, les parties les plus éloij-'nées de i'Kt;yple, (^yréne, la Coleliide, la Scvtliie, la Thrace, la Mac^édoine, les colonies jfrecques du l'ont-Kuxin. De là, il passa chez les Gèles, en Macédoine, et il descendit par i'K|iire dans la Grèce (jui était le terme et le hut de ses longs voya^res. De retour dans sa p.itrie, il trouva le jiouvoiraux mains du tyran Lygda- mis et fui ohligé de chercher un refuge à Samos. C'est \k que, suivant toute a|iparence, il mit en ordre les nomlircux matériaux qu'il avait rasscmhlés et (ju'il rédi^'ea les prenueis livres de ses histoires. C'est là aussi qu'il ré- solut de délivrer son pays; malgré la réussite de son entreprise, il dut partir pour la Grèce afin d'échapper aux reproches du peuple qui l'accusait de ses misères. A la suite de cet exil, il parutaux jeux Olympiques, où il lut la première partie de son ouvrage. Le succès fut immense. La Grèce tout entièie applauilit avec transport l'historien qui se présentait à elle sous les auspices des .Muses. Hérodote employa alors douze années à la continuation et à la perfection de son œuvre, et se mil à parcourir encore certaines parties de la Grèce qu'il ne croyait pas avoir assez bien étudiées. La fête des Panathénées, célébrée l'an 444 avant notre ère, vit un second triomphe d'Hérodote qui, ayant lu son ouvrage tout entier devant le peuple d'Athènes, en reçut comme récompense civique une somme de 10 talents ou .■j4, 000 francs de notre monnaie. La lutte sanglante des Perses contre la Grèce revit tout entière sous le pinceau fidèle du prosateur poète. Le grand historien lixa en- suite sa demeure à Thurium, où il mourut dans un âge avancé. L'ouvrage d'Hérodote, divisé en neuf livres, à chacun desquels on a donné le nom de l'une des neuf Muses, est peut-être le monument le plus précieux que nousait légué l'antiquité grecque. Aucun histo- rien n'a manié autant de faits avec une aisance aussi remarquable ; on pourrait sans doute lui faire un reproche de son amour outré pour le merveilleux, mais comme il est vrai et fidèle quand il parle d'après ses propres ob- servations! La beauté simple de son style, la grandeur de ses combinaisons historiques, ses connaissances en physique, en géographie et en histoire naturelle étaient sans égales à cette époque. Longin l'appelait leplus homérique des écrivains de la Grèce et Denis d'Halicaniasse l'a placé au-dessus de Thucydide. Les princi- pales éditions d'Hérodote sont celles de Lau- rent Valla, grec-lat. (Venise, 1474), et de Baehr (Leipzig, 183."), 4 vol. in-8°); trad. française de Larclier (1802, 9 vol. in-S") et de Miot ;182'2, 3 vol. in-S"). • HÉROÏ-COMIQUE aJj. Qui tient de i'héro'i- que et du comique. Se dit des poèmes ou autres ouvrages d'esprit : le Lutrin est un poème héroï-comique. ' HÉROÏDE s. f. (gr. hérôis, héroïne). Epîlre en vers composée sous le nom de quelque héros ou personnage fameux : les héroides d'Ovide. ' HÉROÏNE s. f. (gr. hêroiné; fém. de héros, héros). Femme courageuse, qui a de l'élévation et de la noblesse dans les sentiments, dans la conduite : c'est îtne héroïne. — L'hkroï.ne d'un CONTE, d'un nOMAN, d'une PIÈCE DE THÉÂTRE, etc, celle dont on raconte, ou dont on représente la vie, les aventures, les actions, dans un ro- man, etc. •HÉROÏQUE adj. (gr. hêroikos ; df. héros, HF.RO héros). Qui appartient au héros, nu à l'Iié- roine : xn-tu héroïque. — Se dit quelquef. dr> personnes qui montrent de l'héroïsme : une femme héroïque. Dans un sens analogue, Anti: héroïque. — Se dil ,ius,si d'une poésie noble et élevée : la poésie héroique. —PoEne. lUiiioioui:, poème épique.— Veiis uÉnoi'QUf:s, vers alexan- drins ou de douze syllabes. — Agi; iiéiioïqui;, siiicLKs, TEUfs iiÉROÏouKs, tcmps OÙ Vivaient les anciens héros, et dont l'iiistoire est mêlée de fables. — Méd. Très puissant, trèseflicace, en parlant des propriétés de certains médi- caments : on attribuait jadis à celte plante, ù ce remède des propriétés héroïques. — Fam. Parti, RÎ-soLUTioN iiiiiioiûUE, ressource extrême dans les c,i> (lrM'>|iérés. • HÉROÏQUEMENT adv. D'une manière hé- roïque : il s est comporté héroïquement le jour de l'action. • HÉROÏSME s. m. Ce qui est propre et parti iilier au héros, et qui eu fait le carac- tère : nn acte, un trait d'hcroisme. HÉROLD (Jean-Basile . auteur et éditeur allemand (loi l-'81),il a laissé des ouvrages la- tiiiset des traductions estimées; nousciterots entre autres ; Pannonise chronoloyia, Lerjes an- tiqux Germanorum et sa traduction des Œuvres latines de Pétrarqur. ' HÉROLD ï. (Louis- Joseph -Ferdinand), cé- lèbre comp.jsiteur de iiiu>i(iue dramatique, né à Paris en i7;H, mort en 1833. Lntré d' bonne heure au Conservatoire de musique, il eut l'heureuse fortune de recevoir les leçons de niaitres tels que Adam, Catel et .Méhul, et, eu disciple fervent, il sut en proliler. Kii ISI2, il obtint le grand prix de Hoine et partit pour ritalie. L'année suivante, il débuta au théâtre de Maples par la Gioventû di Enrico Quinto, qui eut du succès. En 1816, avec HoicKlieu, il donna Charles de FraïKC ; puis, seul, il lit paraître les liosières[i^\()], la Clochette (lsl7i, le Fremier venu {l)i\ii), tes Troqueurs (ISI9;, et, plus lard, l'Auteur wort et vivant [iSio], Lasthénie (lSi3), le roi ilcnc (1824), le Lupin W((nr(l8:>5), le Muletier (I823J, Marie (18:;ui, et enlin ses chefs-d'œuvre, Astolphe etJoconUe (1827), la Belle au bois dormant (1828), laFille mal gardée {IH29), Zampa (1831), et le Pré aux Clercs (1832). La musique de Hérold se dis- tingue par l'élégance et la fraicbour de la mé- lodie en même temps qu'elle pénètre par ce sentiment de méianculique tristesse qui marque toutes ses productions. — H. (Ferdi- nand,, lils du précédent, avocat et homme politique, né aux Ternes le 16 octobre 1828, mort a Paris le 31 décembre 1881. Avocat à la cour de cassation et au conseil d'Etat en I8.')4. il ne cessa de faire de l'opposition a l'Empire, fut ccunpris dans le procès des Treize, en 1803, et condamné l'année suivante i 500 fr. d'amende; fut l'un des fondateurs du journaUa Tribune (I8O81, publia, en 1869. un important ouvrage de jurisprudence inti- tulé : le Droit électoral devant la cour de cassa- tion, qui fait autorité. Secrétaire du gouver- nement de la Défense nationale et secrétaire général du ministère de la justice, il devint, après la capitulation, ministre de l'intérieur par intérim, présida aux élections de l'As- semblée nationale, mais ne put se faire élire. Les électeurs de Charonne l'eiivoyèrentsiéger au conseil municipal en novembre 1872 et en novembre 1874. H comliattit les tentatives de restauration monarchique el fut élu sénateur dans le département de la Seine en 1876. ' ' HÉRON s. m. (anc. haut ail. heigero). Ornith. Genre d'échassiers cuUrirostres, com- prenant plusieurs espèces d'oiseaux à grand bec, fendu jusque sous les yeux, et à jambes ecussonnées. — Espèce type de ce genre : L'n jour, sur ses longs pieds, ulhiil je ne sais où Le héron au long bec emmanché d'un long cou. Ll FONTAIMî. — Masse de beuo.n, amas ou bouquet de; ITRRO plumes de la queue du héron. — Encycl. Les hérons se rencontrent dans presque toutes les pallies du globe; ilsémigrenl vers les régions chaudes à l'approche de l'hiver; on les voit géiiéralemenl, tristes el solitaires, sur le bord des marais, des étangs el des rivières peu profondes, où, en atlendanl leurproie, ils re- plient |ialiemincnl leur long cou entre leurs épaules proéminentes; mais aussitôt qu'un reptile ou un poisson apparaît, le large bec de l'oiseau s'ouvre el se précipite, comme mû far un ressort, sur la proi-:-, qui est iminédia- Hci-un commun d'Kuropc (Ardca cincrc:i). lement avalée. Le héron commun d'Europe iardea cincrea, Linn.), célèbre dans l'ancien temps par le plaisir que prenaient les grands à le faire chasser par le faucon, est d'une couleur bleuâtre cendrée, avec une huppe noire derrière la tête et la partie de devant du cou, blani'he, parsemée de larmes noires. Sa nourriture consiste en jioissons, en gre- nouilles, en insectes aquati([ues, en mollus- ques, en souris, en taupes et en petits animaux. Son nid est généralement bâti sur des arbres élevés, dans le voisinage d'une rivière. La femelle y dépose 3 ou 4 u^ufs d'un beau vert de mer. Ce héron se trouve dans presque Héron de la Louisiane {-\rdea Ludoviciana}. toutes les parties de l'ancien monde. Le héron de la Louisiane (ardea Ludoviciana Wils.: demi-egretta, Bairdi mesure environ GOcentini. de long. Sa couleur est d'un bleu d'ardoise sur la tête, sur son cou el sur ses parties su- périeures; la partie inférieure de son dos et son croupion sont blancs; jamais il ne s'é- loigne beaucoup dans l'intérieur des terres. Le grand héron bleu [ardea herodias, Linn.), appelé généralement grue bleue, mesure 1 m. 33centim. de long jusqu'àl'exlrémitéde la queue. Sa couleur est d'un cendré bleuâtre en dessus avec le bord des ailes et les tibias rougeâtres; en dessous, il est noir avec de larges raies blanches sur le ventre. II vit au.v Etals-Unis et dans les Autilles. Son vol est HERO haut, majestueux et soutenu. Le grand héron blanc {urdea occidentalis. And.) a plus de 1 m. 33 ccntim. de Ion?. iL i m. 30 ociilira. d'en\erguro ; pèse 3 kilus 1/2. Sa ooukui' est Grand héron bku (Ardea herodias). le blanc pur. On le trouve dans le sud de la Floride et à Cuba. C'est le plus grand des hé- rons. — Un naturaliste d'Eibeuf, M. Noury, s'est particulièrement occupé de l'étude du héron (voir ]e Journal officielAn 17avril 1879). Intrigué par l'espèce de folie qui attire les poissons à la portée du bec de cet oiseau, M. Noury a con.'^taté chez le héron l'existence de larges loupes graisseuses entre le derme et le peaucier des régions pectorale et pel- vienne. Les canaux excréteurs de ces glandes débouchent à la base des plumuies qui re- couvrent les grands filets de la poitrine. Au contact do l'air, leur sécrétion se résout en Gru[id lu blanc (Ardea occidentalis). une poudre bleuâtre très fine, onctueuse comme le talc et d'une écœuranti' fétidilé. Secouée dans l'eau par le balancement con- tinuel de l'oiseau, elle descend lentement le courant. L'odeur qui s'en dégage parait être pour les truites d'une inconcevable suavité, car à peine ces poissons l'ont-ils sentie, ([ii'ils en recherchent la source et se présentent au bec du héron. — On classe aussi dans le genre héron les sous-genres atyrc'/<(;,tiAo)'eu«, butor, crabier fit hlonijios. ' HÉRON ou Héro (gr. "Hpwv) l'Ancien, phi- losophe et mathématicien d'Ale.\aridrie (m" siècle av. J.-C). Il inventa plusieurs ma- chines ingénieuses parmi lesquelles on cite la fontaine (]ui porte son nom, une niachine à vapeur, dans laquelle la chaudière tourne autour d'un axe vertical par l'action de Jets de vapeur sortant de tious latéraux et une pompe à double elFct employée cunime pompe à incendie. Il reste seulement quelques frag- ments de ses ouvrages. HÉRON li: Jeune, géomètre grec du V siècle de notre ère, auteur d'un Traité des sièges et ÎIERP d'une Géodésie, traduite en latin par Barocius. (Venise, 1572, in-4''.) * ' HÉRONNEAU s. m. Dimin. Petit héron. * ' HÉRONNIER, 1ÈRE adj. Fauconn. On ap- pelle Faucon HÉiioNNiEn, celui qui est dressé a la chasse du héron ; et Oiseau HÉnoNNiER, celui qui est sec, vite, et aussi peu chargé de graisse que le héron. * ' HÉRGNNIÉRE s. f. Lieu où les hérons se retirent et font leurs petits. Dans le temps où la chasse du héron était un amusement princier, on élevait, pour attirer les hérons, des héronnières ou nids artificiels dans des tours ou dans des massifs de grands arbres. HÉROPHILE, anatomiste grec, né en Bithy- nic; il vivait vers 300 av. J.-C. 11 se fixa à Alexandrie et acquit une grande réputation comme professeur et praticien. On croit gé- néralement qu'il fut le premier qui étudia et enseigna l'anatomie d'après la dissection de corps humains, et un grand nombre de mots anatomiques, encore employés aujourd'hui lui doivent leur origine. On le considère aussi comme le fondateur de l'anatomie pa- thologique. ' ' HÉROS s. m. (gr. héros). Nom donné, dans l'antiquité païenne, à ceux qui passaient pour être nés d'un dieu ou d'une déesse, et d'une personne mortelle : les héros de la Fable.— Se dit plus ordinairement de ceu.v qui se distinguent par une valeur extraordi- naire, qui obtiennent à la guerre des succès éclatants, qui exécutent de grandes et péril- leuses entreprises : les héros de l'Iliade. — Tout homme qui se distingue par l'élévation et la force du caractère, par une grande no- blesse d'âme, par quelque haute vertu:// s'est comporté en héros. — S'emploie quelque- fois par plaisanterie : Mais au moindre revers funeste, Le masque tombe, l'homme reste Et le héros s'évanouit. J.-B. Rousseau. — Le héros d'un poème, d'un conte, d'u.n ro- man, d'une pièce de théâtre, etc., le princi- pal personnage d'un poème, d'un conte, etc.: Achille est le héros de l'Iliade. — Fig. et fani. Un héros de roman, un personnage àqui il est arrivé des aventures extraordinaires. — Fam. Le héros d'une aventure, celui àqui elle est arrivée, qui en a été le principal acteur : il a été le héros de plus d'une aventure. — Le Hii- Ros de La fête, le personnage pour qui elle se donne. — Vous êtes son héros, vous êtes fobjet de son admiration. HÉROSTRATE. Voy. Erostrate. * HERPES s. f. pi. (rad. harper). On appelle herpès marines, certaines matières que la mer jette sur ses rivages : l'ambre gris, l'ambre jaune, sont des herpès marines. • HERPÈS s. m. [ èr-pèss ] (gr. herpès , dartre;. Lniplion vésiculeuse de la peau, ca- ractérisée par de légères élevures transpa- rentes, rassemblées en groupes sur une base enllammée et donnant lieu, au bout de dix à quinze jours, à une légère desquamation ou à des croûtes lamelleuses. L'herpès zona (ovnn: une demi-ceinturesur l'un descôtésdu corps; l'herpès jihlyeténoîde ou mi/iairi; présente de petites vésicules; Vherpès pudendi dépend de la malpropreté. Ces éru|itions cutanées se traitent par des bains sulfureux et par la pommatliî au goudron. •HERPÉTIQUE adj. Méd. Qui est de la na- ture (le l'hi'ipi's : une éruption herpétiqiic. HERPÉTISME s. m. Production d'éruptions cutanées. — Diathèse dartreuse fréquente, ordinairement héréditaire, se inanifestantsoit â la peau sous forme de vésicules, de bulles ou de squames; soit sur d'autres org.-tnes sous forme de catarrhes muqueux chroniques, d'allections de l'estomac ou du cœur, de gra- HERS 269 vellc, d'apoplexie, de phtisie, de squirrhe, de gastralgie, d'asthme, de rhumatisme, de goutte, do névralgie tenace, etc. Cette dia- thèse, point de dépari d'une foule de mala- dies qui se succèdent les unes aux autres, est ordinairement celle des personnes soull're- teuses qui se plaignent sans cesse et que l'on considère, à tort, comme hypocondriaques. On la combat en éliminantpar les sécrétions les principes qui vicicntle sang; on a recours, pour cela, aux dépuratifs: arséniate de soude, iodure de potassium, extrait de ciguë, hou- blon, soufre, alcalins, hydrocotyle, eaux sul- fureuses. • HERPÉTOLOGIE s. f. Voy. Erpétologie. 'HERQUEs. f. (ail. harke, râteau). Râteau de fer qui sertà ramasser le charbon de bois. HERRERA (Fernando de) [èr-rè'-ra]. poète espagnol, né en 1.')34, mort en 1397. Il était prêtre et ami de Cervantes. Ses meilleurs poèmes sont pour la plupart des sonnets, des odes et des élégies. Il écrivit aussi en prose une histoire de la guerre de Chypre et de la bataille de Lépante, et Vida y muerte de To- nios Horo. Une édition de ses œuvres tut pu- bliée à Séville en 1582. ' HERRERA 1. (Francisco de), dit el Viejo, (l'Ancien), peintre espagnol, né à Séville en I 'J7(j, mort en 1 6ri6. Il créa un nouveau genre, plein de hardiesse et de vigueur. Son tableau le plus remarquable est Le Jugement dernier (dans l'église de Saint-Bernard à Séville). Il excella surtout à représenter des foires et des scènes de marché ; il grava à l'eau-forte plu- sieurs de ses compositions. — II. (Francisco de), le Jeune, son fils, peintre, né en 1622, mort en 168.1). Inimitable dans la représen- tation des scènes de la vie domestique, des fleurs et des poissons, il devint peintre du roi et intendant des ouvrages royaux. Une de ses meilleures peintures est \' Assomption de la Vierge dans le couvent de Nuestra Senora de Atocha, à Madrid. ' HERRERA Y TORDESILLAS (Antonio de) i'hèr-rè-ra-i-tor-dé-sil'-iâss], historien espa- gnol, né vers 15'19, mort en 1625. Philippe II ie nomma premier historiographe des Indes et l'un des historiographes de Castiile. Sa ré- putation repose sur son Historia generalde las hechas de las Castellunos en las islas y tierra firme del marOceano (4 vol. iu-fol., lôbl-'lo); traduct. franc, par Coste: Hist. génér. des faits et gestes des Castillans dans les iles et la terre ferme de l'Océan (3 vol. in-4<", 1660-'71). ' HERRING (John-Frederick) ['hèr'-rign] , peintre anglais, né en 1795, mort en 186b. D'abord cocher, il apprit de lui-même à peindre les animaux ; pendant 33 ans, il re- produisit par le pinceau les portraits des che- vaux vainqueurs sur le turf. Un grand nom- bre de ses scènes de ferme ont été populari- sées par la gravure. Un de ses meilleurs ta- bleaux est fhe Mcmbers of the Tempérance So- ciety. • HERRNHUTES [' hèrn-'houtt]. Voy. Her- NLTKS. "'HERSAGE s. m. Action de herser. • HERSCHEL I (sir William) [' hèr'-schèl], astronome! anglais, né à Hanovre en 1738, mort le 23 août 1822. Son père, qui était mu- sicien, l'instruisit dans son art. En 1757, Herschel se rendit en Angleterre, pour y chercher fortune, et devint organiste à Hali- fax, puis à Bath. C'est là qu'il commença d'é- tudier l'astronomie et de s'occuper de la construction d'instruments d'optique. Avec un de ses télescopes, grossissant 227 fois, Herschel examina soigneusement toutes les étoiles par séries, et pendant qu'il étudiait la constellation des Gémeaux, il découvrit (13 mars 1781) une planète à laquelle il proposa de donner le nom de Georgium Sidiis, mais 270 nKRS qui reçut d'alioiil celui dp Hfirsclicl et cn- suilc orlui d'I'r.iiius. llt;r.vclicl découvrit .lusï-i deux des salelliLes de celle planète. Un ilé- eouverte d'IJraiiu* allira l'aUeiilioii de toute l'Europe et lliiscliel fut uonirné a^tronortic [larlieulier du roi, avec des appointenionts de 10(1,000 fr. et une maison prés de Windsor. Au moyen des fonds avauecs par le roi, Hers- chel construisit son célèlire télescope réflec- teur de 1.3 ra., dont lerniroir métallique me- surait 1 m. 47 rentim.de diamètre. 8 ccn- lim. d'épaisseur et pesait plus de 1,000 kiloç. Herschel découvrit dans le système plané- taire un nombre de corps presque sans pré- cédent ; ce|>efidant sa renommée est plus grande encore dans l'aslrunomie sidérale. Ses principales découvertes et ses travaux re- lativement à cette lirani'lic sont les suivants : 1° svstèmc binaire des étoiles et orbites de plusieurs étoiles tournantes ; 2° classification des nébuleuses et défense de l'iiypothèse né- bulaire ; 3» loi de groupement dans tout le firmament visible, il me^urnit les cieux en comptant le nombre d'étoiles visibles dans l'étendue de son rétlecleur de 7 m. et en pre- nant la moyenne pour cbaque région ; 4" dé- termination du mouvement de notre syslénie et direction de ce mouvement. Outre la dé- couverte des satellites de sa planète, Hers- chel aperçut deux nouveaux satellites de Sa- turne, appelés aujourd'hui premier satellite et second satellite. Ses recherches sur la chaleur, sur la lumière et ses études sur les taches du soleil ne sont pas moins impor- tantes. Il collabora par de nombreux écrits aux liiHosnpIdcai Transactions. — 11. (Caro- line-Lucretia), sa sœur, née eu ITiiO, morte en 1848. Kn 1772, elle devint assistante et se- crétaire de sou frère, accomplissant souvent seule, des calculs longs et compliqués. Elle lit ses observations séparées des cieux et s'a- donna particulièrement à la recherche des comètes; elle en découvrit cinq. Ses articles scientifiques, dont la plupart se trouvent dans les ouvrages de son Irère et sous son nom, sonttrès importants. On lui doit les premières observations de plusieuis nébuleuses remar- quables du catalogue de son frèie ; et elle calcula les lieux de ses 2,000 nébuleuses. En 1798 son Catalogue of Stars, d'après les obser- vations de M. Flomsteed, fut publié aux frais de la Société royale. Elle retourna dans le 1 Hanovre après la mort de son frère. En 1828, elle compléta un catalogue des nébuleuses et des étoiles qu'il avait observées. — 111. (SiB John-Frederick William), astronome anglais, fils de sir William Herschel, né en 1792, mort le 11 mai 1871. 'Vers 182S, il commença ses observations sur l'astronomie sidérale à la- quelle il se consacra principalement. Sa grande entreprise fut son expédition au cap de Bonne-Espérance, vers la fin de 1833, pour observerle firmament austral. Sestravaux du- rèrent quatre ans et il en supporta toutes les dépenses avec ses propres ressources. Eu 1 847, parutsonHcsîiWso/' Astronomical Observations at the Cape of Good Hope, l'un des ouvrages les plus considérables et les plus importants de notre époque. Sa résidence au Cap fit faire de grands progrès nonseulementà l'astrot^mie, mais aussi à la météorologie; il su.ggéra l'idée de faire simultanément des observations mé- téorologiques dans clill'erents endroits et à des jours fixés à l'avance. Avant de se rendre au Cap, il avait ajouté 800 nébuleuse^ au cata- logue de son père, et, à son retour, il publia un catalogue de 2,04!) nébuleuses de l'hémis- phère du sud et de leurs positions. Il décou- vrit en outre, pendant qu'il était ' au Cap, 1,081 étoiles doubles. Ses observations sur la voie lactée, surl'éclatetla couleur desétoiles, sur les étoiles variables, sur les rayons du soleil, sur l'air atmosphérique et sur les nuagesdeMagellan,sonttous très importants. Sir John Herschel ne borna pas son attention à l'astronomie, il fitd'importantesrecherches HRRT sur la lumière, sur le son, et sur la [)hysiqup célesle. Son ouvr.ige le plus connu est son Oitlliiics of Astronomij. • ' HERSE s. f. (lai. hirpcx, hirpicis). Ins- trument de labourage, i|ui a d'un côlé divers ran^'s de dents, le.sijuelleM, étant tournéesveis la terre, servent à rDUipre les iiiolles d'uni' terre labourée, ou ii recouvrir les grains nou- vellement semés: on n'a pas encore passé la herse sur ce champ. — Espèce de grille ou de treillis i'i grosses pointes de l)Ois ou de fer, qui est ordinairement placée entre le ponl- levis et la porte d'une ville, d'un chAleau, poui' en défendre l'entrée, et qui se lève el s'abat selon les occasions : quand une partie des ennemis fut entrée, on abattit la herse, on fil tomber la herse. — Dans les églises, sorte de chandelier fait en triangle, et sur les pointes duquel on met des cierges. *' HERSÉ, ÉE part, passé de Heuseii. — HIas. Se lilt d'un château représenté avec une iierse : il porte de gueiUes au château d'or hersé de sable. HERSENT (Louis) [èr-san], peintre, né et mort à Paris (1777-1 860). Ses premiers tableaux assez médiocres nele tirèrent poiutde l'obscu- rité. .Mais en 1817, celui àeDaphnis et Chloé le mit en évidence, et deux ans après il donna son chef-d'oMivre , Y Abdication de Gustave Vasa, toile achetée par le duc d'Orléans el qui fut détruite au Palais-Royal en 1848. Sou Louis XVl secourant les malheureux pendant l'hiver de 1788 (1817) le mit bien en cour; et il arriva aux honneurs lorsqu'il eut représenté, en IS22, dans son tableau de liuth et Dooz, le vieux Louis XVlllcn costume biblique tenant conversation avec une jeune femme bien connue il y a quelque soixante ans. ' ' HERSER v. a. Passer la herse dans un chani|j, puur en rnnipré les molles après qu'il a été labouré, ou pour recouvrir les grains qu'on y a semés : on it'a pas hersé ce chiimp. • ' HERSEUR s. m. Celui qui herse. ' HERSFELD['hèrs'-fèlt], ville de Hesse-Na.s- sau (Prusse), sur la Fulda, à 14 kil. N.-N.-E. de Eulda ; 7,200 hab. Elle forma avec son territoire une principauté ecclésiastique de- puis le XII* siècle jusqu'à la paix de West- phalie (1648), époque où elle fut Sécularisée ; Hersl'cld en resta la capitale jusqu'en 18:M, alors la principauté devint un cercle adminis- tratif. Il y a des jardins sur l'emplacement de ses anciens murs et de ses fossés. HersfeUi est le centre de manufactures d'étolfes de l'ancien électoral de Hesse. iNumbreuses tein- tureries et filatures. HERSTAL. Voy. Héristal. 'HERTFORD [' har'-feurd], ville d'Angle- terre, capitale du Hertfordshire, sur la l.ca, à -25 kil. N. de Londres ; 7.232 liab. Commerce de bois, de charbon el de blé. Eu 673, un con- cile national ecclésiastique se réunit dans celle ville. ' HERTFORDSHIRE ['har'-feurd-cheur] ou Herts, cuEulé d Angleterre; 1,.t83 kil. carr. ; 195,000 hab. Ses pi-incipales rivières sont le Colne et la Lea, affluents de la Tamise. Oans la partie N. se trouvent plusieurs chaînes de collines crayeuses, qui atteignent une hau- teur de 3U0 m. L'industrie principale est ragriculture, les sept huitièmes du sol étant arables. Dans la partie S.-O. se trouvent d'im- menses vergers de cerisiers et de pommiers. On y trouve un grand nombre d'autiquilrs. Capitale, llertford. HERTHA, .fflrtha ou Nerthus, déesse de la terre (anglo-saxon, Corthe; ail. Erde], adorée anciennenient par ditféreules tribus leulones. Les Scandinaves l'appelaient Jord; d'après eux, elle était fille d'Aunar et de la Nuit, sœur de ûagur ou le Jour, femme d'Odin niiRV (aussi identique avec Kriggn) el mère de Tbor. ' HERTZ iHendrickj l'hérls], poète danois, né eu )T98, mort en \H',iK II était d'origine juive, mais se fil [uolestant ; il étudia la jurispi'udence. lin 18Ï6, il publia sous je cnu- verl de l'anonyme sa pifiiniérc comédie, llerr UurrUhard og hans Familie. Sa tragédie SucikY Uijrinijs Huns (1.s:)7) ajouta ii sa popularité, i-l un drame lyrique ayant pour titre la Fille du roi Uené, porta sa renommée 'en .\llemagne, en Fiance, en Ant.'lelerre, où presque tous ses ouvrages furent traduits. (V. S.) ' HERTZEN ou Herzen (Alexander) ['hèrl'- séiiii . aiileiii riissi-, ne à .Moscou en 18li, mort a Paris le 21 janv. 1870. Il étudia à l'uni- versité de Moscou, et fut arrêté comme socia- liste en 1834; on le ganlu près d'un an en pri- son et on l'exila en Sibérie. Gr.lcié en 1839, il reçut au ministère de l'intérieur un emploi, qu'il perdit bienlùt à cause de ses criliiiiies contre le gouvernement; mais ses hautes rela- tions lui valurent bientôt le titre de conseil- ler d'Etal qu'il reçut en m<5me temps que l'ordre de résider à Nov;.'oroil. Eu l''>47, il quitta la Russie et établit à Londres une mai- son d'édition pour publier, en russe, les œuvres de Louis Rlanc, de Mazzini, etc. En 18.S6, il louda la Kolokol (la Cloche), journal qu'il ré- pandit clandestinement à profusion en Russie, et dans lequel il s'occupa surtout de l'émau- cipalion des serfs. Il publia aussi plusieurs nouvelles, des voyages, des inéiuoires auto- biographiques, etc., en russe, en allemand el en français. Ses biens confisqués eu Russie furent rendus en 1874 à son frère. Ses prin- cipaux ouvrages français sont : la France el l'Angleterre {■\85S) ; U: .Monde russe et la révo- lution (1860-'62); le Vieux .Monde et la Russie. (1864). HÉRULES ou Erules(lat. Herulisou Erulis), tribu L'erniai.iqiic qui, dans la dernière partie du ni" siècle, parut sur les côtes de l'Euxin. Conquis par les Oslrogolhs, les Hérules sui- virent plus tard Attila dans sa marche en Gaule (4'jl). Après la mort de ce conquérant, ils furent commandés par leur chef Odoacre, qui prit le titre de roi d'Italie (476), mais ils succombèrent sous les coups des Ostrogoths et de Théodoric 1493). Un autre royaume d'Hérules, fondé dans la partie centrale de la Hongrie moderne, fut détruit par les Lom- bards. HERVEY (John), baron Hervey de Ickworlb, homme piditique anglais (1696-1743). Allié de sir Hubert Walpole, il fut nommé vice-cham- bellan (1730) et conseiller privé (1733). En 1740, il reçut le sceau privé qu'il perdit à la chute de Walpole. Son ouvrage le plus important est Memoirs of the court of George II and Queen Caroline, publié par J.-W. Croker (2 vol.. 1848). HERVEY (Thomas-Kibble), poète anglais, (1799-1839). Pendant 20 ans, il fut le rédae- leur principal de VAthcjveiiia. Son ouvrage le plus piipiilaircestr/icBO(jA(//t'/i/-i's/)H'.i.s(IS36j. HERVIEU (Jean-Louis-François), écrivain et prêtre, né a Ecouche (Oriiej en 1764, iiirl en 1847. Il refusa, en 1792, de prêter ser- ment à la conslilulion civile du clergé et se réfugia en Angleterre; il rentra au retour des Bourbons et fonda plusieurs maisons d'édu- cation. On a de lui : Rudiment de la langue latine; Essai sur l'éleetrieilr ntinosphérique et son influence dans les phéiininénes météorolo- i/iqnes (Pa.r\s, ISS.'i, in-8°) ; i^eciv des preuves qui établissent la divinité de la religion catho- lique (Falaise, 1839, in-S°). HERVIEUX DE CHANTELOUP, naturaliste, né a Pans en 1683, mort eu 1747. Il a laissé un nouveau traité des serins de Canarie (Paris, 1745). HERVILLY Louis-Charles, comte d'), gé- HESC néral français, nù i\ Paris en 17oo, mort en 1793; il se distingua dans la guerre d'Amé- rique etdevintcolonel du régiment de Rolian- Soubise. Commandant de la garde constitu- tionnelle de Louis XVI, il défendit les Tuile- ries et la personne du roi le 20 juin et le 10 août 1792; émigré en 1793, il devint Ton des chefs de l'expédition de Bretagne, débarqua à Quiberon a la tète d'un corps do royalistes (179b) et y fut blessé mortellement. Oiï le transpoita en Angleterre, où il mourut cette mémo année. H.ERWAGEN (Johann), Hervagius, impri- meur di_' Hâle, inoi'l en 1361. Il épousa la veuve de Frolien auquel il succéda. Sa meil- leure publicalion est la collection des Scrip- torcs reruin Gcrmanicarum (1332). ' HERWEGH (Georg) ['hèr-vèg], poète allemand, né à Stuttgart en 1817 mort en )87o. En 1841, il attira l'attention par son GedicMe eines Lcbendigen, collection de poèmes politiques. Ses écrits le firent e.x- pulser de la Prusse et de Zurich; il habita en- suite Bâle et Paris. Un nouveau volume de son Gedichtc (I.Sii) est remarquable par une allure révolutionnaire plus décidée. Avec une légion d'ouvriers français et allemands, il se présenta à Bade en avril ISiS pour mettre en révolution l'Allemagne; mais il fut battu et se réfugia en Suisse. HERZÉGO'VINE ou Hersek, ancien vilavet du .N.-O. de la rur([uie d'iiurupe, aujourd'hui province autrichienne, entre la Bosnie, le Monténégro et la Dalmatie; 13,923 kil. carr. environ 190,000 hab., dont environ 130,000 appartiennent à l'Eglise grecque et 10,000 à l'Eglise catholique romaine. Les habitants appartiennent principalement à la race slave ; ils parlent un dialecte slave qui se rattache à celui de la Dalmalie et de la Croatie. Le ter- ritoire, couvert par une branche des Alpes Di- nai-iques, s'incline vers l'Adriatique. Il est traversé par la Narenta et par ses tributaires. Les produits sont : le taliac, le riz, le millet et le raisin. Le ])ays ajipartenait autrefois au royaume de Croatie. Anne.xé à la Bosnie au commencement du .niv" siècle, il lui fut arra- ché par l'empereur Frédéric III (vers 1430), qui en disposa en faveur d'Etienne Hrantich et de ses descendants, comme duché indépen- dant. Le nom d'Herzégovine est dérivé du titre de Herzoïj (duc) porté par ses princes avant la conquête ottomane (1467). En 1873, une iiisurrccliun éclata en Herzégovine; elle se répandit en Bosnie, et en d876 elle amena l'intervention de la .Ç^i'vie et du Monténégi'o, puiscelle de la Kiissie. LcsTurcsfurenlballus à .Nevesinje, le 1i juillet 1875, et lesinsurgés, après avilir dépeint, dans un document officiel, leurs soullVaiices comme chrétiens, deman- dèrent assistance aux nations européennes (12 sept.). Vaincus a leur tour, par Mukhtar- i>acha, ils perdirent du terrain et durent se soumettre (1876). Le traité de Berlin (13 juillet 1878), ayant autorisé les Autri- chiens à occuper l'Herzégovine, l'envahisse- ment de ce pays conimi'iiça aussitôt, malgré la résistance des musulmans. Los Autrichiens n'entrèrent à Mostar, capitale de la province, ([u'après un rude combailivré le 4août 1878. — L'Herzégovine forme aujourd'hui le cercle de .Mostar. HERZEN, Vuy. Hkktzkn. HESCHAM l.{Aboul-Walid), lalife ommiade de Cordoiii^ hiiccéila a.son [lere .\bderame l'^^', en 788; il coniliallit les clirtUieiis, vint en France et s'enifiara de iNarbonne en 79i; il mourut deux ans après; il avait mérité, par sa justice et sa bii^nfaisance, le surnom de M-hadhy {le lion). — Il . i Al-Mowaied-Billahi, succéda en 976 :'i Al-,\khi'm, son père, sous la tutelle d'Almanzor; il mourut assassiné dans une révolte en 1017. — III. (Abou-Bekrl, der- nier calife de Cordouc ; il fut élevé au pou- HESN v-oir malgré lui (1027), fut attaqué et vaincu par les cliréliens, abdiqua et mourut en 1036. Son Etat fut démembré. HESDIN, probablement VHdena vicus des Boniains,ch.-l. decant.. arr. et à 2-4 kil. S.-E. de Montreuil (Pas-de-Calais), sur la Canche; 3,429 hab. Bonneteries, savons, cuirs. Patrie de Jacquemont et de l'abbé Prévost. — Bâtie et fortifiée eu 15.34, par Philibert-Emmanuel, duc de Savoie, près de l'emplacement du Vieux-Hesdin; cette ville fut prise par le ma- réchal delaMeilleraye en t(i39 et réunie défi- nitivement à la France (1639) par le traité des Pyrénées. HESIODE, un des premiers poètes grecs, né probablement à Cumes (Eolide). On ne connaît rien de sa vie sinon qu'il habitait Ascra, sur le mont Hélicon. L'opinion la plus générale des anciens était qu'Homère et Hé- siode vécurent a la même époque. Hérodote fixe la naissance d'Hésiode à environ 8.30 ans av. J.-C. La célébrité d'Hésiode fit qu'on lui attribua un grand no.mbre d'ouvrages. Les Travaux et les Jours fEpyv. /.ai (jaspat) est le seul poème que ses compatriotes considèrent comme vrai. C'est peut-être le plus ancien spécimen de la poésie didactique; il traite d'éthique, de politique et d'économie domes- tique. La Théogonir est un essai pour établir les légendes mythologiques grecques, en un ta- bleau complet et harmonieux, et pour former une espèce de code religieux. Un autre poème qui lui est attribué fut les Héroïnes {'Holtxi}, histoire des femmes, qui, par leurs relations avec les dieux, étaient devenues les mères des héros; la description du Bouclier d'Hercule est tout ce qui nous en reste. Les anciens font mention de plusieurs au très poèmes d'Hésiode. Les œuvres d'Hésiode ont été publiés par Boissonade (Paris, 1824); dans ISiBiblioth.. gr. de Didot (Paris, 1840); elles ont été traduites en français par Bertrier (1767), Gin (1785), Coupé (1796); Falcoiiet (1839), Chenu (1844), etc. HÉSIONE, fille deLaomédon.roi de ïroie, et sonir de Priani; elle fut enchaînée par son père sur un rocher, afin d'apaiser la colère d'Apollon; mais en même temps, Laomédon promettait à Hercule ses chevaux invincibles et la main de sa fille, s'il la délivrait. Le héros arracha Hésione à la fureur des dieux ; mais Laomédon refusa de tenir sa promesse; Hercule, trompé, attaqua Troie et tua Laomé- don ; devenu par là maître d'Hésione, il la donna àTélamon. son ami etson compagnon d'armes, qui l'enmiena en Grèce. Priam chargea Paris d'aller laréclamer; ce fut alors que ce jeune prince vit Hélène et l'enleva à titre de représailles; ce fut une des causi> i _■ la ,i,'uerre de Troie. HÉSITANT, ANTE adj. Qui hésite, qui est indi.-cis. • HÉSITATION s. f. Ijicerlitude dans renon- ciation : ré'àter sans hisitalkm, sans la moindre hésitation. — Se dit aussi ilu doule, de l'in lé- cision qu'une personne manifeste par ses mouvements, par sa conduite, etc. : mouve- ment d'késitalion. ■ HÉSITER V. 11. [é-zi-té] (lat. hwsilure; de hxrrere, être attachél. Ne pas trouver facile- ment ce (ju'oii veut dire, soit ((ue cela vienne de crainte, d'un défaut de méiuoirc, ou du peu de netteté d'esprit : il n'avait pas bien appris son sermon, il hésita dès le mmnunee- menl. — Etre incertain sur le parti, sur la l'esolution (jue l'on doit prendre : hésiter dans les affaires. HESNAULT Jean), poète du xvii" siècle, fils d'un b(iul;uii.'er île Paris, auleur d'(Euvrcs di- verses (1670), célèbn.' surtout par son dévoue- ment à Fouiiuel et par un sonnet sanglant, qui frappa en plein visage Colbert, traité de ministre avare et lâche. HESS 271 HESPER ou Vesper (gr. /icsperos, occident). Fils de Japhet et père des Hespérides; fut changé, après sa mort, en une étoile (Vesper). HESPÉRIDÉ, ÉE adj. (des îles Hespérides, où croissaient beaucoup d'oranges). Bot. Synon. d'AuR.^NiiACÉES. •HESPÉRIDES s. f. pi. (Mylhol. gr.}. Les trois filles d'Hespéris. préposées à la garde des pommes d'or que Junon avait données à .lupiler. — Fruit des Hespérides, orange; Jardin des Hespérides, endroit plein de choses précieuses, mais dont l'accès est interdit. — Encycl. Les Hespérides étaient les ^'ardiennes des pommes d'or, que la Terre donna à Junon comme cadeau de fiançailles. Quelquefois elles sont appelées les filles d'Erèbe et de la i\uit,quelquefoislesfilles d'Atlas et d'Hespéris, ou bien encore les filles de Jupiter et de Thé- mis. On prétend qu'elles étaient au nombre de quatre dont les noms étaient: Eglée, Erythie, Hestieet Aréthuse. Leurjardin était originaire- ment placé dans l'extrême Occident, vers la Lybie et le mont Atlas, mais des mythologistes récents l'ont placé dans la Cyrénaîque et quel- ques-uns même dans l'extrême nord, au milieu des régions hyperboréennes. Leur office était de garder les pommes que Junon avait confiées à leur soin; mais Hercule s'empara de ces fruits, grâce à l'assistance d'Atlas. HESPÉRIDES (Iles des) ou lies oecidcntates, ilesque lesgéographesde l'antiquité plaçaient à l'extrémité occidentale du monde. On pense que c'étaient les îles du Cap-Vert ou les Ca- naries. — Hesvéridie. (V. S.) HESPÉRIE, nom donné à l'Italie par les an- ciens Grecs et à l'Espagne par les Romains, parce que ces pays se trouvaient au couchant par rapport à eux. HESPÉRIS, fille d'Hesper, épouse d'Atlas et mère des Hespérides. — Hespérornis. (V. S.) HESSE (ail. He.ssen). I. Territoire de l'Alle- magne, habité du temps de l'empire romain par les Catti. Sous les premiers empereurs allemands, elle fut gouvernée par des comtes. Vers 1 130, un mariage la réunit à la Thuringe. Le landgrave thuringien Henri Raspe étant mort sans enfants en 1247, sa nièce Sophie fut mise en possession de la Hesse par un limité en 1263. Son descendant Philippe le Magnanime, qui y introduisit la réforme, di- visa ses Etats entre ses quatre fils (1567). Les branches de Hesse-Marburg et de Hesse- Rheinfeldss'étant éteintes en 1383 et en 1604, il resta seulement les deux branches princi- pales de Hesse-Cassel et de Hesse-Darmstadt; la première cessa d'être une famille régnante en 1866. époque où son territoire fut annexé à la Prusse. — II. Autref. Hesse-Darmstadt, grand-duché de l'empire d'Allemagne, con- sistant en deux larges portions séparées par une longue bande de terre qui appartient k la Hesse-Nassau. La partie du i\. est bornée de tous côtés par la Prusse; la partie S. est bornée par la Prusse, la Bavière et Bade; 7,682 kil. caiT. ; 1,039, 3bb hab. (envaou 600,000 protestants, 230,000 catholiques ro- mains et 30,000 juifs). La liesse est divisée en provinces de Hesse supérieure, de Starken- burg et liesse rhénane. Ses montagnes sont: rOdenwald, le Wogeisgebirgeet les branches du Taunus, de Wosteiwald, etc. Les rivières principales sont : le Hhin, le Mein, la iNahe, la Nidda et la Lahn. La Hesse est un des pays les mieux cultivés d'Allemagne. Mayeuce est le grand marché du blé, du, vin et du commerce de transit. Darmstadl est la capi- tale. Le grand-duché occupe le sixième rang dans rempile allemand, il a trois votes au conseil fédéral et il envoie huit députés au reichstag. La législature estconiposéededeux chambres. Les recettes, en moy., sont estimées à environ 37,500,000 francs, les dépenses à L 272 HESS environ HS.T'iOiOOO. Il y a de iionil)rnuses ins- litulions d'éducation, dont la princirialc c-;t l'université de Giessen. — La lif:nc de Hcsse- Darnisladt fut fondée en l,ï67 par Geenrge I. Une guerre de succession avec Ilpssc-Cassel éclata sous son successeur qui y mil fin en 1647 par des concessions. Pendant la révolu- tion française, le landgrave de Hesse perdit une grande partie de son terriloire, mais le trailé de Lunévillc lui en rendit davantage. Loui.sX (mort en 1830) entra dans la confédéra- tion du Hhin eomnic grand-duc, sous le nom de Louis 1"'. et obtint de Napoléon une aug- mentation de territoire. En lB\b, il s'associa A la ciuifédéralion allemande et perdit bcau- couii de pays sur la rive droite du Khin, mais il olitiiit Mayencc, Bingen, etc., sur la rive gauche. Kn 18'2X, il entra dans l'union doua- nière prussienne. Le ni-.uid-duc Louis 111 (né le !)juin ISOti, mort le 13 .juin 1877), succéda à son père en 1818. En mars 1S66, le land- gravial de Hessc-Hoinburg fut uni à la Hcsse- Darnistadt, la dynastie régnante étanléleinle. Vm juin de la :néme année, Ilesse-Darmstadl se mit du côté de l'Autriche dans la guerre contre la Prusse. Enseptembie, leducconchit une paix séparée, paya une indemnité de !i millions de francs et céda la Hcsse-Homburg et quelques petits territoires en échange de plusieurs places qui appartenaient autrefois a llesse-Cassel et k liesse-Nassau. 11 entra aussi dans la confédération de l'Allemagne du N. pour cette partie de son territoire qui est située au N. du Mein. En 1870, Hesse- Darmstadt s'associa à la Prusse pour faire la guerre à la France et en novembre le grand- duché entra dans l'empire allemand. Le 13 juin 1S77, l.(iui> IV monta sur le trûne. HESSE CASSEL (ail. Kurhcssm, Hesse élec- torale), autre f. l'iectoral allemand, incorporé il laPrusseen186ti.10,M4kil.carr.;900,0UUhab, Les villes principales .sont : Cassel, Marburg, Haiiau, llersfeld, Smalcold et Rinteln. L'élec- toral do Hesse-(;a>sel fut fondé par le land- grave Guillaume IV, fils aillé de Philippe le Magnanime de liesse (I.'i(i7-'9i). Son petit-fils, Guillaume V, prit le parli des protestants dans la guerre de Trente ans. Frédéric P', devenu roi de Suède par son mariage avec UlriUe- Eléonore, eut pour successeur, en 17o1, son frère Guillaume VIII, qui conibattil pour la Prusse dans la guerre de Sept ans. Son fils, le célèbre Frédéric II, se convertit au catholi- cisme entre I77() et 1784; il obtint plus de Tô millions de francs on louant ses soldats au gouvernement anglais pour se battre contre les Américains. En 1803, son fils devint élec- teur sous le nom de Guillaume 1". Après la bataille d'Iéna, Hesse-Cassel fut incorporée an royaume de West[ihalie. En 1813, l'électeur rétablit l'ancien ordre de choses et mourut impopulaire (1821). Son fils Guillaume II, le devint encore plus à cause de ses relations aveclacomtesse de Reichenbach. Des émeutes eurent lieu en 1330. La comtesse quitta Cassel et l'électeur promulgua une constitution libé- rale. Au retour de la comtesse, de nouveaux troubles eurent lien et l'électeur quitta aussi Cassel. A sa mort, en 1847, son fils, Frédéric- Guillaume I", lui succéda (né en 1802, mort en 187.i); il se rendit bientôt odieux par sa poli- tique réactionnaire, dont son premier mi- nistre Hassenpflug était le principal instru- ment. L'effervescence atteignit un tel point que l'électeur s'enfuit et Hassenpflug de- manda le secours des puissances allemandes. Grâce à leur intervention, la tranquillité fut rétablie et une constitution nuuvelle, mais iUibérale, fut promulguée en 1852. Après des agitations prolongées et des changements continuels, la diète fédérale enjoignit au gouvernement de Hesse-Cassel la réintroduc- tion de la constitution de 1831 et la loi élec- torale de 1849; l'électeur se soumit. En juin 1866,1e gouvernement de Hesse-Cassel pre- nant le parti de l'Autriche, les Prussiens en- H ETA trérenl dans le pays, et un décret du 17 aoùl incorpora l'électorat à la Prusse. L'élcclcur protesta, mais sans cil'et, et, en 1873, il con- sentit formellement à la cession de son Icrri- loire à la Presse, recevant comme com|ien- sation une annuité de 2 millions de Uialcrs. (Voy. IIessk et Hksse-Nassau.) HESSE HOMBURG, autrcf. landgravial alle- mand, comprenant la province de Homburg, (entourée par les territoires de Na—au, de ilesse-l)arnistadt,de llesse-Cassel etdf Franc- fort), cl celle de Meïsenheim (entre la Prusse rhénane, le Palalinatbavaroiset Birkenfeld); popuL -. 30,000 hab. Ce petit Etat, était connu principalement à l'élrangi^r par ses maisons de jeu.\ il la station balnéaire de Hoinliurg. lacapitale. Le dernier landgrave, Ferdinand, I mourut en 1866, le pays retourna à Ilesse- Daimstadt. En seplem'bre 1806, il fut cédé à la Prusse. HESSE NASSAU, province de Prusse, formée en 1868 des territoires antérieurement an- nexés (le Hesse-Cassel, de Nassau, de Fraiic- foj't et de petits districts cédés par la liavière et la Ilesse-Darmstadt. Elle est limitée par les provinces du Khin, de Westphalie, du Ha- novre et de la Saxe, par Waldeck, Brunswick, les Etals de Thuringc, le grand-duché de Hes.sc etlaBaviôre; 1.';,682kil.carr. ; 1,600,000 hab. (environ 1,000,000 protestants, 400,000 catholiques romains et 50,000 juifs). Elle est divisée en districts de Cassel et de Wiesbaden. Les villes principales sont : Francfort. Cassel (la capitale), Marburg, Fulda et Wiesbaden. Les principaux cours d'eau sont : le lîhin, le Mein, le Weser, le Kinzig, la Lohn et la Fulda. Les montagnes comprennent le Spes- : sart, le Rhôn, le Westerwald, le Taunus et des \ ramilications du Vogeisgebirge. Les produc- tions sont : le vin, le fer, les bestiaux, etc. La province est remarquable par le grand nombre de ses stations balnéaires, compre- nant : Erns, Soden, Wiesbaden, Schlangenbad et Schwalbach. HESSOIS, OISE adj. et s. Qui est de la Hi»e; ijiii appartient à la Hesse. HESUS ou Esus, dieu des combats chez les Gaulois. On le représentait demi -nu et armé d'une hache, toujours prêt à frapper. Les Gaulois lui immolaient des victimes hu- maines et tremblaient rien qu'à le voir, eux qui ne craignaient aucun être créé. Après la conquête des Gaules par les Romains , le culte d'Ilésus fut confondu avec celui de Vul- cain. HESYCHIUS 1. (Saint), évêque égyptien, né vers 2.50 ap. J.-C, mort à Alexandrie en 311. Il publia une édition du Nouveau Testament et révisa l'édition des Septante; il soulfril le martyre dans la persécution que commença ! Uioclétien. — II. d Alexandrie, lexicographe' grec, né vers 3.oO. 11 laissa un diclionnaire que l'on considère comme ayant une valeur inestimable, édité d'abord àVeiiise (1514). — lll.de Jérusalem, écrivain ecclésiastique grec, né à Conslantiaople vers 434. Ses ouvrages complets ont été publiés dans le X(J1P^ vol. de la Patrologie grecque de Mignc. Son his- toire de l'Eglise est perdue. —IV, de Milet, appelé r///u.'i<7'e, historien grec, né vers 470, mort vers 530. Son seul ouvrage exislant, donne la biographie desprofesseurs célèbres. HÉTAÏRE ou Hétaïre s. f. (gr. hetaira, com- pagne). .\nt. gr. Courtisane. • HÉTAIRIE ou Hétérie s. f. (gr. hetaircia; de hetairos, compagnon). Se dit des associa- tions politiques, généralement secrètes qui se formèrent à .\thènes et dans quelques autres villesdela Grèce ancienne. — Se dit aussi des sociétés secrètes qui se formèrent au com- mencement de ce siècle, dans plusieurs pro- vinces de la Turquie d'Europe, pour l'affran- chissement des Grecs. HKTE HÉTAIRISTE uti Hctoristc s. m. Meinl.ie d'une hétairie. HÉTÉR ou Hétéro (gr. Iwleros. autre). Pré- fixe (jui, dans les mots composés, marque lu dillerence ou l'étian^-'elé. On dit lii^tér devai.l une voyelle et liiUvro devani une consonne. HÉT£,ROCERCAL, ALE. ALS adj. (préf. Iié- ti'r'j ; gi . Iurli(js. c|ueui-;. Iclil. (Jui a une nageoire caudale dont les deux parties sont inégales. — s. m. Nom donné iiarAgassiz aux , poissons dont la nageoire cauaaie est formée de deux parties inégales. Tous les poissons pa- lœozoîques et presque tous les poissons mé- sozoïques avaient une queue vertébrée, les vertèbres s'étendant à son extrémité au lieu de s'arrêter court à -on commencement , comme dans presque tous les poissons encore existants. Comme la colonne vertébrale s'é- tendait dans le lobe supérieur de la queue, les deux lobes étaient inégaux, d'où ces poissons ont été appelés par Agassiz béUro- cercttls ou poissons à queue inégale, tandis que ceux à queue égale furent appelés /lomo- ccrcals. Les placoïdes (sélachiens ou requins) et les ganoîdes (esturgeons, lépidote osseux) ont des queues hiUroecrrules ; tandis que les poissons ordinaires (clénoîdcs et cycloides) ont les lobes de la queue égaux ou presque égaux. * HÉTÉROCLITE adj. (gr. helcroa, différent; klilos, penlei (.ranim. Oui s'écarte des règles communes de l'analogie grammaticale : nom adjectif Itétéroclitr. — Fig. et fam. Ridicule, bizarre, fantasque, et se dit surtout en parlant des personnes, et des choses qui leur sont propres : vne xwjc hétéroclite. — Se dit aussi de certaines choses qui s'écartent des règles ordinaires de l'art : un bûlimcnt hétéroclite. I . H6l(irocorc;tl (requin). £. Uomaccrcal (saumon). gr. dif- HETERODACTYLE adj. (préf. héléro; daktuhis, doigt;. Zool. Dont les doigts fèrent les uns des autres. •HÉTÉRODOXE adj. (gr. heteros. différent; doxa, û|iinioii . I)oL;ni.i(. (jui est contraire aux sentiments reçus dans la religion catho- lique. Est opposé à orthodoxe : docteur hété- rodoxe. •HÉTÉRODOXIE s. f. Dogmat. Opposition aux sentiments orthodoxes : il eut suspect d'hétérodoxie. ' HÉTÉROGÈNE adj. (gr. heteros, différent; gênos, race). Diiiact. Qui est de différente nature : corps composé de parties hétérogènes. — S'emploie quelquefois au figuré : une société formée d'ilcments hétérogènes. * HÉTÉROGÉNÉITÉ s. f. Didact. Qualité de ce qui est hétérogène. HÉTÉROGÉNIE s. f. (gr. heteros, différent; genos, race). Physiol. Génération spontanée. (Voy. Génération.) HÉTÉROMÉRE adj. (gr. heteros, différent; WdJ'os, partie;. Entom. Se dit 'les coléoptères qui ont cinq articles aux tarses des deux paires de pattes antérieures et quatre seule- ment aux tarses postérieurs. — s. m. pi. Deuxième section de l'ordre des coléoptères, comprenant ceux dont les tarses antérieurs sont divisés en un nombre de parties dif- férent de celui des tarses postérieurs. (Voy. Co- léoptères.) HÉTÉROMORPHE adj. (gr. heteros. diaérenl; morphé, forme;. Zool. Qui est de forme dif- férente. — s. m. pi. Section de la classe des vers comprenant ceux dont le corps estsou- ventdeforme irrcguliéie. I/cteronomie.{V.S.) HÉTÉROPHYLLE adj. (gr. /(e/ecos, différent; HETR phyllov, finiille). Bol. Dont les feuilles sont disseiolilalilfs. HÉTÉROPODEadj. (préf. hetcros. ^r. pous, pudos, pied). Zool. Dont les pieds diffèrent les uns des autres. (Voy. Nl'cléobiianche.) * HÉTÉROSCIENS s. m. pi. (gr. heteros, dif- férent; shiii, ombre). Géopr. On donne ce nom aux haijilants des zones tempérées, qui à midi ont leur ombre de côté différent : savoir, les babitnnts de la zone tempérée sep- tentrionale, du côté du nord, et ceux de la zone tcm|iéréc méridionale, du côté du raidi. HÉTÉROTOME adj . fgr. heteros, autre; tome, section). Bot. Dont les divisions ne se ressemblent pas. HÉTHÉENS adj. et s. Peuple chananéen qui b.ibilaii: les montagnes d'Hcbron; il fut compris dans la tribu de Juda. * HETMAN s. m. [èt-man]. Titre de dignité chez les Cosaques : hetmnn des Cosaques. — .\ncien titre du cbef suprême des Cosaques, aujourd'hui appliqué seulement au chef des Cosaques du Don. L'helman fut élu par le peuple dans une réunion publique générale, jusqu'après l'insurrection deMazeppa.Letilre, alors supprimé, fut rétabli en 'I7o0 et, plus tard, accordé seulement au chef des Cosaques du Don ; l'empcreiu' Nicolas en fil l'apanafro du ksarevitch. En Polop'ne, le titre d'hetman était donné au chef de toutes les forces. HETMAN (L'), drame en .ï actes, en vers, de Paul Deroulède, représenté, sur le théâtre de l'Odéon, Ie3 février IS77 ; ilrenferme plusieurs alexandrins patrioti([nes, qui enlevèrent le succès, malgré la faiblesse générale de l'ac- tion. "HETRE s. m.(basall. toto',jeunehètre). Bot. Genre de qtierciitccs ou cupulifères, com- prenant plusieurs espèces d'arbres oud'arbris- seaux à feuilles alternes, bordées de larges dents en scie, à écorce lisse et à fruit nommé faine. Les bractées écailleuses qui entourent les fleurs fertiles mûrissent dans une enve- loppe épineuse, renfeimant deux amandes triangulaires. L'espèce la plus in'.porlante, commune dans les forêts de l'Kurope moyenne, ili'-tic (les Tuiéls (rugiis sjUalica). e.4 le /((■/)■.; des forêts (fugus sykutica), nomme aussi foyard, fayiinl, fanou fouleau.W atteint jusqu'à 10 m. de haut, et! m. de diamètre il la base; ses feuilles ovales, aiguës, ondulées, d'un beau vert et luisantes, sont accompagnées de deux petites stipules caduques, velues et roussâtres. Son bois, d'un grain serré, joint la b'gèreté à la solidité; on l'emploie dans le charron napc et la menuiserie pour faire des tables, des bois de lit, des vis, des rouleaux, des rames, des pelles, des sabots, des jantes de roues, etc.; il est supérieur au chêne comme bois de chauffage. Les faines du hêtre produisent une bonne huile. Enfin, ce grand arbre est l'un des plus beaux que l'on puisse 236 Feuilles, fleurs et fruit du hêtre. HEUR placer dans unjardin paysajjer. Lehêlreamé' ricaiii [fagus ferriifiinea) se rencontre aux E la ts- Unis. Ses feuilles servent à f.il.iriquerd'excellen- los paillasses. Le bois brunâtre, très dur, n'a pas de durée quand il est exposé aux alternatives de a sécheresse et de l'humidité; mais il est incorruptible quand on le lient constamment sous l'eau. On l'emploie pour faire des rabots et des manches d'ou- tils, des ouvrages de tour, des vases, etc. Ses amandes sont recherchées, par les animaux sauvages et par les porcs. Les variétés du hêtre pleureur et du hêtre à feuilles pourpre sont classées parmi les plus belles espèces d'arbres d'ornement. HETZEL (Jean-Guillaume Frédéric), oiien- talisto et théologien allemand, né en I7.').i, mort en 1820 Nommé professeur de lan,?ues orientales à Giessen en 'I7S7, il fut appelé, l'année suivante, par le gouvernement ru>se, à la chaire d'exégèse et de langues orientales à Dorpat. Il a laissé : Grammaire détuUlt'e de la langue héhraùjue (Halle, 1777, in-4°). Gram- maire syriaque (Lemgo, 1788, in-4°;, Gram- maire arabe (léna, 1776, in-4") et plusieurs traités d'exégèse très estimés. ' HEU Interj. Exprime le doute : Heu.' je ne sais pas trop si ce qu'il dit est vrai. MoLitinB. — Sert à interpeller : Elle est fille d'Albert. — Heuï de qui, s'il vous plaît? MOLÙRB. HEUCHIN, ch.-l. de cant., arr. et à 14kil. N.-O. de Sainl-Pol (Pas-de-Calais); 072 hab. Eglise qui possède un curieux portail normand. HEUGLIN (Theodor vo.\, Ijaroii) [foiin-hoïg'- linn], explorateur allemand, né dans le Wur- temberg en 1824, mort le o novembre 1876. Il visita l'Egypte en 18.S0; devint, en 18.i2, secrétaire du D' Reitz, consul autrichien à Kharloum, et lui succéda en 18o3. Il s'était déjà fait connaître par un voyage auNil Blanc, publié en IS.'il . Il dirigea en personne l'expé- dition de4S60-'6i! dans le pays d(;s Gailas et en Abyssinic, pour retrouver l'explorateur Edouard Vovel ; visita de nouveau, avec Stend- ni'r, le cours du Nil Blanc en I86:i et rentra en Eîirope en 1863. Cinq ans [ilus lard, il explora le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble. Il a laisse le récit de ces liilférents vovages cl des travaux sur l'histoire naturelle du N.-E. de l'Afrique. 'HEUR s. m. leur] (lat. auguiia, augure). Bonne fortune, chance heureuse: il est satis- fr.it, puisqu'il a l'heur de vous plaire. Kt t^int iCAcHi- se rencontre en nta sage conduite, Qu'au liing.igc des yeux son amour c.-il rtiduite CoRnKiLLB. Aa Suivante, acte I, se. ii. — Ce vieux mol n'est plus guère usité que dans le proverbe suivant: Il n'y a qu'hicuh i;t MALiiKuii KN CK MoNDK, luulv dépend des cir- constances, et souvent ce qui cause la ruine des uns, fait la foiluno dos autres. • HEURE s. f. (lat. hora). Espace de temps qui fait la vingt-i[uatrième partie du jour na- turel : on divise ordiuaircmeut le jour eu deux parties, de douze heures ehueune, ta première eommeneaiil à mi)iUit, et la seconde à midi. — Passiîu un mauvais QU\nT d'heubk, éprouver quelque chose de fâcheux. — Avoin dk bu.ns ET DK MAUVAIS QL'AtlïS u'uKURE, être d'uUC hu- HEUR 273 meur inégale et bizarre. — Hiure dk gracf, OUABT d'heure de gracp, délai accoidé au delà du temps fixé pour faire quelque chose, pour terminer une affaire. — Le quaiit d'heure dk Rabelais, le momentoii il fautpayer son écol; et, par ext., tout moment fâcheux, désa- gréable. — N'avoir pas une heure a soi, n'a- voir pas de temps dont on puisse librement disposer. On dit à peu près de même. N'avoir pas une heure de repos, de relâche, etc. — D'heure en heure, d'heure a autre, d'une heure a l'autre, d'un moment à l'autre. — La fuite des heures, le cours rapide du temps. — Prendre un ouvrier, un homme de peine, un fiacre, UN CABRIOLET a l'heure, reTiployer,s'en servira condition de le payer tant par heure. On dit de même, êtrk a l'heure, être employé à condition d'être payé à tant par heure. — Liturg. cath. Les prières de quarante heures, DES quarante heures, OU elliptiquement, Les quarante heures, certaines prières extraor- dinaires que l'on fait devant le saint sacre- ment, dans les calamités publiques, et pen- dant le jubilé. — Se dit aussi des époques, des divers moments du jour, considérés par rapport au temps, aux heures écoulées depuis que l'une desdeux parties dujour a commen- cé : dites-moi l'heure qu'il est. — Être sujet a l'heure, n'être pas maitre de son temps. — A DEUX heures de NUIT, deux heures après le coucher du soleil. — Pral. .K l'heure de midi, à midi. A deux heures, a trois heures de relevée, à deux heures, à trois heures après midi. — Dans le langage des assemblées délibérantes, dans les procès-verbaux, etc.. Attendu, vu l'heure avancée, attendu, vu qu'il est lard. — Heure INDUE, heure delanuit où tout le monde est ordinairement retiré : rentrer à heure in- due. Se dit aussi, en général, de toute heure qui ne convient point. — L'heure du berger, l'heure, le moment favorable aux amants. — Bonneheure, moment convenable, commode, favorable pour faire quelque chose: voici la bonne heure pour faire telle chose. On dit dans le même sens. Heure favorable, heure propice, elc; et dans le sens contraire, Mauvaise heure. — Arriver a la bonne heure, arriver à propos. — Adverb. De bonne heure, tôt, paropposition à lard. Se dit non seulement des époques du jour, mais aussi des époques du temps en gé- néral : se lever de bonne lieure ; tâchez de venir de bonne heure. — Iron. Vous venez a une belle heure, a belle heure ; il est belle heure POUR venir; la belle heure pour arriver, se dit à une personne qui ariive tard dans un lieu où on l'attend. — A la bonne heure, sert quelquefois à marquer une sorte d'approba- lion : vous le voulez : à la bonne heure, je ne m'y oppose point. S'emploie aussi pour exprimer l'indifférence: il me menace, dites-vous: à hi bonne heure, passe, je ne m'en inquiète point. — A toute heure, àchaque instant, continuelle- ment.— A CETTE heure, maintenant, présente- ment.—Tout a l'heure, dans un moment, ou il n'y a qu'un moment. On dit aussi, mais plus ra- rement. Tout à cette heure. — A l'heure qu'il rsT, A l'heure où JE VOUS PARLE, daus le mo- ment actuel. — A l'heure qu'il est, signifie quclquef., présentement, au temps où nous sommes. — Sur l'heure, à l'instanl même : rendez-vous-y sur l'heure. Autref. on disait aussi. Tout sur l'heure. — Fam. Pour l'heure, pour le présent : je n'en ai }toinl pour l'heure. — Indication de l'heure qu'il est, donnée par une horloge, par une montre, etc. : tlest trois heures, trois heures vingt ininutes à ma montre. — Avancer l'heure, rktardér l'heure, avan- cer, retarder l'horloge. — Mettre une montre A l'heure, faire qu'elle indique l'heure qu'il est actuellement. On dit dans le même sens. Prendre l'heure, et Cette montre est a l'heure. — Prov. cl fig. Chercher midi a quatorze HEURES, chercher des difficultés où il n'y en a point. — Heures astronomiques, se dit aes di- visions du temps, considérées relalivemciil à la marche des corps célestes. Ou les dislaiguo III. 274 HEUR HHUR nRXA en llciircs solairef. moycnws on t'Hâtes, ll'urcs solaires vruks el Heures du premier mohilc — Se dit tjueliluef. des sig'nes d'un c.ulrun qui sei'venl a l'indicalion des heures : /t;s heures rie ce cadran sont en chiffres romains, en chiffres itralies. — Se dil, en oiitie. du mtimcnl qu'on indique, qu'on lixefiour un rondez-ious, pour une ull'iiirc, etc.; et. dans ce sens, il e.enl fort occupée. — Faiue qui:lque chose a ses ueiiues DÉiiuuÉES, prendre sur ses occupations orJi- nuiics le temjis de faire une chose. — Lilurg. Heures canoniales, diverses parties du bré- viaire que l'Eglise récite selon les diverses heures du jour, savoir: matines, vers 3 heures après minuit; laudes, aussitôt après; prime, vers 6 heures; tierce, vers '.) lieures; sexte, vers midi; nonc, vers 3 heures de l'après- midi; vibres, vers 4 heures et c.omplies vers 7 heures. — Les petites heures, prime, tierce, sexte el none. — Livre d'heures, ou simple- ment. Heures, livre où ces prières sont cunle- nues. — Se dit, dans une acception plus étendue, d'un temps, d'un moment, d'une épO([uc queli'.onque : elle n'iUtend plus que l'heure d'accoucher. — C'est un homme, un ami DE TOUTES LES iiKUaEs.se dit d'un homme qu'on est loujours bien aise de voir, et avec lequel on n'est jamais embarrassé. Se dil également d'un homme qui est toujours prêt à obli;;er. — Dernière heure, heure dernière, heure SUPREME, l'heure, le moment de la mort. — S'emploie quelquef.absol. avec l'adjectif pos- scssir, pour signifier le temps, le moment où quelque chose doit arriver à quelqu'un : il y avait lonijtemjis qu'il sollicitait; cnfia son heure est venue, on lui a donné telle place. — Se dil particul. du moment de la mort :i;esi réehappé d'une grande maladie, son heure nét'iit pas encore venue. — s. f. pi. Myth. Divi- nités qui présidaient aux heures de la jour- née ou aux saisons: Eunomie, Dici et Irène étaient les trois Heures. Dans Homère, elles sont les ministres de Zens, les gardiennes des portes de 1 Olympe el elles gouvernent les nuages et le temps. Dans Hésiode, elles sont les lilles de Zeus el de Thémis (Justice); elles donnent aux nations de bonnes lois, la justice el la paix. On les mentionne généralement avec les Grâces el les nymphes comme sui- vantes des divinités olympiennes. LétjisL(Y. S.) * HEUREUSEMENT adv. D'une manière heu- reuse ; cire né heureusement. — Par bonheur: j'étais inquiet de son retard, heureusement il arriva. • HEUREUX, EUSE adj. (rad. heur). Qui jouit du bunlieiir, qui possède ce qui peut le rendre content: tous les hommes veulent être heureux. Heureux qui, lie I;l sagesse, Alti^iitlaiil tout son secours, N'a point mis en la richesse L'espoir de ses derniers Jours. Jp.AN lUcms. — Fani. Être heureux comme un roi, être très heureux. — Amant heureux, amant qui est écoulé, favorisé. — S'applique également àla ccmditiou, à la situation, à la vie de celui qui est heureux : ile.it dans un étal heureux, dans une condition heureuse, dans une siluntion heu- reuse. — Kaiuk une pin iieurkusb, mourir dans les sentiments d'un homme de bien et d'un hou cliréticji. — Se dit encore de celui que la l'orlune favorise, f|ui esl bien parlafie du f'orl: il est n^' heureux. — (Jui rend fortuné, qui procure du plaisir, ou qui esl favorable el avantageux : hoireux sort. Pi-e»scr V/tfurrtu: niunu^ Hickoric loroinleuse (Carya loroenlosa). et par se di^lillSlIC par son écorce hérissée, SCS fiiiils excellents. • HIDALGO s. m. (mot esp. formé de. hijo, fils; (/'■. ili'; alijo, quehiuc chose). Titre que prenncnl en' [Cspaf-'iic les nobles qui se prétendent descendus d'ancienne race chré- tienne, sans mélange de sanj; juif ou more : le phis célébri' dcshidnlgos est don Quirhotlc — Aujourd'hui le titre d'hidalgo se donne i tout noble qui n'est pas (.'raïui d'Kspa^ijne. Du mot liidalgo est venu hidalyuia, noblesse, en espa- ^.'nol. HIDALGO Y COSTILLA (Don Miguel) [-i- koss-lir-ia],révolullonnaire inexiraui, né dans l'Amérique du Sud (driiiicii' partie du xviii'-' siècle), mort le 27 juillet 1811. Il était prêtre et l'on dit qu'il introduisit le vers à soie au Mexique. Possédant beaucoup d'In- lluence parmi les Indiens, il conçut le plan d'une insurrection générale, organisa une armée, s'empara de plusieurs villes et marcha contre la capitale, mais il fut totalement mis en déroute au pont de Galderon (17 jan- vier 1811). Laissant le reste de ses forces à Saltillo, il se rendit au.\ Etals-Unis pour ob- tenir des armes et des secours; mais il fut livré au.x Espagnols, emmené à Chihuahua el fusillé. • HIDEUR s. f. Etat de ce qui est hideux : /(( ludrur du 17' ('. • ' HIDEUSEMENT adv. D'une manière hi- deuse : il lit liidi-iiscment laid. • ' HIDEUX, EUSE adj. (anc. franc, hiih, fraj-eur; de l'anc. ail. e conlieiinenl une Icinture souvent em- ployée pour colorer les vins et pour leindrc quebpii'- étoiles en violol. • HIÉMAL, ALE, AUX adj. (lai. hiems, hi- ver . (Jiii appartii;nl à l'hiver. Se dit princi- palement des plantes qui croissenl cm liiver : pluiilcf: hiàiinles. HIEMENT s. m. ('hl-man] Action de hier. HIEMPSAL, lils dcMicipsa, roi de .Nuiiiidie; il lut I ;;oigé par ordre de Jugurlha, laii liti av. J.-C. ■ HIER adv. de temps [ièr] (lai. heri). Se dit du jour qui précède immédiatement i-elui où l'on est : hier au soir. — Avant-hikii, le jour d'avant celui d'hier : il est parti inant- /liec — L) HiKii i:n huit, kn ouinze, et ■. Uan> huit jours, dans quinze jours, clc, à compter d'hier. — Kig. Se dit qiielquef. d'une époque indéterminée, mais qui n'est passée que de- puis peu : nous ne nous connaissons que d'hier, cl il me traite déjà comme un vieil ami. ' HIER V. a. [i-é]. Enfoncer avec la hie. HIÉRA. femme de ïélèphe; à la tête d'un cor[)s de .Mysiennes, elle se distingua contre les Grecs. — Nom ancien de l'une des îles Eoliennes; auj. Volcano. — Une des lies Egades, auj. Maritimo. HIÉRAPOLIS I. Ancienne ville de Phrygie, entre U> Lycus el le .Méandre, célèbre par ses sources chaudes el par sa grolle, d'où sortait une vapeur niéphilHiue qui, disait-on, était un poison pour tout le inonde, excepté pour les prêtres de Cybéle. Saint Paul fait mention de cette ville dans son epitre aux Colossiens, IV. 13. Les ruines se trouvent en un lieu in- habile appelé Bambuk-Kalessi. — II..\ncienne ville de Syrie, entre Anlioche el Carrhée (i\Ié- snpolamiê), appelée autrefois Banibyce; l'un des sièges principaux du culte d'Astarlé; grand marché sous les Séleucides. ■ HIÉRARCHIE s. f. (gr. hieros, sacré ; arthé, enipiiej. Uidre cl subordination des diUé- renls chœurs des anges : la hiérarchie céleste. — Ordre el subordination des divers degrés de l'état ecclésiastique : la hiérarchie de l'E- ijlise. — Se dit, par extension, en parlant de toutes sortes de pouvoirs, d'autorités, de rangs subordonnés les uns aux autres : ia hiérarchie jjolitique; la hiérarchie militaire. • ' HIÉRARCHIQUE adj. Qui est de la hiérar- chie, qui apparlieul a la hiérarchie :ort/ri; /«é- rar claque. *' HIÉRARCHIQUEMENT adv. D'une ma- nière hiérarchique : ihijlise a toujours été gouvernée hiérarehiquemerit, • HIÉRATIQUE adj. (gr. hieros, sacré). Qui concerne lcscho=essacrées, qui appartient aux prélies. Ne se dit que de certains caractères égyptiens, d'une écriture dont on pense que les'prêlres seuls s'étaient réservé rinlelligence; par opposition aux Caractères démotiques, qui étaient ceux que le peuple pouvait lue et comprendre. — Peint. elSculpt. Style iniinA- TiQUE, se dit de certaines formes consacrées parles religions el que les artistes reprodui- sent quelquefois aux époques d'un art plus libre el plus perfectionné. HIÉROCLÉS, persécuteur des chrétiens, sous Uioclelien. Pour convaincre d'erreur les chrétiens, il écrivit un livre intitulé 1 Ami de la vérité que réfuta Laclance. Hiéroclesest un des personnages des Martyrs de Chateau- briand. HIÉROCLÉS, philosophe néo-platonicien, qui vivait à Alexandrie au coramencenienl du V siècle; il a composé plusieurs ouvrages philosophiquesdonlle principal a pour titre; Commentaires sur les vers dorés de Pylhayore, UIKR On lui allribuc également un Traité de la Pro- vidence et du libre arbitre. • HIÉROGLYPHE s. m. (hieros, sacré; //lu- jihcin, gravi-rl. .Nom donné aux caractères dont SI' servaient les anciens Egyptiens pour exprimer leur pensée. Ne s'applique avec exactitude qu'aux seuls caraclèrcs sacrés, sculptés ou peints, rcprésenlanl des objets naturels; mais on l'élend à tout le système d'écriture des Egyptiens : un monument couvert d'hicroijlyphes. — Fip. cl fam. Se iés el interprétés par Schoolcrafl. Les plus beaux spécimens de col art se trouvent au Mexiipie, où, par le moyen de l'écriture liié- roglypliiqiic peinte, on relatait les faits histo- riques, on fixait les rites et les calendriers. Les missionnaires, qui vinrent après Cortès, étudièrent ce système el l'emidoyèrcnl quand ils convertirent les indigènes. Leurs travaux firent connaître une classe nombreuse do ma- nuscrits • HIÉROGLYPHIQUE adj. Qui appartient à rhiériigly|die : cura' tire hiéroghji'hique (gr. hieros, sacré ; Caractère propre à l'écriture hiératique. HIÉROGRAPHE s. m. (gr. hieros, sacré; grn- phei», écrire;. Celui qui écrit sur les choic; sacrées, sur les différentes religions. HIÉROGRAPHIE s. f. Description des choses sacrées. HIÉROLOGIE s. f. (gr. hieros, sacré ; logos, disruin-'. traité des choses sacrées. HIÉROLOGIQUE adj. Qui se rapporte kl'hié- rologie. HIÉRON 1. Tyran de Syracuse, successeur de son Irére Gélon (vers Ï78 av. J.-O, mort en 467. En Sicile il conquit .Naxos et Cataiie, el en Italie il chassa le tyran .Micylhus de Rhegium. En 474, il remporta une grande victoire sur la flotte élru>que près de Cumcs. Sa magnificence el ses triomphes aux jeux Olympiques et Pyliques sont célébrés daus les odes de Pindare. — II. Roi do Syracuse, fils d'Hiéroclès, né vers 3(J7 av. J.-C. mort vers 216. A la suite d'une grande victoire remportée sur les .Mamerlins, il fut élevé au trône en 270. Il s'allia d'abord avec les Cartha- ginois contre les Romains (264), mais ayant été battu par ces derniers. Il signa avec eux (263) un traité qui futchangé en une alliance perpétuelle (241). Son gouvernemenl se fil remarquer par sa sagesse; il bàlit un grand nombre de temples magnifiques, d'autels el de monuments publics à Syracuse et à Acrœ. Archimède fut son ami. * ■ HIÉRONIQUE adj. (gr. hieros, sacré). Autiq. Se dit de certains jeux qui se célé- braient chez les Romains en l'honneur des HIEROGRAMME s. m graiiiiiiii. leltrej. Philol H!GH HILD HILL 277 dieux. — s. m. Vainqueur aux jeux Hiéro- niques. HIÉRONYME. Voy. Jkrome. HIÉRONYME, roi de Syracuse, petit-fils et succc>.seui' de Hié]-oii II, né en 231 av. J.-C, mort en 214; il rompit l'alliance contractée par son père avec les Romains. Ses cruautés et ses débauolies excitèrent son peuple à la révolte; il fut mas-iacré après Ib mois de règne. C'est à son effigie que sont frappées les plus anciennes médailles connues repré- sentant un roi couronné du diadème. * HIÉRONYMITE s. m. Membre d'un ordre relij-'ieux fondé en Espagne, dans la seconde moitié du xiv° siècle : l'ordre des Hiéronymites. — Les membres de cet ordre avaient pris pour modèle la vie qu'avait menée saint Jérôme dans les solitudes de Betiiléem. Il y eut quatre ordres de hiéronymites. I. Les hiéronymites d'Espagne, établis à l'Escurial et qui remon- taient à Thomas di: Sienne (1370) ; ils s'occu- paient de l'éducation de la jeunesse— \l.Les ermites de saint Jérôme, qui eurent pour fon- dateur Pierre de Pise, en 137o, et dont la vie était fort austère. — 111. Les hiéronymites de l'Observance, établis en Lombardie, par Loup d'Olmédo (1424) et qui réformèrent la règle de Thomas de Sienne. — IV. Lu société de saint Jérôme de Fiésole, qui suivait la règle monastique de saint Augustin. * HIÉROPHANTE s. m. [i-è-ro-fan-te] (gr. hiéros, siicré ; pliaincin, déclarer). Antiq, gr. Titre du prêtre qui présidait aux mystères d'Eleusis et de quelques autres temple?- de la Grèce, et qui enseignait les choses sacrées aux initiés. — Les hiérophantes ne pouvaient être choisis que dans la famille des Eumol- pides, dont l'ancôlre Eumolpus était regardé comme le fondateur des mystères d'Eleusis. Dans les derniers temps du paganisme, les hiérophantes semblent être devenus des thau- maturges et des magiciens. HIÉROPHANTIDE s. f. Prêtresse de Cérès à Alhéiies. HIERSAC, cli.-l. de cant., arr. et à 14 kil. N.-O. (l'Angoulênie (Charente); 609 hab.Bons vins. HIESMOIS {Oximensis pagiis). Petit pays fai^allt partie de l'ancienne province de Nor- mandie et compris actuellement dans le dé- partement de l'Orne. Ses centres principaux étaient Exraes et Aubry-en-Exmes. 'HIGHGATE['haï'-ghé-te],villageduMiddle- sex (Angleterre), Viii-^in de llnmncfonil , à 8 kil. N.-Û. de Saiut-Paul de Londres; 5,340 hab. 'HIGHLANDER s. m. ['haï'- ou hi'-lann- deurj (ani;!. higli, haut; lander, habitant tles hautes terres). Habitant des Highland^, mon- tagnard écossais. — Soldat recruté dans la haute Ecosse : les h'ujIUanders forment aujour- d'hui sept régiments d'infanterie de ligne; ils ont cnnsçrvr Inir costume national. 'HIGHLANDS ['haï- ou 'hi-lannds] (anrl. hautes terres'). Nom donné à In partie srpiru- trionali; et montagneuse de l'Ecosse, par op- position aux districts du S. et du S.-E. qui sont appelés lowlaiids. Les highiands embras- sent plus de la iniiitié de l'Ecosse, ils sont re- marqu-ables [lar leurs paysages sauvages et magniliquos cl |iar le caractère particulier de li'urs liuliilants Les parties monlagncuscs au S. et à l'E. (le la r.lyde sont appelés quelque- fois lliglilands du sud. (Voy. Ecossk.) — Pour les lliglands de l'iludson, voy. Hudson. ' HIGH LIFE s. m. ['haï-laï-f'] (angl. high, haute; life, vie). Angllcl^me. Grand monde : hommes, femmes du h'igk life. ' HIGHMARE (Joseph) [haï-mô-re], anato- mistc aii;;lai.s, lu: en KJi:!, mort en KiSi. Il pratiqua la luédeciue à Sherboine et publia: Corporis humani Disguisilio analumica. HILAIRE (Saint), pape, mort en 4C8. Au concile que l'on a surnommé le Brigandage d'Ephése (449), il se présenta comme repré- sentant du pape Léon I et comme adversaire d'Eutychès. H succéda à Léon en 401, amé- liora la discipline de l'Eglise, et se fit remar- quer par son zèle contre l'hérésie. Fête 21 février. HILAIRE (Saint), évêquo de Poitiers, né en cette Ville, vers l'an 300, mort en 308. Elevé dans le paganisme, il fil de brillantes études et voulut connaître les auteurs païens, juifs et chrétiens. La lecture de ces derniers le rap- procha des hommes qui professaient la foi évangélique. 11 la partagea liientôl lui-même, et se distingua par tant d'érudition religieuse, de piété et de vertus, que ses concitoyens, bien qu'il fût marié, l'élevèrent à l'épiscopat en 'M)3. Il combattit alors ardemment l'hé- résie arienne qui menaçait de faire de nombreux prosélytes ; dénoncé pour ce fait à l'empereur, comme un peitiirbateur de la paix publique, il fut exilé en Phrygie.II com- posa pendant son exil ses ouvrages sur les Synodes et ses douze livres sur la Trinité, qui sont devenus comme l'étendard de l'ortho- doxie dans les églises d'Occident. Appelé au concile de Séleucie en 359, il y défendit d'une manière triomphante la divinité du Christ. De là.ilse rendilàConslantinople oti sa hardiesse déplut à l'empereur Vab'ntinien, qui le ren- voya en Gaule. Il revint à Poitiers, où il convoqua plusieurs conciles et où il continua à combattre avec acharnement les ariens. Ses œuvres ont été publiées en 1093, in-fol. Son style véhément, impétueux et quelquefois en- flé l'a fait appeler par saint Jérôme le Rhône de l'éloquence latine. L'Eglise i'a placé au nombre de ses docteurs. Fête le 14 janvier. Ses ouvrages ont été publiées par Constant (Paris, 1093, in-fol.). HILAIRE (Saint-), ch.-l. de cant., arr. et à 12 kil. iN.-E. de Limonx (Aude); SH'J bah. HILAIRE-DE VILLEFRANCHE (Saint-), ch.-l. de cant., an-, et à In kil. .>. de Saint-Jean d'Angely (Charente-Inférieure); 1,104 bah. HILAIRE-DES-LOGES (Saint-), ch.-l. de cant., arr. et à 11 kil. E. de Fontenay-le- Comte (Vendée); -',532 hab. HILAIRE-DU-HARCOUET (Saint-), ch.-l. de cant., arr. et à 15 kil. S.-O. de Mortain (Manche); 3,830 hab. Collège. Draps, toiles, bestiaux, grains, miel, fil, etc. • HILARANT, ANTE adj. Qui excite à la gaieté. Ne s'emploie guère que dans cette expression : gaz hilarant, non vulgaire du protoxyde d'azote, parce que, lorsqu'on le respire, il produit une sorte d'ivresse douce et gaie. HILARION (Saint), né près de Gaza, vers 291, mort en 371. 11 donna ses biens aux pauvres, embrassa la vie solitaire et attira dans sa retraite du désert de Syrie une foule de visiteurs. Il s'établit définitivement à Chypre. Un grand nombre de miracles lui sont attribués. Il est regardé, avec saint An- toine, comme le fondateur de la vie monas- tique. Fête le 21 octobre. * HILARITÉ s. f. (lat. hilaritas). Joie douce et calme : une physionomie pleine d'hilarité. — Gaieté subite, inatlendue : cet iii: i lent causa de l'hilarité, un mouvement d'hilarité dans l'as- semblée. HILDA (Sainte), abbosse de Slreancshalch (aujourd'hui \\ liitby), Vorkshire (Angleterre), née en 017, morte en 680. Elle était petite- nièce de roi Eihvin do Nortbunibrie; elle de- vint abbesse de llaiticpool en ii;iO et eii>uitc elle érigea un monastère à W'hitby. Fête le 18nnv. ' HILDBURGHAUSEN ['hild'-honrg- haou- zènn] 1. .Viilrcloi^- luiiuipautc d'Allemagne, unie depuis 1826 à la Saxe-Meiningen. — II. Capitale de cette principauté sur leWerrer, à 30 kil. S.-E. de Meiningen; 7,000 hab. HILDEBERT de Tours, né à Lavardin (Ven- dômoi-), en 10,i7, mort en ll3i. Evêque du M.ins en 1097, archevêque de Tours en 1 123, il assista aux conciles de Reims, de Chartres et de Latran, où il confondit les disciples de Pierre de Bruys. Il reste de lui des Lettres, des Sermons et une Epigramme sur un herma- phrodite, traduite en vers français, par Mé- nage. HILDEBRAND. Voy. Ghégoire VU. HILDEBRANDT I ( Ferdinand - Thcodor ) , peintre allemand, né à Stettin en 1.S04, mort en 1874. Il fut, surnommé le premier coloriste del'écolede Diisseldorf.il excella dans les pein- tures historiques, religieuses et de genre. — IL (Edouard), peintre allemand, né à Danizig en 1817, mort en 1868. H était professeur à l'académie des arts de Berlin. Ses paysages de l'Amérique, de l'Europe et de l'Orient sont remarquables pour leurs effets aériens. Il ex- cellait aussi dans les peintures de genre. HILDEGARDE (Sainte), née à Bôckelheins, dans le diocèse de Mayence, en 1098, morte en 1180. Elle fut abbesse du couvent des bé- nédictines de Disibodenberg, et ensuite de Rupertsberg sur le Rhin, et est célèbre par ses visions extatiques. Elle écrivit des ou- vrages en allemand et en latin, publia un récit complet de ses extases dans un ouvrage appelé Scivios et parla dans des assemblées publiques. Ses visions furent examinées par le concile de Trêves en 1147 et leur publica- tion fut autorisée par le pape Eugène III. Fête, 17 sept,, quoiqu'elle n'ait jamais été ca- nonisée solennellement. Une édition com- plète de ses œuvres fut publiée à Cologne en 1566. HILDEGONDE (Sainte), religieuse de l'ordre deCiti'aux, cuimue sou>lenomde frère Joseph, parce que, fortjeune, elleadopta l'habilmas- culin sous lequel elle mourut dans une abbaye de cisterciens à Schonange près de lleidelberg, en 1188. Les religieux ne reconnurent son sexe qu'après sa mort. On la fête le 20 avril mais aucun décret pontifical n'a autorisé son culte public. ' HILDESHEIM l'hil-dèss-haïmm], ville de Prusse, a 25 kil. S.-E. de Hanovre; 39,000 hab. Elle est irrégulièrement et bizarrement bâtie et possède beaucoup d'antiquités. Sa cathédrale renlerme un trésor riche en ar- genterie antique et en reliques célèbres. Ma- nufactures de cuir, de toile à voile, de tabac, de voitures, etc. L'évêché de Hildesheini. atteignit une grande importance du x17, mort en lOI'J. Il flt les portraits di' M.iiio, reine des Ecossais, d'Klisabelli, de Jai'i]iic< I", etc. HILLIARD D'AUBERTEUIL (Michel-René) , aiilrdi- rr.iii(,Mi^, 111' a liuiiiio un ITIil, mort vers 17X9. il piiiti(]ua la jurisprudence à Saint-Dominpue. et (exposa dans ses Considé- rnlions sur iiilat ).rHent de Sciwt-Domingue (177G, 2 vol. in-f*") les abus de l'adminislia- tion 'française ; cet ouvraf.'0 fut supprimé par un arrôl du conseil. Ililliard visita les Etats-Unis cl pul)lia un Easui sur les Améri- ctiins (17S*, in-i") : une Uislnire de t'iidminis- tralicn de lord iN'uci/i (Londres, I7S4, 2 vul. in-S"). Etant retourné à Sainl-Domingue, il y fut assassiné, ponse-l-on, à l'instigation de l'un de ses ennemis personnels. 'HILLSDALE, ville du Michigan (Etats- Unis), a |-2(il;il. S.-O. de Détroit; 3,915 hab. ' HILO. ville de la cf tels ([ue llndus, leSutleyetle Sampo (Brabmapoutre supérieure); quelques-uns do ces lues mesurent de 30 à 40 kil. de lonu'. Dos sources chaudes se rencontrent fréquem- ment i des hauteurs de 3,0u0 à 6,000 m.; leur tenipéraluro varie de 40" à .')5° C. Les productions minérales sont de peu d'impor- tance; mais on y trouve de l'or, du cuivre et du fer. Les productions végétales dans les parties inférieures des montagnes sont celles des tropiques. Dans les gorges profondes des rivières croissent les plantains, les palmiers et les figuiers; plus haut viennent les magno- lias et les lauriers: à ceux-ci succèdent : les chênes, les châtaigniers, les bouleaux, etc.; plus haut encore s'étendent des forêts de sapins, ensuite les rhododendrons et les rares produits alpins. Les grains, les fruits dejar- din el les végétaux cultivés dans les parties supérieures des montagnes sont semblables à ceux du nord de l'Europe. — Les habitants constituent plusieurs tribus et nations de race iiidoae ou mongolienne. Ceux de toutes les vallées à 2,ri0(i m.il'éj.-vatioii sont Tliibétains. 1.1'S .\rvpns sont idus ou nioin* mélangés avec le* iMoii^ioliens. Les .\nglais ont établi plu- sieurs siations à des points situés do 2,000 à 2,000 m. au-dessus du niveau de la mer, ils y trouvent une atmosphère saine et un climat cpii ressemble à. celui de l'Angleterre. Parmi les expimaloiirs les plusdistiiigués des Hima- laya, on cite les frèies Schiagiiitweil. HIMALAYEN, lENNE s. et adj. [i-ma-la- iain]. Do rilim.ilaya ; qui apparlient à ce pays ofi à ?o^ habitants : races himuluyennes. HIMERA, ancienne ville gre(^qiio du N. de la Sicib-. a l'omboui-hure de la rivière Himera, entre Panoimm (Palerme) el Gephaloidium. On dit qu'elle fut fondée, vers le milieu du viic siècle av. J.-C, par une colonie de Zoncle ([dus lard Messana, Messinei. Son despote Terillus, ayant été chassé, demanda du se- cours aux Carthai-'inois (480 av. J.-C.l ilonl la nombreuse armée, commandée par llamil- car, fut défaite près de la ville par fîélou de Svracuse. En 409, la seconde expédition des Carthaginois en Sicile eut lieu sous Annibal, fils de Giscon et petit-fils d'Hamilcar; il prit et détruisit la ville dont la plupart des habi- tanls lurent passés au fil de l'épée. HIMILCON. nom de plusieurs CarIhaL'inois célolues I. .Navi^rateur du vi"" au v^ siècle av. .1 -C. Il fut envoyé en découverte au nrvd de Gadès (Cadiz\ à l'époque mémo où Ilannon était charL'é d'explorer cl de coloniser la cOte 0. de l'Afrique. On dit qu'à son retour il fit un récit décourageant do son expédition. — II. Général qui commanda, de concert avec Annibal, fils do Giscon, la troisième expédi- tion envoyée par les Carlhapinois en Sicile flou av. j'-G.) et qui lui succéda à sa morL Il fit deux autres expéditions en Sicile; dans la dernière il marcha contre Syracuse, mais il échoua: à son retour, il se laissa mourir de faim. — ML Autre général carthaginois qui défendit d'abord avec avantau'e les approches de Cartilage contre Scipion ICmilien, puis sé- linil par ce général, il se rendit à lui avec 2,000 cavaliers et contribua ainsi à la ruine de sa pairie (147 av. J.-C). ' RIMMEL (Friedrich-Heinrich) , composi- teur allomand. no on Prusse en I7C.H, mort en 1814. Frédéric-Guillaume 11 le nomma maître de la chapelle royale. Son principal opéra est Si^miramide, joué pour la première fois à Naples en 179). Il a donné plusieurs canlales, un grand nombre de compositions pour le piano et des chants. HIMYARITES (ar. les Rmiç/es), nom géné- rique des peuples de l'Arabie méridionale, parce qu'ils font remonter leur origine à Hi- 7n)/ar, petit-fils de Saba et descendant de Joklan ou Kahtan, 1,'un des ancêlres my- thiques des.\rabcs. — D'aprèsleurs traditions, les Himyarites devinrent la race dommaiile de l'Yémen, environ 3,000 ans avant Maho- met. Abouiféda assigne à leur dynastie une durée de 2,020 ans. La date de la deslruclion du premier empire Adite ou Cuchile dans l'Arabie méridionale a été fixée par Caussin de Perceval à environ 1800 ans av. J.-C On suppose quecet empire tomba à la suite d'une invasion dos tribus juktanites; mais les Cu- chiles reprirent bientôt leur suprématie. Pen- dant les premiers siècles du second empire adite, l'Yémen fut subjugué un instant par les Eg^iitiens. Les joktnniles, commandés par Yarub, gagnèrent la suprématie politique, d'après Caussin de Perceval, au commence- ment du viir' siècle avant J.-C. .Abd Chenis, petit-fils d'Yarub, eut plusieurs enfants, par- mi lesquels llimyar ou Ghazahaj el Kablan, dont descendait" la plus grande partie des tribus yéméniles, lors de la naissance de l'Is- lami-nrie. Les enfants d'Himyar partagèrent d'abord la royauté avec d'autres familles. Vers l'an 100 av. J.-C, le pouvoir suprême se III.ND concentra diins la maison d'Himyar, ce qui m que l'ancien nom de Sabéens, donné aux .\rabes du «ud, fut remplacé par celui d'Hi- niyarileii. (Voy. Sahèk.ns.) Dans le récil de l'e'xpodilioii d'/lilius Gallu-, en 24 av. J.-C, les llimyariles sont appelés lloniérites. La période la plus florissante de l'histoire des Iliinyaritos parait avoir commencé avec Ha- rith-er-Haibh. que Caussin de Perceval fait v*re vers 100 av. J.-C; et parait avoir lini avec Dbu Norvasel son successeur, qui furent battus par les Abyssins (vi<; siècle ap. J.-C). L'.'Vrabie méridionale tomba ensuite sous la (luminalioli dos Perses el, en 029, les Himya- rites vaincus i>ar .Mahomet acceptèrent l'is- lamisme. Les descendants directs des anciens Himyarites forment les tribus ilo Mahruli. Ils sontnoirs, d'une taille moyenne, forts et nerveux. Ils appartiennent à la secte ortho- doxe des Shafei.— Le langage himyaritiriuc, ou [diitôt lo langage des Sabéens, semble for- mer avec l'arabe et l'éthiopien la branche méridionale de la famille sémitique. Son système graphique , appartenant au type o"lhio[iique, présente quelque similitude avec l'hébreu et l'assyrien. Karslon .Niebuhr (1774) futle premier quiappela l'attonliun des savanis sur l'existence d'inscriptions d'un ca- ractère particulier dans i'Arabie méridionale. En 1810, le voyaf:eur allemand SeeUensuivil les indications de .Niebuhr el il découvrit plusieurs inscriptions. Kn 1843, Arnaud en copia .'IG. Beaucoup d'autres découvertes ont été faites depuis. Les inscriptions sont en ligues horizontales, généralement de droite à gauche, mais quelquefois en'toî/s/io^j/ief/oji. Le Musée britannique u publié en 1803 loutcs les inscriptions himyaritiques qu'il possédait à cotte époque. HIMYARITIQUE adj. Qui appartient aux Hiiiiyaiiles ; qui a rapport aux llimyariles. HINCKLBY, ville du Leiceslershire Aii?le- Icrie;, à iU kil. S.-O. de Leicester; 3,000 hab. lionm.terie, fil de coton et de laine. HINCMAR. archevêque de Reims, né vers SOI), mort on 882. Partisan de Louis le Débon- naire et de Charles le Gros, il fut consacré archevêque de Reims à la place d'Ebbonius, partisan de l'empereur Lolhaire (84')). Il montra beaucoup de fermeté en résislanlaux abus du pouvoir royal et en rétablissant la disi!i[iline dans l'Eglise. En 848, il |irosida le concile de Quierzy-sur-Oise, dans lequel le moine bénédictin (jottescahle iGottM-lialk)ful, à sou instigation, condamné, comme héré- tique, à la dégiadation de la prêtrise, à être publiquement fouetté et emprisonné pourja vie. Sa sévérité causa ime grande indii-'iiation el il eut ensuite plusieurs querelles avec d'autres évêques, avec les conciles et même avec le pape. En 871 , Hincmar présida le con- cile de Douzy qui condamna son neveu Hinc- mar, évoque de Laon. à la déposition et à la prison. On ne permit aucun appel à Rome au condamné et deux .iiis après il fulavcugle au moyen d'un fer rouge. Hincmar acheva la cathédrale de Reims. Sirniond a pulilié une édition de ses œuvres (2 vol. iu-fol. 164.^). HINDOU, GUE s. et adj. Habitant de l'Hin- douslan; qui appartient à l'Hindoustan. — Ere hindoue, ère qui commence 3101 ans avant celle du Christ. 11 y a aussi ['ère hindoue du déluge, appelée Culi-Yuga. (Voy. ce mot.) HINDOU-KOUSH, chaîne de montagnes dans r.\sie centrale, connue des anciens sous le nom de Caucase indien. L'Hindou-Kuiish sépare le Punjaub el l'Afghanistan du Bada- kbshan et du Kounduuz. Les pics dont les hau- teurs ont été déterminées iiiesuront plus de 6,000 m. La chaîne est aride cl inaiique de rnrôls. HINDOUSTAN. Voy. Indoustan. i • HINDOUSTANI s. m. Langue dérivée du nipp nipp HIPP 279 sanscrit qui scpailc dans les principales villes de l'Inde : l'hindounkinl est employé comme liuvjtie litléraive. ' HINGHAM ['hign'-eum], ville, duMassachu- setls (litiils-Unis), sur le côlé S. du port de lîoston, à 30kil. S. de Boston; i,660 hab. HIOGO ou Fiogo, ville du Jaf)on, dans l'île de M|M)ii. sur la baie et à environ 30 kil. 0. d'Osaka, dont elle est le port; environ 20,000 liab. Exportation de thé. Mouvement annuel du port : [lias de 1,UU0 navires.— y/ iVj//e.lV. S.) HIPPARION s m. (mot ,er. qui signifie petit cheval}. Marnm. Espèce de solipède fossile, dont le squelette se rapproche de celui du cheval, mais dont le pied pos^ède, outre le sabot, un petit doigt de chaque côté du sabot, comme chez les porcs et chez les rurainanis. Des solipèdes fossiles ont été découverts dans les couches géologiques tertiaires cl quater- naires récentes, en Europe, en Amérique et dans l'Asie septentrionale. Owen, dans son Aniilomie des vertébrés, mentionne partieuliè- r.ilx illa-riuni -. Uipparion. 3. Cl l'cmeiit la série des anoplotériums, linspalxo- tlieri2ims cl des hipparions comme formant le chaînon zoologique cherché par Cuvier entre lo< pachydermes et le cheval de noire époqui'. Dans notre gravure, p et m signilient dent prémolairn et dent molaire, et 2, 3, 4 sont les doigts ou orteils. Le palœotherium avait Irois orteils presque égaux, avec chacun un sabol, l'hipparion possédait, lui aussi, trois ortitils, mais SCS sabots latéraux n'étaient pas réels, puisqu'ils ne touchaient pas à terre; et il est intéressant de remarquer que ces che- vaux à trois orteils se trouvent seulement dans les dépôts tertiaires de la période géo- losique, entre celle qui renferme lepalaiothé- rium et les couches plus nouvelles dans les- quelles se ti'ouve le cheval moderne. HIPPARQUE. Voy. Hippias. HIPPARQUE,aslronomeduii''siécIpav.,I.-C., né à iNicée en Rithynie. Il fut le premier qui essaya de classer syslématiquenient les étoiles et de déterminer leur position et leur niagnilude; il inventa le planisphère, la mé- thode graplii([ue appelée projection, doiina le moyen do déterminer l'inégalité des mou- vements du soleil et delà lune et reconnut la précision des équinoxes. l,a connaiss.mco que nous avons de .ses découvertes astrono- miqui's est duc à son disciple Ptolémée. HIPPIAS et HIPPARQUE, fils et successeurs de l'isislrale, tyran d'Athènes. Stius leur règne siniultané(.';27-bl4-av. .I.-C.), le gouvin-nenieiil reposa sur des principes libéraux; mais a|n'cs le meurtre d'Ilipparque par Armodius et Aris- togiton (1)14), le gouvernement d'Ilippias de- vint arbitraire et oppressif. Athènes fut enfin délivrée de son dispotisme par une troupe do Spartiates conduite par Cléoniènes (.'MO), et Hippias se relira à la cour de Darius où il fut l'insligatourde l'invasion de laGrèce. D'après quelques auteurs, il succoml)a a .Maialliun (490). (HIPPIATREs. m. (gr. hippos, cheval; w- tros, médecin). 'Vétérinaire qui traite spéciale- ment les chevaux. HIPPIATRIE s. f. {gr.hippos, cheval ; îatros, médecin). Médecine des chevaux, des ani- maux. * HIPPIATRIQUE s. f Art de connaître et de guérir les maladies des animaux, et en particulier celle des chevaux. — v\adj. Qui a rapport à l'bippiatrie. HIPPIEN, lENNE adj. Qui a rapport aux chevaux. — Neptune hippien, NepUine consi- déré comme l'inventeur de l'art de dompter les chevaux. * HIPPIQUE adj. (gr. hippos. cheval). Qui a rapport au cheval ; concours hippique. HIPPO (gr. hippôn), nom de plusieurs villes de l'antiquité. I» H. Regius (J. ilasi/i'A'os), ville maritime de Numidie, a l'U. de l'embouchure du Rubricatus, d'abord résidence desi'oisnu- mides et ensuite célèbre comme siège de l'é- vêque saint Augustin. Les ruines de cette ville se voient encore près de Roue (Algérie). — i" H. Diarrhytus ou Zaritus [J. Diarrutosj, ville maritiine siluce au N. de la côte du ter- ritoire carthaginois(Zougitane), à l'O. d'Uti- que et à l'embouchure du Sinus Uippouensis. — 3° 'Ville des Carpetani, au S. de Tolelum, dans l'ilispania Tarraconensis. HIPPOBOSQUE s. m. (gr. hippos, cheval; boslicin, manger). Sorte de laou qui s'attache aux chevaux et suce leur saug. • HIPPOCAMPE s. m. (gr. hippos, cheval ; kampos, |joi!Son). Mylh. Nom des chevaux marins qui Irainaienl Neptune et les autres divinités de la mer. — Icbt. Espèce singu- lière de petit poisson du genre syngnathe, appelé vulgairement C/iei)(/im(()'(M, et qui, par la forme de sa tête et la courbure de son cou, oli're l'apparence d'un petit cheval. Les che- vaux marins ou hippocampes se rencontrent surtout dans les mers des tropiques; quelques- uns sont portés sous notre latitude par des objets lloltanls auxquels ils s'accrochent au moyen de leur queue. Ils vivent très bien dans nos aquariums. HIPPOCASTANÉ, ÉE adj. (gr. hippos, cheval; castiinea, châtaignej. But. Qui ressemble ou qui se rapporte au marronnier d'Inde. — s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones ayant pour type le genre châtaignei' d'Inde, et com|n'eiiaiit, en oulre, le genre pavie. • HIPPOCEWTAURE s. m (gr. Mppo*-, cheval ; kinitauros, centaure). Animal fabuleux qu'un suppose être moitié homme et moitié cheval. On rafqielle plus ordmairement Centaure. HIPPOCOLLE s. f. (gr. hippos, cheval ; franc. colle}. Gflaline extraite de la peau d'âne. HIPPOCRATE. illustre médecin grec sur- nommé le père de la médecine, né à Cos, vers 400 av. J.-C., mort entre 37ii et 3SI. Il appar- tenait à l'ordre des Asclépiades, ou descen- dants d'Esculape, étudia à Athènes, pratiqua sa profession dans l'ile de Cos, et passa la /in de sa vie ci; Thes.salie.Avanlce grand homme, la médecine était un système de rites supers- titieux pratiqué entièrement par les |.irêlrcs; il l'élcva i\ la hauteur d'une profession savante. 11 ra[qiorla les maladies à deux causes princi- pales : au climat et au rég'imo; et il enseigna qu'il y avait quatre humeurs dans le corps humain : le sang, les |dilcgmcs, la bile jaune et la bile noire, et qu'une préfiondéranco excessive de l'une d'elles était une cause im- médiate de maladie. Il pratiqua la saignée, employa les ventouses, eut recours à la cau- térisation et à l'auscultation, et il lit usage de divers médicaments vé^'étaux et minéraux, comprenant les pui'gatifs. Des 72 livres qui portent le nom d'Ilippocratc, ciiui ou six seu- lement peuvent lui être attribués avec une certaine probabilité. Les œuvres de ce grand médecin ont été plusieurs fois éditées : en grec, à Venise (l.o26) et à Bàleil538, in-fol.); en latin, à Rome [\?,i?,, in-fol.), à 'Venise (1345), à Bâle (1So8), à Lausanne (1769-'7I, 4 vol. in-4''); en grec-latin, par Chartier (Paris, 1630-'7<), in-fol.); en français, par Dacicr (Paris, 1697, 2 vol.in-i2), par Gardeil (Toulouse, 1801 , 4 vol. in-S") ; en grec-français par Litiré (IS39-'.ï3. 8 vol. in-S»). - Hippo- crate refusant les présents d'Artaxerxès , tableau de Girodet (1793), représentant une prétendue scène dans laquelle le médecin grec refusa d'aller combattre une épidémie qui désolait l'empire des Perses. Ce tableau, glo- rifiant un patriotisme étroit et mal entendu, se trouve aujourd'hui à l'Ecole de médecine de Paris. * HIPPOCRATIQUE adj. Qui appartient, qui se rapporte à Hippocrate : la médecine hippo- cnitiqtie. — F.4CE hippocbatioue, alléralion profonde des traits qui annonce une mort prochaine et qu'Hippocrate a, le premier, dé- crite avec exactitude. HIPPOCRATISME s. m. Médecine (ondée sur les principes d Hippocrate. * HIPPOCRÉNE (gr. hippou kréné. fontaine du cheval), source de l'Hélicon (Béotie), con- sacrée aux Muses. La fontaine d'Hippocrène, appelée Fons Caballinus, parPersius, doit son nom au mythe poétique suivant : au moment iiii Pégase s'élança de terre vers les rendons du ciel, il frappa du pied le sol de l'Hélicon et aussitôt jaillit sous le choc de son sabot, une source dont les eaux avaient la vertu de faire naître l'inspiration. chez les poètes qui venaient s'y désaltérer. De là l'expression : il a bu les eaux de l'Hippocrène, il a le talent de la poésie. * HIPPODROME s. m. (gr. hippos, cheval ; dromos, course). Lieu, cirque disposé pour les courses de chevaux et de chars. Se dit surtout en parlant des exercices et des jeux publics de l'antiquité: 2)aï'CO!/rM'r/tïppo(/r&me, l' hippodrome d'Olympie. — Turf. Champ de course. Les hippodromes finançais les plus célèbres sont ceux de Vincennes, de Long- champs, de Chantilly, de la Marche, de Nantes, etc. Les Anglais possèdent ceux de New-.Market, d'Epsom, d'.Ascot, de Goodwood, de Croydon, de Doncaster, de Liverpool, etc. Le plus bel hippodrome du monde est celui de Curragn, en Irlande. — Théâtre. Lieu public où se font des exercices équestres. L'hippodrome de Paris, construit en ISili, près de l'arc de triomphe, et transporté en I8,ï4 à l'entrée du bois de Boulogne, fut in- cendié en 1870 ; il pouvait contenir l.-SOO spectateurs. Un nouvel hippodrome, terminé en 1878, av. .Marceau, a été remplacé en.lOOO par celui de Moiilmarlre, dev. VIJippo-Piàaee. ' HIPPOGRIFFE s. m. (gi-. hippos, cheval ; ijryps, grillon). Animal fabuleux qu'on sup- pose être un cheval ailé, dont la tète ressem- ble à celle d'un grillon. Cet être chim^'rii[ue est de l'invention du poète Boiardo, auteur de Roland amoureicx; .\riosle en a fait un fréquent usage dans Holand furieux. ' HIPPOLITHE s. f.(gr. /ii'ppos.cheval ; tilhns, pierre). Pierre jaune qui se trouve dans la vésicule du liel, dans les intestins et d.ins la vessie du cheval. HIPPOLOGIE s. f. (gr. hippos, cheval ; logos, discours). Etude, connaissance du cheval. HIPPOLYTE, nis de Thésée etd'Antiope ou d llipi)olyte, reine des .■Vniazoncs. Phèdre, sa belle-mère, dont il repoussa avec horreur de [lartager la passion criminelle, l'accusa, en mourant, d'avoir cherché à la séduire. Thésée appela sur son fils le courroux de Neptune, ol Hrppolyto, en se promenant dans un char sur les bords de la mer, près de Trézèue, fut em- porté à travers les rochers par ses chevaux qu'oH'rayail un monstre mai'in. Son innocence 2S0 HIPP fui rficonniie npi-^s celle fin IrisU- i-l sanglantf et des aulcls lui furent élevés à Trézèiic cl à Athènes. HIPPOLYTE, reine des Amazones, nile de Mai- cl (l'Olrcra. (Voy. Amazo.nk.) HIPPOLYTE (Saint), écrivain ecclésiastique du III' siècle. Bien que ses écrits aient loujoiirs élp mis au nombre de ceux desPèifs qui pré- cédèrent le premier concile de Nicfe, son histoire personnelle fui entourée d'obscurité jusqu'au milieu du siècle aciucl. Ladécouveile A Rome (i;).")!) d'une statue d'évôqiie portant l'inscription Iliiipolyliis Episcoims Portuensis et une liste de ses ouvrages trouvée au mont Alhos en 1842 permirent ii Bunsen, dans Hippnlyle cl son Temps (i vo\., Londres, 18.-H, seconile édition .nif.'menléc sous le titre rie Christiaxity and Munkind,! vo]., IH:i4)d'expli- quer les enntradii-tions concernant ce Pércdc IKjrlisc. 11 fut établi que saint Ilippolyle a été évoque de l'orhis Romanus ou Bomx, nouveau (lort de liome, fondé par Tv.'jan en lace d'Oslie. lui 2:).'l, il futbanni en Sardaigue par l'ordre de Muximin, mais en 2/16, on lui permit de revenir et, peu de temps après, il fut condamné ù mort et attaché à descnevanx sauvages. Tète le ii août. Les nieilleures édi- tions de ses œuvres sont celles de Fabricius (2 vol. in-fol., Ilarnboiii'g, -Illô-'IS) et de La- garde (Leipzig, IS.'ifi). HIPPOLYTE iSaint-\ ch.-l. de cant., arr. et à 2Skil. S.de.Montl)êliard(Doul)s);l,069hab. Fabrique de fromages. HIPPOLYTE DU-PORT (Saint-), ch.-l. de canl., ari'. el à llnUil. E. du Vigan (Gard); 4,44(1 hab. Bas et gants de soie, tanneries, etc. Kglise calviniste. Louis XIV fil fortifier cette ville el y mit une garnison pour contenir les protestants. • HIPPOMANE s. m. (gr. hippos, cheval: gr. mniiid, fureur). Liqueur blanchâtre qui s'écoule des parties • génitales de la jument lorsqu'elle est en chaleur, et à laquelle un attribuait une vertu aphrodisiaque très puis- sante. — Partie de l'arrière-fai.x de lajument. — »\adj. Qui a la passion des chevaux ;_;e!/ne homme liippomanc. HIPPONAX, poète lyrique grec du vi° siècle av. J.-C. né à Ephèse. Satiriste des plus acerbes, il prit pour thème favori la mollesse, les vices de ses compatriotes et l'inlidélité de leurs femmes. Il reste encore environ 150 vers de ses poèmes. HIPPONE Voy. Hippo. HIPrOPHAGE adj.ets. (gr. hippos. cheval; pmij'ein, manger). Celui qui mange de I i l'h.iir de cheval. HIPPOPHAGIE s. f. Habitude de se nuunir de la chair de cheval. (Voy. Cheval.) • HIPPOPOTAME s. m. fgr. hippos, cheval ; polaïuoa. tleuve). Mamm. Genre de grands pa- chydermes intermédiaire entre l'éléphant et le rhinocéros, et comprenant do gros quadru- pèdes amphibies qui habitent les grands fleuves de l'Afrique. L'hippopotame mesure om.de long, depuis l'extrémitédu nez jusqu'à celle de la queue (qui n'a que 70 centim.) ; les femelles sont un peu plus petites. Les défonucs de l'hippopotame ont environ 70 centim. de long. Le corps massif et grossier de cet animal monstrueux ressemble à celui d'un porc trop bien nourri ou à celui d'un bœuf engraissé; il est porté sur desjambes courtes et robustes, terminées par des pieds qui ont chacun 4 or- teils presque égaux. La tête, large, épaisse el lourde, présente une expression bizarre, à cause de l'élévation des yeux. Les lèvres sont larges, gonflées, et garnies de quelques toulles de poils; le nez est large el tronqué. Les na- rines font saillie à l'extrémité, de sorte que ranimai peut respirer au-dessus de l'eau, quand tout le reste du corps est plongé dans MII'P le liquide; elles peuvent se fermer pondant la submersion. Les yeux jouissent d'une extraordinaire liberlé de motion, ((iii leur permet d'avancer ou de reculer dans leurs orbites, suivant que l'animal se trouve dans l'air ou dans l'eau, au moment où il regarde. Quand sa peau est sèche, l'hippopolamc est d'un gris rougeâlre, plus foncé en dessus, plus pale en dessous; sous l'eau, sa couleur semble bleuâtre. Jl est essentiellement her- Hippopotamua amphibius. bivore. L'espèce la mieux décrite est Yhiyipo- potamc amphibie {hippopotomus amphibius), appelé aussi c/ieurt< de rivière ou vache dévier^ autrefois dès commun dans ton les les grainles rivières africaines, depuis l'Egypte jusqu'au cap de Bonne-Espérance, aujourd'hui abon- dant seulement dans les régions isolées qu'explorèrent Livingstone et Cuniniing. Il passe la plus grande partie de son temps à s'élalcr dans l'eau el à se roulerdans la vase comme un porc. La nuit, il s'éloigne un peu desrivicresponrbrouler l'iierbc. On le trouve surtout à l'emiiouchure des llcuvcs. Excellent [ilongeur, il peut rosier un quart d'heure sous l'eau. Paisible el Inoll'ensif quand on ne l'attaque pas, il devient terrible dès qu'il est blessé ou quand il s'agililc défendre ses pelils; il se jette alors sur n'importe quel cnnomi. On lui fait la chasse pour sa chair qui res- semble a celle du porc, pour le «peci on couche de graisse qui se trouveen dessous de sa peau, pour ses dents, articles de prix, autrefois em- ployées à la fabrication desdentsartiiiciellos, pour leur peau dure dont on fait dos boucliers et des casques, etc. L'hippopotame de Libéria [hippopotamus Li berieiisis) setrouvesurla côte occidentale d'Afrique.— Sous les règnes d'An- tonin, de Conunodeet de plu=ieursautresem- pereurs romains, la magnificence des jeux du cirque fut relevée par l'exhibiliou d'hipj'O- potames pris sur les côtes d'Afrique et trans- portés à Rome. Depuis cette époque, l'Europe ne vit plus d'animaux de ce genre jusqu'au jour où les Anglais en placèrent un dans leur jardin zoologique de Regent's Pack à Londres (2o mai ISbOj; cet animal y vécut près de l'8 ans el mourut le M mars 1S78; on lui donna une jeune compagne (18-54) et celle-ci mit au monde, le 21 février 1871, un petit qui vécut peu de jours. En 183.3, le jardin des plantes de Paris s'enrichit d'un jeune hippo- potame âgé de 11 mois; on lui donna plus tard une femelle, et leur union produisit (mai ISbS et juin 1859) deux jeunes pachy- dermes que la mère mit l'un et l'autre à mort, peu de temps après leur naissance. HIPPOTOMIE s. f. (gr. hippos, cheval ; iomé, section . Aii vélér. .^natomie du cheval. HIPPURATE s. m. Chim. Sel produit par la combinaison de l'acide hippurique avec uni- base. HIPPURIE s. f. Palhol. Présence de l'acide hippurique ou d'un hippurate dans l'urine. niRo HIPPURIQUE a.l|. (gr. hippos, cheval, oiiron, urine). Cliim. Se dit d'un acidi'qiie l'on trouve dans l'iiiine des animaux herbivores. C"ll»AzO«. ' HIRAM, roi de Tyr (102.3 a 985 av. J.-C.), allié de David cl dcSalomon, envoya au pre- niicrdes architectes pourconstruire un palais, et au second les bois de cèdre pour la cons- Iruetioii du temple. HIRAM, ville de l'Oliio (ElaU-Unis), à S.ï kil. S.-E. deCleveland; I.S.iObab. Fumeux collège pour les deux sexes, fondé en 1850. HIRCIN, INE adj. (lai. hircus, bouc). Qui tieol du boni- : udciir hircine. HIRCIQUE adj. m. (lat. /ii'rcus, bouc). Chim. Se dit d'un acide extrait de la graisse de bouc. HIRN. (V. S.) • HIRONDELLE s. f. (lat. hiruwlo). Ornitli. Genre de pa--ereaux fissiroslrci diurnes, type de la famille des liirondinidées, cl com- prenant plusieurs espèces d'oiseaux de pas- sage, qui paraissent ordinairement au prin- temps, et qu'on ne voit plus en hiver. — Vemu AVKC LES UlRo^D^XLKS, Venir au printemps. Paiitik avec les hiro.ndelles, partir en au- tomne. — Une iiirto.NDELLE y.; fait pas le PRINTEMPS, il n'y a point de conséquence à tirer d'un seul exemple. — HiiioMuaLi; oemeii, se dit de certains oiseaux de mer qui ont quelque ressemblance avec les hirondelles. Se dit également d'une espèce de poisson. — Pierre d'hirondelle, nom d'une pierre qui s'emfdoyait autrefois dans les maladies des yeux. — Part. iNio d'hirondelle, nid d'une espèce d'hirondelle de l'archipel des Indes, ap|iolée Salanijane, et qui passe pour un mets friand en Chine et dans d'autres pays de l'extrême Orient. On dit quelquefois^ îiid d'oiseau. — »* Pop. Hirondelle de potknce, gendarme. — IIiiiondelle d'hiver, ramoneur; marchand de marrons. — Encvcl. Les hiron- delles se distinguent des martinets par la Hirondelle de rcnètrc (Hirundo urbica). disposition de leurs pieds, dont le pouce est dirigé en arrière à l'opposé des autres doigts cl dontle doigt médian est beaucoup plus long que les deux doigts laléraux. La queue four- chue des hirondelles est devenu le type popu- laire de la forme échancrée dite en qtietie d'aronde. On a décrit près de GO espèces de ces oiseaux; cinq seulement sonleuropéeunes et trois viennent sous le climat de Paris; toutes sont remarquables par l'élégance de leurs formes et par la supériorité de leur instinct; toutes se nourrissent d'insccles qu'elles prennent au vol, dans les régions les plus élevées de l'air quand le ciel est pur, ou en rasant le sol dès que l'atmosphère devient lourde; ce qui fait que le vol de ces oiseaux est une sorte de baromélre à l'aide duquel le peuple prédit les changements de temps. Ebsentielleraenl aérienne, l'hirondelle semble glisser au milieu de son élément; le regard suit à peine ses mille détours. Dans son bec court el largement fendu viennent s'engoullrer, comme dans un entonnoir, des milliers de HIRS moucherons, de tipules et d'insectes ailés, presque microscopiques, que son œil perçant distingue à plus de 50 m. de distance; elle boit et se baigne gracieusement en rasant la surface de l'eau, puis elle reprend son vol ra- pide, qui lui fait parcourir plus d'un kil. et demi par minute, ou cent kil à l'heure, dé- fiant ainsi la course la plus vertigineuse de nos chemins de fer. A terre, où elle ne se pose guère que pour ramasser les matériaux de son nid, elle semble gauche, embarrassée et comme dépaysée. Emblème de la fidélité, elle revient toujours au nid qui l'a vue nailre. Quelques naturalistes ont élevé des doutes sur les migrations de certaines espèces, et Olaiis Magnus (xvi= siècle) a affirmé que, dans les pays du Nord, les hirondelles passent l'hiver soiis l'eau, au fojid des lacs, pelotonnées en groupes et complèlement engourdies. Linné, Cuvier et d'autres ornithologistes ont admis cette assertion invraisemblable. Il est à peu près certain que toutes les hirondelles émigrenl. Réunies par troupes innombrables, elles traversent les mers et les montagnes et se rendent dans les pays chauds, pendant que nos contrées sont plongées dans les frimas. Leurs pérégrinations ne se font pas sans danger; pendant ce voyage périlleu.x, elles sont victimes d'une multitude d'ennemis dont l'homme n'est pas le moins redoutable. 11 est certain que, dans les gorges des .\pennins et des Pyrénées, ainsi que dans les montagnes de la Corse, il se fait chaque année, à l'au- tomne, de véritables massacres de ces utiles oiseaux, expédiés ensuite dans le nord de l'Eu- rope sous l'étiquette d'ortolans. — L'espèce la plus répandue en France est V hirondelle de cheminée (hirundo rustica) ou hirondelle do- mestique, longue d'environ 18 centini. Elle a le front et la gorge d'un beau roux marron; le dos, le devant et les côtés du cou d'un noir brillant à reflets violets; le dessous blanc. Elle bâtit souvent son nid en forme de demi coupe, à peu de distance de l'ouverture su- périeure des cheminées; elle l'établit aussi sous les corniches, sous les hangars, dans les écuries, dans les embrasures de fenêtres, contre les chevrons des granges, etc. Dans cette demeure, artistement formée avec de la terre gâchée et des brins de paille, elle place un matelas élastique de plumes et des matières les plus douces. La femelle y fait une ou deux pontes de 3 à o œufs d'un blanc rosé. Tant qu'elle couve, le mâle la nourrit; les petits venus, le mâle et la femelle s'oc- cupent mutuellement de leur subsistance et de leur défense. L'un et l'autre font entendre un gazouillement doux et agréable. — L'hi- rondelle de finélre ou hirondelle à cul blanc {hirundo urbica), un peu plus petite que la précédente, est d'un noir violet en dessus et lilanche en dessous. Elle fait trois pontes de 4 à G œufs et niche au bord des fenêtres, sous les avancées des toits; l'incubation dure lii jours. L'hirondelle de rivage (hirundo ri- paria) porte sur la poitrine une large cein- ture de gris brun ; elle est brune en dessus, blanche à la gorge et en dessous. Elle pond dans des trous, le long des eaux. HIRONDINIDÉ, ÉE adj. (lat. hirundo, hiron- (//nis, hironilelle; gr. idea, forme). Ornith. (Jui ressemble ou qui se rapporte au genre hirondelle. — s. f. pi. Famille de passereaux lissirostres ayant pour type le genre hiron- delle. HIROUX{ Jean), type légendaire de l'assassin cynique. HIRPINS (Hirpini), ancien peuple samnite, qui habitait l'ILalie méridionale et dont le nom venait, iHt-on, du mol sabiri hir/jus, loup. Leurs villes principales étaient : OGcu- lanum et Aquiloiiia. HIRSCHBERG, ville de la Silésie prussienne, sur le Z.ickrii ut la Bobcr, à 4îi kil. S.-O. de 236 HIST Leignitz; 18,000 hab. Centre de la fabrication des toiles de Silésie. HIRSON, ch.-l. de cant., arr. et à 18 kil. N.-E. de Vervins (Aisne), sur l'Oise ; 6,632 hab. Fonderies; fil, verrerie, vannerie. Eglise dont le portail est classé parmi les mon. hist. — Ecole professionnelle. Les fortifications de cette ville furent rasées en 1637. HIRSUTE adj. (lat. hirsutus, velu). Hist. nat. Qui est garni de nombreux poils. HIRTIDS(Aulus), homme d'Etal romain, né vers90av.J.-C.,morten43. 11 futl'ami deJules César, sous lequel il servit comme légat en Gaule (.t8). En 44, il reçut le gouvernement de la Gaule Belgique, mais il la gouverna par l'in- termédiaire d'un député, et fut nommé consul en 43. Envoyé avec une armée au secours de Decius Brutus, assiégé par Marc-Antoine dans Mutina (Modène), il tomba en conduisant ses troupes victorieuses à l'assaut. HIRUDINÉ, ÉE adj. (lat. hirudo, sangsue). Annél. Qui ressemble ou se rapporte aux sangsues. — s. m. pi. Famille d'annélides ayant pour type le genre sangsue. HISPANIE (lat. Hispania). Ancien nom de l'Espagne. HISPANIOLA, nom donné par Christophe Colomb à l'ile de Haiti. HISPANIQUE adj. Qui appartient à l'Es- paiiue. HISPANISME s. m. Locution, tournure propre à la langue espagnole. HISPE s. f. (lat. hispidiis, hérissé). Entom. Genre de cassidaires, comprenant plusieurs espèces de très petits insectes dont le corps est couvert d'épines branchues. L'hispe très noire {hispidus utra), longue de 4 millim., se tient sur les tleurs des composées et suce le haut des tiges des graminées; elle se laisse tomber dès qu'on veut la saisir. ' HISPIDE adj. (lat. hispidus, hérissé). Bot. Couvert de poils rudes cl épars : tige hispiile. HISPIDITÉ s. f. Bot. Etat de ce qui est his- pide. * ' HISSER V. a. (ail. hissen). Elever, haus- ser. .Se dit surtout en ternies de marine : hisser une voile. — Se hisser v. pr. Etre hissé : toutes les voiles se hissèrent à la fois. — S'élever, se hausser avec effort. L'enfant vers le duttier s'élance, Et jusqu'à son sommt;t tâche de se hisser. Floriax. HISTÉR0Ï1E adj. (lat. hister, escarbot; gr. eidos, a;ip>'ct). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte à l'escarbot. HISTIEE ou Orée, ancienne ville de l'Eubée, sur Id rivière Callas, au pied du mont Tele- thriuni. On la citait parmi les villes les plus anciennes et les plus importantes de l'Eubée. En44jav.J. -G., les Athéniens, à la suite d'une révolte, y envoyèrent une nouvelle colonie et changèrent son nom. Les Spartiates s'en em- parèrent ensuite. Elle cul une grande im- portance stratégique pendant les guerres qui suivirent. • HISTIOLOGIE s. f. Voy. Histologie. HISTIOCHIMIE s. f. (gr. histos, tissu). Chini. EtiiiU; rliiMiKiue des tissus organiques. HISTOGÉNIE s. f. (gr. histos, iissu ; genos, origine). Physiol. Production des tissus or- ganiques. HISTOGRAPHIE s. f. (gr. histos, tissu; gra- pheiii, di'i riio). Description des lissus orga- niques. * HISTOIRE s. f. (lat. historia). Récit d'ac- tions, d'événements, de choses dignes de mé- moire. — Absol. Récit, "suite des événements qui ont eu lieu sur la terre et dans lesquels l'homme ajoue le rOle principal. L'hisloire de HIST 2«1 notre globe se divise en sept â;.'es (voy. Age); celle de l'humanité comprend '6 périodes : 1° temps préhistoriques, époque pendant la- quelle l'histoire n'est basée sur aucun docu- ment autre que des armes, des débris, des restesde monuments, etc. (voy. Archéologie); ï" histoire flîîwenrîe, période qui comprend les époques les plus anciennement connues et qui se termine à la destruction de l'empire ro- main d'Italie en 476 ap. J.-C, ou, selon d'autres, à la mort de Théodose, en 39.t. D'a- près la Bible, l'histoire ancienne commence en 4004 av. J.-C. ; d'après Hérodote, vers 1687 ; 3° histoire du moyen âge, période intermédiaire entre l'histoire ancienne et l'histoiremoderne (voy. Age); 4" histoire moderne, celle qui conimence à la prise de Gonstantinople parles iMusulmans (I4.ï3) ou, suivant d'autres, à la découverte de l'Amérique par Colomb (1492) et qui va jusqu'à l'époqueactuelle; o" histoire contemporaine, histoire des événements dont il subsiste encore des témoins. — Le père de l'histoire, Hérodote. — L'Histoire de Sal- LUSTE, l'Histoire d'Hérodote, I'Histoire de Pulyde, etc., l'histoire écrite par Salluste,par Hérodote, etc. — Les Histoires, titre d'une partie de l'œuvre historique de Tacite; l'autre partie s'appelle /es Anna/ts. — Histoire.\uguste (voy. Auguste). — Absol. Se dit des ouvrages d'histoire en général et de la connaissance des faits que rapportent les historiens : lire. Étudier l'histoire. — S'emploie souvent par une sorte de personnification : interroger l'histoire. — Fam. A ce que dit l'histoire, à ce que l'on raconte : il partit, à ce que dit l'histoire, ac- compagné d'un brillant cortège. — ■ Absol. Se dit par opposition à la Fable, aux fictions en général : la fable et l'histoire. — Peintre d'his- toire, peintre qui s'attache à représenter des sujets, ou historiques, ou fabuleux, ou ima- ginés; par opposition aux peintres de por- traits ou de paysages, de tleurs, etc. On dit dans un sens analogue : peindre l'histoire. — Récit quelconque d'actions, d'événements, de circonstances qui offrent plus ou moins d'intérêt : il me conta toute son histoire, l'his- toire de sa vie, l'histoire de ses amours. — Récit de quelque aventure particulière : je veux vous conter, vous faire une petite histoire. — Fam. Je sais bien son histoire, c'est un homme dont la vie et les actions me sont bien connues. — C'est mon histoire que vous contez la; voila mon histoire, se dit pour faire en- tendre qu'il y a une grande conformité entre ce qu'une personne raconte, et ce qu'on a fait ou éprouvé soi-même. On dit dans un sens analogue : cet homme a fini misérable- ment : c'est l'histoire de tous les joueurs, de tous les débauchés, etc., C'est ce qui arrive à tous les joueurs, etc. — Ce n'est pas le plus BEL ENDROIT DE SON HISTOIRE, Ce fait, cettc ac- tion n'est pas ce qu'il y a de plus honorable pour lui. — Ce n'est pas le plus beau de son HISTOIRE, signifie aussi, quelquefois, ce n'est pas ce qu'il y a de plus avantageux, de plus agréable pour lui. — Le plus beau de l'his- toire, le fait le plus remarquable, le plus bi- zarre, etc., d'une aventure, d'une affaire. — C'est une histoire, ce sont des histoires, c'est un mensonge, je ne crois pointée que vous dites, ce qii'il dit. Dans le même sens : his- toire que tout cela ! On vous a fait une histoire. — Pop. C'est de l'histoire ancienne, c'est un fait suranné auquel son ancienneté ôte son intérêt. — C'est ink autre histoire, c'est une autre chose, ce n'est pas de cela qu'il s'agit« Voila bien une autreuistoire, voilàun nouvel embarras, une nouvelle dilïiculté, un nouvel incident qu'on n'avait pas prévu. — Voila BIEN DES histoires, SB dit à uue personne qui forme des difficultés et des embarras sur quelque chose, ou qui fait trop do cérémo- nies, trop de façons. On dit aussi, Que d'his- toires! — Se dit encore de toutes sortes de descriptions des choses naturelles, comme plantes, minéraux, etc. : l'Histoire naluiMe III. 282 HIST HIST HIVE du Pline. — »* Pop. Histoire dk, pour : his- toire (le rire, histoire de tuer le tijinps. — Encycl. L'histoire, considérée dans sa ma- liére, se compose de fails : les faits sont ou de Dieu, ou de l'honimp, ou de la nature. Les lails qui ^ol)l de Hieu apparliciinent à l'hit'lnire sacrée; les faits qui sont de l'Iiomine Hp[iarl enncnt à Ihisinire profane, il les lails qui siuil do la nature se rappnrleul à l7ii5. • HISTOLOGIE s. f. (gr. histos, lissa; i 'y os, discours), l'arlie de l'anatoniie qui traile des tissus organiques. On écrit quelquefois, mais à tort, lliSTioLoGiii. — La science histologique est aussi nommée Anatomie générale. — Lorsque deux ou plusieurs espèces d'éléments analomiques sont mêlés et ciilnlaees d'une manière déterminée, ils forment entre eux un tissu analogue à celui que consliluent les lils de laine ou de coton dans une étoile. Il est très rare qu'un tissu consiste seulement en un seul éléinenl aiialomique. Bien que l'on puisse faire remonter l'origine de celte science jusqu'à Malpighi, qui découvrit les corpuscules du sang, elle peul être re- gardée comme toute récente el ses progrès ne datent que du perfectionnement du mi- croscope. HISTOLOGIQUE adj. Qui concerne l'hislo- lugle. HISTOLOGISTK s. m. Celui qui s'occupe d'histologie. Lrs bislologisles les plus célèbres sont : Schwann, Valenlin, Kœiliker, Quekelt, Lebert, Mandl et liobin. •HISTORIAL, ALE adj.Qui marquequelques points d'histoire. iNe se trouve guère que dans quelques phrases qui ont vieilli : le Miroir his- torial de Vincent de Bcauvais. HISTORICO (lat. historicus , historique). Terme qui sert à la formation de quelques mots composés pour indiquer leur rapport avec l'histoire : cc( auteur a fait un ouvrage historico-philosophique. • HISTORIÉ. ÉE part, passé de Historiku. Enjulne de divers petits ornements : liible historiée. — Typogr. Letihes hitûriéks, lettres gravées avec des ornements qui se rappor- teiit au sujet du livre dans lequel on les em- ploie. • HISTORIEN s. m. Celui qui écrit l'histoire, qui a ecnl une histoire, des histoires : histo- rien digne de foi, fidèle, sage. — Se dit quel- quefois de celui qui se borne à raconter des fails, sans les accompagner de réflexions : je ne suis qu'historien. — v» Au fém. Histo- rienne. — Les principaux écrivains qui se sont occupés de Vhistoire universelle sont : .-Vgrippa d'Aubigné , Bossuet , de Ségur , Schlosser, Michelet, César Cantù, elc. Les écrivains qui ont traité de Vliistoire ancienne sont : Rollin, l'abbé Millol, Perrin, Diiruy, elc. Ceux qui ont traité de i'Histoii'e générale de la France sont : Mezeray, le P. Daniel, le président Hénault, l'abbé Velly, Anquetil, (iuizol, le comte de Ségur, Bignon, Michelet, Emile de Bonnechose, Laurenlie, 'Ihéud. Bu- rette, Genoude, Caix et Poirson, H. Martin, .\inédée Gouet, Sismonde de Sismondi, le P. Loriquet, Am. el Aug. Thierry, de Thou, Kauriel, Valerol, Boulainvilliers, Peignul. .Mou- lières, Marcel, Le Gendre, Bossuet, Ùzaneaux, Am. Gabourd , l'abbé Pierrot, l'abbé Mably, Sibert, .Moreau, etc. • HISTORIER V. a. Enjoliver de divers pe- tits ornements : ce lambris est trop nu, il fau- drait un peu le faire histoiier. •HISTORIETTE s. f.(dimin.)Récitdequelqne aventure galante ou plaisante, ou d'autres choses de peu d'importance : une petite histo- riette. ■ HISTORIOGRAPHE s. m. lur. historin, his- toire; 'ji npliij, \'i'ii^i. Celui qui est nommé par un brevet du prince pour écrire l'hi-toire du temps. — Les anciens chroniqueurs ont été considérés comme histonucraplies; mais le premier écrivain qui reçut ce litre fut André Thevel. .\près lui, vinrent Pieire Pas- cal (liJOI), Belleforest. du Haillan 1 l';7l-'7fil, Bernard (l572-'74), Chappuis ;)a9l-(GII). Vi- gnier, Olhagaray, Jean de Serres, )>laude Kauchet. Pierre Matthieu, sous Henri IV; puis, sous Louis XIII, Bori'ior. Prou. Pellens, jtaii- dier. Haudouéro, Perrier; Duidiesiie, mort en 1640; Scipion Dupleix, mort en IbGI, les frères de Sainte-Marthe (l6:)0-'43j. Cli. Ber- nard, Renouard, Bal/.ac, Gollefcr. (iodefroy (I020-'.ïa), Uréville, Dougal, Uupuy, Brisacier, Bonair, La Serre, Costar, Billon vers 1070, Adrien de Valois, Palliul, moit on l()9H; Gudefroy, Auger, Sorbière, Duverbier, Dii- chesiie, Mézeray (lij70): Pellisson, mort en 1G!)3: Boileau. Uaeine, Visé, mort en 1719; Valineourt, Hichard, Kerrelli, Legendre, le P. Daniel, Angelio, de 1080 à 17;iO; Vol- taire (1740), Schœptlin (1771), Duclos, Mar- monlel; Grandidier, mort en 17S9; enlin Moreau, le dernier des histoeiographes de France : la Révolution française en avait aboli l'eiiiplii. * HISTORIQUE adj. Qui a rapporl, qui ap- partient a l'histoire : style historique. — .Nom HISTORIQUE, nom qui a quelque célébrité dans l'histoire. — Cela est historique, se dit d'ac- tions, d'événements qui ne sont point imagi- naires, de fails qui ont réellement eu lieu : le fond de ce roman est historique. — Pièce his- torique, ROMA.N historique, piècc de théJtre, roman dont le sujet est tiré de l'histoire, dont le fond est historique. On dit, dans un sens analogue : personnage historique. — Les temps historiques, se dit par opposition aux temps fabuleux. — s. m. Simple ii.irration des fails dans leur ordre el leurs circons- tances : l'historique des événements qui ont amené celte guerre. * HISTORIQUEMENT adv. D'un style histo- rique, en bisluiien, sans aucun ornement étranger. Il est opposé à oratoireinenl : nar- rer une chose, un fait historiquement. — Se dit aussi par opposition à fabuleusement : su/ivmf la fable reçue. Bidon vieait du trmps d'Enée; mais, à en parler historiquement, elle vivait plusieurs siècles avant ce héros. ' HISTRION s. m. (lat. histrio). Se disait, chez les Koniains, de toutes sortes d'acteurs, de comédiens, el particulièrement des [lanlo- mimes. Ne s'emploie, chez les modernes, que comme un terme de mépris, analogue à ceux de baladin, de bateleur, elc. : il est toujours avec des histrions. HISTRIONAGE s. m. Métier de comédien. HIT (anc. is), ville de la Turquie d'Asie, à 1 lu kil. O.-N.-O. de Bagdad, sur la rive 0. de l'Euphrate ; environ 2,000 hab. Pendant des siècles elle a été renommée pour ses bitumes, qui, d'après Hérodote, furent employés à la construction de Babylone. flITTORFF (Jacques-Ignace), architecte frani;ais, né à Cologne en I ^93, mort en 1807. LUI 1818, devenu architecte du gouverne- ment français, il embellit les Champs-Elysées, le bois de Boulogne, etc. L'église de Saint- Vincent de Paul est son chef-d'œuvre. 11 imita les anciens artistes grecs en appliquant la polychromie à l'embellissement des monu- ments.Il a publié des ouvrages sur l'arehilec- ture ancienne el moderne de Sicile, sur l'ar- chiLeelure polychromalique des Grecs, etc. * HIVERS, m. [i-vèrr] ilat. hibernus). Celle des quatre saisons de l'année qui est la plus HOAZ HOnE ïtocn 283 froide, et qui commence, selon les astro- nomes, vers le vingt-deux de décembre, el finit vers le vingt et un de mars dans les pays situés au nord de l'équaleur. Les pays de la zone torride n'onl pas d'hiver dans le sens populaire de ce mot; cette saison y est rem- placée par trois mois pluvieux. — Fruits d'ui- VER, fruits qu'on ne mange ordinairement qu'en hiver. — Semestke d'hiveu, semestre qui commence le premier octobre, le premier janvier, ou à quelque autre époque de l'hiver, selon les différents corps, les différentes com- pagnies où il est d'usage de faire le service par semestre. — Art njilit. Quautier d'hiver, intervalle de temps compris entre deux cam- pagnes. Meu où ou mot les troupes en can- tonnement pendant l'hiver : l'armée va pren- dre ses quartiers d'hiver. — Il n'a pas besiiin d'un fout uiver, se dit d'un homme d'une complexiûu faible et délicate. Se dit aussi d'un homme qui est si mal dans ses affaires, que le moindre accident peut le ruiner. — L'hiver de l'âge, l'hiver de nos ans, etc., la vieillesse. — Se dit quelquefois seulement par rapfiort au froid qu'il fait en hiver : l'Iii- ver est avancé. — Il n'y a point eu d'hiver, l'iii- ver ne s'est point fait sentir, il n'y a point eu de gi'ands froids cette année. — Mi-mai, queue d'hiver, le froid se fait souvent sentir au mois de mai. — Se dit souvent, en poésie, pour année, en parlant des personnes d'un âge avancé : il. comptait déjà soixante hivers. " HIlfERNAGE s. m. Mar. Temps que les bâ- timents passent en relâche pendant la mau- vaise saison : passer son hivermige dans tel port. — Port bien abrité où les bâtiments peuvent relâcher pendant la mauvaise saison : un bon hivernage. — Agric. Labour qu'on donne, avant l'hiver, aux terres ou aux vignes. — iv Saison des pluies dans les pays tropicaux. * HIVERNAL, ALE, AUXadj. Qui appartient à l'hiver. ; HI'VERNER v. n. Passer l'hiver, la mau- vaise saisun. Se dit des troupes, des navires: les troupes hivernent dans tel pays. — Aetiv., en termes d'Agricult., Hiverner les terres, leur donner un dernier labouravant l'hiver. — S'hiverner v. pr. S'exposer aux premiersfroids avant de s'y endurcir et y être moins sensible. — llie-Vaeha. (V. S.) 'HO! interjection qui sert tantôt pour ap- peler, (aiilôt puur témoigner de rétonuemenl ou de l'indignation : /to .' venez un peu ici. — Quand il est interjection d'élonnemeut ou d'indignation, il se co'iifond quelquefois avec Oh; le plus souvent on le redouble; ho! ho! vous le prenez par là. HOANG-HAÏ. Voy. Jaune (Mer). HOANG-HO, ou Rivière-Jaune, l'un des plus grands fleuves de renipire ciiinois; il prend sa source à l'E. du Thibet, dans les monts Kouikoun, coule d'abord au N.-E. a travers la Mongolie, ensuite à \'E. el au S. dans la Chine proprement dite, puis au N.-E., pour se jeter dans le golfe de Péchili. Rapide el laige, mais souvent peu profond et ifc navigation dillicile, il l'st sujet à des débordi'menls, mal- gré les digues immenses dont ou a encaissé ses rives. Il doit son nom ;i la couleur de ses eaux chargées de limon. HOANG-HOA, ville du Tonkin, sur les fron- tières diî la Chine, prise le fO avril \sSi par les Iroupcs françaises que commandait le gé- néral Millot, après avoir mis en fuite l'armée chinoise sous les ordres du général (>ham. HOANGNAN. (V. S.) ' HOAZIN s. m. ['ho-a-zain] (ouomatop. ifu cri de l'oiseau). Ornith. Genre do galliuaci'^s apparlenant au groupe des alectors et com- prenant plusieurs espèces de gros oiseaux américains, à bec gros, court, à narines sans membranes et à huppe formée do longues plumes très étroites et effilées. L'espèce la mieux décrite est Vhoazin de la Guyane (pha siiinus cristatus, Linn.). HOBART-TO'WN ou Hobarton, capitale de la colonie anglaise de Tasmanie, sur la côte S. de file, à iS kil. de la mer, à l'extrémité d'un port protégé par des terres et appelé anse de Sullivan; 26,0li0 hab. La rivière Der- went se jette à l'embouchure de la baie ; elle est navi;jable pour les navires d'un tonnage considérable jusqu'à 4 kil. au-dessus de la ville. Evêclié anglican; école de sciences afipliquées; commerce de laine, pelleteries, huiles et fanons de baleine. HOBBEMA ou Hobbima, Minderhout, paysa- giste hollandais, né vers f6H, mort en 1709. il savait allier la clarté des nuances à la vi- gueur du coloris. Van de 'Velde. Berchem et autres peintres étoffaient ses tableaux. ' HOBBES (Thomas) ['hobz], philosophe anglais, né en VoHS, mort en '1679. Après avoir quitté l'université d'Oxford, il habita plusieurs années le continent comme précep- teur déjeunes nobles. En 1(140, à l'approche de la guerre civile, il quitta de nouveau l'An- gleterre el habita Paris pendant près de fO ans ; if y connut Descaites et fut profes- seur de mathématiques du prince de Galles, plus tard Charles 11. En lOSI. il publia icvj'a- than orthe Matter, Form, and Power of a Com- moniveullh, Ecclesiastical and Civil. 11 a con- densé le système com|det de sa philosopliie dans ses Elementa flnlosophica de Cive, de corpore pjolitico pt Treatise on Human nature. Après ces publications, il retourna en Angle- terre, où il se trouva engagé dans des contro- verses Ihéologiques et mathématiques par sa Letter on Liberty and Necessih/ (I6.')4) et parsa prétention d'avoir découvert la quadrature du cercle. En 1666, son Leviath.un et son De Cive lurent censurés par le parlement. Il passa ses dernières années cliez le comte de Devonshire, dans le Derbyshiro, et il continua d'écrire jusqu'à un âge avancé. La philosophie de Hobbes fait reposer tout savoir sur la sensa- tion; il arrive à celte conclusion que les sens, percevant seulement ce qui est matériel, la matière seule existe. L'esprit esl physique et toutes les pensées découlent de la pression d'objets matériels sur lui. L'éthiipie de Hob- bes suivit nécessairement sa mélaphysique. Le bien et le mal n'unt pas de caiactéi'e ab- solu, mais signifient simplement des plaisirs ou desdouleurs personnelles. De plus, l'homme est soumis complètement aux circonstances. Pour lui, tout pouvoir est légitime |jar le fait même qu'il existe. Ce qui fait le mérite des uMivres de Hobbes, c'est la clarté et la logique qui en relient toutes les parties. L'édition la plus complète est celle qui a été préparée par sir William Moleswarth (16 vql„ l8:j9-'.4,=)) ; quelques-uns de ses ouvrages ont été li'aduits par Sorbières et d'Holbach. * ' HOBEREAU s. m. Espèce de faucon à Hubcronu (Hypat^iurchi^' Hlibbutco). moustaches étroites et pointues, brun en dessus, blanchâtre, lachelé en lohg de brUli en dessous, avecles cuisses et le bas du venlié roux. Cet oiseau, de la grosseur d'une grive, long d'environ 30 cenlini. et ayant Ime eiiver- gure de 60 centim., a le cri aigu el stiident ; il fait la guerre aux hirondellcset aiix cailles. .\ussi courageux que le faucon, mais beaucoup plus farouche, il esl dil'ficile à élever pour la chasse. Il est très répandu en Erance, où il vit solitaire. Il niche sur les arbres élevés et dans les fentes des rocliers. ■^- Par mépris. Petit gentilhomme campagnard : il n'y a que des hobereaux dans ce voiainaiie. HOBOKEN, ville du New-Jersey (Etats-Unis), sur la rivière Hudson, vis-à-vis de New-York. 55,000 hab. Les rives de la rivière sont gar- nies de quais, avec deux magasins apparie tenant au gouvernement. Manufacture de crayons, fonderies, forges, etc. Nombreuse-) maisons d'éducation. * ' HOC s. m. (lat. hoc, celaV Soi te de jeu à<' cartes rj'oîifiî'aM hoc. Au jeu du //oc, les quatre rois, la dame de pique, le valet de carreau, et foutes les cartes au-dessus desquelles il ne s'en trouve point d'autres, comme les six quand tous les sept sont joués, sont Hoc; et, parce qu'en jouant ces sortes de cartes on a coutume de dire Hoc, de là vient que, dans le discours familier, pour dire qu'une chose esl assurée à quelqu'un, on dit, Cela lui est lioc. ' HOC (Ad). Voy. Ad hoc. * ' HOCA s. m. Jeu de hasard d'origine ilalieniie. ' HOCGO s. m. ['ho-ko] [onomatop. du cri de l'oiseau). Ornith. Genre de gallinacés, sous- famille des cracinés, comprenant plusieurs espèces de gros oiseaux à bec fort, à narines placées latéralement SùP une peau nue qité recouvre la base du bec, et à huppe de |ilunies longues, étroites et recourbées à leur exLré- Hocco commun (Crai aicctorj. mité. — Le Aocco commun [crax alector, Linn.), mesure un mètre de long el il est groscomme un dindon. C'est celui que l'on a souvent en- voyé de la Guyane en Europe, pour y élre acclimaté. Il est doux el sociable dans ses manières el fournil un aliment savoureux et nutritif. Les hoccos sont à r.\mériquo du S. ce que sont les dindons à l'Amérique du .\.; à l'état domestique, ils moulrcnt les mêmes habitudes el le même caractère que la vo- laille ordinaire; ils sont polygames, s'accli- matent facilement sous les latiludrs t ;m- pérées, vivent en paix avec les autres galli- nacés et poussent rarement des cris discocj dants. Leur vol est lourd, mais ils cuureiil avec rapidité. On les trouve dans lesGii,vano3, au Brésil, au Para^'uay, au Mexique et dans rAmérii[ue centrale. HOC ERAT IN VOUS loc. lat. qui signiHe : '.'eiail l'o/ijel de mes iM'i/.r. Tirée d'Horace liv. H. <:t\ . VI, vers 1. HOCHBERG, château situé près de Fribourg, 284 HOCH en Brisgau et b'ili p.'"' Charlemapne. 11 a donnd son nom à une famille alliMiiande, donl l'un des descendants Henri, ni.nf-Tave de Bade, fonda la maison de llocbberp divisée plus lard en deux branches et qu(r représente aujourd'hui le grand-duc de Bade. • 'HOCHE s. f. (celt. coch. entaille). Coche, eiitaillure. Se dit plus ordinairement de la niarfpie qu'on fait sur une taille, pour tenir le compte du pain, du vin, delà viande, etc., qu'on prend à crédit : faire une hoche. HOCHE (Louis-Lazare), l'un des plus cé- lèbres pcniM-aux de la première Ré[)ubliqui' française, né a Montreuil, faubourg de Ver- sailles, le 24 juin 1708, mort au camp de Wetziar, le 18 sept. 1797. Son père, ancien militaire sans fortune, était palefrenier dans les écuries royales, et sa mère étant morte en 1770, Lazare fut élevé par une tante, fruitière il Versailles. Enfant de chœur, il apprit quehpios mots de latin, et là se borna son inslniction première. Aqualorzc ans, il entra aux écuries royales comme palefrenier sur- numéraire; mais il quitta celle position pré- caire deux ans plus tard et s'engagea dans les gardes françaises (1784). Comme si une sorte d'intuition lui ei"it fait entrevoir un brillant avenir, il se n)il de suite à remplir les lacunes de son inslruction en se livrant à l'étude. Les fonds lui manquant pour acheter des livres, il entreprit des travaux manuels alin de se procurer de l'argent. Le futur vain- queur des Allemands profitait des instants que lui laissaient les devoirs de sa profession inililaire pour se livrer à un humble métier; il raccommodait modestement de la chaus- sure pour plusieurs clients de la capitale, et, la nuit venue, après avoir, pendant le jour, dépensé au travail les heures que ses cama- rades accordaient au plaisir, Hoche, entouré de ses livres, prélevait sur son sommeil le temps nécessaire à l'étude de la géométrie, de la topographie, de l'histoire et de la géo- graphie. Lorsque la Révolution éclata, il n'était encore que caporal; mais l'étendue de ses connaissances lui permettait d'aspirer aux plus hauts grades. 11 eut, en 1788, un duel dans lequel il reçut en plein visage une blessure dont il conserva toute sa vie la ba- lafre. Le régiment des gardes françaises ayant été cassé par Louis XVI, en punition de la part qu'il avait prise aux événements du 14 juillet 1789, Hoche entra, comme ser- gent, dans la garde nationale soldée. Son ins- li-uction solide, jointe à son esprit de disci- pline et à de brillants avantages extérieurs, lui valut un prompt avanniiieul, dés ipir l.i Révolution eut lait tomber les privilèges. Il passa adjudant sous-officier au -104= d'infan- terie de ligne le 1" janvier 1792, lieutenant au -'iS' en juin, capitaine le i" sept. Sa belle conduite au siège de Thionville attira l'at- tention du général Leveneur, qui le prit pour aide de camp. Envoyé au comité de Salut public pour rendre compte de la trahison de Dumouriez, il développa un plan de campagne qu'admira Carnot et qui lui valut le grade d'adjudant-général (31 mai 1793). Une dénon- ciation calomnieuse le fit arrêter à Douai ; mais il l'ut de suite relâché et fut chargé de défendre Dunkerque, menacé par le duc d'York, La vigueur et l'intelligence dont il donna des preuves dans ce poste dangereux, furent récompensés par les épaulettes de général de brigade (10 sept. 1793), puis par celles de général de division (23 oct.). Il venait de prendre Furnes lorsqu'il fut nommé général en chef de l'armée de la Moselle, agglomération de 18,000 soldats mal armés, mal équipés et mal disciplinés, et ce fut à la tête de cette troupe de héros nu-pieds et sans pain qu'il entreprit de chasser de i'Alsace plus de 100,000 Allenjands coni- ihandés par Biunswick. Ecrasé par le non.bre HOCH àKaisnrsIaulein (î9-30nov. 1793), il changea tout à roup de tactique, disparut un instant, se replia sur la Sarre, opéra sa jonclioii avee l'armée du Hhin, commandée par Picliegru, revint à traders des chemins inifiraticables, sur[iril les Autrichiens sous les ordres de Wurmser, les mit en déroute A Wissenbourg (i3 déc), débloqua Landau, enleva (îer- mershein, Spiri; et Worms, délivra l'Alsa(!C et se couvrit d'une gloire qui porta ombra^'e à l'ambitieux Pichegru. Lâchement accusé par celui-ci d'as[iircr secrètement à la dictature, il fut éloigné de ses troupes rendues invin- cibles par sa seule présence et qui se .seraient fait massacrer pour lui. Nommé commandant en chef de l'armée destinée à opérer en Italie, il fut arrêté à Nice, sur l'ordre de Saint-Jusl, séparé de sa jeune femme, Anne- Adelaïde Deschaux, et conduit à Paris, où on l'enferma à la prison des Carmes. C'est pen- dant sa captivité qu'il fil la connaissance de Joséphine IJeauharnais. Peu après, Bonaparte nommé à sa place, exécuta son jdan de cam- pagne en Italie. La révolution du 9 thermidor ouvrit à Hoche et à Joséphine les portes de leur prison, et ils vécurent ensuite sur le pied d'une grande intimité. Hoche, nommé com- mandant de l'armée des côtes de Brest fnov. 1794), devina d'un coup d'oeil les moyens de pacifier les provinces de l'Ouest. Il élablilla discipline la plus rigoureuse dans son armée, abandonna le système des cantonnements pour adopter celui des camps retranchés, lança des colonnes mobiles dans tous les sens contre les cohortes vendéennes, isola les corps royalistes elles battit en détail. Tel fut le succès de sa manière d'agir, que le comité de Salut publie joignit a son commandement celui de l'armée de Cherbourg. En peu de jours, les chouans vaincus, acceptèrent le traité dit pacification de la Jaunais (l.'i fév. 1795). Cette trêve ne tarda pas à être lompuc par les Vendéens, qui appelèrent les Anglais a leur aide. A la tête de 9,000 lioinnies. Hoche rejeta dans la mer ou fil prisonniers les émigrés à Quiberon ("21 juillet 1795), et lui investi du commaudeinenl de toute l'ar- mée de l'Ouest comprenant 100,000 hommes (i'"' sept.). Vainqueur de Slotlet et de Cha- retle, il procéda au désarmement des terri- loires révoltés, apaisa les paysans par le rétablissement officiel du culte catholique et mérita par sa modération autant que par son habileté, le titre glorieux de Pacifica- teur de la Vendée. Le Va juillet 1796, un décret proclama que l'armée de l'Océan et son jeune chef avaient bien mérité de la patrie. La guerre civile étant terminée, le Directoire voulut se venger de l'Aiiglelerre en soutenant les révoltés irlandais. Hoche, a la tête d'une armée de 18,000 honinies, s'embarqua sur laflolte de Brest, commandée par Morard de Galle, dans le but d'opérer une descente en Irlande, qu'il eût certaine- ment délivrée, si un concours de fatalités inouïes n'avait fait échouer cette expédition. La flotte, dispersée par la tempête, ne dé- barqua pas les troupes à Banlry, lieu du rendez-vous, et Hoche, séparé des siens, rentra en France, à l'embouchure de la Charente, après avoir échappé, avec beaucoup de |>cine, aux croiseurs anglais (13 janv. 1797). Le Di- rectoire lui confia, en février, le commande- ment de l'armée de Sambre-el-.Meuse, forte de 80,000 hommes. Sans perdre une minute. Hoche traverse le Rhin, culbute les Autri- chiens à iNeuwied, à Ukerath, à Allenkirken et a Diedorf, lail 8,000 prisonniers et prend 30 pièces de canon dans ces quatre batailles livrées en quatre jours. Il venait de s'emparer de Wetziar et avait conquis 3o lieues de terrain sous le feu de lennemi, lorsque Bo- naparte, jaloux de conserver a son armée d'ilalie toute la gloire de la défaite des Aulri chiens, signa, malgré la volonté du Directoire, 1 armistice de Leobeii. Hoche dut s'arrêter. HOCH Ennemi de Picbegru, qui était devenu l'allié des conspirateurs royalistes, il prit parti pour le Directoire contre les conseils, et, lors de l'afTaire du 18 Iructidor an V, il vint en aide aux directeurs en mettant à leur disposition toute la dot de sa femme. 11 se trouvait à la tête des armées réunies de Sambre-et-Meuse et de Rhin-et-Moselle, quand il fut atteint d'une maladie étrange et subite: convulsions nerveuses, toux, crachement de sang, puis douleur.'; d'enliailles II expira à l'âge de 29 ans, au milieu d'horribles soullranccs, en murmurant : <• Suis-je donc enveloppé de la robe empoisonnée de Nessus? » L'autopsie de son cadavre fit découvrir dans l'estomac et dans l'intestin des taches noires qui confir- mèrent les bruits d'empoisonnement; mais l'auteur de ce crime est resté inconnu. L'ar- mée et la France apprirent avec stupeur la mort de ce héros. Ses restes furent déposés auprès de ceux de Marceau, dans la redoute de Petersberg, pendant que le gouvernement faisait célébrer au Champ de .Mars une im- posante cérémonie funèbre en son honneur. Un monument lui fut élevé à Wissenlhurn, près de iSewied. Sa statue en marbre, exé- cutée par Milhomme et érigée à Versailles, place Hoche, le 3 août 1832, a été remplacée le 31 juillet 1836, par une staluo en bronze due à Lemaire. Depuis 1872, la ville de Ver- sailles célèbre, le 24 juin de chaque année, l'anniversaire de la nai.ssancedu plus glorieux de ses enfants. — Bibliogr. Vie rfc Lazare Hoche, par A. Rousselin (Paris, 2 vol. in-S"; Desène, an VI; 2" éd. suivie de sa Correspon- dance, Paris. F. Buisson, an VI, 2 vol. in-8"); — Souvettiis et correspondances de Hoche, Hipi'olyle Durand (Paris, Didauiiay, 1832); — ihst. de HocliCj'pa.v P. de (^hamprobert (.Ne- vers, 1840, in-18).- //.■s<.(/(;Hoc/tc,parH.Dou- ville(Parls, 1S44. in- 12); -- Noti:s historiques sur te général Hoche, par Privai, (Metz, an VL in-18,; — Hist. de Hoche, par de Bonnechoso (6° éd., 1874); — Uoche, sa vie, sa correspon- dance, ouvrage très intéressant, par du Cha- lellier (1874, in-8°). •'HOCHEMENT s. m. Action de hocher: hochem'nl dt tête. * 'HOCHEPIED s. m. Fauconn. Nom qu'on donne au premier des oiseaux qui attaque le héron dans son vol, ou qu'on jetle seul après le héron, pour le faire mouler. * ' HOCHEPOT s. m. Cuis. Espèce de ragoût fait de bœuf haché et cuit sans eau dans un pot, avec des marrons, des navets et autres assaisonncmenls : un bon hochepot. ' 'HOCHEQUEUES, m. Hist.nal. Un des noms de la bergeronnette, ainsi appelée parce qu'elle remue continuellement la queue en marchant. *' HOCHER V. a. Secouer, remuer. N'est guère usité que dans certaines phrases : hocher un prunier pour en faire tomber les prunes. — Fam. Hocher l.\ tête, marquer, en levant subitement la lête en haut, qu'on désapfirouve quelque chose ou qu'on ne s'en soucie guère : il se mit à hocher la tête. — Hochkr lk moks, hochek la bbiue a quelqu'un, essayer de l'animer, de l'exciter à faire quelque chose. — v. n. Manège, Se dit d'un cheval qui lève et baisse fréquemment le nez pour faire mouvoir le mors dans sa bouche. * 'HOCHET s. m. Jouet qu'on met entre les mains d'un petit enfant, pour qu'il le porte à sa bouche et le presse entre ses gencives, pen- dant le travail de la dentition : un hochet de corail. — Se dit, fig., des choses futiles qui flattent quelque passion, qui amusent l'es- prit; et, dans ce sens, il se met souvent au plur. : les riches parures, les bijoux coûteux 'H inutiles sont des hochets pour la vanité. - Il T A DES HOCHETS POUR TOUT AGE, chaqUC HCffiC HOFE HOGA 285 âge a ses plaisirs, ses amusements, ses IUli- sions. ' HOCHFELDEN, ville dAlsace-l.onaine, à 15 kil. N.-E. de Savenie , sur la Zorn; 2,575 hab. ' BOCHHEIM ['hok-'haïmm]. Voy. Vins d'Al- LEMAGNK. ' HOCHKIRCH ['hoch-kirche]. Village de Saxe, u lukil. E.-S.-E. de Baulzen; il est o.é- lèbie par une bataille livrée le H oct. IToS, dans laquelle Frédéric le Grand, entouré par les Autrichiens commandés par Daun, fut forcé de battre en retraite avec de grandes pertes. Les alliés y furent battus parles Fran- çais le 21 mai 18)3. ' HOCHST^œDT. Voy. Hœcustxdt. ■ HOCK. Voy. Vins de l'Allemagne. ' HOC OPUS, HIC LABOR EST loc. lat. qui signilie : c'est là qu'est l'embarras, la difficulté. Tirée de Virgile, Enéide, liv. VI, v. 1"2!). HOCQUINCOURT (Charles de Moncey, mar- quis d), maréchal de Fi'ance, né en t.'i'JQ, mort en 16'J8. Il combattit contre les Espa- gnols à la Marfée (1641), commandai Réthel {1650) l'aile droite des Français et décida de la défaite de Turenne. Maréchal de France en 16.j1, il prit parti pour la cour contre la Fronde et fut battu par Condé à Bléneau (16b2). L'année suivante, devenu vidj-roi de Catalogne, il échoua devant Gironne et ofl'rit au prince de Condé de lui vendre les villes de Ham et de Péronne dont il avait été nommé gouverneur. Il fut tué devant Dunkerque, que Conde l'avait chargé de défendre. Sa bra- voure militaire n'a eu d'égale que l'étroitesse de son esprit et la faiblesse de son caractère. ' HOC VOLO, SIC JUBEO, SIT PRO RATIONE VOLUNTAS, lue. lat. tirée de Juvenal (sat. VI, V. ti'i} et qui • xprime une volonté mipé- rieuse et arbitraire : je le veux, je l'ordonne; que ma volonté tienne lieu de raison. ' HODEIDA ou El'Hudaidah ['ho-dè-da], port de l'Arabie, capitale du Yétnen, sur la mer Kouge, a environ l.ïO kil. N.-N.-O. de Moka. Ville bien bâtie, avec un port abrité auN.; maisexposéauventdu sud. Une grande partie du café, embarqué autrefois de Moka, y est envoyé pour l'exportation. 50, OUU hab. HODGES (William), peintre anglais, né vers 1144, mort en 1797. Il accompagna le capi- taine Cook dans son second voyage et pro- duisit les illustrations du récit de cette explo- ration. Il se rendit' ensuite dans l'Inde et publia un ouvrage illustré sur ses voyages dans ce pays. ' HODGKINSON (Eaton), médecin anglais, né en n.s',1, niuiten 1861. Il découvrit qu'en donnant aux rails et aux poutres la forme d'un T (x) renversé, on gagne une force de plus de 40 p. 100. Il fit de nombreuses expé- riences sur la force des colonnes de fer et pu- blia d'importants travaux sur l'emploi du fer en mécanique et en archilecture. ' HODIE MIHI, GRAS TIBI, loc. lat. qui si- gnilie : (ttijourd'hui a moi, demain à toi. Ins- cription de i^imetière. ' HŒCHST ['heukst], ville de Hesse-Nassau (Plusse), près des monts Taunus, à 10 kil. 0. de Francfort; 9,300 hab. Elle fut prise six fois pendant la guerre de Trente ans. Tilly y remporta une brillante victoire le 10juin16i2, sur le duc Christian de lirunswick. Les Autri- chiens y battirent les Français le H oct. 179.Ï. ' HŒCHSTŒDT ['heuk-stètt], ville de Ba- vière, près du Danube, à 6 kil. N.-E. do Dil- lingen ; 2,'2!)0 hab. Dans son voisinage se livra, en 1704, la bataille de Blenheim, connue en Allemagne et en France sous le nom de Hoe- chstaîdl. HŒCK (Jan van), pcinire flamand, né à An- vers en 1600, mort en 1650. Il eut pour maître Riibens. Après avoir visité l'Allema- gne et l'Italie, il se livra tout entier à son art et tu quelques belles toiles religieuses à la cour de l'empereur Ferdinand 11. Il revint en Belgique suivre les traces de son maître Ru- bens, qu'il imita scrupuleusement. Son des- sin est soigné et son exécution forte et natu- relle. HOËDIC, île française de l'océan Atlantique sur la côte du Morbihan, k 12 kil. E. de Belle-Ile et à 13 kil. de la terre. Elle est for- tifiée. HOËL. Nom de plusieurs ducs de Bretagne. — I. né vers la fin du y" siècle, mort en 54o. Son père Budic ayant été tué, par ordre do Clovis, Hoël se retira en Angleterre, d'où il revint en 513 avec une armée; il battit les Francs et fonda un évêché à Aleth dont le l""' évèque, saint Malo, donna son nom à la ville. — II. Fils et successeur du précédent, persécuta saint Malo et fut tué à la chasse, en 547, par son frère Canor. — III. Succéda à Judicaël, son père, en .■)ii4 et mourut en 612. — IV. Comte de Nantes, succéda à son frère en 953 et fut tué à la chasse en 980. — V. Duc de Bretagne de 1066 à 1084; il aida Guillaume dans la conquête de l'Angleterre. — • VI. Re- connu duc de Bretagne en 1148 par les villes de Nantes et de Quimper, il fut battu par son compétiteur en 1154 et définitivement chassé par les Nantais en 1156. HOEVEN(Janvander)[vann-dèr-'hou'-vènn], naturali>te hollandais, né en 1801, mort en 1868. Il pratiqua la médecine à Leyde et de- vint professeur de zoologie en 1835. Son ou- vrage principal est Handbouk of Zoology. HOF, ville de la Franconie supérieure (Ba- vière), sur la Saaie, à 68 kil. N.-E. de Baireuth; 27,558 hab. Manufacture de bonneterie et d'ar- ticles de laine et de colon, de cuirs; brasse- ries importantes. HOFER (Andréas), patriote tyrolien, né en 1767, fusillé à Mantuue le 20 lévrier 1810. 11 était marchand de vins eteonducteur de che- vaux entre le Tyrol et l'Italie. En 1796, il se mil à la tête d'une compag-nie de tirailleurs contre les Français sur le lac de Garde, et en 1803 il organisa une milice rurale. En janv. 1809, quand la désaffection envers la Bavière, à laquelle le Tyrol avait été donné par Napo- léon, fut arrivée à son plus haut point, Hofer fut un des envoyés secrets qui se ren- dirent a Vienne pour conférer avec l'archiduc Jean et susciter un soulèvement. En quelques semaines, tout le Tyrol fut en armes et en- vahi par 10,000 Autrichiens. Plusieurs déta- chements français et bavarois furent pris ou battus. Napoléon envoya trois armées dansle Tyrol. L'une d'elles, commandée parLefehvre, obtint des succès. Hofer rallia ses compatrio- tes et défit les Bavarois a Inspruck, et peu après, LeI'ebvre, avec 25,0U0 hommes, fut mis en déroute (l.i août) par 18,000 paysans tyro- liens et chassé du Tyrol. On forma un gou- vernement indépendant avec Hofer comme chef absolu, mais après la paix de Vienne, ce patriote fut forcé d'envoyer sa démission. Trompé par de faux rap]iorts, il prit de nou- veau les armes; mais, ayant été battu, il s'en- fuit dans les montagnes où les paysans résis- tèrent à toutes les promesses et à toutes les séductions pour dévoiler le lieu de sa retraite. Il fut Irahipar un prêtre qui avait été son ami et qui le livra pour 300 ducats. Arrêté a Pas- seyr dans la nuit du 20 janv. 1810, il fut con- duit à Manloue devant un conseil de guerre présidé par le général Bisson. La majorité des juges désirait lui sauver la vie, mais Na- poléon donna des ordres pour qu'il fût mis à mort dans les 24 heures. 11 mourut en héros, ayant voulu hii-mêine commander le feu. Le gauveriii'ineiit aiitneliien ,'inublit sa famille sous le nom de von l'asseyr. HOFFMANN (Ernest - Théodor - Willhelm ) (Amadeus), auteur allemand, né en 1776, mort en 1822. Après avoir été magistrat à Ber- lin, àPosen et à Plock, il devint, en 1H03, con- seiller de la régence de Prusse à Varsovie. L'invasion française le réduisit à la pauvreté et il se fit journaliste à Leipzig, puis chef d'orchestre, machiniste, peintre de fresques, chantre d'église ; il s'associa avec Holbein dans la direction du théâtre de Bomberg. En 1816, il fut nommé conseiller à la cour d'appel de Berlin. Ses compositions musicales le rendi- rent célèbre. Mais des excès de toute sorte le vieillirent avant l'âge. Ce fut en vain que ses amis, pour l'arracher à une vie indigne de lui, formèrent dans sa propre demeure une espèce d'académie où ses ouvrages étaient lus et applaudis; il reprenait, quand ils l'avaient quille, le chemin de la taverne. C'est tout à la fois à leur admiration et aux besoins pres- sants d'une vie désordonnée qu'il faut attri- buer sa fécondité dans ses dernières années. Ses écrits abondent en fantaisies et en cari- catures grotesques. Les plus célèbres sont : Die Elixire des Teufels et Lebensansiehten des Katers Murr, à l'occasion delà mort d'un chat favori. Ses ouvrages furent rassemblés en 12 vol. (1857). Ses œuvres complètes ont été traduites en français par Loëve- VVcimars (Paris, 1833); ses Contes, par M. Toussenel (1838,2 vol. in-8- lui. L.i «our de Rome n'a j.iniais reconnu ses miracles. On a de lui des traités d'ascétisme el de controverse, ainsi iMic plusieurs volumes de sermons - Louis- Aloys-Joachim, prince de Ilohenlohe-W.il- (lenburg-U.irtenslein (nCa-ldïO) , conib.ittil la France jtendant la Révolution ei l'Empire, s'emfiara de Troyes en 1814 et fut numnié maréchal de France par Louis .Wlll (1817). ' HOHENSTAUFEN [•ho'-enn-slaou-fénn], il- lustre lainille de princes allemands, qui a pris son nom d'un château sur le ninntStaufen en Wurtemberg. Frédéric de Slaiifcn, partisan de l'empereur Henri IV, reçut la main de sa fille Agnès et le duché de Souabc. L'éléva- lion soudaine de cette maison, qui pour une autre possession, Waiblingeii, en Souabe, fut aussi appelée Gibeline, devint, l'origine de la longue lutte avec la famille rivale des Guelfes. Conrad, lils de Fi'édéric, monta sur le trône d'AlU'm.igne, en \\'M. Son neveu, Frédéric Barbei'uusse, lui succéda (I I:i2-'!I01 et eut pour remplaçant Henri VI (mort en 1 197). Le (ils de ce dernier, Frédéric, enfant de deux ans, fut reconnu pour son successeur. Son lils (Con- rad IV, mourut en Italie (1i;>4), où les héritiers mâles survivants du nom de Hohenslaufen, périrent bientôt pondant la lutte contre Rome et contre la maison d'Anjou. L'histoire de cette famille aété écrite par Ranmer (Leipzig, 1871). Peu de dynasties ont eu une destinée plus brillante et plus malheureuse. Les membres de cette illustre ni.iison périrent presque tous misérablement, tout en écrasanl le parti des Guelfes en Allemagne et en sou- tenant une lutte séculaire contre les papesel les comniunes lombardes en Italie. ' HOHENZOLLERN ['ho-'ènn-lsol-lèrnl, ter- ritoire situé au S.-O de r.-Vlleniagne, et, de- puis18o0, division administrative de la Prusse, denburp et s'appela, rumine tel, Frédéric I". Si)ii onzième successeur. Frédéric III, devint le premier roi de Prusse, sou? le nom de Fré- déric l"' (1701). Charles I", de la branche de Souabe (morl en 1o76), reçut ilc l'enipereiif Charles-Quint, en iaiSi, les comtés do Sigma- riiiL'en el de Voehringen. Les lils de Charles, Eitel-Frédéric VI et Charles II se- partagèreni ses Etals, le premier fondant la ligue Holicn- zollerii-Hecbingen, el le second celle de Ho- heiizollern-Sigmaringen. Le fils de Frédé- ric VI, Jean-Georges, fut élevé à la dignité do prince de l'empire, en 1623, par l'empe- reur Ferdinand II. Cette dignité fut aussi conférée, en 1638, à la famille Si;.'maringen. En 1C9'i et eu 1707, les branches de la Fraii- .^onie et de la Souabe s'accordèrent pour ad- mettre une loi commune de succession. A la suite des troubles politiques de 1848, les princes Frédéric-Guillaume de llohen/.oliern- llechingen et Charles-Antoine de Hohen- zollern-Signiarinf-'cn abandonnèrent le gou- vernement de leurs territoires (7 décembre 1849), et les principautés firent partie de la couronne de Prusse. Les deux princes reçurent le rang de princes cadets de la maison rovale. Le prince Charles-Antoine de Hohenzollern- Sigmaringen, né en 1811, morl le 21 janvier 1S83, présida le cabinet prussien (1SS8-'621. Son fils aine, le prince Léopold (né en 183.H}, épousa, en 1861. l'infante Anlonia de Por- lu^'al. Sa candidature à la couronne d'Es- pagne, en 1870, amena la guerre franco-alle- mande de 1870-'71. Il est major-général de I armée prussienne. Son frère, Charles fné en 18J9 , fut élu prince de Roumanie, en 18i;6. Antoine, son autre frère (né en 1841), mourut, en 1S66, des blessures qu'il avait reçucsà la bataille de Koeniggraetz. Frédéric, son troi- sième frère (né en 1843), est officier des dra- gons de la garde prussienne. ' HOIE s. f. Comm. Sorte de houille. ♦ HOIR s. m. [ouâr] flat. hxrcs). Héritier! N'est guère usité qu'en termes de Pratique, et se dit ordinairement des enfants, des héri- tiers en ligne directe: ses hob'x et ui/ants i-ause. • HOIRIE s. f. Prat. Héritage, succession qui appartient à l'hé- ritier : accepter l'hoi- rie. château de Hohen^oUcrn. formant autrefois deux principautés indépen- dantes : Hobenzollern-Hecbingen et Hnhon- zollern-Sigmaringen. Il forme une langue de terre longue et étroite, entourée par le Wur- temberg, excepté au S.-O. où il touche à Bade ; 67,000 hab. Le Necker et le Danube le traversent. Capitale, Sigmaringen. HOHENZOLLERN ou ZoUern, famille prin- cière d'Alle.'iM-ne. Ce nom vient du châleau lie Hohenzollern. dans le district de Sigma- ringen, sur le Zollerberg, montagne des Alpes, à environ 1,000 m. au-dessus du ni- veau de la mer. Le comte Thassilo, qui vivait vers l'an 800, est l'ancêlre de -cette famille, dont le noni parait dater du xi« siècle. En Ii26, la maison fut divisée en deux branches. Frédéric V, de la branche franconienne (mort en 13981, fut le premier qui porta le titre de prince que lui octroya l'empereur Charles IV. Frédéric VI 'mort en 1440) reçut, en 141.S. de l'empereur Sigismund, l'électoral de Bran- .Mon oncle, pour ce soir, il (me l:iut. je V0U5 prie, C>:nl louis neurs compL-tiits en [avrincc d'Aoïric. "HOLA interjection dont on se sert pour appeler : fiolà ho ! Holà ! qui est là ? — Adv. Tout beau, c'est assez : holà, ne faites pas tant de liruit. — s. invar., comme dans ces phrases familières. .Mettre le hola, metthe les hola, faire cesser des gens qui se querellent, qui se battent. HOLACANTHE s. m. (gr. holos, tout entier: akantha. épine). Icht. Sous-genre du genre chétodon, comprenant plusieurs poissons re- marquables par la beauté et la régularité de leurs couleurs. HOLBACH (Paul-Henri Thiry, baron d') [dol-bak], philosoi'he français, né à Heidel- sheim, dans le Palatinat, en I7î3, mort en 1789. Amené à Paris dès son enfance el maître d'une grande fortune, il fil de sa maison le rendez-vous de tous les athées el libres pen- seurs de l'époque, et par son savoir el ses connaissances, il sut tenir sa place au milieu d'eux. Il attaqua violemment le christianisme el toutes les autres religions positives, Ira- HOLC vailla ardemment à propager ses idées natu- ralistes, et le fil avec le faiiatisriio raiiuiiu';^ d'une conviction sincère unie à une vaste éru- dition. Malheureusement, il attaquait de front tout ce qui, jusqu'alors, avait gouvei'né le monde : pouvoir monarchique et sacerdo- tal, croyances relisieuses, morales et poli- tiques. Son Christianisme dévoilé (1767) et l'Esprit du clergé furent brûlés publiquement en 1770, et son livre célèbre, le'Système de In nature ou des lois du monde physique cl moral, publié sous le pseudonyme de. \iirabaud (1770), causa un tel scandale que Voltaire lui-même voulut le réfuter. D'Holbach en fil alors un abrét:é,sous la forme familière d'un pamphlet etiU'intitulaiLe bonsi'nsdueuréMeslier[M't)\ plus que toute autre publication, celle-ci con- tribua puissamment à vulgariser parmi la classe moyenne, en France, les idées d'irré- ligion et d'athéisme qui commençaient à poindre. Le baron d'Holbach a laissé le sou- venir d'un grand seigneur philosophe chez qui le faste et la bonne chère avaient alourdi l'esprit, mais qui n'en jouissait pas moins d'un immense crédit à la cour et dans la so- ciété. Outre les ouvraiies que nous venons de citer, d'Holbach a laissé : Théologie portative ou THclionnaire abrégé de la religion chrétienne (1 vol. in-1'2, 1768), publié sous le nom de l'abbé Bergier; Essai sur les préjuges ou de l'Influence des opinions sur les rnœttrs et le bonheur des hommes (Londres, 1700), véritable catéchisme de l'athéisme destiné à en popu- lariser la doctrine :Le Système social ou Prin- cipes naturels de la morale et de la politique (2 vol. in-S", Londres, 1773); la Morale unive7'- selle ou les Devoirs de l'homme fondés sur la nature 'i \ol. in-S", Amsterdam, 1776); etc. ' HOLBEIN (Hans ou Johann) ['hol-baïnn]. appelé LE Jeune, peintre et graveur allemand, né entre ii'fà et 149.S, mort en loiii ou en 1-'J43. Il se rendit à Bâie avec son père, Hans Holbein l'Aine, peintre de talent. Vers 'l-iit), il se lia d'amitié avec Erasme dont il fit le portrait et bientôt après, il visita l'Angleterre où il passa le reste de sa vie. Henri VIll le nomma peintre de la cour. Comme graveur, il est connu principalement par sa célèbre Lance of Death, série de -53 gravures sur bois, d'après ses propres dessins. Il y a eu des con- troverses au sujet de l'authenticité de quel- ques-uns des ouvrages qui lui ont été attri- bués, particulièrement au su jet de deux toiles (jui refirésentent la Madone du bourgmestre Meyer de Jiàle, dont l'une est à Darmstadt et l'autre à Dresde. HOLBERG (Ludvig)*['hôl-'bèrg], dramaturge danois, né en Norvège en i6S4, mort en 1754. Il fut élevé à Copenhague cl y devint profes- seur de métaphysique en 1718, et de rhéto- rique en 1720. En 1722, il produisit sa comé- die, Le Ferblantier homme â'Elat, et à de très courls intervalles 14 autres pièces, avec un succès lou|ours croissant. En 1730, le roi Christian VI prohiba les divertissements du Ihéâlre, mais les comédies de Holberg avaient produit une impression ineffaçable. Ses ro- mans salu'iques en latin, Les Voyages souler- rainsde Nieholas Klin (1741) ont été traduits en jdusieurs langues. Frédciie V rétablit le Ihéàlro en 1740 et donna a Holberg des lettres de noblesse. Son Danmarks Higes Historié (3 vol., 1732-'3o) fut le premier essai d'his- toire cunitdèlc du Danemark. Il écrivit aussi Histoire des Juifs, Histoires de Héros et de Hiroincs, elc. Une collection de ses œuvres parut en 27 vol. à Copenhague, en 1826. HOLCROFT (Thomas), auteur anglais, né en 174.1, mort en ISO'.l. Dans sa jeunesse, il fut successivement cordonnier, marchand de che- vaux, maître d'école et acteur. La plus popu- laire de ses compositions dramati(pies est The liood to Ruin (1792). Il écrivit environ 30 pièces et 4 romans ; il publia des traduc- tions de la Physionomie de Lavater, les ou- HOI.L vrages de Frédéric le (irand et Travcis in France and Germany (1800|. Hazlilt a publié ses mémoires (1816). _ Holèlres. (V. S.) ' HOLINSHED['hol-'innz-hèd], Holingshed ou HoLLYNsHEDlRaphaeli, chroniqueur an ^'1. lis, né vers 1-)8ii. Sa vie est peu connue. Collabo- rateur des Chroniques d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande (2 vol. in-fol., 1377), il donna dans celte publication les histoires d'Angleterre et d'Ecosse; Shakspeaie a emprunté à Ho- linshed des pages entières pour son Macbeth ; et le caractère do VVolsey, dans Henri VIII, est presque mot pour" mot tiré des Chro- niques. ' HOLKAR. Voy. Indoue. ' HOLLAND (SIR Henry), médecin anglais, né en 178», mort en 1873. Il pratiqua à Londres, devint médecin ordinaire de la reine en 1852, et fut créé baronnet en 18o3. 11 publia -.Médical Notes andRefleetions, Chcip- ters on Mental Physiology, Essays on Scienlific and other Subjects, Recollections of a Past Life (1871), etc. ' HOLLANDAIS, AISE adj. et s. Habitant de la Hollande; qui ap|iartienl à ce pays. — s. m. Langue parlée en Hollande. ' HOLLANDE s. f. Toile fine et serrée qui se fabrique en Hollande. — s. m. Fromage par- ticulier fabi ique en Hollande. Le hollande est un fromage rouge, en forme de boule. — liLANc DE Hollande. (Voy. Venise.) HOLLANDE I. Division des Pays-Bas, com- prenant les provmces actuelles de Hollande méridionale et de Hollande septentrionale, et qui forma successivement, au moyen âge, une partie de l'empire franc, de la Lorrame et de l'empire germanique ; elle était gouvernée par des comtes ; en 1430 elle fut anne-xée à la Bourgogne. (Voy. Bourgogne et Pays-Bas). — II. Hollande septentrionale, province des Pays-Bas, bornée par la mer du Nord et le Zuydeizée ; 2,76y kil. carr. ; 800,000 hab. Les lies Terscbelling, Vlieland, et Texel, dans la mer du Nord, et Wieriii^'en, Marken et quelques autres pluspelites dans le Zuyderzée font partie de cette province. Territoire plat, dont plusieurs districts sont en partie au- dessous du niveau de la mer et sont protégés par des digues. Le lac de Ilaarlem a été comblé et desséché. Capitale, Amsterdam. — III. Hollande méridionale, province des Pays- Bas, bornée par la pivcedente et par la mer (lu Nord, et au S. par la .Vleuse ei par l'cm- liouchure de ce cours d'eau ; 3,021 kil. carr. ; 890,000 hab. Les lies d'Ysselmondc,de Voorne, de Boijeilaiid et d'Overtlokke en forment une partie. Territoire semblalile il celui de la llollaiideseptentrionale. Capitale, La Haye. — IV. Royaume de Hollande. (Voy. Pays-Bas.) - V. Nouvelle-Hollande. (Voy. AasTUALii:.) * ' HOLLANDE, ÉE pari, passé de Hollander. — Batiste hûUaiulée, batiste jilusforle et plus serrée que la batiste ordinaire. * ' HOLLANDER v. a. (rad. Hollande). Se dit de la préparation que l'on donne aux plumes à écrire, et qui consiste a les passer dans la cendre chaude, pour les dépouiller d'une pellicule grasse qui empêcherait l'encre de couler. ' HOLLAR (Wenzel), graveur bohémien, né en lOiiT, mort eu 1677. 11 se fixa à Londres, vers 1636, et y exécuta les portraits de la fa- mille royale et une série de 28 planches, ayant pou rtitreOn!((<«4M«iù'6r?'sA)i;/(;/iC(t«i«. Sous le cummoiiwcallh, il subit un court em- prisonnement, il vécut plusieurs années k Anvers. 11 grava la Lhinse des Morts de llol- bein et d'autres œuvres des vieux maîtres. Ses gravures sont au nombre de près de V^W. — llollard. (V. S.) HOLLIDAYSBURG , ville de Pennsvlvame noLS 287 (Etats-Unis), sur !a crique Bcaver Dam, à \iw kil. E. de Piltsburg; 4,000 hab. HOLMAN (James) ['hûl'-mannl, surnommé le Voyageur aveugle, né en Angleterre vers 1787, mort en 18,ï7. Il servit dans la marine anglaise depuis 1798 jusqu'au moment où il perdit la vue en 1812.11 voyajrea beaucoup ensuite en Europe, fit le tour "du monde et publia un récit de sesvoyages, mais ses livres sont plus curieux qu'utiles. ' HOLMES (John) l'hôm.ss], auteur canadien, né en 1799, mort en 1832. Il se convertit au catholicisme, devint professeur au collège de iMcolet à Montréal, fut ordonné prêtre et de- vint missionnaire. En 1828, il fut nommé pro- fesseur au séminaire de Québec et bientôt après principal. 11 publia Conférences de Notre-Dame de Québec et Manuel abrégé de géographie moderne. — Holmes (iU'"^). (V. S.) 'HOLOCAUSTE s. m. (gr. holos, entier; kaustos, brûlé). Sorte de sacrifice parmi les Juifs, où la victime était entièrement consu- mée par le (ea: offrir en holocauste.— Victime ainsi sacrifiée: mt^re l'holocauste sur l'autel. — Sacrifice en général ; et dans ce sens on dit, J.-C. s'est offert en holocauste pour nos pé- chés. - HOLOGRAPHE adj. Voy. Olographe. HOLOPHERNE, général du roi d'Assyrie Na- buchodonosor 1". Pendant qu'il assiégeait Béthulie, une femme d'une grande beauté, nommée Judith, se rendit sous sa tente et il l'accueillit sans défiance. S'étanl endormi après son repas, il eut la tête tranchée par cette femme qui jeta ainsi la terreur au camp des .\ssyriens et les força à lever le siège de Béthulie. HOLOTHURIE s. f. (gr. hotothowion). licliin. Famille Je zoo|ihytesécbinodcrmes pédicellés, caractérisés par un corps oblong, a peau co- riace, portant la bouche à une extrémité et l'anus à l'autre extrémité. A l'intérieur du corps se trouve un long tube digestif. Les pieds vésiculeux rétractiles et les mouvements vermiculaires du corps aident ces animaux a ramper. Les holothuries forment la fa- mille la plus élevée des échinodernes, qui sont eux-mêmes la plus haute classe des rayonnes. On leur donne le nom de concom- bres de merk cause de leur forme allongée et cylindrique et à cause des verrues qui se trouvent sur leur corps. On les appelle aussi limaces de mer à cause de leur façon vcrmi- culaire de ramper. Elles sont souvent pour- vues de belles couleurs et vivent à de grandes profondeurs de 35 à plus de 4.0U0 inétrc3; elles se nourrissent de pelits animaux marins et de matières animales en décomposition. Petites dans nos mers européennes , elles atteignent jusqu'à 75 cenlim. de long et 10 centim. de circonférence sous les tropiques. L'espèce comestible [hokithuriaedulis),&p^ii\éa biche de mer ou trépang. est l'objet, dans l'ex- trême Orient, d'une pêche active, qui occupe des milliers de plongeurs malais et polyné- siens. Les holothuries les plus recherchées par les gourmets chinois et océaniens se trou- vent aux lies Fi Iji et sur les côtes de la Nou- velle-Calédonie. On les fait bouillir dans leur propre jus ; on les égoutle, on les met sécher sur des étagères, dans de grandes cluves, et on les vend des prix très élevés à des mar- chands qui les transportent sur les marchés chinois. Elles entrent dans des potages répu- tés délicieux. 'HOLSTEIN [MiOl-slainn] (lat. HoUalia], autrcl'refois duché de Danemark cl fUal de la confédération germanique , aclucHeinant partie du Schleswig-Holsleiii , province de Prusse. On coiinait peu l'histoiio du IIolsLcin jusqu'à l'époque de .son union avec le Soifles- wig. Liis noms do la plupart des petites tri- bus qui habitaient celte région disparurent 288 HOMB IIOMÉ HOME et furent rempluri-s par le nom frém'ial cJi' Saxuiis. Cf-'iix-ci furent siil)jii;,'iii-s par (^liailc- inaf.'ne, mais la civilisation cliiiHicnne lit peu de progii's dans le llolstcin. Ilcnrv \" d'Allo- niapne rétablit les anciennes limites iMitre riCidftr et le Sclilei (934). Conrad II céda le Icrriloirc compris entre ces deux rivières au roi danois Canut le Gland en 1(i27; cU'Kider resta à [lartir de celle épuqui' la limite sep- tentrionale de ce pays. Pendant plusieurs siècles, le llolslein icsla un objet de lilipe entre le Danemark et les comb's hérédilaires, jusqu'à répoi|ne du traité de INyborf^ (1380); il fui aljrs fondu avec le Scbleswif^. (Voy. Sciii.eswig-IIolstein; voy. aussi Daneuakk, Allkmac.nk, AurniCHE, etc.) 'HOLYHEAD [' ho-lé-hèdl, ville du N. du Pays de (ialles, sur une petite Ile du mfnie nom à l'exlréniilé 0. du comté d'.^ nfilesoa. à 120 kil. 0. de Liverpool : 6,872 hab. L'ile est un rocher aride, remarquable par ses mafrni- fiqucs cavernes que creuse la mer. ' HOLYOKE l'bôl'-iôkel, ville de Massachu- setts (liluls-ljnis), sur le Conncclicul, à l:!kil. N. de Springlield ; 40,322 hab.; fondée vers 1810. 'HOLYROOD (Palais de) |'ho-lé-roudJ. Voy. linUMiUL'RG. "HOLYWELL rbo-lc-ouél] (angl. puits sa- m!), ville du t'iinlshire (Pays de Galles), prés de la rive gaiiclie de l'estuaire du Dec, à 2j kil.N.-O. deCbester; 3,01 S hab. Elle doil son nom au puits sacré de Saint-Vinifred. Manufactures de fils de laiton, de barres, de clous, de pointes, de bordages, de plomb, de plomb de chasse, de farine, de flanelles. Ex- portation de pierres calcaires. * ' HOM. Exclamation qui exprime le doute, la déliance ; hom ! il est encore bien jeune. * ' HOMARD s. m. ['ho-mar] (scandin. ho- m'irr). Grosse écrevisse de mer à pinces for- midables et dont le corps mesure jusqu'à 80 centim. de long. Cet énorme crustacé se trouve dans toutes nos mers, sur les côtes pierreuses, dans les fissures des rochers; il se nourrit de poissons et de mollusques. Son Homard. corps grisâtre et bleu verdâtre devient tout rouge par la cuisson. C'est à la fin du prin- temps, époque de la mue, que sa chair est le plus tendre et le plus délicate. On le prend au filet ou à 'l'aide de paniers et de pièges dans lesquels on l'attire avec un appât de poisson mort ou de viandes faisandées. Quand on achète un homard au marché, il faut qu'il soit lourd et qu'il n'ait aucune mauvaise odeur. Le homard étant cuit, au court bouil- lon, on le fend en deux dans sa longueur, on écrase les œufs et on en fait une sauce avec de la moutarde, des œufs, de l'huile el du vi- naigre. Le homard se sert aussi en salade. HOMB ERG (Guillaume), chimiste, né à Batavia eu 1012, mort à Paris en 171 il. Venu jeune i Am;:|erdam, il y (il ses éludes; [luis se lia à Magd^bourg avec Otto de Guéricke, qui l'initia aux secrets de la pbysicpie; il se lit recevoir médecin à Willeniberg cl devint l'un des chimistes les plus inslruils et les plus passionnés do son époque. Attiré en France par Colberl, il lut agrégé à l'Académie des sciences et devint professeur de physique du duc d'Orléans (1702). Il a fait paraître enviion liO mémoires d'un firand inlérCt, ayant pour principaux objets la chimie, la physiologie végétale et l'o|iliquc; entre autres:' jM'/Hiére de faire le phiiaphore. brûlant 'M); Ex/iériences sur la ijcrmination des jitantrs (1093) ; Analyse du soufre commun (1703) ; .Sur la fjénéniiion du fer (17U.'i), etc. ' HOMBOURG (ail. Uomhuru ou Ufmhrmj lor dcr ll'M lie;, vdh; de liesse-Nassau (Prusse), au- trefois capitale de Hcsse-Homburp, a l't kil. .N.-N.-O. de Francfort; 9,600 hab. Station balnéaire: ([uatre sources ferrugineuses et deux sources salines, renfermant de l'acide carbonique plus que n'importe quelle autre eau minérale connue. Avant (|ue le jeu n'y fût prohibé en 1870, la ville était très fréquentée. Depuis la guerre francoallenjande, elle ne re- çoit presque plus de visiteurs français, autre- lois très nombreux. HOMBOURG-HAOT, ville du cercle de For- bacli .\lsaçe-l,()rraine), à 30 kil. de Sarre- guemines, sur la Uosselle; 1,9U0 hab. * HOMBRE s. m. ^esp. hombre, homme). Sorte de jeu de cartes qui nous est venu d'Es- pagne : jouer à l'hombrc. — Se dit également, à ce jeu, de celui qui fait jouer: qui eil l'hombre ? 'HOME s. m. ['hô'-me]. Mol angl. qui si- gnifie : maison, patrie, et qui a pris la signifi- cation d'intérieur, de chez-soi : les Anglais aiment leur home (leur intérieur). 'HOME-RULE s. m. [' hômra-roul) (an-l. homf. chez soi ; rii/e, régie). Système politique qui permettrait à l'Irlande de régler elle- même ses propres affaires. 'HOMERULER s. m. ['hômm-rou-leur]. Partisan du honie-rule. * HOMÉLIE s. f. (gr. homilia, entretien). Discours fait pour expliquer au peuple les matières de la religion, el principalement l'Evangile : les homélies de saint Chrysoslome sur saint Matthieu. — Se dit absol. au i)luriel, de certaines leçons du bréviaire qui sont des extraits des homélies des Pères, et qu'on chante au troisième nocturne des malmes. — Fig. et par dénigr. Ouvrage d'esprit, discours où se montre l'atlectation de mora- liser, et qui cause de l'ennui: quand aura-t-il fini son ennuyeuse homélie ? •HOMÉOPATHE s. m. (gr. omoios. sem- blable ; jinï/ios, affection). Jléd. Médecin qui adopte les principes de l'homéopathie : il se fait soigner par un homéopathe. — adj. Méde- cin homéopathe. * HOMÉOPATHIE s. f. (gr. homoios. sem- blable ; pathos, affection). .Méd. Système mé- dical qui consiste à traiter les maladies au moyen de doses infinitésimales, de médica- ments que l'on suppose dénature à produire des symptômes analogues à ceux de la mala- die qu'on veut guérir. — L'homéopathie, système établi par Hahnemann (voy. ce mot) a pour principe l'aphorisme, Sîm!/!asimî//t!(s ciirantur {les semblables guérissait les sem- blables], c'est-à-dire : les médicamenis que l'on administre dans la maladie sont ceux qui produisent des symptômes semblables chez une personne en bonne santé. Ci: prin- cipe avait été énoncé en partie par Hippo- crate, père de la médecine (vers 460 av. J.-C), qui affirma que les médicaments agissent quelquefois d'après la règle des simj/i'a et sur li'aiilres d'après celle des contraria. Anli- pbanes, qui vivait vers la mé/ne époque, écri- vit un poème qui renferme la plus ancienne théorie connue de l'Iioméopathie. Galien (m: 130 ap. J.-C), la plus grande lumière dans l'histoire médicale depuis Hipfioerale, donna, le premier, une forme ù celle loi des contra- ria, qui pendant bien des siècles gouverna ensuite le monde médical. Paracelse, Stalil, Haller el autres insistèrent sur la vérité de la loi des similia, el, poussèrent leurs investiga- tions avec plus ou moins de succès dans celle dneclion. L'homéopathie a trouvé un giaud nombre d'adeptes parmi les médecins; elle a rencontré une vive opiiosilion de la part des iillopathes (Voy. ce mot.) Elle a pour but de produire, a l'aide des médicaments, des ma- ladies arlificielles. qu'ellesubstitue aux symp- tômes de la maladie à guérir. Elle a des spé- cifiques pour chaque maladie : arnica, aco- nit, arsenic, belladone, bryone, camomille, mercure, noix vomique. pulsatelle, soufre, phosphore, curare, etc. Ces remèdes, donnés à doses infinitésimales, après iO ou 30 dilu- tions successives, acquièrent, d'après la théo- rie homéopathique, une grande puissance médicatrice; un ré^iinn' sévère leui- vient en aide. — Outre les omvres de Ilalincmann, voy. : Ilarlmann. .\cute and chronic Diseuses; Jalir, Symptumrn codex ou Munual of Materia Mediea ; Boeninn^-'hausen , Therapeuties ; liaehr, T/icoj-)/ and Practice; GranvogeLPruo tiee; E Guernsey. l'racticc; IL-H. Guernsey, Obstctrics: Dudgeon, Lectures ^Mmnpe], Ma- teria Mediea; Ilelmufh, Surgery ; et l'rankliu, Surgcry. lise publie au.ssi aux Etats-Unis une douzaine d'ouvrages périodiques consacrés à riioméopathie. — Les principaux ouvrages lr;inçais sur ce sujet, sont, outre les traduc- ti(jns des livres de Hahnemann : rAiriipeu- Ihii/ue homéopat. des maladies des enfants, par F. Ilarlmann. traduit par L. Simon (Paris, IS.'iij); Médecine homéop. Dcmcst., par Hérinsr (Paris, 18 0). ^ • HOMÉOPATHIQUE adj. Qui appartient, qui a rapport a Ihoméopathie : pharmacie homéo- pathique. HOMÈRE, le premier poète grec et le plus illustre des poètes, au jugement universel des littérateurs anciens et modernes. 11 est, en efi'et, lauleur supposé de VIliade et de l'O- dyssée. Athènes, Argos, Pylos et autres villes se disputent l'honneur delui avoir donné le jour; mais, d'après les légendes les plus véri- diques, l'opinion dominante des historiens de l'antiquité est qu'il serait né à Smyrne, qu'il habita lonfjtemps Chios el qu'il mourut à los, l'une des Cyclades. Il nous reste deux biographies d'Homère, l'une attribuée à Hé- rodote, l'autre à Plularque. Le premier fait vivre Homère dans la seconde moitié du ix= siècle av. J.-C, c'est-à-dire 400 ans après l'époque assignée pour la guerre de Troie. D'autres anciens écrivains le placent du xii" au vu" siècle avant notre ère. Suivant une tra- dition vulgaire et pour ainsi dire devenue classique, il aurait erré presque toute sa vie, aveugle, pauvre et mendiant, chantant et ré- citant lui-même ses vers pour gagner son pain de chaque jour. A cela se réduit ce que l'on croit connaître de la vie d'Homère et ce peu est encore tout plein d'incertitude; mais, le doute ne saurait subsister sur la valeur de ses deux grands poèmes. — L'Iliade comprend une période d'environ 50 jours de la dixième année de la guerre de Troie, et raconte la colère d'Achille et ses conséquences jusqu'à la moit d'Hector. Le corps d'Hector est rendu aux Troyens et reçoit les honneursde la sé- pulture; la colère d'Achille se change alors en pitié pour Priam, le vieux père du héros défui'.t, et le poème se termine ainsi par une conclusion toute pacifique. — L'Odyssée se déroule en 40 jours et se compose de quatre divisions principales. Dans la première, Ulysse I HOMI HOMM HOMM 289 habite aver Calypso dans l'île d'Ogyg'ie, loin de sa pallie, où les courtisans de sa femme Pénélope menacent de ruiner son crédit. — Téléraaque, son fils, qui s'oppose à leurs des- seins, entreprend un voyape à Pylos et à Sparte pour chercher son père. Dans la se- conde partie, Ulysse retourne à Ithaque. La troisième partie donne des détails sur le plan de vengeance que dressent le père et le fiis dans la maison du berger Eiimêe et qui est mis à exécution dans la quatrième et dernière division. L'intérêt de l'Odyssée comme celui de {'Iliade se concentre sur un seul person- nage et sur un seul événement : Ulysse, son retour, sa vengeance. — L'opinion la plus accréditée est que l'Iliade et l'Odyssée sont l'expression poétique d'événements histo- riques qui se seraient passés au siv siècle avant J.-G. ; mais la critique moderne s'est épuisée en vain à pénétrer le mystère de leur origine et le secret de leur composition. D'a- près Wolf, l'Iliade n'est qu'un assemblage de poèmes transmis de génération en génération par des rapsodes qui allaient ça et la, débitant et chantant les louantres des dieux et des hé- ros; ces poèmes ne seraient pas ainsi le tra- vail d'un seul homme, ni peut-êlre même ce- lui d'une seule époque. Il paraît certain que les dillereuts chants ou rapsodies de ces poèmes ont été réunis par Pisistrate, quoique les critiques alexandrins n'en tassent aucune mention. 11 est constant cependant que les contemporains de Pisistrate considéraient ses travaux comme importants, puisqu'un certain nombre de villes et même Chios en firent prendre des copies sur le manuscrit atlique. Nous ne parlerons pas ici des Hymm:s attribués à Homère; la plupart ne sont que des fragments dunciens poèmes cycliques ou des préambules de rapsodes; la critique a prouvé qu'ils appartiennent à un siècle plus récent que les deux grandes épopées. Quant à la Uatnuhomyomachie ou Combat des rats cl des grenouilles, poème héroï-comique qu'on joint d'ordinaire aux œuvres d'Homère, il est de beaucoup postérieur et appartient, selon Suidas, à un poète d'Halicarnasse. Les éditions des œuvres d'Homère sont très nombreuses; la première fut publiée à Florence en 1488, 2 vol. in-fol., par les soinsde Démétrius Chal- condyle et de Démétrius de Crète; on distingue ensuite celle des Aides (Venise, •\'àOi-':il); à la tête de toutes les éditions ré- centes se placent celles de F. -A. \Volf(Leipzig, 1804-'07, 4 vol.); Tauchnilz (Leiozig, 1810 et 1832, -i vol.); Boissonade (Paris, 1823, 4 vol.); parmi les traductions françaises d'Homère, les plus Connues sont, en vers, celles de l'Iliade par Hugues Salel et Ama- dys Jamyn (ib60-'84) ; de ïlliade et l'Odyssée par Rochefort (1766-'77); de V Iliade, par Ai- gnan (IS09) et par Bignan (1830); en prose, celle de M""» Dacier (1699-1700); de Bitaubé (1760-'85); du prince Lebrun (1776-1819); de Thomas, Renouvier et de Cambis (1810); de Dugas-Montbel (Pans, Didot, 1828-':H, 9 vol. gr. in-S"). HOMÉRID£ s. m. Membre d'une école de rapsodes qui se répandit dans toute la Grèce. — Poète qui imitait Homère. •HOMÉRIQUE adj. Qui appartient à Ho- mère. — Hymnes homériques, hymnes attri- bués à Homère. — Style bomébiquk, style qui rappelle celui d'Homère. — Un kihe homé- luguE, un rire bruyant et de bon cœur, ainsi a|ipolé à cause d'une scène du premier livre de l'Iliade, où les dieux éclatent de rire en voyant la démarche boiteuse de Vulcain. HOMÉRITE s. m. Nom donné par les Grecs niudcriics aux Himyarites. • HOMICIDE s. m. (lat. homo, homme,- ca;- dere, tuer). Meurtrier, celui quilucun homme: il est dit dans l'Evangile, que ni les adultères, ni les fornirateurs, ni les homicides, n'entre- 237 ront dans le royaume des deux. — Fig. Etre HOMICIDE UE SOI-MÊME, Se dit quelquefois d'une personne qui ne ménage pas sa santé, qui la ruine par des excès. — Adj. N'est alors usité que dans le style soutenu : son bras homicide. — s. Meurtre, action de luer un homme : commettre un homicide— Législ. ■■ L'homicide volontaire est qualifié meurtre. S'il a été com- mis avec préméditation ou guet-apens, il est qualifié assassinat. Celui qui est reconnu cou- pable de meurtre est puni des travaux forcés à perpétuité; si le meurtre a été précédé, accompagné ou suivi d'un autre crime, de tortures ou d'actes de b.irbarie, ou bien s'il s'agit d'un assassinat, d'un parricide, d'un infanticide ou d'un empoisonnement, le cou- pable est puni de mort iC. pén. SO-") à 304). Si l'homicide est résulté de la destruction volon- taire d'un édifice, le coupable est également puni de mort (id. 437). Dans certains cas, l'homicide volontaire (sauf le parricide) peut être reconnu excusable; et alors, la peine est réduite à un emprisonnement d'un an à cinq ans, savoir : !<> s'il a été provoqué par des coups ou violences graves; 2° s'il a été com- mis en repoussant pendant le jour l'etl'raction ou l'escalade des clôtures d'une maison habi- tée ; 3° s'il a été commis par l'époux sur son épouse ou sur son complice, à l'instant où il les a surpris en flagrant délit d'adultère dans la maison conjugale (id. 321 à 324) (Voy. Ex- cuse.) Lorsqu'un homicide a été commis invo- lontairement, par imprudence, inattention, négligence, inobservation des règlements, etc., la peine est un emprisonnement de trois mois à deux ans, et une amende de.SO à 600 fr. (id. 319). Enfin, l'homicide ne constitue ni crime ni délit, et en conséquence, il ne donne lieu à aucune peine, savoir : 1° lorsqu'il était ordonné par la loi ou par l'autorité légitime ; 2° lorsqu'il a été commandé par la légitinie défense de soi-même ou d'autrui; 3" lorsqu'il a été commis en repoussant pendant la nuit l'escalade ou l'eUraelion des clôtures d'une maison habitée; 4° lorsque celui qui l'a com- mis se défendait contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence (id. 327 à 329;. .1 (Ch. y.) HOMICIDER V. a. Tuer, commettre un ho- micide sur quelqu'un. (Vieux.) HOMILÉTIQUE s. f. (gr. /iomi^eo, je converse). Eloquence de la chaire. HOMILIAIRE s. m. Recueil d'homélies. HOMILIASTE s. m. Auteur d'homélies. * HOMINEM (Ad). Voy. Ad hominem. •HOMMAGE s. m. [o-ma-je] (lat. homo, homme ; parce que le vassal était l'homme de son suzerain;. Jurispr. féod. Devoir que le vassal est tenu de rendre au seigneur dont son fief relève : rendre l'hommage. — Fig. Soumission, vénération, respect; et, dans ce sens, il s'emploie souvent au pluriel : rendre hommage aux vertus de quelqu'un. — Rendue SKs HOMMAGES A QUELQU'UN, lui rendre ses res- pects, ses devoirs. Un dit aussi : offrir, pré- senter ses hoiiimayes. — Rendre hommage a la VÉRITÉ, dire, déclarer la vérité. — Don res- pectueux, oli'rande : faire hommage à quel- qu'tm d'une chose. ■ HOMMAGE, ÉE adj. Jurispr. féod. Qui est tenu en Imnimage . teire hommagée. • HOMMAGER s. m. Jurispr. féod. Celui qui doit l'hommage. On dit aussi, adjectiv : vassal hommagi r. HOMMAIRE DE HELL (Ignace-Xavier Mo- rand), explorateur, ne a Allkirch (Haut-l(hin| en 1812, mort a Ispahaii (Perse) le 29 août 1848. Peu après être sorti de l'école des mines de Saint-Etienne, il partit en )83.'J pour l'Orient et fut successivement chargé d'ex- plorer les environs de Coiistantiiio|ilc, la Crimée, les steppes de la Russie méridionale. les côtes de la mer Noire, celles de la Cas- pienne et l'intérieur de la Perse. A son retour (1842), il fit paraître : Steppes de ta mer Cas- pienne, le Caucase, la Crimée et la Russie mé- ridionale (1844-'47, 3 vol. in-S"), ouvrage ré- digé en grande partie par sa femme, qui l'avait accompagné dans son exploration. Il mourut avant d'avoir terminé un second voyage, dont la relation a été publiée par les soins du peintre Jules Laurens, son com- pagnon de voyage (4 vol. 18.'i4-'b0). •HOMMASSEadj. Ne se dit qu'en parlant d'une femme dont les traits, le son de la voix la taille, tiennent plus de l'homme que de la femme : elle a le visage hommasse, la taille hommasse. Se prend toujours en mauvaise part. • HOMME s. m. (lat. homo). Hist. nat. Créa- ture distincte, appartenant à la classe des mammifères, mais s'élevant au-dessus des animaux par la supériorité de son organisa- tion intellectuelle : L'homme est un dieu tombé qui se soutient des cieux. LlUARTiNE. (Voy. Anthropologie, Anatomie, Archéologie, Ethnologie, Mammifères, Physiologie, etc.) — L'espèce humaine, en général : l'homme est sujet à beaucoup d'infirmités. — Personne hu- maine du sexe masculin : l'homme et la femme. — On le dit souvent de J.-C, par allusion au mystère de l'Incarnation : le Fils de Dieu s'est fuit liomme. — Les hommes de couleur, les mulâtres, les hommes provenant du mélange de la race blanche et de la race noire. — L'homme propose et Dieu dispose, 1. s desseins des hommes ne réussissent qu'autant qu'il plaît à Dieu ; souvent nos entreprises tournent d une manière opposée à nos vues et à nos espérances.- — Il n'y a tète d'homme qui ose entreprendre de faire telle chose, il n'y a aucun homme assez hardi pour... On dit dans le même sens. Homme vivant, homme qui vive n'oserait, etc. — Ecriture, Les enkants DES hommes, les hommes, se dit principale- ment de ceux qui vivent dans l'iniquité. — Dans le style mystique, Dépouiller le vieil UOMME, SE DÉPOUILLER DU VIEIL HOMME, SB défaire des inclinations de la nature corrompue; et, dans le langage familier, renoncer à ses vieilles habitudes. — Se dit souvent par rap- port aux sentiments, aux passions, aux vicis- situdes, aux infirmités qui sont communes à tous les hommes, inhérentes à leur nature : avoir un cœur d'homme. — Il y a toujours de l'homme, il se mêle toujours de l'homme dans NOS actions, etc., quelque sage qu'on soit, on montre toujours quelque faiblesse. — Il entre BIEN DE l'homme DANS CE QU'iL FAIT, DANS CE qu'il dit, etc., s'emploie en parlant de celui qui, faisant profession de sagesse ou de piété, se livre néanmoins à des mouvements de pas- sion ou d'intérêt. — Se dit spécialement du sexe masculin : il y avait autant d'hommes que de femmes. — C'est un homme sans façon, se dit d'un homme aisé à vivre; et aussi d'un homme qui ne se gêne pas assez avec les autres. — En termes de dévotion. C'est un HOMME fort intérieur, très recueilli. On dit aussi. L'homme intérieur, pour l'homme spi- rituel, par opposition à l'homnic charnel. — C'est un saint homme, se dit d'un homme fort [lieux et d'une vertu exemplaire. — C est un PAUVRE HOMME, UN PETIT BOUT d'hoMME, UN PLAI- SANT HOMME, termes de raillerie et de mépris. (Voy. Pauvre, Bout, etc.) — C'est le roi des HOMMES, se dit d'un homme très bieiitaisant, très obligeant. — C'est un bon cceub u'houue, UNE donne tète d'homme, UNE BON PATS d'bOMME, façons de parler familières dont on se sert pour louer quelqu'un de la bonté do son cœur, de la force de son esprit, de la facilité de son humeur. — Bon uomue, a deux sens fort dillerents. Dans l'un, il se dit, par éloge, d'un lioiiime d'esprit, plein de droi- ture, do candeur, d'alicclion. Dans l'autre m. 290 HOMM sens, se dit, par dérision, d'un lionnne sihipic, peu avisé, qui se laisse duniiner et Iromper ; el alors on réunit urdiiiHirciiienl Us deux mois. (Voy. noiSiiosiuE et Ro.\). — Bonbommk, GARDK TA VACHE, Si; dil pour avertir iiuelquiiii do prendre ïaide qu ou ne li- Ironipi'. — Aij.Eu SON PKirninNHOMMii i)K (iiKMiN. vaijuer à SCS air.iires, pour.-uivre sis l'iiliepriscs tout doucement et sans éclat. — Hhavk uosimk, se dit d un honnête homme, d'un homme l)oii, obli;.'eant. — Cu n'kst pas ÈTni; iiomur, c'est être bailiaie, c'est n'avoir nul senti- ment d'humanité. — On ni: sait qlel homme IL est, on ne connaît pas son humeur. — Un uoMUK TOUT d'lne i'ièck, uii liuMime d'un ca- raclùre ei.lier el qui ne connait pas les mé- naieniiMits et les demi-mesures. — Ce n'est PAS UN UOUMK. c'est UN A.NGE, Se dit d'uM homme qui a une extrême douceur, une lou- chante cl pieuse rés gn.ition. olc. On dit dans le sens contraire, Ce n'ext ims un homme, c'i'xt î(() (iinlilc. — C'est le dehnier des houuks, c'est le plus vil. le plus méprisable de tuus Jes humilies. — Tant vaut l'hommf, tant vaut SA ïEiiiiË OU LA TEiuiE, Ics terrcs, les fonds de coinmcice, etc , rapportent, en proportion de la ca(iacilé de celui qui les possèile, de l'art de les laire valoir; et, en ^'éiiéral, chacun réussit dans son état en proportion de sa ca- pai-ile personnelle, — I.'n oua.nd homme, un Ijoiniiie distingué par des qualités éniineiites : ainsi muurul ce yi-and homnic. — Un homme nouveau, celui qui a l'ait loituiie, qui n'a pas de naissance; le premier de sa race qui se i'a>sc remarquer : Cùéron clail un homnic nou- teau. On appelle aussi iNouvel homme ou Homme Nouveau, le chrétien lé-jénéré par la grâce. — Il y a uranue uifféiie.nce d'homme a homme. — Face d'homme pokte veutu, lu présence d'un homme seit bien à ses allaires. — Jamais CHEVAL NI MÉCHANT HOMME N'aMENDA POUR ALLET. A H .ME, on ne se coirij;e pas de ses vices en voyageant. — Joint à un susbLantil parla pré- position de, sert à marquer la prol'es^iuii, l'état ou les q lalités bonnes ou mauvaises d'un honiine ■.homnic de guerre, d'éjfée.ii'Hijline, dérobe. — IbiMME du Jouii, homnieàla mode. — Homme du vieux temps, du temps passé, homme qui conserve les manières, les mœurs an- ciennes. — Homme du monde, homme qui vit dans le grand monde. Se dit quelque!'., par opposition au.\ savants, au.\ artistes, etc. : le aacanL el l homme du monde liront cet ouvrage aecc p/utiir. — L"n hjmme de sac et de coude, un scélérat, un lilou, un mauvais ganieineiit. — Homme de pied, tantassin. — Hommes de RECiiUE, soldats de nouvelle levée. - Hommes d'armes, se disait aiicieniiemeul d un cavalier arme de toutes pièces. — C'est un bon homme DE cheval, un bel uumme DE CHEVAL, il maijie bien un cheval, il abonne grâce à cheval.— Cela sent son homme de qualité, cela marque un hoiiinie de qualité, c'esl une chose digne d'un homme de qualité. - U'homme d'hon- neur, EN Homme d'honneur, façons de parler dont on se sert en aflinuaiil quelque chose. — C'est un homme de Du-.u, tout de Dieu, se dit d'un hoiiime fort pieux, fort dévot. — — Homme de confiance, homme à qui l'on conliu le soin de gérer ses atlaires. — Homme d'impoutance, huniine qui jouit de crédit, de richesse, de pouvoir. — H.jMme d'argent, homme qui ne s'occupe que d'altaires d'ar- gent, qui fait passer l'ai genl avant tout. — Homme DE paille, homme de néant, de nulle considération. Se dit plus particulièie- menl de ces gens qui piêlenl leur nom, el qu'on l'ail intervenir dans une allaire, quoi- qu'ils n'y aienl point de véritab.e inléieu — huMMEDE chamdhe. Se disait, aulref., d'un do- mestique emploie au service de la chambre, el qu on appelle aujourd'hui Viuel de chanU're. — HOMME d'affaires, se disait aulrel'., d'un homme employé dans les aliaires de liuance et dans les fermes du roi : il épousa ta fdte d'un homme d'affaires. Se dit mamteuanl d ,n HOMO affeiil d'ftfTaires : j'ai con/ir le soin de mort procès « un h'.mme d'uffains intelligent. So dit aussi d'un hniiime qui a soin des àlFaires do- mestique- d'un ?rand sci<»iicur, etc. : parlez à l'homme d''iffiiires d'un tel. — Homme des nois, nom donne vulKairemcnt à rorang-oiil.ins, et qu'on a[iplique aussi à d'autres f.'rands singes. — Homme marin, nom donné, par ignorance, à des phoques et à des lainentins. - Joint avec un iiilinitif ou avec un substantif par la prépositioii«,sert ordinairement à mar- quer, en bien ou en mal, de quoi ut) homme est cafialile : il n'est pas homme n sonffrir, à endurer un affront. - C'est un homme a tout, se dit d'un hoininequi est propre a dill'eienls genres de travaux, de service-, — S'emploie, avec le même complément, pour marquer de quoi un homme est digne, soil en bien, soit en mal; cl alors au lieu de dire. Il est homme à, ou dit plus ordinairement. C'est un homme à. Ainsi l'on dit : c'est un homme a noyer, à pendre. — Avec les adjectifs possessifs, si- gnifie souvent, un homme propre et con- venable' a ce qu'on veut, l'homme dont on a allaire, un hoiiiine tel qu'il faut : (.'«< nion honiine. On dil en ce sens, mais en |ilaisaii- laiit : vous avez bien trouvé voire homme. — .Se dit également d'hummes soumis au,\ ordres d'un autre, el plus particulièrement des sol- dats et des hommes de peine : rassemblez vos hommes. — Se dil aussi pour rhoinme dont il s'agit, dont on parle : n'ayant pas trouvé son homme où il l'avait laissé... — Se dit quelque!'., dans un sens analogue, en parlant de la manière dont certaines personnes liailent quelqu'un, dont certaines choses agissent sur qiiebju'un -.c'est un habile spa- dassin qui ne manque jamais son hoinm- , qui vous a bientôt expédié son homme. — Pop. Alan : j'irai avec mon homme souper chez vous. — Jurispr. féud. V.issal le seigneur féodal pou- vait, par faute d'homme, mettre en sa main le fief qui relevait de lui. On dil dans le même sens ; homme lige. — Homme du roi, s'est du autref. de celui qui avait quelque commis- sion du roi, soil au dedans ou royaume, pour assister à quelque assemblée, ou pour quelque autre fonction; soil au dehors, auprès de quelque jirince souverain : il Était l'homme du roi aux étals de Languedoc. — Par exl. Il est l'homme d un tel, il est présenté, commis, délègue, rétribué par lui. — Homme de cœur, homme de fermeté ; se montrer hoi7ime. — Par mépris, Ce n'est pas un homme, c'est un homme laible. — Celui qui est parvenu à l'âge de virilité : ce n'est encore qu'un enfant; quand il sera homme... — Celui qui est digne du nom d homme. Les républicains sont des hommes. Les esclaves sont des enfants. M.-J. CBÉNlRn. — iN'ÉTRE PAS HOMME, être impuissant, être incapable de procréer des enfants. HOMMEAO s. m. Petit homme. (Vieux.) HOMO, HOMOIO, HOMŒ, HOMŒO (gv.homos, et humuios, .-eiiiblablc). Préfixes qui entrent dans Id formation d'un certain nombre de termes scientiliques. HOMOCENTRE s. m. (préf. homo; franc. centre). Ceom. Centre commun de plusieurs cercles. ' HOMOGENTRIQUE adj. (rad. homocentre). Anal, be dit des cercles qui ont un centre commun, el que l'on nomme aussi Concen- trique.';. HOMOCERCAL, ALE, ALS adj. (préf. homo; gr. lierhos, queue). Icht. Se dil, par opposition à hétéi oeeicat {vuy. ce mot), des poissons dont la na^:eoire anale est formée de deux parties égales. •HOMOGÈNE adj. (préf. homo; gr. genos. race). Didacl. Qui est de même nature . les HOMO ' liairties hom'i'jénes. — Quelquef., qui est formé de partie.^ homogènes : un tout homogène. Se dil au sens moral en parlant d'un peuple, d'une réunion de personnes en communauté de principes, de sentiments : wit ndiûinistra- tion homogène. — Algêb, Qi.'antItés houo- i.ÈNEs, quantités qui otil la même puissance, la même dimension. —Calcul intégral. Eol'a- tions HOMociiNEs, équatious où les variables el leurs dillérentielles sont au môme degré dans lou^ Ic^ l>rmos. * HOMOGÉNÉITÉ s. f. Didact. Uualité de ce qui est humoL'ène. HOMOGRAMME ou Homographe adj. (préf. homa; f.'i , gramma, b-ltic; gr'phrin, écrire). Gramm. Se dit des mots qui ont la même or- tliogiaphe sans avoir le mèrne sens, comme hiere, boisson, eihiérc, cercueil. HOMOLE s. f. (gr. homolos, aplati). Crust. Genre de décapodes, voisin des crabes el comprenant deux espèces qui vivent dans la iMcditci'raiiee. iidj, (Jui peul être homo- HOMOLOGABLE logiie. HOMOLOGATIF, IVE idj. Qui homologue. •HOMOLOGATION s. f. Jurispr. Action d'ho- molo^'ijcr : homologation d'un avis de parents. — Législ. «L'homologation est une tormalilé prescrite par la loi el qui s'ariplique à cer- tains actes. 1,'bomologalion par jugement est iiidi-'pensable pour la validité d'une adoption. et pour celle de la délibération d'un conseil de famille autorisant un mineur à emprun- ter, a aliéner des Imineubles, elc. L'homolo- gation par jugement du tribunal de com- merce e.sl nécessaire pour l'exécution du con- cordat d'un failli. En raalière administrative, lorsqu'une transaction a été consentie par un conseil municipal, elle doit être homologuée par un arrêté préfectoral pris en conseil de prélecture. Les tarifs de chemin de fer fixés par les compaguies, doivent, avant d'êlre ap- pliqués, avoir été homologués parle ministre des travaux publics. » (Cii. Y.) HOMOLOGIE s. f. Etat de ce qui est homo- logue. HOMOLOGIQUE adj. Anal. Qui a rapport à l'hoiiiolu:.'ie. * HOMOLOGUE adj. (préf. homo; gr. logos, rapport.;. Geurn. Se dit des côtés qui, dans des hgures reclilignes semblables, se correspon- dent el sont opposés à des angles égaux : dans les triangles semblables, les côtés'homo- loyues sont proportiomiets. — ** Chim. Corps Homologues, substances organiques qui rem- plissent les mêmes fonctions et suivent les mêiiies lois de métamorphose : l'acide for- miquc et l'acide vinique sont homologues. — Anal. Parties homologues, parties identiques dans diU'erenles espèces : le pied de l'homme a son liomologue dans le pied du cheval; la main de l'homme a son homologue dans la main de l'aile d'un oiseau. (Voy. .\ile.) — Mus. Sons ho- mologues, ceux qui ont entre eux les mêmes rapporls d'intervalles. * HOMOLOGUER v. a. Jurispr. Se dil du juge qui donne à un acte fait par des particuliers la force d'un acte fait enjuslice ; homologuer une seiiteiiee arbitrale. * HOMONYME adj. ipréf. homo; gr. onuma, nom). Gramm. .Se dit des choses qui ont un même nom, quoiqu'elles soient de nature dill'érente; et plus oïdinaireinenl des mots pareils qui expriment des choses diliërenles : les différentes choses exprimées par te mot Ca- non sont homonymes; Mule, animal, et Mule, chaussure. Chêne et Chaîne, Sain et Sein, sont homonymes, sont des mots, des termes homony- mes. — s. m. Mot qui s'écrit ou se prononce HOND HOND liOND 291 comme un autre mot sans avoir le même seus, ex. : Cinq cordelierp, à l'œil vîf, au corps sain. Ceints du cordon d'un saini que l'on réfère, GaiiTH-nt murrh.iieiil, em|mrt«nl dan^ Irur sexn Quelques agnus et le s^/";(^ du sam^-père. — Se dit quelquefois lies personnes qui portent le même nom, sans être parentes : il ne faut pas confnnih-e cet auteur avec son homonyme. ' HOMONYMIE s. f. Gramm. Qualité de ce qui est honion\ ini' : l'homonymie des termes. HOMOOUSIENS ou Homousiens s. m. pi. (gr. ôuo;, pareil; o-j'o-ta, être, essence). Terme créé au iv" siècle pour distinguer le parti athanasien ou orlliodo.xe de celui des ariens, appelés hétérousiastes (irsooq , différent, et ovTia] et des semi-ariens qui furent nommés homoiousiens (gr. oftoioç semblable, et o'jTea). (Voy. .\iiian:sme.) • HOMOPHONIE s. f.(préf. homo; gr. phoné, son). Loncerl de plusieurs voix qui chantent à l'unisson. HOMOPTÉRE adj. (préf. homo; st. pteron, aile). Knloiii. Qui aies ailes semblables entre elles. — s. m. pi. Section de l'ordre des hé- miptères, comprenant ceux qui ont les ailes postérieures semblables aux antérieures. Les homoptères se divisent en trois familles : ci- cadaires, ophidiens vlgallinsecles. HOMO SUM ET HUMANI NIHIL A ME ALIE- NUM PUTO loc. lat. qui signifie : Je suis homme et rien de ce qui touche à l' humanité ne m'est étrang/r. Pensée tirée d'une comé- die de Térence (L'homme qui se punit lui-même, acte 1, se. i). HOMOTHERMAL, ALE.AUXadj. (préf., /tomo; franc, thermal). Phys. Qui a la même tempé- rature. HOMOTHÉTIE s. f. (préf. homo ; gr. tithêmi, je place). Uéom. Relation qui existe entre deux séries de points quand les points de chacun des deux .systèmes sont deux i deux en ligne droite, avec un centre commun, et sont séparés de ce centre par des distances dont le rappiirt reste constant. HOMOTHÉTIQUE adj. Géom. Se dit des points qui ollrenl le caractère de l'humothétie. 'HOMPESCH (Ferdinand von) ['hôram'-pèch], le dernier f:r,ind-iii.iitre de l'ordre de Saint- Jean, né à biissciiluif en 1744, mort en 1803. Il était d'une famille noble de Prusse. A l'âge de 12 ans, il se ♦'endit à Malle, où il par- vint au rang de grand-croix grâce à l'in- fluence autrichienne. En 1 797, il devint grand- maître. Quand Bonaparte, se rendant en Egypte, s'empara de Alalte (1798), Humpescb refusa l'oli're d'une pension et fut envoyé à Trieste, où il protesta contre les événements accomplis et se démit de ?a dignité en faveur de Paul I"deRussie, qui lui accorda une riche dotation. Plus tard, il obtint de Bonaparte un secours de 1 5,000 fr. HOMS, Hums ou IIems (anc. Emesu ou Emis.sa;, ville fortifiée de Syrie, à liO kil. N.-E. de Uumas. a un kil. iji de la riv.ère .\asy ou Orunle; environ 3j,uOO hab. (dont 7,0.i0 Grecs chrétiens). C'est une ville floris- sante. Ses maisons sont balles en basalte noir. Au temps du paganisme, Enièse fut cé- lèbre par son magnifique temple du Soleil, dont un des prêtres, Héliogabale, devint em- pereur de Uipiiie (218 apr. J.-C). Zénobie fut vaincu dans son voisinage, en 273, par l'em- pereur Auiélien. Après bien des vicissitudes, la ville fut ajoutée à l'empire ottoman en I.')I7. En juillet 1832, Ibrahim-Pacha y rem- porta une victoire déci.-ive sur le pacha d'Alcp. *' HONCHETS s. m. pi. Sorte de jeu d'en- fants. (\oy. Jonchets.) H0NDSCHOOTJ3. ch.-l. de cant., arr. et à 20 kil. E.-S.-E de Dunkerque (Nord), sur un embranchement du canal de la Basse-Colme; 3, lia liab. Blanchisseries de toiles, tanneries, pépiiiières. Fameuse victoire des Français, commandés par Bouchard, sur les Anglo-.-Vu- Irichiens commandés par le duc d'York (8 sept. 1793). ' HONDURAS ['honn-dou'-rass], Republica del Honduras, république de l'Amérique cen- trale, entre ISoKi' el IG"?/ lat. N.. et entre 8:i''22'el9l°S7'long. 0,,bornéeau.\" et à l'E. par la mer Caraïbe, au S. par le Nicaragua, l'océan Pacifique el San-Salvador, elà lU. et au N.-O. parle Guatemala; 630 kil. de lon- gueur de l'E. à 1 0.. 3.'0 kil. du N. au S. dans sa plus grande largeur; 119,820 kil. carr., 400,000 hab. Capitale : Tegucigalpa (2o,000 h.; La ligne de côtes de l'Atlanlique est d'invi- ron 600 kil. A l'E. de :S7" long 0., elle est comparativement plate, basse el marécageuse; à l'O. de ce point, elle est souvent élevée et montagneuse. La li^ne des cotes sur le Paci- fique a seulement 80 kil., elle est très irrégii- lièro et basse. Les deux côtes sont malsaines, mais l'inUuence miasmatique ne s'étend pas loin dans l'intérieur. Lesportsprincipaux sont Omao, Trujillo, Puerto-Cortès (autrefois Puer- to-Caballos) et Amapala; les trois premie.s sonl sur la mer Caraïbe et le dernier dans la baie de Fonseca, sur l'océan Pacifique Prise dans son ensemble, la contrée est esseniiel- lemenl montagneuse, mais très variée. Une chaîne de monfagnes, la Sierra .Madré, entre dans la ré| ublique sur la f'ronlière du Guate- mala el se sépare en deux grandes bran- ches. La première touche a la baie de Hon- duras, se terminant dans les montagnes de l'Omao dont l'altitude moyenne est de 2,606 m. elle maximum de 3,000. La seconde incline au .N -0. el forme le grand groupe appelé montagnes Selaque, dont le pic le plus élevé a 3,333 m. D'autres groupes de monta- gnes sont : le Puca, i'Opalfica, le San Juan, le .Montecillos. le Santa-Birbara, le Canchia, le Coinayagua, le Lapaterique, le Sulaco, le C.hili et le Congrehoy. Parmi les nombreuses plaines pittcu-esques el fertiles du territoire, nous citerons celles de Comayagua (60 kil. sur lo), d'Espino et de Senscnti. Les princi- pales rivières se jettent dans l'Atlantique. La Ségovia (appelée aussi Coco, Oro et Wanks), l'orme une partie de la frontière du S. Le plus grand rouis d'eau com|iris entièrement oans le territoire de la république est l'Ulua. formé par les eaux réunies du Santiago el de i'Humuya. Elle est navigable pour les vapeurs d'un petit tonnage pendant environ 9.) kil Plus loin, à l'O.. est le Chameljcan. Dans l'E se trouvent le Rio linto et le Pâtura. Le Goas- corail et le Choluteca se jellent dans la baie de Fonseca. Le seul lac iinporlant est celui de Yojoa, dans le fond d'une vallée, entre les montagnes de Saola Barbara et de Can- chia, à une élévation de 685 m.; il a 40 kil. de long sur l.ï de large, avec une profondeur moyenne de 4 brasses. La partie E. de iacôle caraïbe est garnie de lagunes et de marais salés, quelques lagunes ont uneelendue con- sidérable, comme la Laguna de Carlago qui mesure 60 kil. de long et la Laguna de Car- ti ne qui en mesure 90. Dans les premiers lemps, l'exploitation des mines formait une indus- trie prospère. Aujourd'hui, < Ile est en pleine décadence; des centaines de mines suscepti- bles d'être exploitées avec profil sont aban- données. L'argent el l'or sonl les métaux les plus abondants; les mines d'argenlse trouvent dans les chaînes de monlagnesduS.-O., tan- dis que l'or est plus abondant vers l'Atlan- lique. On trouve aussi du cuivre, du fer, du plomb, du charbon cl du marbre. D'antiques monuments, répandus dans le voisinage de Copan, prè^ de la froiilièrede Guatemala, et analogues à ceux de Palonque, |iaraissent té- moigner doroccU|)alion primitive de ce pays par un peuple civilisé. Le clmial est chaud sur la côte caraïbe, mais remarquablement doux et unilorme sur les plateaux. Sur la côte Caraïbe, la saison sèche dure de novembre à juin. Le sol est e.vtrômement fertile; dans les légions des côtes, la véf.'éia:ion estlrès abon- dante en espèces tropicale.--, el sur les plaleaijx élevés de l'iiilérieiir: le maïs et les céréales d'Europe donnent de riches moissons presque sans culture. La canne à sucre est indigène. Le café vient aussi, mais sa culture est négli- gée, de même que celle de l'indigo et de plu- sieurs autres plantes lincloiiales; la coche- nille n'est plus l'obel d'aucun soin. Un exe :)- lent labacest produit sur le terrilo redu Hon- duras el A Cufia, où on le prépare el on le vend comme production cubaine. Le piment, le ca[isicum, les fruits el ditterents végétaux de la zone tempérée, le manioc et les igna- mes sont cultivés dans l'intérieur. La Uore forestière comprend l'acajou, le bois de rose et d'autres bois d'ébénislerle. Le fuslic, le bois de Bré.-il, l'annalo et d'autres bois de teinture, lesgommicrs. desarbresmédieinaux, le copahu, lecopal, leliquidambar. lesarbres à caoutchouc, l'ipécacuaiiael le palmaCbrisli (produisant l'huile de ric-iii) y abundenl aussi. Dans les plaines de rinteneui', de grands troupeaux de bœufs, de chevaux, d'ânes et de mules trouvent des pâturages riches et abon- danis. L'industrie consiste exclusivement à labi iquer de grossières éloUés de laine, d'us- tensiles de ménage et d'instruments aratoires. La récolle de l'acajou est une occupation importante en -août, septembre el octobre. Les principaux articles d'e.\purtalion sont : l'acajou, le labac, les bœufs, les peauv, la sal- separeille, l'indigo et d'autres articles île tein- ture. La valeur des expurlations peut être estimée à 13,l--i*9i. Le pouvoir exécutif est confié à un président élu pour 4 ans et assisté d'un conseil d'Etiil Le pou- voir législatif appartient à un congrès com- posé de 37 députés élus pour i ans par le suffrage direct. Les lin.inces sont ilans un grand^désordre. Le revenu, dont un tiers est dû à la douane, est estimé à 9 mi. lions de fr. On ne connaît pas au jn.sle la dette nationale; lit delte élrangén> peut être éva- lué à 400 millions de fr. L'éducation est des plus négligée; outre les prétendues univer- slles de Comayagua et de Tcguciiialpa. ou compte quelques raies écolesoù se donne une instruction primaire. La religion du peuple est le catholicisme romain, -ous la juridiction de l'évêque de Comayagua. - La côte du Honduras fui découverte parColombcn I.j02; en 1526, Corlè- prit possession du pays el fonda les villes de Trujillo el de Puerto Ca- ballos. En 1823, le Honduras entra dans la conlédéralion de l'Amer, que centrale, mais en 1839, il forma une republique indépen- 292 HOND nONTr HONG daulc. Depuis celle époque, il a été conli- nuellemeiil Irnublé par des trucnes rivilcson étrangères. La ville dOtiioa lui lioiril)ardi'e par les Anglais le Ht aoflL 1873. La conslilu- lion est presque sans vigueur, et il est rare qu'un président arrive an ler/ne de son man- dat. Le péiiiral Mtdina, élu en 1870, fut dé- posé en mai 1872 ii la suite d'une invasion des troupes san-salvadoriennes; son sui'ees- seur, don Celeo Arias, élu en 1872, dut l'uir de sa eapilale devant linvasion et l'ut renver.'^é du pouvoir en février 1871. Après lui furent nommés don Pomîiano Lalva (|878-'7()), don Crerencio Goniez (t870-'77) el don Marco Are- lio Soto, élu le 29 mai 1877. — Mo.nnaies. DoIlar= 100 cents. — Poids ktmesurks, comme en Espagne. — Bini-ioGu. Iloinhiras cl ses /lOî'is: Documents officiels sur le chemin de fer inler- océmiiqnc. parE. Pelli.'lier (Paris, I8G9, in-8°). HONDURAS (Golfe de), large bras de la mer Caraïbe, entre la république de Honduras au S., le Honduras anglais et le Yucatan h l'O. et Guatemala au S. -0. La côte 0. est d'un difficile accès, parce qu'elle est longée par une ligne de caves de coraux ; la côte du Honduras, où se trouve la haie des Iles, l'sL d'un accès facile. Elle estremar(]uable par la grande profondeur di> ses eau.x, ce qui donne l'élymologie du mut Honduras (esp. hondura. ]irol'orii|pur). HONDURAS ANGLAIS ou Balize, colonie an;;laise de rAnii'ric[ue centrale, entre i;;» 54' et 18° .10' lut. iN., et entre 90» et 92°î)0' long. 0., bornée au i\.-0. etauN. parle Yucatan, a l'E. par la baie de Honduras et auS. et au S.-Û. par le Guatemala; 30.000kil. carf. ; S'o.OQO hab. appartenant surtout à la race noire. Territoire très accidenté. La côte, généralement basse et marécageuse, est garnie d'ilols et de caves. Les plus grandes rivières sont : le Hundo (sur la frontière N.), New-River, la Balize, le Sibun et le Manatce. Le climat, quoique généralement dou.t, est peu favorable aux Européens. Pendant la saison buniide, de juin à octobre, des pluies abondant es sont fréquentes et les terres basses deviennent malsaines. Le sol, généralement très fertile, est partagé en deux divisions : celle des sapins et celle des cahoums. La première, propre aux sapins, est couverte de vastes prairies. Dans celle des cahoums, le sol convient à toutes espèces de plantes eu- ropéennes, ainsi qu'a un grand nombre d'espèces tropicales alimentaires; dans les broussailles, qui y sont très épaisses, croissent le coton sauvage et de grands arbustes. Le riz, l'arrowrool, le ma'is, les ignames, le manioc, les fruits tropicaux, le sucre, le café, le coton et l'indigo viennent presque partout. La culture du tabac, assez impor- tante, donne des qualités peu inférieures à celle du meilleur cuba. Le grand article d'exportation est l'ai ajou dont la coupe constitue l'industrie principale des habi- tants. Le campêcbe se trouve en quantités immenses, et le palmier cahoum, dont la noix produit une huile excellente, abonde aussi. Le pinus occidentalis donne du goudron et de la térébenthine. Les exportations prin- cipales sont, outre l'acajou ; le campêcbe et d'autres bois de leinture,lesucrenon ralliné, le café, le coton brut et le caoutchouc. Un curieux article d'exportation est une espèce de buccin, que l'on trouve en abondance sur les récifs de coraux qui bordent la côte. Im- portations, 180,000 livres sterling; exporta- lions, 240,000 livres; revenus, 44,000 livres; dépenses, 40,000 livres; dette publique, 1.5,000 livres. L'éducation est négligée. Le Honduras anglais fut élevé au rang de colonie en 1862. Lelieutenantgouverneur est nommé par la couronne. — Le pouvoir législatif ap- partient a un conseil composé de sept magistrats élus annuellement par le peuple. Quelques colons anglais de la Jamaïque, attirés par l'abondance et la qualité de l'aca- jou et du campéchc récollés dans ces parages, fondèrent les premiers établissements per- manents du Honduras anglais, vers 1ti07. Les Espai-'iiols essavèi'ent plusieurs fois d'enlever celle cidunie aux Anglais, mais ils ne purent y réussir. — Capitale, Balize. ' HONKSDALE [' hônn'-sdèle], ville de Penn- sylvanie (Ltats-L'ni.s),auconlluentdes criques Lackawaxen et Dyberry ii 200 kil. N.-O. de New-York; lu uuu hab. HONEST ou floneste fSaint), disci[de de saint S.itiiinin, né a iNiiiirs. mort en Es- pagne en :'(iO. Saint Satui iiiii le chargea de (irêcher l'Evangile dans la Navarre et en Biscaye. Eéle le 6 février. RONFLEUR [on-fleur], Honflorium, ch.-l. de cant. et vdie niai'itime, arr. et à 16 kil. IN. de Pont-l'Evéque (Calvados), sur la rive gauche de l'estuaire de laSeine, età U kil. S.-E. du Havre, qui se trouve sur l'autre live du lleuve; y,2'Jj hab. Patrie du iicmlre Dagueire et des marins Binot-Paulmier. Doublet, Buitard, Hanielin, etc. HonUeur, qui Joua un fc'rand rôle pendant la guerre de Cent ans, fut plu- sieurs fois prise et pillée. Charles Vil en chassa délinitiveinent les Anglais en 1440. Ce fut la dernière ville que Henri IV reprit sur les Ligueurs en 1il94, elle ne se rendit au Béarnais qu'après avoir essuyé 2,700 coups de canon et avoir vu crouler ses fortilica- lions, qui ne lurent plus relevées. En 1398, à l'issue de la paix de Vervins, ses hardis marins, sans autre secours que leurs propres ressources, allèrent fonder Québec et créer d'importants comptoirs à Java, à Su- matra et à Achem. Peu a peu, le chenal d'Hoiifli'ur s'est encombré d'une épaisse couche de vase, ce qui a compromis la pros- périté de son port; la fondation du Havre lui a porté un coup fatal. Le port se compose de doux bassins et d'un vaste avant-port entre deux jetées. Le 6 sept. 1881, un nouveau bassin a été inauguré et de nouvelles di:.ues ont été édifiées. Des travaux énergiques combattent les envasements, et tout lait es- pérer que la ville reprendra son ancienne importance. Deux phares de 12,000 m. de portée; chapelle de iNotre-Dame-de-Grâce, fondée au xi" siècle par Robert le Magnifique et lieu de pèlerinage fréquenté parles marins. Pêche considérable. Exportation d'oeufs et de fruits en Angleterre. ' HONG, nom chinois donné à toute facto- rerie étrangère ou à un établi.ssemenl de commerce. Le mot hong signifie rang ou série. 'HONG-KONG [port rouge] ou ' Hiang Kiang (rivii-res parfumées), colonie anglaise .le Chine, comprenant l'île de Hong-Kong et une partie de la péninsule de Kooloon sur le continent. L'île se trouve en faie de la pro- vince de Kwangtung, à l'E. de l'estuaire de la rivière de Canton, à 50 kil. E. de Macao et à liO kil. S.-E. de Canton; 83 kil. cirr.; -21.441 hab. La péninsule de Kooloon a 12 kil. carr. Sur le côté N., l'ile est séparée du continent par un canal étroitet irrégulier qui mesure de 350 m. à 1 kil. de large. A l'extrémité 0. de ce détroit se trouvent la rade de Hong-Kong et la baie de Victoria; cette dernière forme un port spacieux. La surface de l'ile est accidentée et inégale, une très petite partie seulement est susceptible d'être cultivée. Le climat est chaud, mais assez sain. La population comprend 150,000 Chinois, 6,000 Européens et Américains et 3.000 ladous. Le principal établissement de l'ile est la ville de Vicloria. sur la baie du même nom, par 22° 16' 30" iat. N. et 111° 49' 5" long. E. Cette ville a une étendue de 4 kil. le long du rivage, et elle s'élève en terrasse sur les collines. On y a dessiné de beaux jardins et creusé beaucoup de puits; elle renferme environ 9.ï,000 hab., dont 90,000 Chinois. Environ 13,'iOO pauvres vivent dans des bateaux, sur le port. — L'ad- ministration de la colonie ist entre les mains d'un gouverneur assisté d'un conseil exécutif. II y a aussi un conseil législalif présidé par le gouverneur. Ilong-Kon;; est le quariier général des forces militaires et navales an- glaises en Chine et au Japon. C'est un port libre. La poste et les impôts donnent un revenu plus que suffisant pour couvrir les dépenses de I administration. La colonie paie annuellement 20,000 livres sterling au gou- vernement anglais comme contribution mi- litaire; elle n'a pas de dette publique. Son commerce a lieu principalement avec la Grande-Brelagne, les Etats-Unis et l'Alle- magne. La moyenne des importations est d'environ 50 millions de francs et l'exporla- lion d'environ 2;l millions. Les principaux articles d'importation sont les tissus, princi- palement le coton ; le commerce d'exporta- tion roule principalement sur le thé ch nois. Hong-Kong, occupé par les Anglais en 1841, leur fut abandonné par le traité de Nankin en 1842. La péninsule de Kooloon leur lut cédée en 1801. " HONGRE adj. m. (anc. forme du mol hongrois^. (;ii,'ilré. Ne se dit que des chevaux : un du cal li'iiigre. — s. : c'est im hongre. "HONGRER v. a. Châtrer. Ne se dit qu'en parlant des chevaux : hongrer un cheval. ' HONGRIE (Iat. Hungarin; hongr. Magya- roriia;/, terre Madgyare ; ail. Ungarn], contrée de 1 Europe, autrefois royaume indépendant, unie ensuite à l'Autriche , formant, de 1849 à 1867, une terre de la couronne et, depuis 1SC7, l'une des deux divisions principales de la monarchie austro-hong'roise. La Hongrie ou Autriche transleilhunc, comprend (depuis la réorganisation de la frontière militaire en 1873) la Hongrie proprement dite la Transyl- vanie, la Croatie et la Slavonie, comme dé- pendances de la couronne de Hongrie, et Eiuine. Elle possède en commun avec l'Au- Iriche cisleithane : un ministère impérial (af- faires étr^n-ères, maison impériale, finances et guerre). Dans l'article Autriche, nous avons traité delà monarchie austro-hongroise. Nous traiterons ici des terres de la couronne hon- groise, et spécialement de la partie que l'on appelle Hongrie proprement dite. La Honf;rle (dans le sens le plus étendu de ce mot) est située entre 44° 11' et 49° 35' Iat. .\., elentre l2o 5' et 24° 10' long. E. ; elle est bornée au N.-E., au N. et à l'O. par l'Autriche cisleitha- ne et au S. et à l'E. par la Bosnie, la Servie et la Roumanie ; 322.250 kil. carr. ( dont 22,5,428 pour la Hongrie proprement dite); 1 5,700,000 hab. (dont 1 1,720,000 pour la Hon- grie proprement dite). — La Hongrie forme un vaste bassin entouré presque entièrement par les Carpathes (dont les monts de l'Ore Hongrois, les Matra et les Hegyalja, sont des ramifications) et par la continuation des alpes Noriques et Carniques. Le Danube, qui pénètre en Hongrie entre Vienne et Pres- bourg, reçoit les eaux de toutes les autres rivières, excepté le Proprad. Ses principaux affluents sont: à droite, la Lailha, la Raab et la Drave, qui sépare la Hongrie propre de la Slavonie et qui reçoit la Mur; a gauche, la March, la Waag, la Neutra, le Gran, l'Eipel, la Theiss et la Ternes. La Tlieiss prend sa source dans le nord-est, et reçoit la Bodrog, l'Hernad, la Sajo et la Zagyvaà droite, et la Szamos, la Kœrœs et la Maros à gauche. La plupart des rivières de la Croatie et de la Transylvauie (parmi lesquelles la Save sur la frontière turque et l'Ait), sont aussi tributaires du Danube. Dans la division S.-O. se trouvent les deux principaux lacs, le Balaton et leNeu- siedler. De vastes îles sont formées par les branches du Danube. Le climat est doux , ce qu'il doit à la grande barrière seplentnoaaie HONG formée par les Carpathes. Dans la grande plaine centrale, le climatressemhle àcelui du nord de l'Italie, mais des déserts sablonneux contribuent beaucoup à l'aridité des vents d'été. La fertilité du sol est extraordinaire, sauf quelques exceptions. Les productions vé- gétales comprennent : le blé, le maïs, le chan- vre, le lin, les melons, les abricots, les prunes, les groseilles, etc.; le tabac est monopolisé par la couronne; amandes, figues et olives sur la Irontière du sud; poivre de Turquie, carthame, garance et autres plantes tincto- riales. Dans les régions montagneuses, de belles forêts couvrent d'immenses étendues de terrain. — Sous le rapport du climat et du sol, la Hongrie est extraordinairement propre à la culture de la vigne; mais, bien que le vin y soit produit dans presque toutes les localités, une quantité comparativement petite est livrée au commerce. La production totale est d'environ un milliard de litres, dont environ "200 millions sont susceptibles d'être exportés. C'est une singularité des vignes de Hongrie, que les grappes qui mûrissent de bonne heure éclatent souvent et déchargent une partie de leur jus, après quoi ellessèchcnt etsontconvertiesen masses de sucre, appelées aszic (ail. trockenbeeren) ou baies sèches. Ces baies sèches se trouvent rarement dans toute la grappe, mais sont mélangées avec les autres graines. Il est d'habitude, lors de la vendange, de séparer les bais sèches des autres; quand les grappes sont mises sous presse sans avoir subi ce procédé, le produit est connu sous le nom de vin naturel. Les variétés de choix sont faites de vins ordinaires avec l'addition d«s baies sèches. C'est le maslas; renforcé |)ar des grappes sèches, au delà d'une cer- taine quantité, le vin devient aszubor (ail. iiiisbnwh). Le plus fameux vin de Hongrie est le tokay, provenant des vignobles qui rouvrent les pentes de la chaîne des collines de Hegyalja, près de Tokay (Hongrie septen- trionale). On le distingue en cinq qualités, la liremière, appelée essence, est le vin le plus cher du monde. Parmi les autres vins hon- grois de première qualité, mais classés après les lokays , sont le Ménes-magyarat, l'aus- bruch rouge et blanc, et des vins naturels (environ 12 millions de litres), et les vins de Rust, produits dans la contrée qui s'étend à l'ouest de la rivière Raab (entre 1,600,000 et 1,800,000 litres de vin blanc, fort, d'ausbruch doux et de vin naturel). Les vins de la seconde qualité comprennent ceux de Somlyo, de Ba- dacsony, de Meszmély, d'Erniellék, d'Azered- nye, de Nograd et de Krasso (blancs); et ceux d'Erlau, de Visonta (appelé aussi Schil- ler). de Szegszard , de Villany, du Bude (Of'ner), et de Krasso (rouges). Ceux des troi- sième et quatrième classes sont à peine con- nus au delà des limites du pays dans lequel ils sont produits. — Depuis quelques années, les chevaux hongrois font une rude concurrence aux anglo-arabes. Le 0 iiov. 1874, Caradoc. monté par le lieutenant hongrois Lubowilz, arriva à Paris, ayant fait le trajet depuis Vienne en 15 jours. En juin 1876, Kishcr battit ses concurrents au grand prix de Paris. — Belles racesde bœufs(y compris des bulllcs) et do moutons. Los poissons, les abeilles, les sangsues sont en abondance. Parmi les mi- néraux, ou trouve de l'or, du fer et du cuivre, de l'argent, du zinc, du plomb, du charbon, du cobalt, du nilre, de l'antimoine, de l'arse- nic, du soufre, de l'alun, do la soude, du sal- pêtre, du potassium, du marbre, du cristal, de la craie, du sel, particulièrement dans le comté IN.-E. de Marniaros ; du jaspe, de la calcédoine, des hyacinthes, des améthystes, des agates et de très belles varieté.s d opale (à Saros). 11 y a plus de 300 sources d'eau.t miné- rales. — Les principaux articles d'exportation sont : le blé, les noix de galle, le miel, le vin, le lab.ic, le cuivre, la potasse, les bœul's, les moulons, les peaux, la iaiue et les eaux-de- HONG vie. Des vapeurs font le service du Danube et lie la Theiss, et un réseau de chemins de 1er relie les différentes parties de la contrée. Les |iiincipales villes pour l'instruction sont Buda- Pesth (capitale), Presburg, Debreczin et Pa- tak, outre Klausenburg, en Transylvanie. — Le territoire est peuplé de nationalités très diverses. Il y a les Madgyars ou Hongrois pro- prement dits, race prédominante (environ (i millions d'âmes, comprenant les Szeklers de Transylvanie), répandue principalement dans les régions fertiles du centre et du sud- ouest ;lesSlovaks (1,900,0(10) dans les reliions montagneuses du nord-ouest et du nord; les Ruthènes (4.50,000), dans les régions nord-est; les Croates et les Serbes (Rasciensl dans le sud- ouest et le sud (environ i, 500,000; 800,000 dans la Hongrie propre); les Roumains dans le sud-est (environ ">, 500,000; environ 1,300,000 dans la Hongrie propre); les Allemands (2 mil- lions; 1 ,700,0(10 dans la Hongrie propre), et les Juifs(600,000), princiiialeinent dans les villes; les Zingari (30,000). L'éducation publique fut réorganisée en 1868; elle est obligatoire. — La diète hongroise se compose de deux cham- bres : la table des magnats et la table des dé- putés. La première se compose d'archiducs, de lanoblessehéréditaire,desévêques(y com- pris l'archevêque primai de Gran), des prési- dents de comtés et d'autres dignitaires. La table des députés (élus pour trois ans) com- prend 444 membres, dont 3.34 appartiennent à la Hongrie propre, 73 à la Transylvanie, 1 à Fiume et 34 à la Croatie et a la Slavonie. Le ministère hongrois consiste en un prési- dent et en fl ministres. Le revenu publie dé- passe 'liO millions de florins, les dépenses s'é- lèventà 230 millionsde florins. Politiquement, la Hongrie propre est divisée en quatre grandes divisions naturelles ou cercles, subdivisé? en comtés, et dits, par rapport à leur position, Cis-Ûanubien (N. et E. du Danube), Trans- Danubien (S. et 0. du Danube), Cis-Tibiscan (iN. et 0. de la Theiss), et Trans-Tibiscan (S. et E. de la Theiss); et en trois districts : Jazygia (Jdszsdg), avec la Grande et la Petite- Cumanie {Kunsag}; le.? villes Haydoukes (Ha/- (lou-Yérosok); et Koévar. Les comtés sont les suivants : cercle cis-danubien : Presburg (Poz- sony), Neutra (Nyitm), Trentschin (Trcnc- sény), Arva, Turocz. Bars, Lipto, Zolyom, Hont, Nograd, Pesth {Peft), Gran {Észteryom), Bacs ; cercle trans-daiiubien : Wieselburg (Mosony), Oedenburg (Soprony), 'Vas, Zala, Somogy, Baranya, Tolna, Vesz|iréra, Raab (Gyocr), Comorn [Komarom], VVeissenburg {Fcji'r); cercle cis-tibiscan : Heves, Borsod, Gœmœr, Zips (Szepes), Saros, Torna, Abauj, Zemplen, Ung, Bereg; cercle trans-tibiscan : llgocsa, Àlarniaros, Szatmar, Szabolcs, Bihar, Békes, Arad, Gsanad, Csongrad, Torontal, Ternes, Krasso, Middle, Szolnok, Kraszna, Zaïand. — Parmi les nations qui occupèrent, dans des temps reculés, certaines portions de la Hongrie, nous trouvons : les Daces, les Iliy- riens, les Panuoniens, les Avars, les Huns, les Gépides, les Longobards et les Khazars. Les Romains réunirent la partie S.-O. à la l'aniionie et la partie S.-E. à la Dacie. Les Slaves, les "Valaques, les Bulgares et les Alle- mands étaient les principaux habitants lors de l'invasion Madgyarc. Les Madgyars, peuple de race linnoise, habitèrent longtemps a l'E. du Don et entre le Don et le Dniester, avant de traverser les CarpaLlies (vers 887), sous la con- duite d'Alnios, élu chef principal. Us étaient divisés en sept tribus et en 108 familles. Leur religion était celle du groupe aryen des Médo-Persans, mais Ir-s iMadgyars avaient la notion d'un être suprême [Isten). Arpad, lils d'Alnios, conquit toute la Hongrie et toute la Transylvanie, il organisa le gouvernement et lit des expéditions contre Svatopluk de Mora- vie. Sous son tils Zollan (907-046) et sous son pelit-lils Taksony (9411-972), les Madgyars ré- pandirent la terreur el la dévastation jusqu'à HONG 293 la mer du Nord, la France, l'Italie et l'Euxin. Mais des défaites sanglantes près de Merse- burg (933), par l'empereur Henri I'', sur le Loch (935), par Otlion I", et en Grèce (970), réprimèrent leurs besoins de pillage et d'aven- tures. Gejza (972-997), fils de Taksony. épousa une princesse chrétienne et encouragea l'in- troduction du christianisme qui fut admis par tout le peuple sous son fils saint Etienne, (9'J7-1038), premier roi Madgyar (1000). Les institutions religieuses, politiques etadminis- tratives de l'Etat furentorganisées par Etienne. L'égalité primitive desconquérants fut limitée par l'imitation du système aristocratique et féodal des peuples occidentaux. Les seigneurs et les nobles formèrent la classe gouvernante. Contre cet état de choses nouveau et étranger, le parti national se souleva plus d'une fois, mais en vain. L'empereur Henry III, pendant le rè.gne d'André I" (104()-'6I) envahit la contrée. Solomon, fils d'André (1063-'71), mourut en exil. Son cousin et son second suc- cesseur, saint Ladislas (1077-'9.^), fut brave et pieux; ses victoires sur les Cumansqui enva- hirent la Transylvanie et les districts voisins, et la conquête de la Croatie et d'Halicz (Gali- cie de l'E.), firent de lui l'un des princes les plus populaires de son siècle. Son neveu Co- lonian (1095-1114) annexa la Dalmatie. Son neveu, Bêla H, ÏAvnigle (1I3I-'4I), victime comme son père de Colomaii, prit une san- glante revanche sur ses premiers ennemis à l'occasion de la diète d'Arad. Sous son fils, Gejza 11 (H41-'6I), de nombreuses colonies saxonnes furent établies dans le Zips et en Transylvanie. Bêla IIl (M73-'9(i), soutenu par la cour byzantine, introduisit dillérentes imi- tations de l'organisation administrative orien- tale. Son plus jeune fils André II (120.S-'3n) fut successivement sous l'influence de sa femme éhontée, qui fut assassinée, sous celle du pape qui le força d'entreprendre une croi- sade; de ses usuriers, chrétiens, sarrasins et juifs qui accaparèrent les revenus de son loyaume appauvri; de la noblesse qui, en 1222, lui arracha la Bulle d'Or, grande charte hongroise de liberté et de privilèges. 11 eut à combattre la résistance armée des seigneurs, associés à son lils et successeur Bêla IV. Le long règne de ce dernier(l23o-"70) fut troublé par les immigrations des Cunians et par l'in- vasion des Tartares qui anéantirent l'armée hongroise, sur le Sajo (1241), el se frayèrent une route depuislesCarpathes jusqu'.à r.\dria- tique par le fer et le feu, fléaux suivis de la famine et de la peste. Bêla lit de son mieux pour rétablir l'ordre et pour repeupler le pays, mais les guerres avec l'Autriche, la Styrie, etc., et les dissensions empêchèrent l'accroissement de la prospérité. Etienne V (1i70-'72) fut heureux contre Ottokar de Bo- hême. Son lilsdébauché, Ladislas IV (l772-'90) régna au milieu de guerres civiles et d'une misère sans, fin; il fut assassiné. Un neveu de Bêla IV, André 111 (1290-1301), le dernier dos Arpades, mourut probablement empoisonné. Le trêiic devint alors électil, Charles-Robert d'Anjou, neveu du roi de Naples et descen- dant des Arpades par sa mère,, fut le premier roi élu; son règne (1309-'82) fut marqué par de grands succès à l'intérieur el à l'extérieur. Le pouvoir royal fut étendu et consolidé, lo raflinomentet la luxure amollirentla noblesse, et la succession aux trônes de Pologne et de Naples fut assurée aux deux lils du roi, Louis et André. Visegradremplaçacomnie résidence royale Sthul-Weissenbnrg. Bude devint une résidence plus splendide sous Louis, surnom- mé leGrand (l342-'82); ce prince développa encore le pouvoir royal, el les institutions féodales oppressives ; si l'on en excepte ses expêdilions en Italie pour venger l'assassinat de son frère André, il fut heureux dans toute ses entreprises, conquit entre autres terri- toires ceux de la Moldavie et la Bulgarie. 11 succéda aussi à son uuole Casimir le Grand 294 HONG (dernier des Piasls), comme roi do Pologne. Il élait chevaleresque, luxurieux et bipot ; il encouragea le commerce, ruais il accahla d'impôts les paysans, per-écula les |)aïeiis Cu- mans, et chassa les Juifs, que son gendre Si- gismond de Luxnmbuuig ramena dans le pays. Ce dernier prince ayant délivré sa femme Marie, qui avait perdu son trône et sa liberté, n-gna avec elle (1:'.»7-'"Jj1 et après sa mort, il devint seul souverain (1395-1437); il lut aussi élu empereur d'Allemagne et hé- rita du trône de Uohfime. Son long règne lut troublé par des guerres. Son gendre, Tein- fiereur Albert (II) de Hapsboury, lui succéda 1437-'31i).Klisaheth, veuve d'Albert. oflVil .sa main à Ladislasill de Pologne, qui devint roi de Hongrie, sous le nom d'Ùladislas l'' (hong. Vlaszlo], mais après plusieurs victoires de son célèbre général Jean llunyade, sur les Turcs, il tomba à Varna (li44). Ladislas (V), enfant posthume d'Albert, fut alors reconnu pour roi (IWo), Hunyade devint régent. Ce héros enleva lielgrade àjMahomclII, le couquéi'anl de Constantinople (i4o6), Ladislas, l'un des fils du roi, fut exécuté sur l'ordre de son père ; mais Matthias, surnommé Corvin, monta sur le trône api'ès la mort de ce dernier (I4.')7). Monarque le plus habile de l'histoire de Hon- grie (U58-'90), il soumit les seigneurs rebelles, fut vainqueui' de l'empereur Krédéiic UI, de Podiebrad de Bohème et des armées de Ma- homet II, il rétabli! l'ordre, les lois et la prospérité, et tavorisa les sciences et les arts. Mais sou œuvre péril avec lui. L'indulentLila- dislas ^U) de Bohême (1490-lol6) ne put jé- primer le despotisme des nobles. La Transyl- vanie fut ravagée par une insurrection des paysans sous Dozsa { lol4). Sous Louis H (fol6-'i6), jeune lils d'Uladislas, le pays des- cendit au dernier degré de la faiiilesse. Bel- grade tomba au pouvoir des Turcs, et la ba- taille .de Mohacs fut témérairement livrée contre le sultan Soliman le Magnifique. L'ar- mée hongroise fut détruite; Louis périt dans sa fuite, et sa femme, sœur de Ferdiiiami d'Autriche, s'empressa de porter la couroiiiii; à son frère. Ce prince fonda la dynastie en- core régnante des Hapsbourgs, après avoir été reconnu comme roi (lo27-'64) par la noblesse des comtés de l'ouest, tandis que le parti na- tional procédait à l'élection de Jean Zanolya qui régna en Transylvanie et dans les pays voisins. Ce dernier se plaça sous la protection de Soliman, qui prit Bude et assiégea même Vienne (I.t29j. Des campagnes, des négocia- tions et des traités se succédèrent. La Hongrie fut, pendant environ l.-iO ans, divisée en trois parties qui changèrent souvent de limites, sous les Hapsburgs comme rois (et empereur d'Al- lemagne), sous les pachas des sultans et sous les princes de Transylvanie. Maximilien (II, comme empereur, J.T(i7-'76) fut sauvé par l'héroïsme de Zrinyi (l.Seti), et la Hongrie resta le rempart de la chrétienté. Rodolphe (Il comme empereur, 1,S76-1608) commença la persécution contre les protestants. Ceux-ci trouvèrent des protecteurs dans Etienne Ba- thori de Transylvanie et dans son successeur Bocskay, qui écrasa les généraux de Ko Jolphe et qui obtint la paix de Vienne (1606). Le vieil empereur abandonna la couronne hongroise à son frère, letolérant Matthias (I6U8-'I9). Ferdinand II (l6l9-'37), qui commença son règne au début de la guerre de Trente ans, ne put déchirer la charte hongroise de liberté, à cause des victoires du prince Iraiisylvanicn Bethlen Gabor ; le traité de Miiiolsburg (I6'22), sanctionna de nouveau les droits des protes- tants. Un traité semblable fut conclu à Linz, par Ferdinand 111 (l637-'o7) avec Georges l" Kakoczy de Transylvanie (l6io). Léopold 1'' (16o7-170o) trouva un adversaire moins ca- pable dans l'ambilieux Georges 11 Bakoczy, et d'excellents généraux contre les Turcsd.ins Montecuculi etISicholasZrinyi (le poète). Contie les insurgés des comtés du nord, il envoya nONG lcs9anguin.iiresCara(TaetStrasoldo.Leiieupl>- se souleva de nouveau iioiir DUu et la liberté. sous Ta-kœlyi (11)7 S), allié.ivec la Porte; mais les revers des Turcs devant Vienne (1683) furent suivis de l'anéantissement de l'insur- rection Carallamitl échal'aud en permanence à Epériès; la diète de Preshurg. cédant à rempereiir, rendit le trône heréilitaiie dans la maison d'Auliiche ; le [irince Eugène rem- porta de grandes victoires sur les Turcs ; la Transylvanie fut occupée elTœkœ'yi mourut en exil, en .\sic Mineure.. Mais en 1703. Françuis Hakoczy renouvela la lulle pour la liberté religieuse et civile et il porta ses drapeaux jusque sous les murs de Vienne. Joseph l" (I70y-'ll| penchait vers la paix inlérieure à cause dos peiplexités de la guerre de la suc- cession espagnole. En l'absence de Hakoczy, et après bien des alternatives de fortune, une paix fui coiiclueà Szatmar(i71 l),danslaquelle on proniit la loléraiii:e et l'observation ri- goureuse de la constitution. Le successeur de Joseph, Charles(VIcommeeni[iereur, 171 1-'40 ralilia ce traité, tandis ([iic Rackoczy relevait SCS partisans du serment d'obéissance qu'il lui avaient prêté. Le rè^'iie populaire àc Charles disposa la nation à défendre avec en- thousiasme les droits et les possessions de sa lille Marie-Thérèse (174')-'80), contre Frédéric le Grand. L'amélioration de la condiljon de; paysans restera la gloire principale du règne de cette [)rinces>e; mais elle fut loin d'observer strictement la con.^lilution, que son lils Josefih 11 (l7S0-'90) dans son zèle inimodéié pour les réformes et pour la l'entr.ilisatiou, était désireux de détruire. Son frère Léo- [lold 11 (l79i-'92) ayai t peur de l'oiage qui s'amoiicellail du côte de la France, s'empressa d'apaiser les Hongrois. La diète de r,9l sanc- tionna de nouveau les droits constitiilioniiels les plus essentiels et ceux lies protestants en particulier. Léopold, fils de François (1792- 183.')) fut satisfait, pendant ses guéries avec la hrance, des subside^ qu'il reçut de la Hongrie en argent et en bomiiies. Les magnats lurent tlattés et restèrent fidèles. .Néanmoins à ficine iN'upoléun était-il tombé, que Met- leruich, ministre de François, commença de miner la constitution hongroise. La résistance de la nation déjoua ses ellorts sous le règne de François et sous celui de son fil- imbécile Ferdinand (i833-'48). La constitution hon- groiseavait subi de nonibreiisesmodifications. Telle qu'elle existait, elle formait, d'un côté, une charte de liberté qui abritait le [leiiple en général contre l'inllueuce bureaucraliqiie et accordait à la noblesse une somme de liberté personnelle et d'immunités, comme aucune autre classe n'en possédait en Europe ; etd'un autre côté, la constitution devenait un instru- ment d'oppression entre les mains de la no- lilessc, contre tous les plébéiens et particu- lièieinent contre les paysans. La tâche des patriotes devint celle d'abolir graiiuellement les imniiiiiités et les charges féodale-., d'ac- corder à la masse du peii|ile des droits poli- tiques et en même temps d'étayer la consti- tution. Paul iNagy et le comte Etienne Szé- chenyi lurent les champions de la nationalité à la diète de IS2o, qui inaugura une période de réformes graduelles, dont les plus impor- tai! tes furent accomplies aux diètes de IS32-'36, 1839-'4U et IS43-'44, sousladirection de Deak, du comte Louis Batihyanyi, du baron Eœlvœs et d'autres nobles libéraux. L'agitation natio- nale atteignit son point culminant, quand le journaliste Kos>uth fut élu représentant de Pesth à la dièle de !8i7, et la secousse euro- péenne qui suivit la révolution française de Février renversa le gouvernement de Metter- nich (13 mars, 1848). liossuth fut salué comme un libérateur par le peuple de Vienne. Fer- dinand lui confia, avec L. Batihyanyi, tous pouvoirs pour la formation d'un niinislère hongrois indépendant. Ayant décrète l'abo- lition de la féodalité elplusieurs autres chan- HONG ^'iimnts lailieaux dans la constitution, et ayant dissous la dernière diè'e de Presbourg, il ordonna la réunion, à Peslh. d'une nouvelle assemblée. Le cabinet de Vienno commença d'intriguer contre le nouvel ordre de choses, et le jour où il le sanctionna. Jellachich ot d'autres organisèientdes insurrections parmi les Slaves méi idir)nau;( , les Valaques et les Saxons de Transylvanie. Le pays entier du sud fut bientôt en llamines. La Croatie et la Slavonie proclamèrent leur indépendance de la Hongrie sous le ban Jellachich. La dièle s'assembla en juillet et vota de très fortes levées d hommes et des moyens de défense; mais Ferdinand refusa de sanctionner ses ré- solutions. Jellachich traversa enfin la Urave, et le gouvernement de Vienne, ayant recon- quis la Lomb.irdie, jeta son masque et envoya le comte Laniberg pour disperser la diète par la force. Le ministère Batihyanyi donna alors sa démission et un comité de défense l'ut or- ganisé sous Kossuth. L'archiduc Etienne, pa- laliii ou lieutenant royal, s'enfuit; Lamberg fui tué par la populace Jellachich fut battu près de Bude (29sept.) et s'enfuit du côté de Vienne où éclata une révolution (6 oct.). Les forteresses principales hissèrent le pavillon national. U un autre côté, Teme.svar et .Vrad levèrent celui de l'Autriche. La guerre des races éclata avec une lurie terrible. Une tentative pour secourir Vienne échoua à Schvvechat (30 oct.). Le comte Scbl ck entra en llonirrie par le nord. Incapable de i ésister à Wiiidischgraelz. Gœrgey, qui commandait la principale armée hoii^rroise, évacua Preshurg, Raab et Buda- Pe.-lh (ii janvier 1849). Le gouvernement et la diète se transportèrent à Uebreczin. Mais le général polonais Bem commença avec succès de conquérir la Transylvanie. Goîigey, retournant à l'ouest sur la rive gauche du Danube, parvint a em[iêcher l'armée autri- oh.enne de marcher sur Debreczin. Tournant alors au nord, il eli'ectua habilement une jonction avec l'armée de la Theisssupérieure, armée qui, sous Klapka, avait remporté des succès contre Schlick. L'inIluence aulri- cbieiiiie était gravement compromise, lorsque l'invasion des Busses en Transylvanie la ré- tablit; la désobéissance et les intrigues de Gœrgey amenèrent la défaite de Kapoina (:;bet 27 fév.) Eszék se rendit. Le jeune em- pereur Fiaiiçois-Joseph, qui avait succédé à son oncle, promulgua une nouvelle con-tilu- t on autrichienne (4 mars) qui anéantissait l'autonomie nationale de la Hongrie. Mais les jours suivants virent une nouvelle série de victoires hongroises. Damjanics milles Autri- chiens en déroute à Szlonok. Bem prit Her- mannsladt et repoussa les Russes en \Va- lacbie. Perczel écrasa les Rasciens (Serbes) à Macs. Gœrgey reprit l'olfensive contre Win- dischiiraetz; il défit l'ennemi dans une série de batailles (avril), délivra Coniorn, et prit d'assaut Bude (21 mai). Pendant cette courte campagne, la diète à Debreczin proclama l'indépendance du pays (14 avril) et nomma Kossuth gouverneur. Une nouvelle armée russe plus formidable envahit la Hongrie: Gœrgey marcha sur Vienne par la rive .N du Danube et épuisa son armée sur la Waag. Les Russes et les Autrichiens, commandées par Ilaynau, se répandaient pendant ce temps en HouL'rie. Après la grande bataille de Szoeny (2 juillet), Gœrgey laissant Klapka dans Co- morn, se retira sur la Tlieiss, battit Paskevitch à Waitzen (I.t juillet), tourna au nord et passa kl Iheiss à Tokay. Les forces du centre sous Dembinski battirent en retraite vers Szegediii. Bem fut alors battu par Luders en Transyl- vanie, une des divisions de Gœrgey fut aussi écrasée par l'armée de Paskevitch, devant Debreczin, et Uembinski i9 août) fut défait par Haynau à Szœreg et à Temesvar. Gœrgey, qui arrivait alois à .Arad, engagea Kossuth à se démettre; il reçut de lui le commandement suprême civil et militaire, et dix jours après HONG HONG HONG 295 la victoire signalée de Klapka sur les Autri- chiens devant Comorn, il livra son armée aus généraux du czar à Vilasos (13 août). Dam- jap.ics rendit Arad. Kossuth. les derniers mi- nistres Szeniere et Casimir Batthyanyi, les généraux Bem, Dembin-lii, Mészaros, Vetter, Pcrczel, Guyon, Kmetty, Wysocki et autres, se sauvèrent en Turquie. Munliacs, Peter- wardein et Comorn capitulèrent. L'œuvre de vengeance commença alors pour les vain- queurs. Le comte Louis Batthyanyi futexécuté à Peslh le 6 oct., et 13 commandants, qui tous s'étaient rendus a discrétion, furent exécutés le même jour à Arad. D'autres exécutions, des emprisonnements et des confiscations plongèrent le pays dans la désolation. Gœrt:ey fut enl'ei-mé à Klagenlurlh. La Hongrie, livrée à la loi martiale, perdit ses dernières libellés. Cette situation cessa avec la défaite de l'Au- triche en Italie (fS.SO). Le diplôme impérial du iO oct. 1860, fut suivi de la convocation de la diète hongroise. (Voy. .\i:TRicut:.) \ la diète, une adresse proposée par Deak fut votée, mais comme il demandait ènergique- ment le rétablissement des lois de 1848, l'as- semblée fut dissoute en août. Les Saxons et les Koumains deTransylvanieenvoyèrent seuls des représentants au reichsrath impérial. En 1865. François-Joseph suspendit la constitution impériale et convoqua une nouvelle diète huni-Toise. Deak dirigea celle-ci comme il avait dirigé la précédente, et il resta inébran- lable dans ses revendications. Après la défaite désastreuse de Sadowa(3juillet 1860), François- Joseph céda aux demandes des Hongrois. Beust entreprit d'amener un compromis, dont le résultat fut le dualisme austro-hongrois, tel qu'il futsanctionné en décembre 1867. (Voy. Autriche.) Le comte Andra-sy forma un mi- nistère national hongrois, en février 1867, et l'empereur fut couronnécomnie roi de Hongrie (8.|uin), a Bude, avec une pompe extraordi- naire. La diète ayant accompli dill'ereiiLes relormes, parmi lesquelles II faut citer l'éman- cipation des Juifs, et ayant fixé les relations de la Croatie avec la couronne hongroise, sur une base analogue à celle des rapports de la Hongrie avec la monarchie, finit ses sessions en décembre 1868.Deux partis parlementaires principaux s'étaient formés : le parti con- servateur ou parti de Deak, et le parti de l'opposition, tendant à une simple union per- sonnelle avec l'Autriche cisleilhane, sous la maisou de Hapsbourg. La gauche révolution- naire extrême ne comptait que peu d'adhé- rents. Andrassy succéda à Beust en nov. 1871, comme ministre des affaires étrangères de la monarchie; et cfes cabinets hon;;rois se succédèrent sous Lonyay, Sziavy (1872;, Hitto (1874) et Tisza (i876j. Les finances du pays devinrent bientôt embarrassées et les compli- cations avec la Turquie en l87ô-'77 agitèrent la Hoiurie en faisant renaître lessympathies dts populations madgyaresetslaves pourdes partis opposés. - Langue et Littérature. La langue hongroise(hong.J/rty)/u/'i\i/(,-;i') est une branche isolée de la division finnoise de la tamille uralo-altaique. Léo Diaconus (x" siècle) con- sidérait les Madgyars comme des Huns, et le peuple était fier d'Etele (Attila) et de son frère Buda. .\Ialte-Biun considère les Madgyars comme des Finnois qui furent soumis aux Turcs et à un peuple ouralieu inconnu. L'al- phabet hongrois consiste en 26 sons simples et en 6 sons composés, qui se rapfiorlent, à moins d'observation contraire, à l'italien; ce sont ; 8 voyelles, a (comme l'a français dans battu), e, é (franc.) i (ou y), o, u, œ, (fr. eu) û (fr. u); 18 consonnes : b, d, /', y dur, /( alle- mand), j (allemand), k, l, m, r?,;/, )•, «(franc. ch), t, V (ou w), z, sz (.s fr.), is ou 's. (j franc.) ; 4 composés avec y : gy [dy, comme daii^ i/i/nr, factorerie; prononcez diur en une syllaboi, ly (comnje dans filk), ny [gn fr.), ty ; et deux composée sibilants : es (écrit aussi ch, (s ; franc. Irh) et ci, c ou tz (ts franc.). Avec l'ad- dition des voyelles rendues longues par l'accent aigu, comme par exemple à (italien a long), j, 0, ô. M, û. il y a en tout 38 sons, outre x qui est seulement employé dans les noms étrangers. La niasse des mots ei des formes grammaticales est divisée en deux groupes, savoir : ceux à sons hauts et ceux l'i sons bas. Le premier son est déterminé par la présence de e, œ, ù; le second par la présence de ((, o, U dans les racines ou ti^es ; ceux dans lesquels entre é ou i constilucnt un terrain neutre. Tous les suffixes formatifs et relatifs ont en conséquence une double forme, en harmonie avec les racines auxquelles ils sont attachés : ainsi xinll. épaule, vallai {\a\i épaules, entre- prises, ua/Zn/ut, entreprise; tf'cs, valoir, bcsul (lui); respects, besulet, respect. Les racines restent inaltérées et plus souvent portent l'ac- cent dans tousleursdèrivés. Le caractère par- ticulier de la grammaire hongroise est son système de suffixes. Les formes possessives des noms vont ainsi ; hazam, ma maison; hazad, ta maison; hiiza, sa maison ; hazinm, mes maisons, etc. Dans les verbes, les suffixes sont faits pour indiquer non seulement la voix, le mode, le temps, la personne et le nombre des nominatifs, mais le défini ou l'indéfiui de l'objet. Exemples : vnrom, je l'attends, etc. : varok, j'altends; varalom, je suis attendu ; kéred, tu le demandes, etc. ; kérsz, tu deman- dais ; kérctel, tu es demandé, etc. D'autres modes et d'autres temps sont formés par in- sertions, par un changement de voyelle finale ou de consonne et par des auxiliaires; ainsi : l'ura, attendu; varank, nous attendions; var- tunk, nous avons attendu ; vnrnank, nous at- tendrions; vartamvoll, j'avais attendu. L'infi- nitif est formé en ajoutant le suffixe ni à la racine, comme viirni, attendre. Différentes espèces de verbes sont faits en al'fixanl cer- lames syllabes; exemple : ver, il bat; verel, faire battre ; vereget, battre souvent; verint, battre doucement; verekedik, battre, com- battre avec; verodik, battre contre ; vergodik, battre soi-même; tier/ift, pouvoir battre;ut're- tket qui fait battre ; verintkct, pouvoir battre doucement, etc. Tous ces verbes et des dérivés semblables peuvent se conjuguer entièrement de la même .manière que le verbe simple. Il n'y a pas de genre, lui et elle sont exprimés par le même mol. L'article défini az ou à est d'emploi récent. Les relations appeléescas et celles exprimées par des prépositions dans les langues indo-européennes sont marquées par des suffixes. Exemples : szemcinkben, yeux- nos-dans; ebhieiknél, diners-leurs-a. Le pluriel est formé par k : fa, arbre, fak, arbres; kar, bras, karak, des bras. Le degré comparatif i;st formé en ajoutant 66 comme suffixe, le super- latif en préfixant if^r au ciiniparatif; ainsi: nagy, grand; nagyobb. plus grund; Icgnayyobb , le plus grand. Pronoms : en, je; enyàn, mon; nekcm, à moi; engcmet, moi; mi, nous, te, loi; ti, vous; o, lui, elle; d/i, ils. Nombres : egy, f ; kfltô, két,'i; harom, 3; négy,i; ôt, o ; Aiit,6; hél, 1 ; nyolcz,S; kilencz, 'J ; tiz, 10; tizi-iiegy. 11, etc.; husz, 20; harmincz, ^0 ; negyten, 40, etc.; szaz, 100; ezer, 1,000. Celte plasticité ilu madgyar, combinée avecla liberté de sa syntaxe, le rend capable d'exprimer les tournures des autres langues et les mètres grec et latin avec plus de facilité et de fidé- lité que la plupart des autres langages. — L.\ LITTÉRATURE HONGROisB, cst relativement peu ancienne. Du temps des .\rpàds et de la pé- riode suivante, on a conservé des chroniques latines, dont les plus remarquables sont celles du Sarétaire anonyme du roi Héla (II), le Chroni'on Budciue, et le Ckronicon reruin Hungaricorrnn, de Turoczy. Les savants qui ornaienllacourdciMalthiasCorvinus|l4;)8-''J0) écrivirent eu latin. Lus restes des écrits hon- grois de cette période sont très rares. L'exten- sion de la réforme encouragea la culture de la langue nationale; mais cet élan fut arrêté par les désastres, par les guerres avcù les Turcs, par les guerres civiles etpar l'introduc- tion de l'élément allemand. Des portions des écritures furent traduites en honjirois pendant lexvi" siècle. parKomjati, Erdoesiet plusieurs autres. Tinodi, 'Valkai et Temesvari chan- tèrent les exploits guerriers de leurs temps ; Balassa, Rimai et Erdœsi composèrent des poèmes lyriques d'un très grand mérite. Au xvii" siècle, la muse hongroise trouva des zélateurs dans Zrinyi, pelil-fils du défenseur de Szigel, qui célébra les exploits et la mort de ce héros, et dans Gyœngyœsi, qui chanta la défense de Murany, par Maria Szécsl. Le primat Pâzmân et Kecskeméti furent des ora- teurs distingués. Ce mouvement national fut paralysé par l'influence croissante de la dynastie allemande ; les persécutions san- glantes sous Léopold I" (I6o7-I70o) suppri- mèrent presque entièrement la littérature hongroise. Le latin fut habilement cultivé au ivin-î siècle par un nombre de savanis telle- ment grand, quecelui des écrivains mad^'yars: Faludi et Bessenyei (fondateurs d'une école classique et française de poésie), Orczy, comte 'l'elcky, Baroczi, Révay, etc., ne forma qu'une faibfe minorité. Une période féconde en écri- vains commença vers la fin du xvni' siècle, les mesures prises par Joseph II (l780-'90) pour germaniser la Hongrie ayant causé une vive réaction. François Kazinczy, le plus grand réformateur de la langue après Révay, et le poète populaire Csokonai, se mirent'à la tête du mouvement littéraire, ea même temps que les poètes Dayka, Verseghy et Virag. Le poème lyrique. Les Amours de Himfy (Himfy szerelmei), d'Alexandre Kisfa- ludy (18U1) fut reçu avec admiration, et fui suivi des Contes (Regék) et d'autres poèmes du même auteur. Berzsenyi écrivit des odes brû- lantes. Les poètes Andrew Horvath, Dœ- bientei, Vitkovics, Kis et Paul Szemere appar- tiennent tous deux à la période de régénéra- tion et àl'âge d'or de lalittérature hongroise, qui embrasse les 30 années qui ont précédé la révolution de 1 84S-'49. Cette période s'ouvre avec les cinq principaux écrivains, Charles Kisfaludy, Kœlcsey, Fay, Czuczor et Vœrœs- niarty. Ki^laludy peut être regardé comme le créateur du drame hongrois. Les poèmes lyri- ques de Kœlcsey, ses ballades et sa prose sont vibrants de patriotisme. Fay a écrit d'excel- lenles fables. Les poèmes épiques de Czuczor furent surpassés seulement par le Cserhalom de Vœrœsmarty, par la Fuite de Zalàn {Zalàn Fulasa), etc. Dans la poésie lyrique, nous trouvons après VœrœsmartyetKœlcbey, Bajza, qui est remarquable autant comme critique esthétique que comme historien. Peter Vajda, Jean Erdélyi, Kunoss, Alexandre Vachott, Csaszar et Garay, dont les ballades rivalisent avec celles de Vœrœsmarty. Vers la fin de cette époque parurent trois poètes populaires : Tompa, Arany et Pelœfi ; les deux premiers excellèrent principalement dans les coules et dans les légendes, elle dernier s'illustra dans les chants léirers et badins. La lillératurr d'imairinalion fut cultivée par Josika, dont les romans historiques, Abaji, Le dernier des Bathoris {Ulolso Balhory], etc., exercèrent la plus grande influeuce sur le développement de la prose hongroise après Kazinczy. Sous bien des rapports, il fut surpassé par Ëœtvœs, que le Carlhusicn, Le Nutaire de village (A fulu jeyyzojc], peinture admirable de la vie poli- tique réceute en Hongrie, et La Hongrie en 1514, placent parmi les écrivains les plus éminenls de son siècle. Kuthy fut souvent supérieur comme peintre de la nature, et Nagy dans la charge. Kcméiiy et Jokai, qui appartiennent à une époque plus récente, sont des romanciers et des publicistes dis- tingués. Les principaux auteurs dramatiques (outreKisfaludyetVœiœsniarly)furenlKatona, L, Toth, Szigligeli, célèbre par ses pièces populaires. Gai, iSagy, Emeric Vahot, Paul Kovacs et C7.al;o. De- rJ ils de voyages ont 296 HONN nONN TTONN (;ié écrits par Belenyei (Amérique), Szemere, Iriiiyi, If.yucy. (Kuiope du sud-csl), lti^;;uly (Russie du Nord), etc. ; des ouvraf;es poliLii|iics ont été donnés p;ir Széohcnyi , Wesselénji, Kossulli, Eœtvœ?, Szalay, Szemere et autres ; les meilleures histoires sont ducs li M. Ilurvalh, Péczely, Jaszay (la llon^-'rie), Baj/.a (l'ancien monilc) et Toldy (littérature nationale). Les meilleurs uuvraf-'es de (.'raniinairc et de lexieo- grapliie sur le l.ingaf;c nalinnal lurent com- posés par Czui'zor, Fogaru.'-sy et lîluch. La guerre de IHlS'i'.), et a|irés elle la prison, léelialaud et l'exil eondaiiinèrent au silence les plus firands génies de la nation. C'est pouniuoi le troisième quart du xix° siècle est inlërieur à lu période précédente, sous le rap- port litléraire. Parmi les productions les plus remarquables de cette période de compres- sion, nous citerons des poèmes par Tuinpa, Arany, Sarossy, Levai, Gyulai, Szasz et autres ; des romans par Kemény, J6~ika, Jôkai, Palfv, Gyulai cl Bérczy; des ouvrages histo- riques par Szalay, Joseph Teleliy, Jaszay, Toldv. Csengery, "l'alugyai, Mé>zar'os,, Fejér, J. U'unralvy, etc. ; des écrits j)()liliijues jiar ICœtvœs et Kemény: les traductions d'Ltienne et Charles Szabo, 1*. Hunfolvy et Csengery ; les voyages d'Eiiinianucl Andrassy (Iiirle), ISendlwich (Amérique), Podnianiezky (Europe du Nord), Magyar (Alrique du Sud;, Emma Teleky (Grècejj etc., et des drames par Szi- gligeli et autres. Le journalisme et larl ora- toire, qui avaient atteint tous deux leur déve- loppement le plus élevé pendant la dernière période de l'agitation de Kossulli, ont reçu une nouvelle vie lors de la restauration de la cons- titution hongroise. — Bibliogr. Die Magyurcn unit andere. Vmjarn, par Loeher (Leipzig, 1874); b\i a Felluw of Ihe Carpathian Society, Magyarkmd (2 vol., London, 1S81); T/it; Miiijyars; Their country and its institutions, par .Arthur Patterson (2 vol., London, 1870j ; Nouvelle (jéûgraphie universelle, par Elisée Reclus (3° vol. m-S", Paris, 1S78). 'HONGROIERIE s. f. Industrie ou atelier du lion i; ru \ i-iir. 'HONGROIS, OISE adj. et s. Qui habite la Hongrie, qui ,ip|iarlienl à ce pays. 'HONGROYAGE s. m. Préparation des cuirs à la r.iÇ'iii lie ceux de Hongrie. 'HONGROYER v. a. Préparer le cuir à la façon de celui de Hongrie : hongroyer des cuirs. • HONGROYEUR ou Hongrieur s. m. Ou- vrier qui laçoniio le cuir ap|iele cuir de Hon- grie : les tanneurs de faris sont aussi hon- groyeuTS. 'HONITON ['bonn'-i-t'n], ville du Devonshire (Anglelcrie), sur la rivière Otter, à 26 kil. N.-E. d'Exeter et à 230 kil. O.-S.-O. de Londres; 3,210 hab. Elle donne son nom à une célèbre espèce de dentelles. Commerce de serge, chaussures et faïence. * HONNÊTE adj. (lat. homslus). Vertueux, conforme à la probité, à l'honneur et à la vertu : dme honnête. ISe nommez point votre conquête, Amants heureux et délieats. Pour elle, qu^nd elle est honnête. Pour vous, quutllt elle ne lest pas. GCICBABD. — Famille honnête, honnête famille, famille à laquelle il n'y a rien à reprocher : c'est une famille honnête. On dit de même. Etre né DE PARENTS HONNÊTES, elc. (Voyez plus bas un autre sens de la locution Famille honnête.) — Honnête homme, outre sa siguificalion princi- pale et ordinaire, exprime aus=i toutes les ijualités sociales et agréables qu'un homme peut avoir dans la vie civile : il faut bien des qualités pour faire un honnête homme. — Se dit quelquefois, par civilité, d'un homme qu'on ne connaît pas, ou dont on ne dit pas le nom, et qui parait d'une condition hono- rable : II' hasard m'a placé auprès d'un honafi' homme. — Honnêtes gens, se dit dans tous les sens d'honnête homme. — Il y a ms honnête-^ GENS, IL Y A d'HONNÊTKS GENS PVRTOUT, danS tous les pavs, dans toutes les profi'ssions on trouve de> lioiinêtesgens. — Honnête garçon, se dit proprement d'un garçon bien né, bien élevé, dont les mœurs et les inclinations sont honnêtes et douites. — Honnête uébalcué, se dit d'un homme qui .lime le plaisir, mais qui ne s'emporte point dans la débauche, et qui y garde dis mesures. — Ironiquement, Honnête frijioa. honnête usurier, elc. — Honnête fe.mme, honnêtefih.e, se ditpropremenld'unc femme, d'une mil' qui est irréprochable dans sa con- duite, qui a toujours été chaste. — Conforme à la raison, bienséant, convenable à la pro- fession et il l'âye des personnes: il n'est pas honnête de se louer soi-même. — Excu.sE hon- nête, PRÉTEXTE, REFUS HONNÊTE, CtC, CXCUSC, pnlexle, refus plausible, spécieux, fondé sur quelque apparence de raison, de bienséance. — DoM, l'iiÉsKNT HONNÊTE, qui convient à celui qui le l'ait et à celui qui le reçoit. — Prix HONNÊTE, prix convenable, proportionné à la juste valeur de la chose. On dit de même, Rê- compcn.se honnête, traitement honnête. — Lon- GUEL'K HONNÊTE, loiigucur suflisaiite : il faut que votre discours soit d'une longueur honnête. On dit en des sens analogues, (U'ia est d'une largeur honnête, d'une grosseur honnête., elc. — Habit hon.nête, habit convenable et bien- séant a la condition et à l'âge de celui qui le porte. On dit en des sens analogues : équipage honnête. — Cet habit est honnête, encore HONNÊFK, il est encore bon pour être porté. — Naissance honnête, condition honnête, naissance qui n'a rien de bas ni de fort élevé : il est d'une naissance, d'une condition honnête. On dit dans le même sens. Famille honnête. — Honnête aisance, fortu.ne honnête, aisance, fortune qui permet de vivre agréablement, et avec une certaine indépendance :(/ jo?(i( d'une honnête aisance. — Civil, jioli : il a l'air honnête, les manières honnêtes. Uaiis ce sens, quand on le joint a un nom de personne, il se met toujours après : c'est un homme fort honnête. — s. Absol. L'hon.nète, ce qui est moral, vertueux : l'honnête, futile et l'a- gréable. ' HONNÊTEMENT adv. D'une manière hon- nête. A toute» le» sipnilications de l'adjectif: il faut vivre honnêtement avec tout le monde; il ta toujours aimée honnêtement. — (Juelquef., sullisainment, passablement; et par ironie, beaucoup, extrêmement : c'est honnêtement vendu. ' HONNÊTETÉS, f. Conformité à l'honneur, à la probité, à la vertu : des actions d'une ijrande honnêteté. — Bienséance : il n'est pas de l'honnêteté d'en user si familièrement avec des gens à qui on doit du respect — Civilité : Il n'a pas eu l'honnêteté de l'aller voir. — Se dit également des actes de civilité, des poli- tesses que l'on fait : il ne lui a pas fait la moindre honnêteté. — Manière d'agir obli- geante et otficieuse : il en a usé acec la plus grande honnêteté. — Se dit, quelquefois, d'un présent qu'on fait par reconnaissance : ilma- vait rendu un service... et je lui ai fait une honnêlelé. — Chasteté, pudeur, modestie : des paroles contre l'honnêteté, contra'iresàV hon- nêteté. ■ HONNEUR s. m. (lat. honor). Gloire, es- time, considération qui suit la vertu, le cou- rage, les talents : acquérir de l'honneur. — Soutenir l'honneur du corps, soutenir la di- gnité, les privilèges de la compagnie à la- quelle on apparlient. -- Il n'y a m uonnehuni profit A CELA, Cela n'est ni honorable ni utile. — Etre en honneur, être honoré, favorisé, protégé : sous ce prince éclairé, les venus, les talents furent en honneur, les lettres étaient en honneur. On dit dans le même sens. Il mit Ici Mires, les sciences en honneur. — Ch^mp ii'ho: honneurs, se dit, en certaines grandes céré- monies, telles que le sacre des rois, leur baptême, leurs funérailles, etc., -des pièces principales qui servent à la cérémonie, comme le sceptre, la couronne, etc. : les honneurs étaient portés par... — Jeux de cartes. Les honneurs, se dit des figures d'atout. — Faire LES HONNEURS, d'une MAISON, reccvoir, selon les régies de politesse établies, ceux qui vien- nent dans la maison. — Faire les honneurs d'une personne, d'une chose, en parler ou en disposer comme d'une personne ou d'une chose qui nous appartient. — Faire honneur A UN REPAS, y bien manger, et témoigner par 1;1 qu'on le trouve bon. — A tous seigneurs TOUS HONNEURS OU A TOUT SEIGNEUR TOUT HON- NEUR, il faut rendre honneur à chacun selon son rang et sa qualité. — Pop. et par civililé. Sauf votre honneur, sauf le respect que je vousdois. — Angl. Votre Honneur, litre qu'on donne par respect à certaines personnes de qualité. — Se joint souvent à un intinitif et quelquefois à un substantif, par la [iréposi- lion de : se prend alors ordinairement dans 238 le sens de grâce, faveur, distinction : le roi lui a fait l'honneur de le choisir pour... Vous leur fîtes, seigneur, En les croquant, beaucoup d'honneur. La Fontaiive. — Se dit très souvent, en ce dernier sens, par civilité et par compliment : lorsque j'aurai l'honneur de vous voir. — Dignité, charge; en ce sens, n'est d'usage qu'au pluriel : aspi- rer aux honneurs; être tUvé aux honneurs. — Prov. Les honneurs changent les mœurs, on s'oublie dans la prospérité. — LégisL « Le cérémonial des préséances et des honneurs civils et militaires a été l'objet d'un si grand nombre de règlements et d'instructions ([ue l'on a pu en former des codes. Le plus impor- tant de ces règlements est un décret du 24 me.ssidor an XII, dont les dispositions sont restées en vigueur, pour une grande partie. Le décret du 1.3 octobre l8G'i réglait spéciale- ment les honneurs dus par l'armée; mais l'article 326 concernant les honneurs que les troupes devaient rendre dans certains ser- vices religieux n'a pas été reproduit dans le nouveau règlement du 23 octobre ISS3. Il résulte de cette omission ain>i que des circu- laires ministérielles des 7 et 29 décembre 1883, que les troupes ne doivent plus figurer dans l'intérieur des édifices religieux où leur pré- sence était, à tous les points de vue. cho- quante et déplacée. » (Ch. Y.) ''HONNI, JE part, passé de Honnir. - Honni soit qui mal y pense, devise de l'ordre de la Jarretière, en Angleterre. HONNIR v. a. (anc. haut ail. honjan, ba- fouer). Couvrir de honte, déshonorer : il est honni partout. (Fam.) ' HONOLULU ['ho-no-lou'-lou], capitale des lies Hawaï ou Sandwich, sur le côté S. de l'île de Oahu, par 21° 14' "24" lat. N. et 'teo" 10' 31" long, 0.; 2y,920 hab. Généralement les maisons sont en bois, à deux étages. L'eau, fournie par un ruisseau des montagnes, est distribuée dans la ville au moven de tuvaux. Chamlirc du parlement a Honolulu. Les principaux édifices publics sont : le parle- ment, le trésor, la cour suprême, la poste et le palais du roi (pii e.-t bâti de coraux. Il y a un hôlel, un théâtre et une baïuiue. Les pièces américaines d'or it d'arcent sont la monnaie courante. On trouve à Honolulu deux églises américaines, une cathédrale catholiipie, une église anglicane et deux églises hawaïennes; deux hôpitaux, de nombreuses écoles pour les enfants indigènes et étrangers; trois publica- tions hebdomadaires et deux mensuelles. Le climat est remarquablement doux et uniforme et les sites environnants oll'rent le caractère tropical le plus charmant. Le port, formé par un bassin profond, creusé dans le récif de corail qui entoure l'Ile, est silr en toutes sai- sons et c'est lui qui donne il la ville toute son importance. La plupartdesgrandes puissances européennes entretiennent des représentants à Honolulu. * HONORABILITÉS, f. Qualité d'une personne honorable; réputation d'honneur acquise par une personne : c'est un homme d'une parfaite honorabilité. * HONORABLE adj. (lat. honorabilis). Qui fait honneur, qui attire de l'honneur et du respect : être dans un poste honorable. — Qui mérite d'être honoré, considéré .il appartient à une famille honorable. S'emploie aussi dans le langage parlementaire : mon honorable collègue, mon honorahie ami vous a dit, mes- sieurs, que... — Se dit, particul., de celui qui emploie sa fortune à tenir une bonne maison et à bien recevoir : c'est un homme très hono- rable, fort honorahie. On dit en des sens ana- logues : il tient une maison honorable. — Ho- norable homme, qualité que les simples bour- geois prenaient autrefois dans les actes pu- blics. — Amende honorable, sorte de peine infamante qui était ordonnée par justice, et qui consistait à reconnaître publiquement son crime, et à en demander pardon : il fit amende honoraMe nu, en chemise, la torche au poing et la corde au cou. — Fig. Faire amende hono- rable A quelqu'un, lui faire une espèce de réparation d'honneur, et reconnaître qu'on a eu tort à son égard. * HONORABLEMENT adv. D'une manière ho- norable : // a été reçu honorablement. — D'une manière splendide, maguifiqueiî/d étéenterré très honorablement. ' HONORAIRE adj. (Taà. hontieur) . Se dit des personnes qui, après avoir exercé longtemps certains emplois, certaines charges, en con- servent le titre et les prérogatives honorifiques: conseiller honoraire. — Se dit aussi des per- sonnes qui portent un titre honorifique sans fondions : académicien honoraire. — Chanoine honoraire, s'emploie dans les deux sens, et se dit, tantôt de chanoines qui se sont démis de leur canonicat; tantôt de personnes no- tables qui, sans être chanoi- nes, ni l'avoir été, ont la place et les honneurs de chanoine : chanoine honoraire de Saint- Denis. — Tuteur honoraire, celui qui est préposé pour veil- ler aux intérêts d'un pupille, mais qui, à la différence du tuteur ordinaire, ne prend aucune parti l'administration des biens. •HONORAIRE s. m. Ce que l'on donne à un avocat pour avoir plaidé ou écrit dans une cause. S'emploie ordinaire- ment au pluriel : j'ai donné tant à mon avocat pour ses ho- noraires. — Se dit également des rétributions qu'on donne à quelques autres personnes de professions libérales : leshono- raires d'un médecin. HONORARIAT s. m. Titre d'honneur : obtenir l'honorariat. HONORAT (Saint), né vers le milieu du iv° siècle, moi t en 429. Issu de parents idolâtres, il se convertit au christianisme et fonda dans l'île de Lérins un monastère devenu célèbre; il devint archevêque d'Arles. HONORAT ÎLE Saint-!, l'une des lies de Léi in>, rommune d'Hyéres ("Var); elle doit son nom â saint Honorai, évêque d'Arles, qui s'y établit en 391 et dont les restes y sont encore vénérés. * nONORÉ, ÉE part, passé de Honorer. — S'emploie adjectivement dans le conimerco épistolaire. Ainsi on écrit, quelquefois, à un homme de la môme profession que soi : Mon honoré confrère; et lorsqu'on veut témoigner m. 298 HONO nONT de la déférence à quelqu'un, à cause de son âge. ou de sa science, ou de son talent, M-n cher et honoré mut re, etc. HONORE LES BAINS (Saint-), arr. et à 26 kil. S. 0 ilf <;iiàLfiiu-(;i]iiiiin (.Nièvre). K.'iiix sulfurées alialines. Aliccliuiis pulmonaires, scrofules, catarihes. l,t,.^ . ib. ■ HONORER V. a. (lat. honorare). Rendre hoiHii'ur ri irspect : honorer .■e honorable : c'est s'honorer que d'agir si (jénéreusement. — Plus ordin. Se l'aire honneur d'une chose, en tirer vanité : je m'honore d'élrc son ami. ' HONORES Ad). Voy. Ad honobes. * HONORIFIQUE adj. Qui procure des hon- neurs, des respects : litre honorifique. — .Se dit, particul., des droits qui appartenaient aux seigneurs et aux patronsdansleséglises : ilroits honorifiques. HÛNORIFIQUEMENT adv. D'une manière houorilîquo. HONORIUS, nom de quatre papes et d'un .-iiilipape. - 1. Successeur de Boniface V, en li-.'t ou 625, mort en (i38. Sa mémoire est cé- lèbre par l'adhésion qu'il donna à l'hérésie monothélile. Sergius, évéque de Conslauti- nople , écrivit à Honorius lui demandant d'employer son influence prés de Sophronius, évêque de .lérusalem, à l'etrel de metlrc fiiî ;uix attaques de ce dernier contre la formule lie l'empereur Héraclius qui était « qu'en J.-C.ily a une seule volunléen deux natures». Il lui demanda en oulre de défendre l'emploi de formules exprimant l'tixistence de deux volontés dans le Chiist. Honorius céda, mais après sa mort, les évêques de Rome se ran- gèrent de l'avis contraire el le concile de Constantinople en (iSO-'SI, dans sa treizième session, condamna les lettres d'Honorms à Sergius à être brûlées, et dans la quinzième session la mémoire de ce pape fut frapfiée d'anathème. La question de son hétéiodoxie a été vivement discutée dans les temps an- ciens et modernes, et le dogme de l'infailli- bililé pontilicale, défini en")870 par le con- cile du Vatican, a, une fois de plus, rais en avant le nom d'Honorius et sa doctrine con- damnée par un concile œcuménique. — II. PietroCadaloûs, antipape, mort en 1072. Il était évêque de Parme quand il fut nommé pape par l'empereur Henri IV, en opposition à Alexandre H; il fut consacré par It nouvel évêque de Parme, le 28 oct. 1061, et il mar- cha immédiatement sur Rome a la tête d'une armée. Il l'ut déposé par le concile de Man- toue en 1064, mais jusqu'à sa mort il m.Tin- tint ses prétentions. — III. Lamberto di Fa- gnano, né vers 1070, mort en 1130.11 fut cardinal et légat de Henri V. Elu pape sous la pression d'une violence populaire, le I.ï déc. M24, il se relira et fut réélu à l'unani- mité le 21 déc. Dès le début, il tiavailla inces- samment à corriger les abus ecclésiasliques et à réformer les mœurs du clergé; il convo- qua plusieurs conciles. En Allemagne, en llalie et dans d'autres pays, les lois contre la simonie furent mises a exécution par ses légats. En Orient, les provinces conquises par les croisés furent érigées en évêchés et on fît de grand» efforts poui- unir les Eglises grec- 3ue el l.itine itonoiius s'opposa par la force i-s armes aux prélcnlions de Hoger de Si- cile, sur l'Apulie el la C.ilabre; mais, après une iruirre dèiastre-jse, il implora la paix. — IV Cencio Savelli, mort le 18 mars I2J7. Il lui viie-clianeelier de l'Kglise romaine, cl fut élu pape a Pérousc, le 18 luillct 1216, comme succes.seur d'Innocent III. Il focales Français de reconnaître Henri III d'AuyIe terre après la raurl de Jc.in et il intervint pour assurer les droits de Bérengérc, veuve de Ricb.ird I". Il organisa une année de croisés sous André II, roi de Hongrie ; il exi- gea de l'empereur Frédéric II. lors du cou- rouuemcut de ce prince, une promesse so- lennelle d'aller dans le délai de deux ans en Palestine avec une armée el il en;:agea Louis VIII lie France à enlrepreiidie une crriis.nle eiiiilre Kuymonil de Toulouse. — V. Giacomo Savelli, niorl le 3 avril I2s7. Il fut élu à Perouse le 2 avril I i'8:i sans la formalilé d un comlave, en violation de la constitution de Gréf-'oire X. Il essayi.sans succès, d'intro- duire l'enseif.'nement des langues orientales à l'univer.-ité de Paris où il avait fait ses études. Honorius encouragea et aida le roi de France, Philippelellardi, àfaire la guerre à I Aragon. H supprima le bripand.-.pe liaiis ses Etals et donna une grande impulsion aux arts et aux sciences. Les historiens contem- porains loi reprocheni sdh népotisme. HONORIUS FLAVIUS, empereur romain d Occiileiit, second lils de Theodose le Grand né en 384, mort en 423. A la mort do son père en 3!».-., il eut pour partage les posses- sions de l'Ouest, son frère aîné Arcadiuseut celles de l'Est; il résida pendant plusieurs années de sa minorité à .Milan, où son beaii- pére Stilicho faisait la guerre à. \laric. Faible de corps el d'esprit, il vécut sans glo re à Ravennc, landisque laulorité impériale était détruite par des insurrections dans plusieurs parlies de 1 empire. 'HONT, comté du N.-O. de la Hongrie, borné au S. par le Danube; 2,.^.ï2 kil. càrr. • 130.000 hab. Le nord est occupé par les rà- mifîcations des monts Carpalhes, renfeiinanl de riches mines d'or, d'argent, de plomb et de fer. La capitale estipolysag; mais la ville la plus importante est Scli'emnitz. •'HONTE s. f. Confusion, trouble, senti- ment pénible excité dans l'âme par l'idée de quelque déshonneur qu'on a reçu ou qu'on craint de recevoir, ou qu'on aurait seulement à ses propres yeux : avoir liante de mentir. — Faire HONTE a quelqu'un, lui causer de la honte, être un sujet de honte pour lui ; j7,y tirent vanité de ce qui devrait leur faire le plus de honte. — Faire ho.me a quelqu'u.n, sigiiilie encore, faire à quelqu'un des reproches qui lui causent de la honte, de la confusion; et alors honte est souvent acconipagné d'un complément: faites-lui honte, ille mérite bien. — Poétiq. En parlant des choses. Faire ho.nte, effacer, éclipser. — Que honte ne vous fasse DOMsiAGE, il ne faut pas qu'une mauvaise honte empêche de faire une chose ipii n'est point blâmable, et qui peut être utile. Avoir perdu toute honte, être sans pudeur, être insensible au déshonneur. On dit dans le même sens. Avoir toute honte bue, mettre bas toute honte. — Revenir, s'en retourner avec sa courtehonte, revenir, s'en retourner après avoir essuyé un allronl, un refus-, ou sans avoir rien fait de ce qu'on s'était pro- mis de faire. — Déshonneur, ignominie, op- probre : essuyer la honte d'un refus, d'une dis- grâce.— Etre la honte, faire la honte de sa FAMILLE, elc, lui faire un grand deshonneur . les mauvais ouvrages, les ouvrages immoraux font ta honte de leurs auteurs. Quelle honfe importune .lu visrtge te monte, Pour un seie quitté dont tu n'es que la honte? CxRN^BiLLB. CUtatidre, acte II, se. ru. HOOD "HONTEUSEMENT adv. Avec honte et ignoiiiiii:.- ; fuir lumteusement. ■ HONTEUX, EUSE adj. Qui a de la honte, de la confusion : n'éles-vous pas honteux de vais être emporté de lu sorte ? — Se dit éga- lement des personnes qui sont timides et embarrassées dans la société: ce jeune homme a besoin de st former, il est encore tout hon- teux. - Il n'y a Ql'ELtS HONTEUX QUI PERDENT, fau'e de hardiesse et de confiance, on manque de boimes occasions. — Prov. Jamais honteux n'eut BELLE AMIE, enamourll faut être entre- prenant. — Pauvres honteux, pauvres qui n'o~ent demander l'aumône publiquement. — Se dit aussi de ce qui cause ou doit causer de la honte, du déshonneur: c'est une chose honteuse. — .Mal honteux, maladie honteuse, se dit du mal vénérien. - Le morceau hon- T ux, le morceau qui reste le dernier sur le plat. — Les parties honteuses, les particsqui servent à la généralion. — Il est la partie honteuse de ce corps, de cette compagnie, il l'ail déshonneur au corps, à la compagnie dont il est membre. 'HOOD (Robin) [' hoûd], proscrit anglais, qui vécut vers la fin du xn» siècle et au com- nienccnienl du xiii^ Les traditions qui le concernent se trouvent pour la plupart dans les récils donnés par Stow, qui le représente comme pillant le riche à la tête de MO par- li.-ans hardis, mais faisant le bien au pauvre, protégeant les femmes et épargnant toujours aulant que possible la vie des vaincus. Ses plus célèbres associés furent Little John, son chapelain Friar Tucket sa mal tresse .Maria n ; la forêt de Sherwood. en iNottinghamshire, fut le théâtre de la plupart de ses exploits. Les recherches de savants modernes rendent douteuse l'existence de Robin Hood. HOOD I. (Samuel), vicomte, amiral anglais, né en 1724, mort en 1816. A l'âge de 16 ans entra dans la marine et en i'/66, il devint capitaine de vaisseau. Il assista au bombar- dement du Havre. En 1780, il devint contre- amiral de l'escadre bleue et il joignit Rodney dans les Indes occidenlales. En 1781, il livra une bataille rangée à de Grasse, près de la baie de Chesapeakc. Dans le grand combat du 12 avril 1782, où de Grasse fut battu, Hiiod commandait l'avant-garde de la flotte de Rodney et dans la même année il fut créé pair irlandais avec le titre de baron Hood. En 1793, il fut envoyé dans la Méditerranée pour secourir les royalistes français qui lui livrèrent Toulon, et lorsqu'il fui forcé de se retirer, il détruisit l'arsenal, les docks et 32 navires français. En 1704, il chassa les Fran- çais de la Corse et assiégea Gênes. En 1796, il fut nommé pair d'Angleterre comme vi- comte Hood de Whitely et en 1799 il devint amiral de l'escadre rouge.— II. (Alexander), vicomte Bridport, son frère, né en 1 727, mort en 1814. En 17.Ï7, il s'empara de deux na- vires français dans la baie d'Hyères. En 1794, il conlribua à la grande victoire de lord Howe el il fut créé pair irlandais avec le titre de baron Bridport. Sa victoire sur la flotte française près de Lorient en 1793, lui valut en 1796 le titre de pair d'Angleterre. HOOD ( Thomas ) , poète anglais , né à Londres en 179s, mort en 184.5. Son premier livre. Odes and Addresses to Great People, fut publié anonymement. En 1S26, il donna Whims and (jddities. En 1830, il commença la publication du Comic Annual qui eut une suite de 10 volumes (le ll<^ parut en 1842). En 1834, parut son roman Tylney Hall, qui fut suivi de Upthe Rkine. Il devint ensuite rédac- teur en chef du Neiu Monthiy Magazine dont il se relira en 1843el il publia Whims icalities. En 1844, il fit paraître le Hood's .Magazine. Le Song ofthe Shirt, Bridge of Sighs, et Lay of the Laborer, ses poèmes les plus célèbres, furent écrits pendant sa dernière maladie. HOOK Les collections les pluscornplètes des poèmes de Hood ont été faites par Epes Sargent (4 vol., Bo'iton, 18o6), et par le professeur Childs, dans son édition de^ poètes anglais (4 vol., 18-57). Les Memorials ofThomas H"Od, rassemblés, arrangés et publiés par sa fille, parurent en 1860 (2 vol.), et une Collection of the favorite Old Taies, told in verse by Tom Hood, fut illustrée par Doré en l8Ga (in-4"). 'HOOFT (Pieter-Corneliszoon) ['hôft], au- teur hollandais, né en liiSl, mort en 1617. Il fut baiilif de Minden et juge de Gooland. Il écrivit Nederlandsche Historien (16o2-',-i4, 2 vol.), une vie de Henri IV, une histoire de la maison de Médicis, des tragédies et des poèmes. HOOGLY [ou-gli], fleuve du Bengale (Inde brilaiinique), formé par la jonction de trois branches du Gange. Il forme plusieurs méandres, sur une longueur de 170 kil. jus- qu'à son estuaire, qui a environ 4o kil. de long et 20 kil. de large à son embouchure dans la baie de Bengale. Ce (leuve est navi- gable pour les navires de 1,400 tonnes jusqu'à Calcutta, à 143 kil. de ia baie. Les Indous le regardent comme le vrai Gange sacré. Le phénomène appelé mascaret s'y produit souvent. HOOGLY I. District du Bengale, Inde britan- nique, borné par l'Hoogly; 3, bOO kil. carr. ; 1,500,000 hab. Les productions les plus im- portantes sont : le riz, la canne à sucre, l'in- digo, le coton, le tabac, le gingembre et le chanvre. La soie est un des principaux ar- ticles d'exportation. — II. "Ville principale de ce district, sur la rive droite de l'Hoogly, à .30 kil. au-dessus de Calcutta; environ 1 "2,000 hab. .\utrefois i'nportanio, elle est en décadence depuis l'accroissement de Calcutta. La factorerie qui y fut établie par les An- glais en 1676 devint le premier poste mili- taire de la compagnie des Indes au Ben- gale. ' HOOK (Théodore Edward) [' houk], auteur anglai>, ne en I^S8, mort 1841. A peine àa-è de 16 ans, il écrivit un drame intitule The Soldier's Reiurn qui fut bien reçu. 11 produisit alors des farces et des vaudevilles. En 1812, le prince régent l'envoya à l'ile Maurice comme comptable général et trésorier. En 4818, il fut arrêté et ramené en Ani'leterre, sous l'inculpation de détournements, mais il ne fut pas poursuivi. Lors de la fondation, on 1820, du journal royaliste le John Bull, Hook fut choisi comme directeur de ce jour- nal. En 1823, le gouvernement reprit l'accu- sation portée contre lui, et il fut emprisonné pendant deux ans. Ses œuvres comprennent : Suyings and Doings en trois séries, Gilbert Guerney, Maxwell, Jack Bragg, etc. En 1849, parurent Life and Remains of Théodore Hook, par le rev. M. Barham. HOOKE (Robert) ['hou'-ke], mathémati- cien anj.iais, né en 163ij, morlen I7u3. Il fut professeur de géométrie au collège de Gres- ham et premier professeur de mécanique à la Société royale dont il devint secrétaire en 1677. Il ap[iorta desaméliorationsau pendule des horloges, en le faisant balancer dans de petits arcs, par l'application de l'échappe- ment à recul. Il prétendit avoir le premier inventé le ressort spiral appli(|ué par Huy^'em aux montres, et avoir découvert la gravita- tion annoncée dans les friricijda de iNewton. Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons : Mirroijrupliia ou Physiolui/icat Ih siriplions of Minute Bodies mnde by Maynifying Gla.''Ses (161).')). Ses Poslliumoiis Works conlaining /lî'.s Cutlerian Lecturcfi, and othcr k'hiiiSOiihicul Discourses, parurent en I70.'>. 'HOOKER (sir ■WiUiam Jackson) ['hou- keurj, botaniste anglais, ne en I.S.ï, mort en 186i. lin 1809, il visita l'Islande pour étudier l'histoire naturelle de ce pays, et il HOPI publia A Tour in Icelande (2 vol.). Il futlong- temps professeur de botanique à Glasgow et ensuite au jardin royal de Kew; son fils, .lo- seph Ualton Hooker lui succéda. Il fut créé chevalier en 1836. Ses ouvrages botaniques sont nombreux et importants. HOOLE (John) ['hou-le], traducteur an- glais, né en 1727, mort en 1803. Il fut pen- dant près de 40 ans emoloyé à la compagnie des Indes Orientales. Ses "traductions de la Jérusalem délivrée, de Rinaldo du Tasse, des Drames de Métastase et d'Orlaudo furioso de l'Arioste furent critiquées par Scott et Sou- they. ' HOORN [' hôrn], ville de la Hollande sep- tenlrioiuile |Pavs-Bas), sur le Zuyderzée, à 30 kil. N.-N.-E." d'Amsterdam: ll.Uiihab. Les fortifications ont été converties en prome- nades. Commerce considérable, manufactures d'articles d'or et d'argent. HOORNE. Voy. Hoen {Philippe). 'HOP. Interj. Sert à appeler, à faire sauter un entant, un cheval. ' HOPE (Thomas) ['hô'-pel, auteur anglais, né vers 1770, mort en 1831 . 11 hérita d'une grande fortune, voya^'ea en Europe et en Orient pen- danlhuit ans et publia desouvrages richement illustrés par lui-même, intitulés: Household furnilure and Ëxlernal Décorations; Costume of the Ancients (2 vol ) et Designs of Modem Costume. \\ écrivit aussi un Ton\a.n, Au ustasins or Memoirs of a Moilcrn Greck. Après sa mort parurent ses Essay on IhrOrigin and Prospects of Man (3 vol.) et Hislorical Essay on Archi- tecture {ivo].). Protecteur des arts, il rassem- bla une des plus belles galeries de peinture de l'Europe. — Son fils aine, Henuy Thomas HoPE de Deepdene (mort en 1862), était un membre conservateur du parlement. HOPE (Thomas -Gharlesl, chimiste écossais, né en Hbii, mort en 1844. Il devint proles- seiir de chimie à Glasgow en 1787, assistant du D'' Black à Edimbouri; en 179,t et son suc- cesseur en 1790. Sa principale découverte fut la présence d'une nouvelle terre, qu'il nomma stroiiite. (Voy. Stro.ntiaiNE.) * HÔPITAL s. m. (lat, hospitalia, logements pour des hôte.s). Maison de charité établie pour recevoir et traiter gratuitement les ma- lades indi;;ents: hôpital général, administra- teur de l'hôpital. — Hôpit.xl m litaire, établis- sement où sont reçus et traités les militaires malades : l'hôpital militaire du 'Val-de-Grdce. — Hôpital ambula.n't, se dit d'une réunion de personnes et d'un matériel qui suivent une armée dans ses mouvements, pour recevoir et traiter les malades et les blessés qui ne peu vent être transportés dans les hôpitaux fixes. (Voy. Ambulance.) — Vaisseau-hôpital. (Voy. ce mot.) - PUE.NDRE LE CHEMIN DE l'HÔI'ITAL, COURIR EN POSTE A l'hôpital, clc, sc ruiiicr par les pro- cès, pai'lejeu, ou par d'autres folles dépenses. On dit dans le même sens. Il sera dans peu réduit à l'hôpital ; la passion du jeu ne peut manquer de le conduire à l'hôpital; et dans un sens analogue, Mettre quelqu'un a l'hôpital, le réduire A la deiniôre misère. — ("est un hôpital, se dit d'une maison où il y a plusieurs personnes malades. — Se di- sait épalement, autrefois, de certains éta- blissements auxquels on donne aujour- d'hui le nom d'hospice, tels que l'/io;ii(a/ des orphelins, {'Hôpital des fous, etc. — Mettre une fille de mauvaise vie a l'hô- pital, la mettre dans une maison de force. — Législ. « Les établis eiiients destinés à rece- voir les malades ind geiits étaient inconnus avant 1ère chrétienne. En France, les pre- miers hôpitau.x lurent fondés, sous le nom d Hôtels-Uieu, du viir' au xv» siècle; et à l'époque des croisades, on construisit des léproseries ou ma/a(/ît'n't,'S destinées à recueil- lir les lépreux. Vers le milieu du xvue siècle, HOPI 299 un certain nombre de villes fondèrent des hôpitaux généraux, où l'on admettait à la fois les enfants trouvés, les mendiants invalides et aussi des malades. Les sévères prescrip- tions de l'édit de Chantilly (IS juillet 1724), sur lamendicité, obligèrent les villes à ouvrir des r 'fuges qui suffisaient à peine à contenir tous les mendiants amenés par la maréchaus- sée. A l'origine et pendant plusieurs siècles, la direction des maisons hospitalières appar- tenait à des ecclésiastiques séculiers ou régu- liers ; mais cette gestion était si mauvaise, et l'on constata de si nombreuses malversations, que le concile de Vienne, par un décret de 1312, renouvelé par le concile de Trente, ordonna que l'administration des hôpitaux tût confiée à des personnes laïques. De nom- breux édits, notamment ceux du 22 novembre lo3b, du I9décembre 1b43,du 12révrier 1-5o3, de mai 1-577 et du 12 octobre 1698, tentèrent de s'opposer aux déprédations qui étaient commises aux dépens des pauvres. Plusieurs hôpitaux avaient été érigés en bénéfices au profit des ecclésiastiques qui les administraient et leurs biens avaient été ainsi détournés, eonlrairement au but de leurs fondateurs. Les bureaux de direction, institués par l'édit de 1698 apportèrent dans la gestion des hô- pitaux l'ordre et le désintéressement. Les élahlissements fondés par les communes étaient administrés par des conseils élus. La Convention, voulant central ser les secours publics, réunit le domaine des hôpitaux à celui de l'Etat, par le décret du 23 messidor an II, qui l'ut rapporté le 1'^'' brumaire an IV. Enfin la loi du 16 vendémiaire an V a fondé le régime actuellement en vigueur, en insti- tuant les commissions administratives des hospices. Les ftojnîtuua; reçoivent exclus'vement les malades indigents; et les /lO.s/jices sont alfectés aux vieillards, aux incurables et aux enfants assistés. iVoy. Enfant.) Les hôituux- hospiccs reçoivent à la l'ois des malades, des vieillards et des enfants. Tous les établisse- ments hospitaliers d'une commune sonlgérés par la même commission administrative, la- quelle se compose du maire, président, de deux membres élus par le conseil municipal et de quatre membres nommés par le préfet, dans les mêmes condilions que les membres des bureaux de b enfaisance (L. 21 mai 1873; L. o août 1879). (Voy. Bienfaisance.) Chaque commission él.t, parmi ses membres et pour une année, un vice-président et un ordonna- teur. Elle nomme son secrétaire, les économes, les médecins et pharmaciens, ainsi que les divers employés. Le receveur est nommé par le préfet, sur les propositions des adminis- trateurs. La commission arrête un règlement intérieur dont les dispositions sont exécu- toires après qu'elles ont été approuvées par le préfet. Les administrations hospitalières peuvent confier certains services intérieurs à des communautés religieuses autorisées, et elles font alors avec ces cumumnautés des traités qui sont soumis à l'approbation pré- leetorale (L. 7 août IS.'i), art. 8). Les sœurs >ont, ainsi que les autres employés, placées sous l'autorité de la commission et elles sont leiuios de se eoiil'ormer au règlement inté- rieur. Les aumôniers des hospices sont nom- més par l'évêque diocésain, sur la présenta- tion de trois candidats lai le par la commission; et leur trailemeni est lixé par le préfet. On a reconnu que la liberté dj conscience des malades et des vieiliards est mieux garaolie lorsque laumônier n'est pas logé dans l'éta- blissement, tn conséquence, dans la plupart des hôpitaux et des hospices de Paris, les se- cours religieux sont au|0urd'hiii donnés par le cler^'é de laparoisse (Arr.du pré cl de la Seine du 23 juin 1883). Tout malade indii'ent est reçu dans l'hospice le plus voisin, sans aucune condition de domicile; mais les vieillards et les iiuurables ne sont admis que par délibé- ration de la commission. Les hôpitaux et 300 HOPI HOPI HORA hospices reçoivenl aussi, à litre de pension- naires, des militaires traités au compte de l'Etat, des individus admis au compte des eommunes de la circonscription, et d'autres malades traités à leur enrnple particulier. Les hospices dits déimsllnircs reçoivi'nl les ctifaiits trouvés, ahanduiinés ou orfdielins admis par le préfet (l)écr. 19 janvier I8H). (Voy. Enfant.) La comptabilité des hôpitaux et hospices est soumise à des ii'gles à peu près semhialiles à celles qui réfiissenl les nuances des communes (Décr. 3) mai IS6i. art. o47 à îiCij. (Voy. Ri'DGi:T.)La compt.ibilité-rnatiéres, tenue par les économes (tes hospices, a été orf.'anisée par l'ordonnance du 29 novembre iH'M et par l'instruction du mini.stre de l'in- térieur du 20 novembre t83G. Le conseil mu- nicip.il est appelé ii donner son avis sur les hudK-ets et les comptes des hospices, même lors(]ue la commune ne fournit aucune sub- vention (L. :; avril I88i. art. 70,5"). C'est le préfet qui arrête les budgets. Les comptes de gestion sont soumis au contrôle du conseil de préfecture; ils sont apurés par la Cour des comptes lorsque le revenu ordinaire excède .30,000 fr. Les administrations hospi- talières ne peuvent faire ni acquisition, ni aliénation, ni échanj-'cs d'immeubles sans une autorisation du préfet (Décr. i',> mars t8.ï2). Les baux doivent être adjugés aux en- chères, devant notaires et sur cahier des charges approuvé par le préfet (Décr. 12 août ■1807). Les conditions des marchés des four- nitures et d'entretien dont la durée n'excède pas une année sont réglées parla commission administrative ; et il en est de même pour les travaux dont la dépense n'est pas supé- rieure à 3,000 fr. Pour les autres marchés, les charges des adjudications doivent être approuvées par le préfet. Les hospices ne peuvent ester en justice ([u'après y avoir été autorisés par le conseil de préfecture, sur l'avis d'un comité consultatif d'arrondisse- ment, lequel est composé de trois juriscon- sultes choisi.^ par le sous-préfet (L. 28 pluviôse an Vil : Ârr. 7 messidor an IX, etc.). Les em- jimnls contractés par les hospices sont auto- l'isés parle préfet, pourvu que l'éfabli-isement n'ait pas plus de 100,000 fr. de revenu, que le terme de remboursement ne dépasse pas douze ans, que la somme à emprunter n'excède pas le chitlre des revenus annuels ordinaires, eti}ueravis du conseil municipal soit favorable à l'emprunt. Hors ces conditions, l'autorisation doit être donnée par décret; et, si le passifde l'établissement doit, en y comprenant l'em- prunt, dépasser .SOCOOO fr. , une loi estnéces- saire(L. 24 juillet 1867, art. 12). Leshôpitaux et hospices de Paris sontrégis par des lois etdes règlements particuliers; et ils sont confondus avec les bureaux de bienfaisance de la capi- tale, dans l'administration générale de r.\s- sistance publique, à Paris, qui a été instituée par la loi du 10 janvier 1849. Cette adminis- tiation est confiée à un directeur placé sous l'autorité du préfet de la .Seine et à un conseil de surveillance composé de quinze membres. On a construit au bord de la mer des liopi- laiix maritimes pour le traitement des enfants scrofuleux, et ils ont donné d'excellents ré- sultats, surtout en Italie. L'Eglise évangélique de l'Hérault fonda le premier de ceshôpitaux, en 1847, sur la plagu de Cette. Un autre fut créé, en lN.'i7, à Grau-du-Roi, près de la ville il'Aigues-.Mortes. En 1801, l'administration de l'Assistance puldique, à Paris, a fait construire I liôpila! de Berck.-sur-.\ler, au sud de Bou- logne, et on y a constaté, sur 100 enfants scrofuleux, 5-^ guérisons et 20 améliorations d'état. Des hôpitaux militaires, régis par l'in- tendance de l'armée, sont établis dans les grands centres de garnison et, autant que possible, au chef-lieu régional de chacun des corps d'armée. Dans les villes où il n'existe pas d'hôpitaux militaires, et dans celles où ils sont insuffisants, les hospices civils sont te- nus de ncevoir et de traiter les malades de l'armée ipii leur sont envoyés. I,es hôpitaux civils dans lesquels des salles sont spé- cialement affectées aux militaires (ce qui doit être lorsque la garnison atteint le chilfre de 300 hommes) sont dits mixtes ou mililnrisf's ; et,lorsqu • la parnison atteint i.OOO honiines, le traitement des malades de l'armée dans ces hôpitaux est conlié aux médecins niililaires. Des conventions passées entre lescommi'isions administratives et le ministre de la ;.'uerre déterminent les conditions de trailement et le prix de journée à payer [lar l'Etat iL. 7 juil- let 1877). Les hôpitaux de Erance re(;oivent en moyenne, par année. .110,000 malades, soit environ 9 par 1,000 liab. En 1882, le nombre des malades traités s'est élevé à 422,032, sur lesquels 376,i)ÎG sont sortis gué- ris. La durée moyenne du trailement a été de 3') jours et demi. La movenne des guéri- sons est ordin.iirement de "S p. 100; mais la proportion diffère suivant l'âge elle sexe: elle est de 80 p. 100 pour les hommes, de 7.H p. 100 pour les femmes et de 74 p. 100 pour les enfants. La moyenne des décès est de 0 p. 100. La législation, en Krance, soumet ions les établissements hospitaliers aux mêmes réirles de gestion (!t à la même sur- veillance administrative, tandis qu'en Angle- terre, en Allemagne, en .\utrich(!, en Italie, etc., la plupart des hôpitaux ou hospices sont des fondations particulières et sont considérés comme des établissements privés. Les ivnr- lihouses anglais, dont nous avons déjà parlé (voy. Riknfais.vnce), et qui sont entretenus par les unions de paroisses, sont à la fois des maisons de travail pour les pauvres valides, comme leur noml'indique, et des hospices des- tinés à n'cueillir les vieillards et les inlirmes indigcnt.s ainsi que les enfants abandonnés. Ils sont soumis à la surveillance d'un comité central institué en 1834 et réoriranisé par une loi de 1iS47. L'assistance hcispitaliére est ccr- laineineiit indispensable. Dans toute société civilisée, il y a des établissements publics où l'on soigne les malades indigent-s qui ne pourraient être traités ailleurs, des asiles où I On recueille les enfants abandonnés, les vieillards et les infirmes privés de ressources et de famille ; mais des abus sont à évilcr dans ce mode d'assistance. Le malade ou l'in- lirme doit, autant que possible, être laissé au milieu des siens; l'hôpital favorise trop sou- vent l'oubli des devoirs et le relâchement des liens naturels. Il ne faut pas non plus que le secours public, étant assuré a tous, dispense les êtres humains du travail et de la pré- voyance. Les meilleurs moyens de réduire les charges de l'assistance et à la fois de relever le niveau moral de la population ouvrière, consistent à multiplier les sociétés de secours mutuels et à encourager les assurances sur la vie. Nous avons dit, au mot Dispens.\ire, que ce genre d'établissement peut souvent remplacer l'hôpital, lorsque les moyens de traitement y sont suffisamment développés, et que, de plus, les secours à domicile sont convenablement distribués. Entin, si l'assis- tance médicale gratuite, déjà organisée dans un certain nombre de départements, l'était dans toute la France, on verrait certaine- ment diminuer la population des hôpitaux, parmi laquelle l'éloignement de la laniille et la contagion fout tant de victimes. EnAlle- magne, où le socialisme gouvernemental elle socialisme anti-gouvernemental se combattent sans cesse et se disputent l'avenir, la loi volée par le parlement allemand, le 29 mai 1883, a été une sorte de transaction entre ces deux influences. D'après cette loi, les communes doivent fournir les secours nécessaires, en cas de maladie, aux personnes qui leur versent, à cet ettet, une cotisation annuelle. C'est ce que l'on nomme l'assurance commu- nale, Gcmeinde Krankenversickenmg ; elle fournit tous les soins médicaux et donne même des indemnités de chômage aux ou- vriers malades. Les patrons sont obligés à faire assurer leurs employés. Celle assurance, en cas de maladie, est indépendante des caisses de secours institués pour les cas d'ac- cidenU. ,. (Cu, Y.) HOPKINSVILLE, ville du Kcntuckv (Etats- Unis), sur la rivière Littic, à HO kil. N.-O. de Nashville: 3,140 hab. (1,4«0 de couleur). Manufactures importantes de tabac. Asile d'aliénés. • HOPLITE s. m. (gr. h'>plon, arme). Antiq. Fantassin pesamment armé qui avait pour armes déléiisives le casque, la cuirasse, les bottines garnies de fer; pour armes offen- sives, la pique et l'épée. — »\ Miner. Pierre revêtue d'une couclie métallique luisante comme une ;irmure polie. ••'HOQUET s. ml'ho-kèKrad. Aoc. ononiat. du bruit produit par le hoqiiell. Mouvement convulsif du di.iphragine. qui se fait avec nue espèce de son non articulé, produit par le passage rapide de l'air a travers les lèvres de la glotte. Le hoquet peut dépendre d'un état nerveux, d'une trop grande plénitude de l'es- tomac, de l'irritation ou d'une sorte d'habi- tude; pour le faire cesser, on boit un verre d'eau froide ou l'on a recours à des aspersions froides, à une émotion vive, à une frayeur subite, etc. — Hoquet de la mort, hoquet qui survient ordinairement aux mourants. ' HOQUETER v. n. Avoir le hoquet. • • HOQUETON s. m. (arabe al, le; franc, co- ton). Sorte de casaque brodée que portaient les archers du grand prévôt, du chancelier, etc. : porter le hor/ueton. — Se dit aussi de la casaque que portaient les gardes de la manche. — Se dit, par ext., de l'archer qui portait le hoqueton : il Hait suivi de diitx ho- quetons. — S'est dit, de plus, de loule espèce de casaque : 11 s'habille en berger, endosse un /togiieton. La Fontaikb. HOR, montas-ne située près de la fron- tière S. de la Palestine orientale. Aaron, y étant mort, elle porte le nom de Jebel Nebi H'ïrun (montagne du prophète .\aron); elle se dresse sur le côté E. de la grande vallée de l'Arobah, à 1,(;00 m. au-dessus du niveau de la Méditerranée. HORACE (QuintusHoratius-Flaccus), célèbre poète romain, né à Venouse dans la Pouille, l'an ()5 av. J.-C, mort l'an 8 de notre ère. Quoique d'une origine médiocre, il fut ins- truit, à Rome, comme le fils d'un chevalier ou d'un sénateur et, à 18 ans, il fut envoyé à Athènes pour y continuer ses études. A 22 ans, Horace savait la langue de Lucrèce et celle d'Homère. Ce fut à Athènes qu'il rencontra Brut us qui lui persuada de se faire soldat et de le suivre dans la mêlée des guerres civiles. La première fois qu'Horace assista à une bataille ce fut à Philippes (42), pendant laquelle il s'enfuit en abandonnant son bouclier. De retour à Rome, pauvre, in- connu, il se mit à faire des vers pour vivre. 11 débuta par des odes et des satires où l'on retrouvait la cadence sonore, l'allure nette et la forme simple de Pindare. Virgile eut bientôt fait du jeune poète son ami le plus intime et il le préseiila à Mécène qui en fit son familier le plus cher, lui donna pour vivre sa terre de Sabine et le présenta à Auguste. L'un et l'autre, en le comblant de bienfaits, le mirent a l'abri du besoin et lui laissèrent tout loisir de se livrer à son art favori. 11 se retira sous les ombrages de Tiburqui devint en peu de temps le cénacle où se réunirent les plus jolies femmes et les esprits les plus distingués de Rome ; il y par- tagea sou temps entre l'amilié, les Muses et l'amour; c'est ià qu'il mourut en instituant l'empereur son héritier. — Horace a laissé H OR A HORÎ nORL 301 des Odes, des Satires et des Epitres. Ses Odes sont délicieusement finies et marquées au coin du meilleur goût et du plus pur langage. Ses Satires sont plutôt des esquisses de la vie et des habitudes des Romains sous le rèf;ne d'Auguste qu'une critique des vices de son temps, et en cela elles olirent un con- traste frappant avec les satires graves et sévères de Juvénal. Quant à ses Epitres, œuvre de son âge mûr, elles sont un code de bon sens, de bon goûl et de grâce. Cour- tisan jusqu'à l'amitié mais jamais jusqu'à la flatterie, il est l'homme de la douce morale, des épanchements intimes, des fines cau- series et des plaisirs élégants, aujourd'hui sur les ailes de Pindare, demain sous les bosquets d'Anacréon. 11 est et restera tou- jours le poète classique le plusétudié; c'estlui dont on se souvient le mieux et que l'on cite toujours. Les éditions et les traductions d'Horace sont innombrables, [lous ne pouvons que citer les principales. Mentionnons donc, parmi les éditions : l'édition princeps (Milan, d470. in-fol.), Heinsius (Anvers, 160o); Ad usum Del hiin{in-i'', Paris, 16')IJ ; de Jouvency (2 vol. in-12, Paris, 1696); F. Didot (in-lol., Paris, 1799) et l'édition diamant de F. Didot (Pans 18rio). Parmi le< traductions en prose, on cite celles de : Uacier (10 vol. in-12, Paris, 11)81); de Sarradon (2 vol. in-4°, Pans 1728); de Campenon et Desprez (2 vol. in-8°, Paris, 1821): de Goubeaux et P. Barbet (2 vol. in-8°, Paris 1827) ; etc., etc. Les traductions en vers desœuvres complètes sont rares ; parmi les plus modernes, nous citerons celles de: Daru (2 vol. in-S°, Paris, 18101; de Duchemin (2 vol. m-8'', Paris, 183y);deRagon (4vol. m-18, 1831).. Nous noterons encore les traductions des Odes et des Epitres de 'WaiHy (1 vol. in-lS, Pans, 1817); L. Halévy (I vol. in-S°, Paris, 1824); Michau.v (1 vol. in-18, Paris, 1842); Lacroix (1 vol. in-S°, Paris, 1848); Anquetil (1 vol. in-12, Paris, IS.jU). HORACES(Les)(Hist. rom.). Nom de trois frères qui combattirent les trois Coriaces d'Albe, pour décider laquelle de Rome ou d'Albe aurait lasuprématie.Deux des Horaces avaientdéjàsucconibé, mais les trois Curiaces étaient blessés. Le dernier des Horaces, resté seul contre trois, fit semblant de fuir afin d'amener ses adversaires à sa poursuite et de les distancer selon la gravité de leurs blessures. Les voyant assez éloignés l'un de l'autre, il se retourne vivement et leur fait mordre la poussière l'un après l'autre. Ho- ratia, sœur du vainqueur, et qui avait été fiancée à l'un des Curiaces, fut poignardée par son frère à cau^e des plaintes et des re- proches qu'elle lui adressa asou retour. Con- damné pour ce crime par les duumvirs, il en appela au peuple et fut absous. Corneille a mis sur la scène l'amuur et le meurtre de la sœur d'Horace, Camille ou Horatia, dans une tragédie intitulée Horace, représentée pour la première fuis en lb.j9. ' HORAIRE adj. Qui a rapport aux heures, qui est mesuré par une heure, qui se fait par heure. — Cercles uoh.mres, cercles de la sphère céleste qui passent par les pôles et qui, en arrivant au inéridien du lieu, marquent les heures du temps vrai. — ■ Mouvemknt ho- iiAiiiE, quantité dont un astre varie dans 1 es- |iace d une heure, soit en longitude, soit eu latitude. HORATIUS COCLÈS [o-ra-si-uss-ko-klèss] {llurare le bonjuc). Héros romain. Seul contre i'aiiiK.'e de l'oiseiiiia 'qui assiégeait Rome (o07 av. J.-C), il détendit 1 entrée du pont Sublicius dont ses compagnons d'armes dé- truisaieiil les arches derrière lui. Le pont rompu, il se jeta tout armé dans le Ueiive et rentra à Rome sans blessures. Sa patrie re- connaissante lui éleva une statue ri lui donna autant de terre qu'il en put labourer en un jour. HORBOURG, ville du cercle et à 3 kil. iN.-E. de Colmar (Âlsace-Lorrainej, sur la rive droite de l'Ill; 1,048 hab. * 'HORDE s. f. (mongol, ordoù, camp). Peu- plade errante: troupe nombreuse d'hommes qui vivent en société, mais sans avoir d'éta- blissement fixe : des hordes de barbares fon- dirent sur l'empire romain. — Par ext. et pai mépris. Troupe d'hommes indisciplinés, qui se plaisent au carnage, à la dévastation, etc. : une horde sanrjuinaire. HORDEACÉ, ÉE adj. (lat. hordeaceus, de honleiiiii, orge). Qui ressemble ou qui se rapporte à l'orge. — s. f. pi. Tribu de gra- minées ayant pour type le genre orge et comprenant en outre, les genres ivraie, fro- ment, seigle, segilope. etc. HORDÉATION s. f. Art vétérin. Fourbure attribuée à lalimentation trop exclusivement composée de grains d'orge. HORDÉIFORME adj. Bot. Qui ressemble à l'orge. — Anal. Ganglions aoRDÉiFonMES, gan- glions que forme le nerf intercostal entre chaque vertèbre. HOREB, montagne de l'Arabie Petrée, sur les contins de l'ancien pays de l'idumée, non loin du Sinaï. Dieu y apparut à .Moïse dans un buisson ardent et c'est là que le pro- phète fit jaillir l'eaa d'un rocher. (Voy. SlNAÏ.) HOREYMELAH, ville forte du Nedjed, (Arabie), patrie d'.Abdel-Wahab, fondateur de la secte dis wahabites. 'HORGEN ou Horchen ['hor-ghènn], ville de Suisse, à 17 kil.S.de Zurich, sur la rive 0. du lac de Zurich; b,ijUU hab. Elle est le point de départ ordinaire des touristes qui tout l'ascension du Rigi. HORIDICTIQUE adj. (gr. hord, heure; deikti- kos, qui montre). Astron. Se dit d'un quart de cercle sur lequel sont tracées des fignes horaires. " 'HORION s. m. Coup rudement déchargé sur la tête ou sur les épaules. Ne se dit plus qu'en plaisantant : il a reçu un vilain ho- rion. (Vieux.) HORISTIQUE adj. (gr. horistikos, qui dé- liiiilj. Giamm. Se dit d'une grammaire qui définit les espèces de mots. HORITES (Les), habitants aborigènes du mont Seir. Leur nom dérive de Horis, petit- fils de Seir (Gen. XXXVI, 22). Leurs habita- tions, formées d'excavations, se trouvent encore par centaines dans les rochers de grès et dans les montagnes d'Edom, particu- lièrement à Petra. * HORIZON s. m. (gr. horizon, qui borne). Ligne circulaire variable dont l'observateur est le centre et où le ciel et la terre senibleul se joindre : les enfants croient que le monde finit à l'horizon. — S'emploie aussi pour dé- signer les parties de la surface terrestre où se termine notre vue; et souvent la partie du ciel qui en est voisine : horizon borné, étendu. — Astron. Cercle de la sphère qui divise sa partie visible de sa partie invisible. On distingue : i'Iiorizon sensible, plan cpio l'on suppose loucher la terre au point où est l'observateur; il est perpendnn- laire a la verticale; et l'horizon rationnel, plan de l'horizon rapporte au centre de la terre et prolonge indéfiniment dans l'espace: prendre la Itauteur d'un astre sur l'horizon. — Peint. Endroit d'un labliau.où .selon l'ordre des plans, le ciel succède à la terre; et, par ext., hauteur à laquelle le peintre a place le point de vue. On dit en ce dernier sens : l'ho- rizon est trop haut, est trop bas, ele. — Se dit quelquelois au ligure : l'horizon poliUque se rembrunit, se couvre de nuages. ' HORII^ONTAL, ÂLE, AUX adj. Parallèle u l'horizon : ligne horizontale. — Fam. se METTRE DANS UNE POSITION HORIZONTALE, SB coucher. •HORIZONTALEMENT adv. Parallèlement à l'horizon : un cadran placé horizontale- ment. HORIZONTALITÉ s. f. Etat de ce qui est horizontal'. HORIZONTÉ, ÉE adj. Blas. Se dit du soleil et de la lune, quand ilssontplacés à l'un des angles de fécu. * HORLOGE s. f. (gr. hora, heure ; logion. indication). Machine placée dans un endroit apparent de quelque édifice, et destinée à marquer et à sonner les heures : une bonne horloge, une grosse horloge. — Monter, re- monter UNE HORLOGE, en bander les ressorts, ou en hausser les poids. — Démonter une HORLOGE, en désassembler les pièces. — Ré- gler l'NE HORLOGE, la mettre à l'heure d'après le soleil. — Fam. Il est réglé comme une hor- loge, il est régulier dans ses habitudes. — Fam. Une heure d'horloge, une heure com- plète, une grande heure. — Horloge solaire, cadran solaire. On disait aussi. Horloge au soleil. — Horloge de sable, ou Sablier, espèce d'horloge de verre composée de deux fioles ajustées de manière que du sable fin qui est dans l'une, s'écoule dans l'autre par une poiite ouverture, et sert à mesurer un certain espace de temps. — Horloge d'eau, clepsydre, ma- chine qui indique de même la marche du temps par l'écoulement d'une certaine quan- tité d'eau : les anciens se servaient principale- ment d'horloges d'eau. — Bot. Horloge de Flore, table des heures du jour auxquelles ^'épanouissent certaines fleurs. — Horloge êlectrioue, horloge dont les aiguilles sont mises en mouvement par un courant élec- trique. L'une des plus anciennes horloges élec- triques est celle de Wheatstone (1840), dans laquelle une horloge directrice est mise en relation avec plusieurs cadrans. Garnier et Froment tirent passer ce système dans la pra- tique, en créant l'appareil nommé compteur électro-chronométrique. Le système Bain ( 1 840), perfectionné' par Froment et Robert Houdin, se compose d'horloges a pendule dont le mou- vement est perpétue par l'électricité. Dans celui de Baines, Bréguet et Fayes (1840), plu- sieurs horloges marchent ensemble sous l'im- pulsion d'un régulateur unique. — Horloge polaire, instrument in- venté par sir Charles ■W'heatstoue (1849) pour faire connaître l'heure au moyen de la lumière polarisée. La lumière passe dans un polariscope; une plaque de sélénite ou d'un au- tre cristal à double ré- flexion est interposée entre le polariseur et l'analyseur; pour pro- duire interférence et coloration. Dès que 1 analyseur est mis en rotation, la couleur passe partoute l'échelle „ 1 , ..„ des teintes. (Voy. Lu- IIoiloi:e polaire, , , . ^ - r MiERE ) La lumière cé- leste se polarisant àangles droits, par rapport aux rayons du soleil, on emploie pour ana- lyseur un prisme de Nicol, place de façon que son axe soit parallèle à celui de la terre; on le lait tourner de façon a changer sa position relativement au plan de polarisation. * HORLOGER. ÈRE s. Celui, celle qui t'ait, qui repaie d' s horloges, des pendules, des montres : c'est un bon horloger. — Houlocèrb, femme d'un horloger. — »» Horloger, ère adj. Qui so rapporte à l'iiorlogerie : industrie horloyère. 302 IIOHL • HORLOGERIE i. t. Art de faire des hor- lOfTfs, des pcnilulos, des nionlres : enltndrc b en l'hnrtoiinrii'. — Se dit icu-si des oiivrrtL'Ps d'lii)i'li);;eiii' : fnire k nommcnc de i'hovtojcrie — K^^.Y^.|.. Tnule piftce li liorlo;.'i!iic cunifiteiid cinii l'iirlies : I" le uotfuh, poids ijui iiii[inme, en dcsceiidaiil, son acliuii à un lianllel, par le moyen d'une corde a laquelle il est sus- pendu; i" le MOUVKMKNT ou IlOUAGE, OOmpOSé Fîg. I . H n-!f>ge de Huypons. — a, arbre de la roue du litoiiveiiiLMil : ô. roui' il'i iitouvcmritt ; r. pruiliL- à cl quct ; €, roue tnnyL-iinc ul sou pifînoii ; f, pjgiion de rouo de chninp; f/, loui- de ch.iiiip'. A, rniie de rencontre iivec sou pigiioti; t, pileMe de v. rg.'; k. roue d'f^ch tpinnunt ou d'ancre; /, piiktlede la vei'v'e: m. point de reucontr-e do la fourchette et de I i verge ; h foiirchelie de la veige; p lige du b;i iineiiT; g, pont d'êeli:ippement : r roue des heures; 5. cliaus.'éc; «, roue de renvoi et son pignon. de toutes les pièces mécaniques animées d'un niouveinetiL circttiaii-e et tenues dans les coussinets ajnslés sur la cajie ; 3" Ikchappe- JiKNT. pièce qui règle l'action du muleiif, et rend uniroriiie la vilesse cotnmttniquée par celui-ci au niécmisine; 4" le nRoiXAiEcn, qui modère >^l rcfrnli'rise les moiivenienls de la machin»; le pendule est le régulateur des hor- lo.-'es; .ï" la BolTK, qui renfeinie luut le mou- vement. — Dans l'antiqtiili', on appela hor- lij(je (lai. korvlotjitim, )if. ùpo'i.oyioy, marqueur d'heure), le cadran solaire, la clepsydre et le sahlier. Le plus ancien de ces inslrtinietits fut sans doute le cadi-an solaire, bienlôt remplacé par la cle[isydrp. (Voy. Clkpsyube et Cadran soLAiiiE.) Les sabliers remplacèrent les clep- sydres vers le commen- cement de l'ère chié- lientie. L'horlope-chan- delle d'Alned le Grand , _■ „ i- .^^^ ,-5.,^ et le changement de wfe-^îK''^r''x'».^ -'i. celle-ci en une lioiloge- laiiterne an moyen d un couvercle de corne Irans- patente, pour diviser le jour en trois porlions égales, furent populaires au moyen âge. L époque de l' m lioduction des hor- loges à roues mues par _. a c i .• des poids ne peut être Fig- 5. Ecnnppcmcnlanncre t^ ■ " ! deGriiti.m. -a. videde ""ee avec beuucoup la r.Mie dentée; 6i, levée d'e.xactllude. LafanifUse déchapp-Mieut: c. plein horlogc euvovée par Ha- ûe la dent : a, ancre. in ï ■ j • i ■ roun-al-Kaschtd a 1 em- pereur Charlemagne éiait une clepsydre. Geibert (qui devint plus tard pape sous le nom de Sylvestre II), conslrujslt, en 9!l6, à Magdebourg, une horloge a\ec des roues et des poids. La première horloge de West- minster fut érigée avec l'argent d'une amende | HORL inllipéa à un jupe du banc du roi qui avait rendu un arrftl inique (1 :'0(J) ; dans ce temps, les juges avaient ù compter avi!c lu pimcnt d'KrusIi.iw. — A, détente; a\ rcssoi-t de renvoi ; B. balancier: (/, \irolu ; E, roue den- tée ; s, levée ; T, dents ; p, vide de la denture. a deux roues d'échappement, avec des dents de formes dilférenles el des roues derrière et devant la plaque, à l'effet de tourner les ai- guilles des heures et des minutes. Ce mouve- ment des roues présente précisément la même disposilion que celle des roues employées au- jourd'hui pour les horloges et pour les montres. La fourchette ?;, mue par le pen- dule /), prend la place du balancier de l'hor- loge de Vick, el par ses vibralions fdus iso- cliiones elle produit un échappement plus exact. L'arbre de la roue g passe à travers la plaque de devant et elle porie un disque sur lequel il y a 60 divisions. L'application d'un échappemenl par lequel le pendule n'oscil- lait que dans un petit arc fut trouvée par le D' llooke, contemporain de lluy^'ens. Cet échappement produisant un recul fut appelé échappement de recul. Il futieniplacé par l'é- chappementa ancre de Graham vers ITÎO, sys- tème généralement employé aujourd'hui pour les horloges et. avec quelques mudilications, pour les montres (lig. i). O^and le pendule se balance à droite, la dent a s'échappe de la le- vée b, tandis que la dent c est mi.ie en contact avec la levée d de l'ancre; il ne se produit aucun recul. Quand le penduleatleint la liitii;e de sa vibration à gauche, le même mouvement se produilsur la face circulaire intérieure de la levée d échappement 6. Alin de maintenir une horloge en mouvement, on dut chercher une combinaison pormetiant de remonterle poids ou le ressort. Comme cette opération doit être accomplie sans renverser le mouvement, HORN on dut s'arranger de façon à tourner en ar- rière le bai'illet sans faire tourner la grande roue Ceci est obtenu au moyen d'une Voue à engrenage qui est maintenue par un cliquet et qui ne peut agir sur la ?rani|e roue dans la direction du mouvement, mais qui est libre d'agir dans la direction contraire. — Mu.MnKs. Les premières montres furent très imparfaites, parce qu'elles ne pouvaient pos- séder les pièi'es volumineuses néces-aires aux horloges (par exemple, lo balancier). Il fallut inventer de nouveaux modèles d'échappe- ment. Le pln> ancien .syslème fut inventé en l'ranee par Hautefeuille, vers 1722; il a été pcileclionné par Mudge et parGr.iham. On duil le chronomètre à échappement aux sa- vants constru<'leurs Le Uoy, Herlhoud, Earnshaw el llarrissoti. Le chronuineire à éidiappemenl d'Karnshaw est représenté dans notre lig. 3 Les montres sont toujours mues par un ressort. Les principaux centres de la lahrication de rhorlo;.'erie sont Genève, Nouf- chàlel. la Cliauxde-Fonds et Locle. en Suisse; Besançon et (il u>ieui s villes du Jura, en France; Liverj odi en .\n;;leterre. ' HORMAYR (Joseph), baron, f'hor-mair], historien tyrolien, ne en l"8l, mort en 1818. Il lut l'un des plus violents adveisuires de Na- poléon el le principal instigateur de l'insur- rection du Tvfol, contre les Français et les Bavarois. Après l'armistice de Znaym (juillet IcSOO), il devint conseiller impérial a Vienne. En 1813, il lit de nouvelles tentatives pour ré- volutionner le Tyrol, mais il lut emprisonné jusqu'en 1815. Il devintensuite historiographe impérial. Après 1828, il occupa des postes importants au service de la Bavière. Ses ou- vra;.'es traitent principalement de la guerre de l'indépendance tyrolienne et de l'histoire du Tyrol. " ' HORMIS prép. ['hor-mi] de hors el de mis, part, passé de inellre). Si;.'tiilie la môme chose que hors dans le sens d'excepté : honnis deux on trois. HORMISDAS I. Troisième roi de Perse. Il fut accusé, sous le rèi'ne de son père, de cons- pirer pour le détrôner; alin de pi'oiiver son innocence, il se coupa la main. Devenu roi en "271, il devint un lervenl disciple de iManès et mouruten 272.- II. Vingt-deuxième roi de Perse, mort en o92. Il était lils de Chosroès le Gland; il fut égorgé par ses frères. HORMISDAS, pape, mort en oi'3. Il monta sur le siège pontilical en 514 et se fit surtout remari(uer par son zèle à combattre la doc- trine d'Eulychès. ' HORN (Cap], promontoire d'une île appar- tenant a l'archipel de la Terre de Feu, com- munément regardé comme l'extrémité méri- dionale de lAmérique, par So" 30' lat. S. el Cap Hora. 69° 34' long. 0. Il se compose d'un rocher noir et escarpé, terminé par une pointe aiguë. Les mers voisines sont tempétueuses; mais « doubler le cap Horn » u'ellraie plus autant qu'autrefois. ' HORN (Gustaf, comte), général suédois, né HORO en 1592, mort en IGo7. Il conquit Dorpat en 1625 et Kolberg en 1630; il commandait l'aile g'aiiche à la bataille de Leipzip en I6:i1. Après la mort de Gustave-Adolfilie, qui l'appe- lait son br'as di'oil, il s'unit au duc de Weimar. Après la bataille de Noerdiing'en (1(334), li- vrée conire son ^ré, il resla prisonnier pen- dant sept ans. Il devint ministre de la guerre en 1652 et mourut feld-maréchal et gouver- neur de Livonie et de Scanie. ' HORN ou 'Hoorne (Philippe II de Montmo- REN'CY-.NivELLR, comte ilij, lionime d'Iilat tla- mand, né en 1522, mort le 5 juin liGS. 11 descendait de la lamille l'rançaije deiMontmo- rency, et reçut le domaine de son beau-père Jean, comte de Horn ; il fut nommé par Chaiies-Quint et par Philippe II gouverneui' du pa3s deGueIdre et deZulphen. amiial de la iloLte flamande et conseiller d'Etat. 11 prit pari aux batailles de Saint-Quentin et de Gia- velines, elen'|.')59, il accompagna Philifipe II en Espagne, où il resta deux ans. Ayant deviné les projets de la cour espajinole conire les Pays-Ba>, il en fit part au prince d'Orange. A son retour dans les Pays-Bas, il s'associa à Orange et Egmont pour résister à la politique agressive de Philippe. Le 9 sepl. 'l.-i67, il l'ut arrêlé avec E^iniunt à Bruxelles. Accuse du crime de haute trahison, il lut exécuté. (Voy. Egsiont.) ' HORNBLENDE s. f. ['horn-blain-de] (ail. ftoîVi, curne ; blenden, briller). Minér. Espèce minérale placée par Dana dans les silicates anhydres. D'après Rammcisberg, toutes les horiiblendes sont des melasilicales ayant lu formule générale : M^ OSO-, ou AP Si 0^. Dans quelques variétés, la silice est remplacée par raluiiiine. L'ancienne formule était : 4R0, .S Si 0^ RO. ' HORNELLSVILLE, ville de l'État de New- York il{lats-L'nis), à la jonclion de la crique Canacadea. avec la rivière Canisteo.à 130 kil. S.-E. de Buffalo; 10,090 hab. ' HORNEMANN ['hor-ne-mânn] (Friedrich- Konrad;, voyageur allemand, né eu li/2, et dont on n'eut plus de nouvelles à partir du 7 avril ISOJ. 11 se rendit en Egypte en 1797 sous les auspices de la Sociél'^ africaine de Londres. Continuant ses voyages, il atleignil Mouizouk, où il tomba maladg ainsi que son compagnon Freudenburg; ce dernier mourut. Hornemann se rendit à Tripoli d où il revint en Europe. Il repartit pour .Mourzoïik, qu'il quitta avec une caravane pour se rendre dans 1 intérieur; on perdit entièrement ses traces. Le journal de son voyage, publié parKoenig, a paru en anglais et a été traduit en fran- çais [)ar Grillet de la Baume (Paris, 18U3). BORNES, comté de l'ancien royaume des Pay.s-bas (Belgique), dépendant du duché de Biabanl. 11 fut érige en comté par I empereur Frédéric III en faveur de Jacques, sire de Ilernes, grand veneur de Brabant. H devint au .wi" siècle l'apanage des Monlmorency-iNi- velle. HORNOY. ch.l. de cant., arr. et à 32 kil. S.-O. d'Amiens (Somme); 907 hab. Beau chàlcau. HORNU, petite ville du llainaut (Belgique), à 10 kil. de Mon.s. Exploitalioii considérable de houille; fabriques de corderies et cous traction de luacliincs. 9,8»9 hab. HORODICTIQUE adj. (iat. hora, heure ; dic- tor, dicter,. Phys. Qui sert a trouverl'heure : instrumnit horudiclique . — Quaut de ckhcle BoiiODiCTiQUE : quiirl de cercle sur lequel sont tracées des lignea horaires. • HOROGRAPHIE s. f. (gr. hora, heure; gra- ■phidn, écrire). Synonyme de Gnomonique. (Voy. ce mol.) HOROMETRIE s. f. (gr. hora, heure; metron, mesui'e). Art de mesurer le temps. HORR HOROPTÉRE s. m. (gr. horos, borné; opter, observateur). Optiq. Ligne droite parallèle à celle qui joint les centres des yeui, et pas- saut par le point où coïncident les axes op- tiques. * HOROSCOPE s. m. (gr. hôra, heure; sko- pein, examiner). Observation qu'on fait de l'état du ciel au moment de la naissance de quelqu'un, et par laquelle les astrologues prétendent juger de ce qui doit arriver au nouveau-né dans le cours de sa vie : tirtr, faire l'horoscope de quelqu'un; dresser son horoscope. — Se dit, fig. et lam., de ce qu'on prédit par simple conjecture sur le sort de quelqu'un ou sur le résultat de quelque chose : je vais dresser votre horoscope. HOROSCOPIE s. f. Art de prédire l'avenir par I bornsco[ie. HOROSCOPIQUE adj. Qui se rapportée l'ho- rosco|jie. HOROTROPE s. m. (gr. horos, limite; trepô, je tourne). Phys. Cercle pa.ssant par les deux yeux et par le point sur lequel se fixe la vi- sion. HORPS (Le), ch.-l. de cant., arr. et à 11 kil. N.-E. de .Miiyenne (.Miyeune) ; 1,030 hab. HORRESCO REFERENS, loc. Iat. qui si- gnilie : je périUs, rien qu'en le racontant. Com- mencement d'un vers de Virgile. {Enéide, livre 11, vers 204). •HORREUR s. f. [orr-reur] (Iat. horror). Mouvement de l'âme accompagné de frémis- sement, et causé par quelque chose d'alfreux, de révoltant ou de terrible : je frémis d'hor- reur.— Lhoriseur dun supplice, la cruauté d'un supplice : l'horreur d'un tel supplice n'é- mut point son couraeje. — Cela fait horreur, EST A FAIHE HORREUR, Se dit, par exagération, dune chose exliêmement laide dans son genre, ou faite sans goût, sans habileté. — C'est une horreur, se dit d'une personne ex- trêmement laide : vous diriez que c'était une jolie femme, c'est une horreur. Se dit égale- ment d'une chose extrêmement laide ou dé- fectueuse dans son genre : vous vantiez c: lo- gement eoninie agréable et commode, mais c'est une horreur. — Fi ! l'horrkur! se dit quel- quefois, lorsqu'on veut marquer la répu- gnance qu'on a pour quelqu'un ou pour quelque chose. — C'est une belle horreur, se dit des choses qui font éprouver un sen- timent d'elfroi mêlé d'admiration, comme une grande tempête, un vaste incendie, etc. — Delestalion, abomination, haine violente : avoir horreur du vice, du péché. — Etru en HORREUR A quelqu'un, ÊTRE l'hORREUR DE QUEL- QU'UN, lui ins|iirer une haine mêlée d'hor- reur. — Certain saisissement de crainte ou de respect : en entrant dans cette foret, on sent, on éprouve une certaine horreur, une secrète horreur. — Se dit également de ce qu'ont d horrible, d'rlfrayant ou de sinistre certains lieux ou certains objets : l'horreur d'un cachot. C'était pendaDt ïhotTeur d'une prolonde nuit. Athalie, acte 1, se. v. — Se dit aussi, fig., en ce dernier sens : il com- prit alors toute l'horreur de sa situation. — Se dit souvent, au pluriel, des choses horribles ou désastreuses, des maux extrêmes, des pri- vations cruelles, etc. : leshorreurs de laguerre. — Les HORREURS de la mokt, les angoisses que l'on éprouve ordinairement au moment de mouiir : au milieu des horreurs de la mort, il souriait encore à ses amis. — Enormilé d'une mauvaise action, d'une action cruelle, in- fâme, etc. : l'horreur du crime, du vice, du péché, est telle que... — Se ditégalemciit des choses mêmes qui sont atroces, infâmes, etc. : ce qu'il a fait est unehorreur. — Se dit particul. des choses déshonorantes qu'on attribue à quelqu'un; et alors 11 s'emploie toujours au pluriel : on m'a dit des horreurs de cet homme- là. — y\, Pop. Dire des horreurs, tenir des HORS m propos libertins. — FaiAE des horreurs, faire des choses obscènes. ' HORRIBLE adj. |horr-rible]. Qui fait hor- reur, qui soulève, qui révolte : laideur horrible. Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélanf^e D'os et de chairs meurtris et traînés dan-i la fange. Athalie, acte I, se. r. — Quelquef. très mauvais : les chemins sont horribles. — Extrême, excessif. Ne se dil que de certaines choses, mauvaises ou bonnes, qui excèdent les bornes ordinaires : il a fait une horrible fnutf. ■ HORRIBLEMENT adv. D'une manière hor- rible : cet homme eut hnrriblement défiguré. — Extrêmement, excessivement : il y avait une grande foule, et on y était horriblement pressé. HORRIFIQUEadj. [or-ri-fi-ke](rad. horreur). Qui cause de Iborreur. HORRIPILANT. ANTE adj. Qui est propre* causer l'horripilation. • HORRIPILATION s. f. forr-ri] (Iat. orrere, se hérisser; pilus, poil). Méd. Frissonnement accompagné de froid, qui fait hérisser les poils. HORRIPILER V. a. Donner le frisson. HORROX nu Horrocks (Jereuiah). Astro- nome anglais né en 1616. mort en I6ii.ll était curé de Hoole prèsde Preston. Il se con- sacra à l'étude de l'astronomie; mais son extrême pauvreté ne lui permit d'acheter qu'en mai I6!8 son premierlélescope, qui ne luicoû- ta cependant que trois francs dix centimes. Cet instrument le niilàmême de faire la première observation du transit de Vénus le 24 nov. 1619; il avait annoncé cet événement un mois à l'avance. La description de ce transit, inti- tulée Venus in sole visa, fut imprimée par Hevelius à la fin de son Mercurius in Sole visas (Danlzig, 1662). Les trois derniers mois de la vie de Horrox furent consacrés à l'étude des irrégularités des marées, d'après lesquelles il espérait obtenir une démonstration de la rotation de la terre. Les autres travaux de Horrox furent publiés par Wallis en 1672. * ' HORS ['hor] (autre forme de fors). Pré- position de lieu, servant à marquer exclusion du lieu et des choses qui sont considérées comme ayant quelque rapport au lieu : hnrs de la ville, du royaume. - Elliptiq. Huas d'ici, sortez d'ici. — Dans certaines façons de parler familières, on l'emploie sans la par- ticule de. Ainsi on dit, il est logé hors la bar- rière. — Etre hors de page, avoir accompli le temps de son service dans les pages; et, fig. et fam. Etre lout à fait son maître : il n'est plus en puissance de tuteur, il est hors de page. — Substantiv. Le hors de page, la récompense accordée aux pages qui sortaient de service. — Joaillerie, Ce diamant, ce rubis, etc., est HORS DŒUVRE, HORS DE l'œUVRE, SB dit d'uu diamant, etc., qui n'est pas encore monté ou qui est sorti de sa monture. — Archit. Hors d'œuvre, se dit en parlant d'une pièce qui est en saillie, qui est détachée du corps d'un bâtiment, et qui ne fait pas partie de l'oidonnaiice générale : un cabinet hors d'œu- vre. (Voy. Hors-d'œuvre.) — Hors d'œuvrk, se d.t aussi en parlant de la mesure d'un bâti- ment, prise depuis l'angle extérieurd'uii mur jusqu'à l'angle extérieur de l'autre mur: ce bâtiment a tant de toises et de pieds hors d'œu- vre. Dans ce sens, on dil aussi, hors œuvrs. — Hors d'œuvre, se dit fig., dans le langage ordinaire, en parlant des choses qui, dans ua ouvrage de littérature ou d'arl, ne l'ont point partie essentielle du sujet, qu'où semble avoir ajoutées après coup et qu'on pourrait retran- cher sans nuire à l'enseinble : cette descrip- tion est hors d'œuvre. - En termes de Palais, metthe hors de cour, hors de cour et de pro- cès, envoyer les parties, ou une des parties, comme n'y ayant jias lieu de prononcer ju- ridiquement, comme n'y ayant pas sujet d» 304 IlORT plaider. Autrefois, en matière criminelle, la locution lions de coun, signifiait qu'il n'y avait pas assez de preuves pour asseoir une cuii- damnation. On ditaussi, Mettre iiorsoe c.usi:, déclarer qu'une personjie ne doit point dire partie au prociVs : il fut mis /ion de cause. El dans un sens analogue, litre hors de cause. — Substanliv. Un lions dk colh, un jugement qui met hors de cour : prononcer un hors de cour. (Vieux.) — Mr.TTiiE oi" lou'un hobs la loi, foi- niule qui a été employée dans des actes arbi- traires par lesquels on proscrivait, en telle sorte que les proscrits devaient Cire envoyés au supplii-e sans jugement, dèsque leur iden- tilé avait été reconnue : w} f/ottverncvirnt ijui met hors la loi est un gouvernemint tyranniquc. — S'emploie aussi, en parlant de plusieurs choses, sans rapport au lieu, et marque ton- jours e.\clusion de la chose indiquée par le complément : être hors de son bon sens. — Etrk I10.HS DK SOI, se dit d'une personne vio- lemment agitée ]iar (juelque passion : il est hors de lui. On dit aussi. Cela le met hors de lui. — Ce malade kst hors d'affaiue, il ne court plus aucun danger. — Etre hors de COMHAT, n'être plus en étal de combattre. On dit aussi, Mettre quelqu'un hors de combat. Ces deux phrases s'emploient au propre et au figuré. — Etre uohs de service, n'être I>lus en état de servir : cet habit es< tout à fuit hors de service. — Prép. de temps. Sert u marquer exclusion du temps : cela est hors de saison. — Excepté : ils y sont tous allés, hors deux ou trois. — S'emploie, dans ce sens, devant les verbes à l'infinitif avec la prépo- sition DE, et devant les autres modes des ver- bes avec la particule que : hors de le battre, il ne pouvait le traiter ]dus mal. • • HORS -D ŒUVRE s. m. Cuis. Se dit de certains mets «luon sert avec le potage : on servit plusieurs hors-d'œuvre. — S'emploie quelquefois tant au propre qu'au figuré : cette •partie de l'édifice est un hors-d'œuvre. ' HORSA. Voy. Hexgist. HORSCHELT (Theodor), peintre allemand, de Munich, né en ISiil, mort en 1871. 11 s'est surtout distingué par ses tableaux de batailles et par des peintures de la vie au Caucase où il accompagna l'armée russe (l8o8-'63). ' HORSE-GUARD s. f. ['hor-se-gard] (angl. garde à eliceal). Garde à cheval, en Angle- terre. — s. m. Celui qui fait partie de ce corps de cavalerie : des horse-guards. ' HORSENS, ville de Danemark, en Julland, à l'eiiibùUL'hure du Horsensfiord, dans la mer Baltique, à 60 kil. S. -E.de Viborg; ty,OUUhab. Manufactures d'articles de laine et commerce important de blé et de poisson, de tabac et de savon. • HORSFIELD (Thomas) ['hors-fild], natura- liste anglais, né vers 1773, mort en I8.t9. Il étudia l'histoire naturelle de Java pendant une résidence de 13 ans (I80'2-'17) qu'il lit dans ce pays et il publia les résullals de ses découvertes dans son Zoàlogieal Researehes in Java and in the neighhouring Islandes (tS21-'24) et Phintx Jivanicse rariores (1838-'52). HORTA, ville fortifiée, capitale de Fayal (Açures), sur une large baie du S.-E. de la côte, entre deux pointes rocheuses; environ 7,400 hab. Commerce considérable devins. HORTENSB (Hortense-Eugénie de Beauhab- nais, cuiinue sous le nom de reini;), épouse de Louis Bonaparte et reine de Hollande, née à Paris en 1783 et morle à Arenenberg en 1827. Fille d'Alexandre de Beauharnais et de Joséphine Tascher de la Pagerie, elle suivit sa mère à la Martinique (I7s7j, revint avec elle en 1790, fut mise en pension chez Ma- dame Campan et en sortit à l'âge de 17 ans, pour éoouser, contre son gré, Louis Bonaparte (13 janv. 1802), sur l'ordre de Napoléon, dont cette alliance servait la politique. Mais cette nORT union fut des plus malheureuses. La jeune princesse, ilonl l'esprit el la beaulé faisaient i'(nnemenl de la cour, montra toujours une grande aversion pour son époux. Elle mil au inonde, le 10 oct. 1802, Napoléon-Charles, et le lil octobre 1801, .\a|i()léon-Louis. De- venue reine, par l'élévation de l^ouis, au trône de Hollande (I80G), elle se trouv.t dépaysée au milieu des froides populations sur lesquelles les combinaisons de la politique l'appelaient à régner. Pour fuir la colère de .sou époux, qui l'accusait de liaisons criminelles avec l'a- niir.il Verliuel, ellese réfugia prés de sa mère, aux Tuileries, el y donna li' jour (20 avril 1808) :'i Charles-Louis-Napoléon, qui devait être un jour i\a[ioléon III. Un ordre de l'em- pereur la força de réintégrer son royaume après qu'elle eul assisté au divorce de sa mère et à la cérémonie du nouveau maria::e de Napoléon. L'abdicalion de Louis (INIO) fut suivie d'une séparation formelle des deux époux. Ilorlense se fixa à Paris, où l'empe- reur, en l'auloiisant à garder ses enfants (l'ainé était mort en 1807), lui assura un douaire de 2 millions de revenu. Sa maison devint le centre d'un cercle de puissants per- sonnages, de femmes à la mwde el de tout ce que la capitale comptait de riche el de ga- lant. C'est vers celle époque que naquit le duc de Morny. (Voy. Flahaut.) Forcée de quit- ter la France après la seconde invasion, Hor- lense se réfugia à Aix (Savoie), puis à Cons- tance el ensuite à Thiirgovie, où elle écrivit ses mémoires. A partir de 1817, elle passa la plus grande partie de son existence au château d'Arencnlicrg; elle avait pris le nom de du- chessede Sa int-Leii. Ses dernières années furent affligées par la mort de son second fils, em- porté par la rougeole à Korli (17 mars 1831) et par l'exil de son troisième fils, après l'échauf- fourée de Strasbourg. * HORTENSIAS. m. [or-lan-si-a](deHo)-, édile; en li. préteur et en 09. consul avec Q. Ca-ci- lius Melellus. .^près son consulat, Horlensius prit une part active à la lutte contre Pompée. Cicéron s'unit ensuite au même parti. Dix ans avant sa mort, Hortensias, qui avait ac- quis de grandes richesses, se retira de la vie publique. HORTENSIUS iQuintus; dictateur romain du 111'= siècle av. J.-C. Il donna son nom à la loi hortensia. ■ ' HORTICOLE adj. (lat. hortus. jardin ; colère, culliver). Qui concerne l'hoiiiculture, les jar- dins : produits horticoles. — Exposition horti- cole, exposition de produits du jardinage. • HORTICULTEUR s. m. Celui qui s'occupe de perfectionner la culture des jaidins. • HORTICULTURE s. f. (lat. hortus, jardin ; franc, culturr). ,.\i'| de cultiver les jardins. — L'/i07'utit. TonSARD. HOUI 307 — La houille est une substance noire, opaque, inflammable, généralement dure et compacte, bien que lamellée et stratifiée par lits entre les couches qui forment la croilte de la terre. La houille minérale est un composé de car- bone ou de matières ligneuses en décompo- sition, avec des matières inQammables et les gaz hydrogène et oxygène. Suivant les diverses proprotions de la matière volatile, appelée inexactement bitume dans le langage ordi- naire, la houille présente un aspect un peu différent, elle brûle plus ou moins rapide- ment et développe la chaleur à des degrés inégaux. Ces différences ont servi de base pour la classification des houilles. Les plus essentielles de ces divisions sont les sui- vantes: 1° Anthracite, minéral très dur, com- pact, brillant, d'un noir grisâtre, se cassant en brisures conchoïdales. L'anthracite brûle lentement, avec peu ou presque point de flamme, et en produisant un haut degré de chaleur. En raison de la petite proportion de matière volatile qui entre dans sa composition, on l'apfielle aussi charbon non bitumineux. Quand cette houilleest un peu moins dense et renferme une plus grande quantité de ma- tières volatiles, elle brûle avec plus de flammes et elle est alors appelée semi -anthracite. 2'- Houille bitumineuse, houille assez dure, cassant facilement et irrégulièrement, et se divisant souvent en gros morceaux cubiques dans le plan de stratification et par le clivage. Généralement, elle est tout à fait noire et brillante; elle renferme moins de carbone que l'anthracite, avec une proportion plus grande de substances inflammables, et en conséquence, elle s'allume plus facilement et plus rapidement; elle brûle avec une flamme brillante jaune, et développe moins de cha- leur. La quantité de matières combustibles volatiles qui entrent dans sa composition est très variable et, en conséquence, ses carac- tères, soit dans sa valeur comme combustible soit dans son apparence, varient au même degré. Lorsqu'elle renferme une proportion médiocre de gaz inflammable, on l'appelle houille sèche; avec plus de bitume, elle devient une houille grasse; et houille en pâte quand la matière, en brûlant, s'amollit et s'unit comme une pâte. 3° Houille compacte ou eannel coal, espèce de houille bitumineuse qui diffère beaucoup des autres variétés par son grain fin, égal, compact, homogène, res- semblant à une pâte noire, durcie en une substance minérale ou en pierre. Elle se casse avec une fracture conchoidale, et se dis- tingue à première vue des autres houilles bitumineuses par sa structure égale, non la- mellée , ou par l'absence de ces couches minces horizontales qui , dans les espèces communes de houilles bitumineuses, alternent en difl'érents degrés d'éclat et de densité ap- parente. Cette houille rend, par la distilla- tion, une proportion plus grande d'huile mi- nérale que n'importe quel autre charbon; quelquefois elle est tellement bitumineuse qu'il est dangereux de l'employer à bord det bateaux à vapeur ou dans des grilles à travers lesquelles l'huile coule quand elle est entlani- niée. Elle brûle comme des chandelles, d'où lui vient son nom anglais de caïuicl coal. — L'examen des couches géologiques et les vestiges des restes organiques que l'on y trouve montrent que la conversion des fibres ligneuses et des autres matières végétales est l'origine des différentes formations de la houille. On trouve peu de restes de la vie vé- gétale dans les roches sédimenlaires les plus anciennes, bien que l'on doive .«upposer qu'une végétation considérable élait néces- saire pour nourrir, directement ou indirecte- ment, les multitudes d'animaux qui existaient alors; mais ce ne fut qu'à l'époque de l'âge carbonifère que des plantes en quantité suf- fisante et d'une constitution requise se mul- tiplièrent assez pour produire des bancs do 308 HOUI houille. La période carbonifère est. donc, coninio son nom l'indique, ofllc de la forma- tion du charhon. —La liouilleesl deviMiue la matière fondamentale du travail industriel; on )'a surnommée l'âme de l'industrie, et la firos[iérilé mannlacluriéie d un pays se me- sure à la quantité de houille qu'il consomme. PIlOnUCTION MOYENNK DE L.\ HOUILLE DANS LES DIVEHSF.S PARTIES DU MONDE l'AYS l'ROUUCTEURS KUU-Unis Nouvelle- Ecosse- Opiiulc-Brclagnc France Belgique Allemagne Autricliu Russie Kspogne Portugal Auslrulie Inde Chili. Chine, Japon. Nouvcllc-ZiSlandc cl toutes les autres coiUrd-cs Total. Produits en tonnes 199.6i5.000 l.O'i 1.507 205.287.nu0 32. SUC. 000 22.088.000 130.9?«.O00 10. .ISO. 952 I.097.(i3î S70.0U0 18.000 912. SIO 500.000 1.000.000 nouL rage sont développés, le goudron étant dé- compo-é cl converti en malièic pazcu.--o (Vov. G.vz.j Mai.s si l'on veut oldenirdc l'huile de houille, de la paralline, de la benzine ou d'autres hvdrocarbones de la même nalur'', on doit avoir soin que les cornues soient g-r.iduellement élevées à une chaleur rou^'C seulement : les matières contenant du gou- dron écha[>pent à la décomposition, et au moyen de distillations répétées, on produit le naphte brut et ses produits secondaires. Le tableau ci-dessous fait conuallre les dill'é- renles substances qui ont été obtenues par ce procédé. • 'HOUILLERadj.in.['hou-ié; // inll.]Géol. Se ditdcs terrainsqui renferment des courbes de houille : terrains houillcrs. — •» Houillère adj. f. Qui a rap(iort au.\ terrains luiuilleis. — PÉniouK uouiLLÙRK, celle pendant laiiuelle s'est piodiiili- la formation de la houille. • 'HOUILLÈRE s. f. Mine do houille : te houillcrcti de lu Belgique. •'BOUILLEURS, m. Ouvrier qui travaille aux mines de houille. • 'HOUILLEUX. EUSE adj. f.éol. Qui con- tient de la houille : roche houilleuse. 'HOUILLON s. m.[U mil.]. Marchand de gi- bier cpii ne spécule que sur les bôLos de rebut. 'HOUKA s. m. Pipe turque, sorte de nar- ghileli. HOULAGOU, prince mogol, petit-fils de Gen- gis-Kan. né en 1217, mort en 126o. Il vain- quit et fil périr le dernier calife de Bagdad en i\'inS et ravagea toute la Syrie. Un autre prince de ce nom a régné de 1o09 k 1556. " ' HOULAN s. m. Voy. Uhlan. "HOULE s. f. (cell. Ao«/, vague). Mar. Mouvement d'ondulation que les eaux de la C'est à peine si la deux centième partie du ter- ritoire français contient des dépôts houillers, et notre pays, ne produisant jias le ch.irbon de terre nécessaire à sa consommation, est forcé d'en demander chaque année des mil- lions de tonnes h rAngletorro, à la lielgique et à l'Allemagne. Nos bassins houillcrs sont : dans le nord : Valencieniies, Calais et Haidin- gen; d/'e-st : chaînes des Vosges; au sud: Kréjus, Toulon ; à l'ouest : Vouvant, Chanlo- nay, Laval ; au nord-ouest : Saint-Lô ; dons le plateau central ■■ Aulun, le Creuzol, Sainl-Bé- rain , Blanzy. Sainl-liLienne , Rive-de-Gier, Aubenas, Alais, Drives, Rhodez, AIbi, Mou- lins, vallée du Cher, Brassac, Langeac, etc. — TABLE DES PRODUITS DÉRIVES DES MATIÈRES VOLATILES OBTE.NUES PAU LA DISTILLATION DE LA HOUILLE Liquides condcn- , ses et rassemblés] dans une citerne^ sous forme de ) goudron. Le coaltar, re- distillé avec de l'pau avec de la ' peur, donni Goudron dis-1 tillé qui donne/ par une autre (listitiation Poix distillée^ p . dans des fours jj^y^^ donne. i. ui"sJ ., , . [Naphthalinc. paranaphlhaline et hydrocarboneshui- uile de poiil j^.^^^ ^.j, ^bulilinn a une hanlc température, créo- consistanl en.( j^,^_ aniline, leucaline, paralC.ie. AciDBS. liosolique, carboliqne, brunolique, créosote. Ba-e de pvrale, de piralino, d'aniline, de Icuco- linc. de inètylamine, d'étyl.iniine et autres séries. — Neutres : alliole. beiizole. toluole, cumole. cy- nMle. et autres carbnhydrogènes ; naphlhalinc, hydrate (le phènile (Laurent). Liqueur ammoniacale contenant : ean, hydrosulfate, carbonate, muriate, acétate, hj drocyanate, sulfite et gallate d'ammoniaque. Î Acide carbonique. Hydrogène sulfuré. Aride hydrocyanique. Ammoniaque. N.iphte brute de goudron qui consiste en Caz et vapeurs séparés quelquefois par des agents! Ammoniaque, chimiques additionnels ' «-i.i- i^v,t,.ne. Gaz et vapeurs. j Acide hydrocyanique. Gaz oléBant. Gaz et vapeurs conduits au récipient du gaz. (lia/. uieu, il succéda au gén. Gage comme comniandanl des forces anglaises en Amérique. Il com- manda a la bataille de lîuhker-Ilill, battit les Américains à Lonfr-Island (27 aoôt 1776), prit possession de New-YoïU >:'> sept), dirigea les mouveinents en Penn.sylvanie. et repoussa | l'attaque des Américains à Germanlown (4 oct. 1777). HOWE (Elias), inventeur américain, né en 1819 mort on lis67. 11 travailla dans difi'éreiils ateliers de construction de machiin's, à Lowell et à Boston, et inventa la machine à coudre qu'il peifectionna en mai 184o; il prit un brevet le 10 sept. 1846. Il se rendit en Angleterre (i847-'49), y trouva la misère, re- tourna aux Etats-Unis et fui .iccablé de procès jusqu'en l8o4, époque où ses droits furent reconnus. La fortune qu'il réalisa ensuite par son invention se monta, dit-on, à 10 millions de francs. HOWE (Samuel-Gridley), philanthrope amé- ricain, né en ISOl, mort en 1S76. En 1824, il se rendit en Grèce, où il servit dans l'année des patriotes jusqu'en 1830. En 1832, l'insti- tution Perkins fonctionna sous sa direction. Son succès le plus célèbre fut l'éducation de Laura Bridiimon. jeune fille aveugle, sourde et muette. En 1i^67, il se rendit de nou\eau en Grèce pour faire parvenir des munitions aux Cretois, et il publia ensuite à Boston, The Cretan. En 1871, il fut l'un des commis- saires qui visitéicnt Santo-Doniiiigo. Il puldia une Historiral Sketch of the Grer'k Révolution (1828) et licuder for the Blind (1839). HOWTH (Colline de), péninsule d'Irlande, comté de Dublin, formant la limite N. de la haie de Dublin. Elle est rocailleuse et pitto- resque, haute de 200 m., longue de 4 kil. et large de 3 kil., avec un phare à son extré- mité. 'HOXTEtl, ville de Westphalie Crusse), sur le Weser, à 40 kil. E.-N.-E. de Paderborn ; 5,6.ï0 hab. C'est une place commerciale et manufacturière florissante. Elle réveille le souvenir des batailles que Charlemagne livra épaisses et de fleurs en étoiles, disposée^ en ombelles hémisphériques. Elles se multi- plient dans nos serres. Le hoya charnu (hoya clia carnosa) porte fleurs couleur de aux Saxons, et elle appartint à la ligue Han- séatique. ' HOYA s. m. ['ho-ia] (de Hor/, horticulteur anglais). Bot. Genre d'asclépiadées. compre- nant plusieurs espèces d'arbrisseaux grim- pants, originaires de diverses parties des Indes Orientales. Ces plantes sarmenteuses forment de longues guirlandes de feuilles ir. Hoya charnu (Itoya caniosai. quelquefois presque blanches, ayant unaspec' de cire, ce qui, joint à leur parfaite régularité, les fait ressembler de près ii des fleurs arti- ficielles. Cette espèce a fourni diverses va- riétés à fleurs cramoisies, brunâtres et jaunes. * ' HOYAD s. m. ['ho-iO] (diminut. de houe). Sorte de houe à deux fourchons, qui sert à fouir la terre. HOZIER, nom d'une célèbre famille de giiii aloiiistes français. — 1. (Pierre d'i né à Marseille en l;i91, mort à Paris en 1660. Après avoir été, pendant quelques années, attaché à la maison du roi en qualité de frentilhomme, il se livra à des recherches historiques qui lui valurent les faveurs de Louis XUl el de Louis .\IV et il sut luire une science de ce qui n'avait élé regardé jus- qu'alors que comme une curiosité ; avec lui et par lui, la science généalogique était créée. Parmi ses nombreux ouvrages nous citerons : Histoire des chevaliers du Sai7it-Esprit (1643, in- fol.); Généalogie de la maison de lu Roche- foucauld (IG.'j4, 10-4°) et enfin le manuscrit de la Généalogie des principales familles de France, qui ne compte pas moins de 160 vol. — II. (Charles René), lits du précédent, né en 1640, mort eu 1732. 11 avait hérité des charges et de la science de son père et fut nommé de plus généalogiste de la maison du roi et garde de l'armoriai général de France. Il a laissé : Recherches sur l'armoriai général de Champagne {\G1^, 2 yo\. 'tn-M.]; Généa- logie des maisons de Conflans et de Lafare. ■ — III. (Louis-Pierre), juge d'armes et conseiller du roi, né en I68;i, mortcn 1767. Il était neveu du précédent, et il composa, en collaboration avec son fils ANTOiNE-MAiiiE, VArmorial général de France (Paris, 1736-68, 10 vol. iii-tol.), oiivrase textuellement réimprimé par Didot (l867-'68). ' HUACA s. m. (mot péruvien signifiant : chose sacrée). Espèce de lumulus que l'on trouve assez habituellement dans le Pérou el la Bolivie. Les Espagnols, ayant ouvert cea tumuli, y trouvèrent d'immenses trésors. 'HUAGEs. m. Sorte de cri que l'on pouss.i pour forcer le gibier. ' HUALLAGA ['hou-al-la'-ga], rivière du Pé- rou, prenant sa source sur la pente E. des Cordillères orientales et affluant dans te Ma- ranon ou Amazone supérieure à la Laguna, après un cours tortueux d'environ 800 kil ' HUAMANGA ['hou'-a-man-gaj. Voy. Ayac- CLXHO. ' HDANACO s. m. Nom du lama sauvage. (Voy. GUANACO.) HUBE HUANCAVELICA I. Département du Pérou, occupant une partie de la vallée bornée par les Cordillères au S.-E. du département de Lima. On y trouve de l'or; l'ar^'enly est abon- dant et il y a un peu de cuivre, mais la prin- cipale production minérale est le mercure. Nombreux troupoiux de bœufs, de moutons, de Hamas; exportation de laine. — II. Capitale de ce département, à 200 kil. S.-E. de Lima; environ 9,000 hab. En raison de l'élévation (4,32.T m. au-dessus du niveau de la nier), le climat est très froid. Dans le voisinage se trou- vent de nombreux fourneaux de mercure. 'HUANTA, ville du Pérou, dans le déparle- ment d'Ajacucho, à 280 kil. S.-E. de Lima; environ l,S0Ohab Grand commerce debœufs, de moutons, de grains, de fruits, de cacao, de sang-di-apon, de canelle, de miel, etc. ' HUANUCO ou Guanuco I. Département du Pérou, occupant une partie de la vallée bor- née par les Cordillères, au N. du département de Lima. On y cultive la canne terdam, au service de la compagnie hollandaise des Indes Orientales. 11 atteignit la côte du Maine, le 18 juillet, et découvrit la baie de Delaware, le 28 août, et la rivière qui porte son nom le 11 septembre. En 1610, il com- mença son quatrième voyage, passa en juin et en juillet, dans le détroit et dans la baie qui porte maintenant son nom. Son équipage se mutina et l'abandonna, le laissant dans une embarcation avec son fils et sept autres personnes. Une expédition, envoyée d'Angle- terre pour le rechercher, ne put découvrir ses traces. HUDSON (baie d'), mer intérieure du nord de l'Amérique anglaise, longue de 1,200 kil. du N. au S. et large de 800 kil. Son extré- mité S. est appelée la baie de James. Au N.-E., elle communique par le détroit d'Hud- son avec le détroit de Davis. La navigation n'y est possible que pendant deux mois, la baie étant complètement gelée, ou obstruée par des amas de glace le reste de l'année. HUDSON (territoire de la baie d';. Voy. TeRRITuIRES du rsORD-OUEST. HUDSON (L'), tleuve de l'état de New-York, (Etals-Unis); il prend sa source dans les mon- tagnes d'Adiroiidack, à plus de 1,333 mètres an-dessub du niveau de la mer, forme à Glen's Falls une chute de 18 mètres, coule ensuite au sud sur une longueur de 300 kil. Il se jette dans la baie de New-York après un cours total d'environ oOO kil. Sur le côté E. de son embouchure, est située la ville de New-York et sur le côlé G. les villes de Jersey etd'Hoboken. L'Hudson a peu de tributaires; les plus larges sont le Hoosac, le Mohawk, le Walkill et le Croton. L'Hudson est navigable pour les navires jusqu'à Hudson (oO kil. au- dessous d'Albany), pour les vapeurs jusqu'à Troy, et pour les sloops au moyen de digues cl d'écluses, jusqu'à Waterford à l'einboii- cliure du Mohawk. Henry Hudson, qui donna son nom à ce cours d'eau, l'explora en 1609, jusque vers l'embouchure du Mohawk. HUDSON (détroit d'J, dans l'Amérique an^ glaise, relie la baie d'Hudson avec le détroi: de Davis el l'Océan ; sa longueur est de700 kil , sa larg'eur moyenne de 160 kil. *HUE ['hû]. Mot dont se servent les charre- tiers pour faire avancer les chevaux, et parti- culièrement pour les faire tourner à droite. Us emploient de même les termes huliau et hwhau. (Voy. Du.) — Prov. Fig. el pop. : l'un lire à hue et l'autre à dia, se dit lorsque deux personnes, dans la conduite de l'aQaire dont elles sont chargées, prennent des moyens qui se contrarient. 'HUÉ, Hué-Fou ou Phoutoua-Thieu, ville d'A-ii'.c ipilale de l'empire d'Aniiaiii el de la proviiâco (le Hué, sur la rivière ou rade du même nom, à environ 8 kil. de la merde Chine; de 80,000 à 100,000 hab. Hué se com- 312 nuirr nuGU nuGU pose fie deux villfs : la ville intérieure et la ville extérieure. La première est entourée par la i-iviére et par une enceinte de 8 kil. do circoiilérence et de 20 m^'lres de liant, conv trnitcdans le système des foilifications eu- ropéennes. L'activité cornnieioiale et rnanu- fiu'luriére de Une est très f.'iande. Celte ville fut forniellcnient cédée aux Trançais, par le Irai''' de 1787, mais les tniuMes de la Révolu- tiim empêchèrent l'exécution de ce traité. Le traité de commerce par li'qnel le royaume d'Annam s'en^'apeail à ouvrir le Toiikin et le llcuvc Hoiif-'e au commerce du monde entier a ctésignéa Hué le l'i mars IK^i. L'inexécu- tion de ce traite fut l'orii-'ine de l'expédi- tion française au Tonkin. — Lai. ^O" 30' iN. ; long, lu.'i» ■.;' E. •'HUÉE s. f. nruit que des paysans as- semMés pour une battue font après le loup, soit pour le faire lover, soit pour le pousser ver, soit pour le pousseï — Fi;.'. Se dit ces crii vers If's chasseurs. de dérision par lesquels une réunion de pcr sonnes témoigne son mécontentement ou son mépris : il fut accueilli par une longue huée. HUELGOAT. ch.-l. de cant., arr. et à 36 kil. N.-lv de Cliùteaulin iFinisIère); 1,413 hub. 'HUELVA ['houél'-vaj. I. Province du .S.-O. de rivpagne (Andalousie), bornée par le Por- tugal et rAllanllque; U),67() kil. carr. ; 255,000 hab. Elle e,l presque partout monta- gneuse et mal cultivée; célèbres mines de cuivre du Hio TiiiLo. Les firincipalos rivières sont la Guadiana etIeTinto. - 11. Capilale de celte province, sur une péninsule entre les erabuurliurt'S du TuiLu cl de l'Udiel. à '.(3 kil. O.-S.-O. de .Séville; popul. : 18, y-."." hab. Exportation considérable de cuivre. Elle est sur l'emplacement de l'ancienne Onol)a, dont il exisie des restes considérables. "HUER V. a. (kymr. hioa, crier, appeler). Faire des huées après le loup : huer le loup. — Se dit, llg., des ci'is de dérision qu'on pousse contre quelqu'un : à peine eut-il ouvert la bouche pour parler, qu'on le hua. (V. S.) 'HUESCA I ['houèss'-ka], province d'Espa- gne (Aragon), bornée |iar la France; 1.t,2'24 kil. carr.; 2:i"i,om) luib. La partie N. est montagneuse, mais la partie S. est plate et fertile. Les principales rivières sont : leCinca, l'Alcaiiadre, l'isucla, le Gallego et l'Aragon, toutes tributaires de l'Ebre. Les productions sont le vin, l'huile; on y élève des bœufs. — IL Ville (anc. Osca), capitale de la province ci-dessus, sur l'isuela, à ."iO kil. N.-E. de Sa- ragosse ; popul. : \'S,'iW liab. Fabrique de cuirs et de toiles grossières. Elle est d'une très haute antiquité. En 10'.i6, Pedro 1 d'.\ra- gon la reprit aux Maures. Son université, fondée en 1334, a été récemment abolie. HUET (Pierre-Daniel), évèque d'Avranches et erudil célèbie, né à Gaen en 1630, mort en l'rH. Homme du monde avant tout, il avait déposé plus d'un madrigal aux pieds de M"" de bcudéry, lorsque la faveur du roi lui octroya l'abbaye d'Aiinay et i'évêché d'A- vranches. Son existence fut alors plus grave et plus contenue, mais rien ne put le distraire de ses études favorites; il s'y livra au con- traire avec plus d'ardeur que jamais; et il a laissé une foule d'ouvrages eslirués. Ses ou- vrages, réunis en 18.16, forment six volumes comprenant entre autres : Lettres sur l'origine des homans, pleines de recherches curieuses; Censura phitosophix carlesianse , ouvrage opposé à DescarLes; Traité de la faiblesse de Veaprit humain, qui le lit classer parmi les sceptique^ du temps; lluetii earmina (Ltrecht, 1700, iii-vol. in-l2), poésies grecques et la- tines, fort estimées pour leur élégance et leur correction. HUET (Je an -Baptiste), peintre français, né à Paris en 17iJ. tu"-' en 1811 ; il excella comme paysagiste et a laissé un cerl.tin nombre rlc tableaux remarquables, entre autres : La Fidélité déchirant lehnndcau de l' A- mour: Fermière donnant à manger à ses pou- lets ; le Ile/ os; la Solitude; le Jletour du mar- ché; etc., etc. HUET (Paul), peintre, né à Paris en t f-04, mori en Isii'.»: il étudia beaucoup la nature et s'altacha dans ses tableaux à en reproduire le côté poétique et pathétique; il a beaucoup [iroduit et le littoral de la mer lui a fourni quelques-unes de ses meilleures inspirations. Citons entre autres : Soleil courhant aux rn- vir'ms de Trouville ; Grande marée d'éi/uinoxe à Hon fleur; Entrée de la forêt de Comiiié'jne ; Falaise de Ilnulpate; Route d'Uriage ; les Bri- sants de Granville; etc., etc. •HUETTE s. f. Voy. Hulottb. ' HÛGEL iKarl-Alexander-Anselm, bahon), voyageur ,-ill(;iiiand, né en I 7'.I0, iiioit en 1S7(I. En 1 81 3-'1 i, il servit dans l'armée autrichienne comme officier et il fut employé dans le ser- vice diplomatique de l'Autriche. En l831-'37, il voyagea en Grèce, en Asie Mineure, en Egypte, en lîarharic, et dans les parties éloi- gnées de l'Inde et l'Asie centrale, faisant de glandes collections qui furent achetées par le gouvernement. Ses ouvrages les plus connus sont K'isrhmir und (las lieieh der Silihs (4 vol.) et Dii^ Bcrkcn von Kahul (2 vol.). HUGO 1. (Joseph-Léon-Sigisbert, comte), gê- nai français, né a iNancy en I7;4, morten I.S27. H suivil Joseph Bon.iparte en Italie lorsque celui-ci alla prendre possession du royaume de Naples et il contribua à y détruire les bandes du fameux Fra-I)iavolo. 11 vint en- suite en Espagne avec Joseph, lorsque ce prince fut nommé par Napob-on, roi de ce pays. En 1814, il défendit longtemps Tbinn- ville contre les al iés. Il était père do notre grand Victor Hugo. — 11. (Abel), littérateur né en l";y.S, mort en iS.'i"), lils du précédenl et frère de Victor Hugo. Il accompagna son père cil Espagne et s'enrôla dans l'armée du roi Joseph; mais il quitta bientôt l'épée pour se livrer tout entier à ses goûts littéraires; il a laissé un grand nombre d'ouvrages estimés dont les [irincipaux sont : Histoire de la can)- pagne d'Espagne (1824, 2 vol. in-8°); Fraw.c pittoresque { 1 8.i3, 3 vol. in-4<'); France militaire (1834, 5 vol. in-4°); France historique et mo- numentale (1836-'43, 0 vol. in-4°); Pierre et Thomas Corneille (t8?3); les Tombeaux de Suint-Denis (1824); il collabora longtemps aux Annules de la littérature. — III. (Charles- 'Victori, littérateur et publiciste, né à Paris en 1826, mort à Bordeaux en 1871. Fils de Victor Hugo; il s'adonna tout entier à la litté- rature et contribua a la fondation de ÏEvéne- ment; il voulut partager l'exil de son père et habita lonj;leuips Jei'sey et Bruxelles avec l'illustre proscrit. Vers la fin de l'Empire il fut un des londateurs du Rappel, oti il donna souvent des articles pleins de verve et de malice qui furent très remarqués. Il a laissé le Cochon de saint Antoine (18 i7|; la Bohême dorée (t8;i9); la Chaise de paille (ISMH); Une /(im(;/e?7-(iyif/î(e(l860).— IV. (François-Victor), Irère du préccdent, né à Paris en l8i8,mort en 1873. H se consacra aux lettres et s'est illustré par sa remarquable traduction des (Euvres eomplètes de Skakspeare (18ii0-'64). Le 2 Dec. l'exila et il resta à Jersey pendant tout l'Empire; il y publia l'Ile de Jersey, son his- toire.—Y. Victor (1802-1885). (V. S ) HUGOLÂTRE s. et adj. Admirateur pas- sionne lie Victor Hugo et du romantisme. HUGOLÂTRIE s. f. Admiration outrée pour les opinions Irttéraires de Victor Hugo. "HUGUENOT, GTE s. (Etymol. dout. qui vient de lali. eidgenossen, confédérés, suivant les uns; ou, suivant les autres, de Hugues, nom d'un calviniste genevois). — Sobriquet que les catholiques de France donnèrent au- trefois aux calvinistes. — Se dit .lus^i adjec- tiv. : le parti huguenot. — Les Huguenots, opéra en 5 actes, représenté à Paris (Acadé- mie de musique), le 29 lévrier 1836; paroles de Scribe et Emile Deschamps; musique de Meyerbeor: nombreuses reprises. ■ ■ HUGUENOTE s. f. Cuis. Petit fourneau de terre nu d« fer avec une marmite dessus, piopre à faire cuire quelque chose à peu de frais. — Vaisseau de terre sans pieds, propre <'i être mis sur le fourneau. — Œufs a l\ nu- GL'KNOTE, œufs cuits daus du jus de mouton. • • HUGUENOTISME s. m. Doctrine, pro- fession de la ri-ligion réformée. (Peu usité). On dit plus souvent dans ce sens, Protestan- tisme. HUGUES CAPET, roi de France cl fondateur de la dyna^^tic capétienne, né vers 94(1, mort en t('.)6. Encore enfant, il hérita do son père, Hugues le Grand, du duché de France cl du comté de Paris. A la mort de Louis V, der nier desroiscarlovingiens, il fut choisi comme son successeur par tous les nobles assemblés et les évCques qui le préférèrent au duc car- lovin^'ien, Charles de Lorraine, oncle du der'- nier roi, et il fut couronné en 987. Charles soutint par les armes ses prétentions à la couronne, mais après cjuati'C ans de guerre, il fut fait prisonnier par li'aliison et mourut bientôt dans un donjon. Hugues associa son fils Hubert au gouvernement et rendit ainsi la cnuionne héréditaire dans sa famille. (Voy. CaPIÎTII'^NS.) HUGUES LE GRAND, dit le hlanc ou l'Abbé, ainsi iioinmé à cause de la pâleur' de son teint et de plusieurs abbayes dont il était titulaire; duc de France et comte de Paris, raoït en 9o6. Il était fils de Hobcrl, roi de France; apr-ès la mort de son père, il refusa la couronne et la céda à Louis d'Outre-.Mer, en 936 ; mais il se tourna bientôt contre le nouveau lui de France, s'empara de Heims, fit Louis prisonnier et le força de lui aban- donner Laon en échange de sa liberté; plus puissant que le roi, il réussit encore, sous Lothaire II, à réunir la Bourgogne et r.\qui- laine à ses vastes domaines. II était père de HuL'ues Capet. HUGUES (Saint) I. Petit-fils de Pépin d'Hc- rislal, mort en 730. Devenu archevêque de Kouen, en 722, il administra en même temps les diocèses de Paris et de Baveux cl se lit remarquer par son inépuisable char-ité. Fètc le 8 avril. — 11. Abbé deCIuny, morten 1 109 ; il descendait des anciens ducs de Bourgogne et succéda, en 1049, à saint Odilon comme général de i'ordi'e de Cluny. 11 imposa à ses religieux une sévère discipline et lit tleurir parmi eux les sciences et les lettres. Calisle II le plaça au rang des saints. Fête le 29 avril. — 111. Evèque de Grenoble, mort en 1132. Il a attaché son nom à la fondation du mo- nastère où il établit saint Bruno et ses com- pagnons et qui est devenu la Grande Char- treuse. On ie regarde comme l'auteur du Cartulaire de l'église de Grenoble. Fête le 1^"" avril. HUGUES, nom de cinq ducs de Bourgogne.. I. Petil-lils de Robert î''"', il succéda à son grand-père en i07b ; il abdiqua peu après et se relira à l'abbaye de Cluny, où il embrassa la vie monastique et où il mourut en 1093. — 11. On le surnomma le Paci/ique, à cause de son amour pour le peuple et de son aversion pour la guerre; il mourut, en 1042, après un règne de 39 ans. — III. Né en lloO, mort en 1193. Il accompagna Philippe-Auguste à la croisade, assista a la prise d'Acre et mourut à Tyr. — IV. Fils de Eudes Ht, mort en 1272. i 11 suivit saint Louis en qualité de croisé et fut l'ait prisonnier à la Massoure; en 1265, Beaudouin, roi de Constantinople, le fit roi ' de Thessalonicjue. — V. .Mort eu 1313 ; suc- euiL HUIL HUIL 313 ccRseur de son père, Robert H, en 1303 ; il s'attacha à l'amélioration do ses Etals et les fjouverna avec sagesse. Il était sur le point d'épouser la fille de Philippe 'V, roi de France, lorsqu'il mourut. HUGUES. Plusieurs personnages célèbres ont aussi porté ce nom. I. (Comte de 'Verman- doisi, troisième fils du roi de France, Hen- j-i l"-, né en lO.ïT, mort en 1102; il fit partie de la première croisade et assi'^ta aux sièges de Nicée et d'Antioche. — II. (Victor), né à Marseille, en 1770, mort en 1826; l'adhésion qu'il donna aux idées révolutionnaires le fit choisir comme accusateur public au tribunal de Brest et la Convention le nomma commis- saire aux îles du Vent; il chassa l'ennemi de toutes nos possessions des Antilles. Après la capitulation du eénéral anglais Graham, il visita, suivi d'une guillotine, chaque auar- lier de la Guadeloupe ; le Directoire lui confia le gouvernement de la Guyane ft7!l!t); il y resta jusqu'en IS08. — III. Hiigues des Payens, lun des Fondateurs de l'ordre des lenipliers, mort en 1136; il descendait des comtes de Champagne. — l'V. Hugues de Saint-'Victor. philosophe ascétique, mort en Il4lt; il par- tagea les idées d'Abélard sur la foi catholique et .jouit d'une grande autorité sur ses con- temporains. Il a laissé un nombreconsidérable d'ouvrages théologiques dont les principaux sont: Commentaires sur l'EiritureS duits oxydés. Les huiles non siccatives ran- cissent à l'air, deviennent un peuinoinslluides, mais ne forment pas de vernis. Au premier groupe appartiennent les huiles de lin, de chènevis, de pavot, de croton et de noix, qui contiennent de l'acide linoléique; le second groupe comprend les huiles d'olive, de colza, de navette, etc., qui contiennent de l'acide oléique. — Les huiles trouvent une infinité d'emploi : elles servent à l'éclairage, à la pré- paration des laines et du cuir, à la fabrication du savon, au graissage des machines, etc. Dans quelques pays, on fait la cuisine à l'huile d'olive. — Parmi les huiles médicinales, nous citerons : ïhuile de cade (voy. Cade), em|doyée enapplications locales contrôla teigne, l'acné et surtout fe psoriasis; ['huile de eroton, ['huile de foie de morue, ['huile de ricin, etc. — Législ. u Les huiles végétales ou animales soiil assujelties, au profit de f'I-.taf, à un droit d'entrée qui avaitélé établi d'abord en 1SI7, supprimé en i822, puis rétabli par la loi du 29 décembre 1873 dans les villes ayant au moins 4,000 âmes de population agglo- mérée; mais, en vertu de la loi du 22 dé- cembre 1878, ledit impôt ne peut être perçu que dans les villes où ces mêmes huiles sont grevées d'un droit d'octroi. Le droit d'entrée est également perçu dans les faubourgs de ces villes ; mais non dans les habitations éparses ; il est de 6 fr. par 100 kilog. dans les villes dont la population agglomérée est de 4,000 à 10,000 bab. ; de 7 fr. dans celles de 10,001 à 20.000, de 8 fr. dans celles de 20,001 à 30,000; de 10 fr. dans celles de 30,001 à 100, uOO, et de 12 fr. lorsque la population ex- cède 100,000 hab. Les viifes peuvent s'affran- chir de ces droits d'entrée en versant au Tré- sor une redevance égale à la moyenne du produit perçu pendant les deux derniers exer- cices, et sans que cette redevance puisse dé- passer le montant des taxes d'octroi. Les liuiles dites minérales (schiste, pétrole, etc.) sont soumises, en France, a un droit de con- sommation qui est de 14 fr. 50 par 100 kilog. pour les essences ayant 700 degrés de den- sité; de 34 fr. oO par 100 kilog. pour les huiles raffinées à 800 degrés et au-dessus, et de 0,22eeiit. par kilog. d'huile pure, pour les huiles brutes et les résidus liquides. A l'entrée en France, les droits de douane, fixés pour les huiles d'olive à 4 fr. 50 par 100 kilog. paî le tarif général de 1881, oal été réduits i 3 fr. par les traités de commerce de 1882. Le droit d'importation est de 1 Ir. par 100 ki- log. sur les htiiles de palme, de coco, etc. ; de 8'J fr. sur les huiles fines aromatisées; de 100 fr. sur la plu|iart des huiles volatiles et esst nces [lart'umées ; de 1 S fr. sur les huiles minérales brûles et de 23 fr. sur les huiles rat'linces et les essences minérales. » • HUILER V. a. Oindre, frotter avec de l'huile : huiler une serrure. — ^\ S'huiler v. pr. Se frotter d'huile. HUILERIE s. f. Fabrique d'huile. • HUILEUX, EUSE adj. Qui est de nature d'huili', gr.iT Diictii'""'' : substance huileuse. — III. 314 nuis Qui est coinrna irabibé ou frollé 4"hiiilc : avoir les cheveux yras et huileux. — Sauce HUILRUSK, sïiuce mal liée, et qui est devenue gras>^e eu chaullant. * HUILIER s. m. Ustensile destiné à conte- nir li;s liuiulies où l'on met rhiiile et le vi- naipie qu'on seii sur la laMe : huilier d'ar- gent. HUILLARDBRÉHOLLES i Jean -Louis -Al- phonse), lii>lorien, ne a Paris eu 1817, mort rn Ifj7) ; il a laissé quelques ouvrag'cs esti- més, entre autres : Histoire ri'siimée A's lemiis Anciens (Paris, 1840, 'J vol. ii\-S°); Histoire générale du moyen âge (Paris, 2 vol. in-8») ; Hecherches sur les monumints et l'histoire des Normands et de la fondation de ta maison de Souabe dans l'Italie méridionale [im,in-M.), etc. * HUIS s. m. (lat. oftium). Vieux mot qui sigiiilii'. Porte, et qui n'est plus guère usité qu'au Palais, dans la locution, A Huis clos, H portes fermées et sans que le public soit admis. On dit quelquefois substantiv. Le huis clos. DiMANDKR LE HUIS CLOS, demander, requé- rir qu'une allaire soit jugée à buis clos. L'H est aspirée dans Huis clos; elle ue l'est pas dans le vieux mot Huif. HUISNE, rivière de France , qui prend sa source dans le dép. de 1 Orne, près de Bel- lême et arrose ÎSogent-le-liotrou, la Kertc- Bernard ett-onnerré; elle afilue à la Sartlie près du M.in<, après un cours de 130 kil. * HUISSERIE s. f. Assemblage de pièces de bois iiui loi nient la baie, l'ouverture d'une porli^ : poteau d'huisserie. ' HUISSIER s. m. (rad. huis). Officier dont la principale charge était d'ouvrir et de fermer la porte du cabinet, de la cbambre du roi, etc. : huissier du cabinet. — Se dit également de ceux qui se tiennent dans l'antichambre des ministres, des hauts fonctionnaires, etc., pour introduire les personnes qu'ils reçoivent: huissier au ministà'e de lintcrieur, de la jus- tice, etc. — Se dit pareillement de gens pré- poses pour faire le serrice des séances de certains corps, de certaines assemblées déli- bérantes: les huissiers de laChambre des pairs, de il. Chambre des députés. — Se dit encore des officiers publics qui sont principalement chargés de signilier les actes de justice, de rpettre à exécution les jugements, etc., et dont plusieurs font le service des audiences du tribunal auquel ils appartiennent: hitis- siei' du parlement. — Huissiers a verges, se disait autrefois des sergents royaux reçus au Châlelet; et HuissiEns a cheval, de ceux qui avaient coutume d exploiter à la campagne. — Huissiers de la chaîne, huissiers à la suite du conseil, qui étaient chargés d'en exécuter les arrêts, et qu'on appelait ainsi parce qu'ils portaient une chaîne d'or au cou, avec la médaille du roi. — Législ. « Les ofllciers mi- nistériels auxquels on donne le nom d'huis- siers ont pour fonctions de signifier les ex- ploits et actes de procédure et de mettre à exécution les jugements, arrêts et ordon- nances de justice, ainsi que les actes notariés ayant force exécutoire. Ceux de ces officiers ministériels que l'on nomme huissiers audien- ciers ont en outre pour attributions spéciales de faire la police des audiences de la cour ou du tribunal qui les a choisis à cet ellet, et d'y faire l'appel des causes. Ils ont le droit exclusif de signifier certains actes et juge- ments. Pour être nommé par le chef de l'Etat aux fondions d'huissier, il faut être Français, jouir de ses droits civils, être âgé de 2.3 ans accomplis, avoir travaillé dans l'étude d'un notaire, d'un avoué ou d'un huissier pen- dant deux ans au moins, ou au grelfe d'une cour ou d'un tribunal de première instance pendant trois ans; il faut enfin être présenté par le titulaire d'une charge d'huissier ou *par ses ayants droit. La profession d'huis- HUIT sier est incompatible avec celles d'aTOcat, de notaire, d'avoué, de greffier ou de commer- çant et avec une fonction publique salariée. Tout huissier doit, avant de pouvoir iiistru- nientcr. avoir versé un cautionnement et avoir prêté le serment prolessionnel ; il doit aussi être immatriculé, c'est-à-dire ins- crit sur un registre tenu au grell'e du tribu- nal civil dans le ressort duquel sa résidence est assignée. Les huissiers sont soumis à la juridiction disciplinaire du tribunal de pre- mière instance , statuant en chambre du conseil. Dans chaque chef-lien d'arrondisse- ment, il y a une chambre des huissiers pré- sidée par un syndic nommé par la chambre (Décr. 13 oct. IS70). Les membres de la chambre sont nommés tous les ans, au scru- tin secret, par les huissiers de l'arrondisse- ment. Celte chambre est investie de certains pouvoirs disciplinaires sur les huissiers de son ressort. Les émoluments attribués aux huissiers pour les actes de leur ministère sont fixés par le tarif légal. Leur action pour le salaire de leurs actes se prescrit par un an (C. civ. 2272). Les huissiers procèdent, concur- remment avec les notaires et les greffiers de justice de paix, aux ventes publiques des objets mobiliers, sauf dans les localités où il existe des commissaires-priseurs. Ils ne peu- vent se rendre adjudicataires des objetsqu'ils vendent, et ils sont obligés d'avoir, pour chaque chambre, une bourse commune, la- quelle est alimentée par des prélèvements sur les amendes disciplinaires et sur les émo- lumenlsfDécr. Hjuin 1813). » (Cn. Y.) "HUIT ad;, ['huit. Le < final ne se pro- nonce pas devant une consonne ou une h as- pirée: huit cavaliers, hui-ka-; huit hnmcaux, bui-ha-; dans tous les autres cas, \et final se prononce: huit éciis, hui-té-ku; huit hommes, hui-to-me; dix-huit, diss-uitl] (lat. oetu). iNombre pair contenant deux fois quatre. — D'aujourd'hui en huit, dans huit jours. — S'emploie aussi dans le sens de huitième: parjehuit. On écrit plus ordinairement, Hen- ri VUI, Grégoire VHl. — s. m. Dans le pre- mier sens; et alors leTse prononce toujours: le produit de huit multiplié pur six. On dit de même. Le nombre huit. — Le huit du mois, ou simplement. Le huit, le huitième jour du mois. On dit de même: le huit de la lune. — Chili're qui marque huit: un huit de chiffrf. Ou dit de même : le numéro huit. — Aux Jeux de cartes. Huit de cœur, de trèfle, etc. .carte sur laquelle sont peints huit ceurs, huit trè- fles, etc. : il avait brelan de huit. • 'HUITAINs. m. Petite pièce de poésie comportée de huit vers; ou slance de huit vers, dans un plus long ouvrage. • 'HUITAINE s. f. Coll. Nombre collectif de huit ou environ. N'est guère usité qu'en par- lant de jours : nous avons passé chez lui une huitaine de jours, ou simplement et plus or- dinairement, une huitaine.— S'emploie sur- tout en style de Prat., La cause a été remise à huitaine, à huit jours. — Iluiter. (V. S.) • ' HUITIÈME adj. Nombre ordinal de huit: le huitième siècle. — La huitiè.me partie, ou absol.. Le huitième, chaque partie d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en huit parties égales. — Droit de huitième, droit d'aide qui se levait autrefois sur les vins en détail. — »v s. f. Dans les collèges, la classe des commençants: faire sa huitième. ' ' HUITIÈMEMENT adv. En huitième lieu: sixiéniement, septièmement, huitièmement. •HUÎTRE s. f. (gr. ostrcon,oslreion; ]a.t ostnaj. Moll. Genre d'acéphales testacés, fa- mille des ostracés, caractérisé par une écaille à deux valves irrègulières, inégales et feuille- tées, qu'unit un petit ligament logé de part et d'autre dans une fossette. — On dit L'é- caille et non La coijuille d'une huitre. — Piov. et fig. C'est une huître a l'écaillé, se dit UUIT d'une personne très sliqiide. — Chanter, rai- sonner, JouKR cohue une uuItrk, chauler rai- sonner, jouer très mal. On dit beaucoup plus fréquemment: c'est une huître. — Encycl. Le genre huître comprend plusieurs espèces de mollusques marins, qui viventordinairement en nombreuses sociélés, fixées par leur valve la plus bombée sur un cor|>s submergé ou attachées les unes aux autres. Au mois de mai ou de juin, un peu avant la ponte, l'ovaire de ces hermaphrodites s'accroît et donne une teinte laiteuse à toute la partie antérieure de l'animal. En mai ou juin, suivant les fia_>s, les œufs s'assemblent dans le manteau, pi'ès du bord externe do la coquille, et peu aprè.s, s'échappe la semence, composée de plus d'un million de jeunes animaux microscopiques munis de leur écaille. Les jeunes huîtres sont pourvues d'un organe temporaire qui leur permet de nager; au bout de quelques jours, elles se fixent sur un corps solide où elles res- tent ensuite immobiles ii jamais. Il leur faut quatre ou cinq ans d'existence pour atteindre leur complet développement et pour être esti- mées propres au service de la table. Plus de 60 espèces d'huîtres ont été décrites dans les différentes partiesdu globe; celles des climats tropicaux ont généralement une saveur moins délicieuse que les huîtres des zones tempé- rées. On connaît environ 200 espèces d'huîtres fossiles depuis l'époque des ammonites jus- qu'au temps actuel. — L'huitre commune d'I-Airope {ostrea ediilis, L\an.], de l'Océan et de la Méditerranée, est répandue sur les côtes de France, de Grande-Bretagne, d'Ir- lande et de Belgique, où on la trouve en bancs qui atteignent quelquefois plusieurs Uil. et qui sont généralement fixés sur des fonds rocailleux, à quelques pieds sous l'eau, surtouldans le voisinage de l'embouchure des rivières et des ruisseaux. L'exploitation de certains bancs est autorisée depuis la fin d'aoïit jusqu'au mois de mai suivant, période qui comprend tous les mois dans le nom des- quels entre la lettre r: septembRe, octobRe, etc. La pêche a lieu au moyen d'une espèce de râteau en fer qui ramène les huîtres à la surface de l'eau. On transporte ces mollusques dans des parcs ou bancs artificiels où les huîtres augmenient en volume et en qualité. — Quand elles atteignent, en liberté, d'é- normes dimensions, on les nomme huitres pied de cheval, parce que leur coquille large et rugueuse rappelle l'apparence du sabot du cheval. On accroît la multiplication des huitres en plaçant, dans les eaux où se fait la ponte, des frayèies arliflcielles composées d'empier- rements, de pieux, de fascines, où se réunis- sent les jeunes après la ponte. Ce procédé, connu dans l'antiquité, a été renouvelé, de nos jours, par Coste, et appliqué dans la plu- part de nos localités huilrières. Les huitres les plus renommées chez nous sont celles de Marennes et d'Ostende (devenues vertes en restant longtemps dans la même eau), d'Ar- cachon, de la Teste. d'Oléron, de Ré, d Auray, de Concarneau, de Cancale, de Saint-Brieuc, de Granville, de Lorienl, de Chatellalion, de Dives, de Régneville, de laTremblade, d'Etre- tal, de Dieppe, de Courseulles, de Saint- NVast, deDunkerque, etc. La richesse de nos bancs d'huîtres diminuant d'année en année, on importe chez nous les petites huîtres por- tugaises. La côte occidentale d'Ecosse et les Hébrides nourrissent les meilleures huîtres des côtes anglaises. Les bancs anglais sont entretenus avec soin et on y introduit des races de toutes provenances ; depuis 1872, plusieurs variétés d'huîtres d'Amérique y ont été importées, mais on dit que le change- ment de mer lait dégénérer leur qualité. Le lac napolitain de Fusaro est le grand parc aux huitres de l'Italie. — Les espèces les plus esti- mées eu Amérique sont l'huitre de Virginie [ùstrea Virginia/ui, Lister) et l'huitre du Xord (o.ttr-ea borealis, Lam.). — L'huître «e mange HULL ordinairement fraiclie, dans son eau, avec accompagnement de vin blanc; quelquefois on la saupoudre de poivre ou on l'arrose de citron; elle parait dans les grands dîners aussi bien que dans les déjeuners. On con- somme aussi une certaine quantité d'huitres marinées, d'huitres en friture, en coquilles, en ragoût. La ville de Paris, à elle seule, con- somme annuellement 240,000 kilog. de ces mollusques. — Législ. (V. S.) 'HUIT-RESSORTS s. m. [' huire-sor]. Voi- ture suspendue sur huit ressorts: des huit- ressorts. HUÎTR^ER, 1ÈRE adj. Qui a rapport aux huilrcs: industrie huîtrière. — s. m. Ornilh. Génie d'échassiers pressirostres, comprenant plusieurs espèces d'oiseaux à bec long, pointu, comprimé en coin, pour leur permettre d'ou- vrir de force les coquilles bivalves. On les trouve sur les côtes de l'Océan et de la Médi- terranée, h'huîtrier -pie ou pie de mer [hxma- topiis ostralegiis), de la taille du canard, est noir avec une bande blanche sur les ailes et sur le col. Ses pieds sont rouges. L'huitrier américain {hxmatopus paltiattis) est un peu plus gros. HUÎTRIÈRE s. f. Banc d'huitres. "HULAN s. m. (Voy. Uhlan.) HULIN (Pierre-Augustin, comte), général français né à Paris en 17,ï8, mort en 1841. Sergcntaux gardes françaises quand la Révu- tion éclata, il lit preuve d'un grand courage à la prise delà Bastille, servit comme adju- dant général sous Bonaparte en 1796, fut gouverneur de .Milan (1797-'9S), pritpartà la campagne de Marengo et devint général de division en 1807 et comte en 18ÔS. Il com- manda ensuite la place de Pans, et, après la seconde Restauration, il fut banni jusqu'en 1819. Il publia en 182,3, un récit de i'assassi- nat du duc d'Enghien, pour expliquer son rôle comme président de lu commission mi- litaire chargée de condamner cette victime. ' HULL ou Kingston-upon-HuU ['heul], port de mer d'Angleli-rre (York.shire), sur la ri- vière IIull, à son embouchuie dans l'IIumber, à :iO kil. S,-E. d'York, à 2.50 kil. N. de Londres et à :)0 kil. de la mer ; 200,044 hab. Elle est dans une plaine basse, prolegéo conlie les inondations par des njoyens niiiliciels et elle HU.MA s'étend sur plus de 3 kil. le long do la rive 0. du Hull et presque autant le long de la rive N. de l'Humber. L'étendue totale des docks de Hull est d'environ 87 acres 1/2 et les nou- veaux (18 acres) sont en construction. Les principaux édifices publics sont la douane, la bourse, la poste, l'hôtel de ville, le palais de justice, la maison de correction, les salles de réunion, le musée, la salle de concerts, deux théâtres et le marché au grain. Il y a plusieurs écoles de charité, un collège, un asile d'alié- nés, une infirmerie générale, une école de médecine et d'anatomie, dilierenles associa- tions littérairesavec bibliothèques, des jardins botanique et zoologique et un People's Park de 27 acres. Manufactures de toiles à voile, de chaînes, de poterie, de machines, de produits chimiques, de cuir, de sucre, de coton et d'ar- ticles de toile ; construction de navires, cor- deries. Les articles principaux d'exportation sont la quincaillerie, les cotons et les laines. Hull est classé comme le troisième port du Royaume-Uni. * 'HULOT s. m. Mar. Voy. Hudlot. * ' HULOTTE ou Huette s. f. Espèce de hibou, de gros oiseau nocturne : le cri de la hulotte est triste. ' HULULER V. n. (iat. nlulare, hurler). Crier à la manière des oiseaux de nuit. ' HUMinterj. ['heumm]. Marque un doute, un soupçon, une crainte, un pressentiment : Hum! je soupçonne ici quelque anguille sous roche. Fabre d'Eglantikb. — Marque la réticence : hum! qui sait ? * HUMAIN, AINE adj. (Iat. humamis). Qui est de l'homme, qui concerne l'homme, qui appartient à l'homme en général : le genre humain, l'espèce humaine. — Les choses hu- M.iiNES, les all'aires du monde, toutes les choses auxquelles l'homme est sujet, les acci- dents qui arrivent dans la vie. — Moyens hu- mains, VOIES uuMAiNEs, moyens, voies dont les hommes se peuvent servir. — Prudence HUMAINE, prudence qui e.st inspirée par l'in- térêt personnel, plutôt que par le sentiment du devoir. — Lettkes hi:.maines, connaissance de la grammaire, de la poésie, de la rhétori- que, de l'histoire, de l'antiquité, et des au- teurs anciens qui en traitent : il est plus versé dans les lettres huiiuiines que dans la théologie. — Plus qu'humain, se dit de ce qui excède la portée ordinaire de l'homme : une pénétration une intelligence plus qu'humaine. — Fig. et fam. N'avoir pas figure humaine, forme hu- maine, être mal fait, dillorme, ou être extrê- mement défiguré par quelque accident, par quelque maladie. — Sensible à la pitié, se- courable, bienfaisant : un prince huniai)i. — Se dit d'une femme très complaisante : charmante et coquette Cliiii.'ne, Dont plus d'un cœur est enchanté. Vous êtes divine en beauté; En amour vous êtes humaine. Lr Rhcn. — N'avoir rien d'iilm in, être dur et impi- toyable. — Se dit substaiitiv. et au plur. pour les hommes. N'est guère usité que dans le style poétique ou soutenu : le maître des humains. La faiblesse aux /lumains n'est (jue trop naturelle. Uacimi. — Se dit quelquefois au singulier et fam. pour homme : c'est un bon humain, lemeill, ur liiimaiii du mmde. * HUMAINEMENT adv. Suivant la portée, la capacité, le pouvoir de rilonime : cela esl humainement impossible. — Avec humanité, avec bonté: ils le reçut huiiminrincnt.— Himai- neuent parlant, cil parlant selon les idées coni- niiines. — Sigiiilie aussi, en Considérant 1rs choses suivant l'ordre do la nature, |iar oppo- sition h l'iirdre siiriiaUirel : liumainement par- lant, tes choses devaient uiriver ainsi. HUMB 315 * HUMANISER v. a. Rendre bon, hiimaiii ; civiliser : le commerce des Européens huma- nisa ces peuples sairaages. —Rendre pllis tiai- table, plus favorable : il se montre fort eon- truire à vos intérêts, mais on trouvera moych de l'humaniser. — S'humaniser v. pr. : iUom- mence à s' humaniser. — Particul. Se dépouiller de certains sentiments et d'une certaine façon de vivre trop austère : il s'était jeté dans lu retraite, mais il commence à s'humaniser. — Se confoi'mer, s'accommoder à )a portée des autres : c'est un homme d'un génie supérieur • mais il s'humanise avec les esprits Ordinaires. HUMANISME s. m. (rad. humain). Philos. Culle, déilication de l'humanité. * HUMANISTE s. m. Celui qui étudie les hu- manités dans un collège. — Se dit aussi, mais ordinairement avec une épithéte, de celui qui sait, qui enseigne les humanités : c'est un excellent humaniste. •HUMANITAIRE adj. Se dit de certaines opinions, de certaines doctrines qui préten- dent avoir pour objet le bien universel de I humanité. — Se dit aussi des personnes qui professent les opinions humanitaires : un écrivain humanitaire. — S'emploie quelquefois substantiv. en ce sens : un humanita'ire. ' HUMANITÉ s. f. (lai. humanitas). Nature humaine : J -('. a pris notre humanité. — Cela EST au-dessus de l'humanité, ccla passe la portée ordinaire des forces de l'homme. — Prov. et fig. Payer le tribut de l'humanitIî, mourir, se laisser aller à quelque faiblesse humaine. — l.e genre humain, les hommes en général : les maux qui accablent l'hunui- hité. — Bonté, sensibilité, compassion pour les malheurs d'autrui ; traiter quelqu'un nvcc humanité. — s. f. pi. Ce qu'on apprend ordi- nairement dans les collèges jusqu'à la pliilo- sophie exclusivement : il a fait ses humani.Js. — S'emploie aussi dans un sens plus restreint pour désigner les classes dans les collèges t les lycées depuis la quatrième jusqu'à la rhé- torique exclusivement. ' HUMANTIN s. m. (Iat. hwmts,lcne). Icht. Sous-genre de squales, vt>isiii dos aiguillais. L'espèce la plus connue, nommée ceninnc (squalus eenirina), de l'Océan et de la Médi- terranée, mesure 1 m. et demi, donne uue peau qui sert à polir les corps durs. HUMBER, rivière d'.\ngleterre séparant les comle.s d'York et de Lincoln, et formé prin- cipalement par la jonction de l'Ouse et du Trent, 60 kil, de cours, HUMBERT (Joseph Amable), général de la preiiuère Képubliqur, in- a Bouvroy (Lorraine) en 1767, mort k la Nouvelle-Orléans en 1S2.J. II était colporteur et marchand de peaux de lapins lorsque la France lit un appel à lous les hommes valides (1792); ils'engagea et dut à son éloquence populaire, à sa belle pres- tance, à son intrépidilé et à une instruction assez rare chez un homme de sa condilion, un avancement tellement rapide, iiu'au bout d'un an de service, il était général de bri- gade. C'est en cette qualité, qu'il repoussa, à Brécourt, les insurgés girondins du Calvados et d'IUe-et-Vilaine (14 juillet 1793). Après avoir fait les campagnes de Vendée, il fui dé- signé pour aller, avec une avant-garde de l.tiOO hommes, tenter de soulever l'Irlande, en attendant le départ de l'armée imposaiile dont le Directoire voulait donner le comman- dement au général Hoche (voy, ce noili). Iliim- hert -s'embarqua à Bresl, le 6 août l7ilS. et di'barqtia le il dans la haie de Killala; il entra sans coup férir dans la ville de Killala, appela le peupli' aux armes, arbora le drapeau \ert et proclama la république irlandaise. Mais son appel ne fut pas entendu. Sans se décon- certer, il prit l'ollensive contre une armée vingt foissupéricure en nombre, marcha daifs la diiection do Dublin, remporta à Casllebar 316 IIUMB mi.Mij (voy. ce nom), la victoire la plus extraordi- naire (27 août 179S) el fui é(Masé à lialliiia- muek (voy. ce nom), où il dut se rctidrc, ainsi que les 800 soldais fraiirais qui n'avaient pas succombé (12 sept.). Iluinbcrl fut délivré par un cartel d'éclianj-'c en 1799. Son ardent lé- publicanisme le biouilla avec B(ina|iarle, qui renvoya à Sainl-Doniini;iio (isil'i). Après la mort de Leclprc. ce fut lluinbert qui ranitiia sa veuve en France. La colère de Runaparte n'eut plus de bornes, quand il apprit que sa pr iOiur, consolée p.ir ce général d'une si obscure ■jripinc, lui avait permis d'asfurer à sa main, llumbert reçut l'ordre de quitter Paris; ne se trouvant pas en sécurité en France, il se re- fuf-'i.i en Amérique, où il prit du service dans l'armée mexicaine révoltée contre l'Espagne. • HUMBLE adj. (lat. humiiis). Qui a de l'hu- raililé : Hrc humble devant tjuclqu'un. — Se nd quelquefois subslantiv., surtout au pluiiel : Dieu résiste aux superbes et donne sa grâce aux humbles. — Va\ parlant de ce qui regarde la vie civile. Qui porte trop loin la déférence et le respect : il est toujours honblc el. soumis devant lui. Kn termes de civilité : votre très humble serciteur. — Se dit plus or- dinairement des cboscs; et dans cette accep- tion, si|.'nilie, qui marque du respect et de la déférence : faire une humble prière. En termes de civilité : retidre de très humbles 'ji-dces. - Modeste : avoir une humble déjiancc de soi- même. — Se dit fig. de ce qui a peu d'éléva- tion, peu d'apparence, peu d'éclat : l'humble violette. — Médiocre, peu relevé : remplir les fonctions tes jitus humbles. ' HUMBLEMENT adv. Avec des sentiments d'humilité : recevoir humblement les répri- mandes. — Eu parlant de ce qui regarde la vie civile. Avec soumission, avec respect, avec modestie : demandt-r humblement pardon. En termes de civilité -.je vous salue très humble- ment. - Fig. Sans éclat, avec très peu d'ap- p.irence, dans la médiocrité : il vit humbkmeni au fond d'une -campayne. S'emploie en poés-e dans un sens analogue en parlant des objets inanimés : la violette croit humblement dans le fond des vallées. 'HUMBOLDTFriedrich-HeinrichAlexander von), baron [ali. ' liouin'-bùll;. naturatisti' 1- lemand, né à Berlin lu ! 't sept. 17li9, mort le 6 mai 1859. Il avait moins de 1" ans à la inort de sou père, conscillerroyal prussien. Eu 1787, il étudia à i'univer.sité deFrancfort-sur-l'Uder. 11 passa un an (17S9-'90), à l'université de Gœttingen pour étudier la philologie et l'his- toire naturelle. Le premier ouvrage qu'il pu- blia fut Ueber die Basalte am Rheine (1790). Après un vovage dans les Pays-Bas, en Angle- terre el en France, il étudia la tenue des li- vres et il s'exerça dans les langues vivantes à Hamburg. Il étudia à l'école des mines de Freiberg et écrivit Flora subterronea Friber- gensis. En 1792, il fut nommé adjoint au dé- partemenldesmines et il d'-vinl ensuite ofti- cier supérieur des mines àFichlelgebirge. En 1793-'94, il explora les districts miniers de la haute Bavière, de la Galicie et dediverses parties de la Prusse. En I79H, il fit un voyage géo- gnoslique dans le Tyrol, en Lombardie et en Suisse, el plus tard, il se livrai des recherches sur le galvanisme el publia un ouvrage à ce sujet (2 vol., 1797-'99). Ayant échoué dans olusieurs grands projets de voyage, il visita l'Espagne en février 1799, avec le botaniste iîonpland qu'il avait connu à Paris. Le mi- nistre de Saxe à Madrid, le baron Forell, lui fit obtenir une entrevue avec le roi Charles IV, et toutes les possessions espagnolesde l'Europe, de l'Amérique et des Indes Orientales lui fu- rent ouvertes, avec la permission de poursuivre des recherches qui pussent conduire à l'avan- cement de la science. De tel s privilèges n'avaient jamais été accordés à aucun voyageur. Le 5 juin 1799, il s'embarqua avec Bonpland sur la frégate Fiiarro de la Gorogas 9* ',' iniva à Cu- niaiia (Venezuela) le 16juillct. Aprèsavoir ex- ploré les provinces du nord de Venezuela, ils partirent do l'uerto Cahello pour l'intérieur et | arrivèrent au Rio-Negro à deux degrés de l'é- qualeiir: de la, ils retournèrent à travers le Cassiiiuiure àl'Orinoco, ). Il fut quelquefois employé dans des missions diplomatiques, de 1814 à 1827; sollicité par le roi, il retourna à Ber- lin. En 1829, il eiitrepril, sous le patronage du czar Mcolas, une expédition dans le nord de l'Asie, la Dzungarie chinuise el la mei Caspienne (plus de 13,390 kil. à travers la Sibérie jusqu'aux frontières de Chine). 11 tei-- mina celle expluration en neuf mois, et en fil counallre les résultats dans Mincraloijisch-geo- gnostiche Reise nach dem Vrai, dcm Allai und dem Kaspichen meer,de Rose (2 vol., 1837-'42), et dans Asie centrale, recherches sur les chaines de montagnes et la climatologie comfiarée, de Humbûldt, (3 vol., 1843). Les événements ré- volutionnaires de 1 8311 donnèrent une direction plus politique à l'activité de llurabuldl, sans interrompre ses travaux scientifiques A cette période appai lient la publication de son Exa- men critique de la géographie du nouveau con- tinent (.=; vol., 183o-'38). Pendant la dernière partie de sa vie, il vécut en Prusse, ordinaire- ment à Berlin. — Humboldl se distingua par l'étendue de ses recherches. Il mesura des montagnes el explora la nature des terrains, tout en collectionnant des herbiers et en trou- vant, par la combinaison des matériaux qu'il avait en mains, la science nouvelle de la géo- graphie des plantes. Il dressa lui-même la carte de l'Orénoque et de la Magdalena, et la plus grande partie de l'Atlas du Mexique. Il voyagea, avec le baromètre en main, de Bo- gota jusqu'à Lima et il fil 4o9 mesures d'alti- tudes qui furent souvent confirmées par des calculs trigonométriques. Au moyen de ses notes lournalières des phénomènes météoro- logiques, thermométriques et électriques des pars qu'il traversait, il créa la science de la climatologie comparée. Avec Bonpland, il nUME (il des observations liés importantes surl'lia- bitat el la structure des plantes. Le riche her- bier réuni pai' lui et par Bonpland, contenait plus de.'i.OUOespècesde plantes phanérogames, dont 3,îi00 étaient nouvelles. Dans son traité sur la géographie du moyen ftge, il se montre historien autant qu'astronome. Parmi ses nombreux articles de géo;;raphie physique, citons son Amichtcn der Natur (1808). Au dé- clin de sa vie, il écrivit son Knsmos (5 vol., 184:i-'62),qui explique l'harmoniedel'univers physique. HUMBOLDT Karl-Wilhem, von), baron, sa- vant allemand, frère du précédent, né à Poitdam, le 22juiri 1767, mort le 8 avrill83i>. Quand éclata la Révolution Irançaise, il se rendit à Paris (juillet 1789) el en partit bien- tôt désillusionné. En 1792, il publia dans le Berliner Monalschrifl, son Idecn ûber Staats verfassung durch die neue franzuesL'iche Corn- titutio'i vernnlasst. dans lequel il combattit U possibilité d'établir une constitution sur des théories impraticables. Il discuta le sujet plus amplement dans ses Idées sur un essai de dé- terminer les limites de l'action que doit exercer l'Etat; le manuscrit fut trouvé et publié après sa mort. Vers cette époque, Humboldl se livra à l'étude delarleldelalitlérature grecqucet donna son Essai sur les Grec* (1792). Il s'asso- cia ensuite avec Schiller et Gœlhe, surveilla l'impression d'Hei-mann und Dorolhea de ce dernier, et il écrivit un brillant commentaire sur cet ouvrage. En 1797, il se rendit à Paris, et en 1799 en Espagne, où il étudia les vieilles langues espagnoles, pour éclaircir son système d'anthropologie com- parée. En 1801, il retourna en Allemagne el bientôt après il fut nomme ministre résident de Prusse à Rome. En 1808, il fut rappelé par des afiaires de famille et fut nommé ministre d'Etal pour le.s départements de la religion, de l'éducation publique et des établi.sseiiienls médicaux. 11 réorganisa l'instruction publique en Prusse, et la position [irééminente que ce pays occupe sous le iai)porL de réducutioii lui" est due en grande partie. En 1810, il fut nommé ministre à Vienne; eu i813, il vaiii- i[uil l'hésitation de Metternich el eOectua l'associalion de l'.Allemagneconlre Napoléon. 11 déploya la même finesse et la même éner- gie aux conférences de Francfort, de Cliàtil- lon et de Paris el au congrès de Vienne. Kn 181(J, il se rendit à Francfort comme ambas- sadeur, el on 1818 à Londies el à Aix-la-Cha- pelle. En 1819, il fut de nouveau appelé au ministère, mais des difficultés s'élevèrent, le roi refusa d'accepter le système représen- tatif, Humboldl tomba en désaccord avec ses collègues el par un décret du 31 déc. il fut i-envové. A partir de cette époque, il s'occupa de philologie. Il commença son Ueber die Kawispraehe auf der Insel Java (3 vol. in-S", .|836-'40), dans lequel il remonte des langages à l'histoire et à la littérature des races ma- laises. La partie la plus importante de l'ou- vrage est Y Introduction qui fut publiée sépa- rément (1»36j. Ses œuvres réunies turent pu- bliées par son frère Alexandre (7 vol. in-S», 4841-':i2). HUMBOLDT (Rivière de), cours d'eau i\\\\ prend sa soui-ce dans le N.-E. de la^ Nevada et se perd, après un cours tortueux d'environ oOO kil., à travers une région aride dans le lac de Humboldl. ' HUME (David) [' hioiime], historien écos- sais, né a Edimbourg le 26 avril 1711, mort le 23 août 1776. Destiné d'abord au barreau, il suivit les cours de l'université d'Edimbourg; maisl'amourdela littératurerarracha bientôt à l'élude des lois. En 1734,11 se rendit en France, où il vécut pendant trois ans avec une grande économie pendant qu'il composait son Treatise of Human Nature qui fut publié à Londres en 1738 et refondu ensuite sou- !e titre de Inç/ui'-'/ concerniny Ihe Uuman Unders- HUiME euMi HUNÊ 317 tanding. En 1742, il publia sous le voile de l'anonyme, à Edimbourg, le premier volume de sesEssaijs. En I74G, il accompagna le gé- néral Saint-Clair comme secrétaire particu- lier dans son expédition contre les côtes de France et ensuite à la cour de Turin. 11 re- vint d'Italie en 1749 et écrivit son Inquiry concerning Ihe frinciples of Morale et Political Discourses {1752}. Eu 17;;2, il fut nommé con- servateur de la bibliothèque des avocats d'E- dimbourg et il commença à écrire son History of Eiujland. Le premier volume de History of the House of Siuart, contenant les règnes de James 1" et de Charles I" (1734), fut reçu froidement. Le second volume, comprenant les règnes de Charles II etdeJanies 11 (l7oG) eut un meilleur succès. En 17'i7, parut son J^atural History of Religion. Son History of the House of Tudor (17.j9) fut sévèrement cri- tiqué. En 1761, il publia deux volumes delà partie la plus ancienne des annales anglaises. En 1763, il accompagna à Paris le marquis de Hersford, nommé ministre plénipotentiaire. Toute la famille royale, les philosophes fran- çais, la noblesse et particulièrement les dames du haut rang et de la société, le com- blèrent d'honneurs. Au départ de lord Hert- ford, Hume devint charL'é d'ali'aires et en 1766 il retourna en Angleterre. 11 fut invité, en 1767, par le général Conway, à prendre la place de'sous-secrétaire d'Etat. 11 resta à Londres jusqu'à ce que Conway fût remplacé, et en 1769 il retourna à Edimbourg. En mars 177-5. sa santé commença a décliner. En avril 1776, il termina sa Ûivn Life, résumé concis de sa carrière littéraire. Comme histo- rien. Hume occupe un rang élevé parmi les écrivains anglais, etil compte parmi les repié- senlants les plus distingués de l'école philo- sophique au xvni" siècle. Hume a été, en philosophie, le promoteur du criticisme de Kant cl il révèle un scepticisme froid et mé- thodique présenté sous une forme claire et rigoureuse. Dans ses Dialogues sur la religion naturelle, il attaqua l'existence de Dieu et de l'àine humaine. — Campenon a traduit son. Histoire d'Angleterre (Paris, 18l9-'22, 22 vol. in-S»). •HUMECTANT, ANTE adj. Qui humecte. M'est gtieie usité qu'en parlant des aliments et des boissons qui rafraîchissent: donner des choses hwneetitntes à un malade, à un homme d'un tempérament sec. — Se dit aussi subs- tanliv. au masculin : prendre des humectants. * HUMECTATION s. f. Action d'humecter; actiun de médicaments humectants. * HUMECTER v. a. (lat. humectare ; de hu- mor, humidité). Rendre humide, mouiller : humecter la terre. — Rafraîchir, en parlant des personnes : s'humecter les entrailles jiar des remèdes rafraîchissants . — S'humecter V. pr. Se rendre humide, se rafraîchir. * ' HUMER V. a. Avaler quelque chose de liquide en retirant son haleine : humer un bouillon. — Humer l'air, humer le vent, hu- mer LE BHOuiLLAUi), etc., s'exposcr à l'air, au vent, au brouillard, etc., de telle sorte qu'il entre, qu'il pénètre dans les poumons. — As- pirer par le nez. llu.yER l'odeur des mets, les ilairer avec délices. *HUMÉRAL, ALE. AUX adj. (lat. humérus). Anat. Uui appartient, qui a rapport au bras ou à l'humeru!; : muscle humerai. ' HUMÉRUS s. m. [u-mé-russ] (lat. hume- rus). Anat. Os du bras, depuis l'épaule jus- qu'au CDUile. * HUMEURS, f. (lat./iMmor). Toute substance tUiide qui se trouve dans un corps organisé : humeur subtile. — Se dit aussi, vulgairement, des humeurs du corps que l'on croit viciées : humeur Ocre. — Humkuus froides, nom vul- gaire des écrouelles. — Disposition du lefupé- rameut ou de f'jsprit. nis(?a.soiiJKAN)Ihonp. 'Iiouiiri'-iod-i], ;.i-nri;ii hun{.'rois l'I li(jmine (l'IUal, inorlen 1 irlti. Sous Uladislas, ( 1 439-'44), il l'ul conile de Tesncs et commandant di' Iji'lprade. Il repoussa l'Invasion d'une armée turque qu'il mit en déroute en Tran.sylva- nie (144ii). Kn 1443, il (il une campagne victo- rieuse en Sorvii! et traver.sa les Balkans, ce qui lui valut la paix avec les Turcs. Ayant échappe au massacre de Varna (1444), il fui nonmic' fîouverncur do la Hongrie pendant la minorité de l.adislus. En 144s, Huniadc fut battu par le sultan Amuralh à Ko.-ovo. mais, enH'Ji, il remporta de nouvelles victoires sur les 'l'urcs. Son dernier acte lui la di-1'ensc héroïque de Belgrade. Le roi Matlhias Corvin était son fils. * 'HUNIER s. ni. Mar. Voile qui se place au niAlde hune. — Grand nuNir.R, voile du grand mât. — Petit hunkiR, voile du mât de mi- saine. HUNINGUE, ville de l'arr. de Mulhouse (Alsace-Lorraine), à 3 kil.de Bâlu sur la rive gauche du Itliin; ce n'était qu'un viliaire lorsque Louis XIV la fil fortifier par Vauban; elle fui démantelée en verlu du traité de Paris (1814). lille a subi plusieurs sièges mé- morables, entre autres celui de 1796 et celui de 181, T. (Voy. BAiiD.vNÈGitE.) 2,liuu hab. 'HUNS s. ra. pi. (lai. Uiinni; gr. Ounnoi), peuple ou race de l'Asie septentrionale, qui nabita, pendant plusieurs siècles, les plaines de la Tarlario et se fil redouter de l'empire chinois longtemps avant d'élre connu des Romains. Ils toimaient l'une de ces innom- brables tribus tarlares qui se jetèrent sur la Chine à une époque reculée; c'est pour inellre un terme à leurs incursions que les Chinois construisirent les fameuses grandes murailles dont nous avons parlé à noire ar- ticle Chine. Repousses de ce côlé, les Huns se précipilèreiil vers l'Occident, soumirent les .•Mains qui les avaient précédés entre le Volga et le Tanaïs, et apparurent en Europe vers l'an 375 après J.-C. Déjà, l'une de leurs tribus, nommée les Huns 6to!cs, s'élail établie sur les bords de la mer Caspienne. Leur arrivée en Europe jeta la perlurbation el la terreur dans tout l'Occidenl. Les historiens grecs el romains nous les dépeignent comme des hommes hideux el repoussants, aux mœurs primitives, sauvages el féroces, avec un phy- sique rappelant celui du singe, des épaules larges, le nez plat el de petits yeux profon- dément enfoncés dans la tête. Ils se nourris- saient de viandes crues (Voy. Culinaiue.) Ayant battu el repoussé les OsUoi-'olhs (37.ï), ils se fixèrent un instant sur les bords du Don et du Dnieper, cl obtinrent de Valens la possession de la Thrace (376). Associés à plusieurs autres tribus barbares, ils rava- gèrent l'empire romain. Leur terrible roi.\t- tila (voy. ce nom) porta à l'apogée leur em- pire, qui tomba après lui. Le peuple hun se dispersa el les fils d'Attila ne purent résister aux Ostrogoths; le nom de ce peuple farouche disparut en peu d'années et n'ap|iartint plus qu'à l'histoire. On prétend que les Huns ont donné naissance aux Hongrois. L'hisloii'e des Huns a été écrite par de Guignes. HUNT (James Henry-Leigh)['heunnt], poète elcritique anglais, ne en 1784, mort en ISbO. Elevé à Cambridge el employé au ministère de la guerre, il se fil bientôt remarquer par ses opinions libérales qu'il développa avec hardiesse dans son journal VExananer. Con- damné à la prison lors de l'avènement d'un ministère torie, il y continua son journal el fit paraître : The Peast of the Poets (1811), TheDescent of Liberty, a Mnsk (l8lo) el Tke Slory o/'ilwiwi(18i6). Kn 1818, il publia Fo- HUPP liar/f or Poci/is original ami translated, (fl, en 1819, il commença Ylndiralor, petit journal liebdomadaire sur le modèle du Spectutor. Ses autres écrits sont des romans, des essais, des |ioémes, une A.ulobioqriiiiky (IS-'iO), Taiile Talh (18:jl)otr/if Old Court suburb (18o5). ' HUNIER fjohn) ['heunn-teur], chirurgien anglais, né (!n Ecosse en 1728, mort en 1793. En il'66, il devint chirurgien de l'lid|iiial SaintrGeorpes, el en 17;)9 chirurgien d état- major dans l'armée. Il accompagna l'exfiédi- lion de Bellc-Isle en 1761, el après le siège de cette ville, servit en Portugal jusqu'i la paix de 1763. Ses ouvrafrcs de chirurgie, avec notes par J.-K. Palmer, lurent publiés en 4 vol, in-4" avec un atlas de 6U cartes (l83o-',37). — Sa femme, Anne Homk llLNTEn(néeen 1741, morte en 1821), publia, en 1S02, un volume de poèmes dont plusieurs furent mis en musique par Haydn. HUNTER (William), médecin anglais, frère aUié du précèdent, né 1718, mort en 1783; il fui nommé .successivement chirurgien à l'hôpilal Saint-Georges et accoucheur à la Ma- ternité. 11 a laissé un ouvraf-'e rcmarciuable intitulé Analoiny of the human graoid uté- rus (1775). HUNTER s. m. ['heunn-teui] (mol angl. forme de to hiiiU, chasser). Cheval de chasse, ordinairement demi-sang, qui est exercé à franchir les obstacles : les meilleurs huniers viennent d'Irlande. (Voy. Cheval). ' HUNTINGDONSHIRE ['hcunn-tign-deunh- cheurj, comte iutéiicur de l'Angleterre: 929 kil. cari'.; 65,000 liab. La partie septen- trionale forme un district marécafieux el sert de pâturage. Les rivières principales, sont rOuse el la iSene, Villes principales : Hulinj;- don, Sainl-lves, Saint-Neots ut Ramsay. llun- lingdon, ville du comté, est sur l'Uuse, à 90 kil. N. de Londres; 4,3 i9 hab. HUNTSVILLE I. Ville de l'Albama (Etats- Unis), a 220 kil. N.deMontgomeiy; 3,800 hab. (2,37o de couleur). — 11. Ville du "Texas, à 9.Ï kil. N. de Houston; l,Oiio hab. (640 de cou- leur). Maisons d'éducation et pénitencier de l'Etat. HUNYADE (Jean). Voy. Huniade. HUON DE VILLENEUVE, trouvère et roman- cier irancais, mort au xiii' siècle. '1 a laissé cinq vastes compositions sur le cycle de Char- leniagne : Régnant de Montanban, les Quatre fils Aymon, Mawjisd'Aiyremont, Meuves d'Ai- yremont et Doolin de Mayence. HUOT (Jean-Jacques-Nicolas), géographe français, né à Pans en l79o, mort en 1845, Collaborateur el continuateur de .Malte-Brun, il fut nommé conservateur de la bibliothèque de Versailles. On a de lui, outre le Fricis de yécyruphie qui porte le nom de Malle-Brun, mais qu'il composa presque en entier : ISouveau cours éUmcntairc de géologie (1838, 2 vol. in-S°); iiouvcau manuel de nnnéraloijic (1841, 2 vol. in-18;; Bietionnaire de géographie pliysiqnc, etc. HUPPAZOLI (Francesco) ['houp-pa-dzo-li], centenaire piémonlais, qui vil trois siècles, né en mars l.)S7, mort le 27 janvier 1702. A l'âge de 82 ans, il fut nommé consul de Venise il Smyrne. 11 avait des habitudes régulières, ne buvait pas de liqueurs fermentées, man- geait peu, ne fumait jamais, se couchait et se levait de bonne heure. A l'âge de 100 ans, ses cheveux, sa barbe et ses sourcils, qui étaient blancs, redevinrent noirs. A 112 ans, il lui poussa deux nouvelles dents, mais il les perdit toutes avant sa mort el ne mangea plus que de la soupe. 11 se maria cinq fois, eut 24 en- fants légilimesel 25 illégitimes. Son cinquième mariage, qui eut lieu dans sa 99° année, pro- duisit quatre enfants. Il a laissé des mé- moires. lU'RL • ' HUPPE s. f. (lai. vppn). Touffe de plumts placées sur la tête de certains oiseaux el qui se reiiiesscnt ordinairement à la volonté de ces animaux. On donne le nom particulier d'itigrctle à la huppe composée d'un faisceau de plumes effilées, comme cela a lieu chez le paon, la grue couronnée, la demoiselle de Numidie, etc. - Ornith. Genre de passereaux témiiioslres, compienant une demi-douzaine d'espèces, dont une habite l'I'.uiopc : c'est la Huppe commune (Upupa epops). huppe commune [upupa epops), joli oiseau. long de 30 centimètres d'un roux vineux, avec les ailes et la queue noires. La huppe se tient sur le bord desforéls humides ;sa nour- riture se ccwiipose d'insectes, de vers et de chenilles; elle niche dans des trous d'arbres Ml de murailles et pond 4 ou 5 omiIs d'un gris cendré ou rougeâlre. Elle s'apprivoise mais ne vit pas en cage. Elle émigré en automne el se rend en .\frique. *' HUPPÉ. ÉE adj. Ne se dit proprement quede.s uise.iux qui ont une huppe sur la tète : alouette huiipée. — Se dit, fig. et fam., d'une personne riche, notable, de hautparage : mais alors ne s'emploie guère qu'avec le mol Plus : !'/ s'y est trouvé plusieurs gentilshommes et desplus huppés, des jjlushauthupjiés. — Prov. et lig. Lesplus iiucpés y sont pris, ceux qui se croient les fdus habiles y sont attrapés. HURD'WAR on Hordouar, ville de l'Inde britannique, sur le Gange, au pied des mon- tagnes de l'Himalaya, à 135 kil. N.-N.-E. de Delhi; enviion 5,000 hab., outre de nombreux fakirs qui habitent des cavernes. Elle est un célèbre lieu de pèlerinage à léquinoxe du printemps. Tous les 12 ans, ce pèlerinage est regardé comme particulièrement sacré et on dit que plus de 2 millions de pèlerins s'y as- semblent. (Voy. Choléra.) * ' HURE s. f. Nom que l'on donne à la tête de quelques animaux, parliculièrebient lorsqu'elle est coupée : hure de sanglier, de saumon, de brochet. — Il a une vilaine hure. se dit d'un homme quia les cheveux mal pei- gnés el loi-t hérissés. HUREPOIX, petit pays de l'ancienne France, entre la Brie, le Gàt'inais, l'Orléanais et le .Maniais; il avait pour ch.-l. Doiirdan et est aujourd'hui englobé dans le département de Seine-et-Oise. ' BUREAU. Voy. Hue. HURIEL, ch.-l. de canl., arr. el a 12 kil. N.-O. dcMontiuçon (Allier); 2.912 hab. Com- nioicc de bestiaux et de gi'ains. Ruines il'iiii château du moyen âge. 'HURLANT, ANTE adj. Qui hurle : la foute hurlante. " HURLEMENT s. ra. Cri prolongé que fait le loup, elqae fait aussi quelquefois le chien: 071 entendait toute la nuit le hui-lemmt des loups. — Se dit, par anal., des cris aigus et HURO prolongés que l'on pousse dans la douleur, dans la colère, etc. : elle fit des hurlements lorsqu'on lui apprit la mort de son fils. ' ' HURLER V. n. (lat. ululare). Se dit des loups et des chiens lorsqu'ils l'ont un cri prolongé : on entend les loups hurler. — Prov. et flg. Il faut huiiler avec les loups, il faut s'accommoder aux manières, aux mœurs, aux opinions de ceux avec qui l'on vit, ou avec qui l'on se trouve, quoiqu'on ne ies approuve pas entièrement. — Se dit, par anal., des cris aigus et prolongés que l'on pousse dans la douleur, dans la colère, etc.: il ne crie pas, il hurle. — Quelquef., par exagération. Parler avec emportement, avec le ton de la fureur : cet avocat a tant hurlé, qu'il en a perdu la voix. ' 'HURLEUR s. et adj. m. Celui qui hurle qui pousse (Je grands cris. — Derviche hurleur, se dit d'une sorte de religieux musulman qui se distingue par la violence de ses gestes et de ses cris. ~ »v s. m. Espèce de sapajou d'Amérique, appelé aussi a/ouuions Lu- ronnes, qui durèrent jusqu'à la destruction de cette nation. Eu tiiis, les Iroquuis prirent Ossussane, ville principale des Hurons, et en 1649, deux autres grandes villes furent anéanties. Les Hurons se dispersèrent alors. Les Tohonteenrat, l'une des quatre divisions de leur tribu, so rendirent dans la contrée Seneca. Le reste s'enl'uil à l'île Charity, dans |e lac Huron et à Meuitoulin, mais un grand nombre périrent [jar la famine et les autres 5P fixèrent dans l'ile Orléans. En 1667, les liurons se transportèrent à iNotre-Dame de b'oye, et en 160), a Loretto, ensuite a Jeune- Lorelte, près de Québec; ils en ont fait leur résidence. Leur nombic était ofliciellemenl, en 1S7'2, de ï(il. Il y a [i(;u do puissang. Leur langage a été rein|diicd par le fi'uuijius Les HUSS Tiotinonlates ou Dionondadics, voisins des Hurons, s'enfuirent dans le Wisconsin; ils sont appelés aussi Hurons, mais après leur ar- rivée à Sandusky.ils prirent le nom de Wyan- dut. (Voy. Wyandots.) Une grammaire de la langue huronne, par le P. Chaumont, fon- dateur de Lorelte, l'ut publiée à Québec en 1.S31. HURRA ou Hurrah. Voy. Hourra. ' HUSH ['houch], ville de Moldavie, près du Pruth, à 50 kil. S.-E. de Jassy ; popul. : 12,660 hab. Une paix, qui y fut conclue le 25 juillet 1711 entre la Russie et la Turquie, sauva Pierre le Grand et son armée de la destruction ou de la capitulation. HUSKISSON (William), homme d'Etat an- glais, ne en 1770, mort le 15 sept. 1830. Il entra au ministère de la guerre comme sous- secrétaire d'Etat en I79.i et quitta le cabinet avec Pitt en 1 801 . De 179G à sa mort, il siégea au parlement, où il se fit surloul remarquer par ses connaissances financières et commerciales, ily a été levéritable promoteurdu mouvement en faveur du libre-échange. Il fut tué par une locomotive à l'ouverture du chemin de fer do Liverpool k Manchester. (Voy. Guemin de fer.) ' HUSS ou Hus (Johannes ou Jean), réforma- teur religieux bohémien, né vers 1373, brûlé à Constance, le 6 juillet 1415. 11 prit ses de- grés à l'université de Prague en 1393, com- mença des cours de philosophie et de théo- logie en 139S, devint président de la faculté de théologie en 1401 et fut installé prédica- teur de la chapelle de Bethléem en 1402, et recteur de l'université en 1409. H devint con- fesseur de la reine et le chef d'un parti de prêtres et d'écoliers, qui, influencés par les écrits de Wyclilfe, méditèrent d'apporter des réformes à la discipline et a la doctrine. Dans une série de sermons prononcés devant l'ar- chevêque, Huss s'éleva contre l'inconduite du clergé, il parla de dépouiller les églises des ornements inutiles alin que le pauvre fût nourri et vêtu; il demanda que les officiers séculiers fussent chargés de punir les vices des ecclésiastiques. L'accusation d'hérésie s'éleva bientôt contre lui et il fut appelé à Rome pour répondre à ses ennemis. Il en- voya des avocats pour plaider sa cause devant les cardinaux, mais ils ne furent pas entendus; il fut condamné comme hérétique et on lui ordonna dequilter Prague. Safuite enflamma le zèle de ses partisans. Un soulèvement eut lieu dans la ville, les partisans de Huss furent victorieux, l'archevêque s'enfuit et Huss rentra. 11 publia des brochures soutenant que ce n'é- tait pas la parole du prêtre, mais la pouvoir de Dieu qui opérait le changement de la transsubstantiation ; que toute personne poussée par l'Esprit avait le droit de prêcher. H fut de nouveau plac^ sous l'interdit comme hérétique nicorrigible, et à la requête pressante du roi, il quitta Prague. Dans un long traité sur VEnlise, il soutint que la pa- pauté commença d'exister à l'époque de Cons- tantin cl que des usurpations menaçaient de détruire l'Evangile. En 1414, à l'instigation de l'empereur Sigismond, le pape Jean XXlll, convoqua un concile général à Constance, et Huss fut sommé d'y pai'aitre. Malgré le sauf- conduit de l'empereur, il fut arrêté et em- prisonné peu de temps après son arrivée (28 nov.l Le 5 juin 1415, il eut sa première au- dience oevani le concile. A une troisième au- dience (S juin), on lut 39 arlicles, extraits de trois de ses ouvrages, relativement à divers points de son enseignement. Huss, sommé de rétracter ses hérésies, refusa de le faire, af- lirmant iju'il ne pouvait pas rétracter ce qu'il n'avait jamais dit, de même qu'il ne devait pas rétracter ce qu'il avait dit jusqu'à ce qu'un lui en eût monlre la fausseté. Le 24 juin, ses livres furent condamnés à cire brûlés comme hérétiques et le G juillet, il fut livré au bras HUTI 319 séculier. Au poteau, il fut sommé de nouveau d'abjurer ses hérésies, mais à la sommation, il s'agenouilla et pria, en récitant des paroles des psaumes de David. Quand le feu fut allumé H commença à chanter à haute voix le Christe eleison, et ne cessa que lorsqu'il fut sufl'oqué par les llammes. Les écrits de Huss ont été publiés par Palacky. ' ' HUSSARD s. m. (hong. husz, vingt ; ar, impôt ; parce que, lors des guerres contre les Turcs, la Hongrie et la Croatie devaient fournir, par vingt maisons, un cavalier armé et équipé). Cavalier hongrois. On donne au- jourd'hui ce nom aux soldats des corps de cavalerie légère dont l'uniforme ressemble à celui delà cavalerie hongroise. En 1637, pa- rurent, en France, des compagnies de hus- sards étrangers, servant comme troupes auxi- liaires; en IG92, un régiment fut formé avec les déserteurs hongrois (Voy. Cavalerie.) On disait autrefois et quelques-uns disent encore Houssard; d'autres, en plus grand nombre, disent Housard. — Couper les crins des che- vaux a la hussarde, les laisser depuis le bas de l'encolure jusqu'à la moitié, et couper le reste jusqu'à la tête. — Prov. Vivre a la hus- sarde, vivre de pillage. HUSSEIN-PACHA, dernier dey d'Alger, né en 1773, mort en 183S. H avait servi dans la milice turque avant d'être élevé au pouvoir; notre consul a Alger lui adressant un jour de justes réclamations au nom de la France, reçut de lui un coup d'éventail; de la l'expé- dition et la conquête d'Alger. Hussein-Pacha vaincu obtint de se retirer avec tout son per- sonnel, son argent et ses femmes; il mourut à Alexandrie après avoir visité Naples et Paris. ' HUSSITE s. m. Partisan de Jean Huss. Apres la mort de ce réfoi mateur (1415), les hussiles formèrent une secte qui fit, de la communion sous les deux espèces, le symbole de son association. A la mort de Wenceslas (1419), ils refusèrent de reconnaître l'empe- reur Sigismond comme roi; en conséquence la guerre civile hussite éclata. Ils se divisèrent en deux partis, les plus modérés s'appelaient calixtins et les plus sévères tabarites. Sous Ziska etsousProcopius, chefs de ces derniers, ils remportèrent de nombreux succès. En 1 433, les calixtins acceptèrent les concessions du concile de Bâie, et après la défaite des tabo- ritesprèsde Bohemian Brod (1434), ils furent acceptés par la Bohême, et Sigismond fut reconnu roi. Après sa mort (1437) les guerres civiles éclatèrent de nouveau sans résultat décisif jusqu'en 1485, épocpie où une paix fut établie par le roi Ladislas, paix qui assurait aux catholiques et aux calixtins les posses- sions qu'ils occupaient. (Voy. Ziska et Paoco- PIUS.) HUSSON vJean- Christophe Armand), statis- ticien, ne à Clayc (Seiiie-el-.Marne) le 8 sept. 1809, mort le 3 déc. 1874; tut directeur de l'Assistance publique et nienibre de l'Institut ; il a laissé des ouvrages de statistique et d'adr niinistralion. ' HUTCHESON (Francis) ['heutch-s'n], phi- losophe écossais, ne en Irlande en \lJ'Ji, mort en 1747. 11 étudia la théologie à Glasgow et devint pasteur presbytérien dans l'Ulsler, En 1729, il lut nommé professeur de philoso- phie morale à l'université de Glasgow. Il pu- blia Inquiry inlo thc Original of our Ideas of Bcauty and Yirtuc, Nature and Conduct of thc Passions and A/fcctiona, Synopsis Mctaphy- sicii Ontologiam ctPncumalolayiam compleclum, et Phitosophix .Moralit: Instiiutio. Son ouvragé le plus profond, le System of Moral Phiïûr sophy, parut après sa mort. ' HUTIN adj. m. (même élyniol. que mu- tin). Vil, querelleur, entêté. (Vieux.) Louis X fut surnommé le Uultn. k 320 IIUTT * ' HOTTE s. f. (aiic. liaul ail. hilln). PclUe lof-'t; fuite iL'iossiôrenioiU avec de la lerro, du bois, de la paille, elc. : la huile d'un berger On dit plus ordinairement, Les baïaques des soldais. (Voy. Iîahaole.) 'HUTTEN Ulrich voN),['lioutl'-tènn], savant allcHiirid, III' ,iu cliAloaii do Sli-'i;k('llicrjr, pi-t^s de Kulda, en U8S, mort on IVi:). A \Ht:c de 11 ans, on le mil au monastère de Fiilda, mais à 15 ans il se sauva du rloilie et entia à ruiiivcrsité d'ICrfiirt où il fut cntre- loiiu par ses amis et ses parents. Il se rendit ensuite à Coloiine où il étudia les écrits rie saint Thomas d'Aquin et do Duns Scot. 11 rassembla des matéiiaux pour ses Episloix OOscurorum Virorum. Après avoir mené une vie vagabonde et é[)rouvo une série de mésa- ventures, il se rendit en l'ill à Willeniberf,' où il publia son Ars Versificutoria, rof.'ardc comme un chef-d'œuvre. Il cria en Bohême, en Moravie cl en Autriche. Arrivé a Pavic en avril loi 2, il résolut d'étudier la jurispru- dence. Mais, trois mois plus lard, la ville fut assiégée par l'empereur Max i mi lien, et llu tien, qui avait pris part à la lutte, se croyant en dans^er de mort, écrivit son épilaphe. Dé- pouillé de tout ce qu'il possédait, il s enhiitci Bologne. Le résultat de ses études italiennes est établi dans la satire de Oi/n; (Per-oime). Il retourna en Allemagne en l-ili. Un b.isard le rendit célébl■(^ l,c duc Ulricde Wurtemberg, amoureux de la femme de Johann von lluttcii, assassina celui-ci, qui était cousin du savant. Quand Hulten apprit celte nouvelle, il écrivit ses Diploraiions, cri do vengeance, et il appela les villes allemandes à se délivrer de la ty- rannie ducale. Ses dénonciations rendirent proverbiale la tyrannie de ce duc. Avec le se- couis d'un grand nombre d'amis, il publia les célèbres Epislohe Obscurorum Virorum. ou- vrage qui contribua beaucoup à la réforme. ICn lol.S, il se rendit a Rome, ostensiblement pour y étudier les lois, mais ayant été mêlé à une querelle, il s'enfuit à Bologne, qu'il fut obligé do quitter [lour la même cause. Après avoir visité Ferrare et Venise, il trouva né- cessaire de retourner en Allemagne. A Augs- bourg, il fut présenté à l'empereur qui lui donna les éperons de chevalier. 11 fut envoyé en mission à Paris par l'électeur de Mayence, et établit des relations intimes avec ies sa- vants français. En 1518, il trouva un protec- teur dans Albert, margrave de Brandenburg, qui l'invita à se placera la tête de rAllemagne unie. Dans la même année, il accompagna le margrave à la diète d'Augsburg où Luther de- vait répondre à Cajelan. Mais Hutten, pro- jetant d'unir les princes d'Lurope contre les Turcs, fut fasciné par l'idée de devenir un homme d'Etat influent. 11 imprima lui-même, à, Steckelbcrg, en 1519, l'ouvrage dans lequel il prêchait celte croisade ; Ad JPrincipes Ùer- maniœ, ut bcltum Turcis invekant Exhorla- toria. En 1319, il se joignit à Lranz von Sic- kingen, dans la ligue de la Souabe contre Ulric de Wurtemberg, La guerre finie, il se retira au château de Sickingen, où il écrivit les attaques les plus amères contre Rome. Chassé du château, il se réfugia à Ebernburg. Il combattit dans l'armée de Charles-Quint au siège de Mayenne. 11 voyagea ensuite en Suisse; Zwingle obtint pour lui un asile dans l'ile de Ufnau (lac de Zurich), où il termina sa vie. HUTTENHEIM, ville de l'arr. d'Lrstein (Alsace-Lorraine), cercle, cant. et à 3 Idl. de Benfeld. 2,UU0 liab. • ' HUTTER (Se) v. pr. Faire une hutte pour se loger : à peine les soldats curent -ils le temps de se huiler. En parlant des soldats, on dit plus ordinairement, Se b.\raqueb. HUTION (James, ['heut'-l'n], philosophe na- turaliste écossais, né à Edimbourg en 17'2G, mort en 1797. Il étudia la médecine et se consacra à la géologie. En 179o, il publia les UUYG résultats de 30 années d'éludé dans sa Theory ofthe Eartli, cherchant a prouver que la cha- leur est l'agent principal de la nature. (Voy. GlioLOGIK.) HUY (llam. //œy [hou'-i]), ville de Belgique, sur 1.1 .Meuse, i)33 kil. S.-U. do Liège; li.TO.) bab. Belle église gothique; inarmfactures de papier, de cuir, de fa'ionce; statue do Pierre rllermile dans lejardin de l'aiicioniio alibave do iNcul'nioutior, qu'il avait fondée, l'rés de là se trouvent dos mines de fer, do zinc et de cliaiboii. HUYGENS (Christian), [holl. bo-i'-khènns], philosophonaluralisto hollandais, néa La Haye en 1629, mort en 169.J. A 10 ans. lise rendit à Leyde pour étudier le droit et les mathémati- ques En lO'JO, après un voyage en Danemark avec Henri, comte de Nassau, il commença les recherches mathéinaliquos et physiques qui le rendirent Célèbre. En Itiol, iipublia, aLeyde, son premier ouvrage sur la quadrature des hyperboles, de l'clli/Lse cl du ccicle. En \Kù>, 11 uygens vint en France. Do retour en Hollande, il dirigeason attention vers !acon;truction des télescopes, lldécouvi'it lc|ircinior (aujourd'bui le quatrième) satellite do SaUirne en KJ-jG.Sos ouvrages sur le calcul dos probabilités, sur la cissoïde, sur les conoïdos hyperboliques, sur les sphéroïdes en général eï sur la quadrature d'une portion de la cycloïdc, rcnlerment des pensées originales cl élevées. L'application du pendule aux hurlogesesl une de ses inventions pialKjues, d même que la roue à balancier des montres. En lO .9, il construisit un léloscope de 7 m. de longuourfocale;examinanlde nouveau Saturne, il Uéiiouvrit l'anneau de cette plaiiele. Il découvrit aussi la grande nébuleuse do l'épee dOrion, les li.indes dos disques de Jupiter et de Mais, et établit le fait que les étoiles lixes n'ont pas de magnitude sensible. En IGUO, il publia ses célèbres théorèmes sur l'impact des corps, sur lesquels repusenl la plufiart des principes dos lois du mouvement. Il devint membre de l'Académie des sciences do France en IGtio. et il habita ensuite Paris pendant la plus grande partie des la années suivantes, présenta a l'Académie un grand nombre de mémoires, dont quelques-uns n'ont pas été publiés. En 1670, il visita la Hollande pour ré- tablir sa santé et à son retour à Pans, en IG7I , il acheva son grand ouvrage llorolorjium Oscil- latorium {16'; 3), dans lequel il donne une mé- thode pour trouver le centre de l'oscillation, résolvant pour la première fois la question proposée par Mersenneen 1646. Dans ce livre se trouvent ses 13 célèbres théorèmes sur la force centrifuge; en 1676, il lut devant l'Aca- démie des sciences son fameux traité sur la théorie ondulatoire de la lumière, qu'il pu- blia en 1690. Eu16Sl, il retourna dans sa pa- trie et il commença immédiatement la cons- truction d'un planétaire automatique. Cette invention conduisit à l'importante découverte des fractions continues, qu'il trouva néces- saire demjdoyerà l'elfet d'établir le rapport entre le nombre des dents de deux roues qui engrènent l'une dans l'autre. EusuUe il reprit, pour plusieurs années, de concert avec son frère Constantin, la consLruction de télesco- pes. Il fit deux objectifs, l'un de {J6 m. et un autre de 79 m. de longueur focale, qu'il pré- senta à la Société royale de Londres. Il refusa pendant longtemps d'adopter le calcul dille- rentiel; mais, à la longue, on l'engagea à l'exa- miner; il correspondit avec Leibuitz et l'aida dans ses travaux. Sa découverte des lois de la double réfraction de la lumière dans le spath d'Islande et de la polarisation a été re- latée dans son Traité de la lumière (1690), et conduisit, plus qu'aucune autre cause, a étudier de nouveau la théorie ondulatoire. Les œuvres de Huygens furent publiées par Grave^ande sous le litre de Opéra varia (2 vol. in-i», Leyde, 1724), et Opéra reliqua (2 vol. in-d", Amsterdam, I7;2S). HYAL •HYACINTHE s. f. (gr. hyahinthos). Plante. (Voy. jACj.Nriii;.) — Se dit aussi dune pierre précieuse qui est ordinairement d'un jaune ti- ranlsur le rouge :/i!/«ctn//(i'iJ'OWc;i<. — Pbarm. Confection d'iivaci.ntiie. Sorte d'électuaire, dans la composition duquel il entrait des pierres d'hyacinthe avec beaucoup d'autres ingrédients. On continue de l'appelerdii même nom, ipioiqu'on n'y fasse plus entrer d'hya- eiiithe. HYACINTHE (MylhoL pr.), adolescent d'une grande beauté et favori d'Apollon. Il fut aussi aimé de Zéphyrc, qui, par .|ulousie, le lit pé- rir en lui lançant le disi)ue d'Apollon à la tête. De son sanL' naquit la ileur nommée hyacin- the ou i.ieinlbe. HYACINTHE (Saint), ne en H 8."., mort en l'J.'iî. .\ppartenant a l'une des premières fa- milles polonaises, il vint à Home terminer ses étinles et s'y lia avec saint Dominique, qui le lit entrer dansson ordre. Il parcourut ensuite la Pologne, la Prusse, le Danemark, la Suède et la Norvège enprêcliant l'Evangile, traversa rdus lardle N. de la Russie cl atteignit la Tar- tarie et les frontières do la Chine. Fête le 16 août. •HYADES s. f. pi. (pr. huads; de huein, pleuvoir). Astrom. Asscmbla^'e d'étoiles pla- céessur le front du Taureau céleste : les anciens crni/aieut que le lever et le coucher des Hyades elnicnt toujours accompagnés de pluie. — En Poésie : Les soMonES, les tristes, les inoiDEs, LES pluvieuses Hyades. Ces images, qui étaient vraies au temps des plus grands poètes de la Grèce et de Rome, ont cessé de l'être aujour- d'hui sous leur climat même, le lover de ces étoiles s'opéranl dans d'autres saisons qu'a- lors. HYADES (Mythol. gr.). nymphes, niles d'At- las, roi 'le. Mauritanie, old'Èthraou de l'Océan ; leur nombre varie entre cimi et douze, sui- vant les divers auteurs. Elles eurent un tel chagrin de la mort de leur frère Hyas, tué à la chasse, qu'elles en moururent; les dieux les transportèrent dans l'Olympe. — On donne également ce nom à un groupe de cinq étoiles qui se trouvent dans la constellation du 1 aii- reau. HYALE s. l. (gr. huahs, cristal). Moll. Genre de mollusques plcropudes, caractérisé par doux grandes ailes, point de tentacules, un nianleau fetidu sur les côtés, logeant les branchies, et revêtu d'une coquille également fendue. Par les fentes de cette dernière sor- tent des lanières plus ou moins longues. Ces animaux, très agiles et généralement bril- lants, naj!:ent le ventre en l'air et ressemblent à des papillons qui volent. On en connaît une vingtaine d'espèces répandues dans toutes les mers. L'espèce la plus commune dans la .Mé- diterranée est Yhyale à trois dents {hyalea Iridenlata), donlla. coquille, longue de 17mil- lim., est d'une teinte rosée, en partie blan- châtre en dessus. HYALIN, INE adj. (gr. hyalos, verre). Qui est semlilable au verre. HYALOIDE adj. (gr. hyalos, verre ; eidos, ap- parence). Qui ressemble a du verre. — s. f. Substance vitrée de l'œil. HYALONÉME s. m. (gr. htialos, verre; néma. fil). Zu0|jh. Genre de polypiers dont on a décrit plusieurs espèces brillantes et recher- chées pour les collections d'histoire naturelle. L'éponge de verre ou corde de verre {hyalo- nema Lusitanicum) fut décrite en premier lieu par le D"' J.-E. Gray, du Musée Britannique, en 183.1 ; il la considérait comme un corail voisin des éventails de mer (gorgonia); elle consiste en une branche tordue de fils vitreux divergents à une extrémité et convergents à l'autre, qui est plus ou moins couverte d'une croûte brune, garnie d'élévations cylindriques veiTuqueuses. Les filSj principalement com- I HYRR HYDA HYDE 321 MM posés dfi silice, sont brillanls, diaphanes et Uès llexihles; leur faisceau mesure de 23 à 40 cenlim. de long et environ 'i centim. a d'épaisseur ; les fils qui ffi le composent ont une gros- seur qui varie de celle l'un poil i celle d'une ai- guille à tricoter. Les élé- vations verruqueuses sont regardées généralement comme des polypes du genre polythoa. Dans son état naturel, l'extrémité convergente est envelop- pée dune masse spon- gieuse dont le faisceau était regardé comme un parasite par le D' Gray. Les opinions des savants ont varié à ce sujet, 'fous conviennent qu'il y a une masse spongieuse attachée à cet animal composé, parce que la structuie microscopique des fils est parfaitement caractéris- tique des spicules des spon- giaires; leur caractère siliceux montre qu'ils ne sont pas formés par des polypes; la masse spon- gieuse à l'extrémité supé- rieure consiste en un tissu élégant d'une épaisse masse de spicules siliceux très courts, formant une espèce do feutre; l'éponge terminale estplus ou moins taillée en forme de coupe avec une cavité centrale, ouverte et conique. HYALURGIE s. f. (gr. kyalûs, verre; ergon, tra- vail). Art de fabriquer le verre. HYBLA.nom de plusieurs villes de l'ancienne Sicile; les plus considérables sont les suivantes : I. Hybla Major ou Magna, sur la fiente S. du mont Etna, près de la rivière Syme- thus. Son emplacement se trouvait probablement k Pa- der,ib,i(]. — 11. Capitale des Etats du Niïiiin, sur le Mussi, a 10 kil. S.-E. de Golconde et à environ 400 kil. N.-N.-E. de Madras; sa popu- lation est d'environ *15,0'W li.ih. Elle est fortifiée, possède de nombreuses mosqni-cs et est entourée de jardins. Elle est (fardée par une forte garnison aiij;laise. La rési- dence anglaise est sur le côlé opposé de la rivière. HYDER-ALI. sultan de Mvsore, né versl7l8, mort le 7 déeeriibre 1782. Entré au service du rajah de Mvsore en 1749, il s'éleva, dans l'espace de lôans, au comraandenienl de l'armée et peu après, il renversa le rajah, prit possessiondela souveraineté etétendil les limites de .Mvsore. La conipairnie des Iiules orientales, .ilarniée de sa puissance, lui fit la guerre en )7(>7. 11 remporta de grands succès, parut devant .Madras et força le gouverne- ment à faire une alliance défensive avec lui (avril t70'J\ Los Anglais ayant refusé de le secourir dans les guerres qu'il eut avec les Mahraltes, il ravagea leurs territoires pen- dant deu.\ ans et mourut durant les négo- ciations de la paix. Tippo-Saîb, son fils, lui succéda. HTDNE ?. m. (gr. hudnon, nom d'un cham- pignon). Bol. GiMire de champignon caracté- risé par un chapeau portant a sa face inté- rieure une membrane fructifère hérissée de pointes ou d'aiguillons, et comprenant plu- sieurs espèces alimentaires. * HYDR... ou Hydre... Préfixe formé du mot grec hudor, eau, et qui sert à composer beaucoup de mots scienliliques. HYDRA, île de la Grèce, dans l'Archipel, à .SO kil de la côte de l'Argolide, séparée seu- lement du continent par le détroit d'Her- mione, par 37» 19" 31" de lat. N. et 21° 7' 27 " de long. E. ; environ 6,'o00 hab. ; superficie 1.T,200 hecl.; sol mimlueux et peu fertile. Les Hydriotes sont d'habiles marins qui, en 18il, en harcelant les Hottes ottomanes, con- coururent à l'indépendance de la Grèce. — Ch.-I. de l'ile de ce nom, place fortifiée et port sûr, à 70 kil. S.-O. d'Athènes. Ecole supé- rieure de commerce et de navigation ; siège d'un évêché lalholique romain. HYDRABAD, ville de l'fnde britannique, dans le Sind, à 6 kil. E. de l'indus; environ 58,000 hab. Elle est reliée à Kurrachee sur la mer d'Arabie, par un chemin de 1er de 170 kil. de longueur. Elle était autrefois la résidence des chefs amirs du Sind. HYDRACDE s. m. (gr. Audor, eau: franc, acide). Acide produit par la combinaison de l'hydrogène avec un coipssimpleou composé. •HYDRAGOGUE adj. [i-dra-go-ghe] (gr. hudor, eau;u(/d, je chasse). Méd. Se dit des médicaments auxquels on attribuait la pru- priélé de faire écouler la sérosité épanchée dans les dilléreutes cavités du corps ou dans le tissu cellulaire. — S'emploie aussi substantiv. au masculin : donner des hydragogues à un malade. HYDRAMIDE s. f. (gr. hudor, eau; franc. amide). Chim. Substance dérivée de certaines huiles volatiles qui ont la propriété de déga- ger de l'eau quand elles se trouvent en con- tact avec l'ammoniaque. HYDRARGILITE s. f. (gr. hudôr, eau; franc. argile). Minéral. iNum que l'on donne à deux variétés d'hydrate d'alumine et à un phos- phate hydraté de la même base. HYDRARGORE s. f. (gr. hudôr, eau; argu- ros, argent). Chim. Amalgame de mercure et d'un métal quelconque. HYDRARG'YRE s. m. (gr. hudôr, eau; argu- ros, urgenlj. iSom scientifique du mercure. HYDRARGYREUX adj. Qui contient du mer- cure. UYDRARGYRIE s. 1. Ki option pelvienne causée par l'administration interne ou l'ap- plication externe de médicaments à base de nii'rcure. HYDRARGYRIQUE adj. Mercuriel : j)n'p'ira- tion /(!/rh'ir;i!iriiiue. — llijdiarijijrixmr. (V. S.) HYDRARTHRE s. f. (gr. hud^W. eau; ur- thron, arliiulation). Patuol. Hydropisie des artii'ulaliDiis. ' HYDRATE s. m. (gr. hudôr, eau). Chim. Nom ^'éiiériquo des corps composés d'eau et d'un oxyde métalliqui' ou d'eau et d'un acide : la jiUrrc à vavtére est un hydrate de potasse; la ehaux éteinte forme un hjdrate de chaux. * HYDRATÉ, ÉB adj. Chim. Qui est com- biné avec l'eau : minerai de fer hydraté. HYDRATER iS'). Chim. Passer à l'état d'hy- drate, HYDRATIQUE adj. Qui a quelques carac- tères des hydrates, HYDRAULICIEN s. ra. Ingénieur en hydrau- lique. • HYDRAULIQUE adj. (gr. hudôr, eau ; auloK, tuvau). N'est guère usité qu'en parlant de la science, de l'art qui enseigne à conduire et à élever les eaux, ou des machines qui si-rvent à cet objet : science hydraulique. — Obole HYDRAULIQUE, orgue qui joue par le moyen de l'eau. — CiiAUx hydraulique, chaux mêlée de silice, avec laquelle on forme un mortier qui a la propriété de durcir sous l'eau. — Ba- lance HYDRAULIQUE, machine hydraulique très simple eni|iloyée dans les usines à fer pour élever sur la plate-forme du haut fourneau le minerai et le coniljiistible. (iet appareil se compose d'une tonne suspendue à l'extré- mité d'un câble qui s'enroule sur un treuil. Un autre câble s'enroule en sens contraire sur le même treuil et porte, à son extrémité, le fardeau à soulever. La tonne étant au haut de sa course, on y amène de l'eau; elle s'em- plit, descend et soulève le fardeau. Lorsque celui-ci est arrivé au haut de sa course, un mécanisme ouvre une soupape, ménagée au fond de la tonne qui se vide et remonte. — BÉLIER HYDRAULIQUE. (Voy. lÎELlER.) — PrESSFJ HYD.IAULIQL'E. (VoV. HYDROSTATIQUE.) — S. f. Science hydraulique : cet homme entend par- fnitvment l'iiy/lrau/ique. (V. S.) "H'YDRE s. f. Nom donné par quelques au- teurs a une sorte de serpent qui vit dans les rivières et dans les étangs : les hydres man- gent le petit poisson. — Se dit plus ordinaire- ment d'un serpent fabuleux que les poètes feignaient avoir sept tètes, et à qui il en re- naissait plusieurs dès qu'on lui en avait coupé une : Hercule tua l'hydre de Lerne. — Se dit, fig., dans le style élevé, d'un mal qui aug- mente à pro|iortion des efforts qu'on fait pour le détruire. En ce sens, il n'est guère usité que lorsqu'on parle des maux du corps poli- tique. Que ïhydre de la France, en révoltes féconde. Malherbe. Sonnet à Louis XIÎI. — Astron. Nom d'une constellation de l'hé- misphère auslral. — Zouph. Genre de pelils polj-pes nus, qui vivent dans l'eau douce. (Voy. Hydroïde.) HYDRIOTE s. et adj. Qui est d'Hydra, qui appartient a cette île. — llydriqu>-. (V. S.) HYDROCANTHARE adj. (gr. Aurfor. eau ; hanlharos, scarabée). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte à l'hydrocanthe. — s. m. pi. Tribu de coléoptères pentamères, carnas^iers et aquatiques, comprenant les deux genres dytiques, gyrins et liyirocanthe. HYDROCANTHE s. m. (gr. hudôr, eau; kan- tharos, scarabée). Entom. Genre type des hydrocanthares, comprenant plusieurs espèces d'insectes d'eau, toutes exotiques. HYDROCARBONATE s. m. Miner. Carbonate Sel double d'un carbonate Qui se EE adj. Chim. c-arbone. hydraté. — Chim. et d'un hydrate. HYDROCARBONNÉ, coinfiose il iMU e| HYDROCARBONIQUE adj. Chim. S- dit d'oui- ■•onilmiaison acide de carbone et d'hy- droL'éiii-. HYDROCARBURE s. m. (gr. hudôr, eau; I franc, carbure). Chim. Composé exclusive- ment formé de carbone et d hydrogène. On dit aussi carbure d'hydrogi^ne ou hydrogène carburé. Les principaux hydrocarbures sont Veihylfih-, le propylénc, le tuluéne, etc. * HYDROCÉLE s. f. (gr. hudôr, eau;kélé, tu- meui). Méd. Tumeur aueà l'accumulation de la sérosité dans le tissu cellulaire du scro- tum, ou dans quelqu'une des enveloppes du testicule et du cordon spi-miatique : avoir une hydrocèle. — L'hydrocele est souvent dé- terminée par l'équitation, les coups ou les chutes. Elle est ovoïde élastique et transpa- rente (ce qui la distingue du cancer et de l'hémalocèle); la peau est unie, brillante et lisse; la tumeur, de nature indolente, ne change pas de place suivant lis positions du corps (ce qui la distingue de la varicoi'èle) et n'augmente pas par la toux (ce qui la dis- tinj-'ue de la hernie): elle peut devenir par- fois très volumineuse. Le traitement consiste dans la ponction suivie d'une injection iodée ou d'une forte solution de nitrate d'aii-'ent. Chez les enfants, un bandage permain'iit et légèrement compressif sufiit souvent pour réduire la tumeur. •HYDROCÉPHALES, f. (gr. hudôr, eau; /,v- phulè, tête). .Med. Hydropisie dn la tête : hy- drocéphale chronique. — %v adj. et s. Med. Qui est affecté d'une ludrocéphale. HYDROGÉPHALIQUEadj. Qui concerne lliy- drocéplialie. HYDROCÉPHALITE s. f. Inflammation du cerveau, accompagnée d'un épanchemcnt séreux. HYDROCÈRE s. f. (gr. hudôr, eau; keras, tige). Hot. (àenre de balsaniinées comprenant plusieurs espèces que l'on Irouve dans l'Inde. * HYDROCHLORATE s. m. (gr.Aud&r.eau; fr. chloratij. Chini. .Nom générique des sels for- més d'acide hydroohiortque et d'une base quelconque : hydrochlorate d'ammoniaque. On a dit, Muriate, et un dit aujourd'hui Chlo- rhydi'ate. * HYDROCHLORIQUE adj. (i;r. hudôr, eau; c/t/o)'o.s vert^. Chiin. Se dit d'un acide gazeux composé de volumes égaux de chlore et d hy- drogène: l'acide hydrochloriqrie. On l'a nommé aussi. Acide muriatique; il se nomme aujour- d'hui acide chlorhydrique. (Voy. ce mot.) •HYDROGOTYLE s. f. gr. (hudôr, eau; co- tulé, éciiellej. Bol. Genre d'ombelliféres, dont plusieurs espèces croissent dans les lieux hu- mides ou marécageux. (Voy. Ecuelle-d'eau.) On emploie avec succès l'iiydrucotyle contre la lèpre et les affections de la peau. En tisane : 8 gr. de feuilles sèches dans un litre d'eau. HYDROCOTYLÉ, ÉE adj. Bot. Qui ressemble à l'hydrocotyle ou qui s'y rappporte. — s. f. pi. Tribu d'ombelliféres ayant pour type le genre hydrocotyle. HYDROCYANATE s. m. Chim. Sel produit par la combinaison de l'acide hydrocyanique avec une base. HYDROCYANIQUE adj. (gr. hudôr, eau; franc, cyaniqii: j. Chim. Acide produit par le cyanogène et l'hydrogène combinés. * HYDRODYNAMIQUE (gr. hudôr, eau: duna- mis, fori-e). Science du mouvement des fluides. (Voy. Hydromécanique.) HYDRO-ÉLECTRIQUE adj. Phys. Se dit de certains phénomènes élei:triques qui ne se HYDR produisent entièrement qu'en présence de l'eau. — Machinb HYono-ÉLECTUiouE, machine magnéto-électrique dans laquelle l'électricité est produite par un jet de vapeur d'eau. En 1840, Armstrong construisit la première ma- chine hydro-électrique. HYDROFLUORIQUfi adj Chim. Se dit d'une coniliiiiai>OM ai'ide d'h\ dro^-'éne et de fluor. HYDROFLUOSILICIQUE adj. Chim. Se dit d'une coinhinarsun acide d'hydrogène, de fluor 1 1 de silicium. HYDROFUGE adj. (gr. hudôr, eau; lat. fu- gare. ineLlie en fuite). Qui écarle l'humidité: mastic )n/ilrofiifie. HYDROGÉNATION s. f. Chim. Action d'hy- droi^riiei'. * HYDROGÈNE s. m. (gr. hudôr, eau ; genos, production). Chim. Générateur de J'eaa. i\e se dit que de la substance aériforme autre- fois connue sous le nom d'Air ou de Gaz in- jlammable, et dont la combinaison avec le paz oxyf.'ène forme de l'eau : l'hydrogène est toujours à Vrtat de gaz. — Hydrogène c.\rboné, SULFURÉ, etc., hydrof,'ène qui tient en disso- lution du carbone, du soufre, etc. : le gaz hy- drogène carboné sert à l'éclairage. — Se dit aussi, dans le lan;yage ordinaire, du paz hy- drogène carboné que l'on emploie à l'éclai- rage : l'hydrogène, le gaz hydrogène donne une lumière très vive. { Voy. Gaz.) — Kncycl. L'hydro- gène est un corps simple, gazeux, ainsi nommé à cause de la propriété qu'il possède de former l'eau en se combinant avec l'oxygène. Son symbole estH ; son équivalentchinuque 1 ; son poids, comparé i celui de l'air, 0. 06926. On le connut vers la fin du xvii" siècle, et il fut appelé '((')' inflammable. Ce gaz ne se trouve jamais à l'etal libre, dans la nature; mais on l'obtient facilement en décomposant l'eau dont il constitue cnvh'on le neuvième (en poids). Pour le dégat'er de l'oxygène, avec leq'jel il constitue l'eau, on opère a peu près de la même manière que pour la décompo- sition des oxydes métalliques; on présente au composé une substance qui a une forte allinité pour l'oxygène, et cette substance, se combinant avec lui, rend libre l'hydrogène. La vapeur d'eau, passant dans un tube de fer plein de copeaux de fer et maintenu à une chaleur rouge, est ainsi décomposée, l'oxygène s'unissant au fer et l'hydrogène s'é- chappant. La méthode ordinaire de préparer le gaz est de placer quelques |ietits morceaux de zinc dans de l'huile de vitriol ou acide sull'urique étendu de cinq ou six fois son volume d'eau. La réaction est représentée par la formule Zn + H^ SO* = Zn SO' + H-. Le gaz, qui se dégage avec efferves- cence, peut être lecueilliau moyen d'un tube recourbé qui le mène de la bouteille généra- trice dans un récipient renversé sous l'eau. Le platine spongieux possède la propi-iéte de déterminer une uiiion si suinte de l'hydro- gène et de l'oxygène, que lorsqu'un jet d'hy- drogène est projclé, à l'air libre, sur ce pla- tine, celui-ci entie eu combustion. La pré- sence de l'hydrogène dans l'atmosphère du soleil et dans les planètes a été démontrée par l'analyse spectrale. On attribue ù l'hy- drogène quatre des lignes qui se trouvent sur h; soleil. — Paracelse observa un dégage- ment de gaz d'une solution de b'r dans de l'Iiiiiie de vitriol, vers l'an liiOO; Turquet de Mayerne découvrit l'inllamniabililé de cegaz, en 161)6; Lémery parla de son pouvoir déto- nant en 1700; tiavendish le classa parmi les c(ups élémentaires en 1766 ; Walt montra le premier en 17H1, ((ue ce gaz, en brûlant, se combine avec l'oxygène, et que cotte combi- naison produit del'eau, (Voy. Eau.) L'hydro- gène ne put être li(iuélié avant 1877 (Voy. Aiii.) (V. >.1 • HYDROGÉNÉ. ÉE adj. Chim. Qui est com- bine avec de riiydrogéne. — Suu.iIANces nY- HYDR DROGÉN'ÉKS, substances organiques dans les- quelles l'hydrogène prédomine comme les essences, les corps gras, les résines, etc. HYDROGÉNER v. a. Combiner avec l'hydro- gène. HYDROGENIUM s. m. Nom donné en 1866, par Thomas Giaham, à un métal hypothé- tique qu'il avait cru découvrir en compri- mant de l'hydrogène dans un morceau de métal de palladium, ce qui avait, affirma-t-il, dans un mémoire lu devant la Société royale de Londres (7 janv. 1 86!)), « produit un alliage de pailadium et d'hydrogenium. » •HYDROGRAPHE s. m. (gr. hudôr, eau; graphcin, décrire). Celui qui est versé dans l'hydrographie. — Adm. ce 11 existe, en France, des ingénieurs hydrographes, des examina- teurs hydrographes et des professeurs d'hy- drographie. Le corps des ingénieurs hydro- graphes, qui fait partie de la marine de l'Etat, a dans ses attributions les reconnaissances hydrographiques des côtes de France et des divers parcours de la navigation, le levé et la construction des cartes marines, ledépouil- lement des documents nautiques et scienti- fiques recueillis par le dépôt des cartes et plans de la marine, la rédaction des instruc- tions et avis à l'usage des navigateurs, la pu- blication des ouvrages scientifiques entrepris par le département de la marine, enfin les observations des marées, du régime deseau-x et des phénomènes magnétiques et météoro- logiques utiles à la navigation (Arr. minist. 1.T sept. 1848). La hiér.irchie de ce corps est ainsi formée : 1° élève ingénieur-hydrogra- phe pris parmi les élèves de l'école polytech- nique ; 2° sous-ingénieur hydrographe de '.i", de %'■ et de 1'* classes; 3° ingénieur-hydro- graphe de 2« et de \"' classes; 4» ingénieur- hydrographe en chef (Décr. b marsl8.ït>). Les examinateurs hydrographes font partie des commissions chargées de l'examen descandi- dats aux brevets de capitaine au long cours et de maître au cabotage (Décr. 26janv. 18Ï7). Dans un certain nombre de ports de com- merce, la science de l'hydrographie est en- seignée gratuitement aux marins dans des écoles spéciales dont la fondation est due à Richelieu (Ord. janv. 1629) par des profes- seurs qui dépendent du ministère de la ma- rine et qui sont nommés au concours. » (Ch. y.) * HYDROGRAPHIE s. f. (gr. hudôr, eau ; graphein, dècrirei. Connaissance ou descrip- tion des mers; art de naviguer: l'hydrogra- phie enseigne à pointer les cartes, à diriger les routes, à faire des obscroations astronomiques, etc. — Encycl. L'hydrographie est la science qui fait connaître la configuration des côtes et du fond de l'Océan et de ses tributaires, au moyen de sondages, par l'observation des marées etdes courants, parl'étude desvenis, de leur action, et de la loi des orages. Elle a pour but de diminuer les dangers delà navi- gation. Les résultats de ces éludes se trouvent sur des cartes qui donnent les contours des côtes et des ports, les profondeurs de l'eau dans les canaux navigables, les rochers elles bancs avec les sondages qui y ont été opères etdiver>es informations coiicernanl !a marée elle magnétisme. Dans le cour^ des recher- ches, on obtient aussi des s[iéciniens du fond au inoycn d'appareils attachés au plomb de sonde ; et la tempéraliiie de l'eau est sdiivrnl prise comme guide additionnel pour deler- miner la position. Avec des caries marines, comme elles soi>t aujourd'hui préparées et [iiibliees par les bureaux hydrogra[diiques anglais elfrançais, les dangers do la naviga- tion onl été de beaucoup diminués. L'inven- tion des caries ù lu.'-agc des marins est attri- buée ordiiiuiicmeiil à Henri le Navigateur (KiO't- 146(1); les premières furent grossières et imparfaites, lo volume et mOme la forme HYDR 323 véritable de la terre étant alors inconnus, le loch pour mesurer les milles nautiques n'é- tant pas encore employé, le seul instrument pour déterminer la latitude étant l'astrolabe de mer. et les instruments pour déterminer la longitude n'existant pas. Peu de progrès furent accomplis par les soins des gouverne- ments avant le milieu du xvin' siècle; le peu que l'on apprit en hydrographie provenait d'entreprises des particuliers, tels que Co- lomb, Cabot, Drake et autres navigateurs. Les recherches que Jacques Cook commença à Québec en '1739, furent continuées pendant environ 20 ans et peuvent être considérées comme le commencement d'une ère nouvelle dans l'hydrographie. La Grande-Bretagne, la France, l'Espagne, les Etats-Unis et d'autres nations ont maintenant leursbureaux hydro- graphiques établis par les gouvernements. Les côtes onl été relevées d'une manière pré- cise; des navires d'exploration fréquentent toutes les parties du globe et pénètrent dans des mers jusqu'alors presque inconnues, des- sinant les limites des ports, déterminant avec exactitude la position géographique des pointes de terre, des rochers, des bas-fonds, des bancs de sable, dont beaucoup jusqu'a- lors étaient inconnus. Dans cette science, l'Angleterre est de beaucoup plus avancée que les autres nations. Non contente du re- levé le plus complet et le plus admirable de ses côtes, elle a étendu son œuvre à toutes ses possessions et aux côtes des nations étran- gères. L'hydrographie physique recherche les lois de la formation des bas-fonds, l'etlcl des courants sur les ports, sur les détroits, etc. * HYDROGRAPHIQUE adj. Qui appartient à rhydioL'ra|ihie ; description hydrographique. HYDROÏDE adj. (franc, hydre ; gr. eidos, aspect). Hist. nal. Qui ressemble ou se rap- porte au polype nommé hydre. — s. m. pi. Ordre le moins élevé des acalèphes com- prenant, d'après Agassiz, deux formes dis- tinctes, l'une ressemblant aux polypes, l'antre semblable à de la gélatine. L'hydre verte commune d'eau douce (hydra viridis) se dis- lin^'ue facilcnienl à l'œil nu; son corps eslun tube cylindrique, avec des cellules el une ma- tière colorante verte; à la base est un suçoir en forme de dis([ue, qui lui permet de s'atta- cher aux corps étrangers; il esl généralement suspendu, la têlc en bas, à quelque piaule aquatiipie. La bouche, à rextrémilé opposée au suçoir, est entourée de a à 15 lenlacules contractiles el communiquant avec la cavité générale el stomacale du eorns; au moyen de ces tentacules, les hydres olitiennent leur nourrituie qui consiste en animaux aqua- tiques infiniment petits. Les hydroïdes ne pos- sédant aucune espèce d'organes intériouis, sont A peine supérieurs aux protozoaires. HYDROLÉ s. m. .Médicament composé d'eau el de .-iib^laiiees propres à guérir. * HYDROLOGIE s. f. (sr. hudôr, eau ; logos, discours). Partie do liiisloire naturelle qui 324 HYDR nvnn nvoR traite des eaux et de leurs différentes espf'pes. HYDROLOGIQUE adj. Qui a rapport à l'hy- drciInlMi'. HYDROLOGUE s. m. Celui qui s'occupe d'hy- dioliiL'ii'. HYDROMÉCANIQUE adj. (j^r. Inidôr, eau; fra;ii.-. inrcanii/iicj. Se dit do certains appa- reils dans lesquels l'eau est eni|iloyée coiiinio moteur mécanique: presse hyilvomi'cuniqtic. — s. f. Scii'nce qui traite de la mécanique des liquides, de leurs lois d'équilibre et de monvciiKMil, On dit mieux HYDRosTAirQUE. ♦HYDROMEL s. m. (?r. hiidôr, eau; meli, miel). Sorte de breuvage fait d'eau et de miel. \j' hydromel siinpl': ou non fermenté s'obtient en faisant fondre environ 40 gr. de miel dans SOO gr. d'eau, l,' hydromel vineux ou fermenté, appelé aussi œnomel. s'obtient en faisant fermenter du miel dans de l'eau. 11 de- vient mousseux quand on le met en bouteille aussilAL la fi-rmenlation. HYDROMELLÉ s. m. Médicament à base d'bydionii'l. ' HYDROMÈTRE s. m. (gr. hiidôr, eau; me- tron, mesiiri.:). iNoin sous lequel on désigne en général tous les inslruinents qui servent à mesurer la pesanteur, la densité, la viles.-e, la force, etc., des liquides. ( Voy. AnÉosii-vriiK.) — Part. Instrument propre à mesurer l'épais- seur de la couche d'eau qui tombe chaque année sur la surface de Ja terre en uu lieu donné. • HYDROMÉTRIE s. f. Science qui apprend à mesurer la densité, la vitesse, la force des liquides et par ticulièremeut de l'eau. HYDROMÉTRIQUE adj. Qui appartient à rh\"droinulrin. HYDROOL s. m. (gr. hudôr, eau). Pharm. Eau Considrice l'onunc excipient. HYDROOLAT s. m. Eau distillée. _ HYDROOLATURE s. f. Infusion ou décoction d'unr subslance médicamenteuse dans l'eau. HYDROOLÉ s. m. Subslance médicamen- teuse a\aut l'eau pour excipient. HYDROOLIQUE adj. Pharm. Se dit d'un mé- dicanu iil qui a l'eau pour excipient. ■HYDROPHOBE s. et adj. Méd. Celui ou celle qui a l'eau et tous liquides en horreur. Se dit particulièrement de ceux qui sont atta- qués de la rage. • HY;)RCPHOBIE s. f. (gr. hudor, eau ; pho- Icln, craindre). iMed. Horreur de l'eau et des autres liquides : l'hydrophobie est un symp- tome de la rarje. ■— La rage même : être atteint d'hydro phobie. (Voy. Rage.) HYDROPHOBIQUE adj. Qui a rapport à riiyili'upliohic. HYDROPHOSPHURE s. m. Combinai^on d'hydiugène phosphore avec une base. •HYDROPIQUE adj. Méd. Qui est malade d'hydro|iisie ; devenir hydropique. — S'emploie alissi substanliv. : c'est un hydropiqtte. ♦HYDROPISIE s. f. (gr. hudôr, eau; ops, aspect). Méd. Accumulation de sérosité dans quelque partie du corps où il ne devrait point y en avoir : hydropisie générale. — Se dit sur- tout, dans le langage ordinaire, de l'hydro- pisie du bas-ventre, qui produit une enflure plus ou moins considérable: dans l'hijdruphie, on est toujours altéré. — ■ Encycl. On donne le nom générique d'hydropisie à tout cpanche- menl de sérosité qui s'effectue, soit dans la cavité des membranes séreuses, soit dans les mailles du tissu cellulaire, en l'absence de tout travail inflammatoire. L'hydropisie est rarement idiopalhique; elle est le plus souvent symptoiualique d'une affection du cœur, du foie, des reins, etc. Elle prend diiférenls noms selon son éloiiiliie ou -einn le lieu ni'i elle se localise. — 1. Hydropisie générale. fVoy. ANASAnouE.) — II. Hydropisie partielle. (Voy. Œdkme.) — m. Hydropisie du ventre. (Voy. A.sciTE.) — IV. Hydropisie de poitrine. (Voy. llyDROTnon.\x.) • HYDROPNEUMATIQUE adj . ( gr. hud2-'a:)-'.H()) ; ScouUeten : De Teau sous le rapport hygiéni- que ri W('dical{\H\i). ' HYDROTHÉRAPIQUE adj. Méd. Qui a rap- port à l'hydrothérapie : un traitement hydro- llicriipii/ue. HYDROTHORAX s. m. [i-dro-to-rakss] (gr. hudor, e.nu; tlmnix, poitrine). Pathol. Hydro- pisie de poitrine, épanchement de sérosité dans une ou dans les deux plèvres. Ses symp- tômes les plus habituels sont: l'oppression, la matité à la partie inférieure de la poitrine, la dimution ou l'absence du murrtiuie respi- ratoire, sans point de côté et souvent sans fièvre. Cette atl'eclion est souvent symptoma- tique d'une lésion du cœur. Quant à son trai- tement il consiste à Rivoriser le plus possible l'évacuation du liquide épanché. On atteint ce but soit en faisant la ponction, soit par les pe.rgalifs, les vomitifs, les diurétiques, les sudoriliques, les vésicatoires, qui ont tous pour but de provoquer des sécrétions artili- cielles et d'activer l'absorption du liquide séreux. HYDROXYDE s. m. [i-dro-ksi-de] (gr. hudôr, eau; lianç. o.ri/di-). Combinaison de l'eau et d'un oxyde niil:illii[ue. HYDROXYLAMINE s. f. [i-dro-ksi-la-mi-ne] gr. hudôr, eau; franc, œi/lnmine). Chim. Produit de l'acide cblorhydrique et de l'étain agiss,i n I sur l'é I herazot.— //(/iijils d'hygiène et de salubrité institués dans chaque arrondisse- ment. (Voy. Conseil.) Il existe, auprès du mi- nistère du commerce, un c07)tité consultatif HYGR d'hygiène publique dont l'orfranisation, plu- sieurs fois modifiée, est établie en dernier lieu par un décret du 10 mars 1872. Ce con- seil est chargé d'étudier les mesures à pren- dre par le gouvernement pour prévenir les épidémies: il s'occupe aussi dess quarantaines, de la salubrité des ateliers, de la surveillance des pharmacies, de celle des eaux minérales, etc. Kn ce qui concerne spécialement l'hy- giène des habitations mises en location, la loi du 13 avril IS.ïO autorise les conseils raunici- pau.x à instituer des commissions des loyements insalubres dont les décisions sont révisables par voie de recours devant le conseil de pré- fecture. En cas d'inexécution, dans les délais fixés par ces commissions des travaux qu'elles ont ordonnés, le propriétaire ou usufruitier de l'immeuble est passible d'une amende de \6 à 100 fr.; et si l'exécution desdits travaux n'a pas eu lieu dans le cours de l'année qui suit la condamnation, il est infligé une nou- velle amende égale à là valeur des travaux et qui peut être portée au double. » (V. S.) •HYGIÉNIQUE adj. Qui a rapport a l'hy- giène : soins liijijié niques. HYGIÉNIQUEMENT adv. Selon les priiici[.es de l'hygiène. HYGIÉNISTE s. m. Médecin qui s'occupe tout spécialenient de l'hygiène. HYGROLOGIE s. f. (gr. hugros, humide ; lo- gos, discours). Traité sur l'eau et les autres fluides. — Traité sur les fluides animaux. HYGROLOGUE s. m. Savant qui s'occupe d'hydrologie. HYGROMA s. m. (gr. hugros, humide). Pa- thol. llydrupisie des bourses muqueuses sous- cutanées formant une tumeur molle, fluc- tuante, hémisphérique et indolente; son siège le plus habituel est le genou, devant la rotule, chez les personnes qui restent long- temps agenouillées. Celte all'ection cède aux résolutifs tels que la pommade indurée long- temps appliquée, ou à la solution ioduree suivante : fO gr. d'iodure de potassium, iO gr. de teinture d'iode et 200 gr. d'eau en frictions et en compresses. •HYGROMÈTRE s. m. (gr. hygros, huii ide; metrun, nn-sure). Instrument de phvsique ser- vant a mesurer le degré d'humiiiiti; ou de sécheresse de l'air : un hygromètre à cheueu. L'hyiircmètre de Saussure, qui est le plus employé, se compose d'un cheveu bouilli dans une lessive caustique, et repose sur le principe d'absorption. HYGROMÉTRICITE s. f. Qualité de ce qui est liy^runieLriqU(!. 'HYGROMETRIE s. f. Science qui s'occupt de doteinuiiur l'état d'humidité ou de séche- resse des corps et partic;ilièrement de l'air atmosphérique. L'hygromètre est rinstruiiiont cni|doyé pour cet objet, et Vhygrosrope est toute substance qui absorbe l'huiiiidilé de l'air et qui, en conséquence, change do forme ou de poids. Uillérents sels absorbent l'humi- dité et tombent en déliquescence; on les dil hygroscopiques. ils servent comme hygr(]- mètres dans les analyses chimiques; ainsi du chlorure de calcium placé dans un tube de verre absorbe l'humidité de l'air (jui passe à travers ce tube et son augmentation en poids détermine la quantité dhuniidite absorbée. Plusieurs solides changent de volume et de forme par l'absorption ou par la perle de rhiiinidité. Sous ce rapport, le cheveu hu- maui est tout a fait remarquable quand on l'a nettoyé en le fai.sant bouillir dans de l'eau alcaline. Dans col état, il fut employé par Ue Saus.sure connue liygroscope. Il est roulé sur une poulie qui fuit marcher une aiguilli; indi- catrice ; un poids très léger est atlàclié a l'ex- Irémité du cheveu. Quand il fait un l'orlain de- gré de sécherosbo, l'aiguille marque zéro sur HYLL le cadran ; à mesure que l'air se sature d'hu- midité, le cheveu allon;;e et l'aiguilles'éloigne du zéro. Les tables hygrométriques les plus ap- préciées sont celles qui dé rivent desexpériences de Regnault, faites parordre du gouvernement trançais, pour déterminer la force expansive de la vapeur à difl'érentes températures, force qui est aussi celle de la vapeur suspendue dans l'air aux mêmes températures. Ces tables furent publiées dans les Etudes sur l'hygrométrie de Regnault, et dans les An- nales de chimie et physique (l84o). Des for- mules, et d'après elles, d'autres tables, outre celles des forces élastiques, ont été préparées par d'autres savants. .Nous citerons celles qui se trouvent dans le volume de Tables, Metco- rological and physical, préparées pour l'ins- titution smithsonienne, par Arnold Guyot, et publiées dans le Smitksonian Misccllaneous Collections, IS.'iS. — On a inventé diliérentes formes d'hygromètres. Dans celui de Daniell, qui a été beaucoup employé, un tube recourbé ayant une boule à chaque extrémité, est sus- pendu, de sorte que ses boules soient dirigées en bas; l'une contient de l'ether, dans lequel on place la boule d'un thermomètre délicat; le reste du tube renferme seulement de la vapeur d'éther et l'autre boule est couverte d'une mousseline mouillée avec de l'éther. L'évaporation de celui-ci fait condenser la v;jpeur intérieure et occasionne une rapide év.ipoiation de l'éther dans l'autre boule, .et, conséquemment, une réduction de tem- pérature jusqu'à un point où l'humidité de l'air se condense sur l'extérieur du tube. C'est ce que montre le thermomètre enfermé dans l'éther, tandis que la température de l'air est marquée sur un thermomètre indépen- dant. Un iuslrumenl plus précis fut employé par Regnault. Ce savant imagina le système actuel, qui consiste à faire passer des volumes connus d'air à travers desliquides absorbants, tels que l'acide sulfurique fort ou le chlorure de calcium. * HYGROMÉTRIQUE adj. Se dit des corps qui sont particulièrement sensibles aux chaiij;e- ments accidentels d'humidité ou de séche- resse de l'air :' /e i>el possède des propriétés hygrométriques fort remarquables. HYGROSCOPE s. m. (gr. hugros, humide; skopco, j examine). Phys. Inslrunieiit destine a indiquer s'il y a de la vapeur d'eau dans un gaz quelconque ou dans l'air. (Voy. Hygkùmé- TIUE.J HYGROSCOPIQUE adj . Q ui concerne l'hygros- Cûpe. — Déliquescent. (Voy. Hygrouétiue.) HYKSOS, c'est-à-dire impurs, nom donné parles aiiciensEgyptiens aux pasteurs arabes ou Chananéens qui fondèrent la 17° dynastie (Rois pasteurs). (Voy. Egypte.) HYLAS (Mythol. gr.), favori d'Hercule. Pen- dautrexpedition des Argonautes, les iNaïades, fascinées par sa beauté, rallirùrent dans un puits en Mysie. Hercule menaça do ravager la contrée s'il ne lui était rendu; mais les Mysiens le cherchèrent eu vain, et ils insti- '.uèrent une fête annuelle pendant laquelle ils erraient sur les montagnes, en appelant llylas. C'est à peu près cette légende que .SfliiUer a placée eu lètc de sou GuiUawiœ Tdl. HYLÉOSAURE s. m. (gr. ulaios, apparte- nant au bois; et sauras, lézard). Krpet. Nom donné ]iar le D'' Mantell à un reptile dinusaii- rien lussile de la couche jurassique do la forêt de la Tilgate, ayant les caractères ordi- naires de sa tribu. Il mesurait de 7 à 8 m. HYLESINE s. m. (gr. hutd, hoia; sinos, do- niagcj. (jciire d'insectes coléoptères à corps convexe, de la famille des xylophages. HYLLUS, lils d'Hercule et de Déjanire, fui chassi' du l'elopunèso par Eurythée; se mit à la lètc des lléraclidcs et revint combattre cl Hvor 327 mettre à mort son persécuteur. Il fut tué à son tour par Atrée, chef desPélopides. HYMEN, fils d'Apollon et de Calliope, sui- vant la fable, et dieu du mariage. On le repré- sentait sous les traits d'un adolescent portant un flambeau à la main ; l'art s'attacha à répan- dre sur ses traits tant de grâce et de beauté qu'on le confondit avec l'Amour. On appe- lait hymenées les fêtes célébrée, en son hon- neur. * HYMEN [-menn] elHyménée s. m. Noms de la divinité païenne qui présidait aux nbces, au mariage. S'emploient l'un et l'autre dans plusieurs phrases poétiques et figurées qui se disent en parlant du mariage : le /lambeau de l'hymen. L'hymen n'est pas toujours entouré de flambeaui. Racinb. Que je quille à regret la rive fortuniSc Ou je vais allumer les flamljcaui d'hyméiiée. RiciNB. Iphigénie, acte III, se. it. On dit aussi, Le dieu d'hymen, le dieu d'hymé- née. — S'emploient, par ext., dans le stvle poétique, pour union, mariage : heureux hyménée. Je suis de cet hymen le fruit infortuné. VoLTitEB. La Mort de César, acte UI, se. ii. •HYMEN s. m. Anat. Repli membraneux qui se trouve ordinairement, chez les vierges, à l'entrée du vagin. HYMÉNIUM s. m. [i-mé-ni-omm] (gr. hu- mèn, membrane). Bot. Membrane fructifère, qui renferme les spores dans les champignons! HYMÉNOMYCÈTE adj. (gr. humén, mem- brane; mukès, champignon!. Bot. Se dit des champignons dont les organes reproducteurs sont enfermés dans une membrane fructifère extérieure. — s. m. pi. Tribu de champignons, renfermant les genres qui présentent le ca- ractère susindiqué. C'est à cette tribu qu'ap- partiennent les genres agarics, amanites, trc- melles, clavaires, bolets, etc. * HYMÉNOPTÉRE adj. {gr. hymen, mem- brane; iitiron, aile). Hist. nat. Se dit des in- sectes qui ont quatre ailes membraneuses, nues, à nervures longitudinales, telles que les abeilles, les guêpes, les fourmis, etc. : in- secte hyménoptére. — S'emploie souvent aussi comme substantif masculin. — Les hyménop- tères forment le neuvième ordre de la classe des insectes dans le règne animal de Cuvier. Cet ordre se divise en deux grandes familles; 1°lespoRTE-sciE(tenthrèdes, cimliex. lophvres, sirex,etc.; ichneumons, cynips,culophes,etc.; 2» les P0RTE-.\iGuiLLû?is, foumiis, sphei, guê- pes, abeilles, bourdons, etc.) HYMETTE, H^me«ws. Chaîne de montagnes de l'Attique, à 11 kil. S.-E. d'Athènes. De la cime la plus élevée du mont (l.iiiO m. au- dessus du niveau de la mer), l'œil découvre les côtes du Peloponèse, l'Argolide, toute U ville d'Athènes, les Cyclades, etc. Le mon' Hymette était célèbrepar son iuiel etsesinar bres. * HYMNE s. m. (gr. himnos, chant). Canti- que en riionneur de la Divinité : Seigneur, quels hymnes sont dignes de vous? — Chez les anciens. Sorte de poème en l'honneur des dieux ou des héros : hymne en l'honneur d'A- pollon, en l'honneur de Gérés. — S'emploie ordinairement au féminin, eu parlant des hymnes qu'on chante dans l'église : enton- ner une hymne. Léchant de .Moïse (t'xoife .\V), \es Psaumes senties hymnes bibliques que l'on chantait en s'accompagna nt ordinairement d'instruments de musique. Saint Hilaire, évo- que d'Arles, composa les premières hymnes aestinéesà être chaulées dans les églises chré- tiennes (vers 431). ' HYOÏDE adj. et s. m. (gr. cidos, aspect). Anal. Se dil de l'os qui est à la racine de la langue, et qui a une certaine ressemblance de 328 IIVI'R nvpr: HYPN foimo avec l'upsilon des Grecs (u) : l'oshyoide ou suhslanliv., l'Iti/oi'if. ' HYPALLAGE s. f. (gr. hipulliidi', clianee- nicnl;. iii.iimri. l'iviin' par l.ii|iifliiî on paiall atlribucr à cerlains mois d'une phrase, ce (|ui apparlicnl à d'aulres mots de celle phrase, sans cependant qu'il soil possible de se mé- prendre au sens. C'est ainsi qu'on dit : il n'a- vait point fie souliers dtins S''.s- pictls, au lieu de, il n'avait point ses pù't/s dans des souliers. HYPARCHIE s. f. r.ouvernciiient d'une livp.irqiiL'. — Pays administré par un h3par- que. HYPARQUE s. ni. (^r. hujiarchos). Salra|)e ou iiUi'ndatit. HYPATIE. philosophe néo-platonicienne, née vers 370, morte en 4|.'). Klle était lille de Théon, malliénKiUcffn dislinirué et astro- nome,d'Alexandiie. Aprésavoir élu diéla phi- losophie à Athènes, elle entreprit de l'ensei- gner publiquement. Ses talents, sa beauté, son éloquenc; et sa modestie la rendirent un objet d'admiration. Elle fit renaître l'école de Potions et en devint la directrice. Mais, sa qualité do païenne et de philosophe provo- qua l'hostilité de Cyrille, évéque d'.Mexan- drie. La ville lut en proie à la violence des partis et certains fanatiques tendirent un giiet-apens à Hypalic el l'assassinèrent. Elle a composé deux traités de mathématiques qui sont perdus. HYPER, préfixe qui entre dans la composi- tion d'un grand nombre de mots et qui vient du grec vper, au delà, sur. * HYPERBATE s. f. (préf. /i.yper, gr. ; bai- nein, allei). Figure de grammaire, qui con- siste à intervertir, à renverser l'ordre naturel du discours. * HYPERBOLE s. f. (préf. hyper, gr. ; tal- lein, lancer, l'i^'ure de rhétorique, qui cou- .siste à augmenter ou à diminuer excessive- lueut la vérité des choses : discours rempli d'Iiypcrbohs. — Comme exemple de l'hyper- bole, on a souvent cité les vers suivants, par lesquels Malherbe peint, dans une ode, le temps heureux qu'il promet à Louis XIII : La terre en tous endroits produira tontes choses, Tous métaux SL'ronl or. tontes fleurs seront roses ; Tous arbres oliviers. L'an n'aura pins d'hiver, le jour n'aura plus d'ombre, El les perles sans nombre Germeront dans la Seine au milieu des graviers. — Maillera. Section faite dans un cône du second degré par un plan qui, étant prolongé, rencontre les deux nappes de celte surface. * HYPERBOLIQUE adj. Qui exagère beau- coup au delà du vrai : discours, langage hy- pcrbolirjue. — Se dit quelquefois d'une per- sonne qui est sujette à exagérer dans tout ce qu'elle dit : cet homme est fort hyperbolique. — Mathém. Qui a la forme de l'hyperbole, ou qui dépend de ses propriétés : figure hy- perboli'jue. ' HYPERBOLIQDEMENT adv. Avec exagéra- tion : jniiii r hyp- rbotiijuement. HYPERBOLOÏDE arlj. f franc, hyperbole; gr. ri'los. ,i>iiefl). Géom, Qui se rapproche de l'hvperljole : courbe hypcrioloide. ' HYPERBORÉE ou Hyperboréen, éenne adj. (gr. huper, au delà ; Boreas, Borée;. Se dit des peuples, des pays très septentrionaux : les nations In/perborées ; les mers hyperborées. * HYPERBORÉEN, ENNE. Voy. Hyperborée. — On donnait particulièrement le nom d'Hy- perboréens aune race d'hommes, placée par les Crées dans les régions éloignées du nord et que l'on supposait habiter, sous un soleil perpétuel et brillant, au milieu d'un territoire ^produisant des IruiLs en abondance. Les Hy- perboréens s'abstenaient de l'usage de la ehaii- des animaux, et vivaient un millier d'années. Les ethnologues modernes appellent hyperliorécnne une soii--division des races aiclii[uis, habitant le N.-N -E. de l'Asie. HYPERCRINIE s, f. (gr. huper, au delà : krinrhi, siparer, isoler). Palliul. Sécrétion plus ahondanto que dans l'état normal. • HYPERCRITIQUE s. m. Censeur outré, criticpi.: qui ne laisse passer aucune faute, qui ne pardonne rien. A nos Ri-igncur^ ncadémiquci ^os j'eigneurs les liypereritiquei. Jlequt'ic (les Dictionnaires de Minage à IWeadémie française. — »v .tdj. Oui a rapport à l'hypercrinie. ' HYPERDULIE s. f. (gr. huper, au delà; d'Htlos, esclave), Théol, iN'eA usité que dans cette loculion, le cultk d'hyi'i;kui;lie. le culte qu'on rend à la sainte Vierge, par opposition à cclte de dulie, le culte qu'on rend aux saints. HYPERESTHÉSIE s. f, (gr, huper, au-delà ; aislhesis. sensation). Méd. Accroissement ano- mal de la sensibilité. HYPERHÉMIE s. f. (gr. huper, au delà ; hai- ma, siiigi. Maladie caractérisée par l'accu- mul.ition insolite du sang dans les vaisseaux capillaires d'une partie du corps. HYPSRICUM s, m. [i-pé-ri-komm]. Nom scieiiiiliqiii-; du genre inille-perluis, HYPÉRIDE, l'un des dix plus fameux ora- teurs d'.VLlienes, né probablement vers :VM\ av. J.-C, mort en 322. Associé de Démoslbéne, comme chef du parti anti-macédonien, il m.i- nifestason patriotisme dans plusieurs expé- ditions et dans des ambassades. Après l'all'aire d'Harpaius(.i'24), il se porta accusateur public conlre Démoslhénc. .A la nouvelle de la mort d'Alexandre (323), ce fut principale- ment grâce à ses efforts que se forma la con- fédération qui amena la guerre laraiaque. 11 s'enfuit à Egine après la bataille de Crannon et fut poursuivi el mis à mort par les émis- saires d'.-Vulipaler. Le nombre des discours i[u'on lui attribue est de 77, mais les anciens écrivains en rejettent 2.t comme faux. Nous n'avons plus des œuvres d'Hypéride que 304 fragments très courts recueillis dans les Oratores Attici de Baitcr et Sauppe el deux discours retrouvés en 1S17 dans des papyrus égyptiens et publiés par Babinglon el Schnei- dewin. — JJypermélrope. (V. S.) HYPERMNESTRE. l'une des cinquante Da- naïdes. Ayant refusé d'obéir à son père Da- naus, qui avait ordonné à ses filles d'égorger leurs maris la première nuit de leurs noces, parce qu'un oracle lui avait prédit qu'il serait tué par un de ses geudres, Hypermnestre sauva Lyncée, son époux. Condamnée pour ce fait par son père, elle en appela au peuple qui proclama son innocence. Les poètes ont souvent céléhié sa fidélité.— //2//)er4'?(;rte{V. S.) • HYPERTROPHIE s. f. (préf. huper; gr. tro- phé, nourriture). Méd. Développement exces- sif d'un organe par l'effet d'une nutrition trop active, cl caractérisé par une augmen- tation du poids et du volume de l'organe hy- pertrophié, sans altération dans sa texture intime. Vhypertrophie est l'opposé de l'atro- phie. — Hypertrophie du cœur, maladie qui consiste dans l'épaississement des parois du cœur et qui s'accompagne le plus souvent d'un accroissement de la capacité des cavités cardiaques. (V03'. Axévrisme.) Elle est carac- térisée par l'impulsion violente desbatlements du cœur, sensibles surtout à la palpalion et parle timbre sourd et obscur de ses bruits; le pouls est fort, large et régulier et l'oppres- sion se manifeste à la moindre émotion et aux exercices prolongés. Les simples palpi- tations nerveuses se distinguent de l'hyper- trophie par leur intermittence, par l'absence de malilé et par leur facile disparition. — Comme traitement de cette affection dont le pronostic est toujours grave, il faut éviter les émotions vives, les fatigues excessives, les stimulants, les alcooliques cl suivre iiniégimc lacté; application lé;.'i-re et périodique de . m. (gr. hupnos, sommeil ; graph''j, jécn- . .Auteur d'une hypnograpliie. HYPIÏOGRAPHIE s. f. Traité sur le sommeil ou hisloiie du sommeil. — J/ypitose. (V. S.) • HYPNOTIQUE adj. Méd. Se dit des remèdes qui [irovoqueiit le sommeil. On dit plus coin- munémenl, Narcolifjue. — Balue uvp.soTiyiE, baume pharmaceutique, qui a beaucoup d'a- nalogie avec le baume tranquille et qui jouit des mêmes propriétés. C'est une dissolution huileuse plus ou moins aromalique, préparée avec des sucs de plantes narcotiques, de l'o- pium, du safran et de l'huile de muscade. — s. m. Personne hypnotisée: l'hypnotii/ue obéit à l'hypnotiseur. HYPNOTISER v. a. Néol. Endormir par les proced -s de l'hypnotisme. HYPNOTISEUR s. m. Celui qui hypnotise; magnéliseur. HYPNOTISME s. m. (gr. hupnos, sommeil). Nom donné par l'.Vnglais Uraid, en 18i3, à une condition de sommeil artificiel somnam- bulique, déterminé par la fixation prolongée de quelque objet brillant ou par une conten- tion soutenue de l'esprit sur un sujet par- ticulier. De tout temps, l'état extatique a été produit par la contemplation d'un objet vé- néré, aidée d'une violente excitation intellec- tuelle. Dans l'Inde, les dévots se procurent l'extase en fixant l'espace ou en regardant soil un point fixe, soil le bout de leur nez. Cerlains moines arrivent au même rt-T^ultat par la contemplation prolongée de leurnom- bril.Cbez les musulmans, les procédés sont plus compliqués : à la fixation d'un point ou à la contemplation se joint le son prolongé d'un tambourin frappé sans cesse avec la même cadence rapide el monotone. L'hypno- tisme produit parce procédé est accompagné d'aneslhésie. Tout Paris a as^isté, il y a quel- ques années, aux représentations données par les Aloussas, secte musulmane algérienne dont les adeptes, après avoir obtenu l'extase, lèchent des barres de fer rouge, mâchent des épines, avalent des araignées, etc., sans pa- raître ressentir aucune douleo;.— Le docteur Braid, créateur du magnétisme scientifique, a fait sur le sommeil hypnotique des expé- riences dont les résultats ont été maintes l'ois confirmés par d'autres médecins. On obtient le sommeil, soil eu faisant fixer les yeux du sujet sur les siens, soit en lui faisant fixer un objet placé devant lui, et un peu en haut. Les magnétiseurs choisissent ordinairement pour sujet une jeune femme ou un jeune homme. Il existe divers degrés d'hypnotisme, depuis la simple exaltation des sens jusqu'à la catalepsie, .-^u premier degré, l'hypnotisé se souvient de son nom; à un degré plus avancé, il prend le nom el joue le person- nage qu'il plait à l'bypnoti.seur ; il voit, il entend, il croit tout ce que celui-ci veut bien lui suggérer; il ressent l'impression d'objets HYPO HYPO riYPO 3-20 qui n'existent que dans In volonté dn mairné- tiseur. C'est ainsi qu'il s'enivre réellement, en buvant de l'eau pure que l'opérateur lui a versée sous le nom de vin de Champagne; qu'il déclare poire délicieuse une pomme do terre crue. A un degré d'hypnotisme avancé, le sujet devient insensible à la douleur, et au dernier degré il tombe en catalepsie. — L'hypnotisme a été observé depuis longtemps chez les animnu.\. De tout temps, on s'est aperçu que certains serpents, que des cra- pauds, que des félins fascinent leur proie. HYPO (gr. upo, au-dessous), préfixe qui foriiii' le commencement de divers noms conipusés. HYPOAZOTATE s. m. Sel provenant de la combinaison do l'acide hypoazotique avec, une ba,~e. HYP0.4Z0TIQDE adj. Chim. L'un des oxa- cides de l'azote. HYPOCHLORATE s. m. Sel produit parla combinaison de l'acide hypochlorique avec une base. HYPOCLOREUXadj. Se dit de l'un des acides du i'hloie. HYPOCHLORIQUE adj. Se dit de l'un des acides (lu chiure. HYPOCHLORITE s. m. Sel produit par la combinaison de l'acide hypocloreux avec une base — HypocoroUic. {y. S.) • HYPOCONDRE s. m. (gr. hupo, sous; chmi- dros, cartilage). Anat. On appelle ainsi les parties latérales de la région supérieui-o du bas-ventre : l'hypocondre droit. — Se dit aussi pour hypocondriaque : c'est un hypocondvp . Dans ce sens s'emploie également comme ad- jectif : il est, il devient hypocondre. • HYPOCONDRIAQUE adj. Méd. Qui appar- tientà rhyjioi-ondrje : nffcction hypocondriaque. — Qui est atteint d'hypocondrie : la trop grande solitude peut rendra hypocondriaque. — s.: les hypocondriaques sont mélancoliques et visionnaires. • HYPOCONDRIE s. f. Méd. Sorte de mala- die, ordinairement de longue durée, qui rend bizarre et morose, et dans laquelle onse plaint de douleui s variées, de soultrances excessives, malgré les apparences d'une santé assez bonne : des chagrins profonds, des habitudes sédentaires, etc., prédisposent à l'hypocondrie. — Par exl. Toute espèce de mélancolie ou de tristesse habituelle : une sombre hypocon- drie. — Encycl. I/hypocondrie est une affec- tion nerveuse, caractérisée par des troubles digestif"! et yiar une exaltation singulière de la sensibililé avec spasmes, palpitations, tris- tesses, inquiétudes continuelles que le ma- lade a sur sa santé. Cette maladie est très variable dans ses symptômes; les hypocon- driaques sont maussades, tristes, capricieux, irascibles. H ne faut pas les confondre avec les hjrpctiques; ils recherchent la lecture des livres de médecine et se figurent avoir toutes les maladies dont ils lisent la description, s'irritant contre ceux qui semblent douter de leurs soulfiances et se croyant en butte à la jalousie ou à la calomnie de leurs ennemis. Cette allection débute le plus souvent par des troubles digestifs, (dyspepsie tlatulente, cons- tipation). C'est la maladie des bureaucrates, des grns de lettres, des personnes qui ont éprouvé des revers ou qui se livrent à l'ona- nisme. Comme traitement, ilfautsurloutcom- ballre la cause et agir sur i'imaginalion , pro- curer des distractions (voyages, chasse, etc.), donner des purgatifs, des antispa.-modiques et tonifier les organes digestifs. •HYPOCRAS s. m.[i-po-crass](f;r. hupokra- lon). K?^pèce do liqueur faite avec du vin, du sucre, de la cannelle, et d'autres aromates. • HYPOCRISIE s. f. (gr. hipokrisis, rûle 242 joué). 'Vice qui consiste à affecter une pitié, une vertu, Un sentiment louable qu'on n'a pas; il fait l'homme de bien, mais toute sa conduite n'est qu'hypocrisie. * HYPOCRITE adj. Qui a de l'hypocrisie; qui alTeete des apparences de piété', de probité, de douceur, etc. : cet homme est hypocrite au dernier point. — S'applique également aux manières, aux actions, etc.. d'une personne hypocrite : avoir l'air hypocrite, la contenance, lamine hypocrite, une gravité hypocrite, un ton hypocrite. — s. En parlant des personnes : il fait le dévot, l'homme de bien, mais c'est ur\ hypocrite, rin franc hypocrite. ' HYPOCRITEMENT adv. Avec hypocrisie ; d'une manière hypocrite. HYPODERMIQUE adj. (gr. hupo , sous; der- ma, peau). Méd. Se dit d'une méthode qui consiste à faire absorber les médicaments par le tissu cellulaire sous-culanc. •HYPOGASTRE s. m. {^r.hupo, soas; gaster, ventre). Anat. Partie inférieure du bas-ventre. * HYPOGASTRIQUE adj. Anat.' Qui appar- tient à l'hypogastre : la région hypogastrique. HYPOGÉ, EEadj. (gr. hupo, sous; jé,. te.re). Bot. Qui se développe sous terre. * HYPOGÉE s. m. Archit. Souterrain. Se dit, parliciil., des excavations et des construc- tions souterraines où les anciens déposaient leurs morts : on trouve beaucoup d'hypogées aux environs de Thébes. — S'emploie quelque- fois adjectivement ; temple hypogée. * HYPOGLOSSE adj. et s. m. (gr. hupo, sous; glossa, langue). .\nat. Se dit des nerfs qui se distribuent à la langue, et qui servent à la rendre l'organe du goût : nerf hypoglosse. — tv Bot. Se dit des plantes qui portent une languette sous leurs feuilles. HYPOGYNE adj. (gr. hupo, sous; gunê, femelle). Bol. Se dit des organes floraux in- sérés sous le pistil. HYPOGYNIE s. f. Etat des plantes à éta- mines hypogynes, — Hypnphleux. CV. S.) HYPOPHOSPHATE s. m. Chimie. Sel pro- duit par la combinaison de l'acide" hypophos- phorique avec une base. HYPOPHOSPHITE s. m. (gr. hupo, sous, franc, pihosphite). Chim. Sel formé par l'acide hypophosphoreux combiné avec la chaux, lu soude, la potasse et l'aninuiniaque. Ces sels fu- rent proposés princiiialeinent sur des données théoriques, comme remèdes contre la yihti- sie parle D'Churchill, de Paris. Utiles comme toniquesdans quehiuescas, ils sont loin d'être des spécifiques contre là consomption. Néan- moins l'hypophosphite de chaux a été employé, mm sans succès : de iiO centigr. à 1 gr. jar jour. Il fait la base de l'élixir anli-phymique. HYPOPHOSPHOREUX adj. m. Se dit du moins oxyi^i'iié des Iroisacides du phosphore. HYPOPHOSPHORIQUE adj. Chim. Se dit d'un acide (PIP O'^J qui est formé d'un mé- lange d'acide phosphorique et d'acide phos- phoreux. HYPOPHYSE s. f. [i-po-n-ze] (gr. hypo, sur; phusis, production). Anat. Corps glandulaire, arrondi, qui occupe la selle turcique. HYPOSCÈNE ou Hyposcenium s. m. (gr. hupo, sous; skénê. scène). Antiq, Enceinte de colonnes autour de la scène où se tenaient les mimes et les joueurs d'instruments. — Le dessous de la scène. HYPOSPADIAS s. m. [-di-ass] (gr. hupo. au-de,--sous ; spaô, je tends). Med. Vice de con- formation, dans lequel l'urôthre s'ouvre en dessous de la verge et en dehors du gland. •liYPOSTASE s. f. (gr. hupo, sous; istcmi, exister), iheol. Suppùt, personne : (/ y a m Dieu trois hypostascs et une seule nature. -^ Méd. Sédiment des urines. HYPOSTATE s. m. Bol. Corps filamenteux et transparent que l'on trouve sous l'em- bryon fécondé, quand il commence à se déve- lopper. * H YPOSTATIQUE adj . Théol. iN'est usité que dans celle locution , Union hypost.ivtique , union du Verbe avec la nature humaine. * HYPOSTATIQUEMENT adv. Théol. D'une manière hypostati([ue : le Verbe s'est uni Iiypos- tutiqucmcnt à la^nature humaine. ' HYPOSTYLE adj. (gr. hupo. dessous; slu- los, colonne). Antiq. Se dit d'une salle dont le plal'ond est soutenu par des colonnes : la grande salle du palais était hypostyle. HYPOSULFATE et Hyposulfite s. m. Chim. Sels dans lesquels il enire moins d'acide sul- furique ou d'acide sulfureux que dans un sul- fate ou un sulfite. Ils sont composés, l'un d'acide hyposulfuriquc et l'autre d'acide hy- posull'ureux, avec une base. De ces sels, le seul qui ait beaucoup d'intérêt est Vhyposul- phite de soude qui a la propriété de dissoudre promptement le chlorure, le bromure et i'iodure d'argent. Il est d'un grand usage pour les préparations phologra[ihiqties, où on l'emploie pour dissoudre le sel sensible d'ar- gent. 11 est efficace dans le traitement des affections cutanées, dans les obstructions des entrailles, dans les maladies de l'estomac suivies de vomissements ayant l'apparence de levure. Il est obtenu en faisant digérer du carbonate de soude avec de la llour de soufre. Formule, Na^ S^ 0^' + .jH^O. HYPOSULFUREUX adj. Chim. Se dit d'un acide moins oxygéné que l'acide sulfureux ; S-H^03. HYPOSULFURIOUE adj. m. Chim. Se dit d'un ,ieide moins oxygéné que l'acide sulfu- rique. * HYPOTÉNUSE s. f. (gr. hupo, soas; teinein, tendre). Géom. Côté qui est opposé à l'angle droit dans un triangle rectangle : l'hypoténuse est le )ilus grand des trois cotés d'un triangle rectangle. Le carré de V/tt^poténuse, Est égal, si jo ne «l'abuse, A la soniiiie des deux carrés Faits sur les deux autres cùtés. Vieille chanson de l'Ecole polytechnique. ' HYPOTHÉCAIRE adj. Jurispr. Qui a droit d'hypui iiéque : créancier hypothécaire. — Deiti; HY?OTHÉc.\iRE, dette qui donne hypothèque. — I.NSCHii'TioN HYPOTUÉCAiRE, inscription dhv- pothèquc. (V'oy. L\sciiiPTio.\.) * HYPOTHÉCAIREMENT adv. Jurispr. Avec hypothèque; ou par rapport à l'hypothèque, aux hypothèques : s'obliger hypothécairement. * HYPOTHÈQUE s. f. (gr. hypothéhé, gage). Jurispr. Droit réel qui grève les immeubles affectés à la sûreté, à l'aequitlemeul d'une obligation, d'une dette, et qui les suit en quelques mains qu'ils passent : les ijrivilègcs et hypothèques. — Législ. « Le gage im- mobilier ou hypothèque existait dans la lé- gislation des Grecs. Chez les Humains, le débiteur transférait à son créancier la pro- priété de la chose mobilière ou immobilière affectée à la garantie de la dette, sous la con- dition que la rétrocession aurait lieu après le paiement. Plus tard, le pignus du contrat de gage fut introduit dans l'usage; mais il con- sistait uniquement dans le déplacement delà possession. Puis On admit que, par une simple convention et sans tradition, le créancier pourrait acquérir une garantie efiicace, la- quelle consistait dans le droit de faire veadre la chose donnée en gage et de se faire payer par préférence à tous autres sur le prix; on accorda en outre au créancier, par l'action gitiisi-serviana, un droit de suite contre les tiers-doleuleurs. Telle a été. l'origine de l'hy- III. 330 UYPO pothèque, adniisR en Franci», rnaiiii; dans les pays coutiimiers, avec quelques niodili cations Kile fut restreinte aux inimeulilr's; mais certains droits réels devinrent suscfptibles d'hypothèque, quoiqu'ils fussent des biens in- corporels, tels que la rente foncière cl l'em- phyléose. Les hypothiHiues i-laient alors géné- rales et occultes. Golliert Icnta vainement de les soumettre à la publicité (Kdit domarsKJTH, rapporté en li)74). Eiilin, sous le droit inter- médiaire, les lois du I) messidor an III cl du 11 brumaire an VII, établirent le syslénie liypothécaire sur des hases toutes nouvelles, en posant, comme principes fondamentaux, la publicité et la spécialité des hypolliéipus, principes qui, saut' quelques exceptions ad- mises, furent consacrés par les rédacteurs du Code civil dans le litre XVill de ce Code, pro- mulgué le -29 mars 1804. Depuis celte épo([uf, la législation hypothécaire n'a subi que de légères modilioations. Le Code de commerce de 1807 avait, dans l'intérêt des créanciers du failli, restreint d'une façon excessive l'hypo- thèque légale de la femme; mais la loi du 28 mai l8:)8aposédejustes limites il ces réser- ves. La loi sur la transcription fait perdre leur rang aux hypothèques légales appartenant au.\ veuves ou aux mineurs, lorsque l'inscrip- tion n'a pas été prise dans l'année de la dis- solution du mariage ou de la cessation de la tutelle (L. 26 mars is;;.')). L'hypothèque mari- time, instituée en France en 1874 (L. Kl dé- cemb)-e), a rendu les navires susceptibles d'être hypo(hé(iués convenlionnelicment par acte authentique ou sous seing privé, pourvu qu'il s'agisse de navires d'au moins vingt tonneaux de jauge. Cette faculté est resiée à peu près sans usaçe, et la révision de la loi de 1874, plusieurs fois proposée, semble nécessaire. Si l'on veut rendre ce moyen de crédit plus praticable, il faudra permettre que l'intérêt des sommes prêtées sur navires par contrats hypothécaires, puisse s'élever au dessus du taux légal. Nous ne croyons pas utile de détailler ici toute la législation con- cernant l'hypothèque; nous en dirons seule- ment quelques mois. On dislingue trois sortes d'hypothèques : l'hypothèque légale, l'hypo- thèque judiciaire et l'hypothèque conven- tionnelle. Les deux premières frappent l'en- semble des biens immeubles présents et à venir du débiteur et sont dites générales; les autres sont dites spéciales parce qu'elless'ap- pliquenl exclusivement aux immeubles desi- gnés dans le contrat. Les hypothèques légales dérivent immédiatement de la loi et sont ré- servées savoir : 1" à la femme mariée, sur les biens de son mari, pour la garantie de ses apports et de toutes les créances qu'elle peut avoir contre lui ; 2"> aux mineurs et aux inter- dits sur les biens de leurs tuteurs; 3» à l'E- tat, aux communes et aux établissements publics sur les hiens immeubles que leurs receveurs ou administrateurs - comptables, possédaient avant leur nomination et sur ceux qu'ils ont acquis depuis, à titre gratuit; 4° aux légataires sur les immeubles de la succession (G. civ. 1017); 5» aux créanciers privilégiés qui n'ont pas pris inscription dans le délai prescrit (id. 2113) ; 6° à la masse des créanciers sur les immeubles du failli (C. comm. 490). L'hypothèque judiciaire est un droit qui résulte de tout jugement pronon- çant une condamnation ou reconnaissant une obligation (C. civ. 2123); mais l'inscription ne peut être prise avant l'échéance del'obligation (L. 3 septembre 1807). L'hypothèque conven- tionnelle doit être consentie par acte notarié et ne frappe que les biens spécialement désignés dans l'acte. Celte hypothèque peut être conférée par un acte sous seing privé pourvu que l'acte soit déposé chez un notaire par les deux parties fArr. cass. 11 juin 1813). Toute hypothèque uoit être inscrite au bu- reau du conservateur des hypothèques de 1 arrondissement dans lequel l'immeuble est HYPO situé, et lille ne prend rang que du jour de cette inscription. Cependant l'hypolhéque légale de la femme mariée et celle ilu mineur prennent rang sans inscription du jour de la célébration du mariage ou du jour de l'ou- verture de la tutelle, sauf la péremption résullanl du délaiit d'inscription dans l'ann lm; qui suit la dissolution du mariage ou la ces- salinn de la tutelle (L. 2() mars ISIi.-;). Les ins- criptions hypothécaires ne conservent le rang qu'elles occupent que si elles sont renouve- lées dansle délai de dix ans il compter de leur date. Klles peuvent être réduites ou complè- tement radiées en vertu du cim^entement donne par le créancier dans un acte notarié ou en vertu d'un jugement. Lorsqu'un im- meuble hypiilhéqué est aliém'- volontaire- ment, l'acquiTi'ur est tenu au paiement des (■har:.'es qui f.'révenl l'immeuble; mais, s'il veut s'allranchir, en payant le prix de son acquisition, des charges occultes qui peuvent excéder ce prix, il doit remplir les formalités de la/)urgre(C. civ. 2181 et s.). Tout créancier inscrit a le droit do demander la mise aux enchères de l'immeuble vendu, pourvu qu'il porte une surenchère, en s'engageant à élever le prix à un dixième en sus de la valeur dé- clarée dans le contrat de vente (C. proc, 8:!.' et s,) Los créanciers hypothécaires sont payés sur le prix de l'aliénation ou sur celui 'de l'adjudication, selon le rang qui leur appar- tient; et, s'il y a contestation entre eux. la liquidation est faite suivant la procédure spé- ciale de l'ordre (id. 7.'iO et s.) Les conserva- teurs des hypothèques sont responsables de l'omission sur leurs registres ou dans les cer- lilicals qu'ils délivrent, des inscriptions re- quises dans leurs bureaux. (Voy. Consekv.*- TEini.) Ils perçoivent, au profit do l'Etat, un droit sur chaque inscription; ce droit est d'un pour mille sur le montant des créances (L. 28 avril 181G). » (V. S.) (Ch. Y.) * HYPOTHÉQUÉ, ÉE part, passé de Hypothé- OUEii. — Ethe hypothéql'k, avoir une santé fort délabrée, avoir plusieurs infirmités gra- ves : il est bien hypothéqué. * HYPOTHÉQUER V. a. Jurispr. Soumettre à l'hypothèque, donner pour hypothèque : hypothéquer tous ses biens. ' HYPOTHÈSE s. f. (gr. hypothesis). Philos. Supposition d'un chose, soit possible, soit im- possible, de laquelle on tire une conséquence: faire U7ie hypothèse. —Assemblage de plusieurs choses qu'on imagine et qu'on suppose pour parvenir plus facilement à l'explication de certains phénomènes; ce qu'on appelle autre- ment et plus communément Système : l'hypo- thèse de Ptolémée, de Ticho-Bruhé. — Propos'ilion particulière comprise sous la thèse générale : réduire la thèse a l'hypothèse. — Conjecture : c'est une simple hypothèse. •HYPOTHÉTIQUE adj. Qui est fondé sur une hypothèse : proposition, raisonnement hy- pothétique. ' HYPOTHÉTIQUEMENT adv. Par hypothèse, par supposition : cela n'est vrai qu'hypothéli- quemcnt. * HYPOTYPOSE s. f. {gr.hypofyposis, image). Rhet. Description animée, peinture vive et fra|ipante : cette hypotypose produit un grand effi-.t. Unexemple bien connu d'hypotypose est le portrait de la Mollesse , dans le Lutrin : La Mollesse oppressée Dans sa bouche à ce mot sent sa langue glacée Et lasse de parler, succombant sous IVff'Tt, Soupire, étend les bras, ferme l'œil et sendort. Un autre exemple non moins célèbre est le songe d'Athalie : C'était pendant l'Iiorreur d'une profonde nuit, etc. Acte 1*^', se. V, On cite aussi, dans la même pièce, le tableau HYST )ie la manière dont JozaJjct sauva Joas du carnage : Héla»* IVlat horrible ou Je ciel int l'oirril, elc. Acte I*', se. II. HYPOXYLÉ. ÉE adj. fi-po-ksi-lé] (gr. hupo, !^ou^: .luion. bois). — liol. Qui croit sous le bois ou sipiis l'oeorco du bois. — », f, p|. Fa- mille de chani|iignons il rccoptacics coriaces ou liL'tieux. HYPSOMÉTRE s, m, (gr. hupsos. hauteur; meirou, iiiiMire). Phvs. Iti.^trument qui sert à mesurer la hauleurd'un lieu en déterminant la Ir'inpérature à laquelle l'eau y entre en ébul- lition. L'hypsomèlrc, uppi-lé aussi baroméln; tlurinomélrique, fut inventé par Wollaston, en Isl7,et peifictionné par Regnault, vers 1847. HYPSOMÉTRIE s. f. (gr. hypsos. hauteur ; milnjii, mesure). Pliys, Art de mesurer la hauteur aliMilne d'un lieu. HYPSOMÉTRIQUE adj .Quia rapport à l'hyp- sométîie. HYRCAN I Jean), grand prêtre juif, mort en 100 ou lOo av. J.-C. 11 succéda a son père Judas Maccabée dans les fonctions de grand prêtre comme étant l'un des chefs asmonéens de Judée (13o av. J.-C). Il fut d'aliord forcé de de payer un tribut à Antiochus Sidetès; après la défaite et la moit de celui-ci en 130, il rétablit son indépendance, rasa Samaric. prit plusieurs autres villes de la Syrie, conquit les Iduméens et forma une alliance avec les Romains. Son fils .Vristobiile lui >uccéda et prit le titre de roi de Judée. — Hyrcan II, ne vers 109 av. J.-C; décai)itéen ^an.^(l. Il était le lils aine d'.\lexandre Jannee et d'.\lexaiidra, fille de Jean llyrcan. A la mort de sa mère (21), ilpritlegouvernementduioyaume, mais le pouvoirlui fut bientôt arraché par son plus jeune frère Aristobule. Pompée, en «3, le rétablit comme prince tributaire. Des dissen- sions le privèrent de nouveau du pouvoir, mais César le rétablit comme grand prêtre, Antipaler ayant l'autorité civile' comme pro- curateur, Antigone, Dis d'Aristobiile, aidé par les Parthes, le fit prisonnier; on lui coupa les oreilles pour le rendre incapable d'être grand prêtre et il fut exilé à Babylone. Après quelquesannées, il se laissa persuader de re- tournera Jérusalem, où le roi Hérode, fils d'.\ntipater, le fil mettre à mort, HYRCANIE, ancienne contrée d'Asie, com- prenant la portion occidentale de la région montagneuse entre les rivages du S.-E, de la mer Caspienne (appelée quelquefois merHyr- canienne) et la rivière Arius (maintenant Heri-rud), Elle se composait principalement des vallées fertiles du Nika, du Gurgan et d'Atrek. Les Hyrcaniens paraissent avoir été une race tourauienne, mêlée d'Aryens. L'Hyrcanie se soumit de bonne heure aux Perses et elle fut ensuite gouvernée par les Séleucides et parles Parthes. _ HYRCANIEN, lENNE adj, et s. Habitant de l'Hyrcanie; qui appartient à ce pays ou à ses habitants, — Mer Hyiicanienne, ancien nom de la mer Caspienne. * HYSOPE ou IX Hyssopes. f. (jat. hyssopus, du gr, hussopos). Bot. Genre de labiées, dont l'espèce la plus importante, l'hysope officinale \hyssopus officinalis), est une herbe vivace, aromatique, qui croit spontanément dans le midi de la France et est cultivée dans le nord, à cause de ses propriétés stimulantes. Recherchée par les abeilles, elle donne au miel un parfum agréable. L'infusion de ses sommités fleuries est employée comme sto- machique, diurétique el tonique. — Il con- N.\1T tout, depuis LE f.ÈDRE JUSQU'a l'hYSOPK, se dit d'un homme fort instruit dans lesscien- ces naturelles, et signifie qu'il connaît depuis les plus grandes choses jusqu'aux plus petites, HYSTASPE, satrape de Perse qui eut pour fils Uunus 1", HYST HYSTASPIDE s. m. Nom de la dynastie des roisdePer-e descendants de Darius \", fils d'Hystasfie. HYSTÉRALGIE s. f. (er. hustera, matrice; alyos. douleur). Pathol. Douleur de la matrice, san:, lésion de forgane. * HYSTÉRIE s. f. (gr. hustera, matrice). Méd. Maladie nerveuse, chronique, particu- lière aux femmes : elle est due à l'extrême sensibilité du !-ystème nerveux, et se mani- feste par des convulsions générales, plus ou moins fréquenies, accompagnées de sull'oca- lion et d'une perte presque complète de con- naissance : une attaque d'hystérie. — L'hys- térie est caractérisée par une grande excita- bilité du système iferveux, particulièrement des glandes sensuelles. Ses causes sont, un tempérament nerveux, une vie oisive, des lectures romanesques, des chagrins, la tris- tesse, la jalousie, la dysménorrhée, etc. Les accès hystériques se présentent sous deux formes; ou bien ils sont bénins et sont carac- térisés par une sorte de boule qui remonte de l'épigastre à la gorge et produit comme un étoulieraent, ou bien ils sont violents et convulsil's etontun caractère épileptique avec HYST perte de connaissance. Les accès sont ordi- nairement annoncés par un changement de caractère, la tristesse, des impatiences, une vague inquiétude, une g-rande irritabilité, des vertiges, desfourmillemcnts, des palpitations, des pleurs ou des éclats de l'ire sans motif. Dans l'accès convulsif. l'attaque est accompa- gnée de cris et d'agitation. La maladetombe et se livre à des mouvements désordonnés; ses yeux sont fermés; sa respiration est labo- rieuse et accélérée, la fin de l'accès est an- noncée par dçs pleurs ou des gémissements. Pendant ce temps, on place la malade de ma- nière qu'elle ne puisse se blesser; on lui jette de l'eau froide au visage, on lui fait respirer de l'éther. Après l'accès, on éloigne la cause occasionnelle et l'on a recours aux antispas- modiques (bromure de potassium, castoreuni, valériane, belladone, etc.). On soigne l'état cliloro-anémique. • HYSTÉRIQUE adj. Med. Qui appartient à à l'hyslerie : affection hystérique. — Femme attaquée d'hystérie : cette femme est hysté- rique. • HYSTÉRITE s. f. Méd. Inflammation de la matrice. HYTH 331 * HYSTEROCELE s. f. (gr. hustera. matrice; kélc, tumeur]. Chir. Hernie de matrice. HYSTÉROLOGIE s. f. (gr. hysteron, en der- nier lieu ; lo'jos, discours). Rhét. .Manière de parler où l'ordre naturel des pensées est ren- versé. Ex.: mourons et courons au combat, mou- rons doit être placé après courons, puis- qu'on ne peut pas courir après qu'on est mort. HYSTÉRO-PROTON s. m. (gr. hysteron, en dernier lieu; -proton, premier). Syn. d'HYSxÉ- ROLOGIE. * HFSTÉROTOME s. m. (gr. hustera, ma- trice; torné, section). CLir. Instrument pro- pre à ouvrir la matrice. * HYSTÉROTOMIE s. f. Chir. Dissection de la matrice. — Se dit aussi de l'opération cé- sarienne. ' HYTHE ['haî-the], ville du Kent (.Angle- terre), sur la Manche, à 20 kil. O.-S.-O de Douvres; 4,351 hab. C'est \' un Aescinque ports, mais son port a été détruit par des matières amoncelées |)ar les flots. Bains de mer, école militaire et théâtre. I I î * I s. m. La neuvième lettre de l'alphabet latin et de la plupart des autres alphabets européens, dérivée de la dixième lettre des alphabets phénicien, hébra'ique, etc., où elle est nommée j/od (héb. yod. main ) et est con- sidérée comme une consonne. Sa qualité de voyelle est indiquée dans l'hébreu par un point sous d'autres consonnes et dans les autres lan^jages sénïitiques par dillërentes marques. L'Iwtk grec est la neuvième lettre, mais le dixième signe numéral ; il est quelque- fois placé sous trois voyelles, lomme a. vj, m. Les Romains employaient l'I comme voyelle et comme consonne. Dans l'italien, I est aussi employé pour adoucir la prononciation de c, ij, et de se. — S'unit avec a, e, u et ou pour former desdiphthongues, comme dans 7«h//, bataille, meilleur, beignet, nuit, buis, oui, rouir, etc. — Se joint souvent aux voyelles a, e et 0 pour représenter des sons très diU'érents du son qui lui est propre, .\insi, dans faire peine, ai et et se pronuncenl è; dans aimer, peiner, ils se prononcent c. — • On di^>tinguail autrefois deux sortes d'I : l'I voyelle, qui est ri [u'oprement dit ; et l'I consonne, ou J, qui est devenu la dixième lettre de l'alphabet. — h, N'KST 1!0N QV'x mettre les POhNÏS Sun LES i, se dit d'un homme qui, dans le's ouvrages d'esprit, ne s'attache qu'il remarquer des minuties. Se dit aussi de ceux qui n'ont qu'une exactitude minutieuse et inutile. — Il V.KVJ AVEC CKT HOMME .METTRE LES fOINTS SUR LES i, il faut être avec lui d'une exactitude scrupuleuse; et, dans un autre sens, il faut prendre avec lui les plus grandes piéi'autions. — Kam. UuoiT comme un 1, très droit : mnUjré son yraiid âji', cet homme est droit comme un i. En français, on met toujours un [loiiit sur l'i, cxci pté quand il est niujU/cule : Italie. — Ou lAlMB le surmonte d'un tréma pour indiquer que, dans la prononciation, il faut le séparer de la voyelle qui précède ou qui sui t : Achaie [a-ka-i], faùnee [fa-ian-se], ambiguïté [-gu-i-iè],iainbe [i-an-be]. Il est long lorsqu'il est surmonté d'un accent circonflexe ou suivi d'un e muet final : dime, mie. lACOUT, lacoutsk. Voy. Y.\kout, Yakoutsk. lAGO. L'un des principaux personnages d'Othello de Shakspeare. Ce type monstrueux de scélératesse et de cynisme a fait passer son nom dans le langage figuré, quand on veut désigner un criminel qui sort du vul- gaire. • ÏAMEE s. m. (de lambé, n. pr.). Vers. gr. et hit. Pied de deux syllabes dont la première est brève, et la dernière longue : ce vers n'est composé que d'ïambes. — Se dit également d'un vers dont le second, le quatrième et le sixième pied sont des ïambes: les poètes grecs et les poètes latins ont employé les ïambes dans leurs drames.— Se prend aussi adjectiv. dans ce dernier sens : les vers iambes sont propres a exprimer les passions. — s. m. pi. Se dit en français d'une pièce lyrique qui, par le senti- ment amer et le ton acerbe, rappelle les ïambes des anciens: les ïambes d'André Ché- nier ; les ïambes de Barbier ; la forme des iambes est le vers de douze pieds, à rime fémi- nine, marié au vei's de huils pieds, à rime mas- euline. lAMBÉ (MythoLgr.), femme Ihracé, fille de Pan et d'Echo, etlesclave de .Métanire, épouse de Celcus, roi de Sparte. Lorsque Cérès, à la rechiMche de sa lilb' Proserpine, traversa l'Attiquect visita la maison de .Métanire, ce fut lambé qui se chargea de distraire l.i lATR déesse par ses bons mots. D'après .Apollodorc, elle aurait laissé son nom aux vers libres et satiriques dits îambiques. ' lAMBIQUE adj. Composé d'ïambes : vers iambique. — D'après Hérodote, les premiers vers ïambiques furent composés, 700 ans av. I.-C, par Archiloque. Ce poète courtisait Néobule, fille de Lycambes; s'étantvu, après une promesse de mariage, préférer un autre prétendant, plus riche que lui, il écrivit, contre l'avarice du père, une satire si vive et si amère que Lycambes se pendit. lAMBLICKUS [ian-bli-kuss], philosophe néo- platonicien, né à Chalfis (Cœlo-Syrie); il vécut dans la première moitié ou iv' siècle av.J.-C. Ses travaux présentent un mélange d'idées helléniques et orientales. Les livres qui nous restent de ses études sur la philosophie py- thagoricienne ont été publiés sous ditféreiits titres. lAPYGIE , contrée de l'ancienne Apiilie (Italie , entre la .Messapie, le golfe delarenle, la mer Ionienne et la mer .Adriatique ; ses villes principales étaient: Callipolis, îlydrun- tum. I.ciica. lARBAS, roi deGétulie : il vendit à Didon le sol sur lequel elle bâtit Carthagc, mais il ne put la décider à l'accepter pour époux ; Didon préféra se donner la mort. lARL s. m. [i-arl]. Mot Scandinave qui signi- fie comte. JAROSLAV. Voy. Yaroslav. lATRO-MATHÉMATIQUE s. f. (gr. ialreuô, je guéris ; iVaiiç. mathématique). Méd. Svs- tème dans lequel on essayait d'expliquer par des calculs les phénomènes morbides, résul- 332 IBID IBIS ICA tais, pcnsail-on, dos lois de l'hydraulique cl de la mécanique. IBARRA, ville de la république de l'Iiqua- tcur, caiiiLale de la province d'Imbaliura, ù 9!l kil.- iS.-K. de Quilo; environ li,ii(iO linb. Elle est délicieusement située dans la plaine fertile d'jmljabura, à pou de distance N. du voliran de ce nom. Manufactures de sucre, de colon, d'articles de laine, do 1res belles dcu- lollcs, de chapeaux, d'eaux-de-vie, de sucre cl do sol. IBÈRES. Deux peuples ont porté ce nom dans lliistoiri! ancioniio: l'un habitait l'ibérie (l^spag-iic), l'anlro une conlrée du Caucase connue sous le nom de Géorgie ; on n'a jamais pu établir aucune relation entre ces deux peuples. IB£RIA, paroisse S. de la Louisiane, traver- sée par lo bayou Teche et occupée en partie )iar le lac Cbolimaches et la baie Vcrmilion; 12.473 hab. (0,'J83de couleur). Capitale, ISew- Ibei'ia. IBERIE I, ancien nom grec, de l'Espagne. Le> Ibcios scjnblent avoir occupé la Pénin- sule eiilière jusqu'à l'invasion carthaginoise. On dit aussi qu ils ont occupé la Gaule méri- dionale jusqu'au lîhôuc. Les Ibères entrete- naient un comniei-ce actif avec les Carthagi- nois et montraient une grandes aclivilé dans les travaux do mines et une grande habileté artistique dans l'emploi des métaux précieux. (Voy. CEi.TiiiiinEs et Uasql'es.) — IL iNom an- cien du pays du Caucase connu aujourd Imi sous celui do Géor,yio. IBÉRIEN, lENWE s. et adj. Habitant do l'I- bério ; qui a rapport à ribérie. IBÉRIQUE adj. Qui appartient à l'ibérie ou à l'Kspaiiiio : jiÉninsule ili'.rique. IBERUS. Voy. tloni.;. IBERVILLE, paroisse de la Louisiane, bor- née à rO. par le bayou Alchal'alaya et au S.-E. par le Mississipi ; tri, 003 hab. (10,740 de couleur). Capilalc, l'iaqucniines. IBERVILLE (Pierre Le Moyniî, sieur d'), offi- ,;Cior canadien, no à iMontroal en 1661, inorl en 1706. Il était l'un detl frères Le Moyne dont la plupart so distinguèrent dans les affaires coloniales françaises (Voy. Le Movne.) Il entra dans la marine française à 14 ans, devint capitaine de frégate en 1692, et servit ensuite avec distinction dans diverses opéra- tions de terre et do mer dans l'Amérique du Nord. En octobre 1698. il partit do Brest avec deux frégates et le 31 janv. lOOtt, il je'a l'ancre à l'embouchure de la Mobile. Avec 80 hommes, il se rendit dans deux embarca- tions à l'cnibouchuredu Mississipi et remonta jusqu'aux Bayagoulas etaux Oumas. De retour a ses vais.seaux, Iberville construisit le vieux forlBiloxi, premier poste français sur le .Mis- sissipi. En mai, il fit voile pour la France, laissant son frère Bienville comme lieutenant du roi et Sauvalle comme commandant. Il revint l'année suivante et, dans les derniers jours de 1701, il transporta à Mobile la co- lonie de Biloxi qui avait été réduite parla maladie. En 1706, il était sur le pointd'atta- quer la cûte de la Caroline quand il mourut à la Havane. IBICUI, rivière du Brésil, qui prend sa source dans le Serra de Sanla-.\nna, province deRio-Grande do Sul, et qui coule d'abord vers le N..- sous lo nom de Sanla-Anna el ensuite au N.-O. et se joint à l'Uruguay après ■ un cours d'environ olukil. Elle-est navigable sur une longueur de 400 kil. IBI DEFICIT ORBIS. Expression latine qui siginlie': ici finit le iiiO)i.dc. • IBIDEM [i-bi-dèram] {lat. ibidem). Mot ;dont on se sert ordinairement dans les cita- tions, pour signifier que le mot, la phi-asc,etc.. que l'on cilc se trouve à l'endroit déjà indi(|ué Oans la cilalion précédenle. On écrilsouvenl, par abréviation, Ibid. ou Ib. • IBIS s. ni. [i-biss]. Ornilh. Genre d'échas- siors longiroslres, voisin des laiilab-, dont il se dislinfuc en ce que le bec estlaibb- et ■■ans cchancrure à la pointe, el cpalcnienl voisin des ciiurli-, dont il dillère surtout en ce ((uc Jes ibis onl toujours quelque partie de la télé et du cou dénuée de plumes. On a décrit une trentaine d'esi)èccs d'oiseaux de ce genre, ré- pandues dans toutes les parties du monde, sauf dans le? régions les plus septentrionales. Ihis rouge (Ibis rubr.i). Vibi>rou(ie un écmiale {ILisrubni Linn.), me- sure environ 60 centim. de long et un peu [dus d'un mètre d'envergure; son bec a l;i centim. Sa couleur estd'unécarlalebrillant uniforme. Son habitat naturel est l'Amérique du Sud et les Indes Occidentales. VibishUnc, ibis «- par/nol ou courlis blanc {Ibis alba, Linn.), a .•iO centim. de long, une envergure de 80 centim, et un bec de li centim. Son plumage est d'un blanc pur. Celte espèce est très commune dans l'Atlantique du Sud. Sa chair a un goût prononcé de poisson, et on la mange rare- ment. Vibia brillant (Ibis Ordi, Bonap.), est une espèce semblable, a\-ant environ 4o centim. de long; sa couleur générale est d'un brun chTilain avec le dos et le'soinmel de la tête d'un vert métallique à rctlels pourprés. Il existe en grand nombre au Mexique. L'ibis sacré des anciens Ibis sacré (Geroulicus .iiiiiioju j Egyptiens [Geronticus Mthiopicus, Lath.) est gros comme une poule domestique; son plu- mage est blanc. On le trouve partout dans l'Afrique du Nord. Cet oiseau était élevé avec le plus grand soin dans les temples de l'an- cienne Egypte; on l'embaumait. Il était dé- fendu d'en tuer un, sous peine de mort. Tous les ibis ont les mémos habitudes : ils fréquen- tent les terres inondées et les plaines stériles; ils dévorent quelquefois des grenouilles el de l'cl ils lézards aquatiques; quand ilssonl repus, d- r perchent sur des arbres élevé». IBN BATOUTA. Voy. Batouta. IBRAHIM, .-ullan lurc, succédai son frère Ainural IV, on 1640: ses débauches el sa bru- talité allirèrcnl sur lui la haine de ses sujets, ((ui le lorcèrciil d'abord à abdiquer el ensuite I assassiiièrenl. Le siège d'Azov eul lieu sous son règne (1641). IBRAHIM-BEY,chefdesMamelucksd'Egy[.le, né en 173.';, niorl en 1816. De concert avec son frère Mourad-bey, il s'empara du pouvoir au Caire et y committoulessortesd'exactions. Leur gouvernemenl despotique provoqua l'ex- l'édilion française d'Egvptc et ils " ' ' us par Klébor, près d'Él-Arich, en 1799. Dé- pouillé du pouvoir en 180:;, par Mébémet-Ali, Ibrahim se réfugia en Nubie, où il mourut. IBRAHIM-PACHA, vice-roi d'Egypte, fils ou tils adoplif de .Melieincl-Ali, né en 1789, mort le 9nov. 1848. Dès l'âge de 16 ans, il com- manda des troupes dans la Haute-Egypte. En 1810, il envahit r.\rabie, où il s'empara d'un grand nombre de forteresses et de VVa- habee, la capitale. Il retourna au Caire en 1819 et créa une armée disciplinée d'après la mé- thode européenne. En 1824, il partit avec une flotte lormidaldo el 17,000 hommes de troupes pour la Grèce ; il ravagea la Morée avec une grande cruauté. Salloltefuldélruile à Navarin, le 20 ocl. 18i7, par les escadres combinées de l'Angleterre, de la France et de la Russie, et en 1828 il fut rappelé en Egypte. En 1831, il envahit la Syrie, mit le siège devant Acre, battit l'armée turque en- voyée au secours de celle ville, qu'il prit d'as- saut le 27 mai 1832. Il remporta d'autres victoires à Homs, à Hamah, à Alep, à .\dana, à Ulu Kislak el à Konieh où, le 20 déc. il mit en déroute 60,000. Turcs avec une armée de moitié inférieure en nombre, et il fit prison- nier le grand vizir avec un butin immense, H aurait marclié sur Conslantinople,. mais les ordres de son père l'obligèrent d'attendre des renforts, ce qui permit au sultan de se ("ré- curer du secours. Les puissances européennes intervinrent el une paix fut comdue, qui laissa à Méh'émet-Ali le gouvernement de la Syrie et le pachalik d'Adana. En 1839, les hostilités recommencèrent; elles eurent pour résultat une autre défaite des armées turques par Ibrabim-Pacha 'à Nizib, le 24 juin; mais la Turquie fut sauvée de nouveau par l'interven- tion des autres puissances et on ordonna à Méhomet-Ali de retirer ses forces de laSyrie. Ibrahim consacra ensuite son temps à la cul- ture de ses propriétés dans la plaine d'Hélio- polis, jusqu'à ce qu'il f'tll mis à la tête du frouvernement, lorsdela retraite de son jière en 1844. llcominençaplusieurs réformes, mais ses infirmités le forcèrent de voyager et de passer une partie de sa vie à l'étranger. En juillet 1848, il se rendit à Conslantinople, el fut maintenu dans son rang de vice-roi. IBRAÏLA. Voy. Braïla. IBYCUS, poêle lyrique grec du vi= siècle av. J.-C. 11 était natif de Rhcsium en Italie, el il vécut à la cour de Polycrate, tyran de Sanios. On raconte qu'ayant été blessé mortellement par des voleurs près de Corinthe, il invoqua une bande de grues qui passaient, leur de- mandant de le venger. Les grues planèrent sur le peuple dans un théâtre de Corinthe et forcèrent, eu quelque sorte, les meurtriers, qui étaient présents, de se dénoncer, car ils s'é- crièrent : « Voilà les témoins d'ibycus ». — Les œuvres de ce poète étaient surtout erotiques, quelquefois mythiques et héroïques. 11 en reste à peine quelques fragments. IÇA, ville intérieure du Pérou, à 22.t kil, S. -S.-E. de Lima; environ 15,000 h. Un che- min de fer la relie avec Pisco, qui lui sert de port et qui en est éloigné d'environ 7y kil., ICHN au .\.-N.-0. lixportalion de blé, d'huile, de vins el d'eaux-de-vie. ICARE. Voy. Déd.\le. ICARIE, île de la mer Egée. auj. Nikaria. — Voyage en Icarie, ouvrage d'E. Cabet; il y exposait ses théories sociales. (Voy. Cabet.) ICARIEN, lENNE. Qui concerne Icare. — Mien Icauie.nne, partie de la mer Egée où, dit-on. Icare tomba.— Les Icasienss. m. pi. Partisans de E. Cabet. ICEBERG s. m. [i-se-bèrg] (ail. ice, glace; hcrfj. montagne). Masse tloftante ou île de glaces assemblées sur les côtes des régions polaires et poussées par la force des vents et des courants. Beaucoup d'Iles de glaces sont produites par les glaciers qui, précipités des plateaux neigeux élevés de l'intérieur sont poussés dans des eaux profondes, d'où les fragments brisés de leurs bords sont empor- tés au loin. Ces fragments entraînent avec eux des masses de rochers, et les transportent dans de nouvelles localités, vers des latitudes plus chaudes. L'amas des îles de glace du iNord se trouve sur les grands courants polaires, entre l'Islande et le Groenland, et près de la baie de Baffin. Les îles flottantes affectent une grande variété déformes. Quel- ques-unes s'étendent en bancs qui couvrent des centaines de kil. carrés et s'élèventseulo- inent de quelques mètres au-dessus de l'eau. Les officiers français d'une expéditiond'explo- ralion dans l'Océan du sud, mesurèrent plu- sieurs icebergs de 3 à 7 kil. de long et de 35 à 'r> mètres de hauteur. Le capitaine Dumont d'Urville fait mention d'un iceberg de 18 kil. de long, ayant une muraille verticale de 3b mètres de haut. La portion que l'on voit en dehors de l'eau forme à peine la huitième pallie de la masse entière. • ICELUI, ICELLE adj. dém. ou pron. (rad. i-'clni, celle). Vieux mot employé quelquefois encore dans le style de pratique, et dans le liiiigage familier : icelle dame, dans la maison d'ieclui. Je vais, sans rien omettre, et sans prévariquer, (!ompi'n(Iîciiscracnt énoncer, cxpliqner, Lvposcr à vos yeux Pidéc universelle De ma cause, et des faits renfermés en icelle^ J.Raci»e. Les Plaideurs. ICH DIEN (bohém.jc sers), devise du roi de Bohème Jean de Luxembourg, tue à la bataille de Crécy le 56 aoîît 1346. Le prince Noir, victorieux, s'empara de cette devise, qui est restée celle des héritiers de la couronne d'An- glclcri'e. * 'ICHNEUM0Ns.m.fik-neu-](gr.ictoeMm(5n). Quadrupède de la taille d'un chat et de la forme d'une martre, que les Egyptiens révé- raient parce qu'il détruit le.~serpents et lesjeu- nos crocodiles : riclmeumon se nomme aussi rat dcPharaon,cl mangouste. [Voy. Mangouste.) — IchncumoQ. Se dit ciicon; d'un f.Tiii'' d'iuM^ctiiS hyménop- tères qui sont pourvus d'un aiguillon romitie lesaboilles, et qui déposent leiu's œufs dajis le corps dcschonillcs. — Encvcl. Lesichurnmons forment une tribu considérable de la famille ICHT des pupivores. Ce sont des animaux absolu- ment utiles, qui détruisent par milliers les ennemis de l'agriculture. A l'état parfait, les ichneumons sont des mouches vives, agiles, rapides, presque insaisissables, que l'on voit fureter sous les écorces d'arbres, sur les fleurs sur les feuilles, dans les habitations, partout où elles espèrent trouver des larves, des che- nilles ou des nymphes. A l'aide de leur tarière, elles percent le corps de leur victime et y dé- posent un ou plusieurs œufs. Les larves nées de ces œufs dévorent les tissus graisseux ds l'animal qui les nourrit, et finissent par épui- sercelui-ci au point qu'il meurt. Après quoi, le jouneichneumon, devenu insecte parfait, sort de sa retraite, s'accouple et cherche de nou- velles victimes pour ses œufs. Les ichneumons sont ordinairement de petite taille; quel- ques-uns mesurent à peine un millimètre de long; d'autres ont jusqu'à 2 centim. et demi. Cette tribu esttrèsnombreuseenespèces, dont plus de 1,500 ont été décrites en Europe. ICHNEUMONIEN, lENWE adj. Qui ressemble au genre ichneumon ou qui s'y rapporte. IGHNOGRAPHE s. m. [i-kno-] (gr. ichnos, trace ■.grapho, j'écris). Celui quis'occupe d'ich- nographie. • ICHNOGRAPHIE s. f. [ik-no-gra-fi] (pr. >',7»)0j', trace ; gniphô, j'écris). Archit. Plan horizontal et géométral d'un édifice : l'ichno- graphie d'un édifier. ' ICHNOGRAPHIQUE adj. Qui appartient à richiioL'i'a|ibie : plan, dessin ichnographique. IGHNOLITHE s. m. [i-kim-li-te] (gr. ichnos, empreinte; lithos, pierre). Géol. Empreinte laissée par des animaux, dans l'argile ou dans le sable et conservées dans les argiles schis- teuses ou dans les grès qui en sont dérivés. Des empreintes récentes de pieds de quadrupèdes, d'oiseaux et de reptiles, et les marques faites par des crustacés, des mollusques et des vers peuvent être étudiées sur les côtes que la mer laisse à découvert à marée basse ; des couches successives deboue et desable les conservent. Dans l'éocène du bassin de Pa-ris, on a trouvé les empreintes trilobées d'une espèce de pa- Ixotherium (gros pachyderme allié au moderne tapir), avec celles d'autres animaux, tels que tortues de terre et d'eau douce, crocodiles, énormes batraciens, etc. Dans la période mé- iiizoïque, les nouveaux grès rouges sont remar- quables par le nombre et la variété des em- preintes d'animaux. ICHKOLOGIE s. f. [i- kno-lo-ji] (gr. ichnos, trace ; logos, discours). Géol. Science des ich- nulites ou empreintes laissées par les ani- maux. ICHNOLOGUE s. m. Savant qui s'occupe d'ieliiuilogie. ICHON (Pierre-Louis), prêtre et convention- lel, né en Gascogne en 1750, mort en 1830. il embrassa avec ardeur les idées nouvelles de la Révolution, fut nommé dans le Gers à l'Assemblée constituante (1792) et plus tard à la Convention; il vota la mort du roi. L'Em- pire lui confia queUjucs missions, mais, chassé en ISIîi comme régicide il ne rentra qu'à la chute lie Charles X. * ICHOR s. m. [i-kor] (gr. îcAor, humeur). Méd. Sanic, sang aqueux mêlé de pus acre, qui est le produit d'une inflammation d'un mauvais caractère. •ICHOREUX, EUSE adj. [i-ko-reû] (rad. ichnr). Mecl. Qui tient de la naturede l'ichor : •pus iihorcii.n. ICHTYOCOLLE s. f. [i-kti-o-ko-le](gr.ic/i«AHS poisson ; liijllc, colle). Colle de poisson, géla- Uue obtenue do la vésicuio aérienne desséchée ICI 333 de diticrents poissons cartilagineux. Elle était connue des anciens, Dioscoride et Pline y font souvent allusion. La meilleure ichtyocoUe provient de Russie, particulièrement d'Astra- kan; on l'obtient, dit-on, do l'esturgeon ap- pelé le béluga [acipenser httso) de' la mer Caspienne et de ses affluents. L'ichtyocolle de New-York et de la Nouvel]e-,\ngleterre est obtenue des monies {morrhua vidgaris) et du merlus commun (phycis americanus). La qua- lité de cette ichtyocolle est inférieure. L'ich- tyocolle, étant de la gélatine presque pure, doit être à peu près incolore. * ICHTYOLITHE s. m. [i-kti-] (gr. ichtys, poisson; ft'^Aos, pierre). Géol. Poisson pétrilié, ou pierre qui porte l'empreinte d'un poisson. 'ICHTYOLOGIE s. f. [i-kti-] (gr. ichtys, pois- son; logos, discours). Partie de l'histoire na- turefle qui traite des poissons : cours d'ichtyo- logie. (Voy. Poisson.) * ICHTYOLOGIQUE adj. Qui appartient, qui a rapport à l'ichtyologie ou aux poissons. * ICHTYOLOGISTE s. m. Celui qui étudie, qui connaît l'histoire des poissons -.un savant icklyologiste. 'ICHTYOPHAGE adj. (gr. ichtys, poisson; phagein, manger). Qui se nourrit principale- ment de poisson. Ne se dit guère qu'en par- lant d'un peuple : un peuple, une peuplade ichtyophage. — S'emploie aussi substantiv. : les ichtyophages. ICHTYOPHAGIE s. f. Habitude de se nourrir de poisson. ICHTYOSAURE s. m. f i-kti-o-sô-re ] (gr. ichtys, poisson; sauras, lézard). Erpét. Genre de gigantesques reptiles marins fossiles, ap- partenant à l'ordre des énaliosauriens. L'es- pèce la mieux connue, l'ichtyosaurus communis (Conybeare) atteint une longueur de 7 m.; ses dents larges, coniques, sillonnées longitudi- nalement, sont au nombre de 40 à 50 de ch-aque côté, sur la mâchoire supérieure, et de 2o à 30 en dessous; ses mâchoires sont allongées et comprimées; ses vertèbres sont au nombre de 140. Ses nageoires antérieures sont trois tois aussi grandes que les posté- rieures. Ces reptiles doivent avoir été très actifs et très destructeurs; leur nourriture, indiquée par les os et les écailles trouvés avec §??«?S^1^SMVN..-.. >â^ Squelette d'ichtyosaurus. leurs restes, consistait principalement en poissons. D'après la grande dimension des yeux, on pense qu'ils y voyaient dans l'obscu- rité. Ils respiraient l'air en nature, comme les crocodiles; les immenses sèches de la seconde époque formaient probablement une portion de leur nourriture. ICHTYOSE s. f. [i-kti-ô-ze] (gr. ichtys, pois- son). Pathol. Maladie chronique de la peau, caractérisée par l'èpaisissement et l'alléralion de la peau qui se couvre de plaques épider- miques, larges, épaisses, dures, sèches, d'un blanc grisâtre et ayant la forme d'écaillés; elle est le plus souvent congénitale, guérit ra- rement, mais ne compromet en rien la santé. Un climat chaud ou trop humide produit quel- quefois l'ichlyose. * ICI adv. de lieu (lat. ecee hic). En ce lieu- ci. Est souvent opposé à l'adverbe La : venez ici ; je voudrais bien qu'il fût ici. Par ellipse, en appelant un chien, ici. — Se met quelque- fois au commencement d'un membre de pé- riode, et il marque la dill'érence des lieux, sans aucun rapport au plus ou au moins de distance. Dans ce cas, il est ordinairement 334 ICON corrélatif de l'adverbe La : ici ity a une forH, là ttnn m'int(i(jtir. — S'emploie aussi de la rnôme manière dans rénumrTatioii. pourinar- quer les cireonslan(!e5 : iciil pardonne, là il jninil. — SiaMilio épalemenl. dans ce pays-ci, dans colle ville-ci. elc, par opposition à un autre pays, à une autre ville, di-ai^rnés quel- quefois par l'adverbe La-das : on se conduit là-bas, on se conduit chez vous plus sagement qu'ici. — Ici-DAS. dans ce bas monde, sur la terre ! tout périt ici-bas. — Sifrnilie quelque- fois, un endioit qu'on désigne dans un dis- cours, dans uni' narration, dans un livre, nie. ici il comincncf à parler de telle guerre. — De- vient quelquefois adverbe de temps, et sif;nifie, le moment présent : cela ne s'était pas vu jus- qu'ici. — ■»» Ir.i ou LA loc. adv. Dans un en- droit ou dans l'autre : 7ws soldats, déployés en tirailleur.i, devaient rencontrer l'ennemi ici ou là; cette épreuve était mal corrigée, vous y trouverez dr^ fautes ici ou là. * IC06LAN s. m. (turc, itchoglan, page de l'intérieur). Page du Grand Seigneur : un jeune i'Xj'jlan. ICOLMKILL. Voy. Iona. ICONIUM. Voy. Ko.meh. ICONOCLASIEs. f. [-klazî] (gr. eikôn, image; klasis, aolion de briser). Doctrine des icono- clastes : iconoclasie de Léon l'isuttrien. ' ICONOCLASTE s. m. (gr. ikonoklustés ; de Cf'A'o». i maire ; /./ad, je brise). Briseur d'images, celui qui brise, qui détruit les saintes images : l'ieonoma'jue crnihaltait le culte des images, et l'iconoclaste les brinait. — Se dit, par ext., de ceux qui condamnent les représenta- tions des personnes divines : les réformateurs du XVI' siècle furent souvent des iconoclastes. — s. m. pi. Secte d'hérétiques qui brisaient les statues et poursuivaient ceux qui rendaient un culte aux images. — Les images paraissent avoir été admises dans les églises, pour l'ins- truction du peuple, vers le commencement du IV' siècle ; aussitôt commença une controverse à leur sujet. Leur culte rencontra peu de par- tisans chez les chrétiens d'Afrique ; mais il devint public chez les Grecs et les Asiatiques. \n vi= siècle, les Grecs admirent les génu- ilexioiis devant les images, comme témoi- gnage de vénération envers les personnes que représentaient ces images. Les manichéens s'élevèrent contre cette habilude, qu'ils trai- taient d'idolâtrie. En 72B, l'empereur byzan- tin Léon risaurien, publia une ordonnance dirigée non contre les images elles-mêmes, mais contre l'usage de se prosterner et de s'agenouiller devant elles. Cette mesure ren- contra de la résistance de la part de Germa- nus, patriarche de Constautinople, et de la part du peuple, et amena des désordres sé- rieux. En 730, un nouvel édit impérial fut publié contre l'usage de toute image reli- gieuse. Léon fit brûler les statues dans les églises et effacer les peintures murales. De terribles révoltes et des massacres eurent lieu. Le pape Grégoire II fit des remontrances à l'empereur et les Romains refusèrent d'obéir à l'édit. En 732, un concile, convoqué par Gré- goire III, à Rome, condamna Léon et ses par- tisans. La politique de Léon fut continuée par son fils Constantin Copronyme. Ce prince assembla à Constantiuople, en 7';4, un concile de 338 évêques, qui prononça que tout sym- bole du Christ, excepté dans l'eucharislie, était blasphématoire ou hérétique, et que l'usage des images dans les églises était une renaissance du paganisme. Léon IV, qui lui succéda, suivit la même politique; mais à sa mort en 7S0, l'impératrice régente, Irène, se concerta avec le pape Adrien 1='' pour la res- tauration des images. En 787, le second con- cile œcuménique de iNicée décréta que, s'in- cliner devant une image, ce qui est simple- ment un témoignage d'amour et de respect, ne doit pas être confondu avec l'adoration qui ICTE est réservée à Dieu seul. La lutte . élevé était le mont Gargarus, à environ 2,000 mètres au- dessus du niveau de la nier. Les rivières prin- cipales qui descendaient du mont Ida étaient le Simoïs, le Scamandre et le Granicus. C'est au pied de cette montagne qu'était bâtie la ville de Troie. C'est là que Paris décida la dispute survenue entre Vénus, Junon et .Mi- nerve en attribuant à la première le prix de la beauté; c'est là aussi qu'eut lieu l'enlève- ment de Ganymèdc. — II. .Montagne de Crêto (aujourd'hui Psiloriti). Parmi les légendes qui s'y rapportent, celles qui ont trait à l'en- fancede Zeus sont les plus célèbres. IDAHO. l'un des Etals-Unis, entre 42° et 40<; lat. .\. et entre 113" et ll'.t" iO" long. 0., entre la Colombie anglaise, Montana, Wio- ming, rutah. Nevada, l'Orégon et Washing- ton ; '219.020 kil c^rr. ; t!iO,000 hab. Ca[i.. lioisé City (4,!;00 hab.). La population coin|)iend Si.OÔO Chinois et 5,00u Indiens, dont -2.500 Nez-Percés, 600 Bannacks, 900 Cho- choncs. elc. Mines de quartz, d'argent et d'or. La découverte de l'or (18G0) attira les hiancs dans ridaho, organisé en territoire en 1863, admis dans l'Union en 1890. IDALIE, ville antique de l'ile de Chypre, située dans l'intérieur des terres, au milieu d'un territoire et près d'une montagne du même nom. Vénus y avait un temple fameux. Du temps de Pline, Idalie n'cvistait déjà plus. * IDE s. Jeux. Se dit. au piquet à écrire, de chacun des deux coups que 1 on joue pour la décision d'un pari. ■ IDÉAL, ALE adj. (rad. idée). Qui existe dans l'idée; qui n'existe ou ne peut exister que dans l'entendement, dans l'imagination : les choses que désignent tes mots abstraits, n'ont qu'une existence idéale. — Dans les arts d'i- magination et d'imitation, qui réunit toutes les perfections, ou qui est plus beau que les modèles offerts par la nature : beau idéal, beauté, perfection- idéale. On dit quelquefois substantivement, en ce sens. L'idéal. — Chi- mérique : pouvoir idéal. IDÉALEMENT adv. (rad. idéal). D'une ma- nière idéale. IDÉALISATEUR, TRICE s. Celui, colle qui idéalise. IDÉALISATION s. f. Action d'idéaliser. * IDÉALISER v.a. Litt. et B.Arts. Donner un caractère idéal à une personne, à une chose. * IDÉALISME s. m. Phil. Se dit en général de tout système philosophique qui considère les idées comme le principe de la connais- sance : l'idéalisme de Berkeley. — B.-Arls. Se dit de la tendance versl'idéal, de la recherche de l'idéal. * IDÉALISTE adj. Qui appartient à l'idéa- lisme : la philosophie idéaliste. — Substanliv. Partisan de l'idéalisme. IDÉALISTIQUE adj. Qui a rapport à l'idéa- lisme. IDÉALITÉ s. f. Ce qui est idéal, imaginaire: l'i lèalité ett opposée à la réalité. IDÉATION s. f. Formation de l'idée. * IDÉE s. f. (lat. idea). Représentation d'une chose dans l'esprit; notion que l'esprit reçoit 1 itt IDEN ou se forme de quelque chose : l'idée d'une montagne, d'un arbre. — Par exag. et fam. On :<'a pas l'idée de cela, se dit, en parlant d'une chose qui parait extraordinaire, exces- sive en son genre : on n'a pan l'idée d'une telle insolence. — Se dit quelquefois, dans un sens particulier, pour souvenir : j'ai vu cet homme- là autrefois, j'en ai quelque idée. — Se prend aussi, en parlant de Dieu, pour les types, les modèles éternels de toutes les choses créées, qui sont dans la pensée de Dieu : les idées de toutes choses sont en Dieu. On dit également dans ce sens, Les idées de Platon. — Se dit, par ext. des pensées, desconceptions de l'es- prit, des opinions, des rétlexions, etc. : une idée sublime. — Idée fixe, idée dominante, dont l'esprit est sans cesse occupé, obsédé. — Particul. Invention, en parlanld une pro- duction des arts : l'idée de ce tableau est gra- cieuse. S'emploie quelquefois au pluriel, dans un sens analogue; et alors s'applique égale- ment aux ouvraL'es d'esprit : il n'y a point d'i- dées dans cet ouvrage, dans ce tableau, etc. — Lilt. et Arts d'iinit. Ksquisse, ébauche rapide d'un ouvrage: il en a jeté l'idée surlepapier.Se ditaussi, en mauvaisepart, d'un ouvrage trop peu achevé : ce n'est qu'une première idée, qu'une idée informe. — Se dit encore des vi- sions chimériques, des choses qui ne sauraient avoir lieu, qui ne peuvent se réaliser : ce ne sont que des idées, des idées creuses, de belles idées. — Dans le langage familier. Pensée, esprit, imagination : j'ai dans l'idée qu'il ne viendra pas. Il n'est riche qu'en idée. L'his- toire nous fait assister en idée aux événements du passé. — V* Jargon. En pre.ndre une idée, se ilit de quelqu'un qui prend seulement quel- ques guuîtes d'un liquide. IDELER(Christian-Ludwig), mathématicien alleiiKUid, ne en I7(jG, luurLen ISlO. 11 devint professeur a lierlin en 1821. Ses ouvrages cûiiipreuiient : lieclierclies historiques de l'an- cienne astronomie, un manuel de chronologie mathématique et technique et un traité de chionulogiB chinoise. '■ DEM [i-dènim] (lat. idem, le même). Mol qu'on emploie pour éviter de répéter ce qui vient d'être dit ou écrit. Est principalement en usage dans les comptes, les inventaires, les tables, les citations, etc. Par abréviation, on écrit souvent, Id. * IDENTIFICATION s. f. Action d'identifier. * IDENTIFIER v. a. (lat. idem, le même; facere, laircj. Comprendre deux choses sous une même idée : ta définition doit toujours être 'identifiée avec le défini, ou, pronominale- ment, doit s'identifier avec le (ie^/u. M'est usité que dans le didactique. — Se dit plus ordi- nairemenl, surtout au sensmoral, pour expri- mer qu'une chose prend le caractère d'une aulie, lui devient comme pareille. — Siden- tifier v. pr. : la Icgislalion avait fini par s' iden- tifier cittf les mœurs. — Se dit particul., d'une personne qui se pénètre bien des sentiments d'une autre : un poète doit s'identifier utiec tes ptr^onnages qu'il fait agir et pari' r. ' IDENTIQUE adj. Qui est le même qu'un autre, qui ne lait qu'un avec un autre, ou ipii est compris sous une même idée : deux cl deux sont identiques avec quatre. ■ IDENTIQUEMENT adv. D'une manière idi'iilicpii'. * IDENTITÉ s. f. Ce qui lait qu'une chose est la inûiiie qu'une autre, que ueux ou plu- sieurs choses ne sont qu une ou sont comprises .sous une même idée ; identité de raisons. — Jurispr. Se dit, partit ul., en parlant delà re- connais^ance d'une |iersunne en étal d'arres- tation, d'un prisonnier évade, d un mort, etc. : établir l'identUé d'un condamné. — Algèb. Se dit d'une espèce d'equatiun ou d'cgalilé dont les deux nicnibi es sont iden- tiquement les mêmes : les identités ne peuvent IDIO conduire a aucune solution; elles se réduisent toutes à 0 = 0. IDEOGÉNIE s.f. (gv.idea, idée; genos, race). Philos. Science qui traite de l'origine des idées. IDÉOGRAMME s. m. (franc, idée; gr. gram- ma. caractère). Philol. Signe qui exprime absolument et directement l'idée et non pas les sons du mot qui représenterait cette idée : tes chiffres arithmétiques sont des idéogrammes. * IDÉOGRAPHIE s, m. (gr. idea, idée; gra- phcin, écrire). Uidact. Keprésentation d'une idée par des signes qui en figurent l'objet. * IDÉOGRAPHIQUE adj. Qui a rapport à l'idéographie : écriture idéographique. ' IDÉOLOGIE s. f. (gr. idea, idée; logos, dis- cours). Science des idées, des opérations de l'entendement. Les éléments d'idéologie ont été publies par Destutl de 'l'racy, en 1806. * IDÉOLOGIQUE adj. Qui a rapport, qui ap- partient à l'idéologie : connaissances, vérités idéologiques. ' IDÉOLOGUE ou Idéologiste s. m. Celui qui s'occupe d'idéologie : un profond idéologue. 'IDES s.f. pi. (lat. iduare, partager). Le quinzième jour des mois de mars, de mai, de juillet et d'octobre dans le calendrier des an- ciens Romains, et le treizième des autres mois : les ides de mars furent fatales a Jules César. — Le second, le rnoisiÈuE, le quatrième. etc., DES ides, le premier, le second, le troi- sième jour, elc, avant les ides. IDIO-ÉLECTRIQUE adj. Pbys. Se dit des corps qui a'électriseut directement par le frot- tement. IDIOMATIQUE adj. Qui appartient aux idiomes. ' IDIOME s. m. {gr.idiomu, langue). Langue propre à une nation : l'idiome français. — Par ext. Langage particulier d'une province : t'idiotiie gascon. * IDIOPATHIE s. f. (gr. idws, propre ; pathos, maladie;. Aléd. Se dit de toute maladie pri^ mitive, c'est-à-dire, qui n'est point le symp- tôme d'une autre maladie, qui n'en dépend pas. • — Morale. Inclination particulière qu'on a pour une chose. ■ IDIOPATHIQUE adj. Méd. Se dit d'une af- fection qui n'est liée à aucune autre, qui n'en dépend pas : celte migraine n'est point idiopa- lluque; elle n'est qu un symptôme du dérange- ment de l'estomac. ' IDIOSYNCRASIE s. f. [i-di-sain-kra-zi] (gr. idios, propre; sun, avec; krasis. tempé- rament). Méd.'fempéranient particulier d un individu, disposition qui le rend propre à êtrt' intluencé d'une certaine manière par les divers agents qui allectent nus organes. ' IDIOT, lOTE adj. (gr. idiota, ignorant). Stupide, imbécile : c'est l'Iionime du inonde le plus idiot. — S'emploie aussi comme subs- tantif; c'est un idiot. IDIOTIE s. f. [i-di:0-tîj(rad. idiot). Imbécil- lité, stupidité. Un dit aussi, dans le même sens, luioiisME. — L'idiotie est une forme de l'aliénation mentale, causée ordinairement par un arrêt de développement des fonctions intellectuelles et. ail'ectives; c'est, en quelque sorte, une enfance prolongée, moins la grâce enfantine. Elle présente plusieurs degrés : les idiots conservent quelquefois une taibic lueur d'intelligence et peuvent apprendre à lire et à écrire; d'autres fois, ils sont dépourvus de l'inslincl de la conservation et ne savent ni manger ni s habiller, ni même prononcer des sons bien articules; ils ne cunnais.seiit rien, ne i peuvent rien faire et ne désirent rien. (Voy. CuEiiN et Coiriui.) L'idiotie est le plus fré- quemment compliquée d'epilepsie et de cho- rée , moins fréquemment de paralysie et [ IDOL 33c moins fréquemment encore de surdité et de cécité ; le degré d'infirmité mentale diminue dans le même ordre. Les causes assignées à l'idiotie sont nombreuses. Le mariage entre proches parents, l'intempérance dansle boire ou le manger, et particulièrement la concep- tion quand l'un des parents ou tous les deux sont sous l'influence de l'ivresse, l'excès du plaisir sexuel ou un vii^e solitaire, le chagrin, la peur ou une maladie de la mère pendant la gestation, l'usage habituel d'eau impré- gnée de sels de magnésie, une nourriture mauvaise et insuffisante, l'air impur, la folie héréditaire et l'infection scrol'uleuse ou sy- philitique, sont les causes les plus ordinaire- ment reconnues de l'idiotie congénitale. L'effet produit sur tes femmes par l'excitation et les anxiétés de la vie moderne et un faux sys- tème d'éducation sont les causes reconnues d'une augmentation progressive de l'idiotie. Les convulsions, les accès d'epilepsie. l'hydro- céphale et autres maladies du cerveau, la petite vérole, la scarlatine, la rougeole, les coups sur la tête, ou la métastase de mala- dies scrofuleuses ou éruptives qui se portent au cerveau sont les influences ordinaires qui arrêtent le développement mental chez les enfants. — Chez quelques nations, les idiots furent regardés avec une certaine crainte, comme étant sous la protection spéciale ds la divinité ; jusqu'à une période comparati- vement récente on ne les crut pas suscep- tibles d'éducation et souvent ilsétaient traités avec cruauté. En I83S, le D'' Seguin ouvrit à Paris une école pour les idiots et il obtint bientôt des succès qui prouvèrent que, si cette infirmité est incurable, on peut en alléger la misère par des soins bienveillants et par l'éducation. Le docteur Edouard Seguin iné en 1812) donna l'exposition de son système dans son ouvrage intitulé Traitement moral, hygiène et éducation des idiots et des autres enfants arriérés (Paris, 1840), qui a été tra- duit dans toutes les langues et qui a servi de modèle à tous les travaux publiéssur le même sujet. Le D'' Seguin, qui sera un jour consi- déré comme l'un des bienfaiteurs de l'huma- nité, s'établit dans l'Oliio (EtatsUnis) en 1849 et à iNew-York en fSliO. H a donné plu- sieurs autres ouvrages, écrits en anglais. IDIOTIQUE adj. Philol. Qui est particulier à un idiome. — Pathol. Qui a rapport à l'idiotie, aux idiots. * IDIOTISME s. m. Méd. Espèce d'aliénation mentale qui rend idiot, stupide : être atteint d'idiotisme. — Gramm. Construction, locution contraire aux règles communes et générales, mais propre et particulière a une langue : cette construction, cepléonasme est un idiotism-' de la langue française. 11 y a est un idiotisme. IDOCRASE s.f. [i-do-kra-ze (gr. cidûs. forme; lirasis, mélange). Miner, l'ierre précieuse de la section des grenats. L'idocrase est brune, jaune, verte ou bleue, avec un éclat vitreux quelquefois résineux ; sa dureté est de 6. o; gravité spécifique 3. 3a à 3. -lo. ' IDOINE adj. (lat. idoneus'). Propre à quoi- que chustt : apte et idoine. (Vieux.) ■ IDOLÂTRE adj. (gr. eidùlon, ido\o; tatreu o, l'adorej. Qui adore les idoles, et leurrond des honneurs qui n'appartiennent qu'à Dieu : toute la terre était idotdtre. — Se dit aussi de tous ceux qui rendent un culte divin à des créatures: les Perses qui adoraient le feu, te* Egyptiens qui adoraient tes crocodiles, étaient idolâtres. — Se dit égalcmeutduculte même: rendre un culte idolâtre.— Se dit, lig., d'une personne qui en aime une autre aveo excès, ou qui estime trop une chose, qui en rallolo: cette femme t'asuojugué, ilen est, il en devient idolâtre. — s. .N'est d'usage qu'en parlant de ceux qui adorent les idoles ou les autres fausses divinités: les idoliUres des Indes. ' IDOLATRER v. n. Adoier les idoles : les 336 lENA IF IGHA Hébreux idolâtrèrent dans le désert. — Fif». V. a. Aimer avir trop do passion: il idolâtre celte femme. — S idolâtrer v. réfl. pr. cl réc: c'est un hnmme ijiii s'idulatre. •IDOLÂTRIE s. f. Adoralion des idoles, culle (les faux dieux : ces peuples élnient encore dans l'iilolâtric, adonnés à l'idolâtrie. — Fip. Amour, atlachemenl excessif : il Taime jusi/u'n l'idolâtrie. IDOLÂTRIQUfi adj. Qui tient de l'idolâtrie. ■ IDOLE s. f. (gr. eidôlon). Figure, sLatue représentant une fausse divinité, et exposée à l'adoration : idole d'or, d'aryent; l'idole de Jupiter, de Mercure, etc. — Il se tient la commk UNK IDOLE, se dit d'un homme qui se lient debout à ne rien faire. — C'est une idolk, UNE viiAiE IDOLE, sc dit d'iiHC bcllc pcrsonne sans prâce, sans maintien, el qui ne parait point animée : elle est bette, mais c'est une idole, une vraie idole. Se dit aussi d'une per- sonne stupido. — Se dit encore, fip., d'une fiersonne alaquelleon prodif-'ue les honneurs, es louanges, les flatteries : il est l'idole du jour. — Se dit également de ce qui fait le sujet de l'afl'ection, de la passion de quelqu'un : cet enfant est l'idole de sa mère. IDOMÉNÉE, roi de Crète, fîls de Deucalion et polil-filsde Minos. 11 se joignit aux Grecs dans la guerre de Troie. A son retour, surpris par une violcnto tcmpfle, il fitvicu à Neptune de lui sacrilier le premier homme qui s'otiri- raitàluien louchant la terre natale, s'il par- venait à y aborder. Ce fui Leucus. son lils adoplif, qui vint le premier à sa rencontre et qui fut immolé. Après ce sacrifice, une peste afl'reuse désola le pays. Les sujets d'idoménée en rejetèrent la faute et la cause sur leur roi et le chassèrent. 11 s'enfuit dans la Calabre et y fonda Solenle. IDRIA, ville de l'Autriche, en Carniole, dans une vallée profonde et étroite, sur une petite rivière du même nom, à 38kil. N,-N.-E. de Trieste; 4,000 hab. Ses mines de mercure, les secondes de l'Europe, produisent 400,000 kil. par an. Elles furent découvertes en 1497 et appartiennent à la couronne. Les excava- tions, en galeries horizontales, diverpentd'un puits creusé à plus de 399 mètres; on y entre par un bâtiment qui se trouve dans la ville. IDSTEDT, ville du Schleswig-Holstein, à 10 kil. IN. de Schleswig, célèbre par la vic- toire que les Danois y remportèrent, le '2-5 juillellSoO, sur l'armée insurgée du Holstein et du Schleswiiî, commandée par Willisen. IDDMÉE, Voy. Edom. IDUMEEN.ENNE adj. et s. Habitant de l'I- dumée : qui se rapporte à ce pays. * IDYLLE s. f. (lat. idyllium). Petit poème dont le sujet est ordinairement pastoral ou amoureux, el qui tient de l'églogue. Boileau a tracé, dans les vers suivants, le caractère de l'idylle: Telle qu'une bergère, au plus beau jour de fête, De superbes rubis ne charge point sa tète ; Et sans mêler à l'or l'éclat des diamants. Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements. Telle, aimable eu son air, mais humble dans son style, Doit éclater sans pompe une élégante idylle ; Son tour simple et naïf n'a rien do fastumix. Et n'aime point l'orgueil d'un vers présomptueux. Art poéî., Ch. ii. IDYLLIQUE adj. [i-di-li-ke]. Qui appartienl ou qui convient à l'idylle. IDYLLISTE s. m. [ i-di-li-ste ]. Auteur d'idylles: les idyllisles grecs. lENA, ville de Saxe-Weimar-Eisenach fAUe- inasne), magnifiquement située sur la Saale, à 25 kil. S.-È. de Weimar; 15,200 h. L'uni- versité fui fondée par l'élecleur Jean-Frédéric le .\Iai;nanime en 13.17, lorsque, prisonnier de Charles-Quint, il fut envoyé à léna; elle était dejtinée à remplacer celle de Witten- borg. Elle fut inaugurée le 2 février lo.ïS et devint célèbre. Fichle , Schelling, Hegel, Oken el Haeckel sont parmi Jes noms célè- bres qui se ratlachenl a son mstuin-. I,a vic- loii'p remporlée à jéna par Napoléon sur les Prussiens et les Saxons (14 ocl 18001, détrui- sit, d'après Schlosser, la moitié de l'iirmée allemande, tandis que Davoul t'agnail le même jour une victoire phis grande sur l'autre moitié à Auerstaîdt. Celle double dé- faite abatlil complèlement la puissance de la Pru.sse. En face de Napoléon, commandiil le prince Hohenlohe: Davout eut l'honneur de naître, avec 26,000 hommes seulement, une armée de 06,000 Prussiens commandés par le roi de Prusse en personne. La double na- laille simultanée d'Iéna et d'Auerstmdt coflla aux Prussiens '22,000 tués el blessés, 10,000 prisonnieis, '220 pièces de canon: les Fran- çais perdirent 14,000 hommes, tant tués que blessés. Napoléon marcha iraraédialemcnl sur Berlin. lÉNlKALÉH. 1. Ville forle de la Russie d'Eu- rope, à I entrée de la mer d'Azov, à 212 kil. N.-E. de Simféropol; environ 4,000 hab. — 11. Détroit qui i'ail communiquer la mer Noire à la mer d'Azov et sépare la Crimée du Caucase. On l'appelle aussi Kafka. IENISSEÏ. Voy. Vénisei. lESl. Voy. Jesi. ■ IF s. m. [iff] (anc. ail. iwœ). Bot. Genre de conifères, type de la famille des taxinées. et dont l'espèce principale est un arbre tou- jours vert, qui a la feuille fort étroite el un peu longue, et qui porte un petit fruit rouL'ç et rond : planter tics ifs. ■ — Se dit aussi d'une pièce de charpenlerie, de forme triangulaire, employée dans les illuminations, et destinée à porler plusieurslampions dontl'assemblage imite un if taillé en pyramide : planter des ifs sur une place priblique, devant la porte d'un hôtel, etc. — Encycl. La seule espèce eu- ropéenne est Vif commun {taxus baccata), arbre qui se trouve dans toutes les mon- tagnes de l'Europe, en Sibérie, dans l'Hima- laya el dans plusieuis autres parties de l'A- Ifde Darlej. sie. H existe plusieurs spécimens remarquables par leur grand âge et par leur grosseur énorme; on estime que quelques-uns de ceux qui existent encore ont de 700 à 1.000 ans. L'un des plus beaux est l'if du cimetière de Darley (Derbyshire). Le bois de l'if est très dur, il a un grain fin, il est élastique el durable; le cœur du bois est d'un beau rouge oraiii;e ou brun foncé, et l'aubier, qui est très dur, est d'un blanc pur avec ditférentes nuances. L'un et l'autre sont susceptibles d'un beau poli. Avant l'invention des armes à feu l'if était très recherché pour la construction des arcs. IF, petite île de la Méditerranée, à 3 kil. S.-O. de Marseille. On y voit un château fort qui a longtemps servi de prison d'Klat, el ([ui devin! ensuite une maison de correction p;i- ternelle. Par;ni les personna:.'es qui y lurent enfermes, nous citerons : .Mirabeau eu 1774, Philippe-Egalité en 17911, el le comte de Monle- Crislo qui n'exista que dans l'imagination féconde d'Alexandre Dumas, mais dont la légendeatliîe au château d'If plus de visiteurs que l'intérêt liistorique. Du sommet du vieux donjon on jouit d'un magnifique panorama. IFFLAND fAugust-'Wilhelmi, dramaturge allemand, né eu llarinvre en 1759. mort en 1814. En 179(1. il devint directeur du théâtre national de Berlin. Ses drames, tels que Les vieux Garçons el Le Joueur sont encore quel- quefois représentés. Ses ouvrages ont été réu- nis en 10 vol. (nouv. éd. 1860). IGHARGHAR (ar. gharghara, faire enten- dre un bruit de gargouillements lleuve ac- tuellemenl desséehé du Sahara septentrional. Naît dans le Djebel Ahhagar.uu sud d'idelès, par environ 23° 45' de latitude .N. el 2° 45' de long. E. de Paris. — Dans la piemiéic partie de son cours jusqu'à hauteur de la^pe- lite oasis de Temassinine, au [ded du pla- teau central, l'Igharghar reçoit de nombreux affluents qui, après les pluies, déversent, dans son lit profond, leurs eaux torrentueuses el mugissantes: mais, si abondantes et si ra- pides que soient ces eaux, elles iie lardent pas à disparaître, absorbées par le sol spon- gieux, pour s'écouler vers le nord en larges nappes souterraines. L'ancien fleuve serpente ensuite dans une plaine unie, à fond de graviers, large quelquefois de 20 kilomélrcs el bordée de hautes dunes. A 60 kil.* S.-E. d'Ouargla, il se divise en deux branches qui se rejoignent à 80 kil. plus au nord, après avoir embrassé une ile de plus de 2,000 kil. carrés, couverte de pierres tranchantes. In- clinant ensuite vers le N.-.N.-O., le lit de l'I- gharghar va se confondre, près de Temacine, un peu au sud de Tougt-'ourl, avec celui d'un autre lleuve mort l'oued .Miyâ, pour former l'oued jRî'ï'/i (voy. ce mot), large el fertile val- lée qui aboutit au chotth Meirhir. (Voy. ce mot.) Le fleuve Ighaighar. que les géographes anciens paraissent avoir confondu avec le Triton (oued Souf; voy. ce mot), fut découverte en ISfiO, à deux journées de marche N.-O. d'Ouargla, par Henri Duveyricr, qui lui trouva 0 kil. de largeur. Son bras oriental fut relevé, en 1873, par Dour- neaux-Dupéré. De son côté, le voya- geur Largeau releva, en I87;i, son lit principal, jusqu'à .jO lieues au sud de Touggourt; il lui trouva encore une largeur de 6 kil. près du puits d'EI Achiya, son point de bifurcation Sur 'ï' les your nombreux qui se dressent sur ses bords et au milieu de son lit, le voyageur découvrit des instruments en silex, preuve que ces gour furent, dans les temps préhistoriques, des îles habitées. La mission Flatters, suivant itinéraire de .M. Bou-Derba, traversa également l'ancien fleuve, le 28 mai 1880, entre El Byodh et Temassinine, au point où il débouche dans la plaine, à 1 30 lieues au sud de Touggourt. M. le lieute- nant Brosselard, historiographe delà mission, estime à 60 mètres la hauteur de ses rives creusées à pic dans la roche noire. Dans son lit pierreux et poli, la mission ramassa des coquilles de l'époque quaternaire et des débris de lave; sur ses rives, elle trouva partout de nombreux vestiges de l'âge de pierre : haches, pointes de flèches, etc. L'Igharghar est un des quatre cours d'eau principaux qui, dans les temps anciens, alimentaient à ciel ouvert le lac Triton et qui, de nos jours, alimentent de leurs eaux souterraines leschotths Meirhir el tunisiens. IGNA IGNO ÎGUA .^37 IGLAU. ville ili: Moi-avic, sur l'Iîlawn, à 70 Uil. O.-.N.-O. de Briinn; 23.800 hab. Oulre la ville proprement dile qui est entourée de murailles, il y a Irois faubourgs. Manufac- tures d'articles de laine, verreries, papeteries, etc. Ecole militaire et gj'mnase. IGLESIAS, ville de Sardaig-ne, à 50 kil. O.-.N.-O. de Cagliari;popul.:l-',094hab. Elle doit son nom à ses nombi'euses églises. En raison de la grande quantité de jardins qui l'entourent, on l'appelle flore di mimilu. Aux enviions, se trouvent les mines de plomb les plus riclies de l'île. IGLESIAS DE LA CASA (Joseph), poète es- pagnol, né en l'-ÏS, mort en 1791. Ses bal- lades et SCS effusions satiriques l'ont rendu célèbre: ses poèmes di'dactiques, postérieurs à l'époque où il prit les ordres, sont moins populaires. IGNACE (Saint), d'Antiocbe, surnommé Thcûpborus, l'un des pèi'cs apostoliques et l'un des docteurs de l'Eglise, mort en 107 ou lia. Eusèbe dit qu'il fut nommé évéquo d'An- tiocbe en 69 Le Martijrivm Ignatii affirme qu'il futdiscipledcsaint Jean, qu'il futordonné par les apôtres eux-mêmes et condamné par Trajan à être livré aux bêtes féroces dans l'amphiUiéâtre de Rome; mais il est plus probable qu'il mourut à Antioche. Fête dans l'Eglise latine le 1°'' février; dans l'Eglise grecque, le 20 septembre. Quinze lettres attri- buées à Ignace existent encore. Les sept men- tionnées par Eusèbe sont acceptées comme authentiques par les théologiens catholiques romains; mais Lipsius, Bunsen et plusieurs autres autorités proteslantes les rejettent toutes, e.xceplé celles aux Ephésiens, aux Ro- mains et à Polycarpe. IGNACE (Saint), paliiarche de Constanti- noplo, né vers "98, mort le 23 octobre 878. Il était le plus jeune fils de l'empereur Mi- chel ]"' et il devint patriarche en 846. Il futen- nemi des iconoclastes, et refusa d'admettre Bardas, frère de l'impératrice Theodora, à la communion en raison de son immor.ilité. En conséquence Ignace fut déposé et remplacé par Photius, il fut tiaité avec la plus grande cruauté et exilé à My tilène ; mais en 867, il fut rappelé. IGNACE DE LOYOLA. Voy. Loyola. IGNACE (Fève de saint). 'Voy. Strychnine. ■ IGNAME s. f. [(jn. ml!.] (esp. name; angl. //)((/) ; pijrtug. inhamel. Bot. Genre de plantes ,_'rinipantos, type de la famille des dioscoi'ces, comprenant plusieurs espèces exotiques. L'es- pèi'c la plus remaniuable est l'igname ailée ig'iame aiUc (Dioacorca alata). {dioscorx'i aV'iid), piaule des Indes orientales, dont la racine, qui pèse quelquefois jusqu'à 1i) kilog., est iarineuse et alimentaire. — Les ignames, originaires des contrées tropi- 243 cales et cullivécs dans les pays chaud>, for- ment des racines Ués grosses, épaisses, tubé- reuses, pesant quelquefoisde 15 à20kilog.,et en niasses irrégulières ressemblant à des na- vets d'un mètre de long; quelques-unes sont blanches, d'autres entièrement pourpre pâle et leur peau présente des nuances diverses, depuis le blanchâtre jusqu'au noirâtre. Il y a beaucoup de variétés : dioioorxa sativa, dioscorœa aida, dioscorœa aculeata , etc., toutes indigènes des Indes orientales. Les racines contiennent une grande quantité d'a- midon (environ 25 p. 100 dans quelques- unes), mais elles ont un goût grossier et ne sont pas estimées des Européens. Après la maladie des pommes de terre (1845), des expériences furent faites en vue de lui substituer l'i- gname chinoise [dioscorrea batatas ou diosco- rœa japonica). La racine de cette plante est remarquablement blanche et mucilagineuse, mais elle n'a pas le goût délicat de la pomme de terre, et il est pou probable qu'elle devienne d'un usage populaire. Elle mesure plus de 75 cent, de long, et élant plus lar;.'e à l'extrémilé inférieure, elle est très difficile à recueillir. * IGNARE adj. [gn mil.] (lat. ignarus). Qui n'a point étudié, qui n'a point de lettres. N'est usité que dans certaines phrases du lan- gage familier, comme : getis ignares et non lettrés. — S'emploie aussi comme substantif: c'est un ignare. ' IGNÉ, ÉE adj. [i-ghiié] (lat. ignis, feu). Didact. Qui est de feu, qui a les qualités du feu : substance ignée. — Quelquefois, Qui est produit par l'action du feu. Ainsi on dit, en géologie : couche de formation ignée, par opposition à couche de formation aqueuse. *IGNICOLEadj.[i-ghni-ko-lc](lat.îff?îw,feu; colère, adorer). Se dit des adorateurs du feu. * IGNITION s. f. [i-ghni-]. Chlm. Etat des corps en combustion : un corps en ignUion, dans- l'état d'ignition. — Se dit égalemrnt en parlant d'un corps incombustible rougi par l'action du feu : un métal en ignition. IGNIVORE s. m. Qui mange du feu ou qui feint d'avaler des matières entlammées. ■ IGNOBLE adj. [gn. mil.] (lat. ignohilis). Qui est bas, sans noblesse, qui marque une âme dépourvue de sentiments nobles ; hxn- gage ignoble. On dit dans un sens analogue : Il se cacha dans un ignoble ri^duit. ' IGNOBLEMENT adv. D'une manière igno- ble : il parle ignoblement. ' IGNOMINIE s. f. (lat. ignominia). Infamie, grand dé.-honiieur : être couvert d'ignominie. * IGNOMINIEUSEMENT adv. Avec ignomi- nie : on l'a traité ignominieusement. * IGNOMINIEUX, EUSE adj. Qui porte igno- minie, qui cause de rignominic : mort igno- minieuse. IGNON, rivière de France, affluent de la Tille, prend sa source dans le département de la Côte-d'Or, non loin des sources de la Seine et arrose Vaux-Saule, Champagny, la Margelle, Frénois, Ifs-sur-Tille et Marcilly; son cours est d'environ i'i kil. * IGNORAMMENT adv. Avec ignorance : il parte de ces matièresla fortignoramment. {Peu usité.) * IGNORANCE s. f. [ju. mil.] (lat. ignorantia). Défaut de connaissance, manque de savoir : ignorance grossière, crasse. — Sedilqudquefois des faulesqui marquent une ignorance gros- sière : ce livre est plein d'ignorances impardon- nables. — Prat. PnÉïKNDiiK cause d'ignorance, alléguer son ignorance pour excuse : afin que nul n'en prétende, n'en puisse prétendre cause d'ignorance. — Fam. Puktendbk ignorer quelque chose; ne se dit ordinairement quo des chosesqu'on veut faire semblant d'igiioror. •IGNORANT. ANTE adj. Qui est sans lettres, sans étude, qui n'a point de savoir : être ignorant. — S'emploie aussi relativement en parlant de celui qui n'est pas instruit de certaines choses, qui ignore certaines choses : il sait Ijeaucoup de choses, mais il est fort igno- rant en géographie. — Palais : être ignonml du fait. — Prov. J'en slis aussi ignorant que l'enfant qui est a naître, se dit pour marquer qu'on ne sait rien de quelque chose qui est arrivé. — Un médecin ignorant, un magistrat IGNORANT, etc.. Un médecin, un magistrat, etc., qui n'a pas le savoir, l'habileté que sa profession exige. — s. S'emploie dans tous les sens de l'adjectif : c'est un ignorant, un franc ignorant. •IGNORANTIN adj. m. Ne s'emploie que dans cette dénomination : les frères ignoran- tins, les frères de la congrégation de Saint- Yon, qui tiennent des écoles élémentaires : un frère ignoranlin ; et, par ellipse : un igno- rantin. IGNORANTISME s. m. Système des parti- sans de l'ignorance. IGNORANTISSIME adj. Superlatif de igno- rant. Très ignorant. * IGNORÉ, ÉE part, passé de Ig.norer. — Se dit souvent pour inconnu, caché : un peuple ignoré. ' IGNORER v. a. [gn mil.] {]aL ignorarc). Ne savoir pas, ne pas connaître : c'est une chose qu'il ignore. — Fam. et neutr. : c'est un homme qui n'ignore de rien. — Ignorer les hommes, ne pas connaître le cœur humain. — Ignorer, en poésie et dans le style soutenu, signifie, quelquefois, ne point pratiquer une chose : elle ignora toujours l'imposture. — S'ignorer V. pr. S'ignorer soi-même, n'avoir point une juste idée de soi-même, de ses forces, etc. : ce grand génie s'ignorf'it encore lui-même. IGNOTI NULLA CUPIDO loc. lat. qui signifie : On ne peut convoiter ce qu'on ne cannait pas. IGUALADA, ville de Catalogne(Espagne), sur la Noya, à 06 kil. N.-O. de Barcelone; pop. : 11, 090 hab. Manufactures d'articles de coton, d'armes à feu, papeteries, etc. * IGUANE s. m. [i-goua-ne] (caraïbe yana). Erpét. Genredesauriens comprenant trois ou quatre espècesde grands lézards qui habitent le Brésil, Saint-Domingue, la .Martinique, et dont la chair est estimée, l.'iguane commun Iguat.R «ubcrculal». iiguana tuberculatu, Laur.) alteiul une lon- gueur de t m. 3'i à I m. 7b centim.; on le trouve dans l'Amérique tropicale du Sud et dans les Indes occidentales. Sa couleur en dessus est verdâlie, avec des teintes bleuâ- tres et ardoisées; il est en dessous d'un jaune verdâtrc. IGUANIEN, lENNE adj. Erpét. Qui ressem- ble ou qui se rapporte à l'iguane.— s. m. pi. m. 338 IL Famille de refililes sauriens, voisine des apa- Diiens dont elle se disliiigue par l'absence de dents au palais; jfenres principaux : i^'iianfs, ophiii'sscs, basilics, anolis. IGUANODONS, m. [i-f:ua-no-dnn| (franc. ijjuiiiii'; (.T. udnns, odnntos, deiil). r,if:anles- qiii' reptile saurien fo-sile, déooiivcrl par le D'MantelldansdivnrspsIonalilésdelarirandft- Vicluf-'iie, en 1822, cl ainsi nommé à cause de Igli:il10able, d'un jaune foncé, soluble dans l'eau et l'alcool bouillant, mais complè- tement insoluble dans l'étlier. L'ilicine est extraite des feuilles de houx. ILICINÉ, £E adj. Qui ressemble au houx ou (pii s'y ra[iporte. ILINIZA ou Pyramides d'Ilinissa, pics des Cordillères de Quito, dansTAinérique du Sud, à environ 2» kil. S. de Quito. Ils ont environ 0,720 mètres de haut et sont visibles de très loin sur le Pacifique. ILIO-ABDOMINAL, ALE, AUX adj. Anat. Se dit d'un mu-ele interne alidoiiiinal, qui ^' t- tachc à la crête iliaque et se porte dans les parois abdominales qu'il concourt à former. ILIO COSTAL, ALE, AUX adj. Anat. Se dit d'un muscle carré des lombes qui s'étend de la dernière côte à la crêie de l'os ilion. ILIOLOMBAIRE adj. Anat. Qui relie l'os ilion à la région lombaire. ' ILIONs, m. [i-li-on] (lat. î/îk, lianes). Auat. Nom d'un des trois os qui forment les os des hanches ou os iliaques. ILION ou Ilium. Voy. Troie. ILION, village de l'état de New-York, sur la rivière Mohawk et le canal Erie, à 125 kil. O.-N.-O. d'Albauy; 2,S8IJ hab. Manufacture d'armes àfeu deRemingtonellils; compagnie des machines à coudre Remington. ILIO-PECTINÉ, ÉE adj. Anat. Qui se forme par la jonction de la branche de l'os iliaque avec celle du pubis. ILIO SPINAL adj. Anat. Se dit du muscle long epuieux de l'encolure du cheval. ILISSUS, rivière de l'Attique ; elle prend sa source près de l'extrémité N. du mont Hymète, coule a travers Athènes, vers la baie de Phalérique, qu'elle alleiiil rarement, même dans la saison des pluies. ILIXANTHINE s. f. [i-li-ksan-ti-ne] (lat. ilex, houx ; gr. xanthos, jaune). Chim. Subs- tance jaune que l'on extrait des feuilles de houx. ILIYATES ou Eeliautes, race nomade de la Perse, de Kbiva et du furkeslan. Le nom Iliyat est le pluriel de iel (eel), tribu, corres- pondant a l'arabe Kabilah. Les lliyates sont, pour la plupart, d'origine turque, arabe et kurde; ils forment une portion importante de la population de la Perse et des contrées adjacentes; leur nombre actuel n'est pas connu, mais on dit que les tribus iliyates tri- butaires de Khiva comptent 19b, 000. hab. ILLI Ils vivent dans des tentes. Ils sont mahomé- tans de la secte de Sunni. ILKESTON, ville du Derbyshire (Angleterre), à lo kil. N.-É. de Uerby ; iy,7-it liab. Bonne- teries, fabriques de soie et mines de charbon. ILL, rivière d'Alsace, qui naît près des con- fins du cant. de Berne, arrose Altkirch, Col- mar, Schlestadt, Slra^bour;.', et se jette dans le Rhin après un cours de 205 kil. ILLE, petite rivière, affluent de la Vilaine; elle prend sa soui'ce à l'étang Beulel, dans l'arr. de Rennes, coule du N. au S., se con- fond dans une partie de son parcours (qui n'est que de 43 kil.) avec, le canal d'Ille-et- Rance et alfliic ft Rennes. Cours, 45 kil. ILLE-ET-VILAINE, déparlement maritime, situé dans la région N.-O. de la France; il doit son nom aux deux rivières, l'Ille et la Vilaine qui le traversent; il est situé entre les dép. des Côtes-du-Nord, du Morbihan, de la Loire-lnférieure et de la Mayenne; est formé d'une partie de la basse Bretagne ; G.iii kil. carr.; 622,039 hab. Ce dép. présente l'aspect d'un vaste plateau monotone, couvert de bois et de landes, excepté au N. et dans les vallées ; il est traversé de l'O. à l'IÎ. par une chaîne de montagnes peu élevée qui sépare le versant de la Manche de celui de l'Océan; le point culminant (233 m.) se trouve dans la forêt de l'aimpont; longueur des côtes, 73 kil. Cours d'eau : la Vilaine, l'Ille, le Meu, la Chère, rOust, le Couesnon et la Rance ; cette der- nière y forme un large estuaire près de Saint- Malo. — Territoire de petite culture, minerai de fer, gisements de bouille, froment, seigle, chanvre et lin ; excellentes petites vaches bre- tonnes dont le lail fournit le beurre de Préva- laye; cidre renommé ; commerce important de volailles et de bestiaux. Deux ports, Saint- MaloetSaint-Servan, arment pour la pêche de la morue ; Cancale fournit ses fameuses huitres si connues des gourmets. Sources fer- rugineuses à Guichen et à Fougères. — Ch.-I., Rennes, (i arr., 43 cant., 33'.) communes. Cour d'appel, académie et archevêché à Rennes ; ch.-l. d'arr. : Rennes, Saint-Malo, Fougères, Montl'ort, Redon et Vitré. * ILLÉGAL, ALE, AUX adj. Qui est contre la loi : convention illigale. ' ILLÉGALEMENT adv. D'une manière illé- gale : ((;/((■ illéijiilement. ' ILLÉGALITÉ s. f. Caractère, vice de ce qui est illégal : l'illégalité d'une convention. * ILLÉGITIME adj. 'Qui n'a pas les condi- tions, les qualités requises par la loi pour être légitime : enfant illégitime. — Injuste, dérai- sonnable : désirs illégilimes. * ILLÉGITIMEMENT adv. Injustement, sans fondi_Mneiil, sans raison ; il prétend cela illé- gitimement. * ILLÉGITIMITÉ s. f. Défaut de légitimité : l'iUi(jilimité d'un titre. ILLER, rivière d'Allemagne qui prend sa source près des frontières du Tyrol, coule au N., passe à Kemptern, marque la limite entre la Bavière et le Wurlembeig et aftlue dans le Daiuilie à 2 kil. d Ulni, a[irès avoir reçu l'Au- rach et l'Alch. Elle est torrentielle et sujette à de fréquents débordements. * ILLETTRÉ, ÉE adj. [il-lè-tréj. Qui n'a point de cuiinai-isaiiccs eu litlératurc, ignorant : c'esl tin hitiiime illettré. ILLIBÉRAL, ALE, AUX adj. Qui n'est point généreux. — Politiq. Opposé aux idées libé- rales. ILLIBERIS, ville de la Gaule, dans la première Narbonnaise; auj. Elue. ILLICIÉ, lÉE adj. [il-li-si-é] (rad. illieium. badiane). Bot. Qui a quelque similitude avec les plantes du genre iliciuni ou badiane. — ILLT s. f. pi. Tribu de magnoliacées, ayant pour type le genre badiane. •ILLICITE adj. [il-li-si-te] (lat. illicilus). Qui est défendu par la morale ou par la loi : action illicite; plaisir illicite. ' ILLICITEMENT adv. Contre le droit et la justice . il est vrai que cela s'est fait, mais tou- jours illicitement. ILLICO adv. Mol lat. qui signifie : sur le champ ; partez illico . ILLIERS, ch.-l. de cant., arr. et à 26 kil. S.-O. de Chartres (Eure-et-Loir); 2,795 hab. Lainages et instruments aratoires. Grains, bestiaux, tanneries. * ILLIMITÉ, ÉE adj. Qui n'a point de bor- nes, de limites, de ternie : espace illimité, étendue illimitée. ILLINOIS, tribu d'Indiens de l'Amérique du Nord, de la famille des Algonquins, com[ire- nant les Péorias, les .Moingwenas, les Kaskas- kias, les Taraaroas et les Lahokias. Vers 1640, ils exterminèrent presque entièrement les Wiiinebagoes. Ils furent en guerre avec les Iroquois depuis 1636 et bientôt après avec les Sioux. Les missionnaires français rencon- trèrent la première fois les Illinois à Chegoi- megon sur le lac Supérieur, en 1607; en 1672, Marquette trouva les Péorias et les .Moingwe- nas dans trois villes à l'O. du Mississipi, près du Des Moines, et encore les Péorias et les Kaskaskias sur l'illinois. A cette époque, les Illinois étaient nombreux et braves. Ils furent battus par les Iroquois en 1679. Peu de temps après, La Salle atteignit leui' territoire; ils aidèrent les Français contre les Iroquois. Ils furent convertis par les missionnaires français Marquette, Allouez, Gravier et autres. En 1700 les Kaskaskias quittèrent le cours supé- rieur de l'illinois et se transportèrent à l'en- droit qui porte leur nom. Leur tribu soulfrit ensuite des guerres avec les Renards. Les Illi- nois se joignirent aux Miamis dans leur guerre contre les Etats-Unis; ils firent la paix à GreenviUe (3 août 1793). En 1818, ils cédèrent toutes leurs terres dans l'état de l'illinois. Les Péorias, au nombie de 100, se rendirent sur la rivière du Blackwater (Mi.^souri) et 36 Kas- kaskias restèrent dans llllinois. Parle traité d'octobre 1832, ils cédèrent de nouveau leurs terres et reçurent en échange une vaste éten- due de terrains dans l'om/st. Ils furent places dans les limites de l'etal actuel de Kansas où ils restèrent jusqu'en 1867, époque où ils furent placés au S.-O. des Quajiaws, sur une reserve de 72,000 acres. Ils y sont encore, mais toute la nation illinoise ne compte plus que 30 individus. Leur langage a reçu de; règles grammaticales du père Gravier; le père Boulanger a composé une grammaire et un dictionnaire très complets de cette langue. ILLINOIS, rivière formée dans le N.-E. de l'état du même nom, par l'union des rivières Kankakee et Des Plaines. Elle s'unit au .Missis- sipi, a 33 kil. au-dessus de l'embouchure du .Mis- souri. El le a environ 700 kil. de longueur et e.4 navigable pendant 330 kil. Pro:oiidc et large, elle forme çà et là de spacieux bassins. Ses principaux atfiuents sont : le Fox, le Spoon, le Crooked creek, le .Mackinan, le Sangamon et le Verinilion. Au-dessus de l'eraboucluire du Vermillon, elle est obstruée par des rapi- des, et un canal a été construit depuis cet en- droit jusqu'à Chicago (140 kil.), formant ainsi une communication non interrompue entre les lacs et le Mississipi. ILLINOIS, l'un desétatsinlérieursdel'Union américaine, le quatrième sous le rapport de la (lopulation, entre 36» .'19' et 42" 30' lat. N. et entre 8:i» .'j.'i' et94Mong. 0.; 140,720 kil. carr.; 4,9I3,S10 hab. Limites : l'étal de W'isconsin, le lac Michigan, les états d'indiana, de Ken- tucky, de lOliio, du Missouri el de l'iuwa, doul il est séparé par le fleuve Mississipi ; ILLI 330 102 comtés. Cap., Springfield. Villes princi- pales : Chicago, Peoria. Quincy. La popula- tion n'était que de 12,000 hab. en 1810. La population actuelle comprend 30,0fl0 nègres et 600,000 étrangers : 40,000 C.nnadiens, 4,000 Danois. 11,000 Français 22.3,000 Alle- mands, 611,000 Anglais, 123,000 Irlandais, 16,000 Ecossais, 12,000 Norvégiens, 30,000 Suédois,IO,OOOSuisses,etc. Le territoire forme une vaste plaine, élevée en moyenne à 200 m. au dessus du niveau de la mer. Principaux cours d'eau : leRock, l'illinois et la Ka'^kaskia. affluents du Mississipi; l'Embarrns et le petit Wabash, affluents du Wabash, et la Saline et la Cash, affluents de l'Ohio, Iiiiiiienses gise- ments d- houille, presque à tieiir de terre et produisant près de 3 millions de tonnes chaque année. Sel; sources chalybées et sul- fureuses. Vastes prairies couvertes d'herbes indigènes. Forêts où l'on trouve le chêne, le noyer noir, le frêne, l'orme, etc., vergers de pommiers, de pruniers, de cerisiers et d'autres libres fruitiers d'Europe. Quelques vignobles. Froidspxcessifsen hiver, chaleurs accablantes en été. Le climat détermine, surtout chez les immigrants, une fièvre particulière et la d'arrhée. L'illinois est classé parmi les pre- miers étals de l'Union, sous le rapport de l'agriculture, du commerce et de l'industrie. Il produit des chevaux, des ânes, des mules, de? bœufs, des porcs, des moutons, du maïs, des céréales de toute sorte. L'étal renferme Sceau de t'Ulînois. près de 13,000 établissements industriels, employant I00,n00 ouvriers. Il exporte des jambons, des conserves de porc, du L'.bier, du cidre, des grains, etc. — La constitution de 1.S70 accorde le pouvoir législatif à une assemblée générale, composée d'un sénat (31 membres élus pour 4 ans) et d'une chambre des représentants (133 membres élus pour 2 ans). L'exécutif est formé d'un gouverneur, d'un secrétaire d'Etat, etc., élus pour 4 ans, à l'exception du trésorier, dont l'office ne dure que deux ans. La coursu|irême (7 juges) est élue par le peuple pour un terme de 9 an». Les aulresjuges sont élus. Recettes : 23 mil- lions de francs; dépenses : 24 millions; dettes: 8 millions. L'instruction primaire est gra- tuite, laïque et obligatoire; 730,000 élèves fréquentent les écoles. Il se publie dans I élat près de 800 journaux, dont 400 sont rédigés en langue allemande et un en français (à Kankakee). 14,000 bibliothèques renferment près de 4 millions de volumes. Principales déiiominationsreligicuses: méthodistes (1,430 organisations), baptistes (800), presbytériens (600), christians (400), catholiques romains (300), luthériens (230), etc. — L'illinois doit son nom à la principale des rivières qui l'ar- rosent. D'après Albert Gallatin, le mol Illinois dérive do l'expression ieno, Uni ou iltini, qui sigiiitie kommes supérieurs dans, lu langue des Delawares; la terminaison c^l d'origine française. Les premiers établissements euro- péens lurent laits par les Français, à la suite des entreprises de .Marquette (1072) el de La 340 II.LU ILLU ILOT Salle. Ce (liiiiii r cjiiilla le Ciiimd.i pu I(l7!t et descendit llllinois. Kti )68i, il l'onda Kas- kaskia, r.aliokia et plu^i(•u|•.■? aulrrs •'•lablissc- iiienls qui ne tardèrent pas à devenir im[inr- tanls. Les Anfjlais acquirent le territoire en vertu delà paix de l"(i3; ils le perdirent en 1783. I/etal de l'Illinois fui forni.- en 180!l, et admis dans l'Union en 1818. Les Indiens, (Illinois, Sacs et autres), conliiiuellenient en t-'uerre avec les blancs, furent repousses peu il peu ou exterminés. Les .Mormons s'éla- lilirenl i\ Nauvoo en 1810. Leur conduite ixcita riiosliliti- ouverte des habitants. Les frères Joseph et llyruin Smith, arrêtés et en- fermés dans la prison de Carthage, furent égorgés par une Lande d'émeutiers,le 27.)uin I84i, ce qui motiva la fuite générale des Sloi- nionsquisc retirèrent dans l'Utah, au nombre de 20,000. Le siège du }.'ouvernonieiil fut transporté de Kaskaskia à Vandalia en 1 818 et à Sprini'field en 1836. ILLISIBILITÉ s. f. [il-li-zi-bi-li-té]. Nature de ce qui est illisible. • ILLISIBLE adj. [il-li-zi-ble]. Qu'on ne sau- rait lire ou ([11011 ne lit que très difficilement : celte ccrilurc est illifibk. — Fig. Se dit d'un écrit dont la lecture n'est pas supportable : cet oinrngf est iltisHAe. ' ILLISIBLEMENT adv. D'une manière illi- sible : vdus éii-ivez il lisible ment. ' ILLOGIQUE adj. [il-lo-].Qui est contraire à la logiiiue, qui manque de logique : un rai- son)i('ii>inl, un cspii( illogique. ILLOGIQUEMENT adv. D'une manière illo- gique. ILLOGISME s. m. Caractère de ce qui est il!ogiiiue. • ILLUMINATEUR s. m. Celui qui illu- mine. • ILLUMINATIF, IVE adj. Qui illumine. N'est usité qu'en termes de dévotion mys- tique : la vie illnmuiative. ■ILLUMINATION s. f. Action d'illuminer, ou élal do ce qui est illuminé : l'itluminiition de tu terre imr tu soleil. Dans ce sens, il est peu usité. — Plus ord. Grande quantité de lumières disposées avec symétrie, à l'occasion d'une réjouissance : une belle illumiïiation. — Kig. en termes de dévotion. Lumière extraor- dinaire que Dieu répand quelquefois dans l'âme : une illumituition divine. — Fig. Se dit aussi de ces clartés vives qui se produisent su- bitement dans certains esprits au milieu des diflicullés, des dangers; ce général semblait agir /Jiir de soudaines illuminations. ' ILLUMINE, É£ part, passé de Illuminer. — S'emploie subslanliv. au figuré, pour si- gnilier, un visionnaire en matière de reli- gion : c'est un homme qui a des visions ridi- cules, c'est un illuminé. — Se dit aussi de cer- tains hérétiques qui se prétendaient éclairés de Dieu d'une manière particulière : la secte des illuminés. — S'est dit, de plus, des disciples de Swedenborg et de sainl Mariai. — Encycl. La plus célèbre société d illuminés fut celle qui fut fondée en 1776, par Adam Weishaupt, prolesseur de droit canon à Ingolstadt, dans le but de réunir en une confrérie les hommes de tous les pays, de tous les rangs et de toutes les religions. A l'apogée de sa prospérité, la société comptait 2,000 membres dans les dif- férentes parties de l'Kurope. Ses mystères ■ivaient rapport à la religion, qui fut trans- formée en naturalisme et en libre pensée, et à la politique qui penchait vers le socialisme et le républicanisme. Les membres de celle société correspondaient par chillres et em- ployaient une phraséologie particulière. Des dissensions intérieures et l'opposition du clergé catholique romain amenèrent leur chute. La société fut prohibée par le gouver- nemenl bavarois en 1784 elses papiers furent saisis et publiés. Des ouvrages sur ce sujet ont été publiés par Weishaupl, Knigge, Ni- colaî et Vo-s ((786-'99). • ILLUMINER V. a. (lai. illuminarc). Eclairer, répandre de la lumière sur quelque chose : toute la ville riait illuminée par des feux de joie qu'on avait allumés dans les rues. — Faire des Illuminations : on ordonna d'ilbimimr. — Fig., et en matière de religion. Eclairer l'es- prit éclairer l'Ame : priez Dieu qu'il les illu- mine et qu'il les convertisse. ' ILLUMINISME s. m. Opinions chimériques des illuiniiiés : l'illuminisme a fait beaucoup de progrès dans ce pays. — S'est dit, p.irticul., des doctrines de Swedenborg et de saint Martin. • ILLUSION s. f. [il-luzi-on] (lat. illusio). Apparence trompeuse; erreur des sens ou de l'esprit qui fait voir les choses autrement qu'elles ne sont, ou qui fait prendre l'appa- rence pour la réalité : quand on est dans un bateau et que le rivage semble marcher, quand un bâlon parait rompu dans l'eau, c'est une illusion des sens. — S'est dit, parlicul., des fausses apparences que l'on attribuait au dé- mon ou à la magie : illusion diabolique. Toute erreur flatteuse qui abuse l'esprit : on dit que la vie humaine est une illusion perpé- tuelle. — F.MRB ILLUSION A QiJELou'uN, lui pa- raître autre que l'on est réellement. - Se F.AiRE iLLisio.N A SOI-MÊME, s'abuser soi-même : je cherchai longtemps o me faire illusion sur ses défauts. — Se dit aussi des pensées et des imaginations chimériques : c'est un homme plein d'ilhtsions, sujet à des illusions. — Se dit pareillement de certains songes, de cer- tains fantômes qui flattent ou qui troublent l'imagination : une illusion agréable. ILLUSIONNER v. a. Causer des illusions. — S'illusionner v. pr. Se faire illusion. • ILLUSOIRE adj. Captieux, qui tend à trompersûus une fausse apparence. S'emploie surtout dans le langage didactique : uncpro- position illusoire. — Se dit aussi, dans le lan- gage ordinaire, de ce qui est sans effet, de ce qui ne se réalise point : une promesse illu- soire. ' ILLUSOIREMENT adv. D'une façon illu- soire. N'est guère usité qu'en termes de pra- tique. ILLUSTRATEUR s. m. Artiste qui dessine des illustrations d'ouvrages. , 'ILLUSTRATION s. f. Action d'illustrer, 1 ou état de ce qui est illustre : cette ville leur i doit son illuslration. — Se dit, parlicul., des marques d'honneur dont une famille est illustrée : c'est une famille noble et ancienne, mais sans illustration. — s. pi. Explications, éclaircissements, commentaires ajoutés à un ouvrage. Ne s'emploie guère, dans ce sens, que parmi les savants : cette nouvelle édition de Tite-Live est enrichie des illustrations de tel savant. — Se dit encore des figures et des dessins intercalés dans le texte d'un livre ou d'un journal. — L'Illustration, journal heb- domadaire illustré fonde en 1843 parJoaiine, Charlon et Paulin, avec la collaboration du fameux graveur Best. "ILLUSTRE adj. (lat. illustrU). Eclatant, célèbre par le mérite, par la noblesse, par quelque chose de louable et d'extraordinaire : un homme illustre, les Hommes illustres de Plutarque. — Se dit quelquefois, substantiv., d'une personne qui excelle en quelque chose, et principalement en quelque art : ce peintre est un illustre. ' ILLUSTRÉ, ÉE adj. Devenu illustre. — En- richi dihuatiations : édition illustrée. ' ILLUSTRER v. a. Rendre illustre : les vic- toires qui ont illustré ce régne. — »» Illustrer UN LIVRE, l'orner de gravures. — * S'illustrer v. pr. Se rendre illustre : il s'est illustré par de grandis actions. •ILLUSTRISSIME adj. (lat. illustrissimus, superlal. de illu-.tris). 'fitrc qu'on donne par honneur à quelques personnes élevées en di- gnité, et piincipalement aux ecclésiastiques . illustrissime et n'vérendissime seigneur. ILLUTATION s. f.[ii-lu-]. Action d'illuler. lUUTER v. a. [il-Iu-](préf. il; lat. lutum, boue . Enduire d'une couche de boue ou d'ar- gile. ILLYRIE (anc. lUyricum et Illyris), nom donné anciennement aux contrées de la côte E. de r.\driatique et aux régions voisines, habitées par les lllyriens, tribu qui pariill avoir une origine commune avec les Thraces. Philippe de Macédoine soumit les lllyriens ipii lialiilaient à l'E. de la rivière Drilo (au- jourd bui Drin), 31)9 av. J.-C. L'jllyrie fut en- suite divisée en Illyris Grœca et Illyris Barbara. Celte dernière, devenue province romaine sous le règne d'Auguste, fut appelée Illyris Honiana; elle comprenait une partie de la Croatie moderne, toule la Dalmatie, presque toute la Bosnie et l'Herzégovine et une partie de l'Albanie. L'lllyrisGro;ca ou Illyrie propre embiassait la plus grande partie de l'Albanie moderne. .\prés la mort d'Alexandrele Grand, la plupart des tribus illyrienncs grecques re- couvrèrent leur indépendance. Les Komains furent en guerre avec elles en 230-2:!9 cl 219 av. J.-C, et en 108, l'illyrie et la .Macédoine de- vinrent sujettes de Home. Sous Constantin, l'il- lyrie forma l'une des plus grandes divisions de l'empire; elle lut divi-ée en Illyrie occiden- tale, comprenanU'Illyrie propre, la Paimonic et le Noricuni, et Illyrie orientale, renfermant la Daiie, la .Mœsie, la Macédoine et la Thrace. Le nom d'Illyrie reiiaiiuit en 1809, lors de l'organisation des provinces illyriennes, com- prenant la Cariiiole, la Carinthie, l'Istrie, une partie de la Croatie, la Dalmatie, Raguse et un district militaire. Après la chute de .Napo- léon, elles furent réunies à l'Autriclie qui, en 1816, éleva l'IHyiie, un peu modiiiéc, à la dignité nominale de royaume. Elle lui divisée, en 1849, entre les terres de la couronne de Carinlhie, de Carniole et du littoral, une par- tie ayant été réunie à la Hongrie en 1822. La langue illyrienne est une des branches méridionales de la famille slave, i Voy. Serbie.) ILLYRIEN, lENNE adj. et s. Qui appartient àllHyiie; habitant de l'illyrie. ILOPANGO, lac volcanique de i'Aniériiiue centrale; à 10 kil. S.-E. de San Salvador; il mesure environ 20 kil. de long sur 9 de large. 11 est entouré de collines escarpées très éle- vées, et sa surface est à environ 400 m. au- dessous des pays environnants. ' ÎLOT s. m. Très petite Ile : les iles, ilôts et cUten'issements. — Petit groupe de maisons entouré de rues : on a démoli tout cet ilôt de maisons. ÎLOT-À-CABRI, l'un des îloUqui forment le groupe des Saintes, dépendant de la Guade- loupe ; on y trouve un lazaret et une maison centrale de force et de correction. * ILOTE s. m. (gr. eilôlés, de Elos, ville de Laconie). Nom que les Spartiates donnaient à leurs esclaves tirés d'abord de la ville d Elos, et ensuite de toute la Messénie. Les trois classes du peuple lacédémonien étaient les Spartiates, les Periœci et les Ilotes. Les deux premières constituaient une aggrégation na- tionale, mais la dernière forma pendant des siècles une classe intérieure, honnie et ab- jecte. La plupart des ilotes habitaient des villages loin ue leurs maîtres, avec l'obligation de cultiver le sol et de payer une partie pro- portionnelle du produit. Leur nombre, aug- menté par des conquêtes successives, surpassa de beaucoup celui des Lacédémoniens. En temps l1(j guerre, ils étaient assujettis au ser- IMAG vice militaire, généralement comme troupes légères; et un certain nombre d'ilotes aci^om- pagnait chaque Spartiate. Les ilotes allrau- chis formaient une classe séparée, sous le nom de neodamodes, ou nouvellement atîran- ohis. En 464 av. J.-C, les ilotes se révoltèrent et s'emparèrent un instant de Sparte. Objets d'appréhension pour les Spartiates, ils étaient quelquefois cruellement égorgés. Le plus re- marquable de ces massacres eut lieu en 424, époque où 2,000 ilotes disparurent après avoir été atl'ranchis, en récompense de leur belle conduite dans une guerre. 'ILOTISME s. m. La condition d'ilote. Se dit, par ext., de l'état d'abjection et d'ignorance où quelque partie d'un peuple est réduite par ceux qui la dominent : ils te- naient les classes pauvres dans un véritable ilo- tisme. ILUS, fils de Tros et de Callirrhoé, fonda- teur de Troie ou Uion. •IMAGES, f. (lat. imugo). Représentation de quelque chose en sculpture, en peinture, en giavure, en dessin, etc. : cette statue est l'image d'un yrand homme. — Se dit, pariicul., des images qui sont l'objet d'un culte reli- gieux; et, en ce sens, s'emploie souvent absolument, au pluriel : les imayes des faux dieux. — Se dit aussi de certaines estampera représenlantdes sujets pieux ou autres, et qui sont ordinairement gravées et coloriées gros- sièrement : il y a de belles images dans ce liere. — C'est UNii bklle image, se dit d'une femme qui est belle mais froide, et sans physiono- mie. — Il est sage comme une image, se dit d'un enfant fort retenu et fort posé. — Kes- sembiance : ce tableau i.résenle bien l'image^ de lanalure. — Se dit, particul., en parlant d'un objet qui se répète dans un miroir, dans l'eau, etc. : voir soti image dans un miroir, dans l'eau. — Se dillig., tant au sens physique qu'au sens moral ; ces jeux sont une image de taguerre. — Représentation des objets dans l'esprit, dans l'âine : les sens transmettent à l'àme l image des objets. — Idée : se faire une image agréabie de quelque chose. — Fig. Description, en par- lant des uuvra^'es d'esprit : opposer l'image des combats au tableau de la vie pastorale. — Mé- taphore par laquelle on rend une idée plus vive et plus sensible, en prêtant a l'objet dont on parle des formes, des apparences, des qualités empruntées à d'autres objets; ce sont (es images qui donnent du coloris au style. IMAGÉ, ÉE adj. Qui est plein d'images, de figures : slyle imagé. . • IMAGER, ERE s. Celui, celle qui vend des images, des estampes: cet imager a un beau choix d'estampes. [Vieux.) IMAGER v. a. Orner, embellir d'images, de métaphores : imager son style. "IMAGERIE s. f. Fabrication, commerce d'images : l'imagerie d'Epinàl. IMAGIER s. m. Ouvrier qui fait des images BU qui les enlumine. • IMAGINABLE adj. Qui peut être imaginé, conçu ; cela isL-il imaginable? •IMAGINAIRE adj. Qui n'est que dans l'ima- gination, qui n'est point réel : un honneur imaginaire. — Espaces imaginaihes, espaces créés par l'imagination, hors du monde réel, pour y placer des chimères. — Ltre, voyager, SE peuube dans les espaces iMAGiNAiiiES, Se for- mer des visions, se repaître d'idées chimé- riques. — Malade imaginaire, personne qui a l'imagination blessée au point de se croire malade, quoiqu'elle ne le soit pas. — Algèb. Impossible : la racine paire d'une quantité né- gative est imaginaire. Substanliv. ; faire éva- nouir l'imaginaire. • IMAGINATIF, IVE adj. Qui imagine aisé- ment, qui a une grande l'erlililé d'imagination: avoir l'esprit Imaginatif. — La faculté, la IMBI puissance IMAGINATIVE, OU substantiv. et fam., L'IMAGINATIVE, la faculté, la puissance par la- quelle on imagine. * IMAGINATION s. f. (lat. imaginatio). Fa- culté d iniai:iner, de se représenter quelque chose dans l'esprit : avoir l'imagination vive, ardente, sombre, riante. — Particul. Lillér. et Beaux-Arts. Faculté d'inventer, de concevoir, jointe au talent de rendre vivement ses con- ceptions : ce poète, ce peintre a beaucoup d'ima- giyiation. — Se dit aussi en parlant des ou- vrages dont l'auteur a fait preuve d'imagina- tion: sa poésie est pleine d'imagination. — Pensée, conception : voila une belle imagiiia- tion. (Vieux.) — Croyance, opinion qu'on a de quelque chose sans beaucoup de fondement : la plaisante imagination, que de vouloir nous persuader cela. — Fantaisie bizarre, idée toile et extravagante : c'est un homme qui a d'é- tranges imaginations. IMAGINATIVE s. f. Fam. Faculté d'imagi- ner, avoir de l' Imaginative. " IMAGINER V. a. (lat. imaginari] . Se repré- senter quelque chose dans l'esprit: ta faculté d'imaginer. — Inventer : c'est un liomaie qui a imaginé de fort belles choses. — S'imaginer V. pr. Avec le pronom personnel régune indi- rect, sigiiilie tantôt, se représenter quelque chose dans l'esprit; tantôt, se ligurer quel- que chose sans beaucoup de fondement: ima- ginez-vous un homme qui soit riche, savant, elc . ; que l'on s'imagine le pays le plus désert, le plus sauvage. — Quelque!', simplement. Croire, se persuader: je ne saurais m' imaginer que cela sud comme on le raconte. IMAGISTE s. m. Synon. de Imagier. • IMAN s. m. (ar. imdm, chef). Ministre de la religion mahométane, attaché au service d'une mosquée. IMANAT s. m. Dignité d'iman. * IMARET s. m. (ar. amaret, habitation). Sorte d hôtellerie et d'hospice chez les Turcs, uii les pauvres trouvent gratuitement des vivres. • IMBÉCILE adj. (lat. imbecillis). Qui estdans riinbecillite : le grand âge et les in/irmités l'ont rendu imbécile. — Se dit quelquefois, par exa- gération, d'une personne dépourvue d'esprit, ou qui parle, qui agit sottement : peut-on être plus imbécile! — Faible : l'âge imbécile. — Imbécile de corps et u'esprit, se dit d'une personne à qui l'âge ou les ind.spositions ont Ole les forces du corps et allaibli la raison. S'emploie aussi substantiv. : prononcer l'inter- diction d'un imbécile. — Se dit de plus de quel- qu'un qui, sans êtrefaibledecorpsetdépourvu d esprit, manque tout a fait de cara''tère, de volonté. Dans ce sens, ne s'emploie guère que substantiv. : ce pauvre imbécile s'est laissé dé- pouiller de tous ses biens. ■ IMBÉCILEMENT adv. Avec imbécillité : il s'est conduit ban imbécitement dans cette af- faire. •IMBÉCILLITÉ s. f.[ain-bé-sil-li-té].Faiblesse d'esprit qui ôte plus ou moins la fa.ulté de raisonner, de comprendre, etc.: l'imbécillité de l'enfance. (Voy. Idiutie.) — Quelquefois, par exag. Sottise, niaiserie : cet homme t si dune imbécillité rare. • IMBERBE adj. (lat. imberbis). Qui est sans barbe : plusieurs nations de l'Amérique sont imberbes. — Quelquefois, par dénigrement. Très jeune : ces docteurs imberbes veulent tout régenter. IMBERT (Barthélemi), poète, né à iNimes en 1747, mort en l.yo. Il publia le Jugement de Paris, poème (1^-), des labiés, des pièces de théâtre et des romans. SesOEuures choisies ont paru en n9o (4 vol. in-8»j. * IMBIBER v. a. (lat. imbibere). Abreuver, pénétrer d'eau ou de quelque autre liquide : IMIT 341 la pluie a imbibé laterre suffisamment. — S'im- biber V pr. Devenir imbibé d'eau ou de quel- que autre liquide : la terre s'imbibe d'eau. ■ IMBIBITION s. f. Action d'imbiber, ou action, faculté de s'imbiber. IMBOIRE (S') V. pr. S'imbiber, se pénétrer : simùoire de préjugés. IMBRIGATIF, IVE adj. Bot. Se dit des feuilles encore renfermées dans le bourgeon lorsque leurs rudiments se recouvrent les uns sur les autres et forment plus de deux séries. IMBRICATION s. f. Etat des choses imbri- quées. •IMBRIQUÉ, ÉE adj. Hist. nat. Se dit des paities qui se recouvrent les unes les autres comme les tuiles d'un toit : les écailles des poissons, lesplumes des oiseaux, sontimbriquées. * IMBROGLIO s. m.rain-bro-lio; ou ain-bro- ieu, // mil.] (mot ital. formé de in. dans; broglio, brouille). Embrouillement, confusion : il y a de l'imbroglio dans cette affaire, dans cette pièce de théâtre. — Pièce de théâtre dont l'intrigue est fort compliquée : cette comédie est un imbroglio il l'espagnole fort amusant. IMBROS ou Imbro, ile septentrionale de la mer l'^gee, près de la Chersonèse de Thrace, à environ 28 kil. S.-E. de Samothrace et à 33 kil. N. de Lemnos; sol munlueux, fertile en blé. huile, vin, coton, etc. Auj. ësibiio. ' IMBU, UE part, passé de l'ancien verbe Imbûihe (linbiberi. iSe se dit guère qu'au fi- guré, et signifie. Qui est rempli, pénétré. S'applique aux opinions, aux doctrines, aux préjugés, aux principes : imbu, imbue de bons, de mauvais principes. * IMBUVABLE adj. Qui n'estpas bon à boire : du vin inbuvable. IMIDE s. f. Ghim. Nom donné aux produits diiects de la déshydratation des amides acides. ' IMITABLE adj. Qui peut être imité, qui doit être iniilé : celanest pas imitable. •IMITATEUR, TRICE adj. Qui imite, qui s'attache à imiter : le singe est un animalimi- lateur. — S'emploie très souvent comme substantif, et se dit alors principalement d'une personne qui règle sa conduite, ses actions sur celles d'une autre : il est imitateur des vertus de ses ancêtres. — Se dit, particul., dun écrivain ou d'un artiste qui imite le style, la manière, le genre d'un autre : cet écrivain, cet artiste a eu beaucoup d'imitateurs. ' IMITATIF, IVE adj. Qui imite : sons imi- taiifs. — Harmonie iuitative. artilice de style i|ui consiste à peindre les choses par les sons des mots ou par l'habile arrangement de la phrase : tel est le vers de Virgile qui nous dépeint Polyphème : Monstruvi korrendum, informe, ingem, cuilumen ademplum. OU les vers de Ronsard parlant du vol de l'alouette : Elle guindée du léphire. Sublime tn l'air \ire el re\irc, tt y declignc un Joli cri, Qui'iit. guérit el tire l'ire Dcsespnis mieux que je n'écris. * IMITATION s. f. Action d'imiter, de quel- que manière que ce soit; ou résultat de cette action : avoir l'instinct, te goût, ta manie de l'imitation. — Cela est au-dessus de toute imitation, se dit d'une chose qu'il est impos- sible de bien imiter. — Se dit, particul., en Lillér. el dans les Beaux-Arts, des ouvrage» où l'on s'est proposé d'en imiter d'autres ; cette pièce de vers est une imitation de telle ode d'Horace : Mon imilatioa n'est point un esclavage. Là FO.-^TAtSB. — C«T OUVBAGE EST UNE IMITATION DE L'ALLE- MAND, DB l'anglais, etc., est l'imitation d'un 342 IMMA ouvrage écrit en allemand, en anglais, etc. — Se dit, par ellipse, pour Vlmitalion de J.-C- livre de pifHé très eslimé. (Vov. Gehson fl Thomas a Kempis.) — Iiidu>trie. Se dit d'ouvrn- pcs d'orfèvrerie et de lnjoutorie oii l'on iiiiili', mais sans intention do frauili\ l'cr, l'ari/onl, les pierres prèrieiiscs, l'écaillc, l'ivoiri>, etc. : des bijoux en imiUition. — A l'imitation de, loc. préposit. A lexeniplo de, sur lo mo- dèle ae, etc. : faire (juelijue chosa à l'imitation de (juelqu'un. ' IMITER V. a. (lat. imitari). Faire ou s'ef- forcer lie faire exaclement la mfime chose que fait une personne, un animal ; contre- faire , copier ; imilcz-k dans tout ce que vous lui verrez faire. — Parlicul. Prendre la conduite, les actions d'une personne pour modèle : imiter les grands hommes. — Beaui- Arls. Faire l'imape, la rcsseniblancc d'une rhose : ce peintre, ce sculpteur s'attache à bin imiter la nature. — Se dit encore d un écri- vain, d'un artiste qui s'elforce de prendre, dans SOS compositions, le style, le genre, la manière d'un autrr, ou qui i'ait un ouviage dont l'idée principale, le plan, etc., lui oui (Hé su^'pérés par l'ouvrage d'un autre : imiter Cicérnn, Virijile, k Poussin, etc. — Cm OUVRAGE EST IMITÉ UK L'aNGL.MS, DE l'aLLESIAND, etc., est imité d'un ouvrage écrit en anglais, en allemand, etc. — Se dit aussi des choses, et signifie alors ressembler : celte composition imite bien le diamant. ' IMMACULÉ, ÉEadj. [imm-ma-ku-lé](préf. im; franc, maculé). Qui est sans tache de péché. N'est guère usité que dans cette pliiase, L'im- maculée CONCEPTION DE LA ViEiiGE, OU simple- ment, La CONCEPTION IMMACULÉE. — S'cmploïc aussi quelquefois dans le langage ordinaire ; un nom immaculé. — Cathol. Doctrine de l'Eglise catholique romaine, qui enseigne que la vierge Marie fut exempte dans sa concep- tion de toute lâche de poché originel. Cette doctrine est formellement établie dans la constitution de Pie l.X, Ineffabilis Deus, par les mots suivants : u iNous définissons que la doctrine qui regarde la très saiote Vierge Marie comme ayant été dès le premier ins- tant de sa conception, préservée de toute tache du péché originel, par la grâce particu- lière et le privilège du Dieu Tout-Puissant et parles mérites de Jésus-Christ, le sauveur de la race humaine, est une doctrine lévélée de Dieu, et en conséquence, doit être observée fermement et constamment par tous les fi- dèles. » La fête de l'Immaculée Conception fut célébrée à une époque très reculée en Orient et elle fut probablement introduite en Occident pendant les viii= et ix° siècles. Ce privilège de la Vierge fut longtemps discuté par les dominicains, bien que Thomas d'A- quin, le plus éminent d'entre eux, déclare expressément l'exemption de la vierge Marie du péché originel. Uuns Scot, en 1;jU7, sou- tint la doctrine dans son sens le plus élevé et tout l'ordre franciscain depuis lors le défen- dit avec zèle. L'Université de Pans en 1387 et de nouveau en 1497 et le concile de Bâle, en 1439, favorisèrent la doctrine de la con- ception immaculée de la Vierge. Le concile de Trente, dans ses décrets concernant le pé- ché originel, excepte positivement la Vierge immaculée. Pendant toutes ces controverses, le saint-siège n'intervint que rarement, mais ses interventions furent des pas successifs vers la définition formelle de la doctrine. Sixte IV, en 1480, Pie V, en I.Ï70, Paul V, en 1616 et Grégoire XV, en 1ti2-2, promulguèrent des ordonnances ayant pour but d autoriser la croyance à ce dogme. En 1661, Alexandre Vil déclara que l'opinion de la conception sans péché de la Vierge était presque universelle dans l'Eglise; en conséquence, il re/iouvelall les décrets de ses prédécesseurs en faveur de la tête et du culte de la conception. Après cette époque^ la congrégation des rites se IM.ME montra constamment favorable à cette doc- trine. Pie IX, dans la première partie de son règiie, envoya des letties à tous les patriar- ches et à tous les évèques, demandant b-ur iipininn sur la ronvcnaiir.e de définir la doc- tiine. Des ié[ionses afiiiiii.itivcs ayant été reçues de presque tout l'episcopati-alholique, la définition solennelle du dogme eut lieu avec grande pompe dans la basilique de Saint- Pierre h Hume, en présence de idus de 3u0ar- clievècpiis, cvûques et prélats, le 8 déc. ISiit. IMMANENCE s. f. [imm-ma-]. Etat de ce qui e>l iiMiiiaiii-nt. * IMMANENT. ENTE adj. Phil. et Phys. Ce qui existe, aj^il à l'intérieur des èties d'une manière continue, constaiile, par ofiposltion h ce (jui agit sur eux extérieurement, d'une manière transitoire : les causes, les forces im- maticntes. •IMMANGEABLE adj. [imni-man-]. Qui ne peiil pa> M' iiian^'or ; ce ragoût est si mauvais qu'il est (inin tnijeable. IMMANITÉ s. f. (lat. immanis, cruel) Cruauté inouïe il'rll usité.) * IMMANQUABLE adj. Qui ne peut manquer d'élre, ijui iii' peut manquer d'arriver, de réussir : k gain de sa cause est immanquable. •IMMANQUABLEMENT adv. Infailliblement, sansnianqui-r cela arriveraimmanquabkment. ' IMMARCESSIBLE ajj. [imm-mar-] (préf. im; l;it. mir-cssibilis, sujet à se llétrir). Di- dact. Qui ne peut se flétrir. IMMATÉRIALISER v. a. Rendre, supposer imiiialei lel. IMMATÉRIALISME s. m. Système des phi- losophes 1(111 ment l'existence de la matière. IMMATÉRIALiSTE adj. Qui se rapporte à riniiiiatirialisiiio. * IMMATÉRIALITÉ s. f. Qualité, état, ma- nière d'être de ee qui est immatériel : iim- matérialité de l'dme. * IMMATÉRIEL, ELLE adj. Qui est sans au- cun iiieldiiiio de matière : les substances im- matérii lies. ' IMMATÉRIELLEMENT adv. D'une manière immalei lelle, en esprit. * IMMATRICULATION s. f. Action d'imma. triculcr, ou él.it de ce qui est immatriculé ' IMMATRICULE s. f. Enregistrement. S'est dit particul. autrefois, en parlant des rentes sur l'hôtel de ville : immatricule d'une partie de rente. — Ne sedit guéreaujourd'hui quede l'inscription d'un huissier parmi ceux qui ont le droit d'instrumenter près d'un tribunal, et de la patente qui lui confère ce droit : un exploit d'ajournement doit contenir les noms, demeure et immatricule de l'huissier. ' IMMATRICULER v. a. Mettre dans la ma- tricue, insérer dans le registre : on l'a imma- triculé. IMMATURITÉ s. f. [imm-ma-]. Etat de ce qui 11 e-it |ias mûr. * IMMÉDIAT, ATE adj. [iram-mé-]. Qui agit, qui est produit sans intermédiaire : cause immédiate. — Qui suit ou précède sans inter- médiaire : successeur, prédécesseur immédiat. — Se disait, dans la féodalité, des nobles et des fiefs qui relevaient directement du roi ou de l'empereur : vassal, baron immédiat. * IMMÉDIATEMENT adv. D'une manière im- médiate : dans les républiques, c'est du peuple que les magistrats tiennent immédiatement leur autorité. — Iumédjatkuent après, signifie quel- quefois, aussitôt après, inconliuenl après. " IMMEMORIAL, ALE, AUX adj. (préf. im; lat, iiieinoria, mémoire;. Qui est si ancien qu'on n'en sait pas l'origine, qu'il n en reste aucune mémoire : temps immémorial. IMME ■ IMMENSE adj. [imm-n)an-se](lat. imm«n- sus). (Jui est sans bornes, sans mesure; dont l'étendue, la grandeur esl infinie. En ce sens, ne se dit que de Dieu : llieu est immense. — Se dit aussi des choses au. vi)ue II es on ne connaît pas, on ne suppose pas de bornes ; le miniie est immense. — Qui esl d'une très grande étendue; et, par ext., qui est très con- sidérable en son genre : il y a un espace im- mense de la terre aux étoiles fixes. — Se dit également des choses morales : il a une im- mense érudition, un savoir immense. •IMMENSÉMENT adv. D'une manière im- nien>.' (/ rst immensément riche. • IMMENSITÉ s. f. Grandeur infinie, sans bornes. Ne se dit propr'-inent que de Dieu : l'immensité esl un attribut de Lieu. — Très ' va-le étendue : limmeiisité ik la nature. — Se dit, par ext., des choses physiques ou morales, qui sont très considérables dans leur genre : l'immensité de ses richesses de sa fortune. — Se dit quelquefois absol. de l'espace sans bornes : les mondes ont été semés par Dieu dans l'imminsilé. • IMMERGÉ, ÉE part, passé de Iumerger. Qui est (ilongé dans l'eau ou dans quelque autre liquide: cûble immergé. — Ilot. Plantes iMMKiiGÉES, plantes qui végètent sous l'eau. — Aslron. Astre immergé, astre qui est plongé dans l'ombre d'un autre. IMMERGENT. ENTE adj. Phys. Se dit du rayon lumineux qui pénètre au milieu, par opposition au rayon émergent, le rayon qui en siirt. • IMMERGER v. a. [imm-mèr-] (lat. in, dans, mergcre. plonger). Didact. Plongerdans l'eau uu dans quelque autre liquide. — S'im- merger V. [ir. Etre immergé. •IMMÉRITÉ, EEadj. Qui n'est pas mérité ou dont un n'est pas digne : reproches, honneurs immérités. IMMERMANN (Karl Lebrecht). auteur alle- m.inl, 110 en l,9(), mort en I«i0. Il occupa ! un emploi judiciaire à Diisseldorf, subit de I grandes pertes en dirigeant le théâtre de Diisseldorf, et publia d admirables tragédies et des comédies. Sa réputation repose sur son roman MUnchliausen (4 vol. l838-'39). IMMERSIF, IVE adj. Qui se fait par immer- sion : calciuation immersice. ' IMMERSION s. f. [imm-raèr-si-on] (lat. immersio . Action par laiiuelle on plonge dans l'eau ou dans quelque autre liquide : dans les premiers siècles Uu christianisme, on baptisait par immersion, par trois immersions. — Astron. Entrée d'une planète dans l'ombre d'une autre planète: l'immersion des satellites de Jupiter dans l'ombre de Jupiter. — Optique. Point d'immersion, point par lequel un rayon lumineux se prolonge dans un milieu quel- coiuiue. • IMMEUBLE adj. [imm-meu-] (lat. immo- bilis, immobile). Jurispr. Qui ne peut être transporte d'un lieu a un autre. Se dit des biens-fonds et de certaines autres choses qui leur sont assimilées par une fiction de la loi : les fonds de terre et les bâtiments sont immeu- bles par leur nature. — s.-, on a saisi tous ses i)itmeubles. — Immeuble fictif, toute chose que l'on considère comme immeuble, quoi- qu'elle ne le soit pas de sa nature. — Législ. « Tous les biens sont meubles ou immeubles, et il importe de distinguer les uns des autres ; car les immeubles peuvent seuls être hypothé- qués (saul les navires), et ils sont soumis k des règles particulières, en ce qui concerne notamment I alienatioi, la saisie, la prescrip- tion, etc. La loi recouiiait trois sortes d'im- meubles, savoir : 1° les immeubles par leur nature, tels que les fonds de terre, les bâti- ments, les moulins fixés sur piliers ou faisant partie d'un bâtiment, les tuyaux servant k la IMMI IMMO IMMO 343 conduite des eaux dans une maison ou dans un autre immeuble, les l'pcolles non coupées et les fruits non délachés, les bois taillis, et futaies non abattus ; 2° IfS immeubles par destination, tels que les animaux et ufteiisiles que le propriétaire a placés pour l'exploitalion d'un fonds ou d'une usine. Les pigeons des colombiers ruraux, les ruches à miel d'une ferme, les lapins d'une garenne, les poissons d'un étang, les pailles et engrais d'une exploi- laiiovi rurale rentrent dans cette catégorie. Il en est de même de tousies objets mobiliers que le propriétaire a attachés au fonds à per- pétuelle demeure : tels sont les objets scellés dans un édifice, les glaces et tableaux enca- drés dans la boiserie d'un appartement et les statues placées dans une niche disposée pour les recevoir; 3° les immeubles par l'objet au- quel ils s'a/ipliquent, c'est-à-dire les droits immobiliers, tels que l'usufruit, le droit d'u- sage et le droit d'habitation frappant un im- meuble, les servitudes réelles et les actions qui tendent à revendiquer un immeuble (C. civ., 517 à .'126). 11 existe une quatrième classe d'immeubles : ce sont certaines valeurs niobi- lièies qui ont été immobilisées parla déclara- tion de leur propriétaire. Cette faculté a été exceptionnellnment réservée aux actions de la Banque de France et à celles des canaux d'Oijéans et du Loing (Décr. 16 janv. 1808, arb. /; 16 mars 1810, art 13). Les rentes sur l'Etat peuvent aussi servir de remploi immo- bilier (L. 2 juillet 1862, art 46 ; L. 16 septem- bre 1871, art 2!-)- » (Ch- Y.) * IMMIGRANT, ANTE s. Celui, celle qui vient s'établir dans un pays : un immigrant irlandais. "IMMIGRATION s. f. Ktablissement d'étran- gei's dans un pajs. — Législ. « Depuis l'abo- lition de l'esclavage des nous dans les colonies françaises, c'est-à-dire depuis le décret d'é- mancipation du 27 avril 1848, les colons ont cherché à suppléer au travail servile par le travail libre, et il en est résulté une immi- gration de travailleurs d'origine africaine ou asiatique, dans les possessions françaises. Le décret du 13 février 18,=)-2 détermine les con- ditions auxquelles peuvent avoir lieu l'enga- gement et le transport des ouvriers d'origine étrangère qui se rendent dans nus colonies. L'ile de la Réunion a t'ait de très grands sa- crifices pour amener chez elle des coolies de l'Indoustan; mais il s'est produit des abus scandaleux rappelant ceux qui se commet- taient à l'époque de l'esclavage ; et le gouver- nement de l'Inde anglaise a siis[iendu, le 20 novembre 1882, l'éiiiigration des colons in- dous à destination de la Réunion. Il semble donc que le décret précité est insuffisant et qu'une loi est nécessaire pour rfgler à nou- veau ce qui concerne l'immigration dans nos colonies. Quant à l'émigration européenne, au départ des ports français, elle est l'obji-t du décret du 1b janvier l8Ji), de la foi du 18 juillet 1860 et de plusieurs décrets posté- heurs ». (V. S.) (Ch. y.) IMMIGRER v. n. [imm-mi-] (jat. in, en ; miiiriire, ailer). 'Venir dans un pays pour s'y établir. * IMMINENCE s. f. [imm-mi-nan-se]. Qualité do ce qui e>t imminent : l'imminence du péril. * IMMINENT , ENTE adj. [imm-mi-nan] (lat. imminruf:, partie, de imminerc). Qui est près de tomber sur quelqu'un, sur quelque chose. Ne s'emploie guère que figurément et dans certaines phrases : une ruine, une dis- ijrdre imminente. IMMISCER V. a. [imm-mi-sé](lat. in, dans; misi.eie, niêlerj. Entremetlie mal à propos : il immisce tout le monde dans ses affaires. — ' S'immiscer v. pr. Jurispr. .Se méiur. .Se dit de celui qui est appelé à une succession, et qui jouit des biens qui la composent comme propriétaire : celui qui s'cft immiscé dans une succession n'y peut plus renoncer. — S'ingérer mal à propos dans quelque affaire, se mêler de quelque chose sans en avoir l'autorisation, le droit : */ s'est immiscé fort imprudemment dans cette querelle. On dit quelquefois, surtout au barreau. S'immiscer de faire quelque chose. * IMMIXTION s. f. [imm-mik-sti on] (lat. im- mixtio; de in, dans; mixtio, mixtion), jurispr. Action de s'immiscer dans une succession : les actes conservatoires n'emiwrtent point immix- tion. — Ingérence inopportune, déplacée : ne souffrez pas l'immixtion d'étrangers dans vos affaires. ■ IMMOBILE adj. [imm-mo-]. Qui ne se meut pas : lin a cru longtemps que la terre était im- mobile. — Fig. Au sens moral. Ferme, iné- branlable : à cette yiouvelle, loin de s'affliger, il est resté ealme et immobile. * IMMOBILIER, 1ÈRE adj. Jurispr. Immeu- ble, ou composé de biens immeubles : succes- sion immobilière. — Qui concerne, qui a pour objet un immeuble, des immeubles : vente immobilière. On appelait autrefois Héritier lUMOBiLiKR, celui qui héiitait des immeubles d'une succession. — Se dit quelquefois subs- tantiv. pour désigner les biens immeubles : (7 hérita de tout l'immobilier de cette succession. (Vieux.) * IMMOBILISATION s. f. Jurispr. Action d'immobiliser, ou résultat de cette action : immobilisation de rentes sur l'Etat. ' IMMOBILISER v. a. Jurispr. Donner à un effet mobilier la qualité d'irmneuble, le con- vertir liclivement en immeuble : immobiliser des rentes sar l'Etat. IMMOBILISME s. m. Opposition systéma- tique a toute innovation et à tout progrès. IMMOBILISTES m. Partisan de l'immobi- lisme. * IMMOBILITÉ s. f. Etat d'une chose qui ne se meut point : on a cru longtemps à l'immo- bilité de la terre. — Etal d'un homme qui ne donne aucun mouvementsiir rien : il est dans une inaction, dans une immobilité étonnante, pendant que tout le monde agit. ' IMMODÉRATION s. f. Manque de mesure, caractère de ce qui est immodéré : il faut se garder de l'irnmodération, même dans le bien. * IMMODÉRÉ. ÉE adj (lat. in, non; mode- ratus, Hiodéré). Qui manque de mesure : chaleur, ardeur immoJ('rée. ' IMMODÉRÉMENT ajv. Sans modération, avec exi'ès : boue, travailler immodérément. * IMMODESTE adj. [imm-mo-] Qui manque à la modestie, à la pu leur, aux bienséances : c'est la personne du monde la plus immodeste. — s. Se dit aussi des choses qui sont contrai- res à la modestie, à la pudeur : discours im- modestes. * IMMODESTEMENT adv. D'une manière immiide-~te : s habdier immodestement. * IMMODESTIE s. f. Manque de modestie, de bienséance : c'est une chose honteuse que l'immodestie. — Mumiue de pudeur : l'immo- destie dans les discours. [imm-mo-]. Celui qui IMMOLATEUR s. m. immole ; sacrilicateur. " IMMOLATION s. f. Action d'immoler: l'immolation de la victime. — Par ext. Se dit de la mise à mort d'un grand nombre d'hommes: les immolations de la Terreur. 'IMMOLÉ, ÉE adj. Egorgé comme victime; sacrifie, 11115 à l'écart. • IMMOLERv. a. |imm-mo-lé](lat. i«,dans; mola, gâteau, parce que la victime était of- ferte avec un gâteau). Ollrir en sacrifice. Se dit en parlant des victimes qu'on tuait chez le peuple juif, pour les offrir en sicrificeà Dieu, et de celles que les païens ofl'raienl aux idoles: immoler une victime. — Se dit égale- ment, dans la religion chrétienne, en parlant du sacrifice sanglant et du sacrifice non san- glant de J.-C. — Immoler quelqu'un a sa rage, A SA FUREUR, etc.. le tuer dans un transport de rage, de fureur, etc. — Poétiq. Tuer, mas- sacrer, égorger: o»î les immola tous. — Fig. Ruiner, perdre quelqu'un, ou détruire une chose, y renoncer, s'en priver, pour satis- faire quelque passion, pour obéira quelque nécessité, à quelque devoir, etc.: immoler quelqu'un à sa haine, à son ambition, à la haine , à l'ambition d'un autre. — Immoler OiELQu'uN, le railler, le tourner en ridicule. — S'immoler v. pr. Exposer, sacrifier sa fortune, son bien-être ou sa vie pour quelqu'un, pour quelque chose: s'immoler pour la patrie, pour le bien de la patrie, pour la cause publique. — Fig. et en plaisantant. Je m'immole, je sur- monte ma rèpuf;nance, je fais ce qu'on veut, et que je ne voulais pas faire. On dit aussi, dans un autre sens : Il s'est immolé de bonne GiiACE, il s'est laissé railler, il a entendu rail- lerie. * IMMONDE adj. [imm-mon-] (lat. in, non ; mundus, monde). Sale, impur. Se dit surtout en pailant des choses que certains législateurs ont déclarées impures : s'abstenir des choses immondes. — Ecrit, sainte : L'esprit immonde, les ksprits immondes, le démon, les diables. ' IMMONDICE s. f. Ordure, boue, saletés en- tassées dans les maisons, dans les rues. Dans ce sens, ne se dit guère qu'au pluriel : em- porter, enlever, nettoyer les immondices. — Ecriture. Immonoick légale, l'impureté légale dans laquelle les Juils tombaient lorsqu'il leur était arrivé de toucher quelqu.; chose d'im- monde. — Pour la législation, voy. Balayage. IMMONDICITÉ s. f. Etat de ce qui est im- monde. •IMMORAL. ALE, AUX adj. [imm-mo-]. Qui est sans principes de morale, sans mœurs : caractère immoral. — Se dit aussi des choses contraires a la morale : ouvrage immoral. IMMORALEMENT adv. D'une manière im- morale. •IMMORALITÉ s. f. Opposition aux prin- cipes de la morale, absence de ces principes : cet homme est d'une immoralité révoltante. •IMMORTALISER v. a. [imm-mor-j. Rendre immortel dans la mémoire des hommes : im- inoitaliser son nom, sa mémoire. — S'immor- taliser V. pr. Se rendre immortel : un prince qui s'est immortalisé par ses grandes actions. ' IMMORTALITÉ s. f. Qualité, état de ce qui eat immortel : l'immortalité de l'âme. — Espèce de vie perpétuelle dans le souvenir des hommes : un auteur qui travaille pour l'immortalité. £t poui' le citoyen qui défeiid sa patrie, La mort cVst l'immorlalité. I. Di M—. 'IMMORTEL, ELLE adj. [imm-mor-]. Qui n'est pomlsuiet à la mort : l'âme est immor- telle. — Se dit quelquefois, dans le style poé- IkIuo, des choses qui ne peuvent point périr: l'éclat immortel qui l'environne. — Se dit, fig., de ce qu'on suppose devoir être d'une très longue durée : un monument itnmortel. — Se dit également des choses dont on suppose que la mémoire doit toujours durer : il a fait des ouvrages immortels. — S'emploie aussi substantiv., surtout en parlant des divinités du paganisme : l'Olympe, séjour des immorl.ett. — « Par plaisant. .Membre de l'Académie fraa- çaise ; un des quarante imtnortels. — Hist. Titre des gardes des anciens rois de Pei'se, ainsi nommés parce que leur efl'eclif était touiours maintenu à U',000 hommes. Les immortels, tout resplendissants d'or, mar- chaient suivis dune longue suite de voilures portant leurs harems et leurs domestiques, d'une multitude de chameaux chargés de 344 IMOL provisions, de 1, 000 hallebardieis, de 1,000 ca- valier? cl de nombreux chars de gueire. • IMMORTELLE s. t. Planle de la fatiiillu des toiiiposéiîs, ijui esl ainsi nommée parci' que ses fleurs ne se fanent jamais : tes jkuvi, de l'immortiUe sont ordimùraimil jaunes. — Se dit plus souvent, dans le lans-ape ordinaire, des Heurs mi'mes de cotte plante : vnc cou- ronne d'imviortetles. — Encycl. Les inimor- lellcs servent à tresser des couronnes funé- raires et à former de?, bouquets d'hiver. L'i'm- liiunurtf Ile jaune (Helichrysum orientale). mortelle jaune [helichrysum orientale) est une plante vivace, originaire de Crète, et très cultivée dans le midi de la France. On con- serve l'éclat de ses fleurs en les cueillant l'raicLes et en les faisant sécher à l'ombi'e cl à l'air, la lèle en bas. Il existe plusieurs autres espèces d'immortelles, qui se distin- guent surtout par la couleur et pai' la larg-eur de leurs Heurs. * IMMORTELLEMENT adv. D'une manière inunorlelle. * IMMORTIFICATION s. f. Elat d'une per- sonne qui n'est pas mortifiée. N'est usité que dans le style ascétique. * IMMORTIFIÉ, ÉE adj. Qui nest point mor- lifié : esprit immortifié. IMMUABILITÉ s. f. Qualité de ce qui esl immuable. * IMMUABLE adj. [imm-mu-]. Qui n'est point sujet à changer : une immuable volonté. — Par ext. Se dit d'un homme dont le carac- tère esl très ferme, dont les résolutions ne changent pas : il est immuable dans ses vo- lontés. — Se dit aussi des choses humaines, lorsqu'on les suppose à l'abri du changement : une constance immuable. ' IMMUABLEMENT adv. D'une manière im- muable ; ptirsonnes immuablement et indissolu- blement unies par le mariage. * IMMUNITÉ s. f. [imm-mu-] (lat. immu- nitos). Exemption d'impôts, de devoirs, de charges, etc. : il jouit de cette immunité- — Im- munités ECCLÉSIASTIQUES, exemptions et privi- lèges dont les ecclésiastiques jouissent. — Se dit aussi d'une manière générale, de certaines exemptions, de certains avantages: on ne sait à quoi attribuer l'immunité dont ce quartier jouit pendant le choléra. IMMHRATION s. f. [imm-mu-1. Séquestra- tion d'une personne dans un lieu complète- ment clos de murs. ' IMMUTABILITÉ s. f. Etat, qualité de ce qui est immuable : l'immutabilité des décrets de Dieu. IMOLA, ville d'Italie, à 36 kil. S.-E. de Bo- logne, sur une petite île du Santeino; 9,3oo hab. (commune, 30,246). On croit qu'elle est I.MPA l'ancien Forum Comclii, fondé parScylla. M:i- iiufaclures de tarlre, commerce actif. IMOLA ilnnocenzio da), peintre bolonais, dont le vrai nom élait l''iani'uc(!i, mort vers I liiO. Sa toile leprésenlaiil l'an'haiigi- Muliel domptant Satan, esl a 15ulo;.'ne. Quelques-uns de ses ouvrages ont été confondus avec ceux de Ha[diacl. IMPACT s. m. fain-pakl] (lat. impactio, choc: de hniiirnjere. heurter). Mécan. Collision, ren- contre de deux corpr, qui sont l'un et l'autre en muuvpment, ou dont l'un est ininiubilc. L'impact esl direct (piand b's corps m- jniuvcnl sur la mCiiic ligne drode; ohlii/ue il.uis le cas contraire. Un cas iinportanl d impact oblique esl celui dans lequel une balle frappe un plan. Soil A C la diieiitioii dans laquelle .--e nieul la balle avant de frapper le plan en (',; soil C D la perpendiculaire à ce plan. Après avoir touché le plan, la halle sera repou-s^e dans une direction que nous appellerons C ii. L'an- gle A C D est nommé angle d'incidenee et l'angle B C D est ïamjle de réflexion. IMPACTION s. f. Chir. Fracture du crâne, d'uni' rùh- , avec enfonccnicnl de quelque Ir.igniriit (1 s.iillie des autres. •IMPAIR, AIRE adj. (lai. impar). Arithm. oppose a l'air, be dit des nombres entiers qui ne sont pas composés de couples complets d'unités : trois, cinq, sept, etc., sont des nom- bre impairs. — Années imp.mrks, celles qui sont exprimées parun nombre impair. — s. f. Bol. Foliole Urminale de certaines feuilles pinnées, et s'emploie principalement dans ces locutions : feuille ailée avec impaire, feuille ailée sans iwipaire. — s. m. Jargon. Jeux : jouer l'impair. — Jargon. Bévue, ânerie : il a fuit wi impair. IMPALPABILITÉ s. f. Qualité de ce qui esl iiii|ialp,ihle. •IMPALPABLE adj. Se dit de ce qui est si ténu, SI liij, si délié, qu'il ne fait aucune im- pression sensible au loucher : on a réduit ces perles, ce corail en poudre impalpable. IMPALUDATION s. f. (préf. im; \aLLpalus, ma- raisi. iU-d. Action des miasmes marécageux. IMPALUDISME s. ra. .Méd. Influence actuelle des miasmes marécageux. • IMPANATION s. f. [ain-pa-na-si-on] (préf. im; lat. 2"""'*, pain). Dogmal. elThéol. N'est d'usage qu'en parlant de l'opinion des liilhé- riens, qui croient que la substance du pain n'est pas détruite dans le sacrement de l'eu- charistie, et que le corps de J.-ii. y est avec le pain : hf luUiériens croient l'impanation. ' IMPARDONNABLE adj. Qui ne mérite point de pardon, qui ne doit pas être par- donné : uni faute impardonaable. •IMPARFAIT, AITE adj. Qui n'est pas achevé : laisser un ouvrage imparfait. — A qui il manque quelque chose pour être par- fait : une guérison imparfaite. — Livre imp.^r- T.\iT, livre imprimé où il manque quelque feuille. — Prétérit ou Passé imparfait, ou subslanliv. et plus ord.. Imparfait, temps du verbe qui sert principalement à indiquer une action considérée comme présente par rapport à un temps passé; et qu'on emploie quelque- fois au-.bi, dans les suppositions, par rapport à un temps présent ou même à un temps futur : l'imparfait de l'indicatif, du subjonctif . Je chantais est l'imparfait de l'indicatif du nip.v verbe Chanter, et je chantasse, l'itniHtrfuil du subjonctif. • IMPARFAITEMENT adv. D'une mauièrc ini|..ul.nle ; il ,,,^1 guéri qu'imparfaitement. IMPARINERVÉ, ÉE. Bot. Qui a des nervures en iioiiil.re impair. — /ui/.dr.jieiiue. (V. S.) • IMPARISYLLABIQUE adj. [ain-pa-ri-sil-]. Grainm. gr. Se dit des noms qui ont, au génitif singulier, une syllabe de plus qu'au nomi- natil : noms iiiiparisyttabiqiies. • IMPARITÉ s. f. Condition de ce qui est impair. — Jnég'alité : il y avait dans ce ma- riage une imparité trop choquante. IMPARTABLE adj. Juri.spr. Qui ne peut être [lailaL'e. • IMPARTAGEABLE adj. Qui ne peut être partage, cjui n e>t pas susceptible de partage. (Peu usité.) • IMPARTIAL, ALE, AUX adj. Exempt de partialité, qui ne saeritie point la justice ou la vérité il des préventions, à des affections, à des considérations particulières : un juge, un historien impartial. On dit dans un sens ana- logue : un examen impartial. • IMPARTIALEMENT adv. Sans partialité: discutrf iatpaitialeinent une affaire, une cause, une qnrstion. • IMPARTIALITÉ s. f. Qualité, caractère de de celui qui est impartial : l'impartialité est une qualité essentielle à un juge, à un hislo- ri' II. IMPARTIR v. a (lat. impartiri). Donner une pari. ' IMPASSES, f. Cul-de-sac, petite rue qui n'a point d'issue. — Fig. Etre dans llse im- passe, être dans une situation qui n'olfre [jas d'issue favorable; être diiis un emploi qui ne iiièiic a rien. • IMPASSIBILITÉ s. f. Qualité de ce qui esl inip.'i — ilile : le a on d'impassibilité. • IMPASSIBLE adj. Qui n'est pas suscep- tible de soullrance : les corps glorieux sont impassibles. — Se dit, par ext., de celui qui, par la force de son caractère, s'est mis au-dessus de la douleur : ils se moidrèrent im- passibles au milieu des plus cruels tourments. — Se dit aussi, flg., de celui qui ne se laisse déterminer dans ses jugements par aucune considération pai tiouliêre : un juge impassible. IMPASSIBLEMENT adv. D'une manière im- passible. • IMPASTATION s. f. (préf. im; lat. pasta, pâte). Maçonn. Composition faite de subs- tances broyées et mises en pâte : le stuc est une impastation. • IMPATIEMMENT adv. Avec impatience, avec inquiétude d'esprit, avec chagrin : î'/iHp- porte fort impatiemment ce revers. ' IMPATIENCES, f. [ain-pa-si-an-se]. Manque de patience; sentiment d'inquiétude que l'on éprouve, soit dans la soullrance d'un mal, soit dans l'attente de quelque bien : l'impa- tience dans les maux, dans les douleurs. — Se dit quelquefois, au pluriel, de l'espèce d'irri- tation nerveuse que cause l'impatience :at;o!r des impatiences. (Fa m.) IMPATIENS [ain-pa-si-ainss]. Nom latin du genre balsamine. Le molimpatiens a été donné d'une manière métaphorique à ce genre, à cause de l'élasticité de la capsule qui s'ouvre comme par un ressort et projette ses graines lorsqu'on la touche. • IMPATIENT, ENTE adj. Qui manque de patience, soit dans la souffrance de quelque mal, soil dans l'attente de quelque bien : c'est un homme fort impatient dans ses maux. — En Poésie, Impatient du joug, impatient du frein, etc., qui ne peut supporter, soutl'rir le joug, le frein, etc. ..it'E IMPE IMPE 345- * IMPATIENTANT, ANTE adj. Qui iiiipa- lienlf: rien n'est plus impatientant que d'at- tendre. (Fani.) * IMPATIENTER v. a. Faire perdre patience : il dit de si mauvaises raisons, que cela im- patiente tous (.■eî/o; qui l'entendent. — S'impa- tienter V. pr. Perdre patience: s'impatienter dans les maux. IMPATRONISATION s. f. Action d'impatro- niser, de s'im|iatroniser. IMPATRONISER v. a. Introduire comme une sorte de nuiitre. — * S'impatroniser v. pr. Ac- quérir tant de crédit, tant d'.uitoiilé dans une maison, qu'on y gouverne tout: il s'est impa- trcaiisé dans cette maison. (Fam.) Se prend or- dinairement en mauvaise part. IMPAVIDUM FERIENT RUIN^ loc. lat. qui signilii' : les ruines du monde le frapperont sans l'émouvoir. Tirée d'Horace. 'IMPAYABLE adj. Qui ne se peut trop payer: voilà un tableau imiiayable, un ouvrier im- payable. — Se dit, (îg., de ce qui est extraor- dinaire, très bizarre, très plaisant: le trait est impayable. Se dit aussi des personnes dans le même sens: cet homme est impayable. (Fam.) * IMPAYÉ, ÉE adj. Qui n'a pas été payé : ce billet est resté impayé. ' IMPECCABILITÉ s. f. Théol. Etat de celui qui est incapable de péclier: l'impeccabilité par nature n'appartient qu'à Dieu seul. ' IMPECCABLE adj. [ain-pèk-ka-]. Théol. In- capable de pécher: la Vierge n'a pu être im- peccable que par grâce. — Dans le langage ordinaire, incapable de faillir: j'ai pu man- quer, je ne suis pas impeccable. IMPEDIMENTA s. m. pi. [ain-pè-di-main-tal (mol lat.). Art milit. l'out ce qui retarde la marche d'une armée : bagages, ustensiles, etc. ' IMPÉNÉTRABILITÉ s. f. Etat de ce qui est impénétrable : L'impénélrabilité de la matière. — Phys. Se dit, particul., de la propriété en vertu de laquelle deu.x corps ne peuvent oc- cuper en même temps le même espace : l'im- pénétrabilité des corps. — Se dit quelquefois fig. : l'impénétrabilité des sec7-ets de la nature. ' IMPÉNÉTRABLE adj. Qui ne peut être pé- nétré ; au travers dui|uel on ne peut passer, pénétrer : une cuirasse impénétrable aux coups de mousquet. — Se dit, [larticul., en pajhinl de cette propriété qui fait que deux corps ne peuvent jamais occuper ensemble le même espace : les corps sont'inipénétrables. — Se dit plus ordinairement, au figuré, de ce que l'on ne peut connaître, expliquer: la prédestina- tion est un abime impénétrable. — Se dit éga- lement d'une personne qui cache soigneuse- ment ses opinions, ses sentiments, ses des- seins: c'est un homme impénétrable. ' IMPÉNÉTRABLEMENT adv. D'une manière impcnelrable. (Peu usité.) * IMPÉNITENCE s. f. Etat d'un homme im- pénitent, endurcissement dans le péché: vivre, mourir dans iimpénitcnce. — Isipénitence fi- nale, l'impénitence dans laquelle on meurt. — Fam. et par plaisant. .Moukirdans l'impéni- tence FINALE, persister dans un sentiment auquel on est fort attaché et qui d'ailleurs n'est point blâmable. •IMPÉNITENT, ENTE adj. Qui est endurci dans le péché, et n'a aucun regret d'avoir of- fensé Dieu : c'est un état déplorable que celui d'un homme impénitent. S'emploie aussi subs- tantivement : un impénitent; les impénitents. — MoORiR IMPÉNITENT, s(^ dit d'un liommc qui, après avoir mené une vie scandaleuse, meurt sans donner aucune marque de repentir et de pénitence. * IMPENSES s. f. pi. [ain-pan-se] (lat. im- pensa), iurispr. Dépenses qu'on fait pour entre- tenir une maison, une terre, un héritage, ou 244 pour les meltre en meilleur état : rembourser les impenses et améliorations. * IMPERATIF, IVE adj. (lat. imperare, com- mander). Impérieux : doî/s prenez un ton bien impératif. Ne s'emploie ^-uère que dans le lan- gage familier. — iMand\t impératif, instruc- tions qu'un représentant reçoit de ses élec- teurs et dont il promet de ne pas s'écarter : la loi, en France, ne reconnaît pas le mandat impératif. — Jurispr. Loi, disposition impéra- tive, Celle qui exprime un ordre absolu. — Gramm. Se dit, particul., du mode des verbes qui exprime commandement, exhortation, défense, etc. : le mode impératif. On dit de même : forme impérative. — S'emploie plus ordinairement comme substantif, dans le même sens : un verbe à l'impératif. Cours est l'impératif du verbe Counrn. * IMPÉRATIVEMENT adv. D'une manière impérative : la lot prescrit impérativement cela. ' IMPÉRATOIRE s. f. (lat. imperaior, empe- reur). Bot. Genre d'ombellifores, donll'espèce principale, Vimpératoire des montagnes [impe- ratoria ostruthium), appelée vulgairement an- gélique française, est une herbe vivace, à tiges arrondies, haute de fiO centim., à. fleurs d'un blanc rosé en ombelles. Son épaisse ra- cine contient un suc laiteux, acre etune huile essentielle, aromatique et stimulante On l'a employée comme succédanée de l'archangé- lique. Elle habite les bois montueux de l'Eu- rope. IMPERATOR s. m. fain-pé-ra-tor]. Titre que les Homains décernaient aux chefs d'armée qui avaient remporté une brillante victoire. * IMPÉRATRICE s. f. Femme d'un empe- reur; ou pniii'esse qui, de sun chef, possède un ein|iii'e : l'irnpérnlrbe d'.\.utriche. IMPERCEPTIBILITÉ s. r. Qualité de ce qui est inipei'ceplible. * IMPERCEPTIBLE adj. Qui ne peut être aperçu : cela est imperceptible. — Se dit aussi de ce qui a rapporta d'autres sens que la vue : une odeur si légère et si délicate, qu'elle est presque imperceptible. — Se dit pareillement des choses que l'esprit ne peut apercevoir, qui échappent à l'attention: les transitions sont d'autant }dus heureuses dans cet ouvrage, quelles y sont imperceptibles. * IMPERCEPTIBLEMENT adv. D'une ma- nière uiipi'reeptible, peu à peu, insensible- mont; cela se fait imperceptiblement. ' IMPERDABLE adj. Qu'on nesauraitperdre, dont le gain eat sur. Ne se dit guère que dans ces locutions familières : iin procès, une cause imperdable. ' IMPERFECTIBILITÉ s. f. Qualité de ce qui est imperfectible. * IMPERFECTIBLE adj. Qui n'est pas sus- ceptible de se perfectionner. * IMPERFECTION s. f. Etat de ce qui n'est point achevé, parfait: l'état d'imperfection dans liijui Icel ouvrage est resté. — Défaut, ce qui fait qu'une personne ou une chose n'est point (larfaite : imperfection de corps, d'es- prit. — Libr. Se dit de toutes les feuilles ini- firimées (|ui ne sullisent pas pour faire un volume parfait, et que, par celte raison, on met au rebut. Ce sens a vieilli : on dil main- tonaiit, Défets. ' IMPERFORATION s. f. .Méd. Vice de con- formaliDii ([uj consiste en ce qu'une partiequi devrait être ouverte ne l'est pas : l'imperfora- tion est ordinairement conijénilale. •IMPERFORÉ, ÉE adj. Méd. Qui n'est pas ouveri, et qui devrait lèlre : anus imperforé; boiwhe nnper forée. ' IMPÉRIAL, ALE, AUX adj. Qui appartient à un empereur ou i un empire : cour onneim- périale; manteau impérial. — Villes iupéuiales. villes libres qui composaient le troisième col- lège du corps de l'empire d'Allemagne. — Armoiries. Aigle MPÉRIALE, armes de l'empire d'Autriche, qui sont une aigle à deux têtes. — Eau impériale, espèce d'eau-de-vie distillée. — Couronne impériale, ou simplement, Impé- riale, espèce de frilillaire panachée qui fleu- rit au printemps. — Prune impériale, ou simplement. Impériale, espèce de grosse prune longue. — Serge impériale, ou simplement. Impériale, espèce de serge faite de laine fine. — s. m. pi. les troupes de l'empereur d'Alle- magne : les Impériaux campèrent sur une hau- teur. — Se disait quelquefois des ministres de l'enipereurd'Allemagne, dans une assemblée: les impériaux proposèrent, à telle assemblée, de... - IMPÉRIALE s. f. Jeu de cartes qui tient du piquet et de la triomphe, et où l'on nomme également Impériale une certaine séquence de cartes: jouer à l'impériale. ' IMPÉRIALE s. f. Le dessus d'un carrosse : l'impériale de ce carrosse est ornée de bronzes. On dit, dans un sens analogue, L'impériale d'un liTj surtout eu parlant des lits à l'an- cienne mode. — »v Touffe de poils qu'on laisse pousser sous la lèvre inférieure. IMPÉRIALISME s. m. Opinion des impéria- listes. * IMPÉRIALISTE s. m. partisan de l'Empire. — S'emploie aussi adjecliv. : les opinions im- périalistes. ' IMPÉRIAUX. Voy. Impérial. * IMPÉRIEUSEMENT adv. Avec orgueil , avec hauteur, superbement : parler impérieu- sement. •IMPÉRIEUX, EUSEadj. Altier, hautain, qui commande avec orgueil : homme impé- rieux. - Se dit quelquefois, poét., des ani- maux, et même des choses: l'aigle impérieux. — Se dit fig. des choses pressantes, des choses auxquelles on ne peut résister : nécessité impé- rieuse. ' IMPÉRISSABLE adj. Qui ne saurait périr: les anciens philosophes soutiennent que la ma- tière est impérissable. — Se dit, par ext.," des choses qu'on suppose devoir durer très longtemps : monnnunt impérissable. IMPÉRISSABLEMENT adv. D'une manière impérissable. ' IMPÉRITIEs. f.[ain-pé-ri-si](lat. imperilia). Incapacité, inhabileté ; ignorance de ce qu'on doit savoir dans sa profession : l'impéritied'un chirurgien. IMPERMÉABILISATION s. f. Action d'im- permi'alnliser. IMPERMÉABILISER v. a. Rendre imper- méable. ' * IMPERMÉABILITÉ s. f. Phys. Qualité de ce qui esl iiii|ieriiiéable. * IMPERMEABLE adj. Phys. Se dit des corps qui ne se laissent point traverser par certains autres corps : le verre est perméable à la lumière et imperméable à l'eau. — Se dit absol. d'un cuir, d'une étoffe, etc., apprêtés de manière que l'eau ne saurait les traverser: drap, cuir imperméable. ' IMPERMUTABILITÉ s. f. Qualité de ce qui est impermutaliie. * IMPERMUTABLE adj. Qui ne peut êtra échange contre autre chose, qui ne peutêlrd permuté. * IMPERSONNALITÉ s. f. Phil. Qualité do ce qui est impersonnel : l'impersonnalilé de ta raison. — »v Gramm. Condition du verbe im- personnel. * IMPERSONNEL. ELLE adj. Gramm. Se dit des verbes qui sont employés à la troisième personne du singulier, sans relation à un III. 34« IMPE sujet déterminé : les verbes impcrsonnds j>ro- prcmenl rfi'fs sont ceux qui n'nnt que t'infl'nli/ et la Iruisiémc personne du siutjulier, t' Is que Falloir, pleuvoir, neiger, etc., qui font : Il faul, il pleul, il neipe, etc. — On «lit quel- quelois suhslanliv., un impersonnel, des im- )iersonnels, mais seulement en patlanl do! vci'bes inipcrsiinnels rie leur iiaUirc. — Se ilil aussi des modes ilu verbe qui no reçoivent pas d'inflexions indiquant les personnes : iinflnitif el Ir partiripe sotil rlrf modes imper- sonnels. — Se dit d'une manière plus priié- raie de ce qui ne fiirme pas une personne, de ce qui n'appartient pas, ne se rapporte pas à une p'isonne : In loi est impersonnelle. •IMPERSONNELLEMENT adv.Gramm.lVunc inanièii' inipeisonnclle. Se dit en pailaiit des verbes personnels qui deviennent acii- dentellement impersonnels : le verbe Avoir est employé personnellement dans cette jihrase, 11 y a bien loin d'ici là ; et le verbe Arriver, dans cette autre, l\ arrive souvent que... • IMPERTINEMMENT adv. [-ti-na-man], Avce inipcilinence : il lui répondit im}>erti- nemmint. * IMPERTINENCES, f. Caractère d'une per- sonne ou d'une chose impertinente : l'imper- tinence (le cet homme est si grande, que cha- cun le déteste. — Se dit aussi dos paroles et des actions qui sont contre la bienséance, ou contre le bon sens : les qrands parleurs sont sujets à dire beaucoup d'impertinences. — Se dit également des paroles rt des actions ofTen- santes : il m'a fait cent impertinences. ' IMPERTINENT, ENTE alj. Qui parle ou qui agit contre la bienséance, ou contre le bon sens : c'est l'homme du monde le plus im- pertinent. - Qui parle ou qui agit d'une ma- nière olTensante pour quelqu'un : elle est bien impertinente d'avoirdit cela. - Se dit encore des actions, des discours contraires à la bien- séance, à la raison : un discours imiiertinenl. — OHénsant, insolent : cette réponse est fort impertinente. — Prat. Fait, auticle imperti- nent, tait, article qui n'a rien de commun avec la chose dont il s'agit. (Vieu.\.) — s. En parlant des personnes : c'est un fut, un im- pertinent. * IMPERTURBABILITÉ s. f. Etat de ce qui est imperturbable : l' imper turbabilité de son âme. •IMPERTURBABLE adj. Que rien ne peut troubler, ébranler, émouvoir : il est imper- turbable dans les résolutions qu'il a prises, dans les desseins qu'il a formés. • IMPERTURBABLEMENT adv. D'une ma- nière imperturbable ; savoir par cœur imper- turbablement. IMPÉTIGINEUX adj. Méd. Qui est de la na- ture de l'impeligo. IMPÉTIGO 3. m, (lat. impétigo ; de empetere, attaquer). Méd. Espèce d'éiuption cutanée non contagieuse, caractérisée par de petites pustules dont l'humeur, quand elle vient a se dessécher, forme des croûtes épaisses, jau- nâtres et rugueuses. On en dislingueplusieurs espèces : l'impetiyo (igurata qui atteint la l'ace et les joues el auquel sont sujets les entants à l'époque de la dentition; Vimpetiyo larvalis, ainsi nommé parce que les pustules, en se desséchant, forment une sorte de masque jaunâtre el humide, qui peut couvrir toute la ligure; on l'appelle vulgairement gourme; V impétigo granulala ou croules de lait occupe le cuir chevelu et l'orme des croiites qui ressemblent à des fragments de mastic et qui adhèrent l'orteraeut aux cheveux. Il est ordiuairement accompagné d'un gontlement douloureux des ganglions cervicaux et sous- maxillaires. L'impétigo est ordinairement causé par la misère et la malpropreté; l'en- fance y est particulièrement sujette. On re- commande d'améliorer, dès le début, l'état IMPI. général par une médication dépurative et reconstituante. On donne I huile de foie de morue, le sirop d'ioduru de li-r, rarseuiate de soude (2 cenligr. pour 300 gr. de sirop de quinquina; une demi-cuillerée matin et .-oir), les pastilles de Lavie au pliosfihalc de chaux. Si l'allection persiste au bout d'un mois de ce traitement, on coupe les cheveux, on fait tomber les croiHes avec un ou deux cataplas- mes cmollients et un lave la tête avec de l'eau îulfun'e. (Voy. Gam;i,ion.) On dislingui' la teigne de l'inifiétigo en ce que lapremiiMC de ces alfijctiuiis présente des croûtes concaves, jaunâtres, olfriMit des saillies et des fossettes analogue^ aux alvéoles d'une ruche à miel et exhalant l'odeur d'une souris • IMPÉTRABLE adj. (lat. impetrabilit). Droit. Qu on peut iiiipétrer: les lettres que vous sol- licitez ne .font point impHrabks. — HÉMiFiCK IMPÉTRABLE, béiii'lice vacaut par mort, ou qu'on peut olitcnir par dévolu : l'arrêt dé- clara ses liénéfices impétrables. ' IMPÉTRANT, ANTE s. Droit. Celui, celle qui a obtenu des leltrcs du prince, ou ([uel- que bénélice : l'affaire fut jugée en faveur de t impétrant, de l'imiiétranle. — Université. Ce- .'ui qui obtient un diplôme : la signature de l'impétrant. * IMPÉTRATION s. f. Droit. Obtention Ne se dit tpie de I action par laquelle on obtient des lettres du [irince, ou quelque bénéfice : l'impétration d'une grâce. • IMPÉTRER V. a. (lat. impetrare). Droit Obtenir en vertu d'une supplique, d'une re- quête : impétrer des lettres du prince. •IMPÉTUEUSEMENT adv. Avec impétuo- sité ; le vent soufflait impétueusement. ' IMPÉTUEUX, EUSE adj. Violent, véhé- ment, rapide : un vent impétueux. — Qui ne sait point se contenir, vif. bouillant, fou- gueux : c'est un homme impétueux, un carac- tère impétueux. * IMPÉTUOSITÉ s. f. Action, qualité de ce qui est iiiqiétueux : l'imiiéluosité des flots, du vent, de la lempcte; soutenir l'impétuosité d'une attaque. — Fig. Extrême vivacité dans l'es- prit, dans le caractère, dans les manières : l'impétuosité française. ' IMPIE adj. (lat. impius). Qui n'a point de religion, qui a du mépris pour les choses de la religion : c'est un homme impie. Se dit aussi, dans le style poétique ou soutenu, de ce qui appartient aux per>oiine> impies : leur bouche impie a vomi ce blasplième. — Se dit égale- ment de tout ce qui est contraire à la reli- fion ; des sentiments impies. — Par ext. e dit de ce qui olfense la patrie, l'autorité paternelle el en général les choses considé- rées comme une sorte de religion : ce com- plot imjde fut découvert. — s. : c'est un impie. ' IMPIÉTÉ s. f. Mépris pour les choses de la religion : il affiche i'impiété. — S'a|iplique également aux actions et aux discours im- pies ; l'impiété de cette action révolte. — Ac- tion, parole, sentiment contraire à la reli- gion : soutenir le contraire, est une impiété. — Par ext. Mépris pour des sentiments uni- versellement respectés : sa conduite à l'égard de son père fut une impiété. ' IMPITOYABLE adj. Qui est insensible à la pitié, qui est .-ans pitie, qui ne fait aucune grâce : c'est un homme impitoyable. ■ IMPITOYABLEMENT adv. D'une manière impitoyable, sans aucune pitie : on l'a traité impitoyablement. IMPLACABILITÉ s. f. Qualité de ce qui est implacable. •IMPLACABLE adj. (Ul. implacabilis). Qui ne peut être apaisé ; c'est un homme impla- cable. • IMPLACABLEMENT a.lv. D une manière im[duc.ible : il haïssait implacablement. • IMPLANTATION s. f. Action d'implanter, ou de s'implanter. • IMPLANTER v. a. Insérer dans, Hclier, planlei uiu; chose dans une autre. En ce sens, il est peu usité. — S'implanter v. pr. Se dit des corps qui adhènnt s(iontaiiément à un autre corps sans eu faire essentielle- niciit partie, commi' des excroissances et des boutures naturelles, des cheveux de l'homme, du |Joil des animaux : les longues branches de quelques arbres retombent, et s'implantent dans la terre par leur extrémité. • IMPLEXE adj. [ain-plè-kse] lat. implexus, compliqué; de in. dans; plicare, ()lier;. Se dit des ouvrages dramaliipies où il y a recon- naissance ou péripétie, ou l'un et l'autre; et s'emploie surtout en jiarlant du théâtre des anciens. IMPLIABLE (prêt, ina et fr. pliable). Qui ne peu êtiii plié. • IMPLICATION s. f. Jurispr. Action d'im- pliquer, état d une personne ini[iliquée dans une allaire criminelle : l'implication dans une affaire rrimindle rend incapable de posséder un bénéfice. — Se dit aussi en termes d'école; et signilie, contradiction. Ne s'emploie alors qu'en parlant des propositions contradic- toires : il y a de l'implication dans ces deux propositions. ' IMPLICITE adj. Didacl. Qui est con- tenu dans un discours, dans une clause, dans une proposition, non pas en termes clairs, e.vprès et formels, mais qui s'en tire natu- rellement par induction, par conséquence. Se dit par opposition à explicite : cela est con- tenu dans le contrat dune manière implicite. — Volonté implicitk, celle qui se manifeste moins par des paroles que par certaines ac- tions, par eerlains faits. — Foi implicite, celle d'un homme qui, sans être instruit eu détail de tout ce que l'Eglise a décidé, se soumet à tout ce qu'elle croit. Se dit, par ext., d'une contiance absolue dans l'opinion, dans les paroles de quelqu'un -.j'ai une foi impli' cite en tout ce qu'il dit. • IMPLICITEMENT adv. Didacl. D'une ma- nière implicite : cette proposition n'est dans ce lierc-ta qu'implicitement. ' IMPLIQUÉ, ÉE part, passé de Impliquer. — Adj. Qui est engagé, compromis dans : il est impliqué dans une mauvaise affaire. • IMPLIQUER V. a. (lat. implicare). Enve- lopper, engager, embarrasser. Se dit en par- lant de crime ou de quelque affaire fâcheuse : on a voulu l'impliquer dans ce crime. — Se dit aussi des choses qui en font supposer d'autres, qui les renferment, les comprennent implici- tement : l'idée d'homme implique les idées d intelligence et de volonté. — Cela implique CONTRADICTION, SB dit dês propositions, des discours où il y a contradiclion : vous dites qu'il est sage, et vous avc-uez qu'il fait des fo- lies; cela implique contradiction. On dit aussi absolument, surtout en termes d'école : cela implique; il implique de dire que... ' IMPLORER V. a. (lat. implorare). Deman- der liuniblement el avec instance quelque se- cours, quelque faveur quelque grâce : implo- rer la clémence du vainqueur, la protection d'un grand prince. Benonçonâ au stérile appui Des grauds qu'on impthye aujourd'hui. ROUSSBAU. -r- Imploheb le bras séculier, recourir à la justice séculière, à la puissance temporelle, pour faire mettre à exécution les sentences de la justice ecclésiastique. • IMPOLI, lE adj. Qui est sans politesse. Se dit des personnes et des choses : homme llMPO IMPO IMPO 347 impoli. — S'emploie quelquefois substantiv. : ! vous êtes un impoli. ' IMPOLIMENT adv. Avec impolitesse : il m'a répondu fort impoliment. * IMPOLITESSE s. f. Manque de politesse, )(;noraiice ou mépris des rèL'Ies de la poli- tesse : l'école du monde corrige l'impolitesse. — S'applique également aux actions et aux pa- roles d'une personne impolie : l'impolitesse de ce procédé. — Action, procédé contraire à la politesse : il m'a fait une impolitesse. ' IMPOLITIQUE adj. Qui est contraire à la bonne, à la saine politique : cette mesure, cet acte impolitique lui aliéna tous les esprits. * IMPOLITIQUEMENT adv. D'une manière inipnlilii|uo : c'est agir bien ivipolitiquement. IMPONDÉRABILITÉ s. f. Phys. Qualité de ce qui est impondérable : l'impondéraltilité de la lumière. ' IMPONDÉRABLE adj. Phys. Sert à quali- fier diverses substances dont la matérialité est constatée, mais dont le poids spécifique écbappe à nos déterminations, de sorte qu'on ne peut affirmer que ces substances obéissent à l'action de la pesanteur : fluides impondé- rables. ' IMPOPULAIRE adj. Qui n'est pas con- forme aux désn's du peuple : acte impopu- laire. — Se dit aussi des personnes, et sif.'nifie, qui déplait au peuple, qui n'a pas l'atl'ection du peuple : prince impopulaire. * IMPOPULARITÉ s. f. Défaut de popularité, défaut de l'altection du peuple : il est tombé dans une grande impopularité. IMPOROSITÉ s. f. llist. nal. Etat de ce qui n'est pas |)ureux. •IMPORTANCE s. f. Ce qui fait qu'une chose est d'un grand intérêt, estconsidéralile par elle-même, ou par les circonstances qui î'accumpagneni, ou par les suites qu'elle peut avoir : l'importance d'une question, d'une affaire. — Mettre, attacher de l'importance A UNE CHOSE, la considérer comme ayant beau- coup d'importance : il met, il attache de l'im- portance à tout ce qu'il fait. — .autorité, crédit, inlluence : cetteplace lui donne beauvoup d' im- portance dans lemonde. — Se dit en mauvaise part, et s'applique à ceux qui montrent de l'orgueil, de la vanité, qui veulent paraître plus considérables qu'ils ne le sont réelle- ment : faire l'homme d'importance. — D'im- portance loc. adv. Très fuit, extrêmement. Ne se di t guère que des mauvais traitements ; je l'ai querellé d'importance. ' IMPORTANT, ANTE adj. Qui importe, qui est de conséquence, qui est considérable, d'un grand intérêt : avis, conseil important. — Se dit quelquefois des personnes qui jouissent d'une cerlaine aiilorité, d'un grand crédit, d'une grande inlluence : c'est un homme important, un personnage important. — s. La chose importante, l'essentiel : en toute affaire, l'important est de savoir ce qu'on veut. — Se dit aussi d'un homme vain qui cherche à donner aux autres et qui a souvent lui- même une opinion exagérée de sa qualité, de son mérite, de son crédit : faire iimpor- tant. — w Les Importants, l'action funnée de tous ceux qui av,iient ete persécutés pai Richelieu et qui, favorisés d'abord par la reine Anne d Autriche, se crurent appelés à jouer un grand rôle. •IMPORTATEUR s. m. Gomm. Qui fait le commerce d impoiiatiun, qui importe des marchandises dans un pays. * IMPORTATION s. f. Comm. Action d'im- porter : iimpiii talion de ces marchandises est prohibée. — Se dit aussi des marchandises importées : les importations ont été l'caucoup moins considérables que Us exportations. — Se dit, par ext., du transport d'une maladie d'un pays dans un autre ; l'importation du choléra en Egypte. — Fig. L'importation des idées. * IMPORTER V. a. Comm. Apporter, intro- duire dans un pays des productions étran- gères, une industrie créée à l'étranger, l'tc. : importer des marchandises dans un pays. — Fig. Importer des mots étrangers. "IMPORTER v. n. N'est d'usage qu'à l'infi nilil et aux troisièmes personnes. Etre d'im- portance, de conséquence : cela ne lui im- porte en rien. — v. imp II importe pour la sûreté publique. - S'emploie dans un grand nomhre de phrases, la plupart négatives ou interrogatives, qui seivont à maïqu r l'indif- férence que l'on a ou ipie l'on doit avoir pour quelque chose, le peu de cas que l'on en fait, ou que l'on en doit faire : (ju'importe la puis- sance, la gloire, si elle ne rend point heureux? •IMPORTUN, UNE adj. {]a.l. importunus). Fâcheux, incommode, qui déplait, qui en- nuie; qui fatigue par ses assiduités, par ses discours, par ses demandes, etc. : il craint de vous être importun, de se rendre importun. — S'emploie aussi substantiv. : c'est un im- portun. — Se dit également, tant au sens physique qu'au sens mural, des choses qui deviennent incommodes par leur continuité, leur Iréquence, eic. : un vent importun. • IMPORTUNÉMENT adv. D'une manière importune : */ reeient importunément à la charge. (Peu usité.) * IMPORTUNER v. a. Incommoder, fati- guer par ses assiduités, par ses demandes, par ses questions, etc. : je crains de vous im- portuner. — Kig et poét. Importuner les DIEUX, LE CIEL DE SES PRIÈRES, DE SES VŒUX, implurer souvent et mal à propos la Divinité. — Se dit également, tant au sens physique qu'au sens mural, des choses qui incom- modent, qui lassent, qui causent de l'ennui: ses fréquentes visites m'importunent. ' IMPORTUNITÉ s. f. Action d'i-mportuner: grande importunité, accabler quelqu'un de ses importunités. ' IMPOSABLE adj. Qui doit, qui peut être impose; qui est sujet aux impositions, aux droits. • IMPOSANT, ANTE adj. Qui impose, qui est propre à s atlirer de l'attention, des égards, du respect ; un ton imjiosant. — Se dit aussi des choses qui élèvent l'âme et qui la rem- plissent d'une admiration mêlée de respect : un spectacle imposant. — Force imposante, FORCES iMPOSA.MEs, loi'ces militaires considé- rables : ce prince mit sur pied des forces im- posantes. ' IMPOSER v. a. (lat. imponere). Mettre des sus. bu ce sens, ne se dit guère au propre que dans cette phrase : imposer les mains. — Fig. Imposer un nom, donner un nom, donner une dénomination : imposer le nom d une ville nou- vellement bdtie. — Fig. Chargerquelqii'un d'une chose incommode, pénible ou diflicile; pres- crire, inUigcr : en lui donnant cette commission, on lui a imposé une Idche difficile à riinplir. — Imposer silence, ordonner qu'on se taise, faire qu'un se taise. — Fig. Imposer silence AUX passions, les réprimer, empêcher qu'elles ne troublent l'âme, qu'elles ne l'agitent. — Fig. Imposer silence aux médisants, a la ca- LOMNiE.AU MENSONGE, ctc, Ics réduiro au silence, faire que les mcdisances, que les calomnies, etc., ne trouvent plus de crédit, et que ceux qui les répandent soient par là forces de se taire. - Se dit, particul., en parlant des tri- buts dont on charge les peuples, des droits, desconlributioiis que le gouverneiuenl exige des particulieis dans l'inteiêl cunimun : im- poser un tribut sur une province conquise. — Se dit quelquefois des matières sur lesquelles DD met des impôts: imposer te vin, le sel. — Faire une espèce de violence à quelqu'un pour qu'il accueille une personne, pour qu'il ac- cepte une chose ; ;'/ voulait nous imposer ses créatures. — Imposer du respect, inspirer du respect : la riré^ence du général imposa du res- pect aux mutins. — Absol. Imposer, inspirer du respect, de l'admiration, de la crainte: sa présence m'impose. — En imposer, a été pris souvent dans le sens' précédent; mais il si- gnifie plus exactement, tromper, abuser, sur- prendre, en faire accroire : vous voulez en imposer à vos juges. — Imputer à tort: on lui a imposé un crime dont il est innocent. CVieux.) — Typogr. Action de poser sur le marbre une ou plusieurs pages, de façon qu'elles se trouvent dans l'ordre convenable; de les en- cadrer avec un châssis; de les {.'arnirde leurs bois ou de leurs garnitures de plomb et de leurs biseaux ; de les serrer à l'aide de coins ou de crémaillères, afin de pouvuir les enle- ver d'une seule pièce avec leurs châssis pour les porter à la presse. On dit imposer par feuille ou par forme, selon qu'il faut une ou deux formes pour obtenir la feuille. — S'im- poser V. pr. Se charger volontairement d'un tribut, d'un impôt: ce département est autorisé à s'imposer e.ctraordinairement. IMPOSEUR s. m. Typogr. Ouvrier impri- meur qui impose les pages. IMPOSITEUR s. m. Celui qui impose ; fer- mier dis iiii|iûts. •IMPOSITION s. f. Action d'imposer. N'est d'usage au propre que dans cette phrase: l'imposition des mains. — Se dit, fig., en par- lant des noms qu'on donne : la première impo- sition des noms a été faite par Adam. — Fig. Action d'imposer quelque chose de pénible, d'onéreux, comme une peine, un tribut, un droit, des contributions: l'imposition d'une peine, d'une pénitence. — S'emploie souvent absol. et alors signifie, droit, contribution imposée sur les choses ou sur les personnes: imposition nouvelle. - Typogr. Action d'im- poser, de placer les pages dans l'ordre voulu, de les entourer d'une garniture et de les ser- rer dans un châssis de fer. Il y a autant da sortes d'impositions qu'il y a de formats. * IMPOSSIBILITÉ s. f. Défaut de possibilité. (/ y a de l' impossibilité a cela. — Impossibilité MÉTAPHYSIQUE, Se dit de Ce qui in-plique con- tradiction: il y a impossibilité métaphysique qu'une chose soit et ne soit pas, qu'un cercle soit carré. — Impossibilité physique, se dit d une cho»e qui est inifiossible selon l'ordre de la nature: il y a impossibilité physique qu'un fleuve remonte vers sa source. — Impossi- bilité morale, se dit d'une chose qui est vrai- semblablement impossible: il y a impossibi- lité morale qu'un homme de bien fasse une mauvaise action. •IMPOSSIBLE adj. Qui ne peut être, qui ne se peut la, le: le mouvement perpétuel; la qua- drature du cercle, etc., sont des problèmes dont la solution est regardée comme impossible. — Impossible esl un mol <]ue je ne dis JHinais. Colin d IIiblbvillk. Malice pour Malice, «ciel, so. riil. — Se dit quelquefois, par ext., pour si- gnifier, qui est très difficile : il lui esl impos- able de l'isitr longtemps chez lui. — »» Qui ne peut être employé : ministre devenu impossible. — Bizarre, extravagant: il a un air impos- sible.— "s. m. '.jeneimis pas faire l'impossible. — Par exag. Faire l'impossible, faire tout ce qui esl possible. — Héduire quelqu'un a l'ih- possiBLK, en exiger ce qu'il ne peut faire; ou, en termes de logique, le réduire à no pouvoir répondre sans lomber en contradiction. — Prov. A l'impossible NUL n'est tenu — Gagner l'impossible, perdre l'impossible, etc., gagner beaucoup, perdre beaucoup, etc. — Par im- possible, formule dont on se sert, dans le discouis, lorsqu'on suppose une chose qu'on sait bien être impossible: si, par imj^ssible, on redevenait jeune. 348 IMI'R IMIMl IMPOSTE s. f. (lai. in, sur; poiilus, plaeé). des imprécalions est celle que Corneille met Arcliil. I.a dcinière pierre du piefi-droit | duns la IjoucIic de Camille d'une poile ou d'une arcade, faisant saillie sur les antres pierres, ayant ordinairenii-nt quelques moulures, et sur laquelle on [lose la première pierre qui commence à former le cintre de la porte, de l'arcade : ccth: imposte a trop dr ^iiillii'. ■ IMPOSTEUR f. m. Celui ciui en impose, qui troni|ie: c'vsl le jAus (jrand ivipostcur qui fuljiimais. — l'arlicnl. Calomniateur qui im- puté faussement ii quelqu'un quelque chose de préjudicialile et d'odieux : c'est tin Idckc, un vil in>postnir. - Celui qui invente, qui débite une f.iusse doctrine pour séduire les hommes, [)Our faire secte : c:t imposlnir lUt de nombreux partisans. — Celui c|ui lacho de tromper, soit par de fausses apparences de piété, de sagesse, de probité, soit en voulant se faire passer pour un autre homme qu'il n'ai: il veut passer pour un homme de bien, pour un grand dévot, mais ce n'est qu'un im- posteur. — Adjecliv. : un éloge imposteur. Il n't;st cspnl si droit Qui ne soit imposteur el fauj par quelque endroit. ItOILHiU. • IMPOSTURE s f. (rad. en imposer). Ailion de lrciMi|Mi', den imposer: grossière iinposturc. — Particul. Calomnie, ce que l'on inqiute faussement à quebiu'un daii.s le dessein de lui rniire : imposture manifeste, horrible. — Hy- pocrisie, déguisement, tromperie dans ses mœurs, dans sa conduite : toute sa vie n'a été qu'une imposture continuelle. — Action de tromper en se faisant passer pour un autre: l'imposture des faux Démélrius. — Se dit aussi de certains ouviuj-'es fabriqués dans une in- tention de fraude el donnés comme l'œuvie de quelque auteur connu : les impostures litté- raires. — Se dil, lig., en parlant des choses qui font illusion, qui causent de. illusions : il est itifficile de se défendre de l'imposture des sens. • IMPÔT s. m. (lai. impositum, chose im- posée). Cliarf:e publique, droit imposé sur cer- taines choses: impôt teirilorial, foncier. — Législ. Se dit absol. des impôts en général, et delà manière de les établir: /e vote de l'im- pôt. — Se dit quelquefois, lig., de ce que l'on paye pour des besoins iraaf;inaires, pour des plaisirs : les dépenses que font faire la vatiité, la débauche, sont le plus lourd de tous les im- pôts. — Kig. L'impôt du s.iNG, se dit quelque- lois pour l'obligation du service militaire. — Législ. — La legislalion concernant les im- pôt.-^ directs el les iinpôls indirects a été ex- posée au mot CoNi'RiBUTioN ; il restera à parler, au mot Valeurs, des taxes frappant les valeurs mobilières. (V. S.) • IMPOTENCE s. f. Méd. Etat de celui qui est impoleiit. • IMPOTENT, ENTE adj. (préf. ini; lat. po- tcns, puissant). Estropié, qui est privé de •l'usage d'un bras, d'une jambe, etc., soit par vice de nature, soit par accident: la goutte l'a rendu impotent. Un diL de même : un bras im- potent, une jambe impotente, etc. — s. : un 'impotent. • IMPRATICABLE adj. Qui ne peut se faire, s'exécuter : ce que vous me proposez, est tout à fait impraticable. — Se dit aussi des lieux où fou ne peut passer, où l'on ne passe qu'avec beaucoup de difficulté : les chemins sont im- jiraticables. — Se dit encore d'une maison, d'un appartement, d'une chambre qui a des inconvénients tels, qu'on ne peut l'habiter; cet appartement bas est impraticable pendant l'hiver. ' IMPRÉCATION s. f. (lat. in, contre ; pre- cari, plier). Malédiction, souhait qu'on lait contre quelqu'un -. quelle hoirible imprécation ! — tthét. Se dit, particul., de celte ligure par laquelleon souhaite des malheursàcelui dont on parle ou à qui l'on parle. La plus célèbre dan; Rome, l'unique objet de mon reftientinienl. etc. On cite aussi rinqirécatiun de Joad [ Athalic de Racine : liiiigiie, duignc. mon Dieu, ete. Et celle de Cléopâtre ex])irantc, dans Rodo- gune : Puisse le ri'-I, tou* ilrMH vous prenant pour viclime<<, etc. IMPRÉCATOIRE adj. Qui a rapport à l'im- picr.iiinii fniiiinli'S imprécatoires. IMPRÉGNABLE ailj. Qui est susceptible de s'iiniircL'nir- : trrre imprégnable. IMPRÉGNATION s. f [gn. mil]. Ad ion d'im- lai (|iii résulte de cette action. pn-giiei' , ■ IMPRÉGNER v. a. \gn. mil.] lai. imprse- gnare.; &<■ in, dans; prxgnare, féconder). Se dil en parlant d'un corps solide ou lliiide dans lequel pénètrent et se répandent les particules d'une substance ; imprégner une liqueur de sels, de iiarties ferrugineuses. — S'emploie quelquefois, fig., en parlant des opinions, des principes, etc., inculqués dans l'esprit ; dès sa jeunesse, il a été imprégné de ces doctrines. — S'imprégner v. pr. S'imbi- ber : les balles de coton s imprègnent quel- quefois '/'' niiitsmes peslilentiels. • IMPRENABLE adj. Qui ne peut être pi is. Ne se dit qu'en parlant de villes el de place» de guerre : il n'y a guère de places imprena- bles. — Très dil'ticile h prendre : ce poste, cette place est imjircnnble. IMPRESARIO s. 111. [ain-pré-sa-rio, ou iinin- pré-za nu] (,i(al. impresa, entreprise). iNoin qu'on donne en Italie, à tout directeur d'une troupe de comédiens ou entrepreneur de Ihéâlre : des imprésarios ou des impresari. • IMPRESCRIPTIBILITÉ s. f. Droit. Qualité de ce qui est imprescriptible : l'imprescript'i- bilité de son droit. •IMPRESCRIPTIBLE adj. Droit. Qui n'est pas su-ceplible de |irescriptinn : droits im- prescriptibles. — S'emploie quelquefois dans le langage ordinaire : tes droits de la nature sont imprescriptibles. * IMPRESSES adj. 'Voy. I.ntentionnelles. * IMPRESSION s. f. (lat. impressio). Action par laquelle une chose appliquée sur une autre y laisse une empreinte, des traits, etc., ou résultat de cette aclion : l'impression d'un corps sur un autre corps. — Anal. Imprkssions DiGiT.\LEs, légères dépressions qu'on observe a la face interne des os du crâne, el qu'on di- rait faites par l'impression des doigts. — Par- ticul. Action ou manière de tirer de> emp: ein- les d'une surface où il y a des creux ou des saillies propres à se charger d'une couleur qui, par compression, se reporte sur une au- tre surface : on obtient les épreuves d'une gra- vure, d une lithographie au moyen de iimpres- sion. — Typogr. Action d'i m primer une leui Ile, un livre, une alliche, etc. — On dit, bonne ou mauvaise impression, relativeinenl à la beauté ou à la defecluusité de l'ouvrage im- primé. — Se dit quelquetois dans le sens d é- dilion : les anciennes impressions sont aujour- d'hui fort recherchées. - EU'el que l'action d'une chose quelconque pro.iuit sur un corps : il est sensible aux moindres impressions de l'air, aux moindres impressions du ciiangement de temps. — Se dil, quelquelois, de ce qui reste de l'action qu'une chose a exercée sur un corps : l'alambic laisse toujours une im- pression de feu dans les eaux distillées. — Se dit, lig., de l'ellel qu'une cause quelconque produit dans le cœur ou daiisl esprit: cet évé- nement fit une telle impression, une si forte impression sur lui, qu'il s'en rappelait jusqu'aux moindres circonstances. — Fain. Faire iupiies- sio.N, se dit de quelqu'un qui autre vivement sur lui latlenlion : chaque fois qu'il prend la IMI'H larole, il fait impression. — Peint. Couleur qui se met sur la toile ou sur un panneau, soil à l'huile, soit en détrempe, et qui sert de première couche à l'ouvratre. — Peinture d'impression, peinture à couches plates que foui les peintres en bâtiments. IMPRESSIONNABILITÉ s. f. Caractère de ce qui est iiii|u e^sionn.ible ; susceptible de re- cevoir des sensations organiques. 'IMPRESSIONNABLE adj. Susceptible de rerevDii (il- vives impressions ; esprit impres- Sioiinohh . • IMPRESSIONNER v.a. Causer des impres- sions, émouvoir : '<•( événement l'a tristement impressionné. — S'impressionner v. pr. Re- cevoir une inipiession morale. • IMPRÉVOYANCE s. f. Défaut de pré- voyaiicf : l'iinprèvoijance des jeunes gens. ■ IMPRÉVOYANT, ANTE adj. Qui manque de prevoy.iiii-i- : r,l tioniine était impjréeoyant . • IMPRÉVU UE adj. Qu'on n'a pas prévu, et qui aniv.' loisqu'on y (lense le moins : un ui'i'idiii! imprévu. IMPRÉVU s. m. Ce qu'on n'a pas prévu. — A 1 imprévu loc. adv. Synon. de a l'i.m- PliovisTi:. IMPRIMABLE adj. Qui peut être imprimé. cet oiii riiijr n'ist pus imprimable. ' IMPRIMÉ, ÉE part passé d'iMPBiuER. — Se dilqiieupiel'uis -ubslantiv., en parlant de petites broiliuics ou de feuilles volantes : il court un imprimé. — Se dil aussi de tout livre imprimé, par opposition à manuscrit : cata- logue i/cs imprimés. • IMPRIMER v. a. (lat. in, sur; premere, presseij. t.iiie ou laisser une empreinte sur quelque chose, y maicjner des traits, une fi- gure : imfjrimer un sccausur delà cire. — Se dit, particul., de l'iiiipiession, à l'encre noire ou en couleur, qui se lait par l'applicaliun et la pression d'une surface sur une autre '.im- primer en taille-douce, en taille de t>ois. — Plus parlicul. .Marquer, empreindre des lettres sur du papier ou sur quelque autre chose semblable, avec des caractères fondus ou gravés, que l'on a chargés d'encre; et, par exl., faire tous les travaux nécessaires pour la confection d'un livre, etc. : imprimer nettement sur papier fin, sur vélin. — Se dil également dans le sens de faire imprimer, publier par la voie de l'impression : !( n'a encore rien imprimé. — Se faire imprimer, meltre au jour quelque ouvrage : mon tra- vail est fini, je me fuis imprimer. — S'emploie aussi lig. . il imprime a tous ses ouvrages un cachet original. - Se dil, particul., des sen- timents, des images, etc., qui font impression dans I e-prit, dans la mémoiie, dans le cœur: Ce Spectacle lui imprima une grande terreur. Imprimez dans mon âme, en traits inellaçables, L'amour de votre fus. k zèle de sj loi. Cours DE UiRCKLLOs. Paiaphriue du âtabat Mater. — Se dit aussi en parlant du inouveraenl, de la vitesse, etc., qu un corps communique a un autre corps : le mouvement, la force, La vi- tesse qu un corps imprime a un autre. — S'em- ploie quelquelois lig. dans un sens analogue: cette découverte imprimait aux idées une direc- tion nouvelle. - Peiiit. Donner à une toile ou à un panneau la préparation nécessaire pour y peindre un lanleau. — Peintres en bâti- ments. Enduire d'une ou de plusieurs couches de couleur des ouvrages de serrurerie, de menuiserie, etc. — S'imprimer v. pr. Laisser une Liiipreinte : leurs pas s'imprimaient sur laneige — Se dit desbenliments, des images qui lotit impression dans le cœur, I esprit, etc. : ce qu'on apprend lorsqu'on est jeune s'im- prime mieux dans l'esprit, dans la mémoire. ' IMPRIMERIE s. f. (rad. imprimer). Art d'imprimer des livres, des journaux, etc. : IMPR l'imprimerie est l'invention la plus féconde en grands résultats. — Se dit aussi, collectiv., des caractères, des presses, et de tout ce qui sert à l'impression des ouvrages : acheter une im- primerie. - Etablissement où l'on imprime des livres, etc. : entrer dans une imprimerie. — Imprimerie en taille-douce, imprimerie li- thographique, établissement, lieu où l'on im- prime des gravures en taille-douce, des litho- graphies.— Imprimerie portative, presse por- tative, avec l'assortiment de caractères et d'ustensiles pour imprimer des ouvrages de peu d'étendue. — Encycl. Dans son sens le plus large, l'imprimerie comprend la litho- t/raphie, l'imprimerie en taille-douce et la typographie. Nous nous occuperons ici de cette dernière seulement, la lithographie et la taille-douce étant traitées à leur ordre alpha- bétique. — La typographie, ou imprimerie proprement dite, est l'art de multiplier mé- caniquement les exemplaires d'une œuvre manuscrite; elle a exercé une inlluence pré- pondérante sur les progrès de l'humanité en répandant à profusion les livres et les publica- tions périodiques qui régnent sur la civilisa- lion contemporaine. Ellecomprcnd deux par- ties distinctes : la composition et le tirage ou impression. 1° La Composition est l'assemblage des littres ou caractères, de manière à former des mots, des lignes et des pages. Ce travail est exécuté par des ouvriers nommés compo- siteurs. (Voy. Compositeur!, qui se tiennent devant un tréteau en forme de pupitre appelé rang, sur lequel est établie la casse contenant des caractères. (Voy. Composition, Casse, Cas- SETiN, Casseau.) Le compositeur ayant devant les yeux la copie ou manuscrit, et tenant dans la main gauche son composteur, lèoe la lettre, c'est-à-dire qu'il prend successivement de la main droite, chacune des lettres qui doivent former les mots à reproduire, en séparant ceux-ci par descspares, petites lames de métal plus basses que les lettres, et ne produisant, par conséquent, au(tune marque à l'impres- sion. Les lignes doivent avoir toutes la même longueur, que le? mots font rarement d'une manière exacte, et que l'on obtient par la justification, travail quiconsiste à augmenter ou à diminuer le? espaces. La bonne exécu- tion d'une composition tient surtout à l'exac- titude de la justification, à la régularité de l'espacement et à la manière de diviser les mots au bout des lignes. (Voy. Diviser.) A la lin des alinéas, le compositeur complète les lignes au moyen de pièces de métal que l'on appelle, suivant leur épaisseur, cadrais, cadra- tins et dc'mt-ca(i'n(<(»!«. Au commencement des alinéas rentrants, il 'place un cadratin qui forme le retrait. Quand il est forcé de com- biner dans une même ligne des caractères de dill'érents corps, i! les ramène tous à une force commune i l'aide de boutsd'interligiies qu'il place en dessus et on dessous du mol composé en plus petits caractères, de ma- nière que la base de l'œil de ces caractères s'aligne avec la base de l'œil de l'autre ca- ractère : opération appelée parangonnayc. Lorsque le compositeur manque de la Ictti'c nécessaire, il a recours au blocage (voy. ce mol), alin de ne pas retarder son travail. Le composteur étant plein de lignes bien justi- fiées, l'ouvrier les dépose sur une galée 'voy. ce mot), et quand celle-ci, à son tour, est pleine, il lie la composition pour en former des paquets. Ayant encré ces paquets à l'aide d'un rouleau, il les couvre d'un papier hu- mide sur lequel il frappe avec une brosse, pour obtenir ainsi l'épreuve dite en première typograiihiqiie. (Voy. Epreuve, Correction, etc.) Cette épreuve passe par la leclure du correcteur (voy. ce nomj, et revient à l'ou- vrier, qui exécute les chaiigenienls indiqués, enlève les doublons, fait diïpar.iitre les co- quilles, rétablit les bourdons, les blocages, elc. — C'est là que se termine le travail du com- positeur proprement dit ou paquctier, et que I.MPR commence celui du metteur en pages. Ce der- nier prend les paquets et les met sur une longueur déterminée, pour en faire des co- lonnes ou des pages, auxquelles il ajoute la pagination, les signatures, les titres, les têtes et blancs de chapitre, les notes, les additions, les lettrines, les vignetles, elc. Ensuite il passe à rî'mposih'on delà feuille, opération qui con- siste à placer les pages de telle sorte que, lorsqu'on pliera la feuille imprimée, elles se trouveront dans l'ordre convenable. Les pages étant rangées dans cet ordre, on entoure chaque moitié de la feuille d'un cadre de fer appelé châssis el l'on remplit les intervalles avec des bois ou des pièces de métal que l'on nomme garnitures. Chaque moitié de feiiilb- ainsi imposée est appelée forme; la forme qui contient la première page de la feuille se nomme coté de première; l'autre est dite côté de seconde ou de deux et trois, parce qu'elle contient les seconde et troisième pages. Les garnitures, les bois ou les biseaux étant en place sur les cotés et en bas de la forme, on enlève les ficelles qui entourent les pages, que l'on as-ujettit au moyen de coins de bois ou de fer introduits entre le châssis et le bi- seau ; on serre légèrement et on baisse les lettres hautes avec le taquoir. (Voy. ce mol.) On serre enfin d'une manière définitive et de telle sorte que les /onHes pui?sentètre enlevées tout d'une pièce. On en fait une ou plusieurs épreuves, qui passent sous les yeux des coi- recteurs ou de l'auteur et qui reviennent à un ouvrier en conscience, nommé corrigeur. — Depuis quelques années, on essaye d'exéculer le travail du compositeur au moyen de pro- cédés mécaniques; et l'on a imaginé des com- poseuses (voy. ce mol) qui assemblent les lettres avec une grande rapidité, mais qui, ne pouvant justifier les lignes, ne produisent, en réalité, qu'une économie assez minime. — L; bon il tirer ayant été donné par l'auteur et les dernières corrections ayant élé faites par le corrigeur, on procède" au tirage, qui est quelquefois précédé d'une opération dis- tincte nommée clichage. (Voy. ce mot.) "i" Le Tirage ou Impression a pour objet de trans- porter l'empreinte des lettres ou des clichés sur le papier qui a subi l'opération du trem- page et quelquefois celle du glaçage. (Voy. ces mois.) L'impression a lieu au moyen d'une machine nommée presse, dont nous donnons plus loin la description. L'ouvrier qui dirige cette machine commence par faire la mise sous presse. Après avoir assujetti la forme sur le marbre de la presse, il dispose toute chose de manière que le niveau de celte forme soit bien égal et que le foulage produit lors du tirage soit le même partout. Pour cela, il passe le taquoir sur la forme desserrée et frappe à petits coups pour baisser les lettres dont le pied ne porterait pas sur le marbre; aprèss'être ensuite assuré qu'il ne se produira pas trop de pression, il tirequelquesépreuves pour voir quelles sont les parties qui resienl défectueuses. Ici commence la mise en train qui consiste à égaliser le foulage en ajoulanl, sur les parties faibles, dabèquets formés d'un ou de plusieurs fragments de papier pelure el en découpant sur le tympan ou sur le cylindie les parties sur lesquelles on désire adoucir l'impression. — Le lirage piopreinent dit a lieu de diverses façons, suivant la machine que l'on emploie. Pour la presse à bras, l'ou- vrier nommé prcssier étend sur le tympan la feuille à imprimer; il raliat la frisquette sur le tympan et celui-ci sur la forme encrée et posée sur le marbre, puis il roî(/e, c'est-à-dire qu'il amène le train sous la platine par l'ac- tion du rouleau et de sa manivelle, il lire à lui le levier appelé 6(((reaH. l.n platine, poussée de haut en bas par la vis, presse sur le tym- pan, el les lettres produisent leur empreinte 5ur le papier. L'ouvrier abandonne le li'vier ; la platine remonte; on déroule le train, c'est- i-dire qu'on le fait reculer; on relève le iMPn 349 tympan et la frisquette cU'on enlève la feuille imprimée. Pendant ce temps, un autre ou- vrier, nommé toucheur, encre la forme en distribuant l'encre à sa surface au moveii d'un rouleau qu'il a préalablement promené sur une table-encrier posée près de la presse. La feuille étant tirée en blanc ou d'un seui côté, au nombre d'exemplaires que Ion dé- sire, on est obligé de la mettre en retiration (l'imprimer de l'autre côté). Pour cela, on dispose la seconde forme sur la presse, à la place de la précédente ; on retourne les feuilles et on les pose sur le tympan, de ma- nière que les ardillons de la pointure entrent bien dans les trous qu'ils ont formé? lors du premier tirage, afin que les pages elles lignes soient en registre ou tombeiil exactement les unes sur les autres. — Lorsque le tirage est Lerminé, on lave les formes à la potasse puis à l'eau el on les distribue. (Voy. Distriduer.) Avant d'être livrées au brochage, les feuilles subissent les deux opérations du s^cÂfi;/e et du satinage. Le tirage sur les machines diffère du précédent en ce que tout le travail s'exécute au- tomatiquement. — Machines a imprimer. Les machines à imprimer reçoivent le nom de presses. Longtemps avant l'invention des ca- ractères mobiles, on employait, pour l'impres- sion des planches gravées, une presse en bois construite sur le principe du pressoir à ven- danges. Comme celui-ci, cette presse agissait au moyen d'une vis; comme lui, elle manquait de cran d'arrêt et la pression était réglée par le bras de l'ouvrier. Des cordes ou des nerfs établissaient ordinairement la solidarité entre la vis et la platine. Cet appareil primitif servit aux imprimeurs pendant quatre siècles sans B ||t— «.fe^l M ^' j i^H i ^1 ^h( "P^^ Brcêrianû jjt^uj^mm P i i 1^^ ^WBIg m |^Rt5«w^i Fig. (. qu'il y fût apporté de modification imporlan le. C'est do la situation qu'occupe le barreau de la pi esse en pression relativement à la platnic, à la vis de pression et au marbre (vo^". notre (ig. l) que vient probablemeut l'origine de cotte espèce de 4 qui ligure sur presque toutes les marques des imprimeurs de la première éiioque On possède des gravures représen- tant la presse telle qu'elle existait en Io20. Elle était à peine assez large pour imprimer à la fois deux pages d'in-lolio. Cet appareil fut légèrement perfectionné en 1020, par Blaew, d'Amsterdam ; mais la première modi- fication radicale y fut apportée par le comte Slanliope, savant anglais, qui, ayant à faire imprimer un ouvrage de physique, et n'élanl pas satisfait des résultats obtenus par la presse en bois, construisit, vers 1800, la presse en fi'r qui porte encore son nom. Dans c';t appa- reil, le mécanisme repose sur l'ingénieuse combinaison de coudes cl de leviers, ce qui donne une grande puissance de pression. Presque aussitût fut introduite en Europe la 350 I.Ml'R pvesse Colombienne, inventée, vers 1817, par Georpe Clynier, de Philadelphie. F^a presse Wdsiiivgton, inventée en 1829, par Sarnui»! Ituslot (|ui servit de modèle à la plupart des appari.'ils construits dans la suite, est repré- sentée par notre fig. i. Ses parties essentielles sont les suivantes : a, hilliiMi ter, assez solide pour résister à la torce du levier, et portant les deux montants appelés jumelles; h, marbre sui' lequel reposent les caractères mis en l'orme ou le cliché prêt à être tiré; c. l'une des deux bandes à coulisses dans lesquelles plisse le marbre ; d, poignée de la manivelle qui met le marbre en mouvement; e, platine nue l'on l'ail descendre sur le marbre et dont la pres- sion sur la forme détermine l'empreinte du caractère sur le papier; f, barreau ou levier que l'ouvrier tire à lui pour faire descendre IMPR s'y opère au moyen d'une platine s'abattani siir la forme. — Un imprimeur de Rionij .M l.eboyer, inventa, en 18ti6, la petite machine destinée à l'impres- sion instantanée descartesde visile. Cetle petite presse perfectionnée a proiliiit un certain déplacement des allaires, parce qu'elle permet aux pa[ietiers de s'occuper de l'impres- sion des travaux de petit format. — L'invention des mai'liini'S opéra une révolution i:ornplète dans l'im- primerie ; la lihiairie prit unf ex- tension inconnue Jusqu'alors; b journal cessa de végéter et dovln une puissance ; il se fit des prodige de bon marché. Les premièn- presses mécanicpies furent mires en mouvement par des manœuvres nommés tourneurs de nue, au moyen d'une manivelle et d'un volant. Mais les énoimcs et puissantes machines que l'on construit aujourd'hui ont pour moteur une machine à vapeur. — On classe de la manière sui- vante les machines typographiques : 1° Ma- IMPR de va-el-vient, réagissent sur eux-mêmes en sens inverse de leur première évolution et Fig. i. Presse à bras Washington. la platine; g, ressort en spirale qui relève la platine après l'impression; h, tympan, forniA d'un châssis garni de toile et de blanchets ; /, frisquette; A', rouleau automoteur. Les progrès industriels rendaient indi-pensable l'inven- tion d'une presse mi'cuniqne ; mais plusieur- essais échouèrent à cause de la difficulté d'encrer la forme au moyen de l'ancienne bnlk et du hvoynn. Le rouleau t>jpogra)ihiqw- avant été inventé par Cannai en 1819, on put appliquer, en la perfectionnant, l'ingénieuse machine à imprimer conçue vers 1801, par Kri'déric Kœnig, nalifd'tisleben (Saxe). Cette machine acquérait une vitesse moyenne de 700 feuilles à l'heure. (Voy. Kœnio.) La pres- sion s'y opérait au moyen d'une platine, comme dans l'ancienne presse manuelle ; mais tous les autres organes étaient nouveaux etsuppléaiententièrementlesbras de l'homme. Le même inventeur, associé à Baûer, monta, en 1816, la première machine dite à retira- tion, imprimant simultanément les deux côtés de la fouille. En France, les premières ma- chines furent construitesàParis.par Caveaux, en I S'.;'.), et par Sel ligne, en 1831 ; maisia jire- mière machine double . française vraiment peifectionnée, fut imaginée par Thonndier, en 1834. Peu après, Rousselet; Normand etDu- tartre apportèrent aux machines à imprimer des améliorations qui les mirent à même de tirer des ouvrages soignés et même des gravures. Hippolyte Marinoni, d'abord colla- borateur de Caveaux, acquit une grande ré- putation en inventant les machines simples qui se répandirent à profusion, et plus tard les machines cylindriquesqui portentson nom et qui sont aujourd'hui si employées pour les grands tirages des journaux. Nous citerons aussi, parmi nos constructeurs français: Pierre Alauzel, Louis Rebourg. Jules Derney (le vé- ritable invenieur des machines cylindriques), ■Voirin, Wibart, Coisne, etc. — En 1861, Ue- gener et Weiler, de New-York, inventèrent les machines dites à pédales^ parce qu'elles sont mises en mouvement (lar le pied, pendant que les mains fournissent le papier. Ces machines ne peuvent être employées que pour les travaux de ville de petit format. La pression CHINES SIMPLES, dites eti blanc, qui n'impri- ment qu un seul côté de la feuille pendant leur évolution. Parmi ces presses, on com- prend les machines simples à cylindre, a platine, les machines à pédales et à main. — f AlAcmNKs DOUBLES OU à vetiration. Fig. Madiiiic double. imprimant simultanément les deux côtés de la feuille. Les machines à retiration com- prennent deux systèmes tout à fait différents; ce sont les machines à gros cylindres et les machines à soulèvement. Ces dernières sont ainsi nommées parce qu'il s'y produit un soulèvement alternatif des cylindres ; lorsque l'un descend pour opérer la pression, l'autre remonte pour laisser passer librement la forme. — 3° iMacuines a réaction, qui doivent leur nom au mouvement alternatif des cylindres de pression; ceux-ci étant constamment com- mandés par le marbre, suivent son mouvement • " ■c;"a"iiiiiBWba^i&tf'^''tfn"".^^"--- - l'ig. 5. Maciiine doulik-. amènent en pression le second côté de la feuille après avoir imprimé le premier côté. Les machines à réaction peuvent être à un, deux, trois ou quatre cylindres. Chaque cylindre peut fournir l,.')ÔO exemplaii'es k l'heure. La première idée du mouvement de réaction est due à l'Anglais Philippe Taylor (1822). Le cons- Iructeur fraiiçais Joly (1836) prit if premier un brevet dans lequel i ui trouve une description com- lète et pratique de ce mouve- i iiiiMit. — i° Machines noTATivEs lu cylindriques, ainsi nommées i cause de leur disposilion géné- rale, qui est exclusivement rota- ive. Les formes, au lieu d'être |ilanes, sont cylindriques, ce qui .■ouslilue le dernier perfection- nement df l'imprimerie contem- l'oraiiie. L'art nu clichage ayant i-omplèlement modifié celui de _, ;v:'|' l'impression, l'invenleurRichard- ' M. llœ, de New-York, imagina le premier de cintrer les clichés et d'en faire des formes cvlindri- ques (1847). Ce fut un trait de lumière; le principe des machines rotatives était décou- vert. La machine perfectionnée de Hœ est représentée dans noire fig. 7. La forme cin- trée est placée sur la circonférence d'un gros cylindre ou tambour. La pression sur le papier est opérée par des cylindres plus petits. La foi me est encrée par des rouleaux. En aug- mentant jusqu'à dix le nombre des formes cy- lindriques, Hœ arriva à fabriquer une machine qui tira -20,000 exem- [ilaircs à l'heure ; son système fut immédiate- ment adoplé pour l'im- pression desgraiids jour- naux anglais et améri- cains. L'ingénieux .svs- tème imaginé par Hoe devintle pointde départ d'une foule de perfec- tionnements merveil- ^ leux. La Viclory fig 8) ~ imprime, coupe, plie et comple en une heure 8,000 exemplaires d'un grand journal de 8 pages. En France, nous avons la fameuse presse rotative à papier continu de Mari- noni, chef-d'œuvre de construction dans lequel le papier se déioule, est rendu hur mide, est imprimé des deux côtés, et trans- formé en journaux coupés, rangés et comptés par la machine. — Hist. L'art typographique n'a point été créé tout d'une pièce ni par un seul inventeur. II a subi des phases très lentes qui ont duré pendant plusieurs générations. A une époque assez reculée, qui parait dater du xiv° siècle, les fabricants de cartes à jouer IMPR avaient imaginé de graver sur des planches de bois les images à reproduire, an lieu de les dessiner une à une sur des feuilles de carton, Pig. 6. Macmne rotatiTe. OU de les découper sur des patrons. Les procé- dés employés par l'imagerie existèrent donc avant ceux de la typographie proprementdite. De la fabrication des cartes, la xylographie ou gravure en bloc, précurseur nécessaire de l'inifirimerie, s'étendit bientôt et tout natu- rellement à celle des images des saints et des pieuses légendes, et donna naissance aux IMPft dernière de ces villes attribue cette invention à l'un de ses habitants, nommé Coster. (Voy. ce nom.) Les deux autres villes, d'accord pour en rapporter toute la gloire à Gu- tenberg (voy. ce nom), se disputent seulement sur une question de prio- rité, prétendant chacune avoir été témoin des premières applications de cette admirable industrie. Gu- tenberg se servait de caractères en bois, ainsi que nous l'avons dit à l'article qui concerne ce grand in- venteur. Il parait démontré que l'on doit à Schœller (voy. ce nom ; voy. aussi Fusrl l'art de tailler des matrices, de londre, parce moyen, .l'autrcs caractères et de les multi- '':plier sans être obligé de graver ^chacun d'eux séparément (14.54). 'Dès lors, l'imprirneric était créée. Celte nouvelle industrie enrichit ra- pidement l'heureux Schœtfer, mais elle eut contre elle tous ceux qui étaient in- téressés à conserver l'ancienne routine, les copistes, les enlumineurs, etc. Telle était la fureur et le crédit de css réactionnaires que Nicolas Jenson, envoyé par Louis XI àiMayence pour y éludiff l'art nouveau (1462), n'osa revenir en France et se lixa à Venise, où il inventa, vers 14b9, le caractère dit romain, ÎMPR 351 deux riches confréries des tail- leurs de bois et des peintres de lettres ou ymagiers. lînsuite, on grava, sur des blocs de bois, des mots, des phrases, des paiagraphes, pour en tirer un gi'and nombre de copies; et l'on en arriva, dès le début, au point où les Chinois se sont arrêtés pendant vingt siècles. Le plus célèbre des ouvrages qui furent imprimésa par ce procédé est la gram-| maire d'Klie Douât, où tuutî écolier apprenait à bégayer les premiers éléments de la-^' latinité et qui fut leproduite - à profusion par la xylogra- phie; ce qui fait que les savants comprennent, sous le nom gé- , . nérique de Douais, tous les rares exemplaires qui remplaça bienlûl l'ancien caractère imite des ouvrages quelconques publiés à la même ' " Fig Presse perfectionnée de Hœ. époque par le même procédé. La Biblia pau penim (Bible des pauvres), si répandue à la lin du moyen âge, était imprimée de la même façon, probablement en Hollanile ou peut- être en Allemagne, A'oii les libraires la dis- des manuscrils gothiques. Pendant que le roi calomnié, Louis XI, cherchait à doter la France d'une industrie si pleine d'avenir, l'impri- merie reçut une impulsion bien plus puis- sante de ses implacables ennemis. Adolphe de Nassau ayant surpris la ville do Mayeiice, ' développa et Michel Fribiirger importèrent I imprimerie à Paris; ils ouvrirent un atelier en pleine maison de Soibonne et imprimèrent, dès 1470, en caractères romains, une rhétorique de Fichet {Ficheti Rheloricarum], un Florus et plusieurs aulrpf^ incunables, lis eurent bientôt pour rivaux P'erre Cesaris (147-3), Pasquier Bonhome (147ti], qui imprima le premier livre français, les Chroniques de France, et Antoine Vérard, qui se fit l'éditeur spécial et pour ainsi dire exclusif de nos livres nationaux. Les premiers imprimeurs qui vinrent d'Alle- magne à Paris furent dabord traités de sor- ciers, parce que le peuple, habitué à l'incor- rection des livres recopiés par les scribes, ne pouvait comprendre comment on arrivait sans sortilège à produire, en si grand nombre, des textes expurgés. Il fallut l'intervention du roi Louis XI pour empêcher le Parlement et l'Université de faire pendre Gering, ses as- sociés et les libraires qui mettaient en vente ses ouvrages. On prétend même que Fust, l'associé de Gutenberg, fut arrêté à Paris. L'imprimerie rouennaise date de 147.3, époque où Pierre .Maufer, natif de Rouen, mit au jour dans cette ville Alberti Mugni de lapidibus et mirteralil'US. On vit paraître à Lyon, en 1478, les Pandecles médicinales de Mathaeus Sylva- ticus; la même année fut imprimé à Genève le Traité des Anges du cardinal Ximénès. En ■i486, parut à Abbeville la t'jité de Dieu de saint Augustin, traduit par Kaoul de Presles, en 137o [i vol. in-fol.). Vers la même époque, Jean de Vest- phalie mit au jour, à Louvain, Petrus Crescentius de agricul- turd. En 1489, Gérard Leeuw publia, à Anvers, Ars episto- J iiiris Francisa Nigi'i . Peu ^i après, Amerbach, imprimeur ?a Bâle, imagina le caiaclère appelé sain.-augustin. William Caxton, mercier de Londres, créa la première imprimerie _ anglaise en 1470; Aide Ma- nuces'établitàVeniseen 1494, et invenla, vers 1313, le carac- tère aldin ou italique. (Voy. Alde.) Vers 1490, un fondeur allemand, Heilman, établi à Paris, fit les premiers poim^'ons de la bâtarde ancienne. Nicolas Grandjoii, imprimeur à Lyon, grava, en 1556, les poinçons de l'écriture fran- çaise connue depuis sous le nom de civi- lité. L'imprimerie, protégée par Louis XII, se encore sous le règne de Frau- en 1 162, se fit l'in.'^lru- ! çois I"."Mais ce dernier, poussé par la Sor- nient de la haine des ' bonne, crut pouvoir arrêter le progrès par un copistes en détendant édit. Il défendit (13 janv. 1533) d'imprimer dans son royaume, sous peine de la hart. Cet Fig. 8. La Viclory, machine rotative k papier continu persaient dans toiile l'Kurope. L'honneur d'avoir vu naître l'art de re|Moduire les écrits au moyen de caractères mobiles a été reven- diqué par Mayi'nce, Strasbourg et Harlem. La d'imprimer à l'avenir dans cette ville. Il in- demnisa le vieux Gu- tenberg en lui accor- dant une pension. Mais les ouvriers impri- meurs, loin d'aban- donner leur art, le transportèrent dans les lieux où il n'était pas connu, et de cet événe- ment mémorable date la fameuse dispersion dont toute l'Eu ropepro fila. Udalric, Han. Su- venheim, Arnold Pan- narts se rendirent à Rome où on les logea dans le palais des Maxi- mes. Jean de Spire et Vandelein so fixèrent à Venise; Sixte Kulinger s'établit à Naples, Philippe de Lavagiia à Milan: Jean de Cologne ti Strasbourg, ainsi que Mentheim. En 1469 seulement, trois ou- l'ricrs ma\ciiçais, Ulric Gering, Mariin Craiitz son royaume, sous peme de la éditridicule el impuissanifut rapporté rann::e suivante el il n'en resta d'autre souvenir que le litre de Proscripteur de l'imprimerie, donné au roi par plusieurs historiens. (Voy. Fran- çois l".) La barbare exécution d'EiiENNK DoLET (voy. ce nom) ne forme pas une tache moindre pour la mémoire du roi gentilhomme. Sous ses successeurs, on continua d'étrangler, de pendre, de briller vifs ou de fouetter les imprimeurs accusés d'avoir propagé quelque hérésie. Parmi les imprimeurs qui s'illus- trèrent pendant cette période, nous citerons, oulre ceux dont nous avons déjà parlé: Bade, Bomberg, Camusat, de Colines, Commelin, Cramoisy, Crespin, les EIzévir, les Eslienne, Froben," Gravius, Gryphius, Hervagius, les Juntes, Maire, MeiileL Millanges, les Morel, Morcl, Nivelle. Oporiii, Pallioi, Pâtisson, Plantin, Quontel, Ihori, Vascosan, Vilré, les Wecliels, etc. Les premiers imprimeurs étaient en môme temps fondeurs el li- braires, quelquefois même graveurs, au- teurs el correcteurs, professions aujourd'hui distinctes. Parmi les imprimeurs plus mo- dernes, nous rajipellerons les Baskervillc, les ■iol LMI'K U.dol, los HijJdiii, de. La tnaehine a painei r.onlinii fil la sUi-riil\iiiin, deux iiivciitiDiis de la famille Dirlol, oiit fad de rim[iriiiierie une f)Ui.s>niii;e sans rivalo; la rréalioii cl le per- fpclionncmciil des presses méi^aiiiqiics oui mis celle indiisiric en situation de dominer et de dii'if;ei' absuliimenl la civili-ation, par le livre el [>ar le journal. — liiuLioan. Ma- chiner et appareils typoijraphi'ines en rninee et à l'iHvnnger, par A.-L Monet (1S7S, in-8», Paris); Gîd'i»' pvutiiiue du compositew d'impri- H!pri<',parTlii'M)lisli'l.clï'vre (Paris, )S:7,iii-8); 2° partie par Kiiiniu Didol; Histoire oiii', qui ne rapporte point : des capitaux improductifs. « IMPRODUCTIVEMENT adv. D'une manière ilii|'ruiliiilivc. IMPRODUCTIVITÉ s f. ce qui < st improductif : lerruiii. ' IMPROMPTU s. m. (lat. in promptu, de suite). Ce qui -0 fait sur-le-champ, sans avoir été préiiiéililé, préparé : il ne nous attendait pas, le diner i/n'il nous donna était un im- promptu. — .S'iinploie souvent comme adj. : un diner, un bal, tm concert impromptu: une fête impromptue. — Se dit, parlicul., d'une épigramme, d'un madrigal, ou d'une autre petite pièce de poésie faite sur-le-champ : un joli, un agréable impromptu, il fait des im- promptu sur tout. Quelques-uns lui donnont un s au pluriel : faire des imjiri.mpliis. — Voici comment le comte HamiUou dofinil limpromplu el en prescrit les règles : — Un certain vuloiitaire Enfant de la tublc et du vin, Uilficile et peu nécei^saire, Vir, entreprenant, téméraire, Ktoiii-di, négligé, badin IMPROBATIF, IVE adj. Qui improuve: geste improbntif. • IMPROBATION s. f. (lat. improbatio). Ac- tion d'improuvor : se taire quand on entend louer un ouvrage, est une marque d'improba- tion. ' IMPROBE adj. Qui manque de probité. * IMPROBITÉ s. f. Défaut de probité, mé- pris de la justice et de l'honnêteté : il ne trompera plus personne, son improbité est maintenant reconnue. Jamais rêveur ni solitiiire, Quelquefois délicat el lin, Alais tenant toujours de son père. — U.N IMPROMPTU FAIT A LoisiD. Se dit, par plaisanterie, d'une petite pièce de poésie, d'un bon mol, etc., qui a été préparé d'a- vance, el que l'auteur donne comme fait, comme trouvé sur-le-champ. — Pop. et fam. (^iiEKCUEii UN iMi'iiiiMprL . avoir l'air rélléchi, sérieux. — L'Impromptu de Versailles, co- médie de .Molioro, en un acte et en prose, jouée devant la cour, le 16 ocl. 16j3; c'est une satire cruelle dirigée par l'auteur contre ses détracteurs et ayant pour but surtout de ridiculiser Hoursault. IMPROPÉRE s. m. (lat. improperium, re- proche]. Lilur;.'. calliol. Les impiopèrcs sont des versets que 1 Eglise lait chanter à l'office du vendredi-saint et qui contiennent les re- proches que Jésus adressait aux Juifs. * IMPROPRE adj. Qui ne convient pas, ((ui n'est pas jusle, exact. Ne se dit f.'uère qu'en parlant du langage : ce terme est impropre. — Qui n'est pas propre à : U7i homme impropre aux affaires. ' IMPROPREMENT adv. D'une manière qui ne convioiU pas, qui n'est pasjuste, exacte. S'emploie surtout en parlant du langage : c'est parler improprement que de s'exprimer ainsi. ' IMPROPRIÉTÉ s. f. Qualité de ce qui est impropre. Se se dit qu'en parlant du lan- gage : l'impropriété de ses expr'essions rend son style obscur. ' IMPROUVER v. a. (lat. improbare). Dé- sapprouver, blâmer : tout le monde improuve sa conduite. • IMPROVISATEUR, TRICE s. Celui, celle qui improvise, qui a le lalent d'improviser : célèbre improvisateur. ' IMPROVISATION s. f. Action d'improviser des vers, un discours, de la musique : s'ha- bituer à l'improvisation. — Se dit égale- ment des vers, du discours, de la musique qu'on improvise : cette brillante improvisation fut couverte d'applaudissements. ' IMPROVISER V. n.(lal. improvisare). Faire, sans préparaiion et sur-le-champ, des vers sur une matière donnée : il improvise avec une étonnante facilité. — Se dit pareillement d'un musicien qui compose et exécute sur-le- champ un morceau de musique : improviser sur le piano. — Parler d'abondance ; cet ora- teur n'improvise jamais, tous ses discours sont écrits d'avance. — v. a. Se dit en parlant de toute chose faite sans préparation el sur-le- IMPU IMPU IN 353 champ ; improviser des vers, un discours. Quand il ne s'applique- point à des vers, à un discours ou à de la musique, il est ordinaire- ment familier. — »v S'improviser v. pr. Etre fait comme àl'improviste : un bal ne s'impro- vise pns. • IMPROVISTE fÀl') loc. adv. Subitement, lorsqu'on y pense le moins ; nous étions à table, il est survenu à l'improviste. ■ IMPRUDEMMENT adv. [in-pru-da-man]. Avec impriidiMice : il avait agi fort imprudem- ment en celte rencontre. • IMPRUDENCE s. f. (lat. imprudentia). Dé- /aut, manque do prudence : cet homme est d'une grande imprudence. — Action contraire à la prudence: il a commis une grande impru- dence. • IMPRUDENT, ENTE adj. Qui manque de prudence : c'est un homme fort imprudent. — Se dit aussi des actions et des discours - tenir une conduite imprudente. •IMPUBÈRE adj (lat. 7mp!(6p5)-Droitromain. Se dit de ci-lui ou celle qui n'a pas encore atteint l'âge de puberté : il est impubère; elle est encore impubère. — S'emploie aussi subs- tantiv. : les iminihêres ne peuvent tester. • IMPUDEMMENT adv. [-da-man]. ElTronté- nient, jivec impudence : parler impudemment. • IMPUDENCE s. f. riat. impudentia). Elfron- terie. manque de puueur : il a l'impudence de soutenir une chose qu'il sait être fausse. — Se dit aus^i des actions et des paroles impudentes : il mérite d'être châtié pour ses impudences. •IMPUDENT, ENTE adj. Insolent. efTronté, qui n'a point de pudeur : homme impudent. — Se dit aussi des actions et des paroles qui blessent la pudeur, ou qui sont trop libres, trop hardies : action impudente. — S'emploie quelquefois substantiv., et alors ne se dit que des personnes : c'est un impudent, un grand impudent. • IMPUDEUR s. f. Défaut, manque de pu- deur : Un l( nu des di.seouis pleins d'impudiur. — Défaut, manque de celte honnête retenue que doit imposer à tout homme le senliment de sa dipnité personnelle : gorgés de biens, ils osent, avec impudeur, solliciter de nouveaux dons. ' IMPUDICITÉ s. 1. (lat. impudicitas). Vice contraire à la chastelé : être plongé dans l'imiJudicitê — Se dit quelquefois des actions impudiques ; les révoltantes impudicilés de Né- ron. • IMPUDIQUE adj. (^at. impudieus). Qui fait des iicliniis contraires à la chasteté : une femme inipudii/ue est la honte de sa famille. — Se dit aussi de tout ce qui blesse la chasteté dans les actions ou dans les discours : désirs impudiques. — s. Ne se dit que des personnes : c'est un impudique. • IMPUDIQUEMENT adv. Dune manière impudiiine. • IMPUGNER V. a. (lat. impugnare). Atta- quer, combattre une pi'oposition. un point de doctrine, un droit : je n'oserais impugner l'opinion d'an si grand philosophe. (Vieu.x.) "IMPUISSANCES, f. Manque de pouvoir, de moyens pour faire quehiue chose : je suis dans l'impuissance de vous servir. — Se dit plus paiticul. de l'incapacité d'avoir des en- fants, causée ou par un vice de conformation, ou par quelque accident. Ne s'emploie qu'en pailant d'un homme : l'impuissance ne peut élrc alléguée pour désavouer un enfant. — Lé- gisl. « Suivant tous les canonislcs, l'impuis- sance du mari ou do la femme, s'opposant d'une façon constante et absolue an rappro- chenient des époux, quelle qu'en fût la cause, ex vitio nalurali tempera menti, tel pnrlium genitalium, etiam ex morbo , était admise comme une cause de nullité du niaria{.'e. On 245 ne pouvait opposer de prescription à cette action en nullité ; et, sur la demande formée par le plaignant, qui le plu> souvent était la femme, une sentence de l'oificial ordonnait la visite par p^-:decins et chirurfiieiis: puis, sur leur rapp. d, il était stalué par la juridic- tion ecclé.-iasnque. Pendant longtemps, le mari accusé d'impuissance était mis en de- meure de donner la preuve contraire devant des témoins appelés à former un congrès. Cette procédure indécente fut abolie, sur les con- clusions de d'Aguesseau, par un arrêt de rè- glement que rendit le parlement de Paris, le 18 février 1677. Le Code civil (art. 180)autorise la demande en nullité du mariage, lorsqu'il qu'il y a eu erreur dans la personne. Or, a-t- on dit, il y a eu erreur dans la personne phy- sique, lorsque l'on a épousé un être im- puissant pour le mariage. La jurisprudence française, s'appuyanl sur les termes de la discussion du Code civil, n'a pas admis cette cause de nullité dont la preuve, souvent im- possible à établir, serait trop répugnante pour nos mœurs. L'erreui- dans la personne ne peut s'appliquer qu'a l'identité, c'est-à- dire à la substitution de personne, qui n'était pas sans exemple aiitrefuis etqu'il est difficile de supposer aujourd'hui. >> (Ch. Y.) ; IMPUISSANT, ANTE adj. Qui a peu ou point de pouvoir : ses ennemis sont faibles et impuissants. — Se dit plus ordinairement en parlant des choses, et signifie, incapable de pioduire aucun etiel : une haine imjiuissante. — Se dit parti cul. de celui qui, par vice de con- formation ou par quelque faiblesse naturelle ou accidentelle, est incapable d'engendrer : cet homme est impuissant. — s. Dans celte dernière acception : c'est un impuissant. • IMPULSIF, IVE adj. Qui agit par impul- sion : furie impulsive. • IMPULSION s. f. (lat, impulsio). Action de pousser ; mouvement ou tendance à se mouvoir qu'un corps donne à un aulre par le choc : la plus légère impulsion suffit pour mettre celle machine en mouvement. — Se dit, fig., au sens moral, de l'aclion d'exciter, d'en- courager, de pousser quelqu'un à faire une chose : il agit ainsi par l'impulsion d'un tel. • IMPUNÉMùNT adv. Avec impunité, sans subir aucune punition : volrr impunément. — S'applique souvent à des actions qui ne sont ni des crimes, ni des fautes, mais desquel, es il peut résulter quelque préjudice, quelque désagrément ou inconvénient pour celui qui les fait. Cet homme est d'une sa.nté délicate, IL NE SAURAIT FAIRE IMPU.NÉMKNT LE UOINDRK EXCÈS, il ne peut faire le moindre excès sans en être incommodé. — A quchpiefois, mais rarcnienl, un sens actif et signifie sans punir, sans tirer vengeance de quelqu'un, de quel- que chose : un homme tel que lui nepouvail être impunément jaloux. ' IMPUNI, lE adj. Qui demeure sans puni- tion, lisl firincipalement d'usage en pailant des ollènses, des fautes, des crimes : cette faute ne demeurera pus impunie. — Se dit qnelcpiefois aussi des personnes : le coupable ne restera pas impuni. •IMPUNITÉ s. f. Manque de punition, exemption d une peine méritée : l'impunité enhardil aie crime. ' IMPUR, URE adj. Qui n'est pas pur, qui est altéré ou corrompu par quelipie mélange, qui est souillé : séparer les métaux de ce qu'ils ont d'impur. — Fig. Etre né d'un sang iMi'UR, être né de parents tlétiis, connus pour de malhonnêtes gens. On dit dans un sens analogue : une race impiire. — Fig. Impudi- que. Dans ce sens, ne se dit guère des per- sonnes : des pensées, des mœurs impures. ' IMPUREMENT adv. D'une manière im- pure ; !(/) homiiie qui a vécu aussi impuremvnt n'est pas fondé à bklmer les autres. * IMPURETE s, f. Ce qu'il y a dans une chose d'impur, de grossier et d'étranger, qui l'altère ou la gâte : l'impureté de l'air cause plusieurs maladi'S. — Implrkté légale, souil- luie que l'on contractai! en fai>ant certaines choses défendues par la loi des Juifs. — Fig. Impudicité : vivre dans l'imiureté. — s f. pi. Obscénités : ce livre est rempli d'impuretés.. IMPUTABILITÉ s. f. Philos. Responsabilité personnelle. ' IMPUTABLE adj. Qui peut, qui doit être attribué à : ces abus ne sont imputables qu'àla mauvaise administration du pays. — Se dit aussi, en termes de finances et de jurispr. d'une somme, d'une valeur qui doit être im- putée sur une autre : cette somme est imputable sur telle aulre. IMPUTATIF, IVE adj. (rad. imputer). Qui doit ou peut être imputé. — Théol. proies'. Justice imputative, aclioii divine qui impute aux chrétiens les mérites du Christ pour com- penser l'imputation du péché originel. * IMPUTATION s. f. Action d'attribuer à quelqu'un une chose digne de blâme. Se dit surtout des accusations faites sans preuve ; il s'est justifié des imputations dont ses ennemis l'avaient chargé. — Fin, et Jurispr. Compen- sation d'une somme avec une autre; déduc- tion d'une somme, d'une valeursur une autre: l'imputation des sommes payées pour intérêt d'un capital qui n'en doit point produire, se fait sur le capital même. — Théol. A[iplicatioii des mérites de J.-i;. : les protestants prétendent qae nous ne sommes justifiés que par l'imputa- tion de.', mérites de J.-C. ' IMPUTER v. a. (lat. imputare). Attribuer à queliiu'un une chose digne de blâme : on lui impute une mauvaise aciion. — Imputer a crime, a faute, a BLAME, A DÉ~Ho.N,NEUR, trouver, dans une action qui parait indillérente ou même louable, de quoi blâmer celui qui l'a faite, et lui en faire un reproche, un crime. — l.u- puter A NÉGLIGENCE, A ouDLi, ctc, attribuer à négligence, à oubli, etc. — Fin, et Jurispr. Appliquer un payement à une cei-taine dette, déduire une somme, une valeur sur une au lie, l'en rabattre : les payements que fait un d'-bi- teur doivent être imputés sur les dettes qui lui sont le plus à charge. — Théol. Se dit en par- lant de l'application des mérites de J -C. : les mérites de J.-C. nous sont imputés. — S'ioi- puter v. pr. S'attribuer. IMPUTRESCIBILITÉ s. f. Propriété que pos- sède un corps de ne point se corrompre. * IMPUTRESCIBLE adj. Qui ne peut se pu- tréfier, se corrompre. * IN particule qui entre, avec deux sens >"'f- férents, dan: la composition de beaucoup de mots : 1" comme In en latin, elle signifie Dans; 2° comme In et lYon eu latin, etcomine l'A privatif en grec, elle emporte une idée né- gative ou privalive. — Elle a le premier sens dans les mots : Imbu, incorporer, induire, im- porter, etc. - File conserve ce même sens, avec la prononciation latine ou italienn •, dans plusieurs expressions emprunlées du la- lin et de l'italien, comme In manus. In nalu- ralibus. In puce. In reatu. In statu quo. In petto, etc, (Voy. Ma.\us (in), Natuhalibus (inI, Page (in , Rkatu (in), etc.) — On dit, linpr. et Libr. iN-FOLIO, IN-yUARTO, IN-OCTAVO, IN-DOUZL, i.N-SEizE, iN-Dix-uuiT, étc, Signifiant que la feuille de papier est pliée en deux, eu quatre, en douze, etc.; et, dans ces expressions. In prend le son nasal ; mais il le perd dans ht- oetavo, qui se dit de la leuille pliée en huit : ou prononce I-noctavu, a cause de la voyelle iniliale du second mot. — Dans un très grand nombre de mois français, la particule In donne au mot composé un sens contraire à celui du mol simple. File esl alors négative ou privative : docile, indocile; initient, impa- tient; hahUc, inhabile. On Irouver.i d.-iiis lu m. 354 INAC INAN INAU Dictionnaire les mois ainsi composés que l'ii- saf;e a. autorisés. 11 _v «n a l)eaiicou(i d'autres que (ics écrivains ont laits ei employés, mais qui ne sont pas généralement aiimi.s. — Dans les mots composés donl le simple commence par L, M," ou K, 17 garde le son (pii lui est propre, et \'n s'assimile à la consonne dont elle est suivie : iUMri\ illimM; immédint, im- mortel; irrrti(jieux, irrévérence. — Quand le simple commence par une des labiales li ou P, in se change en m, et l'on [irononce ain, avec le son nasal : inilm, imporler {uinhu, nin- jwrlcr). - Partout ailleurs, in reste tel qu'il est; et il prend toujours le son nasal devant les consonnes, a moins que le simple ne com- mence [lar N : innltendu, inutile (prononcez, i-nultendu, i-nulikj ; indorile. injuste (pro- noncez, ain-docile, ain-ju^le): Inné, innombra- ble (pronontoi!, inn-né, i-noinbrable).Pdrexw.p- tion, on dil'.ignoble, ignominie, ignare,ignorer, etc., au lieu de innoUe, ingnare, etc. * INABORDABLE a dj. Qu'on nepeutaborder: cette jiartic de lu cote est inabordable. — Se dit quelquefois, par cxt , d'un endroit dont on ne peul approcher : les bureaux de ta comédie sont inabord'ibles, tant la foule est grande. — Se dit, lig., d'une personne de dillicile accès: ce ministre est inabordable. * INABRITÉ, ÉB adj. Qui n'est pas prolépé par un aljri ; où il n'existe point d'abris : on se propose d'établir wt port sur cette vote ina- brité'-. 'INACCEPTABLE adj. Qu'on ne peut, qu'on ne doit pas accepter : une telle offre est inac- ceptable. ' INACCESSIBLE adj. Dont on ne peut ap- procher, duuL l'accès est imfiossible : un châ- teau inaccessible.— Se dit, fig., au sens moral : tes hauteurs inaccessibles de la science. — Se dit aussi, lig., des personnes auprès de qui on ne peut trouver d accès, à qui il est très dif- ficile de parler : depuis qu'il est en place, ilcst devenu inaccessible. — Se dit encore, lig., dune personne qui n'est point touchée de certaines choses, qui n'éprouve point certains mouve- ments de l'âme, certaines passions : il est inaccessible aux piières, aux sollicitations. ' INACCOMMODABLE adj. Qui ne se peutac- comiiiudei' : cest une querelle inaccommodable. (Peu iisitf.) INACCOMPLI, lE adj. (préf. in et accompli). Qui n'esl pas accunipli : un devoir inaccompli. I INACCOMPLISSEMENT s. m. Manque d'ac- complisseiiienl, deiauldexéculion : l'iiiaecom- plissement des clauses d'un contrat. * INACCORDABLE adj. Qu'on ne peut mettre d'accord : de.> caractères inaecordables . — Qu'on ne peut accorder, octroyer : eette de- mande est inaccordable. ' INACCOSTABLE adj". Qu'on né peut ac- coster : c'est un homme inaecostable. (Fam. et peu usité.) * INACCOUTUMÉ, ÉE adj. Qui n'a pas cou- tume df se fane, d arriver : sentir des mouve- ments inaccoutumes qui présagent une maladie. * INACHEVÉ, ÉE adj. Qui n'a point été achevé : un ouvrage qui reste inachevé. INACHUS [i-na-kuss]. Mytliol. gr. Roi et prêtre a'Argos, fils de l'Océan et de Téthys. 11 a donné sou nom à une rivière de l'Argo- lide qui baignait Argos et se jetait dans le golfe Argotique. * INACTIF, IVE adj. Qui n'a point d'acti- vité : c'est l'homme du monde le plus inactif. 'INACTION s. f. Cessation de toute action : être dans l'inaction. INACTI'VEMENT adv. D'une manière mac- tive. •INACTIVITÉS, f. Manque, défaut d'acti vite ; son inactivité m'impatiente. INADEQUAT, ATE adj. [-ko.ia] 'pr. in ot ndé- 1 quai). l'Iiiliis. Qui n'est pas adéi|uat, qui II est pas égal 1 'iiin objet: proposition inadéqunte. • INADMISSIBIUTÉ s f. Qualité de ce qui ne peut ètn- admis : l'inadmissibilité d'une preuve. — Se dit aussi quelquefois des per- sonnes : l'iniilniissibilité de ce candidat. ' INADMISSIBLE adj. Qui n'est point rece- vable, qui ne saurait être .idmis : ses moyens ont éti' triiairs inadmi-tsibles. INADMISSION s. f. Manque d'admission, refus .1 .nlinetlre. • INADVERTANCE s. f. (lat. in, privât. ; ad- verlerr. lemarquer). Uéfaut d'attention à quelque chose : il a fait cela par inadvertance. — Action, faute que l'on (ait par inadver- laiiie: c'est une inadvertance. INAPFECTION s. f. Manque d'aliection, {lût icm: Il t enfant montre beaucoup d'inaf- fectiun pour si s parents. • INALIENABILITÉ s. f. Qualité de ce qui est inaliénable : l'inaliénabilité du domaine de la couronne. "INALIENABLE adj. Qui ne peut s'aliéner : le doiiiiiini de la couronne est inaliénable. • INALLIABLE adj. iNe s'emploie guère qu'en parlant des métaux qui ne peuvent s allier l'un avec l'autre : ce.s deux métaux sont vialliables. — S'emploie quelquefois lig. : les intérêts de Dieu et ceux du monde sont inal- liables. • INALTÉRABILITÉ s. f. Qualité de ce qui est mail' lalile. ' INALTÉRABLE adj. Qui ne peut être al- téré ; on prétend que l'or est inallérable. — S'emploie lig., surtout au sens moral : il sup- porte les maux de ta vie avec une tranquillité inaltérable. • INAMISSIBILITÉ s. f. Qualité de ce qui est iiiariJissible. i\e s'emploie que dans ces locution? du langage Iheolo^ique, Linamissi- biiile de la justice, de la grâce. 'INAMISSIBLE adj. Qui ne se peut perdre. iNe s'emploie que dans cette locution du lan- gage theoloL'iqiie, Grâce inamissible. ' INAMOVIBILITÉ s. f. Qualité de ce qui est inamovible : l'inamovibilité d un emploi. — Se dit aussi des personnes : l'inamovibitiU- des magistrats. — Législ. « L'inamovibilité des juges, reconnue en principe sous l'ancienne monarchie, fut, en 1^90, remplacée par l'élec- tion temporaire, puis rétablie par le Consulat. La Constitution de '1S4S et les constitutions ultérieures l'ont conservée, mais elle est en- core souvent discutée. Il semble que l'inamo- vibilité des magistrats soit, dans les monar- chies, une garantie indispensable contre les excès du pouvoir personnel, cl que, dans les Etats démocratiques, le système de l'élection temporaire, depuis longtemps appliqué aux tribunaux de commerce, puisse être facile- ment étendu aux autres juridictions, pourvu que les conditions de l'éligibilité soient assez rigoureuses. L'inamovibilité accordée par la Constitution de 1875, aux soixante-quinze membres du Sénat, dont la nomination est réservée à cette assemblée, est une exception malheureuse apportée aux principes fonda- mentaux du gouvernement repré=eutatif. » (Ch. y.) 'INAMOVIBLE adj. Qui ne peut être 6té d'un poste-, qui ne peut être destitué de sa place arbitrairement: en France, les juges sont inamovibles. — Se dit également des em- plois a vie : emploi, dignité, magistrature ina- movible. IN ANIMA VILI loc. lat. qui signifie : sur une âme vile, t'aiie une expérience in anima vili. • INANIME, ÉE adj. Qui n'est point animé, ou qui a cessé de l'êlrc : créatures manimées. — Se dit, au lig., de ce qui manijue de mou- vement, de vivacité, d'expression : c'est une personne inanimée. INANISATION s. f. Méd. Passage graduel à l'état d iiMiiilioii. • INANITÉ s. f. (lat. inanilas). Le vide d'une chose. .Ne ^'emploie que Fig., en parlant des choses vaines, inutiles : l'inanité des chosa terteHrea. • INANITION s. f. (lat. inanilio; de inanis, vidi;). faiblesse, manque de force causé par défaut de nourriture : i/ ne fnunjc p'dnt, il mourra d'inanition. - INAPERCEVABLE adj. Qui ne peut être aperçu, fl'rii usité. l •INAPERÇU.UEadj. Qui n'est point aperçu: le hiisurd II I ■■I qui- l'effet de causes inaperçues. • INAPPÉTENCE s f. Med. Défaut d'appétit, de goût pour les aliments: la plupart des ma- ladies sont accompagnées d'inappétence. ' INAPPLICABLE adj. Qui ne peut être ap- pliijiié ; cet exemple est inapplicable au fait dont if .s'agit. • INAPPLICATION s. f. Inattention; défaut, manque d'application: il est d'une inapplica- tion que rien ne peut eorriijer. • INAPPLIQUE. ÉE adj. Qui n'a point d'ap- plication, il alte.itiûii: un homme inajipliqué. — Se dit encore d'une chose dont on n'a point fait l'application : procédé inappliqué. • INAPPRÉCIABLE adj. Qui ne peut être apprécie, détermine : quantité inappréciable. -- Se dit aussi de ce qui est d'un grand prix, de ce qu'on ne saurait trop apprécier, esti- mer : ce tableau est inappréciable, est d'une va- leur inappréciable. INAPTE adj. Qui manque d'aptitude: ilest inapte a ses fondions. ■ INAPTITUDE s. f. Défaut d'aplituJe à quelque chose : son inaptitude l'exclut de tout emploi. • INARTICULÉ, ÉE adj. Qui n'est point ar- ticulé, ou (jui ne re>t quiinparfaitenienl : cet enfant ne forme encore que des sons inarti- culés. IN ARTICULO MORTIS loc. lat. qui signifie. à l'article de In mort. • INASSERMENTÉ, ÉE adj. Qui n'a pas prêté serment. .Ne se dit guère qu'en parlant des prêtres qui, pendant la Révolution, refu- sèrent de prêter serment à la Constitution civile du clergé : prêtre inassermenté. On disait aussi i.nsermenté. • INASSIMILABLE adj. Qui ne peut être assimile. ' INASSOUVI, lE adj, Qui n'est pas assouvi : une faim inassouvie. — Se dit surtout au fi- guré : une haine inassouvie. ' INATTAQUABLE adj. Qu'on ne peut atta^ quer : un poste inattaquable. — S'emploie aussi fig. : un droit, un titre inattaquable. • INATTENDU, UE adj. Qu'on n'attendait pas, qu'on n'avait pas lieu d'attendre : visite inattendue, malheur inallendu. • INATTENTIF, IVE adj. Qui n'a poiutd'at- tention : un enfant inattentif. • INATTENTION s. f. Défaut d'attention : il a fait cette faute par inattention. • INAUGURAL, ALE. AUX adj. Qui a rapport à l'inauguration : fête, cérémonie inaugu- rale. INADGURATEUR, TRICE s. Celui qui inau- gure ; celui qui donne une impulsion vive à une science à un art. • INAUGURATION s.f. Cérémonie religieuse qui se pratique au sacre, au couionnement I INCA des souverains : inauguration d'un empereur. On dit plus ordinairement. Sacre ou Couron- nement. — Par ext. Consécration, dédicace ; l'inauguration d'un temple, d'un monument. — Discours d'inauguration, se dit aussi du dis- cours inaiipural d'un professeur : ce profes- seur a fait son discours d'inauguration. "INAUGURER v. a. Faire l'inauguration d'un teuipie, d'un monument, d'une statue, etc. : inaugurer un temple, une statue. — Fig. Ktre l'origine, le commencement d'une chose : la, mort de Lucrèce inaugura V étahlissement de la liberté à Rome. INAURATION s. f. (préf. in et aurum, or). Action de dorer. * INAVOUABLE adj . Qui ne peut être avoué : il était animé d'intentions inavouables. INCA s. m. Titre des rois du Pérou avant la conquête de ce pays par Pizarre (1,S33). Les luoas se disaient fils du Soleil. (Voy. Pérou et QUICHUAS.) INCAGUER V. a. [ain-ka-ghé](lat. in, dans; cucaîT, cliierl. Braver, se moquer de : fin- cague mes ennemis; Je nie ris de tes coups, j'iiicaffue ta fureur. Rbgnard. INCALCINABLE adj. Qui ne peut être cal- ciné. ■ INCALCULABLE adj. Qui ne peut se cal- culer : le nombre îles étoiles est incalculable. — Par e.xt.Très nombreux, ou très considérable, très grave : les maux qu'entraîne la guerre sont incalculables. INCALICÉ, ÉE adj. Bot. Qui n'a pas de ca- lice : la /leur du lis est incalicée. ' INCAMERATION s. f. Chancell. de la cour de Rome. Union de quelque terre au do- maine de la l'.iiambre ecclésiastique. * INCAMÉRER v. a. (lat. in, dans; caméra, chambre). Cliancell. de la cour de Rome. Unir quelque terre au domaine de la cU^mbre ecclésiastique : cette terre ne peut plus se vendre, elle est incamérée. •INCANDESCENCE s. f. [-dèss-san-] (lat. in- candescere, s'embraser). Etat d'un corps (jui est échaullé et pénétré de feu jusqu'à devenir blanc : barre de fer échauffée jusqu'à l'incan- descence. — Fig. Très vive animation : iin- candescence des esprits. •INCANDESCENT, ENTE adj. [-dèss-san-]. Qui rst en incandescence : une masse de fer incandescente. — Incnne. Bot. (V. S-) • INCANTATION s. f. (lat. incantatio). Ac- tion de l'aire des enchantements pour opérer un charme, un sortilège ; cérémonies pratiques des prétendus magiciens. • INCAPABLE adj. Qui n'est pas capable, qui n'e^l pas en état de faire une chose : il c-it inrapable de se tenir debout, de marcher, de courir. — Partiiuil. Qui n'a pas la capamté, le talent, l'aptitude nécessaire pour certaines choses : il est absolument incapable d'exercer son emploi. — Se dit quelqueluisabsol. d'une per.-onne qui est sans capacité, nialhahili; : c'est un homme incapable, tout à fait inca- pable. — Qui est dans une dis|)Osition, dans une situation qui ne lui permet pas ci'rtaiues choses : sa mauvaise santé le rend incapable de toute attention. — Se dit également, dans un sens favorable, en parlant d un homme tellement forlilie dans une bonne habitude, qu'il ne peut rien faire qui y soit i^ontraire : c'est un homme incapable de nuuxiuer à sa parole. — Juris|u'. Se dit de celui ([ue la loi prive de cerlaiiis droits ou qii'elU^ exclut de cerlames fonctions : un mineur est iiieapable de disposer de son. bien ciitre-vifs. Knce sens, s'emploie qucbiuel'oib absol. et siilistantiv. : toute disposition au profit d'un incapable est nulle. - Se dit en outre de ce qui n'a pas les qualités et les conditions nécessaires pour INCE quelque chose : son estomac est incapable o/« digérer les aliments lés plus légers. ' INCAPACITÉ s. f. Défaut de capacité. No se dit qu'en parlant des [ier.sonnes : iZ o lais>ié voir toute son incapacité. — Jurispr. Se dit de de l'état d'une personne que la loi prive de certains droits ; incapacité légale. * INCARCÉRATION s. f. Jurispr. Action d'incarcérer, ou état de celui qui est incar- céré : ordonner l'incarcération d'une per- sonne. ' INCARCÉRER v. a. (lat. in, dans ; carcer, prison). Jurispr. Mettre en prison : faireincar- cércr son débiteur. - INCARNADIN, INE adj. Se dit d'une cou- leur plus faible que l'incarnat ordinaire : du ruban incarnadin, moire incarnadine. — Est aussisubstantif, au masculin : incarnadin d'Es- pagne. •INCARNAT, ATE adj. (ital. wcan?a(o, rouge de chair). Espèce de couleur entre la couleur de cerise et la couleur de rose : du satin, du velours incarnat. — Est aussi substantif, au masculin ; voilà de bel incarnat. INCARNATIF, IVE adj. (lat. incarnare). Méd. Qui lavoiise la reprise des chairs ou leur re- production : remède incarnatif. — Substantiv.: prendre un ini:arnatif. * INCARNATION s. f. (préf. in, lat. caro, chair). Actiiin de la Divinité qui s'incarne, ou résultat de cette action : la mythologie in- dienne raconte les prétendues incarnaiions de Vichnou. — Se dit absol. de l'incarnation de J.-C. : le mystère de l'Incarnation. ' INCARNE, EE part, passé de s'Incarner. — C'est un diable incarné, un démon incarné, se dit d'une personne très méchante. — Se joint adjectiv. à certains noms abstraits pour e.xprimer que la qualité, le défaut, le vice qu'ils désignent dominent chez une personne : c'est la vertu, la prudence incarnée. (Fam.) Chir. Ongle incarné, ongle entré dans les chairs. * INCARNER (S') v. pr. Se dit de la Divinité qui prend un corps de chair, qui se fait homme : c'est la seconde personne de la Tri- nité qui a voulu s'incarner. 'INCARTADE s. f. (esp. encartarse, prendre une mauvaise carte). Espèce d'insulte qu'une personne fait brusquement et inconsidéré- ment à une autre : étrange incartade. — Se dit encore, surtout au pluriel, des extrava- gances, des folies que fait une personne : (( a fait mille incartades. INCASSABLE adj. Qui ne peut se casser. IN CAUDÀ VENENUM loc. lat. qui signilie : dans la queue (ou la linj le venin. Un se sert de cette locution en parlant d'un discours, d'une lettre, d'un ouvrage, dont le cummeii- cement est inolfensif, et la lin mordante ou satirique. * INCENDIAIRE s. Auteur volontaire d'un inceiulie : les incendiaires sont punis de mort. — Fjg. Séditieux; et alors peut s'employer comme adj. : c'est un écrivain incendiaire.' — Se dit également des choses, mais toujours adjectivement, et signilie, qui causej qui allume un incendie, au propre et au ligure : inalicres incendiaires. ' INCENDIE s. m. [ain-san-di] (lat. incen- dium ; de inccndere, brillerj. Grand embraac- ineut : ua horrible, un vaste incendie. — Se dit, lig., des troubles que les factions excitent dans un Etat, dos grandes guerres, etc. : il s'efforça vainement d'éteindre l'incendie allumé par le fanatisme. — Prov., au propre et au ligui'é : il ne faut qu'une étincelle pour allumer un grand incendie. — Encycl. On donne le nom particulier de conllagration à la destruction par le feu d'une partie considérable d'une ville, d'un territoire, INCE 355 J une prairie ou d'une forêt. Des incendies unt été occasionnés par des tremblements de terre et par des éruptions volcaniques. Dans les temps primitifs, les villes étaient souvent brûlées par les conquérants. Parmi les villes anciennes qui furent ainsi détruites, on cite iNinive, Babylone,Ctésiphon,Séleui;ie, Alexan- drie et Tyr. Jérusalem fut anéantie plusieurs fois : par Nabuchodonosor, en 5«6 avant J.-C, sous Antiochus Epiphane vers 170 av. J.-C.' par Antiochus Sidètes, en 63 av. J.-C. Poni- pée l'incendia en partie, et elle fut entière- ment réduite en cendres par Titus, 70 ap. J.-C Carthage fut brûlée plusieurs fois : eii U() av. J.-C. par ordre du sénat romain, en 43!) par Genséric, en 698 par Hanan, gouver- neur sarrasin de l'Egypte. Athènes, prise par Xerxès en 480 av. J.-C, fut, l'année suivante, brûlée par Mardonius. Corinthe fut traitée de même par Mummius en 146 av. J.-C. Le premier incendie général de Rome, causé par les Gaulois, eut lieu vers .390 av. J.-C Une grande conflagration eut lieu en 64 ap. J.-C Elle dura six jours et sept nuits. Des quatorze districts qui formaient la ville, trois furent complètement détruits et sept le furent pres- que entièrement. Une grande partie de Rome fut brûlée par les hordes d'Alaric en 4 1 0 et par celles de Genséric en 45o. Constantinople a souvent été le théâtre de terribles incendies. En 1203, elle fut prise et mise en feu par les Latins et elle brûla pendant huit jours et huit nuits. Sous le gouvernement turc, les incen- dies les plus remarquables furent celui de 18.j2 (3,500 maisons disparurent), celui de 1S65 (8,000 bâtiments furent brûlés) et celui de 1870 (3,000 maisons brûlées à Péra et 1,000 personnes perdirent la vie). Plu-ieurs des incendies de Londres sont devenus histori- ques : nous citerons ceux de !i6'2, de 1087 et de 1212. Le grand incendie de Londres eut lieu en 1666 et s'étendit sur 436 acres dans la partie la plus peuplée de la cité, détruisant 13,200 maisons et ravageant 400 rues. Copen- hague a soulfert de plusieurs grands incen- dies : 17i8 (1,640 maisons), 179.ï (930 mai- sons), 1807, à la suite du bombardement de la ville par les Anglais (S.'iO maisons brûlées, ■2,000 personnes tuées). .Moscou a particuliè- rement soulfert des incendies. En lb36, un feu accidentel détruisit presque entièrement la ville et 2,000 personnes périrent. En l.'iTI. les Tartares mirent le feu aux faubourgs ci une partie considérable de la ville fut réduite eu cendres. En 1011, elle fut brûlée de nou- veau par les Polonais. Mais la grande conlla- gration de 1812 est une des plus célèbres. Les Français entrèrent dans la ville le 14 sept. Le njéme jour, plusieurs incendies se décla- rèrent et les deux jours suivants, ils avaient fait de grands progrès. Le 17 un vent violent s'éleva et les flammes se répandirent rapide- ment et le 20, les neuf-dixièmes de la ville étaient en cendres. Ou évalue le nombre des bâtiments détruits à lii.OOO. Hambourg a été le théâtre, les ;j-8 ' mai 1 842, d'une grande conllagration ([ui détruisit un tiers de la ville, l.e plus elfroyable inc^endie de l'histoire de Pans est celui de 1871. (Voy. Co.«mune.) En 1822, l'incendie de Canton (Chine) détrui- sit I. '1,000 maisons. A Yeclo ('l'okio) (Japon), en 1f(06, un incendie détruisit les palais de 37 princes, et fit périr 1.200 personnes. Les villes américaines, presqueentièrementbâties en bois, sont extrêmement sujettes à brûler. Parmi les nombreux incendies de New-York, nous rappellerons celui du 16 déc. 183b, qui détruisit 6;i0 grands magasins et plusieurs édilices publics, le tout évalué à 90 millions de francs; celui du 9 sept. 1848 fit disparaître .SOO maisons à Brooklyn. (Voy. ce nom.) Dans les d' ux preinures années de son existence, San-Francisco vil cinq grands incendies. Le premier eut lieu le 4 déc. 1849, le second le 4 mai 18.^)0, le troisième le 14 juin I8o0, le quatrième le i mai ISbl, le cinquième le 2'^ 356 INCE INCE INCE juin <85i. Columbia fut presque enti^'rement détruite pur le feu les H et <■< février 186b. Quand l'armée confédérée évacua Hichrnund en avril ISfi.ï, on mit le feu ù la ville cl un tiers fut brûlé. Un feu accid'Ulel rava?c'a Cliarleston le U déo. 1801. Kn l'év. 18(15, quand la ville fui évacuée par les confédérés, un sérieux im-cndie éclala ot eiiviriin ïOO per- sonnes furent luées par une explosion de ■poudre. Le 4 juillet ISGti, un incendie occa- sionné par II- feu d'une fusée détruisit presque la moitié de l'ortland (.Maine). La conll-i^'ra- lion la plus terrible qui eut heu aux litals- Unis et l'une des plus deslnrclives que l'on ait jamais vues, fut celle de Chicairo, les 8-10 ocl! 1871. (Voy. CniCAGO.) En 1872, les 9-11 nov., l'incendie de Ro-ton ravai'ea environ 70 acres, brûla 8(iO maisons et causa une perte totale d'environ 400 millions de fr. — Au temps de l'empire romain, une troupe d'es- claves était organisée pour combattre les in- cendies. .Xujourd'hui, cbaque commune im- portante possède un corps de pnniiders et une ou plusieurs pnmpes à inncndie. On a aussi imasiné des extincteurs. (Voy. ce mol.) — On donne le nom de pompe à incendie à un appareil de-liné à lancer un jet d'eau sur les tlammes. En l.ïlS, on se servait à Aupshourg d'une pompe de ce genre. Kaspar Scbolt en décrit une qu'il vit à .Niircmberfr en 1657, cl qui ressemblait à celle que l'on emploie en- core. Elle était manœuviée par 58 liommes et lançait un jet d'eau de 3 cent, de diamètre à une bauleuv de 81) pieds. Le tuyau de cuir fut imaginé vers 1670, h Amsterdam, par deux Hollandais nuuiiués Van der lluyde, cl iuven- représenle, b est la chaudière; a la chambie à air comprimé ; c c les cylindres à vapeur (lour l'aire jouer les pompes p p, au moyen d'excentriques qui mettent en même Icmps en mouvement la petite roue à balancier sur la poulie de laquelle on voit une forte chaîne, l.iquelle entoure un tambour placé sur l'es- sieu de la roue conduitrice h. Le tuvaii d'aspi- ration est attaché en d, et le tuyau de dé- cbarpc en /", qui communique avec la (diambre à air. L'appareil est dirigé au moyen du cabestan e environ quatre tonnes: elle esl capable de se mouvoir avec la rapidité d'un cheval au grand trot. Elb- peut jeter l'eau par un tuyau de 4 cent, à une hauteur de 40 m. et à une dislance horizon- lalc d'envir(m 90 m. — Le moyen le plus prompt et le plus simple d'éteindre un feir de cheminée consiste à placer du sulfure dr carbone dans deux ou Irois va-es au bas de la cheminée, et à y mettre le l'eu, sans inter- cepter d'ailleurs Ja circulation de l'air. Eu se dilatant, le gaz produit par la vapeur de sulfure de carbone éteinl immédiatenicut le feu. — LégisL « Le locataire d'un imrueiibb esl respon-abic de l'incendie, à moins rpi'il tie prouve que le sinistre est arrivé par cas fortuit, force majeure, vice de construction, ou qu'il a été communique par une maison voisine (C. civ. 1733). S'il v a plusieurs loca- taires, tous sont responsables de l'incendie, priporlionncllemenl à la valeur locative de la partie de l'immeuble qu'ils occupent; à moins qu'ils ne prouvent que l'incendie a commencé dans l'habitation de l'un d'eux, Pompe automotrice à Tapeur d'Amoskeag leurs de la pompe aspirante Les pompes modernes à maiu consislent essentielleiiienl chacune en deux ou quatre corps de pompe dont les pisLons sont mis en mouvement au moyen de leviers sur lesquels agissent des hommes. Le premier appareil dans lequel la vapeur remplace la force humaine fut essayé à Londres, par Braihwaile, en 1830. Sa ma- chine, d'une force de six chevaux-vapeur et pesant un peu plus de 2,500 kil., avait une chaudière verticale dans laquelle la vapeur, produite en 20 minutes, pouvait ensuite lancer environ 600 litresd'eau par minule. à 90 pieds de haut. Les pompes a vapeur sont générale- ment conduites par des chevaux sur le lieu de r.ncendie; mais la vapeur a été employée avec succèspour cet objet Un appareil de ce genre, construit par la compaguie manufac- turière .\nioskeag, est employé à iNew-York depuis I S73. Dans la gravur* ci-dessus qui le auquel cas celui-là seul est tenu; ou à moins que quelques-uns desdits locataires ne prou- vent que l'incendie n'a pu commencer chez eux. auquel cas ceux-là n'en sont pas tenus (id. 1734, inodillé par L. 5 janvier 1883). A l'inverse, le propriétaire est responsable en- vers les locataires en cas d'incendie provenant soit d'un vice de construction (id. 1721), soit de sa faute ou de celle des personnes dont il esl responsable (id. 1382 et s.). (Voy. Assu- lUNCE.) — Est puni de mort celui qui volontai- rement a mis le feu d'une manière directe ou indirecleà des édifices, bateaux ou autres lieux habités ou servant à l'habitation, ou à des voilures ou wagons faisant partie d'un convoi contenant des personnes. 11 en e>t de même de celui qui a incendié ou détruit par explosion des propriétés quelconques appar- tenant à l'Etat. Est puni des travaux forcés à perpétuité, celui qui a mis le feu à des édifices ou bateaux son habités et ne servant pas i. riiabilatiou, ou à des forêls, bois taillis ou récoltes sur pied; et si le feu a eié mis par le propriétaire ou sur son ordre, de iiianière à causer volontairement préjudice à autrui, la peine est celle des travaux torces à temps. Esl puni de celle dernière peine celui qui a mis le leu. soit à des bois, pailles, ou récolles en las, soit à des voilures ou wagons chargés ou non et ne faisant pas partie d'un convoi contenant des personnes ; mais si l'auteur de cel incendie esl le propriétaire des objets, ou l'il a agi par ordre de ce dernier, et s'il a ainsi causé volontairement un préjudice quelconque à autrui, il est puni de la réclu- sion. Dans tous les cas, si l'incendie a causé la mort d'une ou de plusieurs personnes se trouvant dans les lieux incendiés, au moment où il a éclaté, la peine esl la peine de mort. La menace d'incendier une propriété est fiuuie d'emprisonnenieiit et d amende, de même que la menace d'assassinat : c'esl-a-dire i|ue la peine est plus ou moins forte selon les circonstances. (C pén. 9.5, 434, 436). I.or.-que l'incendie des propriétés mobilières ou imiiio- bilières d'autrui a été causée par la vétusté, par le déiaul de réparation ou de nettoyage des cheminées, fours, etc., ou par des feux allumés dans les champs à moins de cent métrés des maisons, édifices, bruyères, bois, plantations, meules, tas de grains, pailles, foins, fourrages, ou de tout autre dépôt de matières combustibles, ou par des feux ou lumières portés ou laissés sans précauiion suffisante, ou par des pièces d'artifice allu- mées ou tirées par négligence ou imprudence, le coupable est puni d'une ani»iide de .50 fr. à 500 fr. (id. 458). Ces peines sont indépen- dantes de l'action en dommages-intérêts (voy. Domm.^ge) qui apparlienl à toute personne ayant souffert un préjudice quelconque par suite d'un incendie commis volontairement ou causé par négligence ou imprudence (C. civ. 1382 et s.). La loi des 16-24 août 1790 (til. XI, art. 3) chargeait les maires de prendre les mesures nécessaires pour prévenir les in- cendies et pour y porter remède. Celle dispo- silion est aujourd'hui abrogée par la loi du 5 avril 1884 qui la répèle en d'autres termes art. 97.) (Voy. S.apkubs Posiimkiis.) Les maires peuvent réclamer, pour comb.tlre les sinis- tres, le concours de tous les citoyens; le refus de ce concours est considéré comme une conlravenlion el puni d'une amende de 6 a 10 fr. (C. pén. 475.) » (Ch. V.) • INCENDIÉ, ÉE part, passé d"L\CENDiKR. Brûlé, consum.' par le feu : maUon incendiée. — Se dit substantiv. des personnes dont l'habitation a été brûlée : on fit. Unns ce vil- tii'je, une quéle pour les incendies. — Jargon. Incendié. complèteDient ivre. • INCENCIER V. a. Biùler, consumer par le feu. .Ne se dit que d'un grand embrasement : il incendia lui-même su maison. IN-CENT-VINGT-HUIT adj. Se dit d'une feuille d impressioD loruianl cent vingt-huit feuillets ou deux cent cinquante-six pages. — Se dit également du format obtenu avec celte feuille. — s. Un in-cent-vingt-kuil. INCÉRATION s. f. Action d'incorporer de la cire avec une autre matière. — Donner à une substance sèche la mollesse de la cire. INGÉRER V. a. (préf. in; lat. cera, cire). In- corporera la cire. — Réduire à la consistance de la cire. • INCERTAIN, AINE adj. Douteux, qui n'est pas assuré : le succès en est fort incertain. — Variable, mal assure : le temps est bien incer- tain. — Qui n'est pas fixé, qui n'est pas déter- miné : l'heure de la mort est incertaine. - Se dit aussi des personnes, et sert à exprimer, tantôt l'incertitude qui ne dépend pas de auus : je suis incertain de ce qui doit m'arri' INCE ver; tantôt l'irrésolution -.je suis Incertain di: ce que je dois finre. — s. Ce qui est douteux, peu certain : quitter le certain pour l'incer- tain. ' INCERTAINEMENT adv. Avec doute et in- certitude : il ne faut pas assurer les choses quand on ne les sait qu'incertaimment. (Peu usité.) • INCERTITUDE s. f. Etat dune personne irrésolue sur ce qu'elle doit faire, ou incer- taine de ce qui doit arriver : il est dans l'in- certitude du parti qu'il doit prendre. — S'ap- plique également au caractère, à l'esprit, aux opinions d'une personne irrésolue : l'incerti- tude de son caractère. — Se dit aussi de tout ce qui est susceptible de doute : l'incertiluda des jugemenls humains. — L'incebtitude du TEMPS, l'état incertain du temps. • INCESSAMMENT adv. Sans délai, au plus tôt. Dans ce sens, s'emploie par rappoit au temps futur ; le roi a ordonné à son ambassa- deur de partir incessamment. — Continuelle- ment, sans cesse : il travaille incessamment. — Se dit quelquefois par rapport au passé : il fut nommé gouverneur d'une place frontière et se rendit incessamment à son poste. ' INCESSANT, ANTE adj. Qui ne cesse pas, qui duie sans iiilerruplion : une douleur, une plainte incessante. INCESSIBILITÉ s. f. Qualité de ce qui est incessible. • INCESSIBLE adj. Juri^pr. Qui ne peut être cédé : les droits et privilèges personnels sont incessibles. ' INCESTE s. m. (lai. incestutn). Conjonc- tion illicite entre les personnes qui sont pa- rentes ou alliées an depré prohibé par les lois : commettre un inceste avec sa sœur. — Inceste SPIRITUEL, conjonction illicite entre les personnes alliées par une affinité spirituelle, comme entre le panain et la filleule Se dit également d'un commerce criminel entre le confesseur et sa pénitente. — S'est dit aussi d'une personne coupable d'inceste : autrefois les incestes étaient punis de mort. — Dans ce sens, on l'a quelquefois employé comme ad- jectif, surtout en poésie. — Législ. « L'in- ceste était autrefois l'objet de peines rigou- reuses. S'il était commis entre frères cl sœurs ou autres collatéraux, la peine de mort était prononcée; le supplice préalable dilfé- rait suivant le degré de parenté existant entre les coupables, et leur»; corps étaient ensuite brûlés. Si les coupables étaient parents en ligne directe et même lorsque cette parenté était illégitime, ils devaient être brûlés vifs. L'inceste spirituel qu'un confesseur commet- tait avec sa pénitente était aussi puni de mort. Aujourd'hui l'inceste n'est pas consi- déré comme un fait punissable, lorsqu'il n'y a pas viol ou attentat aux mœurs (voy. Ai- te.nt.\t), et il y a seulement circonstance ag- gi-avante lorsque c'est un ascendant (|ui est coupable de viol ou de simple attentat à la pudeur. La peine est alors celle des travaux forcés à perpétuité s'il s'agit d un viol ou d'un attentat à la pudeur, consommé ou tenté avec violence; celle des travaux forcés a temps, si c'est un attentat a la pudeur, con- sommé ou tenté sans violence sur la personne d'un enfant âgé de moins de treize ans; et la peine de la réclusion, si l'attenlat a la pudeur aétéconimis sans violence sur un mineurau- dessus de cet âge et non émancipé par le ma- riage (C. pén. 331 à 3J3). Les enfants inces- tueux ne peuvent, de même ipie les enfants adultérins, être légitimés ni reconnus comme enfants naturels (C. civ. 331, 33,')). Ils ne peuvent donc jamais prétendre à recueillir aucune pari do la succession de leurs au- liMirs. La loi leur accorde seulement des ali- ments (id. 'iGi], ce qui peut s'cnteiulre soit du cas oti la liliiiUou se trouve établie pur les INCI faits, soit de celui où il s'agit de réduire à une pension alimentaire les libéralités plus importantes faites à l'enfant incestueux par le père ou la mèie. n (Ch. Y.) * INCESTUEUSEMENT adv. Avec inceste, dans 1 inceste : vivre ineestueusement. ' INCESTUEUX, EUSE adj. Coupable d'in- ceste lun homme incestueux. On dit de même, surtout en poésie : des mains incestueuses. — Se dit aussi des choses où il y a inceste : amour, commerce inee.^tueu.i:. — Se dit quel- quefois snbstantiv., en parlant des personnes : c'est un incestueux. ' INCHOATIF, IVE adj. [ain-ko-a-tif] (lat. inehoativus . de inchnare , commencer une construction). Gramiii. Qui commence. Se dit des verbes qui expriment le rommencement d'une action : suivant quelques grammairiens, vieillir, s'endormir, verdir : sont des verbes inchoatifs, ou substantiv. : sont des Inchoatifs. ' INCIDEMMENT adv. Par incident, ou par occasion : il s'est constitué incidemment de- mandeur. * INCIDENCE s. f. Géom. La rencontre d'une ligne ou d'une surface avec une autre ligne ou une autre surface. S'applique spé- cialement à la rencontre des corps par les rayons lumineux : alors le point où la ren- contre a lieu est appelé point d'incidence ; et l'on nomme angle d'incidence, l'angle formé par le rayon incident avec la surface ren- contrée. * INCIDENT s. m. (lat. incidens, tombant dessus). Kvéïienient qui survient dans le cours d'une entreprise, d'une atfaire : toutes ses mesures furent rompues par un incident im- prévu. — Se dit aussi en parlant d'un poème dramatique, d'un roman, etc., et signifie, un événement plus ou moins important qui sur- vient dans le cours de l'action principale : une pièce de théâtre trop chargée d'incidents. Woffrez point un sujet d'iiicicfents trop chargé. BoiLBAU. Alt poet.. ch. m. — En matière de procès, difficulté, contesta- tion accessoire qui naît, qui survient pen- dant l'instruction de la cause principale : il arriva, il survint, on fit naître un incident du- rant le procès. — Se dit également, dans le langage ordinaire, des mauvaises dilficultés qu'une personne élève dans une dispute, au jeu, etc. : au lieu de répondre à la question, il élève des incidents. ' INCIDENT, ENTE adj. Se dit de certains cas qui surviennent dans les alJ'aires,et s'em- ploie principalement dans le style de Prat. : une demande incidente. — Gramm. Propo- sition, PUR.\SE incidente. Celle qui est insé- rée dans une proposition principale dont elle fait partie. Dans cette phrase : Dieu, qui est juste, rendra à chacun selon ses œuvres; les mots qui est juste forment une proposition, une phrase incidente. — Opl. Sert pour (]ua- lilier les rayons lumineux dans l'acte de leur rencontre avec les surfaces des corps : rayon incident. ' INCIDENTAIRE s. m. Celui qui forme des incidents, clucaneur. {Peu usité.) * INCIDENTER v. n. Procéd. Faire naître, élever un incident, les incidents dans le cours d'un procès : il éloigne le jugement du procès, a force d'incidenter. — Chicaner, faire des objections peu importantes, élever de mau- vaises dilQcullés : on pouirait incidenter sur ce récit. ' INCINÉRATION s. f. Chim. Action de ré- duire en cendres, ou état de ce qui est réduit est cendres : on obtient la soude par la com- bustion et l'incinération des plantes marines. — L'iNCiNÉiiATiON DES uuHTs, acliou de brùlei les morts pour leur rendre les derniers de- VOJl». INCI 357 •INCINÉRER v. a. (lat. in, en; cinerem. cendre). Chim. Réduire en cendres. INCIPIT s. m. [ain-si-pitl]. Mot latin qui signifie : il commence]. Se dit des premiers mots par lesquels commence un ouvrage: ci- ter l'ineipit, les incipit. 'INCIRCONCIS, ISE adj. Qui n'est point circoncis : le mâle ineirconcis. dit l'Ecriture, sera retranché du milieu du peuple. — Se di- sait également, chez les Juifs, de ceux qui n'étaient pas de leur nation ; en ce sens, il est ordinairement substantif : les ineirconcis. — Fil'., dans le style de l'Ecriture. Immorti- fié : incirconcis de lèvres. ■ INCIRCONCISION s. f. Etat de celui qui est ineirconcis. Ne se dit qu'au figuré : l'in- circoncision du cœur. ' INCISE s. f. (lat. incisus, coupé). Gramm. Pelite phrase qui forme un sens partiel, et qui entre dans le sens total de la période ou d'un membre de la période : cette période est embairassèe de trop d'incises. "INCISÉ, ÉB part, passé de Inciser.— Bot. Se dit, adjectiv.. des parties dont le limbe ou les bords sont divisés comme avec un instru- ment tranchant. ' INCISER V. a (lat. ineidere, couper). Faire une fente avec quelque chose de tranchant. Se dit, principalement, de cette opération de chirurgie qui consiste à faire des taillades sur la chair : le chirurgien lui a incisé le bras. — Se dit aussi des taillades qu'on fait à des arbres en certaines occasions : inciser l'ècorce d'un arbre, pour le greffer. — Méd. Autref. Dissoudre, diviser, en parlant du suc gas- trique et de certains médicaments ; les phy- siologistes jnodernes 7iient que le sue gastrique ait la propriété d'inciser les aliments. • INCISIF, IVE adj. Méd. Se disait autre- fois des remèdes que l'on croyait propres à diviser, à atténuer les humeurs grossières : remèdes incisifs. S'employait souvent comme substantif, au masculin : les incisifs. — Anat. Dentsiiscisives, ou substantiv.. Incisives, dents de devant, qui sont laites pour couper les aliments. Musclis incisifs, ou substantiv.. Incisifs, muscles de la lèvre supérieure. — Se dit, lig..de paroles qui ont quelque chose de tranchant, de pénéU uni : paroles indsives. Se dit aussi des personnes : orateur incisif. ' INCISION s. f. Fente, taillade, ouverture faite avec un instrument tranchant : faire une incision dans les cliairs. — Chir. Incision CRUCULE, double incision dont les taillades se croisent. INCITABILITÉ s. f. Physiol. Disposition à recevoir l'action d'un stimulant et à agir sous l'intluence d'agents extérieurs. ■ INCITANT. ANTE adj. Méd. Qui donne du ton ; remèdes incitants. S'emploie aussi comme substantif, au masculin ; les incitants. INCITATEUR adj. Qui incite, qui est apte il inciter. — s. Celui ou ccllequi incite : l'inci- tateur de la révolte. INCITATIF, IVE .idj. Qui est propre à inci- ler : motj'Us incitatifs. • INCITATION s. f. Instigation, impulsion : incitation au crime, à la débauche. — Méd. Ac- tion de donner du ton aux organes. ■ INCITER V. a. (lat. ineitare). Pousser, dé- terininer, induire a faire quelque chose ; in- citer a bien faire. • INCIVIL, ILE adj. Qui manque de civilité : un homme tncicil. — Se dit également des ma- nières, des actions, des paroles, etc., qui sont contraires a la politesse, à la bienséance: des manières inciviles; cette réponse est bien in- civile. — En Juri^pr. Clause incivile, clause faile contre la disposition des lois civiles. (Vieux.) 358 INCL INCO INCO • INCIVILEMENT .iJv. D'une manière inci- vile : fiitrrr inrinliinfiit dans uni' lompivjnii-, ' INCIVILITÉ s. f. Manque de civilité : son incivUUi rlidijui: tout le mnmk. — Action ou parole conlraire à la civilité : faire une inui- vitité. • INCIVIQUE adj. Qui n'est point civique. Ne M ilil qui' des choses : «ne conduiti:, uni: propnsitinti inniviqiie. ■ INCIVISME s. m. Défaut de civisme : acte d'iiiiivisiif. " INCLÉMENCE s. f. Kit'ucur. Ne s'emploie piifue au |iiiipii; que dans certaines phrases |MiiHiques : i tucUmen'X des dieux, etc. — Se dit plus ordinairement au figuré, eu parlant du leirips, de la saison : l'invUmmce de l'air. • INCLÉMENT. ENTE adj. Qui n'a pas de clenienie, ri^ioureux : les dieiu: incldmcnts. Ne s'emploie guère qu'en poésie . — Fig. Un ciKL iNCLÉsiKNT, SB dit d'uu tenifis ou d'un cli- mat rigoureux : sous un ciel indément. • INCLIN AISONs.f.Ord.L'obliipiitédcsligiies droites ou des surfaces [ilaiies sur le plan de l'horiïon : l'inclinaison du terrain j'ucdite l'é- coulement des eiiux. — Malliém. Hilalion d'o- bliquité : l'inclinaison de dctix plans l'un sur l'autre. — Boussole d'inclin.\ison, aiguille ai- mantée portée sur un axe liurii;ontal très moliile, et inclinant d'une quantité variable vers l'un ou l'autre pôle, suivant les lati- tudes. • INCLINANT adj. m. Gnoni. Se dit des cadrans solaires tracés sur un plan qui n'est pas perpendiculaire à l'horizon, mais qui in- cline du côté du midi. On les appelle aussi Incltniis. • INCLINATION s. f. Action de pencher. Dans ce sens, ne se dit guère que de l'action de pencher la tête ou le corps eu signe d'ac- quiescement ou de respect : il fit une léijère inclination du tète. — (Jhini. ViiusER fau in- CLiNATiu.N, verser quelque liqueur en penchant doucement le vaisseau. — Fig. Disposition et pente naturelle à quelque chose; et, dans ce sens, ne s'applique ordinairement qu'aux personnes : inclinations naturelles, vertueuses, vicieuses, basses. — Atfection, amour : avoir, se sentir de l'inclination pour quelqu'un. — Kam. dans un sens analogue -.avoir une inclination. — Se dit encore, tain., de la personne qu'on aime : cette demoiselle est l'inclination d'un tel, est son inclination. — Chose pour laquelle on a du penchant ; la chasse est son inclina- tion. ■ INCLINER v. a. (lat. imlinare, pencher vers;. Mettre dans une situation oblique, pen- cher. Se dit surtout par rapport au plan de l'horizon : incliner un vase pour verser la li- queur qu'il renferme. — Baisser, courber : 'incliner le corps, la tête. — v. n. Etre incliné, penché ; un plan qui incline. — Fig. Avoir du penchant, de la prédilection pour quelque chose, être porte à quelque chose ; incliner à la miséricorde, à la pitié, à la paix. — La vic- Tuiiiii INCLINE DE CE CÔTÉ, se dit 611 parlant de l'année qui commence à obtenir l'avantage dans une bataille. —S incliner v. pr. Se dil, surtout dans les sciences matUéiiiaiiques, de ce qui est dans une situation oblique par rap- port a une ligue, à une surface quelconque ; dcïix droites qui s'inclinent l'une sur l'autre forment unanyle aigu. — Plusord. Se baisser, se courber : s'incliner respectueusement, pro- fondément devant quelqu'un. — Absol., dans le style élevé. Se prosterner par respect, par crainte: l'univers s'incline devant son créateur. ' INCLURE V. a. (lat. includere, enfermer, fermer). Enfermer, insérer : inclure un billet dans une lettre. (Peu usité, sauf au part, passé.) • INGLUS, USE part, passé de Inclure. En- fermé, enveloppe ; le paquet ci-inclus, le billet ci-inclus. — Absol. et subslaiitiv. L'incliise, la Qui ressent quelque sorte d'ini-ommodilé. de lettre enfermée dans un paquet '.je vous prie I du remettre l'in'lusc à un tel. INCLUSIF, IVE adj. Qui renfemio, qui com- prend en soi. — s. f. Ilisl. ccclés. Admi-sion au conclave d'un cardinal arrivé après les délais fixés par les canons de l'Eglise : ce car- dinal a obtenu l'inclusive. INCLUSION s. f. (lat. iwiusio). Etat d'une chose renfermée dans une autre ; action d'in- clure. ■ INCLUSIVEMENT adv. 11 est opposé à Exclusivement, et signilie, En y comprenant, y compris: depuis le six janvier jusqu au trente inclusivement. • INCOERCIBLE adj. Phys. Qui n'est pas coercible : Uni' le incoercible. • INCOGNITO adv. [xo!iiiodk d'un iiiiAS, u'une JAMUE, ii'avolr pas l'usage d'un bras, d'une j.imbe. — Fani. Ethe iNcousioof; dans .sks a''i'Aihi-:s, se dit d une personne dont les atl'aires sont en mauvais étal. • INCOMMODÉMENT adv. Avec incommo- dité : l'Ire luge m commodément. • INCOMMODER v. a. (lat. incommodare). Ap()orlei, causer ijuelque sorte d'incommo- dité, d(i gêne, de malaise : lu moindre chose l'incommode. — .Mettre à la gêne, mettre dans l'embarras relativement à la fortune : tu })erte de ce procès l'a fort incommodé. — Se dit éga- lement des choses, surtout dans le premier sens ; il faut couper ces arbres qui incom- modent la vue du château. — Qiielquef. Kendre un peu malade; et, dans ce sens, s emploie souvent au passif : ce petit excès m'a incom- modé. — S inconunoder v. pr. Se mettre dans rembarras : il s'est beaucoup incommodé par cette iiepen.se. • INCOMMODITÉ s. f. Peine, gêne, malaise (]uc cause une chose incommode : c'est une grande incommodité que d'être mal logé. — Se dit quelquel. de ce qui met dans l'embarras relativenjent à la tortuno : la jicrte de son procès lui causera de l'incommodité. (Peu usité.; — Indisposition ou maladie : les incommodités de l'âge, de la vieillesse. — Mar. Signal d'in- commodité, signal par lequel un bâtiment fait connaître qu il abesoin d'être secouru : donner, faire le signal d'incommodité. Plus Cômiuuué- melll, SlUNAL DE DÉTRESSE. INCOMMODO. Voy. Commodo. • INCOMMUNICABLE adj. Qui ne se peut cummuiiuimti , ilmit un ne peut faire part : c'est lin Inen incutninunieablc. •INCOMMUTABILITÉs. f. Juiispr. Se dit en parlant dune possession oii l'on ne peut être léïitiniement troublé ; (( prouve l'ineommu- tabilité de sa possession par une possession cen- tenaire. ' INCOMMUTABLE adj. Jurispr. Est princi- palement usite dans ces locutions: Proi'Rii:- TAIRE INCOMMUTABLE, POSSESSEUR l.NCOMMUTABLL, propriétaire, possesseur qui ne peut être légi- timement dépossédé. On dit, dans un sens analû"iie. Propriété incommutable, possession incommutable. - INCOMMUTABLEMENT adv. Jurispr. En telle sorte qu on ne puisse être dépossède légitimement: posséder incummutablement une terre. (Peu usité.) • INCOMPARABLE adj. Aqui ou à quoi rien ne peut être comparé: c'est un homme d'une valeur incomparable. — Faïu. Il est i.ncosii\- RABLE, se dit par ironie, et pour témoigner" la surprise qu'on a de ce qu'un hoinine fail un dit; c'ist un homme incomparable. • INCOMPARABLEMEi^T adv. Sans compa- raison. Ne s'emploie jamais sans être suivi de quelque autre adverbe de comparaison, comme PLUS, MOINS, mieux: elle est incomparablement plus belle que sa sœur. ■ INCOMPATIBILITÉ s. f. Contrariété, op- position qui fait que deux personnes, que deux choses ne peuvent s'accorder, exister en- semble. Se dil principalement de l'anlipatliie des caractères, des esprits : il y a entre e ^x de iincoinpalibilite, une grande incompatibilité d luimeur. — Impossibilité qu il y a, selon les locs, que deux places soient remplies en même temps par la même personne: il n'y a point incompalibililé entre les fondions de mi- nistre et celles de député. On dit, dans un sens analogue, Il y a incompatibilité que te père et le fils, que les deux frères, que l'oncle et le ne- INCO veu soient jur/es dans un mému tribunal. — Législ. c( Non.-, avons déjà piiilé plusieurs fois des incompatibilités existant entre certaines fonctions qui ne peuvent être exercées en même temps par la même personne. (Voy. Avocat, Avoué, Cumul, DhPUTÉ, etc.) Nous traiterons ici plus spécialement des incompa- tibilités coni'ernant certaines fonctions élec- tives, et du cumul exercé par les membres des assemblées lén-islatives françaises. Aucun membre de la première Assemblée consti- tuante ne pouvait devenir ministre (L. 7 no- vembre nS'J), ni accepter du gouvernement places, pensions ou traitements, même en donnant sa démission (L. 26 janvier -1790). La Convention, peu de jours après son instal- lation, décréla l'incompatibilité de toute es- pèce de fonctions avec le mandat législatif (L. ta septembre 179'J). En outre, une loi du 24 vendémiaire an 111 détermine les incompa- tibilités des diverses fonctions publiques entre elles, et trace la séparation entre les pouvoirs législatif, exécutifetjudiciaire, séparation que Montesquieu avait reconnue indispensable et que demandentabsolument la sagesse et l'ex- périence. La contre-révolution ayantamenéle relâchement des mœurs, on vit, sous le Direc- toire, le Consulat et t'Iimpire, reparaître les abus du temps passé, avec les fonctions mul- tiples, les sinécures et les traitements exces- sifs. Si la Restauration, par la loi du 28 avril 4816, a interdit le cumul des traitements au delà de 3,000 fr., elle s'est bien gardée d'entreprendre la réforme des mœurs parle- menlanes, et le duc de Broglie constatait, en 18:!.S,que les six-septièmes des députés avaient été promus à des emplois pendant la durée de leur mandat. La charte de 1830 obligeail les députés qui, pendant le cours de leur mandat, étaient promus à des fonctions pu- bliques salariées, à se représenter devant les électeurs; et cette disposition fut conlirmée par la loi du 12 septembre 1836. La constitu- tion de 1848 remit en vigueur le principe de l'incompatibilité du mandat parlementaire avec toute fonction publique salariée ; etia loi électorale du lo mars I8i9 précisa les divers cas dans lesquels le cumul était interdit aux représentants du peuple. On se rappelle ce qui se passait sous le second Empire : le cu- mul des fonctions et des gros traitements dé- passa tout ce que les précédents régimes avaient présente de plus scandaleux. La mo- rale et les deniers publics étaient également sacriliés. Nous ne citerons que quelques exemples. M. Houher recevait annuellement, à divers titres, 160,000 fr. ,• l'archevêque de Paris, 180, UOO fr. ;' le maréchal de lUac- Mahon, 1 88,000 fr. ; le maréchal iNiel, 193,000 fr.; le maréchal Vaillant, 228,000 fr.; le ma- réchal Magiian, 263,000 fr. ; M. Troplong, Ji96,;j00fr. Quelques-uns de ces hauts Ion cLioii- naires recevaient en outre une indemnité an- nuelle de 10u,000 fr. comme membres du con- seil privé, et la plupart étaient logés, éclairés, chauliës et servis aux frais de l'Etat. Le gouver- nement de la Ltetense nationale remit proviboi- rement en vigueur une partie de la loi orga- nique du 1 ij mars 1 849 ; mais il lit exception pour lesarticlesreiatilsaux incompatibilités; ell'As- semblee élue en 1871, bien qu'elle eût usurpé le pouvoir constituant, n'entreprit pas d'iiitor- dirc le cumul. C'est seulement eu i87b, après l'établissement délinitif du gouveruemenl républicain, que l'on s'occupa de légiférer sur l'incompatibilité des fonctions législatives avec d'autres tonctions ; mais de nombreuses exceptions peu justiliables furent alors ad- mises. Les lois organiques du ï! août et du 30 novembre 1873, qui régissent encore la matière, éuumèreut les diverses fonctions incompatibles avec le mandai de sénateur amovible ou avec celui de député. Aucune lestrictiou n'est imposée au Sénat, en ce qui concerne l'élection de ses membres inamo- vibles; si ce n'est que, en vertu du la Coiisti- INCO tioii, nul ne peut être sénateur, s'il n'est Français, âgé de 40 ans au moins, et s'il ne jouit deses droits civils etpolitiques.Unprojet de loi, voté par la Chambre des députés le 23 novembre 1883, doit, s'il est admis par le Sénat, déterminer à nouveau quelles sont les fonctions incompatibles avec les mandats de sénateur ou de député. Suivant les disposi- tions simples et précises de ce projet, l'exer- cice de toutes fonctions publiques rétribuées sur les fonds de l'Etat, ou dont les titulaires sont nommés par le gouvernement, est incom- patible avec l'un ou l'autre des mandats lé- gislatifs, à l'exception des fonctions ci-après: ministres et secrétaires d'Etat; professeurs de faculté nommés au concours ou sur la pré- sentation des corps où la vacance s'est pro- duite; amba.ssadeurs et ministres plénipoten- tiaires. Il faut joindre à ces exceptions les officiers qui ne font plus partie de l'armée active et qui sont l'objet de l'article 7 de la loi du 30 novembre 1875. Nous ne voulons pas analyser ici ce projet de loi, qui n'est qu'un premier pas dans la voie des réformes. Un autre projet, concernant le cumul des fonctions publiques entre elles, a pour objet d'interdire la réunion sur une seule tête de plusieurs fonctions rétribuées ou non. On imiterait en cela la loi italienne du 5 juillet 1882; et il en résulterait plus d'un avantage. Chaque fonction pourrait être mieux remplie, et un plus grand nombre de citoyens se for- meraient à la pratique des affaires adminis- tratives. N'est-ce pas ce qui doit nécessaire- ment exister dans une démocratie où le gouvernement appartient non plus à une :aste ou à une classe privilégiée, mais à ceux qui sont les plus aptes et les plus dignes de la confiance publique? — Les incompatibilités qui s'opposent au mandat de conseiller géné- ral sont détaillées dans la loi du 10 août 1871 (art. 8 à H) ; et celles qui s'appliquent a l'éli- gibilité des conseillers municipaux se trouvent dans les articles 32 à 36 de la loi sur l'orga- nisation municipale du 5 avriH884. » (V. S.) ' INCOMPATIBLE adj. Qui n'est pas compa- tible : ces deux caractères sont incompatibles. * INCOMPÉTEMMENT adv. Jurispr. Sans compétence, par un juge incompétent: cela a été mal et incompéteinment jugé. ' INCOMPÉTENCE s. f. Jurispr. Défaut, manque de compétence : l incompétence d'un juge, d'un tribunal. — Ordin. Se dit du manque de connaissances suflisanles pour juger de quelque chose, pour en parler : quand ce cri- tique parle de beaux-arts, on reconnaît aussitôt son incompétence. ' INCOMPÉTENT, ENTE adj. Jurispr. Qui n'est pas cuinpeteiil: juye incompétent. — S'emploie aussi dans le lange ordinaire: c'est unju'je incompétent, fort incompétent en litté- rature. ' INCOMPLET, ÉTÉ adj. Qui n'est pas com- plet :un recueil iuaiinptet. — Bot. Flkur incom- plète, tleur qui manque de calice ou de co- rolle. • INCOMPLÈTEMENT adv. D'une manière incomplète. * IKCOMPLEXE adj. Qui est simple, qui n'est pas complexe. •INCOMPRÉHENSIBILITÉ s. f. Etat de ce qui est incompréhensible ; L'incom^rékensibi- Uté des mystères. "INCOMPRÉHENSIBLE adj. Qui ne peut être compris : Dieu est incompréhensible. — Se dit aussi, dans une acception moins rigou- reuse, d'une chose très diflicile a expliquer, à concevoii" : cela est vraiment incomprekeiisiOlc. — Se dit également d'une pcrsonnedontonne peut i;xpliquer les inégalités, la conduite, les procèdes : <■( t homme c.si incompréhensible. • INCOMPRESSIBILITÉ s. f. Pliys. Qualité INCO 359 de ce qui est incompressible: l'incompressibi- lité de l'eau n'est pas absolue. * INCOMPRESSIBLE adj. Phys. Qui ne peut être comprimé : aucun corps matériel n'est ab- solument incompressible. * INCOMPRIS, ISB adj. Qui n'est point com- pris, apprécié à sa juste valeur. Se dit surtout, ironiquement, des personnes qui se plaignent que leurs qualités, leurs talents ne soient pas appréciés : un génie, un poète incompris. ' INCONCEVABLE adj. Qui n'est pas conce- vable, explicable ; dont on ne peut aisément se rendre raison : vous me dites la uni> chose inconcevable. — Se dit quelquefois, par exagé- ration, des choses qui sont surprenantes, ex- traordinaires dans leur genre : il est d'une activité, d'une patience inconcevable. ' INCONCILIABLE adj. Se dit des choses qui ne peuvent se concilier, qui s'excluent mu- tuellement: voilà des faits inconciliables. — Se dit quelquefois des personnes : ces deux plai- deurs sont inconciliables. INCONDITIONNEL, ELLE adj. Qui ne dépend point d'une coiidilion. • INCONDUITE s. f. Défaut de conduite : c'est par .son incondaite qu'il s'est mis dans cette pé- nible situation. ' INCONGELABLE adj. Qui n'est pas suscep- tible de se congeler: liquide incongelable. * INCONGRU, UE adj. Se dit d'une locution, d'une phrase qui pèche contre les règles de la syntaxe : une façon de parler incongrue. — Se dit, dans une acception plus étendue, et fam., de ce qui n'est convenable ni aux per- sonnes, ni aux circonstances: réponse incon- grue. — Se dit, fig. et par plaisanterie, d'une personne qui est sujette a manquer aux bien- séances du monde : c'est un homme fort in- congru. • INCONGRUITÉ s. 1. Faute contre la syn- taxe, contre les règles de la construction ; tout ce qu'il écrit est plein d'incongruités. — Se dit, dans une acception plus étendue et fam., des fautes contre le bon sens et contre la bien- séance, soit dans le discours, soit dans les actions et dans la conduite : conduite pleine d'incongruités. — Plus ord. Une de ces choses sales qu'on rougirait de faire et même de nommer en bonne compagnie: il a fait une incongruité. ' INCONGRÛMENT adv. D'une manière in- congrue : parler ineongrùment. ■ INCONNU, UEadj. Qui n'est point connu: pays inconnu. — Mathém. Quauté inconnue, ou subslaiitiv.. Inconnue, la quantité que l'on cherche pour la solution d'un problème. Dé- gager l'jnco.nnue, la faire sortir des relations algébriques où elle est engagée. — Quelquef. Qu'on n'a point encore éprouvé, ressenti : ces chagrins lui sont inconnus. ^^ S'enifloie siilistaiitiv., en parlant des personnes : cet avis lui a été donné par un inconnu. — Parti- cul. Personne ({ui n'est guère connue, ou qu'on regarde comme peu digne de l'être : elle s'est entêtée d'un inconnu. — Se dit aussi, mais tou- jours, absoL, des choses que l'on ignore, par opposition à celles que ion connaît : aller du connu à l'inconnu est le meilleur mode d'ins- truction. • INCONSdIENCE s. f. Didact. Absence de conscience ; trouble de l'esprit qui ne permet plus à un homme de se rendre ooniple de ses actes, de distinguer le bien et le mal. * INCONSCIENT, ENTE adj. Didact. Se dit des actes dont ou u a pas conscience, que l'on accomplit sans s'en rendre compte : actes inconscients. • INCONSÉQUENCE s. f. Défaut de consé- quonco daiH les ideis, dans les discours, dans les actions: il y a de l'inconséquence dans set. 360 TNCO discours, dans ses procédés. — Se dit aussi des choses que l'on fail, que l'ondil par iiiconsù- qiipnce ou d'une manière irrcfléi.'liie: sa con- iluile est pleine d'ineonséquencs. ' INCONSÉQUENT, ENTE adj. Qui agil, qui parif sans se cunloi tiici à se? propres pnn- i;ipes : il est aussi inconséquent iluns sa con- duite que dans ses pro/m. Se d.l aussi des .l.osesidansun sens analot-ue : niisonnement qui disparaît avec I a?e; el e semble alors se ineonséquenl. - Kam. C.:ttk fkmsif. tsT iukn , lier à une alonie du col deja vessie elle plus iNCONSÉQUKNTE, Celte fcnuiie a de la lépèrelé TNCO • INCONTESTÉ. É£ aiij. Qui n'est point conli'sl.- : lin tlrnit inrontefti':. ' INCONTINENCE s. f. Vice opposé à la vertu deioiiliiicnee, h larliasleté ; être adonné à iin'fintimnce. — Méd. Incontinrnck o'rniNK. On donne ce nom à récoulement involon- taire rit- l'uiine. Celle all'ec.tion est csscnlicHe chez les enfants et constitue une iiiliimilé dans sa conduite, elle oublie ce qu'exigent les bienséances. — S'emploie quelquefois subs- tanliv. en parlant des personnes : ce jeune homme est un iiiroiisi'quent. • INCONSIDÉRATION s. f. Légère impru- dence, ou dans le discours, ou dans la con- duite : faire quelque chose par ineonsidéra- tion. * INCONSIDÉRÉ. ÉE adj. Etourdi, impru- dent, qui laiL les cbo.-es san.s attention, sans considération : homme inconsidéré. — Se dit éfralement des choses, dans un bens analogue : action inconsidérée. — S'emploie quelquef. subslanliv. en parlant des personnes : c'est un inconsidéré. ' INCONSIDÉRÉMENT adv. Etourdimcnt, d'une maiiii'io jnciui-idérée : (7 s'est conduit fort ineonsiléràiunt. 'INCONSISTANCES. f.Défautdeconsistance, de suile cl (l'eiisL'iiililo. Se dil surtout au moral : cet honmi'' s'est fait une réputation d'inconsistnncc. •INCONSISTANT, ANTE adj. Qui manque de coiiMstiince. iNe se diL guère qu'au moral : un homme itironsistnnt. • INCONSOLABLE adj. Qui ne peut se con- soler, qu'on lie pi;ul cousuler : twmme incon- solable. • INCONSOLABLEMENT adv. De manière à ne pouvoir èlie console : il est afllii/é incon- sulalitiineiit. • INCONSOLÉ, ÉE adj. Qui n'est pas con- solé : une vi^wy: inconsolée. ' INCONSTAMMENT adv. Avec inconstance et lé°-èreLé : il s'est conduit fort inconslam- ment dans cette affaire. ' INCONSTANCE s. f. Facilité à changer d'opinion, de re^ululion, de passion, de con- duite, de sentiment, ne se prend qu'en mau- vaise part : ('/ n'y a rien de plus indvjne d'un homme sage que l'inconstance. — Action de changer : cette femme n'a plus voulu se fier à lui après son inconstnnce. — Se dil également en parlant des choses sujettes à changer : l'inconstimce du temiis, des saisons. • INCONSTANT, ANTE adj. Volage, qui est sujet a changer : homme inconstant. — Se dit également des choses qui ne demeurent pas longtemps en même état: voilà un temps bien inconstant. •mCONSTITUTIONNALITÉ s. f. Qualité d'un acle, d'une opiiuua cunU-aire à la Coastitu- llon : inconslilaliunnalHc d'un décret. •INCONSTITUTIONNEL. ELLE adj. Qui n'est pas conslituLiunnel, qui est en opposi- lion avec la loi constitiilioiinelle de l'ttat : cette pi'oposition est inconstitutionnelle. ' INCONSTITUTIONNELLEMENT adv. D'une maniéie incousliLulionnelle. INCONTESTABILITÉ a. f. Etat de ce qui n'est pas conteslable. •INCONTESTABLE adj. Qui est certain, qui ne peut être contesté : cette vérité est in- contestable. • INCONTESTABLEMENT adv. Certaine- ment, sans diliicullé, dune manière incon- souvcnl cet écoulement de l'urine n'a lieu que la nuil. goutte à goutte, à des inter- valles pins ou moins éloignés, sans que len- fanl en ail conscience. Un régime tonique et fortifiant suflit en t'énéral pour faire dispa- raître cetteinlirniiléqui, d'ailleurs, se montre rebelle à tout traitement et guérit d'HIe- méme. Les bains de mer, les immersions froides, les ferrugineux sont utilement em- ployés pour bâter la guérison. Cette inconti- nence chez |ps adultes et les vieillards est toujours symptomatique ; elle résulte de quelque allerlion ou de quelque altération organique de la vessie, de la prostate ou d'une cvstile, le plus souvent dune paralysie du col vésical: elle s'observe aussi dans cer- taines maladies du cerveau ou de la moelle épinière. Il faut alors traiter directement la maladie spéciale qui produit l'incontinence .ou porter un réservoir en caoutchouc pour recevoir l'urine projetée. • INCONTINENT, ENTE adj. Qui n'a pas la vertu de coiilinence, qui n'est pas chaste : c'est un luiiiimc incontinent. • INCONTINENT adv. de temps. Aussitôt, au même instant, sur-le-champ : je reçus votre lettre, et je partis incontinent. (Vieux.) • INCONVENANCE s. f. Manque de conve- nance, action qui blesse les usages du monde : quelle inconvenance ! • INCONVENANT. ANTE adj. Qui ne con- vient pas, qui blesse les convenances : cela est fort inconvenant. • INCONVÉNIENT s. m. Ce qui survient de fâcheux dans cjuclque allaire, ce qui résulte de fâcheux d'un parti qu'on prend : je le vois engaqé dans une affaire dont il résultera pour lui de grands inconvénients, qui peut lui at- tirer de fâcheux inconvénients. — Se dit aussi des désavantages attachés à une chose, des résultats fâcheux qu'elle doit nécessairement produire : ce système offre beaucoup d'inconvé- nients, a ses avantages et ses inconvénients. •INCONVERTIBLE adj. Fin. Qui ne peut Être converti : titre inconvertible et insaisis- sable. INCONVERTISSAHLE adj. Qu'on ne peut convertir : pécheur inconvertissable. • INCOORDINATION s. f. Manque de coor- dination : l'incoordination des idées. - INCORPORALITÉ s. f. Dogmat. Qualité des êtres incorporels. • INCORPORATION s. f. Action d'incorporer, de s'incorporer; ou état des choses in- corporées. Se dit tant au propre qu'au ligure: il faut pétrir ces drogues- jusqu'à ce que l'incor- poration soit parfaite. INCORPORÉITÉ s. f. (lat. incorpnreus, in- corporel). Etal ou nature d'un être incor- porel : l'incorporéité des anges et des démons. ' INCORPOREL, ELLE adj. Qui n'a point de corps ; les substances incorporelles. - Jurispr. Se dit également des choses qui ne tombent passous nos sens, et qui n'ont qu'une existence morale : les choses incorporelles. • INCORPORER v. a. Mêler, unir ensemble certaines matières, et en faire un corps qui ait quelque consistance : incorporer une substance avec une autre. — S'emploie aussi INCR on parlant des corps (lolitiqnes, ou ccclésias- lii[iies, ou militaires : incorporer un peuple avec an autre. — Se dit é;;alemenl, en parlant de pays, de terres, de propriiHé~: i'irnrporerune province au royaume. — S'incorporer v. pr. S emploie, dan> ses ilivers s>-iis. suit comme verbe relléclii, soit comme verbe réciproque: la rire s'incori)ore facilement avec la gomme; ces deux substances ne s'incorporent pas bien ensemble. • INCORRECT. ECTE adj. Qui n'est pas cor- rect : cette édition est fort incorrecte. — Se dil aussi d'un écrivain dont le style n'est pas correct, d'un arti.>te dont la manière est in- corrccle : écrivain, auteur incorrect. • INCORRECTEMENT adv. D'une manière incorrecte : il p.xrle, il écrit incorrectement. ' INCORRECTION s. f. Défaut de correction : incorrection de style. — Se dit aussi des en- droits incorrects d'un ouvrage d'esprit ou d'art : faire disparailre une incorrection. • INCORRIGIBILITÉ s. f. Défaut de celui qui est incorrigible : iincorrigibilité de son caractère ne se conçoit pas. • INCORRIGIBLE adj. Qu'on ne peut cor- riger. Se diL.-iiiloul des personnes et de leurs défauts : un esprit im-nrrigible. ' INCORRIGIBLEMENT adv. D'une manière incorrigible : il est incorrigiblement pares- seux. • INCORRUPTIBILITÉ s. f. Qualité de ce qui est incorruptible : l incorruptibilité est une des qualités, une des propriétés des corps glorieux. — Fig. L'intégrité d'un homme incapable de se laisser corrompre pour agir contre son de- voir : l'incorruplibililé de ce juge. • INCORRUPTIBLE adj. Qui n'est pas sujet à corruption : il n'y a que les substances spiri- tuelles qui soient incorruptibles. — Fig. Qui est incapable de se laisser corrompre pour agir contre son devoir : un magistrat d'une vertu, d'une probité incorruptible. INCRASSANT, ANTE adj. Méd. Qui épaissit. S'est dit de certains remèdes que l'on croyait propres à épaissir le sang ou les humeurs. — On l'employait aussi comme substantif, au masculin : administrer des incrassants. • INCRÉDIBILITÉ s. f. Dogmat. Ce qui fait qu'on ne peut croire une chose :l' incrédibilité de ce fait, de cette opinion. ' INCRÉDULE adj Qui ne croit que difflcile- ment, qu'on a peine à persuader : vous êtes bien incrédule. — Foi. Qui ne croit point et ne veut point croire aux mystères. Dans cette acception, il s'emploie ordinairement comme substantif : c'est un incrédule. INCRÉDULEMENT adv. Avec incrédulité; d'une niHuièi c incrédule. • INCRÉDULITÉ s. f. Opposition, répu- gnance a croire ce qui est pourtant croyable : incrédulité opiniâtre. — Manque de foi, de crovance dans les choses religieuses ; l'incré- dulité avait fait de grands progrès au xviii' siècle. ' INCRÉÉ, ÉÉE adj. Qui existe sans avoir été créé ; les philosophes ont enseigné que la malicre était incréée. — Christ. La s.^gesse in- CKi-ÉE, se dit du Fils de Dieu. • INCRIMINABLE adj. Qui peut être incri- miné, poursuivi en justice : une action inerimi- nable. INCRIMINATION s. f. Jurisp. Action d'in- criminer. • INCRIMINER V. a. (préf. in; lat. crimen, crime). Accuser quelqu'un de crime, imputer une chose a crime : incriminer quelqu'un. ' INCROYABLE adj. [ain-kroua-ia-ble]. Qui ^;^^tie-piopositionesUncon.stablement ^-^P^^^sloù^ Z^!!^^'^;. , lit ^^:^:2:'l^^:'eS:S^ni^:bU. vraie. INCU — Il est incroyable, se dit quelquefois, im- personnellement, pour on ne saurait ci'oire, concevoir : ilesl incroyable combien cet. homme- là fait de choses. (Fam.) — Par exajr. Excessif, extraordinaire, qui pas=e la croyance : une incroyable activité. - Fam. Etrange, ridicule: cet homme est incroyable avec ses prétentions. — Se dit quelquefois snbstanliv. et absol. : (7 leur faut du merveilleux, de l'incroyable. — s. Sous le Directoire. Certaine classe d'élégants qui alleclaienl dans leur mise une recherche extraordinaire, extravagante. Les incroyables avaient banni la lettre r de leur langage grasseyant appelé garatisme ; ils pronon- çaient s pour ch et z pour g : z'admi-e les sa-mes incoyubles de ce visaze anzélique, paôle d'honneu panassée. •INCROYABLEMENT adv. D'une manière incrovahie, excessivement : il y en avait in- croyablement. (Fam.) * INCROYANT s. m. Qui n'est pas croyant, qui ne peut pas croire. * INCRUSTATION s. f. Aclion d'incruster, ou résultat de celte action : les mosaïques, ki tables de pierres fines de Florence, se font par incruslatinn. — Croûte ou enduit pierreux que les eaux calcaires foi ment autour de corps qu'elles baignent, dans les chaudières. — Méd. Se dit des dépôts calcaires qui se forment dans les tissus organiques ou à leur surface. * INCRDSTERv. a. (lat. incrustare). .appli- quer à la surface d'une chose, soit au moyen d'un mortier ou d'un mastic, soil par la pression, des lames ou des plaques de ma- tières plus ou moins précieuses, pour l'orner, pour y former des dessins, etc. : incruster de marbre, de jaspe, une colonne, un pilastre, ou simpl., incruster un pilastre, un. portique, etc. — A quelquefois pour régime le nom des choses mêmes qu'on applique de celle ma- nière : incruster une mosaïque dans le pavé d'un temple. — S'incruster v. pr. Se dit des choses qui adhèrent lorieinent à la surface d'une autre, qui foui corps avec elle : les tuyaux s' incrustent de stalactites. ' INCUBATION s. f. (lat. incubatio ; de in, sur; cubare, èlie couché). Action des volatiles qui couvent des œufs : la chaleur de certains fours peut suppléer à lincubalion. — Aléd. Temps qu'une maladie met à se développer après l'impression de la cause qui la produit : période d'incubation. DUItEE DE L INCUB.\TI0IJ CHEZ DIFFÉBENTS OISEAUX. 22 jours ChardonDcret Mésaii;;e MulDt^dU Liiiotli: Pms'Ul Oi^eau-mollchl!.. . , Serin des CLiiml-ic; Tarin Colibris Uiroiideile AioiM'tlc Merle Grive Mauvjs. . . , Tourterelle Pigcoi Ëlourrieau. Ho9ii(ics orieu- talcs. — Inde proprement dite. (Voy. Indous- TAN.) — Inde anglaise, nom que l'on donne aux possessions aiiirlaisi-s dans I'Indoustan. (Voy ce nom.) — Inde française, nom que I on donne aux possessions fiançaisesdans I'In- doustan. Le premier établissement français lut fondé vers lt)li4 à Surate, que la com- pagnie des Indes orientales ne larda pas à abandonner pour acheter Pondichéry, aujour- d'hui ch.-l. do nos possessions. Chandornagor nous fut cédé par Aureng-Zeyh, en 1G88. Ces possessions formèrent bientôt une colonie tlorissante, à laquelle vinrent s'ajouter Ka- 111. 362 rik.il, INDE ÎND^ INDE Yaiiann, Mazulipalam, etc. I^e poiiver- ueur IJiipluix r[ i"d''f'-';tihl.', tribus indigénes.aujourd'huipresqueéleintes, '!"" '^'""* '^?"'= loculiop ont été remplacées par des habitants noirs cl des Européens par des Européens. Les Indes occidentales renferment 4,300,000 hab.,donl 2 millions de blancs, 2 niillinns de noirs et environ .'tOO,0(iOcoulies.—Indesorientales, expression géoL'rapliique très vague, qui dési^me tout rexlrèiii.' Orient, au delii de l'Inde, et qui comprend ; l'Indoustan, l'Indo-Cliine, Geylan, Sumatra, Java, Bornéo, les Célèbes, le.s Iles de la Sonde, les Iles Banda, les Moluques, les Phili|i(unes, etc. ; on y ajoute même quelque- fois la Chine et le Japon. — Coupag.mks dks l.NuKs oiiie.\talks, nom de diverses associations auxquelles fut accordé le monopole du com- merce européen dans les Indes. Le commerce par voie de terre, dans lequel s'eneairèrent surtout les républiques italiennes, fui inter- rompu à la suite des guerres avec les Turcs et de la chute de Conslantinople. * INDÉBROUJLLABLE adj. Qui ne peut être débrouille : un point d'histoire indébrouillabtc. (Fam.) • INDÉCEMMENT adv. Contre la décence, contre les lucnseances : il arjit, il se comporte indéccmni'^nl. •INDÉCENCES, f. Vice de ce qui est con- traire a la décence, à Ihonnêtelé, aux bien- séances : il y a de l'indécence à parler ainsi.— Action, propos indécent : dire, commettre une indécence, une ijrossière indécence. • INDECENT, ENTE adj. Qui est contre la décence, cunlre riioiinèlcté, contre les bien- séances : paroles indécentes. • INDÉCHIFFRABLE adj. Qui ne se peut lire, déchillrcr, deiiiiur : i(;i rJu/fre bien fait cl à double cUf est indér/n/fraldc. - Se dit, pur exl., d'une écriture mal formée, et qui est dil- licile à lire : cette lettre est indéchiffrable. — Obscur, embrouillé, qu'on né peut expliquer: il y a dans cet auteur des passu;jes indéchif- frables pour tous les eominentateurs. — Se dit, lîg;. etfain., d'une personne dont on ne sau- rait pénétrer les desseins, les vues : cet homme est indéchiffrable. On dit dans un sens ana- logue. Si ciiuduite est indéchiffrable. ' INDÉCIS, ISE adj. Qui n'est pas décidé : un point qui est demeuré iwiécis. — Quelquef. l)outeux, incertain : la victoire fut lomjtemps indécise. — Se dit également d'une personne irrésolue, qui a peine à se déterminer, qui ne s'est pas déterminée : c'est un homme indécis, toujours indécis. — Au propre el au ligure. Vague, difficile à distinguer, à reconnaître, à déterminer : les traits de cette figure sont in- décis. • INDÉCISION s. f. Indétermination, carac- tère, étal d'un homme indécis : son indécision est cause qu'on ne finit rien avec lui. * INDÉCLINABILITÉ s. f. Gramm. Qualité des mots indéclinables. * INDÉCLINABLE adj. Gramm. Qui ne peut être décliné, qui ne se décline point : nom indéclinable. — Se dit quelquefois des mots qui ne reçoivent pas les signes du genre et du nombre : participe indéclinable. Dans ce sens, on dit mieux', Invariable. ♦ INDÉCOMPOSABLE adj. Qui ne peut être déconi|io>i. : une substance indécomposable. INDÉCOUSABLE adj. Que Ion ne peut dé- coudre : celle chaussure est indécousable. * INDÉCROTTABLE adj. Qu'on ne peut dé- crotter. iNe s'emploie guère que dans ces lo- cutions figurées et populaires : homme indc Dogmat. Qualité N'est guère usité l'indéfe'tibilité de l'Eglise. — Se dit pourtant quelquefois en termes de philosophie : FindéfcctibUité des substances. • INDEFECTIBLE adj. Dopmat. Qui ne peut défaillit, cesser d'être. N'est )!ul'ip usité que dansc'tli- phr.i-e : l'Eqlise est indéfectible. ' INDÉFENDABLE adj. Qui ne saurait être défendu ; rfti,; place est indéfendable . • INDÉFINI, lE adj. Dont la fln, les bornes ne sont ou ne peuvent point être détermi- nées : temps, nombre indéfini. — (iramm. Se dit de ce qui exprime une idée vague ou gé- nérale qu'on n'applique poiptii un objet par- ticulier et déterminé : sens indéfini. On, quelque, quiconque, sont des mots, des pro- noms indéfinis. — Puétérit ou passé inoékini, temps de l'indicatif du verbe, qui indique I ac- tion comme passée, mais s^ns relaliq(^ néces- saire à une époque délerminévi : le prétéi;it indéfini est un temps composé : J'ai vu, j'ai fait, je suis venu, etc. — s. En termes de Phi- losophie : l'indéfini n'est point l'infini. • INDÉFINIMENT adv. D'une manière in- définie : ajourner indéfiniment une affaire, la décision d'une affaire. — Gramm. Dans un sens indéfini : un mot pris indéfiniment. • INDÉFINISSABLE adj. Qu'on ne saurait définir : il y a des term>'S si simples, qu'ils sont indéfinissables. — Se dit, fig., des choses qu'on ne peut s'expliquer : une sensation, un trouble indéfinissable. — Se dit quelquefois des per- sonnes : c'est un caractère, c'est un lujmme in- définissable. INDÉFRICHABLE adj. Qui ne peut être dé- frirlir. INDÉHISCENCE s. f. est indcliiMiMil. INDÉHISCENT. ENTE adj. s'uii\it' pas de soi-même. INDE mm loc. lat. qui signifie culcres. INDÉLÉBILE adj. Qui ne peutêtre effacé. Se dit au propre et au figuré : encre, couleur indélébile. INDÉLIBILITÉ s. f. Cacaclère de ce qui est indeirliile. • INDÉLIBÉRÉ. ÉE adj. Se dit d'une action ou d'un mouvement sur lequel on n'a point délibéré, point réfléchi : les premiers mouve- ments de la colère peuvent être excusables, parce qu'ils sont indélibérés. •INDÉLICAT. ATE adj. Qui manque de dé- licatesse dans les sentiments ; c'est être bien indélicat que d'agir ainsi. — Se dit aussi des choses : ce procédé me semble fort indélicat. ' INDÉLICATEMENT adv. Dune manière indélicate : il en a ayi bien indélicatement avec moi. ■ INDÉLICATESSE s. f. Manque de délica- tesse dans les sentiments; ou procédé indé- licat. • Il\DEMNE adj [ain-dèmm-ne] (lat. indem- nis). JuMspr. Indemnisé, dédommagé. S'em- ploie principalement dans cette phrase : ren- dre quelqu'un indemne. — Dans le langage ordinaire signifie quelquefois, sans dommage: ils ne demandaient qu'à sortir indemnes de l'embaiTas où ils s'étaient mis. • INDEMNISER v. a. [in-damm-ni-zé]. Dé- dommager; payer à quelqu'un le dommage qu'il souffre ou qu'il a souffert : il a agi en Propriété de ce qui Bot. Qui ne de là des crottable, animal indécrottable, qui se disent, I vertu de votre procuraXion, c'est à vous de Fin- INDE demniser. — S'indemniser v. pr. ; vous pour- rez vous indemniser là-dessus. ' INDEMNITÉ s. f. [in-damm-]. Dédomma- gement : il a eu tant pour son indemnité. — Quelque!. Acte par lequel on promet d'in- demniser. — Jurispr. féod. S'est dit du droit que les gens de mainmorte devaient au sei- gneur, pour le dédommairer des droits qui lui auraient été dus aux mutations: cette com- munauté, en faisant telle acquisition, paya le droit d'indemnité. — Législ. « Le mol indem- liilé est peu employé dans le sens de répara- tion de dommages; on se sert alors du mot composé dommages-intérêts. (Voy. Dommage.) Le terme indemnité siiinifie, en général, ré- compense ou remboursement d'avances (C. civ. HO'.i, 1406, -1493, eti-.); mais il s'applique plus spécialementauxsommes allouées àceux qui sont dépossédés d'un immeuble ou qui éprouvent un préjudice par suite d'ouverture bu d'alignement de voies publiques, ou par suite d'expropriation pour cause d'utilité pu- blique. Ce raotest encore usité pour signifier le remboursement à forfait, et selon les dis- tances, des frais de route alloués à des té- inoins ou à des jurés. Les. indemnités de loge- aient sont des allocations que reçoivent cer- tains fonctionnaires ou agents en dehors de leur traitement. Les sénateurs et les députés reçoivent une indemnité qui est de 750 fr. par mois, pendant toute la durée de leur man- dat. Elle est basée sur celle de 2.t fr. par jour qui était attribuée aux représentants du peuple parla loi du lo mars 1849. » (Ch. Y.) * INDÉNIABLE adj. Que l'on ne peut dé- nier : k fait est indéniable. INDENTATION s. f. [aiu-dan-]. Echancrure pareille a celle que produisent les dents sur un objet que l'on mord. INDENTER v. a. Géogr. Echancrer, en par- lant de l'action de la mer sur les côtes : cette cote est profondément indentée. INDENTURE s. f. Géogr. Enfoncement pro- duit par l'action de la mer : les indentures qui découpent la côte. •INDÉPENDAMMENT adv.Sansdépendance, d'une niauière indépendante : Dieu peut agir par lui-même, indépendamment des causes se- condes. — Sans aucun égard, sans aucune relation à une chose : indépendamment de tout ce qui pourra en arriver. — Outre, par-des- sus : indépendamment de ces avantages, vous en aurez encore un autre. * INDÉPENDANCE i^. f. Etat d'une personne indépendante : il est, il vit dans l'indépen- dance. — Se dit également en parlant des na- tions, des corps politiques : la guerre de l'in- dépendance des Etats-Unis d'Amérique. — Quelquef. Goût de l'indépendance : un esprit d'indépendance. •INDÉPENDANT, ANTE adj. Qui ne dépend point de telle per.sonne ou de telle chose, qui ne lui est point subordonné : il commande un petit corps d'armée indépendant du général en chef. — Se dit également des choses qui n'ont point de rapport, de relation avec une autre: ce point est indépendant de la question. — Absol. Qui est libre de toute dépen- ilance : peuple indépendant. — Qui aime à ne dépendre de personne, qui ne se laisse pas dominer par la volonté d'autrui : esprit in- dépendant. — Substantiv. Secte qui, en Angle- terre, ne reconnaissait point d'autorité ecclé- siastique : la secte des indépendants. — Indé- pendants, secte protestante qui naquit en Angleterre au xvi" siècle. L'élément puritain forma, sous le règne de Marie, dos congréga- tions secrètes dissidentes, essentiellement in- dépendantes pour rorganisation et pour le gouvernement de l'Eglise. Le premier mou- vement lait au grand jour eut lieu .sous la conduite de Robert Hrowii, vers 1!>8(i. Les indépendants furent d'abord appelés brow- INDE nistes, mais leur discipline ayant été modi- fiée par John Robinson et par Henry .lacob, ils prirent le nom d'indépendants. Un certain nombre de ceux-ci, partis de la Hollande, poin- tèrent leur doctrine en Amérique en 1620. Ils furent tout puissants eu Angleterre pen- dant le coramonwealth, Gromwell apparte- nant àleur communion. (Voy. CoNGKÉGATIONA- LISME.) INDÉPENDENCE.I.villeduTexas (Etats-Unis), à 1 10 Idl. E. d'Austin: environ 1,000 hab. — II. Ville de l'iowa, sur la rivière Wapsipinicon, à 90 kil. de Dubuque; 3,1(33 hab. Asile d'a- liénés de l'Etat. — 111. Ville du Missouri, à 15 kil. E. de Kansas; 7,800 hab. Les .Mormons s'y établirent en 1837, mais ils en furent chassés. * INDÉRACINABLE adj. Qui ne peut être dé- raciné. i\e s'emploie guère que fig. : des pré- jugés indéracinables. 'INDESCRIPTIBLE adj. Qui ne peut être dé- crit, exprimé : un bonheur indescriptible. ' INDESTRUCTIBILITÉ s. f. Qualité ou état de ce qui est indestructible. •INDESTRUCTIBLE adj. Qui ne peut être détruit: ijerine indestructible. ' INDÉTERMINATION s. f. Irrésolution : il est encore dans l'indétermination. * INDÉTERMINÉ, ÉE adj. Qui n'est pas dé- terminé, fixé .un espace indéterminé. — ■ Irré- solu, indécis : il ne sait .'''il fera son voyage, il est encore indéterminé. (Vieux.) — Mathéni. Problèmes indéterminés, ceux qui ont un nombre illimité de solutions. Quantités indé- terminées, celles que l'on introduit dans le calcul sans leur assigner actuellement une valeur déterminée. * INDÉTERMINÉMENT adv. D'une manière indéterminée, vague; sans rien spécifier : il lui a promis beaucoup de choses, 7nais indétcr- m'mément. ' INDÉVOT, OTE adj. Qui n'a point de dé- votion, qui ne respecte pas les pratiques reli- gieuses : cet homme est indévot. — Se dit quel- quefois du ton, des manières, etc. : parler d'un ton indévot, discours indévot. Il s'emploie aussi substantivement, en parlant des personnes ; c'est un indévot, une indévote. ' INDÉVOTEMENT adv. D'une manière in- dévote : assister a ta messe indévotement. ' INDÉVOTION s. f. Manque de dévotion, manque de respect pour les pratiques reli- gieuses : son indévolion scandalise tout le monde. ' INDEX s. m. [ain-dèkss|. Mot pris du latin; qui signitie, la table d'un livre. Est principa- lement d'usage en parlant de la table d'uii livre latin : l'index d'un livre. — Fig. Mettre UNE chose a l'index, l'interdire, en défendre l'usage. Se dit plus particul. de la défense que fait une autorité quelconque de publier, d'exposer en vente un livre, une gravuie, etc. : ce livre fut mis à l'index. On dit de même. Ce livre, celte gravure est ù l'index de la police, est à l'index. — Se dit encore du doigt le plus proche du pouce, parce que c'e.st de celui-là qu'on se sert ordinairement pour indiquer, pour montrer quelque chose : entre le pouce et l'inde.c. On dit aussi adjectiv. Le doigt index. — Sedit également d'ulie ai- guille portée par unpivot, et dont l'oxliémilé parcourt un linlbe divisé. — Index Libroriltji, catalogue de livres censurés par l'autorité su- prême de l'Eglise catholique romaine comme préjudiciables à la foi et à la morale. Ce ca- talogue est doubla: il comprend la liste des livres dotlt la lecture est absolument défeh- due (index Librorum prohibitorum), et, celle des livres défendus, seulement jusqu'à ce que leurs auteurs lésaient corrigés ((/oncccmcnrfc- tur ou index expurgatoire). Ce catalogue est INDI 363 publié par la congrégation de l'Index, compo- sée de cardinaux nommés par le pape, d'un corps de théologiens examinateurs et d'un secrétaire qui est de droit un dominicain. Celte congrégation remonte au concile de Trente sous pie IV, et son établissement offi- ciel est dû à Pie V. Les décrets de la congré- gation de l'Index n'ont jamais été reconnus en France. Nous ne pouvonsciler tous les au- teurs dont les ouvrages ont été condamnés par cette congrégation, depuis Galilée et Co- pernic jusqu'à Alexandre Dumas et Georo^e Sand; nous dirons seulement qu'elle a pros- crit des ouvrages vraiment dangereux pour la religion, la morale et Tordre social. INDIANA, l'un des états de l'Union améri- caine, entre le lac Michigan, et les étals de Michigan, de TOhio, du Kentucky et de l'il- linois, divisé en 92 comtés; •ji,l.i'o kil. carr.; -1,192,404 hab., dont 25,000 nègres. En 1800, la population totale n'était que de :i,500 hab. Cap., Indianapolis; v. princ. : Evansville, Fort-Wayne, Terre-Haute, etc. La population comprend 6,000 Canadiens, 7,000 Français, 90,000 Allemands, 11,000 Anglais, 30,000 Ir- landais, 3,000 Ecossais, 5,000 Suisses, etc. Territoire plat, sans aucune montagne, ar- rosé par le Kankakee, par le Wabash, par la White River et borné au S. par le cours de rOhio. La principale richesse minérale est constituée parla houille. Température très- froide en hiver. Grande production de blé, de maïs, de seigle, d'avoine, de pommes de lerre. de tabac, de sucre d'érable, etc. — L'assemblée générale se compose d'un sénat de r>Q membres élus pour 4 ans et d'une chambre des représentants de 100 membres élus pour 2 ans ; le gouverneur, élu pour 4 ans, est assisté d'un ministère élu pour Sceau de l état d'IndiatKi. 2 ans. Tous les juges sont élus par le peuple. Dette, 20 millions de fr., recettes 14 millions, dépenses 13 millions. — Instruclion très ré- pandue. — 400 journaux ; 5.,ï00 liibliothèques (l,.')00,000 vol.). Principales dénominations religieuses : méthodistes (1 ,4.')0 organisatiuiis), baptistes (590), christians (510), presbyté- riens (390), catholiques romains (210), luthé- riens (200), etc. — Le territoire qui forme aujourd'hui l'état d'Indiana faisait jadis par- tie de la Nouvelle-France. Les premiers éta- blissements y furent fondés en 1702 par des Canadiens français qui descendirent le cours du Wabash et créèrent plusieurs postes, dont le principal se nommait Viiicennes. Tout ce territoire fut cédé aux .\nglais en 1763. Les Américains commencèrent l'extermination des Indiens en 1788 et les chassèrent défini- tivement en 1811. L'état fut admis dans l'Union le 11 déc. 1816; il se donna une nou- velle constiliiliou en 1851. INDIANAPOLIS, capitale et la plus grande ville de rliuliaiia, au centre de cet état, sur la rivière White, à 100 kil. 0. de Cincin- nati et à 24;i kil. S.-S.-E. de Chicago. Elle est bâtie au milieu d'une plaine fertile. Dans le vdisinagc se Irouveht de riches mines de 364 INDI charbon. La ville csl réculièremonl b.ltie, avec des rues larges, elle à sept paix-s lie 4 à 100 acres. Les principaux édifices publics en dehors ou dans l'intérieur de la ville sont : la maison d'Ktal, l'instilul de l'Iilal pour les aveup-les, un asile d'aliénés, un institut de sourds et inuels, un arsenal des Etals-Unis, la poste, un palais de justice, un hûlel de Indianapolis (Maison d'Elal). ville et une académie de musique. Articles de fer, instruments d'agiicullure, voitures, tissu.s de coton, moulins, verreries, huiles, machines à coudre; conserves de poi'cs. — Indianapolis fut fondée en 1819. En 1825, elle remplaça Corydon comme siège du gou- vernement. i;;i),oiii luib. INDIANOLA, ville et port du Texas, sur la cûle U. de la baie de Matagorda, à 180 kil. S.-O. do Galveston; 2,2b4 hab. (490 de cou- leurl INDIBILIS. chef d'une tribu espagnole qui s'unit aux Carthaginois pendant la seconde guerre punique. Successivement vainqueur et vaincu dans ses lutles avec Rome, il périt sur le champ de bataille, en 205 av. J.-C. * INDICATEUR s. et adj. m. Celui qui fait coiiii.iUre, .[ui dénonce un coupable : on re- fut la difxjMlon de l'indicateur. (Vieux.) — adj. Se dit, d'une manière plus générale de ce qui indique. — Anal. L'index. Un dit aussi adjeeliv. : le doigt indicateur. INDICATEUR s. m. Ornith. Genre de cucu- lidés dont environ dix espèces ont été dé- crites. Les indicateurs habitent les dislricls boisés de l'AIViqne, de l'Inde et des îles In- diennes, lis sont de la grosseur d'un pinson. Lorsqu'un oiseau de ce genre aperçoit un voyageur, il vole en gazouillant dans les arbres, afin d'attirer son attention; quand il pense avoir alteint son but, il se dirige vers l'essaim d'abeilles sauvages le plus rapproché, en se perchant de temps en temps et en re- gardant en arrière pour voir si la personne INDI le suit; arrivé i l'arbre qui contient le miel, il plane au-dessus, et se pose sur la branidie la plus rapprochée; il .iltend avec anxiété et bruvjmmiMU sa part des dépouilles. •'INDICATIF. IVE adj. (lai. iwiicativus). Di- dacl. Oui indique : ce symptôme al indicatif d'une crise, d'une grande révolution d'hu- meurs. 'INDICATIF s. m Gramm. Modede?verbe6quicx(irime létal ou l'action d'une nia- niéie positive, certaine el absolue : dans la conju- gaison, l'indicnti/est le pre- mier mode. J'aime est te présent de l'indicatif du verbe Aimer. Adjecliv. : le mode indicatif •INDICATIONS, f. Action par laijuulle ou indique : il fut arréti' dans la foule, sur l'indiciitiond'un tel. — Quel- (jiief. Henseigneinenl, dé- signalion : ci h peut fournir didiUs indications. — Ce qui indique, ce qui donne à coniiailie quelque chose, el qui est une espèce de signe : son embarras est une indication de sa faute, une indii alion iju'il se sent cou- pable. Dans ce sens, il s'em- ploie souvent en termes do inéd. : c'est une indication que la bile est en mouvement. — Méil. Se dit é^'alement du moyen, du mode de Iraiteriienl que les symptômes de la ma- ladie indiquent au médecin : iiidicalion cura- tive. ' INDICE s. m. (lat indicium). Signe appa- rent el probable qu'une chose est. oxisle : puissant indice. — Se dit au-si de l'index ou du catalogue imprimé des livi-es défendus a Rome par la congi'éf.'alion chargée d exercer la censure : la congrégation de l'Indice. Dans cesens.ileslmoiiisusilé qu'In^ler Malli.(V.S.l " INDICIBLE adj. Qu'on ne saurait expri- mer : joie indicible. M'est guère usité que dans ces sortes de locutions. * INDICTION s. f. (lai. indictio). Convoca- tioii d liiii- grande assemblée a cerlaiii jour. Ne se dit guère qu'en pai'lant de la convoca- tion d'iin concile ou d'un syiiode : depuis l'indiclion du concile de Trente jusqu'à l'ou- verture. — Chron. Période de quiiize années. iS'esl plus en usage que dans les bulles du pape, el dans certaines coui-s ecclésiastiques ; l'indiclion est un des trois cycles qui entrent dans la période Julienne. — Indiction pre- mière, iNuicTiûN SECONDE, ctc, la première année, la seconde année, etc., de chaque in- diclion. * INDICULE s. m. dim. Petit indice; ce qui montre, ce qui enseigne, annonce quelque chose. (Peii usité.) INDIEN, lENNE adj. Qui est de l'Inde ; qui appaiiienl à ce pays ou a seshabilants. — Qui appaiiient aux indigènes de l'Améi ique. - Océan indien. (Voy. Océan.) — TERRiioiiŒ in- dien. (Voy. Territoire.] — Subslanliv. ; ta plu- part des Indiens sont aujourd'hui civilisés. — Encycl. Lorsque l'Amérique fut découverte par Colomb, on supposa qu'elle faisait parlie de l'Inde; d'où le nom d'Indiens que l'on donna aux naturels. Tout le continent était habité par des peuplades, les unes tout à fait sauvages, les autres a demi civilisées, et dont l'origine est un sujet inépuisable de contro- veises. On croit qu'elles éjaient venues par le Kamtschatka. Chaque tribu portail un nom, ordinaiiemenl celui d'un animal ou d'un ob- jel très connu. Quelques-unes reculent des sur- noms après l'invasion des blancs, el d'autres prirent pour nom celui du pays qu'elles habi- INDI talent. D'un bout à l'autre du continent, ces peufilades paraissent avoir un(! commune ori- gine. Lawrence établit de la façon suivante les caractères généraux qui distinguent leur race : peau brune, teintée de cannelle ou quelquefois roii;.'eàlre; iris sombre; chevelure lnnv.'ue. noire el droite; barbe piu fournie ou mênii' absente; œil enloncé; nez arie, mais proéniinent; lèvres épaisses el arrondies; face large d'un c ôté à I autre des joues, qui sont proéminentes. La forme générale de U tête es', carrée, avec un front bas. mais large, un crâne aplati en ariièie et élevé au som- met, un cet veau assez développé et une mâ- choire puissanlc. La taille moyenne n'est pas aussi haute (]ue dans les autres races; le dé- veloppemenlmusculaire est faible, liienqu'ils soient actifs et agiles à la course et dans des travaux de peu de durée, les Indiens sont inférieurs aux blancs quand il s'agit d'exercer des etforts piolunyés. Leur teint varie entre le brun sombre des tribus californiennes et la couleur presque blanche des Mandans et des Chinoukf. Ùans rAinérique du .Nord, le naliirel se montre lier, taciturne, hautain et stuïque; rusé el vi^;ilant quand il s'agit de surprendre son ennemi; persévérant dans ses entreprises, vinduatif, cruel pour ses prison- niers, brave el féroce à la guerre, paresseux et grave pendant la paix. Les propen>ions animales remportent de beaucoup sur les tendances intelligentes. Pour eux, l'agricul- ture se borne à réculter les fruits de quel- ques plantes et l'industrie à fabriquer des canots avec des écorces d'arbre ou avec des arbies creusés; dans quelques endroits, on s'occupe de travaux de vannerie, ou lisse de grossière- étoiles, on fabrique des armes ou des images sculptées. A l'arrivée des premiers Européens, les parlieslesplusciviluéesélaienl celles qui s'étendent depuis le Nouveau Mexique jusqu'au Pérou. Les indi;.'ènesde ces pays habitaient des maisons permanentes el non de misérables huttes coiuine ceux des autres contrées. Les Pueblos du iNouveau Mexique avaient des villes et cultivaient le sol. Le tabac était d'un u^age général parmi le.s Indiens; les guerres se faisaient par em- buscades, surpiLses et traliisons plutôt que pai' batailles rangées. Il n'y avait de lois que dans le Mexique et le Pérou, où les souve- raiiis jouissaient dune certaine puissance; ailleurs, les gouvernements étaient d'une grande faiblesse. Quelques tribus apparte- naient à des rois ou à des chefs héréditaires; d'autres élisaient, pour les gouverner, l'indi- gène le plus brave ou le plus habile; les temraes vivaient dans un état d'inlériorilé dégradante; on les chargeait de tous les tra- vaux, excepté ceux de la guerre et de la chasse. Ces êtres arriérés croyaient à une existence future et rendaient de grands hon- neurs aux cadavres; ils reconnaissaient un Etre Suprême, dont ils s'occupaient moins que des génies bienfaisants et des génies malfaisants; ils cherchaient surtout à apai- ser la colère de ces derniers, au moyeu de sacrilices d'hommes et d'animaux. Dans le Mord, on ne connaissait d'autre moyen de perpétuer le souvenir des évéueraents, que I emploi des plus grossiers hiéioglyphes, dont un seul système, celui des Micmacs, en iNou- velle-Ecos»e, a pu être adopté par les Euro- péens. Mais les Mexicains faisaient usage d'un système d'écriture par la peinture qui a été conservé et explique; les Péruviens ve- naient en aide à leur mémoire au moyen de ficelles auxquelles ils faisaient des nœuds. Es|iagnols el Français ont fait des ell'orts systématiques pour civiliser ces peuplades dites sauvagjs; des missions furent établies dans toutes les pailies où des colonies se fon- daient. Le gouiernement espagnol alla plus j loin : il éleva les entants des princes et des I chefs en leur donnant l'éducation et le rang des nobles castillans. L'intelligence des INDl jeunes indigènes ne se montra pas toujours inférieure à celle des Européens. Les basses classes des Indiens ont même pu être assimi- lées aux basses classes des conquérants et admises aux mêmes droits civils; Il ne faut pas oublier que la masse du peuple dans l'A- mérique espag-nole est principalement d'ori- gine indienne. — LesFrançais.ens'élabiissaiil au Canada et dans la Louisiane, chorcbèrenl surtout à acquérir sur les indigènes une in- fluence civilisatrice et pacifique. En cela, leur politique diliéraitessentiellement de celle des colons anglais qui ne s'occupèrent des premiers occupants que pour les repousser ou les ex- terminer. Plus tard, des ellort< individuels furent faits pour établir des missions; mais, tandis que les Fiançais respectaient les trai- tés avec leurs alliés du Canada et du bassin du Mississipi, les Anglaisne connurent d'autre moyen de dominât on que la guerre. Ils chassèrent d'abord les indigènes de la Virgi- nie (l6"22-'44-'7.^), détruisirent les Pequols (1637), exterminèrent d'une façon toute bi- blique les Narragansetls (1643) et commen- cèrent, en 167b, la guerre contre Philippe, chef des Wampanoags, guerre qui se ter- mina par l'expulsion de ces derniers. En 167;i, les colons de la Virginie et duMarylaiid s'en- gagèrent dans une lulle à mort contre les Susquehanuas. Pendant ce temps, les Anglais lançaient les Iroquuis sur nos alliés du Ca- nada, que notre intluence avait rendus pai- sibles. Les Hollandais de la iNouvelle-.'^msler- dam ne s'étaient pas montrés moins belli- queux que les Anglais; ils avaient décimé les tribus de leur voisinage (I6i3). Sous lellorl des colons anglais disparurent successive- ment les Tuscaroras (I7M j, les Pennacooks et les Norridgewocks. Enfin, débarrassés de ce côté, les Américains songèrent à nous en- lever le Canada; nus allies eurent cruelle- ment à souUrir des guerres que nous eûmes à soutenir pour détendre nos possessions. JNous fîmes regretter aux Renards et aux Mia- rais de nous avoir attaqués et nous extermi- nâmes complètement lesNatchez. Apres avoir conquis le Canada, nos ennemis se trouvèrent en face de populations indigènes qui nous regrettaient. Ils firent disparaître les Clie- rokees (17b!l). La guerre de l'indépendance des Etals-Unis ne fut pas moins fatale aux malheureux Indiens. Forcés de prendre parti pour l'un ou pour l'autre des belligérants, ils s'eutr'égorgèrent. Devenus indépendants, les Etals-Unis commencèrent par supprimer le^ tribus qui s'étaient rangées du cùté des An- glais; ensuite, sans «aucune reconnaissance pour celles qui les avaient soutenus dans leur révolte, ils les dépossédèrent peu à peu de leurs territoires et les reloulèrent dans les forêts du centre. Les Miamis, refusant d'éva- cuer un pays qui leur appartenait depuis long- temps, prirent les armes, en 1790, ballirenl les Américains en trois rencontres et ne fu- rent soumis qu'en 1793. Pendant la guerre avec les Anglais, plusieurs tribus soulevées ra- vagèrent les frontières, mais le général amé- ricain llarrisson parvint a vaincre leurs forces combinées, dans la bataille de la Thanies (1813); les Creeks durent se soumettre en 1814; les Seminules en 1SI7; les Cieeks et les Cherokces furent déportés au loin en 1838 et les Seminoles, ne voulant pas abandonner leur territoire, soutinrent une guerre qui dura de 183.') à 1842. Les Comanches, les Apacbes, les Sioux, cl autres tribus occidentales n'ont pas été moins m,iltraitées. En 18^1), on éva- luait le nombre des Indiens non civili^és, qui vivent encore sur le territoire des ElaLs-Uiiis, à 2"i9,337; ceux des Indiens civilises à 2ÎJ,i)U(J. Les tribus les plus nombreuses sont celles des Sioux, des Clierokecs, des Chaclaws, des Creeks, des Cliipprouais, des Ol.awas et des Pueblos. La popul.ition indienne de la colonie anglaise est évaluée a liiO.UUO; colle de l'A- mérique du Sud à. 7 luilhoiis. Au Mexique et INDI dans l'Amérique centrale, les Indiens for- ment la plusgrande partie de la population. — Langues indigènes. Les langages parlés par les Indiens d'Amérique formenlun groupe à part qui ne se rapporte à aucun idiome des autres parties du monde. Parmi les traits qui les unissent entre eux et qui léiiioignenl d'une commune origine, le principal est la prédo- minance du verbe, par laquelle le verbe, le sujet et les compléments (directs et indirects) peuvent être coniugués ensemble comme un seul mot. La plupart de ces lanfiues ne pos- sèdent que peu de sons; et quelquefois, ces derniers ressemblent à des gloussements con- fus qu'il est impossible de noter au moyen de nos caractères alpliubéliques. A la pauvreté des sons se joignent une véritable indigence de mots et un manque absolu de termes abs- traits. Dans le résumé ci-dessous, on a men- tionné seulement les langues dont il a élé fait une élude spéciale et dont il a été publié des grammaires et des vocabulaires. 1" AsiÉ- RiQur. DU iNoRD. Dans les dilfércuts dia'ectes des Esquimaux, comme dans les autres lan- gues américaines, la prononciation est pecto- rale, si nous pouvons nous exprimer ainsi, et les consonnes se distinguent confusément. 11 y a un mot pour désigner chaque ob,tl. sui- vant son sexe, son âge, elc. Plusieurs suffixes et de nombreuses posiposilions dénotent les accidents de déclinaison, de comparaison et de conjugaison. La numération procède par vingtaines. La langue des Karalits (Esqui- maux du Groenland) accumule les syllabes dures, abonde en l, en k et r, mais n'a pas les consonnes f, h, z, h, g, l, v. — 20 est dé- signé par les mots : mains et pieds. — Plu- sieuis des d.alectes algonquins ont été étu- diés à tond ; on a pu les figurer au moyen de lelti'esqui ontservia publierdeslivreselmênie des journaux. Dans ces dialectes, Il n'y a ni articles, ni genres (le mâle et la femelle étant désignés (lar des mots dilférents). Les ob|els sont divisében nobles et ignobles; quelquefois en animés et inanimés: ainsilosUelawaresl'ont de l'aibre un être noble elde l'iierbe un ob|el ignoble. Les noms subissent, au moyen de suffixes, des modilicalioiis que l'on a compa- lécs a des cas, de plus, ils supportent, comme des verbes, une sorte do conjugaison, par l'adjonction des pronoms possessifs, sous foi-iue de préfixes. Ex. Cliez les Uelawares : ooc/i, père; noock, mon père; knoch, ton père; noochemw a, nos pères; koochuwa, voire père; koochewawa, vos pères. Les verbes af- l'eclenl une grande multiplicité de formes, non seulement positives, négatives, réllec- tlves et réciproques; mais encoie animées et inanimées. Ex. : ni snkika, je l'aime (en parlant d'un être animé); ni sakilon, j'aime cela (objet inanimé); ki sukika, tu aimes lui; o saHihan, il aime lui; ki sul,ih, tu m'aimes; ki sakildmin, tu nous aimes; ki sukihim, vous m'aimez, ki sakihin, je t'aime; Ai sahihinimin, nous t'aimons; passif : ni sa- kihiijo, je SUIS aimé. — Les dialectes de la famille des Hurons-lroquois manquent géné- ralement de labiales. Les verbes iroquois uni deux paradigmes, conlenant chacun o con- jugaisons régulières. Dans le paradigme k, il y a lii personnes : je, lu, il, elle, on; loi et moi, lui et moi, vous deux, eux deux, elles deux (faisant .ï formes de duel); cl pour le pluriel, vousel nous, eux cl nous, vous, eux, elles (5 lornies). Le paradigme u) a 11 per- sonnes. Lorsque l'on conjugue un verbe, les pronoms ne s'emploient pas soiis leurs lurmes séparée ■; on les remplace par desailixcs iiio- dillcatils; chaque suhstaiitil est verbe ou |)cut le devenir; il n'y a pas d'articles, pas de pré- pjsllions; peu d adjeclifs, dadveibesou de conjonclions. Les bubslantifs ne possèdent m , ras ni genres; ils se dislm;.'uenl en deux classes, l'une compreiianUElre buprême, les génies, l'homme el la femme, et I autre toutes les autres créatures, auimées ou INDI 365 inanimées. Le verbe adopte les formes ré- lleclive, réciproque et passive par l'addi- tion de certaines syllabes. Ex. : kenonouiz, j'aime: kaiatenonouiz, je m'aime; teliatateno- nnuiz, nous nous aimons. Dans les dialecles dakota, il y a des pronoms séparés el des pronoms incorpores; un duel pour la pre- luière personne ; nous (toi el moi); mais Il n'y a pas d'incorfioraiion pour le pro- nom de la troisième personne, quelque soit le nombre, si bien que la tr-oisième per- sonne du singulier est la forme la plus simple des verbes. Ces derniers possèdent l'ind ca- Uf, l'impératif, un tenifis indéfini el un temps l'ulur. Ainsi, dans ledakolaou sioux i knshka, il altache; yakaskka, lu attaches; ouiik'ishha, j'attache; imkashka, nous deux allachons; kaMidpi. ils attachent: yak'ishkapi, vous alta- cbez; imkaslikapi, nous allachons. On niar((ue la possession en plaçant le possesseur devant I objet possédé et l'adjectif possessif après celui-ci. Ex. : la maison du chef, ouitc'hach tayuiapi lipi taouu (chef maison sa). Le plu- riel se forme en ajoutant pi aux substantifs et aux verbes. La langue séliche, parlée par les Têles-Plates, maii([iie des consonnes /', v, d, r; elle possède un à pai'liculier qui se pro- nonce entre la langue et le palais. Les subs- tantifs n'ont pas de cas; leur pluriel se l'orme en doublant la racine; ex. : sAoi. mère ; skoi- koi. mères. — Le yakama, parlé dans l'Oi'é- gun, est remarquable par la multiplicité de s^s pronoms el par la double conjugaison de ses verbes. — Les Chinou!;s, sur la i-ivière Colombia, ont formé un jar-gon commercial par le mélange de leur lan;;ue maleiiielle avec des mots français el anglais. Le chero- kee, qui ollre de l'analogie avec les dialectes iroquuis, se dislingue comme élaiil le seul pour lequel les naturels ont adopté un al- phabet pariiculier. Cet alphabet fut Irivenlé, en 1826, par un luélis iioiiiiné Sequoyab ou George Guess. Il ne comprend pas moins de 8b caractères, dont 6 voyelles (u, e, i, o, u, un) 9 consonnes siiiqdes {g, h, l, m, n, s, d, w, y), 3 consonnes combinées [ko,dt, Is); llya deux sortes de prorium nous: 1" in, pour moi et toi ; 2° asl, pour mor et lui ; ex. : inatiiniha, moi et toi attachons cela; uslalunihu, moi et lui allachons cela. La [iluralité esl manjuée par le préfixe l ou te; ex. . ictsiguowiti, je vois des choses. L'aciion continue est indiquée par les suffixes sa el i; ex. : tsikeytisa, je l'aime sans discontiiiualion. Le leiiips par- lait est de deux espèces, l'une employée quand le narialeur était présent a l'ailiôn; l'autre quand il élait absent ; ariisi : uhlun, il l'a tué (en ma présence); w/i/tî (en mon ab- sencej. Les compleinents sont fréquemment exprimés par une mudilicalion du verbe; ex. : kuluwo. je me lave; kukstula, je me lave la lêle; /sesf((/«, je lave la tête (d'une autre pei'sonrie), elc. llya ainsi 13 formes. — Le cliaclaw, que parlent les Cliaclan-s et les Cbickasaws. et qui ollre une grande ana- logie avec le dialecie des Creeks uu Musko- kees, est remarquable par les nombreuses parlicules a l'aide desquelles on nuance dé- licalemeiil la signilicalioii des mots. La i'^ personne du singuier dans les lenip- pré- sents n'a pas de pronom el donne la forme la plus simple du verbe; Il v a des pronoms separables el des pronoms Inséparables; ces derniers sont un suffixe pour la première per- sonne el un altixe pour la deuxième. : tak- L'Iiih, il, elle ou cela attache (ou ils allachenl) lui, elle, cela ou eux; islUakclii/i, tu attaches lui, elle, ce.a ou eux; (a/;c/tii'i/i, j'allache, elc. — Le muskokee se distingue en miisko^ee projire (uu creek principal) el hllchllee. U dillerc au chactaw dans les modifications du verbe : issctv \V représenlanl un son obscur), prendre; eS'iis, je pr-ends cela; esichkis, lu prends cela; esis, Il prend cela. Le creek et le chactaw ne possèdent ni le son é, ni les consonnes d, g, j, r, v, z. — Le mexicain, 366 INDI languo de l'une des laces les plus civilisi^c; du Nouveau Monde, fut étudié par les Kspa- pnols, et même enseigné à l'universili- de Mexico. Il manque des sons 6, d, g, r et des consonnes esjia^'noles j, //, h; mais il dbonde en <, s, ch. tz, et in syllabes lin, lli, ail, itl. L'a se pionohce avec un son gulUual paiti- ciiliet'. Le çenrc se distingue cbez les ani- maux par les (iWlixes okkh. inaie; cihua. fe- melle. A chaciue subslantif, on peut ajouter /i- particules : tzin ou tzinlli, sif^niflanl res- pect; ton ou tonth, pour déprécier; po/, signi- liant excès; pil, diminutif all'cctueux, cotnme ichcdpil, un agneau (eber petit mouton). Les aflixes possessifs ^ont : no, mo, i, to, anmn, in: calli. maison; noral, ma maison; nomill, mon clianip labouré: ical, sa maison ; icxill, pied, nocxi, mon pied; Icoll, Dieu; notcouk, mon Dieu. Les pronoms inséparables sont : première personne du singulier, ni, -deuxième, H; première du pluriel, H (fortement ac- centué); deuxième an, am : ninemi, je vis ou je marche; lincmi, tu vis ou tu marches; ncmi, il, etc.; tinemi, nous vivons ou mar- chons; unmmi, vous, etc.; nemi, ils, etc. A l'impératif, H et an sont changés en arf et l'on donne à chaque personne le préllxe ma. 11 n'y a pas de participes. Les verbes passent au transitif d'après les règles dont nous avons déjà |iarlé : ni tlazotla, j'aime; nino tlazulla, je m'aime; ni pia. je garde; ni t/a/n'u, je garde lui; i.i Upin, je garde cola. — L'oltoini ou biabiu (prononcez hianghiumg) est une langue monosyllabique qui ressemble au chi- nois; sa grammaire présente ce fait particu- lier que le verbe reste invariable et que c'est le protiom qui se conjugue. Plusieurs mots, écrits de la même manière, se distinguent par l'inlonalion. Il n'a pas de consonnes f, l, r, s; il abonde en sons gutturaux et en sons liasâux. — L'buaxtéco-maya-quiché, autrefois 1res répandu, ressemble àl'oLumi; il possède èsonsgiiUuraux très rudes et manque deti,/, g, 7-, s,D;il forbie le pluriel par ob et le com- paratif par il; ex. : clie, bois (sing.); che-ob, bois (plur.); " ^.. ollre la particularité de former la ive en changeant?? final de l'infinitif plades, sur l'Ama'zone, leJapura, l'Orénoque, etc., possèdent une langue qui diffère essen- tiellement des autresidiomesaméricains. Cet te langue est monosyllabique, nasale et guttu- rale; n'a pas de genres; la conjugaison est simple; le même mot acquiert de.- significa- tions différentes, suivant l'intonation. On forme des verbes réciproques par le suffixe ca; les verbes actifs dérivent des substantifs par l'addition de ta. — Les Botocudos em- ploient une langue monosyllabique, pleine de sons nasaux, de sons particuliers, de vùyelles;ils confondent ensemble i et li, ainsi l'émouvoir. — Se dit, particul., d'une personne qui n'est point sensible à l'amour : une femme indifférente. — Se prend quelquefois siibstan- tiv. en parlant des personnes : il fait l'indiffé- rent. On dit en plaisantant. Une aimable, une belle indifférente; et ironiquement, 17;? bel indifférent. 'INDIGÉNAT s. m. Droit qui appartient aux citoyens d'un Etal : il obtint l'indigénat. ' INDIGENCE s. f. Grande pauvreté, priva- tion du nécessaire : extrême indigence. — Se dit absol. des indigents en général • secoUn'?- INEII l'indigence. — S'emploie quelquefois fig'., au sens moral : indigence d'idées. •INDIGÈNE adj. Qui est du pays, qui en est originaire : plantes indigènes. — Se dit, particui., des peuples établis de. tout temps dans un pays : peuples indigènes. Dans ce sens, est souvent employé comme substantif: les indigènes de l'Amérique. INDIGÉNÉITÉ s. f. Qualité d'indigène. •INDIGENT, ENTE adj. [ain-di-jan] (lat. indigens). iNécessiteiix, extrêmement pauvre : assister ceux qui sont indigents. — Se prend aussi subslantiv. : on doit secourir l'indigent, les indigents. • INDIGESTE adj. (lat. indigestus). Qui est difficile à digérer : viande indigeste. — Qui n'est pas digéré : il rend les viandes crues et indigestes. (Vieux.) . — Fig. Qui est embrouillé, confus, mal ordonné, surtout en parlant des ou- vrages d'esprit ; ouvrage, compilation indigeste. •INDIGESTION s. f. Mauvaise digestion; coclion imparfaite des aliments dans l'esto- mac : avoir une indigestion. — Kncycl. L'indi- gestion survient ordinairement quelques heures après l'ingestion d'aliments trop copieux, ou de mauvaise qualité ou sous l'intluence d'une cause étrangère telle que l'action du froid ou une vive alfectioii morale. Les symptômes de l'indigestion varient selon les individus ou selon la gravité de l'alfection ; tantôt il y a seulement gêne et pesanteur de l'estomac, rapports acides, ballonnements de l'abdomen, et dans ce cas une légère infusion de thé ou de camomille rétablit vite la régu- larité de la digestion; tantôt ces symptômes légers son taccojTi pagnes de rf/yoî';', de nausées, de borborygmes, d'tirucfrtiî'on* ou renvois acides ayant l'odeur de l'hydrogène sulfuré, et enfin de oomissements et d'éoacuations de matières incomplètement digérées. Il faut alors favo- riser les vomissements en titillant la luette ou en administrant un légervomitif; quelques gouttes de laudanum calment vite les coliques. 11 est facile de distinguer l'indigeslion de la gastrite, de l'entente et de l'occlusion intes- tinale en raison même de l'invasion subite et de la courte durée de la maladie, ainsi que du soulagement qui suit les vomissements; l'ab- sence de crampes, de refroidissement et la nature des évacuations empêchent de la con- fondre avec le choléra sporadique, de même que la violence des douleurs et la simple inspection des matières vomies la distinguent de l'empoisonnement. •INDIGÉTE adj. (lat. »«%«). Nom que les anciens donnaient aux héros divinisés, aux demi-dieux particuliers d'un pays: HJnée était à Rome un dieu indigéte. •INDIGNATION s. f. [^nrall.]. Sentiment de colère et de mépris, qu excite un outrage, une injustice criante, une action honteuse, etc : cela donne de l'indignation, excite l'indi- gnation. ' INDIGNE adj. [gn mil.]. Qui n'est pas digne, qui ne mérite pas : il est indigne des grâces que vous lui faites. — S'applique égale- ment aux choses : un crime, une faute indigne de pardon. — Jurispr. Se dit particui. de ceux qui, pour avoir manqué à quelque devoir essentiel envers une personne, de son vivant ou aprèssa mort, sontprivésdesa succession : ceux que la loi déclare indignes de succéder, dé- clare indignes. — S'emploie aussi comme subs- tantif: les enfants de l'indigne. — Quelquef. Titre que l'on se donne par humilité : Signé: Un tel, prêtre ijidigne, capucin indigne. — Qui n'est pas séant, convenable : une telle conduite est indigne d'un homme d'honneur. — Méchant, odieux, très condamnable; et alors s'emploie absotumenl: malheur à l'homme indigne qui oublie à ce point ses devoirs! — Communion INDIGNE, communion qui n'est pas faite avec les dispositions requises. — s. Personne vile, INDI méprisable : ne me parlez pas de cet homme-là, c'est un indigne. (Fam.) •INDIGNEMENT adv. Dune manière in- digne : s'acquiller indignement de ses devoirs. • INDIGNER V. a. [s^n mil.] (lat. indignari, s'indigner). Exciter l'indignation : cette action indigna tout le monde contre lui. — Etre in- digné, éprouver de l'indignation : je suis in- digné de sa conduite. — S indigner v. pr. Etre indigné, courroucé : ils s'indignèrent de ce joug honteux. • INDIGNITÉ s. f. Qualité odieuse par laquelle on est réputé indigne d'une grâce, d'un emploi, d'un héritage, etc : Vindignité du pécheur. — Méchanceté, noirceur, énoi- mité : l'indignité de cette action, de ce procédé, de cette conduite souleva tout le monde contre lui. — Action indigne, odieuse: quelle indi- gnité! — Particui. Outrage, affront: traiter avec indignité. * INDIGO s. m. (lat. indiens, de l'Inde). Matière colorante qui sert à teindre en bleu, et que l'on retire, par la fermentation ou autrement, des feuilles et des tiges de cer- taines plantes légumineuses des régions équatoriales : le bleu que donne l'indigo est le plus beau et le plus solide. — Se dit, quelque- fois, des plantes mêmes qui fournissent l'in- digo, et qu'on nomme plus ordinairement 1ndii;otiebs : la culture de l'indigo. — Par ext. Toute couleur semblable a celle de l'indigo : l'indigo est une des sept couleurs primitives. — \% Adjectiv. : bleu indigo, robe indigo. — ■ Encycl. L'indigo est une teinture végétale d'un bleu profond, connue des an- ciens sous le nom A'indicum, parce qu'elle fut apportée de l'Inde en Europe. L'usage de l'indigo pour la teinture fut probablement introduit en Italie dès le si° siècle. Au com- mencement du 5Vii"> siècle, son importation par les Hollandais souleva de vives réclama- tions parce qu'il remplaçait les bois indi- gènes. La dièle allemande défendit son em- ploi en L577 et le parlementanglais le prohiba en I-jS! ; ces lois furent pendant longtemps strictement exécutées. L'indigo est produit par plusieurs plantes appartenant à l'ordre des légumineuses. CVoy. Indigotier.) INDIGOfÉRE adj. (rad. indigo et lat. fero, je porte). Uut. Qui contient ou qui produit de l'indigo : plante indigofère. — s. m. Se dit de toute plante qui produit de l'indigo : l'indi- gofèrc est bien cultivé. •INDIGOTERIE s. f. Lieu où l'on prépare, où l'on fait l'indigo. * INDIGOTIER s. m. Bot. Genre de légumi- neuses, qui croissent dans les régions tropi- cales de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique, INDI 36T -SIj^lj^ liiJit;,iiviii linctoria. et dont quelques espèces fourni.ssent la ma- tière colorante qu'on nomme indico : indigo- tier franc. — Les trois espèces principales de ce genre de plantes, celles qui produisent la presque totalité de l'indigo du commerce, sont : l'indigotier tinctorial {indigofera linc- toria), Vindigotier franc (indigofera anil) et lindigotier argenté [inligofera argentea). La récolte se fait en coupant les tiges près de terre, avant qu'elles aient atteint toute leur croissance. On porte les plantes ainsi recueil- lies dans une cuve où elles fermentent avec de l'eau; on soutire cette eau, au fond de laquelle se précipite, à la suite d'un battage, le principe colorant qui constitue l'indigo; on décante, on égoutte l'indigo dans des sacs et on le fait sécher. Le meilleur indigo du Bengale est d'un bleu léger, en tablettes cubiques si légères qu'elles flottent surleau; il est friable, doux, avec une cassure nette ; il présente une magnifique couleur de cuivre quand on le frotte avec l'ongle. Les meilleures qualités américaines, comme celles de Guate- mala et de Caracas, sont égales à celles du Bengale. INDIGOTINE s. f. Chim. Principe immédiat extrait de l'indigo. (V. S.) INDIGOTIQUE adj. Chim. Se dit d'un acide produit par l'action de l'acide nitrique sur l'indigo. •INDIQUER V. a. (lat. indicare). Montrer, désigner une personne ou une chose : indi- quez-moi le plus jeune de ces trois hommes. — Faire connaître, enseigner à quelqu un une chose ou une personne qu'il cherche ou qui lui peut-être utile : indiquez-moi le lieu où je pourrai le trouver — Méd. La force dupoui.s in- dique LA SAIGNÉE, elle avertit qu'il faut Saigner le malade. — Déterminer, assigner -.indiquer les causes d'un phénomène. — Indiquer une ASSEMBLÉE, UNE SESSION, etc, fixer le jour, l'époque où elle aura lieu. —Se dit également de ce qui fait connaître l'existence d'une chose : la fumée indique le feu. — Arts du dessin. Marquer, représenter quelque objet, sans trop s'attacher aux détails : n'indiquer que les masses dans un tableau. — Se dit, fig., dans un sens analogue, en parlant des ou- \ rages d'esprit : tes situations, les caractères, etc., sont à peine indiqués dans celte pièce. ' INDIRECT, ECTE adj. Qui n'est pas direct: chemin indirect. — S'emploie plus ordinaire- ment au figuré : cn^içwpmrfî'recie. - Gramm., RÉGIME INDIRECT, celui sur lequel ne tombe pas directement l'action du verbe : dans, ic donne ce livre à Pierre, ce livre est le régime direct de je donne et à Pierre le régime indirect. On dit dans le même sens. Complément indirect. — Jurispr. Avantage indirect, avantage que l'on fait à quelqu'un contre la loi, au moyen d'une personne interposée ou de quelque acte simulé. Ligne indirecte oucollutérale se dit par opposition à Ligne directe. — Contributions indirectes, impôts établis sur les objets de commerce et de consomnialion, ou sur cer- taines choses dontle besoinest ovenluei; tels sont les droits d'octroi, de douanes, de timbre, d'enregislrèment, etc. * indirectement; adv. D'une manière in- directe. iSle s'emploie qu'au figuré : ce qu'il disait à un autre s'adressait indirectement à moi. INDISCERNABLE adj. Que l'on ne peut dis- cerner. • INDISCIPLINAELE adj. Indocile, qui n'est pas capable de discipline : il est iiidisci- plinable. * INDISCIPLINE s. f. Manque de discipline: l'indiscipline des soldats fut la principale causa de la perte de cette bataille. • INDISCIPLINÉ ÉE adj. Qui n'est pas dis- cipline, qui inanque à la discipline : soldais indisciplines. •INDISCRET. ETE adj. Qui manque de discrétion, de retenue, de prudence :CÉt homme 368 INDI est trop indiscret. — Se dit aussi des choses ciintniirRs à la retenue que los é?anls, les hieiisi'ances lapruileiicc, elc. nous iiiiposciil: dta p'irolen iwliscrèlcs. — Qui ne sait point pallier le secret : un nmunt inilisrrct. — Se dil rpaleiiieiil des clio>es par lesipiulles on révole ce qu'on devrait taire, caclier : des re- gimls, des grstiS indisirels. — Se prend «lucl- quelois siilistanliv. en parlant des peisonnes : éciirtir, fuir les indiscrets. •INDISCRÈTEMENT adv. D'une manière indisciéle, iiiipi ucienuueul, étourdimeul : r/ parle indiscnU. meut. ' INDISCRÉTION s. f. Manque de discré- tion : il II bonicuui^ d'indiscrétion. — Quel- quefois action llldi^crète : faire une indiscré- tiun. des indiscriHions. INDI cause des deux lipnes de couleur indipo qu'il dunni; daiiri la partie la plus réfiaiip-ililc du spectre. On le trouva d'aliord dans la blcmie de Kieilicrf." et ensuite dans plusieurs autres localilcs (;'est lin niélal brillanl, d'un blanc d'argent, facilemiMil rayé par l'onvle. Sa frra- vlté spécifique dépend de la niélliode par laquelle on l'a obtenu et elle varie de 7. H à .42. Son point de fusion est 176» C. Son poids alomiquc est (d'après Schrûelter)7;j 51, ou (d'après lîunsen) M3.4. • INDISCUTABLE adj. Qui n'est pas suscep- tible Il CMC .iiscuLé : un principe indiscutable. INDISCUTÉ, EE aJj. Qui n'a pas été discuté : ce piujet de loi depuis longtemps déposé est enrori indi.''cuté. INDISINE s. f. Cliim. Matière eoloranlc qui se pruiliiil par l'action du bichromate de po- tasse sur 1 an Une. * INDISPENSABLE adj. Dont on ne peut se dispenser : une obtujntion, un devoir indispen- Siiilc. — Se dil aU'si des choses qui sunL très nécessaires, dont on ne peut se passer : ces objets me sont indisiiensnbles. — S'emploie quelquelois .subsiaiil.iv. : cet homme n'est pas riche, mais il a l'indispensnble. ' INDISPENSABLEMENT adv. Nécessaire- menl, par un ucvuir iiulispeiisable ': il y est indisiiensahlrmciit engagé. ' INDISPONIBLE adj. Jurispr. Se dit des biens duni les lois ne periiieUeiit pas de dis- poser A lin e graluil : poriion indisponible. ' INDISPOSE, EE adj. Qui a une légère in- comniudiLc. qui a qiielijue alléraliou dans sa sanle . un tel est inUi.'iposé. "INDISPOSER V. a. Causer une légère in-l coniniouur, I cadre un peu iii.ilade : s<>n di- ner d'hier l'a indisposé. — Aliéner, lâclier, mctlie d.ms une disposition peu lavoiable . celte démarche nous a tous indisposés contre lui. • INDISPOSITIONS, f. incommodilé légère, légèie dUeraliuii aans la sanle : .ic n'ut //O/nt su votre indisiiusition. — Disposition peu la- voiable, eloigiicnient pour quelqu'un, pour quilque chose ; tout le inonde est dans une grande i/idisiiosition eonlre lui. (Peu u-ilé.) •INDISSOLUBILITÉ s. f. Didacl. Qualité de ceipiicsl I lulissu iiibie. Se dit surtout en clii mie: l'indissolubilité de l or dans iaeide nitrique.— 'i.,i à\[ iiUii\,U-^.: l indissolubilité d'un lien, d'un coniral, d'un engagement. • INDISSOLUBLE adj. Qui ne peut être dis- sous : iurgenl est indissoluble dans ieau ré- gale. — Se dit au5>i, 11^'. : le mariage est in- dissoluble parmi les catholiques. • INDISSOLUBLEMENT adv. D'une manière indis-olublu : Us sont unis indissolublement. • INDISTINCT, INCTE adj. Qui n'est pas bien aisL iici: le I réi.useale ne permellail devoU- les objets que d'une manière fort indistincte. Se dit plus ordinairement en parlant des sons et de» idées : on n entendait que des voix confuses et indistineles. 'INDISTINCTEMENT adv. D'une manière indisliiiole : on ne peut voir ces objets que fort indistinctement. — Sans disUiiclion, sans niellre de diUéi ence enli e une |iersoiine etune aulre, entre une chose et une uulre : on em- barqua indistinetcmenl les français et les étran- gers. INDIUM s. m. [ain-di-omm]. Chim. Métal très laie.découverten ISt)3 par les professeurs KeichelHichter,de Kieiberg(Sa.\e),au moyeu de l'analyse du spectre, el ainsi nommé à • INDIVIDU s m. (lai. indivisuus. indivise). Didac',. .Se dit de chaque être organisé, soit animal, soit végétal, par rapport à l'espèce à laquelle il appartient : le genre, l'espèce et l'indioidu. — Se dil purlicul. des personnes : tous les individus qui composent une nation. Ce s-'Hs n'est guère employé qu'en Icriiies de lé- gislation, d'administration et de statistique. — Se dit qu.Uiuel'ois d'un homme que l'on no coiiiiai'. pas. qu'on ne veut pas nommer, doiil on parle eu plaisantant ou avec mé- pris : un individu s'est présenté chez moi ce matin. - Kam. el par plai.-anl. Avom soin dk SON INDIVIDU, CO.NSEIlVIiR, SOICNEUSON INDIVIDU. avoir grand soin de sa personne, de sa santé, elc. • INDIVIDUALISER v. a. Philos. Considérer, présenlei un.; chose quelconque isolémenl, individuellemcnl; ou faire qu'elle ail un ca- ractère propre el qui la distingue de toutes les .lulres choses de son espèce. INDIVIDUALISME s. m. Système d'isole- meiil des individu» dans l'existence, dans les travaux, par opposition à association ou à so- eialisme. INDIVIDUALISTE adj. Partisan de l'indivi- dualisme. •INDIVIDUALITÉ s. f. Philos. Ce qui cons- titue I mdiviau; ce qui fait qu'il est tel être, el qu'il a une existence distincte de celle des autre» êtres : tout être pensant connaît son individualité. t • INDIVIDUEL, ELLE adj. [ain-di-vi-du-èl]. DIdacL. Qui esL de i individu, qui appartient à l'mdividu : qualité, différence individuelle. — Qui cuneerne chaque personne, ou une seule personne: traité des garanties indivi- duelles. * INDIVIDUELLEMENT adv. Didact. D'une manière iniiividuelle, isolément : Pierre C6{ individuellement différent de Paul, et ne lest pas spécifiquement. - Chacun en particulier, chacun pour ce qui le concerne : les membres de l'assemblée prêtèrent inaividuellemenl le ser- ment jiiesciil parla loi. ■INDIVIS, ISE adj. [ain-di-vi].Pral. Qui n'est point divise : ses biens sont demeurés eoinnnins et indieis. — Piiophiétaihes indivis, ceux ipii possèdent une chose par indivis. — Par in- divis loc. adv. Sans être divisé : ils possèdent tous deux celte maison, celle propriété par in- dixns. • INDIVISÉMENT adv. Pral. Par indivis : posséder inUieiseiuent. " INDIVISIBILITES, f. Qualité de ce qui ne peut cire divise . l'indivisibilité d'un atome. - INDIVISIBLE adj. Qui ne peut être di- visé : un point indivisible. — HÉruuLiQUE une tï INDIVISIBLE, s'est dit pendant la HevoluLion par opposition à Képublique fédérale. ' INDIVISIBLEMENT adv. D'une manière indivisible : Us sont indivisiblemenl unis. ' INDIVISION s. f. Pral. Etat d'une chose possédée pai indivis, ou des personnes qui possèdent une chose par indivis : nulne peut être contraint à demeurer dans l'indivision. — Législ. « Nul ne peut être conlraint a con- server des droits indivis avec d'aulres Isml dans les soîiétes civUes ou commerciales), et si une chose commune ne peut être partagée 1M)0 commodément et sans perte, ou si les copar- tagcants ne peuvent s'enlendre, ou encore si l'un d'eux est incapable do traiter de gré à gré. la vente se fait aux enchères et le prix en est p.irtagé entre les co-propnétaires. La convention par laquelle tous les cohéritiers se seraient engagés à suspendre le partage 1 d'une succession ne serait obligatoire que pour une durée de cinq années; mais elle peut être renouvelée. 11 est généralement admis qu'un testateur ne peut pas imposer l'indivision .'i ses héritiers ou légataires, car la loi déclare nulles toutes prohibitions con- tiaircs au droit de parta;;e (C. civ. 815, 1686). La part indivise de l'un des cohéritiers dans les immeubles d'une succession ne peut être mise en venle par ses créanciers personnels, avant le partage; mais ceux-ci ont la faculté de provoquer ce partage et d'y intervenir, pour veiller à ce qu'il ne soit pas fait en fraude de leurs droits, (id. 2203). (Voy. Lici- TATioN et Paktage.) » (Ch. V.) • IN DIX HUIT adj. et s. m. [ain-di-zuilt]. Inqu. et Lihr. Se dit du formai où la leiiille c-lpliéeen dix-huit feuillets; et des livres, des volumes qui ont ce format : le formnt in- dix-huit, lin-dij-huit. On écrit anssi Jli-lS. INDOCHINE ou Péninsule indo-chinoise, partie du S.-E. de l'Asie, entre la mer de Chine, la baie du Bengale, l'indouslan, lu Thibet et la Chine; environ 2y,000,OUO d'hab. Elle est aussi appelée Inde transgaiigétiqué. Ses divisions politiques sont : la Jiirmanie an- glaise, Siam (avec la péninsule malaise), le .ambndiie. la C^chinchine française ou liasse i'i:chinchine,VAMinm et le Tonkin. iVoy. ces mots.) — Judo-Chine française. (V. S.) INDO-CHINOIS. OISE s. el adj. Qui appar- tient à llndo-Chine; qui se rapporte a ce pays ou a ses habitants. ■ INDOCILE adj. Qui n'est pas docile, qui esl 1res dillicile a instruire, à gouverner : un caraelére, un esprit indocile. INDOCILLMENT adv. D'une manière in- docile. • INDOCILITÉ s. f. Caractère de celui qui i est indocile ; l'indocilité d'un enfant. INDO-EUROPÉEN, ÉENNE adj. Linguist. Ce mols'eniiiloie pour desl^:ne^ les langues par- lées depuis riude jusqu'à l'Europe inclusive- nienl, langues auxquelles les philologues at- tribuent une origine commune. (Voy. Aryen, Gekmanique, elc.) • INDO GERMANIQUE adj. Se dil d'un groupe de langues de l'Asie el de l'Europe qui ont une origine commune : les langues indo-germaniques. Dans le même sens, Les langues indo-europèennes . INDOL s. m. (rad. indigo'). Chim. Nom donne au corps d'où dérivent l'indigo bleu et se» composés. • INDOLEMMENT adv. [ain-do-la-man]. Avec indolence : indolernment couché sur l'herbe. • INDOLENCE s. f. (préf. in; lat. dolere, sentir de la peine, de la douleur). Noncha- lance : cet enfant est d'une indolence qui dé- sespère.—Le caractère, l'étal d'une personne peu sensible à la plupart des choses qui Luuchenl ordinairemenl les autres hommes : l'indolence est un grand obstacle à la fortune. — Uuelquelois Insensibilité, impassibililé, état d'une âme qui s'est mise au-dessus des passions : l'iniolence des stoïciens est difficile à concevoir. (V\eui.] • INDOLÎNT, ENTE adj. Nonchalant • cet enfant est si indolent, qu'il n'a jamais fait son devoir a temps. - ludulérenl, sur qui rien ne fait impression : cest un homme indolent qui ne s'émeut de rien. - Quelquefois subslaniU, dans les deux sens : c'est un grand indolent, INDO qui ne se met en peine de rien. — Méd. Qui ne cause point, de douleur : gonflement inchlent. * INDOMPTABLE adj. [ain-don-ta-]. Qu'on ne peut dompter, qu'on ne peut soumettre à l'obéissance : fiîiimd/, caractère indomptable. — Fiir. Qu'on ne peut maîtriser, réprimer ; un cow'arje indomptnble. •INDOMPTÉ, ÉE adj. [in-don-té]. Qui n'est pas dompte, ou qui n'a pu encore être dompté : cheval indompté. — Furieux, fou- gueux, sauvage : o?i attacha Mazeppa à la queue d'un cheval indompté. — Fi;.'. Qui ne peut être contenu, réprimé : c'est un couraije indompté. INDORE. I. État indigène de l'Inde, com- posant les états du maharajah Holkar, et consistant en plusieurs répions isolées, dis- perséessur une large partie de l'Inde cent,rale; environ SoO.OOO hab. Il est traversé par les montagnes Vindhya. Le sol est généralement fertile. La population comprend des Mah- raltes, race dominante, des Bhils, des Gonds et quelques mabométans. On suppose que les Bbils sont les aborigènes de ce pays. (Voy. Bhils, Gonds et Mahhattes.) L'indore est allié du gouvernement anglais. En 1733, la ville et le district d'indore furent donnés par le peisbwa à Mulbar Raw (ou Rao) Holkar, chef mahratte, berger de naissance, qui s'é- tait élevé par son coui'age et par son talent dans la carrière militaire. Son petit-fils lui succéda; il mourut bientôt, atteint d'aliéna- tion mentale, laissant le gouvernement à sa mère. Jeswunt Row Holkar, d'une autre fa- mille, s'empara du gouvernement en 1797, et l'indore, après plusieurs guerres, re-ta entre les mains de ses descendants. — 11. Capitale de cet Etat, sur la petite rivièi'e Kutki, à 480 kil. E. de Bombay; environ 92,500 hab. INDGU, OUE adj. Qui est de l'Inde, qui ap- partient a ce pays ou à ses habitants. — s. m. pi. Les Indous, les habitants de l'Inde. — On écrit aussi Hindou. INDOUSTAN ou Hindoustan, vaste con- trée de l'Asie méridionale, composée des ter- ritoires situés au S. de l'Himalaya et appar- tenant pour la plus grande partie à l'empire britannique. En y comprenant le Cachemire, ce pays est compris entre 8° et 36° 30' lat. N. etenlre 64" 20' et 97° long. E.; il est borné au N. par leTurkeslan oriental et le Thibet, à l'E. parle Burmah et le Siam et à l'O. par le Beluucbislan et l'Afghanistan. Le cap Cor- morin forme son extrémité méridionale; sa côte orientale est baignée par la baie de Ben- gale; celle de l'O. par l'océan Indien et la mer d'Arabie. Siiperf. : 5,147,340 kil. carr. ; -yi,44;i.0UU liab. l'rincipaux lleuves : l'indus et le Gange. Montagnes de l'Himalaya, les plus élevées du globe; le plateau qui occupe la partie centrale est connu sous le nom de Ucccan. Les montagnes Vindhya traversent le plateau central, qui est borné par les Chauls orientales (1,0U0 m.) et par les Ghauts occidi^ntules (1,000 à 1,700 m.). La plaine de riiidus coinpriuid les provinces du Pnn- jaiib, ou contrée des cini| rivières, l'état Indi- gène de Bhawalpoor, Kajpootana occidental, et les terres arides du Sinde, dans le gouver- nement de Bombay. Dans lafilainedu Gange se trouvent les divisions administratives des provinces du iN.-O., d'Oude et iki Bengale. Les hautes terres de l'Inde centrale comprennent le plateau de .Malwa (340 à 700 m.), occupé par des princi|iautés indigènes, et une partie du Kajpootana, territoire composé de 1 S états séparés, sujets alliés, gouvernés par des chefs rajpoot. Lue partie des hautes terresestcom- piise dans les provinces centrales. C'est là que prennent leur source le Sone qui se jette dans le Gange, le iMahaïuiddy, afiliient direct de la baie de Bengale, le Taplce et la iNer- budda. La plaine du Gange, avec presque toute i'iiiili' centrale, constitue l'indoustan 247 INDO proprement dit. Le Godavery et le Kistnah sont les grandes rivières du Deccan. Les divi- sions politiques de cette partie de l'Inde com- prennent les districts des [irovinces de Madras et de Bombay, les divisions anglaises de My- sore, de Bi^rar et de Coorg et l'Hydérabad ou Etats du iNizam, ancien royaume de Golconde. Sur le triangle par lequel i'inde se termine au S. se trouvent quelques districts de Ma- dras et les Etats indigènes de Cochin et de Travancore. L'indoustan comprend, outre l'Inde française, l'Inde portugaise, etc., l'im- mense empire de l'Inde anglaise dont voici le tableau statistique : EMPIRE DE 1,'lNUE ANGLAISE INDO 309 PROVINCES ET ETATS Sous le goiiverncmcnl (le l'In !;^ Ajniii" Berar M;sorc Cûrg I ijHe centrale Rajgmtalia Ilvdcrabab Hai'oda Manipur Andaman et Nieuijar. . , Total lîengale .\ ssam Provinces du Nbrd-Oucst . . Ou.lc Piinjaub rrmiiices centrales l;ij|.(i)ali britannique Madras Bombay Inde anglaise. Dont l'ossessions brilaiini'iucs. Elals tributaires .... Kil. carr. 7.021 45 . 870 Ci. 030 4.100 230.754 335.536 207.192 22.662 10.642 . 6.4"7 !l45.;n5 ,')02.618 120.018 224. 9«2 62.709 548.975 293.486 223.891 389.126 ■190.578 ,147.340 2.i73.821 1.535.887 Population. 460.722 2.672.673 4.914.110 178.302 10.000.000 12.300.150 11.489.210 2.414.200 150.000 15.600 87.2!i6.237 69. 183. 019 4.908.270 33.4t;5.803 11.387.741 23.646.620 11.500.1100 3.736.771 34.175.546 23.359.937 291.445.000 198.508.793 54.131.737 Ce vaste et puissant empire appartient au souverain de l'.Angleterre qui reçoit, depuis le 1"' mai 1870, le titre tl'empereur ou d'impératrice de l'Inde et qui est représenté à Calcutta, capitale de reinpire, par un gouverneur général. Les villes comptant plus de 100,000 hab. sont : Calcutta, Bombay, Ma- dras, Hydérabad, Lucknow, lîénarès, Delhi, Patna, Amritsar, Allahabad, Dangalore, Agra, Rangoun, Lahore, Cawnpore, Puna, Ahme- dabad. Surate et Bareilly. — Sousle rapport des religions, la population se décompose ainsi : Indous Mahomelans.. . Adorateurs de la nature . .. Bouddhistes... 187.937.450 50.121.583 6. 426. SU 3.418.8S4 Chrèlic-i- Jains.. _ Sikhs ... Autres . . 1.862.0.1i 1.221.S90 853.4^6 3.057.130 Quant aux races, on comiite 150 millions d'indous, 40 millionsdeMusulmans,80,000An- glais, ijO.OOO autres Européens, HO, 000 sang- mêlé, etc. — Le chef du pouvoir exécutif, le gouverneur général ou vice-roi, nommé par la couronne aux appointements annuels de 62o, 000 francs, agit sous la directicj du se- crétaire d'Etat pour l'Inde, membre du cabi- net anglais, lequel est assisté par un conseil composé de 15 membres. Le pouvoir législatit est dévolu au gouverneur général assisté d'un conseil de six membres. 11 nomme les gouver- neurs de provinces, excepté ceux de Madras et de Bombay dont les gouverneurs sont nom- més directement par la couronne. L'Angle- terre maintient dans l'Inde une force militaire de plus de 190,000 hommes, dont plus de 60,000 hommes de troufies européennes. Le district est l'unité de l'administration civile. A l'exclusion du Nepaul et du Boulan, les états indigènes de l'Inde sont soumis au con- trôle britannu[ue. Le pays est presque dé- pourvu de lacs; les plus remarquables sont : le lac Chilka dans l'Orissa et le Pulical sur la côte de Coromandel dans la province de Ma- dras; tous doux sont salés. Le climat est tem- péré dans les régions de l'Himalaya, doux sur les (ilateaux du S. et du centre, où le ther- momètre descend quelquefois au point de congélation; mais il est excessivement chaud pendant la plus grande partie de l'année dans les grandes plaines où les villes principales sont situées; le mercure monte fréquemment à 3.')° ou 40° C. Les vents appelés mousson.^, qui soufflent la moilié de l'année du S.-O. et l'autre moitié du N.-'E., apportent des pluies de l'océan Indien entre juin et septembre, et de la baie de Bengale entre octobre et dé- cembre. Dans quelques districts, la quanlilé annuelle de pluie est extraordinaire. Dans la plaine du Gange, le sol est un terreau d'allu- vion. noir et riche; celui du plateau septen- trional est une marne généralement fertile reposant sur des rochers. H y a des étendues considérables de sable dans le Punjaub. le Sinde et l'Inde occidentale. Les minéraux les plus importants et les plus abondants sont le charbon, le fer et le sel. Les mines de Dam- mooda,au iN.-O. de Calcutta, fourni.^senl d'im- menses quantités de charbon. Le fer, très ré- pandu, est manufacturé dans l'Inde depuis des siècles. Proportionnellement aux autres articles de nourriture, il s'y consomme plus de sel que dans toute autre partie du monde, Cettésubstance est fournie en i;rande quantité et à l'état très pur par la chaîne du Pun- jaub. On trouve de l'or dans les graviers des cours d'eau, en plusieurs endroits du pars. Parmi les autres minéraux, se rencontrent du plomb, du cuivre et de l'antimoine dans le N. de l'Inde, du cobalt dans le Bajpootana et de l'étain dans le Burmah anglais. Les pierres précieuses comprennent le diamant, le rubis, la topaze, le béril, la carnoline et le grenat. La végétation varie suivant l'éléva- tion ; elle correspond intimement à celle de l'Europe dans les régions montagneuses du N., où il y a de vastes forêts de conifères. Au- dessous de celles-ci, se trouvent de grandes étendues de bambous et de shorée robuste (shorea robusta). Des forêts de teck couvrent l'Asie centrale, et l'arbre du deodar donne d'importants produits de bois de construction dans les provinces du N.-O. Dans les plaines, le riz est la principale céréale; on y récolte aussi le coton, la canne à sucre, l'indigo, la jute et l'opium. Les autres productions sont : le maïs, le millet, les pois, les haricots et plu- sieurs variétés particulières de grains, de blé et d'orge sur les terres élevées, du thé dans l'Assam, du poivre dansleMalabar et du café sur les collines de l'Inde méridionale. Les fruits de la zone tempérée croissent dans les régions élevées et ceux des tropiques dans la partie basse de la contrée. La faune de l'Inde appartient à la province zoologique qui com- prend l'Asie méridionale et la partie 0. de l'archipel Indien. Il y a 10 espèces de félins, comprenant le lion, le tigre et le léopard; l'éléphant indien; deux espèces de rhino- céros à une seule corne; deux genres d'an- tilope à quatre cornes; plusieurs espèces de daims; un grand nombre de singes, d'ours, de sangliers, de renards et d'écu- reuils, et la hyène rayée. Beaucoup d'oiseaux se distinguent par leur brillant plumage. Les reptiles dangereux y abondent; il y a près de l-'iO espèces de serpents et, inirnii eux, le redouté cobra de capeilo. En IS69, plus de 14,000 personnes perdirent la vie a la suite de morsures de serpents. Les crocodiles ha- bilentles rivières. Le poisson est alHindanl,el, dans plusieurs districts, il s'en fait une grande consummation. Les variétés d'insectes sont innombrables. — La condition du peuple varie aussi suivant les régions. Chaque ville ou chaque village administre ses propres alfaires d'après un système qui date de l'anti- quité la plus reculée, et qui a survécu à des révolutions et à des conquêtes sans nombre. Le pays est exposé pa'-ticulièrement à la peste et à la famine, qu'il doit à son climat et à ses conditions sanitaires, le développement des maladies élant favorisé par la réunion du m. 370 ÏNDO fNno INDO ppiiplfi lors des pèloiirinffeR. Le poiivRrnpmenl a étalili un grand nombre de dispensaires et d'Iiôpitaiix. L'ardiileoture csl le seul art dans lofiiii'l les indifri'-Mes aient obletiii une f.'raniio Iial)ilel6. Dans Ijeancoiip de illslricls, ily afics nioniinienls inaL:nilii(iies, niuS'pjéci!, temples, palais el niaiis/drcs. l'atnii les plus diirnes d'admiration, l'itons les temples de Jain ft Ajmer, les l'onslriictinns rnaluiaiétancs il Af-'ra, à Dillii, à l.iicknow cl les grands tomples coMstriiils dans les roclir-rs do l'Inde occidentale. (Voy. Ki.KriiANTA et ELLonA.) — Le pays est couvert d'un réseau de chemins de fer (16. '.toi; kil.) et de lignes télégraphiques (32,000 kil.) (Voy. Cadle.) Des réservoirs pour l'irrigation sont les principaux travaux d'origine indigène: mais de grandes amélio- rations accomplies par le gonvernemenl an- glais comprennent l'ouverture d'immenses canaux pour l'iri-igation du [lays et pour la navigation. Les principaux se trouvent dans les bassins du fiangc cl de son trilmlairc la Jumna. Les branches principales de l'indus- trie sont celles de la soie, du coton et des ar- ticles de laine. La grande masse des pro- duits est consommée dans le pays même. Kx]iortation : 79.()i;i,040 livres sterling; im- portation : 03,014,1)00. l'.es principales RuarceS du revenu iiu gouvernement sonl les impos lions l'oncières, la vente de l'opium, les droits sur le sel. les douanes, les exCLS(!S, et les re- venus sur les timbres, licvcnus, 03 millions de livres sterling, dcpcni-es. Cl million.s(le livres; dclles I.tH millions. L'instruclion publiorienlaledc lafamille aryenne ou indo-européenne du genre humain, et les Dravidiens ou race aboi-ii;ène forment un trroupe distinct, allié des Mongoliens ou Tu- rauiens. Pour les caractère.s physiques, les deux races sont presque les mêmes. Le peuple est un peu petit, mince, délicat et ordinaire- ment d'une couleur jaunâtre. Mais l'aristo- cratie est pi'esque blanche et les habitants du Deccan presque bruns. Les cheveux des In- dous sont longs, droits et noirs; leurs yeux sont noirs, leuis lèvres niin-es, leurs pieds et leurs mains petits. La population aryenne est classiliée ainsi qu'il suit par Sherring et Campbell : a, brahmes, autrefois prêtres, mais exerçant aujourd'hui diverses profes- sions; 6, jats, agriculteurs: c, rajpoots, au- trefois les conquérants de l'Inde occidentale, maintenant cultivateurs: d, koorhees ou kom- bees, également agriculteurs: e, goojars, la plupart bergers; /', a hoers, bergers ; .i/.gwalas, bergers; h, kbatrees, marchands; i, banyans ou baniyas, marchands; j, kayasfh, scribes séculiers; h, parbhu, commis; /, artisan; m, ilotes, les mis domestiques, les autres menant une vie nomade. — Le-Cacheniiriens .■-onlprobablem en II es véritables représentants des Indous primitifs; la masse est musulmane mais tou< ceux qui ont conservé leurcroyanoe sont brahmes. Dans les contrées montagneu.ses de l'O. se ti'ouvent les Mahrattes brahmanes. Les Brahmanes sont le peuple dominant dans le liébar et dans les contrées adjacentes et aussi dans VVj. du Bengale. Les Khatrees se trouvent dans le Puigaub. On suppose que les Kaj- poutes du bassin du Gange et du Hajpoutatia ne sont pas de pure origine indoue. Les Jats parais;enl s'être introduits dans le pays par la passe de Bolandans le N.,où quelques-uns s'établirent dans les montagnes; ils se sont l'épandus graduellement dans presque toute la contrée. Leurs institutions sont démocra- tiques et chacun de leurs villages forme une petite république. Les Ivoorbees ou Kuoubees occupent de vastes territoires du Guzerat et ils sont dispersés dans toute la contrée mabralte. Les tri-bus les plus pastorales sont les Goojars du N., les .\.heers de l'Indoustau propre, les Gwalas du Bengale et les Goordees de l'Inde i:entrale. Dans toutes les parties de l'Inde on trouve des races ilotes au milieu des races lilircs; elles ne sont pas esclaves, mais polili- ([uement et socialemeni elles forment la classe la plus Jjasse. Dans le Punjaub, ce sont les Chooras; dans l'indouslan, les Choomars; dans le pays des Mahrattes, les Mhars. Une race très remarquable est celle des commer- çants connus sous le nom do Banvans, lia nées, etc., qui forment une classe irïqioi- lanledela population dans les contrées occi- dentales de l'Inde. — Le mot dravidien ou diavida est dérivé de Dravida, nom sanscrit de la portion jnéridionale de la péninsule. Ce terme semble avoir été appliqué par les Aryens envahisseurs aux habitants de l'Inde du S., à une épo((ue très reculée, probable- ment vers le vis Kolecs et autres tribus. Aux Dravidas aiifiarlieiinenl les 'l'aniils, Ics'I'ehigus ou 'relingas, les Canarcse, lus .\lalayalas, les Gonds, etc. La race la plus impintante des Dravidiens propres sont les Tainilsou 'l'amuls, et la désignation de Ta- ujuliens s'emploie quehiuefois pour désigner le groupe entier des Dravidiens. Leuriiuiiibre est estime a 10, lliJL», UUO ; ils habitent princi- palement l'cxtrêmo S.-E. de la péninsule et Je iN. etrK. de Ccylan. Le peuple lokigii ou INDO telingua est estimé à environ 14,000,000; ils habitent les frontières E. de la péninsule. Les Canarese, race grande et narticulièrement gracieuse, habitent au nombre de o, 000, 000 le centre de la péninsule. Dans la contrée basse et le long des Ghauls occidentaux, entre le cap Cornioi'iii el la rivière Chandagiri, se trouve un peuple qui parle le langage malayà- lam. Une autre tribu arboriyène très impor- tante est celle des Gonds. CVoy. Gonds.) Tout ensemble, la population de l'Inde comprend plus de 50 races différentes, caractérisées par la diversité de leurs mœurs, de leur langage et de leur religion. Les rnabométans se trouvent principalement dans les plaines du GanL-e. Ils entrèrent dans l'Indoustan au commencement du xie siècle; ils venaient de l'Afahanistan. Les Parsees (200,000), nombreux à Bombay et dans d'autres villes de l'Inde occidentale, sont un peu plus bruns ipie les Européens du S. Les Sikhs, secte religieuse particulière, sont répandus dans le N.-O.. leur nombre est estimé à d million. (Voy. Sikhs) Quelques- uns des Juifs qui babitentje Alalabar .-ont corn- jdèlement noirs. Il y a aussi un nombre considérable d'indigèiieschréliensau Malabar. On croit qu'ils sont les descendants de prosé- lytes faits à une époque très reculée. (Voy. Chrétiens de S.^int-Thomas.) Les indigènes prolestants convertis au christianisme dans l'Inde surpassent probablement 250,000, et on dit qu'il y a environ I million de catho- liques romains. Pour des détails particuliers sur les autres clauses du peuple de l'Inde, voy. F.\KiRS, Pariahs et TuuGS. Pour la division du peuple en castes, voy. plus loin Hkligion el LlTTKRATURE RELIGIEUSE. — LaNG.IGES. Les premiers envahis.-eurs .\rycns parlaient le sanscrit (safiskrla, pariait). (Voy. Sanscrit.) Employé spécialement pour des objets litté- raires, le sanscrit donna naissance au dia- lecte prâkrit (prakrli, naturej. La naissance du bouddhisme donna une importance par- ticulière au dialecte populaire parlé par Bouddha lui-même. Cette espèce de piâkril, appelé pâli, ne se parle plus depuis long- temps, mais il est encore employé dans lés écrits bouddhistes de Ceyian. du Burniah et de Siam. Tous les idiomes sanscrits modernes de l'Inde sont alliés aux dialectes prâkrit, el ils diffèrent de lancienne langue mère plutôt dans les formes g'rammaticales que dans les racines. Fr. Millier les classe en six groupes. Le groupe oriental comprend la bengali ou beiigalee, de la province au Bengale, l'as- saini ou assamese el l'oriya. Au groupe du iS.-O. appartiennent le nipàli ou nepaulese, langage du Mepaul, le kaçinirl ou cacheiiii- rien el le panjâbi on punjaubee, langue du Punjaub. Le groupe de l'O. embrasse le sindhi, qui est parlé dans la vallée du bas Indus, le mullani et plusieurs autres idiomes moins imfiorlanls. Le groupe central coin- j'ieiid l'hindi, langue de la populutioii in- digène indouc tlu centre de l'Inde septen- trionale; J'urdu, appelé aussi hindûslâni, langue de la population mahomélane dans 1 Inde entière ; il est parlé aussi par toutes les classes instruites de la (léninsule ; et le dakhaul Ou le deccanese, autre dialecte hindi. i.,e groupe du S.-O. comprend le gu- zarâli ou giijaiati, la langue du Gu/urat, et les dialectes qui s'y rallacbent. Le groupe du S.estl'orniéiiarle muràtbi. Tous cesiangages, sauf un, emploient d< > systèmes graphiques dilléicnls les uns des autres, mais dérivés en commun du vieil alphabet dêvanâgari qui est lui-même une modilicatiun des caractères sémitiques el parliculièremcnl de rhim\ an- tique. L'uridii ou hindùalâni el souvent aussi le sindhi, sont écrits avec dos caractères ara- biques-persaiis-lallg. Tous ces langages onl les mêmes cinq classes de consonnes, curres- poiidaiil à celles du sanscrit : gutturales, palatales, cérébrales, dentales el labiales. lis ont aussi en coniriiun les demi-voyelles parti- INDO 371 cuhères, v, y, r el /.ainsi que l'A' aspirée. Les voyelles sont a, i et w, avec les longues d, i et ù; les diphtongues fermées sont é et ô et les diphtongues ouvertes ai et au. Plusieurs langages prononcent aussi ?• et l, comme des voyelles. Le tableau suivant est celui du .sysr téme dêvanâgari, arrangé suivant les sons- la méthode de transcription emplovée est celle qui a été donnée dans ['Alphabet de Lepsius. Gutt. . W\h ^ ^'h, 7T!7, ^ 'A, \£- il. Pal . . . ^ p, . . ^ ^i ^ft '^?, "^h. Voyelles. . . .J -^u^ . ^ai. ^<', Xi, P' ^4, j^é, 5t''' ■^au. — Le bengali ou jeiigalee dislin. jue les genres masculin, féminin et neulrt ; et les nombres singulier et pluriel. Les noms ont les cas nominatif, génitif, datif, accusatif,, vocatif, ablatif, instrumental et locatif, dis- tingués par des suffixes. Les adjectifs s'ac- cordent en genre avec lenrs noms, mais ils ne s'accordent pas avec eux en nombre el en cas. Le bengali est le seul langage moderne de l'Inde qui ail des formes spéciales pour le comparatif et le superlatif; ces formes ont été empruntées au sanscrit. On ne fait au- cune distinction entre les verbes transitifs et intransitifs. Les différentes personnes sont indiquées par des suffixes. Les langages de l'Assam et de l'Orissa, l'assami el l'oriya, sont intimement liés au bengali. Néanmoins, le premier a incorporé un grand nombre d'éléments burmeses el Ihibétains, tandis que le dernier est fortement teinté d'arabe. Le nipàli ou nepaulese possède aussi beau- coup d'éléments Ihibétains. Le pluriel est formé en ajoulanlAcrM, collection, assemblée. Le kaçiiiiiî et le panjâbi (cacbemirien et piinjaiibienise sont approprié beaucoup d'élé- ments arabes et persans. Le sindhî s'est maintenu très rapproché de l'ancien sanscrit. Le pluriel estfornié paru el quelquefois par S. Les adjectifs s'accordenteii nombre, en genre et en cas avec leurs noms. Il y a des suflixes pronominaux dus probablement à l'iulluence du persan. L'urdu ou hindûslâni est un dia- lecte de l'hindi, fortement mélangé de persan, d'aiabeol d'éléments tarlares. C'est lalangue couranle administrative de l'Inde. Il fut appelé urdu parce ((u'il s'était développé dans les camps («r(/M) des conquérants musul- mans. Les adjectifs s'accordent toujours avec leurs noms en genre et en cas, mais pas tou- jours en nombre. Dans le guzarâlî ou guja- rati, le génitif du nom peut s employer comme adjectif el il s'accorde en genre et en nombre avec le substantif. Les adjectifs s'ac- cordcnl avec leurs noms en genre, en nombre et en cas. Dans le inaràlhi, les adjectifs sont unis à leurs noms comme s'ils formaient avec eux un mol composé. Le uoiiibro el les cas sont indiqués seulement quand ils sont em- ployés comme noms. i>e nepaulese, le cache- milieu, le punjaubee, le siiidlii et l'urdu n'ont pas de genre neutre. Dans le nepaulese, le sindhi cl l'urdu, le génitif d'un nom peut être employé comme adjectif, avec une in- llexion particulière. — Liwjucs (IravtdU^wiiS. Si l'on en excepte le cingalais ou singhalese, langage de l'ile do Ceyian, le groupe dra- vidien peut êlre divisé en cinq sections, outre 372 INDO les idioiuci iiiiij.nlailrmcnl cniinus dts races qui oixupenl les parties inliTioures des ré- {.'ions monl.ifriieuses. Le laiiiil, sanscrit du croupe entier, conipreiul deux dialectes, le classique nii sen-laniil, et celui qui sci-l à la conversation ou kodun-taniil. Vionuenl en- suite le lelupu (appelé auliefois pentou), le canaresc et le inalayâlarn. Le cituiuième lan- gafrc est le tulu ou tulva que Ion parle dans le voisina;,'!' de Mangalorc. Il s'éteint rapide- ment. Max Millier l'onsidére les lanf:afres dra- vidicns coninw^ une branche de l'ouralo-al- taïque, lucinfrolicn ou turanien; mais Fr. Millier il d'anlrcslesconsid<''rcnl comme for- mant une division primitive entièrement dis- tincte parmi les langafjes humains. CeslanffU'S possédenl des systèmes era|)hiques particu- liers, dérivés de l'alphabet dévanâgari et écrits au moyen des caractères kisludh et nerbudda. Les sons du taniil peuvent être {.Moupés .linsi qu'il suit : . . . ft ^', GuUur.iux , . Palal.ll9 . . . CérlSbniiix I- Cériibralix II Di'ulalf. . . Labi;iiix . . Liiiuiilc>. . . SibiliinU VjjcIIcs. 9= d, S t, L-i ;>, lU ,'/. V S= s. 2^ a, a5 2j M. lu m. crr /, rr. S- "7 3". 3 •p h — Religions e . liittérature religieuse, 't-fs premier-' rci-iu rrlii;ibu.\ sont les hymnes des Védas, les Ijràhmanas et les Siitras. Les Veda-Sanhitàs ou textes veda existent en quatie collections : Rig-Veda, Sâmâ-'Veda, Yajur-Veda et Atharva-Veda. La Rig-'Veda est la collection la plus considérable et la plus pi'écieusc. On suppose que la Sâniâ-Veda Suinbalà est plus ancienne que la compi- hdion de Rig-Veda. Les Brâlimanas four- nissent la description des cérémonies pres- crites dans la Sanhitâs et donnent les nom- l)reuses léi-'endes s'y rapportant. Elles ont un INDO de dieux : ceux de» cieux. ceux de l'air et ceux de ja terre. La luniicrc est considérée comme une force indépendante et éternelle. Sûry.i est la [>rincipale divinité clu cieL VA?u ou jndra est la première divinité de l'air et Agni est la principale de la terre. Parmi les dieux du ciel, Aditi est rarement mentionne dans les plus anciens Védas comme une personnification, mais généralement comme l'idée abstraite de l'éternel et de l'inlliii. Sûrya est la désijL'nation ordinaire du soleil. Vislinou est larement mentionné dans les Védas. lia donné la terre à llionmie, des- cendant de Manou. Il y a dans l.i sphère aérienne des démons, êtres sombres, liaUsha- sas et Asuras. Les autres dieux de celte té- pion ont à les conibaltre pour les chasser. Indra, dieu des orages, conquit les démons et proli'ge.i l'homme dans les combats. Vâgu, est le vent. Vâta lui succéda dans la véné- ration du peuple, comme étant l'Ame des dieux et la source du monde. Rudra est le dieu des tempêtes. La troisième division, celle des dieux de la terre, est le panlhcisme de la religion indoue. La lumiéic est la révé- lation delà divinité. Agni, dieu du feu, est le protecteur des humains. Il sert aussi de niessagci' entre l'honime et les dieux. Chaque fois qu'un feu est allumé, les dieux doivent venir, car Agni les appelle; et tout ce que les dieux font pour les liommes est clù à sijn in- tercession. Sôma (liieuvage fermenté) est aussi un dieu. Sôma donne l'immortalité à l'honinie comme aux dieux. Les dieux ré- clament les ollrandes des honmies pour ac- complir les vœux de ces derniers: sans les prières et sans les sacrifices, les dieux ne pourraient gouverner le monde. La prière les oblige à accomplir les désii's des hommes. Une dévotion concentrée et la pénileuce sont ilonc plus puissai.les que tous les dieux ; le urêti-e. l'cniite, le dévot et le sage sont dcnc plus puissants que les dieux eux-mêmes. Telle est la clé du brahmanisme. Chaque objet employé au sacrilice élail considéré comme parÙcipant de la divinité, d'oii les brahnies furent considérés comme les (lieux réels de 11 lerre. IJrahmanaspali ou Brihas- pali, dieu de la prière, devint, plus lard, le grand dieu Rrahinâ. Les Védas n'acceptent aucun récit de la création. On attribue géné- ralement celle-ci au pouvoir du sacrifice. Suivant d'antres, la méditation religieuse pro- duisit le monde. Deux noms, Vania et Manou, apparaissent comme ceux du pi-eniicrhomnie supplément de méditations philosophiques' Vania e^t le premier homme qui mourut, et appelées Araiivaka. Une portion de l'Ara- ' il montre aux morts le chemin do l autre iiyaUa, appelée" Upanishad, renferme des mé- | monde où il gouverne. Manou est le premier ilitalions et développe le système de pan- ancêtre du genre humain. Vama conduit les théisme brahmanique. Les Sùtras sont des morts dans un monde aussi sensuel que le collections de règles pratiques concernant ' paradis mahométan, où ils festoient avec les les cérémonies et le culte. Max Muller divise dieux et boivent Sôma (l'ivresse). Le peuple en quatre périodes l'intervalle pendant le-: doit adorer ses ancêtres, car ceux-ci ne sont quel ces livres parurent Pendantla première, I pas morts; ils vivent avec les dieux qui par- clo 1200 à lOOii av. J.-C, les plus anciennes j tagent leur pouvoir avec eux. — Le culle des hvmiies védiques furent composées. La se- 1 dieux se pratiqua d'abord dans chaque fa coude comprend les deux siècles suivants. La troisième, ou période brahmane, se ter- mine à 600 av. J.-C-, et la quatrième ou Sùtra Unit à 200 av. J.-C. Néanmoins, le professeur Whitney resarde cette chronologie comme une simple hypothèse. LesDliarmaçâstras ou livres des lois sont au nombre de 56; les fa- meuses lois de Manou en sont probablement les plus anciennes. La Mahàbhârata, poème épique très long, décrit les querelles entre les Pàndavas et les Kauravas, races royales qui descendent de lîbârutas. Un autre poème épique, la Râmàyana, traite des hauts faits de Râma, prince de Ayôdhya ou Oude, qui étendit le pouvoir aryen sur le Deccan et sur Geylan. Les récits de la Mahàbhârata et de la Ràmâyana sont continués par les Pu- rànas d'une date beaucoup plus récente et écrits dans l'intérêt des nouvelles sectes re- ligieuses. D'après les Vcdas,ily a trois classes mille. Il n'y avait pas de temples. La caste spéciale des brahmes devint ensuite néces- saire pour diriger les sacrilices, La formation du système brahmanique des castes ouvre la seconde période dans l'hisloire des religions indoues. Le mot sanscrit désignant la caste est VAR.NA, qui sigiiiliait primitivemenl cou- leur. Les Sudras iCùdras) sont les premiers occupants, de teint foncé, des terres du Gange; les aryens, au teint clair, les regardaient comme inférieurs. Les livres védiques divisent la population iiidoue en quatre castes. Le livre des lois de Manou dit qu'il y avait 16 castes mélangées, outre les quatre principales. Celles-ci étaient, outre les Sudras, les Brah- manas les Kshatriyas et les Vaisyas (Vaiçyas;. Les brahmes étaient institués pour lire et pour enseigner le Véda, offrir les sacrifices, diriger les cérémonies des sacrifices laits par le peuple et pour recevoir et faire des of- i.\no frandes. L"s Kshatriyas, devaient protéger le peuple faire la «harité et lire lessaintes écri- tures, mais sans le.-> expliquer. Les Vaisyas, élevaient les bestiaux, cultivaient la terre, faisaient le commerce, donnaient des au- mônes, récitaient des prières. Les .Sudras n'avaient qu'un devoir, celui de servir les autres castes. La majorité des castes infé- rii'ure* ou mélangées portent des noms de piofi'ssion. La population aborigène fut aussi graduellement classée d'après le système aryen, qui donna naissance a la caste impure 3UC les Luropéens appellent pariax, du nom 'une petite caste Tamil. Pendant cette pé- riode, le panthéisme védique fut graduelle- ment absorbé par celui de Ifralima et le ca- ractère du culte indou devint décidément ascétique. On ne chercha plu> à résoudre le mystère de l'origine du monde, mais on s'occupa de trouver le procédé par lequel le monde retournera à Rrabma, don! il émane. Brahma, au genre neutrr, est une impersonna- litc, la somme de toute la nature, le germe de tout ce qui est, celui qui embrasse tout. Brahma, comme principe abstrait du monde, parait de nouveau sous une forme mytholo- gique comme le dieu Brahma. La femme de Brahma est Sarasvati, déesse de l'ordre, de l'harmonie, de la poésie, de l'art ora- toire, du langage et de toute intelligence. L'existence n'a pas de but particulier, puis- qu'elle est le mal. le mai étant venu au monde avec le monde ; c'est jiourquoi toute personne pieuse désiie en être retirée et être débarrassée de son existence personnelle. Toute créature descendue de Brahma doit passer de nouveau par les stages antérieurs à son existence actuelle, alin d'atleindre encore Brahma. Les méchants sont punis par la transformation en bêles ou en plantes; si cette punition n'est pas suffisante, ils sont envoyés dans l'un des huit enfers. La peine de l'enfer n'est pas éternelle, mais des mil- liers d'années suffisent à peine pour obtenir une absolution complète. Quand celle-ci est obleniie, c'est alors (jue commence l'échelle ascendanle des transmigrations qui aboutit à Brahmâ.Chaque caste .seconsidère comme for- mant un peu pie saint, distinct et pur: le cou tact d'une personne d'une caste inférieure est une souillure. Les morts, les excrétions du corps, la naissance, tout ce qui a rafiport aux sexes est une impureté. .Mais la vache est si sainte que ses excrétions les plus impures servent aux Indous d'agent purilicaleur. L'urine et la bouse de vache purifient tout. Pendant celte période le sacrifice fiitencore en grande pra- tique, bien que le brahmanisme moderne n'ait conservé que les sacrifices domestiques. — L'ancienne philosophie indoue, précur- seur de la philosophie grecque et romaine, est fllle des méditations ordonnées comme moyen d'obtenir une prompte arrivée dans le grand Brahma. Il y a particulièrement six systèmes philosophiques considérés comme, orthodoxes. On peut aussi les réduire à trois: vedànta, sânkhya et nyâya , représentés chacun par deux formes. Vedànta signifie le but ou la fin du Véda. Son développement arrive à l'époque du moderne brahmanisme. Le Vedànta-Sàra, petit livre qui tire les con- clusions extrêmes de ce système, est proba- blement d'une date postérieure au vnr siècle ap. J.-C. Il y a un Sânkhya déiste ou sys- tème yoga par Patanjali, et un système sân- khya alhée par Kopila. Le système nyàya, par Gautaraa s'occupe particulièrement des principes de logique. Le système vaiçêshika, par Kanâda est une branche indépendante de la philosophie nyâya. 11 enseigne l'éter- nité de la matière sous forme d'atomes et aussi l'éternité atomistique de l'âme. Le ve- dànta enseigne que le monde n'existe pas en réalité, la seule existence réelle étant Brah- ma. L'extrême conclusion du Sânkhya est au'il n'existe aucune nécessité d'une nouvelle INDO naissance ou de transmigrations. — Sur ces entietailes Bouddha fit son apparition. Le bouddhisme a un rédempteur humain dans la personne de Bouddha. Le brahmanisme s'empara de l'idée d'avoir des médiateurs humains, des personnifications des dieux, et il adopta une série d'avatnrs ou incarnations. .\insi Krislina fut adoré dans le iii° siècle av. J.-C. comme un Avatàra de Vishnou. C'é- tait la croyanor de cette époque ijueles dieux ne pouvaient accomplir aucune chose sur terre à moins qu'ils n'y vinssent sous une for.mç, soi! humaine, soit animale. La femme de Vishnou est Lakshmi ou Çri, la déesse de l'amour, de la ^ràce, du mariage, de la pro- géniture et de la richesse; la vache est sa reprosentanle sacrée sur la terre, et le lotus est son symbole. 'Vers ce temps Siva, le Ma- hàdèva ou grand dieu des Dravidiens, fut in- troduit dans le cycle brahmanique des dieux, en l'identifiant avec Rudra, le dieu des orages. Le sivaïsrae ou culte du Phallus se répandit avec le temps parmi les Aiyens aussi bien que chez les aborigènes de llnde. Une nou- velle littérature religieusenaquit avec les Pu- rânas, écrites expressément pour le peuple. Leur contenu est mythologique. Il n'existe aucune unité dans le brahmanisme moderne. Les divisions principales sont les vishnouites et les siva'ites, les premiers glorifiant Vish- nou, les seconds Siva, au-dessus de Brahmâ. Le vishnouite Vallabhâchârya fonda au svi" siècle, le culte voluptueux de Khrishna-ber- ger, qui place Krishna au-dessus de Vishnuu même. Au su» siècle, s'éleva dansie pays des Mahraltes une nouvelle forme de sivaïsme. lîasava, son fondateur, forma des fraternités de moines à l'imitation du bouddhisme. Cette secte est le lingaïsme jangama, qui emploie le langage cauai'ese comme langue sacrée. La secte çàkla n'adore pas les trois grands ilieux eux-mêmes, mais seulement leurs femmes et particulièrement l'épouse deSiva; celte secte est très sensuelle dans son culte. L'ancienne religion sudra existe encore au Bengale ; elle oll're une forte ressemblance avec le culte magique des tribus sauvages. Un mélange de l'indouisme avec l'islamisme est représenté par la religion des Sikhs, et le mélange du bouddhisme avec le brahma- nisme par celle des Jains. Après les Purànas parurent dix-huit ouvrages religieux appelés i'papurânas. Les Tantaras sont des produc- tions dans lesquelles Siva est représenté comme conversant avec Durgâ (Kâli); ce sont les livres magiques. des Çàktas. L'ouvrage le plus important écrit en tamil est le Kural de 'rii'uvalluver; colleclion de proverbes pure- ment éthiques. Los Basava Purànas des lin- gaïlcs sont des ouvrages importants pour l'histoire des sectes indoues. — Pour lâcher d'unir et de concilier tous les éléments reli- f;ieux hostiles au bouddhisme, on inventa une l'rimûrti ou trinité composée des grands dieux ; Brahmâ, Vishnou et Siva. Cette tri- nité est représentée par uu corps à trois têtes, taillé dans un seul bloc de pierre. Théoriquement, Brahmâ est le créateur, Vishnou le conservaleur et Siva le destruc- teur. On assigne communément dix avatars à Vishnou ; ces avatars se suivent dans une échelle ascendante de perfection. Lors de sa veiuie fulure, il rétablira la justice sur terre. La personne de Siva était trop élevée et tro|i |iuissaiite pour apparaître comme un être de ce monde, mais il habita occasion- nellement parmi les hommes comme per- sonnification de quelque attribut de lui- nu'Mue. Le brahmanisme moderne pos- sède aussi une li'inilé femelle, composée des femmes de Brahmâ, de Vishnou et de Siva. Pàrvati. femme de Siva, et la plus générale- ment adorée des trois, est, dansie Bengale et dans l'Inde du Sud, connue sous le nom de Kâli et considérée comme une déesse san- guinaire; ses images la représentent sous INDR des traits vraiment afl'roux. Elle est déesse du choléra et de toutes les autres épidémies. Elle ne peut être apaisée que par des sacri- fices sanglants; des êtres humains lui sont mêmes offerts quand les autorités anglaises n'interviennent pas.— Parmi les autres" dieux du brahmanisme moderne, Ganêça et Kùrtti- kêya, fils de Siva, sont prééminents. Le pre- mier estle dieu de la sagesse et de l'habileté; son image se trouve partout. Les Gânapa- tayas sont une secte qui fait de ce dieu l'ob- jet spécial du culte. Karilikêva nu Skanda, appelé Subrahmanya et Shanmukha dans le Deccan, est le dieu à six têtes de la i.'uerre. Gangâ, célèbre déesse du Gange, est une charmante personne qui tient une fleur de lotus à la main. Sebaigner dansie Gange pu- rifie de tous les pécliés et n'importe qui meurt dans le fleuve est admis de suite dan5 le grand Brahmâ.— Les distinctionsde castes disparaissent rapidement. Les Ksbatriyas et les Vaisyas ont perdu depuis longtemps leur existence séparée, et un grand nomhre de professions qui étaient autrefois exclusive- ment les leurs, sont exercées aussi par les brahmes. Bien que les castes supérieures puissent vivre de professions appartenant à des castes inférieures, il n'est pas permis à ces dernières d'usurper les fonctions des pre- mières. La condition des castes inférieures, sous le gouvernement indigène, était la plus abjecte soumission. Au-dessous des Sudras se trouvait une classe nombreuse de gens hors la loi. La perte de sa caste entraînait celle de tous ses droits civils et la confisca- tion de tous ses biens. Le gouvernemenl anglais a défendu les confiscations pour cause de renonciation ou de privation de caste. — Les brahmes subissent en ce mo- ment une crise religieu-e. Le brahmô-sàmâj augmente régulièremenf. Cette secte, fondée en 1830 . eut pour premiers adeptes des élèves des instifulioiis catholiques d'éduca- tion, puis des mahométans et ensuite 'des brahmes; elle forma une ICgIise dont les doc- Irines ]irincipales sont: l'adoration d'un dieu, l'amour fraternel envers tous les hommes. Son grand objet est de détruire les dislinc- lions de caste et de religion. Le chef de la secte est Babu Keshab Chandor Sen. — Bi- DLroGR. Lassen, Indische Alterthunukimde ; Whitney, Oriental and Linguistic Stwiies; et Wurm, Gcschichte der indischm Religion. — Llnde britannique, par Ad. Frout de Fontper- tuis (Londres, in-8°, 187.S); Lois, prêtres et castes dans l'Inde, par L. Jacolliot (Paris, in-S", 1877); Géoi/raphie universelle: l'Inde et t'Indo- Chine, par Elisée Reclus (Paris, 1883). INDOUSTANI Linguist. Langue actuelle des Indous. * IN-DOUZE adj. et s. m. Impr. et Lihr. Se dit du format où la feuille est pliée en douze feuillets; el des livres, des volumes qui ont ce format: le format in-douze. On écrit aussi in-i'i. INDRE. I. (irande rivière qui prend sa source â la fonlaine d'Indre, dep. du Cher, baigne Brianles, la Châtre, iMongivray, Ciiâteauroux, Saint-Maur, la Villedieii, Saint-Genou, Chà- lillon. Loches et se jette dans la Loire entre Langeais el la Chapelle (Indre-et-Loire), après un cours de 230 kil. Elle n'est pas navigable, mais elle donne le mouvement à un grand nombre d'usines. Ses principaux affluents sont: la Taïssonne, l'Igneraye, la Vanvre, l'Angolin, la Trogonce et l'Ozaiico. — IL Dé- parLenu'ut de la région centrale do la France; il doit son nom à la rivière de l'Indre qui le traverse du S.-E. aiiiN.-O., estsitué entre les dép. de Loir-et-Cher, d'Indre-el-l,oire, de la Vienne, de la Haute-Vienne, de la Creuse et du Cher, il est lormé du Bis-Berry et de por- tions détachées de I Orléanais et dclaiMarche; 6,884 kil. carr.; 289,206 hab. Pays de mon- lagiies et de collines ;:rides; une clialni^ sra- INDU 373 I nitique, couronnée de froids et tristes pla- teaux, contient les plus hautes cimes du dép. : colline de Vijon (io-ï m.), signal de la Fra:;ne (433 m.). Le territoire est riche en métaux et en minéraux, fers en grains et en roches; beau marbre près de Giroux, pierres meu- lières, mica, grès, silex, etc. ; agriculture peu développée; les principales rivières sont : l'Indre, la Creuse, la Douzanne, la Claire et l'Anglin ; eaux minérales à Azay-le-Féron. Ch.-l., Châteauroux; 4 arr., 23 cant.,24j com- munes. Les tribunaux ressortissent de la cour d'appel de Bourges et l'instruction publique esl du ressort de l'académie de Poitiers. Ce dép. forme, avec celui du Cher, l'archidiocèse de Bourges. Ch.-l. d'arr. Châteauroux, le Blanc, la Châtre et Issoudun. INDRE (La Basse-), comm. du cant. de i'arr. et à 8 kil. 0. de Nanles (Loire-Inférieure), sur la rive droite de la Loire; 3,739 hab. Forges à l'anglaise pour l'affinage du fer. INDRET, île de la Loire, à 8 kil. 0. de Nantes (Loire-Inférieure). Elle est annexée à la Basse-Indre et jointe au rivage par une chaussée. M. de Sartines, sous Louis XV, éta- blit dans cette île une fonderie de canons qui fut supprimée en 1827. Depuis 1839, celte londerie est all'ectée à la confection des ma- chines à vapeur de la marine militaire et à celle des coques pour les bâtiments en fer. INDRE-ET-LOIRE, département situé dans la région centrale de la France ; lire son nom des deux principales rivières qui l'arrosent. Situé entre les dép. de Loir-et-Cher, de la .Sarthe, de Maine-et-Loire, de la Vienne elde l'Indre, il est formé de la plus grande partie de la Touraine el de portions de l'Orléanais et de la Marche; 6,108 kil. carr. ; 337,064 hab. Le teiritoire olfre l'aspect d'une vaste plaine dont la fertilité a peut-être été un peu exagérée ; peu de montagnes, le point cul- minantdu dép.(signaldeHaumontais, 178m.) se trouve dans la Gâtine. Eaux minérales à Senihlonçay, Châleau-la-Vallière et Vergné. Commerce de céréales, vins, fruits de toute espèce; élève de chevaux, mulets, abeilles, vers à soie, etc. Le dép. est arrosé par la Loire, le plus grand fleuve de France, le Cher, la Vienne, l'Indre, la Creuse et la Claire. — Ch.-l., Tours; 3 arr., 24 cant., 282 comm. Les tribunaux ressortissent de la cour d'appel d'Orléans; etpour l'instruction publique, il est du ressort de l'académie de Poitiers. Arche- vêché à Tours. Ch.-l. d'arr. :Toiu's, Chinon et Loches. \ INDU, UE adj. Qui est contre ce qu'on doit, contre la raison, contre la règle, contre l'usage : à heure indue, à une heure indue. iN'est guère usité que dans ces phrases. •INDUBITABLE adj. ( lat. indubilabili^). Dont on no peut douter, certain, assuré: te succès de cette affaire est indubitable. ; INDUBITABLEMENT adv. Sans doute, cer- tainement, assurément: il arrivera indubita- bleinvnt tel jour. INDUCTEUR, TRICE adj. Qui induit. — Phys. Circuit inducteur, circuit qui produit l'induction. — Physiol. .Mlscle inducteur, muscle qui produit une contraction induite. — s. m. Phys. Inducteur différentiel, appa- reil qui sert à reconnaître les ellels résul- tant de l'introduction do divers métaux dans l'intérieur d'une bobine électro-inagnéli(iue. INDUCTIF, IVE adj. Qui induit ou qui procède par induction. * INDUCTION s. f. (lat. inductio; do induccrc, induire). Instigatiou, impulsion, suggestion: il s'est laissé aller à ccii par l'induction d'un tel. (Peu usité en ce sens.) — Plus ord. Ma- nière de raisonner qui consiste i inférer une chose d'une auire. à reconnaître, à élablir qu'une chose doit ou peut être, puisqu'une ou plusieurs autres sont ou pourraient âtre : 374 INDU INDU INDU raisonner par induction. — Se dit (^f.'alf,rnniil d'une ooiiséqueiice que l'on liri; imi' induc- tion : tirer uw: induHion d'uni- pT'ijiiisiliin. — Phys.Coun.vfir u'induction, couranlékirlriiiue inverse que l'on oblienl en faisant passer le courant électrique, d'''vel(ippô par une pile volliiïque ou un aimant, à travers un lil de enivre recouvert d'un lil de soie et enroulé aulour d'une bobine. On dit aussi Eleclrivité d'induction. (V. S.) * INDUIRE V. a. (lai. induccn^. Porter, pous- ser a l'aire quelque chose. Se prend ordinai- rement en mauvaise [lart : induire à mal faire. — iNDi'iRK /. linncuii, être la cause volontaire ou involontaire de l'erreur où tombe uneper- .sonne : il fut induit à erreur par une futisae citation. On dit égiilement, I.N'OLinE e.n FidiKun, mais toujours daiu le sens de trompera des- i>e\i):ilvoulail ininduire en eircur. — Oraison dominicale. .Ni; nous induisez point en tenta- tion, ne peiineltcz pas quenoussoyons tentés au-iiessus de nos forces. — Inférer, tirer une coii.'îéqucnce : qu'induisez-vous de là? — Pbys. Etablir un courant d'induction. * INDUIT. ITE part, passé de Induire. — Phys. KiL INDUIT, fil de enivre recouvert d'un (il de soie et servant à la [iroduction des cou- rants d'induction. — Coudant induit, courant produit |iar induction. INDULGEMMENT adv. [-ja-man]. Avec in- duli-'Cih-e. •INDULGENCE s, f, [ain-dul-jan-se] (lai. induliji ntin, pardon ; de itululyere, reniellre). Qualité opposée à la sévérité; iacililé à excu- ser et à pal donner les fautes, Jes défauts: grande indaUjenci:. — Chez les callioliques. Remission despcinesque les péchés méritent, accordée par l'iiglise sous de certaines con- ditions. Dans ce sens, s'emploie souvent au pluriel : indulijences de quarante jows, de viityt ans, etc. — Fig. et fam. Gagnicu, uéri- TliR LES INDULGENCES, LES INDULGENCES PLÉ- NiÈHES, se dit, en plaisanlanl, d'une personne qui fait une chose pénible, dilïicilo, désa- j^reable: vous avez mérité les indul'jcnces par votre einpressemenl. — Encycl. L'origine des indulgences remonte au.\ premiers temps de la primitive Eglise, lorsque d'insignes pé- cheurs étaient condamnés, après avoir été absous en confession, il des périodes de péni- tences publiques : quand le ehiistianisme se répandit parmi les nations du nord de l'Eu- rope, ces pénitences canoniques se trouvèrent inapplicables. La jurisprudence païenne avait habitué ces peuples à des amendes pécuniaires pour vol, pour meurtre et pour d'autres crimes. Ce système fut appliqué par l'Eglise aux expiations pcnitentielles et l'argent qui en provendit fut destiné à un emploi sacré. Mais cette substitution d'amendes pécuniaires donna naissance à des méprises sérieuses et à de t-'rands abus; souvent elle fut condamnée par des conciles ecclésiastiques et par des écrivains sacrés. En 101)5, le concile de Cler- mont oli'rit une induijence pUniére à tous ceux qui se joindraient à la croisade. Le concile de Lyon, en 1274-, étendit la même indulgence àtous ceux qui cuntribiioraient au succès de cette croisade. A partir de celle époque, les indulgences coniniencèrent à »e mulUplier el aussi souvent que l'argent était requis pour quelque besoin ecclésiaslique, le peuple s'em- pressait de l'ollrir. .Vvec le temps, ce Iralic lit tomber les indulgences et ceux qui les ac- cordaient dans un cuinplet discrédil. Les in- dulf^ences publiées par Jules II el par Léon X. pour l'érection de Saint-Pierre de Rome et pour une croisade contre les Turcs, produi- sirent une crise dans l'Eglise catholique et furent la cause immédiate de la réforme pro- testante. La cominission papale des indul- gences fut conlîée aux dominicains, qui avaient à leur tête le fameux Telzel. Ils olirirent des indulçences dans les mes, dans les marchés, dans les laverncs, enseignant que tonte per- sonne qui coiitribu.iit, si elle payait pour son j propre coin] lie-, sou V rail in l'ai Iliblemen la elle- | niéiiie les portes du ciel, et que, si c'élait pour I le compte Jes morts, elle délivrait inslanla- ! némeul une ? f'^nl iudustiicuscment. • INDUSTRIEUX. EUSE adj. Qui a de l'in- dustrie, de l'adresse : un homme très indus- triiiux. • INDUTS s. m. pi. (lat. indiitus, habillé). Ternie qui s'emploie dans plusieurs églises, et par lequel on désig-ne les ecclésiastiques qui assistent aux messes hautes, revêtus d'aubes et de tuniques, pour servir le diacre et le sous-diacre. — »v S'emploie aussi au sini.'. : un indut. INDUTIOMARE. chef des Trévires, mort l'an 54 av. J.-(;. Après avoir fait sa soumis- sion à (jésiir, il voulut assouvir sa haine et sa vengeance conlre les légions romaines; danscebut. il rassemblade nombreuses trou- pes et attaqua Laiiiénus dans son camp: mais il succomba dans la lutte et fut tue en tra- versant une rivière. INDUVIAL. ALE adj. Bot. Se dit de toute partie <\<- l.i Jleiir ([ui persiste après la tlorai- son et reste adhérente au fruit. INDUVIE s. f. (lat. induvia, vêtement). Bot. Nom que l'on donne à tout organe floral qui accompagne le fruit à l'époque de sa matu- rité. On ne l'emploie guère qu'au pluriel. INÉBRANLABILITÉ s. f. Qualité de ce qui est ineliranlabie. ' INÉBRANLABLE adj. Qui ne peut être éliranle : une masse inébranlable. — Fig. Constant, ferme, qui ne se laisse point abattre : un cœur, un courage inébranlable. — Qu'on ne peut faire changer de dessein, d'o- pinion, etc. : mon parti est pris, je suis iné- branlable. — Se dit également des choses mo- rales ; su résolution vst inébranlable. • INÉBRANLABLEMENT adv. Fermement, d'une manière inébranlable. S'emploie sur- tout au figuré : c'est un homme inébranlable- ment attaché à son devoir. INÉBRIANT. ANTE adj. (lat. inebriare, eni- vrer). Qui piodiiii. livresse : médicaments iné- brianls. On dit aussi Lnébrutif, ive. • INÉDIT, ITE adj! (lat. inedilus). Qui n'a point et'' inipiimé, publié : poème inédit. • INEFFABILITÉ s. f. Impossibilité d'expri- mer quelque chose par des pandes. IN'est u-ité que dans ces phrases : l'ineffabililé des mysièics, des grandeurs de Dieu. • INEFFABLE adj. (lat. in.priv., ex, hors et fari. palier). Qui ne peut être exprimé par des paroles ; une joie, un plaisir ineffable. — Se dit, particulièrement, en parlant de Dieu et des mystères de la religion : la grandeur inc/fible de Dieu. • INEFFAÇABLE adj. Qui ne peut être effa- cé : des traits ine/laçubtes. — Fig.,aii sens mo- ral: un souvenir ine/façable. INEFFECTIF. IVE adj. Qui est sans effet : Dii u ne sr paye pa.s de volontés ineffeclioes. • INEFFICACE adj. Qui n'a point d'effica- citi!', qui ne [u-oduit point son effet : Dieu nous donne souvent, pour nous sauver, des se- cours (juenous rendons inefficaces. • INEFFICACEMENT adv. D'une manière iiiellieace ; il travailla bien des années incffi,- cacciiieni. ' INEFFICACITÉ s. f. Manque d'efncacilé : l'inefji'iicilé d'un moyen. "INEGAL, ALE, AUX adj. Qui n'est point egai; qui n'est pas de même étendue, de même durée, de même valeur, de même in- tensité, etc. : deux choses de grandeur inégale. — Fig., dan.s le même sens : deux personnes de condition inégale. — Qui n'est pas uni, qui est raboteux :un terrain, un chemin, un plan- cher inégal. — Qui n'est pas réglé, régulier, uniforme : marcher d'un pas inégal. — Fig., dans le même sens : conduite inégale. — Se dit pareillement des personnes : un homme inégal dans sa conduite. * INÉGALEMENT adv. D'une manière iné- gale : les parts sont faites inégalement. ' INÉGALITÉ s. f. Défaut d'égalité. Se dit dans tous les sens d'i.NÉGAL ; l'inégalité de deux lignes. — s. f. pi., tant au propre qu'au figuré, des irrégularités, défectuosités de ce qui est inégal : les inégalités d'un terrain. ' INÉLÉGANCE s. f. Défaut d'élégance : l'i- néléganec du style. ' INÉLÉGANT, ANTE adj. Qui manque d'é- légance ; expression inélégante. INÉLIGIBILITÉ s. f. Absence des qualités requises pour être éligible; condition d'une personne qui n'est pas éligible. • INÉLIGIBLE adj. Qui n'a pas les qualités requises pour être élu : on reconnut que le can- didat était inéligible. ' INÉLUCTABLE adj. (lat. ineluctabilis). Fatal, qu'aucune force ne saurait détourner. INÉLUDABLE adj. Qu'on ne saurait éluder. — Inembryonné. Bot. (V. S.) "INÉNARRABLE adj. Qui ne peut être ra- conté; ne s'emploie guère que dans certaines phrases tirées de l'Ecriture sainte : saint Paul, étant transporté au troisième ciel, vit des choses inéiuirrables. •INEPTE adj. (lat. inep^us). Qui n'a nulle aptitude a certaines choses : c'est un homme tout à fait inepte aux sciences. — Sot, imper- tinent, absurde; et, dans cette acception, se dit despersonnes et des choses:c'esÉ un homme inepte. ' INEPTEMENT adv. Avec ineptie : il ré- pondit ineptenient. * INEPTIE s. f. [i-né-psi]. Caractère de ce qui est inepte, absurde : cet homme est d'une grande ineptie. ■ — Actions, idées, paroles ab- surdes, impertinentes : il a dit une véritable ineptie. ■ INÉPUISABLE adj. Qu'on ne peut épuiser, tarir, lueltre à sec : une source d'eau inépui- sable. — Par ext. Certaines autres choses que les sources, etc. : cette mine est inépui- sable. — Fig. : cet homme a un fonds de science, de savoir inépuisable. ' INÉPUISABLEMENT adv. D'une manière inepui?al)le : // y n en nous un principe d'in- telligence d'où naissent inépuisablement nos pensées. — Inéquilatcral. Bot: (V. S.) " INERME adj. (lat. inermis, sans armes). Bot. Qui n'a ni aiguillons ni épines : la tige de cette plante est inerme. • INERTE adj. (lat. iners). Qui estsans res- sort et sans activité: /a matière inerte. — Fig. : un esprit inerte. •INERTIE s. f. [-si]. Didact. F.tatdecoqui est inerte. S'emploie principalement dans cette locution, Foaci'; D'iNEmiic, propriété qu'ont les corps de rester dans leur état de repos ou do mouvement jusqu'à ce qu'une cause étran- gère les en tire. — Fig. Fouck o'iNKnnK, ré- sistance passive, qui consiste principalement ù ne pas obéir : it rencontra dans ta nation laie force d'inertie qui neutralisa toutes ses mesures. — Fig., au sens moral, manque ab- solu d'aclivité ou d'énergie : rester dans une complète inertie. INÈS DE CASTRO. Voy. Castro {Inès de). • INESPERABLE adj. Qu'on ne saurait es- pérer : une f,rlnne inespérabi' le re:er..i df relte ehute. ' INESPÉRÉ, ÉE adj. Imprévu, à quoi on ne s'attendait pas. Ne se dit qu'en bonne part : éeénement ineepéré. * INESPÉRÉMENT adv. Contre toute espé- rance, lorsqu'on s'y attendait le moins. On ne le dit que des événements heureu.t : il était ruiné, il lui est su7-venu inespérément une succession qui a rétabli ses affaires. (Vieux.) •INESTIMABLE adj. Qu'on ne peut assez .-s- tiiner, assez priser. IS'e se dit quedes choses : cela est d'une valeur inestimable, d'un prix inestimable. ' INÉVITABLE adj. Qu'on ne peut éviter: un malheur inévitable. * INÉVITABLEMENT adv. Nécessairement, sans qu'on pui.sse l'éviter : vous tomberez iné- vitablement dans ce malheur. * INEXACT, ACTE adj. Qui manque d'exac- titude : calcul inexact. — Se dit aussi desper- sonnes : copiste inexact. ' INEXACTEMENT adv . D'une manière inexacte. * INEXACTITUDE s. f. Défaut d'exactitude : t' inexactitude d'un calcul. — Se dit aus; celle des vaisseaux sanguins, artérile. phléliite; celle des séreuses, méjtinijite. pleuré- sie, péritonite; celles des os, o.stéite, carie; ou appelle lymphangite, adénite, l'inll.immaliun des vaisseaux cl des glandes lymphatiques; celle des muqiieu.ses prend le nom de bron- ihite, entérite, dysenterie, leucorrhée, suiv;inl la muqueuse ail'eclée et le genre d'inllam- mation ; elle reçoit encore un nom spécial quand elle fait croître de fausses membranes el s'appelle croup, angine couenneuse, diphlé- rite. Pour le traitement, qui est antiphlof is- lique, et qui consiste généralement en sai- gnées locales, diète, émollients, etc., voir chaque inflammation on particulier. * INFLAMMATOIRE adj. .Med. Qui cause de l'iiillamiriatiiin. qui lieiilde l'inflammation : maladie inflammatoire. ■ INFLÉCHI, IE part, passé d'iNFLÉcuin. - But. Hamkaux infléchis, rameaux recourbes du dehors en dedans. 'INFLÉCHIR V. a. Incliner : l'-'.tmulj . Qu'on ne peut fléchir, plier, courber : aucun métal n'est absolument inflexible. — Fig. Qui ne se laisse point émou- voir à compassion, qui ne se laisse ébranler par aucune considération. On le dit en bien et on mal : iiillr.iihle aux prières. * INFLEXIBLEMENT adv. D'une manière inflexible : il demeure inflexiblement attaché à son opinion. * INFLEXION s. f. Action de fléchir, de plier, d'iucliner : inflexion du corps, de corps. — Opl. Exprime une espèce particulière de ilévialion que les rayons lumineux éprouvent lorsqu'ils passent dans les eoidlns de deii\ milieux dont le pouvoir réfringent est dilfe- rent : le point d'inflexion. — Changements de ton, d'accent dans la voix, soit en chantant, soit en parlant : ce chanteur, cet acteur a des in fierions de voix agréables. — Disposition, facilité qu'on a à faire ces changements, et- à fiasser d'un ton à un autre : cet orateur n'a point d'inflexion de voix. — Gramm. jManière de décliner ou de conjuguer -. l'inflexion dis jwnis. — Se dit plus ordinairemenl des diffé- rentes formes que prend un nom quand on le décline, un verbe quand on le conjugue : les diverses inflexions qu'un mot peut rece- voir. INFLICTIF, IVE adj. Qui est ou doit être infligé : peine iaflictiee. INFLICTION s. f. (lat. inflictio). Action d'in- lliger une peine. * INFLIGER V. a. Prononcer une peine contre quelqu'un, fui imposer une peine pour quelque transgression, quel que crime, quel que taule : les peines que les lois infligent aux meurtriers, aux incendiaires, etc. * INFLORESCENCE s. f. [rèss san-1 (lat. in- florescere, fleurir). Bot. Disposition particu- INFO INFU INGE 379 lière des fleurs d'une plante en grappe, en épi, eti'. • INFLUENCE s. f. Action d'une chose qui influe sur une autre. Se dit tant au propre qu'au Oguré : l'influence de la lune sur ks ma- rées. — Autorité, crédit, ascendant : c'est un homme sans influence dans le gouverne - nhiit. ■ INFLUENCER v. a. Exercer une influence, un ascendant : influencer les esprits, les ojn- nions. • INFLUENT, ENTE adj. Qui a de l'influence, du civjil ; ccit un homme très influait, un pKisonnivjp influent. — Jn/iueica. (V. S.) • INFLUER V. n. (lat. in, sur; fluere, cou- ler). Faire impression sur une chose, exercer sur elle une action qui tend à la modifler. Se dit principalement des choses qui agissent par une vertu secrète, non apparente ou peu sensible : la lime influe sur les marées. — Fit.'.: la bonne ou mauvaise éducation d'un jeune homme influe sur tout le reste de sa vie. Dans cette acception, se dit quelquefois des per- sonnes : un tel influa beaucoup dans ta déter- mination que l'on prit. • INFLUX s. m. [ain-flû] (lat. iiifluxus). Di- dact. Ecoulement. Se dit de certains fluides dont l'existence n'est pas démontrée ; l'influx nerveux. ' IN-FOLIO s. et adj. Impr. et Libr. Se dit du format où la feuille est pliée en deux, et d'un livre, d'un volume qui a ce format : vo- lume in-folio. • INFORMATION s. f. Jurispr. Acte judi- ciaire ou I on rédige les dépositions des té- moins sur un fait, en matière criniinelle. C'est ce qu'on nomme Enquête en matière ci- vile: faire une information, des informations. Procéder à une information. Dans ce sens a vieilli. (VoY. I.nstulxtion.) — Convertir les :^'FOllMATl0^s en enquête, signifiait autrefois, civiliser un procès criminel. — Information de coMiioDO KT iNCOMMODO, enquête adminis- trative qui se fait pour connaître les avantages et les inconvénients de quelque mesure pro- jetée, d'un établissement, etc. — Informa- tion DE VIE ET DE MŒURS, enquête qui se fai- sait autrefois de la conduite et des mœurs de celui qui devait être reçu dans une charge, dans une dignité, etc. — Se dit aussi, dans le langage ordinaire, des recherches que l'on fait pour s'assurer de la vérité d'une chose, pour connaître la cuntiuile, les mœurs d'une personne, etc.; et il s'emploie ordinairement au pluriel : aller aux informations, prendre des infiirmations. •INFORME adj. Imparfait, qui n'a pas la forme qu'il doit avoii' : une niasse, tin animal informe. — Qui ne fait pas foi, qui n'est pas revêtu des formes prexr'des: c'est une pièce informe quine peut servir. — Astron. Ktoii.es INFORMES, se dit des groupes d'étoiles qui, en raison de leur petitesse ou de leur peu d'éclat, n'ont pas été compris dans les constellations dési^'iiécs par des noms particuliers. • INFORMÉ, ÉE part, passé d'iNKoRMER. — Subst., iii matière criminelle, unplusample- -URNT INFOKMÉOU UN PLUS AMl'LE INFORMÉ, VBUl dire une nouvelle et plus ample instruction de l'allaiie, l'audition de nouveaux témoins, la production ou la recherche de pièces, de documents nouveaux: conclure àun plus ample informé. • INFORMER v. a. Avertir, instruire : xnfor- vvr lcsiu'j(s de la vérité du fait. — Jurispr. criminelle. Faire une information, une ins- truction : informer contre queliiu'un. Dans ce sens, on dit mieux maintenant : instruire. — Informer des vie et mœurs de quelqu'un, se disait autrefois en parlant de l'enquête que l'on faisait sur la conduite de celui qui tri' r<'çu dans une cliarge, dans une que l'on I devait êtr dignité, etc. — S'informer v. pr. S'enquérir : i s'informer de ta vérité du fait. * INFORTIAT s. m. [ain-for-si-a] (lat. in, en : forlis, fort). Nom que les glossateurs donnent à une partie du Diqeste de Justinien, placée entre ce qu'ils appellent le vieux Di- geste et le Digeste nouveau. — Se dit aussi d'un volume qui contient cette partie du Di- geste. Saisit lin vieil m/br^iaf Grossi de visions d'Accurse et d'Alciat. Le Lutrin, chant V. * INFORTUNE s. f. La mauvaise fortune, l'adversit:^ : tomber dans l'infortune. — Revers de fortune, désastre, disgrâce : de grandes infortunes. ' INFORTUNÉ, ÉE adj. Malheureux : prince infortuné. — Substantiv., dans le style sou- tenu : c'est un infortuné, une infortunée. * INFRACTEUR s. m. Transgresseur, celui qui viole une loi, un ordre, un traité, etc. : infra'.teur des lois, des traités. * INFRACTION s. f. Transgression, contra- vention, violation d'une loi, d'un ordre, d'un ; traité, etc. : ils ont fait une infraction au ' traité. — Infraction du ban, action d'une per- sonne condamnée au bannissement, qui re- vient dans le pays, dans les lieux d'où elle est bannie. •INFRANCHISSABLE adj. Qu'on ne peut franchir: barrières infranchissables. — Fig.: difficulté 'infranchissable. INFRANGIBLE adj. Qui ne peut être brisé : ce vase est infrangible. * INFRÉOUENTÉ. ÉEadj. Qui n'est pas fré- quenté: chirnin iiifn-quvnté. ' INFRUCTUEUSEMENT adv. Sans proflt, sans utilité: il a Iravuille infructueusement. -INFRUCTUEUX, EUSE adj. Qui ne rap- porte point de frml, ou qui en rapporte fort peu: terroir infructueux. — Fig. Qui n'ap- porte aucun profit, aucune utilité, qui ne donne aucun résultat: travail infru'-tueux. INFUMABLE adj. En parlant du tabac, qui ne peut être fumé. — Infundilndif'orme. (V.S.) INFUNDIBULUMs. m. [ain-fon-di-bu-lomm] (franc, entonnoir). Anat. Canal situé dans le troisième ventricule du cerveau, au-dessous du pilier antérieur de la voûte, et s'étendanl jusque vers la tige piluitaire. * INFUS, USE adj. [ain-fù] (lat. infusus). Se dit des connaissances ou des vertus que l'on possède pour ainsi dire naturellement, sans avoir travaillé à les acquérir : science in- fuse, sagesse infuse. On l'emploie rarement au masculin. — Fam. Il croit avoir la science i.NFUSE, se dit, par raillerie, d'un homme qui se croit savant sans avoir étudié. * INFUSER V. a. Mettre et laisser plus ou moins de temps une plante ou une drogue dans quelque liquide, afin que le liquide en tire le suc : i7ifu.ser de lu rhubarbe dans de la tisane. — S'infuser v. pr. S'emploie dans le même sens : il faut donner au thé le temps de j s'infuser. INFUSIBILITÉ s. f. Caractère de ce qui est infu.-ibli;. •INFUSIBLE adj. Qu'on ne peut fondre, qui n est pas susceptible de fusion. * INFUSION s. f. (lat. infundere, infuser). Opération qui consiste à verser, sur une subs- tance médicamenteuse, un liquide à l'état d'é- bullition, sans les faire bouillir ensemble : en général, on prépare par infu.sion les tisanes de fleurs et de substances aromatiques (C. Uupas- quier). — Liqueur dans laquelle les subs- tances ont séjourné : une infusion de camo- mille. — .Manière dont certaines facultés sur- naturelles sont infuses dans l'âme: les apôtres avaint le don des langues, par l'infusion du Saint-Esprit. • INFUSOIRE adj. (lat. infusus, répandu dans). Zool. Qui se développe dans des infu- sions : animalcule infusoite. — s. m. pi. Ani- malcules qui vivent dans les liquides, et que l'on y découvre à l'aide du microscope : les infusoires se trouvent princip-ilemint dans les infusions de certaines plantes, et dans les eaux corrompues. — Ekctcl. Quand on place de- vant l'objectif d'un microscope assez puissant pour grossir 200 fois en diamètre, une goutte d'eau contenant des matières animales ou vé- ^ gétales en décomposition, on y voit pulluler une multitude d'êtres vivants, animés d'un mouvement rapide et incessant. Ces animal- cules ont une taille qui varie depuis -^ de centimètre ou y de millimètre jusqu'à une telle petitesse que le verre le plus grossissant peut à peine les faire apercevoir. L'expérience aprouvé qu'ils abondent dans les eaux de nos fossés, de nos étangs, de nos lacs, de nosrivières et de nos mers; car ils sont aussi nombreux dans ies eaux salées que dans les eaux dou- ces ; et on les rencontre dans les sources thermales d'une haute température aussi bien que dans les neiges fondues des Alpes et des Andes. Leur présence a été constatée dans toutes les eaux où existent des matières ani- males ou végétales en décomposition ; nul doute qu'ils voyagent dans les vapeurs d'eau de l'atmosphère et que le vent leur fait fran- chir des distances considérables. Plusieurs espèces ne sont pas privées de vie par une des- siccation complète, et peuvent, dans cette con- dition, être mêlées à la poussière qui vole au loin ; ces animalcules reprennent leur active vitalité aussitôt qu'ils viennent à tomber dans l'eau. La soudaineté avec laquelle ils appa- raissent dans ce liquide, même distillé, dés qu'on l'expose à l'air, a fourni aux partisans de la génération spontanée l'un de leurs plus puissants arguments. — Les infusoires ne pos- sèdent ni vaisseaux, ni nerfs ; ils sont formés d'un tissu uniforme, que Dujardin appelle sarcode et Huxley proloplasjne. Ce tissu est d'une consistance à peu près ég^le dans plusieurs classes ; dans d'autres, la couche extérieure possède une densité beaucoup plus considérable que la couche intérieure, taudis que dans quelques classes, on peut distinguer une pellicule ou une peau distincte. Les in- fusoires n'ont pas de véritables pieds ; quel- ques-uns deceux qui appartiennent aux classes les plus basses possèdent la faculté de déve- lopper, d'étendre, comme des membres, cer- taines parties de leur corps et de se servir de ces espèces de membres pour la préhension de leur nourriture ainsi que pour la locomo- tion. Dans les formes plus élevées, la locomo- tion a lieu au moyen de poils extrèmenent fins. Du reste, le mouvement de ces animaux est perpétuel : ils ne dtunient jamais et ne paraissent pas connaître le repos. — Les re- marquables découvertes microscopiques de Leeuwenhoek furent publiées dans son .\r- cana Nalurae. Leyde, IC'.itj. Les grands Iravaux de l'Allemand Éhrenberg (!S3S-'iJ';) portèrent sur les infusoires; et ceux de l'ritchard (iSiil) donnent un résumé des connaissances acqui- ses à ce sujet. Dallinger et Drysdale ont lait, par de nombreuses observations microscopi- ques (lS73-'78) progresser sensiblement la science des animalcules. • INGAMBE adj. (préf. in; ilal. gamhn, Jamlie). Léger, dispos, alerte : ce vieillard est encore ingambe. (Fam.) INGEERT ou Sanct-Ingbert , ville de la Haviére rhénane, sur lu Hocrbach, à lu kil. 0. de Zweibri'ickea; 9,i20 bah. iMines dechur- bon et forges. INGELBUR6E ou Ingeburge, fille du roi de Danemaiiv, \>'.iiàemai' l". et femme de IMii- lippe-Aiigusie, roi de France, née en IITO, 380 iNori ninrle en 1236. Répuiliée par son mari pn^s- qu'uiissitôL après son mariage, elle en appela iï Home, qui frappa le roi elle royaume din- Icrdil jusqu'à le que Pliilippc-Àiii.'iisle eût repris lnf;ell)urf;c et chassé Agni'sde .Méraniir qu'il avait pour iiialtiesse Le roi de Kranrc essaya de résister, mais en vain; il dut sesou- nieltic à la volonté du pape Innocent III et reprit lngelburf;e qu'il enlerma dans le don- jon d'Iitampes. Ce no fut qu'en 1212 qu'il lui rendit son titre et ses droits de reine. INGEMANN iBernhard-Severin), auteur da- nois, ne en 178!». mort en 18'i2. Ses ouvra;;es les plus cclèlires sont ses poèmes épiques : Wal'lcmar de Store et Holyrr Danske, .son rhant national Ihinebrog et ses chants sacrés. Il publia aussi des romans, des contes, des poèmes dramatiques, des ballades, des chants et des fables (réunis, 39 vol.). • INGÉNIER (S') V. pr. Chercher, lâcher de trouver dans son esprit quelque moyen pour réussir : iwjéniez-vous pour sortir de cet em- barras. (Fam.) ■ INGÉNIEUR s. m. Celui qui invente, qui trace el qui conduit dos travaux et des ou- vrages, pour aftatjuer, défendre, ou fortifier les places : ingi'nicw militaire. — Celui qui conduit qiiehiues autres ouvrasres ou travaux publics, tels que laconslrucliou et l'entretien des routes, l'cxidoitalion des mines, etc. : ingénieur des ponts et chaussées. — I.NGÉNiEun CIVIL, ingénieur qui n'appartient pas aux ser- vices publics. — iNGÉNlEUB-GÉOGnAI'lIE, Celui qui dresse des cartes de géographie. — Ingk- NIK13R POUn LES INSTRUMENTS DE MATHÉM.4TIQUE, ïelui qui fait des instruments de nialhéma- tique. — iNGiîNiEun-OPTiciEN, celui qui fait des instruments d'opl i(|ue. •INGÉNIEUSEMENT adv. U'une manière ingénieuse ; cela est ingénieusement imaginé, ingénieusement dit. •INGÉNIEUX, EUSE adj. Plein d'esprit, plein d'invention et d'adresse: homme ingé- nieux. — Se dit également des choses qui marquent de l'adresse, de l'esprit, de la sa- gacité dans celui qui en est l'auteur.: pièce, machine fort ingénieuse; cette invention est bien ingénieuse. — Qui met de l'application et de l'adresse à faire quelque chose : être ingé- nieux à faire le bien. On le prend quelquefois dans un sens défavorable : un homme ingénieux à se tourmenter. INGÉNIOSITÉ s. f. Qualité de ce qui est in- génieux ou d'un homme ingénieux. 'INGÉNU, UE adj. (lat. ingenuus, naturel),. Naif, simple, franc, qui est sans déguisement, sans linesse. Se dit des personnes et des choses: un homme ingénu ; elle a dit cela d'une manière tout à fait ingénue. — Substantiv. : faire l'ingénu, l'ingénue. — Théâtre. Jouer les INGÉNUES, jouer les rôles déjeunes filles naïves. On dit de même, L'emploi des ingénues. — Substantiv. Homme né libre, et qui n'a jamais élé dans une légitime servitude. Ce mot s'era- l)loie par opposition à Affr.^nchi, comme le mot Lidre par opposition à Escl.we : Auguste permit é tous les ingérnis qui n'étaient pas sé- nateurs, d'épouser des affranchies. ' INGÉNUITÉ s. f. Naïveté, simplicité, fran- chise: elle a beaucoup d'ingénuité. — s. f. pi. Théâtre. Rôles de jeunes filles naïves : jouer les ingénuités. On dit plus ordinairement: jouer les ingénues. • INGÉNUMENT adv. D'une manière ingé- nue t;t naïve : il a dit cela ingénument, trop ingénument. — Fianchement, sincèrement: je vous avouerai ingénument que... ' INGERENCE s. f. Aclion de s'ingérer : son ingérence dans cette affaire fut une cause de ruine. • INGÉRER V. a. (préf. in; lat. gerere, por- I\GR ter). Physiol. Introduire par la bouche dans l'estomac. • INGÉRER S') V. pr. Se mêler de quelque chose sans m avoir le droit, l'aulonsatioii, ousansen Ctre requis : ils'est ingéré défaire...; je ne m'ini/ère point de vos affaires. INGERMANNLAND, nom allemand de l'In- grie. INGERSHEIM, ville du cercle de Ribeauvillé (Als.ui- LunaiiK-), à '.ikil.N.-O. de Colmar ; 2,404 hab. INGERSOLL [inn-ghér-sol], ville de rOnlario (Canaiia), sur la rivière Thamos, à tiO lui. O.-S.-O. de Toronto; 4,b3i) hab. Cumiiirric de bois et de produits agricoles; moulins, scieries, fonderies, etc. INGESTA s. m. pi. .Mot latin qui signifie: /es ehosesinlrodidles. ~Ph\sio\. et Méd. Madères ingérées, avalées, introiiuites dans l'estomac: le rejet des ingesta est difficile. ; INGESTION s. f. Physiol. Introduction des aliments ou des boissons par la bouche dans l'estomac. INGHIRAMI (Tommaso), surnommé Fedua, savant ilaiicii, né en WlO, mort en 1,SI6. En 14fli), il accompagna le nonce du pape à la cour de l'empereur Maximilien qui le créa comle palatin et poète lauréat. Jules 11 le nomma biblidlhéeaire du Vatican et secré- taire pontifical. Ses œuvres comprennent.- 1»«'- fense de Cieéron, Compendinm de l'histoire romaine et Commentaires sur Horace. IN GLOBO adv. Loc. lat. qui signifie, en masse : condamner in globo. INGOLSTADT. ville fortifiée de la haute Ba- vière, sur le Danube, à .Sa Uil. S.-O. de Katis- bonne; 20,321 hab.; ancien château ; hôpital militaire. Son université catholique romaine, fondée en 1472, a été transférée à Landshul en 1800. •INGOUVERNABLE adj. Qui ne peut Être gonvejiié: jieuple ingouvernable. IN60UVILLE, charmant coteau qui domine le Havre et qui a donné son nom à l'un des quartiers les plus populeux de celte ville. INGRAND (François-Pierre), conventionnel, né à Usseaull (toutou), m I7.-J6, morten 1831. Il était avocat au moment de la Révolution et il fut élu député à la Législative el à la Con- vention; il vota la mort du roi sans sursis ni appel el siégea au conseil des Cinq-Cents jusqu'en 1797. Proscrit comme régicide au retour des Bourbons, il ne rentra en France qu'après la révolution de Juillet. * INGRAT, ATE adj. (lat. ingratus, désa- gréable). Qui n'a point de reconnaissance, qui ne tient point de compte des bienfaits qu'il a reçus: il a été ingrat envers son bienfaiteur. — S'emploie souvent comme substanti!', dans le même sens: c'est un ingrat; il faudrait punir les ingrats. — Fig. Stérile, infructueux, qui ne dédommage point des dépenses qu'on fait, ou de.s peines qu'on se donne : sol ingrat. — Etude ingiiate.travailingrat, etc., se disent d'une étuile, d'un travail oii aucune sorte d'agrément, de plaisir, de profit ne dédom- mage des peines que l'on se donne. — Fig. Lillér. el Beaux-Arts. Sujet qui n'est pas fa- vorable au dévelopj ement du talent, qui fournit peu d'idées: le sujet de ce poème, de ce tableau était vraiment ingrat. — Fig. Qui déplaît, qui est désagréable, qui inspire la défiance: figure ingrate. — L'âge ingrat, se dit d'une certaine époi[ue de l'adolescence. INGRATEMENT adv. D'une manière ingrate. • INGRATITUDE s. f. Vice des ingrats; manque de reconnaissance pour un bienfait reçu : l'ingratitude est la marque d'une ûmc basse. •INGRÉDIENT s. m. [aiii-gié-di-an] (lat. INCR ingrediens, entrant). Ce qui entre dans la composition d'un niéilicament, d'iiiie boisson, d'un mets, ou de quelque autre iiiclaupc : les ingrédients d'un remède, d'un breuvage, d'nn ragra'it, d'un vernis, idc. INGRES (Jean-Dominique Auguste), l'un des plus célèbres peiolres Irançai,. né à Mmi- lauban, le 2!l août 1780, mort a Paris le 14 janvier 1807. Fils d'un peintre distingué, il entra, encore enfant, dans l'atelier de Ro- ques, élève de Vien, à Toulouse. Attiré .i Paris par la réfiutation de David (1790i, il étudia sous ce maître et renipoila. en 1801, le grand prix de Rome. .Mais, par suite d'éco- nomies budi'élairi's, la bourse ne lui fut pas accordée et il végéta pendant cinq années dans le liesoin, en attendant que les finances de la France fussent moins obérées. Deux ou trois poriraits de i\'a|)oléon l'ayant mis bien en cour, il put se rendre à Rome en 1800, et s'y dédommagea du relard apporté à son voyage en restant près de quinze années â l'académie française de Home, dont il devint plus tard le directeur. Admirateur passionné de Raphaël, il se donna po^ir but de faire renaître le style de cet illustre inailre, cl il y travailla d'abord avec plus de talent que de succès. Les toiles qu'il [leignit à Rome passè- rent inaperçues, ou furent Irailées diiiemenl par la critique. Fixé à Florence en 1820, il y don na Francoisedc llimini, l 'Entrée de Charles V à Paris, Henri I\' jouant avec ses enfants, la mort de Léonard de Vinci, \o vœu de Louis Xlll MS24), chefs-d'œuvre de s mplicité d'élé- gance et de grâce qui curenl contre eux les coloristes ou adeptes de l'école nouvelle, aussi bien que les classiques ou partisans -du style de David, parcs que le système éclectique adopté par Ingres ne lui permettait pas de se plier aux exigences d'une école: sa puissante individualité se frayait une voie en dehors des sentiers battus. Doue d'un vif sentiment de la forme, il s'appliquait surtout à modeler d'une façon précise et ferme. De icloiir à Paris en 1824, il y ouvrit un atelier d'élèves et y obliiit un véritable triomphe, par son Apothéose d'Homère {\^i'), ([uc l'on admire ilans l'une des salles du Louvre. Déjà, depuis i82.j, Ingres avait élé élu membre de l'Insti- tut. Les critiques amères et violentes qui s'acharnèrent après son Martyre de saint Symphorien (1834) le dégoûlèreiil el le décou- raifèrenl au point qu'il se retira à Rome, où il resta cinq ans directeur de l'académie de France (183o-'4l). Lu Stratonice, la Vierge à l'hostie, VOdalisejue el son esclave sont les fruits de celle laborieuse retraite. A son second re- tour de Rome, Ingres fui accueilli à Paris comme méritait de l'être ce réfonnaleiir ou pliilût cerégénéraieur de l'art fiançais. Parmi les nombreux chefs-d'œuvre qu'il produisit ensuite, nous citerons : le Portrait de Chérubini (1842), la Vénus Anadyomène (lï>48), l'Apo- théose de Kayjoléon 1" (1853), destinée à I Hô- tel-de-Ville, Jeanne d'Arc d Reims (18a4), plusieurs portraits de personnages célèbres, la Sowrce (1860). La collection complote de ses toiles occupa tout un salon de l'exposi- tion universelle de 18.j.?>. Il fut nomme séna- teur en 1862. INGRIE (ail. /)i(/<>r;/îf!HK(':(n(/), ancienne pro- vince de la Russie d'Europe, formant aujour- d'hui le gouvernement de Sainl-Pétersbourg. Pierre le Grand l'enleva en 170.! aux Suédois, qui la posséoaient depuis 1609. Les habitants de ringrie étaient appelés Izorzi, du nom de la rivière Izorka qui la traverse. INGRIENS, tribu de la branche tchudiqiic des l'iiuiois, réduite maiiilcnanl à environ 1S,00U individus, qui habitent 200 petits et misérables villages du guuvornemenl de Sainl-Pétersbourg. Les lugriens doivent leur nom à 1,1 rivièie inger ou Izhora. INGRISTE s. m. Peintre de l'école d'Ingres, admirateur de l'école d'Insrcs. IN HE INHU TNIO 381 • INGUERISSABLE adj. Qui ne peut être guéri. Se dit surtout dos personnes : avec la vie qu'il mène, c'est un homme inguérissable. — Se dit quelquefois des choses : une plaie iw/uérissuble. — Fig. : une douleur inguéris- s'ibl,;. INGUINAIRE adj. (lat. inguen, aine). Méd. Qui se rapporte aux aines. •INGUINAL, ALE adj. [ain-pu-i-nal] (lat. inguliiaiis ; de inguen, aine). Anat. et Chir. Qui appartient ou qui a rapport à l'aine : ligament inguinal; hernie inguinale. INGULPHE, moine anglais d'origine saxonne, né vers iiKio, jnort en IIO'J. 11 devint secré- taire de Guilkuime de Normandie, et ensuite abbé de CroyI.ind. VHistoria MonasteriiCroy- landensis, de G'ii à 1089, fut regardée pen- dant loni.'ternps comme l'œuvre d'Ingulpbe ; mais sir Francis Palgrave a prouvé qu'elle est d'une date plus récente. •INGURGITATIONS, f. Méd. Action d'intro- duire nu liquide dans la gorge. — »» Pop. .\clion d'avaler. • INGURGITER v. a. (préf. in ; lat. gurges, guryitis, goullrej. Fam. Boire, avaler avide- ment : il ingurgita coup sur coxip plusieurs grands verres de vin. — S'ingurgiter v. pr. : (7 s'ingurgita plusieurs verras de vin. • INHABILE adj. Qui manque d'habileté, d'aptiLude : un artiste inhabile. — Jurispi'. Qui n'a pas les qualités requises pour faire une chose : (tre inhabile à contracter, à tester. ■ INHABILEMENT adv. D'une manière inha- bile : une afl'aii-c bien inhabilemcnl conduite. • INHABILETÉ s. f. Manque d'habileté : l'iiihiihiielè de te général lui a fait perdre la b itaille. ' INHABILETÉ s. f. Jurispr. Incapacité : la enndamnation à nne peine infamante perpe- Inelle emporte inhabileté à recueillir aucune succession. ' INHABITABLE a.ij. Qui ne peut être ha- Ijité : maison inhabitable. • INHABITÉ, ÉE adj. Qui n'est point ha- bile : /('-'(( tnkabilè. INHALATEUR, TRICE adj. Qui sert à des inbalalions : appareil inhalateur. • INHALATION s. f. Didact. Action d'aspirer, d'abiorbcr, par inspiration. — Med. Inspira- tion de certaines substances telles que l'éther, le chloroforme, etc., dont on se sert pour produire l'aneslhésie. Se dit aussi de l'alisorp- liun des vapeurs d'eau, d'iode. — Bot. Action organique des plantes par laquelle elles se pénélrent, s'imbibent de l'air, des fluides un niilnii desquels elles vivent. INHALER v. a. [i na-lé] (lat. inhalare ; du prrl. in, et de halare, souiller). Absorber par iiihalalion. INHAMBANE. ville de la colonie portutiaise (lu Mozanibiiine, à 30Û kil. N.-E. de la baie i]v Delagoa; environ 3,500 liab. Commerce (le cire et d'ivoire. Port. INHARMONIE s. f. Manque d'harmonie. — Fil.'. D'Uuil darrord. INHARMONIQUE adj. Mus. Se dit d'une to- nal île cliangi;i(; a notre système d'harmonie. — Par exl. Discordant. • INHÉRENCE s. f. Philos. Se dit de l'union (les cIkjm.'s iiiM'parables par leur naUire, ou <|ui ne peuvent être séparées que mentale- ment et par abstraotiou : l'inhérence de l'acci- dent Il la substance. ' INHERENT, ENTE adj. (lat. inhœrens). Qui par sa nature est joint inséparablement à un sujet : la pesanteur est inhérente a la ma- liére, est une gualilé inhérente aux corps graves. * INHIBER v. a. [i-ni-bé] (lat. inhitjcre). Prat. et Chancell. Défendre, prohiber; ?ioi(4' avons inhibé et défendu. (Vieux.) * INHIBITION s. f. Jurispr. Défense, prohi- bition. Se joint presque toujours avecle mot DÉFENSE, et est plus usité au pluriel qu'au singulier : inhibitions et défenses sont faites à toutes personnes. INHIBITOIRE adj. (lat. inhibere, empêcher). Qui défend, qui prohibe : jugement inhibitoire. (Vieux.) IN HOC SIGNO VINCES. Loc. lat. qui si- gnifie : tu vaincras piar i-e signe. Les histo- riens rapportent que Constantin étant sur le point de combattre .\Iaxence, une croix se montra dans les airs avec ces mots : in /toc signo vinces. — S'emploie ijuelquefois pour dé- signer ce par quoi nous pourrons surmonter une difficulté. * INHOSPITALIER, 1ERE adj. Qui n'exerce point l'hospitalité, inhuniainenvers les étran- gers : um peiijj/e inhospitalier. — Lieu où les étrangers sontmal accueillis, qui n'oiïre point un refuge assuré: rivage inhospitalier. * INHOSPITALITÉ s. f. Refus de recevoir les étrangers, inhumanité envers eux: la bar- barie et iinhospilaltté de ces peuples. * INHUMAIN, AINE adj. Cruel, sans pitié, sans humanité. Se dit des personnes et des choses : un tyran inhumain, .\etion inhumaine. — s. f. S'est dit particulièrement, dans le langage des amants et des poètes, d'une femme qui ne répond pas à la passion de ce- lui dont elle est aimés : beauté inhumaine, belle inhumaine. ' INHUMAINEMENT adv. Cruellement : il l'a traité inhuniainement. ' INHUMANITÉ s. f. Cruauté , barbarie : grande inhumanité. — Se dit aussi des actes d'inhumanité: exercer de grandes inhuma- nités. * INHUMATION s. f. Action d'inhumer : l'inhumation d'un corps. — I.nhumatio.n pbéci- piïÉË, inhumation faite à la hâte et qui ex- pose à. enterrer une personne encore vivante : le danger des inhumations précipitées. — Législ. « Aucune inhumation ne peut être fane sans une autorisalion, surpapierlibre et sans frais, de l'officier de l'état civil, lequel ne doit la délivrer qu'après s'être transporté auprès de la personne décédée, pour s'assu-. rer du décès. Dans certains cas prévus par les règlements de police, ou en cas d'urgence reconnue par l'autorité municipale, l'inhu- mation peut avoir lion avant l'expiration du délai fixé par la loi (G. civ. 77). (Voy. Décès.) Toute infraction à ces prescriptionsest punie d'une amende de 16 fr. à bO fr. et d'un em- prisonnement de six jours à deux mois (C. pén. 3-38; Arr. 4 thermidor an Xlll). Lorsque le cadavre présente des signes de mort violente, ou que des circonstances donnent lieu à des soupçons, l'inhumalion ne |ieut être faite qu'après qu'un oflicier de po- lice, assisté d un docteur en médecine, a dressé procès-verbal de l'état du cadavre ainsi que des renseignements qu'il a pu re- cueillii'(C. civ.81) (Voy. Cad.wki;.) Toute per- sonne décédceduit être inhumée dans le ci- metière de la commune où le décès a eu lieu; elle peut cependant être enterrée sur sa pro- priété, pourvu que ladite propriété soit à 3i mètres au moins de l'enceinte des villes et bourgs (Décr. ii prairial an 'Xll). Un corps ne peut être transféré hors de la commune où il se trouve sans que le maire ou le com- missaire de police ait dressé un procès-verbal constatant l'état du corps et du cercueil; ce procès-verbal doit accompagner le corps et être remis, lors de l'arrivée, au maire do la commune dans la«iuelle l'inhumation aura lieu. Le transport Juil ètro autorise par le sous-préfet, par le pr.;let, ou par le ministre de l'intérieur, suivant que ce transport s'effec- tue dans les limilcs de l'arrondissement, dans celles du département ou d'un départe- ment dans un autre. Chaque inhumation doit avoir lieu dans une fosse séparée. (Vov. CiMETiERK.) Celui qui a violé une sépulture est puni d'un emprisonnement de trois mois à un an et d'une amende de 16 fr. à 200 fr. (C. pén. 360). En conséquence, aucune exhu- mation ne peut être faite sans une autorisa- tion du maire, et sans qu'il en soit dressé procès-verbal; à moins que cette exhunialion ne soit ordonnée par un juge d'instruction ou par l'autorité administrative. Les mesures à prendre dans les exhumations sont indi- quées dans une circulaire du ministre de l'in- térieur du 8 août 18.'i9. Mais c'est à la police municipale qu'il appartient de réglerle mode de transport des personnes décédées, les inhumations et exhumations, le maintien du bon ordre et de la décence dans les cime- tières, sans qu'il soit permis d'établir, comme cela s'est fait avant la loi du M nov. 1881, des distinctions ou prescriptions parliculiërcs, à raison des croyances ou du culte du défunt ou des circonstances avant accompagné sa mort (I,. ;; avril 1884, art. 97). » (V. S.) •INHUMER v.a. (préf. in; lat. humus, terre). Enterrer. Ne se dit qu'en parlant des corjis humains ; inhumer les morts. INIAQUE adj. (gr. inion, nuque). Qui ap- partient, qui a rapport à la nuque: il sniffre dans la région iniaque. INIGISTE s. m. (esp. Inigo, Ignace). Nom I rimitil des jésuites d'Espagne. * INIMAGINABLE adj. Qu'on nepeut ima- giner: et' contre-temps est inimaginable. •INIMITABLE adj. Qui ne peut être imité, ([u'oii ne saurait imiter: action inimitable. •INIMITIÉ s. f. (préf. in; franc, amitié). Haine, malveillance, aversion qu'on a pour quelqu'un, et qui ordinairement dure long- temps : inimitié cachée, couverte, déclarée. — Se dit, par ext., de l'antipalliie naturelle qui existe entre certains animaux : il y a de l'inimitié, une inimitié naturelle entre le chien et le chat. ININFLAMMABLE adj. Qui n'est pas sus- ceptible de prendre feu. ININTELLIGEMMENT adv. Dune manière peu inlelligeiUe. * ININTELLIGENCE s. f. Manque d'intelli- gence : montrer une complète inintelligence des affaires. * ININTELLIGENT, ENTE adj. Qui n'a point d'intelligence. * ININTELLIGIBLE adj. Qui n'est pas intel- ligible, qu'on ne peut comprendre : phrase inintelligible. ININTELLIGIBLEMENT adv. D'une manière ininlelUgible. * ININTERROMPU, UE adj. Qui n'est point interrompu. Ne s'emploie guère qu'au sens moral : une suite ininterrompue de malheurs. ' INIQUE adj. (lat. iniquus). Injuste à l'excès, qui blesse grièvement l'équité; se dit des per- sonnes et des choses : juge inique. ' INIQUEMENT adv. D'une manière inique: juger iniquement. ' INIQUITÉ s. f. [i-ni-ki-té] (lat. iniquitas). Vice de ce qui est inique; injustice excessive, criante, manifeste: l'iniquité des juges: c'est le comble de l'iniquité. — Se dit aussi d'un acte d'injustice : commettre une iniquité, des iniquités. — Sigiiilic plus généralement, le péché, la corruption des mœurs, le déborde- ment dos vices : l'iniquité régnait, avait cou- vert la face de la terre. — Se dit également, surtout au pluriel, des péchés, des actes cou- 382 1N.IR traires à la i'eli;.'ioii, ù lu morale: cet homme a coiiibli' la mcaiirc de ses iniquités. — Fig:., en leriiies de l'Ecriture : boire l'iniquité comme l'illU. INITÉRABLE iirij. (préf. in clitcrare, renou- velt-r . (Jiii ii(j jieul Ctre fait ou conféré plu- sieurs fuir : le onpléme est inilérahle. •INITIAL. ALE, AOX adj. ilat. inilialis; de initiuiii, (■oiiiiin-iircinont). Qui est au coni- morfcenienl, qui iiiari|ue le conimnnRemenl d'une cliose. — La vitessfc initiale d un boulet, la vitesse de ce piojectile, au sortir de la pièce, pend.iiil (ju'il purcourl une lipne seii- siblcnieiit druile. — Se dit des lettres, des syllabes qui cofuineucenl un mol: lu lettre initiale d'un num profire est toujours «nu majuscule. — Call. et Impr. Ou appelle plus parliculiôremeul Lkttbe initiale, la lettre qui coiniiiciice un livre, un cliapilre : elle est ordinairement plu^ grande que les majuscules du lexte et quelquei'ois accompagnée d'orne- raenls. — s. f. Signifie Lktthk initiale : il n'a signé C-' hillrt ijw il'' son initiale. • INITIATEUR, TRICE adj. Celui, celle qui initie : un ijénie initiateur. — Subslanliv. : un initiateur tic (/Mie. • INITIATION s. f. Admission à la connais- sanco iir ciM'Iaincs choses secrètes. Sli dit particulièrement de la cérémonie par laquelle un était initié à la connaissance et à la par- ticipation de certains mystères, chez les païens : les cérémonies d'initiation. ' INITIATIVES, f. Action de celui qui pro- pose le piiinier quelque chose : prendre l'ini- tiative. — Se dit également du droit de faire le premier certaines propositions : en France, l'initiative pour la proposition des /ois appar- tient â chacun des trois pouvoirs. On dit dans le même sens. Droit d'initiative. — Se dit encore d'une qualité de l'esprit qui consiste à se mettre en avant, à proposer le premier quelque chose : il nutnque d'initiatiec. — Pulil. En 1" lance, l'iniliative parUmcntaire , c'est-à-dire le droit de présenter des projets de loi, a[ipart ient conçu rrem ment au prcsi lient de la République, aux membres du Sénat et aux membres de la Chambre des députés; et ce en vertu de l'article 3 de la loi constitu- tionnelle du 2.'j février 1875. • INITIÉ. lÉE part, passé d'iNiTiER.— S'em- ploie comme substantif, surtout en parlant de l'initiation à certains mystères: un initié. •INITIER V. a. [i-ni-si-é] (lat. iniliare ; de inilium, commencement). Se dit proprement en parlant de la religion des anciens païens, et signifie, recevoir au nombre de ceux qui font profession de quelque culte particulier, admettre à la connaissance et à la paiticipa- lion de certaines cérémonies secrètes qui regardaient le culte particulier de quelque divinité il se fil initier axi.r nnjstères de Gérés, de Bacchus. — Se dit, parext., eu parlant de quelque religion que ce soit: quand les Pères ont parlé û ceux qui n'étaient pas encore initiés aux mystères de la reliijion, ils ont usé d'une sage réserve. — Initier quelqu'u.'s dans une compagnie, dans une société, l'admettre, le recevoir au nombre des membres qui lacorn- posent : nous l'avons initié parmi nous. — Fig. Donner la connaissance d'une chose, mettre au l'ail d'une science, d'un art, d'une profes- sion, etc. : il n'eft pas initié dans cette affaire, dans le secret. INITIUM SAPIENTI^ TIMOR DOMINI, paroles tirées de l'Ancien Testament et qui signifient : la crainte du Seigneur est le corn- riicncement de la sagesse. 'INJECTÉ, ÉE part, passé d'iNJECTEn. — Face i.njecïéë, face colorée par l'afflux du sang. " INJECTER v. a. ;piéf. i'n;lat. jacece, jeter). Médec. Introduire, par le moyen d'une I\JU seringue ou de tout autre inslrumenl, un liquide éiiiulliciil, nu dnlersif, ou stimulant, etc., dans une cavité du corps, dans une plaie : injecter une d'-coclion dans le rectum, dans une fistule. — Il prend aussi pour régime h- nom d<'s parties et surtout des plaies dans .lesi|uellcs on injecte une liqueur : on a inj'ité plusieurs fois sa plaie. — Anat. Introduire une matiéie lolorée. ou du mercure, dans les vaisseaux d'un cadavre, soit jiour le con- server, soit pour rendre ces parties plus appa- rentes et pour en faciliter la dissection : in- jecter untadaerc ;injicter les veines, les artères. — S'injecter v. pr. Heceroir un excès desang: SCS yeu.v s'iiijictent. INJECTEUR s. m. Instrument propre à injectur. ■ INJECTIONS, f. [ain-jè-ksi-on]Méd. Action par laquelle on injecte une liqueur dans quelque cavité du corps ou dans une plaie : l'a'i,re des injections dans l'oreille, — Se dit aussi du licpiide que l'on injecte : l'injection était trop chaude, trop froide. — .\nat. Action d'injecter un cadavre ; matière liquide ou liquéfiée dont on se sert piiur cette opération : t'injettion d'tin caduvrs. — Se dit encore des pièces anatomiques préparées au moyen de l'injection : le Hollandais Ruysch a fait de belles injei-tions. ' INJONCTION s. f. [ain-jonk-si-on] (lat. in- junclto; de innmgere, enjoindre). Comman- dement exprès : faire une injonction à quel- qu'un. ■ INJOUABLE adj. Qui ne peut être joué: pièce injouable. ' INJURE s. f. (lat. injuria). Insulte, ou- trage, ou de fait, ou de parole, ou par écrit : oublier, pardonner les injures. Gardcz-ïous, s'il se peut, d'hunorcr l'imposture. Mais au vrai zèle aussi n'alU'7 pns faire injure. MoLiijnii. Tartufe. — Se prend, parlicul., pour être une parole offensante, outrageuse.- dire des injures à quelqu'un. — Se chanter mille injures; et fam.: dire ou se dire de grosses injures. — L'injure DU TEilPS, LES l.NJURES DU TEMPS. DE l'aIR. DES SAISONS, les intempéries de l'air ou des saisons, commele vent, la pluie, la grêle, le brouillard, considérés par rapport aux incommodités ou aux dommages qu'elles causent: être exposé à l'injure du temps, aux ip jures du temps. L'injure du temps, l'injure des temps, signifie aussi, la dégradation, la ruine, la perte de certaines choses par l'efl'el de la durée, du laps de temps: ces monuments, ces édifices ont éprouvé, ont ressenti l'injure du temps. — Fig. Les i.njures du sort, les revers, les malheurs extraordinaires et non mérités. — Législ. « Nous avons déjà résumé la législation en vigueur concernant les injures publiques et celles adressées par la voie de la presse. (Voy. Diffamation.) Les l'njMres graves commises par l'un des époux envers l'autre peuvent donner lieu à une demande eu séparation de corps (C. civ. -231, 3ÙG.) EHes résultent de paroles, d'écrits ou d'actes; la gravité est appréciée par les tribunaux, et elle dépend des circons- tances, de l'effet produit et de la condition des époux, plutôt que des actes eux-mêmes. Les injures graves commises envers un dona- teur ou un testateur autorisent la demande en révocation des donations entre-vifs (voy. Donation) ou des dispositions testamentaires. Une injure grave, faite par un légataire à la mémoire de son bienfaiteur, est aussi l'une des causes qui permettent aux intéressés de réclamer la révocation du legs; mais la de- mande doit être intentée dans l'année, à compter du jour où le fait a été commis (id. !i5:i, 1040, 1047). » (Ch.Y.) 'INJURIER V. a. Offenser quelqu'un par des paroles injurieuses: il l'a grièvement in- jurié; il injurie tout le monde. On l'emploie INNÉ ' aussi comme verbe réciproque: s'injurier Fun I l'autre. I • INJURIEUSEMENT adv. D'une manière I iiijuriiu>e. .jiitrageante : il l'a traité si inju- j ricusement. que... ' ' INJURIEUX, EUSE adj. Outragcux, offen- sant : ce mciiiiiire est injurieux aux matjistiuts. — Fig. et poéticj. Injuste ou nuisible: le .sort injuiieux ; les ans injurieux. * INJUSTE adj. Qui n'a point de justice, qui aiit rontre les règles de la justice: (e< homme est bien injuste. — Se dit également de ce qui est contraire a la justice, à l'équité; et même de ce qui est déraisonnable, mal fondé : un arrêt injuste: une demarvie injuste. — Vn injuste mépris. Se dit, substantivement et absolument, de ce qui est injuste: la dis- tiwtion du juste et de l'injuste. ' INJUSTEMENT adv. Dune manière in- juste: il fui condamné injustement. •INJUSTICE s. f. .Manque de justice, d'é- quité: abhorrer l'injustice. — .Sedit aussi d'un acte d'injustice: il a fait une grande injustice. INKERMANN, port de la Russie d'Europe, au sud de la l^riiiiée, sur remplacement d'une ville en ruines que l'on suppose être Ctenos, mentionnée par Strabon. à l'extrémité orien- tale de la rade de Sébastopol, à 70 kil. S.-S.-O de Simféropol. Le village se trouve au piid d'une montagne perpendiculaire, s'élevant à plusieurs centaines de mètres au- dessus de la vallée de la Tchernaïa. et cou- ronnée de murailles massives et de tours en ruines. La montagne est percée de nom- breuses cavernes arlificielles. occupées autre- fois par des cénobites chrétiens et renfermant des peintures, des chapelles et des autels. Sur les liauleurs d'Inkermann, du côté de la vallée, en face des ruines, iO.OOO Russes, en- couragés par la présence des grands-ducs .Michel et Mcolas, attaquèrent 8,000 Anglais, le o nov. 18.'J4. La bataille, commencée au jour naissant, se continua pendant 6 heures avec acharnement. Les Anglais allaient être écrasés, lorsque apparurent 6,000 Français, qui rétablirent la lutte et repoussèrent les ennemis. Les perles de ceux-ci s'élevèrent à 9,000 hommes, tant tués que blessés; celles des alliés furent de 4,000 hommes. * INLISIBLE adj. qu'on ne peut lire, ou qu'on ne lit que très difficilement. (Vieux.) (Voy. Illisible.) * IN MANUS. Voy. Manus (in). IN MEDIAS RES loe. lat. tirée d'Horace et qui signifie : en plein sujet. IN MEDIO STAT VIRTUS loc. lat. qui si- gnifie : la vertu se tient dans un juste milieii, ou encore : la raison est éloignée des extrêmes. INN (anc. Œnu.s), rivière de l'Europe, l'un des principaux tributaires du Danube. Elle prend sa source dans les Grisons (Suisse), à 10. du mont Bernina, à une hauteur de près de 2,300 mètres, arrose la magnifique vallée d'Engadine, le Tyrol, la Bavière, forme la frontière entre la' Bavière et l'Autriche, et se réunit au Danube, à Nassau, après un cours total de 49o kil. Elle est navigable pour les bateaux à vapeur depuis Inspruck. Son plus grand tributaire est le Salzach, qui est aussi navigable. * IN NATURALIBUS, expression latine qui signifie : dans l'état de nudité : il m'a surpris in 7ialuralibus. * INNAVIGABLE adj. Où l'on ne peut na- viguer : les glaces rendent cette mer innavi- gable. " INNÉ, ÉE adj. [inn-né] (lai. in, dans; natus, ne). Didact. Qui est né avec nous, que nous apportons en naissant : idées innées. — S'emploie aussi dans le langage ordinaire : INNO nous avons dans l'âme un principe inné de justice. "INNERVATION s. f. [inn-nèr-] (lat. in. dans; ncrvus, ni-i'i). Pbysiol. Mode d'action du système nerveux ; ensemble des fonctious des nerfs. INNERVÉ, ÉE adj. Bol. Qui n'a pas de ner- vures : feuilles innervées. INNERVER V. a. Opérer rinnervation. • INNOCEMMENT adv. [i-uo-sa-man]. Avec innocence, sans dessein de mal faire, sans fraude ni tromperie : je n'y voyais point de mil, je l'ai fait innocemment. — SoltemenL, niaisement : il vint innocemment raconter la sottise qu'il avait faite. * INNOCENCE s. f. [i-no-san-se]. Etat de ce- lui qui n'est point eou|iable : on a reconnu son innocence. — Etat, qualité de celui qui ne commel'point de mal sciemment, qui est pur et candide :r!;î7!or(')iC)' de nus premiers parents. Se dit cg'alement en parlant des animaux qui ne sont point malfaisants : l'innocence d^un agneau, d'une colombe. — L'âge d'innocence, l'enfance. — Fig., en style de dévotion, L,\ ROBE d'innocence, l'étald'innocence -.déiiouiller la robe d'innocence. — Trop f'rande simpli- cité : admirez l'innocence de cet komme. •INNOCENT, ENTE adj. [i-no-san]. Qui n'est point coupable : il est innorcnt du crime dont on t'accuse. — S'emploie aussi comme substan- tif, dans ce premier sens : protéger les inno- cents. — Se dit également de ce qui ne vient point d'une mauvaise intention : c'est une action fort innocente. — Exempt de toute ma- lice, de tout vice, pur etcandide ; elle a l'air bien innocente. — S'emploie quelquefois, dans ce sens, comiiie substantif ; faire l'innocent. — Se dit, dans un sens analogue, de la con- duite, des actions, des paroles, etc. : mener une vie innocente. — Jeux innocents, petits jeux de société, où l'on impose des pénitences k ceux qui se trompent. — Qui ne nuit point, qui n'est point malfaisant, dangereux : l'a- gneau est un animal fort innocent. Et soit frayeur encore, ou pour me caresser, Do se? bras innoctnts ji'- me seaiis presser. AtUalie, acte I, se. il. — Simple, crédule : vous êtes bien innocent de croire ce que cet homme vous dit, de croire à de pareils contes. — S'em|jloie comme subs- tantif, en parlant des enfants au-dessous de l'âge de sept à huit ans : il a laissé trois ou quatre petits innocents. (Fani.) — Les inno- cents, LES SAINTS INNOCENTS, les petits enfants que le roi Hérode fit égorger ': la massacre des innocents. — Substantiv. Se dit quelque- fois d'un homme qui a l'esprit faible, borné : c'est un innocent, un vrai, un pauvre innocent. — Prov. et lig. C'est un innocent koukré de MALICE, se dit d'un homme qui est malicieux, cl qui l'einl d'être simple et bon. INNOCENT. Ce nom a été porté par 13 papes. I. (Saint) , né ii Albano, mort en 417. Il suc- céda a Auastasius 1" et monla sur le siège pontifical le 27 avril 402. Il fit rendre à l'em- pereur Honorius des lois sévères contre les donaliste.s cl alla le .supfdier à Havennc de traiter avec Alaric, roi des Gotlis, qui prit Rome et la pilla en 4l(i. Le pape Innocent fit tous ses efforts pour rétablir sa prospérité. Il condamna la doctrine de Pelage el montra une grande sévérité contre les novalieus qui étaient nombreux en Italie ; il a été placé au rang des saints. I'"êle le 2S juillet. — 11. (6re- gorio de' Papi ou Papareschi), né vers {(JW), mort en I14:j. A la mort dllonorius II (14 fé- vrier 1 1 30), avantqiie revénoment [lût être gé- néralement l'onnu, il fut, à la liàlo, [iroclamé pape par 17 cardinaux ; mais quelques autres, qui étaient mécontents, s'assemblèrent, le soir du même jour, el donnèrent leuis votes à l'ictro di Leone, qui prit le nom d'Aiia- clet 11, et qui lut bientôt reconnu oar toute INNO l'Italie, tandis qu'Innocent était obligé de se réCugier en France. Lolhaire II, empereur d'Allemagne, le mit à même de rentrer à liuine en 1133. Mais Anaclet fui soutenu par Roger, roi de Sicile, el Innocent fut de nou- veau chassé de Rome où il ne retourna qu'a- près la mort de son comiiéliteur, en 1138. 11 eut alors à lutter contre Victor IV, autre anti- pape, et contre les cai diiiaiix rebelle.-. 11 con- voqua le second concile général de Latran en ILiO; plus de 1,000 évoques y assistèrent. iMais ayant été fait prisonnier parle roi Roger, il ne put obtenir sa liberté qu'en échange de concessionshumilianles. En 1440, il condamna les opinions d'Abélard et il se trouva bien- tôt engagé dans une querelle avec Louis VII de France, dont il mit le royaume en inter- dit. Les Romains, mécontents et excités par les prédications d'Arnould de Brescia, se le- vèrent en armes contre Innocent, qui mourut peu après. — III. (Giovanni Lotario Contij. né vers 1161, mort le 16 juillet Iii6; il fut fait eardinal-diacre par son oncle Clément III, en Mon. Le jour où Célestin 111 mourut (8 jan- vier H9S), le cardinal Giovanni fut unanime- ment choisi pour son successeur, bien qu'il ne fût âgé que de 37 ans. Tendant à établir la suprématie du pouvoir pnpai, il fit sentir son influence dan.s presque toutes les parties de la clirétienté. Son premier soin fut de ré- tablir l'ordre dans l'administration de la ville de Rome et en Italie. Philippe-Auguste de France ayant répudié sa femme, Innocent l'excommunia en 1199 et plaça son royaume sous l'interdit. 11 fut nommé gardien dûjeune Frédéric de Holienstaufen, fils du défunt em- pereur Henri VI et de Constance, reine de INaples et de Sicile. Philippe de Souabe et Otlion de Brunswick se diopulaient la cou- ronne impériale. Innocent prit le parti de ce dernier, qui, après le meurtre de Philippe, fui reconnu par la plus grande partie des princes allemands el fut, en 12(19, couronné à Rome par le pape. Mais le nouvel empereur s'élant emparé de plusieurs villes de l'Italie centrale et ayant réclamé iNaples et la Sicile, comme fiefs de l'empire. Innocent l'excom- munia à son tour et convoqua les électeurs pour choisir un autre empereur. Ils déposè- rent Olhon, en 121i, el proclamèrent Frédé- ric, roi de Naples el de Sicile. L'élection d'Etienne Langton à l'archevêché de. Ganter-' bury, soutenue par le pape et combattue par le roi Jean, amena l'excommunication el la déposition de ce dernier. Jean, elfrayé,sesoii- mit et plaça ses Etals sous la ]irotection du siège de Home (1213). Alphonse IX, roi de Léon el de Caslille, avait épousé sa propi'e nièce, fifle de Sancho l" de Portugal. Comme les deux princes résistaient aux remontrances du pape, celui-ci frappa leurs royaumes d'in- terdit. Sverrer le Grand, de Norvège, fui aussi excommunié pour sa tyrannie et ses sujets furent relevés des liens d'obéissance. La croi- sade contre les Albigeois fut conduite par les légats et par Simon de Montfort, avec rigueur el avec cruauté. (Voy. Inquisition.) Les ou- vrages d'Innocent (Cologne, 1;)52 et \'61^; Venise, '1578), comprennent : De Contemptu Mnndi, Discours théologiqnes, Homélies, un Commentaire des sept Psaumes de la pénitence el des Lettres. Ses lettres ont été réunies sé- paromenl en 4 vol. (1682 cl 1791). Il est l'au- teur de l'hymne célèbre Veni Sancle Spirilus. Sa vie aélé écrite par F. llurter(4 vol. 1834-'.li! traduite en français par de Saint-Chéron), et par de (iasparin (1873). — IV. (Sinibalde de Fiesque) ; il succéda â Célestin IV en 1243, excommunia Frédéric II; puis, redoutant la fureur de ce prince, s'enfuit à Lyon où il tint un concile (Tiio). Il ne put rentrer à Homo qu'après la mûri de Fri'Hleiic et il mourut en l'2.')4. — V. (Pierre de Tarentaise), ne en I22.'i, mort en l27(i. Il entra dans l'ordre do Saint-Dominique , fut archevêque de Lyon, cardinal, et sii.ce.i.i en (276 à Grégoire X, sur INNO 383 le sièpe pontifiral. Il mourut la même année. — VI. (Etienne d'Albert), né à Bris.sac (Li- mousin), nuirl en 1.^62. Il fut le o" pape d'A- vignon ; fonda le collège Saint-Martial à Tou- louse, el mourut sans avoir pu pacifier les Etats de lEg-lise. — VIL (Cosma de Meliorati). né en 4 336, mort en 1406. 11 fut élu pape en 1404, pendant que l'antipape Benoit XIII ré- sidait à Avignon, soutenu par les Colonna. Sous son pontifical, qui ne dura que deux ans, Rome fut envahie deux fois par Ladislas, roi de Naples. — VIII. (Jean-Baptiste Cibo). né en 1432, mort en 1492. Il succéda à Sixte IV, en 1484, prêcha une croisade contre les Turcs et appela Charles VIII de France contre Fer- dinand, roi de Naples. — IX. (Antonio Facchi- netti), né en L'>19, mort en 1-'J91 : il ne fut |ia|ie que deux mois. — X. (Jean-Baptiste Pamphili, né à Rome en 1374, mort en l6-3.'i. 11 succéda à Urbain VIII en 1644, chassa de Rome la famille Barberini, s'attira la haine de Mazarin el faillit faire naître de graves con- flits avec la France. Il condamna les cinq fameuses propositions de Jansénius. — XL (Benedetto-Odescalchi), né en 1611. mort le 12 août 1689. Il l'ut nommé cardinal par In- nocent X, en 1C47, et fut élu pnpele 21 sept. 1676. Ayant olfcnsé Louis XIV de France, en essayant do priver les ambassades étrangères de leur droit d'asile, le roi convoqua une assemblée générale des évêques de son royaume, qui émirent les quatre propositions célèbres de mars 1682, déclarant lé pouvoir du pape inférieur à celui d'un concile général el maintenant les droits spéciaux el les pri- vilèges de l'Eglise srallicane. En réponse. In- nocent ordonna de brûleries propositions et refusa de donner rinslilution canonique aux évêques nouvellement nommés par le roi. En 168'7, Innocent abolit formellement le droit d'asile et excommunia tous ceux qui le main- tiendraient. Louis XIV riposta par diverses mesures, et finalement il lit arrêter le nouer; d'Innocent à Paris el s'empara d'Avignon. Lo pape demeura inflexible jusqu'à la tin. C'est pendant le pontificat d'innocent XI que na- quirent les querelles du quiétisme, auxquelles se trouvèrent mêlés les noms de Bossuet. iii> Fénelon et de .M°" Guyon. — XII. (Antonio- Pignatelli), né à INaples en 1613, mort en 1700. Il succéda en 1691 à Innocent XI, mit fin au désaccord qui existait entre le saint- siège et la France, et accorda les bulles a'iiis- titution juscpi'alors refusées aux prélats qui avaient assisté à la fameuse assemblée de 1682. Enfin, en 1699, il condamna le livre des Mii.rimes (tes Saints, de Fénelon. — XIII. Mi- chel-Angelo Conti), né en 1633, mort en 1724. Il succéda, en 1721, à Clément XI, gou- verna habilement les Etats romains et se lil remarquer par son éminente piété ; c'est lui qui créa cardinal le ministre de France, l'abbé Dubois. * INNOCENTER v. a. [i-no-san-té]. Absoudre déclarer innocenl : l'arrêt les innocente sur le premier chef. * INNOCUITÉ s. f. [inn-no-] (lat. inmcuitas; de inniicnus, non nuisible). Didacl. Qualité d'une chose qui n'est pas nuisible : l'innocuité d'unvégétal, d'un breuvage. (Peu us.) * INNOMBRABLE adj. [i-non-bra-ble]. Qui no se [leiit iimnbrcr. Il s'emploie quelquefois |iar exagération : multitude, armée innom- brable ; d'innombrables obstuetes. ' INNOMBRABLEMENT adv. D'une manière innombi.ible. ^Peu us.) ' INNOMÉ. £Ë ou mieux t\ Innommé, ée adj. [inn-no-niej. Qui n'a pas encoi e reçu de nom. — Se dil partie, en droit romain, des contrats qui n'ont point de dénominalion particulière tels que ceux où l'un proinel. de lairc et l'autre de donner : l'engaycmeul d'un domestiijue est un contrat imiumé. ' INNOMÎNÉ. ÉE [inn-no-mi-né] adj. Anat. :^84 INOC Sans nom, qui n'a pas reçu de nom parlicu- licr. On a donnô ccUc épillièlc à divers or- ganes: os inyiominés, li;s deux os qui, s'unis- sanl entre eux antéiiouremenl, el avec l'os sacrum poslérieuiemcnt, rormenl ce qu'on appelle le bassin : arttb'e innoiniiiée, une des (.'iandf's ailcros du eoi'ps, etc. • INNOVATEUR s. m. [inn-no-]. Celui qui innovi', i[ui l.iiL des innovations: les innuvit- tcurs uni m (jiim'nil \ilus de hardiesse que. de priiiknce. Kiipailantdc religion, on dit mieux, iSovATicrii ' INNOVATION s. f. liilroJuclion de quelque nouveauté dans le gonvcrncn>enl, dans les lois, dans un acte, dans une croyance, un usa^e, une science, etc., : c'est taie innova- iinn en iwliliquc, en législation, en méduriw, en lUlératurc. ' INNOVER v. n. [inn-no-] (préf. in ; lat. 1KIVIIS. nouveau). Faire une innovation, des innovations: il w: faut point innover léijèrc- mcnt. Us veulent innover en tout. Il est dange- reux d'innover dans les choses de religion, etc. — V. a. ]/ ne faut rien innovn-, INO (Mythol. t'r.) nUe de Cadmiis el d'Har- monie el t'eiume d'Atliainas, roi d'Orcliomèiic, don telle cul l.éarquc et Mélicerte. Elle persuada son mari de sacnlier Plirixuset Helle, enfaut.-; qu'il avait eus de iNcphele; mais iNepiielc les sauva. Mercure excita la colère de Junon conti'e luo, en donnanl à celle-ci le jeune Hacclius à élever. Alhan)as devint fou et tua Léarque. liio se sauvant, avec .Melicerte dans dans ses bras, sauta dans la mer. iNeptuncla changea en divinité marine et lui duujia le nom de l.eui'atlic ; Mclicerle devint Palœmon. • INOBSERVANCE s. f. Défaut d'obser- vance, ni.iuciuu a observer des prescriptions religieuses et morales, etc. : l'impossibilité de remplir ces prescriptions peut seule en ju!>tifier l'inohservanec. ' INOBSERVATION s. f. Manque d'obéis- sance aux luis, aux règlements, etc.; inexé- cution des promesses qu'on a laites, des en- gagements qu'on a contractés : l'inobserva- tion des réjles détruit la discipline. INOCCUPATION s. f. Etat d'une personne ou d'une cliuse inoccupée. ■ INOCCUPÉ, ÉE adj. Qui est sans occupa- lion ; une lie inoccupée. ' IN-OCTAVO s. et adj. [inn-o-kta-vo] (lat. in, dans; octavus, huitième). Ty[)Ogr. et Lib. Se dit du format où la feuille est pliée en huit leuillets; el des livres, des volumes qui ont ce foi'mat : le formai in octavo, l'in-octavo est actuellement jorl employé. On écrit aussi: INOCULABLE adj. Méd. Qui peut être ino- culé. • INOCULATEUR, TRICE s. Méd. Celui, celle qui faïU'operuliunde l'inoculation: un habile inoculaleur. Le léminin ne se dit guère que des femmes grecques qui apportèrent ou re- nouvelèrent la pratique de l'inoculation à Coiistanliiiople. •INOCULATION s. f. Méd. Action de com- muniquer aitiliciellemenl une maladie conta- gieuse, en introduisant le virus dans le corps. (Voy. Contagion.) On dit aussi, L'iiNoculation d'un vjRus. — Se dit, absol., de l'inoculation de la petite vérole: la pratique de l'inocula- tion est fort ancienne dans les pays voisins de la mer Caspienne, aux Indes, û la Chme et en Afrique. "INOCULER V. a. (lai. iîîoaifa»--;, greller ; de m, sur; oeulus, œilj. Communiquer une maladie, Iransmeltre un virus par inocula- tion : inoculer la petite vérole. — Absol. Ino- culer la petite vérole : il y a plusieurs manières d'iiiuctder. - Inoculkh une personnk, lui com- muniquer la pclile vérole par inuculatiun : INON ' se faire inueuler. - S inoculer v. pr. So com- muniquer el se dit des maladies qui s<> com- mijiii(|iicnt par la'tran-missinn d'un virus: j l'endroit du corps où le mal, oit le virus s'est inoculé. ' INODORE adj. Sans odeur : flhtrs inodores. j INODULAIRE adj. Qui appartient à l'ino- dnle : ^,vs».s iiiorluluircs. INODULE s. f. (gr. in, iiios. libre). Ciiir. Tissu fibreux qui ?e forme dans les plaies cl en ac- tive la cic.iliisalion. • INOFFENSIF, IVE adj. Qui n'est pas ca- palde d'ollenser, denuiie; (jui ne fait de mal, dotleiise a personne: esprit iiioffensif. • INOFFICIEUX , EUSE adj. Jurispr. Ne s'appliqui: yueie qu'aux testaments elaux do- nations. liiMAMENï iiNomciEL-x, Celui OÙ l'hé- ritier légitime esl déshérité sans cause par le testateur. Do.nation inofkicieusk, celle par la- quelle un des enl'anls est avantagé aux dé- pens de la légitime des autres. • INOFFICIOSITÉ s. f. Jurispr. Qualité d'un acle inollicieux. — .Action d'inoutciositi':, action intentée, plainte laite contre un IcsLa- meiit inollicieux, une donation iuol'licieuse, etc. • INONDATION s. f. (lat. inundalio). Dél)or- denienl d e.iux qui inondent un pays; l'inon- dation causée par les pluies, imr l'a fonte des neiges. — Kaiue des inondations autour d'une PLACE, lâcher lus eaux autour d'une j)lacc, pour empêcher les approchesde l'ennemi. — Se dit cgaleiiienl des eaux débordées : l'inon- dation couvrait uneimmense étendue de pays. — Eig. Une grande multitude de peuple qui en- vahit un pays : une grande inondation de bar- bares; al par dénigrement une grande quan- tité de certaines choses : une inondation de pamphlets, de brochures. — E.ncycl. Les val- lées des grands fleuves sont gcnéralcmenl sujettes a des inondations périodiques qui les fertilisent; telles sont les vallées du Gun^e. de rindus, de l'Euphrate, du Alississipi.de l'Orénoque, du Mger et du Ml. En Europe, où les cours d'eau ne débordent pas périodi- quement, l'intumescence de leurs eaux pro- duit des inondations inattendues et, par con- séquent , désastreuses. Les rivières et les fleuves de France les plus sujets a des crues subites sont ceux qui descendent des mon- tagnes neigeuses ; Rhône, Garonne, .Adoiir, Luire, etc. - Les inondations causées par les débordements de la mer produisent encore plus de ravages.— Voici la liste des plus ter- ribles inondations dont on ait conservé le souvenir : les dillérents déluges (voy. Diiluge); ledébordeaieiit de la mer en I44(i, dans les environs de Dort; 72 villages et IUU,UOU per- sonnes disparurent; la rupture des digues de Hollande, suivie d'une inondation générale, en1o3(J, les victimes lurent au nombre de 400,UOU; l'inondation de la Catalogne qui lit .tU.OOÙ victimes en I(il7; le débordement du Danube, qui enleva 24 villages et leurs habi- tants, près dePe.-lh, en avril 181 1 ; la fameuse inondation de Silésie, qui accéléra la ruine de l'armée française commandée par Macdo- uald et qui coûta la vie a b,UiJO Silesiens el ki.ODO Polonais, en 1813; le débordement de la Vistule à Danlzig, où disparurent 4,000 maisons le 9 avril 18^9; le terrible dé- bordement de la Saône et du Rhône, à Lyon du 31 oct. au 4nov. 1840 : 218 maisons furent enlevées à la Guilloliére, 100 a Avignon, 300 à Vaise et un grand nombrcd'autres sur tout le cours du Rhône; un pareil débordement delà Saône ne s'était pas vu depuis 238 ans; les inondations non moins désastreuses du centre, de l'ouest et du sud-ouestde laErance (2*2 oct. 184(5); la Loire monta de 22 pieds en une seule nuit; parmi les nombreux ponts qui furent emportés, nous citerons ceux d'Or- leaui cl do Vierzon ; les inondations du 19 INOW j sept. 1832 (Rliin el Hliône); celles du sud il^ la l'ranceen mai eljiiin <8'KI, du 20 sept. ISGC. ilu 2.'l juin 487.Ï (une grande partie de la ville de Toulouse délruile par !c débordenienl de la Garonne; le quartier Saint-Cyprien devenu un véritable sépulcre ; plus dé 1,000 personnes noyées), de mars 1876; l'inonda- lion de Szegedin (ll-lî mars 1879), etc. — Législ. 0 Les travaux ayant pour but de meltre les villes à l'abri des inondations sont exécutés par l'Etat, avec le concours des dé- fiarlements, des communes et des proprié- taires intéressés. Ces travaux sont autorisés et la dépense esl répartie par décrets rendus dans la forme des ré^lemenis d'administra- tion publique (L. 28 mai I8.'J8). Lorsque des inondations ne sont pas ducs seulement à une force majeure el résultent du fait ou de la 'négligence de certains propriétaires ou usiniers, ceux-ci sont responsables des dom- mages causés, el ils sont en outre condamnés a une amende qui ne peut excéder la somme des dédommaîemenls(L. 28 sept. -fi oct. 1791 , art. Va). L'article 4.')7 du (^ode pénal inflige une amende, qui no peut ôlre au-dessous de ■'iO fr., ni excéder le quart des dommages-in- térôts, aux propriétaires ou fermiers des moulins, usines ou élangsqui ont inondé des chemins ou la propriété d'autrui, en élevant le déversoir des eaux au-dessus de la hauteur déterminée fiar l'autorilé compétente. La po- lice municipale cojnprniil lesoin de prévenir et de combattre les lléaux cala;iiiteux, tels i|ue les inondations, en provoquant s'il y a lieu l'intervention de l'administration supé- rieure (L. 5 avril 1884, art. 97. 6") ». (Cil. Y.) ■ INONDER V. a. (lat. inundare; de in, dans unda, onde). Submerger un terrain, un pays par un débordement d'eaux : quand la rivière déborde, elle inonde tout le ])'iys. — Par exag., mouiller beaucoup : inonder quelqu'un en jetant un seau d'eau sur lui. — Se dit, fig., des nations, des grandes armées qui envahis- sent un pays, ou d'une grande iTuillilude qui se porte vers un même lieu : quand les Goths, quand les Lombards inondèrent l'Italie. — Se dit aussi, et presiiue toujours par dénigre- ment, de certaines choses répandues, mulli- pliées avec une extrême pro!usion : le public est inonde de mauvais écrits, de 7nauvaises bro- claircs. •INOPINÉ, ÉE adj. (préf. m;lat. opinari, pon- seri. Imprévu, à quoi on ne s'attendait point. Ne se dit proprement que des événemeiils qui surviennent tout d'un coup, ctsansqu'ou y eût songé auparavant: accident inopiné. • INOPINÉMENT adv. D'une manière ino- pinée. Se dit des personnes et des choses : 'ela est arrivé inopinément. ■ INOPPORTUN, UNE adj. Qui n'est pas oppoiLun, a piupos: vous ne pouvez choisir un moment plus inopportun. • INOPPORTUNITÉ s. f. Qualité de ce qui n'est pas opportun, à propos: l'inupporlunilé d'une démarche. • INORGANIQUE adj. Hist. nat. Se dit des corps qui ne sont point organisés, et qui ne peuvent s'accroître que par juxtaposition, tels que les minéraux: êtres inorganiques. •INOUÏ, INOUÏE adj. Dont on n'a jamais oui parler : il est inouï que pareille chose soit jamais arrivée. — Se dit, particul., de ce qui est tel, que jusque-là on n'avait ouï parler de rien de semblable : c'est uiu cliuse inouie. Fortune dont la roain couroone Les foifaitâ les plus iiioiiis. Du faux éclat qui t environne Serons-nous toujours éblouis? J..B. Rousseau. INO'WRAZLA'W ou Jung-Breslau. ville de Posen (Prussel, à 36 kil. S.-E. de Bromberg; 20,687 hab. Salpêtre; dépôt considérable de sel minéral découvert en 1871. INQU • INOXYDABLE adj. Qui n'e?t pas sujet à s'oivder : un métal inoxydable. ' IN PAGE [inn-pa-sé] (franc, en paix). Eipres sion latine usitée autrrefois dans les monastères pour désigner la prison où l'on en- fermait pour leur vie ceux qui avaient commis quelque grande faute : mettre un religieux in puce. — On disait aussi suhstantiv. : mettre un religieux dans Vin pace d'un couvent. • IN PARTIBOS, phrase latine dans laquelle onsous-entend infidelium et qu'on emploie en parlant de celui qui a un titre d'évêché dans un pays occupé par les infidèles : un écéque in partibus. ' IN PETTO, expression empruntée de l'ita- lien qui signifie, dans l'intérieur du cœur, en secret, et qui n'est proprement d'usage qu'en parlant du pape lorsqu'il nomme un cardinal sans le proclamer ni l'instituer : le pape l'a fait cardinal in petto. — Fam. et par eit. ; cet homme est mon gendre in petto. • IN-PLANO, Impr. et Libr. Se dit du format où la feuille imprimée ne contient qu'une page de chaque côté ; l'in-plano est un for- mat de luxe. IN POCOLIS, loc. lat. qui signifie le verre en main ; ils ont traité cette affaire in poculis. On dit aussi inter pocula. •IN-PRGMPTU. Voy. Impromptu. • INQUALIFIABLE adj. Qui ne peut se qua- lifier. .Se prend surtout en mauvaise part : sa conduite est inqualifiable. INQUANTER v. a. ou. tr. Vendre à l'encan. IN-QUARANTE-HDIT adj. Typogr. Se dit d'un tormat dans lequel la feuille étant pliée en quarante-huit feuillets contient quatre- vingt-seize pages. — s. m. ; un in-quaranle-huit On écrit aussi in-48. • INQUART [ain-kar] s. m. Chim. Action de joindre trois parties d'argent contre une d'or, pour en faire le départ. On dit aussi, iNQUARTATJON, etplus Ordinairement, QuARTA- TION. (Voy. QuARTATION.) INQUARTATION s. f. Voy. Inquart. •IN-QUARTO adj. ets. [ain-kouar-to] (franc. en quatre). Typogr. et Libr. Se dit du format où la feuille est pliée en quatre feuillets; et des livres, des volumes qui ont ce format : le format in-quarto, l'in-quarto s'emploie sou- verit piour les dictionnaires. IN-QUATRE-VINGT-SEIZE adj. Typogr. Se dit d'un format daii.s lequel les feuilles d'im- primerie sont pliéss en quatre-vingt-seize feuillets ou cent quatre-vingt-douze pages. - s. m. :un in-quatre-vinyt-seize. On écrit aussi iN-96. • INQUIET, ETE adj. Qui est dans quelque trouble, dans quelque agitation d'esprit, soit par crainte, soit par irrésolution et incerti- tude : il appréhende telle chose, cela le rend inquiet, il en est tout inquiet. — Se dit aussi des passions et des mouvements de l'âme : la jalousie est une jiossion inquiète. — Se dit également de ce qui marque de l'inquiétude : des regards inquiets. — Qui ne [leut se tenir en repos, qui n'est jamais content de la situa- tion, de l'état où il se trouve, et qui désire toujours qucUjue changement : il est si in- quiet, qu'à peine entré dans un lieu, il en veut sortir. — S'afiplique également, dans ce sens, aux passions, aux mouvennuits de l'âme : uni; inquiète ambition le domine. — Se dit en- core, particul., d'une personne que la souf- france met dniis une agitation coritinelle : /<; malade a été fort inquiet toute la nuit. — So.u- UK\L iNuuiKT, sommeil qui est souvent inter- rompu, qui est trouble par (luelipie peine d'esprit, ou parla mauvaise disposition phy- sique où se trouve celui qui dort. • INQUIÉTANT, ANTE adj. Qui cause de l'inquiétude : voiMiiaije vnjUiétant. 048 * INQUIÉTER v. a. Rendre inquiet. Dans ce sens, il ne se dit qu'en parlant de l'âme : cette nouvelle m'inquiète. ■— Troubler, faire de la peine en quelque chose que ce soit : dès qu'il est dans son cabinet, il ne veut point qu'on l'in- terrompe, 'qu'on l'inquiète. — Troubler quel- qu'un dans la possession d'une chose, lui faire un procès, lui chercher querelle : on ne m'a jamais inquiété dans la possession de cette maison, de cette terre. Si l'on m'inquiète, je ferai assigner mon vendeur en garantie. — S'in- quiéter V. pr. : s'inquiéter d'un rien. C'est un homme qui s'inquiète aisément. ' INQUIÉTUDE s. f. Trouble, souci, agitation d'esprit, impatience causée par quelque pas- sion : grande, vive, cruelle inquiétude. — In- constance d'humeur, amour du changement qui fait que l'on est toujours mécontent de l'état où l'on se trouve : l'inquiétude naturelle à l'homme. — Agitation de corps causée par quelque malaise : ce malade a passé la nuit dans une grande inquiétude, dans de grandes inquiétudes. — s. f. pi. Certaines petites dou- leurs qui donnent de l'agitation et de l'im- patience, et qui se font sentir ordinairement aux jambes : il a des inquiétudes aux jambes, dans les jambes. ' INQUISITEUR s, m. Juge de l'inquisition : inquisiteur de la foi. — Inqcisiteuh d'Etat, magistrat de la république de Venise, qui était chargé de découvrir et de prévenir les complots formés contre le gouvernement. " INQUISITION s. f. [ain-ki-zi-si-on] (lat. inquirere, rechercher). Recherche, enquête. ^e se dit guère, dans ce premier sens, que d'une recherche, d'une perquisition rigou- reuse où il se mêle de l'arbitraire : sa con- duite fut l'objet de l'inquisition la plus offen- sante. — Tribunal établi en certains pays pour rechercher et punir ceux qui ont des senti- ments contraires a la foi catholique : pays d'inquisition; il fut livré à l'inquisition. On nomme quelquefois ce tribunal Le Saint-Of- FicE. — Encycl. Des lois contre l'hérésie, qui était punie de mort, furent faites sous Théo- dose I»' en 382, et sous Honorius en 398. Pendant plusieurs siècles, tous les cas d'hé- résie furent tradmts devant les tribunaux ordinaires; mais, avec le temps, l'examen de l'accusation d'hérésie fut dévolu aux évêques, qui remettaient au bras séculier pour être punis ceux qui restaient endurcis. Au com- mencement du xiii'siècle. Innocent lU envoya des légats dans le sud de la France pour susciter une croisade contre les Albigeois, et pour aider les évêques à rechercher les héré- tiques. Le quatrième concile de Latran, en j lila, enjoignit aux cours synodales de recher- cher et de supprimer l'hérésie ; ces cours peuvent être regardées comme l'origine pre- mière de l'iiiquisitioa. Le synode de Toulouse (1229) publia sur ce point 4o propositions, enjoignant aux princes et aux évêques la re- cherche et la punition des hérétiques et même la destruction des maisons dans lesiiuelles ' on les trouvait. On ne permettait pas alors aux hérétiques, ni aux personnes accusées ou soupçonnées d'hérésie le secours d'un méde- cin, bien qu'ils fussent atteints d'une maladie mortelle. Pour assister les évêques, dont un grand nombre se montraient négligents, des ligats furent envoyés par le pape Grégoire IX dans diverses contrées; on les nommait, col- lectivement, missions d'inquisition. L'Eglise se bornait à l'examen des hérétiques, et elle faisait appel au bras séculier pour mettre la sentence a exécution. Les accusés ne connais- saient Jamais le nom de leur dénonciateur ; le soupçon d'hérésie était considéré comme une cause suffisante d'arrestation; tout le monde, même les criminels, étaient admis comme témoins. Si l'accusé niait les accusa- tions portées contre lui, un pouvait le mettre à la torture. Les biens du condamné étaient coulisques et une grande partie tombait dans INQU 385 les coffres de l'Inquisition. Jusqu'en lîi8, les cours d'Inquisition furent seulement des tri- bunaux transitoires : mais à partir de celte date, ils devinrent permanents et ils fureni successivement introduits en Italie, en Espa- gne, en Allemagne et dans les provinces du sud de la France. La probabilité d'une union entrf les Juifs et les Maures, contre les chrétiens, pendant le xv» siècle, excita en Espagne unf alarme considérable. Dans le but principal df rechercher ceux qui étaient retombés dans le judaïsme, ou qui feignaient d'être convertis, une bulle papale fut obtenue en 1478, autori- sant l'établissement d'un tribunal. A partir de cette date, les écrivains catholiques re- gardent l'Inquisition espagnole comme une institution de l'Etat, caractère qui est reconnj par Ranke, Guizot, Léo et même Llorente. En sept. 1480, la première cour fut établie à Séville. En 148.'i, Torquemada devint grand inquisiteur général de toute l'Espagne, et, de concert avec le roi, il forma les lois organi- ques du nouveau tribunal. Tous les pénitents de l'Inquisition portaient un vêtement parti- c«lier appelé sambenito (corruption de saco bendito, le vêtement sacré de pénitence). L'auto da fé (acte de foi), était à proprement parler la lecture publique et solennelle de la sentence prononcée contre les personnes trou- vées coupables, mais, vulgairement, on com- prenait sous ce nom les cérémonies publiques qui accompagnaient l'exécution de ces sen- tences. Quand elle avait lieu avec une solen- nité extraordinaire, on l'appelait auto publico général. Les prisonniers étaient conduits en procession â la place publique où la cour elle-même et tous les plus hauts personnages de l'Eglise et de l'Etal se trouvaient réunis. Si les condamnés restaient endurcis après la publication solennelle de leur sentence, et l'offre d'une dernière option, ils étaient remis au juge séculier et conduits au quemadero ou place brûlante qui se trouvait généralement en dehors de la ville. L'inquisiteur général était désigné par le roi et approuvé par le pape, mais en réalité il était indépendant de tous deux. L'expulsion des Juifs (1492), et des Maures, (1500) de l'Espagne, que beau- coup avaient cherché à éviter en se conver- tissant au christianisme, et plus tard l'exten- sion du protestantisme, fournirent une occupation abondante à l'Inquisition. Le ré- sultat du compte rendu de Llorente depuis 1483 jusqu'en 1808 est le suivant : brûlés vifs, 31,912; brûlés en effigie, 17,6o9 ; soumis à des peines rigoureuses et à des pénitences, 291,456. Depuis le commencement du xvii" siècle, quand elle eut complètement exter- miné le protestantisme en Espagne, l'Inqui- sition dévint plus douce et dirigea principale- ment ses eO'orts vers la suppression des livres hérétiques. Charles 111 la restreignitbeaucoup et Joseph Bonaparte l'abolit entièrement en 1808. Elle lut rétablie par Ferdinand VII, en 1814, mais elle ne parvint jamais à sa pre- mière puissance, et en ISS-ï, ses biens furent confisqués pour le paiement de la dette pu- blique. L'ouvrage le plus complet surl'Inquisi- tion en Espagne est celle de Llorente, lliHoire de l'Inquisition espagnole, traduite eu fran- çais et en anglais. L'auteur déclare qu'il fut secrétaire de l'Inquisition de Madrid en 1789-'9t, et il eut toutes les archives A sa dis- Iiositioii, de 1809 à 18H. L'exactitude de quelques-uns de ses récits est mise en doute fi;ir beaucoup de gens. Le meilleur ouvrage sur riiiciuisilion espagnole écrit au point de vue catlioli()uo est Der Cardinal Kimettes, etc., par Hel'i'le (Tùbinuen, 1844). L'inquisitien fut aussi introduite en Sicile et dans les colonies espa;.'iioles de l'Amérique. Dans cette dernière, les tribunaux de Mexico, de Carthagène, de Lima rivalisèrent de sévérité avec ceux d'Es- pagne. L'essai de Philippe 11 pour la rétablir ilans les Pays-Bas fut une des causes princi- uales qui amenèrent la révolte des .""ovinces 386 INSC INSC INSE du nord et la naissance de la rrpublique hollandaise. Son oriranisation en Portugal était presque la mime qu'en tspapne. En Italie, l'Inquisition ne fut jamais aussi puis- sante qu'en France et qu'en Espapne. Elle fut introduite en iî33 contre les Vaudois. Un triliunal suprême de l'Inquisition pour l'Eplise entière, appelé la Confjrépaliun du Saint- Office, fut iHabli à Rome par Paul III, en ("liS, mais il n'eut jamais aucune autorité au delà des limites des Etals du pape. L'Inquisition romaine fut le plus doux de tous les tribunaux de cette nature, il n'y a pas d'exemple que la peine de mort ait éli'; appliquée. Depuis l'occupation île Rome |iar le fiouvernement italien en 1870. riiKjuisition a été abolie ea Italie. Le corps parlant le nom de Congréga- tion du Saint-Ollice est composé de 12 car- dinaux présidés par le pape. Ils prononcent sur toutes les questions a)anl rapport a la foi et à la morale, mais ils ont seulement une juridiction spiriluelle. • INQUISITORIAL, ALE, AUX adj. Se dit de tout pouvoir ombrageux liop sévère, de tout acte, de toute recherche arbitraire, etse prend toujours en mauvaise part : pouvoir inquisi- 'orial. IN R£, expression latine qui signifie : dans ui chose, c'est-à-dire réel, positif, ell'ectif. IN REROM NATDRÀ, loc. lat. qui veut dire : dans la nature des choses, dans ta réalité. INRI. Ces quatre lettres, initiales de Jésus Nazarenus rex Judxorum (Jésus de Nazareth, roi des Juifs), sont souvent placées en haut d'une croix ou d'un crucifix, pour rappeler l'inscription que fit graver Pilate sur l'instru- ment de supplice du Christ. • INSAISISSABLE adj. Qui ne neul être saisi. Se dit, puiiicul., en Jurisp., aes choses qu'on ne peut saisir valablement : tes objets que la loi déclare insaisissables. — Se dit quel- quefois, lig., de ce qui ne peut être perçu, compris : j'avoue que, pour moi, cette différence est tout à fait insaisissable. INSALIVATION s. f. (nréf. in et franc. salive}. Physiol. Mélange des aliments et de la salive pendant la mastication : l' insalivation commence la diyestion. • INSALUBRE adj. (préf. in et lat. salus). Malsain, qui nuit à la santé : un logement hu- mide est insalubre. •INSALOBRITÉ s. f. Qualité de ce qui est nuisible à la santé : l'insalubrité d'un pays, d'un canton, d'wi climat. •INSANITÉ s. i. (lat. insarius, insensé). Etat, ou action d'un esprit qui n'est pas sain, • INSATIABILITÉ s. f. [ain-sa-si-a-] (prél. in et fr. satiété). Avidité de manger qui ne se peut rassasier : il a une faim canine, une insa- tiabiiité que rien ne peut contenter, que rien ne peut assouvir. — Fig. : insatiabilité de gloire, de renommée; l'insaliabilité des richesses. •INSATIABLE adj. [-sa-si-a-j. Qui ne peut être ra^-sasié : avidité, gourmandise insatiable. — Fig. avarice iiisatiable. • INSATIABLEMENT adv. D'une manière insatiable : il est insaliablement avide d'hon- neur et de gloire. ' INSCIEMMENT adv. [ain-si-a-man] (préf. in et scire, savoir). A son insu : s'il vous a insulté, c'est insciemment. INSCRIPTIBLE adj. (lat. inscnbere, ins- crire). Qui peut être inscrit. • INSCRIPTION s. f. [ain-skri-psi-on] (lat. inscriiere, inscrire). Caractères gravés ou fixes sur le cuivre, sur le marbre, sur la pierre, etc., soit pour conserver la mémoire d'une personce oc d'un événement, soit pour indi- quer U destination d'un édifice, etc.: on mit on grava sur ce marbre une inscription en lettres d'or. — Se dit égaleinetH d'une courte iodica- tion. d'un avis écrit, imprimé, peint, etc., qu'on filace dans un lieu apparent, pour sir- vir d'ill^lructioll, de renseignement : dfs inscri/dinns placées à tous les carrefours du bois, en indiquent les différentes routes. — Action d'inscrire une personne ou une chose sur un registre, une liste, etc.; et résultat de cette action : il a requis son inscription sur la liste des jurés. — Se dit, particul., de liiiscription d'un étudiant sur le registre de la faculté dans laquelle il étudie pour prendre ses grades : prendre des inscriptions en droit, en médecine. — Insouiption uabitiue, enref-'is- trcment, au bureau des classes, de ceux qui peuvent être requis pour le service de la marine de l'Etat. — Fin. Inscription sur lk GRAND-LIVRE DE LA DKTTF. PUBLIQUE, titre d'uue rente piir|iétuelle due par le Trésor : il a cin- quante mille francs de rente en inscriptions sur le grand-livre. — Jurispr., Inschiptio.n BYFUTUÉCAIUE, montioD que le conservateur des hypothèques fait, sur ses registres, de rhypoluèque ou privilège qu'une personne déclare et justifie avoir sur les biens d'une autre : prendre, requérir une inscription. — Prat. Inscription uk faux, acte par lequel on soutient en justice c]u"une pièce est fausse ou falsifiée : inscription de faux princifial. — Législ. « Les inscriptions dans les facultés sont obligatoires pour tous les étudiants qui doi- vent se présenter aux épreuves de la coUalion des grades. Ellessontprises. chaque trimestre, au moyen d'une déclaration faite au secré- tariat de la faculté, jusqu'à ce que le nombre d'inscriptions requis pour chaque examen soit complet. Les droits universitaires que l'on devait verser au Trésor public, en prenant une inscription, ont été abolis par la loi du t8 mars 18S0. (Voy. Faculté.) — L'inscription de faux est une procédure particulière qui tend à démontrer la fausseté de certains actes et à en arrêter l'exécution. Elle s'applique exclusivement aux actes dressés en forme authentique, c'est-à-dire à ceux reçus ou délivrés par les officiers de l'état civil ou autres administrateurs, et par les divers offi- ciers ministériels: notaires, avoués, greffiers, huissiers, etc. Ces actes fontfoijusqu'àinscrip- tion de faux, et c'est a celui qui les conteste à prouver leur fausseté; tandis que, s'il s'a- git d'écritures privées, c'est à celui qui les produit à prouver qu'elles sont vraies. La procédure de l'inscription de faux est détaillée dans les articles 2i4 à 231 du Code de pro- cédure civile. Le demandeur en faux qui succombe dans sa demande est condamné à une amende de .300 fr. au moins, sans pré- judice des dommages-intérêts qui peuvent être alloués. — L'inscription hypothécaire esl\a déclaration, faite par un créancier, de l'hypo- thèque ou du privilège qui lui appartient sur un ou plusieurs immeubles de son débiteur. Cette inscri|ition est requise par la présen- tation d un bordereau dressé en double sur papier timbre et contenant renonciation sommaire de la créance et des titres sur lesquels elle est fondée. L'inscription est faite, a la date de la réquisition, sur un registre spécialement tenu à cet effet par le conser- vateur des hypothèques de l'arrondissement dans l'étendue duquel les immeubles sont situés (C. civ. 2106 et s.). (Voy. Hypothèque et Privilège.) — L'inscription maritime est le re- crutement obligatoire, dans l'armée de mer, des marins âgés de I8ào0 ans qui ont navigué sur des bateaux de pêche ou des navires de commerce. Cette institution, dont la fonda- tion est due Colbert, a reçu de nombreuses modifications (L. 3 brumaire an IV; Décr. 31 déc. ISTtJ, etc.) ; et bien lue son prin- cipe ail été souvent discuté, ou ne peut mé- connailie qu'elle a rendu et qu'elle peut rendre encore de grands services a la France. — Les inscriptions de rentes sur l'Etat sont des titres de rente perpétuelle de la dette publique (L. 21 floréa! an X). Lorsqu'un rentier a perdu son extrait d'inscription, il doit en faire la déclaration devant le maire de la commune de son domicile, en présence de deux témoins. Cette déclaration, enregistrée au droit fixe de 1 fr., est adressée au ministre des finances, lequel autorise l'ouverture d'un nouveau compte, par un transfert de forme, et la remise d'un extrait d'inscription de ce nouveau comple(Décr. 3 messidor an XII; voy. arL 16 de la loi du .ï juillet t872|.» (Ch. Y.) "INSCRIRE V. a. (préf. in et lat. scribere, écrire). Ecrire le nom de quelqu'un, ou prendre note, faire mention de quelque chose sur un registre, sur une liste, etc. : ins- crire quelqu'un au rôle des contributions. — Mettre une inscription : inscrire une maxime sur un monument. — S'emploie aussi dans certaines phrases figurées : inscrire son nom AU TKMPLE DE MÉMOIRE, DANS LES FASTES DE LA (iLoiRE, se rendre célèbre par ses écrits, par des exploits guerriers. — Mathém. Inscrire une figure dans une autre, tracer, dans l'in- térieur d'une figure géométrique, une autre figure qui en touche le contour intérieure- nipiit : inscrire un triangle dans un cercle. — S'inscrire v. pr. Inscrire ou faire inscrire son nom dans un registre, sur une liste, etc.: s'inscrire sur une liste d'abonnés. — Prat. S'inscrire en faux, soutenir en justice qu'une pièce quela partie adverse produit, est fausse: je me suis inscrit en faux contre ce billet. — Par ext. Nier quelque proposition qu'une personne allègue : je m'inscris en faux contre ci: que vous dites. ■INSCRUTABLE adj. Impénétrable, qui ne peut être conçu, qui ne peut être compris |iar l'esprit humain. N'est guère usité qu'en style de l'Ecriture: les desseins de Dieu sont inscrutables. • INSÇD (A 1). Voy. Insu. • INSÉCABLE adj. Phys. Qui ne saurait être coupé, partagé : on a défini les atomes des corpuscules insécables. • INSECTE s. m. (lat. insectum; de in, dans; secare, couper). Entom. Nom donné à une classe d'animaux articulés, à six pattes, res- pirant par des trachées et subissant des métamorphoses. Celle classe comprend des invertébrés d'une organisation relativement supérieure, qui tiennent dans la division des articulés un rang analogue à celui des oiseaux parmi les vertébrés. On appelle insectes tous les articulés ayant une tête, un thorax et un abdomen distincts, avec des antennes, trois paires de pattes, respirant au moyen de tra- chées, présentant un système circulatoire laiblement développé, ayant presque tou- jours des ailes et subissant une transforma- tion. Dans leurs progrès vers l'état parfait, les insectes changent de peau plusieurs fois, et un grand nombre subissent des métamor- phoses aussi sina-ulières que celles des gre- nouilles; au sortir de l'œuf, leur forme ditière beaucoup de celle de leurs parents et de celle qu'ils aliecteront plus tard en devenant chry- salides. L'insecte pas.->e ordinairement par les états suivauts : t " œuf, pondu par la femelle à l'état parfait; î' larve, ressemblant plus ou moins à un ver et ayant un corps allongé, mou, divisé en anneaux mobiles, quelquefois muni de pieds, et armé de mâchoires (même chez les larves des insectes qui, à l'état par- fait, auront un suçoir) ; ces larves se nomment chenilles ou vers, suivant leur grosseur, leur forme et leur habitat. Des ailes rudimentaires se forment sous leur peau, après qu'elles ont vécu un certain temps dans l'eau, dans l'ail' ou sous terre, et l'insecte subit sa troisième transformation; l'état de larve dure ordinai- rement pendant plusieurs mois, depuis l'au- tomne jusqu'à l'été suivant et quelquefois peudant une période beaucoup plus longue, i INSE cmnme c'est le cas pour les cigales et les hannelons. Les larves sont pénéralement voraces el actives ; 3° chrysalide ou nymphe, état pendant lequel les inseclos restent immo- biles et ne mandent pas; ils allectent alors une forme particulière: quelquefois, la peau delalarve, en durcissant, forme uneenveloppe cornée ou écailleuse; d'autres fois, elle se change en une mince pellicule à travers laquelle on peut distinguer l'animal. Avant de subir ce changement, la larve se prépare souvent un abri, en lilant un cocon de soie sécrétée par elle-même; la chrysalide peut être suspendue à une petite branche par des filaments soyeux, ou cachée dans quelque crevasse. A l'état de chrysalide, la crois- sance de l'animai ^'accomplit rapidement et la forme du futur insecte se développe gra- duellement. Ces métamorphoses sont facile- ment étudiées chez la chenille commune, chez l'abeille, chez le moustique, chez la mouche et chez le v(!r à soie; 4° état parfait. La vie de l'insecte parfail est courte; elle se prolonge tout au plus pendant les mois de l'été, jusqu'à ce que le travail de la reproduction soit terminé; chez les éphémères, Vélail adulte dure quelques heures seulement. Comme exemples de rr;°(ainorphûses incomplètes on peut citer les cancrelats, les grillons, la sau- terelle el autres orthoptères, chez lesquels les larves ne dillèrent guère de l'insecte parfait que par l'absence d'ailes. La puissance mus- culaire des insectes est très grande, soit pour sauter, nager, voler, creuser, soit pour porter des fardeaux très pesants. En proportion de sa taille, aucun mammifère ne peut sauter aussi haut que la puce, à une distance de plus de 200 fois la longueur de son propre corps; aucun oiseau n'a une facilité de mou- vements, une rapidité et une résistance a la fatigue du vol, comparables à celles des insectes. — L'instinct de l'insecte, bien voisin de l'intelligence, excite l'admiration do l'ob- servateur le plus superfl.oiel. Ces petits ani- maux apprennent par expérience; ils possè- dent donc la faculté do la mémoire; ils sont capables de communiquer leui's projets à leurs semblables, ce qui dénote l'existence d'un sens qui nous est inconnu el que nous ne pouvons concevoir; leur manière de prendre leur proie est des plus ingénieuses. Pour échapper ii leurs ennemis, les uns simu- lent la rnurl el d'autres se cachent, ils coin- baltenl bravement avec leurs mâchoires et leurs aiguillons el ils exhalent une odeur nauséabonde ou des liquides corrosifs. En général, le développement de ce qu'on est convenu d'appeler l'intelligence dans la série animale coïncide avec le développement du cerveau, tandis que la complexilé desaclions instinctives automatiques coïncide avec le développement dos centres de la moelle épi- uière. — Chez les insectes, plus le volun:e des corps formés par la substance blanche est considérable, el plus l'instinct ou l'intolli- gence inconsciente se complique: ainsi, dans l'abeille sociale, la substance blanche forme la 940» partie du volume du corps, tandisque chez les hannetons, elle n'en forme que la 33,030° partie. Chez l'abeille, la Si" partie du cerveau est formée par la substance blanche, qui atteint la moitié du volume total du cerveau chez la fourmi neutre. — Les besoins individuels de la vie végélalive sont réduits au mininuiiu chez la fourmi neutre, protégée par un tégument solide contre l'exhalation, tandis que la vie de relation se manifeste par une complexité d'action merveilleusement adaptée aux besoins de la communanti'. — M. ijujardin a constaté, après lionnct, llubur, Latrcille, etc., que les fourmis, comme les abeilles, ont un langage qui leur permet de se communiquer leurs impressions, de telle sorte que, si luu des membres de la comniu- uauté découvre une proie ou un danger eaché, on les voit tous accourir ou se mel,lre INSE en défense. — Huberpere mconte qu'en IH06, lise produisit à Genève une invasion du sphinx tête de mort {ucherontia alropos), qui est très friand du miel et qui saccage les ruches en cassant tous les gâteaux. Les abeilles restèrent longtemps impuissantes contre cette brutale invasion; mais, à la fin, elles imaginèrent de construire un bastion de cire, qui s'éleva bientôt à l'entrée de toutes les ruches et n'avait pour issue qu'une poterne exactement assez grande pour laisser passer une abeille à la fois. L'ennemi était vaincu. Quand il reparut au bout de trois ans, les abeilles, pro- fitant de l'expérience acquise, élevèrent im- médiatement le retranchement. — Au cap de Bonne-Espérance, où ce papillon est très commun, il se contente souvent d'introduire sa longue trompe dans le miel, et endort les habitants de la ruche par la vibration sonore de ses ailes. Quand il pénètre dans la colonie el s'endort sur place après l'orgie, les abeilles le maçonnent avec de la cire et l'étoullent. — En Amérique, les abeilles ont rencontré un ennemi plus redoutable dans un oiseau nomme guêpier., qui les saisit au vol el les dévore une a une. L'auteur du Cultivateur américain, M. Crévecœur, vit des abeilles échappées aller sonner l'alarme dans la ruche; bientôt toute la colonie des abeilles sortit en tumulte et se rassembla en une masse serrée en forme de boute, qui s'élança bieuLôl avec la rapidité d'une bombe contre l'ennemi perché sur un arbre voisin. Du coup l'oiseau fut mis en fuite. — Tous les apicul- teurs savent que les abeilles s'apprivoisent et reconnaissent parfaitement leur maître, au point de venir sucer du sucre dans sa main. — Un trouve des insectes partout, même sur la surface de lUcéan; mais ce sont essentiel- lement des animaux aériens; bien qu'on voie quelques insectes pendant l'hiver, la plupart ne sont actifs que dans les autres faisons. Us passent l'hiver dans un étal d'hibernation, sous l'état d'œufs, de larves, et de chrysalides. Ceux des régions tropicales sont les plus gros, les plus nombreux elles plus sumptueusemenl vêtus. Pour la classificalion systématique des insectes, voy. Entomologie. — Féconuation par LES INSECTES. L'insecle est, avec le vent, mais bien plus sijrement que ce dernier, l'agent naturel de la fertilisation d'un grand nombre de plantes ayant leurs élamincs et leurs pis- tils sur des tleurs séparées. — Dans ses visites de fleur en fleur a la recherche du miel, il porte évidemment le pollen des an- thères des étamines aux stigmates des tleurs à pistil. Darwin, dans son ouvrage, La Fcr- tilisaiioii des orchidées, montre que beaucoup de fleurs complètes, ayant leurs pistils et leurs étamines 1res rapprochés, sont construites de telle façon que le pollen ne peut jamais, sans un aide extrinsèque, atteindre le pistil de sa propre fleur ou servir a fertiliser celle d'au- cune autre. 11 montre qu'il y a là une pré- caution de la nature pour que les tleurs de plusieurs orchidées ne soient jamais ferti- lisées par leur propre pollen ; et il en arrive à celle conclusion que la fertilisation croisée est nécessaire aux tleurs de la môme espèce, atin de favoriser la plus grande vigueur du produit el pour empêcher les particularités individuelles de se perpétuer. Co sujet a lixé depuis l'attention d'un grand nombre d'obser- vateurs sérieux el plusieurs laits intéressants ont été établis. • INSECTICIDE adj. (lai. insectum, insecte et cxdere, tuer). Qui détruit les insectes. Me se dit guère que d'une poudre invcnlée pour faiie périr les insectes : poudre insecticide. •INSECTIVORE adj.(lat. inscctun, insecte; voro.,jc dévore). Zool. On donne ce nom à loules les espèces animales qui se nourrissent presque exclusivement d'insectes. — s. m. ■fout animal qui se nourrit d'insectes • le plus utile des insectivores eit sans contredit la iné- INSE 387 sangc. — s. ra. pi. Ordre de mammifères comprenant des animaux qui se nourrissent d'insectes : hérissons, taupes, musaraignes, etc. — Plantes insectivores, plantes qui ap- partiennent à des ordres naturels distincts et très éloignés, mais qui sont toutes munies d'appareils leur permettant de saisir des in- sectes ou d'autres petits animaux dont elles se nourrissent en s'assiinilant les matières azotées qui entrent dans la composition du corps de leur proie. Les plantes insectivores les mieux connues sont : la dionée, l'apocyn, la drosère, le draeuneule, l'utriculaire com- mune, la sarracénie, etc. Il y a quelques an- nées seulement que l'on a démontré que ces plantes, en saisissant les insectes et en les tuant, n'obéissent pas à une simple loi de destruction, tout à fait incompréhensible el anormale au milieu des autres lois de la création. On sail aujourd'hui que les plante? connues sous le nom générique d'attrap" mouches sont de véritables insectivores. INSECTOLOGIE s. f. Zool. Partie de la zoo- logie qui s'occupe de la description des in- sectes. IN S^CULA S^CDLORDM, loc. lat. qui signifie : d. Se dit, particul., de quelques églises cathédrales: l'tnsigne église de... ' INSIGNE s. m. Marque distinctive. Ne se dit qu'en parlant des personnes ou des grades, des dignités, etc., ets'emploie le plus souvent au pluriel : on avait placé sur le cer- cueil les insignes du défunt, les insignes de son grade. • INSIGNIFIANCE s. f. Qualité de ce qui est Insigmliaiil ; c'est un homme d'une grande in- signifiance. ' INSIGNIFIANT, ANTE adj. Qui ne signifie rien. Ne s'emploie qu'au figuré, et se dit de ce qui est sans importance, de ce qui est sans caractère, insipide : action, démarche insigni- fiante. — Se dit également des personnes : c'est un homme tout à fait insignifiant. •INSINUANT, ANTE adj. Qui a l'adresse et le talent de s'insinuer, d'insinuer quelque chose : c'est un homme fort insinuant. — Se dit également des manières, des discours, etc. : manières insinuantes. INSINUATIF, IVE adj. Qui fait pénétrer: remède insinuatif. • INSINUATION s. f. Adresse dans le style, dans le langage, par laquelle on insinue quel- que chose. Désigne particul., en lihet., ce que dit un orateur pour s'insinuer dans la bienveillance de son auditoire : exorde par insinuation. — Discours jiar lequel, sans énon- cer positivement uiir chose, on la donne à entendre, ou on prépare l'esprità la recevoir: une insinuation adroite; il est quelquefois plus difficile de se défemire contre une in.tinuation maligne que contre une accusation ouverte. — Prat. Enregistrement des actes qui doivent être rendus publics : l'insinuation d'un acte de donation, d'un testament. •INSINUER v. a. (lat. tnsmunre). Inlroduirn doucement et adroitement quelque chose: insinuer le doigt, une sonde dans une plaie. — l'ig. Faire entendre adroitement, faire entrer dans l'esprit : insinuez-lui cela doucement. — Prat. INSIM'FR, FAIHK INSINUER UNE DONATION, UN TESTAMKNT, faire enregistrer unc donation, un testament à un certain grclle destiné pour cet effet. — S'insinuer v. pr. Pénétrer, et se dit tant au propre qu'au figuré: l'air s'insinue dans les corps. — Se faire admettre quelque part, s'y introduire avec adresse : s'insinuer diins une société. — S'insinukr dans l'ksprit DK quelqu'un, s'insinuer DANS SES BONNES GRACES, DANS SA BIENVEILLANCE, SB mettre bicn dans son esprit, gagner adroitement ses bonnes grAci's, sa bienveillance. •INSIPIDE adj. (préf. in; lat. sapidus, sapidc). Qui n'a nulle saveur, nul goiit : liifucur, breuvage insipide. — Se dit, fig., des choses qui n'ont aucun agrément, qui n'ont rien qui touche et qui pique : discours, ou- vrage, poème insipide. — Se dit dans le même sens des iiersonncs : un harangueur insiitide. INSIPIDEMENT adv. D'une manière insi- pide. • INSIPIDITÉ s, f. Qualité de ce qui est in- sipide : l'msipidité de l'eau. — Se dit aussi tig.: l'ins'pidilé de ce poème. ' INSISTANCE s. f. Action d'insister : son insistance dégénère en importunité. • INSISTER v. n. (lat. insislere; de in, en: sislere, s'airêtcr). Faire instance, persévérer a demander, à vouloir une chose : il insiste à demander telle chose. — Appuyer sur quehjue chose, s'y arrêter avec force : il insista beau- coup sur cette preuve; je n'insisterai pas sur ce point. • INSOCIABILITÉ s. f. Caractère de celui qui est iasociable. • INSOCIABLE adj. Fâcheux, incommode, avec qui l'on ne peut avoir de société, avec qui l'on ne peut vivre : un homme insociable. IN-SOIXANTE-QUATRE adj. Se dit d'un format dans lequel la feuille est pliée en soixante-quatre leuillels, faisant cent vingt- huit pages. — s. : un in-soixante-quatre. On écrit aussi in-64. • INSOLATION s. f. (lat. insolcre). Didact. Action d'exposer quelqu'un ou quelque chose à la chaleur du soleil : l'insolation est très favorable aux enfants nés faibles. — Maladie qui est la suite de coups de soleil dans les grandes chaleurs : les insolations sont fort à craindre en Afrique. INSOLÉ, ÉE part, passé d'iNsOLER. — Abeille INSOLÉE, abeille à corselet jaune qui se plait particulièrement dans les bois. • INSOLEMMENT adv. [ain-so-la-man]. Avec insolence : parler insolemment. • INSOLENCES, f. Hardiesse excessive, effron- terie, manque de respect ; grande, extrême insolence. — Orgueil offensant : l'insolence d'un parvenu. — Se dit aussi des paroles et des actions où il y a de l'insolence ; il a fait, il a dit mille insolences. ' INSOLENT, ENTE adj. (lat. insolcns). Effronté, qui perd le respect : un homme inso- lent, extrêmement insolent; cette femme est bien insolente. — Se dit également de l'air, des manières, des discours, etc.: il a le ton bien insolent. — Se dit quelquefois de celui qui olfense la modestie, la pudeur : ilest insolent, fort insolent avec les femmes. — Orgueilleux, I.NSO qui en use avec orpui'il. »vec dureté : il 4tt faut pim être insolent dans la victoire, dans la bonne fortune. — Se dit également, en ce dernier sens, de l'air, des discours, etc.: les airs insolents, te ton insolent d'un nouvel enri- chi. — Subst. c'est un insoleni; c'est une inso- lente. — Se dit encore quelquefois pour cilraordinairc, inouï, irritant : il a un bon- heur insolent. INSOLER V. a. (préf. in; lat. sol. soleil). Exposer aux rayons du soleil. IN SOLIDO, loc. adv. tirée du latin et signi- fiant : en masse, solidairement : tous les accusés ont été condamnés in solido à l'amende et aux frais. •INSOLITE adj. (lai. insolitus). Qui n'est point d'usage, qui est contraire à l'usage, aux régies : procédé bizarre et insolite. INSOLUBILITÉ s. t. Didact. Qualité des substances qui ne peuvent se dissoudre. — Impossibilité de résoudre un problème, une question, etc.: l'insolubilité d'un problème, d'une question. ' INSOLUBLE adj. Chim. Qui ne peut se dissoudre : ta résine est insoluble dans l'eau. — Signifie aussi fig., dans le langage ordi- naire, qu'on ne peut résoudre, expliquer : argument insoluble; difficulté insoluble. • INSOLVABILITÉ s. f. Impuissance de payer ; l'insolvabilité de cet homme-là m'a em- pêché de traiter avec lui. •INSOLVABLE adj. Qui n'a pas de quoi paver : il est devenu insolvable. — Qui ne peut acquitter une dette quelconque : Vous êtes belle, jeune, aimable ; Mais celui que l'hytiiun doit unir avec vous Songez-y bien, Corinc : un tel époux Est vieui. Est un liÉhyleur insolvable, Lb Bncn. • INSOMNIE s. f. (lat. insomnin). Privation de sommeil causée par quelque indisposition, quelque chagrin, quelque inquiétude: il y a un mois qu'il ne dort point, cette insomnie lui a échauffé le sang. — Enctcl. Le plus ordinai- rement l'insomnie est due a la toux, à l'oppression, à une digestion pénible ou à quelque douloureuse affection morale ; quel- quefois elle est causée par un trouble nerveux général. 11 suffit, pour prévenir une insomnie légère, de manger peu le soir et de bonne heure, puis de prendre un peu d'eau de Heur d'oranger ou du bromure de potassium dans un verre d'eau sucrée. Si l'insomnie était rebelle et que d'ailleurs elle ne fût pas liée à une affection du cœur ou du cerveau, il suffi- rait de prendre une cuillerée de sirop de chloral en se couchant ou quelques gouttes d'extrait thébaique (environ 2 à 3 centig.). * INSONDABLE adj . Qui ne peut être sondé : un gouffre insondable. — Fig. Qui ne peut être expliqué ; Qui peut sonder de Dieu Vinsondabtp pensée? LAHÀRTint. * INSOUCIANCE s. f. Etal ou caractère de celui qui est insouciant : il est Id-dessu d'une grande insouciance. * INSOUCLANT, ANTE adj. Qui ne se soucie et ne s'affecte de rien : être insouciant du lendemain. ' INSOUCIEUX, EUSE adj. Qui na aucun souci d'une chose : insoucieux de ses intérêts, il ne songeait qu'à l'intérêt public. •INSOUMIS, ISE adj. Non soumis :pcu;)/eJ insoumis. — s. m. Jeune soldat qui, au jour fixe sur sa feuille de route, n'est pas arrivé au lieu de sa destination. INSOUMISSION s.f. Manque de soumission. * INSOUTENABLE adj. Qu'on ne peut soute- nir, défendre, justifier. Ne se dit que des choses ; cette assertion, cette cause, cette opinion est insoutenable. —Qu'on ne peut supporter. INSP qui rhoijiift eitrêmemenl. Dans ce sens, se ait, des personnes et des choses : vanité insou- tenable ; c'est un homme insoutenable. • INSPECTER T. a. (lat. inspectare ; du préf. in, el spectare, regarder). Examiner avec au- torité, ou avec une mission spéciale d'une autorité compétente : il fut chnrçii d'inspecter ces mnqnnns. • INSPECTEUR, TRICE s. Celui, celle dont la fonction est d'inspecter, de surveiller quel- que chose : c'est un inspecteur fort vijilant; inspectrice des écoles de jeunes filles. • INSPECTION s. f. Action par laquelle on regarde, on considère, on examine quelque chose ij'di connu par l'inspection des pièces du procès que... — Fonction, soin d'examiner quelque chose, de le surveiller : on lui donna l'inspection du matériel, l'inspection sur le commerce, sur les manufactures. — Place, em- ploi d'inspecteur : il obtint une inspection dans les ponts et chaussées. • INSPIRATEUR, TRICE adj. Qui inspire : un génie inspirateur. — Anat. Muscles inspi- RATiiOKS, se dit des muscles qui contribuent à l'inspiration. • INSPIRATION s. f. Action d'inspirer quel- qu'un, de le conseiller, de lui suggérer quel- que chose : c'est par votre inspiration que j'ai agi. — Se dit aussi de la chose inspirée : je vous dois cette inspiration. — Sentiment, pen- sée, dessein, qui semble naître spontanément dans lecœur, dansl'esprit, etque l'on regarde souvent comme inspire par le génie, par l'enthousiasme, ou même par la divinité : inspiration divine; j'ai eu une bonne inspira- tion; les inspirntio?is du génie. — Ahsol. L'en- thousiasme, dans ia poésie, dans les beaux- arts, etc. ; ce vers a été fait d'inspiration. — Physiol. Action par laquelle l'air entre dans le poumon ; mouvement opposé à l'expiration. • INSPIRÉ, ÉE part, passé d'iNspiBER. — Subst. Personne qui est ou que l'on suppose inspirée de la divinité : c'est un inspiré, une inspirée. • INSPIRER v. a. (lat. inspirare ; de in, dans ; spirare, souffler). Faire naître dans le cœur, dans l'esprit, quelque mouvement, quelque dessein, quelque pensée : c'est un sentiment que la nature inspire; c'est la jatou- sie, l'envie, l'ambition, qui lui ont inspiré cette mauvaise action. — S'emploie aussi avec le nom de la personne pour complément direct et signifie alors, conseiller, diriger, animer : à celle conduite du print.e, on reconnut le mi- nistre qui l'inspirait.» — Se dit, particul., en parlant de ceux qui reçoivent de la divinité des lumières surnaturelles, qui sont pleins d'une fureur divine, ou qui sont animés de quelque enthousiasme : c'est le Saint-Esprit qui ia inspiré; les païens croyaient qu'Appol- ion inspirait la pythie. — Fam. Je fus bien INSPIRÉ QUAND JE FIS TELLE CHOSE, je fuS bien avisé, j'eus une bonne idée lorsque, etc. — Méd. Inspirer de l'air dans les poumons d'un NOYÉ, d'un enfant nouvkau-né, y souffler de 'air. (Voy. Insuffler.) INSPRUCK lall. Innsbruck, [inn-sprouck]), capitale du Tyrol, sur les deux rives de l'Inn, i:i7lil.S, qui avait apporté diverses modifications aux statuts antérieurs, a été rapporte le 12 juillet <872. L'Institut national est divisé en cinq classes ou académies formant chacune un corps distinct : 1" l'Académie française qui a été fondée par Richelieu en 163.5 et qui, de même que les autres sociétés littéraires dotées par l'Etat, a été supprimée pendant quelques années, en vertu de la loi du 8 aoiit I'iy3 ; 2° l'Académie des inscriptions et belles-lettres, créée en 1 663 ; 'i' l'Académie des sciences, fondée en 1666; 4» l'Académie des sciences morales et politiques, fondée en 1663, suppri- mée en 1803 et rétablie en 1832 ; ji» V Acadé- mie des beaux-arts, formée en 1819 par la réu- nion de l'ancienne Académie de peinture et de sculpture et de l'Académie d'architecture. (Voy. Académie.) Les membres titulaires de l'Institut reçoivent de l'Etat une indemnité de 1,500 fr. par an. Chacune des cinq acadé- mies a une administration indépendante et dispose des capitaux et rentes qui lui sont contiés pour récompenser les auteurs des ou- Traces couronnés dans les concours. L'Acadé- INST mie française est speci&ieweul chargée de i déliTrer les prix de Tertu intilués par M. de MontTon. Il existe, en outre, un patrimoin»' commun aux cinq classes de l'in.'lilut et <\m est administrée par une commission de liii leinbres, nommés eu nombre épal par clia- une des académies. L'Institut national de France Usure au budget de l'Etat pour une dépense annuelle de 720,000 fr. — Institut nationcil agronomique. Cet établissement, fondé a Versailles, en vertu delà loi du 3 ocl. I8is, et destiné à l'enseignement supérieur des sciences agricoles, a été supprimé par décret du 14 .-^ept. 1851. Il a été réinstallé de- puis à Paris, en ciéoutioii de la loi du 9 août 1K76. Il a pour but de fi/oriser le prot;res agricole et d'élever le niveau de la science dans .ses rapports avec toutes les branches de la production animale et végétale, en formant des .ngiiciilteiir.sel des projiriélaires instruits. Il se compose de l'école des hautes études de l'aj/riculture, établie dans les bâtiments du Conservatoire des arts-et-raéliers, à Paris, et d un grand établissement de recherches et d'expérihientatioa créé à la ferme de Vin- cennes. La durée des études est de deux ans. Le régime de l'école est l'externat ; cl on ne peut y être admis qu'après un examen. )> (Ch. y.) ■ INSTITUTES s. f. pi. [ain-sli-lu-te] (lat. instituere, instituer). Droit. Ouvrage élémen- taire qui renferme les principes du droit ro- main : on appelle Inslitutes de Juslinien celtes qui furent composées par l'ordre de cet empe- reur. Ouelques-uns disent Inslituts, et le font masculin. — Inslitutes de juslinien : étudier les Institutes ; il sait bien les Inslitutes. — .S'applique, par ext. à certains autres ouvra- ges élémentaires de jurisprudence : les Insti- tutes du droit français. ' INSTITUTEUR, TRICE s. (lat. inslitutor). Celui, cellequi institue, qui établit : l'institu- teur de cet ordre religieux; instituteur des jeux Olympiques. — Persoiim: chargée de l'éducation et de linstruclion d'un ou de plusieurs cn- tun'ia'.iinitituteurd'unjetmeprince. — Celui ou celle qui lient une pension, une maison d'édu- cation, une école -.c'est un des inlituteurs les plus renommés de la capitale ; instituteur primaire. — Législ. « Nul ne peut exercer les fonctions a instituteur ou d'institutrice titulaire ou adjoint, dans une école publique ou privée, s'il n'est pourvu du brevet de capa- cité pour reiiseignemenl primaire (L. 16 juin 1881, art. I'-'). Les équivalences autorisées par la loi du 15 mars 1830 sont abolies. En conséquence, le brevet de capacité ne peut plus être suppléé, soiL par le diplôme de ba- chelier, soit par un certilicat d'admission dans l'une des écoles de l'Etat, soit par une lettre d'obédience délivrée par le supérieur ou la supérieure de l'une des congrégations religieusesenseignantes reconnues par l'Etat. Le brevet élémentaire est suffisant pour l'exercice de la profession d'instituteur pu- blic ou privé. Le brevet supérieur procure à l'instituteur dune école publique un siipplé ment de traitement de 100 fr. par an. En outre, une semblable allocation supplémen- taire de 100 fr. par an est accordée, en vertu de la loi du 19 juillet 1875, aux instituteurs qui ont obtenu, à titre de récompense, lune des médailles d'argent décernées dans les conditions fixées par l'arrêté ministériel du 20 juillet 1881. — Le certificat d'aptitude pé- dagogique est un titre complémentaire de 1 un et de l'autre brevets. Ce certificat, délivré après examen, est exigé des instituteurs et desinstilutricesappelésà la direction d écoles publiques comprenant plusieurs classes. Tout instituteur public ou privé doit être âgé de 21 ans accomplis (L. 15 mars 1850, art. 2.H). Les instituteurs adjoints doivent être âgés d'au moins 18 ans (L. 10 ayril 1867, art. 2). Une circulaire ministérielle du 9 nov. 1881 a INST crée des emplois d'instituteurs suppléante. Ceux-ci sont chargés de remplacer, en cas de maladie ou d'absence, les instituteurs tilu- laires. Les étrangers peuvent *tre autorisés par le minisire à ouvrir ou il diriger des établissements d'instruction primaire ou d'instruction secondaire. Coite autorisation ne peut être accordée qu'à des étrangers déjà admis à jouir des droits civils en France, et qu'après avis du conseil supérieur de l'ins- truction publique. Les instituteurs, de même que tous les membres de l'Université, sont dispensés du service militaire, lorsqu'ils ont contracté l'engagement de se vouer pendant dix ans à la carrière de renseitincmenl, et que cet engagement a été accepté par le rec- teur de l'académie avant le tirage au sort (L. 27 juillet 1872). Le nombre des institu- teurs et des institutrices primaires s'élève aujourd'hui en France à près de 1011,000; et ce nombre est encore très insuffisant. La création de nouvelles écoles normales pri- maires et l'agrandissement de celles qui existent, ainsi que l'accroissement des crédits • allectés à l'enseisnement primaire permet- tront d'atteindre progressivement le niveau des besoins, de créer des écoles de hameau et de laïciser entièrement le personnel de l'instruclion publique, ce qui est une consé- quence nécessaire de la laïcisation des pro- ^'rammes. Il y avait, en 1877, près de 27,000 instituteurs ou institutrices congréganisles ; et l'on en comptait encore 20,000 en 1884. La loi qui doit régler définitivement les trai- tements et la situation des instituteurs pu- blics étant encore à l'état de projet, nous ne croyons pas devoir reproduire ici les propo- sitions qui n'onl pas encore été rendues exécutoires parle Parlement. La nomination des instituteurs appartient aux préfets, et ils sont surveillés par les délégués cantonaux et par les inspecteurs primaires. La Restau- ration les avait placés sous la surveillance des évêques et des curés (Ord. 29 fév. 1816 et 21 avril I8i8). En outre, comme leur trai- tement était en général insuffisant et mal assuré jusqu'en 1881, ils remplissaient sou- vent les ofliccsde bedeaux, de chantres, etc., ce qui les mettait dans l'état de dépendance et abaissait leur caractère. Les lois nouvelles ont libéré l'instituteur de celle servitude; et en relevant la dignité de sa fonction, elles ont fait d« lui ce qu'il doit être exclusivement, l'éducateur de la majeure partie de la na- tion. » (Ch. Y.) • INSTITUTION s. f. (lat. institutio). Action par laquelle on institue, on établit : l'institu- tion des jeux Olympiques. — Se prend aussi pour la chose instituée: c'est une louable, une pieuse, une sainte institution; les hôpitaux, les écoles, sont des institutions utiles. — Jurispr. Institution d'héritier, nomination d'un héri- tier : faire institution d'héritier. — Education : l'institution de la jeunesse est d'une grande importance dans l'Etat. — Ecole, maison d'é- ducation ; ouvrir, établir, tenir une institution; l'instilulion des Aveugles, des Sourds-Muets. — Institution nationale des jeunes aveugles. (Voy. Aveugle. I Institution nationale de sourds-muets. (^Voy. Souru-muet.) • INSTRUCTEUR s. m. (lat. insti-uctor, de instruere, instruire). Celui qui instruit : ins- tructeur mercenaire. (Peu usité.) — Celui qui est chargé d'enseigner aux jeunes soldats l'exer- cice el le maniement des armes : Manuel de l'instructeur. On le prend quelquefois adjec- tiv. : capitaine instructeur. — Palais. Juge instructeur, signifie la même chose que juge d'instruction. (Voy. Instruction.) •INSTRUCTIF, IVE adj. Qui instruit. Ne se dit que des choses : ce livre est fort instructif. • INSTRUCTION s. f. Partie de l'éducation qui a pour but le dévclojipement intellectuel de l'individu ; savoir acquis par l'élude: l'ins- truction de ta icunesse, îles enfants. (Voy. Edu- INST INST INST 391 CATION.) — Connaissance, sayoir, notions ac- quises: avoir de l'instruction ; c'est un homme d'une grande instruction. — Leçon, précepte qu'on donne pour instruire : vous lui donnez là une bonne instruction, une instruction salutaire. — Insthuction PASTORALE, inandemenld'évêque sur quelque point de doctrine. — Connaissance qu'on donne àquelqu'un de certains faits, de certains usages qu'il ignore : je vous demande cela pour mon instruction. — Ordres, explica- tions, avis qu'une personne donne à une autre pour la conduite de quelque affaire, de quel- que entreprise; et, dans C6 sens, il s'emploie surtout au pluriel : j'irai ■prendre vos instruc- tions sur l'affaire dont vous m'avez chargé. — Ordres, explications écrites ou verbales qu'un prince ou un gouvernement donne à son am- bassadeur, à son envoyé, à son délégué, sur la manière de se conduire dans la mission dont il le charge : cet ambassadeur serait parti, s'il avait reçu ses instructions. — Jurispr. For- malités nécessaires pour mettre une cause, une affaire civile ou criminelle en état d'être jugée : travailler à l'instruction d'un procès. — Juge d'instruction, magistrat établi pour rechercher les crimes et délits, en recueillir les preuves ou indices, et faire arrêter et in- terroger les prévenus, les inculpés : un man- dat (l'nmeMer décerné par le juge d'instruction. — Législ. « On nomme instruction criiiiinelle la pro(tédure employée devant les diverses juridictions criminelles. Cette procédure est détaillée dans le Code d'instruction criminelle qui a été promulgué, comme une annexe du Code pénal, le 27 novembre 1 808. La première partie de ce code, c'est-à-dire tout ce qui concerne l'iustruction préparatoire, n'étant plus en lapport avec le progrès des mœurs, est l'objet d'un projet de réforme, contenant de nombreuses modifications, lesquelles don- neraient de sérieuses garanties aux inculpés et abrégeraient la durée de la détention pré- ventive. Ce projet, présenté par le gouverne- ment en 1879, a été adopté par le Sénat le 5 août 1882. Dans les affaires qui sont pen- dantes devant les tribunaux civils, lorsque le tribunal reconnaît que la cause est trop com- pliquée pour être jugée sur plaidoiries ou sur délibéré, il peut ordonner une instruction par écrit; et, dans ce cas, il y a lieu à requêtes et à réponses écrites, avec coninuinication des pièces à l'appui; ensuite un desjuges, commis à cet effet, fait au tribunal un rapjiort sur l'affaire (C. proo. 9:j à M5 ). Une instruction ministérielle en une circulaire adre.s.sée par un ministre aux chefs de service [ilacés sous ses ordres, et ayant.pour but d'interpréter, d'expliquer et de commenter les lois et les dé- crets réglementaires, afin d'en faciliter l'exé- cution. En ce qui concerne Vinstrtiction publique, nous avons déjà parlé, au mot Enskionenent, de la loi du 16 juin I8M qui a établi la gratuité absolue de renseignemenl primaire, et de la loi du 28 mars 1882 (jui a rendu cet enseignement obligatoire pour tous les enfants âgés de six à treize ans révolus, et qui a prescrit la laïcité des programmes, en attendant que la laïcité des instituteurs rende définitive la séparation entre I école publique et les diverses Eglises. Nous avons résumé trèssuccinctenient la législation en ce qui con- cerne chacun des trois degrés de l'enseigne- ment. Il lie reste plus qu'à donner ici quelques détails de statistique sur les dépenses de l'instruction publique en France. En 1817, l'instruction publique formait au budget un simple chapitre du ministère de l'intérieur, et la dotation était fi.xée à 2,450,000 fr.; mais la dépense s'élevait a 3,8:j0.000 fr., en com- prenant les sommes affectées k l'enseigne- ment dans d'autres serricos. En 18:io, le budiiet de l'iiistruclion publique s'ulève à 9,291,000 h-, et en I8i7. à I. {,22.3,01)0 ; U se- conde Ré^iublique l'aecroll de 3,640,0(10 ; !• second Ea\')ire le porte, en ^ingt an."!, Ha 17 4 32 niiUioùs; puis l'Assemblée iiJ^liona!» de 1871 y ajoute -5 millions et demi en cinq ans; mais, à partir de 1877, la majorité répu- blicaine du Parlement entreprend de réparer à tout prix l'oubli systématique ou l'indiffé- rence du passé. Les dépenses de l'enseigne- ment à tou.s les degrés et surtout celles de l'instruction primaire sont enfin dotées large- ment. Si l'on tient compte de certains crédits disséminés dans les bud;.'ets des divers mi- nistères et qui s'élèvent à 7 millions et demi, non compris les dépenses des écoles tech- niques; si l'on ajoute aussi 4 millionset demi qui figurent au budget des beaux-arts, et si l'on comprend également les 16 millions qui incombent à la charge des départements et les b2 millions qui sont payés par les com- munes, on trouve que, pour l'année 1884, la dépense totale de l'instruction publique s'élève à 214 millions. Ce chiffre devra s'accroître encore de plus de 5U millions dans l'espace de quelques années, pour être au niveau des besoins constatés, et pour assurer un traite- ment convenable aux instituteurs. Ajoutons encore que le nombre des enfants qui fré- quententlesécolespubliquesestde 6,600,000.» (Ch. y.) • INSTRUIRE V. a. (lat. instruere). Ensei- gner quelqu'un, lui apprendre quelque chose, lui donner des leçons, des préceptes pour les mœurs, pour quelque science, etc. : instruire la jeunesse; ces enfants sont bien instruits, mal instruits.— Ahsol. -.c'est un homme qui ins- truit fort bien, qui sait bien instruire. — Fig. ; il fut instruit par le malheur, par l'expérience. — Se dit, par exl., en parlant des bêtes: instruire un cheval; on instruit les chiens à chasser, à rapporter. — Informer, avertir, donner connaissance de queli[ue chose : j'ins- truirai sa famille de la conduite qu'il tient. — Jurispr. Mettre une cause, uneaflaire civile ou criminelle en état d'être jugée: il instruit bien un procès, une affaire. — Instiiuire le l'HocÉs DE quelqu'un, lui faire son procès, en matière criminelle : son affaire s'instruit à l'heure qu'il est. On dit de même, absol.. Instruire conthb quelqu'un. — S'instruire V. rétl. Aimer à s'instruire. — v. récipr. Ils s'instruisent l'un l'autre. ' INSTRUMENTS, m. [-man]{\a.l.instrumen- tum) Nom génériijue de la plupart des outils, machines, ou appareils, qui servent, dans un art ou dans une science, à exécuter quelque chose, à faire quelque opération: bon instru- ment; un ouvrier fourni de tous ses instru- ments.— Se dit, particul., des instruments de musique ; monter un instrument; le violon, la harpe, le jyiano, sont des instruments à cordes. — Prov. C'est un bel ikstiiument que la langue, il est plus aisé de parler que d'exé- cuter. — Tout ce dont on se sert pour faire une chose (]uelcoiique, une action bonne ou mauvaise; frap/icr quelqu'un avec un instru- ment tranchant, avec un instrument contondant; les instruments de la passion de Notre-Seigneur. — Fig. Personne ou chose qui sert à produire quelque effet, à parvenir à quelque lin; nous ne sommes que les instrununts de la Provi- \ dence. — Contrat et acte public par-devant notaire ; c'est un instrument atithentique. (Vieux.) — Se dit aussi de certaines pièces diplomatiques: l'insirumenl du traité. • INSTRUMENTAIRE adj. m. Jurispr. Ne s'emploie que dans cette locution, Témoin instrumkntaiue, celui qui a.ssisle un notaire ou quelque autre officier public dans les actes pour la validité desquels la présence de lé- moins e^t iiicessaire. " INSTRUMENTAL, ALE adj. Qui sert d'ins- trument : la cause instrumentale. — Mus. Oui s'exécute, ijui doit êtrî eiéi-uté par des ins- truments ; musique tnslrumentate ; la partie instrumentale de cet opiîro est d'une exécution très difficile. • INSTRUMENTATION s. f. Mus. Manière dont la paitie instrumentale d'un morceau 'i de musique est disposée: l'instrumentation de ce chœur est fort savante. •INSTRUMENTER v. n. Pral. Faire des contrats, des proces-verbaux. des exploits, et autres actes publics : les notaires ne peuvent pas instrumenter hors de leur ressort. INSTRUMENTISTE s. Musicien qui joue d'un instrument. ' INSU s. m. Ignorance de quelque fait, de quelque chose. Ne s'emploie que dans la lo- cution prépositive, A l'insu de, et dans les lo- cutions analogues. A mon insu, a votre insu, A leur insu : à l'insu de tout le monde ; il s'est marié à l'insu de ses parents, de sa famille. ' INSUBMERSIBLE adj. Qui n'est pas sus- ceptible d'être submergé: bateau insubmer' sible. •INSUBORDINATION s. f. Défaut de subor- dination, manquement à la subordination: il régne dans ce corps une grande insubordi- nation. •INSUBORDONNÉ. ÉE adj. Qui a l'esprit d'insubordination, qui manque fréquemment à \a. subordinaliou : ce soldat est insubordonné. INSUBRES ou Insubriens, peuple de l'an- cienne Gaule Cisalpine, dansia Transpadane. Originaires du pays des Eduens dans la Tran- salpine, ils vinrent en Italie à la suite de Bellovèse et fondèrent Milan, qui devint leur capitale. Vaincus d'abord par les Romains, ils se révoltèrent contre eux à l'approche d'Annibal et battirent le préteur Manlius à Modène. Mais après la seconde guerre punique, ils durent subir le joug des Romains qui les écrasèrent sur le Mincio et à Milan (195 av. J.-C). A partir de celte époque, ils dispa- rurent de l'histoire. INSUBRIE, ancienne province du nord de l'Italie où les Iiisubres vinrent s'établir; elle était située entre le Pô au S., le Tessin à l'O., les Alpes au N., et l'Adda à l'E. Ch.-l., Mcdio- laiium (aiij Milan). * INSUCCÈS s. m. Défaut de succès: cet in- succès ne doit IHJS le décourager. - INSUFFISAMMENT adv. D'une manière insuffisante : il ne pourvoit que bien insuffisam- ment à leurs besoins. • INSUFFISANCE s. f. Incapacité, manque de sufUsance : je reconnais toute mon insuffi- sance. — Insuffisance des valvules du cœur. (Voy Valvules.) * INSUFFISANT, ANTE adj. Qui ne suffit pas : ces moyens sont insuffisants. ■ INSUFFLATION s. f. Méd. Action d'in- suflb-r ; recourir a l'insufflation. • INSUFFLER v. a. (lat. insufflare). Méd. SoufUer, introduire à l'aide du soufUe un gaz, une vapeur dans quelque cavité du corps: insuffler de l'air dans ta bouche d'une pcrsotine asphyxiée. • INSULAIRE adj. (lat. insula, Ile). Qui ha bile une ilc: les peuples in.tittaires . — Subs- tantiv. : insxilaires île la mer Pacifique. . ■ INSULTANT, ANTE adj. Qui insulte. No se dit (lue dos choses: discours insultant. i ' * INSULTE s. f. Injure, outrage, mauvais Iraileiiienl de fait ou de parole, avec dessein prémédité d'offenser : faire insulteà quelqu'un. — Guerre. Coup demain, attaque brusque et I vive : cette place est hors d'imulte. 1 * INSULTER V. a. (lat. insuttare, saillir). Maltraiter, oulrager quelqu'un de fait ou de parole, de proposdclibéré : imuUcrquetqu'un. l'insulter de paroles. — Man(|uer ft ce que l'on doil aux personnes ou aux choses; dans ce sens, il s'emploie avec la préposition à : insul- ter aux misérables ; insulter à S'< juges. — Fij;. : leur faste insulte a la détresse puolique. 39Î INTÉ — AlUqnor Tivemi'nt et à découTp.rl. «l se dilsurloul en parlaiil .l'une pluie de guerre el des fortifications : insulter une place. ' IHSULTEOR s. m. Celui qui insulte hahi- luelleraeiit, qui fait pour ainsi dire métier d'insulter: un inaulteur gagé. • INSUPPORTABLE adj. Qui ne peut être supporte, soullert; ou qui est eilrêmeinenl fâcheux, désagréable. Se dit des personnes el des choses : il sent des douleurs insupportables ; cet homme r.sl insupiiorlabte. • INSOPPORTABLEMENT adv. D'une ma- nière insupportable: ceï ouvrage est tnsuppor- tablernent long. ' INSURGÉ, ÉE part, passé de S'inscrger : un peuple insurgé. - s. : les insurgés se por- tèrent vers telle ville. • INSURGENTS s. m. pi. Nom qu'on don- nait autrefois :\ certains corps de troupes hongroises levées extraordinairement pour le service de l'Etat: les insurgenls s assemblè- rent. — Américains qui se soulevèrent pourvu cause de INTE • INTÉGRANT, ANTE a ^...j-.-j — , - . - certain résultat : il s'est acquitté desamission avec beaucoup d'intelligence. - Amitie réci- proque, accord, union de sentiments . ils sont, ils vivent en bonne intelligence, en parfaite vi- teltigenee. - Correspondance comniun.calion entre des personnes qui s'entendent 1 une avec l'autre : ils sont d'intelligence pour vous surprendre, pour vous tromper. - Avoir une Dou^BLE INTELLIGENCE, avoir des intelligence» dans les deux partis, dans les deux a mtes _ Substance purement spirituelle : DieujU la souveraine intelligence. - Les intelligences CÉLESTES, les anges. • INTELLIGENT. ENTE adj. Pourvu de la faculté inlelleclive, capable de concevoir et de raisonner ■■ l'homme est un être intelligent - Qui a beaucoup d'intelligence, qui coi-içoil facilement : cet enfant est fort mlelliyent. - Se dit quelquefois des animaux : ^f'^^J;l^ très inàlligent. - ^^^ ^^-'"^■•"TiP'.t^l^^^^Tn d'adresse : c'est un homme intelligent, très in- telligent. INTELLIGIBILITÉ s. f. QuaUte, caiaclère de ce qu, est intelligible : la raison nous donne f mteUigibilUé des choses. ' INTELLIGIBLE adj. Qui peut être oui fa- cilement et disiinctement : parler a voix haute \ H intelligible, a luiiUe et intelligible voix. - _ 'Lntendance militaire , corps chargé de tout ce qui concerne l'administration et a on pUbîl.té de rarmce : l'interidance mii- taire fut établie en 1817, en remplacement des Inspecteurs aux revues et des cor,missairesd,es nuerre - Maison où demeure un intendant, o" il a ses bureaux ; aller a l'intendance. - Lé-isl. « L'intendance militaire est chargée Siiustrer le matériel de l'armée^ E le a été créée, sous le mimstère du maréchal Cou- vion Sainl-Cyr, le 29 juillet 1S17, afin de rem- nlacer le corps des inspecteurs aux revues et fi. commissaires de guerre. Elle a ete reorga- nTsee successivement ,ar les ordonna^ices des îijum m-n et 27 août 1840, par le décret du ■29 décembre 18.il, par la loi du 16 mais 188- et par le décret du 16 janvier 188S. Le corp^ de^n.nleBda...ce est d-.stu.ict du personnel des ufliciecs d'admiJiiitration, qui est charge de. detaiisdu service: il l'est aussi du corps de coXle de l'administration de Urmee le- mipl a elé c-ree par la loi du 1b mars 18»i '^l ^ontîe personn^el spécial relève directement et exclusivement du ministre de la guerre. La hiéiarcbie de l'intendance militaire est ainsi rèo- ée • le grade d'adjoint a Tintendance cor- resiond a^celui de 'capitaine ; le grade de sous intendant militaire de 3^ classe cories- ^nndà celui de chel de bataillon; le grade Te sous- n endant de 2« classe à celui de lieu^ tenant-colonel; le grade de sous-mLendanl INTE INTE INTE 393 de l" classe à celui de colonel; le grade d'in- tendant à celui de général de brigade; et le grade d'intendant général à celui de général de division. Le corps de l'intendance se re- crute par voie de concours, parmi les capi- taines, chefs de bataillon, chefs d'escadron et majors de toutes armes, et parmi les officiers d'administration de 1" classe, de 2" classe ou principaux. L'intendance est placée, dans chaque circonscription ou en marche, sous les ordres du commandant de corps d'armée (L. 24 juillet 1873, art. 17). Elle comprend.les servicesde la solde, des subsistances militaires, de rhabille[nent, du casernement, du harna- chement, des lits militaires, des hôpitaux et ambulances, l'ordonnancement et la vérifica- tion des dépenses relatives à ces services, ainsi qu'au service de santé, au recrutement, à la justice militaire, etc. Les membres des corps de l'intendance sont en outre investis de plusieurs attributions spéciales ; ils assistent aux opérations des conseils de révision ; et ils peuvent occuper les fonctions de commissaire du gouvernement ou de rapporteur près les tribunaux militaires. Ils remplissent dans les armées les fonctions d'officiers d'état civil, et ils ont aussi qualité pour recevoir les testa- ments, pour délivrer les procurations, les cer- tificats de vie, etc. Un comité consultatif de l'intendance, réorganisé par décret du 7 fé- vrier 1884, est chargé d'étudier les questions spéciales qui lui sont soumises par le ministre de la guerre. » (Cb. Y.) * INTENDANT s. m. [ajii-tan-dan] (lat. inten- dens, qui surveille). Celui qui est charge de régir les biens, de conduire et de surveiller la maison d'un prince, d'un grand seigneur, d'un riche particulier : l'intendant de la tnai- son d'un prince. — Se disait pareillement, | autrefois, de ceux qui étaient à la tête de l'administration des provinces, ou qui avaient | les attributions relatives aux finances du royaume : intendant des finances. — Certains , fonctionnaires qui surveillent et dirigent un service public, ou un grand établissement : intendant de lamarine, intendant des bâtiments. — Intendant militaire, délégué du ministère de la guerre pour ce qui concerne l'adminis- tration et la comptabilité de l'armée : sous- intendants militaires. ' INTENDANTE s. f. Se disait autrefois de la femme d'un inlendant de province : madame l'intendante. ' INTENSE adj. [aia-tna-se] (ial. intetisus, tendu). Didact. Grand, fort, vif : une chaleur intense. INTENSIF, IVE adj. Qui a le caractère de l'inteuMlé. — Granim. Particule intensive, celle qui renforce le sens. •INTENSITÉS, f. Didact. Degré de force ou d'activité d'une chose, d'une ([ualité, d'une puissance : l'intensité de la lumière, du son, du froid, d'une force inouoante, etc. INTENSIVEMENT adj. D'une manière iu- teiiso, a un haut degré. •INTENTER v. a. [ain-lan-lé] (lat. intentare, fréquentât, de intendere, tendre vers). Jurispr. .N'est usité que dans ces phrases, Intenter UNE ACTION, INTENTEll UN PROCÈS, INTENTER UNE ACCUSATION coNTRK QUELou'uN, faire Un procès i queliju'un, former une accusation 'contre quelqu'un; on dit aussi, intenter un procès A quelqu'un. •INTENTIONS, f. [ain-tan-si-on](lat. inten- tiu). Dessein, vue; mouveincnt de l'âme par lequel on tend ii quelque lin : bonne inten- tion; mon intention n'étaityas de vous déplaire; je rends justice a ses intentions. — S'emploie quelquefois dans le sens de volonté : l'inten- tion de votre père est que vous partiez. — Faire une chose a l'intention de quelqu'un, pour lui, i sa considération. — Kairb des PHIKHES, UONNEKDES ACMÙNES, DlbKLA Uk.a.tK, CtC, 250 à. l'intention de quelqu'un, faire ces choses dans le dessein qu'elles lui servent devant Dieu -.ila dit, il a fait dire la messe à l'intention dudéfunt. — En termes de dévot., Dirigerou DRESSER SON INTENTION, rapporter ses actions, ses vues à une fin déterminée, et ordinaire- ment à une bonne fin. On dit, dans un sens analogue. Direction d'intention ou de l'inten- tion. — Direction d'intention, s'emploie plus ordinairement en parlant de ceux qui, pour sauver ce qu'il va de mauvais dans un discours, dans une action, allèguent l'innocence de leur motif, de leur intention : il n'y a rien qu'on ne prétende justifier par la direction d'intention. — Prov. et fam. L'enfer est pavé de bonnes intentions, on forme beaucoup de bonnes ré- solutions, mais on ne les mène pas à bonne fin. • INTENTIONNÉ, ÉE adj. Qui a certaine intention. Ne s'emploie guère qu'avec bien, mal, ou mieux : une personne bien intention- née. On écrit aussi malintentionné en un seul mot. I ' INTENTIONNEL, ELLE adj. Qui appartient à l'intention : le sens apparent de cette propo- sition est bien différent du sens intentionnel de l'auteur. — Espèces intentionnelles, les an- ciens nommaient ainsi les images qu'ils sup- posaient sortir des corps pour frapper les sens; ils les nommaient aussi Espèces impresses. INTENTIONNELLEMENT adj. En ou avec intention ; intentionnellement il était coupable: j'ai fait cette chose intentionnellement. • INTERCADENCE s. f. Méd. Se dit en par- lant du pouls, lorsqu'il offre par intervalles une pulsation surnuméraire : l'ijitercadence, les intercadences dupouls. • INTERCADENT, ENTE adj. Méd. Se dit du pouls, lorsqu'il offre des intercadences : pouls intercadent. 1 ' INTERCALAIRE adj. Qui est ajouté et in- [ séré. Se dit proprement du jour que l'on ajoute au mois de février dans l'année bis- sextile : jour intercalaire. — Lune interca- laire, la treizième lune qui se trouve dans une année, de trois ans en trois ans : il y au- ra une lune intercalaire cette année. — Vers qu'on répèle plusieurs fois dans de petits poèmes, tels que les chants royaux, les bal- lades, les virelais, etc. : vers intercalaires. • INTERCALATION s. f. Action d'intercaler, ou résultat de cette action. Se dit, propre- ment, de l'addition d'un jour dans le mois de février, aux années bissextiles : l'année où l'on fait iintercalation, le mois de février a vingt-neuf jours. — Se dit, par ext., en par- lant d'écrits : l'intercalation d'un mot, d'une ligne dans un acte, d'un article dans un compte, d'un passage dans un texte. — »* Typogr. Tout mot qui, dans la composition, se compose en italique, en capitale ou d'un caractère pris en dehors de la ca.sse. • INTERCALER v. a. (lat. intercalare ; de inter, entre; calare, crier, appeler). Insé- rer. Se dit proprement en parlant du jour qu'on ajoute, de quatre ans en quatre ans, dans le mois de février, afin que la manière de compter cadre plus exactement avec le cours du soleil : dans les années bissextiles on intercale unjour, — Se dit, par ext., en par- lant d'écrits auxquels on ajoute quelque chose après coup : intercaler un mot, une ligne da7is un acte, un article dans un compte, un passage dans un texte. — Typogr. Ajouter dans une feuille, encorrigeant, une note, un alinéa, une phrase. — »-v Placer, en imposant, un carton ou un fragment de feuille, de manière qu'en pliant la feuille dont il fait partie, il s'en trouve entièrement détaché. • INTERCÉDER v. n.(lat. inter, entre; c«iere, venir). Prier, solliciter pour quelqu'un, afin de lui procurer quelque bien ou de le garan- tir de quelque mal ■ la Vierge, les saints in- tercèdent auprès de Dieu pour les hommes. INTERCELLDLAIRE adj. Bot. Qui est placé entre les cellules : espaces intercellulaires. ' INTERCEPTER v. a. (lat. inter, entre ; ca- pere, prendre). Arrêter, interrompre le cours direct de quelque chose : intercepter les com- munications. — S'emparer par surprise de ce qui est adressé, envoyé à quelqu'un : on in- tercepta une lettre, un paquet d'importance. ' INTERCEPTION s. f. Didact. Se dit en par- lant de quelque chose dont le cours direct est interrompu : interception du son. ' INTERCESSEUR s. m. Celui qui inter- cède : %^'iissant intercesseur. ' INTERCESSION s. f. Prière, action d'in- tercéder : puissante, faible intercession. ' INTERCOSTAL, ALE, AUX adj. Anat. Se dit de ce qui est entre les côtes : muscles inter- costaux. INTERCURRENCE s. f. [-kur-ran-] (lat. inter, entre et ciirrere, courir). Alternatives, variations, inégalités. • INTERCURRENT, ENTE adj. Qui se place entre, qui survient entre. Ne s'emploie guère qu'en termesde médecine dans cette locution. Maladies intercurrentes, celles qui survien nent dans des saisons ou dans des lieux où elles ne se manifestent pasd'ordinaire et qui compliquent les maladies régnantes. INTERCUTANÉ, ÉE adj. Qui est entre la chair et la peau; artère intercutanée • INTERDICTION s. f. Défense, prohibition: l'interdiction d'un genre de commerce. — Dé- fense, perpétuelle ou temporaire, de conti- nuer l'exercice de certaines fonctions, faite par sentence ou arrêt, par décision d'une au- torité supérieure : cet huissier a été puni d'interdiction. — Jurispr. crimin. Interdiction des droits civiques, civils et de famille, pri- vation, déchéance totale ou partielle des droits civiques, etc., prononcée contre celui qui a été reconnu coupable. — Interdiction légale, celle qui résulte de la condamnation à cer- taines peines, telles que les travaux forcés, la réclusion, etc. — Jurispr. Action d'ôler à quelqu'un la libre disposition de ses biens, et même de sa personne, quand on reconnaît qu'il est en état d'imbécillité, de démence ou de fureur : provoquer l'interdiction d'une per- sonne; jugement d'i}iterdiction.—Législ.«l.'état (i'i?!ter(iictiûnestceluid'une personne mise en tutelle et assimilée à un mineur, en vertu d'un jugement, après qu'ila été constaté qu'elleest dans un état habituel d'imbécillité, de dé- mence ou de fureur. (Voy. Démence.) L'inter- diction peut être provoquée par un parent ou par le conjoint et par le tuteur ou le curateur. A défaut de ceux-ci, s'ils'agit de folie furieuse, l'interdiction est demandée d'office par le procureur de la République. Le tribunal de première instance devant lequel la demand- est portée commet d'abord un juge pour faire son rapport; et, s'il ne rejette pas immédia- teniimt la demande, il ordonne que le conseil de famille sera convoque pour donner son avis sur l'état de la personne. Puis, après que le délendeur a été interrotré dans la chambre du conseil, le jugement est rendu en séance publique. Le tribunal peut, en rejetant la demande en interdiction, et s'il considère le défendeur comme prodigue, lui donner un conseil judiciaire. (Voy. Conseil.) Le tuteur de toute personne interdite est nommé parle conseil de famille ; mais s'il s'agit d'une femme mariée, le mari est tuteur de plein droit. L'interdiction prononcée ne peut être levée que par un jugement rendu selon les formes prescrites pour arriver à l'interdic- tion (C. civ. 489 à :il2 ; C. proc. 890 à 897). Toute personne aliénée, placée dans un éta- blissement soécial, peut être, en attendani III. 394 INTE INTE INTfi le jupeinent d'int,erdiclion, pourvue d'un ad- minislrateur provisoire. pour la pérance de se» intérêts. Si l'aliéné est placé dans un éta- blissement privé, l'adininislratcur provisoire est nommé par le tril)uiial du dotiiicilo ; s'il est dans un asile public d'aliénés, c'est la commission de surveillance de cet établisse- ment qui délèpue l'un de ses membres pour remplir les fonctions d'ailminislralcur provi- soire (L. 30 juin I83S, art. 31|. {.'interdiction IcgiUe est l'état dans lequel se trouve, pendant la durée de sa peine cl de pleifi droit, en vertu de la loi, toute personne condamnée aux travaux forcés à perpétuité ou à temps, à la déportation, à la détention ou l'i la réclu- sion. Il lui est nommé uii tuteur et \m subro- pé-tuleur, dans les mêmes formes que pour l'interdiction judiciaire ou pour la minorité. En outre, celui qui est condamné aune peine aifliclive perpétuelle ne peut disj'oser oe ses biens par donation ou par testament, ni rece- voir à titre pratuit, si ce n'est pour cause d'aliments. Tout testament fait par lui avant sa condamnation devenue délinitivc est nul, sauf dans le cas de contumace (vov. en mot) (C. pén. 29, 30, 31 ; L. 8 juin 18ri0, art. 3; L. 31 mai 181)4, art. 2). 11 ne faut pas con- fondre cette interdiction léj^ale qui enlève au condamné, avec tous les droite politiques et de famille, celui d'exercer seul et par lui- même la gestion de ses biens, avec la dé^ira- dalion civique (|ui se ]oint toujours à l'inter- diction légale, mais qui est ijuelquefois une peine spéciale consistant uniquement dans la privation des droits politiques et de certains droits publics et de famille. (Voy. Dmiuda- TioN.)L expiration de la peine ainsi que la grilce accordée par le chef de l'Etal mettent tin à l'inlerdiction légale ; tandis qu'elles laissent sulisisler la dégradation civi(|ue, la- quelle ne peut cesser que par la réhabilita- tion. Les tribunaux correctionnels peuveiilou doivent prononcer l'inlerdiction a temps de certains droits civiques, civils ou de famille (G. pén. 9), ou interdire en partie l'exercice de ces droits, lorsque celte interdiction totale ou partielle est autorisée ou ordonnée par une disposition particulière de la loi (id. ii., 43). i,' interdiction de fondions peut être pro- noncée temporairement par les tribunaux contre les officiers ministériels qui ont failli à leurs devoirs [)rofessionnels (C. pr. 107,132, S44, 562, etc.). Si l'inlerdiction de fonctions est perpétuelle, elle prend le nom de dcsLilu- lion. h' interdiction de séjour est une mesure udminislrative ayant pour elfet d'exclure iemporairemenl du département de la Seine ou de l'agglomération lyonnaise les individus qui ont été condamnés depuis moins de dix ans, pour rébellion, mendicité, vagabondage ; et ceux qui n'ont pas de moyens d'existence dans les mêmes lieux {L. 9 juillet 1852).» (Ch. Y.) . ' INTERDIRE v. a. (lat. interdicere). Se con- jugue comme Dire, excepté à la seconde per- sonne du pluriel du présent de l'indicatif, qui fait. Vous interdisez. Défendre quelque chose à quelqu'un : on lui a interdit l'entrée de ta vitte, de telle maison. — Se dit quelquefois, lig., en parlant des choses à l'égard desquelles on se trouve dans une sorte d'impossibilité : cet espoir m'est interdit. — Senlen('e par la- quelle on défend à un ecclésiastique l'exer- cice des ordres sacrés, ou à tout ecclésiastique la célébration des sacremeuls cl du service divin dans les lieux marqués par la sentence : l'évéque, le pape a interdit ce prêtre, cette ville. — Défendre à quelqu'un, temporairement ou pour toujours, de continuer 1 exercice de ses fondions: on l'a interdit de ses fonctions, de sa chanje. On disait de même autrefois, In- terdire UN PRiîsiDi.\L, — Jurispr. Oter à quel- qu'un la libre disposition de ses biens, et même de sa personne: faire interdire une personne en démence - Etonner, troubler quel- qu'un, en sorte qu'il ne sache ce ou'il dil ni ce qu'il fait; et alors on l'emploie principale- ment dans les temps composés : la peur l'avait interdit, l'avait tellement interdit, qu'il ne put prononcer rtnmot. - Intkiidihk le pku rt l'kau, formule usitée, chez les Romains, dans les sentences de bannissement. * INTERDIT, ITE part, passé d'iNTKnDiRB. — Etonné, troublé, qui ne peut répondre ou qui ne sait ce «[u'il fait, ce qu'il dit: il demeura tout interdit. — s. m. Jurispr. Celui contre lequel une interdiction a été prononcée : l'interdit est assimilé au mineur pour sa per- sonne et }ionr ses biens. ' INTERDIT s. m. Pénalité ecclésiastiriue de l'Ei-'lise romaine défendant le culte public et radministralion des sacrements àceitaines personnes et en certains lieux. Le droit canon distingue trois espèces d'interdits: l'interdit local, l'interdit personnel et l'interdit mixte. Le premier atteignait un lieu, ville ou royaume, ainsi que tous les habitants qui s'y trouvaient; il était alors défendu de célébrer l'office divin et d'administrer les sacrements dans les lieux ainsi frappés ; injonction était faite de s'y livrer à la plus austère pénitence et d'y vivre dans le deuil ; on dépendait les cloches, on enlcvaitles imagesdes saints, etc. C'est ainsi que l'on a vu la France mise en interdit par Innocent 111 pour punirPhilippe- Augu-ste ; mais les peuples n'abandonnaient pas toujours leurs princes dans ces circons- tances et l'Eglise dut modérer ses sévérités. Aujourd'hui l'interdit local n'est plus en usage que lors(iu'une église menace ruine ou i j'i^.jjj. j^ prime a été souillée par un crime. L'interdit per- sonnel, qui peut être prononcé par l'évéque, est une censure qui défend à un ecclésias- tique la célébration des offices et en particu- lier de la messe; il est encore en usage. L'in- terdit mixte réunit l'effet des deux autres, c'est-à-dire frappe les personnes elles lieux. INTERÉPINEUX adj. Anal. Se dil des muscles situes entre les apophyses épineuses des vcrlél;ies : muscles interépineux. • INTÉRESSANT, ANTE adj. Qui intéresse: ouvra'je interesMnt. — Eam. et par une sorte d'euphémisme, Cette femme est dans une po- sition INTÉRESSANTE, elle Bsl grossB. ■ INTÉRESSÉ, ÉE part, passé d'iNTÉREssEU. Etre iNTÉHEssic a une chose, a faire une chose, y avoir intérêl, y être obligé, y être engagé par le motif do son intérêt: tous les citoyens sont i7itéressés au repos de l'Etat. — Adj. Qui esl trop allaché àses intérêts, qui a son pro- iil particulier en vue dans tout ce qu'il fait: Une fera rien pour rien, il est fort intéressé.— Se dit aussi des sentiments et des actions: démarche ijxtéressée. — S'emploie souvent comme substantif, surtout au pluriel, et se dit de ceux qui ont intérêt à quelque chose: je suis un des intéressés dans cette affaire. — Se disait plus particulièrement, autrefois, de ceux qui avaient intérêl dans les affaires du roi : les intéressés dans les fermes. ' INTÉRESSER v. a. Faire entrer quelqu'un dans une affaire, en sorte qu'il ait part au succès • m l'a intéressé dans cette affaire, dans cette entreprise. — Donner quelque chose à quelqu'un, pour le rendre favorable à une affaire, à une entreprise : cette affaire ne sau- rait se faire sans lui, il faut l'intéresser. — Etre de quelque importance pour quelqu'un : en quoi cela vous intéresse-t-il ? — S'emploie également en parlant des choses, cela inté- resse ma santé, intéresse mon honneur, ma ré- putation.— Chir. Atteindre, blesser: on doit prendre garde, en faisant cette incision, d'in- téresser les parties voisines. — Inspirer de l'intérêt, de la bienveillance, de la compas- sion, etc. : i'atiteur de ce roman a su nous in- téresser aux jnoindres actions de son héros. — Fixer l'attention, captiver l'esprit, toucher, émouvoir : son récit commençait à m'intéres- ser. — S'emploie souvent absolument, dans les deux sens qui précèdent : 5a phyfionomii intéresse. — Le gbos jku intiîrksse.lb petit jïu n'inti'.ukssk guèiik, il n'y a (|ue h' iirosjeu (jui attache. Intéresser lf. jku, le ii'iidre plus at- tachant par rap[ii\t du gain. — S'intéresser v. pr Prendre part dans une allure : il s'est inlé issé dans celle entreprise. — Entrer dans les intérêts de quelqu'un, prendre intérêl à quelqu'un : il mérite qu'on s'intéresse à lui. ' INTERET s. m. [ain-té-rê] {lat. interesse. importer). Ce qui importe, ce qui convient, en quelque manière que ce soit, ou à l'hon- neur, ou à l'utilité de ([uelqu'iin: intérêt ;iu- blic, général, commun ; l'intérêt de l'humanité. — Mettre quelqu'un hors D'iNTiîRftT, le dé- dommager, faire qu'il ne reçoive aucun pré- judice : soyez tranquille, on vous mettra hors d'intérêt. — Avoir un intérêt lans une société. DANS UNE entreprise, elc., y avoir part : j'ai un léger intérêt dans cette entreprise; on dil dans un scnsanalogue, Prendre UN intérêt dans une entreprise, elc. — Senti ment qui nous altacheà nos intérêts, qui nous fait rechercher l'agréa- ble ou l'utile, le bien-être, la fortune, le pro- fil: la plupart des gens ne se conduisent, ne se gouvo-nent que par intérêl, que par l'intérêt. — Jurispr. Dommages et intéuéts, ou Dommages- INTKRÊTS, indemnité qui esl due à quelqu'un pour le préjudice, pour le dommage qu'on lui a causé : à peine de tous dépens, dommages et m(ér(?(5. ^ Intérêts civils, dédommagement que l'on adjuge, en matière criminelle, à ce- lui qui a été lésé en sa personne ou dans ses ou le délit, et qui s'est constitué partie civile contre l'accusé. — Sen- timent qui nous fait prendre part à ce qui regarde une personne, à ce qui lui arrive d'agréable ou de f/lcheux: il m'inspire beau- coup d'intérêt, un tendre intérêt, un vif inté- rêt. — Prendre intérêt a une affaire, désirer qu'elle réusisse, travailler à la faire réussir: c'est une affaire à laquelle je prends intérêt. — Attention, curiosité, on tant qu'elle esl ou peut être excitée, captivée: pendant ce ré- cit, mon intérêt croissait avec via surprise. — Qualité de certaines choses, q^ui les rend propres à captiver l'attention, à charmer l'es- prit, ou à toucher le cœur : cette histoire est pleine d'intérêt. — Profit qu'on relire de l'ar- gent prêté ou dû: intérêt à cinq, à six pour cent par an. — Intérêt simple, intérêt perçu sur le capital non accru de ses intérêts. — Intérêt composé, intérêl d'un capital accru de ses intérêts accumulés. — Intérêt légal, taux légal de l'intérêt de l'argent et qui est en France de 5 p. 4 00. — Intérêt du commerce, taux de l'argent généralement ado()lé pour le commerce et qui est de 6 p. 100. — Lègisl. « Le prêt d'argent à intérêt, d'abord défendu, puis autorisé parle droitromain, a élé absolument interdit par les canons de l'Eglise catholique et par le ordonnances des rois de France, en vertu d'une interprétation de quelques versets des prophètes juifs (Psaume XIV; Ezéchiel, xviii). Jusqu'à la Révolution, le prêt à intérêt a élé traité d'usure et puni comme un crime." L'u- « sure n'est pas seulement illicite, disait Do- f mal, elle est un crime; il n'y a point de cas « où elle soit licite ; toute convention ou «commerce d'intérêt d'un prêt, quelque pré- ce texte qu'on y donne pour le pallier, est une (( usure criminelle, très saintement condam- « née par les lois civiles et celles de l'Eglise, « et très justement pun^e par les ordon- « nances. » La peine était, pour la première fois, l'amende honorable suivie du bannisse- ment, et pour la seconde fois, la peine de mort (Ord. de Blois, mai 1579, art. 202). Mais, si le débileurd'une soaimed'argent ne payait pas au terme fixé, le créancier obtenait en justice des intérêts comme dédommagement du retard subi. Ces intérêts moratoires furent fixés successivement au denier douze, au denier seize au denier dix-huit; enfin en INTE INTE INTE 395 <770, au dénier ving-t. c'est-à-dire au taux actuel de 5 p. 100. (Jn décret de l'Assem- blée constituante, en date du 2 oct. 1789 per- mit le prêt à intérêt; mais le taux restait li- mité à 5 p. 100 en matière ciTile. La loi du II avril 1793 accorde une liberté abso- lue pour le taux de l'intérêt, tant en matière civile qu'en matière commerciale. En 1804, le Code civil (art. 1907) exigea que le taux de l'intérêt conventionnel fût fiiépar écrit, mais il permit que cet intérêt dépassât le taux lé- gal lorsqu'il n'y aurait pas de prohibition faite par la loi. Cette loi prohibitive, prévue par le Code, ne fut promulguée que le 'i sept. 1807. Elle porte que l'intérêt conventionnel ne peut excéder le taux légal, et elle limite celui-ci à 5 p. 100 en matière civile et à 6 p. 100 en matière commerciale. L'intérêt qui dépasse ces limites est usuraire. Il y a exception au profit de la Banque de France, à laquelle il est permis d'élever le taux de son escompte et l'intérêt de ses avances au- dessus de 6 p. 100 (L. 9 juin 1837. art. 8). Voici quelles sont les sanctions de la loi de 1807. Lorsque, dans une instance civile oucommer- ciale, il est prouvé qu'un prêt d'argent a été fait a un taux supérieur à celui fixé par la loi, cet intérêt est ramené au taux légal, et les portions d'intérêts reçues en trop sont imputées de plein droit, à l'époque où elles ont été payées, sur les intérêts légaux alors échus, et sub.sidiairement sur le capital de la créance. Si ladite créance est éteinte, en ca- pital et intérêts, le prêteur est condamné à restituer les sommes indûment perçues avec intérêts du jour où elles ont été payées. L'u- sure ne constitue un délit punissable que lorsqu'elle est habituelle de la part de celui qui la commet. Le coupable est alors passible d'un emprisonnement de six jours à six mois et d'une amende pouvant s'élever àla moitié du chill're dos capitaux prêtés à usure. En cas de récidive dans les cinq ans de la date de la condamnation, le coupable est con- damné au maximum desdites peines, et celles-ci peuvent être doublées (L. 19 décem- bre 1830). Lorsqu'un emprunteur a payé des intérêts qui n'avaient pas été expressément stipulés, il est censé l'avoir fait en vertu d'une obligation naturelle, et il ne peut en exercer la répétition (C. civ. 1233, 1906), à moins qu'il ne prouve qu'il y a eu erreur. La quittance du capital donnée sans réserve des intérêts en fait présumer le paiement et en opère libération (id. 1908). Les intérêts des sommes prêtées se prescrivent par cinq ans (id. 2277). Les intérêts ne peuvent être eux- mêmes productifs d'intérêts qu'autant qu'ils sont échus, qu'il y a convention expresse ou demande judiciaire et qu'il s'agit d'intérêts du; au moins pour une année entière, ou d'intérêts payés par un tiers en l'acquit du débiteur (id. 1 134, 1 163). (Voy. .\natucisiie.) Les intérêts moratoires, c'est-à-dire ceux qui sont dus au créancier à titre d'indemnité, en cas de relard dans le paiement d'une dette à son échéance commencent à courir, au taux légal, seulement à compter du jour de la de- mande en justice régulièrement fo(mée,si ce n'est lorsqu'il y a convention expresse et aussi dans certains cas déterminés par la loi (id. 1139, 1133, 1348, 1632, 1996; C. pr. 37). En Algérie, l'intérêt conventionnel n'est pas limité, et l'intérêt légal, d'abord fixé à 10 p. 100, est aujourd'hui réduit à 6 p. 100 (L. ^7 août 1881). La limitation de l'iiilérêl conventionnel est complètement opposée àla liberté des transactions et à tous les principes sur lesquels repo.-ent les sociétés libres. Par- tout où cette restriction a été impo-ée, elle a nécessairement entravé le develop[iemenl de l'agriculture, du commerce et de l'imlustrie. L'argent n'est autre chose qu'une marchan- dise dont l'rstimation et le transport sont ex- trêmement faciles. Itien ne doit s'opposer à ce qu il puisse itre prêté ou loué, comme ' tout autre objet, aux conditions arrêtées entre l'emprunteur et le prêteur. Les capitaux sont, ainsi que toutes les valeurs, soumis à la loi inéluctable de l'offre et de la demande qui seules déterminent les cours; et la fixation d'un maximum de revenu a pour effet de di- minuer les services que ces capitaux sont appelés à rendre. En cherchant à protéger l'emprunteur contre les usuriers, la loi le contraint souvent à avoir recours à eux, parce qu'eux seuls s'exposent à violer la défense et à courir des risques qu'ils savent faire payer. Ainsi que Bentham l'a démontré, la restric- tion du taux de l'intérêt porte un grave pré- judice à l'emprunteur et lui retire souvent les moyens de se libérer ou de commencer une entreprise. La liberté du taux de l'inté- rêt a été proclamée en .Angleterre dès 1833, en Espagne et en Hollande dès 1836. Elle a été établie dans le Piémont en 1837; dans le royaume d'Italie, en Belgique. en Danemark en 1865; et dans l'.Autriche cisleitliane, en I b68. Elle avait été adoptée par plusieurs Etats de l'Allemagne ; mais les tendances socialistes du nouvel empire ont fait rétablir la limita- tion en 1880. Dans la grande république américaine, la législation, surcepointcomme sur tant d'autres, diffère selon les états. En France, l'abrogation de la loi de 1807 a été proposée en 1836, 1857, 1871 et 1876; et la Chambre des députés a adopté en première délibération, le 14 mars 1882, un projet de loi qui abrogerait, en matière commerciale seulement, les lois du 3 sept. 1807 et du 19 déc. 1830. » (Ch. \.} ' INTERFÉRENCE s. f. Opt. Se dit de cer- tains phénomènes que produit la lumière rélléchie sur les surfaces de lames minces et qui s'expliquent par la rencontre des rayons lumineux dont les effets se détruisent mu- tuellement : le principe des interférences. INTERFÈRENT. ENTE adj.(lat.inter, entre ; fera, je porte). Phys. Qui présente le phéno- mène de l'interférence. INTERFÉRER v. n. Produire des interfé- rences. INTERFOLIACÉ, ÉE adj. Bot. Se dit des lleuis qui naissent alternativement entre chaque couple de feuilles opposées. • INTERFOLIER v. a. (lat. inler, entre ; fo- tium, feuille). Brocher ou relier un livre, ma- nuscrit ou imprimé, en insérant des feuillets blancs entre les feuillets qui portent l'écriture ou l'impression : faire interfolier un livre où l'on veut écrire des notes. • INTÉRIEUR, EURE adj. (lat. interior). Qui est au dedans, ou qui a rapport au dedans; il est opposé à extérieur : les parties inté- rieures du corps. — Se dit particul., en parlant de l'âme : un mouvement intérieur. — Mer iNTÉniEL'BE, celle qui se trouve au milieu d'une grande contrée, ou entre desconlinenls, comme la mer Caspienne, la mer Noire, la Méditer- rannée. — Dévot. L'homme intérieur, l'homme spirituel, qui est opposé à l'homme charnel ; on dit aussi, La vik intérieure. — Spirit. Ktrb fort intérieur, être fort recueilli, ren- trer souvent en soi-même. — s. m. Partie de dedans, le dedans : l'intérieur d'un temple ; un cri partit de l'intérieur de la maison. — Inté- rieur du pays, surtout en terme de commerce et d'administration : tous ces produits se con- sojnment à l'intérieur, dans l'intérieur. — Peint. Tableau d'intérieur, ou simp.. Intérieur, ta- bleau de genre qui a pour objet principal la représentation de l'architecture et des effets do lumière à l'intérieur des maisons, des édi- fices. Se dit également d'un tableau qui repré- sente quelque scène de la vie domestique, dans l'intérieur d'une maison. — L'intérieur d'une personne, signifie quelquefois, l'inté- rieur de .-a maison, sa vie domestique : c'est un homme qui se plait beaucoup dans son in- térieur; on dit de même. L'intérieur d'un MÉNAGE, d'cne PAMiLi.K. — Fig. Co qu'il y a de plus caché dans une chose, et s'applique par- ticulièrement aux secrets de la vie privée : il connait l'intérieur de cette famille, de ce mé- nage. — Se dit également, surtout en termes de dévotion, des pensées les plus secrètes, des mouvements les plus intimes de l'âme'r Dieu seul connaît l'intérieur; entrer dans son intérieur. •INTÉRIEUREMENT adv. Au-dedans : enfai- sant l'autopsie du corps, on trouva qu'il était bien conformé intérieurement. — Se dit. par- ticul., en parlant de la conscience et de l'état de l'âme : la grâce de Dieu agit intérieu- rement. * INTÉRIM s. m. [ain-té-rimm]. Mot em- prunté du latin, que l'on emploie quelquefois pour dire, l'entre-temps : administrer par in- térim. — Action de gouverner, d'administrer pas intérim : le préfet est absent; tel conseiller fait l'intérim, est chargé de l'intérim. — Histoire ecclés. Formulaire que Charles-Quint avait fait dresser, en trente-six articles, sur les matières de foi, pour pacifier les troubles de la religion en Allemagne, et dont l'autorité ne devait durer que jusqu'à la décision d'un concile général sur les mêmes matières(l548). Cette trêve religieuse, qui dura jusqu'en 1352, reçut le nom d'intérim d'Augsbourg. •INTÉRIMAIRE adj. Qui n'existe que par intérim : ministre intérimaire. INTÉRIMAT s. m. Fonctions intérimaires : la nomination d'un titulaire a mis fin à l'inté- rimat. INTERJECTIF, IVE adj. Qui exprime l'in- terjection : particule intcrjective. * INTERJECTION s. f. (lat. interjectio; de interjicere, jeter entre). Partie d'oraison qui sert à exprimer les passions, comme la dou- leur, la colère, la joie, l'admiration, etc. Ah', hélas l sont des interjections. — Prat. Interjection d'appel, action d'interjeler un appel. — Gramm. L'interjection est la partie du discours qu i sert à exprimer énergiquement quelque émotion vive. Les interjections les plus communément employées en français sont les suivantes : Ah', bon! pour exprimer la joie; Ah! aie! hélits! pour la douleur ou I affliction ;A/i.'/i^.' pour la crainte et la frayeur; fi! fi. donc! pour l'aversion ou le dégoût; oh! hé! zest! bah! pour la dérision; oh! ah! pour la surprise ou l'admiration, chut! st! paisc! silence! pour imposer silence; ça! oh ça! courage! allons! pour encourager; gare! holà! pour avertir; /loiù.' hé! pour appeler; 0! pour exprimer diverses émotions; tout beau! pour faire aller plus lentement. Les jurons sont des interjections. INTERJECTIVEMENT adv. D'une manière interjeclive. * INTERJETER v. a. Jurispr. N'est usité que dans cette phrase, Interjeter appel, un appel, appeler d'un jugement : ils interjetèrent appel de ce juyt miiit. INTERLAKEN ou Interlachen [inn'-tèr-lâ- kènnj, village de Suisse, à 40 kil. S.-E. de Berne; environ 1,400 hab. H est célèbre par sa charmante situation près de la rive gauche de l'Aar, dans la vallée de Boedeli, entre les lacs de Brienz et dcThun, avec une vue du Juiig^frau et dans le voisinage de quelques- uns des paysages les plus pittoresques de la Suisse. 11 est le point d'où partent les tou- ristes qui veulent visiter la chute du Giess- bach, la vallée de Lauterbrunnen avec le Slaubbach, et celle du Grindelwald avec ses glaciers. Le village se compose d'une suite de grands hôtels et d'hôtels garnis devant la fa- çade desquels est une magnifique avenue d'énormes noyeri. A peu de distance d'inlfir- 396 fNTE Iaken, on admire le vieux château de Uns- puDuo.i eirancieo village d'LIntersun.Chaciue IW. Intcriakcn et le Jungfrau. année, de juin à octobre, plus de 25,000 per- sonnes visitent Interlaken. INTERLIGNAGE s. m Typogr. Action ou manière d'inlf!rlij;ner. INTERLIGNE s. m. Espace qui est entre deux lignes écrites ou imprimées: écrircdans l'interligne, en interligne. — s. f. Typogr. Lame de métal, moins haute que la lettre et qui sert principalement à séparer les lignes, à blanchir les litres, etc. : interligne de un, de deux, ou de trois points, etc. INTERLIGNER v. a. Typogr. Séparer par des interlignes: les ouvi'ages qui sont interlignés ont toujours plus de grâce que ceux qui ne le tant pas. • INTERLINÉAIRE adj. Qui est écrit dans l'interligne, dans les interlignes ; glose in- ^erlinéaire. INTERLINÉATION s. f. Ce qui est écrit entre les lignes. INTERLOEULAIRE adj. Qui est situé entre les lobules d'un organe. • INTERLOCUTEUR, TRICE (lat. inter, entre ; loqui, parler). Se dit proprement des per- sonnages qu'on introduit dans un dialogue : les interlocuteurs de tel dialogue. — Par exl. Toute personne qui converse avec une autre : vous aviez un ennuyeux interlocuteur. • INTERLOCUTION s. f. Prat. Jugement par lequel on prononce un interlocutoire : arrêt d'tnterlocution. (Peu usité.) • INTERLOCUTOIRE adj. (rad. interloquer). Prat. Jugement qui ordonne une preuve, une instruction préalable, à l'effet de parvenir au jugement définitif, mais qui préjuge le fond : arrêt interlocutoire. — Se dit quelquefois de la preuve ordonnée : enquête interlocutoire. — i. m. Jugement interlocutoire. S»QS tant de contredits et d'intertocutoiret. Là FORTAIM. • INTERLOPE s. m. (angl. to interlope, tra- fiqiL2r en fraude). Navire marchand qui tra- fique en fraude dans les pays de la conces- sion d'uiie compagnie de commerce, ou dans les colonies d'une autre nation que la sienne. INTE — AOl. y"\s!.eau interlope. — Fig. ei rain. Maison intbhlopk, maison où se réunit une société équivoque et fort mêlée et où l'on joue clandestinement; on dit dans un sens analogue. Société in- TEflLOI'K. • INTERLOQUER V. a. (lat. inler, entre; loqui, parler). Prat. ' Ordonner un interlo- cutoire : on a interlo- qué celte affaire. On l 'employait aussi abso- lument: les juges n'ont pas voulu juger défini- tivement, ih ont inter- loqué.— Embarrasser, étourdir, interdire : rette plaisanterie m'a i'itertoqué. INTERLUNE s. m. (lat. inler, entre; luna, lune). Astron. Temps qui commence un peu avant et finit \in peu après la nouvelle lune et pendant lecpiel cet astre reste invisible. INTERMARIAGE s. m. Mariage entre personnes de la môme famille. • INTERMAXIL- LAIRE adj. An.it. Qui est placé entre les os maxillaires : ligament intermaxillaire. •INTERMÈDE s. m. (laLin^T, entre; franc. maxillairrj. Sorte de représentation et de di- verti.çsenient, comme ballet, danse, chœur, etc., entre les actes d'une pièce de IhéAtrc : inti-rmèdcx de musique, en musique; les inter- mèdes du Malade imaginaire. — Chim. Subs- tance au moyen de laquelle deux autres subs- tances peuvent s'unir ou se décomposer : le soufre s'unit au plomb par l'intermède de la chaleur. •INTERMÉDIAIRE adj. (lat. inter, entre; médius, médian). Didact. Qui est entre deux : temps intermédiaire, — G.^ges intkrmédiaires, se disait autrefois des gages d'un office échu pendant la vacance. — Gèol. Terrains inteb- MÉDiAiREs, terrains placés entre les roches des époquesprimitives et lescouchesde formation récente. — s. m. Adoucir par un intermé- diaire deux couleurs tranchantes. — Entre- mise, moyen, voie, et quelquefois personne entremise, interposée, etc. : je me suis pro- curé cela par l'intermédiaire d'un tel. • INTERMÉDIAT, ATE adj. Intervalle de temps entre deux actions, entre deux term.es, et ne s'emploie guère que dans cette locution, Le temps intermédiat. On dit plus ordinaire- ment, Le temps intermédiaire. — Dans les so- ciétés religieuses. Congrégation intermédiate, assemblée qui se tient entre deux chapitres, soit généraux, soit provinciaux. — Subslantiv. Lettres d'intermédiat, lettres que le roi ac- cordait pour faire jouir des gages d'un office, depuis la mort du titulaire jusqu'à ce que le successeur fût pourvu et qu'il eût pris posses- sion. • INTERMINABLE adj. Qui ne saurait être terminé, qui dure très longtemps : ouvrage interminable. •INTERMISSION s. f. Interruption, discon- tinuation. S'emploie surtout en termes de Med. : la fièvre lui a duré trente heures sans intermission. "INTERMITTENCE s. f. [mit-tan-j Caractère, qualité de ce qui est intermittent. Ne se dit guère que dans cette locution, L'iNTrRMiT- INTE TEMCï DU rouLs, DE LA FIÈVRE. — Signifie quel- ijuefois la même chose qu'inlermission : sans la moindre intermittence. • INTERMITTENT, ENTE adj. [ain-tèr-mil- tan] (lat. mtirmUtens). Qui discontinue, et reprend par intervalles. N'est guère usité que dans les locutions suivantes. — Méd. Pouls intermittent, pouls dont les battements cessent par des intervalles inégaux. Fièvre interiiit- tentk, fièvre qui cesse et qui reprend à des intervalles réglés. Type intermittent, ordm suivant lequel les symptômes d'une maladie se montrent et disparaissent alternativement. — Fontaine, source intermittente, fontaine, source qui coule et qui s'arrête alternative ment, par l'ellel de la force élastique de l'air et de la pression atmosphérique. — Les principales fontainesinlermittentes de Francesont : la/'on- i- terposition de la terre entre le soleil et la lune. — Intervention, surtout en parlant d'une au- torité supérieure : l'interposition de l'autorité du roi. — Jurispr. Interposition de personnk, se dit en parlant d'une libéralité faite à une personne interposée : la donation est nulle, il y a interposition de personne. INTERPRÉTABLE adj. Qui peut être inter- prété: ce texte est in(cr)n-rC,ibie de telle façon. INTERPRÉTATEUR, 'i'iilCE adj. Celui, cell» qui interprète. • INTERPRÉTATIF, IVE adj. Qui interprète, qui expliiiuc: déclaration interprétative. ' INTERPRÉTATION s. f. Explication d'une chose. Il prend tous les sens du verbe Inter- préter : ceux qui ont travaillé à l'interpréta- tion de l'Ecriture sr'f'ie. 398 ÏNTE INTK INTE IHTBRPRETATIVEMENT ad». Oune ma- nière iiileifirclalive. •INTERPRÈTE s. (lat. tnterprM)" Traduc- teur, ceiui qui rend les muls, les phrases d'une lanf.'ue par les mois, par les phrases d'une autre lanfjue : il a traduit ce discours, celte haranyue, non pas en simple intcrjyréle, mais en orateur. — Truchement, celui qui traduità une personne, dans lalauj^ue qu'elle parle, ce qui a été dit ou écrit par une autre dans une lanpue dilTércntc : interprète de la Vorte; secrétaire interprète — Celui qui fait coniiailre, qui éolaircit le sens d'un autour, d'un discours: l'E'jlise est la snile interprète sure de. l'Ecriture sainte. — Celui qui a char^'e de déclarer, de faire connaître les intentions, les Tolontés d'un autre: les augures, chez les paicns, étaient regardées comme les interprètes de la volonté des dieux. — Celui qui explique ce que présage quelque chose : interprète des sottges. — S'emploie quelquefois au figuré, comme dans cette phrase, Les yeux sont lks iMEBPRKTEs DE l'aue, Ics j'cui Servent à faire connaître les sentiments, les mouvements de l'âme. — "- iNTEiipniîTK juré, celui qui est nommé par les tribunaux pour traduire. • INTERPRÉTER v. a. Traduire d'une langue en une autre : les Septante ont interprété l An- cien Tei/ameiit. — Expliquer ce qu'il y a d'obs- cur et d'ambigu dans un écrit, dans une loi, dans un acte, etc. : les jurisconsultes inter- prètent cette disposition de plusieurs manières. — Expliquer, deviner une chose par induc- tion, ou tirer d'une chose quelque induction, quelque présage, etc. : est-ce d vous à inter- préter ma pensée, ma volonté, mes intentions ? — Législ. Inteupuéter une loi, en expliquer, en déterminer le sens par une loi supplémen- taire.On disait de même, en termes dePrat., Interpréter un arrêt, l'expliquer par un second arrêt. — Prendre un discours ou une action en bonne ou en mauvaise part : il a fait, il a dit telle chose, je ne suis comment cela sera interprété. — S'interpréter v. pr. tire interprété: ce passage peut s'interpréter de diverses manières. ' INTERRÈGNE s. m. C'est, dans un royaume, soit héréditaire, soit électif, un inlervallo de temps pendant lequel il n'y a point de roi : après la mort de tel roi, il y eut un interrègne de six mois. — Se dit aussi eu parlant des Etats gouvernés par d'autres que par des rois : après la mort du doge de Venise, l'interrègne était fort court. • INTERROGANT adj. [ain-tè-ro-ganj . Gramm. Se dit du signe de ponctuation (?) dont on se sert dans l'écriture pour marquer l'interrogation, et que l'on appelle plus ordi- nairement point d'interrogation. • INTERROGATEUR, TRICE s. Celui, celle qui interroge. Ne s'emploie guère que comme synonyme d'examinateur: il ne pxit répondre a aucune des questions que lui firent les inter- rogateurs. • INTERROGATIF, IVE adj. Gramm. Qui sert à interroger, qui marque interrogation : particule interrogative. ' INTERROGATION s. f. Question, demande qu'on t'ait a quelqu'un : il a bien répondu aux interrogations qu'on lui a faites. — Figure de rhétorique par laquelle on interroge ; il com- mença son discours par cette interrogation: Jusquesàquandsouffrirons-nousque?— Grumm. Point d'interrogation, point dont on se sert dans l'écriture pour marquer l'interrogation, et que l'on tigure ainsi I'!). INTERROGATIVEMENT adv. D'une manière interrogative. • INTERROGATOIRE s. ra. [ain-tè-ro-]. Prat. Se dit de^ question,* que fait un juge sur des faits civils ou criminels, et des réponses que fait celui qui e»t iuleriogé : procéder à un interrogatoire . — Procès-Terbal qui contient les interrogations du juge et les réponses de l'accusé .fai lu l'interrogatoire de cei ncrnsé. — Législ. • L'interrogatoire sur faits et iir- URiR, DÉCÉDER INTESTAT, m.iurir «ans avoii fait de testament. Hériter ab intestat, henle! d'une personne qni n a point lait de testa INTI ment : on dit dans un sens analogue, HéritiKr Alt INTESTAT. • INTESTIN, INE adj. (lat. intestinus) . Qui est interne, qui est dans le corps : mouvtmfnts intestins. — Fig. Guerres civiles : guerre in- testine ; discorde intestine. •INTESTIN s. m. Royau; partie de l'appa- reil digestif et eicrétoire situé au-dessous de l'estomac, à partir du pylore et divisé en petit et en gros intestins. Le premier comprend le duodénum, le jéjunum et l'iléon; le second se compose du cœcum, du côlon et du rectum. Immédiatementau-dessous de l'estomac vient le duodénum, qui reçoit les canaux du foie et du pancréas. Le jéjunum et l'iléon, ou in- testin ?rêle, n'ont pas de ligne distincte de séparation, et forment un canal moins gros qun les autres intestins. Le cœcum est séparé de l'intestin grêle par la valvule iléo-cœcale, espèce de soupape qui empêche les matières fécales de rétrograder. Le rectum sert de ré- servoir à ces matières avant leur expulsion. • INTESTINAL. ALE, AUX adj. Anat. Qui appartient aux intestins : conduit intestinal. ' INTIMATION s. f. Action d'intimer ; et, particul., acte de procédure par lequel on intime : l'exploit ne porte point intimation. 'INTIME adj. (lat. intimus). Intérieur et profond. Se dit surtout de ce qui fait l'es- sence d'une chose, ou de ce qui lie étroite- ment certaines choses entre elles : connaître la nature intime d'une chose. — Fig. Amitié, attachement, confiance réciproque : union intime. — Qui a et pour qui l'on a une allec- tion très forte : c'est mon ami, mon ami intime. — s. m. : c'est son intime. — Se dit encore, au sens moral, de ce qui existe au fond de l'àine : persuasion intimé. — Nos Intimes, comédie en cinq actes et en prose de V. Sardou, repré- sentée pour la première fois au Vaudeville, en 1861. • INTIMEMENT adv. Étroitement, forte- ment : des parties intimement liées entre elles. — Fig. Avec une alîection très particulière et très étroite : ils sont unis intimement. — Intiuemknt persuadé, convaincu, intérieure- ment et profondément persuadé, convaincu. • INTIMÉ, ÉE part, passé d'iNTiMiîR. — s. Dé- fendeur en cause d'appel : l'appelant et l'in- timé. • INTIMER v. a. (lat. intimare, introduire). Déc^larer, faire savoir, signifier avec autorité : on lui intima l'ordre de partir. — Prat. Signi- fication légale : il lui ufait intimer la vente de ses meubles. — Appeler en justice; et alors se dit principalement en parlant d'une assigna- tion pour procéder sur un appel : il m'a fait signifier son appel, mais il ne m'a point intimé. — Intimer un concile, assigner le lieu et le temps aucpiel un concile doit se tenir. • INTIMIDATION s. f. Action d'intimider, effet de cette action : ce prince eut souvent recours à l'intimidation. • INTIMIDER V. a. Donner de la crainte, de l'appréhension à quelqu'un : il l'intimida en lui disant un seul mnt. — S'intimider v. pr, : il commence à s'intimider. • INTIMITÉ s. f. Qualité de ce qui est in- time : l'intimité des rapports qui unissent toutes les parties de ce système. — Liaison in- time : ces deux personnes vivent ensemble dans la plus grande intimité. - INTITULÉ s. m. Formule en tête d'un acte; litre d'un livre. • INTITULER v. a. (lat. in, sur; titulus, litre). Donner un titre à un livre, à une comédie, à quelque ouvrage d'esprit : il a donné au public un ouvrage qu'il a intitulé ainsi... — Jiirispr. Formule que l'on met en tête d'une loi, d'une ordonnance, d'un jugement, etc. : tes expé- . f. Acte par lequel on in- vestit (jueli|u'un d'un fief, ou d'une iligiiito ecclésiastique : donner l'investiture d'un fiif, d'unévéché. - Hist " Ce terme signifiait, à l'époque de la féodalité, la cérémonie par laquelle un seigneur conférait un (ief, une charge ou une dij.'nité à son vassal. Ce der- nier s'obligeait par serment à rester fidèle à son suzerain et à lui rendre les services el les devoirs requis. Ordinairement, l'investiture se faisait |iar la remise entre les mains de l'investi d'un symbole ayant rapport à la charge octroyée. Les évéques et les abbés qui, depuis Pépin et Charlemagne, obtinrent tant de fiels de la main des rois, recevaient de ceux-ci l'investiture parla crosse et l'anneau. INVO Législ. " Le domicile de tout citoyen est in- violable, ainsi que l'a déclaré l'article 7C de la constitution de l'an IIL (Vov. Domicile.) » • (Ch. y.) ■ INVIOLABLE adj. Qu'on ne doit jamais violer, .un]!!'! un ne doit jamais .ittcnter : le droit des yens est un droit inviolable. — Qu'on ne viole point, qu'on n'enliemt janiais : c'est une routume, c'est une loi inviolable parmi ces peuples. • IN'VIOLABLEMENT adv. D'une manière inviolable : ce qu'il a une fois promis, il le lient invinhilileiiirrd. INVISCATION s. f. (lat. inviscare). Physiol. Action par laquelle les aliments s'imprègnent de salive pendant la mastication. On dit ImieUxlNSALIVATlON. INVISIBILITE S. f. Etat de ee qui est On a prétendu que le pape Adrien 1'^', dans 1 invisible : l'iniisibilité des atomes. un concile tenu à Rome en 774. donna à Charlemagne, en reconnaissance des services qu'il en avait reçus, le droit d'élire des papes et celui de donner l'investiture aux arche- vêques et évéques, avant qu'ils fussent con- sacrés. Léon VIII renouvela, dit-on, ce droit en faveur d'Othon l'''. Grégoire VII, au con- traire, s'opposa à toute iiivesture, môme à celle des simples bénéfices, par la main des la'ics, par la raison que la liberté des élections s'en trouvait compromise. C'est de là qu'est sortie, en Allemagne, la fameuse g«er(//e des inveslilures, laquelle, commencée sou» Gré- goire VI, amena en i07(i rexcomniuniralion de l'empereur Henri IV, suivie, en 1077, de son humiliation à Canossa.etse termina, en ■H 22, par le concordat de VVorms, résultat d'un accord entre le pape Calixte II et l'em- pereur Henri V. En France, les rois conti- nuèrent à jouir du droit d'investiture des évéques, sinon par la remise du bâton j^a^ toral et de l'anneau, au moins par le sei- menl de fidélité qui est encore aujourd'hui prêté entre les mains du chef de l'Etat, cor- formément à l'article 6 du concordat du -6 messidon an IX. » (Ch. Y.) • INVÉTÉRER ,S') v. pr. Devenir ancien. Ne se dit que des maladies, des mauvaise; coutumes, des préjugés, des haines, etc., qui persistent, que l'on garde longtemps : le mal s'est tellement invétéré, qu'on ne peut le guérir. Quand il est précédé immédiatement du verbe Lais.«er,on sous-entend presque tou- jours le pronom : le mal qu'on laisse invétérer est plus difp-ile à guérir. INVIGORATION s. f. (préf. in; lat. vigor, ' INVISIBLE adj. Qu'on ne peut voir, qui échafipe à la vue par sa nature, par sa peti- tesse, par sa position, ou seulement à cause de la distance : les anges, les esprits, les âmes sont invisibles. — Fig. Qui ne se laisse point voir, qui se cache, ou que l'on ne saurait trouver : il affectait de se rendre invisible pour mieux imprimer le respect, la crainte à ses su- jets. — Devenir invisible, dis|)aiallre subite- ment, sans que personne s'en aperçoive : !'/ était là tout à l'he'xre, il est devenu invisible. Se dit aussi des choses qu'on vient de voir, de toucher, et qu'on ne peut plus retrouver -. je tenais cette montre dans mes mains, elle était tout à l'heure sur cette table, elle est devenue invisible. ' INVISIBLEMENT adv. D'une manière in- visible. INVITA MINERVA, expression latine tirée le \' Art poétique d'Horace et qui signifie : malgré Minerve. Se dit d'un auteur sans inspi- ration, qui s'obstine à rimailler quand même. ' INVITATION s. f. Action d'inviter : rece- voir, accepler une invitation. ' INVITATOIRE s. m. Liturg. Antienne qui se chante avec le Vende exultemus : l'invita- toire du dimanche. ' INVITE s. f. Terme du wihst et du boston. Carte que l'on joue pour faire connaître son jeu à sou partenaire, et qui a pour but de l'engager s'il fait la levée à jouer dans la même couleur. — .Manière adroite de pous=er à faire quelque chose, appel indirect. * INVITÉ, EE part, passé d'IwviTEn. — s. : vigueur). Physiol. Dernier développcMenl quel est ,c nombre des invités? qui se produit dans les tissus et qui complète leur fermeté et leur vigueur. ' INVINCIBLE adj. Qu'on ne saurait vaincre: ce pritice est invincible. - Fig. Ce qu'on ne peut surmonter, faire céder, et ce qui est irrésis- tible, plus fort que la volonté : obstacle invin- cible. — Argument invincible, raison invin- cible, RAISONNEMENT INVINCIBLE, argUniCnt, raison, raisonnement auquel il n'y a point de bonne réplique. — Ignorance invincicle, l'ignorance des choses dont il est impossible qu'une personne ait eu connaissance. IN-VINGT QUATRE adj. Impr. et Libr. Se dit d'un formai dans lequel les feuilles sont pliées en vingt-quatre feuillets ou quarante- huit pages. — s. C'est un in-vingt-qualre. On éciil aussi, in-24. IN VINO VERITAS, expression latine qui sigiiilie : c'est dans le vin que se découvre la vérité. Ce que l'on tiendra caché à jeun, on le dévoilera dans l'ivresse. * INVINCIBLEMENT adv. D'une manière invincible : ce fait prouve invinciblement ce que j'acance. •INVIOLABILITÉ s. f. Qualité de ce qui est inviolable : l'ineiolabililé u monarque. — "INVITER v. a. (lat. invitare). Convier, prier de be trouver, ae se rendre quelque pari, d'assister k : il ne se trouva pas à l'assemblée, parce qu'on ne l'avait pas invité. Jamais je ne soupe chez moi; Dit Hippolyte. Je lecroi. El l;i raison, c'est qu'Hîppolyte Ne soupe que lorsqu'on i'invite. Là Mokrotb — Engager, exciter à quelque chose, porter à : je vous invite à vous tranquilliser, à vous calmer. — Fig. Le beau temps nous incite à la promenade. — S'inviter v. pr. Personne qui vient d'elle-même quelque part, sans y avoir été conviée : c'est lui-même qui s'est invité. — v. récip. : ils s'invitent tour à tour à de petites léiinions de famille. IN VITIUM DUCIT CULP.a: FUGA, expression latine tirée de l'Art poétique d'Horace et que Boiieau a rendue fort heureusement dans ce vers : Souvent la peur d'un mal fait tomber dans un pire. * INVOCATION s. f. Action d'invoquer , in- vocation a Dieu, à la D'tcinité. Après l'invoca- tion du Saint-Esprit. — Cette église, cette CHAPELLE est CONSACRÉE SOUS l'iNVOCATION, EST sous l'invocation de la SAINTE ViERGE, DE TEL lODA SAINT, est dédiée à Ja sainte Vierse, etc. — Poés Prière que le poète adresse à une Muse, à un génie, à quelque divinité, pour lui de- mander son secours : l'invocation est propre au poème épique. INVOCATOIRE adj. Qui appartient à l'invo- cation : forihiil: invocatoire. •INVOLONTAIRE adj. Qui se fait sans le concours, sans le consentement de la volonté : toutes les actions vitales sont involontaires. * INVOLONTAIREMENT adv. Sans le vou- loir : il a fuit cela involontairement. INVOLUCELLE s. ni. Bot. Petit involucre. INVOLUCRAL, ALE adj. Bot. Qui nail sur l'involurre. * INVOLUCRE s. m. (lat. involucrum). Bot. Assemblage de bractées ou de feuilles florales qui entourent la base commune de plusieurs pédoncules, ou qui enveloppent plusieurs tleurs comme une sorte de calice. * INVOLUTIF, IVE adj. (lat. involutus, en- roulé). Bot. Se dit des pétales, des feuilles, lorsque leurs bords sont roulés en dedans. On dit aussi Involuté, ée. •INVOLUTION s. f. Jurispr. Assemblable d'embarras, de difficultés: involution de jjroeès, de procédures. INVOLVANT. ANTE adj. (lat. involvere, en- velopper). Bot. Qui enveloppe et protège : calice involvant. * INVOQUER V. a. (lat. invocare). Appeler à son secours, à son aide. Se dit surtout en parlant de la Divinité, ou de quelque autre puissance surnaturelle: invoquer Dieu à son aide. — On dit, dans un sens analogue : I.n- voQDER LE SECOUBS, l'aide, ctc. : iuvoquer la clémence du roi. — Ecrit. Invoquer le nom de Dieu, du Seigneur, l'adorer et faire un acte de religion -.-Ënos commença d'invoquer le nom du Seigneur. — Fig. Citer en sa faveur, en appelm- à; invoquer une loi, un témoignage, une autorité. •INVRAISEMBLABLE adj. Qui n'est pas vraisemblable: ce fnU est invraisemblable. INVRAISEMBLABLEMENT adv. D'une ma- nière invraisemblable. * INVRAISEMBLANCE s. f. Défaut de vrai- semblance: iinvraiscinblance de ce fait, de ce récit. — Seditaussi deschoses invraisemblables que contient une pièce de théâtre, un roman, etc. -.cette tragédie est pleine d'invraisemblances. INVULNÉRABILITÉ s. f. Etat, caractère de ce qui e>L invulnérable. 'INVULNERABLE «idj. Qui ne peut être blessé • la Fable a dit qu'Achille était invul- nérable, excepté au talon. — Fig. : élre invul- nérable aux traits de la médisance. INVULNÉRABLEMENT adv. De manière à être iiiviiliitjrable. 10. .Mythol. gr. Fille d'Inachus et d'Argée. Elle fut aimée de Jupiter qui, pour la dérober à la jalousie de Juiion, la changea en génisse blanche. Junon la mit sous la garde du vigi- lant Argus; mais Mercure, par ordre de Ju- piter, tua Argus et délivra lo. Alors Junoii, rendue furieuse, attacha aux lianes do la mal- heureuse lo un taon dont les morsures cruelles ne lui laissaient aucune trêve. Allo- léc, lo parcourut la terre et ne se reposa que sur les bords du .Nil, où elle recouvra la forme humaine ; elle donna à Jupiter un lils nommé Epaphus. D'après quelques auteurs, elle in- troduisit en Egypte le culte de Cérès smis le nom d'isis; on l'adora elle-même, et dans la suite, son culte se confondit avec celui de celle déesse. lODACÉTATE s. m. Chim. Sel produit par lai'ombinaisondc l'acide iodacétique avec une ba^e. IODACÉTIQUE adj. Chim. Se dit de plusieurs acides qui dérivent de l'acide acétique, par la lubstiUMou de l'iode à l'hydrogène. IODE lODAMYLE s. m. Cbim. Corps liquide, in- coloie,plus lourd queleau, d'odeur piquante, obtenu par distillation de l'alcool amylique avec l'iode et le phosphore et qui a pour for- mule C» H" I. lODARGYRITE s. f. (franc, iode etgr. arguros, argent!. Miner. lodure d'argent naturel. lODATE s. m. Chim. Sel résultant de la comliinaison de l'acide iodiqueavec une base. *IODE s. m. (gr. iodés, violet, à cause de la couleur de sa vapeur). Chim. Substance sim- ple, lamelleuse, d'un gris bleuâtre et d'un éclat métallique, volatile à une température un peu élevée, et qui, lorsqu'on lachaulfe, ré- pand une vapeur violette. — E.nxycl. L'iode est un métalloïde qui se rencontre dans diverses plantes marines, dans l'eau de plusieurs sour- ces minérales et dans celle de l'Océan, ainsi que dans les eaux amères des mines de sel, dans les éponges, les coraux et dans des roches et des minéraux. Il est représenté par le symbole I;sonéquivalentchimique est127. Il cristallise par solution ou par sublimation en écailles semblables à celles du fer micacé et en cristaux réguliers d'octahèdres allongés à base rhomboidale. Ces cristaux sont cas- sants, opaques, d'un noir bleuâtre et d'un éclat métallique; leur gravité spécifique est 4,95; ils fondent à 107° G, en un liquide noir; leur point débullition est à 173° C.ils déga- gent alors des vapeurs d'un violet profond. L'iode est volatile aussi aux températures or- dinaires et quand il est exposé à l'air il ré- pand une odeur semblable à celle du chlore; sa vapeur irrite les narines et excite la toux. L'iode est l'un des corps aériforraes les plus lourds, sa densité étant 8-7 fois celle de l'air. L'alcool, l'éther et le bisulfure de carbone le dissolvent facilement; l'eau pure lui enlève seulement environ ^-^de son propre poids et acquiert ainsi une teinte jaunâtre ou brune. L'iode se trouve principalement dans les varechs et dans d'autres plantes marines qui croissent à de grandes profondeurs. Le fucus palmatus et le fucus sacchurinus sont particu- lièrement riches en iode. La préparation de l'iode du commerce se fait surtout à Glas- gow (Ecosse), à Donegal (Irlande] et à Cher- bourg (France), villes où l'on apporte les cendres à moitié vitrifiées appelées soude brute, produites par l'incinération des herbes marines recueillies sur les côtes. Les différents sels solubles de la soude, comprenant les io- dures el les bromures de tous les alcalis, sont dissous par digestion dans l'eau, et la solu- tion est concentrée par évaporation. En re- froidissant puis en renouvelant l'évaporation, le chlorure de sodium, le sulfate de soude et ]dusieurs autres sels se cristallisent. On ajoute alors de fort acide sulfurique, et après digestion, la lessive est versée dans un alam- bic el chauffée avec du bioxyde de manganèse. — De grandes quantités d'iode sont extraites au- jourd'hui du nitrate Je soude du Chili, d'après une méthode inventée par Thiercelin. — L'iode est employé pour éprou- ver l'aniidon, qu'il con- vertit en pourpre, el comme ingrédient de di- vcr.^ réactifs chimique-, doi.t queli[ues-uns sont d unegrandeimportaiice dans l'an photographi- que. L'iode est employé en médecinedepuisl!i19, comme fondant et an- tiscrofuleux ; mais l'é- ponge brûlée qui lui doit son efficacité, a été employée anlé- rieuremeut dans le traitemonl du goitre. lONA 403 Les maladies dans lesquelles l'iode et ses pré- parations ont été trouvés utiles sont le goitre, les scrofules, les ulcères et les abcès scrofu- leux, la syphilis secondaire et tertiaire, le gonflement et les tumeurs de toute nature. C'est un médicament irritant qui, à faible dose, atrophie les glandes et augmente l'ac- tion absorbante des vaisseaux lymphatiques. On ne l'emploie guère que sôus forme de teinture iodurée. L'iode entre dans la com- position de plusieurs on truents comme alté- rant et escarrotique. Un régime réconfortant est recommandé pendant le traitement thé- rapeutique à l'iode ou aux iodures. A haute dose, l'iode est un poison. — Ce métalloïde fut découvert en 1812 par de Courtois, iabri- quant de salpêtre à Paris, et étudié eu 1813 par Clément. * IODÉ, ÉE adj . Chim. Qui contient de l'iode : eau iodée. lODER V. a. Couvrir ou mêler d'iode. * lODEUX adj. Se dit de l'un desacides que l'iode produit en se combinant avec l'oxvgène: acide iodeux. ' lODIQUE Chim. Second des acides que l'iode produit par sa combinaison avec l'oxygène : acide iodique. lODOFORME s. m. Composé de carbone, d'hydrogène el d'iode, découvert par Sérul- las el analysé par Dumas : C^ H P. * lODUREs. m. Chim. Combinaison de l'iode avec un corps simple. Les iodures soutirés employés en médecine. L'iodure de plomb entre dans une pommade contre les engor- gements scrofuleux : I partie d'iodurepour 8 d'axonge. L'iodure de potassium est un alté- rant et un résolutif journellement adminis- tré contre le goitre, les scrofules, les engor- gements lymphatiques et les accidents ter- tiaires de la syphilis : potions, solutés, bains et pommades (1 d'iodure pour 8 d'axonge), A l'intérieur la dose va de .'iO centigr. à 4''gr. progressivement. L'iodure de fer est un toni- que recommandé contre les scrofules, la chlorose, la syphilis, la leucorrhée, etc. : de 1 à 10 décigr. en sirop. Le proto-iodure de mercure est considéré comme le meilleur des anli.syphilitiques dans la .syphilis consécutive: de .S à 10 centigr. par jour, en pilules. Le dcuto-iodure de mercure, plus actif, est moins usité. * lODURÉ, ÉE adj. Chim. Qui contient de l'iodure : une potion iodurée. lOF, petite baie de la côte occidentale d'Afrique, dans la Sénégambie, à 200 kil. S.-O. de Saint-Louis. Elle sépare les ari-ou- dissements de Saint-Louis et de Corée. lONA ou Icolmkill , appelée aussi I eu Ily lotia. — Ruinea do l'église Sainic-Hario. ifaï-o-na], petite Ile des Hébrides intérieures I (Ecosse), séparée de Mull par un canal de 404 lONA 2 kil, de large, appelé le fiétroit d'I ou d'I- colnilîill. Ciile lie mesure K kil. de long sur 2 kil. 1/4 de larf-'f; environ 300 hali. Surface irrégulière marécageuse, lona fut donnée, en 1)63, par le roi Picl Bridius à .saint Colonihan ([ui y fonda un célèbre monastère et un col- lège qui fut llorissanl jusqu'à la Réforme. Klle ' est niainlenanl la propriété du duc d'Arf-'yll. ' Des ruines .sépulcrales couvrcnl l'Ile. Un grand nombre do rois écossais , irlandais, norvé- giens et niênifi français y furent enterrés. lONIE, Géosr. Ancienne coiilréo de 4a côte 0. (te l'Asie Mineure, entre la rivière llernius au N. et le Méandre au .S., comprenant 1rs lies de Chios et de Sainos. Ce pays recul sonnomdes loniensquiy fondèrent 12 villes: Milet, Myonte, Piiene, Èphèse, Lébédos, Co- lophon, Téos, lîrythrée, Clazomène.s, Phocée, Chios, et Samos, qui formèrent la Dodéca- pole ionienne. (Voy. Ionif.ns.j 'Vers 700 av. J.C.,Sinyrne, an lérieurenieiiteolienne, devint membre de la confédération ionienne. Avant la moitié du vi» siècle, les 13 villes dcvinrcMit sujettes de la l.ydie cl, à la chute de Crésus, elles furent annexées à l'empire perse par Cyrns. En !j01 et en i94, 'es Ioniens firent des elïorls iiifniclueux pour recouvrer leur indé- pendance. Lors du renversement de l'eni)iiro perse par Alexandre, l'Ionie se soumit ;i la Macédoine, ensuite aux royaumes do Syrie et de Pergame; et en 433, elle tomba entre les mains des Romains. Elle fut le berceau du poème épique grec, de la poésie élégiaque, de l'histoire, de la philosophie, de la médecine et de plusieurs sciences; elle créa un style particulier d'architecture. * IONIEN, lENNE adj. Qui appartient à l'Ionie ou a ses habitants. — Est quelquefois synonyme d'Ionique : mode ionien; vers io- nien; dialecte ionien, ou substantiv., l'io- 7iicn. IONIENNES (iles), nom collectif de sept lies grecques, dont six appartiennent à la mer Ionienne (nom donné dans les temps anciens à la partie de la Méditerranée, située entre la côte 0. de la Grèce et la côte E. de l'Italie et de la Sicile). Les îles Ioniennes sont : Corfou, Sainte-Maure, Ithaque ou Thiaki, Céphalonie, Zaïile, Paxo et Cérigo, avec quelques dépendances plus petites; 2,607 kil. carr.; 300,000 hab. Elles sont très montagneuses, et possèdent de beaux ports. Le monl.(Enos, en Céphalonie, a près de 1,700 m. de haut. La moitié environ de la surface est susceptible de cuUure. Climat va- riable, mais sain. Les tremblements de terre sont rares. Les minéraux les plus importants sont: le fer, le charbon, le manganèse, le sul- fate de soude, la marne, l'argile, la chalcé- doine, le quartz etle marbre gris. Principaux végétaux : l'olivier, le citronnier, l'oranger, le figuier, la vigne, les raisins de Corinlhe, le blé, le maïs, l'orge, l'avoine, le lin, le coton, etc. Grand commerce de cabotage. Les indi- gènes appartiennent à la race grecque mé- langée de sang albanais et italien. L'italien est parlé généralement dans les classes supé- rieures. — Ces îles étaient ajipelées autrefois Corcyre, Leucas, Ithaca, Céphallénie, Zacyn- thusj Paxos et Cylhère. Elles restèrent sous la juridiction vénitienne depuis le xiv" siècle jusqu'à l'époque où elles devinrent la pro- priété de la France, en vertu du traité de Campo-Forraio (1797). De 1814 à 18G3, elles formèrent une confédération républicaine, sous le protectorat de la Grande-Bretagne et sous le nom d'Etats-Unis des iles Ioniennes. Le chef du pouvoir exécutif était unlordgrand commissaire, nommé par la couronne britan- nique. En 1863-'64, elles furent annexées au royaume de Grèce. Cérigo devint une épar- chie de la nomarchie d'Argolide-el-Corinthe et les autres îles formèrent les trois nomar- chies de Corcyra (Corfou), de Céphalonie et de Zanle (Zacynthusj. lOWA IONIENS ou laones (gr. 'I'..vîç et 'lâsveç), an- cienne liranclic de la race grecque, ayant ses | principaux établissements d.ins l'Asie .Mineure occidentale et dans les Iles adjacentes. Le nom d'Ioniens s'étendit à tous les peuples de la Grèce, qui furent apjielés Javan (Yavaiii chez les Hébreux, Yuna ou Yauna chez les Perses, Uinim chez les Egyptiens, et 'Yavanas ou Vouas dans l'Inde. Il est remarquable que le mot 'Ikoveç se présente une seule fois dans i'Iliade. Les légendes grecques disent que, vers le xi" siècle av. J.-C, les Ioniens émigrèrent de l'Attique et s'établirent sur les côtes de l'Asie Mineure. On suppose que le Yavanas de l'ancienne littérature sanscrite étaient des Ioniens qui liront des incursions dans l'Inde. lONIES, petite tribu d'Indiens des Etals- Unis, appartenant à la famille des Cadoes ou Cadodaquios. Ils faisaient partie de la con- fédération connue des Espagnols sous le nom de Texas ou- Amis; La Salle traversa leur pays. Ils haliilérent pendani longtemps sur la rivière Red, mais, vers 1823, ils se Iranspnr- tèient au Texas et en IS.'i'J dans le territoire indien. Ils sont aujourd'hui au nombre d'en- viron un cent. ' IONIQUE adj. Qui appartient, qui est par- ticulier a l'ancienne lonic ; ou qui est imité des Ioniens : le dialecte ionique. — 'Vkiis IONIQUE, vers latin composé de trois mesures dont chacune est de deux bièves et de deux longues. — Ordre ionique, le troisième des cinq ordres d'architecture. * IOTA s. m. [i-ô-la]. Neuvième lettre de l'alphabet grec, dont la figure est la plus simple de loiites(t). — Eig. Pasla moindre chose, rien : voilà un ouvraije parfait, il n'y manque pas un iota. •lOTACISMEs.m.Gramni Emploi fréquent du son ? dans les mots d'une langue : on re- jirorhf l'iolarisme à la larujue ijreeque moderne. IOWA[aï-'ô-ouê), rivière des Et, its-L'nis. qui naît au nord de l'étal au(piel elle donne son nom et qui se jette dans leMississipi, àoo kil. au-dessus de Barlington, "après un cours de iJOO kil., donl1'2o sont navigables. lO'WA, état de l'Union améiicaine, admis le 16" dans la confédération, entre 40° 20' et 4:!"30'lat. N. elentreîii» 2-2'pt9.i° lO'Iong. 0.; 145,100 kil. carr. ; 1,911,806 hab. Limites : les é!ats de Minnesota, de Wisconsin, d'Illinois, do Missouri de Nébraska et de Dakota; il est borne à l'E. par le cours duMississipi et à i'O. par celui du Missouri; 99 comtés. Cap., Des Sceau de l'état d'Iowa. Moines; villes princ. : Burlington, Cedar Falls, Cedar Rapids, Clinglon, Council-Bluffs. Da- venport, Dubuque, Keokuk, anc. cap. La |io- pulation ne comptait que 4b, 000 hab. en ISiO; elle comprend 6,000 nègres et 300,000 étran- gers; 25,000 Canadiens, 3,000 Danois, 4,000 Français, 95,000 Allemands, 25,000 Anglais, 53,000 Irlandais, 7,000 Hollandais, 27,000 Nor- végiens, 1, '5,000 Suédois, 5,000 Suisses, etc. lOWA lerriloire bien arrosé par le Mississipi, par SOS aflluenls (Des Moines, Checaque ou Skunk, lowa) et par le Missouri et ses aifluents. La surface de l'iowa est généralement ondulée; on n'y trouve pas de chaînes de nionla;;nes; elle forme presque partout de vastes prairies couvertes d'excellents [lûlurages et émail- lées de fleurs brillantes, pendant la saison chaude; mais, en liiver, tout le pays est enve- loppé d'un épais manteau de neige. Im- menses gisements de charbon bitumineux. Climat sain, mais 1res froid en hiver et très chaud en été. Frêne, orme, érable blanc et érable à sucre, peuplier, chfine, pommier, cerisier, poirier. Grande production de blé, de mais, d'avoine, de lin, de pommes de terre, etc. 10,000 établissements industriels occupent 40,000 ouvriers. Ex[jortation de charbon et de produits agricoles. La constitution accorde le droit électoral à tout citoyen américain habitant l'état depuis 6 mois. Le pouvoir lé- gislatif se compose d'un sénat de 'iO membres élus pour 4 ans et d'une chambre de 100 membres élus tous les deux ans. Le gouver- neur et ses ministres sont élus pour 2 ans. Les juges de la cour suprême sont élus parle peuple pour un terme de 6 ans; les autres juges ne sont élus que pour 4 ans. Dettes, 3 millions de francs"; revenus, 9 millions; dé- penses, 10 nïlllions. L'instruction est très ré- pandue, au moyen de 10,000 écoles primaires (400,000 élèves) et de nombreuses institutions secondaires et supérieures; 500 publications périodiques; 3,900 bibliothèques {7.50,000 vol.). Principales dénominations' religieuses : baptistes (3')2organisations), christians(H3j, congrogationalisles (187), protestants épisco- paliens (581 friends (82), luthériens (79), mé- lliodistes (982), presbytériens (375), catlio- li(iues romains (216). — Dans la langue des Indiens, le mol uiôouè signifie belle terre. Le territoire de l'iowa faisait autrefois partie de la Louisiane, cédée aux Etats-Unis en 1803. Ce pays, aujourd'iiiii si peuplé, n'était alors habité que par quelques tribus sauvag-es. Pendant leur domination de plusieurs siècles, les Français n'y avaient fondé aucun établis- sement aulre que celui de Dubuque. (Voy. ce nom.) Julien Dubuque, fixé au milieu des sau- vages, fit du commerce avec eux jusqu'en 1810, époque de sa mort. En 1833, plusieurs établissements lurent fondés aux environs de Burlington. L'iowa, après avoir successive- ment fait partie du Michigan (1834) et du Wisconsin (1836), fut érigé en territoire séparé en 1 8:18 et en état en 1846. Des Moines devint la capitale en 1837. lOWACITY, ville do l'iowa lEtats-Unis), e de 1839 à 1857. siège du gouvernement terri torial et de l'état, sur la rive gauche de la rivière lowa (navigable en cet endroit pour les bateaux à vapeur), à 120 kil. de son em bouchure et à 190 kil 7,016 hab. lOWAS, tribu d'Indiens, appartenant à la faniillo Dakota. Ils s'appellent eux-mêmes Pahucha, ISez poussiéreux, mais ils furent nommés par quelques tribus A/(;o»f/!(ms loivas et par d'autres Mascoutins ou Nadoues^is. En 1 700, ils se trouvaient sur le Mankato elétaient eu guerre avec toutes les tribus occidentales aliionquines. "Vers le commencement de ce Siècle, ils combattirent les Osages et bientôt après les Omahas et les Sioux. Il paraît qu'ils étaient au nombre d'environ 1,500. Par un traité fait avec le général Clark en 1824, Ma- haska ou Nuage Blanc, le plus grand de leurs chefs, et Manehana ou Grand Marcheur, cédèrent aux Etais- Unis toutes les terres des lowas dans le territoire du Missouri. Leurs principaux villages à cette époque étaient sur l'iowa et le Des Moines. Les lowas, au nombre de 992, furent déplacés par le traité du 17 sept. 1836. Dix ans plus tard, ils n'étaient plus que 706. Leur territoire était aloM borné E. de Dos .Moines; ipei à l'E. par le Missouri et au N. par le Grand Nemahaw. Par le traité du (3 mars 1861, la tribu, réduite alors à 305 âmes, céda tout son territoire, excepté une réserve de 16,000 acres. En 1869, ils consentirent à vendre cette der- nière et à s'éloigner. En 1872, ils étaient au nombre de 22o. — Une grammaire iowa par le rév. S. M. Irvin et William Hamilton, et un alphabet ont été publiés à la mission d'Iowa, en 1848. IPECA s. m. Nom donné à l'ipécacuana par les pharmaciens et les médecins. * IPÉCACUANA s. m. (nom brésilien de di- verses racines émétiques). Bot. et Pharm. Nom d'une petite racine brune ou grise, noueuse, inodore, d'une saveur acre et nau- séabonde, qui nous est apportée d'Amérique, et qu'on emploie en médecine : l'ipécacuana est un vomitif plus doux que l'émétique. — L'ipécacuana (par abrév. ipéca) des pharma- àx rjm 0- % \ Ipécucuuiia gris (Cepbaëlis ipecacuanha). copées est la racine du cephaélis ipecacuanha, pelile plante de l'ordre naturel desrubiacécs, sous-ordre des cinchonacécs. Elle croît dans les forêts épaisses et ombragées du Brésil et de la Colombie et fleurit en janvier et en fé- vrier. Le principe alcaloïde, appelé emctia, auquel est due la propriété émétique de la I)lante, s'obtient difficilement à l'état pur. Elle forme une poudre blanche, inodore et d'un guûl légèrement amer. IVipécacuana fut in- troduit en Euriipi' dans la pratique médicale par Jean Hclvétius, grand-pérc du célèbre auteur français de ce nom. A haute dose (de îiO centigr. à I gr. et clemi), c'est un émétique actif et prompt, mais doux ; à petite dose (do 5 a 20 centigr.), c'est un diaphorétique et un expectorant; en quantité encore moindre, c'est un stimulant pour l'estomac. Le sirop d'ipéca est d'un usage populaire pour faire vomir les enfants. IPÉCACUANIQUE adj. Chim. Se dit d'un acide extrait de certaines racines d'ipéca- cuaua. IPIIICRATE, général athénien du iv« siècle ,iv..l.-('.. l:u :!!):!, il commanda les auxiliaires atlii'niiMis a la bataille de Lechœum, dans la- quelle les alliés furent battus par les Lacé- démonieus. Ensuite, plus heureux contre ces derniers, il les battit près de Corinihe et s'empara de Sidus, de Croinmyon et d'Œinoé. En 377, il fut envoyé avec 20,000 Grecs mer- cenaires au secours du satrape perse Phar- nabaze qui voulait réduire l'Egypte, mais il se querella avec lui et s'enfuit à Athènes. En 373, il fut nommé au commandement des troupes envoyées contre Corcyro. Dans la guerre qui iia(iuit de la prise do Thèbes par les S[i;irtiaU's, Iphicrate romniauila !c> forces athéniennes envoyi'es contre les Théhains. Il eut ensuite un commandement en Thrace et dans la ;;uerre sociale. IPHIGENIE fille d'Agamcmnon et de Cly- IPSA lémnestre. Toute la Grèce, accourue à l'appel de Ménélas, n'attendait dans le port d'Aulis qu'un vent favorable pour s'élancer sur les rivages de laTroade, mais un calme continuel enchaînait la flotte en Âulide. L'oracle est consulté, et Calchas répond que la déesse de ces lieux rendra les vents propices si le sang d'Iphigénie coule sur son autel. Victime dé- vouée à la gloire de sa patrie, Iphip:énie m?a'chait couronnée de Heurs au sacrifice, lorsque Diane l'enleva dans un nuage et lui substitua une biche. Tiansfiortée en Tauride, la fille d'Agamemnon y devint prêtresse do Diane, sa libératrice ; son frère Oreste, l'ayant reconnue là, l'emmena avec lui à Argosel k Sparte. Les aventures d'Iphigénie ont fait le sujet de plusieurs pièces de théâtre : Iphigé- nie à Aulis, tragédie d'Euripide, représentée en 406 av. J.-C.; Iphigénie en Aulide. titre de deux tragédies : l'une de Rotrou (1640) et l'autre de Racine (1674); Iphigénie en Aulide, tragédie lyrique en 3 actes, représentée à Paris (Opéra), le 19 avril 1774; musique de Gluck; paroles du bailli du Rollet; Iphigénie en Tauride, tragédie d'Euripide (410 av. J.-C); Iphigénie en Tauride, tragédie en 5 actes et en vers, de Guimond de la Touche, représentée à la Comédie-Française le 4 juin 1757; Iphi- génie en Tauride, chef-d'œuvre tragique de Goethe; Iphigénie en Tauride, drame lyrique en .T actes, représenté à Paris (Académie de musique) le 6 mai 1704; musique de Desma- rest et Campra ; paroles de Duché etOanchet ; Iphigénie en Tauride, tragédie lyrique en 4 actes, représentée à Paris (Académie de musique) le 18 mai 1779; paroles de Gail- lard; musique de Gluck, dont ce fut l'un des plus beaux triomphes. IPSAMBOUL, Abou Samboul ou Adusimdel, Heu de la Nubie inférieure, sur la rive gauche du Nil,à4-5kil.S.-0. de Derr, remarquable parscs deux temples égyptiens taillés dansleroc. Tous deux ont leurs murs de façade en grès et les murs intérieurs creusés dans le roc solide. Le plus petit temple, bâti à environ 7 métrés au-dessus du niveau du iNil, a une façade de IRAN 405 Tombe à Tpsnmbouli 30 mètres, il est orné de six statues gigan- tesques, dans un état deconservation presque parfait. Le plus grand temple, à 33 m. au- dessus du niveau de l'eau, po.ssède une façade de 40 m. de long et de 30 m. de haut, avec quatre énormes figures de 23 m. di; haut, les plus colossales de la Nubie el de l'Egypte. IPSARA ou Psara, ile stérile de la Turquie, dans l'archipel grec, à l.ï kil. 0. de Scio; longue d'environ 13 kil. et large de 8 kil. Pendant la guerre de l'indépendance grecque, elle se rendit célèbre par le dévouement el la bravoure de ses marins; elle fut prise et presque dépeuplée par les Turcs (3 juillet IS24). Ispara, la seule ville de cette ile, ren- ferme à peine .500 hab. •IPSO FACTO, loc. adv. empruntée du latin, qui se dit de tout ce qui suit infailliblement et immédiatement quelque fait. On l'emploio surtout en parlant d'une excommunication encourue par le seul fait : celui qui frappe un prêtre est excommunié ipso facto. IPSUS, ville de l'ancienne Phrygie (Asie Mineure), probablement à environ 15 kil. S.-E. de Synnada. Elle est célèbre par la ba- taille qui s'y livra en 301 av. J.-C. (ou en 300, d'après les évaluations de Grote), et dans laquelle Antigène et son fils Démétrius furent battus par les forces de Seleucus, de Cas- sa ndre, de Lisimaque et de Ptolémée.Antigone fut tué el la bataille fut suivie d'une nouvelle division des Etats d'Alexandre le Grand, ce qui mit fin à une lulte sanglante qui durait depuis 20 ans. IPSWICH [ips'-ouidj], ville du Massachusetts (Etats-Unis), sur l'embouchure de la rivière Ipswich, à 42 kil. N.-N.-E. de Boston; 3,6Ni> hab. IPSWICH, ville d'Angleterre, capitale du comté de Suffolk, sur la rivière Orwell, à lo kil. delamer et à95kil. N.-E. de Londres; 57,702 hab. Institut mécanique, collège d'ou- vriers, fonderies importantes, savonneries, brosseries, moulins et docks pour la cons- truction de navires. Ipswich fut ravagée par les Danois en 99i el en 1000. IPSWICH, ville de Quoensland (Austra!ie| sur la rivière Bremer, à 38 kil. 0. de Bris- bone; 7,625 hab. IR, préfixe qui remplace in quand il est suivi dea: irréfléchi, irruption. IRA, forteresse et montagne de l'ancien Péluponèse (Messénie). IRAK-ADJEMI, province centrale de la Perse, comprenant une portion du Grand Dé- sert, bornée à l'E. par le Khorasan ; 358,000 kil. carr. ; 1,250,000 hab. La surface forme un plateau élevé, traversé par plusieurs (haines de montagnes cl par des vallées fer- I iles. La contrée est presque dépourvue d'ar- lires. Les rivières principales sont : le Kizil Uzen et le Kerah. Ispahan, Téhéran, Hama- lian, Casbin, Kermanshah et Kuiu sont les villes principales. IRAK-ARABI ou Irak-i-Arabi, nom arabe et désignation ordinaire admise par les orien- talistes pour la portion S.-E. de la Turquie d'Asie et quelques territoires adjacents a l'E. L'irak-Arabi correspond à l'ancienne Baby- lonie et à l'Elam ou Susiane, et renferme le vilayet do Bagdad, plus la partie septentrio- nale et 1,1 frontière S.-O. de Perse, principa- inonl le Khuzistan. Il comprend la région alluvi.ilo voisine du golfe Persique, région presque complètement plate, très fertile près dos cours d'eau, desséchée et aride partout ailleurs. Rivières principales: le Tigre et l'Ku- hrate. Villes principales: Bagdad et Basso- rah. IRAM ou Iran. Voy. Perse. * IRANIEN. lENNE adj. Qui appartient .\ l'Iran. Un dit .uissi IitANiôUB. — Races et langues iraniennes. — Les races iraniennes ou persanes forment une branche de la fa- mille aryenne ou indo-européenne; elles ha- bitent un territoire situé dans le voisinage immédiat el à l'O. des races indiques ou aryennes proprenienl dites. Les Iraniens for- mèrent dans les temps anciens le trait d'union 406 IHAN mil relifiles Indo-Européeâs de l'Asie elceux de riiurope. La [(reiiiiftre race irniiiquc qui fait son upparilion dans l'histoire est i;clle dos Mèdes. Les souiccs les plusancinnnesque nous possédons sur l'histoire des Iraniens les reiwésentenl comme liivisi's en plusieurs races. Les races iraniques sont encore suhdi- visées aujourd'hui en de nombreuses tribus. L'Induf forme maintenant leur frontii're K. Danslerfum«un ou teire Irontiôre de l'Inde, plusieurs tribus afghanes, quelquefois dési- jïnées collectivement sous le nom de Lohani l't d'autres plus à 10., sur les monts Sol.ynian, forment ensemble la transition de la race in- dique à la race iranique. Plus loin encore à l'O. sont les .Vf^hans proprement ditset au S. de ceux-ci les Béloutctiis, qui ne sont pas de pure orif.'ine iranique. Los Afp-lianssont bien bâtis, avec la tête allonirée, lesyeu.x horizon- taux et une peau d'un brun velouté. Les Ta- jiks. Iraniens aussi par le sang et par Ir lan- S'age, se rencontrent parmi les Al'frbans eties Béloutchis ; mais on les trouve en pluspraiid nombre dans la lioukhario et le liadaUhsIian ; beaucoup se soni établis dans le Khokan, à Kiva et dans la Tarlarie chinoise. Plus ,'i l'O. principalement sur les frontières de l'Afgha- nistan, de Khiva et de la Perse, vivent les Ai- mags, dont le langage est d'un type très an- cien et p'U mélangé d'arabique. Les Perses sont beaucoup plus blancs que les Afghans, leurs (rails sont plus réguliers, leur pTbysio- nomie a été améliorée par des mélanges avec les Géorgiens et les Circassiens. Les Kurds appaitiennent aussi à la race iranique. On les trouve dans le Khorasan et ils habitent les pentes septentrionales et les vallées de l'El- burz, mais la masse dos Kurds orientaux vil sur les monts Zagros. Les Kurds occi- dentaux habitent une porlion des chaînes de montagnes de l'Arménie sur la limite nord du déserl de Mésopotamie. Au milieu des Kurds vit un peuple cullivaleur, les Guraiis, dont le dialecte se rapiu'ncbe du persan plus que du kurd. Au N. des Kurds, les principales populations iraniquci; sont les Arméniens, les Tatsqui habitent le Bakou et les Os, une pièce de théâtre, Vortirnern, qu'il attribua à Shakespare, et qui, pendant un certain temps, trompa un grand nombre de littéra- teurs. Cetti- pièce et Henri II, prodm-tion semblable, furent imprimées en 17yi). .Ses Confessiùn^ {180.S), contenant l'aven de ses faux, ont été publiées à iNew-York en IS74 avee, des faosimilés additionnels et une intro- duction, parR.G. While. IRÈNE, impératrice de Constanlinople, née à Alhéii(!s, vers 752, de parents obscurs, morte en 80,t. Elle fulniariée en 769 à Léon IV, fils et héritier de l'empereur Constantin V. A la mort de celui-ci, Léon la désigna pour administrer le royaume pendant la minoi'ilé de leur fils, Constantin VI. En 787, elle con- voqua à iMcée un concile qui rétablit l'usage et le culte des images dansles églises. (Voy. Iconoclastes.) En 790, Constantin VI, réuss'it à l'éloigner des affaires et à >e soustraire à son influence; niaisen797, Constantin, assailli pardesassa.^sinssoudoyés parirène, se réfugia en Phrygie. Une fois maîtresse du pouvoir, elle persuada à son fils de revenir et lui fit crever lesyeux. Pen-lant cinq années, ellegou- verna l'empire avec une prudente énergie ; mais ses efl'orls furent impuissants à la pré- server des justes suites de ses crimes. En 80:i, iNicéphore, son trésorier, la fit arrêter et ban- nir à l'île de Lesbos où elle vécut misérable- ment, forcée de filer pour gagner sa nourri- ture quotidienne. La restauraUon des images et la protection qu'elle accorda à leur culte l'ont fait placer dans le calendrier grec, au nombre des saintes. IRÉNÉE (Saint), l'un des pluscélèbres pères de l'Eglise, népi-ès de Smyrneen 13.5, mort à Lyon en 202. Il fut disciple de saint Pbly- carpe et accompagna probablement saint Po- thin dans les Gaules; il reçut les ordres des mains de ce dernier et lui succéda, en 177, sur le siège épiscopal de Lyon. Dans la con- troverse qui s'éleva entre les évêques d'Orient et le pape Victor I" au sujet de lu célébra- tion de la Pâque.ilprit parti pour les évêques orientaux et remplit le rôle de médiateur. 11 a écrit contre les gnostiques et les valenti- niens un traité, Adversus hsereses, qui est re- gardé comme l'ouvrage le plus important de la littérature patrologique. .Mis par l'Eglise au nombre de ses saints, il est vénéré le 28 juin. IRIARTE. Voy. Yriarte. IRIDE.ee adj. Qui ressemble à l'iris. — s. f. pi. Famille de plantes dont l'iris est le type et qui comprend les genres : iris, ber- mudienue, glaïeul, safran, etc. mis IRIDIEN.IENNEadj. UuiappartienI à l'iris: liii<>i iriiUnt. ' IRIDIUM s. m. [i-ii-di-omm](rad. iria.k cause des couleurs irisées qu'atl'i dent ses so lutionsi. Métal très dur, cassant, d'un blanc d'artrent, contenu dans certains minerais de platine; symbole Ir ; équivalent chimique 9H.:i6. Il se trouve à l'état natif et presque pur, ou associé à l'osmium, au platine et au rhodium. A l'aide du chalumeau oxyhydro- gèiie, il peut être fondu sur de la chaux ; on le fond au>si au moyen du courant voltaîque; sa gravité spécifique est alors de il.l.'l. On le trouve en petits grains qui sont eniplovés pour fortifiiT les pointas des plumes d'or. (À- métal fut découvert en I80i, fiar Tennant,qui le trouva, ainsi que l'osmium, dans du mi- nerai de platine. IRIS. Mylhol. gr. Fille de Thaumas et d'E- lectre et messagère des dieux. Hésiode a per- sonnifié l'arc-en-ciel sous le nom d'Iris et Homère nous montre celte di'esse sous les murs de Troie enlevant du champ de bataille Vénus blessée. Elle est représentée comme une vierge à la longue tunique et aux ailes d'or. * IRIS s. m. [i-riss). Météore qu'on appelle vulgairement l'arc-en-ciel: lus covletirs de l'iris. — Couleurs qui paraissent autour des objets quand on les regarde avec une lunette : celte lorgnette est mnuvaise, elle produit un iris très marqué. — Pierre d'iris, ou simple- ment Iris, pierre dans laquelle on voit les couleurs de l'arc-en-ciel. — Anal. Cette par- tie colorée de l'œil, qui environni' la prunelle, et qui présente quelquefois des nuances cir- culaires et concentriques: les yeux ilcu.s. les yeux noirs, sont ceux dont l'iris est bleu, est noir. * IRIS s. m. Bot. Genre d'iridées, compre- nant une centaine d'espèces de plantes viva- ces à rhizome rampant, à bulbe solide, à fleurs grandes, souvent richement colorées. On les multiplie par la séparation des rhizomes ou, quand on veut obtenir des variétés nou- velles, par le semis. L'iris d'Allemayne {iris Gerrnanica), appelé aussi flambe ou flamme, croit en France sur les murs et sur fs rochers; on le cultive dans les jardins à cause de ses belles fleurs d'un bleu violet, avec la barbe jaune et une odeur agréable. .Son rhizome amer et acre, répand, quand il os( sp ■ |],)j. ^ odeur de violette. L'in's de Florence (iris Fio- rentina), à fleurs blanches, lavées de bleu, avec du jaune vif à la barbe du périanthe, croit en Italie et en Provence. Son rhizome séché est employé, ainsi que celui de l'espèce précé- dente, à parfumer le linge dans les armoires ou dans la lessive; on s'en sert aussi en méde- cine pour faire les pois à cautère, à cause de son âcrelé, qui entretient une irritation con- venable. L'iris des marais (iris pseudo-acorus), commun aux environs de Paris, porte des IRLA fleurs grandes, jaunes, presque inodores; son rhizome donne une teinture noire. L'iris gi- got {iris fœtidissima), à fleurs jaunes, ponctuées de violet sur les sépales, répand, quand on l'écrase, une odeur de gigol rôti, à l'ail. — Parmi les espèces et les variétés recherchées particulièrementpour orner les jardins, nous citerons l'iris deuil {iris Susiana), magnifique plante dont les grandes fleurs sont marquées de points et du bandes pourpres sur fond gris oublanc.—VEHT d'iris, ou simplement Iris, cou- leur qui sert pour la miniature et pour la gouache, et qui est faite avec de la chaux et des pétales d'iris d'Allemagne. — Poudre d'iris, ou simplement Iris, poudre de senteur faite de la racine d'iris de Florence, d'iris d'Al- lemagne, de l'iris des marais et de plusieurs autres espèces. Cette poudre, si employée par lesparfumeurs.provientsurtouldeTriesteetde Livourne; elle prévient les crevassesde la peau. * IRISATION s. f. [i-ri-za-si-on]. Phys. Pro- priété dont jouissent certains métaux de pro- duire à leur surface les couleurs de l'iris. * IRISÉ, ÉE adj. Hist. aat. Qui présente les couleurs de l'arc-en-ciel : pieire irisée. — S'iriser v. pr. Prendre les couleurs de l'arc- eu-ciel. IRITIS s. f. Méd. Inflammation de l'iris. Elle débute par un léger trouble de la vision, une teinte maie et terne de l'iris, une colora- tion rosée de la sclérotique; son symplôme principal est la déformation de la pupille; il s'y joint des douleurs orbitaires profondes et de la photophobie (hrfrreur de la lumière) ; on combat celte affection par un tiaitemenl antiphlogistique énergique, par les révulsifs intestinaux et par des instillations d'eau bel- ladonée et quelquefois les saignées locales et générales. IRKOUTSK I. Gouvernement de la Russie d'Asie, borné par la Mongolie; 784,091 kil. carr.; 4UO,000 liab. Territoire élevé, riche en minéraux (or, argent, cuivre et fer). Vastes forêts. Bœufs et moutons. Les étés sontcourts, mais très chaud.s ; les hivers sont exi'(!ssive- ment froids. Leshabitantsdesuendentd'exilés russes, de .Mongols, de Tunguses et de bu- riats. — 11. Capitale du gouvernement ci- dessus et de la Sibérie orientale, sur l'Angara inférieure, à environ 50 kil. de sa sortie du lac Baikal ; 44,000 hab.; est bien bâtie. Elle est l'ortiliée, pos.séde une citadelle, un Ihéâlre et un grand nombre d'écoles el d'églises. Manu- factures de laine, de toile, de cuir, verreries et fabriques de savon. Les condamnés sont employés dans les factoreries du gouverne- ment. Grand enlrcpûl conimeicial entre l'eiii- pire chinois et l'empire russe. Célèbre foire en juin. IRLANDAIS, AISE s. el adj. Qui est de l'Ir- lande, qui appartient à ce pays ou à ses ha- bitauls. IRLA IRLANDE (ansl. Ireland; irland. Erin ou lie verte; lai. Hibernia). L'une des deux lies principales du Royaume-Uni de Grande-Bre- tagne et d'Irlande, entre 51» 26' et 5.5° 21' lat. N. et entre 7° 40' et 12° 46' long. G. ; bornée au N.-O. et au S. par l'océan Atlanti- que, à lE. par le canal Saint-Georges, la mer d'Irlande et le canal du Nord qui la séparent de l'Angleterre et de l'Ecosse ; sa plus grande longueur méridionale est de 330 kil. ; sa plus grande el sa plus petite largeur sont de 27.t et de 170 kil. ; 84,2.Ï2 kil. carr. ; 4,456.546 hab. Capitale, Dublin ; villes princ. : Belfast, Cork el Queenstown. L'Irlande est divisée en quatre provinces : Leinster, Munster, Utster et Con- naughl, et en 32 comtés. (Voy. Grande-Bre- tagne.) Jusqu'en 1841 lapopulalionaugmenla; elle était alors de 8,196,597 hab.; depuis, elle n'a cessé de décroître; elle n'était plus que de 6,574,278 hab. en 1851 ; de 5,798,967 hab., en 1861 et de 5,412,377 hab. en 1871; de 5,174,836 hab. en 1881 ; de 5,007,551 hab. en 1S91. Si ce dépeuplement con- tinue pendant un derai-sièch^ . l'Irlande, cette ile saur, comme l'appellent les Anglais, deviendra une solitude, dont la mi- sère fera contraste aveclaprospérité des colo- nies britanniques, comme pour donner un exemple vivant des effets produits d'un côté par le despotisme el de l'autre par la liberté. — Sous le rapport religieux, la population se décompose en : 3,950,000 catholiques, 6.30,000 anglicans, 4-50,000 presbyti'riens, 45,000 mé- thodistes, etc. La décroissance de la popula- tion est due surtout à la famine et à l'émigra- tion (Voy. EsiiGRATiON.) — La ligne de côtes mesure environ 1,1 25 kil. de longueur, depuis le cap Malin, au S., jusqu'au cap Clear. Les principales échancrures sur les côtes E. et S. sont : les loughs de Foyle, de Belfast, de Strang- ford et de Carlingford; les baies de Dundalk et de Drogheda ; celle d;» Dublin avec le port artificiel de Kingstown ; celle de Vexford, de Walerford et de Youghal ; le magmlique port de Cork, renfermant Queenstown ; el les rades de Kinsale el de Skibbereen. Au S.-O. et au N. la côte est découpée en bandes étroites el en fragments accidentés par des firlhs el des bras de merformant des baies nombreuses el des ports : baies de Bantry eldeKenmare, port de Valenlia, baies ùeDingle et de Tralee, estuaire du Shannon, baies de Galway, de CIew, de Kiliala, de Sligo el de Donegal et Lough Swilly. Les côtes sur ce côté sont do- minées par des falaises escarpées. Surla côte N. s'élèvent les célèbres colonnades appelées chaussée du Géant; 196 lies sont dispersées le long des côtes. Le nombre total des ports est de 90. — La surface est divisée en un bassin central el en masses montagneuses bordant la côte. La plaine centrale est diversifiée par de riches plateaux ondulés et par des étendues de marais stériles. Les collines el les mon- tagnes les plus élevées sont couvertes de bruyères jusqu'à leur sommet. Le pays ren- ferme peu de forêts. Il n'y a pas de chaînes de moiilagnes, excepté le Slieve Bloom el le Devil's Bit, qui forment une courbe irrégulière d'environ 45 kil. à travers le Munster el le l.einster. Partout ailleurs, les montagnes for- ment des ma.sses isolées près de la côte. Les pics les plus élevés sont : le Brandon , (1,000 m) elle Carn Tuai (1,105 m.) Une éruption volcanique, qui eut lieu en mai 1788 sur la montagne de Knocklade (Anlrim), ré- pandit une coulée de lave de (iO m. de large pendant :t9 heures et détruisit le village de Ballyowen. Les principaux gisements de char- bon se 'trouvent au cenhe de l'Ile, ils pro- duisent du charbon d'une qualité inférieure. Le lit le plus riche est celui de Kilkenny. On trouve du lignite sur la côte S. du Lough Neagh. Le minerai de miivre, principale ri- chesse minière de l'irlamle. se trouve surtout dans les comté.s de WmUIi'W, de Waterford. de Cork, et de Tipperary. Le plomb esl plus ■IRLA 407 abondant que le cuivre. Les mines de charbon sont riches en fer ; l'argent se trouve avec le minerai de plomb. 11 y a deux espèces de bogs, le rouge ou fibreux composé principale- ment de sphagnum palustre ou mousse des bogs, et le bog noir qui a une profondeur de 8^ à 33 m. (Voy. Bogs.) Principaux cours d'eau : Shannon, Blackwater, Suir, Nore, Barrow, Slaney, Boyne, Bann, Foyle, Erne et Liffey. Nombreux lacs : Lough Neagh, Lough Erne, Lough Corrib; Lough Ma?k, lac Conn, et lac de Kilarney. — Le climat est doux et uniforme. A Dublin la température moyenne annuelle est d'environ 50° F. (10° C); celle de l'hiver esl de 40° F. (3° 60 G.| ; celle du prin- temps el de l'automne 30° (10° C.) et celle de l'été 60° (16° C). Une humidité perpétuelle favorise la végétation et entretient la fraîcheur des pâturages. Un quart du territoire est cou- vert de rochers stériles, d'eau, de marais et de bogs ; le sol arable, d'une qualité médiocre, forme un autre quart, et le reste est une terre végétale riche et profonde, recouvrant géné- ralement UQ sous-sol calcaire. Les montagnes sont susceptibles d'être cultivées à une grande hauteur et leurs sommets, sauf quelques excep- tions, forment des pâturages en été. Par rap- port au sol et au climat, l'Irlande est un pays pastoral. Dans les comtés du nord, les fermes, généralement petites, sont cultivées à la bêche ; elles donnent des pommes de terre, de l'avoine et du chanvre. Dans la partie nord du Fermanagb, elles sont plus grandes, la cul- ture y est meilleure, le blé y croit en grande quantité, bien que l'avoine y soit la princi- pale récolte, ainsi que dans les cinq comtés formant le N.-O. de l'Irlande; l'orge croît près du bord de la mer. Dans les comtés du S.-O., on s'occupe davantage de l'élevage des bestiaux. Dans les comtés de Tipperary, de King et de Queeu, on cultive le blé. Le pays manque de bois; on trouve dans les bogs le chêne, le sapin, l'if, le houx et le bouleau. Le poisson esttrès abondant, particulièrement le saumon, le brochet, l'anguille et la truite. Il y a des grenouilles, mais pas de crapauds, ni de serpents. La tlore de l'Irlande comprend l'arbutus unedo,\elong des lacs de Killarney; des espèces de saxifrages et de fougères sur les montagnes de Kerry; de rares plantes al- pines dans le Gonnemara iGalway], dans la montagne de Benbulben(Sligo), dans le comté d'Antrim, eldes espèces particulières d'algues sur différentes parties de la côte. Il y a plus de deux millions d'acres en céréales; 326, 160 chevaux ; 4,111,990 bœufs, 4,248,158 moutons el plus de 1,230,000 porcs. — La manufacture de toile est la branche la plus importante de l'industrie irlandaise. Il y a l-SO manufactures de lin, employant 60, .'500 ouvriers, S de coton, avec 3.100 ouvriers, 11,000 de jute avec 2,000 ouvriers et 2 manufactures de soie avec 400 ouvriers. Belfast est le centre le plus im- portant pour la fabrication des toiles. On fa- brique, de la dentelle à Limerick. On a fait de grands progrès depuis quelques années dans la manufacture des mousselines brodées. Le siège principaido cette industrie eslàGlasgow, mais fouvrage à l'aiguille, bien qu'exécuté en- partie en Ecosse, esl fait principalement par les paysans irlandais. Environ 300,000 per- sonnes, principalement des femmes, sont employées à cet ouvrage. Le nombre des dis- lilleiiès et des établissements de nctilicalion pour les alcools est de 63, la consommation annuelle est d'environ 20,860,9«i litres d'al- cool. Parmi les pêcheries d'Irlande, celles du saumon el du hareng sont les (dus florissantes. Le nombre des bateaux occupes aux pêcheries est de 6,330, employant constamment 3,800 hoinineselenfants, occasionnellement 22,000. Le nombre total des navires marchands esl de 1,724, de 212,412 tonnes, comprenant 218 va- peursdc 3i,773 tonnesel I.'i06 navires à voile, de 1.57,637 tonnes. Lesimportationsélrangères sont estimées à 11,928,511 livres sterling et 408 IRLA l'exportation à 336,095. Les principaux ports (le commerce : sont Belfast, Cork, Dublin, LiinericU, Londonderry, Newrv, Waterford et Wi-'.xford. — LEplise épiscop;iie ou anf-'licanc ratait autrefois l'Kçlisc établie d'irlaride, mais elle a été désétablie en 1871, par acte du par- lement. (Voy. Anglicanismk.) Elle est f^ou- vei-néc par un synode (.'éiiéral, se rassemblant atimielIcMient à Dublni. Le primat (archevê- que d'Armafrh) est élu par le ban des évfiques. 11 y a deux archevêchés: Dublin et Armaj-'h et 10 évêchés. — Les dignitaires de l'Efilise ca- tholique romaine d'Irlande sont les quatre arehevêqucs d'Armafîh, de Dublin, de Cashnl et de 'l'uam et 24 évêques. — L'institution princijiale d'éducation est l'université de Tri- nity collège (Dublin), fondée en 1.191 (1,200 étudiants). Parmi les aulres établissements déilucation sont les collèges de Belfast, de Cork et de Galway. Le collège de Maynooth et celui de All-llallows (Drumcondra), sont les institutions piincipales pour l'instruction des catholiques romains qui se destinent à la prê- trise. L'établissement d'une université catho- lique romaine l'ut votée par une assemblée synodale en 18114 et la première pierre fut posée à Drumcondra en 1S62. Il y a 7,1.'i0 écoles primaires, avec 1,100,000 enfants ins- crits, comprenant plus de 800,000 catholiques. Do nombreuses écoles sont aussi dirigées par les frères des écoles clirétiLnues. La société d'éducation de l'Eglise donne l'instruction à environ o»,000 élèves, la plupart protestants. Les principaux établissements pour l'avance- ment de la littérature, des sciences et desarts bc trouvent à Dublin ; nous citerons, l'aca- démie royale irlandaise, l'académie royale hibcrnienne des arts, et la société royale de Dublin. Les institutions de bienfaisance sont en très grand nombre. Le nombre total des pauvres secourus est de 77,913. Le nombre des condamnations criminelles est de 2,484. — Le gouvernement est administré par un lord lieutenant, assisté d'un conseil privé nommé parla couronne, et par un secrétaire en chef pour l'Irlande; ce dernier fait partie du cabi- net comme ministre. Chaque comté est conlié aux soins d'un lieutenant, généralement un j)air du royaume, assisté de lieutenants dé- ]mtés et de magistrats qui remplissent leurs fonctions gratuitement, et par un ou plusieurs magistrats salariés , tous nommés selon le bon plaisir de la couronne. La justice est ad- ministrée par le lord chancelier, le maître des rôles, quatre juges dans chacune des cours du banc de la reine, etc. Les assises pour les cas criminel et civil sont présidées par deux juges, dans chaque comté, au prin- temps et à l'été de chaque année. L'Irlande est représentée au parlement anglais par Ï8 pairs élus à vie et par 10b membres de la chambre des communes. — Les antiquités d'Irlande se composent de cromlechs, de cairns (simples monticules ou marques de sépulture), de colonnes de pierres, detuniuli, des duns ou défenses en pierre, des lis ou fortifications de terre, des ralhs ou villages, d'anciens établissements voûtés en pierre, de tours rondes (dont 118 ont une hauteur de 12 à 40 m. avec un diamètre intérieur de 3 à 5 m.), un grand nombre de châteaux et de forteresses. Les constructions rondes ou ovales en pierre brute et en terre, appelées populairement ruchers, se trou- vent en grand nombre sur les îles en face de la côte de Connemara, comté de Galway, et datent probablement du vi= ou du vii° siècle. Les exemples les plus remarquables de l'ar- chitecture cyclopéenne sont : leDun Aengus, sur une falaise élevée de la grande ile d'Ar- ran;lcKnockfennell dans Limerick, qui me- sure 100 m. de circonférence avec des murs de 3 m. 30 centim. d'épaisseur; et le fort de Staigue près de la baie de Kenmare, d'un dia- mètre circulaire de 30 m. avec des murs de 6 m. de hauteur et de 4 m. 33 centim. d'épaisseur. IRLA Les touristes admirent plusieurs anciennes I chapelles bAties en pierre sèches, dans le ! comté de Kerry. Les ruijies sont très abon- dantes dans certaines parties do l'Irlande; ce sont surtout des eliAteaux et des (ours irlan- daiM's du xii" .ui XVI" siècle. — (jé;-ar. Tacite et l'Iine aiqielleiit llibeiiiie, le pays nommé aujourd'hui Irlande. Le nom indigène est Er, Eli ou Eriii. l'endanl le règne d'Ollav l'ola, environ 000 av. J.-C, une espèce de [larlc- meiit fut organisé en une assemblée trien- nale à Teamor ou Tara; on lit des lois ins- crilcs dans un mémorial appelé le psautier de 'l'ara. Ollav Kola fonda aussi des écoles de philoso|diie. d'astronomie, de poésie, de mé- decine et d'histoire, llugony le Grand (300 av. J.-C.) conquit les iles occidentales et di- visal'lrlande en 2y provinces administratives. La couronne fut déclarée héréditaire dans sa famille. La division de l'Irlande en quatre provinces remonte à cette é|ioque.Crintham, l'un des successeurs dliugony, s'associa aux Pietés dans leurs ineursions contre les Ro- mains. Cormac fut laineux dans la paix et dans la guerre. Dalhi fut le dernier roi pa'ien de l'Irlande. A cette époque, les habitants étaient Scoto-Milésiens ou Ecossais mêlés avec les descendants de Milcagh, héros Ibé- rien. (Voy. Celtes et Gakl.) Depuis le m- siècle juscju'à la (in du x' siècle, l'ile entière porta le nom de Seotia. Patrick, natif de Gaule, fut envoyé à liome par Germain d'Auxerre; le pap(! lui confia la mission de convertir le peuple irlandais. Il arriva en Irlande vers le milieu du v° siècle; quand il mourut, en 493, l'ile était chrétienne. Le monastère favori de saint Patrick à Armagb devint une école cé- lèbre dans toute l'Europe. Un des événements les plus importants de cette époque fut la fondation du royaume dalriaden ou scoto- milésien d'Albanie (Ecosse), dont la pre- mière colonisation par le fieuple venu d'Ir- lande eut lieu vers 238 av. J.-C. Suivant Bédé, un grand nombre d'Aiiglo-Saxons s'établirent en Irlande en 646. En 684, celte ile fut en- vahie par Egfrid, roi de Northumbrie. Des incursions Scandinaves plus sérieuses eurent lieu vers la fin du vin" siècle. Vers 840, parut une Hotte puissante commandée parTurgesius, qui, près de sept ans, exerça son pouvoir sur un vaste district. Turgesius fut tué p.ir iMalachis, prince de Weslmealh, et les Irlan- dais, sous le chef principal Mail III, se- couèrent le joug des Danois. En 1002, Brian Boru, ou Borobme, roi de Munster, chassa les Danois de son royaume et s'empara de l'autorité; il fut couronné à Tara comme roi d'Irlande. En peu de temps, il chassa les Danois de tout le pays. Une autre invasion des Danois amena la bataille décisive de ClouLarf, le jour du vendredi saint, 23 avril 1014, et anéantit déflnitivementleur pouvoir. Brian fut tué par l'ennemi en fuite, et Ma- lachis, détrôné par lui, devint alors roi. Sa mort en 1022, marque le déclin de la monar- chie irlandaise. Au xu' siècle, le pays oUVait le spectacle du désordre. L'ile était tombée dans un état d'abâtardissement et le pape Eugène III envoya le cardinal Papiron pour corriger les abus et rétablir la discipline. Le synode de Kells, tenu sous ses auspices en 1 lii2, reconnut la suprématie de Home. On dit qu'en 1155 une bulle fut lancée par le pape Adrien IV, conférant la souveraineté de l'Irlande à Henry II d'Angleterre. En 1 169, l'île fut envahie par deux bandes d'aventu- riers normands, sous Robert Fitzstephen et RicharddeClare, comte de Pembruke, appelé vulgairement Strongbow. Henri se rendit en Irlande en 1171 et fut reconnu lord suzerain par un grand nombre de princes du pays. En M77, son fils, Jean, fut nommé lord d'Ir- lande, et le cardidal Vivian, légat du pape, convoquant un synode a Dublin, donna le titre de roiàHenriavecrautorisation du pape. En IlSo, Jean arriva avec une flotte de 60 na- IRLA vires, il fut défait par Donal O'Brien et iV s'en retourna bientôt. En 1210, Jean, devenu roi d'Angleterre, attaqua de nouveau l'Irlande et battit les plus puissants lords anglo-nor- mands. En 1216, la Magna r.h.irta ou grande charte des libertés fut accordée aux Irlandais par Ilcnrv 111. En 1313, Edward Bruce débar- qua à Aiitrim, où il fut rejoint par Donal O'.Niel, prince d'Ulster. Les habitants se ran- gèrent sous son drapeau. Les Anglo-iSor- mands avec O'Conorde Connaught lui lirent opposition. Bruce et O'Niel écrasèrent l'ar- mée anglo-normande, et, en 1316, Bruce fut élu et couronné roi. Robert Bruce vint à l'aide de son frère, et, après une incursion heureuse jusqu'à Limerick, il retourna en Ecosse. Les Anglais, commandés par Jea' de Birmingham, battirent Edward Bruce p dis- persèrent SCS Iroufies h Eaiigard, 14 octobre 1318. Brucefut tué verslemilieu du xiv<-- siècle; les colons normands adoptèrent le langage, les lois, les manières et les coutumes des Ir- landais. Par une ordonnance d'Edward III (1341), tous les emplois occupés en Irlande par des Irlandais ou par des Anglais qui avaient des propriétés ou qui étaient mariés en Ir- lande furent considérés comme vacants et donnés des Anglais n'ayant aucun intérêt per- sonnel en Irlande. En 1367, un parlement, réuni à Kilkenny, sous les auspices de Lionel, lits du roi, passa le mémorable statut de Kilkejiny, dirigé contre les Anglais qui adop- taient les mœurs ou des coutumes irlandaises ou qui se mariaient avec les indigènes. Vers la fin du même siècle Richard II débarqua deux fois en Irlande avec de grandes forces, mais il fut complètement déjoué par Art Mac' Murrough qui, dans le régne suivant, battit le duc de Lancaster sous les murs de Dublin. Sous le règne d'Edouard IV, fut passé le /laad act, qui rendait légitime le meurtre de toute personne voyageant sans être accom- pagnée d'un Aiip-lais, sous le costume anglais, llenry VU entreprit de réduire le pays à une condition de dépendance encore plus com- plète en ordonnant qu'aucun parlement ne se rassemblerait sans sa permission et qu'au- cune loi ne serait valide si elle n'était sanc- tionnée ]iar le roi anglais et son conseil. Pour lui plaire, sir Edward Poynings, lord député, assembla un parlement à Drogheda, en 1495 et Dt adopter la loi poyninys qui ren- versa l'indépendance du parlement irlandais. En 1537, un parlement réuni à Dublin, passa l'acte de suprématie, déclarant Henri VllI le chef suprême de l'Eglise et regardant comme un acte de haute trahison le refus du serment de suprématie. Henry VlU prit aussi le titre de roi d'Irlande et introduisit dans ce pays la réforme protestante. Sous le régne d'Elisabelh, des guerres féroces et presque ince.ssantes eurent lieu avec les Desmonds, dans le Munster, et avec d'autres familles anglo-irlandaises qui repoussaient la réforme. Pendant les Ib dernières années de ce règne, la lutte se continua avec violence, particu- lièrement contre les U'iNeills, les O'Donnels et autres princes et chefsde l'Ulster. En 1641, une insurrection éclata dans l'Ulster, elle se répandit avec rapidité dans toute l'île et elle se lit remarquer par de grandes atrocités. En 1642, un synode national établit la confédéra- tion de Kilkenny et convoqua une assemblée générale du royaume, qui exerça les fonc- tions de gouvernement national pendant plu- sieurs années. Owen Hoe O'iNeill remporta une grande victoire sur l'armée anglaise à Ben- burb, le o juin 1646. Le pays fut en proie à l'anarchie jusqu'en 1649, époque où Cromwell prit Drogheda et la livra à ses suidais. Les forteresses catholiques romaines tombèrent et la suprématie anglaise fut rétablie. Les quatre cinquièmes du territoire furent con- fisqués; en 1688, les catholiques prirent de nouveau les armes. Jacques II, après sa fuite d'Angleterre, se présenta en Irlande, mais il m LA IRLA IRMI 409 fut vaincuparGuillaume d'Orange, à laba taille de la Boyne en 1690. Les Irlandais furent dé- faits à la bataille d'Ag-iirim, 12 juillet 1691, et se rendirent le 3 oi-lobre 1692. I^es cent années qui suivirent turent sifinalées par une incessante persécution des catholiques. En 1782, Henri Grattan porta le dernier coup à l'indépendance du parlement irlandais. En 1791,Theobald Wolfe Tone fonda la première société des United Irishnien. Son but avoué était d'arriver à l'indépendance par l'union des protestants, des catholiques et des dissi- dents. Le gouvernement britannique redoubla de sévérité; il suspendit Vacle d'habeas corpus, dispersa les meetingsparlaforce et lofjea des iroupes chez les habitants. Pour se défendre, rUnited Irishmen devint une société secrète et demanda du secours aux Français. (Voy. HuMBERT.) Le vice-roi, Camden, plaça l'Irlande sous la loi martiale (,10 mars 1798). La guerre civile, qui en fut la conséquence, dura moins de cinq mois; plusieurs batailles sanglantes furent livrées à New-Ross, à Enniscorthy et à Vinegar Hill. Sur 1.37,0 lO hommes, les An- glais en perdirent 20.000; les Irlandais eurent iJOjOOO martyrs. Un grand nombre de chefs furent exécutés. Lord Cornwallis fut nommé lordlieutenant et un biU d'amnistie fut passé en 1 799. L'union législative des deux contrées fut accomplie le 1'"' janvier 1801. Une insur- rection éclata à Dublin, le 23 juillet 1803, mais elle fut rapidement réprimée. Son chef, Robert Emmet, mourut sur l'échafaud. La question de l'émancipation catholique fut proposée périodiquement au parlement pen- dant près de 20 ans. En 1822, l'Irlande souf- frit dune famine. En 1823, la question de l'émancipation prit de plus grandes propor- tions. Daniel O'Connell fut le chef de cette agitation. L'Association catholique se forma, et, le 13 avril 1829, l'acte si longtemps désiré de catholic etnancijjation, reçut la sanction royale. O'Connell prit son siège comme membre du parlement et souleva immédiate- ment uni' discussion pour la révocation de l'union législative. Des 8 millions d'habitants, un dixième seulement appartenait à l'Eglise protestante établie; et cependant on exigeait de tous, sans distinction, des dîmes pour son entretien. La guerre de la dime (1831 -'38) se distingua parson atrocité. Le bill de réforme du parlement, en 1832, donna à l'Irlande cinq membres de [dus à la chambre des communes, et l'acte delà réforme municipale en 1840, fil disparaître un grand nombre d'abus administratifs. En 1831, le système national d'éducation ftft établi par un acte du parlement. En 1838, le système anglais sur le paupérisme fut introduit. En 1844, sous l'ad- ministration de Peel, O'Connell et ses partisans furent jugés et condamnés à un court empri- sonnement. Une adresse à la chambre des lords les lit mettre en liberté. En 1846-'47, le pays fut ravagé par une grande famine; la récolte des pommes de terre ayant manqué, des milliers d'habitants périrent d'inanition. Le parti de la Youny Ireland lorma, le 13 janvier 1847, Vlrish confédération dans laquelle s'enrôlèrent plus de 150,000 hummes. John Milciiel, con- seilla la résistance armée. William Sniilh O'Brien, C. Gavan Dutl'y, T.-E. Meaglier et le parti national ne partageaient pas cet avis; mais la révolution française de février 1848 donna une grande impulsion aux vues de Mitchel et conduisit tous les confédérés sur le chemin de la révolution. La confédération envoya une adresse en France. Le parlement passa rapidement un acte de haute trahison. Mitchel fut jugé et banni pour 14 ans. La Nation, la Triliune et le Félon qui avaient suc- cédé à lUniled Irishmen de Mitchel furent saisisetlciirsrédactcursfurentjelfs en prison. Le (jaijijinij act lit dis[iaraitre la liberté de la parole dans les clubs et l'acte d'hnhcus corpus l'ut suspendu. Les chefs furent pris ou trou- vèrent le salut dans l'exil. En 18y7, la société 252 du Phénix se forma dans le S. de l'Irlande. Elle fut remplacée parla Fraternité irlandaise révolutionnaire, forme sous laquelle le fenia- nisme (voyez Fenians) fut connu dans les îles Britanniques; le gouvernement suspendit deux fois r/iaiefi.'i corpus, .lames Stephens di- rigea énergiquement la Fraternité révolution- naire en Irlande; la saisie de son journal, The Irish People, en septembre 1865, et son arrestation en novembre, excitèrent une vive agitation. Le soulèvement de mars 1867 fit tomber un grand nombre d'hommes actifs entre les mains du gouvernement. I^a Home Ride League se forma vers 1872; elle continue la lutte par tous les moyens qui sont à sa disposition et l'assassinat politique entre dans les mœurs du peuple irlandais. — ■ Législ. étr. « Le land-hill proposé par M. Gladstone, amendé par la chambre ries lords et délini- tivement voté en septembre 1881, accorde aux fermiers irlandais des privilèges excep- tionnels, que l'on ne peut rencontrer nulle part ailleurs et qui doivent remédier, autant qu'il est possible, à l'état précaire résultant de la conquête. Ces privilèges sont ceux-ci : 1° le tenancier ne peut être renvoyé, pourvu qu'il paie son fermage; 2° il peut vendre son droit d'occupation, soit à une autre personne, soit au propriétaire lui-même; 3° il peutfaire réviser le taux île son fermage par une com- mission spéciale ou land-court établie dans chaque comté. Il en résulte, au profit des fer- miers, un droit réel sui genei-is, et comme un démembrement de la propriété. Ce bill, de- venu land act, a consacré et généralisé dans toute l'Irlande un régime à peu près sem- blable à celui que la coutume a depuis long- temps établi dans la province d'Ulster; et l'on sait que cette partie de l'Irlande a toujours joui d'une grande prospérité comparative- ment aux trois autres provinces. La loi dont il s'agit a été exécutée presque partout; de nombreuses demandes de révision des baux ont été présentées au nom des lerraiers, par \essollicitors, devant les commission s agraires. On peut estimera "25 p. 100 oucentmillions, de francs la réduction annuelle de fermages accordés par les land-courts. Cette spoliation légale a paru indispensable au parlement du Royaume-Uni. Malgré ce grand sacrifice, la population irlandaise est loin d'être satisfaite. D'un côté, les tenanciers, bien que favorisés par cette loi, voudraient déposséder entière- ment les propriétaires anglais, avec ou sans indemnité ; et il est évident qu'il faudra en venir là. La terre passera dans les mains de celui qui l'exploite et deviendra ce quelle doit être, une marchandise, un capital trans- missible par contrat. Les droits restant aux land lords ressemblent aujourd'hui à ceux du propriétaire d'une rente foncière, comme il y en avait un si grand nombre en France, au xviii* siècle. Notre loi du 29 septembre 1790 ayant déclaré toutes les rentes rache- tables, les terres françaises se sont peu à peu libérées; et il en sera de même un jour en Angleterre et en Irlande. D'un autre côté, les sous-fermiers irlandais se plaignent de ne profiter en aucune manière des avantages accordés aux tenanciers. La massse des ou- vriers et la population iiidigeiile réclament la loi agraire et le partage des terres, ou le communisme qui existait avant la conquête. C'est là ce qui fait la force de la land-league irlandaise, bnpieile prétend interdire à tout tenancier irlandais de payer aucun fermage. Elle veut agiter et soulever le pays jusqu'à ce que le land lordism suit aboli et que tonte trace du régime féodal ait disparu. Elit; de- mande le home rule, c'esl-a-dire un parlement spécial à l'Irlande, comme en possèdent la plu[iart des colonies anglaises; enfin elle exige le raftpelde l'union établie en 1801. Le clergé catholique qui a dcjà obtenu, en I8(i9, qu.' l'Eglise anglicane |-'idit en Irlande son caraclère officiel el sus privilèges, s'était d'abord associé à la land-league; mais, après ivoir pendant si longtemps excité les haines nationales, ce clergé semble aujourd'hui dis- posé, dans l'intérêt de sa propre politique, à calmer les colères et à soutenir le gouver- nement anglais. Le danger, peut-être le plus sérieux que l'Angleterre doive redouter, vient de l'émigration qui, depuis longternps, a été si fort encouragée et qui a jeté dans les Etats- Unis d'Amérique, plusieurs millions d'Irlan- dais. Ceux-ci ont conservé, dans leur nouvelle patrie, les sentiments qu'ils éprouvaient dans leur pays d'origine. Ils ont établi, sous le nom de fénianisme (voy. Fénian) une immense association dont le but avoué est d'arracher l'Irlande au joug de l'Angleterre. Les fenians réunissent en Amérique, par souscriptions, des sommes considérables, et ils ne veulent reculer devant aucun moyen, quelque bar- bare qu'il soit, pour arriver à leurs fins. Les Irlandais n'oublient ni quatre siècles de luttes, ni les rigueurs d'Elisabeth, ni celles de Cromwell qui supprima la propriété indivise des tribus et fit le partage des terres entre les landlords anglais. C'est le régime féodal, conservé jusqu'à nos jours, qui a causé la ruine de l'Irlande. Il faut aussi tenir compte d'une autre cause de misère; c'est que l'Ir- landais est prolifique à l'excès. Les terres ma- récageuses d'une grande partie de l'Irlande ne sont pas propres à nourrir une nombreuse population, le paysan, très ignorant et porté à l'ivrognerie, n'est pas doué d'une suffisante prévoyance pour songer à limiter sa famille, « Quiconque le connaît, a dit lord Derby « (Nineteenth ce»tury, oct. 1881) sait que ce « sera une chose impossible, aussi longtemps « que subsistera l'influence du prêtre, lequel -.( ne met la prospérité des individus qu'au « second rang. La multiplication d'une na- « tion catholique, voilà l'essentiel. » Il faut reconnaître que le parlement du Royaume Uni a encore beaucoup de réformes à faire dans la législation qui est spéciale à l'Irlande. Si ce pays est aujourd'hui représenté dans la chambre des communes, les villes seules ont des conseils élus et des maires; le reste du pays est encore administré par des grands jurys ou conseils dont les membres sont choisis par le gouvernement, et qui sont placés sous la direction des lords-lieutenants. Il faudra que l'on arrive progressivement à traiter les Irlandais sur le même pied que les Anglais; car il n'est plus possible désormais que l'on revienne sur les concessions accordées et que l'on fasse revivre, avec quelque chance de réussite, l'ancien système de compression et de violences. » (Ch. Y.) IRLANDE (Merd'), partie de l'océan Atlan- tique (jui s'étend entre l'Ecosse, l'Angleterre, le pays de Galles et l'Irlande. Elle renferme les îles de Man, d'Auglesey, d'Hulyhead et quelques îlots. IRLANDE (Nouvelle), île de l'océan Paci- fique du Sud, entre 2» et o" lat. S. et entre 148'> 10' et 151" long. E. Elle est séparée au S.-O. de la Nouvelle-Bretagne par le canal Saint-George et du nouveau Hanovre, au N.O. par les détroits de Byron ; environ 300 kil. de long.; largeur moyenne 30 kil.; 10,700 kil. carr.; environ 11,000 bab. Elle est monta- gneuse et renferme de riches forêts et de bons ports. Les habitants appartiennent à la race nègre australienne ; ils habitent de beaux villaiies et font le commerce d'articles de fantaisie en bois et d'écaillés de tortues, d'une qu.ililé supérieure. IRMINSULouErmann-sul. Idole vénérée par les aiuiens Saxons de laWestphalie; elle avait un temple magnifique à Ebresbourg (auj. Sladberg). Cette statue représentait probable- nicnt Arniinius sous les traits d'un Germain tenant d'une main une lance et de l'autre un étendard. Cliirlcmagne, voulant détruire ce culte idulâtrique, lit abattre la statue en 772. 410 IROQ ' IRONIE s. f. (gr. eirûn>'ia, interropation). l'ifriire derhi^tonquc par laquelle on dit tout le contraire de ce que l'on vent faire enten- dre : l^ironic Hait la figure favorite de Socrnte. — Fifr. liioNiE DU SORT, iiccidciit qui arrive à quelqu'un si à contrc-leniiis qu'il paraît une moquerie du sort, ou em-ore, contraste élran^'e quu pré=onlenl deux l'ails historiques rapprochés par quelque cûté : l'.'csl comme par une ironie du sort que le dernier em[ie- reur d'Occident s'appela Homulus Auj,'usle. * IRONIQUE adj. Où il y a de l'ironie: i/«ii< cela 'l'un lun ironiqne. • IRONIQUEMENT adv. D'une manière iro- niqiii\ par ironie : il a dit cria ironiquement. ' IROQUOIS s. m. Se dit quelquefois, fi^'. cl fam., pour désigner une pi-rsonne dont les actions et la conduite sont bizarres, contrai- res au bon sens ou aux usages : c'est un iro- quoix, quel iroquoisl IROQUOIS ou Six-Nations. Confédération d'iniliens occupant autrelois le centre de l'é- tat de New-Yorlv Œtats-Unis) et exerçant une influence prépondérante sur toutes les tribus environnantes, lille se composait, quand elle fut connue des Français, de cinq nations: les Agme{;ues (appelés Maquas ou Mohawks par leurs voisins les Algonquins), lesUneidas, les Onondagas, les Cayugas et les Senecas. Leur ligue senommaitHolinonsionni, signifiant, î'/s forment une cabine. Le feu decolte cabine était dans le centre, à Onondaga, et le Mohawk en était la porte. D'après leurs traditions, leslro- quoishabitèrontd'abord les rivesdu Saint-Lau- rent jusqu'à Gaspé, mais ils lurent repousses au sud du lac Ontario par les tribus des Al- gonquins. Lorsque Chaniplain commença de coloniser le Canada, il trouva les Iroquois en guerre avec les ludiens du Canada. Les Iroquois s'allièrent aux Hollandais en leiii et envahirent le Cana^la en Itiil. Quand les Françaisre|irirent le Canadaen 1632, ils trou- vèrent les Iroquois à l'apogée de la puissance. La paix se lit en 'l64o, mais les Iroquois re- commencèrent la guerre en 1646, après avoir détruitlaplusgrandepartiedesUuronsetquel- quesautrestribus Ils acceptèrent une nouvelle paix avec les Français, qui fondèrent un éta- blissement à Onondaga en lôa-ii. Pendant que lesmissionnaires travaillaient à les convertir, les Iroquois écrasèrent les Lries, les Tiogaset d'autre.-, tribus; ils portèrent leurs ravages de- puis les Abenakis dan- l'est, jusqu'à l'HIiiiois dans l'ouest et chez les Susquthannas dans le sud. Us tirent aussi la guerre aux Français et délièrent la iNouvelle-Aiigleterre. Ils sou- mirent les Susquehannas en 167o, après une longue lutte, et ils attaquèrent les Shawiiess etIesMohegans. Les Anglais, maîtres de iN. w- Yurk, poussèrent les Iroquois contre les Illi- nois, lesMiamis et les Ottawas. Les Iroquois prirent part aux opérations anglaises contn- le Canada eu 1690 et en 1691, mais les Français ravagèrent, en 1693 et en 1696, le Mohawk et Je territoire d'Ûnondaga. Les Français mirent finaux prétentions des Iroquois en 1713, en rassemblant leurs néophytes dans des villà"es sur le Saint-Laurent, où ils existent encore à Caughnawaga.surlelacdesDeux-.Montagnes, etaSaint-Rfgis.Dansles guerres entre l'Angle- terre et la France, les Iroquois gardèrent en gênerai la neutralité. Par le traite du fort Slanwix, eu 1/68, les Anglais obtinrent de vastes concessions de terres. Une partie des Iroquois de l'ouest se soulevèrent en 1774, et ils combattirent contre les blancs à ia bataille de Point-Pleasant. Quand la révolution amé- ricaine commença, les Iroquois, dirigés par les Johnsous, restèrent lideles aux Anglais, tandis que les Iroquois français du Canada penchaient pour la cause des Etats-Unis. Con- duits par Brant, les Iroquois battirent plu- sieurs corps de troupes et massaLrèreul les tabiUuts de Cherry Valley. Le colonel Butler IRRA nsa de représailles en détruisant Cnadilla et Oglikwai-M. elle général Sullivan ravagea en 1779 les i-antonsde l'ouest; mais Branlse ven- gea en frappant les Onéidas, alliés des Amé- ricains. Après celte guerre, presque tous les Iroipiois iinigrèrent, excepté les Onéidas et les ■J'uscaroias; ils s'établirent sur les bords de la Grande Itivière(Canada). Par le traité de Fort Stanwix,iii 1781, les Klats-Unis confirmèrent ces deux doinièrcs tribus dans leurs posses- sions, et ils garantiront aux autres les terres qui étaient en leur possession, à condition qu'elles céderaient d'autres ler- riloiresau gouvernement général. .New-York, en I78'i, et en 1788, acheta les terres des Onéidas, des Tuscaroras, des Onondagas et des Cayugas, excepté une réserve. Les Mo- hawks s'étaient transportés au Canada; les Cayugas se dispersèrent en I79.'i. Lors de leur plus ^'rande prospérité, les lro(|uois n'étaient pas plus de 15,000 et, en 187.3, ilsélaicnt seu- lement 13,660, répartis comme suit : 7,034 au Canada, savoir ; 7 i)9 Mohawks, sur la baie de Quinte; "2,992 des Six-i\ationssurla Grande Kivière, 033 Onéidas sur le Thames, 1,491 Caughnawagas à Sault-S.iint-I.ouis, 911 ii Sai nt-Régis et environ 'iiio au lac des Deux-Mon- lagnes; 6,626 aux Etats-Unis, savoir : II, 141 Senecas, Onondagas, Onéidas, Cayugas, Tus- caroras et Saint-Régis dans l'étal de New York; 1,279 Onéidas sur la baie Green et 206 Senecas dans l'agence de Quapaw. Ils sont presque tous chrétiens. Le langage de ces tribus reçut sa première grammaire du jésuite Bniyas, qui fit aussi un diclionnaire des Mots radicaux du limijage mohav)k (New- York, 1862); un dictionnaire onondaga fut imprimé à New-York en 1860. Le livre des prières communes a été imprimé plusieurs lois eu mohawk et quelques portions de la Bible en mohawk et en seneca. * IRRACHETABLE adj. Qu'on ne peut rache- ter : des rciUcs irrachiiabtes. • IRRADIATION s. f. Didact. Emission [des rayons d un corps lumineux. Se dit propre- ment de l'espèce d'etiusion que l'on suppose opérée dans les images des corps lumineux, et par laquelle leur diamètre apparent se trouve agrandi au delà de la réalité. (Voy. LuuiiiRE.) — fout mouvement qui se fait de l'intérieur à l'extérieur, dans un corps or- ganisé. • IRRADIER V. n. firrra-dié] (préf. ir; lat. radius, rayon). Phys. Méd. Diverger, se déve- loiqier, s'étendre de l'intérieur à l'extérieur, ou d'un pointquelconque, vers les parties en- vironnantes. (Peu usité.) * IRRAISONNABLE adj. Qui n'est pas doué de raison : animal irraisonnable. IRRAISONNABLEMENT adv. Sans raison : rÉjjondrc inaisonnablcment. ■ IRRATIONNEL, ELLE adj. Géom. Se dit des quantités qui n'ont aucune conimune mesure avec l'unité, c'est-a-dire qui ne peuvent être représentées ni par des nombres entiers, ni par des fractions : nombre irrationnel, quan- tité iirationnelle. IRRAWADDY ou Airavati [i-ra-oua-di] (ri- vière Grande ou Eléphant! ne), fleuve principal de l'Inde, a l'E. du Brahmapoutre. Il prend sa source sur les confins au Thibet et du Burniah, à l'extrémité E. de l'Himalaya, tra- verse le Burmah, qu'il divise en deux parties presque égales, arrose le Pégu, et se jette dans la baie de Bengale et le golfe Martaban par plusieurs embouchures qui forment un delta. Sa longueur est de l,o90kil. Les villes principales qui se dressent sur ses bords sont; Bhanio, Ava, Mandelay (capitale actuelle du Burmah), Prome, Bassein et Rangoon. Pen- dant la saison des pluies, les vaisseaux de 200 tonnes peuvent remonter jusqu'à Bhamo, à 1,200 kil. de la mer. IRRÉ ' IRRÉALISABLE adj. Qui ne peut être réa- lisé : dessein irréalisable. ' IRRÉCONCILIABLE adj. Qu'on ne peut ré- concilier: ce sont di's ennemis irréconciliables. • IRRÉCONCILIABLEMENT adv. irune ma- nière irréconciliable : ils ont roiiij'U irrécon- ciliabbnient • IRRÉCOUVRABLE adj. Qui ne peut fifre recouvre : rréance irrécouvrable . ' IRRÉCUSABLE adj. Qui ne peut être ré- cusé. — Irrc'l n'isinc. (V. S.) • IRRÉDUCTIBILITÉ s. f. Didact. Qualité de ce qui est irréductible : irréductibilité d'une équation. •IRREDUCTIBLE adj. Chim. Se dit des oxydes métalliques qu'on ne peut ramener à l'état di- métal. Chir. Se dit des luxations, des fractures, des hernies qui ne peuvent être réduites : luxation, fracture, hernie irréduc- tible. — Algèb. Ce qui ne peut être réduit sous ung autre forme plus simple. Dans ce sens, on l'applique particulièrement aux éiiuations qui ne peuvent être abaissées à un moindre degré que celui sous lequel elles se présentent; et, plus particulièrement encore, au cas où une équation cubique a trois ra- cines réelles, toutes trois inégales, et se pré- sentant sous une forme irréductihle du troisième degré. •IRRÉFLÉCHI, lE adj. Qui n'est pas réflé- chi, qui est dit ou fait sans réflexion : un propos irréfléchi. • IRRÉFLEXION s. f. Défaut, manque de réflexion : l'irréflexion est un défaut des es- prits légers. • IRRÉFORMABLE adj. Jurispr. Qui ne peut être réformé : jujeinent irréformable. •IRRÉFRAGABLE adj. (lat. irrefragabilis). Qu'on ne peut contredire, qu'on ne peut ré- cuser: une autorité irréfragable. • IRRÉFUTABLE adj. Qui n'est pas suscep- tible de réfutation. • IRRÉFUTÉ, ÉE adj. Qui n'a pas été l'ob- jet d'une réfutation. • IRRÉGULARITÉ s. f. Manque de régula- rité : iirrégularilé d'un bâtiment. — Etat où est un clerc, un prêtre irrégulier: tomber dans l'irrégularité. • IRRÉGULIER. ÈRE adj. Qui n'est point selon les règles, qui ne suit point les règles : ce bâtiment est irrégulier. — Ce qui n'est pas symétrique ou uniforme : un corps de forme, de figure irrégulière. — Vers ihréguliers ou LIBRES, ceux OÙ l'on ne s'assujettit point à une marche régulière, soit pour la mesure des vers, soit pour la disposition des rimes : conte en vers irréguliers. — Bot. Fledr, COROLLE IRRÉGULIÈRE, Celle dout les divisioHs ou les pétales ne sont point semblables : la fleur, la corolle de la capucine est irrégulière. — Qui ne sait ou qui ne peut s'assujettir aux règles : esprit irrégulier. — Droit canon. Celui qui, après avoir reçu les ordres ecclé- siastiques, devient incapable d'en exercer les fonctions, pour avoir encouru les censures. • IRRÉGULIÈREMENT adv. D'une façon ir- réguliere : cela cs( i dli fort irrégulièrement. • IRRÉLIGIEUSEMENT adv. Avec irréligion : vivre irrcUgieusemcnt. •IRRÉLIGIEUX. EUSE adj. Qui ne respecte pas la religion, qui l'olfense par sa conduite, par ses discours, par ses écrits : cet homme est bien irréligieux. — Choses qui blessent le res- pect dû à la religion : sentiments, discours irréligieux. • IRRÉLIGION s. f. Manque de religion : on l'accuse d'irréligion. • IRRÉMÉDIABLE adj. A quoi on ne peut IRRE remédier: c'est un mal irrémédiable. — Fig. : une faute irrémédiable. * IRRÉMÉDIABLEMENT adv. D'une manière irrémédiable. IRRÉMISSIBILITÉ s. f. Etat, caractère de ce qui e?l iri émissUiIe. * IRRÉMISSIBLE adj. Qui n'est pas par- donnable, qui ne mérite point de pardon, de rémission : faute irrémissible. *IRRÉMISSIBLEMENT adv. Sans rémission, sans miséricorde : il sera puni, condamné irré- missiblement. IRRÉMISSION s. f. Défaut de rémission, de pardon. * IRRÉPARABLE adj. Qui ne peut être ré- paré : la perle du temps est irréparable. Même elle avait encor cet éclat emprunté, Dont elle eut soin de peindre et d'orner snn visage, Pour réparer des ans l'irréparable outragj. Athalie, acte I, se. v. * IRRÉPARABLEMENT adv. D'une manière irréparable. IRRÉPARÉ, ÉE adj. Qui n'est pas réparé : fa faut': est encore irréparée. * IRRÉPRÉHENSIBLE adj. Qu'on ne saurait blâmer, reprendre: il est irrépréhensible dans ses mœurs, dans ses actions. IRRÉPRÉHENSIBLEMENT adv. D'une ma- nière irrépréb'"'nsiljle. * IRRÉPRESSIBLE adj. Qu'on ne peut con- tenir, repririM-r: une force irrépressible. IRRÉPRIMABLE adj. Qu'on ne peut ré- primer. * IRRÉPROCHABLE adj. Qui ne mérite pas de reproche, à qui on n'en peut faire aucun : c'est un homme irréprochable. — Jurispr. Té- moin inRÉPROCH.\DLE, témoiii contre lequel on ne peut alléguer aucune cause de récusation. * IRRÉPROCHABLEMENT adv. D'une ma- nière irri'pruchable ; cet homme a toujours vécu irréprochablement. (Peu usité.) IRRÉSISTIBILITÉ s. f. Qualité de ce qui est irrésistible. "IRRÉSISTIBLE adj. A quoi on ne peut résister : charme irrésistible. ' IRRÉSISTIBLEMENT adv. D'une manière irrésistible : il est entraîné irrésistiblement. * IRRÉSOLU, UE adj. Qui a peine à se ré- soudre, a se déterminer ; un homme irrésolu. * IRRÉSOLUMENT adv. Dune manière irrésolue, inceilaine. * IRRÉSOLUTION s. f. Incertitude, état de celui qui demeure irrésolu, qui ne prend point de résolution : c'est un état pénible que celui de l'irrésolution, que l'irrésolution. * IRRESPECTUEUSEMENT adv. D'une ma- nière irrespectueuse : il lui parle irrespectueu- sement. ' IRRESPECTUEUX, EUSE adj. Qui manque au res|iect, ou qui blesse le respect : il se montra fort irrespectueux envers son supérieur. ' IRRESPIRABLE adj. Qui ne peut servir à la re.~piiatii)n : air irrespirable. ' IRRESPONSABILITÉ s. f. Qualité de ce qui est irresponsable : l'irresponsabilité du chef de l'Etat. ' IRRESPONSABLE adj. Qui ne répond pas de ses actes : un luinistère irresponsable. * IRRÉVÉREMMENT adv. Avec irrévérence. (Peu usité. ' IRRÉVÉRENCE s. f. Manque de respect, de revéreiii:e : ijrande, extrême irrévérence. — Actions, paroles irrévérenles : commettre des irrévérences. IRRÉVÉRENCIEUSEMENT adv. D'une ma- uiétv irrévereucieuse. IRRI •IRRÉVÉRENCIEUX, EUSE adj. Qui manque de respect : propos irrévérencieux. •IRRÉVÉRENT, ENTE adj. [irr-ré-]. Qui est contre le respect, contre la révérence qu'on doit. Ne se dit guère qu'en parlant de religion et de choses saintes : être dans une posture irrévérente. ' IRRÉVOCABILITÉ s. f. Qualité de ce qui est irrévocable : l' irrévocabilité des jugements, des décrets de Dieu. ' IRRÉVOCABLE adj. [irr-ré-]. Qui ne peut être révoqué : serment irrévocable. • IRRÉVOCABLEMENT adv. D'une manière irrévocable ; cela a été décidé irrévocablement. ' IRRIGABLE adj. Susceptible d'être irri- gué ; celte prairie n'est pas irrigable. ' IRRIGATEUR s. m. [irr-ri-]. Instrument qui sert à arroser des allées, des gazons. — Instrument à injection. • IRRIGATION s. f. [irr-ri-ga-si-on] (lat. irrigatio). Arrosement des prés, des terres, par des rigoles ou saignées qui amènent l'eau d'une rivière, d'un ruisseau, etc. : canaux d'irrigation. — Législ. « Nous avons déjà parlé des prises d'eau qui peuvent être faites sur les rivières non navigables, soit en vertu d'un droit, soit en vertu d'auiorisation admi- nistrative. (Voy. CouBs d'e.\u.) Cette matière devant être réglée à nouveau par le Code rural, encore en préparation, nous rappelle- rons seulement que les préfets sont aujour- d'hui chargés de réglementer les époques et la durée des irrigations et de délivrer les autorisations de prises d'eau, sauf lorsqu'il s'agit de rivières navigables ou de canaux. (Voy. C.\NAL.) Les contestations qui peuvent s'élever entre plusieurs ayants droit, relative- ment aux irrigations, sont de la compétence des tribunaux civils (C. civ. 644 et s. ; L. 29 avril 1845, 11 juillet lSi7; Décr. 2-5 mars 1852, 13 avril 1861). Des associations syndi- cales, ayant pour objet la répartition des dé- penses d'irrigation, entre les propriétaires riverains d'un même cours d'eau, exercent aussi, dans l'intérêt de tous, une certaine surveillance au moyen d'agents assermentés. Quant aux entreprises d'irrigation, desservant de vastes étendues de terrain, au moyen de prises d'eau ou de machines élévatoires, et aux dépens d'une rivière navigable ou d'un canal, elles sont exécutées et exploitées par des compagnies financières, en vertu de con- cessions accordées par décrets délibérés en Conseil d'Etat. Quelques-unes sont établies par l'Etat et font Tobjel de lois spéciales. Les redevances ou cotisations dues par les abon- nés, soit à l'Etat, soit à un concessionnaire, soit à un syndicat, sont recouvrables comme en matière de contributions directes, a (Ch. y.) IRRIGATOIRE adj. Qui sert à l'irrigation. * IRRIGUER v. a. Opérer des irrigations. * IRRITABILITÉ s. f. Qualité de ce qui est irritable : l'irritabilité des fibres, des muscles. • IRRITABLE adj. Physiol. Susceptible d'irntatiun, de contraction : les muscles sont irritables. — Disposition à éprouver très vive- ment les impressions qu'on reçoit ; il est dun tempérament fort irritable. — Susceptible, qui se pique, s'irrite facilement : c'est un homme très irritable, d'un esprit irritable. * IRRITANT, ANTE adj. Jurispr. Qui casse, qui annule. S'emploie .surtout dans celte lo- cution. Condition, cl^vuse uibitantk, condition, clause tellement essentielle à la validité d'un acte, que l'acte serait nul, si elle n'était pas remplie. — Décret ikritant, on appelle ainsi les clauses, insérées dans les bulles de la cour de Home, dont l'inexeculion fait perdre la grâce et emporte nullité. ' IRRITANT, ANTE adj. Qui irrite, qu! IRVI 411 cause de la colère : parole irritante. — Mcd. Se dit des médicaments qui déterminent une irritation en quelque partie du corps : médi- caments irritants. — s. m. : faire usage des irritants; le sel est un irritant. ' IRRITATION s. f. Etal d'une personne ir- ritée, agitation, effervescence violente de l'es- prit : j'ai lâché d'adoucir l'irritation de son esprit. — Méd. Action de ce qui irrite les membranes, les organes, les nerfs, ou état qui résulte de celle action : l'application de ce médicament sur la peau y détermine une irri- tation très vive. ' IRRITÉ, ÉE part, passé d'iRRiiER. — Fie. et Poét. Courroucé en parlant des choses ina- nimées : le fleuve irrité franchit ses bords. ' IRRITER v. a. [irr-ri-té] (lat. irritare). Mettre en colère : rien ne m'irrite plus que de pareils discours. — Fig. Augmenter, exciter, rendre plus fort, plus violent : vous irritez sa colère, son courroux, au lieu de chercher à l'a- paiser. — Méd. Ce qui détermine de la dou- leur, de la chaleur et de la tension dans un organe, dans un tissu quelconque : la piqûre des orties irrite la peau; cette membrane est fort irritée. On disait de même autrefois que Les humeurs ÉiAfL.NT IRRITÉES, lorsqu'elles de- venaient plus acres, et qu'elles étaient dans un mouvement extraordinaire. — Simple excitation des membranes, des nerfs, etc. : irriter la membrane pituitaire par des sternu- latoires. — S'irriter v.pr. -.c'est un homme qui s'irrite facilemenl. — Fig. La mer s'ibrite, la mer s'agite. * IRRORATION s. f. Didact. Action d'exposer à la rosée, ou à un arrosement : bain par ir- roration. ' IRRUPTION s. f. [irr-ru-psi-on] (lat. ir- ruptio; de irrumpere, entrer brusquement). Entrée soudaine et imprévue des ennemis dans un pays, ordinairement accompagnée de dégât et de ravage : grande irruptUm; les ennemis firent une irruption dans telle province. — Débordement, envahissement de la mer, d'un fleuve, sur les terres ; l'irruption des eaux fut soudaine; les irruptions de l'Océan sur les terres. IRTISCH, rivière d'Asie, qui prend sa source au S. du mont Altaï, dans la Dzoungarie, traverse le lac Zaizan, ensuite la Sibérie, arrose Tobolsk où elle reçoit le Tobol, et se jette dans l'Ob après un cours de pfês de 3,()U0 kil. IRUN, ville d'Espagne dans le Guipuzcoa, à I~ kil. E. de Saint-Sébastien, sur la rive gauche de la Bidassoa; Û.oUU hab. IRVINE [er'-vinn], ville d'Ayrshire (Ecosse], sur la rivière Irvine, près du frith de Clyde. à 30 kil. S.-O. de Glasgow; B,iiu3 hab. Cons- truction de navires, manufactures de mous- seline, de jaconals, etc. IRVING i^ 'Washington), auteur américain, né à iNew-York le .i avril l'IS.'), mort leîS nov. I8i)9. En 1802, il commença, dans le Morning Chronicle, la publication d'une série de mé- moires sur des sujets dramatiques, sociaux et sur des événements locaux, signés Jonathan Oldstyle. En 1804, il visiti l'Europe, et, à son retour, il commença avec son fi ète \Villiam et avec James K. Paulding une série d'articles ayant pour litre Satmagundi ou le W'/iim- Wiams et Oj inions of Launcelot Langstaff, Esq. andolhers. qui parurent en 1807 à des in- tervalles irrcguliirs. En 1809, parut sa bur- lesque Hi.vtor!/ o/' AiU'- Fort, from the Begin- 7iing of the World lo the Enl of the butch Dynasty, etc., par Diedrich Knickeibocker (2 vol.). En lSl:i-'l4, il publia, à Philadelphie, VAnalectic ilagazine. En 1814, il devint aide- de-camp etsccrétaire militaire du gouverneur Tompkius; en ISIo, il s'embarqua pour l'Eu- rope. 11 était devenu associe commanditaire il 2 ISAA dans les aflaires de commerce de deux de "ses frères, qui firent faillite; il fut forri> d'écrire pour pa;.'ner sa vie. Peniiant son séjour àl'é- irang-er, il visita l'Anfrlelerre, l'Kcosse, la l'rance et l'Espajine. Son Skctrh Book fut en- voyé en Amérique par frairrnpnls et publié par numéros en 1818. Il fut [uililié de nouveau a Londres (ISiO) par iMurr.iy. Il contenait liip Van Vvtkie et \aLefiend of Sle/iy llollow, qui est peut-être la plus t-élébre de toutes ses créations. Ses ouvrages successifs, pour les- ([iicls il reçut de fortes sommes de l'éditeur Murray, furent : Brarebriilyc Hall ou the tlu- jmrists {i vol., 1S22); Talcs of a Traveller (2 vol .,1824); Uislonj of Ihe life and Voyages of Chri.ilopherVotumbvs [i \-o\., I.S2S); Chronicles of the Conqw'St of Grawida (2 vol., 1829h Voyages ofthe ComiHiniousof Columbus (1831) ; cl The Alhambru (•> vol. <832). De I8ï9 à <832 Irving lut secrétaire de la légation améri- caine à Londres. En 1832, il retourna à New- Vork et accompagna le commissaire Ellsworth chez les tribus indiennes en deçà du Missis- sipi. Le résultat de ce voyaf:e fut son Touron the Prairies {iSTn), qui, avec Abbolsford, Aeius- tead Abbey (< 835) et Legends of the Conqncst of Sfiain (183n), forme le Crayon Miscellany. Astoria (1836) donne l'histoire de la station de ce nom dans l'Oréfion. Les Adventures &/' Captain Boimeville U. S.A.iii theliocky Moun- tains and ihe Far West furent publiées en 1837. V.n 1841, il écrivit une vie de Margaret- Miller Davidson, pour accompagner lesœuvres posthumes de celle-ci. 11 fut ministre en Es- pagne (l84"2-'46), et à son retour il publia la Biographie d'Oliver Goldsmitli (l8i9jelil/((/io- metandhis successors (1850). Wolfurt's Roosl (18o5)estuue collection d'articles du Magazine. Le dernier ouvrage d'irviug, The Life of George Washington (-ï vol., 18oo-'o9) occupa le reste de sa vie; le dernier volume parut seulement trois mois avant sa mort. Pendant plusieurs années, il avait habité sur la rive E. de 1 Hud- son.iPl'ès de Tarrytown , dans une vieille maisSn hollandaise qu'il avait baptisée du nom Qfe Sunnjside. En ce lieu se passe la scène de la Legend ofSleepy Hollow. Depuis sa mort, son neveu, Pierre-M. Irving, a publié sa vie et ses lettres (o vol. 186l-'67) et a réuni ses Spanish Papers et d'autres iliscellaines (3 vol. 186ti). IRVINGISME s. m. Secte religieuse fondée par Edward Irving. Les irvingiens donnent à Jeur secte le litre d'Eglise catholique aposlo- lique'fLeur principal temple est la magnilique église construite eu 1833 dans le style go- thique, à Gordon-square (Londres). ISAAC, second partriarche desHébreux, (ils d'Abraham et de Sarah, frère cadet d L^niaël et père de Jacob et d'Esaû parRebecca. L'his- toire de sa vie se trouve dans la Genèse; il naquit quand sou père était âgé de 100 ans; il fut sur le point d'être sacrifié par lui surie mont Moriali; mais il fut sauvé par l'interven- tion divine; il mena une existence nomade et en partie agricole dans la région sud de Chanaan et dans le pays des Philistins; il mou- rut aveugle, à l'âge de 180 ans. ISAAC I, Comnène, empereur byzantin, mort en 1061. Il lut élevé par l'empereur Basile 11 et fut porté au trône par une conspiration qui éclata dans le palais de Michel VI. 11 re- poussa les Hongrois en 10o9, mais, faible et incapable, il abdiqua la même année. Il ne laissa pas de fils; néanmoins, la famille Com- nène occupa le trône byzantin pendant un siècle. ISAAC II, l'Ange, empereur byzantin, né en Mo4, mort en 1204. Il était allié aux Com- nènes, remplit divers emplois sous Manuel I"^' et fut condamné à mort par Androuicus Com- nène ; mais une révolution le plaça sur le trône en U85. Détesté pour ses vices et son iucapacilé, il tut détrôné par son frère, ISAIJ Alexis III, en 1195, et il fut privé de la vue. Les croiso le remirent sur le trône en 1203 ; ilfuldétiôné de nouveau par Alexis Ducas, en l'20i, et mis à uiorl. ISABEAU DE BAVIÈRE, reine de France, née en 1371. morte en 1i3;i. Elle élait fille d'Etienne il, duc de Bavière, cl n'avait ([ue quatorze ans lorsqu'elle épuusi le jeune roi Charles VI, de France. Ce fut pendant les fêtes données à l'occasion de son mariage qu'elle commença, disent les chroniqueurs liu temps, avec le duc d'Orléans, son beau- fière, celte liaison coupable qui devait être si fatale au loyaume. Lorsque Charles VI fut tombé en dérnence (131)2), elle fut mise à la la tête du conseil de régence où étaient le duc de Bourgogne et le duc d'Orléans. Elle favorisa ce dernier et réussit à le faire nom- mer lieutenant général du royaume. Mais après l'assassinat de Louis d'Orléans, elle dut quitter Paris et se livra à de tels déborde- ments que le Dauphin, son liU, crut devoir en avertir le roi, pendant un de ses moments lucides. Charles 'V'I relégua Isabeau à Tours. Elle s'unit ;ilors aux ennemis de la France et, par haine de son lils, le Dauphin, elle signa l'odieux traité de Troyes qui livrait le royaume aux Anglais. Méprisée et abandon- née do tous, elle s'enferma dans la solitude de l'iiôlel Sainl-l'ol, à Paris, et y mourut. ISABEAU D'ANGOULÊME, épouse de Jean sans l'i-n-i' v.l luert; de lleni-i 111 dAiigleteire, morte en 124o. Son pèie, Aymar, comte d'Angoulènie, l'avait fiancée à Hugues de Lu- signan, comte de la Marche. Le roi d'Angle- terre, Jean sans Terre, invité aux noces, s'éprit de la belle Isabeau et, le jour même du mariage, il l'enleva et l'épousa. Ambi- tieuse et méchante, elle le rendit malheureux. Veuve en 1216, elle épousa Hugues qui n'avait cessé de l'aimer, et ligua son second mari avec son fils, Henri III d'Angleterre, contre le roi de France, saint Louis (liîo). 'ISABELLE adj. Qui est de couleur mi- toyenne entre le blanc et le jaune, mais dans lequel le jaune domine. Se dit surtout du poil des chevaux : couleur ixab'lk ; cheial isabelle. — s. m. : voilà un bel isabelle. ISABELLE (Sainte), fille du roi Louis VIII et sœur de saint Louis, née en li2o, morteen 1270. Elle fut recherchée en mariage par l'empereur Conrad; mais son excessive piété la poussa à renoncer au monde. Elle fonda prés de Paris le monastère de Longchamps et y mourut des suites de la plus austère péni- tence. Sa fêle est célébrée le 31 août. ISABELLE la Catholique, reine de Castille et de Léon, née le 23 avril 1451, morte le 26 nov. 1.304. Elle élait fille de Jean 11, de Cas- tille, parsa seconde femme, Isabelle de Portu- gal. Jusqu'asa douzième année, elle vécut dans la retraite, mais à la naissance de la princesse Juana, sou frère, le roi Henri, la lit venir à sa courpour empêcher qu'un partinese formâlen sa faveur pour lui donner la couronne à l'ex- clusion de Juana. Un grandnombredenobles, croyant que Juana était illégitime, conspi- rèrent eu faveur d'Alphonso, frère du roi, et, à la mort d'Alphonso (1408), ils oli'rireut le trône à Isabelle. Elle le refusa; mais elle amena avec son frère un accommodement, en vertu duquel elle fut reconnue héritière de Castille et de Léon, avec le droit de choisir son mari. Malgré la désapprobation de Henri, elle épousa, en 1469, Ferdinand, prince d'Aragon. Henri mourut en 1474 et Isabelle fut proclamée reine; mais ce ne fut qu'après une guerre avec Alphonso de Portugal, qui avait été fiancé à Juana, que son au- torité lut entièrement reconnue. A partir de cette époque, son règne fut brillant. Elle s'appliqua à réformer les lois et l'administra- tion Ultérieure du royaume, à encourager la littérature et les arts et à modifier les me- ISAU sures sévères et aslucieuses de son mari. Bien qu'elle fût la vie et l'âme de la piierre contre les Maures, guerre à laquelle elle prit part en personne, portant même une armure qui est en- coie conservée à .Madrid, elle se montra oppo- sre à la cruauté qui élait alors exercée envers ce peuple, et ce fut avec répugnance qu'elle décréta l'expulsion des juifs de la Castille et qu'elle donna ^on consentementà l'introduc- tion de rinqiii«ilion. L'encouragement qu'elle donna à Christophe Colomb est l'un des actes les plus glorieux de son histoire. (Voy. Colomb et Feudinand V.) ISABELLE D'ANGLETERRE. Voy. Edward II et IH. ISABELLE D'AUTRICHE, souveraine des Pay>-B.is, née eu l.'JOfJ. morte en 1033. Elle élait tille de Philippe II, roi d'Espagne, et d'Elisabeth de France; elle épousa, en lo97, l'archiduc Albert, gouverneur des Pays-Bas. ISABELLE DE FRANCE, reine d'Angleterre, née en 1290, morteen 1357. Elle étaittille de Philippele Bel, elépousa, en 1309, la roi d'An- gleterre, Edouard H, prince faible et irrésolu, qui fut déclaré déchu du trône, en 1326, et qui périt assassiné quelque temps après. De- venue veuve, Isabelle ne mit plus de bornes au scandale de sa passion pour Mortimer. Ir- rité de ces désordres, le prince de Galles, son fils, la fit enfermer au château de Hising, où elle mourut, et envoya .Mortimer à l'écha- taud. C est du chef de sa mère qu'Edouard III éleva des prétentions à la couronne de Frauce. ISABELLE DE VALOIS. Voy. ELiSAOEin de Valois. ISABEY [i-za-bè] (Jean-Baptiste), peintre miniaturiste, né à Nancy, en 1767, mort en ISiiii. 11 appliqua les principes de l'art le plus élevé à la miniature et se rendit célèbre, en 1802, par un travail considérable représentant le premier consul passant ses troupes en re- vue. Il n'a jamais été surpassé daus celte branche de l'art. Napoléon 1", avec lequel il avait été lié dans sa jeunesse, le nomma son peintre en miniature. Sa Table des maréchaux et sa peinture de l'une des conférences à \ ienne sont remarquables. (V. S.) ISAC, petite rivère qui uait daus la forêt de Saffré (Loire-Inférieure) et se jette dans la Vilaine, à Tréhillac, après un cours de 72 kil. ISAIE, le premier des quatre grands pro- phètes juifs, lils d'Amos, mort en ^00 av. J.-C. Il annonça surtout dans ses prophéties la ré- iiénération universelle par la venue duMes;iie et le règne de justice qui en serait la consé- quence; il dénonça le vice avec vigueur et tonna contre l'op|iression du peuple. (Voy. Juifs.) La sublimité de diction el de pensée, dans la partie principale du livre d'isaïe, lui don ne le rang le plus élevé parmi les prophètes. Les derniers 27 chapitres, dans lesquels il est- parlé à plusieurs reprises de Cyrus et de la chute de Babylone, sont généralement consi- dères par des critiques comme l'œuvre d'un auteur plus récenl {le second Isaie). Parmi les commentateurs citons Gesenius et Ewald; M. de Genoude a donné une Traduclion nou- velle d'isaïe. (Paris, 1813.) ISAR, rivière d'Allemagne, longue d'envi- ron 300 kil. Elle prend sa source dans le Tyrol, à environ 10 kil. N.-E. d'inspruck, tra- verse la Bavière et se jette dans le Danube à 3 kil. au-dessous de Deggendorf. Alunich et Landshul sont sur ses bords. Dans son cours supérieur, elle est ordinairement torrentueuse et sa partie inférieure n'est navigable que pour des radeaux. ' ISARD s. m. Nom donné dans les Pyré- nées à une espèce de chamois. IS.ADRE (Clémence;, femme célèbre du ISCH XV8 siècle, qui passe pour avoir été la fonda- trice des Jeux floraux à Toulouse, sa patiie. On ne sait rien de sa vie; ses malheurs, ré- sumés dans une romance sentimentale de Florian, paraissent n'avoir existé que dans l'imagination du poète. Suivant les traditions du Languedoc, elle aurait appartenu à l'il- lustre famille des comtes de Toulouse et serait morte à l'âge de cinquante ans. ISAURIE. Géogr. anc. Contrée de l'Asie Mint'iirc, bornée par la Phrygie, la Licaonie, la Cilicie et la Pisidie, renfermant peu de villes et connue principalement des anciens par les excursions de maraudeurs isauriens. Les Romains les soumirent en 78 av. J.-C. Deux personnages de leur race, Zenon (474-'!) I) et Léon III (fl8-'41) occupèrent le (rôiie de Byzance. Leur capitale, Isaura,au pied du mont Taurus, était une ville riche, forlifiée, que les habitants détruisirent ainsi qu'eux- mêmes parle feu, quand ils ne purent l'ésister plus longtemps aux armes de Perdiccas. Elle fut rebâtie et détruite de nouveau par Ser- viliiis. — Isaurien. [\. S.) ISBOSETH, fils de Saûl. Il lui succéda en 10.'i7 av. J.-C. Il régna sur les dix tribus, tandis que David ne régna que sur celle de Juda. Il fut tué et sa tête fut portée, par deu.'; membres de la tribu de Benjamin, à David qui fit mettre à mort les messagers au lieu de les récompenser. ISCHIA [iss-ki-a](anc. CEnaria et Pitheciisa), île de l'Italie, dans la Méditerranée, au N. de l'entrée de la baie de Naples; 69 kil.carr.; 24, .500 hab. Près de son centre, se dresse le volcan d'Epomée, à 800 m. au-dessus du ni- veau de la mer; la dernière éruption de ce volcan eut lieu en 1301. Il y a 12 volcans plus Château d'ischia. petits. Les vallées sont extraordinairemcnt fertiles; l'île possède des sources chaudes très fréquentées. La ville principale, Ischia, sur- le côté E. (0,50* hab.), est défendue par un château bâti au xii" siècle et reliée au continent par un môle. Le 28 juillet IS83, un lormidable tremblement de terre détruisit presque de fond en comble cette petite ville et quelques bourgades voisines; plus de 'i.OOO personnes, dont un grand nombre de touristes et de baigneurs, furent tu('es pendant cette catastrophe. ISCHIAL, ALE adj. [iss-ki-al]. Anat. Qui a rappoi'i a l'ischion. ISCHIAQUE adj. [iss-ki-j. Anat. Qui appar- tient à la hanche OÙ à la région voisine. * ISCHION s. m. [iss-ki-on] (nom gr. de la haiii-hi']. Anat. Nom qu'on donne à un des trois os qui forment les os innoniinés.: l'os de la cuisse est cmbuîtà dans l'os ischion, dans l'is- chion. ISCHL ou Ischil, station balnéaire de la ISER haute Autriche, sur le Traun, à la jonction de plusieurs vallées, entre des montagnes pitto- resques, à 40 kil. E.-S.-E. de " Salzburg ; l.UUOhab. Bains de soufre, bains de boue et bains de vapeur saline. '' ISCHURÉTIQUE adj. Méd. Se dit des re- mèdes propres à guérir l'ischuric. * ISCHURIE s. f. [iss-ku-ri) (gr. isrhô, je retiens ; ouron, urine). Méd. Rétention d'urine complète. ISÉE, l'un des dix orateurs de l'Attique (iv» siècle av. J-C). Il fol instruit dans l'art oratoire par Lysias et Isocrate ; il composa des discours judiciaires pour d'autres orateurs et il fonda une école de rhétorique. On lui attribuait 64 discours dont 1 1 existent encore. (Leipzig, 1822); traduction d'Auger (1783). ISEGHEM, ville de la Flandre occidentale (Belgique), à li kil. N.-N.-O. de Courtray; 10,97j h. Manufactures importantes de co- ton, de toile, de chapeaux, de lîl et de ru- bans. ISERE. I. Anc. Isara, grande rivière qui prend sa source au mont Iseran (Savoie), et qui entre, près de Laissaud, dans le dép. au- quel elle donne son nom. Elle passe à Mou- tiers-de-Tarenlaise, Contlans, Montmeillan, arrose Grenoble et Romans, et se jette dans le Rhône près de Valence après un cours de 290 kil. Ses principaux afiluents sont: l'Arly, l'Are, l'Ozeins, la Bréda, le Doménon, le Drac et laBourne. — II Département de la région du S.-E. de la France, qui tire son nom de la principale rivière qui l'arrose; situé entre les dép. de l'Ain, de la Loire, de l'Ar- dèche, de la Drôrae, dos Hautes-Alpes, de la Savoie et de la Haute-Savoie; formé du Viennois et du Gésivau- dan ; 8,23(j kil. cair. ; bOS,933 hab. Ce dép. montagneux est pres- que entièrement cou- vert par les Alpes dont la chaîne principale le sépare de la Savoie et où se trouve le point culminant, le Grand- Pelvoux (3,934 m.), qui domine vingt autres pics dont le moindre a près de 2,000 m. de haut. Principaux cours d'eau : le Rhône, l'I- sère, la Bourbre, le Guiers, le Drac et la Romanche ; sources mi- nérales d'Uriage très fréquentées, eaux ther- males de la Motte, eaux ferrugineuses d'.\lle- vart. Commerce de vins et de la liqueur dite de la grande chartreuse, blé, chanvre, cuivre, houille, granit et plâtre ; élevage très impor- tant du bétail. — Ch.-l. Grenoble, 4 arr., 4.ï cant., oui comm. Cour d'appel et académie universitaire à Grenoble; evêchéà Grenoble, sulfragant do Lyon ; ch.-l. d'arr. ; Grenoble, Saint-.MiU'celin, la Tour-du-Pin et Vienne. ISERLOHN, ville de Westphalie (Prusse), à 30 kil. O. d Ainsberg,- 27,1(10 hab. Manufac- tures importantes de fer, d'acier, de bronze, d'aiguilles, de soie, de velours, de draps, de rubans, de cuir et de papier. Aux environs se trouvent le célèbre lac de Felseiimeer et une caverne renfermant des ossements fos- siles. ISERNIA (anc. (Escrnia), ville du sud de l'Italie, près de la source du Vollurno, dans les Apennins, à 36 kil. 0. de Campobasso; 9,220 hab. Elle est entourée d'une muraille moderne bâtie sur les ruines massives d'un ancien mur. Grand coiumerce. ISERNORE, ch.-l. de caut., arr. et à 10 kil. ISLA 413 N.-O. de Nantua (Ain), sur l'Oignieu et l'An- connans ; 932 hab. IS FECIT CUI PRODEST, expression laline devenue maxime de jurisprudence et qui si- gnifie : celui-là a commis le crime, à qui le crime a profité. - ISIAQUE adj. [i-zi-a-ke]. Qui appartient à Isis, divinité égyptienne. — Table isi.\que, célèbre monument de l'antiquité sur lequel sont représentés les mystères d'Isis : la table isiaqtie est à Turin et a été gravée. ISIDORE MERCATOR appelé aussi Peccator et Pseudo-Isidore, auteur supposé des fausses décrétales. (Voy. Canon et Décrétales.) ISIDORE. I. de Gharax, géographe du i" siècle, auteur d'un ouvrage grec, dont il reste seulement des fragments, et dans lesquels on trouve la description du monde grec et ro- main, et de l'empire parthe. — II. de Séville, saint de l'Eglise latine, mort le 4 avril 630; il était évèque de Séville vers l'an 600 et mé- rita d'être regardé comme l'orateur le plus éloquent, le savant le plus profond et le pré- lat le plus capable de son temps. Il a laissé des ouvrages précieux pour l'étude de la phi- lologie et de l'état des sciences dans les pre- miers siècles; nous citerons seulement : une Chronique qui s'étend de la création à l'an 626 de notre ère; une Histoire des rois gollts, vandales et suèdes ; 20 livres d'Etymologies, espèce d'encyclopédie abrégée de l'érudition au vu" siècle; des Commentaires sur l'Ancien Testament, etc. La meilleure édition de ses œuvres est celle de Rome (4797-1803, 7 vol. in-4''). Fêle le 4 avril. ISIGNY, ch.-l. de cant., arr. et à 32 kil. N.-O. de Bayeux (Calvados), au fond d'un golfe, surl'Aure inférieure et à l'embouchure de la Vire ; petit port ; grand commerce de beurre renommé et de salaisons ; cidre estimé : 2,8U9 hab. ISIGNY, ch.-l. de cant., arr. et à 20 kil. 0. de .Morlain (Manche) ; 320 hab. ISIS. Mythol. Déesse des Egyptiens, sœur et femme d'Osiris, et mère d'il'orus, avec les- quels elle formait la triade la plus populaire de la mylhologie égyptienne. (Voy. OsiRis.) Elle était adorée comme la grande bienfai- trice de l'Egyide et comme ayant enseigne à son peuple l'art de cultiver le blé et l'orge. Son culte passa en Grèce et en Italie, et il fut établi à Rome dans le premier siècle av. J.-C. Dans les œuvres d'art, elle est ordinai- rement représentée sous les traits et avec les attributs de Junon ; elle est vêtue d'une longue tunique garnie d'une guirlande de fleurs de lotus; elle porte un sistre dans la main droite. ISLA (José-Francisooi, auteur espagnol, né en 1703, mort en 17.S1. H était prédicateur jé- suite et poètesalirique. Sa renom niée repose sur son célèbre ouvragei/isÉoràK/'?/ f'amosopredica- dor Fray Gerundio de Campazas, satire sur les prédicateurs ordinaires. Le premier vo- lume fut imprimé sans sa permission en l7o8 et les clameurs du clergé empêchèrent la publicaliou du second. Le manuscrit étant parvenu à Londres, Baretti le publia en an- glais (i77"2) et des éditions espagnoles com- plètes parurent bientôt à Rayonne. Son Carias l'amiliares parut en 178j-'86 (6 vol.). * ISLAM s. m. [i-slamm]. Mot arabe signi- fiant entière soumission à Dieu. Il est employé par les mahométans pour désigner leur reli- gion et aussi la masse entière des croyants ou de ceux qui acceptent la formule de leur loi : Il n'y a d'autre Dieu qu'Allah, el Maho- met est son prophète. * ISLAMISME s. m. Nom que l'on donne quelquefois au mahométisrae. — Se dit aussi relativement aux pays mahométans, dans la 414 ISLA même sens que Chrétienté par rapport aux | pays clirt'tiens. ISLAMITE adj. Partisan de l'islamisme, ma- hoiiiclan. ISLAND iCap\ Voy. May (Cap). ISLANDAIS, AISE s. et adj Qui est de l'Is- lande ; qui appartient à ce pays ou à ses ha- bitants. ISLANDE, Ile danoise de l'océan Allan- liquc du iNord, entre (i3» 24" et 6ti» 33' lat. N. el entre 15» 51' et 26' 37' lonff. 0.,à environ 240 kil. E. du Groenland el U i ,000 Idl. 0. de la Norvège; sa plu-; grande longueur est de 490 kil., sa plus grande largeur de 300 kil. ; 10i,'8i) kil. carr., dont •«, (HO seulement sont habités; •71,221 liab. Reykiavik, la capitale. renferme 3,(i41 habitants. La côte e.st peu accidentée au sud, mais partout ailleurs elle offre des baies profondes, des fiords et des firomontoires avancés. Leslles principales sur a côte sont les lies Vestnianna au S. Les meilleurs ports sont : Reykiavik sur la côte S.-O., Hafnartiord à rO.,Akureyri au N. et Vopnafiord à l'E. L'Islande parait être d'ori- gine volcanique. Le principal système mon- tagneux se trouve dans le sud. Il forme une masse triangulaire. Au delà de la masse mon- tagneuse se trouve un grand plateau central haut de 500 à 600 mètres au-dessus du ni- veau de la mer, el formant un désert couvert de vastes couches de lave. Les principaux vol- cans, y compris l'IIécla(Voy. Hècla), forment une large ceinture volcanique s'élendanl de- jiuis le cap Reykjanes au S.-O., jusqu'à Kra- lia dans le N. Depuis l'annéeSTi, de 27 points différents, 86 éruptions ont eu lieu; les der- nières sont celles de Skapta en 1861 el de ïroelladyngjà en 1862. Les grandes couches de lave sont sillonnées de crevasses {gjà)ou déchirures en zigzag allant du N.-E. au S.-O. Les principaux lacs sont : le Myvatn (lacMidge) dans le N. el Thingvallavatn dans le S.-O. (14 kil. de long sur 6 de large). Les plus grandes rivières prennent leur source dans les montagnes du S. Les principales sont : la Joekulsa, la Skjalfandafijot, le Joekuldalsa etleLagarfljot.L'un des traits caractéristiques de l'Islande est le grand nombre de sources intermittentes chaudes que l'on y trouve, principalement dans la division S.-O. (Voy. Geyseds.) Le climat semble avoir beaucoup changé depuis les premières observations. Les amas Uoltanls de glace du Groenland qui ne visitaient autrefois les côtes que tous les deux ans, y viennent aujourd'hui presque chaque année, entourant les deux tiers de l'île d'une masse compaite, et restant de trois à cinq mois. La température moyenne de l'hiver à Reykiavik est de 29» F., ou 3° C, la température moyenne de l'été est 53° F. ou ISoG. etcelle de toute l'année 39° F.ou4»C., ou à peu près celle de Moscou. Les terres basses et les vallées abritées fournissent d'ex- cellents pâturages. L'Islande est presque un pays sans arbres; dans certains endroits il y a des taillis de bouleau de 3 à 4 mètres de haut, et dans un ou deux endroits abrités il y a seulement quelques frênes de 10 mètres de haut. Le foin des terres basses est la prin- cipale récolte; on rencontre çà et là dans des endroits abrités quelques champs d'avoine, qui ne mûrit même pas toujours. Les pommes de terre, les carottes, les choux, les laitues, les épinards, le persil, le cresson et les radis sont cultivés. La seule autre production de quelque valeur est la mousse d'Islande. Néan- moins, depuis quelques années l'agriculture s'est améliorée. Parmi les animaux sauvages on trouve plusieurs espèces de renards. Les ours sont des visiteurs fréquemment apportés par les amas flottants du Groenland. Les rennes courent en larges troupeaux dans les solitudes de l'intérieur. Le veau maiin, la baleine et une grande variété de poissons se ISLA trouvent en abondance sur lescôte»; plusieurs espèces d'oiseaux vivent dans le pays. Les animaux domestiques européens, parliculiè- rement les vaches, les chevaux el les mou- tons, constituent la grande richesse deslslan- dais. Des dépôts minéraux de cuivre, de fer, de plomb et d'argent se trouvent on plusieurs endroits ; mais on n'a fait aucun essai [lour les exploiter. Les Islandais modrrnes sont les descend^ints des Norvégiens on iNortlimi'n qui i s'établirent dans ce pays en 871 el dans tes années suivantes. Le langage nu'ils parlent tous est le plus pur norse. Les hommes sont grands, blond.s, aux yeux bleus, avec une cons- titution endurcie par la rudesse delà tempé- rature. Ils sont strictement honnêtes, con- fiants, généreux el hospitaliers. Les femmes sont industrieuses et chastes. L'éducation est universelle, il est presque impossible de trou- ver un adulte incapable de lire et d'écrire. Les établis-^ements sont dispersés principale- ment le long de la côte. Il n'existe pas de l'oules et l'on ne se sert d'aucune espèce de véhicule pour les voyages par terre, le trans- port des hommes et des marchandises est seulement [iraticable à cheval el dans cer- taines saisons. On ne trouve de charbon que dans les villes; partout ailleurs le seul com- bustible consiste en excréments de mouton, mêlés avec des os de poissons. On ne l'ait du feu que dans la cuisine, même en hiver, et seulement lorsqu'on prépare les aliments; les autres chambres restent humides et mal- saines. Le |irincipal article de nourriture est la morue que l'on mange avec du beurre aigri. La seule via[nle est celle du mouton que l'on fait bouillir, que l'on sèche en la pressant et que l'on conserve sans sel. Des maladies cutanées, occasionnées par le manque de propreté et de nourriture convenable rèf;nenl au milieu de la population. Il n'y a aucune espèce de manufactures, excepté celles qui ont pour but la production des articles les plus simples de l'économie domestique. Depuis ■I8.ï3, le mo- nopole commercial a été aboli et les étran- gers jouissent des droits de résidence, de propriété el de commerce que possèdent les mdigènes. Il n'y a pas de banque el tout le commerce se fait par voie d'échange. Les im- portations principales consistent en céréales, pain de Iroment, café, sucre, esprits, tabac à priser el à fumer. Les articles d'exportation sont :1e poisson salé et séché, les œufs de poisson salé, l'huile de foie de morue, la viande salée, le suif, les peaux de mouton, la laine, les bas, les mitaines, une étoile gros- sière en laine appelée uatiînt;/, l'édredon, des plumes et des chevaux, le tout évalué à envi- ron 3,o00,00û fr. La grande exportation du soufre d'autrefois a cessé depuis nombre d'années. — Il y a peu d'écoles primaires dans l'ile, mais les enfants sont placés dans différentes familles poury être instruits. Rey- kiavik possède un collège classique, littéraire et scienlifique ; il y a aussi une école de théo- logie, une école de médecine, une biblio- thèque (10,000 volumes). La nouvelle charte royale de 1874 a donné à l'Islande un mi- nistre résidant à Copenhague et responsable à ['althing. Le gouvernement exécutif de l'ile est confié au s (Doubs) , 2.409 ISLE-SUR-LE-SEREIN (L'), ch.-l. de cant., arr. et à 14 kil. IN.-E. d'Avallon (Yonne); 901 liab. ISLY, rivière d'Afrique, sur les frontières du Maroc et de l'Algérie. — B.\taille d'Isly, célèbre victoire remportée par le maréchal Bugeaud sur les Marocains, le 14 aoiit 1844 ; elle fut livrée sur la rive g.iuche de la rivière Isly; delà son nom. Le maréchal Bugeaud lut, après cet éclatant lait d'armes, créé duc d'Isly. ISMAËL, Qls d'Abraham etd'Agar, servante de ce patriarche. Lorsque Sara, femme d'A- braham, eut, malgré sa vieillesse, mis au monde Isaac, elle conçut une jalousie pro- fonde contre Agar et Ismaël et les Ut chasser. Ils errèrent longtemps dans le désert et s'y établirent. Ismaël y épousa une Egyptienne qui lui donna doiizefils; ils devinrentles pères des douze tribus arabes. ISMAELIENS. Voy. Assassins. ISMAÉLITES, descendants d'Ismaël, fils d'Abraham et d'Agar, et qui passe pour le père et le fondateur du peuple arabe. ISMAÏLouIsmail-Tutchkov, ville de Russie (Bessarabie), sur le Kilia, bras N. du Da- nube, à 60 kil. S.-E. de Galalz ; 33,o,s4 h.ili. Place importanle de commerce entre la Russie et la Tuniuie. La nouvelle ville de Tutehkov lui fui annexée vers 1830. Les Russes, eoin- mandés par Souwaroll', prirent d'assaut Is- niaïl en 1790, ils perdirent 20,0ii0 hoiumes, et passèrent au fil de l'épée 30,000 hommes de la garnison turque. En 1812, la ville fut cédée a la Russie et re.>ta la forteresse la plus considérable de la province russe de llessa- rabie jusqu'en 1836, époque où le traité do Paris la rendit à la Turquie. ISMAÏLIA, ville de la ba.sse Egypte, sur la rive iN. du lac 'l'imsah, sur le eaii.-il de Suez et sur les chemins de fer conduisuiit d'Alexan- drie et du Caire à Suez ; popul. : 3,364 hab. Elle fut fondée en 1863. ISOL 415 ISMENE, fille d'OEdipo et de Jocaste ; elle fut condamnée à mort avec sa sœur Antigone pour avoir rendu les honneurs funèbres à Polynice. ISMID ou Iskimid (anc. Nicomedia), ville de la Turquie d'Asie, au fond du golfe d'ismid, à 73 kil. S.-E. de Scutari ;po|'i!l. : |-j,:,iiO liali. Elle renferme une petite communauté d'Ar- méniens convertis au protestantisme. (Voy. NiCOMÉDIE.) ISNARD (Maximin), conventionnel giron- din, né à Grasse en 1751, mort en 1830. A l'Assemblée législative de 1791, il acquit une certaine célébrité par son éloquence et par sa hardiesse; il prit part à l'insurrectiori du 10 août 1792, fut élu à la Convention et en- suite se joignit aux Girondins. .Mis en accusa- lion par les Montagnards, ses adversaires, sa force herculéenne lui permit d'échapper à l'arrestation (179.3). Après la chute de Robes- pierre, il reprit son siège et pendant un an il fut membre du conseil des Cinq-Cents. Il s'oc- cupa ensuite de littérature et de philosophie. ISOCELE ad j . (gr. isos, égal ; skelôs, jambe). Géom. Se dit d'un triangle qui a deux côtés égaux entre eux : triangle isocèle. ISOGÉLLE s. f. Géom. Caractère de triangle isocèle.— Isnchiméne. (V. S.) ISOGHROMATIQUE adj. [-kro-] (gr. isos, égal ; chroma, couleur;. Qui a une teinte uni- furiiie. •ISOCHRONE adj. [-kro-] (gr. isos, égal; chroiws, temps). Qui s'accomplit dans des temps égaux : oscillation isochrone. ' ISOGHRONISME s. m. Méean. Egalité de durée dans les mouvements d'un corps: l'iso- chroiiif^me ilcs vibrations du pendule. ISOCRATE, orateur grec, né à Athènes, l'an 436, mort l'an 334 av. J.-C. Sa timidité na- turelle et la faiblesse de sa voix l'empêchèrent de parler en public et il se contenta d'en- seigner l'éloquence ; il eut pour élèves les hommes les plus éniinents de son temps. Après la victoire remportée par les Macé- doniens sur ses compatriotes à Chéronée, il se donna la mort, voulant ainsi réduire à néant l'accusation odieuse dont il avait été l'objet, celle de favoriser l'ambition de Phi- lippe de Macédoine et de travailler ainsi à l'as.-ervissement de la Grèce. Les écrits d'Iso- crate sont remarquables par l'élégance et la mélodie du style et on le regarde à juste titre comme un des grands écrivains attiques. Les meilleures éditions de ses œuvres sont cel les de Reiske dans les Oratores 3rajci(Leipzig, 177.3); de Baiter dans \a. Bibliothèque graxo- latine, de Didot (Paris, 1846), et d'Augeravec traduction française (3 vol. in-8°, Paris). ISODACTYLE adj. (gr. isos, égal; dalkulos,- doi;-'t). Qui a les doigts égaux. ISOÉDRIQUE adj. (gr. isos, égal; edra, face). Miuér. Dont les facettes sont sem- blables. ISOGONE adj. (gr. isos, égal ; ^dnia, angle). Géom. Qui a les angles égaux. ISOGRAPHIE (gr. isos, égal; yrapliein . écrire). Fac-similé, reproduction lidèlede l'é- criture d'une personne. • ISOLANT, ANTE adj. Phys. Qui ne conduit pas l'eleclricité, comme le charbon, le verre, etc. ISOLATIF, IVE adj.Gramm. SMi^des lan- gues dans lesquelles les racines Sont em- ployées d'une façouabsolument indépendante et .sans altération, au lieu de se combiner entre elles et de so modilier par dérivation. •ISOLATION s. f. Phys. Action d'isoler le corps que l'on veut éleclriser. • ISOLÉ, ÉE part, pa^^sé d'I.soLEH. — Co- LONNK i3ui.i,ii, STATUR isoLKt:, colonuc, statue MQ ISOM qui ne litit point au mur de l'édifice. — Adj. Lieu solitaire : un endroit isolé. — Fip. Qui vil sans relations de parenté, d'airectioii ou de société, qui ne lient à rien ; ou à qui personne tie s'intéresse : elle se trouva bien isolée après la perte de son fils. — Adminisl. milil. HoHUK isolé, somj.vt isolé, celui qui se trouve n'appartenir nioincntauément à aucun corps. • ISOLEMENT s. m. Etat d'une personne qui vil isiilfft : vivre dans l'isolemait. dans un (jrand, dans un complet isolement. — Archit. IJistanre entre doux parties de conslruction qui ne se touchent pas. — Pliys. Séparation opérée par des milieux non conducteurs entre un corps qu'on électrise, cl les corps environ- nants qui pourraient lui enlever son électri- cité. •ISOLÉMENT adv. D'une manière isolée, séparément, à part: si l'on considère chacun di; ces objets isolément. ' ISOLER v. a. (lat. insulatus, séparé comme l'est une île). Faire qu'un corps ne tienne à au- cun autre : pour isoler son palais, il a fait abattre toutes les maisons qui y tenaient. — Phys. Faire en sorte que le corps que l'on veut électriser ne soit en contact avec aucun de ceux qui pourraient lui eulever son élec- tricité : on isole un corps en le suspendant à des cordons de soie ou de crin, en le plaçant sur de la résine, sur du soufre, sur un tabouret garni de pieds de verre, elc. — Fi;;. : on l'isola de ceux gui auraient pu l'éclairer sur sa po- sition. — S'isoler v. pr. Se séparer de la so- ciété : cet homme trouve moyen de s'isoler au milieu de la cour. * ISOLOIR s. m. Phys. Appareil formé de substances non conductrices de l'électricité, et sur lequel on pose les corps que l'on veut électriser, afm de les isoler des corps envi- ronnants. Se dit plus particulièrement d'un espèce de tabnurel ou support de bois garni de pieds de verre, qui sert ordinairement à cet usage : se mettre sur l'isoloir. ' ISOMÈRE adj. (gr. isos, égal; meros, par- tie). Chini. et Miner. Qui est composé de parties semblables. — Corps isomèrks, corps qui se composent des mêmes éléments et en même nombre, mais qui diti'èrent sensible- ment parleurs propriétés. ISOMÉRIE s. f. Caractère des corps iso- mères. ISOMÉRIQUE adj. Qui appartient à l'iso- niérie; (pu on a le caractère. ISOMÉRISME s. m. Chim. Relation qui existe entre des substances qui, possédant la même composition élémentaire, oni des pro- priétéscbimiques et physiques essentiellement dili'érenles. Ainsi le formiate d'élhyle et l'a- cétate de méthyle — substances très diffé- rentes— présentent une composition élémen- taire exprimée par la formule C H^ G*, quelquefois écrite C^ H'* 0*. Ils sont néan- moins composés de : .inlndridc formique ("• H' 0' 1 Anvdride aoélique C* H' 0' Oiyde d'élhyle C» H'° 0 I Oiyde de méthyle C= H" 0 C»H'«0* 1.8 H'=0» Ces composés contiennent réellement diffé- rents constituants immédiats, ce qui est prouvé par le fait qu'ils donnent des produits différents quand ils sont décomposés sous de semblables conditions. Tous les corps qui sont ainsi isomériques des uns aux autres doivent donc posséder des poids équivalents identiques. Ces substances sont souvent ap- pelées métamériques {gr. psrà, indiquant changement ou altération), par opposition aux substances polymériques'gr. iro^ùc, beau- coup), qui sont composées d'éléments sem- blables, unis dans la même proportion rela- tive, mais en quantités absolues différentes, les poids équivalents dans lesquels ces subs- ISOM lances se combinent avec d'autres corps ne se ressemblant pas; c'est ce qui les distin^'uc des membres de la classeprécédente, dans la- quelle II' nombre relatif et absolu d'équiva- lents est le même. Un grand nombre de subs- tances polymériques sont connues, et on en a formé la série entière de composés orga- niques. Comme exemple, le gaz olétiant et la rétine contiennent chacun 8:i.7 p. 100 de carbone et I'k3 p. 100 d'hydrogène. Si l'on ne savait rien de leur action chimique, la formule em|iirique Cil» serait a|)[>licable à tous les deux; mais l'expérience a montré [ que 2 C et -i H se sont unis pour former le I gaz oléfiant, dont la formule rationelle est, en conséquence, C* H'* et l'équivalent combi- nant iS; tandis que 16 C et 3i II se sont unis pour former la céline qui a. par consé- quent, pour formule rationelle C"' H" et le nombre équivalent 224. Entre ces deux corps, il en existe 14 qui leur sont polymériques ou qui sont polymériques entre eux. Jusqu'à une période comparativement récente. 1 opinion dominante parmi les chimistes fut que les corps de composition semblable devaient pos- séder nécessairement des propriétés sem- blables. Toute observation tendant à jeter un doute sur l'exactitude de cette croyance était regardée comme erronée. Même la décou- vcrle par Woebler et Liebig, que les acides cyanique et fulminique sont semblables en conipiisitioii bien qu'ils possèdent des pro- priét('s très différentes, fut attribuée à une er- reur d'observation et généralement discré- ditée. Les recherches de Faraday sur plu- sieurs hydrocarbones isomériques en 182o prouva d'abord la fausseté de celte pré- tendue loi. Les exceptions furent plus at- tentivement observées, et Berzelius proposa le terme allotropisme pour exprimer la condi- tion dans laquelle la même substance chi- mique peut avoir des propriétés diû'érentes (Voy. Allotrui'isme.) Dans les corps composés, il n'est pas toujours facile de distinguer entre l'allotropisme et l'isoinérisme proprement dit. Des ouvrages importants sur l'isomérisme ont été publiés par Butlerow, Kekulé, Erlen- meyer et Gibbs. ISOMÉTRIQUE adj. {gr.isos, égal; metron, mesure). Miner. Dont les dimensions sont égales. — Projection isométriql-e . espèce de dessin, employé principalement par les ingénieurs, dans lequel le plan en perspec- tive sur le papier peut être considéré comme faisant des angles égaux avec les trois dimen- ISOT ISOMORPHE adi . (gr. isos, égal ; morplif, forme . Minér. Qui affecte la même forme cristalline. ISOMORPHISME s. m. Chim. Propriété que posseilent certains corps de pouvoir se rem- placer les une les autres dans des composés sans causer chez ceux-ci un i-hane-einenl es- sentiel de forme cristalline. Les corps qui se remplacent ainsi les uns les autres possèdent eux-mêmes des formes semblables et on dit qu'ils sont isomorphes. ISOPÉRIMETRE adj. Géom. Dont les péri- nielre- -ont égaux. ISOPODE adj. (gr. isos, semblable ; pous, po- dus, pied). Crust. Qui a les pattes égales ou semblables. — s. m. pi. Ordre de crustacés à 14 pattes onguiculées, presque semblables. Genre type, le cloporte; genres principaux : leptoméres, ancées, apseudes, aselles, porcel- lions. armadilles, etc. ISORÉ Jacques), conventionnel, né à Cau- viL'iiy Jfeanv.iisis} en 17.Ï8, mort en tSii»; il embrassa avec ardeur les idées révolution- naires, fut élu membre de la Convention en 1792, siégea à la Montagne, et vola la mort du roi sans appel ni sursis. — Chargé de mis- sions importantes, il rendit d'éminents ser- vices pour le ravitaillement de Paris et des places frontières. Après le coup d'Etat de brumaire, il rentra dans la vie privée. Exilé en 1816 comme régicide, il put rentrer en 1818 et se livra à l'agriculture. On a de lui : Traité sur la grande culture des terres (Paris, isd-', -2 vol. in-S») — hùslémotie.(\.S.) ISOTÈLE s. m. (gr. isos, éf:a\;telos, impôt). Celui qui jouissait de l'isotélie. ISOTÉLIE s. f. État civil intermédiaire entre celui de citoyen athénien et celui d'é- tranger, et donnant à celui qui en jouissait des droits semblables à ceux des autres ci- toyens. ISOTHÈRE adj. fgr. isos, égal; theros, été). Phys. Qui a la même température moyenne eu été. •ISOTHERME adj. (gr. isos. égal; thermos, chaud). Qui a la niêmetempérature moyenne; ne s'emploie guère que dans cette expression. Lignes isothermes, lignes qui passent par tous les lieux du globe où la température moyenne de l'année est la même. On doit à Humboldt (1817) l'idée des lignes isothermes, qui a fait faire de grands progrès à la météo- Diagramme I. Lignes isothermes pour le mois de janvier sions principales de la fifiure, l'œil étant sup- posé à une distance infinie. Ainsi des lignes dans les trois principales directions sont des- sinées sur une échelle commune, et il en est de même pour toutes les parties de chaque ligne. rologie. Le même savant imagina aussi les lignes isoihére.s {isos, éi-'al ; theros, été), pas- sant par les lieux où la température moyenne est la même en été; et les lignes isochimèncs (isos, égal; keimôn, hiver) réunissant les points qui ont une température moyenne ISPA c''^'.ife eu hiver, mais le mot isotliornic osl 3, elle fut abandonnée pour San José, qui se trouve à 18 kil. au N. L'une et l'autre sont entièremenlouverles à la mer elles navires ne peuvent approchera plus de 3 kil. de la terre. * ISTHME s. m. [iss-me] (gr. isthmos, pas- sage), Geoitr. Langue de terre eiilre deux mers ou deux golfes, qui joint une lerre ii une autre, une prr'squ'ile au continent : l'isthme de Suez; l'isthme de Panama.— Anal. Ccrtainespartics qui ont quelque ressemblance de forme avec 'iii isthme : l'islhme du gosier. m. 418 IIAL • ISTHMIQUES ailj. ni. |>l. No s'emploie que i (i;ui5 cL'lIc (.■.\|ii(!ssion, Les Jeux istuuioleï^. jeux qui, dans l'ancienne Grèce, se céléluaicnl tous les cinq ans sur l'isllime de Corinllic, en l'honneur rie Neptune. — s. f. pi. Les istu- -loiT.s i)K Pi.NOABE, odcs du poèlc Pindare destinées il célébrer les vainqueurs des jeux islluniqiies. ISTRES, ch.-l. do cant., arr. et à 40 kil. 0. d Aix 'Huiuhes-du-Rliône); 3,495 hab. ISTRIE(:ine. llistiin), péninsule et margra- viat d'.\ulri('he, sur la côte N.-E. de l'Adria- tique ; 4,0.'i3 kil. carr.: 300,UU0 hab. Elle fait partie aujourd'hui de la proviiirn du Littoral (voy. LiTToii.M.l.niais elle a sa diète distmcto. Territoire irénéralenienl monlapiieux. Excel- lentes olives, prains. vins, citrons et soie. Villes principales: (",apo d'Islria, Pirano, Isola, Ro- vipno, Pola. I)if;naiio et Pisino. Les habitants des villes sont presque tous Italiens: ceux de la canipaf-'ne sont d'orijrinc slave.— Dansl'an- liquité, les Istriens tonnaient une triliu illy- rienne et exerçaient la piraterie, mais avant la seconde puerre Punique ils furent soumis par les consuls romains. Plus tard, ils se ré- voltèrent en vain. Au moyen .Ifie, l'istric formait un margraviat séparé. Avant 1799, elle fut divisée entre Venise et la maison d'Au- triche. La partie vénitienne fut enlevée à la France par l'.Vutriche, en 1813. ISTRIEN. lENNE s. et adj. Qui est de l'Is- Irie : ijui appuiliriit à ce pays ou à ses habi- tants. ISTURIZ Francisco-Xavier de) [ iss-tou-riss'] , homme d'État espagnol, né à Cadix en 1700, mort en 1871. Avant, en 1823, alors qu'il présidait les cortès, vote pour la suspension du pouvoir royal, il fut condamné à mort après l'invasion française; il s'enfuit à Londres et s'engagea dans des affaires commerciales. 11 revint lors ilc l'amnistie de 1834, et fut, pendant quelque temps, en 183-'), le conseiller le plus intime de Mendizabal, mais ils se brouillèrent et, en mai 1830, l^turiz rem- plaça Mendizabal comme président du con- seil. Des tumultes populaires qui eurent lieu en aoiil motivèrent de nouveau son exil. Il rentra en 1838; en 1839, il fui de nouveau président des cortès. 11 négocia les mariages de la jeune reine et de sa sœur. De 1848 à 1 864, il fut successivement ministre en Angle- terre, en Russie et en France et, en 18o8, il fut encore, pour peu de temps, président du conseil. ITACISME s. m. Philol. Système d'après lequel l'èta grec (v:) se prononce comme un i. ITACISTE s. m. Philol. Partisan de l'ita- cisme. ITACOLUMITE s. f. (à'Itacohimi, ontagne du Brésil). Roche granulaire siliceuse, de structure lamellée, trouvée avec les ardoises talqueuses et pinson moins mélangée de talc ou de mica. Elle oft're un intérêt particulier parce qu'on la rencontre dans les localités des régions aurifères où l'on trouve le dia- mant. Elle se rencontre au Brésil, dans les montagnes de l'Oural, en Géorgie et dans la Oaroline du nord et du sud. ITA'DIIS PLACUIT, expression latine qui si- gnifie : ainsil'ont voulu les dieux, et que l'on emploie quand on veut dire qu'une chose ac- complie n'a plus de remède, qu'il n'y a plus il y revenir et qu'il faut s'y résigner. ITA EST, loc. lat. qui signifie : il en est ainsi. ITALIANISER v. a. Rendre italien, faire adopter a quelqu'un les coutumes, les mœurs italiennes. — Gramni. Donner au langage une terminaison italienne. * ITALIANISME s. m. Gramm. Manière de parler propre k la langue italienne. Ne se dit ITAL aulre langue : il lui ôchappe souvent des ilu- lianismcs. ITALIE /î'f/no rf'i/n/w), royaume de l'Eu- rope méridionale, romprcnant la péninsule Italienne et les lies île Sardaigneet de Sicile. La partie continentale e^t coiii|irise entre ,37'>i>'i' et 40° 40' lai. N. et entre 4° 10' et i Ifi" 13' long. E. La république de Saint-.Ma- riii, comprise géografdii([uemi'nt dans l'Italie, forme un ICtat indé|iend.int. Le royaume est borné au N.-O. par la France, au N. par la Suisse et l'Autriche, au N.-E. par rAulriche. il l'E. par l'Adriatique et la mer Ionienne, et au S. et à l'O. par la Méditerranée ; 280,043 h. carr.; 32,449, 7o4 hab. — Le royaume est divisé en 1 6 foiiiixtitiin'jiiti, comprenant 09 provinces ; chacune de celles-ci l'orme un certain nombre de circondarii (districts), comprenant plu- sieurs cDinmiines. — Cap. Rome; villes princi- pales : Naples, Milan, Turin, Palermc, Gènes, Florence, Venise, Messine, Bologne, Catanc, Livourne, Padoue, Ferrare, Vérone, Lucques. TAIiLEAU STATISTIQUE PROVINCES elCompartinienli. Population Alessandria . Ciinco . . . Novara . . . Tonno . . . l^ii^mont . (jCDO\'a .... Porto Maurjzio. Liguric . . - Bergamo . . . Brcscia .... C.omo Oemona . . . Milano . . . . M.-intlia .... Pavia Soiidrio. . . . I.onibardie . Belluno . l'adova . lîovigo . Treviso . l.line. . Vt'nczia. Vcrona . Vjcenza. TJ9.7I0 6.Î5.40I1 67o.9iG I.059.3H .13' 760. I2i 132.351 947.300 .■i90.77o 471.568 515.030 302.138 1. 114. 991 295.728 469.831 120.534 PROVINCES elComijartimcnli. Arczzo . . . . Firenzc .... GroBsclo . . . l.ivorDO. . . . Lucca .Massa Carrara. Pisa Sicna Population 238.74-1 790,776 114.295 121.612 38t. ■W4 169.469 283.210 205. '126 4.013.973 Vénétie Bologna Ferrara Forli Modena Parma Piaccnza . . . . Ravcana Roggio Emilia. . Emilie . . . . Ombrie . . . Ancona A^coli Piccno . . Macerata . . . . Pesaro-el-Urbino Marches. . . . 174.140 397.: iI7.700 375.704 501.745 3.56.708 394.065 396.349 3.101.86- 457.474 230. S07 251.110 279.254 267.306 226.71 223.764 244.939 2.352.49: 624.039 Toscane. . . Rome (I.alium) A<|uila .... Camiiobasso. . Chicli Tcrarao .... Abruzzi-e-Molise .\vcllino. . . . Benevcnto. . . Cascrta .... Napoli .... Salcrno .... Campanie . . Bari Foggia . . . - Lcccc Apulie . . . Basilicate . . Catanazara . . Cosenza. . . . Reggio diCalabii Calabre. . . Caltanisctta . . ('atania .... Girgeoti. . . . Messina. . . . Palcrmo. . . . Siracusa . . . Ti'apani. . . . Sicile. . . . 982 353.027 3li3.434 314.048 254.806 267.338 209.185 239.713 223.043 1.021.397 .434.331 392.61' 238.423 714.131 1.001.243 530.139 3.128 809 I5T.S 330 533 148 267 298 1.734 387 536 309 433 431 975 309 623 1.339 .872 263.930 363.440 312.467 460.924 099.131 313.036 283.873 Cagliari. Sassari . SardaigDC. Total. . 420.633 261.367 32.419. — CÔTES. La longueur des côtes de l'Italie continentale est de plus de 3,000 kil. La portion occidentale de la côte du golfe de Gènes est appelée rimera di Ponente (rivage du Ponant), elle est élevée et escarpée et s'étend depuis Vintimille jusqu'à Gênes. De Gênes à Spezia s'étend la Riviera di Le- vante (rivage du Levant), basse, mais quel- quefois escarpée. De lArno au Tibre, la côte est parfois élevée, mais elle est ordinairement basse et marécageuse, ainsi que dans les an- ciens Etats du pape. La côte napolitaine, le long de la mer Tyrrhénienne, est en général avec des baies larges et escarpée et rocheuse, ■o-uère mi'én parlant d'un tour italien, d'une I profondes. La partie baignée par la mer , caiie ciibiai,.=ciu,a.i..ç; 4.u. ^..,.,,...,,.. .-..--, «Jression italienne transportée dans une 1 Ionienne, depuis le détroit de Messine jusqu'au I près des côtes de la Méditerranée. Les Alpes n AI. cap Rizzulo, csl garnie de rochers à pic. Au delii de Tarente, la côte est basse et sablon- neuse; au fond du golfe de 'l'arenle s'étend le seul dislrict marécageux de la côle de la mer Ionienne. A partir du cap de Santa-Ma- ria-di-Leuca, la côte est brisée par l'éperon sur lequel se trouvent les monts (iargano et San-AiiL'elo. et par les golfes de .Manfredonia et de Venise. Les ports principaux sont : à l'ouest. Gènes, Spezia, Livourne, Civita-Vec- chia, Gaëte, Naples et Reggio; au sud, Ta- rente ; ii l'est, Rrindisi, liari, .\nione, Riiiiini, Chiog^ia et Venise. Les Iles les jdus impor- tantes sur la côte sont : Elbe, Ischia et Caprée dans l'ouest. —.Montagnes. Le grand système montagneux est formé par les Alpes cl les Apennins, comprenant les chaînes subapen- nines. (Voy. Alpes el Apennins.) Les monta- gnes subapennincs se trouvent enlièrcmcnl il l'ouest de la chaine |irinciiiale, à laquelle elles ne paraissent pas ap[iartenir géologi- quement. — Vallées. Parmi les innombrables vallées de la région subalpine, quelques-unes des plus célèbres sont le val di Clusonc, la vallée de la Dora Susina au-dessus de Turin, le val d'Aosle et la Valtelline. Le long des Apennins, on trouve le val d'.\rno, les vallées duTibre,duVolturne,elc.,ellesmagniliques vallées des hautes terres du centre et du sud. — Coi'RS d'eai'. L'Italie n'a que deux rivières importantes : le Pô et l'/Vdige; la première, coulant vers l'E. a travers l'Italie supérieure, reçoit le Tessin, l'Adda, l'Oglio, le .Mincio, etc.. et la seconde se dirigeant vers le S.-E. il travers la Vénilie; l'une eU'au lie se jettent dans l'Adriatique. Presque tous les autres cours d'eau sont de simples torrents. Parmi les plus remarquables, on cite ; la Brenta, la Piave et le Tagliarncnlo, au N., l'Arno el le Tibre au centre, le Garif;liano, le Volturne, et le Silaro (Sele) au S. Leurs embouchures sont généralement entourées de marécages insalubres. — Canaux. Neuf canaux princi- paux, destinés surtout à l'irrigation, furent construits au moyen âge en Lombardie et en Vénitie. Le plus beau, le .Navigliu Grande ou Ticinello, entre le Tessin cl Milan, mesure 4o kil. de long et est navigable pour les grands navires.Le Piémont est coupé par en- viron 2;i0 canaux. — Lacs. Les plus grands lacs appartiennent à la haute Italie. Le lac Maieur (lago Maggiore) a 00 kil. de long, et une profondeur de 83o m. Le lac de Lugano appartient en grande partie à la Suisse. Le lac de Côme (Como) a .'i.'i kil de long et est très profond. Le lac Isco mesure 2o kil. de long, et le lac de Garde (Garda), qui appartient en partie au Tyrol, a oO kil. de long; il y a aussi le lac de Biënlina en Toscane, le lac de Pé- rouse ( Pérwjia, anc. Trasimène) dans l'Om- brie et les lacs de Bolsena et de Bracciano dans la province de Rome. — Géol. L'Italie offre un champ fertile aux géologistes. Le granit, le porphyre et le gneiss se trouvent presque partout dans la péninsule. Le Monte Corvo el d'autres pics des.\bruzzes sont com- posés de quartz compact. La masse des. \pen- nins est formée de calcaire, de craie et de grès, avec de la serpentine injectée entre les couches et formant un grand nombre de groupes détachés de collines, particulière- ment dans la chaine Ligurienne. Le gneiss, le mica, l'ardoise, l'ardoise argileuse, l'ardoise talqueuse et la pierre calcaire forment les couches inférieures stratifiées recouvertes par la serpentine; au-dessus s'étend un mélange d'ardoise argilacée, de grès marneux el de pierres calcaires ; tandis qu'à la partie supé- rieure se trouvent des pierres calcaires mar- neuses et une pierre de grès appelée macigno, avec des impressions de plantes marines. C'est la roche stratifiée qui domine dans le N. des Apennins. Dans celle partie de la chaine, on rencontre des étendues considérables de cal aire cristallisé (marbre; qui dominent au sud. ITAL ITAL ITAL 419 ApucniiPS à l'extrémité S. des Apennins de Ligurie, renferment les marbres de Carrare. Des restes fossiles d'un intérêt extraordinaire se trouvent dans les différentes parties de la péninsule. — Il y a en Italie quatre districts volcaniques distincts. Le premier, celui des monts Euganéens, s'étend depuis le voisinage de Padoue jusqu'à Este. Le plus vaste se trouve sur le territoire romain, où il y a trois groupes remarquables, les monti Albani, les monti Cimini et le groupe auquel appartient la masse volcanique imposante de Radi- cofani, à 6 kil. du monte Amiato. La Terra di Lavoro ou Campania Felice (aujourd'hui pro- vince de Caserle) forme le troisième district, subdivisj en plusieurs groupes : le groupe Roccamonfina, les champs Phlégréens et le mont Vésuve. Le quatrième etdernierdistrict volcanique se trouve en Apulie; il a pour centre la masse énorme du Monte Voiture et pour sommité dominante le Pizzuto di Melfi. — MiNÉR. La richesse minérale de l'Italie fut célèbre dès l'antiquité la plus reculée. Le Piémont possède de l'or, de l'argent, du cui- vre, du plomb et du fer. Les Alpes Apuennes, sur la frontière M. de la Toscane, sont tra- versées par des veines de mercure, de mine- rai de fer magnétique, de cuivre argentifère et de plomb. Les districts du centre et du sud de la Toscane sont également riches en dé- |iùts métallifères. Pendantlo moyen âge, dif- férentes mines de fer, do plomb, de cuivre, d'argent, d'alun et de soufre furent exploi- tées avec un grand succès à Massa Maritima, appelée ensuite Massa Metallifera pour la dis- tinguer de Massa Carrara. Dans la même ré- gion se trouvent les fameux soffioni ou cou- rants de vapeur utilisés pour l'extraction de l'acide borique. Les districts de Sienne et Je Grosseto ont des mines d'argent et de cuivre; et dans la Toscane méridionale, on trouve des veines de cuivre, de mercure et des liions d'antnuoine. La Calabre possède aussi des liions de fer et d'anciennes mines d'ai'gent. Le produit minéral le plus impor- tant du royaume est le soufre, qui est exporté lie Sicile en grandes quantités. — Il n'est point de région en Italie qui ne possède un soi naturellement fertile, ou susceptible d'être lendu productif par le travail et par des moyens artiliciels. Les vastes plaines sont presque par- tout cultivables, et les Apennins, dans bien des endroits, sontcultivés en terrassesjusqu'àleur sommet. Les vastes marais de l'E. et de l'O. nourrissaient anciennement une nombreuse population; une partie de ces marais a été des- séchée à une cpoqujî récente. — Climat. Le climat de l'Italie est considéré comme le plus agréable de toute l'Europe; et fiourtaiit, en lu'opovtion du nombre di's habitants, la mor- lalilé est plus grande en Italie que dans toute autre contrée européenne. La moyenne de la température annuelle est comme suit : Milan 12" C; Home Ib"; NaplesIS". — Flore. I^es productions végétales sont deini-tro|ii- picales. La datle, l'olive, la figue et l'orange viennent dans les terres basses. Sur les terres élevées, à peu de distance de la côte, il y a des forêts de chênes et de châtaigniers, et sur les plateaux de Pollino et de Sila le pays est couvert de pins et de sapins. L'Italie produit toute espèce do céréales. Les fruits les plus succulents croissent spontanément. La ('anne à sucre est cultivée dans la basse Italie et en Sicile, et le coton a été introduit avec succès eu Calabre et en Sicile depuis I8U2. La cul- lure du tabacest toujours limitée. La soie est le produit le plus imporlant. L'olive est indi- gène dans [u'esiiiie toutes les parties de la pénin^ule. Environ les Hj centièmes du sol sont [U'oductifs. — Vlns. La quantité de vins produils annuellement par l'Italie est estimée .1 t,(')()(l millions de litres, une petite portion seulement est de bonne qualilé. Il y a qua- rante ans, les vins italiens de ipialité supé- rieure étaient à peine connus, mais leur ré- putation est aujourd'hui bien établie. Dans j plusieurs parties do l'Italie, notamment en . Lombardie et en Vénétie, les vignes, au lieu d'être taillées court et d'être attachées à des ! échalas, grimpent aux troncs des arbres plan- tés en ligne à cet effet, mais leurs raisins n'atteignent jamais cette perfection qui est nécessaire pour produire des vins de première qualité. Ils donnent un vin léger, acide, qui ne peut se garder longtemps. La réputation des vins d'Asti fait "que l'on donne leur nom dans le commerce au barbera, au barolo, au nebbiolo, au brachetto, au grignolino et aux autres variétés de vins du Piémont. Ces vins sont généralement corsés et un peu àpre«. ! Les plaines de Lombardie et de Vénétie don- I ne n tune immense quantité de vins, mais ceux- ci sont de médiocre qualité. Ils renferment très peu de sucre ou d'alcool, beaucoup d'a- cide et peu d'arôme. En Toscane, la fabrica- tion du vin a atteint un plus haut degré de perfection que dans les autres parties de l'Ita- lie. Le vin le plus fameux de cette région fut, pendant bien des années, le montepulciano, surnommé autrefois le roi des vins ; mais le produit des vignobles de Chianti, près de Sienne, provenant d'un raisin particulier, a obtenu la supériorité, et presque tous les bons vins toscans vendus en bouteilles por- tent aujourd'hui l'étiquette de Chianti. Le vrai vin de ce nom est plein de bouquet et astringent. Il renferme environ 20 p. 100 d'al- cool. Les vins d'Artimino et de Carmignano sont aussi de bonne quahté. On peut y ajou- ter le verdea, ou vin vert, ainsi nommé à cause de sa couleur, et produit à Arcetri, près de Florence, et le trelibiano surnommé le sirop couleur d'or. Les vins les plus célèbres des anciens Etats du pape sont ceux d'Orvieto et les muscats d'Albano et de Monleliascone. La partie méridionale de la péninsule Ita- lienne donne une grande quantité de vins spiritueux. Ceux de (iallipoli et de Tarente peuvent atteindre la force ordinaire du co- gnac. Le lacryma-christi, produit le plus remarquable de cette partie de l'Italie, donne son nom à tous les vins rouges sucrés qui y sont fabriqués, bien que le véritable lacryma- christi croisse seulement sur les versants du mont Vésuve. Le vin deCapri, rouge et blanc, est aussi célèbre, mais comme les précédents il est trop souvent falsilie ou factice. La Sicile, autrefois riche en vins, en produit mainte- nant une seule espèce qui est exportée en grandes quantités; c'est le marsala, vin am- bré ou foncé qui doit son nom au port de Marsala. Il est presijue toujours fortement alcoolisé avant de quitter l'ile etsert à imiter le madère. Des vins rouges sont aussi récoltés en Sicile. La Sardaigiie produit une quantité considérable de vins rouges et blancs de bonne qualité. — Faune. Le rèpne animal n'estpasreprésenté parde nombreuses espèces en Italie. On y élève les animaux domes- tiques, communs à toute l'Europe, mais on apporte peu de soins à ramélioralion des races. Les pêcheries de la côte emploient de nombreux navires et de grands capitaux. Les ; thons et les anchois se prennent en immenses quantités. On obtient des huîtres dans l'A- driati(iue, mais elles >oiit d'une qualité mé- diocri!. — PoPL'L. Les Italiens i-onstituent une nationalité compacte, bien ([u'ils soient des- cendus do races dill'i';rentes, les éléments prédominants étant galliqucs (celtiques) et romains. Dans la haute Italie l'élément ger- manique a fourni son contingent; dans l'I- talie du sud et en Sicile, les Arabes ont fourni le leur. lui moy.,la populalion non italienne est estimée à 330,000 environ. De ceux-ci, il y avait 140,000 Fiaii(;ais. ;i8,000 Alhaniens, 35,0(10 Juifs, 30.000 Slovaques, 2o,000 Alle- mands, -21,000 Grecs, et 7, UOO Catalans.— Educatio.n. Le nombre des universités est de ■2i, dont 17 royales. Los institutions d'ins- truction secondaire c(iiii|>rennent 35i gym- nases et 272 écoles techniques, et. pour les élèves plus avancés, 142 Ivcées et S9 écoles industrielles spéciales. L'instruction primaire se donne dans 34,213 écoles publiques élémentaires et dans 9,167 écoles particu- lières, en tout 43,380; le nombre des. élèves est de 1,800,000. D'immenses trésors litté- raires sont accumulés dans les bibliothèques publiques. (Voy. BiBLioïni:oL-E et nos articles sur les villes principales.) On trouve presque partout des musées, des cabinets d'arts et des galeries de peinture. 11 y a des observa- toires à Rome, à Bologne, à Padoue, à Milan, à Florence, à Naples et à Palerme. — Religions. L'Eglise catholique romaine esl nominalement la religion d'Etat; mais i- clergé est aujourd'hui sous la main du go;i- vernement civil. Toutes les croyances reli- gieuses sont respectées et l'on compte en Ita- lie 60,000 protestants, 35,000 Israélites, 27,00( vaudois, etc. En 18t)6, le gouvernement s'em para des immenses richesses accumulées par les congrégations religieuses. - La hiérar- chie catholique comprend en Italie : 47 ar- chevêques et 207 évêques. C'est le pays où il y a le plus de prêtres, relativement a la po- pulation. — Industrie et Commerce. L'industrie et le commerce de l'Italie ont beaucoup di- minué depuis le moyen âge, mais une nou- velle impulsion a été donnée à l'industrie en Toscane et dans la plus grande partie des provinces du nord. Environ )3 p. 100 des ha- bitants demandent leurs moyens d'existence à des professions industrielles. L'Italie est l'une des premières nations pour l'architec- ture navale. Des instruments de musique sont fabriqués dans toutes les grandes villes. Les manufactures de soie sont les plus impor- tantes de l'Europe. Parmi les autres industries d'une importance spéciale, nous citerons la fabrication des poteries, des articles en paille, du verre, des fleurs artificielles, du macaroni et d'autres pâtes fines. Les articles principaux d'exportation sont : l'huile, les oranges, le vin, les coraux, le verre, la soie, le riz, le poisson, le bois, les peaux; les objets en paille (Toscane), le marbre, la viande salée; les bœufs, le grain, le fromage (de Parme), la laine; les céréales, la cire, le soufre, le sumac, les amandes, les citrons, la réglisse, l'alcool. La valeur totale du mouvement coin- mercial de l'Italie esta l'imporlation de 1,180 millions de fr., à l'exportation de 939 rail- lions. Le nombre des navires marchands ap- partenant au royaume est de 19,600, outre 9,843 bateaux de pèche. Entrées dans les ports italiens; 125,853 navires d'un tonnage de 23,484,050 tonnes. — Chemins de fer 13,453 kil. de voies ferrées. — Postes, 4,437 bureaux, distribuant 175 millions de cartes et Je lettres, 173 millions d'imprimés, et a mil- lions de mandats-poste. — Ti:i.ÉunAi>HKS, 36,209 kil. de lignes. — Goi-vehne.ment. Le royaume forme une monarchie représentative, héréditaire dans la ligne iiiascnline do la mai- son royale de Savoie. Le roi exerce le pouvoir législatif, do concert avec le parlement natio- nal composé d'un sénat et d'une chambre des députés Le sénat est composé de princes de la famille royale et d'un nombre illimité de membres, nommés à vie par le roi. Les mem- bres de la chambre des députés au nombre de 503 sont élus au scrutin de liste par les ci- toyens âgés de 21 ans, sachant lire et écrire, payant 20 fr. d'impôts, ou appartenant au'. classes instruites. Le royaume est di>i.sô e'.' 13-5 collèges électoraux, formant 503 sections; il y a 2 millions d'électeurs inscrit;». Les dé- putés sont nommés pour cinq ans. Les cham- bres sont convoquées annuclleniont et leurs séances sont publiques. Le ministère, divisé en neuf départements, est responsable aux chambres. Le gouvernement local des pro- vinces et dos communes est exercé par des préfets, des sous-préfets et des syndics que nomme le roi , par des conseils élus pour 420 ITAL cinq ans. Pour l'adiniiiistralion de la jii-liee, il y a qualre cours de cassation (à Turin. Klo- l'cnce, Naplcs et Palermc), 24 cours d'appel, •S7 cours (l'assises, 162 tribunaux civils et cor- ;'eclionnels cl l,9UH cours piclorialos. — Fi- iVAN'CES. Les finances du royaume sont dans un état peu satisfaisant, les dépenses ayant • •xcédé considérablement les revenus, pendant .onfrteiups ; mais depuis quelques années, la ;ialancc a été rétablie. Les recettes sont au- jourd'hui en moyenne de 1,.'>oO millions de lires; les dépenses s'élèvent au même cliitlic. La dette s'élève à Kl millions do lires. - AiiMÉK. Tous les Italiens sont appelés sous les drapeau.x à l'ûfre de 21 ans ; mais il y a des i;até}.'ories. Le temps du service actif est de .3 ans dans l'infanterie, de 4 ans dans la ca- valerie, une catégorie ne sert que G mois dans l'armée active et passe de suite dans la ré- serve. L'armée italiennea été organisée comme suit, par l.i loi du 23 juin 1887 : 1. AU.MÈE ACTIVE î'6 réginicDts de ligne 320.000 12 — do bersaglieii . . . . iî.'SÎO 6 — alpins 27. WD 87 dislricls militaires 211.936 Total de riufaulcric 22 régimenls de cavalerie. . 13 — d'art, de cami». S brigades d'art. montt^'O. . ;î régiments d'art, do fort. 2 brigades d'art, de mont. Génie Carabiniers Invalides, inteudance, etc. . Tolol 575.103 3C.7I2 23 887 27.830 27.103 11. MILICK .\1U11I1,E 48 régiments de ligne et 1» de bersag'ieri 30 compagnies al[iiucs . . . Total de rinfanleric Artillerie Tiénie Ofliciers, 301.505 32 181 32. SOS 7.641 3.664 Total 368.802 Officiers de réserve ^ î^-"^"* Milice territoriale I .O-^t-O^JI Total général 2.s:,2.3-3 — Places fortifiées. Sur la froutièi e conti- nentale d'Italie, les principaux passages des Alpes sont défendus par des fortifications distribuées d'après un plan établi en i87i. Le bassin du Pô est parsemé de places fortifiées dont quelques-unes ont été abandonnées et déclassées comme trop anciennes, mais dont plusieurs sont en construction sur des plans modernes. Les principales places de cette ré iiion sont : Casale, Placentia, Crémone, Pes- chiera, Vérone, Mantouc, Lpgnano(ces quatre dernières formant l'ancien quadrilatère autri- chien), Pavie, Boara, Venise, Alexandrie et! Hologne. Sur la côte et dans les îles se trou- vent les forteresses suivantes : Ventimigha, Vado, Gênes, Spezzia, Elbe, Mont-Argentero, (-.ivita-Vecchia, Gaëte, Baja et Castellainare ; ries travaux dans le détroit de Messine, plusieurs places en Sicile; Tareute, lirindisi, Ancône, Brindole et Chioggia. Au nord, la Sardaigne est défendue par les fortifications de l'île Sainte-Madelaine, et au sud par celle de Cagliari. Rome est entourée de mu- railles, que protège une ligne de forts; les approches de la capitale au nord et au sud sont couvertes de fortifications. — Marine MILITAIRE. La marine italienne compte 12 cuirassés de d''" classe, 3 cuirassés de 2'- classe, 3 cuirassés pour la défense des côtes, 6 canonnières de lagunes, 7 avisos-torpilleurs, 50 torpilleurs de haute mer, 60 torpilleurs côtiers, 12 barques porte-torpilles, des navires de transport, 6 navires-écoles, etc. Au total, ;j62 navires, jaugeant 242.36S tonnes, de 313.039 chevaux-vapeur, portant 628 canons et montés par 18,2"J0 hommes d'équipage. ir.\L Le personnel de la llolle comprciid : < ami- ] rai, 4 vici-amiraux, 10 coiilre-amiraux, 36 capitaines de vaisseau, 72 capitaines de fré- gates et 16.0110 officiers, sous-officiers, limo- niers, matelots, mécaniciens, artilleurs, loi- pilleurs, ouvriers, etc. — L'inscription mari- time, analogue à l'inscri[iti(in française, four- nit une moyenne de 18,000 marins. — tji- LONiES Krylliiée italienne et côte des Dé- nadir. (Voy. ces mots.) — Monnaies, Poids et Mesurks. Système décimal métrique français, avec de simples changements de noms : le franc devient une lira (lire), divisée en 100 centcsimi : le kilogr. est }iommé chilogramm'''»nles de •Mantoue et de Peschiera, fut cédée à la Sar-. daigne qui eut à payer une somme de 210 millions de fr. Venise resta à l'Autriche. Le peuple des duchés et de la Romagne s'uni- rent pour protester contre les stipulations de ce traité, et ils se donnèrent solennellement à Victor-Emmanuel de Sardaigne; mais celui- ci refusa pour le moment la couronne qui lui était offerte. Le 24 mars 1860, la Sardaigne céda la Savoie et Nice à la France comme in- demnité pour les dépenses de guerre. En 1860, Garibaldi et ses volontaires envahirent le royaume des Deux-Siciles. Cavour, le grand ministre de Victor-Emmanuel, jeta alors le masque ; l'amiral Persano et sa flotte soutin- rent Garibaldi dans le sud, et les armées sar- des, quiavaient arraché au pape ses provinces les unes après les autres, reçurent l'ordre de marcher sur Naples. La fuite de François II à Gaëte et la reddition postérieure de cette for- teresse (13 fév. 1861), firent tomber les derniers obstacles qui s'opposaient à l'u- nité nationale. Le 18 févr., le premier parle- ment italien s'assembla à Turm et le 26, les députés décernèrent à Victor-Emmanuel le titre de roi d'Italie. Garibaldi, blessé par la cession de Nice et de la Savoie à la France et par la présence à Rome des troupes françaises, lit un appel au peuple pour résister aux étrangers, débarqua en Calabre le "24 aoiit 4862, et fut battu et fait prisonnier le 28, par les troupes du gouvernement, à Aspromonte. Le 15 sept. 1864, un traité fut conclu avec la France, stipulant l'évacuation de Rome dans un temps déterminé. Le 13 mai 1863, le roi d'Italie fixa sa résidence à Florence. Le 8 avril 1 866, un traité conditionnel d'alliance fut con- clu avec la Prusse, dans le but de contraindre l'Autriche àcéderlaVénétie,et le 20, la guerre était déclarée. Les Italiens furent battus à Custozza (24 juin) et à Lissa dans l'.\driatique (20 juillet); mais le sort de la guerre fut dé- cidé par la bataille de Sadowa (3 juillet), et François-Joseph renonça à ses possessions italiennes, en faveur de Napoléon III. Par la paix conclue le 3 oct., la Vénétie fut cédée à l'Italie. Les relations amicales entre l'I- talie et la France lurent mises en danger par l'attaque que firent contre Rome les vo- lontaires de Garibaldi. Le 28 octobre 1867, un corps de troupes françaises débarqua à Civita Vecchia et les forces garibaldiennes furent défailesà Mentana le 3 nov. Au commence- ment de la guerre franco-allemande, l'em- pereur des Français retira ses soldats de l'Italie (21 août 1870) : le 12 sept, les troupes du gouvernement prirent possession de Vi- terbe, et le 20, après une courte résistance, elles entrèrent dans Rome. Au commence- ment de décembre, le parlement italien dé- clara Rome la capitale de l'Italie, et le 13 mai 1871, fut passé l'acte connu sous le nom de loi des garanties papales qui délinil la situation du pape et règle les relations de l'Eglise et de l'Etat. Le pape devait rester en possession du Vatican et des dépendances connues sous le nom de cité Léonine, du Lalran et du châ- teau Gandolfo. Le 2 juillet Victor-Emmanuel fil son entrée solennelle a Rome et prit sa résidence au (Juiriiial ; le 27 nov. il ouvrit le premier parlement italien tenu à Rome. (Voy. Victok-Emmani'ei-, GATiin.\LDi, etc.) (V. S.) — Langue et Littérature. On appelle langue ilalieniie un dialecte particulier qui n'est fa- milier qu'aux classes instruites de la pénin- sule; le peuple la parle en Toscane et dans certaines parties des provinces adjacentes. Ailleurs, particulièrement en Sicile et en Sar- daigne, on emploie des dialectes locaux et l'on ne parle le toscan qu'avec des parti- cularités locales de prononciation et d'ex- pression. Trois théories ont été avancées re- lativement à la lormalion cl au développe- ment de ce toscan ou langue italienne. La première prétend qu'il co-existait ancicriiic- nient avec le latin, cl, sous lo nom de roiiuiim riistica, se conserva aprèsque le latin eut cessé d'être en usage parmi l'aristocratie. D'après la seconde théorie, les dialectes primitifs de l'ancienneltalie vécurent, quoique négligés et proscrits, et ensuite modirtés par le te'mps, ils concoururent avec le latin à former l'ita- lien moderne. La troisième théorie affirme que l'italien est simplementun latin corrompu sans aucun mélange étranger. Mais aucun lait ne vient à l'appui de celte théorie. Le latin dé- généra en mœso-golhique et, en Italie, du moins,il nelaissa point de descendant direct. Quand le toscan moderne futenqiloyépour la première fois dans les compositions littéraires, au xiiie siècle, il était, sous le rapport gram- matical, et pour la construction, ce qu'il est aujourd'hui. Dante (1 263-1 321j le développa et le polit. Au xiv° siècle, il fut encore per- fectionné par Pétrarque et Boccace. Dans la dernière partie du xv^ siècle et au commen- cement du svi", des artistes et des savants en- richirent la langue d'une terrainoligie nou- velle, et Machiavel, Pietro Bembo, Giovanni Rucellai, Jacopo Sannazaro,Trissino,.\rioste, Tasse, Guarini, etc., relevèrent, pour la finesse etla mélodie, au-dessus de tous les autres lan- gages européens. — Cinq mots italiens seu- lement se terminent par des consonnes (trois liquides), savoir : il, in, ton, non, per. Un trop grand nombre de mots se terminent en i (pluriel de e, o, et de r<( masculin; et seconde personne du singulier dans les verbes). Le son de h existe seulement dans la lingua tûscana. L'italien a deux lettres sibilantes dures : tch (dans ce, ci) et ch (dans sce, sci); en outre, dje, dji (écrits gc, gi] et les doubles consonnes ts et dz (écrites l'une et l'autre ;). Oggi, fuggire, uccidere et autres mots sem- blables, exagèrent la dureté par un son de d et de t. Outre les sons mentionnés ci-dessus, il y a b, d, f, l, m, n, p, q, v, comme en français ; c sonne comme k dans les mêmes positions que dans le français, ainsi que g dur (écrit ch. gh devant e, i); j a le son particulier de 1'// anglais dansyes, mais comme lettre finale, il devient i long; )• roule toujours; t est tou- jours dur; s, se prononce comme dans le français soleil, rose. Les lettres k, w, a; et y ne sont pas employées, et ph, th sont repré- sentées par/', <, comme dans /îtoso;j/i!((, teatro. H se rencontre seulement dans ho, hai, ha, hanno (latin habeo, habcs, habel, habent), et dans les combinaisons ch, gh. L'I et 1' n mouillés des Français s'écrivent gli et gn. Les voyelles se prononcent comme dans pXtc, pxtte; ftte, Mire; manne; note, pôle; ou (u). L'accent italien est fortement marqué et affecte une des quatre dernières syllabes des mots. L'accent grave marque la finale des mots abrégés, tels que, città, mercè, di, virtù, cita [poar ciltade,mefcede, die. virtude, lat. quod), etc. L'article défini est multiforme, à cause de la contraction qu'il forme avec des prépositions et aussi avec non, comme dcl, dalla, al, nello, coi, pel, frai, sugli, nol, etc. Il y a deux formes de masculin, il, lo, pluriel (, gli. La constructionest directe, l'in- version fréquente et toute la phraséologie plus libre, plus hardie et plus variable que dans le français. L'aire de la langue ilalienno comprend toute la péninsule et les iles de Sicile, de Sardaigne, de Corse, etc.; le can- ton suisse du Tcssin, une partie des Grisons et du Valais, le Tvrol méridional, quelques villes de l'istrie eï de la Dalmatie cl une parli(! des iles Ioniennes. Un grand nombre de dialectes dillèrenl de l'italien cultivé au- tant (jue celui-ci diffère de l'espagnol, etquel- ques-uns même davantage. Dante fait nien- lion de 14 dialectes. Ceux du nord se rap- prochent de la langue provençale. K.-L. Fei iiow dislingue 8 sous-dialectes dans le seul tosian. considéré pourtant comme le plus homogène; lesvaiiélésd'idiomes montent à prés de" 1,000. — Littératluie. .\près le règne du pape Grégoire V, l'italien devint le A92 ITAL Il AL ITAL luni-'a^fi du pnlais cl de la chaire,- des assem- hlijf's lépislalives, des cours de justice el de loulcs les transaclioiis rorniiHMciales el lé- {.'ales. Frédéric II en (Il le lanpajre de sa cour à PalerniR (1212) el de l'universilé de Naples (1224). Ce prince, ses (ils Anzio el M.iiilVid, cl son secrélaire PIctro dclli' Vif-'iie, écrivirenl des vers dans celle lanfrue. Un sDiiiiel de l'iétro esl le plus ancien spéci- men de ce j;enve que l'on connaisse; mais, plusieurs autres sonnets dus au Sicilien Gia- copo d;i Lcnlino (vers 12:i0) el fi Guido Guinicclli (niorl en 127C), onl une plus Lrrande perl'eclion. On cite erisuile Guido iljliislieii, Kaliricio cl Oneslo ; Guitlonc d'A- vczzo (morl en 1291), lîonagiunla da Lucca, Gallo Pisano el Bruni tlo Kiorenlino, en Tos- cane ; le clironiiiui-ur napolilain Malleo Spi- iielli; cl riiislorii'ii llorentin Ricurdano Ma- lespini (morl en 1281); raulherilicilé de ses (iuvra?es a été mise en doute. Brunello l.a- tini (Miorl en 1294), professeur du Dante, au- teur de l'o.'uvre encyclopédique 1/ Trsoro, appartient aussi à celle époque; enlin Guido Cavalcanli (mort en 1300) fit entrer la lit- térature italienne dans cette période bril- lante et glorieuse que Dante porta à son apogée. Les deux premiers ouvrages du Dante sont écrits en latin, mais il abandonna bien- lût cette langue pour l'italien. Son premier l)oètne, la Vitii Niiova, fut écrit vers 1294; les autres parurent dans l'ordre suivant : De Mo- nairlda. Conviio. De Vulçjari Eloqido, et enfin la Diiina Commedia (commencée après 1300), comprenant l'Infcrno, le Purgatorio, et le l'aradiso. La Divina Commedia est restée le cliet'-d'œuvre de la littérature italienne; elle n'a jamai; cessé d'exercer son inlluei;ce sur les. écrivains italiens. Pétrarque et Boccace complétèrent avec le Dante ce grand triumvirat poétique et littéraire qui lit du xiv" siècle l'époque glorieuse de la litléralure italienne. Pélra'-que (1.301-'74) fut le père de la poésie lyrique italienne. Ses composi- tions comprcncnt dos sonnets, des chants et dos triomphes pleins de sentences sou- vent citées par les auteurs. Giovanni Boc- cacio (13l3-'75) fut l'admirateur passionné et le biographe sentimental du Dante, et l'ami dévoué de Pétrarque. Sa Teseide fut écrite en oltava rimit qu'il perfectionna. Cet ouvrage el un roman en prose furent ses premières compositions. Kn 13o2, parut son Dcranhrone qui est regardé comme le monument le plus pur que l'on eût encore écrit en prose italienne. Franco Sacchetti de Florence (mort vers 15u0) fut lémule de Boc- cace dans ses 300 contes, dont 2b8 existent en- core. Un autre Florentin, Ser Giovanni, laissa le Vccovone, collections de bO histoires du jnènie genre. Parmi les premiers historiens nous citerons : Dino Compagni el Giovanni, Malleo el Philippe Willani. Le plus ancien ouvrage ascélique connu en langue italienne est \eSpecchio dcltaveru pcnitanza de Giacopo Passavanti(morlen 1357), comparable pour la pureté et l'élégance au Decamcrone. Los ou- vrages de Passavant! furent suivis de traités -•imilaireségalement excellents, par Domenico tavalca de Pise, Bartolommeo da San Con- cordio elAgnolo Pandollini. — Au XV' siècle, l'imprimerie s'introduisit à Venise, à Rome et à Bologne el multiplia les exemplaires des anciens auteurs, corrigés par des érudils; et les papes à Rome, les .Médicis à Florence, les Visconti el les Sforza à Milan, les Gonzague fct les d'Ksle à Manlouo et a Ferrare se tirent les protecteurs de la littérature el des arts. Le plus illustre Mécène de cette période fut Gosme de Médicis. Son petit-fils, Laurent le Magnifique, peut être considéré comme le restaurateur et le père de la litléralure il.a- fienne. Sa Nenda da Barberino est le premier exemple de poésie rusLique italienne; et sa Compaijnia del Mantdlwxio semble avoir donné la uremi-ère idée de la satire italienne eu terza rima. Angelo Polixiano (<4J)4-'94)j écrivit élégamment en ilalicn et en latin. Ses ' ouvrages les |)lus célèbres sont la Giostru el VOrfeo, premier drame italien réguliei- il iniporlanl. Parmi les poètes moins célèbres de celle époque, citons : Burcliiello.Girolamo, Benivieni el Giuslo de' Conli. Ecrivains é|)iques : les frères Bernardo, Luca el Luigi Puici, ce dernier seul ac33j. Protégé des ducs de F'errare, il eut la prétention de décrire dans son poème épique, Orlando furioso, l'origine de la mai- son d'Lste. xVrioste décocha aussi des satires aux g-ouverneurs et à la politique de ron époque. Son grand rival dans la poésie épique est Torquato Tasso (lô44-'9.'j;, auteur de la Gerusakmme liberata, de Riualdo et à'Aininta. Tris5ino produisit Sof'ûnisbu, pre- mière tragédie italienne ayant un mérite su- périeur. Rucellai donna sa Rosinunita el Orcslc. Ces pièces furent surpassées par les tragédies : Tullia de Martelli, Canitcc de Spe- rone Speron i, Torcîsmondo de Torquato Tasso et Edipo d'Andréa dell' Anguillara. Dans la haute comédie (fommcd(aenii/(7(i; les meilleurs spécimens sont : Calandra du cardinal Bib- biena, Cassaria et Siipposili de l'Arioste et Madrunolael Clizia de Machiavel. L'invention de l'opéra appartient aux Florentins, Dapihne, le premier qui fut composé, ayant été repré- senté à Florence en 1397. Les mélodrames du Modénais Orazio Vecchio sont regardés parMuratori comme l'origine de l'opéra mo- derne. Dans la poésie pastorale, outre l'A- minta du Tasse, il y eut le Pastor l'ido de Guarini el de VArcadia de Sannazaro. Les principaux poèmes didactiques sont Api àe (iiovauni Rucellai, Naviijaziunc de Bernardino lialbi, Cûltivazione d'Alamanni et Caecia de Valvasone. Vers 1o20, une école de poésie burlesque naciuit et fut appelée génère bcr- nescû d'après Berni, donlOW(i»t(o innamorato unit la grâce à l'élégance et à l'originalité. Dans la satire, la première place appartient à l'Arioste; après lui, on peut mentionner : Pietro Aretino, Ercole Benlivoglio et Filifipo ] Nerli. Lapoésiemacaroniquedutsacréationou son amélioration à Teofilo Folengo (morl en lb4t), connu sous le nom de .Merlino Cocajo. Les sonnets d'Angelo di Contanzo sont des modèles de perleclion que Michel-Ange essaya d'imiter. L'Arioste décerna la palme, pour l'excellence poétique, à Viltoria Colonna (1490-lo47) l'une des femmes poètes de son siècle. A la tète des écrivains politiques se distingua .Alachiavel (14C9-lb27). 11 est connu principalement comme homme d'Etal par ses discours sur Tite-Live, par ses dialogues sur l'art de la guerre el particulièrement par sou Principe, manuel de gouverncincnt. D'aulrcs écrivains politique-; lureid Boléro, Gianolli el Paruta (laiO-'OS;. Le plus re- nommé des historiens est Guicciardini (I482-Io40), dont Vl.storia d'ilnlia embrasse la période de 1490 à 1.'j3i. Paolo Giovio écrivit en latin l'histoire des parlis de son temps. Les historiens de Florence furent, outre Ma- chiavel : Nardi, Varchi, Nerli, Segni, Capponi, et Scipione Ammirato; ceux de Venise, Bembo (1470-l.'i47;, Paruta et Conlarini; ceux de Gênes, Giusliniani, Bonfadio et Fogliclta; ceux de Ferrare, Cinzio et Falolti; cl ceux de Naples, Conslanzo, Porzio el Summonte. Le principal historien de l'art fut Vasari ( L> 1 2-'74). Benvenuto Cellini écrivit une autobiographie célèbre el des traités importants sur la bijou- terie el sur la sculpture. Vignole et Palladio se distinguèrent par leurs écrits sur l'archi- tecture. Girolanio Cardan et Giordano Bruno se hasardèrent dans des spéculations philo- sophiques extrêmement hardies. De nombreux romanciers florissaienl alors; parmi eux Ban- dello tient le premier rang. Vetlori elSalviali commentèrent les plus anciens poètes; el le dernier s'occupa de compiler le Vocabolario délia Crmca, ouvrage philologique le plus im- portant sur la langue. — Au xvn' siècle, les sciences naturelles Ueurirent particulière- ment. Alors brilla Galilée (lo64-l()42); ses Dia- loyhi el ses autres ouvrapes sont écrits avec élégance. Ses élèves les plus remarquables furent Viviani, Torricelli el Casielli; les physi- ciensde cette période furent Borelli, .Malpighi, liellini et Francesco Redi. Les conférences sur le droit public par le jurisconsulte Vincenzo Gravina sont réunies dans son Origine del Di- ritto eivile et dans d'autres publications. Les plus grands historiens furent Sarpi, Davila, Benlivoglio et Pallavicini. Le jésuite Bartoli écrivit l'histoire de sa société. Pietro délia Valle (mort en 16.32) raconta ses voyages en Turquie, en Perse et dans l'Inde. Le pi-emier journal littéraire italien {Giornale de lelterati] fut fondé à Rome en IC68. A la tête des poètes de ce siècle, brilla Marini de .Naples (morl en 162b), qui créa l'école poéti(jue des marinistes. Parmi ses contemporains et ses successeurs fi- gurent Chiabrera, Guidi, Tassoni elMarchelli. Salvalor Rosa, Bracciolini. etc., [iroduisirent des vers satiriques, erotiques et facétieu.x. Zeno de Venise (mort en 17bO) el .Métastase (morl en 1782y composèrent des pièces d'opéra d'un mérite poétique remarquable. — Au commencement du xviii" siècle, la littérature el les sciences furent cultivées avec une nou- velle ardeur. Naples produisit Giannone dis- tingué dans l'histoire, .Mazocchi dans l'archi- tecture, Genovesi dans l'économie politique. Gagliani dans l'architecture et un autre du même nom dans l'économie domestique et la philologie. Filangieri lut le rival de Mon- tesquieu dans la philosophie du droit. Marsi- gli, Cesarotti, Foscarini, les frères (iozzi, Mo- relli et d'autres s'illustrèrent à Venise. Dans les villes de Lombardie tlorissaienl Tissol, Spallanzani,Volta,Scarpa,Tamburini,Parinl, Beccaria, Rlaria, Agnesi, Carli et autres, qui consacrèrent leur talent à la littérature, aux arts, aux sciences el au développement de principes politiques et éthiques. La Mérope de Mall'ei fut la meilleure tragédie du com- mencement du xvnje siècle. Parini 1 1729-99 excella dans la poésie satirique. Parmi les ouvrages de Cesarotti, on remarque une tra- duction d'Ossian, considérée comme l'une des productions les plus heureuses en italien. .\lfieri (1749-1803), chef d'une école tragique importante, exerça une influence prépondé- rante sur son époque et sur la littérature. Goldoni (1707-'93) est le seul véritable poète comique dont l'Italie puisse se glorifier. Les historiens les plus illustres furent : .Muralori jinort eu 1730), .Maliei. Denina, Mazzuchelli, firaboschi e'- lauzi (mort en 1810). Campa- ITAL nelki coiiliiuia ie moiivemenl |iliiloso|iliiiiuo do Bruno, eu opposition a la scolastique, et Vieo (1667-1 74i) fonda la nouvelle science de la philosophie de l'histoire; Gasparo Gozzi, Algurolti, Buonafede, Vanetti, Tarlarotti et Alcïsandro Verri ajouttVent aussi à la gloire de la littérature en introduisant l'élude des productions étrangères. — La première partie du xix" siècle, célèbre par les œuvres artis- tiques de Canova, Longhi.Cicognara, Appiani et Beltrami, fut également remarquable comnié àgo littéraire. L'auteur qui, sans con- tredit, exerça la plus grande influence sur la régénération de la poésie fut Vincenzo Monti (17.34-1828). Ses poèmes, ses tragédies et sa traduction de ïliiade sont écrits dans un style adnurable et nerveux. Ugo Foscolo {i""??- 182) appartient à l'école d'Alfieri. Il écrivit I Sepolcri, poème lyrique, et d'autres ouvrages en prose et en vers, d'une reraar- qualde puissance. Mezzanotte célébra en vers l;i lutte des Grecs modernes pour la liberté. Les poèmes lyriques de Léopardi (mort en 1.s:i7) sont très estimés. Parmi les poètes épiques et didactiques, on cite : Botta, Ricci, Bagnoli, Arici, Grossi, Sestini, Pananti et Lorenzi. Antonio Cesari (mort en 1873) fut le chef des trecentistes, école qui porta jusqu'à ralb'ctatiuu son amour des auteurs italiens du XIV siècle. Prati, Aleardi, et Dali' Ongaro (murtenl87:!)sont classés parmi les meilleurs poètes lyriques italiens de notre époque. Le comte Giraud, Romain de naissance, Français d'origine, lit renaître la comédie italienne. Alberto Nota lui fut supérieur et égala Gol- doni. A la hn du règne de Charles-Albert, pa- rurent Paolo Ferrari, Gherardi del Testa et Giacometti. Ferrari obtint une grande répu- tation par ses comédies. D'autres écrivains dramatiques de la période anle-unitairieiine so[it; Sabbatini, Teobaldo Cicconi, Pietro Co- relli, Caterino de'iMedici Fortis, Casablanca, Morenco et Montanelli. A l'école classique modiliée de Monti appartiennent les drames de Silvio Pellico (1789-18o4), connu princi- palement par sa Fvancesca da Mimiiii et Le ■mie jmijioni, et ceux de iNiccolini. D'après queli[ues critiques, Giovanni Baltista Nicco- lini est le premier écrivain tragique italien du siècle. FiUpiJO Slrozzi el Arnaldo daBrescia sont ses chefs-d'œuvre. Parmi les écrivains historiques de la première partie du siècle, deux, Vincenzo Coco (mort en 182.3) et Carlo Butta (mort en 18.37), méritent une mention spéciale. Coco a laissé deux ouvrages impor- tants, La hivohiziimc di NapoU et Platone in Italia. Les principaux ouvrages de Botta sont Storia deW indepcndmza degli Stati Vniti et une continuation de l'histoire de l'Italie de Guiceiardini. CoUelta, dans Storia del reame di Niipoli, complète l'ouvrage de Coco. Amari écrivit l'histoire des Arabes en Sicile et celle des Vêpres S iciliennes.CesareCantù commença sa carrière d'hislorieii pdr Ilagionainenti sulla storia Lomharda delsecoloWll. En 1837, parut son grand ouvrage, Slorid universale, sa ré- putation fut encore augmentée par ses der- niers ouvrages. Blanchi Bovini est l'auteur d'une histoire des papes, d'une histoire des llidu'eux et d'une moiiiigrapliie du papejeaii. Ce-are Baibo écrivit de> méditations sur l'his- loire, une vie' du Dante et un sommaire de l'histoire d'Italie. Les autres historiens du xix*-' sièi^le sont : Gino Cap|Kini, Carlo Troja, Franscini, La Farina, Frederieo Sclopis. I.,uigi Zeiii, Boinanin, Carlo Gemelli, Giu- sc|ipe Biibini, Canette, Canalès, Gallenga, Angillo lirollerio, Anelli, Carlo Caltaneo, Federico Torrc, Ferrari, L.-C. Farini, Gual- terio, Vecchio, Atto Vaiiucci et Pasquale Vil- lari. (;c dernier est connu comme biographe de Savonarole et de .Machiavel. Les auteurs les plus récents sur la science sociale sont : Minghetti, Cibrario, Zamboni et Celcstino lliani'lii. Paiiiii les écrivains ccelcsiastiiiucs, un cite le bénédictin Tusli, les jésuites Luigi ITAL Taparelli d'Azeglio, Pianciani, Secchi, Passa- glia, Perrone, l'alihé Lanibruschini et le théatin Ventura. Parmi ceux qui se sont oc- cupés des antiquités nationales : Inghirami, Delfico, Fanucci, Maniio, Bras et Pompeo Litta. Visconli (i7.SI-18IH) se fit un nom dans l'archéologie classique et Feslini dans la nu- mismatique. Angelo.Mai, De' Bossi, Borghesi, Geslaldi, Canestrini, Furesi et autres sont les représentants de l'archéologie. Les princi- paux ouvrages de De' Rossi sont : Lu Boina srjtterranea cristiana (1864) et Inscriptiuiics Christianœ Urbis Romœ (18.57-'61). Vers la fin du xviii= siècle etau commencement du xix=, les sciences naturelles firent de grands pro- grès, grâce aux travaux de quatre savants : Volta, Galvani, Scalpa et Spallanzani. La science astronomique fut représentée par Piazzi, Oriani, Cagnoli et Plana; la science médicale par Basori; la science naturelle par Genè; la géographie par Balbi et la juris- prudence par Canninguani et Nicolini de Naples. Plus tard, de Vico et Donati ac- quirent une grande réputation par leurs dé- couvertes astronomiques et Pianciani comme physicien. Plus tard encore, Schiapparelli, Cappocci et de Gasparis rendirent de grands services à l'astronomie, et parmi les savants contemporains Secchi et Bespighi occupent une place distinguée. Avec eux, on doit mentionner les géographes Marmocchi et de Luca, les naturalistes Simoada et de Fi- lippi, le chimiste Piria, lespbysiciens Melloiii, Marianini et Matleucci, et Libri, historien de la science. Banalli a jiublié une histoire des beaux-arts. Gioja et Kogmanosi traitèrent des questions philosophiques et de l'économie po- litique. Manzoni ( 1784-1873) produisit des modèles de poésie lyrique, de drames his- toriques et de romans dans : Adelchi,U conte di CarmagnoUt, ell promessi sposi.Pai-mWes autres auteurs de romans historiques, rap- pelons : Rosini, Cesare Cantii, Grossi, Mas- simo d'Azeglio (1798-1866) et Guerrazi (moit en 1873). Le roman ayant pour titre Famiglia (IS.'JO), par Bersezio, est un des meilleurs de ce genre. Le D'' Antonio, de Rufllni, est estimé pour ses descriptions de paysages italiens. En philosophie, Gioja et Bumagiiosi eurent pour successeurs Pasquale Borulli (Lallebasche), le cardinal Gerdil (17IS-I802) et Pasquale Ga- luppi (1770-1846). La philosophie contempo- raine compte un grand nombre de représen- tants en Italie. Le plus célèbre fut Gioberti (I801-'.ï2), dont la théorie philosophique flat- tait les aspirations natiunales de l'Italie. Après Gioberti, viennent le cardinal Rosmini- Serbati (mort en 18-jo), dont la théorie onto- logique rencontra presque autant de faveur que celle de Gioberti, el .Mamiani, l'auteur de hiniwvwiiienlo deW antii-a filosojia itaiiana. Ausonio Franchi est diamétralenient opposé à tous ces philosophes, de même que lom- maseo, représentant des écoles spiritualistes et religieuses. La philosophie grecque est re- présentée par Centofanti, la philosophie sceptique par Giusep|ie Ferrari, et l'hégelia- nisme par le iNapolitain Vera. A l'école de Franchi, apiiarlieiiuentAlfunso Testa etCarlo Caltaneo. Le Calcolo di probitità des senli- mcnti umnni (IS.'JO) de Ma?triani est une ten- tative faite pour fonderla philosophie sur des bases physiologiques. Giordani peut être considéré comme le fondateur de l'école de critique esthétique dans l'Italie moderne. Cicognara, Pindeinonle, Foscolo, Perticari, Basilio Puotti, .Maniiain, Giudici, Arcangeli, Banalli et Giuliani se sont aussi distingués dans cette branche de la science. Parmi les poètes cuntemporains, on distingue : Giovanni Prati, Fnillani, Tigri, Cardueci et Zanella; de Spuches, Pardi et autres Siciliens ; Barat- lani, Mercanlini, Giolti et de' Marchi. Les poétesses les plus célèbres sont : Francesca Lutli, .Vlinda Biuuamoiite. Emilia Fua et Bo- sina Alusio-Salvo. Nous citerons parmi les ITAL 423 historiens : Bicolti (Savoie), La Lumia (Sicile), Giudici [Storia dei Cumiini italiani), Celesia (Gênes) et Peluso (Milan); parmi les roman- ciers : Nievo, Arrighi, Donati, Bezio, de Amicis et signora Teresa de Gubernatis. — Les principaux historiens de la littérature italienne sont : Tiraboschi (1772-'S3). Gin- guené (18H-'19), G. Matfei 12" éd., 1834), Ci- morelli (1S4.3), Emiliano Giudici (1831), Mal- paga (18;i5),Canlù (l86o),Lombardi (duxviii"= siècle, 1827-'30); Ugoni (de la seconde moiti'? du xviii" siècle, nouvelle édition, 18o6-'o9)ei Levati (du premier quart du xix° siècle, 1831). - BiBLioôR. An«î(«)'w générale dell' Industrin e Commercio del regno d'Italia pel 1 882 1 Florence, 10-8». 1883). Censiminto dclla Popolazione drl regno d'Italia. M déc. 1881 (Bonie, 1882). L Italie actuelle, par Emile de Laveleye (Paris, 1881, in-8o). Vocaholario geographico-starico- statistieo dell' Italia, par S. Muzzi (Bologne, 2 vol.,1873-'74}. • ITALIEN, lENNE ad.j. Qui appartient à l'Ilalie moderne : la musique italienne. ITALIOTE s. et adj. Se disait des habitants de l'Italie avant la domination romaine et particulièrement des Grecs établis en Italie. •ITALIQUE adj. Se dit de ce qui appartient a l'Italie ancienne : peuple italique. — Se dit de la philosophie de Pythagore : école ita- lique. — Typogr. Se dit d'un caractère un peu incliné de droite à gauche, comme l'écri- ture. — Substantiv. et au masculin : voilà un bel italique. (Acad.), L'italique sert générale- ment pour les citations, pour les exemples et pour les passages gui doivent se détacher et frapper la vue. — Ce joli caractère, dont le nom indique l'origine italienne, fut inventé vers la lin du xv° siècle par Aide, pour imiter, dit-on, l'écriture de Pétrarque. Aide Maïuicc l'Ancien obtint un privilège du pape l'auto- risant à se servir seul de ce caractère, à l'ex- clusion des autres imprimeurs. La ville de Venise lui accorda le même privilège. Aide Manuce, abusant de ce caractère, s'en servit pour imprimer des ouvrages entiers .Œuvres de Virgile, en 1.'500; CÉuvres d'Horace, en l.'iOl. L'italique fut introduit en F>ance sous le règne de Louis .\I et perfectionné par le graveur Fournier, en 1737. — »* .\voiii pincé SON ITALIQUE, lie pas marcher droit par suite d'ivresse (jargon des typographes). ~ Races et Langages italiques. Les dilférentes races italiquesijui (ireupereiilla péninsule ilaticnne dans les temps anciens forment une branche distincte de la famille aryenne ou indo-eu- ropéenne. On ne connaît rien de certain .sur les origines des Ligures de la haute Italie jLiguria). Les Gaulois de la haute Italie sont classés parmi les Celtes. Les Vénètcs dans la Vénétie occidentale, el les Istriens sont proba- blement parents des Illyricns, mais les Garni dans la Vénétie orientale sont probablement des Celles. L'origine des Etrusques n'a pas encore été établie, et ils ont été diversement classés parmi les Sémites, les Indo-l^uropécus et les Touraniens; mais les monuments qui existent de leur langage pourront servir à lixer leur identité. Les Japygiens du sud-est de l'Italie paraissent avoir été composés do plusieurs tribus ou nations, parmi lesquelles on distinguait les Messapiens et les Peuce- tiens. Les .\puliens proprement dits étaient probablement une branche de la race osquo ou .lusonienne. Sur la péninsule calabraise se trouvaient les Messapiens ou Calabriensp>ropres et les Salcntins. Ces deux nations paraissent avoir été étroitement liées avec les races helléniques. Lin grand nombre des plus an- ciennes tribus de l'Italie sont décrites par les auteurs anciens comme appartenant à la race pélasgique. (Voy. Pélasges.) Le peuple appelé Opikoi par les Grecs et Osques par les Latins occupait une large portion de l'Ha- lle centrale à une époque très reculée ; plu- sieurs écrivains les idenlilieut avec les Au- 421 iTi:i{ sones des Grecs el les Auriincans des Uo- iiiains. Les Voisques el Irs JEtim lit.iionl |iio- halilciiienl de race osqiie. On noil qm- li's Lalins on lialiilanls du Laliiiiii .ivaient i;lé foriiiôs d'rlrnifnls [i(;'las!riqiii'> pl italiques qui, lorsque le peuple Lutin lit son apparition dans l'hisUiire, sélaienl déjà fondus en un seul peuple. On a des raisons de supposer que les Ûsquos primitifs et les Sabins ou Sa- helliens appartenaient à la môme l'aniillc ou à la nifrae race. Le territoire primitif des Sabins fut l'Apennin central. I,es Saninit^s cL les Piccni ou Piceiites étaient des colonies sabines. Les Pelip-ni, cg-alement d'origine Sa- bine, avaient pour proches parents les Marsi, les Marriicini el les Veslini. Les Trenlani, les Hirjiini et les Lncaniens sonl liabiUiellemenl considérésooninic des colonies saniuiles sépa- rées, ellcsBruUiens paraissent avoir été com- posés de Lucatiiens conquérants et de serfs œnolriens. Les Sabelliens paraissent avoir formé une race de guerriers conquérants qui se mélanfrérent rapidement avec la population osque qu'ils avaient soumise. Le plus an- cien peuple de i'Ilalie était les Ombriens qui, à une époque très reculée, formaient une na- tion grande el puissante dans le nord de l'Italie centrale. L'opinion généralement ac- ceptée maintenant est que les Ombriens, les Osques, les Latins et les Sabins étaient des branches d'une seule el nifiine race. — Lan- gages. Le groupe italique csL divisé en deux classes distinctes : l'ombro -samnile ou om- bro-osque et le latin. Ces dialectes sonl étroitement alliés l'un à l'autre comme le furent les dialectes primitifs de la Grèce. L'osque et l'ombrien ont été conservés seule- ment par des inscriptions. Le langage des l-atins était parlé avant l'éinigration des Samniles, par les Aiisonions dans la Campa- nie par les Itali prtjprement dits, dans la l.u- canie el dans le Brultium, et probablement aussi par les Siculions dans l'est de la Sicile. Dans le Latium, il se transforma en latin, par l'influence des Etrusques et des Ombro- Samnites. (Voy. Latin.) ITALUS, roi des Sicules ou des Œnolriens, fils de Télégone et de Pénélope ; il vint s'éta- blir en Italie et lui donna son nom. ITAMARCA, ile de l'Amérique du Sud, à .'i kil. de la côte du Brésil, par 7° 4.'i' lai. S., et -M" 10' long. 0. — Ch.-l., Pillas. Sol fertile; bon port. ITARD fJean-Marie-Gaspard), chinngien français né a Oraison (Basses-Alpes), en 177o, mort en I83S. Médecin de l'asile des sourds- muets de Paris, il se fit connaître par ses ef- forts pour instruire un jeune homme trouvé à l'étal sauvage dans les forêts de l'Aveyron, et publia (1801 et 1807) deux mémoires à ce sujet. Il réussit presque aussi bien que Pe- reira dans l'instruction des sourds-muets. Ses œuvres comprennent un ouvrage d'une grande valeur sur les Maladies de l'oreille et de l'imdition (1821, 2 vol. in-8»), el un traité sur le piicumo-thorax. •ITEM adv. [i-tèmin](motlat.). De même, de plus. On s'en sert dans les comptes, dans les états que l'on fait : j'ai donné tant pour cela, item pour cela... — s. m. Article de compte : c'est un bon item. (Fani.) — Fain. Voila l'itfm, voilà de quoi il s'agit, voilà le point de la diflieulté. IT£ MISSA EST, expression latine que le diacre chante à la fin de la messe et qui signi- fie, : allez, la messe est terminée. Ces paroles sonl comme une sorte de salut par lequel les officiants se séparent des fidèles el lesinvilent à quitter l'église. ITÉRATION s. f. (lai. itcrare, répéter). Ac- tion de recommencer une chose. ' ITÉRATIF, IVE adj. (lat. itcraliiiis; de itcrare, répéter). Prat. Fait une seconde, une ITUR troisième, une quatrième lois mandi iiitnis iirralifs. fiiirr ilr-. • ITÉRATIVEMENT adv. l'ral. l'our la .m- conde, troisième ou quatrième fois : on l'a sommé ilévativcmcnt. ITHACA. village de l'étal de New-York (EtaU-Ums), à 3 kil. de l'extrémité S. du lac deCayuga.et à 22:ikil.S.-0 d'Albany; 15,000 IULE Kn 1820, ayant obtenu le commandemenl de l'année du sud, il agit de concert avec Guer- reiii qu'il prétendait avoir vaincu. Pendant l'hiver, il s'empara d'nn convoi qui se lendail à Acapiilco, avec une somme de î, 625, 000 fr. ("es ressources lui permirent d'entretenir des agents secrets dans toutes les parties du pays; il promulgua, le 24 fév. 1821, son plan d'in- dépendance appelé h plan d'if/uala, du nom Université Corncll à uhaci. hab. Fameuse université Cornell, fondée par Ezra Cornell en 1868. ITHAQUE, gr. mod. Tlilaki), l'une des îles Ioniennes, a 3 kil. E. de Céphalonie ; longue de a kil., large de 6 kil. ; 92 kil. carr. ; 14,000hab. Elle est presque entièrement divi- sée par la rade profonde de Porlo-Mold, sur la côte E. Sa surface esl montagneuse. Sol léger; près d'un tiers du territoire esl cultivé, (climat remarquable par sa salubrité. Cajdlale el port prineipal, Valhy, bâtie sur un port de Porlo-Mok). On croit qu'Ithaque est l'île célé- brée dans les [loèmes homériques comme formanl le royaume d'Ulysse. ITHOME, nymphe qui éleva Jupiteret donna siii iium a une montagne de la .Messénie. * ITHOS s. m. [i-loss] (gr. éthos, morale). Partie de la rhétorique qui traite des monirs, par opposition à Pathos qui traite des pas- sions : On voit p.iitont clic: vous l'ilfios el \c pathos. MOLIÉBB. ■ ITINERAIRE s. m. (lat. itinerurius ; de itcr, itiiiv}is, chemin). Chemin à suivre pour aller d'un lieu à un autre : je vais vous tracer votre itinéraire. — Mémoire de tous les lieux par où l'on passe pour aller d'nn pays à un autre, el ([uelquefois aussi des choses qui sonl arrivées à ceux qui en ont fait le chemin. Dans ce sens, il se dit principalement lors- qu'on parle de certains voyages topographi- ques : itinéraire de Suisse. — Certaines prières marquées dans les livres d'église pour ceux qui voyagent : l'itinéraire des clercs. — Ad- jecliv. Mesures iti.nkkauies, celles dont on fait usage pour mesurer et indiquer la lon- gueur de iliemin d'un lieu à un autre : traité sur les mesures itinéraires des anciens. ITON, rivière de France qui prend sa source à 9 kil. N. de Morlagne (Orne), passe à Evreux el aftlue dans l'Eure, après un cours de I20kil. Abondance de tniite> excellentes. ^/ou. (V.S.) ITURBIBE (Augustin de) [esp. i-tour-bi-de]. Empereur du .Mexique, né en 1783, mort le l'j juillet 1824. Officier espagnol, il supprima en I8U0 un mouvement révolutionnaire. Lors de la révolution de ISIO, Ilidalgoolfrit à llurbide de le nommer lieutenant général ; mais celui- ci refusa et se mil en campagne contre les révoltés. A partir de ce moment, jusqu'à la fin de 181'), il prit part à tous les engage- ments soutenus par les troupes royales. En 1816, le commandement de l'armée du nord lui ayant été retiré, il mûrit un projet de sou- jlèvement qu'il caressait depuis longtemps. de la ville où il fut proclamé. L'opinion pu- blique obligea le vice-roi île le ratifier. Le 27 sept., llurbide lit son entrée dans la capi- tale, el la junta Qubernaliva prescrite par le plan d'Ignila fut organisée. Une régence de trois membres fut formée avec llurbide comme président et généralissime. La dis- corde naquit bientôt et le premier congrès re- fusa de donner à Iturbide l'argent nécessaire à ses troupes. Mais il avait 10,000 hommes dans la capitale, et ses partisans le procla- mèrent empereur le 18 mai 1822. Le 21, cette proclamation fut confirmée par le conL'rès cl il fut couronné le 21 juillet. Obligé d'em- ployer des mesures arbitraires. Il perdit bien- tôt sa popularité, et le 31 ocl. il procéda à la dissolution du congrès. Santa-.\nna proclama la republique à la Vera-Cruz le 2 déc. : la jwita instituyente qui avait succédé au con- grès fut incapable d'établir l'ordre; la défec- tion devint générale parmi les otficiers de l'armée, et les troupes républicaines marchè- rent sur la capitale. llurbide rassembla le congrès et oltrit son abdication, mais ce corps, n'acceptant pas l'abdication, annula son élection comme empereur et le bannit en Italie avec une pension de 12';, 000 fr. Le Il mai 1823, llurbide s'embarqua pour Leg- horn; mais il se rendit bientôt en .\ngleterre, el, le 11 mai 1824, il repartit pour le. Mexique' .\vanl son arrivée, le nouveau gouvernement républicain le déclara traitre cl hors la loi. Ls 14 juillet, il arriva à Soto la .Marina où il lu'; arrêté, et le congrès de Tamaulifias le con- damna à mort. 11 fut fusillé à Padilla ; sa femme vécut plusieurs années à Philadelphie, elle se rendit ensuite àBayonne. Aiigel de llur- bide, fils aîné de l'empereur, mourut à Mexico en 1872. laissant un fils qui avait été adopté par Maximilien ('omme héritier au trône; et en 1 873, le plus jeune fils d'Iturbide mourut à Paris, où il avait vécu dune manière précaire en tenant un établissement de marchand de vins. ITZAES [itsaïss], puissante famille d'In diens de l'Amérique centrale qui, à l'époque de la conquête, habitait les îles et les côtes du lac Itza ou Pelen dans le Guatemala. Cer- tes, dans sa marche en Ib25, de .Mexico à Hon- duras, atteignit leur pays. En 1098, les Itzaes furent soumis par Mamiel de Ursula, gouver- neur du Yucatan. Un grand nombre s'enfui- rent à l'est el se confondirent avec les autres tribus. •* IULE s. m. (lat. iuhis, chalou du cou- drier). Kntomologie. Genre d'annélide IVOI IVRE IVRO 423 qui appaiiieiil à la niùine fumillo que les scolopendres. (Voy. Mille-pieds). — Les iules, vulgairement appelés mille-pieds, sont com- muns dans la terre humide, dans la mousse et quelquefois sous l'écorce des arbres; ils sont inoffensifs et se rendent réellement utiles dans les climats chauds en consommant les substances végétales qui se décomposent. Iule il-'s s.ibies (Iiilus sabulosiis). Ùans les régions tempérées, on les a considé- rés, probablement à tort, comme nuisibles à la végétation. L'iule terrestre (iulus tcrres- Iris). très commun aux environs de Paris, est cendré bleuâtre Wiule des sables {iulus sabu- losiis). beaucoup plus grand, est d'un brun noirâtre, avec deux lignes roussàtres le long du dos. Le grand iule (iulus maximus), de TA- mérique du Sud, mesure 18 cenlim. de long. IVAN , nom de plusieurs princes russes. (Voy. Ri'ssiE.) * IVE ou Ivette s. f. (anc haut ail. iwa, if). lîol. Espèce de germandréc ou de bugle, dont lesfeuilles, légèrement amèresetaromatiques, sont employées en médecine. IVIZA ou Iviça. Voy. Baléares. * IVOIRE s. m. (lat. ebur). Nom que l'on donne a la matière des dents d'éléphant, surtout lorsqu'elles ont été détachées de la màthoire de l'animal pour être mises en œuvre: moreeau d'ivoire. — Dents ou défenses de certains autres animaux, tels que l'hippo- potame, le narval, etc. : la dent du narval est d'un bel ivoire. — Poétiq. Un cou d'ivoirk, un cou bien fait et très blanc. On dit de même, L'ivoire de son cou, dé son sein, etc. Son poil était si beau, d'une couleur si noire ! Trois marques seulement plus blanches (jue Viuoirc, Oruaitnt son large front et ses pieds de devant. ,\NDniEtjx, Poésies diverses. — Noir u'ivoibe, poudre noire très fine faite d'ivoire calciné et pulvérisé. — Encycl. L'i- voire, substance osseuse qui compose la dé- fense de l'éléphanl, est une modification par- ticulière de la dentine. H est d'habitude, dans le commerce, de comprendre sous ce terme, les défenses de l'hippopotame, des walrus, du narval et de quelques autres animaux ; mais d'après Owen et plusieurs autres autori- tés, le mot ivoire ne doit être strictement ap- pliqué qu'à la défense de l'éléphant. La sec- tion transversale de n'importe quelle partie d'une défense d'éléphant montre des lignes circulaires s'entrecoupant de manière à for- mer des losanges avec des limites courbes, ce ([ui distingue l'ivoire véritable de tout(! autre substance osseuse ou dentaire. Les ]iriiicipaux lieux ([ui fournissent l'ivoire se trouvent sur les côtes 0. et E. de rAfri(|uc, dans la colonie du Cap, à Ceylan, dans l'Inde et dans les pays à l'E. du détroit de .Malacca. l>e meilleur ivoire vient d'Afrique; il est d'un tissu lin et moins susceptible de jaunir que celui de l'Inde. L'analyse suivante de l'ivoire, d'après le Dirlionnaive universel, donne sa composition moyenne: matière animale, sc- ellée, '21,011; eau, 1 1 ,lli ; fihnsphate de chaux, (14,00; carbonate d<î chaux, 0,10. L'ivoire que les marchés russes ont longtemps fourni, pro- vient des défenses de mammouths fossiles trouvées sur les bords des rivières de la. Si- bérie du nord. L'ivoire fossile est d'une qua- lité égale à celle de l'ivoire provenant des animaux vivants, et il atteint quel(|uçrois un volume énorme. Les usages de l'ivoire, sont très nombreux. Il se polit d'une manière ex- (|uiseetest sous tous les rapports la substance la plus convenable pour les ornements faits autour; il peut recevoir les dessins et les 254 gravures les plus dé-licates. Les Grecs et les Romains l'employaient pour des ouvrages de sculpture, mais les Tdiinois en font un^usage plus commun pour sculpter des figures et ils déploient un talent extraordinaire à le tra- vailler. — Le noir d'ivoire, préparé en calci- nant les morceaux et la poudre d'ivoire, est broyé etpulvérisé surune plaque de porphyre, afin de produire la magnifique matière velou- tée qui est l'ingrédient principal de l'encre employée pour l'impression sur cuivre. (Voy. Nom ANIMAL.) L'ivoire végétal est le noyau du fruit du phylelephas macrocarpa. * IVRAIE s. f. (lat. ebi'iacus, ivre, à cause de la vertu enivrante de l'ivraie). Bol. Genre de graminées hordéacées, comprenant plusieurs espèces que l'on peut cultiver comme four- rage, mais dont l'espèce la plus connue, l'ivraie enivrante (lolium temulentum), seule graminée vénéneuse, se mêle aux céréales dans les champs et porte des graines noires narcotiques, dont la farine communique des propriétés délétères à celle du froment. — Fig. .Séparer l'ivuaie d'avec le bon grain, sé- parer la mauvaise doctrine d'avec la bonne, ou les méchants d'avec les bons. IVREE (anc. Eporedia; ital. Ivrea), ville for- tifiée d'Italie, sur le Dora Baltea, à 02 kil. N.-N.-E. de Turin ; tO,0!H hab. Elle est à l'en- trée du Val d'Àosto. Un croit que sa cathé- drale gothique occupe l'emplacement d'un temple d'Apollon. Laine, colon, soie, vermi- celle, etc. Eporedia, grande ville de la Gaule cisalpine, ofï'rait une grande importance stra- tégique. Ivrée fut un marquisat du viii= au xni"' siècle. 'IVREadj. (lat. ebrius). Qui a le cerveau troulde ]iar les fumées et par les vapeurs du vin ou de quelque autre boisson : il est ivre, il chaneellc. — Prov. Etre ivre mort, être ivre au point d'avoir perdu toutsentiment. On dit populairement dans le même sens. Etre ivre comme une soupe. — Fig. Ivre de sang, qui s'est plu à répandre le sang, qui a commis beaucoup de meurtres. On dit dans un sens analogue. Ivre de carnage. — Fig. Espèce de transport, de délire , d'égarement qu'une passion produit dans l'àme: être ivre de joie, d'amour, de bonheur. 'IVRESSE s. f. Etat d'une personne ivre: il n'est pas encore revenu de son ivresse. — Fig. L'ivresse des passions, des grandeurs, du suceès- On dit également. L'ivresse des sens. • — Entbousiasme poétique : la docte ivresse. — Encycl. L'ivresse résulte de l'usage immo- déré des boissons fermentées ; elle ne vient que successivement et par degrés ; c'est d'a- bord une excitation des facultés intellec- tuelles, une loquacité et une joie extrava- gante, ou bien de la Irislesse et de lafureur; la raison se perd insensililement ; le vertige rend la marche chancelante et souvent il survient des vomisscmi'iils et un besoin irré- sistible de sommeil. Ce triste étal fréquem- ment renouvelé produit le delirium tremens. Un léger vomitif ou quel([ucs gouttes d'ammo- niaque dans un verre d'eau sucrée remettent l'homme ivre dans son état normal. — Législ. « l/ivresse publique n'élait pas l'objet di' dis- positions légales particulières, avaiil la loi du 23 ianv.l87:î. Cependant le Code pénal (arl. 47ii, 8°, et 480, o") punit de 1 1 fr. à l;i fr. d'a- mende les auteurs ou complices de bruits ou tapagtïs injurieux ou nocturnes; et la peine de l'emprisonnement pemlant cinq jours au plus peut être prononcée, selon les circons- tances. Dans quelques cimimunes seulement, des arrêtés de police défendaient aux débi- tants de boissons de donner à boire à des gens ivres ou à des enfants. Aux termes de la loi de 1S7;t, toute personne trouvée onélat d'ivresse manifeste dans les rues, chemins, places, cafés, cabarels ou autres lieux publics, peut être, par mesure de police, conduite à ses frais au poste le plus voisin, pour y être retenue jusqu'à ce qu'elle ait recouvréla rai- son. Elle est traduite devant le tribunal de simple police et punie d'une amende de un à cinq francs. Si Ton constate une récidive dans les douze mois de la première condamnation, le contrevenant est puni de la peine de l'em- prisonnement pendant trois jours au plus. En cas de deuxième récidive dans les douze mois de la dernière condamnation, l'inculpé doit être traduit devant le tribunal de police correctionnelle, et il est puni d'un emprison- nement de six jours à un mois et d'une amende de 16 fr. à 300 fr. Celui qui, moins d'un an après cette condamnation, est encore coupable du même délit, est condamné au maximum desdiles peines correctionnelles, lesquelles peuvent être élevées au double. Le coupable est en outre déclare, par ce der- nier jugement, incapable d'exercer les droits de vote et d'éligibilité, d'être juré, de rem- plir aucune fonction publique et aucun em- ploi administratif; et il est privé pendant deux ans du droit de port d'armes. Sont punis des mêmes peines graduées, les débitants qui ont donné à boireà desgens manifestement ivres, ou les ont reçus dans leurs établissements ; et ceux qui ont servi des liqueurs alcooliques à des mineurs âgés de moins de seize ans ac- complis. En outre, quiconque a fait boire jusqu'à l'ivresse un mineur de moins de seize ans est puni d'un emprisonnement de six jours à un mois et d'une amende de 16 fr. à 300 fr. Les gardes-champêtres sont chari.'és, concurremment avec les autres officiers de police, de rechercher, chacundans sa circons- cription, les infractions à la loi sur l'ivresse, et de les constater par procès-verbaux. Le texte de la loi doit être affiché dans la salle principale de chaque débit de boissons. Sui- vant un arrêt de la cour de cassation du 14 févr. 1876, le vin, le cidre et la bière sont considérés comme liqueurs alcooliques et ne peuvent être servis à des mineurs de moins de 16 ans, à moins que ceux-ci ne soient accompagnés des personnes qui ont autorité sur eux. — Devons-nous attribuer aux sévé- rités de la loi de 1873 ou bien à d'autres causes la diminution progressive (iiio l'on constate en France dans le immbre des in- fractions à cette loi? Ces infractions s'éle- vaient en )87o, y compris les délits de réci- dive, à 98,482; ce nombre s'est abaissé gra- duellement jusqu'à 00,174 en ^880. Il y à eu constamment environ 99 condamnations sur 100 poursuites. Les trois cinquièmes des in- fractions ont lieu dans lesrégionsN. et N.-O. do la France, la où la consommation de l'al- cool est en moyenne de plus de cinq litres par habitant et par année; tandis que les régions S. et S.-O., où cette consommation ne dé- passe pas un litre par habitant ne donnent lieu qu'à 9 p. 100 des poursuites. — Ea .\n- gleterre, un slatul du rèiiiie de Jacques I""', encore en vigueur, réprime l'ivresse en infli- geant aux deliiupianls une amende de .ï shillings au profit des pauvres, ou six heures de détention lorsque l'amende n'est pas payée. S'il y a scandale public, la peine est plus forte. Dans le district de la mélropolc, toute personne prise en état d'ivresse est pu- nie d'une amende de 10 sbillings; en cas de récidive, l'amende est doublée; et si une troisième condamnation est prononcée avant que douze mois soient écoulés depuis la se- conde, l'amende est élevée à 40 shillings. On compte annuellement environ 33'i,00l) con- damnations pour ivresse et tapage dans tout le lîovaiim'-Uni, savoir: 180,000 en Angle- terre," 100,000 en Irlande et u-ï, 000 en Ecosse.» (Cil. Y.) * IVROGNE adj. [gn mil.]. Qui est sujet ;'i s'enivrer ou ;'i iioire avec excès: un vaUt ivrogne. — s. m. Un grand ivrogne. "IVROGNER v. a. Boire avec e.xcès et sou* III. Î2G IVItV IXTL IZTA vent: il est tous les joim Uans les cabarets (t itrofjner. •IVROGNERIE s. f. Habitude de s'enivrer: iivro'i'irrie de cri hdmmc wérile pumlinn. — Se dit au plur. do l'ai;tion niAnie de s'enivrer: celte femme a beaucoup à souffrir des ivrogne- ries ib' sriii miiri. * IVROGNESSE s. f. Femme sujette à s'eni- vrer : e'ent une ivrognesse, une vieille ivro- gnesse. (Pop.) IVRY-LA EATAILLE.villaçc deiKurc, cant. de Saiiil-Aii(in\ sur la rivière de l'Eure, à environ 8T kil. U. de Paris ; arr. et i'i 31 kil. S.-IO.d'Iivreiix ; t, 032 liai). Manufai'lures d'ins- truments à vent. Ce village esl célèbre à cause de la victoire décisive remportée, dans la plaine voisine, par Henri IV, le H mars 'l'iyo, sur les troupes de la Ligue comman- dées par le duc de Mayenne. IVRY SUR SEINE, village de France, sur la Seine, à 2 kil. environ de l'eneeinte S. de Paris, arr. et à 9 kil. N.-E. de Sceaux; 24,019 hah. Asile d'aliénés; caves immenses taillées dans le roc. Verrei-ies. I.e fort d'Ivrv ajoué un rôle remarquable pendant le sièf.'c de Paris en 1870-'71. ■ IXIA s. f. [i-ksi-a] (allusion à la forme de lalleuii|ue l'on a comparée a la rouedl.\ion). Uot. (jenre d'iridccs, comprenant plusieurs espèces de [liantes bulbeuses cultivées dans les jardins, à cause de leurs Heurs. DCELLES [i-sè-le], commune suburbaine de Bru.\elles, joignant celte ville. Distillt;- ries, brasseries, carrières de pierre; fabr. de toiles. IXION, prince mythique thessalien, roi des Lapitbes. Il eut l'audace de faire la cour à Ju- non ; Jupiter, irrité, créa un fantôme qui res- semblait il celle-ci; Ixion devint avec elle le père des Centaures. En punition de son im- piété, il fut enchaîné par .Mercure aune roue qui tournait perpétuellement dans l'air. IXODE s. m.[i-kso-de](:;r. i.eodés, collant). Ârachn. Genre d'acariens auquel appartient la tique des chiens. IXTLILXOCHITL (Fernando de Ava), histo- rien indien, descendant dos rois de Tozcuc .Mexique), né vers !.'j(i8, mort vers lOi-8. Il était interprète des vice-rois du Mexique. Son ouvrage le plus important est une Histoire des Chichemeeas, qui, avec la jilupart de ses' signifie femme blanche aiilres écrits, fut imprimé à Mexico par lord Kin;.'sborougli. IZABAL. port du Guatemala, à 18:-i kil. N.-E. di' (jiiatémala, sur la cAte S. du lac Ijuice ; environ (iOO liab. C'est le seul port de r.\tlan- lique pour le commerce avec la capitale. Des ' navires d'un petit toi, nage seulement peuvent arriver jusqu'à Izabal. IZALCO, volcan de l'.Vmérique centrale, à 151) kil. N.-O. de San-Salvalor. C'est un des volcans les plus curieux. Sa formation com- mença en 1798, après une série de tremble- ments de terre destructifs. Les éruptionssont incessantes, et souvent désastreuses pour la ville voisine d'Izalco. Sa hauteur est évaluée a environ 2,000 mètres. IZALCO, ville de San-Salvador (Amérique centrale), près du volcan d'Izalco, a ">'■> kil. N.-O. de la ville de San-Salvador; 11,000 hab. principaliinent Indiens. IZERNORE, rh -1. de cant. Voy. Isernore. IZTACCIHUATL, volcan du Mexique, .Ï,2i0 m. au-dessus du niveau de la mer. près dePopo- catepetl et de la ville de Puebla. Depuis la conquête, il n'a pas eu d'éruption. Son nom JABI * J s. m. [ji ou je]. Dixiéine lettre delà plu- part des alphabets européens. On a long- temps appelé celte lettre / consonne, parce i[ue sa forme était anciennement la même que Celle de l'I, auquel on donnait, par oppo- sition, le nom d'J voxelle : un grandi; un petit j. — • Le j fut distingué de Vi par les llullandais au svi' siècle et introduit dans l'alphabet comme lettre particulière par Gilles Beys, imprimeur à Paris, en l-jiiO (Dufresnoy). H est rarement employé dans l'italien mo- derne; en espagnol, il a le son du ch alle- mand. 11 a le son de l'y du mot anglais yes, dans la plupart des langues teutoniques et slaves. * JA adv. (lat. jam, déjà). On l'employait pour Déjà. (Vieux.) JARÈS ou Jabès-Galaad, ville de l'ancienne Palestine, située au pied des monts Galaad; elle faisait partie de la demi-tribu de ,\la- nassé et fut détruite par les Hébreux. Près de là se trouvait le tombeau de Satil qui avait délait les Ammonites sous les murs de Jabès. JABIN. 1. Roi dAsor, au pays de Chanaan; il fut un des cinq rois que vainquit Josué, et périt de la mam même de ce chef des Hé- iM'eux. — II. Roi d'Asor (environ 1,200 av. J.-C); il opprima les Hébreux pendant quel- ques années et fut à son tour défait par la pruphélesse Déborah. JABIRU s. m. Ornith. Genre d'échassiers, voisin des cigognes, et comprenant plusieurs espèces de grandsoiseaux qui habitent l'Amé- rique duSud etl'Afrique. Deux espèces seule- ment ont été décrites par Gray; la mieux connue est le Jabiru américain ', Mycteria Ame- JACA ricana, Linn.), à bec noir; sa tête et les deux tiei's de -on cou sont nus et noiiâires; la partie intér.eure de son cou est d'un rouge brillant; son plumage est blanc. Il habite le Brésil et la Guyane, oùil fréquente les marais pour ycher- clier des poissons et des reptiles; il s'élève len- tement à une grande hauteur, et vole pendant très longtemps. Il fait son nid sur des arbres élevés et y dépose généralement deux œufs; la chair des jeunes est tendre et assez bonne à manger. ' JABLE s. m. ronnell. Rainure qu'on fait aux douves des tonneaux, pour arrêter les pièces du fond. * JABLER v. a. Tonnell. Faire le jable des douvi's. — J((/n,r(n((/i. iV. S.) * JABOT s. m. (lat. gibbn, bosse). Espèce de poche que les oiseaux ont sous la gorge, et dans laquelle la nourriture qu'ils prennent est d'abord reçue, et séjourne quelque temps avant de passer dans l'estomac : gros jabot; cet oiseau a bien mangé. U a le jabot plein. — Remplir son jabot, sk remplir le j.\bot, manger beaucoup, faire un bon repas. — .Mousseline, dentelle, etc., qu'on attache par ornement à l'ouverture d'une chemise, au devant de l'es- tomac : un jabot de dentelle. — Faire jabot. tirer en dehors le jabot de sa chemise pour en faire parade. Fig. Se rengorger, se donner des airs avantageux. * JABOTER v. n. Caqueter, parler sans cesse, dire des bagatelles : elle ne fait que de jabvter tout le long du jour. (Fam.) JACAMAR s. m. Ornith. Genre de grimpeurs voisin dis martins-pêcheurs et comprenant plusieurs espèces d'oiseaux américains re- JACA vêtus d'un niagiiilii|ne plumage où domine le vert On a décrit 10 espèces de .|aca- mars, répandues dans l'Amérique tropicale et J.-icaiDnr vert (Galbula viridis). dans quelques-unes des Antilles. Ces oiseaux mènent une vie solitaire dans les forêls hu- mides. Perchés sur des branches nues, les jacamars s'élancent à la poursuite des in- sectes. Quelques espèces se nourrissent de poissons et de frai. Le jacamar vert {galbula viridis, Lath.)estdela grosseurd'une alouette, d'un vert brillant, avec une gorge blanche et un abdomen rougeâtre; leyacumnrrfe paradis [galbula paradisea, Linn.'!, présente, avec la même couleur verte métallique, une tête d'un biuii violet, la gorge, le devant du cou et le dessous des ailes blancs. JACI JACK JACK 427 JACAMEROPS s. m. Ûniilli. Genre de grim- peurs très voisin des jiirumavs et dont la seule espèce connue {galbula gra7idis, Lath.), de Cayenne, a le bec d'un guêpier, la gorge et les joues vert doré et le dessus du dos can- nelle foncé. JACANA s. m. (nom brésilien des poules d'eai'V Ornith. Genre d'échassici's macrodac- lyles, dont la particularité la plus remar- quable est la grande longueur des doigts qui sont au nombre de ijuatre, entièrement sé- parés et tous armés d'ongles longs, droits et aigus; le pouce de l'espèce commune est si long et si aigu qu'il a faitdonner à cet oiseau le nom de chiriinjien. Les jacanas fréquentent les marais, le bord des rivières et les étangs, par paires ou en petites bandes ; ils marchent dans l'eau jusqu'aux genoux, mais ils ne nagent pas, leurs pieds n'étant pas palmés; ils sont monogames; les femelles font un nid parmi les roseaux et y déposent de quatre à cinq œufs. Plus d'une douzaine d'espèces ont été décrites; la mieux' connue est le jacana châtain {parra jacana, Linn.), noir avec un manteau rouge, les rémiges primaires verte,'-; il est indigène de l'Amérique du Sud ; le ja- cana indien {pavra indica, Lath.), noirâtre avec des rellels bleus et violets, un manteau d'un vert bronzé, le croupion et la queue d'un rouge sang; et le jacana d'Afrique (paria africana, Gmel), avec le front caroncule et d'un noir verdâtre. Ces oiseaux mesurent en- viron t'i centim. de long. * JACASSE s. f. (de Jacquot, nom populaire du perroquet). Pop. Femme, fille qui parle beaucoup : c'est une jacasse. * JACASSER V. n. Crier. Ne se dit que de la pie : cetlcpicne fait que jacasser. — »■». Ba- biller beaucoup : les femmes aiment à ju casser. JACASSERIE s. f. Bavardage. (Fam.) ■ JACEE s. f. {\aLjacea; dejacerc. être cou- ché;. Bot. Genre de composées voisin des centaurées, dont quelques espèces sont culti- vées dans les jardins, à cause de la beauté de leur Heur. (Voy. Ge.nt.\urée.) ' JACENT, ENTE adj. [ja-sanj (lat. jacens, qui L'it). Jurispr. Se dit des biens qui n'ont point de propriétaire connu, d'une succession dont l'héritier n'apparait point : biens jacents. * JACHÈRE s. f. (lat. jacere, reposer). Agric. Fîtat d'une terre labourable qu'on lai-sse re- poser : dans ce pays, une terre est ordinaire- ment en jachère de trois anuf'es l'une. — Se dit aussi de la terre même quand elle repose : labourer des jachères. — Les jachères sont au - jourd'hui condamnées enprincipe par touslos agronomes qui s'occupent d'assolement. (Voy. ce mot.) On ne croît plus que la terre se fa- ligue et qu'elle a besoin de l'epos; mais on sait par expérience qu'elle s'e/jîn'i'c vile et qu'il faut lui rendi-e, au moyen des engrais, les éléments que lui ont enlevés les plantes cul- tivées. Le repos de la terre est imaginaire : elle nourrit, pendant les jachères, des plantes nuisibles au lieudc plantes utiles; voila toute la dilférence. — .Néanmoins, lesjachères sont cncon^ recommandées, lorsqu'elles ont pour objet de nettoyer des champs infestés de mauvaises herbes à racine vivace (chiendent, palenôlre, etc.). Il faut alors, pendant le temps de la jachère, multiplier les labours, les hersage>, les scarillcatiuns; recueillir soi- gneusement les mauvaises herbes et les mettre eu tas avec de la chaux. ' JACHÉRER v. a. Agric, Labourer des ja- chères, donner le premier labour à une terre qu'on a laissée reposer. * JACINTHE s. f. (aller. d'Hyacinthe, n. pr.) Hot. Geiiii'di' liliacées, dont plusieurs espèces sont cultivées dans les jardins, à cause de l'clégance et de l'odeur suuvs •Je leurs Heurs ; jacinlhe double. On dit aussi, Hyacinthe. — Encycl. L'espèce type est la jacinthe d'Orient (hyacinthus orientaiis), plante bulbeuse dont l'oignon arrondi se compose de tuniques con- centriques. Sahampe, haute de20à.30centim., se termine par une grappe de fleurs bleues agréablement odoran- tes. Cette belle plante, qui croît spontané- ment en Provence, a été répandue dans toute l'Europe, où les semis lui ont fait pro- duire une infinité de variétés à fleurs sim- ples, doubles, blan- ches, bleues, roses, rouges, panachées, etc. C'est en Hollande, et surtout à Harlem, que cette plante est deve- nue l'objet d'exploita- tions considérables de- puis le xvn" siècle. La jncinlhe demande un sol riche et léger. On met les oignons en terre vers le mois d'oc- lobre, à 20 centim. de distance les uns des autres et à 10 centim. (ie profondeur ; on recouvre l'a terre d'un ,..,,.„..,„ . ., peu de paille pendant Jac,nthedOr,ent(Uya™,thus^ grands froids ; la onentalis). „ '^ ,- floraison a lieu en mars et avril ; on soutient chaque hampe au moyen d'un petit tuteur. Quand les Heurs se flétrissent, on coupe les hampes ; ensuite on enlève les oignons après que les feuilles sont fanées; on les laisse sécher au soleil; on enveloppe chaque oignon dans un papier et on les conserve dans un endroit sec et froid jusqu'au moment de les re[ilanter. — .lacinlhc des bois, l.a jacinthe sauvage (hyacinthus nonscriptus des anciens botanistes) a été placée successive- ment dans |ilusieurs genres dill'ércnts, et elle est plus voisine de la scillc Iscilla] (|uo de la jacinthe. Ses fleurs sont ordinairement d'un lieau violet. .\ux environs de Paris, on ['»\i- }>ii\\c jacinthe des bois. - La. jacinthe améthyste {hyacinthus auiethystinus], des Pyrénées, porlo des fleurs d'un beau bleu. * JACINTHE s. f. Sorte de rubis. Voy. Hya- cinthe. JACKSON, ville du Michigan (Etals-Unis), sur les lieux rives de la rivière (irand, à \'i'i kil. 0, de Détroit et à o.'i kil, S -E. de Lansing; •20,708 hab. Mines de charbon bitu- mineux dans le voisinage, manufactures de produils chimiques, fonderies, etc. JACKSON. I. Capitale de l'état du Mississipi, sur la rive droite de la rivière Pearl, à .'500 kil. N. de la Nouvelle-Orléans; environ 0,500 hab. Elle est régulièrement Ijâtie. Mai- son d'Etat, asile d'aliénés, institution pour les sourds-muets et les aveugles; hôtel de ville. On y embarque des quantités considé- rables de coton. — II. Ville de la Louisiane, à .50 kil. N. de Bâton-Rouge; 9-4-0 hab. .^sile d'aliénés. — III. Ville du Tennessee, sur la ri- vière Forked Deer, à 100 kil. N.-E. de Mem- phis; -lO.O^Ohab, JACKSON (Andrew), septième président des Etats-Unis, né le 'I,t mars 1767, mort le 8 juin I8-4.T. A l'âge de 14 ans, il quitta les bancs de l'école pour entrer dans les rangs des défenseurs de l'indépendance américaine. Après la guerre, il se livra à l'élude du droit et fut nommé avocatgénéral du territoire de Tennessee, dans la Caroline du Nord. Peu après, il alla représenter ses concitoyens au congrès et, en 1797, fut élu sénateur. Nommé major général de la milice en 1801, il reçut en 181 2, lorsqu'éclata la guerre avec l'Angle- terre, le commandement des troupes à la Nou- velle-Orléans. A son arrivée dans cette ville, il n'y trouva ni soldats, ni armes, ni muni- tions; appliquant alors la loi martiale dans toute sa rigueur, il appela la population en- tière sous les armes et, grâce à l'énergie de son caractère, il se trouva en mesure de re- pousser, leSjanvierlSIo, l'assaut des Anglais. Cette victoire rendit extrêmement populaire le nom de Jackson, et cependant les mesures arbitraires et vexatoires qu'il avait cru devoir prendre, dans l'exercice de son commande- ment, lui valurent des poursuites judiciaires, par suite desquelles il fut condamné à une iorte amende. En 1817, il reprit son ancien métier de chasseur d'Indiens et se distingua dans la guerre que l'Union déclara aux tribus des Creeks. Puis on le vit, en pleine paix, en- vahir subitement les Florides et planter le drapeau américain sur les dilférentes places furies que l'Espagne possédait encore dans ces contrées. Nommé président en 1S28, il obtint, en I83"2, le renouvellement de son mandat. On doit lui rendre cette justice que, malgré son incapacité politique notoire, il apporta dans son administration plus de mo- dération qu'on n'était en droit d'en attendre d'un homme que sa rigueur, comme militaire, avait fait surnommer Bois de fer. En 1833, il supprima la banque des Etats-Unis, mesure qui suscita une ellroyable crise financière; il se fit payer en \83'6, par le gouvernement de Louis-Philippe, une indemnité de '23 millions pour dommages causés au commerce de son pays sous Napoléon, mais il dut rétracter pu- bliquement les paroles outrageantes qu'il avait adressées au gouvernement français à celte occasion. JACKSON (Thomas-Jonathan), général amé- ricain, né en 1824, mort en 1803. 11 prit ses degrésà West-Pointen lS4li,servitau Mexique et, en 18j2,il devint professeur à l'académie militaire de Virgmio, à Lexington. En 1861, il entra dans le service fédéral avec lo rang de major. 11 fut bientôt nommé brigadier çénéral et il prit p.irt à la première bataille de Bull-Uun (21 juillet), où sa brigade resta inébranlable comme un mur de pierre (stone wall), d'où son commandant fut surnommé Stone ivall Jackson. .\u printemps do ISOi. Jackson défit, dans la vallée de Slienandoah, les forces supérieures de lUnion commandées par Banks, Frémont, Shields et .M, Dowell. Ayant fait sa jonction avec l'armée de Lee, il prit part à la bataille de Cold-Ilarbor (27juin). Dans les opéralioiisqui suivirent, il futenvoyé dans le nord et il livra un combat indécis à Ccdar Mountain (9 août). Peu après, il fit une marche rapide et joignit rarrièrc-ffarde de Pope, à Bull-Run (29 et 30 aoùl). Après avoir tait |irisoniiier environ 11.000 hommes à Harpcr's Ferry (lo sept.), Jackson rejoignit 428 JACO Lee et prit part à la bataille d-'AiitieLam j (17 sept.). Son corps fut engafréà Frcdoriclis- burf.' (13 di'C); il l'ut iioniiiié lic;iilciiaiit gé- 1 lierai. A Chanoellorsville (2 mai 1863), à la tête de prés des deux tiers des forces conlé- dérécs, il tourna la droite de Uooker. Par suite d'une erreur fatale, ses propres soldats I tirèrent sur lui dans une reconnaissance qu'il i faisait ]iendant un moment de calme; et il j fut niorlclleincnt blessé. JACKSONVILLE. I, port de la Floride, la plus [ gi'aiidu ville de; l'état, sur la rivière Saint- .lolin, à JliiO kil. K. de Tallaliassee; popul. : 17,201 hab. Au S.-O. et au iS.-li. se trouvent des (alaises pittoresques, couvertes de belles résidences et dominant une vue magnilique sur la rivière. — 11. Ville de rillinois, à iiO kil. S.-O. de Spinglield; 12,93j liab. JACMEL, ville et port d'Haiti, sur la baie de Jacmil, à 4;i kil. S.-O. de Port-au-Prince'; environ ÎJO.OOO liab. Le port est commode, mais il est e.xposc aux vents du S.; climat accablant. JACOB, troisième et dernier pati'iarche des Hébreux, lils d'Isaac cl de Kebecca et frère jumeau d'Esaii. Il fut appelé J;icob (Ya'akob, teneur de talon), parce que sa main tenait le talon de son frère lors de sa naisjance. Obligé de luir la colère d'Iisaii, à qui il avait acheté son droit d'aînesse, il servit sept ans son oncle Laban, pour obtenir sa fille Lia, sept autres années pour obtenir Hacliel et six ans de plus poui' avoir un troupeau : il partit alors avec ses biens pour le pays do Cbanaan. Kn route, il rencontra son frère Esaii el se récon- ciliaaveclui. Kn raison d'une vision qu'il eut, son nom fut changé on celui d'Israël. Il s'ar- rêta successivement à Succoth, à Schecheni, el à Itelhel. liachel mourut en donnant nais- sance i Benjamin. Son fils favori Joseph, vendu par ses frères et emmené en Egypte, devint le premier oflicicr de la cour égyp- tienne, et pendant une famine il fit venir la famille de son |)ére dans ce pays. Israël vécut 17 ans dans la terre de Gessen où il mourut à l'âge de 147 ans. D'après ses dernières vo- lontés, il fut enseveli avec Abraham et Isaac, près de Mamré. Ses douze fils devinrent les chefs des 12 tribus d'Israël. JACOB Bibliophile). Voy. L.\croix {Paid). ' JACOBÉE s. f. (lat. Jacolms, Jacques). Bot. Plante à fleurs radiées, espèce de sé- neçon qu'on nomme aussi Herbe de Saint- Jacques. JACOBL I. (Friedrich-Heinrich', philosophe alleinand, né en 17 43, mort en ISIK. Ses pre- miers ouvrages furent des romans philoso- phiques : Woldcinar (1779) et Eduavd AUivill's Brisfsammhmy (1781), dont le premier fait connaître son système éthique. Il donna en- suite : Ueber die Lehre des Spinoza, in Brie f en an Mendelssohn {ilS'i}, dans lequel if attaque le spinosisme. Sa doctrine est entièrement développée dans son dialogue ayant pour titre : David Hume ûber den Glauben, oder Idealismus tmd Rra!isinus{\l^l). Ses rapports avec la philosophie critique de liant furent développés dans son essai Ueber dax Unter- ncliwen des Kriticismiis, die Vernunft zu Vers- tandezu brimjen (1802). Ses autres principaux ouvrages sont : Sendschreiben anFichtelilQ^] et Von den (joctllichen Dingen tind ihrer Offen- banuKj (1811), qui occasionna une controverse avec Schellins. — 11. (Johann- Georg), frère du précédent, poêle, né en 1740, mort en 1814. En 1769, il reçut un canonicat à Hal- berstadt, et en 1784 il devint professeur de belles-lettres à Fribourg. Ses poèmes sont marqués dune grâce remarquable et d'une grande pureté de diction. Ses œuvres coin- plèteson télé publiées à Zurich (7 vol.t807-'22). — 111. (Maximilien), médecin, fils de S. -H. Jacobi, né en I77S, mort en 1838. Il fut directeur de l'asile des aliénés à Salzbourg JACO et à Siegbourg. Il publia plusieurs essais sur le traitement des aliénés et un ouvrage sur la Cnnstnicdon el l'ami'rtagemcnl des Asiles d'aliénés. JACOBL 1. Karl-Gustave- Jakob, mathéma- licicn alleinand, profisseur a K(j'nisberg, né en 180'i, mort en IS'il. Le nom qu'il s'est acquis dans l'histoire des mathématiques est dû principalenieiit à sa découverte au sujet de la théorie des fonctions elliptiques; son I)rincipal ouvrage est le Funduiiienla Nova Thcorix Fiinilionum ElUiAirarum (1829). — II. (Moritz-Hermann), son frère, né en 1801, mort en Iti'/i. A l'ûge de 24 ans, il se rendit en Russie, et attira bientôt l'attention par ses recherches dans les sciences physiques. En 183U, il contruisit un petit télégraphe élec- trique à Saint-Pélersboiirg, et en 1832, il en contruisit un de 28 kil. entre deux des rési- dences impériales. En 1837, simultanément avec Thomas Spencer, de Liverpool, il inventa le procédé de l'électrolypie. Il publia dans les collections de l'académie de Saint-Péters- bourg plusieurs mémoires sur les applications de l'élprlro-niagnétisme. * JACOBIN, INE s. Nom qu'on donnait au- trefois en France, aux religieux et religieuses qui suivent la règle de saint Uominiijue : le couvent des jacobins. Dans le style grave, on disait, Dominicains el Filles de saint-Do.mi- NIQUE. * JACOBIN s. m. Membre d'une société po- litique qui s'établit à Paris en 17S9, dans l'ancien couvent des jacobins, et qui se si- gnala plus tard par ses 0)iinions révûlution- naires et démagogiques : le etubdes Jacobins. — Se dit aussi de ceux qui professent des opinions analogues à celles des anciens jaco- bins : c'est un jacobin. — Adj. Le parti jacobin. — Encycl. Le club des Jacobins fut la plus cé- lèbre association politique de la première ré- volution. Son origine remonte au clulj Breton établi à Versailles en 1789 et qui s'installa, lors de la translation à Paris de l'Assemblée constituante, dans l'ancien couvent des Jaco- bins ou dominicains de Saint-Jacques. Ce club admit alors dans son sein quiconque en vou- lait faire partie, sur la présentation de quatre de ses membres, ets'appela la Société des Amis de la Constitution. Les portes une fois ouvertes ainsi au public, ce club fut le théâtre où les novateurs les |dus exaltés cherchèrent à se faire une popularité. Les premiers fondateurs, à la tête desepiels se trouvaient La Bochefou- cauld, Talleyrand, Roederer, La Fayette, Bailly, Siéyès, etc., firent alors une scission et formèrent une autre réunion qu'ils appe- lèrent Société de 1789, et, plus tard, club des Feuillants, du nom de l'ancien couvent où elle siégeait. L'autre partie, restée fidèle aux principes démocratiques, s'enflamma d'une ardeur nouvelle, s'affitia plus de 1,200 clubs dans les départements et le 22 sept. 1792, elle prit le titre de Société des Atnis de la Li- berté et de l'Fjjalité. Son influence fut alors prépondérante; etle contribua au renverse- ment de la royauté et à la proclamation de la République et eut bientôt efl'eclivemenl dans ses mains le gouvernement de la France. Robespierre dut son pouvoir à l'immense po- pularité qu'il avait su gag:ner parmi tous les membres de cette Société et sa chute fut le signal de mort du club des Jacobins. Le 9 ther- midor, Legendre, à la tête de quelques mer- cenaires, se présenta dans la salle el somma, au nom de la Convention, le club populaire do se dissoudre; le local fut évacué et, le jour suivant, une foule de jacobins montaient sur l'échafaud avec Robespierre. Un décret de la Convention suspendit provisoirement les séances de la Société, et une afiilialion réac- tionnaire, appelée la Jeunesse dorée, attaqua el poursuivit sans merci, le bâton à la main, quiconque était suspecté de jacobinisme. Les restes dispersés du parti établirent de nou- JACQ veaux clubs, mais Ils ne regagnèrent jamais leur inilufiioe. * JACOBINISME s. m. La doctrine, le sys- lèiiii.' poliliquc des jacobins. * JACOBITE s. m. Membre d'une secte cbré- tienne qui n'admeltail enJ.-(>. que la nature divine. — Encvcl. Etablis en Syrie et en Mé- sopolamie, les jacobiles tirent leur nom de Jacobus Baradœus, évoque d'Edesse, qui, au xvi" siècle, élablit une organisation ecclésias- tique permanente parmi les monophysites. A leur tête est un palriarche (|ui habite un mo- nastère près Mardin. Après le patriarche est le maphrian, avec une juridiction épiscopale; il habite dans un moiia.-.lére près de MosuL Sous la juridiction du patriarche, il y a au- jourd'hui huit inéli(qi(ditains et trois évoques. On prétendque les jacobiles forment environ 34,000 familles. Dans le service de l'Eglise, ils emploient la langue syriaque. Les jacobiles qui se sontjoinlsà la communion catholique romaine sont appelés syriens-unis. Ils ont un patriarche qui a le titre de patriarche d'An- liocbe, quatre archevêques et huit évoques. La population entière en communion avec riOglisc est estimée à 30,000 fidèles. (Voy. .Mo- Nol'UYSiTES.) — 11. Nom donné en Grande- Bretagne à ceux, qui, après la révolution de 1088, adhérèrent à la cause du roi détrôné Jacques II et de ses descendants. Ils étaient 1res nombreux el très puissants en Ecosse et ils sesoulevèrenl sans succès en 171.'j et 1743. Leur extinction complète date de la mort du prétendant Charles-Edward en 1788. JACOBS Pierre François), peintre belge, né vris 1780, inurt on 1808. Il devint célèbre par sa peinture de Latètc de Pompée présintéc à César. — JacobsdnI. {V. S.) JACOBY Johann), publiciste allemand, d'oriL'ine jiiivo, né on 180.';, mort en 1877. Il se distingua commo médecin, et fut empri- sonné en 1841-'43, pour avoir critiqué le gou- vornement dans une brochure. D'autres pu- blications le firent condamner on 184o à un long emprisonnement, mais il fut acquitté en appel. En l8i8-'49, il domina un instant le parlement de Francfort et rassemblée natio- nale prussienne, comme chef du parti dé- mocratique. En 18C4-'ti'J, il fut niombro de la chambre des députés. En 1806 et en 1870, il fut de nouveau arrêté. Elu membre du reichs- tag impérial, il renonça à son siège, décla- rant qu'il croyait impossible de transformer un état militaire en état populaire par la voie parlementaire. Ses écrits comprennent Les Principes de la démocratie prussienne (I8.ï9). ■ JACONAS s. m. Espèce de mousseline : tine pièce de jaconas. JACOTOT (Jean-Joseph), éducateur fran- çais, né à Dijon en 1770, mort en 1840. Il fut professeur à Dijon el ilservil dans l'armée. Son adhésion au premier Empire, pendant les Cenl-Juurs, alors qu'il était membre de la Chambre des députés, motiva son expulsion de France. Devenu directeur de l'école mili- taire de Belgique (vers 1820), il mit en avant son nouveau système d'éducation ayant pour but de mettre chacun à même d'apprendre sans maître. Il établit un journal et publia dill'érents ouvrages pour répandre ses idées. Il rentra en France en 1840. Jacqmin. (V. S.) JACQUAND (Claudius), peintre d'histoire et de genre, né a Lyon en ISOo, mort en avril 1878. Elève de Fleury Richard, il dé- buta au Salon de 1824, vint habiter Paris en 1828 el exécuta un grand nombre de ta- bleaux historiques, dont le plus connu est la toile représoniant le Maire de Boulogne re- fusant la capitulation de Henri VUl (hôtel do ville de Boulogne). Ses autres tableaux qui sont nombreux, et dont quelques-uns sont fort remarquables, ornent nos principaux musées. JACQ JACQUARD ou Jacquart (Joseph- Marie), célèbre iiiventeiu' du métier à tisser, né à Lyon en l'oï, mort en 1834. Il travailla suc- cessivement chez un relieur, che^ un coute- lier et chez un foi.deur en caractères, parce que sa santé ne lui permit pas d'aider son père dans le métier de tisseur en étoffes fa- çonnées. Son père étant mort en 1772, force lui fut de reprendre la suite de ses atïaires et de diriger la machine fatigante dont on^ se servait alors pour former les dessins. C'est alors qu'il conçut le projet de créer un nou- veau métier plus facile à manœuvrer. Il se ruina dans ses tentatives, et dut abandoimer, dans la plus profonde misère, sa courageuse femme, qui, seule a le comprendre et a l'en- courai;er, se chargea de nourrir et d'élever leur enfant. En 'I79;i, il combattit, à Lyon, contre les troupes de la Convention, puis s'engagea dans l'armée républicaine, avec son jeune (ils, qui fut tué à ses côtés sur les bords du Rhin. Il revint à Lyon au moment où sa femme y mourait des suites de ses pri- vations. Il eut encore la force d'esprit de con- tinuer ses rechercbes et de construire son appareil, dont il termina le premier modèle en 1800. Dans cet appareil, le travail si fati- gant exécuté par les enfants s'accomplissait automaliquement et le tissage des dessins était simplilié. Il inventa ensuite une ma- chine à fabriquer les filets. Sa plus belle créa- tion est son mélier à tisser en manœuvrant automatiquement les aiguilles. Ce métier, qui devait faire une révolution dans l'art du tissage, lut présenté à Carnot, qui demanda à l'inventeur : « A ça, prétendez -vous faire un nœud sur une ficelle tendue? » Les explica- tions de Jacquard furent tellement satisfai- santes, qu'il reçut une médaille d'or et un emploi au Conservatoire, avec un traitement de 3,000 fr. Sa machine, qu'il perfectionna dans la suite, ne s'introduisit pas dans les ateliers sans une violente opposition. Ses compatriotes le considérèrent comme vou- lant les réduire à la misère et à la famine, parce que sa machine exigeait moins de bras our |a conquête et le partage de l'Ecosse. Ross pHi le titre de roi des Hébrides el fut as^ass|né. La noblesse écossaise était alors divisée entre les vieux lords et les jeunes lords, les premiers élanl favorables à la maison de Lancaslre, tandis que les autres désiraient la paix avec l'Angleterre. Le parti de la paix triompha ; les Ecossais s'engagèrent à ne donner aucun secours à Henri VI ou à sali parti. Grâce au mariage de Jacques avec la princesse .Marguerite de Danemark (1469), les lies Orkiiey et Shetland devinrent la pos- session permanente de l'Ecosse. L'aristocratie guerrière et illettrée désertait le roi dont les frères, .Mbany el .Marc, se mirent à la tête des nobles; le premier dut s'enfuir en France el le dernier perdit la vie. Mais les nobles fini- rent par s'empaier de Jacques, qui lut envoyé au château d'Edimbourg. Redevenu libre, il recommença la lutte et fut tué par une main inconnue pendant sa fuite du champ de ba- taille de Sauchieburn, près de Bannockburn. — Jacques IV, fils du précédent el de Mar- guerite de Danemark, né le 14 mars 1472, mort le 9 sept. 1513. Son gouverneinent fut des plus énergiques. Les empiétements de Home furent restreints. La justice lui régu- lièrement administrée dans les lowlands. Le lord des iles fut dépouillé de ses possessions. Quand Perkin Warbeck lit son apparition en ford, qu'il épousa plus tard. Robert 111 élanl j prétendant être le second fils d'Edouard IV mort en 1406, Jacques fut proclamé roi, el son d'Angleterre, Jacques lui donna son appui, oncle, le duc dAlbany, fut nommé régent, et I Warbeck visita 1 Ecosse en 149o et fut royale- garda le pouvoir jusqu'à sa mort, en 1419, uient reçu. Jacques envahit l'Angleterre, enprolougeant la captivité de Jacques par ses I mais il laquittabienlol.il épousa la prin- lui succéda. Le ' cesse Marguerite d'Angleterre, le S août Ia03. ayé une rançon 1 Les relations entre la France et l'Ecoss intrigues. Son Uls Miirdoch roi, libre enfin après avoir pay de 1 million de francs, gagna Edimbourg au printemps de I4"24 et saisit immédiatement l'administration qu'il dirigea vigoureusement contre les nobles turbulents. Albany, ses deux lils et le comte de Lennox furent exé- cutés. Jacques travailla à la restauration de l'ordre ; lorsqu'il dégrada le comte de Mardi, il se lorma une conspiration à la tête de la- quelle se mit sir Robert Grahani, qui avait été banni el dont les biens avaient été confis- qués. Ce seigneur obtint accès dans les appar- tements du roi aii monastère des dominicains étant devenues très intimes, il en résulta un refroidissement avec Henri VllI, En 1513, Jacques envahit l'Angleterre; il fut battu par le comte de Surrey, a la bataille de Flodden où il fut tué. — Jacques V, his du précédent et de Marguerite fudor, né le 10 avril l.ïli, inorl le 13 déc. 1542. Sa mère fut régente pendanl les troubles de sa minorité, mais à l'âge de 17 ans, il échappa aux mains des Douglas el devint roi de fait. Une révolte dans les Orkneys fut promplement apaisée el les chefs des iles occidentales se soumirent à ntic l'Angleterre et l'Ecosse. Henri VIII en- courageait les rebelles écossais cl Jac([ues soutenait les Irlandais niéconleiils. En I.Ï33, grAce a la médiation française, on fil une trêve qui fut convertie, l'année suivante, en un traité de paix. Jacques persécuta les ré- formés el en lit brûler quehiues-uns; d'autres furent eont;ainls de prendre la fuite. Henri VIII engagea son neveu à le soutenir dans sa lutte avec Rome, mais les efforts du pape lièrent Jacques à la cause papale. Jac- aues visita la France en 1536, et épousa .Ma- deleine, fille unique de François \". Celle princesse mourut bientôi après ; Jacques épousa alors la duchesse de Longueville, fille du duc de Guise. En 1540, Jacques dirigea avec succès une expédition contre les barons rebelles el annexa les iles Hébrides, les Ork- neys, les Shetland et plusieurs autres terri- toires à la couronne d'Ecosse. Henri VllI demanda une entrevue à son neveu en 1541, mais celui-ci refusa de lui rendre visite. Une guerre éclata el Jacques fit de grands prépa- ratifs pour marcher à la rencontre des .an- glais; mais à Fala Muir cl à Solway Moss, son armée féodale indisciplinée posa les armes el le roi mourut de désespoir. Sa fille Mario lui succéda. JACQUES-DE LÉPÉE i Ordre de Saint-), ordre militaire d'Espagne, institué en 1161 par Ferdinand 11. roi de Castillc, pour dé- fendre contre les Maures les pèlerins de Saint- Jacques de Cuniposlelli-. JACQUES DU-HAUT-PAS Ordre de Saint), ordre religieux institué en Italie vers le mi- lieu du xiii'^ siècle, pour faciliter aux pèlerins le passage des rivières en leur procurant des bacs; l'ordre se répandit en France et, en 1286, le pape nomma un commandeur géné- ral qui résida a Paris, à l'hôpital de Sainl- Jacques-du-Haul-Pns. JACQUES iLa tour Saint-), élégante tour du xvi" siècle, qui faisait autrefois partie de l'é- glise Saint-Jacques-de-la-Boucherie (détruite pendant la Révolution) et qui orne aujour- d'hui l'un des squares de Paris. Sa plate- forme s'élève à 54 m. JACQUET s. m. Jeu de hasard et de conibi- nason qui ressemble au jeu de gammon lé- fèreraent modifié. — Nom de l'écureuil en Normandie. — Loc. prov. Se lever dès lb p.\TKON-JACQUET, se lever de très bonne heure. JACQUIER (Nicolas', orthopédiste , né a Troyes en 1790, mort en 1859. Il était chirur- gien militaire lors de la campagne de 1814: fl est célèbre par ses ouvrages siir l'orthopé- die : h7nploi des moyens mécaniques et gym- nasliques dans le traitement des difformités du système osseux (183l-'35, 4 vol. iii-S"); Ma- niére de réduire les luxations (1838, in-8''),elc. JACQUIN (Nicolas- Joseph von), baron, bo- taniste autrichien, né à Leyde en 1727, mort en 1817. En 1753, l'empereur François 1=' le chargea de tracer le jardin de Schoenbrunn, et il voyagea dans 'es Indes occidentales el dans l'Amérique du Sud (1754-'5y) pour re- cueillir des plantes. Il découvrit environ 50 nouvelles espèces dont quelques-unes portent son nom. Ses ouvrages principaux sont: Sc- Icetarum Stirpium Ainericanarum Historia (avec 183 gravures coloriées, 1763); Hortus Botanicus Vindobonensis (avec 300 gravures, 17711; Florx A!/s(7'(Oca3 (avec 500 gravures, 1 773'-77); et Plantarum rariorum Horii Cxsarei Schœnhrunnetisis Descriptiones et Icônes (9vol. in-fol. 1797-1804). Son fils Josepii-Fr.\nz (1767-1839), futdirecteur du jardin botanique de Vienne et l'auteur d'un manuel de chimie médicale qui eut plusieurs éditions. JACQUOT s. m. Nom vulgaire du perroquet. • JACTANCE s. f. {\a.L jaclancia ; dejaclarc, vanter). Vanterie : il a bien de la jactance. JAEN JACTITATION s. f. (lat. jactitare, fréquen- lalif de jactare. lancer). Méd. Trouble ner- veux qui se traduit par des troubles désor- donnés. JACULATEDR s. m. [lat. ]aculari, lancer). Hist. Soldat de la milice byzantine qui por- tait des armes propres à lancer des projec- tiles.— Ichtyol. Poisson qui lance despouttes d'eau pour faire tomber les insectes à la raer et en faire sa proie. JACULATION s. f. Action de lancer. ' JACULATOIKE adj. Ne s'emploie que dans cette locution , Oraison jaculatoire, prière courte et fervente. JADDUS, grand-prêtre juif qui refusa à Alexandre le Grand les vivres et les secours qu'il lui demandait. Le Macédonierj, irrité, marcha sur Jérusalem ; mais aux portes de la ville, ayant vu venir à sa rencontre Jaddus escorté des piètres et des lévites, il tomba à ses genoux en lui disant qu'en songe il avait vu un homme semblable à lui qui lui avait prédit l'empire de l'Asie. A partir de ce jour les Juifs eurent la protection d'Alexandre. * JADE s. m. Pierre d'une couleur verdàtre ou olivâtre, fort dure : tin vasi' de jade. — Encycl. Le jade est un minéral d'une compo- sition variable; il se compose principalement de silice, de magnésie et de chaux; on le trouve avec les ardoises et la pierre a chaux métamorphique. On l'emploie comme pierre ornementale. Il est tenace, translucide, à peu près aussi dur que le quartz, d'une cou- leur bleuâtre, vert léger ou rosé, et suscep- tible de recevoir un beau poli. JADE [ia-de] ou Jahde, petite rivière navi- j-'.ible de l'Oldenbourg (.Allemagne), qui se jette dans la baie de Jade au S.-O. de l'em- bouchure du Weser. La baie, qui a une éten- due de 180 kil. carr., se forma en loll à la suite d'une tempête. Le pays voisin du Jade fut acheté par la Prusse en lSo3 pour former un port de guerre qui fut ouvert en 1869. Depuis 1863, iu territoire de Jade. fait partie de la province de Hanovre ; il forme la station principale de la marine allemande. (Voy. Wilhelmshaven.) JADIN (Louis-EminanueL compositeur, né à Versailles en 1768. mort en lf>o3. En 1802, il devint professeur du (conservatoire de Pa- ris et en 1814, gouverneur des pages de la musique du roi. 11 écrivit 39 opéras et opé- rettes et "2,ï autres compositions complète- ment oubliées. * JADIS adv. [ja-di5s; ou jâ-di] (lat. jam, déjà ; dies, jour). Autrefois, au temps passé, il y a longtemps : on pensait jadis tout autre- ment. — ■ S'emploie quelquetois adjective- ment avec le mot temps: les bonnes geyis du temps jadis. (Fam.) — « s. m. Les guerriers de jadi^. J5;GER,Gustav)[ié-ghèr], peintre allemand, né en 1808, mort en 1871. Il fit d'excellentes peintures à fresque à Munich et à Weimar, et in 1847 il devint directeur de l'académie de Leipzig. Ses productions comprennent La .Mort de M'iise et l'Inhumation du Christ. JAEMTLAND [lémmt-lànd], la;n occidental de la Suède centrale; ■■)0,000 kil. cari'.; 80,000 hab. Il est montagneux dans l'O. et renfei nie plu^ieurs lacs. Capitale, Ostersund. JAEN [ja-aiii]I, province d'Esfiagne (An- dalousie), arrosée par le Guadalquivir ; 13,420 kil. carr.; 438,000 bab. La partie -septentrionale est montagneuse, la partie centrale forme une vallée irrégulière. Elle possède de grandes quantités de bœufs, de beaux chevaux et dillérents minéraux. Les principales villes sont : Andiijar, Alcala la Keal, Baylen et Ubeda. — II, ville forliliée, caiiitale de celte province, sur la rivière Jaen, à 00 kil. N. de Grenade; popul. : 23,U4ahab. JAGE La nouvelle ville s'étend en dehors des murs, dans une plaine, sur les bords de la rivière. JAFFA ou Yafa (anc. Joppa ; hébr. Yapho), ville et port de Palestine, à 65 kil. N.-O. de Jé- rusalem ; environ 17.000 hab. (4,300 musul- mans, 5,000 chrétiens et environ 500 étran- gers etjuils). Elle forme un labyrinthe d'im- passes, de ruelles et de rues en ruine. C'est .ÎAGG i31 Pologne sous le nom de Ladislas II, après avoir épousé en 1386 la reine polonaise Hed- vig, fille de Louis le Grand de Hongrie et de Pologne. Sa dynastie s'éteignit en I.ï72. Des membres de cette maison régnèrent aussi en Hongrie et en Bohême. (Voy. Hongrie, La- dislas II, LiTHUANiE et Pologne.) JAGEMANN (Karoline) [ià-ghe-mâon], at Jafla. le port de Nablus, de Jérusalem et detoute la contrée jusqu'à Gaza. Les exportations