CRYPTOGAMIE
Four o ALGOLOGIE
Fascicule 1 1990
COMITÉ DE LECTURE
F. ARDRÉ (Paris), Ed. BOUREAU (Paris), P. COMPÈRE (Meise), A. COUTÉ (Paris), G. DUCREUX (Paris), F. GASSE (Paris), P. GAYRAL (Caen), M. GUERLESQUIN (Angers), J.M. JONES (Isle of Man), M.T. L'HARDY (Le Mans), J.W.G. LUND (Ambleside), F. MAGNE (Paris), D. MOLLENHAUER (Frankfurt/Main), G.W. PRESCOTT (Wyoming), C.W. REIMER (Philadelphia), M. RICARD (Paris), J. SEOANE-CAMBA (Barcelone), A. SOURNIA (Roscoff), J.A. WEST (Berkeley).
MANUSCRITS
Les recommandations aux auteurs sont publiées dans le premier fascicule de chaque tome. Les auteurs sont priés d'adresser leurs manuscrits (en trois exemplaires) au Directeur- Rédacteur de Cryptogamie, Algologie, Laboratoire de Cryptogamie, Muséum National d'Histoire Naturelle, 12 rue Buffon, 75005 Paris.
Les tirages à part et les illustrations sont à la charge des auteurs.
ABONNEMENTS ANNUELS
CRYPTOGAMIE comprend trois Sectio Algologie, Bryologie-Lichénologie, Mycologie.
Abonnement à l'une ou l'autre Section pour 199 France
(326 F ht) 332,85 F tte
Étranger 57,00 F Abonnement aux 3 Sections pour 199% France (918 F ht) 937,28 F tte Étranger 1000,00 F
Prière de bien vouloir envoyer le montant par chèque bancaire ou par chèque postal libellé à l'ordre de : A.D.A.C. - CRYPTOGAMIE (CCP La Source 34 764 05 S), et adressé à:
A.D.A.C. - CRYPTOGAMIE 12, rue Buffon, F-75005 Paris.
Cryptogamie, Algologie est indexé par Aquatic Sciences Fisheries Abstracts Part 1, Biological Abstracts, Chemical Abstracts, Current Contents, Marine Science Contents Tables (F.A.O.), Publications bibliographiques du CDST (Pascal).
O Copyright 1990. Cfyptogamic, Algologie. e
Source : MNHN. Paris
RYPTOGAMIIE
ALGOLOGIE
TOME 11 Fascicule 1 1990
Anciennement REVUE ALGOLOGIQUE Fondée en 1922 par P. ALLORGE et G. HAMEL Directeur-Rédacteur : P. BOURRELLY Editeur : A.D.A.C.
SOMMAIRE
R. KLING - Le Professeur Marcel BODARD (1927-1988) .......s111111. 1
L. JOSE, C. SHAJI and R.J. PATEL - Coronastrum lunatum a new Chlorococcal alga from India
M.H. ABDEL-RAHMAN, F. MAGNE et C. BIDOUX - Le cycle de développement de l'Acrochaetium corymbiferum (Rhodophycez
Acrochaetiales) 13 M.H. ABDEL-RAHMAN et F. MAGNE - Variation du carposporophyte chez les Acrochaetiales (Rhodophyta) 2 I. IZAGUIRRE, P. del GIORGIO, I. O'FARRELL y G. TELL Clasificación de 20 cuerpos de agua andino-patagónicos (Argentina) en base a la estructura del fitoplancton estival ...... 31 M. LARPENT-GOURGAUD, M.P. AUMAITRE et A.A. HARCHALI - Lumière et régénération des Fes de Draparnaldia mutabilis (Chaetophorales, Chlorophyta) . 47 Journées phycologiques dédiées à Jean FELDMANN (Paris, 19 et 20 décembre 1988) eocnacicanins O A al Oo, Ouvrages reçus pour ANAÏYSE cm en sim 19 A O 77
Il
|
Bibliothèque Centrale Muséum
3.3001 00227824 9 urce- MNĦN Paris
CRYPTOGAMIE, ALGOLOGIE Tome 11 Fascicule 1 1990
CONTENTS
R. KLING - Prof. Marcel BODARD (1927-1988)
L. JOSE, C. SHAJI and R.J. PATEL - Coronastrum lunatum a new Chlorococcal alga from India ....
M.H. ABDEL-RAHMAN, F. MAGNE et C. BIDOUX - Life cycle of Acrochaetium corymbiferum (Rhodophyceae, Acrochaetiales) .
M.H. ABDEL-RAHMAN et F. MAGNE - Carposporophyte va- riations in the Acrochaetiales (Rhodophyta)
I. IZAGUIRRE, P. del GIORGIO, I. O'FARRELL y G. TELL - Classification of 20 lakes from Patagonia based on the estival phytoplancton structure ....
M. LARPENT-GOURGAUD, M.P. AUMAITRE et A.A. HARCHALI - Light and regeneration in protoplasts of Draparnaldia mutabilis (Chaetophorales, Chlorophyta)
Phycological meeting dedicated to Jean FELDMANN (Paris, 19 and 20 december 1988)
47
59 71 77
Books review .
Recommendations to authors ....
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Algol. 1990, 11 (1): 1-7 1
LE PROFESSEUR MARCEL BODARD (1927-1988)
R. KLING
Université de Lille Flandres-Artois, Laboratoire d'Algologie et de Biologie Végétale Marine, U.F.R
de Biologie, SN2, 59655 Villeneuve d’Ascq Cedex.
Une chute mortelle le samedi 12 novembre 1988 a interrompu une trop brève retraite que le Professeur Marcel Bodard s'apprêtait à consacrer da- vantage aux siens, à la municipalité d'un arrondissement lillois dont il était
Source : MNHN, Paris
2 R. KLING
le maire-adjoint, ainsi qu'à la Maison de la Nature et de l'Environnement de Lille dont il était le fondateur et dont il restait le président.
Né à Paris dans le 10ème arrondissement le 29 juillet 1927, il entre- prend ses études secondaires dans cette même ville au Collège Turgot avant d'entrer à la Faculté des Sciences à la Sorbonne où il poursuit ses études supérieures centrées sur la biologie ct la physiologie végétale.
Son goût prononcé pour la botanique tropicale le conduit natu- rellement en 1949 à l'Ecole Supérieure d’Application d'Agriculture Tropicale de Paris. Il est reçu premier au diplôme de sortie (en Recherches Agronomi- ques et Botaniques) en qualité d'ingénieur E.S.A.A.T.
LA PÉRIODE AFRICA
Les travaux sur les angiospermes (1951-1968)
Il effectue plusieurs stages d'initiation à la botanique tropicale, notam- ment chez Monsieur Pellegrin, Sous-Directeur au Laboratoire de Phanérogamie du Muséum d'Histoire Naturelle, avec lequel il publie ses premières notes sur les Sterculiacées africaines et chez le Professeur Mangenot à l'Institut d'Etudes et de Recherches Tropicales à Adiopodoumé en Côte d'Ivoire où il apprendra les techniques de la cytologie végétale, avant d'assumer la création puis la direction du Laboratoire de Botanique du Centre de Recherches Agronomiques de Bingerville près d'Abidjan en Côte d'Ivoire. Ses recherches à vocation essentiellement agronomiques ont pour objet la culture des caféiers et des kolatiers. Ses notes sur la fécondation croisée obligatoire et sur la polyembryonie de Cola nitida sont publiées dans le Journal de Botanique Appliquée et d'Agriculture Tropicale ainsi que dans le Bulletin de la Société Botanique de France.
Il quitte le Centre de Bingerville en 1958 laissant un important rapport sur la systématique de Coffea camphora.
À son arrivée à l'Université de Dakar il publie un travail de systématique qui propose une nouvelle classification des Sterculiacées basée sur les structures de fruit et de graine. Sa thèse d'Etat intitulée “Contribu- tion à l'étude systématique du genre Cola en Afrique occidentale” et soute- nue en 1960 sera la première Thèse d'état soutenue dans cette Université. Les travaux qu'elle expose touchent aux divers traits de la biologie de ce Cola (systématique, répartition géographique, morphogenèse, biologie florale, caryologie et tératologie) auquel son nom restera attaché - Cola bodardii - grâce à un travail de Pellegrin (1950).
La faible représentation des Sterculiacées au Sénégal conduit Marcel Bodard à abandonner l'étude de cette famille au profit de celle des Cypéracées particulièrement le genre Bulbostylis. Elle lui permet de se fa-
Source - MNHN, Paris
Marcel BODARD (1927-1988) A
miliariser avec le British Museum, Herbarium de Kew, ainsi qu'avec les Herbiers des Muséums de Berlin et de Paris.
C'est au cours de cette époque qu'il collabore avec J. Miége, alors pro- fesseur à la chaire de Botanique Tropicale de cette Faculté des Sciences de Dakar, à des travaux phytosociologiques sur la flore des jachères.
Ces recherches marqueront la fin de ses travaux sur les Spermatophytes Angiospermes.
Les recherches phycologiques (1962-1967)
En effet, dès la fin de l’année 1962, conscient que son travail faisait double emploi avec celui du Professeur J. Miège et que simultanément le Sénégal avait un "besoin urgent de spécialistes de biologie marine” (loc. cit.) Marcel Bodard s'oriente alors, guidé et conseillé dans ce choix par le Profes- seur Miège lui-même ainsi que par le Professeur J. Feldmann, vers la biolo- gie végétale marine.
Commence alors pour lui l'exploration de la côte sénégalaise et la récolte de la flore algale qu'il inventorie dans ses carnets de route. L'analy- se minutieuse des échantillons lui offre de renouer avec ses compétences de systématicien et de cytologiste. Il dresse alors, après un long travail de détermination, une liste des algues de la pointe de Sarène et décrit des espèces nouvelles du Sénégal dont Grateloupia senegalensis, Pseudo- branchioglossum senegalensis et plusieurs Gracilaria.
L’observation attentive des échantillons permettra a M. Bodard de contribuer de manière significative à la connaissance des cycles biologiques des algues rouges notamment par la découverte chez Agardhiella, Gracilaria et Anatheca de gamétophytes nains. Il entreprend également l'étude détaillée des genres Hypnea et Laurencia.
Ces débuts prometteurs de ses nouvelles recherches en Afrique furent malheureusement obérés par un retour précipité en France où il est alors nommé Professeur sans chaire à l’Université des Sciences et Techniques de Lille.
Fallait-il désormais, nonobstant l'éloignement des contrées africaines, poursuivre les recherches entreprises sur les algues sénégalaises’ Convenait-il de fixer des voies nouvelles à sa recherche? Fidèle à son goût naissant pour l'algologie, M. Bodard optera pour la continuité: son laboratoire sera un la- boratoire d’Algologie et de Biologie Marine.
LA PERIODE LILLOISE (1968-1987)
La recherche s’articulera autour des deux themes étroitement liés sur le plan expérimental de la culture in vitro de quelques algues rouges et de leur
Source : MNHN. Paris
4 R. KLING
morphogenèse. Les sujets qu'il proposera à ses élèves auront pour vocation première la cladomogenèse comparée des cladothalles uniaxiaux et multiaxiaux “parenchymatisés”, Les algues chefs de file de ces travaux seront des Gigartinales multiaxiales (Ahnfeltia, Polyides, Furcellaria), une Gigartinale uniaxiale (Gracilaria), des Rhodyméniales Champiacées (Lomentaria, Gastroclonium), une Céramiale Rhodomélacée (Laurencia).
M. Bodard empruntera à sa formation agronomique ainsi qu'aux compétences qu'il aura acquises en cytologie et en systématique, notamment au cours des stages qu'il a Suivis chez le Professeur Mangenot à Adiopodoumé, les connaissances et le savoir-faire nécessaires pour former ses élèves et les aider à l'avancement de leurs travaux, De cette époque il res- te au soussigné le souvenir anecdotique de grandes affiches disposées à l'entrée des pièces de culture qui portaient le détail de la formulation de di- vers milieux de culture (milieux de Chu, de Provasoli, de Fries...) mais qui affichaient aussi les intentions de leur auteur.
Conjointement á ces activités M. Bodard restait soucieux de publier les travaux déjà entrepris sur quelques algues africaines, ceux notamment ayant trait d’une part a1’ Helminthocladia senegalensis, une nouvelle Némalionale à carpotétraspores et à cycle haplodiplophasique, d'autre part ceux concernant le cycle biologique des Némalionales.
Toujours à l'écoute d'une région en pleine mutation économique à la- quelle il venait de s'intégrer, notamment en matière de sauvegarde de son environnement, M. Bodard n'hésitera pas un instant, en coordination avec le laboratoire de Limnologie du Professeur P. Vivier également installé dans cette même Université de Lille, à développer l'étude des algues d'eaux dou- ces en relation avec le système des saprobies. Ces recherches conduisirent d'ailleurs à une Thèse de 3ème cycle dont les résultats servirent de référence à un ouvrage classique sur la pollution des eaux douces.
Mais fidèle à son inclination première d'agronome et pressentant de bonne heure, presque de manière pionnière, le rôle majeur que les algues al- laient jouer dans les divers domaines de l'activité humaine (alimentation, santé, énergie), M. Bodard ouvrira dans son laboratoire un nouveau secteur d'activité, en coordination cette fois-ci avec le laboratoire de Biochimie du Professeur Montreuil de cette même Université, sur les phycocolloides pariétaux des algues rouges et leur utilisation.
Les essais de culture préindustrielle d'algues rouges, les travaux en col- laboration avec VI.N.R.A. sur la bioconversion méthanique des composés algaux, sont autant d'initiatives qui placent en exergue la préoccupation constante de M. Bodard de ne pas isoler la recherche fondamentale du tissu économique environnant.
Source : MNHN, Paris
Marcel BODARD (1927-1988) 5
Déjà au Sénégal et dans la même perspective, avait-il rédigé et publié plusieurs documents de vulgarisation et d'enseignement voués à faire connaî- tre les Algues et leur utilité pour l'Homme.
A ces qualités du chercheur inlassable toujours en quête de voies nou- velles, écartées des chemins de la routine, M. Bodard sut allier celles d’un pédagogue et d'un enseignant de qualité dont bénéficièrent de nombreux étudiants et étudiantes. Il consacrait beaucoup de temps à rédiger ses cours, qu'il remodelait sans cesse, les enrichissant des données les plus récentes de la littérature.
M. Bodard, homme au tempérament vif et contrasté avait de grandes capacités d'écoute et de dialogue.
Ses mérites et les services qu'il rendit, notamment en Afrique lui va- lurent des distinctions dont celles de Chevalier de l'Ordre National de la République du Sénégal et d'Officier de l'Ordre des Palmes Académiques.
Il était membre actif de la Société de Botanique du Nord et de la Société Phycologique de France dont il assuma pendant plusieurs années avec dévouement et plein d'idées, la charge administrative de Secrétaire Général.
LISTE DES PUBLICATIONS
1950 - (en collaboration avec F. PELLEGRIN). Byttneria nouveau du Gabon. Bull. Soc. Bot. France 97: 31.
1952 - Sur quelques Cypéracées africaines. Bull. Soc. Bot. France 99 (1-3): 61-63.
1954 - Notes sur quelques kolatiers africains. I. J. Agric. Trop. Bot. Appl. 1 (1-9): 312-316.
1954 - Polyembryonie chez Cola nitida. VIIIème Congrès International de Botanique Paris-Nice, Rapports et Communications 1-8: 259.
1955 - Notes sur quelques kolatiers africains. Il. J. Agric. Tropicale Bot. Appl. 2 (1-2): 50-63.
1955 - Notes sur quelques kolatiers africains. II. J. Agric. Tropicale Bot. Appl. 2 (10-11): 527-529.
1955 - Contribution à l'étude de Cola nitida. Croissance et biologie florale. Bull. C.R.A. Bingerville 11: 3-28.
1956 - Sur Vexistence d'un Cola nouveau très proche des kolatiers cultivés. Bull. Soc. Bot. France 103 (3-4): 149-150.
1958 - (en collaboration avec R. PUJOL). Sur deux Cola mal connus de Guinée française. J. Agric. Trop. Appl. 5 (8-9): 589-594.
1959 - Propositions nouvelles sur la classification des Sterculiées. Ann. Fac. Univ. Dakar 4: 57-60.
1960 - Contribution à l'étude systématique du genre Cola en Afrique Occidentale. Les idées actuelles sur le chondriome à la lumière des travaux au microscope électronique (2ème sujet). Thèse de Doctorat d'Etat. An. Fac. Sci. Univ. Dakar 7; 7-182.
ci,
Source : MNHN, Paris
6 R. KLING
1961 - (en collaboration avec J. MIEGE). Sur la limite septentrionale en Afrique de Remirea maritima Aubl., Cypéracée maritime. Bull. Inst. Franç. Afrique Noi- re, ser. A, 23 (3): 703-707. 1961 - Notes préliminaires a la ré
jon du genre Bulbostylis (Cypéracées). 1. Bull.
-4.
1963 - Notes préliminaires & la révision du genre Bulbostylis (Cypéracées). Il, Bull.
t. France 110 (3-4): 158-160.
e contribution á la révision du genre Bulbostylis (Cypéracées) en Afrique. Ann. Fac. Sci. Univ. Dakar 9: 51-80.
1964 - Le Gracilaria occidentalis Boerg.: une espéce de rhodophycée pantropicale atlantique. Bull. Mus. Nat. Hist. Nat. 36 (6): 874-878.
1965 - Grateloupia senegalensis. Nouvelle espèce de l'Ouest Africain (Rhodophytes, Cryptonémiales). Bull. Inst. Franç. Afrique Noire, ser. A, 27 (4): 1211-1220.
1965 - (en collaboration avee G. FELDMANN). Une nouvelle espèce de Botryocladia des côtes du Sénégal. Bull. Inst. Océanogr. Monaco 65 (1342): 2-14.
1966 - (cn collaboration avec J. MIEGE et J. CARRERE), Evolution floristique des végétations de jachére en fonction des méthodes culturales 4 Darou (Sénégal). Trav. Fac. Sci. Univ. Dakar, p. 1-
1966 - Les Gracilaria ct Gracilariopsis au Sénégal. Ann. Fac. Sci. Univ. Dakar 19: 27-55.
1966 - Sur le développement des tétraspores d” Anatheca montagnei Schmitz (Soliériacées, Gigartinales). Bull. Inst. Franç. Afrique Noire, sér. A, 28 (3): 867-894.
1966 - Première liste des espèces d'algues présentes sur la pointe de Saréne (Sénégal). Notes africaines 111: 81-89.
1967 - Sur le développement des cystocarpes des Gracilaria et Gracilariopsis au Sénégal. Bull. Inst. Franç. Afrique Noire sér. À, 29 (3): 869-897.
1968 - Sur l'infrastructure des corps en cerise de Laurencia (Rhodomélacées, Céramiales). Compt. Rend. Hebd. Séances Acad. Sci. 266: 2393-2396.
1968 - Les Hypnea au Sénégal. Bull. Inst. Franç. Afrique Noire, sér.A, 30 (3):
811-829.
Halymenia senegalensis nov. sp., espèce caractéristique de l'infra-littoral
sénégalais. Bull. Inst. Franç. Afrique Noire, sér. A, 33 (1): 1-19.
1971 - Sur un genre nouveau de Délesseriacées: Pseudobranchioglossum senegalense, algue de l'infralittoral sénégalais. Bull. Inst. Frang. Afrique Notre, sér. A, 33 (1): 22-31. 2
1971 - Etude morphologique et cytologique d’ Helminthocladia senegalensis
(Rhodophycées), Némalionale nouvelle à carpotétraspores et à cycle
haplodiplophasique. Phycologia 10 (4): 361-374.
Le cycle des Rhodophycées: recherches actuelles sur les Némaliales. Bull.
Soc. Bot. N. France 24 (1-2): 111-119.
1973 - Réflexions sur les cultures d'algues rouges à partir de boutures. Bull. Soc. Phycol. France 18: 20-29.
1974 - (en collaboration avec R. KLING). Les néoformations chez les algues rou-
ges. Bull. Soe. Phycol. France 19: 31-35.
(en collaboration avec J. MOLLION). La végétation infralittorale de la pe-
tite côte sénégalaise. Bull. Soc. Phycol. France 19: 193-221.
1976 - (en collaboration avec J. GODIN). Morphogenèse des algues rouges. 1- Les Laurencia: une construction originale des cladothalles parenchymateux. Phycologia 15 (3-4): 263-274.
1963 -
1971
1971
1974
Source : MNHN. Paris
Marcel BODARD (1927-1988) T
1977
(en collaboration avec R. KLING). Influence de l'ablation de la cellule apicale dans l'apparition des néoformations chez Gracilaria verrucosa (Huds.) Papenfuss. Bull. Soc. Bot. N. France 30 (1-2): 1-4.
1978 - (en collaboration avec D. CHRISTIAEN). Essais d’extraction et d’analy: biochimiques d'agar-agar à partir de Gracilaria verrucosa (Huds.) Papenfuss. Bull. Soc. Phycol, France 23: 11-17.
1979 - (en collaboration avec R. KLING). Gracilaria verrucosa: un cladome? Rev. Algol. 14 (1): 63-83.
1979 - Bioconversion et énergie solaire. Nord-Nature 16: 3-11.
1980 - (en collaboration avec J. MOLLION, D. CHRISTIAEN et T. FOUCHER). Réflexions sur la culture industrielle des algues rouges. Vie Marine 2: 9-24.
1981 - (cn collaboration avee R. KLING). Sur la présence de Rhodymenia pseudopalmata var. ellisiae (Duby) Guiry dans l'étage infralittoral de la côte boulonnaise. Bull. Soc. Bot. N. France 34 (1-2
1981 - (en collaboration avec R. KLING). Sur la présence d'une variété de Callithamnion tetragonum Withering) C. Ag. dans la frange infralittorale de la côte boulonnaise. Bull. Soc. Bot. N. France 34 (3-4): 41-46.
1983 - (en collaboration avec T. STADLER, D. CHRISTIAEN, H. MORVAN et J. DELVINQUIER). Influence de divers facteurs physico-chimiques sur la croissance et la production d’agar de Gracilaria verrucosa. Assoc. Franç. Algol. Appl. : 245-258.
1983 - Les techniques de production en bassin. Biomasse Actualités 12 (3): 59-61.
1983 - (en collaboration avec D. CHRISTIAEN). Spectroscopie infrarouge de films
Wagar de Gracilaria verrucosa. Bot. Mar. 26: 425-427.
1983 = (en collaboration avec D. CHRISTIAEN et M.C. YERDS Mise au point sur les phycocolloïdes. Bull. Soc. Bot. N. France 36 (1-2
1984 - Charophycées et Phylogénie. Cryptogamie, Algol. 5 ( 13- 114.
1986 - (en collaboration avec R. KLING). La construction du thalle de Gracilaria verrucosa (Rhodophyceae, Gigartinales): édification de la fronde, essai d'interprétation phylogénétique. Cryptogamie, Algol. 7 (3): 231-246.
1987 - (en collaboration avec R. KLING). Morphogenesis of the frond of Gracilaria verrucosa (Huds.) Papenfuss: the differentiation of vegetative and sexual areas. Hydrobiologia 151/152: 205-206.
1987 - (en collaboration avec C. DESTOMBE et J. GODIN). The decay phase in the life history of Gracilaria verrucosa. The consequences in intensive culti- vation. In: STADLER T., J. MOLLION, M.C. VERDUS, Y. KARAMANOS, H. MORVAN and D. CHRISTIAEN (eds.), Algal Biotechnology, Elsevier Applied Science, London - New York, pp. 287-303.
1989 - (en collaboration avec R. KLING et M. PELLEGRINI). Aspects
ultrastructuraux de la différenciation cellulaire dans le point végétatif de la
fronde de Gracilaria verrucosa (Gigartinales, Rhodophyta). Cryptogamie,
Algol. 10 (3): 209-234.
E
Source - MNHN. Paris
a Suniel: Abra
¡DA RES > opti
E gout id
Cryptogamie, Algol. 1990, 11 (1): 9-12 9
CORONASTRUM LUNATUM A NEW CHLOROCOCCAL ALGA FROM INDIA
L. JOSE, C. SHAJI and R.J. PATEL
Department of Biosciences, Sardar Patel University, Vallabh Vidyanagar 388 120, Gujarat, India.
ABSTRACT - A rare Chlorococcal alga Coronastrum lunatum Thompson (Chloro- phyta, Chlorococcales, Scenedesmaceae) is for the first time reported from India.
RÉSUMÉ - Une espèce rare, Coronastrum lunatum Thompson (Chlorophyta, Chlorococcales,Scenedesmaceae) a été rencontrée pour la première fois en Inde.
KEY WORDS : Algae, Chlorophyta, Chlorococcales, Coronastrum lunatum, India.
INTRODUCTION
The genus Coronastrum is considered to be a rare member of the family Scenedesmaceae. It was established by Thompson (1938) with a single spe- cies C. aestivale from Lawrence, Kansas. The genus is characterised by the colourless appendages born by the cells. The generic characters of Coronast- rum described by Thompson (1938) were amended by Fott (1946) to include a second species, C. ellipsoideum Fott from Bohemia. Thompson (1950) reemended this to include a third species C. /unatwn stating that cell shape has only specific value and no generic importance. He considered that cell shape, size and compounding of the coenobia are of specific importance. The genus was again reported by Taft in 1971. Pfiester (1977) recorded C. el- lipsoideum from a Canadian river near Norman, Oklahoma, USA. Hindák (1977) recorded this genus from Czechoslovakia. Since then there has been no report of this genus.
The generic characters of Coronastrum are now based on the append- ages born by the cells. The coenobia are composed of 4 cells in a flat plane. The cells are joined together by strands of cell wall substances. Each cell has a scale like fragment of mother cell wall and a parietal chloroplast with a pyrenoid. Reproduction is by autospores.
Source - MNHN. Paris
10 L. JOSE, C. SHAJI and R.J. PATEL
Figs. 1-7: Coronastrum lunatum Thompson, Figs. 1 et 4: Lateral views of coenobium. Figs. 2, 3, 5-7: Top views of coenobium (in fig. 5, a top view of a young one).
Source : MNHN, Paris
CORONASTRUM LUNATUM 11
MATERIALS AND METHODS
The authors while conducting studies on the phytoplankton composi- tion of some permanent polluted ponds of Gujarat, collected a species of Coronastrum, in December 1986, from a pond at Bakrol. It was again col- lected from a similar nearby pond at Anand in October 1987. Periodic col- lections were made and the nature and reproduction of the alga were stud- ied. The collections are preserved in 4% formaldehyde and are kept in the Department of Biosciences herbarium.
OBSERVATIONS
The species consisted of 4 celled coenobia. The cells are lunate to tri- angular in shape with a scale like curved appendage. The cells are joined to- gether by short and thick strands of cell wall substances. The coenobia are slightly twisted a characteristic of the genus. Each cell contains a parietal chloroplast with a pyrenoid. The reproduction is by autospore formation. The autospore formation is initiated by the division of the cell contents into four which later on mature into the autospores. The daughter coenobia con- tains a part of the mother cell wall.
The present algae was found growing in ponds polluted with human faecal and laundry wastes. An earlier report of this genus (Thompson, 1938) is from a similar habitat. This indicates that the genus might be prefering organically rich nutrient water. The water was alkaline with a pH around 8.
SYSTEMATIC ACCOUNT
Coronastrum lunatum Thompson (Fig. 1-10)
Coenobia 4 celled with cells arranged in a flat plane. Cells lunate to triangular in lateral view and rounded in top view. Cellular appendages curved. Cells attached to one another in the median long axis by short and thick strands. Cells 5.8-18.24m long including appendages, 4.0-4.8um thick.
Habitat: Planktonic in a polluted pond at Bakrol, December 1986 (C. No.B.15)
DISCUSSION
According to Thompson (1950), the speciation of Coronastrum is based on the size, shape and compounding of the coenobia. The present taxon in cell shape closely resembles C. lunatum, but it differs from the latter in the nature and dimensions of the connecting strands. The connecting strands are narrow, slender and slightly long in C. /unatum where as it is slightly thick in
Source : MNHN, Paris
12 L. JOSE, C. SHAJI and R.J. PATEL
Fig. 8-10: Coronastrum lunatum Thompson. Fig nobium from the top showing the connecti Autospore formation in the parent cell. Fi Scale bars: 10m.
: Phase contrast picture of a coc- g strands and appendages. Fig. 9: 10: Liberated young coenobium.
the present taxon. Hindak (1977), as mentioned by Komarek and Fott (1983), also observed similar type of thick connecting strands. He considered it as environmental influenced variation. The Indian taxon even though showed variation in the dimension of connecting strands is treated here as C. lunatum agreeing to Hindak (1977) view.
ACKNOWLEDGMEN sistance.
- The authors thank UGC, New Delhi for financial as-
REFERENCES FOTT B., 1946 - Taxonomical studies on Chlorococcales. 1. Stud. Bot. Cechoslov. 7: 165-171,
HINDAK F., 1977 - Phytoplankton of a branch of the Danube near the water works island in Bratislava. Biologia 32: 517-532.
KOMAREK J. & FOTT B., 1983 - Chlorophyceae (Griinalgen), Ordnung Chlorococ- cales. Das Phytoplankton des Susswassers 7, 1, Stuttgart, 1044p.
PFI R L.A., 1977 - The alga Coronastrum a rare find. Trans. Amer. Microscop.
Soc. 96: 163.
TAFT C.E. & C.W., 1971 - The algae of Western Lake Erie. Ohio Surv. Bull. 4: 1- 189.
THOMPSON R.H., 1938 - Coronastrum a new genus of algae in the family Scene- desmaceae. Amer. J. Bot. 25: 692-694.
THOMPSON R.H., 1950 - A new species of Coronastrum. Amer. J. Bot. 37: 371-373.
Source - MNHN, Paris
Cryptogamie, Algologie 1990, 11 (1): 13-22 B
LE CYCLE DE DEVELOPPEMENT DE L’ ACROCHAETIUM CORYMBIFERUM (RHODOPHYCEAE, ACROCHAETIALES)
M.H. ABDEL-RAHMAN*, F. MAGNE** et C, BIDOUX**
* Département de Botanique, Faculté des Sciences, Université du Caire, Le Caire, Egypte ** Laboratoire de Biologie Végétale Marine, Université Pierre et Marie Curie, 7 quai St Bernard, 75252 Paris Cedex 05.
RESUME - Le cycle de développement de 1’ Acrochaetium corymbiferum (Thuret) Batters a pu être établi en culture, à partir de son tétrasporophyte récolté pour la première fois dans la nature. Ce cycle est trigénétique et comprend deux générations libres représentées par des nématothalles hétérotriches semblables par leur cytologie et leur morphologie végétative. Les implications systématiques et l'écophysiologie de cette espèce sont discutées.
ABSTRACT - Starting from the tetrasporophyte collected for the first time in na- ture, the life history of Acrochaetium corymbiferum (Thuret) Batters has been estab- lished. This life history is trigenetic and comprises two nematothallian heterotrichous free living generations which are morphologically and cytologically similar. Some im- plications dealing with the systematic position as well as the ecophysiology of this species are discussed.
MOTS CLES : cycle de développement, culture, reproduction, Rhodophyceae, Acrochaetium corymbiferum.
INTRODUCTION
Acrochaetium corymbiferum (Thuret) Batters est une espèce ordinai- rement épiphyte et à base endophyte vivant sur I’ Helminthocladia calvadosii (Lamouroux ex Duby) Setchell (Bornet, 1904). Elle a été décrite par Thuret (in Le Jolis, 1863 p. 197, sous le nom de Chantransia corymbifera) à partir de matériel gamétophytique. Elle a été maintenue dans le genre Acrochaetium, en accord avec la définition de celui-ci proposée par J. Feldmann (1962).
Source : MNHN. Paris
M.H. ABDEL-RAHMAN, F. MAGNE et C. BIDOUX
Source : MNHN. Paris
ACROCHAETIUM CORYMBIFERUM 15
Le présent travail a été entrepris à partir de deux souches de nature tétrasporophytique dont la position systématique n’a pu être affirmée qu'à partir du moment où les cultures ont permis de disposer de gamétophytes fertiles.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Les deux souches, conservées au Laboratoire de Biologie Végétale Ma- rine de l'Université P. et M. Curie (Paris VI) sous les numéros 302 et 305, ont été préparées, respectivement: 1) en mai 1977 à partir d'un fragment de thalle épiphyte sur une fronde de Solieria chordalis (C. Ag.) J. Ag. recueillie en épave à la Pointe du Grand Mont (Morbihan, 56; leg. M. Richard); 2) en juin 1977 á partir d'un fragment de thalle épiphyte sur un individu de Nemalion helminthoides (Velley in Withering) Batters récolté à l'Ile Grosse à Banyuls-sur-mer (Pyrénées-Orientales, 66). Elles ont été en un premier temps rapportées, la premiére, á la variété agama Rosenvinge de 1 Acrochaetium thuretii (Bornet) Collins et Hervey par suite de la ressemblance des frag- ments porteurs de tétrasporocystes avec la fig. 30C de Rosenvinge (1909, sous le nom de Chantransia thuretii Bornet), la seconde à I’ Acrochaetium nemalionis (De Notaris ex Dufour) Bornet par ses dimensions cellulaires et son état semi-endophyte dans le thalle de Nemalion. Une troisième souche (n° 162)présente dans la collection du Laboratoire doit être mentionnée ici, bien qu'elle n'ait pas été utilisée au cours de ce travail par suite d'une fécondité trop faible; elle a été préparée en Août 1975 à partir d'un thalle fixé sur I’ Atractophora hypnoides Crouan et Crouan dragué en Baie de Morlaix (Finistère, 29); elle a produit des tétraspores dont l'une a conduit à un individu male correspondant indiscutablement à I Acrochaetium corymbiferum.
Ces souches sont conservées au Laboratoire en lumière naturelle très atténuée et à la température de 12 + 1°C. Dans ces conditions, elles produi- sent des monospores permettant de préparer des clônes d'individus.
Les cultures expérimentales ont été entretenues en milieu ES de Provasoli (1968) modifié selon Magne (1986). Les récipients de culture
Fig. 1 - Acrochaetium corymbiferum (gamétophyte, carposporophyte ct tétrasporophyte) en culture. - A: gamétophyte mâle mûr issu d'une tétraspore, qui persiste; l’un des filaments dressés porte des spermatocystes agglomérés en corymbe. - B: détail du filament dressé précèdent. - C à H: portions de fila- ments dressés d’un gamétophyte femelle dont le carpogone est sessile (F) ou pédicellé (C, E, G et H), placé latéralement (C et de E à H) où parfois terminal (D). - I; carposporophyte mûr. - J et K: portions de filaments dressés d’un tétrasporophyte portant des tétrasporocystes et des monosporocystes.
Source - MNHN. Paris
M.H. ABDEL-RAHMAN, F. MAGNE et C. BIDOUX
échelle 20pm
Fig. 2 - Acrochaetium corymbiferum (tétrasporophyte) en cultu. tétrasporophytes adultes portant p tétrasporocyste; son contenu est d
~ A et B: détail d'un et présente quatre tétraspores formées
selon le mode crucié. - D: détail de deux ramules à monosporocyste et/ou à tétrasporocyste.
ieurs tétrasporocystes. -
Source : MNHN, Paris
ACROCHAETIUM CORYMBIFERUM 17
(piluliers en verre de 15ml à cape plastique et boîtes de verre étanches (boñ- tes å tare) de 80ml) ont été soumis à un éclairement fourni par des tubes fluorescents (Mazda type "blanc industrie”) d'une énergie de 5 à 504E m2 sl, selon des photopériodes de jour long (JL), de jour moyen (JM), de jour court (JC) ou de jour très court (JTC) c'est-à-dire comportant respec- tivement 16, 12, 8 ou 5h d'éclairement par jour, et à des températures de 10, 12, 14 et 16 + 1°C. Les échantillons ont été examinés in vivo sous le micro- scope.
RÉSULTATS
Les deux souches ont conduit à des résultats absolument identiques qu'il ny à pas lieu d'exposer séparément.
Développement des tétrasporophytes
Les individus obtenus á partir des monospores sont représentés par des nématothalles hétérotriches. Placés par lots dans toutes les conditions précitées, ils sont semblables quelles que soient celles-ci. Leur partie ram- pante ést constituée d'un ensemble de filaments prostrés assez peu ramifiés; leur partie dressée est formée de filaments comparativement longs et ramifiés de façon souvent unilatérale. Leurs cellules ont de 8 à 10um de diamètre sur (26)37 a 47um de long: chacune renferme un plaste unique, en plaque pariétale occupant souvent la presque totalité de la surface cellulaire chez les cellules âgées, et toujours pourvu d'un pyrénoïde (Figures 1.B à K et 2, B à D). Ces individus produisent des monospores dans toutes les conditions utilisées de température, d'éclairement et de photopériode. Les monosporocystes, ovoides, de 14-16 x 22-24um, se forment à l'extrémité de rameaux constitués par une (parfois deux ou trois) cellule de 7-9 x 11-14(18)um et portés par un article quelconque des rameaux latéraux des fi- laments dressés.
Les individus des deux souches sont devenus porteurs de tétrasporocystes. Ceux-ci ont apparu après 12 jours de culture, a toutes les températures et sous toutes les valeurs d’éclairement utilisées, mais seu- lement en conditions photopériodiques de JM et de JL. Ils sont de forme globuleuse, mesurant 19-21 x 26-28um, á division cruciée, isolés ou par deux et portés par des ramules unicellulaires (parfois pluricellulaires) disposés sur les rameaux latéraux de la méme maniére que les monosporocystes, plus ra- rement sur les filaments dressés principaux (Figures 1, J et K et 2, À à D). Ils libérent des tétraspores d'un diamètre d'environ 12-13 um.
Développement des gamétophytes
La germination des tétraspores a été observée dans toutes les condi- tions utilisées (cf. Matériel et méthodes). L'embryospore ne se vide pas de
Source - MNHN, Paris
18 M.H. ABDEL-RAHMAN, F. MAGNE et C. BIDOUX
Source MNHN. Paris
ACROCHAETIUM CORYMBIFERUM 19
son contenu mais persiste, grossit (jusqu'à 18-22um) et demeure très visible, la couleur de son plaste devenant plus foncée (Figure 3K). Elle forme tout d'abord un filament rampant qui se ramifie, puis un filament dressé à l'extrémité opposée; d’autres filaments dressés apparaissent ensuite sur le système rampant. Les filaments rampants sont ramifiés sans ordre; les fila- ments dressés portent des rameaux de second ordre généralement nombreux, souvent disposés unilatéralement, assez longs et s'effilant longuement en pseudo-poils. Il n'a pas été observé de poils véritables, unicellulaires. Les cellules sont cylindriques, de 6(8) à 10 um de diamétre et de 20 a 27(31)um de long. Le thalle ainsi constitué, haut de 0,5 4 2mm, est morpholo- giquement trés semblable à celui des tétrasporophytes. Il en est de même de l'appareil plastidial bien qu'un plaste à deux pyrénoides ait été observé quel- quefois chez des représentants de la souche n° 305.
Ces thalles portent des monosporocystes dans toutes les conditions utilisées. Les monosporocystes sont ovoides, de (8)10-12 x 18-21(26)um, le plus souvent sessiles ou bien portés par un ramule d'une cellule (rarement plus) inséré sur un article quelconque de filament dressé.
Ces thalles nés de tétraspores sont des gamétophytes car, après 14 jours en conditions de JL, sous un éclairement de 30uE m2? s1 et à une température de 16°C, ils ont formé des organes sexués (Figure 1, À à H et 3, A à H). Ils sont dioïques ou plus rarement monoïques. Les carpogones, contenant un plaste peu coloré, sont lagéniformes, de 6-9 x 18-22um, et surmontés d’un trichogyne d'une longueur variant de 13 à 30(40)um. Ils sont normalement portés par un rameau latéral formé d'une à plusieurs cellules de 7-8 x 12-17(21)um. Les spermatocystes, plus ou moins sphériques, de 3-4(6)um, sont groupés par 2-3 (rarement isolés ou par 4) sur une cellule- mère de 3-4 x 4-6(7)um. Les cellules-mères sont elles-mêmes groupées par 2, 3 ou plus aux extrémités de filaments latéraux ramifiés, l'ensemble formant un corymbe.
La fécondation (Figure 3B) et le développement du carposporophyte ont été observés. Le carpogone fécondé produit latéralement de nombreux
Fig. 3 - Acrochaetim corymbiferum (gamétophytes et carposporophytes) en culture. - A: rameaux dressés d'un gamétophyte bisexué. - B: idem, détail d’un rameau dressé portant côte à côte un carpogone (sur le trichogyne, une spermatie fécondante), des monosporocystes et des spermatocystes. - C 4 E: portions de filaments dressés d'un gamétophyte mâle portant des spermatocystes agglomérés en corymbe et des monosporocystes. - F a H: portions de filaments dressés d'un gamétophyte femelle portant des carpogones et des monosporocystes. - I ct J: des carposporophytes mars. - K: la partie basale d'un gamétophyte dont la spore fondatrice (tétraspore ou monospore de gamétophyte) persiste.
Source : MNHN, Paris
20 M.H. ABDEL-RAHMAN, F. MAGNE et C. BIDOUX
filaments gonimoblastiques ramifiés en corymbe, formés a leur base de cellu- les courtes; celles-ci se distinguent parfaitement des cellules végétatives voisi- nes, et en particulier de la cellule-support du carpogone, par leur coloration très faible due à un plaste petit et pâle dont le pyrénoïde réduit n'est pas toujours visible (Figure 1, 1). Les cellules terminales des filaments gonimoblastiques se transforment en carposporocystes ovoides (10-12 x 14-19um) et bien colorés.
DISCUSSION Le présent travail a abouti á trois résultats positifs.
Tout d'abord, il montre que la formation des tétraspores, ainsi que leur germination, s'effectuent dans des conditions qui admettent une assez large amplitude de variation: la formation des gamétocystes est plus exigeante, nécessitant des jours longs et une température ainsi qu'un niveau d'énergie relativement élevés. Mais de toute façon ces conditions sont en accord avec celles qui règnent ordinairement aux époques où ont été observés les tétraspores (en mai, cf. souche n° 302) et les gamétocystes (en juillet, août et septembre, par Thuret et par J. Feldmann, cf. plus bas).
Ensuite, il montre que l'identification exacte du matériel, représenté à l'origine pour les trois souches par des individus de nature tétrasporophytique, n'a pu être considérée comme certaine qu'à partir du moment où, grâce aux cultures, on à pu disposer d'individus mâles dont les organes, en groupement corymbiforme de ramuscules porteurs de spermatocystes, semblent bien être la partie la plus discriminante de l'espèce. Ainsi que nous avons eu déjà l'occasion de le préciser (Magne & Abdel- Rahman, 1983), on s'expose à des erreurs en ne prenant en compte qu'une seule génération de l'espèce qu'on se propose d'identifier.
Enfin, il démontre que l° A. corymbiferum, qui n'était depuis sa découverte (1851: Thuret, in herbarium) connu que comme un gamétophyte, en fait possède un cycle de développement de type trigénétique dans lequel le gamétophyte a pour pendant un tétrasporophyte qui lui est morpholo- giquement semblable. L'existence d'une fécondation d'une part, de tétraspores d'autre part, montre (en dépit du défaut de preuves de nature caryologique, qui n'ont pu être obtenues par suite de la très faible taille des noyaux) que très vraisemblablement ce cycle est aussi haplodiplophasique Le tétrasporophyte correspond à la forme connue sous le nom d’ A. nemalionis (De Notaris ex Dufour) Bornet et rencontrée fréquemment dans la nature bien que toujours, semble-t-il, en absence de tétrasporocystes.
Cette clarification ne résout toutefois pas tous les problèmes relatifs à cette espèce.
Source - MNHN. Paris
ACROCHAETIUM CORYMBIFERUM 21
Sur les côtes de France, I’ A. corymbiferum à l'état de gamétophyte n'est pas du tout une espèce fréquente. Il a été rencontré, en épiphyte sur Helminthocladia calvadosii, seulement par Thuret à Belle-Ile (1851), à Biarritz (1854) et à Guéthary (1868) (Bornet, 1904) et depuis n'a été retrouvé, semble-t-il, qu'une seule fois, dans cette dernière station, en 1927 par Feldmann, et sur Helminthocladia toujours (selon l'échantillon n° 359 inclus dans son herbier); en outre, il semble ne jamais avoir été rencontré en Méditerranée. Bien au contraire, le tétrasporophyte correspondant (4. nemalionis) est ordinairement fréquent, en particulier sur nos côtes méditerranéennes.
Une des raisons de cette discordance serait peut-être que l'algue que nous nommons 4. nemalionis pourrait représenter le tétrasporophyte d'une ou plusieurs espèces autres que l 4. corymbiferum. En particulier, on ne peut manquer de penser al’ A. thuretii (Bornet) Collins et Hervey, qui en est très voisin et semble bien n’en différer que par la base du thalle qui est épiphyte et non endophyte, et par les spermatocystes qui sont disposés en petits groupes et non en édifices corymbiformes volumineux. Or, ainsi que Va bien montré Woelkerling (1970) chez Acrochaetium botryocarpum (Harvey) J. Agardh, l'état endophyte et l'état épiphyte du système rampant peuvent être déterminés par la nature du support et coexister chez une même espèce; incidemment, on notera ici que |’ 4. corymberiferum a toujours été rencontré sur une algue de consistance gélatineuse et |’ A. thuretii sur une algue à cortex cohérent (Ceramium en particulier). D'autre part, on peut se deman- der si le regroupement des spermatocystes en gros glomérules chez 4. corymbiferum ne pourrait pas résulter de conditions d'ambiance particulières. Si bien qu'il se pourrait qu'un jour on soit amené à considérer ces deux taxons comme synonymes. Il y a là un problème qui ne pourra être résolu que par la culture en parallèle de I’ A. corymbiferum et de Y A. thuretii.
REMERCIEMENTS
Les auteurs remercient Mare Richard d'avoir récolté et rapporté à leur inten- tion du matériel vivant, et Françoise Ardré d'avoir effectué pour eux des recherches dans les herbiers de Cryptogamie du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.
BIBLIOGRAPHIE BORNET E., 1904 - Deux Chantransia corymbifera Thuret. Acrochaetium ct Chantransia. Buil. Soc. Bot. France 55: 14-23.
FELDMANN J., 1962 - The Rhodophyta order Acrochaetiales and its classification. Proc. 91h Pacific Sci. Congress, 4: 219-221.
LE JOLIS A., 1863 - Liste des algues marines de Cherbourg. Mém. Soc. Imp. Sci. Nat. Cherbourg 10: 6-168.
Source - MNHN. Paris
2 M.H. ABDEL-RAHMAN, F. MAGNE et C. BIDOUX
MAGNE F., 1986 - Anomalies du développement chez Antithamnionella sarniensis. I: Formation et début du développement des tétraspores. Cryptogamie, Algol. 7: 135-147.
MAGNE F. & ABDEL-RAHMAN M.H., 1983 - La nature exacte de V Acrochaetium polyidis. Cryptogamie, Algol. 4: 21-35.
PROVASOLI L., 1968 - Media and prospects for the cultivation of marine algae. In A. WATANABE & A. HATTORI (Eds.), Cultures and collections of algae. Proc. U.S.-Japan Conf. Hakone sept. 1966. Soc. Plant Physiol., pp. 63-75.
ROSENVINGE L.K., 1909 -The marine algae of Denmark. 1, Rhodophyceae: 1 Kongel.Danske Vidensk. Selsk. Skr. 7: 1-151.
WOELKERLING W.J., 1970 - Acrochaetium botryocarpum (Rhodophyta) in southern Australia. Brit. Phycol. J. 5: 159-171.
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Algol. 1990, 11 (1): 23-30 E
VARIATION DU CARPOSPOROPHYTE CHEZ LES ACROCHAETIALES (RHODOPHYTA)
M.H. ABDEL-RAHMAN* et F. MAGNE**
*Département de Botanique, Faculté des Sciences, Université du Caire, Egypte ** Laboratoire de Biologie végétale marine, Université Pierre et Marie Curie (Paris VI), 7 quai St Bernard, 75252 Paris cedex 05
RÉSUMÉ - Une revue des différents cas de développement du cp chez les Acrochactiales permet d'y recenser neuf types différents, dont plusieurs peuvent être rencontrés chez une même espèce. Cette instabilité du carposporophyte rend illu- soire Son utilisation comme source de critères utilisables pour la systématique, au moins dans ce groupe.
ABSTRACT - A review of the different cases of carposporophyte development in the Acrochaetiales shows nine different types, several of them to be found in the same species. Such an unstable carposporophyte does not provide useful criteria for systematics in this group.
MOTS CLÉS : carposporophyte, systématique, Acrochaetiales, Rhodophyceae.
INTRODUCTION
Certaines des espèces actuellement rassemblées dans l'ordre des Acrochaetiales ont été parmi les premières Rhodophycées chez lesquelles on ait observé la reproduction sexuée et les conséquences immédiates de celle- ci, c'est-à-dire le développement du carposporophyte à partir du zygote issu de la fécondation. Il en est ainsi du Chantransia corymbifera Thuret (Bornet & Thuret, 1867) et du Balbiania investiens (Lenormand) Sirodot étudié par Sirodot (1873, 1876). Par la suite, à la faveur de nouvelles informations sur ce sujet, on a pu constater que le passage du zygote au carposporophyte mur s'effectue de façon variable selon les espèces.
La systématique des Acrochaetiales est par ailleurs depuis longtemps très confuse, ce que retrace bien la mise au point de Woelkerling (1983).
Source : MNHN, Paris
24 M.-H. ABDEL-RAHMAN et F. MAGNE
5 oamétophyte E carposporophyte == tétrasporopnyte Figure 1. - Types de développement du zygote et types de cycles chez les ‘Aerochaetiales (les types 0 a IV, qui correspondent à des cycles de type
Polysiphonia, ont été circonscrits). - Type 0: formation d'un sporozygote: Acrochaetium pectinatum p. p. - Type I: zygote non segmenté sur lequel bour- geonnent des carposporocystes: Kylinia rosulata. - Type I et type Ill: gonimoblaste issu d'un zygote divisé transversalement, bourgconnant des carposporocystes (type Il: Acrochaetium hallandicum) ou’ produisant des fil ments gonimoblastiques(type III: Acrochaetium moniliforme). - Type I gonimoblaste issu d'un zygote divisé longitudinalement: Liagora endophytica. - Type V: tétrasporophyte implanté sur le carposporophyte: Rhodochorton purpureum p.p. - Type VI: tétrasporophyte issu directement du zygote, implanté sur le gamétophyte: Rhodochorton purpureum p.p. - Type VIE carpotétrasporophyte: Rhodochorton subimmersum. - Type VIII: zygote transformé directement en tétrasporocyste: Acrochaetium gynandrum p.p. (pour explications ct références, voir le texte).
Dans cet ensemble de plusieurs centaines d'espèces, certains auteurs n'ad- mettent qu'un genre, tandis que d'autres en reconnaissent plusieurs sur la circonscription desquels l'accord n'est cependant pas fait; il en résulte une
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Algologie Tome 11, Fascicule 1 Erratum p.24
La figure 1 (page 24) ayant été montée à l'envers, prière de substituer à celle-ci la page 24 qui figure au verso.
Source : MNHN, Paris
24 MH. ABDEL-RAHMAN et F. MAGNE
12 gamétophyte zm carposporophyte = tétrasporophyle
Figure 1. - Types de développement du zygote et types de cycles chez les acrochaetiales (les types O à IV, qui correspondent à des cycles de type Polysiphonia, ont été circonscrits). - Type O: formation d'un sporozygote:
‘Acrochaetium pectinatum p. p. - Type I; zygote non segmenté sur lequel bour- geonnent des carposporocystes: Kylinia rosulata. - Type Il et type Ill: gonimoblaste issu dun zygote divisé transversalement, bourgeonnant des carposporocystes (type II: Acrochaetium hallandicum) où produisant des fila- ments gonimoblastiques(type III: Acrochaetium moniliforme). - Type IV: gonimoblaste issu d’un zygote divisé longitudinalement: Liagora endophytica. - Type V: tétrasporophyte implanté sur le carposporophyte: Rhodochorton purpureum p-p. ~ Type VI: tétrasporophyte issu directement du zygote, fmplanté sur le gamétophyte: Rhodochorton purpureum, pp. - Type VIE carpotétrasporophyte: Rhodochorton subimmersum. - Type VIll: zygote transformé directement en tétrasporocyste: Acrochaetium gynandrum p.p. (pour explications et références, voir le texte).
Dans cet ensemble de plusieurs centaines d'espèces, certains auteurs n'ad- mettent qu'un genre, tandis que d'autres en reconnaissent plusieurs sur la circonscription desquels l'accord n'est cependant pas fait; il en résulte une
Source - MNHN. Paris
CARPOSPOROPHYTE DES ACROCHAETIALES 2
taxonomie erratique et une synonymie écrasante. Dans cette situation il n'est pas surprenant que des auteurs, à la recherche de critères solides utilisables pour une meilleure définition des genres, aient, comme Feldmann (1962), pensé trouver certains de ceux-ci dans les modalités du développement du carposporophyte.
Aujourd'hui, après plus d'un quart de siècle au cours duquel nos connaissances sur ce point ont considérablement augmenté, par l'étude de nombreux matériels sauvages et aussi de plus en plus par la pratique des cultures in vitro, il semble utile de revenir sur cette question. Au cours de cet exposé, le lecteur voudra bien s'aider de la Figure l; d'autre part, afin d'en alléger le texte, chaque algue citée sera désignée par le binôme que lui a lui- même attribué l'auteur dont le travail est pris en considération.
LES TYPES DE DÉVELOPPEMENT DU CARPOSPOROPHYTE
Une revue du développement du carposporophyte chez les Acrochaetiales, même non exhaustive comme l'est celle-ci, montre que ce phénomène se présente avec des modalités très variées qui semblent corres- pondre à neuf types différents.
Type 0 - Le zygote libère son contenu qui apparaît semblable à une carpospore (“sporozygote”) et se développe en un tétrasporophyte. Ce com- portement, qui ne correspond 4 aucun développement décrit jusque là chez les Rhodophyceae, n'a encore été observé que chez Acrochaetium pectinatum (Kylin) Hamel (Abdel-Rahman & Magne, 1983)
Type I - Le zygote bourgeonne directement des carposporocystes. On en connait des exemples chez Kylinia australis Levring (Levring, 1953) et chez Kylinia rosulata Boergesen (Feldmann, 1958).
Type I - Le zygote se segmente tout d'abord transversalement en deux ou plusieurs “cellules primaires” (Magne, 1981, p. 176) qui bourgeonnent en- suite des carposporocystes. Ceci a été observé chez Y Acrochaetium imitator Abbott (Abbott, 1962), sur le gamétophyte femelle correspondant a I’ ‘Acrochaetium densum (Drew) Papenfuss (Stegenga & Vroman, 1976) ainsi que chez Acrochaetium hallandicum (Kylin) Hamel (Stegenga & Borsje, 1977).
Type HI - Lá encore le zygote se segmente transversalement en un cer- tain nombre de cellules primaires puis celles-ci produisent des filaments gonimoblastiques dont les cellules terminales se transforment en carposporocystes. Ce type semble être le plus répandu; on l'a trouvé en par- ticulier chez Chantransia corymbifera Thuret in Le Jolis (Bornet & Thuret, 1876), Balbiania investiens (Lenormand) Sirodot (Sirodot, 1876), Grania efflorescens (J. Agardh) Kylin (Kylin, 1906), Chantransia rhipidandra Rosenvinge (Rosenvinge, 1909), Acrochaetium subtilissimum (Kützing) Hamel (Hamel, 1926; Feldmann, 1963; Abdel-Rahman, 1980), Acrochaetium
Source - MNHN. Paris
26 M.H. ABDEL-RAHMAN et F. MAGNE
botryocarpum (Harvey) J. Agardh (Levring, 1953), Acrochaetium trichogloeae Boergesen et 4. tuticorinense Boergesen (Abbott, 1962), Audouinella blumii Woelkerling, 4. barbadense (Vickers) Woelkerling, A. daviesii (Dillwyn) Woelkerling, 4. liagorae (Boergesen) Woelkerling et A. repens (Boergesen) Woelkerling (Woelkerling, 1971), Acrochaetium dasyae Collins (Stegenga & Borsje, 1976), A. asparagopsis (Chemin) Papenfuss (Magne, 1977; Abdel- Rahman & Magne, 1981), Chromastrum moniliforme (Rosenvinge) Papenfuss (Stegenga & van Wissen, 1979); Acrochaetium pectinatum (Kylin) Hamel (Abdel-Rahman & Magne, 1983; Audouinella boryana Abdel-Rahman et Magne (Abdel-Rahman & Magne, 1984).
Type IV - Le zygote se segmente longitudinalement en deux cellules primaires puis celles-ci bourgeonnent des amas de cellules qui grossissent et se transforment en carposporocystes. On ne connaît encore, actuellement, qu'une espèce se comportant ainsi: Liagorophila endophytica Yamada (Yamada, 1944).
Type V - Le zygote se segmente transversalement en deux cellules qui doivent être considérées comme l'équivalent des cellules primaires des types II et III; elles bourgeonnent chacune une ou plusieurs grosses cellules en for- me de massue qui, après avoir produit un rhizoïde, se développent en autant de filaments dressés portant à maturité des tétrasporocystes. Les cellules en massue doivent donc être interprétées comme des carpospores qui germent sans être libérées. Ces faits ont été observés chez Rhodochorton purpureum (Lightfoot) Rosenvinge par West (1969) puis Stegenga (1978) ainsi que, avec de légères différences, chez Rhodochorton floridulum (Dillwyn) Nägeli par Stegenga (1978).
Type VI - Le zygote, sans étre libéré, fonctionne directement comme une carpospore et germe in situ. Ce type peut être considéré comme dérivant du type V par une accélération du développement qui aboutit à la suppres- sion de la division du zygote en cellules primaires; il a été rencontré en par- ticulier chez une souche de Rhodochorton purpureum originaire du Chili et étudiée par West (1970).
Type VII - Le carposporophyte se développe apparemment de la même façon que dans le type III, mais les carposporocystes sont remplacés par des tétrasporocystes; on se trouve donc ici dans un cas semblable à celui des Némaliales à carpotétraspores. Jusqu'à présent, ce type n’est connu que chez Rhodochorton subimmersum Setchell et Gardner (Lee & Kurogi, 1978).
Type VIII - Le zygote se transforme directement en un tétrasporophyte, comportement tout à fait particulier qui n'a encore été observé que chez l Acrochaetium gynandrum (Abdel-Rahman, 1985).
Source : MNHN. Paris
CARPOSPOROPHYTE DES ACROCHAETIALES 27
DISCUSSION
Les quelques éléments rassemblés ci-dessus donnent un aperçu du large éventail des possibilités de variation du carposporophyte, parmi des algues qui cependant sont toutes d'une constitution très simple. Il semblerait donc qu’on puisse trouver là des critères solides pour une définition des genres ou même de taxons d'ordre supérieur.
La première qualité d'un caractère utilisé en systématique est sa constance au sein du taxon qu'il définit. Or une étude plus approfondie montre que, au sein des Acrochaetiales tout au moins, le développement du carposporophyte ne présente pas toujours les qualités qu'on peut exiger d'un critère systématique.
Tout d’abord, on peut dire que certains des types définis ci-dessus ne sont pas aussi tranchés qu'il peut y paraître tout d'abord, de sorte qu’on pourrait encore distinguer des types intermédiaires. Par exemple, comme l'a montré Drew (1935), le carpogone fécondé du Rhodochorton violaceum (Kützing) Drew produit bien des filaments pluricellulaires porteurs de carposporocystes (type III), mais cette production se fait sans que le carpogone se soit préalablement divisé; ce cas peut donc être considéré com- me intermédiaire entre les type I et III et pourrait justifier la création d'un type supplémentaire.
Ensuite, une même espèce peut présenter un développement de carposporophyte selon plusieurs des types définis ci-dessus. Ainsi, Kylinia australis Levring, que les caractères indiqués par Levring (1953) ont conduit (ci-dessus) à rattacher au type Il, en présente dans certains cas d'autres (se- lon Woelkerling (1971), sous le nom de Audouinella australis (Levring) Woelkerling) qui correspondent au type III. De même, l Acrochaetium hallandicum (Kylin) Hamel selon Stegenga & Borsje (1977), V A. unifilum Jao selon Magne (1981) et Abdel-Rahman (1981), et 1” A. parvulum (Kylin) Hoyt selon Abdel-Rahman (1984), se rattachent a la fois aux types I et Il. Chez Audouinella dictyotae (Collins) Woelkerling, les observations de Woelkerling (1971) ont montré que le carposporophyte peut se développer selon les types I, Il ou IIT. Mais le cas le plus surprenant est encore celui de l Acrochaetium gynandrum (Rosenvinge) Hamel, étudié par l'un de nous (Abdel-Rahman, 1985), chez qui se rencontrent des types aussi différents que les types II, VI et VIII. Enfin, chez Rhodochorton purpureum (Lightfoot) Rosenvinge, le type V semble caractériser les lignées de la côte pacifique nord américaine, à l'ex- ception de l'une d'elles qui correspond au type VI, ce dernier type caractérisant par ailleurs les lignées originaires du Chili (West, 1969, 1970).
Le développement du carposporophyte chez les Acrochaetiales nous ap- paraît donc comme un phénomène aux caractères trop fluctuants pour qu'on puisse lui accorder crédit dans la perspective d'une utilisation en systématique; dans cet esprit, la distinction du genre Liagorophila Yamada,
Source - MNHN. Paris
28 M.H. ABDEL-RAHMAN ct F. MAGNE
basée sur un caractère de cette nature, ne doit pas être maintenue, opinion déjà exprimée par Garbary (1980).
On doit remarquer en outre que le mode de développement du carposporophyte commande dans une certaine mesure le cycle de développement. Ainsi, pour se limiter aux Acrochaetiales, les types 0 à IV correspondent à des cycles de développement où gamétophyte et tétrasporophyte sont libres et indépendants Vun de lautre (type Polysiphonia), tandis que les types V à VIII s'appliquent à des cas où le cycle de développement ne comporte qu'une seule sorte d'individus représentant à la fois les trois générations. Celles-ci doivent être interprétées en fonction, justement, du mode de développement du zygote. Ainsi, le type V peut se concevoir comme issu de l'implantation du tétrasporophyte sur le gonimoblaste du type II; le type VII, à son tour, dériverait du précédent par la réduction du tétrasporophyte à un seul tétrasporocyste; le type VI dériverait du type 0 par une germination in siru du zygote, celui- formant directement un tétrasporophyte; enfin, le type VIII serait issu lui aussi du type 0, à la suite d'une transformation du zygote en un tétrasporocyste représentant à la fois le carposporophyte et le tétrasporophyte.
Lorsque le développement du carposporophyte est variable au sein d'un même taxon par ailleurs homogène: espèce, genre où même taxon d'ordre supérieur, il est susceptible d'entraîner chez celui-ci l'existence de plus d'un type de cycle de développement. C'est le cas, parmi les Florideophycidae supérieures, chez les genres Liagora, Gymnogongrus et Phyllophora en particu- lier et, chez les Acrochaetiales, au moins chez l'espèce Acrochaetium gynandrum évoquée plus haut. On en vient donc à penser que, si le développement du carposporophyte ne peut être un guide sûr pour le systématicien, le cycle de développement ne l'est pas non plus et on doit re- pousser la tentation de l'utiliser à des fins de systématique.
BIBLIOGRAPHIE
ABBOTT LA., 1962 - Some Liagora-inhabiting species of Acrochaetium. Occas. Pap. P. Bishop Mus. (Honolulu). 23: 77-120.
ABDEL-RAHMAN M.H., 1980 - La morphologie et le cycle de développement de | Acrochaetium subtilissimum (Acrochaetiales). Cryptogamie, Algol. 1: 99-110.
ABDEL-RAHMAN M.H., 1981 - Li unifilum. Cryptogamie, Algol.
ABDEL-RAHMAN M.H., 1984 - Le cycle de développement de V Acrochaetium parvulum. Cryptogamie, Algol. 5: 1-13.
ABDEL-RAHMAN M.H., 1985 - Le cycle de développement de l Acrochaetium gynandrum. Cryptogamie, Algol. 6: 1-12.
le de développement de Y Acrochaetium
Source : MNHN. Paris
CARPOSPOROPHYTE DES ACROCHAETIALES 29
ABDEL-RAHMAN M.H. & MAGNE F., 1981 - Le cycle de développement de I’ Acrochaetium asparagopsis. Cryptogamie, Algol, 2: 165-170.
ABDEL-RAHMAN M.H. & MAGNE F., 1983 - Existence d'un nouveau type de cycle de développement chez les Rhodophycées. Compt. Rend. Hebd. Séances Acad. Sci. 296: 641-644.
ABDEL-RAHMAN M.H. & MAGNE F., 1984 - Le développement de I’ Audouinella boryana sp. nov. Cah. Biol. Mar. 25: 1-14,
BORNET E. & THURET G., 1867 - Recherches sur la fécondation des Floridées. Ann. Sci. Nat. Bot. 7: 137-166.
BORNET E. & THURET G. 1876 - Notes algologiques. Paris, Masson.
DREW K.M., 1935 - The life history of Rhodochorton violaceum (Kútz.) comb. nov. {Chantransia violacea Kütz.). Ann. Bot. 49: 439-450,
FELDMANN J., 1958 - Le Bot. France 105: 493:
FELDMANN J., 1962 Proc. 9th Pacif. Si
enre Kylinia Rosenvinge et sa reproduction. Bull. Soc. 0.
The Rhodophyta order Acrochactiales and its classification. ci. Congr. 4: 219-221.
FELDMANN J., 1963 - Les algues. In Précis de Botanique, Paris, Masson pp. 83-249.
GARBARY D.J., 1980 - On the systematic position of Liagorophila. Taxon 29: 67-69.
HAMEL G., 1926 - Floridées de France, V. Rev. Algol. 3: 99-158.
KYLIN H., 1906 - Zur Kenntnis einiger schwedischen Chantransia-Arten. Botaniska Studier til Kjellman, Uppsala, pp. 113-126.
LEE Y.P. & KUROGI M., 1978 - Sexual reproductive structures in Rhodochorton subimmersum, Jap. J. Phycol. 26: 115-119.
LEVRING T., 1953 - The marine algae of Australia, 1. Rhodophyta: Goniotrichales, Bangiales and Nemalionales. Ark. Bot. 2: 457-566.
MAGNE F., 1977 - La reproduction sexuée chez l' Acrochaetium asparagopsis. Rev. Algol. 12: 61-7
MAGNE F., 1981 - Remarques sur I’ Acrochaetium unifilum. Cryptogamie, Algol, 2: 171-178.
ROSENVINGE L. Kongl. Danske
1909 - The marine algae of Denmark, I. Rhodophyceae. idensk.-Selsk. Skr. 7: 1-151. SIRODOT S., 1873 - Développement des algues d'eau douce du genre
Batrachospermum; générations alternantes (2e note). Compt. Rend. Hebd. Séances Acad. Sci. 76: 1339-1342.
SIRODOT S., 1876 - Le Balbiania investiens, une étude organogénique et physiologi- que. Ann. Sci. Nat. (Bot.) 6: 144-174.
STEGENGA H., 1978$ - The life histories of Rhodochorton purpureum and Rhodochorton floridulum in culture. Brit. Phycol. J. 13: 279-289.
STEGENGA H. & BORSJE WJ Acrochaetium dasyae Collins.
1976 - The morphology and life history of ta Bot. Neerl. 25: 15-29.
Source - MNHN. Paris
30 M.H. ABDEL-RAHMAN et F. MAGNE
STEGENGA H. & BORSJE W.J., 1977 - The morphology and life history of ‘Acrochaetium polyblastum (Rosen.) Boerg. and À. hallandicum (Kylin) Hamel. Acta Bot. Neerl. 26: 451-470.
STEGENGA H. & VAN WISSEN M.J., 1979 - Remarks on the life histories of three acrochaetioid algae. Acta Bot. Neerl. 28: 97-115.
STEGENGA H. & VROMAN M., 1976 - The morphology and life history of Acrochaetium densum (Drew) Papenfuss. Acta Bot. Neerl. 25: 257-280.
WEST J.A., 1969 - The life history of Rhodochorton purpureum and Rh. tenue in culture. J. Phycol. 5: 12-21.
WEST J.A., 1970 - A monoecious isolate of Rhodochorton purpureum. J. Phycol. 6: 368-370.
WOELKERLING W.J., 1970 - Acrochaetium botryocarpum (Rhodophyta) in southern Australia. Brit. Phycol. J. 5: 159-171.
WOELKERLING W.J., 1971 - Morphology and taxonomy of the Audouinella complex (Rhodophyta) in southern Australia. Australian J. Bot. suppl. ser. 1: 1-91.
WOELKERLING W.J., 1983 - The Audouinella (Acrochaetium-Rhodochorton) complex (Rhodophyta): present perspectives. Phycologia 22: 59-92.
YAMADA Y., 1944 - Notes on some Japanese algae, 10. Sci. Pap. Inst. Algol. Res. Fac. Sei. Hokkaido Imp. Univ. 3: 11-25.
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Algol. 1990, 11 (1): 31-46 31
CLASIFICACIÓN DE 20 CUERPOS DE AGUA ANDINO-PATAGÓNICOS (ARGENTINA) EN BASE A LA ESTRUCTURA DEL FITOPLANCTON ESTIVAL
1. IZAGUIRRE, P. DEL GIORGIO, I. O'FARRELL y G. TELL
Depto. Ciencias Biológicas, Fac, Ciencias Exactas y Naturales, 1428 Buenos Aires, Argentina
RÉSUMÉ - L'étude de la communauté phytoplanctonique de 20 plans d'eau de la Patagonie argentine, conduite au cours de l'été 1984, a permis de répertorier 254 taxons et d'améliorer la connaissance de leur distribution australe.
Un sous-ensemble de 46 taxons dominants a été utilisé pour réaliser une typo- logic des lacs à l'aide d'une analyse de classification hiérarchique. Un premier clas- sement de ces lacs à partir de l'abondance phytoplanctonique et de la distribution des algues montre deux catégories principales de plans d'eau: d'une part, les lacs oligotrophes des Andes, d'autre part, les lacs eutrophes et mésotrophes du plateau patagonique et de la précordillére des Andes.
De la même façon, le sous-ensemble de 46 taxons a été classé à l'aide de la méthode de classification hiérarchique. Les associations phytoplanctoniques obtenues sont en accord avec la typification déjà décrite pour ces lacs.
Des analyses statistiques ont montré que les lacs andins présentent une densité algale significativement plus basse. D'autre part, pour tous les lacs étudiés, la densité algale est inversement proportionnelle à la profondeur relative (Z).
Ce travail démontre que la composition et la densité du phytoplancton sont principalement déterminées par la morphométrie des plans d'eau.
ABSTRACT - The phytoplankton communities of 20 patagonian lakes (Argentina) were sampled during the summer of 1984. For the whole of these lakes 254 taxa were registred allowing a better knowledge of their distribution in the southern hemi- sphere.
A selected subset of 46 dominant taxa was used to perform a cluster analysis of lakes, By taking into consideration both the abundance and distribution of phyto- plankton, two distinct groups of lakes could be distinguished: oligotrophic andean lakes on the one hand and meso-eutrophic lakes located in the preandean area and patagonian plateau.
Source : MNHN. Paris
32 1. IZAGUIRRE et al.
Morcover, the same subset of species was clustered yielding algal associations which are characteristic of the different lake types.
Statistical analysis showed that phytoplankton density was significantly lower in the andean group of lakes, and for all the lakes studied it was found to be inverse- ly correlated to the relative depth (Z).
This paper emphasizes lake morphometry as one of the principal fac- tors influencing the composition and density of phytoplankton.
MOTS CLÉS : Phytoplancton, lacs, typologie, Patagonie.
INTRODUCCION
La influencia del clima, características edáficas y morfología de los cuerpos de agua dulce sobre la estructura de las comunidades acuáticas ha sido evidenciada en numerosos trabajos limnológicos, entre los que caben destacar: Westman, 1980; Kiss, 1983; Mollenhauer, 1984,
La aplicación de técnicas numéricas de clasificación y ordenamiento a los datos biológicos permite comparar las comunidades de un conjunto de cuerpos de agua simultáneamente a fin de establecer los factores ambientales que determinan la distribución del fitoplancton y de obtener una clasifi- cación de los ambientes estudiados (Green & Vascotto, 1978).
La tipificación y clasificación de los ecosistemas acuáticos en base a las comunidades que los habitan es valiosa debido a la sensibilidad de los orga- nismos a las propiedades del ambiente (Margalef, 1983). La comunidad fitoplanctónica, en particular, se ha utilizado para tipificar sistemas acuáticos en distintas regiones del Hemisferio Norte (Margalef et al., 1976; Margalef & Mir, 1979; Munawar & Munawar, 1981; Baïer et al., 1984; Earle et al., 1986). En el Hemisferio Sur, y principalmente en Sudamérica, no se han registrado investigaciones de tipificación y clasificación de ambientes acuáticos que hagan hincapié en la estructura del fitoplancton.
No obstante, los trabajos de Quirós & Baigún (1985), Quirós & Cuch (1985), Quirós & Drago (1985), Quirós et al., (1985), Menu-Marque & Marinone (1985), realizados en la Patagonia argentina, han abordado inves- tigaciones limnológicas de estas caracteristicas en base a la estructura de otras comunidades dulceacuicolas y datos fisico-quimicos (zooplancton y peces).
Nuestro trabajo también se centra en la zona andino-patagonica, region rica en lagos y lagunas de caracteristicas limnológicas y geomorfológicas dis- tintas. Se estudió la estructura del fitoplancton estival superficial de veinte cuerpos de agua, efectuándose en base a la misma una clasificación de los ambientes acuáticos. Esta clasificación se comparó con la ya obtenida en los estudios sobre las comunidades de peces y zooplancton mencionados ante-
Source : MNHN. Paris
FITOPLANCTON EN LAGOS ANDINO-PATAGONICOS 33
Fig. 1 - Ubicacién geografica de los 20 cuerpos de agua estudiados. 1. Nahuel Hua- pi; 2. El Trébol; 3. Moreno; 4. Puelo; 5. Chultas; 6. Cholila; 7. Pellegrini; 8. Rivadavia; 9. Menendez; 10. Verde; 11. Futalaufquen; 12. Krüger; 13. Terraplén; 14, Esquel; 15. Zeta; 16. Brecham; 17. Rosario; 18. F.Ameghino; 19. Musters; 20. Colhue Huapi.
riormente. Por otra parte, se intenta identificar y determinar asociaciones de especies que caractericen los cuerpos de agua de la region estudiada.
Para la región en estudio, caben mencionar como antecedentes sobre la flora fitoplanctónica los trabajos de Thomasson (1959 y 1963), Guarrera (1972, 1977 a, b), Luchini (1974), Ferrario (1975), Gayoso (1975), Izaguirre (en prensa a), Izaguirre del Giorgio (en prensa). En lo que respecta a traba- jos ecológicos sobre la comunidad fitoplanctónica, sólo se conoce la investi- gación de Garcia de Emiliani & Schiaffino (1974) llevada a cabo en el lago Mascardi.
Source : MNHN, Paris
ve
E 7 E laa AE Harada aa Plelé|. apta a dd Sa ost | a | | ped i be sik | tammo sm 42°28" |41202"| 42°50" |42253' |42°43" (41202' 40°53" |42°30" la2o1o» [azea4" |azesa" lazoaa" lazeoa" faz010" |45°30" 142253" 44°06" |45°22" |a3e15" | 42°53" LONGITUD OESTE 1940" [710319 719371 712451 [21050* Eo Huogt r1o2at rouge (72630 [710331 719431 [p10291 [719221 [óneas! [719021 [660231 [690111 (71919+|71921*] mmo m (sao | 764 | sae | 515 | 523 | 764 | 764 | S00 lío | 527 |g00 520 | aso” [sas | 265 | 650 | 169 | 275 | 650 | 700 b AREA (in?) 15 (zal selaa |s |103 |557 Jae | as [27 |27 ua lod Jos [oo fz fes | a1 | 14,5] 0,68 z PROFUNDIDAD (m| 46,2%] - | 101,1) - - - |a57 | 9,9* }aa,4] 103,7| 3.9% |18,3 [3,37 [ano |2 [2,1 | 24,6 | 20 | 24,9] 5,9" E aso9 = | - | - fór.aso|as,s [a902 |2250 | 10,53 | 26 = |7 | 1620 le |1600 | s280 | 338 | 4 € errors ls lues) en |ixl - | à jae |- |= sas Jos la [ms a El os joe fs lies [ac] © Seles Es pas E | O O E = ell [Es las les = Us [us fn la fe da (PE) | | | 36 | Sl |- [3 | 4 [rat ss | mio [ase (o ja fe | 20
Tabla 1 - Ubicación geográfica y características morfométricas y fisicoquímica de los 20 cuerpos de agua estudiados. Datos obtenidos de Quirós $ Cuch (1985), Quirós er al., (1983); * mediciones proporcionadas por Baigún com. pers.
Source : MNHN. Paris
FITOPLANCTON EN LAGOS ANDINO-PATAGONICOS 35
AREA DE ESTUDIO
Las lagos estudiados se sitúan en la región andino-patagónica, en las provincias de Chubut y Río Negro, al sur de la Argentina, entre los 40°53’ y los 45°30’ de latitud sur, y entre los 66°23’ y los 72°40’ de longitud oeste (Fig. 1).
El conjunto de cuerpos de agua abarca ambientes de la cordillera, precordillera y planicie patagónica. Los lagos localizados en la Cordillera de los Andes son típicamente de origen glaciar, mientras que los que se encuen- tran en la meseta patagónica son principalmente de origen eólico o tectónico, a excepción del embalse Florentino Ameghino. El clima de la re- gión varía desde húmedo andino en el oeste a templado árido de meseta ha- cia el este. Las caracteristicas climáticas y morfométricas correspondientes a los 20 cuerpos de agua estudiados se detallan en la Tabla 1. Las caracterís- ticas físico-químicas que se presentan en esta tabla fueron obtenidas del tra- bajo de Quirós $ Cuch (1985). Los datos corresponden a mediciones efec- tuadas en la misma época en la cual se realizó el muestreo de fitoplancton.
MATERIALES Y METODOS
Trabajos de campo y laboratorio
Se realizó una campaña de recolección durante el verano de 1985 (enero-febrero). En cada cuerpo de agua se tomaron muestras cuali- cuantitativas de fitoplancton de superficie en la zona litoral. Este trabajo se centró sobre la fracción mayor de 25m, para lo cual se recolectaron mues- tras con red de este diámetro de poro. Para las muestras cuantitativas se fil- traron entre 30 y 100 litros de agua según la concentración de algas en cada cuerpo de agua. Las muestras fueron preservadas con formaldehido al 4% y depositadas en el laboratorio de Limnología y Ficología de la Facultad de Ciencias Exactas y Naturales (UBA).
En el laboratorio se dibujaron todas las especies halladas con cámara clara y se realizaron las determinaciones taxonómicas. Los recuentos se lle- varon a cabo mediante un hemacitómetro de Neubauer. El número de cá maras a contar se determinó para cada muestra en base a la densidad de las especies más abundantes, calculando el error relativo de los recuentos a un 95% de confianza de acuerdo a Venrick (1978). Se aceptó un error inferior al 30% para las especies más comunes. En todos los casos se contó el núme- ro de individuos. Cuando se trataba de organismos coloniales o filamentosos se estableció a priori un tamaño medio que correspondiera a un individuo.
Se calculó la profundidad relativa Z de cada lago como: Z,= 50Zm J x
Vv Ao
Source : MNHN. Paris
36 1. IZAGUIRRE et al.
donde Zm = profundidad máxima y Ao = área superficial (Wetzel, 1981); la diversidad especifica fue calculada según Shannon-Weaver (1949) sobre el número de individuos y la equitatividad en función de la diversidad máxima (riqueza específica (Baier et al., 1984).
Tratamiento estadístico
Por razones de espacio se omiten las densidades de especies en cada lago.
La matriz original de datos, compuesta de 254 especies se redujo a 46, eliminando aquellas que por su rareza nunca representaban más del 5% del total de cada muestra. Se siguió este criterio dado que las especies “raras” son de aparición aleatoria y por lo tanto no son confiables para la caracteri- zación de ambientes a nivel regional (Allen & Koonce, 1973)
Sobre las 46 especies seleccionadas se calculó la matriz de coeficiente de correlación de Spearman y se realizó un análisis de agrupamiento de la- gos mediante el procedimiento de ligamiento promedio ponderado. Poste- riormente se realizó el análisis de Man Whitney (Daniel, 1978) para probar si existian diferencias significativas entre los principales grupos de lagos que surgieron del dendrograma, con respecto a las abundancias algales totales y la diversidad específica.
Por otro lado, se llevó a cabo el análisis de correlación no paramétrica Tao de Kendall (Siegel, 1956) entre la profundidad relativa Z y las abundan- cias algales totales y entre Z y la diversidad especifica.
Finalmente se efectuo un análisis de agrupamiento con el proce- dimiento antes descripto para detectar posibles asociaciones algales. El término asociación se utiliza siguiendo el criterio de Earle et al. (1986) como un grupo de especies que coexisten en un mismo hábitat y presentan similares respuestas a las condiciones ambientales.
RESULTADOS Y DISCUSSION
En los 20 cuerpos de agua estudiados se registraron 254 taxones algales, distribuidos de la siguiente forma: 100 correspondientes a la clase Bacillariophyceae, 57 a la clase Chlorophyceae, 38 a las Zygophyceae, 39 en- tidades de Cyanophyceae y 20 taxones repartidos entre las clases Euglenophyceae, Xanthophyceae, Chrysophyceae, Dinophyceae y Cryptophyceae.
En la Tabla II se muestran las riquezas taxonómicas y diversidades es- pecificas para el conjunto de ambientes estudiados. La riquezas algales osci- laron entre 12 y 60 entidades (lagos Krüger y Cholila respectivamente). La diversidad especifica varió entre 0,67 y 4,51, con la mayor parte de los valo- res alrededor de 3.
Source : MNHN. Paris
FITOPLANCTON EN LAGOS ANDINO-PATAGONICOS
cholila EL Trébol Futalaufouen Krugger Menendez Moreno Nahuel Huapi Pellegrini Puelo Rivadavia Terraplén Verde Brecham Chultas Colhué Huapi Esquel
F. Ameghino Misters Rosario
Zeta
Riqueza
60 39 28 12 19 31 35 38 37 51 36 22 21 18 32 21 23 26 29 23
Diversidad específica específica
4,51 3,25 3,76 1,90 2,77 3,93 0,67 1,96 3,81 3,68 2,74 3,01 1,47 2,28 3,33 2,63 2,83 2,84 3,67 2,40
37
Equitatividad Densidad total
0,76 0,62 0,78 0,53 0,65 0,79 0,13 0,37 0,73 0,65 0,53 0,68 0,33 0,55 0,67 0,60 0,62 0,60 0,76
0,53
3
3.
182.
296.
20.
1.046.
30.
.058
263
-697 +005 +628 +404
217
252
962
.903
262
.449
769
+272
007
+058 +629 +225 .522 -063
Tabla 11 - Riqueza especifica, diversidad especifica (Shannon-Weaver), equitatividad y densidad fitoplanctónica total (ind./litro) de los 20 cuerpos de agua estu-
diados.
Las abundancias fitoplanctónicas totales fueron considerablemente ba- jas, especialmente en los lagos de cordillera (menos de 10.000 individuos por litro). Si bien estos cuerpos de agua son netamente oligotróficos como se discutirá más adelante, también es probable que estas bajas densidades sean consecuencia de la no inclusión del nanoplancton en nuestro estudio (menor
de 25um).
Source : MNHN. Paris
GUIRRE et al.
TERRAPLEN
A A A
RER raat PUELO
MORENO
NAHUEL HUAPI
CORDILLERA
KRUGGER
PELEGRINT
RIVADAVIA.
EL TREBOL
VERDE
COLHUE HUAPT]
F. AMEGHINO
BRECHAM
2 di 8 È ESQUEL a
a
TERS
Coef. de correlación de Spearmar O e
0.0
Fig. 2 - Dendrograma correspondiente al análisis de agrupamiento entre lagos en base a la estructura del fitoplancton.
Aunque las correlaciones del análisis de agrupamiento entre lagos re- sultaron relativamente bajas, es evidente que las agrupaciones fitoplanctónicas están relacionadas con la posición geográfica, morfometria y características fisico-químicas de los cuerpos de agua. De esta forma, en una primera clasificación podemos distinguir dos grandes grupos de lagos separados a un nivel de correlación de 0,009 (Fig. 2). El primer grupo in-
Source : MNHN. Paris
FITOPLANCTON EN LAGOS ANDINO-PATAGONICOS 39
cluye cuerpos de agua ubicados en la precordillera y meseta patagénica (Florentino Ameghino, Colhué Huapi, Rosario, Musters, Esquel, Chultas, Brecham, Zeta). Por otro lado, se reunen en un segundo grupo los lagos andinos (Putalaufquen, Verde, Nahuel Huapi, Krüger, Pelegrini, Menéndez, Moreno, Puelo, Rivadavia, El Trebol, Cholila).
El grupo de lagos precordilleranos y de la meseta patagónica constituye un conjunto con caracteristicas semejantes en lo que se refiere a distintos factores. Respecto a la profundidad media, estos cuerpos de agua oscilan en- tre 2 y 25 metros, en contraposición a los cordilleranos cuya profundidad va desde 18 a 157m. Si bien se registran vientos fuertes en toda la región, pro- venientes del oeste y del suroeste, los ambientes acuáticos de la precordillera y meseta patagónica están más expuestos a la acción del mismo que sopla con intensidad durante todo el año. Esto determina en el primer grupo, jun- to con la menor profundidad, la ausencia de estratificación térmica perma- nente durante el verano, ocurriendo lo contrario en los lagos andinos (Quirós & Drago, 1985). En lo que se refiere a caracteristicas fisicoquimicas, según Quirós et al. (1985) para el verano de 1984, en los cuerpos de agua del primer grupo se presentan valores de sólidos totales disueltos que oscilan entre 58 y 1.100 g.m“3, mientras que en los lagos cordilleranos los valores se ubican entre 23 y 55 g.m*3. Concomitantemente, la lectura del disco de Secchi es mucho menor en el primer grupo (0,8-9m) y mayor en el segundo (3,8-14m).
Quirós & Cuch (1985) señalan que “los ambientes cordilleranos presen- tan bajos niveles de fósforo total y clorofila que aumentan hacia la planicie patagónica, las lecturas de Secchi varian en orden inverso”. Para los lagos estudiados por nosotros, estos autores indican valores de fósforo total de 9-744 mgm para los lagos del primer grupo y de 1-5 mg.m- para los cordilleranos. En lo que respecta a la clorofila los valores que registraron oscilan entre 0,69-20,2 mg.m3 y 0,33-0,68 mg.m3 respectivamente, Por otro lado, los datos disponibles de alcalinidad (Quirós £ Cuch, 1985) evidencian una neta diferencia entre los dos grupos de ambientes, variando en los lagos de meseta entre 0,71 y 9,42 mM, y en los cordilleranos entre 0,22 y 0,61 mM.
De esta manera, los estudios realizados sobre caracteristicas fisico- químicas (Quirós £ Cuch, 1985; Quirós & Drago, 1985), concentración de pigmentos (Quirós £ Cuch, op. cit.) y estructura de las comunidades de peces (Quirós & Baigún, 1985; Quirós et al., 1985) y zooplancton (Menu- Marque $ Marinone, 1985) coinciden en clasificar a los lagos cordilleranos como oligotróficos a ultraoligotróficos, mientras que los precordilleranos y de la meseta patagónica tienen una clara tendencia hacia la mesotrofia y eutrofía, Tanto las concentraciones algales como las asociaciones de especies halladas por nosotros coinciden con esta caracterización regional.
Source - MNHN, Paris
40 I. IZAGUIRRE et al.
Respecto a los cuerpos de agua de la meseta y precordillera que están mas estrechamente relacionados entre si en la Figura 2 se observa que los la- gos Musters y Rosario se unen a un nivel de correlacion de 0,57. Estos dos lagos son los más profundos dentro del primer grupo, a excepción del em- balse Florentino Ameghino, lo que explicaría una estructura fitoplanctónica semejante, aún estando geográficamente apartados. En un trabajo preceden- te, Izaguirre (en prensa a) a partir de los datos de biomasa algal, concluyó que los lagos Musters y Rosario presentan características tróficas similares (mesotrofia). Los lagos Colhué Huapi y Musters, a pesar de su proximidad geográfica, no muestran una alta afinidad fitoplanctónica; esto podría expli- carse debido al origen diferente de estos lagos, siendo el Musters tectónico y el Colhué Huapi eólico, lo que determina morfometrias muy diferentes (Atlas Total de la República Argentina, 1981). Por otra parte, al analizar los datos de alcalinidad, se observa que estos dos lagos presentan valores muy disimiles (3,57 mM para el lago Musters y 9,42 mM para el Colhué Huapi; Quirós & Cuch, 1985).
Las lagunas Zeta y Esquel por su parte, con una morfometria similar y gran proximidad geográfica, se unen a un nivel de correlación de 0,55. El embalse Florentino Ameghino con sus caracteristicas diferenciales de embal- se, se separa del resto junto con el lago Colhué Huapi a un nivel de 0,1.
Al analizar el segundo grupo se observa que el lago Terraplén se separa de los demás a un nivel de correlación de 0,09. No obstante su ubicación ge- ográfica muy próxima a los lagos cordilleranos, presenta características morfométricas diferentes: menor profundidad, pequeña superficie y vege- tación macrofítica en las márgenes. El lago Cholila, a su vez, recién se une al resto de los lagos cordillerranos a un nivel de correlación de 0,21. Esta diferencia se basa en la presencia casi exclusiva de una treintena de especies pertenecientes a distintas clases algales, entre las cuales caben destacar varias del género Cosmarium. Por otra parte, este lago es el que presenta mayor ri- queza de especies, lo que podria deberse a la posición geográfica del mismo. La ubicación particular del lago Cholila lo expone a vientos cargados de hu- medad provenientes del Pacífico, los que probablemente inciden en la dis- persión florística a través de la cordillera.
Analizando los cuerpos de agua que presentan mayor correlación den- tro de este segundo grupo, se destaca un conjunto formado por los lagos Futalaufquen, Nahuel Huapi y Krüger, unidos entre sí a un nivel de corre- lación de 0,52. Estos tres lagos varian entre oligotróficos a ultraoligotróficos y presentan una alcalinidad muy semejante (de 0,22 a 0,28 mM). La impor- tancia de la dureza de las aguas sobre la distribución de las especies fitoplanctónicas ha sido puesta de manifiesto especialmente en el estudio de limnología regional de los embalses españoles (Margalef et al, 1976; Margalef & Mir, 1979).
Source MNHN. Paris
FITOPLANCTON EN LAGOS ANDINO-PATAGONICOS 41
Cyetotetea meneghéniana Autacosira pseudogranutata capo 11 Asterocaceus Lumnetccus ay Pandorina moram
Cmbella combigormis Navicula margaritacea Gonphosphaeria lacustris ~ Dictyosphaerium puêchettum Dinobryon eytindricum Sphaerocystis planotonica
Cotacium vesicutosum erro 8 Stephanodiacus miagarae “== Pedíatrum kauaiskui
= Anabacra spcroddes GRUPO 7
Stylosphacridium chtonangiettordes Synedra rumpons Autacosina granutata Pinrulanta maior var. LÚnaris Synedra tabulata var. fasciculata | sauro 6 Phacotus tenticutaris Fragitaria constauens Staurastrum paradoxum Navicuta bécephata Oscittatonia subbrevis Cumbebta aspera Navicuta notha Staurastium tetracerun
GRUPO
= Neidiun sv. Microcystis aeruginosa Dinobauon divergens asro a Rhizosotenia longiseta Asterionella formosa Aphanizomenon 4los-aquae REO Pseudoanabaena catenata Dinobruon sertutaria Thonakoohtonés nygardié Gomphonema sims neo 2 Rhizosotenia eriensis Peridiniun sp.
Aulacosina istandica — Planktonema tauterborné Gomphonema parvuli Cymbella cistuta Gomphonema montanum var, sübelavatun| Fragébaria virescens var. elliptica = Synedra ulia var. andina
aruo 1
Coef. de correlación de Spearman
Fig. 3 - Dendrograma de las asociaciones algales resultante del análisis de agru- pamiento entre especies.
Los dos grupos de lagos identificados en el dendrograma muestran di- ferencias significativas (a = 0,05) con respecto a las densidades fitoplanctónicas totales. Por el contrario, estos dos grupos no se diferencian en cuanto a la diversidad especifica. No obstante, se evidencia que los lagos cordilleranos en su conjunto presentan valores de diversidad ligeramente su- periores, salvo en el caso del Nahuel Huapi (0,67) debido a la dominancia de Planctonema lauterbornii en el momento de la recolección. Esto confir- maría la idea general de que los cuerpos de agua oligotróficos presentan va-
Source : MNHN, Paris
42 1, IZAGUIRRE et al.
lores mayores de diversidad específica (Margalef, 1983; Baier et al., 1984; Amblard, 1987).
La densidad fitoplanctónica mostró correlación negativa (« = 0,05) con la profundidad relativa Z de los cuerpos de agua. Esto pone de mani- fiesto la influencia de la morfometría de la cubeta sobre la abundancia del fitoplancton (Caro et al., 1979; Earle et al., 1986 y 1987). Las diferencias morfométricas entre los dos grupos de ambientes serían, por consiguiente, uno de los factores determinantes de la separación de los lagos cordilleranos por un lado y de la precordillera por el otro. A su vez, las relaciones entre cuerpos de agua dentro de cada grupo pueden explicarse en parte por la morfometria más que por la proximidad geográfica o su origen. Un caso no- torio de este hecho es el ejemplo de los lagos Musters y Colhue Huapi dis- cutido anteriormente.
Analizando el dendrograma de especies (Fig. 3), en una primera apro- ximación se evidencian dos grandes grupos de algas separadas a un nivel de correlación de 0,07. Los mismos comprenden, en términos generales, taxones predominantes en las dos principales agrupaciones obtenidas en la clasifi- cación de lagos. Las entidades algales presentes en la meseta y precordillera han sido por lo general registradas en ambientes definidos como meso a eutróficos. Tal es el caso de Pandorina morum, Cymbella cymbiformis, Aulacosira granulata, Stephanodiscus spp., Synedra tabulata var. fasciculata, Cyclotella meneghiniana y Anabaena spiroides (Sladecek, 1973; Reynolds, 1984; Wolf, 1982; Margalef, 1983; Amblard, 1984). Por otro lado, numerosos taxones que conforman el segundo grupo son característicos de cuerpos de agua pobres en nutrientes, como Rhizosolenia spp., Dinobryon sertularia, Staurastrum spp., Fragilaria virescens (Sladecek, 1973; Wetzel, 1981; Margalef, 1983).
Asterionella formosa está presente en todos los lagos cordilleranos, casi siempre en números bajos, excepto en el lago Pelegrini, donde es una de las algas dominantes. De acuerdo a Wetzel (1981) y Reynolds (1984) esta especie suele ser dominante en cuerpos de agua eutróficos, mientras que como espe- cie acompañante es frecuente registrarla en lagos oligotroficos, lo que con- cuerda con nuestras observaciones.
Á su vez, en cada grupo se distinguen subgrupos correspondientes a asociaciones algales que caracterizan a uno o más lagos. En particular se destaca el grupo 7 (Stephanodiscus niagarae, Anabaena spiroides, Stylosphaeridium chlorangielloides, Synedra rumpens y Pediastrum kawraiskyi) correspondiente a una asociación exclusiva de la meseta y precordillera y ampliamente distribuida en esta zona. Pediastrum kawraiskyi y otras formas relacionadas con torsión de cuernos (Tell £ Mataloni en prensa) que son abundantes en la meseta patagónica no fueron registradas en los cuerpos de agua de la cordillera. A pesar de lo dicho, P.kawraiskyi ha sido citado para ambientes oligotróficos (Jankovská £ Komárek,1982). Además es posible
Source : MNHN. Paris
FITOPLANCTON EN LAGOS ANDINO-PATAGÓNICOS 43
identificar asociaciones algales que caracterizan cuerpos de agua individuales localizados en la meseta, tal es el caso del grupo 6 que incluye taxones pre- sentes casi exclusivamente en el lago Colhué Huapi. El grupo 11, por su par- te, se identifica con el embalse Florentino Ameghino. El agrupamiento descripto refleja, por un lado, una cierta homogeneidad florística en las la- gos de esta región y, por el otro, resalta las particularidades del lago Colhué Huapi y del embalse Florentino Ameghino con sus floras distintivas.
Dentro del otro grupo principal de lagos se destacan asociaciones algales caracteristicas de cuerpos de agua cordilleranos (grupo l: Planctonema — lauterbornii, Gomphonema parvulum, G. montanum var. subclavatum, Fragilaria virescens var. elliptica, Synedra ulna var. andina, y gru- po 2: Dinobryon sertularia, Thorakochloris nygardii, Gomphonema simus, Rhizosolenia eriensis, Peridinium sp. y Melosira islandica). En la zona cordillerana también se identifican asociaciones algales que caracterizan cuerpos de agua determinados, entre los que cabe destacar el grupo 3, que incluye taxones registrados casi exclusivamente en el lago Cholila.
CONCLUSIONES
En los 20 cuerpos de agua estudiados se identificaron 254 entidades algales, ampliándose el conocimiento de la ficoflora patagónica.
El análisis de agrupamiento entre lagos utilizando la estructura de la comunidad fitoplanctónica pone de manifiesto la existencia de dos grupos de lagos pertenecientes a zonas geográficas de características diferentes: la cordillera por un lado, y la precordillera y meseta patagónica por el otro. Esta clasificación concuerda con la obtenida a partir de otras comunidades y datos fisico-químicos, poniendo de relieve la importancia del fitoplancton en la caracterización regional de cuerpos de agua.
Entre los dos grupos de lagos definidos en el dendrograma se hallaron diferencias significativas con respecto a la abundancia fitoplanctónica total. La densidad del fitoplancton, a su vez, se correlacionó inversamente con la profundidad relativa de los ambientes lénticos estudiados. De tal manera, la morfometría surge como uno de los factores más importantes que influyen sobre la composición y densidad del fitoplancton. Por el contrario, no se ve- rificó una correlación significativa entre la diversidad específica y la profun- didad relativa.
Las asociaciones fitoplanctónicas identificadas en el dendrograma se corresponden, en términos generales, con las características limnológicas ambientales propias de los dos grupos de lagos. En particular, las aso- ciaciones halladas en los lagos de la meseta patagónica son características de ambientes meso a eutróficos, mientras que en los lagos cordilleranos las es- pecies dominantes de las asociaciones son típicas de ambientes oligotróficos.
Source - MNHN. Paris
44 1. IZAGUIRRE et al.
AGRADECIMIENTOS
Agradecemos al Lic. R. Lombardo y al Dr. D. Boltovskoy su asesoramiento en los análisis estadísticos.
BIBLIOGRAFIA
ALLEN T.F.H. & KOONCE J.F., 1973 - Multivariate approaches to algal stratagems and tactics in systems analysis of phytoplankton. Ecology 54 (6): 1234-1246.
AMBLARD Ch., 1987 - Les successions phytoplanctoniques en milieu lacustre. Ann. Biol. 26 (1): 1-34.
ARVOLA L., 1986 - Spring phytoplankton of 54 small lakes in southern Finland. Hydrobiologia 137: 125-134.
ATLAS TOTAL DE LA REPUBLICA ARGENTINA, 1981 - Centro Editor de América Latina 1 (19): 289-304.
BAÏER P., MARTINOT J.P. & RIVET A., 1984 - Typologie écologique des lacs de haute altitude du Parc National de la Vanoise en vue de leur gestion. Trav. Sci. Parc Nat. Vanoise 14: 61-108.
CARO P.M., BONETTO C.A. & ZALOCAR Y., 1979 - Producción primaria del fitoplancton de lagunas del noroeste de la Provincia de Corrientes, Ecosur 6(11): 83-100.
DANIEL W.W., 1978 - Applied nonparametric statistics. Houghton Mifflin Company, Boston, 508 p.
EARLE J.C., DUTHIE H.C. & SCRUTON D.A., 1986 - Analysis of the phytoplankton compesition of 95 Labrador lakes, with special reference to na- tural and anthropogenic acidification. Can. J. Fish Aquat, Sci. 43: 1804-1811.
EARLE J.C., DUTHIE H.C. & SCRUTON D.A., 1987 - Factors influencing the
distribution of phytoplankton in 97 headwater lakes in insular Newfoundland. Can. J. Fish Aquat. Sci. 44 (3): 639-649.
FERRARIO M,, 1975 - Diatomcas del lago Puclo (Prov. del Chubut, Argentina), l. Darwiniana 19: 207-284.
GARCIA DE EMILIANI M.O. & SCHIAFFINO M. 1974 - Fitoplancton del lago Mascardi (Río Negro, Argentina). Bol. Soc. Arg. Bot. 15 (4): 411-426.
GAYOSO A.M., 1975 - Contribución al conocimiento de las Desmidiáceas del Par- que Nacional Los Alerces (Chubut). Bol, Soc. Arg. Bot. 16: 325-338.
GREEN R.H. & VASCOTTO G.L., 1978 - A method for the analysis of environmental factors controlling patterns of species composition in aquatic communities, Water Res. 12: 583-590.
GUARRERA S., 1972 - Especies de Chrysophyta (Chrysophyceae y Xanthophyceae) nuevas o interesantes de la Provincia de Chubut (Rep. Argentina). Bol. Soc. Arg. Bot. 14: 157-166.
GUARRERA S., 19772 - Algas de agua dulce nuevas para Argentina. l. Chlorophyta de Chubut. Centenario Museo La Plata (Botánica) 3: 21-44.
Source - MNHN. Paris
FITOPLANCTON EN LAGOS ANDINO-PATAGÓNICOS 45
GUERRERA S., 1977b - Algas de agua dulce nuevas para Argentina II. Cyanophyta de Chubut. Centenario Museo La Plata (Botánica) 2: 153-161.
IZAGUIRRE 1., en prensa a - Comparative analysis of the phytoplankton of six lentic environments from the province of Chubut (Argentina). Physis (BuenosAires).
IZAGUIRRE l., en prensa b - Algas nuevas o interesantes para Argentina. Physis (Buenos Aires).
IZAGUIRRE I. & DEL GIORGIO P., en prensa - Algas nuevas o interesantes de lagos patagónicos (Argentina). Physis (Buenos Aires).
JANKOVSKA V. & KOMAREK J., 1982 - Das Vorkommen ciniger Chlorokokkalalgen in béhmischen Spatglazial und Postglazial. Folia Geobot. Phytotax., Praha 17: 165-195.
KISS L., 1983 - The role of seasonal, edaphic and biotic factors in the development of phytoplankton communities in the Cibakhaza Backwater of the Tisza. Tiscia 18: 33-46,
LUCHINI L., 1974 - Diatomeas epifitas de algunas macrófitas del lago Situación (Prov. de Chubut). Physis, B (Buenos Aires) 33: 127-139.
MARGALEF R., 1983 - Limnologia. Omega, Barcelona, 1010p.
MARGALEF R., PLANAS D., ARMENGOL J., VIDAL A., PRAT N., GUISET A., TOJA J. £ ESTRADA M., 1976 - Limnología de los embalses españoles. Direc. Gral. Obras Hidráulicas, Ministerio Obras Públicas, Madrid, 422p.
MARGALEF R. £ MIR M., 1979 - Phytoplankton of Spanish reservoirs as dependent from environmental factors and potential indicator of water properties. Atti del Convegno sui Bacini Lacustri Artificiali. Sassam 4-6, ottobre 1977, Pallanza: 191-205.
MENU-MARQUE S. € MARINONE C., 1985 - El zooplancton de seis lagos del Chubut (Argentina) y sus probables relaciones con la ictiofauna y algunos fac- tores ambientales. Taller internacional sobre Ecología y manejo de peces en la- gos y embalses. FAO, Roma: 82-90.
MOLLENHAUER D., 1984 - Gewissertypologien und A. Thienemanns Beitrag zur heutigen Limnologie, Natur und Museum 114 (7): 192-198.
MUNAWAR M. & MUNAWAR I.F., 1981 - A general comparison of the taxonomic composition and size analysis of the phytoplankton of the North American Great Lakes, Verh. Int. Ver. Limnol. 21: 1695-1716,
QUIROS R. & BAIGUN C., 1985 - Prospección pesquera en 33 lagos y embalses patagónicos (Argentina). Taller internacional sobre Ecología y manejo de peces en lagos y embalses. FAO, Roma: 158-178.
QUIRÓS R. € CUCH S., 1985 - Relaciones entre visibilidad, fósforo total y concen- tración de clorofila eh 32 lagos patagónicos, Argentina. ActasX/! Congreso Na- cional del Agua, Mendoza. I, Estudios de aguas superficiales y subterráneas: 1-30.
QUIRÓS R., CUCH S. & BAIGUN C., 1985 - Relación entre la abundancia de peces y ciertas propiedades físicas, quimicas y biológicas en lagos y embalses patagónicos (Argentina). Taller internacional sobre Ecología y manejo de peces en lagos y embalses. FAO, Roma: 179-185.
Source - MNHN, Paris
46 I. IZAGUIRRE et al.
QUIRÓS R., DELFINO R., CUCH S. & MERELLO R., 1983 - Diccionario ge- ográfico de ambientes acuáticos continentales de la República Argentina. 1. Ambientes lénticos. Contrib. INIDEP (aguas continentales) 435: 1-139.
QUIROS R. & DRAGO E., 1985 - Relaciones entre variables fisicas, morfométricas y climáticas en lagos patagónicos. Rev. Asoc. Cs. Nat. Litoral 16 (2): 181-199.
REYNOLDS C.S., 1984 - Phytoplankton periodicity: the interactions of form, function and environmental variability. Freshwater Biol. 14: 111-142.
SHANON C. & WEAVER W., 1949 - The mathematical theory of communication. Urbana, Chicago, Ill., London, Univ. Illinois Press, 125p.
SIEGEL S., 1956 - Nonparametric statistics for the behavioral sciences. Mc Graw Hill, New York, 312p.
SLADECEK V., 1973 - System of water quality from the biological point of view. Ergeb. Limnol. T: 1-128.
TELL G. & MATALONI G., en prensa - Systematic studies of the Pediastrum
kawraiskyi-musterit-patagonicum complex: Two new species and morphological variations in two patagonian lakes (Argentina). Nova Hedwigia.
THOMASSON K., 1959 - Nahuel Huapi. Plankton of same lakes in an Argentine National Park, with notes on terrestrial vegetation. Acta Phytogeographica Suecica 42: 1-83.
THOMASSON K., 1963 - Araucanian Lakes. Plankton studies in North Patagonia with notes on terrestrial vegetation. Acta Phytogeographica Suecica 47: 1-139.
VENRICK E.L., 1978 - How many cells to count? En A. Sournia (Ed.), Phytoplankton Manual, UNESCO: 167-180.
WESTMAN W.E., 1980 - Gaussian analysis identifying environmental factors influencing bell-shaped species distributions. Ecology 61: 733-739.
WETZEL R., 1981 - Limnología. Omega, Barcelona, 679p.
WOLF H. de, 1982 - Method of coding of ecological data from Diatoms for computer utilization. Medel. Rijks Geol. Dienst 36 (2): 95-110.
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Algol, 1990, 11 (1): 47-57 47
LUMIÈRE ET RÉGÉNÉRATION DES PROTOPLASTES DE DRAPARNALDIA MUTABILIS (CHAETOPHORALES, CHLOROPHYTA)
M. LARPENT-GOURGAUD, M.P. AUMAITRE et A.A. HARCHALI
Laboratoire de Microbiologie, 4, rue Ledru, 63038 Clermont-Ferrand Cedex
RÉSUMÉ - Maintenus à l'obscurité, les protoplastes de Draparnaldia mutabilis sont incapables de régénérer et meurent. Les radiations rouge clair (655nm + 10nm) contrôlent la restauration de la paroi qui est achevée après six jours d'irradiation. Sept jours de traitement sont inhibiteurs pour la régénération d'un thalle normal. En lumière blanche ou sous radiations rouge clair, les protoplastes régénèrent quelle que soit l'énergie reçue. Sous radiations bleues ou jaunes, les protoplastes édifient un court tube germinatif uniquement sous une photopériode de 18 heures/24 heures. C'est dans le bleu et le rouge pour une photopériode de 18/24 heures que le développement du thalle régénéré est le meilleur. Même à forte énergie lumineuse, la croissance est toujours nulle sous radiations jaunes (589nm).
ABSTRACT - The protoplasts of Draparnaldia mutabilis died in darkness. After 6 days of red pretreatment (655nm + 10nm), cell walls regenerated and thallus growth is possible. Seven days treatment is inhibitory. Under white or red irradiations, pro- toplasts regeneration is energy independent. Under blue and yellow irradiations, this phenomenon is a photoperiodic long days event. Thallus growth is very good under blue or red illuminations with long photoperiods. However growth is not possible un- der high yellow irradiance (589).
MOTS CLES : Draparnaldia, protoplaste, régénération, radiation, photopériode, n° roi, rouge clair.
INTRODUCTION
Récemment, des protoplastes ont pu être obtenus chez Draparnaldia mutabilis (Roth) Cederg (Larpent-Gourgaud & Aumaitre, 1987). L'étude de la régénération et la production de thalles filamenteux est une étape dans la compréhension de la mise en place de la polarité cellulaire et de la locali- sation intracytoplasmique d’enzymes directement impliqués dans la
Source : MNHN, Paris
48 M. LARPENT-GOURGAUD et al.
morphogenese. Si les protoplastes régénérent, quelle que soit la nature de l'éclairement, seules les lumières blanche, bleue et rouge leur permettent d'engendrer des thalles à croissance normale (Larpent-Gourgaud & Aumaitre, 1988). Les radiations jaunes n’autorisent qu'une croissance limitée dans le temps.
Le facteur lumière est donc très important dans le contrôle de la régénération des protoplastes et dans le développement des thalles chlorophylliens régénérés. Plusieurs composantes de ce facteur sont à pren- dre en considération: la nature des radiations, ergie lumineuse et le photopériodisme. Le développement algal peut être en effet sensible au photopériodisme (Ducher et al., 1975). De plus, de nombreuses morphogénétiques sont également contrôlées par la lumière (Dring, 198
Notre travail a donc tenté d'élucider le rôle de diverses radiations du spectre lumineux sur la régénération et le développement des protoplastes de Draparnaldia mutabilis. Cette étude n'est possible que si les protoplastes sont capables de se développer dans un milieu controlé et dépourvu d'osmorégulateurs.
Nous avons donc, dans un premier temps, mis au point un prétraitement des protoplastes par des radiations rouges permettant de sup- primer cette exigence. Il nous à ensuite paru utile d'analyser, pour mieux les comprendre.les réactions de ces systèmes à la lumière blanche et à quelques éclairements monochromatiques.
MATERIEL ET METHODES
Draparnaldia mutabilis est maintenu en culture axénique sur un sub- strat liquide organique (BE), à base d'extraits de viande et de bactopeptone (Larpent & Jacques, 1973). Ce substrat peut être gélosé à 15/1000. Les protoplastes sont obtenus suivant la technique mise au point par Larpent- Gourgaud & Aumaitre (1987).
La photomorphogenèse et les phénomènes de régénération conduisant à la formation d'un thalle sont suivis sur la suspension de protoplastes étalée sur le milieu BE ou BE supplémenté en saccharose (60g/l) et montée stérilement en cellule de Van Tieghem, sous les conditions de température de 18,0 + 0,5°C et de photopériode de 18 heures.
L'éclairement peut être de 13 ou de 23 ymoles m2s"! selon l'expérience. Il est fourni par des tubes fluorescents de type “blanc industrie”. Les éclairements rouges (RC = 655nm + 10nm) et bleus (440nm + 15nm) sont donnés par des tubes fluorescents (Philips TL 15 pour le rouge et TL 18 pour le bleu). La lumière jaune (589nm) est obtenue à l’aide d’une lampe à vapeur de sodium basse pression Mazda (DUC 1 x 18 C-S10 -IPG 57). Les radiations rouge sombre (RS) de 730nm sont fournies par des lampes à
Source : MNHN. Paris
DRAPARNALDIA MUTABILIS 49
TENTE
a500
anoj 3500
3100 |
nt
| rouge + BLEU ze 1500 R à Régénération
+ Milieu Raef-extra
5.60: Saccharose 609/1
BLANC 6 JOURS OBSCURITE 6 J
BE mE + 560 BE BE + S60 BE où BE + 560 prétraltenent des protoplastes
Figure 1: Action comparée du prétraitement des protoplastes par des lumiéres blan- che et rouge sur leur régénération et la croissance des thalles. Cultures âgées de 19 jours sur milieu BE supplémenté ou non en saccharose (S 60). E = 23umoles m2s:1. Photopériode = 18 heures/24 heures.
incandescence avec filtre de gélatine “Kodak” et filtres anticaloriques “Schot”.
Les éclairements sont mesurés à l'aide d’un Quantum Sensor “Li-Cor” pour les longueurs d’onde comprises entre 400 et 700nm. Pour les radiations rouge sombre, on utilise une thermopile “Kipp et Zonen” type compensé CA, couplée à un galvanométre (“Kipp et Zonen” AL4).
RESULTATS
Par régénération, il faut entendre la prise en compte de la première di- vision du protoplaste engendrant un tube germinatif de 10m environ.
Action des radiations rouges sur la régénération et le développement des protoplastes
Les mesures effectuées sur plus d'une centaine d'échantillons donnent des résultats résumés dans la figure 1.
Source : MNHN. Paris
50 M. LARPENT-GOURGAUD et al.
À vimos oe crorsoncr
uy 24H 4000} R : régénération Q: pas de régénération À: croissance MILIEU BE + $60 Hin a: Bleu O: Jame m: Rouge 2000| 4000 2000
@s0m SAC 408 04 ON 62 » Š 3 5 6 7
Figure 2: Action comparée d'un prétraitement des protoplastes par la lumière rouge sur leur régénération et la croissance des thalles sur milieu BE ou BE plus saccharose 60g/1.
a) - Maintenus à l'obscurité pendant 6 jours, les protoplastes sont inca- pables de régénérer et meurent.
b) - Traités 6 jours par Ja lumière blanche, (234E m? s) puis cultivés:
Source : MNHN, Paris
DRAPARNALDIA MUTABILIS 51
- sur milieu saccharosé (BE + S60), les protoplastes restent viables, s'entourent d'une paroi et régénèrent.
- sur milieu non saccharosé (BE), la lumière blanche donnée en prétraitement ne permet pas de maintenir en vie les protoplastes qui éclatent et meurent.
c) - Traités 6 jours par la lumière rouge (RC 23 pE m2 s1) puis cultivés sur milieu BE saccharosé ou non, les protoplastes régénérent quelle que soit la qualité de l'éclairement et produisent un thalle normal sauf en lumière jaune ou la croissance n’est pas initiée. Il est donc évident que les radiations RC contrôlent les réactions de biosynthèse de la paroi et évitent ainsi aux protoplastes d'éclater dans un milieu dépourvu d'osmorégulateur (saccharose).
Le prétraitement par la lumière rouge a été réalisé pendant 3, 4, 5, 6 et 7 jours avant l‘ensemencement des protoplastes sur milieu supplémenté ou non en sucre (Figure 2). Sur milieu saccharosé, il est évident que le prétraitement n'apporte rien: tous les protoplastes synthétisent une paroi et régénérent un thalle sous un éclairement blanc, bleu, jaune et rouge. Au contraire, sur milieu non saccharosé, les protoplastes ne régénérent pas et meurent si le traitement est inférieur à 5 jours. L'optimum est très stric- tement défini car à 5 jours, il n'existe aucune survie possible et après 7 jours les radiations rouges deviennent partiellement inhibitrices au moins pour le développement ultérieur sous éclairement blanc et bleu, pour le devenir to- talement au llème jour sous toutes les longueurs d'onde utilisées (Figure 3). La vitesse optimale des thalles est atteinte après 6 jours de prétraitement des protoplastes (Figure 2 A et B). Cette vitesse de croissance (4,3mm/24 heures) est multipliée par un facteur 15, comparée à celle obtenue en lumière blan- che (0,3mm/24 heures) avec ou sans glucides (Figure 2).
Au-delà, le RC devient inhibiteur. Si le prétraitement est prolongé jusqu’à 11 jours, toute croissance devient impossible. Le protoplaste devient incapable d’engendrer un tube germinatif et donc un thalle chlorophyllien.
Cultivée sous éclairement bleu, Valgue est stimulée (Figure 2) par un prétraitement prolongé de 6 jours au RC. Ceci s'explique au vu des résultats de Larpent et al. qui ont montré la complémentarité des radiations bleues et rouges (Larpent et al, 1972) pour le développement de Draparnaldia mutabilis. L'échantillon traité en lumière rouge est encore plus stimulé (Fi- gure 2).
En conclusion, comme dans les protoplastes végétaux, ceux de Draparnaldia sont sensibles à la pression osmotique du milieu. L'absence de saccharose entraîne leur destruction. La survie et la régénération des protoplastes est possible si le milieu a une pression osmotique convenable, sous toutes les radiations testées, y compris les jaunes inefficaces pour la photosynthése. Une irradiation rouge clair pendant 6 jours permet de s'abs-
Source : MNHN, Paris
52 M. LARPENT-GOURGAUD ct al.
Alengement moyen um / 24 h
Terps en jours
Figure 3: Cinétique de l'action de la lumière rouge sur la régénération des protoplastes et sur la croissance des thalles. Cultures de 14 jours sur milieu BE
traire de la présence de stabilisateurs osmotiques dans le milieu. La régénération devient possible sous les différents éclairements, même dans le jaune, où malgré la présence de sucre, le phénomène ne peut avoir lieu sans prétraitement.
Rôle de la valeur de l’éclairement et de la photopériode sur la régénération des protoplastes
Le facteur lumière joue un rôle important dans la morphogenèse des algues et peut agir, par l'énergie, la qualité de la lumière ainsi que le rythme d'éclairement (Dring, 1988). Les protoplastes représentent un système simple et homogène pour analyser ces phénomènes comme l'ont démontré plusieurs auteurs chez les végétaux supérieurs (Kaiser & Heber, 1983: Nishimura & Akazawa, 1975; Rothman & Zilinskas, 1977).
A l'obscurité, les protoplastes éclatent et meurent. Suivant la qualité de la lumière, on distingue deux types de réaction :
a) - en lumière blanche ou sous radiations rouge claire, les protoplastes régénèrent quelle que soit l'énergie reçue (Figure 4).
Source : MNHN, Paris
DRAPARNALDIA MUTABILIS 53
ema ana
21 pem s O anme soa
23
1724/24 18H/24 121/24 18H /24
e... o. . è a ++ ++ + mt HE+ Figure 4: Action de la valeur de l'éclairement et de la photopériode sur la
régénération des protoplastes en fonction des conditions d'éclairement. Milicu de culture; BE + saccharose 60g/l.
b) - sous radiations bleues ou jaunes, les protoplastes édifient un court tube germinatif aussi bien à 13 umoles m? s1 qu’a 23 moles m2 st, mais uniquement sous une photopériode de 18 heures.
Ces résultats tendent 4 démontrer que la régénération est indépendante de l'énergie reçue, mais qu'elle se classe dans les phénomènes photopériodiques “de type jour long” pour les irradiations bleues ou jaunes.
Rôle de la valeur de Véclairement et de la photopériode sur la croissance des thalles régénérés
Rôle de la valeur de l'éclairement
Les radiations jaunes provoquent une absence de stimulation de la croissance du thalle, même si le protoplaste régénére, le thalle ne se développe pas (Figure 4).
C'est dans le bleu, puis le rouge à 23 pmoles m2 sl, pour une photopériode de 18 heures/24 heures, que le développement est le meilleur, comparé à celui obtenu à 13 moles m2 s1. Le bleu est toutefois un peu moins efficace que le rouge 4 13 pmoles m? s1, c'est l'inverse à 23 moles m2 $1,
Sous 12 heures d’éclairement, les radiations rouges ne permettent pas la croissance du thalle lorsque l'énergie n’atteint que 13 umoles m2 s1. Au
Source : MNHN. Paris
54 M. LARPENT-GOURGAUD et al.
ENERGIE PADINE
mal » a “ 3 | z El jo E 3 w { 3 50) Proroméeiode 12/20 Photopériode 1/241 m EEE ame mme ES ur
Figure 5: Action de la valeur de l’éclairement et de la photo ode sur la croissance
des thalles régénérés.
contraire, A 23umoles m2 sI, la croissance dans le rouge n'est pas négligeable alors qu'elle est encore nulle dans le bleu.
Rôle de la photopériode
Les photopériodes longues de 18 heures sont favorables à la croissance des thalles par rapport à ce qui est observé pour des photopériodes de 12 heures (figure 5). À forte énergie, la croissance est toujours nulle sous ra- diations jaunes.
DISCUSSION - CONCLUSION
1°) A l'obscurité, les protoplastes ne régénèrent pas et meurent. Quelle que soit la longueur d'onde, à la lumière, la survie et la régénération des protoplastes n'est possible que si le milieu a une pression osmotique conve- nable. Un prétraitement par irradiation rouge clair des protoplastes pendant 6 jours permet de s'abstraire totalement de la présence de stabilisateurs osmotiques dans le milieu : la régénération devient possible sous les différents éclairements sur un milieu dépourvu de glucide.
Draparnaldia mutabilis comme un certain nombre d'algues filamenteuses.est très sensible aux chocs thermiques ou lumineux (Kerimian
Source : MNHN, Paris
DRAPARNALDIA MUTABILIS 55
& Larpent, 1972;Van Beem & Simons, 1988). II n’est donc pas surprenant de constater que de brefs prétraitements en RC (0-3 jours) induisent des crois- sances plus faibles que des traitements plus prolongés de 3 à 5 jours. Au- delà de 6 jours, le RC est inhibiteur et son action modifie donc durablement la cellule. Ceci est en accord avec les résultats obtenus par Zeghal (1987). Les résultats obtenus en microscopie électronique démontrent que les irra- diations RC contrôlent la mise en place et la restauration de la paroi. Des globules de polysaccharides s'accumulent sous la membrane cytoplasmique avant la régénération (Didier et al., sous presse). Des dosages de sucres solu- bles et insolubles sur des algues âgées de 10 jours montrent une augmen- tation de 40% de chacun d'eux lorsque les protoplastes ont préalablement été traités 6 jours par le rouge clair. Ceci est en conformité avec le rôle im- portant attribué aux radiations rouges par Ducher (1987) sur la synthèse des polysaccharides au cours du développement du thalle de Draparnaldia et per- met d'envisager leur effet protecteur contre un milieu hypoosmotique. Les radiations bleues au contraire stimulent la synthèse des protéines.
2°) Les radiations jaunes permettent la régénération des protoplastes mais non la croissance des thalles. Sous cette irradiation, Draparnaldia peut survivre pendant deux semaines environ (Ducher, 1987), mais les structures chloroplastiques dégénérent (Ducher, 1988). Les thalles acquièrent une activité phosphoénolpyruvate carboxykinase qui n'existe pas chez les algues témoins (Ducher & Dubost, 1980). Ces résultats suggèrent aux auteurs une survie photohétérotrophique de Draparnaldia qui n'autorise cependant pas une croissance prolongée.
3°) La régénération est indépendante de l'énergie lumineuse reçue par les cellules, quelle que soit la photopériode, pour les lumiéres blanche et rouge clair. Cependant des expériences ultérieures devront être effectuées à des éclairements plus faibles que 13 moles m2 s1. Cette valeur est peut être trop forte et masque l'effet photopériode. Il sera important de savoir si cet- te réaction est de type “jour dominant” ou typiquement “jour long” avec sensibilité à la coupure de la nuit. Il sera de plus nécessaire d'analyser l'effet négatif éventuel du rouge et/ou du bleu sur la régénération.
4°) La régénération des protoplastes est cependant un phénomène photopériodique pour les irradiations bleues ou jaunes. Pour une méme énergie totale, les photopériodes de type “jour long” sont seules efficaces. Ceci est peut-être à rapprocher des exigences de la plante entière qui a été définie comme un organisme de type “jour long” (Ducher, 1987; Larpent £ Jacques, 1973).
5°) Contrairement à la régénération qui se produit indépendamment de la qualité de la lumière, la croissance ne se manifeste que sous certains éclairements (blanc, bleu et rouge), alors que d’autres, comme le jaune, inhi- bent totalement le développement du thalle. L'énergie lumineuse est impor- tante pour la croissance des thalles régénérés. Ceci n'est pas étonnant comp-
Source : MNHN. Paris
56 M. LARPENT-GOURGAUD et al.
te tenu de la mise en place des cellules photosynthétiques composant les axes chlorophylliens. II serait intéressant de savoir si les radiations rouges sont antagonistes, synergiques ou additives pour les radiations bleues dans leur action sur la croissance des thalles régénérés. Enfin, des expériences ultérieures devront permettre de dégager les rôles respectifs des divers photorécepteurs impliqués dans la morphogenése des thalles de Draparnaldia mutabilis: cryptochrome, phytochrome, pigments chlorophylliens.
BIBLIOGRAPHIE
DE MARCH G. & TREMOLIERES A. 1985 - Protoplasts growth and photoregulation. /n PILET P.E. (Ed.), “The physiological properties of plant protoplasts” Springer Verlag, pp. 258-266.
DIDIER P., LARPENT-GOURGAUD M. & AUMAITRE M.P. (sous presse) - Regeneration of the cell wall in protoplasts of Draparnaldia mutabilis (Roth) Cederg. (Chaetophorales, Chlorophyta). Cytobios
DRING M.J., 1988 - Photocontrol of development in algae. Ann. Rev. PL Physiol. Mol. Biol. 39: 157-174.
DUCHER M., LARPENT-GOURGAUD M. & LARPENT J.P., 1975 - La notion de photopériodisme chez trois Chlorophycées et une Rhodophycée. Nova Hedwigia 26: 373-383.
DUCHER M., 1987 - Róle de la lumière sur la morphogenèse et le métabolisme du thalle de Draparnaldia mutabilis Roth (Cederg.). These Doct. Etat Univ. Clermont I. 145p.
DUCHER M. & DUBOST G., 1989 - Radiations jaunes et croissance de Draparnaldia mutabilis. Pl. Physiol. Biochem. 27 (4): 1-3.
KAISER G. & HEBER V., 1983 - Photosyenthesis of leaf cell protoplasts and permeability of the plasmalemma to some solutes. Planta 57: 462-470.
KERIMIAN T. & LARPENT J.P., 1972 - Problémes posés par la croissance et le développement d’une Chaetophorale, Draparnaldia mutabilis Roth (Cederg.). Nova Hedwigia 23: 225-235.
LARPENT-GOURGAUD M., LARPENT J.P. & JACQUES R., 1972 - Action de
quelques radiations monochromatiques sur la croissance du thalle d'une Rhodophycée, Compt. Rend. Hebd. Séances Acad. Sci. 274: 2988-2990.
LARPENT J.P. & JACQUES R., 1973 - Influence de la durée de l'éclairement sur la croissance du thalle de quelques algues (trois Chaetophorales et une Rhodophycée). PL. Sci. Lett. 1: 339-347.
LARPENT-GOURGAUD M. et AUMAITRE M.P., 1987 - Production et régénération de protoplastes chez Draparnaldia mutabilis (Chaetophorales, Chlorophyta). Cryptogamie, Algol. 8: 101-106.
LARPENT-GOURGAUD M. & AUMAITRE M.P., 198$ - Action comparée de di- verses radiations monochromatiques sur la régénération et le développement des protoplastes de Caespitella pascheri ct de Draparnaldia mutabilis (Chaetophorales, Chlorophyta). Cryptogamie, Algol, 9: 143-147.
Source : MNHN. Paris
DRAPARNALDIA MUTABILIS 57
NISHIMURA M. & AKAZAWA T., 1975 - Photosynthetic activities of spinach leaf protoplasts. PL. Physiol. (Bethesda). 55: 712-716.
ROTHMAN EKM. & ZILINSKAS B.A, 1977 - Reversal of 3-(3,4-dichlorophenyl)-I-I-dimethylurea of carbon dioxide fixation in spinach chloroplasts and protoplasts by dicarboxylic acids. Pl. Physiol. 60: 51-53.
VAN BEEN A.P. & SIMONS J., 1988 - Growth and morphology of Draparnaldia mutabilis (Chlorophyceae, Chaetophorales) in synthetic medium. Brit. Phycol. J. 23: 143-151.
ZEGHAL M., 1987 - Contribution à l'étude du rôle de la lumière sur le développement du thalle de Draparnaldia mutabilis (Roth) Cederg. Thèse Doc- teur Ingénieur. Univ. Blaise Pascal Clermont-Ferrand. 56p.
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Algol., 1990, 11 (1): 59-70 59
JOURNÉES PHYCOLOGIQUES dédiées à Jean FELDMANN Paris, 19 et 20 décembre 1988
C'est à l'instigation du Professeur Jean Feldmann qu'a été créée en 1955 la Société Phycologique de France, pour faciliter le développement des recherches phycologiques. Elle regroupe actuellement près de 200 membres représentant 22 pays et organise deux rencontres scientifiques annuelles.
Pour commémorer le dixième anniversaire de sa disparition, deux journées de travail lui ont été dédiées. Les séances se sont déroulées dans l'amphithéâtre de Paléontologie du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris aimablement mis à notre disposition. Nous publions ici les résumés des 26 communications présentées.
La solennité de ces journées a été accentuée par deux évènements:
- la Société Phycologique de France a créé le Prix Jean Feldmann destiné à récompenser, sur concours, un jeune chercheur pour l'originalité et la qualité de ses travaux dans les domaines de l’algologie fondamentale et appliquée. Au cours de l’Assemblée Générale Plénière, en présence de Ma- dame Geneviève Feldmann, le Président de la Société, Monsieur le Profes- seur Pierre Bourrelly a remis, pour la première fois le Prix Jean Feldmann. La lauréate, Mademoiselle Catherine Boyen, (du Centre de Biologie marine de Roscoff) a été sélectionnée par le jury pour ses travaux sur l’’Étude de la paroi cellulaire des Phéophycées: approche physico-chimique, immuno- chimique et préparation d’enzymes spécifiques de dégradation”.
- l'Institut Océanographique, avec son Directeur le Professeur Paul Bougis.s'est aussi associé à nos journées commémoratives. L'un des séminaires donné dans cet institut le 25 novembre 1988 au titre de l'ensei- gnement d’océanographie biologique avait pour sujet: "Les Algues et leur utilisation”. Le professeur P. Bougis qui l’animait, ayant tenu à le dédier à la mémoire de Jean Feldmann, a évoqué toute la sympathie qui l'unissait à celui-ci en rappelant les nombreux et fructueux échanges qu'ils ont entrete- nus. Les textes des communications présentées à ce séminaire seront publiés dans la revue Océanis éditée par l'Institut Océanographique.
Max PELLEGRINI, Sécrétaire Général
Source : MNHN. Paris
60 JOURNÉES PHYCOLOGIQUES DÉDIÉES A J. FELDMANN
C. ABELARD (Université Pierre ct Marie Curie, Paris). Hommage à Jean Feldmann.
Je tiens à rendre hommage au Professeur Jean Feldmann pour tous les instants où le bonheur de la découverte qu'il manifestait, stimulait mon enthousiasme ct mon propre effort à suivre sa pensée. Il aimait à faire partager sa réflexion et nombre de ses collaborateurs, de ses élèves qui ont suivi son enseignement sur les Algues et les excursions sur le terrain, de chercheurs français et étrangers venus le consulter, sa- vent combien il donnait de son temps pour les aider dans leur approche des problèmes posés par leurs recherches au cours de longues conversations: il donnait à chacun des notes bibliographiques précieuses et faisait ainsi profiter de son érudition. L'intérêt de Jean Feldmann se portait tour à tour sur une algue rouge, une algue ver- te, moins souvent sur les algues brunes; toutes cependant captaient son attention; la morphologie, la cytologie ct la reproduction particulièrement complexe chez les algues lui étaient familières.
Entre 1965 et 1977, les nombreuses observations faites au cours des séjours dans les stations marines sur la germination de tétraspores d'algues rouges Rhodomélacées et Délesseriacées m'ont permis de publier, en collaboration avec M.- Th. L’Hardy-Halos, quelques contributions 4 la connaissance de la morphoge chez ces algues. Je me suis également intéressée, entre autres, aux cycles de vie chez les Chlorophycées Derbesiales et j'ai pu décrire en 1982 le cycle d'un Pedobesia, récolté par G. Duclaux dans les îles Galapagos: Pedobesia feldmanii. En 1986, en collaboration avec M. Knoepffler, nous avons pu identifier le " Derbesia solierii ”, Chlorophycée ainsi nommée et maintes fois récoltée par Jean Feldmann à Banyuls, à un Pedobesia, le décrire et lui donner le nom de Pedobesia solieri, nous apportons ainsi un élément nouveau à la connaissance de la flore marine de la région de Banyuls.
G. BERAIL (Universités d'Aix-Marseille 1 et 2).
Accumulation de métaux lourds par Valgue brune Cystoseira barbata forma repens: effets sur la croissance et profil des cinétiques d'absorption.
Les possibilités d'absorption des métaux lourds sont étudiées chez l'algue brune Cystoseira barbata forma repens. L'algue prélevée dans le milieu naturel est cultivée dans de leau de mer enrichie en cadmium, cuivre, plomb ou zinc.
Nous avons déterminé l'influence de la nature et de la concentration des métaux ainsi que l'influence du temps d'exposition sur la croissance et les facteurs d'aceumulation de l'algue. L'effet sur la croissance diffère d'un polluant à l'autre mais l'algue réagit toujours par un phénomène d'absorption avec un facteur de concentration élevé.
Y. BERGER-PERROTI, A. BOILLOT?}, J. GAILLARD? et M.Th. L'HARDY-HALOS#4 (1. Centre d'Etudes Océanologiques et de Biologie Mari- ne, Roscolf; 2. Station Zoologique, Villefranche-sur-mer; 3. Université Pierre et Marie Curie, Paris; 4. Université du Maine, Le Mans).
La morphogenèse des Algues rouges, vertes et brunes; contribution de l'Ecole Jean Feldmann. Quelques analyses récentes ont contribué à une meilleure connaissance de la morphogenèse des Algues, et notamment des changements visibles au niveau de la
Source - MNHN. Paris
JOURNÉES PHYCOLOGIQUES DÉDIÉES A J. FELDMANN 6l
forme et de la structure des thalles pluricellulaires. En hommage à Jean Feldmann, des résultats sélectionnés ont fait l'objet d'un exposé en deux parties:
1) les changements à caractère quantitatif (phénomènes de croissance); visuali- sation des échanges intercellulaires et des effets de la dominance apicale.
2) les changements à caractère qualitatif (phénomènes de différenciation); vi- sualisation précoce de la différenciation des initiales pleuridiennes des cladomothalles, et utilisation des différenciations reproductrices (systèmes flagellaires) en plus des cytokinéses, dans les approches phylogénétiques des Chlorophycophytes.
M. BERTI, J.C, DAUGUET!, E. DESLANDES2, R. BEN SAID2, J. COSSON? et J.J. BERT? (I. Laboratoire de Pharmacognosie et de Phytochimie, Université de Caen: 2. Laboratoire d'Algologie Fondamentale et Appliquée, Université de Caen)
Les carraghénanes de Cystoclonium purpurcum (Huds.) Batt. dans les différentes pha- ses du cycle.
Les carraghénanes extraits des gamétophytes, tétrasporophytes et thalles de Cystoclonium purpureum (Huds.) Batt. (Gigartinale, Rhodophyllidaccae), udiés grace 4 des spectres IR et de RMN du 13C, Il s’agit toujours de iota- ane, contrairement à ce qui avait été obtenu chez d'autres Gigartinales comme Chondrus crispus qui contient des carraghénanes de type kappa dans les gamétophytes et de type lambda dans les tétrasporophytes.
C. BILLARDI, J.C. DAUGUET2, D. MAUME3 et M. BERT2 ((1. Laboratoire d'Algologie Fondamentale et Appliquée, Université de Caen; 2. Laboratoire de Pharmacognosie et de Phytochimie, Université de Caen; 3. Laboratoire de Spectrométrie Structurale, Université de Caen).
Sterols et chimiotaxinomie des Chrysophyceae marines.
Les stérols totaux de plusieurs genres de Chrysophyceae marines, actuellement classées parmi les Sarcinochrysidales, ont & alysés par CG ou CG/SM. Dans chacun des cas le stérol majoritaire est soit un stérol en C-29, soit, chez deux genres exclusivement, un stérol inhabituel en C-30.
La répartition de ces stérols au sein des différents genres confirme l'hétérogénéité de l'ordre des Sarcinochrysidales déjà mise en évidence par des obser- yations ultrastructurales. Les implications systématiques de ces différents résultats sont évoquées.
J. BRIAND (Laboratoire des Membranes Biologiques, Université Paris VI) Ut
tion en pharmacologie d’ Euglena gra
Nous avons montré que l’eugléne, cultivee a l'obscurité à 27°C, avec le lactate comme substrat, le transformait en réserves polysaccharidiques suivant une voie si- milaire à celle utilisée par la cellule hépatique pour transformer le lactate sanguin en glycogène (avec l'intervention d'une enzyme spécifique de la cellule hépatique: la PEP carboxykinase GTP dépendante). Nous avons donc pu utiliser l'euglène comme modèle de cellule hépatique pour tester l'action, sur le métabolisme et l'énergétique cellulaire, d'un médicament antiasthénique (le malate de citrulline, MC). Nous avons montré, qu'à la posologie prescrite (0,5g/1), le MC accélérait la métabolisation du
Source - MNHN, Paris
62 JOURNÉES PHYCOLOGIQUES DÉDIÉES A J. FELDMANN
lactate (avec effet de synergie des deux composés du complexe) et de l’ammonium. Les mesures d'ATP cellulaire montrent que les euglènes traitées au MC sont remar- quablement résistantes à l’anoxie ét présentent des capacités de synthèse très rapide, menant à un niveau d'ATP égal à trois fois celui des cellules témoins, lors d’une réoxygénation subséquente. Ces résultats précisent l'effet du MC au niveau cellulaire, et permettent l'interprétation d'observations faites chez l’homme,
R. CALVAYRAC (Laboratoire des Membranes Biologiques, Université Paris VII).
Caractéristiques biochimiques et fonctionnelles d’ Euglena gracilis résistante au DCMU par rapport à la souche sauvage.
Des euglènes cultivées en photohétérotrophie en présence de diuron (25 à 2504M) récupèrent, après plusieurs semaines, leurs capacités photosynthétiques. L'adaptation passe par une étape de disparition de l'activité photosynthétique, accompagnée d'une baisse considérable des chlorophylles et d’une désorganisation 10- tale de l'ultrastructure des thylakoïdes. Lors de l'adaptation, les cellules montrent une évolution identique à celle d'un reverdissement et présentent transitoirement des caractéristiques photosynthétiques très renforcées par rapport aux cellules témoins. Par la suite, les cellules adaptées á l'herbicide sont capables de croître et de reverdir en présence de la drogue en conditions de photo-autotrophie. L'acquisition de la résistance n'est pas seulement due à la modification de la protéine M-B, 32-34 KD, mais aussi à une distribution différente des acides gras au sein des thylakoïdes dans les classes des glycérophospholipides et des phosphatidylglycerols: ceci met en évidence une plasticité adaptative des lipides thylakoidiens. La nouvelle souche résistante ZR présente: (1) la possibilité de récupérer (en quelques minutes à l'obscurité) la photosynthèse inhibée par une overdose de diuron; (2) une résistance au froid des propriétés photosynthétiques.
J.R. CAMPOS et M. PELLEGRINI (Faculté des Sciences de Luminy, Marseille).
Approches physiologiques, biochimiques et cytologiques de la croissance des boutures de Valginophyte Cystoseira stricta cultivées en émersions aléatoires.
Des travaux concernant l'étude de l'influence de facteurs physiques et chimi- ques menés sur des boutures de Cystoseira stricta Sauvageau (Fucophycées, Fucales) cultivées en free-living en simulateur de marées à émersions aléatoires révèlent: - un taux de croissance plus élevé en présence de KNO: (concentration de 500zmole.!) en comparaison au milieu enrichi en NH4 NO; (concentration de 300umole.l-1) - l'in- hibition “prolongée” de la consommation des ions nitrate par l’ammonium et un relargage de ce dernier en relation avec le mode d'éclairement; - un accroissement du nombre de plastes par unité de surface du méristoderme et une augmentation des te- neurs en pigments photosynthétiques en présence de KNO - une modification du métabolisme glucidique qui entraine une diminution d’environ 50% des teneurs en acide alginique et une tendance à accroître l'épimérisation de l'acide mannuronique en acide guluronique.
L. CARON), C. BERKALOFF?, et H. JUPINS (I. Laboratoire Arago, Banyuls-sur- Mer; 2, Ecole Normale Supérieure, Paris; 3. Université de Perpignan).
Les complexes pigments-protéines des chloroplastes de Phéophycées.
L'organisation macromoléculaire des thylakoïdes des Phéophycées est ac- tuellement beaucoup moins bien connue que celle des végétaux verts. Diverses tech-
Source - MNHN, Paris
JOURNÉES PHYCOLOGIQUES DÉDIÉES A J. F
-DMANN 63
niques de séparation (électrophorèse, gradients de densité...) ont toutefois, depuis les premiers travaux en 1977, permis de caractériser des complexes collecteurs, riches en chlorophylle c et xanthophylles, et des fractions enrichies en centres PSI (P700), chlorophylle a et B-caroténe (pour revue, voir Anderson J.M. & Barrett J., 1986, In Encyclopedia of Plant Physiology, Photosynthesis IM, Stachelin L.A. & Arntzen C eds., pp. 269-284, Springer Verlag). Une fraction présentant une activité PSII a au: si été isoléc chez Fucus serratus (Berkaloff et al., 1984 in Advances In Photosynthesis research, Sybesma S. ed., pp. 449-452, M. Nijhoff). L'emploi d'un détergent doux, la digitonine, nous a permis de séparer une fraction collectrice comportant dans les espèces étudiées seulement un (ou deux) polypeptide(s) majeur(s), de poids moléculaire voisin de 20 kDa, réagissant positivement avec un anticorps préparé contre le complexe collecteur de Maïs (Caron et al., 1988, FEBS Letters, 229, 11-15) Un anticorps préparé contre le polypeptide du complexe collecteur de Fucus s réagit fortement avec les complexes collecteurs de toutes les Phéophyci Diatomées testées, faiblement avec celui du Mais et celui d’une Xanthophycée, pas du tout avec ceux d’ Ulva sp. ou Cryptomonas sp. La composition polypeptidique et pigmentaire des fractions enrichies en PSI a aussi été étudiée (Berkaloff er ul, Photosynthesis Research, sous presse).
T. CHOPIN (E.P.P.V., Université de Lille, Villeneuve d’Ascq). L'industrie des algues dans les provinces maritimes du Canada.
La récolte de Chondrus crispus est surtout active à l'île du Prince Edouard où elle représente la deuxième activité de pêche après le homard avec un chiffre d'affai- res annuel d'environ deux millions de dollars. La pêche est concentrée au Nord Ouest de l'île où, sur 70km de côtes, à peu près 150 bateaux de 2 types (winchers ct haulers) exploitent de juin à septembre, à l’aide de dragues à rateauX, des fonds cou- verts à 87% de C. crispus. La journée de travail est d'environ 8h et la récolte moyenne journalière par bateau de 18$3kg. Aprés les jours de fort vent, la récolte est aussi pratiquée sur le rivage à l'aide d'hommes et de chevaux tirant des bennes. Sur la côte nord de l'île, seules sont récoltées les algues d'échouage car depuis 1971 la péê- che en bateau est interdite pour éviter les interactions potentielles avec les popula- tions de homards. Les principaux acheteurs d'algues, humides ou séchées, sont FMC, Genu Products Lid. (filiale de KPF) et SATIA S.A.; il existe également un certain nombre d'intermédiaires. Au Nouveau Brunswick, la pêche de C. crispus a été sus- pendue car jugée économiquement non rentable par les acheteurs. Au Sud Ouest de la Nouvelle Ecosse, C. crispus est récolté différemment en raison de la topographie et du marnage (entrée de la baie de Fundy) à l'aide de petites embarcations et de rateaux à long manche à basse-mer. La société ‘Les Algues Acadiennes Ltée” développe l'aquaculture de C. crispus à grande échelle avec l'aide du NRCC. Le Ca- nada fournit actuellement 11 à 12% de la demande mondiale en matière première pour l'extraction des carraghénanes alors que dans les années 1970 il fournissait 65%. Aucune extraction de carraghénanes n'est réalisée au Canada. La société Protan a redonné un essor á la péche d' Ascophyllum nodosum en Nouvelle Ecosse. Actuellement, il n'y a pas d'exploitation industrielle des Laminaires dans les Provin- ces Maritimes.
R. DELÉPINE (Université Pierre et Marie Curie, Paris). La colonisation des substrats immergés en milieu marin.
L'intérêt de ces études réside dans la connaissance de la dynamique de coloni- sation des substrats artificiels immergés (ou naturels mis à nu), par les diaspores
Source - MNHN. Paris
64 JOURNÉES PHYCOLOGIQUES DEDIEES A J. FELDMANN
(zoospores, ocufs, propagules, fragments de thalle, etc...) émises par les différents or- ganismes marins. Un complément important consiste à identifier les diaspores présentes à une station donnée en filtrant un volume d'eau de cette Station et en ana- lysant le développement des diaspores retenues sur les filtres. Les données obtenues permettent l'étude des variations dans l'espace (vitesse de dispersion des diaspores en mer, répartition dans les différentes couches d'eau) et dans le temps (intensité d'émission en fonction des saisons, durée de vie). Les conséquences sont importantes tant au plan écobiogéographique qu'au plan pratique (gestion des installations aquacoles fréquemment colonisées par des espèces non souhaitées et problème plus général du “fouling”).
E. DESLANDES, C. BODEAU-BELLION, J.-Y. FLOC'H et M. PENOT (Labora- toire de Physiologie Végétale - Faculté des Sciences, Brest).
Carraghénanes et carraghénophytes des côtes de France. Données biologiques et biochimiques récentes.
On sait que les algues rouges produisent des polysaccharides pariétaux (phycocolloïdes) qui sont utilisés par l'industrie en tant qu’agents de texture gélifiants
où épaississants. Les espèces françaises productrices de ces carraghénanes (Chondrus crispus) ne suffisent pas à fournir le marché français, entraînant de ce fait limpor- tation d'algues exotiques (Echeuma sp.) dont les carraghénanes de type-iota sont particulièrement recherchés.
Aucune analyse systématique des carraghénophytes de nos côtes n'avait été réalisée à ce jour. L'intérêt d'une telle recherche est double: il réside en premier lieu dans la connaissance des types de phycocolloides synthétisés par les différentes al- gues rouges; il vise aussi à répondre à la demande du marché des carraghénanes.
Un inventaire des espèces de carraghénophytes des côtes atlantiques a été dressé. 9 algues appartenant à l'ordre des Gigartinaies ont fait l'objet d'études chimi- ques et spectroscopiques (infra-rouge et RMN du 13C). Cing algues méritent une at- tention toute particulière; il s'agit de: Halarachnion ligulatum (Furcellariacées) synthétisant un carraghénane-kappa; Calliblepharis ciliata, C. jubata, Cystoclonium purpureur, (Rhodophyllidacées) et de Solieria chordalis (Soliériacées) synthétisant un carraghénane-iota.
G, DUCREUX (Laboratoire de Morphogenése Végétale Experimentale, Université Paris-sud, Orsay),
Morphogenése cellulaire et développement: Vensemble des protoplastes de Sphucelaria.
L'apex des filaments de Sphacelaria est constitué de différents types cellulaires qui peuvent être identifiés cytologiquement, y compris après isolement, à l'état de cellules ou de protoplastes (Ducreux €, & Kloarcg B,, 1988, Planta 174: 25-29; Ducreux G., Maillard P. & Sihachakr D., 1988, in Algal biotechnology. Elsevier App. Se. Publ. Ltd, pp. 129-137). Ces derniers ont pu être obtenus en associ alginates-lyases extraites de mollusques marins avec des cellulase et pectinase com- merciales. Ce matériel peut servir de modèle pour l'analyse comparative des mécanismes cellulaires conduisant à la régénération à partir d'une cellule. Les pre- miers résultats obtenus montrent que le programme de morphogenèse diffère suivant la cellule considérée et en fonction ou non (protoplaste) de la présence de la paroi, qui pourrait contrôler, en liaison avec le cytosquelette, la polarité et l'orientation de la première division cellulaire,
Source : MNHN. Paris
JOURNÉES PHYCOLOGIQUES DÉDIÉES A J. FELDMANN 65
M. EPIARD-LAHAYE (Faculté des Sciences de Luminy, Marseille).
Influence de Vintensité lumineuse sur quelques facteurs physiologiques et biochimiques des boutures de Cystoseira stricta en culture.
Les boutures de Cystoseira stricta cultivées aux plus faibles intensités lumi- neuses ont une croissance plus faible que celles cultivées aux plus fortes intensités lu- mineuses. Les tencurs en chlorophylles et en caroténoïdes diminuent parallèlement à l'augmentation de la quantité de lumière. Le pourcentage d'acide alginique dans la matière sèche varie en sens inverse du taux de pigments. La courbe qui traduit la va- riation du rapport M/G en fonction de l'intensité lumineuse évolue dans le même sens que celle des pigments avec une nette diminution jusqu'à 4000 lux puis un pla- teau. L'étude de la proportion de chaque polymère nous montre une élévation des polyG et une diminution pratiquement équivalente des blocs mixtes lorsque la quantité de lumière augmente.
J.Y. FLOC'H ct R. PAJOT (Laboratoire de Physiologie Végêtale, ces, Brest).
ulté des Scien-
L/algue brune japon: tique française.
e Undaria pinnatifida dans son nouveau biotope de la côte atlan-
L'algue brune japonaise Undaria pinnatifida (Harv.) Sur., découverte en 1971 dans l'étang de Thau en Méditerranée, a été introduite en 1983 sur le littoral atlanti- que en vue de cultures expérimentales (Pérez et al, 1984). La présente étude, commencée en 1987, concerne le contrôle écologique de l'espêce dans son nouveau biotope. Les premiers résultats montrent que l'algue s'est échappée du périmètre de culture qui lui était assigné, à l'île de Ouessant, et qu'elle croît vigoureusement, no- tamment sur les structures artificielles destinées å l'élevage de moules. De plus, quel- ques sporophytes ont été trouvés, fi la roche, parmi les algues autochtones, de- puis le niveau de la basse mer jusqu'à une profondeur de - 18 mètres. La preuve est apportée que le cycle complet de la reproduction de l'algue s'est réalisé in situ dans la baie de Lampaul à Ouessant, en 1987 et 1988. Par ailleurs, bien que les sporophytes aient une meilleure croissance en hiver et au printemps, ils sont encore visibles du- rant l'été et l'automne, à différents stades de développement. Les auteurs suggèrent que, dans le site de Ouessant, plusieurs générations de Undaria peuvent se succéder au cours d’une année.
P. GAYRAL (Laboratoire d’Algologie Fondamentale et Appliquée, Université de Caen).
Sur la terminologie des cycles de développement.
On connaît chez les Algues trois types de cycles de développement caractérisés par le nombre de générations par lequel ils s’accomplissent, ce qui permet de distin- guer les cycles monogénétiques. digénétiques et trigénétiques, Si, en ce qui concerne les deux dernières catégories, les phases nucléaires - haploïde et diploide - sont tou- jours représentées avec une importance relative de l’une par rapport à l'autre qui dépend de l'exemple précis considéré, dans la première catégorie l'unique génération est un organisme à cellules diploïdes, ce qu'il est intéressant de préciser et qui, de sureroît indique quelle est, dans le cycle, la place de la méiose par rapport à celle de la fécondation.
Or depuis plusieurs décennies les algologues français ont caractérisé les deux cas possibles pour les cycles monogénétiques par l'emploi des adjectifs
Source : MNHN, Paris
66 JOURNÉES PHYCOLOGIQUES DÉDIÉES A J. FELDMANN
“haplophasique” et "diplophasique” dérivés des substantifs “haplophas “diplophase". Cependant, d'un point de vue étymologique ces substantifs sont défectueux car ils signifient respectivement: phase simple et phase double (du grec haplos: simple; diplos: double) et doivent être remplacés par “phase haploïde” et “phase diploide” comme cela est heureusement de plus en plus fréquent dans les traités modernes de biologie. Il s'ensuit que les adjectifs haplo- et diplo- phasique sont eux aussi défectueux; ils peuvent être remplacés par des adjectifs dérivés des substantifs haplonte et diplonte qui signifient respectivement organisme à cellules häploïdes et organisme à cellules diploides.
En conclusion, un cycle monogénétique peut être monogénétique haplontique où monogénétique diplontique; un cycle digénétique pourra éventuellement être dit haplo-diplontique ou diplo-haplontique si l'on souhaite préciser l'importance relative de ces deux phases. Cette terminologie est conforme à celle qu'ont adoplée - sans doute pour les raisons ci-dessus évoquées - les biologistes de langue anglaise (= *haplontic cycle”, “diplontic cycle”), Son adoption est de nature 4 éviter, dans ce do- maine, des malentendus entre les communautés scientifiques
On sait par ailleurs que l'étude des Floridées à conduit à distinguer celles dont le cycle s'accomplit avec le concours d'une seule catégorie de thalles et celles chez les- quelles il met en jeu deux catégories de thalles; les premières sont des haplobiontes, les secondes sont des diplobiontes. Ces termes étymologiquement corrects ainsi que les adjectifs haplobiontique et diplobiontique qui en. dérivent ne peuvent être utilisés à propos des cycles puisqu'ils ne concernent ni les générations ni les phases. Leur em- ploi, par contre, est légitime pour caractériser des entités taxinomiques dont on veut préciser la représentation à l'état unique ou double, dans la nature. Exemple: beau- coup de Némalionales sont diplobiontiques, quelques-unes sont haplobiontiques.
B. KLOAREG ct C. BOYEN (Centre d'Études Océanologiques et de Biologie Mari- ne, Roscoff).
Production de protoplastes, régénération de la paroi et photopolarisation dans le zygote de Fucus distichus.
A l'aide de cellula:
s du commerce et d'alginate-lyases extraites de mollusques
marins, nous avons isolé des protoplastes de zygotes de Fucus distichus, 6 à 8h après la fécondation, Le rendement en protoplastes est virtuellement 100% des zygotes traités. Environ 80% d'entre eux reprennent un développement normal. La régénération de la paroi, l'émission du rhizoïde et la première division cellulaire de- meurent synchrones au sein de la population (B. Kloareg & R.S. Quatrano, 1987,
Plant Science 50: 189-194). La mise en place des polysaccharides pariétaux aprés la fécondation et au cours de la régénération des protoplastes de zygotes a été étudiée à Vaide de calcofluor et d'anticorps monoclonaux spécifiques des fucanos et des alginates. Cette étude confirme que la paroi du rhizoïde présente une composition différente de celle du pôle végétatif et indique qué la régénération de la paroi autour des protoplastes de zygote est plus lente mais très semblable à la mise en place nor- male après la fécondation (C. Boyen, B. Kloareg & V. Vrecland, 1988, Plant Physiol. Biochem. 26: 653-659). Pour étudier le rôle de la paroi cellulaire dans l'établissement de l'axe de polarité du zygote, nous avons comparé le développement de zygotes normaux et celui de protoplastes de zygotes aprés divers éclairements en lumière unilatérale. Ces expériences démontrent que la digestion de la paroi cellulaire est sans effet sur Ja maintenance d'un axe de polarité déjà fixé ou sur la formation de l'axe, En revanche, la présence de la paroi cellulaire est requise pour fixer l'axe de polarité (D. Kropf, B. Kloareg & R.S, Quatrano, 1988, Science 239: 187-190),
Source - MNHN. Paris
JOURNÉES PHYCOLOGIQUES DÉDIÉES A J. FELDMANN 67
M. KNOEPFFLERI, M.C. NOAILLES? C. ABÉLARDI ct Ch-F. BOUDOURESQUES (1. Université Pierre et Marie Curie, Laboratoire Arago, Banyuls-sur-mer, 2. École Normale Supérieure, Paris, 3. Université Pierre et Maric Curie, Paris, 4. Faculté des Sciences de Luminy, Marseille).
Les algues marines de la Côte des Albères: nouvel inventaire.
Au pied des derniers contreforts pyrénéens, la Côte des Albères (Golfe duLion, Méditerranée nord-occidentale) présente une succession de caps déchiquetés et de baies plus ou moins abritées. Point de rencontre d'espèces atlantiques et boréales (hi- ver), d'espèces thermophiles d'affinités tropicales et d'espèces endémiques, ce site of- fre une très grande richesse floristique marine.
L'inventaire de Jean Feldmann, dans son étude de la végétation marine de la côte des Albères, (1937-1942), fait état de 450 espèces, formes, variétés ou stades: 23 nouvelles pour la science, 47 pour la Méditerranée et plusieurs pour la région. A l’oc- casion des journées consacrées à Jean Feldmann, il a été présenté un certain nombre de ses dessins et d'annotations restés inédits.
La révision bibliographique des espèces (Boudouresque et al., 1984) enregistre 91 taxons supplémentaires, toutes classes confondues. Depuis cette date se sont ajoutés 8 Chlorophycophytes, 14 Phacophycophytes et 28 Rhodophycophytes, dont Pedobesia solieri Abélard et Knoepffler 1986, Sargassum muticum (Yendo) Fensholt, Undaria pinnatifida (Harvey) Suringar, Predaea ollivieri Feldmann, Aphanocladia stichidiosa (Funk) Ardré et Polvsiphonia mottei Lauret.
D. LAVAL-MARTIN (Laboratoire des Membranes Biologiques, Université Paris VID.
Le contrôle du rythme de division cellulaire par oscillateur circadien chez Euglena gracilis.
Lorsque les cellules sont cultivées dans des conditions telles que les temps de génération sont égaux ou supérieurs à 24h, le cycle de division cellulaire peut être controlé par l'horloge circadienne. Il est en effet possible de démontrer que les ryth- mes de division cellulaires peuvent être entrainés par des alternances de lumière (L) ct d'obscurité (O) dont la période est 24h (L, O: 12, 12 ou 10, 14); qu'ils persistent en L, 3,3 ouL, O: 1, 1 avec une période endogéne de 27h; que leur phase peut être décalée par une perturbation lumineuse unique (c'est-à-dire qu'il existe un rythme circadien de sensibilité à un tel signal) et qu'enfin, alors que les temps de génération sont hautement dépendants de la température, il existe une compensation en température de la période du rythme de division dans une gamme de 10°C environ, Toutes ces propriétés caractérisent les rythmes circadiens; nous disposons d'un système permettant l'étude d'un modèle biochimique capable d'osciller de façon au- tonome. Ce modéle proposé en 1985 (K. Goto, D. Laval-Martin & L.N. Edmunds, Science 228: 1284-1288) comprendrait le système mitochondrial (ou ergastoplasmique) pour le transport de Ca2+ dépendant du NAD, le Ca2+, le com- plexe Ca2+ -calmoduline, qui, inhibant la NADP phosphatase et activant la NAD kinase, contrólerait á son tour la concentration en NAD.
Source - MNHN. Paris
68 JOURNÉES PHYCOLOGIQUES DÉDIÉES A J. FELDMANN
S. LOISEAU-DE GOERI et Y. MARKOWICZ2 (Centre d'Études Océanologiques et de Biologie Marine, Roscoff; 2. Laboratoire de Biologie Moléculaire Végétale, Université J. Fourier, Grenoble).
De Vopéron et des génes ribosomiques à la phylogénie. Théorie de l’endosymbiose. Où en est-on fin 1988?
La comparaison des séquences des ARNs ribosomiques 16S provenant des plastes et des procaryotes libres ainsi que celle des ARNS ribosomiques cytoplasmiques 18S permet d'établir des arbres phylogéniques concernant chacune des parties des cellules végétales. Grâce à ces études on peut dire actuellement (Markowicz Y., Loiseau-de “Goer S. & Mache R., 1988, Curr. Genet. 14: 599-608): 1) que Vendosymbiose entre des eucaryotes et des procaryotes a été multiple:2) que tous les plastes étudiés jusqu’à présent proviennent de cyanobactéi primitives. L'endosymbiose à l'origine des plastes verts (algues vertes et plantes supérieures) est plus ancienne que celle(s?) à l'origine des plastes bruns et des euglènes; 3) que les lignées animales peuvent, comme c'est le cas pour l'euglène, avoir divergé du rameau eucaryote bien avant de s'être transformés en végétaux par endosymbiose d'une cyanobactérie. Il ny a donc pas forcément corrélation entre les deux événements.
F. MAGNE (Université Pierre et Marie Curie, Paris).
L'origine du carposporophyte selon Jean Feldmann, a la lumière de données récentes.
En 1952, Jean Feldmann a émis l'opinion qu'à l'origine les Rhodophycées ont dû présenter un € de développement où les trois générations (gamétophyte, carposporophyte et tétrasporophyte) é lement développées et indépendantes, le cas des espèces de type Polysiphonia en ayant dérivé par une réduction du carposporophyte et son installation en parasite sur le gamétophyte. Les recherches ultérieures ont conforté cette hypothèse en démontrant que le gamétophyte et le tétrasporophyte peuvent eux-aussi s'installer sur la génération qui les précède et subir une réduction; en outre, l'étude critique du cas du Palmaria palmata amène à considérer que les thalles qui, chez cette espèce, portent les tétrasporocystes, ne sont pas des tétrasporophytes mais des carposporophytes pleinement développés et indépendants.
D. PESANDO!, B. CARAM2, J.C. PIONNAT3 et M. HEBERT! (1. Unité INSERM 303, Villefranche-sur-mer, 2. Laboratoire de Protistologie Marine, Villefranche-sur-mer, 3. INRA Station de Botanique et de Pathologie Végétale, Antibes) -
Potentialités pharmacologiques des algues benthiques.
Les possibilités thérapeutiques des algues sont rapportées dans les premières ci- vilisations. Leur utilisation se réfère aux activités antivirale, antimitotique, antiparasitaire, anesthésique, anticholestérolémiante, complexante des métaux toxi- ques, ct antimicrobienne,
Certaines algues brunes de Méditerranée (Dictyotales) pourraient être une source de nouveaux antifongiques de nature terpénique, avec des applications poten- tielles dans le domaine de la pharmacologie humaine ou phytosanitaire.
Source : MNHN. Paris
JOURNÉES PHYCOLOGIQUES DEDIEES A J. FELDMANN 69
L. PIOVETTI (Laboratoire de Chimie Marine, Université de Toulon) Propriétés olfactives des algues marines.
Mise au point sur l'état actuel de nos connaissances dans le domaine de l'olfaction des algues marines, comprenant deux parties principales. La première fait l'historique de l’utilisation des algues dans l'industrie des parfums naturels, avec une mention sur l’économie actuelle de ce secteur d'activité et ses perspectives d'avenir. La seconde présente les principaux travaux qui ont été effectués sur les substances volatiles algales. L'accent étant mis plus particulièrement sur les hydrocarbures insaturés à onze atomes de carbone, isolés à partir des algues brunes du genre Dictyopterts, qui sont d'un grand intérêt sur le plan olfactif.
S. PUISEUX-DAO (Unité INSERM 303, Villefranche-sur-Mer). Algues et toxicité.
Les algues sont impliquées dans deux types de phénomènes toxiques: la bioaccumulation et biotransformation des polluants d'une part, la production de toxines dangereuses pour divers animaux dont l'Homme par l'intermédiaire des chai- nes trophiques d'autre part.
Pour les polluants organiques, la réponse des algues est généralement simple: il existe pour chaque substance et chaque espèce d'algue un certain niveau de concen- tration qui devient toxique et peut être très élevé; les polluants lipophiles s'accumu- lent dans les phases lipidiques, spécialement les globules de réserve, le plus souvent sans biotransformation car les capacités métaboliques intracellulaires des algues sont faibles: cette fixation dans les phases lipidiques est labile et dépend du coéfficient de partage du produit si bien que les polluants accumulés peuvent être facilement relargués. Si les algues ne métabolisent généralement pas les polluants organiques, el- les sont cependant capables de participer à leur biotransformation dans le milieu par la sécrétion d'enzymes, par exemple d'estérases, Ces données ont été étudiées avec précision par A. Bacza-Squiban et coll. pour la deltaméthrine (1987-88).
Si la toxicité et les capacités de bioaccumulation des polluants métalliques par les algues ont fait l'objet de recherches assez nombreuses qui ont mis en évidence la diversité des réponses suivant les espèces et même les souches, il existe encore peu de travaux sur les processus de bioaccumulation eux-mêmes ainsi que sur les interférences des métaux polluants avec le métabolisme cellulaire. Chez Acetabularia acetabulum, le zinc, métal essentiel, se fixe sur des fractions de faible poids moléculaire; il ne semble pas y avoir d'induction de molécules capables de lier le métal. Par contre cette espèce en réponse au cadmium, métal non essentiel, semble pouvoir fixer ce minéral sur des molécules qui apparaissent au cours de Vintoxica- tion; quatre catégories moléculaires sont impliquées, celles de poids moléculaire élevé sont de nature protéique (C. Karez et col., 1988). Chez Dunaliella bioculata, E. Heuillet et coll. (1988) ont mis en évidence l'induction par le cadmium d'une protéine de PM = 10 KD, soufrée et fortement anionique.
Des interactions globales Cd-Ca ont été mises en évidence chez D. bioculata (E. Heuillet et coll., 1988) et Cricosphaera elongata (M. Roméo et coll, 1988). Des interactions peuvent jouer à divers niveaux: canaux calciques lents, sensibles au po- tentiel membranaire ainsi qu'à l'inhibiteur vérapamil (C. Karez et coll., soumis), Ca-ATPases (N, Jeanne et coll., 1989) mais aussi calciprotéines.
Pour ce qui concerne les toxines d'algues, nos efforts ont été centrés sur la ciguatera. Nos cultures de Gambierdiscus toxieus (Dinoflagellés) produisent princi-
Source : MNHN. Paris
70 JOURNÉES PHYCOLOGIQUES DÉDIÉES A J. FELDMANN
palement de la maitotoxine, active sur les transports calciques et le cycle des phosphoinositides (M. Durand-Clément et coll, 1988). Cependant elles contiennent aussi en quantité très faible (< 5% du complexe toxinique) une fraction toxique ca- pable de se fixer en compétition sur le site de la brevetoxine au niveau du canal sodique. Des muscles de poissons ayant ingéré des algues de culture peuvent devenir toxiques pour la souris (Durand-Clément et coll., communication personnelle).
A. SANCHOI, G. COMBAUTI, H. JUPINI et G. GIRAUD? (1. Université de Perpignan: 2. École Normale Supérieure de Paris).
Études des voies métaboliques des algues par une nouvelle méthode: la R.M.N.-F.LN.S.
La méthode de RMN-SNIF qui permet de déterminer la répartition des atomes de deuterium sur une molécule de produit organique a été employée sur du mannitol extrait de Phaeophycées. En milieu naturel, les algues synthétisent un mannitol glo- balement appauvri en deuterium par rapport à l'eau du milieu. Cet appauvris- sement a lieu sélectivement sur les carbones 1, 3, 4 et 6 (approximativement -20%) alors que les carbones 2 et 5 sont associés préférenticllement avec le deuterium (ap- proximativement + 10%). En milieu de éulture contrôlé, sur l'algue Sargassum muticum, une relation a pu être mise en évidence entre le rapport 2H/iIH de l'hydrogène associé aux carbones 2 et 5 du mannitol et les P-carboxylations catalysées par la PEPCKase. Ce résultat permet de penser que chez les Phaeophycées en milieu naturel marin, ‘incorporation du CO) par le PEPCKase est importante. La technique de RMN-SNIF apparaît donc comme une méthode prometteuse qui per- met de déterminer l'importance relative des diverses voies métaboliques incorporant le dioxyde de carbone.
G. TREMBLIN!, M. HAMANI!, D. BAGHDADLE et A, COUDRET? (l. Labo- ratoire de Physiologie Végétale, Université du Maine, Le Mans; 2. Laboratoire de Phytomorphogenése, Université de Clermont-Ferrand 11).
Caractéristiques photosynthétiques du Fucus serratus maintenu en immersion constante sous diverses conditions Wéclairement.
Des thalles de Fucus serratus sont placés durant 90 jours, en immersion constante, sous des éclairements isoquantiques (204E m2 s1) de qualité différente: lumière bleue, rouge où blanche. Sur les parties de thalles développés dans ces trois conditions, l'intensité photosynthétique est mesurée (par polarographie) en fonction de l'intensité lumineuse incidente. Une fonction exponentielle présentant un bon ajus- tement aux points expérimentaux est utilisée pour tracer les courbes d'action de la lumière Sur la photosynthése. Différents paramètres, pente à l'origine (@), Intensité photosynthétique maximale (IPm), Intensité lumineuse à saturation (Ik) et au point de compensation (IC), Respiration à l'obscurité (R) sont déterminés à partir de l'équation des courbes tracées: il est ainsi montré que seule la lumière bleue permet de maintenir la capacité photosynthétique de l'algue á un niveau voisin de celui des conditions naturelles. Se basant sur les variations des paramètres précédents, différentes hypothèses sont proposées quant à l'adaptation (structurale et/ou abolique) du Fucus serratus aux conditions lumineuses fournies lors des cultures.
Source - MNHN. Paris
Cryptogamie, Algol, 1990 11 (1): 71-76 71
OUVRAGES REÇUS POUR ANALYSE
Cryptogams of the Himalayas, vol. 1: the Katmandu Valley. 1986, Dept. Botany, Nat. Sci. Muséum, Tsukuba, Japan: 1 vol., 226 p.
Ce volume est consacré à tous les Cryptogames de la région himalayenne de Katmandou: Fougères, Champignons, Lichens, Algues. Nous y trouvons 5 articles sur les Algues d'eau douce: 1) une note de Watanabe M. et Komarek J. sur les Cyanophycées: 63 taxons dont 2 nov. sp. de Scytonema; 2) une de loriya T., sur 25 taxons d'Eugléniens; 3) une de Nozaki H. sur les Volvocales coloniales; 4) une de Haga M., sur les Chlorophycées filamenteuses dont Klebsormidium pseudomirabile (Ramanathan n. comb. = Hormidium pseudomirabile et 5) de Nakano T., et Watanabe M., sur les Chlorococcales: 11 espéces cosmopolites. Ce volume se termine par des articles sur le climat de cette vallée et sur sa géologie.
P. Bourrelly
SYMOENS J.J., 1988 - Vegetation of inland waters. Handbook of vegetation science, vol. 15/1, 1 vol. relié 400 p., Kluwer Akad. Publ.
Ce volume consacré à la végétation aquatique des eaux intérieures débute par ces mots “Water is Life”, formule qui définit parfaitement cet ou- vrage. Il renferme 11 articles: 1) Wetzel, R.G., sur le milieu aquatique; 2) Golterman H.L., Clymo R.S., Best E.P.H. et Lauga J., sur les méthodes de récoltes et d'analyse du milieu; 3) Søndergaard M., sur la photosynthèse des plantes aquatiques, phanérogames et algues; 4) Den Hartog C. et Van der Velde G., sur les communautés aquatiques (phytosociologie); 5) Best E.P.H., phytosociologie des macrophytes aquatiques; 6) Symoens J.J., Kuzel- Fetzmann E. et Descy J.P., les communautés algales des eaux continentales et leurs variations saisonnières; 7) Breen C.M., Rogers K.H, et Ashton P.J., végétation des marais et des plaines inondées; 8) Verhoeven J.J.A., Koerselman W. et Beltman B., étude des marécages de De leur hydrologie et dynamique des nutriments; 9) Dawson F.H., étation des eaux courantes; 10) Wiegleb G., la flore phanérogamique des in res (Euro- pe et Japon); 11) Melack J.M., plantes aquatiques, surtout algues, des mi- lieux extrêmes: eaux thermales, neiges et glaciers.Un livre de base pour l'étude de la biologie des plantes aquatiques d'eau douce qui rendra de grands services.
P. Bourrelly
Source : MNHN, Paris
12 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
THEREZIEN Y., 1989 - Algues d'eau douce de la partie Amazonienne de la Bolivie. anophycées, Euglénophycées, Chrysophycées, Xanthophycées, Dinophycées. 2: Chlorophytes. Troisième contribution. Bibliotheca Phycologica 82: 1-63: 1-75. 1 vol.
Dans la première partie, l'auteur étudie 20 Cyanophycées, 64 Euglénophycées, 5 Chrysophycées, 3 Xanthophycées et 9 Dinophycées. Il décrit 11 taxons nouveaux: 2 Cyanophycées (Anabaena, Aphanothece), 7 Euglénophycées (Phacus, 3 taxons; Trachelomonas, 2 taxons; Strombomonas, 2 taxons), | Xanthophycée { Pseudostaurastrum), | Dinophycée.
Dans la deuxième partie 112 taxons sont signalés, dont des nouveautés appartenant aux genres Chlorangiopsis (1 tax.), Oocystis (1), Glaucocystis (1), Scenedesmus (1), Uronema (1), Cosmarium (3), Xanthidium (2), Staurodesmus (2), Staurastrum (2). Ce travail est illustré par 11 planches originales. Il se termine par d'intéressantes remarques sur la répartition biogéographique des algues rencontrées.
P. Bourrelly
KRISTIANSEN J., CRONBERG G. & GEISSLER U., 1989 - Chrysophytes, developments and perspectives. Proceedings of the second international Chrysophyte Symposium, 3-5, VIII, 1987, Berlin. Beih. Nova Hedwigia 95, 287 p.
Ce volume comprend deux parties: Taxinomie et Ecologie. En taxinomie, Andersen R.A. analyse les caractères originaux des Synurophyceae et les compare aux groupes voisins.
Sandgren, C.D. et Barlow S.B. étudient la formation et l'inhibition des écailles siliceuses chez Synura petersenii en culture.
Sandgren C.D. suit le développement des statospores (stomatocystes) chez Dinobryon, Synura, Mallomonas et Chrysosphaerella et donne d'excellentes microphotographies au microscope électronique à balayage.
Skogstad A. et Reymond O.L. précisent l'ultrastructure des cellules végétatives et des statospores de Spiniferomonas bourrellyi.
Pipes L.D., Tyler P.A. et Leedale G.F. décrivent le nouveau genre Chrysonephele, genre colonial de Tasmanie.
Eloranta P. donne une étude écologique du genre Dinobryon en Finlande. Siver P.A. montre que Mallomonas acaroides var. acaroides est alcalibionte (PH — 8) tandis que la variété muskokana est acidobionte (pH = 5,5). Kurata A. étudie les fleurs d'eau à Uroglena americana au Japon (lac Biwa), cette floraison étant en rapport avec une forte concentration en K, Mg et Ca.
Hartman H. et Steinberg C. récoltent en Europe (France, Allemagne, Tchécoslovaquie) les Chrysophytes à écailles siliceuses: 54 taxons de Mallomonadaceae et dix de Paraphysomonadeae et précisent leur relation
Source : MNHN. Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 73
avec le pH. Ils donnent une série de bonnes microphotographies des écailles (45 figures). Gutowski A. découvre 23 espèces de Mallomonas et de Synura dans un lac de Berlin; l'apparition de ces espèces est fonction de la température. Kristiansen J. suit le cycle saisonnier de Mallomonas teilingii et signale l'ap- parition d’un parasite qui modifie ce cycle. Cronberg G. donne la répartition dans les régions tropicales, des Chrysophycées à écailles siliceuses et décrit deux taxons nouveaux de Mallomonas et un de Synura. Quelques cartes montrent ces répartitions: ain- si, Synura australiensis est connu d'Australie, du Brésil et du Zimbabwe. Hickel B. et Maass F. étudient les Chrysophycées à écailles de la région du Holstein (Allemagne) et signalent 51 espèces. CambaA J. récolte, en Espagne, Sphaeridiothrix compressa et Phaeothamnion articulatum. Wujek D.E. et Igoe M.J. donnent un catalogue des Chrysophycées connues du Michigan.
P. Bourrelly
DILLARD G.E., 1989 - Freshwater Algae of the Southeastern United States, part 1 Chlorophyceae: Volvocales, Tetrasporales and Chlorococcales. Bibliotheca Phycologica 81: 202p. + 37 planches.
Ce volume, fort bien illustré, est une florule des régions chaudes du S.E. des Etats-Unis. L'auteur donne une série de clefs permettant la détermination des familles, genres et espèces.
Il décrit 34 genres de Volvocales, 10 de Tetrasporales et 70 de Chlorococcales. Pour chaque espèce signalée l’auteur donne une description, une figure et la répartition aux U.S.A. Une bibliographie très complète ter- mine cet ouvrage qui rendra service á tous les chercheurs s'intéressant à la biologie aquatique.
P. Bourrelly
CASSIE V. & COOPER R.C., 1989 - Algae of New-Zealand thermal areas. Bibliotheca Phycologica 78: 1-160.
78 stations d'eaux thermales sont étudićes et 221 taxons y sont signalés: 142 Diatomées, 54 Cyanophycées, 15 Chlorophycées, 8 Eugléniens et 2 Rhodophycées. Pour chaque taxon sont indiqués la localité, l'habitat, la température, le pH, la place dans le spectre halobionte et la répartition mondiale. Certaines Diatomées {Denticula) supportent la température de 62°5 et la Cyanophycée Mastigocladus peut vivre à 71°C. Travail intéressant et fort important pour l'écologie des algues d'eau douce.
Source : MNHN, Paris
74 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
CASSIE Y., 1989 - A taxonomic guide of thermally associated algae (excluding Diatoms) in New Zealand. Bibliotheca Phycologica 78: 161-255 + 6 pl.
Ce travail complète celui de Cassie et Cooper ( Ibid. 78: 1-160) et en constitue la partie systématique; l'auteur y donne la description, les clefs de détermination et les figures des algues signalées dans les eaux thermales de Nouvelle-Zélande. Un appendice précise la liste des espèces déjà connues dans ces stations et dont certaines n'ont pas été retrouvées.
CASSIE V., 1989 - A contribution to the study of New-Zealand Diatoms. Bibliotheca Diatomologica 17: 266 p.
Lauteur avait publié en 1984 ( Ibid. 4: 129 p.) un premier travail sur les Diatomées d’eau douce de Nouvelle-Zélande. Dans le travail actuel, elle y ajoute 169 taxons benthiques étudiés par P.S. Conger (mort en 1979), Le volume renferme 3 parties: 1) Diatomées des eaux courantes: systématique et écologie. En écologie on distingue la saprobie, l'effet du pH et celui de la concentration en chlorures. Nous avons ainsi pour Meridion circulare par exemple: pH 8.0. alcalinophile, oligosaprobe, eutrophe et indifférent à halophobe; 2) Diatomées des eaux thermales: 20 taxons de Centriques dans les eaux à 45° (rarement jusqu'à 62°) et plus de 100 Pennales. Denticula elegans est trouvé jusqu'à 62°, vivante et avec plastes.
Clefs de détermination des espèces, descriptions et microphotographies (17 planches) complètent cet intéressant travail. P. Bourrelly
WOELKERLING Wm. J., 1988 - The Coralline red algae. An analysis of the genera and subfamilies of nongeniculate Corallinaceae. British Museum (Natural History) Oxford University Press. 1 vol. relié, 268 p. Prix: £ 40.00
Le but de cet ouvrage est une analyse taxinomique des genres de Corallinacées basée, a priori, sur une synthèse des connaissances actuelles que Von en a. L'ouvrage est donc d'emblée de toute première importance. Il est de surcroît fort bien présenté et remarquablement illustré.
Dès la préface l'auteur rappelle que les Corallinacées sont mal connues, souvent ignorées. Est-ce parce qu'il s'agit d'une difficulté intrinsèque du groupe? Ou bien la difficulté est-elle à rechercher ailleurs? L'auteur incline pour la seconde hypothèse et fait remarquer dans l'introduction que la plu- part des identifications de taxons se sont faites au cours des temps sans référence au spécimen-type ainsi qu'il en est de la plupart des identifications de Rhodophycées. Le but de ce travail est d’ailleurs clairement défini dans le court avant-propos de J.F.M. Cannon qu'il est très important de lire avant de s'engager dans la consultation du volume. On y comprend ainsi que l'au- teur s'est proposé de typifier l'ensemble des noms de genres - entreprenant
Source : MNHN, Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 75
pour cela un long travail de recherche historique le plus souvent malaisée - ceci afin de tenter une clarification dont chacun s'accordait à reconnaître l'importance et la nécessité. Le volume devrait donc offrir une solution définitive à la retypification des genres, quelle que soit la valeur qu'on leur reconnaisse par ailleurs - ce qui est l’objet d'un tout autre débat.
Si le but de l'ouvrage est clairement posé, son expression fait apparaître des ambiguités. Ainsi le titre général laisse supposer que l'ensemble des Corallinacées y est abordé, Le sous-titre avertit le lecteur qu'il se restreint aux Corallinacées non articulées et l’on ne peut que s'étonner de voir ainsi maintenue une subdivision très ancienne et non naturelle entre formes articulées et non articulées abandonnée depuis fort longtemps par les Zoolo- gistes dans le Règne Animal. Il est bien connu que les affinités phylogénétiques sont beaucoup plus grandes entre certaines Corallinacées articulées et encroûtantes qu'au sein de ces deux subdivisions artificielles. 11 est dommage que dans un ouvrage aussi sérieux, qui se veut a priori fort précis, une terminologie aussi peu naturelle et peu justifiée taxinomiquement ait été maintenue.
Une seconde ambiguïté, qui apparaît comme une conséquence et une accentuation de la précédente, est l'application d'une terminologie nouvelle à la description de ces structures encroútantes. Les Corallinacées sont typi- quement des Rhodophycées multiaxiales tout à fait exemplaires, présentant toute une gamme d'adaptations biologiques qui suffiraient à elles seules à résumer celles de l'ensemble des Rhodophytes. Les termes d’hypothalle, de Périthalle, d'épithalle sont actuellement bien reconnus dans leur définition moderne, basée sur les méristèmes et leur mode de fonctionnement, c'est-à- dire sur des caractères fondamentaux tirés de la morphogenèse. Le caractère évolutif le plus important commun à l'ensemble des Corallinacées, est I’exis- tence d'une structure basale encroûtante, toujours présente bien que quel quefois réduite à l'extrême chez certaines formes articulées ou parasites. Une vue plus synthétique de la famille aurait donc été souhaitable.
En outre les Corallinacées sont des algues à croissance lente où l'on connaît des exemples de développement progressif, c'est-à-dire que certaines subissent, au cours de leur vie, des modifications de leur organisation qui sont de véritables métamorphoses. Dans un tel contexte une définition générique basée sur la seule connaissance d'un échantillon-type, qui ne représente malheureusement bien souvent qu'une des étapes de la vie d'un individu, risque d'être fortement faussée: ainsi s'expliquent en partie les di- vergences actuelles quant å la définition des genres. Une autre raison de ces divergences, et que ne résoudra pas non plus un tel ouvrage, réside dans le fait que, à partir des caractères d'une espèce-type, il est quelquefois difficile de distinguer entre ceux qui sont purement spécifiques et ceux d'ordre plus général et plus fondamental.
Source - MNHN. Paris
76 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Il n'en reste pas moins que le livre de W. Woelkerling apparaît tout à fait synthétique dans la mesure où les genres de Corallinacées toujours en- croûtantes y sont typifiés. Bien des controverses subsisteront quant à l'interprétation des structures décrites, la valeur de ces genres et leur définition. Dans ce contexte le présent ouvrage constitue une solide base à la fois de référence et de débat. Il ne faut certes pas le considérer comme définitif mais comme un point d'appui. C'est d'ailleurs ce qu'attend son au- teur qui ne prétend pas avoir résolu tous les problèmes mais les avoir plutôt révélés. On ne peut que reconnaître l'énorme masse de travail accompli.
J. Cabioch
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Algol. 1990, 11 (1): 77-78 77
RECOMMANDATIONS AUX AUTEURS
Cryptogamie, Algologie publie des articles originaux ou de synthèse sur les al- gues. Sont acceptés les manuscrits rédigés en français ainsi qu'en allemand, anglais et espagnol. Les manuscrits, ct toute correspondance, doivent être adressés au Directeur-Rédacteur de Cryptogamie, Algologie, Muséum National d'Histoire Natu- relle, Laboratoire de Cryptogamie, 12 rue Buffon, 75005 Paris, France. Chaque ma- nuscrit est soumis à deux lecteurs compétents, membres ou non du Comité de Lectu- re (les auteurs peuvent proposer eux-mêmes des noms de personnes susceptibles de juger la Valeur de leur travail). Les avis des lecteurs sont transmis de façon anonyme à l'auteur, Si nécessaire, le manuscrit rectifié doit être ensuite retourné dans les plus brefs délais au Directeur-Rédacteur pour publication.
LE MANUSCRIT
Généralités - adresser trois exemplaires: l'original et deux copies; dactylogra- phier en double interligne, au recto exclusivement, y compris les légendes des illus- trations, des tableaux, et les notes infrapaginales; numéroter chaque page à la suite, y compris la bibliographie; mettre les tableaux et les légendes des illustrations sur des pages séparées, apres le texte.
Le titre - il doit être concis, dans la langue du manuscrit et traduit en anglais; sil comporte un nom générique ou spécifique d’algue, indiquer la position taxinomique; ne pas indiquer le(s) nom(s) de l'auteur(s) du nom scientifique; propo- ser pour le haut de page un titre condensé de 50 signes au maximum; faire suivre le titre du (des)nom(s), prénom(s) et adresse(s) de(s) l'auteur(s).
Le résumé - donner obligatoirement un résumé en français et en anglais (utilisé dans les périodiques publiant des analyses) ainsi que dans la langue du manuscrit si nécessaire; ne pas utiliser d’abréviations; donner une liste de mots clés dans la langue de l'article.
Le texte - indiquer clairement le plan du texte avec, si possible, les mentions: Introduction, Matériel(s) et Méthode(s), Résultat(s), Discussion(s), Conclusion(s), Remerciement(s), Références bibliographiques: souligner les mots qui doivent être en italiques; faire suivre la première mention d'un nom de genre ou d'espèce du nom de son (ses) auteur(s); indiquer les références bibliographiques par le nom de(s) Vauteur(s) sans les initiales des prénoms (sauf si plusieurs auteurs portent le même nom) suivi de l'année de parution; utiliser ” et al. * lorsque l'article cité est signé par plus de deux auteurs; limiter au maximum les notes infrapaginales; les signaler dans le texte par un chiffre arabe et les placer à la fin du texte; utiliser les Symboles et unités conformes à la nomenclature internationale.
Les tableaux - les numéroter avec des chiffres romains; les dactylographier clai- rement sans rature ni surcharge; tracer les traits à l'encre de Chine.
Les références bibliographiques - les présenter à la suite du texte; indiquer les auteurs par ordre alphabétique et chronologique sans tenir compte des auteurs se- condaires; pour les abréviations des périodiques se référer au : Botanico- Periodicum- Huntianum. Pitisbure, Pa, Hunt Botanical Library, 1968; présenter les références complètes, selon les exemples suivants:
FELDMANN J., 1952 - Les cycles de reproduction des Algues et leur rapports avec la phylogénie, Rev. Cytol. Biol. Vég. 13: 1-49.
Source : MNHN, Paris
78 RECOMMANDATIONS AUX AUTEURS
CHADEFAUD M., 1960 - Les végétaux non vasculaires. Cryptogamie. In CHADEFAUD M. et EMBERGER L., Traité de Botanique systématique. Paris, Masson, Vol. I, xv + 1018p.
WEST J.A. & HOMMERSAND M.H., 1981 - Rhodophyta: life histories. In LOBBAN CS. & WYNNE MJ. (Eds.), The Biology of Seaweeds. Botanical Monographs Vol. 17, Oxford, Blackwell Sci. Publ., pp. 133-193.
ABDEL RAHMAN M.H., 1983 - Recherches sur la reproduction des Acrochaetiales (Rhodophycées). Thèse Doctorat d'Etat, Paris VI, 391p.
LES ILLUSTRATIONS
Généralités - Désigner les illustrations (dessins au trait ou photographies) sous le nom de “figures”; tenir compte de la justification de la revue (11,5em x 17,5cm); si possible, grouper les figures (dessins au trait ou photographies séparément) pour cuper la largeur de la page; numéroter les figures avec des chiffres arabes, à la suite, selon leur ordre d'apparition dans le texte; indiquer l'échelle sur chaque figure (les grandissements x... sont prohibés) et utiliser les mémes symboles et abréviations que dans le texte; utiliser les caractères de transfert pour les chiffres, lettres et symboles; protéger chaque illustration par une feuille de papier fin; mentionner au € clair toutes indications utiles; porter au verso de chaque illustration le(s) nom(s) de(s) auteur(s); pour leur envoi, ne pas plier les illustrations; éviter de les rouler.
Les dessins au trait - fournir les originaux et deux photocopies; limiter les di- mensions des originaux, au maximum, au triple de celles de la justification; choisir l'épaisseur des traits ét la taille des caractères en fonction de la réduction éventuelle.
Les photographies - fournir trois jeux de photographies : un jeu de photogra- phies groupées en planches et montées sur carton blanc léger pour la reproduction, les deux autres montés où non; limiter 4 Smm au maximum les intervalles entre les photographies; éviter les réductions pour une meilleure qualité de reproduction; en conséquence, les dimensions des planches ne devraient pas dépasser 11,5cm x 17,5cm; pour les illustrations en couleur, demander l'accord de la Rédaction.
CRYPTOGAMIE, Algologie accepte les textes en mode ASCII sur disquettes 3" 1/2 ou 5” 1/4 de micro-ordinateur (IBM, IBM compatible et MacIntosh). Ils doi- vent être impérativement conformes aux instructions suivantes: ne pas utiliser de co- des spéciaux de mise en page ou de format (gras, italiques, centrage, etc.); ne pas couper les mots: ne pas justifier à droite; les mots (ou groupes de mots) qui doivent apparaître en italiques lors de l'impression devront être encadrés par un des caractères suivants: #, S, £; ne pas insérer de code de fin de page.
Les disquettes accompagnées d'une copie sur papier comportant le texte final corrigé selon les avis du Comité de Lecture, seront adressées à la Rédaction.
Les tirages à part sont à la charge des auteurs.
Commission paritaire 16-1-1986 - No 60590 Dépôt légal no 14923 - Imprimerie de Montligeon Sortie des presses le 20 février 1990 Imprimé en France Éditeur : A.D.A.C. (Association des Amis des Cryptogames) Président : A. Couté; Secrétaire : D. Lamy Trésorier : R. Baudoin: Directeur de la publication : H. Causse
BURLY) PAUSE UM] PARIS,
# Source : MNHN Paris